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cAcquired with tbe assisance oftbe
vfplie Xagulk lases
Fund
JOHN CARTER BROWN LIBRARY --- Page 3 --- --- Page 4 ---
G1P7 --- Page 5 ---
AP - E R CU
N.336.
Sur le Pian et les Maladies dont il est
suivi;
Présenté conformément d l'art. XI de la loi du 19 Ventose
an X1, et soutenu d lEcole de Médecine de Paris,
le 18 Brumaire an XIII;
PAR EXMANUEL CHOPITRE,
Chirurgien-Major au 3r, Régiment d'Infanterie de ligne.
A PARIS,
D E L'IMPRIMERIE DE DIDOT JEUNE,
Imprimeur de l'Ecole de Médecine, rue des Maçons-Sorbonne, n.? 406.
A N XIII. (1804-) --- Page 6 ---
- -
PRESIDE N T,
M. FOURCROY.
E XAMINATEURS,
MM. DUMÉRIL.
DE JUSSIEU.
BAUDELOGQUE,
BOURDIER,
BOYER.
Par délibération du 19 frimaire an 7, PEcole a arrété que les opinions
émises dans les dissertations qui Jui sont présentées, doivent étre considérées
comme propres à leurs auteurs ; qu'elle n'entend leur donner aucune approbation ni improbation. --- Page 7 ---
A M E S SIEURS
COSTE,
PERCY,
DESGENETTES,
LARREY,
HEURTELOUP,
PARMENTIER,
Inspecteurs généraux du Service de Santé des Armées
de terre.
Comme un témoignage de respect et de reconnaissance.
EMMANVEL CHOPITRE. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
(5)
AVANT-PROPOS
ATTACHÉ aux Hopitaux militaires de la Colonie de SaintDominguc pendant près de six ans ( 1791, 92 et 93, en qualité
de Chirugien aide-major , à P'hôpital des Pères au Cap-Français;
dans les années IO, II et 12, comme Chirurgien en chef dans
différents hôpitaux de la même Colonie.)
Parmi les nombreuses et terribles maladies auxquelles est exposé
le genre-humain, j'ai souvent eu occasion de traiter et d'observer
le pian maladie très-commune sous la Zone-Torride.
Dans cet Aperçu, fruit de mon expérience et de mes' observations, que j'ai Phonneur de présenter et de soumettre à l'illustre
Ecole de Médecine de Paris 2 je me bornerai à faire connaitre les
différentes espèces de pians, à désigner les symptômes qui les
distinguent et les caractérisent, 3 les maladies qui les accompagnent,
qui peuvent en résulter. ; enfin, à indiquer les traitements qui
m'ont paru les meilleurs.
Dans cet Aperçu, fruit de mon expérience et de mes' observations, que j'ai Phonneur de présenter et de soumettre à l'illustre
Ecole de Médecine de Paris 2 je me bornerai à faire connaitre les
différentes espèces de pians, à désigner les symptômes qui les
distinguent et les caractérisent, 3 les maladies qui les accompagnent,
qui peuvent en résulter. ; enfin, à indiquer les traitements qui
m'ont paru les meilleurs. --- Page 10 ---
(6)
APE RÇU
Sur le Pian et les Maladies dont il cst suivi.
* J'ai regardé le pian comme dépendant d'un virus dégénéré, qui
< produit les mêmes ravages que le syphilis, et qui cede aux
K mêmes moyens. Ce virus a tellement d'analogie et d'identité
ce avec le syphillitique, qu'on est porté à croire que du syphilis
e invétéré naît le premier état du pian , et que du dernier de
* celui-ci résulte souvent le mal rouge. >>
BAJON, dans ses lettres sur Cayenne.
LA maladie que je me propose de décrire dans cette dissertation, est peu connue en Europe, ct y est entièrement étrangère,
elle paraît propre aux climats brûlants de l'Afrique ; on l'observe
surtout sur les côtes de Guinée, et les habitants la nomment lyaw
ou lesyaws; on la rencontre aussi en Amérique, où elle paraît avoir
été transportée par le commerce des nègres, et on la désigne dans
ce pays sous le nom vulgaire de pian ou epian. Les nosologistes (:)
(1) Sauvages > Nosologia me:hodica, clas. X. Cacheria. Sagar, Cullen p
Macbride 9 Histoire d'une maladie que les Africains appellent le Yan, dans
le tome VI des Essais d'Edimbourg, etc.
lyaw
ou lesyaws; on la rencontre aussi en Amérique, où elle paraît avoir
été transportée par le commerce des nègres, et on la désigne dans
ce pays sous le nom vulgaire de pian ou epian. Les nosologistes (:)
(1) Sauvages > Nosologia me:hodica, clas. X. Cacheria. Sagar, Cullen p
Macbride 9 Histoire d'une maladie que les Africains appellent le Yan, dans
le tome VI des Essais d'Edimbourg, etc. --- Page 11 ---
(7)
l'ont décrit sous le nom deframbasia, à cause des tubercules ou
excressences fongueuses qui se forment à la peau, et qui ont une
sorte de ressemblance avec la framboise, comparaison que les africains ont également exprimée sous le nom d'yaw.
Comme nous avons observé cette maladie en Amérique, s nous conserverons ici le nom vulgaire de pian, et nous le définirons une maladie constitutionnelle, chronique, contagieuse, quelquefois, dit-on,
héréditaire, essentiellement caractérisée par des sortes de pustules à
la peau, qui contiennent une excressence fongueuse plus Otl moins
molasse, et fournissent une excrétion puriforme.sanicue,qui differe
suivant les temps et l'état de la maladie.
Cette maladie terrible attaque les blancs comme les nègres ; c'est
une erreur de prétendre, comme quelques praticiens 2 qu'elle soit
particulière aux nègres : l'expérience et l'observation démontrent
tous les jours que les blancs qui s'exposent aux causes qui la produisent,y sont sujets,
Bajon, d'Azille,qui ont longtemps pratiqué avec distinction dans
diverses colonies (1), en rapportent de nombreux exemples dans
leurs ouyrages. Il n'est point de praticiens qui, exerçant depuis
quelque temps dans ces pays, n'aient été à même de s'en convaincre.
Pendant le temps que je suis resté dans les colonies de SaintDomingue, j'ai acquis la certitude que les blancs contractaient le
pian.
En l'an II, chargé en chef delhôpital militaire de Saint-Marc(s),
j'ai traité plusieurs matelots blancs atteints de pustules pianiques,
au visage, aux parties de la génération et au tronc, suite d'un
commerce avec des négresses.
Au Cap-Français, j'ai donné mes soins à un habitant nommé
Métayé, âgé de 55 ans, vivant depuis très-I longtemps avec une né-
(:) L'un à Cayenne, l'autre à Saint-Domingue.
(2) Ville située dans Fouest de Ja partie française de Snint-Domingue,
'ai traité plusieurs matelots blancs atteints de pustules pianiques,
au visage, aux parties de la génération et au tronc, suite d'un
commerce avec des négresses.
Au Cap-Français, j'ai donné mes soins à un habitant nommé
Métayé, âgé de 55 ans, vivant depuis très-I longtemps avec une né-
(:) L'un à Cayenne, l'autre à Saint-Domingue.
(2) Ville située dans Fouest de Ja partie française de Snint-Domingue, --- Page 12 ---
(8)
gresse, 9 qui avait des pustules pianiques en très-grand nombre.
Après lui avoir fait subir un traitement convenable, je suis parvenu
à le guérir.
A bord du parlementaire la Louise-Chérie, venant de Ia Jamaique avec 240 malades provenant de l'éyacuation du Cap. Français,
bâtiment sur Jequel j'étais chargé du service avec huit de mes collègues de l'armée de Saint-Domingue, nous avons remarqué deux
soldats couverts de pustules pianiques (1).
Plusieurs praticiens respectables et dignes de foi, m'ont assuré
qu'ils avaient souvent eu occasion d'observer le pian sur des blancs.
Enfin il y a tant de preuves acquises par l'observation, que les
blancs comme les nègres peuvent contracter cette maladie, qu'il ne
doit plus exister de doute sur ce sujet.
Campet est dans l'erreur lorsqu'il dit que le pian est une maladie particulière aux nègres et qu'ils ne l'ont qu'une seule fois dans
la vie. Sous le rapport de la contagion, lepian doit être comparéau
syphilis ; on le contracte toutes les fois qu'on s'expose aux causes
qui le communiquent.
Je ne m'attacherai point à rechercher l'origine du pian, ni à déterminer sa cause première i je remarquerai seulement qu'il est
vraisemblable qu'ilaétéapporté del'Afrique dans le Nouveau-Monde,
par les nègres qu'on y a transportés.
Le genre de vie, la nature des aliments, la chaleur du climat ;
Pirritation continuelle produite surl la peau par l'influence active d'un
soleil brûlant, Phumidité de l'air, l'abondance excessive des évacuations cutanées, l'existence d'un vice particulier dans les humeurs,
peuvent être considérés, chez les nègres, comme causes premières
et principales de cette maladie.
Le) pian se communique si facilement parmi les nègres, qu'on ne
saurait trop prendre de précautions pour empêcher la contagion. II
() Ces malheureux sont morts dans la longue et pénible traversée que
nous avons faite, --- Page 13 ---
(9)
passe pour constant, dit d'Asille, dans quelques Colonies, qu'il
suffit, pour la communiquer, que des mouches attirées par Phumeur qui découle des pustules pianiques, après s'en être imprégnées, aillent en déposer quelques particules sur une partie alcérée. Quelques praticiens assurent même que sans égratignures et ulcérations, on peutrecevoir de ces mouches cette affreuse inoculation. Néanmoins, je crois que la maniere la plus certaine et la plus ordinaire dont se transmet le pian chez les blancs, c'est par le commerce
qu'ils ont avec des femmes qui en sont attaquées.
ées par Phumeur qui découle des pustules pianiques, après s'en être imprégnées, aillent en déposer quelques particules sur une partie alcérée. Quelques praticiens assurent même que sans égratignures et ulcérations, on peutrecevoir de ces mouches cette affreuse inoculation. Néanmoins, je crois que la maniere la plus certaine et la plus ordinaire dont se transmet le pian chez les blancs, c'est par le commerce
qu'ils ont avec des femmes qui en sont attaquées. Les premiers signes qui annoncent les pustules pianiques, sont
de petits boutons qui sortent indistinctement par tout le corps; la
pointe rouge qu'ils ont d'abord devient bientôt blanche, et laisse
échapper une humeur assez claire qui, peu à peu, s'épaissit, prend
un caractère sanieux, et forme la pustule suivant l'espèce de pian. A l'apparition de ces petits boutons, 9 le malade éprouve un peu
de fièvre , des douleurs dans les muscles et même dans les os; la
peau devient écailleuse, se couvre de dartrcs farineuses sans aucun
écoulement; ; il souffre des démangeaisons fort inccmmodes, et maigrit sensiblement:
Si l'éruption des pustules se fait promptement et en abondance;
les premières douleurs cessent; ct lorsque par uil traitement convenable les pustules et les dartres ont disparu, la peau reprend sa
première forme. Les pustules pianiques ne sont pas toujours en aussi grand nombre chez tous lcs individus; les uns en ont tout le corps couvert,
les autres en ont beaucoup moins; enfin quelques personnes n'en ont
que d'espace en espace. On reconnoit trois espèces de pians bien distinctes et remarquables: ces trois espèces sont appelées, I.° gros pians oupians blancs 3
2.9 petits pians ; 3.0 pians rouges. Chaque espèce est accompagnée
ou suivie d'accidents plus ou moins grayes. I. Les gros pians ou pians blancs sont faciles à reconnaît re Far
la grosseur et l'étendue des pustules; quelquefois elles soat arssi
larges que la main, couvertes d'une chaire fongueuse et blafarde,
--- Page 14 ---
(10)
de laquelleil découle une matière sanieuse et épaisse,
tement à un traitement bien administré. cèdent promp2.° Les petits pians , dont les pustules , au lieu d'être
élevées comme celles des gros pians, sont au contraire fort grandes,
et nombreuses, leur surface n'est
petites
fongueuse ni aussi blafarde
pas recouverte d'une chair aussi
minent
que les premières. Ces pustules se terordinairement en pointe; la matière qui en découle est
claire et plus corrosive; elles sont
plus
plus grosses aux parties de la
génération, et fournissent plus de matière,
bien plus de difficulté
dans les
L'éruption se fait avec
que
gros pians. Cette espèce est
longue et plus difficile à guérir, et souvent cause des accidents très- plus
graves, surtout si Téruption des pustules n'a pas été complète avant
d'entreprendre aucun traitement, ou si par imprudence on a einployé des remedes propres à la répercuter. Enfin la dernière espèce de pians , appelée pians rouges, dont les
pustules sont rondes, moins étendues que celles des pians blancs,
plus grosses que celles des petitspians,
chair
plus élevées, couvertes d'une
fongueuse dont la couleur approche plus du
du
blanc, est la plus dangereuse de toutes
rouge que
et
; la cure en est très-longue
tres-difficile, et quelquefois, malgré les traitements les mieux
suivis, il en résulte des désordres si
de l'art deviennent insuffisants.
ules sont rondes, moins étendues que celles des pians blancs,
plus grosses que celles des petitspians,
chair
plus élevées, couvertes d'une
fongueuse dont la couleur approche plus du
du
blanc, est la plus dangereuse de toutes
rouge que
et
; la cure en est très-longue
tres-difficile, et quelquefois, malgré les traitements les mieux
suivis, il en résulte des désordres si
de l'art deviennent insuffisants. affreux, que tous les secours
de
L'éruption des pustules de cette espèce pian se fait avec tant de difficulté et de lenteur,
sure que les premières sorties sèchent, il en reparaît d'autres qu'à me-
(1). Dans les pians blancs > lorsque l'éruption commence, il arrive
quelquefois qu'il ne sort qu'un si petit nombre de pustules aux
ties de la génération, aux fesses et au
parvisage, qu'on ne sait à
cause les attribuer ; si elles proviennent du virus
quelle il
tarde pas d'en reparaître d'autres ; car nne fois pianique, ne
que l'éruption des
pustules pianiques est commencée, elle continue jusqu'à ce que le
(r) Bajon. --- Page 15 ---
(1) )
vice semble s'être épuisé : alors on ne peut plus avoir de doute sur
-
la nature de ces pustules.
Lorsque Phumeurpianique se porte sur quelque partie ulcérée, c'est
ordinairement à cette partie que paraissent les premières pustules.
On observe habituellement qu'une des pustules devient plus grosse
la forme d'un ulcère; au lieu
que toutes les autres, et qu'elle prend
d'ètre élevée comme clles, elle est profonde, ronge tout le tissu de
la peau, et est couvertede chairspourries sans éureboursoufflées : il en
de
caractère; si, l'on
découle une matière purulente et mauvais
panse
cet ulcère avecles remedes ordinaires, il s'irrite et devient très-malin.
Cet ulcère est appelé communément mère-pian ou mama-pian;
non-seulement parce que cette pustule dégénérée est plus grosse
toutes les autres, et une'despremières sortics, mais parce qu'elle
semble que donner naissance aux autres pustules, les entretenir, et ne
ccsse ordinairement, que lorsque toutes sont disparues.
Sil Thumeurpianique s'est portée sur un ulcère, il devient ce qu'on
appelle MÈRE-PIAN; s'il se trouvegrand, il conserve sa grandeur; Si
au contraire il est petit, il prend de l'accroissement.
Cette mère pianique favorise singulièrement l'éruption des pustules et donne une issue au levain morbifique de cette maladie, qui
parait avoir un cours libre et abondant par cet ulcère. L'observation
d'appliquer des remèdes pour le
apprend qu'il est très-dangereux
faire sécher ou cicatriser : c'est opposer par ce moyen un obstacle
à l'éruption cutanée, et causer peut-être une résorption, qui peut
donner lieu aux accidents les plus graves.
Les jeunes gens infectés du pian, guérissent plus facilement que
les hommes avancés en âge:il en est de même de ceux qui ont un
tempérament faible et délicat; ceux au contraire d'une constitution
forte et robuste, demandent un traitement plus long.
Aussi observe-t-on que les femmes souffrent moins de cette maladie, et obtiennent plus promptement guérison que les hommes.
Ceux qui ont beaucoup de pustules, sont obligés de tenir un régimeplussévère, et de suiyre un traitement plus long-tempscontinué.
facilement que
les hommes avancés en âge:il en est de même de ceux qui ont un
tempérament faible et délicat; ceux au contraire d'une constitution
forte et robuste, demandent un traitement plus long.
Aussi observe-t-on que les femmes souffrent moins de cette maladie, et obtiennent plus promptement guérison que les hommes.
Ceux qui ont beaucoup de pustules, sont obligés de tenir un régimeplussévère, et de suiyre un traitement plus long-tempscontinué. --- Page 16 ---
(12)
Lespetits pians sont plus opiniatres que leogros, et les pians rouges inficiment plus encore.
Des maladies qui succèdent a3 pian.
Le pian mal traité ou abandonné à lui-même produit des maladies
qui different entre elies, tant par leur nature que par leur malignité,
Ces maladies se divisent en deux classes :
: La première renferme celles qui sont les plus légères, faciles à
guérir; et quiont ordinairement leur siège à la plante des pieds, et
dans l'intérieur dos mains.
La deuxièmc contient celles qui sont plus dangereuses ct difficiles
à détruire ; elles attaquent les parties ossetses, et même toute la
surface du corps. a N
S Cés maladics, suite da'vice pianique 3 8o traitent par les mêmes
moyens que le pian ; cependant' 3 il faut adjoisdre au traitement
interne, des remèdes externes, relatifs à la nature et gravité de ces
affections.
Dc la première classe.
1 Les maladies de la première classe; dont appelées dans les colonies, guignes, crsbes et saouuouas.
Des Guignes. ::
Les guignes, ainsi nomméos à cause de leur reseemblance avec
la guigne, sont des excroissances de chair, qui'survienneat principalement à la plante des pieds, à l'intérieur des mains, et au bout'
des doigts ; leur sensibilité est si exquise 3 que ceux, qui en ont, ne
peuvent marcher, ni saisir, quelque chose avec les mains, sans éprou-:
ver de fortes douleurs.
Des Crabes.
Les crabes, excroissances de chair blanchâtres, ainsi appelées
méos à cause de leur reseemblance avec
la guigne, sont des excroissances de chair, qui'survienneat principalement à la plante des pieds, à l'intérieur des mains, et au bout'
des doigts ; leur sensibilité est si exquise 3 que ceux, qui en ont, ne
peuvent marcher, ni saisir, quelque chose avec les mains, sans éprou-:
ver de fortes douleurs.
Des Crabes.
Les crabes, excroissances de chair blanchâtres, ainsi appelées --- Page 17 ---
(13)
qu'elles représentent la forme d'un crabe, animal crnstacée,qui
parce vit sous les terres hunides sur les bords de mer, attaquent aussi la
plante des pieds; il découle de ces excroissances une matière âcre
et purulente : ce qui n'arriye point aux guignes et aux saouaouas.
Des Saouaouas.
Les saouaouas ne sont poipt, conre les gaignes et les crabes 9 des
exeroissances de chair; mais un épaissistement considérable de la peau
Pintérieur des mains; il n'en découle point
de la plantc des pieds etde
ils
de matière purulente; ; la peau devient très-dure et très raccornie;
comme les
9 de fortcs douleurs, lorsque les
produisent 3
guignes marcher ou saisir quelque chose.
personnes qui en ont, , veulent
Les saouaouas sont d'un rouge très-vif; situés aux endroits de
la peau où ellé n'est pas fort épaisse s ils ressemblent aux dartres
vives.
Des maladies de la deurième classe.
Les maladies de la deuxibano classe , sont le mal aux OS ou exostoses 9 les dartres 2 ct quelquefois le mal rouge ; maladie affreuse,
vraisemblablement la même 2 que celle connue en Europe sous le
nom de lèpre.
Du mal aux OS.
Dans le mal aux OS (), on observe quatre degrés bien distincts.
Dans le prenier, le malade éprouve des douleurs aux articulations
et aux OS : les douleurs sont ambulantes, et reviennent par intervalles; elles sont plus fortes dans les temps pluvieux et, humides,
que dans les temps secs.
Dans le deuxième degré, les douleurs sont compliquées de tumé-
(:) Ainsi appelé dans les Colonies.
même 2 que celle connue en Europe sous le
nom de lèpre.
Du mal aux OS.
Dans le mal aux OS (), on observe quatre degrés bien distincts.
Dans le prenier, le malade éprouve des douleurs aux articulations
et aux OS : les douleurs sont ambulantes, et reviennent par intervalles; elles sont plus fortes dans les temps pluvieux et, humides,
que dans les temps secs.
Dans le deuxième degré, les douleurs sont compliquées de tumé-
(:) Ainsi appelé dans les Colonies. --- Page 18 ---
(14)
et aux extrémités des OS longs; elles sont
faction aux OS spongieux
plus intenses et fixées aux partics exostosées.
nombreuDans le troisième, les exostoses sont plus grosses. plus
la substance compacte et spongicuse des OS ; quelses, et attaquent
a lieu au point qu'ils se courbent,
quefois même le ramollissement
comme il arrive dans le rachiet prennent des formes irrégulières,
n'attaque que certis, avec la différence, que le ramollissement
tains OS.
enfin, le corps est couvert d'ulcères, et
Dans le quatrième degré
de dépeindre lespectacle
les OS sont cariés : il est presque impossible horrible
Tindividu réduit à celte
position.
affreux que présente
avoir traité des blancs, chez quil ile vice pianiBajon (s)rapporte
que avait fait de semblables ravages.
n'ai
eu occasion
Pendant mon séjour dans les colonies, je
point
de
des blancs dans cette cruelle situation, mais beaucoup
de voir
negres.
souvent parmi eux: dans cet état déplorable,
Ces cas se présentent
de la nature, et terminent leur triste
ils sont abandonnés aux soins
existence sous le poids des infirmités.
Du mal rouge.
maladie sans doute la même que celle appelée en
Le mal rouge 3
dans la Nigritie, contagieuse (2) dans les
Europe la lèpre, endémique
comme aux nègres, provient
climats chauds, commune aux blancs
d'autres causes, telles
souvent du vice pianique à son dernier degré;
la nature des
herpétiques >
que les vices scrophuleux, 3 scorbutique, aussile produire.
aliments, des eaux 2 etle climat peuvent
(1) Dans ses lettres sur Cayenne. contact avec des personnes infectées de
(2) Par attouchement, commerce, ,
cette maladie.
lèpre, endémique
comme aux nègres, provient
climats chauds, commune aux blancs
d'autres causes, telles
souvent du vice pianique à son dernier degré;
la nature des
herpétiques >
que les vices scrophuleux, 3 scorbutique, aussile produire.
aliments, des eaux 2 etle climat peuvent
(1) Dans ses lettres sur Cayenne. contact avec des personnes infectées de
(2) Par attouchement, commerce, ,
cette maladie. --- Page 19 ---
(15)
Le mal rouge est facile à connaitre.
n'excèil se manifeste des taches qui
Dans son premier état,
par
mêlé de
dent pas le niveau de la peau, de couleur de rouge foncé,
surviennent à la poitrine, aux différentes parties du corps
jaune, qui
les caractérise, empêche de les conet au visage ; linsensibilité qui
fondre avec les taches dartreuses.
Dans le second état, le vice fait des progrès, les taches augmendeviennent écailleuses, et conservent une insensibilité absolue;
tent,
en
comme en largeur; les
le vice de la peau gagne profondeur,
les
le front, se gonflent, s'épaississent
lèvres, les joues 2 paupières,
donnent une
et contractent des rides, des duretés et des bosses, qui
figure horrible; les lèvres grossissent, le nez devient épaté,s'allaisse,
s'applatit; quelquefois le mal rouge s'arrête pendant plusieurs ansur-tout si les malades s'astreignent
nées à ces premiers symptômes,
de tous les moyens
Mais si malgré l'emploi
à un régime diétique.
les progrès de ce vice, il continue ses
les plus propres à prévenir
les secrétions s'altèrent, Podeur
ravages et atteint le troisième degré,
et de l'haleine devient
; la soif est contide la sueur
insupportable
nuelle, et la langue sèche ; toute la surface du corps, les extrémités,
se
vers les articulations ; les ongles sont
les mains, 9 les pieds gercent
d'une phalange à une
soulevés par des vésicules ; le gonflement passe
l'ulcère et la carie déterminent la sortie des OS, et même la
autre ;
entiers sans aucune douleur; enfin le malade n'est
chûte des doigts
été mutilé.
délivré d'une vie horrible, qu'après avoir
Tous les secours de P'art ne peuyent rien contre un état aussi déplorable que cruel.
n'est paryenu à son dernier état, peut
Le mal rouge, lorsqu'il
pas
être combattu avec succès par l'emploi des moyens suivants :
Régime humectant et propre à faciliter l'excrétion cutanée ; usage
frais, des bouillons faits avec les viandes les plus saides légumes celle d'écrévisse, de serpent, de tortue s le lait coupé
nes, telles que
le bon vin vieux donné avec
avecl la décoction d'orge, les sudorifiques. 9
modération, exercice du corps, d'autant plus utile que les malades
A
e
succès par l'emploi des moyens suivants :
Régime humectant et propre à faciliter l'excrétion cutanée ; usage
frais, des bouillons faits avec les viandes les plus saides légumes celle d'écrévisse, de serpent, de tortue s le lait coupé
nes, telles que
le bon vin vieux donné avec
avecl la décoction d'orge, les sudorifiques. 9
modération, exercice du corps, d'autant plus utile que les malades
A
e --- Page 20 ---
(16)
sont enclins A l'inaction et à lindolence, STCS dépurés des
bouillons aux herbes, avec des sels neutres, bains
plantes;
sont les moyens qu'on doit employer, d'après le médicamenteux,
malade et la gravité de sa maladie.
tempécament du
Loroque le mal rouge a produit des ulcères, Cn les lave avec la
décoction de quinquina; on applique deux fois
charpie trempée dans la teinture de
par jour decsus, de la
myrrhe et d'aloès ou de
et lorsqu'il ne s'agit plus que de résoudre les
succin,
cours à des dissolutions plus sétoreivos,
tubercules, on a remélange d'eau-de-vie, de Iceaive, de ecmre, par exemple, en
moniacal:en
potasce, et de muriate ainpareil cas, la décoction de Monbain (1) a les
succès.
plus grands
Dans le traitement du mal rouge, il faut bien se garder de faire
usage du mercure ; l'emploi de ce médicament; ,
ou même extérieurement, est très-nuisible et dangereux intérieurement,
Quand le mal rouge est parvenu à 'son dernier état; ie (2). malhenreux chez qui cette maladie a fait de tels
fuir la société, et de
progrès, est obligé de
terminer sa déplorable existence dans la retraite et l'abandon.
Le D. Joseph FLORES, de l'université de la ville
un
GOATEMALA;
indique remède merveilleux, non-seulement contre le mal
et les ulcères qu'il produit, mais même contre toutes sortes d'ulcè- rouge
res, soit vénériens, soit cancéreux : ce remede, dont il doit la connaissance aux Indiens du village de S.-CERISTOYAL, du royaume de
Goatemala, a eu les plus heureux résultats au Meaique, à Cadix
et à Malaga.
Ce sont de petits lézards, appelés dans Teneyclopédie, anolis
de terre ou gobe-mouches : les uns sont dorés entre jaune et vert,
(:) Le Monbain est un arbre du pays, dont les fruits ressemblent à ceux du
prunier d'Europe : ses feuilles ont une vertu très détersive.
() Bujon.
de S.-CERISTOYAL, du royaume de
Goatemala, a eu les plus heureux résultats au Meaique, à Cadix
et à Malaga.
Ce sont de petits lézards, appelés dans Teneyclopédie, anolis
de terre ou gobe-mouches : les uns sont dorés entre jaune et vert,
(:) Le Monbain est un arbre du pays, dont les fruits ressemblent à ceux du
prunier d'Europe : ses feuilles ont une vertu très détersive.
() Bujon. --- Page 21 ---
(17)
autres
avec des taches, ils ont ordinairement huit à dix
et les
gris,
d'un demipouces de long de la tête à la quene , et un peu plus
pouce de large; les uns et les autres ont la peau couverte d'écailles
triangulaires. On s'en sert de la manière suivante : après leur avoir
coupé la tête, la queue, les pattes, et vidé les intestins, on les dépetits morceaux. La chair palpitante et encore chaude,
coupe par
, le matin à jeun. Si on a de la répuon en mange un chaque jour
chanter.
gnance à les avaler, on les enveloppe dans du pain à
Les Indiens rapportent qu'ils n'ont coutume de n'en manger qu'un
chaque jour, et que cinq à six anolis peuvent guérir le malade (1).
et à Goatemala,
où la chaleur
Il est possible qu'au Mezique
pays
est très-forte, cette quantité soit suffisante pour obtenir une guérison radicale.
ont été
Mais en Europe * les malades qui ont cssayé ce remede,
obligés d'en prendre un plus grand nombre.
a fait usage de ce remède, en a mangé
A Malaga 9 un lépreux qui
maladie.
autant dej jours, pourêtre guéri de cette cruelle
40, pendant
sont constamment une chaleur
Les effets que produit ce remède,
et une ardeur extraordinaires, accompagnées d'une sueur copieuse
et d'une salivation épaisse, abondante et jaunâtre. Cependant quelmalades n'ont ni salivé, ni transpiré , mais ont eu à la place
des ques évacuations fréquentes, très-âcres et puantes, par la voie des
urines, et par des dévoiements considérables.
On ne fait ordinairement subir au malade ancune préparation.
A Malaga on a jugé convenable de saigner le malade.
II faut observer de prendre ces animaux tout crus * chauds et
palpitants. Pourrait-on penser que leur singulière et merveilleuse
propriété, provient de leurs esprits animaux 9 ou d'un sel extrêmement volatil, que contiennent toutes les parties de leurs corps, que
le plus léger degré de feu ou le moindre refroidissement après leur
mort peuvent dissiper ?
(1) Sur les proprictés des lézards, par M. de Chantrans. 1787. Lausane.
-
ade.
II faut observer de prendre ces animaux tout crus * chauds et
palpitants. Pourrait-on penser que leur singulière et merveilleuse
propriété, provient de leurs esprits animaux 9 ou d'un sel extrêmement volatil, que contiennent toutes les parties de leurs corps, que
le plus léger degré de feu ou le moindre refroidissement après leur
mort peuvent dissiper ?
(1) Sur les proprictés des lézards, par M. de Chantrans. 1787. Lausane.
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(18)
Il serait très-utile d'éprouver ce remède à Caienne, colonie où le
mal rouge est plus commun que dans les autres colonies françaises (1).
Des dartres.
Les dartres, qui ont pour cause le vice pianique, ne diffèrent en
rien des autres dartres.
Cesont, comme elles, des taches jaunâtres, bordées d'un
vif, dont le centre reprend la couleur naturelle de la
rouge
vues de sensibilité, , de
peau, pourdémangeaison, et de cuisson après s'être
gratté,
Elles n'ont besoin d'aucun traitement
sant le vice qui les produit, elles
particulier; en détruidisparaissent : les dartres accompagnent presque toujours le pian chez les nègres.
Il est arrivé quelquefois, dit
Campet 2 que des hommes de l'art
ont pris pour des taches de mal rouge, celles qui n'étaient
dartreuses : la sensibilité, leur forme, leur couleur doivent, que
sant bien attention, empêcher
en y faipareille erreur.
Comme je n'ai en vue dans cet aperçu que de faire connaître le
pian et les maladies auxquelles il donne lieu, je ne me permets
de plus grands détails sur le mal rouge et les
pas
dartres, souvent
occasionnées par d'autres maladies que le pian.
Du traitement du pian et des maladies qui Paccompagnent ou qui
peuvent en être la suite.
L'expérience et l'observation ont démontré que le mercure cst
le principal remède à employer dans la cure du pian et des affections dont il est compliqué. Le vrai médecin n'a point de méthode
particulière pour le traitement de ces maladies ; la variété des tempéraments, des alitections,destemps, des lieux, en un mot, la position
() Campel, dans son traité sur les maladies des pays chauds.
maladies qui Paccompagnent ou qui
peuvent en être la suite.
L'expérience et l'observation ont démontré que le mercure cst
le principal remède à employer dans la cure du pian et des affections dont il est compliqué. Le vrai médecin n'a point de méthode
particulière pour le traitement de ces maladies ; la variété des tempéraments, des alitections,destemps, des lieux, en un mot, la position
() Campel, dans son traité sur les maladies des pays chauds. --- Page 23 ---
(19)
des mulades,T'obligent d'administrer le mercure sous diverses formes,
et à des doses plus. ou moins rapprochées, suivant la diversité de ces
circonstances: : et même d'user d'autres remèdes , d'après la complication de la maladie; seulement, il faut observer que la salivation que
l'on a long-temps cru nécessaire pour obtenir une parfaite guérison,
non-seulement est inutile, mais même tris-dangereuse dans les pays
chauds, à cause de la série des maux qu'elle entraîne après elle dans le
traitement du pian, et même des maladies syphillitiques.
La solution de muriate oxigéné de mercure. 9 ou les frictions données
de loin en loin, selon la méthode appelée par extinction, sont, de
celles m'ont paru mériter la
toutes les préparations mercurielles,
quir
préférence, et qui ordinairement ont les plus heureux résultats. Je
m'en suis servi avec les plus grands succès pour les malades que j'ai
traités, pendant le temps que je suis resté à Saint-Domingue. A la
fin du traitement, il est très-utile, et même nécessaire, d'user de
ces'deux méthodes à-la-fois, ayant soin d'éviter la salivation.
Règles générales qu'on doit observer.
les malades dans un
I." On doit, autant que possible, placer
Jocal sec et bien élevé; éviter toute humidité, ainsi qu'un changesubit de
sur-tout dans le commencement du
ment trop
température,
traitement, qui doit tendre à faciliter l'éruption des pustules pianiques.
Si le local est situé près des bords de la mer, on aura soin, pendant
Ja durée des brises, de fermer les ouvertures quiy sont exposées.
Cette précaution est très-utile sous la zône torride, où la chaleur
les brises (1), et où la répercussion de la
n'est tempérée que par
transpiration et des éruptions cutanées est fréquente.
Un régime doux et humectant ; l'emploi de tout ce qui peut procurer et hâter l'excrétion cutanée, telles que quelques bains tiedes;
(1) A Saint-Domingue 2 il y a régulièrement deux brises, celle du Jarge
et celle de terre.
est très-utile sous la zône torride, où la chaleur
les brises (1), et où la répercussion de la
n'est tempérée que par
transpiration et des éruptions cutanées est fréquente.
Un régime doux et humectant ; l'emploi de tout ce qui peut procurer et hâter l'excrétion cutanée, telles que quelques bains tiedes;
(1) A Saint-Domingue 2 il y a régulièrement deux brises, celle du Jarge
et celle de terre. --- Page 24 ---
(20)
la tisanne de salsepareille on de gaiac, la fleur de souffre, prise en
bol dans une conserve quelconque s à la dose de 12, 15 et 20 grains
par jour, sont les premiers moyens qu'on doit mettre en usage.
Il faut observer, que le régime doit toujours être relatif à l'état
du malade , de sa maladie et de, sa constitution.
Les bouillons de tortue, d'écrévisse , des légumes frais, du riz, la
viande blanche 7 du bon vin vieux, un exercice modéré,le lait pour
toute nourriture, lorsqu'il passe bien, en doivent être la base.
Si le malade est menacé de relâchement dans les solides, manifesté par une sorte d'empâtement cachectique, s la bouffissure des
orbites et le gonflement des malléoles, on donne au malade une
plus grande quantité de vin et une nourriture plus fortifiante.
C'est au médecin, en raison de la position du malade et de la
gravité et complication de sa maladie, à prescrire les remèdes et le
régime qu'il jugera convenables.
Après s'être bien assuré de-l'entière éruption des pustules, on. fait
dissoudre, dans unel bouteille d'eau distillée, douze grains de muriate
oxigéné de mercure; on en fait prendre, pendant un certain temps,
une seule cuillerée à café par jour, ensuite deux ; mais jamais plus.
L'administration de ce remede est relative aux effets qu'on en a
retire, et à la position du malade : il faut toujours avoir soin de ne
le donner qu'avec beaucoup de prudence et de sagesse.
Pendant que le malade prend la dissolution, on lui donne tous
les jours une bouteille et demie ou deux de tisanne de salsepareille,
dont les parties actives la conduisent dans les vaisseaux du plus petit
diametre , et la font pénétrer dans le tissu le plus serré.
Pians blancs Dans la première espèce de pians , une bouteille de dissolution
ougrospians, suffit ordinairement. Pour être parfaitement certain de la guérison
et pour hâter la disparition totale des pustules , il est nécessaire de
terminer le traitement par cinq ou six frictions.
Petits pians. Dans la deuxième espèce , il faut plus long-temps continuer
Je régime,! la dissolution, et en prendre une plus grande quantité.
la font pénétrer dans le tissu le plus serré.
Pians blancs Dans la première espèce de pians , une bouteille de dissolution
ougrospians, suffit ordinairement. Pour être parfaitement certain de la guérison
et pour hâter la disparition totale des pustules , il est nécessaire de
terminer le traitement par cinq ou six frictions.
Petits pians. Dans la deuxième espèce , il faut plus long-temps continuer
Je régime,! la dissolution, et en prendre une plus grande quantité. --- Page 25 ---
(a1)
Il ne faut pas aller au-delà de deux cuillerées à café; on donne des
frictions CII plus grand nombre, et on les commence plus tôt, prenant bien garde de faire saliver le malade.
Dans cette espèce de pian, lc traitement dure quelquefois trois
dans la
un mois
mois et même quatre, tandis que
première espèce,
on deux suffisent.
Dans la troisième espèce de pian , qui est ordinairement accompagnée d'cxostoses > d'exeroissances 7 appelées crabes 7 guignes Piansrouges.
et saouaouas, il faut tout attendre de la prudence, , du temps, de la
ptience. Ce n'est quelquefois qu'après septà huit mois detraitements
les mieux suiyis et administrés, que le malade recouvre une parfaite
santé. Afin qu'il ne perde pas ses forces dans un traitement aussi
long, on lui permet de satisfaire Son appétit d'une nourriture fortifiante et un exercice modéré à Tair libre, ayant la précaution de ne
le faire sortir qu'une heure après le lever du soleil, et de l'obliger
de rentrer une heure avant son coucher, pour éviter l'humidité du
soir qui, entre les tropiques, est très-dangereuse pour tout conyalescent, et funeste aux pianiques, lorsque le vice attaque les organes du mouvement et la substance des OS.
Si le pian, compliqué d'exostoses au 1,2 et 3." degré, résiste à
l'usage des moyens que nous venons de décrire, on peut employer
essentiellement composés dé salseparcille,
ces sirops épais, extractifs,
ou de quelques plantes sudorifiques, souvent associées à des purgatifs, à des mercuriaux, et que l'on a débités depuis quelque temps
sous les noms de sirop de Cuisinier, de rob anti-syphilitiques etc.
D'Azille rapporte en avoir tiré les plus heureux résultats dans des
cas très-graves.
Quand les exostoses ont atteint le 4.° degré, et que le corps est
couvert d'ulcères, et les OS cariés 2 après avoir employé sans succès
tous less secours de l'art, le médecin dans de parcilles circonstances,
doit encore, au lieu d'abandonner le malade, Takier, par tous les
moyens, à supporter sa malheureuse éxistence.
A
D'Azille rapporte en avoir tiré les plus heureux résultats dans des
cas très-graves.
Quand les exostoses ont atteint le 4.° degré, et que le corps est
couvert d'ulcères, et les OS cariés 2 après avoir employé sans succès
tous less secours de l'art, le médecin dans de parcilles circonstances,
doit encore, au lieu d'abandonner le malade, Takier, par tous les
moyens, à supporter sa malheureuse éxistence.
A --- Page 26 ---
(22)
Bajon assure avoir vu des blancs dans cette cruelle position : la
plapart des praticiens s'accordent à dire, que des cas pareils sont fort
rares chez les blancs; chez les nègres, au contraire, ils se présentent souvent : j'ai eu occasion d'en voir.
Lorsque le pian a produit ou est accompagné des excroissances,
appelées guignes 2 crabes et saouaouas , il est néçessaire, pour en
obtenir la destruction, d'adjoindre aux remedes internes des remèdes
externes.
Les feuilles de liane pilées, celles de médecinier, de karatas, la
racine de manioc, mis en cataplasmes, sont les remedes externes à
employer, fournis par le pays.
Si les premières applications de ces plantes ne flétrissent pas ces
excroissances fongueuses et molasses, on humecte les cataplasmes de
manioc (1) avec un peu de tafia(s), afin de les rendre plus irritants
et plus propres à produire les effets dont on a besoin.
Lorsqu'on est parvenu à détruire le vice interne, l'un de ces remedes suffit pour obtenir la guérison de ces excroissances : pour
empècher leur retour, ce qui arrive quelquefois, lorsque le vice
n'est pas totalement détruit, il faut bien s'assurer de son entière destruction, , en insistant plus long-temps sur les remedes internes.
J'observe que Ta méthode que je viens de décrire, m'a parfaitement réussi.
(r) Il n'y a pour la cure des vieux ulcères, dans les pays chauds, de meilleurs remèdes que le manioc crud grayé, mis en cataplasmes, D'Azille.
(2) Eau-de-vie du pays. --- Page 27 ---
(a3)
PROPOSITIO N S,
I.
Le pian est une maladie chronique particulière aux pays chauds;
qu'on observe rarement en Europe.
I I.
Le pian parait avoir été apporté de l'Afrique dans le NouveauMonde parles nègres qu'ony a transportés.
III
Le pian est comme le syphilis, il se communique toutes les fois
qu'on s'expose aux causes qui le produisent.
I V.
Le pian se gagne par contact, attouchement, ou commerce avec
des personnes qui en sont infectées.
V.
Le pian et les maladies quilaccompagment ou qui en sont la suite,
cèdent ordinairement au mercure administré sous diverses formcs.
.
Le pian parait avoir été apporté de l'Afrique dans le NouveauMonde parles nègres qu'ony a transportés.
III
Le pian est comme le syphilis, il se communique toutes les fois
qu'on s'expose aux causes qui le produisent.
I V.
Le pian se gagne par contact, attouchement, ou commerce avec
des personnes qui en sont infectées.
V.
Le pian et les maladies quilaccompagment ou qui en sont la suite,
cèdent ordinairement au mercure administré sous diverses formcs. --- Page 28 ---
07-135
(24)
APHORIS M ES DHIPPOCRATE
I.
Il Su vient des maladies de tout genre dans toutes les saisons 9
mais il en est qui sont plus fréquentes ou acquièrent de nouvelles
forces, plutôt daus un certain temps de P'année que dans d'autres..
I Sect. IlI, aph. 19.]
I.I."
Les maladiessont d'autant moins dangereuses, qu'elles sont analogues au pays, à l'âge, à la coutume et'à la saison. Elles sont au
contraire d'antant plus dangereuses, qu'elles s'éloignent de ces choses. [ Sect. III, aph. 7-]
III:
Les maladies sont comme les saisons. lorsque celles-ci sont régulières, les maladies le sont aussi, et se. jugent facilement. [Lib. de
Humor. et Sect. III, aph. 8.]
I V.
Cc sont les changements des saisons qui occasionnent principalement les maladiés > et dans les saisons les grands changements,
commedu froid et du chaud, et ainsi des autres. [Sect. .m,aph. 1."]
V.
Il est des tempéraments qui se trouvent, les uns bien et les autres mal, de P'hyver ou de l'été. [Sect, JII, aph. 2.]
V I.
Il en est de même des maladies dont les unes sont plus graves
dans certaines saisons, et les autres plus légeres; il en est de même
encore des âges par rapport aux saisons 9 au pays et au régime.
Sect, m,aph. 3.]
V I I.
Les constitations sèches sont plus salubres et moins mortelles que
Ics pluvieuses. [Sect. II, aph. 15.] --- Page 29 --- --- Page 30 --- --- Page 31 ---
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Cs49a
1-SI2E --- Page 32 ---