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-
- --- Page 2 ---
F2351
M25
v.5
THE
JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
Bequest of
MAURY A. BROMSEN
APRIL 25, 1919-OCTOBER II, 2005 --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 ---
: --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
COLLECTIO 2e N
DE MÉMOIRES
SU R
LES COLONIES. --- Page 10 ---
C
-
& --- Page 11 ---
COLLECTIO N
DE MÉMOIRES
SUI R
L E S
COLONIES,
Et notamment sur le régime colonial,
P A R V. P. MAL O U E T,
Ancien administrateur des Colonies et de la.
Marine.
TOME V.
PARIS,
BAUDOUIN, 7 Imprimeur de PInstitut national des
et des Arts, rue de Grenelle, F.S.
Sciences
Germain, no 1131.
A N X. --- Page 12 --- --- Page 13 ---
DU TRAITE M E NT
ET DE LEMPLOI
DES NÈG RES
EN AMÉRIQUE
N 0 T E
PRÉ 2 LIMIN AIRE.
Parserr tous les écrits contenus dans CB
volume ont été imprimés séparément à differentes époques. L'objet de leur réunion est
5.
--- Page 14 ---
Norr E
d'y rassembler dans zn seul cadre
tous les
principes et les observations
plus propres à
que je crois les
justifier les vues 3 que j'ai
présentées sur la nécessité d'un
nial. La condition des
système colocelle des
nègres non libres, et
gens de couleur
deux objets les
lbres, sont les
plus importans à régler.
Après le funeste essai
de
qui vient d'être fait
tolfranchissement des
doute avec plus
noirs, on lira sans
d'intérêt les raisons par lesguelles je combattois ce dangereuz
lorsqw'il avoit déja
projet 3
obtenu, non - seulement
l'appui des
mais
philosophes et des gens de
même une grande
lettres,
n'en étois
faveur publique. Je
pas moins décidé, , contre P'avis de
plusieurs colons
recommandables, 2
par un réglement et par des
limiter 3
torité des maitres
institutions, Pau-
, et à améliorer
la condition des esclaves.
effcacement
Avant Pimpression de mon premier
mémoire, --- Page 15 ---
P R i L I M I N A I R E.
il fiut communiqué, par un ami commun, au
comte de Mirabeau père , qui écrivit en marge
les notes critiques publides aujourdlui pour
la première fois. Je ne voulus point dans le
temps les faire imprimer, ni provoquer, en J
répondant, une réplique encore plus ficheuse.
Ony retrouvera le ton etle caractère de l'ami
des hommes. Ony verra sur-tout que c'étoit
alors Zn parti pris par les philosophes et par
les économistes > d'arriver 3 par toutes les
voies possibles, à taffianchissement des noirs.
Ils se croyoient en état de préparer doucement cette révolution , qui ne pouvoit être que
ce qu'elle a éte.
Les notes de M. de Mirabeau sont le résumé de la doctrine professée même aujourd'hui
en France et en Angleterre > par des hommes
d'un caractère respectable, qui se persuadent
encore qu'il faut s'occuper avec plus de prudence et de persévérance que jamais de l'abolition de l'esclavage. Ce seroit donc recommen-
issement des noirs.
Ils se croyoient en état de préparer doucement cette révolution , qui ne pouvoit être que
ce qu'elle a éte.
Les notes de M. de Mirabeau sont le résumé de la doctrine professée même aujourd'hui
en France et en Angleterre > par des hommes
d'un caractère respectable, qui se persuadent
encore qu'il faut s'occuper avec plus de prudence et de persévérance que jamais de l'abolition de l'esclavage. Ce seroit donc recommen- --- Page 16 ---
NOTE PRÉLIMI: N AI R E.
cer un nouveau cours defautes et de malheurs
que de se reposer maintenant sur la grande
leçon que nous venons de recevoir, si nous
n'en profitons en adoptant des mesures et des
institutions sages. --- Page 17 ---
AVAN T-PROPOS
DE L A
P R - E M IE R 2 E ÉDITIO N.
Depuis que ce mémoire est écrit, s les différentes personnes auxquelles je l'ai communiqué, l'ont jugé d'après leurs principes ou
leurs préjugés , et m'ont fait part de plusieurs objections contradictoires.
Les partisans de P'affranchissement des nègres ne me
pardonnent pas de soutenir l'impossibilité de
cette opération s et de présenter d'assez fortes
raisons pour la combattre. La comparaison
que je fais de la condition des nègres en
Amérique à cellc de la dernière classe du
peuple en Europe 2 leur paroît absolument
illusoire. On me conteste les faits généraux
que j'expose s et on prétend les détruire --- Page 18 ---
A V A N T P R 0 P oS.
je ne veux pas dissipar les exceptions que adopter de mon mémuler. On ne voudroit
que j'inmoire que les motifs et les moyens
et
améliorer le sort des nègres,
dique pour
de n'avoir pas assez donné
on mne reproche
de réforme , de n'avoir
d'étendue à ce plan
contre
multiplié les précautions
pas assez
des maîtres, d'avoir laissé
labus du pouvoir
la dénomination et
subsister en son entier
de n'avoir
l'avilissement de la servitude,'et de régledans mon projet
pas dit un mot,
des noirs à la côte de
ment , de la traite
un crime intoGuinée, qu'on regarde comme
lérable.
plusieurs colons, dontje
Dun autre côté,
m'assules lumières et Vhonnêteté, inadmisrespecte
de réforme est
rent que mon plan partie de mon mémoire,
sible; que la première
contre la servitude
aux objections
ma réponse
démontre l'inutilité
des nègres en Amérique, détruis par le nouvel
de la seconde, ou que je
celui dont je
ordre de choses que je propose , convaincu 2
soutiens la nécessité ; qu'étant d'humanité
comme je T'annonce, des principes
la disadoptés parmi nous pour abus
généralement
des esclaves, quelques
cipline et le régime
ne sauroient
faciles à réprimer,
particuliers,
ma réponse
démontre l'inutilité
des nègres en Amérique, détruis par le nouvel
de la seconde, ou que je
celui dont je
ordre de choses que je propose , convaincu 2
soutiens la nécessité ; qu'étant d'humanité
comme je T'annonce, des principes
la disadoptés parmi nous pour abus
généralement
des esclaves, quelques
cipline et le régime
ne sauroient
faciles à réprimer,
particuliers, --- Page 19 ---
Ava N T P R P J S.
motiver un nouveau réglement, dont
tion établiroit l'insubordination
l'adopgres, et de grands embarras parmi les nètaires.
pour les propriéIl faudroit un nouveau mémoire
Cuter en détail chacune de
pour disdont je ne rapporte
ces observations,
mieux
que l'extrait ; et j'aime
m'abandonner à la censure des deux
partis, que d'entreprendre un travail de
haleine s que mes occupations
longue
permettent
obligées ne me
résumer
pas. Cependant je vais essayer de
dans cette note > ce que je pourrois
répondre à des reproches aussi différens.
Lorsque j'ai voulu traiter cette question de
T'esclavage des nègres > je me suis adressé
d'abord à ma conscience, qui m'a assuré
c'étoit une malheureuse
que
ne pouvoit la défendre
institution, et qu'on
mon
sans condition. - - Voilà
excuse pour les colons. Soutenir d'une
manière absolue la nécessité, la justice de la
servitude des noirs ! J'aurois frémi d'en
cevoir le projet. Il n'y a qu'un examen con- réfléchi des rapports de cet état de
à l'intérêt
servitude
national, et des suites désastreuses de sa dissolution
motifs
s qui présente des
justes et suffisans pour la
- C'est alors seulement
maintenir.
que l'expérience et la --- Page 20 ---
-
A V A N T P R 0 POS S.
raison peuvent se permettre une discussion
comparative de cette servitude vicieuse dans
avec
de nos insson principe,
quelques-unes dans leurs consétitutions sociales vicieuses
dans
quences. Mais qui pourroit croire que,
lun et l'autre cas, la société, le Gouvernement
etchuqueindividu: ne sont pas obligés d'adoucir,
de tout leur pouvoir les maux et les
d'atténuer
tarir la source ? Quoi !
abus dont on ne peut
des pauyres et des
parce qu'ily a nécessairement inutile que celui
riches, seroit-ce un réglement diminuer la misère,
quiasureroit) les moyens de
?
les ressources des indigens
et de multiplier démontrant la nécessité de
Ainsi donc, en
colonies la servitude des
maintenir dans nos
nègres, je me suis cru plus particulièrement
d'indiquer aussi tout ce qu'on peut en
obligé
les déclamations
retrancher; et en repoussant
très-affirde plusieurs écrivains, en déclarant
la majeure partie des nègres
mativement que
la classe néjouit d'un sort plus heureux que
cessiteuse du peuple enropéen, je n'ai pas endissimuler les abus s les excès punistendu
reprocher à quelques maîtres
sables qu'on peut
affranchis, aux artisans,
injustes, sur-tout aux
ont des esclaves.
qui
aux petits propriétaires m'a-t-on répondu : nos
Nous avons des lois,
ivains, en déclarant
la majeure partie des nègres
mativement que
la classe néjouit d'un sort plus heureux que
cessiteuse du peuple enropéen, je n'ai pas endissimuler les abus s les excès punistendu
reprocher à quelques maîtres
sables qu'on peut
affranchis, aux artisans,
injustes, sur-tout aux
ont des esclaves.
qui
aux petits propriétaires m'a-t-on répondu : nos
Nous avons des lois, --- Page 21 ---
A V A N T P R O P S.
obligations nous sont déja
de nouyeaux
prescrites; pourquoi
lois! mais réglemens ? Oui, vous avez des
elles sont impuissantes; les voulezvous telles qu'elles ne puissent
teindre ? et lorsqu'elles
pas vous atdeviendront actives et
efficaces, est-ce alors seulement
trouverez des inconvéniens
que vous Jeur
lois que les tribunaux
? Vous avez des
faire exécuter,
ordinaires ne peuvent
leur immnobilité parce que leur éloignement >
et leurs formes les séparent
éternellement des objets de leur
ainsi, à la place de ces lois, inspection ;
sont des abus
qu'elles ne répriment pas.
Aimezmnieux qu'une autorité arbitraire
vous
2 celle des
Administrateurs, 9 pénètre dans VOS
et vous soumette
foyers,
rieure, à
> dans votre police intéc'est
une véritable inquisition ? Eh
entre ces deux écueils, la nullité des bien,
on l'oppression possible,
lois
vrir un sentier
que j'ai essayé d'outribunal.
pour l'érection d'un nouveau
Je ne dis pas que j'aie rencontré
précisémentce qu'il faut faire; mais j'ose croire
que c'est dans cette direction qu'il faut aller
pour arriver au bien. Il est possible
sieurs articles de mon
que plumissibles, mais c'est réglement soient inadet l'intention
en en adoptant les motifs
qu'on parviendra à rendre cette --- Page 22 ---
AVAN T r R O P O S.
facile. Dans tous
théorie d'une exécution plus
de
les plans de réforme, il y a deux espèces
celles que la raison avoue, et auxdifficultés ;
quelles il faut céder; celles que Y'amour-propre
ct qu'il faut laisser développer pour
exagère,
que j'aie offensé
les détruire. Il est possible
raison, ou s
Pamour-propre et la
également
lintérêt raisonnable des
pour mnieux dire,
dans ce dernier cas 3
colons : mais même,
service, en provoj'aurai rendu un véritable
un exapar la censure de mes moyens,
quant,
de ceux qui sont praticables
men approfondi ne le sont pas, et en mettant
et de ceux qui
à tous les écarts d'un
fin, de cette manière,
négatifs dela
faux zèle, ainsi qu'aux prétextes donc aucune de
cupidité. Je ne retrancherai
les ai
principales ; et si je
mes propositions
ce n'est point
rédigées en forme de réglement,
de
assurément que je partage les prétentions nous
multitude de faiseurs de lois, qui
cette
si long-temps ; mais c'est
tourmentent depnis bien juger de l'utilité ou
parce qu'on ne peut
qu'en la
d'une vue législative,
des contre-sens
et sous ses
suivant dans ses développemens
J'aurois
comminatoires ou coërcitives.
formes
motiver
da, je le sais, expliquer,
peut-être
articles; mais ne peutplus nettement quelques
assurément que je partage les prétentions nous
multitude de faiseurs de lois, qui
cette
si long-temps ; mais c'est
tourmentent depnis bien juger de l'utilité ou
parce qu'on ne peut
qu'en la
d'une vue législative,
des contre-sens
et sous ses
suivant dans ses développemens
J'aurois
comminatoires ou coërcitives.
formes
motiver
da, je le sais, expliquer,
peut-être
articles; mais ne peutplus nettement quelques --- Page 23 ---
Av A N T P R O P O S.
on pas croire aussi que j'ai eu des raisons de
ne pas le faire, et de jeter ainsi en avant des
idées dont la contradiction m'éclairera plus
que je ne lesuis ? par exemple, le projet d'ériger en fiefs les grandes habitations, auroit
peut-être demandé un chapitre à part; mais si
les raisons d'utilité que j'y trouve, ne sont pas
assez saillantes pour être aperçues sans commentaire 1 je me saurai gré de n'en être abstenu.
Quant aux reproches que m'a faits la première classe de mes adversaires, ce que je viens
d'écrire pour la seconde, me dispense d'entrer
dans de plus grands détails. Je n'ai point eu à
tergiverser, à composer avec mnoi-même, pour
soutenir que l'abolition de la servitude dans
nos colonies est impossible : les causes qui la
rendent nécessaire s remontent d'époques en
époques, et de causes en effets, à la découverte de T'Amérique, à l'état civil, moral et
politique de la France, de l'Angleterre et de
plusieurs autres nations de l'Europe. Consentez-vous à abandonner ce projet chimérique
T'affranchisement, pour vous arrêter à celui
plus facile de l'abolition de la traite à la côte
le Guinée ? C'est à peu près la même chose.
I est indispensable d'avoir des esclaves
pour. --- Page 24 ---
AvA N T P R 0 Po S.
coloniales- Si elles ne peuvent être
nos cultures
qui causeabandonnées, sans une commotion
que
infiniment plus de maux aux Français de bien
roit
de la traite ne peut faire esclaves
la cessation
laissez-moi acheter des
aux Africains,
barbares sont dans
dans le lieu où des peuples ; ce qui, suivant
'un état de guerre continuelle traité du Gouvernement
le sage Loke, dans son le droit de la nature, car
civil, n'offense point de vie ou de mort sur
le droit
résulte
il m'accorde fais à la guerre 7 d'oà
déle captif que je
II est vrai qu'il fait
le droit d'esclavage.
juste et légitime ;
pendre ce droit d'une guerre
sainement des
mais comment pourroisje roi juger de Congo à faire
motifs qui ont porté le ? il me suffit de savoir
la guerre à ses voisins
sont au marché 9
les prisonniers de guerre
de les traique
Tobligation et le projet
leur
et que j'ai
mieux que ne les traiteroit
ter infiniment
sans scrupule, car je
vainqueur. J'acheterai de labourer ma terre 9
n'ai pas d'autres moyens d'assurer ma subsistance
de payer mes dettes,
ma destinée m'ayant
celle de ma famille ;
une zone
et
sous
placé, moi et mon patrimoine, Européen le travail de
permet à aucun
d'acheter ?
quine
la terre. - 1
mes
Saderemmeaen
d'étendre et d'entretenir
vous m'empêchez
ule, car je
vainqueur. J'acheterai de labourer ma terre 9
n'ai pas d'autres moyens d'assurer ma subsistance
de payer mes dettes,
ma destinée m'ayant
celle de ma famille ;
une zone
et
sous
placé, moi et mon patrimoine, Européen le travail de
permet à aucun
d'acheter ?
quine
la terre. - 1
mes
Saderemmeaen
d'étendre et d'entretenir
vous m'empêchez --- Page 25 ---
A V A N T - P R 9 P 0 S.
cultures, jusqu'à ce qu'une population suffisante d'esclaves créoles puisse y pourvoir sans
aucun secours du dehors. Mais,
venir, il faut une base de
pour y partionnelle au travail
population proporil faut
auquel elle doit suffire
un régime assez bien
ordonné,
conçu, assez bien
pour en maintenir la
sans toutes ces conditions
perpétuité; et
diction de la traite des préalables, 2 l'internoirs opérera assez
promptement la même révolution que l'affranchissement.
Ces considérations nous ramènent à celle,
plus raisonnable et plus juste, du
des noirs dans les colonies ; c'est à traitement le
avec humanité, et à restreindre la
régler
dans les termes les plus modérés,
servitude
ployé mes efforts et mes lumières. que j'ai emVous n'êtes
pas content, vous me demandez
serons probablement
plus , et nous
Vous
obligés de faire moins.
m'accusez d'exagération, quand je compare le sort des nègres à celui des
et. vous concluez des abus
journaliers ;
que je ne dissimule
pas, et des remèdes même
que la condition des noirs que je propose s
intolérable.
est généralement
Mais si j'établis un
les pauvres de mon
hôpital pour
village, en concluez-vons --- Page 26 ---
A V A N t - P RO P.O S.
habitans n'ont d'autres ressources
que tous les
la maPhôpital ? lorsque vous rencontrez
que
à la poursuite des brigands qui
réchaussée
- vous
infestent un grand chemin s présumez des britous les gens du canton sont
que
D'ailleurs', les accusations graves
gands ?
nombreuse de VOS concicontre une portion
exigeroient au moins une enquête préatoyens,
de nation qui mérite
lable ; et il n'est point
dans la classe
plus que la nôtre, qu'on range
l'hudes exceptions 9 les faits qui ountragent
réduit et modifié la servitude
manité. - J'ai
lêtre, en la maintenant.
autant qu'elle peut de la traite, c'est queje
Si je n'ai point parlé de l'abolir sans inconne vois ni les moyens
et il n'est pas
véniens, ni ceux d'y suppléer; sensément la police.
moins difficile d'en régler
l'on
vont le tenter ; et
prévoit
Les Anglais difficultés pour eux 7 qui produide grandes
absolue de ce
nous la cessation
roient pour
on a grand soin de
commerce. En Angleterre, loi nouvelle avec
combiner , de raccorder une
les nonvelles
toutes les autres, de compenser
Or, les
charges par de nouveaux avantages.
noirs
achètent et vendent les esclaves
Anglais
au-dessous du prix de nos
à cent pour cent
'on
vont le tenter ; et
prévoit
Les Anglais difficultés pour eux 7 qui produide grandes
absolue de ce
nous la cessation
roient pour
on a grand soin de
commerce. En Angleterre, loi nouvelle avec
combiner , de raccorder une
les nonvelles
toutes les autres, de compenser
Or, les
charges par de nouveaux avantages.
noirs
achètent et vendent les esclaves
Anglais
au-dessous du prix de nos
à cent pour cent --- Page 27 ---
Av A N T P R C P S.
comptoirs, que l'allure générale de notre commerce, et les entrayes dont il est grevé ne
peuvent qu'augmenter. Le nouveau bill élèvera donc le prix des noirs dans les colonies
anglaises.
De semblables mesures, adeptées
en France, les mettroient hors de la portée du
plus grand nombre des colons. Il est affreux,
sans doute, de calculer ainsileprixdes hommes
devenus marchandises, et de se trouver entraîné, par la loi impérieuse de la nécessité,
à d'aussi tristes résultats 5 mais je raisonne
d'après les principes que j'ai posés dans mon
mémoire : l'affranchissement est impossible, la
prolongation de la servitude et de Ia traite
qui l'alimente s est indispensable, jusqu'à ce
que nous recoristruisions, sur de nouveaux fondemens s une portion de l'édifice social.
On
nous cite des scènes atroces dans les navires négriers; les villes prises d'assaut, les vaisseaux
pris pari l'ennemi, en présentent d'aussi révoltante. Eh! que pouvons-nous espérer des lois
et de la morale pour les faire cesser ? Mais
l ne faut pas croire que la traite produise nésessairement, comme la guerre, 2 des actes de
cruauté ; car l'intérêt évident du capitaine négrier est de conserver sa cargaison en bon état.
dans les navires négriers; les villes prises d'assaut, les vaisseaux
pris pari l'ennemi, en présentent d'aussi révoltante. Eh! que pouvons-nous espérer des lois
et de la morale pour les faire cesser ? Mais
l ne faut pas croire que la traite produise nésessairement, comme la guerre, 2 des actes de
cruauté ; car l'intérêt évident du capitaine négrier est de conserver sa cargaison en bon état. --- Page 28 ---
Av A N T - P ROP O 8.
La mort d'un nègre lui coûte cent pistoles, et
cette considération est une loi décisive pour
la cupidité. Survient-il une révolte dans le vaisscau : alors, la sûreté de l'équipage est la suprême loi. e
Ici le peintre a di voiler le visage d'Agamennon. --- Page 29 ---
M E M O I R E
SU R
L'ESCLAVAGE DES NÈGRES.
(Les notes de ce mémnoire sont du comte de Mirabeau.)
L/ESCLAYAOE et le traitement des (1) nègres
en Amérique, présente des idées tristes à tout
homme sensible sans enthousiasme; c'est une
occasion de scandale et de déclamation pour
les écrivains politiques, qui traitent des principes et des droits de la société; c'est vérita-
(1) J'ai, autant que l'ai pu, prévenu sur ceci tous les
possédans nègres ou intéresses, qu'eux seuls se feroient
tout le mal, non que je sache aucunement les opinions
du Gouvernement à cet égard, mais parce que 1 si j'étois
à sa place, n'ayant certainement point d'envie d'opérer
en rien comme les architectes de la tour de Babel; toutefois si l'on mne venoit demander la confirmation du code
noir, je la refuserois, me trouvant au pied du mur. Cela
mettroit tout en combustion 1 et ce seroient les question5.
--- Page 30 ---
M É M O I R E a
de corrupblement pour les colons un moyen
de désordre : enfin, nous ne pouvons
tion et
dominantes
dissimuler que les opinions
nous
contre cette institution,
s'élèvent si fortement
ou de
nécessaire de la rectifier,
qu'il devient
la détruire.
à
ne s'est jamais occupé
Le Gouvernement
le traitement des
régler, avec assez de soin,
disesclaves. Le code noir renferme plusieurs
Les habitans
vicieuses et incomplètes.
positions
reconnoissent en cette partie les
honnêtes, qui
n'en cherchent point
abus du régime colonial,
Ils ont entendu dire à leurs pères,
le remède.
seroient fait tout le mal. La quesneurs indiscrets qui se
de l'esclavage des nègres
tion de lutilité et de la nécessité
foncièrement dit
dans lc droit; ce qui
est incontestable Mais si vous mettez tout à coup à l'eau
tout pour le fait.
des liqueurs fortes, vous
un homme qui fait trop d'usage
à lui que de mourir,
le tuez, et il ne sauroit arriver pis
du droit et
d'ètre meurtrier. La confusion
et à vous que
les questions fatales à lhumadu fait suit presque toutes homme a d'esprit et de talent,
nité : voilà pourquoi plus un d'étudier à fond le droit qui déplus il est de son devoir
Le an une fois décidé, il
termine infailliblement le fait. là le fait de la prudence.
s'ugit alors du quomodo; ; et c'est
serions ensuite d'acSur cet article, l'auteur et moi nous
nécessaire qu'il
le premier, il seroit
cord ; mais, pour
étudiât.
lhumadu fait suit presque toutes homme a d'esprit et de talent,
nité : voilà pourquoi plus un d'étudier à fond le droit qui déplus il est de son devoir
Le an une fois décidé, il
termine infailliblement le fait. là le fait de la prudence.
s'ugit alors du quomodo; ; et c'est
serions ensuite d'acSur cet article, l'auteur et moi nous
nécessaire qu'il
le premier, il seroit
cord ; mais, pour
étudiât. --- Page 31 ---
SU R LE S COLO N I E S.
Pt ils répètent à leurs enfans,
voir de puissance
qu'il ne peut y
t
médiatrice entre le maître
l'esclave; que c'est attenter aux droits de
propriété, que de modifier l'autorité domestijue ; que les moyens de surveillance
protection produiroient
et de
rujroient la police intérieure.. Tinsubondination, déhistrateurs reçoivent
Les admie respect; ils s'en cespréjugés laissent avec une sorte
ju'ils manquent
dominer, parce
périence
toujours, en arrivant, de l'exnécessaire pour les
e familiarisent ensuite
apprécier; qu'ils
uel du despotisme
avec ce spectacle habies
colonial, et qu'enfin tous
hommes ont une tendarice naturelle à
abus de la force et de la position d'un
cet
Felativement à un autre. Ils reviennent homme
France, rendre ces impressions
en
'indifférence, l'inattention du irréfléchies; et
se perpétue par toutes ces causes. Gouvernement -On
pitera même inutilement
sollientend un colon honnête son influence, si on
rérêt des habitans les
démontrer que l'inbien traiter les
porte naturellement à
hourrir
esclaves, à les soigner, à les
sains, jeunes, vieux ct
Assure n'avoir vu
infirmes, qui
Hles traits de
que rarement et avec horrenr,
barbarie: s'il ajoute à cela les détails
Hon-exagérés de l'ordre, de l'aisance, de la
po- --- Page 32 ---
M É M O I R E S
habitation bien adlice d'un atelier dans une
ministrée, c'en est assez pour faire regarder
toute précaution
comme inutile ou dangereuse,
la nélégislative. Mais celui qui en a reconnu
cessité, qui en est pénétré par sa propre expé- des
s'éloigne également du ton
rience, qui
et d'une indifférence
déclamateurs véhémens,
celui-là doit faire tous ses efforts pour
abusive, condition des esclaves, pour y intéadoucir la
la société
resser les maitres, le Gouvernement, condition soit
entière; car s'il faut que cette
auroit
ou qu'elle ne soit pas, il n'y
pas
atroce, pour la détruire.
à balancer
et le travail étant les
Mais la subordination
ainsi que de
attributs essentiels de l'esclavage,
retrandes hommes libres, lorsqu'on
la pluralité traitement des nègres tout ce qui n'est
chera du
les contenir, lorsqu'on y
pas nécessaire pour de leurs facultés naturelles,
ajoutera T'usage
de Phumanité ; lorsqu'ils
réglé par les principes
aucun des besoins physiques
ne souffriront
à T'homme,
dont la jouissancé est nécessaire
qu'il n'ait pas à se plaindre de la nature;
pour
de l'ordre so-
--lorsque leur état, rapproché
leur servitude en dépencial, en changeant
la perspective et les
dance, leur présentera effective : alors les noirs
moyens d'une liberté
és naturelles,
ajoutera T'usage
de Phumanité ; lorsqu'ils
réglé par les principes
aucun des besoins physiques
ne souffriront
à T'homme,
dont la jouissancé est nécessaire
qu'il n'ait pas à se plaindre de la nature;
pour
de l'ordre so-
--lorsque leur état, rapproché
leur servitude en dépencial, en changeant
la perspective et les
dance, leur présentera effective : alors les noirs
moyens d'une liberté --- Page 33 ---
S U R LES COLO N I E S.
le nos colonies seront dans l'ordre de la religion, de la justice et de Phunianité,
sont entr'elles les différentes
ce que
ciété; ils
classes de la SOauront, comme les autres, une part
vie. proportionnelle aux peines et aux plaisirs de la
Il n'est donc pas nécessaire, pour être
'associer les noirs à nos
juste,
hommes libres : cette révolution propriétés, comme
proposée par plusieurs de nos
dangereuse,
Foit autant à l'intérêt
plilosophes, nuilividuelle des
général qu'à la stretéinpropriétaires, qui sont en nombre
beaucoup moindre que leurs esclaves.
Mais cette raison du nombre moindre rend
encore moins nécessaire l'abus de la
H'une part, et l'excès de la misère de puissance
tar un roi commande seul à sa
l'autre;
énéral à son armée 5 et la sabordination nation, un
plusieurs à un seul, se trouve maintenue de
sans
mploiindispensalbie. des moyens d'oppression.
Lorsqu'on a enrégimenté des hiommes, lorsju'on les a soumis à une discipline
n ordre absolu, il
sévère, à
Prince
y a eu néanmoins entre le
et ses soldats un pacte positif, dont l'obervation justifie l'état relatif de celui
hande, de ceux qui obéissent. Ce qui comblde, la
pacte est la
nourriture, la proportion juste des --- Page 34 ---
M i M o I R E S
délits, des récompenses et des
peines et des
essentielles ne sont jaservices. Ces conditions
sultan remais violées impunément. Qu'un
tranche la paye de son armée, qu'il fasse égorsoldats
moindres fautes,
ger," mutiler ses
pourles intervalle de
qu'il les excède de fatigue, sans
luil'armée se révoltera, le sultan sera
repos,
même égorgé.
chez les"anciens et
L'histoire des esclaves,
obsernous fournit les mêmes
les modernes,
dans
vations; les noirs, vendus à prix d'argent
exigent aussi de leurs maîtres
nos marchés,
dont la violation les révolte.
un pacte formel, Surinam et de la Jamaique
Les guerres de
que
n'ont pas eu d'autres causes. Quelqu'avili
dont on
dispose arbitrairement,
soit l'homie
n'en
a des bornes, et son désespoir
sa patience Les traits de cruauté, plus rares
connoit plus.
dans les autres, ont prodans nos colonies que
des incenduit cependant à Saint-Domingue
dies, des empoisonnemens. barbares comme dans
Enfin, dans les pays
lhomine le plus dépendant
les états policés,
pour celui
n'obéit sans murmure et sans danger
commande, qu'autant qu'on Paccoutume
qui
le lui rend tolérable, et qu'on
au joug, qu'on
n'exige rien au-delà de ce qui est imposé.
plus.
dans les autres, ont prodans nos colonies que
des incenduit cependant à Saint-Domingue
dies, des empoisonnemens. barbares comme dans
Enfin, dans les pays
lhomine le plus dépendant
les états policés,
pour celui
n'obéit sans murmure et sans danger
commande, qu'autant qu'on Paccoutume
qui
le lui rend tolérable, et qu'on
au joug, qu'on
n'exige rien au-delà de ce qui est imposé. --- Page 35 ---
SU R L E S COL O N I E S.
Si l'état des esclaves étoit ainsi réglé dans les
colonies; s'il étoit assimilé, comme il pourroit
rêtre, à celui des engagés, vulgairement appelés trente-six mois, parce qu'ils vendoient
Jleur liberté pour ce temps-là, je ne pense pas
qu'il fat nécessaire de s'occuper d'un changemnent: mais il faut convenir que la condition
les esclaves est à peu près arbitraire; que nos
colons peuvent se soustraire, à cet égard, à la
police générale, et qu'il est indispensable de
les y ramener. Je dis plus : je réunirois mes
efforts à ceux des homines bienfaisans, qui desirent l'abolition totale de l'esclavage, si je
croyois que cette opération fat d'une justice
rigoureuse, et sur-tout qu'elle fit praticable,
affreux, dont les consans un bouleversement
séquences n'ont pas été calculées (1). Je me
livrerai donc à l'examen de cette grande question, avant de proposer les modifications et
les changemens queje crois justes et utiles.
Je suppose qu'au lieu de les adopter on
attaque le mal dans sa racine, qu'on défende
(1) L'auteur s'est très-bien réduit, et jusqu'au dernier
article où il entre dans le détail de la balance du commerce, etc. on ne sauroit mieux défendre une cause trèsdifficile. --- Page 36 ---
:
M É M 0 I R E S
ordonne l'affranchisla traite des noirs, qu'on
colonies:
sement de ceux répandus dans nos
provoquée en France,
1 que cette révolution,
de s'opérer:
en Angleterre, est sur le point
croire que, dans l'état actuel des choses,
j'ose
point
la justice et lhumanité ne commandent
dans les détails d'exécution, ,
ce sacrifice, qui,
tandis
de meilque
se trouvera impraticable,
leures lois, que je n'ai point à me reprocher
de n'avoir pas sollicitées, peuvent assurer aux
nègres dans nos colonies, plus de jouissance
bonheur que n'en ont parmi nous les
et de
dernières classes du peuple.
j'essaie ici de consacrer
A Dieu ne plaise quej
Il est,
l'esclavage, et de le réduire en principes!
il sera toujours une violation du droit naturel
la
de celui qui le connoit et le
dans personne
lhomme est sorti
respecte (1).- 1 Croyons que
une
libre des mains de la nature; -mais par
suite de l'ordre établi ou toléré par la provicette liberté subit d'étranges révodence, que Enchainée même chez le petit-nombre
lntions!
de peuples dont la police est raisonnable,on
(1) Il est des hommes qui ne sont point nés. libres, ce
un autre homme peut dormir et
sont ceux pour lesquels
à cet homme-ià.
manger. Ils appartiennent, sans contredit,
Croyons que
une
libre des mains de la nature; -mais par
suite de l'ordre établi ou toléré par la provicette liberté subit d'étranges révodence, que Enchainée même chez le petit-nombre
lntions!
de peuples dont la police est raisonnable,on
(1) Il est des hommes qui ne sont point nés. libres, ce
un autre homme peut dormir et
sont ceux pour lesquels
à cet homme-ià.
manger. Ils appartiennent, sans contredit, --- Page 37 ---
SU R LI E S C OL 0 N I E S.
peut en suivre la dégradation proportionnelle
dans toutes ces sociétés informes, qui peuplent
la terre, jusqu'à ces troupes vagabondes qui se
rencontrent et se détruisent dans les déserts des
deux continens. - -Sans doute il seroit beau de
n'aller chercher ces hoimes stupides et féroces,
que pour les éclairer-sur leurs droits, sur leurs
intérêts, et lés rendre à la nature plus libres
et plus heureux. Mais si la philosophie et Phuananité n'ont jamnais ordonné de semblables missions, si ce n'est point être coupable envers
elles que de ne point s'y dévouer, il me semble
qu'elles pourroient nous pardonner également
d'aller prendre sur l'autel du despotisme le plus
absurde, ses victimes renaissantes (1), pour en
faire des laboureurs. Le marchand européen,
sur les côtes d'Afrique, n'a point créé la servitude, et sa retraite ne sauroit la détruire. Il
achète d'une société barbare les mnembres qui
la composent et qui se vendent alteruativement,
amis, ennemis, princes, sujets, pèrcs etenfans,
(1) Ce seroit même fort bien fait; mais il faut lui demander auparavant si elle veut vous suivre. Vous trouvez
cet homme enchainé; vous rompez ses liens, le voilà
libre. Vous ne pouvez plus traiter qu'avec sa liberté,qui
s'exprime par son constntement ou son refus. --- Page 38 ---
M É M OI R E s'
selon l'état et la volonté du plus fort; il les
livre pour de l'argent à un colon américain,
les emploie au travail de la terre, et qui,
qui
de les rendre heuavec le droit et le pouvoir
traiter.
contracte l'obligation de les bien
reux,
ce maître n'abuse et
Je ne dis pas qu'ensuite
alors dans
devienne
mais il rentre
ne
injuste; infracteurs des lois et des
la classe de tous les
cet
devoirs. C'est au Gouvernement à rectifier
abus (1): mais si la législation d'un grand emtous les besoins du
pire suppose et entretient
s'éloignent infiluxe et de l'opulence (2), qui
et de l'abstinence
niment du désintéressement
si, au nombre de ces besoins,
philosophique;
etc.,
sucre, le café,l'indigo,
sont aujourd'huile
par des nèqui ne peuvent être cultivés que
(3):je crois que ceux-ci, jusqu'à ce qu'il
gres
sont encore
s'élève parmi eux un Montesquieu, d'hommes raiplus rapprochés de la condition
n'a nul droit naturel sur
(1) Non pas : T'administration elle vous donne des
votre mobilier ; elle usurpe quand
lois sur cet article.
de luxe en
(2) Le luxe est autre chose ; il n'y a point
soi aux consommations : ne confondons pas.
dans
(3) Vous croyez cela ? in statu quo, sans doute ;
l'état naturel, non.
s'élève parmi eux un Montesquieu, d'hommes raiplus rapprochés de la condition
n'a nul droit naturel sur
(1) Non pas : T'administration elle vous donne des
votre mobilier ; elle usurpe quand
lois sur cet article.
de luxe en
(2) Le luxe est autre chose ; il n'y a point
soi aux consommations : ne confondons pas.
dans
(3) Vous croyez cela ? in statu quo, sans doute ;
l'état naturel, non. --- Page 39 ---
SUR' L E S COLO N I E S.
sonnables, en devenant nos laboureurs, qu'en
restant dans leur pays, soumis à tous les excès
du brigandage et de la férocité.
Ces raisons ne convaincront pas tous les lecteurs. On se flattera de les détruire par des objections que je dissimulerai d'autant moins,
qu'elles paroissent prépondérantes.
PREMII i R OBJECTIO: N.
Vous êtes complice du brigandage et de la
férocité des habitans de la côte de Guinée, 9
en ce que vous en fomentez P'habitude par votre
commerce; en ce que vous entretenez leur cupidité par les objets d'échange que vous leur
offrez pour leurs captifs; en ce que vous multipliez par-là, leurs guerres, leurs invasions.
R E P 0 N S E.
Nous devons d'abord partager ce reproche
avec tous les peuples de l'Europe, qui ont dcs
possessions en Amérique; car si nous renoncions
à la traite des noirs, ils n'y renonceroient pas.
Ils remplaceroient (1), par une augmentation
() Cet homme va passer dans un bois ; si je ne le vole, --- Page 40 ---
M É M OI R E S
le
de la nôtre; ainsi
de culture, dépérissement
d'esil y auroit sur le globe la même somme
claves, l'humanité n'y gagneroit rien.
toutes les métropoMais, en supposant que
les, éprises du même zèle, proscrivissent, par
loi
la traite des noirs, il y
une
commune, le
la même somme
auroit encore sur
globe
les
d'esclaves; car cette loi n'empêcheroit pas
d'Afrique (:) de persévérer dans les
princes héréditaires de leur Gouvernementmaximes
reconnoissent,
La seule loi fondamentale qu'ils
étant le droit du plus fort, ils disposeroient
de la vie et de la liberté de leurs
également
sont subdivisés
sujets; et comme ces peuples
dont
en un nombre infini de petites sociétés,
chacune reconnoit un despote, les princes seroient toujours en guerre, comme ils y ont touaugmenter le nombre de leurs
jours été, pour
femmes et de leurs esclaves.
seroit
Cet état de guerre et d'oppression
donc perpétuel et réciproque entr'eux, jusqu'à
la civilisation.
autre le volera, et jusqu'à la conversion universelle
un je ne dois pas cesser de voler. de la valeur vénale des
(1) Toute culture est en raison
aussi :
produits; ; la valeur cessant, la culture cesse
règle
irréfragable de la nature.
de leurs
jours été, pour
femmes et de leurs esclaves.
seroit
Cet état de guerre et d'oppression
donc perpétuel et réciproque entr'eux, jusqu'à
la civilisation.
autre le volera, et jusqu'à la conversion universelle
un je ne dois pas cesser de voler. de la valeur vénale des
(1) Toute culture est en raison
aussi :
produits; ; la valeur cessant, la culture cesse
règle
irréfragable de la nature. --- Page 41 ---
S U R LES C OLO 2 N I E S.
Mais si les missions religieuses, si le spectacle de nos arts, si la fréquentation des Européens, n'ont pu encore opérer cette civilisation (1), croiton qu'elle seroit plus prochaine,
lorsqu'il y auroit une barrière impénétrable
entr'eux ct nous? C'est sur enx-mêmes, sur leurs
lifférentes peuplades que se dirigeroit la cupilité, la férocité dont nous profitons : ainsi,
'abandon général de la traite n'opéreroit aucun
pien (2) en faveurde l'humanité; car les noirs,
en passant de leur pays dans le nôtre, quittent
an despote qui a le droit de les égorger, pour
asser sous la puissance d'un maitre quin'aque
e droit de les faire travailler, en pourvoyant
tous leurs besoins.
DEUXIENE OBJECTIO N.
Mais si un homme vous vendoit lui-même
(1) Ici l'auteur plaisante : l'égalité morale peut.seule
civiliser. Elle est dans la nature humaine sans distinction
le couleur; l'homme ne la méconuoit que quand il croit
voir intérêt à la méconnoitre.
(2) Le jour où je m'abstiens d'un forfait, où je me conrains sur une mauvaise habitude, je ne saurois voir le
ien que je fais à l'humanité, qui est très-certain néanaoins; mais je vois clairement le mal que je no fais pas.
--- Page 42 ---
M é M 0 IR E S
le
ly auroit
en
liberté (1), et recevoit prix,i1
sa
en a-t-il
-
Coument n'y
lésion dans le contrat.
faites avec un tiers pour
pas dans celui que vous Quel droit acquérezla vente d'un nègre (2),? les bras et la sueur
votre argent, sur
vous par
n'a
consenti au marché,
du misérable qui
pas
qui n'en a pas reçu le prix?
R É P 0 N S E.
résultent (3) des conventions, qui
Les droits
degré de force par
acquièrent un plus grand contracte avec le
sanction de la loi. Or, je
la
10. Si cet homme étoit ivre, ou poussé
(1) C'est selon.
2°. La lésion en
quelque nécessité aussi impéricuse.
Phomme
par
de Vincertitude des liaisons,
ceci ne provient que lendemain et ne pouvant Tappréne sachant rien de son
de mariage vend la liberté
cier. A cela près, un contrat naturel.
à vie, et est conforme à lordre
elle ne sauroit jade la vente du tiers,
(2).. A l'égard
devoir pour le tiers, ni acquêt
mais faire engagement ou
ou droit pour yous.
de la nature : les conventions
(3) Les droits résultent
sont Ia transmission; ; mais
volontaires et réciproques en
du vol ; et
autoriser la transmission
aucune loi ne peut
sans lui n'est autre chose
toute convention qui stipule d'autrui,
que vol ct lésion du droit
à vie, et est conforme à lordre
elle ne sauroit jade la vente du tiers,
(2).. A l'égard
devoir pour le tiers, ni acquêt
mais faire engagement ou
ou droit pour yous.
de la nature : les conventions
(3) Les droits résultent
sont Ia transmission; ; mais
volontaires et réciproques en
du vol ; et
autoriser la transmission
aucune loi ne peut
sans lui n'est autre chose
toute convention qui stipule d'autrui,
que vol ct lésion du droit --- Page 43 ---
S R LES COLON: I E S.
marchand de nègres, sous la protection de la
loi qui confirme le marché, et je ne fais aucun
tort au nègre qui passe, en vertu de ma convention, d'une condition pire, où je ne l'ai pas
mis, à un état meilleur, où il cst de mon intérêt de l'entretenir. Je fais avec lui un nouveau marché (1), semblable à celui qui lie tous
les propriétaires aux gens sans propriété. Travaille pour moi, et je te nourrirai : voilà le
pacte universel des riches avec Jes
Dans toutes les sociétés,
pauvres (2).
edlaiquia,AVacondels
subsistance à celui qui n'a rien, qu'en
de ses bras et de sa sueur. Quelle différence disposant
y a-t-il entre ce mnarché tacite, et celui
lequel j'ai acquis la propricté d'un
par
n'est qu'il m'en
nègre, si ce
a coûté 1500 fr. de plus
vous pour avoir le droit de faire travailler qu'à
homme en le nourrissant,
un
rissez
comme vous nourvotrejournalier? Mais mon intérêt m'im-
(t) Ce nouveau, marché est-il libre ? Donner la
douce
loi, tant
marché. puisse-t-elle étre, ne doit point s'appeler faire un
(2) L'auteur n'est point ici de bonne foi; il a
d'esprit pour ne pas savoir que c'est le pauvre
trop
le riche, et que le journalier
qui nourrit
heures, fait sa propre loi.
même, pour vingt-quatre --- Page 44 ---
M. i M O I R E S
dont vous êtes
pose encore d'autres obligations
maladispensé. Je soigne mon nègre dans ses
le soulage dans sa vicillesse; j'élève
dies; je
ne me renet je nourris ses enfans, quoiqu'ils
dent aucun service. - - Aucun de ces nègres,
estimés par yous si misérables, ne manque
tandis que les journaliers indidu nécessaire,
bordent les
gens, que vous ne plaignez pas,
vain
chemins, tâchent en
rues (t), les grands
L'humanité qui
d'exciter notre commisération.
enflamme pour les uns, vous trouvera-tvous
les autres, ou vous engageraelle froid pour
t-elle aussi à provoquer un nouveau partage
il a lésion dans le contrat
des terres? car y
avec les
immémorial (2) que les riches ont fait
Il n'est pas dans la nature que les prepauvres.
d'une part, à ces indigens le sort de vos
(1) Proposez,
le libre arbitre de ces
esclaves; de l'autre, à vos esclaves 7 décidée. Mais vous
indigens, et la question sera bientôt
etle droit
rien 9 pas plus qu'à vos chevaux;
ne proposez
du code de Phumanité, est en
naturel, base nécessaire des calculs de votre munificence.
tout et toujours exclu
: l'un ne
() Il n'y a nul contrat du riche au pauvre
des
dut
rien à l'autre. L'inégalité
ne doit ni ne
jamais
celle des forces et des
fortunes est dans la nature avec
talens.
Mais vous
indigens, et la question sera bientôt
etle droit
rien 9 pas plus qu'à vos chevaux;
ne proposez
du code de Phumanité, est en
naturel, base nécessaire des calculs de votre munificence.
tout et toujours exclu
: l'un ne
() Il n'y a nul contrat du riche au pauvre
des
dut
rien à l'autre. L'inégalité
ne doit ni ne
jamais
celle des forces et des
fortunes est dans la nature avec
talens. --- Page 45 ---
à U R L E S C - L O N I E S.
miers abondent en superfluité, tandis que ceuxci manquent de pain; mais l'inégalité se trouveroit bientôt entre l'homie laborieux et celui
qui ne l'est pas, entre l'intelligent et le stupide; les richesses seroient toujours tôt ou tard
le prix de l'industrie. Vous concevez d'ailleurs
combien ilseroit dangereux d'employerles voies
coactives pour exciter une charité universelle.
Vous concevez que la société qui opère ainsi
du bien et du mal, veut cependant être maintenue.-He bien! on vous démontrera tout à
l'heure que le bouleversement
(1) que vous
desirez ne seroit pas moins dangereux, et
que
vous en seriez puni vous-même, - qui que vous
soyez.
T R OIS I i M E OBJ E C T I O N.
Ne comparez point l'indigence à l'esclavage;
l'une peut cesser tous les jours par l'industrie
(1) Ne confondons point le quomodo avec le an. Les
écrivains peuvent énoncer le droit pour préparer les opinions; mais, à l'égard du fait, personne ne le demande
à la manière présupposée. Il faut que l'enfant se dénoue; quand cela arrive, c'est une crise: : si elle est trop
subite, elle peut le tuer.
5.
--- Page 46 ---
M E M o I R E S
charité du riche; l'autre prédu pauvre ou la
avilit l'homme, et
sente un joug éternel, qui
le réduit à la condition de la brute.
R 3 P O N S E.
point par hypothèse 5 ne cherNe raisonnons
des faits.
chons à nous éclairer que parl l'examen
la liberté, lorsqu'elle ne
A quoi sert au pauvre
de subsister ? Quelle
lui procure pas les moyens dont il est le plus viveest alors la sensation
la douleur du besoin
ment agité? N'est-ce pas qu'il s'en console par
non-satisfait? Croyez-vous
liberté ? En
intérieure de sa
qnoi
la conviction
home nécessitenx restrouvez-vous que cet
semble alors à un homme libre? N'éprouve-t-il
de tous les jongs, celuide
pas le plus impérieux soumis à la volonté absolue
la faim ? N'est-il pas
N'essuiecelui dont il attend des secours?
de
les reproches et le mépris,
t-il pas sans murmure de la misère? Son existence
qui sont le partage
celle de l'esclave
douloureuse et avilie, plus que
de
utile à son maître, le rend-elle susceptible
enfin sur le front
CHRCLT
libre? Et distingueriez-vons de rien, un signe
de l'esclave, qui ne manque
abordent ?
d'infériorité aux mendians qui nous
uiecelui dont il attend des secours?
de
les reproches et le mépris,
t-il pas sans murmure de la misère? Son existence
qui sont le partage
celle de l'esclave
douloureuse et avilie, plus que
de
utile à son maître, le rend-elle susceptible
enfin sur le front
CHRCLT
libre? Et distingueriez-vons de rien, un signe
de l'esclave, qui ne manque
abordent ?
d'infériorité aux mendians qui nous --- Page 47 ---
SUR LES C OL ONI E S.
Ne croyez pas que j'en conclue contr'eux
la liberté soit un malheur, et
que
bonne instituticn. Il n'est
l'esclavage une
pas question ici de
définition ; il s'agit de comparer, dans l'un et
l'autre état, deux classes d'hommes destinés,
parl'ordre des choses, à supporter tout le
des travaux pénibles : ainsi considérez-les poids
leurs différens ateliers et dans les différens dans
riodes de la vie. A partir de l'enfance,
pée
est, comme vos petits paysans, dans le lemègre sein de
sa famille, soumis à l'autorité
paternelle, mais
plus soigné et mieux nourri que les pauvres villageois. Devenu fort et laborieux, il
malgréla servitude,àg
commence,
et le maître
podurlepisidrdetamour
n'a aucun intérêt à contrarier
goûts. Il a bientôt ceux de la propriété
ses
donne un
5 on lui
jardin, une maison, des
cochon, et il dispose aussi librement poules, un
coltes, que tout autre
de ses répropriétaire. Il n'en est
pas qui ait l'atrocité de forcer un esclave de
donner
lui
gratuitement, , ou à lui vendre à bon
marché ses ceufs, ses poules,ses légumes
tyrannie seroit bientôt punie
; cette
gement de tout l'atelier;
par le découraet sur cela l'intérêt
personnel se joint à Phumanité. (1)
r(1) Tout cela me rassureroit sur le
bouleversement; ; --- Page 48 ---
M $ M OI I E S
sa
dans
esclave vit donc habituellement
et
Cet
dans son champ,
famille, dans sa maison, entouré d'hommes de
se voit perpétudlmnent industrieux et les plus
classe , dont les plus
aisance.
sa
souvent à une grande
sages arrivent
le spectacle de ses semconsolation
leur
Il a pour
se procurent) par
blables, dont quelques-uns de luxe; il a pour perstravail des jonissances
jouissances
pective la liberté, et de plus grandes à son maître ;
essentiels
s'il rend des services vieillesse ses infirmités
il voit dans sa
la même
et enfin
enfans
ses
parcourant
soignées 2 et
du besoin.
carrière que lui, sans l'inquiétude les chants
dans son atelier, ne vous
Transportez-vous
de labonreurs
cadencés de cette troupe et le désespoir. Voyezla misère
danses, leurs capeindrontpoint) de fête; leurs
de Yinles aux jours
de ceux qui ont
lenda, et la parure
pitié. Entrez sur-tout
votre
dustrie, rassureront bien ordonnée, et dontle
dans une habitation homme honnête; vous verrez
propriétaire est un
maître et de sa famille,
de leur
si, à l'aspect
etl'effroiqu'insces ntessremeianpese Examinons maintenant
pire la vue d'un tyran.
ne voudront a
pas de la
car, s'il en est ainsi, ces gens-la
liberté.
enda, et la parure
pitié. Entrez sur-tout
votre
dustrie, rassureront bien ordonnée, et dontle
dans une habitation homme honnête; vous verrez
propriétaire est un
maître et de sa famille,
de leur
si, à l'aspect
etl'effroiqu'insces ntessremeianpese Examinons maintenant
pire la vue d'un tyran.
ne voudront a
pas de la
car, s'il en est ainsi, ces gens-la
liberté. --- Page 49 ---
, U R L. E S COLO N I E S.
VOS villages, VOS hameaux et les chaumières 37
pauvres paysans. Quel est le sort de ceux des
sont réduits à de petites propriétés,
qui
gelée ou la grêle ont ravagé leurs
lorsque la
qu'un
récoltes, lorsincendie a consumé leurs
wmisons; lorsqu'une
granges 9 leurs
bestiaux;
épidémie a fait périr leurs
lorsque leurs femmes
et eux-mêmes
2 leurs enfans
par le besoin sont tourmentés par la fièvre ou
poursuivis ; lorsqu'accablés par les impôts,
par le collecteur, ils vendent
à
pièce leurs ustensiles, leurs
pièce
sent par abandonner leur animanx, et finisdeux
village? Lequel de ces
De spectacles vous paroît le plus touchant?
de fait quel côté croyez-vous que réside le malheur
et d'opinion? Voilà pour les
à petite
cultivateurs
propriété : mais ceux qui n'en ont
qui n'ont que leurs bras
pas,
nés sans talens,
pour subsister, et qui,
curer,sont
sans intelligence pour s'en prorelégués dans les dernières classes du
peuple, avez-vous bien calculé toute
tume de leur pénible existence ? Ils
l'ameril est vrai, dans ce moment-ci éprouvent,
ment à leur
un adoucissecondition; un roi
de les affranchir de la
bienfaisant vient
dant
corvée: : inais en leur renI'nsage de leurs bras, qu'on
ci-devant sans salaire, ils n'en s'approprioit
dans la
sont pas moins
dépendance absolue des riches pour leur --- Page 50 ---
M É M o I R E S
est le seul acte de
subsistance; et le travail,qui
est
de nos nègres,
servitude que nous exigeons la seule ressource qu'ils
pour les pauvres paysans d'eux est à votre dispostion
invoquent. Chacun
quatorze sous, qui
pendant douze heures pour
frugale du
la subsistance
ne représentent que
sur quoi il faut démanceuvre et de sa famille ;
et les
d'inaction, de maladie, induire les jours
encore d'une vieillesse
joursplas languissans
Comparez à cette
firme, que vous ne payez pas. Africain. Nous
condition celle du manceuvre
sa subsisle faisons travailler comme vous pour car nous
mais elle est plus abondante, sa rétance; 5
soit bien nourri : si
avons intérêt qu'il
achetons des vivres pour
colte lui manque, nous lui
pas les
fournir. Nous ne
imputons
lui en
en faisons les frais (1)-
jours de maladié, nous la vieillesse, car il est
Nous n'abandonnons pas semblables se conintéressant pour nous que ses nous servent avec
fient en nos soins, afin qu'ils
les Cordeliers achetoient des enfans
(1) Si les Carmes et
beaucoup à dire sur le bon
pourétre Carmes, ils auroient (sauf lamour); et ils autraitement qu'ils leur assurent à la loi de promoncer des peines
roient droit de démentir
et depuis devenus Carmes
légales pour les Carmes achetés,
marrons.
andonnons pas semblables se conintéressant pour nous que ses nous servent avec
fient en nos soins, afin qu'ils
les Cordeliers achetoient des enfans
(1) Si les Carmes et
beaucoup à dire sur le bon
pourétre Carmes, ils auroient (sauf lamour); et ils autraitement qu'ils leur assurent à la loi de promoncer des peines
roient droit de démentir
et depuis devenus Carmes
légales pour les Carmes achetés,
marrons. --- Page 51 ---
S U R L E S 0 L O N I E S.
zèle.Sis sa maison estincendiée, ,nousl lui en
truisons une autre. Son pécule enfin et le consduit de son industrie sont à
prolui, et quittes de
tout tribut. Quel est donc le malheur de
espèce d'individus
cette
comsparés aux autres journaliers, et où est l'injustice deleurs maîtres
Iln'est
(1)?
pas plus barbare à moi de faire travailler
àr mon profit l'homme que je nourris,
à
qu'il n'est
injuste vous de ne pas nourrir celui
rend aucun service
quine vous
s encore qu'il ait des besoins
et vous du superflu.
Q UA T R I i M E ) B J E C T I O N.
(2) Mais il est injuste et barbare de
arroger le droit de battre, de mutiler,
vous
de faire
(1) L'auteur est supplié de revoir cet
miner s'il est bien juste.
axiome, pour exa-
(2) Ici l'objection donne à gauche.
juste tout simplement,
L'esclavage cst inde lhomme
parce qu'il enfreint le droit naturel
esclave: cela dit, qu'on le batte ou
traite en odalique, les détails ne font
qu'on le
justice consiste en discernement
plus rien. Toute
trui, tout délit
et respect du droit d'auen infraction et lésion du droit d'autrui.
L'esclavage est une injustice légalisée. Il
d'autres; mais il ne faut
y en a bien
userson talent à vouloir pas s'y tromper, ni désormais
les déguiser. --- Page 52 ---
M E M o I R E S
périr cet esclave. Voilà Ce qui rend
odieux, et ce quine permet
de l'esclavage
pas
le justifier.
Ré P O N S E.
De ce qu'un mari violent a
surprise en adultère,
poignardé sa femme
maris
concluez-vous que tous les
égorgent toutes les femmes
qu'ils en ont le droit? Un père de galantes, et
sévère dans sa
famille, dur et
maison, 3 rend sa femme et ses ende l'autorité
lesliens
teeeat
domestique ? Non : vous
serez un frein, les lois,
lui oppol'opinion,
mépris et l'estime
l'exemple, le
l'intérêt
3 le bonheur, les remords,
contient les personnel; voilà, sans doute, ce
maris et les femmes, les
qui
enfans. Pourquoi
pères et les
ne voulez-vous
motifs puissans règlent aussi la conduite pas que ces
tres à l'égard de
des mairares et
desfaits
leneedawatourquete
isolés, et qui font horreur en
comme en France,
Amérique
2 vous feroient-ils
colons comme des
regarder lcs
s'arrogent le droit de ogres? Qui vous a dit qu'ils
police ne
mutiler et de tuer; que la
connus?J Je réprimoit pas ces excès quand ils sont
sais,etj j'ai débuté
lois en cette partie ne sont parledire, ni
que nOs
assez
assez actives ni
réprimantes ; qu'il seroit juste et néces-
en
comme en France,
Amérique
2 vous feroient-ils
colons comme des
regarder lcs
s'arrogent le droit de ogres? Qui vous a dit qu'ils
police ne
mutiler et de tuer; que la
connus?J Je réprimoit pas ces excès quand ils sont
sais,etj j'ai débuté
lois en cette partie ne sont parledire, ni
que nOs
assez
assez actives ni
réprimantes ; qu'il seroit juste et néces- --- Page 53 ---
S U R LES C OL ON I B S.
saire d'assurer d'une manière inviolable
dition des noirs, et de
la conl'autorité des
resserrer les limites de
maîtres : mais en convenant
abus dont est susceptible le droit de
des
je vois la possibilité de les faire châtiment,
examinant les états analogues
cesser; et en
naliers et des nègres,
des pauvres jour3 je trouve dans les
imposées aux uns et aux autres
peines
délits, une différence de
pour les mêmes
derniers.
peine à l'avantage des
En
les Europe s les gens riches punissent de mort
paresseux; car vous conviendrez
ne paie un journalier qu'à raison de bien qu'on
et qu'il est arrivé plus d'une fois son travail,
ne peut ou ne veut
que celui qui
ainsi il est
travailler, est mort de faim;
vorant,
incontestable qu'ici le besoin désouvent la mort, sont la peine de
paresse. En
la
Amérique, on châtie lei négrequi
montredelamavaises volonté, commeun
qui manque à son devoir ; et cette crainte écolier
châtiment produit dans l'un et dans
du
même effet; elle le rend
l'autre le
appliquant à leur tâche. souvent inutile, en les
En
Europe > qu'un paysan vous vole (1), a
(:) Selon le droit, un homme libre
elave proprement ne peut voler.
vole; mais un es- --- Page 54 ---
M É M 0 I R K S
braconnier chasse sur voS terres ; le prequ'an
mier est pendu, et l'autre est aux galères.
En Amérique, le nègre qui me vole, en est
coups de fouet; et il jouit,
quitte pour quelques
de la
ainsi que moi, sur ma terre : 2 de la chasse,
Lorsqu'il a pris" du poisson et du gipêche..
illes vend
bier aux heures qutiuiappartiennent,
à qui bon lui semble, même à son maître.
En Europe 1 si un laquais, un fiacre vous
insulte, vous le faites mettre en prison, si vous
homme
mais combien en est-il
êtes un
sage ;
tuent
croient
de battre,et qui
qui se
permis
se défend?
sans pitié un misérable qui
esclave manEn Amérique, il est rare qu'un
mais lorsque cela arrive,
que à son maître ;
on le met aux fers; et cette peine imposante,
une arme,
esti olraaerdeueaane
même légérèment,
s'il frappoit un propriétaire,
barbail est puni de mort; et ce n'est point une
Comment contenir trois cents hommes sous
l'autorité rie.
d'un scul (1), si l'on ne mettoit entre
distance ? S'avise-t-on
eux et lui une grande
militaire (2) qui
de condamner la discipline
Par la raison et le droit, si l'on ne les y a mis par
(1)
la force.
contenu par Phonneur, et est supposé
(2) Le soldat est
frappoit un propriétaire,
barbail est puni de mort; et ce n'est point une
Comment contenir trois cents hommes sous
l'autorité rie.
d'un scul (1), si l'on ne mettoit entre
distance ? S'avise-t-on
eux et lui une grande
militaire (2) qui
de condamner la discipline
Par la raison et le droit, si l'on ne les y a mis par
(1)
la force.
contenu par Phonneur, et est supposé
(2) Le soldat est --- Page 55 ---
S U R L E S - OL O N I E S.
borte sur les mêmes principes P Si le soldat pouvoit inpunément menacer et frapper son offibier, quel estle géneral quivoudroit commander
ne armée? et quel souverain seroit en sûireté sur
et trône P
Ne contenez-vous pas même les paysans dans
ine grande subordination P Quel traiternent faies-vous à celui qui frapperoit son maître?
En Europe , la désertion étoit punie de mort;
lle ne l'est plus que par les galères à temps et à
erpétuité. En Amérique 9 les esclaves désereurs sont aussi mis à la chaîne. 2 et y restent
arement plus d'une année. Pour les meurtres,
bs empoisonnemens 2 nous suivons les lois du
oyaume, Pour les fautes domestiques, les rixes,
uerelles, batailles entre les esclaves, c'est enpre, suivant la gravité des cas, la prison ou
fouet qui en est la peine. Mais peut-on imainer qu'un homme sensé dispense légérement
es châtimens, se plaise à tourmenter les êtres
uil il'entourent, quidépendent de lui, et dont
bonheurimporte. à son intérêt ? Imagine-t-on
devoir être. Si l'on punit gravement T'insubordination
arquée, c'est pour s'être fortement échappé et manqué
soi-même, attendu qu'être maitre de soi est un assortient nécessaire de Thonneur. --- Page 56 ---
M M 0 I R E S
d'hommes assez malheurenqu'il est beancoup
les cris,les gémisse.
sement nés, pour préférer à l'ordre et à la paix
mens de leurs esclaves,
zèle réde leurs ateliers, à la vigueur et au
sultant d'un régime attentif et juste ?
encore qu'il est fort ordiOn se persuade
leurs femmes, leurs
naire d'enlever aux nègres, Certainement le commaîtresses, et d'en abuser.
merceetl'emploi des noirsproduisent une grande
licence de moeurs ; mais c'est à cette espèce
et à leur constitution, qu'est ind'hommes, du libertinage : libres ou esclahérent le gont
les hommes et les
ves, chrétiens ou idolâtres,
invincible au
femmes noirs ont une propension
un
plaisir. La facilité de s'y livrer, corrompt dont
nombre de blancs; mais ceux même
grand conduite est la plus déréglée, ont, au moins,
la
troubler les ménages des
l'attention de ne pas
la
Leur extrême jalousie, le désespoir, 9
nègres.
dontils sont alors capables, suffisent
vengeance les maîtres à une grande circons
pour obliger
l'on reconnoitra, dans
pection. C'est ainsi que
met un
tous les détails, que l'intérêt personnel Amé
dans la balance, et que le nègre, en
poids
subordonné quele soldat
rique, n'est pas plus
le
etjonit d'un sort plus doux que journalier.
Leur extrême jalousie, le désespoir, 9
nègres.
dontils sont alors capables, suffisent
vengeance les maîtres à une grande circons
pour obliger
l'on reconnoitra, dans
pection. C'est ainsi que
met un
tous les détails, que l'intérêt personnel Amé
dans la balance, et que le nègre, en
poids
subordonné quele soldat
rique, n'est pas plus
le
etjonit d'un sort plus doux que journalier. --- Page 57 ---
S U R L E S COLONI E S.
CINQ U I i M E OBJECT: r'o N.
Les comparaisons s à l'avantage de l'esclave,
tendent donc à prouver que la dernière classe
duj peuple est plus heureuse dans l'esclavage que
sous le régime de la liberté. Ainsi, les Pensilvaniens ont fait une action mal-honnête en af
franchissantleurs. nègres; ainsi, les serfsde Russie et de Pologne, sont plus heureux que les
paysans du reste de l'Europe, 9 tandis que la population, la richesse 9 l'industrie des Etats libres
sont si évidemment en opposition avec la misère et l'avilissement des peuples serfs. Croyez
qu'il en seroit de même de VOS colonies, en
convertissant au moins l'esclavage en une servitude de glèbe.
Riro N S E.
Le nègre, assuré de sa subsistance, 5 est plus
heureux que le journalier qui n'a pas la même
certitude. Voilà ce que j'ai dit et protivé; mais
je suis loin de préférer l'esclavage à la liberté,
et de proposer cette ressource à un peuple libre,
quelque misérable qu'il soit. Quand il ne sortiroit, chaque année, de la classe des indigens, --- Page 58 ---
M É M 0 I R E S
entrer dans celle des
que la millième partie pour
offerte à tous 7
propriémmires, cette perspective,
droit de les
est une consolation dont on n'a pas
ràleur
priver. D'ailleurs, que pourroit-on ajouter
servitude effective ? Ne sont-ils pas à la dispodu riche, s'ils veulent
sition et sous l'empire sévèrement punis que
vivre?Ne sont-ils pas plus
Sans
Pesclave, s'ils ne veulent pas travailler?
doute il seroit utile à chaque homme pauvre
avec un propriétaire, pour se faire
de contracter
subsistance et celle de sa
assurer par lui sa
à la charge de lui
famille, malade ou en santé,
et ses bras, dût-il même en
sacrifier son temps
;
être châtié, s'il manquoit à son engagement
les misérables
sans doute on trouveroit parmi volontaires: :
un grand nombre de ces esclaves
à tous les propricmaisil ne conviendroit point
taires de s'en charger, etilconviendroit encore
moins à une nation libre et fière, de permettre
contrats entre ses membres (1) 5 il
de pareils
bientôt l'avilissement de tous.
en résulteroit
être les vaespolitiques et soOr, quelles peuvent
considérée comme corciales de chaque nation,
perabontileneiseoene de la force politique,
de tous. Cetteloifondelasûreté, et la prospérité
(1) Et comment pourroit-elle l'empêcher?
ilconviendroit encore
moins à une nation libre et fière, de permettre
contrats entre ses membres (1) 5 il
de pareils
bientôt l'avilissement de tous.
en résulteroit
être les vaespolitiques et soOr, quelles peuvent
considérée comme corciales de chaque nation,
perabontileneiseoene de la force politique,
de tous. Cetteloifondelasûreté, et la prospérité
(1) Et comment pourroit-elle l'empêcher? --- Page 59 ---
S U R L E S C O L O N I E S.
damentale est donc violée par la portion active
de la communauté, qui réduit l'autre à l'état
passif, et la met dans l'impuissance d'en sortir.
Ils se sont tous associés pour la même fin, propriété et streté; ils nc doivent donc subir entre
eux d'autres différences que celles résultantes de
l'industrie et du travail de chaque individu, qui
opèrent bientôt la distinction des riches et des
pauvres.
Ainsi, il n'est point de société qui n'aille
directement contre son institution, en se divisant intérieurement en deux classes : maîtres et
esclaves. Alors la force nationale, réduite à la
classe des propriétaires, diminue en raison de
l'accroissemento des serfs, qui n'ont et ne peuvent
avoir aucune part à la richesse et à la puissance
publique.
Ces considérations ont été celles des conquérans de l'Europe lorsqu'ils se sont établis dans
ses différentes provinces : Cimbres, Teutons,
Scandinaves, Gots, Francs, Visigots. Ces peuples ont prétendu se perpétuer seuls en corps
de nation, et ils ont réduit les vaincus, tantôt
L la servitude personnelle, tantôt à celle de la
lèbe ; mais chaque société conquérante est
estée en totalité composée de propriétaires, et
eur force nationale s'accroissoit en raison de --- Page 60 ---
M $ M 0 I R E S
:
subjugués
enlevèrent aux peuples
celle qu'ils
à leur objet. Lorsqw'en- des
ce qui étoit conséquent des temps, le mélange
suite la succession
aux travaux militaires,
races, leur association
réciproques
des mceurs et des préjugés les vainVadoption un seul corps de peuples
ont fondu en
Vatfanchisement est
queurs et les vaincus, c'étoit angmenter la
devenu nécessaire ; car
d'un plus
nationale que de la composer eussent tous
force nombre de propriétaires qui et à la dégrand intérêt direct à la conservation qui conun
les Russes, les Polonois, de la
fense. Ainsi,
la servitude le signe
servent encore par
le mélange des races,
2 effacé par
évident
conquête
un désavantage
de
ont, comme paissance, Stats libres ; car chacune
relativement aux
réduite à la classe des
deux nations est
nombre.
ces
moindre divers
propeistaires qui composentles conclure de ces
Mais, que vent-on
calrivateurs de
exemples en faveur des nègres nous ne les avons
? Prenièrement,
trouvés proTAmérique nous ne les avons pas
nous les
pas conquis, la terre qu'ils labourent ;
priétaires de
état de servitude atroce,
achetés dans un
état de servitude
avons
dans un
mopour les transporter repeaspounfhanles
Cbjouiemnett
(1) Votre propre avantage.
les conclure de ces
Mais, que vent-on
calrivateurs de
exemples en faveur des nègres nous ne les avons
? Prenièrement,
trouvés proTAmérique nous ne les avons pas
nous les
pas conquis, la terre qu'ils labourent ;
priétaires de
état de servitude atroce,
achetés dans un
état de servitude
avons
dans un
mopour les transporter repeaspounfhanles
Cbjouiemnett
(1) Votre propre avantage. --- Page 61 ---
SU R I. E S COLO N I E S.
tif de leur affanchissement de la force nationale, en les incorporant dans la classe des propriétaires P Mais chaquesociété n'entjamnis pour
objet que la force et le bonheur communs, et
ne sauroit être obligée de travailler à l'accroissement d'une autre société ; ou, si cela doitêtre,
choisissons par préférence, dans les sociétés
étrangères, celles dont la race, les mnceurs, les
préjugés sont les plus analogues aux nôtres.
Incorporons-nousaux Espagnois (1), auxTurcs;
aux Persans 1 plutôt qu'aux nègres. Ceux-ci
n'étoient point et ne peuvent jamais devenic
partie denotre société; s'ils sont propriétaires s
ils s'érigeront en corps de peuple, et le plus
nombreux exclura de droit le plus foible. Car,
sans doute, on ne nous fera pas desirer l'incorporation et le mélange des races 5 mais l'esclavage est nécessaire pour le prévenir :c'est à
l'ignominie attachée à l'alliance d'un esciave
noir, que la nation doit sa filiation propre.
Sice préjugé est détruit, si l'homme noir est
parmi nous assimilé aux blancs, il est plus que
probable que nous verrions incessammient des
mulâtres nobles, 9 financiers, négocians, dont
(1) Je vous crois tous incorporés malgré vous , et même
vOs nègres; car qui les cupoisonne vous fait grand tort.
5.
--- Page 62 ---
M i M O 1 R E S
55 L
bientôt des épouses
les richesses procureroient ordres de PÉtat (1).
et des mères à tous les
les
C'est ainsi que les individus, les familles,
nations s'altèrent, se dégradent et se dissolvent.
de proposer pour les
Il est anssi impraticable
substituée
la servitude de la glebe (2),
nègres
Cet usage s'établit sans
à l'esclavage personnel. l'avons dit, dans un pays
difliculté, comme nous
dont on usurpe la terre et les hommes.
conquis
arrivant dans un champ, >
Le vainqueur, > en
Ceci està mnoi,
dit à Phomme qui le laboure :
moitié de
aussi. Je te laisse la
et ta personne
à la charge de cultiver
ton temps et de ta terre,
moil l'autre moitié, et de battre mon grain,
pour
etc. et il fait exécuter les
faire ma vendange,
à la main ; ce qui
conditions du marché l'épée
infiniment à l'esclavage personnel.
ressemble
de faire avec
Mais quel traité peut-onmn'obliger
ia
je n'ai rien volé, et pour posle nègre auquel
aliéné une partie de ma
session duquel j'ai déja
de la blancheur du teint, elle pourroit
(1) A légard
fait
à la namais cela ne
pas grand'chose
bien y perdre;
ture : Nigra sum; sed formosa. la
n'a jamais eu lieu que
(2) La servitude de
glebe mieux faire : rar laps
quand et où les hommes n'ont pu
s'ouvrent; le préde temps, les débouchés et les têtes
cest tout.
devient censitaire, et puis
tendu esclavage
ja
de la blancheur du teint, elle pourroit
(1) A légard
fait
à la namais cela ne
pas grand'chose
bien y perdre;
ture : Nigra sum; sed formosa. la
n'a jamais eu lieu que
(2) La servitude de
glebe mieux faire : rar laps
quand et où les hommes n'ont pu
s'ouvrent; le préde temps, les débouchés et les têtes
cest tout.
devient censitaire, et puis
tendu esclavage --- Page 63 ---
SU R L E S C OL'ON I E S.
propriété ? Faut il partager ma terre avec lui ?
Qui m'en remboursera le prix? Comment le
forcerai-je à cultiver pour lui et pour moi
les deux moitiés, si une heure, un jour de
travail dans la semaine, suffit à sa subsistance?
Il faudra donc opposer encore à sa paresse les
voies coactives ? Et me voili, avec le droit de
châtiment, redevenu maître et lui esclave;
ou si je n'ai aucune autorité sur lui, il en aura
bientôt sur moi et me réduira à labourer pour
lui.
Mais combien d'autres difficultés locales s'opposeroient à l'exécution d'un semblable projet -
Les cultures de nos îles à suCre ne ressemblent
point à celles del l'Europe, où un paysan peut,
sans autre secours que ses bras et sa charmne(s),
labourer, ensemencer son champ, en faire la
récolte, la renferiner dans sa grangeet Ja porter
au marché : le sucre, le café, le coton, l'indigo, et sur-tout la première de ces productions,
exigent le concours d'un grand nombre de manoeuvres quipuissent êtrecommandés à volonté,
et distribués en mêre temps en différens ateliers pour la préparation des terres et la ma-
(1) L'auteur ne connoit pas bien les avances primitives
d'une charrue,
semencer son champ, en faire la
récolte, la renferiner dans sa grangeet Ja porter
au marché : le sucre, le café, le coton, l'indigo, et sur-tout la première de ces productions,
exigent le concours d'un grand nombre de manoeuvres quipuissent êtrecommandés à volonté,
et distribués en mêre temps en différens ateliers pour la préparation des terres et la ma-
(1) L'auteur ne connoit pas bien les avances primitives
d'une charrue, --- Page 64 ---
M É M O I R E S
nipalation des denrées. Un jour de pluie ;
d'orage, de débordement, ou une longue sécheresse, décident de l'espèce des
leur accélération, de leur
travaux, de
suspension, du
ou de la marche des travailleurs.
repos
il importe de les occuper à la culture Aujourd'hni de
jardin
leur
propre > qui nuiroit aux travaux du
maître dans une autre
circonstance'(s). .Un autre
jour est convenable à la réparation de leurs
maisons ; un autre 3 à celle des chemins des
canaux, des fossés : c'est ainsi que
,
du
l'intelligence
propriétaire ou du régisseur détermine
autorité une répartition utile des
avec
heures de travail; mais
jours et des
force dont
divisez cette masse de
jedispose, de manière queje ne puisse
plus exiger
credi : si le rderuanebhunsiauhasme samedi
le merviendra
j'ai besoin de tous, que dema manufacture P
Le principe de l'utilité des petites
multipliées n'est point applicable propriétés
au contraire démontré
ici; il est
habitation
quela subdivision d'une
entre les cohéritiers nuit à
rêt public. Car deux cents
l'intéarpens de terre
(1)Tout cela dit qu'aux iles un
ture doit être un bon,
entrepreneur de cultou; comme ici.
vigilant et habile économe : c'est
--- Page 65 ---
8 U R LES COL O N I a S.
exploités en sucre exigent une dépense et un
emplacement égal en bâtimens , en pâturage
pour les animaux, en ustensiles et frais d'exploitation, , à ce qu'il en coûteroit pour la culture de six centsa arpens; mais cinquante,
vingt,
dix, devenant une propriété isolée,
2 ne peuyent
plus être cultivés en sucre () : ainsi, de cette
subdivision résulte pour la nation la perte de
ses manufactures coloniales.
Voudroiton que le propriétaire, en conser-
(1) Dans tout pays la culture est, en tout
la
meilleure possible, selon les conditions données. temps, Ces conditions sont, 1°.le sol, 2°, le climat, 3°, sur-tout les debouchés. De ces trois choses la première peut changer
épuisement relativement aux deux autres, et la. troisième par
par des changemèns politiques, ou mercantiles ou relatifs
aux usages et comsommations : qu'une seule change, elle
influe sur les deux autres. Ces considérations doivent entrer
dans les calculs d'un cultivateur homine d'état. Il ne doit
point admettre exclusivement les choses in statu
mais les considérer in statu generali,
quo 2
Cependant, comme
il est naturel de vouloir être rassuré sur le
peut tenir pour certain que les choses
présent, on
le
s'arrangeront au jour
jour, toujours au plus près de Jenr nalure. Une
del la Brie offre un champde froment d'uac lieue
plains
ily a la-dedans cent propriétés
d'étendue :
morcelées; mais quatre ou
cinq laboureurs ont ensemencéla tout.
on
mais ne peut refaire des livres. Cecis'explique mais
naturel de vouloir être rassuré sur le
peut tenir pour certain que les choses
présent, on
le
s'arrangeront au jour
jour, toujours au plus près de Jenr nalure. Une
del la Brie offre un champde froment d'uac lieue
plains
ily a la-dedans cent propriétés
d'étendue :
morcelées; mais quatre ou
cinq laboureurs ont ensemencéla tout.
on
mais ne peut refaire des livres. Cecis'explique mais --- Page 66 ---
NI E M o I R E S
vant sa terre et en affranchissant
Jes employât comine
ses nègres 2
ou ils rentreroient journaliers P Mais slors,
dans la classe de ceux de
l'Europe etn'en seroient pas plus
si les circonstances locales
heureux, Ou
d'un climat
d'un sol plas fertile,
qui impose moins de besoins, leur
donnoient plus de facilité
résulteroit le
pour subsister, il en
des
renoncement au travail de la part
d'ceuvre paresseux, ou un prix exorbitant de inainde la part deceax quivoudroient
ler; etsi, dans l'état actuel'des
travailriture de mon esclave
choses, la noursous, laj
ne me représente que dix
journée d'un homme libre,
vivre avec une henre de
qui pourroit
douze fois plus. Alors
travail, me coûteroit
seroient exclues
nos denrées coloniales (:)
de tous les marchés de lEurope,parla
peuples qui podferemcedonaéedcaie n'anroient
des autres
gime. Les colonies
pas adopté le même réseroient donc anéanties
pour
(1) Ce que l'auteur appelle ici denrées coloniales
assurément privilégiées
sont
n'en est pas moins vrai (quoique de pour un temps); mais it
des nègres esclaves,
que toutes les cultures, celle
Jesse des
méthode fondée sur Porgueil et la
premiers colons, et maintenue
paadjoint à la continuité de ces
par le préjugé >
dieuse de toutes.
vices, est la plus dispen- --- Page 67 ---
SU R L ES COLON I E S.
nous > et deviendroient propres à ia société
nègre que nous aurions créée et fortifiée aux
dépens de la nôtre.
L'exemple des Pensilvaniens n'est pas plus
concluant que celui des Russes et des Polonois.
Les premiers ont fait, sans aucun danger et
avec un grand ayantage au contraire, un acte
conséquent à leurs principes, à leur culture,
àleur population;ilse ontaffranchi leurs nègres,
quine sont point dans leur pays un instrument
nécessaire de culture. II étoit important pour
eux de multiplier les bras etle travail des manoeuvres nationaux, de favoriser de nouveaux
défrichemens qui mettent tout de suite les pauvres dans la classe des propriétaires, 7 et qui
augmentent ainsi la force nationale. Le petit
nombre de ces noirs s comparé à celui des
blancs, ne faisoit pas craindre le inélange des
races : qu'avons-nous de commun, aux.iles du
Vent et sous le Vent, avec les habitans de la
Nouvelle-Angleterre ? Ceux-ci n'ont pas séduit
les Anglais de la Jamaique.
Résumons toutes ces observations et arrêtonsnious au résultat.
L'esclavagee estune violation du droitnaturel
dans la personne de celui qui le counoit et le
nombre de ces noirs s comparé à celui des
blancs, ne faisoit pas craindre le inélange des
races : qu'avons-nous de commun, aux.iles du
Vent et sous le Vent, avec les habitans de la
Nouvelle-Angleterre ? Ceux-ci n'ont pas séduit
les Anglais de la Jamaique.
Résumons toutes ces observations et arrêtonsnious au résultat.
L'esclavagee estune violation du droitnaturel
dans la personne de celui qui le counoit et le --- Page 68 ---
M M O I R E S
respecte;carla
faire un esclave sociéd,danscertainse d'un
cas (1), pent
homme
a le pouvoirde le
libre, pnisqu'elle
priver même de la vie.
Une: société libren'est
la servitude
pas tenue de détrire (2)
d'une peuplade qui lui est
gère.
étranSi les esclaves de cette
transmis par des
peuplade lui sont
n'a
échanges, la société libre
aucun tort direct ou indirect
(3)
vant en leur qualité
en les reced'esclaves.
Après les avoir reças
disposer
2 cette société peut en
pour son plus grand
elle ne rend point leur
avantage (4), si
ils étoient
état pire que celui oi
avant l'admission.
Elle peut donc les affranchir
(5) pour les in-
(1) Il faut débrouiller Ces cas dans
plume, pour que jamais ce ne soit celui sa tête et sous sa
(2) Il 'ne faut point détruire la
d'un sophisme.
générale la libarté, qui est de Dieu. servitude, mais rendre
(3) Les recéleurs sont pourtant punis par Ia loi.
(4) Abyssus, abyssum invocat. Psaume XLI,
(5) Mon Dieu que de pouvoirs
verset 9.
a mis dans la main de T'homme, l'embroglie des publicistes
mais seulement lancer
qui ne peut rien de tout cela,
contre le eiel des
tombent sur la tête.
Pierres qui lui re- --- Page 69 ---
S U R L E S Co L O N I E S.
corporer aux difiéenteschasesquilae composent,
ou les laisser dans l'état où elle les a reçus, en
les assimilant, pour le travail etle traitement, à
la dernière classe de ses membres libres.
Si l'incorporation est impossible ou dangereuse, l'afranchissement seroit sans motif;
car iln'en résulteroit, pour la société, aucune
force commune ; il produiroit au contraire une
force étrangère et ennemie, qui tendroit évidemment à la destruction de la première.
Si laffranchissement est dangereux, et que
les spectacle de la servitude déplaise à la société
libre, elle doit balancer les motifs qui peuvent
la décider à conserver et à employer ses esclaves
ou à les, exclure de son territoire, et à les renIre à leur terre natale.
Ces motifs doivent être le genre de culture
auquel on emploie les esclaves, la nécessité ou
'inutilité de cette culture, la possibilité oul'impossibilité d'y occuperles manoeuvres: nationaux.
L'examen des motifs opérant conviction sur
'impossibilité d'employer à la culture d'un pays
chaud les hommes libres d'un pays froid, sur
'importance de cette culture dans la situation
commerçante, politique et fiscale de cette SOiété, elle ne peut balancer à conserver etem-
es motifs doivent être le genre de culture
auquel on emploie les esclaves, la nécessité ou
'inutilité de cette culture, la possibilité oul'impossibilité d'y occuperles manoeuvres: nationaux.
L'examen des motifs opérant conviction sur
'impossibilité d'employer à la culture d'un pays
chaud les hommes libres d'un pays froid, sur
'importance de cette culture dans la situation
commerçante, politique et fiscale de cette SOiété, elle ne peut balancer à conserver etem- --- Page 70 ---
M É M OI R E S
ployer les esclaves qu'elle s'est
voie des échanges.
procurés par la
Cette société doit alors régler le
la condition de ses esclaves
traitement et
son
conséquemment à
régime politique et moral.
Il est de sa justice et de son intérêt
leur sort à celui de la dernière d'assimiler
mnembres libres (1).
classe de ses
Si cette condition est
montré
remplie, 2 s'il est dépar l'inspection des détails
clave employé à la culture
que l'es
physiquement
en Amérique, est
Jibre
plus heureux que le
et pauvre de l'Europe, le droit journalier
de la part de cette société
d'esclavage
lation du drcitnaturel
n'est plus une vioqui le méconnoit
danslap personne du nègre,
et l'outrage dans sa terre
tale, et qui trouve dans la nôtre
natance micux assurée et un
une subsistraitement plus doux.
S IX I i M
D
E O B. J E CT I O N.
Puisqne l'aftranchissement des
nègres est im-
(1) Les hommes libres de la dernière classe
nière puisse-t-elle êire, s'ils n'ont nuls
2 tant dernuls devoirs; mais ils n'ont rien perdu de droits, leur n'ont aussi
qui donne d tous droit à tout, à moins droit le naturel,
tiers à la chose quelconque n'ait
que droit du
précédd le rien. --- Page 71 ---
- U R L F S C OL 0 N I F S.
possible ou dangewux, puisque les colonies ne
peuvent pas subsister sans le travail des esclaves,
ne craignons pas de renoncer aux colonies; dé-
-abusons-nous sur leur importance prétendue :
Elles consomment à l'Etat des hommes et de
l'argent; elles nous obligent à l'entretien d'une
marine, et nous payons enfin leurs denrées prétieuses en vivres et marchandises de notre crû.
Ne seroit-il pas égal de vendre aux étrangers
cs farines, vins, huiles, toiles et étoffes qu'on
nvoie en Amérique, et de recevoir d'eux le
ucre et le café que nous livrent les colons
rançais ? En retirant nos hommes sur notre
ol, en ne les exposant plus aux dangers de la
ner et d'un climat destructeur, n'augmentonsous pas l'agriculture etles manufactures natioales? Ces richesses essentielles, qui sont les
Eules qu'on ne peut nous enlever, ne mnettentIlcs pas toujours la balance du cominerce en
otre faveur (1) ? Abandonnons les colonies;
(1) Nul homme de bon sens et instruit n'a,
roposé aux colons
je pense 7
est à eux seuls à d'abandonnerles colonies; et cependant
ard des
qui cette proposition peut aller. A léprétendues métropoles quiles tyrannisent à grands
fais, on peut leur proposer de jeter à cet égard leurs besiles Sscales, et les politiques du calcul et de la nature ne
la balance du cominerce en
otre faveur (1) ? Abandonnons les colonies;
(1) Nul homme de bon sens et instruit n'a,
roposé aux colons
je pense 7
est à eux seuls à d'abandonnerles colonies; et cependant
ard des
qui cette proposition peut aller. A léprétendues métropoles quiles tyrannisent à grands
fais, on peut leur proposer de jeter à cet égard leurs besiles Sscales, et les politiques du calcul et de la nature ne --- Page 72 ---
M E M O I R E 8
quel intérêt peut inspirer un établissement
sur deux abus de la police
fonde
sociale,
etl'esclavage ?
l'émigration
R E PO: N S E.
Apprenez donc l'origine et l'utilité des
nies Sans doute il
colon'entre point dans le
font ou ne proposent, en
cela, que ce que font les
femmes, en nouant le filet à l'enfant
sagespour dégager et sauver également le après l'enfantement,
(1) Quoiquej'aie
part et la mère,
quisuit néanmoins déja poussé la liberté trop loin, tout ce
ritie
est d'un genre de raisonnement et de
quim'interdit absolument d'aller plus loin. Ces
péd'ailleurs sont désormais discutées
matières
veut
et débattues; si
s'instruire en ce genre 2 il est bien
l'auteur
dresser. Sia au contraire il est à
capable de se reritie d'emprunt,
cet égard content de sa péje ne le convaincrois
dans
et je le blesserois
Il
pas
des notes,
demander
peut-être. ne me reste donc qu'à lui
pardon de mes libertés, qui doivent
lui être un témoignage du cas
néanmoins
et deson
qu'on fait de son mémoire
ni blanchir talent; l'assurer en outre que nous ne voulons
les noirs, ni noircir las blancs. Ils sont
égaux devant Dieu et la
bien
Nature, et ne nous
inégaux en industrie, que comme destinés à habiter paroissent
climats chauds qui comportent infiniment
des
mère d'industrie. A cela
moins de nécessité,
près, 7 les plus
par leur génie et leurs talens ont été nairs. prodigieus hommes
blanchir talent; l'assurer en outre que nous ne voulons
les noirs, ni noircir las blancs. Ils sont
égaux devant Dieu et la
bien
Nature, et ne nous
inégaux en industrie, que comme destinés à habiter paroissent
climats chauds qui comportent infiniment
des
mère d'industrie. A cela
moins de nécessité,
près, 7 les plus
par leur génie et leurs talens ont été nairs. prodigieus hommes --- Page 73 ---
SU R L E S COLON I E S.
pian d'une société qui s'établit de renvoyer
Bous un ciel étranger une portion de ses membres poury chercher ou multiplier les moyensde
subsister; ; mais l'ordre des temps et des événenens peut faire de cette émigration une condiion nécessaire. àl'existence politique dela nation
quis'y soumet. Je ne parle pas seulement de ces
beuples nombreux dont la population excède la
omme de terre qui les nourrit; on ne voit plus
lepuis long - temps cette surabondance d'indiidas qui se pressent et refoulent dans les
spaces libres. Une autre cause non moins acive agite et déplace les Européens ; c'est le
rogrès des arts et les efforts de l'industrie qui
'élancent d'un pôle à l'autre, et cherchent à
étendre sur toute la terre habitable. Alors le
nouvement prodigieux d'hommes et de choses
ue. la cupidité met en oeuvre, épaise ou dérobe
Si j'étois le patron 1 c'est-à-dire, Louis
XVI, je comlencerois par rompre l'esclavage des créoles; ; donner aux
plonies, comme à toute autre province, la liberté
e puisleur ôter sans vol, de recevoir et de vendre à que je
Enant; ; ne leur imposer ni droit ni rien qu'un tribut territo- tout
al pour leur propre défense dont le pays seroit chargé,
nsi que de sa municipalité ; et puis nous verrions
reste. Mais il est tout simple que des esclaves de la pour
Fère classe soient dars, et partisans de l'esclavage de pre- la
rnière classe. --- Page 74 ---
M E M o 1 R E S
la matière première, les
aux moins industrieux l'activité d'un seul réunit
ressources locales ;
de
dans sa main l'occupation et la subsistance
plusieurs : alors il se trouve des surmuméraires
bon, qu'il est utile d'employer au loin à
qu'ilest
étrangères; et le peuple
créer des productions
bon
voit par
qui le premier en fait un
emploi,
ses mannfactures, 9
cette émigration angmenter
son agriculture, et par conséson commerce,
Telles sont parmi nous
quent sa population.
T'origine et Putilité des colonies.
Mais pour en bien sentir l'influence sur
l'aisance nationale, pour reconnoître évidempoint elles alimentent la
mnent jusqu'à quel
puissance de leurs métropoles 7 et comment
leur destruction annulleroit tous les moyens
considérons Forganisation
de remplacement ,
actuelle des Etats politiques de l'Europe.
que la balance du comI.est incontestable
et celle du fisc déterminent leur puismerce
sance.
120 milOr, nos colonies nous produisent
des
lions, qui, par l'action et la réaction
échanges, représentent une somme décuple 2
circulent sans cesse des caisses du commerce
trésor
et de là aux comptoirs étranau
public,
les intérêts que nous
gers, où nous payons
rons Forganisation
de remplacement ,
actuelle des Etats politiques de l'Europe.
que la balance du comI.est incontestable
et celle du fisc déterminent leur puismerce
sance.
120 milOr, nos colonies nous produisent
des
lions, qui, par l'action et la réaction
échanges, représentent une somme décuple 2
circulent sans cesse des caisses du commerce
trésor
et de là aux comptoirs étranau
public,
les intérêts que nous
gers, où nous payons --- Page 75 ---
S U R I. E S COLO N I E S.
devons pour les emprunts que nous leur avons
faits, ou pour les fournitures qu'ils nous font.
Qu'on retranche cette portion da revenu national, quelqu'extension qu'on donne aux
autres, le vide qui en résulte, ruine l'Etut;
et cette assertion se démontre.
Les intérêts de la dette nationale et les dépenses indispensables pour la défense et la poice d'un grand Etat, nécessitent en France
ine imposition relative.
Cette imposition met le royaume dans un
tat forcé 7 qui subsistera jusqu'à ce que les
mprunts qui ont été faits dans les moinens
e crise soient acquittés.
Ce n'est qu'en rendant les autres nations
ributaires de notre commerce qu'on peut emêcher la Nation française de succomber souS
faix des impôts énormcs qu'elle paie, et que
s besoins urgens ne perinettent pas de dimiuer de manière à la soulager.
Pour commercer le plus utilement possible
vec les autres nations, il faut avoir les denes et marchandises qui leur manquent. > et
u'elles desirent le plus.
Fatiguées du tribut que notre commerce leur
apose, elles tâchent de le diminuer en étaissant des manufactures qui rivaliseat avec --- Page 76 ---
M E M O I R E S
les nôtres, en
les denrées de prohibant ou taxant fortement
notre crà qui ne leur sont pas
indispensablement nécessaires.
Les produits précienx de notre crû en
huiles, , sels , eanx-de-vie, ne suffiroient vins,
pas pour mettre la balance du
donc
notre faveur ; car ils solderoient commerce à
en
produits étrangers
peine des
de notre
qui nous manquent. Ceux
agriculture et des mannfactures, nécessairement augmentés par l'impôt, ne trouveroient pas même, hors le temps de
un débonché chez
disette, 9
mêmes
Tétranger , qui auroit les
productions, souvent à meilleur
Les colonies de l'Amérique
compte.
veilleusement à
concourent merremplir cette fouction; et elles
déterminent, à raison de leur produit seulement, la dépendance des autres nations à notre
égard, laquelle n'existe pas pour les
et marchandises
denrées
d'Europe qu'elles récoltent ou
fabriquent ainsi que nous.
Ces colonies consomment donc des produits
que les autres nations repousseroient. Le régine prohibitif sous lequel elles doivent être
tenues, nous assure leur fourniture
elles nous livrent en retour la totalité entière; de leurs
denrées, dont la valeur
dit, à 120 millions,
s'élève, comme on l'a
dépendance des autres nations à notre
égard, laquelle n'existe pas pour les
et marchandises
denrées
d'Europe qu'elles récoltent ou
fabriquent ainsi que nous.
Ces colonies consomment donc des produits
que les autres nations repousseroient. Le régine prohibitif sous lequel elles doivent être
tenues, nous assure leur fourniture
elles nous livrent en retour la totalité entière; de leurs
denrées, dont la valeur
dit, à 120 millions,
s'élève, comme on l'a --- Page 77 ---
U R L E S C O L O N I E S.
Cette sornme, 3 partagée entre les cultivateurs
et les manufacturiers nationaux
même
être considérée toute à l'avantage 2 des peut
premiers,
puisque cette multitude d'hommes que le commerce emploie, consoime et paie les fruits
de la culture, dont la valeur est augmentée
par cette double consomnation d'agens des
colonies en France, et des Colons en Amérique.
Cette augmentation de valeur sur les fruits
le la culture porte également sur ceux de
industrie, et conséquemment sur les ipôts
que paient l'une et l'autre.
Le produit fiscal des colonies ne peut donc
as être estimé par la somme des droits imosés sur leurs denrées, mais par la plus-value
u'elles donnent à la culture, à l'industrie,
u coumerce et à l'impôt territorial, en
clant l'argent de l'étranger.
apElles influent donc infiniment sur la force
t la richesse nationales, en nous
L
solde des intérêts de l'emprunt procurant fait
aux
trangers, la solde des fournitures
qui nous
lanquent, et le produit net de l'excédant de
OS ventes sur nos achats.
Si nous perdons nos iles à sucre, il en réalte donc une soustraction énorme de revenu
5.
--- Page 78 ---
M É M O I R E S
n'aurons plus de
national, et parce que nous
et
de l'Amérique ,
parce
part aux produits moins-value sur les produits
qu'il y aura une
les colonies ne conde notre agriculture, que
sommeroient plus.
annuelle nous permettroitAlors cette perte
à l'étranger ce que
elle de continuer à payer
de l'intérêt
nous lui devons pour la portion nationale, et
dans la dette
qui lui appartient
nous en recevons 2
pour les fournitures. que laine, soie, tabacs
telles que fer 9 cuivre 9
etc., à quoi
drogues médicinales,
épiceries,
les denrées de P'Amérique,
il faudroit ajouter
plus 2
que nous ne récolterons et la mnoindre consomAlors l'avilissement
culture et de notre
mation des fruits de notre à la nation de sup
industrie, permettroient-ils
actuelles?
porter ses charges de la nation diminués,
Alors les revenus
quel seroit le sort
et ses dettes augmentées,
de lEtat?
des rentiers et des pensionnaires en tout genre
Alors cette quantité d'agens colonies emploie 3 ne
que le commerce des elles chez l'étranger
passeroientile pas avec
? Sa force, sa
qui nous en auroit dépouillés s'accroltroient en rai
population, sa richesse,
toutes les partic
son de notre dépérissement;
actuelles?
porter ses charges de la nation diminués,
Alors les revenus
quel seroit le sort
et ses dettes augmentées,
de lEtat?
des rentiers et des pensionnaires en tout genre
Alors cette quantité d'agens colonies emploie 3 ne
que le commerce des elles chez l'étranger
passeroientile pas avec
? Sa force, sa
qui nous en auroit dépouillés s'accroltroient en rai
population, sa richesse,
toutes les partic
son de notre dépérissement; --- Page 79 ---
St R I. E S COLON I E S.
constitutives de l'Etat seroient bouleversées;
peut-être la France éprouveroit une révolution
horrible.
Les colonies sont donc utiles, et il importe
de les conserverçilimporte d'entretenir etd'augmenter la marine marchande et militaire, de
protéger notre coinmerce à la côte de Guinée,
de l'étendre dans le Levant, de l'établir dans le
Nord, de nous saisir de notre propre cabotage,
en en excluantles nations étrangères, de procurer enfin à la nation la plus grande soinme possible de subsistance et d'industrie ; car tel est le
but de toutes les sociétés : mais sur tout cela
nousn'avons rien àapprendre à uneadministration éclairée; ; c'est à la partie du public préveaue ou mal instruite que s'adressent ces observations.
C'est à regret que je in'élève ainsi contre
l'esprit de bienfaisance, qui répand et accrédite les opinions que je viens de combattre. Il
y a une sorte de honte ou de courage à présenter la nécessité de maintenir l'ordre établi
pour la culture des colonics, dont l'utilité est
sans doute balancée par des résultats vicieux,
mais qui ne peut être abandonnée sans qu'il
n'en résulte de plus grands maux, , ct qui ne
le sera jamais, malgré les tentatives qu'on re- --- Page 80 ---
M É M 0 I R E S
que par une de ces rénouvelle aujourd'hui, la destinée des Empires.
volutions qui changent
métroJe suis donc loin de croire qu'aucune
et
pole cède sur ce point aux remontrances si les
de la philosophie ; et
plus
aux préceptes
des
de T'affranchissement
ardens promoteurs à la tête du Gouvernenègres se trouvoient
comme M. Turgot,
ment, ils éprouveroient,
de convertir en
le danger et l'impuissance mouvemens de bienactes législatifs tous les
intérêts pofaisance qui contrarient de grands
Mais ce n'est pas assez de s'arrêter
litiques.
la raison d'Etat ou des consiau terme que
il faut
dérations puissantes nous prescrivent;
compte à soi-même
se rendre
encore pouvoir
font
ou tolérer
des motifs qui nous
approuver de Phumanité
le premier voeu
un régime que
dans une telle discussion >
proscrit 5 il faut,
une
s'assurer si la raison, la justice, permettent fait d'aucontraire; et c'est ce que j'ai
opinion
je m'imposois par-là
tant plus volontiers, que tout ce que la raison
T'obligation d'indiquer
de retrancher
et la justice nous commandent C'est la tâche que
de la servitude des nègres. le
de plairemplirai, je l'avoue, avec plus
les
je
rallier vers ce but salutaire
sir. Puissé-je
sur Vaffranchisefforts inutiles qui se dirigent
contraire; et c'est ce que j'ai
opinion
je m'imposois par-là
tant plus volontiers, que tout ce que la raison
T'obligation d'indiquer
de retrancher
et la justice nous commandent C'est la tâche que
de la servitude des nègres. le
de plairemplirai, je l'avoue, avec plus
les
je
rallier vers ce but salutaire
sir. Puissé-je
sur Vaffranchisefforts inutiles qui se dirigent --- Page 81 ---
S U R I. E S COLON I E S.
sement des nègres ! il restera encore assez d'obstacles à vaincre pour améliorer leur condition.
ly a quinze ans que j'y travaille sans succès; il y en a dix que j'ai proposé, dans un
comité de législation, les vues que je présente
ci; mais l'administration est souvent timide
t impuissante pour faire le bien, par Ia déplorable maxime d'éloigner et de craindre les
liscussions publiques sur les objets de ses déisions : aussi voit-on rarement d'autres réglenens adoptés que ceux qui se concertent dans
a secret du cabinet, parce que l'ignorance où
on est du voeu général sur tel ou tel objet
'intérêt public, le fait voir quelquefois dans
es suggestions artificieuses de l'intérêt privé.
La question que je traite est une de celles
ui exigeroient le plus un exanen authenque, et le concours des lumières des colons,
es négocians, des hommes d'Etat. Ce seroit
nsuite aux bons esprits à démêler la vérité
travers les préjugés de chaque ordre.
Si l'expérience que j'ai acquise dans les COnies, 7 comme propriétaire et comme admiistrateur, peut me donner le droit d'insister
ar mon opinion, je ne crains pas de répéter
ie les considérations les plus imnportantes se
unissent pour ordonner avec plus de détails, --- Page 82 ---
M É M o 1 R E S
la condition des
d'attention et de faveur, ,
noirs. J'ai connoissance de toutes les objections
ont été faites contre la promulgation d'une
qui semblable loi; aucune ne m'a paru embarrasJ'ai consulté des colons éclairés, que
sante.
à mon avis. Et en effet, si la suj'ai ramenés
peuvent être mainbordination, la discipline,
soumis
tenues sans tyrannie 3 si des hommes
absolu
être néanmoins
à un pouvoir
peuvent arbitraires; si le desaffranchis des vexations
redoutable est obligé de se soupote le plus
formules de justice : conmettre à certaines
excluroit-elle
ment une législation équitable
d'esclaves
cette multitude
de sa protection
l'Afrique sera bientôt dans l'impuissance
que de recruter, , et qui ne peuvent se reproduire
dans nos colonies que par
et se multiplier
une police attentive ?
En vain on allégueroit que les ordonnances
est défendu au maître
y ont pourvu ; qu'il cruels contre ses esd'exercer des châtimens
soiclaves; qu'il lui est enjoint de les nourrir,
ces ordonnances sont tomgner et entretenir:
qu'on a négligé les
bées en désuétude, parce
d'exécution. Je sais bien qu'en génémoyens ral la douceur de nos moeurs, Thonnêteté et
propriétaires, suppléent plus
l'intérêt desgrands
onnances
est défendu au maître
y ont pourvu ; qu'il cruels contre ses esd'exercer des châtimens
soiclaves; qu'il lui est enjoint de les nourrir,
ces ordonnances sont tomgner et entretenir:
qu'on a négligé les
bées en désuétude, parce
d'exécution. Je sais bien qu'en génémoyens ral la douceur de nos moeurs, Thonnêteté et
propriétaires, suppléent plus
l'intérêt desgrands --- Page 83 ---
S U R L E S COLO N I E S.
qu'on ne pense à l'inactivité des lois : mais
i suffit d'avoir la certitude de quelques excès
répétés et impunis, pour être obligé d'y reméHier efficacement; et malgré le petit nombre
de faits ct d'abus graves qu'on peut reprocher
à quelques colons de la dernière classe , et
qu'on reproche à tous avec tant d'amertume,
ce seroit une politique barbare que celle qui
feroit sur cela dissimuler la vérité. Il faut respecter sans doute les droits de la propriété ;
nais c'est à l'homme, c'est à l'humanité
e plus grand respect est da. Qu'importe que le
murmure de lhomme vain et impérieux sur
a restriction nécessaire des droits qu'il a acquis sur un nègre ? Il a acheté son travail;
toit: mais la société, l'autorité épublique, doivent
ktipuler pour cet être passif, qui contracte
nalgré lii, qui donne tout et ne reçoit rien.
Puisque cet homme devient un instrument nébessaire à la culture, puisqu'il n'est livré au
polon que par la permission, et sous la protection du souverain, c'est au souverain à détcrminer son état et sa condition, de manière
qjue le mot esclave soit remplacé par un autre,
pt ne signifie plus un homme qui ne peut
I
rien,
la merci d'un homme qui peut tout.
De-là dérivent les obligations respectives du --- Page 84 ---
M E M O I R E S
ainsi que leurs droits
maître et de l'esclave,
base l'inréciproques, qui doivent avoir pour
Les droits du maîitre étant
térêt général.
raisonnable, à un
réduits à une soumission
del'esclave sont une nourtravail modéré,ceux
riture abondante, un repos réglé, un entretien
convenu en maladie et en santé, et un asile
ou la violence des
indiqué contre linjustice
infracteurs de ses droits.
Voilà donc la nécessité d'une loi démontrée, 9
mais sa nature est d'être étrangère à toutes
les autres, et de ne pouvoir être exécutée avec
les mêmes formes et par les mêmes moyens ;
plusieurs mois, plu:
car nous pouvons passer
sieurs années, sans discussions qui exigent que
recours à l'autorité des lois. Les
nous ayons
et ceux dont la vie 'n'est
citoyens paisibles, des incidens et des délits
troublée par aucun
connoître le made la société, peuvent ne pas
Ainsi, un juge suffit à une commugistrat.
Tous
nauté, à une ville et à son territoire.
les habitans ne sont pas à la fois en querelie
les
mais tous les maîtres
les uns avec
autres;
leurs
peuvent être fréquemment injustes envers
esclaves,car ils sont les plus forts ; ils peuvent
car les
avoir à s'en plaindre fréquemment,
devoirs de l'esclave sont multipliés: ainsi, par-
ne pas
Ainsi, un juge suffit à une commugistrat.
Tous
nauté, à une ville et à son territoire.
les habitans ne sont pas à la fois en querelie
les
mais tous les maîtres
les uns avec
autres;
leurs
peuvent être fréquemment injustes envers
esclaves,car ils sont les plus forts ; ils peuvent
car les
avoir à s'en plaindre fréquemment,
devoirs de l'esclave sont multipliés: ainsi, par- --- Page 85 ---
S U R L E S COL O N I E S.
out où il se trouvera dix propriétaires et deux
nille esclaves, il faut une espèce de magistraure locale qui veille à l'observation de la
oi, et qui en représente l'exercice.
Cette jaridiction, pour être active, sans
rexation pour les propriétaires, doit être exertée par des habitans; et pour remplir l'objet
le protection à l'égard des esclaves, il est néessaire d'accorder de grandes distinctions à
eux qui s'en acquitteront avec honneur, qui,
par leur influence, 2 parviendront à améliorer
condition des noirs, sans nuire à leur police.
Tel est l'esprit dans lequel a été rédigé le
rojet de réglement qu'on va lire ci-après. Je le
broposai en 1775, au comité de législation
lont j'étois membre. Il y fut discuté ; et des
nagistrats éclairés en approuvérent le plan et
es principes. On censura quelques articles que
a n'entends pas justifier, et que j'ai peut-être
Fendus, par les changemens que j'y ai faits,
blus susceptibles encore de censure ; mais les
dées les plus bizarres en législation éveillent
'attention et rappellent les idées saines. Je me
garderai bien de proposer une semblable loi,
utrement qu'à l'examen le plus approfondi; ;
t je demandois alors que le projet fat en.
royé dans les colonies, et soumis aux obser- --- Page 86 ---
M É M OIn E
vations des tribunaux et des
niales, dont j'avois donné assemblées cololequel fut agréé
le plan en 1776,
nistration m'étoit pour Cayenne dont l'admi
que par la
confiée. Ce ne sera jamais
publicité et la
se préservera des
discussion libre, qu'on
des méprises
innovations dangereuses et
de Tadministration. fréquentes, des erreurs si funestes
Combien
vu, faute de cette
n'avons-nous pas
réglemens
précaution, de lois et de
inexécutables dans les
exécutées seulement
colonies, ou
a-t-il de plus
par la force ! Or, qu'y
Jence faite à la inconciliable qu'une loi et la vioelle doit être raison, à l'intérêt général, dont
Le
l'expression P
préambule d'une loi devant en
l'intention et les
expliquer
met l'abréviation motifs, cet objet rempli per
en forme
des articles, et leur rédaction
tion que d'un impérative, quoiqu'il ne soit ques
simple projet.
J'ai pensé aussi que le
dans la condition des
changement proposé
un dans la
esclaves en comportoit
des
dénomination des grandes propriétés
colonism,qui.parler
tables aleux
nature, sont de véri-
et par leur franchise et leur
(*) La fiodalitérétant
ne me paroissoit
pas détruite alors 2 resclavoge
servitude de la glebe. susceptible de modification que par la
- *
que d'un impérative, quoiqu'il ne soit ques
simple projet.
J'ai pensé aussi que le
dans la condition des
changement proposé
un dans la
esclaves en comportoit
des
dénomination des grandes propriétés
colonism,qui.parler
tables aleux
nature, sont de véri-
et par leur franchise et leur
(*) La fiodalitérétant
ne me paroissoit
pas détruite alors 2 resclavoge
servitude de la glebe. susceptible de modification que par la
- * --- Page 87 ---
S U R L E S C OI 0 N I E S.
olice, sont peut-être plus susceptibles qu'auune autre propriété, de la qualification de
efs. Cette décoration ne seroit-elle pas une
tile compensation des restrictions nécessaires
el l'autorité domestique? Je n'ai fait que Piniquer, sans entrer dans aucun des détails
u'exigeroit cette institution, parce qu'elle n'est
u'accessoire aux changemens que je propose, ;
ais avant de transcrire le projet de loi, comient ne m'arrêterois-je pas à la circonstance
mportante où se trouvent la métropole, ainsi
ue ses colonies? L'auguste père d'une grande
amille s'occupe à la rassembler autour de lui:
'est à l'époque où l'esprit public se développe
vec le plus d'éclat, où le connoissances utiles
l'humanité se sont le plus répandues, qu'un
oi bienfaisant veut environner la inajesté du
rône, des lumières, des conseils et des secours
'une grande nation ; époque heurcuse et mndnorable pour la France, malgré les fautes et
es orages qui l'ont précédée! Mais tandis que
es différentes provinces du royaume auront
'avantage de communiquer librement avec leur
ouverain, de lui exposer leurs gricfs, leurs doéances, ces provinces éloignées, connues sous
e nom de colonies, qui font aussi partie de la
grande famille, et qui ont donné des preuyes --- Page 88 ---
M E M O I R E a
si multipliées de leur fidélité, de leur amour
pour le père commun, seront-elles privées de
dc défendre leurs inla précieuse prérogative
térêts, et de faire connoître leur situation au
souverain etàla nation assemblée? Nousn'avons
aujourd'hui de commerce maritime véritablement important, que par nos possessions d'oude ce comtre-mer; ; et le système législatif
merce excite, depuis nombre d'années, les plus
fortes réclamations; la police, la jurisprudence
de ces colonies, livrées aux opinions versatiles
des différens administrateurs, et trop souvent
à leur influence arbitraire, présentent une collection incohérente de réglemens et d'ordonnances.
démarche indiscrète de la
Seroit-ce donc une
des habitans des colonies, que de solliciter
part
de la bonté du roi la permission
et d'espérer
à l'assemblée
de faire entendre leurs délégués
des états-généraux? Soit qu'on les considère
aux charges de TEtat, ou
comme contribuables nécessaires du commerce et
comme instrumens
d'un
de la richesse nationale, ne seroit-il pas
intérêt majeur pour le souverain et la nation,
d'arrêter leurs regards sur les relations fiscales,
politiques et commerciales de ces grandes provinces, et de recevoir sans intermédiaire leurs
d'espérer
à l'assemblée
de faire entendre leurs délégués
des états-généraux? Soit qu'on les considère
aux charges de TEtat, ou
comme contribuables nécessaires du commerce et
comme instrumens
d'un
de la richesse nationale, ne seroit-il pas
intérêt majeur pour le souverain et la nation,
d'arrêter leurs regards sur les relations fiscales,
politiques et commerciales de ces grandes provinces, et de recevoir sans intermédiaire leurs --- Page 89 ---
> U R L E S COLO: N I E S.
présentations, librement rédigées. C'est alors
u'en s'occupant de l'amélioration de leur sort,
n intéresseroit les colons à rendre reversiles sur les nègres, les bienfaits d'une légistion équitable, et qu'en faisant participer les
ropriétaires à tous les avantages d'une liberté
gale, on auroit le droit d'exiger d'eux qu'ils
loucissent à l'égard des esclaves les rigueurs
une servitude que l'intérêt général de la naon ne perinet point d'abolir. --- Page 90 ---
M i MI O IIR E S
NOTE
DE LA PREMIÈRE
ÉDITION.
Ls projet de
vernement,
réglement est remis au Goujuger;
quipeutseule cn disposer
cussion quelgalutitue que je voie dans etlefaire la
voudrois publique des vues
disleur
point violer les règles legislatives, je ne
censure et rédaction
dtabilies
mens. La base de
en forme de pour
celui
régle
Pérection d'un tribunal que je propose, est
que paroisse,
domectigue dans chatans, élus, à la composé de trois notables habinoitre de tous les pluralité désails des voir, pour condes nègres, et de leurs relatijfs à la police
les propriétaires.
plaintes et griefs contre
Jindique les
fication et de
moyens de vériplique ce que P'on redhessement des abus ; jervariablement 2 la peutfaire pour pourvoir inet de P'entretien fration de la subsistance
des nigres,
pour empécher --- Page 91 ---
SU R L E S COL ON I ES.
Pezcès des chatimens et des travaur; et je
propose enfin d'abandonner à la sévérité la plus
active des lois ceux qui commettroient quelque
acte de cruauté Ou d'injustice manifeste envers
leurs nègres.
Je n'étois point décidé à la publication de
ce premier mémoire, lorsqu'au mnois de septembre dernier j'ai eu connoissance de celui
du pasteur Schavartz, intitulé: Réferions sur
lesclavage des nègres. Il m'a paru nécessaire
alors de traiter plus à fond cette matière, et
de mettre le public en état de fixer son jugement sur une question tres-importante, soumise
dans ce moment à son tribunal. Tel est l'objet
demes nouvelles Observations, 3 qui peuvent être
regardées comme la seconde partic de mon premier mémoire.
Au surplus, on trouvera dans la seconde
partie de cet ouvrage que je viens d'écrire
treize ans après la première, le développement
des motifs et des moyens d'une nouvclle loi.
alors de traiter plus à fond cette matière, et
de mettre le public en état de fixer son jugement sur une question tres-importante, soumise
dans ce moment à son tribunal. Tel est l'objet
demes nouvelles Observations, 3 qui peuvent être
regardées comme la seconde partic de mon premier mémoire.
Au surplus, on trouvera dans la seconde
partie de cet ouvrage que je viens d'écrire
treize ans après la première, le développement
des motifs et des moyens d'une nouvclle loi. --- Page 92 ---
MI E M O I R E
N OU
VELLES
ORSENYATIONS
Servant de
sentées, 7 dachappement et de
aux vues pré.
écrits
réponse aux derniers
des eemeipiataer
negres, faisant suite à Pesclavage
mier mémoire.
mon preOx veut
cette
s'emparer de l'opinion
nière question, et OIL peut l'égarer publique sur
dangerense. Les anathèmes d'une maLinfdne commerce des
publiés contre
contre les colons criminels brigands
paroissent
quien d-Europe ?
Lorsqu'on pas susceptibles de profitent, ne
attaqué présente un homme libre moidifications et
violemment par un
foible,
l'égorge ou l'enchaine
homme fort, qui
le tiers
pourle vendreàun
aoquéreur et celui
autre,
auquel il substitue
question, et OIL peut l'égarer publique sur
dangerense. Les anathèmes d'une maLinfdne commerce des
publiés contre
contre les colons criminels brigands
paroissent
quien d-Europe ?
Lorsqu'on pas susceptibles de profitent, ne
attaqué présente un homme libre moidifications et
violemment par un
foible,
l'égorge ou l'enchaine
homme fort, qui
le tiers
pourle vendreàun
aoquéreur et celui
autre,
auquel il substitue --- Page 93 ---
S U R L E S COLONI E S.
ses droits prétendus par un nouveau marché,
forment véritablement, avec le premier assaillant, une société de brigandage, reprouvée par
toutes les lois, par tous les principes de morale
et d'humanité. Maisl'espèce changessillhomme
qu'on vous livre enchaîné, est l'un de ces brigands, qui enlève la femme et les enfans de
son voisin, alors il semble que la convention
par laquelle cet homme se trouve à votre disposition, peut être ratifiée ou tolérée sans injustice par le Gouvernement. Et cette tolérance ayant acquis une sanction légale, par
des motifs d'ntilité relatifs à la société dont
vous êtes membre, il semble qu'on devroit
mièrement retrancher de cette question les pre- injures, et la traiter sous ses véritables rapports,
dont aucun n'est étranger à l'ordre et à l'intérêt
public.
20, En s'éloignant de cette méthode, et en
jugeant la traite des noirs comme un fait isolé,
et seulement sous le rapport qu'elle pent avoir
avec les principes de la morale, il faudroit pré.
senter ce fait tel qu'il existe, et ne pas oublier
que les habitans de la côte d'Afriqne, pour lesquels on éprouve, dans ce moment-ci, un si
kendre intérêt, méritent alternativement lapitié
tl'exécration de leurs défenseurs; car ce sont
5.
--- Page 94 ---
-
-
des
M E M O I R E S
nègres qui attaquent, qui
vendent d'autres
égorgent, et qui
qui aborda
nègres. Le premier
sur ces tristes
armateur
créateur des
rivages, n'y fut pas
principes et des
clavage : il y trouva les
instrumens de l'esmoeurs qui
aujourd'hui; et si l'on
subsistent
tonin,
conçoit que Titus, AnMaro-Aurdle, ont
et en permettre
pu ayoir des esclaves
cevra encore mieux J'usage à leurs sujets, on conanémoriale
que cette
en Afrique,
institution, imdissertations, et sera bien survivra à toutes nos
la partie la mieux
long-tempe encore
Africains. Quel est connue du droit public des
donc
mente
l'objet de cette véhéplaidoirie en leur faveur?
qui habitent les côtes et
Est-ce à ceux
que s'adressent les
Pintérieur de lAfrique
seils et les secours P épitres Ils dédicatoires, les conrément de ne vouloir vous sauroient gré assune consentiroient
pas les asservir, mais ils
claves. Ils
pas à ne point avoir des escontinueront donc à
vendre, à acheter; et
guerroyer, à
plus vertueux de
comme les hommes les
Fantiquité
mords, sur ce point-là, les violoient sans reon peut croire que les
règles de la morale,
les plus douces nations plus barbares, et même
à une bien grande
de la Guinée, qui sont
lumières des Grecs distance de la police et des
et des Romains, n'ont ni la
-
pas à ne point avoir des escontinueront donc à
vendre, à acheter; et
guerroyer, à
plus vertueux de
comme les hommes les
Fantiquité
mords, sur ce point-là, les violoient sans reon peut croire que les
règles de la morale,
les plus douces nations plus barbares, et même
à une bien grande
de la Guinée, qui sont
lumières des Grecs distance de la police et des
et des Romains, n'ont ni la
- --- Page 95 ---
8 U R LE S COL O N I E S.
volonté ni les moyens de faire cesser sur leurs
terres l'abus de l'esclavage, quelque parti que
nous prenions en Europe sur cette question.
On dit, et on ne se lasse point de répéter,
que la traite alimente les guerres, et les multiplie.
Hélas! dans notre Europe, nous n'avons pas
cette cause de guerre; mais depuis que Phistoire des nations a pu être écrite et transmise
à la postérité, quel est le coin du monde qui
n'ait point été arrosé du sang humain ? Dans les
siècles d'ignorance, dans les siècles polis, dans
les forêts de l'Amérique, dans les jardins de
l'Italie, par-tout, dans tous les âges, les petites
peuplades et les grandes nations se sont formées en bataillons armés les uns contre les autres. Vous croyez que, si les marchands de
Londres et de Bordeaux ne portoient point de
l'eau-de-vie et de fusils dans le Sénégal, ses
heureux habitans y verroient luire les jours de
l'âge d'or: il semble, à vous entendre, que ces
hommes noirs, nés avec les plus douces, les
plus heureuses inclinations, n'aient reçu que
de nous le germe de tous les vices. Ah! je
ne veux point leur enlever votre pitié, votre
intérêt! Ils ne sont ni plus méchans ni meilleurs que nous l'étions, lorsque nous vivions --- Page 96 ---
2 - -
M E M OI H E S
sous le joug des
nature les ait Druides; mais il semble que la
enfance. La condamnés à une plus
flexibilité de
longue
les rend susceptibles d'une leurs organes, qui
combinaisoms, semble
multitude de petites
sions profondes,
se refuser aux
et au travail
impresson et du génie.
contin de la raiAinsi, ils ont naturellement
ces ; et le désordre de leurs des moeurs doutuosité de leurs
passions, l'impécité, Je n'ai garde mouvemens, de
va jusqu'à l'atrojamais impropres à établir prononcer qu'ils soient à
adopter une législation
parmi eux ou à
nous a fallu plusieurs raisonnable: : mais s'il
depuis la
siècles à
civilisation, pour en
nous-mêmes, >
cipes; la règle de
discernerles prinnègres, les placeroit proportion applicable aux
un àvenir bien
comme peuple policé dans
d'une
éloigné; et si,
police éclairée,
malgréles secours
jours en Asie, seroit-il T'esclavage subsiste touen Afrique ? Je ne mets plus facile à détruire
considérations à
point au nombre des
alléguer à
nion, le sort
l'appui de mon opiépouvantable des
guerre chez plusieurs
prisonniers de
T'Afrique,
peuples de l'intérieur de
vendre; lorsqu'ils ne trouvent point à les
nombre de parce qu'il est difficile de
ceux qui ont été sacriliés constater le
et mangés
jours en Asie, seroit-il T'esclavage subsiste touen Afrique ? Je ne mets plus facile à détruire
considérations à
point au nombre des
alléguer à
nion, le sort
l'appui de mon opiépouvantable des
guerre chez plusieurs
prisonniers de
T'Afrique,
peuples de l'intérieur de
vendre; lorsqu'ils ne trouvent point à les
nombre de parce qu'il est difficile de
ceux qui ont été sacriliés constater le
et mangés --- Page 97 ---
6 U n LES COLO N I E S.
parleurs ennemis ; parce que l'existence des anthropophages peut être contestée, quoique plusieurs voyageurs la certifient, quoique j'aie entendu moi-mêine raconter des faits horribles
à des nègres Mondongues.Je n'envisage ici
le bien qui peut résulter pour les nègres d'A- que
frique de la révolution si desirée; etje ne vois
point qu'on puisse en espérer, d'après l'état
actuel de leurs moeurs et de leur régime social.
Il n'en seroit pas de mnême des nègres transportés et actuellement établis en Amérique. Il
est certain que l'esclavage pourroit Cesser pour
eux d'une manière absolue; et qu'en assignant
à chacun d'eux une portion de terre suffisante
à leur subsistance, on les feroit jouir de tous
les avantages de la propriété et de la liberté.
Mais cette spéculation devient une chimère,
quand on s'arrête aux détails d'exécution et aux
moyensque pourroient employerla] philosophie,
et même l'autorité du Gouvernement. On voit
alors que des raisons d'ordre, de sûreté, d'intérêt social, et même de justice, se réunissent
pour prolonger, en la rectifiant, une institution aussi vicieuse. C'est à peu près P'histoire
de la gabelle et des aides, dontil est permis de
détester l'inventeur, dont il est facile de démontrer) les inconvéniens et les vices, mais qu'on --- Page 98 ---
ne
M É M O I R E S
pourroit supprimer
substituant des
anjourd'hni, qu'en y
de ces
équivalens. Et voilà le
explosions de zèlc et
danger
attaque, avec toute la force d'@loquence! On
et sévère, des abus qui
d'une raisort pure
sorte les étais de ce vieil sontdevems en quelque
que nous
édifice mal construit
dans toute habitons, et on les fait
tout
leur nudité, à un tribunal comparoftre,
resplendisant de lumières
moral,
certes, ils n'en peuvent
et de vertus :
si quelque peuple
sontenir l'examen. Et
sur la terre,
nouveau s'établit
de toutes
sans être souillé de aujourd'lui
les
T'empreinte
criminelles folies, absurdités, des violences et des
temps obéi, qu'il auxquelles nous avons. si longclavage et tous ses proscrive avec horreur l'esbitives, le Juxe, les accessoires, les lois prohicourtisans, les soldats impôts, les traitans, les
sommes-nous ce peuple mercenaires, etc. ! Mais
réformation de nos vices nouveau? Et dans la
mencer par ceux
anciens, faut-il comexistence civile qui se trouvent liés à
et politique?
notre
péril une partie de la fortune Faut-il mettre en
colonies doivent plus de
publique? Les
tropole; elles emploient 200 millions à la méréctement plus de douze directement ou indimille
cents navires,
matelots, et plus de
vingt
quatre cent mille
mes-nous ce peuple mercenaires, etc. ! Mais
réformation de nos vices nouveau? Et dans la
mencer par ceux
anciens, faut-il comexistence civile qui se trouvent liés à
et politique?
notre
péril une partie de la fortune Faut-il mettre en
colonies doivent plus de
publique? Les
tropole; elles emploient 200 millions à la méréctement plus de douze directement ou indimille
cents navires,
matelots, et plus de
vingt
quatre cent mille --- Page 99 ---
SUR L E S - OLO N I E S.
manoeuvres ou artisans nationaux.
rez-vous pas, en brisant un des ressorts N'apercetipaux de cette machine, un déchirement prinFrayant de toutes les pièces
efVoilà
qui en dépendent?
voulant cependant ce que vous provoquez, en
exciter l'indignation générale
cet établissement. Si, de votre
contre
Falloit,
aveu même, il
ais, des pour formes anéantir l'esclavage 3 des déseroit-il
et des moyens progressifs, ne
pas plus sage et plus humain d'attauer préalablement les maux
mnal qui vous révolte ? Vous
générateurs du
es agens et les intéressés nous montrez, dans
pulture des colonies
au commerce et à la
(1), une horde de
qui trafiquent du sang
brigands
roient
humain, et qui ne pouréchapper au supplice > si les lois, aussi
coupables qu'euz, ne protégeoient
de leurs crimes. Ainsi ce sont des nations l'impunité
tières, leurs représentans et leur
envous notez d'infamic,
législationsque
Bre de choses,
parce qu'il existe un orqui, de votre aveu
peut être détruit
même, ne
caution! Mais, que successivement etavec préavant d'examiner VOS moyens,
(1) Ceux qui liront ces observations ont
hoissance de la brochure
sûrement convage des nègres.
intitulée : Refezions snr l'escla- --- Page 100 ---
M E M O I R E S
permettez-moi d'imiter votre
plutôt que votre
et
colère;
circonspection
nécessaire de retarder
puisqne vous croyez
dia ans la destruction encore de soizante et
rique, si je
dé la servitude en Améquarante, n'y prolongeois auroit-il ce terme jusqu'à cent
poir de conciliation? point entre nous d'esSi vous regardez,
subit de la servitude avec raison, le
à la liberté
passage
irruption dangereuse
comme une
pour les blancs; si
pour les noirs même et
vous jugez les
T'impuisance de recueillir les
premiers dans
révolution, à mnoins
avantages de cette
soins
d'y être préparés
multipliés du
par les
établissemens d'une Gouvernement, difficile
et par des
ment pourrez-vons
exécution, comlons sont criminels, prononcer que tous les COanciennement
de suivre un
établi, qu'ils
régime
pouvoir de détruire,
n'auroient pas le
aucun intérêt de le quand même ils n'auroient
au moins
conserver? Il seroit
d'excepter de cette
juste
quitraitent leurs nègres avec proscription Ceux
qui desirent, qui
humanité, et ceux
rendre
proposent les
pour tous cette
moyens de
Dans
obligation exécutoire.
votresystème de
et diz ans, vous
tolérance pour soizante
sement des abus de concevez la
un plan de redresservitude. Sans doute,
intérêt de le quand même ils n'auroient
au moins
conserver? Il seroit
d'excepter de cette
juste
quitraitent leurs nègres avec proscription Ceux
qui desirent, qui
humanité, et ceux
rendre
proposent les
pour tous cette
moyens de
Dans
obligation exécutoire.
votresystème de
et diz ans, vous
tolérance pour soizante
sement des abus de concevez la
un plan de redresservitude. Sans doute, --- Page 101 ---
SUR LE S 0 OLONI E S.
il est possible de former le même voeu
et d'adopter un autre plan; j'en
que vous,
de succès en n'ébranlant
espérerois plus
leurs fondemens,
point, jusque dans
citant
toutes nos colonies; en n'expoint l'inquiétude et le ressentiment des
propriétaires par des imputations calomnienses, et en ne donnant point aux esclaves des
espérances anticipées d'une révolution qu'ils
peuvent accélérer par de sanglantes catastrophes.
Je hasarderai une réflexion dont je sens
la justesse que je ne pourrai peut-être la rendre plus
sensible : c'est que les mauvaises lois, les
tumes et les institutions dont
coumoralement déterminer
nous pouvons
l'injustice, méritent cependant une sorte de respect et de
ment de la part des réformateurs, ménageservent de point d'appai à
lorsqu'elles
systèine religieux, civil
quelque partie du
tion.
ou politique d'une naEt, pour me faire entendre par un exemple,
je suppose qu'un homme vivement ému de tous
les maux qu'entraîne à sa suite le despotisme
oriental, obtint un sauf-conduit de toutes les
puissances de l'Asie, qui le rendit
et qu'à l'abri de cette immunité, inviolable;
à craindre
n'ayant rien
pour lui, et donnant un libre essor --- Page 102 ---
à 90
M É M O I R E S
son zèle, il
la Perse, la parcourat la Chine,
places
Turquie; et, s'arrétant l'Indostan,
publiques, qu'il
dans les
teurs : Princes et
parlât ainsi à Ses andilérats, altermatinoment peuples, vous êtes des scé.
cune vertu
tyrans et victimes; aun'est compatible publiques, aucune vertu
Courbés sous
avec vos lois et vos privée s
dans
leferd'un
maurs.
vos maisons Tautoriet despote,woes erercez
exerce Suer
arbitraire
et ne leur vous; vous enfermnez
qu'il
donnez d'autre
wosfemmes,
civile, gue celle
part à la société
plaisirs; vouS avez qu'elles des peuvent avoir à vos
ritez pas d'être libres! esclaves: vous ne me.
enfans, vos esclaves Que vos Jemmes, vos
chissent
sdelairent et
dujong que vous leur
saffraninposez! Plus
que
suriplbuiceseles
wouS subissez de vous-ménes, la
brisez celui
et de vos prétres.
part de ros
c'est la justice
C'est la raison, la princes
ma voiz.
éternelle qui vous
vérité,
Peuples
parlent par
vos sociétés se innombrables de PAsie,
sur de
dissolvent et se
que
nouveauz
reconstruisent
Cet exorde de fondemenst
une grande commotion l'orateur pourroit seul exciter
mais si pour arriver
dans son auditoire:
il yintéresoit,
plus shrement à ses
par conviction ou
fins,
par d'autres
C'est la raison, la princes
ma voiz.
éternelle qui vous
vérité,
Peuples
parlent par
vos sociétés se innombrables de PAsie,
sur de
dissolvent et se
que
nouveauz
reconstruisent
Cet exorde de fondemenst
une grande commotion l'orateur pourroit seul exciter
mais si pour arriver
dans son auditoire:
il yintéresoit,
plus shrement à ses
par conviction ou
fins,
par d'autres --- Page 103 ---
S 0 R L E S C OL O N I E S.
motifs, une partie du peuple dont il seroit. entouré; et s'il pouvoit, ainsi que tout prédicateur le desire, donner à ses paroles le mouvement d'une action entrainante, cet honnête
Jomme ne pourroit-il pas devenir l'auteur de
la plus sanglante révolution que nous ayons vue
sur le globe? Car les vérités qu'il auroit ainsi
lancées comme la foudre, sur la multitude étonnée, ne se placeroient pas dans les têtes avec
les bornes et les mesures qu'il faut leur adapter pour qu'elles soient utiles : sa puissance
oratoire n'exciteroit qu'une effervescence générale, une révolte unanime, contre toutes les
autorités publiques et domestiques; et avant
que le nouvel ordre ft établi, l'Asie seroit
inondée de sang, et le seroit cette fois par un
beau mouvement d'éloquence et de vertu.
Si cependant le zélé missionnaire, au lieu
de s'adresser à la multitude, avoit fait part de
son projet à quelque philosophe asiatique (car
nous n'avons point en Europe de privilége exclusif pour la philosophie), celui-ci auroit pu
lui dire : CC Monfrère, nos moeurs qui vous ré-
>> voltent, nos lois que vous allez attaquer,
> présentent en effet de grands abus à réfor-
>> mer; mais nos différentes sociétés, nos rela-
>> tions, nos devoirs, nos intérêts, notre sûreté --- Page 104 ---
>> collective, M É M O I R E S
>> lement reposent sur cette base. Si
que vous
l'ébran-
>> neste qu'aux
allez produire, n'étoit fu-
>> encore vandroit-il hommes méchans et
>> douces
mieux tenter des corrompus,
pour les
voies
>> combien
ramener à la raison; plus
>>
d'hommes
mais,
périr dans cet paisibles et innocens vont
>> que tous les maris incendie! Ne croyez
> une vie
dont les femmes mnènent point
>
intérieure et
ont des esclaves,
retirée, tous ceux
> les vertus
soient
à
qui
; ne
étrangers toutes
>> asiatiques résistent croyez point que nos mceurs
>> cipes de la
nécesairement aux
>> princes
morale, et que l'orgueil de prinmécomnoisse
nos
>> conscience.
toujours la voix de leur
>> tout ce
Quand il ne se
que vous allez
trouveroit dans
>> peuples révoltés,
livreràla violence des
> tueuses, dont les que quelques familles ver-
>> claves bénissent femmes, les enfans, les
> sont contens
en paix la
esde leur
providence, et
>> mettre un crime
sort, vous allez com-
> voulez faire, certain; et le bien
ne l'est
que vous
> jets.
pas en suivant vos
proNos
préjugés sont
>> vent, parmi nons, le déplorables; et trop sou-
>> foible: mais vous . plus fort opprime le
>> nos villes et
verrez aussi, en
plus
nos
parcourant
campagnes, des actes de jus.
-
sont contens
en paix la
esde leur
providence, et
>> mettre un crime
sort, vous allez com-
> voulez faire, certain; et le bien
ne l'est
que vous
> jets.
pas en suivant vos
proNos
préjugés sont
>> vent, parmi nons, le déplorables; et trop sou-
>> foible: mais vous . plus fort opprime le
>> nos villes et
verrez aussi, en
plus
nos
parcourant
campagnes, des actes de jus.
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8 U R L E S COLON I E S.
> tice et de bienfaisance
>> juges
; vous trouverez des
intègres, des gens de guerre vaillans
> générenx, des marchands
et
>> biteurs exacts, des
honnêtes, des dériches
>> quelques-unsdemosd
compatissans , et
>
despotes, princes ou visirs,
religieusement occupés de leurs
>> connoissons
devoirs. Nous
3 comme vous, les
s cipes de la moraleyetlintention. grands prin-
> ainsi que celle de
denos mceurs,
b
noslois, n'est point de les
offenser : car, s'il en étoit
5 s'anéantiroient
ainsi, nos sociétés
sans votre
> errons sur les
attaque. Mais nous
> et les
conséquences, sur les formes
moyens : venez nous
S commencez
éclairer; et ne
pas par détruire
fier ; venez à nous
les
avant d'édi-
> sont
par
routes qui nous
connues, et que nousaimons à
> quand nos passions ne nous dévorent parcourir, -
b Au lieu de nous traiter
pas !
>> ou comine des
comme des insensés
criminels,
>> bonheur à côté de la
montrez-nous le
>> nous à la
vertu , et conduisezpratique du bien par la
92. de ses
perspective
avantages. >>
Je pense donc,
à mon sujet,
pourappliquer cette digression
qu'il n'y a rien de moins utile et de
plus dangereux que l'espèce de violence
veut faire dans ce moment-ci
qu'on
aux
aux colons, à l'opinion
gouvernemens,
publique, sur l'escla-
iminels,
>> bonheur à côté de la
montrez-nous le
>> nous à la
vertu , et conduisezpratique du bien par la
92. de ses
perspective
avantages. >>
Je pense donc,
à mon sujet,
pourappliquer cette digression
qu'il n'y a rien de moins utile et de
plus dangereux que l'espèce de violence
veut faire dans ce moment-ci
qu'on
aux
aux colons, à l'opinion
gouvernemens,
publique, sur l'escla- --- Page 106 ---
vage des
II É M O I R E S
nègres; et je ne conçois
Timpossibilite plusienrs
convenue de le faire pas, d'après
cesser avant
jourd'hui énérations, un aussi
qu'on assigne dès audes maitres, à
long terme à la
tous
T'impatience des
perplexité
alesdsendreredtanee d'un esclaves, et à
aboninable, et
fais
néanmoins Négimneprosrth,
une autre idée des devoirs toléré. Ahlje me
je suis loin de croire
d'un citoyen, et
repos, la fortune et la qu'il vie puisse hasarder le
pour quelque bien
de ses
ou
concitoyens,
peut opérer
présent
à
les scènes par d'autres voies. Quand venir, qu'on
d'horreur
toutes
ne seroient point qui nous sont présentées,
noirs qui sont à la exagérées ; quand tous les
roient aussi
disposition des colons,
mierd devoir malhenreux qu'on le
sedelar
publie 9 le prem ettre ordre, raison, de la jostice,
veaux
mais non de
seroit d'y
crimes et de plus
préparer de noudéclarant aux nègres
grands malheurs, en
et qu'ils vont lêtre de qu'ils sont libres de droit,
Quand il seroit
fait.
vernemens et tous les convenn entre tous les
de travailler
propriétaires des
goulc
ellicacement à la
colonies,
premier devoir de la
libertédess
de la prudence,
raison, de la nègres,
seroit de le
justice,
juste et barbare d'associer taire ; car il est inaux mêmes alarmes --- Page 107 ---
S U R L E S COL O N I E S.
la corruption et l'honnêteté, de flétrir tous les
caractères, toutes les consciences, et de présenter tout ce qui est né,tout ce qui vit, tout ce
qui est sorti des colonies, comme dépourvu de
toute moralité. Quoi! les Capucins même auroient part à cette proscription 2 parce qu'ils
ont des esclaves!Les Ursulines, les Sceurs grises,
quise dévouent,e en Aiérique commne en France,
au service des malades, à l'éducation des enfans, ces pauyres religieuses sont aussi des infâmes, parce qu'elles ont des esclaves! Ce délire
peut être celui d'une ame honnête; mais il annonce une fièvre inflammatoire qu'il faut soigner.
J'aime mieux, au surplus, et je trouve plus
conséquent qu'en poursuivant sur ce ton-là, on
dénonce au ciel et à la terre les colonies (1)
comme un repaire de voleurs qui ne méritent
aucun ménagement, et avec lesquels il n'y a
point à composer, pour les pertes qu'ils éprouveroient par la restitution de la chose volée,
qui est la liberté des nègres ; j'aime mieux,
(1) Ces paroles sont extraites de plusieurs collections
d'injures et d'imprécations, qui sont entre les mnains de tout
le monde; et je ne finirois point, si je transcrivois tout au
long Ces différens textes.
un repaire de voleurs qui ne méritent
aucun ménagement, et avec lesquels il n'y a
point à composer, pour les pertes qu'ils éprouveroient par la restitution de la chose volée,
qui est la liberté des nègres ; j'aime mieux,
(1) Ces paroles sont extraites de plusieurs collections
d'injures et d'imprécations, qui sont entre les mnains de tout
le monde; et je ne finirois point, si je transcrivois tout au
long Ces différens textes. --- Page 108 ---
-
M E M O I R E S
dis-je, voir invoquer la foudre
nos colonies, sauf la
ou le déluge sur
pour y recevoir les construction de l'Arche
ment simulé d'un nègres, que ce rapprocheaffranchissement. parti modéré pour opérer leur
gereux qu'en le Le premier Iuoyen n'est danmettant à la
cendinires; le second
disposition des innêtes gens, et l'exécution peut séduire les plus honsuccès impossible.
en seroit fiuneste, le
vaincre, tout ce Résumons, pour nous en conde plus impératif, qui a été écrit de plus fort,
On a
pour arriver à cette fin.
le faire proposé et motivé, comme il est facile de
monalenent, 1°. la
suppression de la
dans certains cas
successif,
Smmmmcist
età certaines
pensions alimentaires
époques; 3°. des
aux enfans et aux vieillundsaffanchisse des
libres à des blancs
distributions de terrains
appelés pour
esclaves, ainsi qu'aux nègres
remplacer les
subdivision des grandes
affranchis; 5°. la
partielles, et la certitude propriétés, les fermes
sante, dans les fles à
d'une culture florispéens et par les nègres sucre, par les blancs eurocolons n'y opposent libres, attendu que les
axiome : Les blancs d'autre difficulté que cet
crapuleuz 5 donc les sont avares, ivrognes et
claves. 6°. Tout
négres aoivent être esce quihabite les colonies,gens
grandes
affranchis; 5°. la
partielles, et la certitude propriétés, les fermes
sante, dans les fles à
d'une culture florispéens et par les nègres sucre, par les blancs eurocolons n'y opposent libres, attendu que les
axiome : Les blancs d'autre difficulté que cet
crapuleuz 5 donc les sont avares, ivrognes et
claves. 6°. Tout
négres aoivent être esce quihabite les colonies,gens --- Page 109 ---
U R L E S C o L O N I E S.
en place et propriétaires, étant absolument corrompus et incapables de maintenir le nouvean
régime de T'afranchissement successif, il est nécessaire de remettre l'autorité entre les mains
d'un homme ferme, incorruptible, et de lui
donner pour adjoints, dans cette magistrature
supérieure, des médecins (1) qui auroient aussi
autorité sur les propriétaires. Ce seroit 9 à la
vérité, un moyen inconnu jusqu'à présent, que
le despotisme pour détruire la servitude; et le
despotisme des médecins seroit bien aussi dangereux qu'un autre. 7°. Enfin, j'ailu, je ne sais
plus dans quellebrochure, qu'en supposant qu'il
y eût quelque embarras dans le développement
et l'exécution de tous ces plans d'amélioration
pour noscolonies, la liberté du commerce,l'abrogation desloisprolibitives, remédieroient à tout,
et que ce baune salutaire, applicable à toutes les
plaics, en effaceroit promptement les cicatrices.
Cette dernière conséquence est en effet insépaPiledepiaedjendolbenteien commerceesclaye
a produitaussi ses Philippiques.
Tel est le précis des assertions et des moyens;
(1) Je suis loin de croire pour cela que ce soit un MéHecin qui ait proposé ce plan; Car il n'est point de faculté
bi cette logique fàt admissible.
5.
--- Page 110 ---
M É M O I R E S
ob98
dans mes réponses, sans
je les cumulerai lequel je les ai présentés.
server l'ordre dans
ou la liberté
des colonies,
de difMattanchisemen présente autant
absolue du commerce;
des nègres.
ficultés que Yottanchisemene qui pent-être a parlé
Un écrivain distingué,
des nègres, y
de Tatlenchisenent
le premier condition préalable Tatiranchise opémettoit pour
déduisant de cette
ment des colonies ; en qui en résulteroient,
ration tons les avantages
système de culfaisoit naître un nouveau aux colonies,
il en
applicable
par
ture et de commerce, métropoles; et il conclucit,
ainsi qu'aleurs
une paix perdes lois prohibitives,
Tabrogation les grandes puissances.
l'aentre
peut appeler
pétuelle Il est certain que ce qu'on mis et nous mettra
vidité mercantille, nons a à la main ; mais on
souvent les armes
les colonies
encore
à cet égard, Grecs et
a eu tort de distinguer des Phéniciens, des
celles
les nôtres ,
des anciens:
soumises, comme des plus
des Carthaginois,
ont tétél'occasion
aux lois prohilbitives,
sanglantés querelles.
des Romains conmonarchie universelle
d'un seul.
La
intérêts dans l'intérêt
fondit tous les
de
de commerces
Alors il in'y.a plus eu guerres long-temps, d'aue
nations n'ont eu, pendant
les
inguer des Phéniciens, des
celles
les nôtres ,
des anciens:
soumises, comme des plus
des Carthaginois,
ont tétél'occasion
aux lois prohilbitives,
sanglantés querelles.
des Romains conmonarchie universelle
d'un seul.
La
intérêts dans l'intérêt
fondit tous les
de
de commerces
Alors il in'y.a plus eu guerres long-temps, d'aue
nations n'ont eu, pendant
les --- Page 111 ---
3 U R L E S COL O N I E S.
tres relations entr'elles que celles qui subsistent
entre les opprimés et les oppresseurs.
Dans l'intervalle de ces guerres métropolitaines des anciens à celles qui nous affligent
maintenant, l'humanité n'a pas été plus heureuse. La tyrannie, les conquêtes les croisades,
les' sectes religieuses, les successions, les rivaités des souverains de l'Europe, ont fait égorger
ses habitans pendant onze siècles, depuis Clovis
usqu'à Colomb, quin'a fait qu'ajouter une maadiehorrible aux mauxquinous désoloientavant
ui. Mais, depuis que le progrès des lumières a
lissipé les nuages sombres de notre horizon, il
Pst certain que les nations ont plus de moyens et
fe motifs de repos, 7 plus de connoissance de
eurs droits, plus d'aversion pour la tyrannie
bolitique et religieuse. Pierrel'Hermite et Pierre
le Cruel ne reparoitront plus; l'Europe ne craint
blus d'Attila; sa constitution rend les conquêtes
lifficiles ; et le partage de la Pologne, tel qu'il
est effectué, sera une énigme pourla postérité.
Ainsi donc, l'affranchissement des colonies >
arissant la source des guerres de commerce 1 les
beuples pourroient espérer un bonheur et un
epos dont ils n'ont jamais joui ; et il ne seroit
pas impossible queless grandespuisances: navales
roduisissent, à elles seules, cette heureuse réolution sur lc globe. --- Page 112 ---
M $ M O I R E S
ont, 9
l'Espagne et TAngleterre, les terriLa France, le nonveau monde 2
-dans l'ancien et
Chacune de ces puistoires les plus précieux. denrées ou marchandises qui
possède des
trois peusances
deux antres. Toutes
la
manquent aux
fois, et sans se nuire par
occuper à la
suflisant à
vent
un nombre d'ateliers
concurrence,
Leurs productions
T'emploi de leurs maneeuvres. ssontnéccmtiresas
deculture et de manufacturess Ainsi, il seroit
à lAmérique.
eet
reste de TEurope,
la France, PEspagne
moralement possible que tenpertrommmee
T'Angleterre, concertasents entr'elles, etla liberté
dontla base seroit l'égalité Certainement, elles contoutes les nations.
les marchés du
pour
alors 1 s dans tous
et imserveroient
invincible,
monde, une prépondéraner de la terre une loi
à tous les peuples dont aucun ne
poseroicnt de bienfaisance 7
d'équité et
leur nuire. Mais un pareil
pourroit abuser pour pures et naisantes,qui
plan suppose des sociétés avec la force et T'âge de
sortent de leur berceau harmonie, une contéla raison. Il suppose une public, dont il n'y a
dération pour le bonheur les Gouvernemens;
entre
jamais eu d'exemple
administration,
de la part de chaque
actif
il exige, 3
simple 7 mais le plus resT'emploi le plus
de l'industrie et des
et le mieux entendu,
pareil
pourroit abuser pour pures et naisantes,qui
plan suppose des sociétés avec la force et T'âge de
sortent de leur berceau harmonie, une contéla raison. Il suppose une public, dont il n'y a
dération pour le bonheur les Gouvernemens;
entre
jamais eu d'exemple
administration,
de la part de chaque
actif
il exige, 3
simple 7 mais le plus resT'emploi le plus
de l'industrie et des
et le mieux entendu, --- Page 113 ---
BU R LES COLO N I E S.
IO1
ources nationales. Car, si l'une des trois puisances avoit un gouvernement vicieux 3 fiscal
et oppressif, et qu'elle ouvrit ses
ports 3 ses
olonies : alors nécessairement les, ouvriers
es mnétiers, les matières fuiront ou seront en- 2
evées pour être mises en ceuvre dans les pays
lus heureux.
La suppression des lois prohibitives, adoptée
n connoissance de cause, seroit donc un conrat solennel consenti entre les souverains, par
equel ils s'engageroient à procurer respectiveient à leurs sujets toute la sommie de liberté,
industrie, de lumières et de jouissance, dont
eut être susceptible npe société politique. Ne
ous privons pas de la consolation de croire posble un tel ordre de choses; mais est-il bien
robable?
Supposez en France et en Espagne les terres
ans le meilleur état de culture, les impôts léPrs et également répartis, les bras du laboureur
du manceuvre affranchis de toute redevance,
ors les ports du Mese-duesuaDesipe
puvent être ouverts à tous les étrangers ; linstrie des deux nations n'aaroit àredouterlinastrie d'ancune autre.
Mais supposez un autre peuple de PEurope,
but la culture ct les manufactures soient plus --- Page 114 ---
M E M O I R E S
florisantes, et moins
alors la liberté
imposées que les autres 2
générale du
son profitetà notre
commerce tourne à
donner ses
détriment; Car dès qu'il peut
exclut du marchandises à plus bas prix, il nous
et
marché, devient notre
nos ouvriers nationaux
pourvoyeur;
pation.
restent sans occuLa liberté du commerce n'est
avantage absolu, sans des
donc pas un
ture,et l'état des
conditions que la nadifficiles.
Gouvernemens rendent bien
Toutesles nations sont
un. état offensif et défensif malheureuementdam les
autres. Leur politique
unes envers les
nativement
appelle et repousse alter
bonne foi, l'équité, la violence s la ruse, la
l'oppression, l'avidité. Les
puissances sont écrasées de dettes
grandes
elles ne peuvent
et d'impôts
alléger leur fardeau
rejetant une partie sur les
qu'en en
qu'en leur enlevant
puissances rivales,
une portion de leurs
fices, en concentrant leurs
bénésans en permettre la cession ressources à
propres,
gère. Mais dans cette lutte l'industrie étranet de
générale d'astuce
besoins, sans doute
les meilleures
3 les meilleurs lois,
moeurs, le Gouvernement le
juste, et qui protégera le mieux le
plus
l'activité nationale,
travail et
aura un avantage immense
en
qu'en leur enlevant
puissances rivales,
une portion de leurs
fices, en concentrant leurs
bénésans en permettre la cession ressources à
propres,
gère. Mais dans cette lutte l'industrie étranet de
générale d'astuce
besoins, sans doute
les meilleures
3 les meilleurs lois,
moeurs, le Gouvernement le
juste, et qui protégera le mieux le
plus
l'activité nationale,
travail et
aura un avantage immense --- Page 115 ---
L E S C OL O N I E S.
S U R
aux
et
gradueliement
sur ses rivaux, parviendra publique.
Mrais moyens de la prospérité
esclaves
Le commerce esclave , les nègres
affligent; vous en êtes indigné! Vous Youvous
les servitudes! Ah! cela ne
lez détruire toutes
qui ont
les mêmes gradations
e peut que par
dans l'origine des SOservi à les établir. Voyez,
l'égalité,
l'intérêt général, la justice,
ciétés 9
pierres de l'édifice. Croyezposer les premières
en se mettant en comvous que les hommes,
clas-
? Par combien de
Esarcaee
et inférieures
es supérieures
à la distinction des nohuances est-on parvenu
des maîtres et des esclaves,
bles et des plébéiens,
? Croyez-vous que ces
les princes et des sujets aient été institués par
états divers de la société
?
en
volonté générale et réfléchie qu'on
ne
leur existence n'avoit
ût cacempeltnbnadon,s) délibération ? Comment conceroir,
précélé toute
et assez fou
n effet, un homune assez pervers semblables :
bour oser dire le premnier à ses
ceux-ci
Te suis votre maitre, obéissez-moi : Voilà
seront nobles, et vous ne le serez pas.
des ILTLS : les autres les serviront
apropridus
poursubsister.
davantage de poser en
On n'a pas imaginé
de commerce,
principe, dans les premiers pactes --- Page 116 ---
NE E BI O I, R E S
quela communication seroit
à un autre, et
interdite.d'um pays
librement
qu'on ne pourroit pas
ses récoltes. Au
échanger
étoit tsimpleriesprenières commencement, tout
les lois du premier
combinaisonss sociales,
age, celles du
vement, étoient
premier moupolitiques
justes et salutaires; nos erreurs
sont l'ouvrage des siècles.
que le gland, devenu chêne,
C'estainsi
rameaux,ety'attache
étend au loin ses
racines.
à la terre par de profondes
Pourquoi la modération est-elle
nairement le partage des bons
assez ordihonnêtes gens : Seroient-ils esprits et des plus
cette active sensibilité
donc dépourvus de
publics si
qui rend les désordres
pénibles à supporter?
tant ses
C'estqu'en arrêregards sur le passé, en
sur le coeur de
réfléchissant
qu'il.ait voulu le Phomme, on ne trouve point
inal, et qu'il en ait projeté la
propagation sur le globe.
conspection se mêlent alors L'indulgenceet la cirloureux
au sentiment douqu'excitent en nous les
société : on voit que les
plaies de la
tions ont été
gouverneurs des nalong-temps, et seront encore
quefois des aveugles qui
quel.
ton, et
frappent avec lear babrisent, sans dessein, les choses
qu'ils rencontrent sur leur chemin.
fragiles
faite pour adoucir l'amertume
Cette vérité,
de nos censures et
pection se mêlent alors L'indulgenceet la cirloureux
au sentiment douqu'excitent en nous les
société : on voit que les
plaies de la
tions ont été
gouverneurs des nalong-temps, et seront encore
quefois des aveugles qui
quel.
ton, et
frappent avec lear babrisent, sans dessein, les choses
qu'ils rencontrent sur leur chemin.
fragiles
faite pour adoucir l'amertume
Cette vérité,
de nos censures et --- Page 117 ---
S U R L E S C o I. O N I E S.
denosjugemens, nous laisse cependant et l'obligation et l'espoir de résister au mal, de nous
confédérer pour arriver au bien : mais que les
plilosophes, j'ose leur faire cette invitation,
prennent plutôt la voie des négociations que
celle des conquêtes, et qu'ils nous épargnent
les dévastations qui précèdent et qui suivent la
victoire !
De ces grandes considérations morales, revenons au labyrinthe où nous sommes : quoiqu'inneservitudeen engendrebeancoupd d'autres,
celle du commerce n'a point produit la servitude des nègres; ct ni l'une ni l'autre ne sont
un syllogisie dont il suffit d'anéantir les prémisses pour détruire la conséquence.
I I.
Examen des plans et des moyens proposés
pour parvenir à la destruction de la servi
tude des negres.
Tout autre système de culture que celui qui a
lieu actuellement dans les colonies, pouvait être
adopté ayec pius ou moins de succès lors de leur
établissement. Le vertueux Las-Casas,qti,par
pitié, par intérêt pour les Indiens, imagina la --- Page 118 ---
M É M 0 IR E S
traite des nègres, commit, sans doute, la
funeste erreur; mais son exemple suffiroit plus
nous rendre moins odieux ceux
pour
pas créé volontairement
qui 2 n'ayant
comme lui ce triste expédient, sont soumnis à la nécessité de l'employer aujourd'hui.
Il étoit difficile que les conquérans de l'Amérique, qui avoient eu l'injustice de
de
déponiller,
subjuguer ou de détruire les paisibles Indiens,
n'employassent que des moyens justes pour conserver leur conquête. Et si LAS-CASAS avoit
posé au conseil des Indes de
protransporter des
nègres en Amérique pour les y établir comme
propriétaires,cette, généreuse entreprisen'auroit
pas été accueillie ; on auroit pu même lui réen
et
Facrre5
politique
en morale, 3 une chute toujours
entraîne une autre chute. L'avidité despremiers
Européens qui pénétrèrent dans ces nouvelles
contrées, les renditinjustesete cruels;etlhomme
sensible qui voulut mettre un frein à leur férocité, ne crut pouvoir leur faire respecter la vie
des hommes qu'ils
obligeoient au travail de la
terre, qu'en donnant à ceux-ci une valeur représentative de l'or, dont leurs maîtres étoient
affamés. Il acheta donc, et il fit vendre des esclaves nègres, > pour être substitués aux mal-
éens qui pénétrèrent dans ces nouvelles
contrées, les renditinjustesete cruels;etlhomme
sensible qui voulut mettre un frein à leur férocité, ne crut pouvoir leur faire respecter la vie
des hommes qu'ils
obligeoient au travail de la
terre, qu'en donnant à ceux-ci une valeur représentative de l'or, dont leurs maîtres étoient
affamés. Il acheta donc, et il fit vendre des esclaves nègres, > pour être substitués aux mal- --- Page 119 ---
S U R L E 8 COIO N I E S.
heureux Indiens. Dès-lors, les travaux pénibles,
l'exploitation des mines, la culture de la terre,
furent en quelque sorte interdits aux hommes
libres; etle climat de la zonet torride rendoitcette
interdiction nécessaireaux Européens. Comment
en effet concevoir que notre continent fourniroit au Nouveau-Monde une somme de cultivateurs suffisante aux défrichemens dont il étoit
susceptible, ou seulement au terme de culture
auquel les Français sont parvenus ?
Cependant les flibustiers, après avoir conquis les Antilles sur les Espagnols 2 s'y étant
maintenus quelque temps 2 comme soldats et
comme cultivateurs, il étoit possible de suivre
mode d'établissement, et d'en acce premier
l'émicroître successivement la population par
gration de tous les aventuriers et des gens sans
moyens qui auroient été attirés dans le Nouveau -Monde par l'espoir d'un meilleur sort.
En supposant, dans ce système de culture,
qui eût été celui des petites propriétés multipliées, l'exclusion des esclaves, on conçoit que
ceux des flibustiers qui s'étoient enrichis à la
course
appeler à leur service et en-
, pouvoient
tretenir un certain nombre de manceuvres nationaux ; nais ceux - ci passant dans la classe
desi propriétaires, et défrichantpour rleur compte, --- Page 120 ---
108,
M E M O I R E S
aussitôt qu'ils auroient obtenu
gnes une avance de six mois de par leurs éparparoit
subsistance, il
iedémontréqu'un tel établissement
été d'ancun intérêt
la
n'auroit
pour métropole; qu'il lui
auroiréionérensique la.consommation
mes y auroit été
d'homle soutenir
prodigieuse, si onavoit voulu
sur cette base; et que leur recrutement auroit successivement
rieur du
dépeuplé l'inté.
royaume.
Quel peut être l'objet raisonnable de la
dation d'une colonie
fonpoint à redouter
par un peuple qui n'a
territoire P C'est, sa multiplication sur un grand
sans doute, d'assurer, sans dépendance envers les étrangers, la
tion de ses propres denrées;
consommaleur prix, par des
d'obtenir, à meiléchanges, celles qui lui manquent, et de multiplier chez lui les
travail et d'industrie
moyens de
sacrifice
3 en faisant le moindre
possible de ses propres forces.
Aucune de ces conditions ne
remplie par une population de pouvoit être
vateurs dans les colonies.
Français cultiEn la supposant peu considérable, elle étoit
éteinte insignifiante pour le commerce s et se seroit
à moins d'un recrutement
ou moins onérenx.
successif,plus
En la supposant égale à celle des nègres la-
et d'industrie
moyens de
sacrifice
3 en faisant le moindre
possible de ses propres forces.
Aucune de ces conditions ne
remplie par une population de pouvoit être
vateurs dans les colonies.
Français cultiEn la supposant peu considérable, elle étoit
éteinte insignifiante pour le commerce s et se seroit
à moins d'un recrutement
ou moins onérenx.
successif,plus
En la supposant égale à celle des nègres la- --- Page 121 ---
S U R L E S C O L O N I E S.
établis, c'étoit
boureurs quiy sont aujourd'hui
qui auroit englouti, dans un terme
un goulfre
milionadhomosdent
donné, les vingt-quatre
m'imlar nation est coiposée; et on ne sauroit de
puter sur cela aucune exagération 7 à moins
résister à T'expérience et à la raison. Le climat
de la zone torride est en général funeste aux
soit leur tempérament,
Européens s quel que inanière de vivre. llest
Jeurs occupations et leur
etnes'éteignent
peudef faniltmgatnedéereisente
etl'on
A la cinquième ou sixième génération ;
moins d'onvriers blancs soutenir,
voit encore annéesde suite,les travaux qui ne peuplusieurs
vent s'exécuter à l'abri du soleil.
Mais je consens aux exceptions : les végémoins substantiels en Amémoxetantsinfiniments la chaleur du climat OCrique qu'en Europe,et
européens une-décasionnant aux travailleurs
perdition de forces qui ne peut être réparée que
une nourriture animale, une population
par nombreuse de blancs exigeroit indispensablement une direction de culture qui eût pour objet
la subsistance, c'est-à-dire, une conprincipale
des produits du travail
sommation journalière
la méde la colonie. Quel seroit alors, pour
tropole, l'avantage d'un pareil établissement,
en supposant qu'il pàt se maintenir? --- Page 122 ---
M i M OI R E
Tel eût été le résultat des
cultivées par des
petites propriétés
pétuellement
manceuvres nationaux, perrecrutés : ils auroient obtenu,
leur travail, d'abord leur subsistance,
par
seroient ensuite
plusieurs
parvenus à l'aisance et aux
commodités que procure l'industrie dans tous les
pays;mais lesi moyens d'échange de cette colonie.
avec la métropole auroient toujours été la moindre partie de ses produits, par la raison
viens d'exposer
que je
3 par la décroissance
inévitable de ses manoeuvres, et
probable 2
ce système de culture,
parce que,dans
aucun capitaliste n'auroit
trouvé d'attrait et de moyen suffisant
le
transport et l'emploi utile de ses fonds. pour Il
auroit donc eu que des essais
n'y
trés-promptement
abandonnés, et les colonies françaises n'existeroient pas. Je ne prononce pas que ce fit un
mal 3 car, si nous avions employé sur notre sol,
depuis deux cents ans, nos hommes et nos
il est probable qu'il en seroit résulté d'autres fonds,
avantages, et que la nation se seroit mise en
en état de solder les denrées de
Mais les colonies existent; et leur influence P'Amérique.
le système
sur
politique, sur le monvement intérieur de nos capitaux, de nos ateliers, n'est
contestée : les
pas
réemateursresigenty pas qu'elles
soient abandonnées > anéanties ; ils nous pro-
sol,
depuis deux cents ans, nos hommes et nos
il est probable qu'il en seroit résulté d'autres fonds,
avantages, et que la nation se seroit mise en
en état de solder les denrées de
Mais les colonies existent; et leur influence P'Amérique.
le système
sur
politique, sur le monvement intérieur de nos capitaux, de nos ateliers, n'est
contestée : les
pas
réemateursresigenty pas qu'elles
soient abandonnées > anéanties ; ils nous pro- --- Page 123 ---
SU R L E S C 2 OLO N I E S.
de
riches produits 9
nettent au contraire à des plus mains libres ; et la
en livrant la culture
esclaves,
tubstitution des Européens aux nègres
étantl'un des moyens, en examinant ce quiseroit
arrivé, si tel avoit été le mode primitif de l'étalorsque toutes les dispositions et les
blissement,
être, sans inconvénient, esnesures pouvoient
sans doute
ayées et abandonnées, on apercevra révolution
te qui arriveroit au moment où cette
tentée
teroit déterminée. Que dis-je? elle a été
:
vu les déplorables restes de
le nos jours j'ai
dans la Guiane ; j'ai parcouru
ette entreprise
désolés où douze mille
e rivage et les champs
été ensevelis en
hommes et trente millions ont
dans leur
lix-huit mois;j'ai recueilli et renvoyé
Datrie nne centaine de ces malheureux blancs
avoient survécu à leurs compagnons: ; et je
jui
dans le temps, au ministre, que,
sremarquer,
continuées
halgréles: savances du Gouvernement,
ou cinq années à ces colons 5
bendant quatre
mannalgré letravail assidu de plusieurs,quine
d'intelligence, aucun n'étoit parquoient point dans l'espace de quatorze ans,
renu à obtenir,
blus que sa subsistance et celle de sa famille.
Ceux-là même que je ne congédiai pas, parce
ue leur existence paroissoit plus assuréc, n'ont
soutenir dans les temps de maladies, si
bu se --- Page 124 ---
M E M O I R E S
fréquentes dans ce climat pour les
que parle secours des esclaves dont Européens >
tion leur avoit fait l'avance,
l'administraOn propose encore de semblables
j'oubliois cet exemple si
essais; et
d'une
frappant, si désastreux,
entreprise dont la folie ne peut être
comparée qu'à la légéreté avec
adopta le projet.
laquelle on en
Et qu'on ne dise pas que l'établissement
Kourou n'échoua
de
que par le défant des
tions qui pouvoient en assurer le succès. précaudoute il y cut de grandes fautes
Sans
l'exécution, mais elles étoient commises dans
on ne trouvera jamais
inévitables; car
plan déraisonnable
pour coopérateurs d'un
caractère
que des hommes que leur
porte à courir tous les
en prévoir aucun. Quel administrateur hasards, sans
et éclairé eût pu consentir à
prudent
établir des paysans
transporter s à
la
d'Alsace et de Lorraine
zone torride? Il n'auroit
dans
au Gouvernement,
pas manqué de dire
séduit par des mémoires insidieux: €c Vous voulez fonder une nouvelle
>> lonie, quel est votre objet? S'il ne
co-
>2 de procurer des moyens de subsistance s'agit que
> gens qui n'en ont
à des
22 landes; faites-leur pas 2 placez-les dans vos
avec dix fois moins de dessécher VOS marais; et
dépense que vousn'allez
? Il n'auroit
dans
au Gouvernement,
pas manqué de dire
séduit par des mémoires insidieux: €c Vous voulez fonder une nouvelle
>> lonie, quel est votre objet? S'il ne
co-
>2 de procurer des moyens de subsistance s'agit que
> gens qui n'en ont
à des
22 landes; faites-leur pas 2 placez-les dans vos
avec dix fois moins de dessécher VOS marais; et
dépense que vousn'allez --- Page 125 ---
S U R L E S C O L O N I E S.
en faire, vous bâtirez des villages, vous multiplierez les propriétés et les moissons dans des
lieux aujourd'hui stériles et inhabités. Espérez-vous que ces nouyeaux colons, installés
dans la Guiane, fourniront un aliment à votre
commerce? Ccla est impossible:ilfautd'abord
les nourriri jusqu'à ce que la terrequ'ils auront
défrichée puisse les faire subsister ; il faut
mettre en considération les maladies et les
mortalités, auxquelles rien ne peut les soustraire; et ensuite le dépérissement des forces
de ceux qui ne succomberont pas; et ensuite
leur extinction successive, parce qu'ayant à
lutter contre un climat destructeur et un travail pénible, ils ne se reproduiront pas ; et
enfin leur subsistance une fois assurée parleur
propre industrie et par toutes les avances que
vous leur aurez faites, vous n'aurez jamais
dans cette colonie foible et précaire, que des
consommateurs de leurs propres productions,
qui ne sauroient fournir à votre commerce
aucun objet d'échange, aucun moyen d'activité. >
Tels seront toujours les obstacles invincibles
un établissement de laboureurs européens
ans les colonies, situées depuis la ligne équioxiale jusqu'au trentième et au trente - cin5.
--- Page 126 ---
M E MOI R E S
) quième degré : ils ne peuvent donc être substitués aux esclaves. Voyons ce qu'on pourroit
espérer des nègres libres.
En me replaçant toujours à la première
époque de Tinstitution, je conçois qu'il
été possible de concilier
edt
l'esclavage des
avec les moyens de le détruire. En
nègres
cette intention au législateur, il eût supposant fallu
permettre aux colons l'achat et
ne
nègres à leur service
l'emploi des
que pour un temps limité;
présenter aux uns et aux autres cette
qui auroit été la base de toutes les perspective, combinaisons, de tous les contrats des
auroit préparé
colons, et qui
naturellement les esclaves au
changement de leur condition. Il auroit fallu
assurer à ceux-ci des terrains en
pour en jouir librement à
propriété 2
leur servitude ; et cette disposition l'expiration de
arrêtée dans
un plan général d'établissement, auroit environné les grandes propriétés de toutes celles
de leurs affranchis, qui auroient eu l'habitude
et l'obligation de servir de préférence,
journaliers libres, leurs anciens maîtres. comme Ce
système se lioit nécessairement à celui de la
féodalité, dont le mauvais régime paroît être
néanmoins un passage intermédiaire et nécessaire entre la servitude et la liberté. J'ajou-
dans
un plan général d'établissement, auroit environné les grandes propriétés de toutes celles
de leurs affranchis, qui auroient eu l'habitude
et l'obligation de servir de préférence,
journaliers libres, leurs anciens maîtres. comme Ce
système se lioit nécessairement à celui de la
féodalité, dont le mauvais régime paroît être
néanmoins un passage intermédiaire et nécessaire entre la servitude et la liberté. J'ajou- --- Page 127 ---
SU R L . E S COLO N I E S.
terai même que les droits féodaux, tels qu'ils
existoient dans toute leur étendue, et les anciennes prérogatives des seigneurs
ne seroient
châtelains,
pas une barrière suffisante pour
nettre en sûreté le petit nombre des propriéaires blancs qui composeroient la société
politique de chaque colonie, contre une grande
opulation de nègres libres, deyenus aussi
ropriétaires; et le législateur qui auroit orlonné, dès le commencement, l'affranchisseaent successif des nègres transportés en Améique, n'auroit pu se dispenser d'imaginer des
récautions plus réprimantes pour contenir la
lasse la plus nombreuse des colons affranhis, dans un cercle séparé de la classe des
olons citoyens : car, si l'on ne confère parmi
ous les emplois; militaires et les magistraares civiles qu'à des hommes d'un ordre
istingué de la multitude, il est probablequ'on
e se seroit jamais proposé dans les colonies
ne exacte parité entre les blancs et les noirs;
ais la grande disproportion numérique des
ns aux autres 2 auroit produit la nécessité
une subordination inviolable des noirs libres
1x membres essentiels du corps politique,
ette considération, qui - n'est pas plus injuste
ue chimérique, auroit donc fait mettre quel- --- Page 128 ---
M É M 0 I R E S
modification à l'état de liberté et de proque
les nègres auroient été admis.
priété, 3 auquel
Tous ces arrangemens et beaucoup d'autres
pouvoient être préparés et consolidés dans la
fondation d'une colonie; ils auroient nécessairement limité le nombre et l'étendue des grandes
manufactures en sucre, caféetindigo. Les capitalistes prêteurs, ou entrepreneurs, ne pouvant
se livrer à des spéculations d'une prompte ct
facile exécution , par le rassemblement et la
disposition absolue d'un grand nombre d'esclaves, n'auroient point risqué leurs fonds (1),
aussi
masse de fonds dans les
ou une
grande
défrichemens de l'Amérique. Le commerce national n'en auroit jamais reçu cette somme
énorme de produits, dont le transport et la
vente occupent et entretiennent une partie de
ses agens ; mais les vues du législateur 2 pour
l'affranchissement desnègres, auroient été remplies sans aucune des contrariétés qui se sont
multipliées depuis, et qui ont acquis aujourd'hui une consistance imposante, pour tout
homme sage et éclairé.
(1) On ne peut supposer d'autres motifs aux grandes entreprises de culture en Amérique ) que l'espoir d'une grande
fortune faite rapidement.
, dont le transport et la
vente occupent et entretiennent une partie de
ses agens ; mais les vues du législateur 2 pour
l'affranchissement desnègres, auroient été remplies sans aucune des contrariétés qui se sont
multipliées depuis, et qui ont acquis aujourd'hui une consistance imposante, pour tout
homme sage et éclairé.
(1) On ne peut supposer d'autres motifs aux grandes entreprises de culture en Amérique ) que l'espoir d'une grande
fortune faite rapidement. --- Page 129 ---
S U R L E S
0 L 0 N I E S.
Il suffit de jeter les yeux sur les plans géométriques de nos établissemens aux fles du vent et
sous le vent, levés par quartier ou par] paroisse,
pour reconnoître l'impossibilité d'en changer
a distribution, et de la convertir en petits
Homaines, 2 fermes et champs cultivables par des
blancs ou des nègres libres. Comie j'ai l'intenion et les moyens de ne plus laisser d'espace
ibre pour toutes les hypothèses que l'expéience, la raison et la localité nous forcent de
ejeter, > je demande grâce pour les détails néessaires à cette démonstration. Si je me tromois, si j'avançois des faits qu'on pût me conbster, c'est par les détails qu'on parviendroit
se saisir de mes erreurs, et à ramener en
tiomplie les principes contradictoires aux
niens.
Les terres cultivées dans lescolonies, à SaintDomingue, 7 par exemple, sont naturellement
ivisées en culture de plaines et culture de
hontagnes ; mais les défrichemens ayant été
uccessifs et contigus, les propriétés et les culares se suivent immédiatement depuis les bords
le la mer jusqu'au fond des plaines et au
pmmet des montagnes, sans qu'il se trouve
ans les plus grandes latitudes du même
quarcr, et d'un établissement à un autre, aucun --- Page 130 ---
M É M 0 I R E S
terrain neuf à
concéder, 3 à moins qu'il ne
soittout-à-fait stérile et impropre à toute
de produit. Les premiers
espèce
propriétaires des mornes se sont étendus dans les revers ; et de
nouveaux concessionnaires se sont placés à leur
suite dans les.doubles
montagnes. Telle est en
général la distribution intérieure des fles du
vent et sous le vent : les villes et
ont
le plus souvent
bourgs
négligé de se réserver quelque
terrain commun, pour pacages ou pour d'autres services publics ; et on a été obligé, dans
plusieurs paroisses, s de réparer cette omission
des fondateurs par des rachats. On
cet ordre vicinal des habitations conçoit que
déterminé
a été autant
par la nécessité, que par d'autres
combinaisons. Toutes les relations des colons
aboutissant à la mer et aux embarcadaires
pour le débit de leurs denrées, ils ont dû s'en >
éloigner le moins possible, , et se placer, suivant la date de leur établissement
mière, seconde et troisième
, en prerains
lignes, sur les terqu'ils trouvoient vacans. On conçoit aussi
que les grandes entreprises de défrichement
n'ayant commencé qu'avec des esclaves les
concessionnaires ont voulu s'assurer d'une éten- 3
due de terrain proportionnée à leurs
moyens
présens,ct à venir. Les concessions n'ont donc
éloigner le moins possible, , et se placer, suivant la date de leur établissement
mière, seconde et troisième
, en prerains
lignes, sur les terqu'ils trouvoient vacans. On conçoit aussi
que les grandes entreprises de défrichement
n'ayant commencé qu'avec des esclaves les
concessionnaires ont voulu s'assurer d'une éten- 3
due de terrain proportionnée à leurs
moyens
présens,ct à venir. Les concessions n'ont donc --- Page 131 ---
S U R L E S COLONI I E S. 119
de
ou cinq
été reduites au - dessous
quatre avoit
daque lorsqu'iln'y en
pas
cents arpens,
du demandeur ; et
vantage à la convenance
été
à
elles ont
portées
dans le cas contraire,
deux mille arpens.
douze cents , et jusqu'à
exAinsi le système des grandes propriétés les
des esclaves, est devenu, par
ploitées par
par les spécudispositions du Gouvernement,
a faites
lations du commerce et les avances qu'il colocolons, le système fondamental des
aux
nécessaire, la subnies. Par une conséquence conyerties en madivision de ces propriétés
à
nuisant à l'intérêt général ,
nufactures >
à la stabilité des
la sûreté des hypothèques,
les lois
produits et au crédit des colons,
fo
térieures à l'institution en ont maintenu
prit et les moyens. choses. Je ne connois point
Vojla l'état des
du monde d'une
d'exemple dans les annales
société formée sur un plan législatif, quelque
dissoute
vicieux qu'il soit, et spontanément
un autre. Car ce n'est pas une
pour en adopter
totale qu'on
réforme 2 mais une subversion
absonous propose : c'est une désorganisation de leurs
lue des manufactures actuelles et
solennelle
forces mouvantes 7 une abjuration des condes lois quiles ont créées et protégées, --- Page 132 ---
M E M O I R E S
trats qui en ont été la suite : c'est enfin
mouvement impétueux de tous les
un
tous les
dont
intérêts, de
individus,
le
désordre
déplacement et le
la première commenceront à l'instant même de
impulsion ; car
festée d'un pareil
l'intention manil'exécution. Mais changement, équivandroit à
snoyens que la prudence poursuivons l'examen des
ter toute commotion
a suggérés pour évide nègres libres
: nous en sommes à celui
s qu'on rendra
cultivateurs.
propriétaires
Commént
carte, dont parviendra-t-on à placer sur la
je viens de présenter
à multiplierles petites
l'esquisse, et
viser les grandes
propriétés? Comment dientre les
2 et en faire la
Noirs ? Veut-on les établir répartition
quartiers, dans les
dans les
seront alors à de si montagnes inhabités ? Ils
nufactures, des
grandes distances des maplus de relation terres cultivées, qu'il n'y aura
journaliers, entre possible, les
pour les travaux
siceux-ci sont
blancs et Ics noirs; et
une fois séparés de leurs
maltres, et investis d'un terrain
anciens
leur
suffisant pour
smbsistunce, que gagneroient-ils à s'en
rapprocher P
On connoût l'établissement de
à Surinam. Lors de
nègres libres
mon voyage dans cette
es distances des maplus de relation terres cultivées, qu'il n'y aura
journaliers, entre possible, les
pour les travaux
siceux-ci sont
blancs et Ics noirs; et
une fois séparés de leurs
maltres, et investis d'un terrain
anciens
leur
suffisant pour
smbsistunce, que gagneroient-ils à s'en
rapprocher P
On connoût l'établissement de
à Surinam. Lors de
nègres libres
mon voyage dans cette --- Page 133 ---
S R L E S COLONI E S.
colonie, leurs chefs vinrent me visiter ; ils vouloient réclamer mon intercession auprès du
Gouvernement hollandais, pour l'exécution de
quelques articles de leur traité ; et je profitai
de toutes les facilités que cette circonstance
me procuroit 3 pour m'informer dans le plus
grand détail de leur situation, de leurs moeurs,
commerce 9 culture et police. Ils ne manquent
l'aucun des moyens d'exercer dans leurs villages nos arts mécaniques ; ils ont, parmi
eux, des ouvriers de toutes les professions,
échappés comme les autres des ateliers hollanlais, et devenus libres par un traité fait les
armes à la main. Ils auroient même le plus
grand intérêt à conserver au moins l'espèce
l'industrie nécessaire à leur défense et à l'accroissement de leurs forces. On croiroit qu'ils
ont di desirer se mettre en état de se forger des
rmes, ou de réparer celles dont ils se pouroient par des échanges, et qu'ayant tous connu
es commodités, 3 lesjouissances de luxe, si préieuses aux Européens, l'espoir d'y parvenir
eroit pour eux un motif de travail ; mais le
epos, l'oisiveté, sont devenus, dans leur état
ocial, leur unique passion. Leur culture, borée à l'absolu nécessaire 2 les expose à d'afreuses disettes : la chasse et la,pêche sont alors --- Page 134 ---
M É M O I R E S
leur seule ressource. Repoussant
les mnissions
constamment
religieuses, et toute occasion de
relation avec les blancs, > ils ont préféré,
s'assurer des armes et quelques ustensiles pour
se
2 de
constituer, par un traité 7 gardes et
de leurs camarades
geoliers
esclaves, qu'ils arrêtent et
revendent aux Hollandais, quand les déserteurs
viennent leur demander asile, ou qu'ils les surprennent dans les bois. Leur police consiste
comme en Afrique, dans l'autorité absolue d'un 2
chef, que la multitude fait
périr ou
quand elle en est mécontente. Etablis à dépose
lieues des quartiers habités
les
trente
ils ne veulent ni
par
Hollandais,
ni d'autre
rapprochement, ni commerce, 3
travail, ni d'autres moeurs et coutumes que celles de leur pays natal et ils
se maintiennent dans ces
;
principes avec la
plus persévérante obstination.
On ne peut pas douter que toutes les réunions
de nègres dans les montagnes escarpées
les lieux habités de chaque
> dans
colonie, ne repré.
sentassent les peuplades de Surinam : il est
dans l'ordre de la nature
dont les
2 que ces hommes, 2
goûts et les habitudes primitives sont
fortement contrariés par la servitude,
viennent
s y recavectransport aussi-tôt qu'ils en auront
la liberté, et que leur première jouissance soit
pas douter que toutes les réunions
de nègres dans les montagnes escarpées
les lieux habités de chaque
> dans
colonie, ne repré.
sentassent les peuplades de Surinam : il est
dans l'ordre de la nature
dont les
2 que ces hommes, 2
goûts et les habitudes primitives sont
fortement contrariés par la servitude,
viennent
s y recavectransport aussi-tôt qu'ils en auront
la liberté, et que leur première jouissance soit --- Page 135 ---
SU R L E S COL O N I E S.
l'oisiveté, si toutefois l'inquiétude de retomber
catastrophes sous l'autorité des
par quelques
blancs, ne les excite à des précautions fédératives, et aux mouvemens quien sont la suite.
Il est toujours probable qu'aussitôt qu'un territoire commun aura été assigné aux affranchis,
ce sera le point de ralliement et la patrie adoptive de tous ceux qui pourront y être admis.
Or, si cet établissement devenoit jamais considérable, ne pourroit-il pas être dangereux ?
Ce seroit au moins une société étrangère au
milieu de nous, qu'aucune considération morale et politique, aucune convenance 3 aucun
intérêt ne pourroient mettre en relation de travail et de commerce avec les colonies.
Le projet de les disperser sur une grande
surface, de les rendre fermiers, laboureurs du
grand propriétaire, auprès duquel ils auroient
une petitehabitation, comme les paysans en ont
autour du domaine de leurSeigneur; ce plan-là
qui paroit si simple, parce que c'est ce que nous
voyons dans nos villages, dans'nos campagnes,
ce plan, dis-je, exigeroit une révolution de huit
ou dix siècles avant d'être exécuté ? Et qui sait
à quelle époque remonte parmi nous la subdivision des propriétés, leur transmission par
échange libre, vente ou héritage? Cette pre-. --- Page 136 ---
M E M O I R E S
mière opération des hommes réunis en
de nation,
corps
acquiert une inviolable stabilité
aussitôt qu'ils ont des lois et un gouvernement.
Ilr n'y a plus que l'invasion, la
puissent la
conquête, qui
tôt
détruire; et l'ordre SC rétablit aussipar un nouveau partage. Comment l'attaquer maintenant par une décomposition subite
ou graduelle ?
A-t-on prétendu que chaque
droit
habitant ven- -
de volontairement, à crédit > une
son terrain à ses affranchis ? Mais portion si
cent nègres et cent arpens de
j'ai
dant un à chacun, il
terre, en en vendans
ne me reste plus rien
un terme donné. Et qui me garantira le
paiement? Quelles seront les cautions de ces
nouveaux acquéreurs ? Certes je ne vendrai
volontairement. La loi m'y forcera-t-elle? C'est pas
alors une loi d'invasion et de
dont on ne sauroit craindre la dépouillement,
Me
promulgation.
dispensez-vous de vendre, pour m'obliger d'affermer ma terre 2 par petites
à chacun de mes affranchis ? Vous portions,
anéantissez
également ma propriété, 7 mes revenus, en me
laissant pour tout moyen de les faire
un expédient
valoir,
confier,
obligé , auquel je ne saurois me
parce qu'il ne peut être suppléé
aucun autre, si ces fermiers, sans
par
propriété,
ouillement,
Me
promulgation.
dispensez-vous de vendre, pour m'obliger d'affermer ma terre 2 par petites
à chacun de mes affranchis ? Vous portions,
anéantissez
également ma propriété, 7 mes revenus, en me
laissant pour tout moyen de les faire
un expédient
valoir,
confier,
obligé , auquel je ne saurois me
parce qu'il ne peut être suppléé
aucun autre, si ces fermiers, sans
par
propriété, --- Page 137 ---
S U R L E S COLO N I E S.
bandonnentleur ferme ou négligent leurs travaux, et ne peuvènt me payer.
C'est donc comme journaliers que. le propriétaire emploiera ces nègres libres ? Mais
vous ne faites pas attention que ce peuple de
ournaliers, sansdomicile, sans propriété, seroit
n monstre en politique ; que la difficulté première, celle de les placer quelque part comme
hommes libres, de les distribuer en hameaux,
n villages, de leur donner un titre, une part
ffective au contrat social , cette difficulté n'a
boint été détruite, ou ne peut l'être qu'en
eur assignant des quartiers inhabités dans les
nontagnes qui les séparent de la partie actuelement habitée, dont vous voulez qu'ils devienhent les laboureurs : etj je crois avoir démontré
Comment leur réunion, à de grandes distances
Hle: nosmamufactures, , les rendroit plutôt étrangers et ennemis, qu'auxiliaires des colonies.
'ai ensuite parcouru toutes les plaines et les
montagnes occupées par des habitations COIIigués 3 et je ne vois, pour les nègres, aucun
errain disponible, aussitôt qu'ils seront affranthis ; parce qu'ils n'auront pas les moyens
l'acheter, parce qu'aucun habitant n'aura la
volonté de démembrer son domaine en petites
parties, pour concourir à l'exécntion d'un plan
jui le ruine infailliblement. --- Page 138 ---
M É M OI R E S
que je ne veux pas
Je prévois une objection
me dira-t:on,
a-t-il pas,
laisser en arrière. N'y
et des mulâtres
dans les colonies, des nègres tous les jours ?
libres? N'en affranchit-on pas
procurer à
S'il n'y a point eu de difficulté pour existence dans
ces genslà une profession, une
société coloniale; s'ils se sont naturellement
la
ou comme artisans
placés comme propriétaires
de
les autres habitans, il en arriveroit
parmi
affranchissement successif de tous
même d'un
seroit adopté.
les esclaves, lorsque ce plan
mémoire,
On a déja yu, dans mon premier
objecni n'affoiblis aucune
que je ne néglige méritoit d'être développée, ,
tion; et celle-ci
foi
en exal'inexpérience et la bonne
pouvant difféla valeur. Il y a une très-grande
gérer
rares et volonrence entre les affranchisemens ou ceux qui
taires qui ont lieu maintenant, et d'un plan
seroient la suite d'un acte législatif
contre l'intention et malgré
général , adopté
les réclamations des colons.
a
présent l'esprit du Gouvernement
Jusqu'à
le nombre des affranchis, et de
été de limiter
à
même des entraves, sur ce point-1à,
mettre
des maîtres. On a souvent imposé
la libéralité
exigé des conditions
un droit; on a toujours
assurée. D'ailleurs
préalables et une snbsistance
islatif
contre l'intention et malgré
général , adopté
les réclamations des colons.
a
présent l'esprit du Gouvernement
Jusqu'à
le nombre des affranchis, et de
été de limiter
à
même des entraves, sur ce point-1à,
mettre
des maîtres. On a souvent imposé
la libéralité
exigé des conditions
un droit; on a toujours
assurée. D'ailleurs
préalables et une snbsistance --- Page 139 ---
SU R L E S CoL O N I E S.
ceux des esclaves qui ont obtenu cet avantage,
peuvent être rangés dans trois classes : celle des
bâtards affranchis par leur père, les négresses
bu mulâtresses vivant en concubinage avec leurs
maîtres; enfin, les sujets distingués par leurs
et qui s'étoient enritalens ou leurs services,
chis par cette voie; car on ne doutera pas qu'il
he se trouve des esclaves aisés, industrieux,
pt des maîtres généreux. Ces trois causes d'affranchissement: se trouvent évidemmentliées: aux
noyens qui placent tout de suite, et sans dif
ficulté, les affranchis parmi les propriétaires ou
les artisans. Ils sont presque tous habitans des
villes et bourgs; et le premier don qui accomleur liberté, est celui d'une maison, d'un
pagne
d'un ou plusieurs esclaves, pour
petit magasin,
leur métier ou leur comles aider à exercer
talent
celui de
merce, s'ils n'ont d'autre
que
pacotilleurs. Ce n'est qu'après avoir fait fortune
Hans cette profession, qu'ils s'élèvent au rang
les grands propriétaires; car il en est plusieurs
qui ont des sucreries et deux ou trois cents esplaves; il n'en est point qui n'emploie ses premières épargnes às'en procurer un,s'il ne peut
en avoir davantage; et il n'en est aucun qui
le spectacle d'un laboureur
ait jamais présenté
librement avec sa fa
noir ou mulâtre, vivant
mille par la culture de son petit domaine. --- Page 140 ---
MI É M 0 I R E S
Il n'y a donc aucune induction à tirer
un affranchisempnt successif
pour
de
obligé par la loi,
ce qui se passe dans les affranchissemens
volontaires; parce que le petit nombre de ceux
qui existent, ne peut être embarrassant;
sur cent mille esclaves, il n'y en a
que
par année qui obtiennent leur
pas cent
fondent
liberté, et qu'ils
eux-mêmes sur l'esciavageleurs
de travail et d'aisance;
moyens
que ce ne seroit
un des moindres embarras du
pas
nouveau
que cette classe de noirs et de mulâtres libres, plan,
qui se console aujourd'hui de la distance établie
entr'eux et nous, parla supériorité qui leur reste
sur la classe inférieure.
Tous les obstacles que je viens d'exposer ne
sauroient être applanis par des déclamations véhémentes, ni par les voeux plus respectables de
la bienfaisance de la véritable
philosophie. Cependant je n'ai pas tout dit; et quand je considère P'illusion et le danger de tous ces
si fièrement présentés, j'ai de la peine moyens, à croire
que la justice et l'humanité, toujours si droites
et si pures dans leurs vues, marchent ainsi
comme la tempête qui déracine les arbres et
renverse les édifices, sans égard pour les hommes qui vont périr sous les débris. Non, non:
l'amour du bien, la parfaite bonté, ont uull autre
n'ai pas tout dit; et quand je considère P'illusion et le danger de tous ces
si fièrement présentés, j'ai de la peine moyens, à croire
que la justice et l'humanité, toujours si droites
et si pures dans leurs vues, marchent ainsi
comme la tempête qui déracine les arbres et
renverse les édifices, sans égard pour les hommes qui vont périr sous les débris. Non, non:
l'amour du bien, la parfaite bonté, ont uull autre --- Page 141 ---
S U R L ES COL J N I E S.
caractère; leurs graces attirantes ne sont pas
sans effet, même sur les hommes
vicieux; et
lorsque l'injustice lutte contre leurs nobles efForts, il n'y a qu'une force aveugle qui résiste
la dignité de leurs paroles, à la puissance de
eurs conseils.
Nous avons vu tout ce qui empêche la dispersion et l'établissement des nègres affranchis
ur les possessions des Européens dans les COonies, et cette difliculté reconnue pourroit
pargner la discussion de beaucoup d'antres;
hais je ne crains point de m'arrêter à chaque
bjection principale, comme si elle étoit la seule
laquelle je me sois engagé de répondre.
On a dit: : < Le rassemblement d'un grand
nombre de bras, à la disposition d'un seul
propriétaire, ne sauroit être nécessaire; il
ne l'est pas que le mnême homme soit manufacturier et cultivateur; il peut cultiver ses
cannes à sucre et les porter à un moulin
banal. Ilg'établiroitdes entrepreneurs de moulin, de raffinerie, dans
chaque canton; et la
même somme de produits seroit versée dans
la métropole : c'est ainsi que se fait le sucre
dans l'Indostan. Enfin, il n'y a pas plus de
raison de soutenir aujourd'hui que les fles à
sucre ne peuvent être cultivées que par des
5.
--- Page 142 ---
M É M 0 IR E S
n'y en avoit autrefois de sou-
> esclaves, qu'il
inculte
il
lItalie resteroit
quand
>> tenir que
d'esclaves. > C'est ainsi que
>> n'y auroit plus
des assertions vagues et des comparaisons
par de faits, dont la disparité n'est point aperçue,
on fait impression sur les lecteurs.
détruit
L'esclavage sera toujours facilement
dont la force principale et la
dans un pays
sera celle des
population la plus nombreuse,
orihommes libres. Les Romains étoient tous
laboureurs 5 et lorsque les patriginairement
ciens renoncèrent à la charrue et y employèrent
lei
roi dans les comileurs esclaves,
peuple,
En
resta
dans les campagnes.
sup
ces,
paysan
eût ordonné l'abolition
posant qu'un plébiscite
n'ayant
de l'esclavage, les grands propriétaires
à craindre du nombre et de la réunion
rien de leurs affranchis, auroient pu les renvoyer
les
sur leurs domaines, et y appeler
ou
placer
dont ils
en concurrence les pauvres villageois
étoient environnés. L'Italie n'étoit pas, comme
Saint-Domingue, divisée uniquement en grantous les métiers, tous les insdes propriétés; culture n'étoient pas, entre les mains
trumens de
des esclaves; et ce que j'observe ici, sur: PItalie,
à la Nouvelle Angleterre, au Caest applicable
à tous les
nada, à la Russie, à la Pologne,
y appeler
ou
placer
dont ils
en concurrence les pauvres villageois
étoient environnés. L'Italie n'étoit pas, comme
Saint-Domingue, divisée uniquement en grantous les métiers, tous les insdes propriétés; culture n'étoient pas, entre les mains
trumens de
des esclaves; et ce que j'observe ici, sur: PItalie,
à la Nouvelle Angleterre, au Caest applicable
à tous les
nada, à la Russie, à la Pologne, --- Page 143 ---
S U R L E S COLONI E S.
pays de l'Europe où la servitude a été successivement détruite. Iln'est pas plus difficile' alors
de combiner que d'exécuter un plan d'affranchissement, qui, n'intéressant que la plus petite
partie des individus, ne dérange rien au mouement général de Ia société, et laisse à leur
lace tous les états, toutes les professions dont
lle est coinposée. La proportion des esclaves'
hez les Romains, relativement aux citoyens,
toit; je crois, d'un vingtième. Quand on les
aroit subitemnent affranchis, on conçoit
ar vingt propriétaires, il pouvoit s'en trouver que
moitié, le quart, un au moins en état d'emoyer un mnanenvre de plus, ou de lui vendre
crédit un arpent de terre; mais s'il y a vingt
claves pour un homme libre, que deviennent
tre comparaison et VOS moyens?
Je ne conteste point la manière de faire le e
cre dans l'Indostan : c'est ainsi que. dans la
rtie espagnole de Saint-Domingue, plusieurs
bitans ont aussi un arpent, un demi-arpent
caunes, et qu'avec un petit moulin à bras
une chaudière, ils font deux ou trois cents
res de sucre pour leur usage. Mais pour en
re cent millions de livres, et composer la
gaison de cinq ou six cents vaisseaux, il faut
grandes manufactures, et cet ensemble de --- Page 144 ---
M É M O I R E S
bâtimnens, d'animaux, de terres et de manceuvres qui composent les habitations des colonies..
Comment concevez-vous que cette terre, ces
d'une
bâtimens, ces animaux, particsintégrantes
même propriété, vont se diviser et se répartir
entre différens possesseurs qui auront tonts besoin de manceuyres esclaves, affranchis hier, et
aujourd'hui domiciliés nulle part?
Sans doute il est possible, en établissant une
colonie, de concéder à l'un la banalité du moulin, à l'autre celle de la mannfacture, et à
divers cultivateurs, des terres dont le produit
soit porté chez ces entrepreneurs, pour y être
converti en huile, vins ou farines ou sucre;
mais ce n'est pas ce qui a été fait: toutes les
concessions possibles sont réunies dans celle de
chaque habitant. Comment les désunir et le
vendre par partics? Qui voudra vendre? Qu
acheter? Ah! c'est abuser de la crédu
pourra
irriter
la sensibilit
lité; c'est
dangereusement
des honnêtes gens, que de leur présenter 1
mal réel de la servitude des noirs, comme
facile à détruire : que la bienfaisance. éclairé
s'occupe à l'adoucir; et qu'au lieu d'outrag
les colons, on intéresse leur honnêteté, lct
bonheur, à la réformation des abus, à la pr
paration d'un meilleur ordre de choses.
ra
irriter
la sensibilit
lité; c'est
dangereusement
des honnêtes gens, que de leur présenter 1
mal réel de la servitude des noirs, comme
facile à détruire : que la bienfaisance. éclairé
s'occupe à l'adoucir; et qu'au lieu d'outrag
les colons, on intéresse leur honnêteté, lct
bonheur, à la réformation des abus, à la pr
paration d'un meilleur ordre de choses. --- Page 145 ---
3 U R L E S COL O N I E S,
III
L'interdiction de la traite des nègres peut-elle
remplir les vues de ceur qui la proposent?
Ce qui en arriveroit- Application des principes et desfaits exposés.
Si l'on avoit considéré la servitude des négres en Amérique, sous tous les rapports et dans
cous. les détails que je viens de présenter, cette
uite de moyens inadmissibles pour opérer leur
franchissement, n'auroit pas été produite avec
ant d'assurance. Les colons se trouvant placés
parl'ordre irrésistible des événemens antérieurs
leur existence, dans une classe distincte de
outes les autres, ils n'auroient point été déoncés à fhumanité comine ses ennemis : mais
es hommes vertueux, ceux dont,les talens reoivent un nouvel éclat du noble emploi auquel
s les consacrent, auroient toujours eu le droit
e fixer leurs regards sur cette portion maleureuse du genre-humain, qui semble en avoir
ecueilli toute, la dégradation et la misère; et
ertes, en apprenant qu'il existe des marchés
adeshommes noirs sont vendus à des hommes, --- Page 146 ---
M É M 0-1 R E s
de désirer et de conseiller
il est très-naturel
la cessation de ce commerce. la situation et l'orNous venons d'examiner colonies. Nous avons
ganisation intérieure des
a fait
la métropole, en les instituant,
vu que
des noirs la base fondamentale
de la' servitude
Le hasard pent-être, ou
de cet établissement. des volontés particulièdes essais inconsidérés,
générales;
ont déterminé des combinaisons
res,
faute de Las-Casas, devenue
et la première
aventuriers, a changé
la ressource de quelques
nations, et a
de plusieurs
le système politique les lois et les richesses de l'Eupris place parmi
le crime d'hier qu'nn jour
rope. Ce n'est plus
le temps qui
va effacer. Il n'y a que
plus pur détruire les abus que le temps a cimentés
puisse
de
si simple, l'interdiction
Mais cet expédient
aussi salutaire que
la traite, ne seroit-il pas
une dimi
facile à employer? Ne seroit-ce pas le nombre
nution de maux, une réduction sur certain à la
des victimes, et un acheminement
destruction de l'esclavage?
et 1
m'être fait toutes ces questions,
Après réfléchi depuis plusieurs années, j'a
avoir bien
dans un sentimen
cru en trouver la solution
qui est qu'au
queje ne crains point d'exprimer,
à Or
considération ne me déterpineroit
cune
seroit-il pas
une dimi
facile à employer? Ne seroit-ce pas le nombre
nution de maux, une réduction sur certain à la
des victimes, et un acheminement
destruction de l'esclavage?
et 1
m'être fait toutes ces questions,
Après réfléchi depuis plusieurs années, j'a
avoir bien
dans un sentimen
cru en trouver la solution
qui est qu'au
queje ne crains point d'exprimer,
à Or
considération ne me déterpineroit
cune --- Page 147 ---
S U R L E S COLONI E 8.
àl la traite
donnerouà à cancoarerimmaisesets
des noirs. Un premier mouvement me linter- range
donc du côté de ceux qui provoquent
diction, et je ne suspends ma décision qu'en
qui en résultem'arrêtant aux conséquences
et les
roient, et en revenant sur les principes
aits qui m'ont éclairé dans cette discussion. celle
la cessation de la traite ?
Que produiroit dans les colonies, et leur anéande l'esclavage
tissement.
ici tous les effets moIl faut se représenter
rapidement une
raux et physiques quisuivroient
pareille disposition. commotion seroit pour les esLa première
par-là que leur état
claves qui apprendroient
n'enva changer; et comme les idées composées
dans leur tête aussi facilement que
trent point
d'affranchissement ne
es idées simples, ce plan
avec les mopoint à leur esprit
se présenteroit
le
sensible d'un
difications projetées :
signe
de
nouveau système seroit pour eux un signal
l'autorité des maîtres, priAiberté. Ils verroient
de
vée de l'appui des lois et de la protection
la force publique. Ils verroient l'Europe reprochant à l'Afrique de les avoir rejetés de son sein;
fauinvités à la révolte, qu'il
ils se croiroient
prédroit réprimer à main armée : et comment --- Page 148 ---
M I M O I R E S
venir l'insurrection générale plus ou moins violente de tous les nègres, leur
de
secouer le joug, et
impatience
seroit le
l'agitation que leur causpectacle de l'inquiénude et de l'embarras des colons?
De toutes les mesures ostensibles pour la destruction de l'esclavage des noirs, l'interdiction
de la traite seroit la plus marquante,
cette raison, la plus dangereuse. Jen'insiste et, par
sur l'effet qu'elle produiroit dans l'intérieur pas
ateliers esclaves. Ce mouvement alarmant des
être facilement aperçu; mais j'ai plus atten- peut
tivement recherché quelle influence il
sur les propriétés, et les transactions du auroit
merce et des colonies. Je trouve
comsionneroit une réduction
qu'il occasubite de toutes les
valeurs, la rescision de la pluralité des
et une faillite générale de tous les créanciers contrats,
respectifs.
On ne pent pas douter qu'anssitôt
terdiction seroit
que l'inconnue, le prix des biens-fonds
dansles colonies ne baissât considérablement.
Les hypothèques dont ils sont grevés, seroient
altérées dans la mêine
créances
proportion; toutes les
pour raison
mariage, succession, subiroient d'acquisition, la
partage 3
inêr:e réduction, et toutcs celles qui déciveroient de ces
premiers engagemens.
pent pas douter qu'anssitôt
terdiction seroit
que l'inconnue, le prix des biens-fonds
dansles colonies ne baissât considérablement.
Les hypothèques dont ils sont grevés, seroient
altérées dans la mêine
créances
proportion; toutes les
pour raison
mariage, succession, subiroient d'acquisition, la
partage 3
inêr:e réduction, et toutcs celles qui déciveroient de ces
premiers engagemens. --- Page 149 ---
U n LES COLO N I E S.
Le commerce, faisant annuellement aux COlonies des avances égales à la moitié, et souvent à la totalité de leurs revenus, leur refuseroit tout crédit, et borneroit ses spéculations
au retrait de ses créances.
L'alarme des colons et leur découragement
ajouteroient aux alarmes du commnerce, 9 qui
suspendroit ses armemens. Une affreuse disette
dans les iles, qui dépendent pour leur subsistance de la métropole, seroit la suite inévitable
de l'inquiétude et de la retraite des armateurs.
Des banqueroutes multipliées dans les places de
commerce, et un désordre universel dans les
colonies, en accéléreroient la ruine.
Silpposez-vous les précautions de police et de
sûreté assez bien entendues, pour qu'il n'y
ait à craindre aucun mouvement de la part des
nègres?. Je réponds qu'il n'y a point de corps
de garde qui puisse contenir l'opinion , et einpècher une alarme, lorsque les esprits y sont
disposés. On, d'après le bruit que l'on a fait
très-indiscrétement sur la servitude dcs noirs,
le premier acte du Gouvernement, qui en indique la cessation, sera, j'ose le dire, une
torche allumée pour incendier les ports ct les
colonics.
Il y aura, sans doute, une époque où il --- Page 150 ---
M E M OI R E S
seroit convenable de
de la
prononcer l'interdiction
traite, et une autre où elle cesseroit naturellement; mais je renvoie à un autre chapitre le développement de mes vues sur cette
révolution; et en ne considérant que le moment présent, je n'y vois de certain
les
maux que j'annonce, sans aucun des que
qu'on espère en retirer. - Je répète avantages
fois
encore une
qu'il me paroit plus que problématique,
qu'en n'achetant plus d'esclaves à la côte d'Afrique, 3 on en diminuât le nombre;
malgré ce qui a été dit au contraire, etj'ajoute,
commerce des Européens
que le
la Guinée
avec les habitans de
a plus adouci que corrompu leurs
mceurs; que les
jours
missionnairesayanty presque touprécédé ou suivi nos marchands sur cette
côte, il y a par-tout où ils ont
de
pénétré
et
police
de principes de ciyilisation plus
dans l'intéricur des terres. Les mémoires que
n'ont été
qui
communiqués, les rapports que
reçus directement de plusieurs
j'ai
autres employés dans
navigateurs et
nos comptoirs, fondent
mon opinion.
Et lorsque ce genre de commerce me
une idée
présente
repoussante, ce n'est point que
attache celle d'un accroissement
j'y
d'infortune
pour les nègres : c'est en le considérant comme
ciyilisation plus
dans l'intéricur des terres. Les mémoires que
n'ont été
qui
communiqués, les rapports que
reçus directement de plusieurs
j'ai
autres employés dans
navigateurs et
nos comptoirs, fondent
mon opinion.
Et lorsque ce genre de commerce me
une idée
présente
repoussante, ce n'est point que
attache celle d'un accroissement
j'y
d'infortune
pour les nègres : c'est en le considérant comme --- Page 151 ---
S U R L E S COLONI I E S.
et de la dépravation de
effet de Pavilissement
humaine. Ainsi, dans nos arsenaux,
l'espèce
les instrumens et les trale bruit des armes,
souvent l'outrage
vaux militaires, me rappellent
ses
nous faisons à la nature, en façonnant
que
ses dons à la destruction
ceuvres, en employant
de nos semblables.
la côte d'Afrique,
Les esclaves, vendus sur
dont les plus
arrivent de différentes échelles, trois mois de
éloignées se trouvent à deux et
huit cents
à plus de
marche : c'est-à-dire, des terres. En ne callieues dans l'intérieur
imculant que la somme de maux qu'on peut des
comment la retraite
puter à l'esclavage,
la réduction dans
Européens en opéreroit-elle
ceslieux, si distans de toutes leurs spéculations?
à des peuplades barbares, qui
Et qu'importe
même les relations qu'elles
ne connoissent pas
relations cessent ou
ont avec nous , que ces
maintenues? Les maures ne sont-ils pas
soient
faisant aussi le comrépandus sur les frontières,
trèsmerce des esclaves, et ne seront-ils pas
à s'emparer de tous les postes que
empressés
La Perse, la Turquie,
nous abandonnerons?
l'empire de Maroc,
les régences barbaresques, lhabitude et le besoin
ont, de toute ancienneté,
qu'obtiendu service des noirs. La préférence --- Page 152 ---
M E MI O I R E S
nent les Européens, par les armes à feu et
liqueurs, en a haussé-le prix
les
métans, de telle sorte
pour les malovent seuls s'en
que les gens riches peula cessation de la procurér. Qu'artiveroit-il par
les arabes
traite?. Le prix baisseroit
et pour les maures, et les
pour
des noirs, qui passent aux Antilles, cargaisons
eu Asie sur les bords de
reflueroient
les pays situés entre le PEuxin, et dans tous
case.-Je m'arrête
Mont-Atlas et le Cautriste! Le bien
sur une réflexion qui m'atle mal
est donc trop souvent idéal, et
toujours prêt à occuper tous les
mais c'est la vérité
vides:
événemens
que je cherche, ce sont les
que je suis à la trace; et
tâche
dans la
que je me suis imposée, je ne dois rien
dissimuler.
Me reprochera-t-on d'avoir
la génération des désordres peint vaguement
pourles colonies de
qui résulteroient
l'interdiction de la traite P
Peut-être, en effet, il seroit mieux de
mes idées plus sensibles
de
rendre
tails. Je ne
par
nouveaux dérappelle aucun de ceux
déja lus. Je fixerai seulement
qu'on a
Lectcur sur l'état
l'attention du
niales. Il
présent des cultures coloest connu de tous ceux
en
vent les progrès,
qui
suiqu'elles se divisent en trois
classes, dont la première
comprend les établis-
ite P
Peut-être, en effet, il seroit mieux de
mes idées plus sensibles
de
rendre
tails. Je ne
par
nouveaux dérappelle aucun de ceux
déja lus. Je fixerai seulement
qu'on a
Lectcur sur l'état
l'attention du
niales. Il
présent des cultures coloest connu de tous ceux
en
vent les progrès,
qui
suiqu'elles se divisent en trois
classes, dont la première
comprend les établis- --- Page 153 ---
SU R LES COL ON I E S.
forment à
le
semens anciens, qui
peu près
dixième de la totalité, Parmi ceux-là, il faut
distinguer ceux arrivés à leur produit possible,
qu'on peut estimer au quart de cette première
classe; - ceux qui se trouvent dans un état
de dégradation, par l'épuisement du sol, ou
par d'autres accidens; - ceux qui sont susceptibles d'accroissement par de nouvelles mises
et de meilleures cultures. Ces deux dernières
sections peuvent être réputées la moitié ou le
tiers de la première classe.
On doit mettre
dans la seconde les défrichemens entrepris depnis quarante ou cinquante ans, dont la moitié seulethent peut être jugée dans un état permanent de culture. La troisième classe sC trouve
composée des établissemens plus récens, qu'on
peut apprécier au quart de la valeur totale des
capitaux placés dans les colonies. La pluralité
de ceux-ci ne peut se soutenir sans un accroissement de forces. Cet aperçu nous présente les
cinq huitièmes au moins des propriétaires, dans
l'attente et le besoin d'une addition de moyens.
Telle est à peu près la proportion du nombre
des débiteurs, à ceux dont les propriétés sont
affranchies de toutes hypothèques, ou dans un
état prochain de libération.
11 faut sugenguladipebemet de tout --- Page 154 ---
M E M O I n E S
autre engagement, c'est une cause de dettes
que l'acquisition des moyens aratoires,
aussi on recherche ces
comme
à l'extinction de
moyens pour parvenir
dire
ses dettes ; et ce que je vais
paroîtra bien étrange : mais
jette pas sans réflexion
qu'on ne reque la somme des dettes mon de opinion, qui est
indiqueroit la mesure du
chaque colonie s
elle a besoin
nouveau crédit dont
établissemens. pour s'acquitter et consolider ses
Il faut expliquer cette
tion. Un nègre peut planter
proposide café; mais trois
cinq mille pieds
recolte. Le
sont nécessaires pour la
coton, l'indigo, les cannes à sucre
présentent à peu près les mêmes
dans les forces nécessaires à la proportions
celles, qui peuvent
plantation, et
donc toujours
garantir le revenu. Il est
arrivé que le colon a mesuré ses
engagemens sur l'espoir plus ou moins
tain de ses récoltes ; et les
cer-,
composent le plus petit
gens sages, qui
nombre, ne
pas assurer tous les risques, réduisent pouvant
calculs au taux le plus modéré.
leurs
sition
Dans cette
3 que tout moyen
poforces soit interdit
d'augmentation de
voyons les
aux colons, 2 dont nous
cinq huitièmes au moins
teurs
débiembarrassés, et la totalité en
vert avec la fnétropole
compte ou-
; je dis qu'abstraction
-,
composent le plus petit
gens sages, qui
nombre, ne
pas assurer tous les risques, réduisent pouvant
calculs au taux le plus modéré.
leurs
sition
Dans cette
3 que tout moyen
poforces soit interdit
d'augmentation de
voyons les
aux colons, 2 dont nous
cinq huitièmes au moins
teurs
débiembarrassés, et la totalité en
vert avec la fnétropole
compte ou-
; je dis qu'abstraction --- Page 155 ---
S R L E S COL ON I E S. 143
faite de toute commotion parmi les nègres, et
sans considérer aucundes effets moraux qui doivent suivre l'interdiction, tous les engagemens,
toutesles relations commerciales, sont ébranlés,
plusieurs anéantis, et que la décroissance rapide des revenus s l'interruption du crédit
ruinent, dans un laps de temps très-prochain,
les colonies et le commerce maritime qu'elles
alimentent.
I V.
Olservations szr les dettes des colonies et sur
leur influence.
Cen'est point m'écarter du sujet que je traite,
que de m'arrêter un moment sur les dettes des
colonies. Elles ont une grande affinité avecleur
organisation ; et les titres de créance qui en
sont émanés, donnent, en quelque sorte, le
droit aux capitalistes titulaires d'intervenir,
comme parties principales 7 dans toutes les
dispositions qui pourroient changer ou altérer
leur hypothèque.
L'état de ces dettes ne peut être apprécié
avec précision ; mais je crois qu'on sera plutôt
au-dessonsquan-dela de la réalité, en évaluant --- Page 156 ---
M i M 0 I R E S
la somme à ceile du produit de deux années
de chaque colonie.
Ceux qui s'étonnent de l'ancienneté et
masse de ces
dela
sion
engagemens 2 ou de leur succesprolongée, ne font pas attention que nos
établissemens en Amérique n'ont pu être faits
qu'à crédit. - Leur progrès mnême eût été plus
rapide, et seroit plius
assuré, s si le Gouvernement, jugeant bien l'influence d'un crédit solidement établi, en avoit protégé les
et les moyens.
principes
Il: n'est pas ordinaire qu'un homme riche
se
déplace, 9 s'expatrie, et risque tout à la fois son
argent et sa vie s dans un défrichement
Amérique.
en
vail
Ils'associe, par ses avances, au traet à l'industrie des
réserve ainsi
entreprenenrs, et se
une part dans les produits,
doit être l'intérêt et le
qui
remboursement du capital aliénés plus, les bénéfices que lui procure
la vente de toutes les marchandises
mées par l'habitant son débiteur. Pour s consomrelations soient fécondes
que ces
et prospères, il faut
que la loi qui les sanctionne soit inviolable,
et que sa protection soit 7 pour ainsi
aux ordres des parties lésées.
dire, 2
L'inexactitude des
paiemens, 2 et l'impuissance ou l'inertie des tribunaux
pour y pour-
remboursement du capital aliénés plus, les bénéfices que lui procure
la vente de toutes les marchandises
mées par l'habitant son débiteur. Pour s consomrelations soient fécondes
que ces
et prospères, il faut
que la loi qui les sanctionne soit inviolable,
et que sa protection soit 7 pour ainsi
aux ordres des parties lésées.
dire, 2
L'inexactitude des
paiemens, 2 et l'impuissance ou l'inertie des tribunaux
pour y pour- --- Page 157 ---
S U R L E S COION: I E S.
yoir, mettent dans un état passif le débiteur
et le créancier. Il en résulte que l'un n'a plus
les moyens 3 et l'autre la volonté d'une plus
rande activité; ; que le crédit s'éteint ou deient usuraire, que le prix de toutes les marhandises s'élève. On voit enfin, par cette
ause, multiplier rles difficultés, et prolonger
e malaise de tous les entrepreneurs. Ce n'est
bas tout. Je me rappelle que Cicéron dit queljue part qu'on peut se former une idée de
Pétai de la
République 3 en eraminant celui
Ves tribunaur et des jugemens
1 parce que
eur inaction est celle des lois, et que toute
utorité qui agit sans le concours et contre
esprit des lois , est arbitraire et vexatoire.
'ai vu ce qu'on appelle les décisions ministéielles déroger formellement aux ordonnances.
i est vrai que ces ordonnances dérogent aussi
tse précipitent les unes sur. les autres, comme
les volontés d'homme en place, qui sont une
puissance jusqu'à ce qu'il ait passé.
Si On pouvoit vaincre tous les autres obstales qui s'opposent aux innovations projetées
ur la servitude des noirs, il resteroit celui des
lettes des colons, et de leur influence sur la
police intérieure et sur le commerce de la mé.
ropole. .
5.
--- Page 158 ---
MI 6 M 0 I R E S
V.
d'une servitude durable, estDans le cas
impossible de prendre aucune précautio
à la sitreté des nègres 5
légale, quipowrvoie
de cet ouvrage ayant ét
La première partie
alors
écrite en 1775, je ne prévoyois pas Commer
à laquelle je vais répondre.
question
seroit faite?- Il faut pou
imaginer qu'elle
comme une figur
cela considérer la servitude
comme une ligne droite > q
de géométrie,
même temps une lign
ne sauroit être en
courbe.
volontés, nos besoins 7 nos pa
Mais nos
mnouvemens irréguliers, , quior
sions, et leurs
mal toutes les modit
produit en bien et en
déterm
cations de l'état social, ne sauroient
des dimer
ner dans toutes ses subdivisions,
absolues. L'autorité souveraine se répa
sions
en des formes diverses
tit et se combine
même entre les rois. - - Comment la servitud
susceptible des mêmes mod
ne seroit-clle pas
sont soumis ? L'e
fications pour ceux qni y
chez les anciens, chez les asiatiques
clavage
à celui des nègr
ne sauroit être comparé
cations de l'état social, ne sauroient
des dimer
ner dans toutes ses subdivisions,
absolues. L'autorité souveraine se répa
sions
en des formes diverses
tit et se combine
même entre les rois. - - Comment la servitud
susceptible des mêmes mod
ne seroit-clle pas
sont soumis ? L'e
fications pour ceux qni y
chez les anciens, chez les asiatiques
clavage
à celui des nègr
ne sauroit être comparé --- Page 159 ---
SU R L E S CO L O N I E S.
ans nos colonies. Aujourd'hui, 3 les maîtres
S plus dépravés se reconnoissent sàrement,
ans le for intérieur, comptables à Dieu et
axl lois des injustices qu'ils commettent envers
urs nègres.
Et ceux qui seroient tentés de donner la plus
ande extension à leur autorité, de ne la surdonner à aucune autre, ne SC croient cendant pas affrahchis de tout devoir, de toute
spection sur leur police domestique. Hé !
mment contester les différences qui résultent
celle des temps, des lieux, des moeurs, s
S opinions religieuses ? Nous ne sommes pas
us corroipus, et nous sommes plus éclairés
morale, en législation, que les Grecs, les
omains et les Orientaux. C'est véritablement
ez eux que l'esclavage ne présente la posilité d'aucune précaution légale, pour en
primer les abus, parce que la loi fait, de
aque maître, un magistrat suprême à l'égard
son esclave, et que leur éducation s leur
lice, leur religion, 2 sont concordantes avec
tte loi. Mais nous, qu'avons-nous de commun
ec ces principes ? Nos lois, nos moeurs 9 nos
inions moralcs et religieuses y résistent éganent ; et lorsque la servitude s'est transmise
ns les colonies européennes, elle y est réstée --- Page 160 ---
M É M O I R E 8
exilée comme un être vicieux, dont la tolé
rance est justifiée par la nécessité, mais dont
pouvoir législatif se saisit pour le surveiller dar
les mains qui l'emploient comme instrumer
de culture. Parce que c'est une chose hideus
que l'esclavage, il est facile de l'attaquer ; ma
lorsque c'est un accident nécessaire, on vo
qu'il est difficile de le détruire ; et il ne fa
pas pour cela, sur - tout au temps où noi
sommes, > le séparer de toutes les relations m
rales, de tous les devoirs de la société. Iln'
nijuste, ni utile d'accréditer cette idée. C'e
parles maximes contraires, que la raison, Ph
manité, doivent éclairer et diriger le régin
colonial.
Aucune absurdité, aucun dogme impic,
se mêlent plus aux notions répandues sur to
les autorités. Nous to
- les droits, sur toutes
chons au moment où elles auront une vé
table et grande dignité ; car tout ce quia
bâti sur le sable, s'écroule de toutes parts.
mensonge se cache dans les ténèbres : et l
pourroit croire que cette puissance moral
qui nous presse de tous côtés, seroit S2
action sur les colons et sur la condition
nègres ! Ils resteront dans la dépendance
propriétaires, parce que cela ne se peut aut
autorités. Nous to
- les droits, sur toutes
chons au moment où elles auront une vé
table et grande dignité ; car tout ce quia
bâti sur le sable, s'écroule de toutes parts.
mensonge se cache dans les ténèbres : et l
pourroit croire que cette puissance moral
qui nous presse de tous côtés, seroit S2
action sur les colons et sur la condition
nègres ! Ils resteront dans la dépendance
propriétaires, parce que cela ne se peut aut --- Page 161 ---
SU R L ES COLO N I E S.
ce n'est pas une injustice de
ent, et que maintenir; mais si le Gouverux-ci de les y
de soulever
ment a craint jusqu'à présent
cette
voile, dont Pintérêt public enveloppoit
cessité,, si les colons eux-mêmes ont négligé de
se rendre un compte exact et rigoureux leurs
tendue de leurs devoirs et des limites de
l'épée flamboyante des
bits, ce ne sera point cette mission: : ce sera
thousiastes qui remplira
aujourd'hui às sa
uvre de la raison, parvenue
jorité. Ainsi 2 en proposant un réglement, dévoulu communiquer mes vues , et non
celles
faut adopter. S'il y a quelminer
qu'il
Thabitude,
propriétaire que les préjugés 2
ont
sur les moyens
de fausses opinions, 2
égaré
en
meilleur ordre, il n'y en a point qui
n
les principes; il n'y en a point qui
avouent
le droit de châtiment enconviennent que
défensive dont
S les nègres, est une arme
le trahe leur est pas permis d'abuser ; que
peuvent exiger doit être modéré;
qu'ils
doivent être
la subsistance 2 l'entretien 7
enfin
iolablement assurés 3 et qu'ils sont
de traiter ces nègres avec justice et huligés nité. Les voies coactives pour arriverà cette
doivent être sans doute délibérées avec
hdence et réflexion ; car des considérations --- Page 162 ---
M É M OI n E S
peuvent faire proscrire les unes
importantes
C'est sur quoi les color
préférer les autres.
; et ce se
eux-mèmes doivent être entendus;
leurs assemblées que les mesures les pli
dans
stres seront conçues et pr
sages et les plus
craindfe que d
posécs. Caril ne faut jamais
homies, réunis et entourés de spectateurs, , pr
leur faveur, contre les ld
nonçent, même en
J'observerai I q
de Ja justice et de la morale.
assemblées sont ordinairement compose
ces
des
les plus d
des propriétaires ou
régissenrs auroit point
tingués (1), et qu'ainsi on n'y
redouter l'influence del'aveugle cupidité, oud
odieux d'une grossière éducation.
préjugés
illusion
de croire
n'est donop point une
que
dela législation surles maitres injust
pouvoir
en faveur
età l'efficacité de sa protection
(1) On a affecté dans une brochure d'outrager pa
culièrement la classe des régisseurs, quoiqu'il ne soit
sur-tont à St-Domingue, d'yvoir des gentilshom
rare,
dont
ont relevé la fort
et des gens de mérite,
plusieurs
chez les pro
de propriftaires obérée. C'est, en général,
d'habitation qu'on trouve le plus de connoissance
reurs
de manufacture. Il est à desirer que le pas
culture et
qui traite si mal les colons de tous
du saint Évangile, charitable et plus juste envers ses
ordres, soit plus
roissiens.
soit
sur-tont à St-Domingue, d'yvoir des gentilshom
rare,
dont
ont relevé la fort
et des gens de mérite,
plusieurs
chez les pro
de propriftaires obérée. C'est, en général,
d'habitation qu'on trouve le plus de connoissance
reurs
de manufacture. Il est à desirer que le pas
culture et
qui traite si mal les colons de tous
du saint Évangile, charitable et plus juste envers ses
ordres, soit plus
roissiens. --- Page 163 ---
SU n L E S COL O N I E S.
hègres esclaves. Ce n'est
roire que la servitude point une illusion de
n temps où elle
peut être modifiée dans
ne présente plus les
dées, où les
mêmes
puissamment préjugés ne servent plus aussi
les hommes forts contre les
nes foibles. Et comment
homspérance, moi qui suis n'aurai-je pas cette
t la raison unis à
conyaincu que l'ordre
l'autorité
outes les forces ennemies,
disperseroient
ipe les nuages?
comme le vent disOui certes, il est possible de concilier
ice et la bienfaisance
la jusécessaire
avec un état de servitude
(x) : j'en ai vu plusieurs
nais pour n'être point taxé de
exemples ;
aveur des colons
partialité en
gers
frangais, c'est parmi les étranque je prendrai celui que je vais
font le souvenir ne me revient
citer, et
ion. Etant à Surinam
point sans émo777, je
par ordre du roi en
eçu chez parcourus cette belle colonie, et fus
tous les habitans avec beaucoup d'é-
(1) On conclura peut-être de cet
insi l'apologie du despotisme. Cette exemple, 9 que je fais
hoi. On oublieroit alors
pensée est loin de
haitre n'est à l'égard deses que, dans mes principes, le
tistrat subordonné et
nègres, qu'une espèce de maon autorité.
responsable aux lois, de l'usage de --- Page 164 ---
M É M O I R S S
de bonté. J'allai diner un jour chez
gards et
le
et les prinmadame Godefroi ; gouverneur étoient invicipaux membres de la régence y
tés : cette femme respectablé nous attendoit rivière.
sur le bord de la
en se promenant
en desNous arrivions en chaloupe. J'aperçus, à
terre un
de nègres gecendant à
groupe m'adresser leur prière.
noux, qui paroissoient
de moi, et me
Un d'eux, en effet, s'approcha d'obtenir sa
supplia, , en fondant en larmes baissant 2 les yeux, à
grâce. Il s'éloignoit en
sa maîtresse venoit à ma rencontre;
mesure que
enfans le suivoient en pleurant,
sa femme et ses
mains. Cette scène de déet en me tendant les
étransolation à mon début dans une maison mais l'air
gère, me parut un sinistre présage; de madame de
de bonté et l'accueil obligeant
que
Elle m'annonça
Godefroi me rassurèrent.
mais
avoit fait une faute grave 2
ce nègre
pas son pardon; etl la
qu'elle ne me refuseroit
qui s'assembla
dans l'atelier,
joie se répandit famille affligée pour la féliciter.
autour de la
forte punition infhi
J'appris alors que la plus
étoit
madame Godefroi à ses esclaves,
gée par défendre de paroître en sa présence.
de leur
Je
étoit la peine capitale.
Ce bannissement
touchant que le spectacle
n'ai rien vu de plus
pardon; etl la
qu'elle ne me refuseroit
qui s'assembla
dans l'atelier,
joie se répandit famille affligée pour la féliciter.
autour de la
forte punition infhi
J'appris alors que la plus
étoit
madame Godefroi à ses esclaves,
gée par défendre de paroître en sa présence.
de leur
Je
étoit la peine capitale.
Ce bannissement
touchant que le spectacle
n'ai rien vu de plus --- Page 165 ---
S U R L E S cOLO N I E S.
habitation. C'étoit le séjour
de cette superbe
de l'aisance et du
de la paix, du travail,
dont
bonheur. Je parcourus les cases à nègres, de la
répondoit à la richesse
la distribution
vous un village de
maison principale. Figurezaboncinq cents habitans, commodémentloges, de médamment pourvus de tous les ustensiles
de toutes les choses nécessaires à la vie 1
nage,
le lendemain, et ne se
sans inquiétude pour heures du travail, sans
réunissant jamais aux
adorée.
bénir avec acclamation leur maîtresse investi
habitoit étoit alors
Le quartier qu'elle
marrons.
une nouvelle troupe de nègres
par détachemens de soldats formoient un corDes
T'habitation de madame Godon dans le bois;
n'étoit gardefroi, accessible par les derrières, n'avoit dédée que par ses nègres dont aucun sembloit être
serté. Cette femme bienfaisante
la providence dans une colonie 3
placée par
aux blancs et aux noirs compour apprendre lal bonté
rendre leurs
bien la justice et
peuvent Puisse-t-elle,
relations douces et heureuses.
dans l'âge avancé oû je la crois parvenue,
recevoir ce nouvel hommage que je me plais
à rendre à ses vertus, et se souvenir encore du
de l'attendrissement et des regrets
respect 3
lui fis mes adieux ! Tous les
avec lesquels je --- Page 166 ---
ML E MI 0 I R E S
propriétaires de Surinam ne pouvoient
cités pour modèle comme
pas être
mais un
madame Godefrois
exemple aussi imposant
sans effet, et on apercevoit
n'étoit pas
tion sensible dans les
déja une révolunègres. Je
principes de la police des
ne dois pas oublier que
mon séjour à
pendant
Paramaribo, un
dans un accès de colère, donné boulanger ayant,
couteau à son esclave, dont
un coup de
pas, on instruisit le
celui-ci ine mourut
procès du maître, qui fut
emprisonné 7 condamné au
l'esclave affranchi.
bnannissement, et
Eh! qui empêche que cette autorité
de la justice ne
tutélaire
dans les colonies reprenne toute son influence
? Pourquoi ne
nous pas aussi sur l'empire des compterionsn'étant pas encore ce qu'elles devroient mceurs qui,
ont cependant suppléé aux ordonnances être,
qu'elles sont tombées en désuétude?
depuis
Lorsque les motifs et les principes
sont reconnus justes et utiles, il
d'une loi
de difficultési invincibles dans
n'existe plus
a alors qu'un réglement fait l'exécntion. à
II n'y
la hâte, sans
examen, sans consultation, qui puisse
son objet; car, en pareille matière, c'est manquer à l'expérience à conduire l'antorité, et à éclairer la
bienfaisance : sans cet appui, une loi dont l'in-
Lorsque les motifs et les principes
sont reconnus justes et utiles, il
d'une loi
de difficultési invincibles dans
n'existe plus
a alors qu'un réglement fait l'exécntion. à
II n'y
la hâte, sans
examen, sans consultation, qui puisse
son objet; car, en pareille matière, c'est manquer à l'expérience à conduire l'antorité, et à éclairer la
bienfaisance : sans cet appui, une loi dont l'in- --- Page 167 ---
SU n L E S COLO N I E S.
être
tention seroit pure et vertueuse, pourroit dans
ainsi que le sont,
inutile ou dangercuse,
dépourvus de
certaines places, les honnêtes gens
lumières et de talens.
V I.
Des traits de cruauté, des faits atroces qu'on
a publiés.
Si la servitude des noirs ne présentoit qu'une
accumulation de criines et de désordres, qu'auil faudroit
cun moyen légal ne pût réprimer, natale, ou
se hâter de les rendre à leur terre
intérêt
leur abandonner les colonies; car aucun
être nécessairement fondé sur
national ne peut
férocité. Mais
et de
un système d'oppression
comme tout pouvoir subordonné et responsadevenir
que par la faute
ble, ne peut
oppressif
des
du pouvoir suprême, et que la servitude
noirs n'existe point au milieu de nous, par les
principes ou parla violence d'un Gouvernement
despotique, les traitsde cruantéqu'on a publiés,
s'ils étoient anthentiques, que
ne prouveroient,
et ceux des
les crimes de quelques particuliers,
laissés
hommes constitués en autorité quil les ont
impunis. --- Page 168 ---
M É M O I R E
VII.
des colonies, et
Des vices de la législation
-Vues d'amélioration.
de leur influence.
traite des noirs
Comment cthg quelledpoguelet
la descessera. - - Comment on prépareroit
truction de Pesclavage.
Pimmensité de lois (1) faites
En parcourant
siècle, et
les colonies depuis un
pendant
pour
j'ai eu part à leur administration,
le temps que
aucun plan,
j'ai été bien étonné de n'apercevoir
de l'avenir. Voilà plusieurs
aucun pressentiment
la multitude
écoulées, sans que
régénérations
habité et disparu de ces
d'hommes, qui a
les ont gouoccidentales, ni ceux qui
gions
considéré la postérité comme
vernés, ayent
difficile de nombrer toutes les ordonnances et
(1) Il est
des colonies. J'en
réglemens publiés sur Padministration serois
étonné qu'une
connois plus de trois cents. Je ne fois pas autant, en y comcollection exacte en présentit trois
dans chaque
prenant les ordonnances des administrateurs nous n'avons encolonie. Au milieu de cette abondance, distante de celles de
la coutume de Paris, si
core que
loi commune de toutes les transactions
l'Amérique 7 pour
des colons.
les ordonnances et
(1) Il est
des colonies. J'en
réglemens publiés sur Padministration serois
étonné qu'une
connois plus de trois cents. Je ne fois pas autant, en y comcollection exacte en présentit trois
dans chaque
prenant les ordonnances des administrateurs nous n'avons encolonie. Au milieu de cette abondance, distante de celles de
la coutume de Paris, si
core que
loi commune de toutes les transactions
l'Amérique 7 pour
des colons. --- Page 169 ---
SUR L E S COLO N I E S. 157
dans leurs spéculations. Cedevant intervenir naturel de penser que la traite
pendant il étoit
éprouauroit un terme, ou pourroit
des nègres
illimités
les défrichemens
ver des entraves; que
dans tous les
dans les plaines et les montagnes,
tout
d'une même colonie, épuiseroient
quartiers
à
à une même époque,
à la fois, et peu près
produits deune terre neuve, dont les premiers suffisoient
voient être prodigieux. Ces réflexions
de culture,
déterminer un plan progressif
multipour
de police relatifs à la
et des principes
des moyens. On
plication ou au remplacement accidentelle du
auroit considéré alors la fertilité
la rendre
sol, et préparé les secours qui peuvent de la conserpermanente. On se seroit occupé
de la
vation des bois et de leur reproduction, des
des bestiaux, de l'instruction
multiplication
de la percultivateurs et des mamufacturiers, On auroit
fection des machines qu'ils emploient.
nous
calculé toutes les dépendances auxquelles
soumettions envers les étrangers, pour
nous
l'industrie nationous affranchir de celles que
choses, une
mais sur toutes
nale peutsuppléer;
auroit fixé son atadministration prévoyante nécessaire de la traite
tention sur cet expédient
Richelieu adopta,
des nègres, que le cardinal de
de
le
de les instruire des dogmes
sous prétexte --- Page 170 ---
M É M O I n E S
notre religion. Eclairé sur les limites
avoir pour nous une servitude si que devoit
ce qu'elle étoit chez les
différente de
ment auroit
anciens, le Gouvernecoloniale. dirigé dans cette vue l'éducation
Des établissemens
pour objet de former les publics auroient eu
ordre
créoles à ce nouvel
social, et de leur apprendre, dans leur
jeunesse, la profession de
faudroit en faire une sorte de propriétaire; car il
edt, comme les
magistrature, qui
Cet
autres, sa dignité et ses devoirs.
enseignement se seroit étendu à toutes les
connoissances agraires; et les études
fiantes de nos
insignidans les
collèges, se seroient converties
colonies en une véritable éducation
publique, qui auroit embrassé tous les
et toutes les relations du citoyen
rapports
sition physique et morale,
dans une pocelle des
tràs-différente de
propriétaires en Europe.
C'étoit encore une considération
que celle du crédit nécessaire à
législative,
des mannfactures
létablissement
coloniales, del l'extension
pouvoit avoir, etdel l'usage qu'il seroit utile qu'il
nuisible d'en faire; car on conçoit
ou
penses de luxe
que les dél'entretien
prises sur les fonds destinés à
et à l'amélioration de la
seroient seules une cause
culture,
vation et de destruction. puissante de dépraCe désordre des dé-
ération
que celle du crédit nécessaire à
législative,
des mannfactures
létablissement
coloniales, del l'extension
pouvoit avoir, etdel l'usage qu'il seroit utile qu'il
nuisible d'en faire; car on conçoit
ou
penses de luxe
que les dél'entretien
prises sur les fonds destinés à
et à l'amélioration de la
seroient seules une cause
culture,
vation et de destruction. puissante de dépraCe désordre des dé- --- Page 171 ---
SU R LES COL O N I E S.
penses est, dans la vie privée , comme dans
l'administration de la chose publique, le précurseur de tous les maux, de tous les vices. Il
est impossible que la bonne foi, la modération,
bomerdhimadlhamsabed concilientavec
la dissipation.
En résunant ainsi tout ce que devroit embrasser le plan législatif des colonics, j'expose
ce qui n'a pas été fait; et d'après toutes ces
omissions, leur état actuel est un prodige: mais
ce prodige cache des plaics profondes qu'il faut
guérir, sans quoi ce monument de l'industrie
nationale ne tarderoit pas à s'écrouler.
Qu'on ne s'étonne pas que Ia traite des nè.
gres, leur esclavage, les moyens de l'adoucir,
de le faire cesser,mne ramènent aux grands principes de Tadministration. Voulez-vous faire un
bien durable, dans quelque genre que ce soit,
remontez à la source. Voulez-vous faire du bien
aux nègres, c'est par les mnaîtres qu'il faut commencer; ; c'est en les mettant dans un état d'ordre et de police, tel que le bien en dérive naturellement.
Sans doute on peut, par un réglement isolé,
assurer légalement la subsistance et l'entretien
des esclaves, empêcher l'excès des châtimens
et de travail; mais on ne le peut que parce
que --- Page 172 ---
M É M O I R B S
disposés, parce
les esprits y sont généralement
et l'aila richesse des grands propriétaires
que
ceux
n'ont plus de dettes, présance de
qui
commandes modèles de régime, qui
sentent
l'imitation ; la même
dent de proche en proche
le concours
depuis dix ans, sans
cause produit
de volonté de satisfaire
de la législation, plus voit
ceux qui s'acOn
que
à ses engagemens.
commence à s'en OCquittent, prospèrent, eton
froide impulcuper 5 mais il y a loin de cette
à
sion, qui a tout fait jusqu'à ce moment-ci, l'intérêt
direction active et éclairée vers
géune
néral.
amélioration est un bon
Le principe de toute
des colonies ne l'est
Gouvernement, et celui
des
Il n'a point de bases fixes; il dépend
pas.
des lois. - -Il a été arbipersonnes plus que
plus ou moins raisontraire, foible, violent,
suivant le caractère des administrateurs.
nable,
eu de plan, et j'ajoute
J'ai dit qu'iln'y a point coloniales; car les
qu'ilz n'y a point de meeurs
de Marseille,
moeurs de Nantes, de Bordeanx,
être celles des colonies. .
ne devroient point
nous
Les riches produits de Saint-Domingue qu'à
Nous ne faisons pas attention,
avenglent. dont ils sont recueillis et consomla manière
exploité en l'épuimés, c'est une mine qu'on
suivant le caractère des administrateurs.
nable,
eu de plan, et j'ajoute
J'ai dit qu'iln'y a point coloniales; car les
qu'ilz n'y a point de meeurs
de Marseille,
moeurs de Nantes, de Bordeanx,
être celles des colonies. .
ne devroient point
nous
Les riches produits de Saint-Domingue qu'à
Nous ne faisons pas attention,
avenglent. dont ils sont recueillis et consomla manière
exploité en l'épuimés, c'est une mine qu'on --- Page 173 ---
SU R LE S COL O N I E S.
sant, et non une terre dont la fertilité s'entretient par le labour et les engrais. Considérez
que la France emploie, dans le commerce maritine, trois fois moins de capitaux que les
Anglais, et que nos colonies retiennent en dépôt, par leurs dettes ou leurs emprunts, un
tiers de ces capitaux; que cette stagnation est
une des causes de la langueur de notre navigation, du malaise de nos mannfactures, attaquées par d'autres vices intérieurs, tels que les
mpôts, les privilèges, et cette multitude d'ofices et d'emplois, 3 qui attirenthors des ateliers
lu commerce ceux qui y ont fait quelque forune. Cependant la continuation de la traite
les noirs, aujourd'hui indispensable, est une
harge de plus pour le commerce, par les a vanes à long terme qu'elle exige, par la consomnation plus rapide d'une partie de ses agens,
t parce que les fonds qui y sont employés,
ourroient être l'aliment d'une industrie plus
ouable et plus productive. C'est aussi dans les
rais de culture, un accroissement de dépense,
ui devient de plus en plus onéreux aux colons,
ar le renchérissement successif du prix des nères. - Ainsi les causes qui produiroient, non
as. l'interdiction, mais un moindre besoin, une
éduction graduelle,et finalement une cessation
5.
--- Page 174 ---
M É M o I R E S
absolue de la traite des noirs, Jourroient être
le signe de la grande prospérité des colonies
comme la traite elle-mème en a été le moyen.
Quedemotifs déterminans pour remédier aux
vices de la législation de ces établissemens'
en s'arrêtant à l'objet principal de mes obser
vatiogs, la condition des nègres, comment ceu
.qui s'érigent avec tant de confiance en répara
teurs des torts de nos aieux, ont-ilscru: suppléer
des déclamations, à la recherche des prin
par
cipes d'un meilleur ordre? Je les indiquerai a
moins ; etje croiraiavoir été de quelque utilit
aux colons, aux administrateurs, aux nègres
aux plilosophes même, en plaçant au milie
d'eux, et en mettantà portée de tous des vérite
qui trouveront un jour de plus puissans défen
seurs.
J'ai démontré, je crois, les inconvéniens
ledanger de l'interdiction de la traite: mais el
peut cesser naturellement, comme je viens (
le dire; ce qui seroit le térme de prospéri
ct de bon régime auquel ii faut atteindre. El
peutcesser aussi parlépuisementdles côtes d'Af
que, par le déplacement ou la destruction d
peuples quiy fournissent, et par un excès de d
pense qui ne seroit plus en proportion avec 1
produits. Cet événement est, dansles calculs d
probabilités, plus prochain qu'on ne le pense.
ut cesser naturellement, comme je viens (
le dire; ce qui seroit le térme de prospéri
ct de bon régime auquel ii faut atteindre. El
peutcesser aussi parlépuisementdles côtes d'Af
que, par le déplacement ou la destruction d
peuples quiy fournissent, et par un excès de d
pense qui ne seroit plus en proportion avec 1
produits. Cet événement est, dansles calculs d
probabilités, plus prochain qu'on ne le pense. --- Page 175 ---
S U R L E S COLO N I E S.
Quel doit être maintenant, dans les calculs
le la raison, l'esprit des lois qui dirigent un
ays obligé à de tels expédiens ? Il me semble
u'elles doivent tendre à les rendre de moins
n moins nécessaires, en séparant leur utilité
u vice originel, pour conserver l'une, et ne
lus employer l'antre. Je vais me ressaisir de
e principe, et le développer en l'appliquant
l'esclavage, suite nécessaire de la traite 9 et
onditioni indispensable de la culture actuelle des
olonies. - - Cet esclavage étant en soir une mauaise institution 7 le législateur qui le tolère,
s colons qui en profitent, ne peuvent s'en dismulerlesa abus; et leur voeu commun seroit sans
oute de n'en avoir pas besoin. Leur intérêt
ommun seroit donc de rectifier les abus d'une
ondition dont la permanence peut être néssaire, en la rapprochant par gradation de
état civil, ou de préparer ce rapprochement,
our que l'abolition de la servitude soit pratible lorsqu'elle ne sera plus nécessaire : c'est
crniahr-misaheatisas trouve
S mêmes motifs d'une police équitableetpréyante. Pourquoi voulez-vous que lesnègres
ient libres ?Pour être plus heureux ! hé ! començons parleur assurer la portion de bonheur
le comporte leur état de servitude ; ils seront --- Page 176 ---
M É M O I R E S
bien mieux disposés à jouir du complément
comme une chimère tou
Et vous, vousregardez
HrsTa
Il est doncd
dansun dardeervitukcisendabie
votre devoir, il est de votreintérêt dc l'adouci
car, si je peux combattre avec quelqu'avanta;
toutes les innovations qu'on propose, je ne sai
défendre
des suites d'u
rois vous
également
mauvais régime,ni empêcher que T'Afrique ces
un jour de vous fournir des laboureurs 9
dans l'impu
que vous ne soyez vons-mêmes
sance de vous en procurer.
J'avance vers le but que je me suis propos
Les difficultés s'applanissent. Je n'enlève poi
l'espérance de détruire un jo
aux philosophes
la servitude.- -S'il est une voie pour y parven
c'est celle de la prudence et de la justice.
n'attentepointaux droits depropriétedescoloe
S'ils ont un moyen de les conserver, c'est en
mettant eux et leurs esclaves sous la prot
tion et la surveillance des lois. On ne sait p
on ne croit pas assez à tout le bien que P
vent faire de bonnes lois ; et il me semble C
où les colonies peuv
nous touchonsàl l'époque
C'est d'abord dans leur sein, C
en espérer.
l'ai
d
de leurs assemblées, comme je
déja
sortiront les plans les plus utiles; : et sij j'ét
que
, c'est en
mettant eux et leurs esclaves sous la prot
tion et la surveillance des lois. On ne sait p
on ne croit pas assez à tout le bien que P
vent faire de bonnes lois ; et il me semble C
où les colonies peuv
nous touchonsàl l'époque
C'est d'abord dans leur sein, C
en espérer.
l'ai
d
de leurs assemblées, comme je
déja
sortiront les plans les plus utiles; : et sij j'ét
que --- Page 177 ---
SU R L E S J OL O N I E S.
Ppeléàydonnerma
evoir de
en
Tlolecobpalsempireon
citoyen leura adressant ces
Le fanatisme vous poursuit,
paroles :
mais la
vous défend, et vous éclaire aussi sur raison
intérêts. Ne craignez
VOS vrais
point de compter avec
elle, et d'invoqaer la justice
vos prétentions.
pour arbitre de
>> Tout ce qui pourroit relâcher Ia subordination des nègres à un joug
roit funeste à la
nécessaire, seainsi le maintien de métropole la
comme à vous ;
discipline établie
vOS ateliers, doit recevoir
dans
l'appui de la force
publique. Mais le même intérêtnational
que la population, la
exige
ment de cette troupe de subsistance, le traitedisposez,soient
laboureurs dont vous
soumisàdes lois
et lorsque la douceur de VOS protectrices;
propreconscience
moeurs et votre
leur
sont déja disposées à étendre
voirs empire, ne craignez point que VOS dedeviennent plus difficiles à
qu'ils vous seront tracés; et ne faites remplirlorsinjure aux lois, de croire qu'il
pas cette
sans elles, une harmonie
puisse y avoir,
hommes.
durable parmi les
> Voyez ce qu'ont
ces systèmes erronés, prodhaisjuqe'3apréentr tous
qui, au lieu de bonnes
lois, ont tour à tour commandé
ou obéiày vos --- Page 178 ---
M É M 0 I R E 3
méconnus. La fraternité, qui devroi
> intérêts
s'est convertie er
>> vous unir an commerce 2 et vous avez resinimitié réciproque; ;
>> une
oublié vOS droits et vos intérêt
> pectivement
craint l'activité des for
Vous avez
>> communs.
vOS contrats;e
> mesl
arbitraires qu
alxgpiaduntexdenterden
avez été livrés aux formes
>> vous
inspirer con
tourmenté les débiteurs,sans
>> ont
créanciers. Vous vous êtes plaint
>> fiance aux
exercés sur vous par le
>> des actes d'autorité
vouliez en perpé
et vous
> administrateurs, P'habitude dans la police de VOS ateliers
>> tuer
indiquée pour conteni
>> telle est la ressource
- Entourés d
les maîtres injustes.
>> ou punir
à plusieurs sortes de dépen
>> besoins, soumis
encore en vOD
vous les multipliez
> dances 2
cho
mettant à la merci des étrangers pourdes
>
nécessité, tandis que vot
>> ses de première
nationa
mêe enverslecommerce:
>> pourriez,
de vos servitudes, et l'attire
>> alléger le poids tributaire de votre industrie
>> à vous, comme esclave de la sienne. -
> au licu de rester
q"
Toutes ces erreurs n'ont pu s'accréditer
>>
du voeu de l'intérêt généra
>> par Tignorance
manifester l'un
>> En vous réunissant pour milieu de vous 1
vous trouverez au
> l'autre,
qui peuyeut vous cOI
> lumières et les principes
,
de vos servitudes, et l'attire
>> alléger le poids tributaire de votre industrie
>> à vous, comme esclave de la sienne. -
> au licu de rester
q"
Toutes ces erreurs n'ont pu s'accréditer
>>
du voeu de l'intérêt généra
>> par Tignorance
manifester l'un
>> En vous réunissant pour milieu de vous 1
vous trouverez au
> l'autre,
qui peuyeut vous cOI
> lumières et les principes --- Page 179 ---
> U R L E S COL 0 N I E S.
> duire à une véritable
sédezles
prospérité. Vous en pospremiers élémens.
2 le plus fertile,
Propriétaires dusol
quels que soient
> la volonté ferme de les faire vos embarras,
assure les moyens. Cette
cesser vous en
prévenant les e
volonté salntaire,
dans
commandemens de la loi, fixera
vos habitations l'ordre, le travail,
nomie et l'abondance.
l'éco-
.
>
L'ordre,let travail;téconomied
Voilà dans les
eetl'abondance.
les
colonies, comme dans la métrobole, véritables sources de la félicité
plique ; car on voit tonjours à leur
punodération, la
suite, la
les
paix et la justice; et tels sont
moyens que je propose
a servitude des noirs : mais pourrigleretadoucir combien
vantages en résulteroient ! En
d'antres
erre, et dans les mains
versant sur la
plus grande
qui la cultivent, une
portion de ses
arichesse s'accroître,
produits, je vois
etlesdettes
yrannie, sans commotion
s'éreindresans
lu
(1). Alors les
commerce se
moyens
multiplient; ses opérations, plus
(1) Car ce seroit une mauvaise loi
celle
ubitement tous les créanciers à la que
qui mettroit
piteurs. Dans un changement
poursuite de tous les déFgard à celui qui
d'état, il faut toujours avoir
ransition de l'un à précède, l'autre. et déterminer prudemment la --- Page 180 ---
M É M o I R E S
surface;
faciles, s'étendent sur une. plus grande choix d'un
laisse au colon le
et la concurrence
utile de sc:
nouveau crédit, ou d'un placement
fonds.
Économistes le développe
Nous devons aux
le:
Mais aussitôt que
ment de ces principes.
vérités, on diroi
hommes ont trouvé quelques
s'efforce de les rendre ty
qu'un mauvais génie
exciter à la révolte : ainsi, l'ap
ranniques pour
de leur système, à l'impô
plication rigoureuse
et à la liberté du commerce, sera long-temp toute St
une chimère (1); tandis qu'il conserve
di
rectitude et ses bons effets dans la pratique
T'agriculture et les dépenses foncières oil pro
exige. Le premier objet de cel
ductives qu'elle doute, pour! les colonies, , k
dépenses, est sans
de lenrs laboureurs
soin, la police et laisance
seront convena
Lorsqueles propriétaires réunis
attention
de fixer, sur ce point-là, toute leur
il
les dépenses de luxe,
et de lui subordonner
le plus utile réglement qu'or
auront préparé faveur des
et des créan
puisse proposer en
nègres
unique seroit sans doute le plus naturel
(1) L'impôt
fût modéré
mais il faudroit, pour être supportable, qu'il suffire, 2 comr
taut d'impôts réunis ne peuvent pas
et lorsque possible de tout prendre sur la récolte?
ment seroit-il
leur
il
les dépenses de luxe,
et de lui subordonner
le plus utile réglement qu'or
auront préparé faveur des
et des créan
puisse proposer en
nègres
unique seroit sans doute le plus naturel
(1) L'impôt
fût modéré
mais il faudroit, pour être supportable, qu'il suffire, 2 comr
taut d'impôts réunis ne peuvent pas
et lorsque possible de tout prendre sur la récolte?
ment seroit-il --- Page 181 ---
U R L E S C OL O N I E S.
ainsilesseciersdec chaque colonie-Ispelleront
cours et les lumières du Gouvernement poureux
commerce national, dont ils ont tortet
et] pourle
; car il est cruel
raison d'accuser linpuissance
les colons d'être circonscrits dansleursappour
nécessaires, ou de ne les obtenir
provisionnenens: de hauts prix; ; mais il n'est pas moins déqu'à
française soit si fort
plorable que la navigation
au dessous de ses moyens naturels.
d'imQuand je considère la somme énorme
l'Angleterre , sans en être
pôts que supporte
la raison dans la richesse
accablée, j'en trouve
qui
et de ses manufactures,
de son agriculture de l'abondance des moyens
provient elle-même
C'est la perfecque cette nation leur consacre. la bonne tetion des machines et des ustensiles,! desmanue des bestiaux, la vigueur et l'aisance
noeuvres, la dépense bien ordonnée des propriéenrichissent la grande Bretagne; et
taires , qui
de luxe
lui reproche, sa
malgré les excès
qu'on
fortune restera toute entière, tant que ce luxe
l'excédant de la recette sur les
ne sera que
connois
les
Jc ne
point
dépenses productives. mais leur réginne doit se rescolonies anglaises;
la mésentir des moeurs et des lois auxquelles si la diftropole doit de si grands succès : et
férence de la servitude des mancenyres à leur --- Page 182 ---
M E M O I RE S
liberté en a produit 3 comme cela doit être
dans les résultats, ce ne sera cependant
;
les mêmes principes que les colonies que par
lanburepardoendrontà,
anglaises et
être très-s
unestabilitéetà, un biensupérieur à leur éclat
passager ; et
commelesAnglais, nous ont précedésdanstonsles
calculs de l'économie rurale et politique, ainsi
quedansla science de la législation,
je ne doute
pas que nous ne leur devions encore le
mier exemple du régime dont
preet dont j'aperçois
je sens l'utilité,
l'existence possible dans les
colonies. Au milieu du rapprochement de
les conditions et de la tendance de
toutes
tèmes
tous les
vers un centre unique de raison et sys- de
vérité, ce peuple penseur trouvera le
les modifications convenables à la
premier
cessaire des noirs. Je les
servitude néciliables
conçois faciles et conavec la plus parfaite police et les
riches produits. Si nous revenons
plus
de toute amélioration
au principe
pour les colonies, comme
pour la métropole, savoir, le retranchement des
dépenses de luxe, et l'accroissement de celles
qui fécondent la terre et le travail : vois
terme alors, et un terme desirable à je la un
des noirs. Les grains les
traite
s
fruits et les racines
alimentaires croissent en abondance auprès des
cannes à sucre et da café ; une population vi-
es produits. Si nous revenons
plus
de toute amélioration
au principe
pour les colonies, comme
pour la métropole, savoir, le retranchement des
dépenses de luxe, et l'accroissement de celles
qui fécondent la terre et le travail : vois
terme alors, et un terme desirable à je la un
des noirs. Les grains les
traite
s
fruits et les racines
alimentaires croissent en abondance auprès des
cannes à sucre et da café ; une population vi- --- Page 183 ---
U
L E S co L 0 N I E S.
S R
en raison dessubsistances;
goureuse SG multiplie
se convertissent
les terres les moins précieuses
les bois nécouverts de bestiaux ;
en pâturages
dans
se reproduisent
cessaires aux constructions,
leur être consacrées;
les montagnes, quidevoient!
n'est plus emet une portion de nos produits les bois et les besployée à payer aux étrangers
moyen de
tiaux, qui deviennent un nouveau industrie unirichesse pour les colons.- 1 Une
sucverselle se prête alors aux affranchissemens et ceux
cessifs et volontaires;1 les nègres pasteurs l'emméà T'exploitation des bois, à
employés
devenir plus natunagement des forêts, peuvent
de leurs mairellement fermiers et censitaires
et le
tres. Alors la servitude de la glebe,
2 sont des expédiens
mauvais régime féodal
la destruction
raisonnables et nécessaires pour
de l'esclavage.
VIIL
Conclusion, et motifs de cet ouvrage.
Les écrits auxquels je réponds 7 ne peuvent
Paffranchissement des nègres,
pas plus opérer faveur dela famille des Incas
qu'un plaidoyer en
s'il en existe des
et de celle de Montezuma, --- Page 184 ---
M M O I R E S
rejetons, ne pourroit leur fairerestituerle Mexique.et le Pérou. Les nations et les
posent sur le droitde
empires represcription; et leurs
priétés ne sauroient être soumises à
profication
une véririgoureuse de leurs titres:maislese efforts
impnissans de la
tices des
philosophie contre les injusgrandes sociétés, se dirigent avec
d'avantage sur celles qui paroissent
plus
qu'à quelques individus. C'est ainsi n'appartenir
parant les colons de la classe des
qu'en séon travaille à indisposer la
autres citoyens,
la nation,
majeure partie de
des
étrangère aux cultures et au commerce
colonies, 9 contre ceux quiy sont
Cet empire si puisssant de
intéressés.
si
l'opinion publique,
éloquemment défini dans un excellent
vrage (1), offre déja son appui à ceux
ouquent, en France et en
qui attatude des
Angleterre, la servilition. nègres,et qui en poursuivent l'aboLes imputations les plus odieuses sont
réservées à ceux qui oseroient avoir une
contraire; et le titre de colon en
opinion
chusion
paroît un d'expour obtenir créance auprès du public.
Cependant il étoit dangereux
rène aux athlètes qui s'y présentent d'abandonnerl'a- d'un air
si
sugenerplilehurciont, pu obtenir del'au-
(1) De l'administration des
finances, par M. Necker.
ten
les plus odieuses sont
réservées à ceux qui oseroient avoir une
contraire; et le titre de colon en
opinion
chusion
paroît un d'expour obtenir créance auprès du public.
Cependant il étoit dangereux
rène aux athlètes qui s'y présentent d'abandonnerl'a- d'un air
si
sugenerplilehurciont, pu obtenir del'au-
(1) De l'administration des
finances, par M. Necker.
ten --- Page 185 ---
L E S COLO N I E S. 173
S U R
éclairée et plus prudente
torité souveraine, , plus
missionnaires,
nouveaux
dans sa marche queles de la faveur publique, qui
ils l'auroient obtenu succès de tous les actes
prépare la chute ou le insensiblement élevé
de lautorité; ils auroient
de
entre les propriétaires ,
un mur
séparation
etles autres classes
les commerçans des colonies,
de la société. Les ames douces et honnêtes, préde l'esclavage des nègres,
venues de l'injustice
étéémues
dela posibilité del le détrnire,auroient le découà l'aspect d'un colon ;
d'indignation
l'effervescence des autres, auragement des uns,
roientproduitubiout tard un désordreirréparable
de traiter contradictoiIl étoit donc important
Et comme je
rement cette grande question.
l'obligation,
m'en suis volontairement imposé
sous le
pas de la remplir
il ne me convenoit
Propriétaire à Saintvoile de l'anonyme.
me suis cru
Domingue et administrateur, , je
d'abord à moi-même de mes opiresponsable
me permettrois pour
nions, et de tout ce-que je
mais j'ai voulu
les accréditer ou les défendre;
en me
aussi soumettre au jugement du public, être
les observations que je ponvois
nommant,
en secret au Gouverprésumé avoir présentées
de l'adminisnement : car il en est qu'un agent
de taire; mais ce ne sont point
tration est obligé --- Page 186 ---
M E M O I R E S
celles qui contrarient une opinion
et qui ne paroissent fondées
dominante,
pres intérêts. On ne sauroit alors que sur nos projuges, trop de témoins de
ayoir trop de
discours. - Quand
ses pensées, de ses
on ne veut que la raison
pour arbitre, il faut se laisser confronter
elle. Sans d'aussi
avec
j'attachois à cet graves considérations, et si
ouvrage quelque prétention littéraire, je ne me serois pas avisé, pour la
mière fois, de publier un écrit fait à la preet souventi interrompu
hâte,
par d'autres
Puisse-t-il être utile sans offenser occupations. ! Je rétracte
d'avance tout ce qui pourroit
mon intention,. les
blesser, contre
les vues etles
personnes dont je contrarie
mon premier pohndipesgeiquligeefairn mémoire
pu croire
dans quelques
désagréablement signalé
point là le motif brochures, j'assure que ce n'est
si je' 'n'avois
qui a produit celui-ci, et que
espéré d'heureux effets d'une
reille
discussion, 2 je m'en serois épargné pa- les
dégonts.-Puissb-je au moins n'en
ver de la part des colons
point éprouadopter toutes les
que je défends , sans
observations qui me sont
venues, et les maximes qu'on a cru
parde la police des nègres esclaves! S'il inséparables
ques propriétaires injustes
est quelle serai
envers moi, , je ne
pas ervers cux. Je n'appellerai point
ets d'une
reille
discussion, 2 je m'en serois épargné pa- les
dégonts.-Puissb-je au moins n'en
ver de la part des colons
point éprouadopter toutes les
que je défends , sans
observations qui me sont
venues, et les maximes qu'on a cru
parde la police des nègres esclaves! S'il inséparables
ques propriétaires injustes
est quelle serai
envers moi, , je ne
pas ervers cux. Je n'appellerai point --- Page 187 ---
S U R I. E S COL D N I E S.
çorruption ? mais erreur 7 l'inquiétude qu'ils
pourroient avoir d'une autorité réprimante 2 et
mes voeux se réuniront toujours à ceux des amis
de Phumanité, pour T'adoucissement des maux
dont elle est affligée.
4 Toulon, le 2 novembre 1788.
Signe, M A L OUET.
Ce mémoire, 9 mal accueilli lors de sa publication 2 répond aujourd'hui, avecl'autorité de l'expérience 2 à toutes
les assertions contraires et aux essais funestes qui ont été
faits. On verra dans les deux discours suivans, comment
je défendis dans l'Assemblée nationale la seule barrière qui
restoit aux colonies contre leur subversion ; c'étoit l'initiative des lois relatives à leur police intéricure, dont l'Assemblée eut l'imprudence de les dépouiller. Il est juste de la
leur rendre : on ne peut gouverner les hommes avcc succès
et avec gloire que de leur consentement. --- Page 188 ---
M É M O I R E S
OPINIO N
Sun le projet de décret relatif à l'état des
personnes dans les colonies.
Séance du 10 mai.
MESSIEERS,
LE préopinant vous propose de
prononcer
immédiatement, et sans délai, sur l'état des
gens de couleur : il vous dit
le droit, le devoir, le
que vous en avez
de cet avis; je suis
pouvoir. Je ne suis pas
de M.
plus frappé des observations
Clermont-Tonnerre sur la souveraineté
des colonies 7 que de celles
répondu, et
auxquelles il a
que je vais aussi combattre. En
regardant ses principes comme
théorie, j'espère bien
inattaquables en
les colonies ni la
que vous ne mettrez ni
d'en
métropole dans la nécessité
admettre les conséquences
C'est en général une chose bien rigoureuses.
en matière de
dangereuse
aux
gouvernement, que d'accorder
abstractions, aux
syllogismes, une telle
de celles
répondu, et
auxquelles il a
que je vais aussi combattre. En
regardant ses principes comme
théorie, j'espère bien
inattaquables en
les colonies ni la
que vous ne mettrez ni
d'en
métropole dans la nécessité
admettre les conséquences
C'est en général une chose bien rigoureuses.
en matière de
dangereuse
aux
gouvernement, que d'accorder
abstractions, aux
syllogismes, une telle --- Page 189 ---
U R L E S COLOI N I E S.
puissance, qu'on se laisse emprisonner dans le
poste où vous place un bon ou un mauvais
raisonnement,
En suivant exactement la ligne de M. de
Clermont - Tonnerre, vous aurez la théorie
d'un système colonial, dont la logique triomphera de toutes les attaques de ses adversaires;
mais les produits de VOS colonies ne seront que
précairement en VOS mains, et pourront vous
échapper à tout instant.
En suivant la ligne
ct les raisonnemens de M. de Tracy, vous opécrez, par un déchirement effroyable, la ruine
les colonies, et des désastres incalculables dans
e royaume.
Je marcherai, MM., entre ces deux écueils,
lont l'un est encore plus dangereux que l'autre; ;
car s'il faut nous livrer à des systèmes, je préère, sans balancer, celui qui conserve une
ociété parlindependance, à celui qui la détruit
par de mnauvaises lois.
La fin principale de l'économie politique est
a conservation., comme celle de l'économie
urale est la reproduction.
Ainsi ce n'est pas ce qui doit être, mais ce qui
,c'estlétatactucldechoses etleurcommandeaent alolu.quidaiventiser d'abord l'attention
ul législateur. S'ils'en distrait pour se saisir du
5.
--- Page 190 ---
M É M 01 I R E S
dont
beau idéal, c'est un romancier dangereux,
il faut honorer les intentions et repousser
l'influence. Ce n'est point à M. de ClermontTonnerre que s'adresse cette réflexion, ses raisonnemens sont justes; et c'est à vous, MM., à
les
et à conserver la
en éviter
conséquences,
souveraineté sur les colonies, parce qu'elle
vous est éminemment utile. Or, iln'y a plus de
souverainetéli où cessent la protection, la bienfaisance,l'action tutélaire et conservatricejalon
commence la tyrannie : c'est à quoi on voudroi
vous conduire, en refusant l'initiative aux colo
nies sur l'état des personnes et sur leur constitution.
Avant d'entrer dans les détails de cette ques
tion, je me permettrai de jeter un coup-d'ai
rapide sur la situation actuelle des colonies. I
est véritablement étonnant qu'une aussi impor
tante discussion s'ouvre aujourd'hui pour la
première fois.
sûrement point à cett
On ne reprochera
assemblée de manquer de Jumières; ; toutes le
classes de la société, tous les genres de talens
d'industrie, de commerce, de propriété, trou
veroient ici des conseils et des appuis; et un de
plus grands intérêts politiques de l'empire, se
plus inportantes possessions, ne se sont encor
est véritablement étonnant qu'une aussi impor
tante discussion s'ouvre aujourd'hui pour la
première fois.
sûrement point à cett
On ne reprochera
assemblée de manquer de Jumières; ; toutes le
classes de la société, tous les genres de talens
d'industrie, de commerce, de propriété, trou
veroient ici des conseils et des appuis; et un de
plus grands intérêts politiques de l'empire, se
plus inportantes possessions, ne se sont encor --- Page 191 ---
S U R L ES COLO 2 N I E S.
présentées à vous que sous un voile qu'un de
vos comités a seul jusqu'ici étendu ou soulevé.
Je ne l'accuse pas. Je sais que les préventions,
les difficultés qu'il avoit à vaincre, justifient la
circonspection du comité colonial.
Cependant de funestes commotions ont agité
ces provinces éloignées : on a tantôt favorisé,
tantôt dissimulé les causes de ces commotions,
et constamment négligé de vons en moutrer lc
langer.
Ces causes sont de plusieurs genres.
Le mouvement général des esprits dans les
commencemens de la révolution, s'est rapidenent communiqué dans toutes les parties du
lobe où il existe des établissemens français.
êtoit-il utile au succès même dc la révolution
le favoriser cette impulsion? Je ne le pense
as; car si l'on éprouve sous les yeux du corps
égislatif, qu'on ne détruit pas sans inconvéient tous les ressorts del'ancien gouvernement
our en instituer un nouveau : que n'avoit-on
as à craindre de la dissolution subite et inconidérée de l'ancienne administration, des coloies, lorsqu'il n'existoit sur les lieux aucune
uissance légale pour rectifier et modérer l'imétuosité d'un premier mouvement ?
Il n'étoit pas douteux que le nouvel ordre de --- Page 192 ---
M É M 0 I R E S
choses que vous établiriez dans le royaume, ne
wétablitcaussidansles colonies; que les ministres,
les administrateurs n'y fussent soumisaux: mêmes
principes législatifs, à la même responsabilité.
Vous ne pouviez donc être aidés, mais au contraire fort embarrassés par toute espèce d'insurrection dans les colonies? Il en devoit résulter
ce qui est arrivé; beaucoup de soins, d'inquiétudes et de dépenses pour les réprimer. Vous
deviez donc les prévenir, en autorisant provisoirement, et sous la loi de la responsabilité,
l'ancienne administration, en déterminant stric
tement et nettement à des rédactions de plans et
projets de lois toute l'influence des première
assemblées coloniales, et en vous préservans
de toute innovation qui pât les inquiéter.
J'ajonterai que tel étoit lintérêt bien entendu
des colons 3 qu'ils devoient éviter avec le plu
grand soin, toute agitation intérieure, toute
entreprise anticipée sur leur propre administra
leur suifisoit de considérer les dantion; qu'il
qui les environnent sur leurs habitations
gers dans leurs ateliers, pour supporter encore quel
instans le jong qu'ils étoient si impatien
ques de briser, pour arriver enfin, avec le plus grand
aux améliorations d
ordre, aux changemens,
régime qu'ils avoient droit de provoquer.
'ils devoient éviter avec le plu
grand soin, toute agitation intérieure, toute
entreprise anticipée sur leur propre administra
leur suifisoit de considérer les dantion; qu'il
qui les environnent sur leurs habitations
gers dans leurs ateliers, pour supporter encore quel
instans le jong qu'ils étoient si impatien
ques de briser, pour arriver enfin, avec le plus grand
aux améliorations d
ordre, aux changemens,
régime qu'ils avoient droit de provoquer. --- Page 193 ---
> U R L E S C OL ON I E S.
Voilà ce qu'ils devoient faire, voilà
nous aurions da
ce que
a égarer les colons prescrire; mais tout a concouru
le
et à distraire votre
tout ce qui les concerne. - Le talent attention
e déclamer contre les
si facile
e faire
ministres, l'impossibilité
adopter des mesures sages et
reuses, lorsqu'on les présente
vigougestion ou un appui du
comme une sugtout cela, les innovations despotisme; et plus que
roquoit une philosophie, dangereuses que proyues, mais inconsidérée, bienfaisante dans ses
noyens: voilà les élémens mais barbare dans ses
qui désole
de ce terrible
en cet instant, et qui peut ouragan
ond en comble toutl'archipel
ruiner de
Fique.
français de l'AméSur cette terre bralante,
es habitans de notre
qui porte à regret
par
continent, et les dévore
milliers, on entendit
tout-à-coup des cris
P'insurrection, dont le bruit et le
pouvoient qu'être funestes à
spectacle ne
ablissemens.
l'existence de ces
C'est dans le désordre de ce
hent que les colons se voient premier mnouveparts, parles écrits et les efforts attaqués de toutes
ans contre leur
les plns menapropriété et leur sAreté,
n'y eut plus ni concert ni
Alors
ombinaisons
mesure dans leurs
politiques sur leurs relations ; et --- Page 194 ---
M É M O I R E S
lorsqu'ilsse croyoient exposés à tout perdre, ils
étoient sans doute excusabies de tout tenter
pour se défendre. Mais, divisés même entr'eux
surl leurs prétentions, sur les moyens de les faire
valoir, la discorde aggrava leurs maux; et lorsque vous avez reconnu la nécessité de
leurs inquiétudes, de rétablir l'ordre
calmer
parmi eux, et de les investir
et la paix
inviolable dans l'exercice de leurs d'une garantie
restoit encore
droits, il vous
les
l'obligation d'en poser vous-mêmes
bases, par un décret solennel, qui n'est que
Pacomplisement de vos' promesses, de VOS déclarations antérieures.
Telle est la disposition qu'on attaque
d'hui. Voilà les promesses, les
anjours
veut vous faire rétracter. Et espérances qu'on
ment ? par quels motifs? A sur quel fondetous les
quoi se réduisent
raisonnemens de nos adversaires P Aux
principes que vous avez posés dans la constitution, à la déclaration des droits? Tandis
vous ayez solennellement
que
que la constitution du
reconnu et déclaré
venir aux colonies. royaume ne pouyoit con
n'est
Mais je, suppose que cela
pas, que vous n'avez pris aucun
ment, que vous n'ayez rendu aucun décret engagevous lie; examino:s quels sont vOs droits et qui
devoirs à l'égard des colonies.
vos
de nos adversaires P Aux
principes que vous avez posés dans la constitution, à la déclaration des droits? Tandis
vous ayez solennellement
que
que la constitution du
reconnu et déclaré
venir aux colonies. royaume ne pouyoit con
n'est
Mais je, suppose que cela
pas, que vous n'avez pris aucun
ment, que vous n'ayez rendu aucun décret engagevous lie; examino:s quels sont vOs droits et qui
devoirs à l'égard des colonies.
vos --- Page 195 ---
-
S U R L E S coL o N I E S.
des droits est l'exorde de votre
La déclaration
être
onstitution, et tous vos décrets peuvent
considérés comme des conséquences des princette déclaration. Ainsi vous
ipes posés par
sans égard aux exvez ordonné le royaume,
les colonies; et
reptions que pourroient cxiger
les cololors, ou vous avez voulu soumettre
qui
ies à l'universalité des nouveaux principes
le royaumne, ou vous avez voulu en
égissent
xcepter les colonies.
Dans le premier cas, votre volonté équivauroit à celle d'anéantir! les colonies, deles retranher du tronc, ou de n'en réunir que les cendres.
Dans le second, les exceptions que vous recoioissez nécessaires, ne peuvent être invariablerontcmentedimememynee
hentprononcéesets
pour leur propre conseur accordantlinitiative)
itution.
Pour
Je reprends chacune de ces propositions.
les colonies à l'universalité des nououmettre
régissent le royaume, il
eaux principes qui
néceshudroit que leur existence et le réginne
aire à leur existence, fussent, sinon les mêmes,
aux modes et aux condiu moins analogues
existe et se
jons par lesquels la métropole
égit.
il
a
d'analogie,
Or, non - seulement n'y pas --- Page 196 ---
MI E M O I R E S
maisily a dissemblance; il y a
les modes et les conditions de opposition entre
régime de la
l'existence et du
métropole et des colonies.
Ce n'est seulement pas dans le sol et le
les cultures et les produits,
climat,
férences et ces
que consistent ces dif
oppositions; c'est
dans la popnlation, c'est dans le essentiellement
pèce d'hommes qui
nombre et l'esdans leur emploi, composent cette population,
dans leur destination,
leurs moyens, leurs moeurs et toutes leurs dans
tudes.
habiIl ne s'agit pas de considérer en cet instant
qu'il peut y avoir de vicieux dans
ce
choses, et CC qu'il seroit desirable toutes ces
il s'agit de savoir si une telle
de réformer;
manière
peut se concilier avec les principes de la d'exister
ration des dr'oits. Or cela ne se
déclapopulation des colonies est
peut pas; car la
libres et
composée d'hommes
d'esclaves, et la société que vous
donnez est uniquement
orlibres.
composée d'hommes
Il ne s'agit pas d'examiner si l'institution
l'esclavage peut être soatenue en droit
de
principe; aucun homme de
et en
de moralité, ne
sens, non dépourvu
professe cette doctrine.
s'agit de savoir s'il est possible,
accumulation de crimes et de
sans une
malheurs, dont
; car la
libres et
composée d'hommes
d'esclaves, et la société que vous
donnez est uniquement
orlibres.
composée d'hommes
Il ne s'agit pas d'examiner si l'institution
l'esclavage peut être soatenue en droit
de
principe; aucun homme de
et en
de moralité, ne
sens, non dépourvu
professe cette doctrine.
s'agit de savoir s'il est possible,
accumulation de crimes et de
sans une
malheurs, dont --- Page 197 ---
SU R L E S COL C N I E S.
vous seriez effrayés, de
choses dans
changer un tel état de
VOS colonies.
Or, si la discussion s'ouvre
me charge de
sur ce point, je
prouver, de démontrer
ment et politiquement,
moraleet de T'humanité,
que cet amour du bien
gemens, seroit la quip provoqueroit de tels chanla
croisade la plus
plus désastreuse qu'on pàt
sanguinaire,
Français.
prêcher contre les
Je vous démontrerois
seulement la
qu'il en résulteroiti nonmais la ruine de proscription de tous les colons,
VOS ports, de VOS ateliers
times, et du plus grand nombre de
maritures.
vos mannfac11 est donc
la déclaration imposiblo-dapligers des
aux colonies
droits sans exception.
Mais, si nous sommes forcés d'en interdire
l'application, d'en contrarier
ques points, il est
l'esprit sur queldangereux d'en
inconséquent, il est trèsrappeler les principes et de les
appliquer aux colonies sur d'autres
Dans un enchaînement de
points.
lient à un premier
maximes qui se
unes des
anneau, qui se déduisent les
pouvez autres, , quelles sont celles que vous
leurs admettre isolément en les séparant de
conséquences?
Il est donc nécessaire de
déterminer, spéciale- --- Page 198 ---
M É M 0 I R E S
ment pour les colonies, des principes constitutifs
qui soient propres à assurer leur conservation
suivantleseul mode d'existence qu'elles
avoir. Car il est impossible qu'elles puissent
comme colonies, comme moyen de richesses existent et
d'aliment pour le commerce et les manufactures
nationales, si vous ne prenez toutes les mesures
nécessaires pour conserver et protéger leurs
priétés et leurs cultures dans l'Etat, et avec pro- les
conditions qui peuvent seules leur faire
leur destination.
remplir
Il y a donc une différence sensible entre la
constitution convenable aux colonies, et celle
décrétée pour la métropole.
Les dangers d'un autre système,
lité de l'établir, l'inutilité de le l'impossibid'une telle évidence,
tenter, sont
anciens
que tout l'art oratoire des
et des modernes, appuyé des
mentes
plus véhéintonations, ne sauroit les
et
dans le cas où il s'éleveroit à cet égard effacer;
doutes dans l'assemblée, où elle desireroit quelques
tendre des observations
enou plusieurs points du contradictoires sur un
tème
système colonial, du
que la nécessité la plus impérieuse syscommande, je ne me refuse à aucun
nous de
discussion; c'est froidemnent par les genre
par les faits qu'il faut traiter
principes et
chaque question,
intonations, ne sauroit les
et
dans le cas où il s'éleveroit à cet égard effacer;
doutes dans l'assemblée, où elle desireroit quelques
tendre des observations
enou plusieurs points du contradictoires sur un
tème
système colonial, du
que la nécessité la plus impérieuse syscommande, je ne me refuse à aucun
nous de
discussion; c'est froidemnent par les genre
par les faits qu'il faut traiter
principes et
chaque question, --- Page 199 ---
S-U R L S S C OLONI E S.
aux lieux communs et aux mouen renonçant
rien.
vemens passionnés qui ne prouvent
s'appliquent à la quesCes réflexions générales
tion particulière des gens de couleur.
imméiatement sur
Voulez - vous prononcer de tous les droits que
leur sort et les investir
leur assure votre déclaration?
alors nos colonies à l'univerVous soumettez
salité des principes de votre constitution ; et j'ai
avec leur exisprouvé qu'elle est incompatible
tence.
d'un
que l'exposé
La constitution
paysn'étant
des moyens nécessaires à Sa
etle développement
etles inoyens qui
conservation. età sa prospérité,
cette fin dans le continent, la contraopèrent
dans les colonies, il leur faut
riant évidemment
donc une autre constitntion et d'autres principes
conservateurs.
immédiateVous ne pouvez donc prononcer
en les
ment sur la condition des gens de couleur
investissant de tous les droits que vons avez déclarés.
régler les
Il faut donc une autre mesure pour
d'état et l'amélioration de celui
changemens
des gens de couleur. 1 Cette mesure ne peut
être
l'intérêt général du pays auquel ils apque
de ripartiennent, considéré comme moyen --- Page 200 ---
M É M o I R B S
chesses et aliment du commerce de la métropole.
L'intérêt général de ce
calculé
d'autres bases
pays,
sur
que celles que vousavez
sur des
adoptées,
circonstances très - différentes de celles
qui vous environnent, ne contrarie point les
prétentions légitimes des gens de couleur, mais
il en modife l'exercice. L'intérêt
colonies leur
général des
présente les noirs et les mulâtres
libres comme des
auxiliaires 9 des copropriétaires, qu'il leur importe de rendre contens de
leur sort. Ainsi,
premièrement, l'exercice de
tous les droits civils ne leur fut jamais
mais l'exercice des droits
contesté;
récemment rendu
politiques est trop
aux habitans des
pour
ne
colonies,
qu'il
leur importe pas d'examiner de
quel développement et de quelles restrictions il
peut être susceptible pour telle ou telle classe
de propriétaires.
Et si vous reconnoissez la nécessité de
les subordonner à VOS principes
ne pas
ne pouvez vous refuser à celle de généraux, les
vous
libérer sur les
laisser déexceptions; car ils connoissent
encore mieux que vous les différences qui les
séparent de votre régime
domestiqne et administratif, les intérêts qui les pressent, les dangers qui les menacent.
développement et de quelles restrictions il
peut être susceptible pour telle ou telle classe
de propriétaires.
Et si vous reconnoissez la nécessité de
les subordonner à VOS principes
ne pas
ne pouvez vous refuser à celle de généraux, les
vous
libérer sur les
laisser déexceptions; car ils connoissent
encore mieux que vous les différences qui les
séparent de votre régime
domestiqne et administratif, les intérêts qui les pressent, les dangers qui les menacent. --- Page 201 ---
S U R L E S C OL 0 N I E S.
de la loi sur les propriétés,
Tout le pouvoir de les protéger; celui qui
est de les conserver, de la force, auquel on.
les détruit est l'abus
et à la charge
n'obéit jamais que provisoirement
de l'appel.
sont justes, si vous ne
Si ces raisonnemens immédiatement sur le sort
pouvez prononcer d'après les principes de
des gens de couleur,
utile d'examiner ce
votre constitution, il est
ce qu'ils accordent aux gens
qu'ils prescrivent,
destinés à vivre
de couleur, qui ne sont pas mais sous celle des
sous une telle constitution, être semblable à la
colonies, laquelle ne peut
vôtre.
comme je lai déja dit,
Je n'admets point,
des
leur
les conséquences
dans toute
extension,
sur la
de M. de Clermont-Tonuerre,
principes
des colonies, parce qu'il est essensouveraineté utile à la prospérité de cet empire,
tiellement détacher ancune des parties qui y
de n'en
et divers:
tiennent par des liens réciproques
soinde réunir encore plus
mais si vous ne prenez's
nature favorise elleétroitement celles dont la
certaivous nous afffigerez
même la séparation,
vous ne nous ferez
nement comme Français, colons. Daignez,
peut-être aucun tort comme
dernière obserMM., recevoir avec bonté cette --- Page 202 ---
-
R90
M : M OI R K S
vation : il ne s'agit plus ici des dissentimens
politiques qui m'ont mis
tion avec la majorité de cette quelquefois en opposiassemblée.
plus une opinion particulière
Cen'est
ce n'est plus pour les colons que je défends,
au nom de la nation
que je parle; c'est
conjure de lui
toute entière, que je vous
ne calmez leur conserver ses colonies; et si vous
barrière
défiance, si vous n'élevez une
inattaquable entr'elles et les
naires qui les, poursuivent; si,
missionment
par un entraîned'opinions, dont je déplore d'avance les
effets, vous sacrifiez à la philosophie: le
que vous lui éleverez,
trophée
avec douleur,
sera, je vous l'annonce
seaux,de
composé des débris de vOS vaisVOS manufactures, du
des
et du pain d'un million d'ouvriers sang colons,
vos colonies.
qu'alimentent
POST-SCRIP TUM
Du 13 Mei.
C'RST après trois jours de
heures de séance
discussion, et sept
saires du plan
chaque jour, que les adverproposé par les
dans chaque
comités, vaincus
mais les
séance, ont eu, non pas le talent,
incertàine moyens d'dloigner la décision encore
aujourd'hui.
vOS vaisVOS manufactures, du
des
et du pain d'un million d'ouvriers sang colons,
vos colonies.
qu'alimentent
POST-SCRIP TUM
Du 13 Mei.
C'RST après trois jours de
heures de séance
discussion, et sept
saires du plan
chaque jour, que les adverproposé par les
dans chaque
comités, vaincus
mais les
séance, ont eu, non pas le talent,
incertàine moyens d'dloigner la décision encore
aujourd'hui. --- Page 203 ---
L E S COL o N I E S.
S U n
colonies et
C'est toujours en appliquant aux de la constide couleur les principes
aux gens
des droits civils et politiques,
tution, l'égalité
qu'on prétend
décrétée pour tous les Français, reconnoître
démontrer l'injustice de ne pas
les
citoyens actifs, dans les colonies,
comme
libres qui les hagens de couleur et nègres
bitent.
l'assemblée nationale a dit
On convient que
vous-mêmes la consaux colons : Proposez-nous Personne ne contitution qui vous est propre.
positive
teste cette intention, cette expression
des décrets antérieurs; et par une inconséqueuce insdans le même
incroyable, on ose soutenir,
à faire,
cette constitution n'est plus
tant, que
est semblable à celle du
qu'elle est faite, qu'elle
droits
quant à l'égalité des
politiques,
royaume,
les nègres dt
pour tous les citoyens; qu'ainsi
ou contribuables,
mulâtres libres, propriétaires actifs. On ose
sont, de plein droit, citoyens
leur état
soutenir que tel étoit leur état primitif,
légal. -
assertion réduisant la question
Cette dernière
étant bien
à un point de fait, et la négative
prouvée, Rresteauscidésonué
authentiquement seule innovation on veut décréter
que par cette
colonies sans les enténdre,
Ja constitution des --- Page 204 ---
M I M O I R E S
sans recevoir la proposition del leurs
malgré
assemblées,
elles. l'engagement formel qu'on a pris envers
faute
J'espère toujours qu'une aussi
ne sera point reprochée à l'assemblée grande
tionale. L'éloquent discours de M.
naa répandu trop de lumières sur le l'abbéMaury
y auroit à accorder sans modification danger qu'il
gens de couleur l'exercice
à tous les
des droits
pour que nous ayions à redouter l'influence politiques,
cettemasimefumeste,
de
l'assemblée : Il vaudroit Brotoaéeabpuntihaidans
les colonies
les
encore mieur sacrifier
que
principes. Si cet anour
ce qu'on appelle principes, devenoit la
de
dominante de l'assemblée, il dévoreroit passion
la métropole, ainsi que les colonies.
bientôt
-
couleur l'exercice
à tous les
des droits
pour que nous ayions à redouter l'influence politiques,
cettemasimefumeste,
de
l'assemblée : Il vaudroit Brotoaéeabpuntihaidans
les colonies
les
encore mieur sacrifier
que
principes. Si cet anour
ce qu'on appelle principes, devenoit la
de
dominante de l'assemblée, il dévoreroit passion
la métropole, ainsi que les colonies.
bientôt
- --- Page 205 ---
S U R LES CoLO N I E S.
OPINIO N
FUR la législation des colonies,
à Pétat des
relativement
personnes et au
rieur.
-
régime inté23 Septembre 1791.
Mxsstseas,
LE décret du 15 mai (1) est devenu l'occasion
tle motifdu nouveau plan que vous
es comités sur la législation des
présentent
s'agit de répartir les détails
colonics, dont
et la
uant au régie extérieur et intérieur, compétence,
entre
assembléenationale etles assemblées
Ce plan,
dans
coloniales.
dévéloppé
un rappoit
ues justes et vraiment
plein de
politiques, est
lans sa base par ceux qui soutiennent le attaqué
lu 15 mai, qui en proclament la
décret
qui nient ou dissimulent la
justice, et
aite dans les colonies : il faut sensation donc
qu'il a
ore cette question de l'état
traiter en
politique des gens
(:) Le comité colonial avoit reconnu le
du
lu 15 mai, ct endemandoit la révocation. danger décret
5.
--- Page 206 ---
M É M OIR E S
de coulcur; mais évitons au moins, cette fois
toute équivoque dans les faits et les
Les faits, dans cette cause, sontl'éta principes.
des gens de coulcurdansles
tantérieu
mens résultans du
colonies, et les événe
changement subit de cet
Les principes, dans cette cause.
état
principes
3 sont, non le
généraux de votre constitution ou
tout autre système politique, mais seulement de
principes conservateurs des colonies et du régim le
auquel elles doiventleur existence.Je
donc par établir les faits et le point précis commenc de I
difficulté.
L'instant où l'on a agité en France, avec un
grande inconsidération, les questions
à la condition des noirs esclaves
relative
couleur libres, étoit celui oit le et des gens d
aux uns et aux autres auroit
régime relati
mêmes,
reçu, par les colon
, plns éclairés sur leurs vrais intérêts
l'amélioration dont il est susceptible, en s'arré
tant toutefois au terme que leur
l'existence et la sûreté des colonies. prescriven Il
ci-devant une démarcation
y avoi
blancs et les gens de couleur, ineffaçable entre le
dont la
même s'éloignoit le plus de leur source. filiation
pas tout : ce préjugé s'étendoit
Cen'es
mêmes qui avoient
sur les blanc
de
quelque aflinitéavec les
couleur; et ce qui n'étoit, dans l'origine gen
tant toutefois au terme que leur
l'existence et la sûreté des colonies. prescriven Il
ci-devant une démarcation
y avoi
blancs et les gens de couleur, ineffaçable entre le
dont la
même s'éloignoit le plus de leur source. filiation
pas tout : ce préjugé s'étendoit
Cen'es
mêmes qui avoient
sur les blanc
de
quelque aflinitéavec les
couleur; et ce qui n'étoit, dans l'origine gen --- Page 207 ---
SU R LE S COL 0 N I E S.
qu'une précaution politique, étoit devenu un:
alinent de vanité.
Il ne s'agit plus maintenant de conserver à ce
préjugé tôute son extension, et d'interdire indéfinimentanx gens de couleurtoute parité avec
lcs blancs dans l'exercice des droits politiques.
Tout ce qui pent se concilier en ce genre, avec
lerégime domestique des colonies, ne leur sera
plus coutesté par les blancs; mais tout ce qui
est indispensable pour le maintien dece régime,
ne peut leur être accordé.
Or, qu'est-ce qui est indispensable? C'est que
non-seulement l'esclave, mais sa famille, SeS
parens affranchis, ne puissent jamais être en
parité avec les blancs.
De-là suit la nécessité d'une classe intermédiaire, dontla race des affranchis ne peut sortir
que par deux conditions ; la propricté et l'interruption de toute affinité avec les esclaves.
Cest parce que l'une de ces conditions est entièrement violée par le décret du 15 mai, qu'il
est inexécutable.
Je fonde la nécessité de la révocation du décret sur deux principes incontestables.
Lepremier est qu'uneloi, recotinuesmauvaise,
est nécessairement révocable.
Le second, qu'une loi bonne ou mauvaise, --- Page 208 ---
M É M o I A E S
être exécutée que par la force,
mais qui ne peut
elle
V'assentiment de ceux pour qui
et non par
révocable.
est faite, est nécessairement
lorsUne loi est mauvaise 3 non-seulement de la jusqu'elle blesse les principes généraux
attice et de la raison, mais encore lorsqu'elle social
les bases et les appuis du régime
taque
même elle
qu'on veut lui soumettre , quand
conforme aux principes
seroit, dans ce cas-là,
généraux de la justice et de la raison.
de
Ainsi, il pourroit être juste ct raisonnable
Mahométans des lois différentes
proposer aux
du Koran.
à plusieurs préceptes
ou contraires
en voulant mainMais il seroit extravagant,
de leur protenir parmi eux le mahométisme, les dogmes de
des lois qui réduisissent
poser
des contes absurdes.
Mahomet au rang
peuple a volontairement
Ainsi , lorsqu'un
la monarchie absoadopté, comme le Danois, loi que celle qui
lue, ce seroit une mauvaise
à des élecsoumettroit toutes les magistratures
tions popnlaires. vous l'a dit : il faut qu'un gouMontesquieu
à ses principes et à
vernement soit conséquent les
du
Or, quels sont
principes
ses moyens.
Quels sont les moyens de culrégime colonial?
dans les colonies de la zone torride?L'esclature
vage des noirs.
absoadopté, comme le Danois, loi que celle qui
lue, ce seroit une mauvaise
à des élecsoumettroit toutes les magistratures
tions popnlaires. vous l'a dit : il faut qu'un gouMontesquieu
à ses principes et à
vernement soit conséquent les
du
Or, quels sont
principes
ses moyens.
Quels sont les moyens de culrégime colonial?
dans les colonies de la zone torride?L'esclature
vage des noirs. --- Page 209 ---
S U R LES COLO N I E S.
Si donc vous ne voulez
pas détruire l'esclavage, si vous ne le croyez pas possible, il ne
Faut pas appliquer, à un tel ordre de choses, les
principes politiques d'un autre ordre de choses.
Il ne faut pas poser sur les mêmes
mettre à la même théorie deux
bases, souseulement différens, mais
régimes nonflictoires.
absolument contraEt si, dans ce régime
d'esclavege, vous transportez VOS idées politiques, VOS maximes,
principes de liberté absolue, vous faites
vos
airement de mauvaises lois
nécesqui seront, pour les
colonies, ce que seroient pour les Turcs la liberté
Hle la presse et les assemblées
posant
primaires, en supqu'avec ces institutions vous eussiez le
projet d'y'maintenir la religion de
e despotisme du sultan.
Mahomet et
Ils s'agit donc de savoirsi vous voulez détruire
"esclavage, et je dirai franchement que telle est
'intention des promoteurs du décret du 15
par tel a été l'objet de
mai;
bremiers
l'établissement et des
travauxdela société des amis des
en France comme en
noirs,
h'ont
Angleterre : lorsqu'ils
pu arriver droit au but, ils ont
'un après l'autre, des voies détournées pris,
parvenir.
pour
Ainsi, ils ont attaqué la traite : obligés de --- Page 210 ---
S
M E M 0 I R E-S
céder encore sur ce point, ils ont
classe intermédiaire
considéré Ia
comme un
entre les noirs et les blancs,
falloit
premier échelon de la servitude
détruire ; et en cela ils
qu'i
conséquemment.
Mais
agissent trèscette conséquence,
ponrquoi nient - il
jection?
lorsqu'on leur en fait l'obPourquoi disent-ils qu'ils
pas changer le système
n'entendent
colonial, ni les régimes
à domestiqnes sur lesquels il repose P Qaoi! c'est
ceuxquiab.horrent le plus ce
nous en rapportons
le régime, que nous
propres à le
pour choix des moyens
vie et la
conserver; et les colons, dont la
prospérité y sont
tront seuls
attachées, vous parot
MM.,
snspects dans cette discussion !
j'ose le dire, une manière
C'est,
que déraisonnable de
anssi neuve
Et
juger de telles
que fant-il donc
questions.
Terreur funeste
pour vous éclairer sur
si vous n'en danslaquelle on vous entraîne,
celui même apercevez pas le dernier résaltat,
dissimulent que les adversaires des colonies ne
que mal adroitement? Ne
ont-ils pas dit ici : Périssent les
vous
colonies
que nos principes ! Ne disent-ils
plutôt
avec une grande
pas ensuite, >
tions tendent à la assurance, que leurs innovades colonies? Et conservation, à la prospérité
lorsqu'on leur démontre l'extravagance de cette
sécurité,lorsqu'on les presse
a
ui même apercevez pas le dernier résaltat,
dissimulent que les adversaires des colonies ne
que mal adroitement? Ne
ont-ils pas dit ici : Périssent les
vous
colonies
que nos principes ! Ne disent-ils
plutôt
avec une grande
pas ensuite, >
tions tendent à la assurance, que leurs innovades colonies? Et conservation, à la prospérité
lorsqu'on leur démontre l'extravagance de cette
sécurité,lorsqu'on les presse
a --- Page 211 ---
:
S R LES COL 0 N I E S.
leurs derniers retranchemens, ne vous prélans
adroitement des consolations sur
arent-ils pas
et des colonies ? A les
a ruine du commerce
cette plaic se cicaEntendre, c'est peu de chose; des colonies et
risera facilement; le produit
croit. Lisez
eur influence ne sontpas ce que l'on
: Il faut
M. Brissot; voici ses propres paroles
ces calculs axagérés
réduire considérublement
les colonies.
urla circulation qu'occasionnent de Pestimation la
Vous y verrez qu'en partant
millions
plus forte, ily auroit à partager 167
huit millions d'ouvriers, ce qui ne. fait
entre
deniers par tête : d'oit il suit que
que treize
d'autres moyens de subsistes journaliers ont
si
nombre
er, ou qu'il n'y a pas Un
grand
Phommes à alimenter par les colonies.
Cette assertion paroît, au premier coup-d'oil,
démonstration; elle est simple, sensible:
ine
borné, commne l'homme d'es-
"homme le plus
croit y voir tous les caracprit sans expérience,
allez être effrayés de
ères de la vérité; et vous
son absurdité.
des colonies s'élève
Premièrement, le produit
lieu de
Aujourd'hui à plus de 240 millions, au
2°, Personne n'a jamais prétendu qu'il y
67.
millions d'hommes subsistans avec 240
eût huit
millions de livres; mais il n'est personne qui, --- Page 212 ---
M * M O I R E S
avec un peu d'attention,
tel calcul, la plus
n'aperçoive, dans uz
grossière iguorance des effet
que produit, dans le mouvement du
la circulation ou la soustraction d'un commerce
tal. A-t-on jamais
grand capi
imaginé de
entre les journaliers la valeur partager d'abon
chandise
totale de la mar
qu'ils fabriquent, ou de la denrée
cultivent t N'y a-t-il pas à prélever le
qu'il
matière première, le bénéfice
prix de L
du
du fabricant O
propriétaire, si c'est une marchandise
et du fermier, s'il s'agit de culture? neuve
ment la plus petite partie revient
Certaine
et en suivant le compte de M. au journalier
homme n'auroit
Brissot, chaqu
sait
pas trois deniers. Mais qui Ite
qu'un million mis en circulation dans k
commerce, peut produire dix et
de travail, comme le mobilier vingt million
dait, tous les ans, plus
d'une ferme pro
que sa valeur, et
sans se détériorer, le
nourrit
sa famille et
propriétaire et le fermier
ses valets; comme un
converti en dentelles,
champ de lin,
d'ouvriers
alimente cent fois plu
qu'il n'en a fallu pour le
Suivez la barrique du sucre
cultiver
cuivres en Suède, de la soie qui va payer de
voyez combien
dans le Levant; et
le cuivre et la d'ouvriers, employés à façonne
soie, peuvent devoir leur
tance à cet échange.
subsis
famille et
propriétaire et le fermier
ses valets; comme un
converti en dentelles,
champ de lin,
d'ouvriers
alimente cent fois plu
qu'il n'en a fallu pour le
Suivez la barrique du sucre
cultiver
cuivres en Suède, de la soie qui va payer de
voyez combien
dans le Levant; et
le cuivre et la d'ouvriers, employés à façonne
soie, peuvent devoir leur
tance à cet échange.
subsis --- Page 213 ---
S U R L E S C OL O N I E S. 201
C'est ainsi que les absurdités les pluspalpables de l'afobstinés
ne coûtent rien aux promoteurs
c'est
franchissement des noirs, et j'avoue que
belle cause à défendre, en ne la considéune
des droits
rant que sous les rapports généraux
je
de P'homme, et des principes de la société;
loin que les amis des
vais, en ce genre, plus
noirs, car je ne balance pas à dire, non-seulePinstitution des colonies est vicieuse
ment que
mais encore que
dans tous ses moyens primitifs,
des
la découverte de 'Amérique est un
grands
malheurs de l'Europe. De-là sont nés de nouet de nouveaux besoins d'un luxe
veaux moyens de-là sont nés les plus snbtiles comcorrupteur;
d'une
binaisons, les efforts les plus opiniâtres
dévorante; enfin, nous lui devons nos
cupidité
guerres, nos plus funestes épiplus sanglantes
réflexions
démies : mais si, de ces
affligeantes,
descendons dans le mécanisme intérieur
nous
laissant à l'écart les abstracdes sociétés; si en
aux
tions, les principes généraux, on s'arrête
faits, aux besoins qui nous pressent, à cette
intérieure de notre industrie acorganisation
de nos ateliers, de nos
tuelle, de nos ports,
immense
manufactures, et à cette multitude
en reçoivent la
d'hommes sans propriété, qui
les
subsistance par le travail, on trouve que --- Page 214 ---
-
a
M É M 0 I R E S
colonies et leur produit sont le premier
de cette chaîne, et qu'on ne
anneau
anneau sans occasionner
pourroit briser cet
rale de la fortune
une subversion génépublique, sans laisser tout-àcoup, sans travail et sans subsistance, des milliers d'hommes dont le
désespoir et la misère
produiroient une série de malheurs incalculables; on trouve que c'est non * seulement un
projet chimérique, mais barbare, que celui id'af.
franchir cinq cent mille noirs;
n'y auroit d'autres obstacles
que quand il
de leur assigner des
que l'impossibilité
propriétés sur un territoire
quiappartient aujourd'hui, dans sa totalité, aux
àommes libres, cet obstacle est sans
trouve que la servitude
reméde; on
un
corporelle établie dans
pays, comme seul moyen de culture, ne
être modifiés à la longue
peut
de la
que par la servitude
glèbe, et celle-ci par le régine féodal,
avec lequel les grandes manufactures coloniales
s'évanouiroient: car tous les
quionte été faits pour prouver calculsimaginaires qu'on
le sucre et le café avec des journaliers peutcultiver
sont d'uneabsurdité
libres,
dela
évidente; etle passage subit
servitude à T'affrauchisement, sans les intermelesqueje viens d'indiquer, détruiroit tout
à la fois et les blancs et les noirs.
Or, comme le devoir éminent du législateur
quel les grandes manufactures coloniales
s'évanouiroient: car tous les
quionte été faits pour prouver calculsimaginaires qu'on
le sucre et le café avec des journaliers peutcultiver
sont d'uneabsurdité
libres,
dela
évidente; etle passage subit
servitude à T'affrauchisement, sans les intermelesqueje viens d'indiquer, détruiroit tout
à la fois et les blancs et les noirs.
Or, comme le devoir éminent du législateur --- Page 215 ---
S U R L E S COLON I E S.
la conservation de la société
est premièrement
d'une autre ; comme
qu'il représente et non doivent céder à celletoutes les considérations
là, le salut du penple que nous représentons, ordonnous ne pouvons, sous aucun prétexte, bases
aux
ner les colonies que conséquemment
conditions de leur existence; il n'y a pas
et aux
de théorème qui ne
de principes, il n'y a pas
doive fléchir devant celui-là.
danCessez donc, novateurs inconsidérés, vOS
tentatives; songez que quand vous remgereuses cette victoire, et quand vous serez.
porteriez
fièrement asissurlesrnines de nos manufactures
et de nos colonies, il vous restera encore bien
bien des voeux à former, bien du
des regrets,
d'avoir établi en Asie,
sang à répandre, avant
la liberté
en Afrique et dans le reste de l'Europe,
et l'égalité.
détrnirel'esclavagey
Sidonc vous ne voulez pas détruire les seuls
il faut bien consentir à ne pas
préjugés qui maintiennent une subordination
nécessaire de la race des esclaves envers celle
des hommes libres. 1 Il faut que ceux qui sont
dans le dernier terme de la dépendance, aperdans la classe qui s'élève au-dessus
çoivent,
cenvereleursmnaftres
d'eux, uneinfirioritéréalle
infériorité soit
il faut que le spectacle de cette --- Page 216 ---
M É M O I R E S
consolations deleur état, et une barrière
une des
de
de plus pour les y contenir par l'impuissance
parvenir à l'égalité.
n'a pu vous
Souvenez-vous bien, MM., qu'on
persuader de la justice de ce système d'égalité
les blancs et les hommes de couleur libres,
entre
si facile à
qu'en partant de cet autre principe, des noirs.
développer, Pinjustice de l'esclavage nécessité
Mais si vous convenez de la fâcheuse
de
de maintenir cet esclavage, il est impossible
n'en détruit pas les moyens en
soutenir qu'on
d'inplus aux noirs ce spectacle
ne présentant
des hommes
fériorité , de déférence et de respect
ai
libres de couleur pour tous les blancs. Je vous
dit d'où vient ce zèle ardent, cette tendre sollipour les mulâtres : ne
citude des philantropes
ceux-ci sont anssi
savoient-ils pas, en cffet, que
d'esclaves? et s'ils ne regardoient pas
possesseurs
de
leur élévation comme un moyen prochain
servitude des noirs, leur intérêt nese
détruirela
pour
seroit pas détourné de son véritable objet,
s'attacher à un autre qui lui seroit étranger.
Mais tout décèle l'ancien projet et les espédont la
des philantropes,
rances prochaines couronnée est une véritable hostibienfaisance
meurtrière contre la société
lité, une attaque
comme sujets ou
à laquelle ils appartiennent
comme représentans.
comme un moyen prochain
servitude des noirs, leur intérêt nese
détruirela
pour
seroit pas détourné de son véritable objet,
s'attacher à un autre qui lui seroit étranger.
Mais tout décèle l'ancien projet et les espédont la
des philantropes,
rances prochaines couronnée est une véritable hostibienfaisance
meurtrière contre la société
lité, une attaque
comme sujets ou
à laquelle ils appartiennent
comme représentans. --- Page 217 ---
S U R L ES C OL O N I E S.
dis
tout les décèle, il suffit de
Quand je
que diatribes contre les colons
lire et d'entendre leurs
dans Tuniverqu'ils attaquent, tantôt en masse
tantôt
salité de leur régime et de leurs intérêts,
les
les uns aux autres ; les grands
en
opposant
blancs, et les hommes
propriétaires aux petits
de couleur à ces deux classes.
ardens
Lisez le dernier plaidoyerd d'un des plus
de cette cause, qui vous a été distribué
avocats
avant-hier. d'abord
les petits blancs, selon
Ce ne sont
que
d'hommes,
lui, quis'opposent: au décret; espèce
le
dit-il, qui n'attend que le désordre et pillage.
c'est la ville du Cap toute entière ;
Ensuite,
suivant M. Brissot, que
mais elle n'est composée,
espèce
l'avocats, de procureurs et d'huissiers,
Phommes attachés à l'ancien régime.
Viennent ensuite les militaires, les officiers,
du
; mais ces gens-là,
les agens
gouvernement;
litM. Brissot, sont des contreresolationnsine
s'opposent au décret.
il est tout simple qu'ils
; oh!
Enfin, il reste les grands propriétaires
ceux-là, c'est leur orgueil, c'est le démon
pour
le l'aristocratie qui les touriente.
il
Ainsi, d'après les calculs de M. Brissot,
une classe d'hommes dans les colonies,
p'y a pas --- Page 218 ---
-
M * M O I R E S
pas un individu, excepté les gens de
ceux qui leur tiennent
couleur et
opposé au décret. Et par alliance, qui ne soit
les
d'après ses assertions, sans
intrigues du comité colonial, sans la
gence du ministre, et avec le secours des néglinationales de Bordeaux, le décret gardes
éprouvé aucune opposition.
n'auroit
Je crois; MM., vous avoir prouvé les vices
cette loi relativement à
de
à l'intérêt
son objet, relativement
colonial lié à celui de la
sous ce premier
métropole 5
cable,
rapport, elle est donc révoElle l'est encore par
l'impossibilité de son
exécution, ou par la nécessité d'y
force, et une force
employer la
à cet égard," avoir oppressive; vous ne pouvez, s
les relations
aucun doute, et d'après
qui vous sont parvenues,
les pétitions de toutes les places de
d'après
d'après les calculs mêmes de M. cominerce,
différentes classes
Brissot sur les
d'opposans, quisont en somme
totale, déduction faite des gens de
l'universalité dés colons. Mais
couleur,
naye vous a dit
quand M. Barque parmi les gens de couleur
même, il y en avoit
il
donné à ce fait toute la d'opposans, n'a pas
avoir, car il
consistance qu'il doit
l'impute à la' seule considération
leur streté, Je vais vous faire entendre
de
comment
es classes
Brissot sur les
d'opposans, quisont en somme
totale, déduction faite des gens de
l'universalité dés colons. Mais
couleur,
naye vous a dit
quand M. Barque parmi les gens de couleur
même, il y en avoit
il
donné à ce fait toute la d'opposans, n'a pas
avoir, car il
consistance qu'il doit
l'impute à la' seule considération
leur streté, Je vais vous faire entendre
de
comment --- Page 219 ---
SU R L E S COLON I E S.
tres-réellement un grand nombre de
ne desire point l'exécution du
mulâtres
jugé de la couleur est
décret. Le prénoirs, ce qu'il est
pour eux, vis-à-vis des
mnulâtres,
pour nous vis - à- vis des
supérieur à c'est-à-dire qu'un mulâtre se croit
un nègre libre, comme un
un mulâtre, I! paroît donc
blanc à
table à ceux de cette classe, injuste, insupporles droits de citoyens
qui n'auroit point
actifs, d'en voir investi un
nègre libre; et c'est la véritable raison
tous les hommes de couleur
qui rend
priétaires, plus qu'indifférens libres, non proloi.
sur la nouvelle
Si donc vous considérez cette
sition, de la part des colons
masse d'oppole plus grand intérêt
blancs, fondée sur
à résister, si
qu'ils ont ou croient avoir
vous voulez bien vous
que ce décret est pour eux ce
persuader
les propriétaires de
que scroit, pour
vous demande si
France, la loi agraire, je
de le faire
vous pouvez vous promettre
exécuter; je vous
si vous avez le droit de le demanderai même
avez reconnu celui de
tenter, lorsque vous
Ces réflexions,
résistance à l'oppression.
séquence
MM., me conduisent à une conplus étendue et bien
que la révocation du
plus importante
genre, plus loin
les décret, et j'irai, en ce
que
comités. Vous avez --- Page 220 ---
M $ MI o I R E S
toutes les vérités; il
voulu dévoiler au peuple
dissimuler
en est une que vous ne pouvez malgré plus vous, de
aux colonies, et qui sortiroit,
et de leur développementvos principes
plus tôt, c'est
Si je ne vous l'ai pas présentée colonies ne soient pas
que je crains que les
,et c'est avec inencore en état d'en profiter, de manvaises
quiétude que je vois que, de par s'en saisir; cette
lois, vous les avez forcés n'avez pas le droit
vérité, MM., c'est que vous d'autres lois que
de faire, pour les colonies, qu'elles reçoivent
celles relatives à la protection
concerne leur
de la métropole ; mais tout ce qui le
intérieur ne peut être, dans gouver- dérégime
que vous avez adopté,
nement représentatif les colonies même, et par
terminé que dans
territoire.
sur leur propre
leurs représentans,
je veux
Avant de prouver cette proposition, vous en
dire
je suis fâché que
vous
pourquoi
ayez rendu la preuve nécessaire.
de danC'est que les colonies n'aperçoivent institutions, que ce
gereux, dans vos nouvelles
et cepenest relatif à l'état des personnes;
qui
adoptant votre régime
dant je maintiens qu'en etjudiciaire, elles n'auadministratif, municipal
et lapolice
le
ront sur aucun point gouvernemente
conviennent à leur sûreté.
qui
veux
Avant de prouver cette proposition, vous en
dire
je suis fâché que
vous
pourquoi
ayez rendu la preuve nécessaire.
de danC'est que les colonies n'aperçoivent institutions, que ce
gereux, dans vos nouvelles
et cepenest relatif à l'état des personnes;
qui
adoptant votre régime
dant je maintiens qu'en etjudiciaire, elles n'auadministratif, municipal
et lapolice
le
ront sur aucun point gouvernemente
conviennent à leur sûreté.
qui --- Page 221 ---
S U R L E S COLO: N I E S.
C'étoit pour les colons un grand spectacle,
une leçon instructive que cette révolution; mais
ils pouvoient et ils devoient, sans y prendre un
rôle actif, s'en approprier les bienfaits et non les
orages.
Aussi aurois-je défendu devant vous plusieurs
des principes de l'assembléc de Saint-Marc, sije
n'avois improuvé ses moyens.
Je reviens maintenant aux motifs qui doivent
vous faire abandonner la législature intérieure
des colonies.
Qu'est-ce qu'un gouvernement représentatif?
et quelles sont les conditions absolues, indispensables d'un gouvernement ?
Pour répondre à ces deux questions, il faut
abandonzer cetter métaphysique obscure, àl'aide
le laquelle on fait paroitre et disparoître à VOonté la souveraineté du peuple. Ilfaut dire plus
implement et avec plus d'évidence, qu'en déouillant la souveraineté de la forme sensible
ous laquelle elle se montre dans la personne
'un prince, 3 ou dans un sénat inamovible, la
ociété qui s'en saisit ne la reconnoît plus que
ans les principes et les actes de justice et de
aison qu'elle commande à ses délégués.
La souveraineté, dans la personne d'un
a d'un sénat inamoyible,
pring
s'annonce dans n
5.
--- Page 222 ---
M É M O I R E S
seul point, par une volonté toute puissante et
une force redoutable qui attend ses conmandemens : l'idée de résistance ne se présente que
morale entourée d'obscomme une possibilité
tacles ; mais lorsque la souveraineté se replace
sur touslesindividus de la société,
en abstraction
n'ont de pouvoir effectif et durable
ses délégués
aussitôt qu'il
que celui de l'intérêt commun;
à
paroît blessé, l'idée de résistance se présente
chaque section de la société, comme un droit
de la souveraineté.
D'ou il suit quele gouvernement représentatif, qui n'est pas le plus sage, le plus juste, le
parfait possible, est nécessairement le plus
plus
foible, ou devient le plus tyrannique.
Il ne s'agit donc pas, dans un tel gouverne
ment, de dire telle est la volonté du législateur
mais bien, tel est l'intérêt général démontré
partie de l'association a un
et comme chaque
à l'exercice et à la dé
droit et un intérêt égal
légation des pouvoirs, aucune partie ne peu
relativement à une autre, dans la condi
être,
que toutes les par
tion de sujets; c'est-à-dire,
dans la sou
ties de l'association doivent avoir,
veraineté, une représentation proportionnell
d'intérêts qui se défendent mu
et une parité
tuellement dans la délibération communc.
partie de l'association a un
et comme chaque
à l'exercice et à la dé
droit et un intérêt égal
légation des pouvoirs, aucune partie ne peu
relativement à une autre, dans la condi
être,
que toutes les par
tion de sujets; c'est-à-dire,
dans la sou
ties de l'association doivent avoir,
veraineté, une représentation proportionnell
d'intérêts qui se défendent mu
et une parité
tuellement dans la délibération communc. --- Page 223 ---
S U R L E S COL o N I E 8.
Telle devoit être la position des colonies dans
pacte social, pour que vous ayez le droit de
ur donner des lois; et c'est précisément ce qui
'est pas et ce qui ne peut être, ainsi que je vais
ous le démnontrer.
Les quatre-vingt-trois départemens ont entre
ax une représentation proportionnelle et une
trité d'intérêts qui se dusndenteuuallenenty
nsi il n'y a pas de loi générale
qui offense ou
otège les propriétés et les personnes, dans un
partement plus que dans un autre; ainsi la
ajorité des représentans de ces départemens,
ut stipuler pour la minorité, qui n'a à déadreaucuni intérêt différent ni contraire à ceux
la majorité.
Il n'en est pas de même des colonies, où
pluurs parties du régime social sont même
ires à celui de la métropole; ainsi en admet- cont même leurs représentans dans l'assemblée
islative, comme ils y sont toujours dans la
portion de deux à
quatre-vingt-trois, cette
orme minorité ne peut les sounettre à la VOté d'une majorité prononçant surdesintérêts,
moeurs, des habitudes et des moyens d'exisce, totalement dissemblables de ceux des
tre-vingt-trois départemens.
n'y a qu'un point de contact et de parité --- Page 224 ---
M E MI O I R E S
qui puisse. les lier à la souveraineté nationale:
c'est la protection, d'une part; ct de l'autre,
le service à acquitter en échange de cette protection.
dans le
C'est ici que se placent naturellement,
contrat social de la métropole et des colonies,
leurs relations politiques et commerciales; à ce
égard, la protection emporte la dépendance, e
le monopole du commerce est le tribut néces
saire qui-d doit payer les frais de garde et de dé
fense.
Mais il est manifestement injuste autan
qu'iunpolitique de les soumettre, quant à leu
legialationinteriewe,A toute autre autorité qu
la sanction du roi; et c'est à quoi je conclus
ainsi qu'à la révocation de tous les décrets al
térieurs.
M. Barnave a prévenu et attaqué d'avand
toute la latitude de ma proposition par des ra
sons plus spécieuses que solides; car niles repr
sentans que vous avez donnés aux colonies da
le corps législatif, ni la différence de leur org
nisation projetée, à celle des colonies anglaise
ni la plus grande influence du roi d'Angletern
comparativement à celle du roi de France,
peuvent altérer le système du gouvernement
dc souveraineté que vous avez consacré. Vo
.
M. Barnave a prévenu et attaqué d'avand
toute la latitude de ma proposition par des ra
sons plus spécieuses que solides; car niles repr
sentans que vous avez donnés aux colonies da
le corps législatif, ni la différence de leur org
nisation projetée, à celle des colonies anglaise
ni la plus grande influence du roi d'Angletern
comparativement à celle du roi de France,
peuvent altérer le système du gouvernement
dc souveraineté que vous avez consacré. Vo --- Page 225 ---
S U R L E S COL 0 N I E S.
ivez fait tant de choses avec des raisonnemens et
les principes, que vous ne pouvez plus enrécuser
a puissance.
Je sais bien que l'organisation des colonies
anglaises est très supérieure à celle qui se prépare pour les nôtres; mais cette dlifférence ne
thange ni les rapports ni les droits consacrés.
Or, les rapports des colonies françaises, comme
les colonies angiaises avec la métropole, se réluisent à la protection, d'une part, et à la débendance du conimerce, de l'autre ; et, quant
ux droits, ceux que vous avez reconnus à tous
es citoyens sont de ne reconnoitre pour lois que
elles auxquelles ils consentent par eux-mêines
u par leurs représentans. Or, je vous ai prouvé
ue les colonies ne peuvent être représentées,
uant à leur législation intérieure, que sur leur
ropre territoire; donc vous ne devez pas vous
n mêler. C'est au chefsuprême de tout l'empire
les rallier au système national par sa sanction
C sa surveillance; c'est à vous à les y tenir attahés par une constante protection, dont le prix
gitime est le monopole du commerce que vous
ouvez alors défendre avec toute
justice, 3 par la
orce, et tout autre emploi de la force seroit une
yrannie.
J'amende doncle projet de décret des comités, --- Page 226 ---
M É M o I R E S
coloniales, , sous
é11 attribuant aux assemblées
toutes les lois
l'autorité et la sanction du roi,
intéconcernant leur régime
et réglemens
rieur.
(Note du premier avril 1792.)
depuis l'époque où ce discours
TouT a changé
efforts des ennemis des
fut publié, les perfides Le décret du 15 mai avoit
colonies ont réussi.
de couleur
mis les armes à la main aux gens décret du 24
ont soulevé les esclaves. Le
qui
rien réparer, qu'autan
septembre ne pouvoit
d'une force impo
qu'il auroit été accompagné
Lajustice etla
sante pour punir les incendiaires.
l'amé
commandoient en même temps
politique
des
de couleur et Padmis
lioration du sort
gens de tous ceux qui son
sion au rang de citoyen cela n'a été fait, e
ricn de tout
propriétaires;
d'incendics et de mas
lorsqu'une continuité
accordé
sacres a mis en évidence la protection décret du 24 mar
à Ia révolte, à la férocité, le
la doctrine. Des secours partiels
en a consacré
cette malheureus
insignifians , laissent encore
et avec ell
colonie sous le glaive des brigands, abondantes de
périt une des sources les plus
richesses nationales.
e
ricn de tout
propriétaires;
d'incendics et de mas
lorsqu'une continuité
accordé
sacres a mis en évidence la protection décret du 24 mar
à Ia révolte, à la férocité, le
la doctrine. Des secours partiels
en a consacré
cette malheureus
insignifians , laissent encore
et avec ell
colonie sous le glaive des brigands, abondantes de
périt une des sources les plus
richesses nationales. --- Page 227 ---
S U R I. E S e OL O N I E S.
E X A M E N
DE
CETTE QUESTIO N (1):
Quelsera, pour les Colonies de Pdmérique,
le résultat de la Révolution française de
la guerre qui en est la suite, et de la paix
qui doit la terminer?
LETTRE A M. S. D. M. D. P.
Sr l'on pouvoit expliquer autrement que par
le délire révolutionnaire, la conduite des législateurs français et de leurs délégués dans les
colonies, on y verroit un plan motivé et mtrement réfléchi pour accélérer et consommer
(1) Cette lettre et celle qui stit sur le méme sujet ont été
imprimées à Londres en 1796. --- Page 228 ---
-
M É M o I R E S
la ruine de tous les établissemens
Amérique.
ouropéens en
Dans la première assemblée, le
nombre des députés n'avoient
plus grand
aucune connoissance du régime colonial, de ses motifs, de
ses rapports avec la culture locale et le commerce de la métropole; et,
pare de toutes ces
cependant, on s'emquestions, et, avant de s'éclairer, on prononce : il étoit possible d'améliorer
le régime, on le proscrit. Un nouveau
sembloit devoir être
système
police ; mais les
préparé par une nouvelle
des
précurseurs des décrets sont
catéchismes et des agens
ainsi un instant a suffi
d'insurrection :
pour rendre au néant
l'ouvrage de deux siècles.
La proclamation des droits de
France, , a été, pour les factieux Phomme, en
et pour la
multitude, un signal de massacre et de dévastation qu'on ett pu prévenir; les
réunis étoient en état dese défendre propriétaires
les colonies,
: mais dans
l'application des droits de
à leurs cultivateurs
l'homme
esclaves, leur
ment subit étoit la sentence de affranchissebois contre les
Collot - d'Herdétruite
Lyonnais : Que cette ville soit
3 que le sang de ses habitans
sisse les eaur du Rhône.
grosCe 'crime n'appartient
pas tout entier à la
qu'on ett pu prévenir; les
réunis étoient en état dese défendre propriétaires
les colonies,
: mais dans
l'application des droits de
à leurs cultivateurs
l'homme
esclaves, leur
ment subit étoit la sentence de affranchissebois contre les
Collot - d'Herdétruite
Lyonnais : Que cette ville soit
3 que le sang de ses habitans
sisse les eaur du Rhône.
grosCe 'crime n'appartient
pas tout entier à la --- Page 229 ---
E S coLO N I E S.
S U R L
assemblée les envoyés de la sepremière l'ont consommé; et c'est à la convenconde
étoit réservé de les absoudre de tout
tion qu'il
versé, des ruines qu'ils ont
le sang qu'ils ont
le
riche du
amoncelées sur le sol jadis
plus
globe.
Dans cette terrible époque, quel a été,quel
est encore le sort des propriétaires de SaintDomingue? Près de la moitié a été égorgée dans
les massacres du Cap, du Fort Dauphin, du
Port - de - Paix, des Gonaives, des Cayes, de
Léogane, qui représentent autant de 2 septembre, avec la différence que les assassins de
leurs victimes;
Paris expédioient promptement
au lieu qu'ily a eu plusieurs colonsjetés au feu,
sciés entre deux planches, leurs femmes grosses
leurs filles livrées à la brutalité
poignardées, devenues leurs esclaves. Tout ce
des nègres et
les
qui a pu fuir à travers les toits embrasés,
champs dévastés, a été chez les nations hospitalières chercher un asile et du pain. Ceux qui
sont réunis dans les quartiers où les agens
se
de Vinsurrection n'avoient pu encore pénétrer,
(*) Ces observations sont applicables aux intérêts de
toutes les colonies; mais les faits dont je suis le mieux
instruit sont relatifs à Saint-Domingue- --- Page 230 ---
M È M o I R E S
et, à l'aide de leurs nègres fidèles,
s'y sont armés,
ce que les
ont repoussé les brigands, jusqu'à
de
de
leur aient permis
secours
l'Angleterre territoire ; mais les
s'étendre sur un plus grand
et des étaquatre cinquièmes des manufactares milliards
blissemens des villes et bourgs, deux le tiers
de capitanx, cent millions de revenus,
noire et blanche, ont disparu.
dela population
nous ont ainsi régénéré
Les philosophes qui
traitentà leurbut?
sont-ils au moins parvenus libres? les nègres
ils nos esclaves en hommes
qu'ils
sont-ils plus heureux? y a-t-il espérance ceux-cise
le deviennent sous un tel régime, et de leurs
montrent-ils anjourd'hui élèves dociles
reconnoissans envers leurs bieninstituteurs,
faiteurs ?
du directoire, il n'y a pas un
Hors les agens
à toutes ces
seul républicain qui ne réponde hideux de la
questions par le tablean le plus
de tous
démocratie coloniale. C'est l'assemblage
les crimes, de toutes les calamités.
de
Si la véritable philantropie s'étuit chargée
des nègres,
la civilisation et delalifanchismemnent auroit encore eu de
cette entreprise précipitée
par
cruels effets. L'esclave ignorant 2 corrompu
fait de l'esclavage, ne peut en sortir qne
le seul
vigilante; linstrucsous la garde d'une police
le plus
de tous
démocratie coloniale. C'est l'assemblage
les crimes, de toutes les calamités.
de
Si la véritable philantropie s'étuit chargée
des nègres,
la civilisation et delalifanchismemnent auroit encore eu de
cette entreprise précipitée
par
cruels effets. L'esclave ignorant 2 corrompu
fait de l'esclavage, ne peut en sortir qne
le seul
vigilante; linstrucsous la garde d'une police --- Page 231 ---
S U R L E S COL 0 N I E S.
tion, la propriété, peuvent en faire un citoyen,
la simple émancipation en fait un vagabond;
et là où il y a quarante mille citoyens et subit cinq
cent mille esclaves, leur affranchissement les
est un attentat, un acte de démence, que
intentions les plus pures ne sauroient justifier.
chargée de cette efMais si la magistrature
chose que la
frayante innovation, n'est autre
réunion du pouvoir à la cupidité, des mccurs
les plus dissolues aux volontés les plus féroces,
et tels ont été les proconsuls des colonies ; O1l
devoits'attendre àla pluie de sang qui a inondé
malheureuses contrées. Les républicains de
ces
bonne foi peuvent-ils croire qu'ilsoit question
de république ou de liberté entre les acteurs
noirs et blancs de ces scènes sanglantes ? Le
voilà tout le plan,
pillage et la domination,
la
des chefs; et la multitude,
toute politique
toujours la même, quelle que soit sa conleur,
redoutable seulement dans ses accès de fureur,
habituellement Vinstrument et la victime de
est
ceux qui la mettent en mouvement.
à
Ainsi les commissaires n'ont été puissans
Saint-Domingue que pour déponiller, massainettre en fuite les propriétaires, et les
crer,
ensuite émigrés, traîtres à la patrie,
déclarer
cnnemis des noirs et de la liberté; mais lorsque --- Page 232 ---
M 1 M 0 I n E S
la révolte a été organisée
ont eu leurs généraux,
2 lorsque les esclaves
leurs magistrats
rang parmi ceux de la
prenant
Pierrot, Jeannot, République, les généraux
Rigaut,
ture, devoient
ToussainbLouver
les ennemis des raturelieentdevenizl les rivaux,
rarement entre les despotes républicains. On a vu
du
brigands un partage
pouvoir et des dépouilles : il étoit paisible
inpossibleque les seluw,leumssinsetie même
révolutionnaires établies
formes
créassent pas chez
parmi les nègres, ne
Danton, des
eux comme chez nous, des
Robespierre, des
jacobins, et ce que ceux-cia cordeliers, des
chistes furieux. Tel
appellent des anarciété fraternelle.
est aussi l'état de cette S0Insensible à la
au patriotisme central des
morale pure >
les chefs de toutes
agens du directoire, 2
couleurs se proscrivent, s'égorgent ; et les bandes noires,
férentes factions,
divisées en difde ne reconnoître s'accordent sur un seul point,
l'ordre du chef d'autre frein, d'autre loi que
qui les nourrit oul les
et d'exterminer tous les blancs. laisse piller,
les dernières nouvelles du
Ainsi, d'après
ses collègues n'avoient
Cap, Sonthonax et
rade ; et le général Des plus d'asile que dans la
Cayes, avecson
Fournaux, chassé des
poignard des
état-major, avoit laissé sous le
républicains snoirs tous les républi-
ordre du chef d'autre frein, d'autre loi que
qui les nourrit oul les
et d'exterminer tous les blancs. laisse piller,
les dernières nouvelles du
Ainsi, d'après
ses collègues n'avoient
Cap, Sonthonax et
rade ; et le général Des plus d'asile que dans la
Cayes, avecson
Fournaux, chassé des
poignard des
état-major, avoit laissé sous le
républicains snoirs tous les républi- --- Page 233 ---
S U R L E S COLON I E S.
cains blancs de la partie du sud,
fusillés. Cette boucherie
qui ont été
une activité continue philantropique eest dans
rien de
depuis cinq ans, et n'a
commun avec la guerre subsistante
entre les brigands divisés ou
priétaires armés
réunis, et les prosous la protection des
Dans cette guerre il n'est encore
Anglais.
de système ni d'intérêts
question ni
priété
politiques ; c'est la
qui se défend contre le
proinvoquant une puissance
brigandage, en
C'est dans de telles circonstances protectrice.
vernement français,
que le goudepuis même
des principes d'humanité
qu'il professe
sérieusement
et de justice, a mis
lons et leurs en question l'émigration des COforfaitures pour avoir
et
pour avoir préféré la protection du roi émigré,
terre, à la clémence du général
d'AnglePierrot.
cueil Autrefois, parmi nous, le ridicule étoit l'éassuré de la
les métamorphoses toute-puissance; ; mais toutes
que nous avons subies
sept ans, ont amalgamé les idées, les depuis.
les plus inconciliables. C'est dans les principes
que la langue frangaise a
contraires
et elle n'est point
puisé ses synonymes, 2
sormaisà la vérité assez riche pour assurer déune expression dont le
songe ne se soit point emp paré. Le vol, l'assasi- mennat, la tyrannie, la liberté, la
philosophie, la --- Page 234 ---
M É M 0 I R E S
vertu sesont mutuellementp
Ces habitudes funestes
prétésleurs enseignes.
et les
sont devenues profondes;
à les amendemens, les idées saines qui tendent
raison, effacer, n'ont encore que la force de la
Il
toujours inférieure à celle des
ne faut donc pas croire
passions.
difficile à
qu'il n'y ait de
les absurdités attaquer que les injustices habiles :
ont aussi leur
peuple agité; l'évidence
empire sur un
la vérité démontrée,
est pour lui, non dans
mais dans
constant des mêmes erreurs. l'enseignement
D'un autre côté, c'est maintenant
tion oiseuse que la défense des colons une quescomme émigrés, comme ennemis de considérés la
pour n'avoir pas tendu la gorge à leurs patrie,
reaux. La France toute entière
bournous dans un état
est autant que
relativement
d'émigration et de forfaiture
à ses colonies : il
a
cune loi, aucune
n'y plus aupublicaine qui
police, aucune propriété rén'y ait encouru la
et qui puisse y être établie,
proscription,
ment que par la force.
maintenne autreSi le système actuel
tions, les
subsiste, les proclamadécrets, les
du
ne signifient rien, ni pour messages lui ni directoire >
colonies n'existent
pour nous. Les
plus comme
ture et de commerce
ateliers de cul-
; mais elles se reproduiront
il
a
cune loi, aucune
n'y plus aupublicaine qui
police, aucune propriété rén'y ait encouru la
et qui puisse y être établie,
proscription,
ment que par la force.
maintenne autreSi le système actuel
tions, les
subsiste, les proclamadécrets, les
du
ne signifient rien, ni pour messages lui ni directoire >
colonies n'existent
pour nous. Les
plus comme
ture et de commerce
ateliers de cul-
; mais elles se reproduiront --- Page 235 ---
SU R LES COLO O N I E S.
bientôt comme un vaste arsenal de
de
révolution,
brigandage et de piraterie, où tous les scélérats des quatre parties du monde auront
et de l'emploi. La
un asile
s'organiseront, n'en doutons
pas, des sociétés, des gouvernemens ennemis
du commerce, de la navigation, de la
tion même de
civilisal'Europe ; là se multipliera une
population appropriée au sol fertile, au climat
insalubre pour nous de la zone
Antilles au
torride; ; et des
Mexique, au Brésil, dans
et les montagnes du Nouveau
lesplaines
losophie de Marat
Monde, la phiportera ses dogmes ) ses
torches et ses poignards.
Jene dis pas qu'une peuplade de nègres libres,
d'esclavesafiranchis, doives avoir
une telle direction.
nécessairement
Maisje dis que la révolution
dirigée, comme elle l'a été dans les colonies
aura, par ses succès, des
s
conséquences dont le
développement épouvanteroit même sesauteurs.
L'expérience de ce moment-ci nous
que les nègres ont bien plus de
apprend
titude pour la
goût et d'apguerre que pour la culture : la
discipline militaire en fait
pides soldats,
d'agiles et d'intréle
bravant également la fatigue et
danger; mais c'est dans nos rangs, c'est
les enseignes de la propriété
sous
une supériorité
qu'ils ont acquis
étonnante sur les soldats de --- Page 236 ---
M E M OI R E S
l'anarchie. Ceux-ci ne reconnoissent la liberté
qu'àla cessation du travail; et comme ils n'ont
point de solde réglée, leur
la misère qui en est la suite, paresse les naturelle, 2
un état bien plus affreux
la mettent dans
leur fait un besoin du
que servitude, et
brigandage.
Cette espèce d'hommes, non modifiée
d'autres meurs, par une éducation
par
est constituée de manière à ne pouvoir progressive,
en société que dans les camps ou dans les exister
liers, soumis à des chefs quileur
ateleurs travaux, leurs
commandent
tance.
mouvemens, leur subsisAinsi, après avoir épuisé tous les crimes et
tous les genres de destruction, le roman de la
liberté se terminera par la permanence
armée noire, sous des despotes
d'une
habiles, mais
plus ou moins
qui auront d'excellens soldats
les
en
disciplinant, en assurant leur subsistance
par le travail forcé des femmes et des enfans. 2
Tous ceux qui, dans nos
connu les douccurs et les besoins habitations, ont
domestique, tâcheront de
de la paix
se soustraire à cette
milice, et se distribueront en hordes
errantes dans les forêts.
sauvages
On compte déja plas de vingt mille
ainsi réfngiés dans les montagnes
nègres
escarpées,
inant, en assurant leur subsistance
par le travail forcé des femmes et des enfans. 2
Tous ceux qui, dans nos
connu les douccurs et les besoins habitations, ont
domestique, tâcheront de
de la paix
se soustraire à cette
milice, et se distribueront en hordes
errantes dans les forêts.
sauvages
On compte déja plas de vingt mille
ainsi réfngiés dans les montagnes
nègres
escarpées, --- Page 237 ---
S U R L E S COLON I E S
ou ilsattendent, dans une détresse affreuse, , le
retour de leurs maîtres ; car c'est une imposture grossière que de représenter les nègres
comme attachés à la république, au titre de
citoyen, ct comme conceyant un autre gouvernement que celui qui s'exerce souS l'autorité
absolue d'un seul.
L'épuisement des forces morales et
à la suite d'une lutte longue et
physiques,
si bien dans la nature des
sanglante, est
hommes et des choses,
que l'empire n'appartient plus en France aux
opinions, mais aux volontés les plus fortement
prononcées. Dans les colonies, les mêmes cai uses,
les mêmes moyens y rétabliroient strement l'autorité domestique, qui, avecquelques améliorations, estleseul régine sous lequel elles puissent
exister comme possessions
la
curopéennes : mais
France, ou plutôt ceux qui la gouvernent,
sont-ils disposés à revenir sur leurs pas 5 et
l'Angleterre, dont les'intérêts
merciaux sont bien plus liés à politiqueset l'existence comla possession des colonies,
qu'à
stipnlera-t-elle leur
conservation pendant la paix comme elle a
empêché leur destruction totale pendant la
guerre ?
Que le gonvernement britannique, en nous
restituant à la France, nous fasse micux traiter
6,
--- Page 238 ---
M $ M O I R E S
dcs déserteurs rendus par capitulation
que
assiégée, c'est ce dont il n'est
dans une place
Entre les peuples popas permis de s'inquiéter:
d'un terlicés, la transmission et la rétrocession habitans
et de ses
ritoire comme propriété, essentiellement par
comme sujets, se règlent
ne viole impunément
le droit des gens, 1 qu'on
révolution. Mais
pendant la tempête d'une
que
toutes les gatoutes les sûretés personnelles,
d'un
ranties ne sont rien sans le rétablissement sculement
conservateur : et ce n'est pas
régime
que les bases
en France, c'est en Angleterre
fondamentales de ce régine sont attaquées.
les Français croientles Anglais trèsTandis que
possessions en Amérique,
ompéadéetendrelaimg contraire, ici toutes les espérances
je vois, au
commerciales se
et une partic des spéculations des fles à sucre pour se
détacher sensiblement les riches plaines du Benporter entièrement sur
un empire
gale et du Malabar : là on aperçoit
libre,
affermi, une immense population
vaste,
de sucre tous les maren état d'approvisionner les cargaisons de cette
chés de l'Europe; déja d'année en année à des
denrée se multiplient
à ceux de PAprix qui ne sont pas supérieurs
L'esclavege des nègres commencedonc
mérique.
inutile qu'odieux; une consià paroitre aussi
Benporter entièrement sur
un empire
gale et du Malabar : là on aperçoit
libre,
affermi, une immense population
vaste,
de sucre tous les maren état d'approvisionner les cargaisons de cette
chés de l'Europe; déja d'année en année à des
denrée se multiplient
à ceux de PAprix qui ne sont pas supérieurs
L'esclavege des nègres commencedonc
mérique.
inutile qu'odieux; une consià paroitre aussi --- Page 239 ---
SU R L E S COLO N I E S.
dération cependant qui est de quelque poids,
suffit pour arrêter la progression de calculs et 2
des espérances. sur les sucres du Bengale.
sons cent vaisseaux annuellement
Suppoemployés par
'Angleterre au commerce de l'Inde, comme
consiste entièrement en marclandises précieuses d'un poids léger, et qui ne peuvent
occuper la cale d'un bâtiment, le sucre s'y
lace comme lest, et le fret modéré qu'il paie
st tout en bénéfice pour l'armnateur : ainsi une
uantité déterminée de sucre indien, quinze,
ingt mille barriques peuvent, sur la place de
ondres, soutenir la concurrence de ceux de
Amérique. Mais qu'il n'y ait plus d'autres fariques pour les
ae celle
Mhoenise-oedbfangs
du Bengale, ce ne sont plus alorsles
ent vaisseaux de transport du thé, des mouslines, des cotons et des soies de l'Asie qui
fliront à ce commerce : plus de quinze cents
isseaux y seroient employés ; peut-on croire
ors que l'Angleterre pat soutenir long-temps
ttenavigation, et que tous les consommateurs
sucre seroient en état d'en payer les frais?
ln'y a rien de durable dans l'univers, tout
ange, tout périt et se reproduit sous des
mes diverses. Les hommes et leurs monuns sont la proie du temps : ainsi je ne pré- --- Page 240 ---
M É M O I R E S
tends pas que les colonies de l'Amérique et I
servitudesur laquelle elle sont fondées, puissen
avoir une autre destinée. A Dieu ne plaise qu
j'érige en principe 1 en droit imprescriptible
l'esclavage des nègres! ! Mais les plus mauvais
institutions par lesquelles une société existe,
dont il résulte une masse de productions, C
subsistances, commandent, sinon le respect
au moins la plus grande circonspection aux T
formateurs ; et c'est aux membres seuls de cet
société, ct non à ceux qui lui sont étranger
qui n'ont point à craindre d'être écrasés SO
ses débris, qu'il appartient d'en juger, d'
réparer les fondemens.
Ce n'est point dans la révolution français
dans la latitude de ses principes d'insurrectio
de résistance à l'oppression, que je puise
droit des colonies de résister aussi à leur de
truction, et leur droit d'indépendance, qua
à leur législation intérieure et au mode de le
existence.
C'est dans cette loi éternelle, immuable,
imprime aux êtres animés l'instinct de le
conseryation, par préférence à tout antre S
et à toute autre loi naturelle ou politique;
cependant, ce droit de résistance n'est C
conditionnel; il n'appartient ni aux passion
istance à l'oppression, que je puise
droit des colonies de résister aussi à leur de
truction, et leur droit d'indépendance, qua
à leur législation intérieure et au mode de le
existence.
C'est dans cette loi éternelle, immuable,
imprime aux êtres animés l'instinct de le
conseryation, par préférence à tout antre S
et à toute autre loi naturelle ou politique;
cependant, ce droit de résistance n'est C
conditionnel; il n'appartient ni aux passion --- Page 241 ---
SUR L E S COL O NI E
i aux erreurs de la
S.
ement protecteur, multitude. Tout gouverpalgré les abus, les quelle que soit sa forme, et
injustices
purroit lui
partielles qu'orz
ue par des reprocher, factieux. 3 ne peut être renversé
La
pnies, leur fidélité à la dépendance des Cocompensation
métropole, sont donc
nécessaire de la
u'elles en reçoivent. Mais
protection
ance
lorsque la
conservatrice se convertit
puisvastateur, il n'y a point de en un ouragan
examiner, ce n'est
question de droit
est un fléau dont il faut plus un gouvernement,
se préserver? Et
importent VOS principes
que
preté de votre
philosophiques et la
ise
théorie, si cette
en ceuvre par des cannibales métaphiysique,
oiunarrét de
, est pour
me
mort, me chasse de mnes
jette nu sur des
foyers,
e vous conteste
le plages lointaines ? Je
pas droit
claves, de fonder des
d'affranchir vos
bres, de leur
Colonies de nègres
tais des
assigner des terres en propriété.
endroient vertus, quine vous coûtent rien, depour moi des lois
je. les reconnoltrois!
sanguinaires,
déclarer la
Quoi! vous avez le droit
bisins P Par la guerre aux peuples libres VOS
ai n'est souvent considération de votre shreté,
bn, votre
que le calcul de votre ambiphilosophie vous permet de dé- --- Page 242 ---
M E M 0 I R E S
vouer des millions d'hommes à la
vous défend de me laisser vivre mort, et elle
mille lieues de
en paix à deux
vous, sous le
lois antérieures,
régime que vos
VOS ancêtres et les miens
avoient sanctionné! Vous abhorrez
et moiaussi. Je ne l'ai point institué l'esclavage,
drois
: je voupouvoir en effacer la trace sur tout le
globe, mais à la condition d'y enchaîner
crime. Je maudis, comme
le
homme
vous, le premier
qui-fit, de son semblable, une
de somme : mais vous avez la faculté de bête
faire servir et obéir par des hommes libres vous
la garde publique veille pour vous, s'ils vou:
offensent, s'ils attentent à votre sàreté, à votre
propriété. Placez-moi dans de telles circons
tances, et nous délibérerons ensuite sur le chan
gement d'état de cette tribu d'esclaves au
lieu desquels je vis, qui habite et cultive mi
terre, et que j'entretiens aussi bien,
m:
mieux, que vous n'entretenez le journalier peut-êtr
travaille la vôtre ! Que dis-je moi?
qu
ce sont le
propriétairesdu territoire, les citoyens, et, dan
votre langue, les souverains, c'est le
litique enfin, dont je suis
corps po
membre, qui vou
parle par ma voix ! Ce sont des hommes
les lois et les moeurs, le sol, le climat, don le
besoins, les habitudes, les habitations, le
ieux, que vous n'entretenez le journalier peut-êtr
travaille la vôtre ! Que dis-je moi?
qu
ce sont le
propriétairesdu territoire, les citoyens, et, dan
votre langue, les souverains, c'est le
litique enfin, dont je suis
corps po
membre, qui vou
parle par ma voix ! Ce sont des hommes
les lois et les moeurs, le sol, le climat, don le
besoins, les habitudes, les habitations, le --- Page 243 ---
SU R I. E S OLO N I E S.
cultures, sont
étrangères aux vôtres !
pour bonleverser ou maintenir
Est-ce
d'hommes et de choses
cet ensemble
de nous régir?
que vous avez le droit
Lorsque la philosophie
celle de la vanité, et
systématique, qui est
la vertu
non l'amour
de
qui est ia véritable
pratique
pare d'une
pholosophie, s'emdans le législature, 2 on ne peut
temps oi nous
calculer,que
de crimes et de malheurs sommes, l'inondation
cette source ; mais en en
qui jaillissent de
partie à notre turbulence, imputant une grande
2 à nos dissentions
intérieures, que la raison calme des
se défie aussi des abstractions,
Anglais
absolus delap
> des principes
parmi nous, philantropie,qui, chez eux comme
régime
commence à mettre en. défaveur le
domestique des Colonies.
Au reste $ il est possible de
cette question, le respect di à la concilier, sur
blique, aux principes
morale puver les Colonies d'une généreux, et de préserlente. Là où il existe dissolution subite et viosentatif, le droit de un gouvernement repréaccordé aux Colonies, législation intérieure est
cerne point les intérêts sur tout ce qui ne conde leur
ce qui leur est véritablement métropole. Or,
notre régine
étranger, c'est
domestique. C'est là véritable- --- Page 244 ---
M K M 0 I R E S
mnent la législation locale et intérieure,
droit nous est reconnu. Il est
dont le
principes et à VOS
contraire à VOS
mceurs, nous le
nous n'entendons
savons, et
pas le porter en Europe; ne
l'approuvez pas en Amérique :
mais ne nous
conseillez-nons, a
contraignez pas de le
car, d'après les
proscrire ;
principes et les bases de votre
gouvernement
le droit. La loi représentatif, vous n'en avez pas
y est le résultat de la volonté
générale et de la communauté
volontés, nos
d'intérêts; et nos
intérêts, en cette parlie, sont
essentiellement contraires aux vôtres. Chez
le représentant d'un seul district
vous,
monie avec
est en hartous, est défendu par les
de
intérêts
tous, quant au mode d'existence et de
servation de ses commettans
conpoint capital,
; et nous, sur ce
nous sommes en
tous les
opposition avec
antres; nous sommes sous ce
vis-à-vis de vous, à l'instar des
rapport
resques, dont vous
régences barbadont
n'approuvez pas les
vous recherchez le
moeurs,
lesquelles vous
commerce, et chez
le faites dans l'Inde, pouvez entretenir, comme vous
des escadres et des
sons, sans vous mêler de ce
garniles mosquées, dans les
qui se passe dans
sérails. Conservez
-pour votre intérêt, la police de
donc,
nos villes, et laissez-nous,
nOS rades, de
pour le nôtre, celle
régences barbadont
n'approuvez pas les
vous recherchez le
moeurs,
lesquelles vous
commerce, et chez
le faites dans l'Inde, pouvez entretenir, comme vous
des escadres et des
sons, sans vous mêler de ce
garniles mosquées, dans les
qui se passe dans
sérails. Conservez
-pour votre intérêt, la police de
donc,
nos villes, et laissez-nous,
nOS rades, de
pour le nôtre, celle --- Page 245 ---
SU R I. E S COL O N I E S.
de nos terres, de nos habitations. Les
tions que vous prenez pour la streté de précaucommerce, qu'il nous soit permis de les votre
pour la streté de notre existence
prendre
vicieux que soient les
; et quelque
environnée,
moyens dont elle est
les seuls arbitres nous sommes, en toute justice 3
forme. Avec de da temps et du mode de récours à VOS
telles mesures, donnez un libre
conseils, à VOS
teur américain
leçons! Que le planapprerine de toutes parts que
T'esclavage est, en effet, la violation du
naturel ! qu'il le considère,
droit
droit, mais comme
non coinme un
un mal
nous devons subir,
nécessaire, dont
inconvéniens
encore quelque temps, les
de la
comme la peine de la barbarie et
cupidité de nos pères!
Dans l'ordre social, ainsi
plysique,
que dans l'ordre
lanuit. lejour ne succède pas brusquement à
C'ostpardes gradations, pardes
insensibles, que les
nuances
méliorent
hommes et les choses
ou se corrompent. Toutes
s'arités, tous les
les vépréceptes
morale sont
fondamentaux de la
à craindre de promulgués, et nous n'avons point
marche rétrograde.
temps et aux moeurs l'empire
Laissons au
révolutions qui n'ont ni la salutaire de leurs
chirement de celle dela détonation ni le déphilosophie moderne ! --- Page 246 ---
M E M 0 I R E S
Chez les Romains, chez les
cependant si
Grecs, si polis,
les plus illimités éclairés, la servitnde et ses abus
faisoient partie du droit
plic : nous l'en avons retranché:
puparons plus, comme
nous ne sépèce,etl l'autorité
eux, l'homme de son esdomestique
et des devoirs. Les
reconnoîtuni frein
solus de notre âge gouvernemens les plus abpeuvent être appelés libres,
comparativement à ceux des siècles
Sans doute
reculés.
l'esclavage des nègres doit
aussi, et cessera en Amérique ! de
cesser
titutions peuvent en
sages insdésastres de ce
acoélérerlépoque : mais les
le terme
moment-ci l'ont retardée ; car
probablement assigné à cette
tion, ne peut être que celui où la
innovala culture et l'aisance des
population,
dans l'état le plus florissant. propriétaires seront
Cette dernière réflexion
sement de l'ordre dans les suppose le rétabliscile assurément, mais
colonics, chose diffiCest ici le lieu de non pas impossible.
J'ai dit
revenir à mon texte.
ce qui arrivera
durée et des succès de la infailliblement de la
rique.
révolution en AméLa France, revenue de son ivresse,
desirer,
pent-elle
T'Angleterre et toutes les
maritimes ne doivent-elles
pnissances
pas craindre un tel
aires seront
Cette dernière réflexion
sement de l'ordre dans les suppose le rétabliscile assurément, mais
colonics, chose diffiCest ici le lieu de non pas impossible.
J'ai dit
revenir à mon texte.
ce qui arrivera
durée et des succès de la infailliblement de la
rique.
révolution en AméLa France, revenue de son ivresse,
desirer,
pent-elle
T'Angleterre et toutes les
maritimes ne doivent-elles
pnissances
pas craindre un tel --- Page 247 ---
S U R L E S COLO O N I E S.
résultat ? Il ne s'agit plus ici de la
morale de l'esclavage; les
question
maires qu'on vient de lire, observations somcrois, à tout ce que la raison, répondent, je le
les principes les plus
P'humanité, et
gérer d'objections. Cest libéraux, la
peuvent sugétablissemens
perte totale des
présente
européens, en Amérique, qui se
comme dénouement de ce drame.
n'y a point d'enceinte, pointde
Il
côtes, qui puissent
vaisseaux gardesempêcher la communication
électrique de l'anarchie organisée
férentes tribus de
entre les difAntilles.
nègres répandues dans les
Si donc le traité de paix ratifie
ou indirectement celui de
directement
que dans les Colonies
l'égalité démocratidoivent
françaises, les
se préparer à abandonner le Européens
Mexique ou à s'y tenir
golphe du
de guerre.
constamment en état
Les conséquences de cette
paix, pourle commerce
guerre, de cette
et la
rope s ne sont ni dans les tranquillité del'Eulcs restitutions, mais dans le conquêtes, ni dans
La France ne
régime.
tout ce qu'on lui a possédera rien en recouvrant
pris, si elle n'adopte d'autres
principes; ; et T'Angleterre,
lande, le Portugal, le
T'Espagne, la HolDanemarck, ne conser- --- Page 248 ---
M E M O IR E S
veront rien en laissant aux
territoire, mais le libre
Français, non leur
tion en
exercice de leur révoluAmérique.
Cette assertion n'est
jecturale; elle est
pas hypothétiqne, conpour moi
démontrée.
mathématiquement
Alors quel parti prendre à la
cette grande querelle P
conclusion de
Avant de me permettre de
sures qui me paroissent
résumer les mediflicultés, à tous les applicables à toutes les
de parcourir les
intérêts, je vais essayer
issues, les
On pourroit s'arrêter.
expédiens auxquels
D'abord on pourra dire, nous nous
défendus jusqu'à
sommes
présent contre la révolte et
l'insurrection; ; si les Français veulent
tant pis pour eux, nous nous défendrons s'y liyrer,
Fort bien! Vous vous êtes
encore.
guerre; et si vous voulez, défendus en état de
pendant la
drupler VOS garnisons, vos
paix, quapenses de
escadres, VOS dépaix, vous vous défendrez encore
qu'à ce que cette grande
jusconstituée en régence BedeSahatDoninge,
sérieusement
d'Alger , puisse être
Hé
anx prises avec vous.
bien! si le danger est réel, les
tions sont rompues, lag guerre
négociatons la formule des
continuera; adopFrançais 3 mettons - les,
-
VOS garnisons, vos
paix, quapenses de
escadres, VOS dépaix, vous vous défendrez encore
qu'à ce que cette grande
jusconstituée en régence BedeSahatDoninge,
sérieusement
d'Alger , puisse être
Hé
anx prises avec vous.
bien! si le danger est réel, les
tions sont rompues, lag guerre
négociatons la formule des
continuera; adopFrançais 3 mettons - les,
- --- Page 249 ---
S U R LE 8 COL o N I E S.
quant à l'Amérique, hors la
facile, il l'est
loi; il étoit trèslonies: :
encore, de conquérir leurs COqu'il ne soit plus question de
les autres puissances maritimes restitution,
entre elles
les partageront
comme la Pologne.
Tel eût pu être le plan de
T'Espagne, de la Hollande, TAngleterre, de
coalition en
réunies ; mais leur
sens inverse n'est plus le seul obstacle; la politique habile n'est
mentation deg
pas dans l'augmasses, , mais dans la
tion des produits. La
multiplicaguerre et ses
un terme plus ou moins
moyens ont
les parties, et aucune nation prochain pour toutes
ne se laisse effacer
pour toujours de la place qu'elle
globe. Je doute encore
le
occupe sur le
logne soit définitif,
que partage de la PoReviendroit-on aux espérances de l'Inde, à
l'indifférence sur le sort de
ce
P'Amérique ? Mais
système, sans bases solides, comme
dit pour les
je l'ai
les
Anglais, est absolument nul
Espagnols, les Hollandais et les
pour
sances maritimes.
autres puisD'ailleurs, je le répête, la première loi
toute
de
aggrégation est de se conserver. Le
mier devoir de tout
pretéger tout moyen de travail gouvernement est de proc'est sous peine de
et de subsistance; et
mort qu'il faut, sans en inter- --- Page 250 ---
Mf E MOI R E S
rompre le cours, en
s'il est vicieux.
changer le mécanisme,;
1'Espagne, dans son alliance
peut avoir cédéà des
avec la France,
politique, à des
considérations de balance
à d'autres
ressentimens, à des
motifs qui nous sont
espérances,
un de ses motifs ne
inconnus; mais
ses colonies la
peut être d'adopter pour
métaphysique
allié; et cependant nous
incendiaire de son
aucune p:écaution
ne lui voyons prendre
avons vu, au
pour s'en défendre. Nous
Domingo attirer contraire, le président de Santoà lui et solder,
ans, la première troupe
pendant trois
a brilé nos habitations d'esclaves révoltés qui
: il est vrai
pour l'opposer aux nègres
que c'étoit
ces prétendus royalistesn'ont républicains : mais
piller et
pas discontinuéde
d'égorger tous les
crits par les commissaires propriétaires prosdu Fort-Dauphin,
; témoin le massacre
çois, en présence commandé de la
par Jean-FranCette politique obscure n'a garnison espagnole.
espagnols aucun point de présenté aux colons
la propriété est
repos; carl'instinct de
supéricurà celui du
s'exerce, et se déploie souvent
ponvoirqui
les yeux : ils ont fini
un bandean sur
les
par renoncer, en ce
concerne, au traité d'alliance
qui
et ils font cause
et de cession,
propriétaires commune aujourd'hui avec les
français.
é de la
par Jean-FranCette politique obscure n'a garnison espagnole.
espagnols aucun point de présenté aux colons
la propriété est
repos; carl'instinct de
supéricurà celui du
s'exerce, et se déploie souvent
ponvoirqui
les yeux : ils ont fini
un bandean sur
les
par renoncer, en ce
concerne, au traité d'alliance
qui
et ils font cause
et de cession,
propriétaires commune aujourd'hui avec les
français. --- Page 251 ---
S U R L E S COLO N I I S.
Les Hollandais, servilement
volution frangaise,
copistes de larémais non de tous ses
paroissent hésiter sur leurs résultats
crines,
ques. Ils n'ont point renoncé à Dieu philosophi- ni à la
bourse
d'Amsterdam; ; mais le fort
le
foible: ce n'est pas assez de refuser emporte leur
timent à la destruction des
assenils fait, et
colonies ; qu'ontque se proposent-ils de faire
l'empécher?
pour
J'arrive au grand expédient, celui dont
parle beaucoup en
on
Hollande,
France, en Espagne, en
bable à comme d'une issue naturelle et prolaquelle il faut bien s'abandonner.
Le gouvernement français met, dit-on,
coup de prix à ses
beaument l'intention
colonies, et il a certaineconvient
d'en réparer les désastres : on
que le décret
précipité, mais il est difficile d'affranchisement de
a été
< heureusement
le rétracter :
que le mode n'est
>> noncé; et comme avec des mots pas pros la nature des
on change
b> de concilier la choses, on trouvera le moyen
liberté
S
tude réelle.
nominale et la serviL'essentiel est que nos
nos alliés n'aient plus à se
voisins,
plaindre de cette
anarchie: Or elle cessera.
sera plus forte dans les L'autorité publique
> jamais
colonies que ne l'a
Hugues edlsopriedoncigue à la
Voyez Victor
Guadeloupe : ne sait-il pas faire --- Page 252 --- M E M 0 i R t 8
>> travailler les nègres P On ne les
>> esclaves, on les fusille
châtie plus eit
>> etl'obéissance est
en hommes libres, $
>> nos alliés, que beauéoupplus les
exacte. Que
> cessent donc de
puissances maritimes
s'inquiéter de
>> intérieur; nous voulons aussi du notre régime
> café,t nous saurons
sucre et du
Ainsi les premiers
bien y pourvoir. >5
aimoient
auteurs de la révolution
trop le penple, leur pays, l'ordre
blic, pour vouloir en
puqu'y avoit-il à craindre compromettre de
l'existence:
mens? Ceux qui les excitoient tous leurs mouvelutaires, sauroient bien
dans des vues saen modérer
sité, et quelques orages
l'impétuoinfailliblement
passagers rameneroient
l'âge d'or.
Ainsi les manceuvres de la
l'ignorante
corruption, de
dans
audace, se reproduisent avec
ce siècle de lumières,
succès
et la vanité de tous les siècles parce que l'égoisme
dans celui-ci. Ce n'est
se sont réunis
plus la séduction
entraîne; on aperçoit le
qui
danger, on
l'erreur : mais pour. les combattre
reconnoît
ilfaudroit se soumettre à la direction avec avantage,
du talent, du
de la vertu,
génie, et toute
on aime mieux succomber supériorité blesse 3
autorités morales
qu'obéir. Toutes les
influence
et politiques ont perdu leur
dans celui-ci. Ce n'est
se sont réunis
plus la séduction
entraîne; on aperçoit le
qui
danger, on
l'erreur : mais pour. les combattre
reconnoît
ilfaudroit se soumettre à la direction avec avantage,
du talent, du
de la vertu,
génie, et toute
on aime mieux succomber supériorité blesse 3
autorités morales
qu'obéir. Toutes les
influence
et politiques ont perdu leur --- Page 253 ---
S U R L E S COL O N I F S.
Seroit-il donc vrai que la société tend à se
décomposer, que la diffasion des humières y
produit une force centrifuge, que le monde
intellectuel est dans une sorte d'anarchie?.
Au moins il est certain que la révolution de
France a reçu Sa pius forte impulsion de
ce mouvement divergent des esprits qui n'apparticnt pas seulement à la France.
On traite en France les colonies comme les
finances que l'on veut aussi rétablir; mais il
est des positions où l'on ne peut aller que de
l'atroce à l'absurde; ; il faut nécessairement
changer de route pour aller au but.
Le but, dans la question que je traite, est
le salut des colonics; et ce n'est pas assez d'abandonner les fausses routes, écartons aussi
toutes les objections.
Une autorité respectable me rappelle, en ce
moment-ci, la plus forte. Nons
abhorrons, at-on dit au parlement
d'Angleterre > le commerce des nègres; mais quelle est la nation qui
souffriroit qu'ane puissance étrangère lui imposât, pour prix de son alliance, la condition
d'y renoncer f A quoi j'ajouterai : les Français
ayant aboli l'esclavage des nègres, quelle est
la nation qui a le droit, qui oseroit les contraindre à le rétablir?
5.
--- Page 254 ---
M. É M O I R E S
aussi faire une telle proJe n'entends point offenser la conscience puposition ; c'est sans
ni Vindépendance de chaque gouverblique,
échapper à
nement, que les colonies peuvent
leur destruction.
a fixé le droit public
Le traité de Westphalie
de l'Europe.
terminer la
actuelle
Le traité qui doit
guerre et peut
intérêts,
sur d'aussi grands
prononcera doute, le droit public des colonies
fixer, sans
et négativement.
européennes 9 positivement
du
des denrées et marchandises
La plupart
étant devenues des objets
cru de V'Amérique 3
nécessité, les
de première
de consommation
peuvent être regarcolonies qui les produisent commune à la répudées comme une propriété
blique européenne.
maritimes et les états
Toutes les puissances
intérêt médiat ou
méditerranés ont donc un
inmédiat à leur conservation.
de deux
de conservation sont
Les moyens
les premiers
extérieurs et intérieurs;
espèces,
les autres à la
à la protection,
se rapportent
police.
de PEurope, relatives à
Les lois politiques.
leur sont donc apla protection des colonies,
plicables.
ent commune à la répudées comme une propriété
blique européenne.
maritimes et les états
Toutes les puissances
intérêt médiat ou
méditerranés ont donc un
inmédiat à leur conservation.
de deux
de conservation sont
Les moyens
les premiers
extérieurs et intérieurs;
espèces,
les autres à la
à la protection,
se rapportent
police.
de PEurope, relatives à
Les lois politiques.
leur sont donc apla protection des colonies,
plicables. --- Page 255 ---
S U R L E S co L O N I E S.
Les lois civiles et religieuses de l'Europe, qui
ont pour objet leur conservation, leur sont également applicables.
Mais les lois rurales, celles relatives au sol
etau climat, sont hors de la juridiction et des
intérêts des métropoles, comme la médecine des
pays froids ne peut être celle des pays chauds.
Il y a donc un terme où le droit public de
I'Europe cesse d'être positif, et devient négatif
pour les colonies.
là cà
Ce terme négatif est encore indiqué
la sûreté intérieure des colonies, leur existence même, seroient évidemment compromises
leur
telle ou telle loi civile de
en
appliquant
l'Europe. Et si la constitution des colonies 3 quant à
leur régime domestique, est autant que celle
manifeste avec la
de Maroc en contradiction
constitution de leur métropole, le droit public
de l'Europe doit les séparer en cette-partie de
sa législation et de ses moeurs.
Alors les Antilles sont relativement aux puisce
sont leurs comptoirs
sances européennes que
d'Asic et l'Afrique, oi la police rurale et domestique appartient aux naturels du pays.
s'offenser d'une telle solution ?
Qui pourroit
Nul homme n'est comptable que da bien qu'il --- Page 256 ---
M E M O I R E S
peut faire et du mal sur lequel il influe; la
losophie n'a point encore commandédec
phicontre le despotisme oriental.
croisades
La Frânce est au moment de voir
dans son sein la rage du
expirer
prosélytisme : on
compte déja dans les magistratures des hommes
sages et éclairés, dont le nombre ne
s'accroître par de nouvelles
peut que
élections; et lorsqu'on n'y comptera plus ceux dont la doctrine et le langage nous rappellent
comité de salut public, il
encore le
sure raisonnable
n'y a plus de meet juste qui ne puisse être
accueillie.
L'Angleterre qui n'a rien à desirer
prospérité, pour sa
pour sa
gloire 7 que le rétablissement de l'ordre public en
Europe, en Améxique, est trop éclairée pour en dédaigner les
moyens. L'Espagne, 2 la Hollande, toutes les
puissances du Nord et du Midi n'y sont
moins intéressées. Seroit-ce donc de
pas
un voeu indiscret à
ma part
tion
former, ou une présompridicule, que de croire qu'une des conditions de la paix générale sera cette déclaration précise > conservatoire , et à jamais
inviolable ?
Les colonies de
PAmérique, soumises à la
sonveraineté protectrice des
différentes me
-
moyens. L'Espagne, 2 la Hollande, toutes les
puissances du Nord et du Midi n'y sont
moins intéressées. Seroit-ce donc de
pas
un voeu indiscret à
ma part
tion
former, ou une présompridicule, que de croire qu'une des conditions de la paix générale sera cette déclaration précise > conservatoire , et à jamais
inviolable ?
Les colonies de
PAmérique, soumises à la
sonveraineté protectrice des
différentes me
- --- Page 257 ---
SU R LES COLO N I E S
tropoles 3 auront à leur charge la
effective et la responsabilité morale disposition
moyens propres et intérieurs de
de leurs
Je dois faire
conservation.
ration
remarquer ici que cette déclan'emporte pas la nécessité d'un
vernement représentatif dans les colonies gouAntilles 7 principe que je suis loin
des
pour celles qui ont la sagesse de
d'établir
voquer (1).
ne pas l'inLa déclaration
gime
signifie seulement que le rédifié domestique ne peut être détruit ou
s sans le consentement
mopriétaires.
positif des proTel sera, j'ose le dire,
salut despossessions
I'unique moyen de
mais celles de la France européennes en Amérique;
mesures.
exigent encore d'autres
Il en est une inutile
je n'en dirai
peut-être à proposer ;
sage d'exécuter. pas moins ce qu'il seroit utile et
Les laboureurs de l'Indostan
ment leurs sillons entourés
tracent paisiblede camps ennemis
>
(1) Je n'ai garde d'improuver le
sentatif des colonies
gouvernement repréet doivent y être anglaises, elles s'en trouvent bien,
pas aussi bien réussi attachées; dans les mais nous avons vu qu'iln'a
nôtres, --- Page 258 ---
M E MO I R E S
et obéissent à la puissance qui protège leur
charrue.
Les colons des Antilles, condamnés à la même
foiblesse, devroient avoir la même destinée.
Ils n'ont point à se mêler de CCS grandes luttes
de l'ambition et du pouvoir. Leur incapacité,
comme puissance, les subordonne au tourbillon
politique de l'Europe. Leur réunion, sous, les
armes, 3 peut les mettre en état de résister momentanément au brigandage, à
mais l'état de
l'oppression ;
guerre, combiné sur leurs propres forçes, leur est, interdit ; leurs
leurs cfforts, pour passer d'une domination mouvemens,
une autre, ne vaudroient pas le prix que sous la
plus basse intrigue voudroity mettre ; et leurs
prétentions à lindépendance, autrement
dans leur régime
que
domestique, est le rêvo d'une
vanité insensée.
D'une autre part, si l'on considère
et les eflets de la guerre actuelle dans les l'objet colonies, on ne lui trouvera aucun des caractères
des précédentes guerres.
S'agissoit-il d'attaquer une colonie : ni les propriétaires, ni le
La prise des
régime, 3 n'étoient en danger.
forts, la possession des rades entraînoit celle du territoire, et la querelle d'Europe se terminoit parle résultat d'une ou
cieurs batailles en Amérique.
plus
si l'on considère
et les eflets de la guerre actuelle dans les l'objet colonies, on ne lui trouvera aucun des caractères
des précédentes guerres.
S'agissoit-il d'attaquer une colonie : ni les propriétaires, ni le
La prise des
régime, 3 n'étoient en danger.
forts, la possession des rades entraînoit celle du territoire, et la querelle d'Europe se terminoit parle résultat d'une ou
cieurs batailles en Amérique.
plus --- Page 259 ---
8 U R L E S coLO N I E S.
Aujourd'hui, c'est tout autre chose, c'est le
de
qui déterminera celui de l'Amésort l'Europe
est tout à la fois intérieure
rique; la guerre y
des iorts et des
et extérieure, la possession soumission du terrades ne suffit plus pour la
d'idées qui
ritoire ; et, par un renversement
s'explique cependant par des faits, ceux qui
paroissent, au nom de la France, défendre ses
possessions,1 ,lesdétruisent;e ceux qui lesattaquent
sont les seuls qui les conservent.
-
Ainsi, de la part du gouvernement français >
soient d'ailleurs ses intentions 2 la
quelles que soutient dans les colonies est exacguerre qu'il suicide; et, de la part du gouvernement
tement
vues ambitieuses qu'on lui
anglais 3 quelque
conservatoire.
suppose, elle n'est encore que
les événemens de la guerre en
Il n'y a que
déterminer autrement
Europe qui puissent en
les résultats. état de choses, mettant à part tous
Dans cet
divisent les
les autres sujets de querelles qui
les indeux nations, et en ne considérant que
térêts de la souveraineté, de la propriété, en
à dire que l'inAmérique, je ne balance pas
térêt de la France, son intérêt le plus pressant
dans les Colonies seroit de cesser à tout prix
de destruction, de garder ses postes
sa guerre --- Page 260 ---
M É M- 0 I R E S
militaires , de Jaisser momentanément aux
Anglais ceux qu'ils occupent, et de solliciter
leur concours pour le désarmement des nègres
et le rétablissement de l'ordre sur cette terre
désolée.
Une telle conciliation paroitra sans doute dérisoire aujourd'hui, mais deviendra, je le crois,
indispensable à la paix; et ce n'est pas le seul
point sur lequel les colonies françaises, restituées à leurméropole, seront forcées d'entretenir des rapports d'utilité et de justice avec
l'Angleterre.
Il est impossible qu'elles se réparent avec
leurs propres capitaux, ou avec ceux de leur
commerce national ruiné par la révolution.
Il est de toute justice qu'clles acquittent fidèlement les avances du commerce anglais, qui,
relativement à nous malheureux colons, et aux
secours abondans que nous en a vons reçus, a plus
cédé à des considérations généreuses qu'à des
spéculations commerciales (1).
(1) Je n'avois d'autre hypothèque à offrir à la maison
Muillman que mon habitation dévastée, au pouvoir des
républicains; ; etles secours que j'en ai reçus depuis quatre
ans n'ont eu d'autres bornes que celles que j'y ai misés
moi-même.
ux colons, et aux
secours abondans que nous en a vons reçus, a plus
cédé à des considérations généreuses qu'à des
spéculations commerciales (1).
(1) Je n'avois d'autre hypothèque à offrir à la maison
Muillman que mon habitation dévastée, au pouvoir des
républicains; ; etles secours que j'en ai reçus depuis quatre
ans n'ont eu d'autres bornes que celles que j'y ai misés
moi-même. --- Page 261 ---
S U R L E S C 2 OL O N I E S.
Mais cette classe d'intérêts
garde d'un
étant sous la
laussi bien gouvernement puissant, qui connoft
m'ai
ses obligations que ses
point à m'en occuper. Je termine moyens, je
blservations
ici des
crois personnelleent rapidement écrites 9 que je me
bliqaes dans les
obligé de rendre puexigeroient bien circonstances actuelles. Elles
d'autres
je n'ai pas la prétention de développomens; ; mais
rien
hommes supérieurs qui influeront apprendre aux
ication de
sur la paci-
'ai da
T'Europe 5 j'ai voulu seulement et
prévenir, dans les colonies, des bruits
Harmans, rassurer les colons, non en
enant d'espérances
lesentreIndiquant le point de chimériques, mais en leur
nême dans
repos que j'aperçois moil'avenir, en leur
Iroits de
rappelant leurs
iendront propriétaires, de la
et les égards qu'ils objustice et de la saine
ous les gouvernemens.
politique de
La conduite de l'Ile de France
lutres colonics quel'union, le
apprend aux
ens sont les plus strs
courage etle bon
remparts d'une
ociété, et qu'une place ainsi munie
petite
enir honorablemnent les
peut souésordonné.
assauts d'un pouvoir
Si cet écrit
es bons citoyens parvient en France 2 j'espère que
y reconnoitront un Français, --- Page 262 ---
M É M O I R E S
que les injustices de son pays n'ont pas détaché
de ses vrais intérêts, qui prévit ses malheurs >
s'efforça, 3 selon ses foibles moyens, d'en arrêter
le cours, et a toujours séparé dans son coeur la
nation française de tous les crimes commis en
son nom. La persécution, au lieu de nous affranchir de nos liens. 9 de nos devoirs, n'a fait
que les multiplier; car nous ne pouvons trouver
la fin de nos souffrances ? ni dans des voeux
impies contre notre ancienne patrie, ni dans
cette lâcheté perfide qui nous porteroit à méconnoitre ce que nous devons à la nation magnanime, par laquelle nous sommes encore au
nombre des vivans.
Signé, MALOUET.
Londres, le 30 décembre 1796. --- Page 263 ---
S U R L E S
0 L O N I E S.
TRE
SECO N DE LET
Sur le même sujet.
M 0 N S I E U R,
LEs développemens que vous me demandez
sur le régine des colonies, neseront point pour
d'un nouveau traité; ils se retroumoi la matière
vent dans un mémoire que j'ai publié en 1788
des nègres, et dans les deux dissur l'esclavage
à l'assemblée nationale
cours que j'ai prononcés
proposoit
en 1791 sur les innovations qu'on
Ces trois moralors dans cette administration.
d'être imceaux, et le dernier écrit qui vient
distribués en chapitres souS leurs difprimé,
être considérés comme
férens titres, pourroient
c'est-à-dire, sur la
un traité sur cette matière,
des
théorie et les motifs du régime domestique
colonies. L'examen de la dernière question :
deviendront les colonies à la suite de la
que
'ai prononcés
proposoit
en 1791 sur les innovations qu'on
Ces trois moralors dans cette administration.
d'être imceaux, et le dernier écrit qui vient
distribués en chapitres souS leurs difprimé,
être considérés comme
férens titres, pourroient
c'est-à-dire, sur la
un traité sur cette matière,
des
théorie et les motifs du régime domestique
colonies. L'examen de la dernière question :
deviendront les colonies à la suite de la
que --- Page 264 ---
M 3 M O I R E S
révolution, de la guerre et de lapaiz gui doivent la terminer? cet examen, dis-je, précédé des trois autres chapitres, n'a plus besoin
de commentaire que relativement à l'adoption
de l'expédient que je propose ; et avant de m'étendre sur ce point, il faudroit savoir s'ily aura
un congrès pour la pacification de l'Europe, et
si le congrès prendra en considération ma
proposition ou telle autre équivalente. Ce ne sont
jamais les détails d'exécution qui sont embarrassans en matière de gouvernement, quoique
tous les gonvernemens périssent encore plus
le vice des détails
par
que par celui des principes;
mais c'est qu'on ne prend pas la peine d'appliquer à chaque partie les hommes qui y seroient
le plus propres.
L'objet important dans cette affaire est que
toutes les pnissances de l'Europe, sans exception, se croient véritablement intéressées à la
conservation des colonies de l'Amérique. La
nécessité du régime résultera de cette conviction, et les motifs de ce régime se trouveront
justifiés dans les pièces que je vous envoie. Mes
opinions le sont également par les faits, par les
désastres dont nous sommes témoins et victimes.
Il y a même quelque chose de plus imposant dans
les raisonnemens antérieurs aux événemens,
--- Page 265 ---
SU R L ES COL O N I E 8.
lorsqu'on voit les pronostics
dans les plus belles dissertations accomplis, que
Jer n'entends pas cependant éluder subséquentes.
tions, niaucun des éclaircissemens vos quesfaire desirer mon dernier écrit. que pourroit
même à ce que vous ne mne demandez Je répondrai
pour traiter la question
pas ; et
a présenterai
plus en grand, je vous
sous un point de vue
mnouveau.
entièrement
J'ai dit que les colonies
rées quisont devenues
produisant des dende première
pour l'Europe des besoins
nécessité, doivent être considérécs
aujourd'hui comme une propriété commune à la
république européenne.
J'ajouté à cette proposition,
beut plus se passer de
que l'Earope ne
Je
P'Amnérique.
hies prouverai, 20, que la possession des colopar telle ou telle puissance est
hu système politique de
indifférente
prohibitives qui les l'Europe , et que les lois
huent, mais n'arrêtent régissent, retardent, attéaires de la
point les effets salupropriété commune,
lans la masse et la circulation
qui consiste
oniales; que l'importance
des denrées COfirculation rendent
etlanécessité. de cette
impossible le
olu, et appellent chaque
monopole abpeuple commergant,
Piratosrea
telle puissance est
hu système politique de
indifférente
prohibitives qui les l'Europe , et que les lois
huent, mais n'arrêtent régissent, retardent, attéaires de la
point les effets salupropriété commune,
lans la masse et la circulation
qui consiste
oniales; que l'importance
des denrées COfirculation rendent
etlanécessité. de cette
impossible le
olu, et appellent chaque
monopole abpeuple commergant,
Piratosrea --- Page 266 ---
-
E
M É.M O I R ES
de ce commerce,
dustrie et à ses proportionnément à son incapitaux.
30, Je prouverai que le régime
est tel que leur établissement
des colonies
a été conçu et exécuté
à l'époque oà il
n'en pouvoit
aucun autre ; qu'il a été successivement comporter
lioré, et qu'il le sera autant
amé
d'après les vices de
qu'il est possible
la destruction
l'institution (1); mais qne
A
de ce régime, entraînant celle des
établissemens, est une des grandes calamités
puisse éprouver
que
sentie
l'Earope, et qu'elle y seroit res
jusqu'à ce qu'une masse de
et de travail, égale à celle qui
productions
coloniales, fat restituée
résultedes cultures
dans les marchés
et mise en circulation
et les ateliers de
Je reprends la première de
l'Europe.
mes
P'Europe ne peut plus se passer de propositions;
Les premiers produits des cultures LAmérique
en procurant de grands
coloniales
etaux capitalistes
avantages aux colons
européens
des fonds, ont influé plus lentement squileuravançoien
sur le sys
(1) Iya des hommes si abaolus, si irréfléchis dans
opinions, qu'il faudroit, pour les satisfaire,
leurs
T'esclavage est de droit divin. Il vaut mieux soutenir que
croire que leurs raisonnemens sont
leur laisse
nuire à leurs intérêts
sans réplique, que de
légitimes, en faisant
qu'ily a de dangereux dans leur manière de les remarquer défendre. ce --- Page 267 ---
S U R L E S C OL 0 N I E S.
tème
reominercialdefEsrope ; maisdanscesièeleci,et sur-tout depuis quarante ans
toujours croissante des
3 la masse
s'est élevée subitement productions coloniales
et a eu un cffet
gieux sur l'industrie et le travail de
prodiPations, à commencer
toutes les
la
par la plus riche
plus pauvre.
jusqu'à
Ceci a besoin d'explication.
On entend fort bien comment
a France, on l'Angleterre
TEspagne, ou
Jonie de
possédant une COlaquelle on extrait del'or, ou du
ou de la cochenille, il résulte
sucre,
pour la nation
defrées propriétaire un bénéfice certain de la vente des
qu'elle
mateur
fouemitesclusivementa au consométranger;: mais comment ce
il s'étendre de la nation
bénélice peutne l'est pas P
propriétaire à celle qui
Ce bénéfice reste en effet
certain temps au vendeur propre pendant un
croissement de la
exclusif; mais l'acdu débit
somme de denrées et celui
supposant aussi celui de la
mation, il faut nécessairement
consomvelle consommation
qu'une nousoit précédée
qui s'étend et se soutient
velle
par-tout où elle a lieu, d'une nouproduction. Ainsi la Suède, depuis
consomme du sucre et du
qu'elle
café, a di nécessai.
rement, pour les payer, obtenir,
par une aug-
propre pendant un
croissement de la
exclusif; mais l'acdu débit
somme de denrées et celui
supposant aussi celui de la
mation, il faut nécessairement
consomvelle consommation
qu'une nousoit précédée
qui s'étend et se soutient
velle
par-tout où elle a lieu, d'une nouproduction. Ainsi la Suède, depuis
consomme du sucre et du
qu'elle
café, a di nécessai.
rement, pour les payer, obtenir,
par une aug- --- Page 268 ---
M E M 0 I RE S
mentation de travail, un plus grand
de ses mines de cuivre : la Silésie,
produit
parl la même
raison, a di fabriquer une plus
tité de toiles, car lor et
grande quanqu'une fois les
l'argent ne paient
qu'à les mettre marchandises ; ils ne servent
le
en circulation, à les
travail seul est en état de renouveler représenter:
paiemens. De-là, la nécessité des
ses
lois somptuaires,
privations des
pour les peuples paresseux ou
ignorans; tandis que les peuples
dans les marais de la
industrieux,
stérile de
Hollande, ou sur la côte
l'Attique, peuvent réunir toutes les
jouissances du plus grand luxe,
Il n'existe point dans les annales du monde
d'époque où les richesses mobiliaires, les'
ductions de tout genre, 1 et les commodités prola vie, aient été plus abondantes
de
ralement répandues
, plus géné.
qu'elles ne l'étoient en Europe depuis le commencement de ce siècle
qu'à la révolution de France. Les
jusblics et particuliers ont
revenus pudans ce laps de temps, de augmenté trois à
par-tout,
mes; les
quatre dixiè.
la même consommations en tout genre ont suivi
dans
proportion. Vous en trouvez la cause
l'angmentation plus considérable encore
des productions coloniales, s qui, dans les dernières années, versoient en Europe anmelle-
plus géné.
qu'elles ne l'étoient en Europe depuis le commencement de ce siècle
qu'à la révolution de France. Les
jusblics et particuliers ont
revenus pudans ce laps de temps, de augmenté trois à
par-tout,
mes; les
quatre dixiè.
la même consommations en tout genre ont suivi
dans
proportion. Vous en trouvez la cause
l'angmentation plus considérable encore
des productions coloniales, s qui, dans les dernières années, versoient en Europe anmelle- --- Page 269 ---
SU R L E S C OLO N I E S.
ment quatre cents millions de
sionnoient nécessairement valeur, et occareproduction depuis
une somme égale de
Lisbonne >
Saiut-Pétersbourg jusqu'à
accroissement chaque de peuple participant à cet
travail et de consommiation,
proportiornément à son aptitude
et à sa situation
industrielle
politique. Mais dans
ville, dans chaque village où une
chaque
sucre a été annuellement
barrique de
créé, par un nouveau
consommée, il a été
respondante,
travail, une valeur cor-
, qui s'éteint aussi
parle défaut de consommation. nécessairement
Inutilement tenteroit-on
cause del'accroissemente d'assigner une autre
desrichessesen
quatre centsmillions de consommation Europe:
en denrées étrangères à son sol,
annuelle,
la plus féconde
sont la mine
que l'industrie
mais
humaine ait
exploitée ; et sans aller rechercher jachaque ville, dans chaque état de
dans
le nombre de manufactures
l'Europe 2
productions nouvelles
ou la quantité de
ties de cette mine
que je prétends être sordepuis le commencement
siècle 3 la consommation seule
du
production.
constate la reLes exportations des Indes Orientales
vent être mises en parité avec celles des ne peude P'Amérique, ni pour leur
colonies
5.
valeur, ni pour
--- Page 270 ---
MÉ M OI R E S
sur le travail et les prol'effet qui en résulte
de 'Inde
ductions de ThropLoamseiuanied qui ne
avec de Targent,
se paient en partie
reparoîtplus en Europe ; et leur congommation être à
n'est pas aussi rapide , ne sauroit
qui
près aussi reproductive (1)-
beaucoup
délire qui
Quel seroit donc l'inconcevable indifférence, qui
pourroit faire regarder avec
de se portèr
Fattention publique
empécheroit
éminent dont sont metoute entière surle péril
même de
nacées les Antilles et les possessions continent de
et du Portugal sur le
l'Espagne
est la solde journaTAmérique ? Leur produit
et influe
lière de six cent mille Européens, 2
de dix
médiatement sur la subsistance de plus
millions d'ouvriers. d'une telle somme de travail
La suppression seroit un fléau qu'il ne faut
et de subsistances
le
des priseulement sous, rapport
pas apprécier
celui du désordre qui en
vations , mais sous
social.
résulte dans le mécanisme
examinons
Pour en avoir une idée juste,
PAngleterre, qui obtient vé-
(1) Il y a exception pour de PInde de grands bénéfices
ritablement par son commerce
parle ailleurs
de consommation et de reproduction 5 j'en
avec plus de détail.
un fléau qu'il ne faut
et de subsistances
le
des priseulement sous, rapport
pas apprécier
celui du désordre qui en
vations , mais sous
social.
résulte dans le mécanisme
examinons
Pour en avoir une idée juste,
PAngleterre, qui obtient vé-
(1) Il y a exception pour de PInde de grands bénéfices
ritablement par son commerce
parle ailleurs
de consommation et de reproduction 5 j'en
avec plus de détail. --- Page 271 ---
S U R LES S COLO N 2 I E S.
ce qui arriveroit
par la destruction subite et
totale, non de la
population, 9 mais des bâtimens, des métiers et matières premières d'une
ville de
manufactures; et, pour rendre la comparaison plus sensible, supposons que le
merce d'une telle ville se fasse
compar échangeavec les produits des complétement
d'une autre ville.
manufactures
Celle que le feu vient de détruire
soixante mille ouvriers
occupoit
qui se trouvent tout-àcoup sans salaire, sans
tance.
emploi, sans subsisMais le travail de ces soixante mille
en faisoit vivre cent vingt
Ouvriers
autres mille étoient
mille; car sdixante
occupés à fournir aux
échanges des productions de la ville
Celle qui ne l'est pas sera donc
détruite(s).
temps dans la même
pendantq quelque
cher d'autres
détresse. Il faudra cherdébouchés, combiner dans
tres pays de nouveaux
d'audésolation de la ville moyens d'échange; ; et la
incendiée s'étendra sur
(1) Je ne présente ici l'influence du travail
que sur un autre homme; mais il s'en faut d'un homme
s'arrête là. L'ouvrier que je fais vivre
bien qu'elle
autre, et celui-ci a aussi son
en fait vivre un
ne s'arrête que Ià oà ily a correspondant, dont la série
impossibilité de reproduction. --- Page 272 ---
M É M 0 I R E S
intacte,
la seule cessation du
celle qui est
par
travail dan la pre mière.
territoire, et
En circonscrivant dans un seul
l'action et la réacdans deux villes désignées, voit tous les résultion d'un tel fléau, on en
multiplitats : misère générale, vagabondage, d'un
cation des crimes, perte assurée
grand
d'individus. Ne seront-ils pas lesmêmes,
nombre
d'éténdue, lorsque sur un
mais avec bien plus
plus
une
beancoup
grande
plus grand espace
et de repromasse de travail; de consommations
cessera subitement ?
duction, ,
dans les horreurs de sa révoluLa France,
de la perte de ses
tion , s'est à peine apérçue
? Chaque
colonies : savez - vous pourquoi
village est devenu un arsenal,
ville, chaque
ont été occupés à foroù tous les ouvriers
Ensuite la conger des instrumens de guerre.
la dimisomination d'hommes a compensé
ct des produits. La mort,
nution du travail
celui du bourpar le fer de l'ennemi, ou par de la faim : voilà
reau, ou par les angoisses présente la désorressource que
lépouvantable
des ateliers et des manuganisation soudaine qui ne sont qu'agricoles
factures. Les peuples
commotions.
point de semblables
n'éprouvent
d'ouvriers sans pain 2 sans
C'est la mnltitude
isomination d'hommes a compensé
ct des produits. La mort,
nution du travail
celui du bourpar le fer de l'ennemi, ou par de la faim : voilà
reau, ou par les angoisses présente la désorressource que
lépouvantable
des ateliers et des manuganisation soudaine qui ne sont qu'agricoles
factures. Les peuples
commotions.
point de semblables
n'éprouvent
d'ouvriers sans pain 2 sans
C'est la mnltitude --- Page 273 ---
S U R L ES COLON I E S.
emploi, qui recrute les
désespoir redoutable, armées, qui y porte un I
et se bat ayec
pour une cause, pour une faction qui lui fureur,
indiférentes, et souvent odieuses. La sont
est la ressource nécessaire d'un
guerre
versé : il faut
peuple boulequ'il se décime
et dans une telle situation, pour subsister;
nemi qui lui fournit
malheur à l'ende fanatisme !
un prétexte, un aliment
Quoique l'histoire ne nous ait transmis
monument authentique des causes
aucun
déborder à plusieurs
qui ont fait
reprises les
sur les parties occidentales de peuples duNord
peut douter que. la famine ou l'Europe, On ne
intérieur n'ait occasionné quelqu'autre fléau
tions
les premières irrup-
; l'impression du malheur sur l'homme
isolé produit l'abattement: : sur leshomnesrénnis, sur la multitude, le besoin, la
une grandeanxiété,
souffrance,
produisent
un mouveinent impétueux, presque toujours
la férocité, Plus la
qui s'exalte jusqu'à
civilisation d'un peuple est
perfectionnée, plus la cessation du
proche de la barbarie. En cultivant travaillerapen excitant une industrie
les arts,
tipliant nos
universelle, en mulles chances de jouissances, 1 nous avons multiplié
manité.
bonheur et de malheur poar l'huLes gouvernemens sont désormais con- --- Page 274 ---
M É M o I R E S
damnés à être plus habiles, plus
fermes, plus
prévoyans, ou à travailler eux-mêmes à leur
dissolution.
On a beaucoup parlé des causes morales de
la révolution
et
de
française 2
je ne dénie aucune
celles qu'on lui assigne. Mais un peuple
roit être long-temps dans une
pourdisposition telle
qu'on l'agite, qu'on le soulève facilement, et
cependant n'éprouver aucune révolution, ni
dans ses mceurs, ni dans son gouvernement.
Rappelez-vous, non pasla première impulsion, celle
des opinions, mais la seconde, celle des flots
de la multitude ! Comment est-on
mettre en mouvement
parvenu à la
lui faisant
P en l'affamant, ou en
craindre d'être affamée. Et tout de
suite la terreur s l'inquiétude universelle diminuant toutes les
consommations, ont réduit les
moyens de travail; dès-lors le nombre des misérables s'est accru. Bientôt le luxe a
ment disparu, et la misère est devenue compléteaffreuse ; alors on a présenté
plus
pour ressource le
dépouillement des classes
supérieures : mais les
indigens qui dévorent en perspective la fortune
desriches 2 sont aumilieu
Tantale au milieu des dubrigandage comme
eaux ; leur soif ne peut
s'étancher, ils deviennent furieux : la voie des
confiscations n'est plus assez prompte ; il faut
accru. Bientôt le luxe a
ment disparu, et la misère est devenue compléteaffreuse ; alors on a présenté
plus
pour ressource le
dépouillement des classes
supérieures : mais les
indigens qui dévorent en perspective la fortune
desriches 2 sont aumilieu
Tantale au milieu des dubrigandage comme
eaux ; leur soif ne peut
s'étancher, ils deviennent furieux : la voie des
confiscations n'est plus assez prompte ; il faut --- Page 275 ---
SU R L E S U 0 I, O N I E S.
tuer ceux qui ont, il faut que ceux qui n'ont
rien reçoivent une solde : de-là les armées, les
comités révolutionnaires, le mazimum, et toutes
les atrocités qui ont signalé cette époque désastreuse. De cet excès de malheur onne
lentement au
au
passe que
repos 3
bien être; mais la
route, la seule route est encore le travail : à
mesure que chacun reprend ses occupations
habituelles, l'industrie renaît, les consommations s'étendent, les
productions se
les opinions changent, le calme multiplient,
mais le
se rétablit (1);
premier anneau de cette chaîne tient
à la stabilité du
avoir lui-même de gouvernement, qui ne peut
point d'appui que celui des
propriétés. Ainsi le prix des terres, l'intérêt
de l'argent, l'état des arts et du
annoncent les maladies ou la vigueur commerce, de
nos
corps politiques.
L'Europe , participant jusqu'à un certain
point à l'agitation de la
France, 9 a éprouvé
aussi, proportionnément à sa vaste étendue, les
tristes effets de la révolution et de la
qui en est la suite ; la dévastation des colonies guerre
(1) L'activité du travail et de l'industrie dans un Etat
est la preuve arithmétique d'un bon
est lui-même la preuve morale dss bons gouvernement, effets du qui
et de l'industrie bien ordonnés.
travail, --- Page 276 ---
M É M O I R E S
françaises ) la ruine entière dont tontesles
sont menacées, ont fait par cette raison infini- autres
ment moins d'impression. On avoit commencé
par croire dans plusieurs Stats que les
de la France ne sortiroient
malheurs
que la réduction de
pas de son enceinte, 2
sa population, son appauvrissement, tourneroient même au
autres nations; ; et il ne seroit
profit des
que la perte de ses colonies eût point été étonnant
comme un moyen de richesses
considérée
leurs survivroient.
pour celles qui
On trouve dans ce moment-ci à Paris
cation, ou plutôtla mesure
l'applinion dans les nouvelles
parfaite de cetteopirévolution
fortunes qu'a créées la
: au lien de l'aisance générale
remarquoit chezles
qu'on
Ceux de
anciensproprititaires,
la première classe
depuis
jouissoient de cent louis de jusqu'à ceux qui
est frappé du luxe et de
rente foncière, on
hommes
l'opulence de quelques
nouveaux, qui font encore
sortir la misère et le malaise
mieux resn'est pas eux. Croit-on
de tout ce qui
ces gens-là
que les plus sensés de
nesacrifieroient pas
partie de leur fortune
anjourd'hui une
en est de même des pour assurer l'autre ? Il
larévolution
profits de la guerre et de
pour quelques Etats
que la Snisse,
neutres, , tels
Hambourg. Il est probable qu'ils
-
l'opulence de quelques
nouveaux, qui font encore
sortir la misère et le malaise
mieux resn'est pas eux. Croit-on
de tout ce qui
ces gens-là
que les plus sensés de
nesacrifieroient pas
partie de leur fortune
anjourd'hui une
en est de même des pour assurer l'autre ? Il
larévolution
profits de la guerre et de
pour quelques Etats
que la Snisse,
neutres, , tels
Hambourg. Il est probable qu'ils
- --- Page 277 ---
SU R I. E S COLON I E S.
reconnoissent maintenant
à gagner par la stabilité de qu'il y a encore plus
publique,
l'ordre et de la paix
que par le bouleversement d'un Etat
étranger. La civilisation, le
arts, ont tellement mêlé la commerce et les
de T'Europe,
plupart des peuples
qu'ils forment
chaîne électrique,
aujourd'hni une
commotions
parlaquelle toutesles grandès
de lun
se propagent; et la désorganisation
réagit plus ou moins sensiblement
Presque tous.
sur
En considérant donc les colonies,
rapport simple et vrai
sous le
queje viens de
comme un atelier de subsistance présenter,
toute
commun à
tous les l'Europe, ne suis-je pas fondé à dire que
conservation. gouvernemens sont intéressés à leur
J'ai dit aussi que la propriétéde
colonie par telle ou telle
telle ou telle
au système commercial nation, estindifférente
et que les lois
etpolitique de l'Europe;
prohibitives (1) qui les régissent,
(r) Les lois
les pius étendus, prohibitives, , considérées dans leurs rapports
sont, pour chaque
d'attaque et de défense ; d'oû il résulte peuple, 3 des moyens
continue est, de la part de chaque
que leur activité
tilités continu.
peuple, un état d'hosMais pendant que l'administration
perfectionne ainsi sa --- Page 278 ---
M E M 0 I R E S
retardent, atténuent, mais n'arrêtent
les effets salutaires de la
point
propriété commune s
qui consiste dans la masse et la circulation
tactique, et manceuvre sans relâche pour étendre son territoire et resserrer celui de P'ennemi, il arrive de deux choses
l'ane, et souvent l'une et l'autre : ou le
la nature est de s'étendre, d'aller commerce, dont
trouve le
toujours en avant,
moyen, par la contrebande,de franchir toutes les
barrièresqu'on lui oppose; ou, s'il est arrété dans son
il soulève d'autres leviers, il excite les haines
cours,
aigrit les
nationales,
jalousies 2 les ressentimens: ; et la guerre des lois
prohibitives devient celle des bataillons : le
mence à couler; les profits du
sang recomà peine
commerce exclusif fsuffisent
pour payer les frais de quelques
Il est donc permis de croire que le bien campagnes. être de
peuple, et l'industrie, ainsi
le
chaque
roient fait de
que bonheur de tous, auplus grands progrès si les lois
s'étoient bornées à
prohibitives
empécher un trop grand écoulement
des subsistances et des matières premières d'un
un autre; car il est juste de commencer
pays dans
de quoi vivre
par se réserver
et-fravailler, avant d'admettre les
à partager vos subsistances et votre travail. Ainsi étrangers les économistes, par une liberté illimitée de
adversaires,
commerce 2 et leurs
par un système toujours exclusif et réglementaire, me paroissent également éloignés du point de
sécurité auquel les nations en général et chaque
en particulier doivent tendre. Il est bien fâcheux peuple
termes moyens soient toujours odieux
que les
aux grandes passions,
=
par se réserver
et-fravailler, avant d'admettre les
à partager vos subsistances et votre travail. Ainsi étrangers les économistes, par une liberté illimitée de
adversaires,
commerce 2 et leurs
par un système toujours exclusif et réglementaire, me paroissent également éloignés du point de
sécurité auquel les nations en général et chaque
en particulier doivent tendre. Il est bien fâcheux peuple
termes moyens soient toujours odieux
que les
aux grandes passions,
= --- Page 279 ---
SU R L E S COL O N I E S. 267
des denrées coloniales ; que
la nécessité de
l'importance et
cette circulation rendent impossible le monopole absolu, et appellent
chaque
car elles sont les puissances du premier ordre
n'est
: la raison
par-tout qu'en seconde ligne.
La Chine, par l'étendue de son
pulation,
territoire et sa popunous représente une masse de puissance égale à
celle de l'Europe. L'empire romain, sous
représente encore mieux
Auguste, nous
une monarchie universelle. Eh
bien $ que l'on conçoive à la Chine ou sous
main des lois
l'empire roprohibitives en vigueur de province à province, telles qu'elles existent en Europe d'Etat à Etat ;
fait-on une idée de tous les fléaux
se
qu'edt entraînés un tel
système ? Dépopulation dans un lieu, famine dans un
commotion par-tout, guerre civile. Qu'on
autre,
tenant la Chine ou l'Empire romain
suppose mainde souverainetés
distribués en autant
indépendantes qu'il en existe en
et chacune conservant,
Europe,
relativement au commerce, le
même régime qu'elles avoient sous l'empire d'un
a-t-il quelque raison de croire
chacun
seul; y
fat moins
que
de ces Etats
peuplé, moins industrieux, moins florissant,
toutes choses égales d'ailleurs ? Il ne faut
dant que, dans l'un et l'autre de
pas penser cepences vastes Etats, les
proconsuls, les vice-rois, n'eussent l'attention de conserver
dans leurs provinces respectives des
tières
subsistances, des mapremières pour le travail des habitans, ce qui nous
donne la mesure des précautions nécessaires à
peuple; ; mais l'excès de ces précautions les rendant chaque hos-
ux, moins florissant,
toutes choses égales d'ailleurs ? Il ne faut
dant que, dans l'un et l'autre de
pas penser cepences vastes Etats, les
proconsuls, les vice-rois, n'eussent l'attention de conserver
dans leurs provinces respectives des
tières
subsistances, des mapremières pour le travail des habitans, ce qui nous
donne la mesure des précautions nécessaires à
peuple; ; mais l'excès de ces précautions les rendant chaque hos- --- Page 280 ---
M É M O I n I S
peuple commerçant, malgré les lois
tives, à partager les bénéfices de
prohibiproportionnément à
ce commerce, 9
son industrie.
Déja j'ai établi, par des
cette assertion.
faits, une partie de
Je vais constater
des faits, et des observations
l'autre par
tent.
qui s'y rapporLe système exclusif
pour le commerce des
colonies, les lois
prohibitives. sont
tous les peuples : chacun
communes à
entend
riser l'industrie
par-là favonationale, et
trie étrangère. Il n'est
repousser l'induspuissent
pas douteux qu'elles ne
remplir ce double objet, et avec de
grands avantages dans un temps ,à des
tions déterminées
condipoint les
: mais PEspagne a sur ce
mêmes prétentions que
voyez cependant
l'Angleterre :
quelle différence énorme
tiles, il doit en résulter par-tout les mêmes
ce système ne devoit point
effets; et si
seroit à souhaiter,
épronver de modifications, il
pour le bonheur des
monde civilisé fit
hommes, que le
que le travail et les partagé en grandes souverainetés, afin
empire
consommations intérieures de
pussent suffire à l'industrie nationale. On chaque
alors se séparer des autres
pourroit
mais il faudroit
peuples par une grande muraille;
aussi, comme les Chinois, ou
enfans, ou fonder des colonies.
exposer les
- --- Page 281 ---
SUR L E S C OLO N I E S.
dans les résultats ! Les plus sévères
bitions n'ont pu créer en Espagne prohibranche importante d'industrie,
aucune
T'or et
, niy conserver
l'argent qu'elle y reçoit (1); c'est
ses provinces les plus peuplées, où la culture dans
est la plus florissante, que
secours des lois
l'industrie, sans le
influence,
prohibitives, et malgré leur
3 multiplie les productions, les conPommationsypénetren ainsi chez les: nations étrangères, et en reçoit des objets d'échange.
Mais dans les provinces
méditerranées, où la
population, la culture, sontlanguissantes depuis
deux sièclés, le commerce exclusif du
et celuidu Pérou n'yont
Mexique
un métier
pas produit un homme,
, une plante de plus.
Or, s'il est évident que le système prohibibitif n'a pas enrichi
raison d'attribuer l'Espagne, iln'y a pas de
à cette cause tous les avantages dont jouit l'Angleterre
l'activité de
par l'étendue et
voit la base son commerce, d'autant qu'on en
dans l'état de sa population, la
perfection de sa culture,
protégées par un gou-
(1) On sait. qu'il n'est pas permis
l'or et l'argent, et que c'est
d'exporter d'Espagne
en "pprovisionuent
l'Espagne et le Portugal qui
l'Europe.
a pas de
à cette cause tous les avantages dont jouit l'Angleterre
l'activité de
par l'étendue et
voit la base son commerce, d'autant qu'on en
dans l'état de sa population, la
perfection de sa culture,
protégées par un gou-
(1) On sait. qu'il n'est pas permis
l'or et l'argent, et que c'est
d'exporter d'Espagne
en "pprovisionuent
l'Espagne et le Portugal qui
l'Europe. --- Page 282 ---
M E M O I R B S
vernement mieux conçu, plus approprié
cun autre au caractère national.
qu'auOn pourroit m'objecter ici
n'aperçoit
que parce qu'on
bons effets pas par-tout un signe certain des
des lois prohibitives,
censure pas toutefois dans
que je ne
toutes les circonstances, mais que je crois souvent
et nuisibles, il ne s'ensuit
inutiles
qui les
pas qu'une nation
de
abrogeroit, , pour adopter la liberté
commerce s n'en éprouvât de grands
véniens. Il faut donc recourir à
inconexaminer ce qui arriveroit,
l'expérience, et
arrivé, de la
ou plutôt ce quiest
privation soudaine d'un grand
monopole pour une nation industrieuse.
Les colonies
anglaises sur le continent de
l'Amérique étoient regardées avant la
qui a assuré leur
guerre
portion des plus indépendance comme une
précieuses de l'empire britannique ; leur séparation de la métropole étoit
annoncée par les politiques anglais et
comme le coup le plus fatal qui pôt être français,
à la puissance maritime et
porté
nationales. Lord Sheflield aux manufactures
avis, le motiva
osa être d'un autre
par des raisonnemens qui
posoient une connoissance profonde des supsources et des intérêts de son
resment a justifié toutes
pays, 2 et l'éréneses assertions. --- Page 283 ---
S U R L E S C d L O N I E S. 271
Les exportations de l'Angleterre en Amérique
depuis la paix ont été toujours croissantes et
ont de beaucoup surpassé celles du
commerce
exclusif(s). C'est précisément lorsque les
de P'Amérique ont été ouverts à toutes les ports
tions, que les manufactures de
nal'Angleterre ont
reçu plus de demandes et expédié plus de
marchandises qu'à aucune autre époque : la
raison en est simple ; par-tout oùt la
tion et les consommations
populaaugmentent, les
magasins les mieux fournis, les ouvriers les
plus habiles sont sûrs de la préférence. Ainsi
l'Angleterre n'auroit aucun intérêt
à
aujourd'hui
reconquérir ses anciens domaines, et à remettre les choses sur l'ancien
elle
menteroit ses dépenses et diminueroit pied;
augfits; ; elle a, au contraire,
ses promontré à la conservation un intérêt très-déÉtats-Unis.
et à la prospérité des
Tous les peuples qui commercent
avec eux sont dans le même cas et
est aucun
il n'en
pour qui la conquête et la
d'un ou de plusieurs
possession
Etats-Unis fit aussi utile
quej pourroit l'être l'extension deson
commerce
(:) Je n'ai pas sous les yeux les états
mais je, crois être str que la
d'exportation;
trois.
différence en plus est d'un à
êt très-déÉtats-Unis.
et à la prospérité des
Tous les peuples qui commercent
avec eux sont dans le même cas et
est aucun
il n'en
pour qui la conquête et la
d'un ou de plusieurs
possession
Etats-Unis fit aussi utile
quej pourroit l'être l'extension deson
commerce
(:) Je n'ai pas sous les yeux les états
mais je, crois être str que la
d'exportation;
trois.
différence en plus est d'un à --- Page 284 ---
M E M O I R E 8
et de ses rapports dans cette partie du monde
Ces observations s'appliquent
question de l'intérêt de
également à la
colonies, et à celle de T'Europe, la
au salut des
rêt sur la
nullité de son intépossession du territoire comme souveraineté, pourvu que l'ordre y soit
et que la masse des produits coloniaux maintenu,
puisse être exclusivement à la
ne
cune puissance. Ici il faut
disposition d'augenre de prospérité leur distinguer, dans ce
destination comme
moyen derichesses communes ou comme
de nuire à la possession des autres Etats. moyen
le premier rapport le bénéfice des
Sous
partage proportionnément
produits se
qui les
au travail de ceux
consomment, la puissance
n'ayant à cet égard d'autre
propriétaire
recevoir un premier
avantage que de
plier chezelle,
capital qui doit se multimais qui va aussien
chez les peuples
créerd'autres
desirable
consominateurs. Or, cette fin
pour tous étant éminetment
riée dans le second
contrarapport, un gouvernement
quine voudroit posséder que pour
pour soumettre ses colonies à
détruire, ou
la suite inévitable
un régime dont
seroit la ruine des manufactures, un tel gouvernement ne pourroit être
admis parlassentiment etl'intérêt général dans
la copropriété des colonics. Il est dans CC cas- --- Page 285 ---
SUR LES CoLO N I E S.
là une mesure utile à tous et dont les
peuvent être facilement
dangers
d'un séquestre
prévenus,je veux parler
verselle
provisoire ; car la monarchie unides colonies est une chimère
roit flatter l'ambition d'un
qui pournon celle d'un peuple
Gengis-Kan, mais
Celui
libre, riche et éclairé.
qui ne voudroit que dépouiller tous
autres et réunir dans sa main tous les les
duits colonianx, se déclareroit
proennemi de tous : il accroîtroit
par-là même
ses moyens de force et de
ses périls et non
quillité seroit plus
prospérité. Sa tranmerce
souvent menacée, son cominterrompu, ses dépenses énormes 5 ses
hommes et ses richesses réelles seroient
guées pour acquérir des richesses
prodicar s'il n'avoit l'entrepôt
imaginaires :
coloniales
unique des denrées
dérés,
que pour les vendre à des prix moreil iln'y auroit rien à gagner par cet
de puissance qui seroit alors
appal'Europe; mais s'il vouloit
indifférente à
denrées
des
exagérer le prix des
sommation par
taxes additionnelles 7 la conen diminueroit 3 et les cultures ne
pourroient se soutenir. Au surplus, cette
position n'est pas dans l'ordre des
suple continent de
possibles ;
l'Amérique sera toujours
entre plusieurs grandes
divisé
ou
puissances anciennes
nouvelles, 3 et ses iles ne sauroient
5.
appar18
; mais s'il vouloit
indifférente à
denrées
des
exagérer le prix des
sommation par
taxes additionnelles 7 la conen diminueroit 3 et les cultures ne
pourroient se soutenir. Au surplus, cette
position n'est pas dans l'ordre des
suple continent de
possibles ;
l'Amérique sera toujours
entre plusieurs grandes
divisé
ou
puissances anciennes
nouvelles, 3 et ses iles ne sauroient
5.
appar18 --- Page 286 ---
M E M OI n E S
tenir à une seule. Toutes les
politiques, fiscales,
combinaisons
taine mesure
commerciales, ont une cerqu'on ne peut dépasser sans danger; et quand j'entends citer la puissance
digieuse et exclusive de
proIndes orientales
T'Angleterre dans les
qu'elle
comme une indication de ce
Pourroit être en Amérique
qu'il n'y a rien de semblable s je réponds
espèces
dans les deux
; que l'extension de puissance dans
est précisément ce qui la limite à
l'est
dans les Indes Orientales
l'ouest; que
soumise et libéralement une grande population
elle-même au maintien de gouvernée, la
concourt
que dans les Indes Occidentales puissance, tandis
de force sont
tous les moyens
nouvellent extérieurs, et s'emploient, se reaux dépens de la force
du peuple dominateur
intrinséque
une balance
; qu'ainsi, là où il y a
naturelle de pouvoir et de commerce, il: n'y a rien de mieux à faire
térêt de tous que de la maintenir, pour l'inaucun de ses
sans perdre
avantages : car toutes les
ce genrechez un peuple industrieux pertes de
seulement diminution de
ne sont pas
mencement de désordre fortune, c'est comle
; et sile peuple
plus riche du globe,
anglais,
dans
comptant sur son
l'Inde, se croyoit moins intéressé à la empire
des colonies de
ruine
seroit
T'Amérique, cette erreur lui
plus funeste qu'à aucun autre. --- Page 287 ---
S UR L E S COLONI E S.
C'est icil'occasion de
pas le commerce
remarquer que ce n'est
la
exclusif'de l'Inde qui enrichit
ritoriaux compagnie anglaise ; ce sont ses revenus terqui la mettent dans le cas de faire
grand commerce, c'est la sagesse de
un
binaisons qui, en atténuant le
ses commet en état d'en conserver les monopole 2 la
d'exagérer le prix des
profits. Au lieu
elle a grand soin au contraire marchandises d'Asie,
nir à un prix qui
de les maintesommation
puisse en favoriser la con-
: ses revenus territoriaux
à plus de neufmillions
montant
blissement
sterling, ses frais d'étade plus de prélevés, deux
lui procurent une balance
de ses
millions. Quant aux bénéfices 6
dises exportations dans l'Inde en marchannationales, ce genre de profit en
d'équivalens aux manufactures
procure
les produits remplacent dans étrangères dont
les marchandises
'd'autres marchés
que la
ses comptoirs d'Asie. Le compagnie envoie dans
ventes se
profit mnême de ses
répartit sur les marchands
et, en dernière analyse, là où la étrangers;
de lInde se consomme
marchandise
nier paiement
s la nécessité de ce derproduit une nouvelle
sans quoi on ne pourroit
valeur,
jamais vendre
fois, ou jusqu'à ce que la bourse des qu'une
fit épuisée : d'ou il faut conclure
acheteurs
qu'il n'yade
ses comptoirs d'Asie. Le compagnie envoie dans
ventes se
profit mnême de ses
répartit sur les marchands
et, en dernière analyse, là où la étrangers;
de lInde se consomme
marchandise
nier paiement
s la nécessité de ce derproduit une nouvelle
sans quoi on ne pourroit
valeur,
jamais vendre
fois, ou jusqu'à ce que la bourse des qu'une
fit épuisée : d'ou il faut conclure
acheteurs
qu'il n'yade --- Page 288 ---
M É M 0 I R E 6
commerce solidement fondé ;, que sur une réciprocité d'avantages, et que c'est une absurdité que de croire qu'un peuple s'enrichiroit et
jouiroit long-temps de ses richesses en appauvrissant tous les autres.
Je reviens à mon sujet, et je vais rétablirla
filiation exacte des idées que je vous ai présentées : si elles sont justes s nous arriverons à
des censéquences incontestables. Si au contraire il y a erreur, en résumant, en rapprochant mes propositions, l'erreur sera plus sensible et plus facilement relevée.
Le produit de toutes les Antilles, en 1791,
pouvoit être estimé à 400 millions tournois 1
et leur culture est susceptible d'une augmention de valeur. Cette somme mise eil circulation dans les marchés de l'Europe, y a créé une
somme égale de productions nouvelles, qui,
à leur tour, ont mis en activité d'autres branches d'industrie; car le plus habile calculateur
ne sauroit assigner un terme précis à cette réaction.
A la naissance de ces établissemens, et jusqu'à ce qu'ils soient parvenus au moyen âge de
leur prospérité, le comerce exclusifdeleur métropole y trouvoit un aliment; leur navigation
s'est accrue, leurs capitaux se sont multipliés,et --- Page 289 ---
SU H LES COLONI E S.
ont produit une grande somme de travail 277 intérieur : mais aussitôt que la vente et la circulation des denrées eoloniales sont devenues
pour les nations commercantes un objet capital
d'échange, l'importance des colonies pour chaque peuple 3 propriétaire ou non
se calcule
popriétaire,
sommations uniquement par la balance des conet des reproductions
casionnent.
qu'elles OCCe ne sont donc pas les puissances
taires des colonies qui sont seules propricà leur conservation. Ce
intéressées
sont tous les peuples
consommateurs de denrées coloniales.
Les colonies ne peuvent être considérées
aucun peuple comme addition de
pour
ritoriale, car les ressorts les puissance terla puissance doivent
,
instrumens de
mais elles
y être portés d'Europe;
sont moyens de richesse et
vité pour tous les peuples qui
d'actileur commerce et
participent à
le plus industrieux a aujourd'hui la plus grande part à leur
D'après la direction
propriété.
et du
générale de l'industrie
comnerce en Europe, la propriété absolue, exclusive de toutes les colonies, le
nopole de leurs produits, deviennent de
mo
plus impossibles; et la distribation de plus en
verainetés, telle qu'elle
ces sonexiste, ou sonsuheantre
esse et
vité pour tous les peuples qui
d'actileur commerce et
participent à
le plus industrieux a aujourd'hui la plus grande part à leur
D'après la direction
propriété.
et du
générale de l'industrie
comnerce en Europe, la propriété absolue, exclusive de toutes les colonies, le
nopole de leurs produits, deviennent de
mo
plus impossibles; et la distribation de plus en
verainetés, telle qu'elle
ces sonexiste, ou sonsuheantre --- Page 290 ---
M É'M o I R E S
forme, n'affecte l'intérêt général de l'Europe
que pour le fixer irrévocablement.
Le systèine exclusif, les lois
donc perdu une partie de leur prohibitives ont
la multiplication des
importance, par
mations
produits et des consomqui ont franchi toutes les barrières, et
égalisé les profits là où il y a égalité
en sorte qu'il est possible aujourd'hmi d'industrie;
coltes d'une colonie
que les réne produisent pasà la
sance propriétaire la moitié des bénéfices puis.
ont créés en circulant chez un pcuple qu'elles industrieux , et qu'on conçoit facilement tel ordre
de choses dans lequel la Prusse ou la Bohême
perdroient aitant par la destruction des colonies
qu'aucune puissance propriétaire.
Alorsiln'est plus
de
ne
domesegehiebntiginéal
l'Europe soit de
bien régir les
comerrer.dlandiorery de
colonies; et sil'intérêt privé d'une
puissance propriétaire la porteànuire à sa
en attaquant, dévastant ses. établissemens rivale,
loniaux, en la dépouillant de la
COcet intérêt se trouve balandé
souveraineté,
Jui.fait
par un autre qui
supporter sa part des dommages en
mentant ses périls : il doit ensuite être
augpar: la prépondérance des intérêts de la contenu
munauté des peuples
comL'état de paix sembleroit commerçans. donc devoir
être --- Page 291 ---
S U R L E S COLO N I E S.
pour tous les intérêts communs et privés 279
nécessaire et permanent des colonies a > l'état
factures ; car n'étant que conditionnellement manumoyen de puissance et de. richesse, leur conquête peut n'ajouter rien à la force du conquérant; tandis que leur conservation et leur amélioration
à son
osona-arana
industrie, et augmentent
sa force politique.
conséquemment
Je rappelle ici comme très-importante la distinction que j'ai faite entre la conquête d'une
population qui, parle seul fait de la
peut servir et composer un système de possession,
et celle d'un territoiredôntla
puissance,
vant servir qu'à des
population ne pouun système
manufactures, 2 et composer
du
commercial, n'ajoute à la puissance
conquérant que par le travail et les consommations. La première de ces conquêtes
pelle et alimente la guerre. La seconde appelle que l'industric, et rend la
désas- n'aptreuse pour toutes les parties. guerre
L'état de guerre n'est si fréquent de
nement à gonyernement,
gouver
aspire à un degré de que parce que chacun
domination
puissance qui assure sa
> et le préserve de toute insulte :
Rheiglenselyéepinems voudroit, comme
Auguste après ses victoires, 2 et sans plus de mo-
pelle et alimente la guerre. La seconde appelle que l'industric, et rend la
désas- n'aptreuse pour toutes les parties. guerre
L'état de guerre n'est si fréquent de
nement à gonyernement,
gouver
aspire à un degré de que parce que chacun
domination
puissance qui assure sa
> et le préserve de toute insulte :
Rheiglenselyéepinems voudroit, comme
Auguste après ses victoires, 2 et sans plus de mo- --- Page 292 ---
M * M OIR E &
ralité que lui, donner la
donc naturel
paix au monde. Il est
qu'ils retranchent du
leurs querelles, celles
chapitre de
à leur
qui ne peuvent que nuire
bition. prospérité en servant même leur amAinsi, c'est par un simple calcul
non d'après les voeux aussi
d'intérêt, et
puissans de la philantropie, respectables qu'imnous conduire à
que la raison doit
un état de paix nécessaire,
permanent, dans les Antilles,
les faire déclarer territoire
c'est-à-dire, à
guerres
neutre pendant les
d'Europe, sauf à livrer leurs
une fois exportés à toutes les chances produits
guerre ; car 2 outre qu'en bonne
de la
faut toujours faire la
politique il
n'importe
part de la cupidité, il
point à l'intérêt général
gaison de sucre devienne la
qu'une carou tel, pourvu qu'elle entre propriété de tel
C'est alors
les
en circulation.
dérées
que
colonies s que j'ai consicomme propriété commune à la
blique
Répueuropcene, 3 auroient effectivement cette
consistance, et croîtroient en
protection
prospérité ésous une
nées
générale 2 sans cesser d'être gouverpar les divers souverains
appartiennent,
auxquels elles
Dans ce cas là, les charges de la souveraineté
seroient nulles, car chaque colonie suffiroit
aux
-
E --- Page 293 ---
SUR LES C OLO N I E S.
frais de son administration ; et comme il
auroit plus lieu aux dépenses
n'y
la guerre, les lois
occasionnelles de
prohibitives n'auroient
aucun motif de justice
plus
que les grandes innovations apparente : mais outre
inconvénient,
ne sont jamais sans
etque les meilleures exigent toujours de la circonspection,
l'abrogation des lois
prohibitives ne seroit bien évidemment utile
tous
à
pendant la paix,
Sprte
chaque puissance propriétaire
conserveroit, si bon lui semble, le
exclusif de son commerce colonial privilège
mettroit les étrangers
, ou y admoyennant un tarifréciproquement combiné de droits
et d'exportation. Ainsi la souveraineté d'importation
droit aucun de ses
ne persolidement
avantages 9 et seroit plus
affermie (1).
Dans cettelypothèse iln'y auroit
pédition militaire
eût
point d'exqui
un objet
un intérêt plus général
plus utile et
de la paix,
que celle qui,an moment
d'après le voeu commun et
cours des puissances
le conrétablissement de l'ordre maritimes s tendroit au
et des cultures dans
(1) La ruine des colonies
leur métropole sollicite
françaises et du commerce de
commerce libre pendant pour clles, dans tous les cas, un
quelque temps.
uroit
pédition militaire
eût
point d'exqui
un objet
un intérêt plus général
plus utile et
de la paix,
que celle qui,an moment
d'après le voeu commun et
cours des puissances
le conrétablissement de l'ordre maritimes s tendroit au
et des cultures dans
(1) La ruine des colonies
leur métropole sollicite
françaises et du commerce de
commerce libre pendant pour clles, dans tous les cas, un
quelque temps. --- Page 294 ---
M E M O I R E S
toutes les colonies qui ont
fert de la révolution.
plus ou moins soufA la même autorité
définitive d'un
appartiendroit la fixation
législation
régime uniforme qu'aucune autre
ne pourroit intervertir.
J'ai dit que les bases de ce
vent être aujourd'hui
régime ne peuCe n'est pas la
que Ce qu'elles sont.
morale, c'est la force
a fondé les empires. Il n'y
qui
apoint de société
politique qui ait été créée, régie, et
se maintenir par l'application
qui puisse
cipes
stricte des prinphilosophiques. Le désordre a été notre
premier élément, l'ordre n'a
sant à la force ; et la raison paru qu'en obéisla morale la plus
perfectionnée 2
épurée , ne doivent
en politique qu'à diriger, qu'à adoucir tendre l'impression de la force : mais si elles
principe de vie sociale
éteignent ce
cahos.
3 tout retombe dans le
Or la philantropie
enseignante a cela de dangereux, qu'au lieu de s'annoncero
elle se présente comme loi; et commeconseil,
même aucune autorité
n'ayant parelleréprimante, celle
exerce contre l'abus même de la force n'a d'autre qu'elle
effetque de mettre en liberté les contre-forces
(1)
(:) J'entends par contre-forces les forces naturelles et
individuelles en opposition à la force publique.
--- Page 295 ---
S I L B S COLON I E S. 283
ct sapper ainsi par les fondemens tout
social.
l'édifice
Ceux qui aspirent an titre de
du genre humnain doivent
bienfaitenrs
leurs
donc subordonner
veux, leurs essais, à deux conditions essentielles.
Quel a été le premier mode
la société
d'existence de
qu'ils'agit de réformer
son existence actuelle P Le
P'Quelle est
deux modes n'est
régime opposé à ces
pas
inort. Le génie, la
l'amélioration, c'est la
vertu, dans toute leur
sance 3 ne pourroient en un siècle
puisle royaume de Siam comme les Etats-Unis constituer
T'Amérique.
de
Jetez les yeux sur le globe : ce n'est pas l'Amérique seulement,lAsie
l'Europe l'a été, et etl'Airiquesont esclaves:
de traces de
conserve encore beaucoup
servitude. La liberté toute entièro
n'appartient qu'à-l'homme
degré de la civilisation sanvage : le premier
jours la servitude
produit presque tou-
; et ce qui est bien
facheux, son dernier terme
plus
conduit à la
tion, si au milieu de la
corrupde l'éclat des
magnificence des arts,
lumières, 3 les lois et les
ne conservent à leur
moeurs
ligieux.
empire un caractère reNos établissemens coloniaux n'ont
pas une
èro
n'appartient qu'à-l'homme
degré de la civilisation sanvage : le premier
jours la servitude
produit presque tou-
; et ce qui est bien
facheux, son dernier terme
plus
conduit à la
tion, si au milieu de la
corrupde l'éclat des
magnificence des arts,
lumières, 3 les lois et les
ne conservent à leur
moeurs
ligieux.
empire un caractère reNos établissemens coloniaux n'ont
pas une --- Page 296 ---
M i M O I R E S
origine plus barbare que celle de la
peuples de l'Europe. En
plupart des
abordiez, vous
quelque lieu que vous
tronverez des monumens d'invasion, de conquête et
a fait des esclaves, là d'asservissement. Ici on
O1l en a acheté. En
en Afrique, l'esclavage s'est
Asie,
rope, il a été modifié
perpétué : en Eucivilisation, le
par les progrès de la
s régime féodal lui a
et
après avoir duré plusieurs siècles, succédé;
ses institutions s'altérer
nous voyons
sensiblement.
Arrêtons-nous maintenant à la naissance des
colonies et conséquemment tàl l'invasion
rique. C'est, comme
del'Amé
fort
partout, le droit du
qui a fondé et sanctionné
plus
Les conquérans du
l'établissement.
aux philosophes de quinzièmesiècle, semblables
les
ce temps - ci , sacrifioient
à venir. générations présentes au bonheur des siècles
Nous avons vu que partout, en Europe comme
ailleurs, le régime primitif est une
nécessaire du principe de l'établissement. conséquence
flibustiers
Les
> qui succédèrent dans les Antilles
aux premiers conquérans, s'y établirent
eux par la force. Ils ne
comine
tenir par la déclaration des pouvoient s'y mainIls les trouvèrent
droits de l'homme.
lontaire des
dépeuplées ; l'émigration vOdifférentes contrées de l'Europe --- Page 297 ---
SU R L E S COIO NI I E S.
n'auroit pu fournir ni un nombre
une espèce d'hommes
suffisant ni
la terre sous un climat convenable au travail de
aller
brilant. Il falloit donc
prendre des travailleurs là où on
acheter et en disposer à volonté.
peut en
Ainsi T'esclavage étoit une suite
de l'invasion de
inévitable
les
l'Amérique, du moment où
Européens ont entendu créer de nouvelles
productions sur cette terre
tiplier par des échanges étrangère, et mulnatale. Ces
celles de leur terre
celles des grandes combinaisons n'étoient pas
considérés premiers aventuriers qui peuvent être
Le
comme les fondateurs des
desir vague, mais ardent, d'un colonies.
mentané
profit moformoit, toute leur politique; celle des
gouvernemens sous la protection
faisoient leurs
desquels ils
les résultats. entreprises, a été d'en étendre
favoriser
Pour y parvenir, il falloit donc
de
la multiplication des seuls
culture que les propriétaires
moyens
curer.
pussent se proLa traite des noirs a donc da être
par les gonvernemens
protégée
d'attirer
qui ont conçu le
en Europe les
projet
rique ; mais en mêine productions de l'Améde modifier la
temps ils se sont occupés
les
servitude par la religion,
mcurs, par des lois protectrices
par
qui limi-
favoriser
Pour y parvenir, il falloit donc
de
la multiplication des seuls
culture que les propriétaires
moyens
curer.
pussent se proLa traite des noirs a donc da être
par les gonvernemens
protégée
d'attirer
qui ont conçu le
en Europe les
projet
rique ; mais en mêine productions de l'Améde modifier la
temps ils se sont occupés
les
servitude par la religion,
mcurs, par des lois protectrices
par
qui limi- --- Page 298 ---
M H M OIR E S
tent les chitimens, règlent
mandent les soins et les
T'entretien, s comabus de l'autorité
secours, répriment les
que la souveraineté domestique. Là est le terme
de
ne peut
PEurope sur ces colonies
dépasser, sans injustice envers les
priétaires, sans danger pourelle-mâme.
propriétaires appartient le droit
Auxproet la fixation de
d'alfranchisenent,
l'époque et des
quelles cette
conditions aux. -
mettre leur menurepeutseaéeuter existence.
sans comproIl n'y a donc ni droit, ni
ou morale, de la
raison, politique
gislative de
part d'aucune puissance lédes
T'Europe, de proclamer la liberté
nègres en Amérique. En
absurde; en morale,
politique, cela est
et des abus
c'est expier des injustices
de désastres. par une accumulation de crimes et
Quoi! faut-il donc se résigner à
à perpétuer
consolider,
noissant le droit l'esclavage des noirs, en ne reconde le dissoudre qu'aux
qui ont intérêt à le maintenir ?
hommes
Quand ce seroit là la
des vérités
conséquence inévitable
queje viens
les détruire? Mais si d'exposer, pourriez-vous
moyens de
vous avez le droit et les
tempérer, de modifier la servitude
parlar religion, les lois et les
vous de plus? Le
mceurs, que vouleztemps fera le reste, il a tant
- --- Page 299 ---
S U R L E S
fait en
COLON I E S. 287
Europe; et s'il ne produit aucun
gement en ce genre chez les
chanque leur religion, leurs lois Asiatiques, c'est
concilient avec
et leurs moeurs se
lonies oùt il n'a l'esclavage : mais dans nos COcessité, oùt
pour point d'appui que la nénous ayons,
les
excepté sur cet
opinions et les mceurs de
article,
dans l'ordre des choses
l'Europe, il est
duellement modifiée
que la servitude grasitôt que la
s'éteignes sensiblement, austenir
propriété sera en état de se soupar une autre voie (1).
Voulez - vous plus de détails
de ce régine, si violemment
sur les motifs
uns, si maladroitement
condamné par les
Vous les tronverez dans défendu par les autres?
les deux
je vous envoie. Tout
brochures que
sensés, c'est de les ce qui importe aux gens
possibilité de le détruire convaincre qu'il y a imgers, impossibilité de sans de grands danfaire au
faire mieux sans laisser
temps.
(1) Avec une telle mesure dans
chez les uns pour un agent du ses opinions, on passc
autres pour un philanthrope
despotisme, et chez les
prits en jugeront autrement dangereux. Mais les bons
à être utile, si l'on
: il n'y auroit aucun mérite esliaires ceux qu'on reut pouvoit servir. toujours compter pour auxi-
uire convaincre qu'il y a imgers, impossibilité de sans de grands danfaire au
faire mieux sans laisser
temps.
(1) Avec une telle mesure dans
chez les uns pour un agent du ses opinions, on passc
autres pour un philanthrope
despotisme, et chez les
prits en jugeront autrement dangereux. Mais les bons
à être utile, si l'on
: il n'y auroit aucun mérite esliaires ceux qu'on reut pouvoit servir. toujours compter pour auxi- --- Page 300 ---
M É M OI R E S
encore cette lettre, car je
Je vais publier
de censures;
reçois plus d'encouragemens que
étoit acle
que je vous ai esquisé
et si plan
des hommes puissans, non
cueilli, rectifié, par
seroient sauvées, mais
seulement les colonies
florissantes
redeviendroient bientôt plus
elles
auroit beaucoup moins
que jamais, et l'Europe
qui la désolent péde ces querelles sanglantes les dix ans. On ne
riodiquement presque tous ceci ressemble fort
manquera pas de dire que
de l'abbé de Saint-Pierre,
à la paix perpétuelle cela n'y ressemble point;
précisément parce que
des opinions, et
car ses moyens n'étoient que des choses. Ses
les miens sortent de la nature moralité des gouconseils s'adressoient plus à la
leurs intérêts; et les miens plus
vernemens qu'à
moralité. Cette' balance
à leurs intérêts qu'à leur
dont
dont on parloit de son temps,
de VEurope
les princes invoquent
on parle toujours, que cette balance qui n'est
et détruisent sans cesse,
sans doute s'étarêve, pourroit
encore qu'un
de sa non-existence
blir solidement. La preuve
de nos jours,
est dans le changement survenu puissances; mais
d. ns l'état deplusieurs grandes cet effort alternatif
la preuve de sa nécessité est l'établir dans une cirde chaque puissance pour
dans une
et la rendre impossible
constance,
de VEurope
les princes invoquent
on parle toujours, que cette balance qui n'est
et détruisent sans cesse,
sans doute s'étarêve, pourroit
encore qu'un
de sa non-existence
blir solidement. La preuve
de nos jours,
est dans le changement survenu puissances; mais
d. ns l'état deplusieurs grandes cet effort alternatif
la preuve de sa nécessité est l'établir dans une cirde chaque puissance pour
dans une
et la rendre impossible
constance, --- Page 301 ---
S U R L E S COLO
NI E S.
autre. Que signifient
l'Europe la
pour le bien commun de
plupart des traités d'alliance et de
contre-alliancelll estinatile de citer des
ples, Car les gens de bien
exemencore plus leurs
aujourd'hui doivent
secours que leurs censures aux
gouvernemens; mais je ne peux
vous
m'empêcher de
communiquer une dernière
l'état actuel de P'Europe.
réflexion sur
Je suppose, ce quin'est malheureusementy
demontré, la révolution de France
pas
ment terminée, et la nation
incessamvant paisiblement
convalescente, vigulier:less
sons un Gouvernement résuites dec cette grande
long-teimps
explosion seront
sensibles et se
che enlproche,
prolongeront de procomme le bruit du canon
répète et se prolonge dans les vallons
se
mnontagues. Il n'est
et lcs
pas vraisemblable que les
puissances, si bien averties
prennent aucune
par l'expérience, ne
senibiablesdésordres: précaution pour prévenir de
il en est
Parini les mesures possibles
d'utiles, il en est de
que celles qui tendroient dangereuses, telles
à
seroient uniquement
l'oppression, qui
et
dirigées contre les
qui ne réuniroient pas les véritables peuples,
des gouvernés et des
intérêts
pas se dissimuler
gouvernans. Car il ile faut
jourd'hui
que les êtres pensans sont audivisés en trois classes : ceux
5.
qui
--- Page 302 ---
M É MI O I R E S
frappés des abus de
sidérément
l'autorité, se prêtent inconà toutes les innovations, et
ainsi les factions, dont la recrue
appuient
parmi les
est inépuisable
indigens et les mauvais sujets; ceux
qui encore plus épouvantés de la
trouvent d'asile que dans le sein du licence, ne
me, et sont fortement soutenus
despotisnés et par les
par ses apôtres
spéculateursà la hausse ou à la
baisse du pouvoir. Il est une troisième classe
sàrement la plus respectable, qu'il faut
et
au moins
compter pour quelque chose, celle des hommes
éclairés et non corrompus, des propriétaires les
plus vulgaires, mais dont l'instinct ne l'est
Ceux-là veulent l'ordre public et détestent pas.
pression autant que les révolations. Ils veulent l'optout ce qui est raisonnable et juste en obéissance, en liberté : soumission aux lois,
pour les personnes et les
ils respect
tiennent la nécessité de propriétés; ne soul'esclavage que lorsquil
n'y a pas moyen de le détruire sans occasionner
les plus grands maux; ils s'accommodent de
tout ce qui est supportable, mais ils résistent
à ce qui ne l'est pas; et nous avons vu
genre de résistance en
que ce
Suisse, en Hollande, en
Angleterre, en Suède, en Dannemarck a toujours été plus fort que les gouvernemens qui
abusent.
,
pour les personnes et les
ils respect
tiennent la nécessité de propriétés; ne soul'esclavage que lorsquil
n'y a pas moyen de le détruire sans occasionner
les plus grands maux; ils s'accommodent de
tout ce qui est supportable, mais ils résistent
à ce qui ne l'est pas; et nous avons vu
genre de résistance en
que ce
Suisse, en Hollande, en
Angleterre, en Suède, en Dannemarck a toujours été plus fort que les gouvernemens qui
abusent. --- Page 303 ---
St R L E S Co L, 0 N I E S.
Dans cette disposition des
les combinaisons les
esprits, quelles sont
cution praticable, plus sages, et d'une exéqui concourroient le
efficacement à maintenir la
plus
Europe, en y préparant
paix publique en
politique, car il
une véritable balance
la fixer solidement? n'appartient qu'au temps de
Dans cette recherche, il ine semble
séparer d'abord les intérêts
qu'il faut
qni ne le sont pas. Le
litigieux de ceux
tous, d'aplanir toutes les projet de les concilier
roman
difficultés, n'est qu'un
d'un intérêt philosophique ; mais il y a des
si général, si
points
cile de les fixer, et
évident, qu'il est fadeles retrancher que ce seroit beaucoup
à jamais de la classe des gagner
litigieux.
intérêts
Le commerce est aujourd'hui le
intérêt et l'occupation
plus grand
lcs peuples de l'Europe. majeure de presque tous
veulent aussi faire
Ceux qui sont panvres
des riches ; ainsi le fortune, ils convoitent celle
les rapports, les liaisons, commerce change, multiplie
la guerre plus
les querelles, rend
moyens ; mais fréquente il la rend en en fournissant les
plus menaçante pour la plus dispendieuse, 2
de chaque état
tranquillité intérieure
source inconnue commerçant. Il a créé une resaux siècles précédens, le cré- --- Page 304 ---
M É M OIRES 8
dit, ressource féconde autant que dangereuse,
qui place la richesse à côté de
ne permet la guerrequ'avec sobriété, l'épuisement,
la justice, exige une liberté modérée commande
à une
et s'unit
sage administration, ou disparoit avec
elle.
Que produiront donc en Europe des luttes
sanglantes et prolongées de cupidité commercialefUn embrâsement, des révolutions sans fin.
C'est aux Etats qui ont le plus à perdre qu'il
importe le plus de les prévenir; et je
rien qui allât plus directement à ce n'imagine but,
de mettre hors de toute contestation la
que
sion et le commerce des
possesfait
colonies, car elles ont
verser autant de sang et occasionné autant
de dépenses, que les querelles du continent.
La distribution de ces propriétés étoit
à un terme qui rendoit une sorte parvenne
possible, et ne permettoit plus à une d'équilibre des
sances propriétairos le
puisdépouillement des autres
sans une oppusition générale; mais ce n'est
la seule considération
pas
qui me frappe. Le moment est arrivé où l'impossibilité d'éteindre
toutes les jalousies, toutes les inimitiés doit faire
cependant desirer plus que jamais d'en amortir
le feu, d'en diminuer la masse; et cominent
réussir si les grandes
y
puissances ne se présen-
une d'équilibre des
sances propriétairos le
puisdépouillement des autres
sans une oppusition générale; mais ce n'est
la seule considération
pas
qui me frappe. Le moment est arrivé où l'impossibilité d'éteindre
toutes les jalousies, toutes les inimitiés doit faire
cependant desirer plus que jamais d'en amortir
le feu, d'en diminuer la masse; et cominent
réussir si les grandes
y
puissances ne se présen- --- Page 305 ---
SU R L E 5 C O L C N I E S.
tent
réciproquement des points
et à toutes les autres des
d'harmonie (2),
moyens d'attraction.
(z) Si j'osois me
permettre une
sur les intérêts des
discussion approfondie
trouverois d'autres gouvernemens, il me semble que je
droit
points de réunion : par
public de l'Europe n'est-il
exemple, le
politique, Unl code dont
pas, comme la balance
face? Si ce code
nous n'avons encore que la prélois générales
existoit, non-seulement il y auroit des
auroit aussi obligatoires pour tous les Etats, mais
une puissance fédérative
ily y
les
chargée de
infracteurs : car, qu'est-ce
loi
réprimer
et quel obstacle
qu'une
sans coaction ?
y auroit-il à ce que l'on convint de
yues principes inviolables tendans
quelde la paix
également au maintien
publique et de la sûreté intérieure de tous
gouvernemens ? C'est dans les grandes
les
les ravages de la
catastrophes, après
des lazarets
peste 2 de la famine, qu'on a institué
et combiné des moyens
c'est au moment de l'ébranlement d'spprorisionuemens;
est naturel de
de l'ordre social qu'il
s'occuper des précautions
raffermir les fondemens. Si les
qui peurent en
ont pour objet de
intrigues politiques qui
diviser, 9 de soulever ou
soulèvemens et des factions dans
d'appuyer des
rées des crimes
un Etat, étoient déclapublics ; si les grands
de
priété et de la liberté civile étoient principes la prode manière que tout bouleversement unanimement consacrés,
tyrannie éprouvât
par anarchie ou par
un grand pas dc fait par-tout des obstacles, ne seroit-ce pas
vers le bonheur de
ne resteroit-il pas à l'anbition
Phumanité ? et
de guerre dans les
assez d'autres occasions
successions litigieuses, les prétentions
un Etat, étoient déclapublics ; si les grands
de
priété et de la liberté civile étoient principes la prode manière que tout bouleversement unanimement consacrés,
tyrannie éprouvât
par anarchie ou par
un grand pas dc fait par-tout des obstacles, ne seroit-ce pas
vers le bonheur de
ne resteroit-il pas à l'anbition
Phumanité ? et
de guerre dans les
assez d'autres occasions
successions litigieuses, les prétentions --- Page 306 ---
M I M O I RE S
Quel seroit donc le sacrifice à faire de leur
part pour arriver à une telle fin?
si de deuz quantités
Aucun, car
deur
égales vous retranchez
parties égales, les restes sont
Ainsi en vous abstenant de faire la
égauz.
les colonies, si vous
guerre dans
avez la certitude de ne
pouvoir y être attaqué, vous perdez tout
plus une chance de profit,
au
deux, et, qni
pour en acquérir
plus est, deux
la streté de votre
avantages positifs,
la garder à
possession, et la dispense de
grands frais.
Chaque puissance s'estimeroit-elle
reuse de perdre la perspective du
malheude Ses rivaux, et compteroit-eile déponillement
certitude de ne pas être
pour rien la
le traité à intervenir,
dépouillée? mais dans
les sonverainetés vont être
reconnues, fixées, garanties : je sais bien
tous. les traités ne-sont
que
tôt
pas inviolables,
qu'une guerre éclate entre les
qu'aussitractantes, ils sont comme
parties connon avenus, mais
suraunées, les querelles d'humeur ou de
de fait, l'extinction d'une
vanité, les voies
raine, etc. etc.? Je ne sais race ou d'une branche souveévénemens dont nous
si je me trompe ; mais les
nés d'une ancienne et sommes fausse contemporains: me paroissent
place à des vues plus
politique, 9 qui doit faire
justes et plus étenducs. --- Page 307 ---
U R LES COLONI E S.
les circonstances
ne sont-elles pas telles qu'il
importe enfin de leur donner plus de consistance? et puisque VOS arts, VOS lumières,
colonies ont donné à la société
VOS
nouvelle vie essentiellement
européenne une
et les
fondée sur. le travail
consommnations, ne seroit-il pas
que la politique s'arrangedt
temps
le moins possible le travail pour interrompre
tions? Déclarez
et les consommadonc VOS colonies territoire
tre pendant les querelles
neupas pour objet de
d'Europe : ce qui n'a
faisant la
vous mettre plus à l'aise en
guerre, mais de la rendre
moins fréquente!
beancoup
Mais les loix prohibitives, le
clusif et tous ses avantages!.. commerce exil ne seroit encore
premièrement
question que de les
pendant la guerre; elles reprendroient abroger
tout leur empire pendant la
presque
que l'opinion, qu'ilne
paix, jusqu'à ce
elle est
fautjamais braver,quand
dominante, eût reçu de
une autre direction. Il suffit
des l'expérience
d'un mérite
qve
hommes
distingué en économie
tiennent fortement à ce
politique
gislation de
systèine, et que la lépresque tous les peuples l'aita adopté,
pour qu'un homme sage se gardât bien de le
détruire s'il en étoit le maître : mais n'ai
tendu aucun raisonnement
je
enqui pàt affoiblir la
dominante, eût reçu de
une autre direction. Il suffit
des l'expérience
d'un mérite
qve
hommes
distingué en économie
tiennent fortement à ce
politique
gislation de
systèine, et que la lépresque tous les peuples l'aita adopté,
pour qu'un homme sage se gardât bien de le
détruire s'il en étoit le maître : mais n'ai
tendu aucun raisonnement
je
enqui pàt affoiblir la --- Page 308 ---
M E M OI R E S
conviction où je suis, que les lois
ont un terme où leur utilité
prohibitives
terme est celui où l'industrie cesse, et que ce
est assise sur la
desirer alors un peuple richeP
EEPEET
le
que tous. les autres
deviennent; car il le sera
au contraire
toujours plus, et
doit le faire T'appanvrissement de ses voisins
naturel
trembler, 2 attendu que leur
est la guerre, et leur but de emploi
les jonissances
conquérir
parerois donc les qu'ils ne peuvert payer. Je comdont
lois prohibitives à l'échafaud
se sert l'architccte pour élever son bâtiment, mais dor il se débarrasse
ouvrage est achevé.
quand son
Au reste, il ne s'agit pas, je le
leur abrogation
répète, de,
lonies le bienfait absolue; en accordant aux COd'une paix perpétnelle,
puissance conserveroit le droit de
chaque
exclusif, excepté dans les
commerce
cette exception seroit
temps d'hostilités; et
tage bien
déja, jel'avone, un avantoutes les classes précieux pour les colonies : mais de
au bien
qui coopèrent par leurs travaux.
commun de la société, je n'en vois
qui ait plus de droit que les colons à
pas
tection signalée. Si on honore
une prosa patrie un négociant
comme utile à
et au milieu des
qui, sous un climat sain
jouissances qui l'euvironnent --- Page 309 ---
S U R L E S C OL ONI E S.
en Europe, travaille à sa
on pas à ceux qui, bravant fortune; que ne doittous les périls,
tous les élémens,
passent leur vie sous les
ou dans leurs ateliers, et ne travaillent armes
fortune de leurs enfans
à la
multipliant leurs
et de leur pays qu'en
leurs
privations, et en abrégeant
jours?
Qu'on cesse donc de regarder avec indifférence ou même avec des préventions
rables des établissemens
défavosamment
qui influent si puissur la fortune de
maintien de sa police;
l'Europe et sur le
frémir,
que celni qui osera, sans
réformerletravail et la subsistance d'un
peuple, et les agiter tous,
de nos manufactures,
prononce la ruine
répète avec
périssent les colonies plutôt
Robespierre,
mais que les hommes
que nos principes:
honnêtes
d'état, que les
et influans dans tous lcs citoyens
tègent le travail de l'homie
pays, prodéploie, car il chasse
partout où il se
la misère,
devant lui les crimes et
consolations. multiplie les secours ainsi que les
Pénétré de cette vérité, j'ai examiné s'il
seroit pas possible de mettre en
ne
le bonheur
sireté, pour
toujours
commun, un magasin de travail
croissant etjamais
voir qu'en fixant la
interrompu. J'ai cru
souveraineté des colonies
ie
pays, prodéploie, car il chasse
partout où il se
la misère,
devant lui les crimes et
consolations. multiplie les secours ainsi que les
Pénétré de cette vérité, j'ai examiné s'il
seroit pas possible de mettre en
ne
le bonheur
sireté, pour
toujours
commun, un magasin de travail
croissant etjamais
voir qu'en fixant la
interrompu. J'ai cru
souveraineté des colonies --- Page 310 ---
M É M OI R a S
et leur régime, en les environnant d'une
tection générale, les peuples riches auroient proplus de sécurité, ceux qui ne le sont pas plus de
ressource, et tous bien plus d'intérêt de favoriser la culture de toutes ces possessions, que
de se réserver le droit éventuel de conquérir
celles qu'ils ne possèdent pas. J'ai cru voir qu'en
reconnoissant sur le globe quelques arpens de
terre coinme territoire neutre, c'étoit encore
laisser assez d'espace libre aux passions et à
l'ambition des gouvernemens.
Puisse l'objet de cet écritn'être pas méconnu!
Si toutes les idées qui y sout developpées n'ont
pas une égale justesse, au moins ai-je la conscience de l'importance que pouvoit leur donner
un homme plus habile et plus exercé que moi
sur de pareils sujets. Ce quej je desire le plus est
qu'elles soient sévèrement examinées et que mes
erreurs, si j'en ai commis, ne me laissent
jamais le regret d'avoir concouru à nuire à
aucun paysh habité par des hommes.
En voilà assez pour ceux qui ont le droit et
les moyens de me juger; mais quand on publie
ses opinions, on ne peut ni choisir ni récuser
ses juges : il faut bien se résigner à l'animadversion des préjugés, à la malveillance des intérêts ou des passions qui se croient offensés. --- Page 311 ---
S U R L E 3 COLO N I E S.
Ce ne seroit donc
pas la peine de
si on n'étoit entraîné
de
s'y exposer,
quelque
par nobles motifs et par
espérance.
Je regrette fort, monsieur, que la triste circonstance qui, au milieu de VOS occupations
publiques, vous accable de soins
ne me permette pas de solliciter votre domestiques,
et la sévérité d'un
attention
économic
jugement aussi exercé en
fautes
politique qu'en littérature; mais les
que l'amitié surveillante auroit pu m'épargner, seront une provocation de
le
de
plus pour
à développement VOS lumières, et là où j'ai
gagner pour mon instruction, je compte
peu ce qu'il y a à perdre
pour
propre.
pour mnon amourJe suis, etc.
MALOUET:
Londres, le 25 Janvier
1797. --- Page 312 ---
M É M O I R E S
R ÉSULTAT
Des observations, 3 des faits et des principes
ci-devant exposés.
Sr nous accordons à l'expérience l'autorité
qui lui appartient, il n'y a plus rien à craindre
pour nos colonies, car les dangers et les vices
qui les menacent sont suffisamment connus
ainsi que les moyens de leur conservation et ,
de leur prospérité ; mais la mauvaise foi et la
légéreté dénaturent la raison même, et convertissent en problème l'évidence: il n'est donc
pas inutile de rapprocher sous les yeux du lecteur les faits divers qui l'ont frappé séparément,
et les principes, les conséquences applicables
à ces faits.
Au lieu d'un traité nouveau sur la législation et l'administration. des colonies, que je
n'aurois pu écrire que d'après ines opinions
,
de leur prospérité ; mais la mauvaise foi et la
légéreté dénaturent la raison même, et convertissent en problème l'évidence: il n'est donc
pas inutile de rapprocher sous les yeux du lecteur les faits divers qui l'ont frappé séparément,
et les principes, les conséquences applicables
à ces faits.
Au lieu d'un traité nouveau sur la législation et l'administration. des colonies, que je
n'aurois pu écrire que d'après ines opinions --- Page 313 ---
S UJ R L E S COLO N I E S.
propres, 9 j'en ai trouvé
selon l'ordre des dates l'exposition plus utile,
et des circonstances dans
lesquellesjeles: ai conçues et
au
communiquées, soit
alors Gouvernement, soit au public: Ce n'est
l'écrivain qui
plus
qui
prononce, c'est le
vérifie, ce sont les événemens
temps
Dans cette série
qui concluent.
d'observations et de
sions, on
discusremarque, 2
1°, La destination et
tures coloniales.
l'importance des culObjets d'échange et de
sont aussi moyens de travail consommation, elles
tion,
et de reproducde puissance. conséquemment moyens de richesse et
Le commerce et la
nationale, privés de cet aliment, navigation
duits au dernier terme de
seroient ré2°. Les peuples
langueur et d'inertie.
échangeons les denrées étrangers avec lesquels nous
aux bénélices du travail coloniales, participent
dont elles sont
et des reproductions
La
causes et effets.
première de ces vérités sollicite
les
colonies un régime sage et
pour
conde intéresse à leur
protecteur; la sequi, à
conservation les peuples
à leurs quelque titre que ce soit, participent
produits.
Cependant le régime n'a jamais été
ni sur le véritable intérêt de la
combiné,
métropole, ni --- Page 314 ---
30z
M É M O I R E S
sur celui des colonies; ; et, dans les relations
politiques et commerciales de
sance, les erreurs de l'intérêt puissance à puistinuellement contrarié
privé ont conl'intérêt
Il seroit temps de se fixer sur Ce commun. double
port de régime intérieur, régime
rapc'est ce que j'appelle système
extérieur: :
Quelle est la police la plus colonial. utile
tropoles, la plus nécessaire
aux médant la paix, pendant la aux colonies, pende cette
guerre P La solution
question détermine un bon
colonial.
système
Pour la résondre, j'ai examiné
tion de la plus
l'organiszles vices de importante de nos
son
possessions,
les progrès jusqu'à aiministration; j'en ai suivi
On a vu la discorde l'époque de la révolution.
du
des intérêts, la négligence
Gouvernement à en rétablir
les voeux indiscrets de la
Pharmonie,
sécurité des
philosophie, l'aveugle
colons, 3 les moyens subversifs des
novateurs, et l'imprudence de l'Assemblée
tituante qui les accueille.
consC'est une époque bien remarquable
discussion du 10 mai 1790. La
que cette
droit imprescriptible,
violation d'un
l'abolition d'un
conservateur , en refusant aux colonies principe
tiative ou le consentement
l'inilibre aux lois qui
monie,
sécurité des
philosophie, l'aveugle
colons, 3 les moyens subversifs des
novateurs, et l'imprudence de l'Assemblée
tituante qui les accueille.
consC'est une époque bien remarquable
discussion du 10 mai 1790. La
que cette
droit imprescriptible,
violation d'un
l'abolition d'un
conservateur , en refusant aux colonies principe
tiative ou le consentement
l'inilibre aux lois qui --- Page 315 ---
S U R I E S
COLONIT B S.
importent à leur existence : voilà la
d'on sont sortis des torrens de feu
source
Si l'Assemblée,
et de sang.
quences de
plus éclairée sur les consél'égalité des droits
les colonies, , avoit laissé subsister politiques dans
rière qui pût les défendre
la seule barmétropole, il est
des erreurs de la
rions conciliés
probable que nous nous seavec les gens de couleur
priétaires, et qu'alors il y auroit eu
prolance de forces suffisante
une bacomprimer la révolte des pour prévenir ou
influence salutaire n'auroit esclaves; et quelle
sur l'amélioration de la pas eue l'Assemblée
condition des
si, au lieu des innovations
nègres,
a commandées, l'autorité désastreuses qu'elle
conseils se fat borné à toute-puisante de ses
leurs intérêts et leurs
rappeler aux colons
devoirs.
Les premières bases du système
recommandées par
colonial,
donc dans cette Pezpérience, se retrouvent
maxime
droit des nations, du droit imprescriptible de
du
ne peut prononcer
citoyen : Qu'on
et des
sur Pétat des personnes
propriétés, sans le consentement des
propriétaires ou de leurs représentans.
Mais nous devons à la
version
révolution, à la subla
qu'elle a produite dans les colonies,
solution non moins
importante de Cette --- Page 316 ---
a
M E MI O I R E S
grande question,
vitude des
leffhunchisement OuL la sernègres non propriétaires.
La liberté a été proclamée, l'esclave
le titre de citoyen; le
d reçu
dévoré tous les
sang a coulé, le feu a
est-il
produits de l'industrie :
résulté P Interrogeons les
qu'en
et noirs, promoteurs
agens blancs
de partis,
d'insurrections, les chefs
généraux, commissaires,
ou magistrats légitimes.
Leurs usurpateurs
répondent.
actes nous
confirmé Tous, en proclamant la liberté, ont
la servitude; tous ont remis sous le
joug le plus dur,le plus absolu, les noirs
propriété. Le travail dont ils se
sans
franchis est revenu leur
croyoient afles châtimens Ont été commanderdes sueurs;
a succédé au
plus terribles ; le bâton
fouet, la faim punit la
la mort, et toujours la mort, punit négligence; l'insubordination. Voilà la liberté des nouveaux
nous leur imposions une plus douce citoyens :
Ce n'est point à Ia férocité, à l'ambition servitude.
des chefs qu'il faut imputer ce
la nécessité qui fait succéder la résultat; c'est
fureur, le
violence à la
la
despotisme à l'anarchie. Avec de
force, on fait du pouvoir, mais non des
hommesl libres, des propriétaires. Les
nés de la violence, sont nécessairement premiers,
ou esclaves. La propriété,
tyrans
l'ordre, les inceurs
oyens :
Ce n'est point à Ia férocité, à l'ambition servitude.
des chefs qu'il faut imputer ce
la nécessité qui fait succéder la résultat; c'est
fureur, le
violence à la
la
despotisme à l'anarchie. Avec de
force, on fait du pouvoir, mais non des
hommesl libres, des propriétaires. Les
nés de la violence, sont nécessairement premiers,
ou esclaves. La propriété,
tyrans
l'ordre, les inceurs --- Page 317 ---
S U R L E S CoLO N I E S.
et les lumières sont les
liberté pour les
seuls élémens de la
vages sont libres peuples à moins civilisés; Car les saupopulation d'esclaves
de frais, mais une
est plus difficile à émanciper, qu'il ne l'est même
vages le joug de la civilisation. d'imposer aux sauAinsi se trouve constaté le
en ceuvre les rèves de la danger de mettre
Une autre vérité d'une philosophie.
sortie de ce sanglant égale importance est
l'état sauvage
chaos ; c'est qu'après
des hommes qui est sans doute l'état primitif
état social dispersés, leur réunion dans
ne peut se perpétuer
un
propriété et le travail,
que par la
lun et de l'autre.
par la protection de
Nous avons vu que tous les chefs de
tés, quelque fut leur couleur,
révolautre chose des hommes
n'ont pu faire
des êtres passifs, soumis à sans propriété que
dans les atteliers
une volonté absolue
ou dans les
ont été obligés de
camps. Or, s'ils
comme les soldats, de discipliner les travailleurs
la propriété celui de la substituer à l'empire de
chose que cette police, si force, qu'est-ce autre
monstreux de celle
ce n'est l'abus le plus
dans les
que la nécessité commande
colonies, et que la raison, la
peuvent incessamment
justice
5.
modifier, en l'unissant
--- Page 318 ---
M É M 0 I R E S
habitudes et aux intérêts de la propriété.
aux
leçons nous ont coûté cher 9
Ces grandes
et
moins elles ne soient point perdues,
qu'au
là où le territoire
qu'il soit bien reconnu que oà la multitude
au petit nombre 3
appartient
il faut qu'elle
n'estinvestie d'aucune propriété, subsister, ou
obéisse et qu'elle travaille pour et de la bartous les excès du brigandage
que
un nouveau partage des terres,
barie précèdent
ordre social.
un nouvel
déterminent
Ces faits sont des règles qui
le seul
intérieur de nos colonies,
le régime convienne : mais ces faits n'excluent
qui leur
ils la compoint la justice 3 ils Pappellent,
s'élève
il faut que sa voix puissante
A
mandent;
les clameurs, qu'elle se
au-dessus de toutes
ce que les
répète d'échos en échos 3 jusqu'à l'entendent et la
gouvernans et les gouvernés
pratiquent.
! Maîtres du terriJustice aux propriétaires leurappartiennent,
toire, la liberté, l'influence
droit
colons ont un
personet les propriétaires des erreurs de la métropole
nel à se préserver
sur leur législation.
leur servitude dans
Justice aux travailleurs,
qui
la protection
les Antilles est indispensable,
lcur est due l'est plus encore.
répète d'échos en échos 3 jusqu'à l'entendent et la
gouvernans et les gouvernés
pratiquent.
! Maîtres du terriJustice aux propriétaires leurappartiennent,
toire, la liberté, l'influence
droit
colons ont un
personet les propriétaires des erreurs de la métropole
nel à se préserver
sur leur législation.
leur servitude dans
Justice aux travailleurs,
qui
la protection
les Antilles est indispensable,
lcur est due l'est plus encore. --- Page 319 ---
8U R L E S COL O N I E S.
Pour les hommes libres,
mnettre la démarcation
3 la loi ne peut addes
moeurs doivent la
couleurs, mais les
peut garantir la maintenir pour tout ce qui
sans répandre prépondérance des
sur les gens de
Européens,
trissure des anciens
couleur la flémoralité et leurs talens préjngés, car ceux que leur
ête soumis à aucune distinguent, ne doivent
Dans le premier
exclusion.
l'autorité
moment de la
doit
restauration,
établir, le
pourvoir à tout ; le
statut fondamental
régime à
discutés dans des assemblées ne peuvent être
les préjugés, les
ou les passions,
leur empire. Après ressentimens exerceroient tout
il faut,
d'aussi effroyables tempêtes,
pour que le calme se
qu'il soit durable, que les
rétablisse 2 et
soient une émanation de la moyens réparateurs
térêt général. Mais il
volonté et de l'inchercher
est bien plus sûr d'en
l'esprit et l'expression chez
nombre d'hommes
un petit
une assemblée
sages et éclairés, que dans
nombreuse.
de rencontrer ce
L'objet essenticl est
utile, le
qui est le plus juste, le
plus convenable aux
plus
et, lorsque cela est trouvé, circonstances,
versel vous avertit
l'assentiment unibut. C'est alors
que vous avez atteint le
peuvent
seulement que des assemblées
reparoître sans
inconvéaiont, parce --- Page 320 ---
M É M 0 I R I S
qu'elles ont un fanal et des limites, ce qui a
manquéà toutes celles qui nous ont bouleversés.
Il ne faut pas plus songer, dans les colonies
que dans la métropole, à un gouvernement
arbitraire qui, n'ayant plus pour appui comme
autrefois les superstitions religieuses et politiques, ne pourroit se maintenir que par la
terreur.
Dans l'ancien régine, l'autorité royale, toute
absolue qu'elle étoit, ne se permettoit la fixation de l'impôt que du consentement des colons
représentés dans une assembléc composée des
principaux propriétaires; ; telle étoit l'institution
primitive. Mais la législation provisoire, attribuée aux administrateurs, avoit fréquemient
excité les plaintes ct les réclamations des COlonies , qui desiroient avec raison que des
hommes étrangers à leurs intérêts n'cn fussent
pas les arbitres exclusifs.
Le caprice d'un homme, son ignorance, sa
déraison armés de pouvoir, ont quelque chose
qui épouvante, j'en voudrois préserver même
les esclaves.
Nous avons vu ce qui manquoit aux colonies
dans leur bon temps.. Les vices de leur administration, l'incohérence dcs lois, leur inexé-
plaintes ct les réclamations des COlonies , qui desiroient avec raison que des
hommes étrangers à leurs intérêts n'cn fussent
pas les arbitres exclusifs.
Le caprice d'un homme, son ignorance, sa
déraison armés de pouvoir, ont quelque chose
qui épouvante, j'en voudrois préserver même
les esclaves.
Nous avons vu ce qui manquoit aux colonies
dans leur bon temps.. Les vices de leur administration, l'incohérence dcs lois, leur inexé- --- Page 321 ---
SU R L E S
cution,
COLONTE E S. 309
voilà la matière d'un
et il existe pour cela de bons grand travail,
La formation des
documens.
position, la
tribunaux,leur bonne comdignité, la pureté des
doivent être mis au premier
magistrats
de
rang des moyens
restauration, et le crédit au second.
Il n'y a qu'un mot à dire sur l'administration de la justice dans les colonies
dans la métropole,
comme
manière de la rendre parce qu'il n'y a qu'une
ce qu'elle doit être toujours en tout pays, éclairée,
vère. Mais le crédit, celui
impartiale, setauration de
nécessaire à la resà dire, c'est Saint-Domingue, il y a
un édifice à reprendre beancoup
et à commencer par les fondemens. sous ceuvre.
Après une révolution qui a tout
tout est à réparer, où l'on
détruit, où
cien et le nouveau
reprend dans l'ancipes, tantôt des régime 3 tantôt des prinn'est encore
expédiens, et lorsque rien
irrévocablement arrêté, les
vérités, celles qui n'offensent ni les grandes
ni les institutions
intérêts,
nonvelles, ne sauroient être
trop développées.
Un voeu unanime appelle le crédit dans la
métropole comme dans les colonies, mais la
confiance qui le produit exige des
des lois et de moeurs qui le
institutions,
soutiennent. C'est --- Page 322 ---
a
M E M O I R F S
l'état prospère de
l'agriculture ct du commerce,
résultat de toutes ces choses, qui fondent le
crédit public.
/
Sous la monarchie, nous ne manquions ni
d'industrie, ni de connoissances. La fertilité
du sol se prête à tous les genres de
tions, la théorie et le méchanisme de productous les
arts, sont aussi avancés parmi nous
tout ailleurs; cependant
que parl'agriculture etle commerce 2 avant la révolution, étoient fort audessous de ce qu'ils pouvoient être en France
et dans les colonies, et nous les trouvons
encore
plus appauvris.
Nous manquions de capitaux; la taille et les
corvées grévoient énormément
l'agriculture :
aucune institution sociale ne
l'encourageoit et
ne propageoit l'industrie, l'émulation des fermiers, des laboureurs. Nos moeurs étoient
en
opposition avec la vie rurale.
Les inêmes désavantages s'étendoient
sur le
commerce : l'administration se laissoit dominer
par une fiscalité monstruense. Les
les exclusions tourmentoient
priviléges 2
la vanité autant
que l'industrie. Les fermiers généraux, les diverses compagnies de finance ont fait ou
voqué plus de vingt mille arrêts du conseil prosur
l'agriculture et le commerce, Tous ces corps ont
ient
en
opposition avec la vie rurale.
Les inêmes désavantages s'étendoient
sur le
commerce : l'administration se laissoit dominer
par une fiscalité monstruense. Les
les exclusions tourmentoient
priviléges 2
la vanité autant
que l'industrie. Les fermiers généraux, les diverses compagnies de finance ont fait ou
voqué plus de vingt mille arrêts du conseil prosur
l'agriculture et le commerce, Tous ces corps ont --- Page 323 ---
S U R L E S COLO N I E S.
disparu : puisse l'esprit qui les animoit ne
leur survivre !
pas
De tous nos traités ceux avec la Turquie et
avec l'Espagne étoient les seuls utiles, , encore
que nos relations avec ces deux Etats ne fussent
pas ce qu'elles devoient être. Le dernier traité
de commerce conclu avec l'Angleterre est tout à
notre désavantage. Notre cabotage étoit livré
aux Hollandais , aux Danois, aux Suédois.
La pêche 2 la navigation 7 les manufactures
nationales étoient infiniment au-dessous de nos
forces ; mais la richesse immense de
lonies corrigeoit toutes les
nos COerreurs de l'administration. Cette ressource n'existe
elle
est à recréer. Nous n'avons
plus 3
il faut tirer
plus rien à perdre :
parti de tout > si nous voulons
redevenir riches; car la dépendance est la compagne de la pauvreté ; et une grande nation
qui a des besoins de luxe et de première nécessité à satisfaire chez ses voisins doit
payer avec son indastrie, ou se condamner 9
les
privations.
aux
Je vais dire une vérité simple, facile à démontrer , mais peu sentie : ce sont plus les
moeurs que les lois qui font prospérer
culture et le commerce.
l'agriCe qu'il y auroit de pire dans notre révolu- --- Page 324 ---
M E M O R ES
tion, c'est qu'elle n'opérât pas la réforme des
moeurs qui l'ont produite. Si, par exemple;
on conservoit de l'ancien régime sa fiscalité et
ses résultats abusifs s nous n'aurions aucune
des compensations qui nous procuroient une accumulation de richesses, de préjugés, de circonstance qui n'existent plus. Ainsi, l'agriculture et le commerce décroitroient
en raison des vices dont ils étoient déja grévés, encore
et des moyens qu'ils ont perdus.
Des capitaux et d'autres mceurs, voilà ce qui
nous élevra bientôt à un état florissant.
La banque territoriale, telle quejel'ai proposée en France et dans les
colonies s angmenteroit strement les produits du sol et des
mnanufactures.
Point de prospérité réelle sans un grand
commerce intérieur. Avant de chercher à gagner sur l'étranger 2 assurons la plus grande
aisance possible à nos travaux, à nos échanges,
à nos consommations intérieures. On parle
en cetinstant du commerce del'Inde ! Que nous
importe steqselguesarmatmny: fassentfortane?
L'Étatne peutqu'yperdre les métiers de Rouen,
de Lyon, 2 de Louviers, etc. : les sucreries de
Saint-Domingue sont bien d'une autre importance !
commerce intérieur. Avant de chercher à gagner sur l'étranger 2 assurons la plus grande
aisance possible à nos travaux, à nos échanges,
à nos consommations intérieures. On parle
en cetinstant du commerce del'Inde ! Que nous
importe steqselguesarmatmny: fassentfortane?
L'Étatne peutqu'yperdre les métiers de Rouen,
de Lyon, 2 de Louviers, etc. : les sucreries de
Saint-Domingue sont bien d'une autre importance ! --- Page 325 ---
SU R L E S COL 0 NIE S.
S'habiller de ses propres étoffes,
de préférence les denrées de
consommer
maxime
son crà, c'est la
vulgaire de tousles
mettre en honneur cette gouvernemensimais
sacrer avec un zèle
préférence , la conmouvement
passionné , imprimer un
liorations, général et continuel vers les amévoilà le code moral de
etdu commerce.Faut-il
l'agriculture
non. C'est le concours de l'écrire,le promulguer?
à
toutes les
commencer par les écoles; ; c'est institutions,
forme du
l'esprit et la
de famille gouvernement qui créent cet
et le généralisent dans
esprit
Ily a cependant des
une nation.
seulement ntiles, mais mesreslégislatives, nonnécessaires aux
T'agriculture et du commerce,
progrèsde
la
nedephasinporamee estl'impôt,
reproduction aussitôt qu'il arrête quiarrête la
sommation. - Le mal est à son comble, si conpôt s'étend sur le travail du
l'imlève sur une portion de
pauvre, et se préen étions là avant la
sa subsistance. Nous
sonnelle n'étoit
révolution. La taille perdesserfas-lat autre chose que la capitation
additionnels,a tailleréelle,le vingtième, les sous
dans les caisses appeloient du
les produits de la terre
culer dans
fisc, avant qu'ils pussent cirtous les canaux qui pouvoient les
multiplier;-la taxe sur l'industrie en étouf- --- Page 326 ---
M E M 0 I R E 3
Au lieu de s'adresser à l'aifoit le germe.
itletravail; au lieu d'ouvrir
sance, on poursuivoitl
avec
issue à la pauvreté, on la garrotoit
une
la richesse même sembloit cirses haillons,et
ne ponvoit
conscrite dans un espace qu'elle
franchir.
le mode de limpôt, c'est
C'est non-seulement'
droit
être funeste.-Le
aussi sa quotité qui peut
modéd'enregistrement, dans des proportions le tarif
est une utile contribution ; mais
rées,
coloniales que la
actuel arrête les transactions
exemple,
situation de Saint - Domingue 2 par
Commentles propriétaires
rend indispensables.
- ils traiter
ruinés de cette colonie pourront
France de ventes 2 d'achats, d'emprunts,
en
si on les soumet à des frais
d'association >
faireles avances? Le tarifde
dont ils ne peuvent au-dessus de leurs moyens,
l'enregistrement est
de tout crédit 7
et suffit seul pour les priver
dans la colonie, où le droit d'enregistrenon
mais dans la métroment ne peut être établi,
d'oà ils attendent leurs ressources.
pole,
les droits d'entrée en Angleterre
On sait que
rendent au fisc plus
sur les vins de Portugal
le
de vingt millions tournois ; ce qui surpasse
net de toutes les récoltes des propriéproduit
droit fut encore augmenté
taires portugais.-Ced
it 7
et suffit seul pour les priver
dans la colonie, où le droit d'enregistrenon
mais dans la métroment ne peut être établi,
d'oà ils attendent leurs ressources.
pole,
les droits d'entrée en Angleterre
On sait que
rendent au fisc plus
sur les vins de Portugal
le
de vingt millions tournois ; ce qui surpasse
net de toutes les récoltes des propriéproduit
droit fut encore augmenté
taires portugais.-Ced --- Page 327 ---
SU R L E S J 0 L O N I E S. 315
il ya
quelques années; et dans l'instant la consommation, la recette du fisc, diminuant d'une
manière eflrayante, il fallut bien rétablir le niveau en diminuant les droits.
En économie
miner et citer politique on ne peut trop exaLà les
ce qui se passe en Angleterre.
fantes s les abus sont une
l'état habituel est l'ordre
exception ;
bien
et la direction vers le
général.
Quel est donc le ponvoir
des Anglais une société
magique qui a fait
individuelle
à part, dont l'aisance
et la puissance
trouvent dans
publique ne se reaucun pays, et à aucune autre
époque des annales du monde?
ture et leur
C'estlenragriculcommerce, c'est l'alliance
ble de leursforces.
indissoluMais quiles a mis ainsien état
leur soletdeleur
ComotCinTo
monter
industrie? Ici, il faut bien reaux lois et aux moeurs, et on voit
côté de chaque institution
à
Le
ses heureux résultats.
revenu terrritorial de
peu près celui de la France l'Angleterre est à
l'impôt territorial
avant la révolution ;
est trois fois moins
rable. Le travail ne
considéentouré
paie rien, et par-tout est
dustrie d'enconragemens ; les succès de l'inont une carrière illimitée ; les
du sol et des manufactures
produits
nationales sont --- Page 328 ---
M E M O I R E S
défendus par les lois etl les moeurs contre
entreprise du dehors.
toute
quoiqu'elles excèdent la Lesdépenses publiques,
nomie, n'excèdent
mesure d'une sage écolosimpots,
point celle des ressources;
devenus énormes, sont encore en
portion avec les richesses, et n'en
procune dans sa source; ils suivent la frappent ausommations
route des con2 et passent devant la porte du
pauvre sans s'y arrêter. Les contrats
sont inviolables, et leur
publics
des transactions
garantie, comme celle
sance de
particulières, est dans la
la loi. - Voilà les grands
puiscrédit, et la protection efficace moyens de
ture et du commerce dans, la
de l'agriculdans les colonies.
métropole comme
Iln'y a rien de magique dans ces
sons ; elles peuvent être imitées
combinaipays. Un Gouvernement
dans tous les
de la portée ni au-dessus raisonnable n'est hors
des mérites d'aucun
peuple, et il n'y a pas jusqu'à la
tion des capitaux fictifs de
multiplicanous ne
l'Angleterre que
puissions nous approprier.
Le système des économistes
tant
nous a nui d'auplus qu'il a échoué dans ses
tre la fiscalité. La
attaques conerreurs de
tyrannie de l'une et les
l'autre se sont réunies dans leurs
hostilités contre l'agriculture etle commerce de
raisonnable n'est hors
des mérites d'aucun
peuple, et il n'y a pas jusqu'à la
tion des capitaux fictifs de
multiplicanous ne
l'Angleterre que
puissions nous approprier.
Le système des économistes
tant
nous a nui d'auplus qu'il a échoué dans ses
tre la fiscalité. La
attaques conerreurs de
tyrannie de l'une et les
l'autre se sont réunies dans leurs
hostilités contre l'agriculture etle commerce de --- Page 329 ---
SU R L E S - OLON I E S.
la France et des colonies.
çoit à un mauvais
Quand on renonsubstituer un meilleur. plan, ce n'étoit pas pour en
des
La variété des essais et
expédiens, et une marche
accord dans les mesures,
routinière, sans
Ce qu'étoit l'ancienne sans but positif, voilà
administration
que. Si, commne on peut
économijourd'hui la volonté des l'espérer, On a auvolonté ferme devant ameliortions, cette
laquelle les obstacles
disparoissent, mnais.
on en trouvera moins
-La puissance des
que japrivilégiés n'existe
corps et des intérêts
de
plus. Le prix des
magistrature et de finances étoit charges
immense, soustrait à la
un capital
treprises utiles; il y est rentré circulation, aux ensorte plus. Il
: qu'il n'en rescorruption
n'y a que l'ignorance et la
innovations qui puissent appliquer le danger des
les
aux réformes sensées. - Le
pour
anciennes lois n'est dà
respect
assurent l'ordre et le bien-être qu'à celles qui
mais les anciens
des sociétés ;
abus, les institutions
cieuses, quelque désastreuse
pernition qui les a
que soit la révolules
détruits, ce seroit en prolonger
ravages que de les renouveler.
colonial Cesréflexions paroissent étrangères au
et à l'objet spécial de la
système
de
restauration
Saint-Domingne : mais quand on marcheau --- Page 330 ---
M E M OI R E 8
milien des ruines il faut enlever les
avant de s'occuper d'un plan
décombres
on parle de restauration, régulier. Quand
en a point de
il faut dire qu'il n'y
rattachent à partielle dont les moyens ne se
tous les principes d'un bon
nement. C'estsurla
gouversur
les maximes qui policeinérieuredelat la
France,
dirigent,
mes
que je fonderai
spéculations sur
sur la situation du crédit Saint-Domingues et c'est
dans les
que j'apprécierai ses ressources dans départemens les
nies. - Un bon système
colod'impôts dans la métropole, un tarifde douanes
une fidélité soutenue dans les sagement calculé,
protection active du commerce engagemens, une
des bases de crédit et les
intérieur, voilà
d'un bon système colonial. parties intégrantes
Avec de tels
tail
préliminaires, les mesures de déapplicables à
facile exécution. Saint-Domingue sont d'une
toujours les
L'équité, le bon sens seront
lation.
plus sûrs régulateurs de la légisLa première chose à déterminer
pectif des
est l'état rescréanciers, des débiteurs.
Sur ce point, comme sur tont
traire seroit odieux, la faveur autre, 2 l'arbipublic, la justice, la
inique. Le bien
seils obligés du
nécessité, voilà les conlégislateur.
exécution. Saint-Domingue sont d'une
toujours les
L'équité, le bon sens seront
lation.
plus sûrs régulateurs de la légisLa première chose à déterminer
pectif des
est l'état rescréanciers, des débiteurs.
Sur ce point, comme sur tont
traire seroit odieux, la faveur autre, 2 l'arbipublic, la justice, la
inique. Le bien
seils obligés du
nécessité, voilà les conlégislateur. --- Page 331 ---
SU R L E S COLO N I E S.
Une dérastation générale a dégradé les hypothèques; les plantations, les bâtimens sont
délabrés,1 le mobilier a disparu ou est infiniment réduit : cette situation prolongée
le créancier comme le débiteur; les fonds ruine
ils sont copropriétairesne
dont
peuvent se relever
par de nouvelles ayances : les capitalistes, que les
armateurs qui viendroient à
un
leursecours, veulent
privilége, une streté pour leur remboursement; ils n'ont garde de se mettre à la suite
des anciennes créances : les propriétés ainsi dégradées ne peuvent supporter le poids de l'ancienne et de la nouvelle dette.
Dans de telles circonstances,
public? de tirer la colonie de qu'exige le bien
dela rendrean
cet état de ruine,
commerce,àla
la nécessité commande
navigation. Alors
et la justice autorise la
suspension de toute poursuite
dettes, et leur réduction
pour anciennes
des
proportionnelle à celle
hypothèques. Je dis que cela est
Car Pierre a acheté un
juste ;
tié
million, et a payé moicomptant, une habitation qui ne vaut
que cinq cent mille francs. Que
plus
mieux
de
peut-il faire de
que
traiter son créancier
propriétaire, et de lui dire P Je
comme COmoitié de ce
vous devois la
la moitiéauz fonds,je vous en dois toujours
termes de la
dernicreestination. ; --- Page 332 ---
M É M 0 I R E S
car la moins-value n'est pas de mon
c'est force majaure
fuit 3
voir
qui vouS atteint après m'afrappé.
Mais les dispositions du
posées telles que nous les gouvernement, desirons,
supcelles du
commerce, et ses moyens
et une longue inertie, aprèsdegrandes pertes
puissent
seront - ils tels qu'ils
pourvoir à tous nos besoins?
nous nous priver du secoursdes
devonsrêt national est-il de les exclure étrangers?l'inté detoute
pation à la restauration de nos
particiIci, comme en toute autre
colonies ?
je ne connois de règle sûre question politique,
tice et de la raison.
que celle de la jusLa liberté, lorsqu'elle devient licence,
proche de la tyrannie; l'intérêt
s'apqu'il devient
national, lorsmotifs, perd, tyrannique, Corrompu dans ses
avec son équité, sa
et
tous ses avantages.
dignité
Le commerce intérieur d'une nation lui
partient comme ses récoltes ; les
apont aucun droit, et elle a celui de étrangers se défendre n'y
des usurpations de leur industrie. Travail
produit, voilà ses titres de
et
de richesses tout
propriété, ses moyens
;
ce quinuit à l'un et à l'autre
appelle les lois prohibitives : mnais tout ce
favorise le travail et les
qui
produits les repousse.
tous ses avantages.
dignité
Le commerce intérieur d'une nation lui
partient comme ses récoltes ; les
apont aucun droit, et elle a celui de étrangers se défendre n'y
des usurpations de leur industrie. Travail
produit, voilà ses titres de
et
de richesses tout
propriété, ses moyens
;
ce quinuit à l'un et à l'autre
appelle les lois prohibitives : mnais tout ce
favorise le travail et les
qui
produits les repousse. --- Page 333 ---
SUR L E S COLON: I E S. 321
La question du commerce
ainsi réduite à ses véritables étranger se trouve
termes.
Pro.
tégez mon travail, voilà ce que demande le
peuple, et premièrement
matières, des ustensiles fournissez-moi des
pas,
: si vous n'en avez
appelez de toutes parts
faites tomberles barrières; dasfournisseurss
votre détriment et au mien, n'enfermez pas, 2
le cercle de votre
ma détresse dans
impaissance.
Lorsque Colbert créa la marine et les
nies, il n'y avoit point
coloson génie sut faire une d'économistes; utile
mnais
leur doctrine : il connoissoit
application de
lois prohibitives,
aussi l'emploi des
et ilappela les
Hollandais nous fournirent des étrangers.--Les
marchandises de traite. La
nègres et des
se recruta dans tous les marine marchande
nord et au
ports de l'Europe. Au
midi, on
des bâtimens de
construisoit, on achetoit
dans
mer pour la France, tandis
nos propres chantiers on
que
et qu'on fondoit une école construisoit aussi
vale.
d'architecture naCe qui fatjugé nécessaire à la
se seroit-il pas après la
création ne le
Nous n'avons
destraction'? P
tité de bâtimens plus dans nos ports la quannécessaire
des denrées
pour l'exportation
coloniales, et on dit
5.
que l'admi21 --- Page 334 ---
M É M o I R E S
ceux d'une
nistration des douanes n'admetpoint
se moconstruction étrangère. Je sais comment dire
et tout ce qu'on peut
tive cette prohibition,
marins qu'il
en faveur de nos charpentiers
ouvriers
faut faire subsister de préférence aux nolisant
Mais en achetant ou en
étrangers.
jusqu'à ce que vous
des bâtimens étrangers,
qui vous
construit un nombre suffisant,
cn ayez
dès ce moment-ci voS proempêche d'occup
pour l'année prochantiers ? Constraisez
pres
dans celle-ci à limportachaine, et pourvoyez de vos colonies par queltion et à l'exportation
c'est aussi un demoyen que ce soit; car
que
et un bénéfice à faire.
voir à remplir
des bestiaux,
La traite des noirs,"importation d'ici à queldes poissons salés, ne penvent, les seules forces
années, être exécutées par
ques
national.
du commerce
fort. intérêt, celui sur-tout
L'appât d'un plus
l'institution
d'un bon régime civil et politique, combinée,
d'une banque territoriale sagement
des capitaux étrangers,
peuvent nous procurer ils seroient utiles âla
combien
et l'on conçoit
mais rien de tout
colonie de Saint-Doingue; les lois
s'exécuter avec
prohibicela ne peut
de
l'industrie et
tives, dontl'esprit est protéger
natiomux, et non de les empêcher
les produits
'un plus
l'institution
d'un bon régime civil et politique, combinée,
d'une banque territoriale sagement
des capitaux étrangers,
peuvent nous procurer ils seroient utiles âla
combien
et l'on conçoit
mais rien de tout
colonie de Saint-Doingue; les lois
s'exécuter avec
prohibicela ne peut
de
l'industrie et
tives, dontl'esprit est protéger
natiomux, et non de les empêcher
les produits --- Page 335 ---
8 e A LE S
de naître. Ce
COLON I E S.
seroit donc une
sante que celle qui
jalousie maffairepousseroit, dans de telles
circonstances, des secours nécessaires.
Les rivalités de commerce
tieuses, aussi
sont aussi ambisance. Quelque passionnées que celles de la puisd'hui la modération, pusillanime que paroisse aujourqui lui est
il y a un genre d'audace
dessus des propre $ c'est celle de s'élever auprétentionsinjustes et des erreurs
ténatiques qui Se qnalifient de vues
sysde politique habile. Je.dirai donc profondes,
que la lutte qui s'établit,
franchement
que jamais, entre les
avec plus de chaleur
peuples
corrompt et les dégrade.
coumerçans, les
que chacun défende
Autant il est louable
autant il
et améliore sa
est indigne que de grandes propriété,
adoptent
nations
nceuvres réciproquement des
les moeurs et les mal'autre un marché, corsaires pour conquérir l'un sur
éteindroit à la
une fourniture. Cette âpreté
longue tout sentiment
toute bienveillance
généreux,
Tout
parni les homes.
monopole est odieux et ne sauroit être
constamment profitable.
ce n'est point un
Remarquez bien que
vère de votre
monopole que la garde 86de ma part ni commerce intérieur; il n'y a
injustice, ni.
mes
malveillance
voisins, en ne leur permettant pour
pas de --- Page 336 ---
M É M 0 I R E 3
Ainsi les métiers, les
labourer dans mon parc.
sont en
travaux de la communauté; tant qu'ils
excluent trèsjustement Vintervention
activité,
antrement que par des échanges;
de l'étranger
ne
mais la paralysie des ouvriers domestiques Pours'accommode plus des lois prohibitives. altère et
faut-il qu'une aveugle cupidité
quoi
les vérités les plus simples, au point
obscurcisse
les contre-vérités!
de convertir en préceptes
L'Espagne et le Portugal nous en fournissent
les imiter ? N'imil'exemple : voudrions-nous
dont nous avons
tons pas davantagelAngleteine
jalousie de
beaucoup à apprendre, son inquiète commnerciale
tout succès 3 de toute entreprise J'ai dit que
étrangère à ses propres spéculations. P'écroulePezagération des masses en produit
aujourd'hui
menuete'estclaled danger quecourents industrie et d'un caRiches d'une
les Anglais.
lieu de poser des bornes à
pital immenses, au nul peuple ne seroit aussi
l'industrie étrangère,
des prointéressé qu'eux à la multiplication
Ils
en tout pays.
duits et des consommations
auxiliaires
auroient plus d'avantage à devenir états eurode tous les travaux des
qu'enemis
de nouveaux moyens
péens : car il en sortiroit
la solde de leurs
élever, par des échanges,
pour
propres travaux.
u de poser des bornes à
pital immenses, au nul peuple ne seroit aussi
l'industrie étrangère,
des prointéressé qu'eux à la multiplication
Ils
en tout pays.
duits et des consommations
auxiliaires
auroient plus d'avantage à devenir états eurode tous les travaux des
qu'enemis
de nouveaux moyens
péens : car il en sortiroit
la solde de leurs
élever, par des échanges,
pour
propres travaux. --- Page 337 ---
S UR I E S
Commerce
COLONIE S.
consommations diéchanges ; accroissement des
chesse des
par les produits, voilà la richir
nations; et celle qui voudra s'enriexclusivement, élèvera un édifice
posante
d'aneimauront magnificence, mais dont les
plus de persévérance
sapeurs
ne Peuvent a voir d'habileté, que les architectes
Ce n'est pas seulement
pour accélérer la restauration pendant la paix et
nos relations avec les
des colonies, que
plus de latitudequen'en étrangers doivent avoir
du système exclusif. comportent les rigueurs
qui ont fini, l'une Pendant les deux
le commerce
en 1763 et l'antre en guerres
national s'est
1783,
à l'admission des neutres opposé avec chaleur
le Gouvernement,
dans nos colonies; et
la" prohibition, n'a flottant entre la tolérance et
commerçans.
satisfait ni les colons, ni les
chande,
Cependant, la
écrasée dès le début navigation des
martout le poids des flottes et des
hostilités, de
n'a pu suffire, ni à
corsaires anglais,
l'exportation. Nos Tapproritionnement, ni à
soient des ports de équipages France marchands pasdans les
dAngleterre;n nos armateurs,
prisons
découragés, après
seurinanlenentlane, contre la
à l'aide des
fortune et la puissance assurances,
soient par ne plus armer. Les anglaises, finiscolons, affamés, --- Page 338 ---
M i M 0 I R E s
sans provisions, sans moyens, ne pouvant ni
vendre, ni acheter, se voyoient avec douleur
aussi maltraités par leur métropole que par les
ennemis. Chaque guerre est pour eux l'époque
d'une horrible détresse : ce sont presque des
peines capitales qui les attendent; c'est au moins
Fexil ctla confiscution, car ils sont emprisonnés
dans leurs fles, manquant de tout, et leur fortune est au pillage.-I1 est inconcevable que
d'aussi graves considérations n'ayent pu influer ni sur nos négocians, ni sur l'administration, pour faire prononcer nettement que,
pendant la guerre,1 les payillons neutres sont, de
droit et de fait, irrévocablenient admis dans nos
colonics.
Le commerce ne cesse de dire au Gouvernement: Ponrgmoirocouriraux neutres plutôtqu'à
la force nationale qui doit nous protéger? pourquoi nos convois ne sont-ils pas mieux escortés?
pourquoi vOS escadres ne sont-elles pas supérieures
La réponse à tous ces pourquoi, est que nous
n'avons pas cent-cinquante vaisseaux de ligne,
vingt-cing mille vaisseaux marchands, deux
cent mille matelots, puissance énorme, mais
qui est unfait; et il faut se régler sur les faits
autant que sur les principes.
irocouriraux neutres plutôtqu'à
la force nationale qui doit nous protéger? pourquoi nos convois ne sont-ils pas mieux escortés?
pourquoi vOS escadres ne sont-elles pas supérieures
La réponse à tous ces pourquoi, est que nous
n'avons pas cent-cinquante vaisseaux de ligne,
vingt-cing mille vaisseaux marchands, deux
cent mille matelots, puissance énorme, mais
qui est unfait; et il faut se régler sur les faits
autant que sur les principes. --- Page 339 ---
> U R L E S COLO N I E S. 327
Qu'est-ce que la protection due par le souverain à tout son territoire? Ce n'est
celle
des proclamations, ni cette
pas
ximes
profession de madontl'étalage eest dérisoire quandles actes
n'y répondent pas. Les lois
une iniquité, lorsqu'elles
prohibitives sont
s'étendent au-delà du
superflu, et qu'elles me privent dus nécessaire..
Or, iln'y a rien de plus nécessaire à
lonie, que de pouvcir acheter les
une COles étoffes, les ustensiles
comestibles,
qu'elles ne produit
et de vendre, pour payer toutes ces choses, pas. les
denrées qu'elle produit.
Qu'arrive-t-il en France lorsque la récolte
est mauvaise ? n'ouyre-t-on pas tous les ports ?
n'appelle-t-on pas les étrangers? Hé bien! la
guerre est pour les colonies un signal de disette:
il ne s'agit plus de profits pour la
il s'agit de devoirs. Il faut, et il faut métropole, à tout
prix, que ces provinces lointaines soient
visionnées, qu'elles souffrent le
approle
moins, et non
plus possible, qu'elles puissent payer les frais
de leur exploitation, entretenir leurs cultures,
et conserver une part dans les prodnits. Qui
remplira cet office, si, dans notre situation
litique, vous excluez les pavillons neutres? po- Je
sais bien que vous pourriez être puissance maritime prépondérante; mais cela n'est pas, et, --- Page 340 ---
M É M 0 I R E 8
attendant
vous le deveniez, faut-il que
en
que condamnées à tous les genres
les colonies soient
de privations?
sur mer comme sur terre
La prépondérance difficile à atteindre. La France a fait
est un but
continent ne
son choix : sa puissance sur le
obéiscraint plus de rivale; et. T'Angleterre, en
aussi à son instinct, a placé dans ses
sant
sa puissance et sa gloire.
flottes sa richesse,
assurer le
Cette balance de forces pourroit des deux
du monde, sile véritable intérêt
repos
nations dirigeoit seul leurs mouvemens.
Mais pendant que je plaide ici pour les paqui les préservera de l'attaque
villons neutres;
ils viennent d'être exposés
redoutable à lnquelle
vantons
dans la dernière guerre ? Nous nous
droit
un droit des gens;
d'avoir un
public, la trace dans ces maxicomment en retrouver accréditées dans ces
mes sauvages qui se sont
derniers temps?
barbares n'avoient jamais
Les peuples les plus
de leurs
imaginé de poursuivre sur le territoire
alliés la propriété de leurs ennemis.
celui d'hospitalité, remontent
Le droitd'asile,
et se sont transmis de
à l'origine des sociétés,
et aux temps mosiècle en siècle aux moeur's
lois de l'andernes 5 c'est une des plus saintes
tiquité, c'estle sceau de la civilisation.
derniers temps?
barbares n'avoient jamais
Les peuples les plus
de leurs
imaginé de poursuivre sur le territoire
alliés la propriété de leurs ennemis.
celui d'hospitalité, remontent
Le droitd'asile,
et se sont transmis de
à l'origine des sociétés,
et aux temps mosiècle en siècle aux moeur's
lois de l'andernes 5 c'est une des plus saintes
tiquité, c'estle sceau de la civilisation. --- Page 341 ---
SU R LE S COL O N I E S. 329
Cependant, par un épouvantable abus de la
force, nous avons vu deux grandes nations
violer ce droit sacré. Il n'y avoit plus d'asile,
ili n'yavoit plus de neutralité, qui pussent mettre à l'abri la propriété et quelquefois la
sonne d'un ennemi.
perL'Angleterre a même développé, à cette occasion, une prétention de
suprématie sur les mers, que toute sa force navale ne pourra jamais soutenir qu'aux périls
de sa propre existence. Maintenant
la
que paix
générale est proclamée, ne seroit-ce pas le moment d'imposer à la guerre ses anciennes limites, et de revenir par des explications amiables à la fixation des principes qui constituent
le droit des gens. C'est sur cette base
fonde,
que se
quant au régime extérieur, le système
colonial.
On fait des traités de paix, de commerce
et d'alliance; mais des traités de guerre, des
stipulations pour rétablir cette barrière
et vénérable du droit des
antique
moins nécessaires?
gens, seroient- ils
Qu'est-ce que la neutralité? C'est la relation
paisible d'un tiers avec deux ennemis. La neutralité cesse et l'agression commence, si
m'unis à l'un des contendans
je
au préjudice de
l'autre, en ajoutant à ses moyens offensifs --- Page 342 ---
M i M o I R E S
Ainsi, chaque
ceux qui sont à ma disposition. la puissance
puissance a le droit d'empêcher
; elle a
neutre de fournir des armes à l'ennemi;
sur le territoire neutre un
le droit d'empêcher
armés, ou toute autre
rassemblement d'hommes Mais le droit des gens,
combinaison d'attaque.
et l'intérêt
lc droit public, la raison, la justice
autre
général des sociétés, n'imposent aucune à leurs
neutres et
contrainte aux puissances
droit d'aller
sujets; ils ont incontenablementle ennemis, d'y
librement dans les ports
et venir
les marchandises
vendre, acheter et transporter
le
la propriété : car pavillon
sans en dissimuler
dont l'inviolaneutre représente le territoire,
social.
bilité est un des fondemens de l'ordre saisir
poursuivre et
Méconnoltre ces principes,
ou
de T'ennemi sur un territoire
les propriétés
c'est un acte de viosous un pavillon neutre,
tousles pemplessé'esteédie
lence ontrageantpourt
surles hommes
tyrannique
ger une souveraineté
à votre souveraineté.
et surles choses étrangères
être pallié par
Cet abus de puissance ne peut
en état de
l'invention moderne, de déclarer
à la fois, toute une
un et plusieurs ports
siége 0
une colonie. L'injustice
càte, une province,
de tels prétextes un
ainsi motivée acquiert par
Les nations qui
caractère encore plus révoltant.
surles hommes
tyrannique
ger une souveraineté
à votre souveraineté.
et surles choses étrangères
être pallié par
Cet abus de puissance ne peut
en état de
l'invention moderne, de déclarer
à la fois, toute une
un et plusieurs ports
siége 0
une colonie. L'injustice
càte, une province,
de tels prétextes un
ainsi motivée acquiert par
Les nations qui
caractère encore plus révoltant. --- Page 343 ---
S U R L E S COLON I E S.
en subissent le joug sans résistance, tendent à
la servitude par la dégradation; et si l'Europe
se résignoit à souffrir dans ses relations cet
excès de désordre, dût-elle conserver ses autres
avantages, elle perdroit sa prééminence morale
sur les autres parties du monde. Le droit de
guerre, tel qu'il est défini par tous les publicistes, tel qu'il fut toujours pratiqué par les
peuples policés, ne comporte point entre ennemis la violation de tous les droits; mais la nation neutre doit-elle craindre un ennemi? Et
quelle seroit la différence entre la neutralité
et l'hostilité, entre la paix et la guerre, si le
droit d'asile et de propriété étoit dans l'un et
l'autre cas également compromis?
La force aura toujours des sophistes à SCS
gages pour légitiner ses actes; mais tout l'art
des rhéteurs ne peut plus anéantir les vérités
éterneiles qui commandent à la force et en flétrissent l'inique emploi.
Le droit de visite d'un vaisseau de
sur un vaisseau neutre est un acte de guerre police
ligitime, quand il est' réciproque, quand il se
borne à la vérification et saisie des objets
hibés par une convention antécédente pro-
: c'est
un acte de souveraineté tyrannique, si la puissance qui l'exerçe ne s'y soumet elle-même; et --- Page 344 ---
M i M O I R f S
le vol est manifeste,si les objets saisis ne sont
prohibés par une convention antécédente.
Les nations qui ne savent pas faire respecter
leur indépendance, méritent des fers : mais entre
ceux qui les imposent et ceux qui les reçoivent,
se partagent la haine et le mépris du genre humain.
Je conviens qu'il est plus expéditif d'affamer,
de ruiner son ennemi, par toutes les voies imaginables; nous savons même, que les algonquins, les nègres mandogues., les rôtissent et
lcs dévorent; et la logique, à l'aide de laquelle
on insulte à la neutralité, conduiroit à de tels
résultats.
Est-ce bien entre nous Européens que ces
guerres d'extermination s'établiroient 9 nous
dont les divisions laissent toujours entrevoir le
besoin d'un pacte de famille ? n'y a-t-il pas en
effet une sorte de parenté entre tous les peuples
de l'Europe, et une propension réciproque au
rapprocliement que commandent l'analogie des
moeurs, des lois, des intérêts, des idées religieuses, le goût des arts et dcs sciences s
l'habitude et la facilité des communications?
C'est bien assez que des ruptures accidentelles brisentp parintervalle tous ces liens : comme
ils ne sont jamais brisés sans retour, conservons-
a-t-il pas en
effet une sorte de parenté entre tous les peuples
de l'Europe, et une propension réciproque au
rapprocliement que commandent l'analogie des
moeurs, des lois, des intérêts, des idées religieuses, le goût des arts et dcs sciences s
l'habitude et la facilité des communications?
C'est bien assez que des ruptures accidentelles brisentp parintervalle tous ces liens : comme
ils ne sont jamais brisés sans retour, conservons- --- Page 345 ---
5 U R L E S
OL O N I E S. 333
en les traces dans l'état de
loyauté
guerre , etque la dén'aggrave pas ses rigueurs!. -
L'Angleterre est , par sa constitution (1), le
registre vivant des libertés du monde. Ses flottes
n'en deviendront pas le
ne seront
fléau, ses arsenaux
pas ceux de la tyrannie , et l'honneur de son pavillon aura encore
en respectant celui de Lubeck
plus d'éclat
et
qu'en enchaînant tous ceux des Etats d'Hambourg,
La France n'a mérité ce
neutres.
les temps désastreux de
reproche que dans
émulation
son anarchie.
Cette
d'injustice et de cupidité entre deux
peuples, dans une situation si
été le scandaie de
dissemblable, a
l'Europe et de
dont les Gouvernemens
T'Amérique,
fois,
ont, pour la première
conçu qu'ily avoit des intérêts
d'un ordre plus élevé
les
communs
Ainsi
que
intérêts opposés.
se réunissent les plus pressans motifs,
pour rétablir sur ses bases le droit des
pour fixer d'une manière irrévocable gens, 9
public de
le droit
l'Europe : sa situation
système
l'exige, son
politique est encore incertain. Cet
équilibre de pouvoirs,
conception
quin'ajamais été qu'une
vague, , doit être une réalité,
a qu'un instant que nous avons
Iln'y
yu la barbarie,
() La note est renvoyée. à la page347. --- Page 346 ---
M É HOIRES
l'état sauvage ressortir de la nuit des'
et se précipiter sur
temps 3
nous, en appropriant à ses
ravages tous les secrets de
lcs lumières de la civilisation. l'industrie 3 toutes
n'est donc
le
La force seule
la
pas rempart des sociétés : c'est
forcemorale qui les soutient, qui les
A la suite d'une révolation
conserve.
leversé
qui a tout bous tout confondu, et dont
s'étend dans les
l'influence
pays mêmes où ses
n'ont pas pénétré; la pensée habituelle enseignes
gouvernemons qui veulent
des
être que tous les liens
y survivre, doit
se relâchent, tous les
principes sont en dissolution : un seul vit encore. s parce qu'il est éternel, c'est la
Quoiqu'on l'oublie, qu'on la
justice.
toujours là prête à
dédaigne, elle est
triser
réparer nos maux, à cicanos plaies. Tous nos autres
tous ceux façonnés de la main des régulateurs,
sont en péril.
hommes,
N'oublions pas que les mceurs
ont
duit cette
qui
prorévolution, en ont reçu un nouveau
degré de corruption. Elle a pénétré dans
les rangs; on la voit à côté des bons
tous
sous le voile de
principes,
T'hypocrise. Elle prêche l'indépendance en pratiquant la tyrannie; elle
le despotisme en accré. litant la
prêche
nace encore la société
licence; elle me2 si les gouvernemens
'oublions pas que les mceurs
ont
duit cette
qui
prorévolution, en ont reçu un nouveau
degré de corruption. Elle a pénétré dans
les rangs; on la voit à côté des bons
tous
sous le voile de
principes,
T'hypocrise. Elle prêche l'indépendance en pratiquant la tyrannie; elle
le despotisme en accré. litant la
prêche
nace encore la société
licence; elle me2 si les gouvernemens --- Page 347 ---
S R LE S COLO N I E S.
qui en seront les premières victimes
le torrent dévastatenr
n'arrêtent
par la moralité de leurs
actes, par l'énergie
tice. Peuvent-ils
toute-puissante de la jusle jacobinisme se dissimuler qu'ils professene
par la spoliation des
neutres, > par la violation des droits de vaisseaux
foible cité P Oh !
la plus
se préparent
que d'horribles déchiremens
la
encore, si tout ce qui peut tenter
cupidité des forts et des
comme une
puissans s'offre
n'est
proie au plus audacieux ! Car ce
plus un secret que la
duisant à la force il
puissance en la rédre, qu'une coalition ;
ne faut, pour y atteinde la fortune et du crime,
Après avoir considéré, selonle
port libre pendant la
droit, let transnemies
guerre des
sur des bâtimens
propriétés enmine dans le fait tout
neutres, si on exaet des prétentions
ce qui résulte des actes
qu'elles ont fait naître vexatoires 3 on trouvera
T'habitude
et qu'elles
d'une
perpétuent
tout le commerce, aviliceanteimpostreguis flétrit
de
toutes les correspondances
l'Europe.
En effet, comme il
de
masquer la propriété
s'agit
fiscation, les faux pour échapper à la conlés, les
sermens, 3 les contrats simufactures et connoissemens
supposés, voila les
sous desnoms
time défense
moyens honteux d'une
contre une tyrannie dont la légicor- --- Page 348 ---
M É M 0 I R E S
ruption s'étend à tout ce qu'elle peut atteindre
Voilà comment la bonne-foi s'altère dans nos
habitudes sociales, en nous désaccoutumant de
rougir de la fraude. Ainsi un gouvernement
dont la première obligation est de prévenir
le crime, le crée et le commande quand il est
injuste.
Mais sont-ce les colonies seulement qui iréclament la libre navigation des- neutres pendant
la guerre ? Ce sont tous les peuples de l'Europe,
moins un, qui y ont le plus grand intérêt; et
dans ce cas - ci, par une rare exception, l'intérêt de chaque peuple s'accorde avec l'intérêt
de tous : P'humanité, la moralité, le bien général consacrent cette harmonie.
Que cette
loi sacrée, quin'ett jamais dû être violée, soit
rétablie : un jour plus pur luira sur notre
Europe ; les guerres seront plus rares et moins
cruelles; la somme des malheurs qu'elles occasionnent, décroîtra sensiblement. - Les profits
de la guerre diminuant pour les uns, ceux de la
nentralité augmentant pour les autres s la paix
sera pour tous l'état le plus prospère ; et certes
l'Europe en a besoin. Le sang qu'elle a perdu,
ses dettes, ses impôts, ses désordres intérieurs,
les améliorations possibles ct nécessairés dans
plusieurs Etats, réclament une longue paix :
somme des malheurs qu'elles occasionnent, décroîtra sensiblement. - Les profits
de la guerre diminuant pour les uns, ceux de la
nentralité augmentant pour les autres s la paix
sera pour tous l'état le plus prospère ; et certes
l'Europe en a besoin. Le sang qu'elle a perdu,
ses dettes, ses impôts, ses désordres intérieurs,
les améliorations possibles ct nécessairés dans
plusieurs Etats, réclament une longue paix : --- Page 349 ---
SU R L E S COLONIE
l'éhranlement de la
S. 337
sation politique de souveraineté, de l'organinies, présente
l'Europe, de celle des colosansmotifs d'accord aux gouvernemens de plus puisbles,
et de
ne
qu'ils
correspondlances amiabien leur
peuvent en avoir, s'ils appréciene
leurs rivalités situation, de Se diviser encore dans
Quele
de puissance et de
besoin du repos éloigne le commerce.
nouveau mouvement ! Les
danger d'un
oà chaque guerre
temps sont arrivés
si les sociétés
peut être une révolution,
la paix le ciment politiques ne retrempent pendant
La sdreté
qui les unit.
leurs secours des colonies tient désormais 2
mutuels et à une surveillance
segebaitechinent des
quant à présent, reconnu
esclavésétant,
volte
impossible, leur récomprimée se
et à la rupture de la réfingiera dans leurs cceurs;
paix, si les colonies
part aux querelles de leurs
prennent
ruption de toute
métropoles, l'interropéens des Antilles communication entre les Eude
sera unsignal de
correspondances et
complots,
les nègres répandus dans d'insurrections pour tous
Cette partie essentielle cet archipel.
teur des colonies,
du système conservaleur neutralité
guerre, se présente d'abord
pendant la
politiques de la
comme un des rêves
5.
philanthropie; mais la même
--- Page 350 ---
M É M 0 I R E S
suite d'observations qui m'a
proché depuis
smecessivementrapoù
vingt-cinq ans des circonstances
nous sommes, me montre dans l'avenir Ies
nouvelles commotions qui se préparent, si de
sages précautions ne les préviennent.
J'en vois le germe dans l'état de
dans celui de
l'Europe et
l'Amérique. Il y a dans l'ordre
politique, comme dans l'ordre
génération de causes qui
naturel, une
mentleurs effets
produisent inévitablerection
jusqu'à ce qu'une nouvelle didétermine d'autres événemens. Les ré.
volutions qui commencent s'accomplissent.
la Lorsqu'on commença à s'indigner des abus de
courdeHoms,ranutorité de droitdivin fut
tôt attaquée et vaincu. Lorsque les colonies bienglaises réclamèrent contre leur
anlesprétentions du
gonvernement,
les États-Unis. Leur parlementhritamnique créèrent
tion la souveraineté indépendance mit en queshéréditaire, 3 les droits du
peuple, ceux des :colonies ; et la
été décidée par le fait: la révolution question de
a
en est un corollaire. L'Amérique
France
portugaise ont aussi leurs
espagnole et
tion ; elles s'irritent de causes de fermentaplus en plus du monopole qui les grève, et leurs griefs croissent
leurs forces. Cette moitié du
avec
a
nouveau continent
pour perspective l'état prospère de l'autre
queshéréditaire, 3 les droits du
peuple, ceux des :colonies ; et la
été décidée par le fait: la révolution question de
a
en est un corollaire. L'Amérique
France
portugaise ont aussi leurs
espagnole et
tion ; elles s'irritent de causes de fermentaplus en plus du monopole qui les grève, et leurs griefs croissent
leurs forces. Cette moitié du
avec
a
nouveau continent
pour perspective l'état prospère de l'autre --- Page 351 ---
S U R L E S COLO N I E S.
moitié, dont la
puissance ont population, la richesse et la
l'auvre de produit en moins d'un demi-siècle
plusieurs.
C'est dans cette direction
rique vers un nouvel
manifeste de l'Améordre de
place ce grand incident de choses, que se
esclaves, actuellement
l'insurrection des
prête à se renouveler arrêtée > mais toujours
les
sion ne s'empare de toutes
la avenues; et sur ce point il faut bien
nature du danger. Il n'est
connoître
dance des nègres à la
point dans la tend'hommes
liberté, dont cette
ne
espèce
les moyens, les peutdelong-temps encore adopter
dans la
principes et le régime. Il existe
leurs forces comparaison à celles qu'ils viennent de faire de
des blancs,
ne s'étoient jamais mesurés.
avec lesquels ils
multitude en
Voilà le mal ! La
tionsetd'espérances conserve une idée vague d'agitatoutes les calamités Hoteepetsopmeatande
domination de leurs qu'ils ont souffertes sous la
sentimens que la chefs. C'est entre ces deux
retrouvera
suprématie des
sa place, s'ils
propriétaires
Ceux des noirs
saventla maintenir.
qu'un plus haut
ligence et d'énergie
degré d'intelseront toujours
distingne de la foule,
comme des
désignés à leurs semblables,
d'en
Spartacus, et ils ne
prendre le rôle aussitôt nanqueront pas
qu'ils pourront --- Page 352 ---
M E M 0 1 R E S
s'en saisir;1 la masse une fois en mouvement
essentiellement obéissante
étant
à toute impulsion
violente, à toute autorité sensible.
De-là tous les genres de troubles, de
motions, de
comdésordres, 3 ne peuvent que compromettre la sûreté des colonies
alliance
; car ily a une
sordres. perpétuelle et active entre tous les déEt comme il existe
causes d'ébranlement également en Europe des
accélérée
dont l'action peut être
par le conflit tumultuenx des
de l'Amérique, il est évident
intérêts
paix, le bon régime des
que l'ordre, la
colonies occidentales,
contribueroient efficacement à la
l'Europe.
tranquillité de
Il n'est pas de mon sujet d'examiner
situation où set trouvent les
ici la
à la suite de la
ditférentespnisances
révolution, de la guerre
a occasionnée, et de la paix qui la qu'elle
mais je vois presque par-tout la
termine ;
bases, dont
dégradation des
l'écroulement a englouti la monarchie frangaise.
L'ancienne politique est, comme la
renversée parla
féodalité,
révolution, dont l'influence
tend encore plus sur les intérêts
s'6nions. Les mêmes
que sur les opimotifs qui ont déterminé
récemment l'alliance des Turcs et des Russes en
et de la paix qui la qu'elle
mais je vois presque par-tout la
termine ;
bases, dont
dégradation des
l'écroulement a englouti la monarchie frangaise.
L'ancienne politique est, comme la
renversée parla
féodalité,
révolution, dont l'influence
tend encore plus sur les intérêts
s'6nions. Les mêmes
que sur les opimotifs qui ont déterminé
récemment l'alliance des Turcs et des Russes en --- Page 353 ---
S U R LE S COLO
produiront d'aussi
NI E S.
nouvelle balance de étranges, et formeront une
France a déja
pouvoirs, dans laquelle la
Si cette
repris sa place naturelle.
des
balance se combine par
intérêts, l'état de
l'opposition
sastreuses se
guerre et de guerres déla balance perpétueen Europe.
se règle par la combinaison Si,aucontraire,
forces, c'est alors seulement
des
équilibre de
qu'il existera un
non permanent, pouvoir, et que l'état de paix sera
La
mais plus durable.
intérêts prééminence doit
effective des forces sur les
tion différerte subordonner de
ceux-ci à une direccelle de
tie ; car il s'agit
l'ancienne diplomaprévenir 'les
maintenant, avant tout, de
subversions, les
puissance, que la force scule déplacemens de
à-dire, qu'il s'agit
peut opérer; c'estson existence, deg pour chaque État d'assurer
garantir sa
qui ne peut se faire
souveraineté : ce
générale sur l'état
que par une convention
actuel de
confédérations partielles
possession et des
exemple, l'Autriche pour le maintenir. Par
rêts opposés,
et la Prusse ont desintéunintérêt
mnais le plus grand de tous est
commun; c'est de
veraineté
maintenirleur soudans cette respective; fin
et l'union de leurs
les met à l'abri
forces
les dispose à la
de tout danger,
conciliation, ou modifie leur --- Page 354 ---
M É M O I R E S
rupture rtoz4th-ar-ewble
et l'Angleterre 9 il existe une opposition inévitable. d'intérêts secondaires et une réunion
sensible d'intérêts
les
majeurs : on concevra que
moyens d'une longue paix seroient d'employer leurs forces à protéger leursi intérêts communs plutôt que leurs intérêts opposés.
Dans la première classe des intérêts
à tous les
communs
peuples, se placent aujourd'hui les
colonies par l'extension du commerce et des
consommations, par le besoin général de diminuer la source des querelles
l'influence qu'auroit leur
politiques, par
désorganisation complète sur les travaux, les consommations
l'ordre intérieur de
et
l'Europe. Si donc on ne
peut contester que leur sàreté, leur existence,
exigent une continuité de paix, de protection,
de surveillance commune ; si on reconnoît
lement que la paix des colonies influeroit égacelle de l'Europe, diminueroit les
sur
causes de
guerre, en atténueroit les malheurs, quelles
seroient les objections à
proposer contre leur
neutralité ? C'est, sans doute, l'espoir de conquérir, s la faculté de nuire à son ennemi
une plus grande latitude de destruction. Sur par
le premier point, il faut bien qu'il y ait un
terme aux conquêtes; et il mie semble que l'uti
que la paix des colonies influeroit égacelle de l'Europe, diminueroit les
sur
causes de
guerre, en atténueroit les malheurs, quelles
seroient les objections à
proposer contre leur
neutralité ? C'est, sans doute, l'espoir de conquérir, s la faculté de nuire à son ennemi
une plus grande latitude de destruction. Sur par
le premier point, il faut bien qu'il y ait un
terme aux conquêtes; et il mie semble que l'uti --- Page 355 ---
S U R L E S COL O N I E S.
possidetis, relativement aux colonies,
plus d'avantages pour les
auroit
que toutes les chances de la puissances maritimes
cond point, je réponds
guerre. Sur le sesens est
que la politique du bon
doit
d'épargner à mon ennemi le mal
retomber sur ma tête ; et c'est
qui
avec de grands
désormais
risques et de très-grands
que nous ferons la
frais
Or, les
guerre dans les colonies.
guerres, en devenant de plus en
dispendieuses, suffisent seules
plus
les révolutions.
pour multiplier
Je suis plus convaincu de la
succès de ces réflexions
justesse que du
rons
; mais au moins
pour nos colonies françaises
espéprovisionnementy
que leur apinterdit
pendant la guerre ne sera
aux étrangers 9 et que le
point
neutre à l'avenir sera plus
pavillon
l'a été dans ces derniers
respecté qu'il ne
que P'Amérique
temps. Desirons aussi
tiennent de leurs espagnole et portugaise obmétropoles les concessions
comporte leur état actuel. Sans cette
que
Madrid et Lisbonne ne
condition,
temps leurs riches
peuvent conserver longbles produiroit possessions; ; et que de troution de
encore une nouvelle distribupuissance opérée par des
On seroit tenté de croire les insurrections!
les individus,
nations comme
incorrigibles. Sans doute que --- Page 356 ---
M É M O I R E S
l'exemple, le châtiment, n'ont
effet str. On vole dans la
pas toujours un
un voleur; mais
place où l'on exécute
on voleroit
avoit pas d'exécution. Les davantage s'il n'y
tains pays, seroient réduits hommes, dans cerla tyrannie étoit sûre
à brouter l'herbe, si
de l'impunité.
Il y a deux manières de bouleverser
etle Nouveau Monde;
l'Ancien
une,celle de briser ;nous venons d'en essayer
de continuer
tous les liens : il reste celle
des
tous les abus. On ne se doute
ressources de la
pas
sa malfaisance elle corruption, on ne voit que
avoir
;
a aussi son génie.
renversé tout ce qui est ancien, Après elle
poursuit toutes les innovations qui mettroient
en danger ses jonissances; et s'ili nelui convient
plus de sanctionner tons les
elle
toujours disposée à signaler crimes,
est
la raison, la
comme criminelles,
modération 3 la justice.
ce sont-là les innovations
Cependant
le régime des colonies que je desirerois dans
et de leurs
Le Mexique et le Pérou les desirent aussi métropoles.
impérativement
et plus
que mnoi.
La conclusion des faits et des
nous conduire à la meilleure
principes doit
tration pour les
forme d'adminiscolonies; et je crois que c'est
l'ancienne, en revenant à l'esprit de la première
institution, en en retranchant les abus qui s'y
.
ce sont-là les innovations
Cependant
le régime des colonies que je desirerois dans
et de leurs
Le Mexique et le Pérou les desirent aussi métropoles.
impérativement
et plus
que mnoi.
La conclusion des faits et des
nous conduire à la meilleure
principes doit
tration pour les
forme d'adminiscolonies; et je crois que c'est
l'ancienne, en revenant à l'esprit de la première
institution, en en retranchant les abus qui s'y --- Page 357 ---
SU R LE S C OLO N I E S.
étoient introduits. Le
dans son origine, n'étoit gouvernement colonial,
lement
ni absolu, ni totalimitée représentatif. L'autorité des chefs étoit
; l'influence des propriétaires surla législation étoit consultative; la fixation de l'impôt, l'exercice de la justice et de la
étoient entre leurs mains. Le
police,
claves étoit réglé parle code traitement desesaà faire aujourdhui
noir , auquel ily
tractions; la milice quelques additions et sousment organisée
primitive étoit aussi sage-
; tous les
subis ont alteré la constitution changemens qu'elle a
à un point intolérable
en augmentant
avocats envoyés à
l'autorité militaire. Les
nistrer la
Saint-Doningue pour admijustice avec des
consommé la ruine des anciennes appointemens, ont
les impoôts (a, les actes
institutions;
l'autorité odieuse les arbitraires ont rendu
et des colons
j
querelles du commnerce
ont augmentéles
police s'est relâchée : tout étoit désordres; ; la
catastrophe; elle est arrivée.
près pour une
parer, de fixer le
Il s'agit de réPlus
régime, et de le maintenir.
d'erreurs, plus
d'exagération sur la ser-
(1) Ceci se rapporte à la
été faite de racheter la milice promesse solennelle qni avoit
rétablissement en laissant subsister par un impôt, et à son
l'impôt. --- Page 358 ---
M É M o I R E S
c'est le seul moyen de
vitude domestique 2
son objet
travail : sur le système prohibitif, tous les proutile est d'assurer à la métropole
mais non de les priver
duits de ses colonies,
les obtenir lorsque
des moyens nécessaires pour suffit pas. Il s'agit
le commerce national ne volontés déréglées
de préserver les colons des
autorité doit
de
des chefs ; leur
et l'ignorance
et de barrières. Tout
être entourée d'appuis
Essai sur Paddans mon
ce que j'ai proposé
me paroit
ministration de Saint-Domingse,
nécesaujourd'hui comme alors éminemment
l'est encore
saire. Ce qui l'étoit pour conserver, réclamois, sous la
plus pour rétablir. Ce que je
les
mnonarchie, de liberté, de garantie pour
refusé sous la répucolons, ne leur sera pas
celle
blique. Les charges de leur administration,
tous leurs produits,
de consacrer à la métropole
mais dans leur
voilà l'impôt de leur prospérité :
et demander
détresse ils ne peuvent qu'attendre
de le
Enfin, ne nous lassons pas
du secours.
constitution pour les étarépéter, la meilleure
comme pourl'Anblissemens dul NouveauMonde de justice et de
cien, est un système-pratique les
bienfaisance: : il faut que tous gouvememens
vivent de Sterreursetd'orages
Padoptent, ou qu'ils
jusqu'à leur dissolution.
impôt de leur prospérité :
et demander
détresse ils ne peuvent qu'attendre
de le
Enfin, ne nous lassons pas
du secours.
constitution pour les étarépéter, la meilleure
comme pourl'Anblissemens dul NouveauMonde de justice et de
cien, est un système-pratique les
bienfaisance: : il faut que tous gouvememens
vivent de Sterreursetd'orages
Padoptent, ou qu'ils
jusqu'à leur dissolution. --- Page 359 ---
3 U R L E S C OLO - N I E S.
NOTE
De la page 333.
Ce n'est pas seulement
par. sa
maispar ses
constitution,
maurs, que
zin grand spectacle
t'Angleterre présente
périté: l'esprit public d'indépendance et de prossant
y est encore
que les lois ; mais ce sont les plus puisont créé cet esprit
lois gui
cet empire est
public. La puissance de
et ses
principalement dans ses maurs,
dangers sont dans
puissance et de sa richesse Pezagération de sa
la corruption de ses
, qui commence
On peut calculer les maeurs.
forces de
,
parsapopulation, par le nombre L'Angleterre, de
seauz, deses gens de
ses vaisde
mer, l'état de ses manufactures,
ses colonies. Je lui
d'antres mayens
connois
defortune : cesont ses
publiques et domestiques. Si elles les mceurs
toute sa puissance s'éerouleroit
perdoit,
C'est Zerz heureua
avec elles.
point à craindre pays que celui oit l'on n'a
chant
un homme puissant ni Zn mehomme, oit le pauyre est
toujours se- --- Page 360 ---
M E M O I R E S
couru, oi les juges et les tribunauz
et méritent une grande vénération, oit inspirent
rité
,
Pautodomestique est une sorie de
où le lien conjugal est
magistrature s
vertu est
respecté, oi enfin la
profitable.
Ailleurs elle nuit souvent, Lit elle sert toujours. Les
vertus mènent à tout, le vice
talens, les
il faut
ne mêne à rien :
qu'il se suffise à lui-même et
paye ses jouissances ; car on y connoit qu'il tous
les genres de désordres, mais ils se cachent.
La société veille sur son enceinte,
exerce sa dictature : voilà ce qui
P'opinion
peuple robuste ! Mais si
constitue un
l'orgueil national
sranliejusqe'à Pivresses s'il veut être le seul
libre , le seul riche , le seulfort : ce
vaisseau se brisera sur les écueils qui superbe l'environnent ; et le jour oi
ses
PAngleterre perdroit
maurs, ses lois, sa liberté, seroit un
jour de deuil pour le monde civilisé.
d'une jalousie universelle, elle doit redouter Oljet
le malaise, la corruption des autres
Son intérêt lui commande
peuples.
rale : l'avidité
une politique libécommerciale
ses
mceurs. Si elle veut imposer des corrompra chaines
elle ne dissimule les tributs
; si
que son commerce
impose, sa prospérité s'éteindra dans de nouvelles guerres, dont le fardeau toujours crois-
, seroit un
jour de deuil pour le monde civilisé.
d'une jalousie universelle, elle doit redouter Oljet
le malaise, la corruption des autres
Son intérêt lui commande
peuples.
rale : l'avidité
une politique libécommerciale
ses
mceurs. Si elle veut imposer des corrompra chaines
elle ne dissimule les tributs
; si
que son commerce
impose, sa prospérité s'éteindra dans de nouvelles guerres, dont le fardeau toujours crois- --- Page 361 ---
SU R L E S COL O NI E S.
sant détruira ses Anances. Cette
celle du véritable intérêt de considération ,
du besoin qu'elle a de concourir LAngleterre et
des autres nations,
au bien-être
sentie par les
n'est pas générulement
Anglais,
autre point.
Les
raisonnables sur Lout
nationauz les
prétentions, les préjugés
du
séparent Zn peu trop du
mondes et comme ils font
de
reste
derangers, ils ne
peu
cas des
leur nuit, de ce qui s'inquiètene les
pas de ce qui
moment des transactions blesse. Cependaat le
peuple doit
est arrivé, , chaque
prendre sa part du
globe. Cette lutte
commerce du
dusure mercantile, d'intrigue, de cupidité et
de la science
qui Jormoit une partie
politique de
place à d'auires
PEurope, doit Fuire
combinaisons : le système
commercial
système
EEA
si elles veulent Sappuieront sur d'autres bases,
profter des
reçues de la
legons qu'ellesont
rindationpungaie
Fin du
cinquième et dernier volume. --- Page 362 ---
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE CINQUIÈME IVOLUME.
Note préliminaire.
Avant-propos. de la première édition.
Mémoire sur Pesclavage des nègres
Notes critiques du comte de Mirabeau pere.
17 et suivantes.
Objections et réponses sur la servitude des
nègres.
Origine et utilité des colonies.
.61
Nécessité d'un réglement sur le traitement des
nègres.
Nouvelles observations servant de développement aur vues présentées sur Pimpossibilité de l'émancipation des nègres.
Réflerions sur la traite des noirs.
Danger des innovations subites.
--- Page 363 ---
TABLE DES
De la liberté absolue MATIEÈRS,
Ce qui arriveroit de la du commerce.
prohibitives.
suppression des lois
Ezamena des plans et des
ioi
parvenir à la destruction moyens proposés pour
des nègres,
de la servitude
L'interdieuon de la traite des
elle remplir les vues de
nègres peutposent.
ceur qui la proObservations sur les dettes des
sur leur influence.
colonies et
Dans le cas d'une servitude
impossible de prendre
durable, est-il
légale qui pourvoie à la aucune streté précaution
des nègres.
Des vices de la
de leur infuence. legislation des colonies et
Vues d'anélioration.
Conclusions et motifs de
Discours sur l'état des V'owurage.
colonies.
personnes dans les
Second discours sur la
nies, relativement à Pétat legislation des coloau régime intérieur.
des personnes et
Lettre sur cette
colonies de question : Quel sera, 3 pour les
révolution lAmbrique, le résultat de la
frangaise, de la
guerre qui en
des nègres.
Des vices de la
de leur infuence. legislation des colonies et
Vues d'anélioration.
Conclusions et motifs de
Discours sur l'état des V'owurage.
colonies.
personnes dans les
Second discours sur la
nies, relativement à Pétat legislation des coloau régime intérieur.
des personnes et
Lettre sur cette
colonies de question : Quel sera, 3 pour les
révolution lAmbrique, le résultat de la
frangaise, de la
guerre qui en --- Page 364 ---
602-52
TABLE DES M ATI ÈRES.
est la suite, et de la paiz qui doit la terminer.
Seconde lettre sur le même sujet.
Résultat des observations desfaits et des principes ci-devant ezposés.
130 et suiv.
Fin de la Table. --- Page 365 ---
Taecrum UIarr LLA - vw
cllos (acabant.
In dato Oétaedro Cubum infcriEIKG, GHIF, FKHE,
bere. Eft Hypliclis.
equalia, cÔ quod Jatera
a triangulorim zquiladato Oétacdro ABCDEF,F33io.
iftenforum ; &fer mutuo Stenbatn fit Cubus.
cant per coroll. I. prop.
Conftruétio. Quadrate baleos ABCD,
prum quodlibet Tetrae- pyramis vna cligatur ABCDE,verticem, haim fecat, ( nam quadra- bens Eeduabus odtaedrum conftituentibus;
I diuidit in pyramidem & centrum Goeincalicircamierbeatis trianIKGAE; tumin pyra- gulum zquilaterum ABE 2 reperiatur per
(ma EFCGKI;conftat propof.t. lib.3. clem.quod centrumeritetpramidisqualem,* iam centrum diéti trianguli; & per propol.
corol.propors.libe.ts, 3r.lib...clem. per iftud centrum G, ponatur
O reliqua quadrata GH redta linca LGM parallela lateri AB diéti
pifariàm dictum Tetrae- trianguli,fecansl slatera AEin L,BEin M;tàm
are probatum erit corol- ex punéto M, tranfmittatur alia parallela
MN lateri BCfecansinN latus CEstàm alia
parallela NO 2 ex punéto N 7 parallela lateri
SITIO III
CD;denique tranfmittatur reéta OL, que
etiam erit parallela lateri AD : nam per proOétaedrum infcri- pofias.libr.6. elem. reêta NOfecabit in N & O, proportionaliter latera CE, DE,
vnde
ft Hypliclis.
erit vt EN adNC, ita EOad OD ;fed per
coroll.propof.4.1 lib. ciufdem 6.eft vt EN ad
'er propof.1. librihuius NC, ita ÉM ad MB, tûm etiam vt EM ad
infcribatur Tetraedrum; MB,ita EL ad LA
etiam erit per prooinfcribaturo Oétaedrum pofit.libr.s.clem.vt UTESE ad OD, ita etiam
faétum eritpropolitum. ELad LA;quare per 2.partem propol.z.lib. lateri AD.
Quia per demonftratio- 6. clem. recta Lo erit parallela
ced. conftata angulosom- Quadrilaterum igitur refultabit ex diétis
latera Tetraedri &c
tûm etiam
NeCICEE
ere
;
rallelsredis.LMNO- &
ELM,EMN,
em propof. I. libribuius, ENO,EOL,E triagula aquilatera coroll. aqualia propo.4- lib.cit.6.
ctraedri fuftentariinplaper
zquilateris&
uia funt earum diametri: quia fimilia quatuor BEC,CED, triangulis DEA, conftiangulos O@taedridefcri- aqualibus tuentibus AEB, elcétam
bafeos
cubi; ideoque perdefin.
pyramidem Tt 3
fate
. I. libribuius, ENO,EOL,E triagula aquilatera coroll. aqualia propo.4- lib.cit.6.
ctraedri fuftentariinplaper
zquilateris&
uia funt earum diametri: quia fimilia quatuor BEC,CED, triangulis DEA, conftiangulos O@taedridefcri- aqualibus tuentibus AEB, elcétam
bafeos
cubi; ideoque perdefin.
pyramidem Tt 3
fate --- Page 366 --- --- Page 367 --- --- Page 368 --- --- Page 369 --- --- Page 370 --- --- Page 371 ---
-
ESJR
M253C
V 5 --- Page 372 ---