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CHAMBRE DES PAIRS.
IMPRESSIONS
a 72.
Séance du
avril 1826.
1826.
OPINION
DE M. LE COMTE DE NOÉ,
SUR le projet de loi relatif à la répartition de l'indemnité
stipulée en faveur des colons de Saint-Domingue.
MEsSIEURS,
n'aie
l'habitude de monter à cette
- Quoique je
pas
tribune, je crois devoir cependant l'aborder dans
cette circonstance pour y défendre les droits et les
interêts d'une classe de Français, qui, par sCs malheurs, mérite bien votre bienveillance.
Je réclame donc pour moi votre indulgence, et
espère que vous daignerez m'accorder votre attention.
Je ne viens pas ici discuter sur les droits que pouvoit avoir la Couronne de traiter avec le gouvernement actuel de Saint-Domingue; le noble rapporteur
de votre commjssion a si bien établi ces droits, quil
ne me reste que. peu de choses à dire sur ce point. -
Je suis aussi intimement persuadé que lui, que,
dans cette transàction, le Roi a fait,je ne dirai pas ce
qu'il devoit faire pour l'intérêt : de, la France, soI
honneur.et son commerce, mais je diraiaussi, plus --- Page 4 ---
RPJCE
qu'aucun de nous n'avoit le droit d'espérer, car personne de vous, Messieur's, n'ignore la position mal-,
heureuse de cette- colonie'depuis l'espace de trente:
quatre ans. Livrée presqu'à elle-méme depuis cette
époquc, clle a lntté continuellement contre des armements formidables, débarqués sur ses côtes, tant
par les Anglais que par les Français. Les gouvernements qui s'y sont établis, aidés d'un allié des plus
puissants, l'insalubrité de son climat, sont parvenus
asy maintenir. Plus de trente"mille hommes des. plus
belles troupes de Bonaparte sont venus se fondre dans
cette ile. Les Anglais auparavant en avoient perdu
encore davantage, et s'étoient vus forcés d'abandonner
cette colonie. La guerre, qui recommença en 1803
entre l'Angleterre et la France, arrèta d'autres expéditions, qui auroient sans doute subi le même sort.
Depuis, l'ile de Saint-Domingue, abandonnée à cllemême, n'a plus été inquiétée, et, par conséquent. 2.
on potvoit bien Ja regarder. comme perdue pour la
France. Son commerce lui en étoit interdit ;1 puisque
son. pavillon ne pouvoit pas s'y montrer. Si par hasard
lintérêt y conduisoit quelques Français, ils étoient
forcés d'y venir sous pavillon étranger. Cet état de
choses ne pouvoit durer, et il falloit en sortir d'une
manière ou d'une autre.
Le Roi, dont le coeur toujours paternel le porte
à faire le bien, pensa queles ouvertures faites plusieurs
fois sous le dernier régne avec le chefdu gouvernement d'Haiti, et qui jusqu'alors avoient toujours
échoué, pourroient ètre renouvelées à sonia avènement
trône, et
parvenir à obtenir quelau
qu'il pourroit
compensations pour des sujets malheureux qui
qques
et il falloit en sortir d'une
manière ou d'une autre.
Le Roi, dont le coeur toujours paternel le porte
à faire le bien, pensa queles ouvertures faites plusieurs
fois sous le dernier régne avec le chefdu gouvernement d'Haiti, et qui jusqu'alors avoient toujours
échoué, pourroient ètre renouvelées à sonia avènement
trône, et
parvenir à obtenir quelau
qu'il pourroit
compensations pour des sujets malheureux qui
qques --- Page 5 ---
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avoient tout perdu. Il renouvela donc les propositions, et.p prit des mesures qui devoient enfin assurer
le succès de cette nouvelle, tentative. Cette
négociation
conduite avec dignité et sagesse réussit complétement, et nous avons tous été surpris de ses résultats.
Sa. Majesté a fait reconnoître ses droits, son aûtorité , et obtenu 150 millions pour indemniser les
infortunés colons. Rendons graces à Charles X de tout
ce. qu'il a fait dans cette occasion, et tâchons de remplirles vues de ce bon Prince qui, comme il a daigné
lannoncer' du haut du trômre, desire fermer les. dernières plaies de.la révolution. Nous connoissons tous
son coeur et sa sincérité; il nous saura gré de l'avoir
secondé, en rendant la loi qui nous est proposée, aussi
bonne et aussi favorable que possible pour les anciens
propriétaires de Saint-Domingue,.
Ces malheureux, expulsésde leurs biens parla plus
terrible des catastrophes, furent forcés de chercher
un asile dans différents pays. Privés de toutes ressources etn'ayant sauvé que la vie, ils se virentobligés
d'accepterdes secours étrangers, sans lesquels ils n'auroient.pu exister.
La restauration des Bourbons au trône légitime de
leurs aieux, rappela en France ces colons, qui tour
jours Français n'avoient jusqu'alors pu rentrer dans
leur seconde patrie. Ils quittèrent les pays étrangérs
qui leur avoient. accordé asile et protection. J'en
connois qui, dans cette position, aimèrent mieux recevoir le modique secours accordé aux colons par la
France, que de jouirdelaisance à l'étranger. Eh bien,
Messieurs; telle a étélaconduitedes habitants de SaintDomingue: Les a-t-onjamais entendus murmurer, et
jours Français n'avoient jusqu'alors pu rentrer dans
leur seconde patrie. Ils quittèrent les pays étrangérs
qui leur avoient. accordé asile et protection. J'en
connois qui, dans cette position, aimèrent mieux recevoir le modique secours accordé aux colons par la
France, que de jouirdelaisance à l'étranger. Eh bien,
Messieurs; telle a étélaconduitedes habitants de SaintDomingue: Les a-t-onjamais entendus murmurer, et --- Page 6 ---
4) )
en demander davantage? Toujours Français, toujours
dévoués, les colons se. sont montrés au-dessus des événements. C'est en leur faveur que je viens réclamer
un acte de justice. La Chambre des Pairs, toujours
heureuse de trouver. une occasion favorable de soulager linfortune, défendra, sans doute avec zèle les
intérêts d'une classe aussi fidéle et aussi intéressante. .
: Quelle est la base de l'indemnité que l'on vous propose. La loi qui vous est présentée dit formellement
à l'article 2: K Seront admis à réclamer l'indemnité
les anciens
& énoncée dans l'article précédent,
proec priétaires de biens-fonds situés à Saint-DominX ( gue. >
1 Cest donc la propriété foncière que l'on vous demande d'indemniser.
A Saint-Domingue les propriétés foncières étoient
insaisissables: En quoi coneistoient-ella7-En tout ce
quit tenoit au sol, négres de places compris.Les créanciers n'avoient droit de saisie que snr. des meubles,
nègres domestiques 7 et revenus de Thabitation. La
propriété ne représentoit donc au créancier que le reveriu, qui depuis long-temps n'existe plus; perte encore plus grande pour le propriétaire que pour le
créaucier. Leurs créances se sont donc perdues par la
force des choses ; et la propriété, quelque- évènement
qui soit arrivé, est toujours restée à celui qui la possédoit. Les créoles étoient tous Français, et aujourd'hui ils perdent par la loi actuelle, et leurs propriétés, et leurs espérances. La bienveillance du Roi. leur
a obtenu, pour ce sol, dont il abandonne la souveraineté, une indemnité du dixième du capital de leur
que pour le
créaucier. Leurs créances se sont donc perdues par la
force des choses ; et la propriété, quelque- évènement
qui soit arrivé, est toujours restée à celui qui la possédoit. Les créoles étoient tous Français, et aujourd'hui ils perdent par la loi actuelle, et leurs propriétés, et leurs espérances. La bienveillance du Roi. leur
a obtenu, pour ce sol, dont il abandonne la souveraineté, une indemnité du dixième du capital de leur --- Page 7 ---
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propriété. Ce gage est donc la
et le bien propre du
représentation du sol,
le
colon, et non celui du
Roi, dans son ordonnance,
créancier;
demniser le propriétaire
dit-que c'est pour inBoyer le répéte Ini-méme; de-biens-fonds. Le président
c'est ce
veut Satisfaire, et
propriétaire qu'il
autre côté, le Roi envers.lequel il veut se libérer: D'un
égaux
voulant que ceux qui ont des droits
soient traités de la même
-
de la loi porte
le
manière, l'article 9
que dixième des
les colons sera
créances dues par
prélevé sur le dixième à
ayants-droit à l'indemnité. Rien n'est
payer. .aux
plus équitable. Le colon et le
plus juste êt
dans la même
créancier sont placés
catégorie, ils ont chacun leurs dixièmes; mais que l'on s'arrête là, et que l'on n'invoque pas ledroit commun dans une loi
est une, exception formelle à ce droit quielle-même
Tout dans cette loirest
commun.
exception, depuis le commencementjusqu'a la fin, comme.la
vous voulez adoucir
catastrophe que
les annales de T'histoire. par l'indemnité est unique dans
bre,
le
L'on a dit, dans l'autre Chamque colon se trouvoit dans la même
que l'incendié de Salins; cette
position
idée est
vous n'en verra la différence, Le
fausse: qui de
le fer et le feu, sans
colona tout perdu par
chose de
pouvoir même sauver la moindre
il
sa propriété, soit mobilière ou
a tout perdu hors la vie. Au moins autrement;
Salins s'est-il trouvé de suite
l'incendié de
etde bienfaisance.
environné de générosité,
Toute la'l France n'est-elle
nue spontanément à son secours
pas vétes? Ilny a nulle
pour réparer ses permalheur
comparaison à faire entré eux. Son
sans doute est grand, mais Salins
sous peu deses cendres, tandis
renaitra
qu'ajamais le colon a
tout perdu hors la vie. Au moins autrement;
Salins s'est-il trouvé de suite
l'incendié de
etde bienfaisance.
environné de générosité,
Toute la'l France n'est-elle
nue spontanément à son secours
pas vétes? Ilny a nulle
pour réparer ses permalheur
comparaison à faire entré eux. Son
sans doute est grand, mais Salins
sous peu deses cendres, tandis
renaitra
qu'ajamais le colon a --- Page 8 ---
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il ne lui en restera que le souves
perdu sa propriéié;
nir.
ont si bien senti la cruellé -
Tous les gouvernements
de
position des colons, que sois le gouvernement
ayantétérxvoréas Saint-.
Bonaparte,le généralLeclerc,
colonie, son preDomingue pour reprendre-cette
portant qué
mier objet fut de faire une ordonnance,
par ses éréanciers
le colon ne pourroit être-inquiété
ou douze
que douze ans après sa rentrée en possession,
années de profonde paix.
nécessaire de
Le gouvernement du Roi crut aussi
à
faire une loi qui niit les colons-de Saint-Domingue
de leurs créanciers? un sursis
l'abri des poursuites
temps
leur fut'accordé à cet effet. Depuis quelque
ce sursis a cessé, et certains colons ont été poursuide
la totalité de leurs créances. Un
vis et forcés payer
membres de cette
d'entre eux, connu de la plupartdes
fr.
Chambre, a été forcé à payer une dette de112,000
avoit acheté cette créance pour
à un créancier, qui
moins de 5,000 fr.
les colons ont
Vous voyez donc, Messieurs, à quoi
ils
la
du'sursis, et à' quoi
été exposés par suspension
n'adoptent
seront encore exposés si vOS Seigneuries
les amendements proposés par votre commission;
pas
établissent clairemént les droits dés
amendéments qui
de cette clause est éviuns' et des autres. La justice
l'on ne
dente. Tout étant exception dans cette loi,
invoquer le droit commun après en ètre sorti en
peut
le créancier ne recevra que le dixième
énonçant que
Si
déja un tel droit,
du capital de sa créance: vous'avez
la
vous discutez soit en harmonié
il faut que loi, que
seroit un contre
avec elle-mème; etena agirautrement
amendéments qui
de cette clause est éviuns' et des autres. La justice
l'on ne
dente. Tout étant exception dans cette loi,
invoquer le droit commun après en ètre sorti en
peut
le créancier ne recevra que le dixième
énonçant que
Si
déja un tel droit,
du capital de sa créance: vous'avez
la
vous discutez soit en harmonié
il faut que loi, que
seroit un contre
avec elle-mème; etena agirautrement --- Page 9 ---
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ne
émaner de vos Seigneuries.. Ilfaut
sens qui
peut
donne
la loi soit précise et claire,, qu'elle ne
pas
que lieu ou matière à discussion. Sans cela, le colon verra
bientôt disparoitre le montant de son indemnité en
frais judiciaires.
Honneur soit rendu à une des villes des plus commerçantes de France, qui, malgréles pertes considéruine de Saint-Dorables qu'elle a éprouvées parla
mingue,a fait parler ses députés en faveur des colons,
nonobstantles créances considérablesquilai sontdues.
Un honorable député de la ville de Nantesa fait retentir la tribune dela Chambre des Députés de ces nobles
sentiments, avec son éloquence ordinaire, lorsqu'il
s'agit de défendre le dévouement et le malheur. Cette
ville s'cst acquis la reconnoissance de ceux dont le
sort est actuellement entre VOS mains, ct ses malheurs
ne l'empéchent pas de compatir à ceux des autres.
Messieurs, la loic qui vous est proposée estune loide
circonstance; l'on ne peut augmenter le fond de l'indemnité, au moins, puisqu'il esttelque €
evous ne pouvez
dans sa répartition qu'accorder une foible indemnité
aux anciens propriétaires: assurez-leur donc, après
qu'ils auront payé le dixième de leur dette, sécurité
pour le reste; qu'ils puissent en.jouir Cn paix sans en
rougir, et ne permettez) papatinedinatberdndeaedler
le restant de leur liquidation, sans jamaispouvoir s'en
servir. Ils ontdéja éprouyé tant demalheurs,que vous
leurkendrezjuatice; ils ont cette confiance en vous. 1
La.loi qui vous cst soumise finira la tourmente
révolutionnaire; et enfin le colon, après trente-quatre ans de misère, hénira le Roi, et vous Messieurs,
à qui ildevra ce bienfait. Cette mesure sera d'autant
atinedinatberdndeaedler
le restant de leur liquidation, sans jamaispouvoir s'en
servir. Ils ontdéja éprouyé tant demalheurs,que vous
leurkendrezjuatice; ils ont cette confiance en vous. 1
La.loi qui vous cst soumise finira la tourmente
révolutionnaire; et enfin le colon, après trente-quatre ans de misère, hénira le Roi, et vous Messieurs,
à qui ildevra ce bienfait. Cette mesure sera d'autant --- Page 10 ---
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plus juste, quil n'y'a pas de sa faute s'il est ruiné.
C'est la révolution et les révolutionnaires français
qui seuls sont cause de ses malheurs; c'est à la France
donc qu'il appartient de défendre la cause des colons;
ce n'est pas elle qui paie, elle n'a que la distribution
des fonds accordés par Haiti; il ést de son devoir et
de sa politique de remplir les vues du donateur, en
satisfaisant Jes-anciens' propriétaires de Saint-Domingue. C'est par de sages mesures que l'ôn préviendra la
possibilité de faire craindre aux habitants d'Haiti
que l'on reviendra jamais sur ce qui est fait. .
Je rends justice à votre commission, et partage ses
sentiments. 2 en respectant les dispositions que les Colons auroient faites en faveur de ceux qui les avoient
reçus et soulagés au temps de leurs malheurs, ainsi
que ceux qui l'ont porté à faire partager cette indemnité par les hommes de couleur, qui sont restés fidéles à la France, il y auroit eu injustice à les en écarter.
Quoique ces dispositions tendent à diminuer la somme
à partager,je suis sur que tous les colons se trouveront heureux de les y voir participer.
Je prendrai la liberté de faire observerà VOS Seigneuries que la commission, en distinguant les dettes antérieures d'avec les dettes postérieures à
comme elle le propose dans T'article 8, détruit 1792, entiè- 2
rement le bien que son amendement devoit assurer
aux colons; car il est avéré qu'une très grande partie
de ces colons a continué à contracter des dettes avec
des négociants français, après cette époque, soit parceque ces négociants n'ont réellement cru la colonie
perduc pourla mére-patrie qu'après sa scission cntière,
soit parcequily'avoit eu des lettres de change tirées
'article 8, détruit 1792, entiè- 2
rement le bien que son amendement devoit assurer
aux colons; car il est avéré qu'une très grande partie
de ces colons a continué à contracter des dettes avec
des négociants français, après cette époque, soit parceque ces négociants n'ont réellement cru la colonie
perduc pourla mére-patrie qu'après sa scission cntière,
soit parcequily'avoit eu des lettres de change tirées --- Page 11 ---
(9)-
de Saint-Domingue, sur la France, ayant
qui n'ont pu être payées qu'à longues
1792, et
qu'enfin les négociants,
échéances, ou
établi des
pour soutenirleur crédit, ont
négociations avéc ces mêmés colons
sieurs années postérieurement.Je
, pludans l'article 8
demande donc que
tranche
proposé par votre commission l'on reces mots: ( Antérieures au
Larticle donc alors seroit
"janvier I 792.
C Le capital des
conçu en ces termes :
créances, dites de
K et ayant pour cause, etc. >)
Saint-Domingue,
Les paroles du Ministre des finances, dans
posé des, motifs du projet de loi,
son exbre des Députés le Il
prononcé à la Chamdonner une
février dernier, me paroissent
garantie que l'amendement
votre commission, et qui formera l'article proposé 8
par
ne sera pas repoussé parle Ministère,
de la loi,
cet exposé:
puisqu'il ditdans
( Enfin, Messieurs, nous avons
K commission (nommée
pensé comme la
( tembre)
les
par l'ordonnance du 1er
que créanciers des colons ne
sepG autorisés à former saisie-arrêt
doivent être
4 pour la dixième partie du
sur l'indemnité que
4 il
capital del la créance; n'estpas juste en effet qu'après un tel
( times d'un malleur
naufrage les viccommun soient
K ger, dans la proportion de leurs
admises à parta4 bris échappés à la
pertes, les tristes détempête? l'un doit-il
( comme si rien n'eût péri; l'autre
être traité
k tésauvc7-Lindemnit
comme si rien n'edt
4 pour les
deSaintDomingue se réduit,
colons,a au dixième des
T
propriétés qu'ils ont
perdues;' réduire aussi :
edroits
également au dixième les
que leurs créanciers pourront exercer sur l'indemnité, c'est à notre avis un acte de justice
qui eût
tempête? l'un doit-il
( comme si rien n'eût péri; l'autre
être traité
k tésauvc7-Lindemnit
comme si rien n'edt
4 pour les
deSaintDomingue se réduit,
colons,a au dixième des
T
propriétés qu'ils ont
perdues;' réduire aussi :
edroits
également au dixième les
que leurs créanciers pourront exercer sur l'indemnité, c'est à notre avis un acte de justice
qui eût --- Page 12 ---
( 10 )
wsuffi pour rendre une : loii indispensable, alors même
< qu'aucune disposition relative à l'indemnité des COwlons n'eût nécessité Tintervention législative. 2 Rien
n'est plus.clair, Messieurs ; que ces paroles du Ministre, et plus d'accord avec le sens de l'amendement
proposé par votre commission.
Il me paroit que les articles 8 et.10, proposés par
votre commission, remplissent le but proposé. Larticle 8 réduit les droits du créancier au même taux
que celui du colon; il ne lui enlève pas les droits acquis sur les propriétés possédées par le colon avantle
i"avril de cette année, mais il empêche au moins que
le colon qui voudra acheter, avec le restant de son indemnité, des biens-fonds, ne puisse êtie inquiété.
C'est tout ce que nous vous demandons. 1l y a justice
et équité, etj'espère que ces motifs porteront vos Seigneuries à les adopter. Si cet amendement ne passoit .
pas, la loi seroit plus en faveur du créancier que de
celui que vous voulez indemniser, et le but seroit
manqué.
Cette loi une fois rendue; les secours portés sur le
budget pour les colons de Saint-Domingue cessent, et
ils se trouverontalors dans une position plus fcheuse
quaujourdhui, si vous ne leur rendez pas la justice
quejesollicite pour eux. Leurs éréanciers auront tout,
eux rien. Non, Messieurs, vous ne permettrez pas
qu'un pareil abus ait lieu, les colons s'en rapportent
à votre sagesse.
Une dernièré considération me frappe. Ne nous
plaçons pas dans cette fausse position oùt l'on pourroit
entendu souvent: K Oui,
nous dire, commejel l'aidéja
mais il
de cette clause,
K nousr reconnoissons linjustice --- Page 13 ---
(ir)
KI n'ya plus de reméde, vous avez fait la loi, i lfautsy
ic soumettre. x.
Ne perdez pas cette occasion favorable, de bonifier
la loi qui vous est présentée.
La crainte d'un renvoi à l'autré Chambre ne doit
pas vous arrêter, c'est notre devoir, et notre droit. La
Chambre des Députés, en parcil cas, ne pourra qu'applaudiraux motifs qui vous auront déterminés à leur
renvoyer cette loi: Rendezjustice à qui elle est due, et
il vous en restera une satisfaction éternelle.
Je vote pourle projet deloi,telquilnonse sestprésenté
par la commission, et avec le retranchement que jai
Thonneur de vous proposer. --- Page 14 --- --- Page 15 --- --- Page 16 ---
E826
N7U30
08- 35 --- Page 17 ---
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