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NAE-ETZ
F2651
MZS
THE
JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
R
Bequest of
MAURY A. BROMSEN
APRIL 25, 1019-OCTOBRS 11, 2005
Canes --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 ---
&
N --- Page 7 ---
hor M2
COLLECTIO N
DE MÉ MOIRES
SUR
LESCOLONIES --- Page 8 ---
S --- Page 9 ---
COLLECTION
DE M É M OIRES
E T
CORRESPONDANCES OFFICIELLES
SUR L'ADMININISTRATION
DES COLONIES,
Et notamment sur la Guiane française
et hollandaise,
PAR V. P. MALOUET, ancien administrateur
des Colonies et de la Marine.
TO M E PREMIE R.
P A R I S,
BAUDOUIN, Imprimeur rde l'Institutr national des Sciences
et des Arts, rue de Grenelle, F.S. Germain, no 1131.
A N X.
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Longnule Onest du Mendus de Pan
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Louateus --- Page 12 ---
pz
(RPJCS
a --- Page 13 ---
INTRODUCTION,
OU
NOTICE HISTORIQUE
SUR CETTE COLLECTION.
L'sunors et ses établissemens dans les deux
Indes viennent d'être ébranlés par une guerre
sanglante. Une révolution plus vaste dans ses
effets, plus profonde dans ses causes qu'aucune de celles qui l'ont précédéc, nous laisse à
peine une perspective de repos. Nos longucs
agitations fixent uniquement l'attention de nos
contemporains : ils s'occuperont long- temps
encore de ce grand et terrible spectacle, dont
les dernièrcs scènes sont si près de nous.
Tous Jes intérêts de la société compromis $
tous les droits, tous les principes proclamés et
violés; une génération environnée de lumières
et de ténèbres, de gloire et de malheurs; le
1.
I --- Page 14 ---
IxTROD de U C T I o N.
des
liberté, celui de la tyrannie; des
délire de la
des crimes inouis ;
héroiques 1
une paix
actions
des victoires mémorables, à travers les
conquetes, et l'ordre renaissant licencieuse serglorieuse, que lui opposent une ! voilà, sans
obstacles etl'andace de la dépravation
de prévilité
objets qui appellent est Thomme
doute , les grands général. Mais quel
assez
férence l'intérêt
d'un caractère détails
talent assez distingué,
les
d'un
dignement n'a pas
pur, pour en transmettre Le Tacite de notre Age
ni
à la posérié?
n'ai ni les moyens 2
encore paru ; et je
mes
de ses émnules.
borné de
T'ambition donc dans le cercle
occuJe rentre habitudes, de mes anciennes détails d'adaux
premières Livré dès ma jennesse et dans les colopations.
dans les ports politique m'ont
mninistration
de l'économie
écrit sur
nies, les principes occupé. J'ai beaucoup
oulisant de meilleurs
constamihent mais en
j'ai
cette matière:
je pourois pablier,
vrages que ceux que manquoit à Texpostion
toujours trouvé qu'il résultats positifs; qu'en
des bons principes, Thistoire des
des faits étoit plus et
administration., ,
des sysrdnes, des
instructive que la discussion pour le bonheur déqu'il étoit plus intéressant des erreurs, d'en
hommes, de constater
, les principes occupé. J'ai beaucoup
oulisant de meilleurs
constamihent mais en
j'ai
cette matière:
je pourois pablier,
vrages que ceux que manquoit à Texpostion
toujours trouvé qu'il résultats positifs; qu'en
des bons principes, Thistoire des
des faits étoit plus et
administration., ,
des sysrdnes, des
instructive que la discussion pour le bonheur déqu'il étoit plus intéressant des erreurs, d'en
hommes, de constater --- Page 15 ---
INTRODUC TI O N.
montrer les causes et la réparation, que de se
livrer à la recherche des vérités spéculatives
dont l'application dans la pratique est souvent
incertaine. Ainsi la question philosophique sur
l'esclavage des nègres, que j'ai traitée il y a
quinze ans, sera définitivement résolue par
Phistoire exacte de ce qui s'est passé dans nos
colonies pendant la révolution. Ce sont les faits
qui répondent mnaintenant aux théories. Environné de sang et de ruinés, Pami de l'humanité n'est plus tenté de proclamer imprudemment l'infaillibilité de ses principes : mais s'il
est difficile d'anéantir les traces, de dénaturer
les causes de cette grande catastrophe, il ne
l'est pas, dans un laps de temps donné, de renouveler les erreurs les plus funestes, d'oublier
les leçons de l'expérience, de recommencer un
nouveau cours de fautes et de malheurs; car
nous manquons essentiellement en France de
fixité dans nos principes, de constance dans
nos procédés, de solidité dans nos institutions.
Tout s'efface, s'oublie ; et les projets insensés,
les romans politiques se reproduisent sans cesse
sous de nouvelles formes.
Pénétré de cette vérité et de ses conséquences,
j'ai pensé qu'il pouvoit être utile de la constater par des faits authentiques, mais ignorés --- Page 16 ---
N
R OD U C TI O N.
INT
l'intérêt
cet instànt
oubliés; et puisqu'en
se reou
du Gouvernement
la
public et Vattention
je retrouve dans
sur les colonies,
et
portent
de celles que nons possédons, d'instrucplus pauvre.
un riche fonds théâtre,
que jaladninisnée, désastres dont elle a été le
les
tions par les
des fautes qui
et la répétition
par la gravité
ont occasionnés (). mémoires et ma corresmes
et leur
En parcourant trouve que leur objet, dans
pondance, je
années, leur donnent
date de vingt-cing
un degré d'intérêt
actuelles
un
les circonstances avoir sur la même matière, le
que ne pourroit
quel que fit d'ailleurs
ouvrage nouveau,
mérite de l'anteur.
la paix de 1763,
Personne n'ignore qu'après
traité de paix entre la
Dans le rapport du dernier
des limites de la
(*)
le
à Poccasion
un objet d'esFrance et Portugal, colonie est présentée comme Un ouvrage
Guiane, cette la nation et le goiverenent annonce
pérance pour
ordre du Directoire,
il y a trois ans 2 par ultérieures. Enfin, il vient
publié opinion et des vues
de républigue
la même tout à Pheure un Nouveau plan Guiane. On me.
de paroitre dans les montagnes de la
à la puà établir donc de mettre quelque l'état importance effectif de cette
pardonnera des faits qui constatent
blication
peut devenir.
possession et ce qu'elle
:
et le goiverenent annonce
pérance pour
ordre du Directoire,
il y a trois ans 2 par ultérieures. Enfin, il vient
publié opinion et des vues
de républigue
la même tout à Pheure un Nouveau plan Guiane. On me.
de paroitre dans les montagnes de la
à la puà établir donc de mettre quelque l'état importance effectif de cette
pardonnera des faits qui constatent
blication
peut devenir.
possession et ce qu'elle
: --- Page 17 ---
INT T R 0 D U CT I 0 N.
le duc de Choiseul conçut l'espérance de remplacer la perte du Canada par un grand établissement de cultivateurs européens dans la
Guiane. Il paroit aujourd'hui incroyable qu'un
homme de beancoup d'esprit ait adopté le projet
de faire cultiver! les marais de. la zône torride par
des paysansd'Alsace et de Lorraine. Mais l'impéritie,l'imprévoyance danadiesdéusindiadeation
surpassoient encore l'extravagance du plan. Je
débutois à cette époque dans l'administration de
la marine, et je fus chargé de passer en revue les
hommes et les approvisionnemens destinés à
cette expédition.
C'étoit un spectacle déplorable même pour
mon inexpérience 7 que celui de cette multitude d'insensés de toutes les classes qui comptoient tous sur une fortune rapide, et parini
des travaillenrs
lesquels, 2 indépendamment
paysans, on comptoit des capitalistes, des
jeunes gens bien élevés, des familles entières
d'artisans, de bourgeois, de gentilshommes,
une foule d'employés civils et militaires 2 enfin une troupe de comédiens, de musiciens,
destinés à l'amusement de la nouvelle colonie.
J'étois loin de penser alors que j'irois jeune
encore, visiter les tombeaux de ces infortunés,
et que malgré cet exemple frappant, qui coûtoit --- Page 18 ---
Ssof
IN T R ODU C T IO N.
milmille hommes et trente
à PÉtat quatorze bientôt à lutter contre de semJions, faurois
blables folies.
à peine écoulés depuis
Trois ans s'étoient
de Konrou, qu'il
de la colonie
la destruction
plan pour Vétablissement
parut un nouveau de la Guiane dans la rivière
d'une autre partie
le ministre de la marine
'Aprouague. C'étoit Praslin, et M. Dubucq,
lni-même, le duc de
sous ses ordres
homme trés-éclairé, dirigeant qui étoient à la
des colonies,
n'étoit
l'administration
Ce plan
tête de la nouvelle compagnie. le premier; mais
aussi déraisonnable que
il eut le
également pas
fondé sur des hypothèses, perdit ses
sort. Le Gouvernement y
francs.
même
huit cent mille
avances et la compagnie
pour faire oublier
Quelques années suffirent Cayenne redevint
échec. En 1776
de douze
ce second
fois dans l'espace
pour la troisième
Un baron de Besner
ans un nouveau Pérou.
et qui y est
qui visoit à en être gouverneur, , avoit élecaprès mon aduninistration des savans, des
parvenu toutes les têtes. Lié avec
leur distritrisé
de la cour, il
financiers, des gens
tous au
et les intéressoit
bnoit ses mémoires,
adaptoient aux golts
succès de ses plans, qui
il s'adressoit.
lumières de ceux auxquels
et aux
Un baron de Besner
ans un nouveau Pérou.
et qui y est
qui visoit à en être gouverneur, , avoit élecaprès mon aduninistration des savans, des
parvenu toutes les têtes. Lié avec
leur distritrisé
de la cour, il
financiers, des gens
tous au
et les intéressoit
bnoit ses mémoires,
adaptoient aux golts
succès de ses plans, qui
il s'adressoit.
lumières de ceux auxquels
et aux --- Page 19 ---
I'N T R 0 D U C T I O N.
La première partie de ses récits étoit toujours
les fautes faites, les catastrophes, etleurs causes,
qu'il étoit si facile d'éviter ! Venoient ensuite
pour M. de Buffon, pour les naturalistes qu'il,
fréquentoit, les détails lesplus piquans sur Phistoire naturelle et minéralogique de la Guiane.
Aux gens de la cour, aux financiers, il présentoit la perspective des plus riches produits,
moyennant les plus légères avances. Il arrivoit
de Cayenne, il avoit parcouru les rivières, les
forêts du continent ; il avoit vu. cette terre
couverte de vanille 7 de salseparcille, de sassnfras,d'épiceries indigènes,dec débris depierres
précieuses. Un sol aussi riche n'attendoit que
des bras pour la récolte, et ces bras n'étoient
pas ceux des paysans d'Europe, qu'on avoit sacrifiés, disoit-il, avec une cruauté absurde ;
c'étoient les naturels du pays, 2 les Indiens mêmc
qu'il étoit facile de réunir, et d'employerà peu
de frais. C'étoient vingt mille nègres marrons de
Surinam qui demandoient asyle sur notre, territoire, et dontla retraite et l'emploi pourroient
être aisément négociés avec la Hollande. Tous
ces contes transformés en faits positifs dans des
mémoires très-bien écrits, firent une telle imle conseil de Monsieur se perpression 7 que
suada que la plus riche portion de son appa- --- Page 20 ---
a
INTROD UCT I O N.
désormais, dans la Guiane ;
nage devoit être
deux hommes distingués
et parmi les financiers, Paultz, fermier-général,
par leur capacité, chancelier M.
du duc d'Orléans,
et M. de Belleisle, d'une troisième compagnie
se mirent à la tête
devoit être de trois
de la Guiane, dontle fonds
au Gonvernement
anillions, et se présentèrent
de culobtenir un octroi et des privilèges
pour
J'étois alors commissaireture et de commerce. membre du comité de
général de la marine,
MI. de
des colonies; je fus chargé par
législation l'examen et du rapport de tous ces
Sartines de
point la Guiane,
projets. Je ne connoissois
: j'y étois
mais j'avois servi à Saint-Domingne notions exactes
j'avois donc des
sur
propriétaire,
culture des colonies,
sur le commerce et la érablissement, sur. les proles frais d'un nouvel
les terres
eestueeetsminem
fitsprobablesqs'am
d'argent dans
attendre d'un placement
dans les mémoires
d'Amérique ; et je ne tronvois base fixe d'après
été remis ancune
quin'avoient calculer, diriger ou conseiller
laquelle on pât
Cependant, comme le
une grande entreprise. chargé avoit une importravail dont j'étois
relative, qu'il
tance réelle et une importance contrarier les des'agissoit d'appuyer ou de
de lntter
et de son conseil,
mandes de Monsieur
attendre d'un placement
dans les mémoires
d'Amérique ; et je ne tronvois base fixe d'après
été remis ancune
quin'avoient calculer, diriger ou conseiller
laquelle on pât
Cependant, comme le
une grande entreprise. chargé avoit une importravail dont j'étois
relative, qu'il
tance réelle et une importance contrarier les des'agissoit d'appuyer ou de
de lntter
et de son conseil,
mandes de Monsieur --- Page 21 ---
IN T R'ODU C T I O N.
contre une compagnie de finances qui avoit du
crédit, et contre l'engouement de plusieurs
hommes puissans, du nombre desquels étoit
M. de Maurepas, je voulus connoître à fond
l'histoire de Cayenne, et je rassemblai dansle
dépôt des Colonies à Versailles, tout ce qui
avoit été dit et fait sur cette colonie depnis sa
naissance. J'en présentai le résumé dans mon
rapport; et dans ce qui intéressoit personnellement Monsieur, je crus devoir éloigner ce
prince de la perspective illusoire qu'on luiavoit
présentéc. J'eus avec lui une première conférence, qui fut continuée avec son conseil; et
ce ne fut pas sans beaucoup de peine quej'obtinsdurenr-intendant Cromotle désistementdl'un
plan qui compromettoit Monsieurs et qui eût
certainement dérangé ses finances. La compagnie Paultz fut plus persévérante ; il y avoit
moins d'inconvéniens à lui laisser faire quelques
essais de culture et de commerce : mais puisque
du Gouj'étois en cette partie le représentant
vernement 3 je ne devois pas permettre qu'il
donnât pour la troisième fois son attache à une
entreprise ridicule. Protecteur des fortunes particulières qui composent la fortune pullique,lo
souverain doit rarement accorder son appui à
des spéculations hasardées. --- Page 22 ---
a O N.
IN T R ODICTI
fois
plusieurs
se réunirent
les plans
Les actionnaires
: on me communiqua
aden ma présence
de culture, le régime
de commerce, ceux
avoit déja un direcministratif La compagnie
un gardemnagain,
des secrétaires, bâtimens frétés :
teur-général,
des
de navire,
plandes capitaines faire tout à la fois de grandes la
elle devoit
de tabac, de cacao, essayer étatations de café,
avoir enfin un. grand
culturé de la vigne.,
et le dernier arblissement de bêtes à cornes;
mamufacture
étoit une
ticle de son prospectus dont clle espéroit un grand
de potitn/hemages cite cette extravagance que
bénéice. Je ne
point penvent s'étendre
montrer à quel
encore que
pour rêves de la cupidité, et je répète hommes
les
association étoientdes
les chefs de cette
gonverneur du Sénééclairés. David, l'ancien actionnaires, avoit
gal, et lun des prineipanx intérieur de T'Afrique
donné sur le commerce Belleisle et Paultz pasdes mémoires estimés : têtes de la finance.
les plus fortes
étoit
soient pour commercial de la compagnie faisoient un
Le plan
calculé. Ils
tout aussi sagement
anmelles.
million de
en
reieaeiens approvisionner
La traite des noirs pour des vivres et marCayenne, et Timportation nécessaires à la colonie, comchandises sèches,
et lun des prineipanx intérieur de T'Afrique
donné sur le commerce Belleisle et Paultz pasdes mémoires estimés : têtes de la finance.
les plus fortes
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soient pour commercial de la compagnie faisoient un
Le plan
calculé. Ils
tout aussi sagement
anmelles.
million de
en
reieaeiens approvisionner
La traite des noirs pour des vivres et marCayenne, et Timportation nécessaires à la colonie, comchandises sèches, --- Page 23 ---
INTNODUCTI O N.
posoient leurs cargaisons ; mais comme ils ne
demandoient point et qu'on ne pouvoit leur
faire espérer un privilége exclusifde commerce,
ils arrivoient tout naturellement en concurrence
avec les autres armateurs qui naviguoient déja
dans cette colonie : ainsi, il ne s'agissoit pour
répondre à leur plan de commerce et le juger,
que de faire avec eux le compte et le partage
du produit total de la colonie, qui alloit alors
à six cent mille francs par an. J'en avois les
états sous la main ; je leur dis qu'il n'étoit pas
possible que les colons pussent payer en acquisition de noirs et marchandises sèches au-delà
de ce que leurs terres produisoient annuellement; qu'ainsi il n'y avoit à compter que sur
six centinille francs de solde que se partageoient
déja les armateurs habitués à Cayenne 3 qu'en
supposant que la prépondérance de leur compagnie leur en assignât la moitié, c'étoit alors
à cent mille écus et non à un million qu'il falloit
fixer leurs cargaisons. Ce raisonnement étoit
trop concluant pour manquer son effet, et
j'obtins de ce jour-là quelqu'avantage dans la
discussion ; mais le baron de Besner, qui étoit
l'ame de ce mouveinent d'enthousiasme sur
Cayenne, reprit bientôt son ascendant par un
nouveau mémoire dont je ne pus effacer l'im- --- Page 24 ---
Ix T R OD U C T I 0 N.
les lieux à la recherche
pression qu'en allant sur
de la vérité.
de tous ces projets ne faisoit
La discussion célébrité. M. de Maurepas s'en
qu'ajonter à leur
qui n'avoit pas autant
amusoit. M. de Sartines, de mesure, doutoit
d'esprit que lui, mais plus
la plus
et donnoit à ma contradiction son audiavec moi, liberté. Le baron grossissoit
grande
péroroit, et fit enfin paroitre
toire, écrivoit, tous les suffrages. L'établisun plan qui enleva dans le Paraguay, fut le
sement des Jésuites il esquissa son roman :
modèle d'après lequel deux cent mille Indiens,
ils avoient rassemblé
faire des cultivateurs,
dont ils étoient parvenusà n'en feroit-on pas autant
des artisans; pourquoi Personne ne pouvoit lui condans la Guiane?
mille Indiens à sa dispotester qu'il eût cent
de commencer un
sition. Il ne s'agissoit que dans les principes et
premier rassemblement des Jésuites; et pour
avec les formes attirantes deux cents religieux
cela, il offroit de réunir
et de les
ordre, supprimé en Enrope,
de cet
II faisoit le recenseconduire dans la Guiane.
qu'il avoit vues; >
ment des différentes peuplades établies depuis TAmazone
ou qu'il savoit être
lon
bien qu'il
jasqu'à TOyapock, et
présume hommes : les frais
trouvoit au moins cent mille
a:
; et pour
avec les formes attirantes deux cents religieux
cela, il offroit de réunir
et de les
ordre, supprimé en Enrope,
de cet
II faisoit le recenseconduire dans la Guiane.
qu'il avoit vues; >
ment des différentes peuplades établies depuis TAmazone
ou qu'il savoit être
lon
bien qu'il
jasqu'à TOyapock, et
présume hommes : les frais
trouvoit au moins cent mille
a: --- Page 25 ---
INT R O D U C T I U N.
de cette entreprise n'étoient rien, ou presque
rien ; car on n'avoit jamais entendu dire que
les rois d'Espagne et de Portugal eussent fourni
des fonds à la société pour son grand établissement du Paraguay. Cependant, quel avantage
la métropole de réunir dans la même COpour
alliant àla cullonie une population indigène,
ture de nOS arts celle des denrées de PAmérique!
C'étoit ainsi que la partie du sud de la Guiane
devoit être exploitée! Des missions envoyées sur
les bords de I'Amazone devoient attirer à nous
les Indiens portngais. Nos frontières, d'après
d'anciennes prétentions, devoient être reculées
jusque-là; et de proche en proche toutes les
peuplades indiennes des autres parties de'la
Guiane devoient être ramenées et fixées dans
celle-là, car l'auteur organisoit trois colonies
différentes sous un même Gouvernement. Celle
du milieu étoit consacrée au régime de l'esclavage. Depuis l'Oyapock jusqu'à Mahuri, les anciens colons et leurs esclaves avoient de quoi
s'étendre. C'est-là que la compagnie Paultz et
ses trois millions devoient fructifier. La compagnie auroit dans ce vaste territoire l'existence
d'un grand seigneur environné de vassaux. Tous
les propriétaires d'esclaves les recevoient d'elle,
etlui remettoient en échange leurs denrées. Ses --- Page 26 ---
I N T R OD U C T I O N.
acquéroient bien vite
établissemens de culture
les
Dedes villes sur villages. Mala prépondérance
celle du
la rivière de Korou jusqu'à
une autre
puis
des Hollandais, on voyoit
roni, limite
échappés
scène.
nous accordions l'hospicmaenbesngnane
de Surinam, auxquels la vie pastorale. Il est
talité en leur imposant s'estimeroient heureux
clair que ces fugitifs de devenir
et
propriétaires
d'avoir un abri sûr,
alors nous devenions,
et gardiens de trompeaux:
uniques de besnous Français, les fournisseurs nous nous affrantiaux dans toutes les Antilles,
etc.
du jong
carte
ciwarelie-Andremms
chissions
d'une
Ce mémoire étoit accompagné les établissemens
on voyoit tous
sur laquelle
cent cinquante villages
projetés, c'est-à-dire, l'indication des emplacémens pour
indiens, avec
ensnite les bâtimens 2 les
les villes et bourgs 5
celles des anciens
plantations de la compagnie , de nègres libres
colons ; enfin, quarante villages Sur différens points de
dans la partie du nord.
la
l'auteur avoit semé négligemment indisa carte,
les bois à épices. Il
wanille, le cacao, croissent spontanément,
quoit les lieux où ils des débris de pierres
ceux oû l'on rencontre
des mines d'or,
précieuses, , oà lon sonpçonne le mémoire firent
Cette carte et
de diamant.
-
la compagnie , de nègres libres
colons ; enfin, quarante villages Sur différens points de
dans la partie du nord.
la
l'auteur avoit semé négligemment indisa carte,
les bois à épices. Il
wanille, le cacao, croissent spontanément,
quoit les lieux où ils des débris de pierres
ceux oû l'on rencontre
des mines d'or,
précieuses, , oà lon sonpçonne le mémoire firent
Cette carte et
de diamant.
- --- Page 27 ---
INT R ODU C TIO N.
un effet prodigieux à Versailles : mais M. de
Santsragibestyisoepan; ne voulantprendre
sur son compte la responsabilité de l'admission
ni du rejet d'un si beau plan s me prévint que
c'étoit avec M. de Maurepas que j'irois le discuter, et il m'indiqua le jour.
Je trouvai le premier ministre disposé en
faveur du baron de Besner et de ses rêveries,
mais sans entêtement, et sur-tout sans humeur,
lorsque je lui déclarai qu'il ne m'inspiroit aucune confiance. Jer n'affirme pas, lui dis-je, que
la Guiane ne puisse être une colonie importante ; mais tout ce qu'on y a fait jusqu'à
présent, et tout ce qu'on propose, me paroit
fou. Lorsque Ics Hollandais, nos voisins-, ont
fondé leur riche colonie de Surinam, ce ne sont
des mémoires faits à Amsterdam qui les
pas ont dirigés; c'est sur les lieux mêmes que des
entrepreneurs intelligens ont fait leurs plans
de culture et de desséchement : ils se sont ensuite adressés à des capitalistes d'Europe pour
avoir des fonds en les associant à leur entreprise. Il y a, sans doute, aujourd'hui moins
d'avantage à en former de semblables, parce
l'industrie étant plus active et plus généque
l'intérêt de l'argent s'est
ralement répanduc,
élevé, ainsi que le prix des matières et cclui --- Page 28 ---
I N T R"O D U C T I O N.
s'il y a encore quelques sucdes salaires : mais
adoptant les procès à espérer, ce n'est qu'en
et non par
Texpéricnce a consacrés," bizarres
cédés que
et des combinaisous
des tentatives
Après la catasautorité ne garantit.
plus des
qu'aneune de Kourou, on ne vous propose. des Indiens
trophe
européens : ce sont
faire
cultivateurs
fugitifs dont on veut
et des Nègres
des
7 sous le prédes laboureurs et
pasteurs
et
qu'ils sont acclimatés, d'extexte tres-plausible de la terre qu'il est question
déja habitans
vous assure que ces Indiens
ploiter. Mais qui
qu'il sera facile d'en
et ces Nègres existent; de les civiliser,, de les
rassembler cent mille, autre garantie avezformer au travail ? quelle résultat, que les asserun aussi grand
de
vous pour
de Besner, et la distribution
tions du baron
? Seroit-il sage d'hasur la carte
et l'arses villages
sanction
sarder encore, sur sa parole,la
Paultz
La compagnie
du Gouvernements
elle ne solligent - demande aucune avance ; de se ruine vous instance que la perinission
en lui
cite avec avis est de la lui refuser, elle
ner : mon
des terres dont
accordant celle de disposer
elle aura pris ou
demande la concession, quand
suffiles lieux des renscignenens
obtenu sur
raisonnable. Il est
arrêter un plan
sans pour
sanction
sarder encore, sur sa parole,la
Paultz
La compagnie
du Gouvernements
elle ne solligent - demande aucune avance ; de se ruine vous instance que la perinission
en lui
cite avec avis est de la lui refuser, elle
ner : mon
des terres dont
accordant celle de disposer
elle aura pris ou
demande la concession, quand
suffiles lieux des renscignenens
obtenu sur
raisonnable. Il est
arrêter un plan
sans pour --- Page 29 ---
INT R ODUCTIC O N.
de mettre un terme à tous ces cssais futemps
nestes ou infructueux > et d'arrêter sur la
Guiane, en connoissance de cause 2 un plan
d'opérations.
C'est dans la colonie même, en interrogeant
les habitans 2 en visitant les terres , en employant à cet examen des ingénieurs et des cultivateurs exercés, c'est sur-tout en comparant
aux nôtres les procédés employés par les Hollandais, que vous arriverez à des résultats. positifs. Vous n'aurez plus à craindre d'être séduit
par des fables, par de fausses combinaisons, >
lorsque vous aurez fait constater d'une manière
nature du sol , les obstacles et
authentique, 3 la
les moyens de culture 3 les habitudes pernicieuses des anciens Colons, celles qui peuvent
leur être substituées 3 le nombre et les moeurs
des différentes peuplades d'Indiens 9 l'existence
vous demandent, ditde ces nègres-marrons qui
Phospitalité. Cet article ne pent être traité
on, de concert avec le Gouvernement de Surique
motiver l'envoi d'un comnam, et suffit pour
missaire du Roi dans cette colonie, où nous
ayons à recueillir les instructions les plus importantes
l'amélioration de la nôtre ; car 9
pour
mon
pour arriver au même but que nos voisins,
mêmes moyens,
avis sera toujours d'employerles
1. --- Page 30 ---
INT R ODU C T I O N.
innovation qui ne seroit
s'abstenir de toute
et de
fondée en raison.
été
pas sensiblenment
avoient
Si MM. Turgot et Chauvallon
colunie,
avant leur nouvelle
envoyés à Cayenne
revenus exprès
qu'ils en seroient
il est probable
l'embarquement.
pour en empecher
3 me dit en riant
Ainsi vous nous proposez dans la Guiane
d'envoyer
M. de Maurepas, c'est
ce qu'il
baron de Besner :
précisément
le
irez aussi pour le confrondemande, et vous
récits. Je répondis
ter avec ses projets et ses
; que ni P'auce n'étoit pas là ma pensée,;
que
nouveaux: plans ni le contradicteur des
teur des
être juges ; qu'il falloit
en
vérifier
ne devoient
mais éclairés 3 pour
et
hommes neutres,
les posibilités,
sur les lieux les assertions, qui pût fixerlopiarriver enfin à une conclusion depuis trop long-temps
nion du Gouvernement cette contrée.
vacillant et trompé sur de Sartines me fit venir
M.
Peu de jours après,
le Roi avoit adopté
à Versailles et me dit que proposées 3 et que
tontes les mesures que j'avois
avec une
de Vexécution,
me chargeoit
sa majesté
de confiance et de pouvoirs
plus grande latitude
que
avoient les autres administrateurs; instrucquen'en moi-même le rédacteur de mes Gouje serois
laisseroit en place l'ancien
tions ; qu'on
*
de Sartines me fit venir
M.
Peu de jours après,
le Roi avoit adopté
à Versailles et me dit que proposées 3 et que
tontes les mesures que j'avois
avec une
de Vexécution,
me chargeoit
sa majesté
de confiance et de pouvoirs
plus grande latitude
que
avoient les autres administrateurs; instrucquen'en moi-même le rédacteur de mes Gouje serois
laisseroit en place l'ancien
tions ; qu'on
* --- Page 31 ---
INT R O 1 D U C 2 TI O N.
verneur, M. de Fiedmont, qui étoit un vieux
maréchal-de-camp, honnête homme, mais sans
capacité; ; qu'il auroit ordre de ne me contrarier en rien, et de seconder toutes ines dispositions ; qu'on approuvoit le voyage que j'avois
proposé à Surinam ; que je recevrois une commission particulière du Roi pour, traiter avec
ce Gouvernement ; que l'ambassadeur de France
àla Haye, qui étoit alors M. de la Vauguyon,
seroit chargé d'en prévenir les Etats généraux.
Toutes ces conditions furent exactement remplies : je n'cn ajoutai qu'une qui me fut également accordéc ; savoir, la permission de revenir
en France aussitôt que ma santé ou la suite
de mes opérations l'exigeroient.
Cette mission dont je ne me dissimulois pas
les difficultés me flattoit néanmoins, et je me
promis de la remplir avec toute l'activité et
l'exactitude dont j'étois capable. Aussitôt que
je fus nommé, on me laissa le maître d'arrêter
un commencement d'opérations avec-la compagnie, avec M. de Besner qui, , éconduit pour
le Gouvernement, ne l'étoit pas quant à Pinfluence qu'avoient encore son dernier mémoire et son plan coloré 3 car 7 pour la plupart des honmes 2 les chimères les plus
inyraisemblables prenment un certain degré --- Page 32 ---
:
ROD U C TI O N.
INT
sous des
en les représentant mon déde consistance Il arriva mêie 2 avant
images sensibles.
de Cayenne,qui
des lettres du gouverneur de M. de Bespart,
Pune des assertions ministre que
Accréditèrent)
mandoit au
ner. M. de Fiedmont
des neges-marrons
sur nos terres ,
avec
Virruption l'obligeoit à se transporter
de Surinam, la frontière pour les repousser
des troupes sur
Il n'y avoit plus à contesan-delà du Maroni.
pas là vingt:
le nombre. Je ne voyois
bonnes
ter que sur
ni la certitude de leurs
mille hommes,
d'en faire un emploi
3 ni les moyens
et n'en étoit
dlispositions, baron voyoit tout cela,
ne
utilé. Le
moins conciliant avec moi,
moins doux,
et me
pas
jamais de mon oppostion, qu'avec
se plaignant
à ne, Fattaquer
forçant par ses procédés
engagement
mnénagement ; maisje ne prisaucun J'annonçai que
lui et avec la compagnie. sur la Guiane
avec
d'opinion arrêtée
coloniale
je n'aurois
entendu Y'assemblée
toutes
avoir
et fait
qu'aprés antorisé à convoquer, la nécessité.
quejetois recherches dont j'indiquois
à susles
donc les chefs de la compagnie
J'exhortai
moins à réduire leurs opérations
pendre, ou au
de mes nouvelles ; ce
eussent
jusqu'a ce qu'ils
leur
les concesen
expédiant
qui fut convenu,
pour V'introducsions de terres , et une prime à Cayenne.
qu'ils porteroient
tion des nègres
et fait
qu'aprés antorisé à convoquer, la nécessité.
quejetois recherches dont j'indiquois
à susles
donc les chefs de la compagnie
J'exhortai
moins à réduire leurs opérations
pendre, ou au
de mes nouvelles ; ce
eussent
jusqu'a ce qu'ils
leur
les concesen
expédiant
qui fut convenu,
pour V'introducsions de terres , et une prime à Cayenne.
qu'ils porteroient
tion des nègres --- Page 33 ---
INT R O D U C T I o N.
De tous les projets du baron de Besner, je
n'avois repoussé avec inflexibilité que les essais
dispendieux; ; mais j'avois consenti à emmener
quelques missionnaires pour tenter dans la baie
dc Vincent-Pinson 3 l'établissement d'une mission et d'une pêche du lamentin, que des
informations multipliées présentoient comme
très-utile. Il avoit aussi proposé comme avantageuse une traite de bestiaux d'une cspèce précieuse aux iles du Cap vert. Je résolus d'y
passer dans ma traversée 7 ne voulant laisser
rien d'incertain dans toutes les espérances qu'on
ne cessoit de donner au Gouvernement sur la
destination de la Guiane. Je m'embarquai au
Havre en septembre 1776, et mouillai le 3 OCtobre dans la baie de la Praia, devenue célèbre
deux ans après par le combat du Bailli de
Suffren. Je trouvai Saint-Yago et les flcs environnantes désolées par la famine occasionnée
par une sécheresse affreuse : il n'y avoit plus
d'animaux vivans; il n'y en avoit jamais eu
assez pour être un objet de cominerce. Ce n'est
que par la vérification des faits qu'on peut
lutter contre la puissance des fables.
J'arrivai à Cayenne à la fin d'octobre. Les
objets intéressans et les résultats de mon administration. se trouvant consignés. dans les --- Page 34 ---
INT R O D U C T I O N.
2.2.
composent cette collecpièces originales qui ici que ce qui est nétion, je ne rappellerai à la liaison des faits;
cessaire à T'historique et, troisième partie de mna
la
car je ne publie pas de mes mémoires. J'ai supet
correspondance tient aux détails de police 9
primé tout ce qui
contentieuses, sauf
d'affaires
de comptabilité,
liés à T'administration
quelques faits importans
aux comgénérale. C'est aux administrateurs,
de défrichement
merçans, 2 aux entrepreneurs des récits authenque je veux être utile, par irrécusables. Ce sont
tiques, des observations
des fautes et des malheurs que je veux prévecomment la vérité s'oablie,
nir, en montrant obstination le mensonge se reet avec quelle
produit.
et ses habitans me paLa ville de Cayenne
eussent en abonrurent misérables, quoiqu'ils de la vie. Cest cette facidance les nécessités
la chasse et la pêche,
lité de suibsistance par
rendn
les vivres du pays, qui les a
pauvres
et
eux les habitudes de leurs
en perpétnant parni
quelques colons
ancêtres. Je trouvai cependant
Mentel,
actifs et éclairés; un habile ingénieur,
le continent, et travailloit
qui avoit parcouru de la Guiane. Je vis des
à une nouvelle carte
à de grandes dishomnes qui avoient pénétré
asse et la pêche,
lité de suibsistance par
rendn
les vivres du pays, qui les a
pauvres
et
eux les habitudes de leurs
en perpétnant parni
quelques colons
ancêtres. Je trouvai cependant
Mentel,
actifs et éclairés; un habile ingénieur,
le continent, et travailloit
qui avoit parcouru de la Guiane. Je vis des
à une nouvelle carte
à de grandes dishomnes qui avoient pénétré --- Page 35 ---
Ix T R ODUCTI 0 N.
tances dans l'intérieur, qui avoient vécu avec
les Indiens, "et qui m'apprirent que dans une
étendue de plus de cent cinquante licues on
n'en rencontroit pas dix mille distribués en
villages de vingt ou cinquante familles (1). A.
mon arrivée, M. de Fiedmont étoit encore à
la poursuite des négres-marrons; mais ces vingtcinq mille fugitifs se réduisoient, dans son
opinion 3 à cinq ou six cents hommes que ses
détachemens n'avoient pu rencontrer. Je lengageai à les laisser errer tranquillement dans
les forêts,en lui faisant part du projet de négociation qui n'étoit déja plus pour moi qu'un
prétexte de voyage utile à Surinam. Ainsi, dès
les premiers mois de mon séjour, les bases
fondamentales de lédifice du baron de Besner
s'étoient écroulées, et je n'apercevois rien encore à y substituer. Tout me paroissoit mort
ou stérile dans cette contrée. Les habitans, prévenus contre toutes les tentatives qu'on voudroit faire sur leur sol, ne voyoient rien de
mieux que ce qu'ils faisoient, pourvu qu'ilplat
au roi de leur avancer des nègres et de l'argent : c'étoit à cela que se bornoient tous leurs
voeux. Ils étoient accoutumés à prendre dans
les magasins du roi tout ce qui leur manquoit; ;
il ne leur en coûtoit que de se faire inscrire --- Page 36 ---
INT R O D U C T I O N,
débiteurs. Je regardai
sur les registres comme
ce
à toute amélioration
comme un obstacle motifs et sans rembourrégine d'emprunt, au-devant sans de ceux dont lactiseinent. J'allois
seconder mes vues ;
vité, l'énergie, pouvoient austère de Ja paresse 9
maisje devins un censeur
déja contre
et de lintrigue qui se manifestoit
n'avois
me supposoit et que je
les projets qu'on
étoit
développés ; car l'opinion répandue
pas
le promoteur d'une compagrie exque j'étois alloit soumettre à son monopole
clusive, qui
toute la colonie.
autour de moi tout
Après avoir examiné
résolus
fixer mon attention, je
ce qui pouvoit recherches. Je convoquai l'asd'étendre mes
de la Colonie; et après
semblée extraordinaire
toutes les questions
avoir soumis aux députés
éclairer
dont la solution étoit nécessaire pour
au
Gouvernement, j'en remis la discussion
le
que je fis dans tous les
retour d'un voyage les rivières de la Guiane
postes et dans toutes
française. C'est dans cette tournée que j'ai conçu comvive, émue par un
ment une imagination s'élancer au-delà d'une
grand spectacle, peut de
Je parcourus
réalité déja composéc prodiges. remontai
toute la côte du nord au sud, et je
er
dont la solution étoit nécessaire pour
au
Gouvernement, j'en remis la discussion
le
que je fis dans tous les
retour d'un voyage les rivières de la Guiane
postes et dans toutes
française. C'est dans cette tournée que j'ai conçu comvive, émue par un
ment une imagination s'élancer au-delà d'une
grand spectacle, peut de
Je parcourus
réalité déja composéc prodiges. remontai
toute la côte du nord au sud, et je --- Page 37 ---
INTR 0 D U C T I O N.
dans les rivières d'Oyapock, d'Apromague, de
Kau, de Mahury, de Kourou, de Sinnamary,
visitant les postes (2), les habitations, les villages indiens (3). Je laissois ma goclette à l'embouchure des rivières (4) que je remontois dans
une pirogue indienne, armée de seize rameurs, 9
et je traversois à cheval les partics de forêts
ou de savannes que je voulois visiter. C'est là
que la nature sauvage étale toute sa magnificence. Nous qui ne Sa vons rendre la terre productive qu'avec des bras ct des charrues, comment n'e éprouverions - nous pas un sentimcnt
d'admiration au milieu de ces déserts immenses;, où s'excrce, sans bras et sans charrues, s
la puissance d'une éternclle végétation P oùr
Phomme véritablement étranger à cette multitude d'êtres animés qui y vivent en propriétaires, a. l'air, au milieu d'cux, d'un monarque
détrôné ?
C'est pour un Evropéen un autre univers
que ce continent ; c'est sous d'autres formes
et dans d'autres proportions qu'il retrouve les
quadrupèdes les reptiles , les oiscaux, lcs
insectes. En général les animaux y sont plus
foibles, et les plantes plus robustes, les reptiles énormes. Les bois y ont plus de majesté;
ils représentent, par leurs différens Ages, la --- Page 38 ---
wrz
INTR O D U C TIO N.
succession des siècles. La terre qu'ils couvrent
se recompose de
de leur ombre impénétrable,
leurs débris; leurs espèces, tantôt semblables,
mélangées, indiquent la qualité du sol,
tantôt
leurs racines pivotent ou s'étendent
selon que
ordonnateur de ce
horizontalement. Le grand
semble s'être soumis aux règles
vaste jardin
dans la distribution des sites,
de la perspective
des massifs.
des plantations, des claires-voies. ,
des
On diroit que la nature du sol, le cours des
eaux, ont été consultés pour l'emplacement famille de
prairies, des forêts, et que chaque
cherché avec intelligence le terrain
végétaux a
Les beaux fleuves qui arqui lui est propre.
lieues de
rosent cette contrée à dix et quinze limites
distance les uns des autres, sont les
district. On trouve véritablement
de chaque
ai recueilli moi-même
dans ces déserts, et j'y
j'ai vu des
de la vanille, de la salsepareille;
arbustes à épices fort inférieurs au cannelier,
ont le
et lodeur. Il n'y a
mais qui en
goût naturelle et la botaau surplus que T'histoire s'enrichir de ces décounique qui puissent
utiles cultures qu'une
vertes; c'est à de plus
hommes industerre aussi féconde invite les
trieux. Mais lorsque de ces bois magnifiques été
passois sur les terrains qui en avoient
je
'ai vu des
de la vanille, de la salsepareille;
arbustes à épices fort inférieurs au cannelier,
ont le
et lodeur. Il n'y a
mais qui en
goût naturelle et la botaau surplus que T'histoire s'enrichir de ces décounique qui puissent
utiles cultures qu'une
vertes; c'est à de plus
hommes industerre aussi féconde invite les
trieux. Mais lorsque de ces bois magnifiques été
passois sur les terrains qui en avoient
je --- Page 39 ---
INT R o DU CTI O N.
dépouillés par la culture, je ne trouvois le
plus souvent qu'un sol usé, infertile, sabloneux. C'est dans les plaines d'Aprouague, de
Kau, , de Mahury, presque toutes inondées
dans les grandes marées, 3 qu'on aperçoit le sol
précicux dont on pourroit attendre de riches
récoltes.
Je revins à Cayenne très- satisfait de mon
voyage., ayant alors une opinion arrêtée, des
espérances, apercevant des moyens, mais ne
voulant rien hasarder sur ma propre responsabilité. J'étois en état d'entendre et de discuter.
Je résolus d'appeler les faits, lcs preuyes
et les raisonnemens, à l'appui d'un plan qni
n'appartiendroit à personne. 9 qui ne suroit
point mon ouvrage 9 mais le résultat d'une
opinion commune, suffisamment éclairée et
fortement prononcée. On verra qu'ancune de
Ces précautions n'a été négligée, et qu'au bont
de.- quelques années tont a été oublié. Ces
faits, ces résultats, mes comptes rendus, et la
solennité, la sanction, qu'ils avoient obtennes,
tout ccla s'est enseveli dans mon porte-fenilie.
La fatigue du voyage, le travail du cabinet,
avoient altéré ma santé. Je fus attaqué d'une
maladie dangereuse. Ce ne fut qu'au mois de
mai 1777 que je me trouvai en état d'assister --- Page 40 ---
etf
IN T R 0 D UeTIo N.
coloniale. Dans cet
aux séances de Yassemblée
théâtre de
intervalle, il y eut sur ce petit dintrigues 5 et
grandes agitations 2 beauconp la colonie eût resté
si j'étois mort à Cayenne, arrivé avec le projet
persuadée que jy étois
dont j'avois
de la vendre à une compagnie le seul contradicété et dont j'étois encore dans une position trèsteur. J'étois à cet égard
comme
me regardoit
bizarre. Cette compagnie ennemi, car j'avois conson plus dangereux dans la seule vue assurément
trarié ses projets
il étoit de mon
d'empdcher sa ruine; et comme de les défendre
devoir de protéger ses agens, calomnieuses, les COT
contre des imputations dans cette conduite les
lons croyoient voir
exclusif, dont il
préliminaires d'un privilége
se dissipdCes orages
ne fut jamais question.
de rétablir la paix
rent, et j'eus la consolation l'assemblée par une diset la confiance dans
sur tous les points.
cussion libre et franche
des déclarations
Des informations anthentiques, éclaircirent tous les faits
précises et vérifiées et l'on eut pour la prejusqu'alors incertains, base d'un nouveau plan 2
mière fois, comme
de prenves et une
un voeu public, un corps
que d'autres sysraisonnées,
masse d'opinions
non détruire.
remplacer 2 mais
tèmes pourront
'assemblée par une diset la confiance dans
sur tous les points.
cussion libre et franche
des déclarations
Des informations anthentiques, éclaircirent tous les faits
précises et vérifiées et l'on eut pour la prejusqu'alors incertains, base d'un nouveau plan 2
mière fois, comme
de prenves et une
un voeu public, un corps
que d'autres sysraisonnées,
masse d'opinions
non détruire.
remplacer 2 mais
tèmes pourront --- Page 41 ---
IN T R OD UCTI O N.
Je jouis beaucoup dans cette circonstance du
changement qui s'étoit opéré dans les esprits,
de l'activité, du mouvement excité par des
espérances qui n'étoient plus illusoires. Tout
cela n'étoit que momentané. Il y avoit, si j'ose
le dire, une conjuration d'inertie, d'anciennes
moeurs, qui se taisoit devant moi, mais qui se
renforçoit de tous les mécontens qu'excitent
toujours les réformes, les innovations, la censure d'une administration surveillante et sévère. Cependant les signes d'une satisfaction
générale, d'une amélioration prochaine, étoient
prédominans. J'envoyai à la cour 2 avec les
actes de l'assemblée, les mémoires de plusieurs
députés qui présentoient plus de recherches, de
vues et de lumières qu'il n'en étoit jamais
sorti de Cayenner Tous les hommes honnêtes
et capables m'étoient dévoués, et le gouverneur- que ses préjugés, ses habitudes eussent
éloigné de moi, s'en rapprochoit par honnêteté, et suivoit fidèlement ses instructions qui
étoient de me laisser faire : je me voyois donc
plus de moyens que d'entraves, et je marchois
avec assurance vers le but. Le voyage de Surinam, les instructions que je devois puiser dans
cette colonie, m'étoient indispensables pour
fixer la direction et les procédés des établis- --- Page 42 ---
IN T R OD U C T I O N.
Des raisons encore plus
projetois.
semens queje acoclérérent mon départ.
pressantes
quitté Paris, que les engageA peine eus-je
les
dont j6avec moi et
pouvoirs veux ni ne
mens pris furent oubliés. Je ne
les
tois investi
dont j'ai reçu
dois accuser M. de Sartines, d'égards et de conles plus touchantes
et de
preuves
ministre obsédé d'intrigues
fiance. Un
d'affaires, doit souvent
sollicitations, accablé
(y sont exle fil, et ses coopérateurs
et
en perdre
erreurs, que les lumières
posés aux mêmes
tonjours. Le bales talens ne préviennent pas Paultz réunisde Besner et la compaguie
ron
avoient repris de Vascendant.
sant leurs efforts
de Surinam, que j'avois
Ces nègres - marrons redevenus une puissance
dédaignés, 7 étoient
la plune du baron.
le
sous
mon arrivée à Cayenne,
mois après
: Un
des ordres positifs,
et moi reçàmes
et
gouverneur V'adoption de ce plan d'émigration, l'éportant
à faire pour en commencer
les dispositions étoit évident que le gouvernetablissement. Il
de Fleurieu et la Coste, dont
(*) C'étoient alors MM:
et qui
lumières et la probité ne sont pas équivoques, aux
les
moi une confiauce avengle
n'accordoient pas plus que
gens à projets.
: Un
des ordres positifs,
et moi reçàmes
et
gouverneur V'adoption de ce plan d'émigration, l'éportant
à faire pour en commencer
les dispositions étoit évident que le gouvernetablissement. Il
de Fleurieu et la Coste, dont
(*) C'étoient alors MM:
et qui
lumières et la probité ne sont pas équivoques, aux
les
moi une confiauce avengle
n'accordoient pas plus que
gens à projets. --- Page 43 ---
IN T R 0 D U C T I, 0 N.
ment trompé n'apercevoit pas le danger de
nous mettre ainsi dans un état d'hostilité contre
les Hollandais, en donnant asyle et protection
à leurs esclaves révoltés, et en annonçant implicitement à ceux qui ne l'étoient pas, qu'ils
seroient les bien - venus quand ils voudroient
changer de maîtres.
J'avois heureusement pris la précaution 1. s
avant mon départ, de me faire autoriser, ainsi
que M. de Fiedmont, à suspendre l'exécution
et la promulgation des ordres du roi, dontnous
reconnoltrions les inconvéniens.
Il n'y avoit pas à balancer dans cette circonstance sur l'usage de cette prérogative.
Mais puisque M. de Besner étoit parvenu si
promptement, cn mon absence, à faire changer
les premières conventions, la résistance ouverte eût été aussi dangereuse que l'obéissance
passive. J'adoptai un terme moyen : je démontrai au ministre ce qu'il y auroit d'imprudent et de déloyal dans l'exécution littérale de
ses ordres; mais nous lui annoncions que nous
arriverions an but, par une mnarche plus sûre
et plus circonspecte.
Puisqu'on avoit la folie de regarder comme
un bonheur cette invasion de notre territoire
par une troupe de nègres fugitifs, il falloit --- Page 44 ---
R
OD UCTI O N.
INTRO
sans se comprorésoudre le problèms
contrarier
bien
les Hollandais, 2 sans
et
mettre avec
de la Çour ;
les intentions
sur la
manifestement
fimes : nous primes
c'est ce que nous Pinitiative de partie plairégence de Surinam direction des attaques du
et lésée. La
chassé les révoltés
gnante hollandais avoit
mis en fuite
général terres. Ceux-ci avoient
en
sur nos
alliés : nous n'étions pas
les Indiens nos
force suffisante à cette
état d'opposer une étoit nombreuse 5 nous
si elle
émigration,
d'entrer en négociation
étions donc forcés
lettres sur cette maNos
avec les fugitifs. hollandais et au ministre
tière au gouverneur
assez piquant
un contraste
obserdu roi, présentent
: nos
franchise et de dissimulation
effecde
étoient justes, , nos dispositions au
vations
dissimulions également 2
tives; mais nous
notre arrière-penet au ministre 7
cette entrave, 9
gouvernenr mienne étoit d'écarter
sée. La
le principal, d'obtenir
de faire de l'accessoire
bien d'autres avanvoyage à Surinan
de mon
attendoit de lémigration
tages que ceux qu'on l'abbé Raynal Ini-même,
à laquelle
M. de
des nègres,
le Gonvernement par
trompé comme
importance.
attachoit la plus grande les lieux
Besner,
sur
Il fallut donc me transporter
entrave, 9
gouvernenr mienne étoit d'écarter
sée. La
le principal, d'obtenir
de faire de l'accessoire
bien d'autres avanvoyage à Surinan
de mon
attendoit de lémigration
tages que ceux qu'on l'abbé Raynal Ini-même,
à laquelle
M. de
des nègres,
le Gonvernement par
trompé comme
importance.
attachoit la plus grande les lieux
Besner,
sur
Il fallut donc me transporter --- Page 45 ---
IN T R OD U
T I O N.
pour dissiper toutes les illusions. Je m'étcis -
fait accompagner par deux hommes éclairés,
MM. Mentel et Mettéreau, en état de m'aider
dans mes recherches et mes observations.
Arrivé à Paramaribo,y fus reçu avec les plus
grands honneurs en qualité de commissaire du
Roi dans la Guiane française, accrédité près
le Gouvernement Hollandais. Je fus un moment
embarrassé de mon rôle qui s'étcit agrandi à
mon insu.
Cette superbe colonie étoitdansla plus grande
fermentation, la guerre des Nègres' occupoit
uniquement sa régence, et tous les liabitans
étoient divisés en deux partis, les uns pour >
les autres contre le gouverneur. A la tête du
parti de l'opposition étoit le commandant des
troupes, nommé parle Stathouder. Cetofficier
vouloit faire prévaloir le régime militaire et
l'influence du Prince ; celle de la compagnie
propriétaire ne se maintenoit que par la vigueur
et l'habileté du gouverneur, quiluttoit presque
seul contre le parti Orangiste.
Les nègres-marrons étoient encore plus alarmans sur les lieux, que dans les récits de l'abbé
Raynal et du baron de Besner. Lorsque je vis
l'agitation des chefs, celle des colons, le nombre et la bonne tenue dcs troupes qui leur
1.
--- Page 46 ---
""
I N T R O DU CTI O N.
trouvai 7 pour la première
étoient opposées 2 je
et les combiles conjectures
chifois, vraiemblablesl e-là, m'avoient paru
naisons qui, jusque été presque malgré moi
mériques. Mais ayant plénipotentiaire, , métransformé en ministre arbitre de leurs quediateur entre les chefs, délibérations, j'eus tous
relles, associé à leurs à fond et dans le plus
de connoître
les moyens
histoire des nègres-marrons,
grand détail, cette
, celle des nègres
leur nombre, leur position, avoit traité. Je ne répélibres avec lesquels on va lire dans mon compte
zerai point ici ce qu'on seulement que cet exemple,
rendu : je dirai
d'antres, ne permet
à la suite de beancoup une foi explicite pour
point à un homme sage à projet. Comment
les historiens et les gens général dont j'ai été
l'effroi
avec
donc expliquer
en Europe
témoin, et qui se transmettoit ?
ridicules
des exagérations
de Mandrin composée
On a vu la troupe répandre la consterd'une centaine d'hommes et mettre en mounation dans, les provinces armés 7
: anjourd'hni
vement plusieurs corps
ou trente brigands
de vingt
même des troupes Rhin suffisent pour occuper
sur les bords du
et d'infanterie, 9
de cavalerie
directions 5
des détachemens dans plusieurs
qui les poursnivent
transmettoit ?
ridicules
des exagérations
de Mandrin composée
On a vu la troupe répandre la consterd'une centaine d'hommes et mettre en mounation dans, les provinces armés 7
: anjourd'hni
vement plusieurs corps
ou trente brigands
de vingt
même des troupes Rhin suffisent pour occuper
sur les bords du
et d'infanterie, 9
de cavalerie
directions 5
des détachemens dans plusieurs
qui les poursnivent --- Page 47 ---
INTR 0 D U T I O N.
et ces gens-là ne brûlent pas, ne massacrent
pas indistinctement tous ceux qu'ils rencontrent. Il est donc naturel que dans une colonie
où les blancs sont infiniment moins nombreux
que les noirs, toute insurrection armée soit un
fléau redoutable ; et lorsque les révoltés sont
une fois retirés dans des bois, dans des marais
impénétrables, qu'ils se lancent de-là sans être
aperçus 2 tantôt sur un point, tantôt sur un
autre 3 portant le fer et le feu par-tout où ils
passent, la population toute entière est en danger, ainsi que ses établissemens, et les dispositions défensives doivent avoir un appareil
beaucoup plus imposant que celles de l'ennemi
qu'on a à combattre. Le plan du gouverneur
Neveu me parut le plus sûr : il avoit mis entre
les brigands et lui un retranchement garni de
postes et de redoutes ; on y travailloit depuis
onze mois seulement, etil y avoitdéja un cordon
de quinze lieues parfaitement fortifié : il devoit
ceindre ainsi toute la colonie. C'étoit un tableau
en miniature de la grande muraille de la Chine.
Je me trouvai d'accord avec lui sur le fond et
la forme; mais je ne voulois point rompre avec
le parti orangiste. Je vécus en bonne intelligence avec tous. Ils me comblèrent d'égards et
de bontés, , et je me livrai sans réserve aux --- Page 48 ---
T R o D U C T I O N.
Je re36
I N
le plus.
recherches qui m'intérescient le commerce, 7
surla partie conomique,) lé desaichement et
cueillis
la police 2 sur
plus
les finances,
les informationalen
des terres,
mes deux compaTexploitation Je faisois vérifier par
je me procuexactes.
que
tous les renseiguemens
d'emmener
gnons
j'obtins la permnision du roi, un
rois. Enfin
au service
moi, et d'attacher de plus un excellent
avec
habile qui étoit le service le plus
ingénieur M. Guisan. C'est à la Guiane franhomme,
j'aie rendu
important que
çaise.
mieux approrione de
Je revins à Cayenne plein d'espérances,
je n'en étois parti, des projets: mais ayant
que
formant aussi
je n'avois
volonté, habile à ma dispostion, et le laisser
un homme
que de Paider fièvre intermitd'autre J'étois peétention affoibli par une
et de santé.
faire.
besoin de forces
de la
tente, et j'avois pendant mon absence, scanOn avoit abusé,
Un procès
de M. de Fiedmont.
étoient
foiblesse
quelques magistrats de ma
daleux, dans lequel avoit déja provoqué me sut
juges et parties, nécessaire. Lorsqu'on
on
une sévérité
état de santé, en
part
dans un mauvais me rendre
à Surinam, j'en partirois pour revint sur ce qui
crut que Le conseil supérieur
France.
ente, et j'avois pendant mon absence, scanOn avoit abusé,
Un procès
de M. de Fiedmont.
étoient
foiblesse
quelques magistrats de ma
daleux, dans lequel avoit déja provoqué me sut
juges et parties, nécessaire. Lorsqu'on
on
une sévérité
état de santé, en
part
dans un mauvais me rendre
à Surinam, j'en partirois pour revint sur ce qui
crut que Le conseil supérieur
France. --- Page 49 ---
INT R ODU C T I O N.
avoit été fait sous ma présidence, et annulla
l'arrêt qui avoit sanctionné ma décision: c'étoit
un indice de la destinée qu'auroient uIl jour
les actes principaux de mon administration. Je
ne voyois aucune amélioration possible, si
l'administration de laj justice et de la police ne
reprenoit le caractère de vigueur et d'équité
que j'avois voulu lui imprimer. Je le lui conservai au moins pendant mon séjour. Je fis
exclure du conseil, par ses propres collègues,
le magistrat qui les avoit séduits, et la récusation des autres fut jugée par des notables qui
furent par eux - mêmes appelés au tribunal.
Les tracasseries se succédoient ; M. de Fiedmont m'en laissoit tout le poids : les juges et
les justiciables, les débiteurs du roi, les agens
ineptes et les ennemis acharnés de la compagnie exerçoient ma patience. C'est ainsi que
les différens devoirs de ma place me détournoient souvent de magrande affaire,quiétoit en
même temps ma récréation 3 car je ne connois
rien de plus attachant qu'une administration
rurale, conçue et exécutée sur un grand plan, 2
liée à un but politique, entourée d'obstacles
qu'il faut traverser pour arriver aux moyens.
Et déja des difficultés vaincues, des espérances
fondées, un changement de scène opéré autour --- Page 50 ---
C TIO N.
Ix T R oDt
e
chemins, des desséchemens,
de Cayenne ; des
canal tracé qui se creusoit
des plantations, un quelles étoient mes jouissous mes yeux : voilà à M. Guisan 2 mais je le
sances 5 je les devois
opérations. Je lui
destinois à de plus grandes reconnu tout ce qu'il
avois dit, après avoir colonie vous doive son
valoit : CC Que cette l'institnteur, vous êtes
soyez-en
création 5 je
> existence, seul homme capable d'une
is !
> ici le
veux être que votre appui
et ne
et
5 ne peux
cela linvestir de confiance disIl falloit pour
les colons les plus
d'antorité. J'engageai MM. de Boisbertelot et
et notamment
et à visiter
tingués, à se faire ses disciples, Je doublai
Couturier,
exploitables.
avec lui les terrains l'établis commissaire - raptraitement; je
pour conson
de toutes les affaires rurales, de terporteur abornement et distribution générale de
cession,
il avoit la direction
rain 3 enfin,
du roi, quej javois
tous les travaux 5 et l'atelier étoit à ses sordres.
porté à cinq cents nègres, nouvel ordre de choses ;
Ici commence un
l'ignorance se tait,
se cachent,
les arrêtés de
les préjugés
guider :
va nous
ses voeux 2 ses asYexpérience
l'assemblée, ses conjectures Trois hommes dévonés
sertions se réalisent.
ont visité aved
de courage et de talens,
pleins
roi, quej javois
tous les travaux 5 et l'atelier étoit à ses sordres.
porté à cinq cents nègres, nouvel ordre de choses ;
Ici commence un
l'ignorance se tait,
se cachent,
les arrêtés de
les préjugés
guider :
va nous
ses voeux 2 ses asYexpérience
l'assemblée, ses conjectures Trois hommes dévonés
sertions se réalisent.
ont visité aved
de courage et de talens,
pleins --- Page 51 ---
IN T RODUCTI O N.
des risques et des fatigues incroyables vingt
lieues de terres basses : ils ont sondé le terrain,
pris des niveaux pour l'écoulement des eaux,
levé des plans, $ tracé la direction des canaux, 9
l'emplacement des établissemens. Des procèsverbaux authentiques, des opérations géométriques sont substitués à des fables absurdes ;
un système de culture fondé en raisons et en
faits va s'établir dans la Guiane : le Gouvernement ne peut plus errer 2 les entrepreneurs
savent ce qu'ils ont à faire pour réussir; il ne
leur manque plus que des modèles de desséchement, de bâtimens, d'écluses, de machines :
ils vont être exécutés. M. Guisan suffira à tout:
ses braves adjoints sont en état de le seconder;
les élèves, les prosélytes se multiplient, etje
n'ai plus qu'à soigner la fortune de ceux qui
peuvent concourir aussi efficacement à la fortune publique. C'étoit pour moi une dette à
acquitter que les récompenses méritées par MM.
de Boisbertelot et Couturier. Je voulus encore
qu'elles fussent utiles à la compagnie, qui,
malgré tous mes efforts, se précipitoit dans le
gouffre où elle s'est ensevelie.
On a vu que j'étois occupé à la défendre, à
l'éclairer , à modérer son ardeur. Une déférence apparente ou réelle, des démonstrations de --- Page 52 ---
IXTRO DU C T I O N.
des instances
confiance et de recomoisance, même au besoin ses agens,
pour diriger, punir bons offices; mais toutes
étoient le prix de mes démenties par leurs actes.
leurs paroles étoient aucun point mes instrucIls n'avoient suiyisur
en culture ,
leur début en commerce, directeur
tions ;
: ils avoient choisi pour
se
étoit insensé
incapable, entèré, qui
un homme vain,
d'une compagnie soucroyoit le représentant
manquoit
ses subordonnés,
veraine, maltraitoit officiers du roi, et faisoit
aux habitans, aux
sottises. Après
frais les plus grandes
me
à grands
réprimandé, menacé,je de
Pavoir inntilement l'interdire, et je résolus
vis contraint de cette entreprise 1 qui étoit
placer à la tête de
les seuls hommes
de la plus grande importance, à bien. J'avois arrêté
en état de la conduire d'après les vérifications
un plan d'opérations Je 3 me croyois au moment
faites par M. Guisan.
d'une administration
les fantes
dide réparer
je vis arriver un nouvean ; il
inepte, lorsque
employés Européens
recteur et quarante à laisser périr cette compafallut me résigner celles qui l'avoient prégnie, commne toutes
cédée.
fait-il donc que la prévention 9
Conment.se
aient un plus grand
T'amour-propre, l'ignorance,a
plan d'opérations Je 3 me croyois au moment
faites par M. Guisan.
d'une administration
les fantes
dide réparer
je vis arriver un nouvean ; il
inepte, lorsque
employés Européens
recteur et quarante à laisser périr cette compafallut me résigner celles qui l'avoient prégnie, commne toutes
cédée.
fait-il donc que la prévention 9
Conment.se
aient un plus grand
T'amour-propre, l'ignorance,a --- Page 53 ---
I N T R 0 D U C T I O N.
empire sur la plupart des hommes que leur a
intérêt personnel, qu'il soit si difficile de les
éclairer 3 dc les servir, et qu'ils aient presque
toujours plus d'entrainement pour les idées
fausses que pour les idées justes?
Lorsque je vis qu'il n'y avoit plus rien à espérer de ma correspondance avec les chefs de la
compagnic 3 je mc décidai à revenir en France :
je laissois un plan fixe, des instructions précises, des travaux commencés sur une base
solide. Le commissaire qui me remplaçoit, et
plus encore l'ingénieur dirigcant, étoient des
hommes sur lesquels je pouvois compter. Ma
mission étoit remplie; il étoit temps de la juger,
d'en constater lcs résultats. Je partis avec mes
preuves et mes moyens. Je portois au roi la
première récolte d'un géroflier planté depuis
cinq ans, et une collection précieuse des insectes de la Guiare, qui se trouve maintenant
au muséum de Londres ; car je fus pris par un
corsaire et conduit en Angleterre, où j'éprouvai
tous les égards, tous les secours, dont la répétition 2 dans des temps plus malheureux 2 ne
s'effacera jamais de ma mémoire.
L'accueil que je reçus à Versailles fut tel que
je pouvois le desirer. Traité avec bonté par le
roi, la confiance du ministre s'étoit accrue. --- Page 54 ---
INTR o D U C T I O N.
de
avec obligeance
M. de Maurepas me parla avoit produit ; et
voyage et de ce qu'il
toute
mon
d'Amérique occnpât
quoique la guerre
du Gouvernement, on
l'attention et les efforts donner suite à mes propone dédaigna pas de
mon plan, et de prositions, de sanctionner
à une nouvelle
mettre de grands avantages
des terres
société d'intéressés à lexploitation traitement; le roi
basses. On me continua mon d'indemnité. J'étois
ajouta trente mille francs
et chargé
y
de la Guiane,
toujours administrateur aux colonies : enfin,
d'autres affaires relatives baron de Besner, lorsplus au
je ne songeois venoit d'être nommné gouverque jappris qu'il
Cétoient les personnages
neur de la Guiane.
avoient, en
de la cour qui à cette noles plus puissans forcé M. de Sartines
quelqjue sorte 9
en le mettant de noumination. Ils'en vengea
la discussion du
veau aux prises avec moi porr vu de lui. Mon
dernier mémoire que j'aie
ne partit peu
triomphe n'empêcha pas qu'il oùt il est mort
après pour son gouvernenent, tous ses projets et les
au bout d'un an avec données à ses patrons. M.
espérances qu'il avoit
obstinément,
Guisan lui survécut; et travaillant éprouvoit, il fit
malgré tous les dégolts qu'il une sucrerie à
sortir des marais d'Aprouague
ises avec moi porr vu de lui. Mon
dernier mémoire que j'aie
ne partit peu
triomphe n'empêcha pas qu'il oùt il est mort
après pour son gouvernenent, tous ses projets et les
au bout d'un an avec données à ses patrons. M.
espérances qu'il avoit
obstinément,
Guisan lui survécut; et travaillant éprouvoit, il fit
malgré tous les dégolts qu'il une sucrerie à
sortir des marais d'Aprouague --- Page 55 ---
I N T R 0 D U CTI O N.
l'instar de celles de Surinam, et n'abandonna
la colonie qu'après avoir acquitté tous ses engagemens avec moi, et avoir publié un ouvrage
classique sur l'exploitation des terres de la
Guiane.
Tels sont les faits singuliers , dont il ne subsiste plus de traces que dans les mémoires que
je publie, et dans les souvenirs d'une génération qui s'éteint. C'est Phistoire d'un village et
d'un bailli de village, que je produis sur un
théâtre qu'occupent Jes plus grands personnages et les plus imposantes scèncs; essai ridicule s'il tenoit à quelque prétention, s'il ne se
lioit à de grands intérêts.
Le sort de la Guiane importe peu, sans
doute,au salut de l'Europe ; mais la conservation ou le bouleversement des colonies ne sont
pas indifférens à sa prospérité.
Nous avons tant de malheurs à réparcr, qu'il
seroit desirable de fermer toutes les issues qui
peuvent conduire à de nouveaux malheurs; et
j'aidéja vu au nombre des réparations projetées,
la Guiane annoncée comme un vaste champ
d'entreprises et de spéculations : ce n'est donc
pas une chose inutile, que de rappeler aux
gens à projets et au Gouvernement qui doit les
juger,comment coux qui les ont précédés se sont --- Page 56 ---
INTI R 0 DUCTI O N.
ont à faire, ou à éviter, pour
égarés, et ce qu'ils
leur activité.
employer fractueusement
la négligence de
La foiblesse, les variations, successif de ses,
l'effacement
Yadministration,
sont encore. une leçon
actes, de ses volontés,
où lon n'est frappé
instructive dans un temps
d'accord sur
des effets, oà l'on n'est pas et ces causes
que
;
les causes des grandes catastrophes; dans une accumufacilement
comse tronveroient
a celles qui
lation de fautes analogues
Phistoire de la Guiane.
posent
DES
MATIÈRES.
ORDRE
chapitres ou sections les
J'ai divisé en cinq
1°. Celles antérieures
pièces de cette collection.
2°. Les comptes
à mon départ pour Cayenne. pendant mon séjourrendus de mes opérations Surinam. 4°. Ma correspon30. Mon voyage à
de la Guiane. 50.Les
dance avec la Compagnie retour en France.
comptes rendus à mon
, que ce que
Je n'ai conservé en manuscrits dans ma bifait relier, et qui figuroit Tontle reste
j'avois
bliothèque comme lieresimprimés retrouvé aucun des
été brûlé en 1793. Je n'ai
a
pour Cayenne. pendant mon séjourrendus de mes opérations Surinam. 4°. Ma correspon30. Mon voyage à
de la Guiane. 50.Les
dance avec la Compagnie retour en France.
comptes rendus à mon
, que ce que
Je n'ai conservé en manuscrits dans ma bifait relier, et qui figuroit Tontle reste
j'avois
bliothèque comme lieresimprimés retrouvé aucun des
été brûlé en 1793. Je n'ai
a --- Page 57 ---
O R D R E D E S MA T I à R E S 45
cartons et portefeuilles qui contenoient les
dépêches des Ministres s les lettres, brevets,
commissions et instructions du roi, les lettres
des particuliers, et plusieurs de mes mémoires :
ainsi je ne peux rien produire sur les motifs que
j'avois présentés pour déterminer la convocation
d'une assemblée coloniale, les réponses de
M. de Sartines, les ordres du Roi expédiés en
conséquence. Il me manque aussi un rapport
assez intéressant de mes conférences avec les
administrateurs de la compagnie avant mon
départ. --- Page 58 ---
te
NOTES
nombreux sont du côté de la
(1) Les villages les plus
mon arrivée, une des
baie de Vincent-Pinson. Peu après baie fut établie; nous y en*
missions projetées dans cette
des marchandises de
deux prétres, des ouvriers,
aux
voyâmes
commandé par un sergent,
traite 2 et un poste Ceux k-ci parcoururent la baie,
ordres des missionnaires.
les présens qu'ils
rassemblérent les Indiens, et moyennant réunir tous les dimanches
firent, ils parvinrent à les
Ils les caleur
qu'ils avoient fait construire. assister au
dans la chapelle
et les faisoient
téchisoient 2 les baptisoient
chaque fois une ration
service divin en leur distribuant
de taffia.
vétantépuisés 2 les Indiens resLes approvisionmemens
commandant eut
dans leur carbet : le missionnaire des fusiliers.
tèrent
chercher par
l'indiscrétion de les envoyer
leurs chefs qui
et nous députèrent
Ceux - ci résistèrent,
leurs familles pour nous porter
arrivèrent à Cayenne avec
leurs plaintes.
absent, ils se rendirent chez noi;
M. de Fiedmont étoit
répétés dans les
leur image et leurs mouvemens ils
et
voyant
la salle où je les reçus, débutérent
glaces qui ornoient
missionnaire des fusiliers.
tèrent
chercher par
l'indiscrétion de les envoyer
leurs chefs qui
et nous députèrent
Ceux - ci résistèrent,
leurs familles pour nous porter
arrivèrent à Cayenne avec
leurs plaintes.
absent, ils se rendirent chez noi;
M. de Fiedmont étoit
répétés dans les
leur image et leurs mouvemens ils
et
voyant
la salle où je les reçus, débutérent
glaces qui ornoient --- Page 59 ---
NOTES DE T'INTAODUCTION.
par des cris de joie et de surprise; ils se mirent à danser,
touchant les glaces et leur parlant, cherchant à voir ce
qui étoit derrière. Mais ce premier mouvement calmé,
et sans attendre T'explication du prodige, ils reprirent
leur contenance grave, s'accroupirent sur le parquet, et
me fixant d'un air mécontent, me tinrent à peu près ce
discours, traduit par l'interprète, en présence du préfet
apostolique et de plusieurs officiers civils et militaires.
* Nous venons savoir ce que tu nous veux 2 pourquoi tu
nous
? Ils
nous a envoyé des blancs qui
tourmentent
ont fait un traité avec nous qu'ils ont violé les pre-
> miers; nous étions convenus 2 moyennant une bonteille
de venir les entendre chanter et
a de taffia par semaine,
>3 de nous mettre à genoux dans leur carbet. Tant qu'ils
D nous ont donné le taffia, nous sommes venus ; lorsqu'ils
> l'ont retranché, nous les avons laissés sans leur rien des mander, et ils nous ont envoyé des soldats pour nous
chez eux. Nous ne le voulons point.
Ils
2) conduire
et labourer la manièfe des
o veulent nous faire semer
à
> blancs; ; nous ne le voulons point. Nous pouvons te
> fournir vingt chasseurs et pêcheurs à trois piastres par
>, mois pour chaque homme. Si cela te convient, nous le
> ferons; mais, si tu nous fais tourmenter, nous irons étaD blir nos carbets sur une autre rivière. >>
Je les assurai fort qu'ils n'auroient plus à se plaindre,
que c'étoit pour les secourir et non pour les tourmenter
que nous leur avions envoyé des missionnaires. Je chargeai
le préfet de leur expliquer l'objet religieux de la mission;
son sermon fut inutile, ils y répondirent par des éclats de
rire. Je les comblai de présens, ils s'en retournèrent
fort contens. Les missionnaires eurent ordre d'être plus
ets sur une autre rivière. >>
Je les assurai fort qu'ils n'auroient plus à se plaindre,
que c'étoit pour les secourir et non pour les tourmenter
que nous leur avions envoyé des missionnaires. Je chargeai
le préfet de leur expliquer l'objet religieux de la mission;
son sermon fut inutile, ils y répondirent par des éclats de
rire. Je les comblai de présens, ils s'en retournèrent
fort contens. Les missionnaires eurent ordre d'être plus --- Page 60 ---
N 0 T E S
fut renouvelé, et ne proLe traité du taffia
labouré, ni un
circonspects. conversion 1 ni un champ
1 Ces
duisit ni une
des Indiens et des blancs. d'Inplus grand mapprochenent projet d'une répabligue
au nouveau
détails répondent
diens civilisés.
à Pembouchure
eus-je quitté ma goelette vis exposé à un
(2) A peine
que je me
lu dans les
de la rivière d'Aprouague, saisit d'effroi. J'avois
de
imprévu qui me
de ces ras
danger
la description
royages de la Condamine côte du Brésil, et qu'on rencontre
particuliers à la
de la Guiane. La mer
marée,
sur celle
un souflle de
aussi, mais rarement, calme, il n'y avoit pas rapidement à
étoit parfitement à rames me conduisoit
vent, et ma pirogue
PIndien qui étoit au gouver- du
l'entrée de la rivière, lorsque sur Phorizon, du côté
avoit les yeux fixés
Au premier
nail et qui
émotion à ses camarades.
Sud > "parla avec
comme dans un temps d'exercice
mot ils se levèrent tous
à la mer. Qu'en se figure ma les
tous ensemble
interdit ainsi que
et se jetèrent manceuvre. J'étois
pâle
surprise à cette
L'interprète, aussi
qui nlacompagnient. peur, monsienr,ila
personnes dit alors : n'ayez pas
soumoi, me
d'ane main,
que sauveront: 5 et les Indiens nageant Pautre. Tout cela se fainous
la barque de
tenoient, en riant,
ce dont i étoit question.
je susse encore
d'une vague unisoit sans que bientôt le mugisemnent
de Ja côte,
Mais Jentends
un torrent le long
qui couroit comme
Le bruit étoit affreux.
que,
en sayprochant.
fureur sur une mer
et grossissoit d'eau quise rouloit en dans cette vaste
Cette montagne
chercher
à moi
et qui paroissoit
tranquille,
Pengloutir 9 se présentoit
étendu 2 ma pirogue pour
question.
je susse encore
d'une vague unisoit sans que bientôt le mugisemnent
de Ja côte,
Mais Jentends
un torrent le long
qui couroit comme
Le bruit étoit affreux.
que,
en sayprochant.
fureur sur une mer
et grossissoit d'eau quise rouloit en dans cette vaste
Cette montagne
chercher
à moi
et qui paroissoit
tranquille,
Pengloutir 9 se présentoit
étendu 2 ma pirogue pour --- Page 61 ---
D E LINTRODUCTION.
comme le spectre de l'Océan, qui mc poursuivoit. Je me
crus submergé lorsque je vis la montagne fondre sur la pirogue; mais mes Indiens, après avoir tenu ma barque en
équilibre, avoient sauté dedans, et étoient occupés à la
vider, avant que je fusse bien stir d'ètrehors de tout danger.
Ces hommes, qui sont naturellement mélancoliques, rioient
à gorge déployée de mon air épouvanté, et sur-tout de
l'embarras que mc causoient mes vêtemens mouillés. Ils
s'estimoient sûrcment plus heureux et plus sages que moi
en comparant ma toilette à la leur, et leur sauvage agilité à ma lourde civilisation. Je chargeai l'inierprète de
leur faire tous mes remercimens, et de leur dire que je
leur donnerois tout ce qu'ils me demanderoient. Leurs
voeux se bornèrent à une petite provision de tafia, à
laquelle j'ajoutai quelqu'argent, qu'ils ne dédaignent pas,
mais sans y mettre autant d'importance que nous.
(3) A six lieues du poste d'Oyapock, je trouvai sur Un
1lot, placé au milieu du fleuve qui forme dans cette
partie une magnifique cascade, un soldat de Louis XIV,
qui avoit été blessé à la bataille de Malplaquet, et obtenu
alors ses invalidcs. Il avoit 110 ans en 1777, et vivoit
depuis 40 ans dans ce déscrt. Il, étoit aveugle et nu; 3
assez adroit, très-ridé; la décrépitude étoit sur sa figure 9
mnais point dans ses mouvemiens 5 sa démnarche, le son de
sa voix, étoient d'un homme robuste; une longue barbe
blanche le couvroit jusqu'à la ceinture. Deux vieilles
négresses composoient sa société, et le nourrissoient du
produit de leur pêche et d'un petit jardin qu'eiles
cultivoient sur les bords du fleuve. C'est tout ce qui lui
restoit d'une plantation assez considérable ct de plusiours
1.
4 *
mnais point dans ses mouvemiens 5 sa démnarche, le son de
sa voix, étoient d'un homme robuste; une longue barbe
blanche le couvroit jusqu'à la ceinture. Deux vieilles
négresses composoient sa société, et le nourrissoient du
produit de leur pêche et d'un petit jardin qu'eiles
cultivoient sur les bords du fleuve. C'est tout ce qui lui
restoit d'une plantation assez considérable ct de plusiours
1.
4 * --- Page 62 ---
N 0 T E S
Les gens
abandonné.
qui l'avoient succesitemeut de ma visite qui
esclaves
lavoient prévem facile de pourvoir à
qui Vaccompsgsoieat tres-heureux 5 car il m'étoit de rien, et terle rendit
vieillard ne manquit plus
Ily
ce que ce bon
d'aisance sa longue carrière. ni bu
minât dans une sorte n'avoit mangé de pain
vingt-cing ans qu'il
délicieuse du bon repas
avoit
une sensation
noire de
de vin : il éprouva Il me parla de la pernuque ; de
je lui fis faire.
un beau et grand priace;
que XIV, qu'il appeloit Villars, de la contenance
Louis martial du maréchal de de la bonté de Fénélon ?
l'air
maréchal de Catinat,
à Cambrai.
modeste du
il avoit été en sentinelle été économe
à la porte duquel
en 1730; il avoit
Il étoit vent à Cayenne étoient alors les seuls propeittaires
chez les Jésuites 1 qui lui-même un homme aisé lorsqu'il dans sa
opulens, et il éloit
Je passai deux heures ruine
s'établit à Oyapock. attendri du spectacle de cette curio
étonné,
à ma
cabane,
le respect, en impossicnt
des
vivante; la pitié, affecté que de cette prolongation la solitude el
sité : je n'étois
2 dans Pabandon, Je voulu
misères de la vie humaine secours de la société.
de tous les
refusa. Il me dit que
la privation
au fort; il s'y
lui une jouis
le faire transporter dans leur chute étoit pour
; que
le bruit des eaux
de la pêcle une ressource de vin et d
sance, et Vabondance une ration de pain,
puisque je lui assurois plus rien à desirer.
viande salée , il n'avoit avec de grandes démonatration soi
Il m'avoit reçu d'abord fus près de le quitter,
mais lorsque je
larmes. Il me retint pa
de joie; vénérable se couvrit de
qui sied si bie
visage
ce ton de dignité de ma grand
et prenant
sa cécité
mon habit; dapercerant malgré
à la vieillesse,
de pain,
puisque je lui assurois plus rien à desirer.
viande salée , il n'avoit avec de grandes démonatration soi
Il m'avoit reçu d'abord fus près de le quitter,
mais lorsque je
larmes. Il me retint pa
de joie; vénérable se couvrit de
qui sied si bie
visage
ce ton de dignité de ma grand
et prenant
sa cécité
mon habit; dapercerant malgré
à la vieillesse, --- Page 63 ---
DE WINTRORSCTION.
émotion, il me Zit:Attendez; puis il se mit à genoux, >
pria Dieu , et m'imposant ses mains sur la tête, me
donna sa bénédiction.
(4) J'allai dans chaque rivière jusqu'aux villages indiens
qui habitent sur les rives. Dans celle d'Aprouague: 2 on me
prévint que la peuplade la plus voisine du poste étoit attaquée d'une maladie épidémique qui en avoit fait périr
la moitié. J'ordonnai au chirurgien du poste de s'y transavec des remèdes, du vin, des vivres frais; et je
porter
Indiens
m'y rendis moi-mème. Je trouvai ces malheureux
dans leurs hamacs, 7 ayant à peine la force de parler. Ils
étoient attaqués d'une dyssenterie affreuse ; il n'y avoit
debout que le chef et deux de ses femmes. Je lui proposai
de faire transporter ses malades à l'hopital du fort, où
on en prendroit soin. Il me répondit fort gravement que
ce n'étoit pas la peine, qu'ils mourroient là aussi tranquillement que dans le fort d'Aprouague, et qu'ils n'auroient
pas la fatigue du transport. Je lui répliquaiqu'ils seroient
voiturés commodément dans des canots; que l'eau ou l'air
de son canton étoit empesté, et qu'il n'étoit pas raisonnable à lui d'y rester. Eh bien ! me dit-il, demandez aux
malades; s'ils le veulent, je le veux bien 7 nous les embarquerons quand vous l'ordonnerez. J'allai moi - même
dans les cases; je fis faire mes propositions par un interprète, et tous répondirent comme le chef: Ce n'est pas la
peine, autant vaut mourir ici qu'ailleurs. Effectivement
ils moururent tous en trois semaines, sans vouloir se soumettre à aucune espèce de régime, ni prendre un seul remède. C'est l'espèce d'hommes de la plus étonnante apathie
qu'il y ait sur le globe. Il faut un talent et une patience de
ai moi - même
dans les cases; je fis faire mes propositions par un interprète, et tous répondirent comme le chef: Ce n'est pas la
peine, autant vaut mourir ici qu'ailleurs. Effectivement
ils moururent tous en trois semaines, sans vouloir se soumettre à aucune espèce de régime, ni prendre un seul remède. C'est l'espèce d'hommes de la plus étonnante apathie
qu'il y ait sur le globe. Il faut un talent et une patience de --- Page 64 ---
N 0 - T E S
comme ils Tont fait au Paraguay.
jésuite pour en tirer parti,
d'action et d'inD'un autre côté , ils ont une persévérance lorsqu'ils ont un dessein artention qui indiqueroit que les 2 décourage. Mon apparition
rêté, ancune difficulsé ne
à de grandes distances
villages s' s'étoit répandue
avec
dans ces
n'avoient aucune communication chez
chez des Indiens qui
chef blanc étoit venu
les blancs. Ils apprirent qu'un fait des présens. Une tribu enleurs alliés, et leur avoit
étoit à plus de cent lieues
tière de soixante individus, qui
venir me voir. On
se mit en route pour
toutes
de nos dtablissemens, à Oyapock. Ils parcoururent enfin
leur avoit dit quej'étois j'avois passé, et vinrent
les rivières par lesquelles mois de marche, à Surinam où
trois
me chercher 1 après
d'Indiens fut un événement
alors. Celte émnigration
leurs pirogues 5 on
j'étois
hollandaise. On arrêta
fort
dans la colonie
vouloient. Ils expliquérent à
leur demanda ce qu'ils chef
qu'ils avoient
cherchoient le
français, sans embarras.
bien qu'ils
ils m'abordérent
lui parler; 5 et en effet, donné des haches et des armes
Leur chef me dit : c Tu as
t'en demander >2, Je
à feu à telle nation 7 nous venons tort d'y ajouter des
>
desiroient: : j'eus
leur donnai ce qu'ils
en fureur. Il n'y eut cepenfortes qui les mirent ils s'en retournèrent fort
liqueurs
et
dant pas de sang répandu,
d'eux et de moi.
étoit
contens
Indiens de la rivière dAprouagne avoient
Le chef des
actif de tous ceux qui
intelligent, le plus
à
le plus
nous. Il étoit venu fréquemuent
des rapports avec
5 il entendoit le frangais,
Cayenne et dans nos plantations laissé persuader que le moyen
il nimeit Pargent, etilsétoit étoit de cultiver le coton
simple de s'en procurer
désigné comme
le plus
On nous l'avoit donc
et de le vendre.
Aprouagne avoient
Le chef des
actif de tous ceux qui
intelligent, le plus
à
le plus
nous. Il étoit venu fréquemuent
des rapports avec
5 il entendoit le frangais,
Cayenne et dans nos plantations laissé persuader que le moyen
il nimeit Pargent, etilsétoit étoit de cultiver le coton
simple de s'en procurer
désigné comme
le plus
On nous l'avoit donc
et de le vendre. --- Page 65 ---
DE L'INTRODUCTION.
Phomme le plus capable de concourir à nos vues sur les
Indiens. Je trouvai effectivement sur son terrain la valeur d'un arpent planté en coton 1 ct à peu près le doubie
en mais, magnoc et petit mil; c'est tout ce qu'il avoit
pu obtenir du travail de ses femmes : il en avoit cinq.
Mais les autres Indiens de sa nation s'étoient refusés aux
propositions qu'il leur avoit fites, ct plusieurs familles
l'avoient quitté pour se soustraire 7 disoient - ils, à ses
persécutions, 7 qui n'étoient cependant que des reproches
et des conseils ; car l'autorité des chefs sur les Indiens
de la Cuiane est extrèmement limitée. Ils représentent
parfaitement nos maires de'villages, et n'ont de commandement absoiu qu'à la guerre, ui ne se décide que dans
le conseil commun et par la volonté des chefs de famille.
N'ayant point de propriétés, ils n'ont point de procès,
point de querelles d'intérêt Ou d'ambition ; ils ne se battent entr'enx que lorsqu'ils sont ivres, et les femmes alors
interviennent pour les séparer; : les transporter dans leur
hamac, cC qui termine la bataillc. Ils n'ont presqu'aucune
des passions qui nous agitent ; car, d'apris ce que j'ai vu
et recueilli, l'amour SC réduit pour enx àl la demande età la
réponse. Leurs femmes étant généralement laides, la paix
et l'innocence résident dans leurs ménages ; mais la condition de ces pauvres femmes est vraiment déplorable.
Indépendamment des soins de la maternité, elles sout les
servantes et lcs porte-faix de leurs maris, qui ne prennent pas la peine de rapporter au carbet le gibier qu'ils
ont tué, le poisson qu'ils ont pris, sonvent à plusieurs
lieues de leur village ; ils jallonnent alors le chemin qu'ils
ont parcouru, et rentrent au carbet en indiquant à leurs
femines où elles doivent aller chercher la proyision.
pauvres femmes est vraiment déplorable.
Indépendamment des soins de la maternité, elles sout les
servantes et lcs porte-faix de leurs maris, qui ne prennent pas la peine de rapporter au carbet le gibier qu'ils
ont tué, le poisson qu'ils ont pris, sonvent à plusieurs
lieues de leur village ; ils jallonnent alors le chemin qu'ils
ont parcouru, et rentrent au carbet en indiquant à leurs
femines où elles doivent aller chercher la proyision. --- Page 66 ---
NOT 1 S
rien
plus rien, ou presque
Comme on ne retrouvera
si ce n'est
dans cette collection de relatif aux Indiens,
abande leur civilisation, qui n'est point encore
le projet
aci une observation que je crois
donné, je me permettrai
P'impossibilité de faire
décisive 2 et qui mlavoitéchappé,sur) fait au Paraguay.
jamais dans la Guiane ce qui a été
suppose toujours un commenceUne grande population
les
ont trouvé
ment de civilisation ; et c'est ce que jésuites attachés
parties du Paraguay. Ils se sont
dans plusieurs
nombreuses, et qui avoient déja
d'abord aux tribus les plus
naturelle à tous les sauvages pour
vaincu la répugnance Aussitôt qu'ils ont pu parvenir à
la culture des terres.
à les instruire, et à
les soumettre aux lois de la religion 2
rendre familière la pratique de piusieurs de nos arts,
leur
d'ordre, de travail et dejouison conçoit que cet exemple
qu'aidés
de
en proche;et
sance, a pu se propager proche aborder les naturels
les naturels civilisés, ils ont pu
par
les attirer à eux 2 les fixer dans leurs boursauvages,
ainsi leurs dtablisemens.-Mais daus
gades, et multiplier la matière manque pour ce déla Guiane française 1
les missionnaires
veloppement ic progrès et de succès ;
cinatteindre que des villages de vingt à
ne pourroient
à des distances immenses les uns
quante familles, placés
des autres.
sont
2°. Les missionnaires dont nous pourrions disposer
classe très -inférieure à lordre des jésuistes, qui
d'une destinoient à cet emploi les jeunes gens les plus distingués
leurs talens, et qu'ils avoient soin de perfectionner
par Pétude de tous les aris les plas utiles à des hommes
dans
s'agit de réunir en société. Ils avoient parmi
nouveaux qu'il
et ils envoyoient au Paraguay, d'habiles ingénicurs
eux,
2°. Les missionnaires dont nous pourrions disposer
classe très -inférieure à lordre des jésuistes, qui
d'une destinoient à cet emploi les jeunes gens les plus distingués
leurs talens, et qu'ils avoient soin de perfectionner
par Pétude de tous les aris les plas utiles à des hommes
dans
s'agit de réunir en société. Ils avoient parmi
nouveaux qu'il
et ils envoyoient au Paraguay, d'habiles ingénicurs
eux, --- Page 67 ---
DE L'IxTRODUOTIOx.
état d'exécuter les machines et les travanx les plus
en
des dessinateurs, des musiciens, etc. On
compliqués;
sait qu'ils avoient un plan de conduite et de régime qu'ils
suivoient avec' la persévérance et Phabileté qui caractérisoient cette société 2 dont le talent au surplus étoit de faire
des esclaves civilisés.
Nous n'avons rien de semblable quant aux moyens, ni
quant à l'espèce et au nombre d'hommes qu'il seroit
question de civiliser. Je dis l'espèce 9 parce qu'il est trèsdifférentes
de PAmérique n'ont de
vrai que les
peupludes
comnun entr'elles que les traits principaux de la vie sauvage,
mais diffèrent de caractère, d'habitude, d'activité et d'aptitnde. Ceux de la Guiane sont les plus bornés, les plus
paresseux du continent. On a vu conbien ils tiennent peu à
la vie et à toutes ses jouissances. Cette portion du continent
dans l'espace de deux siècies parles mênies
a été dépeuplée
causes et de la même manière que ceux de la rivière
d'Aprouague. Une naladie épidémique parmi eux est sans
ressource 5 ils ne connoissent point de remède et n'en
desirent pas. L'abus des liqueurs fortes les a successivement détruits. C'est bien nous qui leur avons fait ce fatal
présent; mais ils ont trouvé le moyen d'y suppléer par
des boissons composées et beauconp plus fortes que nos
eaux-de-vie. Je prie l'auteur du nouveau plan de.république à établir dans les montagnes de la Guiane. 2 de
prendre en considération tous ces faits; et s'il persiste
n'en
moins dans ma
dans son projet, je
persistorai pas
conclusion 7 qui est que nous avons fait beaucoup de
mal à ces malheureux Indiens et qu'il nous est impossible
de le réparer.
Je terminerai ces notes par un dernier extrait du journai
plus fortes que nos
eaux-de-vie. Je prie l'auteur du nouveau plan de.république à établir dans les montagnes de la Guiane. 2 de
prendre en considération tous ces faits; et s'il persiste
n'en
moins dans ma
dans son projet, je
persistorai pas
conclusion 7 qui est que nous avons fait beaucoup de
mal à ces malheureux Indiens et qu'il nous est impossible
de le réparer.
Je terminerai ces notes par un dernier extrait du journai --- Page 68 ---
-
N OT E S
moi tout Fintérès
de mon voyage, qni renouvelle pour
de la stène que je décrivois. le 5 211 matin, après avoir
( Nous nous embarquimics subdélégué de Pintendance
conché chez M. de la Forest, Indiens de cette rivière.
a Sinnamary. Je voniois visiterles les bois et la nature du terJe m'arrêtois pour examiner
facile sur le rivage qui
trouvois un abord
rain, lorequeje
différentes relâches
étoit souvent marécagenx. - Ces trouvai, au coucher
m'ayant fait perdre du temps 1 je me
où je ne produ soleil, à plus de deux lieues du village
le
ia nuit. La lune étoit dans soM plein,
posois de passer
Indiens escellens pagaieurs:
temps parfaitement beau, mes
route. Nous obserje ne balançai pas h continuer ma semble être pendani Ja
vions tous uIl profond silence, qui
de la nature. Le
nuit (et sur-tout dans le désert)le yoeu le sillage de la
courant de, Peau et son refouiement par le frémissela chute cadencée des rames,,
piroguc 1
souffle de vent agitoit dans la
ment des feuilles qu'un
auquel se
forêt , formoient un concert mélancolique, s'adressoit à
une voix humaine qui
mêla tout-à-coup
l'écho la
du rivage. Elle étoit douce et suppliante,
nous
allâmes chercher la voix : c'étoient un jeune
répétoit. Nous
dont la pirogue s'étoit ouverte ; ils
indien et sa femme,
village qui étoit à quatre ou
regagnoient par terre leur
la nuit engagés dans
cinq jouriées de l; et se trouvant ils avoient de fort
un marais qu'ils ne connoissoient pas,
pour deloin entendu le bruit des rames, et accouroient
leur
Ils furent reçus dans la pirogue avec
mander asyle. consistoit dans un hamac, un arc, et une
équipage, qui
de la farine de mais. Il étoit près
calebasse contenant
au carbct, que nous
de minuit lorsque nous abordâmes
agés dans
cinq jouriées de l; et se trouvant ils avoient de fort
un marais qu'ils ne connoissoient pas,
pour deloin entendu le bruit des rames, et accouroient
leur
Ils furent reçus dans la pirogue avec
mander asyle. consistoit dans un hamac, un arc, et une
équipage, qui
de la farine de mais. Il étoit près
calebasse contenant
au carbct, que nous
de minuit lorsque nous abordâmes --- Page 69 ---
DE n'IxrnpnEeriox.
aurions dépassé, , si le chant d'un coq ne nous avoit indiqué une habitation. Deux chiens se présentèrent cn
aboyant à notre débarquement, c'étoient les seuls habitans du carbet. Notre Indien passager nous apprit que
Ceux - ci n'ayant plus de filles à marier. 2 avoient été en
chercher dans son village 9 dont ils s'étoient anciennement
sépards. C'étoit un jeune homme d'une assez haute taille ;
il étoit beau comme modèle, mais d'une figure triste et
sévère. Sa femme de seize à dix-sept ans, étoit la plus
animée, 2 la seule Indienne jolie que j'aie vu. Des torches
de pin nous éclairoient en entrant dans le grand carbet
où toute la carayane se réunit. Nos gens se dispersèrent
ensuite pour abattre du bois, allumer des feux et préparer à manger. Mon hôte ne prenoit aucune part au
service; il s'étoit assis vis-à-vis de moi, entre son petit
équipage ct sa femme, qui avoit un bras appnyé sur
son épaule et le regardoit tendrement. Nouvelle épouse,
elle n'avoit point encore senti lc joug 2 porté de lourds
fardeaux, ni probablement entendu la voix du maitre ;
elle ne connoissoit de Phymen que SCS plaisirs. Un abri
str, une nuit tranquille, lui en promettoient jc renouvollement 3 elle étoit heureuse, son mari nc l'étoit pas:
ses yeux étoient fixés sur, moi. J'avois parlé à la jeune
fomme, je la regardois , j'étois pour Ini un homme dangereux. Il observoit tous mes montemens;je n'en aperçus,
je lui fis proposer de se retirer dans uue autre case oû on
lui porteroit à manger. Il répondit qu'il étoit bien, et
il restoit immobile : il se croyoit plus en sûreté dans la
sallc commune ; je m'en éloignai alors, d'autant qu'un
bruit étrange excitoit nia curiosité. Lc monvement de
vingt personnes qui abordent au milieu de la nuit dans
. Il observoit tous mes montemens;je n'en aperçus,
je lui fis proposer de se retirer dans uue autre case oû on
lui porteroit à manger. Il répondit qu'il étoit bien, et
il restoit immobile : il se croyoit plus en sûreté dans la
sallc commune ; je m'en éloignai alors, d'autant qu'un
bruit étrange excitoit nia curiosité. Lc monvement de
vingt personnes qui abordent au milieu de la nuit dans --- Page 70 ---
NoT E S
le reten58
faire le feu ,
Pabattis des arbres pour
des flammes 9
un bois 2
de hache, le pétillement immense de
tissement dcs coups
dans une peuplade
arrivée
avoient jeté lépouvante la forêt, et qui avant notre
qui habitoient
les arbres. Les premiers
singes
tranquillement sur
qui fut bientôt répété
dormoient jetèrent un cri d'alarme, les tons se varioient à
éveiliés
de voix dont tous
choeurs loinpar des milliers
se parlager en pnsieurs à Punisson 1
Vinfini et sembloient
bruyante
c'étoient tantôt une pealmolie d'un danger 5 d'une
tains; des cris aigus qui avertisanient de nous le mouvetantôt
Nous entendions au-dessus de branche ent
découverte.
avancés qui santoient
et fayoient
ment des postes
observer Pennemi
s'approcheient pour
tandis que les bataillons
branche,
des cris affreux, de la scène, n'aperensuite en jetant
distance
à une plus.grande
dialoguer tranquilleépars,
le danger 1 sembloient
Ce tapage dura
cevant point cause qui le produisoit. de
loin de
ment sur la
toute la nuit : les coups il fusil, fallut prendre
sans interruption
le désordre ; hâmacs. Le jeune
le faire cesser 2 mugmentérent : Oll tendit les
établit sa
Nous soupâmes
sonl parti.
rassurantes,
ayant vu mes dispositions
; je n'étois pas
Indien
dans la saile commnne sa femme ét lui
coucle nuptiale dans la mienne 1 lorsque
repliés sur
encore retiré
hamac 1 dont les deux pans
que
sautérent dans leur d'alcove et de rideaux. Aussitôt des
eux leur servirent impatient de voir les manceuvres J'allai dans le
lc jour parut, j'étois toujours le bruit. avoit parini
singes dont Tentendois avoient précédé : il y oiseaux et
les Indiens m'y
à tuer des
bois 1 chasseurs que Pemployois
mais ce jour-li
eux des
que je faisois empailler; faisoient la guerre aux
des quadrapides leur compte qu'ils
c'étoit pour
E
ôt des
eux leur servirent impatient de voir les manceuvres J'allai dans le
lc jour parut, j'étois toujours le bruit. avoit parini
singes dont Tentendois avoient précédé : il y oiseaux et
les Indiens m'y
à tuer des
bois 1 chasseurs que Pemployois
mais ce jour-li
eux des
que je faisois empailler; faisoient la guerre aux
des quadrapides leur compte qu'ils
c'étoit pour
E --- Page 71 ---
DE fINTRODrOTION.
singes, dont ils mangent volontiers la chair. Lorsque j'arrivai sur le champ de bataille, il y avoit déja dcs tués
et des blessés, dont les Cris douloureux n'émurent au
point que je fs cesser le feu. Les blessés suspendus par
leur queue à une branche d'arbre, lavoient leurs plaies
avec leur urine; les femelles portant leurs petits sous le
bras étoient dans l'égarement du désespoir : ceux qui
avoient échappé au péril fuyoient et revenoient auprès de
leurs camarades mourans. Ils nous regardoient 7 nous parloient avec indignation; j et les pauvres bêtes, 2 ne pouvant
faire mieux, cassoicnt des branches, ? arrachoient des
feuilles et nous les lançoient au visage. Leurs cris, leurs
gestes, leurs accens divers exprimoient le sentiment d'une
juste colère ; et quoique je n'entendisse pas leur langue 9
ma conscience me disoit qu'ils nous traitoient d'assassins, $
qu'ils nous demandoient compte de ces meurtres non provoqués, et qu'ils avoient non les moyens, mais le desir
et le droit de se venger. Les Indiens qui n'éprouvoient
pas mes scrupules, avoient reçu l'ordre de cesser de tirer
comme une annonce du départ ; ils se dépéchèrent en
conséquence de se saisir de lenr proie qu'il falloit aller
chercher au sommet des arbres, ci les morts et les mourans restoient toujours suspendus. Je vis alors des hommes
aussi lestes que des singes, embrasser comme enx le tronc
lisse des courbary, et s'élancer de branche en branche
pour décrocher leur gibier.
> Le singe est strement à une grande distance de Phomine,
mais quelques traits de ressemblance avec notre espèce
nous imposent P'obligation de la pitié, et tout animal qui
la sollicite par ses cris, ses larmes, son effroi, : devroitii y trouver l'homme insensible? L'empire que nous exer-
es, embrasser comme enx le tronc
lisse des courbary, et s'élancer de branche en branche
pour décrocher leur gibier.
> Le singe est strement à une grande distance de Phomine,
mais quelques traits de ressemblance avec notre espèce
nous imposent P'obligation de la pitié, et tout animal qui
la sollicite par ses cris, ses larmes, son effroi, : devroitii y trouver l'homme insensible? L'empire que nous exer- --- Page 72 ---
N O T E S
être légitimé par' nos besoins,
çons sur les animaux peut
aversion pour le
mais non par nos caprices 5 etj'ai une telle soumettre les
despôtisme, que je ne voudrois pas même y
où j'ades bords de la rivière,
bêtes. 1 Je me rapprochai armé de son arc et décochant une
perçus mon jeune Iudien,
oiseau c'étoit un poisson
flèche : je crus qu'il tiroit un
3 à l'eau pour aller
qu'il avoit tué. La femme veut se jeter autre Indien la
chercher la fèche et le poisson 2 mais 1tn
dont ils
tous à V'embarcadaire, 2
devance. Ils accouroient
ce nouveau genre
m'avoient vu prendre la route; et comme
étoit abontrès-curieux, et que le poisson
de pêche me parut
des chasseurs qui tiroient à balle
dant, j'excitai Témulation rarement leur coup. Je passai
sur les carpes, et manquoient
Après le diner, je
plusieurs heures dans cet amusement. destinois aux absens.
laissai au carbet les présens que je aussi enrichis de quelLes deux jeunes Indiens que j'avois
prirent congé de moi, et je m'embarquai
ques hagatelles,
>>
pour retourner à Sinnamary. être amusé les lecteurs ; mais
Ces détails auront peut- -
résultat plus utile de
je voudrois arriver avec eux à un la vie et les moeurs des
taht d'autres observations sur Péloignement même que
sauvages, et sur P'indifférence,
nos mocurs,. de
le
de nos arts, de
leur cause spectacle bornés qu'on les suppose, ils
noS jouissances. Quelque
ils raisonnent peu, mais
ont en général un sens droit; nombre d'idées sur les
ils rendent avec précision le petit
depuis la baie
leur jugement s'exerce. Cependant,
s
quelles
détroit de Magellan, ces hommes
d'Hudson jusqu'au
de figure, de caracdifférens entr'eux de tempérament, féroces, tous s'accordent
tère, les uns donx, les autres
aux coutunes
seul
qui est leur attachement
sur un
point,
ils raisonnent peu, mais
ont en général un sens droit; nombre d'idées sur les
ils rendent avec précision le petit
depuis la baie
leur jugement s'exerce. Cependant,
s
quelles
détroit de Magellan, ces hommes
d'Hudson jusqu'au
de figure, de caracdifférens entr'eux de tempérament, féroces, tous s'accordent
tère, les uns donx, les autres
aux coutunes
seul
qui est leur attachement
sur un
point, --- Page 73 ---
DE FINTRODUCTIOX.
do leurs pères, l'amour de la vie sauvage, la résistance
à la civilisation : et si l'on considère combien de fatigues,
de périls et d'ennui cette vie sauvage leur impose, il faut
qu'elle ait un chare prédominant, qui ne peut être que
l'amour de l'indépendance. 7 caractère distinctif de tous
les êtres animés.
Ainsi, Phomne sauvage et l'homme civilisé sont également malheureux en se livrant avec brutalité à cet instinct de la nature 2 ou en l'outrageant dans leurs institutions. C'est pour ne porter aucune espèce de joug que
'Indien 1 inutile à lui-même et à ses semblables, végête
ristement dans les bois ; c'est en voulant asservir à ses
passions tout ce qui Pentoure, que l'homme civilisé empoisonne pour eux et pour lui les bienfaits de la civilisation. Ces deux excès ne peuvent être les conditions
névitables de notre destinée. Raison ! liberté ! religion !
quand vous vous unirez pour gouverner les cités 2 il nous
sera très-facile de porter la civilisation dans les bois. --- Page 74 ---
PREMIÈI RE,
SECTION
Panalyse des mémoires, les
CONTEXANT été charge, et les proposirapports dont jai
ministre avant mon
tions que j'ai faites au
départ pour Cayenne.
eramen des projets , plans
1°. Rapport,
et mémoires;
les adminis20. Projet d'instructions pour
trateurs Des ; limites de la Guiane ;
30.
diverses, extraites de la
4". Propositions
correspondance établissement ;
de Juifs à Cayenne,
5.D'un
des Juifs Portugais ;
et de la réclamation du droit d'aubaine à
6°. De Pabolition
Cayenne et dans toutes les. colonies i
De la liberté de commerce à Cayenne
7°.
exception aur lois prohibitives
demandée par
dans ZLI2 eradont la nécessité est démontrée
men du système des économistes.
les
Les lettres d'envoi qui accompagnoient con
lorsqu'elles ne
rapports, sonl supprimées intéressant.
tiennent aucun autre détail
d'une
manquent sur les motifs
Les pièces qui
des propriétaire
cenvocation extraordinaire
avec la COm
de la Guiane, et les conférences
appartenoient à cette section.
pagnie, --- Page 75 ---
ILE DE CAYENNE
E-TCONTINENT DE LA GUIANE.
RÉSULTAT
De l'eramen des mémoires, plans et projets
présentés depuis 1709 jusqu'en 1775, pour
l'dvablissement de cette colonie.
Uxx multitude de relations faites à différentes époques et par des hommes différens,
présente sur cette colonie les mêmes observations, quant à la bonté du sol et du climat,
à la qualité des productions naturelles ou propres aux terres de la zonc torride. a
On ne peut pas révoquer en doute des témoignages multipliés, des expériences constatées ; et en réduisant toutes les exagérations des
enthousiastes de la Guiane, il cst toujours certain que cette grande possession peut devenir
infiniment précieuse à la France.
des hommes différens,
présente sur cette colonie les mêmes observations, quant à la bonté du sol et du climat,
à la qualité des productions naturelles ou propres aux terres de la zonc torride. a
On ne peut pas révoquer en doute des témoignages multipliés, des expériences constatées ; et en réduisant toutes les exagérations des
enthousiastes de la Guiane, il cst toujours certain que cette grande possession peut devenir
infiniment précieuse à la France. --- Page 76 ---
fat 4
Mais
RAPPO 0 R, T
lonies est-elle comment là plus ancienne de
du
restée si fort,
nos covent et sous le vent P Ses an-dessous des iles
condamnés à une misère habitans paroissent
ceux de nos autres
éternelle, tandis que
à leur sixième
colonies ont déja transmis
lantes; les uns génération et les
des fortunes brilmême. La terre de la autres ont commencé de
fertile que celle de Guiane est, dit-on, aussi
vient donc la différence Saint-Demningbe ; d'oi
vation très-naturelle de succèsP Cette obser- procruel contre Cayenne, est devenue un préjugé
avili, dégradé aux
qui l'a de plus en
en perpétuera
yeux des
plus
la stérilité, s'il spéculateurs, et qui
ment détruit par le
n'est pas eflicacepoint vu deréponse Gouvernement. Je n'y ai
de mémoires
satisfaisante dans cette
merce
que j'ailus: tous
foule
d'avoir négligé et
accusent le comn'y avoir pas envoyé des dédaigné Cayenne, de
ne se lasse point
secours suffisans. On
tous les
d'invoquer tous les
capitalistes du
armateurs,
compagnies, des
royaumne. On propose des
commergant reste priviléges, sourd
etc. $ etlemonde
invitations. Comment et muet à toutes ces
commerce ne peut être ne sent-on pas que le
rées, des mamifactures, appelé que par des denqu'il se porte
des
,
naturellement marchandises,
là où sont les ven-
, de
ne se lasse point
secours suffisans. On
tous les
d'invoquer tous les
capitalistes du
armateurs,
compagnies, des
royaumne. On propose des
commergant reste priviléges, sourd
etc. $ etlemonde
invitations. Comment et muet à toutes ces
commerce ne peut être ne sent-on pas que le
rées, des mamifactures, appelé que par des denqu'il se porte
des
,
naturellement marchandises,
là où sont les ven- --- Page 77 ---
SU R L A GUIA A N E.
deurs et les acheteurs, qu'il s'éloigne obstiné.
ment des lieux où ils ne sont pas ?
Les premiers armateurs qui ont négocié aux
fles du vent et à la côte de Saint-Domingue,
y ont été invités par le commerce interlope
avec les Espagnols, 2 dont les retours étoient en
pistoles d'or et en piastres $ et produisoient
souvent trois cent pour cent. Nous étions en
guerre avec l'Espagne, et le golfe du Mexique
étoit l'inépuisable champ de nos maisons maritimes. Les flibustiers qui ont les premicrs habité
Saint-Domingue, payoient donc les secours de
nos négocians avec l'or qu'ils enlevoient aux
Espagnols. Cayenne et ses parages n'ont jamais
été susceptibles de ces riches croisières. Ainsi
dès le commencement de nos établissemens en
Amérique, tout concouroit à fixer à la Martinique et à Saint - Domingue les armateurs et
les colons, tandis que l'espoir incertain de pénétrer parlarivière des Amazones dans le Pérou,
appeloit quelques aventuriers dans la Guiane.
Lorsque des tentatives inutiles, et plus encore,
le traité d'Utrecht, nous firent renoncer à toute
liaison fructueuse avec les Portugais et les Espagnols, les Français habitués dans cette partie de
l'Amérique, , y restèrent avec la même disette de
moyens pour accroitre leur culture. Le défaut
1.
--- Page 78 ---
RAPP 0 R T
de communication, d'instruction
merce, perpétua leur
et de comsecours et de
langueur, Avec moins de
lons, ils cultivèrent connoissances que les autres coplus mal : leur industrie
découragée n'éprouva plus
toutes ces causes agissant lune d'accroisement; et
en résulta pauvreté
sur l'antre, il
gnement absolu du paresse, ignorance, éloicommerce national. Aux
Antilles, au contraire, tout étoit en
ment avant la guerre de la
mouvecommunication
succession : la
perpétuelle des
des
Anglais, des Espagnols
Français,
les courses, les
vainqueurs ou vaincus,
bande,1 lor et combats, les prises > la contreangmentoient l'argent qui circuloient entre eux,
le courage et la cupidité.
paix, il étoit naturel
Ala
que ces hommes
se fixassent tout près de leur
audacieux
et que le commerce
champ de bataille,
enrichi, vint
qu'ils avoient si souvent
encore les chercher.
Telle lest la véritable cause de la
des Antilles, et de la langueur de prospérité
faute d'y avoir
Cayenne. Et
cette
réfléchi, on a mal vu, mal
colonie, ainsi que les moyens de la rendre jugé
florissante. On les a tous tentés, hors ceux dont
l'expérience et la sagesse pouvoient
succès. Avant et depuis la
assurer le
tion de
déplorable expédi1763, on, avoit proposé plusieurs com3
la véritable cause de la
des Antilles, et de la langueur de prospérité
faute d'y avoir
Cayenne. Et
cette
réfléchi, on a mal vu, mal
colonie, ainsi que les moyens de la rendre jugé
florissante. On les a tous tentés, hors ceux dont
l'expérience et la sagesse pouvoient
succès. Avant et depuis la
assurer le
tion de
déplorable expédi1763, on, avoit proposé plusieurs com3 --- Page 79 ---
S U 1 L A G UI A N E.
pagnies exclusives, et le roi vient d'en autoriser
une privilégiée seulement, sous le nom de compagnie de la Guiane. Il est probable que ce
dernier essai sera encore infructueux, et plus
ou moins onéreux aux intéressés s selon qu'ils
se livreront à des avances plus ou moins fortes.
La raison qui fait prospérer une compagnie de
commerce à une certaine époque, n'existe plus
à une autre époque.
Celle qui se chargea de Taprovisionnement
exclusif de Saint-Domingue, en y versant les
secours qui l'ont établi, n'eut guère qu'une
première mise à faire; et dès la seconde expédition, le bénéfice des retours pouvoit fournir
à dc nouvelles avances : les piastres provenant
des courses des flibustiers et du commerce interlope s refluoient dans les magasins de la compagnie. Le bas prix, en Amérique, des denrées
de nos premiers colons, et leur rareté en Europe, rendoient les ventes excessivement avantageuses. Le prix des nègres étoit proportionnellement de moitié au-dessous de leur valeur
actuelle : vingt vaisseaux faisoient alors le commerce de l'Amérique, qui en occupe aujourd'hui cinq cents; et comme l'effet nécessaire de
la concurrence est de réduire les bénéfices, on
ne peut pas douter qu'ils ne soient maintenant --- Page 80 ---
R A D P 0 R T
font le
les échanges se
ne
réduits au point que et que le commerçant:
souvent au pair,
de ses usplus
le loyer de ses hommes, cette posigagne que
industrie. Or, dans
du
tensiles, de son être le gain de Yactionnaire dont
tion, quel peut résidant à Paris, et
bailleur de fonds
à tenir sa caisse oul'industrie consiste
et ses assotoute
fermée ? M. de Jumilhac
les offiverte ou
feront gagner qu'ils
ciés, Tenilersgémérmes les comatisioaaires
ciers, les mmatelots, ils n'ont rien à prétendre
; mais
un bénéfice
emploieront;
car il faudroit
cinq
pour eux-mémes,
qu'il leur en restât
de 80 pour cent, pour feront avec Cayenne.
qu'ils
moins
dans le commerce de culture ne sont pas
Leurs projets
connoit les terres 2
: tout homme qui
qui a
ruineux
de VAmérique,
et les produits
augules nègres
dirigé une habitation, anjourpenomnellonmt
entrepris
de
rera mal d'un defrichement des capitalistes
dans la Guiane , par
lequel
d'hui
voici le calcul positif d'après de SaintParis; et
La meilleure terre
on peut en juger. établie, et dans sa plus grande
toute
tous
Domingue,
année commune,
valeur, ne rend pas >
plus de 8 à 10 pour
déduits,
les frais et risques
ou le premier auteur
cent. Mais le propriétaire n'en a dû les premiers prode cette habitation
-
a
d'un defrichement des capitalistes
dans la Guiane , par
lequel
d'hui
voici le calcul positif d'après de SaintParis; et
La meilleure terre
on peut en juger. établie, et dans sa plus grande
toute
tous
Domingue,
année commune,
valeur, ne rend pas >
plus de 8 à 10 pour
déduits,
les frais et risques
ou le premier auteur
cent. Mais le propriétaire n'en a dû les premiers prode cette habitation
-
a --- Page 81 ---
S U R L A G UI A N E.
duits qu'à ses soins propres, à son intelligence,
et le plus souvent au sacrifice de sa santé. lla
bâti, par économie, sa manufacture ; il a gagné,
par. son travail, les frais d'un régisseur; il a
vécu, dans les premiers temps, des fruits de
son jardin et de sa basse-cour; il a dirigé et
instruit ses nègres ouvriers; il les a soignés avec
intérêt; et cumulant successivement ses revenus
pour angmenter ses capitaux, sa seconde génération seulement a joui d'une manufacture
dont le produit relatif à la valeur estimée
n'excède pas sept à huit pour cent. Comparez
maintenant à cet établissement d'un propriétaire, celui qui sera fait par les agens d'une
compagnie résidante à Paris! outre qu'elle ne
peut ni les choisir, ni les apprécier 9 en les
supposant intelligens et fidèles, chaque sucrerie moyenne à la Guiane exige au moins une
mise de cent mille écus sans revenus pendant trois ans. 3 au bout desquels, en évaluant
le meilleur sol de la Guiane sur. le meilleur sol
de Saint-Domingue, nous aurons huit à dix
pour cent de revenu ; et déduisant lintérêt des
trois premières années, le bénéfice annuel des
agens interinédiaires, les propriétaires de Paris,
parfaitement heureux et bien servis, peuvent
compter sur un produit de quatre à cinq pour --- Page 82 ---
R A P P O R T
en café, coton, incent. Les établissemens
Tel
suivront les mêmes proportions.
digo,etc.,
l'état actuel et futur de la
est, sans illusion,
et de toute autre qui
compagnie de la Guiane,
de culture et de
fera aujourd'hui des entreprises
des
commerce en Amérique. L'augmentation
frais, la diminution des bénéfices, ne permettent
d'autre spéculation utile que celles qui ont
plus
et l'industrie personnelles.
pour base l'économie des hommes nouveaux,
Il n'y aura donc que chances du commerce
ignorant parfaitement les détails et les difficultés
et de la navigation, les établissement dans les
d'un défrichement, d'un
à
inbois de T'Amérique, qui céderont l'espoir
sidieux d'une fortune chimérique 2 en confiant
à des gens intéressés à les séduire.
leurs capitaux
obLa compagnie de la Guiane a cependant
: la forte prime qui
tenu de grands priviléges l'introduction des nègres
lui est accordée pour
du meilleur terrain
et des blancs, la concession
sont
entre les rivières d'Ap Apronague,dOyapecl, la COde grands moyens d'accroissement pour C'est
lonie, s'ils étoient autrement employés. industrieux,
aux anciens habitans aclimatés VEtat 3 eussent été
expérimentés, que ces dons de
les arfructueusement répartis. C'est pour
plus
font depuis long - temps le commateurs qui
ègres
lui est accordée pour
du meilleur terrain
et des blancs, la concession
sont
entre les rivières d'Ap Apronague,dOyapecl, la COde grands moyens d'accroissement pour C'est
lonie, s'ils étoient autrement employés. industrieux,
aux anciens habitans aclimatés VEtat 3 eussent été
expérimentés, que ces dons de
les arfructueusement répartis. C'est pour
plus
font depuis long - temps le commateurs qui --- Page 83 ---
sU R L A G UI A N E.
merce de Guinée, que la prime d'introduction
eût été un encouragement profitable.
Mais avant de déterminer les moyens d'accroissement, il est nécessaire de fixer le genre
de culture et de commerce le plus convenable
à la colonie, le plus utile à la métropole; car
ce seroit une grande faute que d'opérer indéfinimentla multiplication de telle ou telle denrée
coloniale, dont la consommation ne sauroit excéder la production actuelle. Personne n'ignore
que les Hollandais brûlent tous les ans une
grande quantité d'épiceries pour n'en point
laisser avilir le prix Nous avons vu tout récemment l'angmentation indiscrète des plantations de café, occasionner la ruine d'une multitude de colons : certainement il en seroit de
mêrne du sucre, si l'accroissement des récoltes
devenoit trop rapide. La qualité et le prix de
cette denréc sont aujourd'hui en proportion
avec les facultés des consominateurs et les
avances des cultivateurs. Si vous rendez pire
la condition de ceux-ci avant que le nombre
des premiers se multiplie par l'aisance générale de toutes les classes du peuple européen,
(*) En 1773 et 1774. --- Page 84 ---
- S Mer
RAFP O R T
révolution funeste à Punivous opérerez une
versalité des colons français.
considérant comme la première
Or, en nous
des cultivateurs de
et la plus riche portion
à l'égard des
sucre 9 examinons notre position
de TEuconsommateurs. Le système général
les principes de ses gourope, les opérations, n'annoncent à aucun de ses
vernemens divers,
d'aisance indivipeuples une angmentation
également ;
duelle : les impôts pèsent par-tout d'hommes
et avant qu'un plus grand nombre ait une
du sucre, il faudra qu'il y
consomme consommation de pain, de vin,
plus grande
c'est-à-dire,
de viande et d'étoffes grossières 3
en Europe une plus
qu'on ne peut espérer de sucre et de café,
grande consommation
lorsqu'il y aura une moindre quantité
que
mal nourris et mal vêtus.
d'hommes
incontestable, on
A partir de ce principe
concevra que si nos récoltes en sucre doubloient la
leur valeur vénale resteroit
en quantité, encore réduite par un plus grand
même et seroit
les frais d'exploitaaccroissement, tandis que
Alors nos
en Europe une plus
qu'on ne peut espérer de sucre et de café,
grande consommation
lorsqu'il y aura une moindre quantité
que
mal nourris et mal vêtus.
d'hommes
incontestable, on
A partir de ce principe
concevra que si nos récoltes en sucre doubloient la
leur valeur vénale resteroit
en quantité, encore réduite par un plus grand
même et seroit
les frais d'exploitaaccroissement, tandis que
Alors nos tion ne pourroient qu'augmenter
(*) Si les malheurs de la révolution n'avoient des occasionné denrées
réduction dans la consommation
une grande --- Page 85 ---
S U R L A GUIA N E.
colonies éprouveroient une dégradation sensible
par les moyens exagérés de leur splendeur.
Il est donc inutile de provoquer à la Guiane
de grands établissemens en sucre et en café,
dans un moment sur-tout où nous perdons l'approvisionnement de l'Espagne. Depuis dix ans
la Havanne est sortie du néant et multiplie
étonnamment SeS plantations. La même industrie se répand à Portorico : ces deux colonies
produisent aujourd'hui plus de quinze cents
caisses de sucre. Nos établissemens à SaintDomingue sont encore susceptibles d'une augmentation de vingt millions de revenus en
cannes 2 et nous devons desirer de moindres récoltes en café. Ainsi le projet de multiplier à la
Guiane les grandes manufactures, > est d'une
exécution difficile et dangereuse.
Il n'en est pas de même de l'indigo, du Coton, du cacao, des grains et léguies , des résines, dcs bois de teinture, de marqueterie, de
coloniales, celle des produits de Saint-Domingue et de
la Guadeloupe en auroit fait élever le prix fort au-delà
de ce qu'il a été; car depuis vingt-cinq ans que ces
Mémoires sont écrits, l'usage du sucre et du café s'étoit
établi dans plusienrs parties de l'Europe où ils étoient à
peine connus en 1776. --- Page 86 ---
R A P P o R' T
des vers à soie a
construction, de la cochenille,
de la
des animaux de toute espèce,
de la vanille,
enfin de la culture des
pêche de la tortue , et
épiceries.
considérés comme
Aucun de ces produits
n'a atteint, dans nos marchésinté
nationaux,
de la consommation ; les
rieurs, l'équilibre
plusieurs s et
étrangers nous en fournissent
de tous sur notre territoire
F'angmentation
infiniment l'exportation
ne peut qu'accrottre
et la richesse nationale. de culture ou d'exploi
Parmi tous ces objets
être
tation dont aucun ne doit
dédaigné sol de la
conviennent également au
et qui
à choisi
Guiane, 7 c'est au Gouvernement de ses soin
méritent la préférence
ceux qui
; car nous avons v1
et de ses encouragemens
à créer un
que ce n'est point au commerce le commerc
colonie, mais à PÉtat à y appeler
et la culture.
intérêt
et futur
L'Etat seul a un
présent
à diriger à son prof
préparer, à prévenir,
les caprices de l'in
les révolutions du temps, défaveur des acci
dustrie, l'avantage ou la
et tandis que pa
dens physiques et politiques; individu tend à s'o
la loi de la nature chaque l'autorité, ou por
exclasivement de soi,
cuper
commerc
colonie, mais à PÉtat à y appeler
et la culture.
intérêt
et futur
L'Etat seul a un
présent
à diriger à son prof
préparer, à prévenir,
les caprices de l'in
les révolutions du temps, défaveur des acci
dustrie, l'avantage ou la
et tandis que pa
dens physiques et politiques; individu tend à s'o
la loi de la nature chaque l'autorité, ou por
exclasivement de soi,
cuper --- Page 87 ---
SU R L A GUIA N E.
nieux dire, la raison publique ne doit avoir
n vue que l'intérêt de tous.
Or,1 le plus grand intérêt présent de la France
elativement à ses colonies, est de les sousraire au joug de l'étranger pour leur approisionnement en bois, grains, poissons et aninaux vivans. C'est donc sur ces objets dont la
Guiane est démontrée susceptible s que doirent porter par préférence les soins et encouagemens du Gonvernement. Je n'entends pas
eulement par-là la surveillance, 3 l'instrucion, la bonne police. On ne recueille point
ans semer. Il n'y aura nulle exportation inéressante de bois, d'animaux vivans et de
poissons salés avant qu'on ait établi dans le
continent cinquante moulins à scie, cent
mille souches de bestiaux, et sur les côtes, 9
quinze ou vingt bateaux pêcheurs. Alors il
arrivera annuellement à Cayenne deux cents
bâtimens de France destinés aux fles du vent
et sous le vent, qui y feront cscale, et prendront leurs chargemens de bois, grains, bestiaux, répandront l'abondance et l'industrie
dans cette colonie. Alors les anciennes et les
nouvelles cultures en indigo et coton, cacao,
vanille, etc., prospéreront rapidement, et à
mesure que les terres de la Martinique et de --- Page 88 ---
P
R A P P o R T
s'useront par leur vieillesse
Saint-Domingue
sans ré
celles de la Guiane les remplaceront
manufactures en sucre
volution. Les grandes
établiront à la longue, et dans de
et café s'y
la Guiane deviendra
proportions convenables; la
riche et la plu
enfin, dans son temps 3 plus
colonie de Y'univers. Mais ces pro
importante
être aperçus que dans dix ou
grès ne penvent
administration sage, éco
douze amées d'une
conséquente à sor
nomique et invariablement sacrifier moins d
objet, auquel on ne peut
et encou
cent mille écus par an en avances de cett
ragemens. Je traiterai particalièrement
d
distribution d'argent, ainsi que des moyens
l'obtenir
est une des tenta
La culture des épiceries
dont il convient de s'occuper
tives accessoires mémoires présentés sur ce
Dans les différens
impor
on a oublié une observation
objet ,
une grande lamièr
tante qui auroit répandn calcul des frais d'acha
C'est le
sur le projet.
comparés at
des épiceries par les Hollandais,
calcul des frais de culture par les entrepreneur
est un de ceux qui me manquent : mal
(*) Ce rapport la substance dans mes propositions ul
on en retrouvera
térieures.
dont il convient de s'occuper
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Dans les différens
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objet ,
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C'est le
sur le projet.
comparés at
des épiceries par les Hollandais,
calcul des frais de culture par les entrepreneur
est un de ceux qui me manquent : mal
(*) Ce rapport la substance dans mes propositions ul
on en retrouvera
térieures. --- Page 89 ---
SU R L A GUIA A N E.
ançais, qui deviendroient en cette partie leurs
vaux à la Guiane. Combien cent Indiens
X Moluques cultivent - ils de poivre et de
rofle ? Cet aperçu est nécessaire pour dérminer le produit de cent nègres employés
même travail à Cayenne, et en faire la
mparaison avec le prix d'achat et leur subtance. Mais les Indiens n'ont pas été achetés
r les Hollandais; ils sont originaires du pays
l'ils labourent, et esclaves du prince au profit
aquel se fait la récolte. Celui-ci est' lui-même
sujet de la compagnie hollandaise, qui lui
ie en marchandises au moindre prix possible,
raison de vingt pour un, la totalité de ses
piceries ; l'agent de la compagnie y'met enite un prix relatif à la consommation, mais
ujours excédant de vingt pour un le prix
achat, sauf à brdler, comme nous l'avons
u, ce qui reste invendu. D'après cette condion de culture 2 ou plutôt de commerce excluf, on conçoit la certitude d'un bénéfice uniorme, en conservant néanmoins, pour le perétuer, la marchandise à un prix modéré.
Tais aucun de ces avantages ne se présente à
OS spéculateurs en épiceries. Pour faire un
énéfice égal à celui des Hollandais, il faut
que la totalité des nègres qu'ils emploieront à --- Page 90 ---
a 42
R A P r O R T
culture, les frais de subsistance, entre
cette
ceux de magasins, cons
tien et remplacement, pasla somme des mar
tructions, etc.n'excèdent
obteni
chandises livrées aux Moluques, 7 pour
de poivre et de gérofle
une pareille quantité
maîtres d'aug
sinon les Hollandais toujours
le
menter la quantité et de diminuer
prix
ruineront infailliblement: nos planteurs. Cetter
flexion suffit pour nous mettre en garde contr
T'enthousiasme d'un nouveau projet. D'ailleurs
le ministre, de déférer cette spé
le parti pris par
conseil de Monsieu
culation exclusivement au
d'au
qui paroit s'y intéresser, n'est susceptible nécessain
inconvénient; il est seulement
cun
les
de Mon
d'éclairer et de diriger
préposés
sieur, de manière qu'ils ne constituent pas don
fortes dépenses. Voici
prince en de trop
calculer les frais
le tableau à présenter pour
le produit de létablissement.
e
() La vie commune d'un nègre travaillant, liv. Il fat
évaluée à dix ans, son prix à 1500
annuellément sur le fruit de son tra
déduire
Cette manière de calculer la valeur et le trav
d'un (5) homme est repoussante ; mais le sujet que l'on trai
ici n'en comporte point d'autre,
a
don
fortes dépenses. Voici
prince en de trop
calculer les frais
le tableau à présenter pour
le produit de létablissement.
e
() La vie commune d'un nègre travaillant, liv. Il fat
évaluée à dix ans, son prix à 1500
annuellément sur le fruit de son tra
déduire
Cette manière de calculer la valeur et le trav
d'un (5) homme est repoussante ; mais le sujet que l'on trai
ici n'en comporte point d'autre,
a --- Page 91 ---
SUR L A G U I A N É.
Ail, 150 liv. de dépérissement de l'esclave,
150 liv. pour sa subsistance et entretien ,
du
de 1500 liv. ;
5 liv. pour l'intérêt
capital
tal 375 liv. à rabattre sur le fruit du travail
hnuel de l'esclave : ajoutez ensuite en déducles frais de régie, manutention, rélon pour
liv.
tête d'esaration, construction, 100
par
dernier total 475 liv. à déduire. Ainsi
lave ;
il faut
our qu'il se trouve un produit net,
esclave rapporte à son maître au
ue chaque
hoins 500 liv.; c'est le produit médiocre en
ucre. Il seroit énorme en épiceries, si on veut
les Hollandais n'ont auien se rappeler que
un de ces frais à supporter, et qu'il leur est
acile d'en répandre, au plus bas prix, une
rande masse dans le commerce.
Mes calculs et mes réflexions sur ces objets
'éloignent fort de la riche perspective présentée
bar l'auteur du projet : je ne conclurai pas
héanmoins à l'abandonner. C'est une fort bonne
ppération que la transplantation des plans d'épicerie à Cayenne : il est tres-important de les
soigner, de les multiplier. Il est sage d'en faire
mais elle ne
l'abord une culture privilégiée ;
peut devenir utile et riche qu'en nous rapprochant sur cela du régime des Hollandais, en
la faisant adopter aux Indiens. Cette idée essen-, --- Page 92 ---
R A PP 0 R T
tiellement liée à
mnérite d'être l'établissement de la Guiane
développée.
L'intérieur de cette
.dit-o on, par quelques province est occupé
plus nombreuses,
nations idiennes. Les
gais, cultivent assujetties au joug des PortuMaraguon. On pour eux dans le Para et le
ajoute que dans la
Nord, une peuplade non moins
partie du
de trente mille nègres
intéressante
sur la rive gauche de hollandais, la
s'est réfugiée
En faisant connoltre
rivière de Marroni
certitude d'une
à Ces hommes épars, la
meilleure
sens à leurs chefs, des
condition, des pré
missionnaires
répandus parmi eux, l'assurance intelligens
la protection, de la liberté à
inviolable de
en vivres, en armes et ustensiles tous, des secours
les points de ralliement
distribués dans
moyens infaillibles de : voilà, dit-on, , les
les réunir en
nation, et de formeri insensiblement corps de
d'habitans, depuis les hauts du
une chaîne
Marroni, jus
(*) Il ne faut pas oublier
c'étoit avant mon départ
l'époque de ce rapport
vérifié.
pour Cayenne, je n'avois rien
Le baron de Besner disoit,
trente mille 2 et l'abbé Raynal avoit tantôt vingt, tantô
version.
adopté cette dernière
:
, dit-on, , les
les réunir en
nation, et de formeri insensiblement corps de
d'habitans, depuis les hauts du
une chaîne
Marroni, jus
(*) Il ne faut pas oublier
c'étoit avant mon départ
l'époque de ce rapport
vérifié.
pour Cayenne, je n'avois rien
Le baron de Besner disoit,
trente mille 2 et l'abbé Raynal avoit tantôt vingt, tantô
version.
adopté cette dernière
: --- Page 93 ---
S U R L A GUI A N E.
8i
qu'à ceux de l'Aprouague ; et bientôt de proche
en proche les Indiens soumis à la capitation et
à la corvée chez les Portugais et les Espagnols,
accourroient en foule dans les établissemens
Français où ils sauroient être mieux traités.
Alors, à mesure que les établissemens se multiplieroient et prendroient quelque consistance,
lorsque l'industrie de ces hommes nouveaux
seroit. excitée par l'instruction, par les secours
et par. de nouyeaux besoins ; alors, dis-je,
toutes les cultures précieuses qui ne peuvent
supporter les frais d'achat et entretien d'esclaves, les épiceries, la vanille, la cochenille,
les vers à soie deviendroient entre leurs mains
la matière d'un commerce dont nos manufactures nationales feroient tout le bénéfice ; car
les Indiens nous livreroient leurs produits
pour nos étoffes grossières, nos outils, ustensiles, etc. C'est encore par leur moyen et la
multiplication de leurs peuplades, que nous
pourrons attirer à nous une partie des nombreux troupeaux du Para; c'est par le succès de
ces établissemens intérieurs, que nous pouvons
préparer ceux des grandes plantations cultivées
par des esclaves qui seroient, dans leur désertion, arrêtés et contenus par les Indiens.
De tous les prêtres à employer à une sem6
1. --- Page 94 ---
a
blable
R A PPO R T
capables mission, il n'y en auroit
que
pas de
ont été chassés quelgues-uns des
plus
et
du
cx-jésnites qui
qui sont actnellement Maraguon par les Portugais,
bitude de vivré avec les retirés en Italie. L'haqu'ils avoient parmi Indiens, le grand crédit
conçue contre les eux, et la haine qu'ils ont
Ces missionmaires Portugais, nous rendroient
droit faire
infiniment utiles; mais il fautrés-secnttoment le choix
intelligens, et cette
des
être confiée
opération ne
plus
de Rome. qu'au ministre du roi à pourroit la
cour
D'après cet aperçu de ce
mnisonnable de tenter à
qu'il est possible et
tera
la
observant soinmairement un plan Guisne, on présenque chaque article d'opérations, en
particulier, et que
exigera un travail
annoncés comme plusieurs faits
et constatés
positifs, doivent être importans,
d'un
avant de les admettre
vérifiés
nouveau plan. Je
comme bases
rejète le projet de
n'admets donc ni ne
des
civilisation
d'un nègres - marrons. Cet
des Indiens et
des mémoires
article fondamental
grande
que j'analyse mérite la
circonspetion, et je ne m'y
plus
ilwpethatnedeats lieu
positis
arrêterai
sur des que sur tout le reste mon ponendis ; au
faits non contestés opinion se fonde
propositions.
qui motivent mes
. Je
comme bases
rejète le projet de
n'admets donc ni ne
des
civilisation
d'un nègres - marrons. Cet
des Indiens et
des mémoires
article fondamental
grande
que j'analyse mérite la
circonspetion, et je ne m'y
plus
ilwpethatnedeats lieu
positis
arrêterai
sur des que sur tout le reste mon ponendis ; au
faits non contestés opinion se fonde
propositions.
qui motivent mes --- Page 95 ---
SU R L A GUIA N E.
10, Il est de l'intérêt de PEtat de provoquer,
hon par autorité, mais par voie de persuasion,
a dissolution de la compagnie de Guiane; car
'administration se compromet lorsqu'elle acporde sa sanction à une entreprise dont le
succès est impossible : il en résulteroit un disprédit nouveau pour la colonie et pour les
entreprises mieux combinées auxquelles on se
livreroit.
2°, De tous les projets proposés pour l'accélération de létablissement, le plus utile, et
dont l'exécution étoit la moins dispendieuse s
est celui présenté par M. David, ancien gouverneur du Sénégal. Il offroit de faire émigrer
soixante familles libres de Gorée
A Cayenne
ou du Sénégal, avec dix - huit cents captifs.
Plusieurs de ces Africains étant navigateurs,
des relations dans l'intérieur des terres,
ayant
auroient pu établir une traite directe de Cayenne
à Gorée, leurs esclaves n'étant employés actuellement dans nos comptoirs, ni à la culture,
ni au commerce. C'est à cette espèce d'hommes
que les frais de défrichement compensés par
le moindre produit, eussent été les moins onéreux. En mettant à leur suite quatre ou cinq
rtistes versés dans Phydraulique et les mécaniques., en leur distribuant de bons terrains' --- Page 96 ---
R A P P C R T
et des secours pendant deux ans,
formé
3 on auroit
rapidement un quartier florissant. Il est
déplorable qu'on n'ait pas senti toute l'importance de cette opération, qu'on ait rebuté,
découragé, par des désagrémens, les premiers
émigrans : c'est une faute à réparer le plus tôt
possible, en se livrant aux vues et aux moyens
de M, David, s'il en est encore
30, S'il est possible d'attirer à temps
cultivateurs libres, les
nous, comme
le
nègres hollandais, dont
voisinage est si redoutable à la colonie de
Surinam, ce ne peut être que par un concert
préalable avec la régence hollandaise. Il faut
ensuite établir une mission dans les hauts du
Marroni, une seconde pour les Indiens dans
les hauts du Canoupi, une troisième dans les
hauts de l'Oyapock; il faut y distribuer des
secours, des présens, faire voyager de l'une
à l'autre un botaniste, un ingénieur intelligent, préparer de longue main tous les points
de correspondance en chemins et canaux, récompenser largement les premiers travaux des
(*) Je n'ai retrouvé aucune trace de cette
elle étoit si sage et si
proposition :
ment je n'y suis
utile, que je ne conçois pas compas revenu pendant mon séjourà
et depuis mon retour.
Cayenne,
; il faut y distribuer des
secours, des présens, faire voyager de l'une
à l'autre un botaniste, un ingénieur intelligent, préparer de longue main tous les points
de correspondance en chemins et canaux, récompenser largement les premiers travaux des
(*) Je n'ai retrouvé aucune trace de cette
elle étoit si sage et si
proposition :
ment je n'y suis
utile, que je ne conçois pas compas revenu pendant mon séjourà
et depuis mon retour.
Cayenne, --- Page 97 ---
SU R L A Gu: A N E.
Indiens, et chercher obstinément les moyens
de les lier avec ceux du Para, d'en attirer des
bestiaux, etc.
40. Les primes pour l'introduction des nègres
et des blancs travailleurs, accordées à la compagnie de Guiane, doivent s'accorder à tous les
armateurs; et on doit y ajouter des distinctions
honorifiques, telles que des lettres de noblesse
pour celui qui, en trois ans $ aura porté à
Cayenne mille nègres et cent cinquante européens ouvriers ou pêcheurs.
5°, La vente d'un négrier de cinq à sept cents
noirs 2 ne pouvant se faire qu'à très - longs
termes et dans un trop long espace de temps, 7
dans une colonie telle que Cayenne, il faut endes encouragemens, les bâtimens
gager., par de la cête d'Afrique, à mouiller à
venant Cayenne, à y laisser cinquante ou soixante
nègres seulement, dont partie seroit payée
comptant, yjointla prime en quittance d'octroi,
valable aux fles du vent et souS le vent, 7 pour
leur cargaison de retour, et, pour le surplus,
il convient que le Gouvernement reçoive la
soumission des habitans qui acheteront les nè-.
fournir des denrées à un terme congres pour
armateur créancier soit
venu ; en sorte qu'un
certain, en envoyant un bâtiment à cette époque, --- Page 98 ---
Laspe
R
AP P O R T
de trouver un
précieuses, soit chargement , soit en denrées
tiaux,
en vivres du pays, bois et bespour les fles du vent et sous le vent.
Cet
les arrangement ne pouvant avoir lieu dans
la commencemens qu'à petites parties, et
valeur, par exemple, de trois ou
pour
nègres par année : on conçoit le quatre cents
cessaire de
concours nélintelligence, 3 de la prudence, de
T'administration, et du choix à faire parmi les
habitans dont on recevroit les
Gouvernement étant
soumissions, ;, le
tude, d'y
tenu, en cas d'inexactirebuter les suppléer par des avances pour. ne point
commerçans.
60, Les articles ci-dessus
viction intime
supposent la conqu'aucun genre
une colonie discréditée
d'avances dans
fait par le
ne peut être aujourd'hui
commerce; que c'est au
ment à créer, et que cette
Gouverneavec économie, sans
semence, distribnée
onéreuse ni infructueuse. précipitation, ne sera ni
7°. Le roi doit établir,
trois moulins à scie dansles bois pour son compte, 9
d'une rivière. Les
et sur les bords
sement
premiers frais de cet établisseroient n'excéderoient pas 40,000
et
bientôt remboursés
le livres,
planches et madriers
par
débit des
voyer aux fles du, qu'il conviendroit d'envent et sous le vent, dans
use. précipitation, ne sera ni
7°. Le roi doit établir,
trois moulins à scie dansles bois pour son compte, 9
d'une rivière. Les
et sur les bords
sement
premiers frais de cet établisseroient n'excéderoient pas 40,000
et
bientôt remboursés
le livres,
planches et madriers
par
débit des
voyer aux fles du, qu'il conviendroit d'envent et sous le vent, dans --- Page 99 ---
s U R L A G UI A N E.
les magasins de sa Majesté , en tirant des lettres
de change, pour le prix, sur les trésoriers de
la colonie.
80. Dès la seconde année, cet objet de dén'existant plus à la charge du roi, la
pense
devroit être
à Pétablismême somme
employée
sement de bateaux pêcheurs, dont le produit
rembourseroit aussi les frais à la seconde année.
9". Lorsque ces essais au compte du roi seroient en état de se soutenir par eux-mêmes,
les mêmes avances 2 en moulins et bateaux >
seroient faites aux hommes les plus intelligens
choisis sur les lieux.
10°, Le desséchement des pinotières et terres
doit être favorisé, en préposant à la
moyennes
direction de ces travaux deux ou trois artistes
capables, soldés par le roi, en affranchissant
de tout impôt les entrepreneurs, et en établissant deux prix chaque année, de 6000 livres
chaque, pour la terre ainsi travaillée, qui,
proportionnellements aux forces employées, aura.
rendu le plus fort produit en quelque culture
que ce soit.
bestiaux des fles du
110, L'importation des
Cap-vert doit être favorisée à terme précis, 3
c'estlaméthode la plus sûre et la plus.
parce que --- Page 100 ---
88.
RAPP O : R T
économique ; c'est-à-dire,
dix mille francs
s qu'en y destinant
chaque
en un seul paiement année, ils doivent être
matéur qui
promis et distribués à l'araura, dans une
plus grand nombre de bêtes année, introduit le
emploie la voie des
à corne. Quand on
soient suflisantes récompenses, il fant qu'elles
pour exciter, sans
manque son objet.
quoi on
120, Il faut accorder des
et la dispense des
lettres de noblesse
bâtimens à tout novices ou engagés sur ses
armateur qui,
ans, aura exporté de
pendant cinq
quantité de
Cayenne la plus grande
iles du
bois, vivres ou
vent et sous le vent. bestiaux, pour Jes
quoique
Cette récompense,
à lEtat ; considérable, ne sera point onéreuse
qui
car, quel que soit le nombre de
y prétendront, un seul
ceux
et elle suffira
pourra l'obtenir,
tous.
pour exciter l'émulation de
130, La traite des bestiaux
des terres doit être aussi
par l'intérieur
grandes récompenses
encouragée par de
y réussiront.
proposées aux Indiens qui
14°. Il faut transporter à
nombre des hommes
Cayenne un petit
ou du Béarn
industrieux du
, et les établir
Languedoc
à scie, avec des
auprès des moulins
avances en vivres, animaux,
ir,
tous.
pour exciter l'émulation de
130, La traite des bestiaux
des terres doit être aussi
par l'intérieur
grandes récompenses
encouragée par de
y réussiront.
proposées aux Indiens qui
14°. Il faut transporter à
nombre des hommes
Cayenne un petit
ou du Béarn
industrieux du
, et les établir
Languedoc
à scie, avec des
auprès des moulins
avances en vivres, animaux, --- Page 101 ---
SU R L A Gu A N E.
outils et ustensiles. Il suffiroit de destiner à cet
objet 20,000 liv. par année. Il seroit nécessaire
aussi d'yenvoyerchaque année une vingtaine de
filles choisies à l'hôpital des Enfans-Trouvés; et
de les distribuer, pendant un ou deux ans, chez
les plus honnêtes habitans , pour les instruire
aux choses du ménage, à l'éducation des Volailles et bestiaux, au devidage du coton, afin
de les marier ensuite avec les travailleurs établis.
150, Il faut augmenter le nombre des entretenus, d'un chimiste naturaliste pour l'examen
des gommes, résines, herbes et bois de teinture propres au commerce; de deux bons indigotiers, et de deux professeurs en hydraulique et mécanique
160. Il faut affranchir de tous droit et impôt
tous les nouveaux établissemens de quelque espèce qu'ils soient, et accorder des lettres de
noblesse à tout habitant propriétaire de mille
têtes de bêtes à corne et de deux moulins à
scie; ces deux objets de commerce s'alliant par-.
faitement.
(*) On verra qu'avant d'arriver sur les lieux je résonnois
juste sur quelques points, mais que je déraisonnois sur
plusieurs. --- Page 102 ---
R API P 0 R T
le roi établisse des pépinières
17°. Il faut que
à fruit et à construcde toutes sortes d'arbres les anciens habitans à
tion , et assujettisse tous des terrains usés , à
planter en bois une partie sur cent, au moyen
raison de quatre carreaux
douze nègres
de droit pour
ceux
d'une exemption et à
pour
ans s
pendant sept
perpétuité débit annuel de bois
qui seront parvenus à un
les merrains seuou taillis pour
en hante-futaie
lement.
comme on l'a pro180. Il faut transporter, 9
déférée à Monposé, la culture des épiceries,
et les soisieur à la stantagneoaibsale, 9 jusqu'à ce
moindres frais possibles
gner aux
des plans et des expéque la multiplication
une spéculariences plus réfléchies permettent celle à laquelle on
tion moins hasardée que
s'est livré jusqu'à présent.
à MM.
des distinctions
19°. Il faut accorder
dont les mémoires
Kerkove et Patris,
du
Macaye,
annoncent des connoisances, moins
sur la colonie
vues. Il n'est pas
zèle et d'excellentes
au conseil de Monsieur,
(*) De tous les projets proposés le seul qui me parut raisonnable,
celui des épiceries étant abandonnés, je n'en ferai pas
et les autres ayant été
mention.
moins hasardée que
s'est livré jusqu'à présent.
à MM.
des distinctions
19°. Il faut accorder
dont les mémoires
Kerkove et Patris,
du
Macaye,
annoncent des connoisances, moins
sur la colonie
vues. Il n'est pas
zèle et d'excellentes
au conseil de Monsieur,
(*) De tous les projets proposés le seul qui me parut raisonnable,
celui des épiceries étant abandonnés, je n'en ferai pas
et les autres ayant été
mention. --- Page 103 ---
S U R L A GUI A N E.
uste d'assimiler, pour le traitement honorifique,
de Cayenne à ceux des autres COe conseil
onies.
Quant à la police intérieure, il y a beaucoup
faire. On voit par les comptes rendus que les
lifférences d'avis,les divisions des chefs, si comnuisent bien plus à un établisnunes par-tout,
colonie toute formée
ement naissant qu'à une
t florissante. Dans le premier cas 2 la jalousie,
contrariété
faire manquer une opéa
auroit penvent accéléré de vingt ans les proation qui
doit
être
grès de la colonie. Il ne
point
quesion dans celle-ci d'un vain étalage de puissance
elle n'est en état ni d'attaquer ni de
nilitaire ;
succès
de l'ade défendre. Tous les
dépendant
de
ninistration économique, de T'intelligence,
activité dans les ressources , d'une grande
et d'une grande harmonie dans la police
agesse Intérieure, il est bien difficile que deux admitistrateurs s'accordent assez pour partager entre
de bonne foi l'honneur, les fautes et les
ux
noyens.
Nota. Le plan et les moyens que l'on vient
l'indiquer sont déterminés d'après des mémoires
etdes comptes rendus, dont on ne peut
Ptrangers exactement la justesse. Peut-être n'y
pprécier --- Page 104 ---
RAP P OR T
l'on
à faire;
a-t-il rien de tout ce que
propose le Goul'on
assurer, c'est que
mais ce que
peut
de Cayenne,' s'il
vernement n'a rien à espérer et à des encouà des avances
ne se détermine
ragemens.
Phabitude de prononcer sur ce
J'ai assez
si c'étoitfait par ILTL autre
quejderis, comme
après vingt-cing
Je dirai donc franchement, résumé de vues el
ans de réflerion, que ce rétablissement de l
de propositions sur
P'atten
Guiane, mériteroit même aujourd'hui Phistoire de
tion du Gouvernement : sauf
je ne re
nègres-marrons et des Indiens, que
et 1
assez comme Zn roman 9
gardois pas
quepaiinuatiloamente essayé
projet-dapépinières
et OnL ne fere
tout le reste est raisonnable, li qu'avec de tel
rien d'utile dans ce pays-1
moyens.
ce rétablissement de l
de propositions sur
P'atten
Guiane, mériteroit même aujourd'hui Phistoire de
tion du Gouvernement : sauf
je ne re
nègres-marrons et des Indiens, que
et 1
assez comme Zn roman 9
gardois pas
quepaiinuatiloamente essayé
projet-dapépinières
et OnL ne fere
tout le reste est raisonnable, li qu'avec de tel
rien d'utile dans ce pays-1
moyens. --- Page 105 ---
S U R L A GUI A N E.
PROJET
D'un mémoire du roi, ou instruction législative pour les administrateurs de Cayenne,
2 enregistrer au conseil supérieur de la
colonie
Sax MAJESTÉ, constamment occupée du bonheur
de ses sujets et de la prospérité de toutes ses
provinces, a pris particulièrement en considération Sa colonie de Cayenne et de la Guiane.
Les tentatives infructueuses faites jusqu'à présent pour son établissement ne l'ont point rcbutée ; et elle s'est déterminée à de nouveaux
efforts, qui exciteront sans doute la vive reconnoissance de ses sujets habitans de Cayenne.
Mais convaincue que le succès de ses vues dépend
essentiellement du zèle et de l'exactitude des
administrateurs à les remplir, sa majesté a cru
devoir, indépendamment des instructions par-
(*) N'ayant plus aujourd'hui mes instructions signées
du roi, 1 je ne peux pas assurer que mon projet ait élé
littéralement adopté; mais je ne me rappelle pas qu'on
y ait fait aucun changement. --- Page 106 ---
R APP O R T
ticulières qu'elle leur a fait donner,
crire un plan de conduite
2 leur presimnuable
et pour ceux qui pourroient leur succéder. pour eux
Le gouvernement commun établi dans les
colonies depuis leur naissance, étant relatif
la distribution ancienne
à
rité
et nécessaire de l'autoroyale entre les officiers civils et
sa majesté entend qu'ils. s'aident
militaires,
sans se troubler dans leurs fonctions réiproquement
que le pouvoir militaire du
respectives;
tempéré par l'influence de l'autorité commandant soit
civile de
l'ordonnateur, et que celle-ci reçoive, dans
cas
les
nécessaires, une plus grande activité du
pouvoir militaire.
La sûreté de la colonie,
prises intérieures
quant aux entrela
et extéricures qui pourroient
menacer, regardant essentiellement le commandant, le concours de l'ordonnateur
objet ne peut être 'que de
sur cet
délibération et de
conseil, et il doit déférer sans difficulté
dépenses, mouvemens, déplacemens
aux
et de choses que le
d'hommes
saire dans les
gouvernenr jugeroit nécesil
cas urgens et imprévus, ce dont
sera personnellement responsable.
La distribntion
et
économique des fonds, l'achat
l'emploi des matières, le retranchement des
hommes et des choses superflues, la
des droits et les contestations
perception
y relatives, la
il, et il doit déférer sans difficulté
dépenses, mouvemens, déplacemens
aux
et de choses que le
d'hommes
saire dans les
gouvernenr jugeroit nécesil
cas urgens et imprévus, ce dont
sera personnellement responsable.
La distribntion
et
économique des fonds, l'achat
l'emploi des matières, le retranchement des
hommes et des choses superflues, la
des droits et les contestations
perception
y relatives, la --- Page 107 ---
S U R L A GUI A N E.
manutention principale de la justice et police
civile regardant essentiellement l'ordonnateur,
le commandant doit'y concourir par ses moyens
propres et ses conseils, par l'examen et le rapport au secrétaire d'tat, de tous les abus dont
il auroit connoissance ; sa majesté lui défendant
absolument de troubler l'ordonnateur dans ses
fonctions, d'empêcher qu'on ne lui obéisse, ou
de lui refuser même les moyens coactifs qui dépendroient de lui.
Le commandant et Tordonnateurdoivent
user
avec la plus grande modération de leur autorité
commune et personnelle ; sa majesté leur ordonnant d'employer par préférence les voies
légales, les formes judiciaires dans toutes les
affaires qui en sont susceptibles ; en sorte
dans aucun cas, un particulier qui devroit être, que,
selon les lois, traduit devant les tribunaux
fait civil ou criminel, ne puisse être traduit pour
jugé arbitrairement par les administrateurs. et
Sa
majesté veut et entend que son conseil
rieur lui rende compte exactement de tout supéqui arriveroit au contraire.
ce
Le petit nombre d'officiers civils
dans les quartiers de la colonie,
préposés
la police intérieure,
exigeant, pour
2 le concours des officiers
de milice, ceux-ci répondront et exécuteront
sans difficultés tous les ordres qui pourroient --- Page 108 ---
R A P P 0 R 1
leur être adressés
de sa charge.
par l'ordonnateur pour le fait
La
affaires prépondérance du commandant dans les
civiles, dont la
buée aux
connoissance est attriniens tels adauibaenateuntayanre eu des inconvéque celui de
expédié, 2
lailianchisement
par l'autorité seule du sieur illégal
mont, en faveur du sieur
de Fiedentend que
Coutard; sa majesté
d'avis pour
Rermabwisogetlyaure différence
l'appointement des
gemens communs, son
requêtes et juà son défaut, le doyen procureur-général, du
et,
au partage des
conseil, soit appelé
voix, en conséquence
T'appointement ou
duquel
Sa majesté
jugement sera expédié,
se sont établis considérant dans les que les longs crédits
trait des bénéfices
colonies riches par l'atqu'elles
merce 3 et qu'ils ne
procuroient au comlile de Cayenne, dont peuvent avoir lieu dans
la culture
éloigne déja les armateurs,
languissante
térêt même des habitans, a résolu, pour l'invère exactitude dans les d'établir la plus séde
paiemens des
cargaison; ; en conséquence elle
billets
administrateurs de veiller à la ordonne aux
dition et à l'exécution de
prompte expeet arrêts, mais notamment toutes les sentences
gaison, voulant que les
pour dettes de carsaisies et
corps soient cxécntés sans
jugemens par
délai, et que la
a
anguissante
térêt même des habitans, a résolu, pour l'invère exactitude dans les d'établir la plus séde
paiemens des
cargaison; ; en conséquence elle
billets
administrateurs de veiller à la ordonne aux
dition et à l'exécution de
prompte expeet arrêts, mais notamment toutes les sentences
gaison, voulant que les
pour dettes de carsaisies et
corps soient cxécntés sans
jugemens par
délai, et que la
a --- Page 109 ---
SUR L A' GUIA N E.
main-forte soit accordée, soit par les deux administrateurs réunis, soit par le premier des
deux auxquels le demandeur auroit recours
et sans exception de personne, état ou qualité. s
Hors l'exécution desjugemens, et avant qu'ils
soient intervenus, sa majesté défend absolument
aux administrateurs toute violence en voie de
fait envers les débiteurs, entendant seulement
que le gouverneur et l'ordonnateur, séparément
ou conjointement, puissent concilier les parties
par arbitrage, si elles y accordent.
Dans le cas où les juges inférieurs et supérieurs retarderoient, par négligence, l'expédition des affaires des particuliers, S. M. veut
que les administrateurs les excitent, les reprennent en particulier ou en public, s'ils le jugent
à propos, en en rendant compte au secrétaire
d'état.
Les vues que S. M. a adoptées pourla prospérité de Cayenne et de la Guiane, exigeant le
concours unanime des chefs et des habitans,
S. M. espère qu'ils exécuteront les ordres qui
y sont relatifs, 3 avec le zèle et la reconnoissance
dus à ses bontés. Ainsi tous les abus de régime
et police intérieure qui contrarieroient les projets arrêtés, doivent être réprimés par les administrateurs avec sévérité, De ce nombre seroien#
1.
--- Page 110 ---
RA pPO I T
traitemens faits aux
les violences ou mauvais
la multiIndiens, dont il convient de favoriser
franplication et Tétablissement sur le territoire
et les actes d'injustice et dé cruauté envers
çais,
S.M. n'ajamais entendu
les nègres esclaves,que:
, mais qui
tolérer dans aucune de ses colonies, celle-ci.
seroient encore plus dangereux dans
veilleront donc, aveclaplus
Les administrateurs
les maîtres ne laisgrande exactitude, à ce que
leurs esclaves de nourrisent point manquer
de secours dans leurs
ture, xitement,logement, n'usent jamais que de
maladies, et à ce qu'ils
informer des
châtimens modérés. Ils se feront
et excès qui auroient lieu à cet
manquemens
conféré avec le procuégard; et après en avoir
des
reur-général, , ils aviseront à la punition
qui sera déterminée, à
maîtres repréhensibles, s'il avoit lieu, à l'emla pluralité des voix,
y
France, ou
prisonnement, embarquement pour,
les
instruction du procès en forine par-devant
ordinaires. Et pour ce qui regarde les Injuges naturels du pays, S. M. entend qu'ils ne
diens être forcés à aucune corvée ou service
puissent ni employés par les blancs sans être
personnel,
recommandant aux admipayés de gré à gré;
de
nistrateurs, conjointement ou séparément,
"eur faire rendre sommairement justice.
la pluralité des voix,
y
France, ou
prisonnement, embarquement pour,
les
instruction du procès en forine par-devant
ordinaires. Et pour ce qui regarde les Injuges naturels du pays, S. M. entend qu'ils ne
diens être forcés à aucune corvée ou service
puissent ni employés par les blancs sans être
personnel,
recommandant aux admipayés de gré à gré;
de
nistrateurs, conjointement ou séparément,
"eur faire rendre sommairement justice. --- Page 111 ---
SU R L A GUIA N B.
Les missions dont S. M. a ordonné l'établissement et les secours qu'elle y destine, devant
opérer le rapprochement et l'instruction des
Indiens, et former par lasuite une chaine d'habitans utiles, à tous égards, aux établissemens
intérieurs 7 indépendamment des instructions
particulières à cet objet; S. M. recommande
aux administratcurs de faire venir de temps à
autre, sous différens prétextes 3 les chefs de
indiennes, de les bien traiter, de'
ces leur peuplades faire des présens, et les adresser dans leur
route aux principaux habitans, , pour qu'ils les
reçoivent avec bienveillance, et qu'il en résulte,
de la part des Indiens, habitude de confiance et
d'attachement aux Français.
Sa majesté voulant ajouter aux moyens législal'établissement
tifs ceux d'encouragement pour
de Cayenne et de la Guiane, elle desire que les
administrateurs et les habitans soient réciproquement convaincus de Putilité du plan qu'elle
a adopté, et ne rendent pas ses soins et ses dépenses infructueuses par des spéculations et des
essais étrangers à ce plan. En conséquence, elle
déclare qu'elle a spécialement destiné la Guiane
à devenir le magasin et l'entrepôt de ses autres
colonies, par une pêche abondante sur ses côtes,
par la multiplication de ses troupeaux, l'exploi- --- Page 112 ---
100.
R A PPO R T
et la culture des vivres du
tation de ses bois,
C'est à ceux des habitans qui se livreront
pays.
différens
qu'elle a desavec succès à ces
objets,
Sa
tiné des récompenses utiles et lionorifiques.
néanmoins n'entend point empêcher
majesté
faites ou à faire en d'autres
des entreprises elle a cru devoir une protecgenres ; et comme
établissemens, elle a détion égale aux anciens
à tous les
terminé des encouragemens communs d'introduchabitans, tel qu'une forte prime
et
tion pour les nègres et blancs travailleurs, les terres
deux prix de six mille francs pour
basses desséchées, en quelque genre que ce soit,
aux forces employées 2
qui, proportionnellements
estimé. Auauront rendu le plus grand produit
à contorisant, à cet effet, les administrateurs
une assemblée des notables habitans,
voquer
entre eux, à la pluralité des
qui noumeront de six, ceux qu'ils croiront
voix, et au nombre
de former une société d'agriles plus capables
de l'adjudication
culture, laquelle sera chargée
et de l'examen de tous les mémoires
des prix
relatifs aux nouveaux établiset instructions
de plus, pris à sa solde
semens. Sa majesté a,
du sucre
des artistes experts dans la fabrication
dans
éclairer les habitans
et de Pindigo, pour
habiles, pour
leurs travaux, et des physiciens
qu'ils croiront
voix, et au nombre
de former une société d'agriles plus capables
de l'adjudication
culture, laquelle sera chargée
et de l'examen de tous les mémoires
des prix
relatifs aux nouveaux établiset instructions
de plus, pris à sa solde
semens. Sa majesté a,
du sucre
des artistes experts dans la fabrication
dans
éclairer les habitans
et de Pindigo, pour
habiles, pour
leurs travaux, et des physiciens --- Page 113 ---
SUR L A GUI k N E.
Hiriger ceux'relatifs à lhydraulique et aux mépaniques.
Les administrateurs, fidèles à ces dispositions, favoriseront donc de tout leur pouvoir
tous les travaux et toutes les cultures anciennes
et nouvelles, mnais n'appliqueront les encouragemens particuliers qu'aux objets de préférence
jui leur sont assignés. Ainsi la prime d'introluction pour, les esclaves de Guinée, et pour
les animaux vivans; la prime d'exportation pour
les bois, , vivres, animaux vivans et poissons
salés aux iles du vent et souS le vent, ne pourront, dans aucun cas, être diverties à d'autres
bbjets ; et pour assurer plus positivement la
communication qui doit en résulter entre
Cayenne et les autres colonies des Antilles, Sa
majesté a voulu que lesdites primes d'importation et d'exportation ne pussent être délivrées
par l'ordonnateur qu'en quittances d'octroi,
valables dans ses Nes du vent et sous le vent,
pour toutes cargaisons de denrées qui y sont
iposées à leur sortie.
Il en sera de même des avances en argent,
ndgres,matériaux ou ustensiles, dont l'ordonnateur ne pourra disposer que dans les cas.
assignés, et en faveur des personnes qui se livreront aux travaux et entreprises indiqués. --- Page 114 ---
R A T P O R T
pour l'établisAinsi, ceux qui se présenteront à l'exploitasement des moulins à scie propres
sur les côtes, pour
tion des bois pourla pêche culture des basses terres >
etla
le desséchement
dont sâ majesté fera
auront droit aux avances
à
annuellement les fonds proportionnellinent
et à leurs moyens
la somme à ce destinée,
et
d'intelligence persomelles,appréd'industrie
ciés par les administrateurs. une nouvelle marSa majesté voulant ajouter
a déja
de confiance aux distinctions qu'elle
que
officiers de son conseil supérieur
accordées aux
lui soit remis chaque
de Cayenne, veut qu'il
dél'ordonnateur, un bordereau
année, par
par lui en avantaillé des sommes employées
lede toute espèce,
ces et encouragemens
par son procureur-géquel sera communiqué
pour être, par
néral à la société d'agriculture,
d'état, ses
ledit conseil, envoyé au secrétaire celles de la
observations y relatives, ensemble
société d'agriculture.
et disSa majesté destinant des récompenses feront les étatinctions honorifiques sà ceux qui
blissemens les plus considérables en bestianx, ,
cultures de vivres du pays, et exploitation des
leurs recherches
bois,t à tous ceux qui, par
réferoient des découyertes utiles en gommes,
société d'agriculture,
d'état, ses
ledit conseil, envoyé au secrétaire celles de la
observations y relatives, ensemble
société d'agriculture.
et disSa majesté destinant des récompenses feront les étatinctions honorifiques sà ceux qui
blissemens les plus considérables en bestianx, ,
cultures de vivres du pays, et exploitation des
leurs recherches
bois,t à tous ceux qui, par
réferoient des découyertes utiles en gommes, --- Page 115 ---
S U R I A G U I A N E.
sines, 2 huiles, plantes médlicinales, herbes et
bois de teinture, enjoint aux administrateurs
de lui enl rendre compte 3 et, s'ils négligecient
de le faire, permet au conseil supérieur ct à la
société d'agriculture de leur adrésser sur cela
les réquisitions convenables.
La réproduction des bois de construction dans
les térrains usés et anciennement habités, présentant de grands avantages pour l'avenir, par
la plus grande facilité de l'exploitation 7 sa
majesté ordonne expressément aux administrateurs d'assujétir tous les habitans à des plantations régulières en bois, à raison au moins de
quatre carreaux sur cent; en considération- de
quoi elle a accordé à claque habitant, ladite
plantation effectuée, l'exemption de capitation
pour donze nègres pendant sept ans, et à perpétuité pour ceux qui seront parvenus à une
coupe et débit annuel de quatre carreaux plantés en bois..
Pour favoriser plus particulièrement lesdits
établissemens, sa majesté enjoint aux administrateurs d'établir pour SOIL compte des pépinières de bois de toute espèce, à fruits et à
construction, dont les plans,seront par la suite
distribués gratuitement aux habitans qui en
demanderont. --- Page 116 ---
R A P P.O R T'
déterQuels que soient les encouragemens sa colonie
minés par sa majesté pour porter dont elle est
de Cayenne au degré de prospérité le respect
susceptible, c'est principalement par
de la religion chrétienne 7 parle
et la pratique
qu'elle desire de
maintien des bonnes moeurs,
recomSa majesté
faire feurir ses provinces.
administramande donc particnlierement aux d'aider et
teurs d'y donner tous leurs soins, fonctions,
dansleurs
protéger les ecclésiastiques
s'en permetde réprimer leurs écarts, si aucuns les
toient, après en avoir conféré avec supérieur tous
de la mission 5 de procurer aux souffrir esclaves qu'ils
les secours spirituels ; de ne maîtres pas
à aucune
soient employés par leurs
de travailles jours de fête d'obligation;
espèce
de celles à retrancher en
et pour le nombre
expédié à cet
conséquence du bref apostolique Pavis du conseil sueffet, de prendre sur ce
l'état avec le prépérieur, avant d'en arrêter
fet apostolique.
de prudence et de saLes mêmes principes
de statuer dégesse qui empêchent sa majesté
de consifinitivement sur cet objet, susceptible égalemnent à
dérations locales, la déterminent à faire les dispoantoriser les administrateurs
la restausitions et réglemens nécessaires pour
édié à cet
conséquence du bref apostolique Pavis du conseil sueffet, de prendre sur ce
l'état avec le prépérieur, avant d'en arrêter
fet apostolique.
de prudence et de saLes mêmes principes
de statuer dégesse qui empêchent sa majesté
de consifinitivement sur cet objet, susceptible égalemnent à
dérations locales, la déterminent à faire les dispoantoriser les administrateurs
la restausitions et réglemens nécessaires pour --- Page 117 ---
S U R L A GUI A N E.
ration du collége, l'acquit de la fondation religieuse de la dame de la Motte-Aigron, après
en avoir délibéré avec les officiers de son conseil supérieur, dont néanmoins le procureurgénéral, ou, à son défaut, le doyen sera seul
appelé au partage des voix, s'il y a licu, pour
la rédaction desdits réglemens.
Les administrateurs n'oublieront point que
sa majesté a été très-mécontente de la négligence avec laquelle ces deux institutions utiles
ont été traitées jusqu'à présent, et ils se mettront incessamment en état de la réparer. Enjoint, au surplus, sa majesté 3 à son procurenr-général de poursuivre sur ce, jusqu'à jugement définitif, toute reddition , solde et
apurement de compte envers, tous administrateurs 2 fermiers ou détenteurs des biens desdites fondations.
Les administrateurs ne souffiriront aucun
jeu de hasard en lieu public ou privé, et seront autorisés, conjointement ou séparément,
à faire arrêter tous joueurs aux jeux de hasard,
surpris surle fait, ainsi que tous les vagabonds
errans dans la colonie, , qui ne pourroient fournir caution de leur conduite, état et qualité.
Les administrateurs contiendront leurs subordonnés respectifs dans les. deyoirs et fone- --- Page 118 ---
R A P P O RT
leur sont attribnés ; et s'ils avoient
tions qui
ils s'en
connoissance de quelques manquemens, mettre oravertiront réciproquement, afin d'y
les
dans aucun cas 7 que
dre; ne permettant, même lés
de couhabitans artisans, , et
gens aucun
soient maltraités ou insultés par
leur,
lesquels ils feront
officier civil ou militaire,
punir selon l'exigence des cas.
Dans les cas où l'un des deux administraabsent du chef-lieu de la colonie
teurs seroit
dans les
raison d'inspection ou tournée
pour
résidera, pourra, dans les
quartiers, celui qui
des deux est
affaires instantes oà le concours exécuter tout
prescrit, ordonner seul,"et faire
intéresseroit l'ordre et la police généce qui
tous les: oficiers civils et
ral 3 et seront tenus
ordres sans difficulté,
militaires d'obéir auxdits
responsable.
l'adininistrateur présentdemeurant dans. le
méSa majesté ayant réuni
présent
points de ses instructions
moire les principaux
de Cayenne >.
législatives sur ladministration
de
et à l'ordonnateur
ordonne au commandant
au greffe du conseil supéle faire enregistrer avoir recours, et ne leur perinet
rieur, pour Y
délibération, en conseil,
d'y déroger qu'après
de le faire pour
sur la nécessité indispensable
le bien de son scrvice et de sa colonie.
. le
méSa majesté ayant réuni
présent
points de ses instructions
moire les principaux
de Cayenne >.
législatives sur ladministration
de
et à l'ordonnateur
ordonne au commandant
au greffe du conseil supéle faire enregistrer avoir recours, et ne leur perinet
rieur, pour Y
délibération, en conseil,
d'y déroger qu'après
de le faire pour
sur la nécessité indispensable
le bien de son scrvice et de sa colonie. --- Page 119 ---
S U A L A G U I A N E.
CAYEN NE.
Limites.
Lx trop Jongue indifférence du Gouvernement pour les possessions de la Guiane, occasionne depuis cinquante ans un progrès d'usurpation de la part des Portugais et des Hollandais. Si sa majesté ne détermine incontestablement ses droits sur cette portion du continent,
il est tres-vraisemblable que les établissemens
de nos voisins se multiplieront à notre détriment, et opposeront les plus grands obstacles
à la prospérité des nôtres. Il est notoire que les
Portugais ont reculé de cinquante lieues atdelà du cap du Nord leurs bornes prétendues,
et qu'ils y ont établi des postes et des missions,
à la faveur desquels ils enlèvent les Indiens
établis dans notre territoire, et. nous ferment
toutes les avenues de Rio-Négro, dont la navigation seroit pour nous si importante. Cette
portion de côte usurpée par eux est d'ailleurs
très-précieuse 3 par la faculté que nous aurions --- Page 120 ---
R A PPORT,
d'y établir la pêche du lamentin.
les Hollandais
De leur côté,
de nous
paroissent avoir la
.
cerner dans l'intérieur des prétention
de venir s'établir
terres, et
Le petit nombre jusqu'aux bords du Camopi.
des colons
ferme aujourd'hui la
français que renquantité de terres
Guiane, comparé à la
à leur
en friche qui s'offre encore
industrie, pourroit affoiblir
de nos réclamations, si
l'importance
récent à
nous n'avions l'exemple
Saint-Domingue des
notre négligence à
inconvéniens de
possessions de la conserver nos droits sur les
que les
couronne en Amérique. Tant
Français établis sur la cête de SaintDomingue ont eu des terres à défricher
eux, ils ont oublié d'assurer
devant
tout le terrain qui
la possession de
nous avoit été reconnu
pre par Philippe V.
prose sont étendues, Lorsqu'ensnite nos cultures
pagnols établis nous avons rencontré les Esfort au-delà des limites
venues, 3 et ili n'a plus été
conreculer. Il
possible de les faire
Guiane,si nous en arriveroit autant dans la
de la
on ne s'occupoit dès. ce moment-ci
démarcation des limites entre notre
lonie et celle des Hollandais
COgais. En
et des Portules anciens conséquence, on joint à cette feuille
fcuilles
mémoires trouvés dans les
de Cayenne, dont un de
porte1688, et deux
-delà des limites
venues, 3 et ili n'a plus été
conreculer. Il
possible de les faire
Guiane,si nous en arriveroit autant dans la
de la
on ne s'occupoit dès. ce moment-ci
démarcation des limites entre notre
lonie et celle des Hollandais
COgais. En
et des Portules anciens conséquence, on joint à cette feuille
fcuilles
mémoires trouvés dans les
de Cayenne, dont un de
porte1688, et deux --- Page 121 ---
S R L A GIA N E.
de M. le baron de Besner : et comme il pourroit être dangereux de paroitre douter de la
légitimité de nos droits, on croit que le préalable nécessairé. à toute négociation 7 seroit
de déclarer à la cour de Portugal que le
roi, aux termes du traité d'Utrecht, a ordonné l'établissement d'un poste dans la baie
de Vincent Pinson, d'où sa majesté se propose
de faire tirer une ligne droite de l'est à l'ouest
pour la fixation des limites. Il est alors certain
que plusieurs postes et missions portugaises se
trouveront enclavées dans nos terres, et il seroit bien intéressant d'y retenir les Indiens qui
y sont habitués. L'établissement de ce premier
poste doit donc être confié à des missionnaires
intelligens, accompagnés de quelques soldats,
et doit suivre de près la déclaration qui en sera
faite à la cour de Portugal et à son gouverneur
au Para. Il n'est pas vraisemblable que celui-ci
oppose la force ouverte avant d'avoir reçu des
ordres de sa cour, qui seront au moins suspendus par la négociation, sur-tout dans la
position où se trouve actuellement le roi de
Portugal. Mais si, contre toute probabilité, le
gouverneur du Para faisoit enlever nos missionnaires , il semble que les circonstances actuelles
seroient bien favorables pour avoir raison d'une --- Page 122 ---
R A Pp O R T
infraction aussi manifeste au traité d'Utrecht:
de la pêche du lamentin,
Indépendamment de terres que cet arranet de Paugmentation il nous ouvre la traite des
gément nous assure ,
navigabestiaux au Para; et par Rio-Négro,la Ces
sur le fleuve des Âmazones.
tion interlope réunies à la nécessité de soudifférentes vues
suftenir dignement les droits de la couronne, du
sans doute, pour fixer T'attention
firont, 2
conseil sur un objet aussi important. --- Page 123 ---
S U R L A 3 UI A N E.
11T
M E M OIRE (*)
Contenant les droits de la France sur les pays
situés entre la rivière des Amazoncs et celle
d'Orénoc.
y a plus de cent ans que les Français
nt commencé de faire le commerce avec les
Indiens de la Guiane, ou des pays situés entre
a rivière des Amazones et celle d'Orénoc. Lauent Keymis, Anglais, dans sa relation rapporée par Laët, dit qu'étant en ce pays-la en l'anée 1596, il apprit des Sauvages que les Franais avoient accoutumé d'y charger une ceraine espèce de bois de Brésil. Jean Moquet,
lans sa relation, rapporte le voyage qu'ily fit
n 1604, avec le capitaine Ravardiere, et de
quelle manière ils y firent cominerce avec les
Indiens de la rivière d'Yapoco, située à quatre
Regrés et demi de la ligne, et avec ceux de l'ile
le Cayenne; il dit aussi que le capitaine RavarHliere y avoit déja fait un autre voyage, et
(*) Tiré du dépôt, 1688,
èce de bois de Brésil. Jean Moquet,
lans sa relation, rapporte le voyage qu'ily fit
n 1604, avec le capitaine Ravardiere, et de
quelle manière ils y firent cominerce avec les
Indiens de la rivière d'Yapoco, située à quatre
Regrés et demi de la ligne, et avec ceux de l'ile
le Cayenne; il dit aussi que le capitaine RavarHliere y avoit déja fait un autre voyage, et
(*) Tiré du dépôt, 1688, --- Page 124 ---
R A P P O R T
les Français continuèrent à y
depuis ce temps
bientôt à y
faire commerce, et commencèrent
habiter.
marchands de Rouen y
En 1626, quelques
hommes
envoyèrent une colonie de vingt-six
le
le sieur de Chantail et par
commandés par
qui s'établisieur Chambant, son lieutenant,
les bords de la rivière de Sinamari,
rent sur
les
degrés et
qui entre dans la mer par
cinq Hautedemi de latitude. En 1628,le capitaine
une nouvelle colonie de quatorze
pine mena
de Sihommes à la rivière de Cananama, près
et y laissa le nommé Lafleur pour
namary,
arinéc. En 1630,
commandant, avec une barque
hommes.
le capitaineLegrand y mena cinquante soixanteEn 1633, le capitaine Grégoire y mena
six hommes.
marchands
La même année 1633, plusieurs
Normandie formèrent une compagnie, et
de
du roi Louis XIII
obtinrent des lettres-patentes
du cardinal de Richelieu, chef et sur-intenet
de France, pour faire
dant de la navigation
seuls le commerce etla navigation de ces payslh,qmin'étoient occupés par: aucun autre prince
chrétien, et dont les bornes furent marquées
lettres
les rivières des Amazones,
dans ces
par
du côté gauche ou du nord.
La même année 1633, plusieurs
Normandie formèrent une compagnie, et
de
du roi Louis XIII
obtinrent des lettres-patentes
du cardinal de Richelieu, chef et sur-intenet
de France, pour faire
dant de la navigation
seuls le commerce etla navigation de ces payslh,qmin'étoient occupés par: aucun autre prince
chrétien, et dont les bornes furent marquées
lettres
les rivières des Amazones,
dans ces
par
du côté gauche ou du nord. --- Page 125 ---
S U R L A GUIA N E.
Au mois de décembre 1638, le même cardinal de Richelieu confirma et augmenta les
priviléges de la compagnie du cap Nord par a
d'autres lettres, où il est dit expressément que
les associés de cette compagnie continueroient
les colonies commencées à l'entrée de la rivière
de Cayenne, dans la rivière de Maroni, vers le
cap Nord, et s'établiroient dans tous les pays
non habités par aucuns princes chrétiens entre
la rivière d'Orénoc, > icelle. comprise > jusqu'à
la rivière des Amazones, icelle comprise.
En 1643, on forma une nouvelle compagnie
plus forte, et où s'intéressèrent beaucoup de
gens de qualité, qui, après avoir obtenu du
roi des lettres-patentes avec de. nouveaux priviléges, y envoyèrent pour gouverneur le sieur
Poncet de Bretigni, avec trois cents hommes,
pour y habiter > ainsi qu'il est rapporté dans
les relations imprimées de ce voyage.
En 1651, le sieur de Royville ayant appris
que cette compagnie étoit fort en désordre, entreprit de l'aller rétablir. Il s'associa avec l'abbé
de L'isle-Marivault, l'abbé de la Boulaye, et
quelques autres personnes de considération. Le
roi leur fit une nouvelle concession de tous
ces pays, où lon envoya près de cinq cents
hommes sur deux grands vaisseaux,qui mouil1.
--- Page 126 ---
R A P P 0 R T
1652 à lile de Madère, dont
lèrent le 28 juillet
etles régala
fit mille civilités,
le gouverneurleur
de rafraichissemens > quoiqu'il
de beaucoup
n'ignorât pas le sujet de leur voyage.
des
En 1664, le roi établit une compagnie
à
sa majesté acIndes occidentales, 2 laquelle les fles et de tous
corda la propriété de toutes
habités par les Français dans T'Amérique
pays méridionale. Cette compagnie envoya prendre
de Cayenne et des pays voisins par
possession le sieur de la Barre, quiyl laissa pour gouverle chevalier de Lezy, son frère. Depuis
neur
les Français sont toujours demeurés
ce tempslà,
aucun trouble, si ce n'est
en possession. sans fut pillée par les Anglais
que Pile de Cayeune
durant la
en 1667, et prise par les Hollandais
eux
mais elle fut reprise sur
dernière guerre;
d'Estrées;
l'année suivante, par M. le Maréchal
àla
paisible en a été confirmée
et la jouissance
France par le traité de Nimègue.
les
nombre d'années,
Durant un si grand
de véritables
Français ont exercé tous les actes
5 ils ont fait commerce
et légitimes possesseurs; Indiens des environs,
avec tous les peuples
les
chassé sur leurs terres, pêché sur toutes
même dans V'embonchure de la rivière
côtes et
fait plusieurs fois la guerre
des Amazones s
àla
paisible en a été confirmée
et la jouissance
France par le traité de Nimègue.
les
nombre d'années,
Durant un si grand
de véritables
Français ont exercé tous les actes
5 ils ont fait commerce
et légitimes possesseurs; Indiens des environs,
avec tous les peuples
les
chassé sur leurs terres, pêché sur toutes
même dans V'embonchure de la rivière
côtes et
fait plusieurs fois la guerre
des Amazones s --- Page 127 ---
S U R L A G UI A N E.
et enmite la paix avec les mêmes Indiens, avec
Aui ils vivent en bonne intelligence depuis plus
kie vingt-cinq ans ; ils ont défendu cette colonie
contre les Anglais et les Hollandais, qui seuls
les ont troublés ; ils l'ont reconquise sur ces
derniers ; ils ont voyagé librement de tous
côtés, dans les terres ; et, entr'autres, les pères
pénétrèGrillet ct Béchamel, jésuites français,
rent en 1664 plus de cent lieues dans les pays,
qui sont au midi de Cayenne, chez les peuples .
appelés Nouragues et Mercioux, et jusque chez
les Acoquas, > qui habitent à l'ouest du cap
Nord, et où jamais aucun Portugais n'avoit mis
le pied; enfin, les Français ont' fait des cartes
fort exactes de ces pays et des côtes, depuis la rivière des Amazones jusqu'à la rivière de Maroni.
Après une si longue possession de plus de cent
ans, confirmée par une hatitation actuelle et
continue de près dé soixante-dix ans, fondée
sur plusieurs concessions de nos rois, sans que
lesPortugais en aient jamais fait aucune plainte,
et que même ils aient jamais paru sur ces côtes,
sur
fondement ils ont
on ne comprend pas
quel
entrepris d'exercer en pleine paix des hostilités
contre cette colonie 7 en arrêtant prisonniers
quatre Françaisqui, selon leur coutume, alloient
traiter avec les Indiens. Ils ne peuvent pas --- Page 128 ---
R A P PO R T
les mêmes Français sont allés pluignorer que
de leurs habitations 3
sieurs fois jusqu'auprès
sans qu'il en
appelées Corrupa et Destierro,
entre les
soit arrivé aucune mésintelligence
ils dévoient au moins se plaindre
deur.nations;
de Cayenne, et lui
auparavant au gouverneur droits et leurs raisons; et
faire connoitre leurs
firent il y a
des plaintes qu'ils
se souvenir
contre les Espagnols qui les
quielques années
leur habitation du Saintavoient insultés dans
de Plata, sans auSacrement, dans la rivière
furént
déclaration précédente. 9 et qu'ils
cune
de leur déclarer la guerre pour en
sur le point
tirer raison. droits auroient pu nous opposer
Mais quels
pas
ne connoissent
les Portugais 7 puisqu'ils habitons ? Ils ne peumême les pays que nous
fait entre les Porle partage
vent pas alléguer
pape Alexandre VI;
tugais et les Castillans parle
n'a jaoutre que la ligne de démarcation
car,
et qu'ilsl'ont altérée par le
mais été déterminée, entre les rois Jean II et
traité fait à Tordesillas,
de deux
Ferdinand et Isabelle, en léloignant savent
centsoixante-dix lieues vers P'occident,ils
point en France
bien. que nous ne reconnoissons pour leur inces deux nations,
le pouvoir que
en ces matières; que
térêt, donnent aux papes
ans parle
n'a jaoutre que la ligne de démarcation
car,
et qu'ilsl'ont altérée par le
mais été déterminée, entre les rois Jean II et
traité fait à Tordesillas,
de deux
Ferdinand et Isabelle, en léloignant savent
centsoixante-dix lieues vers P'occident,ils
point en France
bien. que nous ne reconnoissons pour leur inces deux nations,
le pouvoir que
en ces matières; que
térêt, donnent aux papes --- Page 129 ---
S U R L A GUI A N E.
même ce n'a jamais été l'intention des papes
H'exclure'les autres princes chrétiens des pays
que ces deux nations n'auroient pas occupés les
premières, et qu'en effet les papes y ont dérogé
en notre faveurdans plusieurs occasions, et entre
autres en établissant, à la nomination du roi,
des évêques dans la Nouvelle-France, qui, sans
difficulté, est comprise dans ce partage.
Ils ne peuvent pas non plus excuser cette
violence sur ce qu'ils ont les deux habitations de
Corrupa et Destierro sur le rivage septentrional
de la rivière des Amazones ; car on peut leur
que ces habitations
répondre ? premièrement,
établissesont de beaucoup postérieures à nos
mens dans la Guiane ; que les Portugais s'y
sont étendus peu à peu du cap Saint-Augustin
vers la rivière des. Amazones ; qu'ilsn'ont occupé
Maraguan sur les Français qu'en 1615, et celle
de Para quelques années après s comme on le
peut voir dans leurs propres livres.
Secondement, queleur habitation de Corrupa
est à plus de cent lieues du cap Nord, et celle
de Destierro à plus de cent vingt ; et que la
rivière des Amazones ayant douze cents lieues
de longueur, 3 deux petites habitations ne suffisent pas pour occuper tout ce rivage, et encore --- Page 130 ---
R A P P O R T
toute la rivière, d'autant plus que nous
moins
qu'eux du cap.Nord.
habitons plus près
Les mémoires du baron de Besner
Nota.
de celui-ci, il me paroit
étant la paraphrase
La suite de ce rapport
inutile de les publier.
en 1777,
nous avons repris possession,
a été que
Pinson, par Pétablissede la baie de Vincent
d'une mission et d'un poste, contre lequel
ment
réclamé.
les Portugais n'ont pas
Paris, Juillet 1776.
A M. DE SARTINE
M.,
que j'ai eu Phonneur de vous
La proposition l'établissement. de quelques
transmettre pour
n'a rien de commun
familles juives à Cayenne,
dont
la réclamation des juifs portugais
avec
chargé de vous rendre compte ; et,
vous m'avez
je
aux risques de vous paroître inconséquent, contre l'objet
conclus directemeut aujourd'hui
J'oublie
de ma demande du 7 du courant. mesure
Cayenne dans mon rapport sur une funeste
générale qui peut, à mon avis, être d'une
colonies. Destiné à ladministration
aux
mettre pour
n'a rien de commun
familles juives à Cayenne,
dont
la réclamation des juifs portugais
avec
chargé de vous rendre compte ; et,
vous m'avez
je
aux risques de vous paroître inconséquent, contre l'objet
conclus directemeut aujourd'hui
J'oublie
de ma demande du 7 du courant. mesure
Cayenne dans mon rapport sur une funeste
générale qui peut, à mon avis, être d'une
colonies. Destiné à ladministration
aux --- Page 131 ---
S U R L- A GUIA N E.
colonie languissante, qu'il est question de vivifier, où l'on projette de nouveaux établissemens, j'appelle à son secours 7 sans examen 2
tous les, hommes, à moyens de quelque secte
qu'ils soient; mais s'il s'agit d'introduire et de
fixer les Juifs dans toutes nos colonies, j'y vois
de grands inconvéniens. Je n'ai contre les individus de cette nation ni contre leur croyance
aucune prévention : je ne doute pas qu'il n'y
ait parmi eux des hommes très-honnêtes 5
mais je crois que leurs habitudes et leurs combinaisons sociales ne sont point en harmonie
avec les nôtres. Enfin, M., vous jugerez mes
raisons, que je crois suffisamment développées
dans mon rapport. Quant à l'abolition du droit
d'aubaine, je la crois utile et juste, non seulement à Cayenne, mais dans toutes les cOlonies.
J'aurai l'honneur de vous rendre compte particulièrement de ma dernière conférence avec
les intéressés dans la compagnie de la Guiane:
comme je ne suis pas content d'eux, ils ne
doivent pas l'être de moi. Je ne peux en dire
autant du baron de Besner; c'est à regret que
je le contrarie ; mais il est impossible que nous
nous accordions.
Je suis, etc. --- Page 132 ---
R A P I 0 R
RAPPO RT
Sur la réclamation des Juifs portugais.
Lxs Juifs portugais réclament l'exécution
pleine et entière des droits et priviléges qui leur
ont été accordés, de règne en règne, depuis
Henri II. Ils demandent un titre d'admission
dans les colonies.
On ne peut motiver une décision sur cet
examinant les raisons qui ont pu
objet qu'en
la retarder jusqu'à présent.
faveur
Pourquoi la concession de nos rois en
des Juifs portugais n'a-t-elle été enregistrée et
exécutée que dans le ressort du parlement de
Bordeaux ? pourquoi ont -ils éprouvé dans le
reste du royaume une opposition persévérante
à leur prétention au rang de sujets naturels ?
Il semble qu'on en trouve la raison dans les
intérêts divers de la place de Bordeaux, de la
province de Guienne et des autres places com-
la retarder jusqu'à présent.
faveur
Pourquoi la concession de nos rois en
des Juifs portugais n'a-t-elle été enregistrée et
exécutée que dans le ressort du parlement de
Bordeaux ? pourquoi ont -ils éprouvé dans le
reste du royaume une opposition persévérante
à leur prétention au rang de sujets naturels ?
Il semble qu'on en trouve la raison dans les
intérêts divers de la place de Bordeaux, de la
province de Guienne et des autres places com- --- Page 133 ---
S U R L A GUI A N E.
herçantes. Les Bordelais se sont toujours OCupés de préférence à maintenir et à augmenter
e débit de leurs vins. Tout ce qui a concourn
ce voeu général d'un pays de vignoble, a
btenu la bienveillance des propriétaires et des
ommissionnaires en vin. Or les Juifs, dont les
elations s'étendent dans tout le nord et le inidi,
nt paru des agens propres à multiplier les
ommissions et les achats, ct à en assurer les
etours en effets de banque dans un temps oùt
commerce n'avoit nil'activité ni les ressources
Telle a dû être
ui se sont développées depuis.
origine de la faveur des Juifs chez les BordeAis. Par-tout ailleurs ils n'ont pu se présenter
nos marchands que comme concurrens s et
eux-ci supportent bien entre eux leur concurence réciproque; mais ils ne peuvent s'y souhettre volontairement enyers des étrangers qui.
'ont rien de commun avec eux, ni patrie, ni
Aceurs, ni religion. Ainsi, l'éloignement a' dû
perpétuer et se fortifier même par les préigés de l'éducation.
D'un autre côté, le Gouvernement a toujours
u les Juifs sous deux aspects très - opposés.
antôt ils ont été regardés comme ressource 9
antôt comme obstacle ; et leur traitement s'est
essenti, selon les circonstances > de Ces deux --- Page 134 ---
R'A P P OR T
rendreutiles
manières de voir. Quand on apules
on leur
ou des emprunts,
par des contributions
on a cru voir
des priviléges; quand
a accordé
les capitaux qu'on les met
sortir du royaume
les privi
état d'amasser, on a restreint
toit en
des commer
léges ; on a favorisé l'opposition
et l'éta
nationaux. à leur établissement,
çans
été incertain.
des Juifs a toujours
si c'est de leur exis
Examinons maintenant querésultel le dange
etincertaine
tence précaire
leur industrie et de leur
de l'émigration de
et leurs moeur
capitaux, ou si leurs principes
utile d
de devenir une portion
leur permettent
la société qui les adopteroit.
qui peu
Appeler dans son pays des étrangers mobi
la masse des richesses
vent y augmenter
le droit de natura
lières, et les y retenir par
sûir, une bonn
lité et de proprieté, cst, à coup
parmi le
opération. Nous ne voyons cependant des Juifs
souverains qui Pont tentée à Tégard
natio
ait réussi. Cette ancienne
aucun qui y
le
sans se fixer nul
est répandne sur globe
ils n'or
Tour à tour proscrits et tolérés,
part.
confiance en l'accueil momentan
jamais pris
et nous ne leur avons jama
qu'on leur a fait,
leur dispersion , les ar
vu exercer, 7 depuis les hommes sur le sol 0
sédentaires qui fixent
voyons cependant des Juifs
souverains qui Pont tentée à Tégard
natio
ait réussi. Cette ancienne
aucun qui y
le
sans se fixer nul
est répandne sur globe
ils n'or
Tour à tour proscrits et tolérés,
part.
confiance en l'accueil momentan
jamais pris
et nous ne leur avons jama
qu'on leur a fait,
leur dispersion , les ar
vu exercer, 7 depuis les hommes sur le sol 0
sédentaires qui fixent --- Page 135 ---
S U R L A GI A N E.
sles cultivent. Aucun voyageur n'a vu un coin
le terre labourée par des Juifs, une manufacure créée ou servie par eux. Dans tous les
lieux où ils ont pénétré, ils se sont exclusivenent livrés au métier de courticr, fripier, usuier, et les plus riches d'entre eux sont ensuite
levenus négocians , armateurs et banquiers.
En Pologne, où cette secte forme à elle seule
près d'un septième de la population, et est pariculièrement protégée par le clergé qui leur
brête ses fonds à gros intérêts, ils exercent,
utant qu'ils le peuvent, le cominerce etl'usure.
Ceux qui n'ont pas les moyens de faire mieux,
leviennent cabaretiers ou meuniers, parce que
es bénéfices de ces professions sont ignorés et
arbitraires ; mais aucun Juif n'est, en Pologne
pas plus qu'ailleurs, artisan ou laboureur. Il en
pst de même dans toute l'Asie 2 ainsi qu'en
Angleterre et en Hollande, où ils ont de grands
priviléges.
Le roi de Prusse a voulu les fixer dans ses
Ltats et les rendre citoyens : il aété obligé d'y
renoncer, parce qu'il a vu qu'il ne feroit que
multiplier la classe des revendeurs et des usuriers. Plusieurs princes d'Allemagne et barons
immédiats de l'Empire les ont appelés chez eux,
croyant en retirer de grands avantages pourleur --- Page 136 ---
RA PPOR T
des Juifs et leur
commerce 5 mais l'agiotage dans leurs mains
usure ont bientôt fait passer circulantes dans
la majeure partie des espèces
à la longue.
qu'ils appauvrissent
ces petits pays,
ils sont devenus les
Admis à la Jamaique 2 y
d'argent,
maîtres du change et des négociations
sous
et la moitié de la colonie est gémissante
leur joug.
lieux, dans tous les temps,
Ainsi, dans tousles
ou vexés,
les Juifs, appelés ou tolérés, protégés
même
une même conduite,
n'ont eu qu'un
plan; ennemis tous les
qui est de regarder comme
milieu d'eux
peuples de la terre, et de vivre au
dans
Étrangers
avec crainte et dissimulation.
point aux producl'univers, ils ne s'intéressent
Ils suivent lor
tions de la terre qui les nourrit. le
et ils ne
comme laimant suit fer;
et l'argent, à la circulation que par des usures
le rendent
à la destruceffroyables qui tendent également
Ces
tion du commerce et de P'agriculture.
immuables se perpétuent chez eux par
principes
T'esprit de leur religion, et l'espoir ineffaçable
réunion prochaine dans la terre promise.
d'une
toujours dans leurs desIls voient, ils verront
et c'est
cendans Ies dominateurs des nations 5
de tous métaux qu'ils esen nous déponillant
pèrent en accélérer la conquête.
destruceffroyables qui tendent également
Ces
tion du commerce et de P'agriculture.
immuables se perpétuent chez eux par
principes
T'esprit de leur religion, et l'espoir ineffaçable
réunion prochaine dans la terre promise.
d'une
toujours dans leurs desIls voient, ils verront
et c'est
cendans Ies dominateurs des nations 5
de tous métaux qu'ils esen nous déponillant
pèrent en accélérer la conquête. --- Page 137 ---
SU R L A GUIA N E.
On a beau regarder commne absurdes leurs
projets et leur plan, ils ne se démentent point;
ils y sont fidèles autant qu'il est en leur pouvoir 5 et ils profitent imperturbablement de
notre inconséquence à leur égard, de nos injustices mêmes, de nos faveurs et de nos mépris.
Quel intérêt pourroit donc mériter, de la part
des sociétés chrétiennes ou idolâtres, une SOciété qui ne veut et ne peut s'incorporer à aupune, A et qui, depuis dix-huit siècles, n'a pas
fourni au genre humain un seul laboureur ou
artisan?
Qu'avons-nous gagné dans ces capitulations
diverses faites avec eux P Si nous les retenons
pour les mettre à contribution, cela est injuste ;
si c'est pour les incorporer à la nation et augmenter sa force et sa population, cela estimpossible, à moins qu'ils ne changent de principes. 1 1
On ne peut pas ranger dans la même classe
les Protestans et les Juifs : les premiers n'ont
pu être retranchés de notre société qu'à son
grand détriment. Unisànous par tous les liens
du sang, par une grande similitude de moeurs
et de principes, par tous les rapports d'intérêt,
ils ne peuvent qu'être utilement et justement
réintégrés daus les droits de citoyens. --- Page 138 ---
R APPOI T
seroit de même de toute autre secte
Il en
décomposer par
religieuse que l'on pourroit dans toutes les prodes alliances, et distribuer
ainsi
fessions utiles. La nation qui s'approprie craindre
des hommes nonveaux sans avoir à
l'ordre, multiplie par - là ses
qu'ils troublent
bras, ses produits et sa force. certaines castes
Mais les Juifs, semblables à
anciens qu'enx, dispersés comme
d'Indiens plus enthousiastes de leurs moeurs et
eux, et aussi
deviendroient tout au plus
de leurs principes, les financiers de la nation qui
les banquiers et
à partir
les adopteroit, et seront toujours prêts
avec leur caisse et leur porte-feuille.
Une fois adoptés en corps de secte et traités
3 ils se multiplieront prodigieuen régnicoles,
un état dans TÉtat; ils
sement, et formeront
; ils s'emen deviendront les seuls commerçans richesses
à la longue de toutes les
pareront
dans
mobilières, qui, à mesure qu'elles passent
dans les autres
leurs mains, ne rentrent plus
classes de la société. Parmi nous, les bénéfices à
à la seconde ou
du commerce se répartissent,
entre les propriétzires,
la troisième génération, militaires issus d'un négo
les magistrats, les
ciant. Parmi les Juifs, un riche commerçant
T'accroissement successif des capitaux
préparera
longue de toutes les
pareront
dans
mobilières, qui, à mesure qu'elles passent
dans les autres
leurs mains, ne rentrent plus
classes de la société. Parmi nous, les bénéfices à
à la seconde ou
du commerce se répartissent,
entre les propriétzires,
la troisième génération, militaires issus d'un négo
les magistrats, les
ciant. Parmi les Juifs, un riche commerçant
T'accroissement successif des capitaux
préparera --- Page 139 ---
S U R L A. GUI A N E.
vingt générations de commerçans 3 aucun
htre ordre de,l PÉtat n'aura l'espoir d'en jouir
r des alliances ou des emplois. Ainsi, la tolité du commerce actif de la nation pourroit
trouver, dans un temps donné 7 entre les
ains de la communauté juive, dont l'accroisment en richesses et en population devienoit bientôt redoutable au peuple protecteur.
Considérons enfin le danger de cette adopbn relativement àla sûreté d'un État. Les Juifs
abrassent par leur correspondance toutes les
irties de l'Europe, etsontuniquement dévoués
leur secte et à leur intérêt. Quelle est la nabn ennemie qui, avec de l'argent, n'emploiera
s ses Juifs auprès des nôtres pour l'espionnage
nos forces , de nos moyens, de nos démares, pour exciter une révolution dans les effets
ablics, dans les marchiés, pour faire manquer
approvisionnement important P Et quels
ront pour nous les garans de la fidélité, du
triotisme, du dévouement exclusif de cette
ciété isolée, toujours concentréc en elle-même,
ujours ennemie des autres sociétés ! Il faut
pendant convenir qu'il est rare de trouver
Juifs compromis dans les complots, les inigues et affaires politiques : ils sonten général
unis à la police du pays qu'ils habitent ; mais --- Page 140 ---
c'est la seule R A PP O - R T
classe d'hommes
séparé de ceux de la patrie quiait un intéré
qu'ils
D'après ces
choisissent.
éloignés de desirer, considérations, nous sommes for
le
de regarder comme ntil
accordés renouvellement et l'extension des
très - légérement
privilége
jamais pour eux ni les
aux Juifs. N'ayon
justice de nos pères. En complaisances, vain les
ni l'in
se prétendent
Juifs portuga
distingués des autres
plus particulièrement voués à la
tribus, €
bien vrai qu'ils sont
France. Il es
leurs
souvent en procès
intérêts, et en contestation
pou
dogmes ; mais le point de
pour leur
et d'dloignement
ralliement entre eux
Il paroîtroit donc pour nous,, existera toujour
mation
sage de refuser la confir
générale des priviléges
dent, sauf à en accorder de
qu'ils deman
de leurs maisons
particuliers à cell
ralité et leur
principales qui, parleur m
du
commerce, méritent les bont
chasser Gouvemement, mais il seroit
cette multitude de Juifs nécessaire
vagabonds qui parcourent
étrangers
et bourgs, pour
sans cesse nos vill
y multiplier
moyens frauduleux de
impunément d
In'est
ventes et d'achats.
l'entrée des pas moins nécessaire de leur interdi
suffisant de colonies : nous y ayons un nomb
marchands
de la Jamalique, de Surinam nationaux; et T'exemp
doit nons éclairer
-
a 2
-
, mais il seroit
cette multitude de Juifs nécessaire
vagabonds qui parcourent
étrangers
et bourgs, pour
sans cesse nos vill
y multiplier
moyens frauduleux de
impunément d
In'est
ventes et d'achats.
l'entrée des pas moins nécessaire de leur interdi
suffisant de colonies : nous y ayons un nomb
marchands
de la Jamalique, de Surinam nationaux; et T'exemp
doit nons éclairer
-
a 2
- --- Page 141 ---
S R L A GUIA N E.
Nous n'ajouterons qu'une seule observation
à celles qui viennent d'être exposées. Les Protestans nos concitoyens et nos frères ont été
proscrits par les mêmes rois qui accordoient
aux Juifs le droit de régnicoles. Ce n'est plus
d'un Gouvernement aussi éclairé que le nôtre
que l'on peut craindre la prolongation de cette
double erreur.
R AP P OR T
Sur le droit d'aubaine dans les colonies et
sur les motifs de SOR abolition.
Lx droit d'aubaine est une infraction du droit
des gens et même du droit naturel, qui assurent à chaque individu sa propre conservation
et celle de sa propriété, lorsqu'il ne se présente
point comme ennemi dans une société quelconque. Ce droit abusif est ensuite une méptise de l'esprit fiscal, qui se nuit à lui-même
en repoussantles Awsipomh.peilwadajgallry
tandis qu'il pourroit les imposer par les consommations, s'il les attiroit sur son territoire.
1.
--- Page 142 ---
R A P P O R T
Jl faut que ces principes inçontestables
pas été aperçus dans toute leurétendue, n'ayent
gu'on ait fait, de l'abolition du droit 3 pour
d'aubaine, un objet de négociation avec les
sances étrangères. Certainement
puisutile en
ce droit,
apparence, 2 n'est réellement onéreux
qu'au prince qui le conserve dans ses
On ne peut pas douter qu'il n'ait
Etats.
retardé les progrès des colonies
infiniment
qu'il n'ait en
françaises s et
quelque sorte anéanti les riches
possessions des Espagnols dans les deux Indes.
C'est sur-tout dans les colonies qu'il est utile
d'appeler, non les pavillons et les marchandises étrangères, mais bien les individus, les
capitaux et l'industrie de toutes les nations.
Nous avons fait précisément le contraire. Colbert, qui a fait de grandes choses, mais qui s'est
trompé quelquefois, interdit aux étrangers les
défrichemens 3 et leur livre
ment des colonies. Ce système, l'approvisionnemodifié, s'est
plus ou moins
perpétué jusqu'à nos. jours.
avons vu quatre cents bâtimens de la Nouvelle- Nous
Angleterre partager annuellement avec les nationaux le commerce des grains, des
des bestiaux et des
de
bois, 2
tandis
sirops nos fles à sucre ;
qu'un Anglais, un Hollandais n'auroient
pu employer un des millions qu'ils nous enle-
-
a
ichemens 3 et leur livre
ment des colonies. Ce système, l'approvisionnemodifié, s'est
plus ou moins
perpétué jusqu'à nos. jours.
avons vu quatre cents bâtimens de la Nouvelle- Nous
Angleterre partager annuellement avec les nationaux le commerce des grains, des
des bestiaux et des
de
bois, 2
tandis
sirops nos fles à sucre ;
qu'un Anglais, un Hollandais n'auroient
pu employer un des millions qu'ils nous enle-
-
a --- Page 143 ---
S U R L A GUIA N B.
voient à l'acquisition d'une propriété dans ces
mêmcs colonies, oà le droit d'aubaine subsiste
dans toute sa force. On répond à cela qu'il est
facile à un étranger d'obtenir des lettres de
naturalité, et que, sans cette condition, il est
langereux de leur ouvrirl'accès de nos colonies,
en ce qu'ils en détourneroient les richesses dans
eur propre pays.,
Mais comment pent s'opérer ce détournenent de richesses, si l'exportation des proluits est exclusivement réservé au commerce
ational ? Voilà la seule porte qu'il faut garler, et l'on peut laisser tomber sans crainte
outes les autres barrières. Assujétit-on les étraners à se faire naturaliser pour placer leur
rgent dans les fonds publicsde France et d'Anleterre? On n'a garde de T'exiger 3 et cepenant c'est bien dans ce cas-là que l'argent sort
LL trésor royal pour aller chercher le prêteur
Amsterdam et à Gonève, 3 et pour le suivre
ar-tout où il lui plait d'habiter; mais l'étraner, propriétaire d'un fonds à Saint-Domingue,
place une somme d'espèces qui n'apparteoit point à la nation, et qui accroît d'antant
on capital s'il réside dans la colonie; ; c'est
n consommateur de plus au profit de la méropole : s'il habite en Russic, en Italie, il --- Page 144 ---
R APPO R T
ne peut percevoir ses revenus
payé tribut au
que lorsqu'ils ont
Le
prince, et à l'industrie nationale.
bâtiment français, les matelots, les ouvriers
français employés à la fabrique et au
de ces denrées, en ont
transport
et ce propriétaire
partagé les produits ;
tous les
étranger 3 remplaçant dans
cas, s un propriétaire national
fonds restent dans la
dontles
de Jaisser à la
circulation, 2 est obligé
mière mise.
France une part dans sa preCet avantage direct n'est ni le
plus considérable de
senl, ni le
l'admission des
ceux qui résulteroient de
étrangers - comme
dans nos colonies. Le haut
propriétaires
parini nous en
prix de l'argent
constate et en perpétue la
sur-tout dans les spéculations
disette,
ture des colonies.
relatives à la culsix
L'intérêt sur la place est à
pour cent, tandis qu'en Hollande et en Angleterre, , pendant la paix, on trouve de
à trois ou trois et demi, De-là vient
l'argent
ment des capitalistes de ces deux l'empresseplacer des fonds en
nations à
Amérique, et à
rapidement le mobilier des habitations augmenter
acquièrent, 3 parce qu'ils n'ont
qu'ils y
moyen de faire valoir leur
aucun autre
ment. Chez
argent plus utileà
nous, 2 au contraire, le
constitution étant à cinq et l'intérêt placement du
com-
-
on trouve de
à trois ou trois et demi, De-là vient
l'argent
ment des capitalistes de ces deux l'empresseplacer des fonds en
nations à
Amérique, et à
rapidement le mobilier des habitations augmenter
acquièrent, 3 parce qu'ils n'ont
qu'ils y
moyen de faire valoir leur
aucun autre
ment. Chez
argent plus utileà
nous, 2 au contraire, le
constitution étant à cinq et l'intérêt placement du
com-
- --- Page 145 ---
S U R L A GUIA N E.
merce à six, la différence de six à sept , qui
est le produit moyen des capitaux placés en
Amérique, n'est, pas assez considérable poury
aventurer ses fonds : aussi tous nos établissemens en sucre ont été faits lentement et aux
dépens de l'industrie et de l'économie locale
des entrepreneurs, 3 qui, dans leur prospérité
même, trouvent avec peine le crédit nécessaire
pour l'augmentation ou le remplacement de
leur mobilier.
En éloignant donc les étrangers de l'acquisition de nos fonds en Amérique, nous en avons
repoussé le crédit et l'argent, qui peuvent seuls
en faire prospérer la culture. Telle habitation
possédée par un Français ne produit que deux
cent milliers de sucre, tandis qu'entre les mains
d'un capitaliste opulent qui en doubleroit le
mobilier, elle pourroit être aisément portée à
quatre cent milliers 3 ce qui doubleroit alors
I'emploi des hommes et des bâtimens de la
nation par cet accroissement d'exploitation.
Si l'on objectoit qu'il est dangereux de réunir
dans nos colouies un trop grand nombre d'étrangers devenus propriétaires, je réponds que
cette dernière condition annulle la première,
ou la modifie de telle sorte qu'il n'y a rien
à en redouter. Quel est en effet le plus fort
elle pourroit être aisément portée à
quatre cent milliers 3 ce qui doubleroit alors
I'emploi des hommes et des bâtimens de la
nation par cet accroissement d'exploitation.
Si l'on objectoit qu'il est dangereux de réunir
dans nos colouies un trop grand nombre d'étrangers devenus propriétaires, je réponds que
cette dernière condition annulle la première,
ou la modifie de telle sorte qu'il n'y a rien
à en redouter. Quel est en effet le plus fort --- Page 146 ---
R APP O n T
lien qui puisse m'attacher à la prospérité d'un
pays et à sa conservation ? Mon intérêt
doute.
sans
D'ailleurs, ces propriétaires
ne sont pas ceux qui commandent étrangers
dent les citadelles;
et qui gar-
; et dans toute la zône torride il n'y a rien à espérer ou à craindre de la
population des blancs qui Phabitent. Leur
mombre, et la dégradation de leurs
petit
sultante du
moeurs réclimat, du luxe, de
les rendent impropres à toute espèce T'opulence, de révolution Ils seront par-tout sujets volontaires
ou forcés de la puissance
dominante, c'est-àdire, de celle qui aura l'empire de la mer
mais qu'on ne s'y. trompe
;
tablit et
pas : cet empire s'és'accroît en silence au moment
les ariées navales
que
d'autre.
disparoissent de part et
Louis XIV eut, comme Louis XVI,
quatre - vingts vaisseaux de
Mais
ligne en action.
lorsqu'à la paix de Nimègue ces forces
momentanées devinrent
inutiles, on ne fit rien
pour le commerce extérieur, et il ne fit rien
pour la marine, qui, faute d'aliment, s'anéantit
(*) Je conviens aujonrd'hui
raisonnement
que c'étoit là un mauvais
: nous nous conmoissons micux
en causcs et en moyens de révolution,
maintenant
e
--- Page 147 ---
S UR L A GUI A N E.
sans retour. Pour que le roi trouve Jacilement soirante mille matelots, il Faut que le
commerce en entretienne constamment quarante mille pendant la guerre, 3 et cent mille
pendant la pair. Or, cette extension de navigation ne peut avoir lieu qu'en en supprimant les entraves. intérieures, > et en assurant
les débouchés extérieurs.
La traite des Noirs, la pêche de la morue,
Tapprovisionnement exclusif de nos colonies,
le commerce du Nord et celui du Levant,
voilà les véritables arsenaux de la marine
royale. Dix vaisseaux de cent canons ajouteroient moins à nos forces que mille matelots
de plus, occupés annuellement à Ia pêche de
la morue ou de la baleine.
Mais, dans les précautions prendre
pour
une amélioration sensible du commerce maritime et de la culture des colonies, l'abolition
pure et simple du droit d'aubaine en Amérique, l'appel des étrangers. de toutes nations,
comme propriétaires et bailleurs de fonds, est
une des mesures les plus dignes d'un Gouyernement éclairé. Il faudroit connoître les inconvéniens
qu'on y suppose, 9 pour pouvoir les
combattre. Ni la raison, ni l'expérience ne
sauroient les prévoir.
pour
une amélioration sensible du commerce maritime et de la culture des colonies, l'abolition
pure et simple du droit d'aubaine en Amérique, l'appel des étrangers. de toutes nations,
comme propriétaires et bailleurs de fonds, est
une des mesures les plus dignes d'un Gouyernement éclairé. Il faudroit connoître les inconvéniens
qu'on y suppose, 9 pour pouvoir les
combattre. Ni la raison, ni l'expérience ne
sauroient les prévoir. --- Page 148 ---
R A P P O R T
GUIANE
SUITE
DÉTABLISSENENT
DES MOYENS
Ventes, des terres au profit du roi.
de terres dans
d0 xredemnande des concessions
Les Ande les vendre.
la Guiane : je proposc raison deleurs usages,
glais qui aiment à rendre
des terres en
disent que la concession défrichement, gratuite
que le
Amérique nuit à leur
nombre de ceux qui se présentent
plus grand
n'ayant pas les
obtenir des concessions,
pour de les mettre en valeur 3 en privent
moyens seroient en état d'en tirer un meilleur
ceux qui
les
qu'en vendant, à un prix modique,
parti;
le colon aisé et celui qui
terres à défricher,
n'en peut être emprojette des établissemens, qui lui assure sa
péché par une légère avance --- Page 149 ---
S U R L, A GUIA N E.
propriété, tandis que Phomme pauyre et stérile est dans l'impuissance d'usurper sa place.
Ces raisons sont infiniment plus sensées que
celles sur lesquelles nous fondons des concessions gratuites, dont il résulte l'envahissement
d'un grand terrain toujours en friche et l'instabilité des propriétés par les fréquentes réunions au domaine, ou la dérogation abusive
à cette loi en faveur des concessionnaires protégés. On propose, pour l'établissement de la
Guiane, d'adopter l'usage des Anglais, et d'y
vendre désormais les terres au plus bas prix
possible. Cette loi réveillera d'abord l'attention
du public sur la Guiane. Nombre de particuliers seront tentés de s'y assurer une possession,
sauf à l'établir dans un temps opportun. Ceux
qui auront acheté ne manqueront pas de risquer quelques avances pour un défrichement,
et insensiblement l'émulation et les essais croitront ayec les spéculations. Un premier succès
en engendrera mille autres. En laissant au contraire les choses dans l'état oà elles sont, les
concessions les plus indiscrètes se multiplieront
en pure perte. On ne se lassera pas de demander
et d'acquérir gratuitement sans avances de culture. Il n'y aura de réuni au domaine que les
terres des particuliers non protégés, tandis que
ichement,
et insensiblement l'émulation et les essais croitront ayec les spéculations. Un premier succès
en engendrera mille autres. En laissant au contraire les choses dans l'état oà elles sont, les
concessions les plus indiscrètes se multiplieront
en pure perte. On ne se lassera pas de demander
et d'acquérir gratuitement sans avances de culture. Il n'y aura de réuni au domaine que les
terres des particuliers non protégés, tandis que --- Page 150 ---
R A PPO R T
les plus grands concessionnaires
leur volonté les délais limités prolongeront à
dont il est
par la loi. Celle
question devroit
même temps la réunion au
prononcer en
et de fait, de toutes les domaine, de droit
puis dix ans, et
concessions faites depentées, ni cultivées. qui ne seroient encore ni arPrivilige exclusif pour la culture des
kpiceries.
In est inutile de rappeler ici tout
été écrit en observations,
ce qui a
sur le projet
demandes et réponses
ceries;
présenté pour la culture des
on se bornera à présenter
épice qui intéresse évidemment
au ministre
PEtat dans cette
affaire, 2°, ce qui peut nuire au bien
dans les demandes de la
général
Nous possédons des compagnic.
Iles de France et à
plants d'épiceries aux
Cayenne : leur
peut devenir la matière d'un
propagation
cieux. Voilà le premier
commerce préle Gouvernement.
point important pour
de cette culture
C'est donc à la protection
qu'il doit ses premicrs soins. Le
a --- Page 151 ---
SU R L A GUIA N E.
régime sous lequel elle peut prospérer 7 ainsi
que le commerce qui en sera la suite, doit être
déterminé par des motifs incontestables. Ce
n'est pas sur un objet aussi grave que les opinions contradictoires doivent être indifférentes,
il convient encore moins de les subordonner à
la faveur et à la protection. C'est nécessairement pour le parti le plus utile et le plus sensé
qu'il faut se déterminer, parce que toute autre
voie nuiroit au bien public, et ne seroit profitable à personne.
On a, d'après ce principe, examinéles raisons
proposées en faveur d'un privilége exclusif,
et on les trouve de la plus grande force.
La production énorme des arbres à épicerics
pouvant en multiplier excessivement le fruit,
il cessera d'avoir une valeur vénale dans le
commerce, si cette culture est libre. La multitude n'a jamais combiné sensément, mi l'intérêt public, ni ses propres intérêts individuels. Chaque particnlier isolé tend avenglément à l'accroissement de son bien-être, et
s'en éloigne obstinément plutôt que de s'asservir
à un frein qu'on Ie lui auroit pas imposé. Ainsi,
la liberté de cette culture produisant nécessairement la multiplication excessive des fruits et
l'ayilissement des prix, la possession seroit
le
commerce, si cette culture est libre. La multitude n'a jamais combiné sensément, mi l'intérêt public, ni ses propres intérêts individuels. Chaque particnlier isolé tend avenglément à l'accroissement de son bien-être, et
s'en éloigne obstinément plutôt que de s'asservir
à un frein qu'on Ie lui auroit pas imposé. Ainsi,
la liberté de cette culture produisant nécessairement la multiplication excessive des fruits et
l'ayilissement des prix, la possession seroit --- Page 152 ---
R A P P O R T
entre
dès la première époque,
nulle et passeroit,
vondroient
les mains de tous les peuples qui
se la procurer.
démontré nécessaire, il
Le régime exclusif
s'en réserve le priconvient ou que sa majesté
à une comvilége, ou d'en faire la concession
pagnie sous une redevance déterninée.
du roi ont rarement
Les régies au compte
prouvé que sa
réussi. Il est mialheurensement servie par ses
majesté est moins exactement
les agens
compagnie par
préposés 3 qu'une
directement. D'ailqu'elle emploie et surveille
riche
leurs un commerce exclusif, mains quelque du roi de
qu'il puisse être, entre les
à la dignité
France, est une sorte de dérogation d'exemples
Nous en avons peu
de sa couronne.
monarchie; et parmi les
dans notre ancienne
fasse
de l'Europe, il n'en est point qui
princes
et exclusivement
le commerce personnellement,
à sCS sujets.
le parti le plus raisonOn croit donc que concéder le
nable à prendre, est de
privilége
de la culture et du commerce des épiceries détersous une redevance
à une compagnie,
minée.
titres de préféCelle qui se présenie a deux
sur
un plan
rence; d'avoir la première proposé --- Page 153 ---
SU R L A GUIA N E,
cette entreprise 2 et d'avoir fait hommage de
son projet à Monsieur, qui s'y intéresse comme
actionnaire principal, et comme protecteur
immédiat.
Le voeu et la protection de Monsieur, s ne
croisant point ici l'intérêt général, et concourant au contraire à une entreprise utile, peuvent être présentés au ministre comme motif
prépondérant en faveur de la compagnie. La
munificence du roi envers un prince aussi cher
à sa mnajesté ne peut d'ailleurs se déployer
d'une manière moins onéreuse à l'État.
Mais, malgré tout le respect dû à la protection de Monsieur., le Gouvernement ne peut
s'écarter, dans l'examen des demandes de
pas
la compagnie, de l'objet essentiel et premier
qui doit les justifier.
Cet objet est l'intérêt général. Il seroit blessé,
premièrement par l'extirpation actuelle et absolue de tous les plants d'épiceries répandus
hors de Cayenne; 20, par le transport, aux frais
du roi, de ceux qu'on pourroit transplanter;
30, par la trop longue durée du privilége accordé à une même compagnie, sous une redevance
modique; 4°. parla possession exclusivede
tous les plants actuellement existans, sans dédommagement suffisant pour les propriétaires 5
oit blessé,
premièrement par l'extirpation actuelle et absolue de tous les plants d'épiceries répandus
hors de Cayenne; 20, par le transport, aux frais
du roi, de ceux qu'on pourroit transplanter;
30, par la trop longue durée du privilége accordé à une même compagnie, sous une redevance
modique; 4°. parla possession exclusivede
tous les plants actuellement existans, sans dédommagement suffisant pour les propriétaires 5 --- Page 154 ---
RAPPOX: T
50, par la condition
à l'expiration du
proposée de ne rendre;
seront plantés les privilége, que le terrain où
des
arbresà à
établissemens
épiceries,sans aucun
On croit donc accessoires.
demandes et à la nécessaire, en déférant aux
protection de
changer ou modifier ce
Monsieur, de
ou exagéré dans les qui peut être muisible
pagnie.
propositions de la comOn propose en
privilége exclusif conséquence de la
la concession du
des
culture et du commerce
épiceries, aux conditions
1o, Tous les plants
suivantes :
la main du roi ou des d'épiceries qui sont sous
férentes
particuliers dans les difmis à des possessions de sa majesté, seront repréposés de la
lant un dédommnagement compagnie, en stipuconvenable
propriétaires, et que l'on pourroit fixer pour les
pour chaque pied.
à 400 1.
20, La
Iles de compagnie ne pourra déplacer des
France et de Bourbon, ni
la totalité des arbres
des Séchelles,
ment,
qui y existent
pour en fixer la culture
actuelledans la
et le commerce
Guiane, jusqu'à ce qu'on ait
par l'expérience, le lieu le plus
reconnu, 3
production de ces arbres.
favorable à la
30, Tous les frais de garde,
transplantation, --- Page 155 ---
S U a L A GUI A N E.
et autres, de quelque espèce qu'ils soient, seront, dès le premier moment de la concession,
à la charge de la compagnie, qui ne pourra
obtenir gratuitement de sa majesté que des
terrains librés et non occupés par un tiers.
4°. La compagnie justifiera à sa majesté de
la souscription et mise de fonds nécessaires
pour la sûreté et le succès de son entreprise.
50, Sa majesté, en considération de la concession du privilége exclusif pendant quarante
ans seulement, se réserve le cinquième du produit des récoltes annuelles, à percevoir en
denrées ou en argent, suivant qu'elle le jugera
à propos.
6o, A l'expiration du présent octroi, les
arbres à épiceries et le terrain sur lequel ils
seront plantés, appartiendront en propre à sa
majesté, qui pourra aussi disposer de tous les
établissemens, bâtimens, ustensiles, nègres et
animaux de la compagnie en lui en payant la
valeur, estimée à dire d'arbitres.
7°; Le plan et les détails du régime adopté
par la compagnie pouri l'exploitation de sa calture et de son commerce, les projets d'emplacement, d'établissement, les précantions et
les moyens de police et de sûreté, seront proposés à sa majesté, , pour recevoir son approbation ayant leur exécution.
, bâtimens, ustensiles, nègres et
animaux de la compagnie en lui en payant la
valeur, estimée à dire d'arbitres.
7°; Le plan et les détails du régime adopté
par la compagnie pouri l'exploitation de sa calture et de son commerce, les projets d'emplacement, d'établissement, les précantions et
les moyens de police et de sûreté, seront proposés à sa majesté, , pour recevoir son approbation ayant leur exécution. --- Page 156 ---
R A PP O R T
Telles sont les réflexions et
dont on a cru susceptibles les modifications
la
propositions de
compagnie, et les observations
elles ont été soumises.
auxquelles
Propositions extraites de la
de MM. de Fiedmont
correspondance
et de la Croix.
Las objets
dons la décision généraux sur lesquels nous attenvail
du ministre, exigeant un trasubséquent qui emportera
temps 7 il me paroît utile de lui beancoup de
ses ordres sur plusieurs objets
demander
particuliers dont
l'expédition est indépendante du plan général
d'administration et ne peut au contraire
concourir.
qu'y
10, Le conseil supérieur de
de solliciter les distinctions Cayenne ne cesse
cordés par le roi aux autres et priviléges acLes administrateurs
cours des colonies.
ont réitéré leurs
à ce sujet, et on ne voit
instances
diérence
pas de motif de Ja
qui a subsisté jusqu'à ce
les officiers du conseil de
jour entre
Cayenne et ceux des
a
expédition est indépendante du plan général
d'administration et ne peut au contraire
concourir.
qu'y
10, Le conseil supérieur de
de solliciter les distinctions Cayenne ne cesse
cordés par le roi aux autres et priviléges acLes administrateurs
cours des colonies.
ont réitéré leurs
à ce sujet, et on ne voit
instances
diérence
pas de motif de Ja
qui a subsisté jusqu'à ce
les officiers du conseil de
jour entre
Cayenne et ceux des
a --- Page 157 ---
SU R L. A GUI A. N E.
Autres colonies. On propose de la faire cesser
Jans un moment sur-tout où le Gonvernement
occupe de nouveaux encouragemens pour
bette colonie.
2°, Le sénéchal de Cayenne étant le seul
magistrat civil et criminel de la colonie, les administrateurs ont plusieurs fois représenté que
cet officier ne pouvoit vaquer, avec lexactitude convenable, à ses fonctions multipliées.
I paroîtroit donc convenable de lui donner un
lieutenant, et faculté à l'ordonnateur de subdéléguer dans les quartiers quelques officiers
civils, ayant serment aux conseils, 9 pour les
procès - verbaux et enquêtes à faire dans les
lieux éloignés. On demande en outre d'augmenter de 400 liv. de gratification annuelle
pour le juge, le modique traitement qui lui
est accordé, et d'en fixer une semblable pour
le lieutenant.
30. M. de Macaye, procureur - général au
conseil de Cayenne (1743), Agé aujourd'hui
de 70 ans, a fourni cette longue carrière de
service avec zèle et intégrité. Les administrateurs, dans tous les temps, en ont rendu les
meilleurs témoignages, qu'ils viennent de répéter par un exposé très - détaillé des services
de MI. de Macaye. Ils demandent pour lui des
1.
--- Page 158 ---
R A P P O R T
lettres de noblesse et une
desireroit,
pension. Ce magistrat
par préférence, le cordon
chel et les bontés du
de S. Miunique. Il paroît
ministre pour son fils
juste d'avoir
vices et à l'âge avancé de
égard aux sern'a plus le
M. de Macaye, qui
temps d'attendre les
sirés de la satisfaction
marques si dedu roi.
4°. Les
nistre
administrateurs ont adressé au
un mémoire de M. de
midesséchement des
Kerchove, sur le
terres basses de Cayenne. Cet
ollicier, commandant de son
été envoyé à Surinam
quartier, avoit
instructions
pour en rapporter des
sur la culture des
retour à
Hollandais. De
Cayenne, il a donné et la
l'exemple par un travail
leçon et
mémoire est
qui a réussi Son
parfaitement bien fait. Les
nistrateurs observent
admiservices dans les
que cet officier, par ses
troupes et les
est
ceptible de la croix de
milices, suspourroit y être joint Saint-Louis, et qu'il
sidération de
une gratification en conl'utilité dont son voyage à
et de
il a été à la colonie. Surinam,
(*) Cet officier avoit effectivement
compte de ses observations
observé et rendu
vai ses essais et ses succès avec intelligence; mais je trouavoit annoncé,
fort au-dessous de ce qu'on
E
ervices dans les
que cet officier, par ses
troupes et les
est
ceptible de la croix de
milices, suspourroit y être joint Saint-Louis, et qu'il
sidération de
une gratification en conl'utilité dont son voyage à
et de
il a été à la colonie. Surinam,
(*) Cet officier avoit effectivement
compte de ses observations
observé et rendu
vai ses essais et ses succès avec intelligence; mais je trouavoit annoncé,
fort au-dessous de ce qu'on
E --- Page 159 ---
S U R L A GUIA N E,
50. La fondation d'un collège à Cayenne,
pourroit devenir, pour cette colonie, l'établissement le plus important, si le Gouvernement
lui avoit accordé la protection convenable. On
propose au ministre de faire expédier & cet
effet des lettres-patentes confirmatives dudit établissement, avec ordre aux administrateurs de
poursuivre sévèrement la reddition de compte
des biens de ladite fondation 3 et de pourvoir à
leur amélioration, ainsi qu'à leur emploi utile,
par un réglement provisoire.
60, On demande également la sanction du
souverain pour une autre fondation de la dame
de la Motte - Aigron, qui a assigné tous ses
biens meubles et immeubles pour l'établissement
d'une communauté religieuse dans la ville ou
dans l'ile de Cayenne.
Peuplade de blancs dans la Guiane.
L/établissement des travailleurs blancs, pasteurs à Seinnamary, > ayant , dit - on, réussi,
et démontrant que le climat et le sol de la
Guiane peuvent convenir, à certaines conditions, 2 à des cultivateurs européens 2 on propose l'accroissement successif de cet établisse- --- Page 160 ---
R A PP O - R. T
ment par un envoi annuel de quinze
seulement, choisis parmi les hommes du paysans Béarn
ou dul Languedoc, et alternativement de
filles nubiles, choisies dans l'hôpital des Enfans- quinze
Trouvés, avec les vivres, habits, outils et ustensiles nécessaires pour un an seulement aux
TTIIS et aux autres. La dépense fixe de cet objet
pourroit être réglée à dix mille livres
compris les frais
par an, y
d'établissement de chaque
envoi, dont le premier pourroit être fait
année et partir avec T'ordonnateur.
cette
Saite des propositions ertraites de la
correspondance des administrateurs.
LEs instructions particulières étant relatives
à l'arrêté définitif des fonds destinés
à
au parti
prendre sur les épiceries 7 sur les missions
des Indiens, l'émigration des nègres hollandais,
l'établissement d'un entrepôt aux iles du
on ne peut sur cela
Salut,
détails
présenter aucun plan de
avant que le roi n'ait approuvé le plan
général d'établissement et encouragement. Et
quant aux opérations relatives aux objets cidessus, il paroîtroit utile qu'elles fussent discutées en présence de M. le Baron de Besner
S
sur les épiceries 7 sur les missions
des Indiens, l'émigration des nègres hollandais,
l'établissement d'un entrepôt aux iles du
on ne peut sur cela
Salut,
détails
présenter aucun plan de
avant que le roi n'ait approuvé le plan
général d'établissement et encouragement. Et
quant aux opérations relatives aux objets cidessus, il paroîtroit utile qu'elles fussent discutées en présence de M. le Baron de Besner
S --- Page 161 ---
U R I, A GUIA N E.
qui lcs a proposées. Je pourrai bien déterminer
ce qui me paroîtra physirquement impossible ou
trop dispendicnx; ; mais je ne peux ni prévoir
ni apprécier les moyens ou les difficultés locales, sur lesquels M. de Besner mérite d'être
entendu.
Dans les nouvelles dépèches qui m'ont été
livrées, j'ai vu plusieurs décisions importantes
à provoquer ou à expédier.
10, Les raisons sur lcsquelles MM. de Fiedmond et de La Croix demandent des procureurs
adlites, mne paroissent fondées.
20. Un mémoire de M. de Macaye expose
très-bien le désordre des tribunaux par le défaut
d'officiers titulaires, de substitut pour le procureur général, d'assesseurs ou lientenans pour
le juge qui ne peut, sans émolumens niappointemens, vaquer aux détails multipliés ct noil
lucratifs de sa charge.
Sa majesté doit son attention principale aux
tribunaux 3 c'est par eux seuls que subsiste
l'ordre légal ; et il ne pent être question ici
d'épargner des secours néccssaires à ses officiers de justice pour vaquer à leurs fonctions.
Tous les habitans de Cayenne sont panyres O12
médiocrementaisés, les juges commeles antres;
il est donc nécessaire d'accorder desi indemmités --- Page 162 ---
RAPF O R I
à ceux qui sont tenus à
procureur
résidence, tels que le
général, son
un licutenant. M. de substitut, le juge et
culièrement
Macaye mériteroit
une pension
particiens services
pour Ses bons et annir le
3 ou l'on pourroit lui faire obtecordon de Saint-Michel.
30, On insiste sur la croix de
M. de Kerkove: cette
Saint-Lonis pour
4o. M. de Fiedmond grâce paroît aussi fondée.
a mal à
un officierd de: milice de la
propos dispensé
Tous les habitans,
charge de marguillier.
servant dans les
tendront à la même
milices, préde tutelle et de exemption, ainsi qu'à celle
des officiers
curatelle, et il faudra établir
publics à appointemens
vaquer. Si ces priviléges absurdes
pour y
accordés, il seroit
avoient été
indispensable de les révoquer : mais comme il n'en est fait
dans aucune ordonnance,
mention
repréhensible
, M. de Fiedmond est.
d'avoir été plus loin
la
50, Il a également excédé
que loi.
Paffranchissement
ses pouvoirs dans
Coutard,
illégal des nègres du sieur
qui doit être déclaré
taire interdit
mul, et le nopour en avoir
se conformer an texte
expédié l'acte sans
nécessaire
précis de la loi. Il est
culiers à lidée d'accoutumer les chefs et les partijamais
réprimante que la loi écrite n'a
tort , et est au-dessus de tout.
, Il a également excédé
que loi.
Paffranchissement
ses pouvoirs dans
Coutard,
illégal des nègres du sieur
qui doit être déclaré
taire interdit
mul, et le nopour en avoir
se conformer an texte
expédié l'acte sans
nécessaire
précis de la loi. Il est
culiers à lidée d'accoutumer les chefs et les partijamais
réprimante que la loi écrite n'a
tort , et est au-dessus de tout. --- Page 163 ---
U R L A GUIA N E.
60, La défense de M. de Fiedmond aux habitans débiteurs au roi, de payer sur les ordonnances de M. de La Croix, sans son aveut
et confirmation 2 renverse tout le système du
gouvernement commun, confond les pouvoirs
et les fonctions, et les réunit tous dans la main
du général. C'est encore un acte à réprimer.
70. Enfin les querelles écrites de MM. de
Fiedmond et de La Croix, décélant dans le
premier une grande facilité à oftenser tout administrateur qui lc contrarie, le rappel de
M. de La Croix, dans cette circonstance, seroit non- -seulement un signe d'impunité, mais
même d'approbation pour M. de Fiedmond,
si le ministre n'annonçoit formellement la satisfaction du Roi surla conduite de M.deLaCroix,
dont il seroit convenable de n'imputer le rappel
qu'à ses instances réitérées tandis que la seule
considération des inconvéniens attachés au chansubit des deux administrateurs, a engagé
gement
à différer le rappel de M. de Fiedsa majesté
mond, dont elle désapprouve la conduite. --- Page 164 ---
R.
A,PP O R I
LIBERTÉ DE
COMMERCE.
AM. de Sartine.
Paris, aott 1776.
MI.
LE manuscrit que vous m'avez
miner ne mérite ni l'attention chargéd'exadu Gouvernement
ni Tinquiétude
; c'est
vaise tête : mais il n'en T'ouvrage d'une mausystème des
est pas de même du
économistes, et de leur invasion
progressive dans toutes les branches de l'administration. S'ils s'emparent aussi de
vous dirigez, nous n'aurons
celle que
colonies
bientôt plus de
que pour mémoire. En
ainsi, vous voyez que je suis loin m'expliquant de
le reproche qui m'a été fait.
mériter
demandéla liberté de
Quand je vous ai
c'est
commerce à Cayenne
par exception aux principes
mausystème des
est pas de même du
économistes, et de leur invasion
progressive dans toutes les branches de l'administration. S'ils s'emparent aussi de
vous dirigez, nous n'aurons
celle que
colonies
bientôt plus de
que pour mémoire. En
ainsi, vous voyez que je suis loin m'expliquant de
le reproche qui m'a été fait.
mériter
demandéla liberté de
Quand je vous ai
c'est
commerce à Cayenne
par exception aux principes essentiels à la conservation
que je crois
ment de la
et à l'accroissenavigation et des manufactures
tionales. Vons avez vu, monsieur,
nadans mon
(*) La liberté de commnerce à
avant que j'en eusse fait la demande. Cayenne étoit accordée
a --- Page 165 ---
S U R L A GUIA N E.
essai sur l'administration de Saint-Domingue, 3
que j'y proscris le commerce étranger 3 noll
pas à la manière des négocians inflexibles dans
leurs prétentions 2 mais comme il convient de
le faire al'autorité protectrice des intérêts communs. Cayenne est dans une classe àpart: iln'ya
là rien d'attirant pour les armateurs nationaux;
et si l'on peut y appeler les étrangers et leurs
capitaux, c'est certainement une bonne opération, quoique conforine à la doctrine des
économistes, qui n'est dangerense sur quelqucs
points, que parce qu'elle est pure ct vraie sur
plusieurs. Au surplus, 3 monsicur, pour vous
mettre à même de juger leur doctrine et la
mienne, je joins à mon examen des dialogues
sur.le commerce, une analyse du dernier ouvrage de l'abbé de Condillac, sur lequel vous
m'avez interrogé. Ce travail ne peut être inutile à til ministre de la marine ct des colonies;
et comme je suis prêt à quitter la France, honoré par les uns et flétri par les autres du titre
d'économiste que m'a valu mon opposition aux
priviléges exclusifs, aux entraves du commerce,
il est bon qu'en m'éloignant de vous, vous sachiez à quoi vous en: tenir sur mes principes
d'administration.
Je suis, ctc, --- Page 166 ---
R A PP 0 R T
E X A M E N
D'un manuscrit intitulé :
Dialogues sur le
commerce, la marine et les colonies
LEs dlialogues sur le commerce sont vraisemblablement écrits par un homme
tient
une
qui
à
secte 3 ou qui veut en faire une.
Son objet est de rendre odieux et
sables les colons, les
mépricommerçans et la navigation : ill les déclare destructeurs du
des moeurs et du repos du
bien-être,
genre humain : il leur
impute tous les fléaux de la société.
Ses preuves sont historiques et morales : elles
résultent del'examen très succinct des faits
tifs à l'établissoment des
relaEuropéens dans les
Deux-Indes, et notamment de la traite des
noirs à la côte d'Afrique. II
à
sion tous les crimes
expose cette occaet les abus de la
et prétend démontrer
le
cupidité, s
que
commerce actif,
qui en a été la suite et
l'objet, ne procure à
(*) On voit par ce rapport, qui est de 1776,
Pattaque contre les colonies se préparoit dès-lors le que
nuscrit avoit été saisi chez
; mapolice au Ministre de la marine. P'imprimeur, et enyoyé par la
'Afrique. II
à
sion tous les crimes
expose cette occaet les abus de la
et prétend démontrer
le
cupidité, s
que
commerce actif,
qui en a été la suite et
l'objet, ne procure à
(*) On voit par ce rapport, qui est de 1776,
Pattaque contre les colonies se préparoit dès-lors le que
nuscrit avoit été saisi chez
; mapolice au Ministre de la marine. P'imprimeur, et enyoyé par la --- Page 167 ---
SU R L A: GUI A N E.
Europe que des marchandises inutiles, des
haladies , un grand luxe et tous les maux qui
sont attachés ; il veut par cette considération
nportante ramener tous les peuples à leur desEnation primitive, l'agriculture qui peut seule
ourrir, défendre et propagerl'espècel humaine.
près avoir attaqué dans son principe le comnerce et ceux quis'y livrent, l'auteur les pouruit dans les détails de leurs professions 2 et
les présente toujours comme des cnnemis puplics, que l'intérêt, le mensonge, l'avidité, la
use, , caractérisent, et qui, au lieu de mériter
a protection du Gouvernement, doivent être
bandonnés au mépris aniversel.
Ce petit ouvrage pourroit sans doute exciter
juclque fermentation fâcheuse, s'il étoit écrit
avec la chaleur qu'on suppose dans la tête de
'auteur; mais quoiqu'on le juge fait par un
homme instruit et qui paroit avoir des idées
fortes , on croit qu'il a manqué, par trop de
précipitation , le but de son incursion. S'ila eu
le projet d'occasionner une révolution dansles
opinions reçues, on ne pense pas que cet ouvrage suffise pour l'opérer. Ses principes sont
faux, ses conséquences extravagantes. L'homme
qui observe et qui juge dans le silence des
passions, qui n'écoute et ne consulte que la --- Page 168 ---
B AP P O R T'
raison, gémira, sans doute, sur la cupidité
hommes qui ont réduit
des
leurssemblables en esclavage, qui se battent et s'égorgent sur
sur mer pour des discussions
terre et
conclure de tout cela
d'intérêts : mais
qu'il faut anéantirle
merce et la marine, abandonner. les
comet revenir aux moeurs
colonies
n'est plus le
rustiques de l'âge d'or,
Jangage d'un homme de sens
connoit l'esprit et les ressorts de la société. qui
Qu'on y rappelle les bonnes moeurs
ple, par Pinstruction et par des par l'exemle commerce, si utile d'ailleurs, récompenses 2
que de bons effets. Il recevra de n'aura plus
et lui rapportera ses richesses
P'agriculture,
par le travail dans
qui se répartiront
toutes les classes du
qui y multiplieront les moyens de
peuple,
et de popnlation. Que la morale subsistance
mise en activité, éclaire et
publique
de la cupidité! Il n'est
réprime les erreurs
noirs
pas jusqu'à la traite des
qui ne puisse alors être
et
senter un abjet utile. En suivant justifiée préle plan de
au contraire
T'auteur, toutes les institutions hnmaines doivent être proscrites et les sociétés
dissoutes ; car les abus y abondent de toutes
parts.
D'après ces réflexions, le ministre de la
rine ne peut
maqu'improuver un ouvrage qui tend
- =
S
ité! Il n'est
réprime les erreurs
noirs
pas jusqu'à la traite des
qui ne puisse alors être
et
senter un abjet utile. En suivant justifiée préle plan de
au contraire
T'auteur, toutes les institutions hnmaines doivent être proscrites et les sociétés
dissoutes ; car les abus y abondent de toutes
parts.
D'après ces réflexions, le ministre de la
rine ne peut
maqu'improuver un ouvrage qui tend
- =
S --- Page 169 ---
S U R L A GUIA N E.
anéantir son administration et tous les déils importans qui en sont T'objet, qui proonce sur la marine royale, marchande, sur
commerce et les colonies, anathème et prosription : mais ce seroit aussi supposer trop
'importance à cet écrit que d'en faire arrêter
auteur. La prospérité du royaume dépend
eut-être plus que jamais de l'accroissement
u commcrce maritime ct de ses forces naales. On doit croire la nation trop éclairde, 2
ourcraindre qu'elle change cette opinion contre
ellc de l'auteur des Dialogues. S'il a quelque
rojet secret, à coup sûr il est manqué siau
ontraire il a dit tout ce qu'il sait, on peut,
ans aucun risque, lui laisser le plaisir d'ocuper, pendant quelques jours, lcs journalistes
t les cercles de Paris.
(*) Les événemens postérieurs ont prouvé que je me
rompois, queje traitois trop légèrement cet écrit; que les
gitateurs, quelque absurdes qu'ils soient, sont toujours
iangereux, --- Page 170 ---
R A P P O R T
ExAMEN du système des économistes Vous me demandez
de l'abbé de
mon avis sur l'ouvrage
Condillac, et vous voulez
que je vous dise
d'abord
rien de relatif quiel en est l'objet. Il
à tous nos
n'ya
C'est une traduction
plans sur la Guiane.
doctrine des
en langue vulgaire de la
économistes,
plication
laquelle est une exsystématique de tous les
par un seul, de tous les
principes
moyens, de tous les effets rapports, de tous les
Cette idée séduisante
par une seule cause.
tourné la tête
a, dans tous les
des hommes de
temps, 3
génie. Thalès,
(*) L'ordre
chronologiqie de mes écrits
discusion, qui a eu lieu, comme
place ici cette
et à l'occasion du travail
on l'a vu 2 dans le temps
cette pièce tient à
sur la Gniane. Le seul
sa date ancienne
mérite de
nemens très-récens
1776, et à des évépas inutile que je la qu'elle semble indiquer. Il n'est donc
originales de cette certifie, ainsi que toutes les pièces
dans les registres de collection, qui existent, au
des colonies. Les Pintendance de Cayenne et surplis, au
manuscrits
dépôt
il y a seize ans 2 sont ceux recopiés et reliés à Toulon,
y a beaucoup de pièces
sur lesquels on imprime ; il
des lettres dont on n'a laissé supptimées, il y en a d'abrégées
mais rien de changé dans les subsister que quelques articles,
faits et les réflexions,
a
ces
dans les registres de collection, qui existent, au
des colonies. Les Pintendance de Cayenne et surplis, au
manuscrits
dépôt
il y a seize ans 2 sont ceux recopiés et reliés à Toulon,
y a beaucoup de pièces
sur lesquels on imprime ; il
des lettres dont on n'a laissé supptimées, il y en a d'abrégées
mais rien de changé dans les subsister que quelques articles,
faits et les réflexions,
a --- Page 171 ---
SU R L A GUIA N E.
laton, Épicare, Descartes, ont tour à tour
réé et régi l'univers par cette méthode qui tend
définir, à simplifier la nature 9 à dévoiler ses
ecrets, et à montrer la filiation de ses ceuvres
aissantes l'une de l'autre. Ces hommes illustres
tleurs successeurs sont véritablement parvenus
de grandes découvertes 3 mais la chaîne se
ompt à chaque instant dans nos débiles mains,
t, malgré tous les efforts de l'amour-propre,
ous paroissons destinés à saisir quelques traits
le lumière pour nous conduire sur un océan
le ténèbres.
Les économistes n'ont pas annoncé d'abord
outes leurs prétentions. L'agriculture fut le
premier objet de leurs spéculations : ils ont
ort bien expliqué la conversion d'un sol inulte en une terre fertile, en distinguant les
vances foncières, 2 les avances annuelles nécesaires pour le mettre en valeur; ils en ont enuite réparti les produits en dépenses nécessaires
L la reproduction, en dépenses de subsistance
pour les agens, et la dernière part a été nomnée par eux, produit net ou revenu disponible
qui peut seul fournir à l'impôt, les deux autres
ayant une destination fixe et indispensable.
Ces idées claires et vraies les ont conduits à
ane définition aussi simple de la société, qu'ils --- Page 172 ---
R APPOT R T.
divisent en trois classes :
l'ordonnatrice, ou le
souverain et ses agens qui surveillent, enseignent, protègent et défendent; la
ou les cultivateurs dont le travail productive, 3
les biens usuels qui viennent de la produit tous
dustrieuse,
terre ; l'inou les aitisans et marchands qui façonnent et échangent ces produits. Mais, après
avoir ainsi trouvéetsimplifié les
titutifs des premières sociétés principes consqui commencent
par une famille et finissent
par la réunion de
plusieurs en un seul corps politique, on ne résiste pas au plaisir d'entrer dans les détails,
d'examiner, de juger et d'ordonner la grande
société, d'après les maximes fondamentales
qu'on a établies pour la petite. Alors les économistes deviennent
administrateurs: et soumettant tout à la règle infaillible-du calcul et de la
nature, ils parcourent toutes les branches, tous
les rameaux, toutes les feuilles de l'arbre politique, et, la serpe à la main, ils arrachent,
taillent, redressent tout ce qui n'est pas dans la
ligne directe de leurs principes. Ils se
tent dans la société actuelle
présencomme des élagueurs dans un bois touffu, dontle
voudroit faire un quinconce.
propriétaire
Il est donc-iunpossible de leur refuser l'amour
de l'ordre 2 l'enthousiasme du bien, et les
a
ia
toutes les feuilles de l'arbre politique, et, la serpe à la main, ils arrachent,
taillent, redressent tout ce qui n'est pas dans la
ligne directe de leurs principes. Ils se
tent dans la société actuelle
présencomme des élagueurs dans un bois touffu, dontle
voudroit faire un quinconce.
propriétaire
Il est donc-iunpossible de leur refuser l'amour
de l'ordre 2 l'enthousiasme du bien, et les
a
ia --- Page 173 ---
S U R L A G UIAN: E.
de l'opérer dans une société naissante
moyens fonderoit un autre Pen en Amérique. Mais,
que
? Quels pays, quelles moeurs
où sommes-nons
sommes-nous
sont les nôtres ? De quels peuples
crainentourés ? Qu'avons-nons: à espérer ou à
dre de nos voisins ? Quel est l'état politique et
moral du continent où nous vivons P Quelles
intérieures devons-nous desirer Ou
révolutions
la base invariable
prévenir ? Voilà, je pense,
conde toutes les opérations législatives que
seillera la raison. Il ne faut pas que les régens
état remontent' à la civilisation des
d'un grand la réunion des familles, pour les
homines et à
C'est sur ce qui existe et
gouverner sagement. fut
qu'ils ont à tranon pas sur ce qui
jadis,
oùt notre
vailler. Depuis la première époque
classe
peuplade se divisa en classe ordonnatrice, d'acproductive, classe industrieuse, combien
cidens, de causes et d'effets ont accru, réduit,
subdivisé, bouleversé toutes ces classes , et produit enfin l'ordre actuel de choses qui s'éloiinfiniment de l'ordre primitif! Que celuigne
les chefs de
ci soit tonjours en perspective, que
commotion et par
la société s'en approchentsans c'est le veu de tout
des gradations insensibles ;
homme sage et éclairé. Mais les exceptions que
leséconomistes regardent comme un blasphème,
1. --- Page 174 ---
162.
R. A P P O R T
naturellement du choc des passions,
résultent
des
des
de la diversité des opinions 2
goûts, individu ;
des actions de chaque
dispositions,
ne
et ce, frottement rapide autant qu'irrégulier fera
des axiomes, ou lon
pent être dirigé par
infernale applide la vérité même une pierre
quée sur des chairs vives.
économiste, et
Tel seroit l'effet du système Condillac. Je
donne l'abbé de
des leçons qu'en
exacte de son livre,
ne vous ferai point l'analyse
élémentaire,
dont la première partie, purement
enàvec une grande netteté, ce qu'on
explique
échanges, prix, valeurs, etc.
tend par société,
savez déja; mais vous
toutes choses que vous
prén'entendrez pas plus que moi Vinfaillibilité
tirées de ces principes.
tendue des conséquences
la nécessité
est de prouver
Son grand projet
dans toute
commerce libre et univérsel
d'un
alors la
de chaque état
TEurope ; car
prospérité de la fertilité de son
seroit, dit-il, en raison, habitans ce qui est
sol et de Pindustrie de ses
5 ne
mais ce qui ne l'est pas, ce qui
peut
vrai ;
la France puisse établir
jamais Pêtre,c'est que liberté de commerce,
ntilement chez elle cette
États conservequand même tous les autres
demanVous me
roient le régime prohibitif.
démonsderez sûrement quelles sont les preuves
-
; car
prospérité de la fertilité de son
seroit, dit-il, en raison, habitans ce qui est
sol et de Pindustrie de ses
5 ne
mais ce qui ne l'est pas, ce qui
peut
vrai ;
la France puisse établir
jamais Pêtre,c'est que liberté de commerce,
ntilement chez elle cette
États conservequand même tous les autres
demanVous me
roient le régime prohibitif.
démonsderez sûrement quelles sont les preuves
- --- Page 175 ---
S U R t À Gu I A N E.
; mais vous
tratives de cette étrange proposition dans tous les livres
les chercheriez inutilement
des
économistes : vous n'y trouverez que
la lumière sans
ari
pouvoir
tions; ils ont reçu
évidemment
réfléchir; et ils regardent comme d'autres,
vrai ce qui me paroit, et à beaucoup rendre
évidemment faux. Ne pouvant donc vous
indes motifs de leur opinion, 7 je vous
compte
me déterminent à la rejeter.
diquerai ceux qui
exactement nos idées,
Si nous ne classons
celles qui apsi nous appliquons au physique
au moral ; si par un raisonnement
partiennent
ordonnons les faits 2 les
hypothétique nous confondrons les notions
temps, les lieux, nous la théorie, et nous opélIes plus simples dans
mal dans la
fortnitement bien ou
prarerons
les hypothèses en fait d'adtique : ainsi j'abjure considère T'Europe telle
ministration, et je
de
gu'elle est. Il n'est pas en mon pouvoir
le principe et la forme, les préjugés;
changer
divers 3 et la
les vices de ses gouvernemens plus qu'aucun
France même, qui m'intéresse
si j'en étois
subitement,
autre," 'ne passeroit pas état actuel à la meilleure
le maître , de son
constitution possible.
la liberté générale
Cela posé, j'accorde que
à la longue,
du commerce en Europe produiroit, --- Page 176 ---
R A PP 0 R T
un degré de prosdans chacun de ses royaumes, Pindustrie de
relative à leur sol et l
de
périté leurs habitans 5 mais le premier moment
occasionneroit nécessairement
cette innovation
plus ou moins danpar-tout une commotion
fertile et le plus
Le royaume le plus
gereuse.
arriveroit le premier à son terme
industrieux
dans Pétat actuel
de prospérité; et ceux, qui
consomde leur ruine qu'en
ne se garantissent
inférieures
mant les marchandises et denrées denrées et
aux
de leur cra, par préférence
;
étrangères de qualité supérieure
marchandises
dépouildis-je,
serodientiabilibiemente
ceux-la,
mobilières et de leur populés de leurs richesses
et plus
lation par les étrangers mieux pourvus
chargeroient de leura approviindustrieux, quise
exemple, resionnement. Que la Suède, par
décharge
nonce à ses lois somptuaires, qu'elle étranles marchandises et denrées
de touti impôt
: vous congères dont clle admet l'importation porteront nos gecevez que les riches Snédois étoffes
5 que
nos
précieuses
lons, nos dentelles,
une plus grande
toute la nation consommera
que
quantité de nos vins , de nos eaux-de-vie; la préles bourgeois et les paysans donneront dont
férence à nos draps et serges communes Jeurs étoffes ,
inférieur à celui de
le prix sera
a
rées
de touti impôt
: vous congères dont clle admet l'importation porteront nos gecevez que les riches Snédois étoffes
5 que
nos
précieuses
lons, nos dentelles,
une plus grande
toute la nation consommera
que
quantité de nos vins , de nos eaux-de-vie; la préles bourgeois et les paysans donneront dont
férence à nos draps et serges communes Jeurs étoffes ,
inférieur à celui de
le prix sera
a --- Page 177 ---
S U R. L'. A GUI A N E.
nationales ; qu'ainsi en très-peu de temps tout
le numéraire disparoîtra, 3 les manufactures
seront abandonnées 7 les ouvriers déserteront
ou se révolteront, et les cultivateurs qui, par
le système économique, supporteroient tout le
poids des charges , se révolteront encore, parce
leur blé renchéri restera invendu tant que
que les Suédois pourront en acheter dans un pays
oà les terres seront moins fortement imposées.
Ainsi,avant d'arriver à son degré de prospérité
relatif, la monarchie suédoise sera dissoute, 2
et ce ne sera que sous une autre dynastie que
les choses reprendront leur niveau. Après beaucoup de révoltes, de pillages, d'émigrations,
les générations suivantes, ou un peuple nouveau qui aura conquis la Suède, 2 apprendra,
par la lecture des livres économistes, que les
Suédois doivent s'en tenir à l'exploitation de
leurs mines et de leurs bois ; que le calcul et
d'autre objet
la nature ne leur assignent point
de richesse, et qu'ils doivent se borner à être
les forgerons et les chaudronniers de l'Europe,
pour se procurer des moyens d'échange avec
les peuples qui n'ont point de fer et de cuivre.
Or, dites-moi maintenant, si vous étiez le
maître d'opérer cette belle révolution en Snède,
le parti que vous prendriez. Mais revenons à --- Page 178 ---
R A P P O R T
la France et à son intérêt national. Le
du genre humain est la chimère de bonheur
croient s'y vouer : celui de son
ceux qui
douce
pays est la plus
récompense des hommes bons et éclairés
qui Peuvent y travailler, Il semble
ait perdu, pour les
que la France
sein, l'empire si
économistes nés dans son
enfans. Elle
touchant de la patrie sur ses
n'est plus à leurs yeux que l'amphithéâtre de leur anatomie, le cabinet de leur
physique expérimentale. Je
moment leur doctrine
suppose pour un
en voici le
excellente et démontrée,
danger : ils veulent rétablir
et ils s'adressent à la fois à tous les l'ordre,
l'Etat, Ils disent
ordres de
mentez vOS
aux seigneurs : Vous tourtion des droits vassaux par la barbarie et la vexaféodaux, nous voulons les
primer. Aux
supcilles
journaliers : vous êtes des imbéle
qui croyez vivre plus aisément en
pain à bon marché
payant
acheter
, nous vous le ferons
plus cher, et vous vous en
mieux. Aux cultivateurs
trouverez
occupés que de
: nous ne sommes
il faut
vous et de VOS intérêts 3 mais
que vous supportiez tout le poids des
impôts ; l'industrie doit être libre,
les consommations
ainsi que
; et pour augmenter vOs
ichesscs, nous allons vous imposer
plus que vous ne l'êtes à
sept fois
présent. Aux commer.
-
E
acheter
, nous vous le ferons
plus cher, et vous vous en
mieux. Aux cultivateurs
trouverez
occupés que de
: nous ne sommes
il faut
vous et de VOS intérêts 3 mais
que vous supportiez tout le poids des
impôts ; l'industrie doit être libre,
les consommations
ainsi que
; et pour augmenter vOs
ichesscs, nous allons vous imposer
plus que vous ne l'êtes à
sept fois
présent. Aux commer.
-
E --- Page 179 ---
S U R L A G U I A N E.
16y
çans : vous êtes des monopoleurs par l'exclusion que vous prétendez donner aux marchands
étrangers; nous voulons rétablir la concurrence
en les admettant, afin que la nation soit plus
riche. Aux manfucturiers : VOS priviléges nationaux sont un impôt sur la nation 9 toutes
les fois que vous nous vendez plus chèrement
VOs ouyrages que nous ne les payerions à l'étranger; ainsi, pour augmenter votre industrie
et l'aisance nationale, nous allons appeler les
fabriques étrangères ; arrangez-vous sur cela 2
et employez VOS métiers, VOS ouvriers à des ouvrages qui soient recherchés des autres nations,
et qui méritent la préférence ; vous trouyerez ce
secret à la longue et vous nous en remercierez.
Aux financiers et aux rentiers : vous êtes des
monstres politiques qu'il fant étouffer ; vOS prêts
d'argent, vosdéprédations, votre luxe déchirent,
anéantissent la classe productive, et tendent à la
subversion de PEtat; attendez-vous: à être traités
comme vous le méritez. Auxprêtres et auxprelats : nous adorons Dieu comme vous 3 mais
VOS dimes, votre célibat, VOS priviléges, vos
richesses, et l'abus que vous en faites 7 exigent
nous travaillons. Tel est le
une réforme, et
y
précis fdèle des dogues gt des apostrophes
répandus dans plus de cent volumes, etadressés --- Page 180 ---
R A P P O R T
à tous les ordres de PEtat. Je
mettre comme autant de
veux bien les adon qu'il n'est
vérités : mais pense-t
pas infiniment
quiéter ainsi toutes les
dangereux d'inl'alarme par-tout;
professions; de répandre
d'échaufferlat tête
ignorant et violent; de
d'au peuple
grands
mécontenter à la fois les
propriétaires, les capitalistes,
merçans, les artisans, les
> les comla noblesse P
magistrats, le clergé,
et
Qn'espère-t-on de cet
quel est le projet des
ébranlement,
lent opérer une
instigateurs P S'ils veuréforme, ils
objet. Le premier acte
manquent leur
selon leurs
législatif qui paroitra
les esprits principes, en amnoncera la chaîne ;
même qu'on prévenus s'irriteront contre le bien
sera universel; voudroit leur faire; le
le
; on perdra toute confiance murmure
Gouvernenients et cet état
dans
nation ne peut finir
convulsif de la
Mais ce que nous que par une révolution.
vérités démontrées, supposons gratnitement des.
sont autant
désastreuses et contradictoires
d'absurdités.
être conyainen.
: vous allez en
10, Les droits féocaux, le
féodal,n n'existent
service, le ponvoir
de leur
plus en France comine
institution. Un vassal
ausemqps
de suivre la
n'est plus tenut
bannière de son
se faire tuer à son service seigneur, et d'aller
une
; il lui
un
e rente, qui ne sont autre chose paye cens, >
que la repré-
reuses et contradictoires
d'absurdités.
être conyainen.
: vous allez en
10, Les droits féocaux, le
féodal,n n'existent
service, le ponvoir
de leur
plus en France comine
institution. Un vassal
ausemqps
de suivre la
n'est plus tenut
bannière de son
se faire tuer à son service seigneur, et d'aller
une
; il lui
un
e rente, qui ne sont autre chose paye cens, >
que la repré- --- Page 181 ---
sU R I. A GUI A N E.
de la terre, une
sentation du prix de Paliénation de la proptiété
clause de la concession, un signe acquis en cet
Le censitaire a hérité ou
primitive.
à cette charge, comme
état, et conséquiemment
a hérité ou acquis conséquemment
le seigneur
Si vous
utile ou honorifique.
à cette propriété
il faut mettre un prix
supprimez la redevance, selon les principes
; mais
le
au rémboursement
suis seul
économistes, moi propriétaire, 3 je
ati
maître de ma chose et de son aliénation,
me convient ; ainsi vous ne pouvez.
prix qui
votre
ne pent
le fixer sans moi, et
suppression qu'il me
avoir lieu sans injustice qu'antant consensans mon
plaira. Ainsi en l'annongant
à l'affrantement, en excitant mes paysans une idée à
chissement du cens, vous leur donnez
de leurs droits et des miens ; et comme
fausse
le maitre de les arrêter dans
vous ne serez pas
de votre docleurs écarts, ils ne retiendront le cens est
trine autre chose, si ce n'est que
si je
me payer 3
injuste 5, ils ne voudront plus
, je
les contraindre, ils se soulèveront
veux y
et deproche en proche
serai assassiné peut-être,
de votre sysl'incendie gagnera. Cette partie
les
tème alarme donc justement tous
grands
le clergé, la nopropriétaires, les magistrats,
de
funeste au repos
blesse, et ne peut qu'être
VEtat. --- Page 182 ---
R A P.P O R I
20, Vous menacez, vous attaquez les financiers. Qu'on appelle Financiers ou Jansénistes,
ceux qui se mêlent de la régie et de la
tion des droits, le nom n'y fait
percep
n'est
rien ; et ce
pas sans doute un nom quivous enflamme
c'est la déprédation, les abus, la multitude
onéreuse des agens. Hé bien ! travaillez profondément à connoître le mal et à trouver le re
màde; mais ne sonnez point la charge, n'a
larmez point, n'avilissez point la' classe des
hommes riches qui inspirent confiance à d'au
tres capitalistes, qui disposent par leur crédi
d'une grande masse de fonds, et dont la caisse
ouverte ou fermée, peut, d'un instant à l'autre
opérer une révolution surla place. Ne répandez
point la terreur dans les familles qui ont confie
leur fortune à ces financiers; n'éloignez
de vous, par la crainte d'une
poin
tale ou
banqueroute to
partielle, 3 les capitalistes étrangers e
nationaux ; car de tout cela il résulte discrédit
épouvante s commotion. Si, sans menaces et
sans injures, vous simplifiez les frais de per
ception ; si vous diminnez les dépenses; si vou
réduisez l'intérêt de l'argent, et que vous em
pruntiez à quatre pour rembourser à cinq et a
six, alors vous serez le maitre des financiers
vous réduirez leurs profits et leur nombre; il
partielle, 3 les capitalistes étrangers e
nationaux ; car de tout cela il résulte discrédit
épouvante s commotion. Si, sans menaces et
sans injures, vous simplifiez les frais de per
ception ; si vous diminnez les dépenses; si vou
réduisez l'intérêt de l'argent, et que vous em
pruntiez à quatre pour rembourser à cinq et a
six, alors vous serez le maitre des financiers
vous réduirez leurs profits et leur nombre; il --- Page 183 ---
SU R' L A GUI A N E.
et tout le
saus se plaindre,
vous respecteront Par votre système, au conmonde applaudira. la classe des mécontens,
traire, vous augmentez
directement ou inde toute celle qui participe des financiers.
directement à l'état et au sort
d'aides et
tous les droits
30. Vous proscrivez
la capitation 9 les
de gabelles 7 les douanes, Pindustrie : c'est trèsimpôts sur le luxe et
des inconsensé. - Je suis touché, comme vous, et des
des aides
gavéniens de l'inquisition
aux oreilles
belles; mais. avant de faire retentir
de
le bruit de ses chaines, avant
du peuple
avezlui dire qu'on le vexe et qu'on l'opprime, main les
bien calculé et réuni sous votre
vous
et ceux de pourvoir aux
moyens de le soulager,
comde PEtat ? Remarquez
charges urgentes indiscrétion est dangerense, en supbien votre
Vous
la bonté de votre opération.
posant
éloigner de vous les proavez commencé par
d'argent; mais pour
priétaires et les prêteurs
avez besoin
changer les formes actuelles, vous
de
du crédit des uns, des avances des autres,
la confiance de tous. Croyez -vous y suppléer
? Il n'enen ralliant le peuple à votre enseigne il ne retend pas vOS calculs et vOS projets.; liberté,
de
qui
tient que les mots d'oppression, l'émente. et noi de
sont pour lui le signal de --- Page 184 ---
R A P P 0 R T
Si vous lui dites qu'il paye trop, 1
Pinstruction.
contre
ne voudra rien payer; si vous l'indignez faisant con
les commis et les barrières, en lui
il exter
fidence des moyens de remplacement,
e
minera les commis sans attendre les moyens,
de faire la guerre à ce peuple
vous serez obligé
vous prétende
de pendre les malheureux que les détours té
instruire. Ne confondez donc pas
nébreux d'une politique artificieuse avec la pru
dence et le secret nécessaires pour gonvernerl
hommes et pour leur faire du bien. Soulageon
et rendons - les heurenx: malheu
les peuples
mais ne montons pe
à qui veut les opprimer!
exalter le
sur la tribune aux harangues pour Examinor
têtes d'une multitude insensée.
i
maintenant VOS moyens de remplacement;
réduisent à l'impôt territorial, l'impd
se
tel est l'ordre primitif
unique , parce que donne une portion de
la classe productive
ordonnatrice, q
fruits de la terre à la classe
autres
défend et instruit les deux
protège, admirable : mais cette société primitiv
cela est
trois milliards de dettes ; le mc
n'avoit pas
n'avoit point des légions bleu
narque pasteur
des arsenaux, di
et rouges, des vaisseaux,
indéper
places fortes qu'il faut entretenir La classe o
damment du sort de la récolte.
portion de
la classe productive
ordonnatrice, q
fruits de la terre à la classe
autres
défend et instruit les deux
protège, admirable : mais cette société primitiv
cela est
trois milliards de dettes ; le mc
n'avoit pas
n'avoit point des légions bleu
narque pasteur
des arsenaux, di
et rouges, des vaisseaux,
indéper
places fortes qu'il faut entretenir La classe o
damment du sort de la récolte. --- Page 185 ---
SU R L A GUIA N E.
lonnatrice primitive,.n'étoit pas composée de
cette foule d'officiers militaires et civils, qui
existent aujourd'hui avec un droit acquis à
n salaire déterminé; la société primitive ne
ponnoissoit point les rentiers, les moines, les
prélats, les banquiers, les avocats, les procureurs, les filles de joie, qui ne produisent
point, qni consomment et qui paient un tribut
à PÉtat. Vous voulez reverser toutes ces charges
la liberté d'exportation, ditessur l'agriculture;
Y
bien révous, suffira à tout.
avez-vons
fléchi? Je n'entends pas VOS raisons, voici les
miennes: L'impôt sur la consommation ne grève
la denrée qu'au moment où son existence est
certaine, où elle passe des mains du propriétaire dans celles du consomnateur qui se présente pour la payer. L'impôt sur la terre grève
ses produits avant qu'ils existent, et dans l'incertitude même de leur existence; car l'intempérie des saisons peut anéantir les récoltes
dont l'impôt est déja perçu. Cet inconvénient
bien grave est supporté sans murmure dans
l'état actuel des choses, parce que la distribution des impôts divers permet au prince de
soulager un canton maltraité, et de prendre
sur l'industrie ce que lui refuse la culture :
mais quand nos terres supporteront seules
ève
ses produits avant qu'ils existent, et dans l'incertitude même de leur existence; car l'intempérie des saisons peut anéantir les récoltes
dont l'impôt est déja perçu. Cet inconvénient
bien grave est supporté sans murmure dans
l'état actuel des choses, parce que la distribution des impôts divers permet au prince de
soulager un canton maltraité, et de prendre
sur l'industrie ce que lui refuse la culture :
mais quand nos terres supporteront seules --- Page 186 ---
R A PPO: K T
tout le poids du fisc , quelle sera la
pensation des non -
la
coir
substituer
valeurs,
ressource
atix accidens P Quand cet
territorial sera prononcé,
impo
vous que l'arpent de terre comment concevez
dixième et
qui, enl taille
vingtième, s paye aujourd'hui diz
francs, en puisse payer soixante P Vous
mentez donc, dans la même proportion, le aug
des subsistances et celui de la main-d'oenvre prix
Mais le niveau ne s'établira
et dans l'intervalle
pas tout-à-coup
combien de malheureux
mourront de faim! Si le prix du pain s'élève
de deux sous à six, il faut que la journées du
manceuvre monte de douze sous à trente-six
et cette transition ne vous fait pas frémir
Croyez-vous qu'elle puisse avoir lieu sans com
motion P Que deviendront VOS manufactures
comment pourroient - elles alors supporter la
concurrence des étrangers P Mais ne confondons
pas les matières, nous arriverons au cominerce
arrêtons-nons à l'agriculture: c'est l'objet favor
de VOS leçons, et vous lui portez un cohp mortel
Quoi!la vne d'une charrue vous met en extase
et vous n'avez pas aperçu, en parcourant les
sillons, combien il est difficile au fisc d'en re
tirer plius de la cinquième gerbe P Recommencez
donc
a
votre compte d'avances
foncières, 2 d'a
a
--- Page 187 ---
SU R L A GUI A N B.
vances mobilières, d'avances annuelles, ajoutezunique, et montrez - nous ensuite le
y limpôt
anéantir les reproduit net. Ou vous voulez
venus de l'État, réduire la puissance souveraine.
à une 1 quête annuelle ; ou vous détruirez à
jamais la culture. En l'imposant ainsi, votre
exportation cesse 7 et l'importation vous ruine;
les peuples qui ne sont point économistes vous
nourriront tant qu'il vous restera un écu; le
bled étranger, non soumis à l'impôt unique,
abondera en France et s'y vendra par préférence au vôtre ; le cultivateur abandonnera
a charrue, et se réfugiera dans les pays où VOS
systèmes sont ignorés; les propriétaires, les artisans déserteront aussi ; l'Etat sera détruit ou
conquis par une nation moins instruite et plus
sensée.
Encore un exemple de l'impôt. territorial.
Les pays de vignobles en paroissent le plus susceptibles; car le vin paie par-tout un droit de
consommation," et le bled n'en' paie nulle part.
Il paroitroit donc égal de faire payer la vigne
ou la cave ; vous allez voir cependant que cela
n'est point égal.
Un arpent de vigne en Brie, et un arpent
de vigne en Bourgogne, produisent P'un et l'autre de cinq à dix barriques de vin, qui paient
. territorial.
Les pays de vignobles en paroissent le plus susceptibles; car le vin paie par-tout un droit de
consommation," et le bled n'en' paie nulle part.
Il paroitroit donc égal de faire payer la vigne
ou la cave ; vous allez voir cependant que cela
n'est point égal.
Un arpent de vigne en Brie, et un arpent
de vigne en Bourgogne, produisent P'un et l'autre de cinq à dix barriques de vin, qui paient --- Page 188 ---
R A P P O R T
barrique
à leur entrée à Paris 40 liv. par chaque l'arpent de
distinction de qualité. Or,
sans
coûte cent écus et peut
bonne vigne, en Brie, année, cent écus, par les
rendrean roi, dansune
les
droits d'aides et les entrées ; vous supptimez, forez-vous
ces arpens ?
comment imposerez-vous de Brie, qui a payé son
entendre au vigneron
est en état de
fonds trois cents livres, qu'il moitié de cette
annuellement la
vous payer
le commis des
somme ? Si sa récolte manque; le tarif terri
aides ne lui demande rien 5 mais
unique
torial, une fois arrêté comme ressource donc les vigne
seroit indélébile. On arrachera
; mai
en Brie ? elles subsisteront en Bourgogne les moyens
auront-ils
les petits propriétaites faire l'avance de l'impôt
chaque année, de vous vérité, la raison peu
En voilà assez, si la
que
suffire. Ne dissimnlons pas cependant
vent
sollicitera toujours Vattention
Pimpôt territorial
plus égal
du Gouvernement par une répartition universel seroi
arbitraire. Un cadastre
et moins
la pius desirable ; mai
sans doute l'opération
lesrichesses du commerce et de l'industrieseron
tel que celui-ci in
toujours dans un royanme
il n'e
immense pour le fisc, quand
ressource
abusera pas.
anéantit
Après l'impôt territorial qui --- Page 189 ---
S U R L A GUI A N E.
vous invoquez à grands
culture et le commerce,
de lexcris la liberté générale et perpétuelle
dans le royaume,
portation et de l'importation
culle commerce et la
qui détruit également
adopteroit
ture 5 vous souténez que le pays qui
ce
rejeté par tous les autres 2
le premier principe
d'ailleurs, le plus
seroit, toutes choses égales
riche de tous. Cette assertion si étrange, répétée
forme le complément
dans tous vOS livres,
inconsdestructeur. O homme
de votre système
à des
tant et divers, pouvez - vous proposer irrévocable 1
hommes une loi perpétuelle et
inutilement employés dans nos édits ,
Ces mots
journellement, ne
que la nécessité révoque
décrets de la
qu'aux
seront jamais applicables
soumet tous les êtres au changenature 2 qui
des formes : mais
ment et à la décomposition
qui voulez tout renverser une
vous économistes,
examinons froidefois pour n'y plus revenir,
ment l'effet de cette liberté générale.
Le commerce consistant dans l'échange d'un
superflu, toute société n'a-t-elle pas un intérêt
éminent à s'assurer d'abord l'existence du nécessaire par une grande circulation. de ce nécessaire, et du superflu entre ses membres premièrement ?
Pour déterminer ce qui lui est nécessaire et
ature 2 qui
des formes : mais
ment et à la décomposition
qui voulez tout renverser une
vous économistes,
examinons froidefois pour n'y plus revenir,
ment l'effet de cette liberté générale.
Le commerce consistant dans l'échange d'un
superflu, toute société n'a-t-elle pas un intérêt
éminent à s'assurer d'abord l'existence du nécessaire par une grande circulation. de ce nécessaire, et du superflu entre ses membres premièrement ?
Pour déterminer ce qui lui est nécessaire et --- Page 190 ---
R.AP P O R T
pas que cette SOsurabondant, ne convient-il
natiociété emploie par préférence ses agens et exnaux aux échanges avec les étrangers, intéclue les agensi étrangers de ses échanges
rieurs?
votre consentement à ces
Ne me refusez pas
les prouve. Tant que
deux propositions, carje
d'un
subsistent entre les citoyens.
les échanges
même Etat, quoique les particuliers gagnent ni .ne
entre eux, PEtat ne perd
ou perdent
étrangers échangent
gague ; mais si des agens la société perd ou
ensemble, il est évident que
on
suivant que ses membres perdent
gagne,
exemple, la Flandre qui échange
gagnent: : par
le produit d'un arpent de
avec la Champagne
contre le produit
lin manufacturé en dentelles,
seize mille arpens de vigne, fait un bénéfice
de
4 social qui nous donne une idée de la supériorité des
de mannfactures sur celui
du commerce nécessité dans les échanges avec
denrées de
Ainsi, une société a le plus grand
les étrangers.
Pindustrie de ses memintérêt à perfectionner
de son sol, à
bres, à étendre les productions
les frais, afin d'obtenir premièreen simplifier de ses hommes et leur multipliment l'emploi de fixer ensuite en sa faveur le gain
cation, et
des échanges avec les sociétés étrangères. --- Page 191 ---
S U R I A - G UIA N E.
Or,la liberté générale d'importation et d'exdérange cet équilibre, et porte le
portation
désordre dans toutes les classes de la société, s
instituées et distribuées selon les principes que
lon vient d'exposer.
La liberté générale d'exportation produit un
déplacement imprévu des subsistances, qui confond le nécessaire avec le superflu; ce qui vous
démontré tont à l'heure plus ou moins
sera
dangereux. La liberté générale d'importation produit une
concurrence; subite, et. ensuite une préférence
des marchandises étrangères sur les marchandises nationales, qui diminue l'emploi intérieur
des hommes, qui arrête leur multiplication, et
finit par leur émigration.
Comme. on n'a pas vu de réponses satisfaisantes au traité du commerce et de la législation
des grains., non plus qu'aux dialogues sur le
commerce des bleds, on pourroit ne pas se
lasser d'y renvoyer les économistes ; mais la
rapidité et la précision des réflexions consignées
dans une lettre ne permettant pas de longues
discussions, il faut montrer ici la vérité dans
toute sa simplicité.
Rappelons-nons d'abord que, selon les prin>
cipes économistes, l'impôt unique marche de.
au traité du commerce et de la législation
des grains., non plus qu'aux dialogues sur le
commerce des bleds, on pourroit ne pas se
lasser d'y renvoyer les économistes ; mais la
rapidité et la précision des réflexions consignées
dans une lettre ne permettant pas de longues
discussions, il faut montrer ici la vérité dans
toute sa simplicité.
Rappelons-nons d'abord que, selon les prin>
cipes économistes, l'impôt unique marche de. --- Page 192 ---
R A P P 0 R T
lexportation, qui ne peut avoir lieu
frontavec
Ainsi, jamais nous n'aupar limpôt unique.
absolue de la théorie
rons à eraindrelapratique
imuniverselle. Si les terres sont uniquement
des grains qui en
posées, le renchérissement
dangereuse :
ne
résulte rend plus l'exportation ruine. Si l'impôt
c'est l'importation qui nous
sortiront; la
unique est abandonné, les grains
un
pourroit nourrir et employer
société, qui
d'hommes dans son doplus grand nombre loin des subsistances à des
maine, enverra au
rendront en échange
ouvriers étrangers qui nous
de luxe. Mais indépendamdes marchandises considération et de beaucoup
ment de cette
problème à résoudre
d'autres, voici un nouvèau
à la
des grains : Convient-il
sur l'exportation
à la merci des autres naFrance de se. mettre
illimitée, si, par le
tions par une exportation il en
résulter
fait seul de ses ennemis, 9
dans peut les proune disette et un soulèvement
vinces ?
habituellement des
fournissent
Les pays qui
sont la Pologne, la
grains à toute l'Europe,
Le roi de Prusse
Russie, la Sicile et PAfrique.
du
de
de la Vistule, la Czarine
golfe
dispose
, par la supériorité
Finlande; et l'Angleterre
marine et de son coimerce, aura, quand
de sa --- Page 193 ---
S U R L. A Gu I A N E.
la préelle voudra faire un sacrifice d'argent,
de
dans les marchés de l'Afrique et
pondérance
ont, à cértains
la Sicile. Ces trois puissances
des intérêts communs, 3 et il peut surégards,
od, par des vues comvenir telle circonstance,
intérêt direct
munes ou isolées, elles aient un
à la dévastation de la France.
Nous exportons donc anjourdheidibrement
et nous en manquons dans
nos grains
de situation est bientôt
trois mois 5 notre état
de
connu en Europe : si alors l'embouchure
la Vistule et les ports de Russie nous sont fersi
nous devance par ses achats
més, l'Angleterre
s'il survient une guerre
en Afrique et en Sicile,
de la France
imprévue quel sera le sort
des économistes ?
abandonnée aux spéculations
Est-il possible que nous nous regardions comme
a eu lieu, on a la
(*) Depuis 1764 que lexportation
plus de bled
certitude qu'il est entré en France beaucoup
toujours
qu'il n'en est sorti, et que nous avons inférieure presque au nôtre 2
payé les bleds étrangers de qualité
cent plus cher que nous ne les vendions.
trente-cinq pour
la France ne se hàta
Il est constant qu'en 1747,
que ses
de signer les préliminaires de la paix, que parce
les
méridionales manquoient de bled, et que
provinces Anglais empéchoient qu'on ne leur en apportit.
France beaucoup
toujours
qu'il n'en est sorti, et que nous avons inférieure presque au nôtre 2
payé les bleds étrangers de qualité
cent plus cher que nous ne les vendions.
trente-cinq pour
la France ne se hàta
Il est constant qu'en 1747,
que ses
de signer les préliminaires de la paix, que parce
les
méridionales manquoient de bled, et que
provinces Anglais empéchoient qu'on ne leur en apportit. --- Page 194 ---
R A PP O R T
des projets des opérations justes
indépendans États circonvoisins ? La chaîne
ou injustes des
qui nous
d'événemens et de rapports politiques illusoire ? Si
lie au. reste de PEurope seroit-elle la prospéelle ne l'est pas, s'il est démontré que consistent
rité et le repos intérieur des perrples du fort au
essentiellement dans la proportion
cessent
foible, etaqu'ils tendent à leur ruine,s'ils
leur conservation 2 non-sculement
de combiner actuelle, mais sur la possibilité
sur l'existence
destruction, alors
des moyens d'attaque et de
qui nous
que signifie un plan d'administration
ne
qui nous fait un contre quinze ; qui
isole,
des accidens de la nature, des
résiste à aucun des artifices de la politique ?
caprices de l'art,
illimiRevenons maintenant à l'importation
oùt cette liberté universelle
tée. Du moment
bien
seroit établie parmi nous, vous imaginez
les nations rivales feroient les disposique
la tourner à leur avantions convenables pour
et à notre détriment. Les Anglais 3 par
tage
lenrcalcu
exemple, feroient, en sens contraire,
le nôtre 3 ils diroient : La France exporte
sur.
ainsi le prix de sa
ses grains et renchérit
arrêtons chez nous l'expormain - d'aeuvre; baisser le prix de la maintation pour faire laisse enlever ses matières
d'ceuvre. La France --- Page 195 ---
SU R L A GUIIN E,
achetons-les pour les manufactu-:
premières 3
nioS ateliers de l'évacuarer, et angmentons
sa liberté, s
tion des siens. La France, malgré vente de ses
ericore la fabrique et la
conserve
moins chères que les'
draps', , de ses soieries,
et sacrifortement ses étoffes,
nôtres 5 imposons
à la
dix millions en gratification
fions une fois
le
pendant
sortie des nôtres, afin que
prix, draps et
en soit inférieur à celui.des
un an,
Cette révolution appanvrira
soieries français.
ils abandonneses fabricans et ses ouvriers 9: ils seront disront leurs métiers; et quand
désertés,
mnorts de faim ou
persés, révoltés
de nos étoffes à un
nous rétablirons le prix n'aurons plus . de
taux avantageux, et nous
concurrens en France.
Vous dites, 6 économistes! 1 que ce mouven'ont. rien d'effrayant;
ment, ces déplacemens la
si: une, fabrique
que par Teffet de liberté, dans le voisinage ; quetombe, une autre s'élève
employés;
Samnaramenrdmt d'un métier, d'un
qu'ils pewent-incesamimente le niveau s'établit de
atelier à un rautre; que
devenue plus ac-i
lui-même; et que lindustrie, effort de noutive par, la liberté, s'ouvre avec
à Pemvelles routes. Mais n'appliquons point
de vingt-deux
pire français. et à sa population
de liberté, dans le voisinage ; quetombe, une autre s'élève
employés;
Samnaramenrdmt d'un métier, d'un
qu'ils pewent-incesamimente le niveau s'établit de
atelier à un rautre; que
devenue plus ac-i
lui-même; et que lindustrie, effort de noutive par, la liberté, s'ouvre avec
à Pemvelles routes. Mais n'appliquons point
de vingt-deux
pire français. et à sa population --- Page 196 ---
R A P P O R T
millions d'ames, des principes propres à l'état
de Genève: Certainement si cette ville
son commerce
perdoit
d'horlogerie, sès citoyens s'occuperoient à autre chose, son petit Sénat auroit soin que les
tassent
horlogers pauvres ne déserpoint; on régleroit avec ordre une aumône ou une contribution pour les faire subsister jusqu'à ce qu'ils eussent appris un autre
métier. Le souverain pouvant rassembler tout
l'Etat dans la cour du palais ou dans la place
publique, 3 explique et fait entendre ses
ses mesures; la
moyens,
confiance se rétablit, le grenier
public s'ouvre aux
Huiné
nécessiteux, 9 et
se dispase tranquillement à devenir P'horloger
lier.
chapeMaisparmi nous, 3 dans cette foule immense
de peuples répandus dans les villes et les campagnes, considérons l'effet dela décadence de nos
manufactures actuelles : deuxicent mille ouvriers
sont congédiés par des fabricans ruinés. Vous
auriez beau établir dans les places et dans les
grands chemins des crieurs publics
les
avertir de refluer dans les fermes et pour dans les
métairies s qu'ils y trouveront du travail et du
pain; ces hommes accontumés à manier la
vette, rejetteront la pelle et la
naront au
pioche, , ils sedésespoir 5 et s'ils ne s'attroupent pas
pour vous piller, ils se réfugieront dans les
- --- Page 197 ---
s-U n L A GUI A N f.
manufactures étrangères. Prétendez - vous en
rétablir de nouvelles ? vous ne ferez pas sur-lechamp d'un sellier un papetier , d'un tisserand
Les cent mille hommes ou femmes
un forgeron.
Normandie à filer du lin ou
qui s'occupent. en
vont rester
du coton et à en faire des toiles,
si vous inondez la Normandie et
sans emploi
de toileries et cotonades
les autres provinces
étrangères à bas prix; et jusqu'à ce qu'ils ayent
à travailler la laine ou la soie, ces cent
appris
ou dangemille hommes seront, ou misérables,
reux, ou perdus pour IEtat.
à
opposé des principes, 7
A VOS principes j'ai
Laissez - vous
des réflexions.
yos spéculations
des faits.
maintenant éclairer par
de
Prétendez. - vous à un plus grand degré
richesses etde prospérités relatives, que l'Angleterre ? Observez sa marche, 9 son régime 7 et
comparez-les à ce que vous proposez. Agricul-
; tout lanture, commerce, police, s population
villes
guissoit chez elle, lorsque du débris des
anséatiques elle fonda ses manufactures. Après,
elle retint
avoir appelé les ouvriers étrangers,
la
la plus sévère, ses
à jamais, par prohibition
de'tous nos
matières premières ; et dépourvue
privée d'hniles, > de sels, de vins et
avantages,
7 et
comparez-les à ce que vous proposez. Agricul-
; tout lanture, commerce, police, s population
villes
guissoit chez elle, lorsque du débris des
anséatiques elle fonda ses manufactures. Après,
elle retint
avoir appelé les ouvriers étrangers,
la
la plus sévère, ses
à jamais, par prohibition
de'tous nos
matières premières ; et dépourvue
privée d'hniles, > de sels, de vins et
avantages, --- Page 198 ---
R A P P O R T
en laine et en quincaillerie
de soie, ses fabriques
L'acrapidement sa population.
angmentérent
produisit biencroissement des consommateurs rendit elle-même
tôt' celui de-la culture, qui
d'échange
de nouveaux moyens
au commerce
Alors, au milieu de ses proet de circulation.
voyez toutes les
grès, et pour les accélérer,
élève contre Pimportation
barrières qu'elle
attire toutes les matières
étrangère ; elle reçoit et
tous les ouelle impose ou prohibe
mapremières;
Veut-elle augmenter sa
vrages étrangers.
à
elle assure le fret de ses exportations
rine,
des gratifications ; elle
sespropres vaisseaux par
étrangers
exclut de ses ports tous les vaisseaux de leur cru ; elle
de marchandises
non chargés environs de la capitale, Fexploitainterdit aux de charbon de terre, pour angtion des mines
et des' navires
menter le nombre des matelôts fonde des colodestinés à ce transport ; elle
et s'en assuses débouchés
nies pour multiplier
défend l'accès à toutes
rer les produits; 3 elle en
de ses
Assurée de la surabondance
les nations.
de ses forêts, et
récoltes par le défrichement de tous les peuples
parce que les Anglais sont,
la moindre
de I'Europe , celui qui consomme elle encouquantité proportionnelle de pain,
- --- Page 199 ---
S U R LA Gur A N E.
rage la sortie de ses grains dont le transport
entretient et accroft sa marine. La prospérité
des cultures du Nord, de l'Amérique, lui présente-t-elle une concurrence redoutable dans
le commerce des grains ; elle le modère, le suspend, reporte les encouragemens dans ses manufactures; ; dans ses chantiers, dans ses haras,
multiplie ses comptoirs 2 ses pêcheries, ses', vaisseaux. Sa législation toujours attentive parcourt
d'un oeil infatigable le vaste champ de ses opérations, et sans autre système que le salut public,
que le meilleur emploi possible des hommes et
des choses, combine ses poids et ses leviers 9 relâche et tend les ressorts de son administration
la plus éclairée qui fut jamais, et la plus heureuse, sans doute, si elle eût pu échapper aux
fautes de l'ambition et de la cupidité,
(*) L'Angleterve 2 que l'on nous cite toujours pour
exemple, n'a pas éprouvé depuis un siècle une seule année
de récolte mauvaise, c'est-à-dire, qui n'eût suffi às sa propre
consommation.
En laissant subsister cette note, je dois ajouter que
depuis vingt ans les choses ont bien changé en Angleterre. - L'accroissement de Za population est incontess
table, et celri du. luze en chevauz et voitures a considérablement augmenté. les prairies aua dépens des terres d
grains:
n'a pas éprouvé depuis un siècle une seule année
de récolte mauvaise, c'est-à-dire, qui n'eût suffi às sa propre
consommation.
En laissant subsister cette note, je dois ajouter que
depuis vingt ans les choses ont bien changé en Angleterre. - L'accroissement de Za population est incontess
table, et celri du. luze en chevauz et voitures a considérablement augmenté. les prairies aua dépens des terres d
grains: --- Page 200 ---
R
APPO R T
Voyez maintenant tous les Etats de
s'élevant ou déclinant à
l'Europe
mesure qu'ils s'éloignent ou se rapprochent de ces principes raisonnables en culture et commerce. Jetez
coup d'oeils
le
un
surl'Espagne, Portugal :
de
dépourvus
manufactures, s où en est leur culture et leur
population P Malgréla fertilité de leur
leurs
mines d'or ou d'argent suffisent à
sol,
l'importation
peine à payer
étrangère. Mais, dira-t-on, si le
système prohibitif et l'industrie exclusive étoient
universellement
établis, 3 il n'y auroit plus de
commerce entre les nations 3 chacune élevéroit
autour d'elle un mur de séparation, et tous les
rapports de richesse seroient nuls, toutes les
communications de secours anéanties ? Cette
objection si répétée est mal fondée. La prohibition entre les sociétés
naturel
étrangères est leur état
chacune exclut les autres de la
par-
(*) On lira désormais en lettres italiques les notes
n'spparticonnentpas d l'ancien
gui
tenant gue, depuis la date de celui-cije manuserdbi-Pobsever mainprincipes;
n'aipas changé de
le
l'expérience mÉme nous a cruellement démontré
danger des nouvelles théories : mais on
des mémoires plus récens
verra 9 dans
colonial,
queje publierai sur le commerce
gue le système prohibitif ne remédie pas d
el que son influence en Espagne et en Portugala été tout, plus
a
- --- Page 201 ---
S d R L A GUIA N E.
et n'entend leur
ticipation de son nécessaire,
de son superflu. Vous et moi
faire part que
est deux,
possédons trois : orsi mon nécessaire
et le vôtre un, vous aurez du superflu plutôt
moi 3 votre porte sera ouverte et la mienne
que fermée. Il en est de même entre les nations plus
moins industrieuses : l'une consomme ce
ou
l'autre produit plus qu'elle ne
qu'elle n'a pas ;
consomme : l'une façonne certains produits 5
la façon avec d'autres produits :
l'autre paie
son sulune, par son industrie , multiplie par
perflu et se renforce ; l'autre, par sa négligence,
voit diminuer son nécéssaire et s'affoiblit. Ainsi
richesse
au travail et
la force et la
appartiennent
alintelligence ; et comme 2 entre les individus,
le riche dispose du pauvre 2 de même, entre les
nations la plus industrieuse met sous le joug
celle qui > l'est moins 3 ou se borne à assurer sa
conservation, ce qui est l'objet raisonpropre
société. Travaillons donc à nous
nabled de chaque
dans la classe des riches et des forts; nous
ranger
nous ne les anéanen avons les moyens quand
tirons pas par des systèmes.
qu'utile, d'oije conclus que hors la justice, néfiuneste cessaire dans tous les temps et dans tous les pays, iy
a en administration fort peu de principes absolus non
susceptibles de modification.
-
3 ou se borne à assurer sa
conservation, ce qui est l'objet raisonpropre
société. Travaillons donc à nous
nabled de chaque
dans la classe des riches et des forts; nous
ranger
nous ne les anéanen avons les moyens quand
tirons pas par des systèmes.
qu'utile, d'oije conclus que hors la justice, néfiuneste cessaire dans tous les temps et dans tous les pays, iy
a en administration fort peu de principes absolus non
susceptibles de modification.
- --- Page 202 ---
195 RAFFORT SUR LA GUIANE.
Cette lettre, déja trop
un, volume énormé si je disois longue, deviendroit
tassé et réduit mes idées
tout J'ai enma plume. En voilà
qui se pressoient sous
noître qu'on abuse assez pour vous faire conLes économistes de tout, même de la vérité:
ont commencé
finissent par des
par elle, et
l'obligation de
erreurs. Nous leur avons
les
plusieurs pratiques utiles sur
engrais, sur la mouture.
élevés de là jusqu'à
Lorsqu'ils se sont
encore dit d'excellentes l'administrationi, ils ont
nécessaire à
choses sur la liberté
rieur. Mais l'industrie et au commerce intéen
d'encore en encore et de principes
conséquences, ils ont été
une cure
tentés de faire
universelle : ils nous
émétique, les
présentent leur
Anglais seuls
seiller d'en faire
peuvent nous conusage; ; car il en résulteroit
T'anéantissement de
de nos forces et la dissolution
l'empire français.
(*) Iusure; par exemple, seroit un
itraiter,
chapitre agréable --- Page 203 ---
SECTION SECONDE.
L'OBJET de cette publication étant de faire
la Guiane ancienne et nouvelle SOHS
connottre
d'udministration et d'établistous les rapports dédaignant les détails ne
sement, celui qui
trouvera ce qui lui
veut que des résultats, rendu de mion admiconvient dans le compte
de Passemblée
nistration , les procès-verbauz
à Surinams
coloniale, le récit de mOn voyage
d'établissemens proposés à la comles plans
L'insertion dans ce recueildeplasieurs
pagnie.
sur tous ces objets en présente
de nos dépêches
Aucune de ces
le développement successif dans Torigine > à être
lettres n'étant destinée,
au mipublique, ayant été écriles rapidement souvent
lieu, des embarras de ma position, et
dans un état de maladie , on y trouvera aes
de style queje laisse telles qu'elles
négligences
des' prétentions comme écrisont. Si javois
la moitié;
vain,j'en aurois supprimé Ou abrégé
les
veut connoitre les vices ,
mais pour qui abus d'une mauvaise instituobstacles, les
coloniale, les moyens de la réformer,
tion
UTL objet utile.
chacune de ces lettres-a
donc les objets inCette. section comprend
commune et
téressans de ma correspondance
laisse telles qu'elles
négligences
des' prétentions comme écrisont. Si javois
la moitié;
vain,j'en aurois supprimé Ou abrégé
les
veut connoitre les vices ,
mais pour qui abus d'une mauvaise instituobstacles, les
coloniale, les moyens de la réformer,
tion
UTL objet utile.
chacune de ces lettres-a
donc les objets inCette. section comprend
commune et
téressans de ma correspondance --- Page 204 ---
mon arrivée à Cayenne, ma réparticulière,
des ordres du roi, mes
ception, la notification P'affaire des nègres - marpremiers apergus,
déplorable de la colorons de Surinam-Etat
fnance, comnie, religion, , justice, police, de Passemblée
culture. Convocation
merce 7
On lui erpose les objets de déli
coloniale.
être discutés après quejaura
bération pour les habitans, leur sol, leurs
wisité chez eux
- Mes ob
travaux 3 les' différens quartiersde
servations après ce voyage. - Compagnie Le
la Guiane, inquiétude qu'elle excite. les ré
habitans débiteurs sont mécontens ;
les vues nouvelles sont mal accueillies
formes;
bruits alarmans , em
murmures 2 intrigues,
la colonie peut êtr
barras des administrateurs;
la retraite des armateurs auzquel
affamée par
exclusif de la com
on annonce ZLT2 privilége
rétablir Poi
sévérité nécessaire pour
pagnie;
est divisé à Pocca
dre. - Le conseil supérieur - Parti pris e
sion d'un procès Caractère scandaleuz. de M. de Fiedmona
cetteoccasion- incertain; il faut le deviner, ag
difficile,
SonL nom comme au mien. 1
sans lui, en
avois obten
weux raser les remparts, jem,
souven
Nous dispuions
Pordre : ils'y oppose. jamais 5 il ne me Se
nous ne nous brouillons --- Page 205 ---
condesur-aucur, poirt, me laisse tout le poids
des affuires et me contrarie rarement. Nos
wues se développent. Les moyens d'amélioration sont exposés, s les discussions de Passemblée coloniale et son unité les consacrent.-
Visite des terres basses par les ingénieurs,
moyens de leur exploitation, plans d'établisrendu
sement, travau commencés. Compte
de IOTL administration avant mon départ, instructions laissées au commissaire qui me remplace, et à Pingenieur Guisan qui dirigeoit
tous les travaur.
Jai balancésur le classement de ces lettres
ordre de matières o2 par date. Comme
par Pensemble des opérations des événemens se
trouve dans les comptes rendus ,j'ai pensé que
Pordre de dates présentoit plus exactement le
progrès et les motifs de mes opinions; il me
semble aussi que la variété des objets traités
soulage Pattention du lecteur, qui, lorsqu'il
serafatigué, trouvera dans les résumés envoyés
au ministre de six en sicc mois , le précis de
cette correspondance : iln'y a donc de réunies
les dipéchesprincipales écrites de Cayenne
que les
de Surinam, car la consur nègres-marrons
trouve dans le récit
clusion de cette affaire se
de mon voyage.
1:
il me
semble aussi que la variété des objets traités
soulage Pattention du lecteur, qui, lorsqu'il
serafatigué, trouvera dans les résumés envoyés
au ministre de six en sicc mois , le précis de
cette correspondance : iln'y a donc de réunies
les dipéchesprincipales écrites de Cayenne
que les
de Surinam, car la consur nègres-marrons
trouve dans le récit
clusion de cette affaire se
de mon voyage.
1: --- Page 206 ---
Tortes ces pièces originales existent au dépôt des colonies et dans les registres de l'intendance à Cayenne; les dépêches, les envois
de pièces sont tous adressés à M. de Sartine,
ministre de la marine et des colonies. --- Page 207 ---
CORRESPONDANCE
OFFICIELL E.
LETTRE PARTICULIÈRE (No,1.)
Arrivée de M. Malouet à Cayenne.
A M. DE SARTINE,
A Cayenne le 16, novembre 1776.
M.
Ir y a troisjours que je suis arrivé,après une
traversée de soixante, qui m'a fort fatigué. J'ai
été malade depuis mon départ du Havre jusqu'à Ce moment-ci.
Nous avons manqué Madère pour avoir porté a
trop à l'ouest. L'objet de ma relâche dans cette
flc mérite, monsieur, que vous veuillez bien
vous en occuper encore. Le mangoustan et
l'arbre à pain, transplantés ici, ne peuvent qu'y
être fort utiles, en multipliant les subsistances.
J'ai l'honneur de vous renyoyer la lettre que
vous m'aviez donnée pour le Consul. --- Page 208 ---
COR R A S P 0 N D A N C E
fles du cap Verd, et mouillé à
J'ai passé aux
la fièvre, je
Bonavista et à Sant-Yago : j'avois écrit aux
descendre à terre ; mais j'ai
n'ai pu
deux iles, et j'ai reçu d'eux,
gouverneurs de ces
tous
m'ont envoyés,
ainsi que des officiers qu'ils l'état
possibles sur
déplorable
les renseignemens) linfluence mneurtrière des
de leur pays, sur
La terre et les hommes
compagnies exclusives.
: une séle plus hideux spectacle
présentent
les
cheresse de cinq ans a détruit
plantations morts
seize mille hommes sont
et les bestiantx ;
de leurs fournisseurs
de faim sous les yeux
ordre du roi de
qui avoient reçu
n'en
privillégiés,
des vivres, et qui
Portugal de leur porter
ni argent,
portoient point parce quilslyavoit La disette conni marchandises pour les payer.
dire la
il n'y avoit point de vin pour
tinue :
de farine. Ceux qui sont venus
messe, point
des transports de reme voir ont reçu avec de biscuit, et du vin.
sacs
comnolsancequelqnes très-sensibles au service que
Je les ai trouvés
de Lacroix, et dont vous
leur avoit rendu M.
détail. Comme j'étois
bien le
vous rappellerez
d'un de mes amis, que
sur le vaissean (*)
à une
le faire contribuer
jhonore assez pour
appartenant à la maison Foache.
(*) Le Stanislas,
a
se, point
des transports de reme voir ont reçu avec de biscuit, et du vin.
sacs
comnolsancequelqnes très-sensibles au service que
Je les ai trouvés
de Lacroix, et dont vous
leur avoit rendu M.
détail. Comme j'étois
bien le
vous rappellerez
d'un de mes amis, que
sur le vaissean (*)
à une
le faire contribuer
jhonore assez pour
appartenant à la maison Foache.
(*) Le Stanislas,
a --- Page 209 ---
OF F I CIE L I. E.
de Sant-"
bonne ceuvre, j'ai offert au gouverneur
hode lui faire livrer des vivres pour son
Yago
au prix de France; mais
pital et Pétat-major,
s'y est opposé, 2
le directeur de la compagnie
un de ses
attend dans un mois
parce qu'on
cette malheureuse terre,
bâtimens. J'ai quitté
l'absurdité
sur tous les maux que
en gémissant
le
humain. Il
et l'avidité répandent sur genre à établir
donc
de traite de bestiaux
n'y a
point J'ai failli y laisser un des deux
dans ce pays-là?
fait embarquer
missionnaires que vous avez
moi. Cet homme, qui est un fanatique
avec
été si flatté de voir les nègres et
dangereux, a
selon Tusage du
les blancs lui baiser la main, 3
l'inquisition, , les rosaires, P'air pénitent
pays;
de faim, tout cela lui
de ces gens mourans
rester dans un
tourné la tête, et il a desiré
a
J'y ai consenti, 2 parce que
pays aussi religieux.
tête ne nous soit à
je crains que sa mauvaise
de plus ett
charge ici; mais un consommateur
l'abbé
Sant - Yago 00 2 et
été un fardeau pour J'ai été obligé de conMoulin m'est demeuré.
tenirà bord son zèle trop ardent ; il s'indignoit
des matelots : il rappeloit les ordes juremens
les
si
de
donnances
S. Louis, qui
punissoient
il
en parlant de l'inquisévèrement : soupiroit
nécessaire à la
comme d'une ressource
sition, 2
'abbé
Sant - Yago 00 2 et
été un fardeau pour J'ai été obligé de conMoulin m'est demeuré.
tenirà bord son zèle trop ardent ; il s'indignoit
des matelots : il rappeloit les ordes juremens
les
si
de
donnances
S. Louis, qui
punissoient
il
en parlant de l'inquisévèrement : soupiroit
nécessaire à la
comme d'une ressource
sition, 2 --- Page 210 ---
198 CoRR R K S P O N D A N C E
religion délaissée ; il est impossible
un tel homme dans une mission d'employer
le garderai à Cayenne.
éloignée : je
Enfin, j'ai débarqué ici le 13 , et
fait une station dans un horrible après avoir
de Cayenne ne m'a
pays, la ville
est
pas paru jolie; son entrée
repoussante. C'est un village mal dessiné
qne l'on est étonné de trouver fortifié
serré dans un très-petit
et resmaisons de bois
espace, où de petites
des rues fort entassées sans ordre, bordent
de la ville, étroites. En passant sous la porte
qui n'a pas six pieds de
cru entrer dans une prison. Ce
hant, j'ai
attriste un
premier aspect
étranger qui ne devine
un petit nombre d'hommes,
pas comment
terrain, ont
maîtres d'un grand
pu volontairement s'enfermer
un coin, et arrêter par des
dans
sont bons à rien, la circulation remparts qui ne
pays bràlant
de l'air dans un
point
et marécageux. Vous ne serez
franchement étonné, M., que je vous rende aussi
les premières sensations que
prouve : vous me l'avez d'ailleurs
j'éje vous dirai tout. Cette
ordonné, et
l'air misérable de
position de Cayenne,
sant, la
tout ce que je voyois en pasfatigue que je venois d'éprouver, n'ont
point égayé mon arrivée.
J'ai trouvé M. de Fiedmond absent il
; est
a
--- Page 211 ---
OFFI CI E L L E.
le mois d'août. Je lui ai
à Sinnamari depuis
envoyé un exprès avec ses paquets particuliers; lui étoient
remis à M. de Lacroix ceux qui
j'ai
il les a ouverts avec M. de Lavalcommuns, il a été aussi surpris que moi de n'y
lière, et
commune sur toutes
trouver aucune réponse
travaille deJe cause et je
leurs contestations. arrivée avec M. de Lapuis l'instant de mon
en
dans
croix, et je me confirme de plus
plus de son adl'opinion que j'avois de sa personne et n'eût mieux
ministration. Je ne doute pas qu'il
moi VOS vues sur ce pays-ci, auquel
rempli que
la peine qu'il a prise,
il s'étoit affectionné, par
entamées
parles différentes opérationsquilavoite qu'il avoit de
et projetées, et par l'espérance les difficultés étervoir terminer tout autrement
les mauvais
qu'il a éprouvés.
nelles et
procédés
ne
Cependant. M., votre lettre particulière lui
de craindre que vous ne
lui permet plus
justice : j'aime à croire
rendiez complétement
n'aurai point à subir de pareilles épreuque je m'annonce à M. de Fiedmond avec
ves. Je
réussir , par
l'envie de lui plaire et l'espoir d'y
lui;
constamment pour
la déférence que j'aurai
feroient de
mais les contradictions journalières
fort
moi un agent inutile et un coopérateur rendre audésagréable. Je ne puis, M., vous
justice : j'aime à croire
rendiez complétement
n'aurai point à subir de pareilles épreuque je m'annonce à M. de Fiedmond avec
ves. Je
réussir , par
l'envie de lui plaire et l'espoir d'y
lui;
constamment pour
la déférence que j'aurai
feroient de
mais les contradictions journalières
fort
moi un agent inutile et un coopérateur rendre audésagréable. Je ne puis, M., vous --- Page 212 ---
200 CORRESI P O N D A N C E
cun compte, ni entrer dans aucun détail.
ne me
Je
décourage point en
nerai tout attentivement. débutant; j'examiJe tâcherai de
mnettre en état d'avoir une
me
tifier. Vous la
opinion et de la jusjugerez.
M. de Lacroix m'ayant
nières lettres
communiqué les derqu'il a reçues de M. de
j'ai vu qu'il n'avoit pas deviné
Fiedmond,
les
VOS projets sur
nagres-marrons; car il est occupé à
suivre ceux qui avoient passé le Maroni pourvenir s'établir sur nos terres. J'ai
pour
de
vu un plan
campagne arrêté, une demande
et de gens de guerre. J'ai mandé d'ustensiles
ment à M. de Fiedmond
sommairesur cette
ce qui étoit projeté
peuplade de nègres, et je ne doute
pas qu'il ne suspende ses poursuites. Je' l'attends, d'ailleurs, dans huit jours,
faire recevoir,
pour me
n'ayant voulu me mêler de
avant son arrivéc.
rien
Je profite du départ d'un bâtimnent
pour
anglais
Saint-Enstache, et je lui confie, à tout
hasard, cette lettre, dont vous recevrez le duplicata par une autre occasion.
M., si vous m'aviez oublié à
rois été fort touché;
Paris, j'en au-
; mais si vous m'oubliez à
Cayenne, vous me mettriez auJe suis, etc. Signé, MALOUET, désespoir.
- --- Page 213 ---
OFFICI E L L E.
COMMUNES (No. 1.)
LETTRES
De MM. de FIEDMOND et MALOUET.
Cayenne, le 26 novembre 1776.
M.
les différentes dépèches 7
Nous avons reçu
que vous
ordres, instructions et ordonnances dont M.
nous avez adressés dans les paquets
Malouet étoit porteur.
Nous vous rendrons compte particulièrement
de chaque objet; nous nous bornons aujourd'hui à vous annoncer que le conseil supérieur
extraordinairement le jour
ayant été convoqué
été installé par M. de
d'hier, M. Malouet y a
Lacroix, qui a donné et reçu de la compagnie
les témoignages les plus touchans
et du public
réciproques.
d'une estime et d'un attachement
M. Malouet aura Phonneur de vous envoyer
le procès-verbal de la séance et des enregistreont été faits, ainsi que les discours
mens qui y
ct lui.
prononcés par son prédécesseur lire à l'audience
Nous avons cru devoir faire
acvotre dépêche relative aux encouragemens culticordés et aux distinctions promises aux
reçu de la compagnie
les témoignages les plus touchans
et du public
réciproques.
d'une estime et d'un attachement
M. Malouet aura Phonneur de vous envoyer
le procès-verbal de la séance et des enregistreont été faits, ainsi que les discours
mens qui y
ct lui.
prononcés par son prédécesseur lire à l'audience
Nous avons cru devoir faire
acvotre dépêche relative aux encouragemens culticordés et aux distinctions promises aux --- Page 214 ---
ConnE S P N D A N C E
vateurs età tous ceux qui se livreront
merce des bestiaux, des bois
au compays.
et des vivres du
Ces dispositions bienfaisantes
sensation la plus vive,
ont excité la
M., de
et vous avez été comblé,
aussi, bénédictions ; nous 'avons fait life
pour rassurer les
teurs, votre
commerçans et armadépêche sur les
et les moyens de
dettes, le crédit
paiement. Les
y sont exposés,
principes qui
également éloignés de l'arbitraire, et de l'abus des formes
justesse des
judiciaires; la
vues, l'équité des ordres
sont prescrits, n'ont
qui nous
tion de
point échappé à l'attenl'auditoire, et nous vous
autant de vérité
rendons, avec
que de satisfaction, les
rances de la reconnoissance
assupublique. Mais,
lorsqu'après avoir congédié l'audience,
avons
nous
communiqué au conseil et fait
trer nos instructions, la
enregisadmiration et
compagnie a vu avec
attendrissement le caractère de
bienfaisance et de modération
pandu, nos devoirs tracés
qui y est réque.de
avec autant de netteté
précision. Nos
dirigés dans tous les opérations, nos pouvoirs
bonheur
détails sur l'ordre et le
public, nos prétentions ou nos
sions personnelles,
illusubordonnées à des
cipes immuables et définis
prinavec autant d'énerA --- Page 215 ---
OFFI CI E L L E.
de dignité, voilà, M., les motifs sur
gie que le conseil a arrêté qu'il vous seroit fait
lesquels
de la marque de confiance que
des remercimens donnée en lui faisant connoitre
vous lui avez
font chérir et respecter,
ces instructions, , qui
Pautorité du roi.
comme vous le desirez,
M.,
Nous reconnoissons personnellement,
combien nous devons y concourir; et si nous
l'avantage de faire beaucoup de
n'avons pas
mêmedans
bien, nous espérons, au moins, que,
senl
différences d'avis, nous n'aurons qu'un
nos
les difficultés résultantes des préobjet, et que
efficace
jugés respectifs céderont à l'impression
de VOS recommandations. l'admiration et la reconAprès avoir excité
avons cru devoir
noissance du conseil, nous
lafixer son attention sur la lettre sévère par
M., de la conduite
quelle vous vous plaignez, M. de Fiedmond
de plusieurs de ses membres ;
effectivement
a une grande néglicroit
quily de la justice. M.
gence dans Tadministration en état de vous en
Malouet n'est point encore
ainsi que ce
dire son avis; mais il aperçoit,
l'insgouverneur, bien peu de ressources pour
truction et le choix des sujets. M. de Macaye Le
qui s'éteint, sera difficilement remplacé.
nombre d'habitans notables,leur pauyreté,
petit:
M. de Fiedmond
de plusieurs de ses membres ;
effectivement
a une grande néglicroit
quily de la justice. M.
gence dans Tadministration en état de vous en
Malouet n'est point encore
ainsi que ce
dire son avis; mais il aperçoit,
l'insgouverneur, bien peu de ressources pour
truction et le choix des sujets. M. de Macaye Le
qui s'éteint, sera difficilement remplacé.
nombre d'habitans notables,leur pauyreté,
petit: --- Page 216 ---
Conn E S P O N D A N C E
leurs travaux stériles qui consument
temps, ne permettent pas d'espérer, tout leur
années, une succession
de plusieurs
trats : nous examinerons intéressante de magisce qu'ily a de possible plus particulidrement
et d'utile à faire en
genre.
ce
En enregistrant les
conseil nous a
pouvoirs du préfet, le
faire
chargés, M., de vous prier
ajouter la faculté de
d'y
quiy a été omise.
dispenser des bans,
L'établissement des
d'un lientenant de
procureurs et la création
comme utiles,
juge, regardés l'un et l'autre
semblent devoir rester
sans exécution par le manque de cependant
poser pour les emplois. Le
sujets à proconseil a arrêté des
remontrances au roi sur ces deux
nous n'avons point pris de
objets, et
égard.
parti définitif à cet
Nous attendrons aussi, M.,
pondre sur tous les détails,
pour vous répuissent être motivées
que nos opinions
nable. M. Malouet
par un examen conveà se défendre
a tout à voir, et sur-tout
des
suggérées. Il
préventions et des opinions
s'occupe, dès ce
confère avec M. le
moment-ci, et
plus essentiels.
gouverneur, des objets les
rédaction de Lorsque nous aurons arrêté la
nos vues, 3 de nos idées, nous vous
- --- Page 217 ---
OFFIC I E L L E.
en forme de mémoire, de
rendrons compte, 9
toutes les parties de ladministration.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
D I S C O U R S
DE M. MALOUBT,
Lors de sa réception au conseil supérieur.
MESSIEURS,
L'administration qui m'est confiée et la place
que j'occupe dans cette cour m'imposent des
devoirs étendus auxquels je me consacre avec
zèle. Cette colonie, long-temps nécligée, discréditée ensuite par les efforts infructueux autant que par loubli du Gouvernement, fixe de
nouveau son attention. Le roi, dont la bienfaisance s'étend sur tous les pays soumis à sa puissance, desire, autant que son auguste aieul, de
créer, dans la Guiane, le commerce et la culture
dont elle paroît susceptible. C'est al'examen des
ressources et à l'emploi utile des moyens que
je suis appelé par un ministre que je dois
ée, discréditée ensuite par les efforts infructueux autant que par loubli du Gouvernement, fixe de
nouveau son attention. Le roi, dont la bienfaisance s'étend sur tous les pays soumis à sa puissance, desire, autant que son auguste aieul, de
créer, dans la Guiane, le commerce et la culture
dont elle paroît susceptible. C'est al'examen des
ressources et à l'emploi utile des moyens que
je suis appelé par un ministre que je dois --- Page 218 ---
COoRRI ES P 0 2 N D A N C E
honorer plus que
personne, et qui
mnessieurs, des droits à votre
acquiert, 9
comme il en a à l'estime
reconnoissance
sieurs, vous avez à M. de publique. Oui, mesd'intéresser le roi et
Sartines l'obligation
rité de cette
son conseil à la prospécolonie.
Malgré une longue succession de
malheurs, de
fautes,, de
préventions et d'opinions contradictoires, ce ministre n'a pas craint
gner à la Guiane une
d'assisions les plus
place parmi les possessoins
importantes de sa
se sont d'abord
majesté. Ses
tiel de la police
portés sur l'objet essensans
publique et de la
lesquelles tous les
législation, 2
qu'un mnouvement
corps politiques n'ont
précaire.
irrégulier et une existence
L'administration
sévérité
vigilante de la justice et la
imposante qui lui
messieurs, , le
convient; voilà,
ministre. Votre premier voeu du roi et de son
habitans, l'ordre bonheur 2 celui de tous les
d'y veiller ainsi
la
servation de leurs
qu'à contructions,
droits, tels sont nos insnos ordres et les dernièrés
mandations de M. de Sartines.
recomprincipes que vous reconnoîtrez C'est à ces
antorité
les actes d'une
bienfisante, dans les
accordés aux cultivateurs, encouragemens
dans la protection
a e --- Page 219 ---
OFFI C I E L L E.
dans les récompenses
assurée au commerce,
celles
vertueux et dans
décernées aux magistrats
dont la
offertes aux colons de tous les ordres,
bonne conduite, l'intelligence et le travail
éclaireront leurs compatriotes.. Je ne doute pas,
dans cette distribution de
messieurs 9 que
le zèle ardent, les
graces, vous n'aperceviez instances réitérées de
soins persévérans et les
MM. de Fiedmond et de Lacroix. S'il étoit
permis de révéler ici le secret de leur correspondance, en chérissant toujours, comme vous
le devez, celui de ces deux administrateurs
qui vous reste, vous connoitriez mieux celui
que vous perdez; ; et le jour où je remplace
M. de Lacroix seroit un jour de deuil pour
cette colonie.
A M. de Lacroix.
Oui, monsieur, les éloges peu mérités dont
vous m'avez comblé ne doivent pas m'empêcher
hommage à vOS prinde rendre publiquement
cipes, à VOS lumières et au zèle infatigable
vous vous êtes occupé du bonheur
avec lequel
le témoignage
de la Guiane. Vous en avez reçu
fidèle
le plus honorable que puisse attendre un
serviteur du roi. Vos mémoires, monsieur,
de Lacroix.
Oui, monsieur, les éloges peu mérités dont
vous m'avez comblé ne doivent pas m'empêcher
hommage à vOS prinde rendre publiquement
cipes, à VOS lumières et au zèle infatigable
vous vous êtes occupé du bonheur
avec lequel
le témoignage
de la Guiane. Vous en avez reçu
fidèle
le plus honorable que puisse attendre un
serviteur du roi. Vos mémoires, monsieur, --- Page 220 ---
CoRAE E S P D N D A N C E
ont été la première instruction
m'ait donnée. Vos
que le ministre
vues sur ce
que celles de M. de Fiedmond pays-ci, ainsi
devancé dans tout ce
qui vous avoit
suggérer
que l'amour du bien peut
d'utile; VOS vues,
les
et petites cultures
dis-je,surl grandes
9 sur le desséchement
terres basses, sur la
des
multiplication des
sur les secours nécessaires à
bestiaux,
mérité
l'industrie, , ont
l'approbation du roi, et vous avez, en
partant, la satisfaction de les voir
Ainsi, messieurs,
applaudies.
un nouvel ordre de commence pour la Guiane
choses, 9 mais qui n'aura
pas l'unique et dangereux mérite de la
veauté. Déja une compagnie de
noude culture se propose de féconder comnmerce et
et de multiplier vOs débouchés
vOs terres >
vilége exclusif, sans
sans aucun pricolons. Bientôt
aucun titre onéreux aux
les colons
ment assemblés,
eux-mêmes, légaleseront entendus et
sur les voeux, les
consultés
les intérêts
besoins, les ressources et
communs. Là, seront examinés
constatés les terrains les
et
cultures les plus
plus précieux, les
utiles, les secours les
urgens, et tous les moyens à
plus
dustrie,
assigner à l'inpour placer enfin la Guiane
de nos colonies florissantes.
au rang
L'un de ces moyens sans doute est le
crédit, --- Page 221 ---
OF F I CI E L L E.
les avances de capitalistes aux
c'est- à - dire
messicurs, qu'elles
cultivateurs : or, vous savez,
la conêtre
que par
ne peuvent
provoquées inviolable des engagemens.
fiance, et la foi
est de la mainVotre fonction la plus auguste
attachée
tenir. C'est à l'activité des lois qu'est
des tribunaux, et c'est de lune et
la dignité
les biens les plus préde l'autre que dépendent
la
cieux de la société, la liberté, proptiété.
de la justice devient jamais
Si Tadministration obligatoire seulement pour
une vaine formule,
s'il
dans le Gouverle pauvre et le foible;
ya
les lois;
nement des moyens plus puissans que
leur
si la't tyrannie des formes arbitraires peut
c'est lorsque les magistrats
être substituée,
de l'éminence et de la
cessent d'être pénétrés
oublient,
sainteté de leurs devoirs ; lorsqu'ils
inertie, qu'ils sont les condans une coupable
civils.
servateurs de l'ordre et des contrats
un semblable
A Dieu ne plaise que je prévoie
malheur pour cette colonie ! Le digne magisdont les longs services viennent d'être
trat,
annonce trop bien, messieurs, 3
récompensés,
vous d'autres principes
que l'on trouve parmi
d'autres
Mais si des considérations
et
exemples.
dans le reslocales ont quelquefois suspendu exécution
sort de la cour la plus rigoureuse
1.
able
civils.
servateurs de l'ordre et des contrats
un semblable
A Dieu ne plaise que je prévoie
malheur pour cette colonie ! Le digne magisdont les longs services viennent d'être
trat,
annonce trop bien, messieurs, 3
récompensés,
vous d'autres principes
que l'on trouve parmi
d'autres
Mais si des considérations
et
exemples.
dans le reslocales ont quelquefois suspendu exécution
sort de la cour la plus rigoureuse
1. --- Page 222 ---
Cox R ES P J N D A N C E
de ses décrets, il nous est expressément
messieurs, de vous en
enjoint,
de vous pénétrer de l'autorité rmppelertimportance, et
irrésistible des
jugemens.
A M. de Fiedmond.
En rappelant ici,
monsicur, nos devoirs, s
nos principes et nos fonctions
il
me reste à me rendre digne de communes, les
avec vous. Nous sommes honorés
partager
d'une
en commun
magistratnre supérieure, dont l'unité
dérive de la puissance souveraine
établit pour le maintien de l'ordre qui nous
heur de
et le bontous. Nous sommes particulièrement
astreints à des devoirs et à des formes diverses,
dont l'objet est de nous apprendre
volontés
que nos
propres sont anéanties par une volonté
légale, et que la réunion ainsi que la division
de nos pouvoirs appartiennent à la constitution
politique de la monarchie.
Puissé-je, monsieur, dans cette association
qui m'honore à tous égards, vous
tant que je le desire, et obtenir, plaire aul'estime et la confiance de
comme vous, 3
cette compagnie!
Si j'ai quelque espoir d'y parvenir, ce ne peut
être qu'en déférant à VOS
à
conseils,
votre
:
a
--- Page 223 ---
0 FF I C I E L b E,
comme je le dois,
expérience, et en honorant,
qui vous rendront longe
les qualités respectables
temps cher à la colonie.
COMMUNES. (No.2.)
LETTRES
Nègres-marrons
Affaires étrangères.-
Cayenne, 2 29 novembre 1776.
M.
lcs
que vous nous avez
DE toutes
dépêches
par son objet
adressées, la plus importante
qu'on mettoit alors
(*) Pour bien entendre Pimportance
2 il
sur nos terres des nègres-marrons,
à cette émigration
fait l'abbé Raynal 1 dont
faut se rappeler Phistoire qu'en
telle
il n'y a de vrai que la plus petite partie 2
qu'un
avec des bandes de nègrestraité fait par les Hollandais
et auxquels
ont reconnus indépendans 7
marrons qu'ils
établissement sur leurs terres. On
ils ont permis un
consiste cette
verra, dans mon voyage de Surinam, en quoi
Le plan fait à Versailles supposoit que ces nègres,
peuplade. de
trente mille 1 abandonnoient les terres
au nombre vingtà
les
il s'agissoit de
des Hollandais, et passoient sur nôtres;
M.
d'en faire des colons ou des pasteurs.
les y fixer,
laissé dans le doute 2 paroissoit
de Sartines, que j'avois
is un
consiste cette
verra, dans mon voyage de Surinam, en quoi
Le plan fait à Versailles supposoit que ces nègres,
peuplade. de
trente mille 1 abandonnoient les terres
au nombre vingtà
les
il s'agissoit de
des Hollandais, et passoient sur nôtres;
M.
d'en faire des colons ou des pasteurs.
les y fixer,
laissé dans le doute 2 paroissoit
de Sartines, que j'avois --- Page 224 ---
CORRESP O - N D A N C E
et ses suites étant celle relative
marrons de
aux nègresSurinam, 2 c'est anssi la
à laquelle nous nous
première
Nous
empressons de répondre.
avons mirement réfléchi au
vous avez
et
plan que
adopté,
vous approuverez strement que nous choisissions de préférence les
moyens les plus sages d'exécuter VOS ordres,
Si nous prenons la liberté de les modifier
de nous écarter de VOS
et
instructions, c'est
ne vous laisser aucun
pour
à laquelle
regret sur une opération
vous paroissez mettre beaucoup d'intérêt.
Voici nos dispositions et nos motifs.
Les liens politiques
qui nous unissent aux
Hollandais, et la rivalité d'intérêts
nous diviser, méritent
qui peut
tion. Nous
également votre attendevons donc premièrement éviter
l'apparence gratuite d'un mauvais procédé. Il
pourroit nous être imputé en favorisant clandestinement l'émigration projetée. Nous devons
aussi empêcher que votre plan. ne devienne un
objet d'effroi pour les colons. L'événement dont
convaincu, 2 depuis mon départ, de cette
tous ceux qui dès ce temps-là s'étoient possibilité ; et
l'esclarage des nègres, mettoient le plus prononcés contre
accréditer
grand zèle à
Pétablissement d'une colonie de noirs libres,
a
- --- Page 225 ---
OFF I C IE L I E.
M. de Fiedmond vous avoit déja rendu compte,
offre l'occasion de pourvoir à tous ces
nous
inconvéniens.
sa majesté doit se plainC Nous pensons que
- Généraux, du parti pris par
S dre aux États
de Surinam, de contraindre
> le gouverneur
le Maroni et à
> les nègres-marrons à passer
les
sur la Guiane française, sans
J
> se jeter
les dernières con-
>> avoirpoursuivis > comme la liberté. Que M. de
>> ventions lui en donnent
des forces
commande avec
>> Fiedmond, qui y
à cette nation,
>> insuffisantes pour en imposer
foiblesse
fait montre de sa
> a mal-à-P propos
les faisant
par un misérable
> en
poursuivre faute du
cette
gouverneur
>> détachement; ; que
malveillant du gou-
>> français, et le procédé
colonie,
hollandais, exposent notre
>> verneur
à être détruite par ces
> déja languissante,
occasion jus-
>>- nègres, qui n'avoient eu aucune
nous regarder comme ennemis ;
> qu'alors de
s'ôtent
là les
> que les Hollandais même
par
si
de
de notre médiation,
> moyens
profiter cruelle
eux élevoit
> cette guerre déja si
pour
les
au lieu de les détruire, au rang
> Marrons,
> des peuples libres et aguerris.
le gouver-
> Que dans cette circonstaice,
l'éauroit dû tolérer
> neur de Cayenne, qui
une
nous regarder comme ennemis ;
> qu'alors de
s'ôtent
là les
> que les Hollandais même
par
si
de
de notre médiation,
> moyens
profiter cruelle
eux élevoit
> cette guerre déja si
pour
les
au lieu de les détruire, au rang
> Marrons,
> des peuples libres et aguerris.
le gouver-
> Que dans cette circonstaice,
l'éauroit dû tolérer
> neur de Cayenne, qui --- Page 226 ---
CoR R E S P O N D A. N C E
>> tablissement de ces nègres sur la rive droite
5 du Maroni, plutôt que de les
foi5> blement et sans moyens pour les attaquer
>
avoit reçu ordre de ne leur faire détruire,
aucune in-
>? sulte tant qu'ils se tiendroient éloignés du
> poste français, et de les faire assurer même
>> qu'ils ne seroient pas troublés dans cet
>> s'ils ne s'avançoient pas à plus de six asyle, lieues
> du poste ; mais que sa majesté requéroit les
5> Evats-Geniraue de défendre au comman-
>> dant de Surinam, de chasser à P'avenir de
5> nouvelles bandes de Marrons sur les terres
5 de la France, comme aussi de
>> suivre
lesy pourdésormais, aur termes de la
>>
dernière
convention 3 puisqu'ils avoient
de
>> le faire dans zn instant
refusé
décisif: sa
> annullant
majesté
s quant à cette partie 2 ladite
> convention.
>> Que sa majesté, cependant, n'entendant
S point, par cette tolérance nécessaire, ouvrir
>> un asyle indéfini aux esclaves désertans
>> Surinam, le détachement
de
S> tuellement
qui se trouve acsur les terres de France, seroit
> prévenu qu'il ne leur est permis
rester
S
d'y
sans être inquiétés, qu'autant qu'ils arrête-
> roient et remettroient au poste
> moyennant le prix
français, ,
conyenu, tout nègre
a --- Page 227 ---
OFFI C I E L L E.
sur la rive droite du Ma-
> hollandais passant
d'anà moins qu'il ne se présentdt
> roni,
des Marrons réputés libres
>> ciennesfamilles
traité. Qu'alors ils seleur dernier
>> depuis
d'en donner avis au comman-
>> roient tenus
avoir la perdant du poste français, pour
à des
de les recevoir, en les plaçant
>> mission
convenables de nos établissemens.
> distances
locale des quartiers et
>> Que la distribution
rende notre colonie pourroit
>> des cultures
praticable, pouryu que
>> dre cet arrangement
de diriger par
> les Hollandais s'abstinssent
totale sur
leur émigration
>> leurs poursuites
où nous
> nos terres ; car alors l'impuissance étant bientôt con5 serions de nous y opposer
ils ne regarde-
>> nue de ces peuplades nègres,
concomme asyle, mais comme
>> roient plus
et s'y fortifieleur établissement,
>> quête, 2
Ja ruine des deux
> roient pour consommer
> colonies >
étoient sincères de notre part, quoi-
(*) Ces. dispositions
d'exécution d'un
comme moyens
que nous les présentassions
et dans le fait il n'y
projet que nous n'approuvions pas; nous tirer de la position
avoit pas d'autre expédient pour vis-à-vis des. deux gouverembarrassante oùl nous étions
nemens..
et s'y fortifieleur établissement,
>> quête, 2
Ja ruine des deux
> roient pour consommer
> colonies >
étoient sincères de notre part, quoi-
(*) Ces. dispositions
d'exécution d'un
comme moyens
que nous les présentassions
et dans le fait il n'y
projet que nous n'approuvions pas; nous tirer de la position
avoit pas d'autre expédient pour vis-à-vis des. deux gouverembarrassante oùl nous étions
nemens.. --- Page 228 ---
COARES, P
N D N E
Telles sont, M., les observations
croyons devoir être
que nous
présentées pour justifier
l'opération dont vous nous chargez, laquelle
deviendroit
dangereuse sans ce préliminaire.
La déclaration que nous vous proposons de
faire, s'adapte si bien au dernier
et le projet que vous nous confiez événement, seroit
si difficile exécution
d'une
sans cet événement,
nous sommes déterminés à nous conduire que ici
conséquemment à cette déclaration.
Nous écrirons donc
verneur de
incessamment au gouSurinam, et nous joignons ici le
projet de notre lettre.
Nous ne pouvons attendre VOS ordres ultérieurs pour la tournure à donner à cette affaire, parce qu'elle est relative à la
tance unique où nous sommes.
circonsSi nous attendions six mois
au gouverneur hollandais,
pour déclarer
que sa poursuite des
négres-marrons sur le Maroni, et son refus
se joindre à nous pour les chasser de
de
ont nécessité de notre
le
nos terres,
tolérer, il
part parti pris de, les
ne seroit plus possible de persuader
que notre conduite
minée
subséquente a été déter
par un cas fortuit.
Si nous ne requérons dès ce moment-ci le
gouverneur hollandais
d'empécher, autant
S --- Page 229 ---
a
OFF ICIE L L E.
qu'il lui sera possible, s une nouvelle irruption serions
de Marrons sur nos possessions, 9 nous
d'être fauteurs de cette émigration.
soupçonnés cependant que les Hollandais ne
Il importe
le
car il sepnissent nous en iputer projet, violation
roit facilement présenté come une
du droit des gens.
dans le
Voici comment. Il n'est question
vous nous prescrivez que des nègres
plan que
érigés maintenant en
libres de Surinam, qui, librement avec la
corps de peuplc, traitent
des
colonie de Surinam, donnent et reçoivent
enfin
à obtenir la paix
otages, et sont
parvenus Or, cette naet la sûreté de leurs possessions.
ne peut
tion toute établie chez les Hollandais,
être à la longue attirée sur nos terres 2 que
la considération d'une plus grande étendue
par
et de navigation sur nos rivières et
de pêche
dont ils sont privés chez
à la mer , avantage
n'est
là l'espèce
les Hollandais. Mais ce
point
de Sude nègres à laquelle le gouvernement
rinam fait aujourd'hui la guerre, et dont quelbandes ont passé sur la rive droite du
ques
de la nouvelle
Maroni. Elles sont composées
s'accroittroupe.de Marrons, dont le nombre
journellement, et qui étant récemment désertés
rentrent dans la classe des
de leurs ateliers,
ils sont privés chez
à la mer , avantage
n'est
là l'espèce
les Hollandais. Mais ce
point
de Sude nègres à laquelle le gouvernement
rinam fait aujourd'hui la guerre, et dont quelbandes ont passé sur la rive droite du
ques
de la nouvelle
Maroni. Elles sont composées
s'accroittroupe.de Marrons, dont le nombre
journellement, et qui étant récemment désertés
rentrent dans la classe des
de leurs ateliers, --- Page 230 ---
Corn E S P 0 N D A N C E
esclaves dont la restitution est convenue par
nos traités.
Si donc, votre projet se bornoit à recevoir
les Marrons libres, il ne contrarieroit point le
droit des gens ; mais il est plus difficile à exécuter qu'on n'a paru le croire, parce qu'il est
incertain que cette nation soit mécontente de
son état actuel et en desire le changement.
Mais, si votre dessein a été de favoriser
l'émigration générale des nouveaux et des anciens révoltés, alors il n'est praticable avec
honneur et sûreté, qu'autant que les démarches des Hollandais et la nécessité des circonstances nous y contraindront.
C'est ce que nous démontrons dans la déclaration proposée, laquelle, quoique simulée
sur plusieurs chefs, en renferme néanmoins
plusieurs autres conformes à la vérité.
Il est vrai que les Hollandais paroissent vouloir nous faire partager leurs inquiétudes et
leurs malheurs en poussant les Marrons de
notre côté.
Il est vrai qu'il seroit contre notre intérêt
de nous annoncer comme ennemis à ces différentes peuplades de nègres, et de leur inspirer
pour nous la même horreur qu'ils ont pour les.
habitans de Surinam. --- Page 231 ---
0 F FI CI E L L E.
l'officier français, commanIl est vrai que
celui du poste holdant au Maroni, a averti
et l'a invité à les
landais du passage des nègres,
fussent
sur nos terres avant qu'ils y
poursuivre dont le second s'est excusé, en
établis, , ce
rendre compte à son goudisant qu'il alloit
verneur.
d'être vrais dans la réMais nous cessons
hollanquisition proposée au gouvernement autre émià l'avenir toute
dais, d'empêcher c'est là le but où vous tendez.
gration, puisque suffit alors pour nous mettre
Cette réquisition
favoriser l'évasion. Car
à l'abri du soupçon de de l'avis, nous mansi les Hollandais profitent utile d'un établissequerons bien alors l'objet
n'aurons plus à
ment volontaire ; mais nous
S'ilsn'en
craindre d'irruption et de brigandage. contraire
s'ils continuent au
profitent pas 7
de notre côté, ils
à diriger leurs poursuites
faire.
n'auront aucun reproche à nous
rendre
M., à vous
Il reste maintenant,
pour
compte des moyens que nous emploirons de ces vilattirer de notre côté quelques-uns fixer ceux qui
lages de nègres libres 7 et pour
quand
sont, après avoir changé sur cet objet,
y
les opinions des colons
il pourra être public,
français.
s'ils continuent au
profitent pas 7
de notre côté, ils
à diriger leurs poursuites
faire.
n'auront aucun reproche à nous
rendre
M., à vous
Il reste maintenant,
pour
compte des moyens que nous emploirons de ces vilattirer de notre côté quelques-uns fixer ceux qui
lages de nègres libres 7 et pour
quand
sont, après avoir changé sur cet objet,
y
les opinions des colons
il pourra être public,
français. --- Page 232 --- CORRES: P 0 N D A N C E
Premièrement, notre
sairement
négociation sera néceslivrée à deux ou trois hommes reconnus pour les plus intelligens des
mulâtres
nègres ou
que nous pourrons trouver. Les
roles de paix, d'asyle, dont
panous les chargerons, seront conçues et motivées de manière
à ne pouvoir nous compromettre dans
cas. L'un de ces gens, dont le zèle sera aucun excité
par de fortes récompenses, aura ordre de rester
en otage dans le village nègre, afin
le chefà venir nous trouver
d'engager
secrètement, et
par des voies connues de nous seuls.
Lorsque nous aurons certitude de l'empressement avec lequel ils recevront asyle, nous
leur assignerons, non la baié de
mais la rivière de Mana, dont la Couanama,
position topographique convient mieux à nos vues de
commerce et de streté.
L'opération conduite à ce point, nous nous
occuperons alors des préventions à détruire
dans cette colonie, et nous y parviendrons
facilement. Un nouveau détachement de ces
nègres, arrivé sur nos terres 2 nous aura fait
demander humblement asyle dans le lieu qu'il
nous plaira de leur assigner : des réflexions
générales sur notre
le
position 3 notre foiblesse >
parti à tirer de ces
gens-là, 9 même pour la
- --- Page 233 ---
OFF I C I E L L E.
garde de. nos propres esclaves, leur affection,
leur reconnoissance, mise en opposition avec
la haine vouée par eux aux Hollandois : voilà,
M., ice que nous avons à dire, et ce qui fera
Timpression desirée.
réflexions et les
Telles sont nos vues, nos
concertécs entre nous. Dans trois
opérations
nous vous rendrons compte de
ou quatre mois,
espérant,
l'exécution, pour ce qui nous regarde,
M.
vous voudrez bien adopter et pro1 que
le
à prendre auprès des
poser à sa Majesté parti
États-généraux.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
COPIE de la Lettre commune de MM. de
Fiedmond et Malouet azl Gouverneur de
Surinam
A Cayenne le 12 décembre 1776.
M.
L'Érar.de cette colonie ne nous permettant
pas de voir avec indifférence ce qui se passe
(*) Voyez folio 66, une lettre au gouverneur et conseil
de Surinam.
poser à sa Majesté parti
États-généraux.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
COPIE de la Lettre commune de MM. de
Fiedmond et Malouet azl Gouverneur de
Surinam
A Cayenne le 12 décembre 1776.
M.
L'Érar.de cette colonie ne nous permettant
pas de voir avec indifférence ce qui se passe
(*) Voyez folio 66, une lettre au gouverneur et conseil
de Surinam. --- Page 234 ---
ConR E S P O N D A N C E
dans celle de Surinam relativement auxnègresmarrons 7 nous avons attentivementexaminé les
dangers quirésultent pour nous de leurs attrouprès du Maroni, de leur construction
pemens de canots, et de leurs courses surla rive droite
de ce fleuve. Les inquiétudes des colons français
méritent que nous nous occupions à les calmer:
nous avons donc cru devoir consulter les plus
notables avant de prendre un parti définitif,que
le dernier événement rend de plus en plus nécessaire. Ce parti, M., vous paroitra motivé
sur le peu de
sur notre position réciproque,
dansla partie
forces que nous pouvons opposer,
du nord, aux courses de VOS nègres, et sur
la négligence, pérmettez - nous de le dire, du
commandant de votre poste sur le Maroni à
les poursuivre au moment de leur passage 2
malgré l'avis quilni en fut donné par le commandant de notre poste. La réponse de votre
officier fut qu'il vous en rendroit compte. Il
laissa perdre 1 par ce délai, l'instant décisif;
car il est possibie que ces nègres, rendus sur la
rive droite, s'y établissent dans vingt positions
d'un accès difficile. Ainsi, monsieur, nous vous
prions,
Premièrement, attendu l'alliance et la bonne
intelligence qui subsistent entre nos souverains
-
--- Page 235 ---
OFF I C I E L L E.
respectifs, de défendredans votre gouvernement
dirige à l'avenir la poursuite de VOS nèqu'on
sur nos terres : vous concevez
gres - marrons
défensifs, nous en serions
que,faute de moyens
bientôt inondés ; nous vous avertissons ensuite
n'étant pas en état de les détruire,
que,
aussi contraire à VOS intérêts
nous croyons
nôtres de leur annoncer des dispositions
qu'aux
hostiles.
déterminés
En conséquence: nous nous sommes
à faire retirerle foible détachement qui a pourcanot les nègres
ont passé de
suivi en
qui
abannotre côté ; nous présumons qu'ils ont
leur
établissement ; nous judonné
premier
dans
nécessaire de ne ppint les inquiéter
geons
et de leur faire connoltre 3 même à
leur asyle,
la première occasion que nous en aurons, que 2
qu'ils se tiennent éloignés de nos postes
pourvu
ils ne seront point inet de nos établissemens, 9
quiétés, et pourront même y recevoir (*) ceux
avec votre perde leur nation qui y passeroient
nous vous
mission à nous représentée, 3 laquelle
fort de n'accorder à aucune nouvelle
prions
bande.
(*) Cette phrase a pour nous un objet démontré, et ne
peut être cependant ni équivoque ni suspecte au gouverneur
de Surinam.
'ils se tiennent éloignés de nos postes
pourvu
ils ne seront point inet de nos établissemens, 9
quiétés, et pourront même y recevoir (*) ceux
avec votre perde leur nation qui y passeroient
nous vous
mission à nous représentée, 3 laquelle
fort de n'accorder à aucune nouvelle
prions
bande.
(*) Cette phrase a pour nous un objet démontré, et ne
peut être cependant ni équivoque ni suspecte au gouverneur
de Surinam. --- Page 236 ---
CORRESI P O N D A N C E
Vous sentirez,
monsieur, que notre objet
est de prévenir les courses et les
de ces nègres, en les
à brigandages
disposant ne nous point
regarder comme ennemis. Ce préalable nous
conduira naturellement à vous servir, même
par leur moyen : en les obligeant à vous restituer tous les déserteurs houveaux.
D'après le plan nouveau auquel nous nous
arrêtons, 3 il n'est plus possible que VOS détachemens de chasscurs passent sur la rive droite
du Maroni, comme M. de Fiedmond
avoit ci-devant accordé la liberté
vous en
: il seroit fort
à souhaiter pour vous et pour nous que vous en
eussiez usé, dans le temps, de manière à
venir ou à détruire leur
prépremier établissement;
mais puisque nous avons presque la certitude
qu'il en existe sans pouvoir nous y opposer
nous n'avons plus d'autre parti à prendre >
de le tolérer et d'empêcher leur
que
en
accroissement,
persuadant néanmoins à cette peuplade
nos sentimens pour eux sont
que
indulgens et bienveillans.
Nous rendons compte au Roi, M., des dispositions dont nous avons l'honneur de vous
faire part 7 et nous y serons fidèles
wouvel ordre de sa majesté, Nous jusqu'h
espérons
que vous les trouverez raisonnablès, et conséI
'autre parti à prendre >
de le tolérer et d'empêcher leur
que
en
accroissement,
persuadant néanmoins à cette peuplade
nos sentimens pour eux sont
que
indulgens et bienveillans.
Nous rendons compte au Roi, M., des dispositions dont nous avons l'honneur de vous
faire part 7 et nous y serons fidèles
wouvel ordre de sa majesté, Nous jusqu'h
espérons
que vous les trouverez raisonnablès, et conséI --- Page 237 ---
a
OFFI C I E L L E.
aux intérêts et à la position des deux
quentes
colonies.
Nous avons Phonneur d'être, etc.
Signe, FIEDMOND et MALOUET.
LETTRE COMMU N E. (No.29-)
Affaires étrangères.
Nègres - marrons de
Surinam.
A Cayenne 2 le 26 Mars 1777.
M.,
LORSQUE vous avez adopté le projet d'émigration des nègres-marrons, tel qu'on vous l'a
présenté, il étoit susceptible des inconvéniens
les plus graves, et pouvoit être la source d'une
querelle entre la France et la Hollande, qui
nous auroit reproché, à la face de toute PEurope, de débaucher et d'armer ses esclaves.
II ne vous eût peut-êtrer pas paru prudent
en France d'entrer sur cet objet en négociation
àvec le gouverneur de Surinam, de l'instruire
de nos vues , de nos projets, de nos moyens,
de lui tout dire enfin, en lui cachant seulement que ce que nous lui disions étoit notre
secret : nous ne sommes point autorisés par nos
instructions à une pareille démarche ; mais la
1.
--- Page 238 ---
226 Co R R E S P O N D A N C B
certitude de bien faire, la conviction intime oà
nous sommes, qu'une conduite contraire mettroit le conseil du roi dans le plus grand embarras, et nous rendroit odieux à toute l'Europe : voilà, M., ce qui nous a déterminés.
Les Hollandais savent donc nos projets, et ils
fortement occupés; mais ils
vous en paroîtront
ne les ont vus et ne peuvent les voir que comme
des circonstances et des évéun résultatimp prévu
nemens 2 sur lesquels nous les prévenons 2 nous
les consultons, en leur montrant ce que la pru
dence et la nécessité nous prescrivent, et en
l'avenir, dans la. communauté de
entrant, pour
vues et d'intérêts qu'ils nous présentent.
Cette affaire, M., roulant principalement
sur nous par la tournure que nous lui avons
donnée et
devenir de la plus sérieuse
, pouvant
dans l'exa
conséquence, nous vous supplions,
men que vous en ferez particulièrement ou au
conseil, d'avoir sous les yeux notre correspon
dance originale, et les pièces y jointes 5 l'extrai
le plus fidèle et le mieux fait supprimant tou
quelques réflexions ou détails dont ic
jours
aucun n'est inutile.
Ces pièces consistent, jusqu'à présent, en
1o. notre première lettre commune, en dat
du
novembre dernier, no. 2 5 2°. celle d
:
quence, nous vous supplions,
men que vous en ferez particulièrement ou au
conseil, d'avoir sous les yeux notre correspon
dance originale, et les pièces y jointes 5 l'extrai
le plus fidèle et le mieux fait supprimant tou
quelques réflexions ou détails dont ic
jours
aucun n'est inutile.
Ces pièces consistent, jusqu'à présent, en
1o. notre première lettre commune, en dat
du
novembre dernier, no. 2 5 2°. celle d
: --- Page 239 ---
OFF I C I E L L E.
de Fiedmond en date du 9 décembre 5 30,
M.
de Surinotre lettre commune au, gouverneur et du
nam ; 4°. la réponse de ce gouverneur 6o.le
conseil de Surinam 3 50. notre réplique ;
à nous rendu par M. Dumaine, comcompte
de Marroni ; 7°. les deux
mandant au poste
officier
les nègres
déclarations faites à cet
par
cinq dernières
Camoupi et Atis, lesquelles
à notre lettre de ce jour.
pièces sont jointes
nous nous hâtons
Le premier point sur lequel
commencée
de vous prévenir, est lindication
2 et répétée peut-être
de ce plan d'émigration
et. polil'auteur de l'histoire philosophique
par
nouvelle édition. Il peut en détique dans une
les suites. Il est essenvelopper les moyens et
même
tiel qu'il ne le fasse pas, qu'ils'abstienne
de toute réflexion ; car les Hollandais trouveet le but de
roient dans son livre T'explication
conduite actuelle. Mais cet avis,M., que
notre M. Malouet n'est à portée de vous donner que
liaison avec l'auteur, ne sera, à ce que
par sa
l'occasion d'aucan désagrément
nous espérons, célèbre : car il' n'est pas de
pour cet homme
qui puissent
prétextes ou de raisons politiques
consoler un homme d'honneur des chagrins
qu'il causeroit à son ami.
s'est
ensuite qu'on
Nous vous rappellerons
ite actuelle. Mais cet avis,M., que
notre M. Malouet n'est à portée de vous donner que
liaison avec l'auteur, ne sera, à ce que
par sa
l'occasion d'aucan désagrément
nous espérons, célèbre : car il' n'est pas de
pour cet homme
qui puissent
prétextes ou de raisons politiques
consoler un homme d'honneur des chagrins
qu'il causeroit à son ami.
s'est
ensuite qu'on
Nous vous rappellerons --- Page 240 ---
ConR: ES P O N D A N C E
trompé en France sur l'espèce et la dénomination de ces negres-marrons, sur le plan et
les moyens de les attirer. Quels sont en effet
les moyens que la saine politique avoue pour
attirer et recevoir chez soi des esclaves révoltés
contre leurs maîtres ? comment y réussir sans
déclarer l'ennemi acharné du peuple auquel
se
on fait cet outrage ? à quel danger n'expose-tla
la
la fortune de ce
on pas
vie, liberté,
peuple f car enfin, non-seulement les marrons
reconnus voudront profiter de l'asyle, mais
sont encore sous le joug de Pesclaceux qui
chercheront à s'y soustraire, et un ébranvage
sera la suite de la manceuvre
lement général
des émissaires. Ensuite quelles gens pouvionschoisir pour cette mission ? quels sont les
nous
s'abaissent
hommes intelligens et capables qui
de l'argent aux plus viles manceuvres P
pour
ou quels sont ceux qui s'exposant au supplice
pour de l'argent > peuvent inspirer confiance
en leurs talens ? Vous voyez, M., que par cette
voie nous n'avons rien à tenter , et vous serez
sirement satisfait de la prudence avec. laquelle
nous nous sommes abstenus de toute démarche
hasardée : mais le projet dont l'exécution nous
a été livrée sans détails circonstanciés et certains, ne regardoit sans doute que les marrons
--- Page 241 ---
OFF I C I E L L s.
de
libre dans les rivières
établis en corps peuple
de Saramaca et de Surinam.
Cette nation, M., n'a aucun besoin d'asyle
et de protection ; ils ont acquis, par la force
des armes et par des traités solennels, la propriété de la terre qu'ils cultivent. Ils s'y multiplient, deviennent de jour en jour plus exdans les arts, plus disciplinés dans les
perts
la patrie qu'ils
combats Ils ne quitteront pas
se sont faite, 1 le terrain qu'ils ont fortifié pour
établissement incertain , pour courir le risun
dans leur
que d'être détruits en se dispersant
émigration. Ilya plus : cette acquision pourroit nous être fort dangerouse. Nous ne pounous flatter de soumettre aisément un
vons pas
peuple féroce et victorieux, qui, en supposant
qu'il se transplantât sur nos terres 3 voudroit
choisir le local qui lui conviendroit
peut-être
de nos établissemens
le mieux et se rapprocher
qui seroient dès-lors sous le joug.
Reste donc à disposer des nouvelles bandes
récemment, et actuellede fugitifs attroupés
les troupes de la Répument poursuivis par
blique. Il est certain que cette portion der nègres
(*) On verra; , dans le récit de mon voyage d Surinam,
nos notions SuT ce point
que cela n'étoit pas vrai, que
étoient complétement fausses.
nos établissemens
le mieux et se rapprocher
qui seroient dès-lors sous le joug.
Reste donc à disposer des nouvelles bandes
récemment, et actuellede fugitifs attroupés
les troupes de la Répument poursuivis par
blique. Il est certain que cette portion der nègres
(*) On verra; , dans le récit de mon voyage d Surinam,
nos notions SuT ce point
que cela n'étoit pas vrai, que
étoient complétement fausses. --- Page 242 ---
Conn E S P O N D A N C E
l'on suppose au nombre de huit ou dix
que
ne soient aguerris ni expémille, quoiqn'ils
fixe
rimentés, n'ayant aucun établissement
,
être avec avantage reçus dans nos dépeuvent
la
et par
serts, et contenus pas reconnoissance
la crainte, tant qu'ils ne seront pas à portée
de counoître notre foiblesse, 9 tant qu'ils seront
maintenus par des précautions intelligentes sdans
combinée à notre avantage. Ce
une position
la
les bcpremier pas fait, la religion, police 2
soins doivent enchaîner cette espèce d'hommes
comme tous les autres, et il n'est pas improbable d'espérer, qu'en se mnltipliant, en étant
gouvernés sagement, ils deviendront une portion utile dcs sujets du roi
heureuse des Hollandais
Alors une guerre
tourmenter , affoiblir et détruire une parpeut
tie des anciens établissemens des marrons libres.
Ce qui restera, instruit du régime doux et paivivront parmi nous leurs
sible sous lequel
camarades, peut les joindre par pelotons; et
nous serons alors les mnaitres de les distribuer
dans des positions qui nous conviennent.
Mais pour que cette révolution s'opère sans
(*) Nos hypothèses étoient un peu moins absurde
celles qui nous arrivoient de Versailles, mais elle
que
Pétoient encore suffisamment, --- Page 243 ---
OFFICI E L L E.
fâcheux, sans que les Hollandais
accidens alarmés et indignés , quel concours
en soient
? La politique
de circonstances ne faut-il pas
naître le
les prévoir et les faire
;
ne pouvoit
la sagesse en profite.
hasard les produit,
de
dernier une première
Au mois septemibre
aient été
bande de ces esclaves, soit qu'ils y
soit qu'ils l'aient fait volontairement,
poussés ,
et M. de Fiedmond, ,
a passé sur nos terres ;
fait des
ignorant VOS vues 9 M., a
préparatifs
les poursnivre et les repousser.
pour
la plus sûre occasion que
C'est véritablement
cinq pirogues
nous eussions de réussir 5 car,
de
poursuivies par nos canots, et quelques-uns différentes
tués par nos gens en
ces mnarrons
à présent de toute
circonstances, les éloigneront le temps et les
confiance en nous : il n'y a que
ci-après qui
moyens que nous vous indiquerons
pourront les faire revenir.
et
A l'arrivée de M. Malouet, les préparatifs
continuoient; sa première lettre
les dispositions les fit suspendre, et nos conà M. Fiedmond
déterminèrent le plan auférences ultérieures
quel nous nous sommes arrêtés. dans le premier
Vous en avez vu les détails
dans notre
compte que nous vous avons rendu, Surinam.
lettre première, au gouverneur de
ès qui
moyens que nous vous indiquerons
pourront les faire revenir.
et
A l'arrivée de M. Malouet, les préparatifs
continuoient; sa première lettre
les dispositions les fit suspendre, et nos conà M. Fiedmond
déterminèrent le plan auférences ultérieures
quel nous nous sommes arrêtés. dans le premier
Vous en avez vu les détails
dans notre
compte que nous vous avons rendu, Surinam.
lettre première, au gouverneur de --- Page 244 ---
-
CORRE S P O N D A N C E
Vous sentez maintenant, M.,
étoit nécessaire de lui écrire,
combien il
3 de lui dire
sément les choses que nous lui avons
préciet du ton dont nous les
marquées,
avons dites. Nous
avons entendu par-là ne dissimuler
étoit inutile ou dangereux de
que ce qu'il
expliqueravec vérité dans
déclarer, et nous
tout ce qui ne pouvoit
pas compromettre notre streté 5 en sorte
tout notre art a consisté d'abord à rendre que
démarches légitimes 3 et ensuite à les
nos
sous l'aspect le plus honnête et le présenter
Cette tournure
plus sensé.
délicatesse.
satisfaisante pour notre propre
tendoit aussi au bien de la chose.
La réponse du gouverneur et du conseil de
Surinam vous prouvera que notre lettre a fait
tout l'effet que nous en attendions, et
la
simplicité avec laquelle nous nous sommes que
pliqués ne leur présente plus rien à deviner exs'attachent seulement à
: ils
nous faire changer d'avis
par des raisons que nous réfutons dans notre
réplique avec énergie et netteté, Nous annonçons franchement ce qu'exige de nous notre
intérêt propre, en quoi il diffère et se
che de l'intérêt commun des deux rappropourquoi il seroit déraisonnable
colonies ;
et dangereux
pour nous d'attaquer maintenant ces
comment il seroit
réfugiés;
possible et sensé de nous
S a --- Page 245 ---
OFFIC I E L L E.
réunir dans certains cas et dans telle circonsNous leur montrons sur tous
tance donnée.
convenables à
ces points le, caractère et l'esprit
traite de bonne foi avec son allié,
un allié qui
mais sans nuire à
qui s'occupe par préférence,
autrui, de son intérêt propre.
diNous éloignons l'idée d'une négociation
avec les
et effectivement ce que
recte
nègres;
de Camoupi et
nous avons fait par l'entremise
de
d'Atis ne peut être réputé aveu authéntique
Lespèce d'agens employés,
nos dispositions. dont ils étoient porteurs, 7
les paroles vagues
donnée aux Holjustifientl'idée que nousavons mais nous nous
landais de leur mission
abstenus d'en rendre les détails, et de
sommes
savons de la position des
leur dire ce que nous
soit
émigrés, afin que le colonel Fourjou ne
point tenté de faire à notre insçu quelque exdéconcerteroit absolunent nos
pédition qui
nous
projets : et comme il faut tout prévoir,
sommes décidés, ce cas-là arrivant, à empêcher,
autant que nos foibles moyens nous le permet-
(*) Il étoit nécessaire d'en parler, parce que ces fugitifs
nous leur avons fait des
peuvent eux-mèmes publier que
n'en seront
offres, et les Hollandais prévenus par nous
point étonnés.
point tenté de faire à notre insçu quelque exdéconcerteroit absolunent nos
pédition qui
nous
projets : et comme il faut tout prévoir,
sommes décidés, ce cas-là arrivant, à empêcher,
autant que nos foibles moyens nous le permet-
(*) Il étoit nécessaire d'en parler, parce que ces fugitifs
nous leur avons fait des
peuvent eux-mèmes publier que
n'en seront
offres, et les Hollandais prévenus par nous
point étonnés. --- Page 246 ---
C ORRE S P 0 N D A N E
tront, le passage des détachemens hollandais
stir la rive droite du Marroni.
Cet acte de fermeté de notre part, au moyen
des explications antécédentes, ne pourroit être
imputé qu'à la violation du territoire et non
à une liaison présumée avec les fugitifs; mais
il n'y a pas d'événement qui nous servit mieux
que celui-là, parce que la moindre résistance apparente de notre part aux detachenenshollandais
établiroit sur le champ la confiance des nègres.
Nous reprenons, M., la suite de notre plan
qui se termine, quant à présent, par un voyage
de M. Malouet à Surinam. Vous verrez que
nous l'annonçons au gouverneur et au conseil
comme un moyen de se concerter plus aisément
sur le parti à prendre à l'avenir.
L'incertitude avec laquelle nous nous explisur ce parti à prendre, nous laisse les
quons maîtres du choix. Après avoir dit que notre intérêt peut exiger une paix perpétuelle avec ces
nègres, à certaines conditions, parmi lesquelles
la sureté des Hollannous devons comprendre
dais, ils ne peuvent trouver ni étonnant ni
mauvais que nous nous refusions à la guerre ;
mais nous avons dit aussi qu'il pouvoit être
nécessaire de l'entreprendre, que des considérations éloignées pour nous et pressantes pour
S --- Page 247 ---
OF FI CI E L L E.
déterminer: : voilà
Surinam pourroient nous y
les
donc un motif suffisant pour en concerter instrucexiger d'eux des détails
moyens, pour forces actuelles, et sur celles qu'ils
tifs sur leurs
la
la
employer, sur l'état, qualité,
comptent y
et les différentes peuplades
force, les moeurs,
nos insinuations, s
de ces nègres. Voilà ce que
à même de
nos offres et nos refus, nous mettent M., sur tous
savoir ; et c'est en vous éclairant,
le
sur aucun
ces détails, en ne compromettant les ordres de sa
nom et la dignité du roi, que
majesté pourront être sûrement prononcés. lier
cependant de ne nous
Nous vous prions
les circonstances
par aucun ordre absolu que rendroient pent-être
et les événemens possibles à exécuter. Nous ne
difficile ou dangereux scrupnleux examen;
ferons rien qu'après le plus délicate, il suret si, dans une affaire aussi
essentielles
venoit entre nous des différences court ou si
d'avis, nous nous arrêterons tout
3 s'emla circonstance l'exigeoit, M. Malouet
iroit vous rendre compte, et prendre
barqueroit,
VOS ordres.
aucune
Maintenant, M., nous ne projetons
sur
démarche positive : attendre et nous régler
les événemens, 7 voilà nos dispositions. dont la
La mission des deux nègres libres,
, dans une affaire aussi
essentielles
venoit entre nous des différences court ou si
d'avis, nous nous arrêterons tout
3 s'emla circonstance l'exigeoit, M. Malouet
iroit vous rendre compte, et prendre
barqueroit,
VOS ordres.
aucune
Maintenant, M., nous ne projetons
sur
démarche positive : attendre et nous régler
les événemens, 7 voilà nos dispositions. dont la
La mission des deux nègres libres, --- Page 248 ---
236 CORRES S P O N D A N C E
déclaration est ci-jointe, n'a pas eu un succès
complet ; et nous ne pouvions guère l'espérer,
puisque les marrons avoient été
ment-ci aussi
jusqu'à ce moHollandais maltraités par nous que par les
: mais c'est
n'aient
été
beaucoup que nos gens
pas
tués. Vous verrez que ces fagitifs parlent de Dieu, de la crainte de Dieu,
qui les empêche de tuer Camoupi et Atis.
Ainsi, M., il faut leur envoyer des
nous n'en n'avons point ici
prêtres ;
propres à cette mission, et vous ne pourrez en trouver en France
que parmi ceux des missions étrangères qui ont
été envoyés en 1770 eti773,surla côte
dans les
d'Afrique,
royaumes de Congo et Loango. La
connoissance de l'une de ces langues est nécessaire aux envoyés. Il nous paroît très-intéressant, M., que vous vous en procuriez deux au
moins de cette espèce.
Ily auroit encore d'autres réflexions à vous
communiquer; mais M. Malouct se trouve dans
un état de mal-aise qui lui fait craindre
maladie : M. de Fiedmond continuera à une
faire part de ses observations
vous
particulières.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDNIOND et MALOUET.
&
- --- Page 249 ---
OFF I C I E L L E.
LET T R E
A M ESS I E UR S
ET CONSEILLERS
LES GOUVERNEUR
D E SURINAM.
A Cayenne, , le 26 mars 1777.
MESSIRVRS,
n'avons reçu qu'hier : tre lettre du7
Nous
desir
nous avons de
février dernier ; et le
que
donner des preuves d'une correspondance
vous
nous engage à nous expliquer
amicale et exacte,
délai sur les réflexions et les propositions
sans
que vous nous faites.
Nous avions jugé comme vous 9 Messieurs, s
l'affaire deanéres-marrons, et leur passage
que
étoit de la plus grande imporsur nos terres,
de cette
tance, L'existence et la multiplication
menace également les deux colonies;
nation
sa richesse et la réuet quoique la vôtre 2 par
à des
soit exposée
nion de ses établissemens,
dans l'adangers plus prochains, , nous voyons
venir des risques aussi certains pour nos possessions.
es.
Nous avions jugé comme vous 9 Messieurs, s
l'affaire deanéres-marrons, et leur passage
que
étoit de la plus grande imporsur nos terres,
de cette
tance, L'existence et la multiplication
menace également les deux colonies;
nation
sa richesse et la réuet quoique la vôtre 2 par
à des
soit exposée
nion de ses établissemens,
dans l'adangers plus prochains, , nous voyons
venir des risques aussi certains pour nos possessions. --- Page 250 ---
CORR E S P O N D A N C E
C'est par cette considération que nous avons
été alarmés de l'émigration, des marrons, et
qu'an premier bruit quis'en est répandu, nous
déterminé l'armement d'un détachement
avons des milices d'Indiens et de deux piquets de
: leur réunion étoit indiquée à
cette garnison
fait rassembler
Sinnamary, où nous avions déja
des pirognes, des vivres et des munitions de
de nos colons, et la
toute espèce. L'inquiétude
crainte d'un mouvement parmi nos esclaves, ont
de circonspection dans nos
mis d'abord plus
tout-à-fait
préparatifs ; mais ce qui les a rendus
inutiles est le rapport des découvertes envoyées
M. de Fiedmond surles deux rives et dans
par lintérieur des terres du Marroni. Nous avons
l'avis donné fort
appris par cette voie, qu'outre
à temps, d'abord par des Indiens, ensuite par
l'officier commandant sur notre rive, au commandant de votre poste, du passage des quinze
premiers canots de marrons 9 on leuravoit laissé
construire leurs canots à une très-I petite distance des sentiers pratiqués par vos détachesi bien que l'émigration de ces fugitifs
mens ;
notoirement avec la plus grande
s'est exécutée le bruit des haches et la chute
tranquillité, car dû être entendus. Les mêmes
des arbres ont
deux de leurs
patrouilles avoient reconnu
- --- Page 251 ---
OFFI I C I E L L E.
sur la rive droite, qui s'étoient successicamps
dans les montagnes, en s'enfonvement repliés
àl'est dans l'intérieur des terres.
çant
nous avons rendu à notre
Ce rapport, que
qu'il nous a été fait, et
cour aussi exactement
tel que nous vous le communiquons, 3 a exigé
de notre part une délibération aussi sérieuse
celle que peut avoir provoquée notre lettre
que
Nous vous avouerons frandans votre conseil.
sensée est
chement, car la politique la plus
toujours la plus vraie, qu'il nous a paru posfit expressément
sible que cette émigration
de
dirigée sur nos terres par les manceuvres
détachemens. La construction des canots
VOS
leurs
et la réponse du
faite presque sous
yeux, fortifioient cette
commandant de votre poste,
se détruisoit ensuite par le resconjecture, , qui
allié doit aux sentimens et
pect et la foi qu'un
de son allié ; mais vOS fugitifs
aux procédés
ils étoient en armes ;
étoient sur nos terres >
y
avions denous en ignorions le nombre ; nous
vant les yeux vOS traités , VOS guerres, 3 VOS de
malheurs. A côté de ce tableau étoit celui
de notre foiblesse, et de la disnotre position.,
leur
tribution de nos établissemens, qui, par
l'impossibilité des
éloignement du Marroni, par
communications, sont notre unique ressource.
fugitifs
aux procédés
ils étoient en armes ;
étoient sur nos terres >
y
avions denous en ignorions le nombre ; nous
vant les yeux vOS traités , VOS guerres, 3 VOS de
malheurs. A côté de ce tableau étoit celui
de notre foiblesse, et de la disnotre position.,
leur
tribution de nos établissemens, qui, par
l'impossibilité des
éloignement du Marroni, par
communications, sont notre unique ressource. --- Page 252 ---
CoR R E S P O N D A N C E
Nous avions à balancer tous les risques de l'attaque dans des lieux inaccessibles, et par les
plus foibles moyens, avec la probabilité d'inspirer à ces brigands confiance et respect pour
nous, en les laissant en paix. Nous avons pris,
mnessieurs, quant à présent, le parti le plus
sensé.
Nous n'avons cependant point entamé de
négociation, parce qu'elle est difficile et désagréable avec de tels hommes, parce qu'il est
dangereux de les prévenir, et que nous voulons plutôt leur faire desirer que leur offrir
la paix. Nous nous sommes contentés de défendre à nos détachemens de les poursuivre ,
ainsi qu'à nos Indiens qui avoient prévenu
cette défense par leur retraite. Mais pour ne
pas trop exposer nos dernières patronilles qui
sont encore en campagne, et que nous avons
envoyées avec des vivres, sans armes, nous leur
avons donné ordre, si elles sont aperçues et poursuivies, de ne point prendre la fuite ; et comme
ce sont des nègres libres que nous avons employés, ils ont ordre de se laisser accoster par
les marrons avec l'air de la confiance, et de
leur dire qu'ils voyagent avec streté au milieu
d'eux, parce que l'intention des Français est de
ne leur faire aucun mal. --- Page 253 ---
OFF I C I E L L E.
messieurs, et les nôtres
Toutes vOS réflexions,
rien changer pour le moment à ces
ne peuvent mais les détails dont vous nous
dispositions :
établie entre les
faites part, la correspondance
différentes bandes de marrons, leur distribution sur votre territoire et le nôtre, les communications qu'ils se sont ménagées, et ce qui
résulter de leur multiplication, tout cela
peut la
sérieuse attention de la part du
mérite plus
roi et des Etats - Généraux ; et nous sentons
fort bien la nécessité de concerter entre vous
un
de conduite qui puisse éclairer
et nous
plan
les ordres
respectifs, et motiver
nos gouvernans
que nous en recevrons.
La base de ce plan doit être l'intérêt commun
à l'une et à l'autre colonies. Cet
et particulier
les mêmes
intérêt pour l'avenir nous présente
résultats possibles ; mais les circonstances actuelles établissent des différences entre VOS vues
démarches, VOS dangers et les nôtres.
et vOS
l'idée fâcheuse d'un
Nous éloignons de nous
vous, de pousser sur nos terres
parti pris par
tourmentent sur
les nègres-marrons qui vous
intérêt mal
les vôtres. Des faits apparens et un
calculé pourroient la justifier ; mais, encore
la
de vos conseils, la droiture
une fois, sagesse
1.
issent des différences entre VOS vues
démarches, VOS dangers et les nôtres.
et vOS
l'idée fâcheuse d'un
Nous éloignons de nous
vous, de pousser sur nos terres
parti pris par
tourmentent sur
les nègres-marrons qui vous
intérêt mal
les vôtres. Des faits apparens et un
calculé pourroient la justifier ; mais, encore
la
de vos conseils, la droiture
une fois, sagesse
1. --- Page 254 ---
CoxI R E S P O N D A N C t
et le lien de paix, d'amitié,
de vOS sentinens,
qui nous unit, effacent toute impression.
Nous revenons donc, pour nous décider, à
la considération unique et légitime de notre
intérêt, en le préférant au vêtre, sans y nuire
toutefois. Cette mesure légale des droits et des
actions des hommes nous apprend qu'il seroit
fort important pour vous de détruire sur l'heure,
l'établissement formé par les
s'il étoit possible,
marrons sur notre territoire ; mais nous n'avons
des motifs aussi pressans que vous pour le
pas
la certitude du succès. La distance
tenter sans
de nos
assure
encore
impénétrable
plantations
long-temps notre repos, et nos inquiétudes
pour
ne peuvent se porter que sur Pavenir. Alors,
c'en est assez pour nous faire adhérer et condu
tribuer mêie à l'entreprise 3 avec l'agrément
roi, si vous nous presentez un plan dont le
succès soit probable, et si vous vous chargez,
comme de raison, de la majeure partie des frais.
Mais cette considération éloignée ne suffit pas
d'atta-.
pour nous exposer au danger présent
ces nèares avec des forces insuflisantes,
quer
les armes du roi et la sàet de compromettre
des
hasardées
reté dc sa colonie par
opérations
contre une troupe d'esclaves fugitifs.
Le même motif nous défend de vous laisser --- Page 255 ---
OFF I C I E L L E.
faire sur notre territoire ce que nous ne jugeons
à propos de faire nous-mêmes, parce qu'il
pas
ces brigands ne le soient pas
est possible que
nous tant que nous les laisserons en paix;
pour
contraire, il est probable que nous
et qu'au
nous-mêmes leur fureur et leurs
dirigerons sur
si, avant d'être en état de les conbrigandages, les détruire, nous leur montrons des
tenir ou de
dispositions hostiles.
Ainsi, messieurs , notre plan n'est autre que
celui conseillé par la prudence et la nécessité.
Nous réunir à vous dans ce moment-ci, ou
sur notre territoire s seroit une
vous appeler
démarche aussi infractueuse pour vous que
nous-nêmes: : nous ne la ferons
dangereuse pour
::
pas.
-
Une négociation directe avec ces esclaves (*)
seroit une autre inconséqnence non moins danvotre exemple, la dignité du souvegerense; 5
rain que nous servons, 2 et l'état de tranquillité
ou nous met notre position relative, nous préserveront d'un acte humiliant qui ne seroit bon
à rien.
(*) In'y a effectivement jamais eu de négociation de
notre parta avec ces nègres 5 nous avons envoyé des espions,
mais non des fondés de pouvoirs.
négociation directe avec ces esclaves (*)
seroit une autre inconséqnence non moins danvotre exemple, la dignité du souvegerense; 5
rain que nous servons, 2 et l'état de tranquillité
ou nous met notre position relative, nous préserveront d'un acte humiliant qui ne seroit bon
à rien.
(*) In'y a effectivement jamais eu de négociation de
notre parta avec ces nègres 5 nous avons envoyé des espions,
mais non des fondés de pouvoirs. --- Page 256 ---
CORRESP o N D A N C E
Mais il entre dans nos vues de laisser jusqu'à
nouvel ordre à cette peuplade émigrée tous les
signes de paix et d'asyle qui ne pourront point
Nous n'avons fait jusqu'à
nous compromettre.
présent que répandre ces dispositions parmi
les Indiens. Pour les manifester plus positiveznent, nous attendons quelque nouveau mouvementde leur part de Pune à l'autre rive; alors
mous enverrons chez eux, et nous leur ferons
dire : CC Les Français vous souffrent sur leurs
vous êtes: ils veulent bien
>> terres, puisque
y
mais si vous continuez
> vous laisser cet asyle;
> VOS brigandages sur le territoire hollandais,
S ou si vous attirez sur le nôtre un plus grand
>P nombre de fugitifs, alors nous permettrons
de venir vous chercher sur
>> aux Hollandais
>> cette rive, et nous nous réunirons à eux pour
> vous détruire. >>
Cet avertissement aura deux objets : Ou ces
nègres, qui nous auront vus jusqu'alors tolérans
et: pacifiques, prendront confiance en nous, et
déféreront à l'ordre de n'en plus recevoir de
nouveaux, et de ne plus faire d'invasion chez
vous 3 ou leur aversion pour tous les blancs les
éloignera de toute proposition, et- leur fera
continuer leursincursions. Dans le premier cas,
les
nous les laisserons
nous ne
tromperons pas ; --- Page 257 ---
OF F I C I E L L E.
tranqnilles tant qu'ils le seront, et vous n'aurez
Dans le second, nouspoint à vous plaindre.
eu le
irons au devant de vous; nous aurons
de concerter nos mesures, de recevoir
temps
et les nègres ei
les ordres de nos souverains;
des
fondre sur enx qu'avec
ne nous: voyant
les avoir avertis, ou
forces respectables et après
etdétruits, ou, s'ils nous échapseront dispersés
et
pent, nous craindront, nous respecteront, à
recevront les conditions que nous jugerons
de leurimposer : car nous ne les aurons.
propos
pas trompés.
d'examiner cet:
Nous vous prions, messieurs,
.
l'attention et le discernement quz
exposé avec
est.
: nous sommes persnadés que
vous
propre
vous serez de notre avis.
des
Il nous reste à vous tranquilliser sur
vous auriez pu vous épargner, er
craintes que
et
que nous sommes Français,
vous rappelant
que vous êtes nos alliés:
Comment pourrions- nous jamais nous perde
à des esclaves fugitifs dès
mettre
procurer
leurs maîtres ? NE
munitions et des armes contre
les Indiens, ni nos colons ne peuvent communiquer avec ces nègres, et leur fourniraucun
ustensile de guerre. Il n'y a que nous, admiles moyens doleur en:
nistrateurs, quiaurions
, er
craintes que
et
que nous sommes Français,
vous rappelant
que vous êtes nos alliés:
Comment pourrions- nous jamais nous perde
à des esclaves fugitifs dès
mettre
procurer
leurs maîtres ? NE
munitions et des armes contre
les Indiens, ni nos colons ne peuvent communiquer avec ces nègres, et leur fourniraucun
ustensile de guerre. Il n'y a que nous, admiles moyens doleur en:
nistrateurs, quiaurions --- Page 258 ---
Con R E S P U N D A N C E
faire un envoi direct, et nous nous flattons
qué vous n'avez pas eu cette idée sur laquelle
il ne nous convient pas d'insister.
Vous nous en présentéz une autre, messieurs,
qui ne nous a pas paru claire.
Si les fugitifs, dites-vous, qui ont passé sur
la rive droite du Marroni repassent sur la ganche, vous les poursuivrez jusques aux limites
connues de votre territoire : cela est juste ;
mais ces limites sont la rive gauche du Marroni. Vous ajoutez ensuite qu'il est du droit
des gens de poursuivre , après une invasion
faite, l'ennerni qui se retire sur un territoire
étranger. Cette maxime très-générale exige des
exceptions. Si l'étranger favorise l'invasion ou
donne secours à l'ennemi, il devient alors lui
même ennemi; et c'est ce qui ne nous arrivera
sûrement pas.
Dans toutes les occasions vous avez reçu de
les bons offices d'un Gouvernous, messieurs',
nement allié. Lorsque ces mêmes nègres ont
attaqué votre poste du Marroni, l'officier fran
çais qui commandoit sur la rive droite, s'est
trouvé autorisé par ses instructions à voler
votre secours avec une grande partie de son
détachement et les Indiens qu'il trouva sous
sa main. Vous y fites sensibles dans le temps --- Page 259 ---
OFFICI E L L E.
mais alors il n'étoit point question d'une émigration de marrons sur. nos terres. Nons aurions beaucoup plus fait pour Ja prévenir.
Aujourd'hui nous vous prions, 2 messieurs 3
d'adhérer, autant pour votre intérêt que pour
le nôtre 2 au dessein que nous avons de faire
parler impérativement à ces esclaves au premier mouvement dont nous aurons counoissance.
les
les difficultés de
Au surplus,
lenteurs,
notre correspondance, autant que l'importance
de la matière, déterminent celui de nous deux
qui peut le plus facilement se déplacer à se
rendre à Surinam pour s'expliquer, SC concerter
plus facilement avec vous. Ce sera M. Malonet
qui aura cet avantage. Il compte partir en mai
ou juin prochain ; et ce voyage qu'il projetoit
pourd d'autres raisons avant sondépartdel France,
a dû être annoncé à M. Neveu, par M. Rendrop, lun des directeurs de votre compagnie,
d'après la lettre que M. le greflier des BtatsGénéraux a écrite au ministre du roi.
Nous avons Phonneur d'être avec considération et respect, etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
. Malonet
qui aura cet avantage. Il compte partir en mai
ou juin prochain ; et ce voyage qu'il projetoit
pourd d'autres raisons avant sondépartdel France,
a dû être annoncé à M. Neveu, par M. Rendrop, lun des directeurs de votre compagnie,
d'après la lettre que M. le greflier des BtatsGénéraux a écrite au ministre du roi.
Nous avons Phonneur d'être avec considération et respect, etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET. --- Page 260 ---
Con R E S P O N D A N A
LETTRE COMMUNE (N.9.)
A M. D E SA R TI N E S.
Péches. Bois. Vivres.
Cayenne, le 6 décembre 1776.
M.
Nous avons l'honneur de vous envoyer copie
de la publication que nous faisons faire des
encouragemens énoncés dans votre dépèche du
21 août.
L'addition des deux derhiers articles nous a
parn nécessaire. La pêche du lamentin, de la
tortue et du poisson sec, aura sur les côtes de
la Guiane le plus grand succès quand on voudra s'en occuper eflicacement; nous n'avons
dans ce mnoment-ci qu'un seul maitre de bateau
qui s'y livre et qui vient de nous porter dix
milliers de lamentin salé dont il ne peut trouver
ici le débit que difficilement. M. Malouet a
acheté la moitié de sa cargaison. Si cet homme
avoit Tl plus fort bateau, il porteroit son poisson à la Martinique; et si, au lieu d'un, cent
bateaux étoient employés à cette pêche, les
Antilles ne scroient plus approvicionnées en
poissons secs que par nous : c'est-là, M., 9 vous --- Page 261 ---
OF F I C I E L L E.
osons vous l'assurer, le premier et le plus puissant moyen de richesse et de cabotage pour ce
pays-ci.
Comment espérer cependant de multiplier les
bateaux de pêche, si le roi ne commence par
en établir quelques-uns?
Nous n'avons dans ce pays-ci ni hommes, ni
bâtiment; toute la colonie vit de poissons frais
pris au'tramail dans des pirogues. Le seul marinier saleur, est celui dont nous venons de
vous parler. 11 nous a donc paru indispensable
de Jui assurer un petit bénéfice ct ensuite le
débit de ses cargaisons, qui seront employécs
Ala nourriture des nègres du roi, et le surplus
être vendu à
envoyé à la Martinique, 2 pour y
perte ou profit, ce qui doit être égal lorsqu'ii
s'ngit d'accréditer un établissement aussi important.
Mais, ce n'est pas, M., le seul secours que
nous vous demandons sur cet ohjet. Nous vous
supplions de nous enyoyer huit pècheurs et
saleurs de Grandville, et quatre barques ou
bateaux pontés de vingt à trente tonneaux >
avec tous les agrès et ustensiles de pêche. Six
mois après que vous nous anrez fait cet envoi,
yous pouyez retrancher dans les approvision1
'ngit d'accréditer un établissement aussi important.
Mais, ce n'est pas, M., le seul secours que
nous vous demandons sur cet ohjet. Nous vous
supplions de nous enyoyer huit pècheurs et
saleurs de Grandville, et quatre barques ou
bateaux pontés de vingt à trente tonneaux >
avec tous les agrès et ustensiles de pêche. Six
mois après que vous nous anrez fait cet envoi,
yous pouyez retrancher dans les approvision1 --- Page 262 ---
Conn ESP 0 N D A N
nemens de la colonie le tiers des
boeufs
sulajsons de
qui y sont envoyées ansuellement.
En attendant que les premières avances aient
produit aux entrepreneurs des bénéfices et les
moyens d'établir un cabotage direct avec
iles du Vent, vous sentez, M.,
les
dispensable
qr'il est inque le magasin se
de
ce qui ne pourra pas être vendu charge
tout
liers; autrement,
aux particules
point d'entrepriscs, et tous
engagemens en paroles resteront sans effet.
Il en est de même des bois et des
les habitans
vivres : tous
se livreront volontiers à cette exploitation ; mais ils demandent la certitude d'un
débouché qui ne peut avoir lieu jusqu'à présent 3 ni dans la colonie oùt il
n'y a point
d'acheteurs, ni par une exportation dans les
Antilles, parce qu'iln'y a ni
ni
cun autre moyen de
cabotenrs, 3 audu roi. Il faut donc transport que les bateaux
que dans les
le Gouvernement fasse
coinmencemens
ne sera
quelgue sacrifice, ct cela
pas long; car, lorsqu'on pourra
ter sut une exportation assurée de
compvivres, de poissons secs, les caboteurs bois, de
ront du debors,
arriveles premiers bénéfices indépendaunment de ceux que
lonie.
feront naître dans la COAinsi, M., c'est pour entrer dans vOs vues
-
P --- Page 263 ---
0 F F I C I E L L E.
et par la certitude de ne point induire le roi à
une grande dépense > que nous nous engageons
à acheter tout ce qui seroit invendu, et que
nous assurons aux saleurs de poisson une petite
gratification de huit pour cent sur le produit de
leur pêche. M. Malouet ne compte pas que ces
deux objets rénnis coûtent au roi huit ou dix
mille francs par an ; ce qui ne peut pas être
mis en parité avec les avantages qui doivent en
résulter. Nous vous prions donc d'approuver
cette disposition.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDMOND ct MALOUET.
NOTIFICATION
Des ordres du Roi pour l'encouragement de
la culture et de P'exportation des bois de la
Guiane.
Louis-Thomas JAGAN DE FIEDMOND, EtC.,
et Victor-Pierre MALOUET, etc.
Nous ne pouvons trop nous hâter de répandre
dans tous lès quartiers de la colonie, les vues
bienfaisantes de sa majesté, les encouragemens
qu'elle accorde au travail, et les récompenses
é, FIEDMOND ct MALOUET.
NOTIFICATION
Des ordres du Roi pour l'encouragement de
la culture et de P'exportation des bois de la
Guiane.
Louis-Thomas JAGAN DE FIEDMOND, EtC.,
et Victor-Pierre MALOUET, etc.
Nous ne pouvons trop nous hâter de répandre
dans tous lès quartiers de la colonie, les vues
bienfaisantes de sa majesté, les encouragemens
qu'elle accorde au travail, et les récompenses --- Page 264 ---
CORRESP O N D A N C E
qu'elle assure aux succès dans toutes les entreprises qui tendront à l'accroissement de la
ture et du commerce : c'est donc
culexprès de sa majesté,
par ordres
notifions
que nous déclarons et
ce qui suit :
1°. A compter du 1er, janyier
cultivateurs des terres
1777, tous les
basses, dites
et paletuviers, seront
pinotières
ans, de toute
exempts 2 pendant quinze
espèce d'impôts.
20, Tous les habitans qui se livreront à l'exploitation des bois de constrnction, à la culture
des vivres, de manière à fournir annuellement
la valeur de cinq tonneaux en bois ou en
à l'exportation de la
vivres.
de toute espèce
colonie, seront exempts.
d'impôts, aussi long-temps qu'ils
pourront justifier de ladite exploitation.
'3°, Tous ceux qui obtiendront des succès
constatés dans quelque genre de culture
soit, dans l'exploitation la plus
que ce
bois et dans la
économique des
préparation du tabac du
seront admis à solliciter des lettres de noblesse Brésil,
et autres grâces d'honneur.
4°. Tout propriétaire d'un bateau
faisant les grandes pêches du
pêchear,
lamentin, de la
tortne, et tout autre poisson
sec, recevra en
gratification huit pour cent du produit de SiL
-
- --- Page 265 ---
0 FF I C I E L L E.
cargaison, vérifié sur facture, ou estimé à dire
d'arbitres.
50. Tout propriétaire de bois débités, 2 de
*
vivres ou de poisson sec, qui ne pourroit s'en
procurer la vente, aura la liberté de déposer
ses marchandises au magasin du roi, où elles
seront vérifiées et reçues aux prix courans 7
payables en billets de caisse à huit mois de
vue.
Sera la présente notification adressée à messieurs les commandans de quartier et aux curés
des paroisses, pour être publiée et affichée dans
tous les quartiers de la colonie.
Donné en nos hôtels, sous le sceau, etc. A
Cayenne, le
décembre 1776.
LETTRE COMMU NE. (No. Io.)
Géographie de la Guiane.
Cayenne, le 12 décembre 1776.
M.
Nous avons examiné, depuis l'arrivée de
M. Malouet, toutes les cartes et plans de la
Guiane , exécutés à différentes époques, 3 et
ée et affichée dans
tous les quartiers de la colonie.
Donné en nos hôtels, sous le sceau, etc. A
Cayenne, le
décembre 1776.
LETTRE COMMU NE. (No. Io.)
Géographie de la Guiane.
Cayenne, le 12 décembre 1776.
M.
Nous avons examiné, depuis l'arrivée de
M. Malouet, toutes les cartes et plans de la
Guiane , exécutés à différentes époques, 3 et --- Page 266 ---
254. CORRES 8 P N D A N C E
déposés dans les archives du
M. de Fiedmond,
Gouvernement.
qui en a
des
aux Ministres VOS
envoyé
copies
d'apprendre
prédécesseurs, a été étonné
qu'il n'en existoit
bureau des
plus aucune au
moins
colonics, 2 et M. Malouet n'a pas été
surpris qu'un travail aussi
aussi immense, soit
important,
dans le
aujourd'hui ignoré. C'est
développement de tous les
l'intérieur de la
plans de
distribution de Guiane, dans le cours et la
tions faites
ses rivières, dans les observasur les terres qu'elles
l'on ne peut s'empêcher de
arrosent, , que
pays-ci est destiné à devenir reconnoître que ce
travail, l'industrie
ilorissant, si le
et les secours du
inent y sont distribués
Gouverneavec
nous n'avons pu, M.,
intelligence ; mais
surles sort des hommes nons empêcher de gémir
laborieux, et aujourd'hui
découragés, qui se sont livrés à un travail
pénible. Les sieurs
aussi
sont restés
Dossingy, Meutel et Brodel,
d'autres sans récompense ; il ne reste
monimens de leurs
plus
minutes deleurs
voyages que les
cartes, bientôt dévorées
insectes. Nous avons cru
par] les
VOS ordres,
devoir, en attendant
empêcher ce
fait espérer aux sieurs malhenr; nous a vons
Meritel et Brodel la récompense tardive de leur zèle ct de leurs
Quant au siéur Dessingy, il a dû avoir peines.
Phona
- --- Page 267 ---
OFFI ct E L L. E.
de vous voir, M., et vous l'aurez trouvé
neur
Nous allons donc faire travaillerles
intéressant.
à dresser une carte gée
deux qui TUCA us restent,
de
nérale de 1 Guiane, et da cours particulier
nous leur joindrons le chevalier
chaquerivière; fort propre à Ce travail; ; et quand
de Besner, réduit ces différentes ccuvres en
nous aurons atlas de la Guiane, nous aurons Thonun petit
M.,
neur de vous T'adresser, en vous priant,
de le faire graver, rien n'étant plus capable dé-.
d'accréditer la Guiane que la connoiosance de
et de la distribution
taillée de sa position
ses eaux.
seroit celui oû
En général, M., ce pays-ci
et des botanistes sedes inginieurs-gfogaphes
roient le mieux employés. Le sieur Aublet, qui
donné l'histoire naturelle,n'a point voyagé
en a Pintérieur, et toutes ses descriptions sont
dans ici arguées de faux : nous ne connoissons encora
ni les plantes, ni les arbres, niles minéraux de
des observations
la Guiane, et ce n'est que par
répétées que l'on peut Y parvenir. adresser un
Nous avons T'honneur de vous
sieur.
petit mémoire qui nous a été remis parle lui
Meutel, relativement au travail que nous
soit réformé, et son cademandons. Quoiqn'il
établir
marade entretenu, nous ne pouvons pas
faux : nous ne connoissons encora
ni les plantes, ni les arbres, niles minéraux de
des observations
la Guiane, et ce n'est que par
répétées que l'on peut Y parvenir. adresser un
Nous avons T'honneur de vous
sieur.
petit mémoire qui nous a été remis parle lui
Meutel, relativement au travail que nous
soit réformé, et son cademandons. Quoiqn'il
établir
marade entretenu, nous ne pouvons pas --- Page 268 ---
256 5 COxRISP N,D A N C E
de parité entre ces deux hommes : le
est tres-instrnit, ses
premier
opérations sont rectifiées
par des connoissances étenducs en
et astronomie ; le second n'est.
géométrie
qu'un homme
laborieux et exact, propre à son état, mais
au-dessous de la première classe : ainsi,
vous demandons, M., pour le sieur Meutel, nous
la place d'ingénieur- garde des
>
de la
plans et cartes
Guiane, et mémoires géographiques, avec
un traitement de 2000 liv,; et pour le sieur
Brodel un supplément de 500
toles
livres, cent pisne pouvant suffire ici à la subsistance et
entretien d'un ingénieur quelconque.
Nous vous observons, M., que pour les réunions et vérifications de terrain
ordonnées,
qui nous sont
nous serons obligés d'employer souvent Ces deux
ingéuieure-géographes à la
et même le sieur Tangni,
fois,
arpenteur, et
ne nous restera plus que le chevalicr de Besner qu'il
pour la rédaction des cartes.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDAOND et MALOUET.
- -
istance et
entretien d'un ingénieur quelconque.
Nous vous observons, M., que pour les réunions et vérifications de terrain
ordonnées,
qui nous sont
nous serons obligés d'employer souvent Ces deux
ingéuieure-géographes à la
et même le sieur Tangni,
fois,
arpenteur, et
ne nous restera plus que le chevalicr de Besner qu'il
pour la rédaction des cartes.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDAOND et MALOUET.
- - --- Page 269 ---
OFFI C 2 I E L L E.
LETTRE COMMUNE. (No. 11.)
Compagnie de la Guiane.
Cayenne, 17 décembre 1776.
M.,
Nous avons l'honneur de répondre à la décommune que vous avez écrite à MM. de
pêche
de
Fiedmond et de Lacroix, sur la compagnie
la Guiane.
Nous avons fait enregistrer son octroi, et
nous lui donnerons s lorsque ses préposés se
présenteront, tous les secours qui dépendront
de nous. Nous vous supplions de ne point faire
dépendre le sort de la colonie des bons ou mauvais succès de cette compagnie.
La première observation que M. Malouet
Phonneur de vous faire à Paris, lorsa eu
a été
qu'il a été instruit de cette entreprise ,
d'engager les intéressés à y renoncer; il vous
en a exposé les raisons, sensibles pour tout
homme instruit des chances du commerce et
de la culture des colonies.
Ces raisons sont, que le commerce de PAmérique ayant aujourd'hui toute l'extension et
la concurrence dont il est susceptible, ne peut
1.
--- Page 270 ---
CorR: E S PO N D A N C E
difficilement supporter les frais de
plus que
d'assurance et
première et seconde commission
d'agence dans les ports et dans les colonies.
Ce commerce, dont les bénéfices sont aujourd'hui calculés sur l'industrie et l'économie personnelles de celui qui s'y livre, ne peut donc
être fructueux à une compagnie de capitalistes
de Paris, qui se trouve par ses agens en concurrence de vente avec des armateurs qui ne
paient point le même nombre d'agens et de
frais de manutention : iln'y auroit qu'un privilége exclusif qui pût lui convenir, et nous
n'avons garde de le solliciter.
Quant à la culture et aux avantages que la
compagnie en peut attendre, ils dépendent absolument de ses procédés. Nous ne doutons pas
homme intelligent qui arriveroit ici avec
centnègres qu'un
faits au travail, et l'argent nécessaire
les faire subsister pendant un an, pour
pour
les premiers bâtimnens. , qui choisicommencer roit dans les terres basses une des meilleures à
dessécher, qui, en veillant lui-même à ses traencore un ou deux hommes
vaux, y emploieroit
M.,
hacapables; nous ne doutons pas,
qu'un
bitant de cet ordrene parvint à quadrupler ses
capitaux en cing ou six ans. Mais, quels hommnes
la compagnie? D'après quelles insya employer
an, pour
pour
les premiers bâtimnens. , qui choisicommencer roit dans les terres basses une des meilleures à
dessécher, qui, en veillant lui-même à ses traencore un ou deux hommes
vaux, y emploieroit
M.,
hacapables; nous ne doutons pas,
qu'un
bitant de cet ordrene parvint à quadrupler ses
capitaux en cing ou six ans. Mais, quels hommnes
la compagnie? D'après quelles insya employer --- Page 271 ---
OF F I C I E L L B.
tructions opéreront-ils ? Quel est le choix des
terres et des cultures auxquelles ils se décideront? Qui répondra deleur intelligence, de leur
fidélité, de leur application à un travail fatigant ? Voilà, M., les questions à résoudré
avant de répondre de l'événement.
Maintenant, nous avons à examiner le rappeut avoir l'établissement de cette
port que à l'accroissement de la Guiane.
compagnie
Deux choses seulement peuyent l'opérer 2 une
bonne administration, et une augmentation de
forces procurée aux habitans industrieux.
La fermeté des chefs, leur impartialité, leurs
lumières, voilà le premier mobile d'un bon
régime : des avances en mnègres aux habitans
qui ne peuvent les payer qu'à longs termes et
à des prix modérés, voilà le premier véhicule
Nous
des cultures languissantes aujourd'hui.
n'apercevons point encore, M., aucun de ces
deux avantages directs ou indirects. Dans l'établissement projeté en commerce 2 le succès est
improbable; en culture il est possible, aux conditions que nous avons exposées; mais alors c'est
un avantage personnel à l'entrepreneur, qui ne
rejaillit sur aucun autre habitant; et si la compagnie se ruine, la colonie partagera, quoique
injustement 3 son malheur , par le discrédit qui
en résultera pour son sol, --- Page 272 ---
CORRES S r O N D A N C E.
Ce que nous vous mandons, M., n'est pas, à
beaucoup près, ce que nous disons au public en
parlant de cette compagnie. Nous vous devons
la vérité; mnais nous savons que notre charge
est de faire respecter et de justifier même les
opérations arrêtées par le Gouvernement; aussi
faisons-nous espérer aux colons des avantages
auxquels nous ne croyons pas 2 tels que les
avances de nègres annoncées par la compagnie.
Si elle pouvoit en fournir à 1200 francs sans
interêt, pendant deux ans, et après cette époque, à huit pour cent d'intérêt jusqu'au parfait paiement à effectuer en trois autres anseroit vraiment utile et
nées, cet arrangement
soutenable par P'habitant; mais un crédit plus
cherle ruineroit : il n'y a donc que le roi, M.,
puisse faire des avances à des conditions
qui
tout autre prêteur d'ardouces pourl Phabitant;
la
ou moins value
gent ne considère que
plus
et s'embarrasse fort peu du bien
de ses fonds,
général.
Les arrangemens particuliers que vous nous
prescrivez pour aider cette compagnie > ont
aussi leurs inconvéniens ; et comme vous voulez
bien, M., nous laisser régler ce qui nous paroit
sur les lieux praticable ou non, utile ou nuisible
service du
voici nos raisons pour ne
au
roi,
point déférer à YOS ordres conditionnels.
P
la
ou moins value
gent ne considère que
plus
et s'embarrasse fort peu du bien
de ses fonds,
général.
Les arrangemens particuliers que vous nous
prescrivez pour aider cette compagnie > ont
aussi leurs inconvéniens ; et comme vous voulez
bien, M., nous laisser régler ce qui nous paroit
sur les lieux praticable ou non, utile ou nuisible
service du
voici nos raisons pour ne
au
roi,
point déférer à YOS ordres conditionnels.
P --- Page 273 ---
D F F I C I E L L E.
Nous n'empêchons pas qne la compagnie
10,
et dépense du
se charge de Papprovisionnemente n'a pas' py
d'Oyapock. M. Malouet, qui
poste
ignore s'il y a des rétout éxaminer encore, cet article ; mais en deductions possibles sur
commandée
mandant la disposition de la garde
nous avons lieu de craindre que
par un sergent,
de
les anciens habitans, non concessionnaires
ne soient vexés par ses agens;
la compagnie,
autant qu'il sera en nous,
et pour l'empêcher
jusqu'à
nous laisserons au fort un oflicier,
nouvel ordre, de votre part..
reiis
20, Les bâtimens et effets dui roi seront
les bateaux pontés destinés
au préposé , excepté
en a
à la navigation des postes, 3 parce quiln'y et
à Oyapock,
point d'affecté particnlièrement réduits au
qu'en cette partie nous sommés
strict nécessaire.
de cinquante
30. Si nous pouvions nous passer
de l'atelier du roi, nous ne ferions point
nègres
mauvais présent à la compaencore un aussi
laisseroient à
gnie, parce que des esclaves qui
être
Cayenne leurs parens et leurs amis pour
mneurent de chagrin
transplantés à Oyapock, y
ces émiou désertent. Il est de notoriété que
de nègres d'un quartier dans un autre
grations
dans aucune cofort éloigné, ne réussissent
lonie. --- Page 274 ---
Con R E d S P O N D A N C E
Mais, abstraction faite de ces raisons, nous
ne sommes point en état de nous dessaisir de
cinquante esclaves. M. Malonet travaille à un
état de comparaison de la dépense occasionnée
la subsistance et entretien de nègres du
pour
roi, et de leur produit en journées d'ouvriers ;
il aura l'honneur de vous l'adresser , et vous
verrez, M., qu'un atelier du roi est indispensable à Cayenne, et que les travaux que nous
projetons 2 d'après vOs ordres, ne pourront
même s'effectuer sans une augmentation de
forces.
Telles sont, M., nos observations sur l'établissement de la compagnie de la Guiane, ses
demandes et ses projets.
Nous sommes s etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
LETTRE COMMUNE. (No,,12.)
Divers réglemens. 1 Culture.
Cayenne, le 18 décembre 1776.
M.
Nous avons T'honneur de vous envoyer copie
des réglemens que nous avons rédigés d'après
ne pourront
même s'effectuer sans une augmentation de
forces.
Telles sont, M., nos observations sur l'établissement de la compagnie de la Guiane, ses
demandes et ses projets.
Nous sommes s etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
LETTRE COMMUNE. (No,,12.)
Divers réglemens. 1 Culture.
Cayenne, le 18 décembre 1776.
M.
Nous avons T'honneur de vous envoyer copie
des réglemens que nous avons rédigés d'après --- Page 275 ---
OFFICI E L L E.
que vous nous avez 1
les ordres et instructions
donnés.
sont réduites
Celui par lequel les concessions forces des
à une étendue proportionnée aux habitans,
cultivateurs sera très-désagréable aux
moins nécessaire;
mais nous ne le croyons pas
réclamations
et malgré toutes les plaintes et
tiendrons
M., nous
qui vous parviendront,
exécution. Les
rigoureusement la main à son
de bien
lois les plus sages font plus de mal que Callequand on peut les braver impunément. elle opère le
ci ne permet ancune exception ;
la conservation et la reproducbien général,
même qu'en
tion des bois; elle ne contrarie
car un
les intérêts particuliers 5
apparence de terre sans moyens pour y tragrand espace
nulle entre les mains
vailler, est une propriété enfin n'auroit d'indu détenteur. Cette loi
inexécution, si
convéniens que celui de son
en dispensoit quella faveur ou la partialité
qu'un. Fiedmond est le premier à donner
M. de
il
de l'obéissance; 5 il a acheté, ya
l'exemple années, 1500 fr. çomptant un terrain
plusieurs
établi et qu'on n'avoit point
qui n'étoit point
raison. Beaucoup
droit de vendre par cette dans le même cas *
d'autres particuliers sont --- Page 276 ---
CORRE É S P O N D A N C E
on a vendu et acheté une multitude de concessions, qui ont passé successivement en plusieurs mains sans avoir été exploitées par personne.
Un contrat de vente est un titre respectable
de propriété dans tout autre cas que celui d'une
concession gratuite, que le concessionnaire ne
peut vendre et transporter quand il n'en a pas
rempli les conditions ; ainsi il n'y a point ici
d'équivoque ni de difficulté pour l'application
de la loi. Mais lorsque la terre concédée a été
une fois établie et redevient en friche entre
les mains du premier titulaire ou de ses ayans
cause, est- elle alors sujette à une réunion, ou
chaque propriétaire a-t-ille droit de conserver
en friche, si bon lui semble, la terre qu'il a
une fois achetée avec un commencement d'établissement ?
Voilà ce que nous pensons ne devoir prononcer qu'après les ordres du roi.
Une autre difficulté se trouve décidée par
votre dépêche. Les habitans prétendent ici
qu'un commencement d'établissement sur un
espace quelconque, suffit pour en empêcher
Ja réunion. Mais voilà précisément l'abus auquel il nous est ordonné de pourvoir en mesurant aux forces la culture possible, sauf à
E
C
une fois achetée avec un commencement d'établissement ?
Voilà ce que nous pensons ne devoir prononcer qu'après les ordres du roi.
Une autre difficulté se trouve décidée par
votre dépêche. Les habitans prétendent ici
qu'un commencement d'établissement sur un
espace quelconque, suffit pour en empêcher
Ja réunion. Mais voilà précisément l'abus auquel il nous est ordonné de pourvoir en mesurant aux forces la culture possible, sauf à
E
C --- Page 277 ---
O FF I C I E L L E.
établir cette proportion toute à
propriétaire. C'est ce
l'avantage du
notre réglement.
que nous avons fait par
Nous conservons à
habitant, 1o, quatre carrés de terre chaque
que tête de
20.
pour chabétail;
toute la
terre qu'il aura, lors de la
quantité de
tée en vivres ; 30, cinq carrés vérification, planque tête de
en sus par chade
nègre, en sorte que le
vingt esclaves et de
propriétaire
tail, aura trois cents cinquante têtes de bécarrés de terre, sans
comprendre ses plantations effectives
y
Nous sommes fort
en vivres.
cette, proportion
persuadés qu'au - delà de
dispensable de commience l'abus qu'il est inréprimer.
Nous avons joint à ce
a de plus esssentiel à
réglement ce qu'il y
servation,
ordonner pour la conl'exploitation et la
bois. La gratification de reproduction des
carré semé ou
24 fr. par chaque
la
planté en bois, se
capitation, qui est si mal
prendra sur
ne peut pas la regarder
payée ici qu'on
cette : d'ailleurs, M.,
comme objet dè reviennent
ces petits sacrifices dehenreux néoesmires; et si nous sommes assez
pour voir
vous demanderons prospérer nos soins, nous
Nous
des secours plus effectifs.
travaillons avec autant de zèle
d'application à examiner et à tenter
que
tout ce --- Page 278 ---
CORRI E S P O N D A N C E
qui peut être utile. Si nous pouvons suffire à
un travail aussi multiplié que fatigant, nous
vous répondons, M., de vous rendre dans six
mois un compte exact et définitif de la situation, des besoins, des ressources et des espérances à concevoir ou à abandonner sur ce
pays-ci.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
RÉGLEMI ENT
Sur les concessions et les bois 9
RENDU PAR ORDRE EXPRÈS DU ROI.
Louis-Thomas JAGAN DE FIEDMOND, etc.
Victor-. Pierre MALOUET, etc.
SA majesté ayant reconnu que rien n'est plus
préjudiciable à l'établissement de la Guiane,
que l'inconsidération avec laquelle on a dis-.
tribué jusqu'à présent des concessions ; que
chaque colon s'est établi où bon lui a semblé,
souvent à de grandes distances des lieux habités et anciennemnent cultivés; que, isolés les
a
PRÈS DU ROI.
Louis-Thomas JAGAN DE FIEDMOND, etc.
Victor-. Pierre MALOUET, etc.
SA majesté ayant reconnu que rien n'est plus
préjudiciable à l'établissement de la Guiane,
que l'inconsidération avec laquelle on a dis-.
tribué jusqu'à présent des concessions ; que
chaque colon s'est établi où bon lui a semblé,
souvent à de grandes distances des lieux habités et anciennemnent cultivés; que, isolés les
a --- Page 279 ---
OFTICI E L L E.
des autres, ils n'ont pu se procurer muuns
de l'expérience et de la
tuellement les secours
indéfinies, légèsociabilité; que les propriétés
recherchées, facilement abandonnées,
rement
la stabilité et l'importance
n'ont pu acquérir
les terres
attachent le propriétaire 3 que
qui
distribuées sans examen
bonnes ou médiocres,
livrées à
ont été souvent
et avec profusion, inhabiles à leur exploitation par
des hommes
et de moyens ;
le défaut de connoissances
n'a servi
la facilité du Gouvernement
qu'ainsi
en a été de même
jusqu'ici qu'à les avilir; qu'il
fait des difféde l'usage et de labus qui a été
concédées
de bois dont les terres
rentes espèces
voulant
étoient couvertes : à quoi
pourvoir, faire
nous a ordonné de publier et
sa majesté
exécuter les dispositions suivantes :
A R T' I C L E P R B M I E R.
Tous les habitans seront tenus, dans le cours
année, de nous adresser un noude la présente
contenant le nom et l'âge
veau recensement,
l'état
de leur culture,
de leurs nègres, l'espèce
de terres qu'ils
de leurs troupeaux, la quantité
et ce,
ont défrichée, celle qui est en savanne,
qui reste en bois debont, en spécifiantla air qua- de
lité des bois; enfin leur abornement par --- Page 280 ---
CORR E S P O ND A N C E
vent, et la distance où ils sont de la
chaine
plus prohabitation; ; et pour éviter à frais de la
part des habitans dont les
arpentées ni bornées,
possessions ne sont
abornemens
, nous recevrons pour
trois
constatés, ceux convenus entre les
plus proches voisins, lesquels nous en
adresseront le procès-verbal.
II
Toutes les habitations de chaque
seront numérotées dans les
quartier
vant les numéros
recensemens, 9 suique nous désignerons par
paroisse sur le plan général de la colonie.
III
Il ne sera à l'avenir
siou
expédié aucune concesqui n'avoisine lun des numéros établis,
à moins qu'il ne soit reconnu que la terre ést 5
inpropre à la culture; et il ne pourra être
établi de nouveaux quartiers dans la Guiane
que sur la demande de trois habitans
taires au moins chacun de vingt nègres. propriéI V.
Les terres abandonnées comme
à
la culture , seront converties impropres
en sàvannes
communes. , si le propriétaire ne fait sa soumnission dans l'année, au greffe de l'intendance,
-
tablis,
à moins qu'il ne soit reconnu que la terre ést 5
inpropre à la culture; et il ne pourra être
établi de nouveaux quartiers dans la Guiane
que sur la demande de trois habitans
taires au moins chacun de vingt nègres. propriéI V.
Les terres abandonnées comme
à
la culture , seront converties impropres
en sàvannes
communes. , si le propriétaire ne fait sa soumnission dans l'année, au greffe de l'intendance,
- --- Page 281 ---
L E.
OF FICIRL
savannes entourées, à raide les employer en de bétail dont il sera posson de la quantité
la réunion au dosesseur ; et ce délai expiré,
conformémaine sera encourue et prononcée
ment aux ordonnances.
V.
à la réunion au domaine - >
Il sera procédé
concédées et actuelledes terres anciennement sont mises en valeur
ment incultes, si elles ne
la
du présent régledeux ans après publication
les biens des
ment, exceptant 9 néanmoins,
de 1717,
mineurs, aux termes de l'ordonnance
des
celles constituées en dot, et celles provenant
successions.
V I.
qui n'auront point été exLes concessions
d'un contrat de' vente,
ploitées, qui, en vertu
du premier concesauront abusivement passé acheteurs, seront
sionnaire à un ou plusieurs sauf le recours
également soumises à réunion,
le vendeur, à moins que le propriétaire
contre
d'en commencer
actuel ne fasse sa soumission de deux années 2
l'établissement dans l'espace
carrés
à raison de quatre
soit en ménageries, bétail, ou en vivres, à la
pour chaque tête de
un dixième
charge de planter dans ledit espace --- Page 282 ---
Conn E S P O N D A N C E
de la terre non défrichée, ou en exploitation
de bois, à la charge d'établir dans le même
terme un atelier au moins de quatre équarrisseurs ou scieurs de long.
VII
I 1 Il ne pourra > dans aucun cas et sous quelque prétexte, être expédié aucune concession
de terres qui excède la quantité de cing carrés
pour chaque tête de nègre dont le concessionnaire sera effectivement propriétaire; tout ce
qui a été accordé ou pourroit l'être au-delà de
cette proportion, étant déclaré par sa majesté,
nul et abusif, à moins que le propriétaire dont
la concession seroit actuellement sujette à réduction; ne justifie par d'anciens recensemens,
actes de notoriété ou actes valables, qu'il a cidevant possédé, lui ou ses anteurs, une plus
grande quantité de nègres qu'il n'en a aujourd'hui.
VIII
Les sayannes destinées à la nourriture du
bétail et à la culture des vivres 9 ne seront
point comprises dans la fixation des cinq carrés
pour chaque tête de nègre ; en sorte que tous
les propriétaires actuels, dont les concessions
sont immodérées et sujettes à réunion, seront
D P
es de notoriété ou actes valables, qu'il a cidevant possédé, lui ou ses anteurs, une plus
grande quantité de nègres qu'il n'en a aujourd'hui.
VIII
Les sayannes destinées à la nourriture du
bétail et à la culture des vivres 9 ne seront
point comprises dans la fixation des cinq carrés
pour chaque tête de nègre ; en sorte que tous
les propriétaires actuels, dont les concessions
sont immodérées et sujettes à réunion, seront
D P --- Page 283 ---
0 F FIC I E L L E.
réduitsdansla proportion suivante: pourchaque
tête de bétail quatre carrés, pour chaque tête
carrés; et on leur laissera en
de nègre cinq
trouvée plantée
outre toute la terre qui sera
vivres lors de la vérification : tout ce qui
en
différentes destinations sans être
excédera ces
cultivé , sera réuni au domaine.
I IX.
L'intention de sa majesté, en nous ordonces disnant de faire exécuter rigoureusement été celles de ses
positions, qui ont toujours
étant d'enordonnances sur les concessions, culture des
les habitans à se livrer à la
gager
à la méthode citerres basses, par préférence annuellement et de
devant établie, d'abattre
défendons
planter de nouveaux abattis; nous
les désous pcine de 100 liv. d'amende pour
bois
de brûler aucune espèce de
linquans 2 constructions civiles ou maritimes,
propre aux
racines et chapusage des
excepté les branches,
avoira avertis qu'ils
bois abattus, avant de nous
de
d'arbres propres à être déont tant
pieds veulent ou ne peuvent se
bités, ce dont ils ne
déclaration
charger, nous réservant sur ladite
et débit dudit bois,
de pourvoir au transport
sera
le brûlis, ce qui
par
ou à en permettre --- Page 284 ---
0 X
Con R E S P N D A N C E
nous prononcé sur-le-champ, et sans assujétir
l'habitant à aucun retard qui puisse lui être
préjudiciable.
X.
La dévastation qui a déja été faite des bois
de la Guiane, ne pouvant être trop tôt réparée, indépendamment des pépinières et plantations qui seront exécutées aux frais de sa
majesté, nous ordonnons que chaque habitant
faisant actuellement un abattis s sera tenu de
replanter ou semer 'en avenues dans lesdits
abattis, une certaine quantité de bois de construction, tels que bagasse 2 grigon, cèdre,
ébène, ouampon, balata, coupi, etc., suivant
l'espèce desdits bois qui se sera trouvée naturelle à sa terre ; et pour dédommagement de ce
travail, dont le bénéfice sera bientôt plus sensible, chaque millier de plants dudit bois qui
sera au bout de cinq ans constaté être en bon
état, vaudra à Phabitant qui les aura
plantés, 2
l'exemption de capitation pendant quinze ans s
de dix têtes de nègres et dans le cas ois
lesdites plantations ne seront effectuées, et oit
(*) Cette clause a été abrogée à la demande de P'Assemblée coloniale.
-
de ce
travail, dont le bénéfice sera bientôt plus sensible, chaque millier de plants dudit bois qui
sera au bout de cinq ans constaté être en bon
état, vaudra à Phabitant qui les aura
plantés, 2
l'exemption de capitation pendant quinze ans s
de dix têtes de nègres et dans le cas ois
lesdites plantations ne seront effectuées, et oit
(*) Cette clause a été abrogée à la demande de P'Assemblée coloniale.
- --- Page 285 ---
OPFICIE L L E.
i7, ne pourroit éire justifté de Pimpossibilité
desdites planiations , Phabitant réfractaire
sera condamné en 100 liv. d'amende.
X I.
Toute cspèce d'exploitation et exportation
de bois en merrain, bardeaux et pièces de
construction civile ou maritime, sera libre et
favorisée par les moyens exposés dans la notification des ordres du roi relativement aux
encouragemnens.
Prions MM. les officiers du conseil supérieur, mandons à MM. les officiers du siége
royal, de faire enregistrer le présent réglement,
et de le faire pablier par-tout oit besoin sera; >
à ce que personne n'en prétende cause d'ignorance.
Donné en nos hôtels, etc., à Cayenne, le
1er janvier 1777, etc.
1.
:8 --- Page 286 ---
CORR E S P O N D A A C B
LETTRE PARTICULIÈRE. (No. 24.)
Établissement de Boucheries.
Cayenne, 23 décembre 1776.
M.
Depuis que je suis à Cayenne, j'ai vu qu'on
presque tous les jours del la viande de
y mangeoit
particulier faisoit tuer
boucherie 3 que chaque
et débiter à son gré, boeufs, vaches, veaux ;
qu'on se soustrait aux réglemens faits pour
empêcher la dégradation des ménageries par de
faux exposés et de faux certificats.
J'ai examiné le recensement des bestiaux, et
j'ai vu que la colonie pouvoit enfin commencer
à jouir sûrement et pour sa propre subsistance,
de l'avantage de l'introduction et multiplication des bêtes à cornes ; qu'avant d'en fournir
aux Antilles il étoit juste d'assurer la consommation intérieure 3 qu'il falloit seulement empêcher la destruction des souches en réduisant
bas
la viande de vache et de
au plus
prix
veau. Par toutes ces considérations, et après
avoir consulté MM. de Fiedmond, de. Lacroix
me suis décidé à établir une
et Macaye, je
boucherie par adjudication au rabais, et j'ai --- Page 287 ---
OFF IC I E L L E.
fait publier la carte bannie que j'ai Thonneur
de vous adresser.
Je_suis, etc.
Signé, M. LALOUET.
LETTRE PARTICULIÈRE (No, 7-)
Finances.
Cayenne, le 6 décembre 1776.
M.
Des encouragemens annoncés, des promesses
de secours et d'avances ont fait ici une grande
sensation. Chacun se dispose à recevoir tout
voudra donner, les demandes se succe qu'on
refus feroient bientôt croire
cèdent, et mes seul à la munificence du roi.
que je m'oppose
n'ai
Instruit particulièrement de vOS vues, je
pas voulu qu'on se méprit plus long- temps
le travail et l'insur les conditions auxquelles
J'ai donc
dustrie peuvent espérer des secours.
commencé par rappeler aux débigeurs, au roi,
Pobstacle invincible que leur inexactitude présente à de nouveaux, bienfaits; et après avoir
conféré avec MM. de Fiedmond et de Lacroix,
, et mes seul à la munificence du roi.
que je m'oppose
n'ai
Instruit particulièrement de vOS vues, je
pas voulu qu'on se méprit plus long- temps
le travail et l'insur les conditions auxquelles
J'ai donc
dustrie peuvent espérer des secours.
commencé par rappeler aux débigeurs, au roi,
Pobstacle invincible que leur inexactitude présente à de nouveaux, bienfaits; et après avoir
conféré avec MM. de Fiedmond et de Lacroix, --- Page 288 ---
COARE S P 0 N D A N C E
j'ai rendu l'ordonnance dont j'ai Phonneur de
vous envoyer copie.
Je suis, ctc.
Signé, MALOUET.
ORDONNANCE
Contre les débiteurs à la caisse du roi.
Victor- Pierre MALOUET, etc.
Les administrateurs qui nous ont précédé se
sont occupés aveczèledes: moyens de secourir les
habitans de cette colonie dans leurs entreprises,
et d'exciter leur industrie par des avances de
toute espèce en argent, animaux, vivres et
ustonsiles. Sa majesté, en approuvant ces dispositions 2 a bien voulu nous permettre de
faire un emploi aussi satisfaisant d'une partie
des fonds qu'elle consacre à l'accroissement de
la Guiane ; mais en même temps elle nous a.
prescrit la manière de nous conduire dans la
distribution de ses bienfaits, et nous a enjoint
d'en, prévenir l'abus. Nous avons donc examiné l'état dcs avances faites depuis plusicurs
années à divers habitans, en argent, animaux 2
vivres, marchandises ct ustensiles, et nous
- --- Page 289 ---
-
OFFICI E L L E.
contre Vintention du roi,
avons reconm que
voudroit rendre
les secours que sa bienfaisance entre les mains de
ntile à tous, sont arrêtés
des condiplusieurs, par un oubli indiscret Cette inexactions auxquelles ils les ont reçus.
égaletolérée , nuiroit
titude plus long-temps
Thabitude danment et à ceux qui doivent, par
et à
de manquer à leurs engagemens, 2
gereuse
besoin de secours n'ont pu
ceux qui, ayant
de les. multiplier
en obtenir, vu Vimpossibilité
autrement que par la circulation.
Pétat des
examiné
Nous avons pareillement raison des. droits
débiteurs au domaine pour
aux
imposés 5 et jugeant aussi préjudiciable
ceux des habitans,
intérêts de sa majesté qu'à
les arrérages, nous avons
de laisser multiplier ordonnons ce
suit:
sur le tout ordonné et
qui
A R T I CL E PR E M I E R..
Tous les débiteurs au roi pour raison des
droits du domaine et d'avances en argent,
satisferont
vivres, ustensiles et marchandises,
février
avant le premier
à leurs engagemens
à la reprochain ; à peine d'être poursnivis et du recedu contrôleur de ia marine
quête
chacun en. droitsoi.
veur du domaine,
isser multiplier ordonnons ce
suit:
sur le tout ordonné et
qui
A R T I CL E PR E M I E R..
Tous les débiteurs au roi pour raison des
droits du domaine et d'avances en argent,
satisferont
vivres, ustensiles et marchandises,
février
avant le premier
à leurs engagemens
à la reprochain ; à peine d'être poursnivis et du recedu contrôleur de ia marine
quête
chacun en. droitsoi.
veur du domaine, --- Page 290 ---
ORA E S P 0 N
A N C I
I I.
Pour. faciliter la liquidation desdits débiteurs,
toute espèce de denrée du cru de la colonie
sera reçue dans les magasins de sa majesté, au
prix courant.
III
Ceux des débiteurs au roi, qui seront en
même temps débiteurs au commerce 3 seront
autorisés à se pourvoir par-devant nous pour
payer, par préférence ,, les armateurs, capitaines et commerçans; 3 envers lesquels ils auront contracté des engagemens à terme échu.
I V.
Sa majesté ayant actuellement à répéter huit
cents génisses, provenant des anciennes avances. 5 ceux qui en doivent la restitution se tiendront prêts à les livrer aux habitans de leurs
quartiers, qui n'ont point eu de part aux premières distributions; et ce, d'après les bons à
délivrer que nous expédierons en faveur des
parties prenantes.
V.
Si, à la présentation du bon à délivrer pour
ne ou piusieurs génisses actuellement dues,
l'habitant détenteur refuse d'y satisfaire, il
-
a --- Page 291 ---
-
E L L E.
O FFICIE
tête
condamné à trente sols d'amende par
sera
chaque mois de retard 2
de bétail 3 et pour
de notre bon à
payable au profit du porteur
du bédélivrer, par forme de dédommagement l'inexactitude du
néfice dont il est privé par
débiteur.
V I.
lieu de
ne sont tenus
Ceux qui, au
génisses, destinés à
qu'à rendre des boeufs ou taureaux
seront
des boucheries 7
déFapprovisionmenent
tout
obligés, dans un mois pour
également
du poste
lai, de les rendre au garde-magasin
le plus voisin.
VI I I.
du roi, en argent,
Toutes avances au compte
resteront
animaux, vivres et marchandises, du 9 tiers des
suspendues jusqu'au recouvrement sera aussitôt
anciennes dettes, , dont le produit habitans qui
employé en nouvelles avances aux
à cet
et qui se ferontinscrire,
en demanderont commnandant de leur quartier,
effet, chez le
l'état de lui certifié.
lequel nous en adressera
VIIL
Les débiteurs au roi qui se dirontinsolvables, constater
nous pour
se pourvoiront par-devant après les informationa
leur insolvabilité, et,
9 tiers des
suspendues jusqu'au recouvrement sera aussitôt
anciennes dettes, , dont le produit habitans qui
employé en nouvelles avances aux
à cet
et qui se ferontinscrire,
en demanderont commnandant de leur quartier,
effet, chez le
l'état de lui certifié.
lequel nous en adressera
VIIL
Les débiteurs au roi qui se dirontinsolvables, constater
nous pour
se pourvoiront par-devant après les informationa
leur insolvabilité, et, --- Page 292 ---
COxRIST O N D A N C H
convenables ils seront par nous inscrits
dans la classe des nécessiteux, pour, sur le
compte qui en sera rendu à sa majesté, leur
être accordé décharge, s'il y a lieu, mais sans
pouvoir prétendre, dans aucun cas , à aucun
encouragement ou avances, autres que de secours de charité.
I X.
Les débiteurs au roi à terme échu depuis
un an et plus , qui, faute d'y satisfaire, subiront des condamnations de saisie et contrainte
par corps 3 et se pourvoiront par devant nous
pour obtenir surséance, seront renvoyés, s'il y
a lieu,kplus long terme; mais inscrits dans un
état partic culier pour cesser d'être compris, à
raison de leur inexactitude, dans les distributions de secours que sa majesté jugeroit à propos d'accorder à l'ayenir aux colons de la
Guiane.
X.
Ceux des débiteurs au roi qui satisferont
exactement à leurs engagenens 2 seront, dans
tous les cas, admis, parpréférence, aux ayances
(*) Cet articie c révolépreague tous ies habitans malaisis, etje ne veur pas justifier cette maladresse; Pausoritd ne doit jamais offenser l'amour-gropre. --- Page 293 ---
OFTI C I E L L E.
de faire, ainsi qu'à la
qu'il nous sera permis
du roi,
dans les magasins
vente au comptant,
se
des vivres et bois dont ils ne pourroient procurer autrement le débit.
registrée au conSera la présente ordonnance
les
trôle de la marine 2 et adréssée à messieurs et
commandans de quartier, pour être publiée
affichée par-tout où besoin sera.
le
Donné en notre hôtel, etc. A Cayenne
5 décembre 1776.
(No,8.)
LETTRE PARTICULIERE
Fonds.
A Cayenne, le 7 Déeembre 1776.
M.
J'AI Phonneur de vous adresser un bordede la recette et de la dépense, dereau général
jour ou
puis le premier janvier 1776 jusqu'an
me
j'ai pris le service. Vous y verrez qu'il
7 décembre, cent quarante
reste aujourd'hui,
doivent me sufmille francs en espèces 3 qui
la
fre jusqu'au mois de mars ou à peu près,
à quarante mille francs
dépense se montant
ira à cinquante;
par mois. Celle de décembre
parce que c'est la fin d'un quartier.
ede la recette et de la dépense, dereau général
jour ou
puis le premier janvier 1776 jusqu'an
me
j'ai pris le service. Vous y verrez qu'il
7 décembre, cent quarante
reste aujourd'hui,
doivent me sufmille francs en espèces 3 qui
la
fre jusqu'au mois de mars ou à peu près,
à quarante mille francs
dépense se montant
ira à cinquante;
par mois. Celle de décembre
parce que c'est la fin d'un quartier. --- Page 294 ---
Conn F S P o N D A N C E
l'état de fonds de
Vous voyez donc, M., 3 que
cette année sera excédé de cinquante mille
francs et plus, et ce n'est pas la faute de M: de
Lacroix. Tous les envois ayant été rétardés s
partie des approvisionnemens demandésn'ayant
point été envoyés, il a fallu acheter ici à cent
pour cent plus cher tout ce qu'on attendoit de
France.
Ainsi, M., c'est de l'exactitude avec laquelle
VOS ordres seront exécutés pour nosapprovisionl'économie du service. Je
nemens 3 que dépend
autant
le pourrai, de ne
me propose,
que je
état de
rien acheter ici. Je fais travailler à un
demande quicomprend tous les besoins annuels
en fourniture de toute espèce 5 mais jusqu'à ce
sois pourvu. , je serai contraint de faire
que j'en
d'acheter fort cher
comme M. de Lacroix,
ici ce qui vous coûteroit en France moitié
moins.
(*) Je crains fort que les anciennes dettes ne
(*) Ces anciennes dettes étoient la plus désagréable
effaire quej'eusse à traiter, car il fulloit changer le ystéme d'avances et de secours qui ne pouvoit étre utile
qu'il s'appliquoit à des hommes et à des choses
qu'autant
xtiles. --- Page 295 ---
OFF I C I E L L E.
forment de long-t temps un article de recette;.
mais celles contractées depuis 1774 me paroissent privilégiées, , et je ne souffrirai pas,
le pourrai, que les habitans en
autant que je
La société Oblin se trouve
éludent le paiement.
comprise dans ce nouvel état pour cinquante-six
mille francs : vous lui avez accordé deux ans
s'acquitter. Au mois de mars prochain il
pour huit mois d'expirés sur ce terme , en le
y aura de la date de votre lettre 3 ce qui est
comptant
la plus favorable. Je comprenlr'interprétation drai donc la société dans mes traites pour douze
mille francs, que je tirerai quand même vous
m'enverriez des fonds. Si vous ne m'en envoyez
la distribution
pas, M., je me réglerai, pour l'état du roi, comdes letres-de-change,, sur
biné avec les besoins du moment.
de celle
La dépense de 1777 sera angmentée
nécessaire pour la confection des prisons, 7 susdiscussion nouvelle entre MM.
pendue par une de Lacroix, et par la consde Fiedmond et
la chartruction du magasin dont il n'y a que
d'achetée. Je présume que celle d'un
pente
nous vous avons demandé,
nouvel hôpital, que
ne pourra avoir lieu qu'en 1778.
situation
Je ne vous envoie point l'état de
del la caisse du domaine, parce qu'elle estnulle.
angmentée
nécessaire pour la confection des prisons, 7 susdiscussion nouvelle entre MM.
pendue par une de Lacroix, et par la consde Fiedmond et
la chartruction du magasin dont il n'y a que
d'achetée. Je présume que celle d'un
pente
nous vous avons demandé,
nouvel hôpital, que
ne pourra avoir lieu qu'en 1778.
situation
Je ne vous envoie point l'état de
del la caisse du domaine, parce qu'elle estnulle. --- Page 296 ---
CoRRI ES P O N D A N C E
Il n'y a rien de reçu. Tout est dû depuis trois
ans. Le roi gagneroit beaucoup ici à une abolition d'impôts, à condition. seulement de rendre
l'argent prêté.
M. de Lacroix partira, en devant à la caisse
trois ou quatre mille francs : il est probable 7
M., qu'il m'en arrivera autant ; et je desire
bien que vous soyez aussi content de moi que
vous le serczshrementde son administration. Ce
n'est pas qu'en faisant des fautes qu'il n'a pas
faites, jene puisse apercevoir et corriger celles
qu'ila pu fairc. Il a déja vu de ma part avec
quelle franchise j'adopte ou je rejette ses opinions : mais lorsque ccla m'arrivera, M., 7 dans
les comptes que je vous rendrai, je vous supplie de ne pas oublier que l'ensemble de la conduite de M. de Lacroix me paroit être cclle
d'un homme d'honnenr, tres-laborieux, plein
de zèle et de connoissances. C'est dl'après cette
observation qu'il m'arrivera peut - être d'être
moins facile que M. de Lacroix.
Les dépenses des Indiens et celles de l'établissement de Sinnamary seroient une source
éternclle de querelles avec M. de Fiedmond,
sije vonlois retrancher tout ce qui me paroit
inutile. En calculant le bien ct le mal qui peuvent résulter de mon économie ct de notre
a --- Page 297 ---
OFFICIEL: L E.
je trouve que sur les petits
mésintelligence ,
vivement, il ne me conobjets qui l'intéressent
de le tourmenter. Il est ingénieur
vient pas
à
lui-même
Il se plaît réparer
et constructeur.
Tout
à faire faire une pirogue.
un bâtiment, dans la règle : mais iln'y a rien
cela n'est pas
il y met plutôt
à son profit; et au contraire, donc faire tant qu'il
du sien. Je le laisserai
Il m'a dede fortes sommes.
ne s'agira pas
assurer la
mandé des canots de passage pour
de les
communication de Sinnamary. Il offre
économie. Ses soldats habitans sont
faire par
Il demande, pour
lobjet de son attachemnet.
d'aules uns, la continuation des vivres; ; pour lui
de petites avances : je compose avec
tres,
objets, en en
et le laisse le maître sur plusieurs
me
quelques autres. Ce gouverneur
rejetant
d'égard. Je suis très-content
marque beaucoup sauf les lettres communes (*) pour
du début,
entendons point enlesquelles nous ne nous
core.
maintenant les recettes et dépenses
J'examine
l'emploi des
celles de Phôpital,
du magasin ,
Je voulois d'abord lcs concerter avec le gousernewr, il
(*)
:
de les fuire
n'y eut pas moyen de nous accorder: j'essayai
sans le consulter; et il les signa sans difficulté.
égard. Je suis très-content
marque beaucoup sauf les lettres communes (*) pour
du début,
entendons point enlesquelles nous ne nous
core.
maintenant les recettes et dépenses
J'examine
l'emploi des
celles de Phôpital,
du magasin ,
Je voulois d'abord lcs concerter avec le gousernewr, il
(*)
:
de les fuire
n'y eut pas moyen de nous accorder: j'essayai
sans le consulter; et il les signa sans difficulté. --- Page 298 ---
CORRES: P O D A N CE
nègres du roi, et ce qu'il en coûte pour leur
subsistance. Je vois bien de temps en temps du
mieux à faire; mais je ne promets pas d'y réussir, parce que les abus sont toujours plus forts
et plus tenaces que la volonté qui les réprime,
J'aurai l'honneur de vous rendre compte
particulièrement de mes observations sur chaque
article.
On travaille à un état des bâtimens civils,
appartenans au roi : la moitié de la ville y
est comprise. Il n'y a que le gouvernement,
l'intendance et les casernes qui ressemblent à
des maisons : le reste est barraque en bois s
bouzillé 2 qui exige des réparations perpétuelles. Il faut continuellement faire et défaire,
et il n'y a pas moyen de prendre d'autres arranQuand même on trouveroit ici des maigemens. sons à louer pour les logemens nécessaires , le
prix en est exorbitant. Une maison louée
quinze cents francs ne les vaut pas intrinséquement 7 et coûte cependant, de premier achat,
de dix à douze mille francs, par la rareté des
ouvriers et des matériaux. C'est l'enceinte des
fortifications qui, en diminuant les emplacemens, y a mis un prix très - extraordinaire.
dans an pays aussi pauyre et aussi mal habité.
Je suis, etc.
Signé, MALOURT. --- Page 299 ---
E
OFF I C I E L L E.
(No.13.)
LETTRE PARTICULIÈRE
Justice.
Cayenne 2 le 14 Décembre 1776.
M.,
Je ne suis pas en état de vous rendre compte
encore de ce qu'il y a d'utile à fairé pour étabonne administration del la justice;
blir ici une
mais j'y reconnois déja deux abus principaux
il-seroit bien important de remédier.
auxquels
inLe premier consiste dans une application
des formes judiciaires, et des difconséquente
ordonnées et suivies dans
férentes procédures.
désert encore ou mal
le royaume. Ce piys-ci,
des
ni dans la classe
habité, ne présente,
jages, ni dans celle des plaideurs, de profonds
jurisconsultes. Les parties n'ont aucun secours
défendre ou établir leurs droits, pour se
pour
des moyens de nullité.
préserver
Le demandeur et le défendeur, paroissant
à l'audience 2 ne devroient être
en personne
et détaillé des
tenus qu'à un exposé simple
cruellement embrouillés parles
faits, toujours
qui
demi-counoissances des mauyais praticiens
celle des plaideurs, de profonds
jurisconsultes. Les parties n'ont aucun secours
défendre ou établir leurs droits, pour se
pour
des moyens de nullité.
préserver
Le demandeur et le défendeur, paroissant
à l'audience 2 ne devroient être
en personne
et détaillé des
tenus qu'à un exposé simple
cruellement embrouillés parles
faits, toujours
qui
demi-counoissances des mauyais praticiens --- Page 300 ---
288,
CORE R ES P 0 N D A N C E
ici. L'assignation à comparoir dans
se tronvent le
défaut, le profit du déles délais, premier
faut, devroient êtrela marche unique de toutes
les affaires d'audience ; et les jugemens contradictoires ne devroient, dans aucun cas s
avoir égard à l'allégation des moyens de nullité
autres que ceux résultans des actes authentiques passés par devant notaire.
Les affaires de rapport ne devroient être instruites que sur la première requête introductive, et la réponse communiquée, y joint la
réplique et les contredits : le tout produit à
termes fixes indiqués par l'ordonnance.
Enfin, M., jusqu'à CC que ce pays-ci soit
riche et habité, ,il est nécessaire, ou d'y envoyer
de France des juges et des procureurs s ou de
sinplifier les formes en mettant les parties à
portée de les entendre ct de les connoitre. Je
vous demanderois donc, pour Cayennc, l'établissement d'une formule judiciaire 2 semblable
à celle qui s'observoit, sans doute 2 dans les
sociétés naissantes 5 car, un mélange de pratique et de jurisprudence 2 ordonné dans un
pays où il n'y a ni praticiens ni jurisconsultes.
l'astuce et la friponnerie,
ne peut qu'accréditer
les
aucun
de les confondre :
procès
sans
moyen
deviennent éternels et la justice illusoire.
-
tablissement d'une formule judiciaire 2 semblable
à celle qui s'observoit, sans doute 2 dans les
sociétés naissantes 5 car, un mélange de pratique et de jurisprudence 2 ordonné dans un
pays où il n'y a ni praticiens ni jurisconsultes.
l'astuce et la friponnerie,
ne peut qu'accréditer
les
aucun
de les confondre :
procès
sans
moyen
deviennent éternels et la justice illusoire.
- --- Page 301 ---
OFF I C I E L L E.
28)
Le second abus dont je m'aperçois est la
multitude de frais au compte du roi. Toutes les
criminelles s'instruisent aux dépens
procédures du domaine ; les transports de juges et d'huissiers dans une jurisdiction qui a cent lieues
être que fort chers 9
d'étendue, ne peuvent
de
quand ils sont multipliés. Indépendamment
cetinconvénient, celui de laisser le siége vacant
d'un autre côté, en
est de quelqu'importance;
du roi
retranchant au juge et au procureur
ressources, , leurs émolumens se réces petites
duisent à peu de chose.
Je pense donc que ces deux places devroient
être appointées de manière à pouvoir faire subsister honnêtement les titulaires, , et pouryues 9
lors de la vacance, de sujets choisis en France,
et reconnus capables ; et quant au transport
de juges dans les différens quartiers, , il me paroît indispensable de les supprimer, en y supun autre arrangement, qui seroit de
pléant par
un commisnommer, dans chaque quartier,
saire de justice, ou d'en donner le caractère
au principal officier de milice, pour constater
toute espèce de délit par un procès-verbal et
une information provisoire 2 qui seroient envoyés aujuge, et admis comme pièces au procès.
Je.suis, etc.
Signé, MA LOUET.
1.
--- Page 302 ---
CORR E S P O N D A N C E
LETTRE COMMUNE. (No.6.)
Traite des bestiaur.
Cayenne, le 30 Novembre 1776.
M.,
Les soixante mille francs de fonds que vous
voulez bien nous accorder pour l'augmentation
des bestiaux >' rempliront 7 en moins de trois
ans, notre objet, si cette importation s'effectue. Mais nous n'avons de ressource connue
pour ccla s que le Para ou la côte d'Afrique s
depuis le cap Bojador jusqu'au Sénégal. C'est
donc en France, ct par vos ordres directs, qu'une
opération aussi décisive pour l'accroissement
de cette colonie peut être exécutée. 11 est bien
constaté aujourd'hui que le petit nombre de
bestiaux qui a été répandu, a parfaitement
réussi et multiplié; ; qu'en en procurant l'augmentation progressive, vous aurez à jamais
Tapprovisionnement des autres colonies, et un
moyen de fortune pour celle-ci.
Ainsi 2 M., nous vous supplions de ne pas
perdre cet objet de vue. La traite la plus utile
et la plus facile seroit sans doute au Para.
La compagnie, qui en a le commerce exclusif,
est bien
constaté aujourd'hui que le petit nombre de
bestiaux qui a été répandu, a parfaitement
réussi et multiplié; ; qu'en en procurant l'augmentation progressive, vous aurez à jamais
Tapprovisionnement des autres colonies, et un
moyen de fortune pour celle-ci.
Ainsi 2 M., nous vous supplions de ne pas
perdre cet objet de vue. La traite la plus utile
et la plus facile seroit sans doute au Para.
La compagnie, qui en a le commerce exclusif, --- Page 303 ---
OF F F I C I E L L E.
intérêt à nousla refuser,
n'a point un véritable
en
lui assurant le paiement en argent et non
en
Cette compagnie ne considère $
marchandises.
elle, que la vente des
comme important pour
croire diminuée, en se
cuirs qu'elle pourroit
d'une
prétant à l'augmentation des troupeaux
autre nation : mais il est aisé de faire entendre
ministre
que nous ne pouvons, en
au
portugais leur faire aucun tort. Nous concette partie,
mille boeufs et plus
sommons en Amérique vingt
des
nous tirons des Espagnols ou
par an que
Anglais, n'ayant nulle part, nous Français, >
desménageries. Ainsi, de quelque lieu que nous
tirions notre consommation, il n'y aura pas un
cuir de moins vendu par la société du Para.
Si elle nous approvisionne, , la réduction tomles
ou les Anglais, et il n'y
bera sur
Espagnols
vingt mille cuirs d'ajoutés par
aura jamais que
le
nous à la quantité fournie en Europe par
Para.
Iln'y a donc pas de raison d'intérêt qui puisse
leur faire rejeter notre demande ; et au connous leur procurerions en piastraire, puisque
de recette, en nous assutres une augmentation
exijettissant d'ailleurs à toutes les précautions
gibles contre la contrebande,
mériter une négoCet objet nous paroissant --- Page 304 ---
CORRES S P O N D A N I
ciation directe avec la cour de
refus persévérant
Portugal 9 son
pourroit lui être
comme une démonstration
présenté
malveillante, dont
nous croyons que les circonstances actuelles doivent l'éloigner.
Mais, pour lever toutes difficultés,
auroit
aucun inconvénient à
iln'y
proposer au ministère
portugais d'acheter à sa compagnie du Para
autant de cuirs verts qu'il nous sera fourni
annuellement de têtes de bétail. Ce
ment de fourniture annuel
suppléonéreux à la
ne peut pas être
France, et peut-être qu'un aussi
petit avantage séduiroit ces marchands
légiés ; la cupidité cédant
priviordinairement
volontiers aux
plus
petites vues d'intérêt
qu'à des motifs mieux calculés
présent,
d'un intérêt
futur. :
Si ( ce que nous ne pensons pas, M.) la
de Portugal ne se rendoit à aucune
cour
tion 2 nous vous
de
proposisupplions
traiter - avec
quelque armateurintolligent,) pourla côted'Afrique > ou d'y envoyer, pour le compte du roi
l'angmentation des bestiaux dans la
;
devant être, à notre avis, le
Guiane
de sa prospérité.
preinier moyen
En attendant, réduits ici à nos
sources
propres res3 qui sont bien foibles et bien bornées,
.) la
de Portugal ne se rendoit à aucune
cour
tion 2 nous vous
de
proposisupplions
traiter - avec
quelque armateurintolligent,) pourla côted'Afrique > ou d'y envoyer, pour le compte du roi
l'angmentation des bestiaux dans la
;
devant être, à notre avis, le
Guiane
de sa prospérité.
preinier moyen
En attendant, réduits ici à nos
sources
propres res3 qui sont bien foibles et bien bornées, --- Page 305 ---
0 FFI C IE L L E.
le premier soin de M. Malouet a'été de se faire
rendre compte de la quantitéde bestiauxavancée
par le roi, et de ce qui reste à rentrer. I1 lui
paroît juste de demander à ceux qui doivent,
afin de pouvoir distribuer les génisses que l'on
restituera à ceux qui n'en n'ont point encore1l pense en général, et tâchera de persuader aux
habitans que les avances et les secours accordés
le roi ne peuvent être fructuenx qu'autant
par circuleront de lun à l'autre par l'exactiqu'ils
restitutions. Autrement celui qui obtude des
dix
tient à terme, et ne veut plus rendre', prive
autres habitans du secours qu'il a obtenu. II
doute d'exception à faire à cette
n'y a sans
la misère du débiteur :
maxime équitable que
éclaiencore convient-il à une administration
rée de refuser, non des secours, mais des avances
et misérables qu'on ne sauroit
aux gens ineptes
enrichir.
Nous sommes, 2 etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET. --- Page 306 ---
CORRES: P O N D A N C E
LETTRE PARTICULIÈR E. (No,16.)
Dettes civiles.
Cayenne, 17 décembre 1776.
M.,
La dernière ordonnance sur les contraintes
par corps à exercer dans les colonies,
lorsque le débiteur condamné
porte que,
faire
refusera de satisson créancier, le gouverneur l'enverra
chercher, et, sur le vu des titres et condamnations, 2 lui ordonnera de vive voix de se rendre
aux prisons militaires. Cette disposition
verse absolument le
rensystème et l'ordre
ciaire; elle est, dans la pratique, sujette à judi- des
inconvéniens que l'on n'a pas prévus; elle annule le droit de main-forte,
les
ou les parties
que
tribunaux
peuvent exiger du
dans l'exécution des
Gouvernement
jugemens 5 elle convertit
enfin, en une punition
de sûreté que la loi accorde militaire, un moyen
prétendre
au créancier, sans
inculper le débiteur
a droit à
une répétition de
qui
celui
dommages et intérêts contre
qui l'a fait emprisonner,
ment de l'appel le
lorsque l'événedéclare mal jugé.
C'est sur ce qui se passe ici maintenant,
que
à
écution des
Gouvernement
jugemens 5 elle convertit
enfin, en une punition
de sûreté que la loi accorde militaire, un moyen
prétendre
au créancier, sans
inculper le débiteur
a droit à
une répétition de
qui
celui
dommages et intérêts contre
qui l'a fait emprisonner,
ment de l'appel le
lorsque l'événedéclare mal jugé.
C'est sur ce qui se passe ici maintenant,
que
à --- Page 307 ---
OFF ICIE L L E.
devoir vous faire part de ces observaj'ai cru
tions.
comme aca été condamné,
- Le sieur Lafitte
consulaire de Bordeaux,
cepteur, par sentence lettres-de change tirées
de diverses
au paiement
; il a appelé au parlement
sur lui et non payées; caution, et, nonobstant
le créancier, a fourni de la sentence a été ordonl'appel,1 l'exécution
alors la fonction du
née par arrêt. Quelle est de la loi sur TexécuGouvernement et l'esprit l'assurer telle qu'elle
tion des jugemens ? c'est de
bien ou en mal
sans changer en
est prononcée,
du créancier et du déla condition respective n'entend que multiplier
biteur. L'ordonnance Phuissier qui exécute ; ct cepenles forces de
je viens de citer change
dant la disposition que choses. Le créancier n'a
absolument l'état des
débiteur , il n'y a
plus d'inspection sur son
Le débiteur
d'écrou qui lui en réponde.
créanpoint
à faire contre son
n'a plus de répétition militaire qui le punit pour
cier; c'est l'autorité
un tapage en mauune dette civile comme pour
d'être nourri
vais lieu : il nej peut plus exiger à
on accorde
aux frais de son créancier, 3 qui refuse ce que
plus qu'il ne demande, à qui on
mila loi lui accorde ; car cet emprisonmement: des tribulitaire décèle et publie l'impuissance --- Page 308 ---
Con R: E S P 0 N D A N C E
naux à se faire obéir, ce que le législateur ne
peut ni avouer ni souffrir. Il arrive donc
dans ce cas-ci, que le sieur Lafitte et son créan- >
cier sont également mécontens 5 tous deux demandent la prison civile : le premier
constater son écron et ses dommages et 3 pour intérêts, si par événement il est prouvé, comme il
le prétend , qu'il n'a point reçu la valeur des
lettres-de-change; le second, pour disposer de
son débiteur, aux termes et aux conditions de
la loi. M. de Fiedmond a suivi le texte de la
dernière ordonnance et a fait mettre Lafitte
au fort, il n'y a rien à lui dire; mais l'ordonnance est nécessairement dans le cas d'être
réformée. Le droit de main-forte doit être expliqué par l'exécution pure et simple des jugemens ; le créançier doit l'obtenir en nature et
sans altération, de manière que le porteur de
ses pièces, assisté par le
Gouvernement, , ne
trouve plus de résistance et d'obstacles : alorsla loi reste dans toute son intégrité et armée.
de toute la puissance qui lui est nécessaire
sans que l'autorité militaire
*
prévaille au fond
ou dans la forme, ce qui ne doit jamais être.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET,
ution pure et simple des jugemens ; le créançier doit l'obtenir en nature et
sans altération, de manière que le porteur de
ses pièces, assisté par le
Gouvernement, , ne
trouve plus de résistance et d'obstacles : alorsla loi reste dans toute son intégrité et armée.
de toute la puissance qui lui est nécessaire
sans que l'autorité militaire
*
prévaille au fond
ou dans la forme, ce qui ne doit jamais être.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET, --- Page 309 ---
OF F IC I E L L E.
LETTRE PARTICULIÈRE
Résumé des comptes rendus au Ministre depuis
mon arrivée.
Cayenne, le 23 décembre 1776.
M.,
Vous aurez reçu une grande quantité de
lettres de moi, et aucune n'est inutile. Je n'en
Je vous ai
sais pas encore assez pour abréger.
rendu compte, s comme vous me l'avez prescrit, de tous les détails de l'administration, :
les magasins, , P'hôpital, les recettes et dépenses, ,
les dettes, les bâtimens civils et maritimes, les
réparations à faire, les approvisionnemens nécessaires, l'état des postes de la colonie, l'emploi des nègres du roi, tout est sous VOS yeux;
ne sois en fonctions que du 25
et quoique je
à
chose le temps nénovembre, j'ai mis chaque
cessaire pour vous répondre des comptes que
je vous rends.
très-exactement nos recettes
En vous exposant
à
et : dépenses 9 les - dettes, les recouvremens
(*) Ces résumés étoient exigés par le ministre de trois
d'un compte rendu qui
en trois mois 7 indépendanment tous les sic mois.
présentoit Pensemble des opérations --- Page 310 ---
CORRI ESro ND A N C E
faire, je ne dois pas craindre,
recouvremens
M., que ces
trèsincertains me
sur le service courant; la plupart soientimputés des
trateurs lesplus hormêtes laissent
adminissouvent
rer leur véritable situation
ignoembarras
ou exagèrent leur
pour obtenir plus sûrement des secours : je me suis interdit cette ressource, M.;
et dans tous les genres et sur tous les objets
je vous manderai la vérité : mais j'espère qu'en
appréciant le zèle et l'application avec
je me livre à VOS vues, vous ne me laisserez lesquels
point sans moyens.
C'est dans nos lettres communes
verrez ceux dont j'ai reconnu
que vous
la nécessité, Les
jusqu'à présent
P'addition
encouragemens annoncés et
indispensable que i'y ai faite, vont
très-promptement fixer votre opinion sur les
succès possibles.
Il étoit impraticable de provoquer la culture
des vivres, , l'exploitation des bois, dans un
où il n'y a ni consominateurs
pays
le roi ne faisoit, dans le
ni,acheteurs, si
début, l'office des uns
et des autres. Tout producteur exige la certitude du débouché; tout acheteur étranger
n'arrive que dans un marché ouvert, aucun
ne veut courir les risques de le trouver fermé
ou dégarni; il faut donc que VOS agens lèvent
cetté difliculté, et disent aux cultivateurs :
où il n'y a ni consominateurs
pays
le roi ne faisoit, dans le
ni,acheteurs, si
début, l'office des uns
et des autres. Tout producteur exige la certitude du débouché; tout acheteur étranger
n'arrive que dans un marché ouvert, aucun
ne veut courir les risques de le trouver fermé
ou dégarni; il faut donc que VOS agens lèvent
cetté difliculté, et disent aux cultivateurs : --- Page 311 ---
0 FF I C I E L L E.
produisez, voilà un débouché astravaillez,
fourniture accomplie,
suré. Alors, la première
le roi se retiles caboteurs seront appelés et
réra; car il ne doit se mêler de commerce que
pour l'établir et le soutenir.
cet
Après avoir vu et vous avoir présenté
sous son véritable aspect > nous nous
objet
de la rédaction des réglemens
sommes occupés
; j'ai ajouté
que vous nous avez recommandés avoir exaou suppléé ce qui devoit l'être, après
miné les différences locales, et consulté l'expérience des choses et des personnes.
Nous vous avons rendu compte du projet
et des moyens propres au
des nègres-marrons, baron de Besner, comme il arrive
succès. Le
car il est imtonjours, n'avoit pas tout prévu;
l'anpossible de déplacer et d'attirer à nous
cienne peuplade des marronsqui sont tranquilles
: nous n'avons à traiter qu'avec les
et puissans
bandes vagabondes et poursnivies. J'ai fait
Le projet des pépinières s'exécute.
des
défricher et enclore un terrain, j'ai envoyé
hommes dans les bois pour chercher des graines
Le
de Brest a déja fait
et des plants. charpentier
lieues
un voyage et remonté jusqu'à vingt-cing du
la rivière de la Comté, sous la conduite
habitant très-instruit de la qualité
sieur Bagot,
d'arbres
des bois. Il a trouvé quatre cents pieds --- Page 312 ---
CORRESP O N D A N C E
propres à la construction. : il me reste à apprécier les frais d'exploitation; ; je vous en rendrai
compte lorsqu'il en sera temps.
Le dépât des cartes et plans de la Guiane m'a
paru mériter d'être soigné et renouvelé; M. de
Fiedmond a adopté mes vues : nous vous parlons avec vérité et intérêt de deux hommes de'
mérite oubliés, et de leurs travaux ensevelis,
qu'il faut étendre et conserver; nous avons fait,
en conséquence, ce qui étoit indispensable.
Jen'ai pu jeter qu'un coup d'oeil sur la justice
et les affaires contentieuses; mais les juges et
les parties m'ont paru dans un état à mériter
l'attention du Gouvernement : je vous en ai dit
mon avis. J'ai, de même, exposé les inconvéniens de la dernière ordonnance pour le paiement des dettes; il y a sur cet objet un grand
relâchement : On ne peut y suppléer que par
leflicacité et la sévérité des exemples. Nous
en préparons un dans la personne de M. D...
conseiller, et débiteur de mauvaise foi.
Pour la police , je corrige quand je peux, et
par le ministère des juges, quelques abus de
détail qui exigeront un réglement général 2
quand j'aurai le temps d'y travailler. Nous
n'avons point de moyens, point de maréchaussée, point d'huissiers en nombre suffisant. La
leflicacité et la sévérité des exemples. Nous
en préparons un dans la personne de M. D...
conseiller, et débiteur de mauvaise foi.
Pour la police , je corrige quand je peux, et
par le ministère des juges, quelques abus de
détail qui exigeront un réglement général 2
quand j'aurai le temps d'y travailler. Nous
n'avons point de moyens, point de maréchaussée, point d'huissiers en nombre suffisant. La --- Page 313 ---
OF F I C I E L L E.
distance des quartiers et des habitrop grande
tans est un autre inconvénient.
Nous avons indiqué au 7 janvier l'assemblée
générale des députés de la colonie; je prépare
les objets à traiter : c'est-là que nous saurons
les vues générales et l'intérêt public
ce que
au bien particulier. Je
ont de contradictoire
aux réum'attends aux plus fortes oppositions
nions de terrains projetées ; mais' elles s'exécuteront, à moins que vous n'en révoquiez l'ordre, ce qui seroit un malheur.
Je vous ai rappelé mes premières observations
surl'entreprise delacompagnie.) Elles acquièrent
force, par ce que je vois et enici une nouvelle
des avis qui s'actends, et la prépondérance
cordent avec le mien.
Après l'assemblée et la tournée que j'ai à
faire, vous n'aurez plus de moi; M., qu'un
alors mes lettres seront courtes et
mémoire ets'iln'y 5
a rien d'utile à faire, ou si les
rares :
empêchoient les moyens, je vous
circonstances
demanderois, avec instance, mon rappel; car
ce pays-ci n'est supportable qu'autant qu'on
travailler avec honneur et sûrété à
peut y
bien mériter de PEtat.
Je vous ai marqué, 2 avec assurance, M., ce
que j'ai vu;' il n'en est pas de même de ce qui --- Page 314 ---
302 CoRa E S P U N D A N C E
me reste à voir. Je ne devine point
finirai ; j'aperçois
par où je
encore tant de contradictions dans les rapports et les faits,
me suis arrêté à aucune
que je. ne
opinion. On m'a fait
voir les habitations les plus vantées,
trouvé la terre très-mauvaise
j'en ai
et le travail bien
mal ordonné, excepté chez M. Prepaud,
un économe de la Guadeloupe; mais
quia
cet homme
est unique ici, les autres n'y entendent rien; il
n'y a ni raffineur, ni indigotier, ni
ni charpentier, ni laboureur
maçon s
: la majeure
des habitans n'a vu que Cayenne et ce partie
fait à Cayenne, où l'on ne fait rien. qui se
Une habitante de
Saint-Domingue a
dant fait de l'indigo à Kourou ; elle m'en cepen- a
envoyé deux cents livres, pour lesquelles elle
ne trouvoit point d'acheteur : je les ai prises au
compte du roi, à 6liv. la livre ; trois jours après
jeles sairevendues: 8liv., et vous pensez bien,M.,
que ce sera cette pauyre femme qui profitera du
bénéfice. Ce quartier de Kourou m'est vanté
comme un chef-d'oeuvre. M. de Prefontaine
m'est dénoncé comme un charlatan : je l'ai
beaucoup vu, et je suis bien trompé si ce n'est
pas un bon citoyen, plein d'honneur, de zèle
et de ressources. Une seule chose me met en
défiance, c'est qu'il me vante sa terre, son
vous pensez bien,M.,
que ce sera cette pauyre femme qui profitera du
bénéfice. Ce quartier de Kourou m'est vanté
comme un chef-d'oeuvre. M. de Prefontaine
m'est dénoncé comme un charlatan : je l'ai
beaucoup vu, et je suis bien trompé si ce n'est
pas un bon citoyen, plein d'honneur, de zèle
et de ressources. Une seule chose me met en
défiance, c'est qu'il me vante sa terre, son --- Page 315 ---
OF f I C I E L L E.
habitation; il m'a entendu déquartier et son
a assisté à la visite
clamer sur ce que j'ai vu,il
dans
j'ai faite à Belleterre, , et il persiste
que
dans
je saurai à
ses conclusions :
quinze jours
quoi m'en tenir.
instruits, et
Il y a cependant ici des gens
M. de
qui ont beaucoup d'esprit.
quelquesuns
d'un mérite rare. M. PaMacaye est un homme
de connoissances physiques,
tris a beaucoup
bon
et
M.' Groussou passe pour un
magistrat fabon habitant. Les trois officiers en
pour un
nous vous avons écrit se distinveur desquels
leurs succès et leurs travaux:
guent, même par
Jusqu'en 1763,
inais ils n'ont vu que Cayenne. lumières et contout manquoit ici, secours,
se sont sucnoissances; les administrateurs qui
codés,n'avoientni vues,ni projets, ni moyens
d'établissemens. En 1763, ont commencé des
désastreuses, dont l'avidité la plus
opérations
M. Maillard, son arrivée,
criminelle a profité.
ets'est conduit avec l'intégrité
a rétablil'ordre,
S'il avoit
et V'intelligence qui lui sont propres.
fait, avant d'arriver à Cayenne, le voyage qu'il
retour dans les Antilles, il étoit plus
a fait au
d'éclairer ce
personne en état
pays-ci;
que
M. Charvet est venu mourir dans la
après lui,
laisser, cn bien ou en mal,
colonie, sans Y --- Page 316 ---
CoRR E S P O ND A N C E
aucune trace de son passage : enfin, M.
Lacroix a montré des
de
connoissances de
un zèle infatigable et une santé
culture,
pour suffire à des courses
assez robuste
premier, annoncé
multipliées. Il a, le
des
aux. habitans qu'ils étoient
ignorans : ila fait venir de la
des économes, des machines, des Martinique
ne savoit seulement
modèles; on
Mais M. de Lacroix pas préparer le manioc.
médiocres
qui n'a vu que les terres
des fles du Vent, s'est
à
mon avis, sur la destination de celles-ci. trompé,
qu'on peut y faire un peu de sucre, il Parce croit
qu'il est utile d'en faire; mais on
à moins d'établir
s'y ruinera,
terres
cette manufacture dans les
basses, et je pense qu'il n'est pas
encore.
temps
Voilà, M., le précis de mes
de mes opinions et des différens observations, ,
j'ai eu l'honneur de vous rendre. comptes Je
que
bien de tout ce qui me regardera
réponds
ment. Pour ce qui est commun, particulièrepas juger de ce qui arrivera.
> je ne peux
M. de
me traite avec tous les égards
Fiedmond
l'ai peint tel que je l'ai
possibles. Je vous
vu, désintéressé et la
borieux; mais je n'entends pas ce
ni ce qu'il pense, ni Ce qu'il fait. qi'il veut
sent, il a déféré à mes
Jusqu'à préproposicions, et signe
:
a -
réponds
ment. Pour ce qui est commun, particulièrepas juger de ce qui arrivera.
> je ne peux
M. de
me traite avec tous les égards
Fiedmond
l'ai peint tel que je l'ai
possibles. Je vous
vu, désintéressé et la
borieux; mais je n'entends pas ce
ni ce qu'il pense, ni Ce qu'il fait. qi'il veut
sent, il a déféré à mes
Jusqu'à préproposicions, et signe
:
a - --- Page 317 ---
OFFIC I E- L L.E.
les lettres communes, ainsi que les ordres que
donnons
: mais quand il
nous
conjointement
ne voudra plus signer 5 je m'arrêterai 3 et je
les explications seront difficiles :
prévois que moi
la volonté de nous
non que lui et
n'ayons
entendre ; il n'y a que les moyens qui nous
M. de Fiedmond se décidant avec
manqueront,
le deviner. Je
peine, et moi ne pouvant pas
cette manière d'être lui vient
présume que
lumières
d'une grande défiance de ses propres
et de celles d'autrui. Il m'a dit que le métier
de la guerre, oùt je le crois très-propre, étant
destination, il avoit vaincu la nasa première devenant homme de cabinet; et vous
ture en
dans un cabinet on ne trouve
savez, M., que
que ce qu'on y porte.
affaire
d'étaCest toujours une grande
que
blir une colonie, ou d'en vivifier une languissante depuis cent ans. Si je n'étois pas à
Cayenne, ou quand j'en serai dehors, j'oserai
faut à la tête de celle-ci un
vous assurer qu'il
mais qu'il n'en faut
homme sage et instruit,
pas deux.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET.
1. --- Page 318 ---
CORAESP O ND A N C E
LETTRE PARTICULIÈRE. (No. 29.)
Fonds.
A Cayenne, le 1er janvier 1777.
M.
Jr viens de recevoir vOS dépêches du 19 OCtobre, j'ai Phonneur de répondre à celles de
fonds sculement.
l'avis de M. de LaVous revenez, d'après
croix, sur l'ordre clair et précis que vous
m'avez donné par votre dépêche du 21 septembre,, de ne compter les sous marqués aux
officiers, soldats et autres entretenus que sur
le pied de leur valeurintrinsèque en France s
la
très - disparate
et vous adoptez
proportion
établie entre la piastre et le rouleau (1)-
qu'ila
Je vous obéirai, M., parce que c'est mon
devoir ; mais je ne peux pas croire qu'il ne soit
trds-désavantageux au roi et au public de maintenir dans les monnoies une valeur idéale,
(*) Le rouleau valoit intrin sèquement 4 liv. 10 sous 9
et passoit pour 6 liv. La piastre valoit intrinsèquement; 2
suivant le cours 1 de 5 a 5 liv. 5 sous, et on la donnoit également pour 6 liv.
ai, M., parce que c'est mon
devoir ; mais je ne peux pas croire qu'il ne soit
trds-désavantageux au roi et au public de maintenir dans les monnoies une valeur idéale,
(*) Le rouleau valoit intrin sèquement 4 liv. 10 sous 9
et passoit pour 6 liv. La piastre valoit intrinsèquement; 2
suivant le cours 1 de 5 a 5 liv. 5 sous, et on la donnoit également pour 6 liv. --- Page 319 ---
OFFI C I E L L E.
et de ne tenir
d'altérer leur valenrintrinslque, de cette altération que
compte aux entretenus
relativement
relativement à la piastre, et point
au rouleau.
M., pour remise le béVous me comptez,
liv. envoyées en
néfice à faire sur les 100,000 bénéfice est nul.
piastres à Cayenne ; mais ce
donnerai les piastres sur le même pied que
Je
les officiers, soldats et
je les reçois : ce sont absorbent la majeure
autres entretenus qui
partie des fonds. connoissance des 20,000 liv. en
Je n'ai point Ziv. de remisés à faire par MM.
SILS des 60000
avec
Prépaud; et, malgré toute T'exactitude
je veillerai aux recouvremens; 2 je ne
laquelle regarder cette ressource comme assupeux pas le service. Je vous ai fait connoitre,
rée pour situation exacte. Je mettrai sous vos
M., ma
quartier, les recettes et les déyeux, à chaque
mal-à- propos
penses. Celles que j'ordonnerai suis responsadoivent m'être imputées ,etj j'en
Mais
sur mon état.
je
ble sur mon honneur,
sécomme un parti pris
ne peux pas regarder
de précompter sur
rieusement de votre part 2 l'excédent des traites
les fonds de l'année 1777
liv. de vivres
de M. de Lacroix, les 35,000 le retard des
qu'il a été obligé d'acheter par --- Page 320 ---
Con R E S P 0 N D A N C e
et les créances cédées par
epprovisionenens,
les comptes
M. Dubuq- J'ose espérer que
très-détaillés que je viens de vous rendre sur
les ordres dont vous m'avez chargé, le
tous
mes
développement de vOS vues sur'ce pays-ci,
particulières, vous décideront à
observations
des moyens de
m'assurer , sans contradiction,
ultérieur.
service, ou à renoncer à tout projet
Si vous n'en n'avez, M., que pourl la réduction
embarrassé de
des dépenses, je ne serai point
serai le
les diminuer de cent mille écus, , et je
à vous y inviter, s'il n'y a rien d'utile
premier
à faire ici : mais, jusqu'à ce que j'en désespère, Porvous n'exigez de moi que de
e pense que l'économie dans les finances ; que,
dre et de
je manquerai d'argent pour un service
lorsqhe
inviolables,
pressant, ou pour des engagemens
trouverez bon que je tire sur la France,
vous
vende les effets du roi. Si je pouvois
ou que je
me fit un démérite auprès
craindre, M., qu'on
de
de vous de cette mnanière de penser et faire,
serois très-affligé de mon séjour à Cayenne >
je
et je vous- supplierois de l'abréger.
très-difficiles qui me
Pour les recouvremens
restent à faire, je ne dois pas vous dissimuler
ont'à peu près fait payer
que mes prédécesseurs avoient des moyens, et qu'ils ne
tous ceux qui
ou que je
me fit un démérite auprès
craindre, M., qu'on
de
de vous de cette mnanière de penser et faire,
serois très-affligé de mon séjour à Cayenne >
je
et je vous- supplierois de l'abréger.
très-difficiles qui me
Pour les recouvremens
restent à faire, je ne dois pas vous dissimuler
ont'à peu près fait payer
que mes prédécesseurs avoient des moyens, et qu'ils ne
tous ceux qui --- Page 321 ---
OTFIC I E L L 3.
309.
comme de raison, que les débim'ont laissé, solvables. Jen'en suis pas. moins.
teurs les moins
à
des
occupé, comme vous le verrez, provoquer
paiemens; mais il y a sur cela un inconvénient à
oublié de vous parler. Les débiteurs
dont j'ai
ici à la jula caisse du trésor sont poursnivis entraîne des
ridiction comme les autres; ce qui
des retards multipliés. Quoique vous
frais et
d'intendant, je n'ai
m'ayez donné les pouvoirs
da roi, changer
pas voulu, sans un ordre exprès tribunal la connoiscet usage, et évoquer à mon débiteurs. Si vous
sance et poursnite de ces
de
jugez à propos que je le fasse, je vous prie
des, ordres qui
vouloir bien me faire expédier
m'y autorisent.
Je. suis, etc..
MALOUST.
Signé,
(No,31.)
LETTRE PARTICULIÈRE.
Fonds.
Cayenne, le 28 janvier 1777--
M.,
mettre à même de connoftre parPour vous
des fouds de mon
fuitement létat et Vemploi --- Page 322 ---
ConR ES P O N D A' N C E
exercice, le premier compte que j'ai l'honneur
de vous rendre pour cette année, commencera
par Je bordereau ci-joint des sommes que j'ai
fait payer, dont la dépense, ordonnée en marchés et fournitures, est de l'exercice de M. de
Lacroix.
(Tous les détails de chiffres et articles de
dépenses sont ici supprimés. J
Traites sur la société Oblin.
Mes premières traites seront sur la société
Oblin. Je trouve à placer 53,483 liv. 19 S. à dix
mois de vue; un aussi long terme étant trèsavantageux au roi, j'en ferai emploi sur les
trésoriers- généraux. ( Ci-joint sont les bordereaux de ces traites.)
Je continuerai, M., selon les besoins du
service 2 ou m'arrêterai d'après les envois de
fonds qui m'arriveront.
Tousles trois mois j'aurai l'honneur de vous
adresser le bordereau des recettes, dépenses et
recouvremens ; je vous supplie de ne pas oublier, quant au dernier article, qu'il y auroit
contradiction à promettre des secours, 3 et à
exiger trop sévèrcment la rentrée des anciennes
, M., selon les besoins du
service 2 ou m'arrêterai d'après les envois de
fonds qui m'arriveront.
Tousles trois mois j'aurai l'honneur de vous
adresser le bordereau des recettes, dépenses et
recouvremens ; je vous supplie de ne pas oublier, quant au dernier article, qu'il y auroit
contradiction à promettre des secours, 3 et à
exiger trop sévèrcment la rentrée des anciennes --- Page 323 ---
a
OFFIC C I E L L E.
même défendu : vous
avances; ; vous me l'avez débiteurs au roi et au
m'avez marqué que les
à la fois, il
commerce ne pouvant tout' payer
et
falloit donner la préférence au commerce 5
est digne de la bonté pacette considération
Ce
est
ternelle du roi pour ses sujets.
pays-ci
jamais sous votre main, M., 7 pour être
plus que
avez vu dans les encouraou n'être plus ; vous
la condition
annoncés, à quoi m'engage
des
gemens d'assurer le débouché des bois et
nécessaire
sûrement pas, car
vivres ; je n'y manquerai
chose d'utile
tout seroit perdu. S'il y a quelque
c'est,
à faire ici, ce que je n'assure point encore,
les moyens que j'emploie;
d'après vOS vues, par
déconceret des entraves dans ce moment-ci
Dans trois mois vous autent tous VOS plans.
peut
non- seulement mon opinion, qui
rez
mais un résultat certain de
n'être pas juste 2 anciennes et nouvelles sur
toutes les opinions
constaté sur les
la Guiane. Ce résultat sera
lieux mêmes, non par des discussions sytémala
des suffrages et la
tiques, mais par pluralité
être
vérification des. faits : ainsi il ne peut plus
de retranchemens partiels. Nous en
question
réduction. totale, ou à
serons bientôt ou à une
I Y en
utile des dépenses.
une augmentation beaucoup de superflucs.,
a. eu anciennement --- Page 324 ---
312 CORRESP O N D A N C E
d'absurdes et même d'illicites : je ne vous
proposerai que de justes; et si ce
en
qu'il faille
pays-ci est tel
y dépenser toujours sans en rien
retirer, je ne vous demanderai que d'en sortir.
Je n'attendrai pas VOS ordres pour les réformes raisonnables, je les
déja supprin:é
provoquerai. J'ai
quelques emplois inutiles;
travaille à la réduction des frais de
je
regarde comme onéreux les
justice. Je
et
postes de Kourou
d'Appromague 5 ils ne sont compris dans
l'état du roi que pour les gages ou
mens des entretenus 5 mais ils donnent appointe- lieu à
beaucoup d'autres dépenses. La réparation des
bâtimens, P'hôpital; et les journées d'ouvriers
dans chacun de ces
postes, 3 s'élèvent annuellement de trois à cingq mille
roit de les
francs; mon avis sesupprimer. M. de
trouve
des inconvéniens; ; je le prierai Fiedmondy de
ses raisons : les miennes sont
vous dire
roissent bons à rien, Je
qu'ils ne me pade
pense qu'il suffiroit
payer un chirurgien dans
et une caisse de remède
chaque quartier
bitans
pour secourir les haordres pauvres; trois archers pour la police aux
da
commandant, et point de soldats, de
magasin ni d'hôpital. Je
tage la dépense faite
n'approuve pas davanpour les Indiens. On
en avoir besoin quelquefois
peut
pour la navigation
a E
roissent bons à rien, Je
qu'ils ne me pade
pense qu'il suffiroit
payer un chirurgien dans
et une caisse de remède
chaque quartier
bitans
pour secourir les haordres pauvres; trois archers pour la police aux
da
commandant, et point de soldats, de
magasin ni d'hôpital. Je
tage la dépense faite
n'approuve pas davanpour les Indiens. On
en avoir besoin quelquefois
peut
pour la navigation
a E --- Page 325 ---
OFFIC I E L L E.
des pirogues, et alors il est juste de les payer,
de veiller à ce qu'ils le soient par les habitans
qui les emploient comme chasseurs ou pécheurs;
mais, à cela près, je ne voudrois leur rien don-
exciter par-là leur
ner que par échange
industrie s'ils en sont susceptibles, et ne point
leur paresse par des présens qui deperpétuer
rien. Cette
viennent tribut et ne produisent
d'hommes, qui d'ailleurs se détruit tous
race
très-inutile sur la terre. Je
les jours, me paroit
vois que M. de Fiedmond pense différemment;
il leur donne de sa poche 2 quand ce qu'on
prend du magasin pour eux ne lui paroit pas
suffisant. Il vous motivera sûrement son avis
car lui communique cette lettre.
sur' cet objet,
je
Mais, de tous les moyens économiques
des
et qui est malheureuseun
plus essentiels,
à temps et la
ment négligé, est Pexpédition
bonne qualité des envois de munitions et autres
nous arrivert de France : le
fournitures qui
Paretard des approvisionnemens: a oocasionné
chat des vivres dont vous vous êtes plaint, M.;
() Ils cultivent du coton et du tabac ; ils peuvent rades
des résines, de
masser de la salsepareille, 3
gommes,
la vanille : voilà ce qu'il seroit utile de leur payer. la
L'ordre, la diligence , Pezactitude voild toyt
secret et le génie de Péconomie. --- Page 326 ---
COARESP N D A N C E
les farines amoncelées aujourd'hui dans les
magasins s'y échaufferont peut-être, et alors on
en perdra une partie, Les marchandises sèches
nous manquent tout-a-fait. Je viens d'acheter
des fournitures de bureaux le triple de ce
qu'elles auroient coité en France. L'habillement des troupes est mal conditionné; on envoie des guêtres faites qui ne peuvent servir,
il faut en payer de nouveau la façon. Il manque
une partie de la doublure des vestes, que nous
sommes obligés de remplacer ici. Les draps sont
de la plus mauvaise qualité.
Je réunis dans cette lettre, relative aux fonds
et aux dépenses, des observations contenues
dans plusieurs autres, pour vous rappeler, M.,
que ce n'est pas seulement par des retranchemens, mais par le choix, l'envoi et Pemploi
bien ordonné des matières, souvent même par
des dépenses faites à propos, qu'on parvient à
les diminuer en effet. Celle de l'hôpital, par
exemple, ira, quand vousle jugerez à propos, à
dix mille francs de moins ; un bâtiment ouvert
de toute part, où les malades sont entassés,
d'oà ils peuvent sortir, boire et manger à
volonté, ne peut qu'en multiplier le nombre et
angmenter la gravité des maladies. Ainsi, M.,
excepté les consommnations et les emplois im-
à propos, qu'on parvient à
les diminuer en effet. Celle de l'hôpital, par
exemple, ira, quand vousle jugerez à propos, à
dix mille francs de moins ; un bâtiment ouvert
de toute part, où les malades sont entassés,
d'oà ils peuvent sortir, boire et manger à
volonté, ne peut qu'en multiplier le nombre et
angmenter la gravité des maladies. Ainsi, M.,
excepté les consommnations et les emplois im- --- Page 327 ---
OFFI C I E L L E.
tiles, ce que je vous mettrai toujours à portée de
juger, la véritable économie ne dépend
de
moi seul.
pas
Je suis, etc.
Signé, MALOUET.
LETTRE PARTICULIÈRE.
(N9.32.)
Conseil supérieur.
Cayenne, le 29 janvier 1777M., >
Le conseil m'a
chargé, comme
d'avoir l'honneur de vous envoyer deux président,
dont l'un a été rendu à mon instigation. arrêts,
vous avions déja rendu compte de
Nous
lité d'établir des
l'impossibiprocureurs en titre d'oflice,
parce que ceux qui en font les fonctions sont
presque tous de tres-mauvais sujets,
serai même d'avis de
dont je
mêmes hommes
purger la colonie. Ces
à
continuoient donc, sans
lité, se mêler obscurément de
quafaires ; ils les
toutes les afdésolent les multiplient, les embrouillent,
juges et les plaideurs. Une teinture de pratique et beaucoup de facilité à
des ineptics leur donnoient
écrire
une sorte de supé- --- Page 328 ---
CoRR E S P O N D A N C E
riorité sur les parties qui ne vouloient point les
employer : on ne voyoit ici que requêtés sur
requêtes, incidens sur incidens, et beaucoup
d'injures dans les plaidoyers et les écritures ;
il en résultoit des querelles, des batailles, des
plaintes criminelles et quarante mille écus de
frais de justice prélevés chaque année sur le
très-mince revenu de cette colonie. J'espère,M.,
que l'arrêt de réglement que j'ai provoqué préviendra la plus grande partie de ces désordres;
j'y tiendrai la main avec une sévérité repoussante pour ces messieurs, qui commencent déja
à prendre leur parti et à chercher d'autres
moyens d'employer leurs talens. Mais cet arrêt
simplifiant les procédures dont la forme, quant
au style, au nombre et à l'espèce des écritures,
ne pent être suivie ici comme en France, il
est nécessaire, M., , que vous veuillez bien faire
expédier des lettres-patentes confirmatives.
Le conseil vous supplie d'en accorder aussi
pour rétablir les nullités graves et multipliées
que l'inexactitude des curés a
/
répandues dans
l'énoncé des actes de baptêmes, mariages et sépultures, n'y ayant pas d'autre moyen pour les
rectifier que l'ordre du souverain, 3 qui peut seul
valider des actes aussi informes.
Le préfet est fort offensé et se plaint amère-
expédier des lettres-patentes confirmatives.
Le conseil vous supplie d'en accorder aussi
pour rétablir les nullités graves et multipliées
que l'inexactitude des curés a
/
répandues dans
l'énoncé des actes de baptêmes, mariages et sépultures, n'y ayant pas d'autre moyen pour les
rectifier que l'ordre du souverain, 3 qui peut seul
valider des actes aussi informes.
Le préfet est fort offensé et se plaint amère- --- Page 329 ---
O'TFICI E. L I. E.
317.
l'ai trouvé brouillé avec
ment de cet arrêt; je
disputant aux
M. de Lacroix et tout le conseil,
sa contribunaux toute espèce d'inspection sur
des
et malheureusement
duite et celle
prêtres,
M. de Fiedsoutenu dans ses prétentions par
qui est de bonne foi persuadé qu'un
mond,
que du pape et de son évèque.
prêtre ne dépend
les droits 5 l'indéLes maximes ultramontaines,
gravés
pendance de l'église, sont profondément
dans la tête de l'abbé Robillard : les parlemens,
tribunaux de toute espèce ont toujours tourles
et perdu la religion ; voilà
menté les prêtres
du conseil supérieur,
d'oû il part pourmédire
M. de
et n'y avoir aucun égard.
de ses arrêts, instruit des principes législatifs
Fiedmond,plus
aisément arrêté, et moisur cette matière, l'eût
cela; mais je lui
même je suis assez fort pour
et qui le
paroitrai bientôt un homme prévenu de tout
tourmente aussi : car tel est le langage
croise l'intérêt, dont on conhomme dont on
M., vous arrivera
trarie la volonté. Cet abbé,
a de la réguincessamment; ; il me semble qu'il chaleur dans la
larité dans ses moeurs. 1 de la intéressantes. Je
tête et peu de connoissances exécuter les arrêts du
lui ferai, en attendant,
comme celui-ci,
conseil quand ils auront trait, civil des sujets
à la police générale, et à l'état
du roi.
croise l'intérêt, dont on conhomme dont on
M., vous arrivera
trarie la volonté. Cet abbé,
a de la réguincessamment; ; il me semble qu'il chaleur dans la
larité dans ses moeurs. 1 de la intéressantes. Je
tête et peu de connoissances exécuter les arrêts du
lui ferai, en attendant,
comme celui-ci,
conseil quand ils auront trait, civil des sujets
à la police générale, et à l'état
du roi. --- Page 330 ---
318 Con R E S P O N D A N C E
Le conseil supérieur m'a chargé : aussi, M.,
de vous demander l'envoi des ordonnances et
déclarations du roi, concernant l'état civil des
habitans des colonies, lesquelles ne sont point
connues dans celle-ci, et je vous prie de vouloir bien m'en. envoyer plusieurs exemplaires
imprimés de chaque espèce.
Dans la lettre commune que nous avons l'honneur de vous écrire sur les affaires du Conseil,
je demande que toutes les différences d'avis
entre le gouverneur et moi, concernant le gouvernement civil en général, soient discutées
en conseil, et résumées à la pluralité des voix,
si mieux vous n'aimez, M., appeler seulernent
aupartagedes voix le procureur général, comme
cela a Jieu pour certaines affaires. Cette tournure va devenir indispensable. Voici comment
je suis très-bien avec M. de Fiedmond. Il m'a
trouvé facile sur plusieurs points, et il m'abandonne la discussion, > l'examen et la décision
des affaires communesquisexppédientavee ordre
et diligence. Je me charge de toute la correspondance. Il n'y a rien d'arriéré. Mais tout
ce qui s'est fait avant, pendant et depuis l'assemblée, accoutumant le public à s'adresser à
moi, encore queje renvoie toujours les survenans
au gouverneur, M. de Fiedmond est tout prèt
--- Page 331 ---
0 F FICIE L L E.
mauvais que je joue ici le prinde trouver' Si alors il vouloit le prendre, ce
cipal rôle.
ce n'est pas là ce qu'il
seroit tout simple : mais
de facilité
fera. Sa mauvaise santé 7 et le peu
qu'il a dans le travail ne lui en permettant
ilvoudra que je fasse moins,
pas la continuité,
souvent il n'aura pas
sans que lui fasse plus :
le mien.
d'avis positif, et il n'adoptera pas
modoncement absolue et non
Une négation
Je vous annonce 2 M.,
tivée sera sa réponse.
à s'effectuer
pour l'avenir, ce qui commence
point
dès-à-présent. Cela ne produira cependant
que je m'arrêterai à la prede querelle, parce
n'avons
de
mière barrière. Si donc nous
pas
les affaires s'arrêteront
point de ralliement,
anssi.
Je suis, etc.
MALOUET.
Signé,
E XTRAIT
du conseilo-supérieure de Cayenne,
Des registres
du 18 Janvier 1777.
commissaire général
Cejour, M. MALOUET,
commence
point
dès-à-présent. Cela ne produira cependant
que je m'arrêterai à la prede querelle, parce
n'avons
de
mière barrière. Si donc nous
pas
les affaires s'arrêteront
point de ralliement,
anssi.
Je suis, etc.
MALOUET.
Signé,
E XTRAIT
du conseilo-supérieure de Cayenne,
Des registres
du 18 Janvier 1777.
commissaire général
Cejour, M. MALOUET, --- Page 332 ---
CORRE S P
N
A. N U 1S
de la marine , ordonnateur, présidant ledit
conseil, a dit :
MM.,
Ls roi, en ordonnant l'établissement des
cureurs ad lites, a, voulu
proprocurer aux parties
un secours réputé nécessaire pour défendre ou
présenter les droits litigieux. Mais les sujets
auxquels on pourroit confier les offices de
cureur
pro9 se trouvant inculpés par VOS arrêts,
et conséquemment inhabilesà être pourvus desdits offices, nous ne sommes
point, ) quant à
présent, dans le cas, de faire usage de l'ordre
de sa majesté.
11 arrive cependant que les
déplaideurs >
pourvus comme ci-devant de défenseurs avoués
et éclairés, restent toujours sous le joug des soidisant praticiens, dont vous avez voulu réprimer
les écarts et la mauvaise conduite. La multipli-
(*) Un discours au conseil, ZTL arrêt du conseil de
Cayenne paroissent bien peu dignes de l'impression : mais
jai été si frappé dans tous les pays de l'abus des écritures
et des formes judiciaires, gue a sij'étois chargé
ILTL
code pourun grand empire, mon petit réglement de defaire
en seroit le premier titre.
Cayenne
,
praticiens, dont vous avez voulu réprimer
les écarts et la mauvaise conduite. La multipli-
(*) Un discours au conseil, ZTL arrêt du conseil de
Cayenne paroissent bien peu dignes de l'impression : mais
jai été si frappé dans tous les pays de l'abus des écritures
et des formes judiciaires, gue a sij'étois chargé
ILTL
code pourun grand empire, mon petit réglement de defaire
en seroit le premier titre.
Cayenne
, --- Page 333 ---
-
OFFICI E L, L E.
cité des écritures et des
informes écrase en frais productions les
les plus
le jugement des
parties, retarde
lumière
procès, et ne répand
sur les questions à discuter. aucune
que nous y devons
Je pense
vous confiant la' distribution pourvoir. Le roi, en
exige principalement de
de la justice ,
expédition des
vous la plus
affaires et la
prompte
ressources insidieuses de la proscription des
mnauvaise foi. Si nous
cupidité et de la
cher que des
ne pouvons donc empêd'autres hommes plaideurs ignorans se livrent à
ensevelissent-des faits ignorans, mais adroits, qui
droit dans des écrits simples ou des moyens de
qu'ils font ensuite obscurs et volumineux,
semble qu'il est de chèrement notre
payer, il me
aux parties que ces paroles devoir d'apprendre
n'ajoutent rien à leurs
vaines et captieusés
écrivains
droits, et d'ôter aux
dangereux la malheurense
mettre ainsi le public à
facilité de:
nous ne
contribution.
pouvons en établir de l'ordre Paisque de
que la loi avoue etqu'elle
ceux
au moins les hommes inspecte , protégeons
et l'astuce de leurs simples contre l'avidité
Les
prétendus défenseurs.
à
questions de fait se réduisent en jugement
l'exposé contredit et constaté
tificatives: : je demande donc par pièces jus1.
qu'il plaise à, la
--- Page 334 ---
Con R E S P O N D A N.C E
cour ordonner que, pour la question de fait,
les parties soient tenues à produire seulement
un mémoire expositif et leurs pièces.
Les questions de droit sont décidées par le
droit écrit, les ordonnances ou la coutume.
On nous dira que les parties les ignorent 5
mais nous devons les connoître ; et les prédéduites dans un seul
tentions respectives 2
mémoire de la part de chacune des parties 7
nous suffisent 2 sans autres productions, pour
les comparer au texte du droit écrit ou
coutumier. Si, dans les contredits - et autres
des écrivains actucllement emproductions
ployés, nous trouvions des discussions savantes,
les développemens lumineux par lesquels des
instruits se rendent vraiavocats ou procureurs
serois
ment utiles aux parties et aux juges, je
encore d'avis de les réduire et simplifier le plus
qu'il seroit possible 3 mais votre barreau, MM.,
de
et de pratiétant dépourvu
jurisconsultes
ciens, il me semble que nous n'avons à consulter que les faits et les ordonnances. Je demande donc qu'il plaise à la cour ordonner
les questions de droit, les parties
que, pour
et la
exposeront leurs prétentions respectives,
citation, si bon leur semble, des lois ou coutumes qui les appuient, en un ou deux écrits
a
ire et simplifier le plus
qu'il seroit possible 3 mais votre barreau, MM.,
de
et de pratiétant dépourvu
jurisconsultes
ciens, il me semble que nous n'avons à consulter que les faits et les ordonnances. Je demande donc qu'il plaise à la cour ordonner
les questions de droit, les parties
que, pour
et la
exposeront leurs prétentions respectives,
citation, si bon leur semble, des lois ou coutumes qui les appuient, en un ou deux écrits
a --- Page 335 ---
FFICI E L L E.
tout au plus ; et que tout ce qui excédera la
demande et la
la
plique,
défense, réponse et la réindépendamment des pièces justificatives, comme titres et actes
rejetédu procès comine pièces originaux, soit
aux anonymes qui
inutiles : et quant
multiplier les
préteroient leur plume pour
incidens, 9 obscurcir la
et alonger les procès, Ce
matière
travail, MM., n'étant
point au nombre de ceux qui méritent
je serois d'avis de leur en inierdire salaire,
moyens,
tous les
Telles sont les réflexions
l'amour de la
que me suggèrent
justice et le desir d'être
une colonie, qui,
à
utile à
de
ayant tous égards besoin
secours, consomme le sixième de ses
en frais de
revenus
procédures, , et n'a
core ni procureurs ni
cependant enla
avocats, et a demandé
jonction de M. le procureurdu roi.
La matière mise en délibération, oui le
cureur général du roi en ses conclusions: proLs CONSEIL, considérant que les abus qui
nent de lui être dénoncés,
viens quoique réprimés
par plusieurs arrêts, se renouvellent
ment; qu'en attendant qu'il puisseêtre journelled'hommes
faitchoix
capables et de bonnes moeurs
la défense des parties et l'instruction
pour
cès en qualité de
des proprocureurs en titre d'office, il
- --- Page 336 ---
Con R E 5 P O N D A N C E
est plus nuisible qu'utile aux parties même de
les abandonner aux conseils et aux manceuvres
intéressées de certains écrivains 5 qu'à défaut
de défenseurs légitimes, c'est à la sagesse et aux
lumières des magistrats à distinguer, à éclaircir
les faits, et à les comparer au texte des lois : le
Conseil adhérant au surplus aux observations
et remontrances qui viennent de lui être faites,
a déclaré illicites toutes pactions, promesses ,
ou billets consentis d'avance, dans le cours ou
après l'instruction des procès, par tout écrivain
ou praticien n'ayant serment en la cour; condamne en l'amende, qui sera prononcée suivant
l'exigence des cas, les particuliers qui auroient
exigé et les parties même qui auroient consenti
de pareils billets. Ordonne que sur les questions
de fait qui se présenteront en son audience,, ou
en celles des jurisdictions 2 les parties comparoîtront en personne, à moins qu'elles n'en
soient dispensées pour de justes raisons, et exsimplement leurs demandes ou déposeront
fenses 3 avec les pièces justifiatives, sur lesquelles il sera prononcé ; que dans les questions de droitet procès par écrit, il ne sera reçu,.
comme pièces au procès, quela demande ou la
défense, la réponse et la réplique, y joint les
pièces justificatives, telles que titres et actes
2 les parties comparoîtront en personne, à moins qu'elles n'en
soient dispensées pour de justes raisons, et exsimplement leurs demandes ou déposeront
fenses 3 avec les pièces justifiatives, sur lesquelles il sera prononcé ; que dans les questions de droitet procès par écrit, il ne sera reçu,.
comme pièces au procès, quela demande ou la
défense, la réponse et la réplique, y joint les
pièces justificatives, telles que titres et actes --- Page 337 ---
OFFI C I E L L E.
de tout autre écrit
probans 5 que la signification
des
let non taxée en la liquidation
sera rejetée attendu
des motifs particudépens : et
que et à Pétat de la cololiers au ressort de la cour
pourroit
le
carrêt, qui
nie ont nécessité présenta
de sa
n'être en tout conforme aux ordonnances la
en
Majesté sur le fait des procédures 2
cour, arrêté
ordonnant son exécution provisoire, 7 a
président sera chargé d'en envoyer expéquele
d'état ayant le départedition au secrétaire
solliinent dela marine et des colonies, pour
citer sur icelui lettres- patentes ou déclarations arrêt
confirmatives ; ordonne que le présent
et d'amirauté pour
sera envoyé au siége royal
et affiché dans
y être enregistré, lu, publié
à la
tous les lieux ordinaires et accoutumés,
diligence du substitut du procureur général
du roi, aui en certifiera à la cour à sa prochaine séar.ce.
de Cayenne,
Faiteta arrêté au conseil supérieur
dejanvier mil sept cent soixantele dix-huitième
dix-sept. Signé au registre, MALOUET. --- Page 338 ---
CORRES S le 0 N D A N C E
LETTRE PARTICULIERE. (No.36.)
Exploitation des bois.
Cayenne, 2 le premier février 1777.
M.
TnoIsj jours après mon arrivée, j'ai commencé,
et je poursuis depuis, les vérifications nécessaires pour avoir une connoissance exacte des
bois de la Guiane, et des moyens d'exploitation.
J'ai choisi, de l'avis de M. de Fiedmond,
l'homme le plus intelligent en cette partie. C'est
un habitant nommé Bagot, qui se prête avec
zèle à conduire le charpentier que j'ai amené
de Brest, dans toutes les rivières ; iln'y en a eu
encore que deux de visitées, oùt l'on n'a tronvé
rien d'intéressant, et qui suffise à une grande
entreprise. On continue la visite dans toutes les
rivières du sud, c'est-à-dire, celle d'Approuague, Oyapock et Criques, adjacentes. On
dresse procès s-verbal, par chaque semaine, de
la quantité et de l'espèce de bois trouvés dans
les lieux visités : cette opération pour le sud
ne sera faite que dans trois mois.
J'ai envoyé d'un autre côté le sieur Brodel,
onvé
rien d'intéressant, et qui suffise à une grande
entreprise. On continue la visite dans toutes les
rivières du sud, c'est-à-dire, celle d'Approuague, Oyapock et Criques, adjacentes. On
dresse procès s-verbal, par chaque semaine, de
la quantité et de l'espèce de bois trouvés dans
les lieux visités : cette opération pour le sud
ne sera faite que dans trois mois.
J'ai envoyé d'un autre côté le sieur Brodel, --- Page 339 ---
FF I C I E L L E.
avec des Indiens et nèingénieur- géographe,
déterminer g.ométriquenieut
gres libres , pour"
de bois qui se trouvent
Yespèce et la quantité
donné, et par approximation
dans un espace
boisés qui n'auront pas été
dans tous les lieux
ainsi mesurés.
la
du nord ce qui
On continuera dans partie celle du sud. Ainsi ,
dans
se fait actuellemont dans six mois des résultats cerM., vous aurez
qui, même sur
tains sur cette grande décidée question, (*) : car au moment
les lieux, n'est pas
de Brest ne m'insoù les rapports du charpentier ressources prétenpirent aucune confiance aux
exploitaune grande
dues de ce pays-ci pour
qui,
trois entrepreneurs,
tion, il se présente
m'offrent de me fourmoyennant des avances, livres par an de bois de
nir chacun pour 50,000
cube. Je lesprenconstraction à 50 sous le pied
caution
mot s'ils
me donner
drois au
pouvoient leur ferois ; mais je
valable des avances que je
de gens ici dont le cantionnement
connois peu
ne veux point
et comme je
puisse me convenir;
(*) Elle P'a été depuis ; nul doute qu'on ne et puisse d des
tirer de la Guiane bearcoup de bois précieua LI2 travail COIBmodérés :faifait) faire SIT cet objet
priz
plet; il est égard. --- Page 340 ---
Corn: ES P 0 N D A N C E
compromettre les fonds de sa majesté,le marché n'aura pas lieu.
J'ai eu P'honneur de vous marquer, 3 M., que
je faisois travailler à un jardin pour les pépinières : le terrain est: maintenant défriché, tracé
ete entouré.Je rassemble des graines et des plants,
etj'aurois autour de la ville trois cents arpens
de terrain libre à faire planter régulièrement,
si j'avois des nègres en nombre suffisant : mais
cette terre étant toute à dessécher, c'est une
opération de Jongue haleine.
Je crois, M., que je tirerois un parti trèsavantageux pour ce pays - ci d'un atelier tel
que leroi en a un à Saint-Domingue, : mais je
réserve pour un autre temps toutes les obser-'
vations à faire sur les moyens à employer 9
et sur le parti à prendre définitivement.
Je suis, etc. Signe, MALOUET.
L ETTRE C O M: M U N E.
Eucouragemens.
Cayenne, le 16 févriern776,
M.,
Vous appelez aux récompenses, ct vous nous
erois un parti trèsavantageux pour ce pays - ci d'un atelier tel
que leroi en a un à Saint-Domingue, : mais je
réserve pour un autre temps toutes les obser-'
vations à faire sur les moyens à employer 9
et sur le parti à prendre définitivement.
Je suis, etc. Signe, MALOUET.
L ETTRE C O M: M U N E.
Eucouragemens.
Cayenne, le 16 févriern776,
M.,
Vous appelez aux récompenses, ct vous nous --- Page 341 ---
-
OFFI C I E L L E.
tous les hommes
ordonnez de vous produire livrer fructueuselaborieux et capables de se
comme tels
ment à la culture. Nous regardons Decoux et Rondeau.
MM. Dubois-Berthelot,
excellens habiLes deux premiers passent pour avoir ce qu'il faut
tans ; le troisième paroît trois officiers demanpour le devenir; ces
M. de Fiedmond,
dent la croix de Saint-Louis.
2 et M.
sur leurs prétentions
en s'expliquant
soient accueillies,
Malouet, en desirant qu'elles de leur charge;
font l'un et l'autre le devoir
de vue les
le chef militaire ne peut titres perdre de service qui
rangs, les grades et les Tadministrateur civil
motivent ses demandes;
d'accroftre dans
ne considère que l'avantage des bons habitans et
cette colonie le nombre leur accordant une
des familles honnêtes, en rien à VEtat, et à
décoration qui ne coûte ancienneté. Il voit
laquelle ils touchent parleur sûr de bien constituer
même en cela un moyen
exiger de ces
le corps des milices, où Pon peut de service.
officiers retirés une continuation
ces
C'est à vous, M., à juger supérieurement ont de
dans ce qu'elles
différentes yues, qui,
au
et de particulier, se rapportent
commun
même objet, le bien public.
Nous sommes 2 etc. FIEDMIOND et MALOUNT.
Signé, --- Page 342 ---
Conn: E S P O N D A N C E
LETTRE PARTICULIERE. (No, 39.)
Abus sur les mariages des mineurs.
Cayenne, le 4 février 1777.
M.,
ON est ici dans l'usage de suppléer, pour les
mariages de mineurs 2 au consentement des
pères > mères ou tuteurs par celui des administrateurs. 5 tandis qu'en France cette forme, 9
ou plutôt cette violation de formes, donne lieu
à des procès dont le jugement varie s dit-on,
d'après les circonstances qui ont motivé le consentement des chefs. Vous vous rappellerez s
M., que, m'ayant fait lhonneur de me consulter en France sur cette question, mon avis
a été que cet usage illégal devoit être proscrit, et le consentement des chefs requis seulement par leurs subordonnés immédiats, sans
qu'ils puissent se passer néanmoins de celui' de
leurs parens : car la peine d'un officier qui se
marie sans la permission de son général ne
peut être que la prison ou la privation de son
état ; mais la loi casse le mariage du mineur
M., que, m'ayant fait lhonneur de me consulter en France sur cette question, mon avis
a été que cet usage illégal devoit être proscrit, et le consentement des chefs requis seulement par leurs subordonnés immédiats, sans
qu'ils puissent se passer néanmoins de celui' de
leurs parens : car la peine d'un officier qui se
marie sans la permission de son général ne
peut être que la prison ou la privation de son
état ; mais la loi casse le mariage du mineur --- Page 343 ---
OFFI CI E L L E.
sans le consentement de ses
ui s'est engagé
ère, mère ou tuteur.
Dubus fait desirer
Le procès actuel de M.
faire
u conseil que vous veuillez bien nous
onnoître les intentions du roi, et annuler
confirmer formellement un usage contrau
y a été substitué, je
radictoire aux lois, qui
e sais comment.
Je suis, etc.
MALOUET.
Signé,
PARTICULIERE ( No, 40 ).
LETTRE
Prisons çiviles
A Cayenne 1 le 5 février 1777.
M.
MM. de Fiedmond et de Lacroix vous ont
Adressé, , il y a un an, un plan que vous avez cila construction des prisons
ppprouvé pour
de cette lettre est de prouver que des vues
(3) L'objet
La ridicule enceinte de Cayenne
Stroites nuisent à tout.
la misère et Vinsauffisoit pour y perpétuer la langueur,
abrité. --- Page 344 ---
Con R E S P O N D A N C E
viles. Lorsque le premier corps-de-logis a éte
bâti, M. de Fiedmond a prétendu que son consentement et sa signature avoient été surpris
et qu'iln'avoitjamais entendu abandonnerl'em
placement du corps-de-garde, qui se trouvoi
nécessairement sacrifié dans le plan, 9 à la comn
modité et au plus grand espace de la distribution. Sur cette contestation les deux adminis
trateurs vous ont demandé votre décision au
mnois de juillet dernier, et les travaux ont été
suspendus.
A mon arrivée j'ai trouvé l'ancienne barraque
servant de conciergerie, prête à s'écrouler. Je
l'ai fait étayer : le vent l'ayant depuis for
ébranlée et presque découverte, je l'ai fait jeter
à bas ; ensuite j'ai taché de me concilier avec
M. de Fiedmond. Je lui ai dit : Monsieur, la
décision du ministre n'arrive pas, et nous man
quons de prisons; arrangeons-nous : vous voulez
un corps-de-garde; ; conservez, bâtissons même
àneuf celuiqui existe : mais puisque vous prenez
par-là l'emplacement destiné à loger le geolier
et le greffe de la geoie, permettez-moi de bâtir
un étage au-dessus de votre corps-de-garde, qui
remplisse cette destination, et nous mettrons
seulement au rez-de-chaussée s dans le coin qui
vous conviendra, le guichet et la porte d'entrée
des prisons.
un corps-de-garde; ; conservez, bâtissons même
àneuf celuiqui existe : mais puisque vous prenez
par-là l'emplacement destiné à loger le geolier
et le greffe de la geoie, permettez-moi de bâtir
un étage au-dessus de votre corps-de-garde, qui
remplisse cette destination, et nous mettrons
seulement au rez-de-chaussée s dans le coin qui
vous conviendra, le guichet et la porte d'entrée
des prisons. --- Page 345 ---
OF F I C I E L L E.
verbalement ma
M. de Fiedmond a accepté la main à Foeuvre.
roposition, etj'aif fait mettre
lequel il
laensuite dressé un nouveau plan, par
de
du corps-deprend, en sus
l'emmplacement le sépare de la prison,
tarde, une ruelle qui
en cas d'atbour aller, dit-il, sur le rempart, forcée.
aque à la porte, et en la supposant
trèsM. de Fiedmond, , Monsieur, est un
plein de zèle et de bravoure ;
bon militaire,
de la défense de ce
mnais avant de s'occuper
faut le mettre en
pays-ci, il me semble qu'il
Je ne trouve
Stat de faire envie à l'ennemi. l'appareil et
Fien de plus extraordinaire que donné contre
a tournure de place de guerre,
ne
auquel personne
hature à ce pauvre village,
et pris
11 est bien vrai qu'on a attaqué
songe. il a cent ans ; mais alors aucune de
Cayenne y
rien : tous les peuples
nos colonies ne signifioit d'établissemens en AméHe l'Europe, avides
celui- ci qu'un autre.
rique, aimoient autant
et la culture ont
Aujourd'hni que le commerce
pas
pris poste dans les Antilles , on nes'avisera côte des
plus d'attaquer la Guiane que la
jusqu'à ce que cette province puisse
Patagons 7
nombre des
utiles;
être comptée au
possessions
et ce n'est pas l'affaire d'un moment. délivrer de cette
Daiguez donc, M., nous --- Page 346 ---
Conn: E S P O N D A NC E
enceinte, de ces remparts délabrés qui inter
ceptent l'air, qui ne sont bons à rien si on ne
les répare. Il en a coûté en 1771 deux cent
mille (*)francs pour les mettre en état; il en faudroit presque autant tout-à-Theure, 3 si vous
voulez les conserver. On peut, sans inconvé
nient, laisser subsister les bastions du côté du
port jusque derrière la maison des Jésuites 5
mais de-là à la porte de Remire, , en jetant le
rempart dans le fossé, vous unirez, comme cela
devroit être 3 la nouvelle à l'ancienne ville.
L'air y circulera librement; nous n'aurons plus
de porte fermée à six heures du soir; on n'aura
plus besoin de ruelle pour défendre le corpsde-garde des prisons ; on les finira; on augmentera même la largeur de la cour en s'étendant du côté du rempart. Le roi pourra vendre
cent emplacemens de maisons ; et si quelque
jour on a envie de faire des fossés et de nouveaux bastions, rien n'empêche qu'on ne les
fasse du côté de la mer et au-delà de la nouvelle ville.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET.
(*) 200,000 fr. bien employés d cette époque en crltures
produiroient aujourd'hui la cargaison annuelle d'un vaisseau de deur cents tonneauz.
cour en s'étendant du côté du rempart. Le roi pourra vendre
cent emplacemens de maisons ; et si quelque
jour on a envie de faire des fossés et de nouveaux bastions, rien n'empêche qu'on ne les
fasse du côté de la mer et au-delà de la nouvelle ville.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET.
(*) 200,000 fr. bien employés d cette époque en crltures
produiroient aujourd'hui la cargaison annuelle d'un vaisseau de deur cents tonneauz. --- Page 347 ---
-
0 F F I C I E L L E.
PARTICULIÈRE. (No. 42.)
LETTRE
Justice
Cayenne, 12 février 1777.
M.,
instruitque M. de Macaye, procureurJesuis
une ordonnance que
général, vous a dénoncé des frais de geole;
jai rendue pour la réduction dans la lettre com-,
vous en avez vu les motifs
mune, no. 16.
très-essentiel au bien du
Je regarde comme à la liberté de ses sujets de
service du roi et
les plaintes qui
PAmérique, de ne point rejeter
être faites contre les administrateurs
peuyent
que ce soit; à plus forte
par quelque personne
dont le devoir est
raison par les magistrats, le peuvent, toute
d'empècher 2 autant mais qu'ils il est dans l'ordre de
espèce de vexation :
qui,
à Padministrateur
s'adresser premièrement auroit fait une faute.
par ignorance ou passion,
lettres surlaj justice et le conseil an-
(*) Mes différentes
de mon mécontentement.
noncent les progrès et les motifs et d'améliorations 2 la
Lorsqu'on s'occupe de réformes
clef de la voite est la justiee. --- Page 348 ---
Con R E S P O N D A N C E.
Le prosureur-général, plus que personne, est
tenu de le rappeler aux principes législatifs
qu'il auroit méconnus; et ce n'est qu'après une
remontrance inutile qu'il est honnête et juste
de s'adresser au ministre du roi. Je croyois, M.,
avoir plus de droit qu'un autre à cette marque
de confiance de M. de Macaye. Je lui ai communiqué particulièrement, et au conseil assemblé, le projet d'ordre que j'ai donné; j'ai demandé à ces messieurs et au procureur du roi
si, indépendaument des ordonnances générales
qui mettent à la charge du roi tous les frais des
procédures criminelles suivies par le ministère
public, il y avoit un réglement ou arrêt du conseil qui comprit dans cette classe le marronage
au premier chef; et j'ai démontré à ces messieurs que, par une suite de cette facilité, il y
avoit ici plus d'oreilles coupées qu'à Saint-Domingue, où nous avons trois cent mille nègres,
dont cinq ou six mille marrons circulentannucllement dans les prisons. Je leur ai expliqué comment il étoit essentiel de distinguerla désertion
réelle, de la fuite momentanée d'un esclave
pour
se soustraire au fouet; que dans ce dernier cas
il étoit barbare et trop coûteux de le punir autrement que par un châtiment domestique ;
qu'ainsi, du moment où tous les frais seroient
omingue, où nous avons trois cent mille nègres,
dont cinq ou six mille marrons circulentannucllement dans les prisons. Je leur ai expliqué comment il étoit essentiel de distinguerla désertion
réelle, de la fuite momentanée d'un esclave
pour
se soustraire au fouet; que dans ce dernier cas
il étoit barbare et trop coûteux de le punir autrement que par un châtiment domestique ;
qu'ainsi, du moment où tous les frais seroient --- Page 349 ---
L L B.
Of F ICIa
de mettre
ils cesseroient
la
du maître,
du roi,
à charge
du procureur
leurs nègres à la requête où le bon ordre l'exige
dans les cas
7 le
excepté
A toutes ces considérations, rien
véritablement.
ne m'ont
conscil et M.le poemmaregnenl On s'est borné à me dire
opposé de concluant. tonjours fait ainsi.
d'un
que cela s'étoit
question pour cela que
Comme il n'étoit
d'enregistrede finance non susceptible jai donné
ordre
avoir consulté et prévenuj de vous en
ment, après ainsi que j'ai eu Phonneur
M.,
cet ordre
Vous avez vu, d'ailleurs, tous les
rendre compte. attention j'ai déféré sur conseil.
avec quelle avis et remontrances du
nos
points, aux modifié, rétracté 2 suspendu n'étoit point
Nous avons
cru voir qu'il
se
réglemens; ; et j'ai
déférence. Comment
à autant de
on s'adresse
accoutumé
sans me prévenir, moi ? Si
fait-il donc que,
contre
directement à vous en plainte M. de Macaye sont
raisons que vous donne
il me fait tort
les
mon ordonnance,
plus sensées que les aurois point accueillies.
de croire que je ne
de me rétracter, parce
Il ne m'en colte rien sur tout sans prévenje suis en tout et
que tion ni fantaisie.
de vous faire aperfaché d'être obligé
de la
Je suis
aussi peu conséquent
cevoir un procédé
1. --- Page 350 ---
Con R E S P 0 N D A N C E
part d'un homme que j'honore. Je desire, M.;
que vous n'en ayez pas moins bonne opinion
de lui. Je ne connois pas le motif qui a pu le
faire agir; mais, quand il auroit envers moi les
torts les plus graves, je n'en rends pas moins
justice à ses lumières, à son désintéressement,
à ses services.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET.
LETTRE PARTICULIÈRE (No.43.)
Compagnie de la Guiane.
Cayenne, le 15 février 1777.
M.,
Le directeurgénéral de la compagnie est arrivé hier au soir, et je pars ce matin pour Sinnamari. J'ai entendu cet agent, ainsi que le
sieur Olivier, son adjoint;je ne suis point content de leurintellgenoesmais, j'ai pourvu à tout
ce dont ils ont besoin, j'y ai même ajouté des
conseils qu'ils ne medemandoient point. Comme
il m'a paru difficile que ces messieurs rendissent à la compagnie, avec exactitude, tout ce
que je leur ai dit et recommandé,fai pris le
ral de la compagnie est arrivé hier au soir, et je pars ce matin pour Sinnamari. J'ai entendu cet agent, ainsi que le
sieur Olivier, son adjoint;je ne suis point content de leurintellgenoesmais, j'ai pourvu à tout
ce dont ils ont besoin, j'y ai même ajouté des
conseils qu'ils ne medemandoient point. Comme
il m'a paru difficile que ces messieurs rendissent à la compagnie, avec exactitude, tout ce
que je leur ai dit et recommandé,fai pris le --- Page 351 ---
OFFI C I EL L E."
parti d'écrire au directeur,
vous
etj'ail'honneur de
envoyer ma lettre.
Je suis, etc.
Signé, MALOUET,
LETTRE au sieur Voiturier, directeur
compagnie de la
de la
Guiane, du 15fbvrier
1777.
Comme je suis obligé, M., de
pour quelque temps, 3 et
m'absenter
verai point ici à
que je ne vous trourappeler
mon retour, je veux vous
afin
par écrit ce que je vous ai dit
que voustsoyez en état d'én rendre hier,
compte exact à votre
un
conduire en
compagnie, et de vous
conséquence.
L'octroi de votre concession est
et vous serez mis en possession, enregistré,
ni délais, tant des terres
sans difficultés
bâtimens et ustensiles
concédées que des
d'Oyapock.
dépendans du poste
Tous les secours dont vous aurez besoin
seront accordés, tant à Oyapock
vous
Si vous ne trouvez
qu'à Cayenne.
point en ville un
qui vous
magasin
convienne, je vous
roi pour retirer VOS
préterai ceux du
vel ordre.
marchandises jusqu'à nou- --- Page 352 ---
CORR: E S P O N D A N C E
Si vous voulez déposer VOS nègres à Phabitation du roi,. jusqu'à ce qu'ils soient vendus,
je donnerai ordre qu'on les reçoive et qu'on
leur fasse fournir des vivres, que vous rembourserez en nature ou en argent à votre choix.
La vente de ces nègres n'ayant lieu qu'à crédit, je vous invite à prendre des renseignemens
sur la solvabilité des habitans qui se présenteront pour en acheter. Vous ferez bien de vous
cn rapporter à ce que vous dira M. de Fiedmond.
Vous aurez une pirogue et un équipage pour
vous ramener à Oyapock avec le commandant,
quand vous voudrez partir : vous ferez bien de
profiter de votre séjour pour visiter quelques
habitations; je vous indique particulièrement
celle de M. Kerckow, qui a le premier desséchéles terres basses selonla méthode pratiquée à
Surinam Allez aussi voir la sucrerie de Beauregard, dont le régisseur, nommé Guion, est
Phomme de ce pays-ci le plus entendu en culture; consultez-le sur la police à établir parmi
VOs nègres; examinez la qualité des terres hautes
(*) Je n'avais pas alors été à Surinam, dont les travaux
étoient mal imités par M, Kerchow.
. Kerckow, qui a le premier desséchéles terres basses selonla méthode pratiquée à
Surinam Allez aussi voir la sucrerie de Beauregard, dont le régisseur, nommé Guion, est
Phomme de ce pays-ci le plus entendu en culture; consultez-le sur la police à établir parmi
VOs nègres; examinez la qualité des terres hautes
(*) Je n'avais pas alors été à Surinam, dont les travaux
étoient mal imités par M, Kerchow. --- Page 353 ---
0 F F I CI E L L E.
à celles d'Oyaqu'il travaille, pour les défricher. comparer Il est probable,
pock, , que vous allez m'a dit, qu'elles ont plus
d'après ce que l'on de M. Kerckow.
d'analogie avec celles domaine; j'ai donné
Allez au bureau du
recevoir et de vous
ordre au directeur de vous et les états d'excommuniquer les recensemens afin
vous en conportation de la colonie,
que vous
total et que
puissiez
noissiez le produit de la culture de chaque
juger de la force et
quartier.
de retour à Oyapock, vous
Quand vous serez
lordre ci-joint, ,
remettrez au garde-magain
et vous
lequel il cessera ses fonctions,
d'après
bâtimens, effets, nègres
remettra les magasins, dont vous serez chargé
et ustensiles du poste,
par inventaire.
- là, l'approviVous aurez, dès ce moment
de
la disposition
sionnement de la garnison,
et du
boulangerie des magasins
Phôpital,
fournirez la ration aux
gouvernement; ; vous
du commandants
soldats effectifs, sur les reçus ils seront malades,
vous les ferez traiter, quand et vous n'aurez
à raison de 30 sous par jour, administration qu'à
à répondre de cette petite à faire à la com-,
moi, pour les remboursemens
pagnic. --- Page 354 ---
Conn E S P O N D A N C E
L'ordre à observer pour la
comptabilité en
cette partie sera un extrait de revue par chaque
mois, pour la solde et ration du
et'un état de journées
détachement,
d'hôpitaux certifié du
commandant.
Le commandant continuera ses fonctions jusqu'à nouvel ordre : nous vous en avons dit hier
les raisons. Je vais vous les répéter.
Si votre compagnie étoit seule établie dans
le territoire
d'Oyapock, un sergent et quinze
hommes suffiroient assurément pour votre sûreté
et Ia police de VOS nègres; mais vous avez affaire à soixante propriétaires, dont les intérêts
peuvent être en opposition avec ceux de la
compagnie. Si cela arrive, quel seroit le médiateur? Si vous avez à vous plaindre de ces
gens-là, à qui auriez- vous recours P seroit-ce
au sergent , comme votre subordonné P Mais
outre que nous ne pouvons pas vous attribuer
une autorité sur un détachement militaire
nous pouvons encore moins vous donner juri- s
diction sur les habitans. Ce seroit gratuitement
les éloigner de vous et vous rendre odieux à
tout le quartier ; vous n'y seriez plus en streté;
les particuliers se croiroient sacrifiés et vendus
à la compagnie, et vous auriez tout à craindre
de leur ressentiment dans le début, sur-tout où
comme votre subordonné P Mais
outre que nous ne pouvons pas vous attribuer
une autorité sur un détachement militaire
nous pouvons encore moins vous donner juri- s
diction sur les habitans. Ce seroit gratuitement
les éloigner de vous et vous rendre odieux à
tout le quartier ; vous n'y seriez plus en streté;
les particuliers se croiroient sacrifiés et vendus
à la compagnie, et vous auriez tout à craindre
de leur ressentiment dans le début, sur-tout où --- Page 355 ---
OFF I C I E L L E.
vous met vous et vos nègres
votre inexpérience
qu'un homme
à leurmerci. I est doncnécesaired et du bon
de la tranquillité
sage nous réponde Ses instructions seront de
ordre du quartier.
en toute chose, et
vous aider et vous protéger vous auriez tort,
de suspendre, lors même que
contre vous et vos employés,
toute voie coactive
réservant imméM. le gouverneur et moi nous
diatement de pronioncer sur ce qui vous regarde. faculté
de cet officier, la
Mais la présence habitant qui se croiroit lésé par
qu'aura chaque
directement à lui, arrêtera
vous, de s'adresser
contre vos
toute inquiétude
toute fermentation,
vous aurez tout le
projets et vOS opérations ;
sans en avoir
bénéfice de cette police intérieure,
rien à craindre.
les plus
Ainsi, Monsieur, les considérations
à l'intérêt dela compagnie,
graves se réunissent
desire sur
déférer à ce qu'elle
pour ne point
ait
cela. Si elle persévère à demander quiln'y Torde commandant, et que le ministre
point
obéirons, mais avec la cerdonne ainsi, nous.
à l'ordre
titude de faire une chose prejudiciable
public et à votre propre sûreté.
à vous rapVoilà à peu près tout ce que j'ai à présent.
peler et à vous recommander quant du local et des
Instruisez : vous, Monsieur, --- Page 356 ---
CORRE S P N D A N C E
détails de culture ct de commerce qui doivent
vous occuper. Je ne sais pas encore si vous
méritez la confiance de VOS commettans. Je serai
plus empressé que personne à vous rendre justice et à faire valoir VOS services auprès de votre
compagnie; mais son entreprise intéressant fort
le gouvernement et la colonie, je ne lui dissimulerai aucune de VOS fautes, si j'apprenois que
par erreur ou autrement vous fassiez de fausses
opérations. Je veillerai ici avec le plus grand
soin à ce que ses fonds ne soient point aventurés et ses espérances déçues. L'ordre, l'intelligence et l'expérience peuvent conduire ses
entreprises à bien et les rendre très-fructueuses
pour cette colonie; vous en êtes chargé, vous
n'éprouverez que bienveillance et protection :
vous répondez de l'événement.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé, MALOUET.
Je pars ce soir; je n'ai pas le temps de répondre à la lettre de la compagnie : vous pouvez
Jeur faire part, en attendant, de celle-ci,
érances déçues. L'ordre, l'intelligence et l'expérience peuvent conduire ses
entreprises à bien et les rendre très-fructueuses
pour cette colonie; vous en êtes chargé, vous
n'éprouverez que bienveillance et protection :
vous répondez de l'événement.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé, MALOUET.
Je pars ce soir; je n'ai pas le temps de répondre à la lettre de la compagnie : vous pouvez
Jeur faire part, en attendant, de celle-ci, --- Page 357 ---
OFF I C I E L L E.
LET T TR E
A M. le prince de, CoNTI.
Cayenne, 6 mars 1777.
Mr.,
la lettre dont votre altesse sérénisJAI reçu honoré, La protection que vous acsime m'a
de la Guiane, suffisoit
cordez à la compagnie
ses
pour me rendre entreprises recommandables, liés à
quand même ses succès ne seroient pas
dont je suis chargé.
ceux de ladministration celle de l'intérêt de la
Cette considération, ont été faites, du discolonie, des fautes qui y m'avoient déja fort
crédit qui en est la suite,
j'ai rendu
occupé dans le premier compte que
avant mon départ, de la concession
au ministre,
la compagnie : j'ai
demandée et obtenue par
de
M., dans l'examen de ce projet, plus
vu, difficultéset de risques, que de succèsprobables;
m'en suis ainsi expliqué avec M. de Sartine.
je Mes raisons étoient, quant au commerce, que la
bénéfices sont aujourd'hui fondés, par
ses
l'économie et l'industrie perconcurrence, sur
l'agence
sonnelle de ceux qui s'y livrent ; que
et commisintermédiaire des, facteurs, employés --- Page 358 ---
CORR E S P O N D A N.C E
sionnaires d'une compagnie non privilégiée, ,
devoit absorber en frais une partie des produits;
que le commerce de l'Amérique en général,
sauf celui de Ja mer du Sud, ne donnant pas
plus de sept à dix pour cent aux armateurs
travaillans par eux-mêmes, les erreurs, négligences ou infidélités possibles de la part des
agens intermédiaires, pouvoient altérer les capitaux. Quant aux projets de culture, sept ans
de séjour à Saint - Domingue m'avoient appris
les difficultés d'une entreprisc en ce genre. Je
savois qu'un homme capable pouvoit, avec des
moyens suffisans, fonder une grande fortune en
Amérique; qu'une bonne terre, travaillée avec
intelligence par un atelier bien dirigé, double
tres-promptement les capitaux du propriétaire:
mais la peine que j'ai eue moi-même à établir
l'ordre sur mon habitation, et à trouver un
homme en état de la bien conduire; la multitude
de régisseurs infdèles ou ignorans que j'ai vus
dégrader les biens qui leur étoient confiés; enlin
le mauvais succès de diverses entreprises déja
faites à Cayenne par plusieurs compagnics, 9 me
faisoient craindre un même sort pour celle-ci.
Telles furent, M., mes observations à M. de
Sartine. Je vis ensuite M. Paultz, qui me comnmuniqua SeS plans et ses projets; j'y reconnus,
conduire; la multitude
de régisseurs infdèles ou ignorans que j'ai vus
dégrader les biens qui leur étoient confiés; enlin
le mauvais succès de diverses entreprises déja
faites à Cayenne par plusieurs compagnics, 9 me
faisoient craindre un même sort pour celle-ci.
Telles furent, M., mes observations à M. de
Sartine. Je vis ensuite M. Paultz, qui me comnmuniqua SeS plans et ses projets; j'y reconnus, --- Page 359 ---
orFI I C IE L I E.
malgré des erreurs de détail, le caractère d'un
homme actif, éclairé, qui joint à P'habitude
la connoissance du commerce et
des "affaires
autant
de ses chances, et qui avoit acquis,
qu'on le peut dans son cabinet, des lumières sur
la culture et ladministration des colonies; je
vis que la compagnie embrassant plusieurs
objets de commerce sur la côte d'Afrique et dans
les Antilles, pouvoit, par un mouvement bien
ordonné, combiner des expéditions utiles; que la
seule fourniture des nègres, encouragée par le
gouvernement, étoit déja un objet important.
Je revins au ministre, et sollicitai instamment
Cayenne la prime d'introduction qui a
pour été accordée. Voilà en quoi, MF., on a pu
vous dire que j'avois suggéré cette entreprise
de la compagnie. Mais j'insistai sur un autre
point non moins important, que je n'ai pas
obtenu, c'est le choix très a scrupuleux des directeurs ou agens qu'on devoit envoyerici.J'anétoit nécessaire de n'employer que
nonçai qu'il
connoissant le commerce
des gens intelligens,
euxet la culture des colonies, capables par d'acmêmes d'inspirer confiance aux colons et
créditer les entreprises de la compagnie, qui
effraie ici les autres armateurs, et qui a à
craindre de leur part les embiches de la rivalité. --- Page 360 ---
Cona E S P O N D A N C E
J'ai trouvé, en arrivant, la' colonie persuadée
qu'on vouloit la mettre sous le joug d'un privilége exclusif, parce que le bruit en avoit été
malignement répandu. Je: n'ai ricn négligé pour
effacer cette impression; j'ai dit en public et en
particulicr ce qui convenoit pour fixer les opinions. J'ai fait valoir l'avantage très-réel de la
fourniture de nègres; mais la défiance subsiste,
et les agens que l'on a envoyés ne la détruiront
pas. J'étois au moment de faire un voyage dans
l'intérieur des terres, Jorsqu'ils sont arrivés. J'ai
donné au directeur le temps nécessaire pour
l'entendre et l'instruire de ce qu'il avoit à faire
de plus utile; je lui ai laissé mes recommandations par écrit; j'ai reconnu en lui de la docilité et le desir de bien faire, mais peu de
moyens.
Dans le voyage que je viens de faire dans le
nord, j'ai visitéla majeure partie des habitans,
et je les ai mis dans le cas de desirer de prefiter
de l'avance de nègres projetée. J'en placerai
sûrement au moins cent au premier envoi; et
si les cargaisons sont belles 7 je ne doute pas
qu'elles ne se vendent ici fort bien.
L'intérêt que votre altesse prend aux succès
de la compagnie, m'a engagé à lui rendre un
compte détaillé de mes opinions et de ma ma-
j'ai visitéla majeure partie des habitans,
et je les ai mis dans le cas de desirer de prefiter
de l'avance de nègres projetée. J'en placerai
sûrement au moins cent au premier envoi; et
si les cargaisons sont belles 7 je ne doute pas
qu'elles ne se vendent ici fort bien.
L'intérêt que votre altesse prend aux succès
de la compagnie, m'a engagé à lui rendre un
compte détaillé de mes opinions et de ma ma- --- Page 361 ---
OFFI I C I E L L E.
; elles penvent acnière de voir ses entreprises; l'accroissement
infiniment
célérer ou retarder
de cette colonie.
Ms"., la protection
Je n'avois garde d'oublier,
et la recomdont vous honorez MM. Prepaud,
faite de
mandation que votre altesse m'avoit
leurs intérêts. Je ne suis pas content
soigner
leurs affaires. J'ai visité leurs
de l'état où sont
successives dans le
habitations. Des variations
des fautes
et les principes de culture 5
genre
à leur arrivée dans ce pays-ci; des
multipliées
et mal exécutés ont angtravaux mal conçus
les revenus. M. de
menté les dettes et diminué
à la tête de
Lacroix a mis un homme capable
la sucrerie, et il en faudroit encore deux pour
habitations. Le ministre me donne
les autres
est dû
la maison Prepour comptant ce qui
par exacteient
paud, et je ne peux les faire payer
les écraser tout à fait, ce qui ne m'arrivera
sans ils auroient besoin de la même indulgence
pas;
de
d'une réduction 2 d'intérêts de la part
et
Celui des deux frères qui n'est plus a
l'union.
de toute la colonie. Il avoit
emporté les regrets
et se laisfait des fautes, mais illes connoissoit
honsoit conduire. Celui qui reste est un fort
homme, travaillant beaucoup, ruinant sa
nête
santé, mais inconstant dans ses projets; passant --- Page 362 ---
CORRES: P O N D A N C E
de l'un à l'autre sans réflexion, et persévérant
seulement dans sa manière d'être. Je lui ai dit
franchement mon avis, et il me fuit. Un seul
parti me paroîtroit utile à madame Prepaud et
à ses enfans : ce seroit de retirer les fonds qu'elle
a compromis dans cette acquisition, et de rendre
les biens avec les dettes aux créanciers, s'ils
veulent y accéder. Je ne vois pas d'autre moyen
d'assurer son repos.
Je recevrai, Ms., en toute occasion et avec le
plus respectueux dévouement, les ordres et
recomimandations de votre altesse.
Je suis, avec le plus profond respect, etc.
Signé, MALOUET.
LETTRE PARTICULIÈRE. (No, 46.)
Administration générale. - - Visite des postes.
Cayenne, le 26 mars 1777.
M.,
JE viens de visiter tous les postes et quartiers
de la colonie, au nord et au sud; j'ai vu tous
les habitans chez eux; j'ai remonté l'Oyapock,
Appronague et Sinnamari, à vingt lieues de
de votre altesse.
Je suis, avec le plus profond respect, etc.
Signé, MALOUET.
LETTRE PARTICULIÈRE. (No, 46.)
Administration générale. - - Visite des postes.
Cayenne, le 26 mars 1777.
M.,
JE viens de visiter tous les postes et quartiers
de la colonie, au nord et au sud; j'ai vu tous
les habitans chez eux; j'ai remonté l'Oyapock,
Appronague et Sinnamari, à vingt lieues de --- Page 363 ---
0 F I C I IL L E.
J'ai parcouru plusieurs monJeur embouchure.
les terres hautes. Je
tagnes, lés terres basses, l'assemblée, de mes
vous rendrai compte, après
n'ai
observations générales et de mes vues; je
qu'à les écrire : mais je ne saurois trop
plus hâter de vous dire que cette colonie est aussi
me
lieu dur monde:
pauvre, aussi misérablequ'ancan) habitant mourant
J'ai trouvé à Oyapock un
exactement de faim dans sa chaumière, éloignée
lieues de toute autre habitation. J'en
de sept
ne vivant que de
ai vu plusieurs à Approuagne obstrués, lanracines, n'ayant ni pain ni vin,
de la
Tel est le sort
guissans sur leurs grabats.
distribués
plupart des petits habitans qu'on a
avecl leurs familles
sur les rivières, sans nègres,
seulement, qui se : détruisent et disparoissent
Les plus industrieux, les plus
successivement.
entre Sinrobustes ont échappé; - et j'ai vu,
dont le
hommes
namari et Kourou, quelques
succès m'ont étonné. Un nommé
travail et les
ancien soldat, cultive seul sept arpens
Gervais,
en vivres et en cotons. Cet
de terre plantés
d'an trèshomme a, par son travail, l'existence
il est
d'un grand
riche paysan ;
propriétaire état d'acheter
troupeau, et est aujourd'hui en dans toute la
quatre nègres. Il y en a pent-être
tout le
de cette espèce;
colonie une vingtaine
reste a péri ou vit misérablement. --- Page 364 ---
Con R E S P O N D A N C E
Les habitans de la première classe sont en g6néral mal-aisés ; je n'en excepte qu'une douzaine, parmi lesquels j'ai vu des hommes laborieux et intelligens, travaillant presque tous
de mauvaises terres. La plupart dcs autres sont
malheureux, endettés, travaillant et vivant mal.
Le sieur Rochelle, acquéreur de M. Dubucq,
est un de ceux qui m'a le plus étonné : cet
homme a gagné cent mille écus à SaintDomingue, et il est venu les fondre ici sur une
détestable terre. Je l'ai trouvé nu, travaillant
avec ses nègres, et n'ayant dans sa maison ni
meubles ni provisions.
Il est impossible que ce M. Rochelle paie
jamais trente - neuf mille francs à l'acquit de
M. Dubucq; il ne l'cst pas moins que je tire
des habitans la moitié de ce qu'ils doivent au
Roi.
Jen'ai encore poursuivi personne, et de toutes
les requêtes qui nous ont été présentées par. le
commerce, il n'est résulté encore aucun emprisonnement : nous n'avons fait qu'écrire des
lettrcs pressantes, et cette pauvre colonic est
en alarme ; ils disent, M., que vous m'avez
envoyéici pour leur faire payer cec qu'ilsdoivent,
et les vendre ensuite à la compagnic.
N'exigez donc pas, M., que je me rende
ce qu'ils doivent au
Roi.
Jen'ai encore poursuivi personne, et de toutes
les requêtes qui nous ont été présentées par. le
commerce, il n'est résulté encore aucun emprisonnement : nous n'avons fait qu'écrire des
lettrcs pressantes, et cette pauvre colonic est
en alarme ; ils disent, M., que vous m'avez
envoyéici pour leur faire payer cec qu'ilsdoivent,
et les vendre ensuite à la compagnic.
N'exigez donc pas, M., que je me rende --- Page 365 ---
) FF I C I E L L E.
odieux par des poursuites) inutiles.
gratuitement demandé un état général des dettes
Nous avons
invitant les
de titres
des habitans, en
porteurs
le montant. Cette opéà nous en commaniquer modérer, suspendre
ration est nécessaire pour déclaration du Roi;
ou exécuter la dernière
si la colonie doit trois années de son recar,
que nous la fassions
venu, il est, impossible habitans croient cepayer en une récolte. Les
ancette demande de notre part
pendant que
nonce des projets fâcheux.
conseiller, a
La cession que M. Demontis,
faite de ses biens à ses créanciers, est un autre
d'alarme pour les débiteurs. Cependant il
sujet
de Ty déterminer; car en leur abanétoit temps
donnant tout, il fait perdre encore soixantedix pour cent à ses créanciers : quelques conseillers, à cette occasion, m'ont trouvé sévère;
ce qui me les fait croire trop indulgens. dans
La compagnie de la Guiane m'a occupé
faite à Oyapock. Ma lettre à ses
la visite que j'ai
de vous comadministrateurs, quejaifhonneur
vous instruira, M., de ce que je
muniquer,
de ses opérations et de ses agens.
pense Ces MM. m'ont écrit, et m'ont fait écrire par
de Conti, que c'est par mes inM. le prince
fait des
sur ce
sinuations qu'ils ont
entreprises
1. --- Page 366 ---
Cox R E S P O N D A N C E
pays-ci. Je ne peux pas concevoir d'oùt leur est
venue cetteidée; j'en appelle à vous-même, M.:
j'étois beaucoup plus éloigné à Paris, que je ne
le suis à Cayenne, de tout projet sur Oyapock ;
mais je pense aujourd'hui, comme alors, qu'il
faut d'autres hommes pour réussir.
J'ai eu l'honneur de vous écrire du Havre ce
que je pensois du commissionnaire de cette
compagnie: l'envoi qu'il a fait en hommes et
en denrées, justifie mnon opinion. Ses employés,
ouvriers, farines et vins, composent une triste
cargaison. Si Tapprovisionnement des troupes 2
confié à la compagnie et par elle à ses commissionnaires dans les ports, n'est pas fait avec plus
de soin, nous courons le risque d'être dans la
disette; car les comestibles ne peuvent se conserver dans un pays humide et chaud, qu'autant
qu'ils sont de la première qualité.
Le marché fait pour la fourniture de nègres
peut aussi, dans son exécution, devenir infructueux à la compagnie, ou onéreux à la colonie,
par l'espèce de nègres qui seront envoyés à
Cayenne. On n'y fait aucun cas des Sénégalois,
qui supportent moins qu'ancune autre nation le
travail de la terre. Si, outre cette considération,
les agens de la compagnie font encore un triage
dans leurs cargaisons, envoient ici les nègres
fait pour la fourniture de nègres
peut aussi, dans son exécution, devenir infructueux à la compagnie, ou onéreux à la colonie,
par l'espèce de nègres qui seront envoyés à
Cayenne. On n'y fait aucun cas des Sénégalois,
qui supportent moins qu'ancune autre nation le
travail de la terre. Si, outre cette considération,
les agens de la compagnie font encore un triage
dans leurs cargaisons, envoient ici les nègres --- Page 367 ---
OFF-IC I E L L E.
la prime, et les plus
inférieurs pour gagner
beaux aux âles du vent, cette manceuvre, qu'on
éloignera les acheteurs.
leur impute déja,
assurer le paieMais, dans tous les cas, pour
du
et de Vintérêt à huit pour
ment
capital,
doit la colonie, ce
cent, il faut savoir ce que
qui lui reste de revenus libres, et quelle somme
de crédit elle peut supporter. Voilà ce que
j'avois demandé à la première assemblée, ce
demandons encore aux porteurs de
que nous
d'être vencréances; et la crainte extravagante
les empêchera de nous
dus à cette compagnie,
satisfaire.
dans] la forLa compagnies'este encore trompée
mule de vente qu'elle a établie pour éviter en jula réduction des huit pour centà l'intérêt
gement
légal. Ils font consentir une première obligation
la vente du nègre, et une seconde
pour la ferme à huit pour cent du nègre vendu:
pour
lun l'autre, le même
ces deux actes s'annulent
d'une vente et
objet ne pouvant être la matière
d'une ferme. Il seroit mieux qu'ils ajoutassent
les huit pour cent, pendant cinq ans, au capital,
les
HEST
année, lors du paiement accompli avant
par
oublié cette observation dans ma
cinq ans : j'ai
aussi,
lettre. J'ai Phonneur de vous envoyer --- Page 368 ---
Cox A E S P O N D A N.C E
M:, la réponse que j'ai faite à M. le prince de
Conti,' etlesinstructionsquefailaisées au directeur d'Oyapock.
Je ne néglige rien pour vous faire connoître
tout ce qui peut nuire à une entreprise faite
sous VOS auspices. Une compagnie bien dirigée
réussiroit à former un riche établissement; mais
la ferme générale en corps, livrée à la cupidité
ou à l'ignorance de ses agens, ne parviendra qu'à
se ruiner.
Je ne sais si ces MM. trouveront à Paris un
homme tel que je le conçois; propre à la direction de leurs entreprises de culture. J'en connois
un ici, mais qui ne pourroit y être déterminé
que par vous, M., et par des distinctions autres
qu'un traitement. C'est le chevalier de Bois-Berthelot, excellent habitant. Jene l'ai point consulté pour vous le proposer; mais j'ai vu, par ce
qu'il a fait avec très -peu de nègres, ce qu'il est
en état de faire.
J'espère, M., que vous ne compterez pas par
années mes services à Cayenne; vous voyez comment j'emploie les semaines et les mois.
Je suis, etc.
Signe, MALOUET.
, M., et par des distinctions autres
qu'un traitement. C'est le chevalier de Bois-Berthelot, excellent habitant. Jene l'ai point consulté pour vous le proposer; mais j'ai vu, par ce
qu'il a fait avec très -peu de nègres, ce qu'il est
en état de faire.
J'espère, M., que vous ne compterez pas par
années mes services à Cayenne; vous voyez comment j'emploie les semaines et les mois.
Je suis, etc.
Signe, MALOUET. --- Page 369 ---
OFF I C I E L L E.
COMMUNES. (No. 15.)
LETTRES
Assemblée nationale.
Cayenne, le 8 janvier 1797.
M.,
de la colonic que
des députés
ordres, s'est
L'ASSEXILEE
par VOS
nous avons convoquée satisfaction de ceux qui
tenue hier à la grande
des habitans.
et de l'universalité s'étoit vue honola composent,
colonie ne
du
Jamais cette pauvre
flatteuse de la bonté
rée d'une marque aussi de son ministre. Les
Roi et de la bienveillance pays qu'ils habitent,
Français, dans quelque
manifester
autre peuple
savent mieux qu'ancun
Si vous aviez pu
la sensibilité qui les distingue. vous nous avez projouir, M., du spectacle touché que d'antant plus, que
curé, il vous auroit
connoit mieux que
n'apprécic et ne
la bienfaisance.
personne
qu'inspire
vous les sentimeris consignés dans la lettre que
Vous les trouverez
en sortant de l'asont adressée les députés
encore
nous
vous envoyer
semblée. Nous ne pouvons séance; il ne sera expédié
le procès-verbal de la L'importance des objets
dans quelque jours.
a fait
que
que nous avons proposés,
de délibération --- Page 370 ---
Con R E S P O N D A N C E
desirer la prorogation de l'assemblée jusqu'aux
fêtes de Pâques, et nous y avons consenti. Nous
faisons remettre à chacun des députés copie de
nos propositions et note des objets sur lesquels
ils doivent prendre des instructions dans leurs
quartiers; ils vontses séparer dans quelquesjours,
et répandre parmi leurs concitoyens l'impression profonde des bonnes intentions du Roi et
des vêtres, M., ainsi que la nécessité d'y cor=
respondre par leur zèle, leurs trayaux et leurs
recherches.
Lorsque nous avons ouvert la séance, les
esprits étoient encore dans une sorte d'inquiétude sur ce qui alloit se passer ; on ignoroit
ce qu'on avoità espérer ou à craindre : un spectacle nouveau, auquel nous avons cru devoir
mettre de la dignité, frappoit seul Jes regards;
anais. l'exposition. successive des volontés du Roi,
de VOS vues, de nos opinions, et ensuite de'vos
dépêches en commandement de nosinstructions,
des devoirs qni nous sont imposés, des pouvoirs
dont nous sommes revêtus, et des bornes qui
y sont assignées: : ce développement desagesse et
d'équité a fait P'impression la plus touchante.
Le respect, l'admiration et la joie étoient dans
tous les yeux; chacun se félicitoit, d'être témoin
de cette heureuse époque; tous étoient honorés
de nos opinions, et ensuite de'vos
dépêches en commandement de nosinstructions,
des devoirs qni nous sont imposés, des pouvoirs
dont nous sommes revêtus, et des bornes qui
y sont assignées: : ce développement desagesse et
d'équité a fait P'impression la plus touchante.
Le respect, l'admiration et la joie étoient dans
tous les yeux; chacun se félicitoit, d'être témoin
de cette heureuse époque; tous étoient honorés --- Page 371 ---
0 FI FI C I E L L E.
quelque chose dans la déd'être comptés pour
à leurs
libération. La Guiane s'est agrandie
instant a vu naître un esprit public
yeux; et cet
Ils sentent tous que leurs
et des vues générales. de leur sort, en détermiopinions vont décider En effet, M., si, avant
nant le parti à prendre.
hommes
de faire des projets et d'aventurericidest le
que votre
de
on eût pris parti
et
Pargent,
seroit déja florissagesse a adopté, ce pays-ci
M. Malouet
plus personne.
sant, oul n'occuperoit non de vous avoir pros'estime donc heureux, senlement les moyens de
posé un plan, mais de cause tous les plans
juger en connoissance
proposés.
M., à l'occasion dercette assem8 Nous avons, observation à vous faire sur ce
blée, une petite
est pauvre, et nous
qui nous regarde. Ce pays-ci les seuls riches. Notre
y sommes, en apparence, nous forcent de réunir
état et un usage ancien
manger: -
sonventleshatitanse et de leurdonnerà calculé
traitement n'est cépendant point
notre
qui ruine M. de Fiedmnond;
sur cette nécessité,
de ne souscrire
mais il est dans ses principes réflexion juste de
complaisance à cette
que par
ne la répétera plus, parce
M. Malouet, qui
traitement le place auqu'il espère que si son
sa conduite
dessous des autres administrateurs, --- Page 372 ---
CoRR E S P N D N C E
le mettra de pair avec les plus honnêtés et les
plus zélés.
Nous sommes, etc.
Signe, FIEDMOND et MALOUET.
L E T T R E
De MM. les députés de lassemblée nationale
à MM. de FIEDMOND et MALOUET.
Cayenne, le 8 janvier 1777MM.,
Sz lesr motifs qui nous ont rassemblés nous
ont engagés à ne rien prématurer, et à demander
un délai afin de répondre aux intentions du
Roi, nous ne saurions trop hâter le moment de
témoigner à sa majesté la reconnoissance dont
nous sommes pénétrés : elle se joint au respect,
à l'amour et à la fidélité la plus inviolable.
Nous vous prions donc, MM., de faire
venir, par la plus
parprompte occasion, nos sentimens aux pieds du trône. Nos coeurs sont dans
un état de jouissance qu'ils n'avoient pas encore
connu; c'est aux soins d'un ministre éclairé que
nous devons ce bonheur; et quand nous vous
émoigner à sa majesté la reconnoissance dont
nous sommes pénétrés : elle se joint au respect,
à l'amour et à la fidélité la plus inviolable.
Nous vous prions donc, MM., de faire
venir, par la plus
parprompte occasion, nos sentimens aux pieds du trône. Nos coeurs sont dans
un état de jouissance qu'ils n'avoient pas encore
connu; c'est aux soins d'un ministre éclairé que
nous devons ce bonheur; et quand nous vous --- Page 373 ---
OF F I CIEL L E.
notre zèle et notre
prions de l'assurer que par
la Guiane
de fixer sur
activité nous tâcherons
nous nous
la continuité de sa bienveillance,
sentons flattés que ce soit par vous que nos sentimens lui parviennent.
Nous sommes, avec respect,
MM.,
Vos tres-humbies, etc.
ROBERT, CanSigné, VALLET DE FAYOLLE,
RÈRE-BOURDA, DONENGER, BenTaAND,JemIx,
Irmnnassox,Decorx,) ,LECHER DEFRANQUNVILEE,
MATTEREAUP, LAFORET, PINAU,
CLARAC,
PFEUGUI et CALTES.
CHAMBLI DE COURNOYER,
LET T RE (No. 16.)
Conseil supérieur.
Cayenne, 27 janvier 1777M.,
de M. Molère, la vacance
Ls départ prochain
d'assesseurs,
d'un office de conseilleretd de deux
l'alliance de quatre autres conseillers qui ne
connoître des affaires qui regardent
peuvent
différentes considérations nous
l'un d'eux : ces --- Page 374 ---
Con R I S P O N I A N C E
ont fait desirer de remplir les places d'assesseurs
vacantes; mais après bien des recherches, nous
n'avons pu trouver de sujets capables parmi les
habitans. Ceux quivoudroient entrer au conseil
n'y sont pas propres par le mauvais état de leurs
affaires et par le défaut de connoissances 3 et
désormais, 2 M., nous n'avons. de ressources
pour remplir les places vacantes au conseil, que
les officiers d'administration, quand il y en aura
d'éclairés. Le plus grand nombre des habitans
de cette colonie étanttres-pauvres et sans moyens
d'instruction pour eux et leurs enfans, il est
impossible de trouver parmi eux des sujets Capables d'exercer une magistrature. Ceux qui
composent aujourd'hui le conseil sont encore
ce qu'il y a de mieux pour la fortune et les
connoissances, quoiqu'ils ne soient pas tous ce
qu'ils devroient être. Mais, tels qu'ils sont, la
génération présente ne leur offre point de successeurs. M. de Macaye est fort cassé, presque
avengle et d'une très-mauvaise santé. Chargé
seul du ministère public, parlant dans toutes
lcs affaires civiles, parce que ses lumières ct la
nettcté de ses idécs sont d'un grand secours
aux parties et aux juges, il est impossible qu'il
continue d'aussi pénibles fonctions. Nous vous
demandons un substitut qui puisse l'aider et se
la
génération présente ne leur offre point de successeurs. M. de Macaye est fort cassé, presque
avengle et d'une très-mauvaise santé. Chargé
seul du ministère public, parlant dans toutes
lcs affaires civiles, parce que ses lumières ct la
nettcté de ses idécs sont d'un grand secours
aux parties et aux juges, il est impossible qu'il
continue d'aussi pénibles fonctions. Nous vous
demandons un substitut qui puisse l'aider et se --- Page 375 ---
OFFI C I E L L E.
former sous ses yeux; mais nous vous prions de
avec un traitement qui puisse le
nous l'envoyer
demandons aussi une
faire vivre. Nous vous'
M. de Macaye; il est probable que
pension pour
Ce magistrat
le Roi ne la paiera pas long-temps. fonctions de
ans les
proexerce depuis quarante
dans un
cureur général, eti il se seroit distingué
de France. Il vit dans la plus grande
parlement
ne s'est jamédiocrité, et son désintéressement
mais démenti. Les vingt-six mille francs qu'il
être payés ni par lui
doit au Roi, ne peuvent
ni
ses héritiers. Nous vous prions, M. 7
par
l'abolition de cette
d'ajouter à sa pension
dette. différons de vous adresser la note des
Nous
MI. Malouet ne les comnoit
officiers du conseil;
vous
point encore assez particulièrement d'eux. pour Il a été
dire ce qu'il pense de clacun
témoigner
chargé, comme président, de vous
Mla sensibilité de la compagnie ala lettre de reproches que vous nous avez adressée, relativement
aux dettes, à Pinexactitude et T'inapplication ont
conseillers. Deux commissaires
de quelques
disculper le corps de ce qui
été nommés pour
tels ou tels. Nous
n'est sans doute personnelqu'i classe,
M. Dn... dans cette
quant
avons jugé
lavons déterminé à abanà ses dettes; et nous --- Page 376 ---
364 COARES P O N D A N C E
donner son bien à ses
du conseil
créanciers, ou à se retirer
: il a choisi le premier parti. Nous
n'avons point encore reçu de
aucun autre conseiller,
plaintes contre
croire
et nous avons lieu de
qu'ils les préviendront. On
néral persuadé
paroît en géfermeté
que nous tiendrons la main avec
à l'exécution des ordres du Roi : telle
est en effet notre intention.
Pour éviter toute surprise sur l'espèce des
titres exécutoires, d'après lesquels le
neur ordonne
gouverl'emprisomnement des
nous avons
débiteurs,
assigné un jour de la semaine
en faire l'examen, et
pour
la contrainte
prononcer sans exception
la
par corps contre tous ceux dont
condamnation nous est présentée :
M., il ne peut plus vous parvenir de ainsi,
fondées sur les
plaintes
non-paiemens, à moins
ne soit contre nous
que ce
exactitude étoit devenue personnellement. Cette
celle des
nécessaire pour exciter
tribunaux, des habitans, et faire
naître la confiance du
recréancier de
commerce ; mais le Roi,
ces mêrnes habitans, doit être plus
indulgent que le législateur; ; et VOS
sur cette matière, si
principes
sagement expliqués dans
une de vos dépêches personnelles à M.
sont un peu contrariés
les
Malouet,
rieurs
par
ordres postéque vous lui donnez pour les recouyremens.
aire pour exciter
tribunaux, des habitans, et faire
naître la confiance du
recréancier de
commerce ; mais le Roi,
ces mêrnes habitans, doit être plus
indulgent que le législateur; ; et VOS
sur cette matière, si
principes
sagement expliqués dans
une de vos dépêches personnelles à M.
sont un peu contrariés
les
Malouet,
rieurs
par
ordres postéque vous lui donnez pour les recouyremens. --- Page 377 ---
OFF I C I E L L E. de la jusNons revenons à ladmninistration mal dans la
s'exerce tant bien que
tice, M.; elle
mais dansle continent,
ville et l'ile de Cayenne; iln'en est pas question. Les
au nord et au sud, les partages, les succesmineurs, les veuves,
tout est en désordre :
sions, les délits communs, veiller à ce qui se passe à
un seul juge ne peut tribunal ; nous ne sommes
soixante lieues de son
peine et: crarement
nous-mêmes informés qu'avec Pour les grands
événemens.
et lorsque
des principaux
de justice ;
le
crimes il y a transports à Sinnamari, outre que
c'est à Oyapock ou
à Cayenne, ces déplasiége reste alors vacant
au: roi;il y a quinze
cemens coûtent énormément nègre a coûté 4000 fr.
mois que l'assassinat d'un de créer des juges dans
et
Il est Vscindispenaule éloignés, 2 Oyapock
les deux postes les plus
de ces juridictions
Sinnamari : la première
la seconde jussétendroit jusqu'à Appromague, sûrs de trouKourou. Nous ne sommes pas
; mais
qu'à
en état de remplir ces places
et
ver des gens
autorisés à y pourvoir, Nous
lorsque nous serons nous y nommerons.
quild'en présentera,
de la collection
demandons des exemplires de Ferrière, de
vous
de Denisart, , de 1670 5 nous
de jurisprudence
de celle
Tordonnance de 1667,
et ils prononaux nonvesuxjages,
les donnerons le livre à la main.
ceront --- Page 378 ---
366 - Corni E S P O N D 4 N C E
Celui de Cayenne et le procureur du roi sont
fort occupés et fort mal payés; les transports
pour les procédures criminelles qui se font à la
charge du roi, forment le produitle plus net de
leur place. Les frais de justice en général, payés
par le domaine, tant pour les transports que les
auditions de témoins > escorte de criminels
gite, geolage, etc., s'élèvent ici à 14,000 fr.
par année. Du petit intérêt qu'ont les juges à
multiplier les instructions criminelles, il résulte
qu'on poursuit extraordinairement tous les esclaves malfaiteurs. Un nègre qui vole dans les
autres colonies, en est quitte pour le fouet; son
maître paie le dommage,et l'esclave puni rentre
dans l'atelier : ici, il est pendu, ce qui est trèsabusif; car un esclave sans propriété n'est pas
autant obligé qu'un homme libre à respecter
celle d'autrui : le châtiment le contient et suffit
seul pour mettre son maître en sûreté. Il me
semblequiln'ya que la rebellion, la violence de
l'esclave, et les grands crimes contre la société, 9
qui exigentla peine de mort. Cette considération
très-sensée a prévalu dans toutes les autres COlonies, - contre la disposition expresse du Code
noir, qui assimile les nègres malfaiteurs aux
hommes libres : ici la loi s'exécute. Nous vous
demandons, M., un ordre du roi qui nous au-
seul pour mettre son maître en sûreté. Il me
semblequiln'ya que la rebellion, la violence de
l'esclave, et les grands crimes contre la société, 9
qui exigentla peine de mort. Cette considération
très-sensée a prévalu dans toutes les autres COlonies, - contre la disposition expresse du Code
noir, qui assimile les nègres malfaiteurs aux
hommes libres : ici la loi s'exécute. Nous vous
demandons, M., un ordre du roi qui nous au- --- Page 379 ---
OF F I C I E L L. E.
criminelles contre 1
torise à arrêter ces procédures
néceslorsque nous le jugerons
les esclaves 3
aussi sur une habisaire. La justice se transporte
d'une
tation quand un esclave se noie, ou se tue
manière, lui fait son procès selon les orautre
la caisse qui paie.
donnances ; et c'est toujours
et onéreuses ces formalités
Nous sjugeonsinutiles
a mort violente
à l'égard des nègres. Lorsqu'ily du maitre, il
suite des mauvais traitemens
par
fait soit constaté et puni; mais
est essentielquele
la conduite etle cadans ce cas, la voix publique,
ractère connu du maître, procurent les premiers
d'après lesquels seulement on doit comindices, P'instruction. Car la mort fortuite d'un
mencer
onles suicide d'tn autre,n'inté
esclave pêcheur,
ressent point la sûreté publique. donne' lieu à une autre
Le marronage des nègres
Le roi paieici la nourriture et la geole
dépense.
en aucune
dunègre marron, ce qui ne sepratique
et seautre colonie. Le marronage 7 au premier maître
cond chef de Pédit, ne privant point le
esclave lorsqu'il a été puni,, la peine ne
de son
comme correction dodoit être considérée que
est resmestique ; et le maître à qui sa propriété
été
tituée, doit payer les frais du dépôt qui en a
civiles. Il n'y a que la peine cafait aux prisons
le maître de sa propriété,
pitale qui,dépouillant --- Page 380 ---
368 Cox R E S P 0 N D A N C E'
mette tous les frais à la charge du roi.
ces réflexions, M. Malonet a pris le
D'après
payer aux habitans la
parti de faire
geole des
capture et nourriture à la
nègres marrons ; nous vous demandons, M., la confirmation de
Enfin, le dernier article de cet arrangement.
est celui de
frais à réformer, s
l'expédition et publication des ordonnances,
réglemens , arrêts et
en coûte pour cela seul
sentences ; il
1,200 fr. paran.
Voici, M., notre avis sur le tout.
Il ne seroit pas juste de priver
sation les officiers
sans compenla
supérieurs et inférieurs de
justice , de ces différens émolumens;
comme par les dispositions
3 mais
M. Malonet
que leur a montrées
, ils s'attendent à des
nousa savonationneurdevone,
réductions s
au juge pour traitement
proposerd'accorder
Au
annuel -
2,200 fr.
procureur du roi .
Au. substitut
1,800
.
Au greffier de la
. 400
fication annuelle juridiction, gratiAu greffier du e
. . 400
conseil, qui a moins
d'expéditions . e
Au premier huissier du
- . 300
condition d'être
conseil, àla
seul chargé de la signification et publication de toutesles
donnances
or-
, réglemens, sentences et
order
Au
annuel -
2,200 fr.
procureur du roi .
Au. substitut
1,800
.
Au greffier de la
. 400
fication annuelle juridiction, gratiAu greffier du e
. . 400
conseil, qui a moins
d'expéditions . e
Au premier huissier du
- . 300
condition d'être
conseil, àla
seul chargé de la signification et publication de toutesles
donnances
or-
, réglemens, sentences et --- Page 381 ---
OF F I C I E L L E.
arrêts, un brevet du roi quile confirme
en sa place, et 400 fr. de gratification
o . 400
annuelle - -
T OT A L.
- 5,500
Au moyen de quoi, tout transport de justice,
signification, publicainstruction , expédition,
s'exécuteront
tion ci-devant à la charge du roi,
gratis ; et vous voudrez bien nous enjoindre, M.,
de veiller exactement à ce que le service public,
nouvelles
se fasse aussi
d'après ces
dispositions, à défaut de quoi
attentivement que parle passé ,
les traitemens ci-dessus seroient réduits ou supprimés. la
au lieu de réformer, nous
Pour police,
la dépense.
sommes contraints d'augmenter des affaires traiVous verrez, M., dans le précis
tées pendant la dernière séance du conseil," qu'il
a été arrêté, sur les remontrances du procureurnous serions priés de ponrvoir à ce
général, que
fussent aidés de moyens
quel les officiers dej police
ordre dansl'ansuffisans pour maintenir le bon
cienne et nouvelle ville; ; quel les attroupemens 2
de
rixes, 2 ivrogneries
vols et recelages nègres,les
par l'impossibilité
se multiplient journellement
d'y remédier.
1. --- Page 382 ---
Con R E S P O N D A N C E
En effet, iln'y a ici ni maréchaussée, nis sergens armés ; la seule main-forte de la justice et
police consiste en six mulâtres mal payés : nous
avons donc établi un exempt et quatre sergens
blancs, indépendamment des six mulâtres ; nous
avons fixé le traitement de l'exempt à 720 liv 2
celui de chaque sergent à 6ooliv, et augmenté
de 5 sous par jour la paye des mulâtres. Nous
yous prions d'approuver cet établissement nécessaire, 7 qui se trouvera en partie payé par la réduction des frais de justice.
Nonsavonslhonneur de vous adresserplusieurs
réglemens que nous avons fait enregistrer, en en
concertant les dispositions avec le conseil; car
il est bien que nous puissions, dans certains cas 9
vaincre son opposition, mais il est mieux que
nous déférions aux observations sages qui nous
sont présentées. Nous avons jugé telles 2 à
quelques égards > celles qui ont été faites sur
notre réglement des concessions ; nous l'avons
changé et modifié dans tous les points où les
inconvéniens présentés par le rapporteur nous
ont paru réels : nous n'avons point eu d'égardsà
ceux exagérés par un préjugé tenace et résultant de l'intérêt personnel.
Cependant, une loi sur les propriétés nous
paroissant être de la plus grande importance,
ées. Nous avons jugé telles 2 à
quelques égards > celles qui ont été faites sur
notre réglement des concessions ; nous l'avons
changé et modifié dans tous les points où les
inconvéniens présentés par le rapporteur nous
ont paru réels : nous n'avons point eu d'égardsà
ceux exagérés par un préjugé tenace et résultant de l'intérêt personnel.
Cependant, une loi sur les propriétés nous
paroissant être de la plus grande importance, --- Page 383 ---
-
OF F I C I E L L E.
étant de ne tolérer dans aucun
et notre projet
loi
nous
d'une
promulguée,
cas Vinexécution
différé
avons, au moment de l'enregistrement, satisfait
quoique le conseil pardt
d'y procéder,
accordés. Il
et modifications
des changemens
assemblée de Pâques
la seconde
peut se faire que
lumières. Vous troude nouvelles
nous procure
avec les
verez ci - joint, M., ce réglement en a été fait
changemens, et le rapport qui
de
M. Patris, que nous jugeons à propos de Tespar faire connoitre comme un signe
vous
vous y verrez des
prit général de ce pays-ci; qui ne le sont pas.
réflexions justes, et plusieurs
ci-devant approuvé un réglement
Vous avez
d'une ladrerie qui n'avoit
l'établisement
pour
de suite
des difficultés survenues.
point eu
horrible par devenant trop commune,
Cette maladie
le réglement , qui
nous avons fait enregistrer changemens que
va être exécuté avec quelques nous ont paru raile conseil a desirés et qui
par
Nous faisons d'ailleurs supporter
sonnables.
des frais 3 mais ce
les habitans la répartition
aura des nonpays-ci est si pauvre qu'il y
exacde faire payer
valeurs 2 et imposibilité
tement tout le monde.
M., par votre
Vous nous avez ordonné 3
les chàdépêche du 21 août, d'empêcher que --- Page 384 ---
Cor R E S P O N D A N C E
timens des esclaves ne s'exécutent en ville, dans
les maisons particulières, rues et places publiques ; nous avons fait un réglement en conséquence : mais le conseil, sans refuser de l'enregistrer 7 nous a représenté que dans cette
colonie les excès en ce genre étoient très-rares et
facilement réprimés; que la publication d'une
semblable ordonnance aflligeroitles habitans par
la sensation qu'elle pourroit faire sur leurs esclaves. Nous avons donc pris le parti de faire
ordonner seulement le dépôt du réglement, avec
injonction au procureur du Roi d'y tenir la
main prudemment et sans éclat.
Il n'y avoit jamais eu de boucherie réglée
dans cette ville depuis l'introduction et la multiplication des bestiaux : on tuoit parintervalle
et à volonté, chacun pour son compte ; il en
résultoit une grande incertitude dans l'approvisionnement de P'hôpital, des habitans malades 9
et de tous ceux qui, n'ayant point de ressources
sûres en volaille et en poisson , ont grand besoin de viande de boucherie. Nous avons consulté l'état actuel des ménageries de la colonie ;
nous avons vu que les croissances peuvent aisément fournirà la boucherie: M. Malouet en
a fait faire l'adjudication, et nous avons réglé
la police de cet établissement par une ordon-
visionnement de P'hôpital, des habitans malades 9
et de tous ceux qui, n'ayant point de ressources
sûres en volaille et en poisson , ont grand besoin de viande de boucherie. Nous avons consulté l'état actuel des ménageries de la colonie ;
nous avons vu que les croissances peuvent aisément fournirà la boucherie: M. Malouet en
a fait faire l'adjudication, et nous avons réglé
la police de cet établissement par une ordon- --- Page 385 ---
-
OFF ICI E L L E.
3,3
aussi dans cette séance 3 et
nance enregistrée ci-jointe.
que vous trouverez avons jugé à propos de
Enfin, M. 7 nous
moins
les rues. Rien ne ressemble des
faire paver
lieu-ci. Dans le temps
à une ville que ce
un torrent ou un fossé
pluies, chaque rue est
des maisons se débourbeux ; les fondemens devient impraticables
gradent, la voie publique cela a été fait de
nous y avons pourvu , et
concert avec le conseil.
successiet s'exécutent
Ainsi se développent détails d'administration
vement les différens
Quoique la comdont nous sommes chargés. d'établissement et la consbinaison des moyens de cette colonie soientnotre
titution économique
civil d'une
affaire, le gonverneneut beaucoup
principale
exige encore
anssi petite peuplade
le desir de tout
de soins et d'attention ; et avec
aux vues et
simplifier et de tout subordonner
tous
généranx, nous éprouvons
aux principes
les jours des difficultés.
M. 2
nous vous demandons,
Par exemple 2
avec l'avis du cond'être autorisés à changer,
des réglemens
les dispositions
subseil supérieur,
ne peuvent plus
de nos prédécesseurs, , qui Dorvilliers et Lemoyne
MM.
sister aujourd'li.
de Macouria
le quartier
ont destiné 2 en 1749, --- Page 386 ---
Con R E S P 0 N D A N C E
à l'établissement des ménageries, en sorte que
le bétail pât y vaguer librement. Depuis cette
époque, la majeure partie de ce quartier s'est
établie en culture, et le petit nombre de pasteurs qui y restent sont fort incommodes aux
colons ; les bestiaux rompent les barrières et
ravagent les plantations. Les colons demandent
à toute force que deux pasteurs qui les désolent
portent leur ménagerie dans un terrain libre
à une ou deux lieues sur les derrières ; ceux-ci
s'y refusent. On s'adresse à nous. M. de Ficdmond objecte le réglement, et pense que c'est
aux colons à se défendre. M. Malouet juge la
question d'après l'esprit des lois-sur les cultures et clôtures , d'après ce qui se pratique
chez tous les peuples policés. Il dit que le
quartier des ménageries n'est plus réputé tel
lorsqu'il y a vingt colons contre un pasteur 5
que l'intérêt de plusieurs l'emporte sur l'intérêt
d'un seul ; que lorsqu'il plaît à un cultivateur
de venir s'établir au milieu des pasteurs, c'est
à lui à se défendre et à s'entourer; mais que
lorsqu'un pasteur se trouve seul dans un lieu
cultivé, c'est à lui à garder ses bêtes ou à payer
le dommage Ainsi nos différences d'avis
(*) Note de M. de Fiedmond.
En pareil cas nous ne penserons pas différemment. Il
de plusieurs l'emporte sur l'intérêt
d'un seul ; que lorsqu'il plaît à un cultivateur
de venir s'établir au milieu des pasteurs, c'est
à lui à se défendre et à s'entourer; mais que
lorsqu'un pasteur se trouve seul dans un lieu
cultivé, c'est à lui à garder ses bêtes ou à payer
le dommage Ainsi nos différences d'avis
(*) Note de M. de Fiedmond.
En pareil cas nous ne penserons pas différemment. Il --- Page 387 ---
OFF I C I E L I. E.
les affaires en souffrance 5 il
laissent toujours
n'eussions qu'une
seroit fort heureux que nous
fit toujours
même manière de voir, et qu'elle
voulez bien, M., nous acjuste. Mais si vous
modifier ce qui
corder la liberté de changer ou
en en conla été réglé par nos prédéceseurs,
des
férant avec le conseil, nous éviteronspar-IA M. MaEn total,
retardemens préjudicialbles. nous ne nous accorlouet pense que lorsque
des
ou interprétaderons pas sur,
explications
nous
d'ordonnances sur la haute police,
tions
la prompte expédigagnerions beaucoup, pour
à l'avis
tion des affaires 2 à nous en rapporter
du gonverdu conseil; car la prépondérance
lieu que rarement, et vOs réponneur n'ayant
bout de six ou huit
ses, M., n'arrivant qu'au
à discuter
beancoup de temps
mois, on perd
et à attendre.
dans l'idée de M. de Fiedmond que
n'est jamais venu
à Pintérêt général :
Tintérêt particulier dàt être préféré
ni rien changer
mais il dit que nous ne pouvons déroger
par le roi,
de nos prédécesseurs, 9 approuvés
aux réglemens
ont force de loi, sans au
enregistrés au conseil, , et qui
S. M.; quil ne trouve
préalable Ly avoir été autorisés par les ordres de la cour; 2
grand inconvénient à attendre
de Mapas
la plupart des habitans du quartier
d'autant que
couria ont encore des ménageries. --- Page 388 ---
CORAES; P O N D A N C E
Nous desirerions que le crime de
marronage s
au premier et second chef de l'édit, fat jugé
prévôtalement sans appel au conseil, qui ne
s'assemble que tous les deux mois ; en sorte
qu'un nègré actuellement arrêté restera en prison jusqu'à Pâques pour avoir l'oreille coupée.
Nous jugerions aussi très-nécessaire la commutation de la peine de mort pour marronage
au troisième chef: un nègre, dans ce cas-là,
mutilé et condamné aux travaux publics pour
la vie,seroit aussi Pumipourleasemplequil
l'être par la mort.
peut
Nous vous prions, M., de vouloir bien prendre en considération les différens objets réunis
dans cette lettre.
Nous sommes > etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
LETTRES COMMUNES. (No.4:).
Compagnie d'Oyapock.
A Cayenne, le 16 juin 1777.
M.,
Nous croyons devoir vous faire part de la
lettre que nous avons reçue de l'officier com-
umipourleasemplequil
l'être par la mort.
peut
Nous vous prions, M., de vouloir bien prendre en considération les différens objets réunis
dans cette lettre.
Nous sommes > etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
LETTRES COMMUNES. (No.4:).
Compagnie d'Oyapock.
A Cayenne, le 16 juin 1777.
M.,
Nous croyons devoir vous faire part de la
lettre que nous avons reçue de l'officier com- --- Page 389 ---
OFF I C I E L L E.
mandant à Oyapock; vous jugerez par-là
bien il est désagréable
comtenir, à
pour nous d'avoir à conde la
reprendre, à punir peut-être les agens:
favorables compagnie qui nous croira sans doute déà ses vues, tandis qu'un grand nombre
d'habitans ont osé croire que nous lui
vendus. Nous ne pouvons
étions
M., comment cette
pas encore concevoir,
mauvais choix.
compagnie a pu faire d'aussi
Nous avons répondu à M. Dalbanel
nous le devions, et l'avons autorisé à comme
avec modération les
réprimer
sieur Voiturier,
entreprises indiscrètes du
sur-tout celles qui pouvoient
compromettre la liberté et la propriété des habitans : mais quelque ignoble que soit le bénéfice qu'il tire du cabaret qu'il tient
de ses
au nom
interdire commettans, nous n'avons pas voulu lui
blement cette ressource ; ce sera vraisembladont le seul gain que pourra faire cet
toutes les opérations sont insensées. agent,
Nous vous prions , M., de vouloir bien
rer les intéressés à cette
éclairont
entreprise, quine croijamais, sur les lettres du sieur
que c'est nous qui les servons ici, Voiturier s
senl les discrédite.
et que lui
Nous sommes, etc.
Signe, FIEDMOND et MALOUET. --- Page 390 ---
CORRESP. O N D A N C E
LETTRES COMMUNES. ( No, 42.)
Exploitation des bois.
A Cayenne, le 16 juin 1777M.,
Nous avons eu l'honneur de vous prévenir
de la mission dont nous avions chargé le sieur
Bagot, habitant. Il est parti le premier février
avec le charpentier Verdi, mort le 6 mars au
poste d'Approuague. Le sieur Bagot a continué
ses courses malgré la rigueur de la saison, et
ne s'est rendu à Cayenne, 3 dans lc plus mauvais état, 3 que le 26 mai. Il a parcouru dans
cet intervalle les deux rives d'Approuague,
d'Oyapock et des criques adjacentes. Il a trouvé
et marqué dans ces rivières huit mille arbres
de construction, dont il juge dès ce mnomentci l'exploitation praticable. Nous joignons ici
le journal de son voyage. Vous Y verrez, M. ,
que malgré les dévastations affreuses faites dans
la Guiane, tant par les Indiens que par les habitans, elle offre encore en cette partic dc grandes
ressources.
Nous estimons à peu près qu'ily a six cents
Approuague,
d'Oyapock et des criques adjacentes. Il a trouvé
et marqué dans ces rivières huit mille arbres
de construction, dont il juge dès ce mnomentci l'exploitation praticable. Nous joignons ici
le journal de son voyage. Vous Y verrez, M. ,
que malgré les dévastations affreuses faites dans
la Guiane, tant par les Indiens que par les habitans, elle offre encore en cette partic dc grandes
ressources.
Nous estimons à peu près qu'ily a six cents --- Page 391 ---
0 F F I CI E L L E.
sur la portion du continent à
Indiens (répanduss Roi 5 on ne peut évaluer
qui appartient au
par année la desmoins de douze cents arpens Cette populatiou
truction des bois faite par eux.
terme oi
réduite au plus petit à moins
étant anjourd'hai été, on ne peut évaluer
et
elle ait jamais
année les coupes
de trois mille arpens par le bord des rivières,
avoient lieu sur
brôlis qui
T'érablissement des Français.
seulement avant
ont parcouru et déCeux-ci, depuis cent ans,
le sieur Bagot :
vasté tout le terrain visité huit par mille arbresbons
ils'ye est trouvé cependant
cents pas au plus
à trois et quatre
à être coupés
du bord des rivières.
Mana, Conanama,
Les rivières de Marroni,
des Européens,
intactes de la part
sont encore
dcs Indiens ; celles de Sinmais non. de la part Comté, l'Orapu, 7 Cau 1e 3
namari, Kourou, la
épuisées 3 et toutes
ne seront pas de long-temps d'Oyapock jusqwala
les rivières-du sud, au-delà
les mnêmes
promettent
baie de Vincent-Pinson,
ressources.
suppose, avec les
(*) Chasseurs ou guerriers 5 deux ce qui mille individus : voilà
vieillards, femmes et enfans, ,
et les espérances
réduisent toutes les exagérations
à quoi se
etc.
de civilisation, 2 de commerce, --- Page 392 ---
ConR E S P O N D A N C E
Il seroit donc absurde de soutenir qu'on ne
peut pas tirer de la Guiane une grande quantité
de bois dé constraction.
Il est même constaté que les terrains dévastés
se réparent en moins d'un demi-siècle, et offrent
à cette époque les mêmes espèces de bois à
couper; car, indépendamment des visites faites
par le sieur Bagot 2 nous avons reconnu nousmêmes dans nos courses, que les lieux ci-devant
habités par les Indiens sont actuellement couverts d'arbres de haute futaie.
La seule question problématique sur cette
matière est la difficulté ou la facilité des moyens
d'exploitation. Il n'est pas douteux que dans
un pays désert et misérable, tel que celui-ci,
dépourvus comme nous le sommes de bras, de
machines, de chemins, de canaux, 3 enfin de
toute espèce d'industrie, les anciens habitans
resteront osbtinément livrés aux pratiques de
l'ignorance : dans cet état, M., il est certain
qu'il n'y aura rien à espérer.
Mais cet état doit changer, eti il ne dépend que
de vous que votre ministère soit l'époque d'un
changement aussi utile. On s'est assez et trop livré
jusqu'à présentaux projets, auxsystèmes bizarres
et inconséquens. Il semble que tous les passans
aient eu le droit de présenter et de faire adop-
osbtinément livrés aux pratiques de
l'ignorance : dans cet état, M., il est certain
qu'il n'y aura rien à espérer.
Mais cet état doit changer, eti il ne dépend que
de vous que votre ministère soit l'époque d'un
changement aussi utile. On s'est assez et trop livré
jusqu'à présentaux projets, auxsystèmes bizarres
et inconséquens. Il semble que tous les passans
aient eu le droit de présenter et de faire adop- --- Page 393 ---
OFF I CIE L L E.
3S1
idées sur la Guiane. Tous les essais proterleurs
exécutés avec une léposés ont été ordonnés, ,
M., que
inconcevable. Nous espérons 7
géreté
auront plus de crédit, et
les faits constatés avoué de tous, combiné
qu'un plan simple,
de cent ansur les ohservations et l'expérience
qui
point de merveilles,
nées, qui ne présentera
à aucun faiseurde
exclusivement:
n'appartiendra
des mêmes. (
projets, qui exigera la persévérance
des mêmes moyens ; nous espérons 7
vues ,
qu'un tel plan sera agréé, etqu'on
disons-nous,
plus un autre : alors vous
ne lui en substituera
des bois, la culen verrez naître l'exploitation des terres. Mais on ne
ture et le desséchement le roi d'Espagne a
fait rien de rien. Lorsque
chantiers à la Havane ; et l'exploiétabli des
de cette fle, il a fallu y transtation des bois
des machines : il en sera
porter des ouvriers et
de même dans la Guiane.
lettre vous
Nous ne pouvons pas dans une
nécessairement liées au plan
détailler nos vues suffit de vous assurer que le
général. Il nous
dès ce moment-ciavec
sieur Bagot se chargeroit de-long, de vous
cinquante nègres, scieurs-d
cube de
fournir chaque année cent mille pieds
sous Je pied. Nous calculons
bois à cinquante
de fret, le bois de
qu'en y ajoutant cinq sous --- Page 394 ---
ConnESI P N D A N E
la Guiane vous reviendroit à Brest à cinquante-cingsous : ce qui ne seroit pas cher
Si l'on pouvoit trouver à acheterici ces cinquante scieurs-de-long 9 nous ne balancerions
pas à en faire l'avance ; mais cela n'est
sible. Ainsi, M., si vous voulez voir pas poscommencer cette entreprise, nous vous demandons de
faire venir des nègres ouvriers, : de Saint-Domingue ou de la Martinique.
Si clle rénssit, le sieur Bagot mérite des distinctions honorifiques ; car, , vu l'état actuel
des choses 9 il ne gagneroit point ou fort
à cette fourniture : mais, abstraction faite peu de
l'entreprise, le zèle désintéressé de cet habitant
doit lui procurer, M., une marque de votre
satisfaction.
Nous n'avons jamais pu lui faire accepter un
traitement, des appointemens pour le voyage
très-pénible qu'il vient de faire; nous lui destinons sculement cent louis de
ment
dédommagepour la perte de ses hardes et l'emploi
de ses nègres, dont il avoit augmenté l'équipage que nous lui avons fourni.
(*) Comment se fait-il qu'on n'ait donné aucune suite
à de telles propositions, et qu'on s'occupe sans cesse
d'idécs nouvelles, sans aucun cgard à celles consacrées
par. Peapérience et la raison?
emens pour le voyage
très-pénible qu'il vient de faire; nous lui destinons sculement cent louis de
ment
dédommagepour la perte de ses hardes et l'emploi
de ses nègres, dont il avoit augmenté l'équipage que nous lui avons fourni.
(*) Comment se fait-il qu'on n'ait donné aucune suite
à de telles propositions, et qu'on s'occupe sans cesse
d'idécs nouvelles, sans aucun cgard à celles consacrées
par. Peapérience et la raison? --- Page 395 ---
OFF CI E L L E.
Nous avons T'honneur da vous envoyer
de la lettre que nous lui écrivons.
copie.
Nous sommes, etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
LETTRES COMMUNES.
(No.30.)
Administration.
Conseil supérieur.
A Cayenne, 2 le 3 Mai 1777.
M.
M. MALOUET étant tombé malade le 26
l'Assemblée nationale
mars,
avril
> qui étoit indiquée au 3
, n'a pu avoir lieu; M. de Fiedmond
jugé à propos de la différer d'abord de ayant
jours, et de la renvoyer ensuite à la
quinze
sur la demande des députés.
Pentecôte,
Le premier délai ayant prolongé le séjour à
Cayenne de tous les membres de cette assemblée
qui se trouvoient réunis, il étoit tout
qu'ils se vissent et conférassent
simple
les objets de la
entre eux sur
délibération; la communication
et la. discussion préalable de leurs mémoires
et opinions respectives ne pouvoit que les éclairer et. abréger le travail subséquent. Mais M.
de Fiedmond fut averti que' la plupart des --- Page 396 ---
384 Cora E S P 0 N D A N C E
conférences provoquées par M. N.
seiller, avoient pour objet unique de
condes réclamations et des défenses
préparer
nement
contre un évésupposé avec autant de mauvaise foi
que d'absurdité.
Vous avez vu, M., 3 quelle est notre
sur la compagnie et ses
opinion
agens; mais la
que nous vous devons ne nous
vérité
de la présenter d'une autre
empêchoit pas
autre
manière et dans un
genre au conseil et au public. Au
de paroître désespérer de cette
lieu
suadés, comme nous le sommes compagnie, perroit être très-utile à
3 qu'elle pour
ce pays-ci, et que la
niture des nègres dont le roi
fourd'introduction
paye la prime
9 étoit un avantage très - réel
pour les habitans, nous en parlions sur ce tonlà; nous cherchions à détruire dans la
sation les assertions contraires, mais
conver
aucune espèce
sans mettre
d'importance à toutes les
tudes dont elles étoient
plati
accompagnées, et
nous n'avons pas jugé à propos de vous que
plus tôt.
rendre
MM. NNN.
entreprirent de fixer, malgré nous, s notre attention, 9 en donnant
tance à Ces bruitsi insensés. De ces trois hommes, consis
deux ont de l'esprit et des connoissances,
ne
croyant pas un mot de ce qu'ils disoient : mais
sans mettre
d'importance à toutes les
tudes dont elles étoient
plati
accompagnées, et
nous n'avons pas jugé à propos de vous que
plus tôt.
rendre
MM. NNN.
entreprirent de fixer, malgré nous, s notre attention, 9 en donnant
tance à Ces bruitsi insensés. De ces trois hommes, consis
deux ont de l'esprit et des connoissances,
ne
croyant pas un mot de ce qu'ils disoient : mais --- Page 397 ---
OFFI C I E L L E.
homme borné, abondant
le sieur N... est un
rien comine les
idées fausses, ne voyant
de
en
beaucoup, et disant peu
autres , parlant
choses.
des motifs à
Chacun de ces Messieurs, , par le même objet;
près semblables 2 avoit
le public
peu de détruire la confiance que
, en
celui avoir en nous et en nos opérations. concerté,
parolt
comme un plan secret, intéresses
les présentant de cette, colonie aux
l'abandon
pour
de la compagnic.
M., le récit de ce qui
Avant de pourmivre, vous en faire cons'est passé , nous devons
noître les causesil a tronvé, comme
Al'arrivée de M. Malonet, deux partis dans
cela n'est que trop ordinaire, affaire de Lafitte et
la colonie. La misérable
d'avis entre MM.
Lecomte 3 et les différences avoient rendu le
Fiedmond et de Lacroix,
de son
de
mécontent du conseil, qui, de Fiedgouvemeurs
satisfait de M.
côté, ne paroissoit pas
devoir lui laisser
mond. M. Malonet ne crut pas
sur ce qui
ignorer sonl opinion personnelle et lui. M.
s'étoit passé entre son prédécesseur tres.noblement la frande Fiedmond accueillit
celui-ci néanmoins
chise de M. Malouet ; et les détails que lui
reçut avec circonspection
1. --- Page 398 ---
386:
Con R.E S P. o N-D A N C E
rendit CC gouverneur sur la composition du
conseil. Plein d'estime pour M. de Lacroix, 9
il en usa de même envers cet ordonnateur 2
relativement aux notes différentes qu'il Jui
donna, ct il entra au conseil avec le projet
d'attendre et de voir par lui-même ce qu'étoient
les personnes et les' choses.
Il ne pouvoit marquer de débuter par beaucoup d'honnêteté. Honorer la compagnie, et
cherchermêmeà luid donnerde la considération,
étoit lc devoir de M. Malouet; et c'est ce qu'il
a fait. Ce début réussit à merveille. On crut
même apercevoir qu'il n'étoit pas toujours de
lavis du gouverneur ; on espéra bientôt qu'il
n'en seroit jamais. Dans les ordres ct réglemens
que nous avions à faire enregistrer, une grande
liberté d'opinions annoncée > une déférence
soutenue de notre part aux observations, aux
remontrances sensées : tout cela étoit vu avec
grande satisfaction.
Maiscen'estrienavec certaines gens que d'être
de leur avis quand ils ont raison, il faut en être
toujours. Un homme juste et impartial est leur
plus grand fléau; ils aiment mieux avoir affaire
à un ennemi, parce qu'on peut l'accuser de
prévention.
A mesure que M. Malouct examinoit et pre-
é d'opinions annoncée > une déférence
soutenue de notre part aux observations, aux
remontrances sensées : tout cela étoit vu avec
grande satisfaction.
Maiscen'estrienavec certaines gens que d'être
de leur avis quand ils ont raison, il faut en être
toujours. Un homme juste et impartial est leur
plus grand fléau; ils aiment mieux avoir affaire
à un ennemi, parce qu'on peut l'accuser de
prévention.
A mesure que M. Malouct examinoit et pre- --- Page 399 ---
OFFI C I,E L.L B:
hoit connoissance des
affaires, celle.de
qui est toujours sur le tapis, lui
Lafitie,
détails facheux. Il
présenta des
eiant
ne regarda pas ce
comme un homme
négoil aperçut d'abord
irréprochable, mais
faveur de son associé. quelque Il vit prévention en
qui avoit eu souvent
que cet honime, :
tort, avoit aussi raison
quelquefois. M. Malouet enfin,
démélés
ignorant les
N.
personnels qu'ayoit eus avec lui M.
nomma celui-ci son
contestation incidente
rapporteurdans une
: et lorsqu'il fut
que ce conseiller avoit rendu
instruit
Lafitte, l'avoit fait
plainte contre
admonester et
ner; qu'il étoit de plus son débiteur, emprisontrois autres magistrats, il
ainsi que
se démettre du
obligea M. N... de
rapport, et dit au
ne lui paroissoit
conseil qu'il
des affaires
pas juste que ceux quiavoient
d'intérêts avec Lafitte restassent
nombre de ses juges : cet avis fut
au
non pas sans humeur. Le sieur adopté, mais
le plus grand rôle dans
Doucet, jouant
tuteur du mineur
cette affaire comme
sion
Lecomte 3 eut aussi l'occad'apprendre combien nous
l'opposition qu'ilavoit
improuvions
départ du navire le faite, en sa qualité, au
inutile de sa
Fainguenr, par la saisie
empécher de cargaison; et nous ne pâues nous
témoigneran conseil que si cette,
a --- Page 400 ---
Conn E S P
N D A N C E
saisie n'avoit pas été confirmée par ses arrêts 3
le vaisseau et la cargaison n'auroient pas été en
partie perdus pourles associés et les créanciers.
Tels ont été, M., 3 les premiers motifs du
mécontentement et de la crainte que nous avons
inspirés à messieurs NN.. Le traitement trèsmodéré que nous avons fait à M. de N a
achevé de leur tourner la tête. Ce MI. N...
aussi conseiller, paroîtà M. Malouet un homme
tres-reprehensible. Il a acheté, il y a vingt ans, s
l'habitation des demoiselles Cornereau de la
Rochelle, et ne leur en a pas payé une obole ;
elles sont réduites depuis ce temps à la plus
grande misère. Il a reçu en outre, comme procureur fondédeplusicurs particuliers de France,
des sommes considérables pour eux , et les a
employées à son profit. Vous savez, M., que
vous nous avez donné des ordres précis contre
ce conseiller. M. Malonet, avant de les mettre
à exécution, se chargea particulièrementet par
ménagement pour M. de Macaye, dontM. N...
est l'ami, d'écrire au procureur général qu'il
ne convenoit pas que M. N..
reparit au
conseil avant d'avoir pris des arrangemens avec
ses créanciers 3 et, qu'attendu l'énormité de ses
dettes, le seul parti proposable étoit de leur
abandonner san bien : ce qui a été fait; et
. M. Malonet, avant de les mettre
à exécution, se chargea particulièrementet par
ménagement pour M. de Macaye, dontM. N...
est l'ami, d'écrire au procureur général qu'il
ne convenoit pas que M. N..
reparit au
conseil avant d'avoir pris des arrangemens avec
ses créanciers 3 et, qu'attendu l'énormité de ses
dettes, le seul parti proposable étoit de leur
abandonner san bien : ce qui a été fait; et --- Page 401 ---
OFF I CI E L L E.
de 80
sont en perte
néanmoins les créanciers
notre Goucent. C'est alors > M., que
d'une
pour
furent jugds
vernement ct nos principes les gens que nous vesévérité tyrannique par
nons de vous nommer.
et circulèrent sourAlors prirent naissance sinistres sur le sort de
dement les conjectures
des dettes et létacette colonie; la liquidation devoient en opéblissement de cette compagnie été instruits de
Nous avons
rer la destruction. avant d'y faire la moindre
deux mois
ces propos
n'est qu'à l'époque indiquée pour
attention; ; ce
de la réunion des princiYassemblée, et lors
que ces extracolons dans le chef-lien,
nous
paux
débitées par des gens notables,
vagances, 7
On avoit eu laudace
ont déplu et inquiétés. les
respectables.
les noms plus
ande compromettre
Adélaide, étoient
Monsieur, et Madame à la compagnie qui
noncés comme intéressés sous le joug d'un pridevoit mettre ce pays-ci silence en cette occasion
vilége exclusif. Notre mais c'est moins pour
eût été condamnable; ;
de la profanation
venger ces noms augustes
faire cesser les
qui en étoit faite, que pour et négocians,
alarmes dangereuses des habitans
notre
pris le parti de marquer
que nous avons Les sieurs NNN.
nous
mécontentement. --- Page 402 ---
3go
CORRES $ P O N D. A N C E
étoient dénoncés comme auteurs, les deux premniers avec plus de détails : nous primes le
parti de les mander : M. Malouet étant hors
d'état, même de signer une lettre, M. de Fiedmond leur éçrivit seul de se rendre à Cayenne.
L'un s'excusa sur le mauvais temps, l'autre sur
une indisposition : ce qui donna le temps à
M. Malouet d'assister à la réprimande méritée
parlesieur N... - et de lui parler même avec
moins de ménagement que n'eût fait M. de
Fiedmond seul. La manière dont Ce conseiller
se défendit nous a convaincus qu'il avoit au
moins donné lieu aux imputations qui lui sont
faites.
Mais nous n'avons garde. de convertir en
preuve des probabilités, et nous n'avons pas cru
devoir en acquérir la certitude par des informations éclatantes ; nous en avons usé de même
à l'égard du sieur N. . 3 en lui écrivant la
lettre dont la copie est ci-jointe (Voy. fol. 79):
il se rendit sur-le-champ à Cayenne, vit M. de
Fiedmond, 2 se plaignit beaucoup de ses délateurs, nia tout, et ne jugea pas à propos d'en
aller dire autant à M. Malouet : celui-ci l'envoya chercher le lendemain 3 M, N. -
répondit que si l'ordonnateur avoit à lui parler,
aàl n'ayoit qu'à se rendre au Gouvernement; oû
copie est ci-jointe (Voy. fol. 79):
il se rendit sur-le-champ à Cayenne, vit M. de
Fiedmond, 2 se plaignit beaucoup de ses délateurs, nia tout, et ne jugea pas à propos d'en
aller dire autant à M. Malouet : celui-ci l'envoya chercher le lendemain 3 M, N. -
répondit que si l'ordonnateur avoit à lui parler,
aàl n'ayoit qu'à se rendre au Gouvernement; oû --- Page 403 ---
F F IC IE I'L E. écrit lui fit
Un ordre par il vint tout
il iroit Ventendre. de contenauce ;
changer de ton et
oi M. Malouet avoit
de suite à T'intendance, Préville ct Vian , afin que
MM.
ne puissent
fait appeler
du répondant,
discours, et ceux
C'est alors que
ses
ni réduits.
des
être ni exagérés humilié quenharrasse
M. N. . . > aussi étoient faits , avoua qu'il
qui lui
Adelaide,
reproches dit
M:, et Madame
avoit cru et
que la
, la colonie
intéressés dans comnpagnie Mais en se
étant
abandonnée
entière leur étoit
M. Malonet
dela
de faire T'éloge,
Aunendecebanae
plaignanto il en prit occasion
M. de
lui parloit, de la bonté avec laquelle offensé
répété depuis, traité, ce qui a fort
Fiedmond Tavoit
vonsl'aves
;car, si,comme
ce gouverneur
les plus dangeCo n'étoit pas là les insinuations et lafemen-
(*) la vérité est que roburmefurgendink
reuses;
tation tris-vive. Note de M. de Fiednond. mal satisfait de ces a été d'autant plus
qu'il n'avoit
M. de Fiedmond
ont pu faire penser
éloges affectés, qu'ils
étoit impaté à ce conseiller,
assez blâmé tout ce qui
en cette occasion poupas
modération
est
et que sa trop grande des motifs dont il certainement
voit être attribuée à
dit d'ailleurs à ce conseilles
bien éloigné. Tout ce qu'il a
en est la preuve. --- Page 404 ---
Conn. EST O N D A N C B
pu voir, M., nous avons quelquefois des différences d'avis, ce n'est pas dans cette circonstance, où nous ne pouvions nous refuserl'un et
l'autre à voir et à apprécier les dangers résultans pour cette colonie de tous les bruits répandus.
Nous avons cru vous devoir rendre un compte
aussi détaillé de cette misérable aventure
qui
a retardé la convalescence de M. Malouet
par
l'impression qu'elle lui a faite. Nous vous prions
cependant, M., de ne rien ajouter à ce que
nous avons fait; veuillez vous reposer sur nous
du maintien de l'ordre public et intérieur. Quelque fondés que nous soyons dans notre mécontentement, nous n'aurons recours à l'autorité souveraine que le plus rarement et le plus
tard qJu'il sera possible : nous pensons, au surplus, en avoir assez fait pour empêcher toute
récidive.
Nous sommes, > etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET.
pendant, M., de ne rien ajouter à ce que
nous avons fait; veuillez vous reposer sur nous
du maintien de l'ordre public et intérieur. Quelque fondés que nous soyons dans notre mécontentement, nous n'aurons recours à l'autorité souveraine que le plus rarement et le plus
tard qJu'il sera possible : nous pensons, au surplus, en avoir assez fait pour empêcher toute
récidive.
Nous sommes, > etc.
Signé, FIEDMOND et MALOUET. --- Page 405 ---
F F I CI B L L E.
COPIE
MM. de
la lettre écrite à M. B par à la lettre 7
De
jointe
Fiedmond et Malouet, 30.)
commune au ministre. (No.
A Cayenne, le 19 avril 1777.
vous
êtes indisposé 1 M. 3 nous
PUISQUE vous
dispensons de venir à Cayenne. treslégitimel la liberté
Nous regardons comme
juge et improuve
avec laquelle tout particulier des gens en place.
le vie publique ou privée
cette liberté
Nous étendons personnellenent de nos actions
droit d'examen et de censure même d'adau
démarches 3 il n'est pas
et de nos
disposés que nous à honorer
ministrateurs plus
voudroient
le
de ceux qui
le zèle et courage fautes et de nos écarts:
de nos
bien nous parler
dont nous faisons profesmais la modération auxquels nous sommes
sion 2 et les principes de la justice et dePhonsubordonnés étant ceux
d'éclat et beauneur, nous sévirions avec plus qu'on ne peut le
moins de ménagemens
calomnier les
coup contre les gens qui osent
croire,
du Gpuvemement,
vues droites et bienfaisantes --- Page 406 ---
CorR: E S P O N D A N C E
qui convertissent le bien en mal, , qui se font
un jen d'alarmer les esprits par des conjectures
sinistres,qui répandent leur souffle empoisonné
sur les objets les plus respectables. On vous
impute, M. 2 ce rôle odieux : nous sommes loin
de le croire, car vous êtes libre (*) ; mais l'in-
(*) J'imprime cette lettre, parce qu'elle n'eut pas dans
le temps une approbation générale ; et puisque je rends
publics aujourd'hui les détails principaux de mon administration, 7 je ne dois pas me soustraire au blâme que mérite un acte d'autorité arbitraire qui ne : seroit pas évidemment juste et nécessaire. Mander un propriétaire un
magistrat, le menacer de le faire arrêter 1 de l'envoyer
en France, 1 tout cela est rarement justifiable 9 même sous
un gouvernement monarchique, qui doit, pour son propre
intérêt, respecter, autant que les gouvernemens libres,
la liberté civile, la propriété; car alors on nc sent que
ses avantages sur les autres régimes : mais lorsqu'il viole
ces droits sacrés, l'accumulation 'des désordres quirésultent
de cette cormuption produit tôt ou tard une révolution.
J'ai toujours professé ces principes ; et si je parois m'en
écarter dans cette circonstance, c'estqu'il est impossible de
gourerner les colonies, où l'esclavage est établi, sans une
certaine latitude d'autorité qui doit être en réserve, qui
doit être plutôt aperçue que sentie 2 et qu'il ne faut déployer que dans les circonstances les plus difficiles.
Or
nous y étions, , à Cayenne. Là oùt un homme et plusieurs
hommes réunis ont à leur disposition un nombre d'esclaves,
je parois m'en
écarter dans cette circonstance, c'estqu'il est impossible de
gourerner les colonies, où l'esclavage est établi, sans une
certaine latitude d'autorité qui doit être en réserve, qui
doit être plutôt aperçue que sentie 2 et qu'il ne faut déployer que dans les circonstances les plus difficiles.
Or
nous y étions, , à Cayenne. Là oùt un homme et plusieurs
hommes réunis ont à leur disposition un nombre d'esclaves, --- Page 407 ---
OFFI I C I E L L E:
vous vous êtes exavec laquelle
donner
considération. d'une occesion 7 a pu
pliqué en plus
des discours qui nous ont
lieu à l'exagération
exemple, des preuété rendus. Nous avons, par vous avez dit tàl'occertaines de ce que
et du
ves plus affaires de M. D.
parti
casion des
occasion. Notre opinion
pris par nous à cette fixer la vôtre ; car les
cependant, M., devoit
sur les dépod'honneur n'en ont qu'une qui abusent
gens infidèles, sur les débiteurs
sitaires
de leurs créanciers.
de leur place pour se jouer avions à vous dire,
Voila, M., ce que nous
faites-en votre profit.
et MALOUET.
Signé, FIEDMOND
les révoltes, les disettes 2 et
il faut, avant tout, prévenir être par des formes légales : mais à
çe ne peut pas. toujours
doivent être soumis leur
dans ces cas-là les administrateurs car, s'ils abusent de
rigoureuse 5
une responsabilité tout est perdu.
autorité impunément, --- Page 408 ---
COARESP N D A N C K
LETTRE COMMUNE. ( No. 31. )
Plants d'Epiceries.
A Cayenne 2 le 3 mai 1777.
M.,
LE muscadier donne des espérances de succès
aussi satisfaisantes que les autres arbres à épiceries. Les noix transplantées ici de l'ile de
France s'étant trouvées toutes
gâtées 2 un passager du navire de transport en donna quatre
qui lui appartenoient, au sieur Neyer, chirurgien-major 9 qui les a plantées dans son
jardin, le 8 février 1773, avec tous les soins
et les procédés prescrits par l'instruction de
M. Poivre. Deux ont germé au bout de trois
mois, une des deux eut le germe cassé par accident ; la végétation de l'autre noix, quiétoit
d'abord fort lente, est devenue très-prompte :
la tige qui, le 24 juin 1774, n'avoit que sept
pouces dehaut, a aujourd'hui six pieds et demi,
et deux pouces et demi de circonférence. Le
24 avril dernier l'arbre a porté fleurs.
Nous joignons ici le journal du sieur Neyer,
et nous saisissons cette occasion de vous faire
connoître, et de recommander aux bontés du --- Page 409 ---
OFF I CIT E L L s:
de connoiscitoyen , rempli
roi, cet excellent
les panvres, la régularité
sances.Sa charité pour
vertueux 2 nous
de ses moeurs 3 son caractère lui les distincde solliciter pour
commandent
et premièrement
tions dont il est susceptible, traitement qui n'est point
Fangmentation de son
avec ses services.
en proportion etc.
Nous sommes, FIEDNOND et MALOUET.
Signe,
Cayenne, 2 premier mai 1777.
M.,
une ordonJ'AI Thonneur de vous envoyer et qui n'en
nance que je crois sage et habitans juste, ; il faudra
est pas plus agréable aux jusqu'à nonvel ordre.
cependant qu'on l'exécute
de laisser
n'anrai jamais la complaisance
Je
abus ou une erreur qu'il dépend
subsister un
de moi de détruire.
Je suis, etc.
Signé, M. A LOUET.
.
Signe,
Cayenne, 2 premier mai 1777.
M.,
une ordonJ'AI Thonneur de vous envoyer et qui n'en
nance que je crois sage et habitans juste, ; il faudra
est pas plus agréable aux jusqu'à nonvel ordre.
cependant qu'on l'exécute
de laisser
n'anrai jamais la complaisance
Je
abus ou une erreur qu'il dépend
subsister un
de moi de détruire.
Je suis, etc.
Signé, M. A LOUET. --- Page 410 ---
ConR ESP 0 N D
N C E
ORDONNANCE
Sur le paiement de la capitation 3 et pour,
faire cesser P'intervention du Gouvernement
sur lafiaation du prix courant des denrées,
jointe à la lettre particulière, No, 56.
Victor-Pierre MALOUET, etc.
L'ABUS très-dangereux quiavoit lieu ci-devant
dans la fixation du prix des denrées, ayant été
réprimé par l'ordonnance de M. de
du 14 juillet 1774, nous avons cru devoir Lacroix, même 3
nous dispenser d'annoncer tous les trois mois
le prix auquel les denrécs seroient reçues en
paiement au bureau du domaine, et nous abstenir totalement d'aucune intervention entre le
vendeur et l'acheteur, , dont les conventions,
dansleurs échanges respectifs,libres et variables
d'un jourà l'autre, ne peuvent être assujetties,
pendant trois mois, aux mêmes termes et au
même cours.
Nous nous trouvons obligés aujourd'hni, par
les difficultés survenues entre le receveur duz
domaine et divers habitans, de développer ces
principes, et de convertir en réglement précis
les dispositions générales des lois et usages du --- Page 411 ---
-
OFF I C I E L L E.
commnerce en cette partie. En
en vertu des
conséquence, et
pouvoirs, etc.
Nous avons ordonné et ordonnons
suit :
ce qui
A RTIC L E P R E M I E R.
Toutes les denrées du cri de la colonie
un cours constaté dans le
ayant
reçues en paiement de la commerce > seront
du cours ; mais nous
capitation, au prix
constaté
n'entendons, , par un cours
, que le prix anquel chaque denrée est
effectivement vendue en argent d'une
à l'autre : en sorte que toute marchandise semaine
reste invendue, et sans demande dans les qui
gasins, au momnent où elle est offerte
mament au receveur du
en paieréputée avoir
domaine 3 ne peut être
un cours constaté.
II
Le receyeur du domaine sera donc tenu de
prendre, en paiement de la capitation, toute
denrée dont le marché sera ouvert entre le
vendeur et l'achetenr, dans la huitaine oùt elle
lui sera présentée 5 mais il refusera celle
sera prouvée invendue huit
qui
jours avant et huit
jours après la présentation qui lui en aura été
receveur du
en paieréputée avoir
domaine 3 ne peut être
un cours constaté.
II
Le receyeur du domaine sera donc tenu de
prendre, en paiement de la capitation, toute
denrée dont le marché sera ouvert entre le
vendeur et l'achetenr, dans la huitaine oùt elle
lui sera présentée 5 mais il refusera celle
sera prouvée invendue huit
qui
jours avant et huit
jours après la présentation qui lui en aura été --- Page 412 ---
Cor R E S
N D A N C E
faite ; car il ne nous appartient pas de fixer la
plus ou moins value d'aucune marchandise.
III
Défendons à tout habitant, sous peine de
24 liv. d'amende, et d'être contraint par corps
au paiement de sa capitation en argent > de
faire au receveur du dômaine aucune sommation de recevoir en paiement toute denrée dont
le cours ne seroit point constaté comme dessus.
Sera la présente ordonnance enregistrée au
greffe de l'intendance et au bureau du domaine,
et, en outre , lue, publiée et affichée dans les
lieux ordinaires, à ce que personne n'en ignore.
Donné en notre hôtel, sous le sceau, etc.
LETTRE CO M. MU NE. (No, 32.)
Justice.
A Cayenne, le 16 mai 1777.
M.,
Nous venons de recevoir une requête du
sieur Lafitte 7 associé de la dame Lecomte,
qui nous exposc qu'ayant fait assiguer comme --- Page 413 ---
E
F F I C 1 E L L E.
tous les magistrats supérieurs et
ses débitenrs,
même, notaires et prainférieurs, les grefliers
sait devant qui et à I
ticiens de la colonie, il ne
d'y pourtribunal les traduire; nous priant
et
quel
aviserons bon être,
voir, ainsi que nous
Avaut de prendre
demandant acte de son exposé.
nous
sur un fait inonijusqu'à présent,
un parti,
asau proenreur-général,
avons communiqué,
la requête et notre
signé comme les autres, Il consiste : < à donner
appointement projeté.
ordonner à
de son exposé;
> acte au suppliant
qui ne désavoueront
> tous les juges débiteurs,
de payer dans
les titres à eux présentés,
> pas
tout délai : mais, quant aux
>> un mois pour
à naître entre les juges
nées ou
>> contestations
Bagot-Leconte, nous
> débiteurs et la maison
au conseil
les parties à se pourvoir
>> renvoyons
obtenir des juges com-
>> de sa majesté, pour y
>> pétens. >
conforme Al'esNotre ordonnance ayant paru
de récusation,
de toutes les lois en matière
prit
nous a mandé qu'il n'y
le procureur - général
quelque déavoit pas d'autre parti à prendre,
sagréable que fat celui-là. Lafitte ne s'en tient pas
Mais, M., le sieur
été jngé ct
qu'ayant
là. Il prétend aujourd'hui
ses débiteurs,
condamné depuis quatre ans par
1.
>> pétens. >
conforme Al'esNotre ordonnance ayant paru
de récusation,
de toutes les lois en matière
prit
nous a mandé qu'il n'y
le procureur - général
quelque déavoit pas d'autre parti à prendre,
sagréable que fat celui-là. Lafitte ne s'en tient pas
Mais, M., le sieur
été jngé ct
qu'ayant
là. Il prétend aujourd'hui
ses débiteurs,
condamné depuis quatre ans par
1. --- Page 414 ---
CoxRrsroNs A N C E
qui l'étoient alors comme aujourd'hui, il
en droit de se pourvoir contre tous les est
mens antérieurs; il ne veut plus même jugenoître les tribunanx de
reconCayenne comme compétens entre lui et ses autres débiteurs : il dit,
par exemple, que les magistrats qui lui doivent
ont donné des à-comptes à un sieur
dont il ne veut
Germain,
pas reconnoître la gestion, laquelle néanmoins a été déclarée bonne et valable
par ces mêmes magistrats; qu'ayant alors
noncé en leur propre cause, il réclame proce jugement, etc.
contre
Nous nous abstiendrons de
différentes
prononcer sur ces
contestations, qui nous ont jusqu'à
présent ennuyés, scandalisés, et emporté beaucoup de temps.
Cependant, quelque défavorable
paroître aujourd'hui la
que puisse
cause des
nous croyons devoir vous
magistrats, >
prévenir, M.,
tous les mémoires qui vous
que
part du sieur Lafitte,
parviendront de la
méritent le plus
leux examen.
scrupuCet homme a des ressources infinies, et
nous
(*) Ce n'est pas la une affaire ni une circonstance
ordinaire, ainsi On ne sera pas ctonné quej'insère duns
sette collection plusieurs des lettres guiy sont relatives. --- Page 415 ---
OFFI C I E L L E:
de croire qu'il en abuse quelquefois.
avons lieu
Nous sommes, etc. FIEDxOND et MALOUET.
Signé,
COMMUNE. (No. 33.)
LETTRE
nationale. - Envoi du procès-verbal
Assembléen des dernières séances.
Cayenne, , le 4 juin 1777.
M.,
le
Phonneur de vous envoyer
Nous avons
séances de lassemprocds-verbal des dernières
dans les trois
blée nationale; vous y verrez,
des divers
discours de M. Malouet, la gradation et diriger pour
mouvemens qu'il a fallu contenir satisfaisante de Varrêté
parvenir à une rédaction
définitif.
dans toutes ses parties, serCet arrêté, vrai
vacillantes
vira désormais à fixer les opinions nos vues persur ce pays-ci;
et contradictoires développées, et s'accordent
sumncientytonentd
les mémoires des
avec les faits constatés par raisonné qui en a été
députés et par l'examen
fait.
pour
mouvemens qu'il a fallu contenir satisfaisante de Varrêté
parvenir à une rédaction
définitif.
dans toutes ses parties, serCet arrêté, vrai
vacillantes
vira désormais à fixer les opinions nos vues persur ce pays-ci;
et contradictoires développées, et s'accordent
sumncientytonentd
les mémoires des
avec les faits constatés par raisonné qui en a été
députés et par l'examen
fait. --- Page 416 ---
CORR E S I O N D A N CE
Quoique vous soyez maintenant, M., en état
de juger de ce que nous pensons sur cette colonie, ct de ce qu'il est possible d'y faire, nous
ne nous dispenserions pas d'un travail plus détaillé, si nous n'étions Pun etl'autre dans l'impossibilité de nous y livrer par des raisons de
santé : nous sommes fatigués et malades.
Cette assemblée qui s'est terminée à notre
satisfaction, a encore débuté' d'une manière
désagréable par la fermentation inouie qu'avoient excitée les alarmes des débiteurs et les
projets supposés de la compagnic; il a fallu
montrer publiquement notre indignation contre
ces bruits dangereux et contre leurs auteurs.
Sur la lecture faite en l'assemblée du mémoire
des députés de Remire, dont plusieurs articles
portoient l'empreinte d'une prévention véhémentc, nous nous déterminâmes sur-le-champ
à reprocher à ces députés leur indiscrétion, et"
à apprendrea au public combien toutes ses craintes
étoient mal fondées : tel fut aussi l'objet du discours prononcé le lendemain par M. Malouét.
Le calme fut enfin rétabli : les députés nous
direntdesexcuses, nonsassurèrentqu'ilsn'avoient
point de part à ces extravaganices, qu'clles leur
avoient été suggérécs, qu'ils s'étoient même
refusés à plusieurs additions; et ceux qui n'a-; --- Page 417 ---
OFFIC I E L L E.
smpprimérent les
voient point encore parlé,
:
inêmes déclamations.
nous, M., d'être
Qu'il a été donloureux pour vivement une comobligés de défendre aussi donnent tous lesi jours
pagnie, dont les agens se
ineptes et les plus
comme les plus
en spectacle de tous les hommes.
nous
grossiers
de vérité et de raison que
C'est avec plus sévérité des principes établis
avons maintenn la
de la cOIL-
: il nous importoit
sur les engagemens volontaire de l'assemblée, et
sacrer par l'arrêté
nous y sommes parvenns. soit notre ouvrage, par la
Quoique cet arrêté
M.Malouet,
sariretert qu'il n'y a aucun arnous devons vous assurer
unanimement
n'ait été discuté et avoué
ticle qui
cette opéYassemblée; aussi nous regardons
utile:
par
irrévocable et certainement
ration comme
d'écrivain, quelqwiloquent
Il n'y a plus, M.,
quipuisse
qu'il puisse être, ni d'antenrdeprojetse et des faits
flatter de détruire des observations
la
se
les lieux même, en présence de
constatés sur
les recherches
colonie assemblée et après
les plus pénibles.
anjourd'hui gue tout
()Je ne balance pas d à répéter dire et d faire sur la Guiane
ce qu'ily a d'intéressant
s'y trouve résumé dans ce procbe-verbel.
-
n'y a plus, M.,
quipuisse
qu'il puisse être, ni d'antenrdeprojetse et des faits
flatter de détruire des observations
la
se
les lieux même, en présence de
constatés sur
les recherches
colonie assemblée et après
les plus pénibles.
anjourd'hui gue tout
()Je ne balance pas d à répéter dire et d faire sur la Guiane
ce qu'ily a d'intéressant
s'y trouve résumé dans ce procbe-verbel.
- --- Page 418 ---
CORRESP O N D A N C E
Nous devons à cette occasion rendre justice
aux députés, ils ont tous beaucoup travaillé;
leurs mémoires sont presque tous intéressans.
Nous vous désignerons, comme les meilleurs,
ceux de MM. Mettereau, officier de milice,
à Sinnamari. Nous vous
et Laforêt, subdélégué
prions donc, M., d'accorder quelque récompense à tous les députés qui ont abandonné leurs
affaires pour se livrer avec zèle à leur mission ;
vous pouvez leur accorder, sans inconvénient,
deux ans d'exemption de capitation, car personne ne la paie. Mais les sieurs Mettereau et
Laforêt méritent d'être distingués : leurs connoissances, leur facilité dans le travail pouvant
les rendre utiles au conseil, nous leur en ouvrons l'entrée en qualité d'assesseurs; mais nous
vous demandons pour eux le brevet de conseiller Nous croyons devoir aussi vous faire
remarquer le mémoire du sieur Bourda et celui
du sieur Robert : nous destinons encore celui-ci
(*) Note de M. de Fiedmond.
M. de Fiedmond trouve cette demande prématurée 3
quoique ce soit les sujets qui paroissent les plus propres
à remplir les places vacantes. Il est persuadé qu'il leur
faudroit beaucoup de temps, d'application et de travail, 2
pour qu'ils pussent acquérir les connoissances nécessaires --- Page 419 ---
-
I C IE L L E.
0 F F
contre la commalgré son incursion
s'en
au conseil,
du roi de 1775,
pagnie, et la déclaration
auprès de nous.
étant justifié
Nous sommes, etc.
et MALOVET.
Signé, FIEDMOND
EXTRAIT
séancespudes diférentes
tenue 2
Du procès-verbal
nationale ()
bliques de PAssemblée
mai et
les 7 janvier 1777 > 19
Cayenne
jours suivans.
assemblée MM. les gouverSéans en ladite
- ordonnateur 3
général
neur et commissaire
fonctions de conseiller; que ces places
pour bien remplit les
qu'au mérite et au talent qui
ne doivent être accordées
par cet avancement.
seront récompensés
Note de M. Malouet.
Metteresu et Laforêt valent
M. Malouet pense que MM. Patris et Berthier.
mieux à tous égards que MM.
cette petite assem*
(*) Il paroitra aujourd'hui ridicule que : mais cela est
ait pris le nom de nationale
blée coloniale
ainsi sur les registres.
ctions de conseiller; que ces places
pour bien remplit les
qu'au mérite et au talent qui
ne doivent être accordées
par cet avancement.
seront récompensés
Note de M. Malouet.
Metteresu et Laforêt valent
M. Malouet pense que MM. Patris et Berthier.
mieux à tous égards que MM.
cette petite assem*
(*) Il paroitra aujourd'hui ridicule que : mais cela est
ait pris le nom de nationale
blée coloniale
ainsi sur les registres. --- Page 420 ---
CoRR E S P C N D A N C E
MM.les officiers du conseil supérieur, commandans en second, cominandans des quartiers et
députés des paroisses , soussignés :
P R E M I È R E SÉANCE
Du 7 Janvier.
M. le gouverneur ayant pris la parole a dit :
MM.,
CC Nous allons vous donner une connoissance
détaillée des intentions du roi pour. l'accroissement et le bien général de la colonie, Nous espérons de votre zèle que vous coopérerez, en
tout ce qui dépendra de vous, 3 pour! l'exécution
de ces vues qui vont vous être développées.
Ensuite M. le commissaire général ayant pris
la parole a dit :
MM.,
Cc LE caractère le plus distinctif d'une administration juste et éclairée, est cette confiance
touchante pour des hommes sensibles, avec
laquelle le souverain daigne se communiquer à
ses sujets, et développer à tous les yeux ses vues,
ses projets, ses ordres, SCS motifs. --- Page 421 ---
O F F I C I E L L E:
le plus précieux pour le citoyen,
> L'avantage
délibérer librement sur la
est d'être admis à
aux résolutions
chose publique, et de participer
sur l'intérêt de tous.
qui prononcent: MM., l'objet de cette assemblée
> Tel est,
parle
de la colonie, convoquée
des représentans
Nous vous expocommandement de sa majesté.
qu'elle nous
ses ordres et les réglemens
serons
faire exécuter. Si dans ce qui est
a chargés de trouvez des inconvéniens, nous
jugé utile, vous
aux pieds du
ferons parvenir VOS représentations
trône.
confierons ensuite le plan qui
>> Nous vous
V'administration écononous est prescrit pour
de cette colonie; et
mique, civile et politique définitivement arrêté par
tout ce quin'est point
comme objet
sa majesté, 9 vous sera présenté libre, avec la cerd'éxamen et de délibération redouter de notre part ni
titude de n'avoir à
doit être en effet
prévention ni système. Quel
si ce
T'objet des hommes constitués en autorité, mal, et de
n'est de faire le bien, d'empêcherle stres, au bonconduire, par les routes les plus à leurs soins.
heur général, le peuple confié
c'est-là
vous assurons, 9 MM., que
> Nous
ardent, ct que la récompense
notre voeu le plus
sera de vous
la plus flatteuse de nos travaux,
en voir convaincus.
prévention ni système. Quel
si ce
T'objet des hommes constitués en autorité, mal, et de
n'est de faire le bien, d'empêcherle stres, au bonconduire, par les routes les plus à leurs soins.
heur général, le peuple confié
c'est-là
vous assurons, 9 MM., que
> Nous
ardent, ct que la récompense
notre voeu le plus
sera de vous
la plus flatteuse de nos travaux,
en voir convaincus. --- Page 422 ---
CORARSTO N D A N C E
> Recevez donc avec confiance ce que nous
vous dirons avec le desir vifde vous être utiles,
et marquez - nous ce sentiment par la contradiction très-libre de nos opinions, lorsqu'elles
vous paroitront contraires au bien général.
S Pour vous mettre plus à portée de nous
éclairer, nous allons vous faire connoître, dans
le plus grand détail,les principesque: nous avons
adoptés, et les vues qui nous dirigent dans la
manière de régir et de considérer cette colonie.
>> Nous rapportons à trois causes principales
l'état d'inertie et de langueur où se trouve la
Guiane; sa position relativement aux autres
colonics, le vice du sol et du climat, celui de
la distribution locale des établissemens qui y ont
été faits.
>> Par sa position 2 Cayenne n'a jamais pu
participer aux riches croisières qui occupoient,
dans le dernier siècle, 2 les flibustiers dans le
golphe du Mexique, et qui les ont fixés ensuite
dans les Antilles. Cet entrepôt des trésors conquis sur les Espagnols, fut le premier véhicule
du commerce et de la culture, dont les succès
nous étonnent aujourd'hui. Pendant que l'or
et l'argent circuloient dans ces parages, et y
attiroient les armateurs européens, VOS pères,
isolés sur ce continent, commençoient à défricher une terre ingrate, sans moyens, sans se- --- Page 423 ---
C IE I L E.
OFTI
seul accréditer
Un sol fertile pouvoit
lattrait
cours.
et appeler à eux, par des capileurs entrepsises, les fonds et les avances
des bénéfices,
Mais quoiquil y ait certains
ialistes d'Europe.
dont la terre réponde aux
quartiers privillegiés,
une longue expéespérances du cultivateur, répétées nous dérience et des observations
a été boulemontrent, MM., que ce accident continent de la nature.
versé par quelque grand calcaires; la fracture des
L'absence des matières sillonnés parles feux;
rocs qui paroissent encore le mélange désordonné
la coupe des montagnes;1 terre végétale, des pierres
du sable, du tuf, dela même des efforts désasvitrifiées; la cessation
et se régénère
treux de la nature, qui se repose tandis que les autres
dans cette partie du globe, des feux souterrains et
sont encore agitées par : tout dépose, MM.,
de terre
à la nature
des tremblemens stérilité inhérente
de cette cause de
ainsi que nos prédu sol; vous y avez distribution ajouté, inconsidéréc de
décesseurs, par la
vOS établissemens. réunir et de vous concen-
> Au lieu de vous
où vous auriez
trer dans un lieu circonscrit, de la sociabilité,
trouvé les secours si précieux distances énormes les
vous yous êtes isolés à des habitans sont dispersés
uns des autres. Six cents
la nature
des tremblemens stérilité inhérente
de cette cause de
ainsi que nos prédu sol; vous y avez distribution ajouté, inconsidéréc de
décesseurs, par la
vOS établissemens. réunir et de vous concen-
> Au lieu de vous
où vous auriez
trer dans un lieu circonscrit, de la sociabilité,
trouvé les secours si précieux distances énormes les
vous yous êtes isolés à des habitans sont dispersés
uns des autres. Six cents --- Page 424 ---
Cor R E S P O N D A N C E
sur, cent lieues de côtes. L'éloignement du cheflieu multiplie les frais et les difficultés dans l'échange de VOS denrées et de' VOS besoins. La
rareté nécessaire des artistes et des ouvriers dans
un pays pauvre et non peuplé, ne permet
point aux quartiers éloignés de profiter du petit
nombre de ceux qui abordent à Cayenne. L'oubli des lois, la violation de la police, la
l'ignorance, ainsi
paresse, 2
que l'honnêteté, l'industrie
et les talens, tout échappe à l'oeil attentif du
gouvernement, et la pauvreté, la langueur, se
perpétuent malgré ses soins vigilans : enfin, un
climat très-humide, les pluies excessives qui dégradent VOS terres hautes, et qui entraînent incessamment les sels dans les bas fonds, paroissent
être un nouveau motif d'y fixer VOS
S
espérances.
Dans cette position, MM., quel est le
le plus sensé qu'il convierne d'adopter plan
votre prospérité?
pour
>> Seroit-il digne de la sagesse du roi, et
roit-il vous être même utile de déférer pourtoujours
aux vues particulières qui vous ont jusqu'à
sent
préconduits et égarés? Vous possédez de vastes
terrains : les clauses inviolables des concessions
ont été violées. Vous avez abandonné, changé,
multiplié VOS travaux. Qu'en est-ilrésulté depuis
cent ans? la dégradation des bois les plus pré- --- Page 425 ---
OFTICI I E L L E.
extension de culture, sans accroiscieux, sans
Cette terre cependant vous
sement de richesses.
naturelle : en se refuannonce sa destination elle vous montre des
sant aux grandes cultures, autres colonies et la méarbres utiles dont nos
elle vous actropole même sont dépourvues; des récoltes aboncorde en grains et en racines est assuré : elle
dantes, dont le débouché vous le succès est déja
vous offre des pâturages dont les productions
constaté. Sa stérilité enfin pour
par les resles plus riches, se trouve compensée terres basses et lides
sources encore ignorées formées par le dépôt
moneuses, nouvellement
tout ce
snccessif des marées et débordemens; estinvinla prévention pourroit y opposer Hollandais
que
détruit par Texemple des
ciblement
dans son état acvoisins. Ainsi la Guiane,
nos
les vices de sa position et de son
tuel, malgré
nous avons à désol, malgré les malheurs que des entreprises
plorer, est encore susceptible. sont subordonles plus fructueuses, lorsqu'elles lorsque la sagesse et
nées à un plan général,
soutenues par un poevenementproTindustrie,
Y'exécntion.
tecteur, en concerteront nous avons à vous
5 Voilà, MM., 2 ce que
avantage
offirde la part du roi. Le premier la base . de
nous vous assurons, 9 comme
que
nous avons à désol, malgré les malheurs que des entreprises
plorer, est encore susceptible. sont subordonles plus fructueuses, lorsqu'elles lorsque la sagesse et
nées à un plan général,
soutenues par un poevenementproTindustrie,
Y'exécntion.
tecteur, en concerteront nous avons à vous
5 Voilà, MM., 2 ce que
avantage
offirde la part du roi. Le premier la base . de
nous vous assurons, 9 comme
que --- Page 426 ---
C ORR E S P C N D AN C E
toute prospérité sociale, est une exécution sén
vère et impartiale des lois. Les infracteurs les
plus répréhensibles sont les administrateurs s
lorsque, par une foiblesse cruelle et despotique,
ils dispensent les uns au préjudice des autres 9
et préparent à tous les désordres de l'anarchie
ou des voies arbitraires. Nous espérons, MM.,
vous préserver de ce malheur. Dépositaires de
l'autorité du roi, nous la rendrons chère et respectable aux gens honnêtes, réprimante pour
ceux quis s'écartent des devoirs imposés.
>> C'est d'après les vues que nous venons de
vous annoncer, qu'est arrêté le plan d'administration qui nous est confié. Rendre cette colonie
utile aux autres par l'exportation des bois, des
vivres, des animaux; voilà le premier moyen
de richesse qui lui est assigné. Faire naître de
des forces
ces premiers produits l'augmentation
et l'établissement desg grandes manufactures dans
les terres basses, y provoquer des placemens de
fonds de la part des capitalistes d'Europe par
une grande fidélité dans Jes engagemens : voilà
le but auquel nous atteindrons par des efforts
unanimes et persévérans. >>
Ici s'arrête le législateur. cCc Et vous êtes appelés en délibération sur l'emploi des moyens, 2
sur les détails d'exécution. --- Page 427 ---
) J FF I C I EL L E.
doncles ordres prononcés
> Vous distinguerez Vos anciennes) pratiques
des questions à discuter.
Tous ceux cepende culture sont improuvées.
n'éprouvedant qui voudroient les conserver, celle de se voir cirront d'autre contrainte que dont l'étendue sera
conscrits dans un terrain mais ceux qui se livremesurée sur leurs forces: basses, ou à celle des
ront à la culture des terres
des bois,
vivres en terre haute, à l'exploitation ces différentes
des ménageries;
à l'établissement
tous
d'habitans recevront par préférence
classes
que le gouverneles secours et encouragemens
ment pourra leur procurer.
que nous
ces considérations
>> C'est d'après
les différens objets de
mettrons sous vOS yeux faisant connoitre préaladélibération, en vous
que sa majesté
blement les ordres etinstructions
nous a adressés. >>
lecture a été faite par le greflier 3
Et de suite
dépêches
des ordres instractions s réglemens, pour le
adressés à MM. les administrateurs de cette COGouvernement civil et économique
général
quoi, M. le comnissaire
lonie. Après
ordonnateur a dit :
vient de vous être commu-
< Tout ce qui
instruit des volontés
niqué, Messieurs, vous
sa majesté
blement les ordres etinstructions
nous a adressés. >>
lecture a été faite par le greflier 3
Et de suite
dépêches
des ordres instractions s réglemens, pour le
adressés à MM. les administrateurs de cette COGouvernement civil et économique
général
quoi, M. le comnissaire
lonie. Après
ordonnateur a dit :
vient de vous être commu-
< Tout ce qui
instruit des volontés
niqué, Messieurs, vous --- Page 428 ---
CORR $ S P D N D A N C E
et des vues de sa majesté sur cette colonie:
C'est à vous maintenant à éclairer l'administion sur votre situation, sur VOS besoins, sur
VOS ressources. Ces trois points principaux de
délibération sont résumés en XIII articles qui
vont vous être proposés. Nous ne demandons
que la vérité dépouillée de toute considération
et intérêt personnel.
>> Nous vous invitons à regarder l'instant où
VOS opinions seront arrêtées. 3 comme décisif
pour cette colonie ; et nous vous renouvelons
les voeux sincères que nous faisons, pour
VOS lumières secondant notre zèle,.la Guiane que,
et ses habitans soient àj jamais heureux. 5
Lecture a été faite par le greffier des objets
de délibération, ainsi qu'il suit.
Objets de délibération.
I. Savoir si les terres hautes sont généralement mauvaises et impropres à toute autre culture que celle des vivres, excepté dans les nouveaux abatis, 2 où le fumier des feuilles
ries suffit à la nourriture des
pourplantes pendant
deux ou trois années P
II. Si les terres basses sont généralement
bonnes et susceptibles de desséchement P quelle --- Page 429 ---
-
L. L E.
D FFICIEI nécessaire pour Y
de forces est
être
augmentation
somme d'avances peut
parvenir ? quelle le terme de paiemnent aux
proportionnée pour
libres de la codettes actuelles et aux revenus
lonie ?
des vivres et
des bois,
III. L'exportation
être la ressourcel la plus
desanimaux, paroissant
à Pétat actuel de
prochaine et la plus analogue les plus écoles moyens
la colonie 7 quelssont livrer ? Ne conviendroitcilpas
nomiques de s'y
d'habitans qui se desde former une association
des bois,
à l'exploitation
tineroit en commun
l'établissement des
et une autre association différens pour quartiers qui seménageries, dans les
à ces différens
roient reconnus les plus propres
objets (*) ?
du rocou étant bornée,
IV. La consommation de cette culture ne
et la trop grande extension
ne conruiner les entreprencurs,
pouvant que de former aussi une association
viendroit-il pas
denréc dans le quarde cette
en
des cultivateurs reconnu le plus propre,.
tier qui y seroit
cette mesure, qui a
() Mon avis personnel étoit pour toujours à la croire
improuvée ; jepersiste
élé gendraloment
utile.
1.
propres
objets (*) ?
du rocou étant bornée,
IV. La consommation de cette culture ne
et la trop grande extension
ne conruiner les entreprencurs,
pouvant que de former aussi une association
viendroit-il pas
denréc dans le quarde cette
en
des cultivateurs reconnu le plus propre,.
tier qui y seroit
cette mesure, qui a
() Mon avis personnel étoit pour toujours à la croire
improuvée ; jepersiste
élé gendraloment
utile.
1. --- Page 430 ---
CORR E S P O N D A N C E
en interdisant la culture aux autres, ou en cherchant les moyens de la perfectionner ?.
V. N'est-il pas utile et conforme au bien
général de rapprocher le plus qu'il sera possible tous les établissemens du chef- lieu,
ou des principaux postes, en procurant aux
habitans éloignés des facilités pour leur déplacement ?
VI. Le desséchement des terres basses n'exiget-il pas le même régime, c'est-à-dire, d'être facilité et exécuté de proche en proche, sans permettre dans aucun cas des entreprises à de trop
grandes distances des lieux habités?
VII. Quelle peut être la distribution la mieux
ordonnée des cultures et des établissemens,
c'est-à-dire, quelle est la destination la mieux
indiquée par la nature pour la culture et l'établissement de chaque quartier P
VIII. En supposant que cette destination soit
constatée par des faits, ne doit-elle pas être
irrévocablement maintenue ?
IX. Si l'on veut s'occuper avec précaution
d'une population de blancs pasteurs et ouvriers,
ne convient-il pas de leur assigner un quartier
dans] lequel ils pourroient successivements s'éten- --- Page 431 ---
OFFI C I E L L E.
une chaîne contre
dre 'et former aà la longue
P
les nègres-marrons?
et fixer parmi nous
X: Sil'on peut: rapprocher d'Indiens, ne convientil
plusieurs peuplades de les engageris s'établir
pas, dans la même déterminée? vue,
dans une position
étant examinés,
XI. Les objets ci-dessus
il pas de
discutés et arrêtés > ne convient-i classes, en
division des habitans par
faire une
de cultures et le nombre
spécifiant les genres livrent dans chaque quard'habitans qui s'y
tier ?
d'une chambre économiXII. L'institution
est proposée 1 remplira-t-elle
que telle qu'elle susceptible de quelque inconson objet P est-elle
vénient ?
d'établir dans la coloXIII. Vu la nécessité fonds et d'avances, tant
nie une circulation de
de la part des
de la part de sa majesté a-t-il, que pour y parvenir,
capitalistes d'Europe, celui y de donner aux send'autre moyen que
dettes une force irrétences et jugemens pour
de toute espèce un
sistible, et aux engagemens ne puisse jamais
caractère inviolable, ou qui sévérité résultante
P La
être violé impunément n'est-clle pas la base la plus
de ces principes
nécessité fonds et d'avances, tant
nie une circulation de
de la part des
de la part de sa majesté a-t-il, que pour y parvenir,
capitalistes d'Europe, celui y de donner aux send'autre moyen que
dettes une force irrétences et jugemens pour
de toute espèce un
sistible, et aux engagemens ne puisse jamais
caractère inviolable, ou qui sévérité résultante
P La
être violé impunément n'est-clle pas la base la plus
de ces principes --- Page 432 ---
CoRE R E S P O N D A N C E
sûre de la propriété 7 du crédit et de la liberté
civile?
Après cette lecture, 3 M. le procureur général
ayant pris la parole, a dit : (*)
CC MISSIEUAS,
Le roi, vraiment père de ses sujets, veille
sans cesse à votre bonheur. Il remet entre
VOS mains les intérêts de cette colonie en ce qui
vous concerne. Il vous laisse la liberté de lui
indiquer les moyens qui peuvent la rendre florissante, et il vous invite à lui faire connoître
les ressources que l'on peut en tirer.
>> Pour parvenir à une fin si desirable et si
utile, il vous est proposé différens objets sur
lesquels on demande votre avis. >
Première question. Pour. répondre à une
(*) Toutes les questions contenues dans les objets de
délibération qui précèdent 1 sont relatées, avec leurs réponses, dans le discours de M. de Macaye; mais pour ne
pas rendre cette expédition trop volumineuse, 2 et ne pas
répéter mot à mot ces mêmes questions 9 on s'est contenté
de renvoyer à leur numéro : par ce moyen on pourra recourir à chaque article avant d'en lire la réponse qu'y
fait ce magistrat. --- Page 433 ---
-
FI I C I E L L E.
intéressante, il ne suffit pas que
question aussi
notre propre terrain,
nous fixions nos yeux sur vue sur les campanotre
ou que nous portions il faut porter ses regards
gnes de nos voisins ;
les différentes consur tout un quartier , sur il faut les porter sur
trées qui sont habitées ; les terres hautes ne
la Guiane entière. Toutes elles ne sont pas toutes
sont pas bonnes, mais de
il y en a
manvaises : il y en a médiocres, étendu on pourra
de stériles. Par un examen
ce que sont
certitude et en général
dire avec
demande awjourd'lni à déles terres dont on
finir la qualité productive.
Cet objet renferme
Deuzième question.
importantes qui
également
trois propositions
sont autant de questions.
basses sont - elles générale1°. Les terres
qui ne peut
bonnes? C'est un problème
culment
partie, et par ceux qui
être résolu qu'en
Ce sont eux qu'il
tivent ces sortes de terres. consulter : et comme ils
faudra principalement
quartiers de Pile
dans différens
essais
sont répandus
parleurs
et du continent, on pourrajuges la nature de ces
et par leurs succès , quelle attendre est
de leur culterres et ce qu'on peut
ture.
générale1°. Les terres
qui ne peut
bonnes? C'est un problème
culment
partie, et par ceux qui
être résolu qu'en
Ce sont eux qu'il
tivent ces sortes de terres. consulter : et comme ils
faudra principalement
quartiers de Pile
dans différens
essais
sont répandus
parleurs
et du continent, on pourrajuges la nature de ces
et par leurs succès , quelle attendre est
de leur culterres et ce qu'on peut
ture. --- Page 434 ---
CORRE S P J N D A N S
20, Mais quelle dépense faudra-til faire
pour les mettre en état d'être cultivées ?
Cela peut dépendre de la situation de ces
terres, des eaux environnantes, et d'autres circonstances qui ne sont pas partout les mêmes :
et c'est CC qui scra le sujet d'un grand examen.
30. Quant à la troisième question qui est de
savoir : Combien il peut rester de revenus libres
à la colonie pour rembourser, dans zn certain
temps préfixe, les avances qui seront faites
pour parvenir à mettre ces terres basses en
valeur ? La solution dépend de deux objets à
examiner: l'un, quelle est la masse des revenus,
annuels de la colonie 3 l'autre 2 de savoir de
quelle somne cette masse est chargée par les
dettes contractées. avec le commerce ou avec
les particuliers. C'est une affaire de calcul qui
demande de la combinaison, des soins et du
temps.
Troisième question. Pour donner un avis
judicieux sur ces questions, il faut connoître
CC que peut produire l'exploitation des bois et
les revenus qu'on tire des mnénageries. Il y a
sans doute des lieux propres dans la colonie
pour remplir ces deux objets. Il ne s'agit que --- Page 435 ---
OFFI CI E L L E.
s'ils seront d'une ntilité plus grande II
de savoir
culture actuelle des terres.
que celle de la
si Vexploitation des bois
faut encore s'instruire
seroit plus utile et
en société
et des ménageries la colonie et pour le partiplus lucrative pour
de cette utilité qui
culier. Cest ce qui paroitra
résoudre la question.
pourra
Il est certain qu'il se
Quatrième question. qu'il ne s'en consomme.
fabrique plus de rocou lequel est cette denrée
Le décréditement dans en est la preuve évidepnis plusieurs années, utile et même nécessaire
dente. Il paroît donc
d'en
la
d'en borner la culture et
perfectionner c'est
mais comment y parvenir?
manufacture ; diflicile et ce qui demande une
ce qui paroît
ainsi cet objet doit étre.môséricuse attention :
rement examiné.
Il est certain qu'il
Cinquième question. habitans ne fussent point
seroit utile que les distanceslesuns des autres.
séparés à de grandes habitations ne sont-elles
Mais pent-être leurs
semble l'anpas si éloignées que la proposition aisé de voir, soit par
noncer. C'est ce qu'il est
d'antres connoisles cartes dressées, ' soit par sur cet objet, et
sances que l'on peut prendre d'oeil attentif.
être le sujet d'un coup
ce doit
iné.
Il est certain qu'il
Cinquième question. habitans ne fussent point
seroit utile que les distanceslesuns des autres.
séparés à de grandes habitations ne sont-elles
Mais pent-être leurs
semble l'anpas si éloignées que la proposition aisé de voir, soit par
noncer. C'est ce qu'il est
d'antres connoisles cartes dressées, ' soit par sur cet objet, et
sances que l'on peut prendre d'oeil attentif.
être le sujet d'un coup
ce doit --- Page 436 ---
CORR E S P 0 N D A N C E
Il est également certain qu'un habitant trop
éloigné s trouvant une bonne terre à la proximité du chef-lieu, et des moyens de s'y habitner,
auroit tort de ne pasa abandonner une habitation
trop distante, où il ne seroit pas facilement
secouru dans le besoin et dans l'occasion.
Sirième question. Si les terres basses à
cultiver étoient toutes réunies et ne formoient
qu'une seule plage, comme à Surinam, il ne
faudroit pas un long cxamen pour prouver qu'il
seroit avantageux que toutes les habitations
fussent contiguès : telles sont les terres basses
depuis Nahurijusqu'à Kaw; inais commeils'en
trouve en bien moindre quantiré qui sont dépendantes des habitations de quelques propriétaires, il semble que cettc contiguité des, Habitations ne sauroitavoir lieu dans ces circonstances.
C'est ce qui paroîtra encore mieux par l'examen
qui en sera fait. Il est d'ailleurs certain que
bien des habitans se détermineroient à les cultiver si on en donnoit les facilités.
Septième question. C'est par l'inspection
des terres, c'est par la qualité des végétaux
qui y croissent, que l'on peut résoudre cette
question pour les quartiers de la colonie quine
sont pas encore habités : quant à ceux qui sont --- Page 437 ---
e
F I C IE L L E.
0 F
c'est par la nature
cultivés depuis longptemps, ont été et y sont encore
même des cultures qui y de la qualité et de
peut juger
tentées , qu'on leur. sol ;, ainsi il faut un examen
la nature de satisfaire à cette proposition.
réfléchi pour
êtrè hors
question. Cela paroit
Huitième
demeurede doute tant que les circonstances la terre ne se refusera
ront les mêmes et que
point aux mêmes cultures.
deCette proposition
Neuvième question. connoissance de Vintérieur
mande une grande
croissent, de la nades terres s des bois qui y naturelles qui peu-
-ture du sol, des savannes du terroir propre
trouver, de la qualité
et du
vent s'y
d'artificielles, 2 des moyens
à y en former
les former. Ces connoistemps nécessaires pour
déterminer un avis
sances prises 7 O1l pourra
et certain sur cet objet.
judicieux
connoissent
Dizième quuestion. Ceux leur qui manière de
le génie des pomples indiens ,
leurs
Jeurs haines respectives 2
guerres
vivre,
leur amour pour la liberté,
de nation à nation,
les missionnaires d'en
les difficultés qu'ont eues auprès d'eux, quoirassembler un petitnombre des présens 7 par
qu'ils les y invitassent par et par toutes sortes
des secours dounés à propos
1l pourra
et certain sur cet objet.
judicieux
connoissent
Dizième quuestion. Ceux leur qui manière de
le génie des pomples indiens ,
leurs
Jeurs haines respectives 2
guerres
vivre,
leur amour pour la liberté,
de nation à nation,
les missionnaires d'en
les difficultés qu'ont eues auprès d'eux, quoirassembler un petitnombre des présens 7 par
qu'ils les y invitassent par et par toutes sortes
des secours dounés à propos --- Page 438 ---
ConnESP O N D A N C E
de moyens., trouveront ce projet bien difficile
à exécuter; mais enfin on peut le tenter, et pour
le faire fiructueuseiment, il faudra envoyer
chez eux des missionnaires zélés.
Onzième question. Si cette division d'habitans par classe ne met aucune différence
entre cux, il n'y auroit pcut-être point d'inconvénient à la faire. Cet objet pourtant mérite diêtre examiné.
Douzième question. C'est d'après le plan
bien examiné de cette chambre économique
que l'on pourra juger de son utilité ou des
inconvéniens dont. elle peut être susceptible.
Treizième question. Il est certain que la fidélité à tenir ses engagemens est la base du crédit
et du commerce ; il est certain encore que l'infidélité à tenir ces mêmes engagemens est la
ruine de ce même crédit et de ce niême commerce. Cette infidélité doit être réprimée par
la sévérité des lois et par la force irrésistible
des jugemens. Ce sont lcs moyens utiles. Ccux
qui contracteront ensemble pourront prendre
des sûretés plus étendues s'ils en trouvent qui
ne soient point contraires aux lois. D'ailleurs
ce point est assez de conséquence pour être
examiné sérieusement. --- Page 439 ---
CI E L L L E.
OFFI
sur lesMessieurs, les objets
la
Cc Tels sont,
Le sort de
quels vous avez à délibérer. vos mains. Vous
entre
Guiane est presque
les plus
donc prendre les connoissances
de
devez
afin que le résultat
grandes sur ces objets, le bonheur de cette pro*
vos délibérations fasse
et rende
vince, serve à votre ntilité particulière Mais pour que vous
vos noms chers à la patrie. nécessaires pour vous
acquériez les lumières avis, nous pensons qu'il
déterminerau meilleur réfléchir, et que Pon
vous faut du temps pour y des copies de ces obdoit vous donner à tous
état de vous décijets, afin que vous soyez en
à la preont d'important,
der sur ce qu'ils
devoir être
mière assemblée que nous croyons fêtes de
cet- effet jusqu'aux
prorogée pour
pâques. >
ordonnateur ayant
M. le commissaire général été unanimes :
recueilli les voix qui ont
des obIl a été arrêté que, vu Fimportance des propositions
copies
jets mis en délibération, à MM. les députés, pour, sur
seroient délivrées
à prendre par
les instructions et renseiguemens respectifs, être sur le
eux dans leurs quartiers en une ou plusienrs
tout statué définitivement
est assignée au
séances, dont la plus prochaine
mercredi 2 avril prochain,
le commissaire général été unanimes :
recueilli les voix qui ont
des obIl a été arrêté que, vu Fimportance des propositions
copies
jets mis en délibération, à MM. les députés, pour, sur
seroient délivrées
à prendre par
les instructions et renseiguemens respectifs, être sur le
eux dans leurs quartiers en une ou plusienrs
tout statué définitivement
est assignée au
séances, dont la plus prochaine
mercredi 2 avril prochain, --- Page 440 ---
CoR R E S P O N D A N C E
SECONDE SEANCE
De PAssemblée nationale 9 remise du 3 avril
au 19 mai 1777 etjours suivans 3 attendu la
maladie de M. Malouet.
La séance a éte ouverte par le discours ciaprès, prononcé parl M.lc commissaire général
ordonnateur.
< MESSIEUnS,
En vous voyant de nouveau réunis, le preinier sentiment qui m'occupe est celui de la
reconnoissance. Je n'oublierai jamais les marqques d'intérêt que j'ai reçues de M. le gouverneur et de vous 2 Messieurs, dans un moment
où tout échappe, hors le témoignage de notre
conscience et les sigues touchans de l'estime
publique. Je ne puis continuer à y prétendre
que par une fidélité inviolable dans la pratique
de mes devoirs. Si les détails cessoient jamais
de vous en être agréables, veuillez vous ressouvenir, Messicurs, que les qualités qui constituent l'homme public, s'éloignent infiniment
de celles qui suffisent à l'homie privé pour
s'attirer la bienveillance de ses scmblables. Le --- Page 441 ---
OFFI I € I E L L E.
que par Yamour
premier ne doit la solliciter
bonheur
,
tous
aBleanlentipourlet
de la justice, parun le rend ennemi de
et l'ordre public, qui moindre atteinte. Les
ceux qui y portent la qui font le charme de
moeurs faciles et douces
qui voile ou
la bonté indnlgente
la vie privée 9 défauts de ceux qui nous entoudissimule les
des qualités dangerent, deviennent souvent
Sa sensibilité
reuses dans un administrateur. Voppression des foidoit consister à empêcher méchans sous le joug, en
bles, en tenant les de tous ; sa bonté ne peut
veillant à la sûreté
l'enflamme de laêtre ntile qu'autant qu'elle aveci antorité ceux
mour du bien et repousse obstacle. Ainsisil'on
qui voudroient y mettre
les bons et les
pouvoit ranger sur deux lignes marcheroit au
méchans, Phomme juste qui leurs visages deux
milieu d'eux produiroit sur confiance et l'effroi,
sensations différentes , la
et les
uns et
Bsrsimternnei
la calomnie
foible, inutile aux
tandis que Thomme
par son inertie
méprisé des autres 2 est encore Mais s'il est
des désordres publics.
complice
Tadministrateur,
des devoirs rigoureux pour de faire des méqui l'exposent au déplaisir douce satisfaction ne se
contens 3 avec quelle du rôle pénible qui lui
dédommagera-t.l pas
roi,
sensations différentes , la
et les
uns et
Bsrsimternnei
la calomnie
foible, inutile aux
tandis que Thomme
par son inertie
méprisé des autres 2 est encore Mais s'il est
des désordres publics.
complice
Tadministrateur,
des devoirs rigoureux pour de faire des méqui l'exposent au déplaisir douce satisfaction ne se
contens 3 avec quelle du rôle pénible qui lui
dédommagera-t.l pas --- Page 442 ---
CORR E S P O N D A N C E
est imposé, lorsqu'il pourra, auprès du souverain et de son ministre, plaider la cause dcs
peuples, 3 exposer leurs besoins, solliciter les
bontés du Prince et l'extension de ses grâces ?
Telle est Messicurs, nous osons vous le dire, 9
la plus douce occupation de M. de Fiedmond
et de son collègue.
>> Le ministre qui rendra compte au roi des
actes de cette assemblée 3 nous réserve sans
doute ce gloricux témoignage. Il est en état de
juger si des avocats par vous nommés défendroient VOS intérêts avec plus de zèle que ceux
qui vous gouvernent.
S Nous avons la consolation de voir, Messieurs, que vous n'en doutez point, et nous
nous flattons d'avoir fait ce qui étoit nécessaire
pour vous inspirer cette confiance.
> Aucun de nos prédécesseurs n'a eul l'avantage de vous présenter à la fois autant de
preuves de la bienveillance du roi et des soins
du ministère pour le pays que vous habitez;
aucun n'a mis moins de mystère dans' l'exécution des ordres du Gouvernement. Vous connoissez le développement de ses vues : ce que
nous avons fait, ce qui nous reste à faire, a
été précédé de la communication des ordres,
des instructions qui nous dirigent. Nous vous --- Page 443 ---
OFFI C I EL L E.
candeur nos propres opiavons exposé avec êtes-vons séparés que nous
nions : à peine vous
de famille VOS propres
avons discuté en pères
supérieur, recherintérêts avec MM. du conseil
leur improbachant leurs avis, encourageant être
3 et
en
susceptible
tion sur ce qui pouvoit
n'est point de nous
cette conduite, dont l'objet utiles, ne s'est point
rendre agréables , mais ne nous flattons pas
démentie. Cependant nous
d'accorder les
de concilier tous Ies suffrages,
intérêts divers.
dans ce jour
>> Puissions - nous seulement, discussions
mémorable, faire sortir de vOS
les
lavis le plus utile, et de vOS observations ! C'est ce que
faits qui sont les mieux constatés
d'honMessieurs, des sentimens
nous espérons,
qui vous animent. Nous
neur et de patriotisme et nous nous en félicisommes sûrs au moins,
dans nos diffécitons , de n'avoir à craindre, d'erreur dont
rences d'avis, que cette espèce Héurenx de n'avoir
lhonnêteté ne rougit point.
désastreux, ni
point à combattre des systèmes sauroient croire au
ces hommes pervers qui ne
de le faire;
bien
qu'ils sont incapables
2 parce
sur la lumière et la
qui voudroient répandre tenèbres de leur coeur 3 qui
vérité même les
qu'ils ne peu
vondroient anéantir la confiance
vent plus inspirer ni sentir!
, que cette espèce Héurenx de n'avoir
lhonnêteté ne rougit point.
désastreux, ni
point à combattre des systèmes sauroient croire au
ces hommes pervers qui ne
de le faire;
bien
qu'ils sont incapables
2 parce
sur la lumière et la
qui voudroient répandre tenèbres de leur coeur 3 qui
vérité même les
qu'ils ne peu
vondroient anéantir la confiance
vent plus inspirer ni sentir! --- Page 444 ---
CORRE: S P 0 N D A N C E
> Nous savons que chacun de vous, pénétré
de l'importance de sa mnission, s'est appliqué à
en étudierles détails, et que vous êtes instruits
de la position, de l'état ct des besoins de VOS
districts.
> Mais vous n'oublierez pas que vous avez à
délibérer sur des vues générales, qui embrassent
toute la colonie, ct que les exceptions, les considérations isolées ne peuvent être admissibles
qu'autant qu'elles ne nuiront point à l'intérêt
général.
>> Nous avons aussi tâché d'acquérir les connoissances' analogues aux objets sur lesquels nous
devons prononcer.
> M. le gouverneur: avoit vu ct réfléchi depuis
long-temps sur tout ce quim'étoit étranger. J'ai
donc visité particulièrement tous les postes > les
principalesrivières, etla majeure partie des terres
hautes et basses de la colonie : j'ai examiné l'état
et la quantité des troupeaux, dcs savannes qui
les nourrissent, les plantations et les manufactures diverses, , les communications établies, les
obstacles et les moyens : j'ai comparé les succès
de l'activité, de lindustrie, de l'intelligence,
de l'ordre intérieur 7 aux effets malheureux de
l'ineptic, de la paresse etd'une mauvaise polices
les bonnes et les mauvaises terres m'ont offert --- Page 445 ---
O F F I C I E L L E.
J'ai vu sur un banc de
lun et l'autre spectacle.
cultiver seul
sain et robuste
sable, un homme
etobtenir parson travail
quatre carrés de terre, état; sur ansol plus
la richesse relative à son
languissans 2
trouvé des hommes
fertile 1 j'ai
sans secours 2 sans esvivant misérablement,
pérance d'en obtenir.
comp-dasilrapide sur
> Je n'ai pu jeter qu'un parcourus; mais,
les différens quartiers que j'ai
les
MM., rectifieront!
outre que vos observations, objets essentiels nem'ont
miennes, je croisqueles
reconnu combien
point échappé. J'ai sur-tout même 2 ces petits
sont infructueux, dangereux dispersés sur vOS rivières,
établissemens de blancs
ordre, sans police,
errans d'un lieu à l'autre sans
lorsla plupart de toute subsistance ,et
privés pour
ne leur en fournitplus,
que le Gouvernement:
dans la langueur et
s'éreignant succesivement malheureux éloigné
la misère. J'ai vu un de ces
en proie aux
de sept lieues de toute habitation, ateliers de nègres
tourmens de la faim. Des
dans ces déserts 9 sans propriétaire
abandonnés
d'antres abus non
ni régisseur, m'ont présenté trouvé sur une de ces hamoins funestes. J'ai
le poisson cultivé en
bitations le bois à enivrer la fertilité de la terre
pépinière. En certains lieux merveilleuses et
s'annonce par des prodtictions
1.
proie aux
de sept lieues de toute habitation, ateliers de nègres
tourmens de la faim. Des
dans ces déserts 9 sans propriétaire
abandonnés
d'antres abus non
ni régisseur, m'ont présenté trouvé sur une de ces hamoins funestes. J'ai
le poisson cultivé en
bitations le bois à enivrer la fertilité de la terre
pépinière. En certains lieux merveilleuses et
s'annonce par des prodtictions
1. --- Page 446 ---
CoxR E S P 0 N D A N C E
sollicite inutilement l'industrie et les soins du
propriétaire ; ailleurs des hommes laborienx
s'obstinent à perdre leur peine et leur argent
sur le plus mauvais sol.
>> En total, MM., j'ai vu sur plusieurs points
des améliorations possibles > des changemens
nécessaires; mais nous ne voulons pas prévenir
VOS remarques et VOS opinions, il nous suffit
d'être en état de les entendre.
>> Nous vous avions annoncé une opération
essentielle pour parvenir à procurer à cette
colonie un accroissement de forces : c'est la
connoissance des dettes dont elle est chargée, et
de ce qui lui reste de revenus libres pour supporter une' avance quelconque. L'ordre que
nous avons fait publier à cette occasion avoit
encore pourd Morhociap-pag4irest
est possible de livrer les débiteurs à la merci de
leurs créanciers, quelle somme de paiemens
étoit exigible sur l'heure ou quels sont les
termes nécessaires. Ces vues sages sont devenues
pour plusieurs un objet de défiance et. d'effroi,
et nous n'avons pu les remplir. Nous desirons
que la confiance de VOS compatriotes ait été
plus entière en vous, et que vous puissiez nous
procurer les lumières qui nous manquent.
2> C'est de la vérité des faits et de la rénnion --- Page 447 ---
a
a
des
OFFICI I E L L E.
esprits que sortiront des
435.
inais, au contraire, les
résultats ntiles ;
assertions
préjugés obstinés, les
déféctueux, contradictoires, les plans
dans
2 laisseront
bizarres et
l'état où nous long-temps la colonie
> Pour procéder l'avons trouvée.
bérations,
avec ordre dans
vous commencerez
vos délilecture de tous les mémoires par entendre la
posés. L'assemblée
qui seront proou en partie chacun adoptera de ou rejettera en tout
nommerez ensuite des
ces mémoires. Vous
mer ce qui sera relatif commissaires pour résucolonie en
dans ces écrits, à
général et à
la
particulier. Ce travail, chaque quartier en
lonnes, sera la matière présenté sous deux COd'après lequel
du dernier
chaque
nous recueillerons les examen 2
proposition; ; et votre arrêté voix sur
du envoyé au ministre du Roi et mis littéral sera
public.
sous les
>> Vous êtes
yeux
d'une grande s MM., > constitués
Roi et 'son
affaire. Vous avez rapporteurs
conseil. Vos
pour juges le
témoins sont la colonie, parties, VOS cliens, vos
postérité. >>
la métropole et la
De suite MM. du
conseil
mandans et députés
supérienr, comleur avis verbalement ayant été invités à donner
ou par écrit sur les
et mis littéral sera
public.
sous les
>> Vous êtes
yeux
d'une grande s MM., > constitués
Roi et 'son
affaire. Vous avez rapporteurs
conseil. Vos
pour juges le
témoins sont la colonie, parties, VOS cliens, vos
postérité. >>
la métropole et la
De suite MM. du
conseil
mandans et députés
supérienr, comleur avis verbalement ayant été invités à donner
ou par écrit sur les --- Page 448 ---
436 Co 0 R. R E S P 0 N D A N C E
objets de délibération, cette séance, celle des
20 et 21 2 ont été employées à la lecture
de neuf mémoires présentés par MM. les députés des paroisses de la colonie, dont le résumé se trouve ci-après.
Lecture faite desdits mémoires, et avant de
prendre les voix, M. le commissaire général 2
parlant au nom de M. le gouverneur et au
sien, a dit :
E MM.,
>> Nous voilà suffisamment instruits de vOS
avis différens sur les objets de délibérations :
cette connoissance nous étoit nécessaire pour
déterminer le nôtre ; mais le projet que nous
avions de ne travailler que sur l'arrêté dc l'assemblée, ne nous permet pas aujourd'hui de
nous étendre sur chacune de nos propositions
ni sur celles qui nous ont été faites par plusieurs députés. Une seule chose au surplus vous
importe, c'est de savoir dans quel esprit VOS
chefs rendront compte au roi de l'état de cette
colonie; ce qu'ils avanceront comme vérité ou
erreur, comme moyens utiles ouimpraticables.
Voicia cet égard un précis de nos vues. Nous --- Page 449 ---
nous
OFTICI E L L E,
déterminons d'autant
vous les
plus volontiers à
votre commianiquer et à les livrer même
formes examen, à celles qu'elles ne sont pas en tout
à
> Les
que vous avez
conterres hautes de la adoptées.
roissent généralement
Guiane nous
à celles des
mauvaises et inférieures pavu
Antilles;
de bonne qualité cependant à
nous en avons
gauche
à Oyapock, sur la rive
à
d'Appronague, Remire, à
Kourou, et à
Macouria,
sans doute le seal Sinnamary. Leur dispersion est
culture intéressant, obstacle à un système de
réunion ou la
qui exige en Amérique la
merce et des arts. proximité des agens du comrepos dans les terres Lusage des engrais et da
médiocres réussiroit
semblablement; ; mais il
vraipropriétaires en état de n'y a que les grands
vateurs dépourvus de
s'y livrer. Les cultidans les meilleures moyens languissent même
que le plus grand terres s et nous pensons
travaillez
nombre de celles
aujourd'hui ne sont
que vous
supporter l'intérêt des
point en état de
nécessaires.
avances qui leur seroient
>> Il n'en est pas de même
Dans l'espace
des terres
en avons
que nous avons
basses.
mais
vu beaucomp de la parcouru, nous
nous estimons
meilleure qualité;
qu'avant de se livreràune
à
les meilleures moyens languissent même
que le plus grand terres s et nous pensons
travaillez
nombre de celles
aujourd'hui ne sont
que vous
supporter l'intérêt des
point en état de
nécessaires.
avances qui leur seroient
>> Il n'en est pas de même
Dans l'espace
des terres
en avons
que nous avons
basses.
mais
vu beaucomp de la parcouru, nous
nous estimons
meilleure qualité;
qu'avant de se livreràune
à --- Page 450 ---
CoRR: ES P'O N D A N C E
grande entreprise en ce genre, le desséchement
doit être reconnu praticable pardes opérations
géométriques multipliées et vérifiées.
> Alors nous croyons qu'il est digne de la
munificence du roi de faire creuser dans ces
terres basses de larges canaux d'une rivière à
l'autre
auront le double avantage de
2 qui
commencer le desséchement et d'ouvrir des
communications intéricures.
>> Telle est de la part de sa majesté la scule
avance qui nous paroisse utile et proposable.
Lorsque ces grands canaux seront exécutés s
les travaux subséquens seront faciles et peu
dispendieux. Ces terres basses acquierront dès
lors une grande valeur, et si les anciens colons
ne veulent ou ne peuvent s'y établir, on trouvera facilement en Europe, 3 ou dans les autres
colonies des entrepreneurs en état de faire
les premières mises.
> Quant au prêt d'argent proposé à la totalité ou à une partie des habitans, s'il est
question d'une somme modique à chacun, la
masse en seroit considérable et les effets peu
sensibles; mais s'il s'agit de vous mettre tous
en état de défricher fructueusement les terres
basses, le trésor royal y suffiroit à peine.
a Votre position comme débiteurs est un --- Page 451 ---
nouvel
OrrreirI L L E.
obstacle à ces
43g
Celui qui doit et
avanes pérsonnelles.
opération
emprunte, fait une mauvaise
si vous pour son créancier et pour lui. Car
le
empruntez aux conditions usitées
commerce, VOS
dans
et VOS revenus charges augmentent sàrement
restent
mais si c'est le Roi
toujours incertains 5
térêts et avant d'être qui vous prête sans inremboursé des
avances, les sujets de toutes
anciennes.
les
les
ses
négocians, s
artisans
provinces >
fermiers ruinés,
malheureux, les
3 les laboureurs
teront aux pieds du
indigens portrône, ou des
discrets s ou des plaintes
voeux in-
>> Nous vous avons
légitimes.
beaucoup
annoncé n'avoir
à
près un état juste des
point
colonie, et il nous a
dettes de la
718,000liv. de créances, déja été déclaré pour
due au Roi : ainsi,
outre plus forte somme
plus importante 3 MM., la première et la
affaire
vous linuideryetnonst
que vous ayez est de
à la treizième
transportons ici la réponse
proposition, parce qu'elle y
naturellement sa place.
trouve
>> Aussitôr que nous
approximation la
avons pu connoître par
en avons gémi, masse de VOS dettes; nous
attendre
et nous: avons
VOS
sollicité, sans.
ordres du roi; remontrances, mais
> la suspension des.
comment vous soustraire aux.
la première et la
affaire
vous linuideryetnonst
que vous ayez est de
à la treizième
transportons ici la réponse
proposition, parce qu'elle y
naturellement sa place.
trouve
>> Aussitôr que nous
approximation la
avons pu connoître par
en avons gémi, masse de VOS dettes; nous
attendre
et nous: avons
VOS
sollicité, sans.
ordres du roi; remontrances, mais
> la suspension des.
comment vous soustraire aux. --- Page 452 ---
COARESPO O I D) A N C E
poursuites de VOs créanciers ? croyez-vous que
ce soit en usant à leur préjudice de l'autorité
que la loi et la volonté du roi nous donnent
contre les débiteurs? croyez-vous que le souverain lui-même, $ sans attenter aux droits de
la propriété, puisse anéantir, modifier le contrat qui met lun sous le joug de l'autre ?
Non, MM. S'il en étoit ainsi, tous les pactes
deviendroient illusoires, toutes les sources du
commerce tariroient, toute société politique
seroit dissoute : un ordre de rigueur qui est
même sans activité bouleverse, 9 dites-vous, 2 la
colonie ! ce que vous appelleriez un acte de
clémence s bonleverseroit les Empires.
>> Cependant nous sommes convenus que le
plus grand ncmbre des débiteurs de cette COlonie étoit hors d'état de se libérer aux termes
échus ou à écheoir, et nous soutenons que
la sévérité des lois contre les débiteurs est une
des bases de la prospérité publique. Notre objet ne'seroit-il donc, en plaiguant les victimes
de la nécessité, que de les dévouer plus sàrement au sort malheureux qui les attend ?
al MM., si vous avez pu le supposer, vous en
rougiriez aujourd'hui! Après vous avoir parlé
en juges sévères 2 nous avons agi en citoyens
sensibles. D'un côté nous avons représenté à --- Page 453 ---
-
sa
Orproi E L L E.
-
majesté la nécessité de
termes éloignés
vous accorder des
et tandis qu'une pour vous acquitter envers elle;
année m'est
partie du service de cette
m'ordonne asignéesur les
de
recouvremens
rendre
faire, 3 je n'ai pas craint de qu'on
mondre repréhensible en n'en
me
partie. Et à Dieu ne exigeant que la
jamais, au nom du roi, la plaise que je porte
poir dans le sein d'une
misère et le désesque ne sommes-nous les famille malheureuse !
bondance! !.
maîtres d'y verser l'aQuant à vOs créanciers
comment, MM., nous
particuliers, voici
si votre confiance
prétendions vous servir,
nous avions droit avoit été aussi entière
de
que
>> Nous nous
l'attendre.
places de commerce, proposions d'écrire, dans les
ciers, de leur
5 aux armateurs VOS créannus de la colonie présenter le tableau des
résulte
et celui de ses dettes, reveT'imposibilité d'une
d'oà
quatre ou cing années.
liquidation avant
et engagé le ministre Nous aurions demandé
délai
à solliciter lui-même
nécesaire, en rendant le
ce
garant des
Gouvernement
C'est ainsi, engagemens MM.,
que vous auriez
le respect da
que nous pouvons
pris.
avec la
aux lois et aux contrats accorder
position malheureuse
ciyils
des débiteurs ;
et celui de ses dettes, reveT'imposibilité d'une
d'oà
quatre ou cing années.
liquidation avant
et engagé le ministre Nous aurions demandé
délai
à solliciter lui-même
nécesaire, en rendant le
ce
garant des
Gouvernement
C'est ainsi, engagemens MM.,
que vous auriez
le respect da
que nous pouvons
pris.
avec la
aux lois et aux contrats accorder
position malheureuse
ciyils
des débiteurs ; --- Page 454 ---
CORRI E S P O N D A N C E
mais ceux que la mauvaise foi, l'inconduite
et linfidélité caractérisent, nous trouveroient
inaccessibles à la pitié.
>> Persuadez-vous donc, MM., s qu'il n'y a
ni crédit, ni commerce, ni richesse, 3 ni liberté
là où les engagemens sont illusoires, , où le
débiteur peut dire à son créancier : Je ne te
paie point, et je suis cepexdant tranquille
dans ma maison. Voyez les États les plus commerçans et les plus libres, la Hollande et PAngleterre : les lois, les tribunaux y veillent sans
doute avec efficacité aux droits des citoyens ;
et les créanciers ne craignent pas d'y être bravés
par leurs débiteurs.
>> Ainsi, MM., quand nous avons parlé de
la force irrésistible des jugemens, et du caractère inviolable que doivent avoir les engagemens, nous n'avons rien dit de neuf pour
tous les peuples policés. Nos expressions équivalent à celle-ci : Que la loi prononce 3 que la
force publique erécute 3 et la déclaration de
1775 ne dit rien autre chose. Si elle attribue
particulièrement au gouverneur le pouvoir de
faire emprisonner les débiteurs condamnés par
corps, c'est parce que les condamnations ont
trop souvent été sans exécution de la part des
tribunaux 2 parce qu'il appartient aux admi- --- Page 455 ---
FF C I E L L E.
nistrateurs
d'inspecter, de
vigilance des tribunaux. provoquer même la -
> Je répondrai ici
observation qui m'est particulièrement à une
fense d'autant moins personnelle et qui m'ofété obligé, peu de
qu'elle est fondée. J'ai
de rendre une ordonnance temps après mon arrivée,
du roi. Je ne connoissois contre les débitears
colonie : j'assignai donc point assez l'état de la
et j'ai mal
un terme trop court
réparé ce
cette ordlonnance
premier tort' en laissant
eût pas d'autre sans exécution,
parti à
quoiquiln'y
plus instruit. Mais c'est prendre lorsque j'ai été
quence dangereuse dans toujours une inconséque de donner un ordre un administrateur,
cuté, J'espère
qui ne peut être exéS J'aile
que cela m'arrivera rarement.
courage, MM.,
parce que je me sens celui d'avoner mes fautes
>> Je dirai donc
de bien faire.
je ne me reproche avec la même franchise
dans la classe des pas également d'avoir que
fait
panvres les débiteurs rangé
insolyables. Il faut
tout-àchoisisse entre le blâme que l'amour -
sous la loi
ou la pitié, et fléclisse propre
laisse
impérieuse de
que cette alternative Thonneur, qui ne
solvable.
au débiteur in-
> La culture du
rocou 3 le rapprochemon:
>> Je dirai donc
de bien faire.
je ne me reproche avec la même franchise
dans la classe des pas également d'avoir que
fait
panvres les débiteurs rangé
insolyables. Il faut
tout-àchoisisse entre le blâme que l'amour -
sous la loi
ou la pitié, et fléclisse propre
laisse
impérieuse de
que cette alternative Thonneur, qui ne
solvable.
au débiteur in-
> La culture du
rocou 3 le rapprochemon: --- Page 456 ---
Con R E S P O N D A N C E
de VOS établissemens > une population projetée
de blancs pasteurs et ouvriers, la civilisation
des Indiens, les associations pour les différentes
entreprises, s tous ces objets nous ont paru fort
nettement discutés dans plusieurs mémoires 2
et nous adoptons à peu près VOS opinions. Nous
nous estimons heureux de voir enfin anéantir
par des solutions sages et lumineuses ces projets dangereux qui ont été si souvent, et sous
des formes différentes, présentés aux ministres
et qui ne pouvoient que les égarer, si la sagesse de celui qui nous régit ne l'eût préservé
de la séduction.
>> Qu'il soit donc à jamais constaté qu'un
projet d'établir, et de multiplier des laboureurs
blancs dans la zône torride, est un attentat
contre l'humanité 5 que toutes les cultures sont
libres, hors celles que la métropole a droit de
vous interdire; que toute association doit être
volontaire. Mais quant aux divisions par classes
d'habitans, nous sommes fâchés de vous voir
penser que nous cherchons plutôt à restreindre
VOS priviléges qu'à les étendre. Et qui ponvoit
vous faire croire que cette division a un objet
inquiétant ? Quoi ! il est question d'entreprises :
on examine, on vous consulte ; on veut savoir si en vous unissant vous en serez plus --- Page 457 ---
forts,
FF I C I E L' L E
si les
de confiance hypothécaires n'auront
en plusieurs
pas plus
ah MM., ne
qu'en un seul P
nous découragez
inquiétudes répétées ! celles
pas par ces
tement et
répandues si
exprimées si
injustablissement d'une
indiscrêtement sur l'édevenir utile,
compagnie qui
> nous ont fort
peut vous
malheureux effets qui
aliligés par les
ces bruits
snivent ordinairement
discours honnêtes extravagans. Ne croyez pas que les
nous adresser
que vous avez bien
s soient pour nous
voulu
mnagement du mal
un dédomà vous-mnêmes. que vous pourriez vous faire
>> Vous trouvez l'intérêt
trop cher pour les
de huit pour cent
posées par cette
avances de nègres proVous n'êtes
compagnic 5 vous avez raison.
mais le
point en état de les
de celui prix comptant du nègre est supporter ;
qui a cours dans toutes au-dessous
Vous avez en des
les colonies.
fort anciens
renseignemens peu exacts
sur la - traite des
ct
sommes mieux instruits
nègres. Nous
nous difficile
: elle est devenue
et
pour
tent depuis
dispendiense. Les captifs coûà tous les quatre ans sur la côte
traiteurs
d'Angole,
Calculez maintenant frrançais, de 5 à 700 fr.
transport.
les frais et les
Dès 1770 et 1771,
risques du
j'ai vu à Saint-
les colonies.
fort anciens
renseignemens peu exacts
sur la - traite des
ct
sommes mieux instruits
nègres. Nous
nous difficile
: elle est devenue
et
pour
tent depuis
dispendiense. Les captifs coûà tous les quatre ans sur la côte
traiteurs
d'Angole,
Calculez maintenant frrançais, de 5 à 700 fr.
transport.
les frais et les
Dès 1770 et 1771,
risques du
j'ai vu à Saint- --- Page 458 ---
Con R E S P O N D A. N C E
Domingue les nègres à 12 et 1,300 fr. comptant,
et cependant les plus fortes maisons de commerce de Nantes et de Bordeaux diminuentleurs
armemens pour la côte d'Afrique.
>* Mais n'importe ; VOS représentations sur
ces objets nous intéresseront toujours : nous desirerions seulement que vous eussiez fait quelqu'attention à la prime accordée par le roi
l'introduction des nègres dans votre COpour
lonie. Cette faveur n'a été faite à aucune
autre
>> Vous nous avez très-bien démontré la raison de la distance et dispersion de vos établissemens ; mais nous. n'en sommes pas moins
persuadés que c'est un vice inhérent à votre
constitution, qui doit être sinon detruit, au
moins modifié.
> Le projet d'une chambre économique et la
formule de son institution m'appartiennent ;
ainsi il n'y a nul inconvénient dans la censure
que vous en avez faite.Nous pensons comme vous
que ce qui étoit propre à une grande colonie
n'est point applicable à celle-ci. Vous détaillez
(*) Dans la séance suivante, MM. les Députés ont témoigné leurreconnoisance de cette faveur, ignorée jusqu'alors
de la plupart d'entre eux. --- Page 459 ---
fort bien Orrrei E L L E.
n
mais
plusieurs vices de cette
la vous croyez que le juge de institution ;
juridiction a cent lieues Cayenne, dont
conseil supérieur qui
d'étendue , et le
mois pendant huit s'assemble tous les deux
tous les abus de police jours > peuvent veiller à
esclayes, à la
> à Tindiscipline des
violence des
gence des
maitres, à la néglide. Cet avis, propriétaires : nous ne
et nous y
sommes pas
lumières et nos
pourvoirons selon nos
>>
pouvoirs.
animanx L'esportation des bois, des
de cette colonie dans vivres et des
l'aspect sous lequel la
les autres, est
la métropole. Vous Guiane intéresse le
MM.
ne paroissez
plus
3 le même intérêt.
pas y prendre,
grandes diflicultés. Il
Vous y trouvez de
ticle des bois,
peut y en avoir
d'avis
9 et nous n'avons
sur l'ardéterminé; mais nous
point encore.
pour nous éclairer.
ne négligerons rien
>> Quant aux vivres et
sommes fermement
aux animaux, nous
nime que vous nous persuadés que le desir unaaux grandes
montrez de vous livrer
les terres actuellement manufactures vous égare. Dans
noissons fort peu qui cultivées, nous en congrands succès en cette soient susceptibles de
ayez tous le même partie ; et quoique vous
objet en vue ( c'est-à-dire
'avons
sur l'ardéterminé; mais nous
point encore.
pour nous éclairer.
ne négligerons rien
>> Quant aux vivres et
sommes fermement
aux animaux, nous
nime que vous nous persuadés que le desir unaaux grandes
montrez de vous livrer
les terres actuellement manufactures vous égare. Dans
noissons fort peu qui cultivées, nous en congrands succès en cette soient susceptibles de
ayez tous le même partie ; et quoique vous
objet en vue ( c'est-à-dire --- Page 460 ---
448. Coax: E' S P O N D A N C E
los-grandes cultures), vous êtes presque tous
convenus que VOS terres hautes ne produisoient
qu'un ou deux rejetons de' cannes s fort peu
de café; que les cotons et les rocous périssoient
ordinairement à cinq ou sept ans. Quant à
l'indigo 2 les expériences anciennes, qui en
avoient dégoûté VOS pères, se trouyent détruites par les succès que vous nous en annoncez et dont nous attendons la confirmation.
D Mais, MM., que signifient pour les grandes
cultures des terres épuisées au bout de trois,
cinq ou sept ans ? le même sol qui produit du
sucre à St-Domingue en produit depuise quatrevingts ans , et la majeure partie de ces terres
n'ont eu ni engrais ni repos ; cependant nous
n'estimons pas à plus de 7 pour 100 le produit
moyen des terres de Saint-Domingue : quel est
donc le produit des vôtres F (*)
>> Il n'y a pas vingt ans qu'on a commencé
à fumer dans les quartiers inférieurs de SaintDomingue : les terres de la première qualité se
suffisent à elles-mêmes. Quant aux vôtres, MM.,
nous entendons parler des terres hautes ) nous
(*) Par produit moyen on entend celui des terres bonnes,
médiocres et stériles, déduction faite de toutes les charges
et pertes accidentelles. --- Page 461 ---
ne doutons OPYICI I E L L E.
pas que les
soutenir, mais en avez engrais ne pussent les
quand cette
vous calculé la
cutée P. où opération est
dépense
sont les
fructueusetent exéfourages, les fosses animaus, à fumier les parcs, > les
nécosaires , sans
et les voitures
main-d'auvre
compter le supplément de
> Nous
indispensable P
les vivres et croyons les
donc que les
terres basses ménageries 2
bois, sont les ressources
, peut - être les
quées par la nature
de la Guiane indide PÉtat. Vous
et par l'intérêt
vos animaux,lese demandez pour VOS politique
voyez toutes certitudes du
grains,
nos possessions débonché.er vous
T'étranger Pour les besoins
sous le joug de
sité! Quoi ! vous faites de première nécesdes animanx à peine des vivres, vous avez
tion ; nulle industrie pour votre
traction de
n'a encore consommade'
vOS bois ; et
simplifié Pexne pas voir ici des
vous êtes étonués
établi!
achetours, un
> Commencez
cabotage
garnir de votre par ouvrir un marché,
superflu, devenu
par le
compatriotes; ; et vous verrez nécessaire à vOs
mateurs,
arriver les consom-
> Vous demandez des
férence d'une fourniture débonchés, et la pré1.
de 6 à 8,000,000
yous
-
consommade'
vOS bois ; et
simplifié Pexne pas voir ici des
vous êtes étonués
établi!
achetours, un
> Commencez
cabotage
garnir de votre par ouvrir un marché,
superflu, devenu
par le
compatriotes; ; et vous verrez nécessaire à vOs
mateurs,
arriver les consom-
> Vous demandez des
férence d'une fourniture débonchés, et la pré1.
de 6 à 8,000,000
yous
- --- Page 462 ---
CORR: E S PON D A N C E
est offerte : vous demandez des débouchés; et
nous vous avons assurés, au nom du roi, d'acheter tout ce qui seroit invendu dans VOS
magasins.
5 Mais, dites-vous, vous n'avez ni machincs,
mi artistes, 3 ni ouvriers. Cela est juste. Commencez donc par user de VOS moyens propres;
et ils s'accroîtront successivement , indépendamment des secours cfficaces que le Gouvernement vous prépare, si vous adoptez ses vues.
MM., nous vous l'avons dit et nous vous le
répétons avec émotion : cet instant-ci perdu
nc reviendra plus pour vous ! Si VOS oreilles
se ferment, elles s'ouvriront un jour aux paroles sages que nous vous adressons.
s Il nous reste à nous expliquer sur quelques
propositions étrangères aux objets de délibération.
> Nous avons prévenu vOS demandes sur la
réduction des fêtes, et nos représentations ont
été accueillies par sa majesté.
>> Les abus dénoncés sur l'emploi des nègres
de journées nous ont frappés, et nous nous réunirons volontiers à l'assemblée pour y remédier.
>> Nous consentons à nommer dcs procureurs
si vous nous en désignez de capables. Nous vous
en laissons le choix, MM. ; vous n'aurez point
à vous plaindre. --- Page 463 ---
-
S Nous OPFICI I E L L E,
ici
ne nous prêterons
Tétablisemment d'une
point à favoriser
nous préférous,
mission de
par del bonnes
religieux:
siastiques séculiers.
raisons, les ecclé-
>> Nousregandonse
sur le luxe de
comme
de
Cayenne 5 nous
exapiréolesplaintes
relatif à celui imputé
n'avons rien viz
D'ailleurs l'objet de
aux gens de couleur.
nies est de cultiver des Tétablissement des colodenrées
l'échange avec la
delaxe, dont
au nécessaire ; et nous métropole ne peut se borner
souhaitons
T'angmentation de votre
fort, MM.,
S Le hausement des superilu.
ration désastreuse dans le monnoies est une
cute et inutile
momént où elle op6- e
le
après la
s'exéprix effectif des denrées révolution, - parce que
proportion de la valeur
baisse ou s'élève en
noie : ainsi en
intrinsèque de la monvous faites
donnant à 6 fr. la
tort au
valeur de 9,
chissez que le débiteur créancier) et vous n'enriles autres sont réduits pouryu d'espèces. Tous
payent 9 fr. ce
au même terme ils
principes,
qui en valoit 6 la veille. ;
méconnus aux fles du
Ces
Vent, ont failli en
Vent et sous le
> La même
opérer la ruine.
sur la valeur fictive réponse est commune aux
à un cours
du rocou,
plaintes
libre et variable. sagemént réduite
issez que le débiteur créancier) et vous n'enriles autres sont réduits pouryu d'espèces. Tous
payent 9 fr. ce
au même terme ils
principes,
qui en valoit 6 la veille. ;
méconnus aux fles du
Ces
Vent, ont failli en
Vent et sous le
> La même
opérer la ruine.
sur la valeur fictive réponse est commune aux
à un cours
du rocou,
plaintes
libre et variable. sagemént réduite --- Page 464 ---
Corn: E S.P O N D A N CE
>>. Nous nous préterons volontiers à toute
espèce de recherches sur l'état et l'emploi des
biens fondés pour l'hôpital et le collége.
> Nous adoptons les vues excellentes proposées pour la police et la maltiplication des
ménageries et haras, ainsi que pour les secours
nécessaires aux blancs laborieux qui s'y sont
livrés avec succès, ou à toute autre entreprise
utile.
>> Nous convenons que, dans les encouragemens proposés, les petits habitans ont été oubliés; nous rappellerons aux bontés du roi ceux
qui en seront susceptibles.
> Là faveur sollicitée pour les habitans de la
côte qui augmentent leur culture en cacao >
nous paroît aussi juste : nous tâcherons de leur
procurer cette satisfaction.
> Nous sommes d'avis de l'établissement des
syndics proposés pour veiller à la fabrique et
perfection du rocou et autres marchandises fabriquées dans la colonie.
>> Tel est, MM., le précis du travail que
nous projettions de faire. d'après votre arrêté.
Examinez maintenant s'il s'y trouve quelques
vues contraires à VOS intérêts. Nous ne desirons
pour toute récompense de nos soins, que de les
voir prospérer. --- Page 465 ---
> Nous OTrICI E L L E.
n'avons pu travailler
daatquelques heures,
qu'hier, et penanémoires. Nous
d'après la lecture de
nouvel
nous proposons d'en
vos
examen et de ne
faire un
jets utiles. qu'ils
négliger aucun des obont
peuvent contenir et
échappé. >
qui nous
De suite il a été
voix, à la nomination procédé, à la pluralité des
l'examen et
des commisaires
mémoires. rapport à l'assemblée des
pour
différens
SOU et BOUTIN,
ROBERT,
conseillers;
-ee
députés.
MXTTERAUTO et
Suit le rapport,
Masitreas,
Vous ne devez
dans une simple pas vous attendre à trouver
l'étendue de
analyse le
VOS idées ;
développement et
nous attachés qu'i rendre aussi ne nous sommesdes avis
avec précision le
à votre essentiels et relatifs aux
sens.
examen. Vous verrez
objets soumis
recueillis, tantôt en les
que nous les avons
règue de la
réunissant,
conformité,
lorsqu'ily y
sant quand il s'y rencontre quelquefois en les diviNous les exposerons
quelque différence,
donnés en délibération. suivant l'ordre des articles
ées ;
développement et
nous attachés qu'i rendre aussi ne nous sommesdes avis
avec précision le
à votre essentiels et relatifs aux
sens.
examen. Vous verrez
objets soumis
recueillis, tantôt en les
que nous les avons
règue de la
réunissant,
conformité,
lorsqu'ily y
sant quand il s'y rencontre quelquefois en les diviNous les exposerons
quelque différence,
donnés en délibération. suivant l'ordre des articles --- Page 466 ---
Cona: E S P 0 N D A N DE
Première proposition.
De savoir sà les terres hautes sont généralement mauvaises, etc.? MM. les députés concourent presgw'ananimement à reconnoître que
les terres hautes ne sont point généralement
mauvaises ; que tous les quartiers en comportent
de bonnes, de médiocres et de stériles. Ils remarquent qu'il règne une si grande variété dans
le sol, que souvent on rencontre dans la même
concession ces trois espèces de terres 3 ils constatent que la majeure partie est propre à toute.
autre culture qu'à celle des vivres, tels qu'aux
cannes à sucre, à l'indigo, au coton, au café, 2.
par veines, et spécialement au rocou comme.
plante naturelle au climat; qu'il se trouve des
cantons (*) qui isont positivement permanens, et
qu'on doit regarder toutes les terres de'la première classe comme susceptibles de comporter
des cultures suivies. Il en est d'autres qui,quoiqu'inférieures à celles des Antilles, méritent
néanmoins les soins et l'attention du cultivateur.
MM. les administrateurs objectent qu'il n'y
(8) La cbte de Remire et quelques autres parties, --- Page 467 ---
- FF I C I E L L E.
a que les propriétaires
état de fournir aux frais opulens qui soient en
terres de médioçre
des engrais dans les
encore
qualité; mais nous
que ce procédé puisse
doutons
l'énormité de ces dépenses, dédommager de
véniens de la température. attendu les inconDeuzième proposition.
Si les terres basses sont
etc:? C'est l'avis unauime tgéndralemene bonnes;
sont généralement
que les terres basses
également
bonnes, mais ne sont
susceptibles de
pas
seroit essentiel de s'en
deséchements qu'il
géométriques;
les assurer par des opérations
à leur
que dépenses pour parvenir
exploitation ne
nées par un calcul fixe, peuvent être détermirentes espèces et leurs parce que leurs difféplus ou moins de difficultés. positions présenteront
uns qui offrent des
Il en est quelquesfonds; mais le plus projets et sollicitent des
la colonie, loin d'avoir grand nombre reconnoft que
contraire arriérée de un revenu libre, est au
Il paroit donc
plusieurs années.
avances, MM. les indiscret de demander des
de la part de sa majesté, administrateurs annoncent,
dans ces terres de
le projet de faire creuser
tion d'une rivière larges canaux de communicaà
l'autre, 2 pour en fagiliter le
rent des
Il en est quelquesfonds; mais le plus projets et sollicitent des
la colonie, loin d'avoir grand nombre reconnoft que
contraire arriérée de un revenu libre, est au
Il paroit donc
plusieurs années.
avances, MM. les indiscret de demander des
de la part de sa majesté, administrateurs annoncent,
dans ces terres de
le projet de faire creuser
tion d'une rivière larges canaux de communicaà
l'autre, 2 pour en fagiliter le --- Page 468 ---
COnnES, P O ND A N C E.
desséchement : c'est la seule avance qui leur
paroisse utile et proposable.
En effet, l'exécution de ce projet sera digne
de la munificence du roi; elle pourra être la
source de notre prospérité.
Troisième proposition.
D'exportation des bois, 2 des vivres et des
animauz, etc.? MM. les députés répondent,
sans aucune contradiction, que l'exploitation
des bois de construction seroit une entreprise
peu fructueuse, attendu leur dispersion, leur
éloignement, et conséquemment la difficulté et
les risques du charroi. Ils estiment que lcs cultures, quelque modiques qu'elles puissent être,
méritent la préférence.
Quant aux vivres, ils sont assez d'accord à
reconnoître l'avantage de se livrer à leur culture, dès que le débouché en sera certain, et
le prix convenable.
Mais on assure que la préférence d'une fourniture de six à huit millions en vivres et animaux
est offerte à la colonic.
Il paroîtroit donc intéressant à plusieurs de
tournerleurs vues vers cette branche d'industrie,
pisqmelegonvemeneentleurprépare dessccours
et des facilités. --- Page 469 ---
0 FF I C I E L L E.
Quant à T'établissement
concourent à en reconnoltre des ménageries, tous
cessité dans les contrées
l'utilité et la nénaturelles. La partie du pourvues de savanes
pour cet objet, vu les
nord a été proposée
prises commencés succès rapides des entredepuis
ques-uns ont fait sentir quelguesannéess quels'occuper de
qu'il conviendroit de
partie, pour Tétablisement la
de haras dans cette
et de somme, multiplication des bêtes de trait
Si ce projet est
plus intéressant, praticable, il sera
tage de pourvoir qu'il réunira le double d'autant
à ceux de nos fles. aux besoins de la colonie avanles associations Nous pensons avec
et
vent être libres pour ces différens
eux que
et volontaires.
objets doi.
Cinquième proposition.
Ne seroit- il
général de
pas utile et
repprocher les conforne au bien
démontrent que le local dhablissemens 2 Tous
cette dispersion
a forcé les habitans à
qu'on leur reproche dans
éablismemnens, ment
que si, d'un côté, leur
leurs
auprès des
au
bien
chefs-lienx étoit plus rapprochelintérêt général, de l'autre il
conforme
particulier.
pourroit nuire à
Oi ne peut donc
attribuer à notre constitu-
:
-
- a
cher les conforne au bien
démontrent que le local dhablissemens 2 Tous
cette dispersion
a forcé les habitans à
qu'on leur reproche dans
éablismemnens, ment
que si, d'un côté, leur
leurs
auprès des
au
bien
chefs-lienx étoit plus rapprochelintérêt général, de l'autre il
conforme
particulier.
pourroit nuire à
Oi ne peut donc
attribuer à notre constitu-
:
-
- a --- Page 470 ---
CORAE S P O N D A N C E
tion un vice qui dérive de la nature et de fa
situation de nos terres; car cette dispersion n'a
pas lieu dans les cantons où le sol est moins
varié et plus constamment fertile.
Sixieme proposition.
Le desséchement des terres basses n'eriget-il pas le même régime, etc. 2 Ils reconnoissent que le desséchement des terres basses
doit être exécuté de proche en proche dans
les plages où leur contiguité le permettra ; et
pour en rendre l'exécution facile nous pensons
que le Gouvernement ne sauroit y prendre un
trop vif intérêt.
Septième et huitième proposition.
Quelle peut être la distribution la mieux
ordonnéedes cultures eides dtablissemens, etc.?
et si elle ne doit pas être maintenue irrévocablement, etc.? Ils admettent qu'il n'y a point
de destination indiquée particnlièrement par la
nature pour la culture et l'établissement de
chaque quartier, parce qu'il cst constaté que les
diverses espèces de plantes réussissent souvent
dans les différens cantons de la colonie, qu'il
y en a même quelques-uns qui produiroient
toutes les denrécs conmues en Amérique : d'oit --- Page 471 ---
A
OFFIC I E L E E.
résulte, pour: répondre àla huitième
qu'onne peut rien fixersur cet
proposition,
fer les germes de
objet, sans étoufdes entraves aux T'émulation, et sans mettre
progrès de l'industrie,
Neuvième proposition.
Si Pon peitt s'occuper d'une
blancs, etc. 2 Le plus
population de
qu'une population de grand nombre est d'avis
sous la zone torride, blancs est impraticable
sur-tont en
ambition, en les
bornant leur
astreignant à l'état de
etd'ouvriers, et en leur ôtant
pasteurs
jamais se procurer
l'espoir de ne
travaux le cultivateur. l'avantage que retire de ces
Le projet d'en former
nègres marrons leur
une chaîne contre les
cultés insurmontables, présente à tous des diffisement ne peut avoir lieu parce que leur établisdesclaves, et ce
sans aucun mélange
projet. Pour y mélange est un obstacle à ce
cace; quelques apporter un remède plus effisaire de demander députés ont cru qu'il étoit néces
tion des
à sa majesté
troupes de la
l'angmentaC'est au
garnison.
Gouvernement à
ou des inconyéniens de
juger des avantages
cette demande.
-
:
ente à tous des diffisement ne peut avoir lieu parce que leur établisdesclaves, et ce
sans aucun mélange
projet. Pour y mélange est un obstacle à ce
cace; quelques apporter un remède plus effisaire de demander députés ont cru qu'il étoit néces
tion des
à sa majesté
troupes de la
l'angmentaC'est au
garnison.
Gouvernement à
ou des inconyéniens de
juger des avantages
cette demande.
-
: --- Page 472 ---
CORRESP O N D A N C E
Dirième proposition.
Silon peutfzer parmi nous plusieurs peuplades d'Indiens, etc.? Ils sont unanimement
d'avis que le génie, le caractère et les moeurs
des Indiens opposent au projet de les fixer
dans une position déterminée, des difficultés
qu'à peine pourroient surmonter le zèle, le
courage d'esprit et de cocur de missionnaires
prudens et éclairés 5 cependantils pensent qu'il
seroit possible d'entretenir avec eux des liaisons
ntiles, en leur procurant lcs objets qui satisferont et leurs caprices, et leurs besoins. Un
des moyens qui paroît encore propre à les attirer, seroit de favoriser leur alliance avec les
blancs.
Onzième proposition.
Ne convient-il pas de faire une division par
classes d'habitans, etc. ? MM. les députés 9
selon te sens dans lequel ils ont entendu cette
proposition, ont répondu que cette division se
trouvoit déja toute faite ct aisée à connoitre
parla voie des recensemens > et que si elle avoit
pour motif des distinctions elle pourroit rompre sans fruit les liens de la société.
MM. les administrateurs ont éclairci la ques- --- Page 473 ---
OFFI C I E L L E.
tion dans leur discours. Ils
461.
nous ont
qu'en nous unissant nous en deviendrions exposé
forts, et que les hypothécaires
plus
de confiance en plusieurs
auroient plus
de plus certain
qu'en un seul. Rien
du vrai
: mais peut-on attendre même
citoyen, quelque sacrifice
au bien général, qu'il
qu'il doive
fortune et peut-être
expose son repos 3 sa
à
son honmeur, au caprice,
Fignorance, à l'inconduite de
que souvent le seul hazard lui auroit gens inconnus
associés P
Douzième proposition.
L'institution d'une chambre
Tous démontrent
économique, etc.
quel'institution d'unechambre
économique ne sauroit avoir lieu telle
est proposée. Ils allèguent
le
qu'elle
des propriétaires absens que petit nombre
ment d'une
n'exige pas l'établissetions seroit de juridiction dont l'une des foncveiller à leurs intérêts; ; qu'une
inspection corrective sur l'économie
et sur la police intérieure des domestique
pourroit avoir des conséquences habitations >
en ce qu'elle compromettroit dangerenses s
maîtres 2 qu'elle
l'autorité des
esclaves et qu'elle provoqueroit l'insolence des
être le plus honnête exposeroit le citoyen, peut-.
, à être même sans formes
légales, livré à l'affront et à l'opprobré
pour
à leurs intérêts; ; qu'une
inspection corrective sur l'économie
et sur la police intérieure des domestique
pourroit avoir des conséquences habitations >
en ce qu'elle compromettroit dangerenses s
maîtres 2 qu'elle
l'autorité des
esclaves et qu'elle provoqueroit l'insolence des
être le plus honnête exposeroit le citoyen, peut-.
, à être même sans formes
légales, livré à l'affront et à l'opprobré
pour --- Page 474 ---
Conni E SPO ND ANcE
quelques écarts de vivacité. Mais si d'un côté
ils y ont trouvé des choses impraticables et
sujettes à des inconvéniens, d'un autre côté
ils conviennent tous qu'il seroit essentiel d'encourager et d'exciter l'émulation parmi les COlons. Pour parvenir à ce but, les uns ont proposé de former une chambre d'agriculture ou
une espèce d'académie. D'autres ont pensé que
l'Assemblée nationale pourroitremplir cet objet
avec distinction. D'autres enfin s'en tiennent à
demander l'élection de deux syndics, dont les
charges seroient publiques ct triennales, pour
l'examen des denrées d'exportation.
Messicurs , les administrateurs répondent
que la juridiction royale a trop d'étendue et
que le conseil supérieur s'assemble trop rarement, pour que les magistrats puissent porter
leur attention sur tous les abus de police.
Mais nous croyons devoir leur représenter
que les officiers de milices étant préposés par
le Gonvernement au maintien du bon ordré
comme à la sûreté générale, ils sont assez répandus dans la colonie pour veiller à la disciplinedes esclaves, et obligés par état d'informer
le ministère public des excès qui pourroient se
comncttre. --- Page 475 ---
OF* i C I E L L E:
Treizième proposition.
d'établir dans la colonie une
Vu la nécessité
etc. Ils rede fonds et d'avances,
être
circulation
qui ne peut
connoissent pour un principe l'exécution sévère des
mis en question, 3 crédit que et de la liberté civile:
lois est la base du
représenter au GouverMais ils ont cru devoir
antérieurs à la
nement que les engagemens de 1745 et de
des orlonnances un effet ré-.
promulgation devoient pas être, par
1975, ne
Ils ont pensé
soumis à leur rigueur. ordonnances
troactif,
par ces
que les peines prononcées
de T'exécution
seroient les plus sûrs garans
possible de
, et qu'il n'est pas
: ils
des engagemens, caractère plus inviolable
leur donner un
d'établir une
ajoutent, que s'il Lestindispensable de fonds par des avances
circulation
est
plus grande
confiance des capitalistes
à la colonic, la
et excitée par la protecaffermie
leurs
suffisamment
c'est à eux à répandre
tion des lois. Que
; qu'ils seront
fonds avec mesure et prudence sûretés convenables,
les maîtres de prendre des
rien
ne contiennent
pourvu que les contrats aux bonnes moeurs 5
de contraire aux loix et huit pour cent ne doit
enfin
intérêt de
est
et
qu'an non-senlement parce qu'il
pas être toléré,
à la colonic, la
et excitée par la protecaffermie
leurs
suffisamment
c'est à eux à répandre
tion des lois. Que
; qu'ils seront
fonds avec mesure et prudence sûretés convenables,
les maîtres de prendre des
rien
ne contiennent
pourvu que les contrats aux bonnes moeurs 5
de contraire aux loix et huit pour cent ne doit
enfin
intérêt de
est
et
qu'an non-senlement parce qu'il
pas être toléré, --- Page 476 ---
Conn ESP O N D A N CE
usuraires, mais aussi parce qu'au lieu de répandre l'aisance dans la colonie, il ne feroitque gêner et ralentir son essor.
Tel est, MM., le précis de vos réflexions.
Elles nous présentoient la matière d'un ouvrage
plus étendu, si la crainte de vous retenir, et
de vous détourner trop long-t temps de VOS affaires, ne nous eût empêché de l'entreprendre.
Nous allons maintenant passer à quelques de-.
mandes particulières de MM. les députés.
Ceux de Cayenne ont représenté l'utilité d'un
moulin banal pour moudre les grains.
Tout ce qui est relatif à l'économie publique
est intéressant et doit être facilité.
Ils demandent aussi qu'on tienne la main à
l'exécution des réglemens faits pour préserver
les établissemens des ravages du bétail, et des
incendies qui arrivent annuellement dans les
savanes.
MM. de Remire * sollicitent des encouragemens pour l'extension de la culture du cacao.
Ils en ont déduit les avantages d'une ma-.
nière frappante, et nous pensons que leur demande mérite d'autant plus l'attention du Gouvernement, qu'en effet cette riche culture est
trop négligée.
MM. de Roura demandent la nomination
des procureurs. --- Page 477 ---
L D E.
D F F ICIE
sur cet
est provoqué
L'avis de l'assemblée
doit être sérieuseobjet, et nous pensons qu'il
ment examiné.
qu'il peut résulter
Les mêmes représentent d'inhumer dans les
inconvéniens
de grands
églises.
a déja statué à cet
Comme le goavernement
qu'à lui
qrilintappanient
égard, nous pensons de modifier , ou de conserver
seul d'abroger,
qui autorise ces inson entier le réglement
en
humations.
à la culture la multiplicité
Le tort, que cause
à en demander
des fêtes a porté quelques-nns
la réduction.
répondent, que les
MM. les administrateurs
ont déja été
faites à ce sujet
soprésentations
accueillies par sa majesté. MM. sur la demande
A la réflexion de ces
du prix du rocou,
Paugmentation
concernant avoir de réplique raisonnable;
il ne peut y
les denrées doivent
parce qu'ils disent que réelle et non fictive, un
joindre, à une valeur
cours libre et variable.
comme un moyen
MM. de Kourou indiquent
d'un
les bois, la construction
facile d'exploiter dans cette rivière.
moulin à planches
le moyen d'avoir des
Ils indiquent aussi que
1.
A la réflexion de ces
du prix du rocou,
Paugmentation
concernant avoir de réplique raisonnable;
il ne peut y
les denrées doivent
parce qu'ils disent que réelle et non fictive, un
joindre, à une valeur
cours libre et variable.
comme un moyen
MM. de Kourou indiquent
d'un
les bois, la construction
facile d'exploiter dans cette rivière.
moulin à planches
le moyen d'avoir des
Ils indiquent aussi que
1. --- Page 478 ---
CORR I S P O N D A NCE
hommes propres à la poursuite des nègresmarrons, c'est de favoriser le don de la liberté
aux mulâtres, en obligeant néanmoins les maitres à leur faire apprendre un métier, et à
leur assurer quelques secours pour leur subsistance.
Ces propositions nous paroissent renfermer
des vues utiles.
MM. de Sinnamari sollicitent des nègres
pour les habitans pasteurs de ce quartier afin
de rendre leurs travaux plus supportables et plus
fructueux. Ils demandent aussi que le magasin
du roi dans ce poste soit pourvu de choses de
première nécessité, pour soustraire les habitans
aux vexations des caboteurs.
Ces objets nous paroissent mériter l'attention et la vigilance de l'administration.
La promesse que MM. les chefs ont faite de
rappeler aux bontés du roi les petits habitans
onbliés dans l'annonce des grâces de sa majesté
ne nous laisse rien à desirer sur cet article.
D'après l'examen que nous avons fait d'un
réglement sur les concessions et les bois rendus
par ordre exprès du roi, et que MM. les administrateurs ont bien voulu nous communiquer, nous pensons qu'il n'y a aucun inconvénient dans son exécution, au moyen des modifi- --- Page 479 ---
E
OFFI CI E L L H.
ont été faites. Cependant nous
cations qui y
le dixième article que
avons remarqué sur
nultiplices qui se
les difficultés plus ou moins
des différentes
rencontreront dans la plantation
neldede bois qui y sont désignés,
espèces
laisser entrevoir aux cultivateurs
vroient pas
afiligeante ; parce qu'en
une condamnation qu'il vaut mieux aiguillotout nous croyons
Pamour- propre 3
ner Phonnenr et intéresser
une amende,
de chercher à les humilier par
un
que d'ailleurs, une fois payée, apporteroit
qui
utiles qu'on se propose 5
obstacle aux vues
ne nous paroit
qu'an surplus la récompense et aux soins
pas proportionnée aux peines : car la réussite
qu'entrainara cette plantation
que le
d'un millier de plants ne sera peut-être et
restant de plus de dix miilièrs, , par
produit
d'un travail considérable.
conséquent
un projet pour le
Il nous a été conmuniqué basses. Comne son
desséchement des terres
et trèsexécution nous a paru avantageuse surle bureau.
praticable, nous la mettrons
Metteraut et
Signé, Groussou l Boutin 2
Robert.
résumé ci-dessus, oui l'avis
Lecture faite du
tendant à l'adopter
de M. le procureur général, des sentimens de
commne l'expression unanime
considérable.
conséquent
un projet pour le
Il nous a été conmuniqué basses. Comne son
desséchement des terres
et trèsexécution nous a paru avantageuse surle bureau.
praticable, nous la mettrons
Metteraut et
Signé, Groussou l Boutin 2
Robert.
résumé ci-dessus, oui l'avis
Lecture faite du
tendant à l'adopter
de M. le procureur général, des sentimens de
commne l'expression unanime --- Page 480 ---
Conn: E S P 0 N D A N C E
l'assemblée, M. le commissaire général a été
aux opinions, qui se sont trouvées conformes à
l'avis de M. le procureur, général; et la rédaction del'arrêté définitif a été renvoyée à quatre
heures de relevée, portes closes.
Chaque article du résumé ayant alors été de
nouveau examiné et discuté, et les opinions
recueillies sur la rédaction de chaque article 2.
M. le commissaire général a, de l'avis unanime de l'assemblée, dicté l'arrêté ainsi qu'il
suit :
Arrêté définitif de P'assemblée.
Sur la première proposition, il a été arrêté,
que les terres hautes ne sont pas généralement
mauvaises ; que leur variété constatée dans tous
les quartiers et dans un même quartier 2 en présente par-tout de bonnes ; de médiocres et de
stériles ; que ces trois espèces se présentent souvent dans le plus petit espace 2 et qu'en désignant sous la dénomination de terres hautes
tout ce qui n'est pas compris sous celles de
marécages 3 on ne reconnoît unanimement
comme bonnes, dans ce qui a été habité ou
examiné jusqu'à présent, que certains quartiers, tels que ceux de Remire, de la Gabrielle,
plusieurs montagnes d'Oyapock d'Approua- --- Page 481 ---
OFF I C I E L L E.
Macouria et de Kourou 5
guc, de Kaw, de
connu; que néanSinnamari n'est pas encore montré jusqu'à présent
moins l'expérience a épaisent à Ia longue
que les grandes cultures bonnes , sauf celles
ces terres hautes, réputées les travaux etengrais
de la côte-de Remire ; que ces terres épuisées >
nécessaires pour réparer à la portée d'un trèssont jusqu'à présent d'habitans., que les grandes
potit nombre
même en partie , leffet de
pluies détruiront,
que ces terres exigeant
ces engrais 5. en sorte et de repos pour la culmoins de préparations toujours,. et dans tous
ture des vivres, en seront
les cas, susceptibles. proposition, il a été arrêté,
Sur la deurième
bonnes;
les terres basses sont généralement ou les arbres
que
constitutives, 2
que leurs. parties
des signes caracté3 portent
qu'elles produisent, on ne peut se méprendre,
ristiques auxquels des terres noyées stériles;
et qui les distinguent de celles de la première
que le grand nombre
dans la Guiane peut
classe qui se trouvent susceptible de desséchen'être pas également
que sa majesté
ment 5 qu'il est indispensable
les. entreveuille bien assurer et accréditer les vérificaen orlonnant
prises en ce genre, et en. en chargeant d'hutions les plus exactes
é3 portent
qu'elles produisent, on ne peut se méprendre,
ristiques auxquels des terres noyées stériles;
et qui les distinguent de celles de la première
que le grand nombre
dans la Guiane peut
classe qui se trouvent susceptible de desséchen'être pas également
que sa majesté
ment 5 qu'il est indispensable
les. entreveuille bien assurer et accréditer les vérificaen orlonnant
prises en ce genre, et en. en chargeant d'hutions les plus exactes --- Page 482 ---
470 1
Con R ES P ON D A N C E
biles ingénieurs ; que dans le nombre des projets proposés pour se livrer fructueusement à
cette culture, l'état de cette colonic et de ses
habitans ne comporte que ceux auxquels sa majesté voudra bien prendre la plus grande part
par ses bienfaits; ; qu'en s'abstenant néanmoins
de solliciter des avances indiscrètes,
3 l'assemblée corsidère comme utiles à lEtat les travaux que sa majesté feroit exéchter à ses frais,
soit en creusant de larges canaux d'une rivière
à l'autre 7 soit en établissant un atelier public
dont la répartition par brigade chez plusieurs
propriétaires de terres basses, 9 les mettroit en
état d'entreprondre les premiers desséchemens,
sauf à rembourser sur les reyenus et à terme
préfix le montant calculé de ces premièrcs
avances ; que pour l'exécution de ce plan, il
seroit nécessaire d'obtenir en outre des ingémieurs et piqueurs entretenus pour cet objet.
Sur la troisième proposition, il a été arrêté,
que la colonie, actuellement dépourvue de
bras, de machines, 2 de chemins 9 de canaux,
nc sauroit se livrer à l'exploitation des bois,
mais que, les circonstances changeant, cette
branche de cominerce pourroit lui devenir propre, ainsi que la culture et l'exportation des
viyres et celle des animanx ; que la certitude --- Page 483 ---
-
- C
-
OFFI C I E L L E.
le seul motif de confiance
des débouchés sera habitans ; que Timpostbilité
des
de ces
et d'émulation
la coniomeation laisactuelle d'attirer pour nombre d'acheteurs,
divers objets un grand nombre de vendeurs sous
le petit
avec eux,
sant toujours caboteurs qui traitent
le joug des
succès , si le Gouverseroit un obstacle à tout bienfaits T'exécution
nement ne facilitoit par ses nécessaire que les
de ses vues ; qu'il est donc assurés de trouhabitans soient inviolablement en bois, vivres
ver le débit de leur Vintervention superflu et les achats
par
se
et animaux,
même 3 lorsqu'ilnes
directs du Gouverement étrangers, et jusqu'à
présentera pas d'acheteurs lévidence des succès
la maltiplicité et
Quant
ce que
dans les ports de la Guiane. des méles attirent
possible et nécessaire présent
à l'accroissement seulement jusqu'a
nageries, s établies
et de Kouron,
dans les plaines de Sinnamari
de la partie
déclare que les savanes
;
Vassemblée
moins smsceptibles
du sud n'en seroient pas le plan qui a si bien
mais qu'en pourénivant
2 il seroit nécesréussi à Sinnamari et Kourou, assignés par sa mad'employer les fonds
en étasaire
Pintroduction des bestiaux, de bêtes à
jesté pour
les souches
blissemens de haras,
suffisant en cette
en nombre
cornes se trouvant
amari
de la partie
déclare que les savanes
;
Vassemblée
moins smsceptibles
du sud n'en seroient pas le plan qui a si bien
mais qu'en pourénivant
2 il seroit nécesréussi à Sinnamari et Kourou, assignés par sa mad'employer les fonds
en étasaire
Pintroduction des bestiaux, de bêtes à
jesté pour
les souches
blissemens de haras,
suffisant en cette
en nombre
cornes se trouvant --- Page 484 ---
ConnEST 0 N D A N C E
partie ; que l'on doit cependant renoncer à
n'employer que des blancs sans secours d'esclaves au soin des ménageries; que le
nombre de ceux qui ont résisté jusqu'à
petit
à ces travaux accablans, mérite d'être présent
ru 5 qu'ils doivent avoir Pespoir de s'élever secouleur industrie à la classe
par
d'habitans, et d'employer, en achat d'esclaves, les bénéfices
se sont procurés : qu'en augmentant donc qu'ils dans
la Guiane cette classe
destier
d'hommes, on doit levr
proportionnellement -un nombre de
nègres qui les aident dans leurs travaux.
Sur la quatrième proposition, il a été arrêté,
que tout privilége exclusif donne atteinte à la
liberté et propriété ; qu'il est fort peu
tion, et par des raisons d'état
d'excepseulement, à ce
principe incontestable; ; que le meilleur
de borner utilement ou d'étendre
moyen
vénient la culture du
sans inconrocou, estd'en
ner la
d'en
perfectionfabrique s
assurer la qualité en la
soumettant à l'inspection de deux
més par les notables, qui seront syndics nomculièrement de veiller à l'exécution chargés partidu
ment du 15 aoât 1752, MM. les
régleétant priés de le faire exécuter administrateurs
rigoureusement;
que lorsqu'on aura pris des précautions irrévocables pour accréditer la
du
fabrique
rocou, 2 soit --- Page 485 ---
OFFI C I E L L E.
les frausoit en punissantl
en la perfectionmant,
d'Europe
des, les marchands et consommateurs outre que MM. les
Arrêté en de donner force
yatronteantine seroient priés
administrateurs
délibération.
de réglenient à la présente sirième
il a
Sur la cinquième et
proposition, des
la distance et dispersion
été arrêté, que actuels est un vice local, difficileà
établissemens
de la variété du sol et des
réparer; ; qu'il résulte
repétés en différens
essais infructueux souvent
proposé ne
quartiers, que le rapprochement
des
dans lexploitation
pent avoir lieu que
terres basses.
huitième
3 il a
et
proposition
Sur la septième
utile et desirable qu'il y
été arrêté, qu'il seroit certainement indiquée par
eût une destination différentes cultures, mais
la nature pour les
ont été très-freque les erreurs en cette partie
vrai de dire
est plus sage et plus
être
quentes 3 qu'il
de terre ne sauroit
que chaque espèce de culture, que de désipropre a toute espèce
convient à chaaflirmativement celle qui
gner
général les terres profondes
que espèce 3 qu'en
ci-dessus designés contdes mornes et quartiers
que les terres
viennent au cacao et au café; Kourou et de Sinnasablonneuses des anses de culture du coton,
soutenir la
mari peuvent
être
quentes 3 qu'il
de terre ne sauroit
que chaque espèce de culture, que de désipropre a toute espèce
convient à chaaflirmativement celle qui
gner
général les terres profondes
que espèce 3 qu'en
ci-dessus designés contdes mornes et quartiers
que les terres
viennent au cacao et au café; Kourou et de Sinnasablonneuses des anses de culture du coton,
soutenir la
mari peuvent --- Page 486 ---
CORAXST N D A N C E
de l'indigo et des essais en sucre non sumffisamment constatés que les terres d'Oyac et de la
Comtép paroissent plus propres au rocou, et celles
des plaines avoisinant la Gabrielle au sucre ;
mais l'assemblée observe en même temps que
ces destinations qui semblent naturelles, sont
aussi sonventcontrariées parledéfaut demoyens
qué par celui de connoissances ; qu'on ne sauroit donc trop éclairer les anciens et les nouveaux cultivateurs, sans les contraindre, convenant néanmoins qu'il est nécessaire d'astreindre à l'observation des clauses de leurs concessions ccux qui en obtiendroient à l'avenir, A'la
charge de ne cultiver que des vivres ou des pàturages pour les bestiaux.
Sur la neuvième proposition > il a été arrêté,
qu'une population de blancs pasteurs et laboureurs sans esclaves, est impraticable sous la zone
torride; mais l'assemblée estime très-utile de
multiplier la classe des ouvriers et petits habitans, qui, en commençant par le travail des
mains, parviennent ensuite à se rendre propriétaires d'esclaves, et forment un ordre
d'hommes d'autant plus précieux 3 qu'ils peuvent supporter la fatigue et servir à la défense
de la colonie.
Sur la dixième proposition, > il a été arrêté, --- Page 487 ---
OFTICIE L L E,
et le caractère des
que le génie, les moeurs de les fixer dans une
Indiens oppose au projet
diffidéterminée les plus grandes
position
des considérations policultés; mais que bien par de n'y pas renoncer, , en
tiques, il seroit
zèle des missionnaires les
essayant sur cela le
leurs alliances
plus intelligens, en favorisant traitant sur tous les
avec les blancs , en les
libres,
points comme des hommes parfaitement avec
ce traitement en opposition
et en mettant
dela part de nos voisins.
celui qu'ils éprouvent
il a été arrêté,
Sur Ponzième propositisn, classes paroît
la division des habitans par l'a
que
d'après lequel on
proposée
inutile, le plan
à des hommes qui diffene pouvant convenir d'intérêts et de vues, et qui ne
rent entre eux
association solivoudroient s'engager à aucune
daire.
> il a été arrêté,
Surla douzième proposition
point l'instiTétatde la colonie ne comporte
PAssemque d'une chambre économique 3 que
tution
utile à bien d'autres égards, remblée nationale, mieux cet objet 5 qu'en consépliroit beancoup
seront priés
quence MIM, les administrateurs
la coninstamment à sa majesté
de demander
le roi en réutinuation de cette favenr 3 que Guiane, leur
nissant ses fidèles sujets de la
,
Surla douzième proposition
point l'instiTétatde la colonie ne comporte
PAssemque d'une chambre économique 3 que
tution
utile à bien d'autres égards, remblée nationale, mieux cet objet 5 qu'en consépliroit beancoup
seront priés
quence MIM, les administrateurs
la coninstamment à sa majesté
de demander
le roi en réutinuation de cette favenr 3 que Guiane, leur
nissant ses fidèles sujets de la --- Page 488 ---
Co:R R.ES P O N D A N C E
procure l'occasion, précieuse pour eux 3 de
renouvelcr annucllement à sa majesté le tribut
de respect, d'amnour et de reconnoissance qa'ils
lui doivent à tant de titres.
Sur la treizième proposition 9 il a été arrêté,
quel'assemblée ne sauroit méconnoître les principes législatifs qui y sont contenus ; que le
silence des lois, la tolérance du prince et de
ses tribunaux sur la violation des engagemens
seroit un malheur public et dont les débiteurs
honnêtes se plaindroient eux-mnêmes ; mais que
l'état connu des fortunes de cette colonie et de
SCS engagemens, sollicite les bontés du roi par
l'intercession de MM.lesadministrateurs mêmes,
qui voudront bien supplier sa majesté de ne
point donner un effet rétroactif à ses ordres
pour la liquidation des dettes s et demander de
nouveaux délais pour les débiteurs à la caisse
du roi.
Etaprès avoirdélibéré sur les objets ci-dessus;
l'assemblée, invitée par MM. les administrateurs de leur faire part de tout ce qui intéresse
et pourroit être utile à la colonie, demande,
1o. L'établissement d'un moulin banal.
20, L'abrogation del'usage autorisé d'enterrez.
certaines personnes dans les égliscs..
3°, La réduction des fêtes.. --- Page 489 ---
L L' E.
OFF I CIE
faits pour préL'exécution des réglemens
du bétail
4.
des ravages
server les établisemens
et de l'incendie des savanes. d'encouragemensy pour les
5o, Une extension
participer à
habitans qui ne sauroient
petits
ceux proposés.
de cinq années de capitation
6o. L'exemption de nouvelles plantations eli
pour ceux qui font
cacao.
sollicite unanimement uneloi
L'assemblée
des
70.
le démembrement
nouvelle, qui empêche manufactures entre
sucreries et autres grandes
les cohéritiers.
objets MM: les administraSur tous lesquels
les ordres du roi:
teurs ont promis de solliciter sur le méinoire mis
Et revenant à délibérer
conteM. de Préfontaine,
sur le bureau par
pour les débinant des moyens de liquidation pour de nouteurs au roi et de défrichement Vassemblée a déclaré ces
veaux cultivateurs ;
et a arrêté que
utiles et propoables, resteroit tannexé
moyens mémoire oû ils sont énoncés
le
le 35
au
présent prooisverbal.
nationale,
Fait et arrêté en PAssemblée
mai 1777.
MALOURT, de la Vallière,
Signé, FIEDMOND,
Molère, Berthier,
Vallée, Groussou, Patris,
de défrichement Vassemblée a déclaré ces
veaux cultivateurs ;
et a arrêté que
utiles et propoables, resteroit tannexé
moyens mémoire oû ils sont énoncés
le
le 35
au
présent prooisverbal.
nationale,
Fait et arrêté en PAssemblée
mai 1777.
MALOURT, de la Vallière,
Signé, FIEDMOND,
Molère, Berthier,
Vallée, Groussou, Patris, --- Page 490 ---
Con R E S P O N D A N C E
Courant, Artur, Propaud, Vian, de Macaye,
d'Outreville, dePréfontaine, Albanel, Kerckove,
de Balzac, Néron de Morangiez, de Marcenai,
Marot, Tenguy, Bourda, Chambly, Robert,
Vallet de Fayolle, Domengé, Decoux, Metteraut, Brifaud, Clarac 3 Terrasson, Jubin,
de Franqueyille, de la Forest, Calvet, Pinau
et Loeffler, greffier.
Après quoi M. le commissaire général a
dit:
MrSsIEURS,,
C'est avec la plus grande satisfaction que
nous avons prononcé l'arrêté de cette assemblée. Vos registres feront foi, et nous nous
en glorifions, de la liberté avec laquelle vous
avez discuté VOS avis. Les propositions que vous
avez rejetées sont en général cclles dont l'exécution étoit inutile ou dangerense pour PEtat
et pour vous. Celles que vous avez adoptées
doivent vous conduire à la prospérité. Quant
aux observations étrangères que nous avons
improuvées nous nous félicitons de n'avoir
employé vis-à-vis de vous que l'autorité de la
raison, qui suffit toujours pour ramener à la
vérité les hoimes droits et éclairés.
- En rendant compte au roi de vOS travanx, --- Page 491 ---
MM.,
OFF I C I E L L K.
nous vous devons la
chacun de vous s'est livré justice de dire, que
ches les plus
avec zèle aux rechermémoires pénibles, et quenous
comme un dépôt
regardons vos
réflèxions
précieux de faits et
ne contienne intéressans : il n'en est
des vues utiles,
aucun qui
l'ouvrage du patriotisme
3 et plusieurs sont
le plus éclairé.
BIENFATTEURS DE vOS
époque vous attache plus COXCITOYENS > cette
et les lie plus
particulierement à eux
Rendus
étroitement à vous.
soips
maintenant à VOS travaux et à
bontés domestiques, du
séparés ou rénnis,
VOS
dans
prince qui vous
que les
cette
appela le premier
VOS cceurs, enceinte,soient à jamais gravées
dans votre que son noni chéri soit
dans
qui
bouche, et que le ministre souvent
s'occupe avec tant d'intérêt
éclairé
henr, ait part à votre
de votre bonNous vous renouvelons reconmoissance.
tection de sa
l'assurance de la
nous
majesté, et du zèle pur avec procorrespondrons
lequel
faisantes,
toujours à ses vues bienEt l'Assemblée s'est
Pour extrait
séparée,
conformne aux
déposées en mes mains.
pièces originales
LOITELan,
greffier de Lassenblée
nationale,
Fin du premier volume.
a
henr, ait part à votre
de votre bonNous vous renouvelons reconmoissance.
tection de sa
l'assurance de la
nous
majesté, et du zèle pur avec procorrespondrons
lequel
faisantes,
toujours à ses vues bienEt l'Assemblée s'est
Pour extrait
séparée,
conformne aux
déposées en mes mains.
pièces originales
LOITELan,
greffier de Lassenblée
nationale,
Fin du premier volume.
a --- Page 492 --- --- Page 493 ---
E
2h02
DES MATIERES
TABLE
CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME.
le récit abrégé de la
INTRODUCTION présentant Malouet à Cayenne et Sumission de M.
page 1
rinam,
sur les Indiens.
Notes historiques
mémoires
sur"
Résultat de tous- les
présentds 1775, et
la Guiane, depuis sogjusguen
peut en porter. l Opinion
le jugement qu'on
persomnelle de M. Malouct.
Instructions pour les administrateurs, rédigées
par M. Malouet. au nord et ail sud. 107
Limites de la Guiane droits de la France sur"
Mémoire contenant les
situés entre la rivière des Amazones
lespays
et celle d'AOrénoque.
des juifs porRapport sur la réclamation
tugais.
le droit d'aubaine dans les CORapport sZLl"
les motifs de SOn abolilonies, et sur
tion.
de vendre des terres aI profit du
Proposition
1. --- Page 494 ---
T A B L E
roi dans la Guiane.
Motifs et conditions d'un privilége exclusif
pour la culture des épiceries.
Propositions extraites de la correspondance
de MM. de Fiedmond et de la Croir. 144
Peuplade de blancs dans la Guiane.
Liberté de commerce dans la Guiane.
Attaques contre le commerce. > la marine et
les colonies.
Ezamen du système des économistes.
Arrivée de M. Malouet à Cayenne. Détails
sur sa traversée , son premier aperçu en
débutant.
Impression sur le conseil supérieur des ordres
du roi, et encouragemens.
Discours de. M. Malouotàcetie compagnie. 205
des negres-marrons de Surinan. Avis et
Affaire
dispositions des administratewurs.
Pécheries à établir sur les côtes de la Guiane.
Ezploitation des bois et des vivres.
Géographic de la Guiane.
ouet à Cayenne. Détails
sur sa traversée , son premier aperçu en
débutant.
Impression sur le conseil supérieur des ordres
du roi, et encouragemens.
Discours de. M. Malouotàcetie compagnie. 205
des negres-marrons de Surinan. Avis et
Affaire
dispositions des administratewurs.
Pécheries à établir sur les côtes de la Guiane.
Ezploitation des bois et des vivres.
Géographic de la Guiane. Compagnie de la Guiane.
Nouveaux réglemens sur la culture, les COT262
cessions, eic.
Etablissement de boucheries.
Dettes azl roi. Mesures prises pour les, fuire
payer. --- Page 495 ---
M. A T I à R E S.
D E S
économigues.
Fonds, vues et détails
Justices abus et réforme- Moyens d'en tirer du
Traite des bestiaus.
Para.
de Pautorité miDettes civiles. Inconvéniens les débiteurs. 294
litaire ezercée contre rendus au ministre en
Résumé des comptés
novembre et décembre. les moyens de sernécessité d'assurer
Fonds,
vice. inuziles.
Dépenses des frais de justice.
Réduction
, ses prétentions.
Préfet apostalique
Néglement de justice:
des bois. habitans.
Exploitation pour les
Eacouragemens les mariages des mineurs. et la saAbus sur
leur reconstrmaction,
Prisons civiles,
nécessite la destruction
lubrité de la ville
33z
de
des remparts.
qu'ont les magistrats avant
Justice- Obligation administrateurse
ministre. 335
au
enormuntitentese
de recourir en plainte Instructions à SOTL
de la Guiane.
Compagnic
directeur.
le
de Conti.
Réponse à, M. prince
de ces établisInconveéniens
Visite des postes. dans les rivières.
semens dispersés --- Page 496 ---
1307- a
TABLE: DES M ATIÈ RES.
Assemblée nationale. Première séance. 357
Lettre des députés de l'assemblée aux administrateurs.
Conseil supérieur. Police de la compagnie. 361
Divers réglemens et dispositions administratives.
Mauvaise conduite du directeur de la compagnie.
Exploitation des bois. Ressources en cette
partie. Mesures à prendre.
Conseilsupdrieurs Plainte contre quelques conseillers.
Réprimande de N. Malouet à ZL72 conseiller.
Piants d'épiceries.
Ordonnance pour, faire cesser l'intervention du
Gouvernement sur la fcation du prix des
denrées.
Plainte d'un plaideur contre ses juges. 400
Envoi du procès-verbal de PAssemblée nationale. Actes de cette assemblée.
4c8
Fin de la Table. --- Page 497 ---
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