--- Page 1 ---
E
-
S --- Page 2 ---
F2351
M25
THE
JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
=
Bequest of
MAURY A. BROMSEN
APRIL 25.1919-OCTOHER 11, 2005 --- Page 3 ---
L S17 --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
COLLECTIO N
DE MÉMOIRES
S U R
LES COLONIES --- Page 10 ---
L
-
- --- Page 11 ---
Mem. de M. Malouer 3-Fol
Nota
EXTRAIT d'une Carte Hollandaise
Les Voyiu de M. Malouet duns la
de la COLONIE DE SURINAM
ol de Suri un ront mary yiteir par
der funes
el lor habthston
ltuprerentant les Funomhinks dans coltelolonie
ser N
/ citr hachheer onplan
pa M.Malouct Commrnure véneral de In Muren
de Say Bo our
Ze ounr du Marony Y ente
Ordonniteur d Cigyenne, danslor de Tullet et Aont 1777.
d aue de
ie ace lapre open
(
A
anec lar Correctns et udilitions la Carte Hollandaire
fas
UA e
difirens
Posa de Cup
de
yun lais ont ele fnurnrer a lur Inur.
l des
s
Drerr
a
on (ipyon Cyenne PIL Nomembre
de
E
pur dimon Mentelle, Imy Fleruphe, Gur de du Djrit
20l fiet sere
re
der Curter el Phins de Copenne
de,
Cone
A
ct
Posle le
R
Liener Marin de 20 7i Degre
GITCHE
Matoury
Lieaes Terrerlres de 25 Ittt
pusImmeT
yriad
(hid
dactin Paste Hollantuis
Tore de Dd
ht
Girle Freede For
A R T E
a
L A
EL
- -
couvert de Bois
Nover
M
C
DHC
Fi
No
Je
cl
U Y A N E
H L L A
Jue
-
7 A depr nide
ess
1e
Pal
Comp
des Trnagres
du peforuye
do
E e
tuftauudur
DE
inis
Pripis el Fa
n ovees
M
CIEC
Aitesn
ter
de Putetaniers e --- Page 12 ---
APJCE --- Page 13 ---
COLLECTIO N
DE MÉMOIRES
E T
CORRESPONDANCES OFFICIELLES
SUR L'ADMINISTRATION
DES COLONIES,
Er notamment sur la Guianc française
et hollandaise,
U 0N
PAR V. P. MALOURT, ancien administrateur
des Colonies et de la Marine.
TOI M E III
PAR I S,
BAUDOUIN, 9 Imprimeur de lInstitut national des Sciences
et des Arts, rue de Grenelle, F.S S. Germain, no 1131.
A N X.
LECTIO N
DE MÉMOIRES
E T
CORRESPONDANCES OFFICIELLES
SUR L'ADMINISTRATION
DES COLONIES,
Er notamment sur la Guianc française
et hollandaise,
U 0N
PAR V. P. MALOURT, ancien administrateur
des Colonies et de la Marine.
TOI M E III
PAR I S,
BAUDOUIN, 9 Imprimeur de lInstitut national des Sciences
et des Arts, rue de Grenelle, F.S S. Germain, no 1131.
A N X. --- Page 14 ---
TROISIÈ M E.
SECTION
Compte rendu au ministre de Mon voyage
à Surinam.
le
et les princiConférences avec gouverneur les
membres de la régence sur
nègres
paur
marrons. de la colonie. - Division entre les
Situation Troubles intérieurs. - Les deur
habitans.
également bien. 1 Motifs
partis me traitent conduite et la décision
qui déterminent ma
de
m'arrête sur cette émigration
à laquelle je
nègres marrons.
sur la colonie de SuriDétails historiques
cultures ,
nam. - Justice , police 2 finances,
commerce.
les travaur de desséchement
Détails sur
des terres basses.
des difNota. Il m'eiit été fucile defaire,
cette section 9
férens morceaur qui composent mais ne voud'ouvrage intéressant ;
un corps
Pauthenticité des pièces
lant point altérer
telles
je les livre à Pimprimeur
originales,
dans le temps au mique je les ai envoyées
alors le
et je n'avois strement pas
nistre 2
projet de les aire imprimer.
chement
Détails sur
des terres basses.
des difNota. Il m'eiit été fucile defaire,
cette section 9
férens morceaur qui composent mais ne voud'ouvrage intéressant ;
un corps
Pauthenticité des pièces
lant point altérer
telles
je les livre à Pimprimeur
originales,
dans le temps au mique je les ai envoyées
alors le
et je n'avois strement pas
nistre 2
projet de les aire imprimer. --- Page 15 ---
C O M PTE RENDU
D E M ON VOYAGE
DE SURIN A M (1)-
C. voyage, projeté avant mon départ
Cayenne, n'avoit alors pour objet que
eat
men du sol et du climat, des procédés de culture, des moyens d'établissemens, et la comparaison de toutes ces choses avec ce qui Gst
ou peut être à Cayenne.
Le plan présenté à cette époque pour attirer sur nos terres les négros-marrons de Surinam 9 ne ine paroissoit susceptible d'aucune
recherche sur les lieux ; car j'apercevois au
moins dès ce moment - là le danger de laisser
deviner un semblable projet.
(1) Les notes qui appartiennent à l'ancien manuscrit
sont en caractère romain 5 les notes nouvelles sont ea
caractère italique.
3.
--- Page 16 ---
cO M P T E R, E N D U
que les
A mon arrivée à Cafenne, j'appris
vigoureusement,
marrons hollandaisypouroaivian
chez
avoient passé le Maroni, et, se réfugioient faisoit des
que M. de Fiedmond
les Français,
les attaquer, et que nos Inpréparatifs pour
de ces nègres,
de lincursion
diens, épouvantés de leurs places à vivres, 2
qui s'emparoient la cête, abandonnant l'infuyoient aussi sur des rivières à ces nouveaux
térieur des bois et
hôtes.
soin fut de faire part au gouMon premier
d'après
des ordres dont j'étois porteur,
verneur
avions à faire d'autres disposilesquels nous
tions. arrêtâmes, après y avoir bien réfléchi,
Nous
sur cet événement: ; et comme
le parti à prendre
alors aucune des conséil ne nous échappa avoir, nous nous occuquences qu'il pouvoit les vues de la cour de
pâmes fort à envelopper
qu'elles doivent
la dignité et de la sagesse
avoir.
point tous les détails de
Je ne rappellerai
le
de
avec gouvernement
notre correspondance sous les yeux du ministre.
Surinam 5 ils sont
un motif de
J'arrive au terme qui a produit m'a inis dans le cas
plus à mon voyage, et qui hollandais.
de T'annoncer au gouverneur
appa avoir, nous nous occuquences qu'il pouvoit les vues de la cour de
pâmes fort à envelopper
qu'elles doivent
la dignité et de la sagesse
avoir.
point tous les détails de
Je ne rappellerai
le
de
avec gouvernement
notre correspondance sous les yeux du ministre.
Surinam 5 ils sont
un motif de
J'arrive au terme qui a produit m'a inis dans le cas
plus à mon voyage, et qui hollandais.
de T'annoncer au gouverneur --- Page 17 ---
D E M 0 N VOYA G E.
En lui prouvant que le tort qu'il nous faisoit
de rejeter sur nos terres cette horde fugitive,
s'aggraveroit encore si, avec de foibles moyens,
nous les attaquions nous-mêmes, 1 ou lui permettions de les attaquer, 9 nous lui indiquions
comme indispensable quant à présent le parti
de la tolérance ; mais pour me ménager les
moyens de prendre chez eux les connoissances
les plus détaillées de leurs forces, de leurs vues,
de leur régine, et de la situation exacte de
leurs nègres-marrons alliés et ennemis, nous
laissâmes entrevoir la possibilité de concerter
en commun un plan d'attaque, sauf l'approbation de la cour ; et alors j'annonçai mon prochain départ pour Surinam. Ils en étoient déja
prévenus par les lettres de MM. Fagel et Rendorps; 5 et comne la dernière aventure de l'émigration de leurs nègres ne pouvoit avoir été
prévue six mois d'avance, ils supposèrent nécessairement un autre motif.
Il étoit important de les mettre fort à l'aise
sur ce motif ignoré, et d'éloigner d'eux toute
idée de rivalité 7 tout projet d'agrandissement de la part de la colonie de Cayenne. Je
connoissois les Hollandais pour. les meilleurs
calculateurs de l'Europe, ayant toujours les
yeux ouverts sur tout ce qui peut augmenter --- Page 18 ---
C o M P T E R B N D U
L'entreprise faite
ou diminuer leur commerce.
leur avoit
établir la Guiane 2
en 1763 pour
inoment, la plus grande
donné, dans le premier
lorsqu'ils en
inquiétude, et clle ne cessa que Douze ans
connurent les détails et Pabsurdité. leur avoit fait
silence sur ce pays - ci le
de
les projets de la compagnie
oublier, lorsque
dans les gad'Oyapock, répandus et cxagérés
leur
notre torrespondance,
zettes 3 et peut-être
pouvoit enfin nous
rappelérento que T'expérience
la Guiane
instruire et élever successivement dont elle est
de prospérité
française au degré
énorme de la dette qui
susceptible. Le poids
plus d'inquiétude.
Ies écrase étoit un motifde
en mnoins de
L'industrie et le travail avoient, et en cela nous
trente ans, enrichi Surinam, l'abus du crédit et un
pouvions les imiter : seules causes de leur
luxe effréné étoient les même pouvoit tourdécadence ; et cet exemple
ner à notre avantage. réflexions d'après lesquelles
Telles étoient les
d'ailleurs parje devois me conduire, ignorant leurs affaires intéfaitement leur position et
devoir
auxquelles je ne prévoyois pas
rieures,
nédiateur; 5 car le hasard
être initié comme
milieu d'eux, qui
m'a fait jouer un rôle au
leur sort. C'est
influer sur
va-nécessirement
même pouvoit tourdécadence ; et cet exemple
ner à notre avantage. réflexions d'après lesquelles
Telles étoient les
d'ailleurs parje devois me conduire, ignorant leurs affaires intéfaitement leur position et
devoir
auxquelles je ne prévoyois pas
rieures,
nédiateur; 5 car le hasard
être initié comme
milieu d'eux, qui
m'a fait jouer un rôle au
leur sort. C'est
influer sur
va-nécessirement --- Page 19 ---
D E M O N VOYA G E.
ainsi que les mystères les plus profonds de la
politique ne sont le plus souvent que les résultats imprévus des circonstances les plus bizarres. Ce que j'aià raconter paroitra sûrement
simple et naturel. On ne verra point, de ma
part, cette sagacité profonde, par laquelle un
homme supérieur semble diriger à son gré les
événemens ; je n'ai employé dans ce que j'ai
dit et fait ni ruse, ni artifice; et cependant j'ai
dénoué le fil d'uneintrigue très-sérieuse du Stathouder et de ses créatures, etj'ai contribué à
mettre la compagnie de Surinam 7 ainsi que
les Etats-Généranx, en état de prendre les mesures qui leur conviennent pour arrêter les en-.
treprises du Sthathouder sur la souveraineté
de cette colonie. En cela seulement j'ai considéré qu'il importoit à la France d'atténuer la
puissance énorme et toujours croissante du
prince d'Orange; ; et mes vues étoient précisé-a
ment celles que le gouverneurde Surinam avoit
intérêt de me suggérer.
Mais, avant d'entrerdans) les détails de ce qui
s'est passé à Surinam, il faut partir de Cayenne
ct revenir aux petites réflexions dont le cercle
ne pouvoit s'agrandir qu'en étant sur les lieux.
Plaire aux hommes avec lesquels on a à traiter, est un préalable intéressant: ; les attirer à --- Page 20 ---
cOM P T E R E N D U
de
des démonstrations non suspectes
soi par
dè
est encore un moyen
confiance et franchise,
avec la
sur-tout quand il se concilie
précieux,
Jem'ahandonnai sur
prudence et la discrétion.
qui est vrai; et
cet article à mon caractère,
je
aux moyens de plaire aux Hollandais,
quant
d'antres que de commencer
n'en voyois point
à charge , en tenant ma
par ne leur être point
recevoir et amumaison de manière à pouvoir de la colonie. Je
ser lès principaux personnages étoit nécessaire
donc de tout ce qui
me pourvas
présens à distribuer
pour cela, et de quelques
m'accomen vins et liqueurs ; je choisis, pour
deux hommes honnêtes ct instruits,
pagner,
même temps m'être utiles dans
qui pussent en l'un est le sieur Metteraud $
mes recherches :
avions fait conseiller;
habitant, que nous
l'autre, le sieur Mentelle, ingénieur. J'avois écrit au
Nous partimes le 10 juillet. faire louer une
gouverneur pour le prier de me
et je ne m'attendois pas qu'il se délomaison,
me céder le gouvernegeroit lui-même pour
la prévention,
ment 5 imais T'opinion publiqne, la fermenl'état actuel des affaires de Surinam,
et
excitoient dans les esprits,
tation qu'elles
annoncé par
par-dessus tout cela mon voyage donné une
m'avoient
MM. Fagel et Rendorps,
juillet. faire louer une
gouverneur pour le prier de me
et je ne m'attendois pas qu'il se délomaison,
me céder le gouvernegeroit lui-même pour
la prévention,
ment 5 imais T'opinion publiqne, la fermenl'état actuel des affaires de Surinam,
et
excitoient dans les esprits,
tation qu'elles
annoncé par
par-dessus tout cela mon voyage donné une
m'avoient
MM. Fagel et Rendorps, --- Page 21 ---
D E M J N vOY A G E.
tout autre importance que celle dont paroit
susceptible un commissaire général de la marine.
A mon arrivée à l'embouchure de la rivière,
je trouvai un oflicier qui m'y attendoit pour
en donner avis au gouverneur et me conduire
à la ville, qui est à quatre lieues de-là. Jc pris
les devants avec le sieur Mentelle dans une
chaloupe qui m'avoit suivi; et aussitôt qu'on
aperçut à Paramaribo le pavillon du roi,
toutes lesbatteries, les troupes, et tous les corps,
furent en mouvement. J'aperçus sur le quai
une foule innombrable, et l'état-1 major de la
place vint m'y recevoir. A cinquante pas plus
loin, je trouvai le commandant en second de
la colonie et les aides-de-camp du gouverneur.
Enfin, arrivé au gouvernement, M. Nepveu,
à la tête des deux conseils et des plus notables
habitans, vint me prendre dans le vestibule.
Jei me sus bon gré dene m'être point déconcerté
de tout cet appareil, auquel je ne m'attendois
pas.
Les mêmes cérémonies furent répétces à l'arrivée de madame Malouet ; et, pendant quarante-neuf jours de séjour, il ne m'est pas
arrivé une fois, malgré mes représentations 9
d'entrer oa sortir de la ville sans essuyer anc --- Page 22 ---
-
a
C O M P T E R E N D U
salve d'artillerie, sans être accompagnéde
personnes, liommes etfemmes du
vingt
de la colonie, et sans être
premier ordre
promenades,
précédé, dans nos
d'une chaloupe chargée d'instrumens.
Dans ce premier moment de
de révérences
complimens et
3 arriva M. le colonel N.à
tête des officiers deson
la
régiment,
deux ans avec le
bronillédepuis
qui s'est élevé gouverneur, et chef du parti
faire
contre lui, dont l'objet est de
annuller l'octroi de la
mnettre la colonie
compagnie, et de
sous la dépendance du Stathouder. Le début de ce colonel
commença à
avec moi
m'éclairer, et produisit tout de
suite, de la part du
cation plus
gouverneur, > une expliprécise. C Nous vous
> dit M. N., avec d'autant
voyons, me
plus de
> cette colonie
plaisir dans
, que les intérêts de
>> vous administrez nous
celle que
>>
sont en quelque sorte
communs, et vous mettront dans
> faire connoître
le cas de
au roi de France et aux
>> Généraux la vérité,
EtatsJe
qu'on leur déguise. >>
répondis vaguement à cette phrase embarrassante, en évitant cependant de
ignorant
paroitre atissi
lieux
qu'on me supposoit instruit 5 et les
communs de l'amour du bien, des
tions de confiance
relar
nécessaires entre deux
sont en quelque sorte
communs, et vous mettront dans
> faire connoître
le cas de
au roi de France et aux
>> Généraux la vérité,
EtatsJe
qu'on leur déguise. >>
répondis vaguement à cette phrase embarrassante, en évitant cependant de
ignorant
paroitre atissi
lieux
qu'on me supposoit instruit 5 et les
communs de l'amour du bien, des
tions de confiance
relar
nécessaires entre deux --- Page 23 ---
D E M O N V OY A G E.
colonies dont les souverains étoient unis 3
furent naturellement employés et me tirèrent
d'affaire.
M. N. ne resta qu'un instant, et nous passâmes, le gouverneur et moi, dans son cabinet
où je me vis subitement transformé en médiateur, en ministre plénipotentiaire. Je ne pouvois plus douter qu'on ne me supposât une
mission secrète ; et quoique j'ignorasse encore
tout le détail de leurs querelles intérieures sur
l'affaire des négres-marrons, il étoit clair qu'ils
imaginoient que le roi y prenant intérêt à raison, de sa colonie, avoit concerté avec la Hollande mon voyage à Surinam pour y examiner l'état des choses, etjuger avec impartialité
qui avoit tort ou raison.
M. Nepveu, en s'arrêtantà à cette opinion, qui
étoit celle de ses adversaires et de toute la COlonie, ne vouloit cependant pas paroitre me
deviner; et lorsque je lui présentai le sieur
Mentelle en sa qualité d'ingénieur 3 en le priant
de permettre qu'il examinât les tra vaux hydrauliques exécutés à Surinam, cet aveu simple et
très-sincère de l'objet de mon voyage lui parut une ruse de plus pour en cacher le secret 3
maisileutl'air d'y croire: etuniquement occupé
de sa grande affaire, il voulut le paroitre du
paroitre me
deviner; et lorsque je lui présentai le sieur
Mentelle en sa qualité d'ingénieur 3 en le priant
de permettre qu'il examinât les tra vaux hydrauliques exécutés à Surinam, cet aveu simple et
très-sincère de l'objet de mon voyage lui parut une ruse de plus pour en cacher le secret 3
maisileutl'air d'y croire: etuniquement occupé
de sa grande affaire, il voulut le paroitre du --- Page 24 ---
*
1o,
C O M P T E R E N D U
projet annoncé de faire de nouvelles
à Cayenne.
entreprises
Nous avions effectivement entendu
me dit-il, de nouveaux
parler 2
projets sur votre colonie; vous avez une compagnie
doit y verser des fonds.
puissante et qui
de voir
Vous serez à même ici
comment l'usage et l'abus du crédit
vent faire autant de mal
de
peuque
bien..
J'aperçus un air d'inquiétude dans cette observation, et je jugeai iportant d'en effacer l'impression. . CC Ne croyez pas 2 lui
> à tout ce qu'on a pu vous dire de répondis-je, la
>> et des projets de cette
puissance
> du
compagnie. Les vues
Gouvernement sur Cayenne se
>> aujourd'hui à ce que la
réduisent
>>
sagesse et la raison
peuvent déterminer
>
d'utile , et je vous en
communiquerai d'autant plus volontiers
>>
le
développement, qu'il est destiné à
>> public. Je songe même
devenir
>> pendant
que je peux profiter,
mon séjour ici, de votrei
>> au lieu d'envoyer imprimer à la imprimerie,
>>
de
Martinique
leprocèsverbal notre
>>
Assembléenationale.
Vous y verrez que nous ne
>> à faire de
prétendons point
Cayenne la rivale de
D> l'argent est chez
Surinam ;
nous à un trop fort intérêt
>> pour espérer de nos capitalistes les
>> que les vôtres ont faites aux colons avances mais
--- Page 25 ---
DE M O N vor A G E.
> nous avons intérêt à nous soustraire an jong
> de la Nonvelle-Angleterre 2 qui est en pos2 session d'approvisionner nos fles à sucre, de
S bois, de vivres et d'animaux. Voilà ce que
à la Guiane et
3 nous demandons aujourd'hui
>> à ses habitans; et sans leur ôter tout-afait
> l'éspoir et les prétentions aux grandes cul-
> tures dont ils aiment à se flatter, le gou-
>> vernement ne protégera, ne prendra part
>> qu'aux entreprises relatives à ses vues. Tel
> est Pesprit de ce qui a été dit et fait de la
> part des commissaires duroi dans l"'Assemblée
> nationale. Pour faciliter cependant les entre-
>> prises en bois, vivres et animaux , il faut tné-
> cessairement ouvrir des communications nou-
> velles dans un pays tout brut encore; et votre
> renommée en ce genre de travauxin'a décidé
>> à mener ici un ingénieur pour "examiner VOS
>> moyens et vos procédés dans l'ouverture des
> canaux. D'un autre côté, pour justifier dans
> l'esprit des habitans les difficultés que je leur
les
établisse-
> ai fait apercevoir pour
grands
> mens à sucre, j'ai choisi un des plus intelli-
> gens, M. Metteraud, que je viens de vous
voir avec fruit, et
> présenter, , pour qu'il pût
> éclairer ses concitoyens, pauvres et ignorans,
s surles sommesd'avances nécessaires aux gran-
> des manufactures. >
canaux. D'un autre côté, pour justifier dans
> l'esprit des habitans les difficultés que je leur
les
établisse-
> ai fait apercevoir pour
grands
> mens à sucre, j'ai choisi un des plus intelli-
> gens, M. Metteraud, que je viens de vous
voir avec fruit, et
> présenter, , pour qu'il pût
> éclairer ses concitoyens, pauvres et ignorans,
s surles sommesd'avances nécessaires aux gran-
> des manufactures. > --- Page 26 ---
-
C
Co M P T E R E N D U
Cette conversation, qui fut celle du premicr
moment, et la communication du
bal de l'assemblée,
procès-verje desirois. Le
produisirent tout l'effet que
manuscrit fut luavec avidité, ot
commaniqué même aux principanx
nages de la colonie, avant d'être remis person- à l'imprimeur. Le gouverneur en inféra le
la possibilité d'établir des relations
premier
les deux colonies ; il in'en fit
utiles entre
sition à plusieurs
depuis la propofaire
reprises, se chargeant de la
agréer aux Etats-Généraux, et
à en faire part à ma cour : Ce quine m'invitant P
lui plaire.
peut que
Mais
j'anticipe sur l'ordre des faits, parce
qu'il esti impossible d'assujétir une narration
détails exacts et journaliers
aux
conférences
des-conversations et
qui en sont l'objet.
Ce que je viens de dire, nous
de temps que je n'en mets à
occupa moins
le
l'écrire; et quoique
gouverneur fit bien aise d'avoir sur ma
nière réponse un motif de tranquillité, il pretrès-rapidement, et sans autre préambule, à passa
oljet capital.
son
< Vous arrivez, me dit-il, dans un
de crise qui doit faire spectacle
moment
ger. Nous sommes tous
pour un étranen combustion; il
un parti redoutable contre muoi, mais
y a
je m'en --- Page 27 ---
D E M O N vox A G E.
que le chef est un fou : c'est ce
moque, parce
de voir. Il annonce, decolonel que vous venez
vous le SOILpuis qu'il sait votre arrivée, que
tiendrez à la cour de France, et qu'il est névotre colonie se réunisse à celle-ci,
cessaire que
et que les deux cours lui confient en commun
la conduited'une expédition contre les nègresIl faut vous mettre au fait de
marrons.
chacun vous la comptera à sa
notre querelle,
manière : à peine vous aurai - je quitté, que
le colonel et les conseillers vont vous assaillir.
>>.
Cet exorde me confondit; mais je pris molt
parti sur-le-champ; et puisqu'il falloit absolument jouer un rôle, je m'y prêtai avec toute
l'attention et la circonspection convenables, estirer de tout ceci des lumières et des
pérant
détails intéressans.
Le gouverneur continua ainsi: :
savez la
malheureuse de cette
C Vous
position
Des
colonie relativement aux nègres-marrons.
fautes anciennes et répétées de la part du gouune mauvaise police, des abus imvernement,
punis de la part des maîtres, ont occasionné,
à diverses reprises, la fuite et la révolte de plyd'esclaves; leurs retraites dans les
sieurs troupes
nos soldats mal
bois long - temps inaccessibles ;
.
Le gouverneur continua ainsi: :
savez la
malheureuse de cette
C Vous
position
Des
colonie relativement aux nègres-marrons.
fautes anciennes et répétées de la part du gouune mauvaise police, des abus imvernement,
punis de la part des maîtres, ont occasionné,
à diverses reprises, la fuite et la révolte de plyd'esclaves; leurs retraites dans les
sieurs troupes
nos soldats mal
bois long - temps inaccessibles ; --- Page 28 ---
C O M P T E R E N D U
disciplinés; des
éprouver plusieurs olliciersincapables, nous ontfait
tions subites
échecs; et comme les
de ces nègres sur les
irrupsont
habitations
trèsalarmantes, et y ont occasionné souvent les plus grands
à un plan
ravages, on s'est décidé
d'attaque, à une guerre
devoit être poussée
réglée qui
de ces
jusqu'à l'extinction totale
troupes fugitives. Il a fallu exiger des
contributions de Ia part des
été fortes et
habitans; elles ont
émissaires
répétées; ils se sont lassés. Des
du prince d'Orange ont
si on lui déféroit le commandement répandu que
ci, commne sur tous ceux de la sur ce payspourvoiroit à sa défense
république, il
rien aux habitans.
sans qu'il en coutât
fortes
Ceux-ci, déja débiteurs de
sommes à la compagnie, ont saisi
avidité cette occasion de se
avec
unanimement
libérer : on a arrêté
d'avoir recours à lui et aux LtatsGénéraux. Les voies étoient
prince, du
préparées, et le
ici
consentement du souverain, a envoyé
un régiment et
agent,
lecolonelN.qui est son
pour consommer la révolution : mais la
compagnie, dontles membres ont influence
les
dans
Etats-Généraux, a conservé la propriété et le
gouvernement du' pays; en sorte que le colonel,
malgré les instructions et les ordres du
n'a pu se mêler ici que de faire la
prince,
guerre aux --- Page 29 ---
D E M 0 N vOY A C E.
megres-marrons. Il y a cinq ans qu'il en est OCcupé, et iln'a rien fait d'utile que d'occasionner
cette émigration sur VOS terres, dont vous vous
c'est à moi qu'il/
plaignez... : or, aujourd'hui,
impute ses mauvais succès. Il prétend que je l'ai
traversé, et il annonce ouvertement, lui et ses
partisans, que tant que le gouvernement de la
colonie ne sera pas dans- la dépendance du
Stathouder, et entre les mains d'un militaire,
il faut s'attendre aux plus grands malheurs.
Je l'ai laissé déclamer, et me suis occupé avec
le commandeur, commandant en second de la
colonic, à remédier plus efficacement qu'on ne
l'a fait jusqu'à présent aux incursions des marrons. J'ai imaginé pour cela d'enfermer nos
établissemens dans un cordon, défendu par des
postes à portée de se secourir mutuellement, et
dont les patrouilles parcourront nuit et jour
tous les points. Mon plan, fait et détaillé, a été
approuvé par la compagnie et le souverain; mais
comme la dépense devoit encore être prélevée
sur les habitans, j'ai éprouvé la plus forte opposition : on a refusé d'obéir, et le colonel soutient ouvertement les mécontens. J'ai tenu
ferme; j'ai commencé le travail et fait payer
les contribuables. Les États-Généraux m'ont
autorisé, et menacent de punir ceux qui per-
fait et détaillé, a été
approuvé par la compagnie et le souverain; mais
comme la dépense devoit encore être prélevée
sur les habitans, j'ai éprouvé la plus forte opposition : on a refusé d'obéir, et le colonel soutient ouvertement les mécontens. J'ai tenu
ferme; j'ai commencé le travail et fait payer
les contribuables. Les États-Généraux m'ont
autorisé, et menacent de punir ceux qui per- --- Page 30 ---
co M P T E R E N D U
dans leurs réclamations. Tel étoit
sévéreront
lorsque vous vous êtes plaint
l'état des chcses,
d'une partie de
de l'émigration sur VOS terres
Vous avez annoncé votre prochaine
nos marrons.
alors vous faire adopter
arrivée; chacun a espéré
n'en ai d'autre
ses vues et ses intérêts : moi je
le bien du pays et la volonté du souverain. à
que
tous les éclaircissemens relatifs
Je vous offre
et à ce qui peut
ce queje viens de vous exposer, dans n'otre afvous concerner particalirement livre le colonel pour un fou
faire ; mais je vous
maitre et perdra ce paysqui compromet ici son
demande que
ci, si on le laisse faire. Je ne vous
de T'entendre et le juger. >>
cette
clair et plus précis que
Rien n'étoit plus
dont la tournure ne ressembloit
explication,
m'étois formée du flegme
point à l'idée que je hollandaise.J'y répondis
et de Ia circonspection
écoutant froidesans embarras, parce qu'en ce qu'il me conment j'avois le temps dej juger
venoit de répondre.
de
au gouverneur,
C Je suis très-flché,dis-je
que vous
la division et de la mésintelligence et ayant
Etranger dans votre pays,
in'annoncez.
vous ne devez pas douter
à traiter avec vous 2
montre pour votre
sans autre examen, je ne
le
que,
et les actes qu'il a consacrés,
gouvernenent
écoutant froidesans embarras, parce qu'en ce qu'il me conment j'avois le temps dej juger
venoit de répondre.
de
au gouverneur,
C Je suis très-flché,dis-je
que vous
la division et de la mésintelligence et ayant
Etranger dans votre pays,
in'annoncez.
vous ne devez pas douter
à traiter avec vous 2
montre pour votre
sans autre examen, je ne
le
que,
et les actes qu'il a consacrés,
gouvernenent --- Page 31 ---
D E M 0 N V O Y AG E.
respect dû à toute autorité pablique; ainsi vous
n'avez point à craindre que je donne jamais lieu
aux chefs de parti ou aux mécontens de se pré
valoir de mnes opinions : mais si vous leur supposez le desir de me séduire, il est utile à VOS
intérêts et convenable à mon caractère que je
ne paroisse point prévenu, et que j'accueille
même ceux dont vous avez à vous plaindre, puisqu'ils débutent vis-à-vis de moi par me rendre
plus qu'ils ne me doivent; d'ailleurs, je ne pense
pas qu'en ne provoquant aucune confidence de
leur part, ils viennent me détailler leurs griefs.
Si cela arrivoit cependant, je ne puis me permettre d'autre rôle que celui de conciliateur;
et c'est celui auquel vous me verrez strictement
attaché, lorsque je ne serai pas obligé de m'expliquer nettement sur les points relatifs à la COlonie de Cayenne. Au surplus, M. le gouverneur, je crois que vous entendez les affaires
beaucoupinieux qu'un colonel, et que vous avez
avantage sur celui-ci, dont le premier compliment m'a étonné.
> Nous traiterons à l'aise celles qui nous sont
communes; je compte faire une bonne station
dans votre colonie, car vous m'y recevez de
manière à m'y promettre un séjour agréable. >
Telle fut à peu près la conversation du pre3.
--- Page 32 ---
COM P T E R E N D U
finirois sije rendois avec
mierjour, etje ne
pas suivi. J'avertis
autant de détail celles qui ont
jour de
seulement que je tenois note chaque doit pas
ainsi l'on ne
tout ce qui se passoit;
rien d'essentiel
être étonné qu'il ne m'échappe
aujourdans cette relation, dont tout le travail
d'hui consiste à abréger mon journal.
oùt
Arrivé et installé dans le gouvernement jours
l'on m'avoit logé, je fus visité plusieurs comme
de suite par toute la colonie; et en public
à table, au jeu, à la promenade
en particulier,
étoient toujours sur le
les aflaires générales
faisoit
La présence seule du gouvernenr
tapis.
dontjféludeisless articles
cesser les dissertations,
disparates sur la
embarrassans par des questions les forces, les resculture, les produits, ou sur
Je
et les mceurs des nègres-mnarrons.
sources
chiez moi amnis et ennemis, je
réunis toujours
Nous nous forfaisois à tous le même accueil.
des
une société particulière
mâmes cependant
des deux partis, et nous
gens les ples aimables à les rapprocher. On
parvinmes véritablement chezle gonverneur: :
dinoit chez moi, on soupoit
des
des parties sur T'eau,
proil y eut des fêtes,
on joua beaucoup,
amenades à cheval; on dansa,
C'est ainsi
parut être en gaité.
les
et Paramaribo
semaine. Toutes
que se. passa Ja première
:
des
une société particulière
mâmes cependant
des deux partis, et nous
gens les ples aimables à les rapprocher. On
parvinmes véritablement chezle gonverneur: :
dinoit chez moi, on soupoit
des
des parties sur T'eau,
proil y eut des fêtes,
on joua beaucoup,
amenades à cheval; on dansa,
C'est ainsi
parut être en gaité.
les
et Paramaribo
semaine. Toutes
que se. passa Ja première
: --- Page 33 ---
D E M 0 N VOYA A G E.
autres furent entremélées de voyages sur les
habitations : nous étions trois jours à la campagne, et nous en passions quatre à la ville.
Mais dès le second jour, le colonel N. m'avoit
fait aussi sa déclaration, et il est impossible
d'être plus indiscret que ne l'est cet officier,
d'ailleurs, bon militaire, et ayant véritablement
la confiance du Stathouder. Comment ce prince
peut-il employer de tels agens dans une affaire
aussi délicate et qui peut le compromettre infiniment avec sa république? A lui voir observer
aussi peu de ménagement, je conclus qu'il est
plutôt le maitre que le serviteur.
( Vous avez à faire, me dit le colonel, à ZTL
brigand, à un scélérat, qui ne cherche qu'à
vous tromper et qui va ruiner ce pays-ci:
tous les habitans sont aux abois et se révolteroient, si je ne les contenois.Ila égalementaliéné
nOS n@gmsalliesquidoient prêts à nous déclarer
la guerre; ; je les en ai empêchés : on leur refusoitles présens convenus, j'en ai payé une partie
de ma poche; leurs chefs sont ici, et desirent
vous saluer : je me propose de vous les pré-
(*) L'un et l'autre dinèrent ce jour-là chez moi, causèrent ensemble avec un air d'amitié; il y avoit dix-huit
mois qu'ils ne s'étoient vus. --- Page 34 ---
C C M P T E R E N D d
Mais, M., tout est perdu, et votre
senter
le
colonie, comme celle-ci, est dans plus grand
danger, si nous ne prenons, de concert, un parti
celui imaginé par le gouverneur, pour
autre achever que de ruiner à son profit ce pays-ci. >>
M. le colonel. c 1l w'est imposJ'interrompis lui dis-je, de vous laisser croire que
sible, M.,
vous voulez m'inspirer
j'adopte l'opinion que
Je gémis de la
sur le compte du gouverneur.
crois les
discorde qui existe entre vous, et j'en
Si vous pensiez l'un ou
suites très - funestes.
être employé à vous rapprol'autre que je pusse
livrerois avec antant de
cher, c'est à quoi je me
ici M. Nepveu
zèle que de plaisir; mais je trouve
colonie
établi parle souverain pour gouvernerla dois vous COILla défendre, ,je ne
et vous pour
deux caractères respectables
noître que sous ces
confiance aux choix
pour moi, et je dois toute
à traiter avec
de vos maîtres dans ce que j'aurai
est
messieurs. L'affaire qui me regarde
vous,
querelles. Nous
simple et isolée de VOS grandes
de brigands
avons, par votre fait, une troupe
eut effectivement lieu le lendemain
(*) Cette présentation étonnemeut 3 car ces chefs, auxquels un officier
à mon grand servoit d'interprète 9 me demandèrent protection
du colonel camarades retirés sur nos terres.
pour leurs
je dois toute
à traiter avec
de vos maîtres dans ce que j'aurai
est
messieurs. L'affaire qui me regarde
vous,
querelles. Nous
simple et isolée de VOS grandes
de brigands
avons, par votre fait, une troupe
eut effectivement lieu le lendemain
(*) Cette présentation étonnemeut 3 car ces chefs, auxquels un officier
à mon grand servoit d'interprète 9 me demandèrent protection
du colonel camarades retirés sur nos terres.
pour leurs --- Page 35 ---
D E M 0 N YOXA G E.
sur nos terres; ; s'il en résulte dommage pour
nous, comment le réparerez-vous? Si cette émigration est un sujet d'alarmes pour vous, cominent entendez- vous que nous puissions vous
servir sans nous nuire? M. de Fiedmond et moi
vous avons déja fait connoître nos dispositions;
je viens vous les détailler, entendre les vôtres, et
examiner les moyens sages et praticables que
l'une des deux colonies, ou toutes les deux
réunies, peuvent employer pour le bien commun. >>
Jl y eut alors de la part de M. N un
détail fort ennuyeux, dont on peut voir la substance dans la lettre qu'il m'écrivit sur ce cordon, laquelle est une copie de son compte rendu
au Stathouder
Si ce prince s'accommode de raisonnemens
ainsi conçus, on peut en inférer que la saine
logique n'est pas encore fort en usage à sa
cour.
C'est ici le lieu de faire connoître les principaux personnages, parce qu'on verra dans leur
caractère et leurs intérêts la raison de leur
conduite entr'eux et vis-à-vis de moi.
M. Nepveu, originaire de Paris, et parent,
(") Voyez cette lettre aux pièces jointes, No.1. --- Page 36 ---
C O M P T E R T N D U
m'a dit, de cette Nepveu célébrée par
à ce qu'il
à Surinam, et y a été
Boileau, est arrivé mousse
successivement commis, secrétaire, procureur, : il
greffier, substitut fiscal, et enfin gouvernenr la
de cent mille écus de rente. 11 a gaigné
a plus
sa grande apticonfiance de la compagnie par
il s'est
tude auxaffaires et par le zèle avec lequel
sans négliger ceux qui
occupé de ses intérêts,
est
Il écrit supérieurement,
lui sont propres. vif, et franc malgré Jui; il
fertile en expédiens,
à l'être :
il peut se préparer
est très-fin quand
dans la conversation,
mais hors de son cabinet,
et lorsqu'il
dans la société, il est aisé à deviner,
lui
veut
se laisser pénétrer, son embarras
ne
pas
d'indécision et d'inconsédonne une tournure
être dupe. Arrivé du
quence dont on pourroit
des honneurs
point d'oà il est parti au comble
rôle
il veut encore jouer un
et des richesses,
Son ami,
dans l'assemblée des Etats-Généraux.
directeur principal de la comM. Rendorps,
ambassadeur en
pagnie deSurinam, est désigné desiroit de le remFrance : j'ai cru voir qu'il
Ainsi il faut s'accréditer
placer à Amsterdam.
éclaauprès du souverain par des opérations
il faut éveiller sa jalousie sur les projets
tantes; conduite du prince d'Orange, déja plus
et la
et le témoignagemopuissant que ses maîtres;
ats-Généraux.
directeur principal de la comM. Rendorps,
ambassadeur en
pagnie deSurinam, est désigné desiroit de le remFrance : j'ai cru voir qu'il
Ainsi il faut s'accréditer
placer à Amsterdam.
éclaauprès du souverain par des opérations
il faut éveiller sa jalousie sur les projets
tantes; conduite du prince d'Orange, déja plus
et la
et le témoignagemopuissant que ses maîtres; --- Page 37 ---
D E M O N V O Y A C E.
tivé d'un administrateur français qui auroit à
prouver à sa cour qu'elle a intérêt à soutenir les
opérations du gouverneur, ne pouvoit que l'intéresser et le flatter infiniment.
Voilà le vrai motif des honneurs, caresses, 9
confidences dont j'ai été comblé de sa part.
M. N. est je crois un subalterne parvenu 5 il
m'a paru entendre son métier et avoir capté la
bienveillance du prince par des mémoires de
manceuvres, d'évolutions, qui doivent être fort
mal écrits, mais qui peuvent être bons. Il a été
choisi par le Stathouder, non-seulement comme
un, militaire capable d'opérer la destruction des
marrons, mais comme très-propre, par les Jiaisons qu'il avoit avec plusieurs colons, à faire
desirer et solliciter un changement de régime
qui mitla colonie sous l'autorité du prince. Le
inoyen dont il s'est servi et qui lui a fait beaucoup de partisans, est une promesse au nom du
prince de faire abolir tous les impôts établis
dans le pays, et de faire payer directement par
le souverain tous les frais de défense et d'administration. Il en a ajouté un autre de son chef,
quiest de faire entrevoirla possibilité de réduire,
par un édit, les intérêts des capitaux immenses
prêtés à la colonie.
Je remarquerai, en passant, que les révolu- --- Page 38 ---
C 0 M P T E R E N D U
tions, dans tous les gouvernemens, s'opèrent le
"plus souvent parl'excès desi impôts et par l'espoir
de leur abolition. Mais il faut d'autres hommnes
colonel
arriver au but : il est imque ce
pour
de
possible d'être intrigant avec plus simplicité
il vous conduit de la première
et d'indiscrétion;
scène au dénouement; et sans autre précaution,
ses instructions, ses projets,
son porte-feuille,
dès la scconde
ses moyens furentà ma disposition
entrevue.
de lui à moi étoient de
Scs vues particulières
de France comme
se faire connoître à la cour
des
le seul officier capable de purger l'Amérique
et de se faire charger en chef
nègres-marrons, commune qui lui valût un
d'une expédition
militaire de la part
grade ou toute autre grace
du roi. Pour se livrer à cette idée aussi passionnément, il falloit s'être exagéré, autant qu'il
l'avoit fait, le très. petitintérêt que nous avons
à cette histoire de nègres, et mon sang-froid en
mnotivé sur la petitesse de la chose ,
l'écoutant,
réserve admirable, et le signe
lui paroissoit une
car les
distinctif d'un très-habile négociateur,
éloges ne m'étoient pas épargnés.
Nous devons avoir, me disoit-il, une grande
dans nos façons de penser. Ces maranalogie
détestent tout ce qui est atchands républicains
petitintérêt que nous avons
à cette histoire de nègres, et mon sang-froid en
mnotivé sur la petitesse de la chose ,
l'écoutant,
réserve admirable, et le signe
lui paroissoit une
car les
distinctif d'un très-habile négociateur,
éloges ne m'étoient pas épargnés.
Nous devons avoir, me disoit-il, une grande
dans nos façons de penser. Ces maranalogie
détestent tout ce qui est atchands républicains --- Page 39 ---
DI E M 0 N VOYA 6 E.
taché aux princes; et vous, sujet d'un grand
monarque, vous m'approuvez sûreinent de servir mon prince..
C'étoit ainsi que raisonnoit le colonel; mais
il m'avoit détaché deux de ses capitaines, qui
ne m'ont pas quitté un instant, et qui sont plus
fins, plus intéressans que lui. L'un est M. Friderici,1 l'autre M. Guerek, excellens hommes de
guerre, au dire des deux partis; très -instruits,
très-aimables dans la société, mais passionnés
serviteurs du Stathouder. Cesdeux officiers passeroient cependant volontiers an service de
France si on en avoit besoin.
Le commandcur Terier, qui est la seconde
personne de la colonie, est un homme d'un vrai
mérite. Né à Hambourg, mais français d'origine, il en a absolument le ton et les mocurs; il
a été d'abord, dans les affaires étrangères, secrétaire de M. Mauritius, ensuite lieutenant d'infanterie, puis capitaine au service de la compagnie, ensuite fiscal, et aujourd'hui commandeur. Il est adroit, prudent, ferme et conciliant. Il a beaucoup de connoissances politiques
et littéraires; inoinsexpéditifet moins vifo que le
gouverneur, il: a un caractère, une conduite plus
égale : fort peu connu de la compagnie et des
principaux membres des Etats-Généraux; ayant --- Page 40 ---
C O M P T E R E N D U
droità remplacer M. Nepveu, il capcependant
anssi
et espérant
quej'autive sa bienveillance; mention de lui, il n'y a
rois occasion de faire
d'attentions recherchées que je n'aie éproupas
vées de sa part.
est
M. Dugers, fiscal ou procureurgénéral,
des
au gouvern ement.
encore un
prétendans de la
haute espéC'est un jeune homme
plus
ayant obtenu sa place
rance comme magistrat,
de Leyde, qui ia
au concours dans Puniversité
de
de
à l'un des colléges
le privilége proposer celui de ses licenciés
la régence d'Amsterdam dans ses étudcs : il
qui s'est le plus distingué
droit alors à la première place dc judicature
a
C'est ainsi qu'a été placé le
qui lui convient.
beau titre possible d'afiscal, et c'est le plus
et se convancement. Il est tres-circonspect,
duit dans le désordre actuel avec une prudence
admirable. Il s'est ouvert à moi, tant que je
CC qui est de son district sur
l'ai desiré, pour
de la
les lois, les usages et l'administration une
mais il ne lui est jamais échappé
justice 5
sur le Gouverneparole légère ou équivoque
sévérité, et se
mnent. Il exerce sa charge avec
Quoique parlant mal français,
fait respecter. m'intéressoit ; et il a eu la
sa conversation
complaisance, malgré ses grandes occupations,
de nous suivre dans tous nos voyages.
qui est de son district sur
l'ai desiré, pour
de la
les lois, les usages et l'administration une
mais il ne lui est jamais échappé
justice 5
sur le Gouverneparole légère ou équivoque
sévérité, et se
mnent. Il exerce sa charge avec
Quoique parlant mal français,
fait respecter. m'intéressoit ; et il a eu la
sa conversation
complaisance, malgré ses grandes occupations,
de nous suivre dans tous nos voyages. --- Page 41 ---
D E NL 0 N V OY A G E.
M. Stéverende, ancien conseiller de police, s
ennemi fier ct dangereux de M.Nepveu, est, par
son caractère, encore plus que par ses lumières,
le seul homme redoutable du parti de l'opposition. C'est un homie à principes, conséquent
et courageux. On dit qu'il est éloquent dans
sa langue ; et quoiqu'il estropic le français, il
m'a paru avoir véritablement le ton et le feu
de l'éloquence. Il méprise le gouverneur, ct
déteste la compagnic; il prétend que l'un ct
l'autre dégradent le caractère et les droits républicains. Je crois qu'il apprécie le colonel,
mais sans. craindre ses projets et ceux du Sthathouder. Il voudroit affranchir la colonie du
joug onéreux d'un privilége exclusif; il annonce comme indispensable la diminution des
impôts, la réduction des intérêts. Il blâme
avec raison les excès des maitres envers les
esclaves, qui ont produit et multiplié le marronnage 3 il propose une police plus exacte,
et des moyens défensifs moins dispendienx que
le cordon. Il m'a recherché par curiosité et
pour avoir le droit de me juger , mais sans
autre prétention personnelle. Je l'ai trouvé fort
honnête, décidé, nc sC contraignant point,
mais soutenant ses opinions avec une liberté
décente. --- Page 42 ---
C O M P T E R E N'D U
M. de Menerzaguen, gendre du gouverneur,
comme de raison, du parti de son beauest, Il est homme de qualité, et a été élevé
père.
étoit ambassadeur
à Pétersbourg, oà son père
révolution. Le
de Hollande lors de la dernière
Czar aimoit beaucoup le père et le fils, et il
avoit fait le dernier son aide-de-camp. Il ala
tournure et l'édication d'un homme de cour;
mais il a adopté par goit ou par intérêt les
d'un bourgeois hollandais : il est culmoeurs
cherche à se faire emtivateur et négociant,
être
ployerà Surinam ou à s'y enrichir pour
et voudroit mettre ses deux
placé en Europe,
fils au service de France. Il a prodigieusement
lu, et connoît très-bien son pays 9 ainsi que
ceux qu'il a parcourus.
que je
Tels sont les hommes principaux
journellement. Je me dispense de noinvoyois
m'ont
ou écrit sur les
mer tous ceux qui
parlé
mouaffaires publiques, et qui, de leur propre
vement ou par une impulsion étrangère, veleurs
et m'éclairer,
noient me raconter
griefs,
disoient-ils, sur l'état de la colonie.
J'ai cru ne devoir désigner particulièrement
m'ont fait sensation, que j'ai
que ceux qui
dont j'ai beaucoup appris 3
beaucoup connus,
de
et dont il peut être intéressant au ministère
m'ont
ou écrit sur les
mer tous ceux qui
parlé
mouaffaires publiques, et qui, de leur propre
vement ou par une impulsion étrangère, veleurs
et m'éclairer,
noient me raconter
griefs,
disoient-ils, sur l'état de la colonie.
J'ai cru ne devoir désigner particulièrement
m'ont fait sensation, que j'ai
que ceux qui
dont j'ai beaucoup appris 3
beaucoup connus,
de
et dont il peut être intéressant au ministère --- Page 43 ---
D E M O N V 0 Y A G E.
connoîtrel les noms et le caractère, parce qu'il est
possible que quelques-uns d'entre eux parviennent un jour aux grandes magistratures de leur
pays.
Ce détail sert aussi à justifier tous ceux dont
on va me voir instruit; ; car, pour ne plus mettre en dialogues tout ce qui s'est passé entre
eux et moi et en abréger le récit, je me dispenserai maintenant de rappeler à chaque article ce que m'a dit monsieur un tel, et ce que
je lui,ai répondu. J'ai assez fait connoître les
acteurs, leurs intérêts divers, et l'avantage
qu'ils me donnoient sur eux, pour qu'on ne
puisse plus douter que j'ai eu celui de voir et
'apprendre tout ce qui pouvoit intéresser ma
curiosité. J'avertis seulement que j'avois pris
la précaution, avec le colonel et quelques autres, de les prévenir quand ils me donnoient
une note, quej'en ferois part au gouverneur; 5
car, pour juger, leur disois-je (puisque vous
voulez que je juge), il faut entendre contralictoirement les deux parties : ainsi, je faisois
retrancher toutes les personnalités, et j'allois
de l'un à l'autre pour vérifier un fait ; par
exemple, la quantité de leurs nègres-marrons
amis etennemis. Le colonel,' disois-je au gouyerneur, prétend que yous eh avez tant..
Il --- Page 44 ---
C C M P T E R E N D U
le dernier, et je vais vous le
ment, répliquoit
alors on m'ouvroit
prouver par nos registres;
avec plus
les archives: : et voilà commentjfaisu, les faits qui
de certitude qu'aucun historien,
me restent à raconter... e
jours à voir et
Après avoir passé plusieurs suflisamment éclairé
à entendre, je me trouvai
dans leurs
sur le parti que je devois prendre devois suivre
démélés, et sur la marche que je avoit tort ou
avant même d'approfondir qui
furent mes réflexions.
raison Voici quelles
telles
les
les choses
que je
A bien apprécier
nous
vois ici dans toutes leurs proportions, affaire de nès
sommes sans intérêt dans cette
et dans la fermentation qu'elle
gres-marrons, Un écrivain très- célèbre et trèsoccasionne. d'ailleurs a fait un roman sur des
estimable infidèles, et nous l'avons légèrement
mémoires
utile de donner asile sur nos
adopté. Il a paru
mille nègres - mnarrons, lesquels
terres à vingt
de les policer, de les insn'ont jamais existé,
librement au tratruire, et de les accontumer commentée par un
vail. Cette. idée, recueillie,
d'esprit qui avoit des vues sur Cayenne,
homme
comme un moyen
a été présentée au ministre frontières de notre CO
d'établissement sur les
arrivée à Surinam I.
lonie ; mais, ayant mon
é. Il a paru
mille nègres - mnarrons, lesquels
terres à vingt
de les policer, de les insn'ont jamais existé,
librement au tratruire, et de les accontumer commentée par un
vail. Cette. idée, recueillie,
d'esprit qui avoit des vues sur Cayenne,
homme
comme un moyen
a été présentée au ministre frontières de notre CO
d'établissement sur les
arrivée à Surinam I.
lonie ; mais, ayant mon --- Page 45 ---
D E M o N V OY A C E.
j'avois déja senti et annoncé le danger et les
difficultés de l'exécution. Comment espérer que
les Hollandais nous verront tranquillement recéler leurs esclaves, et les traiter en peuple
libre? Un procédé aussi injuste révolteroitl'Europe entière contre la cour de France.
Si l'auteur du projet a prétendu attirer chez
nous les nègres alliés des Hollandais, cette
démarche mnême seroit pour eux un motiffondé
d'inquiétude, et ils seroient en droit de s'y
opposer; ; mais me voici conyaincu par les faits
que j'ai sous les yeux, par les détails les plus
exacts, que nous n'y gagnerions rien.
Ces négres alliés, au nombre de trois mille
au plus,en réunissant les deux nations'd'Oca et
de Saramaca, sont à trente lieues des établissemens hollandais, et dans une position où ils
n'ont rien à craindre. Attachés à leurs villages, à leurs plantations, et recevant annuelleinent des présens d'armes 3 de vêtemens 3
d'ustensiles, que gagneroient-ils à quitter cette
colonie pour venir dans la nôtre P Il faudroit
donc nous soumettre aussi à leur payer un
tribut, à leur donner des fusils, de la poudre :
faute énorme, irréparable des Hollandais, ct
qui perpétue chez eux le danger qui les OCcupe; car ces nègres, dépouryus d'armes à fou, --- Page 46 ---
C U M P T E a E N D U
et ils le sentent si
ne sont plus à craindre, retard de leurs munitions,
bien, qu'au moindre
les exiger.
ils se présentent en armes pour
relatiVeut-on considérer cette acquisition
de culture et d'invement à une augmentation calcul
c'est encore un
chimérique
dustrie ;
l'on fait trop sousemblable à tous ceux que des lieux et des
vent à une grande distance Mais j'ai ici ces
choses qu'on ne connoit pas. causé avec leurs
nègres sous les yeux ; j'ai arrivèrent à Parades leurs
chefs 3 cinquante
que moi : on a la commaribo en mnême temps
les relations, les
plaisance de me communiquer officiers résidens dans
comptes rendus par les
leurs
J'ai visité leurs canots s
leurs villages.
et je n'ai aperçu chez eux
vivres et ustensiles,
d'industric, de relaaucun signe de travail,
constions utiles. Ces hommes, vigoureusement
sur leur figure T'empreinte
titués, et portant
la force, ne veulent
d'une liberté acquise par
la
le travail et la fatigue que pour
supporter
comme les Indiens, et sans beconserver. Nus
ils n'ont de richesses que
soins comme eux,
que pour vivre 2
leur fusil ; ils ne travaillent leur suffit pour enet un jour de la semaine le reste du temps
tretenir leurs plantations; Sileurs haches et
à danser et à boire.
se passe
leur figure T'empreinte
titués, et portant
la force, ne veulent
d'une liberté acquise par
la
le travail et la fatigue que pour
supporter
comme les Indiens, et sans beconserver. Nus
ils n'ont de richesses que
soins comme eux,
que pour vivre 2
leur fusil ; ils ne travaillent leur suffit pour enet un jour de la semaine le reste du temps
tretenir leurs plantations; Sileurs haches et
à danser et à boire.
se passe --- Page 47 ---
DJ E M 0 N VOYAG E.
leurs serpes s'usent avant l'époque où on leur
en donne de nouvelles : ils vont à la chasse
ou à la pêche, et portent strictement, en poissOI ou en gibier, ce qu'il leur faut pour acheter
une hache. Le Gouvernement hollandais a fait
des efforts inutiles pour les exciter au travail :
on leur a demandé des fournitures de riz, de
petit mil; on leur a proposé de l'argent, des
toiles, du tafia qu'ils aiment fort, rien n'a pu
les tenter; ils sont parvenus à faire avcc du
jus de canne et de banane des boissons enivrantes, et c'est tout ce qu'ils desirent.
L'abus de ces liqueurs fortes, qui doit à la
longue les énerver et les détruire, est le seul
espoir qu'aient leurs anciens maîtres d'être un
jour débarrassés de ces hôtes dangereux.
Ils le seroient donc aussi pour nous ou tout
au moins inutiles.
Cependant si ma manière de voir ne convient
point au ministre: ; si l'on persistoit à exécuter
le projet adopté, il est de mon devoir de profiter de toutes les circonstances qui peuvent en
faciliter l'exécution. Voilà quatre ou cinq cens
têtes de nègres-marrons (1), dont deux cens
armés établis sur nos terres, sans avoir eu la
(*) Quatra d cing cens cétes, au lieu de vingt mille.
3.
--- Page 48 ---
COM P T E R E N D U
avec eux et de nous compropeine de négocier
inettre par des avances..
à
Je ne dois donc pas livrer ces misérables loin de
leurs maîtres qui les réclament; mais,
suis
nos vues secrètes dont je
faire soupçonner
lindiscrétion du COtrès-honteux, il faut que
aulonel, qui m'avoue les avoir chassés exprès lui
delà du Maroni, mc donne avantage sur le ton
et sur son pays ; il faut que je prenne
et qu'en paroissant
plaignant et réclamant, le suis peu du danger préaussi occupé queje
nous, je métendu qui doit en résulter pour
avoir des
à la cour de France, qui pent
nage
sérieuses à traiter avec laHollande,
affaires plus
ou le mérite d'un
un moyen de compensation, sur les droits que
bon procédé, en se relâchant,
je lui établirai à un dédommagement. homme du roi,
Voilà certainement, comme
atissi
à faire; mais il me convient
ce que j'ai
circonstance pour m'insde profiter de cette de la colonie : ainsi ije
truire à fond de l'état
que je
montrerai des doutes, des inquiétudes
n'ai pas, afin de provoquer des éclaircissemens;
dirai sera écrit, ce que
et comme ce que je
dans mes discours,
j'écriraisera envoyé, je dois, deux choses essendans mes écrits, concilier
rien ayancer qui
tielles. La première est de ne
convient
ce que j'ai
circonstance pour m'insde profiter de cette de la colonie : ainsi ije
truire à fond de l'état
que je
montrerai des doutes, des inquiétudes
n'ai pas, afin de provoquer des éclaircissemens;
dirai sera écrit, ce que
et comme ce que je
dans mes discours,
j'écriraisera envoyé, je dois, deux choses essendans mes écrits, concilier
rien ayancer qui
tielles. La première est de ne --- Page 49 ---
D E M O N VOYA G E.
puisse compromettre ma cour ; la seconde est
de ne rien omettre de tout ce qui peut plaire
et être utile au gouverneur et à ses supérieurs:
car, comme ils sont membres du souverain, 9
mais non pas le souverain, ils seront flattés de
voir la cour de France s'intéresser à leurs vues
personnelles, à leurs arrangemens; et s'il convenoit un jour au roi d'affoiblir le crédit et la
puissance du Stathouder, sa majesté auroit un
parti tout formé dans l'assemblée des ÉtatsGénéraux.
Je dois donc approuver le cordon et le défendre, puisqu'il est l'ouvrage de la compagnie,
autorisée par le souverain ; mais mon avis sera
conditionnel, et ne portera que sur des spéculations relatives à notre colonie de Cayenne,
afin qu'on m'invite à le motiver par l'inspection des lieux, des travaux commencés, des
postes, des marchés, calculs et états de dépense.
Si, après avoir VU, ce plan me paroit véritablement utile, je le défendrai de bonne foi et
de manière à être avoué par ceux qui me
liront pour un homme sensé et impartial; mais
si la besogne est mauvaise. 9 je me retrancherai
sur mnon état civil qui ne comporte aucune des
connoissances de cette espèce, ctje m'arrêterai
à la raison propre à Cayenne, et qui doit me --- Page 50 ---
CO M P T E R E N D U
suflire; savoir, que les opérations du colonel
chasseront toujours les marrons de notre
et qu'un plan définitif nous met à l'abri côté, de
tout danger. Revenant ensuite sur l'émigration
qui a eu déja lieu, j'éloignerai tout projet d'attaque de notre part par des raisons qui ont
fait sensation 5 et cependant,
déja
aliéner absolument le
pour ne point
parti de P'opposition et
soutenir la neutralité apparente
noncée, je laisserai entrevoir que j'ai andéterminer les deux
la possibilité de
cours à un plan d'attaque
combiné, quelque absurde pour nous
fit
ce projet - là. Je n'écrivis point
que
flexions, mais
toutes ces réelles se placèrent en abrégé dans
ma tête, et elles ont été la base de ma
duite.
conAyant donc été invité par le
le conseil de police à
gouverneur et
m'expliquer sur cette
grande affaire, je leur remis le mémoire suivant, d'après lequel on tint conseil trois
de suite.
jours
attaque
combiné, quelque absurde pour nous
fit
ce projet - là. Je n'écrivis point
que
flexions, mais
toutes ces réelles se placèrent en abrégé dans
ma tête, et elles ont été la base de ma
duite.
conAyant donc été invité par le
le conseil de police à
gouverneur et
m'expliquer sur cette
grande affaire, je leur remis le mémoire suivant, d'après lequel on tint conseil trois
de suite.
jours --- Page 51 ---
D E M O N V o T A G E.
R E S U M É
Des rues du Gouvernement français sur les
négres-marrons de Surinam, , présenté par
M. Malouet en sa qualité d'administrateur
de la colonie de Cayenne.
IL étoit nécessaire pour déterminer notre
opinion sur cette matière, et Jes précautions
à prendre de partir d'un point fixc, c'est-à-dire
de constater les faits sur lesquels nous devons
prononcer.
Ces faits sont, 1°. le nombre des nègresmarrons, alliés et ennemis, dont la colonie de
Surinam est infestée ; 2.0. les moyens de les
détruire: ; 30, les causes qui les ont établis et
peuyent les multiplier en corps de nation.
Nous n'avons eu jusqu'à présent sur cet objet
que des détails exagérés. L'histoire des nègresmarrons a été la matière des assertions les plus
absurdes de la part de nos écrivains politiques,
et la légèreté avec laquelle Hrous lcs avons adoptées, cède aujourd'hui à la confiance que nous
inspirent des témoignages plus authentiques.
Nous regardons donc comme constaté que le
nombre des nègres alliés n'excède pas trois --- Page 52 ---
C O M P T E R E N D U
mille, que celui des fugitifs émigrés sur nos
terres est à peu près de deux cents hommes
armes, et qu'on estime à cent cinquante
portant
dans les bois de cette
ceux qui restent dispersés
colonie.
observation qui se
D'après cela, la première
notre instruction et notre sûreté,
présente pour
par le Gouverest celle des moyens employés
laccroissenement de Surinam pour empêcher
ment de ces fugitifs.
être
le
Celui des nègres alliés ne peut
que
résultat naturel et progresif de la population
actuelle, et l'addition des nouveaux déserteurs
auxquels ils pourroient donner asile.
Celui des émigrés aura les mêmes causes, en
déduisant néanmoins les obstacles momenen
leur opposent des transplantations
tanés que la difficulté des subsistances, et la
multiplices, 3 ustensiles et autres secours de
privation des
lindustrie.
désertion nouQuant à l'accroissement par
le cordon établi est le moyen le plus
velle,
efficace qui puisse l'empêcher 9 et nous pensons
préserve à jamais la colonie
que cette opération
de Surinam de toute inyasion.
nous concerne, la nature et la
Pour ce qui
présentent aussig
position de nos établissemens
des subsistances, et la
multiplices, 3 ustensiles et autres secours de
privation des
lindustrie.
désertion nouQuant à l'accroissement par
le cordon établi est le moyen le plus
velle,
efficace qui puisse l'empêcher 9 et nous pensons
préserve à jamais la colonie
que cette opération
de Surinam de toute inyasion.
nous concerne, la nature et la
Pour ce qui
présentent aussig
position de nos établissemens --- Page 53 ---
D E M 0 N V o Y A C E.
quant à présent, un cordon de sûreté formé
par trente lieues de déserts, de bois et marécages, coupés encore par plusieurs rivières.
Malgré ces considérations rassurantes, nous
devons nous réunir en comnun et en particulier à celle-ci Une race ennemie, plus ou
moins nombreuse, est établie sur les terres de
France et de Hollande, devons - nous nous
borner aux précautions défensives, 3 et nous
soumettre aux dépenses annuelles qu'elles exigeront,. plutôt que de réunir tous nos efforts
pour la détruire ?
C'est ainsi que la raison et l'expérience prononcent sur le partivà prendre. MM. les officiers hollandais employés à la poursuite des
negres-marrons, conviennent unanimement que
cette guerre ne ressemble à aucune autre ; que
la bravonre et la ruse européennes échouent
contre la patience et l'agilité infatigables de ces
nègres, qui s'échappent de retraite en retraite
à travers des marais impraticables, et vivent
sans provisions ni subsistances autres que les
graines et les fruits sauvages. Que pourroit-on
donc espérer d'une attaque en règle, combinée
même parles deuxnations réunies PII est impossible de les détruire, mais non de les subjuguer i et cette conquête doit être tentée par --- Page 54 ---
-
U d O M P T E R E N D U
des missionnaires
pour la
intelligens. Il en résultera
tranqnillité commune plus
que d'une guerre heureuse,
d'avantage
inconvéniens. La séduction sans aucun de ses
samment sur.tous les
religieuse agit puisrement
hommes, et
sur ceux que leur position particulià. tient
alarmes : il semble alors
en
d'une autre vie
que les espérances
les malheurs de compensent pour eux tous
la
celle-ci; et il seroit
de
sagesse du Gouvernement
digne
pas dédaigner cette
hollandais de ne
ressource.
La confiance et la franchise
avec
Nepveu et MM. les ofliciers
laquelle M,
Gouvernement
supérieurs de ce
s'expliquent avec M.
provoquent les mêines sentimens
Malouet, 3
ajoutent infiniment à la
de sa part, et
reconnoissance
conservera toujours des honnêtetés
qu'il
comblé,
dont il est
Il ne craint donc pas de dire
et. la multiplication
que l'existence
de cette colonie possible des négres-marrons
doivent être
imputées au vice de la police principalement
a toujours été la cause des intérieure. Telle
mêmes
survenus de temps à autre
accidens
ils n'ont eu et n'auront
parmi nous 3 mais
jamais de suites
parce que notre administration
graves,
punit les maîtres
contient et
injustes, et qu'elle a grand
Il ne craint donc pas de dire
et. la multiplication
que l'existence
de cette colonie possible des négres-marrons
doivent être
imputées au vice de la police principalement
a toujours été la cause des intérieure. Telle
mêmes
survenus de temps à autre
accidens
ils n'ont eu et n'auront
parmi nous 3 mais
jamais de suites
parce que notre administration
graves,
punit les maîtres
contient et
injustes, et qu'elle a grand --- Page 55 ---
D E M O N V OY A G E.
oin de procurer aux esclaves les instructions
consolantes de la religion. Ces deux moyens,
ndispensables pour tempérer la rigueur du despotisme domestique, ne peuvent être suppléés
par aucun autre, et doivent êtrer regardés comme
la plus forte barrière que la politique puisse
ppposera au désespoir et à la révolte des esclaves.
C'est d'après ces principes que nous nous
conduirons 7 relativement à l'émigration des
nègres hollandais sur nos terres. Nous leur
enverrons des missionnaires, ou si le Gouvernement de Surinam desire en faire l'essai pour
son compte, nous permettrons et favoriserons
T'entrée des prêtres qu'il voudroit employer.
Si ces nègres, subjugués pardes prêtres, peuvent être ramenés sur les terres de Surinam,
nous en faciliterons tous les moyens 5 s'ils veulent rester parmi nous, nous leur donnerons
lasile et liberté dans un lieu déterminé : si, au
contraire, ils exercent quelque brigandage sur
les terres hollandaises ou sur les nôtres, nous
réunirons nos détachemens à ceux de Surinam,
pour les poursuivre et les détruire autant qu'il
sera possible; et en prévoyant ce cas-là, nous
acceptons avec grand plaisir l'offre de M. le
gouverneur et de M. le colonel N..
.,d'envoyer quelques - uns de nos officiers et bas- --- Page 56 ---
C O M P T E R E N D U
ofliciers à la suite des détachemens
pour les former et les accoutumer hollandais,
pèce de
à cette esguerre. >>
Le gouverneur étoit de mon avis, l'accomplissement de ses vues
roit aussi
l'exigeoit ; mais il desique nous permissions
nos terres des nègres
l'attaqne sur
fit la
émigrés ; et lorsqu'il m'en
première proposition, je lui
manière à l'obliger de s'avouer
répondis do
vaincu.
Comment pouvez vous, lui
poser
dis-je, me prod'entrer en campagne sur nos terres
tandis que vous y renoncez sur les vôtres 2
vous en tenez à la défensive?
3 et
Comment
ginez - vous que nous aurons la
imasouffrir qu'on irrite et
simplicité de
qu'on les
disperse ces gens-là, et
pousse de retraite en retraite
sur nos établissemens, etc... Il
jusque
de
il
n'y avoit point
réplique ; en convenoit,
Le colonel disoit aussi : Oh ! comme
dant de
intencela
Cayenne, 7 vous avez raison. . Mais
me suffit, M. le colonel Il est inutile
que j'aie raison comme colonel hollandais...
Oui, oui; mais je me charge de terminer
cette guerre en deux
si
toute
laisser
campagnes on veut me
faire, et que le roi de France
seulement me confier
daigno
à pareil nombre
cinq cens hommes joints
des Erats-Gdnérans...
E
a M
la
de
intencela
Cayenne, 7 vous avez raison. . Mais
me suffit, M. le colonel Il est inutile
que j'aie raison comme colonel hollandais...
Oui, oui; mais je me charge de terminer
cette guerre en deux
si
toute
laisser
campagnes on veut me
faire, et que le roi de France
seulement me confier
daigno
à pareil nombre
cinq cens hommes joints
des Erats-Gdnérans...
E
a M
la --- Page 57 ---
D E M O N vO * A G E.
Il m'étoit si aisé d'échapperà tous ces arguens ; et de mettre mnême dans mes réponses
lonnêteté et l'attention nécessaires pour ne
S déplaire à ce brave officier, qu'il étoit
ujours de mon avis en me quittant; mais
étoit à recommencer le lendemain.
Quant aux observations insérces dans mon
émoire sur la police domestique, sur la néssité d'un culte pour les esclaves, on doit
en présumer que les conférences antécédentes
avoient donné lieu. Les membres de la rénce, ainsi que les habitans, m'avoient apis des traits horribles de cruauté presque touurs impunis ; j'avois déja visité plusieurs
bitations, et j'avois vu sur celles qui sont
gies avec humanité, qu'on n'ya avoit jamais
rouvé aucun des désordres du marronnage.
avois vu chez madame Geoffroy cinq cens CSaves ne connoître d'autre bonheur que celui
la servir, et son atelier gémissant sur le sort
un domestiquequ'elleavoitparpanition chassé
sa présence.
J'avois vu la maîtresse du célèbre Baron,
pitaine des marrons ennemis, éprouvant de
part de son esclave révolté les marques les
us touchantes de respect et d'attachement. Ce
gre n'en vouloit qu'à son maître, qui l'avoit --- Page 58 ---
a
Co M P T E R E N D U
traité avec cruauté : il est venu'dix fois
terre avec le projet de tout
surs:
la maîtresse et ses enfans
incendier; mai
sanvegarde
étoient pour lui un
qu'il respectoit. Il se jetoit à leur
pieds, embrassoit ses petits
retournoit
maitres, et s'e
sans faire aucun inal, quand il
que mousieur étoit absent.
voyoi
Enfin, depuis que j'habite les
assez vu, assez réfléchi sur le colonies, j'a
position
caractère et
respective des maîtres et des esclaves
pour être convaincu de la nécessité de
les uns et les autres, et de les contenir. surveille
Si nous n'avons jamais eu dans nos
de guerre à soutenir contre les
colonie
douceur de nos moeurs d'une
esclaves,
de
part, et la religio
l'autre, en sont les seules causes. Il est vra
qu'elles tendent incessamment à
nous avons aussi quelques
s'affoiblir, qu
exemples de
non réprimée, et que l'autorité
férocit
glige beaucoup trop la police
publique ne
culte religieux ; il en résulteroit domestique à la et
les mêmes malheurs
longu
qu'éprouvent les
et les Anglais : ceci soit dit en
Hollanda
mémoire ; car je me
passant et pou
reprocherois
d'avoir écrit sur
éternellemen
Pemploi et Pesclavage de
nègres, si un seul homme
fauteur et
pouvoit me croir
complice de ses abus.]
-
beaucoup trop la police
publique ne
culte religieux ; il en résulteroit domestique à la et
les mêmes malheurs
longu
qu'éprouvent les
et les Anglais : ceci soit dit en
Hollanda
mémoire ; car je me
passant et pou
reprocherois
d'avoir écrit sur
éternellemen
Pemploi et Pesclavage de
nègres, si un seul homme
fauteur et
pouvoit me croir
complice de ses abus.]
- --- Page 59 ---
D E M O N vOx A C E.
M. Nepveu et tous les gens sensés de Surim applaudissoient à ces principes, discutés
uvent dans nos conversations. On me donna
Ame la satisfaction 3 pendant mon séjour à
ramaribo, de condamner au bannissement
boulanger fort riche qui avoit frappé d'un
up de couteau son esclave. Il en fut de même
C le culte religieux ; on nous félicitoit d'être
tholiques, d'avoir des prêtres, des croix et
s images. On desiroit pouvoir établir le même
e dans la colonie; mais les lois ecclésiastiques
l'esprit synodal s'y opposoient : le Gouverur en vint jusqu'à m'assurer qu'il en écriit aux États-Généraux; et toutes ces obsertions furent discutées dans le conseil avec
aleur. On fit des mémoires, on disputa beauup; mais la pluralité, aigrie et décidée à
biser le gouverneur, vit avec amertume mon
inion annoncée sur le cordon ; on arrêta de
a députer deux conseillers pour m'éclairer.
tte proposition ne pouvoit être inscrite sur
registre ; il ne falloit pas constater la disrde aux yeux d'un étranger s et le gouyerur, usant de son droit de veto, s'opposa à
t acte éclatant. On rédigea une réponse à
on mémoire, mortifiante pour lui: ils'opposa
core à ce qu'elle fat registrée ; mais il ne --- Page 60 ---
C 0 M P T E R E N D U
put empêcher qu'elle ne me fit remise parle
conseillers; et, après bien des débats, la répons
juridique arrêtée et enregistrée ne
rien, et me fut donnée par M.
signifio
un signe déplorable de la nullité Nepveu comm
tement de son conseil. On
et de l'entà
peut la lire dans le
pièces jointes, no, 2. Jej préfère de transcrire i
celle que j'ai reçue des conseillers (1),
étant plus motivée.
comm
SEN T I M E N T
Des Conseillers de la cour de
pièce présentée
M.
police sur
de la colonie de par
Malouet, intendat
Cayenne, etc. etc.
M. Malouet pense pour fondement
nombre de nos soi-disant alliés
que
trois mille, et celui des rebelles ne passe pa
sentement sur le territoire
qui sont pré
français à deux cen
hommes : lesdits conseillers regardent
supposition comme vraie, quoique par les cet ir
dices les plus exacts que l'on aie, le nomb
(*) Et que le gouverneur ne vouloit point enregistre
Malouet, intendat
Cayenne, etc. etc.
M. Malouet pense pour fondement
nombre de nos soi-disant alliés
que
trois mille, et celui des rebelles ne passe pa
sentement sur le territoire
qui sont pré
français à deux cen
hommes : lesdits conseillers regardent
supposition comme vraie, quoique par les cet ir
dices les plus exacts que l'on aie, le nomb
(*) Et que le gouverneur ne vouloit point enregistre --- Page 61 ---
D E M O N VOYA G E.
€ nos soi - disant alliés ne surpasse pas les
uinze cents en état de se défendre; pour celui
es derniers ou rebelles, 3 l'on ne peut le fixer
1 juste; il restera donc fixé comme ci-dessus.
Il dit aussi fort bien que ces premiers doient considérablement s'augmenter, tant parla
opulation que désertion de nos esclaves qui
ouvent retraite chez eux. Il suppose aussi
ugmentation des rebelles par les mêmes cau8, quoique constamment poursuiyis et accaés, et par-là les empêcher de trouver le néssaire, etc.
Il suppose en outre que le projet du cordon
tl'unique remède pour empêcher leur accroisment au second point, c'est-à-dire la désern de nos esclaves chez eux, et que par-là
ssi la colonie sera pour toujours à couvert
nouvelles inyasions.
Sans doute que M. Malonet, par le mot corn, comprend ( comme ce mot par lui-même
désigue) une chaîne garnie et défendue soieusement, 3 de façon que l'ennemi qui se
ouve hors de son enceinte ne puisse pénétrer
ns l'intérieur, tout comme celui du dedans
doive pas pouvoir passer auprès du premier :
est sans doute sur cette supposition qu'il a
ndé ses idécs. Il seroit donc nécessaire au- --- Page 62 ---
G 0 M P T E R E N D U
paravant, de lui donner une juste et vraie idée
de l'état de défense dans lequel est
ment et pourra être par la suite ce soi-disant présentecordon : alors nous nous persuadons que M.
Malouct changera de sentiment.
Les conseillers croient aussi que des nègres
constainment poursuivis et harcelés ne peuvent
propageraussi facilement qu'étant tranquilles et
vivant à leur aise ; et ils auroient espéré aved
fondement qu'en continuant à les poursuivre
sans relâche, et les chassant de retraite en re
traite, ils seront obligés enfin de se rendre
discrétion. L'expérience les confirme d'autan
plus dans cette idée, puisque ce parti de re
belles, quoique poursuivis par un petit nombre
de troupes de trois à quatre cents hommes,
enfin été obligé de chercher son salut dans une
retraite hors de cette colonie, sur le territoir
français. Si donc on employoit un nombr
suffisant de troupes conjuguées des deux colo
nies (selon l'offre gracieuse de M. Malouet
contre l'ennemi commun, il ne lui resteroi
absolument d'autre ressource que de se rendr
à discrétion, ou à périr par la plus grande di
sette et misère.
Ce genre de guerre est certainement très
pénible, sur - tout devant le soutenir avec u
territoir
français. Si donc on employoit un nombr
suffisant de troupes conjuguées des deux colo
nies (selon l'offre gracieuse de M. Malouet
contre l'ennemi commun, il ne lui resteroi
absolument d'autre ressource que de se rendr
à discrétion, ou à périr par la plus grande di
sette et misère.
Ce genre de guerre est certainement très
pénible, sur - tout devant le soutenir avec u --- Page 63 ---
D E M 0 N vo A G E.
petit nombrede troupes, quoique, si cependant
"on eût pu agir de divers côtés à la fois et avec
plusieurs corps, cet ennemi auroit succombé il
y a long-temps.
Les susdits conseillers doutent très-fort que
parl le moyen d'un culte religieux et d'une mis- ?
sion, l'on puisse parvenir à s'assurer la fidélité
de ces rebelles, à les engager à cesser leurs
invasions, àne pas recéler, mais, au contraire,
nous rendre nos déserteurs qui passeront chez
eux. Ce qui les confirme de plus dans ce doute
est l'exemple de nos soi-disant alliés, qui ne
cherchent que leur accroissement, et ne rendent pas volontiers les déserteurs qu'ils ont,
quoique les frères Moraves leur aient inculqué
leurs dogmes autant qu'il a été possible.
Il parolt que M. Malouet a été mal informé,
lorsqu'il attribue la principale cause de la désertion de ces marrons à un manque de police
et d'activité, dans la régence,à ne pas réprimer
les excès qui se comiettent contre les esclaves.
Peut-être que dans les temps passés l'on a été
un peu négligent là-dessus ; mais il est certain
que depuis bien des années l'on a pris tous les
soins imaginables pour prévenir cet abus, et
que les contrevenans ont été châtiés suivant
l'exigence des cas. L'on ne doit donc attribuer
3.
--- Page 64 ---
CO M PT E R E N D U
cet a.ccroissement des rebelles qu'à l'inaction
dans laquelle on a croupi depuis la soi-disant
paix faite en 1761 avec les hordes d'Oca et de
Saramaca, jusqu'en 1769 que l'on a entièrement
négligé de faire aucun détachement
trouille, et on a laissé accroître
ou paplusieurs partis
qui par-là sont devenus formidables.
Conséquemment les susdits conseillers sont
d'opinion que, , puisque la colonie de
par un cordon na turel de marais et Cayenne,
se trouve à couvert des invasions des grands bois,
il seroit donc plus à
marrons,
voulût
propos que M. Malouet
bien avoir la bonté de diriger cette
faire de façon que ces rebelles soient
afde leurs
chassés
retraites , et qu'alors agissant communicativement, tant du côté des
du nôtre, on,leur tombât
Français que
tant point
sur le corps; ne douque, si les mesures sont prises à
propos et sur un bon fondement, l'on ne
se flatter d'un heureux succès : d'ailleurs puisse
cela
imprimera du respect et de la crainte aux malintentionnés, qui ne pourront sans frayeur envisager les peines et misères de ces
et qui, par contre, les
rebelles, s
faite
voyant jouir d'ane partranquillité, chercheront, par un souhait
naturel, à secouer le joug de
iront de temps à autre accroître l'esclavage leur
2 et
nombre,
n'ayant pour barrière qu'un soi-disant cordon
urs puisse
cela
imprimera du respect et de la crainte aux malintentionnés, qui ne pourront sans frayeur envisager les peines et misères de ces
et qui, par contre, les
rebelles, s
faite
voyant jouir d'ane partranquillité, chercheront, par un souhait
naturel, à secouer le joug de
iront de temps à autre accroître l'esclavage leur
2 et
nombre,
n'ayant pour barrière qu'un soi-disant cordon --- Page 65 ---
D E M 0 N V Or A G E.
point garni, et qui même, lorsqu'il le seroit,
ne leur sera jamais un obstacle; ce qui par la
suite produira, tant pour la France que pour
nous, les effets les plus pernicieux.
C'est pourquoi, après avoir rendu nos trèshumbles actions de graces à M. Malouet pour
ses bonnesintentions envers cette colonie, nous
le supplions encore de vouloir bien
auprès de sa majesté tres-chrétienne, appuyer
pour que,
conjointement avec leurs Hautes-Puissances et
MM. les directeurs de cette colonie, ils veuillent bien prendre les mesures les plus efficaces
pour le bien commun des deux colonies, selon
leur haute science et bonne volonté. >>
Après cette explosion arriva ce que j'avois
prévu. Les éclaircissemens furent multipliés
dans tous les genres; on me communiqua les
cartes, 2 les plans, projets, marchés, et l'état de
dépense, et enfin on m'invita, en grand appareil, à visiter le cordon : c'est ce que je desirois. Il commence dans la rivière de Surinam
à la savane ou ville des Juifs, 3 quinze lieues
au-dessus de Paramaribo ; et pour rendre la
promenade plus intéressante, la nation juive
fut provoquée à nous faire les honneurs de la
nouvelle Jérusalem. Ces bons Israélites dépen- --- Page 66 ---
Co M P T E R N D U
sèrent pour cela beaucoup d'argent, et' leur
empressement, leurs attentions méritent ma
reconnoissance. Je fis particulièrement connoissance avec deux Juifs dont l'érudition et
les lumières m'ont fort étonné : l'un se nomme
Joseph Barios, et l'autre Isaac Nasci Le
dernier est un homme extraordinaire, si l'on
considère que n'étant jamais sorti de Surinam
où il est né, il est parvenu à trente ans,
autre secours que son génie, à s'élever sans
dessus des erreurs de sa secte, à en
auapprofondir
l'histoire, à relever les fautes de Boulanger
dans ce qu'il a écrit sur l'antiquité, à
dre méthodiquement l'arabe, le
apprencaldéen, l'hébreu rabbinique, et la plupart des
dernes
langues moqu'il parle et écrit purement. Et cet
homme, qui passe huit heures par jour dans
son cabinet, qui est en correspondance avec des
hommes célèbres de l'Europe, s'occupe
dant, comme ses plus vils confrères, à acheter cepen- et
revendre de vieux galons. Tel est l'empire de
l'éducation, et aucun de nos gouvernemens
modernes ne daigne s'en occuper.
(*) Isaac Nasci avoit fait un. dictionnaire de la langue
indienne-galibi; et par la comparaison gu'il a faite de
cette langue à P'hebrewrabbinigie, il prétend
tous les substantifs galibis sont hébraiques. prouver gue
dant, comme ses plus vils confrères, à acheter cepen- et
revendre de vieux galons. Tel est l'empire de
l'éducation, et aucun de nos gouvernemens
modernes ne daigne s'en occuper.
(*) Isaac Nasci avoit fait un. dictionnaire de la langue
indienne-galibi; et par la comparaison gu'il a faite de
cette langue à P'hebrewrabbinigie, il prétend
tous les substantifs galibis sont hébraiques. prouver gue --- Page 67 ---
DE M ON vo Y.AG E.
dans l'une de ses extréJe visitai ce cordon
jours après
mités, et je le parcourus quinze
de
autre
et dans un espace cinq
dans une
partie admirable quant àl'exélieues. C'est un ouvrage vaincues. Il est inconcecution et aux diflicultés
trois cents nègres
vable pour un Français que
vu. On a
aient pu faire en dix mois ce que j'ai
les
à travers les bois, les marais,
tracé une ligne
l'ouverture est de
hauteurs et les bas - fonds ;
soixante - six pieds de large, et la longueur,
d'une extrémité à l'autre, sera de vingt-deux
lieues. Il y en a sept de travaillées, et ce travail consiste à faire de cette ligne de soixanteavenue. Les marais sont
six pieds une superbe réduites à un niveau
comblés, les hauteurs
des chausdonné, les ravines contenues par
sées 3 des ponts solides y sont établis; un fossé
et une haie du côté du grand bois sont le premier obstacle opposé au passage de l'ennemi; ;
distribués à un quart de lieue de
et des postes
des
distance, se correspondent tous par signaux,
des patrouilles, et sont distribués de mapar
d'officiers est toujours au minière qu'un poste
divilieu de deux piquets de sergens : chaque
composée de quatre cents hommes > est
sion,
un officier supérieur, qui a dans
commandée par
Phôpital et les muson enceinte le magasin,
nitions de sa division. --- Page 68 ---
C MJ PT E R E N D U
Ce cordon traverse trois
taches
rivières, et des
ou chaloupes armées en
pacontinuation
représentent la
sur ces rivières ; les logemens ou
postes d'officiers, les piquets, même de
sont exécutés avec une
sergens,
cherche
intelligence et une reque nous ne connoissons pas. Rien de
ce qui peut contribuer à la salubrité
modité n'y est oublié
et comdes arbres
; On a soin d'y planter
fruitiers et des légumes :
est en fortes
l'enceinto
palissades de bois dur et
Dans les chefs-lieux
peint.
ou divisions on trouve les
ressources, les agrémens de la
tout cela est créé, s'exécute campagne 5 et
étonnante. Un seul
avec une rapidité
ingénieur
les
/
vaux; il est secondé
des
dirige
traintelligens.
par
officiers et sergens
Une corvée publique fournit les
manceuvres, et la journée de
est payée trente sous
chaque esclave
Un seul
au maître par la colonie,
entrepreneur est chargé de toutes les
constructions, et la dépense totale est
fort exactement
calculée
faits
d'après les marchés et
sur chaque article. Cet état
prix
été
général m'a
communiqué, 2 et se trouve à la suite des
pièces jointes, sous le no. 3.
Mais ce cordon, tel qu'il s'exécute
d'hui laisse un quart des
aujourétablissemens de
() On peut le voir par la carte de Surinam
ci-jointe,
é de toutes les
constructions, et la dépense totale est
fort exactement
calculée
faits
d'après les marchés et
sur chaque article. Cet état
prix
été
général m'a
communiqué, 2 et se trouve à la suite des
pièces jointes, sous le no. 3.
Mais ce cordon, tel qu'il s'exécute
d'hui laisse un quart des
aujourétablissemens de
() On peut le voir par la carte de Surinam
ci-jointe, --- Page 69 ---
D E M 0 N V OYA G E.
la colonie à déconvert et alors ne comlieues, et n'exige que
prend que quatorze
la
des postes.
douze cents hommes pour garde
observation fut donc V'insuffisance
Ma première
nécessité de lui donner plus
du moyen ou la
la ligne de la rid'extension, en prolongeant
vière de Surinam à celle de Saramaca et
les ponts
en
augmentant proportionnellement c'étoit entrer dans les vues du
et la dépense :
mieux que de
gouverneur, qui ne demande pas
et affoiblir en même
compléter son ouvrage,
se retrantemps les objections du colonel, qui l'énorchoit alors, ainsi que ses adhérens, sur
mité de la dépense.
qu'on me préA peine me fus-je expliqué,
en
senta un plan relatif à mon observation,
s'étaieroit de mon avis auajoutant qu'on
pour faire approuver
près des États-Généraux,
et ordonner le complément du travail.
Je me vis donc engagé à déterminer avec
de détail dans un nouveau mémoire une
plus
pouvoit exagérer ou dénaturer,
opinion quel'on
(*) Car ceux qui sont au-delà de la ligne sont abandonplaces à vivres et chantiers
nés, ou ne consistent qu'en
d'exploitation.
Voyez la carte. --- Page 70 ---
Co M P T E R E N D D
ctàlaquelleon paroissoitattacher beaucoup plus
d'importance que je ne desirois.
traduisoit sur la scène, je voulois Pnisqu'on me
homme sensé et impartial,
y paroître en
sages et des principes
dirigé par des vues
incontestables.
Une démarche
préalable me
et fit un grand
parut nécessaire
trouver le
plaisir au gouverneur. J'ailai
colonel et lui dis : Vous
je prononce sur VOS
exigez que
différens, et vous m'expliquez VOS objections contre ce cordon
si j'y entendois quelque chose
comme
que vous avez à faire à un
5 vous oubliez
faut tout montrer
ignorant auquel il
mené
au doigt et à l'oeil : on
sur le terrain, etj'ai vu. On m'a mis m'a
les yeux des cartes , 'des plans, des
sous
je n'ai rien à répliquer
états, et
quand c'est le
neur qui me parle : mais
gouverà votre
lorsque vous arrivez
tour, vous réveillez tous mes
mes
doutes et
incertitudes, et je me réduis
de raison, à mon rôle
alors, comme
çais, qui m'ordonne
d'administrateur frande défense
d'approuver plutôt un plan
qu'un projet de
Si
voulez absolument
campagne. vous
foibles
que j'apprécie, d'après mes
lumières, vOS raisons et celles de votre
adversaire,
réunissons-nous tous lestrois
et les plans à la main,le
la carte
alors je vous entendrai, gouverneur y consent;
et vous me montrerez
alors, comme
çais, qui m'ordonne
d'administrateur frande défense
d'approuver plutôt un plan
qu'un projet de
Si
voulez absolument
campagne. vous
foibles
que j'apprécie, d'après mes
lumières, vOS raisons et celles de votre
adversaire,
réunissons-nous tous lestrois
et les plans à la main,le
la carte
alors je vous entendrai, gouverneur y consent;
et vous me montrerez --- Page 71 ---
DE M 0 N V OY A G E.
du doigt que ce qu'on m'a dit est faux, qué ce
qu'on veut faire est vicieux. e
- . Le colonel
fat fort embarrassé,et se replia sur un article
secret de ses instructions, par lequel le prince
lui défendoit de se mêler de tout ce qui étoit
relatif au cordon.
Certainement il avoit désobéi, et s'en mêloit
très-fort.
La réponse du colonel réjouit infiniment M.
Nepveu, 7 et il me pria instamment d'en faire
mention dans le nouveau mémoire que je devois lui remettre. Je ne vis point d'inconvénient
à le satisfaire; et voici ce mémoire qui termina
toutes les discussions.
SECOND M E M O IRE
Remis au gouverneur le 16 aotit.
La résolution de la cour de police, en réponse au mémoire de M. Malouet, lui ayant
été communiquée, il a cru devoir ajouter de
nouvelles observations à celles qui ont motivé
ladite résolution ; d'autant mieux que V'inspection des lieux, des cartes et autres pièces mises
sous ses yeux, et les différentes conversations --- Page 72 ---
Co M P T E R E N D
qu'il a eues avec MM. les ofliciers
de cette colonie, l'ont mis
supérieurs
en connoissance de
en état de s'arrêter
tive.
cause à une opinion posiM. Malouet n'a dû juger les
prises dans cette colonie contre les précautions
rons, qu'en ce qu'elles ont de
nègres-mar.
rêts de celle dont le roi lui relatifaux intétration
a confié l'adminisconjointement avec M de Fiedmond.
D'après ce principe, toute
tend à effectuer
opération qui
des
successivement la
différentes bandes des
dispersion
gration
marrons et leur émiprobable sur la rive droite
ne peut qu'alarmer M.
du Marroni,
de la part de la colonie Malouet, et provoquer,
mations les
de Cayenne, les réclaplus fondées.
En vain la cour de police
combinée de ces
propose l'attaque
s'il suffisoit
nègres sur les terres de France:
de les attaquer pour les détruire
pourquoi ne l'ont-ils pas été dans cette
s
où ils sont
colonie
vigoureusement poursuivis
cing ans ? Si un militaire
depuis
et son
distingué par son zèle
condé courage autant que par ses talens, separles meilleures troupes, n'a pu
qu'à les fatiguer par des marches
parvenir
et à les chasser sur nos terres multipliées 9
nous espérer maintenant
: que pouvonssur le local qui est
pour les détruire
pourquoi ne l'ont-ils pas été dans cette
s
où ils sont
colonie
vigoureusement poursuivis
cing ans ? Si un militaire
depuis
et son
distingué par son zèle
condé courage autant que par ses talens, separles meilleures troupes, n'a pu
qu'à les fatiguer par des marches
parvenir
et à les chasser sur nos terres multipliées 9
nous espérer maintenant
: que pouvonssur le local qui est --- Page 73 ---
D E M 0 N vo Y A G E.
tout à leur avantage par les hauteurs inaccessibles où ils peuvent se retirer ?
Cette conjecture del M. Malouet acquiert toute
la force d'une assertion positive par les détails
dans lesquels il est entré avec M. le colonel
N.. e
Comment cet administrateur pourroit-il donc
se livrer à un projet.dispendieux, funeste aux
hommes quiy seroient employés,et dont le'succès est improbable, en jugeant de l'avenir par
le passé?
Celui d'un oubli apparent, mais circonspect,
et la tentative d'une mission chez ces nègres
émigrés, est donc le conseil le plus sensé que
puissent donner aux Français l'expérience et la
comparaison des faits.
Mais nous n'en avons pas moins un intérêt
direct à empkleheonsisigmeities fugitifs,
et conséquemment à apprécier l'efficacité ou
l'insuffisance des précautions défensives adoptées par MM. de la régence de Surinam. C'est
à ce titre-là que MI. Malouet s'est cru fondé
à examiner'le projet de cordon et ce qu'on peut
en attendre. Il a entendu sur cela deux avis
différens qui ont fixé toute son attention 9
et il: n'a rien négligé pour se mettre en état de
juger : il a desiré, sur toutes choses, connoître --- Page 74 ---
C O M P T E R la N D U
l'avis motivé de M. le colonel N
Cartes et plans détaillés de la
e
2 surles
tracée, des
ligne actuellement
postes dont elle doit être
la quantité d'hommes nécessaire garnie, de
fendre, et de la
pour les dé4
possibilité ou des difficnltés
insurmontables dans l'exécution. M.
neur s'est volontiers prêté à lui
legouversatisfaction ; mais M. le colonel procurer cette
pouvoir, en aucun
a répondu ne
relatif
cas,se mêler de ce
étoit
au cordon : en sorte que M. qui
fort étranger à toutes
Malouet, 3
sances et calculs militaires, spéculations 3 connoisde
est réduit à ne juger
ceux-cique par ses lumières propres,
lesquelles ilne balance pas à dire à sa d'après
qu'à MM. de la régence de
cour,ainsi
cordon, tel qu'il lui a été montré Surinam, que le
et sur les cartes, garni du
sur le terrain
et de postes
nombre d'hommes
de Surinam proposés, et continué de la rivière
à celle de Saranaca, lui paroît le
moyen le plus efficace pour
sertion
empêcher toute dénouvelle et toute incursion
sur les établissemens de cette
ultérieure
contraire, les
colonie, Qu'au
telles
attaques et marches dans le bois,
qu'elles ont été exécutées
n'ayant point opéré la destruction, précédemment,
ment
mais seulel'expulsion sur nos terres des
fugitifs, la continnation des
nègres
mêmes opérations
lui paroît le
moyen le plus efficace pour
sertion
empêcher toute dénouvelle et toute incursion
sur les établissemens de cette
ultérieure
contraire, les
colonie, Qu'au
telles
attaques et marches dans le bois,
qu'elles ont été exécutées
n'ayant point opéré la destruction, précédemment,
ment
mais seulel'expulsion sur nos terres des
fugitifs, la continnation des
nègres
mêmes opérations --- Page 75 ---
D E M O N V Ox A G E.
la colonie de Cayenne à être le rexposeroit habituel de tous les fugitifs de celle-ci;
eptacle
résultoit
nous un dant qu'enfin, s'il en
pour
des
P'accroissement progressif
er éminent par, seroit fondée à demander aux
migrés, la France
équivalent
tats-Généraux un dédommagement
la desdevenues nécessaires pour
ux dépenses
ruction absolue des hordes fugitives.
linM. Malouet persiste, 3 au surplus 1 pour
érêt commun des deux colonies, à représenter
d'une surveillance habituelle sur les
a nécessité esclaves. C'est de MM. les colons
haîtres et les
les détails
e Surinam eux-mêmes qu'il a appris
des
es plus inquiétans sur la police domestique
Hantages. Les maîtres qui abusent dans toutes
du droit terrible du
es colonies européennes véritables auteurs des désorlus fort, sont les
Gouvernemens qui tolères intérieurs; et les
à
refusent toute protection
ent ces abus, qui
la propriété
Tesclave par un respect injuste pour
véritablementla prou maître, compromettent
priété et sûreté des colons.
Les liens de la religion annoncés impraticaMM. de la cour de
ples dans cette colonié par
M. Malouet:
tels à
bolice, ne sauroient paroître
voir tenter
regrettera toujours de n'en point
involontaire de
'efficacité. La dépendance --- Page 76 ---
Co MPT E R E ND U
l'homme libre comme de
ses vertus et ses
l'esclave, ses moeurs,
vices, ne furent
aucun temps, chez aucun
jamais, dans
d'une seule
peuple, le résultat
cause, mais de la combinaison de
plusieurs. Pourquoi donc nos colons européens
Voudedent-ihnomploner quela force
tandis que les despotes les plus atroces physique
nécessaire d'y joindre la morale ?
ont juge
Il n'y eut point de réplique à ce mémoire.
gouverneur, le colonel et le conseil
Le
qu'en ma qualité je ne pouvois tenir convinrent
langage, et que mes observations
d'autre
plus sérieuse attention de la
méritoient la
La cour de police vint
part de la régence
remercier. Le fiscal
me voir en corps et me
lurent
et plusieurs opposans voum'accompagner dans Je second
que.je fis sur le cordon par la rivière de voyage
tica : les officiers du colonel N..
Cot
nirent à eux; et comme la
se réula plus avancée,
partie de Cottica est
vailler,
la quoique la plus diflicile à tra
fonds par multitude de marais et de bas
qui s'y trouvent, nous fames tous
veillés de l'état où nous vines les
émer
dames qui étoient du
travaux. Les
en calèches dans des lieux voyage se promenèrent
sibles qu'en canots six qui n'étoient accesmois auparavant. Ce
nirent à eux; et comme la
se réula plus avancée,
partie de Cottica est
vailler,
la quoique la plus diflicile à tra
fonds par multitude de marais et de bas
qui s'y trouvent, nous fames tous
veillés de l'état où nous vines les
émer
dames qui étoient du
travaux. Les
en calèches dans des lieux voyage se promenèrent
sibles qu'en canots six qui n'étoient accesmois auparavant. Ce --- Page 77 ---
D E M O N V C Y A G E.
pectacle etla manière dont je m'en expliquai,
rent unegrandeimpresion serfesoppowassqui
N'accompagnoient; ils déclarèrent se désister
el leur opposition. Ce fut alors que le commaneur qui nous conduisoit, me pria d'écrire à
I. Nepveu une lettre ostensible et qu'il pàt
avoyer à Amsterdam ; j'y consentis volontiers.
écrivis la lettre suivante.
D'Alida, le 25 août 1777.
M.
Nous voici au moment de quitter votre coloe: la goëlette est arrivée sans accident à
range, et je compte m'embarquer après - deain;recevez donc, encore une fois, monsieur,
es adieux et mes remercimens. C'est avec aunt de vérité que je vous réitère mon complient sur l'exécution de votre plan. La partie
a cordon que j'ai vue en Perica m'a faitle plus
and plaisir, et j'ai eu celui d'être témoin de
tonnement et de la conviction de quelques
oposans qui m'avoient fait l'honneurde m'acmpagner dans cette promenade. La chaussée
atiquée dans le marais qui termine la ligne
Perica en Cottica, que j'ai parcourue à pied
un bout à l'autre, est une réponse sans réique aux difficultés qu'on m'avoit exagérées
rle local. --- Page 78 ---
Co M P T E R E N D U
Le bon état où j'ai trouvé la garde de
poste 1 m'éclaire encore mieux sur ce chaque
m'avoit dit de VOS soldats : enfin,
qu'on
je ne saurois trop vous dire combien monsieur,
satisfaitde ce quej'ai vu, . etje n'imagine je suis
la mauvaise volonté la plus obstinée pas que
suscitér un obstacle embarrassant. puisse vous
vez obtenir le nombre
Si vous pou
d'hommes que vous ave
demandé, et effectuer alors la distribution
vous en avez projetée, je maintiens
qu
nie à l'abri de tout
votre colo
la
danger, et je ne crains plu
que nôtre devienne l'asile de VOS marrons
qui auroient pu s'y multiplier à l'infini sans le
précantions que vous avez prises. Lorsque n
pouvois les juger que par le calcul des je
bilités, je trouvois le système contraire proba
tenable; car une augmentation de
insou
cordon, suppose, après la
troupes san
nion dans les forts : alors campagne, leur rén
ouverte
toute la colonie es
pendant le temps des pluies, et consé
quemment exposée aux incursions pendant hu
mois de l'année.
Cet ouvrage est admirable, monsieur
vous avez une grande supériorité sur nous ,
ces sortes
pou
deux
d'entreprises ; je ne conçois
cent cinquante
pas qu
j'ai
nègres aient fait ce qu
vu, depuis onze mois. Dans la course
qu
ion dans les forts : alors campagne, leur rén
ouverte
toute la colonie es
pendant le temps des pluies, et consé
quemment exposée aux incursions pendant hu
mois de l'année.
Cet ouvrage est admirable, monsieur
vous avez une grande supériorité sur nous ,
ces sortes
pou
deux
d'entreprises ; je ne conçois
cent cinquante
pas qu
j'ai
nègres aient fait ce qu
vu, depuis onze mois. Dans la course
qu --- Page 79 ---
D E M 0 N Y OY A G E.
nous avons faite hier, j'ai rencontré de bonnes
terres tres-susceptibles d'établissemens. Je disois
à M. le commandeur, que si vous preniez le
parti de distribuer sur cette ligne VOS nègres
francs en villages, et de favoriser par quelques
avances tous les petits habitans acclimatés qui
voudroients'y établir, vous rendriez alors votre
cordon aussi intéressant pour les ressources locales qu'il le sera pour la défense. M. Texier
m'a paru goûter cette idée, et j'ai foi en celles
qui lui conviennent, car sa tête me paroît bien
ordonnée. Ilnous a magnifiquemnent traités dans
son commandement, et vous me renvoyez, messieurs, sans l'espérance de pouvoir jamais vous
rendre sur nos terres l'accueil distingué que j'at
reçu sur les vôtres. Au moins en conserverai-je
le souvenir, ainsi que l'estime et l'attachement
que vous m'avez inspirés : c'est avec ces sentimens que j'ai l'honneur d'être, etc.
Signé, MALOUET.
Cette lettre fut écrite trois jours avant mon
départ d'Orange, et doit être regardée comme
la conclusion de tout ce qui a été dit et fait sur
la grande affaire du cordon et des nègres-marrons mais avant de quitter Surinam, il
(*) Si j'en ai le temps avant le départ du bateau,
3.
--- Page 80 ---
C C M P T E R E N D U
me resteroit beaucoup de détails intéressans à
écrire sur tout-ce que j'ai, vu. Il est désagréable
pour moi qu'une longue maladie et la multitude
d'affaires qui m'accablent dans ma convalescence, ne me permettent de donner à ma relation ni ordre ni suite. Le ministre verra par
le nombre et la diversité des expéditions
j'ai été obligé de faire depuis le 20 octobre que
seulement, combien je suis distrait et contrarié
par les circonstances; ; je ne peux cependant pas
faire attendre pluslong-temps le compte à rendre
de ce voyage. Pressé par le départ d'un bateau,
obligé de donner chaquej jourhuitou dix heures
à d'autres détails civils, criminels et d'administration, ma tête s'y prête sans confusion; mais
c'est aux dépens de l'intérêt que je pourrois
répandre sur cet écrit, dans lequel je ne fais
qu'extraire rapidement mon journal.
Fojoteraiorpendant d'autres faits et observations à ce
vient de lire sur cet objet.
qu'on
long-temps le compte à rendre
de ce voyage. Pressé par le départ d'un bateau,
obligé de donner chaquej jourhuitou dix heures
à d'autres détails civils, criminels et d'administration, ma tête s'y prête sans confusion; mais
c'est aux dépens de l'intérêt que je pourrois
répandre sur cet écrit, dans lequel je ne fais
qu'extraire rapidement mon journal.
Fojoteraiorpendant d'autres faits et observations à ce
vient de lire sur cet objet.
qu'on --- Page 81 ---
D E M o N VOYA G E.
DÉTAILS HISTORIQUES
Sur le Gouvernement, les maeurs , culture, ,
commerce,etc., de la colonie de Surinam.
Convernement.
Les républiques anciennes et modernes ont
presque toujours établi dans les provinces de
leur domination une autorité plus imposante,
un gouvernement plus actif que ne l'est celui
des monarques et des despotes mêmes dans les
pays éloignés de leur métropole. Dans nos COlonies françaises on voit le plus souvent foiblesse s inertie ou vexation momentanées ; les
administrateurs ont par fois des fantaisies, des
volontés, et alors ils les cxécutent; les tribunaux cèdent aux intérêts, aux considérations
personnelles ; mais le Gouvernement est sans
action, sans vigueur, parce que les lois et les
principes ne sont jamais réputés que canses
secondes.
Chez les Espagnols et les Portugais c'est bien
pire; le Gouvernement et l'audience
composée de trois ou cinq
royale 2
persomnages, sont
les véritables propriétaires de la colonie, et on --- Page 82 ---
COMI P T B R E N D U
modération quand ils ne
leur sait gré de leur bénéfices du commerce :
les
font que partager loin, nous Français, de cet
nous sommes encore Chez les Turcs, on saitque
excès de corruption.
sont absolument les
les pachas des frontières
mettent les quatre cinquièmes
maîtres 2 qu'ils
et qu'ils ne se laisdes tributs dans leur poche,
révolque lorsque leur province
sent étrangler
dé leur personne et les livrer
tée peut s'emparér
à la Porte. observation je conclus que les répu
De cette
adoptant dans leur gou
bliques les plus sensées, etl'activitér émonarchiques
vernement les formes
avantage à adopte
les rois auroient un grand lesquels se conduisen
aussi les principes par
sont 7 que I
les républiques ; et ces principes la streté de tous
à tous et. fait
loi commande
législateur ne peu
Certainement le monarque
annoncé e
infiniment à ce respect
que gagner la loi, car elle est son ouvrage
soutenu pour
acquiert une vigueu
Alors son gouvernement
dan
étonnante, ses officiers, ses représentans force d'exécu
éloignés, ont toute la
les pays
elle
point d'obs
et
n'éprouve
tion nécessaire, certitude quelal loi les jugen
tacle lorsqu'on ala
s'ils abusent.. .
et les punira eux-mêmes du gouvernemente (
Telle est la constitution
ce respect
que gagner la loi, car elle est son ouvrage
soutenu pour
acquiert une vigueu
Alors son gouvernement
dan
étonnante, ses officiers, ses représentans force d'exécu
éloignés, ont toute la
les pays
elle
point d'obs
et
n'éprouve
tion nécessaire, certitude quelal loi les jugen
tacle lorsqu'on ala
s'ils abusent.. .
et les punira eux-mêmes du gouvernemente (
Telle est la constitution --- Page 83 ---
D E M O N VOYAC E.
Surinam. La liberté civile, ledroit
beux des particuliers
commun, et
> y sont en streté; mais
administration. est sans
n'est traversée
entraves, > et son action
par aucun obstacle. Un seul magistrat supérieur, sous la dénomination de
verneur, exerce l'autorité
gou1 est pourvu de toute la force publique; et comme
aire le bien et réprimer les abus nécessaire pour
responsable.
3 il en est seul
Le souverain lui a donné un conseil de
lice ou d'administration, dont les
poflus par la colonie au nombre membres sont
de douze ; le
gouverneur a le droit d'exclusion
le
nier candidat qu'on lui
pour prebbligé d'agréer le second. propose, mais il est
Les conseillers partagent
n
l'administration, et
remplissent, sans
létaiis subalternes, appointemens > tous les
ion du
sous l'autorité et la direcgouverneur seul, ou du conseil en
torps ; et cetté alternative qui
mier aspect
paroit au preéquivoque, est de la plus grande
implicité,
Le gouverneur > revêtu de l'autorité
Fieure, est obligé de
supées affaires
porter au conseil toutes
non sommaires, , toutes celles
Exigent une décision, un ordre
qui
le public, et on en délibère à exécutoire la
pour
pluralité des --- Page 84 --- Co 2 MP T E R E N D U
voix ; si elle est contraire à
est fait
son avis, il en
registre, et arrêté motivé : alors
arrêté devient une loi, stil s'y
cei
contraire il persiste dans
soumet. Si au
son avis, il rend
une ordonnance
seu
obligatoire, ; et à
se sounet provisoirement
laquelle on
'non pas sans
sans difficulté, mais
réplique ; car. le conseil et
particalier a le droit de réclamation chaque
souverain contre cet ordre
auprès de
rarement
absolu, et il arrive
qu'un gouverneur en donne de
sans être bien sûr du succès.
parcil
Le droit de ce premier officier
présentation, celui de chacun des est, par re
du conseil dans leur district; ils sont commissaire
ges de la police d'un
tous char
quartier ou d'une
et leursordres sont exécutés
rivière
peine d'une
sans réplique, sou
rement decent mmendearhitraire, qui est ordinai
pistoles. Toutes les amendes
au profit du fiscal, qui ne
son
poursuivre le paiement fort manque pas d'er
sorte que le particulier
rigoureusement; ; er
condamné, avant toute
représentation, commence par payer
car elle double
l'amende
pour un jour de retard, et la
prison suitau second refus ou délai; mais
s'être mis en règle par la
aprè
mende;
consignation de l'a
on se pourvoit au conseil, qui
ouratitifie l'ordre du commissaire
infirme
, modère ses
oursuivre le paiement fort manque pas d'er
sorte que le particulier
rigoureusement; ; er
condamné, avant toute
représentation, commence par payer
car elle double
l'amende
pour un jour de retard, et la
prison suitau second refus ou délai; mais
s'être mis en règle par la
aprè
mende;
consignation de l'a
on se pourvoit au conseil, qui
ouratitifie l'ordre du commissaire
infirme
, modère ses --- Page 85 ---
D E M 0 N vO Y A G E.
pouvoirss'ile en abuse : ctdansle cas ou le conseil
ne SC prononceroit pas sévèrement contre un
de ses membres en défaut, le gouverneurintervient et le destitue de la commission, aprèsavoir
discuté contradictoirement avéc le conseil, et
par écrit, lcs motifs de cet acte d'autorité, qui
est encore déféré au souverain, lorsqu'il plaît
au tribunal de le faire.
Il est donc très - ordinaire d'entendre dire
parle conseil au gouverneur : votre ordre est
injuste, 3 vexatoire, ruine le pays, nous en aurons raison ; mais lorsque celui-ci persiste,signe
et promulgue son décret, personne ne s'avise
de désobéir, et le souverain s'explique ensuite.
C'est ainsi qu'a été traitée l'affaire du cordon.
Dans une de nos courses, M. Menerzaguen,
gendre du gouverneur, qui nous accompagnoir,
reçoit un ordre de fournir vingt nègres à la
corvée. Ilrépond au porteur : c'est uneméprise;
dites au commissaire que j'ai fait ma tâche la
semaine dernière. Et cela étoit vrai. Il reçoit
pour rép-lique la condamnation à cent pistoles
d'amende. M. Nepveu, , son beau-père, étoit
présent; ; il nes'avisa pas d'annuller ou de suspendre cette condamnation injuste. M. de Menerzaguen envoya sur-le-champ son argent, et
attendit àse pourvoir au prochain conseil. Cct --- Page 86 ---
C O M P T E R S N D U
ordre-là est admirable. Parmi
neur, dans ce
nous, un gouverson gendre caslà, se seroit mis en colère, et
le
aussi ; on auroit envoyé chercher
commissaire , on l'auroit
auroit ainsi appris
humilié, et on
aux assistans
en place et leurs
que les gens
payerl'amende. parens ne sont pas faits pour
côté, il est fort Voilà nos mceurs. Etd'un autre
rare 3 dans les colonies
çaises, qu'un particnlier
franrésister sur tous les
qui a pris son parti de
points à
n'y réussisse quand il a de l'audace; Fadministration,
plusieurs exemples à
j'en ai vu
Nolivos,
Saint-Domingue. M. de
qui se piquoit de
moi présent, à un M. de fermeté, a cédé
donnoit ordre d'ouvrir
Coq-Brun, à qui
avoit fermé, Celui-ci un chemin public qu'il
rien ; et tint parole. Notre répondit qu'il n'en feroit
est d'être forts avec les nsage , en général
rencontre
foibles ; mais
une mauvaise
lorsqu'on
tout de suite des
tête, on lui suppose
dans les
patrons à la ville, à la cour,
bureaux, et on ne veut se
personne.
brouilleravee
Revenons au Gouvernement de
n'a pas tous ces inconvéniens. Surinam, qui
J'ai fait connoître
rité
comment s'exerce l'auto
détails. d'administration Notre
9 une et simple dans ses
association, par couple d'admi
foibles ; mais
une mauvaise
lorsqu'on
tout de suite des
tête, on lui suppose
dans les
patrons à la ville, à la cour,
bureaux, et on ne veut se
personne.
brouilleravee
Revenons au Gouvernement de
n'a pas tous ces inconvéniens. Surinam, qui
J'ai fait connoître
rité
comment s'exerce l'auto
détails. d'administration Notre
9 une et simple dans ses
association, par couple d'admi --- Page 87 ---
D E M O N Y OXAG E.
istrateurs, leur paroit monstrueuse, en ce que
i un seul est agent et l'autre patient, un seul
uffiroit; mnais si tous les deux ont aptitude et
colonté d'agir, c'est alors un feu croisé qui
pràle tout ce qui en approche; et enfin, si des
leux associés le préponderant setrouve le moins
capable et le plus entêté, c'est attacher un être
ivant à un corps mort, ce qui n'est bon à
ien, mais fort désagréable pour le corps
inimé.
En temps de paix le gouverneur est aussi
ommandant en chef: un lieutenant-colonel,
vec le titre de commandeur, règle, sous ses
prdres, la discipline et les détails militaires. En
emps de guerre, 2 on envoie un général qui a
e commandement des armées 2 supérieurement
u gouverneur, et quiordonne les approvisionnemens ct munitions 7 mais qui ne se mêle
point du gouvernement civil.
La seconde personne active de la Régence est
e fiscal, qui représente avec ses substituts nos
gens du roi. Il poursuit tous les crimes, les
condamnations d'amendes
7 qui sont toutes à
jon profit, et l'exécution des ordonnances. Ses
réquisitoires s'adressent toujours augouverneur,
qui les répond d'un permis de poursuivre et
d'ezécuter, ou d'une défense de passer outre ; --- Page 88 ---
CO M P T E R E N D U
dans ce dernier cas le fiscal peut s'adresser
conseil, et le gouverneur est obligé de motive at
par écrit sa délense de poursuivre : il a même I
droit de faire grace des peines capitales. Cett
restriction a paru nécessaire pour modérer
ditédu fiscal, qui poursuivroit nuit
l'avi
plus petites infractions dont la
et jour le
chit ; d'un autre côté,
somme l'enri
téresser ainsi le
On a jugé utile d'in
ministère public à la
des crimes, et cela va même jusqu'à vengeano
notre délicatesse
blesse
lui donne
française : car le trésor publi
deux cents francs de gratification
lorsqu'il réussit à faire pendre un homme libre
cent francs pour un esclave ; et toutes les
afflictives lui sont payées dans la même peine
portion.
pro
Cette place rend cinquante mille livres
an. Indépendamment de ses fonctions
pa
civiles e
criminelles,le fiscal est obligé, sur les
écrit dug igouverneur,
ordrespa
qu'il lui dénonce depoursuivre tout homm
comme ennemi du
ment par ses discours et ses
Gouverne
sible à l'ordre
démarches, ou nui
faire de l'autorité public par l'abus qu'il pourroi
domestique. On informealor
paraudition de témoins, et d'après les charges
legowverneurs seul chasse l'accusé de la
et le force à nommer
colonie
de ses biens.
procureur pour la régi
qu'il lui dénonce depoursuivre tout homm
comme ennemi du
ment par ses discours et ses
Gouverne
sible à l'ordre
démarches, ou nui
faire de l'autorité public par l'abus qu'il pourroi
domestique. On informealor
paraudition de témoins, et d'après les charges
legowverneurs seul chasse l'accusé de la
et le force à nommer
colonie
de ses biens.
procureur pour la régi --- Page 89 ---
:
D E MI O N V 0 Y A G E.
Justice.
I'administration de la justice civile est exerxée par un conseil différent de la cour depoice, laquelle neseméleque de l'administration
t des affaires criminelles qu'elle juge en derier ressort.
Le droit romain ct quelques ordonnances
ocales, forment laj jurisprudence de la colonie.
e gouverneur les propose, etle souverain leur
onne la sanction législative.
Le premicr tribunal civil est celui du gouerneur, qui fait tenir son siége par un viceprésident et six assesseurs : les appels ressorissent à la cour de justice ; mais le gouverneur
rdonne, quand bon lui semble, l'exécution
rovisoire.
Autant l'administration est active et bien
rdonnde, autant l'exercice de la justice civile
st embarrassé de toutes les formules et suberfuges de la chicane de la part des suppôts
ubalternes, qui se multiplient tous les jours à
Surinam. Il y a plus de cent. avocats 2 procueurs, clercs et huissiers, et lc vestibule du paais est rempli d'une troupe de jeunes gens
juise destinent à ce métier aussi lucratif chez --- Page 90 ---
-
COM P T E R E N D D
parmi nous. Ils n'ont sur
les Hollandais que
les plai
cela aucun avantage sur les Français;
écrit sont aussi dispendoieries et procès par
aussi chargés d'incidens et d'écritures
dieux,
ailleurs. Cet esprit de chicane a
que partout
et a infecté toutes les
fait le tour de PEurope, avoit réussi à en arrê
nations. Le roi de Prusse
mais le dernier
ter les progrès dans ses Etats ;
matière,
réglement qu'ila promulgué sur cette d'an
étoit parvenu, en très-peu
annonce qu'on
ses
dispositions.
nées, à éluder
premières
ailleurs
On plaide donc à Surinam comme
à ordre ou tout autre titre paré
contre un billet
par opposition 3 par requêt
on se pourvoit la forme emporte le fond
civile, et souvent
les biens dé
Les saisies - arrêts, les séquestres ,
rui
crétés sont soumis à toutes les formalités
dont nous déple
neuses et aux déprédations
les baux
rons les abus. On y met en pratique intervenir
les contre-lettres ; on fait
simulés,
et anté
dans une saisie, un créancier supposé
enfir
rieur dans l'ordre des hypothéquaires ;
les ruses de la mauvaise foi n'y son
toutes
la loi a pourvu
point étrangères : cependant à la sûreté des créan
autant qu'il est possible,
sur
ciers. Les intérêts des capitaux hypothéqués
habitation, sont prélevés sur les revenu
une
intervenir
les contre-lettres ; on fait
simulés,
et anté
dans une saisie, un créancier supposé
enfir
rieur dans l'ordre des hypothéquaires ;
les ruses de la mauvaise foi n'y son
toutes
la loi a pourvu
point étrangères : cependant à la sûreté des créan
autant qu'il est possible,
sur
ciers. Les intérêts des capitaux hypothéqués
habitation, sont prélevés sur les revenu
une --- Page 91 ---
D E M 0 N vox A G E.
à toute autre dépense, même
bar préférence
: si le prêteur fait à
ux frais d'exploitation le débiteur le plus adroit,
emps ses diligences,
bien
e mieux servi par son procureur 7 peut les inci-
'enrichir en plaidant, en maltipliant ruiné et délens; ; mais il est infailliblement
bouillé de sa propriété, 9 s'il ne peut se liquider. testaLes clauses de contrats de mariages,
donations, venditions, etc., sont réglées
nens, le droit romain ; il y a très-peu de constipar
utions nationales sur ces objets.
Finances.
sont de deux sortes ; il y en a
Les impôts
de la compagnie prole permanens au profit et ceux-là se réduisent
priétaire de la colonie,
deux
a deux et demi pour cent sur les produits,
demi sur les marchandises d'Europe imporet dans la colonie, et cent sols de capitation
tées
etc. J'abrège ce détail que
par tête d'esclaves, le cahier intitulé : Réponses
lon trouvera dans le no. 4 des pièces jointes ;
aur questions, 2 sous
Metteraud, auquel
c'est un travail du sieur
ainsi
sieur
j'avois distribué par questions, 2
qu'au tout
des renseignemens à prendre sur
Mentelle,
intérieure ctla culture.
cequi concerne la police --- Page 92 ---
a
C O M PT E R E N D U
Lecahierdu sieur Mentelle,
se trouve sous le no. 5 des intitulé matériaua
consulter aussi sur cet
pièces jointes
Je dirai donc
article
pôts actuels excède seulement que la masse des im
est plus
le un million de florins, ce
que dixième du
qu
colonie.
produit total de l
Les impôts sont payés fort
frais, quoiqu'ils soient
exactement et san
denrées des habitans
excessifs. Toutes le
sont
férens quartiers à
transportées des dip
Paramaribo
dues ou chargées à fret. A pour y être ven
chaloupe, la garde du
l'arrivée de chaque
voix le
quai fait nommner à haut
les
propriétaire, et demande:
droits du fisc et toutes les d-e-ilpay
Alors un commis cherche contributions
extrait des différens
dans un registre
M. Zn2 tel a
comptoirs, 3 et répond
la
payé ou doit tant. S'il a payé,
chaloupe passe à sa destination.,
capitaine ou
sinon le
adressée, commisionmaire, à qui elle est
paie sur-le-champ le montant des
() Les deux caliers se
mes
rapportent assez
-
observations, quoique nous
exactement à
dans des sources
ayions tous les trois puisé
vérifer; si
différentesy , afin de pouvoir
tériaux j'en avois le temps, je ferois de compareret
un seul corps d'ouvrage
tous ces maintéressant,
pe passe à sa destination.,
capitaine ou
sinon le
adressée, commisionmaire, à qui elle est
paie sur-le-champ le montant des
() Les deux caliers se
mes
rapportent assez
-
observations, quoique nous
exactement à
dans des sources
ayions tous les trois puisé
vérifer; si
différentesy , afin de pouvoir
tériaux j'en avois le temps, je ferois de compareret
un seul corps d'ouvrage
tous ces maintéressant, --- Page 93 ---
DE M O N V O Y A G E.
roits en déduction du prixde la denrée revenant
u propriétaire. Comme il faut toujours rendre
eslumières acquises profitables à son pays, , j'ai
Rit adopter à Cayenne cet usage que le conseil
apérieur vient de consacrer par un réglement.
Il arrive cependant à Surinam qu'un habiant, débiteur, au fisc, lui soustrait quelquebis ses denrées en les faisant embarquer furtiement; alors on le remet à la diligence du
scal, dontj j'ai fait connoitre la marche rapide
clucrative.
Les finances sont administrées avec.ordre et
mplicité. La compagnie paye, sur les revenus
ui lui appartiennent, les frais ordinaires du
ouvernement, qui sont l'entretien d'un batailon et des deux forteresses, les gages de ses
ficiers et employés, et les dépenses de l'hôpiAljusqu'à concurrence de quarante mille livres,
e qui fait pour la compagnie une dépense anuelle de quatre à cing cent mille livres ; mais
guerre contre les nègres marrons ayant sucessivement exigé une augmentation de troupes
t de dépenses accessoires, il a été décidé que
colonie payeroit un second bataillon et tous
Ps frais subsidiaires : en sorte qu'indépendahent des dépenses du cordon, la colonie paye
peu-près quatre cent mille francs par an de --- Page 94 ---
C O M P T E R E N D U
supplément pour les charges du
Le gouverneur ordonne les gouvernement
contrôleur
dépenses, u
général, au nom de la
ei
vérifie les états, et. la cour de police société,
comptes; deux de ses membres
appure le
fonctions de
sont chargés de
commissaires des guerres
le
revues et l'inspection des magasins. pour
Un seul garde-magasin et deux commis
employés dans le chef-lieu à la
son
bution des munitions.
garde et distri
Dans tous les postes I
commandant du
détachement est
des dèniers et effets : un lieutenant comptabl
gent font, sous ses ordres,
et un ser
s l'office de
et de magasinier ; leurs
trésorie
ordre et
registres sont tenus e
par chapitre de recette et de
L'officier supérieur qui réunit
dépense
dans son district, vérifie et arrête plusieurs les poste
revue et de consommation
états d
; ils sont
au commandeur et balancés
adressé
du'
sur les
:
magasin général: tous les marchés registre
sous l'autorité du
sont passé
gouvernenr.
Il faut distinguer cependant dans cette form
de régie les dépenses qui se paient
la
particulière de la société et de par caiss
celles qui se trouvent
ses revenus, , d
de la colonie.
par supplément à la charg
Sur le premier objet, le
neur ordonne: seul, et la cour de
gouve
police ne con
adressé
du'
sur les
:
magasin général: tous les marchés registre
sous l'autorité du
sont passé
gouvernenr.
Il faut distinguer cependant dans cette form
de régie les dépenses qui se paient
la
particulière de la société et de par caiss
celles qui se trouvent
ses revenus, , d
de la colonie.
par supplément à la charg
Sur le premier objet, le
neur ordonne: seul, et la cour de
gouve
police ne con --- Page 95 ---
D E M O N V O Y A C E.
court à l'inspection et examen que par les commissaires aux revues 2 aux magasins , aux
vivres, etc. Sur le second article, le gouverneur décide que le prêt du second bataillon
sera fait tel jour, que le fournisseur de lhopital, celui du magasin, sera payé de la somme
de.. . . qu'il sera fait achat de telles munitions, ou construit tel bâtiment... Mais tous
ces ordres, lorsqu'ils sont payables par la caisse
de la colonie, reviennent à la cour de police
ou à ses commissaires nommés ad hoc 2 qui
ordonnent directement au caissier le paiement
et vérifient, tant qu'il leur plait, si les fournitures ou constructions ordonnées ont lieu,
et s'il n'ya point eu abus dans les marchés et
dans les consommations ; car, lorsque l'abus est
contesté, 9 la cour de police obtient, sans difficulté, un ordre du souverain pour faire supporter au gouverneur seul les dépenses qu'il a
mal à propos ordonnées : excellent régime qui
enrichiroit en France le trésor royal, si sa majesté jugeoit à propos de l'adopter. Un administrateur français se croitd digne d'éloges, et demande récompense quand il peut prouver qu'il
n'a rien mis dans sa poche : mais le gaspillage,
l'ineptie, le faux emploi d'hommes et d'argent,
sont à peine aperçus et jamais punis.
3.
--- Page 96 ---
C O M P T E R E N D U
Je témoignai au gouverneur le desir de
noître la somme des dépenses
com
naires de son
annuelles et ordi
à me satisfaire, gouvernement, et pour T'engage
honneurs
je commençai par lui faire le
de ma place 3 et lui exposer
sement qu'une misérable colonie
honten
duit presque
qui ne pro
mée,
rien, qui ne pouvoit pas être esti
quant à sa valeur intrinsèque, à la tren
tième partie de la
sienne, 3 dans
enfi
nous n'entretenions
laquelle
pas cinq cents hommes d
troupes, coûtoit au roi près de six cent mill
livres. Je censurai notre
très-bonne foi
régime en faisant d
l'éloge du sien, et
ce moyen la communication de l'état j'obtins pa
des dépenses, dont il me fut donné généra
que l'on trouvera au troisième cahier l'extrait
des
jointes, sous le no, 6. On y verra
pièce
à l'entretien de
qu'on sufli
quinze cents hommes de
troupes, et à tous les frais ordinaires
nistration avec moins d'un million. d'admi
état ne sont pas
Dans ce
compris 9 10, ce gu'on appelle
dépenses d'amélioration pour le
dire l'entretien des chemins
pays, c'est-à
et canaux, gages des
3 ponts, chaussées
d'école : c'est la colonie ccclésiastiques et maitres
elle-même
voit par ses députés,
qui y pour
conseillers de
qui sont toujours deux
police; 2°. les dépenses du cordon,
état ne sont pas
Dans ce
compris 9 10, ce gu'on appelle
dépenses d'amélioration pour le
dire l'entretien des chemins
pays, c'est-à
et canaux, gages des
3 ponts, chaussées
d'école : c'est la colonie ccclésiastiques et maitres
elle-même
voit par ses députés,
qui y pour
conseillers de
qui sont toujours deux
police; 2°. les dépenses du cordon, --- Page 97 ---
D E M ON V O Y A E.
ont l'état est sous le no 3 du premier cahier
espièces jointes. Les conseillers de police m'en
voient présenté un autre, exagére, no, 3 bis,
ême cahier: : jel'ai vérifié surles registres, qui
'ont été cominuniqués par le gouverneur.
La différence qu'on aperçoit par cette comraison de dépenses entre les deux colonies
Cayenne et de Surinam, résulte de plusieurs
uses.
10, Leur régime est plus simple que le nôtre, ,
oiqu'ils écrivent encore plus ; carle gouverur occupe, pour ses expéditions seules, cinq
crétaires : mais c'est le public qui les paie,
asi que ses émolumens 3 la compagnie lui
nne dix mille florins, et son secrétariat lui
rend vingt mille.
20. Le commandeur et le contrôleur général
nt, avec le gouverneur, les seuls membres de
dministration à appointemens; ; le fiscal et les
ceveurs sont payés sur la chose. Les conseils n'ont rien et remplissent toutes les foncns de commissaires de police de quartier et
dministration ; et comme on ne leur paie
int de cominis, leur correspondance est sim-
- et abrégée.
Bo, Tous les garde-magasins, trésoriers
paruliers ct écrivains 7 sont des ofliciers ou
Ls --- Page 98 ---
C O M PT E R E N DU
aucun suppléme
sergens des postes , quin'ont
préféren
mais qu'on avance par
de paye,
bien.
quand ils se conduisent conduits de mên
4°. Leurs ateliers sont
av
des officiers en état de correspondre
par
ct qui savent que leurs connoissan
Ies chefs,
dansles affaires civiles,
ou
en comptalilité,
dans l'a
conduiront à des places supérieures parmi e
ministration; ; car ce qu'on appelle son ét
quine connoitque
un bon militaire,
de troup
parvient bien à un commandement influence dans
mais n'a jamais ni place ni
un capita
Gouvernement ; et au contraire fiscal, comm
d'infanterie éclairé est fait Texier est dan
même. M.
deur, gouverneur
cas-la.
leurs munitions et fournitures
5°. Toutes
choix et
voyées d'Europe sont du'meilleur cette rai
excellente qualité, et par
la plus
sont infiniment m
leurs consommations les nôtres.
considérables que
de
où est le gouverneur
6°, L'obligation
et de rembou
porter pour son compte 2 le rend très-atter
tontes les fausses dépenses, emploie, à empê
ainsi que les officiers qu'il
des af
Si dans la construction
le gaspillage.
c'est"] le directeu
il y en a un de rebut ,
cette rai
excellente qualité, et par
la plus
sont infiniment m
leurs consommations les nôtres.
considérables que
de
où est le gouverneur
6°, L'obligation
et de rembou
porter pour son compte 2 le rend très-atter
tontes les fausses dépenses, emploie, à empê
ainsi que les officiers qu'il
des af
Si dans la construction
le gaspillage.
c'est"] le directeu
il y en a un de rebut , --- Page 99 ---
D E M O N VOrAG E.
artillerie qui le paie, sauf à lui à se faire
embourser par les ouvriers. Cette
l'est pas seulement comminatoire, obligation
yant le droit
s le conseil
d'inspecter et rechercher,
on lui semble, tout ce qui est relatif à quand la
ette et dépense.
reTroupes. - Milices.
J'ai dit que les troupes entretenues
ociété et par la colonie
par la
ents hommes;
se montent à quinze
; on en verra l'état détaillé
e no, 7 du troisième cahier. Le colonel Four- sous
eon a, indépendamment, un bataillon de son
égiment payé par les Etats ; et comine il a
té employé à faire la guerre dans les bois
en a perdu près de la moitié de maladie. Il 1
end compte particulièrement au stathouder de
a dépense,, et le gouverneur. a ordre de lui
ournir en munitions tout ce qu'il demande,
insi que les détachemens des troupes du
lont il a besoin. Sa
pays
rée
comptabilité est adminispar deux capitaines de son régiment trèsntelligens, dont l'un est, caissier et l'autre
commissaire, sans supplémens d'appointemens:
rois sergens leur servent de commis.
Les milices du pays montent à deux mille --- Page 100 ---
C O M P T E R E N D U
distribués et employés comme les nd
homnies,
du conseil qui
tres ; ce sont des commissaires
les commandent.
Culture , dettes, , produits, etc.
la colonie de Surinam
Nous avons présenté
instestines et à de
en proie à des dissentions
toute idé
malheurs domestiques, qui éloignent
le fardeau accablant de se
de prospérité :
seroit seul un obstacle à son accroisse
dettes
usuraire dans laquell
ment 5 et la servitude
sont tous com
d'Europe, qui
ses créanciers
tiennent leurs débi
sionnaires de la colonie,
est,un autre abus que le Gouvernemen
teurs,
a tort de ne pas réprimer.
com
Toutes les contributions et dépenses
munesréunics montent presque à un cinquièr
les droits de commission, char
des revenus ;
magasinage et vent
gement, fre, assurances,
(1), en absorbent deux cinquièmes
en Europe
, qui sont d
les intérêts des capitaux prélevés
les frai
six pour cent, il reste encore à payer
Voyez, an troisième cahier des pièces jointes, un
(*)
dans laquelle tous ces frais sont détaillé
facture originale
(no S).
enses
munesréunics montent presque à un cinquièr
les droits de commission, char
des revenus ;
magasinage et vent
gement, fre, assurances,
(1), en absorbent deux cinquièmes
en Europe
, qui sont d
les intérêts des capitaux prélevés
les frai
six pour cent, il reste encore à payer
Voyez, an troisième cahier des pièces jointes, un
(*)
dans laquelle tous ces frais sont détaillé
facture originale
(no S). --- Page 101 ---
D E M 0 N vOY A G H.
exploitarion, entretien et
ègres et bâtimens,
remplacément de
e l'aveu de tous les habitans. que j'évalue au dixième,
uite à compenser les accidens Nous avons ende mortalité,
harronnage, etc., d'oà il
le
le Surinam, qui doit réulte.que colon
aleur de
encore la moitié de la
son habitation, n'a pas un dixième
e produit net dont il puisse
ui doit les deux
disposer ; et celui
tiers a tout au plus sa substance, $ et ne peut que très S- difficilement
quider sur ses revenus. Or d'après les rensei- se
emens que j'ai pris, il est dû
illions par la colonie
quatre-vingt
nsi qu'il suit. Sur 2 répartis à peu près
ngt habitans
quatre cents habitations
nt d'une
seulement ne doivent rien et
richesse énorme; cent doivent du
ers au quart; cent cinquante, la
reste est engagé pour les trois moitié, et
talité, et au-delà de ce qu'ils
quarts > la
Le revenu total peut être estimé possédent. de
Ingt-quatre millions, terme
vingt à
intérêt de la dette
moyen vingt-deux.
nationale en absorbe
S impôts et droits réunis, trois; les cinq;
onnaires créanciers
commisexploitation,
d'Europe s cinq ; les frais.
deux ; les accidens extraordiAires,. un au moins. 3, il en reste cinq
pour la --- Page 102 ---
0 O M P T E A E N D U
T'amélioration etla liqui
subsistance des colons,
difficile.
dation de leurs terres : ce qui paroît
à voi
Dans cette position on doit s'attendre coloni
et toute la
la culture languissante faut bien qu'on en jug
en deuil; mais il s'en
plu
aspect. Jamais spectacle
ainsi au premier
et dans tou
imposant n'a frappé mes regards; rien vu d'auss
les pays que j'ai parcourus, je en'ai au travail
beau, d'aussi extraordinaire, quant
à la culture, et aux diflicultés vaincues, idée, que
colonie de Surinam. Pour en avoir une
la position, la qualité et
faut se rappeler
basses qui bordent cett
gisement des terres
cel
côte depuis la rivière de T'Orénoque jusqu'à n'ai V
Un phénomène que je
des Amazones.
est particulier à C
noté dans aucun mémoire,
parages.
des Amazones et des autres fleuv
Le courant
dans cette mer, dépose in
qui se déchargent
et
oà 1
cessamnent sur ses rivages, par-tout
font sentir, une multitude de grain
marées se dans la vase marine et produisen
qui germent
des arbres de haut
en moins de dix années,
la côte et les r
futaie, appelés paletuviers
la distance C
vières en sont bordées jusqu'à
énorm
monter l'eau salée; des racines
peut
et des autres fleuv
Le courant
dans cette mer, dépose in
qui se déchargent
et
oà 1
cessamnent sur ses rivages, par-tout
font sentir, une multitude de grain
marées se dans la vase marine et produisen
qui germent
des arbres de haut
en moins de dix années,
la côte et les r
futaie, appelés paletuviers
la distance C
vières en sont bordées jusqu'à
énorm
monter l'eau salée; des racines
peut --- Page 103 ---
D E M O N vOY A G E.
8g
t profondes attachent ces arbres à leur
t chaque marée les couvre de
base,
bieds d'eau, suivant l'élévation six,huit ou dix
ou le niveau du
errain; on aperçoit donc pendant le flot d'imhenses et superbes forêts au milieu des
t pendant le jusant elles sont
eaux,
a
inaccessibles,
vase molle qui les produit et les entoure. par
Sur la côte, ce spectacle varie
es années. Lorsque les
presque toutes
plessurl le
courans portent des sa -
rivage, et que les flots les amoncellent
ur les vases couvertes de
peurt
paletuviers, cet arbre
rapidement, et la forêt
perçoitan loin les débris
disparott; on en
mais ces révolutions
voiturés par les eaux :
es rivières
sont moins fréquentes dans
où l'apport des sables de
st poussé au large par le courant. montagnes
Sur les quatre cents lieues de côtes
ntre l'Orénoque et l'Amazone,
comprises
lerre à l'autre de différence
iln'y a d'une
brochement
locale que le
ou l'éloignement des
rapbord de la mer ; mais dans
montagnes du
lans les lieux mêmes où les tout cet espace et
Entrecoupées
terres basses sont
sdehauteurs, comme dansla Guiane
rançaise, on trouve, en quelque sorte, uniformité d'accidens.
Partout se présente surle
n rideau de paletuviers,
rivage
Rruit ou renouvelé
alternativement depar la vase ou par le sable. --- Page 104 ---
C 0 M P T E R E N D U
à
ou cinq cents pas, ,
Derrière ce rideau, quatre
,
parles eaux pluviales,
sont des savanes noyées
et ces savanes se
qui n'ont point d'écoulement; latéralement au rivage,
prolongent toujours
considéplus ou moins
dans une profondeur
dans
rable. Après les savanes, 9 en enfonçant des forêts
les terres, si elles s'élèvent, on trouve et dont
de bois dur, propre aux constructions, Si au
le sol argileux ne l'est point à la culture.
continuité de terres basses , les
contraire il y a
les couvrent, en
pinotières ou arbres mous qui
la fertilité lorsquelle sont desséchables
désignent
d'une rivière. Mais nous conpar la proximité
et la qualité des terres,
sidérons ici le gisement
faut
du bord de la mer, en sorte qu'ilf
en partant
faite entre deux rise figurer cette inspection dans tout cet espace de terre,
vières, lesquelles, de dix lieues de distance
sont rarement à plus
les unes des autres. dans l'une de ces rivières,
Entrons maintenant
six à sept lieues,
nous la verrons bordée, jusqu'a
se rapde paletuviers : mais si les montagnes
du bord de la mer, comme à Cayenne
prochent
de la Guiane
et dans quelques autres parties
les pinofrançaise, alors les savanes noyées,
au
tières, qui en sont entrecoupées, il présentent mettre
un accès plus facile; peut
voyageur
sont rarement à plus
les unes des autres. dans l'une de ces rivières,
Entrons maintenant
six à sept lieues,
nous la verrons bordée, jusqu'a
se rapde paletuviers : mais si les montagnes
du bord de la mer, comme à Cayenne
prochent
de la Guiane
et dans quelques autres parties
les pinofrançaise, alors les savanes noyées,
au
tières, qui en sont entrecoupées, il présentent mettre
un accès plus facile; peut
voyageur --- Page 105 ---
D E M 0 N V O Y A G E.
pied à terre dans un lieu sec et élevé, d'où il
considère les environs, et fait son plan d'établistenent. A Cayenne, ce plan s'est réduit à rester
Hans le lieu sec et élevé ou le premier colon a
lébarqué, et à y croupir dans la paresse, l'ignorance et le besoin.
A Surinam, où les montagnes sont à quinze
ieues du bord de la mer, l'Hollandais, en
y
bordant, n'a da voir qu'une plage immense
couverte d'eau et de bois pendant la marée, et
le boue pendant le jusant. C'est là, c'est dans
te premicrinstant, que j'admire, 2 et suis épouanté du courage, de l'industrie; de l'audacer
le cet Européen barbotant dans la boue, et diant à son camarade : C Faisons ici une colonie,
lesséchons ce bourbier. >>
Lorsque, de cette parole, il résulte, en moins
un siècle, quatre cents habitations (*) contiuès, travaillées sur le même plan, présentant
e même ensemble d'ordre, de vues et de
moyens; lorsqu'enfin je me suis vu sur une de
es habitations nouvellement sorties de dessous
eau parcourant des jardins aussiyastes,
(*) On ne comprend point dans ce nombre les petites
laces au-dessous de vingt nègres.
(*) Voyez sur la carte la rivière de Comwinne : e'est M. --- Page 106 ---
COM P T E R E N D U
Tuileries; des terrasses
aussi bien dessinés queles
des
celles de Bellevue;
ausssi bien nivelés que
sur deux mille
canaux de soixante pieds de large
alors
tuises de long je ne me défends point
profonde d'admiration, et qui
d'unei impression
vivement chaque fois que j'én parle,
se répête
côtés l'anteur d'une de ces
Je vois encore à mes
ans, me
merveilles, M. de Limes. Il y a vingt
mis la main à l'oenvre et abattu
disoit-il, quej'ai
cC
le premier arbre ; ces allées, ces bosquets,
étoient couverts de paletuverger, ces parterres homme qui a sacrifié cent
viers..
Et cet
en bâtimille écus en ornemens, > autant et plus
emploie quarante nègres à l'entretien
mens; qui
jours dans
de son jardin, ne passe pas quinze seroit écrasé de
Il
l'année sur son habitation.
et
les autres, si des successions
dettes comme
mis en
procurations utiles ne l'avoient
plusieurs
énormes
état de faire face à ses dépenses
de secrétaire du gouverneur, en
Nepveu qui, en qualité
concessions; il en
a expédié il y a trente ans tontes'les millions.
a vu sortir, depuis, plus de quatre-vingt pour les moulins
(*) Tels sont les canaux particuliers
à marée de' chaque sucrerie. seulement, car il n'a ni poudre ni
e) Dans ce genre
Il vend fort exactement ses
manchettes par économie.
à manger, except
choux et ses laitues, ne donne jamais
gouverneur, en
Nepveu qui, en qualité
concessions; il en
a expédié il y a trente ans tontes'les millions.
a vu sortir, depuis, plus de quatre-vingt pour les moulins
(*) Tels sont les canaux particuliers
à marée de' chaque sucrerie. seulement, car il n'a ni poudre ni
e) Dans ce genre
Il vend fort exactement ses
manchettes par économie.
à manger, except
choux et ses laitues, ne donne jamais --- Page 107 ---
D E M 0 N vOx A G E.
Je ne résiste point au plaisir de retracer ici le
plan (*) et les détails d'exécution d'un établissenent hollandais, tel que ceux
les rivières de
quej j'ai vus dans
Un
Comwinne, Surinam et Cotticas.
colon de
Saint-Domingue ou de la Normandie s'enrichissent sur un sol fertile sans être
tenu à d'autres travaux
qu'à ceux du labourage : mais les colons de Surinam sont
à renouveler le miracle de la
parvenus
les élémens
création; à diviser
confondus; à séparer une terre limonensedel'eanquila tient presque en
à élever sur un marais des bâtimens dissolution;
et à les asseoir sur des bases solides immenses,
énormes ajoutés à ceux de la culture. : travaux
pas tout; il ont dû calculer, dans
Ce n'est
essais, quel seroit l'effet de
leurs premiers
nitre et de bitume dont cette abondance de
les eaux salées imprègnent les terres qu'elles arrosent;
comment
dans les grandes occasions, où lon voit alors
la plus extravagante. Il m'a
la profusion
magnifique surtout digne de
montré sa vaisselle et un
le trésor de
Germain comme on montre
Al avoit fait St-Denis ; et, le jour où il m'a donné à
mettre dans sa salle à manger six
de diner,
bronze superbes, montées sur des affuts de bois pièces de canon
Je doute que le plan que je fais
couleur.
Avant la clôture de mes paquets. Il
copier soit fini
et je le joins ici,
vient de m'être remis, --- Page 108 ---
94.
- U M P T E R E N D U
ils pourroient les dissoudre et ne
nouvean sol que la quantité de sels conserver à ce
à la
nécessaires
végétation : ainsi la compagnie
taire, qui a fait la première
propriénécessairement,
entreprise, avoit
toutes les
par elle - même ou ses agens,
biné
connoissances qu'exige un plan comprofondément.
Cen'est point à des particuliers
ignorans qu'elle a confié le sort et vagabonds et
colonie naissante. Des
l'espoir d'une
sont emparés du terrain, ingénieurs l'ont
agricoles se
terminé le niveau des
mesuré, ont déont circonscrit
terres et des marées, et
de
P'espace dans lequelil étoit utile
former des établissemens. Ils ont
donné un plan et des modèles de ensuite
ment en écluses, fossés et
desséchetimens. Cette
fondations de batiinstruction
premier don et la
principale a été le
première loi imposéc à chaque
entrepreneur quis'est présenté :
au plan, et travaillez, étoit la formule Conformes-vous
lation du concessionnaire.
d'install'avance de
On joignoit à cela
quatre, six ou dix
le plus ou le moins de talens du nègres, suivant
et la confiance qu'il
nouveau venu,
commencemens
inspiroit : tels ont été les
de la colonie. Les
cès ont obtenu de nouvelles
premiers succapitaliste d'Amsterdam, avances; et chaque
quoique étranger à la
au plan, et travaillez, étoit la formule Conformes-vous
lation du concessionnaire.
d'install'avance de
On joignoit à cela
quatre, six ou dix
le plus ou le moins de talens du nègres, suivant
et la confiance qu'il
nouveau venu,
commencemens
inspiroit : tels ont été les
de la colonie. Les
cès ont obtenu de nouvelles
premiers succapitaliste d'Amsterdam, avances; et chaque
quoique étranger à la --- Page 109 ---
b E M 0 N V OY A G E.
ompagnie propriétaire, plaçoit, à six pour
ent, deux cent mille florins sur une terre à
éfricher selon les principes et la méthode
rdonnée, dont voici le détail.
Les concessions ordinaires sont de quatre à
x cents acres, trois cents carreauz : le concesonnaire mesure d'abord son entreprise aux
brces dont il peut disposer. S'il commence avec
Ingt-cinq nègres, il n'entreprendra que le deschement de vingt acres, et ses travaux sont
stribués de manière qu'il peut chaque année
Agmenter de dix acres, sans nuire à l'ordre et
x proportions une fois établis. Mais comme
plan que j'ai fait faire sur les lienx est celui
une fort belle habitation à sucre, c'est d'un
avail en grand dont je veux parler.
Dans les plus basses marées et pendant l'été,
trace sur le terrain l'espace à dessécher,
ntl'enceinte carrée est fermée par une digue
véea au-dessus du niveau connu des plus fortes
arées. Le côté de la. digue qui fait face à la
ière, y communique par deux larges canaux
cés à chaque extrémité de la ligne, et dans
quels sont posées deux écluses, dont l'une,
verte à marée basse, sert à l'écoulement des
ax, et l'autre s'ouvrant, au flot, reçoit dans
canaux isolés de ceux d'écoulement les --- Page 110 ---
C C M P T E R E N D U
eaux nécessaires pour faire tourner un moulir
à sucre pendant sept heures.
Ainsi, dans cet espace, entouré de digues e
préservé de toute inondation, il reste à fair
une distribution intérieure de canaux et de fos
sés, les uns pourserviràl Pécoulement, les autre
pour être le réservoir de l'eau qui y entre pen
dant le flot, laquelle est destinée à l'action à
moulin lorsque la marée baisse.
Par le relevé que j'ai fait faire, il s'est trouv
sur une sucreric de quatre cents acres, septmil
toises de fossés d'écoulement, réduits en term
moyen à quinze pieds de large, et deux mil
toises de canaux à soixante pieds.
On conçoit que les canaux, pour n'avoir ri
de commun avec les fossés, doivent être perc
en ligne droite et en croix dans le centre
terrain, et les fossés au contraire excentriqu
aux canaux : cette distribution simple et néc
saire paroit être un ornement convenu, et of
le spectacle le plus agréable. Chaque pièce
canne est une ile carrée, élevée dans les p
fortes phieau-deuusdanive, dese eaux, auta
parla fouille des terres que parle remblai qu'
en fait dans les pièces. On communique donc
l'une à l'autre par des ponts, et de belles lev
terrassées et revêtues de gazon dans leur glac
aux canaux : cette distribution simple et néc
saire paroit être un ornement convenu, et of
le spectacle le plus agréable. Chaque pièce
canne est une ile carrée, élevée dans les p
fortes phieau-deuusdanive, dese eaux, auta
parla fouille des terres que parle remblai qu'
en fait dans les pièces. On communique donc
l'une à l'autre par des ponts, et de belles lev
terrassées et revêtues de gazon dans leur glac --- Page 111 ---
D E M O N V OY A G E.
eg grand bois, non desséché, termine la persective dans le fond; et les terres voisines, tra-.
aillées selon le même plan, présentent, sur les
eux bords de la rivière, le même aspect de
ulture, de: richesse et d'ornement, sans autres
ifférences que celles des plantations en sucre, 2
afé ou cacao. C'est un coup-d'oeil enchanteur
ue celui d'un belvéder dans la rivière de Comrisne. La somptuosité des bâtimens, des jardins;
multitude d'allées plantées en arbres fruitiers,
arallèles ou perpendiculaires à ces canaux diers;lat beauté vivace des plants de cannes, café,
acao; le mouvement perpétuel de cette rivière
oujours couyerte de chaloupes, et les ateliers
ombreux de plusieurs habitations, me rappepient les plus riches paysages de l'Europe.
Mais à force de bien faire, et de faire de belles
noses, ces messieurs se sont ruinés; et l'on ne
pit en accuser ni leur plan ni leur terre, mais
abus excessif du crédit dont ils jouissoient, et
chute subite des cafés dont le haut prix les
voit enivrés.
Autant j'ai admiré les travaux bien entendus
- la culture et du desséchement, ainsi que les
omunodités locales que se procurent les habiins, autant je blâme le luxe insensé de leurg
Atimens.
3.
--- Page 112 ---
C O M P T E R E N D
J'aimois fort à trouver, en débarquant sur une
habitation, un quai propre et commode, et un
chemin carrelé, au moyen duquel j'arrivois san
m'embourber à la maison du maître. Je louoi
aussi mon hôte d'avoir un joli jardin bien
d'arbres fruitiers et de
garn
légumes, et une basse
courabondamment pourvue. En comparant tou
cela à la mesquinerie, à la
misère de
malpropreté et à l
Cayenne, j'étois tenté de me fair
adopter par les Hollandais, et de renoncer à l
France équinoziale; maisles Tuileries de M. d
Limes, et sa superbe manufacture, après le pre
mier moment d'enthousiasme, m'ont paru ex
travagans, et il a eu beaucoup d'imitateurs
moins en état que lui de suffire à ces folles dé
penses.
Nous devons donc considérer la colonie di
Surinam comme une des plus riches possession
de la Hollande, quoique la plupart des colon
soient dans la détresse. Les
propriétés ne reste
ront pas long-temps dans les mêmes mains, elle
passeront des débiteurs aux créanciers; mais l
somme des produits ne peut qu'augmenter.
paru ex
travagans, et il a eu beaucoup d'imitateurs
moins en état que lui de suffire à ces folles dé
penses.
Nous devons donc considérer la colonie di
Surinam comme une des plus riches possession
de la Hollande, quoique la plupart des colon
soient dans la détresse. Les
propriétés ne reste
ront pas long-temps dans les mêmes mains, elle
passeront des débiteurs aux créanciers; mais l
somme des produits ne peut qu'augmenter. --- Page 113 ---
D E M O N VOY. A G E.
omparaison des terres de Surinam à celles de
Saint-Domingue.
Js ne pense pas cependant qu'il y ait une
arité soutenable entre les terres de Surinam et
elles de Saint.Domingte; ili n'y en a pas dans
S produits en sucre c'est-à-dire, dans la
ontinuité des mêmes produits. Un acre de la
eilleure terre de Surinam rend quatre et cinq
arriques de sucre brut: : ce quirevient pour nous
dix par carreau, et le produit moyen des
onncs terres est de trois à quatre barriques par
cre : nous sommes au-dessus de ce tarif-là à
tint-Domingue. Autre différence à l'avantage
cette colonie : les bonnes terres y sont peranentes, et ne semblent pas même encore exir des engrais. A Surinam je considère la terre
mme factice; elle est, en quelque sorte, le
sultat d'une préparation chimique. Abonnte en nitres et en sels de toute espèce, lorsl'on la sépare des eaux de la mer, il faut l'ex-
() Le cafier en général rend beaucoup plus à Surim qu'à St-Domingue, 2 parce que nous n'y employons
e nos terres inféricures, celles des mornes ; et les Holdais au contraire y emploient leurs meilleures terres. --- Page 114 ---
IOO
Co M P T E R E N D U
poser plusieurs années à l'immersion de l'eau
douce, pour atténuer l'action des sels marins;
ensuite le laps de temps, 3 le travail de la
tation et l'abondance des pluies
végé
à fait; il faut la régénérer
l'épuisent tout
salée. J'ai
en y rappelant l'ean
vu, dans plusieurs iabitations, des
terres arrivées à CCS différens périodes de
lesse et de rajeunissement; mais
vieil
rations exigent des frais et du toutes ces opé
damment des
temps, indépen
dépenses primitives pour le des
séchement, dont nous sommes affranchisà Saint
Domingue. Je dirois donc, pour apprécier la
valeur intrinséque, l'industrie et le travail des
deux colonies, que nous avons une mine d'oi
dont la fouille s'est_faite sans peine et sans prin
cipes, tandis que les
d'une mine
Hollandais, possesseur
d'argent, en ont pavé toutes les ave
nues, et pratiqué de superbes escaliers
descendre.
pour
Manipulation des denrées dans les deuz
colonies.
ON fait à Surinam du sucre brut de bonn
qualité, et j'en ai été étonné. J'ai vu des canne
vertes, dans un temps tres-pluvieux,p produire d
très-beaux grains sans autre art ni précaution
a
prin
cipes, tandis que les
d'une mine
Hollandais, possesseur
d'argent, en ont pavé toutes les ave
nues, et pratiqué de superbes escaliers
descendre.
pour
Manipulation des denrées dans les deuz
colonies.
ON fait à Surinam du sucre brut de bonn
qualité, et j'en ai été étonné. J'ai vu des canne
vertes, dans un temps tres-pluvieux,p produire d
très-beaux grains sans autre art ni précaution
a --- Page 115 ---
D E M O N VOY A G E.
u'un chauffage bien suivi, et des équipages
apéricurement montés, mais deux nègres seument écumnent quatre chandières. Elles sont de
aivre, etj'ai remarqué, à la rapidité de la cuite,
ae nous avons grand tort de donner la prérence au potin.
Le café est d'un plus gros grain que celui de
int-Domingue, cti il n'y a rien à desirer pour
perfection de la culture, la beauté et le proait des arbres. Les glacis, sécherics, bacs,
oulins, magasins, sont d'une magnificence
ont nous n'avons pas d'idée; mais je n'ai
marqué aucune pratique utile qui nous soit
connue, et je leur ai fort conseillé de Ile pas
ntinuer à laver leurs graines dans les eanx
urbeuses de leurs fossés, ce qui donneau café
ce pays-là un goit détestable, auquel je n'ai
m'accoutumer.
omparaison du sol de Surinam à celui de la
Guiane française.
SURINAM et CAYENNE ne peuvent être mis en
rallèle que relativement au sol; car, sur tout
reste, il y a presque la même différence
'entre les colons Hottentots et ceux de la
ourraine. --- Page 116 ---
0 M P T E R E N D U
Lesdeuxsolsyquante aux parties constituantes
aux productions qui leur sont naturelles,
aux accidens des
e
saisons, sont absolument le
mêmes.
Les terres arides de Cayenne sont celles d
Surinam que j'ai parcourues à quinze lieues d
Paramaribo; même abondance desable et d'ar
gile; mêmes qualitésetespéces d'arbres,
et d'arbustes, de
d'herbe
quadrupèdes, oiseaux et in
sectes.
Les vases de paletuviers, les terres
friables des
noires e
pinotières, les savanes noyées; tou
se ressemble dans les deux colonies, hors la dis
tribution géométrique des plaines et des mon
tagnes, ou, pour mieux dire, des
des hauteurs.
bas-fonds €
L'ile de Cayenne est montagneuse
par-tout entrecoupée de bas-fonds
3 mai
tibles de desséchement
très-suscer
et de culture
La terre ferme qui
l'avoisine, Cnl remontan
chacune de ses rivières depuis Maroni
Kaw,p présentelemême désordre de distribution jusqu'
mais coinine on y trouve à chaque pas des terre
basses permanentes, 3 je regarde comme un avar
(*) On en verra incessamment la preuve par le petit
quej je fais faire àl la porte de la ville.
esse
oupée de bas-fonds
3 mai
tibles de desséchement
très-suscer
et de culture
La terre ferme qui
l'avoisine, Cnl remontan
chacune de ses rivières depuis Maroni
Kaw,p présentelemême désordre de distribution jusqu'
mais coinine on y trouve à chaque pas des terre
basses permanentes, 3 je regarde comme un avar
(*) On en verra incessamment la preuve par le petit
quej je fais faire àl la porte de la ville.
esse --- Page 117 ---
D E M O N V O Y A G E.
kagela proximité des terresh hautes, en ce qu'elles
procurent la ressource des bois, vivres et eau
Hlouce, et qu'on peut s'y établir sans frais en
cultivant les terres basses ; au lieu que les Hollandais sont obligés de se loger dans leurs marais, d'y creuser des citernes voûtées en briques,
'aller chercher fort loin les boisde construction,
etd'attendre, pendantdeuxou: troisans, queleurs
vases soient dessalées avant même de pouvoir y
recolter des vivres.
Depuis la rivière de Kaw jusqu'à
pn rencontre plus communément de Oyapock, s
plaines de pinotières et de paletuviers; les grandes
montagnes s'éloignent jusqu'à trois, quatre et cinq
ieues dans les terres; et c'est là qu'on pourroit
fonder une colonie contigué et aussi considéFable que celle de Surinam, en conservant touours l'avantage de la proximité des bois, des
ivres et des eaux douces, que les Hollandais
'ont dans aucune de leurs
rivières, car leurs
plantations sont circonscrites dans un mnarais de
juinze lieues carrées. Ainsi la marée y remonte
ans difficulté jusqu'à cette distance et au-delà;
e qui n'arrive point chez nous, où elle n'est
rès-sensible qu'à huit et dix lieues, à cause de
a plus grande élévation des terres.
La rivière de Surinam présente absolument le --- Page 118 ---
U 0 M P T E n E N D U
niémeaspect que celled'Approuague. Lal branch
de Kouronai y
cette
et
fgrecolisdcCamiane, dan
rivière de Kourouai, on trouve une seul
plaine de pinotières qui a plus de quatré licue
carrées. Ce n'est donc pas une question
l'emploi utile et le desséchement
qu
terres basses de la Guiane
possible de
vons y travailler avec moins française; de frais nous pou
et de mag
nificence, et plus de ressources locales
ont eu les Hollandais. Mais si
que n'e
paré le sol on en vient à l'examen après avoir com
hommes, c'est
respectif de
calorsqu'on est rebuté et arrêté
la dégradation du caractère de
pa
nos habitans
Pauvres,ignorans, et satisfaits de leur manièr
d'être, enivrés de leurs préjugés, de leurs
tiques, ils s'irritent des secousses
l'on pra
droit donner à leur
que
vou
apathie. Accoutumés
recevoir du roi et de ses adininistratenrs de
secours de toute espèce, ilsn'en tiennent aucu
compte. L'esprit pnblic, l'émnlation, le desi
d'être, n'existent point ici;e et c'est un effet natu
rel d'un siècle de léthargie. L'empire de l'habi
tude est le plus puissant de tous, et toutes 1
habitudes (*) de ce pays-ci tendent
- tion des facultés del
à l'obstrud
l'esprit et du corps.
(*) Absence d'arts etd'industrie, 3 abus de liqueurs forte
ennent aucu
compte. L'esprit pnblic, l'émnlation, le desi
d'être, n'existent point ici;e et c'est un effet natu
rel d'un siècle de léthargie. L'empire de l'habi
tude est le plus puissant de tous, et toutes 1
habitudes (*) de ce pays-ci tendent
- tion des facultés del
à l'obstrud
l'esprit et du corps.
(*) Absence d'arts etd'industrie, 3 abus de liqueurs forte --- Page 119 ---
D E M 0 N
0 Y A C E.
Ilne faut donc pas compter sur la génération
hetnelle; mais en présentant d'autres vues J
l'autrés moyens à celle qui suit; en mettant'sous
ses yeux des mouvemens et des ressorts plus actifs, des exemples et des leçons, elle en profitera :
et tel est l'objet que je me suis proposé dans ce
que j'ai fait et écrit
Jc sentis à Surinam la nécessité de m'attacher
n homme capable, qui,aux talens d'un ingéhieur, joignit la pratique et les vues d'un cultivateur, et j'en fis la recherche avec soin en embloyant pour cela les amis et les ennemis du
couvernement : persuadé qu'un sujet qui réuniPoit le suffrage des denx partis seroit un
homme intéressant. Je le trouvai dans la
onne du sieur Guisan, lieutenant des milices, perrégisseur de la sucrerie de son oncle, fort enletté, et employé par le gouverneur en qualité
W'ingénieur dans la rédaction des plans de la
tolonie.
Après toutes les informations
Rvoir promis à l'oncle et au neveu convenables, et
un sort relaacilité de la péche et de la chasse pourla nourriture, molesse resultanted du climat,mauvaises moeurs, disette de bons
modèles.
(*) Ilfaut donc que les enfans me pardonnent la sévérité
que me reprochent leurs pères. --- Page 120 ---
C 0 M P T E R E N D U
tifa aux talens du sujet, je m'adressai à M.
veu et au commandeur; je leur dis franche- Nep
ment :
J'ai un service essentiel à vous demander.
Vous connoissez maintenant tous nos projets
sur Cayenne, et ils ne peuvent vous alarmer.
Mais enfin j'ai celui de faire un canal, de dessécher les environs malsains de la ville; nous
n'avons personne d'entendu en cette partie : or
mn'en propose cinq ici (je les nommai tous, ei
le sieur Guisan le dernier), je vous prie de m'in
diquer le meilleur sujet et de me le donner
Ces messieurs donnèrent unanimement la préfé
rence au sieur Guisan, et me le recomman
dèrent comme un homie précieux, dont ils Se
privoient à regret, et uniquement par
moi. J'assurai alors mille écus de traitement: égardpou
cet oflicier, et la promesse d'un brevet
nieur : il est suisse, et partant
d'ingé
régnicole ; je l'a
amené, et il opère. Il apprend maintenant au
habitans de Cayenne comment on fait un fossé
une digue et une écluse. Son théâtre de démons
tration est dans les bas-fonds de la terre que j'a
acquise, pour le roi, du sieur de Préville,
ensuite à la porte de Cayenne, dans les paletu
viers qui bordent la rivière, et que je fais abattr
actuellement.
isse, et partant
d'ingé
régnicole ; je l'a
amené, et il opère. Il apprend maintenant au
habitans de Cayenne comment on fait un fossé
une digue et une écluse. Son théâtre de démons
tration est dans les bas-fonds de la terre que j'a
acquise, pour le roi, du sieur de Préville,
ensuite à la porte de Cayenne, dans les paletu
viers qui bordent la rivière, et que je fais abattr
actuellement. --- Page 121 ---
D E M O N V OY A C E.
Commerce.
LE tableau du produit de la colonie de Surinam que j'ai déja cité, détermine
somme de son commerce. Les
l'objet et la
véritables
aires du revenu étant les créanciers propriéjui sont en même temps
d'Europe,
commissionnaires, et
Armateurs, chacun d'eux, ou plusieurs réunis,
nvoient leurs bâtimens chercher les denrées
lestinées aux paiemens des intérêts et des capiaux; ils ont en sus le bénéfice de la
ant sur la vente de ces denrées, commission,
u'ils font à
que sur l'envoi
Surinam en comestibles, ustensiles
t marchandises sèches.
On conçoit que cette importation diminue
hison de l'état de détresse où sont
en
Ps habitans : toutes les consommations aujourd'hui de
bnt interdites aux débiteurs obérés. Les luxe
hissionnaires, leurs créanciers, envoient comement fepprovisionnement
stricannuel en subsisances et ustensiles
d'habitations; et comme il
ya point ou fort peu d'armateurs
ui n'y aient des
pourSurinam
hypothèques 3 le commerce
est naturellement réduit au transport des denLes et à l'envoi du nécessaire
usuel, ou à une
es-petite addition du superflu. --- Page 122 ---
a
C O M P T E R END U
Cependant soixante - dix gros navires son
consacrés aux relations annuelles de Surinan
avec la métropole.
La
Nouvell-Angleterre enlève ses sirops, 3 e
portoit, pour les payer, avant la guerre ac
tuelle, des farines, bois, animaux, poisson
salés, etc.
Cinquante bâtimens étoient
employés à C
cabotage, qui est fort dérangé parles incursion
fréquentes des corsaires royalistes : j'aurai occa
sion d'un citer un exemple tout-à-l'heure.
L'importation des noirs, qui alloit, avant. l
chute du crédit, à cinq à six mille par année,
presque entièrement cessé ; il ne s'en est pa
vendu quinze cents en 1776, et j'ai vu, pendan
mon séjour, un négrier repartir pour Démérai
sans avoir ouvert sa vente, parce que les habi
tans ne disposant plus de leurs revenus,
sont ou saisis ou hypothéqués à leurs créanciers qu
ilne leur restoit d'autre moyen d'acheter qu'e
lettres-de-change sur leurs correspondans, qu
n'en veulent plus accepter. Si les choses resten
long-temps dans cet état, que les débiteurs n
soient pas tout-à-fait dépouillés ou mieux trai
tés par les bailleurs de fonds, la colonie dé
clinera sensiblement, faute de remplacement d
mobilier périssable.
us,
sont ou saisis ou hypothéqués à leurs créanciers qu
ilne leur restoit d'autre moyen d'acheter qu'e
lettres-de-change sur leurs correspondans, qu
n'en veulent plus accepter. Si les choses resten
long-temps dans cet état, que les débiteurs n
soient pas tout-à-fait dépouillés ou mieux trai
tés par les bailleurs de fonds, la colonie dé
clinera sensiblement, faute de remplacement d
mobilier périssable. --- Page 123 ---
D E M O N V 0 Y A G E.
Si Cayenne étoit quelque chose, ou qu'il y
At un parti pris pour lui donner une forme,
he existence quelconque, nous aurions un trèsFand avantage à établir un cabotage avec Sunam. Le gouvernement s'y prêteroit volontiers
ans ce moment-ci, où l'absence des insurgens
s expose à de fréquentes privations. Le
gouerneur m'a offert de nous fournir des nègres à
es-bon compte; ils recevroient en échange des
rines, du vin, huile et autres comestibles qui
ur arrivent indirectement, et dont ils sont
rec raison très-mécontens
Ce supplément d'importations contribueroit à
vifier Cayenne; et si nous parvenions, comme
l'espère, à y établir une pêche réglée, une
ploitation de bois, les Hollandais recevroient
Assi nos poissons salés et nos planches par prérence, à cause de la commodité du voisinage.
ais il faudroit pour cela leur acheter des
gres et iln'y a que le roi qui puisse ici
5) M. Nepveu m'a fait entendre que sa compagnie se
eteroit, à certaines conditions, à recevoir les bateaux de
yenne.
**) L'objet principal du gouverneur, 2 en me proposant
te fourniture de nègres, 2 étoit de rappeler les armateurs
griers qui paroissent décidés à abandonner Surinam ; et --- Page 124 ---
C M P T E n E N D U
lespayer, en les destinant aux
Nos
travaux
habitans ne sont
proposés
un crédit
point en état de
et d'en profiter.
supporter
Pendant mon séjour à Paramaribo,
quoit de provisions
on y mantielles. Ils ont
d'Enrope les plus essenhabituellement du vin
qu'on leur vend pour du vin de
détestable
qui a toute la platitude du vin de Bordeaux, et
étoit à quinze sous la
Brie. Le pain
geable pour des
livre, et n'étoit pas man.
tout ce
Français. Je donnai en
qui me restoit de vin et de
partant
la petite provision nécessaire
farine, moins
pour mon retour:
maisjammonçai un envoi considérable de
qu'on paroissoit attendre
farines
avec
et j'ai eu la mortification de reconnoissance,
tuer, par la disette où
ne pouvoir l'effec
la
nous a mis
perté totale de
nous-mêmes
derniers mois
Tapprovisionnement des six
pas man.
tout ce
Français. Je donnai en
qui me restoit de vin et de
partant
la petite provision nécessaire
farine, moins
pour mon retour:
maisjammonçai un envoi considérable de
qu'on paroissoit attendre
farines
avec
et j'ai eu la mortification de reconnoissance,
tuer, par la disette où
ne pouvoir l'effec
la
nous a mis
perté totale de
nous-mêmes
derniers mois
Tapprovisionnement des six Maurs.
da N'AYANT pas voyagé pour mon
retrancher de mes observations compte, j'ai
toute personcette idée n'est point à dédaigner de
parolt essentiel de nous lier avec les notre part. Il me
tenir la préférence sur les nouveaux Surinamois, et d'obfois Cayenne est jamais quelque Angleterriens, si toute-
() Je veux parler des
chose.
1200 quarts de farines pourries --- Page 125 ---
D E M O N vo Y A G E.
alité,etla séduction mêmeque produitnécesaiement une continvité d'égards, d'attentions et
bons procédés. Jen'oublierai jamais sl'accueil
Rej'ai reçu à Surinam, etj jen'entends pas parles démonstrations extérieures, les compliens et les honneurs dont on m'a accablé: je
ois en avoir aperçu et expliqué les motifs;
ais en peignant avec vérité les intérêts, les
tractères des hommes avec lesquels j'ai eu à
hiter,jene dois point laisserignorer que, dans
us les détails de société, dans toutes les cirnstances où l'on peut saisir et voirles hommes
Is qu'ils sont,j j'ai reconnu des moeurs douces
franches, et n'ai trouvé, pour ce qui me
ncerne, qu'aménité, desir de plaire et génésité. Nous avons visité, dans nos
elques habitans fastueux; mais le plus courses, >
mbre nous a reçu avec une politesse grand et un
pressement naifs, et notre société, composée
deux partis ennemis, s'est constamment
inie pour nous plaire. Ces gens-là sont encore
sont arrivés la veille de mon départ pour Surinam.
norois cet accident à Paramaribo 1 et je calculois que,
nous démunir,je pouvoisleur envoyer,au prix coltant,
x ou trois cents quarts de farine qui auroient été bien
us. --- Page 126 ---
M P T E RE N D U
plus faciles et plus confians que les
je me garderois bien de croire Français, et
caractère national,
que tel est le
point dans les colonies. parce qu'on ne le conserve
Les personnes avec les
quelles nous avons vécu
de dix-huit à
intimement, au nombre
la classe des vingt, seroient par tout pays de
gens aimables et instruits; il
est arrivé souvent d'être
nous
parmi
vingt-cinq à table,
lesquels, nous seuls Français,
vions aucune différence de
n'aperce
de langage des
ton, d'éducation
étrangers à nous. Nos
nos bons écrivains, dans tous les théatres
intérêts civils et
genres ; nos
dotes les plus
politiques, et jusqu'aux anec
telle étoit la récentes de la cour et de Paris
matière des conversations
dans notre société,
familière
Rien ne prouve mieux, ce me semble,
et la primauté de la nation
l'écla
empressement des autres française, que ce
notre niveau,
peuples à se mettre
sans exiger de nous, lors mêm
que nous nous trouvons chez eux,
paroissions occupés d'eux, de leurs que nou
leurs usages : mais, loin d'abuser de intérêts, de
rence, nous devons leur accorder cette défé
d'une meilleure éducation,
l'avantag
si facilement, outre les puisqu'ils acquièren
connoissances
sont propres, celles
qui len
qui nous
comme Français.
appartiennen
notre niveau,
peuples à se mettre
sans exiger de nous, lors mêm
que nous nous trouvons chez eux,
paroissions occupés d'eux, de leurs que nou
leurs usages : mais, loin d'abuser de intérêts, de
rence, nous devons leur accorder cette défé
d'une meilleure éducation,
l'avantag
si facilement, outre les puisqu'ils acquièren
connoissances
sont propres, celles
qui len
qui nous
comme Français.
appartiennen --- Page 127 ---
D E M o N vo Y A C E.
être compris les
Dans cet éloge ne peuvent
comme
ordinairesqui, dans leur pays
bourgeois
s'en tiennent pour toute instrucdans le nôtre,
héréditaires de
tion aux usages et aux pratiques
les
leurs ancêtres. Je n'ai pu conpoltre que
Hollandais parlant français, et un grand nombre parmi eux n'a pas cet avantage; mais de leur en
m'informant dc leur manière de vivre,
position, de leur fortune; en visitantleurs maisons de ville et de campagne, j'ai aperçu d'os- que
de ce pays-là étoit un luxe
le ton général
réelle, et une écotentation sans jouissance
nomie sévère dans l'intérieur.
uniforme et
C'est peut-être la seule nuance
colonie
; carla
sensible au premier coup-d'ceil d'étrangers que de
de Surinam renferme plus
les
Hollandais : ainsi chacun d'eux y apporte
se fondent à la longue
godts de son pays, qui
les moeurs, mais
dans ce que j'appelle, non pas
de cellesles habitudes coloniales A juger
la censure ecclésiastique que j'en ai vu
ci par serois fondé à les croire très-corromfaire, je
toutes les colonies où
pues et en général
(*) Dans mes mémoires sur St-Domingue. ; le ministre,
Nous assistàmes à un prèche xAvec frangais; la permission de
mauvais orateur, débuta ainsi :
3. --- Page 128 ---
C 0 M P T E R E N D U
l'esclavage est établi, se ressemblent de
là : iln'y a de différence
ce côtéMais le défaut de
que du plus au moins.
Surinam
culte pour les esclaves de
ajoute à l'avilissement de leur
ils n'y peuvent suppléer par des notions sort;
rales qu'on ne leur inculque
moabrutissement
point, et que leur
ne sauroit comporter. Leur
ainsi réduità T'instinctanimal,
état
maîtres à un mépris
accoutume leurs
humaines
injuste pour des créatures
; ce qui iinflue nécessairement
sur les
meursdonestiques. Alors les passions
de frein, les actions
n'ont plus
misesal'autorité
publiqnes sont seules soudes lois ; mais tous les
mens intérieurs
dérégleobstacle.
croissent et se multiplient sans
Celui qui conduit par la force des
hommes sans principes,
moralité,
dépourvus de toute
leurs
qui ne parle qu'à leurs bras et à
muscles, qui ignore et veut
sont animés et intelligens
ignorer qu'ils
homme doit être fort comme lui; un tel
indifférent sur ses
devoirs, ou plutôt il en borne l'étendue à
>> S. E. M.le gouverneur et du très-noble
> dirai, MM., que vous attirez la
conseil, je vous
> ce pays-ci par vos débordemens. Vous malédiction du ciel sur
> lards, des impies, gourmands,
êtes tous des pail-
> blasphémateurs: : comment
avides, chicaneurs 2
> couduite, que la colonie voulez-vous, : avec une telle
prospère > ?
irs, ou plutôt il en borne l'étendue à
>> S. E. M.le gouverneur et du très-noble
> dirai, MM., que vous attirez la
conseil, je vous
> ce pays-ci par vos débordemens. Vous malédiction du ciel sur
> lards, des impies, gourmands,
êtes tous des pail-
> blasphémateurs: : comment
avides, chicaneurs 2
> couduite, que la colonie voulez-vous, : avec une telle
prospère > ? --- Page 129 ---
D E M o N V O YA G E.
eux qui lui conservent les droits et privilèges
ecitoyen. Mais comment des républicains insFuits et qui ont si souvent développé avec énerie la dignité de l'homne, , ont-ils pu l'insulter
ans cette espèce noire en resserrant sans moification les liens de l'esclavage ? Pourquoi cette
hconséquence cruelle est-elle celle de tous les
cuples anciens et modernes, qui ont défendu
pur liberté avec le plus de courage? Les Rohains, les Grecs, les Carthaginois étoient d'une
ruauté atroce pour leurs esclaves; les Anglais
les Hollandais sont beaucoup plus durs
s Français; et les plus doux de tous les maîtres que
bnt les Espagnols, les Portugais, depuis
fur fanatisme, assouvi par le sang et le bap- que
me des infidèles, leur présente enfin les Inliens et les nègres convertis au nombre de leurs
ères. Je suis tenté de pardonnerà la
superstion toutes ses atrocités en faveur du soulaement qu'elle procure aujourd'hui à cette poron de l'espèce humaine qui en a été si longemps la victime.
Ilya cependant une distinction à faire parmi
s colons de Surinam. Ceux que la nature et
éducation ont fait justes et honnêtes traitent
brt bien leurs esclayes. Sur vingt-six habitaions que j'ai visitées, j'en ai yu dix ou douze --- Page 130 ---
COM P T B R E N D U
m'a satisfait; les nègres Y SOI
dont le régime
des chose
hetureux et abondamment heures pourvus de repos son
nédessaires; leurs jours et
les châtimens sont rares et modéré
respectés,
un maître sensé et hu
Quelle jouissance pour ainsi la récompense d
main, de se procurer habitans dort je parle or
sa justice! car les
nombreuse
dans leurs atcliers une population
chéris de leurs esclaves, et n'éprouver
sont
les désordres du marronage: leurspropn
jamais éxterminent les marrons quand ils vier
nègres
que le gouverneme
nent chez eux. J'ajouterai
hollandais, s'il étoit en cette partie exactemen
le nôt
de précaution que
obéi, a pris plus
le repos et la cOl
pour assurer la nourriture, 2
servation des esclaves.
ont besoi
Mais combien d'hommes grossiers
d'un frein actif et réprimant ! Les économes
qui ne vont pas une fois dan
les régisseurs,
ne sont assujettis à at
l'année au temple, qui
extérieure (*) de religion, q
cune pratique à traiter les nègres comme de
sont accoutumés
n'ont à craindre l'i
bêtes de somme, et qui
dans les grand
tervention de la police que
éclats bien constatés ; ces hommes, dis-je, se pe
Grand défaut de la religion réformée, et ces messieu
()
en convenoient avec moi.
pas une fois dan
les régisseurs,
ne sont assujettis à at
l'année au temple, qui
extérieure (*) de religion, q
cune pratique à traiter les nègres comme de
sont accoutumés
n'ont à craindre l'i
bêtes de somme, et qui
dans les grand
tervention de la police que
éclats bien constatés ; ces hommes, dis-je, se pe
Grand défaut de la religion réformée, et ces messieu
()
en convenoient avec moi. --- Page 131 ---
D E MI ON VOYAG E.
ettent des horreurs; ; et les esclaves, de leur 117
é, qui n'ont aucun espoir, aucun motif de
nsolation, qui n'entendent jamais parler d'un
ieu vengeur et rémunérateur, se
rellement à tous les excès de la portent nadésespoir. Telle est la cause unique vengeance de leurs et
alheurs domestiques,ilsla: sentent, ils la
le gouverneur
voient;
xactitude
inspecte et punit, avec plus
qu'on ne l'a jamais fait, les abus
Autorité: aussi le marronage est-il moindre
e le passé.
Profitons de cet exemple, et redoublons de
Ins et de précautions pour contenir les mafset perpétuer aux esclaves les secours et les
insolations de la religion.
Départ de Paramaribo.
Aprèsavoir employé trentesixjours. à voir, enAdre et rechercher tout ce qui pouvoit m'inesser, je déterminai enfin mon départ au
At, malgré les instances réitérées
rouvions
que nous.
pour prolonger notre séjour; mais
incident tout neuf me mit dans un grand
barras.
F'avois trouvé à l'entrée de la rivière de Su- --- Page 132 ---
C 0 M P T E R E N D U
rinam, un corsairea anglais(*) qui avoit déja fai
plusieurs prises sur les insurgens, et
moit la colonie. Il recruta
qui affa
deux autres
pendant mon séjou
corsaires, et continuoit à
mouillé en flotte avec ses prises à
reste
chure de la rivière. Deux de
l'embou
secrètementà Paramaribo
ses gens vinrer
examiner
et furent entendus par le sicur Monache magoëlett
la commandoit et qui parle
9"
eux des propos alarmans anglais, tenir entr
>
pour nous : CC Voilà
disoient-ils, un bâtiment excellent
e course, cette petite artillerie de pour
>> conviendroit fort;
fonte not
notre
>> bien de
capitaine feroit fo
changer avec ce Français. >
Sur cela, le bruit se répand dans la
ce corsaire a le projet de m'enlever ville qu
uf royaliste irrité des
; que c'e
procédés des martin
quois, et qu'en sa qualité de jeune
il pourroit bien se
homme (*
administrateur
permettre d'insulter u
la
français qui lui tomberoit
main. Le sieur Monache,
SOt
officier,
qui est un bray
de paroissoit aussi persuadé- que les at
tres,
ce projet du corsaire ; et M. Nepve
(*) Il ne pouvoit nous visiter en
sous le vent.
entrant, parce qu'il ét
Il avoit vingt ans.
és des martin
quois, et qu'en sa qualité de jeune
il pourroit bien se
homme (*
administrateur
permettre d'insulter u
la
français qui lui tomberoit
main. Le sieur Monache,
SOt
officier,
qui est un bray
de paroissoit aussi persuadé- que les at
tres,
ce projet du corsaire ; et M. Nepve
(*) Il ne pouvoit nous visiter en
sous le vent.
entrant, parce qu'il ét
Il avoit vingt ans. --- Page 133 ---
D E M ON - O Y A G E.
ui n'avoit à sa disposition
Dateau
qu'un seul petit
inférieur au mien, étoit
aunilié de ne pouvoir ni chasser singulièrement le
hi me préserver d'insulté. On
corsaire,
tes entrefaites, que le corsaire apprend, dans
istes et
a arrêté royainsurgens, et qu'il a enlevé les
bécheurs d'un Hollandais
nègres
On le déclare
forban; on ne veut plus nous laisser
Quelques Hollandais de bonne
partir.
puriosité, s'aventurent à aller volonté, lui
ou par
kux uns il se dit royaliste,
faire visite;
gents, et demande à
aux autres insurendant français
tous quand M. Pinponfirmer les bruits partira. C'en est assez pour
pris, pillé,
répandus; on me voit déja
possible de dégradé sur le sable; il n'est plus
songer au départ. On fait d'autres
projets pour me rendre par terre à
pour garder Mad. Malouet
Marroni, et
obre : tout cela ne me jusqu'au mois d'octidai le
convenoit pas. Je détenance gouverneur, fort embarrassé de sa con-
envoyer un officier au
pour lni demander qui il étoit
corsaire
Pation de ses papiers,
et communiavec invitation à lui, de
(*) Il ne fit cet enlevement
heur l'eut fait visiter.
qu'après que le gouver-
Par la disette desmoyens. --- Page 134 ---
C O M P T E R N D U
s'en aller et de laisser libre l'entrée de la rivière Cette mission
s'exécute; et le rap
port des envoyés n'est point satisfaisant; i
leur montre une commission du congrès, et
avoit à ses côtés trois prises faites sur les insurgens: il s'annonce comme devant partir tous
les jours, et il ne part point; il va seulement
le lendemain inouiller au large, à une.lieue de
l'embouchure. Ce corsaire étoit un
de 18 canons, monté de 200 hommes brigantin d'équipage, qui avoient toujours le boute-feu à la
main, et l'équipage de leur chaloupe avoir
cherché à débaucher celui de ma goëlette.
pris même que plusieurs de mes
J'ap
toient de déserter : le fait vérifié,,je gens fis proje
dre les deux plus mauvais sujets
pren
qui furent
emprisonnés au fort de Paramaribo.
Dans cet intervalle, le sieur
pitaine d'un bateau
Desjardins, cavoit à Paramaribo martiniquais qui se trouen même temps que
se décide à partir malgré la
moi,
il est visité
le
peur d'être pris
par corsaire, et me mande
connoft le capitaine et le bâtiment
qu'il
pour
(*) A voir le rapport no 10, deuxième câhier des
pièces jointes sous le titre Corsaire anglais.
Voyez la lettre du sieur Desjardins, même cahier,
no II.
d'un bateau
Desjardins, cavoit à Paramaribo martiniquais qui se trouen même temps que
se décide à partir malgré la
moi,
il est visité
le
peur d'être pris
par corsaire, et me mande
connoft le capitaine et le bâtiment
qu'il
pour
(*) A voir le rapport no 10, deuxième câhier des
pièces jointes sous le titre Corsaire anglais.
Voyez la lettre du sieur Desjardins, même cahier,
no II. --- Page 135 ---
D. E M O N V Or A C E.
royaliste. Me voilà donc très-incertain de l'événement et décidé cependant à m'en
parce que nous n'avions
aller,
qu'à Surinam les
pas plus à Cayenne
moyens d'en imposer à un
brigantin de 18 canons. Je fis alors cette réflexion-ci, à laquelle il n'y avoit point de
réplique : C Le corsaire,
b est mouillé à deux dis-je au gouverneur,
lieues et demie de
>> et tire onze à douze pieds
terre
> n'en tire
d'eau, ma goëlette
que sept, ainsi
) terre une lieue
je peux raser la
plus donc
près que lui; je n'ai
point à craindre ses 18 canons et
200 hommes : s'il veut
ses
avec ses
m'enlever, ce sera
chaloupes; or, nous pouvons
votre secours nous défendre très-bien
par
des chaloupes. Armez
contre
mettez-y 30 fusiliers votre petit batean,
et 10
12 et 6 canons d'une livre: pierriers, j'en ai
donnez moi des
soldats, des munitions, nous nous
rons des chaloupes et du corsaire moqueCela fut ainsi
>>
nadame
arrangé et exécuté; mais
Malouet avoit quelque
répugnance
(*) Voyez ma réquisition au
He la faire par écrit, afin de gouverneur, qui me pria
hécessité de lui donner
prouver à ses maitres la
une frégate
préserver de semblable
garde-côte, pour les
avanie, no 12 --- Page 136 ---
co M P T E R F N D 0
de mer; et quoiqu'il y eût
à voir un combat
du corsaire ne
tout à parier que les chaloupes
pas quand elles nous vernous approcheroient
le
roient ainsi armés, néanmoins gouvérneur
laisser emet toute la ville ne vouloient point
madame Malouet et sa fille, et il n'y
barquer
toute la côte jusqu'à Marroni
avoit point sur
point
de lieu propre à un embarquement,
rivière débouchant à la mer; le rivage
d'autre
est inabordable par terre
dans toute cette partie
à cause des marais et des savanes noyées.
Mais rien n'est impossible aux Hollandais,
cette occasion sur-tout, je ne saurois
et dans
de ce que
parler avec trop de reconnoissance
leur industrie et leur honleur ont suggéré
nêteté.
me dit le gouver
< Vous vous embarquerez,
à vingt lieues d'ici au poste d'Orange:
>> neur,
et un canal pour
un marais
> on va nettoyer
de la rivière de Col-
> vous porter en canot
la mner dé
>> lica (*) à ce poste; et quoique ferai translà à une lieue au large, je
> couvre
et à dos des nègres, des
>> porter par terre,
sur la vase
>> çanots légers pour vous pousser
aborder que dans de petites pi-
() "On ne pouvoit y
seul homme.
rogues platcs, conduites par un
:
>> neur,
et un canal pour
un marais
> on va nettoyer
de la rivière de Col-
> vous porter en canot
la mner dé
>> lica (*) à ce poste; et quoique ferai translà à une lieue au large, je
> couvre
et à dos des nègres, des
>> porter par terre,
sur la vase
>> çanots légers pour vous pousser
aborder que dans de petites pi-
() "On ne pouvoit y
seul homme.
rogues platcs, conduites par un --- Page 137 ---
D E M O N V O Y A G E.
> jusqu'à l'endroit où votre chaloupe
>> alors: vous y
flottera; ;
votre
embarquerez, et vous joindrez
goëlette qui ira vous
> teur du
attendre à la hauposte >,
Tout cela s'exécute en huit
et vingt canots sont
jours, 200 nègres
commnandés; et
que nous visitons le cordon de
pendant
plus belles habitations
Cottica et les
et on
de cette rivière, on ouvre
nettoye un canal d'une lieue, on
sur la vase les pirogues
dispose
nos
nécessaires, on voiture
cffets, on nous prépare des
poste, et.lc 27 un courrier
logemens au
la goëlette a passé sans
nous annonce que
ala hauteur
accident et nous attend
d'Orange. Alors il faut se
personnes qui nous
séparer,
dent en larmes et nous aussi; accompagnoient, fonde quitter notre
nous avions l'air
intimes. Ce dernier patrie, nos parens et nos amis
hommes
moment fut déchirant. Les
tivement veulent nous suivre et vinrent effecjusqu'à Orange; ils ne nous
que sur la vase, oùt nous fimes
quittent
nègres et poussés
portés par des
canots
pendant une lieue dans des
légersjusqu'a la chalompe
et nous mit à bord le 28
qui nous reçut
août. Le
quitter des gens aussi
regret de
mer et toutes les
intéresans, le mal de
fatigues que je venois d'éprouver, me firent bientôt tomber
malade. --- Page 138 ---
C O M P T E R E N D U
le 6 septembre à Marroni,
Nous mouillâmes frère venant de la Maroà je rencontrai mon
tinique, et qui s'etoit arrêté là en apprenant
retour de Surinam. Je retrouvai
mon prochain
toutes les traces de la
dans le poste français
m'af
misère et du délabrement de Cayenne, qui
fectoient encore plus en sortant de Surinam. de
J'engageai les sieurs Mentelle et Guisan
Marroni jusremonter la côte en canot, depuis
exacte
qu'à Sinamari, pour relever la position
de cette rivière et de celle de Mana; ce qu'ils
ont exécuté.
de M. de
Le 7,je reçus en mer un courrier forban anFiedmond, qui m'annonçoit qu'un l'alarme
glais couroit la côte et avoit donné
L'officier qui m'étoit depêché m'inà Cayenne.
j'aimois beaucoup
vite à retourner à Marroni; réduit à cette resmieux être pris, que d'être
forban
source : je poursuivis ma route; et le9,lei arrête
ou corsaire annoncé se présente, nous mais il
et nous visite : son début fut incivil, événement fàle répara par des excuses. Le seul
couche de
cheux qui en résulta fut une fausse
madame Malouet, qui entroit dans le troisième
mois de sa grossesse. échouer à Tentrée de
Le 11, nous vânmes
état,
Simamari où je débarquai en fort manvais
: je poursuivis ma route; et le9,lei arrête
ou corsaire annoncé se présente, nous mais il
et nous visite : son début fut incivil, événement fàle répara par des excuses. Le seul
couche de
cheux qui en résulta fut une fausse
madame Malouet, qui entroit dans le troisième
mois de sa grossesse. échouer à Tentrée de
Le 11, nous vânmes
état,
Simamari où je débarquai en fort manvais --- Page 139 ---
D E M O N vox A U E.
et nous avons fait le reste du voyage par terre
jusqu'à Cayenne, où la fièvre ne m'a quitté
que le 20 octobre.
Je finis là, n'ayant pas même le temps de
trelire et corriger les fautes de cette relation;
etje supprime, malgré sa longueur, beaucoup
d'autres détails intéressans que je inettrai en
brdre quelque jour
A Cayenne, 3 le 15 novembre 1777.
(*) Je ne les ai point mis en ordre dans le temps oi
Pavois a ma disposition toutes les pièces dont plusieurs
e manquent aujourd'hui, et oi ma mémoire pourroit
suppléer d tout ce que je n'avois pas écrit.
Cette négligence me condamne d produire les originauz qui me restent
Hans leur état primitif'; etje crois encore qu'ils ne seront
pas sans intérêt pour le lecteur. --- Page 140 ---
RE CHER C HES
E T
OBSERVATIONS
FAITES A SURIN A M,
Ex conséquence des ordres et instructions de
M. Malouet > par MM. MENTEL et
MITTEREAU.
RÉ P O N S E S
AUX QUESTIONS DE M. MALOUET,
Quels sont les différens droits supportés par la
colonie, en distinguant les droits permanens et ceur qui ne sont que momentanés
Quelle est laforme de répartition et deper
ception ?
On distingue cinq bureaux ou comptoirs de
perception dans la colonie de Surinam. Il se
paie dans le premier deux ct demi pour cent
des denrées que l'on fait embarquer pour lEu --- Page 141 ---
OBSE R V A T I 0 NS, etc.
ope. Dans le second on donne deux florins et
lemipartête d'esclaves de l'âge de quatorzeans
tau-dessus. Les enfans ne sont sujets qu'à la
noitié de cette capitation. Ces deux impôts se
rélèvent sur les cultivateurs du café, du cacao
t.du coton, en faveur de la compaguie mairesse du territoire. Les habitans sucriers n'y
ont pas soumis ; mais ils payent un sol par
vre de sucre qu'ils chargent pour la métroole.
On perçoit, dans le troisième comptoir, l'imosition mise sur la vente des liqueurs, à raison
un sol par bouteille. Cette dénomination comrend vins, bière, cidre, etc. Les conseillers
- police et les militaires en sont exempts. Les
onseillers de justice ne le sont que pendant
S quatre années de leur exercice. L'argent qui
rovient de cette rétribution, est destiné pour
colonie, et sert à payer les ministres, , les
aitres d'école et les gens pensionnés par le
ays. On prélève encore pour les droits de
glise, trois florins sur chaque colon propriéire, sans aucune distinction.
Le quatrième comptoirreçoit le tribut de deux
demi pour cent sur les maisons, après avoir
ralué leurs prix par arbitrage. Ces fonds sont
nployés à la réparation des chemins proche
L'argent qui
rovient de cette rétribution, est destiné pour
colonie, et sert à payer les ministres, , les
aitres d'école et les gens pensionnés par le
ays. On prélève encore pour les droits de
glise, trois florins sur chaque colon propriéire, sans aucune distinction.
Le quatrième comptoirreçoit le tribut de deux
demi pour cent sur les maisons, après avoir
ralué leurs prix par arbitrage. Ces fonds sont
nployés à la réparation des chemins proche --- Page 142 ---
0 B S E R V A T I O N S
la ville, àl'entretien des rues et canaux, et au
rétablissement des quais.
Enfin, dans le cinquième comptoir, qui es
établi depuis 1751, pour subvenir aux frais d
la guerre contre les nègres-marrons 2 on pay
deux fiorins par tête de nègre, et quatre pou
cent des revenus annuels de la colonie. Ce
taxes seront réduites au commencement del'an
née 1778, à six pour cent sur tous les produi
d'agriculture.
Les marchands résidans à la ville, et 9
n'ont point d'habitation, payent annuellcme:
quatre pour cent sur le gain qu'ils ont fa
après la vente de leurs marchandises. Ils sOI
obligés de donner chaque année l'état de
qu'ils ont dans leurs magasins, etils affirme
en justice s par serment, la vérité de cet
espèce d'inventaire.
Les débiteurs de mauvaise volonté 2 pour
qui regarde ces différens impôts, sont remis
la diligence du fiscal, qui les force, soit.p
prison, soit par l'exécution de leurs meuble
à liquider leurs obligations.
qu'ils ont fa
après la vente de leurs marchandises. Ils sOI
obligés de donner chaque année l'état de
qu'ils ont dans leurs magasins, etils affirme
en justice s par serment, la vérité de cet
espèce d'inventaire.
Les débiteurs de mauvaise volonté 2 pour
qui regarde ces différens impôts, sont remis
la diligence du fiscal, qui les force, soit.p
prison, soit par l'exécution de leurs meuble
à liquider leurs obligations. --- Page 143 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
Quelles sont les corvées fournics par les habitans, et pour quels objets ? Le Gouvernement peut-il en imposer d'eziraordinaires?
A la moindre réquisition, les habitans envoient, à tour de rôle, des nègres aux corvées,
soit pour les détachemens, dont ils portent les
provisions et autres bagages, soit pour les travaux du cordon. On leur paie chaque journée
de nègre deux escalins ; ce qui revient à
vingt sous de notre monnoie. Cet argent est pris
sur la caisse des marrons. Quand ils donnent
des esclaves pour la réparation des fortifications, c'est la compagnie qui fournit la solde
le ces journées sur les droits qu'elle perçoit. La
régence, c'est-à-dire, le gouverneur joint au
conseil de police, n'est point maîtresse d'établir
aucun impôt extraordinaire ; il faut des ordres
manés des Etats-Généraux : cependant, malgré l'opposition du conseil et de la colonie, le
ouverneur est en droit de passer outre; mais
lors il répond des événemens, et, s'il est imrouvé du souverain, tous les frais retombent
ur lui seul,
3.
--- Page 144 ---
BS E R
A T I O N S
Quels droits paient les commerçans étrangers?
Le capitaine d'un navire étranger, après la
déclaration vérifiée de sa cargaison, paie quatre
pour cent sur le gain qu'il a fait après la vente
de son capital. Ce droit est le même que celui
auquel sont assujétis les négocians nationaux
et résidens.
Quelle est la valeurestimée d'un acre de terre
planeé en cannes: s en café ou en coton
dans les paletuviers et dans les pinautières?
L'acre de terre planté en cannes s'estime 2
raison de son produit pendant une année, lors
qu'elles commencent à mirir; mais si elles son
jeunes, elles n'ont que la moitié de cette valeur
par exemple , si l'on sait par expérience que
l'acre de terre rend deux milliers de sucre , OI
réduit en somme cette récolte, et elle devien
la valeur de cet acre.
- Quand la plantation est en café, coton Ou
cacao, on évalue les arbres à raison de leu
beauté. Les plus vivacesw'estiment deux et troi
florins; les médiocres un florin. L'acre de terre
outre les arbres qui y sont plantés, a sa valeu
valeur
par exemple , si l'on sait par expérience que
l'acre de terre rend deux milliers de sucre , OI
réduit en somme cette récolte, et elle devien
la valeur de cet acre.
- Quand la plantation est en café, coton Ou
cacao, on évalue les arbres à raison de leu
beauté. Les plus vivacesw'estiment deux et troi
florins; les médiocres un florin. L'acre de terre
outre les arbres qui y sont plantés, a sa valeu --- Page 145 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
Atrinsèque : c'est ordinairement quarante flons, quand le terrain est reconnu pour excelnt. L'acre de terre non cultivé est plus prisé
hue celui qui est défriché. Les pinautières ont
à celui des paletuviers. Il y
n prix supérieur
s'estiment justels acres de pinautières qui
flou'à cent cinquante, et même deux cents
ns.
Duel est le prix "desjournées d'un manceuvre
blanc et d'un mancuvre noir? quel estleprix
estimé de leur subsistance ?
Il n'y a point à Surinam d'habitant qui n'ait
atelier
ou moins de nègres à talens:
son
ouvriers plus esclaves qui font tous leurs
e sont ces
, ou
Favaux, soit en menuiserie 3 charpente
etc. S'ils sont obligés d'avoir rehaçonnerie, blanc,
lors celui-ci se charge
ours à un
pour
tous les mae l'ouvrage en entier, et fournit
nécessaires. On n'entre avec lui dans
ceuvres détail, et on lui paie en gros l'objet de
ucun
Quelquefois on prend à gages
on entreprise. blanc, et son salaire est de cinouvrier
mois. Il est nourri sur P'hauante florins par
aides deux ou trois
itation. On lui donne pour
hègres des plus intelligens. --- Page 146 ---
OB SE R V A T I 0 N S
Quels soni les gages des économes des diffe
rentes classes, lounsumorporlopremite
Les gages des principaux économes son
depuis six cents florins jusqu'à mille cinq cent
selon leur capacité. On leur donne abondam
ment des provisions. Cette dernière dépens
peut s'évaluer à sept ou huit cents florins; mai
ils sont tenusdenourrir un économe subalterne
auquel le propriétaire donne deux cens florir
de gages par an.
A combien estime-t-on D'entretien annuel de
bâtimens du maitre, de la manufacture
etc.?
I/entretien des bâtimens de toute espèce
celui des écluses, la fourniture des outils
ustensiles d'agriculture, prélève un produit
deux et demi pour cent sur les revenus annue
de lhabitation.
A combien se monte Pentretien annuel
chaque nègre ? quels sont les jours et heur
de repos? comment sont cultivésleurs vivres
ont-ils des propriétés ?
L'objetle plus dispendieux à l'égard du nègr
.?
I/entretien des bâtimens de toute espèce
celui des écluses, la fourniture des outils
ustensiles d'agriculture, prélève un produit
deux et demi pour cent sur les revenus annue
de lhabitation.
A combien se monte Pentretien annuel
chaque nègre ? quels sont les jours et heur
de repos? comment sont cultivésleurs vivres
ont-ils des propriétés ?
L'objetle plus dispendieux à l'égard du nègr --- Page 147 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
'est sa nourriture. Ils sont presque nus. C'est
eaucoup si, pour leurs vêtemens, le maitre
ait une dépense de six aunes de grosse toile
ar an, pour chaque esclave. La loi ordonne
l'avoir un acre de terre planté en bananiers
t en tailloves pour la nourriture de chaque
lixaine de nègres. Tous les frais d'exploitaion et de culture sont à la charge du maitre.
I leur donne aussi du sel et du poisson salé.
Is n'ont de jour entier de repos que le dimanhe, demi - heure pour déjeuner, et une heure
t demie pour le dîner, journellement. Au reste
OUS les travaux se font à la tâche. Cette façon
l'opérer laisse aux nègres quelques heures de
écréation : ils les emploient 2 ainsi que le
limanche, à cultiver leurs jardins. C'est une
petite portion de terre dont le mnaître a fait les
grosses dépenses pour Ia dessécher ct la mettre
n état d'être plantée. Comme toutes les habiations sont situées sur les bords des rivières
et des criques, il est facile au nègre de se procurer du poisson frais et des crabes. On leur
procure aussi des aisances pour élever de la
volaille. --- Page 148 ---
OBS R V A T I O N S
chatimens sont-ils arbitraires ? n'y a-t-i
Les
Pinjustice de
aucune loi pour réprimer
maitres ?
Il y a des lois établies pour réprimer l'in
des maîtres ; mais elles sont assez ma
justice observées. On regarde même comme impossibl
arbitraire dans les chà
d'empêcher la puissance
timens. Il est très-rare de voir un maître en
lui-même les rigueurs de la justice pou
courir abusé de son autorité. On nous a dit ce
avoir
pendant que cela n'étoit pas sans exemple
de quelques-uns, qui avoient poussé 1
légard
violence à son dernier période.
Comment traite-t-on ceux qui sont malades
est-il d'obligation d'avoir ZT chirurgien su
chaque habitation ?
L'habitant, à Surinam comme dans presque
est le médecin de se
toutes les colonies 3
a K
esclaves. Ce sera l'économe, si ce dernier
soin direct de Thabitation. Si cependant il sur
maladie
on le met entre le
vient une
grave,
de
mains, ou des chirurgiens, ou des médecins
la ville. Le mal d'estomac, pour lequel ils ne
obligation d'avoir ZT chirurgien su
chaque habitation ?
L'habitant, à Surinam comme dans presque
est le médecin de se
toutes les colonies 3
a K
esclaves. Ce sera l'économe, si ce dernier
soin direct de Thabitation. Si cependant il sur
maladie
on le met entre le
vient une
grave,
de
mains, ou des chirurgiens, ou des médecins
la ville. Le mal d'estomac, pour lequel ils ne --- Page 149 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
bonnoissent point de remède efficace, en fait
périr beaucoup. Ils en perdent aussi par le
pian : leur traitement , dans ce cas, est le
même que le nôtre 7 c'est-à-dire les tisanes
sudorifiques, et le mercure par frictions. Les
nègres y sont aussi attaqués du mal rouge ou
adrerie, et d'éléphantiasis : dès lors ils sont
réputés incurables.
A combien se monte le remplacement annuel
des esclaves ? quelle est la nation qui réussit
le mieux az travail? le prix en est-ilvari8?
La circonstance fâcheuse où se trouve actuellement cette colonie ne permet pas de recede nègres du mois de
voir une grande quantité
janvier ou d'août de cette année 1777. Sur cinq
négriers arrivés dans le port, trois ont été
obligés de partir sans rien vendre. Dans des
heureux, le remplacement des nègres
temps plus
six mille
année.
peut monter à cinq ou
chaque
Leur prix est depuis quatre cent cinquante jusqu'à six cents florins. La nation qui réussit le
mieux est celle des Carmentins, des Carbaris 2
des Aradas, et en général toutes celles de la
Côte d'Or. --- Page 150 ---
0 BS E R V A T L O N
Quels sont les mayens imaginés pour réparer
le discrédit actuel des colons?
Il faudroit que les capitalistes dimintassent
l'intérêt des avances qu'ils ont faites, et au
lieu de six pour cent n'en exigeassent que la
moitié. Mais on n'ose se flatter de cette condescendance de leur part : le haussement du
prix - du café est la voie la plus sûre pour
retirer Phabitant de la gêne oùt il gémit. Avec
toute l'apparence de la richesse, il est panvre;
et la terre qu'il cultive donne des récoltes abondantes qui passent en d'autres mains.
Quels sont les moyens employés pour l'ertraction des bois? a-t-on tente des moulins à
planches 2 y a-t-il une classe d'hommes
blancs OU noirs qui se livrent à cet objet?
quelles sont les machines usitées pourfaci.
liter le transport des grosses pieces?
On observe pour l'exploitation des bois à
peu prèsle même procédé que pourles cultures.
On distribue des concessions dans les terres
hautes aux habitans qui veulent se livrer à ces
entreprises.Iisy mettent plus ou moinsdenègres
és pour l'ertraction des bois? a-t-on tente des moulins à
planches 2 y a-t-il une classe d'hommes
blancs OU noirs qui se livrent à cet objet?
quelles sont les machines usitées pourfaci.
liter le transport des grosses pieces?
On observe pour l'exploitation des bois à
peu prèsle même procédé que pourles cultures.
On distribue des concessions dans les terres
hautes aux habitans qui veulent se livrer à ces
entreprises.Iisy mettent plus ou moinsdenègres --- Page 151 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
ouvriers qui y exploitent des bois de charpente,
les planches, des madriers, des courbes, des
ouleaux pour les moulins à sucre. Ils ont soin
l'ouvrir en ligne droite des chemins pour en
aciliterlextraction. Iis emploientles machines
isitées muenouscomnoisoné, comme traineaux,
liables , palans, 7 pour les grosses pièces. Les
planches et autres menus bois se portent sur
a tête ou sur l'épaule. Ceux qui ont des Caprouets en font usage. Il n'y a jamais eu de
noulin à planches dans cette colonie. Quelues-unes de ses habitations ont jusqu'à cent
ersonnes, tant nègres que négresses. On y fait
les abatis, et on les brile à la mode de Cayenne
our y planter des vivres. On a soin aussi d'y
ntretenir des sa vanes pour lcs boeufs et autres
êtes de trait.
Fume-t-on les terres anciannement cultivées?
les laboure-t-on profondément?
On ne fait point usage de la charrue à Suriam. Lorsque les terres ancienneinent cnitivées
e détériorent, on intercepte la circulation des
aux dans tous les fossés, en y rapportant des
erresdedistancesen distances un peu dloignées:
ela forme autant de petites digues. Par ce --- Page 152 ---
OBS E R V A T I O NS
le terrain se trouve inondé, sur-tout
moyen dans la saison des pluies 2 et reste ainsi sous
l'eau douce pendant six à sept ans. Quelques
habitans ont soin de couper au sabre, pendant
Pété, les halliers et les arbrisseanx, dont on
laisse les débris pour former, , par leur putréfaction, un fumier sur le sol. Après ce lap
la terre abandonnée, , et
de temps on reprend fossés dans un sens con
on ouvre de nouveaux
On remue la terr
traire au cours des anciens.
etl'on plante. Au reste, ces terre
à la houe,
moins de temp
se reposent selon le plus ou le
de leur fer
qu'elles ont travaillé, et à raison
tilité et de leur médiocrité.
Taille-t-on les cafés etles cotonniers ? combie
donne-t-on par chaque année
de sarclages
sarcle-t-on dans le temp
dans chaque pièce?
des pluies 2
Al'âge de trois ans on étête communémen
la sommité produi
les cafiers; à mesure que
et on les arrêt
de nouveaux jets., on les coupe
e
à la hauteur de cinq pieds. L'arbre D'antres, gagne a
rondeur ce qu'il perd en hautenr.
: i
contraire, les laissent croître naturellement fruits
qu'ils en retirent plus de
prétendent
arcle-t-on dans le temp
dans chaque pièce?
des pluies 2
Al'âge de trois ans on étête communémen
la sommité produi
les cafiers; à mesure que
et on les arrêt
de nouveaux jets., on les coupe
e
à la hauteur de cinq pieds. L'arbre D'antres, gagne a
rondeur ce qu'il perd en hautenr.
: i
contraire, les laissent croître naturellement fruits
qu'ils en retirent plus de
prétendent --- Page 153 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM,
néanmoins ils sont obligés de leur couper la
tête, lorsque le cafier trop vieux donne des
bois mnorts à la sommité, et forme
appellent le
ce qu'ils
parasol : pour lors l'arbre
une nouvelle vigueur. Sadurée
prend
vingt-cing à trente
commune est de
livre
ans. Son rapport est d'une
et demie par pied. Il y a des
mais rares, où l'on compte de habitations, à
livres.
quatre cinq
A trois mois, on étête le cotonnier. Il
d'usage de n'en conserver
est
dnrécest deneufadix
qu'un seul pied. Sa
demi-1 livre.
ans. Son produitenviron
On le plante à huit et neuf
de distance. Après la récolte on taille les bran- pieds
ches mortes, et l'extrémité de celles
rapporté. On ne coupe le cotonnier qui ont
à six pouces de
au pied,
à
terre, que lorsqu'il commence
délinquer : il pousse alors de mauvais
tons et dure encore quelques
rejesarcle trois fois
années. On le
café
par an. Dans les habitations à
, on ne sarcle point pendant l'hiver,
parce que la récolte et la
chent.
fabrique en empêQuelleque soitla rigueur de la saison, le
y est toujours exposé; ;
nègre
à la maison,
jamais on ne le rappelle
une fois rangé au travail. --- Page 154 ---
OBS B R V A T I O N 3
A-t-on tenté la culture de Vindigo anciennement et actuellement?
On a fait des essais inutiles sur lindigo. Il
avec avantage aux soins
n'a jamais répondu
de la
du cultivateur. M. Nepven, gouverneur
années, de nou
colonie,af fait, depuisquelques: de réussite :
velles tentatives 2 avec aussi peu
d'indigo
à peine retire - t-il cinq à six livres
dont la grandeur est de dix pieds
par cuve, Vraisemblablement il sera contraint
en carré.
La terre trop hud'abandonner cette culture.
mide, et les pluies considérables qui règnent
seront des obstacles insurdans ces climats,
montables.
monte le nombre du bétail 2
A combien se
Prospère-t-il?
tous les habitans ont un petit trouPresque
et menu bétail. Le
peau clez eux en gros
des
réussit très-bien. Ils ont
savanes
mouton y d'un large canal où il y a toujours
environnées
sont contenus , et se
de l'eau. Les bestiaux y étables où ils sont à
retirent le soir dans des
à seize
Yabri. On peut compter environ quinze colonie.
mille têtes de gros bétail dans toute la
spère-t-il?
tous les habitans ont un petit trouPresque
et menu bétail. Le
peau clez eux en gros
des
réussit très-bien. Ils ont
savanes
mouton y d'un large canal où il y a toujours
environnées
sont contenus , et se
de l'eau. Les bestiaux y étables où ils sont à
retirent le soir dans des
à seize
Yabri. On peut compter environ quinze colonie.
mille têtes de gros bétail dans toute la --- Page 155 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
0 B S ERVATIO N S
Corraspondantes au notes de M. Malouet,
rapportées en marge.
Vérifier la qualité
des différentes terres 3 les signes guiles dis.
tingrent.
LES terres que les Hollandais de Surinam cultivent, sont les pinautières, les vases qui produisent les paletuviers et les periperis, beriberis
ou savanes noyées.
On reconnoit que les terres sont de bonne
qualité; savoir,
Les vases.
Lorsque les paletuviers y sont de belle venue,
que la vase est profonde, et qu'elle n'est point
mélée desable; on les laisse ordinairement longtemps sous l'eau, pour qu'elles se défassent des
sels, du soufre et du salpêtre qu'elles contiennent. Lorsquel'on est pressé d'en tirer parti,
ils suffit de lcs laisser bien exactement sous l'eau
douce pendant un an, et de les cultiver ensuite
un an ou dix-huit mois en mnanioc, point en
bananiers qui y viendroient mal.
Les pinautières.
Lorsque la terre en est brune, grasse ct homo- --- Page 156 ---
OBS E R V A T I O N S
de la profondeur ct n'étant point
gène, ayant
les manis et autres
mêlée de sable : les pinaux ,
beaux et vigoureux.
arbresy sont ordinairement
Les beriberis (*) ou savanes noyées.
dessus de ces terres est noir; et à six, douze
Le
au-dessous, on y trouve la
ou dix-huit pouces
glaise bleue ou gris d'ardoise.
de
dans les trois espèces
On reconnoit,
aux indices suiterres ci-dessus, les mauvaises
vans; savoir, 3
Les vases.
lieu de vase on n'y trouve qu'une
Lorqu'au
ou des bancs de
glaise jaunâtre ou blanchâtre,
sable tappe.
sable fin, de celui que lon nomme
Les pinautières.
ci-dessus désignent aussi les mauLes indices
à quoi on doit ajouter l'invaises pinautières; résidu de végétaux pourris
dice de la tourbe,
réduits en fumier, et
qui 1e sont pas encore
n'ont alors ni tenue ni consistance.
qui
Les beriberis.
lherbe nom
Lorsque la terre ne produit que
Queue de Biche.
inée, à Cayenne,
() Ce mot indien se prononce anssi, pripri.
Les pinautières.
ci-dessus désignent aussi les mauLes indices
à quoi on doit ajouter l'invaises pinautières; résidu de végétaux pourris
dice de la tourbe,
réduits en fumier, et
qui 1e sont pas encore
n'ont alors ni tenue ni consistance.
qui
Les beriberis.
lherbe nom
Lorsque la terre ne produit que
Queue de Biche.
inée, à Cayenne,
() Ce mot indien se prononce anssi, pripri. --- Page 157 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
Lorsque les pinautières ou les beriberis ont
té brôlées, et que la terre en est tout-à-fait
létériorée, ilr n'y croit plus rien. On refait ces
erres en les entourant de digues, et en les laisant sous l'eau douce pendant plusieurs années,
t jusqu'à ce que l'on juge qu'elles sont suffiamment refaites. Lorsque les terres ne sont pas
rop détériorées par le feu, on en tire encore
arti. On en a planté avec succès en coton, dans
es quartiers de Cotica et de Matapica.
Des travaur de desséchemens.
Après avoir abattu le bois, on chapuse et on
essouche fort exactement le terrain qui doit
tre occupé dans les digues et par les fossés d'enourage, c'est-à-dire, sur les côtés et sur le
evant des terrains. On peut faire plus négliemment les digues qui bornent le terrain par
errière, parce qu'ayant occasion d'agrandir sa
ulture de ce côté, la digue qui étoit alors d'enourage, devient, par cet agrandissement, une
haussée intérieure.
On commence par fouiller,jusqu'àla profoneur de la basse-iner, la partie du canal d'écoument qui va depuis l'endroit où doit être
écluse ou le coffre, jusqu'àda rivière ou crique --- Page 158 ---
BS E R V A T I 0 N S
ce canal. On pose ensuite
oû doit se dégorger
c'est un
le coffre ou bien on construitléclese-Ste calfaté avan
colfre,ild doit être bien exactement doivent être
de le poser; ce qui prouve qu'ils
lourds qu'on ne les a faits à Cayenne,e
moins
faire masse avec la chan
qu'ils ne doivent point
on les a liés.
pente considérable auxquels faites avec le meilleu
Les écluses en bois sont
aussi faits avec d
bois du pays. Les coffres sont
s'ils sont destinés à durerl long-temps
bon bois,
de
pou
maisquelquefois on en fait tràs-grossiers
alors on les faitquelquefot
un besoin passager: I
en sapin. d'an coffre doit faire, avec la lign
La porte
qu
horizontale, un angle un peu plus grand
degrés. Plus le terrain est petit
quarante-cing
le coffr
plus on doitapporter de soins pourque d'eau qu
ferme exactement, parce que le peu
feroit plus d'effet dans des fossés q
entreroit
d'étendue, que dans d'autres q
n'ont guère
en auroient beaucoup.
doit
jete
En fouillant les fossés, on
toujours l'o
deux
pelles sur le terrain que
les
premières
On fouille d'abord
se propose de cultiver.
le talus néces
fosséà pic, et on lui donneaprès dans les
saire, outre le talus en pratique
grand troi
des espèces de mnarches d'environ
canaux,
d'étendue, que dans d'autres q
n'ont guère
en auroient beaucoup.
doit
jete
En fouillant les fossés, on
toujours l'o
deux
pelles sur le terrain que
les
premières
On fouille d'abord
se propose de cultiver.
le talus néces
fosséà pic, et on lui donneaprès dans les
saire, outre le talus en pratique
grand troi
des espèces de mnarches d'environ
canaux, --- Page 159 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
ieds de largeur. On ne met pas toujours un
ertain nombre de nègres à l'entretien des fos3s; mais de temps en temps on les fait netpyer par un grand nombre d'esclaves : la
iche moyenne du nègre de pelle, est de cinq
ents pieds de longueur; caril y en a qui, dans
es terres aisées à fossoyer, en fonti jusqu'à sept
ents pieds.
On ne cliange point la tâche lorsque le fossé
evient plus profond, parce qu'alors lel nègre se
édommage de la peine qu'il a à jeter la terre
lus difficilement, en fouillant moins profonément. On compte qu'il faut huit pelles de
rofondeur pour faire celle de six pieds.
Lorsque l'on a de très. - grands canaux à ourir, commede cinquante ou quatre-vingts pieds
e large, on commence toujours par en ouvrir
n d'ane moyenne grandeur, comme de huit
u dix pieds, auquel on donne toute la profoneur que doit avoir le grand canal; ; cela donne
écoulement à une grande partie des eaux, et
end le terrain plus praticable, etc.
En finissant d'ouvrir le grand canal, on en
ecule les terres en les jetant à Ia pelle, et en
es remuant au moyen de la houc; alors les
égresses sont employées ayec ce dernier instrurent.
3.
--- Page 160 ---
OBS E R V A T I O N S
En réservant le long d'un grand canal une
doit servir à marcher, etc., on a soir
berme qui au-dessus des plus hautes eaux obser
de l'élever de former une digue, on doit tou
vées. Avant de dessus le terrain sur lequel or
jours ôter
l'établir, la première et la seconde pelle
veut
le fumier et les bois qui s'y trouvent
parce que
etc. On fait un fosse
causeroient des crevasses, le terrain oû doit être
de deux ou trois pieds sur
ce fossé de terre glaise
la digue; on remplit
pa
bien battue, que l'on met alternativement fondation Se
couches d'un pied. Ce fossé de
nomme à Surinam, tranche-aveugle. la tranche
Après avoir rempli exactement
aveugle, on forme la digue avec la terre que l'or
tirée des fossés; car on en fait deux, un de
a
côté de la digue qui termine le travai
chaque le derrière. On nomme à Surinam dame
sur
nommons
; d'oi l'on dit un
ce que nous
digue; qu'il est entoure
terrain damé, pour exprimer
de digues. le terrain entouré de digues est assez prè
Si
le mouvement des, eaux
de la mer pour que
est surl
puisse attaquer et détruire la digue qui
de
devant, on couvre le talus de cette digue
roches de grison, que l'on y jette constamment
assez de temps pour que le tout ne
pendant
s'enfonce plus dans la vase.
dit un
ce que nous
digue; qu'il est entoure
terrain damé, pour exprimer
de digues. le terrain entouré de digues est assez prè
Si
le mouvement des, eaux
de la mer pour que
est surl
puisse attaquer et détruire la digue qui
de
devant, on couvre le talus de cette digue
roches de grison, que l'on y jette constamment
assez de temps pour que le tout ne
pendant
s'enfonce plus dans la vase. --- Page 161 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
Le travail de la
digue se fait à la
comme la fouille des
tâche,
pied.
canaux, et sur le même
Lorsque l'on fait Ia fouille dans
veut construire une grande
laquelle on
une ou plusieurs
écluse, on y installe
capitaines de pompes que l'on emprunte aux
ce
les
navires qui se trouvent en
que
capitaines font très-volontiers. rade;
le bas des rivières où les bois
Dans
d'être attaqués par les
courroient risque
sont en
vers, toutes les écluses
mâçonne. Dans le haut des
l'on n'a pas les mêmes
rivières oà
qui veulent
risques, les personnes
économiser, font leurs
bois; mais les personnes
écluses en
très -
qui veulent travailler
solidement, font toujours leurs écluses
mnâçonne.
en
Dans les sucreries, le canal qui
hu moulin (*) a ordinairement
fournit l'eau
Hargeur auprès du
soixante pieds de
moulin, et trente pieds à son
(*) C'est une admirable industrie
maginer aux Hollandais d'écouler que celle qui a fait
hoyé quand la marée
les eaux d'un terrain
errain, quand elle baisse, et de recevoir dans le même
pour faire tourner un monte, une suffisante quantité d'eau
procédés nous sont moulin. - C'est parce que tous ces
es publier.
peu familiers, que j'ai jugé utile de --- Page 162 ---
0 ES E R V A T I O N S
Les branches de ce canal ont
autre extrémité.
trente pieds.
pratiqués de
Les canaux de desséchement environ seize ou
deux côtés de Phabitation, ont
pénêtrent
dix-huit pieds, et leurs branches qui
dans les pièces de cannes, ont environ quatre
pieds.
dans les terrains
Les fossés du desséchement
ou cotonniers,
plantés en caliers 2 cacaoyers de seize eàdix-hui
ont, savoir : ceux des côtes, sont dans Pinté
pieds de largeur, et ceux qui deux à deux de
rieur, ont huit pieds, et ils sont
de
côté d'une chaussée de vingt pieds
chaque
terres de ces fossés. Outre
largeur, formée parles
des habitations
fossés d'écoulement, il y a
ces
nègres et leur éviter de
qui,pour soulagerleurs font pratiquer, dans la
charrois consitérables,
de naviga
longueur de leur terrain, un canal
n'a d'issue à la rivière qu'autant qu'or
tion qui
une digue, ou en ou
lui en donne en coupant d'ailleurs reste toujour
vrant un coffre qui
issue aux eaux de C6
fermé : on ne donne cette
en y en intro
renonveler,
canal, que pourles l'on tire des marécages qu
duisant leau que
sont derrière Phabitation.
marécage dansce
Pour introduire les eauxdu
est. à l'ex
canal, on coupe aussi la digue qui
ière qu'autant qu'or
tion qui
une digue, ou en ou
lui en donne en coupant d'ailleurs reste toujour
vrant un coffre qui
issue aux eaux de C6
fermé : on ne donne cette
en y en intro
renonveler,
canal, que pourles l'on tire des marécages qu
duisant leau que
sont derrière Phabitation.
marécage dansce
Pour introduire les eauxdu
est. à l'ex
canal, on coupe aussi la digue qui --- Page 163 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
prémité du terrain, Ou bien on
que l'on y a placé pour cet
ouvre le coffre
it toujours auprès de la sécherie usage. Cecanal aboufacture à café. La
de la manuprofondeur des fossés
lement se régle sur la quantité dont les d'écouamer baissent.
eaux de
Culture des Cannes.
Pour planter les cannes à sucre, on
a la houe, dequatre
pratique
pieds en quatre pieds, une
rigole > que l'on aligne avec une liane
portent deux nègres. C'est dans cette
que
fon plante les cannes assez près l'une rigole de l'autre que
pour que leurs jets fassent une file continue fort
agréable à l'oeil, lorsqu'ils commencent à
ser. Les rigoles sont
pousthes, afin
les parallèles aux petites tranque nègres, lorsqu'ils
les
cannes pourles envoyer au
coupent
Exposés à enjamber
moulin, ne soient pas
pardessus ces
a des terres qui,
tranches. Il y
plantées en cannes,
par acre deux, trois, quatre, cinq et rapportent
six barriques pesantun millier; mais quelquefois
compter, année
On ne doit
commune, quesurdeuxharrigues
ktdlemie(*) par acre de terre exploité,qui est tou-
() Pour entendre ceci, il faut savoir que l'on ne
coupe --- Page 164 ---
D BSE R V A T I O N S
jours évalué aux deux tiers des acres plantés en
cannes;ou bien on compteune barrique et demie
par acre de terre cultivé en cannes, ce qui est
la même chose que de compter deux un quart de
barrique paracre exploité daslannée.Sonatem
exploite que les deux tiers de ce que l'on entretient pour la culture des cannes, on compte un
nègre pour environ trois acres et demi de terre.
Les cannes plantées en bonnes terres, fournissent six ou sept rejetons avant d'avoir besoin
d'être replantées; mais à chaque récolte on fait
passer le feu pour brûler les pailles qui restent
sur le terrain. Dans les meilleures terres
on y
coupe encore plus de rejetons.
Suivant la qualité de la terre, les cannes
durent quinze, vingt ou trente
y
l'on soit
de
ans, avant que
obligé mettre cette terre sous l'eau
douce pour la réparer
Pour mettre une pièce de terre sous l'eau
douce, on ferme la communication
avec le canal
qu'elle avoit
d'écoulement, et on coupe la digue
pas les cannes exactement au bout de deux
faut quatorze,
seize
mois ; il
maturité.
quinze,
et dix-sept mois pour leur
(*) Il s'en faut bien qu'à
dure aussi long-temps.
Saint-Domingue la canne
ans, avant que
obligé mettre cette terre sous l'eau
douce pour la réparer
Pour mettre une pièce de terre sous l'eau
douce, on ferme la communication
avec le canal
qu'elle avoit
d'écoulement, et on coupe la digue
pas les cannes exactement au bout de deux
faut quatorze,
seize
mois ; il
maturité.
quinze,
et dix-sept mois pour leur
(*) Il s'en faut bien qu'à
dure aussi long-temps.
Saint-Domingue la canne --- Page 165 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
He derrière, pour y introduire l'eau des marécages extérieurs.
On change de temps en temps cette
Jaissant écouler à la
eau, en la
sant de nouvelle tirée rivière, et en en introduiBien entendu
toujours du marécage, etc.
fermné toute
que pour cette opération On a
cette
communication entre les fossés de
pièce et ceux du plantage.
On laisse sous l'eau une pièce de terre
l'on veut refaire, depuis deux, trois,
que
même six ans. Si on laisse cette
quatre et
terre
temps sans être exactement
quelque
juge par les plantés qu'elle couverte d'eau, on
de bonté
reproduit, du degré
qu'elle a acquise.
Culture des Cafters
ON plante les cafiers de plans élevés des
pinières. Ils ont environ
pépouces de hauteur. Ils doivent quinze ou dix-huit
appelle couronnés,
être ce que l'on
avoir jeté les branches c'est-à-dire, qu'ils doivent
tête.
qui leur forment une
On plante des bananiers dans les
pièces qui
(*) Il n'y a rien de réglé dans la
mot cafier ou caféier, mais les naturalistes langue créole sur le
disent cafier, --- Page 166 ---
OBSE R V A T I ON S
doivent l'être en jeunes cafiers, et ces bananiers leur servent d'abri.
Iln'ya aucun autre arbre dans les pièces planComme la plupart des habitatées en cafiers.
tions qui ne sont pas plantées en cannes, n'ont
trente chaînes de largeur, que lespièces de
que
sont à droite et à
cafiers ou de cacaoyers
le milieu du
ganche du chemin qui passe par
de
terrain, et que ces pièces ont dix chaînes
face, ils'ensuit que chaque pièce est à peu près
de quinze acres. les cafiers à neuf pieds Fun de
On plante
la terre est
l'autre, et en échiquier. Lorsque
médiocre on les met plus près. I.es jeunes plans
de cafiers doivent être plantés assez profondésur la vase bleue, ou
ment pour qu'ils portent
consistance : si on les plantoit
qui a une certaine
defumier qui forme
dans la terre noire ou espèce
bien d'abord;
le dessus du terrain, ils viendroient
bientôt renversés, cette terre
mais ils seroient
n'ayant pas assez de tenue.
Iln'y a presque plus de planteurs quin'étêtent
leurs cafiers; tous les arrêtent à six pieds
point
environ. taille point le cafier; on coupe seuOn ne
lement les branches sèches, et on pince lextrémité des branches.
ier qui forme
dans la terre noire ou espèce
bien d'abord;
le dessus du terrain, ils viendroient
bientôt renversés, cette terre
mais ils seroient
n'ayant pas assez de tenue.
Iln'y a presque plus de planteurs quin'étêtent
leurs cafiers; tous les arrêtent à six pieds
point
environ. taille point le cafier; on coupe seuOn ne
lement les branches sèches, et on pince lextrémité des branches. --- Page 167 ---
DE SURISAM.
SUR LA COLONIE
Une pièce de caliers dure trente ans ou qua08
ante ans, et même davantage. cafiers, 10. en les
On refait une pièce de
au pied, et ne réservant ensuite que
oupant
beauxrejetonsqui, pourle mieux,
psdeuxplus des racines ou du tronc tout près
oivent partir
e terre.
vieuxtroncs, en replan20. En desséchantles
étoit entre les
ant au milieu de l'espace qui bien toute la
nciens cafiers; alors on remue
erre à la houe, on comble les anciennes petites
anches, et on en fait de nouvelles au milieu
les anciennes formoient.
es planches que
30. Et c'est la dernière eressource, en convrant
d'eau
comme on l'a dit pour
a terre
douce,
Ps cannes à sucre.
de cafiers dans les saOn ne plante point
annes ou beriberis.
On plante les cafiers après les premières
luies et lorsque la terre est humectée:
que dans une habitaIl est arrivéquelquefois
ion plantée de jeunes cafiers qui promettoient
peaucoup, on a vu ces arbres languir et périr
erisemble. On a reconnu que cet accident
ous
sous la terre dans laquelle ces
enoit de ce que
il avoit une autre
tafiers étoient plantés,
y
desoufre; ce qni se reconterre toute imprégnée --- Page 168 ---
0 B S E R V A T I O N
à l'inspection de cette terre lorsnoit aisément
quantité de
qu'on la fouille, car on y remarque
petites veines ou taches jaunes. Il est très-nécessaire, à cause de cela, de creuser et de bien
examiner sa terre avant que de la planter en
cafiers.
Quoiqu'un pareil accident ait pu contribuerà
faire périr les cafiers que l'on a plantés dansla
colonie de Cayenne, dans des terres desséchées ou
desséchées, ily a tout lieu decroire que
en partie
de tort, c'est que la terre
ce qui leur a fait lej eplus
suffisantes
n'ayant pas été entourée de digues
ont été en différens temp
toutes ces plantations
inondées par les eaux de quelques grande
marées.
dans les première
ll arrive quelquefois que
feuilles
années, les cafiers donnent beaucoupen
branches chiffonnes, et peu en fruits
en bois, en
ils sont dans leu
mais à cinq, six ou sept ans,
grand rapport. ordinaire des cafiers est une livr
Le rapport deux livres de Hollande par an, en
et demie ou
à très
deux récoltes. La livre de Hollande pèse,
de chose près, autant que celle de France
peu
aux de quelques grande
marées.
dans les première
ll arrive quelquefois que
feuilles
années, les cafiers donnent beaucoupen
branches chiffonnes, et peu en fruits
en bois, en
ils sont dans leu
mais à cinq, six ou sept ans,
grand rapport. ordinaire des cafiers est une livr
Le rapport deux livres de Hollande par an, en
et demie ou
à très
deux récoltes. La livre de Hollande pèse,
de chose près, autant que celle de France
peu --- Page 169 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
De la culture des Cotonniers.
les cotonniers à sept pieds. Lorsque
ON plante
bonne, on peut les
la terre est médiocrement
hettre plus près.
mais
On étête le cotonnier de temps en temps;
le
pas au pied. On ne coupe
ous ne coupent
les
ce
ue les branches sèches et
gourmands; récolte.
fait
ont donné leur
ui se
après qu'ils
ou deux
Dn ne conserve au cotonnier qu'une
et on ne le laisse pas venir en buisson >
iges,
souvent à Cayenne.
omme on fait
dans
doit
de bananiers
On ne
point planter
viennent
de cotonniers; on dit qu'ils y
es pièces
quelhal, et que le coton en souffre. Lorsque
manquent dans une pièce, pour
ues cotonniers
de faire, à l'endroit
es recouvrir on est obligé
al'on veut planter le nouveau pied, un trou,
ont on remue et ameublit bien la terre, encore
mettre du fumier. Si toute la pièce de
oit-on y
on
la refaire en
otonnier vient à dépérir, peut
de huit
emuant Bien la terre à la profondeur
etla replantant encore en
ouces ou davantage,
branches
btonniers; alors on change les petites
comme on l'a déja dit des pièces de
e place,
afiers. --- Page 170 ---
OBS E R V A T I o N S
le cotonnier après les première:
On sème
humectée.
pluies, lorsque la terre est
trou, et or
On met trois graines dans chaque
ne
détruit deux des pieds qui ont poussé, pour
le plus beau. Le cotonnier es
conserver que
les chenillès, et OI
sujet, 10.à être attaqué par On a employé inu
n'y connoît point de remède.
ne leur a fal
tilement la fumée de soufre qui
aucune impression. d'écorce quile faitl langui
2°. A une maladie
connoit point no
et dépérir peu à peu : on n'y
plus de remède.
à rester dans la gouss
30. Son fruit est sujet
Cayenn
que l'ona sappelleà
sans se développer,ce
non plus de re
geler; et l'on ne connoit point
mède à ce mal.
La terre destinée à être plantée en cotonniers
plus soigneusement que pou
doit être desséchée
les cotonnie
les
caliers. Vraisemblablement de
on
plantés dans les terres basses
Cayenne,
bout de
années, 1°. parce qu
péri au
quelques n'étoit pas assez dessé
le terrain ou ils étoient
été inondé de
ché; 20. parce que ce terrain a
acciden
eaux des grandes marées par quelque cotonnier en
le
On renouvelle quelquefois
au pied, ct en lui laissant un gourman
coupant
alors de nature
que l'on étête, et qui change
ablement de
on
plantés dans les terres basses
Cayenne,
bout de
années, 1°. parce qu
péri au
quelques n'étoit pas assez dessé
le terrain ou ils étoient
été inondé de
ché; 20. parce que ce terrain a
acciden
eaux des grandes marées par quelque cotonnier en
le
On renouvelle quelquefois
au pied, ct en lui laissant un gourman
coupant
alors de nature
que l'on étête, et qui change --- Page 171 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
evient un bon arbre. Si ce gourmand ne se troubit pas partir des racines ou de la
du
i est en terre, on chausseroit partie pied
erequele pied du
cet arbre de maLe cotonnier gourmand se trouvât en terre.
rapporte un quart de livre
2, etles pieds sont à sept pieds lun de l'autre. par
Le cotonnier de Surinam paroît être le même
e celui de Cayenne : sa gousse
enf graines; il est très-beau : il contienthuita se vendoit,
quelques mois en Hollande,
ily
rance; ; et les
cinquante sols de
planteurs se tirent bien d'affaire
rsqu'il vaut trente ou trente-six sous du même
ys.
De la culture du Cacao.
Ls cacaoyer deSurinam vient de Carac
a de plusieurs espèces. La meilleure : ily
, celui dont Ja
est, ditgousse est longue,
bnt l'écorce est mince.
rayée, et
M. Godefroi , propriétaire de Phabitation
Alkmar, a planté des cacaoyers dont M. Kerbve lui avoit envoyé les graines de
ils n'ont pas. réussi. On les a arrachés Cayenne,
planter d'autres. J
pour
On plante le cacaoyer d'abord de
huit pouces l'un de l'autre,
pépinière,
len
3 dans un terrain
préparé, et que l'on a planté d'avance
ananiers.
en --- Page 172 ---
OBSE R V A T I 0 N
Il est bon d'observer, en plantant le Cacao
de conserver à la graine, et de mettre en ba
le petit filament qui y est attaché dans la
lequel indique d'on partiront les premiers gousse,
cipes de la racine. Si on mettoit les prin
graine
indifféremment, et sans cette attention, il pour
roit y avoir une différence de quinze
les plans dont les graines sont dans la jours entre
la plus favorable, et ceux dont les
situation
trouveroient
graines ne s'y
pas.
En transportant le cacao de la pépinière dan
la pièce, on coupe deux ou trois pouces de son
pivot. Ces plans ont six ou huit mois
les plante > la tige en est grisâtre. lorsqu'or Les
jeunes sont préférables,
plus
de belle-venue.
pouryu qu'ils soient
On plante le
les premières pluies.
cacaoyer aprè
On doit placer le
cacaoyer sur la
comme on l'a observé pour le cafier. glaise
A Démérari on fait suer le cacao dans de
grandes caisses de bois faites exprès.
a bien sué , On le mêle et on le Lorsqu'i
avec les cendres tamisées. On dit remue bien
dres doivent être faites
que ces cen
avec un bois choisi
l'on n'a pas pu m'indiquer.
que
Dans la pièce, les
douze pieds l'un de l'autre. cacaoyers se Flantent à
-
é pour le cafier. glaise
A Démérari on fait suer le cacao dans de
grandes caisses de bois faites exprès.
a bien sué , On le mêle et on le Lorsqu'i
avec les cendres tamisées. On dit remue bien
dres doivent être faites
que ces cen
avec un bois choisi
l'on n'a pas pu m'indiquer.
que
Dans la pièce, les
douze pieds l'un de l'autre. cacaoyers se Flantent à
- --- Page 173 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
La plus grande partie des cacaoyers que j'ai
us, n'avoient qu'uneseule souche ; mais à un
ied de terre, cette souche Se partageoit
en
Fois, quatre ou cinq tiges.
On renouvelle le cacaoyer en coupant les aniennes tiges, 9 et en conservant un
1 ce gourmand ne sort pas des racines gourmand.
partie du tronc
est
ou de
qui
en terre, on chausse
tronc jusqu'au dessus de la naissance de ce
purmand dont on veut faire un nouvel arbre.
On ne taille le cacaoyer que pour lui ôter
S gourmands et ses racines mortes.
On n'a point observé à Surinam
le
oyer donnât par période de bonnes et que de Caises récoltes j elles paroissent
mausolument des saisons.
y dépendre
Les cacaoyers plantés dans une terre qui leur
Invient, y durent quaraate ans ; et en les repuvelant comme il est dit ci-dessus
> isdurent
perpétuité.
Le cacaoyer de Surinam est sujet à être attaé par un ver qui se loge entre le bois et
corce, d'oà il pénètre quelquefois
ur.
jusqu'au
Vraisemblablement ce ver s'insinue d'adparun trou très-petito quel'on ne peut guère
server; mais lorsque ce ver grossit, l'endroit
il est devient
apparent par un peu d'enflure --- Page 174 ---
-
OBSI E R V A T I 0 N S
que l'on remarque à l'écorce ; on X fait alors
une incision pour chercher dessous et pour dé
truire ce ver. Les cacaoyers rapportent environ trois livres
par pied, et sont plantés à douze pieds l'un de
l'autre. Récolte et manufacture dans les sucreries. Lorsque les pièces de cannes quel'on
ne sont pas trop éloignées, on met cinquant coupe
personnes à couper les cannes pour fournir à ui
moulin à eau qui ne va que six heures de suite(*
Iln'y a que deux nègres à écuer les chau
dières, et on n'écume point la batterie. Le quart des nègres travaillant à la sucrerie
estde six heures pour ceux qui travaillent la nui
et de douze pour ceux qui travaillent le jour
Les premiers commençant à six heures d
soir, sont relevés par ceux qui prennentle quai
à minuit et le quittent à six heures du matin
J'ai mesuré un bac qui contenoit onze bar
riques de Bordeaux. Le bac pour deux jeux
chaudières, contient trois fois autant qu'un
grande. (*) On sait qu'il y a six heures de flot et six henr
de jusant. --- Page 175 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM. Le jeu ést de quatre chaudières. Le
an peu incliné que l'on nomme àSurinam plancher barbetôte, sur lequel on met les barriques de sucre
brut pour le purger de son sirop, peut ordihairement en recevoir soixante-dix. Ce plancher ou barbe-côte est
rois
entouré, de
coiés, par une rigole quiconduit le
ans la citerne par une ouverture
sirop
Ingle de la trappe qui ferme
pratiquée à un
Le bac de T'habitation cette citerne.
é que l'on nomme àSurinam plancher barbetôte, sur lequel on met les barriques de sucre
brut pour le purger de son sirop, peut ordihairement en recevoir soixante-dix. Ce plancher ou barbe-côte est
rois
entouré, de
coiés, par une rigole quiconduit le
ans la citerne par une ouverture
sirop
Ingle de la trappe qui ferme
pratiquée à un
Le bac de T'habitation cette citerne. de Scounouc conent, sans être
plein > plus de dix-sept barques de Bordeaux. Chacune des grandes chaudières de cette hairation est de près de six barriques
X pieds de diamètre et deux
> ayant
rofondeur. pieds et démi de
Les batteries trois pieds cinq pouces de dia- S
ètre, sur un pied neuf pouces et démi de
ndeur. proLes deux jeux sont construits sur
ne au pignon de la sucrerie,
une même
et sont
r une claire-voie ; les deux batteries éclairés
ne de l'autre, et les deux cheminées auprès
rection des centres des chaudières. dans la
Les chaudières sont très-basses et enfouies
nsia maçonne sans glacis. La surface de cette
çonne n'est pas élevée de plus d'un
3. pied
--- Page 176 ---
OB3 I R V A TI 0 N S
au - dessus du carrelage sur lequel marchent
les nègres sucriers. Le cendrier est de plusieur:
pieds au-dessous du sol du terrain, dans und
cavité assez grande et commode, bien revêtue
en bonne maçonne, de manière que l'eau del
pluie n'y parvient jamais. Il n'y a ni aux fourneaux ni à la cheminé
les ouvertures nommées faax - fourneaux que
lon pratique dans les sucreries des iles pou
vider les cendres, quoique'l'on chauffe en ba
gasse et en paille à Surinam comme dans le
colonies françaises. Le bac est placé derrière les nègres sucriers
répondant vis-à-vis le milieu de la longuen
des deux jeux : on ne met les dales pour fair
passer le vezou du bac dans les grandes, qu
lorsqu'il en est-besoin. Le bac a de chaque côté deux petites porte
ou vannes que l'on ferme exactement avec d
la terre grasse. Lorsqu'on veut se servir de
dales, on ouvre ces portes 2 et on y condui
les dales en y mettant aussi de la terre grasse. Les chaudières dont on se sert à Surinan
sont de cuivre. Les Hollandais les préfèrent
celle de potin, 1°. parce qu'elles sont plus ma
niables quoique très-grandes; 2°.
Le bac a de chaque côté deux petites porte
ou vannes que l'on ferme exactement avec d
la terre grasse. Lorsqu'on veut se servir de
dales, on ouvre ces portes 2 et on y condui
les dales en y mettant aussi de la terre grasse. Les chaudières dont on se sert à Surinan
sont de cuivre. Les Hollandais les préfèrent
celle de potin, 1°. parce qu'elles sont plus ma
niables quoique très-grandes; 2°. qu'elles peu
vent se raccommoder pendant très-long-temps --- Page 177 ---
SUR LA COLONIE DE SURINANT.
au lieu que les autres sont sans ressource dès
qu'elles ont un défaut; 3°. parce
olus aisées à chauffer.
qu'elles sont
Les citernes sont médiocrement
arce que le débouché des
grandes s
sirops et du tafia
ue l'on nomme dram à Surinam, étoit
ûr avant la guerre des
assez
Auglais avec leurs COonies. Dans plusieurs
sucreries, on a été obligé
e suppléer aux citernes qui ne se trouvoient
lus assez grandes 2 en faisant construire de
rands coffres de bois, d'environ six pieds de
auteur, neufà dix de longueur et quatre de
rgeur. Un pareil coffre peut contenir trente
quarante barriques de Bordeaux.
e la récolte, et de la manufucture du
cafe.
Lors de la récolte du café, les nègres à la
che doivent apporter àla sécherie,
, que l'on
mme aussi loge, unecertaine quantitéde café
el'on mesure dans des bailles coupées exprès.
ans les commencemens de la cueillette, , le café
cerise querapporte un nègre, doit produire
*) Tous ces détails ennuieront les lecteurs étrangers à la
ture des colonies ; mais ils intéresseront les
l'or1
colons,
le travail, et toute la partie mécanique de la manuface étant mieux entendue à Surinam que dans les colonics
agaises. --- Page 178 ---
opS E k V A T I O N S
vingt liv. de cafémarchand. On augmente cette
tâche à mesure que le café est plus abondant
surles arbres, et on la poussejusqu'à quarantecinq livres, c'est-à-dire à plus du double de la
première, après quoi on diminue cette tâclie
peu à peu comme on l'avoit augmentée.
Non-seulement le nègre apporte sa tâche
la sécherie, il entre encore la pulpe ou cerise.
Si pourtant ou ne peut pas tirer la cérise de
tout le café récolté dans la journée, on arrose
ce qui en reste, afin de tenir cette cerise dan
un état d'humidité.
Après avoir lavé ce café dépouillé de S
pulpe 3 on l'étend sur le glacis.
Ces glacis sont de très-grands espaces décou
verts, à
des
ou sécheries ; le mi
s portée
loges
lieu de ces espaces est élevé, et les côtés von
en baissant. Le tout est carrelé très-soigneu
sement et avec le meilleur mortier, de manièr
que l'eau ne puisse pas y passer.
J'ai mesuré sur Phabitation d'Alckmar u
de ces glacis ; il avoit plus de vingt mille piec
carrés de surface. Il y avoit quarante - SI
mille cinq cent quatre-vingt-deux carreaux
huit pouces employés à ces glacis.
La même habitation a quatre autres glacis
mais queje n'ai pas mesurés, et qui n'ont guèr
entr'eux plus de surface que le cinquième.
r
que l'eau ne puisse pas y passer.
J'ai mesuré sur Phabitation d'Alckmar u
de ces glacis ; il avoit plus de vingt mille piec
carrés de surface. Il y avoit quarante - SI
mille cinq cent quatre-vingt-deux carreaux
huit pouces employés à ces glacis.
La même habitation a quatre autres glacis
mais queje n'ai pas mesurés, et qui n'ont guèr
entr'eux plus de surface que le cinquième. --- Page 179 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
Il y a des sécheries qui ont des tiroirs
"on entre et sort quand On veut, mais que
l'en ont pas.
toutes
Quelques habitations ont des moulins
irer la cerise du café. Dans
pour
nieux faire faire
d'autres, on aime
ce travail par terre et à la
pain, parles nègres ou négresses, chacun
2 cerise du café
tirant
ournée.
qu'il a apporté dans la
Je n'ai vu qu'un seul moulin à
ter le parchemin.
pilon, pour
Après que le café a été exposé sur les
n le met sur le plancher des
glacis, 2
grand soin de le bien
sécheries, où on
outes les sécheries
remuer. Il y a dans
plusieurs moulins
- café, et quantité de vans faits
à vanner
e commerce apporte de
d'osier, que
l'Europe.
Lorsque le café a été déponillé de
hin , on le remet au
son parcheement à cela
soleil, et c'est ordinaiitions oà
que servent les tiroirs dans les hail y en a 5 on le remue
e vanne bien ; Ce quile défait de souvent 7 et con
ule qui lui restoit.
la petite pelliLa graine du café de Surinam
ue celle du café de
est plus grosse
Cayenne. Il a assez géné
alement un mauvais goût : ce que l'on
ttribuer à différentes
peut
causes. --- Page 180 ---
OB S E R V A T I O N S
1°. A ce qu'on lave ce café,'en le tirant
de sa cerise, dans de l'eau de marécage que
l'on puise dans les canaux d'écoulement du
terrain.
2°. A ce que les caféiers n'étant point du
tout élagués, une partie des branches trainent à terre ; ce qui peut donner- un mauvais
goit au café que portent ces branches.
30. A ce que l'on dépouille la graine du café
de la pulpe qui l'enveloppoit, presqu'aussitôt
qu'il est recueilli, c'est-à-dire le même jour
ou le lendemain.
De la récolte du coton.
Les moulins qui servent à passer le coton 3
sont à manches, et le nègre qui y travaille les
fait aller comme un rémouleur fait tourner sa
meule.
Un nègre passe, avecun de ces moulins, dix
à treize livres de coton par jour.
On fait sécher le coton sur des tiroirs pratiqués dans les galeries de la manufacture, lesquéls roulent sur des coulisses placées à une
hauteur commode et supportées par des piliers
de maçonne, comme ceux qui servent au café
et au cacao.
manches, et le nègre qui y travaille les
fait aller comme un rémouleur fait tourner sa
meule.
Un nègre passe, avecun de ces moulins, dix
à treize livres de coton par jour.
On fait sécher le coton sur des tiroirs pratiqués dans les galeries de la manufacture, lesquéls roulent sur des coulisses placées à une
hauteur commode et supportées par des piliers
de maçonne, comme ceux qui servent au café
et au cacao. --- Page 181 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAN.
De la récolte et manfacture du
cacao.
A Surinam on ne fait point cuver le
hais on le met en tas dans la
cacao,
nle remue et, le change de place manufacture; tousles
Lorsque le cacao est
jours.
lessus de la cendre
presque sec > on jette
bien tamisée, ou bien de
a terre grasse que l'on a réduite en
t passée au tamis, après
poudre
ien. On dit
quoi on le remue
pourtant que cette préparation
'empêche pas le cacao d'être piqué par les
ers; j mais ce ne sont pas les habitans
posés à supporter le déchet
qui sont'
Pr,
qui peut en résulparce qu'ils livrent leur denrée, l'envoient
n Europe avant que cet accident n'arrive.
De l'eaploitation des bois.
Les personnes qui s'occupent à Surinam de
exploitation des beis, ont des nègres
ont entièrement
qui y
destinés, et qui ne
aucune culture, si ce n'est de celle s'occupent
écessaire à leur nourriture.
qui est
Pour cela, il faut avoir une concession dans
haut d'une rivière et sur un terrain ferme.
n y fait un établissement pour le nombre des --- Page 182 ---
J BSE R V A T I O N
nègres que l'on veut y mettre; on
du bétail, on y fait des vivres
y transporte
une habitation à bois.
7 et cela s'appelle
On ouvre partout où il
estnécessaire de très-grands chemins bien desséchés, et on porte ou on traîne sur des rouleaux, jusqu'au bord de l'eau, les bois
nègres ont été exploiter de côté
que les
Le courbari, le
et d'autre.
les bois les
onacapon et le balata, sont
plus estimés à Surinam. On y ex
ploite aussi les bois que l'on nomme
le
cèdre à
Cayenne, > bagasse, l'acajou, le
quantité de grignon.
genipa, et
Les personnes qui se piquent de ne livrer
que de bonnes marchandises, font
l'eau
tremper dans
douce, après les avoir exploités, les bois
gommeux, , sur-tout le grignon. Cela se
à plusicurs reprises
répète
> ayant soin de mettre
chaque fois ce bois dans une situation diffé
rente lorsqu'il est hors de l'eau, afin
sa gomme.
qu'il jette
D'autres livrent le
bois-qu'ils ont
sans cette précaution.
exploité
Le bardeau de
ouacapou qui est le
estimé, se vend à peu près
plu
argent de France ; mais il quarante-cinq dure
livre
ans lorsqu'il est bien dolé.
plus de trente
vend un
Celui de balata s
peu moins, et il ne dure pas tant.
a
une situation diffé
rente lorsqu'il est hors de l'eau, afin
sa gomme.
qu'il jette
D'autres livrent le
bois-qu'ils ont
sans cette précaution.
exploité
Le bardeau de
ouacapou qui est le
estimé, se vend à peu près
plu
argent de France ; mais il quarante-cinq dure
livre
ans lorsqu'il est bien dolé.
plus de trente
vend un
Celui de balata s
peu moins, et il ne dure pas tant.
a --- Page 183 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
La planche de grignon, d'un pouce d'épaisur, se vend sur le pied de quatre sous d'HolInde (huit sous de France) le pied carré,
BSEYATIONS sur quelques habitations, 2 'et
leurs produits comparés à la quantité des
nègres qui les exploitent.
Hautuyn.
La sucrerie d'Hautuyn (prononcée Hautun)
cent trente nègres, dont soixante à lafle,
est-à-dire travaillant ensemble dans la plantion, et non compris les ouyriers, ni ceux
hi sont occupés à la manufacture. Elle fait
bis cents barriques de sucre. Elle a deux cent
ente-six acres de terre en cannes. Son moulin
t à manége.
Comme il seroit difficile, dansun terrain aussi
at que celui de Surinam, d'avoir un moulin
sez élevé pour que la dale qui porte le vesou
bac, passât sous les pieds des chevaux, , O11
ace le bac dans le moulin même
3 immédiamnent à l'extrêmité de la table. La dale a une
rtie mobile qui s'ête et se met à volonté pour
nduire le vesou depuis le bac jusqu'à la dale
hi est fixée dans la sucrerie. Il faut arrêter les
hevaux lorsque l'on veut se servir de cette
Hle. --- Page 184 ---
B S E n V A I 1
N S
Domburg.
L'habitation de Domburq 3 sucrerie sur l
rive gauche de Surinam, a cinquante six nè
gres mâlcs, soixante négresses y vingt-quatre
négrillons, et trente-une négrittes , en tou
cent- soixante onze têtes, dont quatre - ving
au travail. Elle fait quatre cents barriques d
sucre.
Alckmar.
I'habitation d'Alckmar, sur la rive gauch
de Comewine, a quatre cent quarante nègres
dont environ cent cinquante sont employé
aux travaux de T'habitation, , y compris ceu
qui sont à la manufactnre. Trente nègres son
employés toute l'année à l'entretien des jardins
des charmilles et autres embellissemens.
Il y a dans le inilieu de cette habitation, ur
canal de deux cent trente chaînes de long
(deux mille quatre cent quarante-cinq toises
survingt-quatre pieds de large, et, l'un portan
l'autre, huit pelles de profondeur, répondante
à six pieds. Il sert à transporter le café dan
Je temps de la récolte : ce qui soulage bean
coup les nègres, auxquels il évite par-là de
charrois considérables. Un autre ayantage de
le inilieu de cette habitation, ur
canal de deux cent trente chaînes de long
(deux mille quatre cent quarante-cinq toises
survingt-quatre pieds de large, et, l'un portan
l'autre, huit pelles de profondeur, répondante
à six pieds. Il sert à transporter le café dan
Je temps de la récolte : ce qui soulage bean
coup les nègres, auxquels il évite par-là de
charrois considérables. Un autre ayantage de --- Page 185 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
: canal, c'est de fournir de l'eau
ux esclaves,
tout l'été
qui, sans cela, seroient
l'aller chercher bien loin.
obligés
Il y a quarante-deux ou
ers de pieds de
quarante-cinq mili ont donné cacaoyers sur cette habitation,
Cent cinquante milliers de cacao.
n y récolte, année commune,
billiers de café. L'année
quatre-vingts
it cent douze milliers. dernière, elle en a
Il y a sur cette habitation cinq glacis, dont
moins grand, qui l'est
Htres, est couvert de presqu'autant que les
nt quatre-vingt-deux quarante-six mille cinq
carreaux de huit
hacun.
pouces
Le terrain de cette habitation a trente chaînes
face, mille acres de
ont en valeur.
superficie, > dontsix cens
Scounouc.
Lhabitation de Scounouc fait
1 quatre cent cinquante
quatre cent
n ymet
barriques de sucre.
quatre-vingts nègres au travail.
La bac de cette sucrerie contient,
t plein, dix-huit barriques de
lorsqu'il
s deux grandes chaudières Bordeaux, et
resque six
en contiennent
barriques chacune,
Il faut deux fois la grande chaudière
pleine --- Page 186 ---
172 n
B S E R V A T I O N S
de veson, pour faire une batterie de sucre,
deux batteries
millier
emplissent une barrique d'u
pesant,
Les diamètres et les profondenrs des grand
chaudières et des batteries de cette habitatio
sontrapportés ci-dessus.
Habitation de M. Rineval,
Lhabitation de M. le comte de
la rive droité de Comewine
Rineval, ST
2 vis-à-vis Scounou
rapporté du café depuis trente 7 quarante, ci
quante et mème soixante ans. Elle est plantée
cinquante mille pieds de caféiers qui rapporte
quatre-vingts milliers de livres pesant de
Il y a sur cette habitation
caf
féiers
une pièce de C
qui durent depuis quarante ans; ils do
nent encore, mais ils ne sont pas beaux.
Wisfurs-Sorg, à M. Rour.
L'habitation
Wifers-Sorg, sur la rive
de Comewine,
gauc!
appartenant à M. Roux, a tro
cens nègres en tout, et fait deux cent
milliers de café. Une grande
cinquan
partie des
de cette habitation sont très-vienx. caféie
cette habitation
Il y a SI
un cartal de navigation por
transporter la récolte à la manufacture. Cee
ent encore, mais ils ne sont pas beaux.
Wisfurs-Sorg, à M. Rour.
L'habitation
Wifers-Sorg, sur la rive
de Comewine,
gauc!
appartenant à M. Roux, a tro
cens nègres en tout, et fait deux cent
milliers de café. Une grande
cinquan
partie des
de cette habitation sont très-vienx. caféie
cette habitation
Il y a SI
un cartal de navigation por
transporter la récolte à la manufacture. Cee --- Page 187 ---
SUR LA CCLONIE DE SURINAM.
hla cent soixante chaînes ( 1784 toises) sur
ente pieds de large. Cette habitation est la
tule sur laquelle j'aie vu un moulin à piler le
fé pour lui ôter le parchemin. Ce moulin fait
assi allerune grage pour ôter la cerise du café,
bmme ily en a dans plusieurs habitations, si
n'est qu'il va au moyen d'un cheval qu'on y
ktele. L'arbre vertical de ce moulin porte une
bue horizontale, dont les dents sont verticales
engrainent dans deux lanternes, qui servent
mener la grage circulaire pour tirer la cerise
u café. Un autre engrainage mène l'arbre
ui fait mouvoir les pilons. On dégage la prehière de ces lanternes en ôtant trois de ses fuPaux, lorsqu'on ne veut faire aller que les
ilons. L'arbre qui fait mouvoir les pilons est
éparé dans sa longueur en deux parties par
n support. Sur chacune de ces deux parties
lont trois élisses garnies de dents qui lèventalernativement les mnantonnets de cinquante-six
bilons qui sont tenus près à près le long d'une
spèce de cloison, et au-dessus d'nne auge dans
aquelle ils jouent. Ces pilons n'ont que trois
L'auge dans lequel ils
bouces d'équarrissage.
ouent, a des parties à coulisses verticales par
lesquelles on fait sortir le café dont le parchemin.est brisé. --- Page 188 ---
O BS E R V A T I 0 N S
Merveille.
L'habitation de Merveille, sur la rive droi
de Surinam, a deux cent quatre-vingts
en
nège
tout, dont cent vingt au travail, et quatr
vingt seulement à la file, c'est-à-dire travailla
réellement à la terre.
Cette habitation a trois cent cinquante acri
de terre plantés en cannes, et elle fait cinq cen
barriques de sucre.
Katwyk,
L'habitation de Katwyk, appartenant à M
Koccke, a deux cents nègres travaillans, don
cent à la file. Il y a sur cette habitation cer
trente milliers de caféiers ; et elle rapport
deux cent milliers de caffé. Cette habitatio
est située sur la rive gauche de Comewine.
Limes - Hloop.
L'habitation de
Limes-Hoop, 3 située sur
rive droite d'une branche de Matapica,
appar
tenant à M. Limes, a trois cent soixante nè
gres. On dit qu'elle a fait l'année dernière troi
cent cinquante milliers de livres de café. Trent
acres de terre sur cette habitation sont Occu
pés par les bâtimens, cours, 2 etc. de l'établis
est située sur la rive gauche de Comewine.
Limes - Hloop.
L'habitation de
Limes-Hoop, 3 située sur
rive droite d'une branche de Matapica,
appar
tenant à M. Limes, a trois cent soixante nè
gres. On dit qu'elle a fait l'année dernière troi
cent cinquante milliers de livres de café. Trent
acres de terre sur cette habitation sont Occu
pés par les bâtimens, cours, 2 etc. de l'établis --- Page 189 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
ement, et par les jardins , parterres 3 labyinthes, etc., qui rendent cette habitation comparable à une très-belie maison de
'Europe. Cinquante. nègres
campagne
année à l'entretien de ces sont.occupés toute
ix le sont continuellement embellissemens, à
et,
hilles, les petits limoniers
couper les charins des
qui forment les desparterres, etc.
Le propriétaire de cette habitation est trèsiche. Ile en possède plusieurs
lemaisons à Paramaribo. Il autres, et beaucoup
ne demeure
ur son habitation de
jamais
ient guères
Limes-Hoop , où il ne
que deux fois l'an pour y
n jour ou deux,
passer
Alida.
Lhabitation
d'Alida, sur la rive droite de
fotica, a quatre cent cinquante acres de terre
lantés en cannes. Elle fait cinq à six cents
Jarriques de sucre. Il y a trois cent vingt nètres, dont cent cinquante à la file.
Le bac de la sucrerie d'Alida contient
arriques de Bordeaux. Chacune des
dix
haudières en contient cinq : c'est d'après grandes les
hesures que j'ai prises.
On dit que le moulin,
ien fourni de
2 allant bien et étant
cannes, emplit trois fois le bac --- Page 190 ---
- BS E R V A T I O N S
en six heures, c'est-à-dire qu'il fournit trent
barriques de vesou en six heures, ou cin
barriques à l'heure.
La longuenr de tous les canaux de naviga
tion de cette habitation est de sept cent quatre
vingt-douze chaines, ou de huit mille quat
cent vingt-une toises, 2 qui font plus de tro
lieues et demie de vingt-cing au degré,
New-Mocha.
L'habitation de New-Mocha, située sur
rive gauche de Cotica, a cent trente nègres
dont cinquante au travail. Elle fait de cer
vingt à cent trente milliers de'café.
Frais d'habitation.
On paie à Surinam à un économe,
3 depu
mille six cens jusqu'à deux mille quatre cer
livres de France. On lui envoie d'Europe, toi
les trois ou quatre mois, ses provisions de boi
che en vin, bière, boeuf salé, petit-salé, jam
bons, saucisses, et on entretien en outre SU
l'habitation un écrivain, 9 et un ou plusieu
officiers blancs qui sont les surveillans des tra
vaux et les aides de l'économe.
On paie au régisseur de l'habitation qui de
meure à la ville, et qui en fait les affaires
dix pour cent.
Europe, toi
les trois ou quatre mois, ses provisions de boi
che en vin, bière, boeuf salé, petit-salé, jam
bons, saucisses, et on entretien en outre SU
l'habitation un écrivain, 9 et un ou plusieu
officiers blancs qui sont les surveillans des tra
vaux et les aides de l'économe.
On paie au régisseur de l'habitation qui de
meure à la ville, et qui en fait les affaires
dix pour cent. --- Page 191 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
habitation, au
Il doit y avoir sur chaque
quinze acres de terre plantés en vivres,
moins
soixante nègres. On ne comprend
par chaque
les vivres qui sont destipoint dans ce calcul
de la maison du maître, ni quanmés à l'usage
dans les différentes
tité de bananiers plantés
parties de Thabitation.
des
Outre ces vivres on donne aux nègres
le commerce de la Nouvellesalaisons lorsque
Angleterre en porte, et une certaine quantité de sel. On distribue annuellement aux
esclaves, toiles, chapeaux, fil, aiguilles, pipes,
tabac, briquets, etc.
de Surinam en
Le fret de denréescobte,
Hollande 3
S A V O I R,
Argent
Argent
de Hollande. de France.
liv. s. d.
La livre de café (*)
I
n 2
de ca.cao :
Il 1 II
1l 2 A
a livre
1 : I 3 II
La livre de coton .
n Il -
Il 1 3
La livre de sucre .
62 10
Ce qui fait pour le millier de sucre 31 5 i
de Hollande comptent toujours
(*) Les commissionnaires
en
ou 10 pour cent de déchet sur le café d'Amérique
Europe.
3.
--- Page 192 ---
O BSE R V A T I O N S
Le commissionnaire
d'Europe a26 etdemi
cent de tout ce qu'il envoie et de tout pour
reçoit.
ce qu'il
OBSERVATIONS DIVERSES
En réponse aux nouvelles notes de
1. Malouet.
L'expérience a appris aux Hollandais de Surinam que les pilotis ne sont pas propres à
faire de bonnes fondations dans la
Pour y former des fondations
vase
ne s'affaissent
solides , et qui
point, par la suite des temps,
(*) Sans doute que les fondations sur
ont pas réussi, parce qu'ils ne se servoient pilotis ne leur
tonsassez forts pour les enfoncer. On
pas de monsaitque, dans les terres
grasses, lesipilotis 2 à une certaine
aux moutons
profondeur, résistent
à un fond ordinaires, non pas parce qu'ils sont parvenus
solide, mais parce que leur surface
la part de la terre grasse dans
éprouve de
laquelle on les
un frottement, ou 2 pour inieux dire, une adhérence enfonce,
mouton ne peut plus vaincre.
que le -
d'un bâtiment
Mais, par la suite, le poids
considérable qui agit toujours sur ces
joint aux changemens que la terre éprouve de la piloris, des
saisons, etc. font obéir ces
part
fondations, etc.
venus
solide, mais parce que leur surface
la part de la terre grasse dans
éprouve de
laquelle on les
un frottement, ou 2 pour inieux dire, une adhérence enfonce,
mouton ne peut plus vaincre.
que le -
d'un bâtiment
Mais, par la suite, le poids
considérable qui agit toujours sur ces
joint aux changemens que la terre éprouve de la piloris, des
saisons, etc. font obéir ces
part
fondations, etc. --- Page 193 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
sous le poids des bâtimens
prend les précautions
qu'elles portent, on
On commence
suivantes :
vent être ces parfaire, aux endroits où doifond
fondations, un fossé assez
pour que la terre du fond ait
protaine consistance. On
une ceret de
remplit ce fossé de sable
d'un coquillage bien battu jusqu'à la hauteur
pied au-dessus du sol du terrain
quoi on commence la
; après
chaux et à ciment, maçonne en briques à
laquelle,
se trouve avoir la hauteur comme onl voit,
dans la terre. On met
d'un pied, prise
lage mélés ensemble, ce sable et ce coquilque l'on bat
par couches de six pouces
bien, en y mettant de l'eau
temps en temps. Alors cette fondation
de
corps si
fait un
le
solide, qu'elle ne s'affaisse jamais
poids des plus lourds bâtimens.
sous a
Lorsqu'on n'est pas à portée de se
aisément du sable et du
procurer
la méthode suivante coquillage, on emploie
:
On fouille le fossé de la fondation
dessous du niveau des plus basses jusqu'au
égalise bien, et on bat
mers. On
du fond; on
soigneusement la terre
madriers, pose à plat sur ce fond de bons
les
deux l'un sur l'autre , le plein sur
battue joints; on rapporte ensuite de la terre bien
dans ce fossé de
fondation, et l'on éta- --- Page 194 ---
1 BSE R V A
I O N S
blit sa maçonne en briques sur cette terre, en
commençant à un pied au-dessous du sol du
terrain, comme dans le procédé ci-dessus.
Par cette disposition, 3 le bois restant
dans l'eau, forme un fond très-solide tonjours à
fondations.
ces
Eclaireissemens sur les digues qui entourent
les habitations.
On a vu ci- dessus que toutes les habitations étoient contiguès, et qu'elles n'étoient
séparées l'une de l'autre que par une digue.
Cette disposition d'un grand nombre d'habitations établies dans des maréciges sur les bords
d'une grande rivière, et sur ceux de ses branches, présente d'abord une difficulté à
On demande, 19. ce que deviennent les l'esprit.
pluviales qui doivent
eaux
s'amasser en très-grande
quantité derrière ces habitations, toutes entourées de digues; 2°. pourquoi on n'a pas fait
entre ces habitations, , ou tout au moins entre
quelques-unes, des canaux d'écoulement destinés à donner passage à ces eaux intérieures.
Voici les réponses
(*) J'étois, comme on le voit, parfaitement secondé
;
ord une difficulté à
On demande, 19. ce que deviennent les l'esprit.
pluviales qui doivent
eaux
s'amasser en très-grande
quantité derrière ces habitations, toutes entourées de digues; 2°. pourquoi on n'a pas fait
entre ces habitations, , ou tout au moins entre
quelques-unes, des canaux d'écoulement destinés à donner passage à ces eaux intérieures.
Voici les réponses
(*) J'étois, comme on le voit, parfaitement secondé
; --- Page 195 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
Les eaux s'amassent, à la
quantité derrière
vérité, en grande
tout le
ces habitations ; mais comme
pays est presque de
sont sans mouvement
niveau, ces eaux
point de vitesse,
; et comme elles n'ont
forceassez
s elles n'agissent qu'avec une
médiocre contre les dignes
sur les derrières des habitations. construites
Si les
par leur augmentation, menacent de
eaux, 2
dessus les digaes, alors le
passer parcet accident fait
particulier qui craint
introduit
une coupure à sa digue,
l'eau des marécages dans ses fossés
d'écoulement, et leur ouvrel'écluse
elle sort. On referme la
parlaquelle
à la
coupure que l'on a faite
digue, et tout est rétabli. Une méthode
encore meilleure est d'avoir,
dans la digue de
pour cet usage s
derrière un coffre
ouvre et que l'on ferme à volonté. que l'on
Si l'on avoit
tations des
pratiqué, entre quelques habicanaux d'écoulement
ment destinés à l'usage
immédiated'abord coûté
ci-dessus, il en auroit
un peu de terrain pour les former; ; de plus, leur construction et leur
tien auroient naturellement été
entreaux frais des
le soin et l'intelligence que MM. Mentel et
mettoient dans leurs observations rendoient Mettérean
facile.
mon travail --- Page 196 ---
OBS E R V A T I 0 N S
habitans voisins : au lieu qu'en faisant passer
l'eau par des canaux déja faits et entretenus
par nécessité, il n'en coûte presque rien pour
se débarrasser de ces eaux extérieures.
Sur la religion.
Les habitans de Surinams'excusent de n'avoir
donné aucune teinture de religion à leurs esclaves sur ce que la leur, dans laquelle il y a
très-pen de cérémonies, n'est guères propre à
attacher le peuple, et sur ce que leurs ministres
ne souffriroient pas que l'on y fit des changemens en faveur des esclaves. Il ne suffiroit pas
pour un ministre protestant, qu'un adulte que
l'on présenteroit pour être baptisé, 9 répondît,
comme font les nègres des colonies
françaises ,
aux principales questions d'un catéchisme ; il
faudroit qu'il connût bien l'Ancien et le Nouveau Testament, et qu'il fit en état de bien
distinguer en quoi la croyance de la secte à
laquelleil se présenteroit, diffère de la croyance
de l'église romaine et de celle des autres principales sectes protestantes.
Ici finissent mes cbservations et celles de mes coopérateurs; les notes suivantes sont. da comte d'Ennery qui, à
Sasopagsbilopapmteliphsmmpitjases ctéclairé.
connût bien l'Ancien et le Nouveau Testament, et qu'il fit en état de bien
distinguer en quoi la croyance de la secte à
laquelleil se présenteroit, diffère de la croyance
de l'église romaine et de celle des autres principales sectes protestantes.
Ici finissent mes cbservations et celles de mes coopérateurs; les notes suivantes sont. da comte d'Ennery qui, à
Sasopagsbilopapmteliphsmmpitjases ctéclairé. --- Page 197 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
des colonies avant mon départ pour
Jelesavois prises au dépôt saufl'article des nègres-marCayenne: : elles sont exactes,
à dix ou douze
rons libres que M. le comte d'Ennery porte n'alloit à quatre
mille, et dont le recensement en 1777
Il pas avoit aussi
compris] les femmes et les enfans. y
mille, y
en
dans les
à Surinam une différence plus
àmon passage le nombre des nègres esclaves : mais les
prodluits et dans
été remis par
états que je me suis procurés, et quim'ont s'accordant pas sur
différens officiers de la régence, ne
recette et dépense 9
les mêmes exposés en population 1
à cette occasion
je ne les imprime point, et je remarque informations stres et
d'obtenir des
quil est très-difficile
d'un pays étranger, car on -
précises sur P'administration
les comptoirs : mais
m'a ouvert les archives, les greffes,
m'en donla langue; et l'extrait qu'on
je n'entendois pas
trouvoit démenti dans un autre.
noit dans un bureau se
m'ait produit les mêmes
Le seul état dont Ia vérification
celui des dépenses de la société propriétaire
résultats, est
la défense de la colonie. Le voici
pourfedministration et
tel qu'il me fut remis par le gouverneur.
annuelleL'entretien de 1500 hommes de troupes coûte
flor.
336,258
ment :
e
19,282
La compagnie d'artillerie :
à Phôpital .
- . 20,598
Les employés
de Phôpital .
- : 30,000
La dépense
teneurs de liLes receveurs, commis 9
ouvriers, et autres employés : . : 47,880
vres, L'entretien des fortifications 1 bâtimens,
esclaves, terrains de la société, y compris
lachat des matériaux et outils 2 etc . : 40,000
493,976 flor.
T o TA L --- Page 198 ---
BS B R V A T I O N S
La paie du soldat, des vivres, habits et armes, revient
à 190 florins par homme.
Je publie cette note d'autant plus volontiers qu'elle présente le modèle d'une habile économie. On conçoit bien
que les dépenses municipales et celles relatives à la guerre
des nègres-marrons étoient beancoup plus considérables,
mais elles étoient dirigées avec la mêne intelligence : des
formes simples et claires 2 peu d'employés à appointemens;
en tout l'administration m'a paru beaucoup mieux ordonnée
que la nôtre.
NOTES DU COMTE D'ENNERY
Jointes à sa lettre au duc de Praslin, datée
de Surinam, le 23 février 1769, sur la
Colonie hollandaise de Surinam.
LEs Hollundaisposslentla) partie dela Guiane
qui s'étend depuis la rivière de Maroni jusqu'à
celle de l'Orénoque.
Maroni est leur borne avec les Français,
comme l'Orénoque est la leuravec les Espagnols.
Ils réclament le pays entre Sinnamari et Maroni,
et prétendent que Sinnamari est la limite des
Français : cette prétention de leur part n'est
le 23 février 1769, sur la
Colonie hollandaise de Surinam.
LEs Hollundaisposslentla) partie dela Guiane
qui s'étend depuis la rivière de Maroni jusqu'à
celle de l'Orénoque.
Maroni est leur borne avec les Français,
comme l'Orénoque est la leuravec les Espagnols.
Ils réclament le pays entre Sinnamari et Maroni,
et prétendent que Sinnamari est la limite des
Français : cette prétention de leur part n'est --- Page 199 ---
DE SURINAM.
SUR LA COLONIE
pndée sur aucun titre, et la France feroit trèshal d'y'accéder des colonies dans les riLes Hollandais ont
jères de Surinam, de Berbiches, d'Esseké,
de Démarary. Ces colonies dépendent de trois
pmpagnies qui ont des gouverneurs particuers dans leur département , qui ne dépendent
aucune manière les uns des autres.
Surinam, qui est l'établissement le plus condérable, en a un titré de gouverneur géné-
,et dont la résidence est à Paramaribo.
La colonie des Berbiches a son gouverneur
Enéral; Esseké et Démarary ont aussi le leur.
commandant à Démarary, , qui
n'y a qu'un
épend du gouverneur- d'Esseké.
L'entrée de la rivière de Surinam est assez
ficile, à cause de plusieurs bancs de sable et
vase ; mais cependant, à mer haute, un
êtiment tirant jusqu'à vingt pieds d'eau y peut
htrer. Il est facile de se pouryoir de bons pites. En remontant la rivière de Surinam, à enron deux lieues de son embouchure sur la
ve droite, on trouve la rivière de ComeC Cette prétention n'existoit plus lors de mon voyage
Surinam. --- Page 200 ---
o BSE R V A T I O NS
wine qui se jette dans celle de Surinam ; c'es
à cette embonchure que les Hollandais ont éta
bli leur défense : il y a une batterie de canons
à la rive droite de Comewine, et la citadelle
appelée Amsterdam à la pointe gauche. Il ye
une troisième batterie vis-à-vis del'embouchurg
de Comewine à la rive gauche de Surinam
Ces deux batteries, avec le fort, formen
un triangle, leurs feux se croisent et ont le
double objet d'empêcher que les vaisseaux ne
puissent remonter plus haut la rivière de Su
rinam, et de défendre celle de Comewine.
Il y a beaucoup de canons de fonte dan
ces batteries, et elles sont bien dirigées et bie
placées. La forteresse qu'on appelle Amsterdan
est placée ainsi que je l'ai dit ci-dessus à l
pointe gauche de Comewine, et à la droit
de Surinam ; elle est située au milieu d'un peti
mnarais qu'on traverse pour s'y rendre, par un
chaussée sous le feu de la place; il y a cen
pas du lieu où on débarque, à la porte de l
citadelle.
Ce fort est de quatre bastions, il est entour
d'un rempart de terre, d'un large fossé plei
d'eau et d'un bon chemin couvert qui n'es
pas encore palissadé; il n'y a devant ni pon
drière ni magasin voûté, ni aucune casemate
située au milieu d'un peti
mnarais qu'on traverse pour s'y rendre, par un
chaussée sous le feu de la place; il y a cen
pas du lieu où on débarque, à la porte de l
citadelle.
Ce fort est de quatre bastions, il est entour
d'un rempart de terre, d'un large fossé plei
d'eau et d'un bon chemin couvert qui n'es
pas encore palissadé; il n'y a devant ni pon
drière ni magasin voûté, ni aucune casemate --- Page 201 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
faudroit mille hommes
pour le défendre.
Artillerie est nombreuse et de fonte, mnais il
apas de mortiers.
D'Amsterdam à Paramaribo
u de la
, qui est le chef.
colonic, il y a trois lieues; c'est une
ez jolie ville située à la rive gauche de la
ière de Surinam ; son port est très-beau : c'est
oi mouillent tous les bâtimens
Innent charger les denrées de la d'Europe qui
p y a une batterie fermée à l'entrée colonie.
Te, qui bat sur la rivière et le
de la
vingt pièces de
port : elle est
canons, 3 on l'appelle le fort
Zélandia : la ville est assez
pation est agréable; il
peuplée, et sa
pendant
y a de belles maisons,
elles ne sont bâties qu'en bois, les
demens en briques qu'onapporte
rivière de Surinam est habitée d'Hollande.
on vingt lieues au-dessus de
jusqu'à enbordée de riches et
son embouchure,
éet en sucreries ; les superbes Hollandais plantations en
leur érablissement
ne poussent
plus haut à cause des
gres-mnarrons qui les inquiètent.
Celle de Comewine est aussi habitée
mnême hauteur, et également bordée de jusqu'à
ions. A environ quatre lieues de
planare de la rivière de Comewine l'embouam, celle de Cotika
dans Sus'y jette; il y a à cetio --- Page 202 ---
OBS E B
T I O N S
embouchure une batterie de canons
fort de Sommwelt. Le Cotika est aussi appelée
rivière habitée
une be
hauteur
également, et jusqu'à la mêr
que les deux autres; il
trois
y a dans C
rivières une qhantité de criques et
ruisseaux qui s'y déchargent, le
il ya un grand nombre
long desqu
Je n'ai rien vu dans les d'habitations. colonies
et anglaises qui approche de la beauté françai
preté de ces
et pr
plantages, non plus quede la ma
nificence des bâtimens qui sont dessus
ces terres, lel long des rivières, étoient ; tout
et couvertes de quatre à cinq
inonde
chaque marée ; avec des écluses pieds d'eau
et
fossés, 2 les Hollandais sont
beaucoup
cher, et c'est à présent où parvenus ils
à les
gros
font leurs p4
dustrie revenus; ; on peut dire que c'est leur
qui les a créés. Les
de
nam ont de grandes facilités planteurs Su
pour faire des
treprises en culture ; ils trouvent autant
veulent du crédit à Amsterdam à six qu
cent. Cette colonie auroit eu des
pc
plus rapides, et deviendroit
progrès bi
les
prodigicuse sd
nogrcs-marrons, qui sont devenus un
ple avec lequel les habitans
Pe
lement en
sont perpétu
guerre, et duquel ils ont tout
craindre, tant parce qu'ils tombent inopir
grandes facilités planteurs Su
pour faire des
treprises en culture ; ils trouvent autant
veulent du crédit à Amsterdam à six qu
cent. Cette colonie auroit eu des
pc
plus rapides, et deviendroit
progrès bi
les
prodigicuse sd
nogrcs-marrons, qui sont devenus un
ple avec lequel les habitans
Pe
lement en
sont perpétu
guerre, et duquel ils ont tout
craindre, tant parce qu'ils tombent inopir --- Page 203 ---
SUR LA COLONIE DE SURINAM.
nt par les bois sur.quelque
ttent tout à feu et à
habitation où ils
pplots etdes
sang, qu'à cause des
intelligences qu'ils peuvent avoir
qu'ils ont fort souvent avec les
sont d'ailleurs assurés d'une retraite esclaves,
anciens fugitifs. On vient de conclure chez
x avec eux, s mais quel fond
une
la foi des nègres qui,
peut-on faire
on les craint,
voyant et sachant
augmenteront journellement
prétentions ? On estime que ces
S peuvent
nègres-marC femmes monterjusqu'à dixou douze mille,
qu'enfans ; ils forment
des et villages, à la tête de chacun plusieurs
a un chef.
desquels
a compagnie de Surinam entretient
te colonie deux bataillons de 600
dans
cun, et une compagnie d'artillerie; hoinmes
sont presque uniquement
ces troupostes contre les
occupées à garnir
eine quelques nègresmarrons, et il reste
aramaribo.
hommes dans la citadelle et
gnies
Les habitans sont divisés en come militaire bourgeoises, et sont obligés à un seren cas de besoin, même les
Le gouverneur ou le commandant font juifs.
ues par an.
deux
La colonie a fait, en 1768,
livres de café,
quatorze millions
vingt-six mille barriques de --- Page 204 ---
BSR E V A T I 0 N S
sucre brut, pesant chacune un
cent mille livres de
millier; de
de
cacao, et cent mille livs
coton ; il y a environ soixante-dix
d'Europe
vaissea
employés au transport de ces
Les habitans
denré
paient une taxe de cent sous,
gent de France, par tête d'esclave, et
position de deux et demi
une 11
à l'entrée
pour cent de la
leur,
et à la sortie des
la compagnie. qui donne les
denrées,
concessions
rien, et n'exige aucune autre redevance po
est obligée d'entretenir les
; e
fications ; mais il
troupes et les for
dans la
y a beancoup d'autres tax
colonie pour tous les objets et
civiles et publiques, dont la plus forte dépens
guerre contre les nègres-marrons.
est
Les bâtimens de T'Amérique
sont adiis à Surinam ; ils y
septentriona
tiaux, de la farine, du bouf apportent des be
rue enfin
salé, de la m
tous les comestibles
beaucoup d'autres objets
possibles >
; ils n'y peuvent P
importer de nègres, et ils ne peuvent
de la colonie que des
export
plus de leur
sirops et taffias ; le su
vente est payé en argent ou lettr
de-change.
La colonie est composée d'environ
mille esclaves (*) tant grands
cinquan
que petits , quat
(*) C'est en 1769. que le comte d'Ennery étoit à Sa
é, de la m
tous les comestibles
beaucoup d'autres objets
possibles >
; ils n'y peuvent P
importer de nègres, et ils ne peuvent
de la colonie que des
export
plus de leur
sirops et taffias ; le su
vente est payé en argent ou lettr
de-change.
La colonie est composée d'environ
mille esclaves (*) tant grands
cinquan
que petits , quat
(*) C'est en 1769. que le comte d'Ennery étoit à Sa --- Page 205 ---
SUR LA COLONIES DH SURINAM.
ille blancs de tout âge ct de tout sexe, dont
ne bonne partie sont des juifs : nulle part
ans le monde ils ne jouissent d'aussi grands
iviléges ; ils peuvent non-seulement profesT leur religion, posséder des terres, des esaves, des maisons, mais encore ils ont part
l'élection des membres du conseil comme les
atres citoyens; ils ont de plus des magistrats
ifs à leur nomination pour décider toutes les
aerelles et affaires qu'ils ont entr'eux, pouryu
l'elles n'intéressent, ni l'ordre public , ni un
toyen d'une autre nation ou religion.
Il y a aussi à Surinam un couvent d'herites de la secte de M. le comte Sinsordorff.
Le gouvernement est composé. d'un gouvereur général et d'un coimandant, tous deux
la nomination de la compagnie. 3 de douze
nseillers pris parmi les habitans ct choisis par
x-mémes, c'est-a-dire, ils proposent au goureur, quand il vaque un de CCS emplois,
eux sujets 5 le gonverneur cloisit cclui des
ux qui lui est le plus agréable.
Lc gouverneur a beaucoup d'autorité parce
l'il est le représentant de la compagnie 5 mais
m; en 1777 on y comptoit soixante-dix mille nègres.
gnore quelle a été depuis la progression. --- Page 206 ---
0 B S E R V A T I O N $, etc.
cependant la plus grande partie des affaires n
se peut décider qu'à la pluralité des voix dar
le conseil; le gouverneur nomme provisoire
ment à tous les emplois qui vaquent jusqu'
nouvel ordre de la compagnie.
La colonie des Berbiches se rétablit, il n'
a plus de nègres-marrons dans cette partie-là
ils sont rentrés chez leurs maîtres ou ont ét
détruits ; la compagnie des Berbiches y entre
tient 200 hommes de troupes ; il se fait beai
coup d'établissemens en sucreries à Esseké, ,
principalement à Démarary; on y fait dé
beaucoup de denrées.
quent jusqu'
nouvel ordre de la compagnie.
La colonie des Berbiches se rétablit, il n'
a plus de nègres-marrons dans cette partie-là
ils sont rentrés chez leurs maîtres ou ont ét
détruits ; la compagnie des Berbiches y entre
tient 200 hommes de troupes ; il se fait beai
coup d'établissemens en sucreries à Esseké, ,
principalement à Démarary; on y fait dé
beaucoup de denrées. --- Page 207 ---
SECTION QUATRIÈME
COMPAGNIE DE LAGUIANE.
Cette section comprend ma correspondance
vec la Compagnie, les instructions et les
oyens que je lui aiprocurés pour un emploi
tile de ses fonds.
Si les gens à projet étoient une espèce
Phommes corrigibles 2 ils trouveroient ici
utiles legons; mais il y aura une alliance
ternelle entre la présomption, Pignorance et
entêtement. - Lesgouvernenens ont un; grand
térêt à s'en préserver ; car ils périssent
ncore plus souvent par leurs fautes que par
urs crimes.
3.
--- Page 208 ---
COPIE
DE DIFFÉRENTES LETTRES
Relatives à la Compagnie de la Guiane.
1 M. Pauliz, l'un des intéressés à la com
pagnie d'Oyapock.
A Cayenne, le 24 février 1777VOTRE bâtiment, M., est arrivé à Oyapod
et a failli périr sur un banc de sable où
est resté échoué pendant deux jours : uII ca
boteur l'cn a rctiré en le déchargeant. Vo
employés nous ont écrit sans nous faire part d
leurs projets ct des ordres dont ils sont por
teurs. Les sieurs Comte et Olivier nous ap
prennent seulement qu'ils sont directeurs d
VOS établissemens; et comme j'ignorois quel es
le chef, je leur ai répondu en commun. J'a
donné ordre de leur livrer par inventaire, tou
ce dont ils auront besoin et tout ce qu'ils de
mandent : mais ce n'est pas seulement par le
secours auxquels vous avez droit que je desire --- Page 209 ---
D E L A GU I A N E
M., être utile à votre compagnie, je'crois de.
voir vous éclairer, autant que je le pourrai,
sur. les moyens et les détailsde votre entreprise.
Après avoir lu à Paris la majeure partie des
mémoires faits sur la Guiane, arrivé ici j'ai
entenda lc plus grand nombre de ses habitans.
J'ai visité plusieurs habitations, et il s'en faut
bien que je sois cn état de juger définitivemnent
si ce pays-ci est susceptible d'une extension
fructueuse de culture et de commerce. Nous
avons fait assembler la colonie par députés, et
ls nous ont demandé trois mois pour réponIre pertinemment sur les questions dont je
oins ici copie en sorte que sur les lieux
nême et sous nos yeux, il est encore incertain
que telle ou telle terre soit bonne ou inauvaise,
el quartier soit propre à la culture, tel autre
l'exploitation des bois. C'est en visitant toutes
es terres, tous les quartiers, que les hommes
es plus instruits nous répondront. Ils sont tous
n course dans ce moment-ci; nous faisons véifier leur examen par des ingénieurs et par le
(*) Je vous les adresse avec les réflexions de M. Maaye, procureur-ginéral, homme éclairé, qui a quaranteinq ans d'expérience. Vous en conclurez qu'il n'cst pas
aisé de prononcer sur ce pays-ci.
autre
l'exploitation des bois. C'est en visitant toutes
es terres, tous les quartiers, que les hommes
es plus instruits nous répondront. Ils sont tous
n course dans ce moment-ci; nous faisons véifier leur examen par des ingénieurs et par le
(*) Je vous les adresse avec les réflexions de M. Maaye, procureur-ginéral, homme éclairé, qui a quaranteinq ans d'expérience. Vous en conclurez qu'il n'cst pas
aisé de prononcer sur ce pays-ci. --- Page 210 ---
U M P A G N I E
petitnombre d'hommes à talens que nous avons
sous la main. Enfin je vais moi-même m'enfoncer dans les terres, et visiter avec soin tout
l'espace que je pourrai parcourir en deux mois.
Tel est, M., le préliminaire que nous avons
jugé nécessaire avant de présenter au ministre
une opinion, un parti à prendre.
Cependant, avant que le quartier le plus
facile et le plus utile à établir soit détérminé,
vous en avez adopté un. Vous avez arrêté vos
projets de commerce et de culture, et vous en
confiezla direction à deux hommes connus dans
ce pays- ci pour ne mériter aucune confiance.
Le sieur Olivier nous est dénoncé à M. de Fiedmond et à moi comme un ivrogne ; le sieur
Comte, un aventurier ci-devant emprisonné à
Cayenne pour quelque faute grave. On nous
parle aussi du sieur Voiturier, commis aux écri
tures au Havre, et venant à Cayenne, en qua
lité de directeur général de votre société. Ce
début, M., afflige les habitans, en ce qu'il
s'attendent à voir échouer, , en de pareille
mains, votre entreprise, et à voir leur coloni
encore plus discréditée par cet échec.
Je ne connois aucun de VOS directeurs; j'i
gnore absolument si la prévention généralequ
je vois établie contr'eux est fondée; mais per --- Page 211 ---
D E L A G U I A N r.
mettez-moi de vous dire
vOS
que, , quels que soient
projets en commerce et en
ne pouvez choisir,
culture, vous
, avec trop de soin, des
hommes capables de les bien conduire.
Si vous vouliez entreprendre une
mnègres aux habitans, il
avance de
rapable
vous falloit un sujet
d'apprécier, sur les renseignemens
aurois pu lui procurer, la somme de crédit que
annuel que cette colonie peut
vous voyez que nous l'ignorons supporter ; et
Iroit que cet
encore. Il fauen
agent, connoisseur en hommes et
culture, 2 pût distinguer les habitans
esquels il seroit utile de traiter
avec
Si vous voulez faire
par préférence.
He
un grand établissement
culture, ce que je crois possible, quel
oit d'ailleurs, quant à la qualité des
que
"état général de la Guiane, il me semble terres,
rous ne pouviez prendre que dans une colo- que
ie florissante le chef de cette entreprise.
Fauriez trouvé à
Vous
ir avec lui deux St.-Domingue, bons
en faisant veéconomes et
vous voulez faire du sucre ; quelques raflineurs,
hefs d'attelier ; en faisant acheter
nègres
encore à
L.-Domingue, ou même ici, une centaine de
egres faits au pays ; en choisissant enfin un
on sol, et y plaçant en six ou sept ans mille
u douze cents nègres, je ne doute
pas que vous
de cette entreprise.
Fauriez trouvé à
Vous
ir avec lui deux St.-Domingue, bons
en faisant veéconomes et
vous voulez faire du sucre ; quelques raflineurs,
hefs d'attelier ; en faisant acheter
nègres
encore à
L.-Domingue, ou même ici, une centaine de
egres faits au pays ; en choisissant enfin un
on sol, et y plaçant en six ou sept ans mille
u douze cents nègres, je ne doute
pas que vous --- Page 212 ---
Co M P A G N L E
ne fussiez parvenu à établir plusieurs grandes
manufactures, et à placer très-utilement vos
fonds, Je dis, M., que je n'en doute
parce qu'il suffit d'une lieue quarrée de
M
terrain bien exploité pour en tirer un million
de rente, et qu'il est probable que dans toute
la Guiane on peut trouver cette lieue quarrée.
Car, encore une fois, je ne réponds point que
la totalité de la colonie mérite, de la part du
Gouvernement, une mise de fonds considérable. Les assertions, les projets, les mémoires
ne m'en imposent plus. Ce pays ci, comme bien
d'autres, a été Ic théâtre de l'extravagance
et je gémissois, en recueillant les voix de cette
assemblée, d'imaginer qu'on avoit prononcé a
Paris, en 1763, ce que la colonie réunie ne
peut savoir et vérifier qu'après trois mois d'examen.
Pour en revenir à votre affaire, M., elle est
encore entière si vous voulez la soigner avec
les précautions dont vous êtes capable plus que
personne; mais vous aurez le chagrin de voir
tout échouer, si vous avez mal placé votre
confiance.
J'ignore ce que vont faire VOS employés : ils
se rendront ici sous peu de jours, et je leur
parlerai avec la vérité ct l'intérêt que je vous --- Page 213 ---
D E L A GUIA N I.
hontre. Ils m'annoncent des nègres à vendre 199
ene sais à quelles conditions : je ferai
$
qu'ils ne soient pas, trompés; mais,
en sorte
Fient à une
M., il concompagnie aussi bien
ous égards que la vôtre, de voir composée à
lexécuter
en grand 2
sdrement, et d'employer des
Fignes d'elle.
gens
Dans trois mois j'espère que le ministre
n état de prononcer sur ce
sera
itude. Vous
pays-ci avec cerpourrez alors lui demander comhunication- du compte rendu, des
t des vices de la Guiane, de l'état ressources
lestination de chaque
et de la
quartier. A cette
e crois que ma mission principale époque
plie; car plusieurs considérations
sera remtourir à l'abréger. Je desire seniblent conrous puissiez profiter des lumières donc, M., que
urons acquises, et réformer VOS
que nous
équence. Je desire sur-tout
plans en conna lettre comme un
que vous receviez
e l'intérêt
témoignage non équivoque
que je prends à votre
et de l'estime que vous m'avez
entreprise,
Inspirée.
personnellement
C'est avec ces sentimens que j'ai l'honneur
'être, etc.
Signé, MALOUXT.
. Je desire seniblent conrous puissiez profiter des lumières donc, M., que
urons acquises, et réformer VOS
que nous
équence. Je desire sur-tout
plans en conna lettre comme un
que vous receviez
e l'intérêt
témoignage non équivoque
que je prends à votre
et de l'estime que vous m'avez
entreprise,
Inspirée.
personnellement
C'est avec ces sentimens que j'ai l'honneur
'être, etc.
Signé, MALOUXT. --- Page 214 ---
C 0 M P A G N I E
A Cayenne, le 6 mars 1777A MM. les administrateurs de la
compagnid
de la Guiane.
J'ai reçu, MM., la lettre que vous m'avez
fait l'honneur de m'écrire. Celle
sée à M. Paultz peu de jours avant que l'arrivée j'aiadres
de
l'Oiseau, 2 vous aura fait connoître que votre
entreprise m'occupe et m'intéresse. L'arrivé
des sieurs Comte et Olivier sans instructions,
et leur manière incertaine de s'annoncer, m'a
inquiété par le mauvais effet qui pouvoit ré
sulter d'un pareil début. J'ai vu avec plus de
satisfaction le sieur Voiturier; mais
dissimule
je ne vous
pas que je ne lui trouve point encore
les qualités nécessaires pour diriger yos affaires.
Je partois pour Sinnamari d'ou je reviens aujourd'hui, et je m'embarque demain pour visiter les quartiers d'Oyapock et
Pressé
Approuague.
par l'expédition de quelques affaires instantes, je ne vous répéterai point ce que
dit à votre directeur, et le compte
j'ai
de rendre à M. le prince de
que je viens
Conty, enl réponse à la lettre dont il m'a honoré : je vais
joindre ici l'une et l'autre pièce; vous y trou. --- Page 215 ---
D E L A J U I A N E.
verez mes opinions détaillées avec toute la franchise dont je fais profession.
Personne ne desire plus que moi, MM., de
voir prospérer une entreprise dont le succès est
hécessairement lié à ceux de mon administration.Je vous ferai part en conséquence de toutes
les observations que je jugerai pouvoir vous être
atiles, et notamment de l'état et des ressources
Be cette colonie, qui seront constatés dans la
séance prochaine de l'assemblée nationale.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signd,MALOURT.
A Cayenne, le 26 décembre
1777.
A MM. de la compagnie de la Guiane.
Depuis ma dernière lettre, MM., j'ai écrit
plusieurs fois à Oyapock, et j'en ai
des
réponses dont je veux vous faire part. reçu Le
némoire no, 1 2 est de M. d'Albanel. C'est petit
homme sage, qui voit hien, mais
n'a un
la même capacitédans l'exécution. qui
pas
Établissemens no,
L'état de VOS
trand
2., m'est adressé par M. Ber-
: vous pourrez le confronter avec celui
qu'a dû vous enyoyer M. Voiturier. L'un
et
'en ai
des
réponses dont je veux vous faire part. reçu Le
némoire no, 1 2 est de M. d'Albanel. C'est petit
homme sage, qui voit hien, mais
n'a un
la même capacitédans l'exécution. qui
pas
Établissemens no,
L'état de VOS
trand
2., m'est adressé par M. Ber-
: vous pourrez le confronter avec celui
qu'a dû vous enyoyer M. Voiturier. L'un
et --- Page 216 ---
C 0 M P A G N I E
l'autre sont à Cayenne depuis luit jours. Le
dernier m'a paru un peu moins entêté, mais
pas plus éclairé. J'ai blâmé ses quatre abattis
différens, et il est très-persuadé que j'ai tort.
Il repartira le 10 janvier avec MM. Bois-Berthelot et Guisan que je charge d'arrêter sur le
terrain le plan de VOS établissemens. C'est principalement sur l'ingénieur hollandais que je
me repose pour cette opération. Un habitant
de Cayenne, quelqu'intelligent qu'il soit, ne
peut rien imaginer cn ce genre qui corresponde
à VOS vues; ainsi n'oubliez pas, MM., 3 que de
ces deux hommes, je vous désigne M. Guisan
comme le plus capable.
J'ai eu quelques observations à faire sur les
petites fournitures du poste, leur qualité, leur
prix. J'ai le projet de simplifier cette manutention qui sera moins embarrassante pour vous,
moins dispendieuse pour le roi.
J'ai été en marché avec le sieur Lemesle
pour vous faire acheter son attelier; mais il
veut vendre conjointement deux terrains qui
vous sont inutiles : ainsi j'y ai renoncé.
M. Voiturier persistant à me dire que vous
Jui avez défendu d'acheter les nègres et Phabitation de Mirabean 7 je ne prends pas sur
moi de l'y obliger. Il m'a représenté la néces- --- Page 217 ---
) E L A - U I A N E.
ité d'augmenter ses bâtimens 5 mnes deux enoyés en jugeront.
J'ai l'honneur de vous adresser, MM., sOuS
enveloppe du ministre, huit exemplaires de
extrait du procès-verbal de l'assemblée naionale, dont je ne pouvois rendre publics tous
es détails; mais vous trouverez dans le précis
ane idée juste et constatée de l'état de la
Guiane, de ses vices, de ses ressources, des
noyens, des obstacles et de l'esprit de ses haitans. Vous préjugerez par-là le travail subéquent qui cst actuellement sous les yeux du
ninistre, etp parlequelj'ai présenté, dans chaque
partie, le développement des vues et des déails. il en résulte non pas un plan, un projet
mim'appartienment, mais les conséquences évilentes des principes établis et des faits constatés.
e n'ai dit CC qu'il falloit faire, qu'en monrant ce qu'on avoit fait de mal, et ce qu'il
Stoit impossible de tenter.
1I y a un changement notable depuis deux
nois, dans l'impression extravagante qu'avoit
faite votre arrangement pour la fourniture des
aègres. Non-seulement lcs plaintes ont cessé,
mais même on est inquiet de l'effet'qu'elles ont
dû faire sur vous, et on craint de manquer
de nègres ; ce qui arrivera certainement, si
qu'il falloit faire, qu'en monrant ce qu'on avoit fait de mal, et ce qu'il
Stoit impossible de tenter.
1I y a un changement notable depuis deux
nois, dans l'impression extravagante qu'avoit
faite votre arrangement pour la fourniture des
aègres. Non-seulement lcs plaintes ont cessé,
mais même on est inquiet de l'effet'qu'elles ont
dû faire sur vous, et on craint de manquer
de nègres ; ce qui arrivera certainement, si --- Page 218 ---
COM P A G N I E
vous n'en envoyez point. J'ai saisi cette cir
constance pour faire expliquer chaque habi
tant sur ses besoins et ses mcyens. Tel est l'ob
jet de l'avis circulaire no. 3, sur lequel il doi
être délibéré dans toutes les paroisses, le second
dimanche de janvier, J'aurai l'honneur de vous
faire part du résultat des
réponses, 7 qui sera
pour vous, MM., unei instruction intéressante
Le moment est d'autant plus favorable,
qu'i
yai uneaugmentation d'aisance pour la majeure
partie des habitans, par le haut prix de leurs
denrées que j'ai fait monter de vingt pour cent
en refusant des
Je
lettres-de-change au commerce.
ne doute pas que si un de VOS négriers arrivoit à présent, vous n'en placiez une partie
comptant. Néanmoins ne comptez pas, d'ici à
quatre ou cinq années, sur plus de deux cents
nègres de vente annuelle en les plaçant bien
on vous en prendra mille, si vous le voulez;
mnais vous ne seriez jamais payés.
Je joins ici deux exemplaires d'un réglement
qni vous intéresse comme propriétaire. Votre
concession très considérable se trouveroit Iécessairement dans le cas d'être limitée, si vous
n'obtenez un ordre du roi dérogatoire.
cette
Malgré
précaution, je ne vous dissimule
MM., qu'il doit y avoir une époque à laquelle pas, --- Page 219 ---
D E L A G UI A N E.
Jotre propriété en terres soit mesurée sur VOS
prces d'exploitation; ; sans quoi le don
bous a été fait équivaudroit à
qui
jiettre en valeur la
une défense de
terre que vous laisseriez
n friche, , et ce n'est pas là l'objet des
essions.
conAu commencement de février j'aurai l'honeur de vous écrire avec plus de détails.
J'ai celui d'être, etc.
Signé, MALOUET.
INSTRUCTIOXS
Pour MM. le chevalier de Bois-Berthelot
Guisan, pour aller visiter le terrain
et
tenant à la compagnie de la
apparGuiane à
Oyapock,
Du 29 décembre 1777.
LA compagnie de la Guiane s'adressant à moi
vec confiance pour me prier de régler les
ations de son directeur
opéles
actuel, et celles que
projets d'établissemens à Oyapock peuvent
endre nécessaires > la première et la plus imbortante dont je puisse
celle-là décide du
m'occuper, en ce que
sort de toutes les autres, est
à la compagnie de la
apparGuiane à
Oyapock,
Du 29 décembre 1777.
LA compagnie de la Guiane s'adressant à moi
vec confiance pour me prier de régler les
ations de son directeur
opéles
actuel, et celles que
projets d'établissemens à Oyapock peuvent
endre nécessaires > la première et la plus imbortante dont je puisse
celle-là décide du
m'occuper, en ce que
sort de toutes les autres, est --- Page 220 ---
C O M P A G N I t
da fixation du local sur lequel doivent être con
mencés et continués les établissemens : j'en
tends par là qu'après avoir examiné et appréci
la qualité des terres situées sur la rive gauch
de l'Oyapock, on doit déterminer l'établisse
ment en culture sur le plus grand espace cor
tigu,t de la meilleure qualité.
Ne pouvant faire moi-même cet examen ave
l'attention et les détails qu'il exige, j'ai désign
an ministre et à la compagnic M. le chevalic
de Bois-Berthelot, habitant, et M. Guisan, in
génieur, pour les deux hommes les plus ca
pables de cette opération qui est l'objet de leu
mission.
A leur arrivée à l'embouchure, il est néces
saire de commencer la visite par la montagn
Lucas et la crique Ouanari, en remontant 1
fleuve jusqu'à la crique Gabaret.
Ils trouveront dans cet espace et jusqu'a
sault., lcs quatre abattis faits par M. Voitu
rier, dont j'improuvela distance et la diversité
Ils examineront, 1°. si l'un des quatre abbatti
a un grand espace de bonne terre contigué
car cette condition est nécessaire pour fonde
un grand établissement; 20, si les plantation
en vivres qui y sont faites méritent d'être con
servées et entretenues; 3°, si en atterdan --- Page 221 ---
D E L A J UI A N E.
ju'on puisse en faire d'autres mieux
iles peuvent suffire à la nourriture entendnes,
pu quatre cents nègres.
de trois
Après avoir parcouru les terrains
i-dessus, MM, Bois-Berthelot
désignés
ideront, sans autres
et Guisan se déneilleur sol susceptible considérations, d'une
pour le
le culture, soit en terres grande extension
hautes
onnes, soit en terres basses
reconnues
A mérite égal le terrain le desséchables.
prt doit être préféré;
plus voisin du
alancer entre
mais il n'y a point à
l'infériorité de la terre
prt, et sa supériorité dans
près du
Le fort cédé à la
une autre position.
déré comme
compagnie doit être conimployés, ouvriers l'entrepôt et le magasin de ses
osition des terres à et marchandises. Mais la
essaire un autre
cultiver peut rendre néétablissement en
Pgement et atteliers relatifs à la
magasin,
3 qu'il faudra considérer dans. cnlture; c'est
bcal : en sorte
la fixation du
hens à faire
que l'emplacement des bâtiortion
s'y trouve désigné dans la
convenue et progressive des
proe projet de la
cultures.
compagnie étant
culture trois mille
d'employer à
ue chaque distribution nègres et plus,je pense
Aissement doit être
de culture et d'étacombiné sur un attelier de
Pgement et atteliers relatifs à la
magasin,
3 qu'il faudra considérer dans. cnlture; c'est
bcal : en sorte
la fixation du
hens à faire
que l'emplacement des bâtiortion
s'y trouve désigné dans la
convenue et progressive des
proe projet de la
cultures.
compagnie étant
culture trois mille
d'employer à
ue chaque distribution nègres et plus,je pense
Aissement doit être
de culture et d'étacombiné sur un attelier de --- Page 222 ---
Co M P A N E
cinq cents nègres; ainsi l'espace de terrain
lequel il est question de déterminer
sur
doit être
un plan,
susceptible de six établissemens de
cinq cents nègres chaque.
Si la contiguité des bonnes terres
desirons n'avoit lieu
que nous
que pour un ou deux éta
blissemens de cette espèce, et qu'il se trouvât
ensuite des intervalles
impraticables, soit à raison de l'infériorité du sol, soit
la
culté d'un
par diffi
desséchement, il faut faire en sorte
que le fort ou l'entrepôt actuel se trouve au
milieu des établissemens projetés pour la facilité
des transports et des communications.
En supposant un grand espace libre et cultivable, s indépendamment de la division ci
dessus, il est nécessaire, si le local le
permet
d'y trouver, ou dans le
voisinage, un empla
cement pour une ménagerie et pour un haras
de mulets ; c'est donc à la proximité des
vanes naturelles qu'il faut donner la
sa
rence s toutes choses égales d'ailleurs préfé
la qualité du sol. 1
quant
Le plan pour la ménagerie ne doit point être
celui des établissemens en ce genre faits à Sin
namari, dont les succès ont été infiniment
tardés par le défaut de soins. Il faut
re
en désignerla position sur un terrain dontla vingtième
et pour un haras
de mulets ; c'est donc à la proximité des
vanes naturelles qu'il faut donner la
sa
rence s toutes choses égales d'ailleurs préfé
la qualité du sol. 1
quant
Le plan pour la ménagerie ne doit point être
celui des établissemens en ce genre faits à Sin
namari, dont les succès ont été infiniment
tardés par le défaut de soins. Il faut
re
en désignerla position sur un terrain dontla vingtième --- Page 223 ---
D E L A G UIA N E.
partie puisse être cultivée en herbes de
Du d'Ecosse, , et qui puisse fournir des Guinée
ux nègres affectés à la garde des
vivres
hotera également
bestioux; on
les parcs, et on aura l'emplacement égard à la des. cases et
pois et de l'eau.
proximité des
Le plan pour les cultures de chaque établisement doit être distribué en
bâtimens et culures, terres à exploiter actuellement, terrés
dessécher. Le premier plan
tre un arrêté définitif
général ne peut
hais le plan du
quant à l'exécution; ;
loit être aussi premier établissement actuel
ible.
exact et détaillé qu'il est posLes opérations à exécuter sur-le-champ
écessairement
ayant
pour objet un grand
ionnement de vivres, M. Guisan est approvièrement chargé de les détermniner particuain, et de les détailler
sur le teruis'y
par écrit au directeur
conformera.
C'est d'après cet examen général et l'arrêté
abséquent que MM. Bois-Berthelot et Guisan
rononceront sur la demande que fait le diEcteur d'an nouveau bâtiment servant d'hoital au fort; 20, sur le projet de faire
la compagnie les
acquérir
not,
nègres et le terrain Ros3.
--- Page 224 ---
C O M P A G N I E
M. Bertrand assistera à leurs opérations, e
ils lui en communiqueront, , ainsi qu'à M. d'AI
banel, le résultat auquel lle directeur sera oblig
de se conformer.
Ainsi leur travail consistera, 1°, dans le' ré
sumé de leur visite des terrains; 20. dans l'ap
préciation et fixation du plus grand espace libr
qui doit être exploité par la compagnie; 3°. dan
la distribution générale de cet espace en diver
établissemens de cinq cents nègres chaque ; 4
dans l'énoncé des premières opérations à fair
pour commencer un de ces établissemens, e
notamment dans la distribution actuelle de
plantations de vivres ; 5°, dans le jugement
porter des quatre abattis déja faits, et le rap
port utile qu'ils peuvent avoir ou n'avoir pa
avec le plan général ; 6°. dans l'exposé de leur
opinions sur la nécessité ou l'inutilité de l'aus
pnentation des bâtimens du fort, en les raj
portant toujours au plan général ou aux ope
rations à exécuter actuellement.
Tel est l'ordre dans lequel je desire qu
MM. Bois-Berthelot et Guisan rendent leur
idées sur les différens objets à examiner ;
tout ce qui leur paroîtra instant ou utile
exécuter actuellement, sera par eux prescr
6°. dans l'exposé de leur
opinions sur la nécessité ou l'inutilité de l'aus
pnentation des bâtimens du fort, en les raj
portant toujours au plan général ou aux ope
rations à exécuter actuellement.
Tel est l'ordre dans lequel je desire qu
MM. Bois-Berthelot et Guisan rendent leur
idées sur les différens objets à examiner ;
tout ce qui leur paroîtra instant ou utile
exécuter actuellement, sera par eux prescr --- Page 225 ---
D bs L A GUI A N E.
à M. Voiturier, qui s'y conformera
ficulté.
sans difSigne, MALOUET,
A Cayenne, le 29 janvier 1778.
A MM. de la
compagnie de la Guiane.
Voici, MM., la
réponse au mémoire
J'avois eu l'honneur de vous
dont
noître les besoins de la
parler, pour conles conditions
colonic, , en nègres, et
auxquelles les habitans
en obtenir; vous y
desirent
noncé. La totalité des verrez ce que j'avois anHemande pas trois cents habitans consultés, ne
hux conditions
nègres, dort fort peu
h'entendent
que vous proposez ; les autres
point payer d'intérêts, et veulent
bependant trois, quatre ou cinq ans de terme.
Presque tous veulent choisir à bord,
Jettent les nations
et resénégalaises et du
Hya eu, à cette
Cap-Verd.
plosion
occasion, 3 une nouvelle
contre vous et vOS projets
exnent. Le dragon qui gardoit le d'envahissepérides, n'étoit
jardin des Hesju'on
pas plus jaloux de son
nel'est ici de son petit avoir. Ce n'est trésor,
mnéchanceté, mais ignorance,
pas
qui donne lieu
inq ans de terme.
Presque tous veulent choisir à bord,
Jettent les nations
et resénégalaises et du
Hya eu, à cette
Cap-Verd.
plosion
occasion, 3 une nouvelle
contre vous et vOS projets
exnent. Le dragon qui gardoit le d'envahissepérides, n'étoit
jardin des Hesju'on
pas plus jaloux de son
nel'est ici de son petit avoir. Ce n'est trésor,
mnéchanceté, mais ignorance,
pas
qui donne lieu --- Page 226 ---
co M P A G N I E
à toutes CCS suspicions.
La masse des habitans, avec. d'autres habitudes, vaudroit peutêtre mieux ici qu'ailleurs.
Ces MM. alléguent, sur les avances à intérêt, les canons de l'église et l'ordonnance de
Blois, de. Moulins, etc. Ainsi votre doctrine
quileur paroît très-hérétique. 2 fera peu de prosélytes; mais la pureté de leur morale ne conviendra pas mieux à nos armateurs, qui ne se
détermineront jamais à faire des avances gratuites aux habitans de Cayenne, quand même
on y attacheroit des indulgences.
Vous concevrez donc, MM.,qu'iln'y a aucune
spéculation de commerce, aucune relation utile
à établir entre vous et les habitans, et qu'un
fournisseur de nègres, quel qu'il soit, ne peut
se présenter ici avec avantage que par intervalle, et en vendant comptant à ceux qui ont
de l'argent, ou à terme au petit nombre de
gens solvables. Alors il faudroit renoncer à la
stipulation de huit pour cent, et la convertir
en cette proposition-ci : cent pistoles comptant
mille quatre-vingts livres à un an, onze cent
soixante à deux.
Ces différences de prix au comptant et à
terme, ont lieu dans toutes nos colonies; car
l'application des canons et dcs lois sur l'usure
--- Page 227 ---
D E L A G U I A N E.
est impraticable sur les objets de
ritime. La saine politique
commerce mal'infraction. Il seroit même exige qu'on len tolère
légalement l'intérêt
plus sensé-de régler
et les espèces de
de l'argent, selon les cas
la
prêt. J'en établirois en général
En proportion d'après celle du produit des terres.
France nous les estimans à
cent, et l'intérêt de
qnatre pour
Amérique il devroit l'argent est à cinq. En
taliste n'y
être à sept 5 car un capiJui assure un placera jamais son argent, si on ne
plus fort bénélice que celui
pent se procurer dans sa
qu'il
Pus.Cosconaidérations, province et sous Ses
etde la nature des
simples, tirées del'ordre
près
choses, n'ont pas à beaucoup
l'influencequ'clles derroient avoir sur
ois et sur les esprits : nous
les
P'inconséquence. Un
sommes voués à
sulte
propriétaire d'esclavesinsouvent au droit naturel dans Je
mnent qu'il fait à son nègre; ; mais il traitele droit canon quand il
invoque
Ainsi il est probable emprunte de l'argent.
dans l'état où elles
que les choses resteront
toujours ciny
sont, que l'intérêt légal sera
en
pour cent en Amérique comme
France, et que le prêteur ou vendeur
terme s'arrangera de manière à en obtenir
à
ou ne fera point d'avance
dix,
au-dessous de huit.
Quoique vous n'ayiez plus à vous
occuper,
le droit canon quand il
invoque
Ainsi il est probable emprunte de l'argent.
dans l'état où elles
que les choses resteront
toujours ciny
sont, que l'intérêt légal sera
en
pour cent en Amérique comme
France, et que le prêteur ou vendeur
terme s'arrangera de manière à en obtenir
à
ou ne fera point d'avance
dix,
au-dessous de huit.
Quoique vous n'ayiez plus à vous
occuper, --- Page 228 ---
CO M P A G N I E
MM., d'une fourniture réglée pour cette COlonie, comme vous êtes décidés à y envoyer
des nègres pour votre compte , je vous invite
néanmoins à donner ordre de vendre au comptant à ceux qui voudront en acheter; et pour
les habitans de Kourou et de Sinnamari, je
vous demande une centaine de nègres à terme,
dont le Gouvernement vous assurera le recouyrement. Cette avance est nécessaire sur-tout à
ceux de Sinnamari, qui ont des ménageries
nombreuses et point de nègres pour les garder,
ce qui occasionne le dépérissement de leurs
bestiaux.
Dans quelques années il y aura mieux à faire
pour le commerce; ; la colonie se liquidera, s'éclairera, et sa fortune pourroit augmenter rapidement.
J'ai Phonneur d'être, etc.
Signe, MALOUET.
A Cayenne, le 3 févtier 1778.
A MM, de la compagnie de la Guiane.
Je ne sais, MM., si avant le départ de la
Belle-Iris, fixé au 10 de ce mois, je pourrai --- Page 229 ---
D E L A J UI A N E.
rous apprendre le retour et les opérations de
MM. Bois-Berthelot et Guisan. J'ai eu deux fois
e leurs nouvelles depuis qu'ils sont en
e viens de recevoir tout à Pheure la course.
Ettre, et jai l'honneur de vous
seconde
opie. Vous
en adresser
y verrez réalisées les
ue je vous ai données sur la bonté espérances du
Ps moyens d'établir en grand une riche sol, et
M. Voiturier n'a
culture.
pas jugé à propos de les actompagner dans la visite des terres. Il témoigne
eaucoup d'humeur de se voir
à
ouveau plan de travail et
assujéti un
eroit même hors d'état de d'instruction qu'il
onne volonté qui lui
remplir avec la
mbarrassé du
manque. Je suis fort
parti à prendre vis-à-vis de lui.
Quoique vous paroissiez m'autoriser à le délacer, je vois de grands inconvéniens à inervenir avec autorité dans VOS affaires, à réracter et annuller les ordres donnés
l'homme
par vous
que vous avez constitué chef de
fotre entreprise, et je ne puis d'ailleurs disposer précairement des deux sujets
i désignés; ; le consentement du que'je vous
eréunir au vêtre
ministre doit
pour cet arrangement. Seroitsage à moi de prévenir l'un et l'autre P N'estpas possible que depuis six mois vous
thoisi et expédié un autre directeur? Le ayiez
plan
, à réracter et annuller les ordres donnés
l'homme
par vous
que vous avez constitué chef de
fotre entreprise, et je ne puis d'ailleurs disposer précairement des deux sujets
i désignés; ; le consentement du que'je vous
eréunir au vêtre
ministre doit
pour cet arrangement. Seroitsage à moi de prévenir l'un et l'autre P N'estpas possible que depuis six mois vous
thoisi et expédié un autre directeur? Le ayiez
plan --- Page 230 ---
-
C O M P A G N 1 E
même que je vous ai proposé, s'éloignant infiniment de ceux auxquels vous vous êtes arrêtés jusqu'h présent, vous conviendra-tilt
Puis-je , sur votre lettre, sur une expression
générale de confiance en mon avis, me faire
l'instituteur et le réformateur de VOS projetst
Toutes ces considérations sont faites pour m'arrêter et pour vous faire perdre conséquemment
beaucoup de temps. Je n'ai garde de comparer
VOS procédés à ceux que j'ai éprouvés déja dans
des cas à peu près semblables; mais personne ne
doit être plus circonspect que mnoi sur ce que
lon appelle zèle et bons offices dans les affaires
d'autrui. M. Oblins et MM. ses associés m'avoient recommandé avec instance leurs affaires.
J'ai visité leurs biens, je leur en ai dit mon
avis, ainsi que du régisseur qui étoit un ignorant; on a renvoyé ma lettre à cet homnie.
M. Oblins devoit une somme au roi;j'ai proJongé le' terme accordé, et j'ai fait tiref sur lui
à longucs échéances. Il a proposé au ministre
d'annuller mes traites. M. le prince de Conti
m'a recommandé les affaires de MM.Prépaud.
Madame leur mère me supplioit par écrit de
m'en mêler et de réformer la mauvaise régie de
son fils. J'ai fait venir à grands frais, de St.-
Domingue, deux bons économes rafineurs. --- Page 231 ---
D E L A G U I A N E.
. Prépaud les a chassés au bout de
217 a
ta repris ses anciens
deux mois, >
as assurément de
erremens. Je ne crains
ates de cette
votre part, MM., des dispalens
espèce ; mais il est tant d'accipossibles qui occasionneroient la
les arrangemens
défaveur
que j'aurois
eux point m'y
pris, que je ne
OS dernières exposer : ainsi, en attendant
ecommander, dispositions, je me bornerai à
à prescrire au sieur
ue je croirai nécessaire. Je
Voiturier ce
ail de MM.
réunirai ici le tran enverrai Bois-Berthelot le
et Guisan ; je vous
omme bon
résultat, et vous conclurez
vous semblera.
Je vous avois
etomber sur vous marquéque la
2 pour ne pas faire
arines condamnées perte totale de l'envoi de
e juillet dernier parle procès-verbal du mois
es moins
, j'avois fait faire un triage
uit.J'ai mauvaises, qu'on a converties en bisLes
permis ensuite, à votre profit, la vente
quarts tout à fait hors de service
mployés à la nourritare des
, pour être
Hilles, quoique
bestiaux et voaution
j'eusse exigé, par une préAtées nécessaire, qu'on ne livrât ces farines
qu'à des acheteurs connus. L'avidité
purs aveugle a suggéré à
toun emploi
plusieurs d'en faire
dangereux en en nourrissant
agres, ce qui eût pu occasionner
les
une épidé-
votre profit, la vente
quarts tout à fait hors de service
mployés à la nourritare des
, pour être
Hilles, quoique
bestiaux et voaution
j'eusse exigé, par une préAtées nécessaire, qu'on ne livrât ces farines
qu'à des acheteurs connus. L'avidité
purs aveugle a suggéré à
toun emploi
plusieurs d'en faire
dangereux en en nourrissant
agres, ce qui eût pu occasionner
les
une épidé- --- Page 232 ---
Co M P A G N E
mie. J'y ai mis ordre en faisant cesser la vente
qui ne vous produisoit, au surplus, que six
ou douze francs par quart. M. Voiturier en
avoit emporté six. Il a prétendu que le biscuit
fait de cette farine étoit bon pour les nègres,
et il m'en demande. Son projet a répandu l'a
larme au poste, où l'on dit qu'il a déja mêlé
la plus mauvaise farine avec d'autre de qualité
inférieure. Le commandant tm'enap portéplainte,
et je refuse absolument tout autre envoi. J'al
mêine donné ordre de jeter à la mer ce qui reste
de quarts hors de service. Vous recevrez in
cessamment l'état de ce quia été sauvé et vendu
pour votre compte.
Les querelles entre les sieurs Voiturier et
Olivier ont recommencé, l'un et l'autre m'on
écrit en plainte ; etj'ai beau leur recommander
la paix, je ne peux parvenir à régler des tête
aussi mal ordonnées.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé, MALOUET. --- Page 233 ---
D E L A G U I A N. E.
A Cayenne, , le 9 février 1778.
MM. les administrateurs de la compagnie
de la Guiane.
MM., de vous annoncer le
J'ai le temps,
et Guisan. lls
tour de MM. Bois-Berthelot m'ont remis tout
nt arrivés hier au soir et
suite le journal, les plans et autres pièces
dont je suis on ne
latives à leurs opérations
la création de
ut pas plus satisfait. Depuis d'examen aussi
tte colonie, il n'y a point eu
et des
taillé des terres 1 de leur qualité
d'exploitation. Ils ont passé vingt-huit
pyens
dans les terres hautes et
urs dans les bois, la pluie sur le corps, et
pinautières, ayant dans l'eau jusqu'à la ceinarchant souvent des eaux de pluie et des mare. La hauteur
l'effet des déles, la direction des courans,
la sonde
rdemens, le relevé des airs de vent,
différentes couches de terre, enfin tout
s
déterminer le choix et assurer
qui peut
établissement, a été
xécution d'un grand
dont l'un,
pservé et calculé par ces MM.,
est un homme rare, et l'autre,
ingénieur,
habitant éclairé, exact et infatigable.
souvent des eaux de pluie et des mare. La hauteur
l'effet des déles, la direction des courans,
la sonde
rdemens, le relevé des airs de vent,
différentes couches de terre, enfin tout
s
déterminer le choix et assurer
qui peut
établissement, a été
xécution d'un grand
dont l'un,
pservé et calculé par ces MM.,
est un homme rare, et l'autre,
ingénieur,
habitant éclairé, exact et infatigable. --- Page 234 ---
CO M P A G N I E
Je vous garantis donc, MM., le résultat
leurtravail, et vous jugerez facilement, quan
il sera sons voS yeux, de son importance
de sa précision. Ils ont saisi l'esprit de m
instructions, et en ont rempli parfaitemer
l'objet. Après avoir visité la rivière d'Oyapo
jusqu'au Saut, la Crique-Gabaret, et VOS aba
tis dispersés à une , trois et quatre lieues sai
communication. > ils ont été chercher dans
rivière Onanari, CC grand espace de bonne ter
contigué qui pouvoit seul répondre à VOS vu
et aux miennes, et ils ont trouvé treize lieu
quarrées de belles pinautières desséchables, do
la moitié part de la montagne Lucas, qui 6
le chef-lieu de vOs cultures. C'est-là où vo
trouverez l'eau et le bois; mais toutes les pr
ductions riches sortiront de la belle plaine S
laquelle domine cette montagne. Votre camp
ment au fort, votre distribntion éparse de 2
gres, d'économes et d'abattis ne présenteroie
jamais que le désordre ruineux des pratiqu
de ce pays-ci. Le petit avantage d'avoir que
ques maisons bâties dans celui-là, ne peut con
penser l'impossibilité démontrée d'y faire ur
grande entreprise. Toutes les terres enviro
antes sont hachées et entremélées de marai
de mornets médiocres et mauvais. C'est toujou --- Page 235 ---
D E L A J UI A N E.
de bonne terre qui doit
qualité et la quantité
conditions
erle cultivateur. Toutes les autres
; celle-ci est capitale.
sont qu'laccessoires des plans et journaux de mcs
La rédaction moins trois semaines de travoyés exige au
heures pour
i1, et il ne me reste que quelques demain. Je vais"
jus écrire. Le bâtiment part
pendant faire copier le résumé du journal,
laissées à M. Voiles instructions provisoires dont il s'est conduit en cette
ier. La manière
l'avenir. Je vous ai
casion m'inquiète des pour motifs de mon embarras
t part, MM.,
cet employé les
son égard, et il semble que
les
Sa
augmente tous jours;
vine. grosièreté Voici une de ses lettres
menace, il injurie.
ginales à M. Bertrand, et la plainte quem'en
Vous verrez que M. d'Albanel
rte ce dernier.
plaint aussi, et que je ne peux m'empêcher Boisréprimer ce mélange de farines. MM.
ét Guisan ont été défrayés de leur
rthelot
donné ordre à
yage par le roi 3 mais j'avois leur
tout
rapock qu'on leur fournit, surl
reçu,
demanderoient. M. Voiturier leur a
qu'ils
s'est tenu renfermé chez lui,
fusé du vin,
voulu ni les voir ni les faire accompagner inm'a écrit des lettres
r votre ingénieur,
à faire
incevables que j'ai de la répugnance
.
ét Guisan ont été défrayés de leur
rthelot
donné ordre à
yage par le roi 3 mais j'avois leur
tout
rapock qu'on leur fournit, surl
reçu,
demanderoient. M. Voiturier leur a
qu'ils
s'est tenu renfermé chez lui,
fusé du vin,
voulu ni les voir ni les faire accompagner inm'a écrit des lettres
r votre ingénieur,
à faire
incevables que j'ai de la répugnance --- Page 236 ---
COM P A G N I E
copier, 3 mais que je garde à tout événemen
Tous les habitans du quartier sont méconten
Le directeur leur fait payer 3 pour le fret
leurs denrées, des prix excessifs. Le curé
envoyé à Cayenne trente-six mains de mil poi
lesquels on a exigé trente-six francs de tran
port, ct le mil a été vendu dix écus : ceper
dant M. Bois-Berthelot ayant écrit de ma pa
à tous les habitans pour les prier de donn
des plaes de manioc et de banane pour un ab
tis, le plus grand nombre en a promis.
Je vais écrire très-sèchement à M. Voiturie
et lui faire craindre sa révocation, s'il
change de ton et de conduite 3 mais s'il 10
pousse à bout je n'effectuerai point la menad
MM. Bois-Berthelot et Guisan ont estimé
nègres et l'habitation Boissinot, qu'ils juge
vous convenir. Les plantations sont payées da
une ou deux années par les produits, et
nègres vous sont nécessaires 5 ainsi j'autoriser
votre directeur à conclure. Vous trouyerez C
joint, MM., l'état d'estimation si on a le tem
de le copier.
Par la première occasion, vous recevrez
plan de la montagne Lucas, de la rivière Ou
nari, et des terres situées sur SCS deux rive
Vous y verrez indiqués YOS établissemens --- Page 237 ---
D E L A G UI AN E.
Atimens et culture. Le fort etles environs
estinés pour les
sont
ménageries et haras. Ouanari
rapproche dans sa source de la rivière de
ouronai, aussi bordée de
anal d'une ou deux lieues pinautières : un
lun et
peut communiquer
l'autre, et présente alors en terre de
première classe, un espace deux fois
onsidérable que celui de la colonie de plus
am. En descendantd
Surilà à Kaw, et de tiekessntiaroerapies Kaw à
même
Mahuri, on trouve
gisement et la même quantité de
rec la plus grande facilité
terres
unications
pour ouvrir descommatière intérieures. Tel est le théâtre et
blir
d'une riche colonie si on veut l'é-
: mais celle qui existe et qui tend à
p, est un objet de pitié et
sa
put observateur impartial. d'indignation pour
J'ai l'honneur
d'être, 9 etc.
Signé, MALOUET.
A Cayenne, le 10 février 1778:
A M. Voiturier.
Je suis bien mécontent de votre
J et si vous me mettez dans le conduite,
cas de vous
ère intérieures. Tel est le théâtre et
blir
d'une riche colonie si on veut l'é-
: mais celle qui existe et qui tend à
p, est un objet de pitié et
sa
put observateur impartial. d'indignation pour
J'ai l'honneur
d'être, 9 etc.
Signé, MALOUET.
A Cayenne, le 10 février 1778:
A M. Voiturier.
Je suis bien mécontent de votre
J et si vous me mettez dans le conduite,
cas de vous --- Page 238 ---
co M P A G N I t
faire de nouveaux reproches, je vous annonce
que vous perdrez votre état. Ma qualité d'administrateur suffiroit pour y contribuer; mai
la confiance de la compagnie et la prière qu'elle
m'a faite de mettre ordre à ses affaires, 3 m'an
torisent particulièrement à vous parler sur C6
ton-là : ainsi je vous conseille d'y faire atten
tion, de reconnoitre VOS fautes et de n'y plu
retomber.
J'ai vu les billets que vous avez écrits
M. d'Albanel. Il est fort indécent que vou
ayez aussi peu d'égards pour un ancien offi
cier, dont vous devez respecter le caractère e
la place 7 puisqu'il commande, au nom du roi
dans le lieu que vous habitez : vous vous e
apercevrez désormais, M., s'il vous arrive en
core de lui manquer.
Votre dernière lettre à M. Bertrand m'a ét
renvoyée. On ne peut vous en pardonner
grossièreté qu'en vous supposant totalemen
dépourvu d'éducation; et votre mnenace d'em
ployer la force envers un représentant de l'ad
aninistration, , me fait craindre d'être oblig
d'user de la même voie pour vous contenir.
Le mélange de farine que vous avez fait
connoissant bien la mauvaise qualité de cell
que je vous ai livrée gâtée, pour lés bestiaux
trand m'a ét
renvoyée. On ne peut vous en pardonner
grossièreté qu'en vous supposant totalemen
dépourvu d'éducation; et votre mnenace d'em
ployer la force envers un représentant de l'ad
aninistration, , me fait craindre d'être oblig
d'user de la même voie pour vous contenir.
Le mélange de farine que vous avez fait
connoissant bien la mauvaise qualité de cell
que je vous ai livrée gâtée, pour lés bestiaux --- Page 239 ---
DE L A
U I A N E.
une action
cher de
punissable. Je ne peux m'emme plaindre à MM.
rtrand de l'avoir souffert.
d'Albanel et
votre
Vous n'aurez plus
disposition ces mauvaises
nne ordre à M. Bertrand de farines. Je
la mer, si elles ne sont
les faire jeter
ur les bestiaux.
converties en biscuit
La manière dont vous en avez usé
M. Boisberthelot et
envers
s plus'malhonnète Guisan, est on ne peut
: si vous n'observez
ment et de point en point les
exacils vous ont
instructions
Vous devez des laissées, vous serez révoqué.
excuses à MM.
rtrand. Après les
d'Albanel et
pdération et de preuves que j'ai de leur
rien
vos écarts, je vous invite à e
négliger pour les leur faire
Tous les habitans de votre
oublier.
Scontens de
quartier étant
vous, et leur
uvant que nuire aux intérêts éloignement de
ne
gnie, je vous prescris d'être
la comec eux, et de les traiter plus conciliant
leurs denrées
pour le transport
poteurs
> mieux que ne le font les
la
ordinaires, parce qu'il estau-dessous
fices. compagnie de s'occuper de ces petits béLe sieur Olivier m'a adressé
ées contre vous
ses plaintes mo-
; je prie M. d'Albanel deles
3.
--- Page 240 ---
COMP A G N I E
vérifier, et vous vous conformerez à sa de
cision.
Signé, MALOUET.
Cayenne, 16 février 1780.
A M. Yoiturier.
LES nouvelles que je viens de recevo
d'Oyapock, et vOS observations négatives 0
contradictoires aux instructions de MM. Boi
berthelot et Guisan, me déterminent, M.,
prendre un parti nécessaire pour assurer l'e
tension des travaux de la compagnie. J'adres
une commission à M. Bertrand pour concert
avec vous, et diriger supérieurement, en cas
difficulté de votre part, tout ce qui est relat
à la culture sculement.
Je ne veux point que votre entêtement nui
à des vues utiles et importantes.
Il est inconcevable que votre ingénieur n'
accompagné ces messieurs dans la visi
point des terres : si c'est négligence de sa part, il
inexcusable; si c'est vous qui l'en avez empêch
vous en répondrez.
Le sujet pour lequel vous avez révoqué
-
, et diriger supérieurement, en cas
difficulté de votre part, tout ce qui est relat
à la culture sculement.
Je ne veux point que votre entêtement nui
à des vues utiles et importantes.
Il est inconcevable que votre ingénieur n'
accompagné ces messieurs dans la visi
point des terres : si c'est négligence de sa part, il
inexcusable; si c'est vous qui l'en avez empêch
vous en répondrez.
Le sujet pour lequel vous avez révoqué
- --- Page 241 ---
D E L A G U I A N E.
teur Olivier, étant constaté par les comptes
ui in'en ont été rendus, et le pain gâté que
ous lui donniez m'ayant été envoyé, je suis
n ne peut pas plus mécontent de ce procédé.
uclqu'injuste que soit dans ce moment-ci cette
évocation, je ne l'annulle point; mais ne pouant vous envoyer d'autre chirurgien, le sieur
livier continuera, s jusqu'à nouvel ordre, à
re chargé de Phôpital de la garnison, et à
uir en conséquence de son traitement, réduit
1200 liv., dès-lors que vous ne le chargerez
pint de VOS employés et de VOS nègres.
Signe, MALOUET.
VICTOR-PIERRE
MALOUET, etc.
mnissionpour-lesieur Bertrand,relative aur
travaur de la culture de la compagnie.
MM. les administrateurs et intéressés de la
npagnie de la Guiane, nous ayant prié,
r lettre du 26 juin dernier, d'inspecter leurs par
blissemens, entreprises et affaires, pour ell
urer le succès, nous avons déféré d'autant.
S volontiers aux recommandations de la
npagnie, qu'il est de notre devoir, en.qualité --- Page 242 ---
co M r A G N I E
d'administratenr de cette colonie, de donner
tous nos soins à une entreprise aussi intéressante pour l'amélioration de la Guiane et l'extension du commerce national. En conséquence,
nous avons fait examinér par MM. le chevalier
de Boisberthelot, et Guisan, ingénicur, dans
quelle partie des concessions de la compagnic
il convenoit de fixer les principaux défriche
mens, et par quels travaux On devoity procéder
laquelle opération ayant été faite et arrêtée par
ces messieurs, à notre satisfaction, nous le
avons autorisés à laisser au sieur Voiturier, di
recteur de la compagnie, les instructions pro
visoires auxquelles il scroit obligé de se confor
mer; mais la mauvaise santé du sieur Voiturie
ne lui ayant pas permis de visiter les terrain
sur lesquels il est question 'de commencer le
travaux, et le sieur Bertrand, subdélégué a
l'intendance, ayant assisté de notre part au
percées, sondes et vérifications faites dans
montagneLucas et sur les deux rives d'Ouanar
nous estimons nécessaire, pour les intérêts C
la compagnic, de lui confier provisoireme
l'inspection desdits travaux; de manière cepe
dant que la direction et manutention des r
cettes, dépenses, achats, approvisionnemen
salaires, engagemens de police des employ
sieur Bertrand, subdélégué a
l'intendance, ayant assisté de notre part au
percées, sondes et vérifications faites dans
montagneLucas et sur les deux rives d'Ouanar
nous estimons nécessaire, pour les intérêts C
la compagnic, de lui confier provisoireme
l'inspection desdits travaux; de manière cepe
dant que la direction et manutention des r
cettes, dépenses, achats, approvisionnemen
salaires, engagemens de police des employ --- Page 243 ---
D E L A OUIA N E.
comme ci-devant,
et ouvriers, appartiendra,
hu sieur Voiturier, et que le sieur Bertrand ne
pourra donner des ordres que pour les défrichenens, abatis , déplacement de nègres, économes et commandeurs: ce quis'exécutera de
oncortentreleaditusieur Bertrand et Voiturier,
bu supérieurement par lc premier, en cas de a
tontestation pour lesdits travaux seulement.
Ordonnons au sieur Voiturierde se conformer
l'exposé en la présente commission, et de
aire obéir ledit sieur Bertrand par les écoomes, piqueurs, commandeurs, auxquels il
eroit dans le cas de donner des ordres. Enjoinons également au sieur Prévost, ingénieur
ela compagnie, de prêter son ministère au
jeur Bertrand, lorsqu'il en sera requis pour
Ps travaux. Prions M. d'Albanel, commandant
our le roi, d'y tenir la main, et d'assister, si
esoin est, ledit sieur Bertrand de son autorité.
Donné en notre hôtel, sous le sceau, etc.,
tle contre-seing, etc., à Cayenne, le 10 février
778.
Signé, MALOUET. --- Page 244 ---
C 0 M P A G N I E
Cayenne, 18février 1778.
AMM. de la compagnie de la Guiane.
JE desire bien s MM. , que vous soyez
aussi contens que moi du travail de M. Guisan.
Voici le plan dressé par lui de la rivière
d'Ouanari et des Pinantières qui en bordent les
deuxrives. Vousy trouverezindiqnée la position
de VOS établissemens, et la distribution de plusieurs habitations.
Je l'ai engagé à détailler en grand, dans un
dessin particulier 2 le défrichement et desséche
ment d'un seul quarré de terre de cent pas, sur
quatre faces, afin que vous ayez une idée nett
de ce genre de travail.
J'ai voulu aussi qu'ilfitlui-méme, et d'aprè
sa méthode, l'instruction relative au plan de
VOS établissemens. Je l'ai fait copier à la suite
du petit mémoire n", 1, dans lequel j'ai résume
les observations et les faits qui doivent vou
guider dans VOS projets.
En y joignant le journal no, 2, de la visit
et des opérations faites par MM. Boisberthelo
et Guisan, dans Ouanari, Oyapock et Gabarct
vous aurez un travail complet et une base solid
d'aprè
sa méthode, l'instruction relative au plan de
VOS établissemens. Je l'ai fait copier à la suite
du petit mémoire n", 1, dans lequel j'ai résume
les observations et les faits qui doivent vou
guider dans VOS projets.
En y joignant le journal no, 2, de la visit
et des opérations faites par MM. Boisberthelo
et Guisan, dans Ouanari, Oyapock et Gabarct
vous aurez un travail complet et une base solid --- Page 245 ---
D E L A G. U I A N E.
rlaquelle vous pouvez asseoir votre entreprise
lec confiance.
J'ai de nouveaux motifs de mécontentement
dont l'entêtement vient de se
M. Voiturier,
anifester de la manière la plus inquiétante
Le sieur Prévost, votre ingéur vosaffaires.
MM.
eur, n'ayant pas voulu accompagner
isberthelot et Guisan dans leurs courses, , je
fait faire des reproches; mais je suis
en ai
M. Voiturier le lui ait
Higné d'appréndre que
sur les
fendu. Il m'a adressé ses observations
structionsquelui avoient laissées ces messieurs.
les sont, comme vous le verrez, toutes négaà ce qui lui est prescrit.
es ou contradictoires mauvaises farines aux
Hlap persisté à donnerde
dats et à ses employés. On m'a envoyél le pain,
gâté. Le sieur Olivier s'en
i est absolument
plaint comme les autres; il a été révoqué.
Voiturier, en me faisant part de cette révotion, a l'indécence de me demander le chanment de tous les officiers du poste, parce que,
il, il ne peut vivre avec personne.
Dans la collection de pièces no, 3, vous
Frez, MM., les ordres squej'aijugé mécessaire
donner pour le bien de VOS affaires, et la
mmission provisoire par laquelle j'autorise le
ur Bertrand à se mêler des travaux relatifs --- Page 246 ---
C 0 M P A G N I E
à la culture seulement. Si je laissois perdre
encore six mois, et qu'il vous arrivât une Cargaison de nègres, comme vous me l'avez annoncé, j'aurois lieu de craindre que le défaut
de vivres et de précautions de toute espèce ne
vous devint très-funeste. Je crois que vous serez
bien convaincus, MM., que je ne me suis dé
terminé que par les motifs les plus instans au
parti que j'ai pris.
J'ai l'honneur d'être, etc. Signé,MALOUET.
Cayenne, 21 février 1778.
A MM. les Administrateurs de la compagni
de la Guiane.
J'AI reçu, MM., Ia lettre que vous m'ave
fait l'honneur de m'écrire par. le Sartine, arriy
hier en ce port. Je n'ai rien à ajouter aux détai
dont je vous ai déja fait. part. Le choix d'u
directeur que vous connoissez et que vous est
mez, me rassure quant à présent sur vOS affaire
que M. Voiturier étoit absolument hors d'ét
de conduire. Un homme sensé et éclairé, t
que vous m'annoncez M. Pierre, entendra
emploiera les moyens indiqués pour réussir da
-
par. le Sartine, arriy
hier en ce port. Je n'ai rien à ajouter aux détai
dont je vous ai déja fait. part. Le choix d'u
directeur que vous connoissez et que vous est
mez, me rassure quant à présent sur vOS affaire
que M. Voiturier étoit absolument hors d'ét
de conduire. Un homme sensé et éclairé, t
que vous m'annoncez M. Pierre, entendra
emploiera les moyens indiqués pour réussir da
- --- Page 247 ---
D E L A CUI A N E.
Je lui donnerai, avant mon
bs entreprises.
épart, tous les secours et les renscignemens d'exi dépendront de moi, s'il est dépourva
des coloérience en culture et établissemens m'assure
ies. L'éloge que vous m'en faites,
u'il sera le premier à vous faire connoître son
barras, età vous demander du secours.
Comme je ne serai plus ici à l'époque où je
ourrois recevoir vos réponses s je vous prierai,
de vouloir bien témoians tousles cas, MM.,
et
ner directement à MM. de Boisberthelot
uisan la satisfaction que vous aurez sûrement
e leur travail. L'un et l'autre penvent être
rès-utilement employés ici au service du roi
t de la colonie; ainsi, en ne les admettant
point à la direction de VOS entreprises, 3 il ne
loit vous rester aucun nuage sur les cspérances
ont vous les croiriez déçus.
MALOUET.
J'ailhonneur d'être, etc. Signé,
Cayenne,a3 avril 1778.
A MM. de la compagnie de la Guiane.
IL ya quinze jours, MM., que M. Pierre est
ici. Vous ne pouviez choisir pour votre repré- --- Page 248 ---
Co NI P A G N I E
sentant un homme plus honnête. II m'a paru
sage et éclairé, desirant fort de répondre à
votre confiance et de vous être utile. Je lui ai
communiqué tout ce que j'ai eu l'honneur de
vous écrire sur VOS affaires, les recherches
et les plans que je vous ai adressés, et notammnent la proposition que je vous ai faite d'employer pour vOS agens principaux MM, de
Boisberthelot et Guisan. Je n'ai pas voulu que
cette particularité, qui auroit pu l'inquiéter,
lui arrivât d'autre part que de la mienne; mais
l'objet direct de cette confidence a été de lui
faire connoître, dès le premier moment, tout
le mérite quej'attache à l'expérience, aux connoissances locales, et à la science de ce que
l'on veut faire, quand tout' cela est dirigé par
un bon esprit : ainsi j'ai voulu lui montrer les
deux hommes qui, selon moi, possèdent ces
qualités, afin qu'il pits'en convaincre, etjuger
lui-même de ce qui lui manque, de ce qu'il
doit acquérir. Ce langage humilie un ignorant,
et convient à un homme neuf qui a des lumières
et de la droiture. M. Pierre avoit été quinze
jours livré à M. Voiturier; et quoiqu'il me
semble l'avoir jugé comme moi, en voyant
pour la première fois des nègres et des travaux
de colonie, illui étoit impossible de discerner
qu'il pits'en convaincre, etjuger
lui-même de ce qui lui manque, de ce qu'il
doit acquérir. Ce langage humilie un ignorant,
et convient à un homme neuf qui a des lumières
et de la droiture. M. Pierre avoit été quinze
jours livré à M. Voiturier; et quoiqu'il me
semble l'avoir jugé comme moi, en voyant
pour la première fois des nègres et des travaux
de colonie, illui étoit impossible de discerner --- Page 249 ---
D E L A G U I A N E.
: bien et le mal, et de rectifier en culture les
lans de son prédécesseur, parce que la prenière base de nos jugemens est la comparaison
ossible de la chose à juger avec une autre du
hême genre. J'ai mis sous ses yeux et dans sa
mettre en moyens de
Ste tout ce que j'ai pu y
lui ai même
omparaison et d'appréciation ; je
ommuniqué mes vues générales sur ce pays-ci,
demon travail, en ce qui est relatif
t une partie
veut travailler avec
létablissement, si on
y
deux points essentiels,
ireté et persévérance;
nais difficiles à accorder avec notre régime
J'ai sur-tout fait conacillant et ambulatoire.
tous
oître à M. Pierre combien tous les plans,
sur des faits consSI projets qui ne portent pas
comAtés, sont déraisonnables et dangereux;
ien il y en a eu de cette espèce dans la Guiane,
on parvient à se pénétrer, sans illut comment de la vérité d'un fait, et de la nécessité
on,
un ordreinvariable dans ses opérations.
En lui montrant les travaux exécutés par
I. Guisan,ilaf facilement conçu que ce quel'on
voit fait à Oyapock étoit mal. Le sens propnd, les lumières etl'activité de cetingénieur,
des
omparés à l'ignorance et à l'inconséquence
utres colons de ce pays-ci, l'ont éclairé sur
des modèles qu'il aura,
L nullité ou le danger
utour de lui. --- Page 250 ---
-
L
C O MI P A G N I K
Je l'ai également mis à portée de
l'excès de la prévention ridicule
connoitre
vaise foi avec
et de la mai
laquelle on a reçu ici
projets sur la Guiane
etjugé VO:
nure honnête
3 c'est en quoi sa tour.
et son mérite personnel
serviront mieux que tout autre
vour
gens
secours. Le
M. d'Oyapock, aliénés par la conduite de
Voiturier, sont revenus à lui dès le
jour de son arrivée. En leur
premier
marquant de la
bienveillance, en leur offrant ses
obtiendra les leurs. A
services, il
térêts
Cayenne, où divers inentretiennent dans une certaine
d'hommes la même
classe
lement Pour être fin fermentation, il passe seuet plus honnête que son
prédécesseur, et la considération
marque a même donné lieu à de que je lui
conjectures aussi absurdes
nouvelles
étoit essentiel
que les premières. Il
qu'ilfat bien instruit de
d'hommes auxquels il auroit à faire. l'espèce
fait voir les plus
Je lui ai
sont pas. J'ai
honnêtes, et ceux qui ne le
vérifiéavechui tous les
qu'on lui a faits à Paris et à
mensonges
climat, sur le sol, les
vous, MM., sur'le
locales il
moeurs et les ressources
; en étoit attristé commei un homme
dupe pour la première fois: ce qui est
heureux à son âge. J'ai voulu
fort
par de grands
l'y accoutumer
exemples. Je lui ai montré deux
sont pas. J'ai
honnêtes, et ceux qui ne le
vérifiéavechui tous les
qu'on lui a faits à Paris et à
mensonges
climat, sur le sol, les
vous, MM., sur'le
locales il
moeurs et les ressources
; en étoit attristé commei un homme
dupe pour la première fois: ce qui est
heureux à son âge. J'ai voulu
fort
par de grands
l'y accoutumer
exemples. Je lui ai montré deux --- Page 251 ---
D E L. A G U I A N E.
originales, dont l'une est
ollections de pièces
comme
envoyée au ministre,
ans ce moment-ci fidèle de celle qui est dans mon portea copie
l'autre des mêmes auteurs qui
uille: l'une et
devant moi les
int écrit, signé et certifié audacieusement au
aêmes faits qu'ils nient
ainistre. éprouvé, à cinq ou six reprises, à
J'ai déja
de la mauvaise foi,
Dayenne, cette intrépidité de la lâcheté; aussi
ne jappellerois le courage
demande
n'accorde dans les relations et ne
e
compteq equ'auxpreuves
réance pour mon, propre
à réunir
tablics. Mais lorsque je suis parvenu exige de
vec soin tout ce que la saine logique c'est le
lémonstration, , je ne dispute plus, et
où
à Paris,
parti que vous me verrez d'avoircombattn prendre
quel-
'on me punira peut-être aussi mes opinions
ques systèmes, en rangeant
Hlans la classe des problèmes. toutes les idées
Après avoir ainsi bouleversé
M. Pierre, dont le ton et la société me plaile
lui avoir. dit sur chaque arent fort; après
suis arrivé au
icle ce qu'il auroit à faire, j'en
MM.,
Ce point,
point ohj je ne dispute plus.
et
celui où VOS combinaisons
st précisément
plus. Votre reprées miennes ne s'accordent
entant est bien conyaincu que le poste d'Oya- --- Page 252 ---
Co M P A G N I E
pock et les terres envirounantes ne correspon
dent point à l'extension projetée de vOS éta
blissemens. Il entend bien ce que j'appelle ur
grand espace libre de bonne terre contigué
et pourquoi cette condition est indispensabl
pour éviter la dispersion des bâtimens, des ré
gisseurs, des ateliers, des machines de toute
espèce. Il suppose que le projet d'Ouanari vous
conviendra : mais il veut faire, en attendant,
nne habitation à Tocoyenne de denx cents nè
gres, et commencer en conséquence tous les
établissemens relatifs à Oyapock. Il a ses quarante blancs à loger; il est lui - même fort à
l'étroit, et lorsque vous aurez une bonne habitation bien établie à Tocoyenne, on fera les
grandes entreprises à la montagne Lucas. Sur
tout cela, voici ce que je lui ai dit : C En des
>> séchant les marécages de Tocoyenne,
>>
je
pense effectivement qu'on peut y employer
> deux cents nègres ; mais cette entreprise est
>> celle d'un particulier qui doit la faire à
>> moins de frais possible, et dès-lors un éco-
>> nome, un ingénieur et deux ou trois mai-
>> tres - ouvriers sont tout ce qui lui est né-
>> cessaire. Vous êtes quarante
di-
>>
blancs,
recteur, inspecteur, commis, ouvriers, la-
>> boureurs. Cet envoi anticipé annonce mieux
Tocoyenne,
>>
je
pense effectivement qu'on peut y employer
> deux cents nègres ; mais cette entreprise est
>> celle d'un particulier qui doit la faire à
>> moins de frais possible, et dès-lors un éco-
>> nome, un ingénieur et deux ou trois mai-
>> tres - ouvriers sont tout ce qui lui est né-
>> cessaire. Vous êtes quarante
di-
>>
blancs,
recteur, inspecteur, commis, ouvriers, la-
>> boureurs. Cet envoi anticipé annonce mieux --- Page 253 ---
DE L A G UI A N E.
essai ordinaire ; car à quoi bon une
qu'un
aussi dispendicuse, siles quaadministration
l'euvre de trois
rante blancs n'opèrent que
ou quatre ? Si au contraire votre compagnie
plus tôt possible trois à quatre
veut occuperle mettez-vous en état de les remille nègres,
Vous avez comcevoir le plus tôt possible.
doit être
mencé par violer la proportion qui
entre le moyen et la fin. Plus ce premier
plus il sera grave; ainsi
tort se perpétuera,
et allez-y
remplissez - vous de votre projet,
Il faut
droite
tôt que plus tard.
en
ligne plus
doute
VOS blancs, sur lesquels je
sans
loger mais que ce soit un abri
ne comptois pas,
vous ferez au
provisoire; car tout ce que
habitafort ne sera jamais relatif qu'à une
tion de deux cents nègres, et pendant ce
temps-là vous ne pourrez faire aucun autre
dans le lieu qui peut seul en repréparatif mille. Vous voulez des essais en
cevoir dix
tabac, et vous avez des planteurs: occupezles autour de vous, cela est bien; donnezdouzaine de nègres, mais que tout
leur une
qui ne sauroit être
le reste de votre atelier,
tôtaugmenté, soit employé en plantatrop tions de vivres dans le chef-lieu indiqué. Que
les bois pour les bâYOS ouvriers préparent --- Page 254 ---
Co M P A G N I E
> timens qui doivent être
>> en attendant les ordres permanens; enfin,
>>
définitifs de votre
compagnie, ne prenez avec
>> engagement
vous-même aucun
qui vous
>> vaux qu'il faudroit
assujétisse à des traensuite
Voilà, MM., le résumé de abandonner. >>
mes dernières recommandations, et je crois qu'il
vous de les rendre efficaces. Je dépendra de
pêcher de vous répéter combien ne peux m'emde blancs me déconcerte,
cette multitude
aussi
sur-tout en y joignant
peu de nègres. Vous n'en avez
quante travaillant, et il auroit fallu pas cinavec cent la première
commencer
seul homme à
année, en envoyant un
l'avance, pour vous faire
avec de l'argent, un premier abatis faire,
gens du pays.
par les
J'ai réformé plusieurs calculs de M.
qui ne pouvoit en faire de
Pierre,
connoît
justes sur ce qu'il ne
pas; et voiciceux quej'y ai
il est utile
substitués
que vous en ayez connoissance
Vingt carreaux de bonne terre nourriront
cents nègres, et dix nègres doivent
deux
ployés à la nourriture de cent
être em
On peut faire
dans ce pays-ci
de
plus avec moins; mais il est
n'y pas compter jusqu'à ce - qu'on ait sage
atelier bien monté, et une terre en
un
port. Je vous parle
grand rap
d'après ma propre expé
il est utile
substitués
que vous en ayez connoissance
Vingt carreaux de bonne terre nourriront
cents nègres, et dix nègres doivent
deux
ployés à la nourriture de cent
être em
On peut faire
dans ce pays-ci
de
plus avec moins; mais il est
n'y pas compter jusqu'à ce - qu'on ait sage
atelier bien monté, et une terre en
un
port. Je vous parle
grand rap
d'après ma propre expé --- Page 255 ---
D E L A GU I A N E.
lence; ; car ce qui m'a occupé le plus agréablenent ici, est de faire travailler sous mes yeux
la terre, défricher, planter, fossoyer.
encore M. Pierre quelques
Je compte garder
D'ailleurs, je
purs ; mais je le laisse reposer.
conceVai plus rien à lui dire ; ce que vous
lettoutes mes
rez aisément en récapitulant
dont je lui ai fait part, et en y ajoutant
res
six heures de conversation chaquejour.
inq ou l'honneur d'être, etc.
J'ai
Signé, MALOUET.
de la Guiane.
4M. de Sartine. - 1 Compagnie
A Cayenne, le 23 avril 1778.
M.
de vous faire part de toutes
J'ai eu Phonneur
de la Guiane. Voici
mes lettres à la compagnie
je lui écrirai
Nraisemblablement) la dernière que
La multitude de fausses
avant mon départ.
combinaisons faites par ses administrateurs,
lesquels il y a des gens de beaucoup d'esparmi
le bien-dire ne suffit pas, et
prit, prouve que
Pexpérience de mettre
qu'il n'appartient qu'à état de bien faire.
les gens d'esprit en
3. --- Page 256 ---
C O M P A G N I E
MM. Boisberthelot et Guisan sont
campagne pour la vérification à faire toujoursen du
sement, de la qualité et du desséchement gi
terres de Kaw. J'ai associé à leurs
des
jeune habitant de bonne volonté, trayaux un
nommé Couturier, et il m'a fallu des hommes de
trempe pour une opération dont la
cette
aussi rebutante
fatigue est
qu'inexprimable : car,
vous en donner une idée, ils sont obligés pour de
marcher un mois de suite dans l'eau jusqu'ala
ceinture, à l'époque des plus fortes
couchant sur des planches toujours
pluies,
et mesurant eux-mêmes, la sonde et mouillées, la toise à
la main, les lignes qu'ils cuvrent dans ces
rais d'une rivière à l'antre, et de la
mnamer aux
montagnès. Voilà cependant les préliminaires
indispensables d'un établisement;y voilà
auroit dà faire en mettant les pieds cequ'on dans la
Guiane : mais ilsuffit d'être effronté
ou avide,
pour présenter un projet; tandis qu'il faut de
Thonneur, du courage et des talens
grande entreprise. J'ai eu le bonhcur pour d'être une
bien
ici
secondé, et je vous demanderai de distinguer par vos bienfaits les gens honnêtes et
utiles, comme de punir et d'éloigner ceux
ne le sont pas 5 sans quoi, iln'ya rien à espérer. qni
Quelle que soit l'extension ou la réduction
a
d'être effronté
ou avide,
pour présenter un projet; tandis qu'il faut de
Thonneur, du courage et des talens
grande entreprise. J'ai eu le bonhcur pour d'être une
bien
ici
secondé, et je vous demanderai de distinguer par vos bienfaits les gens honnêtes et
utiles, comme de punir et d'éloigner ceux
ne le sont pas 5 sans quoi, iln'ya rien à espérer. qni
Quelle que soit l'extension ou la réduction
a --- Page 257 ---
DI E I. A GUI A N E.
des vues que je vous aiprésentées sur l'amélioration de ce pays-ci,il seroit nécessaire, pour
la continuation des travaux que j'ai entrepris
autour de la ville seulement, d'augmenter l'atelier du roi de cent nègres dès ce moment-ci.
J'ai défriché et planté assez de terrain pour en
nourrir cinq cents.
J'ai aussi achevé l'établissement nécessaire
pour recevoir un haras : ainsi, si vous voulez
envoyer ici cinquante à soixante jumens et
deux baudets, cette première mise aura tout le I
succès que vous pouvez desirer, parce que j'ai
Fait bâtir une écurie de cent cinquante pieds,
ierlaprenisreqeon ait vue dans la Guiane,
etj'ai vingt-cinq carreaux de terre en fourrages
Actuellement rapportant. Si je ne vous ai pas
Fait plus tôtles demandes de nègres et dejumens,
c'est parce que je n'aime point à rien commettre
huhasard, et qu'il me convient mieuxd'assurerce
qui est, que d'annoncer ce qui sera. Les comptes
j'aurai T'honneur de vous rendre verbaleque
ne
donc rien
ment, à mon retour,
peuvent
ajouter à la certitude de la proposition que j'ai
Phonneur de vous faire ; et en y accédant sans
délai, si vous le jugez à propos, il y auroit un
an à gagner, ce qui est beaucoup pour ce --- Page 258 ---
CO M P A G N. I E
pays-ci, et pour l'ayancement des entreprises
ultérieures.
J'ailhonneur d'être, etc.
Signé, MALOUET.
PLA N
Des dtablissemens de la compagnic à Oyapock,
dressé d'après les observations locales de
MM. le chevalier DE DOISBERTIELOT et
GUISAN, et combiné sur le plan général de
Pinstitution de la Guiane, résultant des faits
constatés.
LA compagnie doit se considérer comme
fondatrice d'une colonie, cariln'en existe point
ici. On ne peut donrer ce nom à quatre cents
pauvres habitans épars çàet là sur la plus mauvaise terre de la Guiane, qu'ils cultivent sans
lumières ni principes, et sans avoir même la
volonté d'améliorer leur sort par les moyens
que leur indiquent la raison et l'expérience.
Les fautes et les désordres antéricurs qui
caractérisent tousles projets qu'on a faitsjusqn'à
présent sur ce pays-ci, sont les premiers secours
. On ne peut donrer ce nom à quatre cents
pauvres habitans épars çàet là sur la plus mauvaise terre de la Guiane, qu'ils cultivent sans
lumières ni principes, et sans avoir même la
volonté d'améliorer leur sort par les moyens
que leur indiquent la raison et l'expérience.
Les fautes et les désordres antéricurs qui
caractérisent tousles projets qu'on a faitsjusqn'à
présent sur ce pays-ci, sont les premiers secours --- Page 259 ---
DE L A G U I A N E.
dont nous nous servons pour la rédaction d'un
plan d'établissemens.
L'entreprise de Kouron a échoué par pluraisons, dont une seule eût suffi pour
sieurs
du
s'ils eussent été
arrêter les auteurs
projet,
capables de réflexion.
Rassembler des hommes de tous les états pour
de consommateurs, eût été
fonder une colonie
même on en auune entreprise absurde, quand dans le voisiroit établi auparavant une autre
nourrir
composée de cultivateurs pour
nage,
les premiers.
sous la zône
Mais transplanter cette populace
imatorride, la déposer sur une terre infertile; du Nord
giner que des artisans et des paysans
brûdeviendront des laboureurs sous un soleil
lantfn'avoir d'autres agens de culture, d'autres
de subsistanceque des bras paralytiques:
moyens
nécessaire qui devoit transformer
voilà la cause
Kouron en un vaste cimetière.
d'Approuague s'est
La première même compagnie défaut de vues et de comanéantie par le
binaisons.
Une entreprise de commerce et de culture
n'est pas un fait positif et absolu; c'est un résulfaits préexistans, dont la certitude,
tat d'autres --- Page 260 ---
C M P A G N I E
l'ensemble et les détails doivent être
ment
parfaitesaisis par. l'entrepreneur.
Cette compagnic a dit : <Le
>>
gonvernement
nous prêtera des vaisseaux, favorisera nos
>> traites sur la côte
ainsi
d'Afrique;
nous com-
> mercerons avec avantage dans la Guiane >>.
Elle a dit ensuite : cc Nous aurons une grande
> concession de terres et le choix du meilleur
> sol : ainsi nous cultiverons avec
succès, et
> notre commerce et notre culture se soutienS dront et s'accroîtront
réciproquement. >>
De cette manière de raisonner, il ne pouvoit
suivre que ce que nous avons vu.
Le commerce des vins dans la Guyenne, celui
des laines en Espagne, et des soies en Italie,
portent sur des faits avérés. La base des spéculations de ceux qui s'yl livrent, est la récolte, le
prix et la concurrence connus des
acheteurs et
des consommateurs.
Pourquoi la société d'Approuague n'a-t-elle
pas vérifié et calculé les produits annuels de
Cayenne et la concurrence des acheteurs, la
position des Colons, l'état de la Colonie? Elle
auroit vu qu'il n'y a pas de commerce à faire
dans un pays nul, dont les productions suffisent
à peine pour payer le strict nécessaire. Pourquoi, dans ses projets de culture, n'a-t-elle
pas
concurrence connus des
acheteurs et
des consommateurs.
Pourquoi la société d'Approuague n'a-t-elle
pas vérifié et calculé les produits annuels de
Cayenne et la concurrence des acheteurs, la
position des Colons, l'état de la Colonie? Elle
auroit vu qu'il n'y a pas de commerce à faire
dans un pays nul, dont les productions suffisent
à peine pour payer le strict nécessaire. Pourquoi, dans ses projets de culture, n'a-t-elle
pas --- Page 261 ---
D E L A J U I A N E.
Employéle même procédé
tope un homme qui veut qu'emploieroit en Euréparer un domaine
légradé, ou défricher des landes? La
ppération de cet homme est d'examiner première
nême, ou par des gens experts, le sol qu'il parlui- veut
ravailler, d'en vérifier la qualité, d'arrêter le
plan de ses travaux, d'en rassembler les
iles, et d'employer chaque chose et ustengent à l'objet qui lui est propre.
chaque
Cette compagnie a voulu détruire un premier
ystème par un autre. On avoit échoué dans la
partie du nord, donc il falloit s'établir dans celle
u sud. La rivière de Kouron étoit
hent d'infortune, donc celle
un monuoit être le théâtre des succès. d'Approuague Mais les
det les succès ne dépendent le plus malheurs
ela sagesse ou du désordre, des souvent que
les moyens employés.
précautions et
-Ainsi des armemens mal combinés ont
le grosses pertes, et des travaux irréfléchis produit
ont laissé aucune trace de culture et d'établisemens.
La compagnie de la Guiane s'est formée
ej plus heureux auspices. Elleavoit
sous
er l'expérience du passé, les
pour s'éclai.
ssertions, les mémoires de discussions, les
rojets, et de leurs contradicteurs. plusieurs gens à
Dans ce flux --- Page 262 ---
C O M P A G N I E
de paroles et de relations hasardées et contestées, un homme sage peut discerner quelquer
vérités et s'en saisir; mais il y aura toujours
beancoup à risquer à asseoir une entreprise sur
des oui-dire. Il n'y avoit doncpourla compagnie
de la Guiane qu'un seul moyen de régler sàrement ses projets : c'étoit de réunir sous ses yeux
le recensement, l'état d'exportation, la carte
détaillée de la Colonie, l'état de la situation de
ses habitans, et la description raisonnée et constatée des différentes qualités de terres, et deleur
position. Les quatre premières pièces auroient
servi à régler son commerce, c'est-à-dire, à
n'en point projeter. La dernière auroit déterminé sa culture, le local, le chef-lien, et la distribution de ses établissemens; mais cette opération n'avoit jamais été faite ni proposée.
Tous ces secours ont manqué à messieurs de
la compagnie, et: ils ont été trompés, ainsi que
moi, par le desir et le besoin annoncé d'une
fourniture de nègres, à crédit, aux anciens habitans de Cayenne.
Ils ont été ensuite mal servis parle choix des
subalternes et des agens principaux qu'ils ont
destinés à l'exécution de Jeur entreprise; ainsi
elle auroit eu le sort de toutes les autres, et à
peu près par les mêmes raisons, quoiqu'elle eût
ieurs de
la compagnie, et: ils ont été trompés, ainsi que
moi, par le desir et le besoin annoncé d'une
fourniture de nègres, à crédit, aux anciens habitans de Cayenne.
Ils ont été ensuite mal servis parle choix des
subalternes et des agens principaux qu'ils ont
destinés à l'exécution de Jeur entreprise; ainsi
elle auroit eu le sort de toutes les autres, et à
peu près par les mêmes raisons, quoiqu'elle eût --- Page 263 ---
D E L A G U I A N E.
été présentée et conçue avec beaucoup plus de
lumières et de probabilités qu'aucune
Telles sont les observations
autre.
générales
lesquelles on peut juger qu'un plan d'établisse- d'après
mens, tel qu'il convient à la compagnie de la
Guiane de l'entreprondre, n'est raisonnable
solide qu'antant qu'on ne
et
ce que la
laissera au hasard que
lui ôter. Ainsi prudence les et l'expérience ne peuvent
conditions
la certitudé des faits,
nécessaires, sont
des
l'emploi le mieux ordonné
moyens.
culture, J'appellerai/nits, la
relativement à un plan de
terres à position, la qualité et le choix des
travaux exploiter; à
et par moyens, j'entends les
exécuter, ainsi que les forces quiles
opèrent.
FAITS
1o, LE continent de la Guiane
récemment bonleversé
paroit êtrc
terrains, le
parl'action des feux SOtde
séjour et la retraite des eaux. C'est
sordre cette cause démnontrée que provient le dédes formes et des couches de terre
toutes les parties qui ont dû être
dans
fois, parce que le mouvement des plaines autreplosion des volcans le
eaux, l'exa été
libre
> mélange des laves, y
plus
et plus varié que dansles grandes --- Page 264 ---
C 0 M P A G N I E
masses de terre qui formoient les chaînes des
montagnes avant cette époque.
Ainsi la partie du sud, plns montagneuse que
celle du nord, est restée plus entière, et la terre
y est conséquemment moins altérée
Les côtes basses de Macouria, Kouron et
Sinnamari, ont été couvertes de sable, imprégnées de sel marin, et susceptibles, par cette
raison, de végétation, jusqu'à ce que les sels en
soient épuisés; ce qui arrive en dix ou douze
ans.
En remontant de Cayenne à Kaw, de là à
Approuague et"à Oyapock, les terres s'élèvent
de plus en plus ; et à mesure que les mnasses angmentent, on trouve le sol plus homogène, et
conséquemment plus cultivable. Mais le climat
excessivement pluvieux, est alors un obstacle à
la culture de ces terres hautes, parce que la
plupart des plants se présentant obliquement à
la chute perpendiculaire de la pluie, sont dans
leur jeunesse couchés par le vent et dessouchés
(*) En convenant que les terres hautes de la partie du
sud sont tres-supérieures à celles du nord, je n'entends
pas dire qu'elles puissent être comparées aux bonnes terres
de St-Domingue, ni qu'elles méritent la peine et la dépense
d'un grand établissement.
terres hautes, parce que la
plupart des plants se présentant obliquement à
la chute perpendiculaire de la pluie, sont dans
leur jeunesse couchés par le vent et dessouchés
(*) En convenant que les terres hautes de la partie du
sud sont tres-supérieures à celles du nord, je n'entends
pas dire qu'elles puissent être comparées aux bonnes terres
de St-Domingue, ni qu'elles méritent la peine et la dépense
d'un grand établissement. --- Page 265 ---
DE L A - UIA N E.
ar la rapidité des eaux
as: les
courantes de haut en /
brmes des plantes ne prospèrent que dans les platemornes, ou sur les pentes douccs
xposées aux vents de nord.,
non
20. Les terres basses sont formées le
vières, et entre les chaînés des
long des
retraite des eaux de la
montagnes, par
ardes, des débordemens mer, le rapport des
lontagnes, dont les
et la dépouille des
ont sans cesse entraînées parties légères et friables
Dans les
par les torrens.
portions du continent
Fandes masses, dont les chaînes coupées par
arc de la mer à la
se recourbent
terre, ou se
Arallèlement à Ja côte, il s'est formé prolongent de
assins contigus entr'eux,
vastes
Ps
lorsque la direction
montagnes en permet la communication
pmme dans la partie du sud; ou resserrés,
Hlés et subdivisés à
morl'infini, sans suite ni
on, lorsque le continent n'étant
propor
montagnes,
plus ni plaines,
présente la forme triviale, mais
pressive, d'un plat d'oeufs au miroir, comme
ans l'ile de Cayenne et la partie du nord.
3°. Le desséchement des bassins
ht un échappement libre à la
contigus qui
vière, et qui ne sont
mer ou dans une
grands débordemens couverts d'eau que dans
ou dans les
arées, est démontré praticable
grandes
et facile, puis- --- Page 266 ---
COMI P A G N I E
que les terres dont est question sont plus éle
vées que le niveau des eaux à mi-flot. Celui de
bas-fonds morcelés sera, au contraire, condi
tionnel; car ceux qui se réduisent en cul-de
lampe, sont certainement indesséchables: : mai
par-tout où l'on remarque une issue libre el
élevée au - dessus des eaux de la mer ou d'ur
fleuve à mi i-flot, il y a certitude de desséche
ment.
4°. Le climat très-pluvieux de la Guiane, qu
nuit, comme nous l'avons vu, aux cultures en
terres hautes, est favorable, ou au moins n
nuit pas à celles des terres basses; car, outri
que la canne à sucre, le café, le cacao, exigen
une grande fraicheur,l'ean qui filtre et s'égoutt
sur -une surface plane, engraisse la terre san
l'épuiser; elle y tient pendant quelquetemps le
sels en dissolution; mais ils ne sont entraîné
que parles torrens ou les chutes rapides; et dan
les plaines fossoyées, la pente douce des eaux
laisse opérer le sédiment des particules végétale
dont elles sont chargées, ainsi la pluie dans le
bas-fonds, fait addition, et jamais soustraction
des parties constituantes du sol; ce qui arrive
tout au contraire dans les hauteurs.
59. D'après cette distribution des terres del
Gniancaunord et au sud,les dix-neufvingtiène
né
que parles torrens ou les chutes rapides; et dan
les plaines fossoyées, la pente douce des eaux
laisse opérer le sédiment des particules végétale
dont elles sont chargées, ainsi la pluie dans le
bas-fonds, fait addition, et jamais soustraction
des parties constituantes du sol; ce qui arrive
tout au contraire dans les hauteurs.
59. D'après cette distribution des terres del
Gniancaunord et au sud,les dix-neufvingtiène --- Page 267 ---
D E' L A GUI A N E.
-s terres hautes du nord doivent être de
us mauvaise qualité. Les terres basses
la
orcelées, ne sauroient
y étant
artie, un ensemble de présenter, dans cette
ril y ait dans plusieurs cultureintéressant quoient occupées, ainsi
habitations actuelleque dans les terres à conder, plus de bas -f fonds desséchables
rces de la colonie n'en
que les
Au contraire, dans la pourroient exploiter.
ontre
partie du sud on renbeaucoup de mornes cultivables, mais
uunis, selon leur exposition, aux
ai viennent d'être
inconvéniens
détaillés, et l'on
1 grand espace contigu de terres basses a reconnu
nables.
desséPreuves de ces faits.
Lrs cartes détaillées des différens
la Guiane,les observations
quartiers
ysiques des
géographiques et
ingénieurs et autres
hiles ont parcourns, tels que MM. particuliers
entelle, Brodel, Brisson, Patris ; les d'Esingy,
MM. de
mémoires
Béhagues, > de Bessner 2
fuler, er laissant de côté toute la Godin,
matique ; mes remarques
partie sysAi faites au Nord et au Sud personnelles que
brinam; le
, et ensuite à
procès-verbal de l'assemblée napnale, et enfin l'examen détaillé
qui vient --- Page 268 ---
Co M P A G N I E
d'être fait à Oyapock par MM. de Boisberthel
et Guisan.
Motifs de la confiance que je donne à leu
opération.
AYANT visité le plus grand nombre des ha
bitans chez eux, étant en état d'apprécie
leurs travaux, leur industrie et leur conduite
j'ai reconnu au chevalier de Boisberthelot dx
courage, de l'intelligence, des connoissance
pratiques, et tous les succès dans sa cultun
que peut comporter la terre médiocre qu'i
travaille.
J'avois amené avec moi à Surinam un in
génieur et un des principaux habitans di
Cayenne. J'ai demandé, en leur
présence, 3 al
gouverneur et aux plus notables habitans don
je visitois les plantations, quels étoient les cul
tivateurs les plus instruits de leur colonie. On
m'en a nommé quatre seulement, et le sieu
Guisan à la tête. Tel est l'homme que j'ai cri
utile d'enlever à son pays pour l'attacher
celui-ci.
A son arrivée je l'ai mis en ceuvre. J'avoi
acheté de M. Préville un terrain bas et noyé
attenant à T'habitation du roi. Je projetois d'y
don
je visitois les plantations, quels étoient les cul
tivateurs les plus instruits de leur colonie. On
m'en a nommé quatre seulement, et le sieu
Guisan à la tête. Tel est l'homme que j'ai cri
utile d'enlever à son pays pour l'attacher
celui-ci.
A son arrivée je l'ai mis en ceuvre. J'avoi
acheté de M. Préville un terrain bas et noyé
attenant à T'habitation du roi. Je projetois d'y --- Page 269 ---
D E L A U I A'N E.
aire un théâtre de démonstration
échemens 5 cela a été exécuté. pour les desgoutté, , planté, entouré de'l
Ce terrain est
e fossés, et présente
levées, de canaux,
-senln modèle de
aux gens de ce pays-ci
culture qu'on ait
a même
jamais vu
opération se répète
aujonrd'hni, et
ille, eaucoup plus en grand aux environs de la
3 dont je fais dessécher les marais
ordent la rade.
qui
loyens de juger les Jaits et les
indiqués.
preuves
LonsQuE, dans l'assemblée
t aux députés : C Vous demandez nationale, j'ai
et des nègres : votre
des avances
point de
position ne vous permet
ette assertion, supporter un nouveau crédit. >>
non contestée par
t dans la classe des faits constatés. l'assemblée,
Lorsque, dans la même
Irticulier inal
assemblée, un intérêt
entendu, et l'invincible empire
l'habitude > ont fait soutenir aux
te leurs terres hautes étoient
députés
ables, j'ai encore constaté bonnes et culirrévocablement
5 M. de Préville avoit déja fait sur ce
vaux infructieux, parce qu'ils avoient été mal terrain des
dirigés. --- Page 270 ---
C O M P A G N I E
> lecontraire, en les faisant conyenir qu'au bou
de deux, trois, cinq ou sept ans 7 ces terre
hautes, réputées bonnes, étoient épuisées, e
qu'il falloit recourir à de nouveaux abatis.
Lorsque les suffrages de plusieurs homme
discordans surd'autres points se réunissent su
un seul , il acquiert alors le plus grand degr
possible de certitude; ainsileplus grand nombr
des habitans, des écrivains, voyageurs, ingé
nieurs et gens à projets, convenant unanime
ment que la partie du sud est pourvue de bonne
terres hautes et basses, que les dernières sur
tout s'étendent dans plusieurs parties en bassin
ouverts et contigus, il ne seroitplus raisonnabl
d'en douter.
Quant à la préférence à donner aux bas-fond
pour lesg grandes cultures, la section des mornes
leur différente exposition, les intervalles nu
ou nuisibles qui les séparent 7 la dégradatio
à laquelle l'action du climat les
expose > SOI
autant de raisons prépondérantes.
Pour l'appréciation des terres basses, de lew
qualité,.de leur produit, il suffit d'examine
l'espèce d'arbre mous, 7 d'herbes, et autre
plantes dont elles sont couvertes. Leur surfac
unie, leurs couches égales 2 annoncent u
dépôt libre et successif de vase et de limor
la dégradatio
à laquelle l'action du climat les
expose > SOI
autant de raisons prépondérantes.
Pour l'appréciation des terres basses, de lew
qualité,.de leur produit, il suffit d'examine
l'espèce d'arbre mous, 7 d'herbes, et autre
plantes dont elles sont couvertes. Leur surfac
unie, leurs couches égales 2 annoncent u
dépôt libre et successif de vase et de limor --- Page 271 ---
D B L A C U I A N 3
Pour leur desséchement
qu'on doit en
et les espérances
et la
concevoir, la colonie de Surinam
richesse de ses cultures forment
collection de preuves
une
truite, ni
les
qui ne pourra être décessif de par
effets ruineux du luxe
ses habitans, ni
exla position
par la différence de
ses et des nôtres. géographique des terres hollandailèvent
Chez eux, les terres ne s'éa
qu'à douze et quinze lieues de la
chez nous, les mornes sont plus
mer;
et cette différence est à notre rapprochés,
proximité des eaux
avantage par la
truction. Les
douces et du bois de consbâtir à grands Hollandais ont été obligés de
frais sur la vase, de
dans des citernes les
recueillir
des
eaux de pluie, de faire
digues et des canaux avant de
planter des vivres; etles
pouvoir
des magasins, de
Français peuvent avoir
ferme
, l'eau, des vivres sur la terre
environnante, avant de commencer
travaux dans les pinotières.
leurs
Résultat
LEs observations
que je viens de
par extrait, se trouvent détaillées présenter
férens comptes
dans les dif
m'attachant que j'ai rendus au ministre. En
ainsi aux faits et aux
2,
preuves,
--- Page 272 ---
Co M P A G N I E
en vérifiant contradictoirement les relations, les
assertions diverses, en m'appuyant sur des opé
rations faites par des hommes capables, sans
avoir ni projets ni systèmes s et sans en adopter
aucun, j'arrive, de faits en faits,et de principes en conséquences, , au seul plan d'établissement qui convienne à PÉtat pour la Guiane
et à la compagnie pour sa concession.
La destination de la partie du nord est indiquée par la nature, en ménageries, haras,
culture de vivres.
Celle de la partie du sud, en commençant
à Mahuri jusqu'à Ouissa, 2 par-delà l'Oyapock,
offre de très-riches plaines à défricher et à
mettre en grandes cultures; tandis que les petits habitans depuis quatre jusqu'à trente nègres,
peuyent être utilement occupés dans les meil.
leures terres hautes de cette partie, aux plantations de tabac, de cacao et café, selon la
qualité et l'exposition des mornes.
Dans cette hypothèse le roi ouvriroit à ses
frais un canal de communication à partir de
Mahuri, où seroit le premier établissement,
jusqu'à Kaw, et successivement de Kaw à Approuague ; tandis que la compagnie, débutant
dans la rivière d'Ouanari, la réuniroit facilement à celle de Kouronai, qui se décharge dans
ures terres hautes de cette partie, aux plantations de tabac, de cacao et café, selon la
qualité et l'exposition des mornes.
Dans cette hypothèse le roi ouvriroit à ses
frais un canal de communication à partir de
Mahuri, où seroit le premier établissement,
jusqu'à Kaw, et successivement de Kaw à Approuague ; tandis que la compagnie, débutant
dans la rivière d'Ouanari, la réuniroit facilement à celle de Kouronai, qui se décharge dans --- Page 273 ---
D E L A
U I A N E.
l'Appromague. de
Alors on pourroit aller en canot
Cayenne à Oyapock par l'intérieur
et des rivières , et l'on auroit
des terres
vingt-cinq lieues
un espace de
delong en terres basses
bles, sur trois, quatre et cinq de
cultivace qui seroit trois fois plus
profondeur;
colonie de Surinam.
considérable que la
Le chef-lieu de la
être continué
compagnie ne peut donc
au poste
est mauvais, dont les d'Oyapock; dont le sol
environs sont mêlés de
mornets, pripris, savanes
munication libre de
noyées , sans comsion
terre en terre, sans extenpossible sur un même plan.
Aucun de ces inconvéniens
dans la rivière d'Onanari
ne se rencontre
tagne Lucas,
à partir de la monau pied de laquelle
avantageusement
peuvent être
placés tous les
principaux établissemens.
magasins et
Le plan ci-joint en indique la
d'un bourg si on veut en
position, celle
moyens de défendre
établir un , les
par des
facilement cette rivière
redoutes et fortins, et enfin la
bution des premiers défrichemens
distrithode des Hollandais
selon la méà T'habitation du roi. s pratiquée aujourd'hui
Tous les autres détails d'exécution
vent être réglés et arrêtés
ne peuque sur l'état des --- Page 274 ---
C 0 M P A G N I E. etc.
forces destinées par la compagnie à
tion des terres. Je n'ai rien à
l'exploitaobservations sur le choix des ajouter à mes.
àla direction destravaux.
hommes préposés
colonie des
On trouve dans chaque
de
régisseurs et économes en état de
suivre, avec intelligence et fidélité, la
d'un établissement fait; ; mais il en est fort régie
qui soient capables de le commencer
peu
etsuccès; un homme
avec ordre
et zélé qu'il puisse être nouveau, quelqu'éclairé
probable
, y échouera. Il est
roient. que ceux que j'ai indiqués réussiL'opération qui vient d'être faite dans
vase répéter dans la rivière de
Ouanari
M. Guisan le 26 de ce mois. Kaw.J'y envoie
Bois-Berthelot
Le chevalier de
habitans
sera encore du voyage,et deux
de Cayenne m'ont demandé à
suivre. C'est la première fois
les
ont pris la peine de s'enfoncer que des Français
et les
la
dans les vases
main. pinotières, s boussole et la sonde à la
faire le Jusqu'à présent on s'étoit borné à en
relevé de montagne en
dans l'été
montagne, et
seulement; ce quine permettoit d'observer, ni le cours des eaux, ni leur
ni leur issue, ni les différentes hauteur >
terres.
qualités des
A Cayenne, le 17 juin.778.
ine de s'enfoncer que des Français
et les
la
dans les vases
main. pinotières, s boussole et la sonde à la
faire le Jusqu'à présent on s'étoit borné à en
relevé de montagne en
dans l'été
montagne, et
seulement; ce quine permettoit d'observer, ni le cours des eaux, ni leur
ni leur issue, ni les différentes hauteur >
terres.
qualités des
A Cayenne, le 17 juin.778. --- Page 275 ---
SECTION CINQUIÈME.
Cette section comprend les
dont M. de Sartine
rapports au roi,
mon retour en
mc confia la rédaction à
France. Les mesures
pour l'établissement de la Guiane, proposées
vérifications dont j'avois été
d'après les
arrêté en
chargé; le plan
s'étoient conséquence, par les intéressés
offerts, et leur
qui
Gonvernement: : tel étoit l'état engagement avec le
que. le baron del Besner sefitr des choses lorsde la Guiane,
nommer gouverneur
de protections par un concours d'intérêts et
dont le détail est inutile.
nouveau plan sur Cayenne
Son
muniqué par le ministre, m'ayant été commémoire qui est mon dernier i'y répondis par un
colonie, dont j'ignore l'état mot sur cette
dans cette section.
actuel; j'ai inséré
quelques autres
j'avois été chargé, sur les
rapports dont
je conservois encore à Paris colonies, pendant que
la Guianc.
l'administration de --- Page 276 ---
COMPTE RENDU
AU ROI,
De l'état actuel de la colonie de
et du parti
Cayenne ,
aprendre pour son amélioration.
SIRE,
Il y a cent trente ans que Ies Français sont
établis dans la Guiane. Cette colonie, dans
ce long espace de temps, n'a présenté aucun
a.ccroissement sensible, ni dans sa culture, ni
dans sa population : elle a coûté à lEtat plus
de soixante millions, et toutes les entreprises
1 qui y ont été faites, soit de là part du Gouvernement, soit de la part des particuliers, n'ont
eu que des suites ficheuses; on y a perdu beaucoup d'hommes et d'argent.
Lorsque votre majesté me confia le département de la marine, on me proposa de nouveaux
projets pour l'établissement de la Guiane. On
venoitdytransporter. desplants d'épiceries dont
on m'annonçoit le succès. La disette du bois de
ixante millions, et toutes les entreprises
1 qui y ont été faites, soit de là part du Gouvernement, soit de la part des particuliers, n'ont
eu que des suites ficheuses; on y a perdu beaucoup d'hommes et d'argent.
Lorsque votre majesté me confia le département de la marine, on me proposa de nouveaux
projets pour l'établissement de la Guiane. On
venoitdytransporter. desplants d'épiceries dont
on m'annonçoit le succès. La disette du bois de --- Page 277 ---
SUR E'ATABLISSENENT DE LA GUIANE. 263
Ceenotiegnilenmemgai. sei fairesentirdans
l'intérieur du royaume, me fit jeter les yeux sur
lesf forêts de la Guiane : on m'assura
verois de grandes
que j'y trouressources. Lfapprovisionnement en bois, vivres et bestianx, des autres COlonies de votre majesté, étoit
'est encore, incertain
alors, comme il
lations
et dépendant de nos reavec la Nouvelle-Angleterre et avec les
colonies espagnoles. La Guiane paroissoit susceptible de cette destination.Sa
e toutes les colonies
position au vent
pôt
pouvoit en faire un entreintéressant. L'étendue de ses forêts, des
savannes propres à la nourriture des bestiaux,
W'abondance des poissons qui se trouvent sur ses
bôtes,p présententde grands moyens de commerce
qu'il semble facile de mettre en valeur. Mais
avant d'adopter aucun plan, instruit du mauvais succès de ceux qui avoient été ci-devant
proposés , je me déterminai à multiplier les
observations, et à ne m'arrêter qu'à celles qui
auroient un caractère de vérité incontestable.
-Je choisis donc, et proposai à votre majesté
un administrateur qui fat en état de vérifier sur
les liéux tout ce qui a été dit sur la Guiane,
et qui pàt déterminer, par des faits constatés,
la cause des mauvais succès, et les
d'amélioration s'ils existent. Le sieur Malouet, moyens --- Page 278 ---
R A P P O I T S
commissaire général de la marine, fut
de cette mission, ct
charg
mois de
2,
partit pour Cayonne au
septembre 1776. Il y a passé deu
ans, ila visité les terres hautes et basses de le
Gniane, a consulté les habitans, les a rassemblés par députés. Les différentes qualités de
et ses produits, ont été discutées
sol
les causes de
et vérifiées,
dégradation et les moyens d'accroissement reconnus. Le sieur Malouet s'est
ensuite transporté dans la colonie de
dont la culture est dans l'état le plus Surinam,
quoique les accidens du sol et du clinnat florissant, soient
les mêmes qu'à Cayenne. Il en a ramené uni ingé.
nieurhatile,quiseatr attachéan service de votre
majesté; et en réitérant ses observations et
essais, en constatant sur-tout les
ses
m'a présenté, dans les
résultats, il
un
tableau exact de la comptesqu'ilm'a: colonie de
rendus,
ce qu'elle est, de Ce qu'elle
Cayenne, del
fautes
ponvoit être, des
qui y ont été faites, des moyens de les
réparer, et de rendre la Guiane utile à la métropole, ainsi qu'aux autres colonies. Telle
la base da nouveau
est
les
plan'que je vais mettre sous
yeux de votre majesté, en lui faisant conashursonensirementies faits dontl'authenticité
m'a parn démontrée,
: colonie de
rendus,
ce qu'elle est, de Ce qu'elle
Cayenne, del
fautes
ponvoit être, des
qui y ont été faites, des moyens de les
réparer, et de rendre la Guiane utile à la métropole, ainsi qu'aux autres colonies. Telle
la base da nouveau
est
les
plan'que je vais mettre sous
yeux de votre majesté, en lui faisant conashursonensirementies faits dontl'authenticité
m'a parn démontrée, --- Page 279 ---
SUR
'ÉTABLISSENEXT DE LA GUIANE. 265
Causes de Pinfertilité des terres
Causes de l'erreur des
cultivées.
qualité de ces terres hautes. colons SuLr la
La Guiane est, de toute
e plus récemment sorti des T'Amérique,le mains de
pays
On y rencontre par-tout les
la nature.
Steints et des inondations traces des volcans
barties basses du
qui couvroient les
lominantes, la surface continent, tandis que les terres
rées
des eaux, étoient soulea stérilité des terres
Cctinen
ées que de sables, hautes de qui ne sont compopatières
roches à craie, et de
vitrifiées : cependant les vents
Néposé des graines de toute
y ayant
ont trouvées
espèce, celles qui se
t la beauté des analogues au sol y ont fructifié;
arbres qui couvrent ces
hautes, a causé l'erreur des
terres
aj perpétuée chez lenrs
premiers colons, et
successeurs. Ces
précieux 9 mais de l'espèce
arbres
Jurs, compacts et
unique, des bois
résineux, à racines étendues
orizontalement, indiquent aux
clairés une terre aride et
observateurs
ois moux, blancs,
argilense; Car les
umide, profond et abondant spongienx, exigent an sol
ales.
en matières végé- --- Page 280 ---
A P P O R T
Raison ae la préférence donnée par les colon
aux plus mauvaises terres.
Les terres hautes étant
trds-accesibles, e
n'exigeant aucun travail préparatoire pour êtri
mises en valeur, tous les entrepreneurs s'y son
portés avec d'autant plus d'empressement, que
la vétusté des forêts dont elles sont couvertes
y. avoient amoncelé des couches de fumier provenant des feuilles et des bois pourris; en sorte
qu'en abattant et en brûlant les arbres, toutei
les plantations dont les racines ne pénètrent pas
perpendiculairement dans la terre, y réussissoient à merveille, et donnoient quelques récoltes abondantes.
Mais les accidens du climat ajoutent ensuite
à Ceux du local. Il pleut pendant huit mois dans
la Guiane, et les pluies, dans la zone torride,
sont plus fortes, plus abondantes que celles des
zones tempérées. On conçoit donc que la cliute
perpendiculaire des eaux sur une terre inclinée
comme celle des montagnes, des collines, dépouillée des arbres en haute futaye, déracine
les plantes foibles qu'on y substitue 3 et entraine
dansles; plaines toute la partie meuble et végétale
de la terre.
mois dans
la Guiane, et les pluies, dans la zone torride,
sont plus fortes, plus abondantes que celles des
zones tempérées. On conçoit donc que la cliute
perpendiculaire des eaux sur une terre inclinée
comme celle des montagnes, des collines, dépouillée des arbres en haute futaye, déracine
les plantes foibles qu'on y substitue 3 et entraine
dansles; plaines toute la partie meuble et végétale
de la terre. --- Page 281 ---
SUR L'ÉTABLISENENT DE LA GUIANE. 267
Ainsi les mornes de la Guiane ne sont primiement cultivables et productifs
perposition de ces couches de sol que par la
nature des lieux et du climat végétal, dont
ne permet point
permanence.
Ainsi cette colonie, la plus ancienne de celles
le nous possédons, a dû toujours, par le vice
son institution, avoirune marche
- plus les colons et les cultures se rétrograde; sont multiés dans les terres hautes, plus elles se sont
gradées. Aussi la population, le comnmerce et
culture ont toujours été en décroissant; les
bitans n'ont cessé d'crrer de
ontagnes, abandonnant leur montagnes en
squ'ils arrivoient
ancien domicile
au tuf, et établissant de
uvelles terres qu'il falloit abandonner
encore.
aisons du non-succès des differentes
prises qui se sont succédées. entreT'outes les entreprises du
Gonvernement et des
rticuliers ont adtt-omehesenisomir
éférence à donner
ECRE
à tel quartier, à telle rivière.
la été le plus célèbre et le plus désastreux
ces établissemens dans la rivière de Kourou.
pendant les Hollandais ont, à cent lieues de --- Page 282 ---
R A P D R T S
nous, une colonie florissante. Même sol, mér
climat, mêmes productions, mnêmes accidens
la nature: tout s'y ressemble, hors les
les moyens d'institution. Ce sont deux plans
cemens égaux où un architecte intelligent empl ett
mancuvre ignorant ont bâti avec la même d
pense, Pun un palais magnifique, l'autre ur
chaumière misérable.
Pegawdabnmhole sur desprincipe
et des moyens différens.
Les Hollandais ont-bientôt reconnu,
quelques essais, tous les vices des terres hautes apre
etils ont desséché les terres basses. Mais,
ne rien abandonner à l'ignorance et aux pou fan
taisies particulières, ils ont employé des
nieurs habiles, pour déterminer un plan ingé
ralde desséchement
géné
tetdfesploitation.Ies,
canaux ont été faits aux frais. de la compagnie grand
et chaque habitant a été subordonné à un plai
uniforme pour son établissement personnel.
Ce qu'on appelle les terres basses dans l
Guiane française et hollandaise
chose
s n'est autre
que ce que nous connoissons en
sous le nom de plaine et de vallée. Avant Europ
la main des hommes eût réprimé les écarts que de
é
ralde desséchement
géné
tetdfesploitation.Ies,
canaux ont été faits aux frais. de la compagnie grand
et chaque habitant a été subordonné à un plai
uniforme pour son établissement personnel.
Ce qu'on appelle les terres basses dans l
Guiane française et hollandaise
chose
s n'est autre
que ce que nous connoissons en
sous le nom de plaine et de vallée. Avant Europ
la main des hommes eût réprimé les écarts que de --- Page 283 ---
SUR 1'ÉTABLISSEMENT DE LA GUIANE, 269
nature; ces plaines que nous habitons
mi étoient, dans plusieurs
aujourqu'elles sont
pays de l'Europe,
bois et d'eaux encore en Amérique, couvertes
nent par intervalle stagnantes, on inondées seudans les débordemens
ières au reflux des marées.
des
tisons pour lesquelles les Français
imité les Hollandais.
n'ont pas
observés serconstatés.
Résultat des Faits
Hle la Guiane.
-Deuinationataredie
Les habitans de Cayenne,
effrayés du travail
'exigeoit un grand desséchement, l'avoient
Ajours regardé comme impraticable
défaut
pour eux;
mettoit d'expérience et de moyens ne leur
pas
Industrie
sieimheewraitasan
appelle les arts, et les emploie à la
ltiplication des richesses; mais l'inertie
uve en même temps et la cause et l'effet de se
misère, et l'une et l'autre
nt les arts, l'industrie, les repoussent égalerallianeenaturelle
richesses. Il y a
ice dont résulte entrela pauvreté etl'ignoun
e complaît dans amour-propre opiniâtre;
eles
sa manière d'être, pourvu
premiers besoins soient satisfaits.
la condition des habitans de
Ettelle
Cayenne; les --- Page 284 ---
R A P P R T S
ressources locales leur procurent abondamme
toutesles choses dep première nécessité. La chas
la pêche, pourvoient à leur subsistance, etlei
petites récoltes suffisent pour payerles march:
dises d'Europe nécessaires à leur consommatic
On voit par cet exposé comment les erreurs
régimeintroduites et perpétuées à
dà influer sur toutes les tentatives Cayenne,
par les gens du pays, ou par ceux qui provoque ayant
charge de les dinigen,adoptoientleurs habitud
leurs vues et leurs principes.
Lorsque le sieur Malouet eut reconnu toui
les causes de dégradation, et qu'l les eut cOI
tatées parl'aveu même des habitans, il fut au
convaincu que leur pauvreté, leur discrédit
le défaut de lumières ne leur permettoient
d'abandonner leurs mauvaises terres
F
livrer à de nouvelles entreprises. Le Gouvern pour
ment seul pouvoit les accréditer par son impu
sion, par des encouragemens, par des essais
desséchement dont le succès fit connu de to
le monde. C'est à quoi le sieur Malouet occu
l'ingénieur hollandais dansla dernière année
son séjour. Un atelier de cinq cents nègres f
employé à dessécherles marstsqutenvirontolis
la ville de Cayenne; ; on y pratiqua des canaux
des chemins publics et des plantations de vivre
B
voit les accréditer par son impu
sion, par des encouragemens, par des essais
desséchement dont le succès fit connu de to
le monde. C'est à quoi le sieur Malouet occu
l'ingénieur hollandais dansla dernière année
son séjour. Un atelier de cinq cents nègres f
employé à dessécherles marstsqutenvirontolis
la ville de Cayenne; ; on y pratiqua des canaux
des chemins publics et des plantations de vivre
B --- Page 285 ---
SUR
Ine
L'ÉTARLISENENT DE LA GUIANE. 271
grande partie de terres basses
ières de Kaw, d'Ouanari
dans les rirpentée, nivelée et
et d'Approungue, fut
n en dressa sur les reconnue lieux
desséchable.
des
athentiques; et enfin la
procès-verbauix
e la Guiane et des
destination naturelle
rritoire, se trouva différentes parties de son
ir toutes ces observations. nécessairement indiquée
rdent la mer depuis la rivière Les savanes qui
r'à Pile de
de Marroni juspck
Cayenne, 9 et depuis la baye
jusqu'à celle de
d'Oyapurrir d'immenses VincentPiveson, penvent
mequiy ont
trompeaux. Les bêtes à
étéjetées et presque
puis douze ans, 2 se sont néanmoins abandonnées
algré la négligence extrême des multipliées
dministration,
habitans et de
qui n'a mis dans
on aucune des précautions
cette institnpulation des bestiaux. nécessaires pour la
Les mornes et. toutes les terres
savanes sont entourées,
hautes dont
toltes de grains,
sont susceptibles de
pays, tant
légumes, fruits et racines
pour la nourriture
e pour
des pasteurs
Et les terres Tapnrovisionnement basses
des Antilles.
Cayenne,
comprises entre les rivières
Kaw, Approuagne;
anari, Oyapock et
Kourroliai,
espace de plus de Callipour, ce qui forme
cinquante lieues de long, --- Page 286 ---
R A P P O R T S
peuyent, comme celles de Surinam, , produir
toutes les denrées coloniales, dont l'exporta
tion est l'aliment du commerce et de la navi
gation nationale.
/ Sur la côte de la Guiane 3 et presque dap
toutes ses parties, on peutformerdes pêcheries
des saloirs qui nous affranchiroient à la longu
dujoug dela nouvelle Angleterre, pour T'appre
visionnement des Antilles ; car nos relation
actuelles avec ce peuple nouveau peuvent êti
un jour troublées ou suspendues.
Dans l'intérieur du continent, en remontar
les rivières jusqu'à quinze et vingt lieues, 0
peut se livrer ntilement à l'exploitation des bo
pour la marine et les constructions civiles, 0
peut établir des moulins à planches, et débite
en bordages et madriers tous les bois durs.
Mais ces différens établissemens ne peuven
réussir dans un pays dépourvu de richesses
de lumières et d'artistes, qu'autant qu'ils SG
ront provoqués et dirigés par le Gouvernemen
Le nomn seul de Cayenne effraie désormais tou
les capitalistes rebutés par la multitude d'er
treprises qui se sont succédées, et l'issue ma
heureuse qu'ellesont eue.La compagnie eactuell
de la Guiane sera probablement le dernie
exemple en Ce genre des faux calculs de l'inex
peuven
réussir dans un pays dépourvu de richesses
de lumières et d'artistes, qu'autant qu'ils SG
ront provoqués et dirigés par le Gouvernemen
Le nomn seul de Cayenne effraie désormais tou
les capitalistes rebutés par la multitude d'er
treprises qui se sont succédées, et l'issue ma
heureuse qu'ellesont eue.La compagnie eactuell
de la Guiane sera probablement le dernie
exemple en Ce genre des faux calculs de l'inex --- Page 287 ---
SUR
L'ÉTABLISSENENT DE LA GUIANE,
périence. Ainsi le
pérer de voir renaître Gouvernement ne peut esune colonie
dans cette partie del l'Amérique, intéressante
Woccupera de la former
qu'antant qu'il
les moyens qui viennent d'après les principes et
mnajesté,
d'être exposés à votre.
En résumant les motifs
faveur d'un tel
qui se présentent en
établissement
noît plus particulièrement
> on en reconconstances actuelles.
l'utilité dans les cirnos
Cayenne,au vent de
colonies 2 auroit
toutes
Heur fournirt tous les pu, 2 pendant la guerre >
que la touvelle oljets de première nécessité
Phui
Angleterre consomme
pour sa propre
aujourporter qu'avec les plus défense, ou ne peut exles tabacs de la
grands risques. Privés
Virginie et du
bourrions les retronver
Mariland, nous
sur notre
itoire, en en multipliant les
propre terlégricrs n'auroient
plantations. Les
le la côte
qu'un court trajet à faire
Vils
d'Afrique sur celle de la
pouvoient y trouver
Guiane,
gaison. Enfin l'extension l'emploi de leur carnerce national par des des cultures et du comexécutés avec les précautions défrichemens conçus et
an aliment d'àutant plus
nables,sont
gation française,
nécessaire à la navin concurfence qu'elle va se trouver à la
avec la Nouvelle
paix
3.
Angleterre,
--- Page 288 ---
R A P P O R T
dont le commerce doit s'étendre sur toutes les
parties du globe. Déja même les terres de la
Martinique et plusieurs portions de celles de
Saint - Domingue annoncent un épuisement
prochain et une diminution certaine dans leurs
produits , tandis que les terres incultes de la
Guiane promettent pour long- temps d'abondantes récoltes.
Mais ce qui peut le plus décider votre majesté
à l'établissement de la Guiane, est la considération des dépenses énormes qui y ont été
faites en pure perte > tandis qu'avec la même
somme qui est employée aujourd'hui à Ia garde
et à l'entretien d'une colonie inutile, on peut
en créer une importante à l'Etat.
La dépense annuelle de Cayenne s'élève dans
ce moment-ci à 800,000 liv. en approvisionnemens, solde, appointemens et frais d'administration ; c'est sur cette somme, 2 et en réduisant au plus strict nécessaire tous les objets
d'entretien, , que je me propose de suffire à ceux
d'amélioration.
La première entreprise pour laquelle j'ai à
prendre les ordres de votre majesté, est un desséchement de quatre mille arpens de terre pour
le compte de plusieurs capitalistes qui se présentent, au moyen des ay avantages qui leur sont
-ci à 800,000 liv. en approvisionnemens, solde, appointemens et frais d'administration ; c'est sur cette somme, 2 et en réduisant au plus strict nécessaire tous les objets
d'entretien, , que je me propose de suffire à ceux
d'amélioration.
La première entreprise pour laquelle j'ai à
prendre les ordres de votre majesté, est un desséchement de quatre mille arpens de terre pour
le compte de plusieurs capitalistes qui se présentent, au moyen des ay avantages qui leur sont --- Page 289 ---
SUR
1'ÉTARLISENENT DE LA GUIANE.
offerts. Ce desséchement
plans et sous la direction sera exécuté sur les
génieur hollandais. Les du sieur Guisan, inintéressés
par un contrat en.forme, à
s'engagent,
majesté, danstrempscedehnita -
rembourser à votre
qui leur seront faites
années,les avances
à raison de
pour cet
650,000 liv.
établisement,
ans.
par an pendant quatre
L'avantage qu'ils ont sur les antres
trepreneurs qui les ont précédés,
entiellement à
consiste essenterminé
adopter un plan
sur les lieux,
d'opérations démultipliées
après des vérifications
, sur la qualité des terres
moyens de les mettre en valeur.
et les
2°, A faire exécuter leurs
génieurs
travaux par des insance certaine expérimentés, du
, qui ont une connoisdes
sol, des obstacles à
ressources à employer
vaincre,
3°, A être aidés
;
nègres, déja formé par à un atelier de cinq cents
louct, et accoutumés Cayenne par le sieur Made travail; ;
depuis trois ans à ce genre
4°. A recevoir de votre
don gratuit, les outils, majesté, en prêt ou
de culture qui se trouvent ustensiles et machines
gasins à
existans dans ses maCayene ;
5°. Enfin votre
es premiers frais majesté leur faisant l'avance
sans intérêts, ils n'ont à
sup- --- Page 290 ---
R A P P O R I
porter que les risques de la mortalitédes
compensés par la plus-value
nègres,
la terre desséchée- dont ils qu'aura acquise
priétaires.
se trouveront proCette entreprise
sera 3 sans contredit, la plus
avantageuse qui ait été faite pour les
et la moins onérense à votre
intéressés,
remboursement de
majesté ; Car le
ses avances, toujours
jusqu'à présent, se trouvera assuré
perdnes
trat, et hypothéqué sur la fortune parun conde tous les souscripteurs.
très-conmie
Je joins ici le détail des conditions
telles qu'elles sont consenties et arrêtées proposées,
contrat devant notaire.
par un
Votre majesté voit que la différence de
entreprise aux autres, consiste
cette
à subordonner à un plan uniforme principaleiment
des entrepreneurs hors d'étatdesed et éclairé
mêmes. C'est après des essais condnire euxplan est adopté, et c'est le bénéfice constatés que ce
qui est le premier
de ces essais
avantage des
Je n'ajoute ensuite ancune entrepreneurs.
à cellesqui sontdéjaàla
dépense nonvelle
Il me suffira de réduire charge de votre majesté.
la colonie
l'état militaire et civilde
3 pour trouver dans la dépense de
800,000 liv. de
à faire aux quoisuffreatintére des avances
entreprenetursy car cette somme ne
est adopté, et c'est le bénéfice constatés que ce
qui est le premier
de ces essais
avantage des
Je n'ajoute ensuite ancune entrepreneurs.
à cellesqui sontdéjaàla
dépense nonvelle
Il me suffira de réduire charge de votre majesté.
la colonie
l'état militaire et civilde
3 pour trouver dans la dépense de
800,000 liv. de
à faire aux quoisuffreatintére des avances
entreprenetursy car cette somme ne --- Page 291 ---
SUR T'STABLISSENENT DE LA GUIANE.
pouvant être prise, dans les
tnelles, sur les' états de fonds circonstances de
actement, il est nécessaire
mon départorise à en faire
que votre majesté m'auremboursé
les l'emprunt qui sera garanti et
tretien annuel par de souscripteurs 7 ct que l'enla
800,000 liv. pourl la colonie de
Guiane ne soit soumis, à la paix, à
réduction.
ancune
Indépendamment del'entreprise du desséchement proposé , j'ai à demander à votre
de fixer
majesté
irrévocablement les améliorations
gressives dont la Guiane est
prosieurs genres 5 savoir
susceptible en plutiaux, les
2 la population des bespêcheries de tortue, lamentin et autres
poissons salés ; l'exploitation des
bois, et les
épiceries, en employant, pour tous ces
une somme de cinquante mille écus
objets,
et en s'en occupant invariablement par année :
sieurs annécs,
pendant plu-
? avec les précautions
par le sieur Malouet, votre
indiquées
cessamment des
majesté jouira ind'une
progrès et de l'accroissement
colonie qui lui deyra toute son existence. --- Page 292 ---
RAPPORT AU R O I,
Du projet des épiceries.
SIRE,
Le parti à prendre sur la culture et le commerce des épiceries, 3 est une des affaires les
plus importantes qui m'aient occupé depuis
votre majesté m'a confié le département de que la
marine. Avant de lui cn rendre compte, et de
lui proposer mon avis, j'ai voulu m'éclairer
par l'examen de tout ce qui a été dit et écrit
sur cette matière : j'ai consulté des hoinmes
instruits et expérimentés ; j'ai cherché même
dans les opinions contradictoires de nouvelles
lumières, et je ne me suis arrêté au plan que
je vais mettre sous les yeux de votre majesté,
que lorsque je l'ai vu justifié par des principes
incontestables et des faits avérés.
Depuis que les Hollandais ont enlevé au Portugal la majeure partie de ses possessions dans
l'Inde, cette République est parvenue à dé-
sur cette matière : j'ai consulté des hoinmes
instruits et expérimentés ; j'ai cherché même
dans les opinions contradictoires de nouvelles
lumières, et je ne me suis arrêté au plan que
je vais mettre sous les yeux de votre majesté,
que lorsque je l'ai vu justifié par des principes
incontestables et des faits avérés.
Depuis que les Hollandais ont enlevé au Portugal la majeure partie de ses possessions dans
l'Inde, cette République est parvenue à dé- --- Page 293 ---
R A P P O R T S, etc.
pouiller même les insulaires des
la propriété des terres
Moluques, de
dis que sa sagesse et sa modération qu'ils cultivent; et tansa liberté en Europe, l'abus de la consolidoient force
soitson commerce et son
établisLa propriété exclusive despotisme dans l'Inde.
mier fruit de
des épiceries fut le precette
matière du
usurpation, > et devint la
en Asie commerce immense des Hollandais
fournit. par les moyens d'échange qu'il leur
Elle leur assura également l'approvisionnement des antres parties du monde,
l'impuissance oi sont toutes les nations de par
procurer ces graines précieuses
se
voies.
par d'autres
Les peuples commerçans de l'Europe ont
d'une fois tenté de
plus
cette riche
partager. avec les Hollandais
culture, soit en la naturalisant
leur territoire, soit en s'établissant
dans
des Moluques. Mais la
dans l'une
lement
République a réussi
par sa politique et par ses armes éga- à
prévenir toute invasion, et à empêcher
traction des
l'exgraines ou des plants. Des forts
nombreux, des vaisseaux
affidés et des surveillans garde-côtes, de
des gens
conservé
toute espèce, ont
Enfin jusqu'à nos jours sa propriété
un
intacte.
Français counu par ses
en Asie, et par son administration longs voyages
à l'Ile-de- --- Page 294 ---
R A P P O R T
France ( M. Poivre ), est paryenu,
relations avec des princes
par ses
indiens, à se
curer des graines et des plans de
prode muscadier et de cannelier. Il les géroflier J
à
a déposés
ITe-de-France, dans celle de Bourbon,
iles Sechelles. Cet enlèvement fit
, aux
dans le
une grande sensation dans le monde
temps
commerçant; on en conçut les plus flatteuses espérances
pour la prospérité des iles auxquelles
confié ce dépôt précieux. Mais le
on avoit
défautdesoins,
ou la dégradation des plants transplantés,
ruinèrent, en deux ou trois années, les
de fortune qu'ils avoient fait naître. Le projets zèle
de M. Poivre n'en fut point découragé : il eut
encore le secret de se procurer de nouveaux
plants,et ceux-ci, mieux soignés, ont
on
prospéré:
annonce même cette année un muscadier
en fleur. M. de Boynes voulut
de naturaliser cette culture à la essayer Guiane. aussi
fait passer à Cayenne donze
Il a
ou quinze plants :
l'analogie du climat de la Guiane avec eclui
des Moluques lui faisoit croire l'un et l'autre
sol susceptible des mêmes productions, et cet
essai a jusqu'à présent été justifié par le succès.
Cette nouvelle transplantation des arbres à
épiceries réveilla alors l'attention des naturalistes, des spéculateurs commerçans, des gens
de Boynes voulut
de naturaliser cette culture à la essayer Guiane. aussi
fait passer à Cayenne donze
Il a
ou quinze plants :
l'analogie du climat de la Guiane avec eclui
des Moluques lui faisoit croire l'un et l'autre
sol susceptible des mêmes productions, et cet
essai a jusqu'à présent été justifié par le succès.
Cette nouvelle transplantation des arbres à
épiceries réveilla alors l'attention des naturalistes, des spéculateurs commerçans, des gens --- Page 295 ---
SUR
L'ATABLISSINENT DE LA GUIANE.
à projets qui sont
quelquefois des
génie, et trop souvent des
hommes de
et ignorans. J'avoue à votre novateurs inquiets
d'abord prévemu contre les majesté que je fus
plans qui me furent
abservations et les
mon entrée au
présentés sur cet objet dès
avant cette
ministère. On avoit acquis,
époque, des plants
en espéroit vaguement de
d'épiceries; ; on
en avoit beaucoup parlé, grands avantages, on
I aucun résultat. Des et on ne s'étoit arrêté
plus pressantes
affaires plus grayes et
he voyois rien de m'éloignoient mieux
de celle-là, et je
qjue de la laisser croître dans cette acquisition,
hu profit des colons et prospérer en silence
qui s'en trouvoient
sesseurs.
posLe baron de Besner, ci-devant
commandant
Cayenne, qui a val cette colonie en
Instruit, et en a rapporté des
homme
éressantes, chercha le
observations inpremier à fixer mon
ention sur la culture et le
atperies. Il me
commerce des épitoit de
présenta un mémoire dont
me démontrer
l'objet
roient être soumises à que l'une et l'autre dea culture ne
un régime exclusif, que
pouvoit en être utilement
ju'àla Guiane, et sous la direction
fixée
pagnie qui en auroit le
d'une comôt frappé de la vérité de privilége. Je fus bienla première
propo- --- Page 296 ---
R 4 P P O R'T S
sition, mais je résistai aux deux autres. En vous
rendant compte, sire, 2 de mes motifs et des
éclaircissemens queje me suis procurés 3 je ferai
connoître également à votre majesté les raisons
et les moyens de M. le baron de Besner.
Ced qu'on appellola libertéde commerce, cette
liberté dont le nom si doux doit tromper d'antant mieux ceux qui nesavent mettre des bornes
à rien quand il en faut à tout ; cette liberté,
dis-je, illimitée, devient une véritable scrvitude.
Par la libre concurrence des vendeurs, les
denrées sont réduites à leur plus bas prix possible,"la consommnation s'accroît d'autant, et
le commerce a son extension possible danslintérieur et chez l'étranger. Par la libre concurrence des acheteurs, 3 la propriété obtient tout
ce qu'elle peut obtenir, le travail a sa récompense possible; il s'accroît d'autant plus,
ainsi que la population dont il est évidemment
la mesure. Ainsi la libre concurrence des acheteurs nationaux chez l'étranger, est toute en
faveur de la propriété du travail et de la population de l'étranger. Telles sont les vérités
communes et indélébiles par lesquelles votre
majesté est à portée d'apprécier les paradoxes
qu'on a voulu souvent ériger en principes, et
, le travail a sa récompense possible; il s'accroît d'autant plus,
ainsi que la population dont il est évidemment
la mesure. Ainsi la libre concurrence des acheteurs nationaux chez l'étranger, est toute en
faveur de la propriété du travail et de la population de l'étranger. Telles sont les vérités
communes et indélébiles par lesquelles votre
majesté est à portée d'apprécier les paradoxes
qu'on a voulu souvent ériger en principes, et --- Page 297 ---
SUR T'ÉTABLISSENENT DE LA GUIANE. 283
ue certaines gens opposeroient
emande d'un privilége
encore à la
le conmerce des exclusif pour la culture
épiceries. Cette
re, devient évidemment
exclusion,
bis qu'il est
nécessaire toutes les
question de
soutenir la valeur d'une donner un prix ou
ummation est
denrée dont la conel'est
bornée, et dont la
pas. Mais les choses de
production
té et celles qui
première nécesmltitude, celles peuvent être consommées par
dont la
urs croissante
reproduction touentation
indique et favorise une augproportionnelle de cultivateurs et de
insommateurs, ne peuvent être soumises
onopole sans qu'il n'en résulte les plus
au
sordres.
grands
D'après cette distinction, les
buvent classées dans l'ordre des épiceries se
légiéesp par nécessité. En en rendant denrées la
pribre, elle ne devient
culture
Jur prix baisse de mille profitable à
à personne. >
rdent cette branche
un. Les Hollandais
ance ni aucun autre de commerce s et la
est un échange de peuple ne l'acquièrent.
moins dans les marchés
l'Europe et de l'Asie ; et ce seroit
éparable que
une faute
Mais la
d'opérer cette révolution.
ée à la culture des épiceries doit-elle être
Guiane et livréc à une
compagnic P --- Page 298 ---
R A P P O R T
Neconviendroit-il pas de la protéger aussi au
Iles-de-Francé, et de la confier à des préposés
au nom et au profit de votre majesté P C'est su
quoij'ai entendu et provoqué des opinions cor
tradictoires.
L'Ile-de-France a été le premier dépôt de CC
plants précieux ; ils y sont plus abondammen
répandus qu'à Cayenne. L'importance de cett
colonie, regardée depuis long-temps commne
porte et le boulevard de l'Inde, y fixera tou
jours des moyens défensifs. Le continent del
Guiane, moins peuplé, plus abordable, ne paro
pasaussi propre à la garde d'un trésor. Le trans
port des plants pent 'en occasionner la dégra
dation ; le voisinage des Hollandais et des Por
tugais présente d'autres motifs d'inquiétde
Tel est le résumé des objections que j'ai faite
au baron de Besner dont les réponses m'on
paru satisfaisantes.
L.Ilode-France, physiquement et militaire
ment considérée, n'est pas aussi bien indiqué
que la Guiane pour la culture et la conservation
des épiceries. C'est dans ce continent que.
climat et les productions analogues au clima
et aux productions des Moluques, font espére
avec quelque fondement les mêmcs succès
1'Ile-de-France, malgré ses fortifications'abor
est le résumé des objections que j'ai faite
au baron de Besner dont les réponses m'on
paru satisfaisantes.
L.Ilode-France, physiquement et militaire
ment considérée, n'est pas aussi bien indiqué
que la Guiane pour la culture et la conservation
des épiceries. C'est dans ce continent que.
climat et les productions analogues au clima
et aux productions des Moluques, font espére
avec quelque fondement les mêmcs succès
1'Ile-de-France, malgré ses fortifications'abor --- Page 299 ---
SUR I'STABIISENENT DE LA GUIANE, 285
riri lables en vingt endroits, ne peut pas même ofcette plantation un asile aussi sûr
ontinent coupé par de grands fleuves qu'un
nenses forêts, dont les côtes
et d'iman seul point un
ne présentent qu'en
position de la Guiane monillage à une escadre. La
blissemens
au vent de tous nos étaope, lui en Amérique, et à portée de l'Euassure encore, par préférence aux Ilesle-France et aux Moluques,
nent de ces deux parties du monde. l'approvisiomeu voisinage des
Et quant
Hollandais ou des
a dignité et la puissance de votre Portugais,
ui permettent pas de craindre
majesté ne
ubite de la
de
uner invasion
ette
part
ces denx nations. Enfin
malheureuse
e
moment-ci, colonie,languicemne jusqu'à
trouvera dans cet
n moyen de prospérité
établissement
ourroit aussi utilement qu'aucun autre ne
lesépiceries,
remplacer; carle pris
souten par un privilége exclusif,
ermettra à votre majesté
ontribntion des
d'exiger une forte
oserois
entreprenenrs 3 et je Jui prol'emploi le plns digne de sa
ance, en le destinant à faire des
bienfai1 même colonie, aux cultivateurs avances dans
bres, telles que le sncre, le des denrées
igo, etc., dontla consommation coton, l'inlever. la Guiane au
de illimitée peut
ossessions.
rang
nos plus riches --- Page 300 ---
R A P P O R T S
Mais j'annonce déja, par cette réflexior
à votre majesté, que mon avis n'est pois
qu'elle retienne pour son compte le privilé;
de la culture et du commerce des épicerie
Il semble que cette spéculation, encore ince
taine, exige toute la surveillance d'entrepr
neurs intéressés au succès et à la réductio
des frais qui ont trop souvent absorbé le béne
fice des régies au compte de votre majesté.
dignité et son intérêt s'accordent donc ici
confier à une compagnie le premier essai 0
cette grande entreprise. La soumission qui m
été présentée à cet effet, est souscrite par tro
fermiers généraux et un ancien gouverner
du Sénégal, choisis comme députés par u
plus grand nombre d'actionnaires capitalist
de Paris. Je vais en rendre compte à votr
majesté.
Suit la soumission ci-jointe.
Je ne proposerai point à votre majesté l'ad
mission pure et simple des différens article
de cette soumission. En accordant le privilég
exclusif aux entrepreneurs qui se présentent
je crois qu'il conviendroit de leur imposer le
conditions suivantes :
1°. Tous les plants d'épiceries qui sont sou
du Sénégal, choisis comme députés par u
plus grand nombre d'actionnaires capitalist
de Paris. Je vais en rendre compte à votr
majesté.
Suit la soumission ci-jointe.
Je ne proposerai point à votre majesté l'ad
mission pure et simple des différens article
de cette soumission. En accordant le privilég
exclusif aux entrepreneurs qui se présentent
je crois qu'il conviendroit de leur imposer le
conditions suivantes :
1°. Tous les plants d'épiceries qui sont sou --- Page 301 ---
SUR
la
I'ÉTABLISEMENT DE LA GUIANE.
main de votre
majesté ou des
dans ses différentes
particuliers
aux préposés de la possessions, seront remis
Aicdommagement compagnie, en stipulant un
de ces plants, pour les dépositaires actuels
Scus par chaque lequel pourroit être fixé à cent
de ceux qui sont à pied, pour le petit nombre
pour les iles de Cayenne, et à deux cents fr.
I seroit
France et de Bourbon; car
injuste de ne point
soins des dépositaires
récompenser les
ces plants.
pour la conservation de
20, La
les de compagnie ne pourra déplacer des
France et de Bourbon, ni des
a totalité des arbres qui
Séchelles,
nent, pour en fixer la
y existent actuellelans la Guiane,
culture et le commerce
par
jusqu'à ce qu'on ait reconnu,
l'expérience, le lieu le plus favorable
production de ces arbres.
à la
30, Tous les frais de
utres, quels qu'ils soient, garde, transport et
hier moment, de la
seront, dès le pree la
concession, à la charge
uitement compaguie qui ne pourra obtenir
que des terrains libres et
graar un tiers.
non occupés
4°. La compagnio
a
justifiera à votre
souscription et mise de fonds
majesté
a sûreté et le succès de son
nécessaire pour
entreprise. --- Page 302 ---
R A P P o R T S
50, Al'expiration du présent octroi, les arbre
à épiceries, et le terrain sur lequel ils seron
plantés, appartiendront à votre majesté, qu
pourra aussi disposer de tous les bâtimens
terres, mamufactures, esclaves et ustensiles de
la compagnie, en lui en payant la valeur esti
mée à dire d'arbitres.
60, Le plan et les détails du régime adopte
par la ccmpagnie pour l'exploitation de sa cul
ture et de son commerce, les projets d'empla
cement, d'établissemens 3 les précantions e
les moyens de police et de sûreté, seront pro
posés à votre majesté, pour recevoir son appro
bation avant leur exécution.
Telles sont les modifications qui m'ont part
nécessaires au plan proposé, et au moyen des
quelles je crois utile à votre majesté et à se
sujets d'accorder le privilége exclusif de la
culture et du commerce des épiceries. Cette
entreprise peut avoir un grand succès, et opére
une heureuse révolution en notre faveur; ella
feroit alors époque dans le règne de votro
majesté. Mais comme il est possible aussi qu'ell
échoue, les considérations lcs plus sensées Se
réunissent pour laisser à une compaguie les
bénéfices et les risques de ce premicr essai.
à se
sujets d'accorder le privilége exclusif de la
culture et du commerce des épiceries. Cette
entreprise peut avoir un grand succès, et opére
une heureuse révolution en notre faveur; ella
feroit alors époque dans le règne de votro
majesté. Mais comme il est possible aussi qu'ell
échoue, les considérations lcs plus sensées Se
réunissent pour laisser à une compaguie les
bénéfices et les risques de ce premicr essai. --- Page 303 ---
SUR
I'ÉTABLISSEMENT DE LA GUIANE. 289
R ÉS ULTAT
De la délibération des
intéressés à Pdtablicsement de la Guiane.
d'un Lzssovsstowksa plan
ayant pris communication
chement des présenté au ministre pour le défriterres basses dela
féré entr'eux, ainsi
Guiane, et corsur les détails et les qu'avec monsieur Malouet,
choisi M. le comte de moyens d'exécntion, ont
pour rédiger et arrêter Broglie le
et M. Lhéritier
libération, résumé
résultat de leur dédans les articles
qui constatent les intentions
ci-après,
nime des soussignés.
et le voeu una10. Ils reconnoissent que les
eux demandées à M.
concessions par
avoit expédiées
Malouet, et qu'il ne leur
difficulté de les qu'en les prévenant sur la
mettre en valeur,
aujourd'hui des titres nuls et non deviennent
bien
avenus, étant
une entreprise
feroit
ctta
absurde et
geant particulièrement ruineuse, en se chard'un
terres et d'un établissement défrichement de
3.
dans la Guiane.
--- Page 304 ---
R A P R T S
20. Que le Gouvernement annonçant l'inten.
Ambe-deroienerolelargsiellimtimgnil
et aux autres colonjcs, par l'extension de sa
culture et de son commerce, il ne peut y avoir
de moyens praticables pour parvenir à ce but
que ceux proposés par M. Malouet.
30, Qu'ils entendent et adoptent dans tout
son contenu le plan de cet administrateur,
comme conséquent aux vues du Gouvernement,
en ce qu'il est de sa dignité et de son intérêt
que cette colonie, pour laquelle il a été fait
tant d'efforts inutiles et dispendieux,
enfin une consistance solide.
prenne
4°. Que les recherches, essais et opérations
préalables pour y arriver, leur ayant été expliqués, et se trouvant anjourd'hui constatés,,
ils se réunissent et se présentent au ministre
pour garantir le remboursement des avances
qu'exigeroit un établissement ordonné et exécuté selon le plan dont est question, et aux
conditions ci après;
S A V O I R :
Il sera formé un atelier commun composé de
celui rassemblé déja à Cayenne parM. Malouet,
et de deux mille nègres en sus, achetés à quatre
époques différentes, de six en six mois, dont
jourd'hui constatés,,
ils se réunissent et se présentent au ministre
pour garantir le remboursement des avances
qu'exigeroit un établissement ordonné et exécuté selon le plan dont est question, et aux
conditions ci après;
S A V O I R :
Il sera formé un atelier commun composé de
celui rassemblé déja à Cayenne parM. Malouet,
et de deux mille nègres en sus, achetés à quatre
époques différentes, de six en six mois, dont --- Page 305 ---
SUÉ L'ÉTABLISSEMENT DE LA GUIANE. 291
la première sera le plus tôt possible,
tard, dans six mois de ce
et, au plus
Cet atelier sera dirigé par jour. M. Guisan,
nieur en chef, les
ingétuellement
ingénieurs et économes acsous ses ordres, Ou les autres
employés qu'il demandera et choisira à sa
volonté,
Dans le nombre des terres basses,
par monsieur Guisan pour y faire l'établisse- reconnues
ment, il choisira librement
qui lui
l'espace et le quartier
conviendront, soit dans la rivière de
Kan, soit dans celle d'Aprouague.
Il lui sera adressé des ordres
faire
bon lui semblera, des
pour
où
plantations de
un magasin, un hôpital ambulant,
vivres,
vice de l'atelier.
pour le serOn lui fournira et il aura la disposition des
ustensiles, provisions, machines de toutes
ces, nécessaires à l'établissement.
espèIl sera tenu registre des déboursés et fournitures, M. Guisan ayant auprès de lui un
la garde-magasin qui en constatera la recette et
dépense.
L'administration locale de Cayenne aura
ordre de protéger, mnais sans pouvoir contrarier les opérations de
se mêlera seul de la l'ingénieur en chef qui
police de son,atelier et --- Page 306 ---
R APP O R 1 S
des employés sous Ses
compte aux
ordres, en en rendant
administrateurs.
L'établisement ainsi commencé,
suivi jusqu'au desséchement
sera pourde vingt habitations,
et défrichement
long d'un canal
qui seront distribuées le
navigable, et
cune d'écluses
pourvues chasoires.
2 logemens et magasins provi
Chaque habitation contiendra
reaux desséchés, dont moitié
soixante carlors de la
plantée en vivres
répartition : le reste de la terré
jusqu'à concurrence de mille
de
quatre mille de
pas
face sur
l'état d'amélioration profondeur, sera livré dans
où
des eaux aura mis le territoire. l'écoulement général
A ces conditions, et
vation, chaqueintéressé moyennant leur obser.
ser au roi cent
sera tenu de rembourleur
pistoles par tête de
sera livré sur une habitation nègre qui
desséchée et
ainsi établie,
d'une
plantée; en sorte que la
habitation de cent nègres,
propriété
ses, bâtimens provisoires,
pourvue d'éclusera acquise
et plantée en vivres 3
Le
moyennant cent mille francs.
surplus des avances qui auroient été
pour cet établissement
faites
majesté sur le
9 sera remboursé à sa
produit des terres 3 à raison
dixième de retenue
d'un
par chaque année.
i établie,
d'une
plantée; en sorte que la
habitation de cent nègres,
propriété
ses, bâtimens provisoires,
pourvue d'éclusera acquise
et plantée en vivres 3
Le
moyennant cent mille francs.
surplus des avances qui auroient été
pour cet établissement
faites
majesté sur le
9 sera remboursé à sa
produit des terres 3 à raison
dixième de retenue
d'un
par chaque année. --- Page 307 ---
SUR F'ÉTARLISSEMENT DE LA GUIANE. 293
Entendent néanmoins les sonssignés,
l'explication qui en a été faite par monsieur d'après Malouet, que le Gouvernementine
comne avances rembonrsables répétera point,
ingénieurs,
s le salaire des
économes,
les fournitures de
chirurgiens, aumôniers,
siles
drogues, remèdes et ustend'hôpital, de tous les vivres et
se récolteront surles terrains du roi légumes à
qui
de toutes les machines, ustensiles Cayenne,
se trouveront dans les
et outils qui
à
magasins de sa majesté
Cayenne 2 au moment où les travaux
menceront,
comSeront également réputés dons
travaux de l'atelier de
gratuits, les
cinq cents nègres
partenans actuellement au roi, et la mise apvaleur des terrains à dessécher
en
commun.
par l'atelier
Ainsi le supplément des avances
bles se réduira au
remboursasommes qui
paiement des intérêts des
Gouvernement pourroient être empruntées par le
nouveau des pour Tétablisement; à l'achat
machines 3 ustensiles, outils; des
et
viande
FRaa
poisson salé;des briques, cimens,
et ferremens nécessaires
chaux, bois
de quoiil sera dressé des aux écluses etl tbâtimens:
magasin
états certifiés du gardegénéral, de l'ingénieur en chef, et
par l'intendant ou ordonnateur.
visés --- Page 308 ---
R A P P O R T S
5°. Convenu que les époques de
la part des intéressés
paiement de
tiers de leurs fonds, seront, pour le premier
tablissement
trois ans après que l'éjustifié
aura été commencé, et qu'il sera
par un procès-verbal de
chef, visé par les
l'ingénicur en
vaux sont conduits admninisatratetre, à la moitié
que les traperfection. Lesecond
au moins de leur
après, et.
tiers sera exigible six mois
lorsqu'il aura été constaté pardes
cès-verbanx en même forme,
les
prosont conduits aux deux tiers que de
travaux
tion. Le dernier tiers
leur perfeccise del la
sera payé à l'époque
livraison et investissement de prépropriété, que l'on suppose devoir être chaque
tard à la fin de la
au plus
vaux commencés. quatrième année des tra6°. Les travaux et l'établissement
exécutés sous le
étant ainsi
régime et l'inspection du Gouvernement, la répartition des
terre sera faite en lots
nègres et de la
d'Inde,
éganx de centnègres,
parc chaque habitation, et
pièce
lement par trois
distribuée égaParle
commissaires, 3 dont un nommé
Gourernement, et les
desi intéreisésslesquelee
deuxantres au choix
ordonné et vérifié la commissaires,a après avoir
les lots, les tireront plus parfaite égalité dans
dont le
au sort sous vingt
premier sera le plus près de la numéros,
rivière >
Inde,
éganx de centnègres,
parc chaque habitation, et
pièce
lement par trois
distribuée égaParle
commissaires, 3 dont un nommé
Gourernement, et les
desi intéreisésslesquelee
deuxantres au choix
ordonné et vérifié la commissaires,a après avoir
les lots, les tireront plus parfaite égalité dans
dont le
au sort sous vingt
premier sera le plus près de la numéros,
rivière > --- Page 309 ---
SUR L'LTABLISSENENT DE LA GUIANE. 295
et les autres à la suite de droite et de gauche
du canal aboutissant à la rivière, dans le cas où
l'ingénicur auroit dirigé et conduit les travaux
sur les deux rives de la rivière ou du canal.
7°. Lors de la remise des
nègres et des habitations,convenn. que les enfans suivrontleurs
mères,etqu'il en sera tenu compte au roi suivant
leur valeur estimée en sus dcs cent pistoles remboursables par chaque nègre, pièce d'Inde.
8°. Les intéressés pour deux ou plusieurs habitations les auront contiguès, quels que soient
leuspumérongaqmoil sera ainsi pourvu : Pierre,
intéressé pour trois capitaux de cent mille livres,
sera le premier sur la liste, et le numéro échu
Jui appartiendra avec le second et le troisième
contigus. ilen sera demême pour deux ou pour
quatre capitanx; de telle sorte que le plus fort
capitaliste sera le premier pourvu du numéro
quilui sera adjugéparle sort, et des autres numérosco ntigus, jusqu'à concurrence desa mise,
9°. Les intéressés se subordonnant, pourl'établissement s à une administration comnune
continueront à se concerter entre eux pour leurs >
intérêts communs, sans qu'ils soient pour cela
solidaires les uns envers les autres, chacun étant
tenu seulement envers le Gouvernement de l'engagement pour lequel il aura personnellemens
souscrit. --- Page 310 ---
R A P P 0 R T S
10°. La présente association s'étendra
démarches à faire, auxp précautionse
aux
que les fonds garantis parles
sexigiblespour
intéressés ne soient
point compromis par un changement de régime,
d'opérations, ou toute autre violation des conditions énoncées. Al'effet de quoiMM. le comte
de Broglie et Lhéritier seront et demeureront
autorisés à agir et correspondre au nom des intéressés 2 en tout ce qui est relatif à l'établissemnent projeté et à son exécution.
119. Arrêté que le gouvernement agréant la
garantie et ordonnant l'exécution du plan dont
est question, le ministre de la marine sera prié
d'autoriser les intéressés, en la personne de
leurs commissaires, à correspondre avec les administrateurs de la Guiane et l'ingénieur en chef
directeurdes travaux ; comme aussi de recommander auxdits
administrateurs et ingénieur
d'instruire exactement les intéressés de l'état
et du progrès des travaux et dépenses.
120, La confiance qu'inspire aux intéressés
M. Malouet, ainsi que son plan et ses opérations, lui ayant été représentés comme le motif
prépondérant de l'entreprise, et cet administra_
teur ayant assuré que les renseignemens, instructions, détails et moyens, étoient et seroient
par lui multipliés et constatés de manière à ce
ateurs et ingénieur
d'instruire exactement les intéressés de l'état
et du progrès des travaux et dépenses.
120, La confiance qu'inspire aux intéressés
M. Malouet, ainsi que son plan et ses opérations, lui ayant été représentés comme le motif
prépondérant de l'entreprise, et cet administra_
teur ayant assuré que les renseignemens, instructions, détails et moyens, étoient et seroient
par lui multipliés et constatés de manière à ce --- Page 311 ---
DE LA GUIANE, 297
SUR L'ÉTABEISSENENT
influence personnelle pât cesser sans
que son
arrêté qu'en desirant fort que la
inconvénient;
supérieure de la codirection et administration
à
fût continuée
lonie et de son établissement, le service du
M. Malouet, comme néanmoins
roi, sa santé ou d'autres événemens pourroient
faire renoncer, il seroit prié de remettre aux
ly
leur
les instructions,
intéressés, ou de
procurer
de son admémoires, plans et procès-verbaux relatif à son étaministration., en ce qui est
blissement.
des avances à faire par le
13°, La garantie
un congouvernement, devant être stipulée par
énoncera la somme des capitrat en forme, qui
souscripteur s'enpitaux pour laquelle chaque
congagera en son propre et privé nom jusqu'à en
arrêté qu'il
currence de son intérétpersonnel; aussitôt que
sera passé acte pardevant notaires, la décision
le gouvernement aura fait connoitre
traidu roi , et autorisé un commissaire pour
au nom de sa majesté, avec les intéressés ;
ter,
de
ils donnent leur pouvoir 86à l'effet quoi
de
et
néral et spécial à M. le comte
Broglie
se chargent de présenter au
M. Lhéritier, qui
lesquels pourministre la présente délibération ;
d'abront choisir parmi les soussignés, en cas
sençe ou tout autre empêchement, un ou plu- --- Page 312 ---
R A PP U R T S
sieurs représentans, auxquels lesdits
seront substitués.
pouvoirs
Et en attendant que le
nommé un commissaire
gouvernement ait
intéressés et
pour rédiger, avec les
pardevant notaires, les conventions
ci-dessus, ils déclarent et promettent faire
eux un fonds de deux
entre
tion sera faite dans millions, dont la répartil'acte à intervenir.
FAIT à Paris, ce
Et ont signé, pour deux millions, le
de BRoGLIE, le comte de
comte
MIRLE, le
d'AMBERT, le marquis
marquis
de BOUTILLE, le
DUCHILLEAU, le marquis
de
marquisde BERGUE, la
RoxcÉ, le marquis
marquise
de NARBONNE,
d'AGUILLARD, la comtesse
DUyAL, LMÉRITIER, MALOUET.
A été ajouté ce qui suit: :
Et M. Duval, habitant de
souscripteurs,
Cayenne, l'un des
ayant représenté à
que son moyen de
l'assemblée
souscription étoit de transporter dans l'atelier commun la
soixante - dix nègres qui lui
propriété de
qui sont actuellement
appartiennent, et
tion en terres
employés sur son habitautile
hautes;qu'an pareil
aux intérêts communs de la arrangement,
dant à l'accélération des
société, et tentrayaux, conviendroit
également à plusieurs deshabitans de la colonie,
ayant représenté à
que son moyen de
l'assemblée
souscription étoit de transporter dans l'atelier commun la
soixante - dix nègres qui lui
propriété de
qui sont actuellement
appartiennent, et
tion en terres
employés sur son habitautile
hautes;qu'an pareil
aux intérêts communs de la arrangement,
dant à l'accélération des
société, et tentrayaux, conviendroit
également à plusieurs deshabitans de la colonie, --- Page 313 ---
DE LA GUIANE. 299
SUR I'ÉTABLISSEMENT
du desconvaincus comme lui de l'importance donc
séchèment des terres basses; qu'il seroit
dont est question, de réserconséquent, au plan
un intérêt pour
ver, dans la présente entreprise,
voudroient
ceux des habitans de Cayenne qui
déféfaire leurs fonds en nègres. Arrêté qu'en mille
rant à cette observation, on réserve cent habitans
écus d'intérêt disponible en faveur des
seroient désignés par M. Made Cayenne qui seroit donné à cet effet une prolouet, et qu'il
recevoir
curation à MM. Guisan et Duval, pour
de
soumission desdits habitans, à la charge
la
de soixante nègres chafaire au moins une mise
et sauf
dont cinquante au fait du travail,
cun,
à faire avec eux les conventions particulières livraison acqui peuvent leur convenir pour la néanmoins,
tuelle de leurs nègres. Observent,
ne sauroit être suscepque la présente entreprise
sans nuire à
tible d'une plus grande extension,
lintérêt commun.
P'acceptation de cette soumission
C'esta après
à
le baron de Besner, en 1790, propose
que
de la cour, un projet
guinze ou vingt personnes
devoit leur
dévablissement dans la Guiane qui
liv. de rente, moyennant 12,000 Z.
rendre 40,000 --- Page 314 ---
R A P P C R T S
une fois payées. Ce plan est accueilli
transport, et le baron nommé
avec
à cette époque que M. de gouverneur. C'es
projet, et me
Sartine me livre son
charge d'en faire le rapport
Rapport sur le nouveau plan de M. de
Besner
Si, dans l'établissement de
une opinion ou un intérêt
Cayenne, j'avois
je sacrifierois volontiers persormel à défendre,
quillité; mais je suis l'un etl'autre à ma trar
trateur, àl'examen appelé, comme adminisd'un plan.
en cette qualité, d'en
J'ai été obligé
été envoyé
établir les bases ; j'ai
pour recueillir des
constater les
faits, pour en
résultats : je dois
dans
moment-ci, parler comme les done,
ce
pièces authentiques
faits, comme les
du ministre
que j'ai mis sous les yeux
des
; et s'il se présente des
projets qui les contrarient, il assertions,
devoir d'en démontrer la
est de mon
nullité ou le danger,
(*) J'avois moi-même contribué à
de Besner par les ménagemensavec) accréditer ce baron
tous ses plans, 2 ne manquant jamais lesquelsj de j'avois combattn
etses talens, 9 parce qu'il en usoit de même vanter à ses lumières
conscience me reprochoit cette
mon égard ; mna
car il me jouoit
foiblesse, et j'en fus puni,
verncur,
complétement en se faisant nommer gou-
ité ou le danger,
(*) J'avois moi-même contribué à
de Besner par les ménagemensavec) accréditer ce baron
tous ses plans, 2 ne manquant jamais lesquelsj de j'avois combattn
etses talens, 9 parce qu'il en usoit de même vanter à ses lumières
conscience me reprochoit cette
mon égard ; mna
car il me jouoit
foiblesse, et j'en fus puni,
verncur,
complétement en se faisant nommer gou- --- Page 315 ---
SUR I'ÉTABLISEMENT DE LA GUIANE. 301
M. le baron de Besner a
projets sur
proposé différens
Cayenne : les principaux sont
rassembler les Indiens et de les
de
tablir des cultivateurs
policer, d'éle territoire
blancs, et d'ouvrir sur
français un asile aux
rons des Hollandais.
nègres-marsemblés L'administration, le conseil et la colonie astrois
par députés , se sont expliqués sur ces
points, et en ont déclaré l'exécution impraticable et dangereuse. Le Gouvernement
paru convaincu de cette vérité
a
nemens antérieurs ont
, que les évésais malhenreux de M. assez de confirmée. Les esde
Besner dans la rivière
Tounaigrande après la catastrophe de Couroux s la raison, T'expérience,
colonies étrangères,
l'exemple des
entreprise de
s'opposent également à toute
ce genre : mais, en en
sant le succès, il seroit encore
suppode le tenter ; car l'établissement déraisonnable
n'est utile qu'autant
d'une colonie
exportation,
qu'elle fournit, par son
un aliment au commerce et à la
navigation ; et tout homme libre
la zone torride au travail de la employé dans
tiendra que sa
terre, n'en obproduireau nourriture, et ne pourra jamais
de luxe. Cent consommateur aucune marchandise
villages d'Indiens, de
libres, ou de paysans établis à
nègres
Cayenne, ne --- Page 316 ---
R. A P P 0 R T S
fourniront pas la cargaison de deux
tandis qu'un seul
vaisseaux,
manufactures
propriétaire d'esclaves et de
M. le Baron peut de en occuper un.
Besner a ensuite
tablir,, en
proposé d'édes
compagnie, la culture et la vente
épiceries. Le projet de fonds.et la
tion des actions étoient faits
distribudépart pour la
par lui avant mon
douze
colonie, où il n'y avoit
que
plants d'épiceries.
alors
dans cette affaire, étoit
L'objet essentiel
la bonne
d'abord de s'assurer de
qualité et dela
de constater les
reproduction des arbres,
plier les
premières récoltes, de multioù elles pépinières, 3 de déterminer le terrain
seroient établies, de prendre un
toutes les précautions de
en mot
la transplantation
garde et de police pour
tion de leurs fruits. des arbres et la conservamon séjour. Les C'est ce que j'ai fait pendant
site ou opération procès-verbaux de chaque visont entre les mains du
nistre, et le Gouvernement
mijourd'hui, avec sûreté du peut disposer aurécoltes, soit
privilége, de ces
qu'on en fasse. l'objet d'une
ou d'un don gratuit.
ferine
Erifin, le dernier projet de M.
est un établissement de culture
de Besner
au cap Cassipaour. Il
en terres basses
sucreries, et il
propose d'y former des
présente son plan et ses moyens
a
chaque visont entre les mains du
nistre, et le Gouvernement
mijourd'hui, avec sûreté du peut disposer aurécoltes, soit
privilége, de ces
qu'on en fasse. l'objet d'une
ou d'un don gratuit.
ferine
Erifin, le dernier projet de M.
est un établissement de culture
de Besner
au cap Cassipaour. Il
en terres basses
sucreries, et il
propose d'y former des
présente son plan et ses moyens
a --- Page 317 ---
SUR L'ÉTABLISSESENT DE LA GUIANE. 303
au moment même où le
d'un plan et de
Gouvernement est saisi
et dont l'authenticité moyens qui lui sont propres,
Avant l'arrivée de est reconnue.
M. Besner à
ct
pendant son séjour, il n'avoit Cayenne,
tion de dessécher les
point été quesde son temps ni
terres Lasses. Il n'ya eu
vérifications
propositions, ni essais, ni
aucun ingénieur analogues à un travail de ce genre; 5
portion de
n'y a été employé , aucune
terres basses n'a été reconmue,
pentée, nivelée. M. de Besner,
ardes troupes, s'étoit
commandant
particulièrement
d'établir sur les bords de la rivière de chargé
naigrande une petite peuplade de
Touallemands qui n'existe plus. Il a lui-même cultivateurs
quis une habitation en terres hautes,
acson aveu, ne lui a pas réussi. Voila à qui, de
réduisent ses essais en culture.
quoi se
Si M. de Besner est aujourd'hui
comme je n'en doute pas, de la convaincu,
néritent les terres basses
préférence que
dissimuler la nécessité des > comment peut-il se
haires, pour
opérations prélimiHle
déterminer, avec sàreté, un
desséchement et de culture P Il n'a plan
Au cap
pas été
Cassipaour; aucun ingénienr n'y a véFilié, par son ordre, le nivellement
ité du sol, il en
et la
ignore les accidens et la qua- dis- --- Page 318 ---
R APP O R T S
tribution : ne lui paroît-il
tracer
pas hasardeux de
d'ici, sur une carte 3
au cap Cassipaour? Quelles vingt-cinq sucreries
tions qu'il
que soient les condipropose au
on
peut confondre ici la confiance Gouvernement, ne
mérite M.
personnelle que
Besner, et les précautions que la
prudence exige avant
tions.
d'adopter ses spéculaProjeter un grand établissement sur
terrain
un
inconnu, sans avoir choisi et
les agens, les forces, est une idée du éprouve
genre que toutes celles
même
qui ont ensevcli à
Cayenne tant d'hommes et d'argent.
M. de Besner ne demande
soixante-dix
que deux cent
nègres de l'atelier du roi. Il
même pouvoir se passer des
crois
nomes employés
ingénieurs et écodepuis trois ans aux
mens. Il annonce qu'il achetera
desséche
des nègres acclimatés
aux Antilles
mais
et propres aux travaux;
personne n'ignore que les habitans de
colonies ne vendent jamais leurs
nos
leurs terres, et
nègres qu'aved
qu'on ne trouve à acheter séparément que des esclaves vicieux
du maître éloigne de
que l'intérêt
son atelier. En
sistent donc les moyens de M. de quoi conBesner P Dé
pouryu d'expérience en cette partie,
aux observations, aux essais,
étrangen
dont le Gouvernement
aux instructions
est environné dans ce
res aux travaux;
personne n'ignore que les habitans de
colonies ne vendent jamais leurs
nos
leurs terres, et
nègres qu'aved
qu'on ne trouve à acheter séparément que des esclaves vicieux
du maître éloigne de
que l'intérêt
son atelier. En
sistent donc les moyens de M. de quoi conBesner P Dé
pouryu d'expérience en cette partie,
aux observations, aux essais,
étrangen
dont le Gouvernement
aux instructions
est environné dans ce --- Page 319 ---
SUR I'ÉTADHIESESENT DE LA GUIANE. 3c5
moment-ci; comment se flatteroitil de mettre
en parité ses opinions et ses vues
les résultats d'un
propres avec
mon
tawilcomatits.quliaee point
système et mon plan, mais la
nécessaire des faits
conséquence
nues,.des
existans, 3 des vérités reconopérations antécédentes? En allant à
Cayenne je n'avois point de plan. Pendant
ans de séjour je n'ai
deux
me suis borné seulement proposé à
aucun projet. Je
et sous les yeux du
mettre en évidence,
de juger désormais Gouvernement, les moyens
tous les plans, tous les
jets, et d'en adopter un
provouloit établir la colonie. raisonnable, si l'on
l'aven
J'ai donc constaté
par
des habitans, par les registres de la
colonie, l'infertilité des terres actuellement
cultivées, j'en ai démontré les raisons par l'analyse. Le seul exemple des Hollandais faisoit
soupçonner la possibilité de trouver les mêines
ressources qu'eux dans le desséchement des
terres basses de notre territoire; mais on
avoit jamais mis lel pied. On ignoroit leur n'y
lité et leur hauteur relative aux eaux de la quaet des rivières. Je m'en suis assuré
des mer
rations géométriques exécutées par
opéingénieurs. Leurs
par d'habiles
nains du ministre. procès-verbanx sont entre les
Alors il me parnt néces3.
20/ --- Page 320 ---
R AP P O I T S
sairede commencer; un
ne
doutât
desséchement, afin
pas du succès : cette
qu'on
faite à la porte de la ville
opération a été
sur les marais qui
l'environnent: un atelier de cinq cents
a été successivement formé et
nègres
vert une école
exercé; j'ai oud'ingénieurs et
rassemblé les machines
d'économes; ; j'ai
nécessaires à la continuation ustensiles, bâtimens
je suis revenu
de ce travail; et
porter au ministre les faits et les
preuyes sans y ajouter rien qui pût m'être imputé comme mon opinion. Je: ne me suis même
permis d'indiquer ce qu'il y avoit à faire que
lorsque j'ai été interrogé. Alors
plusieurs capitalisirayeoncoaionnaires se sont présentés
entreprendre un grand desséchement
pour
ai dit qu'ils y échoueroient
: je leur
ter sans les
s'ils osoient le tenavances > les moyens et les hommnes
déja existans à Cayenne; 3 que leurs
troiperoient
agens les
par ignorance ou par
que leurs fonds s'évanouiroient infidélité;
eussent l'apparence d'une
avant qu'ils
instructions, les
propriété. D'après ces
concessionnaires ont rédligé et
présenté au ministre leurs
baron de Besner
propositions. M. le
M. de Cromot
en a eu connoissance par
qui m'avoit demandé une concession, et auquel j'avois remis un mémoire instructif. Il a fait alors ses
propositions. C'est
ignorance ou par
que leurs fonds s'évanouiroient infidélité;
eussent l'apparence d'une
avant qu'ils
instructions, les
propriété. D'après ces
concessionnaires ont rédligé et
présenté au ministre leurs
baron de Besner
propositions. M. le
M. de Cromot
en a eu connoissance par
qui m'avoit demandé une concession, et auquel j'avois remis un mémoire instructif. Il a fait alors ses
propositions. C'est --- Page 321 ---
SUR
L'ÉTABLISSEMENT DE ZA GUIANE. 307
maintenant au Gouvernement à
étoit de non devoir de
prononcer. Il
l'éclairer : je l'ai fait.
C'est ici que finit mon influence
la Guiane, dont
sur Padministration de
je ne voulus plus me méler
part du baron de Besner;
après le déj'évitai même d'y entretenir
correspondance, les
ne voulant exposer à aucun désagrément
personnes qui m'étoient
tous les rapports, la attachées, et qui étoient, sous
colonie : je les ai tous partie la plus intéressante de la
retrouvés
aux différentes
honorablement mentionnés
été doux
époques qui se sont succédées, et il m'a
leurs d'apprendre que mes amis s'étoient
par
soins et leur générosité
distingués
portés dont l'infortune
envers ceux de nos déintérêt. Ceux
et le mérite sollicitbient leur
que d'anciennes habitudes et
tances particulières avoient mis dans
des circonsvis-à-vis de moi, ont terminé leur une opposition directe
l'exécution des plans
carrière; et quoique
suivie par le
que je viens d'exposer n'ait pas été
améliorations Gouvernement, il y avoit eu cependant des
j'appelle les habitudes sensibles dans la culture et "dans ce que
de
coloniales: : le. succès des
girofliers seroit seul un moyen de
plantations
être suivi de beaucoup d'autres,
prospérité, qui peut
on a vu qu'ily y a une grande quand on le voudra; car
facilité d'établissemens
quantité de bonnes terres 7
des vivres du pays, dela parl'abondance des bois, des eaux,
n'est
chasse et de la péche; le clina:
pas meilleur 2 mais n'est pas pire
autres parties de
que celui des
aisément
PAmérique, et son insalubrité peut être
corrigée : les moeurs des habitans sont
générale- --- Page 322 ---
R A P P O R T S, etc.
ment douces ; on y étoit pauvre de mon temps ; ainsi dans
les vices locaux il y avoit de moims la déprayation du
luxe : les lumières y étoient peu répandues, et cependant
j'y vivois dans une société aimable. Je n'oublierai jamais
l'instant de mon départ : mes mercuriales furent oubliées,
snes bonnes intentions reconnues, j'en reçus l'honorable
salaire. J'ignore en quel état la révolution laissera cette
colonie; mais je sais qu'elle n'y a produit aucun des désastres sanglans dont plusieurs autres ont été le théâtre,
et je renouvelle ici, du fond de mon coeur, le voeu par
lequel je terminai la séance de l'assemblée coloniale en
1777, puissent la Guiane et ses habitans étre a jamais
heureuz!
liées,
snes bonnes intentions reconnues, j'en reçus l'honorable
salaire. J'ignore en quel état la révolution laissera cette
colonie; mais je sais qu'elle n'y a produit aucun des désastres sanglans dont plusieurs autres ont été le théâtre,
et je renouvelle ici, du fond de mon coeur, le voeu par
lequel je terminai la séance de l'assemblée coloniale en
1777, puissent la Guiane et ses habitans étre a jamais
heureuz! --- Page 323 ---
SECONDE PARTIE.
DE L. A
CINQUIÈME SECTIO N,
Comprenant quelques rapports relatifs aur
Colonies, dont j'ai été chargé à mon retour
de Cayenne ; les titres en
la
indiquent
nature. L'affaire de la Grenade est la
plus
importante, en ce qu'elle présentoit une
tion de droit
quespublic sur le droit de repré
sailles. Le
gouerneurfrangais. de la Grenade
avoit trouvé juste de punir les
propriétaires
anglais de cette colonie, des violences
cées par leurs compatriotes à St-Eustache ereril avoit en conséquence
;
séquestré leurs revenus et suspendu le paiement des dettes.
Les propriétaires anglais
envoyèrent une députation à Paris pendant la
chargé de l'ezamen de
guerre sje fus
leur mémoire et de --- Page 324 ---
P'ordonnance du comte de Duras, dontj'obtins
la révocation.
Les deux derniers mémoires qui terminent
ce volume sont relatifs à la guerre d'Amérique,ct antérieurs deplusieurs années à la date
des autres pièces de cette collection.
La
note qui précède ces mémoires en indique
l'objet ct Poccasion. --- Page 325 ---
RÉCLAMATIONS
PROPRIETAIRES ANGLAIS
DES
DE LA GRENADE,
SUR le Droit de représailles.
des violences répétées s auLES Anglais, par le droit de représailles, 2 s'il
roient fait naître
usurpations. Je suis loin
venitanterdenraleune bienfaisance et la modération
de penser que la
l'audaceetles vexations.
suffisent pour réprimer doute le droit de punir
Un souverain a sans
en a reçu des
ses ennemis vaincus 7 lorsqu'il qui puisse aroutrages. La seule considération seroit le sort de ses propres
rêterdans ces cas là,
de l'ennemi; mais en
sujets tombés au pouvoir
la réparation exibornant à un seul exemple certainement aucune atgible, il n'en résulte
teinte au droit des gens. il n'est pas douteux
D'après ces principes,
Anglais
commises parles
que les déprédations
être légitimement
à St.-Eustache, ne puissent
qu'il qui puisse aroutrages. La seule considération seroit le sort de ses propres
rêterdans ces cas là,
de l'ennemi; mais en
sujets tombés au pouvoir
la réparation exibornant à un seul exemple certainement aucune atgible, il n'en résulte
teinte au droit des gens. il n'est pas douteux
D'après ces principes,
Anglais
commises parles
que les déprédations
être légitimement
à St.-Eustache, ne puissent --- Page 326 ---
M ÉNOIRES ET RAPPORTS
vengées par une contribution équivalente sur
un territoire anglais conquis sans
Ce droit acquis par l'imutilité des capitulation. réclamations
faites à la cour de Londres, s'étend sans contredit sur toutes les portions du domnaine de la
Grande-Bretagne qni tomberont au pouvoir des
armes du roi; et quand même l'exercice en
seroit différé, il est immprescriptible. Les habitans de la Grenade seroient donc naturellement
soumis aux représailles, s'ils étoient conquis
sans capitulation, ou si le souverain n'y avoit
suppléé en expliquant législatiyement les conditions auxquelles il les reçoit sous son obéissance; mais la volontédu rois'étant
et le sort des Anglais de la Grenade manifestée, se trouvant
fixé-par deux lois promulguées le 12 décembre
1779, ils ne peuvent plus être assimilés à une
societé d'ennemis vaincue et responsable. des outragesde son gouveraement. Le roi leuradonné,
par ses lois, le titre de sesis sujets : il leur en
impose les devoirs, il leur en-p promet la protection. Sa majesté., par l'article premier de cette
loi, dit formellement que, les personnes et les
biens de Ses anciens et nouveanx sujets de la
Grenade seront régis et gouvernés conformément aux lois du royaume. Sa; majesté; dans un
autre arrêt de Sort conseil, à le même date du --- Page 327 ---
-
RELATIFS AUX COLONIES, 313
12 décembre, déclare maintenir
toutes les propriétés,
et conserver
actions de ses
titres, contrats, droits et
Trois
nouveaux sujets de la Grenade.
ans se sont écoulés depuis ces
Les habitans anglais qui résident à déclarations.
sont qu'avec la permission du
Londres n'y
tenu, pour cette
roi. Ils ont obcolonie, du parlement d'Angleterre, un bill de faveur et de
en assure
protection qui
lapprovisionnement à notre profit. Ils
paient au roi, à la Grenade, les droits
majesté leur impose. Ils sont
que sa
tribunaux. A
justiciables de ses
quel titre maintenant
ils être réputés
pourroientde
ennemis, et soumis à la peine
représailles, pour un délit qu'ilsn'ont tnip
voqué ni partagé, > et contre lequel ils ont probiiquement réclamé au
puparlement et à la cour
d'Angieterre P
Si trois ans après la conquête de la FrancheComté et sa réunion à la
d'Espagne eût vexé les
couronne, le roi
drid ou à
Français établis à MaNaples, les Franes-Comtois
ils pu être soumis à la peine des
auroientLe cas est absolument le
représailles !
de
même ; car le laps
temps depuis la conquête et la réunion
fait rien, non plus que la distance
n'y
Amérique. Le droit des
d'Europe en
gens et le droit
reposent dans toutes les sociétés
public
sur des bases
d'Espagne eût vexé les
couronne, le roi
drid ou à
Français établis à MaNaples, les Franes-Comtois
ils pu être soumis à la peine des
auroientLe cas est absolument le
représailles !
de
même ; car le laps
temps depuis la conquête et la réunion
fait rien, non plus que la distance
n'y
Amérique. Le droit des
d'Europe en
gens et le droit
reposent dans toutes les sociétés
public
sur des bases --- Page 328 ---
314 NÉNOIRES ET RAPPORTS
invariables. Les exceptions, les infractions ne
peuvent en altérer le principe et Pimmutabilité.
Il est donc à desirer que la vengeance du roi,
légitime dans ses motifs, le soit aussi dans
ses effets. Que les Anglais, ses nouveaux sujets (c'est sa majesté elle-même qui leur donne
ce titre ), jouissent de la sûreté et de la protection qui y est attachée, et que les Anglais
ses ennemis éprouvent tôt ou tard le poids de
son indignation. Que pendant le cours de la
guerre on cherche, on saisisse l'occasion d'une
juste réparation ; qu'à la paix même elle soit
irrévocablement exigée : rien n'est plus digne
de la puissance et de la grandeur du roi; mais
dépouiller maintenant ses nouveaux sujets de
la Grenade, pour restituer à ceux de St.-Eustache ce qu'on leur a pris, seroit, j'ose le
dire, une injustice manifeste, un acte dérogatoire à la parole de sa majesté, et à sa volonté
législative solennellement promulguée. --- Page 329 ---
RELATIFS AUX COLONIES. 315
E X A M E N
Du mémoire intitulé : Considérations
sur l'ordonnance de M. le comte sommaires de
gouverneur de la Grenade.
Duras,
LEs motifs présentés contre la révocation de
l'ordonnance sont de deux
intéressent l'ordre
espèces : les uns
civil, les autres
nent à l'ordre politique.
appartienC'est, dit Montesquieu, une erreur dangereuse
Tun à l'autre, , et de
que d'assimiler
Et en effet la stabilité régler l'un par l'autre.
nécessaire au
nement civil ne peut admettre dans Gouverlégislatifs, les déterminations
ses détails
térêt politique. Mais
variables de l'inici, outrel'erreur de
cipes, on en fait encore une fausse
prinàr notre position vis-à-vis
application
paroît important de del'Angleterre, etil me
des assertions
commencer par détruire
du Gouvernement qui pourroient tromper la sas gesse
cautions
sur les mesures et les
à prendre pour la continuation de préguerre et F'accélération de la
la
Le dénombrement
paix.
que fait
des
pertes de l'Angleterre
l'observateur,
mais il
> n'est point exagéré ;
anticipe sur l'époque de sa détresse qui
-à-vis
application
paroît important de del'Angleterre, etil me
des assertions
commencer par détruire
du Gouvernement qui pourroient tromper la sas gesse
cautions
sur les mesures et les
à prendre pour la continuation de préguerre et F'accélération de la
la
Le dénombrement
paix.
que fait
des
pertes de l'Angleterre
l'observateur,
mais il
> n'est point exagéré ;
anticipe sur l'époque de sa détresse qui --- Page 330 ---
316 M TENOIRES
n'est
ET RAPPORTS
pas encore arrivée. Il seroit
sage à ses ministres de faire la d'autant plus
plus de moyens
paix, qu'ils ont
la
qu'on ne le pense de continuer
de guerre 5 et ces moyens résultent
la perte de leurs colonies, de précisément
de leur
la diminution
navigation, et du débouché de leurs
manufactures. Cette idée
et
un paradoxe ; ainsi il faut simple la
vraie paroit
d'autant que l'opinion
rendre sensible, s
créditée.
contraire est la plus acLe commerce immense de
s'élever à l'excès de
l'Angleterre n'a pu
vu, sans
prospérité où nous l'avons
fonds circulans augmenter énormement la masse des
parmi les
Ces capitaux étoient capitalistes.
accrus par ce même
sans cesse occupés et
d'aliment; les
commerce qui leur servoit
l'infini ; chaque spéculations se multiplioient à
conquête, chaque
présentoient de nouveaux débouchés usurpation,
talistes. Les bénéfices
aux capinouveaux fonds à
produisant toujours de
placer, il en résultoit
d'armemens dans la métropole,
plus
dans ses manufactures,
plus d'activité
dans
plus de
ses colonies, plus de mouvement défrichemens
navigation et dans son
dans sa
Au milieu de cette commerce. en tout genre.
pidité, la
agitation féconde de la cuguerre survient, l'Amérique septen- --- Page 331 ---
RELATIFS AUX COLONIES.
.
trionale se détache de la
lève trois colonies dans les métropole; on lui endu mémoire conclut
Antilles, et l'auteur
disette
de-là 7 disette de fonds,
de la d'hommes : cela n'est pas. Les
nation ne sont plus aussi utilement capitaux
ployés 2 mais ils existent dans les
emne les leur ayons
caisses; nous
commerce les pas enlevés : les agens de son
,
ouvriers de ses
produisent
manufactures ne
plus autant faute de
mais les individus
débouchés;
existent, et le
trouve d'autant plus d'hommes à Gouvernement
que le commerce en
sa disposition,
aussi des fonds
emploie moins. Il trouvera
ont de
par les emprunts ; car ceux qui
diminution l'argent ne sachant qu'en faire par la
des débouchés, des
tout genre, doivent
spéculations en
Gouvernement
prêter avec facilité à un
qui, jusqu'à présent, n'a jamais
manqué à ses engagemens.
Ainsi, malgré la prise de la Grenade, et les
ordonnances de M. de Duras, la séance
chaine du parlement pourroit
proune révolution dans le
plutôt produire
manifester un embarras de Gouvernement, fonds
que
pas. Si on ne chasse pas les
qui n'existe
parti de
ministres, si le
ils
l'opposition ne se rend pas le plus fort,
trouveront de
se soutiendra. II l'argent , et le crédit public
se soutiendra même en France
la Grenade, et les
ordonnances de M. de Duras, la séance
chaine du parlement pourroit
proune révolution dans le
plutôt produire
manifester un embarras de Gouvernement, fonds
que
pas. Si on ne chasse pas les
qui n'existe
parti de
ministres, si le
ils
l'opposition ne se rend pas le plus fort,
trouveront de
se soutiendra. II l'argent , et le crédit public
se soutiendra même en France --- Page 332 ---
318 M ÉM OIRES ET RAPPORTS
par les mêmes raisons. Il seroit donc infiniment
dangereux de fonder sur de telles
l'espérance de réduire
opinions, 2
l'Angleterre à demander
la paix. In'y a que nos succès et ses revers
qui puissent faire cesser sonivresse; tant qu'elle
aura confiance dans l'emploi et la direction de
ses forces, elle s'en dissimulera l'abus, et sera
d'autant plus portée à exagérer ses ressources,
que la guerre elle-même contribue à remplir
tous les vides occasionnés par la diminution
du travail et du commerce.
Ces réflexions suffisent pour apprécier les
motifs qui doivent suspendre, dans tous les
cas, la décision du roi, et laisser le ministère
anglais dans l'incertitude du parti que prendra
la France sur l'événement de l'ordonnance de
M. de Duras.
Ainsi, si la Grenade doit cent millions à l'Angleterre, comme l'avance l'auteur du mémoire,
le sort de ces cent millions retenus par la
France ne peut être sérieusement présenté
comme un moyen qui accélère ou la paix ou
la trève; parce que les Anglais ont d'autres
moyens; ; parce que nous aurions beau renverser toutes les lois, ce renversement: n'opéreroit
pas le déplacement des cent millions de Londres
à Paris dans une
ni
campagne 2
même dans --- Page 333 ---
XELATIFS AUX COLONIES.
dix années;
parce qu'enfin la
Grenade diminue bien de
conquête de la
son produit annuel
toute la somme de
de
l'accroissement des fonds
T'Angleterre mais ne retranche
de ceux quiy sonta
pas un sou
de beancoup les Lematienmbeetectie
faire travailler. moyens qui leur restent de les
Après avoir discuté les raisons
l'observateur, il est inutile de le politiques de
ce qu'il avance
suivre dans
ordonnances de pour justifier civilement les
solu
M. de Duras. Un ordre abqui s'explique par une voie de fait,
dépouille sans forme juridique celui
qui
sède, qui défend de payer à celui qui posun tel ordre ne peut être
qui doit;
ou une loi, ni un acte appelé un réglement
un fait illégal et violent. d'administration Il
: c'est
savoir si le possesseur
ne s'agit pas de
un titre légitime, si le dépouillé a ou n'a pas
débiteur
ou non vexé par son créancier. Il déchargé étoit
seule chose à voir dans cette
n'y a qu'une
qu'un souverain
ordonnance : c'est
fait une chose qui l'auroit rendue, auroit
représentant injuste; ; à plus forte raison un
qui n'a: ni
L'état des
tribunal,nij juridiction.
personnes, le sort des
confiés à sa garde et point à propriétés, sont
loi seroit utile et
son jugement. Sa
juste, que dès-lors qu'elle
Il déchargé étoit
seule chose à voir dans cette
n'y a qu'une
qu'un souverain
ordonnance : c'est
fait une chose qui l'auroit rendue, auroit
représentant injuste; ; à plus forte raison un
qui n'a: ni
L'état des
tribunal,nij juridiction.
personnes, le sort des
confiés à sa garde et point à propriétés, sont
loi seroit utile et
son jugement. Sa
juste, que dès-lors qu'elle --- Page 334 ---
320 M ÉNOIRES E T RAPPORTS
change l'ordre civil, elle seroit nulle. Mais si
le souverain lui-même ne prononce dans les
affhires contentieuses qu'après une instruction
préalable et parties ouies, > combien M. de Durat ne donne-t-il pas d'extension à l'exercice
de l'autorité suprême qui ne lui est pas communiquée !
En vain voudroit-on l'excuser sur la clause
de son ordonnance : jusqu'à ce qu'il en soit
autrement ordonnépar sa majesté. Il étoit bien
forcé de laisser au roi le droit de le réformer.
Le roi et ses ministres ne se mêlent point des
contestations entre particuliers. L'examen, la
discussion des titres, des hypothèques, des
réclamations respectives, appartiennent aux tribunaux, et la déclaration du roi à intervenir.
ne peut, sans inconvénient, prononcer sur les
cas d'exception. Remettre les choses au même
état Oùt elles étoient avant la conquête, est
le seul acte nécessaire et digne du légisiateur.
On cite, comme une raison puissante, l'ezemple que les Anglais viennent de nous donner
à Ste-Lucie de cette surséance pour les dettes
des habitans. Mais premièrement il n'y a point
eu d'ordonnance de décharge, ni de défense
de payer; 20. ce ne sont pas les Anglais, c'est
le commandant français qui, sans doute, pour --- Page 335 ---
S
RELATIFS AUX COLONIES.
son propre
fait insérer compte, ou celui de ses amis, a
cette clause dans
et on doit être très-persuadé la capitulation I 5
niment au crédit des colons qu'elle nuit infimétropole.
français dans la
L'exemple de
raison plus puissante. St-Christophe Les
n'est pas une
enlevé ni chassé les familles Anglais n'ont point
avons vu dans toutes nos françaises. Nous en
venus volontairement
colonies qui étoient
cela seroit,
s'y établir : mais quand
quand le
auroit fait une injustice; Gouvernement est-il
anglais
roi d'imiter de tels
de la dignité du
priétaires de la Grenade exemples ? Sont-ce les proviolence faite à
qu'il faut punir d'une
St-Christophe?
On ne trouve dans le mémoire
question, ni motifs, ni
dont il est
prétextes
justifier les ordonnances de M. plausibles de
pour
qu'on les considère dans l'ordre Duras, soit
l'ordre politique.
civil ou dans
Aux membres du comité de la
Londres.
Ggenade, à
Vous êtes, MM., à la veille
décision du roi, telle
d'obtenir une
3.
que vous pouyez la de21
ir d'une
St-Christophe?
On ne trouve dans le mémoire
question, ni motifs, ni
dont il est
prétextes
justifier les ordonnances de M. plausibles de
pour
qu'on les considère dans l'ordre Duras, soit
l'ordre politique.
civil ou dans
Aux membres du comité de la
Londres.
Ggenade, à
Vous êtes, MM., à la veille
décision du roi, telle
d'obtenir une
3.
que vous pouyez la de21 --- Page 336 ---
322 M ENOIRES ET RAPPORTS
sirer. La lettre de M. de Sartine,
ai
que je vous
cmiuniquée, vous l'a fait déja
Les principes
pressentir.
d'équité et de modération qui
régissent notre
Gonvernement, vous' ont
en cette occasion, plus encore
le servi
les bons offices de
que zèle et
ceux qui se sont intéressés
pour vous. Mais je'ne vous dissimule
vous sera même utile de savoir
pas, et il
ment fait tout
que le traiterécemment, par les
aux habitans des fles
Anglais,
St.-Pierre et
pouvoit être un motifde
Miquelon ,
plus
de
représailles, s'il n'étoit
digne sa majesté de donner des exemples de bienfaisance et de
ceux de la
justice, , que d'imiter
violence et de la dureté, En débarquart d'Angleterre à Cherbourg, i'ai vu ces
malheureuises familles de Miquelon
vOS bâtimens y avoit
qu'un de
chassées de leurs
transportées. On les avoit
maisons et dépouillées de leurs
propriétés. Ces hommes simples et Jaborieux
n'ont pas les moyens d'envoyer des
à
Londres : mais en perdant leur asile, députés leurs bateaux, leurs mobiliers, leurs ustensiles de
qui les entretenoient dans
pêche
ils sont plus à
une aisance honnête,
plaindre que les riches
listes dont vous plaidez ici la cause
capitaa pas de
; car il n'y
proportion entre la privation du nécessaire et la réduction du superflu. Il n'ent --- Page 337 ---
AELATIFS AUX COLONIES. 323
pas été honnête à moi, MM.,
cette observation
de vous faire
la preuve de
avant de vous avoir donné
position. Mais l'intérêt que je prends à votre
à craindre de maintenant que vous n'avez rien
notre
le voyez disposs à Couvernenient, et que vous
rendre
vous faire justice sans vous
responsables des écarts tolérés
ministère, vous me saurez gré,
par votre
vous présenterune
sans doute, de
occasion de rendre
votre tour, à des gens plus
justice, à
Je suppose
matheureux que vous.
qu'il vous est
réunissant avec vOs
possible, 3 en vous
votre ministère la situation cointéressés, d'exposer à
de ces habitans
pouillés, et de leur obtenir
dégement. Iis n'ont d'autre quelque dédommasubsistance, que les
ressource, 3 pour leur
nis joumnellement secours qui leur sont fourmilles honnêtes par le roi. Deux cents fala charité du seroient, sans cela, réduites à
public. Je ne doute
qu'à votre arrivée-à à Londres, pas; MM.,
souveniez de ma
vous ne vous
recommandation, et
n'ajontiez au bonheur
que vous
été utile ici, celui de que j'ai eu de vous avoir
succès, l'occasion de vous avoir indiqué, avec
mnanifester les
d'humanité et de générosité
sentimens
la guerre,
qui, même
3 sont le lien sacré des
pendant
nemies. Nous avons tous un
nations en*
intérêt commun à
'à votre arrivée-à à Londres, pas; MM.,
souveniez de ma
vous ne vous
recommandation, et
n'ajontiez au bonheur
que vous
été utile ici, celui de que j'ai eu de vous avoir
succès, l'occasion de vous avoir indiqué, avec
mnanifester les
d'humanité et de générosité
sentimens
la guerre,
qui, même
3 sont le lien sacré des
pendant
nemies. Nous avons tous un
nations en*
intérêt commun à --- Page 338 ---
324 M ÉM OIRES ET RAPPORTS
multiplier et à consolider, par les
du droit
principes
naturel, ces relations immuables de
l'homme à Thomme, qui doivent être indépendantes des volontés momentanées
écarts des
ou des
de leurs Gouvernemens, et qui, au milieu
querelles sanglantes,
les
établissent, entre
individus, un commerce inviolable de bienveillance et de bons offices.
Aux mêmes.
Paris, 25 février 1780.
MM.,
Js profite du départ de M. Scot
écrire plus
pour vous
shrement, et vous renouveler les
assurances de mon zèle, ainsi que du
vrai que j'ai à vous être utile. Je vais m'occu- plaisir
per tout-à-l'heure de solliciter la permission
vous desirez, pour faire venir VOS denrées que
des vaisseaux neutres. Si jly
par
je l'espère, c'est M. Cazeau réussis, comme
nera avis; mais il faut
qui vous en dontitre de cette
vous prévenir que le
permission ne sera probablement
point public et ostensible; je
suppose qu'il --- Page 339 ---
RELATIFS AUX COLONIES, 325
pourra se borner à une lettre ou
commandement aux
dépêche en
quelle il leur seroit admninistrateurs, par laenjoint de
sonne sur
n'inquiéter perlinfportation et
colonie de la
l'exportation de la
partir
Grenade, de recevoir et laisser
indifféremment tous les
sous quelque pavillon
bâtimens chargés
faut que vous sachiez qu'ils se présentent. Il
administrateurs de la encore que des deux
est le plus défavorable Grenade, celui qui vous
quoiqu'il
n'est pas M. de Duras,
L'ordonnateur a,
imppattanie
ment, des
par je ne sais quel ressentipirer ni principes qui ne doivent vous insconfiance, ni de grandes
parce qu'il sera contenu,
inquiétudes,
le système de l'administration parce que l'esprit et
contraires au sien ; que le roi supérieure et
sont
veulent que justice se fasse
son conseil
aux Français, et
aux Anglais comme
clamations
que toutes les plaintes et révOs députés, qui seront présentées à la cour par
D'après
y seront accueillies et
cela, donnez des instructions protégées.
vOs procureurs et régisseurs
précises à
server ce qui se passe; de ; mandezleur d'obment, mais avec fermeté, représenter décemet nécessaire
tout ce qui est juste
ner de
pour VOS intérêts, de ne s'étonrien, et de vous instruire de tout. Il
ais comme
clamations
que toutes les plaintes et révOs députés, qui seront présentées à la cour par
D'après
y seront accueillies et
cela, donnez des instructions protégées.
vOs procureurs et régisseurs
précises à
server ce qui se passe; de ; mandezleur d'obment, mais avec fermeté, représenter décemet nécessaire
tout ce qui est juste
ner de
pour VOS intérêts, de ne s'étonrien, et de vous instruire de tout. Il --- Page 340 ---
326 MÉMOIRES ET RAPPORTS
faut voir, avant toute chose,
N. exécutera les ordres
s comment M.
positifs qui lui sont
donnés, pour faire cesser VOS justes plaintes.
Cen'est pas seulement surles arrêts promalgués
que vous devez fonder VOS
espérances ,
encore sur les ordres et dépêches dont maisplus
teur M. N. : il en doit
est porla
résulter, s'il obéit,
réparation de tous VOS griefs; et s'il n'obéit
pas, l'époque à laquelle on en aura des nouvelles, ne présentera plus les motifs et les considérations qui ont fait modifier, dans ce
snent-ci, la réparation éclatante qui
modue.
vous étoit
Je n'ai fait aucune démarche auprès de M. le
maréchal de Mouchi, parce que les arrangemens
dontj'ai connoissance les
rendoientinutiles s'ils
sont exécutés pontuellement ; mais s'ils ne
sont pas, je verrai alors M. le maréchal, le
mettrai dans le cas de vous servir
et le
succès
dans
avec plus de
que
ce moment-ci. Je me
mêe à lui, non pas pour demander joindrai
soit fait justice a mais
qu'il vous
que la mauvaise
pour me plaindre de ce
volonté aura retardé les effets
de la justice que le roi entendoit. vous être
rendue. C'est alors que ces représentations répétées auront plus de poids;à présent on nous
répondroit : < cela est fait; On) Y a
pourvu ; --- Page 341 ---
AUX COLONIES 327
RELATIFS
moi,
tranquilles. >> Et je vous préviens,
soyez c'est sur la volonté perséverante dl'empèque
vexation, que vous devez seulement
cher toute
pas que,
vous reposer ; mais je ne répondrois n'eussiez endans les premiers momens, vous
rend la
C'est ce qui vous
core à vous plaindre.
nécessaires;
présence et l'action d'un député réunis des proet jusqu'à ce que les suffrages Grenade comde Londres et de la
priétaires
dont l'activité, le zèle et
mettent M. Cazeau, très-utiles, je vous proles lumières vous seront intervalle sur-tout, un agent
poserois, pour cet
de votre corressubordonné qui se chargeât
à M. Caet fait connoitre
pondanoesfaindiqnés
à cela,
zeau la personne qui me paroit propre
et dont Thonnêteté m'est très-connuc.
Voilà, MM., les points essentiels sur lesquels
à
avec vous; et pour
il me restoit m'expliquer l'intérêt
vous m'avez
vous rendre raison de
que diraique,
inspiré en cette circonstance, je vons société
de
toute
podans ma façon
penser, dissonte,si,1 lorsque linlitique et civile seroit
bonleverser et
justice s'arme et s'élève pour à homme, ort
d'homme
détruire nos relations
et de nation avant
faisoit acception de personne
tous les honde la repousser 3 j'imagine que
tacitemment
nêtes gens de l'anivers ont contracté
raison de
que diraique,
inspiré en cette circonstance, je vons société
de
toute
podans ma façon
penser, dissonte,si,1 lorsque linlitique et civile seroit
bonleverser et
justice s'arme et s'élève pour à homme, ort
d'homme
détruire nos relations
et de nation avant
faisoit acception de personne
tous les honde la repousser 3 j'imagine que
tacitemment
nêtes gens de l'anivers ont contracté --- Page 342 ---
NÉMOIRES E T RAPPORTS
entr'eux une alliance défensive, dont les effets
ne peuvent être suspendus que lorsque la loi
sévère de l'honneur et du devoir national
s'y
oppose. D'après cela, il ne m'étoit pas nécessaire d'avoir l'honneur de vous connoître
ticulièrement pour défendre votre cause. Je par- me
serois cru coupable, y pouvant quelque chose
de ne pas faire tous mes efforts
s
la ruine d'une des plus
pour empêcher
de commerce de
respectables maisons
l'Europe ; et je vous assure
que j'ai été plus faché de ne pas faire mieux
que je n'ai de satisfaction de ce qui est fait.
J'ai l'honneur d'être avec un très-parfait
attachement.
MM.,
Votre très-humble, etc.
Signé, MALOUET.
Lettre de M. Malouet au
ministre, sur les
affaires de la Grenade.
A Paris, le 1 février 1780.
M.,
J'ai P'honneur de vous adresser le mémoire
que vous m'avez demandé, sur la liberté d'ac- --- Page 343 ---
RELATIFS AUX COLONIES 329
neutres d'exporter où bon leur
corder aux
et la
semblera les denrées de nos colonies,
note sur le même objet que M. Cazeau m'a
cette
prié de mettre sous voS yeux. Quoique de la
demande soit faite par les propriétaires
Grenade, il n'y a pas de colon français qui
soit fondé à former ce voeu, et je ne préne
intérêt politique bien apsume pas qu'aucun
pendant la guerre.
précié puisse s'y opposer
M.,
Je ne dois pas vous laisser ignorer,
que
des
anglais qui s'étoient
ceux
propriétaires une suite des relations que
adressés à moi par
été pris, m'ont
j'ai eues avec eux lorsque j'ai
une retémoigné, eux et leurs cointéressés,
connoissance excessive de l'intérêt que j'ai pris
vous leur avez rendue. Je n'ai
à la justice que
les convaincre ,
cependant rien négligé pour
qu'abstraction faite de toute considération 3
j'aurois pensé de leurs réclamations, comme
vous-même par les sculs prinvous en avezjugé naturelle et du droit des gens.
cipes de l'équité
ensuite adressé plusieurs
MM. Simon m'ont
disoient
mémoires qui les concernent, qu'ils
remettre à M. Scot leur député,
ne pouvoir
J'ai trouvé,
attendu son retour en Angleterre.
inconvémalgré ma bonne volonté, quelque
nient à entretenir, dans ce moment-ci, une sorto
j'aurois pensé de leurs réclamations, comme
vous-même par les sculs prinvous en avezjugé naturelle et du droit des gens.
cipes de l'équité
ensuite adressé plusieurs
MM. Simon m'ont
disoient
mémoires qui les concernent, qu'ils
remettre à M. Scot leur député,
ne pouvoir
J'ai trouvé,
attendu son retour en Angleterre.
inconvémalgré ma bonne volonté, quelque
nient à entretenir, dans ce moment-ci, une sorto --- Page 344 ---
330 MÉNOIRES ET RAPPORTS
de correspondance à Londres; et j'ai fait entendre à ces MM. qu'il leur convenoit et à
leur comité, d'avoir ici un agent en titre: alors
le comité d'habitans résidant à Londres m'a
fait instamment prier par M. Cazeau, et m'a
écrit directement pour m'engager à leur indiquer un agent qui pût ici être avoué pour faire
leurs affaires pendant la guerre. Je n'ai point
balancé à leur indiquer un homme honnête et
capable, que des relations intumes avec mes
parens, autant que sa bonne conduite à St.-
Domingue,m'ont fait connoitre pour être trèsestimable : c'est le sieur N., ancien colon de
St.-Domingue. J'ai cru devoir, M., vous expliquer l'influence fortuite que j'ai eue sur ce
choix, et les motifs honnêtes qui m'y ont décidé. M. Cazeau étant lui-même propriétaire de
la Grenade, et l'un des plus estimés, m'a paru
réunir la confiance de tous les autres ; mais sa
délicatesse lui fait desirer d'être choisi librement comme député par la colonie entière,
dans le cas où il vous seroit agréable; et il
desireroit, comme les autres , qu'il y eût ici,
indépendamment de cette future
an
députation,
agent ou correspondant en titre, auquel les
Anglais intéréssés à la Grenade pussent s'adresser pour leurs affaires.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET. --- Page 345 ---
RELATIFS AUX COLONIES. 331
M E M O I R E.
Exportation et opprovisionnemens.
LEs propriétaires de la Grenade accoutumés
même pendant la guerre s à recevoir du commerce anglais toutes les provisions
qui leur sont nécessaires, et à vendre d'Europe leurs
denrées à un prix satisfaisant, se
s'affligent de la différence
plaignent et -
colonies de l'état de
qui résulte dans nos
En effet, le haut guerre au temps de paix.
reté des
prix des assurances, la rabâtimens nationaux, la cherté du fret,
la disette des marchandied'furope,
pendant la durée de chaque
réduisent, les
nus de nos colonies au septième guerre, du revenet; et les aprovisiomnemens, les
produit
deviennent de plus en plus difficiles, exportations
la marine royale et ses opérations > parce que
la majeure partie de nos matelots. absorbent
Ce n'est pas ici l'occasion d'examiner si les
guerres de mner et de colonies, dont l'objet capital est le commerce, ne devroient pas tendre
uniquement à la destruction de celui des ennemis et à la protection du nôtre. Dans l'état
actuel des choses, il s'agit de savoir s'il est
nemens, les
produit
deviennent de plus en plus difficiles, exportations
la marine royale et ses opérations > parce que
la majeure partie de nos matelots. absorbent
Ce n'est pas ici l'occasion d'examiner si les
guerres de mner et de colonies, dont l'objet capital est le commerce, ne devroient pas tendre
uniquement à la destruction de celui des ennemis et à la protection du nôtre. Dans l'état
actuel des choses, il s'agit de savoir s'il est --- Page 346 ---
332 M ÉMOIRES ET RAPPORTS
possible de maintenir les lois
s'il suffit seulement de les
prohibitives, Out
nécessaire
modifier, ou s'il est
absolue
d'accorder aux neutres une liberté
d'importation et
La première de ces trois d'exportation.
propositions
aucune discussion : il n'est pius
n'exige
conserver au commerce national praticable de
son
exclusif, dès lors qu'il est dans
privilége
d'en user. Or, cette impossibilité l'impossibilité
par le fait.
est démontrée
Les permissions conditionnelles
accordées
et limitées
aux neutres, les invitations même
qui pourroient leur être faites
ner nos colonies et d'y prendre des d'approvisionont aussi des inconvéniens
chargemens,
assujétissant les
constatés ; car en
neutres à faire leurs retours en
France, on les livre à la merci des corsaires
ennemis qui s'en emparent dès lors que la
destination et la propriété du
reconnus ; et on voit
chargement sont
qu'ils ne veulent
s'y exposer qu'avec des primes d'assurances plus
orbitantes.
exIl n'y a donc que la liberté absolue et illimitée d'acheter, vendre et
et connoissemens
charger sous factures
faire les
étrangers, comme aussi de
retours dans tous les ports neutres de
P'Europe, qui puissent assurer l'approvision- --- Page 347 ---
-
RELATIFS AUX COLONIES. 333
nement des colonies, et l'existence des colons
français pendant la guerre. L'ennemi
plus ni
n'ayant
moyen , ni prétexte de
un bâtiment neutre une
suspecter sur
la destination
propriété française dont
authentique sera pour un port
étranger, est obligé de respecter le pavillon
hollandais ou suédois partant
ses ports pour aller dans les directement de
colonies
nôtres, et de nos
pour retourner dans ses ports. Si
ce cas - là les Anglais osoient
dans
la navigation des
encore troubler
bable
puissances neutres, il est proque P'Europe entière se réuniroit
en faire justice ; car alors il n'y auroit pour
droit des gens : ce seroit
plus de
sence les principes
attaquer dans leur esfondamentaux
entre toutes les sociétés politiques. convenus
La demande des habitans de la Grenade intéresse donc tous les colons
présente au commerce
français, 3 et ne
national, ainsi qu'au
Gouvernement, qu'une perspective de secours
assurés, sans aucun des inconvéniens qui résultent de la violation des lois
temps de paix.
prohibitives en
Si l'on s'arrête à la considération des
perçus dans nos ports à l'entrée des denrées droits
coloniales, rien n'est plus simple
jétir les
à
que d'assuétrangers en payer la valeur dans
colons
présente au commerce
français, 3 et ne
national, ainsi qu'au
Gouvernement, qu'une perspective de secours
assurés, sans aucun des inconvéniens qui résultent de la violation des lois
temps de paix.
prohibitives en
Si l'on s'arrête à la considération des
perçus dans nos ports à l'entrée des denrées droits
coloniales, rien n'est plus simple
jétir les
à
que d'assuétrangers en payer la valeur dans --- Page 348 ---
334 MI ÉNOIRES ET RAPPORTS
nos colonies, sanfden tenir compte à la ferme
générale; mais il n'est pas moins facile de
surer que cette raison d'intérêt, dans l'état s'astuel de nos
acun poids dans importations, la
ne peut pas mettre
balance des
tachés à la nullité de notre désavantages atla détresse des colonies.
commerce, 3 et à
Rapport sur Lopprosisionsement des Colonies
pendant la guerre.
Si les colonies manquent de subsistances
d'ustensiles pour leurs exploitations si
et
produits ne peuvent être
;
leurs
s'il n'y a de muni
les exportés sûrement ;
les escadres et les que
magasins du roi 2
fendre de
troupes peuvent bien les dél'ennemi, mais ne peuvent
que les colons et les
empêcher
commerçans ne soient
découragés et ruinés.
Le premier et l'unique objet de cette
est d'attaquer le commerce des
guerre
défendre le nôtre. Nous
Anglais, et de
accumuler
voyons leur ministère
les fautes de combinaison et d'ad4
ministration, renverser sur les points essentield
les principes de leur constitution ; mais jus- --- Page 349 ---
RELATIFS AUX COLONIES. 335
qu'à présent ils ont respecté et soigné l'objet
favori de la nation, les flottes
et cette seule attention leur fait marchandes;
donner toutes leurs fautes,
peut-être parpétue et multiplie leurs
parce qu'elle perancienne
ressources. Une pratique
que nous n'avons pas 2 une connoissance profonde qui nous manque
de cette organisation
également
aux opérations du Gouvernement commerçante , imprime
cette partie 2 un caractère de stabilité anglais, en
protection quiattire
et de
vetmintientisconfiance des
particuliers, ensorte que dans les accès les plus
violens de leur mécontentement ils ne vont
jusqu'à douter des mesures prises
pas
l'allée et le retour de leurs flottes. pour assurer
Leurs
culations, leurs
spéinquiétndes ne portent
sur les mnouvemens de
que
projets de leur
l'ennemi, et non sur les
Gonvernement qu'ils ssaventn'être
jamais contradictoires aux intérêts de leur commerce.
Chez nous , au contraire, l'abandon où Pon a
laissé long-temps la marine royale a fait
de vue son véritable
perdre
objet, 2 qui est l'extension
et la protection du commerce; en sorte
que le roi a voulu avoir une armée quelorslorsque les soins du ministre
navale,
créer des forces
sont parvenus à
militaires, leur existence subite
onvernement qu'ils ssaventn'être
jamais contradictoires aux intérêts de leur commerce.
Chez nous , au contraire, l'abandon où Pon a
laissé long-temps la marine royale a fait
de vue son véritable
perdre
objet, 2 qui est l'extension
et la protection du commerce; en sorte
que le roi a voulu avoir une armée quelorslorsque les soins du ministre
navale,
créer des forces
sont parvenus à
militaires, leur existence subite --- Page 350 ---
336 MÉMOIRES ET RAPPORTS
et leur emploi ont fait disparoitre les forces et
les moyens du commerce qui se trouve parmi
nous anéanti pendant la guerre. Dans les époques les plus brillantes du siècle de Louis XIV,
nous avions, comme à présent, une marine
royale sans commerce, et sous le cardinal de
Fleury s ainsi que depuis la dernière
nous avons eu un commerce maritime paix s
sans marineroyale; l'un etl'autre isolés n'aurontjamais
qu'une existence précaire. Les succès les plus
éclatansdel'armée navale ne procureront aucun
ayantage à la nation, s'il n'y a plus de flottes
marchandes, et celles-ci prospéreront envain
pendant la paix 3 si la première étincelle de
guerre les livre sans protection à la merci de
l'ennemi, ou si le souverain dispose, pourses armemens, de tousl les agens du commerce. Lej plan
d'une's guerre maritime offensive ou défensive
ne peut donc, dans aucun cas > être séparé des
précautions de sûreté pour le commerce et pour
I'spprovisiomnement des colonies.
La première et la plus importante de ces précautions est de présenter une base fixe et invariable aux spéculations des armateurs marchands. Si on enlève tout dans leurs
ouvriers, mnatelots, officiers
ports 2
anariniers; s'il faut
solliciter des permissions particulières pour les
. Lej plan
d'une's guerre maritime offensive ou défensive
ne peut donc, dans aucun cas > être séparé des
précautions de sûreté pour le commerce et pour
I'spprovisiomnement des colonies.
La première et la plus importante de ces précautions est de présenter une base fixe et invariable aux spéculations des armateurs marchands. Si on enlève tout dans leurs
ouvriers, mnatelots, officiers
ports 2
anariniers; s'il faut
solliciter des permissions particulières pour les --- Page 351 ---
HELATIPS AUX COLONIES.
armemens, le mouvement
est nécessairement
général des affaires
que ceux qui ont des interrompu, il n'y a plus
s'en méler; et dès-lors protections qui puissent
de
plus d'esprit public,
confiance, plus de
plus
se réduit aux intérêts commerce national : tout
Il fandroit donc
privés.
ritime,les négocians que, dans chaque place maGonvernement leur eussent la certitude que le
pendant la
abandonne
d'ouvriers guerre, une quantité anuellement, fixe et
et de matelots
connue
de navires déterminé. Si pour armer un nombre
sont nécessaires au
quatre cents bâtimens
pendant la paix, commerced il faut deSaintDomingue
deux cents pendant la au moins en assurer
sont de vingt hommes guerre. Si les
,
l'un
équipages
pendant la paix, il faut les portant l'autre,
la guerre, à dix bons hommes réduire, pendant
timent, avec la faculté
de mner par baaux armateurs
et des
pour
des encouragemens
Il est indispensable engager
externes.
ou quatre époques ensuite de réduire à trois
fixes,
pédition et le départ des parchaque année, l'exHonies s où les ordres doivent navires pour lés COnanière que chaque escorte
être dirigés de
voi de France, en trouve quiamenera un conpolonie à repartir
un tout prêt dans la
3.
pour TEurope.
--- Page 352 ---
338 MINOIRES ET RAPPORTS
Les époques d'armement étant
invariables, le Gouvernement
indiquées et
doit avoir,
ce temps-là, l'attention de faire
des dans
senaux du roi dans les
passer
arports marchands 3 les
charpentiers et calfats dontladminiaration n'a
pas un besoin urgent; car, s'ily a en ce genre
surabondance à Brest et à Rochefort, le nécessaire manque à Bordeaux et à Nantes, Les
époques d'armement et de départ avec convoi"
étant déterminées, iln'y a plus de plan de campagne qui doive les déranger; car c'est alors
subordonner le principal à l'accessoire. Il faut
donc que la destination des vaisseaux et frégates pour quatre convois par année, précède
celle des escadres et armées navales, afin
l'on ne puisse pas dire que la mission de telle que
escadre ne permet pas d'en détacher un vaisseau
ou;une frégate. Quand on aura une fois conçu
Aoeatemneastetemnase comme l'objet essentielà assurer, tous les projets ultérieurs
se trouveront simplifiés, en ce qu'on ne s'arrêtera qu'à ceux qui permettent l'exécution du
point capital.
ol Et si, après avoir pouryu à notre sûreté en
commerce et approvisionnemens, nous considérons combien, il importe de tromper celle de
l'ennemi, alors. jel ne. doute pas gu'il ne parit
LC
. Quand on aura une fois conçu
Aoeatemneastetemnase comme l'objet essentielà assurer, tous les projets ultérieurs
se trouveront simplifiés, en ce qu'on ne s'arrêtera qu'à ceux qui permettent l'exécution du
point capital.
ol Et si, après avoir pouryu à notre sûreté en
commerce et approvisionnemens, nous considérons combien, il importe de tromper celle de
l'ennemi, alors. jel ne. doute pas gu'il ne parit
LC --- Page 353 ---
KELATIPS AUX COLONIES.
plus utile de diviser les forces
sieurs corps
navales en pluseulement d'observation et
sur les flottes et les d'attaqne, dirigés
C'est certainement
convois anglais.
le crédit
l'unique moyen d'anéantir
tère
national, et de contraindre le minisbritamnique à une paix
Jesupposee entre les deux armées chonorablepournons
gné par celle du roi : si l'armée unel bataille gapasdétraite,qu'en:
anglaise n'est
des forces inferienres, résulte-t-ilPLes. Anglais,avec
perdre leur considération penvent être battus, sans
sera toujours glorieux de dans l'Europe. Il leur
contre deux grandes
lutter audaciensement
s'enivrant de cette idée monarchies; et la nation,
ne se lassera pas de faire deforce et de grandeur,
pour la sontenir, tant de nouveaux efforts
sistant lui pérmettra que son commerce subcommerce ! l'ivresse d'y suffire. Attaquez son
suit, etl'argent
cesse s le découragement
ni de harangue marique. In'ya plus d'intrigue
curer, lorsqne la ministérielle Bourse de qui puisse en prola
Londres sera dans
consternation; inais tant
seront chez eux à quinze que les assurances
HIOIIS à soixante,
pour cent > et chez
Ces considérations Favantage est pour eux.
politique da Gouvernement appartiennentples au plan
des colonies; mais cet intérêt qu'à l'intérêt direct
n'est point à né. --- Page 354 ---
340 MANOIRES ET.
KAPPORTS
gliger. On dissimule d'une
de l'autre le véritable
part, et on exagère
état des choses : le fait
est que les colons de
une très-fâcheuse Saint-Domingue sont dans
difficilement
position. Leurdenrée se vend
à vil prix; tous les objets de
miérenécessité sontrares et excessivement preUne sécheresse affreuse
chers.
a ajouté à leur misère: :
beaucoup de nègres sont morts; ; j'en ai perdu
vingt-quatre pour mon compte; et
une idée juste et précise de l'état pour donner
de cette colonie voici
des habitans
dont
un tablean exact, et
je réponds
J'ai sous les yeux les états de recette
dépense d'une sucrerie de
et de
Maribaroux.
La récolte de 1977 a été à trois cent trente-huit
liers qui ont produit, argent de Saint -
milDomingue >
Les frais d'exploitation sont montés à. 210,000 liv.
. 63,500
Reste net aux propriétaires ou à leurs
créanciers e
146,500 liv.
(*) Pour réduire les
parler que de ceux dont je conjectures suis
en faits, je ne peux
muns avec les habitans de mon sir, et qui me sont comquartier. Je connois d'autres
propriétaires dont la dépense en frais
surance pendant la guerre égale la recette.. d'exploitation et 3 d'as-
'exploitation sont montés à. 210,000 liv.
. 63,500
Reste net aux propriétaires ou à leurs
créanciers e
146,500 liv.
(*) Pour réduire les
parler que de ceux dont je conjectures suis
en faits, je ne peux
muns avec les habitans de mon sir, et qui me sont comquartier. Je connois d'autres
propriétaires dont la dépense en frais
surance pendant la guerre égale la recette.. d'exploitation et 3 d'as- --- Page 355 ---
RELATIFS AUX COLONIES.
La récolte de 1778 a été de trois
liers, somme presque
cent vingt-six milargent
égale en sucre, qui n'a
que . .
produit en
Les frais
151,200 liv.
d'exploitation ont étéà.
par le surhaussement de tous les
109,000 liv.
sommation et la nécessité
prix des objets de confilt, des vivres. pour les nègres. d'acheter, à quelque prix que ce
Reste net aux propriétaires ou à leurs
créanciers ..
42,200 liv.
Cette année-ci sera de beancoup
encore, parce
inférieure
ainsi
qu'il ya eu moins de
:
une année de guerre coûte à navires
taire de la classe de ceux
un propriéde cent mille francs. quej jer représente, plus
En assurant
sionnement et les retours, il n'y auroit l'approvi- de
rence qu'une plus-value modérée
diffédu fret des marchandiscs
dans le prix
surances,
de France, et des asqui pourroit être
à vingt-cinq
appréciée en total
Dans
pour cent tout au plus.
ce moment-ci le nombre des
indispensables
armemens
coup au-dessus pour cette colonie est de beaude ceux que l'on
auroit donc pas de temps à
projette. In'y
piter dans tous les
perdre pour les exa mesure
ports, et assurer une escorte
qu'il se trouvera dix bâtimens
partir.
prêts --- Page 356 ---
342 M ÉMOIRES ET RAPPORTS
OBSERYATIONS
Surla lettre écrite parles négocians de Boston,
le 9 novemére 1779, adressée à M. Malouet
parM. de Sartine.
LES questions faites par la chambre du commerce de Boston ne peuyent être répondues
que d'après desi informations prises danslesprincipales places du royaume, et rédigées sous les
yeux, sous la dictée même du Gouvernement.
Un homme instruit, mais étranger à la politique actuelle, et aux vues du conseil du roi, 2
pourroit > par des réponses précises et justes sur
chaque question, engager les Américains à des
demandesou: à despropositions qu'il neconviendroitp peut-être pas au Comemesentdserweili.
Il pourroit aussi les dégoûter de quelque branchedec commerce qu'il seroitfacile deleur rendre
utile, ainsi qu'à nous. Il est donc nécessaire de
déterminer la nature et les limites de leurs relations avec nous, avant de leur suggérer les
idées qui peuyent les étendre ou les restreindre.
On jugera de cette nécessité en rapprochant
de chaque question le précis des observations
dont elles me paroissent susceptibles.
'il neconviendroitp peut-être pas au Comemesentdserweili.
Il pourroit aussi les dégoûter de quelque branchedec commerce qu'il seroitfacile deleur rendre
utile, ainsi qu'à nous. Il est donc nécessaire de
déterminer la nature et les limites de leurs relations avec nous, avant de leur suggérer les
idées qui peuyent les étendre ou les restreindre.
On jugera de cette nécessité en rapprochant
de chaque question le précis des observations
dont elles me paroissent susceptibles. --- Page 357 ---
RELATITS AUX COLONIES. 343
PREMIÈRE QUESTION.
OBSERYATIONS.
Quels sont les objets maOn doit induire
nufacturés en France,
de cette
s'exportent de
qui question qu'ils ne veulent
Nantes le Bordeaux, 9 point prendre dans nos
7 Havre, Saint- les marchandises
ports
Malo, etc.
étrangères
qui y arrivent par entrepôt,
d'aller les chercher daus le
et que leur intention est
lieu oà ellesse
vue est sage 2 et doit nous servir de fabriquent. Cette
chandises de PInde, où les
leçon. Mais les marnous donneroient-ils la prendront-ils Pourquoi ne
ment qui tient la balance pas préférence 2 C'est au Gouvernedu prix du fret et de la
dise, par le tarif des droits, à
marchanrépondre à cette question.
SECONDE QUESTION.
OASERYATIONS.
Quelles sont les principales
C'est
maisons de commerce
encore au Gouverparoissent le
qui nement à diriger leurs choix
plus inclinées sur des
à former des liaisons
négocians éclairés et
avec honnétes,dont] la
nous ?
réputation,
la fortune et le patriotisme
soutiennent les intérêts na.
tionaux.
TROISIÈNE QUESTION.
OASERYATTONS.
D'ou les Américains
vent-ils tirer avec
peuLe premier négociant un
les
avantage peu
eaux-de-vie, 2 vins, sel, seul des instruit, peut donner
poudre à canon, et trente mais cela renseignemens sàrs;
ne suffit pas : il
(*) Ils nous ont prouvé depuis
elies sont,
qu'ils savoient les prendre oit
iennent les intérêts na.
tionaux.
TROISIÈNE QUESTION.
OASERYATTONS.
D'ou les Américains
vent-ils tirer avec
peuLe premier négociant un
les
avantage peu
eaux-de-vie, 2 vins, sel, seul des instruit, peut donner
poudre à canon, et trente mais cela renseignemens sàrs;
ne suffit pas : il
(*) Ils nous ont prouvé depuis
elies sont,
qu'ils savoient les prendre oit --- Page 358 ---
344 M EstOTAES ET RAPPORTS
autres articles dénommés?
faut encore comparer le prix
de toutes ces marchandises
en France, à celui auquel on les achète chez
et si nous n'avons l'avantage du bon
l'étranger ;
marché, c'est encore
au Gouvernement à agir pour s'assurer, par desréductions
ou des suppressions de droits, ou même des gratifications
la préférence d'un débouché aussi considérable. Ils demandent de la coutellerie et serrurerie semblable à celle de
Londres : la nôtre est inférieure ; ainsi nous devons conclure de cette question, que si nous ne perfectionnons nos
fabriques en cette partie 2 les Anglais auront la
or, c'est le Gouvernement
préférence :
leurs
qui peut seul attirer les meilouvriers, donner des prix, des encouragemens ; et
cette, question, si simple en apparence, lui montre, comme
les précédentes 2 tout ce qu'il peut faire ou
créer ou détruire.
empécher,
QUATRIÈME QUESTION,
ORSERVATIONS.
Quels sont les objets maLa réponse à cette
nufacturés en laine, 2 soierie tion doit venir
qneset toiles, qui peuvent étre et
d'Amérique
d'Angleterre; ; car il faut
exportés à des prix sembla- connoitre les
bles à ceux que nous avons
prix anglais,
que nous connoissons peu
payés au commerced'Angle- dans les parties
terre avant la guerre 2
que nous
ne consommons pas.
CrxQurèMg QUESTION,
OBSEAVATIONS,
Y a-t-il de la différence
Voilà une
entre les droits des denrées ministration autreleçond'ad.
: si cette difféexportées sur les vaisseaux rence n'existoit
ils
pas, nous
français ou sur les navires apprennent la nécessité de
étrangers ?
l'établir. --- Page 359 ---
IELATIFS AUX COLONIES. 345
SixIÈME QUESTION.
OBSERYATIONS.
Lcs vaisseaux de toutes
Noswavondestraitéadif
les nations sont-ils admis férens avec les différentes
aux mêmes conditions dans nations. Les. Hollandais: sont
les ports de France?
les plus
favorisés 2 et ils
nous ont enlevé presque tout
notre cabotage : pour nous en ressaisir, saus doute, il seroit
utile d'établir des conditions égales pour tous les
et voici le moment de le faire.
peuples; 5
SEPTIÈME QUESTION.
OBSERVATIONS.
Est-il nécessaire que l'éVoilà un projet annoncé
quipage d'un vaisseau soit d'envahir,s'il est possible
composé en totalité de Fran- toute la
navigation natioçais, ou seulementen partie, nale : il est heureux d'être
pourjouir desavantagesd'un averti, et facile de se défenvaisseau national?
dre; mais on sent bien
que
la réponse doit être dictée
par le Gouvernement.
HUITIÈME QUESTION.
OnsERYATIONS,
Les droits qu'on paie pour
La réponse à cette
exporter les marchandises tion ouvre ou ferme la ques- bardans les colonies françaises, rière de nos colonies $ je me
sont-ils les mêmes pour les suis déja expliqué sur les
Français et pour les étran- conséquences del'un oul l'augers?
tre parti.
NEUVIÈME QUESTION.
OnSERVATIONS.
Les droits d'exportation
C'est ainsi que les Anglais
.
HUITIÈME QUESTION.
OnsERYATIONS,
Les droits qu'on paie pour
La réponse à cette
exporter les marchandises tion ouvre ou ferme la ques- bardans les colonies françaises, rière de nos colonies $ je me
sont-ils les mêmes pour les suis déja expliqué sur les
Français et pour les étran- conséquences del'un oul l'augers?
tre parti.
NEUVIÈME QUESTION.
OnSERVATIONS.
Les droits d'exportation
C'est ainsi que les Anglais --- Page 360 ---
M É MOIRES ET RAPPORTS
ou d'importation sont - ils ont obligé le Portugal à ne
fixes ou variables 2
s'écarter jamais des tarifs
convenus. Le prince qui
souscrit à cette obligation envers une autre nation, l'associe
à sa souveraineté.
DIXIÈME QUESTION.
OnSERYATIONS.
Ya-t-il des marchandises
Les Américains ont enqui peuvent rendre un na- voyé depuis vingt ans 400
vire susceptible de confisca- bâtimens par an dans nos
tion ?
colonies, et ils ignorent s'il
y a quelques marchandises
étrangères qui y soient prohibées. Cette question démontre
l'énormité du commerce interlope qu'ils y ont fait au détriment de la navigation nationale.
Réponse à M. de Sartine qui me demandoit mes observations sur les circonstances politiques, et sa situation ministérielle , enjanvier 17 80.
Précis de ce qu'il J a de plus instant à faire
dans le département dela marine. Fonds.
Vérifier l'état des dépenses, celui des munitions des ports ; payer les matelots ; distribuer
les fonds en trois parties ; savoir, entretien des --- Page 361 ---
RELATIFS AUX COLONIES,
hommes et des matières
sionnemens et constructions existantes ; approvimens et opérations de
nouvelles ; armeriablement la
guerre. Régler invaà
dépense de chaque partie ; mettre
ceptible T'entreprise au rabais tout ce qui en est sus5 élaguer toutes les demandes
crètes ; distinguer et punir les
indissuperflues.
consommations
Adninistration.
Point d'ordonnances nouvelles
correspondance de cent à
: réduire Ia
ports qu'anx
un; n'écrire dans les
commandanset
cer que les lettres
intendans; ; annonçues et répondues particulières ne seront retimbrées : plaintes qu'autant qu'elles seront
supérieurs, qui doivent ergriefs contre les offciers
instance et faire
connoître en première
les
parvenir au ministre toutes
propositions et réclamations.
en peu de mots une grande
Annoncer
discipline, et une fermeté vigilance sur la
la distribution des
imperturbable dans
saisir la
peines et des
première occasion de récompenses;
dence et en pratique les
mettre en évi-
-N'avoir aucun égard, principes annoncés.
dant,
sans le publier
a'lordre du
cepenle roi au ministre tableau; faire défendre par
de répondre aux recom-
venir au ministre toutes
propositions et réclamations.
en peu de mots une grande
Annoncer
discipline, et une fermeté vigilance sur la
la distribution des
imperturbable dans
saisir la
peines et des
première occasion de récompenses;
dence et en pratique les
mettre en évi-
-N'avoir aucun égard, principes annoncés.
dant,
sans le publier
a'lordre du
cepenle roi au ministre tableau; faire défendre par
de répondre aux recom- --- Page 362 ---
348. M NOIRES ET RAPPORTS
mandations; discerner et empioyer
rence les jeunes
par préiémurmures des gens capables ; répondre aux
silence
plaignans mal fondés > par un
sévère, ou par des
-
absolues. Écarter
négations courtes et
efficacement les
gens à projets, à
désceuvrés,
autres;
affaires, grands seigneurs ou
préparer, par les détails de manutention, un plan de réforme et de
en saisir l'ensemble,
restauration;
tion,
qui doit être subordinainstant émulation, économie; mais dans cet
qui doit être celui de l'activité
tenue, , ce plan, cet esprit doit
souter en actions sans
se manifeslibération doit être commentaires.
La déIlf faut se hâter de ignorée, > l'exécution sentie.
fiance
rendre au commerce la conperdue, et le premier
est que les places maritimes moyen pour cela
l'homme qui est à la tête s'aperçoivent que
s et ceux
ploie, en connoissent le
qu'il emles combinaisons, les mouvement, l'esprit >
sur le bien
intérêts et les dirigent
général. Ce
sur les premières
jugement s'établira
opérations
mens, de
d'approvisiounecroisières, 3 de protection, de discipline. Laptitude - >
ce que l'on fait et la l'expérience, 2 la science de
leur signalement
sagesse du caractère ont
méprendre. Mais propre, si
auquel on ne peut se
Pbomme nouveau a encore --- Page 363 ---
RELATIFS AUX COLONTES. 349
besoin d'une éducation
treint
complète; s'il ne s'aspas aux plans, aux moyens, aux
dont on peut
lumières
seurs de
l'environner, , et que tous les faimnémoires accablent son
lieu de l'éclairer, les choses' ignorance au
temps dans l'état où elles
resteront longse
sont, et la machine
dissoudra; ; Car elle tend à la dissolution.
Armemens et opérations de guerre.
Comme la paix est indispensable,
pouvons l'obtenir
nous ne
que par des efforts offensifs
qui aient le caractère de la plus
gueur.
grande viJe dis donc qu'iln'y a que la
de desirable et de
paix d'utile,
praticable dans ce momentci; que, comme ministre
rêt direct et
3 vous y avez un intépersoonel; que si VOS
sont d'un avis contraire, le vôtre collègues doit
invariable et motivé ; et que la
être
où vous êtes actuellement
circonstance
avec
pour le présenter
avantage , ne durera peut-être pas quinze
jours. Voici sur ce texte-là comment
drois que vous
je vouparlassiez au roi et au
< J'ai trouvé mon
conseil.
> sordre de
département dans le dél'anarchie des
> de l'inaction,
prétentions et
nos forces navales nulles
, le vôtre collègues doit
invariable et motivé ; et que la
être
où vous êtes actuellement
circonstance
avec
pour le présenter
avantage , ne durera peut-être pas quinze
jours. Voici sur ce texte-là comment
drois que vous
je vouparlassiez au roi et au
< J'ai trouvé mon
conseil.
> sordre de
département dans le dél'anarchie des
> de l'inaction,
prétentions et
nos forces navales nulles --- Page 364 ---
MENOIRESET: RAPPORTS
>> et précédemment humiliées par celles de
> l'Angleterre. J'ai prévu la nécessité d'interD venir de manière on1 d'autre dans la révo-
>> lution de P'Amérique. Je me suis livré infa-
>> tigablement aux
aux conseils,
>
recherches,
à l'examen et au choix des moyens ; si je me
>> suis trompé dans quelques
j'ai au
>>
détails,
moins la consolation d'avoir formé une armée
>> navale aussi formidable, aussi bien ordonnée
> que celle de nos ennemis, et le pavillon du
>> roi n'a point encore reçu d'affront sous mon
>> ministère, L'instant même de mes inquié-
>> tudes et de mes doutes 3 celui où je suis
>> personnellement convaincu de la nécessité
> de faire une paix juste et solide, est
3>
sément l'instant
préciou, comme ministre de la
>> marine, je pourrois me permettre quelques
>> espérances sur le succès de mes opérations.
> J'ai lieu de croire nos colonies à l'abri d'in-
>> sultes; M.d'Estaing est ou doit être le maître
22 aux Antilles ; le Sénégal est probablement
>> sous la domination du roi.
L'escadre
> de l'Inde précédera, dans ces
>> celle des Anglais.
L'armée parages de Brest 2
>> sera en état de tenir la mer au mois d'avril: :
>> ainsi tout ce que la prévoyance et les soins
29 du ministre de la marine peuvent opérer sans --- Page 365 ---
RELATIFS AUX COLONIES,
s le
concours et la contrariété des
>> dont je ne dispose
accessoires
>> faire
pas ; tout ce que je
avec de l'activité et des
peux
> sauf les erreurs de détail,
vues droites,
> reconnois soumis
auxquelles je me
comme
>>. j'ose croire l'avoirsfait beaucoup d'autres,
et
> tout seul je n'ai
prévu. Mais moi
a moeurs et
pu ou jen'ai su changer les
l'esprit
>> pas
national, qui, n'étant
parmi nous dirigés sur le
>> comme chez les Anglais,
commerce,
> toujours en
nous donneront
spéculation et en
> grands désavantages vis-à-vis pratique, de
> guerre de commerce. Les
d'eux dans une
lords
> dwicks sontlesn meilleurs.
North et Sanfinanciers
5 Ils sont entourés de
du del'Europc.
>
dans
gens
même ordre,
qui,
une opération de
>> finance ou de
guerre, de
marine, leur
> jours sous les yeux ce
mettent tou-
> d'utile ou de
qu'il y a de relatif,
contraire aux
> commerce 3. et moi
opérations du
> peu de secours. Les j'ai en ce genre fort
chambres de
>> leurs députés, qui ne sont
des commerce,
>> lumineux, ont contribué à pas
gens fort
>> fautes.
Sur
me faire faire des
plusieurs
> appelés, j'en ai fort
négocians que j'ai
> parlant,
peu trouvé, qui, en me
perde de vue son
2 vaisseau, oul'opération
comptoir, SOII
persounellequi peut
3. et moi
opérations du
> peu de secours. Les j'ai en ce genre fort
chambres de
>> leurs députés, qui ne sont
des commerce,
>> lumineux, ont contribué à pas
gens fort
>> fautes.
Sur
me faire faire des
plusieurs
> appelés, j'en ai fort
négocians que j'ai
> parlant,
peu trouvé, qui, en me
perde de vue son
2 vaisseau, oul'opération
comptoir, SOII
persounellequi peut --- Page 366 ---
MENOIRES T B. APPORTS
>> lui être utile. Les officiers de la
et
>>
marine,
peut-être la nation entière, ne sont pas assez
b persuadés qu'une armée navale n'est qu'un
>> moyen de commerce 9 que tout doit être
>> subordonné et consacré à cette fin, et
>> chef d'escadre seroit un être
qu'un
ridicule, s'il
> n'y avoit point de capitaine marchand. De
> ce défaut de principes il en résulte un de
> combinaison, de concert et de succès dans
> la protection nécessaire au commerce mari-
> time. Les pertes qu'il a
>> et
éprouvéesdicouragent
suspendent ses opérations. De cette sus-
>> pension va résulter nécessairement
un em-.
>> Lumudopmonilenmmenty pour les
>>
une
colonies,
et
altération sensible dans les ressources
>> intérieures ; diminution des débouchés, des
> prix de main 1- d'ouvre,
conséquemment du
>> travail, des consommations
s des
>>
échanges
intérieurs et extérieurs.
Cependant mon dé-
>> partement consommera d'autant plus d'ar-
>> gent, qu'il y en aura moins, qu'il en
>> sera plus à l'étranger pour payer les soldes pas-
> que nous payons pendant la paix avec: nos
> denrées coloniales ; et les Anglais, au con-
>> traire 9 dont l'institution en marine et
en
9> commerce souffre moins d'altération,
> menteront en énergie et en
augmoyens, en --- Page 367 ---
:
HELATIPS AUX
>> proportion de la
COLONIES. 353
> D'ailleurs
diminution des
on parle de
nôtres.
> arrivans de la Nouvelle toutes parts, et les
>> firment le bruit de la Angleterre nous con-
>> les Américains à
répugmance qu'ont
>> core les
soutenir long-t temps enprétentions et les
>> grès. Le comble des
projets du con-
>> majesté seroit de se désagrémens pour sa
> cause commune
trouver réduite à faire
avec le
> pluralité même de
congrès, contre la
ses
% croire
constituans, et des s'en
désavouée; ; de finir
>> protecteur d'une
enfin par être le
>> n'auroient plus dans vingtaine d'hommes qui
leur
> de leurs anciens
pays, et vis-à-vis
maitres,
> celui de chefs de
d'autre titre que
>> sidérations je
parti. Par toutes ces conci
propose, et dans Ce momentpar préférence, 2 parce
celui des
que c'est encore
>
sérieusement espérances ; je propose de traiter
de la paix, de la
et desirable à
rendre utile
l'Espagne 3 de la
par son propre intérêt à l'accélérer forcer
présenter saus humiliation
; de la
et de la faire
à P'Angleterre - ,
lui faisant obtenir accepter par l'Amérique, en
les avantages réels de
lindépendance sans aucun des
qui peuvent nous être
inconvéniens
., ce
réversibles: >>. Voilà,
3. que je ne manquerois pas de dire si
-
et desirable à
rendre utile
l'Espagne 3 de la
par son propre intérêt à l'accélérer forcer
présenter saus humiliation
; de la
et de la faire
à P'Angleterre - ,
lui faisant obtenir accepter par l'Amérique, en
les avantages réels de
lindépendance sans aucun des
qui peuvent nous être
inconvéniens
., ce
réversibles: >>. Voilà,
3. que je ne manquerois pas de dire si
- --- Page 368 ---
354 MÉMOIRES ET RATPORTS
j'étois à votre place, parce qu'en total iln'y
a rien de plus vrai et de plus sensé ; mais
parce qu'en outre si vous ne tenez pas ce langage-là au roi dès ce moment-ci, il est probable qu'il arrivera une époque où l'on mettra tous les mauvais succès, tous les embarras
sur votre compte,
et vous ne trouverez personne qui s'en charge pour vous.
Au co1laa
traire, VOS ennemis et ceux qui ne le sont pas,
mais qui sont ou seront mécontens, vous imputeront, outre les torts de combinaison, ceux
d'inexécution.
Comme vous êtes le seul ministre en évidence dans une guerre de mer 9
si elle ne réussit pas, etilesti impossible qu'elle
soit heureuse si elle se prolonge, , on ne s'en
prendra qu'à vous.
On sera peut-être étonné que j'aie conseillé à M. de
Sartine, en 1780, de proposer au roi de faire la paix, et
quej j'en convienne aujourd'hui; ; on le sera bien plus encore
à la lecture des deux mémoires qui suivent, et dont la
date est de 1775.,
Il n'existe plus pour moi d'obligation de me taire sur les
affaires de l'ancien Gouvernement, auxquelles j'ai eu quelque part; et l'obligation de détruire une erreur, de constater un fait historique relatif à une grande époque, est
imposée à quiconque en a les moyens.
paix, et
quej j'en convienne aujourd'hui; ; on le sera bien plus encore
à la lecture des deux mémoires qui suivent, et dont la
date est de 1775.,
Il n'existe plus pour moi d'obligation de me taire sur les
affaires de l'ancien Gouvernement, auxquelles j'ai eu quelque part; et l'obligation de détruire une erreur, de constater un fait historique relatif à une grande époque, est
imposée à quiconque en a les moyens. --- Page 369 ---
RELATIFS AUX
J'ai entendu dans les
COLONIES, 355
XVI la guerre d'Amérique pays étrangers reprocher à Louis
personnelle. Il est certain comme une faute qui lui étoit
grande
qu'il y a consenti avec la
à l'avis répugnance, de
et après avoir résisté
plus
son conseil,
quelque temps
ceptes traditionnels Or, on sait que.de tous les prérois, un des plus accrédités qui dirigérent la conscience de nos
leur conseil, M. de
étoit celui de déférer à l'avis de
Sartine, dont le caractère
répugnoit aussi à cette
circouspect
de février 1775, du voeu entreprise, m'ayant parlé, au mois
veur des insurgens; je lui public qui se prononçoit en fatraire à nos intérêts
répondis que je le croyois congui pouvoient motiver politiques 1 et j'entraiplans les détails
quelques
mon opinion, M. de
jours après six
Sartine me remit
roi, que Failongtemps questions écrites de la main du
sonnes ont eu
conservées, et dont plusieurs
sont à la fin de connoisance, ainsi que de mes
percètte note.
réponses qui
J'avoue donc aujourd'hni avoir
dance des
voté contre
la Américains, 9 quoique dès-lors
l'indépencoup liberté, et que je rendisse
faimasse beaucourage et à leurs droits;
toute justice à leur
motifs, dont
j'avoue aussi que dans mes
quelques-uns me paroissent
nables, ily en a de la plus
toujours raisonnent à ce genre de
vulgaire politique, qui tienpréjugés et d'intérêts
T'exagération fera long-temps le
nationaux dont
La meilleure raison à
malheur du genre humain.
je n'ai fait aucun
alléguer contre cette guerre, et dont
que dangereux usage, est qu'il étoit aussi
à la tête d'une pour une monarchie absolue, inconséquent de se mettre
révolution
je desirois
démocratique. Mais comme
les
sincèrement de voir effacer parmi
habitudes du pouvoir absolu,
nous toutes
je ne parlois jamais de
ts
T'exagération fera long-temps le
nationaux dont
La meilleure raison à
malheur du genre humain.
je n'ai fait aucun
alléguer contre cette guerre, et dont
que dangereux usage, est qu'il étoit aussi
à la tête d'une pour une monarchie absolue, inconséquent de se mettre
révolution
je desirois
démocratique. Mais comme
les
sincèrement de voir effacer parmi
habitudes du pouvoir absolu,
nous toutes
je ne parlois jamais de --- Page 370 ---
356 M ÉMOIRES ET RA APPORTS
liberté, méme sous l'ancien régime, qu'avec le respect qui
lui est dû.
Une erreur que je partageois avec tous les politiques de
ce temps-là, Français et Anglais, détermina le conseil du
roi. On regardoit comme un dommage imiense 9 irréparable, la perte du continent de PAmérique pour l'Angleterre. Pour mon compte, je la croyois si bien ruinée
par - ta, que je ne lui voyois plus d'autres ressources
que de s'emparer de nos colonies ; et c'étoit-là le motif
principal de mon opinion. On ne peut pas oublier que
l'illustre comte de Chatamrepardoit aussi cette compensation comme nécessaire. Quelques années d'expérience
ont déjoué bien complétement toutes ces sa vantes combinaisons. L'Angleterre ett sûrement mieux fait de consentir,
sans effusion de sang, à l'indépendance de ses colonies :
elle ett épargné beaucoup d'hommes et d'argent ; mais 9
malgré cette faute, son commerce ct sa puissance se sont
accrus. Pour nous, nous n'avons obtenu aucun avantage de cette guerre, et les douze cents millions qu'elle
nous a coûtés ont produit la révolution. Le produit net
est pour les Américains. - Leur indépendance est une
superbe conquète, et la progression de leur puissance
s'annonce d'unemanière imposante. --Ils sont très-louables
d'avoir aussi habilement profité des circonstances; 3 mais je
persiste à croire que nous aurions pu nous dispenser d'y
contribuer. --- Page 371 ---
-
RELATIFS AUX COLONIES.
R ÉP O NSES
Auz questions sur la guerre de la Nouvelle
Angleterre.
P R E M I i R E U ES T I O N.
Convient-il à la France et à
une conduite
l'Espagne d'avoir
apathique dans les
actuclles P
circonstances
RÉp O N S E.
Si PAutriche et la Hollande divisées
deux cent mille hommes dans les
avoient
nous conviendroit-i il de
Pays - Bas >
d'attendre que le
rester désarmés 3 et
sances réunies
vainqueur ou les deux puisattaquassent nos
est la position où nous
ftontièrestTelle
gleterre.
sommes vis-à-vis P'AnLa commotion qu'éprouvé dans ce
ci TAmérique
momentêtre indifférente. septentrionale ne sauroit nous
puissance
Ils'élève autour de nous une
nouvelle ou un gouvernement
quérant, c'en est assez
conquand nous serionsinitiéss pour nous occuper 5 et
l'une et l'autre
aux conseils secrets de
Angleterre, quandnous aurions
est la position où nous
ftontièrestTelle
gleterre.
sommes vis-à-vis P'AnLa commotion qu'éprouvé dans ce
ci TAmérique
momentêtre indifférente. septentrionale ne sauroit nous
puissance
Ils'élève autour de nous une
nouvelle ou un gouvernement
quérant, c'en est assez
conquand nous serionsinitiéss pour nous occuper 5 et
l'une et l'autre
aux conseils secrets de
Angleterre, quandnous aurions --- Page 372 ---
M É M OIRES IT RAPPORTS
la preuve mathématique de leur modération
actuelle, nous devons craindre et voir dans
l'ordre naturel des événemens, une extension
de puissance qui nous menace.
Ainsi , au lieu de l'inertie, c'est à la plus
grande activité que doivent tendre la France
et l'Espagne. Voici le moment favorable que la
plus profonde politique n'eût jamais préparé.
Il falloit, pour notre salut, que le Gouvernement anglais fit des fautes graves, et il les a
faites : profitons-en, hatons-nous d'en profiter.
Jamais, dans toute autre circonstance, il ne
nous eût été permis de nous relever de l'extrême foiblesse où la dernière guerre et l'adaninistration subséquente nous ont plongés.
Dans toute autre circonstance la restauration
de nos finances, de nos ports, des colonies, des
établissemens maritimes et militaires, eût irrité
l'Angleterre ; aujourd'hui ses armes, 2 ses factions 2 son attention et ses cfforts sont concentrés sur elle - même. Réunissons donc nos
ressources 5 que le génie de la France s'éveille,
et que, ses forces se déployent , non pour attaquer, non pour usurper, mais pour rétablir
ct conserver notre puissance humiliéc : considérons Ce qu'elle étoit, ce qu'elle est devenue,
et ce qu'elle pourroit être. Quelles sont au- --- Page 373 ---
RELATIFS AUX COLONIES. 359
jourd'hui les nations étrangères qui s'honorent
de notre alliance 2 qui se reposent sur notre
protection s qui sollicitent notre
qui craignent notre ressentimen?, médiation, s
dans leurs entreprises à notre quis'arrêtent
Quoi! la France
considération ?
qui mettoit jadis un si grand
poids dans la balance de
plus rien
l'Europe s ne. peut
pour l'élévation ou l'abaissement
de ces princes qui se dépouillent ou s'arrondissent sans sa participation 5 et nous verrions encore en silence l'Amérique changer de
maitre, se diviser, se réunir sous la puissance
d'unseul ! Hé ! qui nous répondra des
de l'Angleterre ? son ministère même projets
il pas être entraîné malgré lui au-delà ne peutvues actuelles? Ce Gouvernement
de ses
t-il pas plus d'une fois subi le joug orageux de
n'aet des fantaisies de sa nation ?
l'opinion
comme
Attendrons-nous,
en 1754, que les Anglais commencent
par enlever, par envahir? Mais si notre sécurité
put être alors excusée, , elle ne le seroit
aujourd'hui. Nous sommes avertis
pas
ans de l'explosion
depuis trois
qui se prépare; et si,
cet
malgré
avertissement, nous nous laissons encore
surprendre sur la foi des traités, les ministres
français et espaguols seroient comptables à la
opinion
comme
Attendrons-nous,
en 1754, que les Anglais commencent
par enlever, par envahir? Mais si notre sécurité
put être alors excusée, , elle ne le seroit
aujourd'hui. Nous sommes avertis
pas
ans de l'explosion
depuis trois
qui se prépare; et si,
cet
malgré
avertissement, nous nous laissons encore
surprendre sur la foi des traités, les ministres
français et espaguols seroient comptables à la --- Page 374 ---
360 M É M OIRES ET RAPPORTS
nation et à la postérité des malheurs qu'entratneroit leur négligence.
DsUxI i M E Q U ES T I O N.
aux deux cours
Puisqu'il ne convient point
sont les préde rester dans l'inertie 3 quelles
cautions convenables ?
R i P O N S E.
tendre à la conToutes celles qui peuvent
sont inservation et à la puissance maritime,
nous les diviserons en deux esdispensables ;
de puispèces : moyens de défense 7 moyens
sance.
de défense actuelle ne peuvent
Les moyens
maritime combiné entre
être qu'un armement
la France et l'Espagne.
station
dit
escadre en
On a souvent
qu'une
contiendroient
à Brest et une autre au Ferrol descente sur
T'Angleterre par la crainte d'une
de P'Anses côtes;mais un armement équivalent ses escontiendra celui-la, tandis que
gleterre
si nous
cadres nous dépouilleront en Amérique,
l'être avec.
y sommes désarmés. --Nouspouvons --- Page 375 ---
COLONIES. 361
RI ELATIF S AUX
ou
moins d'inconvéniens en Europe,
beaucoup
d'invasion, et oùl
nous n'avons point à craindre
la tenter que
raisonnablement
nous ne pouvons
maîtres de la mer.
lorsque nous serons
le théâtre des
Or PAmérique est aujourl'hui
événemens, c'est-là que nous pouvons
grands
c'est donc dans ses parages
perdre ou gagner 5
de France et celui d'Espagne
que le pavillon
doivent se monterer. vaisseaux à la Havane,
Une escadre de dix
dont les vaissemblable aux iles du Vent,
une
détachés croiseroient au vent
seaux et frégates
trois mille
et sous le vent de nos établissemens, chacun de ces
hommes de débarquement dans
nous
tels sont les moyens de défense que
ports;
actuelles.
prescrivent les circonstances
un déveLes mnoyens de puissance exigent La bricloppement plus vaste et plus important.
les
n'en comporte pas
veté de ces observations
détails ; nous les indiquerons rapidement.
Toutes les parties de la puissance politique
sont liées, et tiennent les unes aux autres.-
Les finances isolées du commerce, le commerce
la marine sacrifiée aux
isolé de l'agriculture, l'incohérence des vues et des
forces de terre,
principes dans CCS atimumpuntseuentedinet ruine de PÉtat,
la dissolution de toutes, ctla
loppement plus vaste et plus important.
les
n'en comporte pas
veté de ces observations
détails ; nous les indiquerons rapidement.
Toutes les parties de la puissance politique
sont liées, et tiennent les unes aux autres.-
Les finances isolées du commerce, le commerce
la marine sacrifiée aux
isolé de l'agriculture, l'incohérence des vues et des
forces de terre,
principes dans CCS atimumpuntseuentedinet ruine de PÉtat,
la dissolution de toutes, ctla --- Page 376 ---
362 M ÉM OIRES ET RAPPORTS voilà
Pextension du commerce,
Le commerce, de la machine 2 et celui qui
le grand ressort
les autres. Il donnela vie
tendra utilement tous finances, à la marine :
à l'agriculture , aux
d'autre secret pour
l'Angleterre n'a point eu
ivresse
arriver à cette puissance énorme, queson C'est
factions
lui faire perdre.
et ses
branches peuvent de commerce qu'il faut
donc dans ses
dans le
commencer à l'attaquer en Amérique, instant est le seul
Levant, dans la Baltique. Cet
siècle.
favorable qui se soit présenté depuis un miliC'est donc à la marine marchande et
le Gouvernement doit ses premiers
taire que
actuelles.
soins dans les circonstances une loi de notre
Saisissons-nous d'abord par nations étrancabotage, excluons-en les
propre
angmentera la quantité
gères : cette opération
aujourd'hui,
tres-insuflisante
de nos matelots,
industrie et celle de nos
la somme de notre
capitaux.
Unissons-nous
sanderestsabiegahipes
exclusif de nos possessions
Tayprovisionmement
enrésultera lesmêmes
communes enAmérique;il diminuerons la navigation
avantages, et nous
anglaise de cinq cents vaisseaux. traité de comNégocions avec la Russie un
démontré
merce direct, qu'il est de son intérêt
de nous accorder. --- Page 377 ---
RELATIFS AUX COLONIES. 363
Soutenons, dans le Nord et le
la
réputation de nos manufactures, Levant,
pection vigilante. La
par une insfabricans peut les
cupidité personnelle des
donne à
discréditer, 3 si on les abaneux-mêmes.
Enconrageons la grande pêche comme la
pinière unique des
pématelots, et
commerce de Guinée dont la protégeons le
celle de nos colonies.
chute entraîne
Approvisionnons nos ports de matériaux de
constructions, de munitions de toute
que cette dépense si nécessaire
espèce;
la dépense favorite de PEtat! devienne enfin
barras des finances,
Quel que soitl'emgent qu'elles doivent c'est à l'objet le plus ursignation des fonds de pourvoir. Mais dans l'asce département, si
que considération les réduit, il n'en
quelqui puisse en empêcher
est point
tribution en dépenses invariablement la disd'entretien
et de construction. En les
d'armement
tiers, et retranchant
divisant ainsi par
et en choses tout ce qui sévèrement n'est
en hommes
tretien 2 on est sir
pas d'un utile endeux tiers des fonds d'employer chaque année les
en
on apercevra sensiblement amélioration ; alors
marine > si toutelois
les progrès de la
la
on règle préalablement
discipline et la composition de
son état
la disd'entretien
et de construction. En les
d'armement
tiers, et retranchant
divisant ainsi par
et en choses tout ce qui sévèrement n'est
en hommes
tretien 2 on est sir
pas d'un utile endeux tiers des fonds d'employer chaque année les
en
on apercevra sensiblement amélioration ; alors
marine > si toutelois
les progrès de la
la
on règle préalablement
discipline et la composition de
son état --- Page 378 ---
264 MÉMOIRES ET RAPPORTS
militaire sans autre considération que la force
et le bien de l'Etat.
TRoISTiNE QUESTIO: N.
Convient-il au Gouvernement de fournir des
secours secrets aux insurgens, de recevoir leurs
prises dans nos ports, d'avoir des émissaires, de
traiteravec eux? Cela se peut-il faire selonles lois e
de la saine morale?
R É P O N S E.
La saine politique autant que la morale nous
prescrit une conduite contraire."7 Tout concourtà
nous rendre la Nouvelle-Angleterre plus redoutable que l'ancienne, si elle arrive à l'indépendance. Alors elle sera bientôt surchargée de
denrées, et elle en cherchera le débouché dans
nos colonies,en. s'en appropriant d'abordle commerce, et ensuite le territoire : telle est sa marche nécessaire. L'Amérique septentrionale, devenue libre et puissante, doit s'étendre au Midi,
et en conquérirles richesses. C'est sous cet aspect
qu'il faut la considérer; c'est pour arrêter ses
progrèsqu'il faut réunirnos efforts : toute autre
conjecture nous égare et nous perd. --- Page 379 ---
RELATIFS AUX COLONIES.
Ainsi, s'il y a un traité à négocier, c'est avec du
la restitntion
la Grande - Bretagne, pour faire la conquête, et
Canada, à la charge d'en
Ne
de contribuer à la réduction des insurgens. aussi
les Anglais soient jamais
croyons pas que
qu'ils le seroient par
puissans par la conquête,
alors à des frais
volontaire.Obligés.
la soumission tenir leurs colonies sous le joug,
immenses pour
Aliénant de
- ils en dépenseront les produits. les peuples souplus en plus, par l'oppression, craindre de nouvelles
mis, ils auront toujours à
étranrévoltes : ils ne pourront tenterde divisions guerre intesleur suscite des
gère sans qu'on
américaine, la population,
tines.-L/agricnlture jusqu'à présent par la liTindustrie encouragée
berté,languironto dansl la serinudeinarportalle
qui n'y sont pas nés; ils décherront
aux; peuples
inous étonne et nous nuit...
decettesplendeurquis voudrions empêcher, en
Et c'est-là ce que nous
en accélédonnant des secours aux américains,
laisrant l'époque ede
erindepemdaneat-Ant
,auxcosmopolites, Tintérêt,
sons auxphilosophes,
vraiment
l'enthousiasme qu'inspire ce peuple
leur
ou, si nous admirons
sage et courageux; les artisans de leur puisvertu, ne soyons pas
conseils ne doivent se
sance. Les rois et leurs
mitmansaree
cher, en
Et c'est-là ce que nous
en accélédonnant des secours aux américains,
laisrant l'époque ede
erindepemdaneat-Ant
,auxcosmopolites, Tintérêt,
sons auxphilosophes,
vraiment
l'enthousiasme qu'inspire ce peuple
leur
ou, si nous admirons
sage et courageux; les artisans de leur puisvertu, ne soyons pas
conseils ne doivent se
sance. Les rois et leurs
mitmansaree --- Page 380 ---
366 M ÉNOIRES E T RAPPORTS
régissent. Tout CC qui y tend est bien, tout ce
quiynuit est mal : voilà la morale politique.
Orlindépendance de la Nouvelle - Angleterre
nous met en danger : sa dépendance fait notre
sûreté.
QUAT R I i M E Q U E S T I O N.
Si le roi d'Angleterre
subjugue ses colonies, >
ne peut-il pas s'en servir pour subjuguer l'Angleterre?
R * P O N S E.
Cela est possible : il seroit odieux à nous d'y
coopérer, mais il nous est peut-être permis de
desirer qu'ille tente. L'Angleterre ne seroit pas
parvenue, sous un gouvernement absolu, au
degré de prospérité où elle est ; nous devons
donc desirer que sa constitution change,
que la corruption, la déprédation, l'inertie, parce
suivent ordinairement le despotisme : mais cctte 9
révolution ne peut arriver que lentement, elle
commenceroit par l'extension de la prérogative
royale, par l'affoiblissement de l'influence parlementaire, ce qui ne pourra avoir lieu sans
beaucoup de troubles intérieurs ; alors nous aurions le temps de consclider notre puissance
par
l'exécution des vues proposées. --- Page 381 ---
-
RELATIFS AUXCOLOXIES, 367
CINQ U I È M E Q U E S T I 0 N.
sentant l'insuffisance de
Le ministère anglais
de
pourra donner les
ses moyens
conquête,
intémains à une conciliation : quel est notre
rêt dans ce cas ?
R $ P O N S E.
Cette conciliation est plus vraisemblable que
la conquête; mais elle ne peut avoir lieu que
de deux manières : ou en accordant aux insurtout ce qu'ils demandent, ce qui équivaut
gens
absolue, et ce cas-là n'arà une indépendance la défaite de l'armée royale; ou
rivera qu'après
en se relâchant des deux côtés des prétentions
respectives. Cette espèce d'acommolementsip
des forces égales, des succès et des échecs
pose
réciproques, un épuisement et une répugnance
à la destruction totale; c'est bien, à
respectifs
ce
nous convient le
défaut de conquête,
qui
mieux pour l'exécution des vues proposées.
Car
l'arméc royale battue en
en supposant
en AnAmérique, le ministère est en danger
gleterre, ainsi que le crédit de la nation;ils ont
donc intérêt de tromper sa fureur et de la di-
pose
réciproques, un épuisement et une répugnance
à la destruction totale; c'est bien, à
respectifs
ce
nous convient le
défaut de conquête,
qui
mieux pour l'exécution des vues proposées.
Car
l'arméc royale battue en
en supposant
en AnAmérique, le ministère est en danger
gleterre, ainsi que le crédit de la nation;ils ont
donc intérêt de tromper sa fureur et de la di- --- Page 382 ---
M ÉNOIRES ET RAPPORTS
riger sur nous, comme ayant excité les troubles
par nos émissaires, les ayant entretenus par nos
secours : et alors ils citeront des faits vrais ou
faux. A Bordeaux, diront-ils, au Hâvre, à
Nantes, vous avez reçu les insurgens, vousleur
avez fait passer des armes, des munitions, de
l'argent; et l'invasion suivra ou précédera ce
nanifeste.
Dans le second cas, nous avons moins à
craindre, car il suppose plusieurs campagnes et
des efforts soutenus. Le ministère exagérera
ses succès, l'orgueil de la nation s'irritera' aussi
d'une longue résistance; elle s'en occupera, elle
finira par se passionner pour la conquête, et
cet objet unique absorbera son attention et la
détournera de la considération de ses malheurs
subséquens.
Si alors il survient un accommodement équivoque, en ce qu'il ne peut jamais être de bonne
foi, si les deux peuples ne s'y livrent que par
épuisement; la nation anglaise sera arrivée au
terme où nous n'avons plus à la craindre pour
peu, que nous ayons profité de la circonstance.
S IXI à M E Q U E S T I N.
Le ministère anglais ayant vaincu sur le con-
détournera de la considération de ses malheurs
subséquens.
Si alors il survient un accommodement équivoque, en ce qu'il ne peut jamais être de bonne
foi, si les deux peuples ne s'y livrent que par
épuisement; la nation anglaise sera arrivée au
terme où nous n'avons plus à la craindre pour
peu, que nous ayons profité de la circonstance.
S IXI à M E Q U E S T I N.
Le ministère anglais ayant vaincu sur le con- --- Page 383 ---
RELATIFS A UX COLONIES. 369
tinent de l'Amérique, cherchera
gement dans les
un dédommapossessions françaises ou
gnoles, et associera les insurgens à leur espavisionnement.
approR É P O N S E.
Le ministère anglais, vaincu ou
de vaincre, n'a rien de mieux à faire désespérant
procurer ce
que de se
insurgens à dédommagement leur
et d'associer les
usurpation.
Voilà donc un. nouveau motif déterminant
pour nousfaire desirer la
vu que si elle a lieu, elle conquête : nous avons
ment tous les
occupe nécessairetropole. -Si soins, toute l'attention de la méon y échoue, les ministres n'ont
plus qu'un moyen de salut, celui de reconnoître
solennellement
lindépendance des
quant à la législation
colonies,
nir à l'Empire
intérieure, et de les réufédérative
britannique, comme puissance
forces ; ce qui forme alors une masse de
commun inexpagnable, la
avec laquelle ils feront en,
celle du
conquête de nos iles à sucre, ou e"
Mexique.
Si la puissance des
consistance annoncée insurgens a déja toute la
dans les
3.
papiers publics,
--- Page 384 ---
370 M É M OIRES ET RAPPORTS
royale est battue, cette révolution
si l'armée
est prochaine.
seroit
Le véritable intérêt de l'Angleterre
sans s'exposer à Phumiliamême de l'accélérer,
tion d'une défaite.
subSi la métropole est assez puissante pour et à
s'obstine à poursuivre
juguer, et qu'elle
ils le serout toujours, et
punir des sujets révoltés, les armes à la main contre
elle ne cessera d'avoir De cet état de guerre 9
colonies.
ses propres de révolte, doit résulter l'affoid'oppression, des deux peuples, jusqu'à ce qu'ils
blissement
l'autre la proie d'un nouveau
soient l'un ou
conquérant.
nous avons le
Ainsi, pour notre tranquillité,
des miintérêt à la conservation
plus grand
des mesures
nistres actuels, età la continuation les colonies.
violentes qu'ils ont prises contre
si la nation plus éclairée les rend resMais
troubles etles punit eux-mêmes,
ponsables de ses
avanpour elle un plus grand
il en résulteroit
de lamiral
encore que de la mort injuste
tage
colonies libres et réunies devienBink. Les
redoutable de sa
droient Pinstrument le plus
puissance et de son ambition.
devons donc en desirer la conquête,
Nous
ures
nistres actuels, età la continuation les colonies.
violentes qu'ils ont prises contre
si la nation plus éclairée les rend resMais
troubles etles punit eux-mêmes,
ponsables de ses
avanpour elle un plus grand
il en résulteroit
de lamiral
encore que de la mort injuste
tage
colonies libres et réunies devienBink. Les
redoutable de sa
droient Pinstrument le plus
puissance et de son ambition.
devons donc en desirer la conquête,
Nous --- Page 385 ---
RELATIFS AUX COLONIES. 371
favoriser de tout notre pouvoir le parti ministériel, et nous occuper intérieurement avec activité des moyens de défense et de puissance.
C ONSIDERATIO NS
Sur l'intérêt de la France et de
PEspagne, >
relativement aux circonstances actuelles
On ne doit point douter que les deux cours
ne s'occupent de ce qui se passe aujourd'hui
en Angleterre et en Amérique; mais en n'apercevant de leur part aucune disposition défensive, on ne peut se refuser à l'examen des
motifs qui peuvent tranquilliser ou inquiéter
les deux cours.
Des nouvelles sires de Philadelphie et de
Newyorck portent les forces des coloniesunies à cinquante mille hommes de troupes
réglées, cent mille homies de milice, et vingt
frégates armées depuis trente-six jusqn'à seize
canons. De son côté, la métropole SC prépare
(*) M. de Sartine m'ayant demandé un nouveau mémoire sur cette question 7 je lui remis celui-ci. --- Page 386 ---
372 M É M OIRES ET RAPPORTS
à leur opposer quarante mille hommes et cinquante vaisseaux : ainsi,danstrois mois, l'Amérique verra sur ses côtes deux cent mille Anglais et soixanto-dix vaisscaux armés
Dans cette position, la France et l'Espagne
doivent-elles exposerleurs possessions à devenir
la proie du vainqueur, ou le dédommagement
du vaincu, ou le gage de la réunion des combattans P Dans quelle occasion plus inportante
ponvons-nous préparer des moyens de défense,
ct quels ponrroient être les motifs raisonnables
de notre tranquillité ? Pour en juger, il faut
examiner ccux du ministère anglais dans ses dispositions, et calculer les événemens par les
probabilités.
Le gouvernement anglais est trop éclairé pour
se dissimuler la difficulté de subjuguer les COlonies-unies. Enannonçant,en effectuant: même
par les plus grands efforts la voie coactive, il
emploie celle de la négociation, il nomme des
cominissaires reçoit des plans de concilia-
() Lc objet de ce mémoire ne peut pas être de prouver
ce qui arrivera, mais ce qui peut arriver.En politique,
les probabilités suffisent pour justifier les précautions.
Il cst vraisemblable qu'indépendamment des commissaires avoués, il y a des agens secrets qui traitent' avec
le congrès,ct les différens conseils provinciaux.
la voie coactive, il
emploie celle de la négociation, il nomme des
cominissaires reçoit des plans de concilia-
() Lc objet de ce mémoire ne peut pas être de prouver
ce qui arrivera, mais ce qui peut arriver.En politique,
les probabilités suffisent pour justifier les précautions.
Il cst vraisemblable qu'indépendamment des commissaires avoués, il y a des agens secrets qui traitent' avec
le congrès,ct les différens conseils provinciaux. --- Page 387 ---
RELATIFS AUX COLONIES. 373
tion,et peut-être que
dra la nouvelle d'un T'Europe étonnée apprenment même del'ouverture accoinmodement au mode la prochaine campagne.
Mais quelles seront les conditions du traité ?
L'instant est arrivé où les deux
connu et mesuré leurs
peuples ont reforces, oùt l'ancien
peut traiter l'autre en sujet,
ne
plaira à celui-ci
qu'autant qu'il
être soumis à d'obéir; et ce ne sera plus
un monopole de
pour
une imposition de
commerce, à
subsides, à la législation
parlementaire. Ainsi, si l'ancienne
perdoit réellement
Angleterre
tif la
par un accommodement ficpropriété de ses colonies, elle
que les charges de la
n'auroit
veraineté, elleen verroit protection et de la soufois qu'elle voudroit les kialtenndicheschaque
veroit
à
resserrer, elle se trouexposée une résistance de
les fois qu'elle voudroit
parité tontes
Ces considérations
affecter la supériorité.
par le ministère, ont sArement été aperçues
conquête.
ainsi que la difficulté de la
Il arme cependant, et montre de la
rance et de la fermeté dars
persévénon-seulementil
son plan ; ainsi
sertel,
en a un, mais on doit le
qu'il ait préva
suppoet le
P'humiliation d'un revers,
désavantage aussi sensible pour la nation --- Page 388 ---
374 MI ÉMOIRES ET RAPPORTS
exclusif pour un
de la perte de son commerce
accominodement fictif.
ministres
'On doit croire à la prévoyance des
qu'ils sont éclairés, et sûrement
anglais, parce
des forces réelles et des
aussi instruits que nous
de résistance des insurgens ; parce qu'il
moyens
impossible qu'ils terminent cette
est égalennent
en une campagne 2 et qu'ils puissent
guerre suffire aux frais de plusieurs parce qu'enfin
douter que la perte de leurs
ils ne peuvent pas
s'ils ne
colonies ne les ruine entièrement
l'invasion des nôtres.
s'en récupèrent par
ont un projet d'acAinsi on doit croire qu'ils
escommodement ou d'invasion plutôt qu'nn
poir de conquête.
fictive les couvriEt comme une conciliation de la nation, et lui seroit de honte aux yeux
roit
ni sur
-ap
et éclairés, ils ne peuvent se reposer,
d'une conciliation fictive, ni sur celui
le projet
l'un et l'autre étant infiniment
de la conquête ,
désavantageux ou difficiles.
(*) Nous étions tous dans une grande ignorance des
ressources immenses fe PAngleterre, et: cette ignorance
s'estfort prolongée.
domi-
C'étoit encore une des fausses opiaions
nantes.
une conciliation de la nation, et lui seroit de honte aux yeux
roit
ni sur
-ap
et éclairés, ils ne peuvent se reposer,
d'une conciliation fictive, ni sur celui
le projet
l'un et l'autre étant infiniment
de la conquête ,
désavantageux ou difficiles.
(*) Nous étions tous dans une grande ignorance des
ressources immenses fe PAngleterre, et: cette ignorance
s'estfort prolongée.
domi-
C'étoit encore une des fausses opiaions
nantes. --- Page 389 ---
RELATIFS A UX COLONIES. 375
donc
qu'ils en aient un plus
Il est
possible et à l'état actuel de
relatif au génie anglais
l'Ancienne et de la Nouvelle-Angletere
d'un
libre, < peuvent-ils dire
C Issus
peuple
la
et
aux insurgés >, c vous avez porté gloire
anglaises dans un nouveau conti-
>> l'industrie
êtes devenus une nation flo-
> nent, et vous
nos frères et non
> rissante. Soyez toujours
nos sujets ; vivez libres et indépendans
>> point
de la mère patrie, et que
>> sous la protection
seuls
les Espagnols éprouvent
>> les Français,
réunie : maîtres
> les efforts de notre puissance
du nord de l'Amérique, partagez les con-
>>
nous ferons dans le midi, et
>> quêtes que
>>
à nous les conserver
s contribuez
être désorTel est le seul traité qui puisse
mais stable entre l'Ancienne et la NouvelleAngleterre; si celle-ci n'est point subjuguée s
il seroit dangereux pour le Gouvernement and'adopter un parti mitoyen entre la conglais
la déclaration authentique de son
quête ou
événemens,
indépendance. Or, de ces deux
C'étoit véritablement Pavis des premiers hommes
d'Etat (*) de PAngleterre. On sait que les derniers paroles
du comte de Chatam, ont été : paix avec T'Amérique,
guerre à la France et à l'Espagne.
- --- Page 390 ---
376 M TÉMOIRES ET RAPPORTS
quel est celui que nous devons desirer?
certainement la
C'est
conquête : car nous somnies
shrsqu'elle occupera
les forces de
long-temps et uniquement
la dette
T'Angleterre , qu'elle augmentera
nationale et les embarras du Gouvernement, qu'elle nous laisse les
lors
la première
moyens 2
de
guerre, d'une puissante
et d'être regardés
les
diyersion,
par
vaincus comme
tecteurs nécessaires, s'ils étoient
proles vainqueurs
opprimés par
Supposons-nous la déclaration
de l'indépendance
authentique
obtenue et assurée
la
force des armes C'est une
par
erreur de croire
(*) Et Iorsque ces pcuples seroient une fois en
streté, il ne faut pas douter qu'ils n'oubliassent bientôt
les services rendus, ainsi que la Hollande et le
Les nations sont encore moins
Portugal.
susceptibles de
sance que les particuliers ; elles tendent
reconnoisà leur accroissement, à leur plus grand irrésistiblement
la
intérêt, et celui de
Nouvele-Angleterre est de subjnguer P'Amérique.
Si cette conjecture étoit
elle-même une
nous profiterions du bénéfice de
erreur, alors
rons rien fait
T'alliance ; car nous n'aupour nous en priver en nous tenant actuellement sur nos gardes : mais j'ose croire et dire
n'avons qu'une seule manière de traiter
que nous
avec la NouveileAngleterre. Si la prochaine campagne ne termine
la
guerre, déclarons-nous pour eux, à la charge de la pas res-
de subjnguer P'Amérique.
Si cette conjecture étoit
elle-même une
nous profiterions du bénéfice de
erreur, alors
rons rien fait
T'alliance ; car nous n'aupour nous en priver en nous tenant actuellement sur nos gardes : mais j'ose croire et dire
n'avons qu'une seule manière de traiter
que nous
avec la NouveileAngleterre. Si la prochaine campagne ne termine
la
guerre, déclarons-nous pour eux, à la charge de la pas res- --- Page 391 ---
RELATIFS AUX COLONIES 377
Américains se lieront avec nous
que les Anglais
dont l'esprit,
contre les Anglais Européens,
religion, laflinité, les rapprochent
les mours,lar
d'éloignement et de division
sans aucun germe
tout concourt à nous
national tandis que
nos dééloigner d'eux, et les invite à partager
pouilles. Le seul casoi nous pourrions vient compter de le
sur leur alliance seroit, comme on servitude
dire', celui de l'oppression, de la
alors tous les liens nationaux sont
éprouvée ;
restlevérditableani.
brisés, et le peupleprotecteare de la conquête nous
Mais Tinyraisemablance certain de contribuer
expose au danger plus
: et avant
aux conditions de laccommodement
même de le conclure, qui peut répondré bien- que
anglais, , pour capter la
le Gouyernement
appaiser les cris
veillance de la nation, pour
un premier échec en Amérique,
qu'exciteroit
en aln'envahira pas une de nos possessions,
titution du Canada et de la Louisiane, 2 ou joignons-nous conditions.
contre eux à la Grande-Bretagne aux mêmes ct PimJe préférerois ce dernier parti, I'iiconséquence méritent que j'en subisse
moralité de cette dernière opinion
lapeine : ainsije n'ai rien effacé.
, mais ils aiment
(*) Car ils résistent au Gouvernement titre
l
et tiennent fort à ce
imposant,
la mère-patrie,
majesté du peuple anglais. --- Page 392 ---
278 M É M OIRES ET RAPPORTS
léguant que nous avons fourni des
d'armes, de munitions, aux
secours
entretenons
insurgens, que nous
parmi eux des émissaires,
recevons leurs navires dans
que nous
Ces reflexions
nos ports ?
semblent rendre
un plan de défense concerté
indispensable
entre la France et
l'Espague, et l'armement actuel d'une escadre
combinée, en déclarant démonstrativement
Anglais que nous n'avons d'autre
aux
garantir nos possessions,
objet que de
dons nous mêler ni
et que nous n'ententement de leur
directement ni indirecquerelle, desirant au
pour notre propre
contraire,
leur satisfaction. sûreté, 2 qu'elle se termine à
Les deux cours espèrent
la
peut-être contenir
Grande-Bretagne et prévenir ses
d'invasion en
projets
Amérique, par la crainte d'une
cente sur ses côtes; ; mais
desdescente, il faut encore être pour effectuer cette
il faut une escadre
maître de la mer,
supérieure pour la
pour assurer les convois; il faut enfin protéger, 2
binaison antécédente de
une commaritimes
moyens et de forces
que nous n'avons
n'aurons jamais
pas, , que nous
les
pendant la guerre , si nous ne
préparons pendant Ia paix Sans ces dis-
(*) On ne peut Pas oublier l'affaire de la Hogue. Les
il faut encore être pour effectuer cette
il faut une escadre
maître de la mer,
supérieure pour la
pour assurer les convois; il faut enfin protéger, 2
binaison antécédente de
une commaritimes
moyens et de forces
que nous n'avons
n'aurons jamais
pas, , que nous
les
pendant la guerre , si nous ne
préparons pendant Ia paix Sans ces dis-
(*) On ne peut Pas oublier l'affaire de la Hogue. Les --- Page 393 ---
-
RELATIFS AUX COLONIES. 379
actives, l'Angleterre bravera longpositions
Elle
tout oser tant
temps nos menaces.
pourra d'elle comme puisque nous resterons vis-à-vis
d'un contre
sance maritime dans la proportion
les
cinq, tant que nous lui abandonnerons
de commerce et
branches les plus précieuses
réduirons au
de navigation, et que nous nous
des denrées et marchandises
coinmerce passif
imitant son industrie
de notre cru. C'est en
son
pendant la paix, que nous réprimerons
c'est en luttant contre les progrès
ambition ;
divisée ou réunie
de la Nowvelle-Angleterre,
sûreté
à la métropole - , que nous serons en
;
des circonstances acc'est sur-tout en profitant
avec l'Estuelles pour nous unir étroitement
que nous pourrons élever une puissance
pagne, défensive contre celle qui nous menace.
Résumons l'exposé ci-dessus par une applicasensible de chaque événement possible, à
tion
l'intérêt présent de la France et de PEspagne.
Anglais armés sur les côtes
Deux cent-mille
l'ont rendue si désastreuse sont-elles détruites ?
causes qui
pas dans ses escadres la
L'Angleterre ne conserve-t-elle
et d'expérience 2
supériorité de manoeuvre, de discipline
et
Et avant de faire une descente, il faut livrer bataille,
la gagner. --- Page 394 ---
380 M LÉMOIRES ET RAPPORTS
de l'Amérique se détruiront entr'eux
niront
ou se réupour nous attaquer.
Dans les deux cas, nous ne
ter spectateurs indifférens. Si pouyons pas resprobable, elle
la réunion est
exige de notre part un armement
défensif; si les insurgens sont
armement est encore le seul subjugués, cet
faire respecter du
moyen de nous
vaincu
vainqueur, et de préparer au
l'espoir d'une capitulation
La réunion est plus probable avantageuse.
quête ; car nous devons croire que la convernement
que le Goutérêt
anglais se déterminera par son indémontré,
Or il lui est démontré
regarder comme
qu'il ne peut plus
tion qui
propriété dépendante, une nagrands développe un grand courage et de
moyens de résistance.
II Ini est démontré que la perte de cette
priété entraine celle de ses
proson crédit, et
mannfactures, de
de
peut-être une subversion totale
sa constitution actuelle
(; Si les royalistes sont battus en
ne fassent aucune expédition
Amérique, et qu'ils
ressentiment de la
contre nous qui calme le
une révolution
nation > il est très-possible qu'il ait
en Angleterre.
y
J'abandonne anjourd'lui cette
beaucoup d'autres.
dénomstration, ainsi gue
perte de cette
priété entraine celle de ses
proson crédit, et
mannfactures, de
de
peut-être une subversion totale
sa constitution actuelle
(; Si les royalistes sont battus en
ne fassent aucune expédition
Amérique, et qu'ils
ressentiment de la
contre nous qui calme le
une révolution
nation > il est très-possible qu'il ait
en Angleterre.
y
J'abandonne anjourd'lui cette
beaucoup d'autres.
dénomstration, ainsi gue --- Page 395 ---
ta
AELATIFSAUX COLONIES.
Ce Gouvernement doit donc, pour sa propre
à
sûreté nationale et individuelle, 2 préparer,
des
de salut qui
défaut de conquête, 3
moyens
être
la réunion et Pinvasion.
ne peuvent
que
La réunion fictive seroit un piège grossier
aux deux partis, dont lun et
et désavantageux
l'autre ne peuvent être dupes.
La réunion sincère et linvasion leur conviennent également: à la métropole, pour soutenir sa puissance et son crédit ; à la NouvelleAngleterre, pour accroître l'un et l'autre par
des débouchés de commerce qui lui manquent
absolument, et sans lesquels elle n'existera,
d'une manière précaire.
comine puissance, que
irrité
Sappose-t-on que le ministère anglais,
la résistance des Américains, > n'a d'autre
par
de les punir ct
objet dans ce moment-ci que
de les subjuguer, qu'il l'espère sérieusement >
Ce seroit l'événement
et qu'il y parviendra?
alors la
le plus favorable pour nous car
se prolonge avec de grands efforts de
guerre
part'etd'autre, et de grandes pertes en hommes,
alors Taffoiblissement de
argent et comnerce 3
(*) Cette opinion n'est pas celle de tout le monde. On
de la Nouvelles'intéresse en général à P'indépendance
Angleterre, comme nous étant infiniment utile. --- Page 396 ---
M ÉMOIRES ET RAPPORTS
leur puissance commune nous met en état de
relever la nôtre, de rentrer dans un temps
portun dans les colonies qui nous ont été op- enlevées, et de, prendre la prépondérance
nous n'avons plus : mais pour cela il faut tou- que
jours un armement défensif, qui fomente l'inquiétude et l'espérance des combattans, et prévenir le cas toujours possible de leur réunion.
Suppose-t-on que le ministère anglais, occupé
uniquement du projet de conquête, n'y parviendra pas, et que les colonies-unies se déclareront puissance indépendante par la force
etle succès de leurs armes, qu'alors nous serons
leurs alliés naturels, qu'ils solliciteront euxmêmes cette alliance, et qu'elle nous servira
contrel'Angleterre: ?
Dans ce cas, la prudence exige encore un
armement défensif pour attendre cet événement, ou le diriger à notre utilité; mais si
nous contractons pour un temps cette alliance,
pouvons-nous nous dissimuler ce que nous avons
à craindre de P'Amérique
septentrionale, rivale
de la France et bientôt de l'Europe. Cette
(*) 11 ne peut s'élever à la Nouvelle- Angleterre une
branche de commerce et de culture qui n'en détruise une
en Europe; de-la vient que nous avons le plus grand
un
armement défensif pour attendre cet événement, ou le diriger à notre utilité; mais si
nous contractons pour un temps cette alliance,
pouvons-nous nous dissimuler ce que nous avons
à craindre de P'Amérique
septentrionale, rivale
de la France et bientôt de l'Europe. Cette
(*) 11 ne peut s'élever à la Nouvelle- Angleterre une
branche de commerce et de culture qui n'en détruise une
en Europe; de-la vient que nous avons le plus grand --- Page 397 ---
RELATIFS AUXCOLOKIEE
nouvelle peut-elle se sontenir sans le
puissance
de nos colocommerce et Tepprovisionnesnent de denrées, et
nies riches ? Privée d'argent,
précieuses, où consommera-tde marchandises
le
de ses maelle ses blés, sa pêche, produit française et
nufactures, sinon dans P'Amérique
espagnole ? Et si nous en perdons le commerce
exclusif, à quoi se réduit notre propriété, en la
ait
supposant que la Nonvelle-Angleterre de la liberté du
modération de se contenter
commerce.
l'intérêt présent
Il est donc démontré que
tenir
de la France et de l'Espagne est de se fade
dans un état de défense respectable,
sa culture et ses manufactures soient
intérêt à ce que
arriveroit par la conquête; ; et
fortement imposées, ce qui
la métropole, obligée
ce bénéfice d'impôt seroit nul pour de
et de police.
désormais à des frais énormes garde
Pancienne doctrine sur la rivalité de proTelle étoit
Je Pabjure aujourd'hui ; le
ductions et de commerce.
étre de se nuire : la
wéritable intérêt des nations ne peut
des
du travail en tout pays et la modération tous
protection voild les grands moyens de puissance pour
impôts, 7
trouvera dans le quatrième et le cinquième
les peuples. On
le développement de mes idées
volumes de cette collection
crois le plus
le
colonial et commercial que je
SILT système
utile et le plus juste. --- Page 398 ---
384 MI ÉMC OIRES E T RAPPORTS
voriser la conquête des colonies 7 en ne leur
prêtant aucun secours et de profiter de l'affoiblissement de l'Ancienne et de la NouvelleAngleterre 2 pour tendre incessamment à la
prépondérance maritime, sans laquelle les deux
nations ne peuvent conserver leurs possessions
en Amérique.
(*) Excepté dans le cas prévu ci-dessus, qui est la
restitution du Canada et de la Louisianc.
Fin du troisième volume.
---
384 MI ÉMC OIRES E T RAPPORTS
voriser la conquête des colonies 7 en ne leur
prêtant aucun secours et de profiter de l'affoiblissement de l'Ancienne et de la NouvelleAngleterre 2 pour tendre incessamment à la
prépondérance maritime, sans laquelle les deux
nations ne peuvent conserver leurs possessions
en Amérique.
(*) Excepté dans le cas prévu ci-dessus, qui est la
restitution du Canada et de la Louisianc.
Fin du troisième volume. --- Page 399 ---
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE TROISIÈME VOLUME.
RELATION du voyage de Surinam, pages 1
Arrivée à Paramaribo,
Preniirecofioscenec le Gouverneur,
Caractère des principaur Membres de
la Régence,
Résultat des premières observations, 3
Premier mémoire remis à la Régence,
Réponse de la Régence 2
Invitation à M. Malouet de visiter les
travaux 3
Juif distingué par son érudition 1
Détails sur le cordon exécuté pour la
défense de la Colonie,
Second mémoire de M. Malouet remis
à la Régence, ,
Lettre au Gouverneursurle mêmeobjet,
Détails historiques surle Gouvernement
de Surinam ,
Eremple de l'obéissance aux lois,
Adninistration de lajustice >
Finances 2
Troupes-milices,
Culture, dettes 3 produits 3
3.
--- Page 400 ---
T AB I, E
Comparaison, des terres de Surinam à a
celles de Saint-Domingue,
Manipulation des denrées danslesdeuz
Colonies,
Comparaison du sol de Surinam à celui
de la Guiane française,
Commerce,
Maurs ,
Départ de Paramaribo ,
Observations particulières, impôts,
Corvées imposées aux habitans,
Estimation des terres cultivées,
Prix des journées,
Frais d'eaploitation > traitement des
nègres >
Remplacement des esclaves,
Discrédit des colons 3
Modes de cultures,
Bestiaur s
Différentes qualités de terres, ,
Des desséchemens,
Cultures des cannes, >
des cafers ,
des cotoniers,
du cacao,
Récolte et manufacture dans les sucreries,
--- Page 401 ---
DES M A T I à R E S.
danslescafévies,
dansleaplantations de coton,
dans celles de cacao,
De Pezploitation des bois,
Ohuoretonsurgselpurgaelpucrdnbitationh
Frais d'habitation ,
Fondations sur pilotis,
Leluircissemens sur les digues,
sur la religion,
Notesducomte EnegysurSurinem,
Correspondance avec la compagnie de
la Guiane,
Lettre aur administrateurs >
à idem,
Instructions pour visiter les terres de
la Compagnie,
aux administrateurs, >
à idem,
à idem,
auL directeur à Oyapock,
à idem,
aur administrateurs >
à M. de Sartine >
Plan raisonné des établissemens à
exécuter, parla Compagnie, d'après
les opérations et vérifications qui
en déterminent les motifs,
--- Page 402 ---
807-5
TABLE DES MATI i RES.
Section cinquième,
Compte rendu au roi de P'état de la
Cuiane 3
Causes de Pinfertilité des terres et
des erreurs des colons,
Raisons du non succès des différentes
entreprises,
Raisons pour lesquelles les Français
n'ont pas imité les Hollandais,
Moyens d'éablissenent,
Rapport au roi du projet des épiceries,
Délibération des intéressés à V'établissement de la Guiane, J
Rapport sur le nouveau plan de M.
de Besner,
Réclamations des propriétaires anglais de la Gienade ; lettres et
rapports sur cet objet,
Questions de la chambre de commerce
de Boston; réponse de M.Malouet,
Réponse à M. de Sartine sur les circonstances politiques en janvier
1780,
Réponses aux questions sur la guerre
de la Nouvelle-degniare, 2
Considérations sur le même objet,
Fin de la Table.
des intéressés à V'établissement de la Guiane, J
Rapport sur le nouveau plan de M.
de Besner,
Réclamations des propriétaires anglais de la Gienade ; lettres et
rapports sur cet objet,
Questions de la chambre de commerce
de Boston; réponse de M.Malouet,
Réponse à M. de Sartine sur les circonstances politiques en janvier
1780,
Réponses aux questions sur la guerre
de la Nouvelle-degniare, 2
Considérations sur le même objet,
Fin de la Table. --- Page 403 ---
$
o A a
a
a
I
:
*
a 8 --- Page 404 --- --- Page 405 ---
- --- Page 406 --- --- Page 407 --- --- Page 408 --- --- Page 409 ---
NOV 31 1344
ES02
M253c
V.3 --- Page 410 ---