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F2357
M2s
THE
JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
-
Bequest of
MAURY A. BROMSEN
APRIL 25, 1919-OCTOBERI 11, 2005
: --- Page 3 --- --- Page 4 ---
:. - ats d --- Page 5 --- --- Page 6 ---
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:
a
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COLLECTION
DE MÉMOIRES
SUR
LES COLONIES, --- Page 10 ---
: --- Page 11 ---
D E
LA LÉGISLATIO N
E T
DE L'ADMININISTRATIO N
DES COLONIES.
Résumé de mes écrits et de mes vues
en cette partic,
I N TRODUCTIO N.
Isyav vingt-six ans que le travail qui compose
ce volume, et qui est relatifà Saint-Domingue,
a été rédigé. I! fut soumis en 1775 à un comité
de législation assémblé à Versailles, et composé
d'anciens administrateurs civils et militaires.
L'éternelle opposition de ces deux classes, et la
prépondérance des militaires ne permit aucun
4.
X --- Page 12 ---
I N T R OD U
r I N.
résultat utile de cette discussior. Les
de la colonie furent conduites
affaires
toujours été ; la
comme elles l'ont
commerce faisoit progression des cultures et du
croire mal à propos à la
gesse du régime. Ia révolution de
sales
1789 trouva
administrateurs, les colons, les
les tribunaux et les gens de couleur commerçans,
une situation telle que la dissolution libres, dans
vernement colonial étoit inévitable. du gouêtre inutile aujourd'hui
Il ne peut
d'examiner ce
proposoit alors pour le consolider en le qu'on
mant. Mes vues 3 mes observations
réforparoître hasardées il ya vingt-six ans pouvoient
dans ce laps de temps
; mais si
fiées; sije prévoyois l'expérience les a justidès-lors les suites
des désordres, des
funestes
cohérent
négligences du système inque je dénonçois s mes réflexions
auront acquis l'autorité du temps, et leur
plication éprouvera peut- être moins de apcultés.
diffiJe débutai dans le comité
réglemens
par un précis des
que j'estimois nécessaires, et j'en
développai les motifs dans une exposition subséquente de l'état de la colonie. C'est dans
même ordre que je présente ici ce
le
je pense aujourd'hui comme alors travail, et
torze réglemens
que les quaque je proposois, sont
sables à la restauration des colonies. indispen-
, et leur
plication éprouvera peut- être moins de apcultés.
diffiJe débutai dans le comité
réglemens
par un précis des
que j'estimois nécessaires, et j'en
développai les motifs dans une exposition subséquente de l'état de la colonie. C'est dans
même ordre que je présente ici ce
le
je pense aujourd'hui comme alors travail, et
torze réglemens
que les quaque je proposois, sont
sables à la restauration des colonies. indispen- --- Page 13 ---
N 1 R O D U C T I N.
(*) Cette discussion avoit été précédée par un
rapport dont je fus chargé sur la conduite des
administrateurs pendant les troubles qui ont
eu lieu en 1768, et qui présageoient ce que
produiroient, dans des circonstances données, de
plus grands mécontentemens.
L'histoire ne nous fournit aucun exemple
d'une révolution opérée dans une société bien
ordonnée. Les factieux ne paroissent et ne deviennent puissans que lors du discrédit, de la
foiblesse, ou des excès d'un Gouvernement.
Les droits de l'homme, dont on a tant abusé,
dont on a fait un texte de brigandage, naissent de ses besoins relatifs aux différens modes
de l'état social dans lequel il se trouve : car le
propriétaire et celui qui ne l'est pas, le soldat
etlemagiastrat,n'ont pas les mêmes droits; mais
le riche et le pauvre, le fort et le foible, 2
l'homme libre et celui qui ne l'est pas, tous ont
des droits relatifs qui doivent être définis et
respectés. Cette obligation est tout à la fois le
(*) Il ne faut pas oublier que, quant aux produits, recettes, 2 dépenses, consommations, la colonie de Saint-Domingue étoit, en 1775, fort au-dessous de ce qu'elle a été
depuis. --- Page 14 ---
N T R O A D
frein nécessaire
WCTIO N,
de l'autorité
et la sauve garde la plus sûre
Sans doute publique il
et domestique.
traction, de étoit funeste d'établir par abssans égard à la proclamer les droits de l'homme
situation
ilse trouve vis-à-vis de politique dans laquelle
séquence du principe ses semblables. La concontrarioit cette théorie étant que tout ce qui
tion devoit suivre
étoit mal, la destrucpas la destruction : et quels désastres n'entraîne
du plus mauvais
mnent, sans les précautions
gouverneciles qui en assurent le
préalables et diffiproscrivant les
remplacement ! Mais en
de vue les causes abstractions, de
ne perdons jamais
nemens,
mort de tous les
qui sont l'oubli de leur
gouvervais emploi de leurs
fin, le mauLes colonies
moyens.
comme leurs ne pouvoient être gouvernées
même fin, ni métropoles les mêmes ; Car elles n'ont ni la
Si la
moyens.
eût été démocratie, qui a fait verser tant de
praticable en
sang
dité digne de ces derniers France, c'étoit une absur.
loir la transporter dans les temps, que de vouaussi une absurdité bien colonies ; mais c'étoit
pas prévu que le régime déplorable den'avoir
sur plusieurs points à colonial, si contraire
d'Europe,
nos lois et à nos moeurs
exigeoit une surveillance
contiI
-
Car elles n'ont ni la
Si la
moyens.
eût été démocratie, qui a fait verser tant de
praticable en
sang
dité digne de ces derniers France, c'étoit une absur.
loir la transporter dans les temps, que de vouaussi une absurdité bien colonies ; mais c'étoit
pas prévu que le régime déplorable den'avoir
sur plusieurs points à colonial, si contraire
d'Europe,
nos lois et à nos moeurs
exigeoit une surveillance
contiI
- --- Page 15 ---
I N T R 0 D U CT I O N.
progressive, et une
nuelle, une amélioration
combinée sur la nécessité de ses
législation
vices, SuT celle de leur atténuation.
cette vérité m'a frappé dès mon
On verra que
mais les colons
début dans l'administration ;
dans
dans leur prospérité, ainsi que les princes
aucun écueil : et
leur puissance, n'aperçoivent
malheurs
comme il n'y avoit que d'effroyables obserqui pussent prouver la justesse de mes
vations, j'étois loin de desirer le douloureux
triomphe qu'elles peuvent obtenir anjourd'hui.
Indépendamment de tous les abus que je dédans mes mémoires, il existoit et il
nonçois existe encore un vice fondamental, un germe
de destruction que je n'avois pas assez développé, mais qui l'a bien été par les événemens
postérieurs. Le régime colonial n'est soutenu,
ni au dedans ni au dehors, par aucune force
aucune combinaison politique qui
morale, par
et il y a une réunion plus
lui soit appropriée,
facile d'intérêts et de volontés pour le renverser
que pour le maintenir.
la reLe despotisme oriental a pour appni
ligion qui le consacre, la milice qui en profite.
Les Levantins à Alger, les Mamelucs en Egypte,
les
de loi et les Jannissaires en Turquie ;
voilà gens avec le Coran les forces morales et poli-
force
aucune combinaison politique qui
morale, par
et il y a une réunion plus
lui soit appropriée,
facile d'intérêts et de volontés pour le renverser
que pour le maintenir.
la reLe despotisme oriental a pour appni
ligion qui le consacre, la milice qui en profite.
Les Levantins à Alger, les Mamelucs en Egypte,
les
de loi et les Jannissaires en Turquie ;
voilà gens avec le Coran les forces morales et poli- --- Page 16 ---
:
I N T R O D U
tiques qui suffisent
T Y O N.
vais régime.
au maintien du plus
Quels sont dans
maudu régime
le même ordre les
intérêts colonial P Aucun.
appuis
qui le
Discorde entre les
qui le serve ; commandenty nulle
rêts et des accroisement successif saperstition
insuffsance moyens de son
des intéla situation des forces qui le
de
endatinenents
plus
nos colonies dans protègent : voilà
dernières Hlorisant, que l'on peut
leur état le
années qui ont
dater des vingt
Leselavage remonte précédé la révolation.
sociétés ; mais nous
presqu'à l'origine des
anciens qui l'ont voyons tous les
religion, leurs lois admis n'adopter dans peuples
maximes
et leurs moeurs
leur
nir
contraires à
aucune des
néanmoins dans T'esclavage, et se
une
maintesupérieure à celle de leurs proportion infiniment
Les peuples
esclaves.
nies, ont fait modernes, tout le
fondateurs de cololeurs lois et les
contraire. Leur
et ils ont entendu moeurs ont proscrit religion,
portion
le maintenir dans Teschisage,
infiniment
une propropriétaires,
supérieure à celle de
droit et
auxquelsils en avoient
leurs
l'emploi. Ce
départi le
abandonné à toute contre - sens
plus
T'influience des politique 2
désordonnées, et à
passions les
limprévoyatce des
-
--- Page 17 ---
IN T R 0 D U C T I 0 N.
a produit ce que nous avons vu.
gouvemnemens, chez les anciens étoit hors de la
L'esclave
point. Nulle moloi civile, qui ne le protégeoit
venoient
ralité, nulle obligation religieuse ne
Pouvoit-il nous convenir à nous,
à son secours.
l'antiquité
Européens modernes, de recevoirde
lois
sans la modifier selon nos
cette institution,
? C'est ce qu'on a vonlu
religieuses et politiques
oblifaire en prescrivant aux maîtres quelques reliet en associant les esclaves à la
gations,
leurs maîtres : mais les liens
gion professée par
s'affoiblissant
religieux et la morale publique
dans les colonies que
encore plus rapidement
dans la métropole, le despotisme domestique
devoit prendre le même caractère que chez
les anciens y ; et c'est ce que la législation ne
n'ayant plus à sa disdevoit jamais permettre, maintien de Pesclavage les préposition pour le
jugés et les moeurs des anciens peuples.
Ce seroit une discussion bien oiseuse que de
rechercher les causes des désastres, si l'on n'en
faisoit sortir les moyens de réparation. Arrêtonsnous donc pour le passé aux faits constatés,
et voyons ce qu'ils prouvent, ce qu'ils co1lseillent pour le présent, pour l'avenir.
les EuroPersonne ne croit aujourd'hui que
soient propres à cultiver les terres de ls
péens
position pour le
jugés et les moeurs des anciens peuples.
Ce seroit une discussion bien oiseuse que de
rechercher les causes des désastres, si l'on n'en
faisoit sortir les moyens de réparation. Arrêtonsnous donc pour le passé aux faits constatés,
et voyons ce qu'ils prouvent, ce qu'ils co1lseillent pour le présent, pour l'avenir.
les EuroPersonne ne croit aujourd'hui que
soient propres à cultiver les terres de ls
péens --- Page 18 ---
:
I N T R O D U T I O N.
zone torride; ils ne pouvoient
comme
s'y établir que
qu'ils conquérans, 3 et les denrées précieuses
demandoient à ce sol
être produites
usurpé ne pouvoient
Telle
que par des bras asservis.
est la base de nos
les Antilles.
établissemens dans
Les
métropoles, en
sion de
s'adjugeant cette exten- l4
territoire, en y attachant celle de
industrie, de Jeurs
leur
s'en assurer le domaine consommations, devoient
la solde de la
utile, la protection et
loniale étant protection. Mais l'institution
leurs
en désaccord avec leurs lois, COmoeurs, ne pouvoit se
avec
des moyens
maintenir que par
indépendans de leurs lois
moeurs. La violation de
et de leurs
rance
ce principe,
dédaigneuse de toules ses
l'ignodevoient
multiplier les fautes et conséquences, les
qu'à ce que la dissolution
abus jusdes
s'exécutàt, et nous y arriverons si établissemens
au principe conservateur-d'un.
on ne revient
Jen'avois pas assez
système colonial,
lorsque j'ai commencé d'expérience et de lumières
tion des colonies,
à écrire sur l'administra.
dans mes anciens pourq qu'on trouve autre chose
mémoires
ce système et de sa nécessité. que l'indication de
nemens postérieurs
Ce sont les évépement, et c'est la qui complètent le dévelopconcordance à chaque épa
- --- Page 19 ---
INT R ODUCTI O N.
que de ces événemens avec mes observations
antécédentes, qui leur donne anjourd'hui l'importance d'un corps de preuves et de raisonnemens dont la simplicité, la négligence même
n'altèrent pas la justesse.
Je publiai en 1775 un premier mémoire sur
l'esclavage et lemploi des nègres en Amérique;
j'y joignis un projet de réglement que je remis
au Gouvernement, et dont j'arrêtai la publication ; mais je n'en fus pas moins livré à toutes
les attaques des philosophes et des colons; et
le Gouvernement ne prit aucun parti. J'entrai
alors plus avant dans tous les détails de l'administration coloniale , en provoquant la ré.
forme de celle de Saint - Domingue avec aussi
peu de succès.
rendit
Mon voyage à Surinam, en 1777, me
encore plus sensibles les vices et les dangers de
cette police. On a vu que je ne craignis pas
de m'en expliquer avec la régence hollandaise.
Les amis des noirs composoient dès - lors une
société correspondante en France et en Angleterre. Ils profitèrent de nos désordres pour les
attaquer dans leurs principes ; ils s'emparoient
à
de l'opinion publique, 9 et sollicitoient grands
cris l'affranchisement desnègres. Les écrits philanthropiques se multiplièrent pendant dix ans; 3
ette police. On a vu que je ne craignis pas
de m'en expliquer avec la régence hollandaise.
Les amis des noirs composoient dès - lors une
société correspondante en France et en Angleterre. Ils profitèrent de nos désordres pour les
attaquer dans leurs principes ; ils s'emparoient
à
de l'opinion publique, 9 et sollicitoient grands
cris l'affranchisement desnègres. Les écrits philanthropiques se multiplièrent pendant dix ans; 3 --- Page 20 ---
:
es : : :
INTR O D U CT I O N.
les colons s'en irritoient,
voquer aucune
sans prendre ni
mesure de sdreté ; et le
vernementrestoits
ta
relle. Je rentrai dans simple spectateur de cette quepubliai mon second l'arène en 1788, et je
mémoire.
La convocation des
une
États-Généraux
dernière explosion, qu'il étoit
préparoit
de prévenir ; mais il étoit arrêté encore facile
faute ne seroit omise
qu'aucune
la plus courte
pour arriver par la voie
L'état
au dernier terme du malheur.
des gens de couleur dans les
avoit été réglé, comme tout le
colonies
voir ce qu'ils pouvoient devenir reste, sans prétiplication et leurs
par leur mulson avec les intérêts propriétés, sans combinaiqu'ils
ou défendre.
pouvoient attaquer
Dans tout pays où
hommes d'une
l'esclavage est établi, les
origine libre forment
ment la première classe
nécéssaire-
; mais les
en restant Gans la seconde, doivent affranchis,
une communauté d'intérêts
y trouver
qui les rende ses auxiliaires avec la première >
surdité
: le comble de l'abest de les placer à une telle
des blancs, qu'ils croient avoir à
distance
devenant leurs ennemis. C'est
gagner en
fait. Au lieu. de maintenir
ce qu'on avoit
de propriétaires la
par une hiérarchie
subordination des gens de --- Page 21 ---
IN T R OD U CTI 0 N.
couleur, une vanité extravagante commanda
leur avilissement; et quand on peut s'y soustraire, aucune classe d'hommes ne se laisse
avilir.
Le mal que nous ont fait les mulâtres, les
atrocités qu'ils ont commises, ne m'empêcheront
point de rappeler ici que leur début, à l'ouverture des Etats-Généraux, n'eut rien de répréhensible. Ils avoient à Paris des députés, et
pour conseil un avocat honnête, M. Joly,
avec lequel j'eus une conférence. Il me communiqua leur mémoire, qui étoit modéré ; ils
demandoient à être admis comnme tous les propriétaires à l'exercice des droits politiques ; ce
qui étoitunei imprudence pour eux comme pour
nous dans le sens où on l'entendoit alors; mais
améliorer leur condition, les rapprocher de
nous, étoit la mesure nécessaire pour eux et
pour nous. Les colons de Saint-Domingue se
réunissoient alors, au nombre de deux ou trois
cents, en assemblée délibérante, à Phôtel de
Massiac; ils y faisoient des motions, prenoient
des arrêtés, disputoient, déraisonnoient, suivant
l'usage du temps. J'engageai les mulâtres et
leur conseil à se présenter d'abord à cette asles
semblée, 3 jugeant tres-important que
propriétaires eux-mêmes prissent en cette occasion
colons de Saint-Domingue se
réunissoient alors, au nombre de deux ou trois
cents, en assemblée délibérante, à Phôtel de
Massiac; ils y faisoient des motions, prenoient
des arrêtés, disputoient, déraisonnoient, suivant
l'usage du temps. J'engageai les mulâtres et
leur conseil à se présenter d'abord à cette asles
semblée, 3 jugeant tres-important que
propriétaires eux-mêmes prissent en cette occasion --- Page 22 ---
.
N T R O D. U C T I O- N.
une sorte de patronage sur les
de
en se montrant favorables à leurs gens couleur,
qu'on pouvoit circonscrire dans prétentions, des
convenables, si nous en prenions
limites
Je me rendis moi - même à l'assemblée l'initiative.
cette, intention ; mais à peine
dans
entendre : je représentai
pus-je me faire
de la saine
inutilement qu'il étoit
politique de nous montrer les
tecteurs, et hon les parties adverses des prode couleur; que la révolution qui
gens
avec des signes effrayans, feroit s'annonçoit
en leur faveur plus
malgré nous
qu'ils ne demandoient
qu'il étoit donc prudent de les attacher à 5
intérêts; qu'il étoit
nos
accueillir,
indispensable de les bien
et d'empêcher qu'ils
sans
présentassent,
notreintervention, leur pétition aux ÉtatsGénéraux. Mes observations fussent aussi mal
reçues que les pétitionnaires. On les traita avec
hauteur; ils se retirèrent
rent bientôt
mécontens, et s'uniaux promoteurs de la subversion
projetée dans les colonies. L'Assemblée nationale une fois saisie de cette question de
lité des droits pour les gens de couleur, il l'éga- étoit
aisé d'en prévoir l'issue d'après le délire démocratique qui nous agitoit; et c'est dans cette
occasion que je démontrai, par les principes et
l'esprit du gouvernement représentatif, que les
-
A
- --- Page 23 ---
I N T' R O D U C T I O N.
leur sûreté
colonies, en tout ce qui compromet
ne
être sotmises
et leur existence, ,
pouvoient législatifs de la
aux principes et aux maximes nécessité de fixer
métropole. De-là dérivoit la
de. le protéger, et non de
un système colonial,
européenne ; car
lassimiler à notre législation
la loi dans les pays libres n'est autre chose que
la volonté du peuple, présumée et exprimée par
lesquels ont collectivement à
ses représentans, intérêts communs et des intérêts
défendre des
semblables. Mais les colons sont étrangers sur
plusieurs points à la communauté et à l'identité des intérêts métropolitains. Ils composent
société politique qui a le droit de se
aussi une
Leurs moeurs et
préserver de la dissolution.
de
leurs institutions coloniales, les conditions
les moyens de leur police et de
leur existence,
ni défendus
leur sûreté, ne sont ni représentés
dans la métropole par des moeurs analogues 2
des intérêts identiques. Il y a donc à leur
par violation de droits et de principes, si
égard l'autorité nationale, sortant de Ia ligne de protection et de surveillance qui lui appartiennent, ne leur laisse toutes les garanties et la
d'indépendance qui leur est nécessaire
portion maintenir leur existence : voilà ce qui
pour
n'a jamais été compris, ce qui ne l'est peut-
leur sûreté, ne sont ni représentés
dans la métropole par des moeurs analogues 2
des intérêts identiques. Il y a donc à leur
par violation de droits et de principes, si
égard l'autorité nationale, sortant de Ia ligne de protection et de surveillance qui lui appartiennent, ne leur laisse toutes les garanties et la
d'indépendance qui leur est nécessaire
portion maintenir leur existence : voilà ce qui
pour
n'a jamais été compris, ce qui ne l'est peut- --- Page 24 ---
.
I
être pas encore, et
N.
ce
Lasesveris
Cesse à des
qui nous
jusqu'à Ce révolutions , à des exposera sans
de vérité, gu'on s'arrête au point estastrophes s
des
que des
fixe de raison,
erreurs anciennes préjugés, des
tention.
dérobent à prétentions et
Toutes
notre inatnos
ministration méprises en
que les
tiennent à leur législation, en adsont
nuances entre l'axiome théorie : c'est-là
sonvent
et le
par des principes insensibles, et qu'on sophisme
sastreuses.
purs à des
peut arriver
C'est ainsi
conséquences déla doctrine que
et
les l'espérience nous apprend
l'égalité,
ptincipes de la
que
vent y transplantés dans les
liberté, de
incendie. produire que
Antilles, ne peuIl étoit donc dérastation,
ciété composée
nécessaire massacre et
préservée
de maîtres et
qu'une SOpar ses
d'esclaves fit
politique
fondateurs de toute
par les capable de faire
influence
esclaves;e et,
égorger les maitres
affranchie de la
pour cela, elle devoit
vage chez le législation qui proscrit être
Ce
peuple fondateur.
l'exclaprincipe étant la base
que j'appelle sytème
Jondamentale de ce
évidence, et je
colonial, j'insiste sur
tous les
préviens toutes les
son
l'éluder. argumens par
inductions,
lesquels on voudroit
a = --- Page 25 ---
I N T R OD U C T I O N.
Les colonies, me dira-t-on, étant instituées
au profit de la métropole 3 protégées par ses
armes, alimentées par son commerce, ne peuvent être soustraites à sa dépendance.
Je suis de votre avis, que les colonies vous
soient subordonnées comme moyens de force
et de richesse, comme agens de votre commerce, comme débonchés de vos manufactures;
votre autorité s'étende sur tout ce qui vous
que sert, qu'elle ne s'arrête qu'à ce qui vous est
inutile ou étranger, ou contradictoire à VOS
lois, et à vOs moeurs nationales : sur tous ces
points vous n'avez aucun intérêt, ni de vous
faire violence, en consacrant les moeurs et les
institutions coloniales, ni d'attenter à la sûreté
des colons en leur imposant les vôtres. Laissezleur la charge 2 les moyens 9 et la responsabilité morale de leur police intérieure. Cette SOciété, bien ou mal instituée, ne peut exister
autrement que sur sa base, qui est l'esclavage.
Vous devez donc vous interdire jusqu'à la tentation de l'ébranler, et, d'après ce qui est arrivé,
vous devez prendre des précautions pour l'avenir, en vous déclarant incompétens pour, prononcer sur les propriétés, et Pétat des personnes dans les colonies 2 autrement que par
P'organe et du consentement des propridtaires.
érieure. Cette SOciété, bien ou mal instituée, ne peut exister
autrement que sur sa base, qui est l'esclavage.
Vous devez donc vous interdire jusqu'à la tentation de l'ébranler, et, d'après ce qui est arrivé,
vous devez prendre des précautions pour l'avenir, en vous déclarant incompétens pour, prononcer sur les propriétés, et Pétat des personnes dans les colonies 2 autrement que par
P'organe et du consentement des propridtaires. --- Page 26 ---
- :
Ce n'est INTRODOCTI 0 N:
pas là une des innovations
gereuses 2 parmi lesquelles On confond dans
jourd'hui tout ce que
auetla raison
l'expérience des siècles
dessages ont consacré.
toire; ; vous verrez les
Ouvrez l'histeurs, les Grecs et les conquérans, les législacolonies, aux
Romains, laisser aux
municipales, provinces conquises leurs lois
leurs mceurs, leur
usages, et l'autorité suffisante culte, leurs
tenir. Vous verrez le
pour les mainplus grand
moyen âge, Charlemagne,
prince du
titutions à
soumettre ses insl'acquiescemeut des
ples qu'il gouvernoit mais
différens peu-
;
ce qu'une saine
litique, ou des idées
poroient aux plus grands purement libérales suggé.
justice
législateurs, ici c'est la
mandent. rigourense, Vous
c'est la nécessité qui le comde
aviez bien le droit
fermer l'entrée des Antilles d'ouvrir Ou
d'y établir des cultivateurs
à vOs sujets $
ser transporter des Africains. libres, ou d'y laisavez distribué le territoire Mais lorsque vous
et les instrumens de
à des propriétaires, 5
culture à des
avez par ce seul fait départi
serfs, vous
législation de leur
aux premiers la
injuste
stireté; Car il seroit aussi
qu'insenséde les avoir entourés de
gers sans moyens
dandéfensifs, et de leur
craindre, à chacune de VOs lois
faire
nouveau malheur.
nouvelles, un
avez distribué le territoire Mais lorsque vous
et les instrumens de
à des propriétaires, 5
culture à des
avez par ce seul fait départi
serfs, vous
législation de leur
aux premiers la
injuste
stireté; Car il seroit aussi
qu'insenséde les avoir entourés de
gers sans moyens
dandéfensifs, et de leur
craindre, à chacune de VOs lois
faire
nouveau malheur.
nouvelles, un --- Page 27 ---
I N T R OD U C T I O N.
Jene connois point de réponse 7 point d'objection à cette première condition du système
colonial, mais j'en connois bien les difficultés,
et je ne veux ni les dissimuler , ni les affoiblir.
Un pouvoir législatif dans les colonies ! c'est
une grande question , et ce n'est pas là ma proposition. Nous avons vu les écarts, les folies
des dernières assemblées à Saint - Domingue :
qui pourroit en desirer le retour ? Depuis que
Cicéron nous a si magnifiquement signalé le caractère de la loi, sa nature, son existence indépendante des erreurs ou des passions d'un sénat
ou d'un prince, il seroit permis de croire que
le pouvoir législatif n'appartient exclusivement
ni à un homme, ni à plusieurs. Et en effet,
la vérité, la justice 7 sont trop souvent à une
grande distance de nos petites combinaisons >
de nos mouvemens tumultueux, pour se rencontrer dans l'intrigue de nos débats, dans les
motifs passionnés de nos décrets. D'ailleurs,
ce n'est pas à la suite d'une révolution et au
milieu des calamités qu'elle entraîne que ses
victimes peuvent avoir cette supériorité de raison; 2 ce caractère de modération nécessaire
pour réprimer enc-mêmealeshabitude, vicieuses
de leur régime intérieur , pour concilier leurs
intérêts avec ceux de la métropole. Il faut
4.
--- Page 28 ---
N T R C DU CT I O N.
sans doute les consulter, 3 les
ont des lumières
entendre; carils
soins
qui vous manquent, des befaut rien qu'ils connoissent mieux que vous. Il ne
entreprendre sur leurs
les moyens de leur
propriétés, sur
streté, sans leur
ment : mais après les avoir garantis des acquiesceou des injustices de la
méprises
les
métropole, il faut bien
préserver aussi de leurs propres écarts.
C'est ainsi que les bons
que soit leur forme, opèrent gouvernemens, , quelle
dont les plénipotentiaires comme un congrès,
raison, la justice,
nécessaires sont la
faires sont d'autant lezpérience ; et leurs afmieux réglées qu'ils
emploient moins de surnuméraires. C'est
y
cet esprit que je déterminerois la seconde dans
tion du'système colonial, savoir, d'être condi.
aur colonies comme 2k la
imposé
ne puisse être violé ni altéré métropole, et qu'il
tement mutuel.
sans leur consenC'est donc le caractère primitif de la
sa nature, son essence conservatrice,
loi,
devons chercher à reconnoitre
que nous
chercher les
> avant d'en
organes.
La colonie existe, donc il faut
conserve. Voilà la première loi nécessaire qu'elle se
doit se combiner, commeje l'ai dit, surla qui
sité des vices de Pinstitution,
nécesatténuation.
3 sur celle de leur
:
-
a
-
métropole, et qu'il
tement mutuel.
sans leur consenC'est donc le caractère primitif de la
sa nature, son essence conservatrice,
loi,
devons chercher à reconnoitre
que nous
chercher les
> avant d'en
organes.
La colonie existe, donc il faut
conserve. Voilà la première loi nécessaire qu'elle se
doit se combiner, commeje l'ai dit, surla qui
sité des vices de Pinstitution,
nécesatténuation.
3 sur celle de leur
:
-
a
- --- Page 29 ---
IN T R O D U C T I O N.
Cette terre, partagée entre un petit nombre
de propriétaires et cultivée par une multitude
de non propriétaires, exigeune police locale qui
lui soit propre, quand même on abandonneroit
la dénomination de maîtres et d'esclaves : car
il faut au propriétaire une force morale et physique qui le défende, au travailleur une discipline qui le contraigne, à tous les deux une
autorité quiles surveille, qui civilise leurs rapports. Voila la loi conservatrice ! Il est inutile, il
ajouter tous les abus de l'esest dangereux d'y
clavage, tous ceux du despotisme domestique.
Pourquoi rétrograder du point de civilisation
? Est-ce aux siècles
où nous sommes parvenus
de barbarie et aux peuples qui ont persévéré
dans cet état que nous demanderons des moeurs
et des usages ? La condition de leurs esclaves
doit-elle être précisément la condition des nôtres? non. Nous nous sommes mis bien ou mal
à propos dans la nécessité d'employer des travailleurs obligés ; qu'on ne dérange point
cette combinaison fondamentale, mais qu'on la
rectifie. Que l'esprit de famille, celui de la
religion., celui de la loi, viennent au secours
du travailleur obligé, et modifient cette disposition facheuse, mais nécessaire, d'un homme --- Page 30 ---
L 1 N.T R O DU C - T I 0 N.
par un autre homme. La discipline
gouvernement féodal des
militaire, , le
offrent
temps modernes, nous
pour nos nègres des modèles de
conciliables avec nos moeurs et
police
qu'on prenne bien
nos besoins; et
jugés créoles
garde, malgré tous les prédes
qui me replacent ici dans la classe
philanthropes, , que c'est la streté des COlonies, celle des colons, autant
Phumanité, qui
que la justice et
commandent ces
On les a mal saisies, mal
modifications.
partis. Les
jugées dans tous les
philosophes ne veulent point composer avec la servitude des noirs; les
se croient perdus, si on lui
colons
la raison et la nécessité
impose des limites :
de ces extrêmes.
se trouvent au milieu
Les Portugais et les
nous des esclaves
Espagnols ont comme,
leurs
nègres; et la paix est dans
ateliers, la subordination
sans effort dans leurs
se maintient
colonies. Pourquoi cela ?
parce que leur régime
le nôtre mauvais
domestique est bon, et
; parce que l'esclave est
eux de la famille; la
chez
religion et la loi le
tègent : sa condition est douce il
propective d'amélioration
; a une persmaître,
; il peut changer de
en remboursant à celui dont il est mécontent le prix estimé de son travail,
son talent. Si le maître
ou de
abuse, le curé, le ma-
-
colonies. Pourquoi cela ?
parce que leur régime
le nôtre mauvais
domestique est bon, et
; parce que l'esclave est
eux de la famille; la
chez
religion et la loi le
tègent : sa condition est douce il
propective d'amélioration
; a une persmaître,
; il peut changer de
en remboursant à celui dont il est mécontent le prix estimé de son travail,
son talent. Si le maître
ou de
abuse, le curé, le ma-
- --- Page 31 ---
I N T R ODU C TI 0 N.
entendent les doléances
gistrat, le contiennent,
industrie
lui
de l'esclave ; enfin, son
peut
des moyens d'affranchissement ; et
procurer
entre dans la
l'affranchi, devenu propriétaire, au-dessus de lui
hiérarchie politique. Il trouve
mais la sienne n'est point
d'autres conditions,
fonction civile, ecclésiastique
avilie : aucune
Pourquoi
ou militaire, ne lui sont interdites.
les Français, les Anglais ;, les Hollandais n'adopteroient-ils pas tous ces tempéramens ? Le temps
est venu où ils sont indispensables ; il faut que
la loi les prononce, et c'est encore une loi conservatrice.
-
de tout. L'esclavage illiNous avons essayé
la liberté promité a produit une révolution ;
les
clamée a produit tous les crimes, tous
malheurs. Arrivons enfin ClL régime des précautions. Je ne vois rien de plus démontré en
administration que les désastres qui résultent
d'un système inflexible. Ce n'est pas seulement
la manie des hommes volgaires, mais celle des
ils sont passionnés; ;
hommes supérieurs quand
les saisit, et leurs ercar alors l'aveuglement
fécondité. Voyez,
reurs ont une épouvantable celle des droits de
sur la théorie des lois, sur
du
T'homme, oûù nous ont conduits les rêves génie;et, après avoir été victimes del'exaltation, --- Page 32 ---
I N T R
il faudroit
ODUCTI O N.
déraison, souscrire encore à la lâcheté, à la
qui lui succèdent ! Ah
nous de cet empire de la folie
! défendonsles couleurs et parle
qui prend toutes
bouleverser le monde ! toutes les langues pour
remplacent les idées
que les idées positives
faits, et non sur les vagues : raisonnons sur les
sitions.
conjectures, sur les suppoLa législation doit avoir
entre les besoins
pour objet un traité
plus fort
s les devoirs et les
et du plus
moyens du
est dans les conditions foible; sa perfection possible
elle ne forme pas, elle raisonnables du traité :
sa destination est de ordonne la société, et
soudre. Ainsi, dans l'améliorer sans la disune société
propriétaires et de non
composée de
partient à la loi, non de propriétaires les
s il apce qui est absurde, mais mettre en parité,
rapports, de
de déterminer leurs
Thomme libre, garantir la propriété, la streté de
le travail
n'est pas libre, et la solde obligé de celui qui
protection, subsistance,
qui lui est due en
relatives. Il faut définir entretien et jouissances
du serf, comme
et constituer les droits
ceux du
dépourvu de toute
maitre; car un homme
sition absolue
espèce de droits, à la
d'un autre
dispodes
et
homme, est l'esclave
anciens, ne doit point être le nôtre.
la propriété, la streté de
le travail
n'est pas libre, et la solde obligé de celui qui
protection, subsistance,
qui lui est due en
relatives. Il faut définir entretien et jouissances
du serf, comme
et constituer les droits
ceux du
dépourvu de toute
maitre; car un homme
sition absolue
espèce de droits, à la
d'un autre
dispodes
et
homme, est l'esclave
anciens, ne doit point être le nôtre. --- Page 33 ---
I N T R o D U CTI O N.
expression m'est
Les droits du serf! Quelle
échappée ! la logique la repousse, la philosoet tous les colons ne l'aphie s'en indigne,
la troisième condidopteront pas. N'importe, colonial, et j'en ai
tion absolue du système
la différence
ci-dessus démontré les raisons, est
entre l'esclave des anciens et le traconvenue
la névailleur obligé dont nous reconnoissons
même cette différence par
cessité : marquons
le mot esclave
des termes précis ; et puisque
un homme enchaîné, quel'apnous représente
pellation de non libre lui soit substituée. Qu'on
achète le travail, les services, et non la personne morale de P'Africain ; qu'en apprenant
il s'en console par l'exercice
ses obligations, la
fille et l'épouse du
de ses droits 5 que jeune
soient
noir non libre n'aient point à craindre ou
vengées de la violence du ravisseur : que l'autorité du maître soit respectée 3 mais que ses
fantaisies, sa colère, aient un frein. Voilà encore une loi conservatrice ; voilà ce qu'il faut
impérativement, avec précision et détail,
régler
aux habitudes qui
sans égard aux préjugés,
s'y opposent; et si les voix dont j'ai entendu
les motions à l'hôtel de Massiac s'élevoient ici
contre moi, qu'il me soit permis, après plus
de trente ans d'observations comme proprié- --- Page 34 ---
INTR O D U C TIO N.
taire, comme
dre..
administrateur, de leur
CC Vos
répon-
> civils sont soumis transactions, VOS contrats
>> qui
à des conditions
peuvent seules vous
légales
A dre naissant du
préserver du désor-
>> ment
conflit de VOS intérêts. Compouvez-vous croire
>>
que VOS rapports
domestiques avec les
de
> leurs besoins, leurs agens
vOS cultures, s
> les vôtres,
passions, leurs vices et
S> cautions P Le n'exigent droit pas de semblables pré-
>>
d'esclavage fut fondé dans
l'origine sur le droit barbare
>> mort contre l'ennemi
de vie et de
>> sans
terrassé. Vous renoncez
douteà cette
> rité de
généalogie de votre autopropriétaires sur le
>> achetez le travail : elle
noir dont vous
>> il s'agit de les fixer.
a donc des limites, ,
>> dont vous êtes
L'intérêt de la société
membres
>> emnbrassent tout
exige que ces limites
ce
>> à sa
à
qui n'est pas nécessaire
shireté, sa
A trouve en dehors prospérité. de
Tout ce quise
> droits de Phomme
ce cercle compose les
>> devez les
qui n'est pas libre. Vous
respecter, la loi
> traindre; et si le mode
doit vous y con-
> cile, il faut le chercher d'exécntion est diffi-
>>
jusqu'à ce qu'on le
rencontre, car il est
Tel étoit
nécessaire. >>
l'objet du réglement
posai il y a vingt-six
que je proans ; je n'en ai plus ni
. de
Tout ce quise
> droits de Phomme
ce cercle compose les
>> devez les
qui n'est pas libre. Vous
respecter, la loi
> traindre; et si le mode
doit vous y con-
> cile, il faut le chercher d'exécntion est diffi-
>>
jusqu'à ce qu'on le
rencontre, car il est
Tel étoit
nécessaire. >>
l'objet du réglement
posai il y a vingt-six
que je proans ; je n'en ai plus ni --- Page 35 ---
I N T R OD U C TI O N.
imprimé, mais les
la minute ni un exemplaire des droits et des debases étoient la fixation
voirs des maîtres et des esclaves, un tribunal
domestique dans chaque paroisse pour les faire
observer , et la suprématie du Gouvernement
composé des plus notables hasur le tribunal,
bitans et du curé. Les gens de couleur propriétaires pouvoient y être admis comme assesseurs.
Le tribunal nommoit des inspecteurs d'atelicrs
la police correctionnelle. Les délits
exerçant étoient toujours dans le ressort de la
majeurs
habitant notable étoit
justice ordinaire. Chaque
inspecteur né de son habitation jusqu'à ce qu'il
fût convaincu d'avoir contrevenu au réglement; et si sa mauvaise conduite occasionnoit
des désordres graves, il pouvoit être contraint
parle Gonvernement de nommer un procureur
gérant, et renvoyé de la colonie, etc. etc.
Dans ce laps de temps de vingt-six années,
le cours dela révolution,
et sur-tout pendant renforcées, mes idées se
mes opinions se sont
des
sont étendues ; et loin de me départir
je viens d'exposer, j'en ai méprincipes que
existe dans
dité le complément. Je crois qu'il
l'intérêt général des peuples commerçans de
l'Europe, lesquels sont en quelque sorte coprosoient leurs
priétaires des colonies, quelles que --- Page 36 ---
I N T R 0 D U C T I O N.
métropoles : l'importance de cette
frappé; je l'ai traitée dans deux question m'a
mées en 1796.
lettres impriJ'ai osé dire que ces
de café, de coton,
manufactures de sucre 9
à la république appartiennent collectivement
Prusse,
européenne ; que la Silésie, la
P'Autriche, la
rêt proportionnel à leur Pologne, y ont un intéles peuples
consommation ; que
niales leur doivent consommateurs de denrées colouu
et de productions
accroissement de travail
des métaux
nationales : Car si c'est avéc
faut qu'une industrie qu'ils paient le sucre et le café, il
proportion de leurs nouvelle et croissante en
porte l'or et l'argent consommations, leur rapencore le sucre etle café pour qu'ils puissent payer
testable
: vérité
et
simple, inconmais la féconde,si on veut
hardiesse des
l'approfondir ;
encore celle du
conséquences surpasse
- cher derrière principe, et j'aime à me retranune idée juste,
goût et d'aptitude
ayant plus de
pour l'analyse que pour les
développemens. J'ai cependant
tion de cette
signalé la filiaqui
pensée, et voici la
nous conduit à son dernier ligne droite
Il est reconnu
terme.
source de la richesse aujourd'hui que la principale
vail,
des nations est le tra-
ir ;
encore celle du
conséquences surpasse
- cher derrière principe, et j'aime à me retranune idée juste,
goût et d'aptitude
ayant plus de
pour l'analyse que pour les
développemens. J'ai cependant
tion de cette
signalé la filiaqui
pensée, et voici la
nous conduit à son dernier ligne droite
Il est reconnu
terme.
source de la richesse aujourd'hui que la principale
vail,
des nations est le tra- --- Page 37 ---
I N T R ODU CTI D N.
Toute consommation annuelle dont la solde
renouvelle indique une reproduction ; elle
se
de richesses.
est cause de travail et moyen
Les denrées coloniales, en pénétrant graduellement chez les peuples non propriétaires de
colonies, leur enlèvent des métaux ou des
marchandises; ; mais toutes les fois que la consommation croit, et se soutient dans son accroissement, elle indique une reproduction qui
seroit
la solde : car le peuple consommateur
bientôt dépouillé de ses métaux ou de ses marchandises, si chaque barrique de sucre qu'il
reçoit et consomme ne produisoit un équivalent pour la payer.
Il suit de-là que les colonies, considérées
comme manufactures de denrées dont la consommation et la reproduction se succèdent,
intéressent autant les peuples qui les consomment que ceux qui les possèdent.
C'est donc un intérêt commun pour ces peula conservation et le bon régime de
ples manufactures. que
Alors les lois et les queces
relles de l'Europe ne devroient point les atteindre dans tout ce qui peut leur nuire et les
mettre en danger : car les manufactures de
Lyon et de Manchester sont indépendantes 2
dans leur organisation mécanique, de la vo- --- Page 38 ---
N r
D D U C T U N.
lonté du
deux villes législateur; et le conquérant de
ne seroit point tenté d'en briser ces
métiers, il lui suffiroit de
les
vrages.
s'approprier les ouAinsi notre droit public,
notre droit
d'Europe, ne peuvent être
positif
colonies, en tout ce
obligatoires dans les
ger; et tous les
guipeut les mettre en danles Gouvernemens peuples commerçans, sur-tout
propriétaires de Ces
factures, ont un intérêt
manunoître et à
démontré à reconprotéger un système
assure leur conservation
colonial, qui
dit comment je le
et leur prospérité. J'ai
intérieure:
concevois quant à la police
examinons-le maintenant dans
rapports extérieurs.
ses
L'auteur des Trois Ages des
a fait preuve de lumières
Colonies, qui
pouvoir déterminer
et de talens, a cru
leur
l'époque et la nécessité de
indépendance. Il a tourné
vérité dont il avoit le
autour d'une
brillante
sentiment, et dont sa
Il a
imagination a fait un roman
jugé avec raison qu'il
politique.
lonies une maturité
y avoit dans les COdevoit
d'abus et de forces
y produire ou renouveler des
qui
tions ; mais il y a loin de cette
révoludistribution
vérité à une
mation des régulière de puissance, à la forempires, proposées par M. de P.
vérité dont il avoit le
autour d'une
brillante
sentiment, et dont sa
Il a
imagination a fait un roman
jugé avec raison qu'il
politique.
lonies une maturité
y avoit dans les COdevoit
d'abus et de forces
y produire ou renouveler des
qui
tions ; mais il y a loin de cette
révoludistribution
vérité à une
mation des régulière de puissance, à la forempires, proposées par M. de P. --- Page 39 ---
I N T R O D U C T IO N.
dans le Nouveau - Monde. Il n'est pas douteux
espaguole et portugaise ne préquel l'Amérique
souverainetés,
sente les élémens de plusieurs
établir deux grands empires
qu'on ne pàt y
de la forme de
dont la prospérité dépendroit
favoriqui seroit adoptée , qui
gouvernement la
la transplantation
seroit le plus population,
de
des arts, des mécontens et des spéculateurs de
mais jamais les rois d'Espagne et
TEurope; 5 n'abandonneront cet apanage aux
Portugal cadets de leur maison, et les aînés n'abandondavantage leurs Etats d'Europe pour
neront pas
l'Amérique, quoiqu'on pât moaller gouverner
Il n'y a donc
tiver sensément cette émigration.
les conquêtes, 2 ou
que les guerres étrangères,
puissent opérer
les commotions intérieures, qui
la scission. Le congrès européen n'en réglera
amiablement les conditions : ce sera, comme
pas
la fortune et la force qui en décidetoujours,
concerne Varchipel des
ront ; et pour ce qui inévitable est d'être sous
Antilles, leur destinée
Ainsi
navales.
le joug des grandes puissances
de
et d'équilibre de puissance
un plan
partage
rentre plutôt
dans cette partie du monde
dans
dans la classe des, jeux du hasard que
celle des calculs de la politique 3 mais les observations de M. de P. n'en ont pas moins un --- Page 40 ---
I N T R O D U C TI I 0 N.
degré d'importance et de vérité. Il a
avec sagacité les causes
recherché
gemens progressifs
inaperçues des chanla force des
qu'opèrent dans les colonies
choses, celle du
sement des lumières, celui des temps, l'accroisdes abus.
besoins, celui
Presque tous les
par une routine
Gouvernemenss s'usent
suite. par des innovations léthargique, et périssent enpent comme une
subites qui les frapdroyante. Nous
attaque d'apoplexie fousommes les
cette démonstration
contemporains de
tervalle depuis la
qjui se renouvelle par infornation des
tous les peuples modernes
empires : et de
Anglais qui
, il n'y a que les
qu'ils mettent paroissent à leur corrigés par l'attention
avec laquelle ils
législation, et l'habileté
dans leurs
réparent les outrages du
crises politiques. lls
temps
doute une faute
commirent sans
tant leurs colonies grave, en imposant et en irride
nale; ; mais cette faute et l'Amérique la
septentriosont plus que
perte qui en résulta
compensées par leurs
postérieures et par l'ascendant
acquisitions
sur les Etats-Unis leurs
que conservent
factures et leur
capitaux, leurs manusolidé la
navigation. Cette faute a conconquête de l'Iride, en leur
que le seul mnoyen de s'assurer apprenant
des
conquis est d'améliorer leur
perples
sort. Le bill de
ale; ; mais cette faute et l'Amérique la
septentriosont plus que
perte qui en résulta
compensées par leurs
postérieures et par l'ascendant
acquisitions
sur les Etats-Unis leurs
que conservent
factures et leur
capitaux, leurs manusolidé la
navigation. Cette faute a conconquête de l'Iride, en leur
que le seul mnoyen de s'assurer apprenant
des
conquis est d'améliorer leur
perples
sort. Le bill de --- Page 41 ---
r N T R O D U C T I N.
l'établissement de l'Inde est la plus savante combinaison du despotisme européen, qui s'asmais avec les formes de la
seoit avec orgueil, de la raison, sur les débris
justice et le langage
les
du despotisme oriental ; et non - seulement
naturels du pays, mais les étrangers et leur
commerce sont mieux traités par les dominade l'Inde
ne l'avoient jamais été :
teurs
qu'ils
fondatcurs ou
grand exemple pour les peuples
propriétaires de colonies ! Mais nous ne voyons
l'Espagne et le Portugal en profitent 5
pas que
eux-mêmes, qui mettent moins
et les Anglais
d'importance à leurs colonies d'Amérique qu'à
deur empire dans PInde, n'ont pas pris dans
considération tous les désordres qui
une égale
entre les intérêts et
existent, ou se préparent
l'Eules rapports des Indes occidentales avec
Occupés de leur prépondérance plus que
rope.
indirects, mais sûrs, qui la garandes moyens
user de la conquête en la
tiroient, ils savent
modifiant; il ne leur manque que de ne pas
devroient modifier
abuser du monopole, qu'ils
anssi à mesure que leur commerce s'étend : car
toute exagération des masses en produit l'écroulement. Les Anglais ne peuvent avoir en Amél'existence commerciale et politique qu'ils
rique dans
et s'ils le vouloient en vertu
ont
lInde; --- Page 42 ---
INTR RO D U C TIO N.
de leur puissance
toutes les autres navale, très - supérieure à
; s'ils obtenoient
ment la monarchie universelle
momentanétoirs et de leurs flottes,
de leurs compcore, car il
, elle s'écrouleroit eny a une puissance morale
trie, d'amourd'induschez
propre et de besoin,
tous les
répandue
plus
peuples , qui luttera de
avec avantage contre
plus en
monopole. Mais il
tous les genres de
aussi utile
est une espèce d'empire
glais,
que glorieux à exercer par les Anqui est celui de contribuer
ment qu'aucune autre
plus efficacedes établissemens
nation à la protection
européens en
comme ils ne peuvent
Amériqne : et
tant
conserver les leurs
que ceux des autres nations
qu'andans un état de sûreté
seront aussi
térêt
et de
se trouve ici d'accord prospérité, leur inles dispositionsles
avec les principes et
colonial
plus libérales dont le
doit se composer.
système
La révolution a
noirs la
transplanté des blancs aux
question de l'empire des
nos misérables rivalités doivent Antilles, et
devant ce grand, intérêt
enfin s'effacer
développé.
qui s'est évidemment
Les colons de notre
jusqu'au dernier
sang seront-ils égorgés
ou subjugués
les
car il est incontestable
par
noirs ?
que tel est le plan des
E
-
doit se composer.
système
La révolution a
noirs la
transplanté des blancs aux
question de l'empire des
nos misérables rivalités doivent Antilles, et
devant ce grand, intérêt
enfin s'effacer
développé.
qui s'est évidemment
Les colons de notre
jusqu'au dernier
sang seront-ils égorgés
ou subjugués
les
car il est incontestable
par
noirs ?
que tel est le plan des
E
- --- Page 43 ---
I NTR ODU C T I U N.
chefs de la caste africaine, résultat horrible s
de l'égalité des droits, de la
mais nécessaire,
essais de la
première doctrine, des premiers
révolution.
nous défendre qu'en réSi nous ne pouvons
de notre couleur
tablissant la prépondérance
ne sontet celle de la propriété, les Européens de leurs
ils pas appelés à une confédération naturels ? n'avonsintérêts contre leurs ennemis
à veiller, à nous avertir récipronous pas de la découverte des complots, des
quement
insurrectionnels?
émissaires , des mouvemens
nécessaire
et
cette correspondance perpétuelle hostilités locales
peut-elle se concilier avec des
de colonie à colonie ? Pourquoi donc nos quequi sont d'ambition et de puisrelles d'Europe,
un théâtre oùl nous
sance, stendroient-llsanrs d'une bien autre
avons des intérêts communs
importance que nos intérêts divers ?
Ces vérités ont été senties, au moins momenla guerre qui vient de se
tanément, pendant
dignes de foi attestent
terminer. Des personnes
de Lille, le
qu'avant même les conférences
Gouvernement britannique ne considéroit plus
à Saint-Domingue comme
la guerre qu'ilfaisoit
les
mais
une guerre de conquête sur
Français,
et de défense contre les nègres ;
bien d'attaque
4. --- Page 44 ---
IN T R ODU C T I O N.
qu'en conséquence il ne repoussoit pas un
de neutralité dans cette partie de nation plan
tion, et des combinaisons de
à napropriétaires
secours pour les
français ; saufà eux à
avec le Gouvernement:
s'entendre
et celle de la colonie. français pour leur sûreté
La partie du territoire
qui étoit alors sous la protection
intacte, rendoit trente
anglaise étoit
être défendue
millions, 2 et pouvoit
contre Toussaint par les
taires réunis, qui auroient
propriédix mille hommes de
disposé de près de
milices
noirs et blancs. Si le Directoire enrégimentés 2
là avoit été accessible
dans ce tempsà des considérations
d'intérêt national, et eût pu leur
les passions qui le dominoient, subordonner
ce plan eût sauvé la colonie. Ce l'adoption de
pas douteux
fait, qui n'est
pour moi, gnelqwestraorelinaire
qu'il paroisse aujourd'hui,
indique au moins
qu'il est des circonstances et des motifs où la
neutralité des colonies pendant les
rope, et les secours mutuels des guerres d'Eudans les Antilles, ,sont une mesure de salut Européens
mun et de droit des
comgens : or, Ces circonstances, ces motifs, ont acquis récemment
caractère de permanence.
un
de
Siln'y a une alliance
police entre les colonies exploitées
les
noirs, nos hostilités, nos divisions dans par
cette
: S
moins
qu'il est des circonstances et des motifs où la
neutralité des colonies pendant les
rope, et les secours mutuels des guerres d'Eudans les Antilles, ,sont une mesure de salut Européens
mun et de droit des
comgens : or, Ces circonstances, ces motifs, ont acquis récemment
caractère de permanence.
un
de
Siln'y a une alliance
police entre les colonies exploitées
les
noirs, nos hostilités, nos divisions dans par
cette
: S --- Page 45 ---
I N T R OD U C T I O N.
partie du monde, y rallumeront toujours les
torches de la révolution ; et comme ce n'est
pas la partie saine de la politique qui a le plus
d'empire sur les Gouvernemens, il faut toujours
plus calculer sur leurs passions que sur leur moralité. Quel'onne croie donc pas que j'emprunte
ici les argumens de l'abbé de Saint-Pierre dans
de
Je laisse à l'amson projet
paix perpétuelle.
bition, à la cupidité toute leur influence ; mais
l'intérêt privé, l'intérêt commercial de chaque
peuple ont aussi leur instinct : et c'est-là toute
la vertu que j'invoque pour ariver au pacte SOcial que réclament les colonies des Antilles, et
le commerce européen, 9 qu'elles alimentent. Il
ne s'agit pas même de renoncer à ces riches
croisières dont l'appât est si puissant pour les
marins de toutes les nations. Que les denrées
coloniales soient, comme ci-devant, la proie du
plus habile ou du plus heureux, sans toutefois
que les pavillons neutres soient soumis à toutes
les vexations qu'ils ont récemment éprouvées.
N'est-ce pas assez que le pavillon ennemi ne
puisse librement naviguer dans ses colonies ?
S'il est bien reconnu, comme il doit l'être aujourd'hui, que nous avons dans chacune de nos
Sles un ennemi commun du travail des manufactures et des consommations de l'Europe >
3 * --- Page 46 ---
1 N T R 0 I) U C T I O N.
l'intérêt commun n'exigeroit-il
tion de
pas l'interdicl'attaque, de l'invasion et
de ces
dévastation
manufactures? Voilà ce que
le complément du système colonial. j'appellerois
intérieur, lois conservatrices
Régime
les bases.
: j'en ai indiqué
Régime extérieur, convention de
protection fédérale entre les Gouvernemens
propriétaires : j'en ai indiqué les motifs.
Seroit- ce donc une combinaison si bizarre
que celle qui détermineroit quelques
d'asyle et de repos où les Européens points
dispensés dese battre P Le vaste Océan seroient
deux
et les
hémisphères ne présentent-ils pas un espace suffisant pour le
de
forces et de nos talens militaires développement
nos
?
C'est par une suite d'observations
sur ce qui s'est passé dans les colonies rétrogrades
vingt-six ans que ces idées ont acquis depuis
consistance. Sur le régime intérieur, quelque
crois celle de l'évidence
je leur
; sur les rapports extérieurs, c'est aux bons esprits qu'il
d'en apprécier la justesse. Mais
appartient
serve encore à nous éclairer
que l'histoire
sur les événemens
dont nous ou la génération qui nous suit
serons
contemporains. Nous voyons dans tous les siècles les tempêtes
politiques se former et se
grossir par l'accumulation des désordres. Une
depuis
consistance. Sur le régime intérieur, quelque
crois celle de l'évidence
je leur
; sur les rapports extérieurs, c'est aux bons esprits qu'il
d'en apprécier la justesse. Mais
appartient
serve encore à nous éclairer
que l'histoire
sur les événemens
dont nous ou la génération qui nous suit
serons
contemporains. Nous voyons dans tous les siècles les tempêtes
politiques se former et se
grossir par l'accumulation des désordres. Une --- Page 47 ---
I N T R O D U C TI O N.
crise produit réparation ou bouleversement.
L'alfranchissement, la servitude, la conquête,
ne sont pour les peuples qui subissent ces métamorphoses un état permanent que par la fixité
et la rectitude des principes qui en déterminent
les effets : or sur les colonies qu'y a-t-il de fixe,
de conséquent, de prononcé, relativement aux
besoins qui les pressent, à l'agitation qui les
tourmente, aux rapports immenses qui se sont
développés depuis trente ans entre leurs produits
et les besoins de l'Europe ? Rien n'est arrêté
les progrès du temps sont pour elles inaperçus;
notre révolution, qui iles accélère, n'a fait éclore
aucmneidéeconservatrice-lPAunéiquser espagnole
secoue ses chaînes, veut les briser, et le régime
prohibitif freste pour elle ce qu'il étoit du temps
de Charles-Quint. Déplorable effet des systèmes
absolus ! Celui des économistes nous a désorganisés : l'inflexibilité, dans un sens opposé, consommera la ruine desEspagnols, et commencera
celle des Anglais. On parle d'un traité de commerce : ah ! sans doute il en faut un ; mais que
l'avidité fiscale cesse d'y présider : l'exagération
des idées libérales est un vice, s un danger;
leur étouffement est un crime qui flétrit et
mutile les corps politiques. Un traité de commerce, sagement combiné, seroit aujourd'hui --- Page 48 ---
I N T R O D U C T: I O N.
le bienfait le plus signalé qu'un homine de
génie pàt procurer aux peuples civilisés.
Lorsque l'ouvrage deSmith a paru, sa théorie
pouvoit être jugée systématique ; mais
rience l'a sur plusieurs
l'expéaxicme.
points converti en
Oui sûrement le travail - est la richesse des
nations, c'est donc aussi leur propriété; ainsi
leurs rapports mutuels doivent tendre à favoriser le travail en tout ce qui ne détruit ou
ne limite pas celui qui est propre à chaque nation.
Ne seroit - Ce pas là une base fondamentale
d'un traité de commerce entre les grandes
sances P Plaçons-y les colonies et leur neutralité puispendant la guerre. Ce n'est point une chimérique philanthropie qui la sollicite; c'est lamour
de soi, Pintérêt privé de chaque partie contrac
tante, que je consulte.
Les haines nationales
s'éteiou
s'allument,
gnent
se suspendent selon les
de paix ou de
et
circonstances
guerre , reconnoissent
des limites. Les cartels, les trèves, les toujours
nications pendant la guerre, continuent commules
entre
Gouvernemens : il est convenu de
à un certain terme de
s'arrêter
du -
violence; ainsi l'incendie
pays ennemi, qui n'est pas strictement né-
ante, que je consulte.
Les haines nationales
s'éteiou
s'allument,
gnent
se suspendent selon les
de paix ou de
et
circonstances
guerre , reconnoissent
des limites. Les cartels, les trèves, les toujours
nications pendant la guerre, continuent commules
entre
Gouvernemens : il est convenu de
à un certain terme de
s'arrêter
du -
violence; ainsi l'incendie
pays ennemi, qui n'est pas strictement né- --- Page 49 ---
I N T R 0 D U C T I O N.
cessaire à la défense, est proscrit par le droit
s'étend
loin dans FInde: on
des gens, qui
plus
la
y laisse en paix le laboureur, on y respecte
moisson.
la
le
Je m'interdirai donc pendant
guerre
mal que je pourrois vous faire, sans aucun
moi, et en m'en faisant à moiprofit pour
même.
Or toute attaque, toute invasion d'une colonie à manufactures, exploitée par des noirs,
J'attente à la sûreté de
présente ce caractère.
en mettant en danger les vomes possessions,
ne
exciter, favoriser un soulètres ; je
peux
les attirer à moi, sans
vement de VOS esclaves,
m'exposer aux mêmes risques. Sije vous oblige
à les armer 7 c'est une mesure extrême qui
tourner à mon préjudice comme au vôtre.
peut
intérêt, l'auxiJe deviens, contre mon propre
liaire d'un ennemi commun. Voilà les raisons
de sûreté relatives à chaque Gouvernement
adopter la neutralité. .On conpropriétaire, pour
la rendroient
çoit facilement les motifs qui
précieuse à tous les peuples commerçans. La.
souveraineté nominale de ces établissemens leur
est indifférente ; car les puissances qui en sont
investies arrivent plus ou moins promptement
au terme de leur jouissance exclusive, et n'en --- Page 50 ---
I NT R O D U C TI O N.
retirent plus que les frais de
que les peuples
protection aussitôt
par
consommateurs sont parvenus
leur T'accroissement de leur travail à balancer
la dépense par leur recette : c'est alors
copropriété s'établit sur les produits
que
échanges. Effet merveilleux de
par les
nature, qui veut
l'ordre de la
la
l'équilibre des poids comme
de gravitation le
des corps; et, ne
dire, les systèmes
craignons pas
rient les lois générales de politiques qui contraavoir aucun succès durable. l'univers ne peuvent
cette avidité de
Que signifie donc
la
possession pour des objets dont
jouissance ne peut être
se répartit nécessairement toujours exclusive, et
relative à l'industrie
dans une proportion
et aux besoins?
Qu'on daigne suivre la chaine
et l'on verra
de mes idées,
qu'une proposition, au lieu de
s'effacer, se renforce
tion
par une autre : l'inattenpeut me trouver obscur, la réflexion
ressortir la lumière sur toutes
fera
Je n'ai
mes assertions.
pas dit, et l'on auroit tort de
clure, quela propriété d'une
concan avantage pour le
colonien'est d'ausur tous les autres la peuple possesseur. Il a
tation de
priorité d'une augmentravail, la préférence de
pour ses mamfactures, le bénéfice débouchés
d'entrepôt : mais lorsqu'il
de fret et
porte aux marchés
obscur, la réflexion
ressortir la lumière sur toutes
fera
Je n'ai
mes assertions.
pas dit, et l'on auroit tort de
clure, quela propriété d'une
concan avantage pour le
colonien'est d'ausur tous les autres la peuple possesseur. Il a
tation de
priorité d'une augmentravail, la préférence de
pour ses mamfactures, le bénéfice débouchés
d'entrepôt : mais lorsqu'il
de fret et
porte aux marchés --- Page 51 ---
I N T n ODU C TIO N.
ses denrées coloniales, il sollicite
étrangers il faut
l'industrie des conalors, et
qu'il paie
sommateurs 5 car il ne leur vendroit qu'une
les
C'est,je
fois, s'il ne vouloit que
appauvrir.
crois, une vérité sentie, vérité fondamentale,
rattacherai bientôt la théorie des traités
et j'y
colonial.
de commerce, celle du système
Le peuple possesseur ne peut appeler et solder
l'industrie des consommateurs étrangers, sans
ne diminuent; mais
que ses profits primitifs
si son travail se soutient par l'accroissement
de ses propres consommations, 2 sa richesse se
calcule alors non plus sur la mesure de ses
possessions coloniales, mais en raison composée
de son travail et de ses consommations : seconde
vérité démontrée par l'immensité et la richesse
des colonies espagnoles, qui n'ont pu empêcher
lappauyrissement de l'Espagne. 3 parce qu'elle
n'asu ni voulu les employer à l'accroissement
Ainsi
de son travail et de ses consommations.
l'extension de territoire n'est pas toujours
moyen de richesse, et peut être moyen d'appauvrissement. D'une autre part, la jouissance
exclusive d'un nouveau produit d'une augmentation de travail, a un terme au-delà duquel
l'obstacle ou le danger : car il
on rencontre
n'y a que les peuples barbares, étrangers aux --- Page 52 ---
I NT R O D U
CTI O N.
progrès de la civilisation
dans la conjuration
, qui n'entrent pas
peuples policés contre permanente de tous les
commercial.
un système de despotisme
L'histoire de la Grèce et de ses
l'Asie mineure,
colonies dans
frappantes
nous donne sur ce point de
leçons : elle conservoit ou
son influence suivant
perdoit
que sa politique étoit
rannique ou libérale. Un
typlus
à
exemple plus
analogue nos
récent,
coalition du Nord dont circonstances, est cette
réduits à ceux du
tous les efforts se sont
Danemarck, et
par d'autres combinaisons,
qui pouvoit
portion de
malgré la disproforces et de puissance, mettre
danger celle de T'Angleterre.
en
Résumons toutes les
vérités que je viens d'établir. conséquences des deux
1°, Le peuple possesseur de
loniales doit tôt ou tard
manufactures COavec les consommateurs. partager ses profits
S'il contrarie cette destinasion
propriété par des mésures
salutaire de sa
tile, oppressive, il nuit à d'une fiscalité hosmanières, par la
sa prospérité de deux
devient nécessaire, tyrannie dispendieuse qui lui
jouissances aussitôt par la réduction de ses
sommations de
qu'il opère celle des conl'étranger. Nous retrouvons ici
Le peuple possesseur de
loniales doit tôt ou tard
manufactures COavec les consommateurs. partager ses profits
S'il contrarie cette destinasion
propriété par des mésures
salutaire de sa
tile, oppressive, il nuit à d'une fiscalité hosmanières, par la
sa prospérité de deux
devient nécessaire, tyrannie dispendieuse qui lui
jouissances aussitôt par la réduction de ses
sommations de
qu'il opère celle des conl'étranger. Nous retrouvons ici --- Page 53 ---
I N T R 0 D U CTI O N.
lois
de l'univers. Les corps
une des
générales
comme les individus, s'altèrent, se
politiques,
décomposent par l'abus de leurs moyens, par
l'affaissement de leurs
l'action violente ou par
organes. L'excès des
exclusives en com20,
prétentions
merce colonial peut se rencontrer également
dans la surabondance et la disette des inoyens.
L'Espagne et PAngleterre nous offrent ce conLa surabondance et la disette, dans l'un
traste.
etl l'autre pays, appellent également le concours
industriel des étrangers. L'un a ses greniers
pleins, et ne doit pas rebuterles consommateurs
niles mettre hors d'état de payer ses récoltes ;
l'autre a ses greniers vides, ses terres en friche :
la raison lui commande d'appeler de toute part
l'engrais et la semence.
Il est facile d'appliquer cette échelle de proportion à la situation commerciale des autres
et, sans sortir du sujet qui nous OCpeuples 2
l'intérêt
cupe, les colonies, nous trouverons que
général demande un traité de commerce sur
base de la sociabilité: Que le
cette première
travail et Pindustrie commune soient protégés
en tout ce qui ne peut nuire ct Pindustrie particulière à chaque état.
La neutralité des manufactures coloniales,
pendant la gucrre, 3 résulte de ce principe. --- Page 54 ---
a NT R OD U C T I C N.
Il en résulte aussi la
prohibitives,
modification des lois
lorsgu'elles
ment à Pindustric
nuisent non seuletrie particulière de commune, mais à Pindustient à contre-sens chaque peuple qui maince régime
Ainsi, pour
prohibitif:
tre-sens politique TAngleterre, ce seroit un conet les
que de limiter les
consommnations des
échanges
étendant le cercle de ses autres peuples, en
ou par des impôts
propriétés exclusives, 3
une
exagérés, qui équivalent à
prohibition, ou par toute autre
empire oppressif; et
signe d'un
qu'un contre-sens pour P'Espagne, c'est plus
et le Pérou dans que tmmpdenerkaieoigus
prohibitives, de l'enceinte stérile de ses lois
de
condamner à tous les
privation la population croissante
genres
tinent, sans permettre. à
de ce conde venir au secours de
l'industrie étrangère
La force des choses l'impuissance nationale.
mnes, la
plus que la raison des hompuissance du temps,
calculs d'une aveugle
proscriront ces faux
prévoyante
ambition ; mais si une
il se
sagesse ne prévient le châtiment,
prononcera par
de cruels déchiremens. d'effroyables secousses, par
Le traité de
que je demande n'auroit donc
commerce
avec ceux que l'astuce
rien de commun
présent rédigés. Que diplomatique a jusqu'à
pour moi en
peua-je prendre etgarder
dépovillant le plus possible ceur
-
proscriront ces faux
prévoyante
ambition ; mais si une
il se
sagesse ne prévient le châtiment,
prononcera par
de cruels déchiremens. d'effroyables secousses, par
Le traité de
que je demande n'auroit donc
commerce
avec ceux que l'astuce
rien de commun
présent rédigés. Que diplomatique a jusqu'à
pour moi en
peua-je prendre etgarder
dépovillant le plus possible ceur
- --- Page 55 ---
IN T R O DU C TI O N.
traite, ou en paralysant ce
avec lesquels leur laisse je ? tel est le yoeu secret d'un
que je
J'en voudrois un plus
habile négociateur.
recherchant
habile qui servit son pays, en
avec soin tous les profits qu'il peut faire par
la prospérité des autres. Ce n'est qu'en prenant ce côté de la question qu'on pourra fonder
le commerce de l'Europe sur des bases solides,
rendroient les guerres plus rares 9 et les
qui
impossibles; car l'améliorévolutions presque celle des lois et des Gouverration des moeurs,
dépendent éminemment de la protecnemens
du travail, et de
tion, de la multiplication
l'aisance générale qui en est la suite. Qu'on
examine dans leur résidence la différence du
elle se retrouvera entre
bon au mauvais riche;
d'une
libérale et ceux
les peuples
opulence
d'une avidité tyrannique.
nombre
II y a dans l'ordre naturel un petit
sont des lois éternelles, et dans
de principes qui
faits invariables qui doiles sociétés quelques
vent servir de règles à ceux qui les dirigent.
J'arrive ici à la dernière conséquence de mes
antécédentes. J'ai dit que les mapropositions coloniales influent sur le travail et
nufactures
les produits de tous les peuples qui consomment du sucre, du café, del l'indigo, etc.: donc --- Page 56 ---
I N T. R O DU C T I O N.
ils ont intérêt tous à leur
leur bon régime intérieur conservation, à
et
l'Europe a besoin d'un
extérieur; donc
traité de commerce
système colonial et d'un
tions.
qui remplissent ces condiPendant que j'écris ceci, la paix
proclamée, etle
générale est
la zone torride, sang français coule encore sous
avoit vieilli dans Un noir, un muletier qui
raineté de.
l'esclavage, dispute la souveteur de
Saint-Domingue au héros pacifical'Europe; son étendard
ploie contre les
sanglant se déRépublique. Il
enseignes victorieuses de la
sous ses ordres dansl permettoit aux blancs de vivre
aussitôt
l'avilisement, il les
que le Gouvernement
égorge
prendre sa place dans la colonie. français veut reLe voilà donc connu ce secret
reur: la liberté des noirs,
plein d'hortion!c'estle
c'est leur dominac'est l'incendie massacre ou l'esclavage des
de nos
de blancs,
Au moment même de champs,
nos cités.
d'une conjuration cette explosion, les signes
nifestent dans
universelle des noirs se matoutes les iles
assez pour qu'il ne reste anglaises. En est-ce
nécessité des
plus de doute sur la
de défense et précautions, de
sur celle d'un plan
tion
régime ? Mais
ne nous empêche
que lindignapas d'être justes. Les
-
a
-
endie massacre ou l'esclavage des
de nos
de blancs,
Au moment même de champs,
nos cités.
d'une conjuration cette explosion, les signes
nifestent dans
universelle des noirs se matoutes les iles
assez pour qu'il ne reste anglaises. En est-ce
nécessité des
plus de doute sur la
de défense et précautions, de
sur celle d'un plan
tion
régime ? Mais
ne nous empêche
que lindignapas d'être justes. Les
-
a
- --- Page 57 ---
IN T R O D U C T I O N.
les grands coupables; leur
chefs sont toujours
et le frein de la discichâtiment exemplaire multitude. Ces noirs ont
pline suffisent à la
évidemment forfait à la liberté: qu'ils
bien
leurs défenseurs officieux
rentrent sous le joug!
la raison,
ne peuvent plus exiger que ce que
commandent aux proPhumanité, T'expérience
de modifier la servitude en tout ce
priétaires,
leur sireté.
qui ne compromet pas
lieu
Après la conquête, qui aura
très-probasans doute de la resblement, on s'occupera
tauration. Avant d'en récapituler les moyens. ;
d'ocil sur l'ensemble de nos COjetons un coup
dans laquelle la rélonies, et sur la situation
de France et de
volution les a mises. Les iles
Bourbon sont les seules qui s'en soient préservées, gràce à la sagesse des habitans et des
administrateurs. de l'ile de la Réunion seront
Les productions
de commerce imencore aujourd'hui un objet
la métropole; mais il ne faut pas
portant pour la
et la police de ces deux
se flatter que garde
onéreuse à l'avenir,
fles ne lui soit pas plus
Elles suffiqu'elle ne l'a été pendant la guerre.
depuis dixans, à tousles frais de garnison
sent,
étoient, avant la réet d'administration, qui
millions.
volution, une dépense de plusieurs --- Page 58 ---
I N T R O D U C T I O N.
Comme il importe de fonder le
colonial sur des
Gouvernement
mie, autant
moyens d'ordre et d'éconoque sur la rectitude des
politiques, je voudrois
principes
fles de France et de la que l'administration des
dèle à celle de
Réunion servit de mocela
toutes les autres
par deux raisons
colonies, et
ont été en état
importantes. Les habitans
revenus, la majeure d'acquitter, sur leurs propres
partie de leurs
bliques; ; ils ont de plus
dépenses pupolice d'un si bon
adopté des mesures de
que leur
sens et d'une telle
tranquillité intérieure n'a vigueur,
blée, et que la subordination
pas été troudans leurs ateliers.
s'est maintenue
mieux que de laisser Que les pourroit-on faire de
Dans une colonie
choses dans cet état P
ruinée, dont les
composent plusieurs classes
propriétaires
térêts, comme à
d'opinions et d'inautorité
Saint-Domingue, il faut
supérienre plus éclairée
qu'une
forte que leurs passions les
qu'eux, plus
verne. A l'le de
, protége et les gouPuisque les habitans France, c'est autre chose.
un intérêt
y ont un esprit
commun qui les
public,
laisser la
dirige, on peut leur
jouissance et la charge de cette liberté
politique, en les entretenant dans
d'être le moins
T'habitude
possible à la solde du
nement; et il faut
Gouverque toutes les colonies qui
a
E
'une
forte que leurs passions les
qu'eux, plus
verne. A l'le de
, protége et les gouPuisque les habitans France, c'est autre chose.
un intérêt
y ont un esprit
commun qui les
public,
laisser la
dirige, on peut leur
jouissance et la charge de cette liberté
politique, en les entretenant dans
d'être le moins
T'habitude
possible à la solde du
nement; et il faut
Gouverque toutes les colonies qui
a
E --- Page 59 ---
I N T R 0 D U C TI O N.
desireroient une semblable administration, sachent à quelle condition elles pourroient l'obtenir.
Il est inutile de se perdre en raisonnemens
sur la forme de gouvernement qui convient aux
colonies, sur le plus ou moins d'influence que
doivent y avoir les propriétaires: : celle relative
à leur sûreté, le droit d'être entendus, de
consentir aux lois quiles concernent, ne peuvent leurêtre contestés. Ensuite, sont-ils en état
de suffire à leursd dépensespubliques? il est juste
qu'ils les votent, qu'ils les inspectent. Ont-ils
des vues saines et unanimes sur leur police intérieure? il est nécessaire de les adopter. Voilà
l'état de l'ile de France. S'agit-il au contraire de raccorder des hommes qui ne s'entendent pas, dont les uns ont été proscrits, et
les autres humiliés parla dépendance où ils ont
été des nègres et des mulâtres P S'agit-il de désarmer les brigands, de remettre sous le joug
des nègres révoltés, de porter dans un, pays
dévasté des secdurs de toute espèce, et de rétablir à grands frais des manufactures ruinées?
que l'autorité publique se déploie avee justice
et fermeté; qu'on punisse les perturbateurs,
qu'on éloigne les intrigans, 3 que le Gouvernement se fasse craindre et respecter.
--- Page 60 ---
I NT R C D U C T I O N.
Je mets peu
à
de l'Inde. J'aimerois d'importances nos comptoirs
chandises de
mieux renoncer aux marcette partie du monde,
recommencer le commerce
que d'en
tions ambitieuses
avec des prétenet tous les désavantages
nousy aurons vis-à-vis de
que
sance en Asie est si énorme, l'Angleterre : sa puisrien à lui
que nous n'avons
disputer; et toute tentative
renouer des liaisons avec les
pour
ne seroit de long-temps
princes du pays -
qu'une inutile
qui nous brouilleroit
intrigue
glais.
cependant avec les AnIl faut savoir en
vie
politique , comme dans ia
civile, se mettre àsa place et tenir.
ne doute pas qu'il ne se présente s'y
Je
gens à projets qui auront des
encore des
les
intelligences avec
Marattes, et qui démontreront tous les
moyens d'une grande révolution dans
mais j'espère que nous serons
IInde;
fantaisie.Mon
corrigés de cette
de
opinion,) je le répête,seroit, non
renoncer à ce commerce, mais de
tenir aux comptoirs qui nous
s'en
ner aucune espèce de
restent, sans donjalousie aux
ne voudrois donc ni
Anglais; je
compagnie des Indes, ni
garnisons; j'adopterois la plus simple
un commerce libre pour les
police, et
droient
armateurs qui voula Chine. entréprendre cette navigation et celle de
Passons aux colonies occidentales.
,) je le répête,seroit, non
renoncer à ce commerce, mais de
tenir aux comptoirs qui nous
s'en
ner aucune espèce de
restent, sans donjalousie aux
ne voudrois donc ni
Anglais; je
compagnie des Indes, ni
garnisons; j'adopterois la plus simple
un commerce libre pour les
police, et
droient
armateurs qui voula Chine. entréprendre cette navigation et celle de
Passons aux colonies occidentales. --- Page 61 ---
I N T R OD U CTI O N.
La Martinique, Sainte-Lucie et Tabago sont
dans un bon état de culture et de police ; elles
doivent y être maintenues par une grande vigilance et des soins assidus. Le commerce national
y reprendra facilement ses relations ; mais partout où la révolution a pénétré, elle a laissé des
germes dont il faut prévenir le développement.
La Guadeloupe n'est point dévastée. Tout est
changé quant à la police, aux idées, anx habitudes des nègres. Je crois prudent de ne pas
se presser d'y faire de nouyeaux changemens,
si les moyens répressifs sont suffisans. Il en est
de même à Cayenne, où la seule culture des
épiceries est dans une grande prospérité, parce
que les arbres sont bien venus, se multiplient
facilement, et qu'il n'y a qu'à récolter.
De toutes nos colonies, la plus importante,
celle qui nous valoit plus que les mines du
Brésil et du Pérou, Saint-Domingue, est
dans un état déplorable. C'est là que, la révolution, ses principes et ses formes laisseront
des traces profondes, même après y avoir
rétabli l'autorité nationale. C'est là qu'il faudra déployer autant de force que de sagesse, 9
et reverser de grands capitaux, si l'on veut.
obtenir de nouvelles récoltes.
On estime que sur cinq cent mille nègres de
4 * --- Page 62 ---
I NTR O D U CTIO N.
tout Age et tout sexe, il a péri par le fer,
puis dix ans, près de deux cent mille
dela moitié des mulâtres
mâles,
armes, et moitié de
en état de porter les
la population
étoit de trente - cing à
blanche,qui
Tous les
quarante mille ames.
rapports annoncent un
grand nombre
beaucoup plus
d'enfans, et moins de mortalité
parmi les négrillons qu'il n'y en avoit avant la
révolution; ; ce qui est imputé au repos
dont jouissent les femmes
absolu
moindre travail de la
grosses, et à un
roit donc
partdes nègres. On pourretrouver à Saint -
cent mille nègres de tout âge, dix Domingue à douze trois
gens de couleur; vingt mille
mille
quelle situation
blancs; mais dans
3 dans quelles habitudes et
quelles dispositions morales seront ces différentes classes d'habitans P
Les grands
propriétaires sont presque tous
ruinés, sans crédit, sans ressources : découragés par leurs malheurs, ils ont besoin de
l'énergie du
Gouvernement, qui ne doit point
dédaigner leur expérience.
Les hommes connus sous la dénomination de
petits blancs, sont la partie de la population
exige le plus de surveillance : ils ont
qui
turbulens, et, pendant la
toujours été
Les
révolution, dangereux.
mulâtres ont été atroces: il y a
des exceptions à faire. On connoit sirement
ceux qu'il
-
-
: découragés par leurs malheurs, ils ont besoin de
l'énergie du
Gouvernement, qui ne doit point
dédaigner leur expérience.
Les hommes connus sous la dénomination de
petits blancs, sont la partie de la population
exige le plus de surveillance : ils ont
qui
turbulens, et, pendant la
toujours été
Les
révolution, dangereux.
mulâtres ont été atroces: il y a
des exceptions à faire. On connoit sirement
ceux qu'il
-
- --- Page 63 ---
L N T R O D U C T I O N.
faut distinguer; mais en général cette classe
doit être tenue dans la subordination, sans permême sévèremettre toutefois, et en punissant
ment, les vengeances que les blancs voudroient
exercer.
libres méritent plus de
Les anciens nègres
confiance, ils se sont généralement mieux conduits : cet ordre intermédiaire doit être surveillé, mais bien traité; outre que la justice
l'exige, nous en avons besoin.
tous les détails du régime
Ici se placeroient
colonial:
intérieur dont se compose le système
mais c'est assez pour moi d'en avoir esquissé
d'une aussi
le plan; je ne me chargerois pas
grandetâche : le gonvernements s'occupantavant
tout du rétablissement de l'ordre, les vues que
produiront d'autres observations
j'ai présentées
La lumière, la vérité
et des développemens.
sortiront de ces discussions; et si les principes
j'ai établis étoient contestés, je m'estimerois
que
plus solidement les bases
heureux qu'on posât
de la prospérité publique.
C'est dans cet esprit que je hasarde encore
sur les
de restauration à
un aperçu
moyens
Saint-DomingueJe les conçois sous deux rapports, moyens
de police, moyens de crédit.
Les moyens de police ne peuvent être que --- Page 64 ---
I N TRO
DUCTIO N.
provisoires, jusqu'à ce que la
colonies soit arrêtée. Je les ai législation des
mon Essai
tous traités dans
aurtAdminiunation de Saint-Domingue, dont l'ancienneté n'est
mérite ; car ce qui étoit
point un déencore plus
nécessaire alors, l'est
est la plus aujourd'hui; la sanction du temps
des
vénérable; ses leçons ne sont
problèmes. A de nouyeaux
plus
d'abord des remèdes
malheurs il faut
mesures
éprouvés, et ensuite des
analogues aux
soins du moment. C'est circonstances, aux bepensée de
ce qui m'a inspiré la
remettrellexamen sous les
public ce que j'ai mis sous
yeux du
nement il y a
ceux du Gouverpoint alors la vingt-six ans. Mais nous n'avions
à domter;
colonie à conquérir, des rebelles
3 nos nègres ne s'appeloient
citoyens, et cette classe d'hommes
point
mais produit des
n'avoit jades
administrateurs, des
ofliciers-généraux : ce grand incident juges 2
d'autres précautions, d'autres
exige
d'une police ordinaire
mesures que celles
et de l'ancienne administration, à laquelle on ne
avoir remis les blancs peutrevenirg qu'après
place.
et les nègres à leur
Tout ce qui a pris part à Ia révolte,
qui sera pris les armes à la main
tout ce
mon avis, proclamé
doit être, à
discipline la
esclave et renvoyé à la
plus sévère de leurs ateliers
res3
précautions, d'autres
exige
d'une police ordinaire
mesures que celles
et de l'ancienne administration, à laquelle on ne
avoir remis les blancs peutrevenirg qu'après
place.
et les nègres à leur
Tout ce qui a pris part à Ia révolte,
qui sera pris les armes à la main
tout ce
mon avis, proclamé
doit être, à
discipline la
esclave et renvoyé à la
plus sévère de leurs ateliers
res3 --- Page 65 ---
I N T R O D U C T I O N.
pectifs, en exceptant les chefs les plus coupables et Ics individus connus comme dangereux, lesquels seront sans doute punis de mort
ou déportés.
Je déclarerois sujets non libres les nègres qui
ont resté sur les habitations ou qui y rentreroient volontairement, et je réglerois leur sort
de manière que leur condition présente leur
parit évidemment plus douce qu'elle ne l'a été
depuis dix ans sous le despotisme des gens de
leur couleur.
Quant aux soldats qui se soumettront, qui
quiterontlesdrapeauxe de Toussaint pour passer
sous ceux de la république, il faut distinguer
Jes anciens soldats enrégimentés, de la nouvelle
milice qui a été récemment rassemblée. Ceuxci, qui forment le plus grand nombre, ne demanderont pas mieux que de quitter le mousquet pour la houe : je les renverrois donc dans
leurs ateliers sous la dénomination de sujets
non libres, en leur donnant, pour les distinguer des esclaves punis, le droit de porter une
cocarde à leur chapeau.
Parmiles officiers employés, ceux qui auront
fait preuve de fidélité, qui auront servi utilement la république, doivent être maintenus dans
leurs grades, mais dans une proportion de beau- --- Page 66 ---
I NT R ODU
CTI O N.
coup inférieure à celle des
compenser par des
blancs; sauf à ré
de l'argent,
concessions de terre,
ceux qu'on ne
par
Les soldats anciens
pourroit employer.
inconyénient. être
et soumis peuvent sans
dans un nombre conservés; au service de l'état,
proportionnel aux
ropéennes. Ces corps
troupes eubien
noirs, bien
commandés, servent
entretenus,
portent mieux que les blancs parfaitement, les
supguerre, l'intempérie du
fatigues de la
taires de l'Ouest,
climat; et les proprié-
, dans ces
eu la preuve de leur fidélité, derniers temps, ont
Il ne faut pas considérer les
un corps de peuple
nègres comme
et collectivement aspirant à lindépendance,
nir. Cette
occupé des mnoyens d'y
espèce d'hommes est au contraire parveturellement disposée à l'obéissance.
naredoutables dans leurs
Ils ne sont
ceux qui parmi eux en révoltes que parce que
nent et subjuguent conçoivent le plan, étonplus grande
leurs camarades par une
énergie, et se font obéir
aveuglément de la multitude,
ensuite
sacre par leurs ordres,
qui bràle, masci-devant au
comme ils Jabonroient
bien vrai commandement la
d'un blanc. Il est
que
révolution et
armes ont
P'habitude des
développé chez plusieurs de
gres une audace et des facultés
ces nè.
dont ils ne se-
-
a
ent et subjuguent conçoivent le plan, étonplus grande
leurs camarades par une
énergie, et se font obéir
aveuglément de la multitude,
ensuite
sacre par leurs ordres,
qui bràle, masci-devant au
comme ils Jabonroient
bien vrai commandement la
d'un blanc. Il est
que
révolution et
armes ont
P'habitude des
développé chez plusieurs de
gres une audace et des facultés
ces nè.
dont ils ne se-
-
a --- Page 67 ---
I N T R 0 D U C TIO Nr
doutoient pas eux-mêmes; mais la masse sera
toujours la même, facile à contenir par une
discipline vigoureuse et de bons traitemens: il
ne faut donc ni s'effrayer des difficultés, ni se
relâcher jamais sur les précautions nécessaires ;
et l'ordre se rétablira, , se maintiendra. Mais
des champs
l'ordre ne suffit pas pour réparer
dévastés, des manufactures incendices.
Il faut des capitaux, des moyens de crédit, et
quel crédit peuvent obtenir des propriétaires
ruinés, grevés d'anciennes dettes qu'ils sont
hors d'état de payer ? On parle de les abolir; ;
ce qui seroit injuste : mais il ne seroit ni juste
ni possible d'exiger le paiement de la dette entière de Saint-Domingue. La moins-value des
fonds décide celle deshypotheques; cettedégradation est de force majeure : Pinsolvabilité des
colonsn'est pas de leur fait; ils n'ont ni dissipé,
ni comproinis volontairemnent leur fortune;
c'est la métropole qui a proclamé la liberté des
noirs. La révolte, la guerre, l'incendie, les
massacres sont nés de ce décret; ce seroit
donc à la nation à payer les torts de ses représentans. Mais la nation elle-même n'a pu payer
ses dettes, etles a réduites au tiers ; les colons
ont encore moins de ressources, et ils sont obligés, sous peine de languir dans une éternelle --- Page 68 ---
I N T R O D UC T I O N.
misère, de contracter de nouvelles
prolongation de leur détresse
dettes. La
deplus au
seroit un obstacle
rétablissement du commerce et
navigation : les dépenses
de. la
pour soumettre les
actuelles de la nation
d'objet
rebelles n'auroient
utile, et les
plus
finiroient
convulsions de l'anarchie
par une aussi faneste
La raison et l'intérêt
paralysie.
plan de restauration public exigent donc un
combiné dans toutes
parties, sur les diflicultés et les
ses
première de ces diflicultés
moyens. La
étant
dette, sa réduction est
l'ancienne
indispensable et juste
proportionnellement à la
pothèques; car les
dégradation des hyou peu souffert, propriétaires quin'ont point
même état vis-à-vis restent sans doute dans le
de leurs
droit qu'à un sursis à des créanciers, et n'ont
rapprochés. C'est la
termes plus ou pnoins
truction des
perte du mobilier, la desbâtimens, machines et
canaux, moulins, etc. qui
ustensiles,
rapports et la situation
changent tous les
de fonds, du fournisseur respective du bailleur
cier
de nègres, du créanhypothécaire ou
de son débiteur.
chirographaire vis-à-vis
tions, les
Indépendamment des destrucséquestres, les réquisitions, les confiscations, ont depuis dix ans privé de
venu les propriétaires absens.
tout reC'est un recense-
=
-
machines et
canaux, moulins, etc. qui
ustensiles,
rapports et la situation
changent tous les
de fonds, du fournisseur respective du bailleur
cier
de nègres, du créanhypothécaire ou
de son débiteur.
chirographaire vis-à-vis
tions, les
Indépendamment des destrucséquestres, les réquisitions, les confiscations, ont depuis dix ans privé de
venu les propriétaires absens.
tout reC'est un recense-
=
- --- Page 69 ---
I NT R O D U C T I O N.
ment exact de toutes ces pertes, fait par des commissaires ou jury d'équité, qui doit déterminer
les réductions. Il paroît convenable que le gouvernement , le commerce et lès propriétaires
influent dans chaque paroisse sur le choix de
ces commissaires, dont les vérifications doivent
être authentiques. Les arrangemens volontaires
entre les créanciers, 2 les deliteurs,abrégeroient
le travail des commissaires, et ces arrangemens
auroient lieu aussitôt que la mesure de réduction seroit connue et adoptée législativement.
Le classement des pertes seroit celui des dettes;
la moins-value des fonds, estimée à un, deux,
trois, quatre cinquièmes de perte,seroitléchello
de proportion 2 en laissant à la charge du débiteur un cinquième de plus en faveur du créancier, pour compenser l'éloignement des termes
à accorder pour le remboursement. Si ha réduction des capitaux présentoit trop d'inconvéniens, un sursis de dix arinées, et l'abolition
des intérêts qui ine peuvent être, je crois, contestés, rempliroient le même objet. Quelque
soit la discussion quis'élève sur cet expédient,
qu'on prenne garde qu'il en faut un de toute
nécessité, qu'il faut créer de nouvelles hypothèques, et que si vous ne faites sortir des cendres de Saint-Domingue des fonds libres, de --- Page 70 ---
I N T R. O D U C T I O N.
nouvelles valeurs, qui puissent servir de
de nouveaux créanciers la
gages à
long-temps dans 'l'état où > elle colonie restera
plaie incurable
le
est, et sera une
la métropole. pour Gonvernement et pour
dire aussi, éluder Vondroit-on, comme je l'ai oui
l'embarras d'une décision sOlennelle, en empêchant tacitement
suite contre les débiteurs ? C'est toute pourparti qui ne remédie à rien,
un mauvais
les lois, les
qui déconsidère
lieu de le tribunaux, et nait au crédit au
liste
rétablir; car il n'est pas de capitaqui aventure de nouveaux fonds
un pays où l'on n'aperçoit
dans
aucun terme assuré
aucune sèreté, s
On dit qu'il faut
pour les recouvremens.
les
tromper les hommes pour
plus gouverner; maxime absurde, et qui sera
dangerense à l'avenir
car nous arrivons
que par le passé :
vérité, de la raison sensiblement au besoin de la
de
et de la force ; il n'y a plus
prestige.
Cette opération préalable étant
qu'il y a de plus difficile et de terminée, Ce
reste à faire. Il faut verser à
plus essentiel
quarante millions
Saint-Domingue
la colonie,
9 au moins, pour remettre
non dans un état de
de réparation.
richesse, mais
France
Quelles sont nos ressources ? La
manque de capitaux, les ci-devant
M
de la raison sensiblement au besoin de la
de
et de la force ; il n'y a plus
prestige.
Cette opération préalable étant
qu'il y a de plus difficile et de terminée, Ce
reste à faire. Il faut verser à
plus essentiel
quarante millions
Saint-Domingue
la colonie,
9 au moins, pour remettre
non dans un état de
de réparation.
richesse, mais
France
Quelles sont nos ressources ? La
manque de capitaux, les ci-devant
M --- Page 71 ---
INTR OD U C T I O N.
riches ne le sont plus; ceux qui leur ont succédé, les fournisseurs, les nouveaux banquiers,
d'industric qui les éloigne d'un
ont un genre
colonies. Les anciens
placement de fonds aux
armateurs, après une longue et stérile oisiveté,
circonspects dans leurs
seront plus que jamais
n'est
spéculations. La matière manque : ce
pas
le numéraire seulement ; ce sont les valeurs
disponibles qui sont toujours et par-tout dans
la proportion du travail, du crédit. Crédit
public! me voilà engagé dans une grande question ! Il ne peut pas naître dans les colonies,
il faut qu'il y arrive de la métropole, 3 il faut le
rétablir, le constituer.
Le Gouvernement peut trouver à remplir un
des commerçans obtiennent de l'aremprunt; ;
ait
cela
gent sur leur papier, sans qu'il y
pour
solidement établi : une spécuun crédit public
des
lation séduisante de la part des prêteurs;
motifs de confiance momentanée suffisent pour
procurer à T'Etat, comme aux particuliers, des
ressources passagères, c'est-à-dire, des moyens
de consommation, et non de reproduction. Or,
ceux-ci sont l'objet utile et la fonction préciense
du crédit public, qui ruine l'état comme les
particuliers, si en multipliant momentanément
les signes, il ne multiplie également les valeurs. --- Page 72 ---
INT R O D U C TI O N.
Qu'est-ce donc que le crédit,
rapport? Ce n'est autre chose envisagé sous ce
faisant des avances
que le travail
produisant
sur lafoi d'un salaire, et
une valeur
le
la représente.
elfectivepar signe qui
Telle est la véritable richesse des
Mais de même que les
nations.
particuliers
ment que par un bon régine
n'y parvienrégime public enrichit ou ruine domestique, le
le
cite et multiplie les
peuple, extravaux, les produits, les
consommations, ou paralyse l'industrie,
page la misère et les mauvaises
proOn a beaucoup écrit sur les moeurs.
gers du crédit public,
abus, les dancomme si ses
se bornoient à la facilité de s'endetter! avantages
pas douteux qu'on ne
Il n'est
n'est qu'en
puisse en abuser; mais ce
attentant à sa vie, et en
son essence, que ce baume salutaire corrompant
vertit en poison.
se conOn peut être stur qu'il n'y a ni
ni bonnes lois, ni bonnes
prospérité, s
ou l'on n'a confiance ni dans moeurs, dans un pays
les engagemens du
Gouvernement, ni dans ceux des
Tel a été, , avant le 18 brumaire, particuliers.
France,qui s'améliore
l'état de la
blira
sensiblement, et se rétacomplétement sur les mêmes bases
serviront au rétablissement du crédit
qui
public dans
-
S
ur qu'il n'y a ni
ni bonnes lois, ni bonnes
prospérité, s
ou l'on n'a confiance ni dans moeurs, dans un pays
les engagemens du
Gouvernement, ni dans ceux des
Tel a été, , avant le 18 brumaire, particuliers.
France,qui s'améliore
l'état de la
blira
sensiblement, et se rétacomplétement sur les mêmes bases
serviront au rétablissement du crédit
qui
public dans
-
S --- Page 73 ---
I N T R OD U C T I O N.
les colonies comme dans la mnétropole. Par son
moyen, toutes nos plaies peuvent se cicatriser
prompteinent; à son défaut, nul autre remède
ne pourroit nous rendre ce que nous avons
perdu. L'ordre, le tmavail,"économie, la streté
des personnes et des propriétés, la toute-puissance des loix, voilà les seules conditions auxquelles la France redeviendra florissante; et il
faut qu'elle le soit, qu'elle reconquière, qu'elle
accroisse son aisance, pour éviter les malheurs
et les troubles que produiroit encore la misère.
Qu'on ne s'y méprenne point, nous avons
besoin de combinaisons sages et habiles, pour
occuper et diriger l'activité. les talens utiles et
malfaisans qui se sont développés depuis dix
ans. Il faut se hâter de présenter des ressources
à l'indigence, à l'industrie; et nous manquons
de capitaux. Il faut donc en créer. Il faut appeler la confiance des étrangers, comme celle des
nationaux. Et c'est à la suite d'une banqueroute horrible, c'est sur la cendre des assignats,
sur celle de Saint-Domingue , qu'il faut élever
cet édifice du crédit pablic, qui ine peutr rendre,
às sa naissance, aucun service au Gouvernement.
C'est une bien misérable vue que de réduire à
des emprunts l'assistance qu'on doit en obtenir.
L'argent ne manquera point au Gouvernement, --- Page 74 ---
I NT R O D U C T I O N.
s'il sait ne pas
à
faire sans
l'employer tout ce qui peut se
manufactures argent. Si l'on impose les terres et les
avanto quedel les
public décroîtra
réparer,le revenu
comme celui des
mais, au
particuliers ;
contraire, en
rence à tout, de
s'occupant, par préfésoulager la détresse, de seconderlindustrie, On enrichira bientôtle
public. Je voudrois donc créer
trésor
nibles à
des fonds
l'usage des
dispoFrance commedans propriétaires de terre en
les colonies, des chefs de manufacture, des armateurs
appeler le travail
maritimes; ; je voudrois
et le
liers des villes et des multiplier dans les ateles moyens de le solder. campagnes : ce qui suppose
Le
Gouvernement, son
sont insuffisans
crédit, ses promesses,
papier d'État pour remplir cette fin; tout
portant l'empreinte de l'administration, la trace de ses
dra de
opérations, n'obtienlong-temps la confiance.
C'est à la propriété elle-même
mouvement, à
à se mettre en
signes dans les consacrer la circulation de ses
échanges, et à donner à ses
hypotheques une valeur égaleaux fonds
représentent.
qu'elles
Lorsque la banque
moment de
d'Angleterre, dans un
détresse, a suspendu
c'en étoit fait du crédit
ses paiemens, >
public, si les commer-
-
-
ations, n'obtienlong-temps la confiance.
C'est à la propriété elle-même
mouvement, à
à se mettre en
signes dans les consacrer la circulation de ses
échanges, et à donner à ses
hypotheques une valeur égaleaux fonds
représentent.
qu'elles
Lorsque la banque
moment de
d'Angleterre, dans un
détresse, a suspendu
c'en étoit fait du crédit
ses paiemens, >
public, si les commer-
-
- --- Page 75 ---
I N T R O D U C T I O N.
çans, les propriétaires, n'étoient convenus de
conserver aux billets de Banque leur valeur
nominale, en établissant, comme démontré, que
chaque billet représentoit une valeur égale en
argent ou marchandises, dont le dépôt étoit
effectif.
C'est dans ce seul fait que consistent toute la
théorie d'une Banque nationale, tout le système
du crédit public.
La Banque de France, celle du Commerce,
nouvellement établies à Paris, l'ont été sur de
bons principes; ; leur régime est bien entendu,
leur objet est rempli. Il y a à Paris plus de
facilité, plus de mouvement dans la circulation ; mais ce service ne peut s'étendre dans
les départemens, encore moins dans les colonies : c'est une opération partielle et presque
individuelle, 2 qui ne constitue pas le crédit
public, dont les résultats ont bien une autre
importance. Par exemple, le crédit public en
Angleterre a permis d'y créer un capital fictif
de dix milliards, qui est la somme de la
dette nationale, et ce capital fictif conserve sa
valeur nominale par son produit effectif, qui
est l'intérêt annuel. L'énormité de la dette et
ses inconvéniens sont une autre question ; mais
la puissance de cet agent appelé crédit public,
4.
--- Page 76 ---
I N T R 0 D U CTI o N.
n'en est pas moins merveilleuse 5 c'est par elle
que la multiplication des signes a produit celle
des moyens de travail dans tous les genresd'entreprise : pourquoi ne nous procurerions-nous
pas de semblables ressources par une Banque
territoriale, dont le service et la correspondance
s'étendroient à
Saint-Domingue comme dans les
départemens ? Voici comment j'en conçois l'organisation dans la métropole ; je dirai ensuite
ce qu'elle pourroit être à Saint-Domingue.
La premiére pierre de cet édifice seroit un
gistre d'hypothèques, uniquement consacrées recrédit public, et insaisissables
au
créance que celle de la
pour toute autre
Banque.
On ne pourroit inscrire dans ce registre
des biens libres et reconnus tels, après des affi- que
ches et publications qui n'auroient été suivies
d'aucune opposition.
Les fonds enregistrés pour hypothèque de la
Banque ne pourroient être reçus que pour une
valeur réduite d'un cinquième au-dessous du
prix d'acquisition ou d'estimation.
Tout propriétaire voulant obtenir un crédit
de la Banque, s'en feroit actionnaire.
Le capital de la Banque seroit composé de
fonds disponibles mobilier, et de fonds
sables immeubles.
respon-
-
qui n'auroient été suivies
d'aucune opposition.
Les fonds enregistrés pour hypothèque de la
Banque ne pourroient être reçus que pour une
valeur réduite d'un cinquième au-dessous du
prix d'acquisition ou d'estimation.
Tout propriétaire voulant obtenir un crédit
de la Banque, s'en feroit actionnaire.
Le capital de la Banque seroit composé de
fonds disponibles mobilier, et de fonds
sables immeubles.
respon-
- --- Page 77 ---
I N T R OD U C TI 0 N.
L'association seroit composée de fournisseurs
disponibles, ayant part au crédit et
dej fonds fournisseurs d'hypothèques. 1 ayant
profit, et de
part au crédit seulement.
seuls la classe
Les premiers composeroient commissaires:
d'actionnaires dirigeant par leurs
pourroient asJes fournisseurs d'hypothèques sans voix délisister aux assemblées générales
bérative.
feroient leurs fonds dispoLes actionnaires
consolidés,
nibles en numéraire et effets publics
dans la proportion de trois cinquièmes pour
action qui seroit.de vingt mille francs,
chaque
d'immeubles.
et de deux cinquièmes auroit droit à un crédit
Chaque actionnaire
cinquièmes de sa mise.
égal aux quatre
auroientdroit
Les fourpisseurs d'hypothèques
de leur
à un crédit égal aux trois cinquièmes
hypothèque.
à trois usances seuLa Banque escompteroit, endossées de deux
lement, les lettres-de-change
maisons de commerce accréditées, et pourroit
avancer sur dépôt de connoissemens et factures,
moitié de la valeur d'un chargement en marchandises.
La Banque nationale se subdiviseroit en Bandépartementales et coloniales, fondées
ques --- Page 78 ---
NT
RODU C TI O N.
sur les mêmes bases,
gime.
> soumises au même réUne assemblée
générale.
nommeroit l'administration, d'actionnaires en
directeurs au moins.
composée dequinze
Deux commissaires nationaux
pection des livres, la
auroient l'inset des opérations, surveillance des statuts,
aucune.
sans pouyoir en ordonner
La Banque ne pourroit, dans
recevoir aucun ordre d'avances aucun cas 3
nement, rejetteroit
du Gouvertions qu'il lui offriroit ou accepteroit les assignaselon la
sur le revenu
convenance ou la
public 9
époques et des sûretés de disconvenance des
Tout actionnaire
Tembonrsement.
dans les livres de la auroit un compte onvert
lités de débiteur
Banque en ses deux
et de créancier. Au
quatitre, il paieroit un intérêt de
premier
cent pour les avances qui lui quatre pour
faites; au second, il recevroit auroient été
dende dans les profits de la sa part du diviLes profits résulteroient Banque.
des
avances aux actionnaires et
escomptes des
fournisseurs
pothèques, et du salaire qui seroit
d'hy
service de la Banque pour le
attaché au
Ce service
Gouvernement.
pourroit être semblable à celui de
I
itre, il paieroit un intérêt de
premier
cent pour les avances qui lui quatre pour
faites; au second, il recevroit auroient été
dende dans les profits de la sa part du diviLes profits résulteroient Banque.
des
avances aux actionnaires et
escomptes des
fournisseurs
pothèques, et du salaire qui seroit
d'hy
service de la Banque pour le
attaché au
Ce service
Gouvernement.
pourroit être semblable à celui de
I --- Page 79 ---
I N T R O D U C TI O N.
6g
la Banque d'Angleterre, qui est tout à la fois
dépositaire de tous les fonds, et payeur général
de P'État.
Ce service, réduit aux moindres frais possibles, simplifie la comptabilité > prévient les
prévarications, 3 les banqueroutes 9 économise
les traitemens d'un grand nombre d'agens particuliers, et assure au Gouvernement, dans les
besoins urgens, le secours de la Banque sans
qu'il puisse en abuser; car les administrateurs
sont persomnellement responsables, et n'avancent à l'État que proportionnellement aux rentrées de fonds dont ils ont la connoissance et
le maniement.
Je suppose trois cents millions de billets de
Banque en circulation. Ce n'est point là une
dette publique qui grève l'État, ni un mandat
sur une classe de propriétaires dépouillés; ce
n'est ni un acte ni un abus de l'autorité souveraine : c'est un exercice légal du droit de
propriété qui se reproduit en signes mobiles,
au lieu d'être stationnaire sur le sol ou dans
un coffre-fort. A cette nouvelle apparition de
moyens, le travail se multiplie dans la même
proportion; et comme le numéraire se trouve
augmenté dans celle de neufà douze cent mil- --- Page 80 ---
I N T R 0 D U C T I O N.
lions (1), nous obtenons, dèsla
un quart en suS de
premièreannée,
La
productions et de valeurs.
Banque auroit un de ses
des administrateurs à
comptoirs et
tabliroit
Saint-Domingue, où s'éaussi, dans les mêmes
dans les mêmes formes,
principes et
une réunion d'aetionnaires; ceux-ci feroient leurs fonds
en denrées coloniales.
disponibles
Chaque subdivision de la Banque auroit
compte particulier de crédit et
son
les administrations
profit; toutes
seroient
pour le tirage et
correspondantes
l'administration l'acceptation des traites, et
centrale auroit des
responsables dans tous les
délégués
Les colons enregistrés comptoirs.
Banque déléguée
seroient crédités à la
pour la valeur des trois cinquièmes de Jeur
seroient en
hypothèque, et ils y dépoconséquence leur
la forme de billets à ordre
obligation sous
La
payables à volonté.
Banque leur délivreroit un contre-billet
portant promesse de n'exiger que les deux cinquièmes de leur revenu par année
parfait paiement, dont le terme
jusqu'à
roit échu à la cinquième
rigoureux seannée, et une lettre
(1) On suppose un milliard seulement de
circulation ; il doit y en avoir beaucoup
numéraire en
plus.
S
et ils y dépoconséquence leur
la forme de billets à ordre
obligation sous
La
payables à volonté.
Banque leur délivreroit un contre-billet
portant promesse de n'exiger que les deux cinquièmes de leur revenu par année
parfait paiement, dont le terme
jusqu'à
roit échu à la cinquième
rigoureux seannée, et une lettre
(1) On suppose un milliard seulement de
circulation ; il doit y en avoir beaucoup
numéraire en
plus.
S --- Page 81 ---
I N T R D D U CTI 0 N.
de crédit sur la caisse pour une somme égale
trois
de la valeur estimée de
aux
cinquièmes
leur hypothèque.
Les propriétaires auroient alors en sommes
disponibles pour la réparation de Jeurs habitations, leur crédit ouvert sur la Banque, et
les trois cinquièmes de leur revenu libre.
La Banque auroit en bénéfice une commission de deux et demi pour cent sur la somme
totale de son crédit annuel, et le frêt acquis
de deux cinquièmes du revenu de tous les prode
priétaires, 2 ses débiteurs, indépendamment
la commission de vente à l'arrivée dans les
ports. Pour l'assurance de ces remises, chaque
habitation engagée seroit déclarée, par le seul
fait de son engagement, saisie au profit de la
Banque, par privilége à tout autre créancier 2
au fonds, de
et ce jusqu'à concurrence, quant
la valeur hypothéquée, et des deux cinquièmes,
quant au revenu.
La Banque acquitteroit en traites sur sa
caisse à Paris les mandats que tireroient Ies
propriétaires au profit des marchands dont ils
auroient acheté des nègres, des animaux, des
comestibles et des marchandises sèches.
La contrainte par corps seroitrétablic: eau profit
du commerce pour tout billetà ordre, et aucune
considération, aucune protection ne pourroit --- Page 82 ---
I N T R o D U C T I 0 N.
justice:
antorbserenbenntliase
que dépend essentiellement le
c'estde-là
crédit danslan métropole
rétablissement du
Après avoir
commedansles colonies.
pouryu aux
ce seroit encore l'affaire moyens d'acheter,
provoquer les
du Gouvernement de
colonies
armemens du commerce
les
s pour la traite des
pour
transport de bestiaux. Les
nègres, pour un
l'Etat qui ne seroient
corvettes,et flites de
vice, pourroient
point employées au serêtre, dans les
prêtées gratuitement aux
premiers temps,
prendroient le
armatenrs qui entrenée; les
commerce de la côte de Guitransports de troupes et de
avec des avances, les marchés les munitions
geux pour fonrnitures, devroient plus avantade préférence aux
être accordés
premiers des
armateurs qui feroient les
la raison
entreprises utiles. Lorsque c'est
d'Etat, et non la
mine les graces, il ne faut faveur, qui déterlibéral : il est aussi utile de pas craindre d'être
qu'il est
donner à propos,
pernicieux de laisser
Ce qu'on vient de lire
prendre.
ment que je ne suis
annonce suffisamà la traite des
pas d'avis de renoncer
raisons et desantorités noirs, quoiqu'ilya ait contre des
d'Etat
respectables. Les
qui ont admis en
hommes
du système
Angleterre cette partie
déterminés philanthropique, ont été, je crois,
par la conyiction où ils sont que les
I
-
qu'il est
donner à propos,
pernicieux de laisser
Ce qu'on vient de lire
prendre.
ment que je ne suis
annonce suffisamà la traite des
pas d'avis de renoncer
raisons et desantorités noirs, quoiqu'ilya ait contre des
d'Etat
respectables. Les
qui ont admis en
hommes
du système
Angleterre cette partie
déterminés philanthropique, ont été, je crois,
par la conyiction où ils sont que les
I
- --- Page 83 ---
I N T' R ODU C T I O N.
colonies anglaises sont suffisamment pourvues
de nègrès, et que la cessation de la traite n'auroitutsatreflaequedoal favoriserla population,
les maîtres à plus de. soins et à
en obligeant
de meilleurs traitemens.
Or, il est très-permis à un homme d'Etat
de desirer que la condition des nègres s'améliore, et que l'esclavage cesse graduellement,
en observant toutes les précautions nécessaires
pour la sûreté des propriétaires et la conservation des cultures. Quand nous adopterions
pour nous-mêmes cette perspective consolante,
elle s'éloigne au moins par les désastres de
la révolution ; mais la traite, 2 dans tous les
cas, seroit encore indispensable. Il est aujourd'hui constaté, par dès observations multipliées,
notaminent par celles de M. Munjo-Park, , qui
vient de parcourir en philosophe l'intérieur de
T'Airique, qu'en achetant des esclaves dans cette
partie du monde on les soustrait à une mort
certaine, ou à des traitemens pires que la mort.
Il n'y a donc pas de considération d'humanité
qui puisse nous empêcher de recruter nos ateliers, très-affoiblis par une guerre de dix années;
eti il est aussi facile que nécessaire d'y maintenir
la subordination sans despotisme : car aucune
portion de la souveraineté ne doit s'exercer --- Page 84 ---
I
R D U CTI
par un homme privé,
I
doit être réglée
et toute espèce de police
La
par la loi.
consomnation de bestiaux
pendant la guerre dans
qui a eu lieu
tout à
les colonies, et surcement Saiut-Domingue, difficile
en rendra le
et
remplad'y suppléer
dispendieux; il seroit bon
à vent, des par l'usage multiplié des moulins
pompes à feu. Cette
et celle du besoin
considération
chines
que nous aurions de mala
perfectionnées dans nos
dégradation des chemins, des manufactures,
font naître l'idée de donner
canaux, me
tivité et de
à
beaucomp plus d'acmoyens un ancien
qui existoit dans nos colonies établissement
Chambre
sous le nom de
dragriculture. Je voudrois
une commission spéciale
y attacher
en mécanique et en
d'ingénieurs habiles
deux chimistes
hydraulique, et d'un ou
sisteroit à
distingués : leur emploi conrechercher et à
direction de la chambre, exécuter, , sous la
tions possibles dans
toutes les amélioral'industrie
sur-tout à indiquer les voies coloniale, et
miques dans ies travaux
les plus éconogera la restauration. et les dépenses qu'exiMaisj'entre dans des détails
nent point aux vues
qui n'appartientois le résumé, Je
générales dont je projesens avec quel désavantage
-
-
istingués : leur emploi conrechercher et à
direction de la chambre, exécuter, , sous la
tions possibles dans
toutes les amélioral'industrie
sur-tout à indiquer les voies coloniale, et
miques dans ies travaux
les plus éconogera la restauration. et les dépenses qu'exiMaisj'entre dans des détails
nent point aux vues
qui n'appartientois le résumé, Je
générales dont je projesens avec quel désavantage
-
- --- Page 85 ---
I N T R O D U C T I O N.
de talent et de position j'aborde d'importantes
questions. La réunion des plus grandes lumières
sufliroit à peine pour les résoudre, et j' ose le
tenter!.J'expose des principes, des moyens ; je
m'arrête dans leur développement, par la raison quim'a déterminé à en présenter l'aperçu:
c'est qu'après tant de méprises et de désastres,
la connoissance des faits et de leurs résultats est une autorité dont tout esprit juste
peut et doit se saisir, non pour en investir ses
opinions, mais pour aider à la recherche de la
rend
vérité ceux qu'une plus grande sagacité Y
propres. Ma mesure, que) je connois bien, n'est
une faculté d'enseignement, mais d'obserpas vations. Au moment où la nation réclame sa
réintégration dans le commerce colonial, où
les premiers efforts du gouvernement pour y
parvenir sont d'une grande énergie 7 je peux
dire ce qui est utile ou nuisible > parce que je
le vois : je peux signaler les dangers de nouvelles erreurs, parce que je les sens ; et je remplis cette tâche, personne encore ne se l'étant
imposée : mais le choix, les détails,1 l'arrêté d'un
plan de réparation , sont une fonction spéciale
de l'autorité suprême. Si j'ai osé les indiquer,
c'est en m'appuyant des leçons de l'expérience
pour le régime,et pour les moyens de crédit, de.
ou nuisible > parce que je
le vois : je peux signaler les dangers de nouvelles erreurs, parce que je les sens ; et je remplis cette tâche, personne encore ne se l'étant
imposée : mais le choix, les détails,1 l'arrêté d'un
plan de réparation , sont une fonction spéciale
de l'autorité suprême. Si j'ai osé les indiquer,
c'est en m'appuyant des leçons de l'expérience
pour le régime,et pour les moyens de crédit, de. --- Page 86 ---
I NT R O DU CT I O N.
T'exemple d'un peuple
qu'un autre les
qui en connoît mieux
Maintenant
ressorts, les effets et les catises.
quels rapports
nos intérêts
peuvent avoir avec
présens mes anciens mémoires
Saink-Domingue P qu'y trouvera le
sur
puisse l'intéresser P Je l'ai annoncé lecteur qui
çant cette introducion.
en commenTout ce qui est ancien n'est
ment bon, mais tout Ce
pas nécessairequi a été vrai
core; et c'est lorsque l'erreur
l'est enau milieu des ruines,
marque sa place
, que des
peuvent reprendre la leur.
véritésanciennes
Le cri général qui s'est élevé
il y a quinze ans
contre les abus,
peupleagité,
s cette voix tonnante d'un
avoit été précédé par les
mens plus mesurés de tousles bons
avertissetoutes les parties de
esprits. Dans
voit des monumens de T'administration on trousagesse
quin'attendoient, pour être mis etd'instruction, 3
l'occasion propice, et les hommes en ceuvre s que
L'occasion s'est
capables.
ont manqué, Des présentée , les hommes lui
truit ce qu'il falloit novateurs imprudens ont déqu'il étoit facile
réformer et rendu pire ce
commence,
d'améliorer. Uner nouvelle ère
9 celle de la
noit aujourd'hui la restauration ; on reconnécessité
-
siècles et de leur demander d'interroger les
conseil. Les fon-
-
-
4 -
--- Page 87 ---
I N T R OD U C T I O N.
de la société ébranlés et flétris
demens antiques
grands
leurs bases vénérables;lesg
se replacentsur)
méconnus;
intérêts de la nation ne sont plus
des colonies sont les seuls dont la discusceux
où nous sommes, 9
sion, dans les circonstances
Rassasiés de
n'est point encore approfondie.
nous devons être sur ce point, plus
nouveautés,
convaincus de leur danque sur aucun autre,
qu'étoit
Examinons ce qui s'est passé,ce
ger. Saint-Domingue au temps de sa prospérité, ce
la consolider, et l'on
qui lui manquoit pour
trouvera, dans ce que j'ai observé et proposé
vingt-six ans 3 la raison suffisante de ce
depuis
que je propose aujourd'hui.
Post-Scriptum.
Cette dernière feuille étoit à l'impression,
l'ouvrage de M. Barré Saint-Venant
lorsque
est le fruit d'une
a paru. Cette production, qui
de conlongue expérience et de beaucoup
le commerce, la culture et la
noissances sur
le succès
police des colonies, aura probablement
mérite : je n'ai ni le temps ni le projet
qu'elle d'en faire l'analyse 5 une lecture rapide me permet à peine d'en saisir l'ensemble ; mais j'y
trouve, malgré quelques exagérations, et, sije
me permets de le dire, des erreurs, beaucoup
enant
lorsque
est le fruit d'une
a paru. Cette production, qui
de conlongue expérience et de beaucoup
le commerce, la culture et la
noissances sur
le succès
police des colonies, aura probablement
mérite : je n'ai ni le temps ni le projet
qu'elle d'en faire l'analyse 5 une lecture rapide me permet à peine d'en saisir l'ensemble ; mais j'y
trouve, malgré quelques exagérations, et, sije
me permets de le dire, des erreurs, beaucoup --- Page 88 ---
de 78
I NTR O D U C T I O N.
vues utiles, des faits
exactes, des instructions positifs, , des notions
tablissement des cultures précicuses sur le réM. Barré
à
invoque aussi le Saint.Doningue. travail
grand agent et le serviteur
comme le
des sociétés:i il prouve
le plus important
étant plus mulipliés queles besoins de T'homme
pérés que dans les dans les pays froids et temcontrainted qui puisse pays le chauds, il n'y a que la
zone torride, tandis porter au travail dansla
tempéré le sentiment que sous un climat
seul du besoin
plus
poure exciter son industrie,
peut suffire
>> c'est la terre qui
C Chez vous, dit-il,
>> l'homme travaille; est engourdie tandis que
la terre qui travaille, ici, au contraire, c'est
-croupit dans
> tandis que l'homme
> rement sur des l'oisiveté, et se repose entièIdéei
productions
ingénieuse et vraie, qui
spontanées >2.
T'esclavage des noirs; mais explique et motive
soit fondé à
je crains qu'on ne
de cette
reprocher à M. Barré d'avoirabusé
sion des découverte; par. la trop grande extenmieux dire conséquences moins
qu'il en tire. 1l vaut
est un talent,
que dire trop ; car la sobriété
point essentiel quand dans Ce n'est pas une vertu. Le
déterminer les motifs cette discussion étoit de
de la
wail, sa nécessité et ses bons contrainte au traeffets. M. Barré
-
a
, --- Page 89 ---
N T R OD U C TI O N.
cette tâche ; mais il a
a parfaitement rempli
l'esclavage en
dépassé le but 2 en présentant
et
de civilisation,
général comme Un moyen
la splendeur rde
en lui attribuant la prospérité, la nouvelle n'est
l'ancienne Lgypte. Assurément
les peuples
moins esclave que l'ancienne ;
ont
pas
barbares de l'Asie et de PAfrique
les plus
et nous n'en voyons pas
maintenu l'esclavage, Il seroit plus vrai de dire que
les bons effets.
des arts chez plula civilisation et le progrès
leur ont
anciens et modernes
sieurs peuples
de la
d'obtenir de grands avantages
permis
et que malgré les abus
contrainte au travail,
de
ils sont parvenus à un degré
de l'esclavage tenoit à d'autres causes, puisprospérité qui séparée de tout ce qui en atténue
que celle-la,
contraire à la férocité et à
les vices, ajoute au
peuples d'Afrila stupidité sauvage de plusieurs diamétraleunent
Je tirerois des conclusions
que.
à celles de M. Barré de tous les exemopposées cite à l'appui de sa thèse. Ce n'est
ples qu'il Taffranchisement des serfs en Euque depuis
s'est perfectionnée, que
rope, 7 quelagriculture et les arts ont adouci nos moeurs,
le commerce
du monde a acquis une
et que cette partie
sur les trois autres.
prééminence incontestable
la différence des
Il ne faut pas croire aussi que
Je tirerois des conclusions
que.
à celles de M. Barré de tous les exemopposées cite à l'appui de sa thèse. Ce n'est
ples qu'il Taffranchisement des serfs en Euque depuis
s'est perfectionnée, que
rope, 7 quelagriculture et les arts ont adouci nos moeurs,
le commerce
du monde a acquis une
et que cette partie
sur les trois autres.
prééminence incontestable
la différence des
Il ne faut pas croire aussi que --- Page 90 ---
INTR OD U C T I.O N.
pays froids aux pays chauds
blement celle du travail
produise invariacontraint. Tout le nord de spontané al travail
l'Asie est habité par des
l'Amérique et de
reux, mais aussi
sanvages plus vigouinductions de paresseux que les nègres. Les
certains faits convertis en
mes, en règles générales,
maxiblement à de grandes
conduisent inévitaauroit mieux
erreurs ; et M. Barré
rempli l'intention de son
en se bornant à
onvrage
que la servitude prouver s comme il l'a fait,
avoit
des nègres dans leur
tous les caractères de la
pays
lieu que dans nos colonies elle les barbarie, au
à la civilisation par le travail.
conduiroit
de vérité et le but moral
Voilà le point
institution : c'en est
que peut avoir cette
crire, , sur-tout
assez pour ne pas les prosquand il est démontré que de
grands intérêts nationaux y sont attachés. Je
m'éloigne encore infiniment de
M, Barré sur les causes d'inertie l'opinion de
gueur des colonies
et de lanIl les
espagnoles et portugaises.
impute au relâchement de leur régime
domestique, que je crois bon 3 meilleur
le
nôtre, précisément parce qu'il est plus que
plus religieux ; et comme ces différences paternel, >
sont d'une grande importance,
d'avis
sures à prendre
quant aux mepour l'avenir, j'ajouterai, à ce
que j'ai déja dit, une dernière réflexion.
-
:
- --- Page 91 ---
T
I N' T R 0 D U C T I O N,
impriment tonjours à
Toutes les métropoles
Pactivité
Heurs colonies l'esprit qui les dirige,
l'inertie qui les caractérise ; et quand on
ou
l'Espagne et le Portugal, on seroit
a parcouru
leurs colonies présentassent
Fort étonné que
éclairée
un tableau plus animé. La protection
la facilité des communicadu Gouvernement, des arts et des sciences , la
tions, le progrès
circulation et la vie qui résultent du perfectionnement de l'agriculture et du commerce ; voilà
fertilise et enrichit tous les
ce qui peuple,
soient situés.
pays, sous quelque zone qu'ils
être
L'absence de toutes ces causes ne peut
remplacée par une discipline plus ou moins
sévère pour les esclaves ; et nous voyons ce
produit à la Havanne quelques essais
qu'ont
et de protection. Les progrès
d'encouragement depuis vingt ans. Qu'on se
ont été prodigieux
donc bien de présenter comme impossigarde
les modifications,
bles ou comme inquiétantes
nécessaires dans la condition
les améliorations La résistance, s la férocité que
des esclaves.
les révoltés de Saintmontrent dans ce moment
Domingue, loin de me faire changer d'avis,
donnent encore plus de force à mes raisons.
ressentiment et avec indiCe n'est point par
des condignation qu'il faut statuer sur aucune
4.
ingt ans. Qu'on se
ont été prodigieux
donc bien de présenter comme impossigarde
les modifications,
bles ou comme inquiétantes
nécessaires dans la condition
les améliorations La résistance, s la férocité que
des esclaves.
les révoltés de Saintmontrent dans ce moment
Domingue, loin de me faire changer d'avis,
donnent encore plus de force à mes raisons.
ressentiment et avec indiCe n'est point par
des condignation qu'il faut statuer sur aucune
4. --- Page 92 ---
I NTROI DU CT I U N.
tions de la race humaine. Avant d'être
commençons par être justes et
sévères
que les nègres ont aussi leurs 9 n'oublions pas
souvenirs et leur
annales, 2 leurs
tions ont laissé des logique. Toutes les révolumandemens
traces profondes et des comauxquels il faut obéir;
a
les blancs et les noirs
celle-cia mis
autres : il faut
en présence les uns des
prouver aux nègres, en les
tant, qu'ils ne peuvent soutenir la
domptout de suite il importe
parité; mais
l'ordre et l'anarchie, qu'ils aperçoivent entre
entre le
leurs chefs et notre
despotisme de
leur
autorité, une différence à
avantage. Après de grandes
les abus qui en ont été
catastrophes,
ne
cause ou prétexte
peuvent se reproduire sous les
mes. Si on laissoit renaître
mêmes forabus de l'ancien
en France tous les
régime, le nouveau
roit. Il en sera de mêine dans les
s'écrouleC'est par des transactions colonies.
tacites, par des sacrifices
solennelles ou
minent toutes les
respectifs, que se terun terme à l'effusion révolutions, si on veut mettre
à la terreur:
du sang, aux
: et si lon veut faire attention résistances,
Saint-Domingue la classe des
qu'à
des
c'est-à-dire,
révolutionnaires,
pose des neuf
non - propriétaires, se comdixièmes de la
concevra la nécessité de
population, on
prendre en considé-
- --- Page 93 ---
f-N T R O D U CTI O N.
morales et les intérêts
ration les dispositions
les subordonnant
relatifs de cette classe, en
autretoutefois à ceux de la propriété; car
de la colonie
ment la conquête et la conservation force à la
utile. C'est à la
seroient sans objet
La
la modération est profitable.
victoire, que
la vertu, mais la
justice est non-seulement
fondamentale de la politique.
puissance Toussaint et les chefs noirs, au lieu de
Si
national, s'y étoient
résister au gonvernement s'ils avoient seulement
soumis de bonne grace ;
liberté
leur
réclamé la conservation de la
pour
conformémentaux' lois subsistantes:croitcaste,
conseillé, que j'eusse regardé
on que j'eusse
le rétablissement pur et
comme facile et juste Non assurément ; il eût
simple de l'esclavage ?
les inconvéfallu subir alors, en les atténuant,
niens de cette première faute.
nouveau, en se rapproUn gouvernement
consochant de l'ancien dans tout ce qui peut
doit s'en séparer dans tout ce
lider ses bases, L'on n'a jamais vu quel lesinstiqui les ébranle.
une révolution pustutions détruites par
dans les mêmes
sent se reproduire subitement mais la dernière
termes et se consolider ;
de cirrévolte des nègres est accompagnée motiver le
constances qui peuvent justement
nuant,
niens de cette première faute.
nouveau, en se rapproUn gouvernement
consochant de l'ancien dans tout ce qui peut
doit s'en séparer dans tout ce
lider ses bases, L'on n'a jamais vu quel lesinstiqui les ébranle.
une révolution pustutions détruites par
dans les mêmes
sent se reproduire subitement mais la dernière
termes et se consolider ;
de cirrévolte des nègres est accompagnée motiver le
constances qui peuvent justement --- Page 94 ---
INTROD U C T I O N.
rétablissement d'une servitude mieux ordonnée
que l'ancienne. Voilà l'occasion et les
qu'il faut saisir, sans égard aux.
moyens
souvenirs, aux
habitudes, aux
difficultés
inquiétudes, qui exagèrent les
et dissimulent les dangers.
En insistant aussi fortement
appeler les erreurs de M.
sur ce que j'ose
satisfaction
Barré, je reviens avec
aux vues sages et utiles que
retrouve dans presque tous les
l'on
Nous
chapitres de son
ouvrage.
ne connoissons rien de plus instructif sur les cultures et sur les
de
restauration.
moyens
-
- --- Page 95 ---
ESSAI
SUR LADMINI I S TRATION
DE s-DO M IN G U E,
Discuté au comité de législation établi à
Versailles en 1715
AYAXT-PROP O S.
LAnxISTRATIOx des colonies renferme
tous les détails civils et militaires du gouvernement intérieur du royaume. Elle est soumise
en général aux mêmes principes, mais ne peut
s'exécuter toujours par les mêmes moyens.
pas Pour établir cette différence, il faut examiner d'abord une colonie et son objet, la
place qu'elle occupe dans l'Etat, ses produits,
(*) La date de la discussion comparée d celle de la
publication 7 dégoitera ceuz qui n'aiment que les nozveautés, mais j'ai supposé qu'en général on en étoit rassasié. --- Page 96 ---
E SSA
ses relations, le sol et les habitans
tivent; il faut considérer
qui le culet sa culture, les
même une habitation
boureurs,
esclaves qui en sont les latous objets inhérens à
tion d'une
l'administracolonie, et qui sont le plus souvent
étrangers à ceux qui ont, sur cette
un système ou nne opinion. Combien matière,
par exemple, dans la classe même de gens,
éclairés, ont vouln rendre
des gens
lité des colonies
problématique l'utique nous possédons,
qu'elles sont fondées, disent-ils,
parce
de la police
sur deux abus
sociale,lénigration
J'ai traité cette
etl'esclavage!
quise trouve
question dans un mémoire
trop étendu pour n'être
des
chapitres de cet
qu'un
par cette raison : ouvrage, le
et que j'en sépare,
nègres dans
traitement et lemploi des
nos colonies :
on peut motiver l'esclavage, j'examine comment
venu indispensable
comment il est dede la zone
pourl'exploitation, des terres
torride, et comment les
modernes sont devenues une
colonies
du système commercial
partie intégrante
Le même
et politique de l'Europe,
les lois
principe, liberté, a fait attaguer
la
prohibitives qui tendent à nous assurer
propriété et le commerce exclusif de
colonies. Cette tentative
nos
le zèle extrême de
dangerense a suscité
ses contradicteurs. Des asser-
-
comment il est dede la zone
pourl'exploitation, des terres
torride, et comment les
modernes sont devenues une
colonies
du système commercial
partie intégrante
Le même
et politique de l'Europe,
les lois
principe, liberté, a fait attaguer
la
prohibitives qui tendent à nous assurer
propriété et le commerce exclusif de
colonies. Cette tentative
nos
le zèle extrême de
dangerense a suscité
ses contradicteurs. Des asser-
- --- Page 97 ---
S U R Sr.-Do M I N G U E.
des
et des
tions, des négations 7
propositions n'ont
conséquences générales des deux parts,
résultat précis, et applicable à
produit aucun
la position de telle ou telle colonie; parce qu'en
toutes choses il faut voir ce qui est, pour juger
est bien, ce qui est mal. Le conmerce qui
l'admission
Gant, qui assure vaguement que
des étrangers est un crime d'état, ignore que
Colbert associa les Hollandais à l'établissement
mais celui qui voudroit en
de St. Domingue;
à
conclure qu'il faut les associer aujourd'hui
T'exportation, à Iaprovibiounemen, attaqueévidemment les intérêts et les droits du
roit
national. Ainsi les positions, les épocommerce
autorisent l'exception qui se
ques, les besoins,
circonstances;
dans d'autres
trouve proscrite
un plan de comainsi pour arrêter ou miodifier
exclusif entre la métropole et une COmerce
connoitre sa situation
lonie,il faut parfaitement
et ses ressources.
Un
Il en est de même de Yadministration.
un plan de
militaire, un magistrat, proposent
souvent relatif à la robe qu'ils
gouvernement, et fort peu aux hommes, aux intérêts
portent faut régir. Il est difficile de se dépouiller
qur'il
chacun s'occupe de
des préjugés de son état;
lextension de sa prérogative, et on appelle --- Page 98 ---
Es S A I
hardiment cette
Il est cependant personnalité, le bien public,
n'est point
certain que le gouvernement
des
uniquement établi pour
préposés, et qu'iledoivent être l'avantage
eux, leurs places et leur
subordonnés,
du gouvernement. Je esprit, aux principes
principes, en
rechercherai donc ces
De ces différentes exposant les vices et les abus.
induction une connoissance observations résultera par
nies et du régime qui Jeur générale des colodifférences locales qui les
convient; Car les
vent altérer les rapports distinguent, ne peuon doit les considérer communs sous lesquels
sont
et les régir. Ces
agriculture et commerce,
rapports
lice, défense, prospérité
navigation, poges de la
des colons, avantade
métropole : Ce sont aussi les
T'administration et législation
objets
J'aichoisi
des colonies.
pourexemple celle de
gue, parce qu'elle est la
Saint-Dominnos possessions,
plus considérable de
la balance du qu'elle mnet toute seule dans
les autres
commerce, deux fois plus
ensemble. J'y ai
que
servi pendant sept
d'ailleurs habité et
étudié les
ans; et c'est après en avoir
dence,
intérêts, le commerce, la
tous les détails enfin de
jurisprution, que j'ai écrit mes mémoires. l'administraessentiel est de déterminer
Leur but
un plan, une ma-
-
Saint-Dominnos possessions,
plus considérable de
la balance du qu'elle mnet toute seule dans
les autres
commerce, deux fois plus
ensemble. J'y ai
que
servi pendant sept
d'ailleurs habité et
étudié les
ans; et c'est après en avoir
dence,
intérêts, le commerce, la
tous les détails enfin de
jurisprution, que j'ai écrit mes mémoires. l'administraessentiel est de déterminer
Leur but
un plan, une ma-
- --- Page 99 ---
SU R Sr - Do M I N G U E.
nière d'être des colonies avec la métropole, du
gouvernement avec. les colonies, car jusqu'à présent il n'y en a point eu d'arrêté.
De cette incertitude dans les principes, suit
nécessairement une grande instabilité dans les
moyens : des ordonnances mal conçues, et abrodes décigées presqu'aussitôt que promulguées,
sions variables et momentanées sur des objets
toujours instans, des formes arbitraires dans les
et
l'oubli enfin et l'inexécas graves urgens, salutaires. Dans la cOcution des lois les plus
lonie, chaque administrateur a créé ou détruit;
dans le ministère, chaque homme en place a
à la suite de celles de son prémis son opinion
décesseur : toutes ces volontés, toutes ces institutions partielles, sont restées isolées, et l'ensemble est devenu monstrueux.
Si de ce premier aperçu nous passons aux
détails, les inconséquences et les abus se présentent de toutes parts. Est-ce le colon, le comnous considérons? Nous voyons
merçant, que
en
et
ces deux états en opposition,
querelle,
le gouvernement neutre, tandis que sa voix
puissante peut, en les conciliant, les appeler
au même but, et les soumettre, par une protection égale, aux mêmes principes.
Sera-ce l'exercice de l'autorité, la police in- --- Page 100 ---
EssA I
térieure? Rien n'est détermniné d'une
fixe,invariable. Des décisions
manière
les prétentions
autorisent toutes
dans
; l'habitude de tout
les genres et les espèces, dans les confondre
et les fonctions, rend tous les
places
ques, et sollicite sans cesse de cas problématisions, qui sont, entre la
nouvelles décil'aliment d'une
cour et ses agens,
abusive.
correspondance immense et
Enfin, si nous cherchons ce
la prospérité des colons,
qu'on a fait pour
leur culture, le débouché pourl'amélioration de
denrées, pour la
plus facile de leurs
sions en
conservation de leurs
temps de guerre, nous verrons possescessité de mieux faire. On
la néque, depuis vingt
ne peut pas douter
de la marine
ans, les différens ministres
desiré
n'aient connu cette
ce mieux; mais leurs
nécessité, et
y arriver ont été infructueuses, tentatives pour
innovations n'étoient
parce que les
néral. On a
point liées à un plan géchangé les corps militaires, les tribunaux; on a multiplié les
les impôts, fait de nouvelles places, augmenté
point déterminé
lois, et on n'a
l'autorité
ce que devoit être l'esprit et
militaire dans une colonie; on
a point rendu
ne lui
lois
propres les tribunaux et les
qu'on y a établies. On a cru le
genre et
-
-
parce que les
néral. On a
point liées à un plan géchangé les corps militaires, les tribunaux; on a multiplié les
les impôts, fait de nouvelles places, augmenté
point déterminé
lois, et on n'a
l'autorité
ce que devoit être l'esprit et
militaire dans une colonie; on
a point rendu
ne lui
lois
propres les tribunaux et les
qu'on y a établies. On a cru le
genre et
-
- --- Page 101 ---
S U R Sr.-D O M I N G U E.
indifférens. On a fait des
la quotité de l'impôt
oublié ceux qui
réglemens inutiles, et on a
arrivé
étoient indispensables : le moment étoit
où tout alloit prendre une face nouvelle, un
entier alloit sortir des mains du ministre; ;
code
j'ai proposé les conc'est à cette époque que
devant servir de
sidérations suivantes, comme
et de
base à la législation de Saint-Domingue
nos autres possessions.
ans,
Une colonie, en l'espace de quatre-vingts
est sortie du néant ; et ses progrès uniquement habilus à la fertilité du sol et à l'industrie des
tans, aux secours du commerce, sont devenus
considérable des richesses de P'État,
une portion
sur cette
qui doit enfin asseoir son jugement
colonie.
le travail, la sobriété du petit
La pauvreté,
cet étanombre d'hommes qui ont commencé
blissement, avoient à peine besoin d'autorité
de protection pour les dépour les contenir,
fendre.
l'opulence, leluxe, Tindustrie,
Aujourd'hui,
exigent une
les passions d'une grande société,
constitution civile et politique quilui soit propre.
étoitaccélérécour retardée
Si cette constitution
avec les progrès de l'établissesans proportion
cesseroit d'être
ment, elle seroit maivaise, ou --- Page 102 ---
bonne
EsSAI I
aux époques
gradation. Ainsi, il d'accroisement faut
ou de décolonie pour fixer sa
connoitre l'état de la
Si nous trouvons législation.
les objets de discussion que tous les intérêts, tous
veloppés, c'est le
y soient sufizammentdé.
prudence : car il n'est moment de former la juriset coutumes de France pas possible que les lois
Amérique.
soient toutes bonnes en
Si la création
plois, des
successive des places, des emde
tribunaux, a occasionné
compromis, de
beancoup
c'est le moment de difficultés, de réclamations,
subdivision de l'autorité. déterminer l'exercice et la
Si le commerce
envoyer deux
national qui a
ou trois
commencé par
cette colonie, en envoie vaisseaux par année dans
il est temps
aujourd'hui trois cents,
respective du d'examiner et de fixer la
Si le colon, commerce et de la colonie. position
assez utile à l'Etat par ses mannfactures, est devenu
agent,ilfaut anssile pour être compté comme
et lui assurer sur considérer comme
et de
sa terre la portion de citoyen,
protection nécessaire
liberté
aimer.
pour la lui faire
Si les produits
leur état
intérieurs de la colonie
actuel, et les accroissemens dans
dont ils
-
S
du d'examiner et de fixer la
Si le colon, commerce et de la colonie. position
assez utile à l'Etat par ses mannfactures, est devenu
agent,ilfaut anssile pour être compté comme
et lui assurer sur considérer comme
et de
sa terre la portion de citoyen,
protection nécessaire
liberté
aimer.
pour la lui faire
Si les produits
leur état
intérieurs de la colonie
actuel, et les accroissemens dans
dont ils
-
S --- Page 103 ---
SU R Sr.-D de O M I N G U E.
sont susceptibles, peuvent permettre ou exiger
des établissemens relatifs à l'utilité, la salubrité,
la commodité des colons, l'administration doit
aussi s'en occuper.
Si le débouché des denrées, et par conséquent
l'amélioration de la culture, dépend en partie
de l'assiette et de la quotité des droits imposés,
il convient d'établir un plan d'impositions qui
s'éloigne, autant qu'il est possible, des vues
fiscales.
Si ila conservation de cette colonie, en temps
de guerre, ne sauroit dépendre des expédiens
l'occasion
il
et des moyens que
peut suggérer,
faut arrêter et exécnter le plan de défense locale
qui lui sera reconnu propre.
En convenant de tous ces points, il ne s'agit
plus que de parcourir cette colonie et ses détails, pour connoître la forme d'administration
et les lois quilui conviennent.
Ce n'est point une opinion particulière que
je veux produire et défendre, ce sont des faits
et des observations que j'expose.
Une colonie est établie pour le plus grand
avantage de la métropole, voilà sa fin; mais
les moyens de conservation, d'accroissement, ne
peuvent être relatifs qu'à la sûreté, à la prospérité des colons 2 et le gouvernement ne peut --- Page 104 ---
Ess A I.
avoir d'autre objet que la fin de
et les moyens de la
l'établisement
principes
conservation. C'est à ces
simples et vrais que sC rapportent
observations.
mes
Une description
dans mon plan. J'éviterai géographique n'entre point
lire
de dire ce
ailleurs, ou si l'on trouve ici qu'on des peut
déja conuus, c'est qu'ils
détails
nécessairementmes,
précèdent ou suivent
réflexions.
de présenter, , par extrait, Ainsijeruisoblige
de la colonie, de
une idée générale
son organisation, de sa culture, pour arriver au tableau de
de ses relations avec la
ses produits,
étrangers. Ces
métropole 9 avec les
objets sont
à l'administration,
nécessairement liés
mal, sur unes société qui peut tout, en bien ou en
merçans. Tel est l'ordre d'agticulteurs et de comvais traiter.
des matières que je
-
,
présenter, , par extrait, Ainsijeruisoblige
de la colonie, de
une idée générale
son organisation, de sa culture, pour arriver au tableau de
de ses relations avec la
ses produits,
étrangers. Ces
métropole 9 avec les
objets sont
à l'administration,
nécessairement liés
mal, sur unes société qui peut tout, en bien ou en
merçans. Tel est l'ordre d'agticulteurs et de comvais traiter.
des matières que je
-
, --- Page 105 ---
SUR Sr.-D 0 M I N G U E.
P 2 RE MI ÈRE PARTIE.
ou vue intérieure de la
Idée générale
Colonie.
CHAPITRE PRE MIE R.
Local.
française occupe le tiers de lile
LA colonie
les
les deux
de Saint-Domingue, et
Espagnols
tiers. A l'avénement de Philippe V au
autres
ce dont nous étions en postrône d'Espagne,
session à cette époque nous fut reconnu propre;
limites avouées s'étendoient à
mais alors nos
au-delà de ce que nous
plus de quinze lieues L'embouchure de la ripossédons aujourd'hui.
et celle de la rivière de Neybe, d'une part,
vière de Monte-Christ, de l'autre, formoient
la ligne de démarcation. Des terres en friche
des deux parts n'étant précienses à aucune des
sur les lideux nations, on ne disputoit pas
été
mites ; et comme les bords de la mer ont
es avouées s'étendoient à
mais alors nos
au-delà de ce que nous
plus de quinze lieues L'embouchure de la ripossédons aujourd'hui.
et celle de la rivière de Neybe, d'une part,
vière de Monte-Christ, de l'autre, formoient
la ligne de démarcation. Des terres en friche
des deux parts n'étant précienses à aucune des
sur les lideux nations, on ne disputoit pas
été
mites ; et comme les bords de la mer ont --- Page 106 ---
EssA I
le premier sol cultivé,
dans les terres
qu'on ne s'est enfoncé
et les
qu'à mesure que la population
moyens augmentoient : alors
toujours sur nos terres, nous
marchant
prochés des Espagnols
nous sommes appeaux > et ils se sont errans avec leurs troula ligne convenue.
arrêtés fort au-delà de
d'eux
Le desir de nous
n'ayant pas été contrarié, le
éloigner
de colons qui pouvoient
petitnombre
une-surface
s'étendre encore sur
libre, ne lisant point
ne stipulant point pour leur
dans l'avenir,
vernement étant aussi
postérité, et le goumis en oubli; les
passif, nos droits ont été
eux des
Espagnols ont laissé derrière
déserts, se sont réunis en
en bourgs, pour marquer la frontière hameaux,
avons laissé faire, et
: nous les
d'hui.
nous réclamons aujourCHAPITRE
DEUXIE M E.
Climat.
Le climat de
zone torride; mais Saint-Domingue est celui de la
dans les
sa température est différente
plaines et dans les
ardent brûle la
montagnes. Un soleil
terre, un air humide la résout.
-
--- Page 107 ---
SU R Sr.-D - 0 M I N G U E.
Des sels abondans, des matières calcaires fonlues par de fréquentes pluies, travaillées par
ne chaleur continue, , opèrent une fécondité
prodigieuse dans les plaines, sans cesse engraistées par les débris des montagnes que les torrens entraînent: tavec eux. Une brise réglée rend
cette terre habitable. Mais On conçoit comment
les tempéramens européens s'y dégradent, s'y
dilaté
la chaétruisent : le sang, toujours
par
brisequelquefois les vaisseaux oùt
leur,fatigue,
l circule mal; une transpiration forcée en extrait tout Phumide, 3 les fibres se desséchent.
Lusage des liqueurs fortes, par un abus de régime; une licence de moeurs que produit l'esclavage; les eaux stagnantes, fermentées par un
soleil ardent : telles sont les causes de maladies
épidémiques.
Cet état physique des individus de Saint-Domingue influe plus qu'on ne pense sur leur régime social 3 sur les lois quileur conviennent,
et impose au moins au gouvernement l'obliga-.
tion de prévenir , d'atténuer, autant qu'il est
possible, le concours des causes destructives.
par un abus de régime; une licence de moeurs que produit l'esclavage; les eaux stagnantes, fermentées par un
soleil ardent : telles sont les causes de maladies
épidémiques.
Cet état physique des individus de Saint-Domingue influe plus qu'on ne pense sur leur régime social 3 sur les lois quileur conviennent,
et impose au moins au gouvernement l'obliga-.
tion de prévenir , d'atténuer, autant qu'il est
possible, le concours des causes destructives. --- Page 108 ---
EsSAr
CHAPITRE
TROISIE M E.
Maurs.
Les hommes ne se perpétuent
représentent
dans
point, ne 8e
point
nos colonies, et
à Saint-Domingue, de génération
sur-tout
en
on s'y enrichit ou l'on périt, et l'homme génération;
riche
repasse en Europe. La masse des habitans est
sans cesse renouvelée par les arrivans de France.
Il suit de-là qu'il n'y a point d'esprit national,
parce que chacun y apporte le sien, ses préjugés, son éducation, ses vues domestiqucs S. Mais
le Gascon,1 le Provençal, le Normand,leP
en conservant leurs moeurs
Picard,
encore ce que j'appellerois propres, des habitudes contractent
colonie. Cette distinction est
de
importante, et ne
deitpoliatéchaperàund observateur.
en
Enmorale,
politique, on étudie, on dirige
blic , le caractère d'un peuple. A Pespritpu Saint-Domingue, il n'y a point de corps de
n'y a que des individus
peuple ; il
quiontquelques intérêts
communs et des vues isolées.
Un Créole n'est pas toujours
Américain ; il
est Gascon ou Provençal, s'il a assez vécu avec
son père pour entendre sa langue et suivre ses
principes.
- --- Page 109 ---
SU R Sr.-D . 0 M I N G U E.
donc
dire que Phabitant de
On ne peut
pas
avare ou liSaint-Domingue est gai ou triste,
béral, bon ou méchant, intelligent ou stupide,
ou actif; on y voit
vain ou modeste, paresseux
sans
et confondus
tous ces caractères 9 mélangés
couleur prédominante. le
de vie, de travail,
Mais le climat,
genre
d'industrie, ont nécessairement des influences
et uniformes sur cette diversité d'esgénérales
pèces.
Voilà en quoi il ne faut pas se méprendre,
habitude de colonie.
et ce que j'appelle
a un luxe
Il y a une aisance générale, ily
relatif; le climat affaisse ou incline au repos;
la cupidité réveille et gourmande la paresse; ;
tout le monde est occupé.
l'industrie agit, 3
aux
Les nerfs plus fa cilement agacés, portent
plaisirs, aux excès; le plus grand nombre succombe. La commodité, la salubrité, manquent
local,
qu'on n'y a rien mis de ce qui
au
parce
attacher; tous veulent le
peut plaire, séduire,
ils ont
quitter: chacun se hâte, se dépêche;
l'air de marchands dans une foire : l'art du
gouvernement eût été de les rendre citadins.
Voilà les traits et les nuances qui rendent
les colons différens et semblables.
, aux excès; le plus grand nombre succombe. La commodité, la salubrité, manquent
local,
qu'on n'y a rien mis de ce qui
au
parce
attacher; tous veulent le
peut plaire, séduire,
ils ont
quitter: chacun se hâte, se dépêche;
l'air de marchands dans une foire : l'art du
gouvernement eût été de les rendre citadins.
Voilà les traits et les nuances qui rendent
les colons différens et semblables. --- Page 110 ---
10o
EssA I
CHAPITRE QUATRIÈME
Du solet des productions des Français.
Le sol de
bonne
Saint-Domingue est en général de
qualité et particulièrement propre à la
culture du sucre 3 de
cacao, dont les
l'indigo 3 café, coton s
plantations ont parfaitement
réussi, et se sont multipliées dans les
et les montagnes, suivant la nature du plaines
etla température convenable à
terrain
Cette
chaque espèce.
a
colonie, foible dans son origine, comme
tous les établissemens nouveaux, est sortie
mains d'une centaine d'aventuriers,
des
soient des boeufs
quiy chassauvages pour en vendre les
cuirs, et récoltoient autour de leurs cabanes
quelques vivres du pays , et un peu de tabac.
L'espoir de faire fortune y attira
honnêtes,
bientôtdes 8 gens
patiens et laborieux; ils
confiance. La Compagnie des Indes leur inspirèrent donna
des secours en marchandises, en
elle
a d'abord encouragé
nègres;
, protégé l'industrie des
premiers colons ; elle l'eût étouffée bientôt
toutes les servitudes
par
qu'impose un privilége de
commerce exclusif: il fut annullé en 1725; et,
depuis cette époque, les succès, les progrès de
a --- Page 111 ---
R Sr.-D 0 M I N G U E.
S
Des villes,
ont été prodigieux.
cet établissement
élevés de tous
des bourgs, des hameaux se sont de cadets de
côtés. Nombre de genrilshommes, dans leur
condamnés à la pauvreté
famille,
celle où l'aisance est le prixx
patrie, onta adopté
en sucre, en indu travail. Des manufactures
Les mondigo, ornent et enrichitsentleaplaine de café, de
tagnes et les vallons sont chargés de toutes ces
coton, de cacao. L'exportation dix vaisseaux au
denrées, qui occupoit à peine
du siècle, en occupe aujourcommencement Enfin la colonie est composée
d'hui trois cents.
mille blancs , et de près
de plus de vingt-cing
employés au travail
de trois cent mille nègres
de la terre.
végétales
On sait que toutes les productions
de la
essentiellement de la qualité
dépendent ensuite des soins plus ou moins interre, et
Les quartiers qui protelligens du cultivateur.
ceuxde Limonade
duisentleplus beau sucresont
etde Morin. La terre y est grise, molle, légère, lorsetsa végétation est étonnante
spongieuse 2
des saisons favorables.
qu'ello est aidée par
de T'Artibonite,
Les terres plus légères encore
sont
du Boucassin, des Archaé et Cul-de-sac,
infiniment précieuses et productives lorsqu'on
peut les arroser.
ens du cultivateur.
ceuxde Limonade
duisentleplus beau sucresont
etde Morin. La terre y est grise, molle, légère, lorsetsa végétation est étonnante
spongieuse 2
des saisons favorables.
qu'ello est aidée par
de T'Artibonite,
Les terres plus légères encore
sont
du Boucassin, des Archaé et Cul-de-sac,
infiniment précieuses et productives lorsqu'on
peut les arroser. --- Page 112 ---
-
EssA I
Tonte la portion de l'ile située à l'ouest
au sud-ouest, diffère de celle du nord
et
température et la distribution
pour la
des pluies. On
conçoit que la position des
montagnes opère ce
phénomène en arrêtant les
pendant l'hiver du nord nuages, qui viennent
lors l'ouest
et du nord-est, et
et le sud-ouest de l'ile
qu'aprivés de pluie jusqu'à la saison des se trouvent
terres y seroient donc absolument orages. Les
stériles sans
T'arrosage, qui n'a point lieu dans la
nord.
partie du
Outre ces différences locales, celles de culture et de fabrique sont devenues
Les grands ateliers, les anciens très-sensibles.
sont en général les mieux
établissemens
l'aisance et
soignés, parce que
l'expérience des
fait multiplier les essais. Les propriétaires ont
que leurs terres vouloient
uns ont reconnu
être labourées
fondément, que les plantations devoient pronouveler tous les deux
s'y replanter
ans; d'autres, qu'il falloit
rarement, recouvrir seulement les
morts ou épuisés, et laisser sur un terrain plants
tasser les dépouilles de la
sec enle rejeton de l'ardeur du canne , pour garantir
soleil, et lui
par filtration,1 Phumidité des rosées. Lesuns conserver,
lent Jeurs terres après la coupe des
brûl'amendent par lincinération
cannes > et
des pailles ; ce
-
-
- --- Page 113 ---
Sr.-Do M. I N G U E.
SUn R
terrains gras et
convenir qu'aux
qui ne peut
s'abstiennent de cette
humides Les autres
la paille en fuméthode 2 et laissent pourrir sillons. Dans queldans les
mier en Penterrant
fatiguées demandent
ques quartiers, les terres
est payée avec
déja des engrais, et cette dépense
des produits.
usure par Faugymentation
poite fidèLa canne à sucre, à sa maturité, cultures:
de ses différentes
lement T'empreinte
imprégnés de sels masalée dans les terrains herbes marines ; elle prorins ou fumés par des sterresincinérées, rouge
duit un asncregrisdlanslest humides, et l'art du
et gras dans les terrains améliorerla qualité qu'ên
raffineurne peut alors Cet art a été long-temps
perdants sur la quantité.
incertaine, une
dans nos colonies une pratique
de la chimie
irréfléchie des principes
application
des sels et la décomposipour la cristallisation aperçoive tous lesjours
tion des corps. Quoiqu'on
en cette partie,
le progrès de nos manufactures
qu'une étude plus approfondie
ne doutons pas
du sucre à un degré
la fabrique
ne plt porter
n'a pas encore atteint.
de perfection qu'elle
du point de lessive
C'est dans la détermination
consiste
de la cuite du vin de la canne que
et
(*) En si petit nombre, que ce n'est qu'une exoeption.
la décomposipour la cristallisation aperçoive tous lesjours
tion des corps. Quoiqu'on
en cette partie,
le progrès de nos manufactures
qu'une étude plus approfondie
ne doutons pas
du sucre à un degré
la fabrique
ne plt porter
n'a pas encore atteint.
de perfection qu'elle
du point de lessive
C'est dans la détermination
consiste
de la cuite du vin de la canne que
et
(*) En si petit nombre, que ce n'est qu'une exoeption. --- Page 114 ---
EssA I
l'art du raffineur. Jusqu'à
de la soude et de la
présent (*) l'alkali
l'agent le
chaux a été reconnu
des
plus puissant pour la séparation
parties hétérogènes du sucre.
feu le plus ardent est
L'action du
ration de ses
ce qui produit l'évapofumée,
parties aqueuses, qui s'élèvent en
, tandis que l'écumoir le
les corpe gras et terreux divisés purge de tous
cette
par la chaux. Si
séparation est
à ses parties
complète 2 le sucre, réduit
homogènes en consistance
présente, en se
desirop,
lante et cristalline refroidissant, une surface brilau contraire
qui annonce sa pureté. Si
on n'a pas saisi le
sive et de cuite, on
point de lesetsirupeuse,
aperçoit une matière grasse
qu'aucune
ne peut amender
opération subséquente
taire.
sans perte pour le propriéQuand on considère
titude de secours
limportance et la mulcultivateurs
que pourroient recevoir les
américains de nos
en
habiles artistes
chimie, en
ne parait-il
hydraulique, en mécanique >
pas inconcevable que le
ment, qui leur envoie et leur fait gouverned'officiers inutiles ou ficheux,
payer tant
n'ait jamais ima-
(*) On se sert aujourd'hui, avec plus de
poiasse que de la soude)
succès, de la --- Page 115 ---
Sr.-D 0 M I N G U E.
S U R
mécaun chimiste, 9 un
giné de leur envoyer etc. ? Le hasard,le temps
nicien, un botaniste,
ont tout fait > et le
et l'industrie persomnelle
lassons pas de le
rien, ne nous
gouvernement
dire.
café exige moins de soins et
La culture du
T'avidité, la précependant
de connoissances;
inutilelignorance ont consommé
cipitation,
quantité de bois et de terre
ment une grande
fut porté
à cette culture : lorsque son produit exciterles déà un prix assez avantageux pour indiscrétion
frichemens, on s'y livra avec une
et
fut bientôt punie. On abattit par-tout, inqui
des forêts immenses ; on planta
o11 brala
toutes les terres et à toutes
différemment dans
le cafier
sans considérer que
les expositions, dans les lieux frais et exposés
1e se plait que
sollicite égalementles SuCS
au soleillevant, qu'il la fraîcheur des rosées
abondans de la terre,
du soleil.
et des pluies , et l'action tempérée
ont donc réussi proportiorLes plantations
conditions. I1 est tel quarnellement à toutes ces
à trois ans et périt
tier où le cafier rapporte
terres l'arbre
à dix ; tandis que dans les bonnes
et est
donne du fruit qu'à cinq et six ans,
ne encore à vingt dans toute sa force.
I
différence du produit relatif à la qualité
La
îcheur des rosées
abondans de la terre,
du soleil.
et des pluies , et l'action tempérée
ont donc réussi proportiorLes plantations
conditions. I1 est tel quarnellement à toutes ces
à trois ans et périt
tier où le cafier rapporte
terres l'arbre
à dix ; tandis que dans les bonnes
et est
donne du fruit qu'à cinq et six ans,
ne encore à vingt dans toute sa force.
I
différence du produit relatif à la qualité
La --- Page 116 ---
EsSAI
de la terre et aux soins de la
huit onces de graine à
culture, est de
dire que le
quatre livres, 7 c'estales terres médiocres rapport moyen des cafiers dans
ne s'élève pas à plus d'une
leures. demi-livre, et ne passe pas quatre dans les meilLes succès de cette culture
le choix du sol, de celui dépendent, après
mieux de semer en
des plants qu'il est
en espace de
pépinière, et de distribner
L'exactitude (*) sept à huit pieds carrés.
arbres suffit des sarclaisons et de la taille des
vation etleurr ensuite pour assurer leur conserne s'attache à rapport, si un insecte dévorant(
cheresse
leurs racines, si une
ne les tue. Lors de la
longue sédevient aussi mannfacturier récolte, le colon
cessaires à sa denrée
par les apprêts néOn
pour la rendre marchande.
s'estlong-tempe dispensédes
teur exige
soins que. l'achesoit des aujourd"hui. Le café en cerises
glacis au moulin, et n'étoit
pasdéponillé de sa
jamais bien
rendre d'une
gomme. On est parvenu à le
qualité supérieure en en séparant
(*) La distance dans la
qualité du sol. Il en est ou plantation l'on
est en raison de la
pieds, et d'autres à neuf.
ne plante qu'à quatre
Ce sont de grosses fourmis.
- --- Page 117 ---
I N G U I.
SU R Sr.-DOM
et en le lavant (*)
d'abord la première peau,
dans des bassins , et on ne vend plus
ensuite
les cafés qui n'ont pas subi
que difficilement L'espèce la plus recherchée
cette celle préparation. dont la fève est petite 2 oblongue, >
est
àl'eil d'un gris foncé. Elle indique une
et paroit
celles du Borgne, des
terre maigre, et comme
et dela MineÉcrevisses, delanouvelle Bretagne
La culture du café ne peut pas se soutenir longla terre s'y refuse au
temps dans ces quartiers ; année, et ce n'est
produit avant la dixième défrichemens qu'on se
que par de nouveaux
fèves se récolprocure du revenu. Les grosses du Dondon
tentdans les terres plus productives Charbonnière
de la Mermelade 7 de la
de Jérémie : ce sont les seules où l'on puisse
et
succession de récoltes égales sur le
espérer une
doit-on
se flatter qu'une
même sol; encore ne
pas
de
et trente ans
proterre usée par vingt-cinq labour et sans engrais ;
duit se régénère sans
(*) Et le laissant tremper.
Ce quar-
Jérémie preduit aussi la plus petite graine. : il est
tier ne peut être assimilé à ceux qui précèdent
très-étendu, et contient des terres de toutes ces qualités. oi
Il est beaucoup d'autres quartiers que ceux dénommés,
l'on cultive le cafier.
atter qu'une
même sol; encore ne
pas
de
et trente ans
proterre usée par vingt-cinq labour et sans engrais ;
duit se régénère sans
(*) Et le laissant tremper.
Ce quar-
Jérémie preduit aussi la plus petite graine. : il est
tier ne peut être assimilé à ceux qui précèdent
très-étendu, et contient des terres de toutes ces qualités. oi
Il est beaucoup d'autres quartiers que ceux dénommés,
l'on cultive le cafier. --- Page 118 ---
Es SSA I
opération très-difficile à exécuter dans
nes. Mais Ce que l'on doit
les morc'est la perte de cette
infiniment regretter,
dont on a dépouillé quantité énorme de bois
les terres
y substituer des plantations médiocres, pour
faut abandonner.
(*) éphémères qu'il
Ne pouvoit-on
dans ces montagnes, des
pas établir ,
y débiter les bois
moulins à scie pour
viendroit-il
que l'on braloit? et ne conpas d'exciter
terres dégradées, la
aujourd'hni, dans ces
la culture des vivres reproduction des bois, > et
du pays P
Il seroit possible d'y
d'Inde. Cetarbre, dont
multiplier le bois
appartient
on a peu parlé, et qui
cependant au sol des
une espèce dè poivrier,
Antilles, est
tique réunit l'odeur
dont la graine aromaet le goût des quatre
épices:
(*) Les montagnes qui bordent les
sont voisines, 2 Peuvent seules offrir plaines ou qui en
de trausport seroient si
cet av avantage; ; lcs frais
qu'ils excéderoient le prix considérables des bois
dans les autres, ,
de quelque pays qu'on les tirat, transportés par mer, >
de PEurope.
fit-ce même du nord
La Jamaique ne s'est livrée à cette
avoir trouvé la borne de toutes les
culture qu'après
autres. C'est la surabondancedesmoyens quien fit naître l'idée.
est aujourd'hui Si difficile,
La traite des noirs
parvenir à ce point à
que nous sommes éloignés de
Saint-Domingue,
: --- Page 119 ---
Sr.-Do M I N G U E.
sU R
ils emle cultivent à la Jamaique;
Les Anglais
lieu de poivre et de giploient sa graine au envois dans la métropole.
rofle; ils en font des
récoltent
du côté de Bannie,
Les Espagnols,
connu
une autre espèce
depoivreinférieur,
aussi
2 et qui réussiroit
sous le nom de maniguette sèches. Pourquoi
dans nos terres
enparfaitement fructueux ne seroient-ils pas
des essais aussi
le bois d'Inde et
couragés? En supposant que
dans
ne pussent être rangés que
la maniguette
inférieures, ne seroit-il pas
la classe des épices consommation du peuple,
ntile deles destineràla du prix est plus imporpour qui V'infériorité
Nous dicelle de la marchandise?
tante que d'autant le tribut à payer aux Holminuerions
landais
semble être une autre ressource
Le cotonnier
mais il ne faut pas
indiquée aux terrains secs ;
et une terre
c'est un climat sec
s'y méprendre,
arbuste. La pluie ne lui est
légère qu'exige cet
et lorsque le bois
utile qu'au moment du semis,
feuilles;
développe ses branches et ses
croissant
la fleur parolt, et de ce moment-là
aussitôt que
(*) Nous n'étions pas, , à cette époque, ,en dans possession la Guiane
des plants d'épiceries dont la transplatation
a réussi.
aux terrains secs ;
et une terre
c'est un climat sec
s'y méprendre,
arbuste. La pluie ne lui est
légère qu'exige cet
et lorsque le bois
utile qu'au moment du semis,
feuilles;
développe ses branches et ses
croissant
la fleur parolt, et de ce moment-là
aussitôt que
(*) Nous n'étions pas, , à cette époque, ,en dans possession la Guiane
des plants d'épiceries dont la transplatation
a réussi. --- Page 120 --- Essi I
à celui de la récolte, l'eau
du ciel en détruit
l'espérance > soit en faisant couler
soit en détrempant dans la
la fleur s
la gomme dont elle est
coque entrouverte, ,
alors le coton; ainsi
enduite, et qui tache
on ne le cultive avec
que dans les quartiers de l'fle
succès
distribuée en six mois de
où l'année est
pluie, tels que les
sec et six mois de
Gonaïves et
carles terres arrosables,
l'Artibonite
depuis Saint-Marc
qu'aux Cayes, sont plus utilement
juscannes et indigo.
employées en
Cette dernière plante est
culture trop simple
trop connue et sa
tions
pour présenter des observaintéressantes. Elle demande la
terre etl'épuise
meilleure
incessamment; en sorteque
l'amélioration du sol il est: nécessaire
pour
reposer, d'en
dele Jaisser
sieurs récoltes changer la plantation après plud'indigo Les grands proprié.
(*) Il se cultive avec le plus
des Gonaives.
grand succès dans la plaine
Les terres en pente sont cultivées
quatre ou cinq ans, puis sont
au plus pendant
pays travaillent plus
abandonnées; celles en plat
après quelques années long-temps, de
et peuvent étre relevées
C'est une plante vorace, repos 7 suivant leur qualité.
Les chenilles enlèvent qui épuise les meilleures terres.
rances du colon ; c'est quelquefois à la
en deux jours les espé.
que ce fléau est à craindre. suite de longues sécheresses
E
-
- --- Page 121 ---
Sr.-D 0 M I N G U E.
sU R
Rtarksightenermegeteet
tairesabandonnontt
ans, et ne s'ocfait travailler douze ou quinze
mais on
cupent qu'à de nouveaux défrichemens; à faire,
du terme oà ili n'y en aura plus
approche revenir sur les terrains usés, et reoù il faudra
pour les rendre
doubler de travail et d'industrie
les habitans
productifs. Alors il n'y aura que
cultures, par
riches qui
et à une
iponrmentmaisenirieuse
la nécessité de recourir aux engrais Alors le
de bras et de machines.
augmentation
décroîtra à raison de
revenu total des colonies
des
l'accroissement des frais et de la diminution
terres dont la fertilité nous
bénéfices ; et ces
ont reçu sans dépense ,
étonne 2 parce qu'elles
les
de la
plusieurs siècles, 2
déponilles
pendant
à Jeur tour frappées de stérilité 7
nature, seront
recoivent de l'atmosphère et
jusqu'à ce qu'elles
dépôt de
de la.main des hommes un nouveau
végétales. Ce n'est peut-être
sels et de parties
de la
nos possessions
qu'à cette époque que
qu'on ne leur
Guiane acquerront Timportance
soupçonne pas encore
à
j'ai sonvent réfléchi
(*) Pendant mnon séjour Cayenne, de la Guiane, qui doit être
à cette destination naturelle
tandis que
un jour dans un état de culture permanente, de gronds chancelle des Antilles subira nécessairement
gemens.
de la.main des hommes un nouveau
végétales. Ce n'est peut-être
sels et de parties
de la
nos possessions
qu'à cette époque que
qu'on ne leur
Guiane acquerront Timportance
soupçonne pas encore
à
j'ai sonvent réfléchi
(*) Pendant mnon séjour Cayenne, de la Guiane, qui doit être
à cette destination naturelle
tandis que
un jour dans un état de culture permanente, de gronds chancelle des Antilles subira nécessairement
gemens. --- Page 122 ---
EssAr I
CHAPITRE V.
Du sol et des productions des
Espagnols.
Ils'en faut bien que les
sins, soient devenus
Espagnols, nos voinos rivaux en travail et
en industrie. Possesseurs de la majeure
de l'ile et de la meilleure terre, ils
partie
d'hui dans un état pire que celui où sont aujourColomb laissa ses premiers
Christophe
compagnons. Ils ont
préféré au défrichement des terres la nourriture et. l'entretien des
troupeaux que nous avons
négligés ; et leur paresse nous est utile, en ce
qu'ils sont devenus par-là nos
turels,
pourvoyeurs na2 tandis que nous leur fournissons
échange les choses de première nécessité en
ils
dont
manquent, et que leur gouvernement
droit fort les empêcher de
vouLeurs villes et hameaux prendre chez nous.
sont habités par des
moines, des gens de guerre, s ou des citadins
nonchalans, qui dorment ou se reposent le
et la nuit, tandis que leurs
jour
dans des
troupeaux errent
campagnes incultes. On voit
autour des habitations
cependant
et à
quelques jardins à fruits
légumes, un peu de tabac, de cannes à
sucre ou de café, mais en si petite quantité,
a
- --- Page 123 ---
Sr.-D O M I N G U E.
SU R
le maître y trouve à peine sa consommaque
opulens font un petit commerce
tion. Les plus
des cuirs de leurs animaux.
de ces denrées et
de la compagnie de CaUn ou deux vaisseaux
- , ainsi qu'à
talogne suffit à cette exportation,
de leur
Tapprovisionnenent
ce qu'ils appellent
a le privilége
dont cette compagnie
colonie, 7
exclusif.
laquelle nous éprouvons
C'est la raison pour
dans la
de leur part des entraves
anjourd'hui marchandises, qui sont toutes
vente de nos
Ils les achètent néandéclarées de contrebande.
de la confiscales risques
moins, en courant de même leurs animaux,
tion; et nous achetons qu'il est possible > les
en ésquivant, 7 autant
sur la sortie.
droits énormes qu'on a imposés
un état
Il résuite de-là, en quelque sorte 2
car
entre les deux gouvernemens;
de guerre
annuellement pour plus
ils nous fournissent
voudroient
de trois millions d'animaux qu'ils
et que nous ne pouvons
recevoir en argent,
Nous sommes donc,
payer qu'en marchandises.
2 et sur
sur cet objet, dans leur dépendance
un autre encore plus important. travail
à un
pénible
Nos esclaves, employés
le
ayant devant les yeux spec-,
et continuel,
4.
résuite de-là, en quelque sorte 2
car
entre les deux gouvernemens;
de guerre
annuellement pour plus
ils nous fournissent
voudroient
de trois millions d'animaux qu'ils
et que nous ne pouvons
recevoir en argent,
Nous sommes donc,
payer qu'en marchandises.
2 et sur
sur cet objet, dans leur dépendance
un autre encore plus important. travail
à un
pénible
Nos esclaves, employés
le
ayant devant les yeux spec-,
et continuel,
4. --- Page 124 ---
Essir
tacle attirant de l'oisiveté
et sont reçus d'autant espagnole 3 désertent,
plus volontiers
l'Espagnol qui les rend a
7 que
une
honnête, et celui qui les
rétribution
ployer au soin de
garde pour les emses
encore plus. Il est bon de troupeaux, y gagne
n'ayant pas de commerce remarquer ici que
direct à la côte
d'Afrique pour la traite des
tous ceux qu'ils
noirs, presque
possèdent à
ont appartenu aux Français. Saint-Domingue
lly a eu sur cet article, ainsi
restitution des soldats
que pour la
déserteurs, des
tions, des traités entre les deux convenchaque général a fait le sien. Mais colonies :
ment des deux chefs, le peu de
l'éloigneétabli entre enx, le caractère correspondance
vernement cspagnol,
négatif du goucultés toujours
occasionnent des diffirenaissantes sur les
objets, sur les
différens
des deux
limites, sur toutes les relations
peuples.
Lorsque j'entrerai dans les
que ce seroit un établissement détails, on verra
d'un consul
utile que celui
français chez les
consul espagnol chez les
Espagnols, d'un
y a beanconp de choses à Français, et gu'il
nous retirions de leur
faire, pour que
voisinage les avantages --- Page 125 ---
St.-DOMI I N G U E. 115
sU R
entendu ne sauroit nous
que leur intérêt bien
refuser.
ainsi la surface des deux
En parcourant
les positions
colonies,je n'ai voulu qu'indiquer d'en parler plus
respectives 5 j'aurai occasion
d'une fois. Revenons aux Français.
CHAPITRE VI.
Des esclaves.
la terre est cultivée par des
J'ai dit que l'ardeur du soleil ne permet
nègres esclaves;
blancs les travaux de la
point aux hommes
tirer parti de cette
campagne. Ainsi 7 pour fallu former une espèce
terre précieuse, il a
de
de laboureurs, les transplanter
particulière bralant dans celui-ci plus tempéré
leur climat
en loi le droit terrible
pour eux , et ériger cettedistance énormedu
du plus fort, quie établit
la modifient sans
maître à lesclave: nos moeurs
rendent leurs
doute, et tous les Colons humains
:
heureux que nele sont nos paysans
nègres plus
du propristaire attire tout
mais quandl'evilité
ieuse, il a
de
de laboureurs, les transplanter
particulière bralant dans celui-ci plus tempéré
leur climat
en loi le droit terrible
pour eux , et ériger cettedistance énormedu
du plus fort, quie établit
la modifient sans
maître à lesclave: nos moeurs
rendent leurs
doute, et tous les Colons humains
:
heureux que nele sont nos paysans
nègres plus
du propristaire attire tout
mais quandl'evilité --- Page 126 ---
EssAr
àl lui,lhomme noir n'est dans
instrument aratoire
ses mains qu'un
frais possibles.
qu'il emploie aux moindres
Presque tous les habitans riches
mienx leurs nègres
traitent
mais l'esclave
qu'on ne le croit en
d'un homme mal aisé Europe;
honnête est véritablement à
ou malSix aunes de grosse toile plaindre.
forment son vêtement
par chaque année
travaillée
; un coin de terre
par le nègre aux lieures
être pour lui celles du
qui devroient
subsistance ; le reste de repos , pourvoit à sa
sueur,
son temps 3 ses bras, sa
appartiennent au
les châtimens
maitre, qui peut forcer
sans que la loi,
recherche et le
impuissante, le
la
punisse : de-là le
vengeance 2 les
désespoir, 9
cendies. Telles
empoisommemens, s les inl'esclave.
sont les relations du maître à
Il y a donc deux
gouvernemens à Saint-Domingue, dont les
celui de l'autorité principes sont différens;
publique, celui de l'autorité
domestique.
Il suit de-là deux
lices, deux justices jurisprudences, deux po:
différentes.
Je ne crois, pas qu'on ait assez insisté
sur
- --- Page 127 ---
SUR Sr.-D 0 M I N GU E.
distinction, et sur ses effets relatifs à
l'administration eette
et à la sûreté intérieure.
Si tout le reste alloit bien, cet objet imtoujours été mal vu, dérangeportant, ayant
et on ne sent pas
roit encore l'ordre public;
provenir à
assez que de ce dérangement la peut Colonie. Nous
la longue le renversement de
en attendant 2 2 des crimes
en voyons naître, 9
été fait dans un
multipliés. Le code noir a
manquoit. Ce qu'il prestemps oû l'expérience
de la servicrit pour tempérer les rigueurs la cruauté
tude, pour contenir l'injustice ou
n'a jamais été exécuté 2 parce
des maitres,
parce qu'il y a
qu'on a oublié les moyens inutiles. 7
Mais s'il
quelques détails outrés et
honnêtes,
est vrai que les habitans justes et
n'en
traitent leurs nègres avec humanité,
qui
moins du fruit de leurs travaux,
jouissent pas
seroit dangereux de
qu'on ne dise plus qu'il d'hommes injustes
contenir un petit nombre
et d'accorder protection aux déploet cruels,
de leur barbarie. La justice
rabies victimes
Y'ordonne: L'une et
le demande, la politique l'esclave des jours et
l'autre prescrivent pour
une
des heures de repos qu'il faut respecter
nourriture suffisante, un vêtement nécessaire,
châtimens modérés, des soins pour les
des
jouissent pas
seroit dangereux de
qu'on ne dise plus qu'il d'hommes injustes
contenir un petit nombre
et d'accorder protection aux déploet cruels,
de leur barbarie. La justice
rabies victimes
Y'ordonne: L'une et
le demande, la politique l'esclave des jours et
l'autre prescrivent pour
une
des heures de repos qu'il faut respecter
nourriture suffisante, un vêtement nécessaire,
châtimens modérés, des soins pour les
des --- Page 128 ---
EsSAr
malades et les infirmes.
point à cette partie de
Celui qui ne croit
ce Colon honnête
ses devoirs, n'est
et atile
poin;
les soins et la
pour Jequeljfinvoque
J'ai répondu, protection du Gouvernement,
dans un mémoire
réclamations qui s'élèvent
particulier, aux
ment des noirs;
pour Taffranchisses'exécuteroit
mesure impossible ou qui ne
que par la
nies : mais ce
destruction, des Coloqui est
pensable, c'est d'ordonner possible 3 utile, indisle traitement et
avec plus de sagesse
l'emploi des nègres.
CHAPITRE VIL
Des, habications.
Une habitation est la
cédée au premier
portion de terre condescendans. L'étendue Colon, 9 ou transmise à ses
mille ou douze
la plus ordinaire est de
quantité de terre cents pas carrés. Sur cette
on en
cultivée en cannes à
compte un douzième en
sucre,
pitnrages pour les
savanes ou
placement sont pris animaux; les
et suri cet emfacture, le
bâtimens de la manulogement du maitre et celui de --- Page 129 ---
Sr.-DOx M I N C U E.
S U R
à la culun dixième est employé
scs nègres; ;
nécessaires à la subture des vivres du pays,
dixième se trouve
sistance des nègres; un autre chemins tracés
consommé par les divisions ou
du sucre.
dans les plantations ; le reste produit
Thabitation que nous prenons
En supposant de douze cents pas carrés de
pour exemple,
exigera deux
bonne terre, son exploitation mulets, quarante
cents nègres, cent vingt
350,0901,
peut être estimes
boeufs; ce mobilier Les bâtimens de la mannargent de France.
les çcases de ses nègres,
facture, ceux du maître,
de 200,000 fri,
être évalués à moins
ne peuvent
est un objet de cent, mille
et la terre toute nue
tout . établie absorbe
écus. Cetter habitation
fr.,'qui donnera
donc un capital de 800,000
à quatre
annuellement de trois cent cinquante dont la vente T
cents milliers de sucre blanc, écus.
a -
pourra rendre cinquante mille
les, "frajs
De ce revenu, il Y a à distraire. d'un mobilier
d'exploitation, le remplacement dccasionnés par les
périsable,.et les accidens .les incendies, les
ouragans, les sécheresses,
de 80,000 fr.
épidémies : ce qui réduitià moins i2i - 99
le produit net:. 1
du 'maitre
Une telle habitation, composée
ou-de son régisseurs d'an
.et de sa famille,
les, "frajs
De ce revenu, il Y a à distraire. d'un mobilier
d'exploitation, le remplacement dccasionnés par les
périsable,.et les accidens .les incendies, les
ouragans, les sécheresses,
de 80,000 fr.
épidémies : ce qui réduitià moins i2i - 99
le produit net:. 1
du 'maitre
Une telle habitation, composée
ou-de son régisseurs d'an
.et de sa famille, --- Page 130 ---
EssA I
ou deux économes
et d'un
somme annuellement
chirurgien, conen vivres, animaux ou
marchandises :
France.
Angleterre. Espagne,
Farines .
Ris et légumes.
850#
200#t
Vin.. Vinaigre.
1,000
Huiles, .
Beurre .
Savon. .
Bougie :
Morue et poisson salé Boeuf salé.
Cochon salé. . Chandelle et suif.
Ustensiles Tuiles et briques.
Drgues
inédicinales. .
Epices :
Fromages .
Grosse toile .
Linge et toile fine. .
2,400
Meubles et habits. .
1,200
Poterie, faiencé et. usten- -
silca de ménage. .
Animaux e
Merreins a
Feuillards.
e
3,000#
. e
Bois de construction. Cordages .
Perte et remplacement de
100 de pitre .
nègres
12,000
i
TOTAL e
22,590 3,100
3,250 --- Page 131 ---
Sr.-Dox M I N G U E.
f
SUR
de
les consommations
Telles sont à peu près
elle paye en sus
Thabitation dont nous parlons;
de ses
le frêt et transport
à la France, pour
. 13,000 1.
revenus . -
occasion de vente en
Elle vend ou procure
denrées de son
marchandises de France et
crà :
1.
en sucre. .
-
150,000
A la France,
10,000
en sirops et tafias.
Aux Anglais,
4,000
Aux Espagnols . .
cet état de consommation
On conçoit que
de la richesse
doit être soumis aux proportions celui qui posdes habitans, à commencer par celui qui comsède quatre cents noirs,jusqu'a Cette balance des
mence avec quatre ou cinq. achats du commerce
produits de la vente et
étoit
une habitation,
occasionnel, que procure donner une idée juste. On
nécessaire pour en
un habitant à la
voit par cet aperçu ce qu'est
Il
ce qu'il est au Gouvernement.
métropole,
à la consommation près
consomme ou fournit
un vaisseau
de 200,000 fr. par an; il occape dans l'Etat aussi
de deux cents tonneaux. Il est
classe:
qu'un bourg de la seconde
considérable
comme Colon.
c'est donc un homme précieux maître et proSi vous le considérez comme
On
nécessaire pour en
un habitant à la
voit par cet aperçu ce qu'est
Il
ce qu'il est au Gouvernement.
métropole,
à la consommation près
consomme ou fournit
un vaisseau
de 200,000 fr. par an; il occape dans l'Etat aussi
de deux cents tonneaux. Il est
classe:
qu'un bourg de la seconde
considérable
comme Colon.
c'est donc un homme précieux maître et proSi vous le considérez comme --- Page 132 ---
Ess, A I
priétaire > il n'est pas moins
exerce dans l'Etat une autorité intéressant : il
celle de PEtat;il
qui n'est point
gouverne deux cents
qui sont à lui
hommes
tel
comme sa terre : il faut à
homme, de la
de la
un
et un irein; il faut liberté,
protection
sache, qu'on lui
qu'il soit vu et qu'il le
faut
impose sans le
que sa volonté raisonnable tourmenter, Il
traves, mais qu'il
soit sans enobstacle à sa volonté craigne, qu'il rencontre un
despote; et le Colon déréglée car il est
étant un homme
veau, qui n'étoit pas hier ce
noud'hui, il est probable
qu'il est aujourciennes ne sont
que toutes les lois anpas bonnes pour lui.
La manufacture en sucre
que nous, venons
d'exarainer, peut être réputée de la
classe, quoiqu'ily en ait de plus
première
mais le plus grand nombre
considérables,
Les
est au-dessous.
mannfactures en cafe,
sont des objets de moindre indigo et coton;
cause de la' qualité de la valeur, tant à
vement aux
terre, , que relatibâtimens et au nombre des
Ily a cependant des
négres.
habitans'qui emploient
(*) Tel étoit l'esprit des précantions des
:
je sollicitois.
réglemens que
n --- Page 133 ---
Sr.-Dox I N G U E.
SU R
culture de Tindigo,
deux cents nègres à la
de café.
de mêne qu'aux plantations cultivent le coton 9 il est
Parmi ceux qui
de cent nègres.
d'ateliers au-dessus
peu
trois espèces de manufacJe diviserois ces
depuis 100
tures en dix classes de produit, les sucre10 mille, livres; au lieu que
jusqu'a
depuis 200 jusqu'à
ries peuvent être comptées
si l'on n'en
30. Il n'en est pas audessous, ,
mal
bien abandonné ou
régi.
excepte quelque de cacao ne sont point une
Les planteurs
en est peu qui culclasse à part, en ce qu'il
tivent cet arbre uniquement. dixième de la terre à sucre
J'ai dit que le
des vivres du pays ;
étoit consacré à la culture
de toutes les
il en est à peu près de même
que
espèces de manufactures 7 parce
autres
maître consomment toujours
les travaux - du
et des forces du
les neuf dixièmes.du temps du nombre de
Cette observation est
nègres
doits'arrêter;
collesonl'eil de ladministrateur
mieux
s'il est sage de ne pas
qu'il prononce
des esclaves, de ne pas
assurer la subsistance
de l'exposer à la
lui donner plus de repos,
accidens
disette des secours étrangers 2 aux de l'air.
de Tintempérie
intérieurs provenant. des habitans voués uniIl y a cependant
neuf dixièmes.du temps du nombre de
Cette observation est
nègres
doits'arrêter;
collesonl'eil de ladministrateur
mieux
s'il est sage de ne pas
qu'il prononce
des esclaves, de ne pas
assurer la subsistance
de l'exposer à la
lui donner plus de repos,
accidens
disette des secours étrangers 2 aux de l'air.
de Tintempérie
intérieurs provenant. des habitans voués uniIl y a cependant --- Page 134 ---
EssAr
quement à Ia culture des vivres. Les terres
médiocres des hauteurs qui avoisinent les
et les bourgs y sont ordinairement
villes
par la facilité du
destinées
léguines de
débouché: on y récolte des
tontes espèces, quelques fruits du
pays, des patates, du petit mil, des
On compte autour du
pois.
la plus
Cap, qui est la ville
considérable de la Colonie, quarante
habitations de cette espèce qui penvent occuper deux cents nègres.
En récapitulant les divers établissemens
nous trouvons
9,
Nenf cents dix sucreries.
Sept cents indigoteries.
Trois mille' cafieries.
Cent cinquante cotonncries.
Soixante cacoières.
Quatre cent vingt places à vivres.
Cent quatre-vingts hattes ou places à bestianx.
Soixante-dix fours à chaux en manufacture.
Quatre-vingtdenx tuileries ou
Cent guildiveries.
briqueries.
Voilà à peu près ce qui constitue la
masse
(*) Tel est le résultat du
de 1790 présente une
recensement de 1774; celui
taux et mobiliers en moins angmentation de
prodigieuse de capiquinze années. --- Page 135 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SUR
dans les différens
des habitation. répandues et divisées en quaquartiers de la Colonie, chacune dépend d'une
rante-six paroisses, dont
ville ou d'un bourg,
CHAPITRE VIIL
Des willes.
où la terre produit toutes les
En Enrope, à la vie, les villes peuvent
choses nécessaires
une assemblée de gens
être considérées comme leurs toits, s'amusent ou
qui s'occupent sous tiennent à leurs gages les
se reposent, et qui
fournir à leur engens de la campagne, pour A Saint.Domingue,
tretien et à leur subsistance. les villes ne sont étac'est tout le contraire, 9 des habitans, dont
blies que pour le service V'entrepôt. Là se
elles sont les magasins et
les artisans 2
trouvent réunis les marchands,
s
notaires 2 procureurs,
les juges 1 greffiers, soldats, les prêtres, et
huissiers, médecins 2
qui conenfin les préposés du Gonvernement ni nobles, ni
tiennent et dirigent. 11 n'y a
Chaque
ni rentiers, ni beaux esprits.
bourgeois,
ans, dont
blies que pour le service V'entrepôt. Là se
elles sont les magasins et
les artisans 2
trouvent réunis les marchands,
s
notaires 2 procureurs,
les juges 1 greffiers, soldats, les prêtres, et
huissiers, médecins 2
qui conenfin les préposés du Gonvernement ni nobles, ni
tiennent et dirigent. 11 n'y a
Chaque
ni rentiers, ni beaux esprits.
bourgeois, --- Page 136 ---
EssAr I
ville Gst un atelier relatif
coton,
au sucre, au café,
indigo, et aux gens qui les
tout le monde y est
cultivent:
cantes sont incontinent occupé. Les places vavans de France
remplies par les arribons,
qui se présentent péle-mèle
mauvais,
premier poste. Une médiocres, et s'arrêtent au
troupe de
s'agite et s'intrigue
surnuméraires
qui demande
pour y arriver. L'homme
différemment une place d'économe se fait inmarchand ou
un prêtre qui avoit été vicaire procureur. J'ai vu
faire dans la même ville
au Cap, se
chaussée, et ensuite
archer de marémarchand
de plus moine et
gresseur; il étoit
vert dans sa
gentilhomme , et fut découmission. Mais boutique par un supérieur de la
dote
Ce n'est point par cette anecplaisante que je prétends
assertions générales. Je dis
justifier des
que le gentilhomme, l'officier tres-sériensement
mis, le marchand,
réformé, le comen France,
qui manquent de ressources
s et qui viennent en chercher à
Sainc-Domingue, y deviennent tout ce
veut, tout ce que les circonstances
qu'on
mettent d'être. Il n'est
leur. perraffineur écumant
pas rare de voir un
le sucre chez un
porter un nom distingué. J'ai
habitant,
d'un homme illustre
vu le petit neveu
se trouver trop heureux --- Page 137 ---
Sr.-DOx I N G U E. 127
SU R
et ce n'étoit
'obtenir une place d'huissier 7 homme borné
sujet, mais un
point un mauvais
L'homme de condition
et avili par la misère.
ou fermier
ou régisseur,
se fait pacotilleur, marchand, homme de robe.
d'un roturier ; le
des nègres boulangers,
L'honnête bourgeois a
Un autre
et vend du pain à toute sa société. fermier de
point d'être boucher ou
ne rongit L'artisan qui a fait fortune quitte
boucheries.
achète une habitation
la ville et sa boutique, considérable,qu'1l seroit
et devient un homme même de traiter comme
ridicale, dangereux
par vendre
artisan. Tel homme a commencé
se
un
au bout de dix ans,
des allumettes, , qui,
de cent mille
d'un 'magasin
trouve propriétaire
élèvent une
écus. Vingt autres se ruinent 2
vendent à perte pour
boutique à crédit, finissent par une banpayer aux termes, et tableau mouvant d'une
Tel est le
queroute.
d'une ville de Saint-Domingue.
ville de colonie, d'homme assis sur son foyer
On n'y voit point
sa paroisse,
parlant avec intérêt de sa ville,de voit que
de la maison de ses pères. On n'y Tout corresdes auberges et des voyageurs. Entrez dans leurs
pond à l'idée que j'exprime. commodes, ni ormaisons, elles ne sont ni
ce n'est pas
nées; ils n'en ont pas le temps,
'une
Tel est le
queroute.
d'une ville de Saint-Domingue.
ville de colonie, d'homme assis sur son foyer
On n'y voit point
sa paroisse,
parlant avec intérêt de sa ville,de voit que
de la maison de ses pères. On n'y Tout corresdes auberges et des voyageurs. Entrez dans leurs
pond à l'idée que j'exprime. commodes, ni ormaisons, elles ne sont ni
ce n'est pas
nées; ils n'en ont pas le temps, --- Page 138 ---
EssA I
la peine : voilà leur
d'un bâtiment,
langage. Est-il question
saction, d'un
d'une machine, d'une trande
acte de partage, d'un
compte : rien n'est fini rien réglement
l'empreinte de la
,
ne porte
plupart des
patience et de l'attention. La
actes sont vicieux et
et fournissent matière à des
imparfaits, 5
qui, souvent mal
procès sans nombre
malj jugés.
instruits, sont quelquefois
Ce défaut d'ordre et de suite
corrigé par le
pourroit être
les mêmes couleurs. Gouvernement, s'il n'eût pris
un
On propose, on commence
établissement, et on n'en parle plus. De
vingt ordres donnés, quinze restent
cution, et sans qu'on
sans exéIl fandroit
puisse en suivre la trace.
cependant dans les villes de
une police bien plus active,
colonie
détaillée que dans celles
plus exacte, , plus
de famille,
d'Europe, où l'esprit
cales font la l'esprit de corps, les moeurs lomoitié des fonctions du
nement. Ici la scène et les
Gouveren moins de dix
acteurs changent
des hommes
années : vous avez sans cesse
mille, sans différens; sans patrie, sans famais
projets, sans moyens
prêts à saisir tous les
déterminés,
moyens. Oi pourroit-on
projets 2 tous les
ordre qui
mieux appliquer cet
range chacun dans sa classe
7 qui
A --- Page 139 ---
I N GU E.
S R Sr.-D'Ox: observe les mouqui l'y suit, qui
la
FyT rappelle,
qui, sans gêner
vemens, les déplacemens, Remarquez même
arrête les écarts?
nécesmarche,
où cet ordre est le plus
une chose : là
facile ; car les oisifs, les
saire, il est le plus
riches, voluptueux,
gens qui ne sont que le temps de vous tromils ont
dehors.
vous échappent: l'industrie est toujours en
per, mais
ou desirent de
sont occupés
Or, ces gens-ci
à la rencontre
la cupidité les pousse
lêtre;
heurtent et se divisent,
l'un de l'autre, ils se
mais ils se laissent voir
CHAPITRE IX.
dans les villesi
Du commerce qui se fait
répandus dans les villes né
LES négocians
direct; ils ne peuvent
font aucun commerce
les commis ou facêtre considérés que comme
tableai abrege, mais ezact, des
(*) On voit par ce
que cette colonie
maeurs d'une ville de Saint-Doningue,
aux déétoit encore plus exposée que les révolution. métropoles
sordres et aux ezcès qui suivent une
4.
laissent voir
CHAPITRE IX.
dans les villesi
Du commerce qui se fait
répandus dans les villes né
LES négocians
direct; ils ne peuvent
font aucun commerce
les commis ou facêtre considérés que comme
tableai abrege, mais ezact, des
(*) On voit par ce
que cette colonie
maeurs d'une ville de Saint-Doningue,
aux déétoit encore plus exposée que les révolution. métropoles
sordres et aux ezcès qui suivent une
4. --- Page 140 ---
EssAr
teurs des négocians de France ils
des
:
cargaisons à leur
reçoivent
pour le
adresse, et les vendent
compte de leurs
ensuite
commettans: : ils font
l'emploi de ces fonds en denrées
pays, et les chargent en retour. Ces
du
achats s'exécutent aussi
ventes et
par les capitaines marchands, sans la médiation d'nn
naire. Iln'est guère que les
commissionqui en exigent,
cargaisons de noirs
million,
parce que sur une vente d'un
ily a cinq ou six cent mille livres de
crédit, payables en une, deux ou trois années.
C'est une chose merveilleuse
Bes effets et ses suites à
que ce crédit,
tout ailleurs il s'établit Sainc-Domingue; parconfiance sur la sûreté sur la confiance, et la
du
les moyens coactifs qni
remboursement, sur
A
l'opèrent.
Saint-Domingue il n'y a rien de
et toutes les
tout cela,
Ce n'est
affaires ne s'y traitent qu'à crédit.
pas tout: vous aurez avec un billet unl
contrat, une marchandise, une terre considérable; mais, avec le même
tronverez point de
papier, vous ne
l'argent à
homme qui achetera à crédit empranter. Tel
cent mille écus, n'en
une habitation de,
son billetà ordre; trouveroit pas dix mille sur
lant dans' les
iln'y a point depapier cireule
places, et il y a de
OI
verse en nature d'un lieu à Fautre l'argent;
lorsque
I
--- Page 141 ---
Sr.-DO MI I N G U E.
S U R
11 ne se représente
es spécnlations l'exigent. marchés d'Europe; et le
boint comme dans nos refusera cent louis à
nême marchand qui me,
douze mille francs
trois usances, me vend pour D'oi provient cette
He nègres à un an de tèrme.
la matière
la raison,
lifférence ? cherchons-en
Pétat
vautl la peine; car, si je ne me trompe,
en
de débiteur sont les deux prine créancier et
cipaux rôles à Saint Domingue.
point les
ne traversent
Les gros capitalistes
mais l'ess
aller fonder une colonie,
mers pour
considérable peut les détermipoir d'un profit
fonds. Les premiers colons
nerà y envoyer leurs
d'emphytéotes, qui
étoient donc des espèces leur industrie ; car la
n'avoient de mise que
leur coûtoit
ils travailloientnel
terre sur laquelle
fonrien. Ainsi une colonie est nécessairement ustensiles,
dée sur. le crédit: les nègres, vivres, habitans;
ont dû être livrés à terme aux premiers le produit
payer qu'ayec
car ils ne pouvoient leur donnoit le moyen d'exde la terre qu'on
le négociant s'asploiter. Par cet arrangement, mettant un prix relatif
socioit aux produits, en
n'y mettoit rien
et le colon qui
à ses avances;
aussi, dès
son temps et sa peine, Y gagnoit
que
chose. Ce n'étoit pas
qu'il lui restoit quelque il falloit aussi ne pas le
assez de luiprôter,
le produit
payer qu'ayec
car ils ne pouvoient leur donnoit le moyen d'exde la terre qu'on
le négociant s'asploiter. Par cet arrangement, mettant un prix relatif
socioit aux produits, en
n'y mettoit rien
et le colon qui
à ses avances;
aussi, dès
son temps et sa peine, Y gagnoit
que
chose. Ce n'étoit pas
qu'il lui restoit quelque il falloit aussi ne pas le
assez de luiprôter, --- Page 142 ---
EssAr
décourager par les conditions
rigourenses du
remboursement; car si les objets
vous lui ayancez lui
périssables que
ayant qu'il ait fécondé manquent tous à la fois
paiera-t-ilP
sa terre, comment vous
Vous n'avez d'autre moyen de
remboursement que de lui prêter encore; et
vous l'arrêtez, si vous saisissez
; si
firiche, vous en ferez un homme sa terre en
sera pas même un gage, mais stérile, qui ne
son.créancier. Airisi les
une charge pour
dû éprouver de
premiers débiteurs ont
Findulgence et de la
car qui est-ce qui auroit voulu protection;
créancier avoit
l'étrè, si le
pu en user comme chez
Romains P
les
Par cette considération, il a da s'établir dans
lescolonies une jurisprudence
aux débiteurs.
d'usage, favorable
Lemobilieraratoire: a été
non saisissable sans la terre, et la terre déclaré
être saisie réellement à cansede la
n'a pu
et
difficulté des
formes, parce qu'il est rare qu'une
grevée de dettes, même au-delà de'
terre
ne réconnoisse
sa valeur,
qu'un seul
concert de plusienrs n'est créancier; que le
et qu'enfin les
pas toujours facile,
:
tribinaux même ont cru
ne se prêter qu'avec
devoir
réelles.
répugnance aux saisies
Cette tolérance, à la première
époque de --- Page 143 ---
O M I N G U E.
SU R Sr.-D
entendue et sans inMétablissement, étoit bien débiteur étoit suffien ce que le
intérêt,
convénient, lié à son créancier par son
samment
d'obtenir de nouveaux secours.
par la nécessité
di marquer un terme à
Mais n'auroit-on pas
les classes de décette tolérance, ou distinguer Phéritier riche de ce
biteurs? Est-il juste que profite de la position
premier colon indigent,
léser
qui n'est pas la sienne, pour
de: ses pères, Ce qui étoit bon pour Tétablisson créancier?
contraire aujourd'hui à l'acsement n'est-il pas oû il n'y a pas de sûreté dans
croissement? car
d'activité dans
il n'y a point
les engagemens,
d'économie dans les conles moyens, et moins Vindustrie, la culture,
sommations. Dès-lors
possible.
n'éprouvent point tout l'accroissement les engaOn demandera peut-être été pourquoi substitués à cette
gemens par corps n'ont pas présente une terre nonl
iypothéqueilasoires que fort simple: j'habite
saissable ? La raison en est
où ma terre, mon ustensile est respecté;
un pays
ne le seroit-elle pas?
comment ma personne annuller en cette partie
L'opinion a suffi pour
la sévérité des lois.
on a bien trouvé
Dans ce que je viens de dire,
mais celle du
la raison du défaut de confiance ;
ne se
crédit qui s'est, malgré cela, perpétué,
présente pas encore. La voici:
ires que fort simple: j'habite
saissable ? La raison en est
où ma terre, mon ustensile est respecté;
un pays
ne le seroit-elle pas?
comment ma personne annuller en cette partie
L'opinion a suffi pour
la sévérité des lois.
on a bien trouvé
Dans ce que je viens de dire,
mais celle du
la raison du défaut de confiance ;
ne se
crédit qui s'est, malgré cela, perpétué,
présente pas encore. La voici: --- Page 144 ---
EsSA I
De la dette du premier colon à celle de
petits neveux, il y a eu une chaîne non inter- ses
rompue d'emprunts et d'avances fondés sur le
premier principe : prétez-moi encore, afin
je vous rembourse. Les
que
anises avec la terre
créances se sont transaux différens
Ona payé les intérêts; les
propriétaires.
même remboursé les
gens honnêtes ont
mandontdenonvolles capitaux anciens, en ded
avances.
Le colon, premier auteur de sa fortune,
pas resté
n'est
s'est retiré long-temps en place, il est mort ou
en France: il a d'abord pris sa
des produits, et il a laissé son fonds et
part
à un acquéreur qui a succédé à
ses dettes
Celui-ci en a contracté de ses engagemens.
payé l'un qu'en
nouveaux, et n'a
empruntant à
je dis emprunter, je
T'antre; quand
parle toujours des moyens
aratoires; car dans ce discrédit réel du crédit
public, l'argent ne peut pas circuler à titre de
prêt. Le commerçant ne livrera jamais à terme
que ce qu'il suppose être un instrument de son
remboursement et de son bénéfice, tels que ses
nègres, ustensiles, etc., dont on voit
sur la terre; maisl'argent qui
l'emploi
d'ail,
disparoit au clinqui porte avec lui le moyen de jouir ct
d'abuser, ne peut être mis à la discrétion de
gens qui abusent, et qu'on ne peut pas con
traindreà faire mieux.
-
- --- Page 145 ---
Sr.-Do M I N G U E.
S U R
la raison du crédit et du
Nous tronvons donc dans la position respective
Héfant de confiance,
liés l'un à l'autre par
lu colon et du négociant:
il faut qu'elles se
leurs relations antécédentes, de l'unléloignant,
perpétuent. Mais! la défiance
SOIL
il ne prète point
utant qu'il est possible
forcé : il en
qn'il n'y est point
argent, parce colons entre eux. Il faut qu'ils
pstde même des
leurs posseesions, 7. parce
be vendent à crédit
pour achew'ancun n'est assez riche en espèces il le garde-
; s'il avoit de Pargent
où Y'on
ter comptant; l'argent se transporte
des
roit, parce que
vendresa terre à
vout. Mais alors potrquoi incertaines? C'est que
termes, à des conditions
ses requi a accumulé
Phabitant qui se retire,
en France, aime
venus, et ena fait des capitaux
incertain
livrer son bien à un aoquéreur veut se
autant
infidèle; c'est qu'on
qu'à un régisseur
sur un autre du poids de
retirer, se débarrasser débiteur devient alors
ses enga gemens , et ce
alternativement créancier.
l'état du crédit et des négociations des
Tel est
et les colons. J'ai vu
entre les commerçans
qui assurent que cela
sensquiy y applaudissent, dangereux qu'il en fut
est bien, et qu'il seroit
se trompent,
anitremnent. Je crois fort qu'ils
doit
acte du Gouvernement
et que le premier
retirer, se débarrasser débiteur devient alors
ses enga gemens , et ce
alternativement créancier.
l'état du crédit et des négociations des
Tel est
et les colons. J'ai vu
entre les commerçans
qui assurent que cela
sensquiy y applaudissent, dangereux qu'il en fut
est bien, et qu'il seroit
se trompent,
anitremnent. Je crois fort qu'ils
doit
acte du Gouvernement
et que le premier --- Page 146 ---
EssAr
être de prononcer que la colonie est
et que la faveur accordée
établie;
teurs est réversible
aux premiers débiaux créanciers de leurs représentans. Mais que des mains inhabiles
brisent pas la machine pour la remonter! Je ne
propose pas de faire payer sur l'heure toutes les ne
dettes, ce qui est impossible: : je dis qu'il faut
renverser le système absurde qui détruit la
fiance, et élever sur ses ruines un crédit conpriyer de toutes ressources la témérité solide;
mauvaise foi,
et la
trie honnête. pour multiplier celles de l'indusC'est alors seulement
la
nie sera dans un état
que coloflorissant, et
au degré de perfection dont elle
atteindra
Alors les engagemens téméraires est.susceptible.
peine avec eux; et ceux que l'économie porteront leur
gente aura formés et soutenus,
intellide nouvelles richesses.
seront la source
L'argent ne se
plus dans les caisses, il
retirera
senté; les
circulera, il sera reprécapitalistes de France, qui
à le placer sûrement à un plus fort trouveront
verseront de nouyeaux fonds dans la intérêt,
les cargaisons de noirs se
colonie,
manufactures seront
multiplieront, les
améliorées, les
ront une valeur relative, les
terres aulcs mêmes proportions. On produits suivront
verra de nouveaux
-
F --- Page 147 ---
Sr.-Do M I N G UE:
SU R
de nouvelles entreétablissemens en culture,
confiance
prises; ; enfin tout ce quis'opère leur parla doit les plus
et le crédit (etje crois qu'on ) s'exécutera à
grands prodiges de Pindustrie réduit aujourd'hui
Saint-Domingue, où on est
aux seuls fruits de la terre. étendu sur cet arJe me suis pent-être trop à côté des détails
ticle, qui eût été mieux placé
mais l'impord'administration que je traiterai, dans cette distance de la matière m'a entraîné des villes et de
cussion : comiment, en parlant
qu'on
de l'activité prodigieuse
leur mouvement,
sous silence l'inery aperçoit, pouvois-je passer un abus de régime?
tie réelle qu'y produit de ventes et d'achats
C'est ce spectacle imposant dire comment l'on
qui vous trompe : il falloit
comment il
n'y fait qu'un commerce obligé, facile et vos'accroitre, en devenant
peut
lontaire
L'état actnel de la colonie etsa restauration ezigent et
(*)
rolativement aur créanciers
de nouvelles dispositions
dans l'introduction.
aur débiteurs ije les ai P indiguées
je passer un abus de régime?
tie réelle qu'y produit de ventes et d'achats
C'est ce spectacle imposant dire comment l'on
qui vous trompe : il falloit
comment il
n'y fait qu'un commerce obligé, facile et vos'accroitre, en devenant
peut
lontaire
L'état actnel de la colonie etsa restauration ezigent et
(*)
rolativement aur créanciers
de nouvelles dispositions
dans l'introduction.
aur débiteurs ije les ai P indiguées --- Page 148 ---
Essai I
CHAPITRE X.
Des Bourgs.
QUELQUES maisons d'artisans, réunies
de l'église paroissiale, forment
autour
voit aussi des boutiques,
un bourg. Ony
jours de fête il s'y établit des magasins, et les
esclaves font un
un marché où les
leur
petit commerce des denrées
sont propres, de leurs volailles, de qui
fruits; ils achètent, en
leurs
viandes ou poisson salé, échange, du pain, des
Deux archers de la
quelques toileries, etc.
rement la
maréchanssée font ordinaide l'officier police de ce marché, sous les ordres
major qui commande dans
tier. Ces archers vexent
le quarmettent à
un peu les nègres, les
contribution; il n'est
de misérables. On ne fait
question que
petites vexations
pas attention que les
l'avidité
ont de grands effets, et que
qui s'y prête, ne sauroit arrêter les
désordres réels; qu'elle doit même favoriser les
voleurs, les recéleurs qui la paient, comme
arrive
cela
(*) Les verations des subalternes sont
Gouvernement ct le tourment de la multitude. l'opprobre d'ur
a --- Page 149 ---
Sr.-DO M I N G U E.
SUR
CHAPITRE XI.
nègres et muldtres libres.
Des
les villes et les campagnes de de
EN parcourantl
n'avons point vu
Saint-Doningue, nous d'hommes qui puisse
peuple ni ancnne espèce
d'Europe : la serêtre assimiléc à nos paysans nécessaire pour la maintevitude, et ce qui est
de Phomme
une distanceimmense
les
nir, a marqué noir. Les. gros onvrages,
blanc à l'homme
sontabandonnési à celuifonctions les plus viles, élève à chaque instant
ci, dont l'abaissement
condition. Le charau-dessus de sa
les
le premier
qui a des esclaves, qui
pentier, le maçon
art, trace, commande
fait travailler dans son à inesure que sa foren architecte, en artiste,
il abandonne sa
et Lientôt
un
tune s'augmente,
un onvrier, c'est
profession. Ce n'est plus dangereux peut-être
homme riche qu'il seroit
respect qu'on
Le profond
de traiter en artisan.
tout ce qui est blanc,
inspire aux nègres pour
quisérable
donne une sorte de valeur au occasion, plus que les
manant; etj'aivu (), à cette
étoit autrefois et ce qui n'est plus,
(*) Voilà ce qui rétablir, mais avec plus d'art que
ce qu'il faut cependant
de wiolence.
,
un onvrier, c'est
profession. Ce n'est plus dangereux peut-être
homme riche qu'il seroit
respect qu'on
Le profond
de traiter en artisan.
tout ce qui est blanc,
inspire aux nègres pour
quisérable
donne une sorte de valeur au occasion, plus que les
manant; etj'aivu (), à cette
étoit autrefois et ce qui n'est plus,
(*) Voilà ce qui rétablir, mais avec plus d'art que
ce qu'il faut cependant
de wiolence. --- Page 150 ---
EssAr
gens du peuple sont aussi
que les courtisans: il susceptibles d'orgueil
moyens del le
ne leur manque que les
développer.
Ce qui pourroit donc être
du peuple à
une représentation
nègres et mulâtres Saint-Domingue, est la classe des
leur, le signe
libres; ils ont, par leur coupays, le
d'infériorité qui est, dans tous les
mais ils partage des derniers rangs de la société;
ils
jonissent des droits et actions
ont les esclaves an-dessons
civiles,
de cet ordre qui
d'eux; et ceux
possèdent
et de grandes terres,
beancoup d'esclaves
certains égards,
comme il en est, ont, à
grands
les priviléges et l'existence des
colons, tandis qu'un
nable les place an-dessous préjugé déraisonCe préjugé
des derniers blancs.
pourroit être, sans
modifié, Louis,
inconvénient,
pension de
nègre libre du Cap, fait une
L'honnête mille écus à son premier maître.
affranchi, qui fait un tel
son aisance, ne peut être un homme usage de
qu'il soût noir : devroit-on le
vil, quoiavec le blanc
mettre en parité
au coin des rues? paresseux, qui mendie son pain
risques, uneclasse Peut-on même avilir, sans
des armes, qui font d'homnes auxquels on confie
nale,
partie de la milice natioqui seroient un secours essentiel
les esclaves' de leur
contre
couleur, en cas,de réyolte P --- Page 151 ---
Sr.-D O M I N G U F.
SU R
instituer pour eux
Je voudrois, au contraire,
admettre les
des honneurs et des distinctions, honorifiques,
notables à certains grades
plus
à tous, les droits de la liberté, qui
et conserver
violés dans leurs démêlés avec
sont trop souvent
faille mettre en
les blancs. Je ne dis pas qu'il
les gens
parité les deux conleurs; mais pourquoi
s'allient avec des affranchis,
de bas étage, qui d'infamie ? 1l suffiroit de les
seroient-ils notés
tenir dans un état subordonné; on multiplieroit travaille, au
ainsi la classe qui peuple et qui
d' oudeux générations
lieu qu'on ne voitjamais
yriers dans la colonie.
les nègres
En considérant sous un autre aspect déplorer
mulâtres libres, on ne sauroit trop
et
etl'oisivetéd dans lesquelles on les laisse
la licence
ni biens-fonds,
vivre. Ceux d'entre eux quin'onts
nombre),
ni métier (et il y en a un très-grand
de vols et d'escroqueries;
vivent uniquement
consacrées aux
leurs femmes sont généralement avec profuplaisirs des blancs, qui les paient le désordre
sion; ; elles ont plus d'une fois porté
sans
et les crimes dans les familles. Sans moeurs, l'amême, la jalousie,
principes, sans préjugés fantaisie, les rendent
vidité, ou seulement une excès. Mais c'est par
capables des plus grands
a comles femmes esclaves que ce déréglement
ols et d'escroqueries;
vivent uniquement
consacrées aux
leurs femmes sont généralement avec profuplaisirs des blancs, qui les paient le désordre
sion; ; elles ont plus d'une fois porté
sans
et les crimes dans les familles. Sans moeurs, l'amême, la jalousie,
principes, sans préjugés fantaisie, les rendent
vidité, ou seulement une excès. Mais c'est par
capables des plus grands
a comles femmes esclaves que ce déréglement --- Page 152 ---
EssAI
mencé: admises au lit de leur maître,
geant tous les priviléges
partan'ont
d'épouses, celles qui
pu y joindre la liberté, n'ont dû rentrer
qu'avec désespoir sous le joug de
et la vengeance leur a suggéré des T'osclavage, forfaits.
plus grand nombre ont obtenu et obtiennent Le
tous les jours, pour elles, pour leurs bâtards,
Pafranchissement; et c'est à peu près
de cette quantité de gens de couleur l'origine
l'on voit aujourd'hui. Ceux
libres, que
leurs ançiens maîtres
qui sont dotés par
vivent de leurs revenus; 5
quelques-uns, qui ont été mis par eux en
prentissage, exercent un métier; mais dix apau moins, viventdans le
mille,
libertinage et le désceuvrement, Ce qu'on ne devroit pas souffrir. Il
seroit aussi facile qu'important de
gens-là en trois classes, les
répartir ces
terre, les artisans, les
propriétaires de
réputer
vagabonds. On pourroit
tels, tous cenx qui ne possèdent ni
fonds ni terres; les renvoyer des villes et
auxquelsils sont à charge pari leurs
bourgs,
et les vouer à la culture des vivres, brigandages, à
des bestianx; les mettre aux
l'entretien
habitans ou des gens riches de leur gages des autres
déclarant consacrés
couleur, en
aux travaux publics, tous
ceux quine pourroient justifier d'un
travail suffisant
revenu ou
pour gagner leur vie. Jen'ex- --- Page 153 ---
S U R Sr.-D 0 M I N G U E.
point les feinmes du réglement; eta sans
cepterois la faculté d'affranchir, sans déterminer
limiter
sur
est aisé de tromles cas et les espèces,
quoiil
lemaitre
perle Gouvernement, je voudrois que
l'en pàt user qu'en dotant son affranchi, ou
l'avoir pourvu d'un métier qui pAtle faire
après
quiln'ya pas d'autres moyens
rivre. J'imagine
multitude de gens libres
T'empêcher que cette
à charge à la colohe devienne de' plus en plus
nie, et'n'en opère un jour la subversion
Ces observations furent négligées dans un temps où
il
lemaitre
perle Gouvernement, je voudrois que
l'en pàt user qu'en dotant son affranchi, ou
l'avoir pourvu d'un métier qui pAtle faire
après
quiln'ya pas d'autres moyens
rivre. J'imagine
multitude de gens libres
T'empêcher que cette
à charge à la colohe devienne de' plus en plus
nie, et'n'en opère un jour la subversion
Ces observations furent négligées dans un temps où être trèsutiles: si on les dédaigne encore,
lles pouvoient qu'anjourdhui, en partant des mêmes prin-
'ajouterai
à faire
rétablir un ordre stable.
sipes, ily a plus
pour --- Page 154 ---
E S S AI
SECONDE PARTIE
Etat politique de la colonie, considérée
dans ses relations avec la
avec les
métropoley
étrangers, pendant la pair 9
pendait la guerre.
L. système politique des principales nations
de l'Europe est anjourd'hui combiné sur leurs
principes et leurs relations de commerce. Nous
en voyons résulter des motifs de guerre, des
conditions de paix. Le parlement
met au
d'Angleterre
nombre des objets importans de sa législation, la conservation et l'accroissement de ses
colonies, de sa pêche, de ses manufactures. Des
sessions entières y sont employéesgetlorsque sur
ces matières une opinion hasardée s'élève dans
l'assemblée, la chaleur, l'attention, la discussion qu'elle excite, feroient croire que le sort
de la nation y est attaché, En effet, depuis
la découverte et les produits de
que
l'Amérique on
changé les rapports et les intérêts de l'Europe --- Page 155 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SU R
Tinfluence des
on ne peut pas se dissimuler auxquelles elles
colonies sur les métropoles
de croire
Cependantile est perinis
appartiennent. France n'y met pas assez d'importance,
que la
considéré les siennes
et qu'clle a quelquefois inutile. Nous avions un
comme un accessoire
de bois et de
magasin d'hommes, de grains,
à la
fournissoit au commerce,
fourrures, qui
et des matières
navigation, des bras vigoureux sansle connoitre, sans
précieuses; ; on l'a perdu
empire. La
d'un grand
y avoir vu l'arsenal
plus riche et aussi
Louisiane, pays immense,
n'existe plus
sain que la Nonvelle-Angletete. été mieux connu. Si on Y
pour nous, et n'a pas
si inutilement
eut versé le quart des secours,
que
à la Guiane, il est vraisemblable
prodigués
réussi. Enfin SaintDomingue
cela eût mieux
seul toutes nos Ales du
nous reste, et vantàlui avec la métropole ne
vent; mais ses relations devroient être. On ignore
sont pas ce qu'elles
établie toute seule, et
que cette colonie s'est
de même ; que
se soutenir
qu'elle ne peut plus
des soins multipliés
les autres nations qui, avec
à faireautantde
et des conquêtes, sont parvenues le vendront mieux,
sucre et de café que nous,
dans les mardonneront même l'exclusion
nous
ne nous aide
si le Gouvernement
chés étrangers,
4.
vent; mais ses relations devroient être. On ignore
sont pas ce qu'elles
établie toute seule, et
que cette colonie s'est
de même ; que
se soutenir
qu'elle ne peut plus
des soins multipliés
les autres nations qui, avec
à faireautantde
et des conquêtes, sont parvenues le vendront mieux,
sucre et de café que nous,
dans les mardonneront même l'exclusion
nous
ne nous aide
si le Gouvernement
chés étrangers,
4. --- Page 156 ---
EssAr
à soutenir la
d
nous aider, concurrence : et si, au lieu de
les vues fiscales
térêt bien entendu du
prévalent sur l'inles
fisc; si on cesse d'avoir
yeux ouverts sur la balance de
et de
l'importation
l'exportation, sur. la faveur ou le discrédit
des denrées, > sur les causes qui
on verra nécessairement
l'occasionnent,
déchoir nos
inens en culture, et avec eux le
établissenavigation qui
commerce et la
y tiennent; mais on verra de
plus, et c'est une vérité
des droits en faire diminuer peu sentie,la surcharge
dire que le Gouvernement la recette. Osons
n'est
ment éclairé sur ces détails,
pas suffisamdédaigne les
qu'il néglige ou
secours, qu'on éloigne ou qu'on
décourage les gens qui
et que ce n'est
pourroient en fournir,
pas dans un mémoire donné furtivement, qu'un ministre lira la vérité
(*) II y avoit dans ce temps-là des
les impôts, auxquelles le
plaintes fondées sur
Gouvernement eut égard. --- Page 157 ---
Sr.-D 0 M I N G U E.
S UR
CHAPITR) E P R E M I E R.
De Pimportation.
considérable d'importation conL'objetle plus
de noirs destinés à l'exsiste dans les cargaisons
français en
ploitation des terres. Le commerce
mille à
chaque année 15 à 18
introduit par
ce qui ne suffit pas aux remSaint-Domingue,
nécessaires. Le prix
ne
Bacomtenagmaitet
est devenu cher pour les habitans qui sont
en
il s'est élevé à 1500 fr., dont moitié
passucriers; et l'autre à un an de terme.
comptant
on obtient une diEn achetant au comptant,
minution d'un cinquième; ce qui montre coml'incertitude du paiement rend les intérêts
bien
onéreux
usuraires, et devient par conséquent
les
habitans. Pendant que nous payons
aux
et que la traite
nègres à un prix considérable,
les Annous au-dessous des besoins,
est pour
davantage, peuvent
glais, qui en consomment
et les donner
leurs voisins,
en approvisionner modéré; ce qui est la cause naà un prix plus
font
turelle du commerce de contrebande qu'ils
dans nos colonies. Ils en introsur cet objet
le'
duiscnt à Saint-Domingue autant qu'ils peu-
conséquent
les
habitans. Pendant que nous payons
aux
et que la traite
nègres à un prix considérable,
les Annous au-dessous des besoins,
est pour
davantage, peuvent
glais, qui en consomment
et les donner
leurs voisins,
en approvisionner modéré; ce qui est la cause naà un prix plus
font
turelle du commerce de contrebande qu'ils
dans nos colonies. Ils en introsur cet objet
le'
duiscnt à Saint-Domingue autant qu'ils peu- --- Page 158 ---
E SSA I
vent. Deuxquartiors nouveaux, le
Tiburon
et Jérémic, n'ont été établis
cap
de la
qu'aved les noirs
Jamaique; le commerce national en murmure; le gouvernement soutient ses lois
hibitives, en faisant croiser contre les interlo- propes, en confisquant les prises que l'on fait
intervalles et la contrebande continue.
par
On a avancé que c'est un
qu'il
mieux devoir aux
bien;
vaut
Anglais une augmentation de
nègres qui produit augmentation de
que de manquer du nécessaire; mais culure,
mine
je n'exapoint encore si c'est un bien, si c'est un
mal. Nous discuterons tout-à-Theure
tions avecles
les relaétrangers : cherchons ici les raisons de la supériorité des Anglais dans la traite
des noirs. Pourquoi leur industrie nous donnet-elle si souvent des leçons infructucuses?
Robert Laâde est chez eux l'instituteur de
la traite à la côte
d'Afrique; non que ce commerce ne fut connu avant lui, mais
l'a réglé, éclairé,
parce qu'il
les
que ses spéculations ont été
plus intelligentes, les plus
qu'il fit
économiques, et
adopter son plan au comité des colonies.
Toutes les marchandises de traite sont affranchies des droits d'entrée et de sortie; l'introduction de celles qui viennent du
dehors a été
encouragée par des gratifications.
--- Page 159 ---
Sr.-D 0 M I N G U E.
sU R
côtes sont privilégiésdans
Les samenenapourlae des équipages; ce sont
la levée et formation soumis à la presse.
les seuls qui ne soient pas
de la vente des
Les marchandises provenant des mêmes pricargaisons des noirs jouissent
viléges que celles de traite.
sont sans
vaisseaux du roi, au moins,
Deux
sur la côte pour
cesse en croisière ou en station
protéger la traite.
dans 1
Des facteurs établis par le gouvernement l'intérienr des terachètent dans
les comptoirs, ensuite des dépôts de cargaires, et forment
prend les nègres au prix
sons, où le traiteur trois pour cent de comd'achat, moyennant
Pendant
mission ; cet
dix mois dans Ies
chememnratantnealie
huit à
que nous séjournons
nos équipages éprourades, oà nos marchands, de terre et de mer, perdent
vent les maladies
à mesure qu'ils la forsouvent leur cargaison
sont arriles Anglais en six senaines
ment,
à la voile.
vés, chargés, et remettent
s'ils sont mieux
Qn'on ne s'étonne donc plus marché. Il n'y a
approvisionnés ct à meilleur
leurs. Jc supqu'à comparer nos procédés aux
mais je dis
prime les détails de la comparaison;' font, et que
faire ce qu'ils
que nous pouvons noirs à Saint-Domingue doit
la contrebande des
qu'ils la forsouvent leur cargaison
sont arriles Anglais en six senaines
ment,
à la voile.
vés, chargés, et remettent
s'ils sont mieux
Qn'on ne s'étonne donc plus marché. Il n'y a
approvisionnés ct à meilleur
leurs. Jc supqu'à comparer nos procédés aux
mais je dis
prime les détails de la comparaison;' font, et que
faire ce qu'ils
que nous pouvons noirs à Saint-Domingue doit
la contrebande des --- Page 160 ---
EssA I
augmenter ou diminuer. à raison de la
rence ou de la parité des
diffoprincipes.
De 18, mille noirs introduits
des
par le
Français, un dixième périt dans commerce
par suite des maladies de
l'année
de
bord, des
l'esclavage, ou par défaut de
chagrins
autres dixièmes périssent dans
soin; deux
la petite vérole, le
sept années par
turelles; les
poison ou les maladies nasept dixièmes restans,
4 ou 5 mille naissances,
ajoutés à
Ainsi je ne compte
remplacent les morts.
au mobilier de la pour augmentation réelle
troduit en
colonie, que ce qui est incilement contrebande, et on en feroit diffiune évaluation exacte.
Les autres objets d'importation
consistent en :
Consommation annuelle.
Farines, 50 à 60,000 barils .
5ott
Bceuf, 30,000 barils. .
Beurre, 13,000 frequins :
1,200,000%
Lard, 24,000 quintaux. .
585,000
Chandelle, 1,300 idem. .
576,000
Bougies, 400 idem.. .
18a
78,000
Savons, 2,600 idem .
72,000
Huiles, 5,00 idem :
208,000
Fromages, 300 idem. .
e 150
410,000
Fruits secs, légumes, 500,000 liv..
45,000
Vins de Bordeaux,3 30,000
. 12J 3cc,000
barriques 150
4,500,000 --- Page 161 ---
M I N G U E.
S U R Sr.-Do
2,a50,000
Vins de Provence, 12,000 idem. - 75 40
80,000
Bierre, 2,000 idem . .
36,000
Vinaigre, 1,800 quartes. .
20,000
Liqueurs, 20,000 pots. .
Marchandises sèches.
10,000,000
Bijouteries .
29,000,000
Vente de nègres.
annuelle des objetsci-desmus
La coisommation depuis 5 ans, au-dessous
énoncés n'a pas été,
excédé 48 en 1772.
de 42 millions, et elle en a
tableau d'imdevons observer que ce
Ici nous
à peine la soinme du néportation contenant
national ne le
cessaire, lorsque le commerce ou appelle les
fournit pas, la colonie souffre,
secours étrangers.
les farines par exemOr il est des articles, n'envoie pas en quantité
ple, qué la métropole
elle-même,
quand elle en manque
suflisante
ou lorsque
quand elle craint la contrebande, s'exécutent par
pour létranger
ses chargemens
dés colonies;
préférence à Tapprovisionnement des 50 à 60 mille barils
alors le complément fourni par les Anglais.
est nécessairement d'autres objets de consommation
Mais il est
dans
que Pon ne trouve point la
à Saint-Domingue
le riz., les bois,.
le tableau d'importation;
elle-même,
quand elle en manque
suflisante
ou lorsque
quand elle craint la contrebande, s'exécutent par
pour létranger
ses chargemens
dés colonies;
préférence à Tapprovisionnement des 50 à 60 mille barils
alors le complément fourni par les Anglais.
est nécessairement d'autres objets de consommation
Mais il est
dans
que Pon ne trouve point la
à Saint-Domingue
le riz., les bois,.
le tableau d'importation; --- Page 162 ---
Essa I
morue, les harengs, les chevaux, beenfs
lets : tout cela y arrive
et mumatière d'un
cependant, et c'est la
etla colonie. grand procès entre la métropole.
de délit.
Commençons par constaterle corps
Les Anglais introduisent
par année,
300 chevaux, à 30ott .
400 boeufs, à 150. .
90,00CH
4,000 quintaux morue, 7 à 20
60,000
2,000 barils harengs, à 20. .
80,o0o
400,000 pieds de bois, à i# 10/
40,000
8co quintanx bougie, à 150
600,000
-
200 barils inantrgne, , à 3o . .
120,000
2,000 barils de beeuf, à 30 . e
6,000
5,c0c,000 de merrains, à 100tt . le
60,000
10,000 barils riz, à .
millier., 5c0,000
40 .
5,000 barils pois et mais, à 30.
400,000
6,000 barils farine, 5 à 40 .
150,000
200 quintaux de suif, à 50.
240,000
500 barils bière 2 à 40
10,000
20,000
TOTAz.
Ce qui, ajouté à deux millions
2,376,000
denègres
ou à peu près
introduits en contrebande,
de 5 millions le commerce
daveaplns
Celui des
fait par les Anglais.
Espagnols auxquels ils
peut être un elbjedes,opolin.ent s'associent,
chons, mulets et bois; mais
bceufs, COces bons Espaguals
S
- --- Page 163 ---
OM I N G U E.
S R Sr.-D
plus de 300
aussi en contrebande
nous portent
mille piastres.
même par apIl est difficile de déterminer, sarticlesd'im
proximation, ,las Asommedesditérenss surleur compte,
portation qu'on pourrolitmetres
la
n'ont jamais
qwaccidentellenens)
parce qu'ils
ou d'acheter. Emprisonpermission de vendre
ils ne
nés dans leurs iles par les gardes-cotes, ou en
payant cher des passe-ports
sortent qu'en
Même difficulté pour
risquant la confiscation.
sont rendus méles aller chercher. Les Anglaisse
savent tout
diateurs nécessaires, parce qu'ils
essous pavillon
oser: tantôt ils se masquent leur enseigne aux
pagnol, tantôt ils prôtent La mer et les côtes,
marchands de cette nation.
leur offrent parcouvertes de leurs vaisseaux,
tout asile, ressources et succès. la colonie de
Je ne dirai donc pas combien
delaHaSaint-Domingnc et celle del Porto-Rico, deboeufs,
vanne, nous fournissent ahnuellement cochons; mais outre
de chevaux, dc mulets, directement de
de la Nouce qu'on a vu arriver
par les Espagnols
velle-Angleterre, j'estime que
il nous
les Anglais, comtnis ou commettans,
ou
année six à sept mille boeufs, trois
vient chaque
six cents chevaux, trois
à quatre mille mulets, colonie
de
mille cochons, dont la
espagnole
boeufs,
vanne, nous fournissent ahnuellement cochons; mais outre
de chevaux, dc mulets, directement de
de la Nouce qu'on a vu arriver
par les Espagnols
velle-Angleterre, j'estime que
il nous
les Anglais, comtnis ou commettans,
ou
année six à sept mille boeufs, trois
vient chaque
six cents chevaux, trois
à quatre mille mulets, colonie
de
mille cochons, dont la
espagnole --- Page 164 ---
EssAr
Saint-Domingue et celle de
roient seules faire la fourniture. Porto-Rico' pourAnglais et leur influence
Cette agence des
merce actif et passif, directe sur notre comtions les plus
présentent les considéraimportantes. Je vais les exposer.
CHAPITRE II
Du commerce étranger
qui se fait 2 SaintDomingue.
Le commerce est une action libre
proque entre les hommes,
et réciil annonce des
entre les peuples :
besoins, il appelle des
et ne suppose point
échanges,
de la
d'entraves; mais cet enfant
liberté a engendré les lois
dont le système absolu est
prohibitives,
et toujours
souvent destructeur
selon les
oppressif, et qui étant modifiées
circonstances, 3 protégent
l'industrie nationale
véritablement (*) Je laisse subsister ce chapitre
de la doctrine et des
comme un monument
colonies et le
querelles de ce temps-là entre les
adversaires: commerce, entre les économistes et
on verra que, malgré la bonne foi avec leurs la- --- Page 165 ---
Sr.-D 0 M I N G U E.
su R
de la liberté
Examinons d'abord le système
de si grands avantages, que je ne
ui promet
ait des défenseurs. Si
uis point étonné qu'il
aussi aux erreurs,
jelleje cherchois la vérité 2 je participois
Incerà
des deux partis.
l'exagération 7 T'engouement comme on l'étoit alors 7
ain, et cependant dogmatique toujours justes; ; j'expose
nes raisonnemens ne sont pas
la liberté de comne résous les difficultés; ;
nieux que je
: je m'arrête à regret ; jex,
nerce me séduit et m'entraine
la lumière ; et
cite plutôt le doute que je ne produis
l'habileté
instinct, par sentiment, plus que par
dest par
conclus sagement : je n'en savois
le ma discussion, 1 que je
cette maxime fausse et
davantage. J'étois dominé par
Vindustrie
pas
nous domine encore ; savoir, que
funeste qui
de
continuel contre
nationale doit être dans LT état guerre
que
principe d'avidité, de spoliation,
Dindustrie étrangère;
lintérêt général , plus éclairé,
la politique consacre, que
mon compte. Depuis
doit proscrire, et que j'abjure pour
de confiance
a rectifié mes idées 2 j'ai plus
que la méditation
chaque nation se doit
dans leur résultat 5 je trouve que
industrie, mais
de protection de sa propre
la préference
raisons d'alliance que d'inimitié contre
qu'il y a plus de
les lois prohibitives
l'industrie étrangère ; je trouve que
comme
comme remède, et non
doivent être considérées
En restant dans cette meprincipe vital du commerce.
mais bien à ce qui
sure, on ne tient plus à un système 9
étranger
utile et vrai: alors la question du commerce
le
est
facilement se résoudre. - Tout
dans les' colonies peut
faire le commerea
service, toutes les fournitures que peut
y a plus de
les lois prohibitives
l'industrie étrangère ; je trouve que
comme
comme remède, et non
doivent être considérées
En restant dans cette meprincipe vital du commerce.
mais bien à ce qui
sure, on ne tient plus à un système 9
étranger
utile et vrai: alors la question du commerce
le
est
facilement se résoudre. - Tout
dans les' colonies peut
faire le commerea
service, toutes les fournitures que peut --- Page 166 ---
>
EssAr
le projet de paix perpétuelle entre les
ces de l'Europe pouvoit être
puissanréalisé, ce
en établissant la liberté du
seroit
à nation
commerce de nation
sur toutes les denrées et marchandises
possibles; jamais la politique, qui a consacré
le système contraire, n'auroit rien fait de
utile pour le bonheur des
plus
hommes, et de plus
conséquent aux vrais principcs du droit naturel. Et qu'est-ce en effet que le commerce?
relation de besoins et de
une
mencé entre les
secours, qui a comvoisins du même
et
nos arts perfectionnés
champ, que
l'autre
ont étendue de l'un à
hémisphère, des poles à l'équateur. Mais
par quelle contradiction nos législations
nes veulent-elles tout à la fois,
moderCarthage, étendre
comme celle de
et briser ces liens de franational, deivent lui être adjugées sans
Là
est insuffisant, et lorsque les colonies partage.
où il
cevoirtout Ce qui est nécessaire à leur ne peuvent en reà leur prospérilé, les étrangers doivent approrisionnement,
est sur-tout injuste de
y être admis; il
compromettre leur subsistance
respect pour la métropole; et l'établissement des
par
est, malgré toutes les réclamations des
entrepots
une sage opération.
ports de France
suivant
Après cette déclaration, , le
ne peut intéresser que comme analyse des chapitre
breux ouvrages qui ont paru depuis trente ans sur nom- cette
question.
a --- Page 167 ---
Sr.-D 0 M I N G U E. 157
S R
les acheteurs et
ternité, appeler et repousser donc de ce projet
les vendeurs? Que résulte-til de s'attribner exannoncé par chaque peuple, fruits de son industrie, de
clusivement tous les
N'arriverichesses, plus celles de ses voisins? et de proses
malgré cet état de guerre
fait
t-il pas,
la nation la plus industrieuse
hibition, que
etle plus lucratif; que
le plus grand commerce approvisionne de bled ceux
le peuple laboureur
en est de même des
qui n'en ont pas; qu'il huiles, des soies; que la
métaux, du vin, des
sol, à chaque climat,
nature a départi à chaque
; que le penple
et ses ressources; delà ses moses productions consommer par
indigent ne peut
si la mer étoit libre, si
yens? Et qu'arriveroit-il les barrières s'ouvroient
tous les ports, toutes
? Oû passeroient lor
au vendeur et à l'acheteur
les vins de
les soies du Piémont,
bois et
du Brésil,
huiles de Provence, les
Guyenne, les
les laines et draps d'Anles métaux du Nord, maisdans une plus grande
awjourd'hui. Le peuvous
Besmetlantsenits
latitude, ce que
voyez seroit toujours le plus
ple le plus industrieux
du ineilleur sol venconmmergamt,le cultivateur
le plus actif,
le navigateur
droit son superflu,
la préférence des transle plus économe, auroit Y'ouvrier le plus expert, celle
ports; l'artiste et
Guyenne, les
les laines et draps d'Anles métaux du Nord, maisdans une plus grande
awjourd'hui. Le peuvous
Besmetlantsenits
latitude, ce que
voyez seroit toujours le plus
ple le plus industrieux
du ineilleur sol venconmmergamt,le cultivateur
le plus actif,
le navigateur
droit son superflu,
la préférence des transle plus économe, auroit Y'ouvrier le plus expert, celle
ports; l'artiste et --- Page 168 ---
EssA I
des fabriques; le peuple
payeroit tous les autres possessenr des mines,
jourd'hui; et celui dont comme il les paye auplus sensée, seroit le la législation seroit la
effets de la liberté du plus heurenx. Voilà les
sent de plus les lois commerce. Que produi
pour arriver à la richesse prohibitives? Ou plutôt,
clusiyes
et aux jouissances exqu'elles ne produisent
drent-elles point les
pas, n'engenLainesnationales, querelles, les guerres, les
elles toutes les fantaisies lescrimes, les privations etpar
dité? n'étouffent-elles du luxe et de la cupiles ressources de
pas souvent l'industrie et
lindigence?
Après avoir rendu cet
et aux droits de
hommage à la vérité
Phumanité,
prince qui le
convenons que le
premier a établi des
bitives, a forcé tous les
lois prohien adoptant cette
autres à l'imiter : mais
lopper les détails, maxime, et avant d'en déveencore au plaisir de je la ne peux pas me refuser
S'il est un pays dans combattre. le
presque toutes les matières monde qui produit
en outre un superflu de premières, et qui ait
tures et des ouvriers
denrées, des manufacl'intérêt de cet Etat? accrédités, quel peut être
à lui tous les
c'est sans doute d'attirer
aucun. Ainsi acheteurs et de n'en
si un peuple
repousser
pauyre s'interdit par --- Page 169 ---
SUR Sr.- Do M I N G U E. 159
des lois somptuaires l'usage des superfluités de
cepeuple riche, si un peuplejaloux veut étouffer
toute industrie étrangère,
par ses prohibitions
veut créer
si un gouvernement inconséquent
des productions, des manudans son domaine,
factures, que le climat et le sol proscrivent, que
les besoins et les moeurs nationales repoussent;
B2252
lui: : le pays riche dont nous parlons, doit-il
être subordonné à ce régime imitatif, et résa marche et ses projets sur les vues et les
gler
voisins ? Non, sans doute; et la
moyens de ses
France qui est dans cet état d'exception (*) pourroit ouvrir son sein à tous les peuples, à toutes
de la terre, sans qu'il en réles productions effet
de devenir le magasin
sultât d'autre
que entier. Si la balance du
et l'entrepôt du monde
commerce est dès à présent en notre faveur,
les bénéfices d'enque seroit-ce en y ajoutant
comme je le disois alors, que la
(*) 11 n'est pas vrai,
En examinant
France possède toutes les matières premières.
ici les deux côtés de la question $ jaccorde trop au syséconomistes, qui me plaisoit fort, et dont je
tème des reconnu le danger que lorsque je les ai vus pron'ai bien
à une subversion g6céder, de principes en conséquences,
nérale.
commerce est dès à présent en notre faveur,
les bénéfices d'enque seroit-ce en y ajoutant
comme je le disois alors, que la
(*) 11 n'est pas vrai,
En examinant
France possède toutes les matières premières.
ici les deux côtés de la question $ jaccorde trop au syséconomistes, qui me plaisoit fort, et dont je
tème des reconnu le danger que lorsque je les ai vus pron'ai bien
à une subversion g6céder, de principes en conséquences,
nérale. --- Page 170 ---
Essir
trepôt, de commission et de
tipliant les
transport, en mul.
produits actuels de notre cri,
cette augmnentation nécessaire de
par
teurs P Mais, dira-ton, si dans ce marché consommaversel vOs propres snjetsdonnoientla;
uni.
aux
préférence
productions, aux fabriques étrangères,
deviendroient VOS manufactures? Et
que
quel est le
gouvernement qui n'a pas dans sa main le tarif
de tous les prix et des mains-d'oeuvre, la faveur
ou le discrédit de sa culture, de ses arts et de
son commerce? Il est certain que si d'une
le Portugais vous apporte des vins de
part
que de l'autre un receveur de tailles Porto, et
le vigneron de Beaune, il est
pèse sur
possible que nous
soyons obligés de boire du vin de Portugal,
Mais revenons aux colonies. C'est du commerce
étranger qui se fait à
Saint-Domingue, et des
lois, des intérêts qui le réprouvent,
à parler. lci les droits austères de la que j'ai
excluent toute tolérance, le système propriété de la liberté s'écroule sous le poids de l'autorité qui la
proscrit. Ecoutons l'arbitre des nations, l'immortel auteurdePEsprit. des Lois. C
des
>>
L'objet
colonies est de faire le commerce à de meil-
> leures conditions qu'on ne le fait avec des
>> peuples voisins, avec lesquels tous les avan-
>> tages sont réciproques. On a établi que la --- Page 171 ---
sU R Sr.-D o M I N G U E.
seule poarroit négocier dans la
> métropole cela avec de
raisons,
et
grandes
> colonie, le but de linstitution a été l'ex-
>> parce que
et non la fondation
> tension du çommerce
Ainsi,
ville ou d'un nouvel empire.
> d'une
de V'Eu-
> c'est encore une loi fondamentale colonie
que tout commerce avec une
> rope,
comme un pur mono5 étrangère est regardé
par les lois. Il est encore reçu,
> polc punissable établi entre les métropoles
a> que le commerce
coloune permission pourles
>> n'entraîne point
état de
nies
restent toujours en
prohi-
>
qui
des colonies qui per-
> bition : le désavantage
dent la liberté du commerce, est visiblement
>
la protection de la métropole,
> compensé par
les arines ou la maintient
> qui la défend par
troisième loi de l'EuS> par ses lois. De-là une
avecla COle commerce étranger
>> rope, que
étant 1 défendu, on ne pent naviguer
>>. lonie
dans les cas établis par les
>> dans ses mers que
>> traités. >>
signifient plus
Ces paroles de Montesquieu
tous les mémoires du commerce national
que le maintien des lois prohibitives ; clles
pour
l'objet et les motifs ; elles les
en montrent
L'homine qui a le mieux
rendent respectables.
les droits et les intérêts des hommes
connu
4.
que
étant 1 défendu, on ne pent naviguer
>>. lonie
dans les cas établis par les
>> dans ses mers que
>> traités. >>
signifient plus
Ces paroles de Montesquieu
tous les mémoires du commerce national
que le maintien des lois prohibitives ; clles
pour
l'objet et les motifs ; elles les
en montrent
L'homine qui a le mieux
rendent respectables.
les droits et les intérêts des hommes
connu
4. --- Page 172 ---
EssAr
subordonne le Colon à sa métropole
le moyen l'est à la fin. L'extension du comme
merce national est la raison qui a fait établir comla colonie, le sacrifice de sa liberté est la condition de son existence > le prix de la concession du sol et de la protection du
rain, c'est Ja foi et Thommage du
souveredevance du tenancier:
vassal, la
les lois
tous les pactes, toutes
consacrent celles-là; il est donc contre
l'esprit de l'institution d'accorder aucun
tage à la colonie qui puisse nuire à la métro- avanpole, la mesure de la prospérité de l'une doit
être celle de l'intérêt de l'autre. Tel
terme invariable des
est le
rapports de la colonie au
peuple fondateur.
Ainsi ce n'est pas une proposition admissible
que celle de livrer aux, étrangers
et Papprovisionnement de la colonie, l'exportation
pour lui
procurer un plus haut degré de richesse et
de splendeur. A quoi se réduiroit la
de la métropole si
propriété
tous les fruits ne lui
étoient réversibles, s'il n'en résultoit l'entretien de sa marine, l'amélioration de sa
le débouché plus facile de ses
culture,
Mais si ces
manufactures ?
principes sont incontestables, ne
croyons pas que l'objet même de l'intérêt national en permette l'application littérale dans
- --- Page 173 ---
U R Sr.-Do M I N G U B.
tous les cas et dans toutes les circonstances.
Telle métropole qui alle plus sévèrement mainlois
pouvoit avoir le plus
tenu ses
prohibitives,
Prenons PEsgrand intérêt à s'en départir.
exemple : maîtresse de la nieilleure
pagne pour
et des iles de l'Amérique,
partie du continent
labord en a été interdit à tous les peuples
le lEurope, depuis le premier instant de sa
conquétejsqu'a nos jours; ses provinces d'Eufournir à l'établisrope se sont épuisées, 7 pour
sement ; elle n'y a porté ni arts, ni culture 2
des Maures et l'émigration en.
car l'expulsion lui avoient fait abandonner l'ane. et
Amérique
diminuer infructuenl'autre : elle n'a fait que
sement sa population en Europe, sans répandre
nombre suffisant d'habitans dans le: Nouun
sans
veau Monde. Ces hommes," transplantés
mélange, sans commerce, avec un autre peuple
le l'Europe, ont' conservé leurs moeurs, leur
paresse, et leur stérilité dans le pays le plus
fertile du globe. : ils y'ont établi des monasères au lieu de manufactures ; le Mexique,
le Pérou et les Antilles ont eu des mnoities de
:outes les couleurs et des chapelles aussi riches
Notre-Dame de Lorette. Les naturels du
que ont: été employés' à l'exploitatioinrydes
mines pays dont le' souverain est devenuo proprié-,
, ont' conservé leurs moeurs, leur
paresse, et leur stérilité dans le pays le plus
fertile du globe. : ils y'ont établi des monasères au lieu de manufactures ; le Mexique,
le Pérou et les Antilles ont eu des mnoities de
:outes les couleurs et des chapelles aussi riches
Notre-Dame de Lorette. Les naturels du
que ont: été employés' à l'exploitatioinrydes
mines pays dont le' souverain est devenuo proprié-, --- Page 174 ---
Ess Ar I
taire, et toute son attention s'est
attribuer exclusivement
bornée à s'en
pu avoir Jieu, ;
le produit, ce qui n'a
car, pour remplir le but de
l'établisement, on a voulu
ces colonies. Mais lindustrie commercer avec
guans à la métropole,
et les bras manson cru, fournir des
elle ne pouvoit, de
des
munitions, des
étoffes; ; et ses colonies
ustensiles,
sources nationales,
réduites aux resde bras et
c'est-à-dire inanquant aussi
maîtren dans d'industrie, ne pouvoient faire
son sein
Ainsis malgré les lois mannfactures et culture.
jalousie de la
prohibitives, mnalgré la
des
propriété; il a fallu admettre
étrangers, recévoir d'eux les
commérce nécessaire
objets d'un
serré,et dont
e, mais contraint et ression.:.
on se plaisoit à arrêter l'extenL'Amérique. a continué d'être
dable, etl'entrepôt de Cadix s'est
inabor
les piastres et
ouvert: alors
lingots en sont sortis
reste est 3 presque absorbé
; cei qui
garde et del police de
par les frais de
Supposons maintenant ces vastes possessions
hibitivesy PAmérique l'abrogation deslois proles marchands, à tous espagnole les
s'ouvre à tous
cultivateurs
gers qui se présentent, l'absurde
étran
inquisition en est seule
et cruell
ment doux et modéré exclue; un Gouverne
accueille l'industriel --- Page 175 ---
R Sr.: D 0 M. I N G U E.
8 U
Quel seroit l'effet
favorise les plantations..
l'effet? le voici:
de cette loi ? Quel en seroit
destruction
D'effacer d'abord les traces de la
subsistent encore dans ces riches contrées,
qui
de vivifier les villes
de peupler les déserts,
si l'on vouloit,
languissantes; de transplanter,
dans leur territoire, les épiceries des Moluques,
de l'Europe ; d'y fixer
et toutes.les productions
d'incorporer aux
une portion de ses arts ;
qui
des milliers d'Européens
créoles espagnols rien à la métropole; de créer
ne conteroient
et du Pérou, des
sur les rives du Mexique soldats, des machantiers, des arsenaux, des
de
des laboureurs blancs et noirs 5
telots, les moeurs et l'esprit national, dischanger deux siècles des autres peuples de
tant de
le défaut de commugication 5
l'Europe, par
d'Espagne, par
de rappeler dans les provinces
des arts et
une réaction nécessaire, > le godt
d'en multiplier les moyens, et
du commerce, infiniment ceux d'attaque et de
d'augmenter
résultans de tous ces
défense 7 par les prodnits
avantages.
cherche et montre le danger
Que l'Espagne accessible. Est-ce la crainte
de se rendre ainsi
L'End'uneinvasion ? Mais quil'en a préservée?
ni de cartes, ni de pilotes ;
rope ne manque
de rappeler dans les provinces
des arts et
une réaction nécessaire, > le godt
d'en multiplier les moyens, et
du commerce, infiniment ceux d'attaque et de
d'augmenter
résultans de tous ces
défense 7 par les prodnits
avantages.
cherche et montre le danger
Que l'Espagne accessible. Est-ce la crainte
de se rendre ainsi
L'End'uneinvasion ? Mais quil'en a préservée?
ni de cartes, ni de pilotes ;
rope ne manque --- Page 176 ---
EssAI
les chemins du
la foi des traités Mexique sont ouverts. Mais
pendant la paix, des escadres
pendantla guerre 2 l'ont sans doute
Hé bien ! la paix
défendue.
funeste à un
deviendroit-elle alors plus
à
peuple qui en donneroit le
tous les peuples, qui seroit leur
signal
et leur ami, en les rendant
bienfaiteur
et la guerre se feroit-clle
ses tributaires ?
avec moins
tage par ce même peuple,
d'avande ses douanes auroit
quand le produit
énorme
reçu un accroissement
, quand son territoire abonderoit
ouvriers, en cultivateurs, en
en
rées de toute espèce ? Les matières et dennir sa
moyens de maintepuissance ne cesseroient donc
avec ce nouveau régime, mais ils seroient point
menses, et iis sont insuffisans; ; ils
imd'une source inépuisable
partiroient
elle-même, et
qui se multiplie par
l'Espagne vit depuis
sur son capital qui ne peut être long-tempe
sant: ainsi la
que décroisdans
métropole, citée pour
son attachement aux lois
exemple
est celle dont l'intérêt bien
prohibitives, >
n'en avoir point. Il n'en
entendu seroit de
est pas de même de
l'Angleterre et de la France. Ces deux
la
nations, >
première sur - tout, ont pu, avec leurs
propres forces, établir et approvisionner leurs
colonies, et c'est véritablement
par elles que
-
E --- Page 177 ---
Sr.-Do M I N G U E. 167
SUR
a été parfaitement
le but de l'établissement manufactures et leur
rempli, puisque leurs
prodiculture en ont reçu un accroissement la même proporgieux qui a augmenté'dans publics. Pour nous
tion la somme des revenus et les Hollandais
Français, ce sont les Anglais
et
en culture et commerce, la
nos précurseurs
encore atteints dans
que nous n'avons pas
deux arts, c'est à
partie économique de ces
véhicule de
nous devons le premier
eux que
Si nous avions fait
nos cultures en Amérique. les Espagnols, si le
alors la même faute que
ett
le
de Colbert ne nous en
préservés,
génie
créoit n'auroit rien engendré
commerce qu'il
n'auroit point encore de
dans son enfance , il
arrivées, elles
facultés productives ; elles sont
ont été
multipliées, et les étrangers
se sont
bien dans l'ordre politique
exclus, ce qui est
avoir retiré
Mais après
adopté en Europe.
moins d'un siècle
plus de deux milliards en
en en rede la seule ile de Saint-Domingue, millions par an,
tirant tmaintenant quatro-vingts
et exporpour limportation
en y employant vaisseaux, le commerce natation trois cents
d'arriver à cet état de
tional qui ne fait que
de la concursplendeur peut-il se plaindre
que
? peut-il persuader
rence des étrangers
exclus, ce qui est
avoir retiré
Mais après
adopté en Europe.
moins d'un siècle
plus de deux milliards en
en en rede la seule ile de Saint-Domingue, millions par an,
tirant tmaintenant quatro-vingts
et exporpour limportation
en y employant vaisseaux, le commerce natation trois cents
d'arriver à cet état de
tional qui ne fait que
de la concursplendeur peut-il se plaindre
que
? peut-il persuader
rence des étrangers --- Page 178 ---
EssAr
nous les admettons au
Quelles sont donc les partage des fruits ?
tibles, les marchandises munitions, les comessité que la
de luxe ou de nécesmétropole peut fournir à SaintDomingue, et qu'elle ne fournit
est celle de nos manufactures pas? Quelle
préférence donnée
rebutée par la
gères P
aux manufactures étranle
Quel objet de traite - ou de
négociant français s'est- il interdit commerce
seule raison de la
par la
enfin les places concurrence , ou quelles sont
marchandes en relation avec
Saint-Domingue oùt cette colonie
versé des
n'ait point
trésors?Quoil des moyens
que vous n'avez pas ou
subsidiaires
un supplément de
que yous négligez,
secours nécessaires,
l'emploi tourne à l'amélioration
> dont
taux, vous
de vOs capiindisposent et vous alarment !
cident, un besoin imprévn
un action, est dénoncé
qui force l'excepde la loi,
par vous comme violation
comme lésion de l'intérêt
Mais cet intérêt n'est-il
national !
commerce P Tout ce
pas l'extension de votre
ce qui y tend est
qui y nuit est mal, tout
et la mesure de bien, n'est-ce pas là la règle
vOS opérations et de VOS
nionstJugeons les faits sur ce
opiJe dis comme vous
principe.
dans l'extension
que votre intérêt consiste
du commerce national, Quels --- Page 179 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SU R
VOS armen sont les moyens € De multiplier D'accord :
et VOS ventes.
mens, vos transports
sans doute
? En multipliant
omment y parvenir
de la coloet les consommations
es produits
Qu'avez-vous
nie avec laquelle vous négociez. fait ? C'est ici oùt
ait pour cela ? Qu'avez-vous
du com-
'abandonne forcément les partisans
réCelui de la métropole me
merce étranger. de force que de vérité..
pond avec autant
vous le dissimuler?
Ce quej faifsinPonezvonar depuis
a,
quatre-vingts
quel autre que moi fécondé vOs terres ? Colons,
ans, défriché et
ont été les
répondez-moi vous-mêmes : quelles concession ?
charges et la condition de votre
vous a
de la main qui
De ne recevoir que dans cette mêe maint
concédé; de déposer
d'employer une
tous les fruits de la culture; la subsistance
partie du terrain concédé pour
de vous
des esclaves que je me suis engagé de ne falabonrer vOs champs ;
fournir pour
les étoffes et denrées prinbriquer ni cultiver fondateur a intérêt de vons
cipales que l'Etat
sont
légitimes, paisqu'ellos
fournir. Ces charges
vous est livrée
sont le prix de la terre qui
la jouiset de la protection qui vous en assure car la
sance. Ces charges sont supportables, le
grand
mienne est de vous tenir dans
plus
que je me suis engagé de ne falabonrer vOs champs ;
fournir pour
les étoffes et denrées prinbriquer ni cultiver fondateur a intérêt de vons
cipales que l'Etat
sont
légitimes, paisqu'ellos
fournir. Ces charges
vous est livrée
sont le prix de la terre qui
la jouiset de la protection qui vous en assure car la
sance. Ces charges sont supportables, le
grand
mienne est de vous tenir dans
plus --- Page 180 ---
Essi I
état de richesse
action de
possible : mais, par la seule
mes secours et de mes
devoirs sont
moyens, nos
fidélité
comparés'; mettons à côté notre
réciproque àl les remplir. Moi
aussitôt que les entraves d'an
commerce,
ont été brisécs, aussitôt
privilége exclusif
plus éclairé m'a
qu'un Gouvernement
ouvriers, j'ai bâti procuré des matériaux et des
suanufactures,
des vaisseaux, j'ai élevé des
j'ui été chercher des
en
esclaves
Affique, je vous les ai portés :
trouvés sur votre côte de
je vous ai
Saint -
pauvres et nus , manquant de
Domingue, s
vous ai avancé des
subsistance ; je
ustensiles, des
vivres, des vêtemens, des
nègres, de
mes fonds sur votre
l'argent; ; j'ai risqué
sur votre
tête, sur votre industrie,
probité : vous a vez
et des cafés, j'ai acheté
planté des cannes
étendues,
VOS récoltes; je les ai
multipliées,
vous êtes devenus riches pardenoutelsatanon: et
à VOS fantaisies, à
fastueux, j'ai fourni
votre luxe il
un compte ouvert et
; s'est établi
moi, dont vous
perpétuel entre vous et
telle est notre
me devez encore la solde :
position, nos relations
tives; et c'est de là que vous
respecpeler les étrangers dans
partez pour apsemé, pour les associer à ce champ que j'ai
pitaux,
l'intérêt de mes capour réduire le salaire des
ouvriers, --- Page 181 ---
Sr.-D'o M I N G U E.
S R
des matelots de la métropole,
des laboureurs, à votre service, pour augmenter
que j'emploie
et me faire perdre le
le prix de VOS denrées, et de la commission
bénéfice de la revente
Colons, vous
dans les marchés étrangers le Gouvernement
êtes ingrats , injustes , et
avengle, s'il vous laisse faire.
se défendent
Fereplaignentileur
Les Colons
disent-ils, manquer
tour. Vous nous laissez, et de moyens aratoidl'astensiles, de subsistances
de nos sirops
nous refusez le débouché
res; vous
vous nous condamnez
et de nos eaux-de-vie; bornent notre industrie
à des privations qui
laissez-nous receet diminuent nos d'scerotsementdonts produits;
nous vous
voirdes moyens
Examinons
réserverons ensuite les profits.. avoir traité
la
de fait après
donc
question
celle de droit.
américains
Il est très-vrai que les Anglais
des
fournissent en fraude à Saint-Domingne et,
farines, du blanc de baleine,
nègres, des
du bois de toute espèce, du
avec permission,
vivans. Ils
riz, du poisson salé, des animaux de l'infrauduleusement du sucre,
exportent
des sirops
digo, du café,et, avec permission,
et tafias.
utile
les Anglais
Est-il nécessaire ou
que
le de droit.
américains
Il est très-vrai que les Anglais
des
fournissent en fraude à Saint-Domingne et,
farines, du blanc de baleine,
nègres, des
du bois de toute espèce, du
avec permission,
vivans. Ils
riz, du poisson salé, des animaux de l'infrauduleusement du sucre,
exportent
des sirops
digo, du café,et, avec permission,
et tafias.
utile
les Anglais
Est-il nécessaire ou
que --- Page 182 ---
EsSAr
fournissent à la colonie de
des nègres, des
Soint-Domingue
Non : c'est
farines, du blanc de baleine?
une faute au
l'avoir
Gouvernement de
souffert; et cette tolérance
excessive aux iles du vent, la
ayant été
sible du commerce national diminution senLa
en a été la suite,
prolongation de cet abus
également les armateurs
décourageroit
et si cela n'est
pour
pas
Saine-Domningnes
raison. L'extension encore arrivé, en voici la
de café dans cette ile, prodigieuse des plantations
auroit absorbé le
depuis la paix de 1763,
double des
nègres que la
cnrgaisons de
celles
métropole a pu fournir.
qui sont venues en
Ainsi,
pas da faire baisser le
contrebande n'ont
mais il en est résulté prix de nos comptoirs:
pour nos
cependant un tort récl
armnateurs, en ce que le
interlope a vendu
marchand
comptant, et le
crédit; en ce que ce dernier a
Français à
la facilité de
vu réduire, par
de
Tapprovisionnement, ses moyens
la denrée recouvrement, Car il a perdu
que le Colon a livré à l'argent ou
paiement. Et qu'on ne dise
l'Anglais en
a gagné à cette
pas que la colonie
on y. récoltoit 15 augmentation de culture! Si
si on
millions de café de
ponvoit y rappeler le
de moins,
mille nègres
prix
vingt-cing
anglais, , et que les Colons se --- Page 183 ---
M i N G U E.
SU R Sr.-Do
la métropole, je
libérassent d'autant envers seroit plus avantagenses
queleur position denrées en avilit tle prix
pense
de leurs
de café ne reprécar Vabiondance sorte que 30 millions ils ont donc,
de telle
la valeur de 15:
à
sentent plus que
une dette équivalente
au lieu de bénéfice, qu'ils ont payés compmille nègres, récoltes.
vingecing augmenter les
sont une
tant pour
mille nègres
Mais ces vingt-cing de mobilier, de moyens,
réelle
augnentation
Hiopiatdesdler les inpourla colonie, isrederender national, lui rendra
Voilà
sive du commerce
pas fourni.
térêts d'un capital quiln'a cet avantage n'existe
donc un avantage. Non, les Anglais ne nous
: il est démontré que de leurs cargaisons ;
pas
que les rebuts
se vendent
apportent noirs arrivés en contrebande qui les paye
les choix et à la hâte; Phabitant de la métropole
sans
de moins que ceux
il emun quart
le bénéfice apparent;
que
mal sains pourla
ne considère hommes foibles, et
ploie ces
qui les excèdents
à des détrichemens moins de dix années.
plupart, partie périt en
à la colonie,
la majeure
il ne reste
de conAinsi anjonurdthai lai dit, pour son bénélice
comme je
qu'ane dette équivalene
trebande en nègres, têtes qu'elle a payées
mille
a ces vingt-cing
comptant.
ice apparent;
que
mal sains pourla
ne considère hommes foibles, et
ploie ces
qui les excèdents
à des détrichemens moins de dix années.
plupart, partie périt en
à la colonie,
la majeure
il ne reste
de conAinsi anjonurdthai lai dit, pour son bénélice
comme je
qu'ane dette équivalene
trebande en nègres, têtes qu'elle a payées
mille
a ces vingt-cing
comptant. --- Page 184 ---
EssA I
Supposez maintenant la
opération : ne
continuité de cette
Taffoiblisementt trouverez-vous pas, au résultat,
trés-prochain
tionale,qui,
denotretraite nafaitement fournir encouragée et soutenne, peut
ment de la
aux besoins et à l'accroisse- parcolonie P Nos
à peu près trente à
armateurs emploient
traite à Saint.
trente-cinq navires pour la
fournit fret et t-Domingue, le retour desquels
cargaison à cent vingt.
concurrence des Anglais diminue
Que la
armemens d'un trentième
seulement nos
qu'au bout de trente
par année, il est clair
colonie sera diminuée ans l'exportation de la
dont le fret et la
de cent vingt navires,
colons, appartiendront cargaison, fournis par nos
cessaire d'établir la
aux Anglais; est-il néannuelle, et de
répartition de cette perte
essentiellement montrer comment elle
sur la
porte
tures, etc. P
navigation, les manufacVeut - on me
rétorquer mes
mens, ou plutôt ceux
premiers argupartisans de la
que j'ai empruntés des
liberté, dont le
nos
resumé est
commerçans se sont
que
commerce national s'est enrichis, et que le
Saint -
énormément accru à
Domingue dans un intervalle
quoique les Anglais yaient fait lac
donné,
ce qui prouve qu'il n'en est
contrebande,
résulté ancun tort
- --- Page 185 ---
M I N G U E.
SU R Sr.-D
mal. Les Anglais
nous? Oh, cela prouve
donc nous
pour commercé à Satnt-Doningue, nécessaire et
ont perdu; c'est la conclusion
tout ce
avons mieux établie : car nous avons oà perdu nous avons
la
dès Vinstant
même
qu'ils ont gagné, fournitures; ; et parla
faire les mêmes
dans les colonies
pu
votre commerce
de
raison que
extinction, en proportion
diminuera jasqu'à
vous aude leur contrebaunde,
de
Taccroissement le bénéfice et le transport tel
riez eu le prix,
frauduleuses :
Benrinnportatione et exportation exclusif adopté
nécessaire du système
euxest l'objet
et les Anglais
toutes les métropoles,
ne s'avisepar
si convaineus qu'ils
mêmes en sont
chez eux ce que vous perroient pas de tolérer
de porter vos marcharmettez chez vous- Essayez vous yerrez comment
dises dans leurs colonics,
accueille le genre
libre de l'Europe le seul peuple
eux servitude
de liberté qui seroit pour
ont un côté vrai et un côté
(*) Tous ces raisonnemens de n'avoir pas su ennoblir
faux. Jc rougis aujourdhui en en retranchant le caraccette question du commerce tandis 2
qu'il est juste et louatère d'avidité qui la flétrit; d'abord de préférence toutes la
ble qu'une nation emploie et interdise aux étrangers
ses ressources intérieures, se
aux conommistions
faculté de les annuler, en refusant de travail. Voilà l'objet
qui ne sont pas causes ou moyens
n'avoir pas su ennoblir
faux. Jc rougis aujourdhui en en retranchant le caraccette question du commerce tandis 2
qu'il est juste et louatère d'avidité qui la flétrit; d'abord de préférence toutes la
ble qu'une nation emploie et interdise aux étrangers
ses ressources intérieures, se
aux conommistions
faculté de les annuler, en refusant de travail. Voilà l'objet
qui ne sont pas causes ou moyens --- Page 186 ---
Essiit
Mais si nos marchands étoient
fournir des noirs,
hors d'état de
que d'en recevoir vaudroit-il de
micux s'en passer
fauteque fontles
nos rivaux? Non, c'est le
nous ne sommes Espagnols, et ils ont tort; mai
point dans cet état
sance, 3 et nous ne pouvons
d'impuis
y arriver que
concurrence, et les erremens du
parle
Mais le colon et l'écrivain de Gouvernement la
posent une autre objection.
liberté prosont rares et chères :
Vos cargaison:
recevoir moins,
dois-je vous payer plus ei
pour être fidèle à vos
mmanquer
intérêts
conséquemment de
Ce qui augmente mes frais, moyens aratoires:
diminue
nus, et votre exportation
ines reveplus expédient
même P N'est-il pas
l'étranger, que je me livre pour un instant à
abondance que j'en, reçoive, à bon marché,
de secours
une
suite dans l'état de la qui me mette tout de
vous en conserver
plus grande culture, porr
ensuiteabsolament les finits?
utile des lois prohibitives. Elles sont
quand elles vont au -delà; et ce
injustes et nuisiblès
jourd'hui est d'avoir cru bon à que je me reproche auinique des prétentions exclusives quelque chose le sentiment
chir son pays aux dépens de 2 le desir insensé d'enritation , au smrplus, vaut
tous les autres. Ma disserque toutes cellcs du môme autant et ne vaut pas mieua
genre,
--- Page 187 ---
Sr.-D O M I N G U E.
SU R
je lai prévue.
Cette objection est séduisante, dire encore ce qui
indiqué et je vais
au prix,
Pai déja
Quant
maltiplier nos cargalisons. Quelle est la monnoie
peut tort de s'en plaindre.
il ne donne
on a
colon? sa denrée. Or,
mrincipale du
anjourd'hui pour un nègre,
plus de sucre
trente ans ; la valeur
pas
donnoit il y a
dans
qwil n'en del'un et de l'autre a augmenté de même
muméraire
Il n'en est pas colonie
la même proportion. dit la raison. Sila
du café,etj j'en ai déja
de la étropole, sa
n'avoit reçu des noirs moindre que et plus lucrative 5
culture en café seroit
d'acquétir, et ses
auroit plus de moyens
nulles par leur
elle
qui sont devenuess
une graanuéliorations,
été fructueuses par
et
extension, enssent
Il est donc inutile
intelligente
dation
: voici
toutes ces observations:
a rectifié
que tout entrepre-
(*) L'expérience
Il est certain
ce qu'elle nous a appris. mesurer ses avances en proportion sous ce
neur de culture débouchés doit
de ses productions, et et faux
du prix et des il y a trente ans, indiscrétion
rapport il y eut,
de café, dans Yaugmentacaleul de la part des planteurs elles ont dépassé, penindéfinie de leurs plantations: des consommations, mais
tion
annécs,le niveau
se sont relevés 5 les
dant plusieurs elles Pont atteint; les prix culture s'est soutenue,
ensuite n'ont été que momentanées; ;la
Il en arrivera
pertes devenue profitable aux cultivateurs. 12
et est
4-
trente ans, indiscrétion
rapport il y eut,
de café, dans Yaugmentacaleul de la part des planteurs elles ont dépassé, penindéfinie de leurs plantations: des consommations, mais
tion
annécs,le niveau
se sont relevés 5 les
dant plusieurs elles Pont atteint; les prix culture s'est soutenue,
ensuite n'ont été que momentanées; ;la
Il en arrivera
pertes devenue profitable aux cultivateurs. 12
et est
4- --- Page 188 ---
EssA I
dangerenx de se livrer, même un instant,
tranger, et de recevoir de lui une
àl'é.
secours, qui sont beanconp
abondance de
trop chers
appauvrissent la
lorsqu'il
navigation et les
nationales. Le retourà lai métropole manufacture:
seroit même
incertain; car il est plus aisé de
abus que de le faire cesser.
prévenir un
Protégeons, comme je l'ai dit, la traite
tionale, qui emploie déja, pour la
nanos colonies, une somme de huit totalité de
armnemens,
millions en
factures
laquelle se répartit sur les
et main-d'oeuvre qui
manurapporte ensuite, par les
y concourent, et
une autre somme de
retours de cargaisons,
trente millions
répartie sur tous les agens et surle fisc également de la
tropole. Que des gratifications
métroduction des noirs
assurées pourlinen multiplient les
que toute entrave mnise sur ce
moyens;
anéantie; que le reste de nos commerce soit
côte de Guinée soit
comptoirs sur la
régi; que les
éclairé, protégé et bien
recouyremens des armateurs
assurés : on verra bientôt la fourniture soient
menter, surpasser les besoins; mais le augpremier
toujours ainsi d'un accroissement de travail
s'il y a d'abord quelques victimes, la
persévérant:
naires obtient bientôt un dividende masse des actionsuffisant. --- Page 189 ---
Sr.-D 0 2 M I N G U E,
8 U R
entdempecherlacon
neantmtee
trebande en cette partie. objet inoins important,
J'en dis autant d'un disparoitre dans nos
mais qui a fait absolument France : ce sont celles de
colonies les bongies de parles Anglais. Pourblanc de baleine fournies
trois
veut-on leur payer à Saint-Domningue aux ciriers du
quoi mille francs, par préférence de baleine de
cent
facteurs du blanc
Mans et aux
de raison à alléguer pour
Provence?) Il n'y a pas
celui des fantaisies
justifier cet abus, ainsi que dont je n'ai pas parlé,
de meubles et ustensiles de la Nouvelle-Angleterse
maisqu'on tire aussi
marché est insouteLe prétexte du meilleur de luxe : il est inutile, je
nable pour les objets sur cela davantage.
crois, de m'étendre
les circonstances
La fourniture des farines, recours, et qui ont
on y a eu
au
dans lesquelles de la contrebando, présentent
sccréditélabus
La farine est, pour
de discussion.
moins un objet
un premier objet
les colons qui s'en nourrissent, il est question de subde nécessité; et, quand même ne peut avoir de
sistance, la métropole
pour
taygmaniiomnemente
privilége exclusif invariablement. En vain feroit*
qu'en l'assurant
les conditions de la con=
on valoiri ici les droits,
ne doive céder a
il n'en est pas qui
cession;
sccréditélabus
La farine est, pour
de discussion.
moins un objet
un premier objet
les colons qui s'en nourrissent, il est question de subde nécessité; et, quand même ne peut avoir de
sistance, la métropole
pour
taygmaniiomnemente
privilége exclusif invariablement. En vain feroit*
qu'en l'assurant
les conditions de la con=
on valoiri ici les droits,
ne doive céder a
il n'en est pas qui
cession; --- Page 190 ---
EssA I
la première loi, celle de subsister. Ainsi,
les fois que la colonie a lieu de craindre toutes
diminution ou une suspension dans le
une
des
transport
comestibles, son administration locale est
très-fondée à appeler les secours
étrangers : c'est
ce qu'on a fait à Saint -
Domingue en
Alors les commerçans
1772.
français ont discrédité
leurs réclamations légitimes sur la contrebande
en général, en exagérant dans ce cas
un abus nécessaire, et qui cessoitd'en êtreun particulier
cette nécessité La colonie a manqué de par farines de France en 1772; j'y étois, je l'ai vu :
soit que la récolte ett été mauvaise dans l'intérieur du
royaume, s soitque les spéculations
l'on faisoit alors sur les blés eussent contrarié que
lamarche etles envois accoutumés
On a eu recours aux Anglais, et enAmérique. on a fait sagement. Ah! si le commerce national s'étoit
plaint seulement qu'ils eussent été appelés et
reçus dans d'autres ports que ceux del
il auroit eu raison ; car, dans ces cas l'entrepôt, extraor-
(*) Je ne balance pas à souténir aujourd'kui
lois prohibitives ne devoient jamais s'étendre surles que subsis- les
tances.
Pour favoriser les productions
peut imposer les comestibles
nationales, on
cas de disette ; mais
étrangers 9 excepté dans les
dansaucun Cas leur introduction
ni injuste ni dangereuse.
n'est --- Page 191 ---
Sr.-D O M I N G U E.
SU R
Texception, il convient
linaires et qui forcent
pour réduire au
d'user de précautions,
du moment.
ncore nécessaire la tolérance n'avez pas
eul objet
vous
Mais, disent les négocians, n'avons cessé de vous
manqué de farines; nous vous avez reçu celles
en apporter que parce que dont le prix est fort
He la Noeheaupems irépondent! les colons :
nférieurau nôtre. A quoi
que parce que
Nous n'avons reçu les Anglais Ainsi les uns affirvous avez cessé d'apporter- nient. Mais voici la vérité,
ment, et les autres
doit s'arrêter. La confixe oùt Pon
feroit
et le point habituelle des farines anglaises Fimporcurrence
même absolument
diminuer et cesser
la différence des prix:
tation des nôtres, par V'antoriser; ; mais on ne
ainsi on ne peut point rendre
de :
Tespunisionseneat
doit point non plus
et incertain. Celui
en cette partie précaire
à soixante mille
va à peu près
de commerce
Satint-Domingue année. Que nos places
quarts par
fourniture, et s'y engagent de
se répartissont cette
: alors il n'y a plus
enversl le Gouvernement qui justifient Padmission
prétexte ni d'accident
peut absolument
et la métropole
excède soudes étrangers;
: sa récolte
prendre cet engagement Puisque nous fournisvent sa consommation.
cette partie précaire
à soixante mille
va à peu près
de commerce
Satint-Domingue année. Que nos places
quarts par
fourniture, et s'y engagent de
se répartissont cette
: alors il n'y a plus
enversl le Gouvernement qui justifient Padmission
prétexte ni d'accident
peut absolument
et la métropole
excède soudes étrangers;
: sa récolte
prendre cet engagement Puisque nous fournisvent sa consommation. --- Page 192 ---
EssA I
sons des blés au Portugal et à la Hollande
queles colonies soient assurées de la
(*)
que les ports du royaume soient préférences
ouverts aux farines de la
en tout temps
nos armateurs les porteront Nonvelle-Angleterre:
rique,
eux-mêmes en Amé.
lorsqu'on sera forcé d'y avair
Nous voici parvenus à la partie du recours.
étranger de
commerce
taclie du Gouvernement Saint-Domingue, qui a reçu l'atpar
entrepôt au mole Saint-Nicolas Tétabihsementdun
opération contre
en 1768. Cette
laqueile réclame
le
commerce national, est-eile utile, toujonrs
cessaire?
est-elle néEtaprès avoir proscrit la contrebande
proprement dite, faudra-t-il
une tolérance consacrée
combattre aussi
J'ai hz dans un
par le législateur?
vations très-fortes mémoire prohibitif des obserlonies. La
contre les entrepôts des COporte des colonies, dit
être entièrement
l'auteur, doit
fermée à
l'exportation des
l'importation et à
vrir,
étrangers; On ne pourroitl'onpar la loi, pour un objet, qu'on ne l'ouvrit
(*) Cet excédant daus nos récoltes a si
qu'on ne peut y compter, C'est une misérable rarement lieu,
commerce et de légistation
vue de
territoire pour faire
que d'affamer une partie du
gagner Pautre, --- Page 193 ---
M I N G U E.
S U R Sr.-Do multitude d'antres; et
la frande pour une
les avenues sont
ar
quand tontes
si OIL
icelle-cis se glisse facilité n'auroit-elle pas
ermés, quelle
oà elle pourroit pénétrer? borner
ui laissoit un jour par
en
les lois probibitives,
quel-
- Restreindre
des limites pour
rétendue, leur assigner
être, ce seroit
considération que ce puisse
que détruire et les anéantir.
ile accessible de
les
effet dilficile qu'une
lors1l est en
le soit pas aux interlopes,
tous les côtés ne
denaviguer dans ses mers,
qu'ilse isaurontla liberté cêtes Ssousprélexte d'alsur ses
et de se présenter
difficultépeut
(). Quelestiobe
à d'autres
: passons
BECE
être vaincue:
de recevoir, avec despréca- denrées et
jet de cet centrepot? convenues, des
indistions et des formalicés étrangàres, dontl'emplot de la
des smarchandises
tourne au profit
dans la colonie
ces
pensable
sont ces mmarchandises,
métropole. Et quelles vous me déclaresineapaOenrdenécemine que
de fournir à la
des nègres;
cnesatatigm
ble
mais pour la subsistance
salés, riz et
quelles étoient alors
(*) On voit 1 par tous ces dstails, de commerce ; Tadmiet Pinffuence des places pour les plus justes
Yexigence étoit obligée de composer
leurinedh.
nistration
blessoient en appareace
anncessions loriquales D
ises,
métropole. Et quelles vous me déclaresineapaOenrdenécemine que
de fournir à la
des nègres;
cnesatatigm
ble
mais pour la subsistance
salés, riz et
quelles étoient alors
(*) On voit 1 par tous ces dstails, de commerce ; Tadmiet Pinffuence des places pour les plus justes
Yexigence étoit obligée de composer
leurinedh.
nistration
blessoient en appareace
anncessions loriquales D --- Page 194 ---
E Ss. AI
les bois et merrains, les
vivans, nécessaires
bestiaux et animaux
tures et à la
Al'exploitation des manufacconsommnation des
quelles denrées se, paient à boucheries;1 leschange des sirops amers dont l'entrepôt par l'étire aucun parti, et
la métropole ne
qué les
avec empressement.
Anglais recherchent
Ainsi, en
commerce
restreignant le
étranger aux articles
négocians
énoncés, vous,
français, ne perdez
casion de gagner,
pas même l'octières et denrées puisqu'il est question de maque vous n'avez
vous ne voulez pas. Assertion
pas, ou dont
truis, répond le
fausse; je la dévotre
négociant, l'exclusif. Fermez
entrepôt, et repoussez
fame et qui m'appanvrit l'étranger qui m'af.
sente; je vous fourniraides par-tout où il se préau riz et au mais,
poissons salés. Quant
votre intérêt, votre colons, cultivez - les; c'est
bourée
devoir : que cette
lapar votre esclave,
terre,
subsistance avant d'alimenter produise d'abord sa
bois, du
votre luxe. Du
tiaux, merrain, je vous en porterai; des
élevez - en dans VOS
besen à vosvoisins les
savanes; demandezDomingue;
Espagnols de Cuba, de Saintce sont les seuls multipliez avec eux VOS relations:
de
étrangers qu'il est utile et juste
dustrie, fréquenter, , parce qu'ils ont de l'or sans inet que mon industrie leur enlevera
cet --- Page 195 ---
Sr.-Do M I N G U E.
su R
à vos sirops amers, je
or par vas mains. Quant c'est une faute du Gouvernevous les acheterai :
plus tôt procuré les
ment de ne m'en avoir elieetuerez-vous pas
ces paroles
moyens. Mais vous, doute. Examinons donc
imposantes? oui, sans
les détails.
etje reprends
Je laisse ici nos interlocuteurs, convient mieux à
ma formule d'arbitrage qui et aux faits, aux cirune discussion impartiale, doivent motiver le jugeconstances locales qui
développé et comment. J'ai jusqu'à présent
mais je sens
de la liberté;
batt les avantages revenir souvent aux grands
que j'ai besoin de
par tous les peuprineipes, avoués et professés et de me pénétrer
ples fondateurs de colonies, chacun d'eux, pour
de leur ntilité relative à
ont d'insentir de préforence ce qu'ils
ç'est
ne pas
et de cruel pour tous. Oui, naturel
conséquent
est devenn l'état
cet état de guerre qui
c'est à se dépouiller
et nécessaire des nations; et c'est sur ce plan-là
qu'elles tendent toutes, les plans: ou celui qui
qu'il faut rédiger tous
opposé à
voudroit en créer un diamétralement ni les princes,
tous les autres, ne persuadant d'utile et de relatif
ni les sujets, ne diroit rien
à leur état actuel
dès
mc rapprochoisat
(*) Mon instinct, ma conscience,
l'état
cet état de guerre qui
c'est à se dépouiller
et nécessaire des nations; et c'est sur ce plan-là
qu'elles tendent toutes, les plans: ou celui qui
qu'il faut rédiger tous
opposé à
voudroit en créer un diamétralement ni les princes,
tous les autres, ne persuadant d'utile et de relatif
ni les sujets, ne diroit rien
à leur état actuel
dès
mc rapprochoisat
(*) Mon instinct, ma conscience, --- Page 196 ---
EsSAr
II est donc convenu que tout ce qui
accroître, alimenter la navigation d'une nation peut
rivale, au détriment de la nôtre, doit être sévèrement proscrit. D'après ccla, il est très-important de ne pas donner plus d'extension à la
pêche anglaise, qui a déja circonscrit la nôtre
dans des limites fort étrcites. Les poissons salés
ne sont ras la subsistance indispensable de
nègres; lorsqu'ils ont abondance de racines, nos
graines, fruits et légumes, on pourroit y
ter le boeuf et le cochon salé de
ajoufaut de la
France : et, s'il
morue, je perse que nous devons la
tirer del la France, dontlesa armateurs
si le Gouvernement vient à leur
peuvent, s
cette fourniture.
secours, faire
De ce qu'on la paiera plus cher qu'aux Anglais, il ne s'ensuit pas que ceux-ci doivent
être admis à Ia concurrence : ils ne raisonnent
pas ainsi pour leur compte ; mais c'est une
considération digne du Gouvernement, que la
nécessité de diminuer le prix des objets de
subsistance. La pêche de la morue sèche, de
la sardine, du maquerean, doit
et
étreaugmentée
encouragée par des gratifications, de mace temps-là, du point de justice et de vérité : nous
sommes pes encoro à beaucoup près.
n'y --- Page 197 ---
M 1 K G U E.
sU R Sr.-Do
puissent en supnière à ce que nos colonies présent il est imposle prix; et jusqu'à
les poissons salés
porter
de payer
à ses
sible à un habitant de les faire consommer pas
venant de France, que le roi ne pourroit lieu
nègres, parla raison mille hommes, si au
trois cent
dix.
entretenir
falloit leur en donner
de cinq sous il
câtes de Saint-Domingue,
En craminantler endroits trbs-poisomsete
qui sont en certains
d'y établir une pêche
jaiyn la posibilité
j'ai vtl saler aux
ses,
tireroit grand parti;
font endont on
sortes de poissons qu'ils
sans
nègres toutes soleils ils les conservent
suite sécher au
ou trois mois : pourquoi
deux
de cette ressource?
autre précaution
pas
nous aviserions-nous
une récompense
ne
assignoit
en vente tant
Si le Gouvernement bateau qui exposeroit salés sur la
au premier
pêchés et
de milliers de poissons qu'on ne fit des cssais,
côte, je ne doute pas
ce moyen de subet que
le cahone rénssisent,
pour
quils
devint an pnissant
les Ansistance n'en de la colonie. Lorsque que ce
tage intérienr
dans quelque genre
pas
glais entrevoient, d'utilité, ils ne soccupent vainere;
soit, un objet mais des moyens de les C'est ainsi
des diflicultés,
ordinairement.
dana
et ils y parviensent si la vigne réusiroit
qw'ayant de sayoir
pas
ce moyen de subet que
le cahone rénssisent,
pour
quils
devint an pnissant
les Ansistance n'en de la colonie. Lorsque que ce
tage intérienr
dans quelque genre
pas
glais entrevoient, d'utilité, ils ne soccupent vainere;
soit, un objet mais des moyens de les C'est ainsi
des diflicultés,
ordinairement.
dana
et ils y parviensent si la vigne réusiroit
qw'ayant de sayoir --- Page 198 ---
leurs
EssA I
colonies
par en planter; méridionales, ils ont commencé
Il seroit donc aujourd'hui ils font du vin
fourniture
très - sensé de leur enlever
des salaisons à
la
Que ce: ne soit pas en
Saint - Domingue,
que cela est
enprivantla colonie, parce
nant
injuste, mais en nous
nous-mêmes, soit
approvisionlocale, soit par la
par une petite pêche
augmentée,
grande pêche
soutenue
encouragée 9
Pour le riz et le mais, le
aussi fondé à nous demander: commerce seroit
cultivez-vous pas?
Pourquoi n'en
le partage des terres Jeréponds à
qu'en effet dans
la distribution des
Saint-Domingue, dans
d'affecter à la culture concessions, il eût été sage
terres qui y sont
des vivres du pays les
mettre
propres, et de ne pas perà tous indistinctement les grandes
venans ; c'étoit un
plantations
mer un ordre
moyen sûr de fortits habitans interméillaire, une classe de
assimilée à nos
peauroient été une
paysans riches, qui
la colonie,
ressource pour la
3 par une population
défense de
abondante, par
(*) Cette culture a été
roline et la Géorgie.
depuis abandonnée dans la Ca-
La pêche du lamentin
seroit d'une grande
sur les côtes de la
ressource.
Guiane, 9 --- Page 199 ---
I N G U E.
SUR Sr.-Dox: la médiocrité: on
du travail et de
pauThabitude fait Tout concesionnaire, faire du sucre, 9
ne l'a pas riche, a voulu sinon
tous ont dévre ou
du coton 3 et
de
moins du café,
cultures
au
de s'en tenir aux petites des troupeaux,
daigné
et au soin
de légumes,
moins de moyens,
grains,
qui exigent
donneroient un
des volailles, dehors, et qui
moins de mise
n'a jamais
sûr : le Gouvernement chacuna eu
bénélice fantaisies de la cupidité; briler et de
éclairé ces
son bois, de le
nous
la liberté d'abattre
lui plaît. De-là
faire de sa terre ce qu'il immenses des plantations
avons vu les progrès
occasionné
en ont succesivement
de café,qui le discrédit.
et
la baisse et
toutes les terres fraîches s'est
En employant la culture du café, on
à
montagnenses à
du riz, qui Y croîtroit
privé de la ressource
à croire qu'il
et on s'est accoutumé d'en faire venir de
mnerveille, simple, plus utile étoit à nous. Il
étoit plus pendant qu'elle
la Louisiane
institution, 1 et quin'a
Grande faute de la première
9 bien entendu 1
()
Un plan économique, la
una
jamais été réparée. edt conservé à métropole est pres
sur les dfrichemens, de bois précieux dont l'espace
quantité immense
que détruite.
source
à croire qu'il
et on s'est accoutumé d'en faire venir de
mnerveille, simple, plus utile étoit à nous. Il
étoit plus pendant qu'elle
la Louisiane
institution, 1 et quin'a
Grande faute de la première
9 bien entendu 1
()
Un plan économique, la
una
jamais été réparée. edt conservé à métropole est pres
sur les dfrichemens, de bois précieux dont l'espace
quantité immense
que détruite. --- Page 200 ---
EssA t
est vrai qu'il en arrivoit à volonté
sons à un prix modéré,
des cargais
Domingue
ce qui rendoit à Saintl'emploi de la terre
autre denrée. Lorsque
plus utile en une
reçusàla Louisiane, nous n'avons plus été
et nous ont donné le 1 les Anglais se sont offerts
prix : alors iln'y avoit riz à peu près au même
ou de s'en
que trois choses à faire,
cile; ou de passer le cultiver tout-à-fait, ce quiest diffiplus possiblesou, s'ilé chez soi, ce qui n'est
d'en tolérer
étoit ressource nécessaire,
a pris. Je: ne l'introduction dis
: c'est le parti
mais
pas qu'on ne puisse
qu'on
faisons, et ne croyons
fairemieux;
ou privation puisse tenir lieu pas qu'une défense
faudroit donc ordonner
d'une ressource : il
vivres qui puissent'
des établissemens en
les pois de toutes remplacer le riz, tels que
espèces, maniocs,
ignames et les patates. Qu'on
bananes,
des terres nouvellement
y affecte partie
et tous les habitans
concédées ou réunies,
plus de dix
quine peuvent pas
nègres en grande culture. employer
Malgré ces précautions, je voudrois
permettre l'entrée dans les ports de
encore
riz, graines et mais de la
France des
terre, si l'on veut supprimer Nouvelle-Anglemédiate des colonies
toute relation imavec les
quelque soin que l'on
étrangers; car s
prenne dans les Antilles --- Page 201 ---
Sr.-D o M I N G U E.
sU R
cultiver les vivres du pays, un ouragan,
pour y
accidens tris-communsdans ces
une sécheresse,
espoirde récolte et
contrées, détruisenttout
se soit bien assuré
il faut que le Gouvernements d'interdire la comd'y remédier à temps, avant
V'entrepôt. Si
munication libre des secours par de la Louipropriétaires actuels
les Espagnols,
cultiver des grains, il n'est
siane, vouloient y fit bien de leur donner
pas douteux qu'on ne
espérer d'une
la préférence: mais que peut-on ? Queles Gounation repoussante et s'entendent paresseuse et se concervernemens au moins desirables entre les deux
tent sur ces relations
jamais les colons
peuples, et qu'on n'abandonne intéricures! Considérez que
à leurs ressources
fertile dans sa jeuleur terre, prodigieusement
et
et se
journellement,
nesse, s'use
dégrade
quartiers, à
qu'on est déja venu, dans dans plusieurs les plaines ; car
la nécessité des engrais
: les
n'en sont pas susceptibles
les montagnes
enlèvent et précipitent toute
pluics, les torrens
est déboisée ; il
lorsqu'elle
la terre végétale, le tuf, qui ne peut être
ne reste bientôt que
considération décide la question ; quant aux
(*) Cette
de la cruauté à en faire un objet de
subsistances, il y.a
contrebande,
déja venu, dans dans plusieurs les plaines ; car
la nécessité des engrais
: les
n'en sont pas susceptibles
les montagnes
enlèvent et précipitent toute
pluics, les torrens
est déboisée ; il
lorsqu'elle
la terre végétale, le tuf, qui ne peut être
ne reste bientôt que
considération décide la question ; quant aux
(*) Cette
de la cruauté à en faire un objet de
subsistances, il y.a
contrebande, --- Page 202 ---
ESSA I
régénéré et fécondé qu'à la
plantant des bois.
longue en y reobligé de labonrer Or, quand le colon est
et de fumer son
Pouvez-vous exiger qu'il en fasse les frais champ,
y semer du riz et du mais P Il
pour
culture riche qui
n'y a qu'une
donc obligé alors de puisse les supporter ; on sera
gers. Ainsi la
revenirà ces secours étranle
métropole peut bien s'en assurer
transport, mais elle doit encore mieux
assurer les moyens.
s'en
Les bois et merrains sont
de la fourniture
encore une portion
clamée par le
anglaise, condamnée et récommerce de France.
L'ile de
Saint-Domingue a
les parties de l'Amérique été,comme toutes
verte de bois; les défrichemens) septentrionale, coud'abord dans les
l'ont dépouillée
plaines, , et ensuite sur les montagnes, , en sorte qu'il n'y a plus que les lieux
inaccessibles, inhabités, où l'on
-bres en haute futaie : nous
trouve des ardant pour nos manufactures consommons cepende toute espèce
et nos bâtimens
bois. Pour
une assez grande quantité de
T'exportation de nos
time qu'il nous faut
denrées, j'escinquante mille
anmellement deux cent
barriques faisant plus de
millions de merrain : si la
cinq
un tiers, c'est
colonie en fournit
beaucomp; il faut que les deux --- Page 203 ---
sU R Sr.-Do M I N C U E.
arrivent du dehors, et incesautres tiers nous colonie: ne fournira rien : car à force
samment la de brûler les bois pour les défriched'abattre et
mens, il n'en resteraplus.
essentiel, nous
Outre ce merrain, ustensile
du dehors les bois de constirons également
est d'autant plus contruction, dont la quantité
leshommes,
sidérable, que les bâtimens, comme
durent moins à Saint-Domingue que par-tout
ailleurs.
demodérer
Il étoit possible au Gouvernement
des halindiscrétion avec laquelle une partie
Pavenir, a sacrifié
bitans, sans projets pour
des forêts imà des cultures mal combinées auroit dû et on
menses et magniliques; on
à se
encore forcer chaque particulier
pourroit
haute futaie une certaine quanréserver en
dans les terres
tité de bois, à les renonveler
dans les
asées, à en planter dans les savanes, des richemins, le long des fossés,
grands des haies : il étoit conséquent de compvières,
les travers, les
ter le merrain, les poteaux,
des outils indispensables
chevrons, au nombre mais cela n'a pas été
de nos manufactures ;
fait.
étions maîtres alors de la Louisiane
Nous fournissoit ces mêmes bois à grand
qui nous
4.
tité de bois, à les renonveler
dans les
asées, à en planter dans les savanes, des richemins, le long des fossés,
grands des haies : il étoit conséquent de compvières,
les travers, les
ter le merrain, les poteaux,
des outils indispensables
chevrons, au nombre mais cela n'a pas été
de nos manufactures ;
fait.
étions maîtres alors de la Louisiane
Nous fournissoit ces mêmes bois à grand
qui nous
4. --- Page 204 ---
EssAI
marché, Il en a été de cet article
grains et des légumes; Phabitant comme des
acheter les bois du
aimoit mieux
de
Mississipi que de s'occuper
l'exploitation, de la conservation des siens.
Quand nous avons perdu la Louisiane, il
bien fallu chercher des bois ailleurs: le
a
vernement n'a pas plus alors
Goucherché à se créer des
que ci-devant
ressources; et l'habitant
qui ne voit jamais que l'instant
vit à-Saint - Domingue
présent, qui
sortir le
comme s'il devoit en
lendemain, l'habitant n'a eu
de prendre des
garde
précautions, de se donner des
entraves qu'on ne lui
est venu
suggéroit pas : l'Anglais
proposer ses moyens, 2 et on les a
reçus.
Mais sont-ils les seuls qui
puissent nous , approvisionner en cette partie P Je ne dis pas cela.
J'ignore l'état de la Guiane et ses
mais je sais qu'elle est couverte de ressources ;
bois:
curez-en donc
prol'exploitation et le transport
Après Cayenne, les colonies
riteroient sArement la
espagnoles méglais; la Louisiane
préférence sur les And'abord, notre ancien pa-
(*) Encore les buis durs de Cayenne ne sont-ils
propre à toute espèce de charpente. On ne peut tirer pas
sapin que de la partie septentrionale de
le
P'Amérique,
--- Page 205 ---
R Sr.-D 0 M I N C U E.
SU
s'il nous étoit ouvert, un
trimoine, seroit,
Santo-Dointarissable : la Havane,
inagasin Porto-Ricco, peuvent également nous
minguo,
bois de construction et du merprocurer des
rain.
V'Espagne permette d'abord
Mais il faut que
relation,
ensuite à cette
qu'elle
et concoure
l'exploitation de ses bois, en
excite et favorise
le cabotage
ouvrant des chemins, en autorisant
enfin
de ses colons et des nôtres, en convenant du nôtre
est autant de son intérêt que
qu'il
liaison fructueuse à la marine
de rompre toute faut bien que l'Espagne ait
anglaise. Il s'en
déféré à cette convenance : inaccessible
jamais c'est le jardin des Hespérides.
à tous,
de Nantes a inconsidérément
Le commerce
de
de suppléer à cette importation
proposé de merrain ; il assuroit que le royaume
bois et
abondamment, et que ce seroit une
en fournit
partent
occasion de fret pour ses vaisseaux qui Vraiment
souvent à vide ou à demi - charge.
en fournit et beaucoup trop;
oui,1 le royaume
merrain seroit bien mieux
car l'arbre débité en
maritimes. Rien ne
employé dans nos chantiers extraction nouseroit plus mal vu que cette diminuent sensivelle des bois de France, qui
des impôts
blement depuis que Vaugmentation
ume
bois et
abondamment, et que ce seroit une
en fournit
partent
occasion de fret pour ses vaisseaux qui Vraiment
souvent à vide ou à demi - charge.
en fournit et beaucoup trop;
oui,1 le royaume
merrain seroit bien mieux
car l'arbre débité en
maritimes. Rien ne
employé dans nos chantiers extraction nouseroit plus mal vu que cette diminuent sensivelle des bois de France, qui
des impôts
blement depuis que Vaugmentation --- Page 206 ---
Ess A I
et du luxe en fait faire
de vingt années. Les l'exploitation par coupes
propriétaires des forêts
assujétis au vingtième d'un revenu
gueroit à mesure qu'ils laisseroient qui s'éloiinûrir leurs bois, le débitent
croître et
boisde
en merrain et en
chauffage dontla consommation devient
excessive. Si vous y joignez celle du
nage, des ameublemens, des
charrose multiplient
constructions qui
infiniment, on concevra
restera bientôt plus un seul arbre
qu'il ne
marine. Et certes, n'ayant
propre à la
niles forêts.du
plus à notre service
du
Canada, ni celies de l'intéricur
royaume, les Anglais devenant de
plus les maîtres du commerce du
plus en
vois pas trop comment nous
Nord, je ne
nir notre navigation. Cette pourrons entreteobservation
m'échappe, seroit bien digne de
qui
l'attention du
Gouvernement; elle doit au moins suflire
satisfaire les négocians de France, dont pour
plus éclairé dirigera l'activité
un zèle
praticables.
sur des ressources
Leur commandement aux colons d'élever des
bestiaux, ou d'en demander aux
tôt qu'aux Anglais, présente
Espagnols pluquelques difficultés
encore à l'examen
des
: il faut, pour le service
manufactures, des chevaux, des boeufs
des mulets; pour la nourriture des
et
des colons, des bccufs, des
troupes et
cochons, des moutons,
- --- Page 207 ---
Sr.-Do M I N G U E.
s R
l'établisIlya eu des réglemens sensés pour ils n'ont été
sement des hattes et corails-jamais les lois sont
exécutés, parce qu'en général
nulles à Saint-Domingne. ont été concédées
Si toutes les terres qui
seulement,
d'élever des bestiaux
à la charge
au lieu de
n'avoient point eu d'autre emploi, superflu.
du nécessaire nous aurionsdus
manquer
terres ne sont pas en friche,
Mais enfin ces
chose, et ces produits
elles produisent quelque
sont reversibles à la métropole.
de réMaintenant il est presque impossible
les
tablir les hattes. Le pays est trop déconvert,1
les sécheresses trop
cultures trop rapprochées,
trop multifréquentes, et les nègres-marrons
pliés.
! cela est bien
Adressons-nous aux Espagnols
a fait. Ceux de St.-Dodit, et c'est ce qu'on d'autres ressources que
mingue sur-tout n'ont
mais j'ai yu en
la vente de leurs animaux ;
interrompu.
absolument
1771 ce commerce naturelle et la communauté
Malgré l'alliance réunit les deux nations 7 nous
d'intérêts qui
tout ce que la jalousie,
éprouvons de leur part
suggérer
l'aigreur et la malveillance pourroient coloniale,
à des ennemis. Leur administration sur la sordifficile, arbitraire et fiscale, impose
ressources que
mingue sur-tout n'ont
mais j'ai yu en
la vente de leurs animaux ;
interrompu.
absolument
1771 ce commerce naturelle et la communauté
Malgré l'alliance réunit les deux nations 7 nous
d'intérêts qui
tout ce que la jalousie,
éprouvons de leur part
suggérer
l'aigreur et la malveillance pourroient coloniale,
à des ennemis. Leur administration sur la sordifficile, arbitraire et fiscale, impose --- Page 208 ---
EssA I
tie de ces bestiaux des droits
permet la vente
excessifs, n'en
Jeur colonie
qu'en un seul lieu ; le reste de
est cerné de gardes, d'abatis
bres, de fossés qui rendent les
d'arcommunications
impossibles; en sorte que les
les plus distans du marché quartiers français
vent s'approvisionner
espagnol ne peumins
par la difficulté des
et la nourriture des animaux
cheCe n'est pas tout : le
au retour.
recevoir en échange gouvernement ne veut
tibles
aucune espèce de
ou de marchandises ; c'est
comesqu'ils veulent être
avec de l'or
le
payés. En voici la raison :
commerce trés-misérable de leur colonie de
St.Domingue est livré à une
vilégiée, qui s'est chargée de compagnie priment exclusif, qui expédie l'approvisionnetrois vaisseaux
pour cela deux ou
par année. Pour favoriser cette
compagnie,il faut lui sacrifier l'aisance de
la peuplade de
toute
vendant
St.-Domingue, qui, en nous
ses animaux, , reçoit en échange de
nons, toutes ses commodités, tous ses besoins.
Voilà ce que le Gouvernement
et ce qui a fait multiplier les droits n'entend pas,
les corps de garde et les
de sortie,
confiscations Or
(*) Les Anglais, 1 en interdisantlabord de leurs
2ux étrangers, ne les laissent manquer de rien colonies
: mais les --- Page 209 ---
1 M I NG U E.
sU R Sr.-Do
annuelleà nous, de payer
et
nous convient-il,
en argent
trois millions aux Espagnols
sufment
? Pourrions-nous y
non en marchandises
pas bientôt épuifire? la colonie ne seroit-elle même l'argent qu'ils
sée, si nous leur rendions
en contrebande?
nous apportent des mulets à la côte d'Espagne
Le commerce
entraves; c'est à coup
est sounis aux mêmes faire la traite: leurs prinde fusil qu'il y faut
vendre
cipes sont
ainsi les mulets 9
ieaieere
d'avoir celle d'acheter ;
n'avons point
que
les beeufs que nous
à
les chevaux,
faut nous procurer quelchez nous, et qu'il
nous sont refusés par
prix que ce soit,
qu'il est en
que
espagnol, antant
le gouvernement
lui de le faire.
comment se soustraire
. Dans cette position, ? Maîtres de la rive
aux secours des Anglais
le comils en partagent
gauche du Mississipi,
ils profitentr tmême
merce malgré les Espagnols, arrivent dans nos ports
de leur pavillon; ils
Ceux-ci ayant des
avec des congés espagnols. contraires à ceux de
principes et des intérêts
faire. Après le malne veulent ni faire ni laisser de
est de n'en
Espagnols mauvaises lois, ce qu'il) y a pire,
heur des
V'injustice et le danger.
pas apercevoir
le comils en partagent
gauche du Mississipi,
ils profitentr tmême
merce malgré les Espagnols, arrivent dans nos ports
de leur pavillon; ils
Ceux-ci ayant des
avec des congés espagnols. contraires à ceux de
principes et des intérêts
faire. Après le malne veulent ni faire ni laisser de
est de n'en
Espagnols mauvaises lois, ce qu'il) y a pire,
heur des
V'injustice et le danger.
pas apercevoir --- Page 210 ---
EssA I
leur gouvernement, s'associent
chands anglais,
avec les mardeviennent leurs
nous approvisionnent,
facteurs, et
par eux, de chevaux,
debeenfsetà de mulets, etc. Certainement
le ministère espagnol voudra
quand
celui de
s'entendre avec
France, cette fourniture d'animaux
peut etreinvariablement
adjugée aux
sans l'intervention des Anglais.
Espagnols
Tels sont les articles, en y ajoutant
ci-dessus énoncés, que la
ceux
fournit à Saint-Domingue, Nouvelle-Angletere
car l'extraction
quila paie en sirops;
frauduleuse des autres,
ne peut avoir lieu que
denrées
nègres.
pour payer la vente des
Il y a trente ans qu'on ne tiroit aucun
des sirops amers qui sont le dernier extrait parti du
sucre terré; on les' abandonnoit aux
Les
animaux.
Anglais nous avoient appris à les
et à en faire une eau-de-vie dont distiller,
plus salutaire que celle qu'on fait l'usage est
mais Ia consommation
avec du vin;
n'en étant
en France, les guiidives établies dans point la permise
n'ont pu fournir
colonie
qu'aux besoins
Celles des
intérieurs,
Anglais, au contraire, ont tellement
prospéré, que nos sirops amers ont été portés
par eux à un prix assez avantageux
être
regardés aujourd'hui comme le dixième pour de nos
revenus. --- Page 211 ---
Sr.-Do MI I N G U E.
Su R
de M. le duc de Praslin,
Sous le ministère
dont les négocians
cette branche de commerce,
fut absos'accommoder,
rançais ne pouvoient
et on leur assigna
ument livrée aux Anglais, entrepôt à SaintSaint-Nicolas pour
e nole
millions tournois
Domingue. J'estime à quatre ainsi voilà un tribut
e produit de nos sirops: la colonie de Saintimposé aux Anglais par débouché avoué par le
Domingue; voilà un
coloniale dont il
égislateur, pour une denrée national de se
ne convient point au commerce
charger.
le Gouvernement en perMais qu'a prétendu d'acheter nos sirops ?
mettant aux Anglais
en argent? La
espéroitil qu'ils les paieroient en denrées,
abondante
Nanvelle-Anglatene, mais pauvre en espèces
riche de son industrie, sûreinent pas consenti
d'or et d'argent, n'auroit ainsi il n'a pu être fait
à ce marché onéreux;
En leur onvrant le
d'aucune des deux parts. leur avons donc dit,
mole Saint-Nicolas nous fait: Portez nous pour
ou sommes censé l'avoir
d'animillions de bois et de merrains,
quatre
de grains, dont nous manmaux, desalaisons,
en sirops. Voila
quons, et nous vous paierons s'est faite entre les
la convention tacite qui accédé le commerce
deux nations, àlaquelle a
n'a pu être fait
à ce marché onéreux;
En leur onvrant le
d'aucune des deux parts. leur avons donc dit,
mole Saint-Nicolas nous fait: Portez nous pour
ou sommes censé l'avoir
d'animillions de bois et de merrains,
quatre
de grains, dont nous manmaux, desalaisons,
en sirops. Voila
quons, et nous vous paierons s'est faite entre les
la convention tacite qui accédé le commerce
deux nations, àlaquelle a --- Page 212 ---
EssAI
national, puisqu'il ne pouvoit
de cette partie de nos
pas- se charger
consenti le
produits; à laquelle 6
Gouvernement,
cet abord
puisqu'il a permis
d'étrangers qui ne peuvent acheter
qu'autant qu'il leur est permis de vendre.
Aujourd'hui les négocians de la
voulant rompre absolument
métropole
commerce av vec les
toute liaison de
ce ne peut être
Anglais, et sentant bien que
ché à
qu'en donnant un autre
nos sirops, en sollicitent
débouFrance. N'oubliez
l'entrepôt en
noie avec
pas que ces sirops sontlamonlaquelle la colonie paie
riz, le bois, le merrain, les
aujourd'hui le
dont
salaisons, lesanimaux
l'importation lui est
le commerce de France
nécessaire ; qu'ainsi
de
prend toutes les
l'entrepôt en en demandant le
charges
Mais il ne suffit pas de lui bénéfice.
permission, il
en accorder la
En
y a d'autres obstacles à vaincre,
supposant que les secours dont les
sont la solde, puissent être
sirops
cés, il faudroit
sûrement rempladébit de ces
encore assurer l'emploi et le
sirops; et le commerce
tout ce qu'il y a à faire
cela voit-il bien
d'abord réduire à de pour
? Il faudroit
mens pour
moindres frais les armeintrinsèque Saint-Domingue. Tant que la valeur
d'un objet de cargaison sera
qu'égale à la valeur de son
prestransport en Europe, --- Page 213 ---
M I N G U E.
su n Sr.-Do
: or maintenant
commerce doit y renoncer estimée cent vingt livres,
detalia,
être portée
ne barrique
de quarante pour
1 conteroit plus
trans1 Europe.
donc de destiner à ce cons1l conviendroit flàtes navigables par leur avec
ort de grosses
des inanonvres,
uction et la disposition On pourroit décharger des
équipages.
e moindres seulemment de Vemhangument à
es bâtimens
réduire létatmajor tout
ovices et des mousses, les dispenser de
maîtres ou pilotes, d'ancrage et amienx
d'engagés, droit
Fansport et
la sortie, le
auté;
encourager
acte
CSEE
ratifications pour ce ne seroit qu'un
ransport des tafias,
onséquent à son objet. dû le dire d'abord,
et j'aurois
aux. Anglais
Je suppose, à vendre nos sirops convertis en
fu'en renongant arrêté qu'ils seroient
hous avons
et qu'en conséquence
afias à SaintDoninguer y seroit provoqué,
établissement des guildives convenables.
ncouragé par tous les moyens rendus en France peut
L'emploi de ces talias manières: ou le débiten
combiné de deux
du
et pour
être
Pintérieur royaume
dessera libre pour il) n'aura que cette dernière
Vétranger, ou
tination.
rops convertis en
fu'en renongant arrêté qu'ils seroient
hous avons
et qu'en conséquence
afias à SaintDoninguer y seroit provoqué,
établissement des guildives convenables.
ncouragé par tous les moyens rendus en France peut
L'emploi de ces talias manières: ou le débiten
combiné de deux
du
et pour
être
Pintérieur royaume
dessera libre pour il) n'aura que cette dernière
Vétranger, ou
tination. --- Page 214 ---
EssA I
Dans les deux cas, les marchands.
et les propriétaires des
d'ean-de-yi
entendre leurs
petits vignobles feror
plaintes, 3 ils vont être ruinés
cette concurrence; les
pa
-
ferniers des aides
dront à leur secours, et on
vien
tne mauvaise
prouvera que c'es
colons de
opération que de protéger le
du Poitou Saint-Domingue au préjudice de ceu:
et de la Saintonge. Il y a
un moyen de la rendre bonne, c'est cependan de
plier les consommateurs d'eau-de-vie
multi
en étendant
et de tafia
nos relations dans le Nord, er
Suède, dansle Danemarck et la
et
sant dans l'Inde et le Levant des Russie, fai
seulement,
envois de tafir
qui y convient micux au
et peut être employé éauxboissons
climat,
pays chauds.
composées des
Dastinons-les aussi à la traite des
sur. la côte de Guinée; etla
nègres,
roit en devenir immense, si consommation pour
couragé, devenoit
ce commerce, enMe
lui-même plus considérable,
voilà toujours inyoquant les
mens, les soins, l'attention du
encourage
sur tous les objets, tous les
Gonvernement
ne connois point d'autre détails; c'est que je
les intérêts
ressort, c'est que tous
particuliers se croisent et se détruisent, et qu'iln'y a que l'intérêt
en action par le législateur,
général, mis
qui puisse
conserver et créer.
diriger, --- Page 215 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SU R
qu'on vient de lire,
Après les observations dans le plus grand détail,
près avoir discuté,
les raisons et les moyens
sprincipes, les faits, facile de conclure et
Epecifs, il devroit être
prendre sur cette
indiquer le parti définitifà étranger. Pourmestion célèbre du commerce embarrassé? C'est que
uoi cependant suis-je a été souvent dangeet qu'il
écris en France, idées et son argent à notre
pux de prêter ses
l'un et l'autre genre on
AIministration. Dans ou lon est forcé d'en
oit réduire son capital, pour être conséquent
l'emploi: ainsi,
réflexions, je
Pgretterl
et à mes propres
mon exposé
des ressources intérieures
levrois arrêter le plan
des soins,
des encouragemens, les
t nationalés, relations utiles avec Espales procélés, des
la colonie à une prohibinols, ets subordonner
subordonné à son
jion absolue, comme j'ai intime; mais j'avoue
principe mon sentiment
car tout
ce n'est point là ma conclusion,
ue
s'adjoignant au ministère,
aiseur de projets
voit tout de suite
Jans le moment où il écrit,
et cellemémoire converti en ordonnance, La légdon
si j'en étois l'auteur. le mouà m'inquiéteroit de nos opérations,
reté et Vinstabilité de ceux qui y concourent, bon
Nement perpétiel
Faraseai
comme j'ai intime; mais j'avoue
principe mon sentiment
car tout
ce n'est point là ma conclusion,
ue
s'adjoignant au ministère,
aiseur de projets
voit tout de suite
Jans le moment où il écrit,
et cellemémoire converti en ordonnance, La légdon
si j'en étois l'auteur. le mouà m'inquiéteroit de nos opérations,
reté et Vinstabilité de ceux qui y concourent, bon
Nement perpétiel
Faraseai --- Page 216 ---
EssAr
que par l'indivisibilité de toutes ses
seroit celui de la prohibition.
parties: ti
de celle des noirs et des
Je ne parle pé
bande
farines, dont la contre
peut et doit cesser mais
ment d'un entrepôt dans les
l'établisse
autres objets, ne pourroit être colonies, pourk
utilement
que par un Gouvernement qui n'est
détru
La marine, les colonies sont
pasle nôtre
la tête d'un seul homme sous la main et dar
qui change
ment, et leur régime change
incessam
Le successeur laisse
avec ce ministr
subsister une
en annulle une autre,
loi, mais
sans laquelle la premië
devientinconsiquene le
ou abusive, et il n'a
temps et les moyens de s'en
p:
seul, ou entouré de
apercevoir; il e
gens qui n'osent
comme lui. Supposons donc.
penser qu
avec les meilleures
que ce ministre
vues et les lumières les
sûres, adopte le plan dont est
pl
mulgue sa loi
question, et prc
prohibitive; il veille sur les rem
placemens, sur les
.donne, en
encouragemens, il les O)
lui; il
supposant qu'ils dépendent tous d
passe ensuite à d'autres
est-ce qui veillera
affaires. Qi
commis? Mais
pour lui sur celle-là P So
les expéditions, les lettres, le
(*) Je réclame toujours
tion des comestilles.
maintenant contre la prolib
S --- Page 217 ---
Sr.-DO I NG U E.
S U R
se succèdent et s'ales bordereaux qui
les
tats,
à ce subalterne d'État?
honcellent, permettencilie d'un homme
randes vues et les moyens
manquent aux
les encouragemens
ne peuvent
Pependant
et ceux-ci
rien
olons, aux négocians, 3 la pêche n'a
emplir leurs engagemens vivres à Saint-Doningue
endu, les récoltes en
continuent à être
les Espagnols
ministre de
ont détruites, On rend compte au milieu de
habordables. la lettre échappe au bureau
Pétat des choses, le ministre et son
leux mille autres 5
reste. Un officier
et la prohibition
dans
Hhangent, qui est venu à Saint-Domingue de ce
Barde-cote
la loi et les instructions
avec
que le nouintervalle, n'est plus, est prévenn sévérité de sa
ninistre qui prohibitif tient à la
il
veau régime
il éloigne,
proisière contre les interlopes; et la colonie
obatinément les secours, leurs nègres dans
empèche
Ies habitans et
est aux abois,
dans Tignorance
et le ministre
d'y
le désespoir,
et dans Timpuissance
de ce qui se passe,
remédier.
c'est-là ce qui nous
Vivons au jour le jour, emploie les précauconvient. Que le ministère les ressources naaccueille et multiplie
mais laissons
tions,
la suffisance;
de la
tionales, en prépare
le commerce
Y'entrepôt, et que
subsister
Ies habitans et
est aux abois,
dans Tignorance
et le ministre
d'y
le désespoir,
et dans Timpuissance
de ce qui se passe,
remédier.
c'est-là ce qui nous
Vivons au jour le jour, emploie les précauconvient. Que le ministère les ressources naaccueille et multiplie
mais laissons
tions,
la suffisance;
de la
tionales, en prépare
le commerce
Y'entrepôt, et que
subsister --- Page 218 ---
a
EssAr I
métropole s'en console en considérant
qui pourroit résulter du
le mal
vant en outre plus de contraire, et en recedes Anglais
quinze cent mille franc:
pour les vins,
savons de France qu'ils
liqueurs, huiles et
Saint-Domingue.
achètent par occasionà
- CHAPITRE III
De Pesportation.
Sr nous avons pa indisposer la
Je détail de quelques
métropole par
ses jouissances exclusives. infidélités, voici celui de
ver grace à ses
La colonie doit troula totalité de yeux, en versant dans son sein
ses richesses, le
de ses
produit immense
contraventions; et s'il se
une soustraction, n'oublions
trouve encore
gie de causes et d'effets
pas cette généaloordre d'événemens. qui détermine un certain
Il sort annuellement de
et on y charge sur les
Saint - Domingue,
ravires nationaux
En sucre blanc > Brut,
80,600,000 à
5ott oJ
28,800,000 à .
Café, 38,900,000 à .
27 O
O 10
: (*) Tel étoit P'eztrait du
receusement de '774.
a --- Page 219 ---
Sr.-DON M I N G U E.
SUR
IO O
Indigo 1 1,207,700, à
11 10
Coton, 1,507,000, à
6 O
Cuirs, 12,000, à.
5 O
Piastres, 1 200,000, à
I 10
Cacao, 40,000, à
de cet état,
On peut mne contonerTexactitude difficile de s'en procurer
mais j'assure qu'il est
de plus fidèle.
vend en outre aux Anglais pour
La colonie
millions de sirops amers;
quatre
quatre cent mille francs
Aux Espagnols, pour
de tafia.
aussi dans son
Mais nous devons comprendre
de
la portion de marchandises
exportation
occasion de vente aux
France dont elle procure
Je Tévalue, pour les Anglais,
étrangers.
15oft
A deux mille bariques de vin, à
8a
Cinq gents quintaux d'huile 1 à
Six cents quintaux de savon, à
Dix mille pots de liqueurs, à.
Pour les Espagnols.
de vin, à
15ott
Huit cents barriques
Deux mille barils de farine 2 à
Huit mille pots de liqueurs, à
600,000
Toile et soieries 2 à.
350,000
Bijouterie 7 à
130,000
Ferremens 1 à
1,000,000
Sucre, café, indigo, savon,
4.
ile 1 à
Six cents quintaux de savon, à
Dix mille pots de liqueurs, à.
Pour les Espagnols.
de vin, à
15ott
Huit cents barriques
Deux mille barils de farine 2 à
Huit mille pots de liqueurs, à
600,000
Toile et soieries 2 à.
350,000
Bijouterie 7 à
130,000
Ferremens 1 à
1,000,000
Sucre, café, indigo, savon,
4. --- Page 220 ---
EssA I
Nous payons aussi aux Anglais la
leurs fournitures licites
(*) solde de
café et
mais
et illicites, en sucre,
leuse indigo;
cette exportation
est moins considérable
fraudule dire: carsiles
qu'on n'affecte de
Anglais ne font avec nous
commerce d'échange, et leur
qu'un
en être caution, ils ne
intelligence doit
leusement
la
peuvent enlever fraudunie nécessaire que quantité de denrées de la colopour solder l'échange,
point d'espèces à nous donner.
n'ayant
On oppose à cela l'introduction
de monnoie de" bas aloi,
par eux faite
servirqu'à payer l'achat de comme ne pouyant
n'étoit pas là l'objet des
nos denrées; mais ce
fripons de la NouvelleAngleterre, qui nous ont ainsi
le bon or qui circuloit à
trompés : retirer
Saint -
en substituer de mauvais,
Domingne, et
voilà ce
loient, et ce qu'ils ont exécuté
qu'ils vouqui nous expose à la dérision. avec une facilité
noie mérite
Cet article monquelques détails. En
portation de piastres à
parlantdelimEspagnols,
Saint-Domingue par les
j'aurois dû dire qu'ils nous
aussi fourni de l'or; il- est
avoient
terminer méme,
impossible d'en dépar approximation, la quan-
(*) Ce que nous appelions Anglais alors sont
ricains d'aujourd'hui.
les Amé-
- --- Page 221 ---
St.-DOMI I N G U E.
SUR
qu'éprouve la
toutes les vicisitudes avec les Estité, par utile que nous faisons
et de
contrebande
d'or d'Espagne
Mais les monnoics circulantes à Saintpagnols. étant les scules
ici comPortugal il convient que yexplique
La
Domingue,
en en fixant la valeur. subir
ment ons'est trompé la colonie vient de
dernière révolution que ici naturellement sa
trouve
en cette partie,
place.
QUATRIENE
CHAPITRE
ont cours à Saint-Domingus:
Des monnoies qui
de fliinterlope et les conrses
les
LE commerce
ont introduit
bustiers à la côte d'Espagne et d'or que nous
premières espèces d'argent d'où on les exportoit
à SainteDomingue,
de nos
voyons
les grands produits
France avant que
les armaen
de retour pour
cultures fissent un objet les espèces.
profitable que
frappées à
teurs plus
d'or et d'argent
Alors les matières
cette considéraétranger, et qui, par
un coin
dû être que marchantion, n'auroient jamais
dans nos iles-duont servi de monnoie été assimiléesal la
dises,
elles ont
fixée par
vent et sous-lervent; et leur valeura été
monnoie nationale,
France avant que
les armaen
de retour pour
cultures fissent un objet les espèces.
profitable que
frappées à
teurs plus
d'or et d'argent
Alors les matières
cette considéraétranger, et qui, par
un coin
dû être que marchantion, n'auroient jamais
dans nos iles-duont servi de monnoie été assimiléesal la
dises,
elles ont
fixée par
vent et sous-lervent; et leur valeura été
monnoie nationale, --- Page 222 ---
& - EssAr
le change sans aucune altération
mière faute dont
: c'est une
on n'aperçut point les prequences; nous nous sommes mis
consédépendance du
par-là dans la
gouvernement
pouvoit à volonté diminuer le espagnol, qui
de sa
titre ou le
monnoie, et nous la donner
poids
même prix.
toujours au
Mais si cet acte de mauvaise foi
d'un gouvernement,
étoit indigne
exemple, on devoit quoiqu'il ne soit pas"sans
dité des
au moins craindre que l'aviparticuliers
fit tentée
étrangers ou nationaux ne
par l'appât d'un bénéfice
facile, ainsi que cela est arrivé. énorme et
extraordinaire
Il est trèsdésordres
qu'au lieu de voir les abus et les
qu'entraineroit cette
et simple de pièces
admission pure
monnoie,
étrangères, en
on n'ait
qualité de
moyens propres à
paru s'occuper que des
angmenter le mal.
C'est ce qu'on a fait en cherchant
et à fixer à
à multiplier
Saint-Domingue les
pagne et les
On
pistoles d'Esportugaises.
a
augmenté leur valeur
successivement
sont
jusqu'au taux où elles
aujourd'hui : on a,
menté le
par gradation,
change avec
augen sus; opération aussi PEurope, jusqu'à un tiers
absurde en
4 que dangerense par ses
elle-même,
Cette
conséquences.
opération fut fondée sur la crainte de --- Page 223 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SU R
dans un moment ai
voir disparoître ces espèces comparée à la quanla rareté de nos denrées, les exporter, offroit
tité des navires venus pour
d'or ou d'argent;
plus utile en pièces
celui du
un retour
n'étoit que
toumais ce remède dangereux marchandises est
moment. La valeur des celle du signe qui les
avec
trois
jours en proportion que vous nommicz
paie, et peu importe même pièce qui ne vaut que
Amérique la
Le facteur
en dans les marchés d'Europe. de deux à trois,
deux
aussi sa marchandise
Vaugmentaportera l'échange de nos valeurs,
et, dans
ne sera quillusoire:
tion des quantités final de toute angmentation
Voilà le résultat
quand la matière
sur les monnoies,
d'apprénumérique le titre sàr, les moyens la cause
est connue,
et lorsque
ciation exacts et uniformes,
pas d'une
ne provient révolude cette augmentation disette de métal, qu'une
soustraction ou
faire passer d'un royaume
peut
tion quelconque
dans un autre.
cette circonstance, l'augAinsi même, dans
et ne peut
18treuileqwon
estillusoire,
de
mentation
diroit aux créanciers
instant au prince qui
d'or avec lequel j'en
Etat: Voilà un marc
son deux que je vous dois. somnes a Saintpaie Mais dans la position ou nous
ne provient révolude cette augmentation disette de métal, qu'une
soustraction ou
faire passer d'un royaume
peut
tion quelconque
dans un autre.
cette circonstance, l'augAinsi même, dans
et ne peut
18treuileqwon
estillusoire,
de
mentation
diroit aux créanciers
instant au prince qui
d'or avec lequel j'en
Etat: Voilà un marc
son deux que je vous dois. somnes a Saintpaie Mais dans la position ou nous --- Page 224 ---
EssAr
Domingue, angmenter la valeur
d'une monnoie dont
numéraire
trice, dontletitre nous n'avons point la madont
n'est pas garanti parle
aucun moyen
prince,
légalement
d'appréciation ne peut être
déterminé, c'est s'exposer
ment à être volé.
gratuiteSi vous considérez ensuite
espèces circulantes
que partie de ces
la colonie,
quel'on cherche à fixer dans
consiste en pistoles cornues, rondes,
octogones; ; que leur forme
pourvue de cordons laisse irrégulière et dé
facilitéde les
aux fripons l'utile
rogner, il est clairque, d'une part,
l'augmentation de la valeur
l'autre la soustraction de la numérique, et de
valeur
rompront toutes les
intrinsèque,
de nos
proportions, tout l'équilibre
moyens d'échange avec la métropole.
Telétoitlrétatoin
depuis
hcmdemusuaeeninge
plusieurs années, sans qu'on s'en fit OCcupé, et sans qu'on imaginât qu'il
pirer. On s'étoit accoutumé à
pourroit emun fonds inamovible, la
regarder comme
circulant dans la
masse des espèces d'or
colonie : elle
moins deux
représentoit au
qui la fixant cinquièmes à
en sus de sa valeur; ce
roit,
la perpétuité dans l'ile, nous assupour circulation
déja trop considérable, intérieure, un capital
et qui ne pouvoit
menter par le bénéfice à faire sur l'entrée qu'aug- des --- Page 225 ---
Sr.-DO M I K G U E.
SUn
de Marseille
En effet, un négociant au Cap de trèsespices le premier d'envoyer sculement, au
Amagina avec des portugaises
lui donna
gros nayires
ordinaire; ce qui
du
lieu de cargaison bénéfices, par Tavantage briéveté
d'abord de très-gros
des frais et la
change, la dimination
pratiquée
des voyages. opération a été constamment des denrées des
Cette de la baisse oocasiomnelle en ont prévu
lors
ou lorsque les armateurs mais à mesure
colonies, demande en Europe; les denrées étant
une grande
augmentoit,
quele numéraire relatifà cette angmentation,
montées à un prix
des espèces ne trouvant Gènes
ceux qui même envoyoient bénéfice, LLRNnNAAC et cette nouplusl sle Genève d'un poids inférieur; risque pour
et à
réussit sans aucun
l'objet,
velle spéculation
mieux remplir
auteurs. Car pour
dans la colonie,
ses d'attirer et de fixer les espèces les pièces foibles.
bien de rebuter
les pistoles 9:
on se gardoit tolérance eut lieu pour
rosLa même
d'Espagne
doubles pistoles et quadruplcs bornes, iln'y
faute d'en avoir marquélest
intrinnées; ; et
fixe entre leur valeur
eut plus de rapport numéraire. La légéreté,
sèque et leur valeur
de rendre dontenx
l'altération ont été au point
leur
qui curactérioient
le volume et Temprcinted
foibles.
bien de rebuter
les pistoles 9:
on se gardoit tolérance eut lieu pour
rosLa même
d'Espagne
doubles pistoles et quadruplcs bornes, iln'y
faute d'en avoir marquélest
intrinnées; ; et
fixe entre leur valeur
eut plus de rapport numéraire. La légéreté,
sèque et leur valeur
de rendre dontenx
l'altération ont été au point
leur
qui curactérioient
le volume et Temprcinted --- Page 226 ---
216 /
EsSA I
valeur : il; n'yavoit plus de signe certain
distinguer un louis et un
pour
louis et un
demilouis, un double
quadruple. Le gonvernement s'aveugloit sur les conséquences; et cependant le désordre étoit déja tel, que les particuliers, les
commerçans, de leur propre autorité, et par un
concert unanime, convinrent que le louis qui
peseroit au-delà du demi-louis, scroit
30 livres 5 le double louis qui
reçu pour
du louis et demi, seroit
peseroit au-delà
le
reçu pour 60 livres; et
quadruple qui pescroit plus de deux louis'et
demi, seroit reçu pour 120 liv.
Contrefaire de
le
pareillesespèces sans en altérer
titre, et les introduired S.-Domingue,
d'aprèsla tolérance du
c'étoit,
gouvernement surla
retéde ces espèces et ses principes connus surleur légdintroduction; c'étoit; dis-je, tenter, sans
nn nouveau genre de commerce
péril,
de prime abord
qui donnoit
vingt - cinq pour cent de bénéfice : les Anglais, nos voisins, Ont profité de la
circonstance. Reçus au môle Saint-Nicolas, admnis même, à certaines conditions, dans les
d'amirauté, où ils portoient des bois, des ports légunies, des animanx vivans, ils ont
d'abord avec modération leurs
répandu
quadruples de New-Yorck,
pistoles et
qu'ils changeoient
contre des portugaises Tappât dh gain les a --- Page 227 ---
0 M I N G U E.
SU R Sr.-D
et quabientôt plus avides. / Ces pistoles
rendus
étoient d'un très-bon or;
druples contrefaites,
un quart sur le
de gagner
ils se contentoient donner pour 120 livres une
poids, et de nous réellement que 75 livres.
pièce qui n'en valoit
cette valeur par l'alIls ont réduit peu à peu
enfin nous
linge à moitié, au tiers, au quart; en paiele cuivre doré donné et reçu
avons vul
ment pour de lor.
arrêtés et consuccessivement
Deux Anglais
en ont été quittes
vaincus de cette introduction,
averti
Le gouvernement,
pour le bannissement.
a ordonné des
par le cri public, a délibéré, arrêter les maprécantions pour contenir et empêcher que la
nceuvres des étrangers, contrefaites pour
n'augmente
masse de ces monnoies ne les a pas proscrites
dans la colonie; mais on de poids léger restent
dans la cireulation: celles instant de crise qui
dans le mnême état; et cet
rétablirl'ordre,
devoit nous éclairer, quidevoit le désordre. On.
n'a servi encore qu'à augmenter étoit plus dangerenx
a mis en question s'il monnoies; on a craint
qu'utile de toucher aux
les esde ruiner la colonie, si l'on proscrivoit le sigue de la
pèces rognées, sil'on rapprochoit
si on
valeur. Tout le numéraire va disparoitre
dans le mnême état; et cet
rétablirl'ordre,
devoit nous éclairer, quidevoit le désordre. On.
n'a servi encore qu'à augmenter étoit plus dangerenx
a mis en question s'il monnoies; on a craint
qu'utile de toucher aux
les esde ruiner la colonie, si l'on proscrivoit le sigue de la
pèces rognées, sil'on rapprochoit
si on
valeur. Tout le numéraire va disparoitre --- Page 228 ---
Ess A I
ne reçoitl'orqu'au poids;
les denrées vont
lesalhireslanguiront
baisser, tout est perdu.
Voilà le langage que tiennent ceux
moins d'inconvéniens
qui voient
et de danger dans le
actuel que dans les remèdes possibles.
mal
Le commerce, au contraire, profite de cette
circonstance pour se plaindre hantement de
l'admission des étrangers à l'entrepôt, leur inn
putant, avec raison, le désordre des
Ils en infèrent la nécessité de
monnoies
prohibitives, de circonscrire maintenir les lois
colons dans'leurs relations rigoureusement les
ils desirent de voir l'or
avec la métropole:
et l'argent devenir marchandises, non pas parce que le contraire
un mal dans l'état actuel, mais
est
retours seroient plus
parce que les
faciles, les bénéfices
certains. Ils demandent l'exclusion
plus
absolue des
Anglais, non pas parce qu'il est facheux
certains égards nous soyons dans leur qu'à
dance, non pas en assurant les
de dépenen affranchir, mais
moyens nous
parce qu'ils assurent
nous n'y sommes pas, sans considérer les que
d'exception relatifs à notre position
cas
et accidentelle : enfin leurs
constante
contestables:
principes sont in-
; mais on a vu que les conséquences
qu'ils en tirent ne le sont pas.
- --- Page 229 ---
I N G U E. 219
SUR Sr.-DOx considération on a été
J'ai dit par quelle sur les lieux V'altération
rrêté pour prévenir fixer leur valeur. On a
et pour
à Fordre natues monnoies,
les choses
raint qu'en ramenant qu'au poids des espèces la
plus
el, en ne prenant viciée, le titre illusoire,
ont la masse est dépourvue de toute espèce
plonie ne se trouvêt
cela n'arrivera jaJe pense que
même est bien
er numéraire.
des
cet inconvénient
hais, et que Vincertitude et la difficulté choses à
hoindre que Tétat oà j'ai laissé les
changes dans
en defendanticila
etjajoute,
exposer les
bint-Doningue,
que ce seroit
à des
ause du commerce,
de la colonie
rmateurs et les créanciers tolérer plus long-temps
ertes énormes, que de
des espèces : j'en
altération du titre et du poids
touta.theure
lonnerai la preuve
doit donc proscrire
Le réglement à intervenir altérées et contrefaites
espèces
toutes les pièces
hon seniementles mais même
ci-devant
par les Anglais,
qui circuloient
orrognéese soulégères dont cette ile a toujours
Saint-Domingue, et
de proscripLe seul moyen
té le réceptacle.
des denrées est, dans ce de
Elle git en faits. Le prix
pour cent
(*)
à quarante : cinq et cinquante
Roment-ci, dans les retours.
erte
réglement à intervenir altérées et contrefaites
espèces
toutes les pièces
hon seniementles mais même
ci-devant
par les Anglais,
qui circuloient
orrognéese soulégères dont cette ile a toujours
Saint-Domingue, et
de proscripLe seul moyen
té le réceptacle.
des denrées est, dans ce de
Elle git en faits. Le prix
pour cent
(*)
à quarante : cinq et cinquante
Roment-ci, dans les retours.
erte --- Page 230 ---
:
-
EssA I
tion, est de réduire en marchandises
les espèces non cordonnées,
au poid
ceptibles
comme plus sus
d'altération, et de fixer même
leur relative aux changes
la va
cordonnées
d'Europe, des pièce
au coin d'Espagne et de
Pour détruire toutes les
Portugal.
à faire contre cette
allégations faites 6
chose à
opération, je n'ai autr
prouver que le mal qui
ne le fait pas or voici les arrivera, si o
qui peuvent nous éclairer
calculs simpl
sur l'avenir.
sur le passé comm
1o. La pistole d'Espagne de
Europe, monnoie
poids vaut e
elle passe à
deFrance, 1gliv. 10 a15sous
la réduisant Saint-Domingue pour 30 liv.: e
par la rogmure et la
à 16 et même à 15 liv.,
contrefactio
quiont cours, elle ne vaut comme toutes cell
plus, monnoie d'E
rope, que 11 à 10 francs, et à
toujours 30 liv. valeur
Saint-Dominge
ploie en portugaises valant numéraire, que j'em
66 liv. : il est cla
que, par cet échange, j'aurai pour deux pistol
(*) Les difficultés survenues à
que je suis parti, vérifient ce
Saint-Domingue depu
s'exécutent
que je-dis. Les paiemens
qui paient dans presque la plus qu'en denrées., et les débiteu
100 sur leurs dettes. colonie, 7 gagnent actuellemnent 20 po --- Page 231 ---
I N-G U E.
sU R Sr.-Doxt
valant
une portngaise
lus 61 liv. d'Amérique, France. Ce petit commerce
2 liv. argent de
s'est fait et se fera jusendant 66 pour cent,
à Saintreste plus une portugaise à nos
u'à ce qu'ilnes
serons alors réduits
Domingue; et nous y
un tiers, une
spèces légéres,qai représenteront valeur. Alors que deau-dessus de leur
et gémnoitié
les armateurs,
iendront les créanciers,
des valeurs
quiont a échanger
eralementceux des valeurs de monnoie?
He chose contre
pas toutes les espèces
2°. En ne proscrivant la colonie de Saint-Doégères, non seulement dépourvue de toutes
ningue sera à la longue même les piastres, les
bonnes pièces d'or, mais et c'est à cette cause
lescalins en seront enlevés, disette extrême de la
doit attribuer la
chez. les Esqu'on monnoie Le numéraire, réaux : la
petite
par piastres et
se compte
ou 24
tt
pagnols,
chez eux que 4 piastres
tole ne vaut
tandis qu'elle en vaut
d'Amérique,
que de
argent
leur piastre n'est composée réaux : ils
chez nous;
valant huit
doubles escalins
de 15 ou
quatre
donc avec une pistole
se procureront
à tout. J'ai vu, dans les commen- obs-
( On s'accoutume
murmure universel et une
cemens de cette disette, un
on paic avec des cartes.
truction générale 5 actuellement
astres
tole ne vaut
tandis qu'elle en vaut
d'Amérique,
que de
argent
leur piastre n'est composée réaux : ils
chez nous;
valant huit
doubles escalins
de 15 ou
quatre
donc avec une pistole
se procureront
à tout. J'ai vu, dans les commen- obs-
( On s'accoutume
murmure universel et une
cemens de cette disette, un
on paic avec des cartes.
truction générale 5 actuellement --- Page 232 ---
EssA I
161 liv., valeur intrinsèque, 20 doubles escalir
yalantréollement3oliv Cel bénéfice est énorme
il est sûr, ils le font tous les jours, sans deven
faux-monmoyeurs comme les Anglais; et not
les laissons faire. La colonie seroit déja vid
d'espèces, , par cette seule cause, si les
gnols n'en rapportoient incessamment Espe
payer nos marchandises.
pou
3°. La tolérance des espèces légères doit ir
fluer, comme je l'ai dit, sur l'importation de
cargaisons de France, sur le'prix de nos der
rées,surl'état des citoyens, sur celui des créai
ciers, des commerçans; et le
doit à tous, protection et surêté. gouvernemer Nous
và nos denrées éprouver successivement avor
augmentation relative au surhaussement un
espèces. Cette
de
augmentation a établi la
sur les retours plus fréquemment
pert
change ordinaire de 33;
au-dessus d
qu'au dessous. Pou
supporter cette perte et les frais du
les armateurs doivent trouver un bénéfice voyage
les cargaisons d'entrée, qui
su
de la sortie. Mais si à la compense le déche
la colonie
longue les denrées d
augmentent, comme cela
en raison du profit énorme
arriver
espèces
que donnent le
léglresaveclesquelles
bénéfice ne faudroit-il pas faire onlesachôte,que sur la
cargaison
< --- Page 233 ---
Sr.-D 0 M I NG U E.
sU R
cette augmentation
e France, pour balancer ceci par un exemple.
e denrées? J'explique fr. d'espèces légères que
"achete pour 20,000 à 4o à Saint-Domningue,
2 suis sûr de placer
fr. de sncre; si j'étois
en enleverai pour 40,000
je ferois seut
à faire cette spéculation,
3 seul
énorme, etla denrée s'angmenteroit de
nefortuneé
l'opération est à la portée
as: mais comme
la fraude est impossible
but le monde, et que bénéfice est immense >
arrêter quand le bientôt dix agioteurs de
ous nous trouverons
de moyens d'acheter
honnoie avec dix fois plus colonie avant l'introu'il n'y en avoit dans la
Alors V'augmenluction de nos espèces légères. dans cette proation des denrées arrivera se ruineront ou
ortion; alors les armateurs que les signes
tesseront tout commerce, parce dans les marchés
les valeurs étant invariables éprouveroit une augmen-
"Europe, le sucre qui
à SaintcDoingue,
ation de 20 écus par quintal un écu plus cher
pas
colonie
he se vendroit peut-être
de la
France. Le sort des créanciers
à Saintn
moins d'égards. Payés
he mérite pas
monnoie qu'ils ne pourDomingue, en une
contraints de
nulle part,
toient transporter
qui subiroient une perte
'employer en denrées
seroit-ce pas dans le
le 60 à 80 pour cent, ne à moitié?
Fait réduire leur créance
20 écus par quintal un écu plus cher
pas
colonie
he se vendroit peut-être
de la
France. Le sort des créanciers
à Saintn
moins d'égards. Payés
he mérite pas
monnoie qu'ils ne pourDomingue, en une
contraints de
nulle part,
toient transporter
qui subiroient une perte
'employer en denrées
seroit-ce pas dans le
le 60 à 80 pour cent, ne à moitié?
Fait réduire leur créance --- Page 234 ---
a
EssA I
En sebornant donc à
des fausses monnoies capecderlistrndaction
ou contrefaites
glois, ce qui est
parles. Anen même temps toutes très-diflicile, sans proscrire
don au coin de
celles frappées sans cor
le cercle vicieux l'Espagne, c'est retomber dans
monnoie nationale que je viens de tracer. La
a seule le droit
confiance en son titre, et de circuler d'inspires
dénomination que le prince lui
sous la
seule devroit suffire à nos
imprime ; elle
comme
échanges intérieurs
monnoie, et les pièces
nées et reçues en paiement étrangères don
dises. Cependant la difficulté comme marchanfixer à
d'appeler, de
Saint-Domingue la monnoie
sur-tout dans le premier
nationale
lution, me feroit incliner moment de la révo
à lui
pièces à cordon en or et
assimiler le
et de
d'argent
en
d'Espagne
Portugal,
en fixant la valeur
vement au change
relati
d'Enrope, et d'un
au-dessus, pourcalmerlest sterreurs
vingtième
la disette d'or, dans le cas où annoncées sur
au poids.
on le réduiroi
Ce n'est pas que cette considération
roisse importante. Tant
me pa
qu'on fera du sucre
Saint-Domingne, il y arrivera des
des moyens d'acheter. Si
acheteurs et
cher, les marchands
On veut le vendre trop
qui y auront porté des car
- --- Page 235 ---
Sr.- D O M I N G U E.
SU R
le prix en
gaisons de France, en rapporteront leur baisse rappellera
mais
or, non en denrées; la
rétablira
bientôt les espèces, et concurrence
Véquilibre. même de l'inquiétude que pourIl en est de
de voir passer à
roit avoir le Gonvernement, louis ou écus de France:
des
Saint-Domingue à craindre que ces espèces
il n'y auroit point
le commerce interlope
passassent à Yétranger; or, c'est à nos denrées.
n'en veut point à notre
tovjours leurs
nous apporteront
Les Espagnols
séches;les
nos marchandises
pistoles pour payer
avec du bois, des saAnglais paient nos sirops obligés, pour nous
laisons, des vivres, et sont
lorsqu'ils achèsolder, d'y ajouter de l'argent
la conqu'ils ne vendent : je suppose c'est sûretent plus des noirs arrètée, car alors
trebande colonie qui paie la solde en denrées.
ment la
donc
ce seroit
Hdelesraatangeuies
Letransport de la France à la colonie:
licu que
contimuel des mêmes espèces,
un mouvement
par les
seroit de temps en temps augmenté
qui
devenues lingots.
pièces étrangères
4.
'y ajouter de l'argent
la conqu'ils ne vendent : je suppose c'est sûretent plus des noirs arrètée, car alors
trebande colonie qui paie la solde en denrées.
ment la
donc
ce seroit
Hdelesraatangeuies
Letransport de la France à la colonie:
licu que
contimuel des mêmes espèces,
un mouvement
par les
seroit de temps en temps augmenté
qui
devenues lingots.
pièces étrangères
4. --- Page 236 ---
EssA I
CHAPITI RE V.
Situation de la colonie en temps déguerre.
je viens de présenter est celui
Le tableau que
laquelle le comd'une longue paix, pendant fleuri à Saint-Doinerce et Tagriculture ont
seulement
et ont reçu de Tindustrie
mingue,
possible, dans l'état d'obtont Taccroissement
parties esstruction oà nous avons vu plusieurs
sentielles du gouvernement.
autre chose.
En temps de guerre, c'est tout plus d'im
ressemble au passé, il n'y a
Si l'avenir
assurée; lagriculture
portation ni d'exportation
devant
et le commerce sont sans mouvement ,commeuni fort
T'ennemi,etla colonie estl livrée,
défendre
de terre qui doivent la
aux troupes
des plans, or
Alors, les ingénieurs présentent des batteries, or
trace des camps, on éleve fera son débar
détermine le lieu où l'ennemi
mais l
et on est prêt à le recevoir;
au
quemment
sont abandonnés
côte et le débouquement
davantage : tou
Anglais, et ils n'en veulent pas
entre leur
sort, tout ce qui entre, tombe
ce qui
de Saint-Dominguc, no
mains; nos produits
leur deviennent pro
imarchandises de France
l'entretie
ils nous laissent la garde et
pres; --- Page 237 ---
Sr.-DO NE I N G U E.
sU R
t-ils à conquérir la
de la terre. Que gagneroient entretenir une armée,
colonie? il faudroit y
les
ils
s'en assurer produits;
une escadre pour
mise : il est
obtiennent sans cette première
les
leur plan ne changera
donc vraisemblable que fidèles au nôtre.
pas, tant que nous serons ici les soldats, les batJe ne compterai pas
destinés à la défense
teries, les forts, les canons ferai
non plus
je ne
pas
de Saint-Doningue;
corvéc, des chevanx,
la répartition des nègresde habitant doit fournir;
des mulets que chaque bien et à propos, ils s'y porsi on les emploie
de leur personne.
teront avec zèle et paieront d'état de tracer un plan
Mais si je suis hors
quelques obserde campagne, je proposérois conduire; c'est au mivations qui peuvent ordre y
de bataille, à l'inlitaire à juger d'un
mais tout homme
génieur d'une fortification; la faculté de voir, peut
qui a le sens droit et
rendre ce qu'il a vu.
,ne peut
La.colonie, dansses principalesnlaces, plus de sept mille
nourrir et loger sainement
pas
hommes.
forces au nord, au sud, à
En divisant les
l'ouest, les forts restent dégarnis.
de fort à Saint-Domingte,
Il n'y a point
mole Saint-Nicolas, qui
excepté la batterie du
is tout homme
génieur d'une fortification; la faculté de voir, peut
qui a le sens droit et
rendre ce qu'il a vu.
,ne peut
La.colonie, dansses principalesnlaces, plus de sept mille
nourrir et loger sainement
pas
hommes.
forces au nord, au sud, à
En divisant les
l'ouest, les forts restent dégarnis.
de fort à Saint-Domingte,
Il n'y a point
mole Saint-Nicolas, qui
excepté la batterie du --- Page 238 ---
EssAI
puisse soutenir le feu de deux vaisseaux de
canons.
Dans un pays où la terre tremble de manière
à déraciner les arbres, à déchirer les montagnes, à faire pironetterun
sur son
camondeviagt-quatre
afftt, les grands ouvrages en
sont au moins inutiles.
pierre
Une marche de trente lieues en cinq jours
n'est pas praticable pourune troupe d'infanterie
sans qu'il en reste moitié à Phôpital.
La cavalerie ne peut pas se porter en nombre
avec plus d'avantage d'un lieu à un autre, à
causedela difficulté des fourrages qui manquent
absolunent dans les grandes sécheresses.
Les troupes ne peuvent coucher au bivouac
dans aucune saison, sans qu'il n'en résulte des
maladies.
Les munitions de bouche ne peuvent être
conservées dans les magasins de terre au-delà
d'une année,quelque précaution
pour les garantir de Phumidité quel'onprenno : ainsi il faut
consommer et renouveler journellement.
La poudre de guerre s'altère et se décompose dans les meileures poudrières en
années.
quatre
Sur uil envoi de troupes d'Europe, les déux
cinquièmes éprouvent la maladie du pays dans --- Page 239 ---
Sr- D 2 0 M I N G U E. 229
S R
et de sept il en périra
la première quinzaine, s'ils fatiguent et qu'ils
deux dans les chaleurs; très-saninement, il en péne soient pas nourris
rira trois
feront plus de service
Dix soldats acclimatés
que trente-six Européens. dureront encore plus
Sept hommes de mer
dix soldats
sur leur vaisseau, que
long-temps
acclimatés.
ont eu de bons vivres penSi les gens de mer arriveront en bon état
dant la campagne, ils
de même danslearadenquanl
etse conserveront
à terre.
même il y auroit une épidémie
soldats
disette de yivres d'Europe, 3 les
S'ily a
être nourris avec les fruits,
acclimatés pourront
racines etlégumes du pays. à la navigation de
accoutumés
Les matelots
encore
s'en accommunoderont incomSaint-Domingue nouvelles troupes en seront
mieux, les
modées.
sont des torLes rivières de Saint-Domingue heure, rompent les
rens qui grossissent en une
la camqu'on leur oppose, et inondent
digues
pagne.
cxigeant des marLa guerre de campagne,
extrait tous ces calculs des états dhépiteuz.
() J'avois
racines etlégumes du pays. à la navigation de
accoutumés
Les matelots
encore
s'en accommunoderont incomSaint-Domingue nouvelles troupes en seront
mieux, les
modées.
sont des torLes rivières de Saint-Domingue heure, rompent les
rens qui grossissent en une
la camqu'on leur oppose, et inondent
digues
pagne.
cxigeant des marLa guerre de campagne,
extrait tous ces calculs des états dhépiteuz.
() J'avois --- Page 240 ---
EssA I
ches, des campemnens, des transports de munitions, équipages, et des passages de rivière à
garder, il est diflicile às Seint-Domingne de faire
une guerre de campague.
Les siéges ne peuvent être soutenus que dans
desplaces fortes, etiln'ye enaj pas;silyenavoit,
coutmeedeanepeemoilmty pas être en assez grand
nombre pour garantir trois cents lieues
l'ennemi s'établiroit
decôtes,
toujours dans lesintervalles
libres, et couperoit avec facilité les communications, étant maftre de la mer : si vous
la côte hérissée de
supposez
elle
forts, ce sera pire encore;
sera vide d'hommes etde; moyens de défense.
Le local, le climat, la position de
l'ile, ne
comportent doncqu'une défense
rée par des vaisseaux, des gens de maritime,opd- mer.
Alors le premier objet de sûreté doit être un
arsenal dans lequel une escadre puisse être
reçue, réparée, radonbée, ravitaillée, où l'on
trouve des mâts, des cordages, des agrès,
paraux, des magasins pour les contenir, et ap- des
maîtres d'ouvrages pour les mettre en couvre;il
n'ya a rien de tout cela à Saint-Domingue.
La position de cet arsenal n'est pas indif.
férente; elle est même indiquée par la nature
des lieux.
L'fle est soumise à une brise
réglée, , qui vient --- Page 241 ---
I N G U E. 231
sun Sr.-DON: du nord-est : si vous
de l'est ou
il dertendraitinue
constamment souS le vent,
dans la
tntiesthamneul
en cas d'attaque remonter
tile; car comment, nord-est, feriez-vous
partie de l'est,
la brise et le courantils avons
raisseaux contre
et nons
vOS alors forcés de louvoyer,
un mois
seront
contrariés pendant
vu des bâtimens lieues.
du
pour faire trente
avez dans la partie
vous
un magniSi au contraire
à la tête de vos possexcions, seule ait mis à labri
Nord,
que la nature
que ce soit
fique port,
des orages; il semble ce
des insultes et
la colonie, car de point
l'arsenal obligé de antres. L'ennemi ne peut
tous les lien de débarquement,
vous garderez dans aucun
de le
se présenter
le temps de le deviner, feront
vous n'ayez
qui en
que
par des frégates,
faire observer
par terre, en vingequatre d'oà
donner des nouvelles forces et des secours,
des
menacés
heures, au dépôt
dans les lieux
facilement
par une
ils se portent l'ennemi vous a trompé
d'attaque. Si
n'ait voulu qu'occafausse maneuvre, qu'il de vOS forces : alors,
sionner un déplacoment
que les sienelles sont de même espèce vous; il ne peut
comme il cst sous le vent comme comme vous; vous
nes,
louvoyant
remonter qu'en
des manomvres
: la sepériorité
êtes. en parité
dans les lieux
facilement
par une
ils se portent l'ennemi vous a trompé
d'attaque. Si
n'ait voulu qu'occafausse maneuvre, qu'il de vOS forces : alors,
sionner un déplacoment
que les sienelles sont de même espèce vous; il ne peut
comme il cst sous le vent comme comme vous; vous
nes,
louvoyant
remonter qu'en
des manomvres
: la sepériorité
êtes. en parité --- Page 242 ---
EssA I
décide du débarquement, si le combat ne s'engage auparavant; car alors une bataille perdue
ou gagnée fait le sort de la colonie.
Mais, en tout état de cause, le débarquement
de l'ennemi étant exécuté et projeté par une
escadre, il est impossible de soutenir à SaintDomingue une guerre de siége ou de campagne; ainsi la colonie est prise, ,eti il n'ya qu'une
escadre qui puisse l'en empêcher.
Le maguifique port, l'arsenal naturel que je
viens de désigner, se trouve au fort Danphin
dans la partie du Nord, à la tête de nos possessions.
Jene prétends pas condamner l'établissement
du mole Saint-Nicolas, dont la baie est aussi
belle etse trouve placée au milien delile comme
houlevard naturel de la partie du Sud et de
l'Ouest; mais la défense, les batteries de cette
baie exigent un développement et un emploi
trop considérable d'hommes et d'artilleric: le
quartier du mole, stérile et inculte, ne produit
aucune ressource pour la vie. Le fort Dauphin
est à la frontière espagnole, à portée de tout
secours et de la plaine la plus fertile de la COlonie.
L'entrée du mole, oà l'on peut louvoyer, ne
pent pas être comparée à celle du fort Dauphin --- Page 243 ---
Sr.-Do M I N G U E.
sU R
encablure de large.
dont le goulet n'a qu'ane immenses, dontles feux
Là, ilfantdes batteries à peine: : ici, un corps mort
incertains se croisent batterie de mortiers éloigne
barrele goulet, une
le mouillage, un
les vaisseanx qui essaieroient les charger en côte
changement de vent peut la bordée.
et les échouer, s'ils manquent
qu'il faille
Je n'ai garde de dire cependant essenticl à
le mole; c'est un point deux vaisabandonner les batteries qui y sont, et
conserver:1
suffisent pour cela; tant qu'il
seaux en station,
dansla partie
auraune escadre en observation
des vents
y Nord. C'est! tlà que la considération des forces et
du du local indique le dépôt
en terre
ct
Qu'ensnite des batteries embardes secours. dans les anses, dans les
soient placées
les points de débarquement,
cadères, dans tous
que des fréconfiée à la milice du quartier; de la côte,
et
croisant lc long
les
gates et corsaires,
intérieur, éloignent
le cabotage
que les
protégent les corsaires de l'ennemi;
frégates et
distribuées à la portée
troupes de terre soient à monter au premicr
des vaisseaux, prêtes y
des moyens
signal. Voilà, je crois, un colonics aperçu en temps de
défendre les
qui peuvent
guerre.
assez de la défendre contre
Mais ce n'est pas
lc long
les
gates et corsaires,
intérieur, éloignent
le cabotage
que les
protégent les corsaires de l'ennemi;
frégates et
distribuées à la portée
troupes de terre soient à monter au premicr
des vaisseaux, prêtes y
des moyens
signal. Voilà, je crois, un colonics aperçu en temps de
défendre les
qui peuvent
guerre.
assez de la défendre contre
Mais ce n'est pas --- Page 244 ---
EssA, I
l'ennemi, il faut aussi la préserver de cet état
passif auquel elle semble condamnée pendant la
guerre.
Nous avons vu nos côtes d'Europe et les débouquemens de Saint-Domningue assaillis de
corsaires, de frégates en croisières, qui enlevoient tous nos marchands. Les armateurs cependant se confiant tantôt à la légéreté et
à la marche de leurs bâtinnens, tantôt
en un
armement, toujours insuffisant pour un combat, risquoient sans cesse de nouveanx
et ils en étoient punis. Le Gouvernement essais,
vroit-il livrer ainsi à leurs
detaines les
spéculations incerhommes et les richesses de lÉtat?
Pendant la paix, le commerce veut-être abandonné à Sa propre impulsion et aux fantaisies même de la spéculation : il seroit
deles
sage
protéger sonvent, de les contrarier, rarement. Pendant la guerre, le commerçant maritime et ses opérations sont nécessairement
subordonnés au système et à l'état
il emploie pour son affaire
politiques
des forces
propre une partie
et des moyens de l'Etat, S'il doit
probablement les perdre, les livrer à
vous devez l'en
l'ennemi,
empêcher, ou platôt il faut
le mettre en sûreté : car l'inertie n'est
que je veux; ; elle tue, elle détruit comme pas les ce
armes del l'ennemi. --- Page 245 ---
Sr.-Do o M I N G U E.
SUR
alors de faire naviguer
Il est donc nécessaire et de les convoyer: avec
lesmarchands en flotte, mais ce n'est pas tout :
des forces snflisantes ; dans ces circonstances
il n'est plus question
exclosif. Tout
de commerce
il faut
de lois prohibitives, doit être réputé émational; pour
étranger aussi
de ses bénéfices
bien livrer une partie
beaucoup que
l'antre : c'est gagner or vous ne
conserver
donner à lennemi;
de n'en rien
la totalité qu'en
lui en soustraire
,1a
pouvez
neutres à votre importation
associant les
C'est le moyen d'appro- des
votre exportation.
de leur conserver
visionner vos colonies,
de vos convois 5
débouchés dans l'intervalle expédier qu'uno.ou
car vous ne pouvez guère
deux flottes par an. (*)
contenues dans ce chapitre,
Toutes les observations
qu'il est écrits
() lc laps de temps écoulé depuis La marine seule
malgré
deuz proneipes innuables. libre des neureposent suT les colonies, et Padmission d leur conservation
peut protéger la guerre est nécessaire
-I est
tres perdant comuzeree général de PEurope. eu d'ersena!
ainsi qu'au
nous n'ayons jamais
pour
lonteua pour TLOES que et il est égaloment humiliant soit toujours
à Saint - Domingue, la libre navigation des neutres et la guerre des
P Europe que
le rovolution
- - Du restc,
qure
un
problôme.
bien d'autres précautions
nigres exigent maintenant
et Padmission d leur conservation
peut protéger la guerre est nécessaire
-I est
tres perdant comuzeree général de PEurope. eu d'ersena!
ainsi qu'au
nous n'ayons jamais
pour
lonteua pour TLOES que et il est égaloment humiliant soit toujours
à Saint - Domingue, la libre navigation des neutres et la guerre des
P Europe que
le rovolution
- - Du restc,
qure
un
problôme.
bien d'autres précautions
nigres exigent maintenant --- Page 246 ---
EssAr
CHAPITRE VIa
Qucl est est le plan le plus raisonnable
la défense de
pour
Saint-Domingue pendant la
guerre
LES observations générales
le
présentées dans
chapitre précédent nous conduisent à la.
celles que i'indique ici. - - Un moment
un décret insensé, ont suffpour bouleverser d'effervescence 2
ports et compromettre
tous nos rappour long - temps l'ezistence des
Européens dans les Antilles. Un nouveau décret ne
pas pour rétablir P'ordre et en garantir la durée: suffira
maintenant un plan bien réféchi de
ilfaut
militaire et civil. Que l'on
police et de régime
ne craigne pas d'entendre, de
consulter, de discuter, avant l'adoption des mesures
nitives. Les hommes les plus éclairés
défs'ils ne réunissent d la connoissance peuvent la s'y tromper,
faits toutes les combinaisons
plus exacte des
aussi
qu'ezigent des circonstances
diffciles.
(*) Les corps dont il est question dans ce chapitre
n'ezistent plus SOuS les mémes dénominations : mais la
combinaison indiguée des forces de terre et de mer
défendre les colonies 9 les raisons qui la motivent, pour ont
tout leur poids, et mes observations toute P'utilité
résulte de vues justes sur les localités, les intérêts qui
les moyens.
ef --- Page 247 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SUR
mais la matière est
polution de cette question ; dans les détails;
assez importante pour entrer suis au métier de la
et tout étranger que je d'exposer sur ce point
guerre, je ne crains pas
mes idées.
sur le choix et la détermiLes considérations défensifs dépendent nécesnation des moyens
des obstacles ct
airement du local, du climat, le pays qu'il faut
kies ressources que présente à Saint-Domindéfendre. Ainsi tout s'oppose nombre de trougue à V'entretien d'un grand fortes à garder ; il
pes. 11 n'y a point de places territoriales pour
de ressources
ne
y a très-peu
et la guerre. de campagne
leur subsistance, sans. une consommation
s'y soutenir
suffire.
peut
nous ne pourrions
d'honies à laquelle
n'étoit pas
de Saint-Domingue
Si la colonie dans toutes ses partics 2 qu'il
cultivée et habitée
riche, un
une plaiue
se
Wy eût qu'un quartier,
on n'auroit pu
capital à défendre,
une citadelle
point
de bâtir dans ce lieu-là d'une forte
dispenser
et de la pourvoir
seul
inexpugnable,
avoit de même qu'un
I
garnison. S'il n'y
qui pat requ'une seule rade importante les vaisport,
mettre à labri d'un ouragan
cevoir et
cette rade cxigeroient
ennemis : ce port,
Ainsi à la
seaux
imposantes.
encore des fortifications
,
on n'auroit pu
capital à défendre,
une citadelle
point
de bâtir dans ce lieu-là d'une forte
dispenser
et de la pourvoir
seul
inexpugnable,
avoit de même qu'un
I
garnison. S'il n'y
qui pat requ'une seule rade importante les vaisport,
mettre à labri d'un ouragan
cevoir et
cette rade cxigeroient
ennemis : ce port,
Ainsi à la
seaux
imposantes.
encore des fortifications --- Page 248 ---
ESSA I
Martinique, il étoit nécessaire de fortifier le fort
Royal dont la rade est unique dans Pile;
à la Havane, les Espagnols
ainsi,
son toutes leurs
réunissentavec raiforces, et mettent tout leur
espoir dans le fort Moor, le reste de leur
étant inaccessible et désert.
fle
Mais, à
bonnes rades Saint-Domingue, nous avons huir
au moins sur deux cents
de côtes : dans le même
lieues
espace sont
nos richesses et nos cultures; et si tous répandues les
tiers ne sont pas pour l'ennemi et
quar
de la même
pour nous
importance, ceux du Cap, du for
Dauphin, de l'Artibonite, du Port-au-Prince
de Léogane et de Saint-Louis,
peuvent être s6
parément attaqués et dévastés; l'ennemi, dans
chacun de ces points, trouvera une rade et
une conquête utiles.
Que ferions-nous donc avec six et dix mille
hommes, si une fois le
tué P Toutes ces forces débarquement est effec
dans
ne peuvent être réunie
un seul point, et celui de la descente
n'étant aperçu qu'au moment même où l'ennem
s'y prépare, nous n'aurons jamais à lui
poser que le quart ou le tiers de nos
op
qui seront sans doute battues
troupes
supérieur avant la
par un nombre
jonction des autres divisions
Quel parti prenons-nous alors? celui
que j'a
--- Page 249 ---
Sr.-Do M I K C U E. 239
SUA
est de se retirer
approuver,
de s'attavu ginéralement dans les montagnes,
le
dans lcs terres, d'un poste, d'y conserver maître
cher à la défense Mais si V'ennemi est
du roi.
lui importe cette
pavillon et de la côte, que
des
de la mer
avez-vous des
y Vivrez-rous?
retraite ? comment
? Le transport dans
magasins dans ces montagues est-il donc si facile
des munitions
coupé, de ravivres, tel que SelntcDomingue
dire aussi
un pays de torrens ? J'ai entendu
mais
vines et
de vivres du pays;
qu'on feroit un amas amas? 11 faut s'y prendre
commentle faire cet cultiver et récolter en
un an d'avance pour les vivres du pays, et lemaquantité suffisante puisse garder.
nioc est le seul qu'on se voyoit dans l'imposD'ailleurs, si l'ennemi entière, ne seroit-ce
sibilité de soumettre Vile à la France que
effectivement
l'enlever
les établissemens,
pas d'en ruiner les plantations, Mais ceux qui propoles esclaves?
que l'on
et emmener de poste amnoncent
sent la guerre
sdreté en les envoyant
mettra les esclaves en
Or, il y a deux cent
aussi dans les montagnes. la plaine ; n'en supposons
mille esclaves dans
n'en est-ce pas asse
mille déplacés,
que vingt les lieux où ils se retireront? donc
pour affamer
vaisseaux présentent
Les troupes sans
ruiner les plantations, Mais ceux qui propoles esclaves?
que l'on
et emmener de poste amnoncent
sent la guerre
sdreté en les envoyant
mettra les esclaves en
Or, il y a deux cent
aussi dans les montagnes. la plaine ; n'en supposons
mille esclaves dans
n'en est-ce pas asse
mille déplacés,
que vingt les lieux où ils se retireront? donc
pour affamer
vaisseaux présentent
Les troupes sans --- Page 250 ---
EssAr
un moyen de défense insnffisant
de places
par le défaut
avoit
fortes, et par leur inutilité,
dans tous les lieux
s'ily en
Mais je ne pense
susceptibles d'attaque,
à des vaisseanx
pas qu'on puisse s'en tenir
sans troupes. Iln n'y a que la
combinaison et l'emploi
de terre et de mer
intelligent des forces
servation de
qui puisse assurer la connos colonies.
férente Premièrement, ce n'est pas une' chose indif
que de déterminer à propos
tion et la formation des
l'augmentadéfense d'une colonie troupes nécessaires à la
l'on
en temps de guerre.
Que
ne croie pas qu'ilsnffise
desbatailloms;l
d'y envoyer
T'experiencenous a
troupe ne passe pas
appris qu'une
sons de Flandre
impunément de nos garniou d'Alsace à celles de
rique Ce
l'Améa
changement subit declimat, joint
fait lintempérance naturelle à nos
périr un dixième au moins soldats, en
premiers mois; ils sont hors
dans les six
d'état, dans la pre-
(*) Les Anglais ont la louable
d'abord en garnison d Gibraltar les habitude d'envoyer
tinent aur Colonies, pour les
rigimens qu'ils desgrandes chaleurs :
accoutumer par degres aur
séjourner dansnos pourquoi ne pas les imiter, en faisant
destinéas
places les plus
auz Antilles?
méridionales, les troupes --- Page 251 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SU R
sans de grands acmière année de supporter, la
telles que
cidens, les fatigues de Entassés guerre, dans des vaismarches, bivouac, etc.
il est même rare
seaux pendant la traversée, état; et une précaution"
qu'ils arrivent en bon
un envoi de troupes,
bien utile à prendre pour
petits détacheseroit de le faire à l'avance importante par
encore,
mens. Maisil en est une plus
à la défense
c'est de destiner, par préférence,
qui a
colonies la portion de nos troupes
des
de la mer, qui,
d'usage et d'habitude
le plus
dans nos ports et son service
par sa résidence
au chandans les vaisseaux, est climat. accoutumée Ainsi les comde vivres et de
gement franches de la marine me paroissent, despagnies
même, naturellement
par leur constitution
de guerre les batinées à doubler en temps de paix à Sainttaillons subsistars en temps
des régimens
Domingue, et au lieu d'y envoyer bien sage de red'infanterie, il me paroîtroit
ceux-ci dans ILOS ports pour y remplacer
tenir
franches pendant la guerre.
les compagnies
la
et l'utilité
Pour rendre sensible posibilité dans quelques déentrons
de cette opération,
tails.
pour le roi,
bien des essais dispendienx
Après
infanterie, on a renoncé
et meurtrier pour son
4.
illons subsistars en temps
des régimens
Domingue, et au lieu d'y envoyer bien sage de red'infanterie, il me paroîtroit
ceux-ci dans ILOS ports pour y remplacer
tenir
franches pendant la guerre.
les compagnies
la
et l'utilité
Pour rendre sensible posibilité dans quelques déentrons
de cette opération,
tails.
pour le roi,
bien des essais dispendienx
Après
infanterie, on a renoncé
et meurtrier pour son
4. --- Page 252 ---
EsSAI
à faire faire le service des
de paix
colonies en temps
par nos régimens de France. On a
établi à
donc
St.-Domingue une troupe sédentaire
divisée en deux régimens de dix compagnies
bataillon, à cinquante-quatre hommes
par
pagnie : ce qui fait quatre bataillons par de comcent quarante hommes; plus, un bataillon d'ar- cinq
tillerie. Cette institution, qui revient à l'ancien usage, est la seule qui convienne
vice des colonies ; mais en
de au sern'est pas possible de s'en tenir temps à
guerre il
nombre de
un aussi petit
tronpes, et on ne croit pas
se dispenser d'y envoyer des régimens pouvoir
ce ne seroit point là mon avis : voici complets; celui
je propose pour St.-Domingue et subsidiaire- que
ment pour les autres colonies.
Nouraronsactellementa dansla première deux
régimens de mille quarante hommes
à la Martinique un, à la
chaque :
Nous avons dans les ports Guadeloupe de
un.
de dix mille hommes
France un corps
sous la dénomination de
compagnies franches de la marine à
hommes par compagnie, lesquelles >
cent
mandées par des lieutenans et
sont comseaux.
enseignes de vaisJe réduirois les compagnies franches à
rante-six hommes, et porterois celles del'Amé- qua-
/ --- Page 253 ---
Sr.- D 0 M I N G U E.
S U R
hommes
à cent huit; les cinquante-quatre
serique
les bas-officiers,
d'iaugmentation, 7 y compris arrivée, dans les comroient répartis, à leur
à
subsistantes, et formeroient
pagnies déja
de deux mille cent
St.Domingue deux régimens avec un batailhommes chaque, qui,
soixante
daugmentation, tiré également
lon d'artillerie
marine, porteroit à cinq
de la
des brigades
hommes la totalité des troupes
mille deux cents
la défense de la colonie.
séglécs,sutliante pour
l'on peut joindre àl
(*) Si Ton considère que
réglées six
mille hommes de troupes
des
ces cing
de milice propres à garder
mille hommes
de débarquement, que
batteries et des points
de mille
en outre former un corps classe des
l'on peut
chasseurs dans la
hommes d'excellens libres, on conviendra qu'il
nègres et mulâtres de faire à St.-Domingue
est absolumentinutile
amas de troupes.
dans
un plus grand
franches en résidence
Les compagnies
la paiz
actuelles exigontpendant mais
(*) Les demandois circonstances alors pour le temps de guerre: nombre
ce que je
en réduire sucessitrement le
en
jel pense qu'on pourra et autant de troupes noires 1
à trois mille européens de les bien choisir et de n'ysouf derprenant la précaution
activement à la
frir aucun de ceuz qui ont participé
nière révolte.
dans
un plus grand
franches en résidence
Les compagnies
la paiz
actuelles exigontpendant mais
(*) Les demandois circonstances alors pour le temps de guerre: nombre
ce que je
en réduire sucessitrement le
en
jel pense qu'on pourra et autant de troupes noires 1
à trois mille européens de les bien choisir et de n'ysouf derprenant la précaution
activement à la
frir aucun de ceuz qui ont participé
nière révolte. --- Page 254 ---
EssA I
les ports se trouyant alors réduites à moins de
cinq mille hommes, seroient
les bataillons d'infanterie
remplacées par
que l'on destinoit à
passer la mer.
Je trouve dans cet arrangement des avantages sensibles. On perdra certainement beaucoup moins d'hommes de ces compagnies franches transplantées en Amérique, que de
autre corps. On aura
tout
blement de
sur-le-champ, parle doucompagnies, une masse de troupes
acclimatées, accoutumées à la mer, aux salaisons, et au service des vaisseaux; ; même esprit, même discipline ; point de querelle,ni de
jalousie de corps ; grande économie dans la dépense par la facilité des logemens et le moindre
nombre d'officiers. La plupart de ces
de marine connoissent déja les colonies soldats
peuvent, plus aisément que des hommes : ils
veaux, s'accontumer aux vivres du pays; nou- ils
se trouveront sous la discipline d'anciens officiers, dont l'expérience locale est infiniment
atile au soldat pour le contenir sur l'abus des
boissons, l'excès des travaux ou ceux du libertinage. J'ai vu, au contraire, > des troupes nouvelles, officiers et soldats, étonnées de tout ou
bravant tout.
Après avoir ainsi réglé la formation et l'au- --- Page 255 ---
Sr-.D o M I N G U E.
s R
si la guerre n'étoit
des troupes,
yentretiendrois
smientation prévue et non déclarée, de ligne et quatre
que escadre de huit vaisseaux
à Brest
une
âles du Vent, et j'aurois voile
frégates aux
vaisseaux prêts a faire
pareil nombre de
la guerre,
ordre. Jetablirois,avant)
naau premier
de munitions
un magasin vivres et muà St-Domingue,
de
vales , et six autres magasins des montages;
placés dans les gorges
deux dans
nitions,
dans la partic du nord,
savoir, trois
un au sud. J'ordonnerois
la partie de T'orient,
surabondanses
des plantations
fort à l'avance manioc, riz, pois, mahis,
en vivres du pays, cela des encouragemens.
pour
trois
et finatituerois ainsi les troupes réglées, mille
Je répartirois
deux à l'ouest,
mille hommes au nord,
Dans
etles milices
au nord,
oefpontiesestiesent
au sud,
points de débarquementa
les principaux
il se trouve, à une petite
au sud et à l'ouest, de la mer, des postes reconnus
distance du bord
regarde comme imexcellens ; et quoique je
et uniquement
possible d'y soutenir long-temps il n'y a cependant
la
de campagne,
la desguerre
à prendre, en supposant
:
d'autre parti
de se retirer dans ces postes,
cente effective, que
avantageuse lind'y empêcher par une position
de débarquementa
les principaux
il se trouve, à une petite
au sud et à l'ouest, de la mer, des postes reconnus
distance du bord
regarde comme imexcellens ; et quoique je
et uniquement
possible d'y soutenir long-temps il n'y a cependant
la
de campagne,
la desguerre
à prendre, en supposant
:
d'autre parti
de se retirer dans ces postes,
cente effective, que
avantageuse lind'y empêcher par une position --- Page 256 ---
Essir
cursion de l'ennemi dans la plaine,
que notre escadre joigne celle de
d'attendre
l'objet essentiel est
l'ennemi : mais
d'empécher la
se portant en forces, si on en a le descente, en
l'endroit menacé, en
temps, vers
les batteries de
multipliant sur la côte
formidables
mortiets, qui sont les seules
aux vaisseaux, en
les passes des corps morts
embossant dans
sent supporter des battries étançonnés de
qui puisJe suppose enfin
grosse artillerie.
égale,
que nos vaisseaux, à force
les
chercheront l'ennemi et feront oublier
fautes de la dernière
l'on peut faire naitre guerre; disposition que
12, 13 et 14 de l'ordonnance en adoptant les articles
de la marine anglaise, 3 rendue la vingt-deuxième
règne de Georges II.
année du
Tel est l'aperçu des
ployer à
moyens défensifs à emSt.-Domingue. Le calcul des
qu'ils exigent est aisé à faire : je n'ai dépenses
la main les notes et états
pas sous
cessaires ; mais
qui me seroient némille francs
j'estime à pcu près à cing cent
de dix
par mois l'entretien d'une escadre
vaisseanx de ligne, et à cent mille
par mnois l'entretien de six mille
écus
troupes réglées.
hommes de
Vingt millions par an suffisent donc à la
--- Page 257 ---
Sr.-DOx M I N G U E.
sU R
qui nous produit cent
d'un capital
caiservation millions de revenu.
celle qui se
vingt
cruelle que
C'est une économic mécessaires : je ne pense
cellerefuse aux dépenses
veuille adopter
le Gouvernement
de n'exipas que
et de sa justice
là; il est de sa dignité
des colons
de légères contribations
et les
ger que
leur service personnel les metpendant la guerre;l à cette époque,
pertes qu'ils éprouvent, .
de l'argent.
hors d'état de donner
tent
terre ont coûté énormément
de
de conNos guerres
utile, point
n'ont jamais eu d'objet
le preet
à faire ou à garder. Anjourd'lhui menace, > tend à
quête
qui nous
mier acte d'hostilité
la plus préciense
déporiller de la portion
nous richesscs.
de nos
millions de revenu colonial, numéDes cent vingt
de bénéfice
il nous en reste cinquante La perte des colonies enraire chaque année.
celle
la ruine de nos imanufactures,
traineroit
et
namentecnaitete
de la marine marchande ce que l'indnstrie dé-
, jusqu'à
des
de Tagriculture ouvert laboriensement
tionale se fut
houchés.
celle d'une révolution
seroit
Cette époque
de la portion
nous richesscs.
de nos
millions de revenu colonial, numéDes cent vingt
de bénéfice
il nous en reste cinquante La perte des colonies enraire chaque année.
celle
la ruine de nos imanufactures,
traineroit
et
namentecnaitete
de la marine marchande ce que l'indnstrie dé-
, jusqu'à
des
de Tagriculture ouvert laboriensement
tionale se fut
houchés.
celle d'une révolution
seroit
Cette époque --- Page 258 ---
EssA I
effrayante dans notre commerce, dans nos arts,
et dans nos mccurs, sans doute.
On doit donc espérer que le Gouvernement
portera toute son attention à la défense de ses
colonies, et en préparera, dès ce moment-ci,
Jes moyens. --- Page 259 ---
E PARTIE
TROISIÈN
civil de la colonie.
Etat
P R E 2 MI E R.
CHAPITRE
Adninistration.
d'une colonie avoit ptt
habitant
Si le premier
je présume qu'il
traiter avec le gonvernenent, dans l'espoir de m'enriauroit dit: < Je vais,
destracteur et préaffronter un climat
de commerce.
b chir,
nouvelles branches
de
de
celle
>> parer fortune particulière augmentant un de ses
>> Ma
en m'expatriant, assurez-
> PEtst.jedesiens, Ainsi, provigezmois
ntiles.
ma condiD citoyens le fruit de mon travail; que des ser-
> moi
s'allège en proportion
> tion de sujet
rendre: mon industrie; que
va vous
>> vices que
loin du souverain,
n'aic point à craindre,
me
> je
abuseroit de son nom pour
> celui qui
déja éprouvé par les
; que mon courage,
et
> nuire
des l'air, par les fatigues sous
> lintempérie brave, ne s'affaisse point
> dangers que je --- Page 260 ---
EssAt
s le poids de l'autorité
5 vous obéir, servir
arbitraire ; je veux
>>
mon prince, contribuer à
Taugmentation de la
>> et des finances
marine, , du commerce
>> et sûr le
; mais rendez-moi commode
nouveau séjour
>> tine pour votre intérêt auquel je me des-
> au contraire
et pour le mien. Si
vous
>> tourmenté
m'abandonnez, si je suis
par vOS
> ma streté
agens 5 si ma propriété,
deviennent
>> rois encore mieux être incertaines, j'aime-
> inconvéniens dans
exposé à tous ces
>> en
ma terre natale, où j'ai
Tel est, dédommagement je
un air plus salubre >>,
crois, le pacte tacite
entre un souverain
qui s'est fait
d'une colonie
et les premiers habitans
; et si cette
colonie, celle de
Sain-Dosingne, par
source principale du exemple, devient respole, il est bien
commerce de la métrofidèlement les
plus iportant d'exécuter
La
conditions. du traité.
question sur le régime de
gue se réduit done à déterminer Saint-Dominle mieux y atttacher les
celui qui peut
mêne temps les vues du colons, remplir en
pole : je crois
prince et de la métromodéré,
que ce seroit un
fixe et certain dans gouvernement
simple et facile dans les
sa constitution, >
formes
détails, soumis
3 point aux entraves, sévère
aux
pour les
iportant d'exécuter
La
conditions. du traité.
question sur le régime de
gue se réduit done à déterminer Saint-Dominle mieux y atttacher les
celui qui peut
mêne temps les vues du colons, remplir en
pole : je crois
prince et de la métromodéré,
que ce seroit un
fixe et certain dans gouvernement
simple et facile dans les
sa constitution, >
formes
détails, soumis
3 point aux entraves, sévère
aux
pour les --- Page 261 ---
M I N G U E. 251
sU R Sr.-DO les colons dans tout
tolérant pour public, protégeant
préposés blesse pas l'ordre
ce qui ne
maintenant la justice. des lois
le commerce, constitution dérivent
D'une telle
distribution de pouclaires et précises, , et une point dans lexécuvoirs qui ne se croisent rang l'antorité de
tion. On voit au premier veille sur les détails et ne
Mobeintamben,te
ceux de la hauteimmasdiatement que
dont la juridirige suivent les tribunaux,
contenpolice ;
toutes les matières
diction s'étend sur
qui ne peuvent
civiles et criminelles, n'en résulte
tieuses,
sans qu'il
tenfin
leur être soustraites
viennent
tyrannie ou anarchie;
en
confusion,
du Gouvernement
les agens, , les préposés finances, dont les fonctions
inamovibles.
milice 1 police, des barrières
qui
sont séparées par de cet ordre constant lois
s'écarte
les
Mais qu'on
est bien 5 que
préside à tout ce qui qu'on prétende y suptombent en désuétude;
nouvelles qui se
pléer par des ordonnances
5 que
son
perpetuellenient
succèdent et s'effacent donne impunément
chaque administrateur
; qu'elle
manière à ladmninistration
ton et sa
en 1789,
avions eu un tel gouverenent
(*) Si nous
ci de révolution.
il n'y auroit point --- Page 262 ---
Ess A I
soit lâcheavec celui qui est foible,
inepte avec
lignorant, violente avec l'homme violent :
alors il n'y a plus de gouvernement. Examinons celui qui existe réelleinent à SaintDomingue.
L'autorité d'administration est confiée au
général et à l'intendant. Le premier-commande
seul les troupes et les milices ; il est chargé de
pourvoirà la défense et àlas streté de la colonie
et il ordonne de tout ce
qui y a rapport. Le
second gouverne seul les finances. Tous les
deux, réunis, dirigent en commun la haute police, la justice, le commerce, 3 la navigation,
l'agriculture, les communautés, fabriques et
paroisses ; ils peuvent, sur ces différens
rendre des ordonnances
objets,
force de loi
provisoires qui Ont
jusqu'à ce qu'elles aient été annullées par le roi.
Ces deux chefs ne devroient donc avoir
qu'une volonté; et ordinairement ils en ont
deux.
En cas de partage, la prépondérance est attribuée au général; ce qui trancheroit toute difficulté, si ces différences d'avis entr'eux ne
portoient que sur les choses du pouvoir commun : mais du pouvoir suprême quiappartient
au général, il résulte une sorte de juridiction
de loi
provisoires qui Ont
jusqu'à ce qu'elles aient été annullées par le roi.
Ces deux chefs ne devroient donc avoir
qu'une volonté; et ordinairement ils en ont
deux.
En cas de partage, la prépondérance est attribuée au général; ce qui trancheroit toute difficulté, si ces différences d'avis entr'eux ne
portoient que sur les choses du pouvoir commun : mais du pouvoir suprême quiappartient
au général, il résulte une sorte de juridiction --- Page 263 ---
Sr.-Do M I N G U E.
S U R
individus et sur tous les
s'étend sur tous les
collègue. Celui-ci,
qui
de son
des
objets, à Pexclusion
la pluralité
rénnissant, par sa magiastratne, d'admninistration, sans
détails et des relations
le commandement
d'exécution que
le
les moyens
il arrive que gouvernedonne au général, militaire lorsque le gouver- si
ment est purement
dans le caractère :
neur a quelque énergie P'intendant qui est Phomme
contraire c'est
n'adopte ses
au
à moins que le général Tadministuration
capable,
comme lui,
vues et ne veuille
que les suborlanguit faute de moyens, 2 parce ne le sont point
donnés immédiats du général toute la police est
de l'intendant, et que l'un et l'autre leurs
leurs mains. 1ls ont
sementre
dans un ordre htérarchique partirepnésentans
deux commandans les ordres
blable et différent; au sud reçoivent
culiers au nord et
aux lieutenanset les font passer
dans les
du général,
répartis
majors et aide-majors, Tous les habide-roi, de leur commandement outre formés en
placns
colonie étant en
tans de la
sont athordonaéaperone
de leursquaret les commandans
offitommetielematet
mellement, eux
à ces différens
tier dont ils ont la police,
on a mèlé
de létat- major 3 et comme des détails de
ciers
constitution militaire
à cette --- Page 264 ---
Ess A T
holceecdemuni@palié tels
et les chemins,
que les recensemens
celui-ci
qui ressortissent à
est méconmu
l'intendant,
une classe réputée
comme magistrat par
sans être obéi,
militaire, et lui ordonne
Ses
représentans sont des
marine, chargés dans les commissaires de
de lui rendre
différens quartiers
compte de la
pôts, des recettes et
perception des iminspections
dépenses, revues de troupes,
d'hôpitaux, manutention
sins, et de la discipline
dès maga
Mais les
des classes.
grands objets du pouvoir
comprenant l'administration
commun >
politique, Tintendantn'y générale, civile et
délibérer ; l'exécution est participe que pour en
main du
et
absolument sous la
litaires, général; comme ses agens sont
3 qu'ils ne doivent aucun
mitendant, ils suit de-là
compte à l'inqu'une décision
dirigée entre les deux chefs
rélléchie s
droit public ou de la sclonlesprincipes du
constitution
peut devenir dans l'exécution
politique,
toire, par l'altération
arbitraire et Vexades
qu'elle éprouve de la
agens militaires.
part
Mais ceci
délibération. suppose encore le concert dans la
Lorsqu'il y a
lorsque le général et l'intendant mésintelligence 2
server l'un et
en sont à s'obl'autre, ils se complaisent dans
deux chefs
rélléchie s
droit public ou de la sclonlesprincipes du
constitution
peut devenir dans l'exécution
politique,
toire, par l'altération
arbitraire et Vexades
qu'elle éprouve de la
agens militaires.
part
Mais ceci
délibération. suppose encore le concert dans la
Lorsqu'il y a
lorsque le général et l'intendant mésintelligence 2
server l'un et
en sont à s'obl'autre, ils se complaisent dans --- Page 265 ---
St.-1 D 0 M I N C U E.
SUx
réciproécarts respectifts, et s'imputent qu'ils
leurs
les incidens 3 les contrariétés d'inertie >
quement
alors c'est une cause
éprouvent :
est en action le mouvesi Tadministration
sont viou
les opérations
ment en est irrégulier,
cieuses et incertaines. telle constitution, deux
Il fandroit 2 pour une
donnés, dont les
hommes et deux caractères fussent tellement assortis
qualités et les défauts meilleurs sans inconvéêtre
qu'ils ne pussent
nient.
celui qui peut le plus,
Dans cette association devroit être du naturel
qui est toujours armé,
doué d'un jugedoux, sage et ferme,
les sconseils,
le plus
mais recherchant!
ment facile et sûr,
user. Les contmoissances
d'en bien
dans son
et capable Y'activité 2 la sévérité il usera
profondes ,
alors de bons effets;
collègue, auront V'autorité militaire ; car ce
avec discrétion de mais il mettra en vigueur
n'est pas la sienne :
et le ministre imméles lois dont il est l'organe
du premier
diat; la sagesse et la modération actives du seseront le vêtement des qualités sera aussi bonne
cond; leur administration contraire ils chanpeut Yêtre. Si au
les quaqu'elle
que l'un acquit
geoient de caractère,
seroit trop fort,
lités de l'autre; le premier --- Page 266 ---
le second
EsSA I
nul, l'autorité
les lois en.silence.
toujours en action, et
Le gouvernement de
donc absolument du Saint-Domingue dépend
des chefs. C'est
caractère et de l'union
choisiroit
un mal, quand même on les
bien; le partage. ne vaut rien.
que l'autorité soit une et
Il faut
gouverne ; Car cette
que le gouverneur
seulement le
expression ne signific pas
est la moindre commandement des armées, qui
paix. L'administration partie, sur-tout en temps de
est une magistrature d'une grande province
celui qui l'exerce la civile qui suppose dans
des rapports politiques. connoissance des lois et
Romains, étoient
Lesy proconsuls, chez les
est vrai que leur revêtus de cette autorité : il
occupations
éducation , leurs études, leurs
devoirs du embrassoient tous les états et les
citoyen. La
faite chez les peuples
distinction qui s'est
ou licenciers et les modernes entre les clercs
état de barbarie chevaliers, après le premier
qui ne leur
exercice que celui des
permettoit d'autre
qu'ànons cette indifférence armes , a transmis jusles fonctions et les études de la noblesse pour
elle s'est vouée
de la magistrature ;
des armes : de-là exclusivement à la profession
partir la
est venue la nécessité de déportion la plus considérable del
peuples
distinction qui s'est
ou licenciers et les modernes entre les clercs
état de barbarie chevaliers, après le premier
qui ne leur
exercice que celui des
permettoit d'autre
qu'ànons cette indifférence armes , a transmis jusles fonctions et les études de la noblesse pour
elle s'est vouée
de la magistrature ;
des armes : de-là exclusivement à la profession
partir la
est venue la nécessité de déportion la plus considérable del --- Page 267 ---
I N G U E.
SU R Sn.-DOx
ordre de
des provinces à un
Talministration
Cela
qui ont le titre d'intendant. du
magistrats inconvénient dans l'intérieur
peut être sans décisions du roi et de son conroyaume, 7 où les
d'un instant à l'autre :
seil pourvoient à tout d'une fois que lorsque de
encore a-t-on vu plus instruits se sont mélés de
grands seigneurs peu avec le titre et F'autola direction des affaires,
il en est résulté
du roi,
rité de commissaires
; et cela
le Gouvernement;
des embarras pour
qui ne connoit que
est tout simple. Un homme
aveugle,
absolm,l'obéiseanees
lecommandement:
de cette habitude d'ordifficilement
se départ
exécutés sans réplique 5 l'obdres donnés et
minutieuse, et
servation des formes lui paroît
simulacre
nous n'avons plus que ce
cependant
destribunaux
de liberté à conserver : la marche
aller
; il veut abréger 9
est lente , captieuse et lautorité est comproau but; on lui résiste,
mise.
ce
au
revenir vice'de gouvernement
Pour en
conçois qu'il est difmixte dans les colonies, je
ou à
ficile de confier à un maréchal-de-camp unique >
chef d'escadre une magistrature
un
Mais n'est-il pas plus
s'il ne sait la remplir.
homme qui est son
ridicule de lui associer un
à chaque
né, qui peut
rival et son ennemi
4. --- Page 268 ---
EssAI
instant le contrarier, et que lui peut
arrêter et embarrasser? Que l'on cherche toujours des
hommes
capables, qu'on en élève, qu'on en
crée, ets'il n'y en avoit pas parmi ceux
ont droit et prétention,
quiy
qu'on en
tout où l'on trouveroit les
prenne parlens convenables.
lumières, les taMais s'il étoit possible
dans la classe des hommes destinés
que,
au commandement, on ne trouvât que des talens militaires, sans connoissances ni pratique des
cipes d'administration : alors je ne balance prinà dire qu'il faudroit établir un
pas
pour les troupes , et un gouverneur commandant les
colons, pour les commerçans, pour les pour tribunaux, pour les finances ; et comme les
ne sont que pour la sûreté, la police troupes de la
colonie, le gouverneur s'en
mandant pour les revues, rapportera au com2 l'exercice, 9 la discipline ; à un commissaire, pour les gens de
etàun autre pour les finances, et à un autre mer, 2
la police : maisi il veillera surtous, etl les ministres pour
sur lui ; etles corps, les
particuliers auront le
dnside-fairemtendrekuny plaintes,leurs remontrances. Si ce même homme abuse ou
mal sa charge ; alors qu'il soit
remplit
seur
puni: son succesprendragarde à lui: on se récriera contre
ice, 9 la discipline ; à un commissaire, pour les gens de
etàun autre pour les finances, et à un autre mer, 2
la police : maisi il veillera surtous, etl les ministres pour
sur lui ; etles corps, les
particuliers auront le
dnside-fairemtendrekuny plaintes,leurs remontrances. Si ce même homme abuse ou
mal sa charge ; alors qu'il soit
remplit
seur
puni: son succesprendragarde à lui: on se récriera contre --- Page 269 ---
St.-Do M I N G U R.
sU R
mais ce n'en est point une
cetteinnovation, commandant de Paris, celui quiy
Le véritable
active, est le lieutenant
exerce l'autoritél la plus
quine
Croit-on qu'on bon militaire,
de police.
fit très-propre à celui-là?
sauroit que son métier villes, un major, un lieuQue,dansles moindres mieux la police, qu'a donc
tenant de roi fasse
la
? Le
de commun la tactique avec législation art et toute son
même homme qui met tout son
des hométude à conduire et à faire mancuvrer cette setle
mes sous les sarmes , ne sauroit, avec leurs démêlés,
connoissance, les concilier dans éclairer dans
dans leurs écarts, les
les arrêter
dans leur culture : comment
leur commerce 1
donner un moupourra-til, sans expérience, tribunaux, aux commuvement régulier aux
diriger tant d'agens
nautés, aux paroisses s de la consticution,
différens, selon les principes défauts, en rendre
apprécier leurs talens, leurs
aux emproposer les sujets propres droiture
compte,
tout cela exige, outre la
plois ? Non,
la capacité éprouvée
de l'esprit et du coeur 7
de l'Europe 7 excepté en
(*) Dans tous les royaumes seigneurs ne parviennent aux
Prusse 7 les plus grands
que par Pétude et la
premières places du gouvernement
connoissance des lois nationales. --- Page 270 ---
ESSAI
ait habité son cabinet : et
d'un homme qui
administrateur
éclairer le premier
quand pour
porte véritableon lui donne un collègue qui
qui peut et
ment tout le poids des affaires,
est tantôt le premier ,
ne peut pas 7 qui
de la part
tantôt le second, qui est exposé,
violent, à un acte d'antorité s
d'un homme traitemens ; il arrive ce que
à de mauvais
dit, ce que je dirai
nous avons vu, ce que j'ai
encore.
des considérations que
Mais yeut-on , par
cette forme établie,
je n'entends pas, conserver ? au moins fautmalgré tous ses inconvéniens concilier ces deux
il quelques précautions inconciliables. pour
Alors on
hommes trop souvent la stabilité du gouverdoits s'attacher à rendre
les encaindépendante de ses agens,
nement
ainsi dire, dans la forme prescrite,
drer, pour
à des principes
et les subordonner à un plan,
soient toujours les mêmes.
qui
du
Alors l'esprit et le système gouvernement
être toujours vivans, et représentés par
doivent
qui ne périsse point s qui ne
un établissement
change point avec les chefs.
celui
conserveroit l'état de la colonie,
On y
les raisons 9
des lois anciennes et nouvelles,
arrêles difficultés ; on y
les inconvéniens,
prescrite,
drer, pour
à des principes
et les subordonner à un plan,
soient toujours les mêmes.
qui
du
Alors l'esprit et le système gouvernement
être toujours vivans, et représentés par
doivent
qui ne périsse point s qui ne
un établissement
change point avec les chefs.
celui
conserveroit l'état de la colonie,
On y
les raisons 9
des lois anciennes et nouvelles,
arrêles difficultés ; on y
les inconvéniens, --- Page 271 ---
SUR Sr.-I D O M I N G U E.
26L
à suivre pendant
teroit un plan d'opérations
2 Ies
vingt à trente années ; les encouragemens, utiles, et les
améliorations, les établissemens
dans cet
d'exécution seroient présentés
moyens
laisseroit à chaque adminisordre précis, qui concourir, et non la faculté
trateurla gloire d'y
n'a pas
tout ce qu'il
de rejeter ou négliger à observer avec les triimaginé. La conduite les étrangers en temps
bunaux, avec les colons,
seroit notée
de paix, en temps de guerre 2
des évéla comparaison
dans les registres, , par
Des gens honnemens > des cas et des espèces.
des
qui ne seroient point
nêtes et intelligens, seroient chargés de la
arrivans de France 3
de lois,
et de ce dépàt
tenue de ces registres
on les appelled'instractions, de décisions ;
: ils seroient
ou conseillers
roit commissaires la résidence du gouverneà poste fixe dans
seroit, non pas de proment, et leur emploi
mais de
noncer ou de proposer les décisions, lieu dans
aux chefs celles qui ont eu
rappeler
leur volonté entre
telle affaire, de diriger
et les usages, de leur présenter
les ordonnances
à suivre avec
sans cesse le plan des opérations
et
qui arrive au but,
qui
cette persévérance
nouveau. La corn'est jamais celle de T'homme- --- Page 272 ---
EssAr
respondance d'ordre passeroit entre leurs
pour être registrée ; ils arrêteroient mains
d'une lettre
l'envoi
inconséquente ou
aux ordonnances ; ils suivroient contradictoire
de ces ordres journaliers
l'exécution
mains de celui qui les
qui échappent des
revenir,
donne, pour n'y plus
s'effacent parce que les affaires se succèdent et
dans une seule tête: cet
seroit un conseil
établissement
privé, ou une commission
d'administration subordonnée au
l'intendant, dontles
général et à
seroient chargés membres, toujours anciens,
d'éclairer les deux
souvent nouveaux
hommes, 2
nie. Ils n'auroient s qui gouvernent la coloter, de les
pas le droit de les arrêcontrarier lorsqu'ils
un parti absolu : car il faut
auroient pris
une ; mais quel seroit le
que l'autorité soit
général ou
qui, sans les plus fortes
l'intendant
teroient des
considérations, s'écarrègles et des formes
lorsqu'ils scroient toujours entourés prescrites s
autorisés à les leur mettre
de gens
il faudroit
sous les yeux ? Alors
motiver cet écart et inscrire l'exception et la raison; les fautes même
place dans ces registres, et
auroient
à en éviter de nouvelles serviroienteanadoute
nécessaires de la
: car un des droits
commission seroit d'avertir le
endant
teroient des
considérations, s'écarrègles et des formes
lorsqu'ils scroient toujours entourés prescrites s
autorisés à les leur mettre
de gens
il faudroit
sous les yeux ? Alors
motiver cet écart et inscrire l'exception et la raison; les fautes même
place dans ces registres, et
auroient
à en éviter de nouvelles serviroienteanadoute
nécessaires de la
: car un des droits
commission seroit d'avertir le --- Page 273 ---
0 M I N G U E.
s R Sr.-D
des
ministre de l'oubli et de la violation
le
lois
cet objet:
Un tribunal ne peut pas remplir
un conseil qui gouverne, 7
car je ne veux pas
Trois ou quartre
mais qui fasse gouverner.
quelconque,
membres sOuS une dénomination suffiroient pour
qu'elle fit honorable,
pourvu
ordre bien conçu pour la récela. Un premier
daction et la tenue des registres en produiroit
et cette machine, ainsi montée,
la continuité;
facilement : car ceux qui
ne se dérangeroit pas
n'ayant d'autre exisen auroient la direction,
se rendre
tence, d'autre emploi, etne pouvant
utilité, ils conserveroient
importans que parleur l'ordre et la forme, sans lesquels
nécessairement
ils n'auroient plus rien à faire.
d'un
Supposez cet Tenhtsemmbaatsnte avec
général et d'un intendant qui débarquent dès le
instructions etleurs secrétaires, qui,
leurs
lorsque ce chapitre fut discuté
() Je me rappelle que
des colonies 7 M. de Sardans le comité de législation
mais les officiers gotine le trouvoit fort raisonnable ; d'homme à système.
nérauz me traitoient de novateur, 1
point alors
II est à remarquer que je ne diz-kuit connoissois mois après, et ot
Surinam 1 oi je n'ai élé que institutions que je proposois.
i'ai retrouvé le régime et les --- Page 274 ---
EssAr
lendemain, ont à répondre à deux
ou requêtes qu'on leur
cents lettres
du dépôt
adresse; les commissaires
> asseoir, pourroient leur dire : c Avant de vous
messieurs, sur votre
> noissez l'état de la colonie, tribunal, con-
>> lation, aucun mémoire
dont aucune re-
>> les détails et les
n'a pu vous peindre
> chargés de vous mouvemens; nous sommes
rappeler des
> et des
Jois, des faits
usages que vous avez lus à
s ordre différent de celui
Paris dans UII
> ici. Voici le
où ils se présentent
champ de VOS
> les yeux sur les temps
opérations : jetez
> verrez
antérieurs à vous; vous
qu'il y a eu des
> réglemens
hommes sages, des
utiles, des
> fautes sans nombre. pratiques sensées et des
Vos
> ontlaissé beaucoup à faire prédécesseurs ils
vous
>> les
; n'avoientp
avantages et les secours
point
> tinés. Ici, vous
qui vous sont des-
> éclairer sur les trouverez tout ce qui peut vous
hommes et sur les
>> vous avez à conduire. Là,
affaires que
>> et leurs
sont les tribunaux
jugemens, leur
S> tion, leir autorité
esprit, leur constitusouventi
>> verrez ce qui produit
insnffisante; vous
>> et Tinconsidération, pour eux le discrédit
>>
et, vis-à-vis de vous, les
compromis et les plaintes.
>> l'ordre
Ici, vous trouverez
légal et naturel dans
>> doivent être
lequel les affaires
traitées. Vous verrez
qu'il y a.
que
>> et leurs
sont les tribunaux
jugemens, leur
S> tion, leir autorité
esprit, leur constitusouventi
>> verrez ce qui produit
insnffisante; vous
>> et Tinconsidération, pour eux le discrédit
>>
et, vis-à-vis de vous, les
compromis et les plaintes.
>> l'ordre
Ici, vous trouverez
légal et naturel dans
>> doivent être
lequel les affaires
traitées. Vous verrez
qu'il y a. --- Page 275 ---
Sr.-Do M I N G U E.
S U R
chad'art et de mérite à veiller à ce que
>> plus
que de vouloir, attirant
> cun fasse sa charge,
les charges. Là, sont
>> tout à soi, remplirtoutes
et la nécessité
et leur emploi,
>> les troupes
sévère, par-tout où il y a des
>> d'une discipline les armes. Ici, sous une autre
>> hommes sous
la milice du pays; c'est un
> forme, se présente la meut, ce sont d'autres
>> autre esprit qui
jamais ces
qui la régissent : n'effacez
> moyens
comme la confusion des pou-
> nuances; ; voyez
faitnaitre l'anarchie. Ici,
>> voirs et desvolontés
les différens cas
les raisons,
>> vous trouverez
vousdevez
et ordonner par
>> où vous
ponrvoir les juges des lieux,
>> même, ou seulement par
les cheis des corps et des commnunautés.
>> par
inviterons à juger rarement, en
>> Nous vous
tribunal d'exception
> vous montrant que votre
dans ce tableau
abusif. Vous voyez
>> est souvent
des subsistances de la CO-
>> celui des moyens et
le volume, si
travaillezà en augmenter
> lonie;
efficacement vous soustraire à la
> vous voulez
Ici, s'ouvre un
des étrangers.
a dépendance vaste à votre activité; mais votre
> champ plus n'a rien à créer. Voici le plan
> imagination
utiles que lon
tous les établissemens
>> arrêtéde dansla colonie; les ponts,lescamaus,
> peut faire
le redressement
> les chemins royaux,1 les quais, --- Page 276 ---
EssA I
>> des rivières, le desséchement
>> l'établissement d'un
des marécages;
>> rinaire, d'une
collége, d'une école vétéécole de
S bre de commerce,
medecine,d'unechan
d'un
>> qui ne puissent
corpedtopothiesires),
pas vendre
>> poisons et des remèdes.
impunément des
>> ceptibles d'une
Voicilesquartienss sus-
>>
nouvelleparoise, de nouvelles
communications; mais trente
>> à peine pour établir
années suffiront
> tâche est de
tous ces objets, et votre
S Voilà les fonds commencery par un et delesuivre.
que vous
> Trois cent mille francs pouyez y employer.
>> à ces
peuvent être destinés
améliorations, sans
les
>> ges publiques soient
que
autres charen
> que renoncer
souffrance; il ne faut
aux
>>
voici.
dépenses inutiles, et les
S C'est ainsi, messieurs,
>
que nous vous
pelerons sans cesse à ce qui est
rap-
>> donné. Les cas :
arrêté et or-
> soumis à votre
prévus sont parfaitement
>>
décision ; mais nos
vous fournissent encore des
registres
>> conseils. Votre
exemples et des
correspondance doit
>> venir, non pas pour la faire
nous reou la réformer;
(*) Je ne cite de tous les corps de métiers
thicaires, parce qu'il est affreux
que les apoabus qui se commettent
qu'on laisse subsister les
par eux.
a
ce qui est
rap-
>> donné. Les cas :
arrêté et or-
> soumis à votre
prévus sont parfaitement
>>
décision ; mais nos
vous fournissent encore des
registres
>> conseils. Votre
exemples et des
correspondance doit
>> venir, non pas pour la faire
nous reou la réformer;
(*) Je ne cite de tous les corps de métiers
thicaires, parce qu'il est affreux
que les apoabus qui se commettent
qu'on laisse subsister les
par eux.
a --- Page 277 ---
I N G U E.
S U R Sr.-DON ordres, pour en
tenir note de vos
mais pour
vous avertir desinconla trace, et pour
> suivrel
séquences. >7
établissement, il n'y
Au lieu d'un semblable arrivent avec leurs proarien, et les deux chefs
insuflisantes; ils
visions de France, toujours renseignemens sur les
tronvent à peine quelques nécessairemenr livrés
ffaires courantes ; ils sont
officieux,
Ou à quelques
a tout
1 leurs représentans adroit, qui sait tout, qui
des lieux,
elqueliommes de la description
vu, et qui se charge
Les militaires s'emdes choses et des personnes. loi ou de finances,
parent du général; les gensdel à étendre les prichacun songe
mécontens
de l'intendant; ordre. Les habitans,
viléges de son
toujours qu'an
des uns et des autres, et espérant meilleur, arrivent
sera
nouveau gouvernement deux hommes de complien foule, obsèdent ces les lettres surriennentpar
mens et de demandes; ;
se mettent en
centaines. Alors les secrétaires sous le poids d'une
chefs sont accablés
ouvresles
immense et inutile : l'ensemble les
correspondance
les abus
leur échappe,
de l'administration
de les réprimer,
tourmentent, et ils désespèrent
; tantôtils
parceqwilanes savent tparobeypeendres oà elle seroit utile,
craignent d'user de V'antorité où elle nuit : alors ils se
fantôt ils l'emploient --- Page 278 ---
Ess. A I
découragent, et laissent aller la
quisouffle; alors s'exercent
barque au veni
ternes : les sous-ordres, les vexations subaltricts, veulent être
chacun dans leurs disqui est fait
legouvernement. Tel homme
pour prononcer sur une
jeu, ou un tapage en suauvais
querelle de
la même classe une
lieu, range dan:
d'administration. question de droit ou un fais
Alors les gens au-dessus
commun par leur ton, par leurs
di
gouvernent eux-mêmes;
richesses, Se
l'autorité,
tuce, ne peut leur
ainsiprosti
sous le fouet du
imposer : les autres son
plus mince
donne et qui menace,
subalterne, qui orCeci n'esty point une vaine déclamation
censure indiscrète. Qui oseroit
Qu une
Je n'ai aucun fait,
me démentir
J'écris
aucun homme à
pour être utile : c'est la chose désigner
que j'ai devant les yeux, et non les publique
personnes.
places et le
Loin de les
déprécier, que ne puis-je leur
primer un caractère de
imqui manque même à
dignité! mais c'est e6
dépourvue
l'administration : elle est
d'autorité, de
D'autorité! Cela
dignité -
j'en montre les paroît étrange au moment où
abus; mais ne confondez
volonté, la fantaisie,
pas la
mière
avec. l'autorité, -La
avance ou recule, selon le caractère pre des
déprécier, que ne puis-je leur
primer un caractère de
imqui manque même à
dignité! mais c'est e6
dépourvue
l'administration : elle est
d'autorité, de
D'autorité! Cela
dignité -
j'en montre les paroît étrange au moment où
abus; mais ne confondez
volonté, la fantaisie,
pas la
mière
avec. l'autorité, -La
avance ou recule, selon le caractère pre des --- Page 279 ---
St. -D OM I N G U E.
s U R
seconde doit être puisqu'elle attaque; la
en vain. Plus
sens ante, et ne doit jamais anquel parler on a reproché
l'un homme en place, faire obéir. Pourquoi
des excès, n'a pas su se à avoir tort, il n'a pu
cela? C'est q.accontumé avoit raison. Le despopersuader une fois qu'il
est presque toucroltaudacieux, cela les nations
tisme, quel'on
sans
jours timide et ignorant; seroient réduites à brouqui en ont subi le joug De-là les inconsquences
terTherbe des champs.
Tel habitant sera
voit à Saint-Dominge
pour une
quelon menacé, puni par un préposé, s'il le veut bien,
mandé, de nègres; tel autre, 2
ni
dispute
boucher ni son boulanger,
ni son
craindre de
ne paiera droits au roi, et se fera
loi ni
même les Conclura-t-on qu'il n'y a ni
ses voisins. hélas! nous n'en manquons pas:
ordonnances ?
de M. Petit; mais
Lisez-les dans la Collection verrez ce qui leur
vous
lisezles avec attention,
manque.
de la colonie, toutes les instiDans l'origine bonnes; elles étoient préparées la
tutions ont été
elles sont sorties de
les circonstances 3
étoitsimple,
par nature des choses : Tadiministration affaires civiles renses agens peu nonhreux.Les dans Pordre de la police
troient presque toutes
propossient,
sommaire. Les colons eux-mémos --- Page 280 ---
Ess A I
délibéroient surl
mandoient, nourris leursintérdissceuxg qui les comau milieu d'eux,
indépendamment de l'autorité
avoient,
roi, un tribunal de
qu'ils tenoient du
soient volontairement confiance, auquel ressortisdémélés. Les
toutes les affaires, tous les
préposés, les
en
subalternes
quelque sorte, désignés par les
étoient,
oflicier de milice,
habitans. Un
alloit
après avoir monté la
juger au conseil. Sans
garde,
cureurs, le demandeur
avocats, sans proson titre contre le
exposoit son affaire et
nonçoit, éclairé défendeur; le bon sens
par ces premières
prosuffisoient alors; et tout cela étoit notions, qui
sure que les circonstances
bon. A meposoit un réglement, la l'exigeoient, on proétoit propre à la
cour l'adoptoit, et il
alors il
colonie, Car il y avoit été
yavoit un esprit public, dont la
fait;
dirigeoit le
réaction
dge de la Gouvernement : c'étoit Ià Ie premier
la fin
colonie, dont nous pouvons
en 1730. Depuis cette
compter
l'accroissemento de la culture époque, j'ai montré
les
et de la
affaires et les places se sont population;
tout a changéde face,
multipliées, et
institutions
c'est-à-dire, les anciennes
sont devenues
abrogées. On a fait
nulles, sans avoir été
liaison, sans
d'autres réglemens, sans
concordance avec les
a supprimé une troupe
premiers; On
sédentaire, acclimatée,
-
l'accroissemento de la culture époque, j'ai montré
les
et de la
affaires et les places se sont population;
tout a changéde face,
multipliées, et
institutions
c'est-à-dire, les anciennes
sont devenues
abrogées. On a fait
nulles, sans avoir été
liaison, sans
d'autres réglemens, sans
concordance avec les
a supprimé une troupe
premiers; On
sédentaire, acclimatée,
- --- Page 281 ---
Sr.-Do M I N G U E.
SU R
formoit des officiers propres aux emplois
qui
de France une
militaires du pays; on a envoyé
OCd'hommes nouveaux, pour
grande quantité
de la macuper tous les postes de l'étatmajor, aboli les milices
et des finances; on a
gistrature
on les a recréés : on a changé
et les états-majors;
subsister les anciens
toutes les formnes en laissant consécutives ont prescadres. Trois ordonnances
différentes.
crit et des principes et des pratiques code de la COCelle de 1766, qui est le dernier
des
civil, suppose
lonie pour le gouvernement tels
les subdélégués,
agensqui ne sontplus,
que existent, tels que
et ne suppose pas ceux qui les officiers de létatles comma iaans de milices,
alorsmajor, parce qu'en effet ilen'existoientpas: milices,
rétablisementdes:
Celle de 1768,pourle
qui ont
mention des états-majors
ne fait point
et toutes leurs foncété établis en même temps,
des quartions sont attribuées aux commandans les lieutetiers, qui ont cessé d'en avoir lorsque de places,
nans de roi, majors ou aides-majors autorité dont
ont été pourvus: : ceux-ci ont une varie selon les cirl'exercice est indéfini, et qui Les tribunaux,
constances 3 du fort au foible.
de leur constitution, se trouvent,
selon l'espèce
Ce
ou réclamans.
vis à-vis d'eux, ou opposans
qui
quel'on
prtaimnta-e --- Page 282 ---
Ess S A I
sont les moyens de Pintendant, semblent appelés à la représentation du pouvoir commun; ;
et ils sont encore dans une position plus équientre les officiers militaires, les magisvoque
chacun a seulement
trats, les officiersdemilice; embarrasser les autres. On se
ce qu'il faut pour
sans cesse sur. les quacontrarie et on se dispute
lités; car les ordonnances à Saint-Domingne
des
sont comme les arrêtistes, qui présentent
autorités pour et contre. Voilà comment l'administration est dépouryue d'antorité, de dignité.
de volontés, de préDans ce conflit perpétuel
les
tentions, on s'adresse aux chefs pour
plus
détails, et, au lieu de gouverner, le temps
petits à
sur des faits particuliers;
se passe prononcer
il est faplus les incidens se multiplient, plus
cile de se tromper : on se trompe donc, et on
revient sur ses pas, et, comme je l'ai dit, on se
décourage.
le plus le général
Un des articles qui occupent
à
dût être étranger
et l'intendant, quoiqu'il
des dettes.- En
Yadministration, c'est le paiement
une sentence confirmée par arrêt, et des
France,
huissiers bien payés, suffisent au créancier pour
liln'estpoint
ayoirraison de son débiteur, quand
les
insolvable; à Saint - Domingue, l'arrêt et
aussi nul que
huissiers ne sont qu'un protocole
décourage.
le plus le général
Un des articles qui occupent
à
dût être étranger
et l'intendant, quoiqu'il
des dettes.- En
Yadministration, c'est le paiement
une sentence confirmée par arrêt, et des
France,
huissiers bien payés, suffisent au créancier pour
liln'estpoint
ayoirraison de son débiteur, quand
les
insolvable; à Saint - Domingue, l'arrêt et
aussi nul que
huissiers ne sont qu'un protocole --- Page 283 ---
Sr. - D OM I N G U E.
sU R
une lettre : j'en ai dit
le formulaire qui termine quand on a son rembourla raison. Il faut donc, le débiteur éloigneles
sement fort à coeur, et que
chef pour obtenir
époques, il faut s'adresser d'est-à-dire, au
la menace
des ordres de contrainte, aux arrêts, suivant
de mettre
d'emprisonner, d'état. Ces ordres ne s'accordent
les différences
ou ils devienà tout le monde; car alors, ou la certiturle
pas
nuls que les arrêts,
droientaussi feroit qu'on les préviendroit.
d'y être exposé
et ce sont ou les perAinsi, on fait un choix,
Si ce
ou les affaires qui sont privilégiées. de la
sonnes
le débiteur se plaint
sont les personnes, les affaires, les chefs sempréférence ; si ce sont révision de jugement qui
blent s'attribuer une
des inconvéniens.
vertu de la loi
présente
s'exécute en
Tout ce qui
mais tout
imprime le respect et la conviction; les voies arbifait de bien, même par
et le
ce qu'on
de toutes parts la défiance
traires, répand
murmure
les abus du régime arbitraire
() Qwand on compare excès monstrueuz, 2 aux abominations
de ce temps-la aux
OT
que la proporrevolationnaire 1 n'apergoit
et une
du régime existe entre une légère indisposition le danger
tion qui
Mais n'oublions jamais que
fieore maligne.
4. --- Page 284 ---
Ess A I
du
et de l'inUne autre occupation
général
tendant, c'est de juger certaines affaires dont
ils ont droit de connoitre, telles que les contestations entre les riverains pour prise d'eau, arcelles résultantes des titres de concesrosement, la réunion des terres en friche, les servision,
chemins et autres objets relatifs:
tudes pour
instructrois conseillers leur sont adjoints pour
Ce tribunal est connu sous le
tion et jugement:
L'ordonnance de 1766
nom de tribunal terrier.
l'adjonction
lui a donné une forme légale, par
chefs
car auparavant les denx
des conseillers, seuls. Mais s'il est vrai qu'il est toujugeoient
de simplifier les formes et les
jours plus sage
les juges ordinaires ne semoyens, pourquoi
de toutes les mnatières?
roientils pas compétens
faits
Pourquoi faut-il que les administrateurs
les inspecter, pour les rappeler à leurs
pour
au soin de l'ordre public,
devoirs, se dérobent
souvent
et épuisent leur attention sur dcs procès
ou laissent craindre aux partrès-compliqués,
sa
du mal au
de Parbitraire est sa mobilité, progression s'arrête
la subpire, et que cette progression ne
veut qu'd le bien de
version : ainsi tout homme de sens qui
est
de réclamer sans cesse la réparation
son pays obligé des institutions fizes.
des abus, et
au soin de l'ordre public,
devoirs, se dérobent
souvent
et épuisent leur attention sur dcs procès
ou laissent craindre aux partrès-compliqués,
sa
du mal au
de Parbitraire est sa mobilité, progression s'arrête
la subpire, et que cette progression ne
veut qu'd le bien de
version : ainsi tout homme de sens qui
est
de réclamer sans cesse la réparation
son pays obligé des institutions fizes.
des abus, et --- Page 285 ---
M I N G U E.
sU R Sr,-DO
des distractions, qui ne
ties des négligences 2
un appel au conpeuvent être relevées que par sontdeux choses
Chlanatdantarmarere chacune un homne
si différentes, et qui exigent
tout entier!
L'intendanta encore un tribunal d'exception,
finances, à la comptabilité, et à tout
relatifaux
celui-là est nécessaire. La
ce qui en dépend :
les
des impositions et contraventions
perception
commettre, ainsi que dans l'emqui peuvent s'y sauroient être mieux jugées
ploi des fonds, ne
veille sans cesse, et qui
que par Phomme qui y
Je parle de ce tribuen ordonne journellement.
est bon et connal, pour montrer que ce qui
couptel au premier
séquentàs son objet, chercher paroit les motifs d'un étad'oeil; mnais s'il faut
plus de raisons de
blissement, etqu'il se présente
alors il est
le condamner que de Tapprouver :
mauvais.
sur ce principe ce que nous avons
En jugeant
des détails de l'administravu de l'ensemble et
meilleure et
tion actuelle, on peut T'imaginer
en voir les moyens. faire
cela, est un réLe premier pas à
pour
formelleclair et précis, qui prononce
glement T'administration sera civile et jamais
ment que
autrement que par
militaire, et qui indique --- Page 286 ---
Ess A I
l'ordre des affaires, le
des phrases équivoques
rang et les fonctions des agens. dont j'ai parlé.
2°. Le dépôt ou commission
des dif
30. L'antorisation d'une députation à l'effet de
de la colonie,
férens quartiers fois l'an pour délibérer sur
s'assembler une
éclairer les adminisleuirs intérêts communs,
roi leurs plaintes
tratcurs, et faire parvenir au
Cette
s'ils sont fondés à en faire.
eti réclamations,
si on veut le bien;
institution est indispensable
voir ce
le roi et son conseil ne peuvent
qui
car
les yeux de leurs
se passe en Amérique que voient par mal, iln'yaplus
préposés; et si ceux-civ seuls à rendre conipte.
de remède lorsqu'ils sont le dire, l'éducation
4°. Le choix et, sij'osoisl de colonies. Il est
des gens destinés aux places
d'y envoyer
malheureux qu'on se soit permis
neufs.
toujours des protégés et des gens
presque médiocre, acclimaté, vaut unhomme
Unhomme
l'est
et celui qui a acquis
d'esprit qui ne
pas;
locales, qui a déja inspiré
des connoissances
vaut
confiance en ses mceurs et en ses principes,
mieux que tous les autres.
ni récompenser, >
5°. Si l'on ne veut ni punir
de bien ou de mal faire, qu'on
qu'il soit égal
examiner le mérite et le déne daigne pasmème administrateur intègre, éclairé,
mérite, qu'un
aut unhomme
Unhomme
l'est
et celui qui a acquis
d'esprit qui ne
pas;
locales, qui a déja inspiré
des connoissances
vaut
confiance en ses mceurs et en ses principes,
mieux que tous les autres.
ni récompenser, >
5°. Si l'on ne veut ni punir
de bien ou de mal faire, qu'on
qu'il soit égal
examiner le mérite et le déne daigne pasmème administrateur intègre, éclairé,
mérite, qu'un --- Page 287 ---
Sr.-DOx M I N G U E.
sU R
en paet celui qui ne l'est pas , Fanti-chambre se retrouvent du midans
rité de traitement
dit est inutile, et, malnistre; tout ce que j'ai
on ne verra que
gré les meilleurs réglemens, des fautes.
des abus, des querelles et de ladministration
6°. Enfin, legrand ressort
et dans la
consiste dans lactivité de la justice
de la
dignité des tribunaux qui sont chargés l'état et la
Nous allons voir quels sont
rendre. forme de ceux de Saint-Domingue
CHAPITRE IL
De la justice et de la jurisprudence.
la
de juridietion'dans
In y a deux degrés
et les conseils SILcolonie : les sénéchanssées, dernier ressort.
périeurs qui jugent en connoissent des matières
Les premiers juges
ce chapitre avec satisfaction,
(*) Je relis aujourd'hui
soit beaucoup plus
etje le trouve de mon age, complet quoigu'il sur cette matière, Un
jeune. - J'avois un travail par un magistrat de Saintprojet de code colonial composé
dconvenable de le
qui n'eziste plus ; Faijugée
Domingue,
dy Gourernement.
mcttre à la disposition --- Page 288 ---
EssAr
civiles et
lientenans criminelles, et sont en même
de l'amiranté dans les
temps
juridiction est établie.
ports où cette
des procès et l'exécution Ily a pour l'instruction
des
cais, des
jugemens, des avoLa
procureurs et des huissiers.
justice s'exerce selon les lois et
nances du royaume et la contume
ordonVoilà Pinstitution
de Paris.
: voici ce
La matière des procès
quiy manque.
d'intérêt absolument
portant sur des objets
étrangers à ceux
occupent en France, il semble
qui nous
l'esprit de nos lois et de
qu'en conservant
da les combiner, les
nos, coutumes on eût
les espèces
modifier selon les cas et
bitant n'est prepres à une colonie; car un han'est ni point un bourgeois, une
une métairie ni un
des habitation
sont point des
fief,
nègres ne
paysans, les créances, les
thèques n'ont plus le même
hypo-
.tages entre héritiers directs caractère, les parpeuvent être soumis
ou collatéraux ne
Il est telle
aux mêmes subdivisions.
si vous divisez manufacture la
que vous anéantissez
terre, les
les
mens, en quatre ou cinq
nègres,
bâtinombre n'est
parties ; le plus grand
pas même susceptible
tage : alors faut-ilinstiter des
d'aucun parner des légitimes
héritiers, ordonpour les
ce
je ne déciderai
cadets, c'est que
pas; mais je dis qu'il faut y
mis
ou collatéraux ne
Il est telle
aux mêmes subdivisions.
si vous divisez manufacture la
que vous anéantissez
terre, les
les
mens, en quatre ou cinq
nègres,
bâtinombre n'est
parties ; le plus grand
pas même susceptible
tage : alors faut-ilinstiter des
d'aucun parner des légitimes
héritiers, ordonpour les
ce
je ne déciderai
cadets, c'est que
pas; mais je dis qu'il faut y --- Page 289 ---
Sr.-D 0 M I N G U E.
SU R
de la colonie qui
pourvoir, ctl thalancerlintésdt
avec celni
demande à augmenter ses produits, obstacle.
qui peut y mettre
des particuliers
ou dégradales améliorations
Les fermages,
présentent les mêines
tions des biens affermés conditions de résilintion,
différences, quant aux etc. En France, les
intérêts,
aux dommages
quoique prévus et détermicas de cette espèce,
prollématiques;
nés, deviennent quelquefois les décisions ne peumais à Saint - Domingue car la loi est nulle,
vent être qw'arlitraires,
,par exemple,
mansetet coutume de France on
sur quelle loi, sur quelle
qui me sont
les dédommagemens
me
prononcera fermier, à la fin de son bail,
dus, si mon
dans un état d'épuisement
livre mon mobilier
ou s'il a laissé
qui m'oblige à le renouveler ,
et le dédans le brigandage
vivre mes nègres
de les faire traiO11 si, négligeant
tous
soeuvrement, vénériens dont ils sont presque
ter des maux
rend infirmes et impotens ?
attaqués, il me les
3 sur un
un fermier ne peut pas,
En France,
m'ocoasionner une
bien de cent mille francs,
; à Saint-Dodégradation pire que du dixième totalement, me
mingue , il peut me ruiner aucun revenu penmettre hors d'état de faire
au terme
années: et cependant,
dant plusieurs --- Page 290 ---
EsSAT I
le mobilier, la terre
de son bail,s'il me rend
n'ai rien à lui
et les bâtimens, en nature, je
le
demander. Cen'est pas tout : si je poursuis,
avons vu et nous verquel sera mon gage?Nous
par corps
rons encore comment les contraintes
jamais lieu, comment les hypon'ont presque
deviennent illusoires. Qu'obthèques foncières
incertain, où la
tiendrois-je donc d'un procès
la senle loi
volonté, l'opinion de mes juges est
que je puisse invoquer?
d'habitation
Les régisseurs, les procureurs très-distincte de tout
forment encore une classe
leur être assimilé en France ;
ce qui pourroit d'hommes d'affaires auxquels
on n'y voit point
d'ailleurs, dans
on confie de si grandsintérets : .
un régisseur ne représente point
nos provinces,
qu'ons ne puisesadros
tellement le propriétaire,
Jui-même en cerser à lui, qu'il n'intervienne
d'examiner,
tains cas, et qu'il ne soit à portée
si bon lui semble, sa propriété, son revenn,et
d'un moment à l'autre.
de retirer sa confiance la moitié de la colonie est
A Saint-Domingne, d'habitation dont les prolivrée aux procureurs
Si les premiers depriétaires sont en France.
infidèles, il
viennent malhonnêtes, négligens,
moins de ressources contre eux que
y a encore
a point de réglement
contre les fermiers; iln'y
tains cas, et qu'il ne soit à portée
si bon lui semble, sa propriété, son revenn,et
d'un moment à l'autre.
de retirer sa confiance la moitié de la colonie est
A Saint-Domingne, d'habitation dont les prolivrée aux procureurs
Si les premiers depriétaires sont en France.
infidèles, il
viennent malhonnêtes, négligens,
moins de ressources contre eux que
y a encore
a point de réglement
contre les fermiers; iln'y --- Page 291 ---
Sr.-DOx I N G U E. 281
sU R
qui les
détermine leurs obligations,
qui
civil qui
formes de comptalilié,
assujettisse à des
les mette privativeéclaire leur gestion, qui
des trileur
sous Tinspection
ment en
qualité
être cités que comme
bunaux ; ils ne penvent y
des gens quin'ont
accusés : et comment accuser témoins de leurs actions?
que des esclaves pour
apprend que son bien
Le malheureux colon qui
décroitre 9 n'a
dépérit, qui voit ses revenus de renvoyer,sanss se
d'autre partià prendre que ruiné, et d'en risquer
Thomme quila
plaindre,
en faire autant impunément.
un L autre qui peut
les régisseurs soient de
Je ne dis pas que tous eux des gens d'honneur
cet ordre: il est parmi leur
ont
leurs travaux et
inrelligence, mais les
qui, par la fortune de leur commettant;
et
réparé
que les prévarications,
lois ne considèrent prévenir : or,en cette partie,
sont faitespourles
sont nuls, car il n'y
la justice et les tribunaux
a point de loi.
les contrats de constituLes ordonnances sur celui réputé usuraire,
tion, sur l'intérêt légal et aux produits et aux
ne sont point conséquentes et le juge qui est conbesoins de la colonie;
d'argent à sept
de déclarer illicite un prêt
traint
ou qui ne peut lui procurer
ou dix pour cent,
commet légalement une
de la loi,
la protection --- Page 292 ---
ESSAI
injustice nuisible au commerce et à l'agriculture, car l'intérêt de l'argent doit suivre la proportion du produit des fonds de terre Orleterme
moyen de ceux-ci est de sept à huit pour cent;
ainsi, sij'ai besoin d'argent pour améliorer ma
terre, comment en trouverai-je à cinq?
Les servitudes locales, les prises d'eau, canaux
d'arrosement, égoûts, ne sont pas mieux déterrurale. Un arpent
minés par la jurisprudence
de terre peut bien être comparé à un autre
une rivière à une rivière; mais la loi
arpent, donne droit dans telle position d'arqui vous
en Touraine, n'a pas pu préroser votre verger
me
vcir que cette servitude à Saint-Domingue
coûtercit cent mille livres de rentes, en ce que
le batardeau que vous y pratiquez, selon les us
de Touraine 7 fait enfler un toret coutumes
heures, couvre
rent d'Amérique, qui, en deux
mes cannes dedix pieds d'eau : et au contraire,
ma terre n'a pas sur la yôtre égoût
en France,si
naturel, la coutume veut que je garde mes eaux,
creuse des fossés chez moi, qui me sufet queje
les cataractes
fisent pour les recevoir, parce que
du ciel ne sont pas ouvertes sur la France comme
Saint -
Mais cette coutume est
sur
Domingue.
votre intérêt et
barbare en Amérique, oi, pour
le mien, il faut que de proche en proche
pour
ire,
ma terre n'a pas sur la yôtre égoût
en France,si
naturel, la coutume veut que je garde mes eaux,
creuse des fossés chez moi, qui me sufet queje
les cataractes
fisent pour les recevoir, parce que
du ciel ne sont pas ouvertes sur la France comme
Saint -
Mais cette coutume est
sur
Domingue.
votre intérêt et
barbare en Amérique, oi, pour
le mien, il faut que de proche en proche
pour --- Page 293 ---
Sr.-D O M I N G U E.
sU R
d'eau qui,
laissions passage à ce déluge
dans
nous
aucun mal, iroit se perdre
sans nous faire
inondée devient au
la mer ; au lieu que ma terre
stérile et malbout de quelques jours un fièvre marais et à moi aussi.
sain, qui vous donne la
démontrer la
suffisent pour
Ces observations
locale à laquelle
nécessité d'une jurisprudence Pendant le premier âge
on n'a jamais songé. parlé, la forine du goude la colonie dont j'ai
ordonnoit ce qu'on
on
vernement y smppiéoit;
la sagesse et l'expéjugeoit utile et ra'sonnable, l'érudition des gens
rience formoient à peu près les avocats ont eu,
en place : mais depuis que d'occuper six aucomme à Paris, la permnission
les publidiences pour une simple cause ; que les comcistes, les arrétistes 1 lesjarisconsultces, affaires, leur
se sont mélés de nos coutume de
mentateurs,
la
profond savoir nous a appris Justinien que ont été réParis et les instituts de très-distante de celle de
digés sous une latitude
Saint-Domingue.
appanvrit les triCette disette de lois propres dont l'inexécation
bunaux et leurs jugemens,
tient encore d'autres causes. de la dignité de
Cicéron a dit : Pourjuger celle des juges et
je considère
la république, avoit raison : là oit vous aves
des jugemens. Il --- Page 294 ---
Ess A I
de bonnes lois, le territoire
de bons magistrats,
est en bon ordre; et au contraire.
étoient
Les tribunaux supérieurs de la colonie
composés d'habitans qui, sans
anciennement
autour d'une table
autre apparcil, s'asseyoient l'aide de Dieu et du
ronde, et y jugeoient avec étoient versés dans
bon sens : plusieurs même
avoient celle du
Ia connoissance des lois, tous
aucune
pays ; ils faisoient leurs charges sans quiy
rétribution, satisfaits de la considération
étoit attachée, et les procès alloient leur train,
On s'enon en expédioit Lantantqe'anjonradlul naturelle et simple : il fut
nuya de cette forme
décidé que les habitans conseillers ne pouvoient
et qu'il falloit en
être de savans jurisconsultes,
On fixa des
faire venir de loin à prix d'argent.
de Paris
appointemens, on désigna des avocats
etil
pour rendre la justice à Saint-Domingue, à la colonie
en coûta deux cent mille francs
des
pouravoirde grandes et de petites andiences,
hauts siéges et. des bas siéges, et toute la solensoutenue par huit
nité des cours souveraines,
chaque memmille francs d'appointemens pour
fait à peu près le wictum et vestitum
bre; ce qui
à Saint-Domingue.
Un des motifs annoncés de cet établissement,
les anciens conseils n'étant point sédenfut que
ue, à la colonie
en coûta deux cent mille francs
des
pouravoirde grandes et de petites andiences,
hauts siéges et. des bas siéges, et toute la solensoutenue par huit
nité des cours souveraines,
chaque memmille francs d'appointemens pour
fait à peu près le wictum et vestitum
bre; ce qui
à Saint-Domingue.
Un des motifs annoncés de cet établissement,
les anciens conseils n'étant point sédenfut que --- Page 295 ---
M I N G U E.
SU R Sr.-Do séances qnà certaines
ne tenoient leurs
de suite
taires,
expédier
et ne pouvoieat fait est que les nouveanx
époques,
Le
toutes les affaires.
Examuentfantre
de l'année
fait déja la moitié
ce
quinFac
huitaine, qui deux inois de vscancetela
ensnite
joursde
en repos;
de Noël, quatre-vingts les séances
zaine de Pâques, trois mois par année
fêtes rédnisent à conseil en faisoit toutantant. des
ellecives.tancien les anciens qu'avec
Mais en ne payant avoit que les phis notadistinctions , il n'y
pouvoient se vouer
bles d'entre les colons qui avoit le choix ; au
et on
Pétroit neà la magistratnre, donnant nux seconds
et les
lieu qu'en
les plus panvres
cessaire, il n'y a que
Paris qui puissent
célabres des avocatsde et
faut
moins
cette dignité: comnmeilf sous un
Raccommoderdee à deux mille lieues, été aussi
la venir chercher
a
cet arrangement
climat dangereux, l'ordre des avocats qu'inftucmeurtrier pour colonie.
tueux pour la
colons ne paient
Mais, dit-on, ces conseillers il faut leur substituer
leurs dettes ; donc
ressource que
point
n'auront d'autre
des avocats qui
comme les autres,
enachetant,
des dettes.
de devenircolons, à crédit et en faisant
des habitations n'étoit ni active ni respectée,
Mais la justice --- Page 296 ---
EsSAI
les jugemens n'avoient point d'exécution, les
consumoient en frais les parties, les
procureurs
huissiers se faisoient payer de deux côtés pour
saisir et ne pas saisir. Hé bien! qu'avez - vous
obtenu? Les procès sont - ils moins longs? paiefrais sont-ils inoins énormes,1 les
t-on micux?les
huissiers plus fidèles, les procureurs moins
riches, les plaideurs plus contens ? Un bachene
rien à tout cela ;
lier, un licencié,
peuvent
c'est l'ocil sevère de la législation qui redressera
ces abus, quand on voudra s'en OCsur l'heure
cuper. dis
ne soit plus convenable
Je ne
pas qu'il
préférence dans la magistrad'employer par
de l'étude
ture lès gens qui se sont occupés
des lois; mais on pourroit y disposer les enfans des Colons, qui auroient desiré d'avoir
dans! leur patrie un état honorable : d'ailleurs,
il est si nécessaire de rédiger un code particulier pour la colonie, que 7 s'il existoit une
fois, cette étude essentielie seroit à la portée
de tout le monde.
Faites donc d'abord de bonnes lois pour
avoir de bons magistrats; et quand vous pouchoisir dans l'ordre des riches ou dans
vez
bien de balancelui des pauyres, gardez-vous
le
cer : une aisance honnête élève l'ame, be-,
soin trop souvent Pavilit.
si nécessaire de rédiger un code particulier pour la colonie, que 7 s'il existoit une
fois, cette étude essentielie seroit à la portée
de tout le monde.
Faites donc d'abord de bonnes lois pour
avoir de bons magistrats; et quand vous pouchoisir dans l'ordre des riches ou dans
vez
bien de balancelui des pauyres, gardez-vous
le
cer : une aisance honnête élève l'ame, be-,
soin trop souvent Pavilit. --- Page 297 ---
Sr.-Do M I N G U E.
sU R
les conseillers
Si yous craignez encore dettes que et ne les paient
habitans fassent des
Faites de bonnes
je vous dirai toujours :
dettes.
pas, tout le monde paiera ses
lois, et
insaisissable, et le moLa terre est presque saisi sans la terre. L'usage,
bilier ne peut être annullent en quelque sorte
Topinion,flabituade,
contre le dédécret
corps prononcé
un
par n'oseroit le mettre à exécubiteur; lhuissier bien, et peu lui importe que
tion : on le paie Voilà,je crois, l'étatactuel
l'arrêt soit exécuté.
civils. Hé bien!
de la justice et des jugemens d'hypothèques
supposez qu'il y eût un registre chacun fut tenu
établi à Saint-Domingue; que sur un fonds quelde faire registrer sa créance
huitièmes du
conque; que lorsque les cinq
les créanhypothéqués,
fonds se tronveroient de faire vendre la terre
ciers eussent le droit
des formes
décret; ; que cela s'exécutât par seule
par
que cette
opéinvariables : croyez-vous beaucoup de dettes?
ration n'acquitteroit pas
on étaSi ensuite, dans un pays marchand,
les
comme cela devroit être , pour la céblissoit,
et les billets à ordre,
lettres-de-change
consulaire 5
de la juridiction
lérité rigonreuse
sa traite
tout tireur qui laisse protester
e
que
comne cela se prafat sûr d'être emprisonné, --- Page 298 ---
ESSA1 I
si Phuissier qui s'y refuserolt
tique par-tout;
aux galères; ; si
de l'argent étoit envoyé
pour
est battu étoit vengé: croyez-vous
celui qui
seroit nulle? Et quel obsalors que la justice
les choses
auroit-il donc à ce que
tacle y
Je soutiens de toutès
prissent cette tournure? les intérêts des colons ;
mes forces la cause et
et dans
mais dans tous les pays du monde, dettes,
il faut payer ses
tous les Gouvernemens," croire
de leurs
et il seroit absurde de
qu'un soumis aux
seroit de n'être point
de
priviléges
A Paris, un homme
contraintes par corps.
une lettre-de-change
qualité qui ne paie pas
doit-on
à Saint-I Domingue,
est mis en prison ;
créancier ? Pourde son
se jouer impunément ? elle nuit à la sûreté 3
quoi cette différence
de la colonie, et
à la liberté, à la prospérité
le Gouverneexister qu'autant que
ne peut
prendre Pintérêt qu'elle
ment ne daignera pas Y
mérite.
des juges de faire
Mais il dépend encore ! veillez sur les juges;
exécuter ces lois: hé bien
lieu de se mettre
au
que les administrateurs,
de les
à leur place, se contentent
quelquefois
y suivre toujours.
tout se dégrade, s'alJe sais bien comment
aussi commais nous yoyons
tère et se dissout ;
é
le Gouverneexister qu'autant que
ne peut
prendre Pintérêt qu'elle
ment ne daignera pas Y
mérite.
des juges de faire
Mais il dépend encore ! veillez sur les juges;
exécuter ces lois: hé bien
lieu de se mettre
au
que les administrateurs,
de les
à leur place, se contentent
quelquefois
y suivre toujours.
tout se dégrade, s'alJe sais bien comment
aussi commais nous yoyons
tère et se dissout ; --- Page 299 ---
Sr.-Do M I N G U É,
sU A
de la vie
les principes
ment tout se réénère: civil ressemblent fort à
morale et de l'ordre
ceux de l'ordre physique.
des'
criminelles et Tinstruction
Les matières
exigeroient une semprocès qui y ont rapport,
blable révision.
inférieurs auxqnels
Premièrement les juges
en même temps
appartient linstraction sont qui sont les seules
chargés des affaires civiles,
à payer dans
utiles. S'il y avoit un magistrat lientenant criminel
la colonic, ce seroit un
n'eût d'autre
dans chaque juridiction s qui
être discelui-là; il ne pourroit
emploi que
lucratives, de l'attentrait par des opérations l'on doit à la shreté
tion, de la vigilance que
point
les criminels ne seroient
publique ;
les prisons, dans un pays où
amoncelés dans cachot habitable, où un air
il n'est point de
devenir contagieux.
renfermé peut aisément lieu à beaucoup de
20, L'esclavage donnant
la nullité du
crimes secrets, ets'opposant, par
des
témoignage des esclaves, au complément d'examiner
il seroit bon
preuves judiciaires, de laisser certains délits
s'il convient mieux domestique, que de traà punir par l'autorité accusés devant les triduire inutilement les
condamner un
bunaux qui ne peuvent souvent
4. --- Page 300 ---
E.ssAr
coupable. Cet inconvénient ne peut - il pas
donner lieu à une tolérance abusive, celle de
faire du maitre le juge souverain de son esclave? Mon nègre a empoisonné , son camarade l'a vu et me l'a dit; la victime de
crime l'a accusé en mourant
son
; j'ai trouvé du
poison dans Sa poche : voilà des
me suffisent
preuves qui
pour déterminer à mes
le
crime et le coupable : mais la justice les yeux
insuffisantes et ne peut prononcer;
trouve
;
son
j'explique
silence, je fais périr mnon
et
suis convaincu d'avoir fait
nègre 2
je
un acte de
Mais si je m'arroge ainsi le droit de justice.
d'un esclave, que devient l'autorité disposer
publique?
jusqu'ou ne puis-je pas étendre celle de mon
tribunal domestique P Doit-on livrer ainsi à ma
discrétion les misérables créatures
tant de colère
qu'un inspeut supposer coupables > et
peut anéantir?
J'aimerois bien mieux changer les formes
légales, que de les. anéantir. Je ne suis
touré que d'esclaves: eh bien, que les esclaves encomparoissent devant le juge; s'ils m'ont convaincu, ils doivent le
s'il lui
des
convaincre;
reste
doutes, je devrois en avoir aussi: le concours de circonstances qui m'a montré la vérité, la lui montrera aussi. Mais si la loi ne
peut anéantir?
J'aimerois bien mieux changer les formes
légales, que de les. anéantir. Je ne suis
touré que d'esclaves: eh bien, que les esclaves encomparoissent devant le juge; s'ils m'ont convaincu, ils doivent le
s'il lui
des
convaincre;
reste
doutes, je devrois en avoir aussi: le concours de circonstances qui m'a montré la vérité, la lui montrera aussi. Mais si la loi ne --- Page 301 ---
Sr.-D o M I N G U E.
sU R
admet
la loi a tort à Saint-Domingue,
les
pas,
car il vaut mieux en
et il faut la réforiner, de n'en avoir point.
faire une autre que
tribunaux demandent
Ainsi la justice et les
un code local
des additions et des réformes;
j'en ai incivil et criminel est indispensable:
évi
articles, dont on reconnolt
diqué quelques
et P'utilité. Mais, pour
demment l'importance
de ce. code, il
la formation et le complément recours aux jurisd'avoir
faut bien se garder
sont les tribunaux de
consultes de France: : ce
qu'il
de loi, ses habitans,
la colonie, ses gens
établir une comfaut entendre. On pourroit y
de
destinée à recevoir les observations
mission
vondroient en communiquer,
tous ceux qui
à la rédaction,
autoriser les administrateurs avec les conseils, à
et, après en avoir délibéré
un certain
provisoire : après
la proinulgation
recevroient
nombre d'années, ces réglemens
la sanction du legislateur.
il condes tribunaux,
Pour la composition dans les conseils et dans
vient de multiplier
et de les prendre
les juridictions les assesseurs, On leur donneroit
dans l'ordre des habitans.
avoir éprouvé
de titulaires, après
des provisions
Mais on a fait
leur conduite et leur capacité.
distinctions
faute d'ajouter aux
une grande --- Page 302 ---
Ess. A I
accordées aux magistrats, des
Rien ne prouve mieux que le mal appointemens. se fait aisément, et ne se répare pas de
hommes
même; car les
que vous avez accoutumés à être
se trouveront maltraités en ne l'étant payés
d'ailleurs, il n'est pas juste de
pius :
sahsistance à ceux que l'on a retrancher la
condition, et
appelés à cette
qui ont quitté enfin leur
leur état, pour aller vivre en
patrie,
les seuls moyens qu'il seroit Amérique avec
question de leur
Oter, ce qui n'est pas praticable. Alors
vois un grand inconvénient de faire
je
classes de
deux
conseillers-gagistes et non
ce seroit une occasion de
gagistes;
les premiers - , et il faut que dénigrement les
pour
soient tous respectés et
magistrats
Je crois donc qu'il respectables.
à prendre. Comme
n'y a qu'un séul parti
plusieurs de ces conseillers
étrangers ont fait des établissemens dans la
colonie, ce qui les met dans la classe des
habitans, il faut que les conseils
renoncent d'abord à être
supérieurs
doit leur attribuer
appointés; mais on
demnité
une somme à titre d'inet à la disposition absolue de la compagnie, qui détermine clle-nême,
année, les sécours à donner à par chaque
membres
ceux de ses
qui en ont besoin : insensiblement
de ces conseillers
étrangers ont fait des établissemens dans la
colonie, ce qui les met dans la classe des
habitans, il faut que les conseils
renoncent d'abord à être
supérieurs
doit leur attribuer
appointés; mais on
demnité
une somme à titre d'inet à la disposition absolue de la compagnie, qui détermine clle-nême,
année, les sécours à donner à par chaque
membres
ceux de ses
qui en ont besoin : insensiblement --- Page 303 ---
Sr.-Do M I N C U E.
SIR
l'attention de muls'abolira, si on a
cet usage
créoles.
tiplier les assesseurs
il est essentiel que
Pour les juridictions,
du roi et
de juges, de procureurs
Jes places
sounises aux indultes
de grefliers, ne soientplus et des bureanx. Un
de la cour
des. protégés aucune idée de jurisprudence
homme qui n'a
hardiment une place
ni d'affaires, demande
et vient cnà Saint-Domingue,
de judicature hardiment la remplir, parce qu'elles
core plus
40 mille, francs;
valent depuis 15, 20 jusqu'à commis, un
cet homme est quelquefois un Tout est bon
marchiand, un officier réformé.
on s'écolonie ; et ensnite
ponr cette pauvre
et OnI demande
tonne du désordre qui y règne, remédier. Ces
sérieusement les moy:ns d'y
les voici : Ne faites pas le mal pour
moyens,
de cette colonie, n'y en.
le mal, ayez pitié des antres Etats, vous Y
voyez pas le rebut
; car les réferez alors tout le bien possible
le
difficiles à rédiger,
glemens ne sont pas
utiles, n'est
choix des bons sujets, des gens huinain. Il
au-dessus de V'entendement
: eh
pas faut des juges pour Saint-Domingue s'en
vous
les choses de manière qu'il
bien, arrangez
le jnge soit remforme dans le lieu même; que
le procul'assesseur, le lieutenant,
placé par --- Page 304 ---
EsSA I
reur du roi, par son substitut, le greffier par
ou prenez des avocats militans
son commis, le général et Pintendant proau conseil; ; que
le conseil les examine
posent les sujets, gue
et les appronve.
l'intendant
Mais le général et
proposeront eh bien,
aussi leurs protégés, leurs créatures;
conle conseil les refuse, s'ils ne sont pas
que
être capables, et que les adminisnus pour
forcer la main
trateurs n'osent pas impunément sache qu'il est peraux examinateurs; qu'on de leur résister dans
mis, qu'il est glorieux ministres et les buces cas-là : mais que les
tous ces sollireaux s'abstiennent de nommer
d'eux,
citeurs de places qui abondent autour et la
et Ia cour
qui mettent en mouvement
également un emploi
ville, et qui prendroient
pourvu
militaire ou civil, une cure même,
qu'il y eût de l'argent à toucher. Fexercice de la
Quand on aura déterminé Ia formation et le
justice civile et criminelle,
il fant encore
des tribunaux,
remplacement
doivent avoir sur la
arrêter l'influence qu'ils
police générale et particulière
() Je ne sais pas ce que Pon pourroit retrancher tonjours aujourd'hui à ces observations ; elles meparoissent
dune graude importance.
et qui prendroient
pourvu
militaire ou civil, une cure même,
qu'il y eût de l'argent à toucher. Fexercice de la
Quand on aura déterminé Ia formation et le
justice civile et criminelle,
il fant encore
des tribunaux,
remplacement
doivent avoir sur la
arrêter l'influence qu'ils
police générale et particulière
() Je ne sais pas ce que Pon pourroit retrancher tonjours aujourd'hui à ces observations ; elles meparoissent
dune graude importance. --- Page 305 ---
Sr.-Do: M I N G U E. 295
SUR
CHAP P 2e I' T R E IIL
De la police générale.
trois espèces de police,
Il y a, je crois,
d'ordre etde sdreté:
celles Tuarprentienenmente tellement liées lune àl'autre,
touteslest trois sont
sans
ne
Y avoir
dappsovisionmenent
qu'il peut
de streté oà il n'y
ordre, et qu'il n'y a point
a ni ordre ni apenoiiensements l'univers régis par des
Tous les pays de
mais l'exécution en
lois reconnoissent celle-là, selon les moeurs
est différemment combinée, le peuple le inieux F
et les lumières; en sorte que le plus éclairé.
policé est nécextirement colonie de Saint-I Domingue
II faut que la les ténèbres ; car je cherclie
soit encore dans ne la trouve pas.
sa police, et je
aecidentellement
Pour Tapronisionnement précaution : nous
nécessaire, il n'y a aucune -
F'avons. vu.
intérieur, il y a des empêchePour l'ordre
la distribution des pouvoirs
mens dirinans dans
pas.
se croisent et ne s'éntendent
de
qui
la sûreté, il y a deux compagnies et
Pour
mal armées >
maréchaussée mal comiposées, --- Page 306 ---
Esski
point montées ; ainsi un criminel à cheval
bien armé est plus en sûreté que le
et
La police des villes est- confiée public.
donnances aux jages des
par les oraux
lieux, et, par l'usage,
commandans et officiers de
qui sont convaincus
l'état-major,
que la police est
quand ils ont reçu les comptes des
faite,
nuit et des rixes de
tapages de
qu'un
jour, et qu'ily a eu queld'emprisonné.
La police des campagnes
par les ordonnances,
appartient encore,
partie aux juges des
partie aux commandans de
lieux,
lusage, elle est entièrement quartier; et, par
ciers-majors
dévolue aux offiqui commandent dans le
et qui opt à leurs ordres les
ressort,
réchaussée,
brigades de maMais il seroit très-indifférent
préposé fût chargé de veiller que tel ou tel
à l'ordre
pourvu qu'il y ett pour cela des
public *
venus et des formes certaines. moyens conOr,iln'y a point de plan arrêté, point de
moyens convenus, point de formes certaines.
D'après Texpostquejailait des différens états
de la colonie et de son
semble
organisation, il me
que je vois le plan de
seroit propre,
police qui lui
Premierement je voudrois un recensement
chargé de veiller que tel ou tel
à l'ordre
pourvu qu'il y ett pour cela des
public *
venus et des formes certaines. moyens conOr,iln'y a point de plan arrêté, point de
moyens convenus, point de formes certaines.
D'après Texpostquejailait des différens états
de la colonie et de son
semble
organisation, il me
que je vois le plan de
seroit propre,
police qui lui
Premierement je voudrois un recensement --- Page 307 ---
Sr.-Do M 1 N G U E.
SUR R
de ses habitans et de ses habitations;
très-exnct
de commun avec les déclarail n'auroit *ien
donne aujourd'hui, ou
tians informes que l'on la négligence est telle
qu'on ne donne pas, car
l'alternative est égale.
que
présenteroit,
Ia matricule de chaque paroisse
et
réduite, les manufactures
dans une carte
du quartier , numérotés
tous les biens-fonds
verroit les noms des
par aire de vent; et on y
numéro, et leurs
actuels de chaque
propriétaires les chemins royaux et particuliers,
abornemens,
les rivières et les canaux.
à chaque
Dans une feuille correspondante exactes
des déclarations
nnméro, on trouveroit elles ne seroient point
du propriétaire ; oar
nègres, ce qui ne
exigées pour imposer ses
le plus juste,
être le genre d'imposition
peut
avoir une comnoissance
mais seulement pour des morts, des épidéprécise des naissances, sécheresse, d'une inonmies, des effets d'une et de la quantité de
dation, d'un ouragan,
sucre, etc.
terres cultivées en vivres,en seroit difficile
opération ne
Cette première
qu'une fois; car Oik conà vérifier
ou pénible il seroit ensuite aisé d'interroger
çoit combien
connoître tontes les révoles numéros, et de --- Page 308 ---
EssA I
lutions, tous les mouvemens qui arriveroient
parmi les propriétairesCe seroit le grand livre de la colonie, sur
lequel on pourroit statuer pour T'approvisionnement, pour les milices, pour les corvées
pour les chemins.
des- milices du quartier
Le commandant
être l'agent le plus naturel à employer
paroit
; il s'cn serviroit pour
pour ces déclarations
qui
régler les petits détails de commandement réuni
tandis que leur dépôt
le regardent, d'administration seroit la base
dans un burean
Tintendant ordonsur laquelle le général. et
neroient de la haute police.
dcs habitans, à l'ordre
Quant aux querelles
de milice
intérieur du quartier, le commandant
ordinairement est un notable, ançien,
qui
la conliance et l'estime de ses
honnête, ayant
d'ailleurs ne
camarades, cet homme-là, 2 qui
coûte rien, seroit plus en état d'y pourvoir
qu'il fit autorisé, et
que tout autre, pouryu
être désavoué ou contredit par
qu'il ne pàt
aucun officier-major.
officier
pas que cet
Il ne convient cependant
de milice soit un potentat dans son quartier, >
doivent être subordonnées 5 SOIL
ses opérations
ime de ses
honnête, ayant
d'ailleurs ne
camarades, cet homme-là, 2 qui
coûte rien, seroit plus en état d'y pourvoir
qu'il fit autorisé, et
que tout autre, pouryu
être désavoué ou contredit par
qu'il ne pàt
aucun officier-major.
officier
pas que cet
Il ne convient cependant
de milice soit un potentat dans son quartier, >
doivent être subordonnées 5 SOIL
ses opérations --- Page 309 ---
Sr:-DO M I N G U L.
sU R
essentiellement à rendre
mploi consisteroit bureau d'administration
ompte ; et c'est au
de la
tabli dans chacun des trois départemens adressés. Ce
seroient
tolonie, que ces comptes chefs ou de leurs repréureau, composé des
dirigeroient
entans, d'un ou deux magistrats, sommaire et la haute
mpérieurement la police seroient exécutés; car
bolice. Alors les ordres des pouvoirs, et tous
Is partiroient du centre
émendés.
inutiles seroient
es rameaux
il faut plus de détails, plus
Pour les villes,
les colons ne font qu'une
e moyens 3 car tous les intérêts et les OCclasse d'hommes, dont
dans une ville il y
se ressemblent :
propre.
cnpations et chacune a un mouvement
ena dix,
classer tous ces individus
Je voudrois donc
les marchands, les
etles voir dans leur poste;
d'affaires, les
artisans, les étrangers, les gens couleur, et ensuite
kurnuméraires, les gens de
les subdivisions:
horames det etous états
Une recrue ededeuxmillel dans les ports dela COdébarquc annuellemient ordre à établir, c'est sur ces
lonie. Le premier leur faisant déclarer à leur
nouveaux venus, , en
leurs moyens,
arrivée leurs noms et qualités, inscrire en leur quales
de se faire
une
et obligeant aussitôt qu'ils ep auroient
lité nouvelle --- Page 310 ---
Essx I
dans le pays; ils se trouvercient
certain tempsplacés
au bout d'un
où l'on
dansl'une des classes utiles,
connoitroit ceux qui, dépourvus de
cultés, vivent aux dépens du
fa
lui devenir à
public, et peuvent
charge.
Avant de passer outre, je demande
et un lieutenant de police dans les un greffa
Dans ce greffe on doit trouver chefs-lienx
habite la ville, tout ce
tout ce yui
qui en sort.
qui y entre et tout ce
Des registres particuliers
fession contiennent le
pour chaque protous
rom et la demeure de
ceux qui l'exercent; ; ils sont
par un syndic, et plusieurs
représenté
tent des
syndics représend'ordre corps, s que l'on conduit avec
et de facilité que des
plus
et isolés.
hommes éparg
Les chefs se sont toujours opposés à Ia
mation des
for
la
corps on communautés dans la
colonie, en allégnant qu'ils sont inntiles ou
dangereux : c'est précisément tout le
Jl est misérable de croire
contraire.
veraine pût avoir
que l'autorité soud'une chambre
qielque chose à craindre
des
de commnerce, > ou d'un corps
apothicaires, au de celui des
Le Gonvernement
chirurgiens
choses
peut en être éclairé sur les
relatives à leur profession, jamais em-
communautés dans la
colonie, en allégnant qu'ils sont inntiles ou
dangereux : c'est précisément tout le
Jl est misérable de croire
contraire.
veraine pût avoir
que l'autorité soud'une chambre
qielque chose à craindre
des
de commnerce, > ou d'un corps
apothicaires, au de celui des
Le Gonvernement
chirurgiens
choses
peut en être éclairé sur les
relatives à leur profession, jamais em- --- Page 311 ---
O M I N G U E.
sU R Sr.-D
homme en place,
arrassé; mnais il est vrai qu'un
de l'inau mépris
tout bouleverser
ui voudra
e. du roi, sera plus tôt
érêt public et du service
un particulier.
émnasqué par un corps que par ?
cela est inutile
Dira t-on que
comment la bonne police
Faut-il démontrer division d'habitans par
Pune ville exige cette ? Voici des raisons.
orps et commuitantés établit une boutique de
Un homme au Cap livres de chandelle,
resserie avec quelques
ne le conde fromage 5 personne
de
le beurre,
existe, et on ne voit
oit, on ignore qu2l dans sa boutique : mais
ui que ce qu'il montre il rogne des louis, il
lans Tarrière-boutique et le sirop volé par les nègres,
chète le sucre
fait fortune, laisse là sa
prête sur gage, il
France avec une baroutique, et part pour
la police ni le
ique de piastres 1 sans que entendu parler de
Bouvernement aient jamais s'il ne s'est fait arui,s'il n'a battu personne, ,
êter par la garde.
et vend de l'arUn autre se fait apothicaire, médécinales
enic aux nègres ou des drogues pour cent
variées, qu'il donne à cinquante aussi fripons que
e moins à des chirurgiens la dissenterie dans
ui, qui répandent ainsi
de
Qui dénoncera ce marchand
un quartier. --- Page 312 ---
EssA I
drogues comme un voleur ou comme un
rant P qui le connoit, le voit, le
igno
état f
suit dans sor
Un
chirurgien, ou soi-disant tel,
tropie les malhenreux
tue, es
les vénériens
qu'on lui confie; il traite
avec du sublimé
il
tablit dans un
corrosif; s'é
quartier, où iln'y a pas d'autre
artiste, et dévaste la banlieue,
le hasard lui donne
jusqu'à ceque
Si tous ces
un successeur.
munautés, la gens-là appartenoient à des com
nécessité d'être
les informations
examinés, reçus
d'être sous les
préliminaires, la certituc
et de la
yeux,, sous la main de son corp
police, ne
elles
une partie des désordres préviendroient- ?
pa
Je sais que la colonie est affranchie
de maltrise, ct je n'ai garde de
du droi
blir. Qu'un cordonnier fasse
vouloir l'éta
des
tôt qu'il en sait faire, qn'il souliers, aussi
liberté de
n'achète pas la
gagner sa vie; mais
moi magistrat,
que je sache
qu'il y a cent
ma ville, et que leur
cordonniers dans
syndic, qui les a
puisso me représenter au besoin, le reçus le
domicile, et la patrie de chacun d'eux. nom,
Qu'un homme qui n'a pas une
noissance des
parfaite con
ment vendre drogues, ne puisse pas impuné
et composer des médecines dan
erté de
n'achète pas la
gagner sa vie; mais
moi magistrat,
que je sache
qu'il y a cent
ma ville, et que leur
cordonniers dans
syndic, qui les a
puisso me représenter au besoin, le reçus le
domicile, et la patrie de chacun d'eux. nom,
Qu'un homme qui n'a pas une
noissance des
parfaite con
ment vendre drogues, ne puisse pas impuné
et composer des médecines dan --- Page 313 ---
Sr.-Dox a I N G U E.
SU R
est tous les jours emun pays où le poison soit soumis à l'examen
ployé; que cet homme
de ses supéà l'inspection
de sesi confrères,
qui abordent dans
rieurs; que les étrangers soient à la recommandaune ville de colonie tel autre préposé, , qui
tion d'un consul ou demeure et leurs atsache leurs noms, 2 leur
la police.
faires, et qui en instruise maritimes soient distincts
Que les marchands
et ceux-ci des
des inarchands en boutique ,
qui vendent et achètent pour
commisionnairos habitans; ; que les uns et les autres
le compte des
soient connus.
et les chirurgiens soient
Que les médecins avis des maladies qui règnent
obligés de donner
d'accumuler
dans la ville, afin qu'on empêche dans une même rue,
dans une même maison, les précautions poset de prévenir par toutes T'épidémie, dont un paye
sibles la contagion,
chaud est toujours menacé.
de couleur libres soient répartis, :
Queles gens
en deux classes ; ceux qui
comme je lai dit,
ceux qui n'en ont
ont un fonds, un métier, les derniers à un
pas, afin que lon dispose moins qu'on les
travail quelconque, ou au
tienne pour suspects.
qui arrivent du deQue tous les comestibles --- Page 314 ---
Essir
hors soient inscrits dans un
surun calcul de consommation registre, et que
d'approvidannement.
on règle celui
Voilà à peu près comment l'on
glerla police dans une ville de
pourroit rément on est sûr qu'il
colonie, et comcun de ces établissemens n'y en a pas, quand aun'existe.
J'ai dit qu'il falloit un
nant de police. Sans
greffe et un lieuteformes
un dépôt de faits et de
nous ne suivrons jamais le fil
affaire; c'est sur des registres
d'une
mirable machine de la
qu'est posée l'adpolice de
2 A
Paris.
St.-Domingue, on a toujours cru
fisoit d'examiner et d'ordonner
qu'il sufque' chose
cet
: ce seroit quelque
examen préalable ,
homme en état de le faire et de
qu'nn
suite, mais ce n'est pas tcut : prononcer enet les
l'ordre, la forme
l'homme principes ne doivent pas dépendre de'
: il faut qu'ils soient
rêtés et prescrits invariablement. réfléchis, ardes gouvernemens seroit
Le meilleur
génie nep
celui oi Phomme de
pourroit pas mieur faire que Phomme
midiocre, car lun et Pautre ne
les agens serviles de la loi
seroient que
préou.
Fu
qui auroit tout
Dirai-je ici qu'après Jes
il seroit aussi
réglemens généraux,
important de déscendre dans les
: il faut qu'ils soient
rêtés et prescrits invariablement. réfléchis, ardes gouvernemens seroit
Le meilleur
génie nep
celui oi Phomme de
pourroit pas mieur faire que Phomme
midiocre, car lun et Pautre ne
les agens serviles de la loi
seroient que
préou.
Fu
qui auroit tout
Dirai-je ici qu'après Jes
il seroit aussi
réglemens généraux,
important de déscendre dans les --- Page 315 ---
SU R Sr.-D o M I N G U E,
détails, et de s'y arrêter; de
de fait pour la
voir ce
a
Jubrité
propreté, la
qu'ily
des villes : ou si je dis commodité, la saquel le seul ordre de
qu'il n'y a rien;
que toujours sans exécution nettoyer les rues est preslant n'est jamais arrosé;
; qu'un pavé brapassans dans les
que le soleil calcine les
tées, qui pourroient rues, , qui pourroient être tenêtre
par des ruisseaux,
rafraichies, inondécs
que des quartiers ombragées par des arbres,
odeur infecte
inarécageux exhalent
des
s qu'il s'en élève
une
torrens de fièvres
chaque année
caution n'est ordonnée malignes; qu'aticune préles quais informes
pour les incendies;
cesse
d'une ville opulente sont que
embarrassés, et ne
sans
Ces facilités nécessaires présentent aucune de
tout cela, n'est-ce
au commerce. Si je dis
gération, ou
pas me rendre suspect d'exaaccuser la
auroient da s'en occuper négligence P Voilà de ceux qui
l'exacte vérité, le champ
pourtant, dans
mains bienfaisantes
qui se présente aux
Qu'on n'allegue
qui voudront le travailler.
de la
point ici ces
paresse et de
prétextes frivoles
faire à volonté le bien T'ineptie, et le qu'on ne peut pas
la perfection sont des idées mieux; que l'ordre,
être consignées dans les sublimes, propres à
ceuvre dans le
romans, Ou mises en
4.
royaume de Salente! Hé! qui
--- Page 316 ---
3c6
ESSAI
vous parle dep perfection? Débrouillez
le chaos, mettez en
seulement
chez tous les
pratique ces préceptes reçus
peuples policés, il nous
encore assez de vices et de désordres restera
prétends pas les réformer.
: je ne
Mais quelqu'un me prépare ici une
plus solide. Il n'y a point de
objection
vous) dans votre colonie, la
police (ditesl'administration mal
justicey est nulle, >
vous nous avez
entendue ; et cependant
parlé d'un accroissement
digieux dans VOS cultures ; nous en
protrer dans nos ports les produits
voyons enment concevoir qu'il
immenses : comd'un pays oi tout
sorte tant de richesses
est à faire,
bien : mais voyez aussi lej
réformert ? Fort
vaisseaux,
pont Euxin couyert de
Constantinople
de marchands, de
remplie d'étrangers,
sant
marchandises;
de ses ports dans les vôtres l'Arabie verparfums ; l'Inde fournissant
son café, ses
terre des alimens,
à la moitié de la
des toiles et des
qu'en concluez-vous ?
diamans: :
licite
Qu'un sol heureux soll'industrie, et que l'un et l'autre
latter quelque temps contre
peuvent
gislation
une mauvaise lé-
() Ce chapitre fut le seul
quift une grande impres-
trangers,
sant
marchandises;
de ses ports dans les vôtres l'Arabie verparfums ; l'Inde fournissant
son café, ses
terre des alimens,
à la moitié de la
des toiles et des
qu'en concluez-vous ?
diamans: :
licite
Qu'un sol heureux soll'industrie, et que l'un et l'autre
latter quelque temps contre
peuvent
gislation
une mauvaise lé-
() Ce chapitre fut le seul
quift une grande impres- --- Page 317 ---
SOx
SnDox I N G U E.
CHAPITRE
IV.
De la
police, s et
composition des
milices.
troupes et
Ex parlant de la
dant la
sitnation de la
qui
guerre , j'ai exposé
colonie penpouvoit
écrit et
opérer sa défense. sommairement On
ce
de détails projeté sur Cet objet;
a beauicoup
au petit nombre
f'ajouterai
je me suis déja
dobservations peu
méraux, des permises. Les mémoires des que
tions, les ingénienrs ont
gérépartitions de indiqué les posiprovisionnemens nécesaires. troupes, et les apcipalement ici les
leconsidère
ce qu'ils ont de ofliciers et les soldats prinintérieure de
relatif à la
dans
La
la colonie.
police et sûreté
forme à donner
changée et
aux corps
rien de la rechangée si
militaires,
la
part du réformateur souvent, n'annonco
ou nouveanté. Légion ou
que l'amour de
brigades
régiment, bataillon
séparces; c'est comme Thabit
blanc
sion dans la discuszion. On
consépuence; eiatliasemens mais je ne me souviens donna quelques ordres en
que je sollicitois ait ClL lleu. pas qu'aucun des --- Page 318 ---
E S S A I
etbleu, au moins à St-Domingnercarjen
n'ignore
pas que, pour la composition d'un corps d'armée, il est nécessaire
fier les
d'organiser et de modicorps particuliers, selon la forme et
l'objet des armes et des manceuyres qui leur
sont assignées.
Mais dans une ile où il est difficile de faire
une guerre de campagne, dont la
peut être utilement
garnison ne
employée qu'à
une descente et une invasion
empêcher
subites, où les
vaisseaux doivent jouer le premier rôle, les
troupes de terre ne peuvent être vues, en
de
temps
guerre, que comme un instrument auxiliaire
des vaisseanx; et en temps de paix,
un moyen de police. A ce titre-là, le que fonds comme
trois mille hommes, réduit à deux mille
de
accidens journaliers,
par les
suffiroit à St.-Domingue
pendant la paix
(*) Ce n'est pas aujourd'kui et de
telle garnison suffira ; mais n ous étions long-temps loin de gu'une
gue nos troupes auroient d combattre des
prévoir
des régimens nègres. Quelle continuité générauz et
cumulation de fautes 7 étoient nécessaires 2 quelle acconduire d l'état où nous sommes ! Les administrateurs pour nous
insoucians, incapables 2 uniquement occupés de leurs
jouissances personnelles 7 sont pour la société un bien
plus redoutable fléau que les voleurs de grund chemin.
n ous étions long-temps loin de gu'une
gue nos troupes auroient d combattre des
prévoir
des régimens nègres. Quelle continuité générauz et
cumulation de fautes 7 étoient nécessaires 2 quelle acconduire d l'état où nous sommes ! Les administrateurs pour nous
insoucians, incapables 2 uniquement occupés de leurs
jouissances personnelles 7 sont pour la société un bien
plus redoutable fléau que les voleurs de grund chemin. --- Page 319 ---
SU R Sr.-Do M I N G U E.
J'aimerois mieux
régimentés,
que ces troupes fussent enfranches, que distribuées en compagnies
forme de parce qu'il me semble que notre
titution régiment est le chefd'euvre de l'insmilitaire ancienne et
service de guerre et
mnoderne pour le
compagnies franches pour la discipline. Les
ni d'ensemble, ni de ne paroissent susceptibles
ni d'esprit de
tenue, ni d'émulation,
bile du soldat; corps, qui est le plus grand mod'ailleurs toutes les
imposantes s'exécutent
évolutions
cadron : ainsi à quoi bon par bataillon, par espar compagnies isolées, si diviser vos troupes
pour les
vous étiez obligés,
les
employer et les faire
réunir au commandement maneenvrer, de
suis pas militaire
d'un senl?. Je ne
et lu,
; mais dans ce
je ne trouve point la raison que j'ai vu
pagntes franches, qui
de ces complus à la République de conviendroient tout au
service maritime, celui des Luques. J'excepte le
eflectivement susceptible de vaisseaux, qui est
il ne faut sur le gaillard
cette forme ; car
d'un vaissean
fusiliers; les évolutions, les
que des
duisent à charger et tirer manceuvres se récorps de cent ou
juste : ainsi de petits
plus propres
cinquante des
hommes sont encore
sur les vaisseaux. que
régimens à être distribués --- Page 320 ---
EsSA I
Mais à St-Domingue
qui commencent à être gardons nos régimens
malgré le mauvais choix forinés et disciplinés, s
cruteurs destinent
d'hommes que les reaux colonies.
Commeilinef faut pas
pour la paix, mais arrèterun plan militaire
rois à dix bataillons pour la guerre, je portetillerie la somme des d'infanterie et deux d'arla défense de
forces de terre assignée à
St-Domingue.
Le fonds de ces
gimens, doît être troupes, divisé en trois réet
permanent dans la colonie,
complété au premier moment où
a
est prévu, par les
le besoin
marine et ses. brigades compagnies franches de la
d'artillerie
moins d'inconvénient
recrutées avec
par des hommes
que celles des colonies
nouveaux.
mer et le séjour des
Lhabitude de la
de marine bien
ports rendent les soldats
au service des colonies. plus propres que tousles autres
Cette considération est
importante, et toutes les autres doivent lui
subordonnées.
être
Les ofliciers et les soldats soumis
pline la plus
à la discide leurs
exacte, et à la police intérieure
corps, ne doivent
celle de la colonie, à moins jamais influer sur
dangereuse, d'un incendie. d'une commotion
lamaindel
Cette force est dans
ladministration,p pourn'en point tuscr.
rendent les soldats
au service des colonies. plus propres que tousles autres
Cette considération est
importante, et toutes les autres doivent lui
subordonnées.
être
Les ofliciers et les soldats soumis
pline la plus
à la discide leurs
exacte, et à la police intérieure
corps, ne doivent
celle de la colonie, à moins jamais influer sur
dangereuse, d'un incendie. d'une commotion
lamaindel
Cette force est dans
ladministration,p pourn'en point tuscr. --- Page 321 ---
8U R Sr.-Do M I N G U E.
Armis decoratumo
dit
oportet legibus esse
Justinien, en parlant de la
armatum,
De-là un officier de
souveraineté,
être un officier civil, ni troupes ne peut jamais
cette confusion
en faire les fonctions;
nemens
répugne à tous nos Gouverchez modernes, même à celni des
lesquels un cady n'est
Turcs,
Un
point un Janissaire.
capitaine, 3 un major de troupes ne
avoir, dans aucun cas,
doivent
un individu
yn ordre à donner à
oflicier
qui n'est pas soldat; et si uir
supérieur se trouve chargé de détails
d'administration, nous avons vu
est essentiel qu'il les sache,
combien il
et qu'il cesse d'être militaire qu'il les ait appris,
à la tête de sa
quand il n'est plus
Il est donc troupe.
et l'administration tris-abusifque Ie commandement
sentent, dans
qui y est attachée se repréune ville, degrade en
qu'à celui de
grade, jusla
capitaine ét de lieutenant.
troupe soit commandée
Que
heure 5 mais
ainsi, à la bonne
une
que celui qui exerce ou partage
magistratnre parinterim, y soit
étranger, cela n'cst pass supportable. absolument Il
donc pourvoir à ces cas éventuels, faudroit
représentant immédiat du
et que le
être remplacé
gouverneur ne pât
par interim que par un officiersupérieur, ou parle chef du conseil,
auquel il. --- Page 322 ---
EssA I
convient qu'un jeune homme
soit subordonné
sans expérience
Mais
pour des détails civils.
je ne voudrois pas laisser les
subalternes sans perspective
officiers
seroit à desirer
d'ayancement. Il
l'espérance d'être qu'un simple lieutenant eût
s'en rendoit
fait gouverneur général, , s'il
capable.
Dans le plan de police
tout
actuel
que j'ai proposé 2
l'état-major
se trouve
une administration
inutile : mais
Saint-Domingue, mixte s telle que celle de
taires, qui
exige un ordre de sujets milinécessaire puissent y participer; ainsi il
d'en former dans un
est
diaire, qui tienne à cette
rang interméL'état militaire
constitution.
être
administrant pourroit donc
composé, outre le
commandans en
gouverneur et les deux
de
second, de trois
roi, et de six
lieutenans
trois lieutenans de aides-majors généranx. Les
les chefs-lieux roi'seroient sédentaires dans
voyés
; les aides-majors seroient ende la alternativement dans tous les
les
colonie, pour y faire des
quartiers
lieux, les postes les
revues, 3 visiter
et rendre
manitions ; examiner
compte des affaires
sur lesquelles les chefs auroient particulières s
commander, quand ils
à prononcer; ;
et que des difficultés en auroient l'ordre 3
imprévues dérange3
chefs-lieux roi'seroient sédentaires dans
voyés
; les aides-majors seroient ende la alternativement dans tous les
les
colonie, pour y faire des
quartiers
lieux, les postes les
revues, 3 visiter
et rendre
manitions ; examiner
compte des affaires
sur lesquelles les chefs auroient particulières s
commander, quand ils
à prononcer; ;
et que des difficultés en auroient l'ordre 3
imprévues dérange3 --- Page 323 ---
S U,R
roient la mnarche Sr.-Do M I N G U E.
libérations des chefs, ordinaire ; assister aux délorsqu'il seroit
dapproviaionsemens, relles
de
question
entre les
discipline, de
de détail,
corps; exécuter enfin les qieleur confier. que le général jugeroit à
ordres
propos de
Tels seroient les
grades militaires,
grades indépendans des
tinés ceux des ofliciers auxquels pourroient être desmontreroient de
de la colonie qui
crois qu'il seroit l'aptitude de
aux affaires; et
les commandans sage ne pas chercher
je
même. Je
en second, et le
ailleurs
voudrois au reste
gouvemeur
eflicacement toute
qu'on prévint trèsbourgeois, qu'on querelle d'ofliciers avec les
tion des soldats empéchdt toute
leur
avec les
communicapermit jamais d'aller nègres, et qu'on ne
habitations : ce qui importe travailler dans les
police qu'à leur
autant à la bonne
faire gagner de l'argent, conservation. Si on veut leur
travaux publics.
qu'on les emploie aux
La formation des
dificultés, parce qu'il milices, qui a souffert des
donnée, et de
y avoit eu une parole
cette institution, l'argent dis exigé pour y
Ild convient
-je, est
renoncer; $
que trente mille cependant utile.
contre plus de deux cent biancs soient armés
mille
nègres; ; la police --- Page 324 ---
EssA I
intérieure , et mêmc la streté de la colonie
en paix et en guerre, peuvent y trouver des
secours.
J'estime à onze millehommes effectifs la milice nationale, sur
plus de trois mille lesquels on peut compter
bons à
nègres ou mulâtres libres s
employerà tout en temps de
en les payant bien ; Car ce seroit
guerre 2
ment. Ils seroient
injuste autrenotamment très-propres à
renforcer les batteries, et à faire le service de
la monsqueterie dans un poste.
Quant aux blancs habitans, on ne peut en
exiger qu'un coup de main, et encore ne faudroit-il pas les déplacer de leurs quartiers
mais c'est beaucoup que de pouvoir
plusieurs postes sur les côtes sans garnir
blir les garnisons des
affoichefs-lieux. Je présune
que si on avoit à craindre une
feroit la distribution la
attaque, on
plus intelligente de ces
secours, 2 et qu'on mêleroit aux détachemens de
milice, des sergens et officiers d'artillerie
diriger le service des batteries.
pour
Pendant la paix, ce service des milices doit
être nul, et les revues rares, pour ne point fatiguer ni déranger de leurs travaux les habitans et les artisans. Le commandement et la
discipline militaire ne peuvent avoir lieu pour
on avoit à craindre une
feroit la distribution la
attaque, on
plus intelligente de ces
secours, 2 et qu'on mêleroit aux détachemens de
milice, des sergens et officiers d'artillerie
diriger le service des batteries.
pour
Pendant la paix, ce service des milices doit
être nul, et les revues rares, pour ne point fatiguer ni déranger de leurs travaux les habitans et les artisans. Le commandement et la
discipline militaire ne peuvent avoir lieu pour --- Page 325 ---
SU R
Cc corps militaire. Sn-Doxr N GU E.
de
Il est ridicule et
Prononcer les arrêts, la
vexatoire
pauvre habitant qui sera mal prison, contre un
vera tard à une
armé, qui arripour cause
revue, ou qui s'en absentera
d'un homme légitine; il est inutile à la
par des
en place de le faire dignité
économes, 2
escorter
uniforme ; et si leur raflineurs, ou habitans en
ces cavalcades, il est empressement les porte à
parce
sage de les leur
qu'auenn de ces gens
interdire, s
pour sa fortune ou
n'a unjour à perdre
tans.
pour celle de ses commetUn commamdant de
peut être autorisé à faire milice, et nul autre ne
selle à volonté.
sonner ainsi le bouteLes nègres et mulâtres
doivent point être
libres, miliciens, ne
Ou des
employés comme des
courtiors, à porterles
archers,
mandans, si on ne les
ordres des comindividu jouisse
paie. Il faut quechaque
puisse être troublé, pleinement de ses droits, et ne
les formes et les mandé, menacé, que dans
Ces
cas convenus.
gens de couleur
employés à la
2 libres, doivent être
il n'y a qu'eux poursuite des nègres
qui y soient
marrons 5
fautqme la colonie les paie, propres ; mais il
quand ils
Zowopmuolseroient-ise corvée?
S soumis
marchent:
gratuiremcatàcette --- Page 326 ---
EssA I
J'aiexpliqué, à l'article de la police des campagnes, comment les principaux officiers de
milice peuvent y être employés ; ils n'y sont
pas tous propres, mais il faut déférer au
au suffrage public, qui ordinairement voeu, 2
sûr. Ce sont là les sujets à
est assez
distinguer par des
graces , qui manquent leur effet
sont prostituées. La dernière
lorsqu'elles
milices
ordonnance des
a annoncé Jes Igrades militaires et la
croix impétrables par la seule ancienneté de
service dans la milice ( ce quiest
ces services militaires
abusif) ; car
je l'ai dit, pendant la n'existent pas s comme
paix, et ne peuventêtre
que rares et accidentels à la guerre. Le. signum
virtutis bellicae devroit être une récompense
motivée, et non pas un lot échu au survivant,
qui n'a d'autre titre que la date de sa commission de milice. Ah ! l'homme
qui a commandé
sagement dans son quartier, qui y entretient
la paix, l'harmonie s qui entend et exécute
avec intelligence les ordres deladministration,
qui ne met d'importance qu'à être utile : cet
homme - là mérite la croix; ; qu'il
même à la commission honoraire de parviennne
lieutenant de
major, de
roi, par de longs services. Cca
exemples auront le meilleur. effet : mais
tout officier de milice indistinctement n'ob- que
é
sagement dans son quartier, qui y entretient
la paix, l'harmonie s qui entend et exécute
avec intelligence les ordres deladministration,
qui ne met d'importance qu'à être utile : cet
homme - là mérite la croix; ; qu'il
même à la commission honoraire de parviennne
lieutenant de
major, de
roi, par de longs services. Cca
exemples auront le meilleur. effet : mais
tout officier de milice indistinctement n'ob- que --- Page 327 ---
tienne SU R Sr.-Do M I N G U E.
point une décoration
soient convaincus qu'il
militaire ; qu'ils
l'obtenir, d'ayoir rendu des est nécessaire, pour
dant la paix ou la
services réels penchefs de Tadministration guerre 5 que le suifrage des
noter leur conduite
soit nécessaire
plus essentiel
et leurs titres, et pour le
vérant
pour eux soit un
que
au bon ordre et au bien' concours persépublic.
CHAPITRE
CINQUIÈNE
De la police des gens de
mer à
D
Su.Domingen.
Nos réglemens des
dans toute l'Europe classes, connus et admirés
lieu à
maritime, ne peuventavoir
tielle, Sain-Dontogae pour la partie
de
T'enrolement, la
essenmer, en ce qu'il
distribution des gens
lots que ceux qui n'y a pas d'autres mate-
'dn roi ou du
y arrivent sur les vaisseaux
dans mes projets commerce (je propose cependant
gens de couleur libres d'ondonnance de classer les
métiers). Le
qui n'ont ni terre
rades,
séjour de ces vaisseaux
, ni
occasionnant des
dans les
relles, des
désertions, des
plaintes, il y a eu diverses queordon- --- Page 328 ---
3:8
EssA I
nanccs rendues pour la police des
dans les colonies.
équipages
C'est d'après ces
ordonnances, et
rer leur exécution, ainsi
pour assuprit des réglemens
que pour suivre l'estous les ports de primitifs, qu'on a établi dans
des classes,
Saint-Domingue un bureau
dirigé par un sous- commissaire
la marine, Ou par un écrivain. L'office
de
préposés est de recevoir
de ces
et de viser le rôle de
l'équipage à l'arrivée du
la revue, , ainsi que celle des vaissean, d'en passer
tifier le
passagers, en Cerdébarquement, recevoir les
s'ilye ena, renvoyer par devant le tribunal plaintes,
l'amirauté tout ce qui est contentieux de
faire provisoirément la police
3 et
dant compte à l'intendant. sommaire en renC'est sans doute un bon établissement
celui-là; cars'iln'existoit
que
suivre la
pas on ne pourroit
trace des gens de mer, > et autres qui pas
s'embarquent; ils seroient souvent
P'Etat auquel ils
perdus pour
familles
appartiennent, et pour les
auxquelles il importe de trouver
un dépôt public les époques d'arrivée
dans
part, etc. Mais dirons-nous
s de déordonnances les
encore que les
il
plus sages ne s'exécutent
est rebutant de le répéter si
pas?
vrai cependant
souvent. Il est
qu'on a perdu l'habitude de
ils seroient souvent
P'Etat auquel ils
perdus pour
familles
appartiennent, et pour les
auxquelles il importe de trouver
un dépôt public les époques d'arrivée
dans
part, etc. Mais dirons-nous
s de déordonnances les
encore que les
il
plus sages ne s'exécutent
est rebutant de le répéter si
pas?
vrai cependant
souvent. Il est
qu'on a perdu l'habitude de --- Page 329 ---
passer la SUn Sr.-Do M I N d U E.
à l'arrivée, revue des équipages et.des
clarations au départ : on se contente passagers,
des
des dérôle d'armement capitaines ; et j'ai vu plus
tenir
fait dans la
d'un
que des noms
colonie, > ne conJ'ai vu aussi mettre supposés.
utile ou dangereux de en question s'il étoit
gens de
tolérer les
de
mer, et la tolérance a déscrtions des
matelots abandonnent
prévalu. Nombre
pât d'un grand
leur vaissean par
bénéfice, en travaillant l'appionniers, comme
comme
tions : ces
Fomoyeurs, sur les habitales épuisent ouvrages. forcés sous un ciel
bientôt; le vin, le
ardent,
achèvent, et ils périssent
libertinage, les
extrême peut-il être mis sans postérité. Cemal
avantage qu'on prétend en parité avec le petit
tions, pour soutenir le retirer de ces déserla pêche de la colonie P cabotage intérieur, et
comme cela seroit
Si l'on ne veut
quement des
possible , y employer pas, unicongédier de nègres, ne vaudroit-il
gré à gré les
pas mieux
deroient à rester dans la matelots qui demanpar eux de continuer colonie, à la charge
en former un
leur métier de marin
bateaux
dépôt, et les distribuer
>
les peines cabotenrs, en leur
sur les
les plus sévères, le interdisant 2 sous
auguel ils ne
travail de la
peuvent résister P
terre,
Certainement --- Page 330 ---
EsSA I
avoit dans la colonie un arsenal, il
s'il y
entretenir toujours un certain
seroit bien d'y
et de les distribuer
nombre de gens de mer ,
et de
en classes de service
comme en Europe,
aucun
de ralrepos : mais puisqu'il n'y a
point
en
liement pour ces hommes épars, n'est-ce pas
que d'en autoriser
favoriser la consommation,
d'une
la désertion ? Je voudrois même punir J'estime
amende les habitans qui les emploient. de six cents
déserte à Saint-Domingue près
qu'il
chaque année.
matelots par
bien
Leur police dans les ports 1 quoique
mieux exécutée; les préordonnée, n'est pas
des tribunaux croitentions du commandement
n'est pas
des classes, qui
sent souventl'officier
abuse
suffisamment antorisé, et qui cependant
J'ai toujours vu avec peine empriquelquefois.
des fautes légères :
sonner les matelots pour
une
cachot à
est presque
un
Saint-Domingue
Je voudrois que les gens de mer
peine capitale.
ou qu'ils fuseussent une peine particulière,
mis aux fers sur le vaisseau commandant,
sent
lorsqu'ils méritent d'être punis.
qui se font dans la colonie,
Les armemens
des règles établies, en
et pour lesquels il y a
va désaraffranchis. Un bâtiment
sont presque
mer où il plait au capitaine.
une
cachot à
est presque
un
Saint-Domingue
Je voudrois que les gens de mer
peine capitale.
ou qu'ils fuseussent une peine particulière,
mis aux fers sur le vaisseau commandant,
sent
lorsqu'ils méritent d'être punis.
qui se font dans la colonie,
Les armemens
des règles établies, en
et pour lesquels il y a
va désaraffranchis. Un bâtiment
sont presque
mer où il plait au capitaine. --- Page 331 ---
SUR Sr.-Do
J'abrege des détails MING U E. 321
disant qu'il
que je pense
ordonnances n'y a pas un article à rendre en
qu'il
déja faites sur les ajouter aux
len est fort peu d'exécutés. classes, , mais
CHAPITRE
SIXIE M E.
Des Anances.
La colonie de
néral toute
Saint-Domingue, s et en
colonie, ne doit
g6que les charges de
payer d'autre
été ici
son gouvernement. impôt
l'esprit de la
Tel a
éloigné. Le roi a voulu Constitution : on s'en est
sent leurs
que les colons
besoins, et y
connusassemblée dite nationale pourvussent dans une
députés des deux
, et composée des
ciers
conseils, des
militaires et
principaux offimandans de milice. d'adsinhuration, Le
et des comcelui consacré à l'impôt titre d'octroi, qui est
denrées, d'après le voeu de qui se perçoit sur les
nonce un acte libre et cette assemblée, ande l'assemblée
consenti. La formation
tans associés annonce un corps de
des
aux gens du roi
représenbesoins et des
pour l'examen
est, à certains égards, moyens; ; enfin, une colonio
4.
une société de culture et
--- Page 332 ---
EssAr
de commerce 3 qui ne peut être grevée d'autres
charges que de celles relatives à ses
à sa conservation.
intérêts et
Comment pourroit-on faire consister la
deur du monarque dans une influence gransur la détermination des besoins
absolue
de cette société? La
et des moyens
législation, la police, et
Tadministration, sont une émanation
et naturelle de l'autorité
directe
souveraine qui
verne par ses agens, et qui applique à gouprolit l'industrié coloniale. C'est
son
qu'elle rentre dans l'ordre
en ce sens
mnente la
fiscal, et qu'elle alipuissance de lÉtat: mais plus il vous
importe de vous approprier ses produits, de lui
faire augmenter ceux de la métropole,
vous devez alléger ses charges
plus
contribution sensible
locales et sa
; car elle cesse d'être
colonie, du moment qu'elle est traitée
domaine.
comme
Chaque homme est en quelque sorte habitant obligé de sa ville s de son village. Les
relations, les liens qui il'y
vent être rompus
attachent, ne peuque par des accidens
en devenant membre volontaire
; mais
de la
l'espoir de la fortune qui m'y
colonie,
me retenir. Protégez
appelle peut seul
de
donc ma fortune, au lieu
l'attaquer ; et s'il faut que je paye la
pro-
est traitée
domaine.
comme
Chaque homme est en quelque sorte habitant obligé de sa ville s de son village. Les
relations, les liens qui il'y
vent être rompus
attachent, ne peuque par des accidens
en devenant membre volontaire
; mais
de la
l'espoir de la fortune qui m'y
colonie,
me retenir. Protégez
appelle peut seul
de
donc ma fortune, au lieu
l'attaquer ; et s'il faut que je paye la
pro- --- Page 333 ---
SUR
tection, laissez-moi Sr.-Do M I N G U E. 323
d'une contribution le mérite et l'apparence
a-lEmnt, comme volontaire : celle queje dois
par mon travail de sujet, est largement
Ainsi
colon.
payée
doit
cette assemblés de
délibérer sur
repenisentans,
les moyens,
l'octroi, surles
qui
cile
étoitbien vue
charges, sur
est dans
parle Gonverement;
colonie. Nul lesprincipes, selon l'esprit d'une
de la liberté de inconvénient n'étoit à
mère absurde, ses opérations. C'est craindre
larmer
et un crime
yne chil'antorité
souvent, que d'alités moralement souveraine sur des probabiIl est inutile de inpossibles.
assemblée a cessé rappeler d'être les époques où cette
vainei
autre chose
qu'une
Fadministration. Ce ne
ordres de
crelE
lers, des ofliciers
sont point des conseilpenvent faire l'office étrangers à la colonie
nombre suffisant
de ses
qui
d'habitaus, repnisentans; un
députés parleurs
3 de
avec des
quartiers, devroient commergans,
instructions et des
y paroitre
chefs, en annonçant la
lumières. Alors les
charges civiles du
volonté du roi sur les
aussi le voeu des colons Gonverement, entendroient
nomie.
sur la meilleure écoAlors, après avoir
police et de défense,
arrêté les frais de
sclonle plan ordonné
par --- Page 334 ---
EsSAI
Padministration, cette assemblée indiqueroit
à son
aussi ce qui est utile à son agriculture, de l'auà l'exploitation de lun et
commerce,
des fonds, dont l'emploi
tre, et y assigneroit
avilir
lui seroit représenté ; car ce n'est point
l'autorité que de montrer cette
ni compromettre
la foi
le prince
sorte de respect pour
publique: d'intérêt
ou
avoir ici
privé
même ne pouvant de la colonie, ne sauroit
contradictoire à ceux
mettre ses agens en évidence
trop
une innovation proAu reste s ce n'est point
Pinstitution.
c'est l'esprit et la lettre de
posée,
habitans faisoient ci-devant les
Les conseillers
servoient à établir limpôt,
recensemens qui l'intendant les comptes de
ils arrêtoient avec
et cette forme subsiste
recettes et de dépenses,
les conseillers sont toujours en posencore ;
municipale, dont
session d'une caisse appelée
et la déla recette
ils règlent privativement à
les curés et les
pense. C'est celle qui sert payer
et cette exception de la juridicmaréchaussées;
de lintendant, peut même
tion et manutention
(*) Si tels étoient mes principes comme commissaire- contraordonnateur de la marine 2 et si je les défendois
dictoirement d ceu du ministère, on croira bien de que la
je n'en ai pas changé après avoir été représentant
Nation.
appelée
et la déla recette
ils règlent privativement à
les curés et les
pense. C'est celle qui sert payer
et cette exception de la juridicmaréchaussées;
de lintendant, peut même
tion et manutention
(*) Si tels étoient mes principes comme commissaire- contraordonnateur de la marine 2 et si je les défendois
dictoirement d ceu du ministère, on croira bien de que la
je n'en ai pas changé après avoir été représentant
Nation. --- Page 335 ---
SU R
être réputée Sr.-Do M I N G U E.
abusive. Les tribunaux,
quelconques dirigeront
les diètes
Qne plusieurs délibérent, toujours mal les détails
cute ! J'aime cette
mais qu'un seul exédans la pratique. maxime et ses subdivisions
Dans l'état actuel la colonie
France.
paie argent de
En droits
En droits d'exportation de
sur les denrées, . .
En ferme des capitation sur les esclaves. : . 3,000,0004
En ferme de boucheries, postes, recette effective. . e 400,000 50,000
En droits de 5
recette effective.
pour 100 sur les loyers des 40,000
maisons..
Total de la
80,000
recette. .
3,570,000
Dépense.
Il ne peut être question dans
de dépenses, de celles
cet état annuel
construction du
occasionnées par la rede deux millions Port-au-Prince, quivont à plus
jusqu'à présent.
En
appointemens.. .
Pensions, :
* 750,000"
Solde et subsistance de
Marine de la
troupes.
colonie. e
640,000
Fortifications et artillerie.
48,000
Hopitaux.
. 450,000
- * 350,000 --- Page 336 ---
EssAT
Dépense des vaisseaux du roi.
Loyers de maisons et
100,00CH
logemens.
: 50,000
Fournitures et diverses dépenses.
Dépénses extraordinaires,
4c0,0c0
260,000
Total de la dépense . -
2,488,000"
Telle est à peu près la recette et la
annuelle, dont la balance
dépense
de la caisse de la
paroit à l'avantage
colonie, et je ne donte pas
qu'au premier coup d'ceil cet état de
ne paroisse merveilleux.
situation
t-on,
Quelle facilité, dirapour établir une caisse
fonds en réserve pour les
d'épargne, un
temps de guerre? Et
que ne diroit-on pas, si l'on savoit
encore facile de retrancher
qu'il est
plus de
sur l'état des dépenses? Mais
400,000 liv.
ce qui ne plairoit pas à tout le sans publier ici
que le régime économique
monde, j'assure
tout amas
d'une colonie exclut
d'espèces 5 car comme il ne
en avoir que ce qui est nécessaire
peut y
culation, si
pour la cirvous en arrêtez une partie dans les
caisses, cette obstruction nuit
à l'activité des ventes et achats. indubitablement
ment de cette
Indépendamconsidération, s'il est facile
masser dans un pays où l'on croit
d'ade forcer les impôts, il seroit
indifférent
quer d'occasions de
difficile de manmême
dépenser utilement dans ce
pays, où tout est à faire en établissemens
culation, si
pour la cirvous en arrêtez une partie dans les
caisses, cette obstruction nuit
à l'activité des ventes et achats. indubitablement
ment de cette
Indépendamconsidération, s'il est facile
masser dans un pays où l'on croit
d'ade forcer les impôts, il seroit
indifférent
quer d'occasions de
difficile de manmême
dépenser utilement dans ce
pays, où tout est à faire en établissemens --- Page 337 ---
uriles; SUR Sr.-Do M I N G U E.
car en supposant qu'on
inconvéniens à 4 millions
pût porter sans
tant en caisse de plusieurs d'épargnes le respas en faire un fonds de années, ne seroit-ce
que de les dépenser
réserve pour. la guerre,
senal en
annuellement dans un armdtures, spprovisionnemens de voiles, cables,
cordages,
une partie pour la sûreté ferremens; d'en assigner
pour la construction
de la commmication,
verture des canaux des ports nécessaires, l'ouMais,
utiles, etc. ?
jusqu'a présent, il n'a
sur cela que de spéculations; pu être question
des anciennes
Car P'acquittement
dettes, et des nouvelles
occasionnées par le tremblement
dépenses
Port-an-Prince,p pardes
de terre du
créations
absorbe, ou à pen près, la totalité deplaces,ete.,
Ce n'est pas même sur des
des recettes,
drois fonder les
impôts que je vouutiles;
améliorations, les
l'impôt doit être nécessaire établissemens
indispensable; l'un et l'autre
et son objet
sacré, sévère : mais ce
sont un devoir
à tous, se
qui est utile et commode
rable; il semble présente sous un aspect plus favorejeter, s'y
que la volonté, qui peut le
porte facilement, et s'arrête
complaisance les
sur le choix des
avec
charges de la colonie,
moyens. Ainsi
son administration, de
pour les frais de
sa défense, doivent êtro
- --- Page 338 ---
Ess A I
soumises à l'examenle plusscrupulenx, à la plus
rigide économie; car elles sont un impôt, et
on doit le réduire autant qu'il peut l'être. S'il
est possible d'établir des juges sans appointemens, de confier le commandement des
tiers à d'anciens officiers de milices qui l'exer- quarcent sans rétribution, de supprimer la dépense
d'une fortification inutile, de diminuer les frais
de régie et de manutention: ; toutes ces réductions doivent tourner au profit des denrécs, des
terres imposées, quand même toutes les chances
du commerce seroient à l'avantage du colon.
Mais si l'une de ces denrées discréditée
reste
invendue, ou éprouve dans sa valeur une révolution qui l'avilisse, alors la raison veut
cette denrée soitdéchargée
que
que soient les besoins
parpréférence, quels
publics et s'il existe
une capitation sur les esclaves, dans un
oà le travail d'un nègre est d'un
pays
latif à la valeur de la terre
produit requ'il
en sorte que ce produit varie d'un à exploite, dix, la >
raison veut encore qu'on cherche une autre
moyen de subside qui s'applique avec plus d'é.
galité aux différentes classes de richesses. Si
(5) L'état des impositions a
tuellement forcé, et ne peut se Saint-Domingue soutenir.
est aC-
une capitation sur les esclaves, dans un
oà le travail d'un nègre est d'un
pays
latif à la valeur de la terre
produit requ'il
en sorte que ce produit varie d'un à exploite, dix, la >
raison veut encore qu'on cherche une autre
moyen de subside qui s'applique avec plus d'é.
galité aux différentes classes de richesses. Si
(5) L'état des impositions a
tuellement forcé, et ne peut se Saint-Domingue soutenir.
est aC- --- Page 339 ---
SU R
dans l'assemblée Sn-Doxi I NG U E. 329
en évidence le dite nationale, on mettoit
dépenses
retranchement absolu de toutes
tive de superflues, et la
tous les intérêts considération attenplus occupé à réduire publics ; que l'on parit
ges; croit-on que l'on qu'à augmenter les charpourles
manquat de ressources
indiquer? améliorations? Ne suffiroit-il
Et qui est-ce
pas de les
mentation démontrée qui se refuse à
commodité? Le
de son aisance et l'aug- de sa
de lui un
père de famille quiappelle
médecin, un
près
son, un homme à talent chirurgien pour sa maises enfans, voit-illeurs pour l'éducation de
les impôts?
salaire du même ceil
ne consiste-il L'emploi de nos revenus
que
res, utiles, pas à payer les choses propres
assemblée ou agréables à la vie. Ainsi nécessai- la
la
qui auroit participé à
même
subyention des
l'examen et à
plus honorée de charges, se trouveroit encore
dité, à la salubrité pouvoir concouriràla commopayer les établissemens publique, et de n'avoir qu'à
proposés.
utiles qui lui seroient
Jc n'ai pas
publiques différens compté au nombre des recettes
font partie,
droits domaniaunx
caisse
quoiqu'ils
qui en
du trésorier de n'entrent la
point dans la
droits munieipaux dont colonic, et d'autres
la mamitention
est --- Page 340 ---
Es S A I
subordonnée aux conseils. Les
particulièrement
de
amenpremiers consistent en droits
péage,
déshérence, bâtardise, droits
des, confiscations,
les
: les
de deux pour cent sur
adjudications
droits curiaux et suppliseconds 9 appelés
des
ciés, sont imposés par les marguilliers
paà raison de tant par homme libre, et
roisses,
servent à
les honoraires des
esclave, et
payer de maréchausséc, et le
curés, les compagnies esclaves
; car on
remboursement des
suppliciés
raison, qu'un maitre ne livrât
a craint, et avec
n'en
son esclave coupable à la justice pour
pas
pas perdre le prix.
les bacs de rivières
Les droits de péage sur
devroient être destinés à y construire des ponts;
mais il n'en est rien Cet objet peut monter
liv. Les amendes et confiscations serà 100,000
des privent à payer les frais et subsistances
cette
sonniers, et ne suffisent pas; la recette en
partie n'allant pas à 80,000 liv.
Le droit de deux pour cent étoit primitiveet chaussées, et n'y a
mnent destiné aux ponts
rendre 25,000 liv.
jamais été employé : il peut
montent à
Les droits curiaux et suppliciés
plus de 300,000 liv. sur lesquels on paye quadeux
de maréchaussée,
rante cures,
compagnies
de
somme en remboursement
et une très-petite
nègres suppliciés.
ant pas à 80,000 liv.
Le droit de deux pour cent étoit primitiveet chaussées, et n'y a
mnent destiné aux ponts
rendre 25,000 liv.
jamais été employé : il peut
montent à
Les droits curiaux et suppliciés
plus de 300,000 liv. sur lesquels on paye quadeux
de maréchaussée,
rante cures,
compagnies
de
somme en remboursement
et une très-petite
nègres suppliciés. --- Page 341 ---
SUR
Ce
St.-DOxI NC U E.
caisses que je pourrois dire de ces
se réduit à assigner
différentes
son objet, et à les
chacune d'elles à
de comptabilité
sonmettre au même ordre
ministrateur envers l'intendant, qui est l'adnécessaire des finances.
Quant à la comptabilité, la
par les ordonnances de la
forme établie
tredit la
marine, est sans conmeilleure; la sûreté,
recettes et
l'évidence des
cours ordonné dépenses, de ysont démontrées;l le confient l'un l'autre, plusieurs agens, qui se vérinotre administration assurent leurs opérations; et
degré de perfection a, dans cette partie, un
vernemens ont pris que plusieurs autres goupour modèle. Il n'y auroit
doncquelincnéention des
dre et à prévenir,
ordonnances à craintout tend au
sur-tout dans un pays où
que nous en relachement; il faut même avouer
sont
sommes déja là. Les
par tout pays la machine bureanx, de
qui
tration, sont mal
l'adminison ne s'est point composés à Saine-Daningue;
on ne leur
occupé d'y former des sujets;
présente aucune
cettes, et autres
perspective; les revroient être leur places de finances, qui deaux protégés,
récompense, sont données
Il n'y a point de qui souvent n'y entendent rien.
pour un chef de traitement fixe et convenable
burean, dans un pays où un
- --- Page 342 ---
EssA I
bon commis de
sirde devenir négociant est presque toujours
son associé,
Contrôleur des colonies.
Le contrôleur de la colonie,
prit de
qui, selon l'escomptabilité T'ordonnance, de
est l'inspecteur né de la
est
toutes les recettes et
devenu, par un erreur de régime, dépenses,
passif, dont les fonctions
une être
tout ce qu'on lui
se réduisent à signer
grade
présente. On l'a mis dans un
subalterne, à une distance énorme de
l'intendant; et il devroit être à ses
a craint les
côtés. On
tracasserics, les
a fait un homme nul :
compromis; on en
la
comme si en laissant
prépondérance à
pas donner plus d'activité l'intendant, on ne pouvoit
suivre l'exécution de
au préposé qui doit
seroit même utile
ses ordres en finances. Il
qu'il pât les
qu'à un ordre
suspendre jusitératif; Car le dernier mot doit
toujours être prononcé
Pintendant
par un seul: : mais si
se trompe, s'il est trompé
fournisseur, par un comptable, n'est-il par un
venable que P'homme
pas consoit constitué
préposé pour le lui dire,
quelque
en autorité, que son avis soit de
prise, poids? Lorsqu'un marché, une entreparoissent onéreux, Ce contrôleur passif
les
qu'à un ordre
suspendre jusitératif; Car le dernier mot doit
toujours être prononcé
Pintendant
par un seul: : mais si
se trompe, s'il est trompé
fournisseur, par un comptable, n'est-il par un
venable que P'homme
pas consoit constitué
préposé pour le lui dire,
quelque
en autorité, que son avis soit de
prise, poids? Lorsqu'un marché, une entreparoissent onéreux, Ce contrôleur passif --- Page 343 ---
S U R St.-Do M I N G U
ne signifie rien pour le
E.
neur : s'il a séduit
marchand, l'entreprefalloit en tromper l'intendant, tout est fait; s'il
Je voudrois donc deux, ce seroit moins facile.
trôleur eût la liberté que, sans rien arrêter, le conqui se feroit en finances de ne pas signer tout ce
charge par lui d'en rendre contre son avis, à la
après en avoir conféré compte au ministre,
Le second abus à
avec l'intendant.
bilité, est connu
réformer dans la comptadepuis
tonjours. L'ordonnance long-temps, et subsiste
parties prenantes
prescrit de ne payer les
me, et non
que sur une décharge en fortraire. Ces par acquit : on fait tout le
acquits journaliers n'étant
concomptables, cice
sont réformés à la
pas pièces
et convertis en
fin d'un exerçoit que ce double ordomnances travail
: mais on conrasse la rédaction des
prolonge et embardes erreurs qui
comptes,
se
indépendamment
fonte
peuvent glisser dans une
perpétuelle de
reple, plus
pièces; ; il seroit
exact, et
plus simne payer les dépenses beaucoup moins pénible, de
crite, puisqu'à la fin d'une que dans la forme presd'yr revenir.
année on est
dans
L'usage de ces
obligé
les temps oi l'on acquits s'estintroduit
l'on ne payoit
manquoit de fonds, oi
la caisse est que par acomptes: mais
assez bien
puisque
pouryue pour faire face --- Page 344 ---
EssA A I
aux dépenses > pourquoi ne veut-on pas dans les
premiers momens les mettre en
à cela l'habitude.
règle?On oppose
Un autre vice d'habitude est le
plusieurs
reliquat dont
Je blâme fort
rns
constance. Il T'indulgence dans pareille cirmalheurs
me semble qu'il n'y a que des
démontrés qui puissent obtenir exception à la sévérité des ordonnances.
Dans la classe des
officier public dont comptables se trouve un
l'emploi n'a rien de
mun avec le fisc, et n'en est
comtant. C'est le curateur
pas moins imporde
aux biens vacans,
régir et de percevoir les revenus de chargé
cessions, qui n'ont point d'autres
sucL'institution de cet office étoit nécessaire représentans,
entendue; mais la cupidité, la
et bien
péritie de divers
négligence, l'imfrustré
titulaires, ont
en tout ou partie les
quelquefois
tiers de ces successions. A créanciers, les hériimputation aussi
Dieu ne plaise qu'une
vague s'adresse à tous
qui ont exercé l'emploi de curateur!
ceux
assurément à l'abri du
il en est
rois citer un au-dessus de reproche, et j'en pourl'éloge, par l'ordre,
l'inteligence, et la probité sévère qui le distinguent Mais c'est ici le lieu de
remarquer
(*) M. Prieur.
fois
tiers de ces successions. A créanciers, les hériimputation aussi
Dieu ne plaise qu'une
vague s'adresse à tous
qui ont exercé l'emploi de curateur!
ceux
assurément à l'abri du
il en est
rois citer un au-dessus de reproche, et j'en pourl'éloge, par l'ordre,
l'inteligence, et la probité sévère qui le distinguent Mais c'est ici le lieu de
remarquer
(*) M. Prieur. --- Page 345 ---
qu'une SUR Sr.-Do 1 M I N G U E.
charge publique qui met
d'anhommnel la
sous la main
drit être soumise ionue,lesineidud de
à
à une
plusieurs,
une inspection
censure
car les bordereaux réglée : on n'y a journalière, pas
à l'intendant
envoyés tous les trois pourvu;
la conduite ne suflisent pas pour
mois
de celni qui abuse.
éclairer
Enfin, le dernier abus, mais
portans de la régie des
un des plus simmingue, est que le ministre finances à Saint-Dosûreté dans la révision,
en ait cru voir la
dressement des comptes la rédaction et le reet qu'il fasse
faits dans ses
de la colonie compter de la recette et burenux,
à
pâr un trésorier
dépense
Paris, qui n'a rien de
général résidant
colonie.
commun avec cette
Où cette opération
faite que dans le lieu pourroit-elle être micux
sous les yeux de
même, par les soins et
intérêt àun emploi ceux qui ont le plus grand
seuls en juger
sage des
Le
sainement?
foslyetpuipanrent
ministère n'est-il
à se débarrasser,
pas intéressé lui-même
multitude et de la quand cela est possible, de la
sont autant de voiles confusion des papiers, qui
épais mis
Quand On adresse
devant ses yeux.
paquet énorme
au secrétaire d'état un
contenant des comptes,
qu'y
L --- Page 346 ---
Ess A I
voit-il? c'est à ses bureaux qu'il s'en rapporte;
et les commis de Versailles peuyent ils juger
le gaspillage fait à Saint-Domingue, lorsqu'il
estrevêtu de cette forme précieuse appeléecomptabilité?
Un administrateur ignorant ou malhonnête
ne peut-il pas aisément masquer les fausses opérations qu'il a faites dans la colonie, et, en en
retardant CC qu'on appelle la mise en règle,
se soustraireàla sensation qu'auroient faite une
plainte, un avis donné au gouvernement? Il
ya actuellement sept années de comptes arrié.
rés qui ne sont pas encore parvenus au ministre; que peut-il prononcer en les recevantt
J'imagine donc qu'il seroit essentiel que la
recette et la dépense de la colonie, ordonnées
par l'intendant sur les instructions du ministre,
fussent vérifiées et approuvées dans un des conseils supérieurs, y joints les députés de la COlonie.
uroient faite une
plainte, un avis donné au gouvernement? Il
ya actuellement sept années de comptes arrié.
rés qui ne sont pas encore parvenus au ministre; que peut-il prononcer en les recevantt
J'imagine donc qu'il seroit essentiel que la
recette et la dépense de la colonie, ordonnées
par l'intendant sur les instructions du ministre,
fussent vérifiées et approuvées dans un des conseils supérieurs, y joints les députés de la COlonie. --- Page 347 ---
8 U R
Sp-Doxr, N G U E.
CHAPITRE
VII
Du régime spirituel.
L'influence des
de leurs meeurs prètres, de leur
libres et des
sur la conduite des doctrine et
esclaves,
hommes
public, que les autres importe autant al'ordre
outre la pnécessité
partics de la
tenir et
et
politique
légialasions
de la de protéger dans une morale de mainreligion
colonie
nationale, il
l'exercice
qu'on en peut retirer des n'est pas douteux
tivgment à la police des avantages civils relarespectives desi maîtres nègres, et aux
et des esclaves. moeurs
ecclésiastique établi à
Le
teroit sur cela à toutes Ssint-Doningue se régime
conviendroit
les vues
préau
salutaires qu'il
puissance des clefs Bouvernement d'adopter. La
donnée à l'autorité y est absolument
tion,
civile; elle est sans subordépourvue de
juridicrichesses, droits,
T'appareil
rendne
prétentions, imposant des
de la quelquefois formidable. qui nous l'ont
mission, qui est le,
Le supérieur
colonie, reçoit de Rome le premier prêtre de la
tolique, et la faculté
titre de
pour l'ordre
des dispenses préfetaposciyil: il nomme les nécessaires
4.
curés, et les:
--- Page 348 ---
EssA
destitue lorsqu'ils le méritent,
tions
sans informajudiciaires, sans instruction légale.
néral et l'intendant
Le géordonnent
tout ce qui n'est pas du for supéricurement
nent le
intérieur, contiensupérieur et les curés, veillent sur leur
conduite, et les renvoient en France s'ils le
jugent à propos. Cette institution, vicieuse dans
certaines
a'est
parties, 3 peut devenir excellente; et ce
pas en ce genre seulement que le
nement d'une colonie auroit de
gouvercelui de la métropole
la
T'avantage sur
infinité de
par non-existence d'une
causes qui annullent dans un
empire les bonnes intentions du
grand
ses ministres : mnais ce n'est
prince et de
bonne loi; si le relâchement pas assez dune
suite, il arrive CC
vient toujonrs à la
que nous avons vu.
Une succession de mauvais
i
rans, déréglés, a détruit, dans prêtres, ignoles paroisses de la colonie, le presque toutes
leur état, et la pratique éclairée de respect pour
Une cupidité atroce est devemue le la.religion. vice
tuel de la plupart des curés.
habicupés du produit casuel de leurs Uniquement OCont fait del leur ministère
fonctions, ils
ils ont porté à des
un emploi de finances;
de
prix fous les cérémonies
mariages et d'enterremens, réglées par des
tarifs. Un curé envoie son mémoire de
ser-
, le presque toutes
leur état, et la pratique éclairée de respect pour
Une cupidité atroce est devemue le la.religion. vice
tuel de la plupart des curés.
habicupés du produit casuel de leurs Uniquement OCont fait del leur ministère
fonctions, ils
ils ont porté à des
un emploi de finances;
de
prix fous les cérémonies
mariages et d'enterremens, réglées par des
tarifs. Un curé envoie son mémoire de
ser- --- Page 349 ---
SUR
vice, et
Sn-DON: t N o U E,
du défunt. impose à 2 ou 3000 liv. la
nité, fait Un usage insetisé, fondé succession
exactions. qu'on souscrit en
sur la vaDu
murmurant à ces
reste, nulle
tive à la
instruction
simplicité, à la
pastorale et relaa
n'occupe ces
superstition dcs negres,
quiert sur ses ecclesinastiques; paroissiens aucun d'eux n'acmcurs, d'une vie
Pautorité des
lieux communs pieuse et charitable. bonnes
invectives
débités dans lés
Quelques
dégodtent plates contre lés
chaires, des
églises;
ceux-ci de là gens du monde,
; des querelles
des
et
fréquentation
les fabriques, êt éternelles entre les
cussions d'intérêt, toujours relatives à des prètres
des assemblées
éloignent les
dismal
de paroisse; les honnêtes géns
jours administrés, les comptables biens en sont
le religuataires, les églises tombent presque toutance Gouvermement l'état
reste neutre. Tel ent ruine
On la actuel de l'église à
est en subsaux
divise eri deux AeintDoniagie
capucins et aux
préfectures,
ture de l'Ouest
dominicains. La livrées
et celle du Nord comptend vingt-cing préfecparoisses,
quarante. : six prêtres vingt-une; ce qui
curés dans la suppose
indépendamment caires
de deux
colonie,
ou autres
préfets, et des viecclésiastiques attachés
aus --- Page 350 ---
EssA I
paroisses. Ce nombre de religieux des deux
ordres dominicains et capucins est toujours incomplet, par la difficulté que leurs provincianx
ont à fournir les remplacemens qu'un climat
toujours dangereux rend fréquens. Il y a donc
habituellement dans la colonie un
de prêtres séculiers et réguliers qui supplément viennent
y chercher fortune , et qui sont employés
comme curés, lorsqu'il n'y a pas de religieux
missionnaires à placer ; mais quand il arrive
un capucin ou un dominicain, les desservans
sont révoqués. Ces changemens perpétuels sont
un des grands inconvéniens de la
des moines qui, dans tous les cas, préfecture dans tous
les lieux, ne voient, ne considèrent que leur
ordre. Il arrive de-là que le curé est
toujours sans considération dans sa paroisse, presque
et les paroissiens sans confiance pour leur curé,
qu'ils ne voient qu'en passant. Les prêtres séculiers passent Sans cesse d'une église à une
autre, et les moines eux-mêmes ne gardent
leur emploi que jusqu'à ce qu'ils aient ramassé
assez d'argent pour se faire séculariser, , ou
pouvoir aller vivre commodément dans leur
couvent. J'ai vu, en 1770, un capucin quin'y
employa quedix-huit mois. Cet homme, qui paroissoit d'une simplicité presque imbécille,
qu'en passant. Les prêtres séculiers passent Sans cesse d'une église à une
autre, et les moines eux-mêmes ne gardent
leur emploi que jusqu'à ce qu'ils aient ramassé
assez d'argent pour se faire séculariser, , ou
pouvoir aller vivre commodément dans leur
couvent. J'ai vu, en 1770, un capucin quin'y
employa quedix-huit mois. Cet homme, qui paroissoit d'une simplicité presque imbécille, --- Page 351 ---
S U R
avoit pris
Sr.-Do NE 2 I N G U E.
ull tel ascendant sur les
venoient, comme dans les
ndgres,qurile
l'église, mettre à ses
premiers temps de
leur argent. Le
pieds leurs meubles et
versée, et son capucin mourut dans la traon lui
inventaire fut
trouva, outre 24,000 trossacndalenx; liv.
tres-grande quantité
en or, une
fit retenir et distribuer d'effets que le ministre
Cette facilité à s'enrichir aux pauvres.
qui devroient être plus
dans des places
tives, est l'écueil de la respectables que lucrala probité de presque régularité et même de
tnnés dans leurs tous les religicux. Accontoute espèce, à une couvens aux privations de
dependance journalière, sorte d'indigence, à une
vant dans une colonic, ils perdent, en arrileur état; enivrés bientôt toutes les vertus de
leur
de leur
aisance, ils en
liberté; de
horiblement. Le
abusent, et quelquefois
plus honnete,
capucin le plus
n'est
décent, le
qu'ii est couvert de plus un capucin aussitôt
qa'it est servi
linge et d'étoffes
dans
par des
fines,
sa maison un
négresses, et qu'il a
cuisinier. Le pauvre équijpage, un cocher et un
ferveur en France moine qui sollicite avec
pour
son provincial de
lc sort Soin-Domingne, qui
sait fort bien l'expélier
l'y attend. Le zèle
quel est
qui le dévore --- Page 352 ---
EssA:
n'est pas celui de la
c'est l'ennui
sa
mission;
do
règle et de son couvent, le desir de
soustraire; et nulle
s'y
ne contiendront
précaution, nulle autorité
jamais un moine qui n'est
sous les yeux de son
plus
frères. On
supérieur et de ses conrelâchement remarque même en France que le
nastères
s'introduit toujours dans les mopeu nombreux, par la même raison
que le service militaire se fait moins
ment dans une ville ouverte
dans exactede guerre. Cette observation que
une place
la commission
qui a déterminé
ecclésiastique à réunir à d'autres
monastères tous ceux qui manquent de
seroit bien pius décisive pour les moines sujets,
et isolés dans une colonie. Ils
épars
déponiliés de leur habit, de leur arrivent déja
trouvent à chaque pas des écueils esprit 2 et
dangereux
d'autant plus
est jointe pour leurs moeurs 2 que la tentation
ordinairement au desir de
et à l'espoir de Pimpunité,
succomber
Exceptons cependant les jésuites, qui ne sont
plus, de cette censure méritée
autres religieux
par tous les
missionnaires des
doit à la société la justice de dire colonies, On
mettoient la plus
que ses chefs
choix des
grande attention dans le
sujets auxquels ils confioient les
roisses 3 et comme ils en avoient
pa.
un nombre
- -
ation
ordinairement au desir de
et à l'espoir de Pimpunité,
succomber
Exceptons cependant les jésuites, qui ne sont
plus, de cette censure méritée
autres religieux
par tous les
missionnaires des
doit à la société la justice de dire colonies, On
mettoient la plus
que ses chefs
choix des
grande attention dans le
sujets auxquels ils confioient les
roisses 3 et comme ils en avoient
pa.
un nombre
- - --- Page 353 ---
SUR St.-Dox,
snflisant, la maison
ING U E.
de dépôt, étoit
du Cap qui leur servoit
leurs
soumise à la même
couvens de France : nulle
règle que
T'habit, la nourriture
dilférence dans
rieur; l'esprit de la
et les exercices intétout. Avoir de la société se reproduisoit parétoit leur objet considération et de
venus à
essentiel, et ils y étoient l'argent
SaincDomingue comme
parparticuliers étoient modestes
ailleurs. Les
mission avoit des
et panvres. La
possessions
immnenses et une
Telle
aux
Tutrinneasuttiratess
étoit pour eux
administrateurs.
tion unique, même dans l'influence d'une législamoines n'ont qu'une
ses abus; les autres
lois et un esprit des lois. règle, ceux-là avoient des
Il est certain
être
que les jésnites n'ont
remplacés dans leur mission
pu encore
prêtres séculiers qui leur
du Nord. Les
tement, étoient un
succélérent immédiasujets qui eussent encore assemblage des plus mauvais
et cela devoit être. Le
paru dans la colonie;
qu'on y destinoit ne choix et l'examen de ceux
rieur
dépendant d'ancun
soit eclésiastique, le burean des colonics supéfaisentoient.
ceux
seanperhatsnictemed
Les
qui se préfurent bientôt administrateurs révoltés
et les habitans
livroient leurs
des excès aaxquels se
pasteurs : On eut recours aux --- Page 354 ---
E S S A I
capucins, ou plutôt le ministre céda àleurs sollicitations. Ils furentchargés dela mission, comme
on l'a vu en 1769; et ces nouveaux missionnaires
ne conservèrent pas long-temps l'esprit de leur
état. J'ai dit commentla corruption devoitsuivre
le relâchement et loubli de la vie monastique.
Il en est de même pour les jacobins dans la
tie de l'Ouest. Ainsi la composition de l'état parmonastique est vicieuse dans sa forme, insuffisante dans sa discipline.
En renvoyant les religieux, parce qn'ils sont
déplacés par-tont ailleurs que dans un monastère, il faudroit avoir un corps et un dépôtd'ecclésiastiques éprouvés et reconnus propres à
verner des paroisses. Le dépôt sera-t-il dans gou- la
colonie ou en Francef quel en sera le régime et
le supérieur? comment se feront les remplacemens? Voila les questions dont on avoit imaginé
la solution en établissant un évèque in partibus,
etune espèce de séuninaire dans chaque colonie:
Ce seroit effectivement une institution utile
à bien des égards, que celle d'un évêque et
d'une oflicialité : j'y vois desavantages, mais
beancoup d'inconvéniens. Cen'est passeulement
d'assigner des revenus, de surcharger la colonie
d'une dépense qui deviendroit considérable
tous ses accessoires; d'avoir à négocier avec par la
issant un évèque in partibus,
etune espèce de séuninaire dans chaque colonie:
Ce seroit effectivement une institution utile
à bien des égards, que celle d'un évêque et
d'une oflicialité : j'y vois desavantages, mais
beancoup d'inconvéniens. Cen'est passeulement
d'assigner des revenus, de surcharger la colonie
d'une dépense qui deviendroit considérable
tous ses accessoires; d'avoir à négocier avec par la --- Page 355 ---
S U R Sr.-Do NI
cour d'Espagne
N G U E.
Santopour faire renoncer
Domingo à sa
l'éveque de
an moins celle de
juridiction prétendue,
querelles
métropolitamn; ; d'avoir des
embarrassantes à
vèque et les
craindre entre Pésont
adainistrateurs, par
tique, ceux-cide se mèler de la Thabitude où
par l'influenes
police ecclésiasdétails d'odministration. qu'auroit le prélat sur les
peuvent être
Toutes ces difficultés
le bien
vaincnes, et
que pourroit faire Inel'emportent pas sur
religion un homme constitué aux meenrs et à la
autorité, pour la faire
en dignité et en
exemple, et ensuite respecter,d'abord parson
T'épiscopat. Il n'est par l'appareil imposant de
tielle devant
qu'une considération
laquelle toutes les autres essendisparofirerelat
doivent
à gonverner
l'espèce de
cet évèque. Les diocésains qu'auroit
qui sont à Sainttrente mille blancs
cent mille
Domingue commandent à
lumaine la nègres, et ces nègres sont de trois
sont
race la plus
l'espèce
baptisés et qui
superstitieuse, Ceux qui
aucune idée de la fréquentent les églises,n'ont
que les prêtres et les religion. Ils ne connoissent
général une
inages; ils leur croient
mélent tà cette puissance, une vertu
en
des cultes croyance toutes les magiques;i ils
ni la peine idolâtres de
: on ne prend extravagances ni
les
le temps
instruire; et leur vie
pénible,
'espèce
baptisés et qui
superstitieuse, Ceux qui
aucune idée de la fréquentent les églises,n'ont
que les prêtres et les religion. Ils ne connoissent
général une
inages; ils leur croient
mélent tà cette puissance, une vertu
en
des cultes croyance toutes les magiques;i ils
ni la peine idolâtres de
: on ne prend extravagances ni
les
le temps
instruire; et leur vie
pénible, --- Page 356 ---
ESSA I
d'ailleurs, se passe dans cet abrutissement
toyable. Témoins des
piet de l'inconsidération déréglemens des prêtres,
n'en sont
qui en est le fruit, ils
pas moins craintifs et soumis
eux. Que seroit-ce s'ils
devant
respecté par tous les ordres voyoient de la
un évâque
de toutes les
colonie 2 revêtu
leurs maîtres marques de sa dignité, parlant à
avec autorité ? Ils le
pour un Dieu, et le prélat
prendroient
deshabitans et desl
seroitle seul maître
de ce peuple esclave shabitations: : toutesl les plaintes
étoit sensible
s'adresseroient à lui, s'il
justes,
aux traitemens, quelquefois insuffit , qu'on leur fait essuyer. Et certes il
d'être bon et juste pour en être
mais s'il le
touché:
le signal de paroissoit, la
ce seroit pour les esclaves
vengeance et de
par des nègres, cet
l'impunité. Servi
mot, faire un
évêque ne pourroit dire un
esclaves. La signe,qui ne fltrendu à tous les
les affaires conversation la plus innocente sur
publiques, la plus
tion d'un jugement, d'un ordre légère improbapour eux un anathème
donné, seroit
prononcé contre les administratenrs, contre les tribunanx : le
tisme le plus horrible exalteroit
fanaleurs têtes; le
changement, la mort d'un évêque seroient
révolution, et on ne peut pas
une
elle seroit portée. Tout cela prévoir jusqu'ou
seroit possible, en --- Page 357 ---
S U R Sr.-Do M I N C U E.
supposant le prélatnommé,
sensé, très-prudent, Mais si tris-religieunx, l'on
trèsvais choix, si cet
faisoit un mauquelques
évèque se permettoit aussi
mille lieues écarts, de quel en seroit le frein à deux
frères?
son souverain et de ses conMais pourquoi les Espagnols
évèques, sans qu'il en résulte ont-ils donc des
niens ?
tous ces inconvéL'objection est
réponse est sans
très-plausible, nais la
ou à peu près, de réplique. Les Espagnols sont,
eux fort
l'espèce des nègres. Ily a
peu
parmi
nombre
d'Européens et un très -
d'esclaves : le sang y est mélé
petit
qu'on ne distingue plus les
au point
les moeurs des maitres muances.
et
L'éducation,
lument les mêmes
des esclaves sont absotourné
; le caractère
vers la
national est
superstition et la
gieuses : les prêtres ont chez soumission reliantorité ; F'administration eux la plus grande
servie
même leur est asOn ne peut donc
ger à l'exécution d'un pas vraisemblablement sonla nécessité d'en
projet aussi funeste. Dans
adopter un, voici celui qui m'a
(5 I2 avoit été seritablemcar
fvéque à
question d'envoyer U72
fezions J Saint-Doningue, firent renoncer, et il étoit déja nommé: ces ré
I
êtres ont chez soumission reliantorité ; F'administration eux la plus grande
servie
même leur est asOn ne peut donc
ger à l'exécution d'un pas vraisemblablement sonla nécessité d'en
projet aussi funeste. Dans
adopter un, voici celui qui m'a
(5 I2 avoit été seritablemcar
fvéque à
question d'envoyer U72
fezions J Saint-Doningue, firent renoncer, et il étoit déja nommé: ces ré
I --- Page 358 ---
Ess A I
paru le moins susceptible de difficultés et le
plus convenable,
d'après les connoissances
j'ai des colonies.
que
Jevoudrois qu'un évêque deFrance fat nommé
commissaire du roi et du saint -S siége pour le
gouvernement spirituel et temporel de l'église
française en Amérique.
Je préférerois cette forme de juridiction,
réunit les deux autorités, à toute
qui
autre, en ce
qu'elle tranche les difficultés de diocèse et d'administration.
Léwaque-commisaire désigneroit, en sa qualité, un grand-vicaire official, qui seroit dans la
colonie le supérieur ecclésiastique, avec droit
de censure, suspension, interdiction, après les
informations préalables en la manière accoutumée.
Le grand-vicaire auroit auprès del lui un séminaire ou dépôt d'eclésiastiques, qui seroient
envoyés par l'évèque, après avoir été choisis et
examinés avec soin. On pourroit les prendre
dans la classe des vicaires du diocèse, et ce seroit
pour eux ull objet de récompense; car en général
toutes les cures sont bonnes en Amérique.
fomniooimtdstomnisaoritreem
en France, sauf les cas prévus parles loisciviles
ct canoniques.
vs --- Page 359 ---
SU R
Sr.-Do MI I N G U E.
Leséminaire ou dépôt seroit
régi en commnet il seroit
à
et lan
-Ecee
payé chaque
anourieure,
pension convenable
ccclésiastique une
ce qu'il fàt placé. pour son entretien, jusgn'à
Les ponvoirs du
jours substitnés à deux grand-vicaire seroient touet la substitution
prêtres en cas de mort,
Les
enregistrée.
plus ardministrateurs de la
que l'inspection
colonie n'auroient
la condaite du
générale des mcenrs et de
se coucerteroient supérieur et des
avec
snborndonmés, et
pour les changemens l'éveque : commissaire
les cas où les
nécossaires, excepté dans
soumis à l'antorité ecclésiastiqes sont
Le droit
des lois.
naturellement
seroit accordé de chapelle sur leurs
de deux
à tous les habirans habitations
aux
cents nègres ; ce qui seroit propriétaires
esclaves et aux
très-ntile
pelains pourroient maitres, aussi
en ce que les chamnais aucun
élever lenrs
la colonie prêtre ne pourroit se
enfans.;
que sur un démissoire présenter dans
commissaire. On en
de
et quant aux
renverroit tous les l'évaquelement
prêtres séculiers
moines;
habitués , le
quiy sont actueltoutes les informations grand-vicaire prendroit
déplacer que les mauvais convenables pour ne
sujets; il déféreroit
ntile
pelains pourroient maitres, aussi
en ce que les chamnais aucun
élever lenrs
la colonie prêtre ne pourroit se
enfans.;
que sur un démissoire présenter dans
commissaire. On en
de
et quant aux
renverroit tous les l'évaquelement
prêtres séculiers
moines;
habitués , le
quiy sont actueltoutes les informations grand-vicaire prendroit
déplacer que les mauvais convenables pour ne
sujets; il déféreroit --- Page 360 ---
EssAt t.
sur cela aux
tables habitans. témoignages des juges et des noQuant à cette partie du ministère
tique, relatif aux esclaves,
ecclésiasreligion utile dans l'ordre pour leur rendre la
seroitimportant
moral et politique, il
d'obliger les prêtres à descendre
jusqu'à eux. Il semble que les instructions
gieuses qui leur sont
relideux caractères, la
propres doivent avoir
simplicité des
pliqués à leur état, et la facilité des préceptes apLes dissertations
pratiques.
ne
métaphysiques,
conviennent pas à ces pauvres théologiques,
dessous de nos paysans. Un
gens fort aucis dans leur
exposé court et prémiers
langage les instruiroit des predogmes. La proscription
de leur croyance absurde
souvent répétée
esprits, de tous les excès de sur la magie, sur les
seils de paix,
débauches; les concompense des d'obéissance, de charité; la rébons, la punition des
voilà leur catéchisme. Cette
méchans :
être universelle et
formule devroit
tous les habitans uniforme, répandue chez
pour être récitée dans
prières de l'atelier, et répétée dans
les
car ils n'entendent rien de
les églises;
ils y vont d'ailleurs
ce qu'on y dit :
très-rarement à cause de
l'éloignement, et de leurs trayaux
quiles occupent les jours de fêtes; particuliers
ce qui prouye --- Page 361 ---
SUR
encore l'utilité Sr.-Do M I N G U E. 351
des
les
chapelles
campagnes. Si l'entretien domestiques dans
paroissoit trop
d'un aumônier
trois ou quatre, dispendieux pour an
réunis,
habitant,
pourroient en payer un,
Stiaaematreneatieet habitation
elar messe
9 et
surchaque
nombre d'idées rappeler aux nègres le petit
tibles.
religieuses dont ils sont
Voilà à
susceprégime peu près Ce que je
la
spirituel, et pour la proposerois sur le
Il discipline d'un autre composition et pour
pourroit être facilement corps d'ecléinatigees
poser de nouvelles
entretenu sans impaie déja
charges à la conlonie,
et
600,000 liv. pour l'entretien
Elle
fabriques. Leur casuel
des curés
pareille somme; en
peut être évalué à
les droits
réduisant à un tarif mnodéré
les
d'enterremens,
propriétés de la
services, etc. Ensuite
des
mission n'étant
mislionnaires jej
pas celles
pour celles des
pensequ'oma'ens useroit
pour celles des jésuites, jacolins, comme on en a usé pas
leurs créanciers.
qui ont été
Les jacobins
adjngées à
cucreries, ctplus de deux
possédent deux
cents
misionnaires et desservant nègres, comme
l'Ouest. Cette possession
les paroisses de
avec l'ordre de
n'a rien de commun
eât eu des roprésentans Seimnt-Deninique Si la colonie
lors de Tarrangement
'ens useroit
pour celles des jésuites, jacolins, comme on en a usé pas
leurs créanciers.
qui ont été
Les jacobins
adjngées à
cucreries, ctplus de deux
possédent deux
cents
misionnaires et desservant nègres, comme
l'Ouest. Cette possession
les paroisses de
avec l'ordre de
n'a rien de commun
eât eu des roprésentans Seimnt-Deninique Si la colonie
lors de Tarrangement --- Page 362 ---
Ess d A I
fait par les créanciers des jésuites, je ne doute
pas qu'ils n'eussent réclamé le bien de la mission, et qu'ils n'eussent été fondés à le faire
CONCLUSIO N.
IL résulte de mon exposé, que la colonie de
Saint-Domingue, en ce qu'elle est et ce' qu'elle
peut être, mérite toute l'attention du gouvernement.
Les colons sont des hommes utiles, leurs manufactures des objets précieux consacrés à la
métropole, lorsque leur prospérité devient le
prix du sacrifice.
L'accomplissement de cette condition respective exige un régime plus surveillant et micux
entendu dans la partie économique, et dans les
relations avec les étrangers.
L'administration, qui a été aussi bonne qu'elle
pouvoit l'être lors de l'établissement, est devenue mauvaise, et par les changemens qu'on y
(*) Dans les circonstances présentes , je recommanderois avec plus d'instances encore l'adoption des mesures
proposées dans ce chapitre.
- - --- Page 363 ---
a faits SUR Sr.-Do MI I N G U E.
n'y a pas
et par
Hlenasiscmdmement,
faits.
teux qu'on
La première chose à
des pouvoirs,
régler, est la
qui est
distribution /
riable. La seconde à confuse, incertaine et vaconseil d'administration établir, est un dépôt ou
nistrateurs. La
qui survive aux admition des
troisième, le choix et
gens destinés aux
l'instrucOn trouve ensuite la places.
une jurisprudence locale nécessité de déterminer
ceptions que présente
et applicable aux exL'inertic
une colonie.
tuelle des de la justice et la composition
d'un nouvel tribunaux, laissent voir la
acordre de choses
possibilité
plus utile.
plus conséquent et
La mullité de la police
ses détails, explique la dans son ensemble et
rieurs, qui s'effaceront cause des désordres intéjour, lorsque le
comme la nuit devant le
et éclairé,
gouvernement deviendra ferme
Mais des différences
nie et une province de qui distinguent une coloadministration,
l'état, la plus sensible en
car les colons donnant doitetreles systême des finances:
gation qui leur est
tout à l'Etat par l'oblivendre qu'aux imposée de n'acheter, de ne
4.
sujets de lÉtat, leur contribu23
--- Page 364 ---
Ess A I
tion locale doit être aussi légère qu'il est possible.
Après avoir pourvu au mécessaire, la disette
d'établissemens utiles, commodes, agréables, 9
en fait rechercher les moyens, et ils se présentent.
Enfin le régime spirituel, quin'est indifférent
dans aucun gouvernement, prépare à celui-ci
du bien à faire et des maux à réparer.
Ici finit la tâche que je me suis imposée, et
pourroit commencer celle du législateur. J'aurois pu multiplier les faits, les détails; mais c'ést
assez d'avoir osé ajouter quelques observations
à celles contenues dans cet ouvrage célèbres, où
toutes les métropoles et leurs colonie lisent
aujourd'hui leur histoire, et trouvent enregistrés leurs droits, leurs fautes et leurs ressources
(1) Histoire philosophique et politique de l'abbé Raynal.
it la tâche que je me suis imposée, et
pourroit commencer celle du législateur. J'aurois pu multiplier les faits, les détails; mais c'ést
assez d'avoir osé ajouter quelques observations
à celles contenues dans cet ouvrage célèbres, où
toutes les métropoles et leurs colonie lisent
aujourd'hui leur histoire, et trouvent enregistrés leurs droits, leurs fautes et leurs ressources
(1) Histoire philosophique et politique de l'abbé Raynal. --- Page 365 ---
3VR
Sr.-Dox MI IN G U E.
PRÉCIS
Das réglemens
tion de la colonie nécessaires pour
de
Ladninisura.
au comité de ligislation, Ss-Domingue, proposés
établi en 1775.
10, Il faut déterminer
invariablement
plus
général,
qu'on ne l'a fait, ettement, plus
celle de
l'autorité du
présentans civils et Tintendant, militaires. celles de leurs reÉnoncer l'influence
doit avoir sur les affaires que cette autorité directe
sous le nom
générales comprises
absolument toutes dadiainitration, les
et en soustraira
contentieuses
affaires
être
qui, dans tous les particulières et
soumises aux formes
cas, doivent
Il faut prononcer
légales et judicinires.
vernement d'une colonie irrévocablemnent queles
cice d'un pouvoir
consiste dans l'exer- gouet l'autorité militaire civil, et que la force, l'esprit
à sa défense et à
sont uniguement
sa streté.
affectés
2°, Il faut autoriser et
recréer
représentans de la colonie,
l'assemblée des
l'impôt, en arrêter le
pour délibérer sur
recevoir sur les lieux genre et l'espèce, et remêmes, par commisaires,
- - --- Page 366 ---
EssAr
tous les comptes de recette et
parvenir au ministère
dépense ; faire
ses représentations et
observations sur les vices et abus, sur les détails
de réglemens à faire, etc.
30. Il faut réformer les tribunaux
cienne constitution,
selon l'anprépar arer la succession aux
places de magistratures en les assurant aux
sesseurs, lieutenans de juge, substituts, ascats qui se formeront dans la colonie
avoet obtiendront le suffrage de leur
même 9
ordrede succession doit être
corps : cet
l'expérience
garanti par une loi,
ayant appris aux ministres
les protégés qu'on lerr présente et
quetous
fait agréer pour des places de colonies qu'on leur
sent mal.
yréussis4°. Il faut régler la police générale et
lière selon le plan que j'ai proposé particula condition des
5 améliorer
esclaves, surveiller les maîtres
injustes, et punir sans rémission les excès.
5o L'établissement
que j'ai indiqué
conserver toujours vivans les
les pour
et
formes,
cipes
les moyens du
prinaussi un édit de création. gouyernement, exige
60 Rendre à la justice sa dignité et son activité, en ne souffrant plus que les sentences
et les arrêts des tribunaux soient des titres illusoires entre les mains du créancier ; il faut
, surveiller les maîtres
injustes, et punir sans rémission les excès.
5o L'établissement
que j'ai indiqué
conserver toujours vivans les
les pour
et
formes,
cipes
les moyens du
prinaussi un édit de création. gouyernement, exige
60 Rendre à la justice sa dignité et son activité, en ne souffrant plus que les sentences
et les arrêts des tribunaux soient des titres illusoires entre les mains du créancier ; il faut --- Page 367 ---
SU R
pour cela
Sr.-Dox: I N G U E. 357
attermoyer les
annoncer qu'à l'avenir tous anciennes les
dettes, et
contrats ou billets à ordre engagemens par
exception aux saisies réelles seront soumis sans
corps, suivant la nature du ou contraintes par
7
titre de
Préparer un code de
créance.
cale, en réglant dès à
jurisprudence lod'exception que
présent tous les cas
rée à nos provinces présente une colonie
de
compaque j'en ai faite dans France, d'après la note
le surplus, autoriser le mes mémnoires; ; et, pour
à nommer des
général et l'intendant
commissaires
rédiger et proposer tous les pour recueillir,
sion qui demandent des
objets de discusde celles de nos lois
décisions différentes
8 Il faut réformer et coutumes de France.
ce qui regarde
le code crininel dans
les esclaves, l'instruction des procès contre
j'ai indiqués. d'après les raisons et motifs
que
9°. Il faut créer différens
démontré la nécessité,
corps dont j'ai
consulaire,
tels qu'une
une chambre de
juridiction
collège de
commerce 7 un
cation des médecine, un collège pour l'édu10°, Il faut enfans, une école vétérinaire.
nègres et mulâtres pourvoir au brigandage des
ni métier,
libres qui n'ont ni terre
d'après les
j'ai proposés.
moyens et les vues que
- --- Page 368 ---
EssA I
110, Régler le commerce
l'entrepôt du môle
étranger 9 soutenir
pour les approvisionnemens
reconnus indispensables; mais arrêter efficacement la contrebande des
des
et l'exportation frauduleuse noirs,
farines, s
colonie.
des denrées de la
120, Régler le change et le cours des monnoies, d'après les principes et les faits
établis.
que j'ai
130, Arrêter le plan de défense
avoirdémontré
que je crois
convenir le mieux à la colonie
ainsi que la composition de son état militaire. >
14°. Reformer la mission selon le plan
j'ai proposé.
que
Nota. Les huit premiers articles
renfermés dans un même édit; je les peuvent être
Ainsi il ne faudroit
y: ai réunis.
donnances
que six réglemens ou ordifférens pour la législation complète, en y joignant un mémoire instructif
pour tous les cas et les détails
trauver place dans une loi.
qui ne peuyent
à la colonie
ainsi que la composition de son état militaire. >
14°. Reformer la mission selon le plan
j'ai proposé.
que
Nota. Les huit premiers articles
renfermés dans un même édit; je les peuvent être
Ainsi il ne faudroit
y: ai réunis.
donnances
que six réglemens ou ordifférens pour la législation complète, en y joignant un mémoire instructif
pour tous les cas et les détails
trauver place dans une loi.
qui ne peuyent --- Page 369 ---
S U R Sr.-Do M I N G U E.
CONDUIT E
DES AD
HIXISTRATKURS
Pendant les troubles
blissement des milices qu'occasionna le rétaà St- Doningue.
Extrait de leur
correspondance en 1768 et
1769.
LA colonie de St.- -
établie par la milice Domingue, des
conquise et
naturellement une milice llibustiers, forma
pétua et s'accrut avec nationale qui se peret de la population. A l'extension des cultures
del la simplicité des
mesure qu'on s'éloigna
tution acquit tous premiers les
temps, cette constimilitaire,
vices du
par la
Gouvernement
places de milice, multiplication des grades des
d'une autorité
d'état. - major, et les abus
officier de milice subdivisée à l'infini. Chaque
diction sur sa s'attribuoit une sorte de jurisoutenoient compagnic. Ceux de
ces prétentions,
l'état-major
parce qu'elles ajou-
- --- Page 370 ---
ESSAT
toient à leur autorité, La moitié de
étoit commandée et vexée
la colonie
Les plaintes, les
par l'autre moitié.
les : on devoit réclamations furent généraformer les
y avoir égard; on devoit réabus,
contenir dans de panir 2 casser les vexateurs,
tentions,
justes bornes toutes les
adoucir le jong des milices. On prémieuxi faire; on les supprima
crut
fit une grande faute. Elle fut tout-à-fait, et on
en présentant cette
encore aggravée
vilége dont on
suppression comme un prinonça tout de suite gratifioit la
la colonie : on en anmentation d'impôts compensation pari runeangDeax
que les habitants
ans après, on sentit que le payèrent.
ment des milices
rétablissecolonie. M. le importoit à la sûreté de la
son plan s'éloigna comte d'Estaing en fut chargé:
trop de
on fut obligé de l'abandonner. fandemneintituntions
consentit pour la seconde
Le ministère
sion des milices.
fois à la suppresEnfin, en 1767, cette
et consommée
opération fut
au Bureau des
reprise s
s'agissoit plus que de la
colonies; il ne
On
mettre à exécution.
conçoitque, pourr réussir, il étoit nécessaire
d'employer tout à la fois
fermeté,
sagesse, séduction,
modénation,
La
M. de Rohan et de M. de correspondance de
Bongars sur cette
Le ministère
sion des milices.
fois à la suppresEnfin, en 1767, cette
et consommée
opération fut
au Bureau des
reprise s
s'agissoit plus que de la
colonies; il ne
On
mettre à exécution.
conçoitque, pourr réussir, il étoit nécessaire
d'employer tout à la fois
fermeté,
sagesse, séduction,
modénation,
La
M. de Rohan et de M. de correspondance de
Bongars sur cette --- Page 371 ---
S UR
grande
U E.
Sr-Dewixee
affaire, apprend
traitée; ; et les décisions comment elle a été
Praslin à la suite de
de M. le duc de
rappellent ce
chaque lettre
avoient
que le feu roi et son principale,
trateurs prononcé sur la conduite
ministre
en cette
des adminis
M. le
circonstance.
ordres prince de Rohan
définitifs du roi, reçut, en 1768, les
sement des milices. 11 concernant le rétablisprécédente ils avoient paroît que dès l'année
colonie fut
été annoncés, et que la
an avant qu'elles prévenne des intentions du roi
sulta même
fussent
un
les principaux manifestées. On conquartiers sur ce
habitans de tous les
milice leur rendoit rétablisement des
; et comme la
demens sur leurs
grades, des commanrèrent zélés partisans. concitoyens, ils s'en déclasi le
Première faute
le ministère et les chefs de la
grave;car
projet de ne former
colonie avoient
consentement des
les milices que du
en supportent tout habitans, le
c'étoit à ceux qui
ser, et non pas aux joug qu'il falloit s'adresanciens
milices, en demandant à
commandans des
être constitués
ceux-ci:
On ne
en autorité sur vOS Vonlez-vons
la
pouvoit pas croire
camarades?
classe qui commande que l'affirmation de
qui obéit.
étoit celle de la classe
I --- Page 372 ---
EssA I
Mais je ne vois pas qu'on doive
faute aux seuls administrateurs imputer cette
avoir suivi sur cela leurs
; ils paroissent
instructions.
Lorsqu'on crut les esprits ainsi
ils ne l'étoient qu'à la division préparés (et
et au mécontentement), on publia que l'ordonnance
tant le rétablissement des milices,
porvée ; mais on mit
étoit arriintervalle
encore maladroitement un
entre cet aveu et la promulgation. -
M. de Rohan, qui étoit au
voulut commencer
Port-an-Prince,
du
son opération par la partie
Nord, où commandoit M. de la
il comptoit y trouver moins de difficultés Ferronnais;
dans celle de l'Ouest et du Sud, où l'on que
déja de la fermentation. Ile
voyoit
d'un quartier soumis influeroit lespéroitquelexemple
autres : il avoit raison
sur tous les
; cette précaution étoit
sage, mais il ne falloit pas la laisser
en paroissant craindre les autres
deviner,
secret le plus profond ett été quartiers. Le
devoit
nécessaire : il
annoncer d'autres motifs de son
au Cap, et y faire arriver l'ordonnance voyage
tement de
direcFrance, ou en supposer l'envoi au
moment même de son arrivée.
M. de Rohan fut très-satisfait de
dans la partie du
son début
Nord:s ScS mémoires, ses lettres
au ministre annoncent ses succès, et il a l'hon-
issant craindre les autres
deviner,
secret le plus profond ett été quartiers. Le
devoit
nécessaire : il
annoncer d'autres motifs de son
au Cap, et y faire arriver l'ordonnance voyage
tement de
direcFrance, ou en supposer l'envoi au
moment même de son arrivée.
M. de Rohan fut très-satisfait de
dans la partie du
son début
Nord:s ScS mémoires, ses lettres
au ministre annoncent ses succès, et il a l'hon- --- Page 373 ---
S U R
nêteté d'y associer S2-Doxix G U E.
parle avec les plus tous les coopérateurs ; il
Ferronnais et du conseil grands éloges de M. de la
Ce n'étoit
du Cap.
Une ordonnance point là une affaire de conseil,
de gardes, de militaire où il est question
revues, de
militaire, 3 n'a jamais da discipline et service
dans un tribunal de
être lue et registrée
une loi civile,
justice ; car ce n'est
et les
point
connoitre, promulguer, tribunaux ne doivent
cuter' que les lois civiles. registrer et faire exéconseil du Cap produisoit La soumission du
tages que sa résistance
donc moins d'avanpossible n'auroit
conrénients car si cette
eu d'inplement répondu :
compagnie avoit simles ordonnances Nous ne connoissons point
revêtues du sceau militaires ; elles ne sont
du
point
signe légal; elles
royaume, qui est notre
gations, droits et actions n'imposent aucune des oblision nous'
civiles dont la déciroit rien appartient : le
eu à
Gouvernement n'anpu se
répliqner, et les habitans
Il
prévaloir de cette
auroient
en fut
conduite du conseil...
gistra sans autrement, le conseil du Cap
difficulté.
enreMais celui du
dans les mêmes Port-an-Prince n'étoit
la défiance
dispositions.
pas
annoncécs par M. Linqniétude de
et
Rohan, sur --- Page 374 ---
EssA I
tous les habitans de l'Ouest et du Sud, la
blication de l'ordonnance différée
pudeux parties,
dans ces
avoientaugmentéla
au lieu de l'éteindre. On
fermentation,
croire fort contre
commençoit à se
un Gouvernement qui
roissoit foible. On affectoit de dire
papandre que le rétablissement
et de rédes milices étoit
l'ouvrager particulier de M. de
seroit avoué
la
Rohan, qui ne
siroit.
par
cour qu'autant qu'il réusLe conseil du Port-au-Prince,
en grande partie d'étrangers,
composé
s'accréditeroit,
imagina qu'il
qu'il se rendroit
et cher aux habitans de son
respectable
risant leur aversion
ressort, en favopour la milice, en faisant
naître des difficultés sur le caractère et la
forine de
T'ordonnance, en proposant des remontrances, en différant l'enregistrement.
d'inconvéniens et de malheurs
Que
cérémonie
évités, si cette
inutile et dangereuse avoit été
primée !
supC'est le 13 octobre 1768 que M. de Rohan
se rendit au conseil du Port-au-Prince
y faire enregistrer l'ordonnance; la lettre 2 pour
laquelle il en rend compte est du 15. Il ne par se
plaint dans cette dépêche que d'un seul conseiller, noimé Marcel, qui fit remettre l'enregistrement au lendemain, 3 quelqu'envie, dit
érémonie
évités, si cette
inutile et dangereuse avoit été
primée !
supC'est le 13 octobre 1768 que M. de Rohan
se rendit au conseil du Port-au-Prince
y faire enregistrer l'ordonnance; la lettre 2 pour
laquelle il en rend compte est du 15. Il ne par se
plaint dans cette dépêche que d'un seul conseiller, noimé Marcel, qui fit remettre l'enregistrement au lendemain, 3 quelqu'envie, dit --- Page 375 ---
SUR Sr.-Do
M. de Rohan,
MI N G U E.
Ce qui n'étoit qu'eit la compagnie de faire
donnance fut agréable. En effet, le 14,lor
Marcel, qui opina enrogistrée 2 malgré l'avis de
M. de Rohan demande pour la négation; 5 sur quoi
contre ce
une lettre de cachet
Ainsi la conseiller,et sa révocation.
compagnie, de l'aveu
néral, se soumit aux ordres même du géses dispositions
du roi, malgré
leur
connues ou
objet. Cet
présumées contre
effaçoit toutes les enregistrement fautes
fait et publié,
commises
époque, , si on avoit cessé
jusgu'à cette
celles qui suivirent furent d'en faire ; mais
sans doute bien plus diflicile irréparables. Il étoit
seil à un enregistrement d'amener le cond'empêcher tout acte
authentique 2 que
de cette compagnie. C'est subséquent de la part
nistrateurs
alors que les admidevoient se rendre maitres
bérations, et contenir,
des délileurs discours et
par leur présence,
par la
par
dignité, les avis
prépondérance de leur
ne conçoit
dangereux ou indiscrets.
et signer pas comment ils purent
On
l'arrêté du 14, qui
permettre
trement. Cet arrêté mit les suivit l'enregisaux séditieux. Il
armes à la main
que l'intention de portoit, entre autres
rétablir les
sa majesté n'étant choses, pas de
milices, le conseil n'avoit
adhéré
= --- Page 376 ---
EssAt
à l'enregistrement de
l'esperance qu'elle seroit Tordonnance, que dans
devoit être
révoquée. Cet arrêté
secret; il devint
têtes s'exaltèrent. M. de
public, et les
de l'effet
Rohan fut
en
qui
résulta : il auroit da indigné le
voir, ainsi que M. de Bongars.
préet l'autre avoient-ils
Comment l'un
seroit point
pu croire que cet acte ne
divulgué? Alors le général
de plus en plus dans ses
s'aveugla
ches. Il se livre
conseils et ses démarau sieur de la Mahotière
ancien membre du été exclu; à M. de conseil, et qui en avoit
Fauveau, qui
doit sous ses ordres. Il
commans'dloigne de M. de
Bongars, il s'emporte contre le conseil
mande le
, il
procureur-général, lui reproche la
publicité de l'arrêté, lui ordonne de
un arrêt portant permission
provoquer
les auteurs de cette
d'informer contre
publicité; c'étoit en consacrer-P'existence: : il est obéi; l'arrêt est rendu.
Le 31 octobre, M. de
qu'en
Rohan ne voit pas
rappelant l'arrêté du 14, il faisoit tout
le mal qu'il croyoit empécher. A
arrêt est signé,
peine cet
affiché, et toujours du consentement des chefs, qu'on en sent le poison.
(*) Eloge de M. de la Mahotière, 2 dans une
de Rohan du 8 Novembre 1768.
lettre de M,
est obéi; l'arrêt est rendu.
Le 31 octobre, M. de
qu'en
Rohan ne voit pas
rappelant l'arrêté du 14, il faisoit tout
le mal qu'il croyoit empécher. A
arrêt est signé,
peine cet
affiché, et toujours du consentement des chefs, qu'on en sent le poison.
(*) Eloge de M. de la Mahotière, 2 dans une
de Rohan du 8 Novembre 1768.
lettre de M, --- Page 377 ---
SUR
Ce sont les
U E.
Sn-Dosrxe
dans sa
termes dont se sert M. de
dépeche au
Rohan
juillet 1769, et il ministre, en date du 25
sur M. de
vent en rejeter la faute
pouvoit
Bongars 5 mais cet
pas réparer seul les
intendant ne
qui ne lui confioit
fautes du
cher que la
rien : il n'avoit général
voqués
séance et l'arrêt ne
pu empdOn par ses ordres.
fussent prodoit
du
remarqner ici combien le
Fort-au-Prince
conseil
ses
mettoit de
démarches. Il avoit l'art dextérité dans
parer et approuver
de les faire présembloit se prêter à même leurs par les chefs 3 il
suivant toujours son
vues 3 en pouron ne voit encore ni plan d'opposition. Mais
rebellion. C'est devant les projet, ni complicité de
délibérent; c'est au
administrateurs qu'ils
dire que le
général même qu'ils osent
sible au bien rétablicement et à
des milices est nuiles peuples à une Atondeprubia,aan invitent
qu'ils attendent
obéisance
des bontés de provisoire 2 et
révocation de ses ordres.
sa majesté la
In'y a dans cette
conduite
A'imprudence et de mauyaise que ce genre
pouvoit prévenir, ou
volonté
tervenir les
en ne faisant
qu'on
Res
conseils à cette
point inconduisant avec assez opération, ou en
d'adresse, de modé-
- --- Page 378 ---
ESSAI
ne fat point
ration et de fermeté, pour qu'elle
troublée par eux.
La veille de l'arrêt
Ici les fautes se succèdent.
revue à la
du 31, le général indique une
rend. Il
Croix-des-Bouquets : personne ne s'y
chez lui les habitans, et leur donne
mende
faire leurs réflexions.
huit jours pour
de M. de Rohan à
On voit par la réponse date du 25 juillet
M. le duc de Praslin, en
ce
le ministre lui avoit reproché
1769, que
et la
de l'arrêt
délai de huit jours,
provocation
du 31. Le général se défend mal.
Alors tout fut perdu. 1l partit du quartier
des billets séditieux, des lettres
du Cul-de-sac émissaires même pour soulever
anonymes, des Il parut une troupe de gens
toute la colonie.
chef. Les habiarmés qui élut d'Etrées pour
d'insensés furent intimidés. On menaçoit
tans
ne se déclaroient pas pour
cendier ceux qui
Plusieurs honnêtes
le parti de Topposition.
de l'avis des séfurent forcés de paroître
gens
combien cette
ditieux ; mais ce qui prouve
suffit
étoit peu redoutable, c'est qu'il
troupe
de quinze, vingt ou
toujours de détachemens la mettre en fuite.
trente soldats au plus pour avoient été porL'imprudence et la foiblesse
suivit
comble, et.la violence qui
tées à leur.
ceux qui
Plusieurs honnêtes
le parti de Topposition.
de l'avis des séfurent forcés de paroître
gens
combien cette
ditieux ; mais ce qui prouve
suffit
étoit peu redoutable, c'est qu'il
troupe
de quinze, vingt ou
toujours de détachemens la mettre en fuite.
trente soldats au plus pour avoient été porL'imprudence et la foiblesse
suivit
comble, et.la violence qui
tées à leur. --- Page 379 ---
Su R
fut aussi mal Sn-Doxi N G U.E.
lc2 novembre concertée. M. de Rohan
contrainte chez cent hommes de la
envoya
tous les habitans de légion, en
desBouquets, chaque
à raison de 15 liv.
la Croixpour les sergent, , 9 liv. pour les par jour pour
soldats
caporaux, 6 liy.
nsseoir, par une
L'intendant se refuse à
de cette contrainte, onionnance, la répartition
serve M. le duc de parce que, comme l'obpas ; parce qu'il Praslin, il ne le
pareille
n'y a pas d'exemple pouvoit
contrainte décernée
d'une
quartier; ; parce que M. de contre tout un
Enald-propos toute une
Rohan punissoit
voit être également
paroisse qui ne poune pouvant faire coupable. M. de Rohan
payer les
Pintendant de fournir,
habitans, obligea
Rion, des deniers de la par forme de gratificaa contrainte, qui s'éleva caisse, le montant de
mille livres:
à plus de vingt-sept
Le conseil voyoit
joie les embarras du peut-être avec une secrète
est-on iondé à croire Gonvernement; 3 au moins
qu'il falloit pour les faire qu'il ne fit rien de ce
dug 9 novembre
cesser, Son arrêté
dep plusieurs femmes 1768, au sujet de la requête
d'habitans quidevoient être
(*) Décision de M, de Praslin du
4.
31 mars 1769.
--- Page 380 ---
AR
EssA I
renvoyées au gonverneur;1 l'arrêt du 12 décembre, qui défend seulement toutes assemblées
l'avenir, sans ordonner qu'il soit informé
à
celles qui ont eu lieu ; celui du
du contre
mois, par lequel un homme
même
la
pris les armes à
main, et porteur de billets séditieux,
décrété que d'ajournement
n'est
l'arrêté du 25
personnel ; enfin
clave,
janvier, au sujet d'un nègre esprisonnier par ordre du
par lequel le conseil regarde gouverneur 2
les reproches et menaces
comme avérés
M. de Rohan
prétendus, faits par
> au sieur Léger, substitut
ces actes portent le caractère
: tous
gnement. Mais à cette même d'aigreur et d'éloile temps du plus grand désordre, époque, dans
de lire dans une
on est étonné
depêche de M. de
que le conseil cherche à le
Rohan,
contrarier, à
loguer sa conduite, en voulant forcer le épide Bercy, son secrétaire, à
sieur
place et celle de
opter entre cette
procureurdu roi, dont il étoit
pourvu; places que leministre, dans sa
déclare en effet incompatibles.
réponse 3
Ainsiles personnalités, les intérêts
influent sur les affaires les plats
particuliers
haines privées naissent
graves; et de ces
On est forcé de
lesplus grands désordres.
par M. de
reconnoître que les propos tenus
Rohan, au sieur Léger ; l'enlèye-
cette
procureurdu roi, dont il étoit
pourvu; places que leministre, dans sa
déclare en effet incompatibles.
réponse 3
Ainsiles personnalités, les intérêts
influent sur les affaires les plats
particuliers
haines privées naissent
graves; et de ces
On est forcé de
lesplus grands désordres.
par M. de
reconnoître que les propos tenus
Rohan, au sieur Léger ; l'enlèye- --- Page 381 ---
SU R St.-Do 2
ment du sieur
HIN G U E.
un officier de la Ricor, pour une dispute
M. de Larivière, marine, 2
avec
nn
conseiller
de
Femprhsonnenent
au
de manquement Ce
à M. de Rohan Parloment,p pour
général en la
; la confiance
conseil, aigrirent,
Mahotière, ennemi diz
les esprits, et enflammèrent de plus en plus
ouverte entre le conconrurent à cette
tieux en
général et le conseil, Les rupture
cèrent à profitérent la
; les troubles
sédirecommenau Fonds, au CAeReeN aux Cayes
sieurs Lamarque, Cal-de-se, au Mirabalnis. 2
étoient arrêtés. Le Melte, Violette et Carriers Les
pérant pas
général et
que leur
l'intendant n'espar des juges qu'ils procès pit être instruit
suspendirent
suspectolent de
ordres du roi. linstraction et
partialité,
on
On les
demandirent les
M. cassoit le conseil et rédigeoit à Versailles :
de Rohan crut
ses arrêtés,
en faisant
devoir
lorsque
arrêter à main prévenirle ministre,
entier, au moment de armée le conseil en
barquer tous les
sa séance; il fit
et il les dénonça membres, saisir leurs
emfauteurs de la
comme auteurs, papiers,
que, il falloit révolte. C'étoit un acte complices, 9
jamais
aumoins des
despotispu en avoir
prenves 2 et on n'a
lui-môme qui le déclare dejuridiques. C'est le ministre
dans sa réponse
aux
a --- Page 382 ---
EssAI
propositions de M.
du procès l'a
deNolivos, et le jugement
confirmé,
Ainsi, par une suite
fausses démarches, M. de d'imprudences et, de
écarts du conseil,
Rohan a suscité les
les
etil croit ensuite ne
arrêter qu'en
pouvoir
du crime de
préjugeant ce corps coupable
lèse - majesté, et en le traitant
comme tel.
Après l'embarquement du
Rohan fait tenir trois
conseil, M. de
y condamne à mort six conseils de guerre : on
à la main ; trois
hommes pris les armes
trois
sont exécutés aux
au Port-au-Prince. Ile est, à
Cayes 2
plus utile, 7 dit M. le Duc de tous égards
de se taire sur les
Praslin (1),
jugemens d'un conseil de
guerre assemblé pour
qui n'est pas de sa prononcer sur un crime
Ces exécutions compétence.
ternation. Les militaires répandirent la consfut soumis. Mais séditieux se dispersèrent; : tout
faire rendre
n'étoit-il pas nécessaire de
Il
ces jugemens par des
?
y en avoit encore dans la
magistrats
colonie, et on
pouvoitopérerle même effet sans violer les
Cette conduite de M. de Rohan
lois.
déplut fort
(*) Dans sa réponse à la
de Nolivos.
quatrième proposition de M.
écutions compétence.
ternation. Les militaires répandirent la consfut soumis. Mais séditieux se dispersèrent; : tout
faire rendre
n'étoit-il pas nécessaire de
Il
ces jugemens par des
?
y en avoit encore dans la
magistrats
colonie, et on
pouvoitopérerle même effet sans violer les
Cette conduite de M. de Rohan
lois.
déplut fort
(*) Dans sa réponse à la
de Nolivos.
quatrième proposition de M. --- Page 383 ---
SUR
à la cour. M. Sr.-Do M I N G U E.
de
et lui ensuite. Il Fauvean fut d'abord
ill'accuse de s'en prend à M. de rappelé,
même traversé s'être éloigné de lui et de Bongars;
duite. Mais
par Timprobation de l'avoir
l'intendant
sa conconseils de
qui avoient guerre, et cette powvoit-ilappromer suite d'actes
les
bien
précédé P
violens
qu'il ait manifesté Cependant il s'en faut
Sa tête fut miseà
cette improbation;
celle du
prix par les séditienx,
car
M. de Rohan général. Il n'ayoit qu'à dire comme
pu
étoit perdu. Si le
un mot,
s'étayer de l'avis, de
conscil avoit
dant; si les séditienx
l'autorité de lintence magistrat blâmoiti avoient pu s'assurer
du général, ils
intérieurement la conduite que
tête > et l'on l'auroient mis
ne doute
forcément à leur
tière [ne se fat élevée pas que la colonie endivisé avec son collègue. contre II. de Rohan,
peut être
Ainsi cette
soupçonnée
division ne
que M. de
que par T'élpoignemene
gargs, tandis Helaslabmonee eut pour M. de
la prudence que celui-ci Se
Bonet la discrétion conduisoit avec
circonstance aussi critique. qu'exigeoit une
Époque
cer le souvenir. inalleureuse et dontil
Si on juge
fandroit effaRohan, sa conduite
par le fait M. de
que seroit-ce si
est très -
onl le jugeoit repréliensible selon
;
les lois P
I --- Page 384 ---
Es S Ar I
Mais si on considère que la colonie la
importante au commerce national,
plus
gation, la seule
à la navide
ressource peut-être de l'un et
l'autre, a été livrée à un
à la fois foible et
Souvernement tout
cher à la France des violent; qu'au lieu d'attales a, à dierses
colons aussi utiles, on
vexés
reprises, maltraités, ,
; qu'on a , par-là, éloigné tous les trompés,
propriétaires qui ont abandonné leurs grands
tions, et qu'on laisse à ceux
habitaspectacle dangereux du
qui restent, le
taire des colonies
régime doux et salutandis
étrangères qui les
qu'ils n'ont encore sur leurs entourent,
sur leurs droits naturels,
propriétés,
régit, aucune loi fixe sur l'autorité qui les
considère
la
et immuable : si l'on
lonie
que
possession de cette même
est l'objet unique de l'ambition
COglais; ; qu'ils n'en ont
des Anquête que
peut-être différé la conles abus Sous pour laisser multiplier les fautes et
roient
lesquels elle gémit, et qui
servir à lui faire
pourment de
supporter un changeil
domination; qu'à la
est impossible que les efforts première de
guerre
se dirigent de ce côté, et
l'ennemi ne
a fait directement ni
qu'on n'a encore rien
fense et sa
indirectement pour sa dédoute de cette conservation, on s'étonnera sans
inattention du ministère.
que
peut-être différé la conles abus Sous pour laisser multiplier les fautes et
roient
lesquels elle gémit, et qui
servir à lui faire
pourment de
supporter un changeil
domination; qu'à la
est impossible que les efforts première de
guerre
se dirigent de ce côté, et
l'ennemi ne
a fait directement ni
qu'on n'a encore rien
fense et sa
indirectement pour sa dédoute de cette conservation, on s'étonnera sans
inattention du ministère. --- Page 385 ---
SUR
Parmi
S..DOMIN N G U E.
lement cette foule de pièces dont le
a servi à constater les faits
dépouil.
vations qu'on vient de
et les obserun projet de
voir, on lit avec intérêt
lettre de M. de réponse de M. Dubucq, à une
Bongars. On y
l'impôt, sur le privilége
retrouve sur
nie de s'imposer
nécessaire à une colotorité, sur la elle-même, 9 sur les abus d'audans la
modération qu'on doit
punition des
employer
adroite d'en diminuer coupables, sur l'attention
le nombre; on
dis-je, sur tous ces objets, les
trouve, >
testables qui devroient servir principes inconlation des colonies.
de base à la légisFin du quatrième Volume. --- Page 386 ---
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE QUATRIÈME VOLUME.
INTRODUCTION.
Pages 1
Avant-propos.
P R E MIÈ R E PARTIE.
Idée générale ou vue intérieure de la colonie.
CHAP. I. Local.
CHAP. II. Climat.
CHAP. III. Maeurs.
CHAP. IV. Du sol et des productions des
Français.
IOO
CHAF. V. Du sol et des productions des
Espagnols.
CHAP. VI. Des esclaves.
CHAP. VII. Des habitations.
CHAP. VIII, Des villes.
CHAP. IX. Du commerce qui se fait dans les
willes.
--- Page 387 ---
CHAP. X. DES S M A T I i K E S.
CHar,
Des bourgs.
dans XI, Des nigres et
dans les villes mulderes libres, résiet les campagnes.
SECONDE
PARTIE
Euspoltigue de la
ses relations
colonie, considérée
avec la métropole,
dans
dirungen, pendant la
avec les
guerre.
paix, pendant la
CHAP. I. De
CHAP. II. Du l'importation de la métropole.
à
commeree étranger
Soiar-Doningae.
qui se Jait
CHAP. III. De
rerportation de la colonie.
CHAP. IV. Des monnoies
Domingue.
qui ont cours à SaintCHAP. V. Situation de la
guerre.
colonie pendant la
CHAP, VI.
nable Quel est le plan le
pour la défense de
plus raisonpendant la guerre.
Sunt-Deanpe
TROISIE M E
PARTIE
État civil de la colonie.
CHAP. I. Adminiutration.
CHAP, II. De
lajastice et de la
juriyrudescel --- Page 388 ---
1309-33
3,8
TABLE DES M A T I i R ES.
CHAP. III. De la police générale.
CHAP. IV. De la police 9 et composition des
troupes et milices.
CHAP. V. De la police des gens de mer i
Saint-Domingue.
CHAP. VI. Des fnances.
CHAP. VI. Du régime spirituel.
Conclusion.
Précis des réglemens nécessaires pour P'administration de la colonie de St-Domingue,
proposés au comité de législation, établi
en 1775.
Happort sur la conduite des administrateurs
pendant les troubles qu'occasionna le rétablissement des milices à St-Domingue. 359
Fin de la Table.
es et milices.
CHAP. V. De la police des gens de mer i
Saint-Domingue.
CHAP. VI. Des fnances.
CHAP. VI. Du régime spirituel.
Conclusion.
Précis des réglemens nécessaires pour P'administration de la colonie de St-Domingue,
proposés au comité de législation, établi
en 1775.
Happort sur la conduite des administrateurs
pendant les troubles qu'occasionna le rétablissement des milices à St-Domingue. 359
Fin de la Table. --- Page 389 --- --- Page 390 --- --- Page 391 --- --- Page 392 --- --- Page 393 --- --- Page 394 --- --- Page 395 ---
Nay al 1844
E802
Mas3e
v.Y --- Page 396 ---