--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 ---
AN N ONCE
Des preuves & ezplications que le citoyen DESPARBÈS
Je propefe de fournir contre fes accufateurs , Jur les
faits, les préventions & les interprétations.
tout accufé doit l'étre, de l'imJE fuis pénétré 2 comme
pofante & cruelle fituation d'avoir à répondre à des juges
au criminel; c'eft, à foixante-douze ans paffes, doncqua
rante-huit à la tête des troupes 2 dans les camps ou dansle
commandement des provinces, une épreuve à laquelle je
fuis préparé, par une fuipenfion illégale ; je la mets fous
de la
voulu &
Vos yeux, citoyens, 2 organes
loi, que j'ai
dà fuivre dans fes finuofités, dans le fait, dans Pintitulé
de mes écrits; dans mes expreffions & mes ordres, j'oppofe
mes pouvoirs & mes inftrudtions à mes accufateurs.
Je fuis aufli préparé à cette épreuve du plus grand courage moral, par une prifon de quatre mois ; car, par un
rafinement de faufferé, vous verrez que je n'étois pas en
état d'arreftation, & que j'avois un mois pour me rendre
à la fuite de la convention nationale.
Le capitaine de Pavifo le Papillon avoit été dépêché o
pour me dénoncer à Breft, fans prendre mes ordres ;
A --- Page 4 ---
cépendant c'étoit à moi qu'il fut adreffe, avec recommandation de le renyoyer leplutôr poffible,je n'aip pu remettre,
au miniftre dela marie, les dépêches dont il eût été porteur, que depuis que je fuis en prifon; j'ai eu de la peine
à retrouver les brouillons de mes lettres; les commiflaires
de Saint-Domingue ayant, par l'appât d'une place, &
par linfinuation du danger qu'il y avoit à me fuivre. 7
détourné les gens atrachésà mon fervice, je m'embarquai
SEUL, ABANDONNÉ : mon valet-de-chambre en eut des
remords; il fut fuivi par mon maitre-d'hôtel & autres ;
mais mon fecrétaire eft retté avec mes regiftres de correfpondance & ceux de mes affaires particulières ; je l'appelle
à la porte du temple de la juftice, dépofitaire de mes principes & de mes fecrets pendant trente-deux ans ; jy appelle les commiffaires eux-mêmes ; j'y appelle mes 'aidesde-camps. Coroller, Pun d'eux, qui vient de partir pout
la Martinique, a rendu compte au comité colonial de ce
qu'il avoit vu & entendu ; il ne m'avoit quitté ni la nuit
nilejour, le 18 & le 19, le 20 & le 21 o8tobre: ; c'eft lui
que j'avois chargé de dire, de ma part, affirmativement,
aux commiffaires 2 que je ne voulois ni ne prétendois
donner ma démiflion, ce qu'il exécuta.
Mais, citoyens juges, je n'ai pas befoin d'être foutenu
par des témoignages 2 puifque j'ai une colleation fuffifante
de pièces pour prouver mon zele, mon affiduité au travail, mon éloignement d'époufer un parti, 7 ma patience
de les écouter tous, ma convidtion, qu'il n'étoit pas pof
fible de remédier aux maux affreux qu'avoit éprouvé la
colonie de Saine-Domingue 2 fans avoir préalablement
es, je n'ai pas befoin d'être foutenu
par des témoignages 2 puifque j'ai une colleation fuffifante
de pièces pour prouver mon zele, mon affiduité au travail, mon éloignement d'époufer un parti, 7 ma patience
de les écouter tous, ma convidtion, qu'il n'étoit pas pof
fible de remédier aux maux affreux qu'avoit éprouvé la
colonie de Saine-Domingue 2 fans avoir préalablement --- Page 5 ---
formé une liaifon entre toutes les autoritées conftituées.
Confidérant, avec le plus vifintérêt, avec loyauté 2
& non avec une une confiance, qui n'auroit été qu'apparente, que la défunion entre les commiflaires & moi enhardiroit les intriguans, en proportion qu'ils croiroient
être bien reçus par l'un ou l'autre bords, je me fuis
étudié à garder l'équilibre : comme-je m'apperçus, qu'4
mon détriment, les commiflaires, plus adtifs, employoient
leurs forccs réunies pour circomvaller 9 j'étois feul; je n'étois fort que par mes bonnes intentions, dont je : ne pouvois que parler ; car les moyens de les effeétuer étoient
quelquefois difcutés, fans jamais avoirété remis en ma dif
pofition.
Je demandai aux commiffaires s'ils regardoient la ville
du Cap & fon territoire en état de guerre ; j'avois eu cette
idée, d'après les décrets ; je vis, fans autre explication,
leur proclamation ; elle rejettoit fur moi le mécontentement des propriéraires; je répondis aux commiffaires la
lettre cotée B, & fis afficher celle qne j'écrivis à l'ordonnateur, après en avoir donné connoiffance àla municipalité.
Dans cette fituation 2 qui bleffoit mon amour-propre 7
je donnai l'ordre d'artaquer le Morne-Pelé; je m'y tranfportai avec une efcorte de fix dragons ; jly rencontrai le
citoyen Rochambeau, gouverneur de la Martinique 2 à
la tète d'un gros dérachement ; je ne me ferois pas douté
qu'il.edt des raifons de reconnoitre le terrein. S'il m'en
avoit prévenu, j'aurois trouvé très-bon qu'il eût fait cette
courfe militaire avec moi; l'on a à gagner, dans la comA 2
-Pelé; je m'y tranfportai avec une efcorte de fix dragons ; jly rencontrai le
citoyen Rochambeau, gouverneur de la Martinique 2 à
la tète d'un gros dérachement ; je ne me ferois pas douté
qu'il.edt des raifons de reconnoitre le terrein. S'il m'en
avoit prévenu, j'aurois trouvé très-bon qu'il eût fait cette
courfe militaire avec moi; l'on a à gagner, dans la comA 2 --- Page 6 ---
pagnie, d'un officier général, qui témoigne autant dezèle;
car n'ayant pas été reçu à la Martinique, ila été à SaintDominguo, ci il 2 appris queje l'avois été avec acclamation, & quej'étois entré feui au Cap, où la loi du 4
avril étoit reconnue, & oùt les commiflaires & le gouverneur étoient attendus avec empreffement, , par conféquent
ville gagnée.
IL N'ETOIT PLUS QUESTION QUE DE DISSOUDRE
L'ASSEMBLÉE COLONIALE, DE CONVOQUER LES ASSEMBLÉES PRIMAIRES, ET CES PRÉALABLES REMPLIS, DE
MARCHER CONTRE LES RÉVOLTÉS.
Celui qui a les intentions bonnes & le fens droit, n'eft
pas méfiant; il eft quelquefois défiant, foit de fa capacité,
foit de la trop grande capacité des autres, de leurs manoeuvres & de leur refforts; : effectivement je.m'étonnois
que cette affemblée coloniale ne fût pas diffoute ; que certains membres fuffent admis dans les conciliabules, qu'ils
fuflent réunis par des banquets; ces procédés publics donnèrent lieu à quelques affemblées du parti contraire; je
protefte que je n'en fus pas informé, mais je le fus des
pétitions des planteurs 7 préfentées aux commiffaires civils : ceux-ci en prirent de l'ombrage; elles étoient le tableau de la calamité publique, &c.
Le.. -
- du foir, je reçus une iettre de la municipalité;je fus requis 2 par les commiflaires, de pourvoir à la
fireté de leur perfonne & à celle de la ville ; j'écrivis au
commandant de la place & à tous les commandans, 2 la
lettre que je joins ici..
Ils me louèrent, comme ils
m'avoient loué dans d'autres occafions.
Il faut enfin que des ordres pofitifs foient exécutés; l'af-
-
- du foir, je reçus une iettre de la municipalité;je fus requis 2 par les commiflaires, de pourvoir à la
fireté de leur perfonne & à celle de la ville ; j'écrivis au
commandant de la place & à tous les commandans, 2 la
lettre que je joins ici..
Ils me louèrent, comme ils
m'avoient loué dans d'autres occafions.
Il faut enfin que des ordres pofitifs foient exécutés; l'af- --- Page 7 ---
$
femblée coloniale eft dilloute; la proclamation étoit affifuile inftruit 3 excufe de la part des
chée avant que j'en
fut rejetté fur la
commiffaires : cC tort, un peu grave 2
diftraStion d'un des fecrétaires ; ils en avoient neuf:
cette omiffion avoit eu lieu d'autres fois, l'on m'écrivit
cette marche illégale avoit été tenue pour accélérer la
que befogne : le. calus étoit formé; les citoyensjuges en feront
convaincus par ma rénon'e du 13 juin, , à une femonce
hypocrite qu'ils titrent de notes confidentielles; & par ma
lettre du 19 octobre, 7 je me découvre aux yeux de mes
juges, avant de lever la toile, 2 &c de préfenter au public
la trame formée contre mes vieux jours &c mon honneur ;
il feroit compromise.fajfavois accepté le gouvernement
de Saint- Domingue, & queje n'euffe pas été capable
d'en remplir les fonétions délicates ; elles m'étoient annoncées par mes inftrudions.
L'on m'avoit annoncé aufli qu'ily avoit en France une
cabale contre moi ; que j'avois affaire à Polverel & à Santonax; j'efpérois qu'ils rendroient hommage à mon age,
qu'ils fe tranquilferoient, parce que je répétois, tous les
jours, qu'il falloit être unis, fur les preuves que je leur
avoient
difcuffions enen donnois, lorfqu'ils
quelques
tr'eux, ou avec les officiers de l'état-major 7 même avec
le capitaine de vaiffeau, qu'ils feroient convaincus que
je foutiendrois T'opinion qu'ils avoient donnée de ma
loyauté 2'1 club de Rochefort.
L'on nelei pas fa deftinée; ils ont attaqué mon
ils
mes
une accufation,
parl
honneur;
abrégeroient
jours par
fi le ciel, par fa grace, ne m'accordoit pas ceux qui me
font néceflaires pour me juftifier.
A 3
même avec
le capitaine de vaiffeau, qu'ils feroient convaincus que
je foutiendrois T'opinion qu'ils avoient donnée de ma
loyauté 2'1 club de Rochefort.
L'on nelei pas fa deftinée; ils ont attaqué mon
ils
mes
une accufation,
parl
honneur;
abrégeroient
jours par
fi le ciel, par fa grace, ne m'accordoit pas ceux qui me
font néceflaires pour me juftifier.
A 3 --- Page 8 ---
Au refte, je me réfere aux réponfes improvifées que
j'ai faitesàla barre de la convention nationale, ilya arbien
long- temps : quatre mois, à mon âge, font une grande
partie de ma vie perdue pour le fervice de ma patrie.
Dans P'enfance d'une république, un vieux patriarche,
un Neftor qui ne feroient plus en état de réunir leurs
forces phyfiques à celles des républicains nerveux, 2 les
aideroient de leurs confeils & de leurs vues. Fabius eut
des fucces en temporifant : fi Pompée eût fuivi les fages
confeils de Caton, il n'eût pas cru qu'en frappant du
pied, la terre'enfanteroit des légions.
Si Philopémen, le plus religieux obfervateur des loix,
n'avoit pas, momentanement, commandélaloielle-méme,
il s'excufoit avec foumiffion : des applaudiffèmens fur fes
bonnes intentions & fes fuccès étoient une bien douce
récompenfe.
Si Philopémen avoit objecté que l'exécution inftante
de la loi étoit impoffible 2 il n'auroit eu aucun mérite
du retard; il fe feroit cru obligé de le prouver.
La nation, les repréfentans, les citoyens mes juges,
prétendent 2 n'en doutous pas, fe porter à la' hauteur
des citoyens romains, des Athéniens, enfin, des peuples
qui ont vécu libres, fous le régime républicain c'eft
dans cet état, que l'on peut appeller oligarchique, que
tous les citoyens font égaux devant la juftice plutôt que
devant les
il n'y en a pas
ne fente
A -
at
juges;
qui
qu'un
vieillard de foixanre-douzeans pourroit avoir befoin d'être
appuyé pour répondreà une férie de griefs.
Je me rappelle - avec reconnoiffance, que le citoyen
libres, fous le régime républicain c'eft
dans cet état, que l'on peut appeller oligarchique, que
tous les citoyens font égaux devant la juftice plutôt que
devant les
il n'y en a pas
ne fente
A -
at
juges;
qui
qu'un
vieillard de foixanre-douzeans pourroit avoir befoin d'être
appuyé pour répondreà une férie de griefs.
Je me rappelle - avec reconnoiffance, que le citoyen --- Page 9 ---
Fermont 2 préfident de la convention nationale 2 me fit
donner une elialo, far laquefle je me repolois lorfqu'il chuinf
me queftionnoit.
Je mc rappelle, avec fenfibilicé, que le citoyen repréfentant, Kerfaint, propofa de me mettre en état d'arreftation fous garde.
Les arrêts, je fuis, à mon age, en droit de le dire, à
Phonneur des François, ont plus rarement été forcés
que les prifons : c'eit cette conviction qui m'infpira de
les ordonner à Cambefort, pour m'affurer de le rendreàla
juftice. Cicéron blâma un Romain quiavoit obtenu d'Annibal, dont il étoit le prifonnier. 2 la permiffion d'aller
à Romc, fous la condition de revenir; d'avoir cherché
à éluder fon engagement; je me fuis traité plus rigoureufement que mesjuges n'y ont penfc; j'ai vécu feul; je me
fuis condamné au fecret depuis le décret d'accufation qui
ne m'a pas encoreété notifié.
Ma fanté a été dérangée; j'ai été maladc:j je l'ai attribué
à une longue & pénible traverfee de quatre mille lieues;
&: fur-tout à la dernière, j'ai fort défapprouvé que l'on
ait, à mon infu, follicité ma fortie.
Au lieu de fe faire porter al'hôpital, comme l'ordonna
Conti le jour de la bataille de Cony, que les François
gagnèrent, un capitaine de cavalerie au régiment du
Commiffaire- génèral, fe fit lier fur fon cheval, dont il
n'auroit pas pu foutenir le train, à caufe de fa foibleffe,
fon bras fut inutile, & non fon exemple.
A mon age, il auroit bien le courage de mourir dans
fa prifon; il prendroit la devife des François : Il Faut
ital, comme l'ordonna
Conti le jour de la bataille de Cony, que les François
gagnèrent, un capitaine de cavalerie au régiment du
Commiffaire- génèral, fe fit lier fur fon cheval, dont il
n'auroit pas pu foutenir le train, à caufe de fa foibleffe,
fon bras fut inutile, & non fon exemple.
A mon age, il auroit bien le courage de mourir dans
fa prifon; il prendroit la devife des François : Il Faut --- Page 10 ---
vaincre ou périr. La fin d'un homme vertueux eft celle
d'un beau jour.
sesdee
Les perfécutions inouies que j'ai éprouvées, m'ont
aigri, & ne m'ont pas altéré.
Je connoiffois ce vers :
Qui craint de fe venger, mérite qu'on L'ofenfe.
Je réponds:
JE CRAINS DIEU, CHER AHNER, ET w'AI PAS D'AUTRE CRAINTE.
Je préfume par le calme du maréchal de ***
qu'il n'a que cette crainte.
Nous deffendimes à Berghem, contre le prince Ferdinand, les approches de l'Alface. 2 comme le général Cuftine s'y emploiera. Nous jugerons des coups : dans le
monde phylique & moral, tout fe renouvelle; ;les éclipfes,
les modes.
L'oracle a prononcé; les temps font arrivés; les hommes
y participent en France, en raifon de leurs droits. S'ils
étoient feuls au monde, ils feroient coupables de vouloir réfifter aux décrets de la providence & à ceux de la
nation ; ils feroient coupables auffi, dans la pofition
préfente, de ne pas les foutenir. Je parle des François,
r@publicsiansaujourcdhul, qui ont prété le ferment civique,
& dont on peut l'exiger. Cette profeffion de foi n'eft
pas celle d'un faétieux, d'un contre-r révolutionnaire 2
ni d'un homme timide ou faux. J'ai prété tous les fermens, 2 j'avois juré, quand j'ai traverfé les mers, de
faire exécuter les décrets fanétionnés par le roi : T'obligation de ce devoireft clairement exprimée dans la
aujourcdhul, qui ont prété le ferment civique,
& dont on peut l'exiger. Cette profeffion de foi n'eft
pas celle d'un faétieux, d'un contre-r révolutionnaire 2
ni d'un homme timide ou faux. J'ai prété tous les fermens, 2 j'avois juré, quand j'ai traverfé les mers, de
faire exécuter les décrets fanétionnés par le roi : T'obligation de ce devoireft clairement exprimée dans la --- Page 11 ---
( 9
patente fcellée du fceau de la nation, je fuis, par cette
patenre 2 gouverneur civil & national.
J'étois le repréfentant du roi, le bras de la loi, l'oeil
du gouvernement : le miniftère agit pendant l'abfence
& la fulpenfion du roi, en for nom ; un décret du 22
juillet me fut adrefTe, portant un ferment que je prétai
& fis préter par les troupes à mes ordres. Ces décretra
été fanétionné par le roi, à fon retour de Varennes.
Qu'aurois-je dit de condamnable, fi j'avois rappellé à
une troupe de vingt-cinq hommes, que j'étois fon repréfentant ?
Qu'aurois-je dit de condamnable, G j'avois annoncé
qu'il n'y auroit pas de profcription; ; fi j'avois annoncé
qu'il n'y auroit pas d'embarquement forcé; que le club
feroit diffous ? J'aurois parlé d'après la parole des commiffaires; &, d'après la démarche de Santonax qui fe
rendit au club pour le. diffoudre, Polverel fe préfenta
à ceux qui m'avoient accompagné, 7 pour leur donner
les mémes affurances que j'avois obtenues. Etoit-ce un
leure P C'eft ce que je ne crois pas encore. Jugez de ma
bonhommie : quoique l'affemblée ait eu lieu le lendemain à cinq heures du matin ; que la générale ait été
battue, & l'arfenal pillé, quelle atrocité d'avoir été
trompés à cet excès ! J'avois été me coucher fur la foi
du traité 2 après avoir écrit aux commiffaires que tout
ctoit tranquille, & après avoir vu d'Affas.
Non, les commiffaires n'ont pas voulu, ou n'ont pas
eu le fang-froid de calculer le prix & l'objet de ma
eu lieu le lendemain à cinq heures du matin ; que la générale ait été
battue, & l'arfenal pillé, quelle atrocité d'avoir été
trompés à cet excès ! J'avois été me coucher fur la foi
du traité 2 après avoir écrit aux commiffaires que tout
ctoit tranquille, & après avoir vu d'Affas.
Non, les commiffaires n'ont pas voulu, ou n'ont pas
eu le fang-froid de calculer le prix & l'objet de ma --- Page 12 ---
IO
circonfpedtion. Il falloit me trouver des. torts pour
effectuer leur projet de s'appareiller avec gens qui n'auroient jamais que ceux d'être ambitieux &
s
ferviles,
Je ne puis fortir de ma penfée le farcafme méprifable,
29 que 'jai été me réfugier dans leur maifon : le gouver9) nement n'étoit-il pas un afyle ? n'y étois-je pas fous
2) - la protedtion de la loi & de mon titre > ?
D'ailleurs, quels coups aveis-je à craindre ? Jc commandois toutes les troupes; d'Hinifdal, commandant en
fecond, étoit refté en pofte fixe auprès des commiflaires.
Mais j'ai été chez eux fans efcorte; je fuis revenu au
Champ-de-Mars fans efcorte ; j'ai fait défiler le régiment
du Cap pour rentrer dans fon quartier.
Sans doute, la pièce de canon braquée à deux
toifes fur la maifon de Cambefort avoit tiré, j'aurois
péri. Je fus reconnu; Lachaife arrêta la main du canonnicr, à deux doigts de la lumière du canon:: Ne tirez
pas; C'EST IE GÉNÉRAL. Je defcendis de la galerie; je
caufiavec ceuxquiavoient trainéla pièce, &c qui devoient
la fervir pour foudroyer la maifon. Je rentrai chez moi,
afluré que Cambefort & fon régiment m'avoient obéi, &
qu'ils m'obéiroient.
:
L'on ne croira pas que j'aie confié ce que j'écris à une
une autre plume que la mienne : certains traits font marqués du cachet du vieux milicaire; les autres de celui de
ces Francs dont on purgeroit la république, fi, contre
la loi, ils affectoient quelque fupériorité. --- Page 13 ---
II
C'eft fermement que je crois qu'un véritable Frangois,
accufé, de quelque état qu'il foit, ne demanderoit pas
grace, s'il fe fentoit coupable. Je crois auffi qu'elle lui
icroit accordée en faveur de fes vertus & de fes fervices.
Dans ce cas, toute fa conduite doit être épiloguée &
pefée dans la balance. Les commiflaires civils ouvrent un
- sifte champ à mes ennemis : je les attends, fans les prodoquer : les uns font trompés, les autres trompeurs; les
font pardonnables; il eft
de
filence
-
dhis
généreux garder le
fur les autres.
De lImprimerie de L. POTIER DE LILLE, rue
Favart, no. 5. --- Page 14 ---
E791
E9ja
1-92E CICE Ca.
or
- 3
201 auDur
ol
999A
sonolil
- 36 Copoti
: noae --- Page 15 --- --- Page 16 ---