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Azol
430 wae --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(26 D.
citoyens, qui a bravé lesi fers! des tyrang
de Saint-Demingne et leuts satellites) pour
venir les dénoncer à la'métropole, 9 et à
l'Enrope entière lors même qu'ilétait entre
leurs mains, et malgré les intrignes de la
faction, toujours agissante :
: qui soutient
leurs émissaires:; jaurai paye une partie
de ma dette à la Répablique , c'est le
désir le plus cher à nion coeur qui, de
tout tems fut le censeur sévere des
rogatives injustes, etdel'arbitraire eathes
de lacien svtéme politique.
Salut et fraternité
DERAGGIS,
Paris ce 25 pluviose, l'an deuxième de la République trangaise une ct indivisible. --- Page 5 ---
*,
CONSCIENCE
ANDRÉ
ALA
NATIONALE,
CONVENTION
S U R
évènemens de Saint-Domingue.
Les derniers
Il cst un monstre affreux 1 né de la perfidie,
Cruel cn ses excès, ct calme en sa furie.
Ses traits défigurés sont cachés sous le fard 3
Son soufle est venimeux, sa langue esl un, poignard.
La trahison l'arma de ses noirs artifices 1
Tisiphone, endurci dans les vices.
Il fut, par
II respire le meurtre, il blesse en caressant;
Il défend le coupable 2 jl poursuit T'innocent.
De ses traits empestés l'atteinte cst incurable:
L'affreusc CALOMNIE est son nom redoutable.
Craignez d'être surpris par CC inonstre trompeur;
Fuyez de ses complots la cruelle noirceur.
Penchez vers l'accusé, > tachez dc lc défendre,
Er NE JUGEZ PERSONNE AVANT QUE DE L'ÉNTENDRE.
Eneyciopédiana. Art. calomnie.
PMARS EER
II. ANNÉE DE LA REPUBLIQUE, UNE ET INDIVISIDLE. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
I
ANDRE CONSCIENCE
A L A
CONVENTION NATIONALE,
SU R
Les derniers évènemens de Saint-Dominguei
ReRRsSENTA A NS D U PEUPLE,
TÉMOIN dos fatales journées des 20 et 21 juin, je n'aurois
jamais pu me résoudre à renouveler, par un souvenir déchirant, la doulcurg qu'a di causer à toutes les ames sensibles
le récit des scèncs d'horreur dont la malhéureuse ville du
Cap a été et le théâtre et la victime; si CCS hommes qui ont.
préparé, amené, entassé tant de forfaits, accablés SOUS le
poids de leurs crimes, ne cherchoient à les rejeter isur celui
qui a tout fait pour les prévenir et les arrêter.
A
ouveler, par un souvenir déchirant, la doulcurg qu'a di causer à toutes les ames sensibles
le récit des scèncs d'horreur dont la malhéureuse ville du
Cap a été et le théâtre et la victime; si CCS hommes qui ont.
préparé, amené, entassé tant de forfaits, accablés SOUS le
poids de leurs crimes, ne cherchoient à les rejeter isur celui
qui a tout fait pour les prévenir et les arrêter.
A --- Page 8 ---
(2)
Sans doutc il est inutile de répondre aux calomnies sans
nombre, comme sans fondement, que vomissent les envoyés
de Polverel et de Sonthonax, dont le caractère féroce, Pimmoralité dégoitante 2 lcs intentions perfides, la conduite criminelle, les projets humanicides ont révolté la convention
nationale, ont indigné la Franoc entière. Je devrois laisser
à Amar le soin de prouver leur complicité avec lcs Girondins; à Jambon-Saint-Andrd cclui d'esquisser leurs crimes;
à Bréard, à Billaud-Varennes, celui d'appeler sur leur tête
la vengeance' nationale; mais limposture s'annonce: avec trop
d'impudcur; pour me permettre de garder un plus long
silence. Son triomphe n'a déjà que trop duré; il est lems
qric la vérité prenne la place du mensonge; il est tems que
la verlu confonde le crine ; il est tems que le patriotisme
arrache à l'égoisme le mascquc dont il se couvre, et déchire 2
d'une main hardic, le voile dont il cherche à envelopper
son ignominic.
Mais, dois-je bien me flater que du fond de ma prison 2
ma foible voix parviendra jusqu'aux oreilles des pères de
la patrie, puissju'on a eu la coupable adresse d'étouffer les
cris de dix mille français, errans çà et'là dans' lcs EtatsUnis, ct dont chacun redemande àPolverel ct à Sonthonax,
Pun un père, l'autre un fils, celni-cison frère, cclui-là son
épouse? N'importe, j'aurai fait mon devoir; j'éprouverai du
moins la doucc jouissance d'avoir rcndu hommage à la vérité, et je pourrai me dire: Et moi aussi j'ai essayé de faire
tomber le bandeau qu'on s'efforce d'appuyer sur les yenx
des représentans du peuple, afin de leur cacher, sinon les
plaies cffroyables qui aflligent Saint-Domingue, du moins
la main coupable qui les a faites, et qui se plait encore à
y relourner en tous sens le fer acéré qu'elle y a cnfoncé,
la doucc jouissance d'avoir rcndu hommage à la vérité, et je pourrai me dire: Et moi aussi j'ai essayé de faire
tomber le bandeau qu'on s'efforce d'appuyer sur les yenx
des représentans du peuple, afin de leur cacher, sinon les
plaies cffroyables qui aflligent Saint-Domingue, du moins
la main coupable qui les a faites, et qui se plait encore à
y relourner en tous sens le fer acéré qu'elle y a cnfoncé, --- Page 9 ---
(3)
Parquelle fatalité, les victinnes des cruautés de Polverel et
deSonthonax, donlles crimes sont connus, dont la trahison
est avérée, dout la perfidié est manifeste, sont-elles présentécs à la France entière comme coupables des forfaits qni
les assassinent ? Par quelle fatalité, tandis que l'on tenoit
d'anemain les preuves incontestables de leuricomplicitéavec
la faction désorganisatrice qui devoit bouleverser la République', a-t-on, pour tainsi dire, sanctionné de l'autre leurs
actes liberticides ct sanguinaires? Par quelle fatalité, lorsque
la, foudre étoit lancée sur leur tête, a-t-on suspendu les
coups qui devoient les anéantir, et vengerThumanité? Par
quelle fatalité, lorsque la vérité se présentoit dans toute sa
simplicité, a-t-on couru avec avidité après. le mensonge,
gui n'a feint de se cacher que pour en imposcr plus sûrement?
LEGISEATIURS; je tire le voile sur les atrocités
qu'ont éclairé ces jours de sang et de feu; je ne ferai point
entendre dans celte enceinte les cris déchirans de ces victimes infortunées, sacrifiées à la haine et à la vengeance;
je ne vous peindrai pas les satellites de Polverel et deScnthonax, insultant aux cadavres de ceux qu'ils viennent d'iminoler, promenant en triomphe, dans les rues, 9 au bout de
leurs baionnettes, des enfans qu'ils arrachoient des bras de
leurs mères 2 qui ne les quittoient qu'avec la vie; il
suffira de vous dire que le Cap n'est plus, et que le serment de Pinchinat,. homme de couleur, est accompli, que
Pherbe croît sur ses ruines. Legislateurs, le sangde plusieurs
milliers de français a coulé, Sonthonax et Polverel en sont
les boureaux, et Polverel et Sonthonax vivent encore! Que
dis-je, ils vivent? ils triomphent, et le patriotisme et Vinnocenrelanguissent dans les fers!.. Les mânes d'une foule
de malheureux crient vengeance, Phamanité en pleurs invoque la justice, moi je yous apporte la verité.
A 2
be croît sur ses ruines. Legislateurs, le sangde plusieurs
milliers de français a coulé, Sonthonax et Polverel en sont
les boureaux, et Polverel et Sonthonax vivent encore! Que
dis-je, ils vivent? ils triomphent, et le patriotisme et Vinnocenrelanguissent dans les fers!.. Les mânes d'une foule
de malheureux crient vengeance, Phamanité en pleurs invoque la justice, moi je yous apporte la verité.
A 2 --- Page 10 ---
(4)
LEGISLATEURS, 2 ccux qui ont souillé le temple
auguste des lois et des vertus 3 par leurs calomnics atroces,
étoicnt ccrtains d'avoir fermé toutes les portes à la vérité.
Polverel ct Sonthonax, à Saint-Domingue, Genet dans les
Etats-Unis, leur avoient promis qu'aucune plainte, aucune
victime n'arriveroit jusqu'cn France, et ils n'avoient que
trop bien réussi ! mais le triomphe du crime n'est que
passager; leurs ruses sont déjouées, et malgré leurs recherches,
les preuves de leur trahison sont au comité de streté générale. Plusieurs milliers de témoins et d'acteurs viennent
d'aborder cette terre qu'on les avoit condamnés à ne plus
revoir, et l'innocence rassurée commence à soulevcr ses
chaines et espère les voir bientôt brisées.
LEOISLATEURS, vous avez frémi d'horreur au récit
des crimes dont on vous a entretenus ; ch bien ! tous CCS
crimes et d'autres > plus atroces encore 2 ont été commis 3
non par Galbaud, mais parPolverel et parSonthonax.. Les
gardes nationales, les volontaires nationaux, les troupes de
ligne, les équipages des vaisseaux de la République, ceux
des bâtimens du commerce. 5 en un mot, le Peuple ne sauroit être le boureau de Sil patric : il a été assassiné en voulant empécher la subversion d'une colonic précieuse à la
métropole, mais que SCS efforts h'ont pu conserver.
Quand, lassé de la tyrannie de Capet, le Peuple se Teva
en masse et écrasa le despote sous les débris de son trône:
certes, il usoit d'un de ses droits les plus sacrés. Quand
le Peuple de Saint - Domingue 2 jouct dcs volontés et des
passions de ces deux dictateurs, voulut secoucr le joug affreux de lear despotisme 2 a-t-il commis un crime ? Non,
les droits du souverain sont lcs mêmes par-tout. Cependant
ici le tyran a payé sa trahison de Si tête: à Saint-Domin-
le despote sous les débris de son trône:
certes, il usoit d'un de ses droits les plus sacrés. Quand
le Peuple de Saint - Domingue 2 jouct dcs volontés et des
passions de ces deux dictateurs, voulut secoucr le joug affreux de lear despotisme 2 a-t-il commis un crime ? Non,
les droits du souverain sont lcs mêmes par-tout. Cependant
ici le tyran a payé sa trahison de Si tête: à Saint-Domin- --- Page 11 ---
(5.)
le Peuple seul est puni des crimes de
gue, au contraire,
les malheurs de, vos frères
FRANÇAIS, 2
ses oppresseurs,
montrent ceux qui vous étoient
de Saint-I Domingue vous
avoient pu triompher de
réservés, si les satellites de Capet
donné le nom
vos efforts ! oni, c'est à vous qu'ils auroient
de leurs
et vous seuls auriez porté la peine
de rebelles,
forfaits!
LRGISLATIURIINE doutez pas 7 la faction Brissot,
deux horloges sympaavoit en France et à Saint-Domingue même-tems, à la même
tiques qui marquoient et sonnoient en
des incendies,
minute les heures du meurtre, du carnage et
la foides distances prodigieuses. Je régrette que
quoiqu'à
de tout papier m'enblesse de mes moyens et la privation
tableau
de vous mettre sous les yeux cet étrange
pêchent
de la terrible analogie qu'il y arentre
vous seriez effirayés
en
les désastres de Saint-Domingue et ceux, qu'on préparoit des
France, plus encore 2 peut-êtré, 2 par le rapprochement le
la similitude des moyens employés :
époques, que par
de semblables effets. Cependant
hasard ne produit point lutter contre une masse de foree
ici, la faction qui avoit à
les efforts du Peuple;
supérieure 2 est venue échouer contre contre les efforts de
le Peuple à échoué
à Saint-Domingue
ici les facticux ont exla faction qui étoit toute-puissante :
les
Péchafaud là les patriotes sont tombés souS
piré sur
,
les mêmes cn France
coups des factieux. Les causes sont
les résultats sculs sont différens.
et à Saint-Domingue,
LEGISLATEURS, lc récit qu'on vous a fait des
évènemens malheureux quise sônt passés à Saint-Domingue,
journées des 20, 21, 22, 23 et 24 juin
dans'les sanglantes
et P'auteur est digne de ses héras.
est digne de son auteur,
la
voili ce
Lc mensonge, la calomnic, la ruse, 1 perfidie 2
A 3
différens.
et à Saint-Domingue,
LEGISLATEURS, lc récit qu'on vous a fait des
évènemens malheureux quise sônt passés à Saint-Domingue,
journées des 20, 21, 22, 23 et 24 juin
dans'les sanglantes
et P'auteur est digne de ses héras.
est digne de son auteur,
la
voili ce
Lc mensonge, la calomnic, la ruse, 1 perfidie 2
A 3 --- Page 12 ---
(6)
qu'on y rencontre à chaque page, à chaque phrase 2 à
chaque ligne, à chaque mot ; s'ils s'y trouve quelques vérités, cllcs semblent avoir échappé 2 comme par hasard, à
Ja plume vénale de l'écrivain. Mais les rares aveux qu'il
fait, sans s'en douter, sont plus que suffisans pour prouver
la profonde sC élératesse de Polverel et
de Sonthonax, la mauvaise foi de ceux qui les défendent, ct la bassesse de ceux
qui fontl leurapologie. La vertu peut-elle encenserle crime?
Spectateur dc tous les évènemens, je vais vous Tes retracer, et vous verrez de quel côté est la justice 2 de quél
côté sont' les coupables.
Depuis trois années, Saint-Domingue étoit lc théâtre de
toutes les horreurs. Ses plaines dévastées 2 ses habitations
incendiées, SOS citoyens égorgés 2 par-tout dcs ruines, partout des morts et des mourans, par-tout la crainte., l'effroi,
le désespoir; tel est le spectacle qu'offroit cette colonie jadis
si florissànte.
Que les apologistes de Polverel et de Sonthonax disent ce
que sont devenus 14000 français envoyés parla mère-patrie,
pour faire rentrer les révoltés dans le devoir ; pourquoi Ics
rcstes de ces braves défenscurs 2 échappés au poison 2 ont
été presque un an sans toucher de sclde 3 pourquoi la loi
du 4 avril 1792, pour l'exécution de laquelle lcs commissaires civils étoicnt envoyés, n'éloit suivic dans aucune de
SCS partics ; pourquoi Polverel et Sonthonax ont formé les
citoyens de couleur en corps séparés ct distinets; pourquoi
ils ont dissout la sociélé popnlaire 7 dite des amis de la
convention nationale 2 séant au Cap; pourquoi ils SC sont
constamment opposés à la teme des assemblées primaires,
à la nomination d'nne assomblée coloniale, à Penvoi de
députés à la cenvention; pourquoi ils ont déporté les trou-
dans aucune de
SCS partics ; pourquoi Polverel et Sonthonax ont formé les
citoyens de couleur en corps séparés ct distinets; pourquoi
ils ont dissout la sociélé popnlaire 7 dite des amis de la
convention nationale 2 séant au Cap; pourquoi ils SC sont
constamment opposés à la teme des assemblées primaires,
à la nomination d'nne assomblée coloniale, à Penvoi de
députés à la cenvention; pourquoi ils ont déporté les trou- --- Page 13 ---
(7)
ils ont confié à des
pes acclimatécs ct patriotes 5 pourquoi
clef de la
la garde du Mole-Nicolas. ,
soldats irlandois >
ils ont canonré la ville du Port-au-Princes
colonic; pourquoi
flotloient les couleurs naticsur tous les forts de laquelle
de cette ville
nales ; pourquoi grand nombre de citoyens
ils ont arraché,6 à 700 pères
ont été assassinés ; pourquoi
Jcs entasde famille à leurs affaires, à leurs foyers, pour
bastilles flottantes cC qu'ils ont fait des énorser dans des
; de ceux à qui ils Fenmes contributions qu'ils ont exigé
doient la permission de rester dans leurs maisons; pourquoi
ils oiit maintenu un couvent de religieuses qui jouissoient homconsidérable ; pourqnoi ils rerevoient des
d'un revenu
ils
décorés de croix de toutc espèce ; pourquoi
mes encore
le tems
conservé tout ce qui rappeloit
ont scrupuleusement
de
de
les noms
Port-au-Prince,
du despotisme ; pourquoi
Bourbon', DauFort-Dauphin ; pourgitoi les rues Royale,
ils ont créé
phine; pourquoi ils ont laissé subsister, pourquoi
tribunaux d'amirauté 5 des conseils supérieurs ;
mnême des
de
ils ont nommé Rochambean au gouvernement
ponrquoi
pourquoi Jes magasins de la République
Saint-Domingue :
les camps étvient sans
éloient absclument vides ; pourquoi
étoient dénués
; pourquoi lcs hôpitaux
approvisionnemens
nécessité 5 pourquci les troudes choses dc la plus urgente
de tout ; pourquoi les corsaires frunçais
pes manquoient
les contre-révolationnaires
avoient é16 désarmés 3 pourquoi arbitrairement destitués 3
occupoient les places des patrioles
venant
tous les paqueis, Iettres ct papiers publics
pourquoi
??? Qu'ils osent me démende France étoient interceptés
la situation
tir Qu'ils oscnt dire que teile n'étoit pas
Jc répondrai: les preuves de tous
de Saint-Doningue. les lise
ces faits sont au comité de sûreté ganérale, qu'on
et les imposteurs sont confondus. A
--- Page 14 ---
(8)
6 Mai 1793. (1)
LAGISIATEURS, tel étoit P'état des
le 6 mai, la frégate Ja
choses, lorsque
Concorde, chargée de
Saint - Domingue le
conduire à
gouvernour et les nouveaux officiers
dadministration, parut à la vue de terre. Comme
geoit sa roule vers le
élle
ellc dirivoir
Cap,
ne tarda pas à
un bâtiment cqui sembloit croiser à l'entrée appercesa proximité dcs forts ne
de la rade;
fàr
permettoit pas de douter
ne
français. En vain on s'obstina à lui faire des
qu'il
reconnoissance, il ne répondit à
signaux de
du soir il
aucun. Vers les 3 heures
sapprocha, mais pas assez
voir distinguer de quclle nation il cependant pour pounucit sa
étoit.
un bâtiment cqui sembloit croiser à l'entrée appercesa proximité dcs forts ne
de la rade;
fàr
permettoit pas de douter
ne
français. En vain on s'obstina à lui faire des
qu'il
reconnoissance, il ne répondit à
signaux de
du soir il
aucun. Vers les 3 heures
sapprocha, mais pas assez
voir distinguer de quclle nation il cependant pour pounucit sa
étoit. Comme il contichassc, ct que la ronte qu'étoit obligée de tenir
Concorde la rapprochoit
la
tems à être
cncore de lui, on ne fut pas longconvaincu qu'il étoit Anglois, et d'une
supdrieure. Lcs ordres du conscil
force
Wandongen dc
exécutif défendoient à
risquer un combat;
voit lc faire sans
d'ailleuns, il ne pouCependant le
exposer le trésor qui lui avoit été confié. moment étoit arrivé de se
villon tricolor avoit élé
défendire ; le pachacun
assuré par un coup de
se disposoit à recevoir l'enne:ni
canon, 5 ct
d'une
goureuse 2 et à lui venidre bien cher
manière vipourroit Jui arracher. Mais la
le butin qu'on ne
che supérieure de la
nuit qui survint, et la marla
Concorde empéchèrent les
joindre. Ne pouvant entrer.
it arrivé de se
villon tricolor avoit élé
défendire ; le pachacun
assuré par un coup de
se disposoit à recevoir l'enne:ni
canon, 5 ct
d'une
goureuse 2 et à lui venidre bien cher
manière vipourroit Jui arracher. Mais la
le butin qu'on ne
che supérieure de la
nuit qui survint, et la marla
Concorde empéchèrent les
joindre. Ne pouvant entrer. dans la
anglais de
rade à causc de la
(r) Il est possible et même indubitable
fois sur les dates > parce que je n'ai
que j'errerai quelquemais cela ne détruit ricn de la
sous les ycux aucun papier,
erreurs de tems sc rectifieront vérité des faits. D'ailleurs, les
par Ia scule
déposées au comité de sircté
inspection des pièces
généralc, --- Page 15 ---
(9)
brise qui venoit de terre, Wandongen résolut d'attendre le
sous la batterie du fort Picolet. Le lendemain, après
jour être mouillé, on vit encore le bâtiment ennemi.
encore douter de la trahisort
LÉGISLATEURS, etde Sonthonax pouvez-vous : trois vaisseaux de 74, neufà dix
de Polverel
dans les
et un bàtifrégates ou corvettes pourrissoient
poris,
venoit
établir sa croisière à Penment anglois
impunément
trée de la rade du Cap, détruisoit le cabotage, interceptoit 1
les
: les corsaires de la Jales vivres destinés pour
camps
des bâtimaique sont venus jusque dans nos ports enlever.
Polverel et
mens chargés; et on n'a pas rougi de'préconiser
Sonthonax, et on a osé faire leur éloge jusque dans le sein
de la convention nationale!
7 Mai.
LE mai, la Concorde mouilla dans la rade du Cap.
d'un
et d'une nouvelle adninisBientôt Parrivéo
gouverneur
dans toute la ville. Les bords de la mer
tration se répand
d'un
les autorités populaires,
se couvrent
peuple immense;
le bruit da
les corps civils et militaires y sont déjà rendus;
le
les airs retentissent des
canon annonce
débarquement;
cris de vive la république! ! vive Galbaud! Lui, son frère,
les officiers d'administration se rendent, an milieu des acclamations, à la maison commune : là, il présente le brevet,
qui, AU NOM DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE,le comdes iles françaises de PAmérique
met gouverneur général
le
Sous-le-Vent; il, annonce, dans un discours où respire
plus pur patriotisme 2 qu'il est envoyé pour faire exécuter
les lois; que, conformément à ses instructions, il ne reconnoitra dans la Colonic que deux classes d'homnies, les libres,
soil leur couleur, et lcs csclaves 3 il jure de
quelle que
les liens
la colunie
maintenir, deloutson pouvoir,
quiunissent
iles françaises de PAmérique
met gouverneur général
le
Sous-le-Vent; il, annonce, dans un discours où respire
plus pur patriotisme 2 qu'il est envoyé pour faire exécuter
les lois; que, conformément à ses instructions, il ne reconnoitra dans la Colonic que deux classes d'homnies, les libres,
soil leur couleur, et lcs csclaves 3 il jure de
quelle que
les liens
la colunie
maintenir, deloutson pouvoir,
quiunissent --- Page 16 ---
(10)
à Ia métropole; et dc se sacrifier
l'intérét
de P'autre. Il réitéra
pour
de l'une et
CC discours, qui fut souvent
par les plus vifs applaudissemens, à la
interrompu
diaire, et y renouvella
commission interméson serment.
Ce discours est un des premiers griefs qu'on reproche 1
Galbaud, parce que; dit-on, rien n'y fait soupçonner qu'il
reconnoisse l'autorité des commissaires civils.
ce discours est déposé à votre comité de sûreté L.égislateurs,
imprimé par ordre de la commission intermédiaire. générale,
Qn'on le
commente, et Je blâme de l'accusation retombera
sateur. On vous a dit qu'il s'étoit fait
sur l'accurités
recevoir par les autoconstituées, ct qu'il n'en avoit pas le droit, tandis
son brevet le lni ordonne
qne
crime de bruits
impérativement 5 on lui fait un
cui n'ont couru que dans Vimagination de
Polverel etde
Sonthonax,elg qui,s'ils eussent vraiment
ne serviroient qu'à
existé,
prouver combicn on éloit las de la
rannic de ces deux hommes, qui n'étoient jamais d'accord typour faire le mal. Galbaud est-il
que
peuvent dire tels
responsable de ce que
ou tels individus ? Galbaud est-il responsablc, est-il coupable de CC qu'en a dit, de CC qu'on a fait
dans la Colonic avant son arrivée ? On semble encorc lai
reprocher les réclamations qu'on lui fit relativement anx
citbyens du Port-an-Prince, détenus à bord de différens bàtimens. On cherche à interpréter contre lui le refus constant
qu'il fit d'intervenir dans cette affaire,
< ne pouvant encore
parce que, dit-on,
compter sur un parti, il n'osa
9) sur lui une mesure qui eût annoncé ouvertement le prendre
>) de faire la guerre aux délégués de la
projet il
République; se
>y contenta de souffrir que l'on débarquit quelques prison3 niers, sous prétexte de maladie, et de leur laisser dans
> la ville une libre communication >. Peut-on mentir avec
autant d'impudence à Ia face d'un peuple entier? Législa-
, dit-on,
compter sur un parti, il n'osa
9) sur lui une mesure qui eût annoncé ouvertement le prendre
>) de faire la guerre aux délégués de la
projet il
République; se
>y contenta de souffrir que l'on débarquit quelques prison3 niers, sous prétexte de maladie, et de leur laisser dans
> la ville une libre communication >. Peut-on mentir avec
autant d'impudence à Ia face d'un peuple entier? Législa- --- Page 17 ---
(Ir)
dc Polverel et de Sonthonax,
teurs, lisez la correspondance
annonçent
clle est entre. vos mains, ct vous y verrez cqu'ils
chargé le contre-amnital
à Galbaud qu'ils ont spécialement des prisomniers. Cette
de la garde et de la police
Sercey, 2
calommie manifeste. On vous
accusation n'est donc qu'une
rougir, que c'est sous
dit, avec un front qui ne sait plus
descenprétexte de maladie que plusicurs de ces citoyens uns sont
dirent à terre, et on vous cache que quelques cache - que la
ct on vous
morts de CeS maladies ptétextées; dans-les bras de ceux qui la
citoyenue Chavanne a expiré
du bord du Saint-Honoré à Phôpital.
transportoient
8 Mai.
-
qui étoient alors à
GALDAUD écrivit aux commissaires 2
c'est donc
lcs instruire de son avrivée;
Jaquemel, pour
faire enténdre qie Galbaud resta
méchamment que Fon veut
avec les
jusqu'an 20 mai sans entamer de correspondanice
les réponses mêmc de ceux-ci piouveront
commissaires civils;
la calomnie.
9 Mai.
lcs instances d'Etienne Laveaux, commanPRESSE par
que Pabsence des
dant de la partie du Nord, persuadé
aux mnesures
commissaires ne pouvoit être uI empéchement
de
mais trop long -toms négligées 2 qu'obligeoit
promptes,
de la Colonie, obligé d'ailleurs
prendre la sitnation critique
lui avoit donné
de suivre en tout point les instrctions que
de ne
exécatif
ct qui lui ordonnoient
le conscil
provisoirc,
de
aucun instant pour travailler au rétablissement
perdre
lcs corps constitués à recevoir, à la
l'ordre, Galbaudinvita
exigé par la loi. Fn consétête de Parnée, le serment
intermédinire se
la municipalité, la commission.i
quence,
ailleurs
prendre la sitnation critique
lui avoit donné
de suivre en tout point les instrctions que
de ne
exécatif
ct qui lui ordonnoient
le conscil
provisoirc,
de
aucun instant pour travailler au rétablissement
perdre
lcs corps constitués à recevoir, à la
l'ordre, Galbaudinvita
exigé par la loi. Fn consétête de Parnée, le serment
intermédinire se
la municipalité, la commission.i
quence, --- Page 18 ---
(12)
rendirent, dans
Faprès-dinée, sur le
Elienne-Laveaux avoit réuni la
champ-le-mars, oh
nale de la ville.
garnison et la garde natioofficiers d'adhininistration Galbaud, son frèrc, Masse et les autres
furent
place qu'il devoit
recommus,. chacun pour la
tions.
occuper, et dès-lors ils entrèrent en foncIO et II Mai.
LEs deux jours suivans furent
noissance de la situation. de la employés à prendre congasins, de la force de
Colonic, de l'état des maVarmée, ct du régime des hépitaux.
12 Mai.
LE 12, Galbaud rendit
il développe les
une proclamation, dans laquelle
principes qui
annonce à ses cencitoyens
dirigeront sa conduite; il
Répablique, il ne souffrira que, chargé des intérêts de la
qu'envoyé
pas que
pour l'exécution des personneyporte atteinte;
tâche, ct que jamais il ne
lois, il saura remplir sa
ligne de démarcation
permettra que l'on franchisse la
libre ct l'esclave.
qu'elles élablissent entre Thomme
VOS yeux; Ics amis Législateurs, de Polverel cetie proclamation est sous
scicnce à tout
et de Sonthonax,
interpréter à leur
malgréleur
blâmer dans cette
avantage, ne pouvant rien
parle pas des commissaires. proclamation, se récrient sur ce qu'il n'y
sinon que l'orgueil de
Que signilie ce reproche ?
et
Polverel de
rien,
blessé, parce qu'on n'a pas fait leur Sonthonax s'est trouvé
pas, à chaque phrase,] prononcé
éloge, parce qu'on n'a
Galbaud reconnoissoit l'autorité leurnom. Ce qui prouve que
dès le 8 mai il leur
des commissaires, c'est
copie de
a écrit, c'est qu'il lcur a
que
son brevet et de ses
fait passer la
constamment refusé dc traiter instmetions, c'est qu'il a
avec lc parlementaire de la
, parce qu'on n'a pas fait leur Sonthonax s'est trouvé
pas, à chaque phrase,] prononcé
éloge, parce qu'on n'a
Galbaud reconnoissoit l'autorité leurnom. Ce qui prouve que
dès le 8 mai il leur
des commissaires, c'est
copie de
a écrit, c'est qu'il lcur a
que
son brevet et de ses
fait passer la
constamment refusé dc traiter instmetions, c'est qu'il a
avec lc parlementaire de la --- Page 19 ---
(13)
Jamaique, envoyé pour Péchange des prisonniers, c'cst,
n'a rien fait sans les consulter; leurs
en un mot, qu'il
apologistes en conviennent cux-mêmes.
13, 14, 15 et 16 Mai.
GALBAUD employa les quatre jours suivans à conférer
la municipalité et les
avec la commission intermédiaire,
chefs militaires 2 sur, les mesures à prendre pour faire cesser
promptement la révolte des nègres, et mettre les frontières,
du côté de la partie cspagnole, en état de défense, pour
approvisionner les magasins et les camps, et établir de
l'ordre dans la distribution des rations accordées aux habitans incendiés.
17 Mai.
-
FRAPPÉ de la justice des plaintes de Varmée, qui, réduite à l'état le plus misérable, puisqu'elle étuit sans bas,
mal
a
dans des endroils
sans souliers, sans habits, 2 campée
sains, exposée presque nue aux ardcurs d'un soleil brtlant,
n'avoit pas tcuché de paie depuis plusieurs mois, Galbaud
dans laquelle il. annonce
rendit une seconde proclamation,
frères d'armes
va s'occuper de pourvoir à leurs
à ses
qu'il
besoins. Sentant bien qu'une vaine promesse, loin de faire
cesser les murmures, ne serviroit qu'à faire éclater le mécontentement, il voulut qu'on payât à ces braves soldats,
sinon tout ce qui leur étoit dû, an moins une partie; mais
le trésor étoit vide, et il n'y avoit d'autre argent que cclui
qu'avoit apporté la Concorde, dont le conseil exécutif avoit
fixé la destination. Cependant Galbaud, d'accord avec l'ordonnateur civil et les chefs militaires, arrêta qu'on prendroit, sur les 1,100,000 livres apportées de France, une
somme de 400,000 1. pour payer Parriéré dû aux troupes ;
une partie; mais
le trésor étoit vide, et il n'y avoit d'autre argent que cclui
qu'avoit apporté la Concorde, dont le conseil exécutif avoit
fixé la destination. Cependant Galbaud, d'accord avec l'ordonnateur civil et les chefs militaires, arrêta qu'on prendroit, sur les 1,100,000 livres apportées de France, une
somme de 400,000 1. pour payer Parriéré dû aux troupes ; --- Page 20 ---
(14)
mais comme cettc somme ne pouvoit suffire
moindre partie, il décida
que pour la
qu'on nc solderoit aux officiers
que le mois courant; et voulant empécher de
nouveaux
murmures, ct cngager l'arméc à attendre paticmment
des circonstances moins difficiles
que
permissent à la patrie
d'acquitter les cngagemens qu'elle avoit contractés avec
il représenta aux soldats combien étuit
cux;
sacrifice
grand ce nouveau
que venoit de faire la métropole en faveur de sCS
enfans d'outre-mer; cc moyen réussit, et le.calme prit dans
tous lcs corps la place de la fermentation qu'y excitoit le
nécontentement occasionné par les besoins les plus pressans.
Eh bien! Législateurs, cette mesure dont on n'a cu
se louer, Polverel et Sonthonax se sont plàs,
qu'à
de leurs envoyés, à
par Porgune
P'empoisonner du ficl de la calomnie.
N'esant vons présenter la proclamation dans son entier,
parce que vous n'ariez pas mangue d'cn saisir lc vrai
On vous en a cité quclques passages isolés, qu'on s'est efforcé sens,
d'alambiquer pour lui donner une signification favorable au
projet de calomnie 2 scule ressource des
traitres, qui ne
manquent pas d'accuscr ceux qui s'opposent à leurs
desseins, des crimes qu'ils ont commis, dcs forfaits perfides
ditent. On prôte à ceite
qu'ils méproclamation les résultats lcs plus
terribles; on dit qu'elle porta le plus
grand coup au crédit
national; cependant. avant l'arrivée de Galbaud, lcs lettresde-change, par Vagiotage même des préposés aux finances,
perdoient autant que lé lendemain de la
clle
ne
proclamation;
pouvoit donc en être la canse. 2 puisqu'il est vrai
lellet qu'on lui supposc existoit antérienrement.
que
LEGISLATEURS, votre comité de surcté
généralea cn sa
posscssion cctte proclamation ; cllc scale suffit pcur
aux accusations mal fondées dcs ambassadeurs
répondire
de Polverel
et de Sonthonax,
posés aux finances,
perdoient autant que lé lendemain de la
clle
ne
proclamation;
pouvoit donc en être la canse. 2 puisqu'il est vrai
lellet qu'on lui supposc existoit antérienrement.
que
LEGISLATEURS, votre comité de surcté
généralea cn sa
posscssion cctte proclamation ; cllc scale suffit pcur
aux accusations mal fondées dcs ambassadeurs
répondire
de Polverel
et de Sonthonax, --- Page 21 ---
(15)
18 Mai.
SUR les demandes réitérées des capitaines du commerce,
du convoi, Galbaud avoit assemblé
relativement aul départ
d'administration, composé des chefs de la maan conseil
marchands, de Pordonnateur
rinc de PEtat, des' capitaines
le
contrôleur de la marine; on y arrèta que, vû
civil et du
le départ du convoi, qui condéfant d'app-ocionnemens,
lui étoient néccssaires
sommait dans la rade les vivres qui
étoit de la
pour sa route, et qu'il ne pourroit remplacer,
néccssité; qu'on invitcroit lcs commisplus indispensable accélérer leur retour ou à donner une résaires civils à
prompte ct positive; que si, après quinze jours, ils
ponse n'avoient
fait connoitre leurs intentions 2 on prendroit
pas
enfin 011 leur proposa 2
leur silence pour un consentement; ;
s'ils craignuient que les forces destinées à son escorte
que
de diviser le convoi en deux parties 7
fussent trop foibles,
dont l'tne se rendroit en France, et l'autre dans les EtatsUnis, oi elle trouveroit facilement à s'approvisionuer, sans
être à charge à la colunie, dont les magasins étoient absolument vides. Ces mesures 2 dictées par la prudence, et nécessitées par les circonstances 2 loin d'avoir mériél'approbation
sont aujourthui reprochées à Galbaud
des commissaires,
c'cn étuit un en effct dans le sens des
comme un crime;
commissaires; ce convoi n'étoil pas destiné pour la France,
et Galbaud vouloit Vy envoyer.
LNGISLATEURS,
les lettres de Galbaud, le procès-verbal de ce conseil ortt
échappé aux flammes à Suint-Domingue, anx recherches
de Genet dans les Etats-Unis: le comité de sûreté générale
verité,et que le mensonge,
en cst déposituiresqu'on ylisela
effrayé de sa turpitude, se découvrelui-môme par sa honte.
il pas destiné pour la France,
et Galbaud vouloit Vy envoyer.
LNGISLATEURS,
les lettres de Galbaud, le procès-verbal de ce conseil ortt
échappé aux flammes à Suint-Domingue, anx recherches
de Genet dans les Etats-Unis: le comité de sûreté générale
verité,et que le mensonge,
en cst déposituiresqu'on ylisela
effrayé de sa turpitude, se découvrelui-môme par sa honte. --- Page 22 ---
(16)
19 Mui,
GALBAUD donna à son frère,
d'aller visiter les postes da côlé de adjudant-général, l'ordre
rendre un compte détaillé de leur l'espagnole, et de lui
et de la force de leur
position, de leur état,
garnison.
20 Mai.
Gazsaroyeffayédur tableau que Masse,
luiprésenta dcs besoins
ordonnateur civil,
journaliers de la colonieyde la
sesressources, et du peu de succès de ses
nullité de
sursademande, uneassembléequise
démarches, convoqua,
commission intermédiaire
(intdans le sein même dela
, qui fut présidée
laires, et à laquelle furent invités les parles corps popution, lcs négocians, les
oflicicrs d'administrade la marine de
capitaines du commerce, lcs chels
mesures
l'Etat, en un mot, tous les
Les
que prit cette premiere
citoyens.
prèslescrvice journalier, mais-les awemblde.asurtrent a-peuété forcé d'avoir
moyens auxquels on avoit
alors Masse revint recours, à la ne tardèrent pas à être épuisés:
charge, il déclara
impossible de suflire aux besoins
qu'il lui étoit
jour; il
indispensables de chaque
exposa, , qu'obligé d'aller au
la
étoit arrivé que des vivres destinés
jour journée, 7 il
ville, avoient été enlévés
aux postes eloignés de la
été de
par les brigands; qu'il lui avoit
touteimpossibilité de les remplacer;
gebraves soldats étoient, depuis
qu'ainsi, quantité
enfin il présenta l'état de ce qu'il plusicurs lui falloit jours, sans vivres ;
il surpassoit de moitié ce qu'il y aroit dans pourlelendemain; les
Galband nc vit d'autre parti,pour faire face à
magasins.
absolu, que celui de recourir aux mêmcs
ce dénuement
déja réussi,
voies qui lui avoient
Iln'yavoit pas un instant à pertre, il falloit,
dans
toient, depuis
qu'ainsi, quantité
enfin il présenta l'état de ce qu'il plusicurs lui falloit jours, sans vivres ;
il surpassoit de moitié ce qu'il y aroit dans pourlelendemain; les
Galband nc vit d'autre parti,pour faire face à
magasins.
absolu, que celui de recourir aux mêmcs
ce dénuement
déja réussi,
voies qui lui avoient
Iln'yavoit pas un instant à pertre, il falloit,
dans --- Page 23 ---
(17)
des
ou le lendemain Ies
dans le jour, trouver
provisions,
intérieurs, lcs hopitaux
postes éloigués, les camps 2 les postes
Galbaud convoqua donc une nouvelle ascn manquoient.
la
y invita en outre
sembléc, composée comime première;on
Masse, dans cette assemblée,
lescapitaines anglo-américains.
fournir anx besoins
Pembarras de Padministration pour
exposa
dont il donna le détail; il iit conpressans ct cn tout genre
l'état des
noitre la consommation journalière et
magasins.
de la détresse générale, ouvrirent leur avis;
Tons frappés
ccluide proposer aux capitaines anglo-américains un échange
de vivres contre des denrées coloniales 7 fut unanimement
adopté; les capitaines américains Pacceptèrent également,
autres fixèrent de suite, leprix des denet les uns et les
n'avoit
licu de
rées avec un désintéressenent auquel on
pas
s'attendre. Dès-lors leshôpitaux et les camps furent approles magasins commencèrent à se remplir, et
visionnés,
savoir
Padministration ne fut plus aux expédiens pour
comment elle fourniroit ce qu'elle n'avoit pas. Legislateurs,
les choses : est-ce ainsi qu'on vous
voilà l'état oit Q1 étoient
On accuse Galbaud d'avoir, dans ces assemblées
Pa présenté?
dénuement
ponutiutionngfien,eunel P'alarme surleprétendu
tandis que c'cst
absolu de toute espèce d'approcbionsement;t
Pordonnateur civil qui a exposé ce dénuement,4 qui n'éioit que
réel, ainsi que le prouvent les états que Padministratrop
au
et qui sont détion remettoit chaque jour
gouverneur,
comité de sûreté générale. Je ne vois pas trop
posés au
les
comment on ose donner à des assemblécs présidées par
constitués, le nom dinconatitutionnelles, parce que,
corps Galbaud avoit appelé une chambre de commerce.
dit-on,
y
soit
Cette assertion est de toute fausseté; en supposant qu'elle
elle retomberoit sur Polverel et sur Sonthonax eux-n:evraie,
chambre de commerce existoit, ou elle
mes 5 car, ou cette
B
reté générale. Je ne vois pas trop
posés au
les
comment on ose donner à des assemblécs présidées par
constitués, le nom dinconatitutionnelles, parce que,
corps Galbaud avoit appelé une chambre de commerce.
dit-on,
y
soit
Cette assertion est de toute fausseté; en supposant qu'elle
elle retomberoit sur Polverel et sur Sonthonax eux-n:evraie,
chambre de commerce existoit, ou elle
mes 5 car, ou cette
B --- Page 24 ---
(18)
n'existoit pas : si cllc existoit, dest Polverel
qui sont coupables de l'avcir laissé
et Sonthionax
la loi
abolit
sulsister, ZLll mépris de
qui
toute corporation ; si elle n'existoit
Galband n'a Pu Pappeler dans les assemblées
pas,
licu. Mais, dit-on, il n'a
qui ont eu
la tenue deces
pas prévenu les comulissaires de
assemblées:les commissaires
à 80 lienes du Cap; il n'y avoit
étoieutàJaquemel,
pas de vivres pour le lendemain,il falloit donc laisser Parmée entière
Cn attendant que Polverel
périr de faim,
ct Sonthonax aient dit
falloit prendre tellcs ou telles mesures
qu'il
vivres ? D'ailleurs les insiructions
pour se procurer des
et le brevct de Galband
lui cionnoient le droit dassembler lcs
citoyens toutes les fois
qu'il lejugeroit convenable à P'intérêt pablic. Polvercl ct
Sorihonax nc peuvent P'ignorer, puisqu'ils avonent
en ont reçu les copics. Il cst donc évident
qu'ils
des
que Porgucil seul
romissaires,si ce n'est quelque motif plus criminel
encore, leur fait blâmier des mesures que toutes les autorités ont reconnu pour être les meilleures et les seules
pratiquables; il est donc évident que ceux qui
dans le sein même de la
répètent,
Convention, des inculpations de
l'absurdité descuelles ils sont convaincus, ne sont
lcs
échos du mensonge et les apôtres de la, calonmie. que
teurs, les procès-verbaux de CCS assemblécs ont élé Legislamés par ordre de la commission
imprimité de sûrelé
intermédiaire, votre COgénérale Cn est dépositaire, vous y puiserez
la verité.
21 Mai,
LE 21 mai, à deux heures
après-minuit, ( Onl viat annoncer
que les brigands doscendoient des mornes et marchoient
Phôpitul, dit dcs Pères, à un quart de lieue du Cap; sur les
mnalades elfiayés s'étoient déjà sauvés, Cn chenise, au fort
de la commission
imprimité de sûrelé
intermédiaire, votre COgénérale Cn est dépositaire, vous y puiserez
la verité.
21 Mai,
LE 21 mai, à deux heures
après-minuit, ( Onl viat annoncer
que les brigands doscendoient des mornes et marchoient
Phôpitul, dit dcs Pères, à un quart de lieue du Cap; sur les
mnalades elfiayés s'étoient déjà sauvés, Cn chenise, au fort --- Page 25 ---
(19)
n'avoient pu fuir, attendoient dans leur lit
Eelair; ceux qui
donna les ordres nécesle moment d'être égorgés. Galbaud
mais sans doute que les brigands
saires, et la garnison sortit;
furent avertis à tems 2 puisqu'on n'en put arrèter qu'an, qui
déclara qu'ils avoient eu dessein d'enlever les enfans de
éloient alors à Phabitation de Charier, actuelGalbaud, qui
faudra-l-il encore d'antres
lement à Paris. Législateurs 2 vous
de la trahison de Polverel et de Sonthonax"? Des bripreuves vienneatimpanément jusques dansla ville même 2 jeter
gands
tandis
les troupes, les citoyens
la terreur et l'effroi,
que
dispersés çà et là dans des postes inutiles autant que malsains, demandoient, à grands cris, à marcher contre les
révoltés et à les réduire.
22 Mai.
LE 22 on rendit compte à Galbaud que, dans la nuit,
deux citoyens de garde atl Port-Français avoient été assassinés par les brigands 2 à quelque pas de leur poste. Que
Polverel et Sonthonax paient des émissaires pour vous vanter
leurs grands travaux; moi, esclave de la vérité 7 je ne trouve
gans leur conduite que des crimcs 2 je ne vois dans leurs
actions que des crimes 2 je ne puis vous entretenir que de
leurs crimes.
23 Mai.
GALBAUD reçut un courier qui lui annonça que les
espagnols faisoient des mouvemens ; que s'ils se présentoient
en force, le poste de Ouanamynthe n'étoit pas en état de se
défendre. Le rapport de Vadjudantegénéral s'accordant avec
assembla un conseil de
chez
ces dépèches, Galbaud
guerre
Etienne Laveaux, qu'une maladie retenoit au lit. La il fut
arrêté qu'on tireroit 2 du Port-de-Paix, deux conipagnies
franches de citoyens de couleur qui se rendroient de suite à
B: 2
, le poste de Ouanamynthe n'étoit pas en état de se
défendre. Le rapport de Vadjudantegénéral s'accordant avec
assembla un conseil de
chez
ces dépèches, Galbaud
guerre
Etienne Laveaux, qu'une maladie retenoit au lit. La il fut
arrêté qu'on tireroit 2 du Port-de-Paix, deux conipagnies
franches de citoyens de couleur qui se rendroient de suite à
B: 2 --- Page 26 ---
( 20)
Quanamynthe, et que CCS deux compagnies seroient remplacées par une nouvelle levée. Celle mesure éloit d'autant
plas sage, que CCS deux conipagnies, dans unc discussion
qu'elles eurent avec le commandant de la place 2 avoient
entièrement méconnu la subordination, ct s'étoient miscs dans
le cas d'une punition grave; niais Galbaud, qu'on a Vimpudeur d'accuser dc mépris, de haine pour lcs citoyens de
couleur 2 se contenta de lcur représenter leurs torts 3 lcs
excusant sur lignorance des lois militaires 2 et dc lcs faire
changer de garnison. Si c'estlàce que Polverel etSonthonax
appellent de la hainc 2 comment nommera-t-cn leur rage
contre ia population blancho?
LKGISZATKURS, vous allez encore être convaincus
de la perfidic de ces deux agens dc Brissot. Les ordres
éloient donnés pour que cés deux compagnies se rendissent
à Ouanamynthe 5 un bâtiment de l'état avoit été expédié
pour lcs transporter all Fort-Dauplin. Par quel hasard, au
lieu de se rendre à leur destination 2 se sont-ellcs trouvées
au Capaveciles commissaires? Peut-on maintenant s'étonner
si, ) peu de joursaprès, Onanamyathe cst tombé au pouvoir dos
espagnols et des révoliés?Hommes pervers, 2 cqui chantez leurs
Jouanges 2 qui leur prostituez VOS plumes 2 tâchez de les
innocenter de cC crime, et rendez-en les citoyens coupables!
Votre adresse, vos ruses sont-cllcs donc en défaut?
24 Mai.
ON sC plaignit à Galbaud, qu'un citoyen blanc avoit
attenté à la liberté d'unc citoyenne de coulcur qui SC disoit
libre, ct que lui préiendoit êtrc son esclare : irrité de CC que
cet homme avoit osé faire étamper cette femme, avant que
SOIL droil sur elle eût été bien reconnu 2 Galbaud Je fit
arrêter, et ordonna alaccusateur public de poursuivre cette
cs donc en défaut?
24 Mai.
ON sC plaignit à Galbaud, qu'un citoyen blanc avoit
attenté à la liberté d'unc citoyenne de coulcur qui SC disoit
libre, ct que lui préiendoit êtrc son esclare : irrité de CC que
cet homme avoit osé faire étamper cette femme, avant que
SOIL droil sur elle eût été bien reconnu 2 Galbaud Je fit
arrêter, et ordonna alaccusateur public de poursuivre cette --- Page 27 ---
(21 )
dc livrer le coupable à toule la sévérilé des lois.
aflaire, et
Polverel et de Sonthonax répondent : cette
Que les amis de
2 annonce-t-clle de la
conduite annonce-t-elle du mépris
demandez
haine contre les citoyens dc couleur? ? Législateurs,
Galbaud avoit pris uII aide-de-camp
à ces hommes, pourquoi
sans doutc;
et un secrétaire mulâtres, 2 ils vous Pexpliqnerout,
aussi, pourquoi ce mêmc aide-de-camp,
mais qu'ils expliquent
à Galbaud de
recommandé par Etienne Laveaux 2 proposa
des conférences 2 dans la ville même 2 avec
lui faire avoir
Galbaud refusa ;
Picrrot, chef des nègres révoltés, cC que
lui
jours après, ce même aide-de-camp
pourquoi 2 quelques
cst déposée au comité de
remit une lettre de Pierrot 2 qui
CLLX seuls peuvent éclairer ce mystère;
sûreté générale ;
dans CC labymais loin de donner le fil qui pourroit guider
la
de le rompre,
rinthe, et menerà veré,ilwdemprcaermnt
mais qu'ils sachent quc 7
Un secret peut sortir dc la nuit du tombeau.
25 Mai.
suivans se passèrent dans la plus grande
LE 25 ct jours
tranquillité.
5 Juin.
de l'état-major de ParLE 5 juin, Galbaud, accompagné nationales à cheval,
mée et d'an détachement de gardes
A
fui-il
sortit de la ville pour aller visiter les postes. peine
à une Jieue du Cop, qu'on enteudit,
rendu au camp Breda,
des révoltés.
sur toutes Jes montagnes, - retentir les trompettes
d'ordonnance remit, dans la route à Galbaud,
Un dragon
annonçoient leur prochsin
dcs paquets des commissaires qui
Parmée des
retour au Cap. Du morne attx anglois 2 on vit
Pattendant sans doute à être attaquée.
rcholles en bataille,
B 3
peine
à une Jieue du Cop, qu'on enteudit,
rendu au camp Breda,
des révoltés.
sur toutes Jes montagnes, - retentir les trompettes
d'ordonnance remit, dans la route à Galbaud,
Un dragon
annonçoient leur prochsin
dcs paquets des commissaires qui
Parmée des
retour au Cap. Du morne attx anglois 2 on vit
Pattendant sans doute à être attaquée.
rcholles en bataille,
B 3 --- Page 28 ---
(22)
LAGISEATEURA, pardonnez à mon
est à son comble. Polverel et
indignation, elle
du sang de nos
Sonthonax, monstres dégoitans
frères, répondez à leurs
ment aujourelui
inânes, ils SC ranipour proclâmer votre
trahison ! répondez, la France entière infamic 2 votre
sur vOS reponscs
vous écoute, c'cst
qu'elle va vous
encore un seul brigand ?
jnger/Pourgnoi cxiste-t-il
nos
vivres ?
Pourguerlesaver-rens alimentésd de
Pourquoi leur avez-vous donné nos mnunitions?
Pourquoi leur avez-vous fourni dcs armes ?
avez-vous vendu nos canons ? Pourquoi
Ponrquoi leur
leur révolle 9 en empêchant les lois de avez-vous encouragé
étoient pris lcs armes à la main ?
frapper ceux qui
le cours de la
Pourquoi avez-vous arrêlé
procédure intentée contre deux curés
parmi les brigands, qu'ils excitoient
pris
Dieu et du roi? Pourquoi
au meurtre au nom de
avez-vous ordonné à
public de cesser toutes poursuites
l'accusatcur
révolte ?
contre les auteurs de la
Pourquoi les seuls
pouvoient-ils
dragons, 2 ci-devant d'Orléans.,
impunément traverser les lieux et les
occupés par les brigands ? Pourquoi,
cainps
passés atl milieu de leurs lordes
vous-mêmes, 2 étes-vous
sans être
a-(-on trouvé plus de 200 livres de
attaqués ? Pourquoi
cuivre dans le
camp Clerisse ?
puits du
ccrdés à dire Pourquoi tous les chimistes se sont-ils acque le vin que vous faisiez distribuer
troupes étoit empoisonné ?
anx
les
Poarquoi avez - vous méprisé
représentations, 2 souvent réitérées, de la
anis de la Convention à
société des
CC sujet ? Pourquoi ? ? ?
Législateurs S3, si vous n'éliez pas perseadés de la trahison
Polverel et de Sonthonax 2 ce que vous allez
de
plus que suffisant pour votis en
entendre seroit
chemins très-étroits,
couvainere; figurez-vous des
garnis des deux côtés
et de haies
de taillis épais,
impéuéirables, derrière
lcs révoltés, qui ainsi abrités ct
lesquelles s'embusquent
toujours prérenus 2 atien-
vous n'éliez pas perseadés de la trahison
Polverel et de Sonthonax 2 ce que vous allez
de
plus que suffisant pour votis en
entendre seroit
chemins très-étroits,
couvainere; figurez-vous des
garnis des deux côtés
et de haies
de taillis épais,
impéuéirables, derrière
lcs révoltés, qui ainsi abrités ct
lesquelles s'embusquent
toujours prérenus 2 atien- --- Page 29 ---
(23) )
dent, de pied-ferme, les convois, les attaquent 2 les enlèinterceptent la communication d'un poste à Pautre,
rent,
assassinent nos frères d'armes 2 qui ne peuvent se délendre
contre un ennemi qu'ils ne voient pas : tels étoient tous ccux
de Saint-Douningue, tels étoient tous ceux par lesquels il
falloit que passêt ce qui étoit destiné pour les camps. Galbaud, qui avoit été témoin de la facilité avec laquelle lcs
révoltés pouvoient échapper à toute poursuite, puisque sur
une patrouille de douze brigands qui s'avancèrent 2 sans
doute pour faire une reconnoissance, 2 on, ne put, malgré
toute la promptitude qu'on mit à lcs charger, en atieindre que
deux, donna, à son retour, les ordres les plus précis, pour
faire, dans le plus court délai, découvrir le pays et baliser
les chemins. T'ouvrage se faisoit, Polverel et Sonthonax
arrivent et ordonnent de Pabandonner : ct voilà les hommes
qui accusent Galbaud, voilà lcs hommes qui se disent les
amis de la patrie!
6, 7, 8 Juin.
Crs trois jours se sont passés paisiblement.
9 Juin.
A dix hcures du soirGalbaud fut averti queles commissaires arriveroient le lendemain. Il chargea le citoyen
Leblanc faisant les fonctions de commandant de la province,
de donner les ordres nécessaires, 2 afin que les cominisaires
fussent reçus avec tout Pappareil dû à leur caractèrc.
IO Juin.
LE IO jain au matin, lcs treupes et les citoyens étoient
sous les armes 2 Galbaud avoit envoyé des détachemens à
pied et à cheval au- devant des commissaires pour les
B 4
lendemain. Il chargea le citoyen
Leblanc faisant les fonctions de commandant de la province,
de donner les ordres nécessaires, 2 afin que les cominisaires
fussent reçus avec tout Pappareil dû à leur caractèrc.
IO Juin.
LE IO jain au matin, lcs treupes et les citoyens étoient
sous les armes 2 Galbaud avoit envoyé des détachemens à
pied et à cheval au- devant des commissaires pour les
B 4 --- Page 30 ---
(24)
protéger contre les brigands. A neuf heures, il sortit de
ville avec
Ia
l'étalemajor,et se rendit au camp Breda
recevoir. Il est inutile de décrire ici le
pourles
et de Sonthonax, du
voynge de Polverel
Por-au-Prince au Cap,
que la terreurct l'effroiles
ilsullitdesavoir
devançoient,et
tout après eux, le deuil et la constemation. gevilalaisaoientpar Des
qu'on lcs
ATomadat-apensi-wies
truées par un grandnombre de
barièrerquiétoient obsmalles,
mulets,chargés chacune de deux
sur lesquelles éloit écrit, archives : quand il fat
sible d'allerplus loin 2 Galbaud s'approcha de leurs
posgui étoient envirounées d'une foule
voitures,
de couleur
étraungère de citoyens
armés, et des dragons du seizième
mit pied-k-terre, les félicita de leur
régiment; il
descendre chez
retour et les invita à
lui; ils ne lui répondirent
sinon
faisoit chaud, qu'ils ne pouvoient
rien,
qu'il
acceptor ses offres, attendu
qu'ils avoient promis à des citoyens ui étoient venus
devant d'eux ( Castaing et
auleur refus, Galbaud les Vergniaud); quoiqu'étomné de
engagea à l'en dédommager le lendemain, ce qu'ils promirent. Desuite ils continuèrent leur
marche pour se rendre aul Cap. A peine on vit paroitre leurs
roitures, que des décharges de Partillerie des vaisseaux de
la République et des forts annoncèrent leur arrivéc.
troupes de ligne, les volontaires
Les
nalo à
nationaux, la garde naliopied Cl à cheval, qui bordoient la haie sur leur
passage, répondirent par les cris de pive la République laux
acclamations vive Polrerel et Sonthonca ! qui étoient
seules que faisoient entendre les citoyens de couleur,
les
LSGESIATEURS, cetle réception a-t-elle rien
cct cloignement marqué qu'on reproche à Galbaud quiannonce
commissaires civils, ct ce mépris affecté
pour les
Cettc
pourleur autorité?
réception a-t-elle rien qui jastifie lcs bruits qu'on
irent par les cris de pive la République laux
acclamations vive Polrerel et Sonthonca ! qui étoient
seules que faisoient entendre les citoyens de couleur,
les
LSGESIATEURS, cetle réception a-t-elle rien
cct cloignement marqué qu'on reproche à Galbaud quiannonce
commissaires civils, ct ce mépris affecté
pour les
Cettc
pourleur autorité?
réception a-t-elle rien qui jastifie lcs bruits qu'on --- Page 31 ---
(25)
avoir élé répandus précédemment. ( Que les comprétend
au Cap, que l'entrée lcur en
>) missaircs ne paroîtroient plus
et
si on vouloit bien les y recevoir,
> seroit interdite; que
traverserla ville afin de les
> ce ne scroit que pourlenrlaitsert
>). Plàt au ciel que ce dessein eût été formé! que
> embarquer
etit été éxécuté! Vous
ce parti eût é1é pris, que ce projet
tombécs
vietimes infortunées qui êtes
respireriez encore,
sOuIS le fer assassin de CCS nonstres! Tu existerois encore,
ville malheureuse que tes richesses ont perdue, en cxcitant
la cupidité de tes destracteurs! Ett toi, 6 ma patrie, fu n'auruis
à
la mort de plusienrs milliers de cltoyens!
pas pleurer
à
d'une colonie précieuses
tu n'aurois pas regretterla perle
lcs
et tu aurois, par le supplice de ces traîtres, appaisé
ombres plaintives de tes enfans égorgés,ux ossemens desqucls Polverel ct Sonthonax insultent encore anjourdhuit
finissoient avecla dicOui, lesmalheurs de Saint-Demingue
tature de ces deux hommes,
ce desscin n'a
LEGISLATEURS, pour vous prouver que
malhcurcusement existé que dans l'esprit, de Polverel ef de
Sonthonax, c'est qu'il n'a pas élé tenté, quoique rien ne
lcs mêmes forfails,que
s'opposit à son exécution. Vousque
lc même intérêt unissent; vous, qui couverts dcs dépouilles,
teints du sang de nos coneitoyens, venez plaider la cause
de leurs assassins, répondez: queis étoient alors les moyens
de défensede Folverci ct de Sonthonax ? quia pu arrêter les
les menaçoient? qqai a empéché, non pas de les
coups qui car oter la vie à des traitres cC n'est que les
assassiner,
punir, mais de les embarquer?
T/état-major, lcs officiers d'administration, les corpa
avoient précédé les commissaires dans la salic
populaires
alloz
de la commission intermédiaire: LxOISLATEURE,vG
de défensede Folverci ct de Sonthonax ? quia pu arrêter les
les menaçoient? qqai a empéché, non pas de les
coups qui car oter la vie à des traitres cC n'est que les
assassiner,
punir, mais de les embarquer?
T/état-major, lcs officiers d'administration, les corpa
avoient précédé les commissaires dans la salic
populaires
alloz
de la commission intermédiaire: LxOISLATEURE,vG --- Page 32 ---
(26)
conne ftre les principes qui dirigoient la
liomines; écoutez
conduite de ces
soient
Sonthoaax, et que sCs
son arrêt de mort!
propres paroles
> Nous venons,dit-il, de réduire les
> ct
le
provinces de l'ouest
duisud;1 facticux a été anéanti
> furce a coutenn tes
avec sa faction 5 la
uns,la terreur al
> le moment des
subjugué les aufres;
vengeances est arrivé; la
> n'a plus à
province du nord
balancer sur le parti qui lui reste
> il faut qu'ici, comme
à prendre;
ailleurs, Lr
> QUE DANS LES CITOYENS
PEUPLE QUI N'EXISTE
DE
> quin'est pas lni >.
COULEUR, brise tout ce
>) Oni, ajonta Polverel, les cioyens de
> PLUPLE DE
couleur SONT LE
> blanes
SusT-DowrsorF; cependant il cst des
quc P'orgueil se plair
> tion de petits blancs,
àrdégrader par la dénomina-
>
cni pourront mériter de
droits, Cil s'unissant à lui pour faire
parlager se3
> traces de coux que le Peuple doit disparoître jusqu'aux
vomir de SC11 scin..)
TaetszATreRsyavezs vous] pus sansindiguation entendre
honiblebliagpb@mes?e avez-rous
ccs
noncerla
Pu, sans frémir, entendre
sentence de mortde plus de 40000
proon ne peut reprocher d'autres crimes
françuis, auxquels
que celui d'ètre
Non, vous avez gémi sill leurs
blancs?
lears
maux, vous arez
malheurs; vOus allez essuyer Ics larmes
plaint
répandire la
que leur fait
coulear; vous allez faire cesser les
que leur arrache le désespoir!
plaintes
Galbanl, dans cette séance, protesta de son
ala cansepubliqne. Ilsc
attachement
félieitoit de ce que la
eommissaires elloit lai faire éviter des
présence des
veillanee n'anruit
pièges que la malpas manqué de lui tendre
eax, ne
: que gnidépar
sncreherorplas à tatuns dans la route incertaine
coulear; vous allez faire cesser les
que leur arrache le désespoir!
plaintes
Galbanl, dans cette séance, protesta de son
ala cansepubliqne. Ilsc
attachement
félieitoit de ce que la
eommissaires elloit lai faire éviter des
présence des
veillanee n'anruit
pièges que la malpas manqué de lui tendre
eax, ne
: que gnidépar
sncreherorplas à tatuns dans la route incertaine --- Page 33 ---
(27)
qu'il avoit été obligé de suivre jusqu'à ce jour, lorssute
Polverel Pinterrompit et dit: Pour, nous, nous avous toumarché d'an
et nous n'avons jamais
>> jours
pas assuré,
> craint ni les écueils ni les précipices. Je n'ai pas craint,
écucils ni les precipices, mais
>) lui répoudit Galband,les
de leur
> je ne puis juger les hommes sur l'inspection
> phisionomie.
cet accueil,plus que froid,
LAGISLATEURS, 2 rapprochez
des commissaires, avec les calomnies qu'ils firent imprimer,
le londemain de Parrivée de Galbaud, dans unc
presque
de Polfeuille périodique , rédigée par Piquenart,secréaire
verel, oi ils s'efforcent de le dépeindre comme un homme
dangereux, ,en un mot, comme le second de Dumouriez.
Rapprochez encore la conversation qui eut lieu entre Pol-.
verel, Sonthonax et Pinchinat, au Port-au-prince, dans
dans
laquelle ils disent que si Galbaud ne veut pas être,
instrument
ils sauront bien s'cn déleurs mains, u
passif,
faire, en P'affublant d'un manteau d'incivisme, et vous yous
convaincrez qn'ils avoient juré la perte deces général, avant
même de le connoitre, parce que la faction qu'ils servoiene
n'avoit
manqué de les prévenir qu'il n'étoit ni de so1
pas
vues de destruction qu'elle -
choix, ni propre à remplirles
méditoit. Lisez les papiers qui sont à votre coiité de sûre:é
générale, vous y trouverez les preuves de ce, que j'avance.
II juin.
LE II, à huit heures du matin, Galbaud reçut un billet
de Polverel, pour le prévenir qu'il ne pouroit venir diner
chez lui, parce qu'une dume lui avoit demandé sa soupe.
Un quart d'hcure après, Sonthonax lui écrivit aussi que les
affaires publiques Pempéchoient de se rendreà son invitation
apiers qui sont à votre coiité de sûre:é
générale, vous y trouverez les preuves de ce, que j'avance.
II juin.
LE II, à huit heures du matin, Galbaud reçut un billet
de Polverel, pour le prévenir qu'il ne pouroit venir diner
chez lui, parce qu'une dume lui avoit demandé sa soupe.
Un quart d'hcure après, Sonthonax lui écrivit aussi que les
affaires publiques Pempéchoient de se rendreà son invitation --- Page 34 ---
(28)
delaveille. - Une telle conduite démontre arsez de quel côté
étoit Peloignement, de qucl côté éloit la haine.
A II heures de matin, Galbaud et les officiers de la
garnison furent' rendre visite aux commissaires cirils;
ils curent l'impudeur de dire : e
obélssez li,
y ordres des commisszires cirils, carleur Citoyens,
aux
- lal loi x. Que les dérenseurs cilicieux rolonté seule est
Sonthonax
de Polverel et de
esent le nier, j'en appellerai aux
de plus de IOO officiers qui n'ont Pas été
témoignages sensibles
un tel despotisme. Après
peu
à
ccltevisite, Galbaud leur demanda
une entrevue particulière, qu'ils lui accordèrent ainsi
Masse, erdonnateur ciril. Tls
qu'à
nourelles de
debutèrenipar demander des
France; la tournure de leur conrersation étoit
bien fuite pour ouvrir les Fewx. Il étoit aisd de voir qu'sis
s'intéressoleat moins aUx opérations delConveation et du
gourernement, qu'à la positien politique de tels ou tels izdiridus, dont le crédit ou la défaveur éloient pour EUx le
thermomidire qui les dirigeoit. La réponse de Gaibaud ne
les satisfit point. Etranger à tout parti;
-
dit-il, Faiété
envieux de conneitre les hommes ds jour: observer peu
y
les
lois,ct me sacrifier, s'il le faut, pour la
A voilà mo devoir : dest tout ce qufon peut Répablique, exiger d'un
X militaire :. Masse aurdit, sans doute, ja conzer plus de
éétails,maiil crutimpolitique de s'ouvrir devant Gatbaud,
dont a connoissoit les principes. Il fat ensuite question de
l'adjudant générl Cesar Galbeud; Masse Faecusa de Calomaie. parce qu'il avoit porté des plaintes contre Padninistrateur de Phopital du Furt-Dauphin. Galbaud chorchaà
piaider ia cause de son frere. mais les commissaares dirent
gu'its savaient. de hinne part, qu'il professoit les priaciges
les plus incuriguer, qull Le pauvoit plus rester dans la
noissoit les principes. Il fat ensuite question de
l'adjudant générl Cesar Galbeud; Masse Faecusa de Calomaie. parce qu'il avoit porté des plaintes contre Padninistrateur de Phopital du Furt-Dauphin. Galbaud chorchaà
piaider ia cause de son frere. mais les commissaares dirent
gu'its savaient. de hinne part, qu'il professoit les priaciges
les plus incuriguer, qull Le pauvoit plus rester dans la --- Page 35 ---
(29 )
Galbaui de le déterminer à douner
colonie. Ils chargèrent
démission ct de repasseren France pour cause demeladic;
sa
fort du patriotisane de ceux qui
il leur répondit puldoutoit
depuis la vévoleur avoient parlé contre son irère, que,
aimoit la liberté par
lution,i Sl avoit fait ses preuves, qu'il
dessus tout, mais qu'il étoit possille que sa franchise, quclui
rude, eût attaqué les principes moraux ct
quefois
peu
abus étrange
politiques de certains individus; et que, parun
on avoit identifié ces individus avec la chose
et criminel,
si douter du moral de certains honmes,
publique : comme
c'étoittrahir la patrie. D'ailleurs,
de Brissot, parexemple,
conseute à donner sa démission, parje ne crois pas qu'il
lcs commiscC quc la loi s'y cppose. Tant pis, répondirent
de
saires; alors nous serous contraints de lc destituer ct
France. Ils parlerent ensuite des opérations
Pembarquer pour
d'avoir discrédité les asde Galbaud; ils lui reprochèrent
oi il préchoit aux troupes
signats dans une proclamation
la résignation et la patience. Nous savons, dirent-ils, que
dit la vérité; mais cette connoissance nuit i la
vous avez
à
nous avons suin dc répandre que
confiance: quant nous,
cent : mais, leur
les assignats ne perdent que cing pour
discrédite
Galband, comment est-il possible quc je
répliqua
ci ilsn'ont point de cours? comlcs assignats dans un pays
de
d'ailleurs
empécher les voyagenrs
ment
pourez-vous
tromparler, Jes lettres. de parvenir? comment pouvez-vous
le commerce, toujours éveillé sur sesintérêts?
per
Comme dans cette conrersation, Polverel et Sonthonax,
tardèrent
à être convaincus qu'ils n'amencroient jane
pas
leurs crimes, ils persistèrent dans
mais Galbaud à partiger
furent
assez
leur résolution de le perdre; mais ils ne
pas
Peu accoutuinés à se voir contrariés, ils ne purent
prudens.
, Jes lettres. de parvenir? comment pouvez-vous
le commerce, toujours éveillé sur sesintérêts?
per
Comme dans cette conrersation, Polverel et Sonthonax,
tardèrent
à être convaincus qu'ils n'amencroient jane
pas
leurs crimes, ils persistèrent dans
mais Galbaud à partiger
furent
assez
leur résolution de le perdre; mais ils ne
pas
Peu accoutuinés à se voir contrariés, ils ne purent
prudens. --- Page 36 ---
(30)
se contenir, et frent, dans leur
celèrent leur
colère, des aveux qui déaveuglé fiénésie. Ils ne
péter le propos infame
rougirent pas de réchez Galband:
que Dufty avoit plus d'une fois tenu
qu'ufilioit détruire entierement
llenche dansia colonie. Au
la race
moins, répliqua
vous en
Galbaud,vous
excepterez: sans duute, dit Polverel;
je n'ai de blanc que la
aul reste
peau.
Galband se plaignit de la consomnmation
faisoit en hommcs; il leur
énorme qui se
Marsovin, quidevoit
annonça le bâtiment de l'état, le
amener un renfort de
concerons pas, dirent-ils,
troupes. Nous ne
têtc à nous envoyer des
comment le gowvernement s'ensoldals qui ne Peuvent
Auroster nous avons ecrit au ministre de
s'arclimater..
ser; la colonie est assez forte
ne plus en faire Pasfendre de toute invasion.
pan elle-nème, ponr se déIls parlèrent d'obéissance à
dit qu'il devoit obéissance
leurs ordres. Galbaud leur
en tant qu'elles n'étoient ponctuelle à leurs réquisitions,
répondirent-ils, les
point opposées aux lois. Ici,
sèlent la
commissaires civils sonf tout; ils
plénitude de tous les pouvoirs...
posGalband, vous êtes les surveillans
Non, leur dit
devez les
de tous les pouvoirs; vous
diriger, mais non pas les
tions étoient fondécs,
exercer; si VOs prétencomnission
je ne serois que le lieutenant dc la
faire
civile; et, dans CC cas, la nation ne
pescr sur-ma tête la responsabilité la
pourroit
Vos idées sur nos pouvoirs,
plus redoutable.
ajoutèrent-ils, sont
lieros; nous vous répétons que nous les réunissons tràs-singunous remplaçons ici la Convention
tous; que
coloniales,
nationale, les assemblées
que nos volontés sont la loi, ou
nous sommes nous-mémes la loi.
plutôt que
Iis dirent, en cutre, qu'ils avoient des doutes
str le choix
-ma tête la responsabilité la
pourroit
Vos idées sur nos pouvoirs,
plus redoutable.
ajoutèrent-ils, sont
lieros; nous vous répétons que nous les réunissons tràs-singunous remplaçons ici la Convention
tous; que
coloniales,
nationale, les assemblées
que nos volontés sont la loi, ou
nous sommes nous-mémes la loi.
plutôt que
Iis dirent, en cutre, qu'ils avoient des doutes
str le choix --- Page 37 ---
- a
(31)
le conscil exécutif avoit fait de Calband, altenda quit
gue
à Saint-Dotingne, et quc la loi du 4avril
étoit propriétaire
l'excluoit dn goaveracment; qpil falloit, sans donle,
cet obstacle.- Non, leur répondit
que le ministre ignorât
En
Galbaud, il ne Viguore pas, car je l'en ai instruit.
avez-vous les preuves?. - Oui, jai la minute des Jettres que
lui ai écrites. En avez-vous les réponses ? - II ne in'a
je
jamais répondu sur cet article. - En ce cas, vous ne pouvez
ce que vous avancez, et la loi reste dans son entier
prouver
leurs
contre vous. Cette conversation ne prouvant que trop
intentions Galbaud prit à Pinstant son parti. La loi, leur
dit-il, est, 2 selon pous 3 contre moij, eh bien! renvoyez-moi
en France que j'y serve ma patrie sur les frontières.
Et
d'obéir aveupourquoi? - parce que je ne puis prometire
glément aux volontés des hommes 2 sur-tout quand ils se
mettent au-dessus des lois; ct il les quitta.
LEGISLATEURS, quelle autre preuve voulez-vous
de la
de la scélératesse de Polverel et
encore
trahison,
de Sonthonax ? Voilà leurs expressions 5 jngez-les... Eh
cquoi ! des hommcs choisis par Capet pour anéantir Saintmaintenus dans leur commission par Brissot, dont
Domingue,
le projet étoit le même; des hommes encroûtés de crimes,
osent dire qu'ils sont la loi, 2 et la vengeance nationale encherche les coupables qu'elle doit'frapper!
core incertaine,
démontré qu'il falloit servir
Quand il est mathématiquement
le parti du tyran pour être choisi par Ini, que Brissot n'a
maintenu dans les places que ses agens 2 on doute encore
des forfaits de Polverel et de Sonthonax ! Législateurs, 'la
société des jacobins leur a depuis long-tems rendu justice 5
les
de son sein. Il vous reste 2 à vojts 7 à venger
en
rejetant
la vertu perséentée; il vous reste à
linnocence opprimée,
briser les fers du patriotisme caloumnié.
Ini, que Brissot n'a
maintenu dans les places que ses agens 2 on doute encore
des forfaits de Polverel et de Sonthonax ! Législateurs, 'la
société des jacobins leur a depuis long-tems rendu justice 5
les
de son sein. Il vous reste 2 à vojts 7 à venger
en
rejetant
la vertu perséentée; il vous reste à
linnocence opprimée,
briser les fers du patriotisme caloumnié. --- Page 38 ---
(22)
12 Juin.
LE 12 ati mxtin, Galband écrivit aux commissaires
que
Pagjadamtegeinéial, son frère 2 ne pouvoit, ni ne vouloit
donner sa démission; qu'il éloit au-dessous de lui de descendre à la feinte pour d'épargner le désagrément d'une
destitution; qu'il s'embarqueroit sans
cxainte, parce que sa
conscience éloil sans repioches; que quant à lui, il lcur
réitéroit Ja demande de le fuire partir pour France avec sa
famille. ( La loi, dites-pous, est contre moi, il est de votre
>) devoir de ia faire exéeuter. >. Législateurs Polverel
Sonthonax ont changé à
et
Scint-Doningue la lettre de Galbaud, ils y ont retranché dans certains endroits, ajouté dans
d'autres, et leurs avocats, sous vOS yeux, viennent employer
les mêmes moyens 3 qu'ils réproduisent la lettre de Galbaud Mais, non, ils s'en garderont bien :
leur fourberie n'cn sera pas moins
n'importe 2
connue ; l'original de
cette lettre, dont ils nc pourront nier
à votre comité de sutreté
l'existence, se trouve
générale; lisez-là..
et connoisSCZ toute la profondeur de la scélératesse de ces hommcs...
13 Juin.
Lr 13, à huit heurcs du matin, Leblanc, à la tête d'un
détachement des dragons du 16c. régiment, se porta à la
maison occupée par Galbaud. Il lui présenta l'ordre
lui avoient donnéles commissaires., d'arréter
que
Padjudant-général qui y étoit alors : mon frère 2 lni dit ce général le
citoyen Feblanc vient vous arrêter, 2 en verlu des ordres 2
des comptisenires; vous allez, par votre
ver qu'an républicain sait obéir
soumision, prouanx autorités 5 ct l'ontrage
qu'on Tcus fait aujourd'hui nc peurqwsjauteràrotre triomphe.
César
commissaires., d'arréter
que
Padjudant-général qui y étoit alors : mon frère 2 lni dit ce général le
citoyen Feblanc vient vous arrêter, 2 en verlu des ordres 2
des comptisenires; vous allez, par votre
ver qu'an républicain sait obéir
soumision, prouanx autorités 5 ct l'ontrage
qu'on Tcus fait aujourd'hui nc peurqwsjauteràrotre triomphe.
César --- Page 39 ---
a
(33)
César Galbaud remit à Pinstant son épée à Leblané 2 et
fut de suite conduit à bord de la Normande.
A IO heures, un dragon d'ordoanance remit à Galbaud
un paquet. des commissaires 2 renfermant une lettre et une
proclamation. L'une et Pautré pièces sont sous les yeux de
votre comité de sûreté générale 2 vous y. verrez toute la
noirceur de Polverel et de Sonthonax; vous les verrez,après
s'être épuisés en injures , s'y contredire à chaque ligne.
Ici, ils sont fachés d'être obligés d'adhérer à la demande
de Galbaud ; là, ils la lui accordent sans peine 2 parce
qu'ils n'ont pas eu le tems d'apprécier ses talens militaires
ni son républicanisine ; plus bas, ils le destituent'pour cause
d'incivisme mais il falloit motiver cette destitution. Les
commissaires allèguent que Galbaud étant propriétaire à
P'art. XV de la loi du 4 avril 1792 3
Saint-Domingue 2
(vieux style ) Pexclud du commandement. Législateurs 2
Polverel et Sonthonax ont menti à la loi qu'ils ont tronquée.
L'art. XV de cette loi dit : que les commissaires civils, le'
gouverneur ct ordonnateur civil ne pourront être choisis
parmi les propriétaires 2 pour cettefois seulement, depuis
la promulgation de cette loi, Desparbès, Rochambeau ont
été gonverneurs de Saint-Domingue ; la loi avoit donc eu
son effet, Polverel et Sonthonax ne pouvoient l'ignorer :
mais il falloit que leur projet s'exécutât, la loi le contrarioit, ils avoient dit qu'ils étuient la loi, ils le prouvèrent
alors, en y retranchant Ces mols 2 pour cettefois seulement.
Législatenrs 2 des hommes qui violent ainsi les loix qu'ils
sont chargés de faire exécuter 2 qui ne suivent que leurs
caprices 2 qui sacrifient tout à leurs passions; des hommes,
en un mot, que tous accusent 2 vous en imposent encore
aujourdhui ! Le glaive de la loi se promène sur toutes les
C
avoient dit qu'ils étuient la loi, ils le prouvèrent
alors, en y retranchant Ces mols 2 pour cettefois seulement.
Législatenrs 2 des hommes qui violent ainsi les loix qu'ils
sont chargés de faire exécuter 2 qui ne suivent que leurs
caprices 2 qui sacrifient tout à leurs passions; des hommes,
en un mot, que tous accusent 2 vous en imposent encore
aujourdhui ! Le glaive de la loi se promène sur toutes les
C --- Page 40 ---
(34)
tétes, celles de Polverel et de Sonthouax lui sont désignées,
Pariêt de mort est écrit sur leur front, du sang de I1OS COLcitoyens. Par quelle fatalité ces ouvriers de Brissot 2 marqués du sceau du crime, souillent-ils encore, de leur présence, mne terre désolée par lcurs forfaits ? Par quelle fatalité leur rage poursuit-clle encore ici les malheareuses
victimcs de leur férocilé? Polverel et Sonthonax ont égorgé
nos pères, IlOS frères, nos enfans, 110S épouses, à SaintDomingue 2 el c'est encore Polverel et Sonthonax qui nous
chargont, dans notre patrie 2 des chaînes forgées pour le
crime..
Le soir Galbaud s'embarqua à bord de la Nor
mande, conformément à la preclamation des comnissaires.
14 Juin.
Polverel ct Sonthonax renouvellèrent avec plus de scandale encore Porgie, la débauche qui avoient eu lien le 12.
Leur maison ressenibloit plutôt à 1Il cabaret qu'à la deweure
dcs délégués de la république. Les hommes de coulcur, à
la suite de ce banquet, dans lequel les commissaires avoient
annoncé, pour le dimanche snivant, la représentation de la
Sorvante-Maitresse 2 SC répandirent dans toutes les racs 2
insultant, maltraitant, blessant mêmne grièvement les blancs
que le hasard Jeur faiscit rencontrer. En vain 011 s'en plaignit aux commissaires. 2 ils reçurent avec un sourire de dédain les réclamations qu'on leur faisoit de tous côtés. Strs
de Pimpunité, 2 les hommes de couleur étoient sans frein,
et bientôt ils mirent lc comble à Icurs brigandages.
15 Juin.
LE 15 Juin, les commissaires reudirent une prorlaman relative au paiement à faire au commerce américain.
hasard Jeur faiscit rencontrer. En vain 011 s'en plaignit aux commissaires. 2 ils reçurent avec un sourire de dédain les réclamations qu'on leur faisoit de tous côtés. Strs
de Pimpunité, 2 les hommes de couleur étoient sans frein,
et bientôt ils mirent lc comble à Icurs brigandages.
15 Juin.
LE 15 Juin, les commissaires reudirent une prorlaman relative au paiement à faire au commerce américain. --- Page 41 ---
(35)
Cette nouvelle pièce, 2 fabriquée dazs l'alelier du. criuc,
ne servira pas peu à montrer au grand jour le plan de couduite que Brissut avoit tracé à ses envoyés. Les commestibles qu'avoient fourni les anglo-américains avoient été déposés dans les magasins de la
république 2 distribués dans
les camps, dans les hôpitaux; enfin, ils éloient uniquement
destinés au service public ; Polverel et Sonthonax ) dans
leur preclamation,obligent un certain nombre de citoyens à
remplir les engagemens que la colonie vient de prendre
avec le comunerce. américain 3 ils fixent à chacun d'eux la
soumc cqu'il doit payer, et ne lui accordent qu'un très-rourt
délai, SOLIS pcine d'un par-corps. Législateurs, la plupart
de ces citoyens ont exécuié l'ordre arbitraire de Polverel
ct de Sonthonax, ils ont payé entre leurs mains l'amende à
laquelle ils les ont condamnés pour avoir voulu sauver la
colonie des horreurs de la famine. Eh bien ! des capitaines
américains réclament encore aujourc'hui le paiement de
leurs denrées. Qu'ont fait les commissaires des sommes qu'ils
ont touchécs ? Qu'ont fait les comnissaires des milliens de
contribution qu'ils ont volés aux citoyens du Port-au-Prince?
Que leurs partisans 9 que leurs apologistes vous le disent!
Qu'ils expliquent poarquci Genet, dans les Etats-Unis,
tenoit à Sil solde une force ariée 2 portant son
qui
qui
enrôloit dans la Caroline du Sud ; qui s'obstinoit nom; à
reconnoître encore et à vouloir faire reconnoître P'autorité des
commnissaires de Saint-Domingue. 2 malgré ie décret d'accusation rendu contre eux ; qui, dans le mois de septembre
C
1793, leur écrivoit qu'il suivoit son plan avec zèle 5 pourquoi, dlis-je, cet autre agent refitsa d'écouter les réctamations des anglo-américains, et de solder la dette contractée
avec eux ? Législateurs 2 n'en doutez pas 9 les mêmes liens
qui unissoient Genet aux intérêts de Brissot, y altachoient
C 2
décret d'accusation rendu contre eux ; qui, dans le mois de septembre
C
1793, leur écrivoit qu'il suivoit son plan avec zèle 5 pourquoi, dlis-je, cet autre agent refitsa d'écouter les réctamations des anglo-américains, et de solder la dette contractée
avec eux ? Législateurs 2 n'en doutez pas 9 les mêmes liens
qui unissoient Genet aux intérêts de Brissot, y altachoient
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(36 )
aussi Polverel et Sonthonax; ils avoient également. reçu de
lui leurs instructions qui, pour le malheur de la métropole,
pour le malheur de la colonie 2 n'ont été que trop bien
suivies.
16 Juin.
Lr 16 et les jours suivans les hommes: de couleur ivres
de vin et affamés de vengeance 2 souterus 2 excités par
Polverel et par Sonthonax, quiles rassembloient tous les jours
dans Pimmense maison du gouremnement, où ils insultoient'
par des féies, des bals, 2 des concerts à la misère et aux
malbeurs publics, couroient en armes dans toutes les rues 1
vomissant avec un torrent d'injures les menac es les plus,
atroces. Depuis long-tems Polverel et Sonthonax employoient
tous les moyens pour exciter la fermientation et amener un
mouvement dont eux seuls prévoyoient les suites 2 dont cux
seuls avoient calculé les résultats;il n'est point de ruse qu'ils
n'aient mis en usage, point de ressort qu'ils n'aient fait jouer
pour meltrc le mécoutentement à son comble et faire enfin
crever l'orage qu'ils avoient pris soin d'amonceler; mais ils
avoient su s'emparer du conducteur qui devoit diriger la foudre, et les seuls amis de la France cn ont été frappés. Le caractère auguste de délégués du peuple français,
anrêtuit depuis long-tems la vengeance et Pindignation que
provoquoient les excès en tout genre ct le despotismie insuportable de Polverel et de Sonthonax. L/aiguille fatalede la
montre révolutiouclle remise entre leurs mains, avoit déjà
marqué la minute ou devoit commencer la ruine de la
France 2 et achever la destruction de Ssint-Domingne, et
Polverel et Sonthonax n'avoient encore pu épuiser la patieuce, la résignation des citoyens blancs dont ils conjuroient
la pertc. Alors ils redoullèrent d'ellorts, 2 ils inventèrent de
de Sonthonax. L/aiguille fatalede la
montre révolutiouclle remise entre leurs mains, avoit déjà
marqué la minute ou devoit commencer la ruine de la
France 2 et achever la destruction de Ssint-Domingne, et
Polverel et Sonthonax n'avoient encore pu épuiser la patieuce, la résignation des citoyens blancs dont ils conjuroient
la pertc. Alors ils redoullèrent d'ellorts, 2 ils inventèrent de --- Page 43 ---
1w
(37 5 )
ils recoururent à de nourelles ruses 2
nouveaux moyens 2
T/audace des hommes de
mais rien ne put leur réussir
couleur angmenta avec la rage de Polverel ct de Sonthonax.
la destruction de la population
Les uns espérant 2 après
blanche, 7 lui succéder dans ses biens 2 ct les autres attendant tout des promesses de la faction 2 travailloient sans
relâche, comme sans remords, à hâter l'instant ou ils pourroient annoncer, en lettres de sang, leur affreux triomphe
à ceux qui les avoient envoyés..
Désespérant de pouvoir arriver à leur but, tant qu'ils ne persécuteroient que
lcs colons, ils résolurent d'étendre leurs vexatjons sur la
marine dont le caractère moins patient, ne tarderoit pas à
se lasser de leur tyrannic, et la porteroit à une insurrection
qui lear serviroit de prétexte 2 ct à Paide de laquelle ils
exécuteroient leur projet de subversion. Alors, peudant que
Polverel ct Sonthonax faisoienl des règlemens qu'ils savoient
inexécutables 5 pendant qu'ils destituoient les officiers qui
avoient la confance des équipages, pour les remplacer par
d'autres vendus à leur parti; pendant qu'ils trailoient leurs
représentations de désobdissance, leur réclamation de révolte;
les homnes de coulenr insultoient 2 maltraitoient les malelots; plusieurs d'entre'eux furent blessés, mutilés, passassinds,
même aux yeux de leurs camarades.
LROISLATEURS, tel a été la conduite de Folvercl .
ct dc Sonthonax. Resonble-t-clle au récit imposteur gu'on
vous en a fait ? On est venu 2 sans pudeur 2 surprendre,
tremper votre religion. Polvercl et Sonthonax étoient loin
de penser que Brissot et ses complices avoient payés Jeurs
crimes de leoriétes ils croyoient la république noyée dans
le sang de ses défenseurs: 3 ils envoyoient des homies..
recueillir les dloges qu'on étoit convenu de leur donpur
C 3
au récit imposteur gu'on
vous en a fait ? On est venu 2 sans pudeur 2 surprendre,
tremper votre religion. Polvercl et Sonthonax étoient loin
de penser que Brissot et ses complices avoient payés Jeurs
crimes de leoriétes ils croyoient la république noyée dans
le sang de ses défenseurs: 3 ils envoyoient des homies..
recueillir les dloges qu'on étoit convenu de leur donpur
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(38)
ner, et recevoir le prix qu'ilsavoient mis à tant de
Ils étoient sirs d'un
forfaits...
triomphe complet.. .
Mais le génie
qui veille aux destinées de la
n'a
voulu
tant de crimes fitssent commis France, pas
que
impunément, que la scéléraresse viut enlever à la vertu le tribut que lui doit la
patrie.
Trompés dans leur attente 2 les envoyés de Polverel et
de Sonthonax n'ont pas osé vous dire
n'étoit
quc Saint-T Domingue
plus Ils se sont attachés aux restes d'une faction, qui, sans être la mêmc, tendoit
cependant au même
but. Rassurés par Danton 5 conduits par Lacroix, étayés
par Chaumette, ils SC sont hasardés à entrer dans l'enceinte
auguste qu'ils alloient prophaner, et par Jeur présence et
par leurs calomnies. Que n'avez-vous pu lire ce qui se
passoit alors dans leur amelLeurs regards incortains,
portés
avec inquiétude sur ceux que le même intérêt attachoit à la
même cause 2 ne vous ont-ils pas assez fait connoître
que
leurcceurdémentoit les atrocilés que prononçoit leur bouche?
LEGISEATEVAS, quand Onl a avancé que Galbaud
avoit, du bord de la Normande 2 cà il éioit détenu avec
son frère 2 répandu les bruits les plus alarmans pour la
chose publique, excité, par-là, la
fermentation; quand on
vous a dit que les négocians contre-rérolutionsires
ramassoient dans la ville des sommes considérables
pour fournir
aux fraix et assurer le succès de leur criminelle
entreprise,
c'est qu'on croyoit que Genet qui avoit promis que ni Galbaud ni toute autre personne a cqui O1l supposoit assez de
courage pour dévoiler les crimes des assassins de SaintDomingue 2 ne reviendroit en France, auroit Sil s'en défaire : mais les poignards n'ont pu Patteindre, ct les
preuves de la trahison de Polverel et de Sonthonax ont échappé
aux fouilies, aux zecherches du ministre perfide. Ou'on'les
qu'on croyoit que Genet qui avoit promis que ni Galbaud ni toute autre personne a cqui O1l supposoit assez de
courage pour dévoiler les crimes des assassins de SaintDomingue 2 ne reviendroit en France, auroit Sil s'en défaire : mais les poignards n'ont pu Patteindre, ct les
preuves de la trahison de Polverel et de Sonthonax ont échappé
aux fouilies, aux zecherches du ministre perfide. Ou'on'les --- Page 45 ---
(39)
examinc, on verra que ces bruits ont é16 répandus par ceux
mêmes cni en accusent Galband; ; On y verra qu'après avoir
inatilement épuisé toutes les ressources que leur fournissoit
leur génie malfaisant pour troubler la tranquillité, ils firent
publier dans toutc li ville une espèce de peoclamation, par
Jaquelle ils invituient les citoyens à nc point ajouter foi all
bruit qui sC répandoit que les commissaires civils avoient
desscin de faire fouiller dans toutes lcs maisons pour s'emparer da muméraire et de P'argenterie. Par ce moyen, qui
eut tout le succès qu'ils devoicnt en attendre, ces bruits qni
n'avoient point cxisté anparavant, inspirèrent de la méfiance
aux citoyens, gais surpris qu'on les invitât à ne point croire
à des bruits, dont aucun d'eux n'avoit entendu parler 5
ne se persuadèrent que plus facilement que ce projet pouvoit ne pas être saus réalité ; on y verra que Galbaud n'a
pu être Pauteur de CCS bruits 2 puisque les commnissairres
avoient défendu quc Jui,son frère, son épouse et ses enfans
commaniquassent au-dehors avec qui que ce soit; On y verra
que lcs sommes qu'on prétend avoir été ramassées, je ne
sais pour qucl dessein,, ne sont autre chose u'une souscription patriotique vuverte par les citoyens de la ville du Cap,
antéricurement à Parrivée de Galbaud, ponr subvenir anx
besoins pressans de nos frères d'armes 5 que Polverel et
que Sonthonax laissoient mauquer de tout 2 afin gn'excddds
par des fatigues intiles 2 minés par la misère, ils cherchassent chez Pespagnol la vie ct du pain. Législateurs,
tous les papiers relatifs à cette souscription 2 cenx qui indiquent St destiuation 2 lcs motifs qqui l'ont décidée, sont an
comité de sitreté générale. Vous faut-il d'autres preuves ?
Faudra-t-il quand on fait, pour ainsi dire, toucher: doigt
la fauisseté, Vanvraisemblance de cos absurdes inculpations,
s'abaisser eucore arépoudre à collesd'avoirdonmé del Pargent,
C 4
les papiers relatifs à cette souscription 2 cenx qui indiquent St destiuation 2 lcs motifs qqui l'ont décidée, sont an
comité de sitreté générale. Vous faut-il d'autres preuves ?
Faudra-t-il quand on fait, pour ainsi dire, toucher: doigt
la fauisseté, Vanvraisemblance de cos absurdes inculpations,
s'abaisser eucore arépoudre à collesd'avoirdonmé del Pargent,
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(40)
distribué du vin aux matelois ? Non, de tels moyens ne
peuvent être employés que par des hommes aussi bassemeut
scélérats que Polverel ct Sonthonax.
19 Juin.
LE 19 juin et les jours précédens arrivèrent en foule
dans la ville du Cap, de tous les quartiers de la colonic,
des hommes de coulcur, armés. Depuis quelque tems tous
lcs postes imporfans avoicnt été ôtés aux citoyens blancs, et
remis à la garde des hommes de couleur, renforcés par ces
éirangers : eux sculs et les dragons ci-devant d'Orléans
etoicut admis à faire le service auprès de la personne des
commissaires. A peine il faisoit jour, 2 qu'iis commencèrent
à se répandre dans toute la villc; jamais ils n'avoient é1é
ensi grand nombre, et jamais ils n'avoient porté si loin
leur fureur; ils courroient de rue en rue, insultant, 01ltrageant, frappant tout ce qu'ils renconiroient de blancs;
dans la matince, plusicurs matelots avoient élé sabiés. Lcs
officiers de la marine qui portèrent, en corps, aux commissaircs civils, les plaintes, les réclamations de tons les marins, tant delétat que du commerce, ne furent point écoulés,
ct plusicurs d'entr'eux farent assaillis par dcs hommes de
couleur, appostés exprès, sur leur passage, et nc durent
leur salut qu'au hasard ou à la fuite. Mais toutes CCS horreurs n'étoient que le prélude de ce quc méditoient Polverel
e: Sonthonax. Dans Papres-midi,ces mêmes houmes de couIeur sccommeucèent les mé.ics eruantés; mais ils ne COInurent plus de frein. Des blancs furent assassinés dansleurs
maisons, parce spu'an matelot quc poursuivoit une horde de
cCs forcénés y avoit trouvé 1111 réfage; les femmes, les enfans mêmes ne furent point à Pabri de leur brntalité. Euvain O1 réitéra à Polverel ef à Sunthonax les plainteslesplus
êmes houmes de couIeur sccommeucèent les mé.ics eruantés; mais ils ne COInurent plus de frein. Des blancs furent assassinés dansleurs
maisons, parce spu'an matelot quc poursuivoit une horde de
cCs forcénés y avoit trouvé 1111 réfage; les femmes, les enfans mêmes ne furent point à Pabri de leur brntalité. Euvain O1 réitéra à Polverel ef à Sunthonax les plainteslesplus --- Page 47 ---
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amères, en vain onl leur mit sous les youx les preuves sanglantes des vexations, des assassinats contre lesquels on' ruclamoit. Ils nc repondirent que par des injures..
Pendant qae les commissaires sanctionnoient ainsi par leur
coupable silence,et par uneinaction criminelle, les actes de
férocité qu'eux mêmcs avoient commandés, leurs satcllites
continuoicat leur brigandage. Le jour fixé pour la destruction de la population blanche de Saint-Domingue, étoit 4
arrivé. Ii failoit, ou quéles citoyens se laisssassent égorger,
ou repoussassent 2 par la force, les assassins qui venoient,
fondre sur eux. Vers les trois heures, un cri général se fit
entendre : aux armes! aux armes! Les marins qui éloient en
villeschirerentde sC rendre ani bord de la mer, pour retourner
à leurs postes. Tls y attendoient desemharcations, lorssque toutà - coup des honmes de couleur, à cheval, commandéspar Gignioux, les chargent, le sabre à la main, en criapt,de toutes
Jeurs forces!t tucltue! tue ! . Les matelots, sans armes, ne
purent leur échapper qu'en se précipitant dans la mer;
leurs camarades, qui, du bord de leurs vaisseaux, étoient
témcins de ces airocités, ne purent plus retcnir leur inclignation. Le cri qui s'étoit fait entendre dans la ville, retentit aussi dans toute la rade: aux armes! aux armes! on
assassine 11OS camarades
Cependant les remontrances
de ccrtains officiers qui conservoient encore la confiance de
leurs équipages, ct sur-toutle tems qu'il fallut employer à
sccourir ccux qui, pour fuir la mort que leur présentoient
les hommcs de couleur,alloientla chercher dans les flols 2
empêchèrent les marins de descendre de suite à terre, et
de venger le trépas de plusicurs de leurs frères.
Les ombres ramenèrent le calme, mais Ie silence qui
remontrances
de ccrtains officiers qui conservoient encore la confiance de
leurs équipages, ct sur-toutle tems qu'il fallut employer à
sccourir ccux qui, pour fuir la mort que leur présentoient
les hommcs de couleur,alloientla chercher dans les flols 2
empêchèrent les marins de descendre de suite à terre, et
de venger le trépas de plusicurs de leurs frères.
Les ombres ramenèrent le calme, mais Ie silence qui --- Page 48 ---
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régnoit dlo't celui des tombeanx; ii n'étoit interrompu
par lcs vocitérations des hommes de couleur qui prolon- que
gerent fortavant dans la nuit 'lenrs débauches crapuleuscs:
Legislateurs, 2 de tels excès n'étoient-ils pas bicn faits
pour exeier-indignation, 2 et pour convaincre leshommes les
plus indillerens, des desscins de Polverel et de Sonthonax,
si cax-mêmes ne les avoient hautement avoués. Logislateurs,
en dépit des commissaires, 2 Cn dépit de leur complice Genel,
plus de cent bâtimens, dont Ics équipages ont élétémoins et
acteurs, vicanent d'entrer dans nos ports; qu'on les inlerroge, aucui intérêt ne les portera à (aire la vérité.
20 Juin.,
LÉGISTATEURE, je touche au moment terrible de faire
saigner TOS cceurs par Paffreux récit des scènes atroces, des
crimes, dcs forfaits qu'ont éclairé les sanglantes journées
des 20 ct 21 juin. Que ne puis-je ensevelir avec nos infortunés concitoyens, le souvenir dcs attentats dont iis ont
6té les victimes! que nc puis-je épargner à VOS ames-sensibles, le tableau déchirant d'une ville immense en proie
aux flanmes! Non, Phistoiré des siècles les plus barbares,
ne nons a rien transmis qu'ou puisse comparcraux cruautés,
qui ont souillé CCS jours efroyables des sang et die meurtre;
Nancy, Montauban, Nimes, le Champ-de-Mars, la Vendée n'ont vu que les foibles esquisses du carnage 2 dont la
ville du Cap a Gié le théâtre. Néron, ordonnant du haut
du Capitole P'incendic de Rome, éloil moins cruel que
Polvercl ct Sonthonax; il n'enlevoit aux citoyens que leurs
propriétés, Polvercl et Sonthonax, leur arrachoient, avec
la vie, jusqu'à Pespoir d'e.re vengés. Les fastes de lantiquité, nous ont laissé, avec le soavenir des crines dcs
premiers briganeds, Phorreur gu'ls avoicut excitée; ct Cn
ordonnant du haut
du Capitole P'incendic de Rome, éloil moins cruel que
Polvercl ct Sonthonax; il n'enlevoit aux citoyens que leurs
propriétés, Polvercl et Sonthonax, leur arrachoient, avec
la vie, jusqu'à Pespoir d'e.re vengés. Les fastes de lantiquité, nous ont laissé, avec le soavenir des crines dcs
premiers briganeds, Phorreur gu'ls avoicut excitée; ct Cn --- Page 49 ---
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France, dans le siècle de la philosophie, sous le règne
des vertus, dans le sein mêne du Sénat, on a fait
de
Péloge
Polverel et de Sonthonax/fHomnes monstrueux,quiaves
pu sans frémir prononcer ces deux noms ; qui avez osé accuser le ciloyen de Saint-Domingue, 2 d'avoir creusé Pabyme,
dans leqnel la faction Pa précipité, quand cesserez-vous de
calomnier des cultivateurs honnêtes, (I) des citoyens qui
n'ont eu ni intrigue, ni hypocrisie pour échapper à la
conjuration infernale trop bien ourdie pour qu'ils n'en fussent pas les victimes ? Respectez leurs malheurs, hommes
impies et sacrilèges! gardez-vous de fouiller dans leur tombe,
et d'insulter à leurs ossemens! ils sont sacrés,même
Phomme
pour
sauvage.
LÉGISEATEURS, 2 le fer assassin n'a pu frapper tous
ccux qui lui étoient désignés, ,il en est que le sort a conservés pour dévoiler tant de crimes, pour indiquer la maiu
qui les a poignardé. Sera-ce donc-en vain qu'ils auront, à
la lueur de l'incendie, à travers les cadavres amoncelés
échappé à la rage des meurtriers de leurs pères, de leurs
frères, de leurs épouses, de lears enfans, de leurs amis?
n'auront-ils survécu à tant de malheurs, que pour être les
témoins du triomphe de deux hommes à qui il ne. reste plus
de crimes à commeltre? est-ce en les attachant au char de
Polverel et de Sonthonax qu'on vengera le sang de plusieurs,
(1)1 Loin de moi,jusqu'à l'idée d'essayer d'innocenter CCs hommes vils, qui ont calculé les malheurs de leur pays, au poids
de l'or qu'on leur a donné. Qu'on se garde aussi de croire que
je veuille parler ici 2 de ces étres orgueilleux qui, méconnoissant les principes, ne veulent pas partager la liberté avec des
hommes qui ne leur différent que par la couleur.
Sonthonax qu'on vengera le sang de plusieurs,
(1)1 Loin de moi,jusqu'à l'idée d'essayer d'innocenter CCs hommes vils, qui ont calculé les malheurs de leur pays, au poids
de l'or qu'on leur a donné. Qu'on se garde aussi de croire que
je veuille parler ici 2 de ces étres orgueilleux qui, méconnoissant les principes, ne veulent pas partager la liberté avec des
hommes qui ne leur différent que par la couleur. --- Page 50 ---
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milliers de frangais qu'il ont fait égorger? Non,ilsn'auront
pas besoin , poitr exciter votre indignation, contre CCS houmes-lygres, d'évoquerles onbres d'une foule de vicllards,
dont les cheveux blanchis, dans l'exercice des vertus, ont
été souillés dans le sang et trainés dans la poussière; de
vous réprésenter la mère en pleurs, à gcnonx aux pieds de
ses bourreaux, sollicitaut cn vain la triste consolation de mourir
avant l'enfant qu'elle scrrc entrc SCS bras; de vous peindre
iz douleur des épouses courant au-devant du ccup qai doit
percer leurs maris qui, à leur tour expirent sur lcs cadavres
de leurs compagnes; de, soulever les ruines des habitations
pour vous montrer les membres palpitans et embrâsés, de
familles entières écrasées par! la chûte de lenrs maisons. ; de
vous faire entendre les gémissemens, les cris de désespoir
qui se prolongent de tous côtés; de décrire la frayeur de
ceux qui 2 poursuivis par CCS hordes d'antropophages,
tombent sur le corps dèjà froid de leurfille, deilearparent,
qu'ils n'ont que le tems de reconnoître 2 avant de rendre
sur lui, avec des flots de sang, le dernicr soupir; de VOuS
faire voir les cicatrices cui les couvrent enx-mémes; de vous
dire, ici c'est Godard, qui m'a frappé CC coup; c'est Galincau qui mc Pa porté; là Robequin a enfoncé son poignard. Non, non, ils vous donncront les preuves de la trahison de Poivcrel ct dc Sonthonax, écrites par oux-mémes;ils
vous donucront les preuves de leur complicité avec la faction, cui uc faisoit que préluder à Saint-Dontingue leshorreurs qu'eile méditoit pour la France;ils vous donnerontle
fil de la frame ourdie et contre la république ct contre les -
eclonies; ils vous demanderont vengeance, 2 ct Je sang de
Poivercl et des Sonthonns,régandns surla tombe de lenrs COllcitoyens, n'expiera prs lcurs forfaits, mais éponvantera du
mous ceux qui, ccmmc cux, voulaicat assasincrla patric.
à Saint-Dontingue leshorreurs qu'eile méditoit pour la France;ils vous donnerontle
fil de la frame ourdie et contre la république ct contre les -
eclonies; ils vous demanderont vengeance, 2 ct Je sang de
Poivercl et des Sonthonns,régandns surla tombe de lenrs COllcitoyens, n'expiera prs lcurs forfaits, mais éponvantera du
mous ceux qui, ccmmc cux, voulaicat assasincrla patric. --- Page 51 ---
(45)
Lc 20, les hommes de couleur recommencèrent, avec le
jour,lesscènes de la veilic; quantité de unatclots, descendus
à terre pour aller à la provision, n'eurent que le. tems de se
r'embarquer et. de gagner leur bord. Ceux d'entr'cux qui
n'avoient pu atteindre le bord de la mer, furent assaillis,
assassinés dans les endroits oû ils cherchoient à se cacher.
Alors l'indignation fat à son comblc, rien nc fut capable
d'arrêter lcs marms 2 furicux du massacre de leurs camarades, dcs insultes qu'ils avoient essuyées et du mépris que
Pelverel et Sonthonax avoient affecté pour leurs réclam:-
tione. Des canots alloient d'un bâtinent à P'autre; par-tout
la fermentation étoit égale; par-tout la résolution de briser
le joug des deux dictateurs royaux étoit prisc. Le cri général
de la veille partit cn miême-tems de tous les bords; aux
armes! aux armes! il faut embarquer Polverel et Southonux!
En vain quelques officiers voulurent sopposorà ce dessein,
les remontrances furent inutiles. Plusicurs embarcations de
différeus Lâtimens, chargés de marins et de citoyens de la
ville, vinrent à hord dela Normande représenter à Galbaud
l'état critique oùt SC trouvoient la ville ct la colonie; ils lui
annoncèrent que la marine de Pétat, celle du commerce 2
les troupes de ligne, la garde nationale, en un mot, tous
les vrais citoyens n'espéroient plus qu'en lui; qu'il falloit
arracher à Polverel et à Sonthonaxles: rêncs sdu gonvernement,
ou que St.-Domingue ne scroit bientôt plus qu'an monceau
de cendres et de ruines ; qu'enfin, la patrie l'ayant chargé
de ses intérêts, dans cette terre proscrite par Brissot, il
seroit responsable du salut de la colonie. Galbaud dit constamment qu'une autorité constituée nc pouvoit être insurrectionnelle, et malgré les pressantes sollicitations de tous ceux
qu'on avoit député vers lui, ils ne purent obtenir d'autre
xéponse-
Domingue ne scroit bientôt plus qu'an monceau
de cendres et de ruines ; qu'enfin, la patrie l'ayant chargé
de ses intérêts, dans cette terre proscrite par Brissot, il
seroit responsable du salut de la colonie. Galbaud dit constamment qu'une autorité constituée nc pouvoit être insurrectionnelle, et malgré les pressantes sollicitations de tous ceux
qu'on avoit député vers lui, ils ne purent obtenir d'autre
xéponse- --- Page 52 ---
(45)
Vers les nenf heures du matin une
chaloupe, porfant des
députations de tous les batimens, aborda la
sonunèrent Galbaud de
Normande; clles
cclonie.
reprendre son poste et de sauver la
Il Jeur objecta qu'étnt destitué, 3 il n'avoit plus
d'autorité, par conséquent plus de poste, tani
la
nle ini en auroit
que patrie
indiqué un. Polverel et Sonthonax, lui
répondirent-elles, ont violé la loi pour vous
crimne, s'ils n'en avoient commis des milliers destituer; ce
saflisant
d'autres; est
pour vous obliger à leur ôter une autorité dont ils
thusent; enfin il faut que la colonie soit
éles digne de notre
sauvée, vous seul
la
cenfiance, puisque vous avez celle de
république. Polverel et Sonthonax ont trahi leur
il fant qu'ils aillent en France rendre
pays,
duite, et
leurs
compte de leur conpayer
crimes de leur tê.e. Tent ce que dit
Galband ne put changer leur résolution; ; il fut contraint de
s'embarquer, avec son frère, dans la chaloupe. A
fut-il descendu, que les Cris de vive la
peine y
Galbaud! retentirent dans
republique! vire
toute la rade. On le conduisit
bord du
à
Jupiter; li, on donna lecture de son
déclara Polverel et Sonthionax traitres à la
brevet, Onl
de toule autorité; on enjoignit à tout
patrie, déchus
citoyen de lés arrêter
pour être conduits ilabarre de la convention nationale.
mêmes cris de vive la république! vive
Les
Galband! Paccouipagnèrent à bord de tous les autres bâtimens de
il fut conduit, à l'exception du
Pétat, ci
vaissean P'América, dont
P'équipage, composé chommes vendus à leur parti, de
negresnon-libres, 2 et dontlayarnison 6 oiten partie d'hommes
de conleur, avoit fait fcu sur la ville du
receloit l'inunense
Pori-an-Prince, et
pillagequt'ils y avoient fait. Pendant
traversoit ainsi la rade, les navires du
qu'il
retirés derrière-les bâtimens de
comnierce s'étoient
Pétat, cqui s'éloient
De retour à bord du Jupitér, la marine du
embossés.
commerce vint
2 et dontlayarnison 6 oiten partie d'hommes
de conleur, avoit fait fcu sur la ville du
receloit l'inunense
Pori-an-Prince, et
pillagequt'ils y avoient fait. Pendant
traversoit ainsi la rade, les navires du
qu'il
retirés derrière-les bâtimens de
comnierce s'étoient
Pétat, cqui s'éloient
De retour à bord du Jupitér, la marine du
embossés.
commerce vint --- Page 53 ---
(47)
offrir à Galband ses services et ses bras ; la cause qu'on
alloit défendre étoit commune, tous vouloient y participer.
Galbaud voyant que rien ne pouvoit errêter lds
sentit qu'il falloit
marins,
que quelqu'un dirigeât ce mouvement,
qui n'cût été que désordre, et fit tourner au profit de la
chose publique cette insurrection, sur laquelle Polverel et
Sonthonax fondoient le succès de leurs projets. On avoit
demandé à Galbaud l'élargissement des citoyens du Portau-Prince ; il répondit qu'on pouzoit mettre en liberté tous
ceux qui n'étoient pas détenus pour crime. A force de sollicitations 2 il obtint que la descente seroit différée jusqu'à trois
heures après-midi. Les marins avoient peine à retenir leur
impatience 2 lorsqu'un coup de canon tiré du bord du Jupiter et ulI pavillon donnèrent le signal. Alors toutes lés
chaloupes des bâtimens de Pétat et du commerce,
de marins et des garnisons des vaisséaux couvrirent chargées la radé.
Après les cris plusienrs fois répétés de vive la républiqne!
vive Galbaid! les airs retentirent de Phymne à la liberté.
Vers les quatre hcures toutes les embarcations étoient renducs
à terre. A peine on avoit divisé les forces en deux
colonnes,
qu'une partie de la garde nationale vint se joindre à Galbaud. L'adjadant-général prit le commnandement d'une
colonne, l'autre resta aux ordres du gouverneur. Alors
se mit en marche 3 chaque colonne
On
dirigea Sil route sur la
maison du gouvernement; à chaque instant elles éloient
renforcées par les gardes nationales. Les volontaires à
les volontaires à cheval étoient
pied,
déjà réunis à la marine.
Arrivées à la place d'armes, les deux colonnes
se réunirent
pour se séparer de nouveau. Pendant que Padjudant-général
marchoit vers le Champ-de Mars avec un des deux obusiers
pris par son avant-garde aux dragons ci-devant
le géuéral
d'Orléans,
s'avançoit par la rue gai se trouve derrière la
comédic. A peine une partie de la troupe étoit-elle entrée
pied,
déjà réunis à la marine.
Arrivées à la place d'armes, les deux colonnes
se réunirent
pour se séparer de nouveau. Pendant que Padjudant-général
marchoit vers le Champ-de Mars avec un des deux obusiers
pris par son avant-garde aux dragons ci-devant
le géuéral
d'Orléans,
s'avançoit par la rue gai se trouve derrière la
comédic. A peine une partie de la troupe étoit-elle entrée --- Page 54 ---
(48)
dans cette rue 2 qu'anc décharge des hommes de couleur,
en bataille sur la place Moutarches, blessa ou tua plusicurs
marins et gardes nationales. La manière vigoureuse dont.cn
riposta, fit bientôt fuir les hommes de coulenr, qui se relirèrent dans la maison du gouvernement. Déjà la colonne
de Galbaud éioit maitresse du jardin et d'un des pavillous,
dans lequcl on trouva une toilette de femme remplie de
cartouches de fusil: : Vadjudantegénéral, de son côlé,étoit
fait jour à travers le feu des hoinmes de couleur; il étoit
au moment. 2 après avoir reçu dix coups de feu, de pénétrer dans P'aile droite du gouvernement, lorsue les hommes
de couleur, ne pouvant résister par la force, recoururent à
la trahison." Un officier de couleur lui RE des signes de SI1Spension d'armes ; il s'avança avec confiance 2 et comme il
étoit en pourparler de paix, moyennant qu'on livrât les
auteurs des maux de Saint-Domingue, pourêre envoyés en
France, une troupe de mulâtres vint fondrc sur lui; et sans
quilaiteule tems de se mettre cn défense, il sC vit entouré
d'une centaine d'hommes 2 qui l'ont porté cliez les commissaires. Sa colonne 2 ainsi privée de son chef, qu'elle n'avoitpu
défendre sans risquer de le tuer avec ceux quiPavoient asstilli,
se replia sur celle du général Galbaud. A pcine celte infame
trahison fut connue, qu'un crise fit entendre, allons à Parsenal!
ili nous faut du canon!On cessa donc Pattaque du gouvernement
pour marcher vers P'arsenal; 2 il. étoit, comme tous les aulres
postes 2 occupé par les hommcs de couleurqui,soit par crainte,
soit par tout autre motif, se rendirent sans qu'on tirât SIIl
eux un scul coup de fusil. Pendant que Galbaud Jeur représentoit lcs criminalités de Polverel et de Sonthonax; ; qu'il les
sommoit de dire hautement s'il avoit jamais, 2 par ses paroles
ou pars ses actions, mérité leur haine; pendant queles citoyene
de couleur, convaincus de l'erreur ot lcs avoient jetté
Polverel
,soit par crainte,
soit par tout autre motif, se rendirent sans qu'on tirât SIIl
eux un scul coup de fusil. Pendant que Galbaud Jeur représentoit lcs criminalités de Polverel et de Sonthonax; ; qu'il les
sommoit de dire hautement s'il avoit jamais, 2 par ses paroles
ou pars ses actions, mérité leur haine; pendant queles citoyene
de couleur, convaincus de l'erreur ot lcs avoient jetté
Polverel --- Page 55 ---
(49)
Polverel et Sontlionax, qui, pour Ics, animer contre lui,
le leur avoient dépeint come P'ennemi de leur couleur,
recevoient de cC général le baiser de paix, un détachement
des dragons, ci-devant ?Orléans, vint pour fondre sur les
-
citoyens, qui lcs envirohnèrent et les firent prisonnicrs avec
Lcblanc leur licatenant-coloncly et Polverel fils. Les
troupes de ligeg@pweidabaperde casernes, oùt Folverel
et Sonthonzx, aprèsles ayoir fait désarmer, lesavoient enfermées, sous la garde des nègres, domestiques de la ville,
qu'ils avuient depuis long-tems enrôlés 7 et à qui ils avoient
fait distribuer des armcs 2 vinrent se joindre à Galbaud. La
nuit commençoit à étendre son crèpe funebre sur cette ville
quele soleil venoit d'eclairer pour la dernière fois; on décida
de la passer à Varsenal; Oll se contenta dc faire de nombreuses patrouilles pour se metire à Pabri de toute surprise.
Polverel ct Sontbonax profitèrent de cet instant pour ouvrir
les prisons, d'oit ils tirèrent 700 nègres révoltés, pris les
armes à la main, et qui n'attendoient que l'instant de leur
supplice, que Polverel et Sonthonax avoient différé jusqu'ils savoient que ces hommes leur étoient
qu'alors, 2 parce
nécessaires. Après leur avoir donné la liberté, ils armèrent
lâchèrent dans la ville
bientôt fut
ces forcenés, qu'ils
qui
jonchée des blancs 3 qu'ils massacroient sans distinction
d'âge ni de sexe. Ils dépéchèrent vers Pierrot, chef des
nègres révoltés, firent offrir le pillage de la ville et la
liberié à sa troupe 2 s'il vouloit de 2 de concert avec les
mulâtres, exterminer la population blanche. Lassallc 9
qu'ils avoient nommé gouverneur par interim 2 qui par
lcurs ordres avoit marché sur le Port-su-Prince, étoit déjà
rendu au haut du Cap, à une-lieuc de la ville, avec un
nombre considérable d'hommes dc couleur ct de nègres
révoltés. Ces derniers 2 muitres de toute la ville, y excrD
à sa troupe 2 s'il vouloit de 2 de concert avec les
mulâtres, exterminer la population blanche. Lassallc 9
qu'ils avoient nommé gouverneur par interim 2 qui par
lcurs ordres avoit marché sur le Port-su-Prince, étoit déjà
rendu au haut du Cap, à une-lieuc de la ville, avec un
nombre considérable d'hommes dc couleur ct de nègres
révoltés. Ces derniers 2 muitres de toute la ville, y excrD --- Page 56 ---
( (50) )
cèrent des cruantés jusqu'alors incohnues. Lay
ct jes environs farent sur-tout les endroits
place Clagny
les plus grandes
où ils commirent
inquidiés
horreurs, parce gu'ils ne pouvoient y êtrc
par les patrouilles des
ils
tous les mugasins, qu'ils
citoyens; y défoncèrent
pillèrent après cn avoir
habitaas.
égorgé lcs
LEGILATFURK, est-ce ainsi qu'on vous a peint 'les
hommesdecolenr? On vons lesa représentés comme
de héres armés pour le mainticn des
antant
des délégués du
lois, pour la défanse
peuple français! On vous lcs a
accablés par le nombre, faisant de Icurs
représentés
aux cnvoyés de la
corps un rempart
république, et cimentânt de leur
Pautorité uationale!
sang
PERES DE LA PATRIE, jusques à quand vous
vous abuser par des homcs qui s'étonnent laisserezd'avoir pu ainsi vons en imposer?
eux-inêmes
Comparez ensemble ceux
que Pespoir du butin, la débauche, le crime avoient
semblés sous les bannièresde Polverel et de
Tasceux" que P'intéiêt de Ja chose
Sonthonax, et
raison,
publique, la justice, la
Phamanité, le devoir aroient ralliés autour de Galbaud, sous les couleurs nationales; 5 comparez Pune et Pautre
armée, et vous saurez bientôt quels étoicut ceux
défendoient les droits du peaple; quels étoient ceux qui qui
la faction des Brissot, des Vergniaux.
servoient
bientôt de quel côté éloient les amis de la
Vous les verrez
de la France, lesamis de la république; de patrie,
amis
quelcôté éloient
les satellites du royalisme 2 les souticns du fanatisme, les
suppôts de la lyrannic. Des houmes de coulenr, excités
Raymond ; 700 nègres brigands, condamnés au dernier par
smpplices plus de 1O mille nègres domestiquer; plus de 20
mnlle nègres révoltés par Blaxchelande, au Jiom du tyran,
, lesamis de la république; de patrie,
amis
quelcôté éloient
les satellites du royalisme 2 les souticns du fanatisme, les
suppôts de la lyrannic. Des houmes de coulenr, excités
Raymond ; 700 nègres brigands, condamnés au dernier par
smpplices plus de 1O mille nègres domestiquer; plus de 20
mnlle nègres révoltés par Blaxchelande, au Jiom du tyran, --- Page 57 ---
(5r)
maintenus dans leur révolte par des prétres; une poignée
de dragons ci-devant Orléans; quelques blancs encrotiés de
crimes, vendus an parti qui assuroit leur impunité : lels
étoient les hommes que Polverel et que Sonthonax oppos
sèrent à la marine de la république, à la marine du com:
merce 2 anx tronpes de liguc, aux volontaires nationaux,
à la garde nationale, aux cultivateurs, aux propriétuires, ,
en un mot 2 à tous les blancs!.. Maintenant, jugez dé quel
côté étoient les assassins 2 les incendiaires; de quel côté
éloient les victimes... Faudra-t-il prouver encore que ce ne
sonti niles matelots, ni Jes citoyens qui ont eu l'atroce lâcheté
de tirer des fenêtres des maisons sur les citoyens de couleur,
mais bien cesmêmes hommes qui, barricadés chezeux, frappoient, à coupsir, ceux que le hasard mettoit à leur portée?
faudra-t-il encore prouver que ce sont les nègres domestiques que Polverel et Sonthonax avoient depuis longtems secrètement enrôlés ; qui, après avoir égorgé leurs
maitres, s'étoient emparé de leurs armes, 2 et s'en servoient
pour tirer sur les blancs?
LEGISLATEURS, outre le témoignage de plus de IO mille
français, vous avezen votre possession les preuves matérielles
de ce que j'avance.
On vous a dit que les dragons ci-devant d'Orléans, 3 les
ciloyens de couleur faits prisonniers dans cette journée,
avoient été, les uns massacrés, les autres outragés, battus 2
mmutilés, enfin jetés à fond de cale : je ne n'abaisserai pas
à répondre à cette calomnie ; interrogez l'équipage du vaisseau l'Eole 3 interrogez toule la marine; interrogez Polvcrcl
fils,lui-mémc, Leblanc, ces dragons sur lesrquels on cherche
à émouvoir votre pitié, ils confondront les inposteurs, ils
vous. diront quc les prisonniers de couleur, loin d'avoir
D 2
, enfin jetés à fond de cale : je ne n'abaisserai pas
à répondre à cette calomnie ; interrogez l'équipage du vaisseau l'Eole 3 interrogez toule la marine; interrogez Polvcrcl
fils,lui-mémc, Leblanc, ces dragons sur lesrquels on cherche
à émouvoir votre pitié, ils confondront les inposteurs, ils
vous. diront quc les prisonniers de couleur, loin d'avoir
D 2 --- Page 58 ---
(52)
éprouvé de mauvais traitemens, ont été rendus à la liberté,
déposés àt terre avant le départ de la flotte. Mais que ceux
qui viennent feindre de s'apitoyer sur les malheurs d'une
colonie qu'ils ont bouleversée; que cenx qui viennent
prc-
'clamer l'imnocence de Ces nonveaux Erostrates, qui ne sont
connus que par leurs crimes; que Ces honmcs vous disent
ce que Polverel ct Sonthionax ont fait des infortunés que la
trahison a fait tomber entre lcurs mains ! qu'ils vous disent
ce qu'iis ont fait de P'adiudant-général, César Galband, ce
répabliesinamstère! cc qu'ils unt fait des femmes, des enfans
qui n'ont pu leur échapper N'en doutez pas 2 légisJateurs, nous n'avons plus que des larmes à donner à leur
ménoire ; nous n'avons plus que leurs cendres à venger
FRANGATS, vous dont lcs enfans, après avoir bravé les
dangers d'une traversée pénible 3 d'un climat meurtrier,
pour aller, sous un ciel de feu , servir la cause du peuple,
sont tombés souS le poignard des assassis armés par Polverel et par Sonthonax, souffrirez-vous qu'on les persécule
encorc après leur mort? Soullrirez-vous que dans le sein
même de vos représentans, on vienneles peindre àla France
entière, comme des brigands allérés de sang et affamés de
pillage? Non..
vous les vengerez. -
Législateurs,
interpellez les envoyés de Polverel et de Sonthonax, qu'ils
expliquent comment, puisque lcurs satellites ont obligé ceux
qu'ils appellent lcs révoltés, d'abandonner tous les quartiers
pour sC retirer à l'arsenal; comment, dis-je, ils ont pu piller
et brûlerla ville, qui éloit en possession de ceux qu'ils combattoient ? Mais S'ils veulent qu'on les croie, qu'ils soient
donc daccord avec eux-mémes.
21 Juin.
LEOISLATEURS,4ie déchiré VOS cocurs par lc: récit affreux
lcurs satellites ont obligé ceux
qu'ils appellent lcs révoltés, d'abandonner tous les quartiers
pour sC retirer à l'arsenal; comment, dis-je, ils ont pu piller
et brûlerla ville, qui éloit en possession de ceux qu'ils combattoient ? Mais S'ils veulent qu'on les croie, qu'ils soient
donc daccord avec eux-mémes.
21 Juin.
LEOISLATEURS,4ie déchiré VOS cocurs par lc: récit affreux --- Page 59 ---
(53)
des scènes ensanglantéés du 20 juin ; cependant elles ne sont
lc prélade des attrocités que méditoient Polverel et Sonque
le
suivant a vu s'exécuter. Dès le matin
thonax, et quc jour
du 21, Vergniaud ct Garnier, commissaires du pouvoir
exécutif, crioient aux nègres dans toutes les rues : ( Amis 7
> vous êles libres 2 si vous vous réunissez aux commissaires
la race
courezauprès d'eux,
> civils pouranéantir
blanche;
>> ilt vous armeront >. Galbaud envoya des patrouilles pour
faire des reconnoissances; ; tous les citoyens qui avoient pu
se soustraire au couteau de leurs domestiques, s'étoient réunis à Parsenal et conjuroient Galbaud de ne point abandonner, à la fureur de ces monstres. 2 les restes de la population blanche : vers neuf heurcs du matin, Parmée sortit de
l'arsenal sur quatre colonnes 3 la première, commandéc par
Galbaud, s'avança avec une pièce de 24 par le marché aux
blancs, et de-là par la rue qui conduit directemeat an gouvernement; les trois autres, avec chacune une pièce de 4
leur marchc.
ou un cbusier, y dirigerent également
Ici recommencent le meurtre. 2 les assassinats 2 en un mot
toutes les horreurs de la veille. Chaque maison 2 remplic de
nègres armés, et qui faisoient, des fenêtres, un feu contimuel, étoit un fort qu'il falloit emporter d'assant ; de manière
que chaque pas coûtoit une victoire. Ces conbats partiels
retardèrent la marche des colounes qui, ayant pins cu moins
d'ennemis à combattre ) ne purent arriver en méne-lems
pour ne former qu'une seule et même attaquc. Deja tcus
les nègres et mulâtres avoient été obligés de se reirer au
gouvernement, lorsque les commissaires voyant qu'ils alloient
être enveloppés, prirent la fuite ci emmenèrent aycc cux
Vadjudani-ginéral . garrotié comme u forçat, au milieu
d'unc double haie de nègres et de mulitras, au nombre de
D 3
nt arriver en méne-lems
pour ne former qu'une seule et même attaquc. Deja tcus
les nègres et mulâtres avoient été obligés de se reirer au
gouvernement, lorsque les commissaires voyant qu'ils alloient
être enveloppés, prirent la fuite ci emmenèrent aycc cux
Vadjudani-ginéral . garrotié comme u forçat, au milieu
d'unc double haie de nègres et de mulitras, au nombre de
D 3 --- Page 60 ---
(54)
plus de 3co. Comme ils sortoient da
nommé Dafay donna Pordre de mettre le gouvernement, feu
le
: Metlesle
Feu par-toul, crioit-il de toules seS forces, brilez tout!
qu'ils soient lous grillés comme des
le
est ce yous
cochons; pillege
2 brarer-répuilicains ! ce sont SCS propres
expressiens. Après CCS monstrueux ordres, dictés par lcs
commissaires, ils continuèrent à fuir à grande hâte vers le
baut du Cap. Galbaud n'apprit passans
scelératsarcient
peine que ces deux
échappé à la vengeance nationale; toujours
avare du sang de ses concitoyens 5, et ne faisant point la
guerre aux hommes de couleur, mais bien à Polverel et à
Sonthonax, que la convention décrétoit en méme-tens d'accusation, il ordonna de SC retirer de nouveau sur
d'oit il donna à Nauily, conmandant du cordon dc Parsenal,
l'ordre d'arrêter les
POuest,
commissaires, en cas qu'ils voulnssent
aller cacher lcurs crimes chcz les espagnols. Les hommes de
couleur, enhardis par celte retraite, sortirent du gouvernemcnt, et rerommencèrent leur feu. Il fallot encore s'ouvrir
un chemin à travers une gréle de balles qui partoient de
toutes paris ; cette manière de combattre avoit emplché de
conserver un ordre régulicr. Les hommes de couleur profitèrent de cetle espèce de tumulte pour tomber sur cenx à
les nègres, cachés dans les maisons ou abrités derrièrelesileis, qui
disputoient le, passage. Accablés parle nombre, ils ne purent
ronserver leurs rangs 2 ni résister à un ennemi sans cesse
renaissant; il ne leur resta plus d'autre parti que la fuite.
Les colonues déjà rendues à Parsenal, protégèrent leur
retraite; quelques citoyens, clrayés de la foule d'ennemis
qui les poursaivoient en jetant des cris épouvantables, nc
se croyant pas ClI surcté à l'arsenal, firent part à Galband
de leur crainte, le conjurant de ne point s'exposer davantuge. Voyant sa résolution de resier i, son poste, ct d'y
il ne leur resta plus d'autre parti que la fuite.
Les colonues déjà rendues à Parsenal, protégèrent leur
retraite; quelques citoyens, clrayés de la foule d'ennemis
qui les poursaivoient en jetant des cris épouvantables, nc
se croyant pas ClI surcté à l'arsenal, firent part à Galband
de leur crainte, le conjurant de ne point s'exposer davantuge. Voyant sa résolution de resier i, son poste, ct d'y --- Page 61 ---
(55)
périr s'il le falloit, ils Pentrainèrent de forco dans une
embarcatio", ct de-là à bord du Jupiter. Cependant la manière dont on riposta à P'attaque des nègres, icur Gt payer
cher le moment de succès qu'ils venoient d'avoir.
Galbaud proposa à Cambis, commandant la s'ations 7 de
recevoir sur les bâtimens tous ceux qu'on pourroit arracher
à la mort. De faire de suite partir le convoi, et dese retirer
avec toates les forces au mole Nicolas, Gibraltar de SaintDominguc 7 de s'y défendre jusqu'à CC que la Convention
nationale fit instraite des nouveaux malheurs qui afiligeoient
cetle colonies et desauver, par ce moyen, les autres quartiers" de la destrnction qui Jes menaçoit 2 si Polvercl ct
Sonthonax pouvoient en approcher. Mais CC concitoyen de
Brissot, qui avoit voula SC ménager les deux partis, se déclara alors pour celui contre lequel il avoit feint de servit,
et il rcfusa d'adopter cette mcsure, la seulc qui pât mctire
les restes dela colonie à Pabri des attaques des anglais, 2 dont
l'orgueil n'attendoit que le moment favorable pour venir, y
arborer le pavillon de Georges 5 des espaguôls, 2 qui briloient
dy promener. , avec leur indolence, les bannières du fanatismes enfin, de Polvercl ct de Sonthonax, dont la marche
s'annosçoit par le meurtie; dont la rage s'alimentoit par le
sang des victimes.
Comme On1 voyoit à chaque instant arriver des malheureux
qui échappoient aux satellites des commissaires, O plaça
stir une hanteur une pièce de dix-huit qui,en écartant les
nègres, facilitoit à tous cenx que le fer n'avoit point encore
atteint 2 leur retraite sur Parsenal. Furieux de n'avoir pu
chasser de ce poste les citoyens blancs, etleur ôter tons les
moyens de se sonstraire à Parrèt de mort qu'avoient prononeé
contre eux Polverel et Sonthonax 2 les nègres et mulâtres
D 4
ça
stir une hanteur une pièce de dix-huit qui,en écartant les
nègres, facilitoit à tous cenx que le fer n'avoit point encore
atteint 2 leur retraite sur Parsenal. Furieux de n'avoir pu
chasser de ce poste les citoyens blancs, etleur ôter tons les
moyens de se sonstraire à Parrèt de mort qu'avoient prononeé
contre eux Polverel et Sonthonax 2 les nègres et mulâtres
D 4 --- Page 62 ---
(56)
exécutèrent l'ordre que lenraroitd donné en
commissaires lâche
fuyant,avec les
2 le
Dufay. La maison du citoyen Leclerc,
accusateur public ) distingné par son
fut
premières livrées
patriotisme, 2
une des
aux flammcs, par ces hommes dont le vin
angmentoit encorela fureur. En vain on essaya d'éleindre P'incendie, les hordes commissoriales en empéchoient
IL éloit alors quatre heures après-midi. Le l'approche.
citoyens fat à son
désespoir des
comble; ce n'étoit point assez d'avoir
à pleurer la nort de leurs parens, de leurs amis, Polverel
et Sonthonax voulurent qu'ils fussent encore les témoins
de l'inéautissement de leurs propriétés. Bientôt l'incendie
élendit ses ravages dans plusicurs uartiers de la ville.
Cependant on résolut de tenir à Parsenal, et de ne Pabandonner qu'à la dernière extrémité.
LÉGISLATEURS, les ruines seules de cette ville attestent
qu'elle a existé ; les habitans en ent ét6
égorgés, un
nombre a fui, et ce sont eux, eux qu'on accuse
petit
la France entière d'aroir
en face de
bouleversé leurs propriétés! On
vient, d'un air, aul-.sireiearetiypecideys
Polverei et Sonthonax , ce mensonge absurde répéter, d'après
et digue des
mille et une nuits; le colon s'est brûlé pour ne
ses dettes!le colon s'cst assassiné
pas payer
lai-mépe, il a égorgé S:l
femmc, SCS enfans, ses amis en haine de la révolution ! il
s'est rangé du côté de ceux qui Pavoient pillé 6 crime!
6 honte!
Mandataires du peuple, connoissez toute la scélératesse de
CCS deux hiommes 5 pendant que les nègres Cl les mulâtres
se baignoient dans le sang de nos
pendant
les envoy és des comnissaires, marchandoient coucitoyens;
ae
avec Pierrot
lcs crimes purils craiguoient de ne pouvoir consonimer assez
vite 3 Polverel et Sonthonax rédigeoient une proclamation
côté de ceux qui Pavoient pillé 6 crime!
6 honte!
Mandataires du peuple, connoissez toute la scélératesse de
CCS deux hiommes 5 pendant que les nègres Cl les mulâtres
se baignoient dans le sang de nos
pendant
les envoy és des comnissaires, marchandoient coucitoyens;
ae
avec Pierrot
lcs crimes purils craiguoient de ne pouvoir consonimer assez
vite 3 Polverel et Sonthonax rédigeoient une proclamation --- Page 63 ---
(57)
qui met le comble à leurs forfaits, puisqa'ils y trafiquent de
la liberté , qu'ils vendent pour des assassinats. Législateurs,
lisez 2 lisez cette proclamation * enfant de la rage ct de la
trahison, elle est sous vos yeux Elle suffira, sans doute,
pour vous convaincre que Polverel ctSonthonax SC jouoient
dc la souveraineté nationale qu'ils usurpoient 2 ct vouloient
rendre la république complice de leurs actes humanicides..
S'il éloit possible, comme ils ont la coupable audace de le
dire 2 qu'ils n'eussent agi que d'après la volonté exprimée
de la nation ; si la nation avoit réellement commandé la
révolte des nègres, l'incendie des propriétés 2 la violation des
si enfin
personnçs, 2 le massacre de la population blanche;
telle cût élé la volonté nationale, que St.-Domingue ne fàt
plus qu'un vaste champ de carnagc, de crimes 2 de misères,
de désolation ; les exécutcurs de CCS monstrucuses vulontés,
nc peuvent pas plus que le bourreau, êgre responsables de
Piniquité et de la barbarie d'une sentence de mort, que CC
dernier qui la met à exécution. Pourquoi ont-ils donc payé
des hommes pour plaider lear cause, qui seroit celle de la
nation ? pour pallier des forfaits 2 qui seroicnt ceux de la
nation ; culin pour rejeter 2 sur des innocens 2 les atrocités
dont la nation seule seroit coupable Mais qu'cspèrent
donc les amis de Polvercl et de Sonthonax, des accusations
qu'ils viennent répandre? Prétendent-ils qu'avec l'éponge
de leurs menaces, de leurs calonnics, nouveaux Caligulas,
ils fermerontla bouche des citoyens suppliciés par les bourreaux de Brissot ? ils parleront, et rien ne les empéchera de
vouer leurs assassins à l'exécration de la postérité !
LEGISLATEUT RS, je ne veux point profiter des aveux
échappés aux apologistes des dcux tyrans de Suini-Domingue,
pour prouver la noirceur, la fausscté des acccusatious forgées
aces, de leurs calonnics, nouveaux Caligulas,
ils fermerontla bouche des citoyens suppliciés par les bourreaux de Brissot ? ils parleront, et rien ne les empéchera de
vouer leurs assassins à l'exécration de la postérité !
LEGISLATEUT RS, je ne veux point profiter des aveux
échappés aux apologistes des dcux tyrans de Suini-Domingue,
pour prouver la noirceur, la fausscté des acccusatious forgées --- Page 64 ---
(58 )
par Polverel et pars Sonthonax eux-inêmes; il me reste assez
d'autres moyens pour les confondre. On a dit, mais vous
n'avez pu le croire, que Galbaud avoit juré la ruine du
On convient que tous lcs marins étoient prêts à seconder Cap.
ses
projets; ne lui sulfisoit-il pas 2 si tel cût élé son dessein,
di'ordonner, comme Polverel et Sonthonax l'avoient fait au
Port-au-Prince, aux vaisseaux embossds sur la ville, de la
réduire en poudre ? Par-la,il eût frappé des coups d'autant
plus strs, qu'on n'auroit pu lui riposter. On a dit que les
commissaires avoient bien fait de ne pas accéder à la
sition qui leur fat faite de se retirer aux
propo-
> est certain
casernes; ; ( car on
qu'l y avoit là des hommes apostés pour les
> égorger ail moment où ils entreroient >. Si or n'éloit
persuadé que de. toutes les betes
un
pas
plus farouche
sauvages, tyran est la
ct la plus sanguinaire 2 je m'attacherois à démontrer le ridicule d'une telle crainte Cromwel aussi
craignoit les assassins... et Denis
dc
2 fyran
Syracuse, fit
périr Martial, parce qu'il avoit rêvé qu'il lui coupoit la
gorge Ona ditqu'ily. avoit, dans le vestibale du
nement, dans les salles d'enbas,des hommes
gouverquin'attendoient
que le mnoment d'assaillir les commissaires ct les homnes da
4 avril ; ces hommcs éloient donc du parti de Galband?
mais comment SCS partisans SC seroient-ils exposés all feu de
ceux qu'ils servoient, cl à être éerasés avec ceux p'ils votlloient assassiner? On a ditqu'on avoit tiré à boalets
sur les soldals de Polrerel et de
rouges
Sonilionax, ct que c'étoit
par-là qu'on aroit commencé l'incendic de la ville :
les accusatenrs
que
répondent : qui a tird CCs houlets rouges?
Sont-ce lcs vaisseaux P il n'est
pas parti l11 scul
de canon de la rade. Est-ce le Mornetzil n'existe
coup de
point
fourneaux; il ne pevt y en exister, puisqu'il Cst aticnaut au
magasin à poudre. Est-ce Parsenal? il n'y a pas plus de
par-là qu'on aroit commencé l'incendic de la ville :
les accusatenrs
que
répondent : qui a tird CCs houlets rouges?
Sont-ce lcs vaisseaux P il n'est
pas parti l11 scul
de canon de la rade. Est-ce le Mornetzil n'existe
coup de
point
fourneaux; il ne pevt y en exister, puisqu'il Cst aticnaut au
magasin à poudre. Est-ce Parsenal? il n'y a pas plus de --- Page 65 ---
(59)
fourneaux qu'au Mornet, et on y court lcs mênies dangers. Cependant lc hasard ne rougit pas tout-à-coup des
boulets, il faut du feu, oi ena-t-ilééallumé ? on a dit que
les citoyens du 4 avril avoient pris, sur les rebelles , des
canons, des drapeaux aux cravates blanches 3 que n'est-il
permis de dire nettement et brusquement,ils en ont menti
Colons infortunés! vous, braves marins, vous, soldats dunt
le sang a plus d'une fois coulé pour la défense de votre
pays; et vous 2 jeunesse aussi malleureuse que guerrière,
qui n'avez quitté vOs foyers que pour voler ou vous appeloit
la voix de la patrie; c'est, vous quc Polverel et que Sonthonax accusent d'avoir arboré lcs coulenrs du royalisme,
que vous n'avez cessé de combattre! du royalisme 2 dont
Polverel et Sonthonax avoient scrupulousement conservé
toutes les traces 2 dout ils se sont déclaré les défenseurs,
dont ils éioient les envoyés! soufftirez-vous plus long-tems
que le soupçon pèse sur vous? Non..
Hommes infames, que les liens du crime attachent aux
destructeurs de Saint-Domingue, avez-vous pu croire que
votre effronterie en imposeroit à ceux que vous calomniez,
et que les malleurs qu'ils ont essuyés, leur auroiont ôté lc
courage de vous démentir? Non. L'énergie qu'ils ont montrée eubrisant la verge de fer de Polverel et des Sonthonas,
ils la nontreront cncore pour vous poursuirre ; parce
qu'entre le criuc et la vertu, le patriotisme et Vintriguc,
il ne peut y avoir d'intermédiaire que l'échafaud.
LEGIRLATEURS, vous n'ignorez pas quc depuis trois ans,
les nègres révoltés combattoient pour le tyran, sous lc pavillon blanc. Commnent s'ost-il fait, que tout à coup, dans
un instant, à la voix de Polverel et de Sonthonax ils' soient
derenus les soldats de la république, et que ceux gai
n'avoient cessé de les combatire, aent au même monient et
y avoir d'intermédiaire que l'échafaud.
LEGIRLATEURS, vous n'ignorez pas quc depuis trois ans,
les nègres révoltés combattoient pour le tyran, sous lc pavillon blanc. Commnent s'ost-il fait, que tout à coup, dans
un instant, à la voix de Polverel et de Sonthonax ils' soient
derenus les soldats de la république, et que ceux gai
n'avoient cessé de les combatire, aent au même monient et --- Page 66 ---
(60)
ses ennemis?.
Interrogez les marins; inferrogez les
soldats; interrogez les citoyens, tous vous diront, comme
moi, que les homnmes de couleur n'ont pu nous enlever de
drapeaux, ni blancs, ni noirs, ni parsemés de lleurs-de-lys;
puisqu'il est vrai que nous n'en avions aucun, 3 et que le pavillon tricolor étoit le seul qui flottât, sur tous les laimens. Mais est-il besoin de prouver la fausseté d'inculpation
que tout dément, et que vous n'avez pu croire.
22 Juin.
GALBAUD écrivit aux commissaires pour lcur proposer
l'échange de Padjudani-général, contre le fils de Polverel.
Ccs deux hommes qui savvient bien, que la flotle ne ponvoit partir de suite pour France, manquant des choses nécessaires pour la traversée: et que Genet, leur complice
dans les Btats-Unis, ne manqueroit pas de leur rendre cet e
otage, répondirent: C que l'honneur de la république ne
* leur permettoit pas d'accepter cet échange, parce qu'il n'y
> avoit entre Pun et l'autre prisonnier, nulle comparaison à
3 fuire; que Polverel fils, avoit été pris et arrêté contre
> toutes ics lois, puisqn'il étoit en parlementaire; que Gal-
> band joune, au contraire, avoit 616 pris les armes à la
> main, à la tête d'ane troupe de révoliés, ct que CC criD minel de lèze-nation, appartenoit à Ja république; qu'ils
> n'avoient pas le droit d'en disposer.> Législateurs, Y'ignore
si d'est c1 chargeant les citoyens à la têtc dcs dragons cidevant d'Orléans, que Polverel fils, prélendoit obtenir les
égards qu'on cst convenu d'accorder aux parlementaires;
imais je sais que, puisque les commissaires regardoient César
Galband comme un criminel de leze-nalion, iis devoient se
hâter de l'envoyer à ses juges naturels: ils n'en ont ricn
.> Législateurs, Y'ignore
si d'est c1 chargeant les citoyens à la têtc dcs dragons cidevant d'Orléans, que Polverel fils, prélendoit obtenir les
égards qu'on cst convenu d'accorder aux parlementaires;
imais je sais que, puisque les commissaires regardoient César
Galband comme un criminel de leze-nalion, iis devoient se
hâter de l'envoyer à ses juges naturels: ils n'en ont ricn --- Page 67 ---
(6r)
fait; pourquoi? Qu'ils ne disent pas qu'ils n'ont pu le faire
partir; car le même bâtiment qu'ils ont frété d'apologistes,
auroit,s'ils eussent voulu, amené le nérintotundeCallaul
Mais ils étoient certains que Genet, agent
droit à la liberté, Polverel fils,
brissotin, renLeblanc, et tous les dragons d'Orléans 3 et empécheroit. 2 par tous les moyens Galbaud de partir pour France ; qu'ainsi, retenant l'un dans 2 les
Etats-Unis, l'autre dans les cachots de
leurs calomnies,
Saint-Domingue;
que personne ne démentiroit,
pour des vérités; que la France, toujours
passeroient
seroitj jouir des fruits de leurs crimes, dont trompée, les laisles victimes seules
eussent porté la peine et Pinfamie.
Dès le matin du 22, les nègres révoltés au nombre
plus de 15,000, appelés par les fréquens
de
verel et de
envoyés de PolSonthonax, franchirent les
et
avoir fait publiquement
montagnes, après
avec les commissaires, leur accord
du pillage, ils fondirent dans la ville, la torche d'une
et le poignard de l'autre. Bientôt toutes les
main
chées de
rues furent joncadavres; ; tout devint la proie des flammes.
lateurs
Légis
2 que n'avez-vous entendu les
joies criminelles des commissaires
imprécations et les
2 lors des
du
pillage, et à la vue du Cap en feu! Vous auriez massacres,
tout l'enfer se réjouir de P'embrâsement
cru voir
la chàte du ciel!
de Punivers et de
Vers les neuf heures du matin, Galband
descendit à
quelques citoyens, tant militaires que de la
terre;
à travers les coups de
ville, parvinrent
fusils, et les ruines qai
de toutes parts, à sortir des
s'écrouloient
casernes 3 et
de sang à V'arsenal; ils conjurèrent
arrivèrent, couverts
Galband de
cours à plus de 600 femmes et
à
porter SCligne,
enfans, toute Ia troupe de
qui y étoient enfermés, assurant
que le feu y avoit
a
aires que de la
terre;
à travers les coups de
ville, parvinrent
fusils, et les ruines qai
de toutes parts, à sortir des
s'écrouloient
casernes 3 et
de sang à V'arsenal; ils conjurèrent
arrivèrent, couverts
Galband de
cours à plus de 600 femmes et
à
porter SCligne,
enfans, toute Ia troupe de
qui y étoient enfermés, assurant
que le feu y avoit
a --- Page 68 ---
(62)
déjà é16 mis plusieurs fois, ct ae ces malheureux ne pouvoient manquer, ou d'y être dévorés par les flammcs, Oil
égurgés par les nègres quele vin eti'appât du butin avoient
rendus si furienx, qu'ils s'entrefusilloient pour s'arracher les
dépouilles. Mais lincendie, qui continuoit ses ravages,avoit
déjà gagné lcs environs de l'arsenal; il ne fut plus possible
d'cn sortir. La rapidité avec laquelle le feu se propageoit. 2
fit craindre pour Ja flotte entière, que l'expiosion du magaisin à poudre, situé atl bord de la mer 2 n'auroit pas manqué d'engloutir, Galbaud donna les ordres pour lc faire
évacuer, et en transporterles poudres à bord des vaisseaux
de la république. On vint aussi Pavertir que les nègres tournoient le Morne de la Providence pour venir, par les derribres,emparer des foris Picolei, Saint-Joseph et du Grigris; et empécher, par ce moyen, la sortie d'un seul batiment; il ordonna d'en enclouer les canons. Législateurs,
combien de fois il a di s'applaudir de cette sage précaution,
quia conservé à la répablique un couvoi innense, à la
patrie une foule de citoyens; Porsqu'il a vu, après la retraite, les brigands voler en foule à ces forts, d'oût ils comptoient encore exécuter leur dessein, et noyer ceux qu'ils
n'avoient pu égorger! ! Cependant 011 tint toujours bon à
l'arsenal, ct de tems en tems on sauvoitsquelques malheureux.
Représentans du Peuple 2 Galband vous a apporté les
preuves écrites de tous ces forfaits, commandés par Polverel
el par Sonthonax, ct cxécutés par des hommes encore bruts; 5
par des honmes dont la plupart viennent de hordes d'antropophages, et que la guerre qu'ils font aux blanes, depuis
trois ans, rend encore plus féroces. Cc sont les défenseurs
de Tolverel et de Sonthonax qui cn convienneut cux-mêmes.
Joignez-y le ldmoignage de plus de 12,000 frangais; joignez-
its, commandés par Polverel
el par Sonthonax, ct cxécutés par des hommes encore bruts; 5
par des honmes dont la plupart viennent de hordes d'antropophages, et que la guerre qu'ils font aux blanes, depuis
trois ans, rend encore plus féroces. Cc sont les défenseurs
de Tolverel et de Sonthonax qui cn convienneut cux-mêmes.
Joignez-y le ldmoignage de plus de 12,000 frangais; joignez- --- Page 69 ---
(63)
y le lémoignage des anglosaméxicains qui comptent tanssi des
victimes paru nos concitoyens égorgés, et qui ont les yeux
ouverts sur ce que vous aliez décider!.
Ltorstareas,je vais encore, 2 malgré moi , porter la
douleur dans VOS ames. ; mais Phumanité ne cric
dois
que je ne
pas 2 pour ménager votre scusibilité 7 vous taire des
crimes dont elle demande vengeance. Françuis, les faits
suivans 2 en excitant tout à Ja fais Phorreur la
Padmiration 2 vont vous peindre d'un trait lc 2
pitié 5
les atroccs cruautés des coummissairés
désespoir que
lcs
avoicnt jeté dans tous
coeurs!
La citoyenne Custe, pleurant la mort de son mari, environnéc de satellites dégodtans d'un
celui de
sang qu'elle croit être
son époux; ne voyant autour d'clle que cadavres,
que ruincs ; soutenant, avec peinc 2 d'une
un
enfant qu'elle
main, jeune
allaitoit, , conduisant dc l'autre l'ainé de SCS
fils, savance, cn chancelant, vers le bord de la mer; 5 elle
s'y arrête quelque tems 3 elle considère ses enfans qu'elle
baigne tour-à-tour de sCs pleurs; elle cherche en vain des
yeux la. ville qui a déjà disparu dans les flammes ; elle
appelle son éponx, puis serrant contre son coeur les-tristes
fruits de son hymen 1 dont les mains innocentes s'cntielacent autour de son col 3 infortanés, s'écrie-t-elle
voix entrecoupée par les sanglois ! votre
d'une
père est mort,
parce qu'il a ainié son pays 5 périssez avant d'avoir connu
le malheur : elle dit, ct au même instant elle sC
dans les flots!
précipite
Pères de la Patrie, vous contenterez-y vons de donner de
stériles Jarmes à Ja mémoire de cette autre citoyenne
ne pouvant, par ses prières 2 par ses gémissemens, arrêter qui,
voix entrecoupée par les sanglois ! votre
d'une
père est mort,
parce qu'il a ainié son pays 5 périssez avant d'avoir connu
le malheur : elle dit, ct au même instant elle sC
dans les flots!
précipite
Pères de la Patrie, vous contenterez-y vons de donner de
stériles Jarmes à Ja mémoire de cette autre citoyenne
ne pouvant, par ses prières 2 par ses gémissemens, arrêter qui, --- Page 70 ---
(64)
la brutalité des meurtriers de son époux 2 préféra la mort
au déshonneur; et montra 2 en se poignardant aux yeux de
ses ravisseurs 2 l'effroi que lui inspiroient et leurs crimes et
leur odieuse présence ? Non. La mort de Lucrèce fut vengée
par l'expulsion des Tarquins, et donna la liberté à Rome;
le sang de cette femme, dont le courage a égalé la verlu,
sera vengé par le supplice des traitres, et rendra à SaintDomingue la paix qu'en ont bannie Polverel et Sonthonax.
23 Juin.
Tous les marins 2 tous les citoyens excédés de fatigne, 2
se rendirent sur les diftérens bâtimens qui étoient encombrés
de femmes de toute couleur 3 d'enfans qu'on étoit venu à
bout de sauver pendant lcs trois jours qu'on avoit tenu à
l'arsenal. Chacun avoit quitté cette ville dontil ne restoit plus
d'intact que le quartier qui avoit été occupé par Galbaud,
ainsi que le prouvent les plans antérieurs et postérieurs à
Fincendic, déposés à votre comité de sûreté générale. Si,
comme on vous la dit, les citoyens avoient voulu y mettre
lc feu, je lc demande aux délateurs ; qui les en a empéché
pendant trois jours qu'ils en ont été maîtres ? A six heures
du suir, le contre-amiral Sercey fit le signal d'apareillerT'équipage du Jupiter 2 sachant que quelques chefs de la
marine, complices dcs commissaires, tramoient dans le silence,
et cherchoient les moyens de livrer Galbaud entre les mains
dc CCs monstres 2 vint le chercher sur la Normande, et le
conduisit à son bord. En vain Cambis voulut s'obstiner à
rester dans la rade 2 son équipage 2 qui ne pouvoit plus
douter de SCS intentions 2 le força à se préparer à partir.
Un grand nombre de canots chargés de nègres parcourant
la rade, obligea à y faire dc fréquentes patronilles pourles
écarter
livrer Galbaud entre les mains
dc CCs monstres 2 vint le chercher sur la Normande, et le
conduisit à son bord. En vain Cambis voulut s'obstiner à
rester dans la rade 2 son équipage 2 qui ne pouvoit plus
douter de SCS intentions 2 le força à se préparer à partir.
Un grand nombre de canots chargés de nègres parcourant
la rade, obligea à y faire dc fréquentes patronilles pourles
écarter --- Page 71 ---
(65)
écarter, et prévenir les accidens qu'on avoit trop lieu de
craindre.
24 Juin.
Le 24 juin, la flotte mit à la voile sous les ordres di
contre-amiral Sercey. Législateurs 2 que ne puis-je vous
rendre iei ce qui se passa alors dans P'ame de ces citoyens,
à qui on ne rougit pas de donner l'épithète d'émigrans, 2
que le fer, la flamme chassoient d'une terre jadis si florissante, 2 mais qui n'offre plus aujourd'hui que le spectacle
hideux dun vaste cimetière couvert de ruincs. Qu'ils étoient
tristes. les regards qu'ils fixoient sur leur patric encore en
feu ! Qu'ils étoient déchirans les cris que leur arrachoit la
douleur ! Représentans du Peuple, on a essayé d'épuiser
votre pitié sur le sort des assassins parricides qui ont détruit
Saint-Domingue, et que la mort a frappés avant qu'ils aient
I pu consommer leurs crimes ; je viens vous présenter le
tableau plus vrai d'une foule de français qui fnient malgré
eux lc pays qui lcs a và naitre ; ils tendent en vain les
bras vers cette terre qu'ils ont arrosée de leur sang; ; leurs
yeax immobiles semblent y être attachés 7 ils la cherchent
encore lorsqu'ellea disparu! Que ne puis-je vous peindre
la doulcur, la censternatipn de ceux qui, enccre entre lcs
mains de Polverel et de Sonthonax, voient avec la flotte
s'éloigner leur espérance. Lc désespoir, lazage, la fraycur
sont dans leurs yeux, sur leur front, dans leurs gestes; il
ne leurreste que Paltente certaine d'une mort d'autant plus
cruelle qu'elle est plus long-tems différée. O ma Patriel
tant de forfaits seront-ils impunis ?
Hommes vils qui vencz débiter ici les calomnies que
Genct d'a cessé de répandre dans les Etats-Unis contre le
E
'éloigner leur espérance. Lc désespoir, lazage, la fraycur
sont dans leurs yeux, sur leur front, dans leurs gestes; il
ne leurreste que Paltente certaine d'une mort d'autant plus
cruelle qu'elle est plus long-tems différée. O ma Patriel
tant de forfaits seront-ils impunis ?
Hommes vils qui vencz débiter ici les calomnies que
Genct d'a cessé de répandre dans les Etats-Unis contre le
E --- Page 72 ---
(66)
colon 1 prétendez-vous donc lui ôtér le pouvoir de se plaindre ?.. Il est expirant dans les angoissés de Vinfortune';
craignez- vous donc, que dans les derniers momens de sa
douleur, il n'accuse trop véhémentement la facticn sous les
coups de laquelle il se débat encore aujourd'hui? Hommes
de bronze, laissez les victimes de Brissot accuser leurs assagsins ; laissez-les les montrer encore couverts de leurs dépouilles'; laissez-les rendre libremert.Je dernier soupir 2 sur
te terre étrangère 5 laissez au moins une issue à leur ame
25 Juin.
Déjà on avoit perdu de vue la flotte 2 il ne restoit plus
en rade que deux navires chargés de poudre que Cambis,
malgré les observations de Galbaud, 2 et les remontrances
de son équipage 2 s'obstina à couler bas les vaisseaux le
Jupiter 2 P'América de 74, et la frégate la Fine. Le capitaine de P'América , n'osant, comme il l'avoit fait. aul Portau-Prince, servir hautement les projets de Polverel et de
Sonthonax, retardoit son départ. Galbaud lui donna l'ordre
d'escorter le convoi, il feignit de se préparer à
appareiller. 2
lorsque le Jupiter mit à la voile ; mnais à peine se trouvat-il seul, , qu'il amena ses péroquets, et mouilla de nouveau.
J'ignore ce qu'il est devenu. Que Polverel et Sonthonax disent ce qu'ils ont fait de la frégate la Fine, qui
n'étoit point partie avec la flotte 2 parce que depuis longtems elle avoit été jugée hors d'état de tenir la mer!ce
que sont devenus les femmes, les enfans, les troupes qu'ils
y avoient entassés!
La frégate la Concorde qui étoit sortie avec la flotte
manquant d'eau, se présenta au port de Paix pour en faire;
mais.le fort qui étoit gardé parles hommes de couleur ayant
ce qu'ils ont fait de la frégate la Fine, qui
n'étoit point partie avec la flotte 2 parce que depuis longtems elle avoit été jugée hors d'état de tenir la mer!ce
que sont devenus les femmes, les enfans, les troupes qu'ils
y avoient entassés!
La frégate la Concorde qui étoit sortie avec la flotte
manquant d'eau, se présenta au port de Paix pour en faire;
mais.le fort qui étoit gardé parles hommes de couleur ayant --- Page 73 ---
(67)
tiré sur elle, l'obligea de gagner le Iarge. Elle cingla vers
le mole ; à peine fut-elle entrée, que lc commandant lui
signifia l'ordre qu'il avoit reçu des commissaires. 2 de couler
bas les vaisseaux de la République qui SC présenteroient
pour aborder. Législateurs 2 cet ordre est 2 avec les
autres papiers 2 déposé à votre comité de sûreté générale;
Wendongen cn est aussi possesseur 5 vous faudra-t-il encore
d'autres preuves 2
S'il étoit possible qu'il restât encorc quelque doute sur Ta
destruction depuis long-tems méditéc de Saint -
sur la trahison calcuiée de Polverel et de Sonthonax Domingue >
vous rappellerois le voyage de Philippe Egalité à Londres, 2. je
au commencement dela révolution 5 que ce fat à cettc époque
ue Brissot , qui venoit aussi de Londres., 2 commença sOI
journal, qui fut dès-lors 2 et a toujours été- depuis, 2 consacré
à calomnier, à persécuter lcs colons 3 qu'en octobre
à l'époque du faincux décret du I2 de ce mois,. sir 1790,.
ami
Eliot,
particulier et confident intime de Pitt, fit un voyage à
Paris; que dans le méme tems 2 Valentin Cullion, mombre
réprouvé de l'assembiée de Saint-Marc 3 ami intime d'un
autre grand conspirateur, Barnave, se rendit en Angleterre.
Législateurs 2 demandez aux ambassadeurs de Polverel et
de Sonthonax qucl étoit le butde la correspondance des ministres Roland et Clavière avec Wilberforce et Clarkson;
pourquoi ces deux agens du ministre Pitt demandoicnt à
hauts cris 2 la suppression de la traite des
noirs; suppression que l'on étoit bien loin de vouloir ordonner?] Mais il
falloit exalter les têtes déjà échauffées par la révolution sur
T'esclavage dans lcs Antilles 2 afin de ruiner les colonies
qu'on ne pouvoit attaquer alors 5 demandez-leur pourqnoi
Barnave, qui s'éloit si adroitement fait donner V'autorisation
E 2
ens du ministre Pitt demandoicnt à
hauts cris 2 la suppression de la traite des
noirs; suppression que l'on étoit bien loin de vouloir ordonner?] Mais il
falloit exalter les têtes déjà échauffées par la révolution sur
T'esclavage dans lcs Antilles 2 afin de ruiner les colonies
qu'on ne pouvoit attaquer alors 5 demandez-leur pourqnoi
Barnave, qui s'éloit si adroitement fait donner V'autorisation
E 2 --- Page 74 ---
(68)
d'accurder des congés aux membres de l'assemblée de SaintMarc, en donna an seul Cadusch ? Pourquoi celui-ci après
avoir reçu des mains du royaliste Blanchelande, 2 un panache et une cccarde noire 2 fit demander des secours à la
Jamaique ? Pourquoi les anglois 2 tous les mois 2 faisoient
passer au Cap une corvette pour informer le ministre
d'Angleterre des progrès de la dévastation ? Pourquoi les
observations; dcs premiers commissaires civils, nommés pour
Saint-Domingue 2 furent regardées comne une démission,
ct pourquoi O11 se hâta, sans autre forme, de les remplacer
Mirbeck, Lorrain, Roume, né dans une colonie anpar
glaise, et Saint-Léger, irlandois? pourquoi le courage de
qjuelques colons ayant déjoud lcs projcts de ces conspirateurs, la faction Brissot envoya à leur place Polvercl et
Sonthonax? pourquoi, au moment oi Brissot vota la gucrre
contre PAngleterre, ct que lcs émigrés, par un traité avec
le tyran de la Grande-Dretagne, convinrent de lui livrer
Saint-Dominguc, Polvercl et Sonthonax paralysoient tous
Jes moyens de sC défendre contre cette puissance, en négligeant lcs fortifications des côies, en retenant dans les
ports les forces navales de la république 2 qui, par leur
supériorité auroient pu ruiner le commerce de la Janaiquc,
en faisant désarmer les corsiires, en exportant, violentant,
mnassacrant CCux quiavoient intérêt à délendre Saint-Dominceux qui cn avoient le courage ct Pintention 2 Cn
gue 2
les
canonnant le Por-an-Prince, en incendiant 2 pillant
habitations 3 enfin, en ordonnant par-tout dc repousser lcs
vaisscaux de la répablicqne? Qu'ils disent pourquoi Polvercl
et Sosthonax, à qui le conseil exécatif fn'avoit point annoncé
de nouvelles forces navalcs 2 nc vouloient pas que le convoi
parlit avant Parrivée d'unc antre station ? Qu'ils disent 2.
vous les avez déingis vous avcz déjà prononeésur'leur sort,
iant 2 pillant
habitations 3 enfin, en ordonnant par-tout dc repousser lcs
vaisscaux de la répablicqne? Qu'ils disent pourquoi Polvercl
et Sosthonax, à qui le conseil exécatif fn'avoit point annoncé
de nouvelles forces navalcs 2 nc vouloient pas que le convoi
parlit avant Parrivée d'unc antre station ? Qu'ils disent 2.
vous les avez déingis vous avcz déjà prononeésur'leur sort, --- Page 75 ---
(69)
crétés d'accusation..
Vous n'avez plus qu'à hriser Ies
fers de Pinnocence. 2 à essuyer les larmes que ces tigres
fait
à cicatriser les plaics qu'ils se sont plus
ont
répandre, 7
à accueillir les tristes victimes de
Arouvrir souvent ; enfin,
tant de forfaits...
LEOISLATEUR#, Phumanité 7 la verlu, la justice 2
Ja patrie vous demandent vengcance. Les deux mondes ont
dans ce moment les yeux fixés sur vous..
Vous les forcerez à dire : la France sait vaincre ses ennemis, punir les
traîtres et dédommager l'innocent des coups de la calomnie.
Dix mille français errans dans le continent y détrempent, de leurs larmes, le pain de la misère ; ils n'auront
point à accuser leur patric d'ingratitude 2 ni à joindre à Jeurs
malheurs la ruine de ceux qui ont essayé de lcs arracher
des mains de deux monstres 2 dont je voudrois, aux dépens
de ma vie, avoir délivré mon pays.
A.CONSCIEN CE,
Officier au 8e. Régiment d'Infanterie.
Dans les prisons de PAbbaye, 2 le premier
thermidor, l'an deuxième de la République
Fvangaise,uie et indirisible. --- Page 76 --- --- Page 77 ---
ERRATA,
Page 15, ligne 14, au lieu de 2 que s'ils craignoient que 2
lisez; s'ils craignoient que.
Page 36, ligne 27, au lieu de, et achever la destruction
de Saint-Domingue , lisez; et s'acheper la destruction de
Sabit-Domingue.
Page 53,1 ligne 4, au lieu de, Vergniaud et Garnier. 2
commissaires du pouvoir exécutif, lisez; 5 Fergniaud, et
Garnier commissaire du pouvoir exécutif.
Page 58, ligne 18, au lien de Martial, lisez; Martias. --- Page 78 --- --- Page 79 --- --- Page 80 --- --- Page 81 ---
Egas
0286 e --- Page 82 ---