--- Page 1 ---
* --- Page 2 ---
- A
UC
JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
Purchased from the
Trust Fund of
Lathrop Colgate Harper
LITT. D. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
- 1A --- Page 5 ---
A D R E S 1 . S 1 E S
DE L'ASSEMBLÉE PROVINCIALE
DU NORD DE SAINT-DOMINGUE,
Du15 Juillet 1791. >
A L'ASSEMBLEE NATIONALE,
AU RO I,
AUX 83. DÉPARTEMENS,
E T
AU DIRECTOIRE DU DÉPARTEMENT DE LA GIRONDE,
Sua le Décrct du 1 5 Mai, en faveur des
honmes de couleur libres des Colonies.
ARRETÉ de la même Assemblée s qui prend
les hommes de couleur SoILS sa protection
spéciale.
LETTR ES écrites par la même Assemblée,
à ses Députés , pour accompaguer l'envoi
de ces Adresses et Arrété.
A PARIS,
DE EIMPRIMERIE NATIONALE,
1 7 9 I. --- Page 6 ---
- - --- Page 7 ---
(391
No. Ier,
COPIE de la lettre de PAssemblés provinciale du nord de Saint :- Domingue , à
ses Députés eatraordinaires auprès de
PAssemblée Nationale et du Roi.
Cap, ce 15 Juillet 1791.
Missmuns ET CHERS COMPATRIOTES,
Nous vous remettons ci-joint un exemplaire de nos
adreffes à l'Affemblée Nationale & au Roi; de notre circulaire aux quatre-vingt-trois départemens du
& de notre réponfe au direétoire de la Gironde. royaume, Vous
verrez l'efprit de la province fur l'émiflion du décret
Mai
al
dernier; cet elprit eft général parmi les
taires de la colonie ; il feroit inutile de tenter de lalérer, proptiépuifque ce décret fait crouler nos propriérés dans leurs
bafes.
Dans une crife aufli féricufe, nous n'avons
cru
avoir d'autre parti à prendre que celui de
pas a
l'inftant une alfemblée coloniale à
convoquer
de ce mois; ce vau a été univerfellement Léogane, accueilli, pour le 20
que d'après ce funefte décret, iln'exifte plus qu'une parce
nion, qu'un feul efprir dans toute la colonie, celui opiréunion générale, abfolue & définitive.
d'ung
A
ufe, nous n'avons
cru
avoir d'autre parti à prendre que celui de
pas a
l'inftant une alfemblée coloniale à
convoquer
de ce mois; ce vau a été univerfellement Léogane, accueilli, pour le 20
que d'après ce funefte décret, iln'exifte plus qu'une parce
nion, qu'un feul efprir dans toute la colonie, celui opiréunion générale, abfolue & définitive.
d'ung
A --- Page 8 ---
JASE VU L 14
(4))
arrèté, ci-joint, fur les gens de couleur;
Notre dernier nous avons rout réuni , pour calmer
vous prouvera del la que première effervefcence, & que nous avons
Texplofion
à opéter la conferfu concilier avec les.mefures les propres de fagelfe, d'huvation de nos propriétés,
principes
cellé de mani-'
manité & dej juitice que nous n 'avonsjamais tient tout de nos bienfefter à cette clafle d'hommes qui à cet égard, Texécution
faits. Nous-avons donc devancé, donnez
votre dépèche du
des confeils
nous
recevons par à Pinftant. Vous
I5 Mai
& que nous
fur les
E3E
cherchez à verfer le baume de l'efpérance
plaies de
dont Y le décret du 15 nous a frappé, en réalifer nous flattant !
le voir anéanti : puilfe votre attente fe
preuve de patriorifme qu'aient
La plus grande
au Corps
la colonie nos
TUOE
donner à
leur repréfentans retraite fubite après l'emiflion
c'eft fans contredit
& aufli funefte; que d'immord'une loiaufli impolitique
foient rendues.
telles aétions de graces leur diftribuer en
avec profufion dans
Faites réimprimer &
& de commerce.,, la coltoutes les villes de manufacture ci-inclufes. Il importe au bonheur
leétion des dépêches tous fes habitans fachent que nous
de la Colonie, que fi le décret duis mai eft cxécuté ici.
fommes tous perdus
les circonfances,
Nous fommes trop preffés pàr de
ialit
avec vous 'dans
plus grands
éntrer aujourd'ui
tenezles connoîtrez par nos dépèches poftérieures;
vous exadtement fur les avis qui peuvént nous intéreffer,
nous doutez jamais du fincète & fratérnel artachemens
& ne
nous avons l'honneur d'être,
avec lequel
Mellieurs & chers compatriotes, ferviteurs, Gc.
Vos très-humbles
du nord de
Les membres de Paffemblée provinciale
Saint Domingue.
Petit des Champeaux, vice-préfidents
Greniers préfident;
BouyJou, fécrétaire.
érieures;
vous exadtement fur les avis qui peuvént nous intéreffer,
nous doutez jamais du fincète & fratérnel artachemens
& ne
nous avons l'honneur d'être,
avec lequel
Mellieurs & chers compatriotes, ferviteurs, Gc.
Vos très-humbles
du nord de
Les membres de Paffemblée provinciale
Saint Domingue.
Petit des Champeaux, vice-préfidents
Greniers préfident;
BouyJou, fécrétaire. --- Page 9 ---
(5)
-
No. IL
COPIE de la lettre de P'affemblée provinciale du Nord',
aux députés de Saint-Domingue à PAffemilée nationale,
Cap, le 15 juillet 1791.
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES; >
Novs recevons à l'infant la lettre que vous aous avez
fait l'honneur de nous éerire de Paris, le 17 mai detnier.
Il parc un navire demain pour France, & nous nous
émpreffons d'en profiter pour vous
un
remettre, ci-joint,
exemplaire de nos dépèrhes, relativement à l'émiflion
du décret concernant les gens de couleur libres. Vous
verrez l'impreflion que cette loi funefte a produite dans y
tous les coeurs.
(
Nous ne vous répéterons point ici, Meflieurs, ce
nous mandons à nos commiffaires, vous remettant, que cijoint, copie de la miffive que nous leur adrefons. Nous
nous bornons à vous affurer que d'un côté nous nous conformerons exadtement au contenu de votre lettre du
mai dernier, & que de T'autre, vous vous êtes acquis 17
l'eftime, l'attachement & la reconnoiffnce de la
vous
Colonie,
en,
retirant de l'Affemblée nationale, du moment
qu'clie-a rendu le décret du 15 mai.
Pardonnez à la briéveté du tems qui refte a s'écouler
jufqu'au départ du nayire porteur de cette lettre, f nous
fonnnes exceflivement concis : nous vous ferons part de
Az --- Page 10 ---
A a AA
(6)
tous les détails intéreffans, par nos miffives ultérieures;
vous pouvez y compter; rendez-nous le réciproque.
Nous avons l'honneur d'être avec un fincère & bien
fraternel attachement >
Meffieurs & chers Compattiores ,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les membres de l'assemblée provinciale du nord
de Saint-Domingue.
Cellationné, Paquot.
No. IIL
ADRESSE à PAlfemblée nationale 3 par laffemblée
provinciale du Nord de Saint-Domingue.
MEss SIXUR S #
Le département de la Gironde nous a fait parvenir un
décret quil nous écrit être émané de vous, &c conçu en
ces termes :
A R T I C L E P R E M I E R,
décrété le I3 mai 1791.
c L'Affemblée nationale décrère 9 comme article conf-
>> titutionnel, qu'aucune loi fur l'état des perfonnes nou
>> libres, ne pourra être faite par le corps légiflatif, pour
MEss SIXUR S #
Le département de la Gironde nous a fait parvenir un
décret quil nous écrit être émané de vous, &c conçu en
ces termes :
A R T I C L E P R E M I E R,
décrété le I3 mai 1791.
c L'Affemblée nationale décrère 9 comme article conf-
>> titutionnel, qu'aucune loi fur l'état des perfonnes nou
>> libres, ne pourra être faite par le corps légiflatif, pour --- Page 11 ---
(7)
32 les colonies 2 que fur la demande
3) des allemblées coloniales
formelle &c
>2,
fpontanée
ART II, décrété le IS.
< LAffemblée nationale
>> jamais fur l'état des
décrète de
qu'elle re délibirera
9> nés de père & de mère gens
couleur qui ne font pas
3> libre & fpontané des
libres, fans le veeu préalable, s
>> loniales actuellement Colonies, que les affemblées co3> les
de couleur, nés exiftantes de fublifteront, 5 mais
3> NLRa dans les offemblées père & mère libres, 2aue
99 tures, s'ils ont d'ailleurs les paroiffiales & coloniales fuLa première nouvelle de qualités requifes 37,
tation générale Parmi les habitans ce décret a excité une fcrmenNous avons voulu douter de fon de Saint-Domingue
funefte à la colonie & contraire exiftence, à
quileft
Il n'a encore pour nous
vos
décrets.
chEr
que rien ne nous affure aucune foit exiftence légale, parce
arrivé
accepté; il n'eft point
à nos ofisiailmene,
F
yeux une exiftence morale, point promulgné, 3 mais il a
temens nous affure qu'il 2 été rendu. parce qu' un des déparà qui Laffemblée fon
provinciale du nord de
nation dans patriotifime a mérité les
Ssn-Doninge,
votre décret du 12 octobre remerciemens de la
expofer avec franchife fes juftes
dernier, va vous
nic, au fujer du décret du 15 mai follicitudes pour la cole
En admettant les gens de couléur, dernier. nés de
libres, dans les allemblées
père & mère
effacez. la ligne politique qui paroiffiales & coloniales, vous
des blancs, & vons détruifez féparoit les gens de couleur
ceflaire à la confervation des par-li un intermédiaire néIl faur dans les Colonies Colonies.
les efclaves, laquelle faffe une clafle entre les blancs &
immenfe entre eux & les envilgerdces blancs; il faut derniers un efpace
même que les
A 3
libres, dans les allemblées
père & mère
effacez. la ligne politique qui paroiffiales & coloniales, vous
des blancs, & vons détruifez féparoit les gens de couleur
ceflaire à la confervation des par-li un intermédiaire néIl faur dans les Colonies Colonies.
les efclaves, laquelle faffe une clafle entre les blancs &
immenfe entre eux & les envilgerdces blancs; il faut derniers un efpace
même que les
A 3 --- Page 12 ---
(8)
concevoir l'efpérance de devenir jaa
efclaves ne. puiffent des blancs, & que leurs voeux n'ayent pour
mais les ézaux
à recevoir de la main de leurs
objet que Taftanchiflement, biènfait ou une récompenfe de leur
maîtres, comme un
le fentiment à imptimer à nos
fidélité. Car, Mef fieurs, contienne fix cent mille noirs
efclaves doit étre rlquil
mille hommes libres.
dans la dépendance defoixante claffe
que la
C
d'une
intermédiaire,
C'eft par T'exiftence maintenue jufqu'à ce jour exempte de toute
Colonie s'eft
infurredion des noirs.
être
cn
La néceffité de cette claffe ne peut
appréciée tient à
Europe comme dans les Colonies, Fisen quelle fenties, mais
mille nuances locales, parfaitement infaififfables
le taitrop difficiles à être repréfentées, la difcuflion la plus Frnuet fur
fonnement; en forte que
très-court féjour dans
ces objets éclaireroit moins qu'un
les Colonies.
de Porganifation des Colo-
: En ôtant cet intermédiaire votre décret du 15 mai, brifé
nies, vous avez donc la 2 fubordination par
des noirs.
le lien le plus fort del
les ennemis de la Cont
Les défenfeurs' delatiftocratic l'exécution 2
de ce décret, là
titution ont entrevu, dans la' deftruétion du commerce, &, 2
fubverfion des Colonies,
par contre-coup , la contre-révolution. notre ennemie depuis tant de
Une puiffance maritime,
de recueillir le fruit de
fècles, croit toucher au d'élever moment fon commerce fur les débris
fes machinations, &
du nôtre.
confidéré votre décret comme
Quantànous, nous avons
dès
ont
par ceux qui
long-temps
une viétoire remportée les Colonies font plus onéreufes
témoigné lopinion que
qu'ntiles à la Métropole.
n'avons-nous pas été
Mais de quiel étonnement
a
la
AEC
pés lorfque la lefure de ce décret nous nationale préfenté que vous
lation la plus manifefte de la garantie
nôtre.
confidéré votre décret comme
Quantànous, nous avons
dès
ont
par ceux qui
long-temps
une viétoire remportée les Colonies font plus onéreufes
témoigné lopinion que
qu'ntiles à la Métropole.
n'avons-nous pas été
Mais de quiel étonnement
a
la
AEC
pés lorfque la lefure de ce décret nous nationale préfenté que vous
lation la plus manifefte de la garantie --- Page 13 ---
(9)
nous avez donnée Par vOS précédens
lièrement par celui du 12 octobre décretsyde Particudécréter aucunes loisTur l'ctat des dernier;
dene
nie, que fier la
perfonnes
la ColoECATE
coloniales,
demande précife & formelle des aflfemblées
Dans les prémiers momens de la difcuflion fur les
lonies, 3 vous avez reconnu que leur exiftence
Cofaire à la pofition de la Métropole.
étoit nécef.
Dans votre décret du 8 mars
que, quoiqu'elles
1790, s vous avez déclaré
cependant
fuffent une partie de
la
vous n'aver jamais entendu les l'empire comprendré frangois dans >
des conflicution lois
décrétée pour le royaume - & les
a
qui pourroient être incompatibles avec affujétir
venances locales 6 particulières.
leurs conPénétrés de cette grande vérité, qu'une affemblée l6gillative, Jois convenables par l'ignorance des localirés, ne peut faire des
pour des Colonies
cents lieues de la
diftantes de dix-huit
décret du 8 mars, Métropole, &
l'article vous avez, dans votre même
Colonie à faire connoitre par fon premier, antorifé chaque
légiflation & T'adminifiration voeu fur la conftitution, la
rité & au bonheur de fes habitans. qui conviennent à la profpéMalgré que vous ayez décrété alors
une diference entre la conftitution du qu'il devoityavoir
des Colonies, & que vous aviez befoin royaume & celle
du vaeu des affemblées coloniales
des lumières &
conftitution, vous avez rendu le pour leur donner une
nier comme une conféquence
décret du 15 mai dertutionnelles décrétées
le néceflaire des bafes conf ftila plus importante pour royaume; vous avez tranché
queftion dans les
connu le veu d'aucune affemblée Colonies, fans avoir
Vous avez prononcé fur l'état coloniale. des
Colonie, malgré
dans
perfonnes dans la
dernier, vous ayez que, décrété votre décret du 12 octobre
ayant la fame volonté d'établir que vous aviez annoncé dès
comme article conftituA 4
le néceflaire des bafes conf ftila plus importante pour royaume; vous avez tranché
queftion dans les
connu le veu d'aucune affemblée Colonies, fans avoir
Vous avez prononcé fur l'état coloniale. des
Colonie, malgré
dans
perfonnes dans la
dernier, vous ayez que, décrété votre décret du 12 octobre
ayant la fame volonté d'établir que vous aviez annoncé dès
comme article conftituA 4 --- Page 14 ---
I 1 1o) )
tionnel, dans T'organifation des Colonies, qu'aucunes lois
fur P'état des perfonnes ne feroient décrétées pour elles
fur la demande précife éformelle des affemblées coque
loniales. Votre décret du I5 mai dernier viole donc l'engagement le plus folemnel & le plus important qu'au nom
d'une nation on ait pris envers une Colonie; vous détruifez la confance des Colonies dans VOS décrets.
Mais vous n'avez pu rendre, même régulièrement , ce
décret, tant que vous n'avez pas révoqué ceux des 8 mars
& 12 octobre 1790 qui lui font contraires; n'étant ils doivent point
révoqués, ils fubliftent; puifqu'ils fubliftent,
être exécutés.
les fondemens de la profpérité des
Vous y avez pofé
le ferment
obéir. Nous
Colonies; nous avons prêté
d'y des
trouvo: s dans le décret du 15, mai la ruine
Colonics;
fur ces objets font les plus certains,
nos preffentimens
parce que notre intérêt eft le
grand. 8 mars I2 oétobre
Placés entre vOs deux
des
tiaiie
& celui du 15 mai dernier, qui leur eft contraire,
1790,
le ferment d'exécuter les deux premiers,
nous renouvellons
& d'en maintenir T'exécution. Meflieurs, de révoquet votte
Nous vous follicitons,
atteinte àla fubordidécret du 15 mai, parce qu'il la fureté porte de la Colonie dans le
nation des efclaves, met
n'eft qu'une confédanger le plus imminent; conflitutionnelles parce. qu'il décrétées pour le royauquenfe desl bafes
reconnu la néceffité d'une difféme, tandis que vous avez & celle des Colonies; parce
rence entre fa conftitution
dans la Colonie,
qu'il prononce fur l'état des perfonnes
tandis que nous avons votre garantie dansla que vous Colonie, ne prononcerez jamais. fur l'état des perfonues
que
des aflemblées coloniales,
furla demande précife&cformelle
décrets non
& parce qu'il eft contraire à VOS précédens
révoqués.
u la néceffité d'une difféme, tandis que vous avez & celle des Colonies; parce
rence entre fa conftitution
dans la Colonie,
qu'il prononce fur l'état des perfonnes
tandis que nous avons votre garantie dansla que vous Colonie, ne prononcerez jamais. fur l'état des perfonues
que
des aflemblées coloniales,
furla demande précife&cformelle
décrets non
& parce qu'il eft contraire à VOS précédens
révoqués. --- Page 15 ---
(I) )
A tous ces motifs, nous en joignons un
I
la première exécution de ce décret, fi elle avoit très-prochain lieu, feroit
délaftreufe pour la Colonic; tous les coeurs font ulcérés s
les agitations dont nous fommes témoins peuvent amener
une éxplofion générale, affreufe dans fes effets : alors nous
n'avons à envifager qu'une réfiftance défefréréc & un vafte
tombeau dans la Colonie.
Que tous CES motifs faTent impreffion fur vous s Meffieurs: : alors, en, même temps que vous ferez les légiflateurs de l'empite, vous ferez les véritables pères de la
patrie,
Grenier, Préfdent. Posie-Defchampeaux, , Kice-Préfident. Bouyfou, Poulet, François de Chaumont, Secrétaires.
No, IV.
IETTRE de PAffemblée provinciale du Nord de SaintDomingue, ail Roi des François.
SIRA,
Vos enfans d'outre-mer, vos fidèles Colons de SaintDomingue, porrent au pied du trône leurs juftes réclamations, & dépofent, dans votre fein paternel, leurs
craintes & leurs alarmes. La province du Nord de SaintDomingue a jufqu' u'ici montré la foumiflion la plus refpectucufe aux décrets concernant les Colonies, émanés
du corps légiflatif, & fanétionnés par votre majefté; &
cette foumiflion lui a mérité les éloges les plus flatteurs de
ue, porrent au pied du trône leurs juftes réclamations, & dépofent, dans votre fein paternel, leurs
craintes & leurs alarmes. La province du Nord de SaintDomingue a jufqu' u'ici montré la foumiflion la plus refpectucufe aux décrets concernant les Colonies, émanés
du corps légiflatif, & fanétionnés par votre majefté; &
cette foumiflion lui a mérité les éloges les plus flatteurs de --- Page 16 ---
(12)
h'naticn. Elle comptoit fur les promeffes réitérées oétobre confidans les décrets des 8, 28 mars & IZ
gnées < de ne rien ftatuer fur l'état des perfonnes, que
1790, la demande précife & formelle des Colonies >> ;
>> fur
décret du
mai, qui ne peut être
mais un notiveau
de cabale & de Tintrigue,
de
:
que le fruit la furprife,
& nous plonge dans
fait évanouir toutes nos efpérances, Ce décret, abfolument coitla plus giande confternation.
:
tradictoire avec ceux quil'ont précédé, porte
nationale décrète qu'elle ne délibérera
c L'Affemblée l'état des gens de couleur, qui ne font pas.
53 jamais de fur & de mère libres, fans le veeu préalable,
3* nés
père
des
que les affemblées Co-
** libre &: fpontané
Colonies;, exiftantes fublifteront; mais que
s> loniales aétuellement nés de père & mère libres; feront
:7 les gens de-couleur les affemblées
& coloniales
>> admis dans
les paroilliales requifes >>.
37 futures, s'ils ont d'ailleurs qualités
de peindre à votre majelté
Nous nous abfiendrons
dans cette ville, T'anla fenfation terrible qu'a prodait, fous tous les rapports, &
nonce de ce décret impolitique feroient la fuite de fa
Jes malheurs incaleulables qui
entraîneroient ELEabe
malgation ; ils feroient tels, qu'ils floriffante Colonie.
Tanéantifement total de cette
La profpérité de votre royaume, 2 Sire, tient & effenticl- celleslement à celle des Colonies qui en font partie; la fubordination
ci ne peuvent Heurir qu'en maintenant
aux différens
l plus exaéte dans les fubordination ateliers employés cellera d'exifter du
genres de culture. Cette dedémarcation qui fépare les blancs
moment
la ligne
&
les uns & les
des gens deco couleur fera rompue 2
que
autres march ront d'un pas égal.
I
L'ordre établi dans les Colonies, qu'on qualifie de pré-
celleslement à celle des Colonies qui en font partie; la fubordination
ci ne peuvent Heurir qu'en maintenant
aux différens
l plus exaéte dans les fubordination ateliers employés cellera d'exifter du
genres de culture. Cette dedémarcation qui fépare les blancs
moment
la ligne
&
les uns & les
des gens deco couleur fera rompue 2
que
autres march ront d'un pas égal.
I
L'ordre établi dans les Colonies, qu'on qualifie de pré- --- Page 17 ---
(13) )
n'eft point enfanté par l'orgueil, comme peuvent
tEu penfer ces prétendus philofophes, fe difant les apôtres
de Thumanité; il eft diété par ia néceflité, qui ne permet
pas que les gens de couleur, procréés des ekclaves, puiffent jouir des mêmes droits que les blancs, & être confondus avec eux : G cet ordre indifpenfable eft anéanti,
la ruine entière des Colonies faivra de près.
Voilà, Sire, ce
le corps légiflatif avoit bien pefé
dans fa fagefle lors fes décrets des 8, 18 mars & 12
oétobre 1790; il avoit laiffé aux Golonies le droit de
faire leuts demandes précifes & formelles fur l'état des
qu'il avoit fenti que les convenances loperfonnes, > parce être bien
fur les lieux:
cales ne ponvolent
appréciées que de
&
l'infradtion & la violation de ces principes
juftice
d'équité qui réfultent du nouveau décret du - If mai ,
detaniun la fource des maux les plus affreux.
C'eften nous calomniant, , que les philantropes ont propagé leur doétrine; ils nous repréfentent. 2 à ceux qui ne de
les bourreaux
connoiffent pas les Colonies, 5 comme
libres.
nos, efclaves, & les tyrans des gens de couleurs
L'humanité & notre intérêt nous portent à la confervation des
& les feconds font, comme tous les
citoyens SEETA fons la protedtion immédiate des lois,
qui veillent à leur fureté individuelle & à leurs propriétés.
Sire un regard de bonté fur VOS Colonies >
Jetez,
,
vous chériffent ,
vous les verrez pcuplées de François qui
Daignez
& qui ont de grands droits à votre tendrefle. S'il en
accueillir favorablement leurs juftes réclamation. ils font
eft encore tempe, prévenez les malheurs dont
les
menacés, en refufant votre acceptation à n acte qui
occafionneroit indubitablement; & s'il en eft reveta 2. --- Page 18 ---
(14)
daiznez interpofer votte autorité pour en arrêter la promulgation,
Nous fommes avec un profond refpect,
SIRE,
De votre majefté, >
Les très-humbles & fidèles ferviteurs, les membres de l'Affemblée
provinciale du Nord. de SaintDomingue,
Grenier, Préfident; Petit Defchampeaux , Vice-Préfident; Bouy(Jou Poulet, Francois de Chaumont 3
Secrétaires.
No V.
ADRESSE de PAfemblée provinciale du Nord de SaintDomingue J aux quatre -vingt- trois départemens du,
royaume.
MESSIEURS ET CHERS COxPATRIOTES,
Nous avons l'honneur de vous remettre ci-joint un
exemplaire de nos adreffes à l'Afemblée nationale & au
roi, de notre circulaire aux places maritimes du royaume. S
& de notre réponfe au directoire du département de la
Gironde.
rétaires.
No V.
ADRESSE de PAfemblée provinciale du Nord de SaintDomingue J aux quatre -vingt- trois départemens du,
royaume.
MESSIEURS ET CHERS COxPATRIOTES,
Nous avons l'honneur de vous remettre ci-joint un
exemplaire de nos adreffes à l'Afemblée nationale & au
roi, de notre circulaire aux places maritimes du royaume. S
& de notre réponfe au directoire du département de la
Gironde. --- Page 19 ---
(15)
feroit inutile fans doute, Meffieurs, 3 de vous répéter
Il
& le motif de ces différentes dépeèches:
ici les expreflions
11 nous importe feuils y font fuffifamment développés. notre prolpérité eft
lement, , & à vous memes panfque de vous communiquer
néceffairement liée à celle de l'état,
obfervations qui nous doivent être égalenient
quelques
communes.
du
de la Gironde, en nous
Le direStoire
dépattement
de fes
l'enrôlement & - le départ prochain
annonçant
la Colonie, fous le prétexte de
gardes nationales pour,
& pour appuyer Texécution
venir proréger notre repos, dernier, nous
d'une madu décret du 15 mai
apprend,
les deftine à nous combartre, puifnière politive, quil
blanc dans la colonie, qui
qu'il n'exifte pas un citoyen une loi entièrement defne foit réfolu à ne pas accepter
truétive de fes propriétés.
en droit politique, une vérité bien
Il eft, Meffieurs, 3
dont l'exécution eft précédée de
conftante; que nécelfairement toute loi,
vicicufe, & funelte au pays
la force, , eft
l'a créée.
pour lequel la légiflature
c'eft
Il eft une autre vérité non, moins indefructible; fes Colonies que par
quel lorfqulinemétopole fa neveut régir les coeurs des colons
le feul fentiment de puiflance, de
fait de près.
s'aliénent bientôt, & la chûte l'empire
de Saint-I Domingue ne doute pas, que fi
La Colonie de la France eft de lui en impoler
les
lintention
tôt ou tard : mais,
réelle
L
armes,
n'y parvienne annuelle de deux cent milfulrera-t-il? une cireulation
la
de fon comlions de moins dans le royaume, l'anéantiffement perte
de fa mamerce & de fes mannfactures, là où l'aétivité de la culrine, des débris & des ruines,
fait tenir le premier
ture la plus Aoriffante du globe vous
ie de la France eft de lui en impoler
les
lintention
tôt ou tard : mais,
réelle
L
armes,
n'y parvienne annuelle de deux cent milfulrera-t-il? une cireulation
la
de fon comlions de moins dans le royaume, l'anéantiffement perte
de fa mamerce & de fes mannfactures, là où l'aétivité de la culrine, des débris & des ruines,
fait tenir le premier
ture la plus Aoriffante du globe vous --- Page 20 ---
M
(16)
dans la balance politique de l'Europe, & eft le pre:
rang imier alimént de votre opulence.
Le langage ferme & vrai que nous vous tenons mais enfin ici,
eft le cri d'une vérité déchirante, fans d'une doute; fcéion libre de
elle eft telle. Quand fait les la prupriérés & la force par fes ril'empire, , qui en
iplendeur
leurs fonchefles & fa fidélité, font Ebranl@csjafquerdans & les fanglots du dédemens, les iarmés de l'amertume
fefpoir doivent néceflairement s'exhaler.
Eh!
devans-nous attendre de la patrie, Meflienrs;
que
compter fur la foi nationale ?
fi nous ne pouvons des
28 mars & 12 octobre 1790;
Lifez les décrets
F
les" ont
lifez les rapports & les inftructions qui de
les lettres officielles des préfidens
Te
lifez
ila Colonie; ccmpatez-les avec le décret du 15
nationale
mai dernier, & jugez-nous.
révolution
de la révolution françoife,
1 Depuis l'époque avons concouru, par la repeéfentation de
a laquelle nous
du corps légiflarif, & dont nous denos dépurés auprès tecucillif les fruits avec vous > nous
vons conféquemment ceflé de dire à nos frères du continent : C Laif.
n'avons les maitres de régir l'état des perfonnes dans
>> fez-nous
loi
dont l'émifion
>> la Colonie; ceft une intéreffe domeftique, effentiellement notré
>> exclulive & fpontanée exiftence:
vous importe l'emploi
>> culture & notre
néceffité Que
nos localités 2
> & Tufage de ce privilège
par la France entière?
:
ici n'eft-il
celui de
22 Notre intérêt
avoir pas
Et comment à dixen
d'autres?
22 Pouvons-nous lieues de diftance pouvez-vous juger du mé-
>> huit cents de l'effer d'une innovation qui déforganife tous
55 rite &
d'une conftitution locale, fous
>0 les principes politiques la culture eft parvenue à fon dernier
5> T'empire d'accroiffement de laquelle
& de proiperité > :
92 période
Mellieurs, cette vérité impétieufe, oftenCependant,
érêt
avoir pas
Et comment à dixen
d'autres?
22 Pouvons-nous lieues de diftance pouvez-vous juger du mé-
>> huit cents de l'effer d'une innovation qui déforganife tous
55 rite &
d'une conftitution locale, fous
>0 les principes politiques la culture eft parvenue à fon dernier
5> T'empire d'accroiffement de laquelle
& de proiperité > :
92 période
Mellieurs, cette vérité impétieufe, oftenCependant, --- Page 21 ---
1A
(17)
fible pour tous ceux qui connoifent les Colonies, 3 vos
ennemis & les nôtres viennent de l'anéantir. Le décret du
15 mai dernier n'a pas été librement émis. Une galerie
orageufe, fans connoiffance meme élémentaire de notre
régime intérieur, coalifée pour notre perre commune, a
feduit, égaré, fubjugué le vaujufgu'alors libre, éclairé
& paternel des bienfaiteurs de la patrie.
Le fuccès du décret du I5 mai étoit la dernière reffource de l'ariftocratie. La contre-révolution étoit impoffible en France : il falloit donc l'effayer parles Colonies.
Qui ne voit que, 2 déchirées par l'effiayante perfpedtive de
la deftruétion totale & prochaine de leurs proprictés, le
défefpoir des colons fera encore éleétrifé par la certitude que les rois & les princes de I'Europe ne faifiront
avec avidité l'occafion aflurée de démembrerle royaume,
alinftant où il fe démunira de fes forces maritimes pour
en impofer à fcs polleflions d'outre-mer?
Si ce décret eft accepts, Meflieurs, il n'eft qu'un
moyen de calmer nos craintes 3 & de ranimer notre confiance G & elle ne s'étoit pas démentie depuis le berceau de la Colonie, & fur-tout depuis l'henreufe révolution
qui s'eft opirée dans l'empire); c'eft de provoquer l'annihilation d'une loi, funcfie, fous quelque point de vue
politique qu'on l'envifage.
Ln lettre de cette loi porte qu'elle eft conftitutionnelle; & fous cerapporr, > clle eftau premier afpodtinfiniment tefpectable; mais ce premier afpedt eft illafoire &
vain, files quarre-vingt-trois départomens du royaume,
auxquels nous adreffons nos juftes réclamations, donrient
à leurs repréfentans au corps légiflatif, un mandat ad
hoc de la rerirer. Voilà, 9 Mellieurs, le veai & le feul
'moyen de déjouer fans retour les perfides manceavres des
ennemis de la révolution.
Alors vous rétablirez l'ordre& le calme dans toutes les
parties de l'ompire ; alors vous recevrez les bénédictions
du royaume,
auxquels nous adreffons nos juftes réclamations, donrient
à leurs repréfentans au corps légiflatif, un mandat ad
hoc de la rerirer. Voilà, 9 Mellieurs, le veai & le feul
'moyen de déjouer fans retour les perfides manceavres des
ennemis de la révolution.
Alors vous rétablirez l'ordre& le calme dans toutes les
parties de l'ompire ; alors vous recevrez les bénédictions --- Page 22 ---
(:8)
univerfelles des Colonies ; alors leur amour, leur confiance, leur attachement à la mère-patrie vous donneront > aux quatre extrémités du globe, des frères dont le
zèle &c la fidélité feront inaltérables; des frères
fe
facrifient fous un ciel brâlant, pour vous
&
contribuer avec vous à
RChAST
la profpérité de l'état, au
dû au nom françois, leur plus chère & lcur plus refpect douce
efpérance.
Nous avons l'honneur d'être dans cette légitime attente,
Meffieurs & chers Compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs.
Les Membres de P'Alfembléc provinciale du Nord.
Grenier, Préfident ; Pais-D:fhampeuux, vice-Préfident; Poulet jeune, 2 Bouyfou, Secrétaires.
RÉPONSE de PAlfemblée :
provinciale du Nord de SaintDomingue à la lettre du direétoire du
la Gironde,
département de
M ES SI E U R S,
Nous recevons avec votre lettre du 20 mai un
de votre adreffe aux citoyens gardes nationales de exemplaire votre département. La nouvelle du funcfte décret du 15 mai avoit
précédé l'arrivée de votre dépêche > & nous avoit
à réunir tous les corps civils & militaires
décidés
pour les informer de cette cataftrophe. La lecture partioriques de ,
votre
lettre --- Page 23 ---
OKIANE
(19)
lettre & de votre adreffe, à la fuite du décret, a Colltinué dans l'allembléc 2 la plus nombreufe qu'ait encore
vue la province du Nord, ce filence morne que produit
l'ex ès de la douleur & de Tindignation. Les coeurs fe
font cependant dilatés à l'annonce de la retraite de nos
députés de l'Affemblée nationale : les applaudiffemens
de leur conduite conféquente démontrent que vous les
avez calomniés, en leur reprochant d'avoir calomnié nos
intentions. Leur démarche nous prouve qu'ils ont pleinement juftifié notre confiance , &c mieux apprécié que vous
les fuites du décret d 5 relativement" aux difpofitions des
colons, & au fort ultérieur du commerce.
Préfumant que cette première lettre terminera notre
correfpondance avec VOLIS 3 nous allons répondre à tous
les paragraphes de la vôtre (1)
Les liens qui doivent unir tous les corps adminifratifs
de l'empire Jufiroient pour nous intérefer à la
des mefures que yous prendret pour conferver P'ordre
APee
calme dans nos Colonies.
Les mefures de fageffe propres à la confervation de
l'ordre ne peuvent
être exclafivement les mêmes dans
un empire dont E feétions occupent partie des deux
hémifphères. La difparité abfolue entre les.inftrumens,
les progrès & les réfuleats de Fagriculture à Saint-Doningue & en France, fubflitueroient dans la Colonie
la déraifon à la fagelle par l'identité des moyens pratiqués
eal France.
Les relations plus particulières qu'a ce département avec
(1) La copie exaéte de la lettre du diredoire fera en caraétères
italiques.
B
ent partie des deux
hémifphères. La difparité abfolue entre les.inftrumens,
les progrès & les réfuleats de Fagriculture à Saint-Doningue & en France, fubflitueroient dans la Colonie
la déraifon à la fagelle par l'identité des moyens pratiqués
eal France.
Les relations plus particulières qu'a ce département avec
(1) La copie exaéte de la lettre du diredoire fera en caraétères
italiques.
B --- Page 24 ---
( 1 20 )
commerce fondé fr votre culture & fir votre
yous, notre
encore à cet intérêt, 6 vous régondent,
profpenté, de ajouzent notre xele & de tous nos eforts pour le mainMelfieurs,
de
vous accroifer chaque
tien de la paix > à Pombre laquelle
jour lesrichefjes de PEtat.
relations devoient vous faire mieux calculer l'inCes
lié jufqu'à préfent avec la prof
térèr de votre commerce,
avec
périté de notre culeure: &: nous voyons fait peine
Tenthoufiafine & Tirréflexion vous aient
adopter des
Brilfot des Grégoire, des Péthion,
doétrine des
fondé fur lignorance
Lafayette, ,. 8cc., dont le fyftème, méceflairement sil étoit acde nos localités, opéreroit des Colonies, la ruine des places de
cucilli, avec la perte
une ifaillible
commerce de France, & conféquemment Mellieurs,
les proteftacontre-révolution, Avouez,
> que le maintien de
tions de votre zèle & de vos efforts pour
bien dérila
dans notre contrée, font une promelle la
nous dirons méme infultante 6 nous
rapprodont vous tromEiE
chons de votre adreffe à vos con-itoyens, de venir immoler au fapez le zèle, en leur propofant blancs, auxquels vous avez
natifime de la philtenthropielest très-haur
les pères de ceux que vous
vendu, à un
prix,
nos co-légiflateurs
prétendez que nous reconnoilfions pour
& les vorros.
avoir dicréti tout ce qui
L'Alfemblée nationale 3 après
dans zoutes
ajurer les propriétés de. * chaque citoyen
les
peut
de l'empire, vous a accordé Piniciative fur
les parties
libres &
les afranchis elle n'a
gens de couleur non
Fur nés de père & de mère
létat de ceur qui font
prononcéfar
& elle a maintenu
libres 2 que pour les afemblées acuelle celles fasures,, qui exiftent d-préfent.
dans leur organifation
nationale avoit déclaré, le 12 oétobre
L'Affemblée
en
les
peut
de l'empire, vous a accordé Piniciative fur
les parties
libres &
les afranchis elle n'a
gens de couleur non
Fur nés de père & de mère
létat de ceur qui font
prononcéfar
& elle a maintenu
libres 2 que pour les afemblées acuelle celles fasures,, qui exiftent d-préfent.
dans leur organifation
nationale avoit déclaré, le 12 oétobre
L'Affemblée --- Page 25 ---
ou orr-vs wt AVA S
M
(21)
dernier ,
les Colonies auroient l'initiative fur l'état
des gens couleur. D'après ce décret, celui du 13 mai
étoit au moins inutile, & celui du 15 fuivant, une violation révoltante de celui du 12 octobre.
Voilà, 2 Melfieurs 3 quels font les deux premiers articles
décrétes le 13 & le 15 de ce mois. Nous vous en
des
adreffons
exemplaires conformes aux feuilles pudliqucs les
plus authentiques.
Nous attendons avec effroi pour vous & pour nous la
nouvelle du refus ou de l'acceptation de ce décret; mais,
quelle que foit la décifion du Roi, elle ne nous trouvera pas fans confeil pris fur l'alrernative du facrifice olt
dela confervation de nos prérogatives, qui ont été jufqu'à
préfent, & feules pourront être la fauve-garde elflentielle
de nos propriétés.
Ce décret a été dicté par. la prudence & par la
La
a
fagelfe,
difcuffion été longue. On y a tour-2-tour
les principes cffentiels de la conftitution, ou plutôt dévcioppé ceux
de Pordré & de la jufice - & les dangers auxquels vOs,
députés penfoient que les colonies & la commerce fcroient
expofes, RrAlembléc légiflative prononcoit Jur l'état des
gens de coulcur.
En prodiguant ainfi les qualifications de prudence &
de fageffe, vous n'avez pas préva que la loi que vous
préconifez eft le Héau de n10S fortunes, qui détruira néceffairement les vêtres. Le développement de la Conftitution pour le royaume, ne pouvoit avoir aucun
avec la difcuffion du décret, puifque l'Affemblée rapporc nationale ca déclaré (le 8 mars 1790) qu'elle n'a
en-
>> tendu comprendre les Colonies dans cette
jamais
>>
les
&
affujetrir à des lois qui pourroient être Conftitution,
incompaB 2
le Héau de n10S fortunes, qui détruira néceffairement les vêtres. Le développement de la Conftitution pour le royaume, ne pouvoit avoir aucun
avec la difcuffion du décret, puifque l'Affemblée rapporc nationale ca déclaré (le 8 mars 1790) qu'elle n'a
en-
>> tendu comprendre les Colonies dans cette
jamais
>>
les
&
affujetrir à des lois qui pourroient être Conftitution,
incompaB 2 --- Page 26 ---
()
55 tibles avec leurs convenances locales & particulières >.
cêtte loi fanionnée très-librement, & prefqu'u- aux
nanimement D'après
prononcée, il apparcenoit exclufivement nationale
Alfemblées coloniales d'expofer à dont 'Affemblée le détail eût fait
Tinconvenance & les dangers
fejetrer le projet du décret rendu le 15 mal.
ayee toute la chaleur de.
a Ces dangers ont été préfentés la
des
Les.
P'efprit de parti, avec toute
force
préjugés. ils ont faiff
ennemis de la liberté ont défendu cette caufe; encoré des priviavec emprelfement ce moyen de conferver renaitre un jour ceux
& des exceptions, 1 pour faire
MCE ils-déplorent la perte.
Iln'eft aucune analogie entre Péfpèce des de li- &c
les ennemis
INODER
exceptions que vous" ptétendez que
au :
&
conferver en s'oppolant
décret,
berté ont voulu
ravaleroit ici les blancs au niveau
ceux dont T'abalition. affranchis. La
de la, nobleffe
des Alsde leuts
fupprefion nombre de
en France a fait rentrer un perit tandis
privilégiés le décret
dans la claffe de leurs ancétres efclaves >
dans. que une fphère
du 15 mai place les fils de nos n'avons
être prénous
jamais pu
à la hauteer deliquelle voulu les élever en les affralichilant.
fumés avoir
ce dicret a-bé rendus yos Députés, égarés leur
Lorfque
croyoieat devoir aux intérêts
vous
par! le ielega'ls calomnié vos intentions t celles du
aviet confics, ont font retirés de PAfemblée ; ils ont peint
commerces, Ils fe
prèts à renoncer à leur
&
ail
pagrie,
les Colons défefpoir, aljurant la Conifitution.
le commerce anéanti,
conduite de nos Députés, après ce décret, a provoLa
le
vifs de la reconnoillance de" CE
qué les tésnoignages du Cap & des plus repréfentans de la province.
la commune
vos intentions t celles du
aviet confics, ont font retirés de PAfemblée ; ils ont peint
commerces, Ils fe
prèts à renoncer à leur
&
ail
pagrie,
les Colons défefpoir, aljurant la Conifitution.
le commerce anéanti,
conduite de nos Députés, après ce décret, a provoLa
le
vifs de la reconnoillance de" CE
qué les tésnoignages du Cap & des plus repréfentans de la province.
la commune --- Page 27 ---
roey 2 N oo
-
L
(23)
Leur retraite fubite de Taffemblée leur a été impéricufela
effroyable du défefment commandée par de la fubverfion perfpeétive des Colonies, de l'anpoir nihilation des Colons, de vos créances, de la ruine de votre commerce, &c de la contre-révolution françoi e. Il y a cette
différence entr'eux & vous, Meflieurs, que vous ne con- -
noilféz la Co onie- que par l'opulence dont elle a couronné vos fpeculations, fans avoir la première notion de
la néceflité de laiffer aux Affemblées coloniales le droit
de modifierl'état desgens de couleur. E.les feules peuvént
combiner ces modifications avec les autres parties de
notre régimc intérieur, qui, en fécondant nos travaux. 2
a fait jaillir pour la France, & fpécialement pour vous >
richefles
& vous en particulier femune fource de
qu'elle
blez vouloir tarir.
comment ont-ils pu croire avoir le droit de
Cependant >
entier
prononcer des lois auxquelles P'empire
fe foumettrait,
tàndis que pour la partie de cet empire qu'ils repréfentent,
ils fe rejufent aujourd'hui aux décrets que la majorité pro-.
nonce ?
formation des
. La prétention de concourir à la
lois pour
la France, a bien moins été lobjet de notre députation à
lAffemblée nationale, que la crainte trop bien juftifiée de
quelques motions diétées par lignorance de nos locacités,
ou par les ftipendiaires de la vengeance de l'Ang'eterre.
Nos rapports commerciaux avec la France, & fon inAuence prorearice fur nous; > comme métropole, n'auroient fubi aucune altération, flAffemblée nationale, en
décrétant des lois pour le royaume, eût délégué aux Colonies le pouvoir de s'en créer, qui ne dérogeaffent point
aux grands intérêts politiques de T'empire. Notre prévoyance fe trouvant deçae depuis le 15 mai, notre repréfentation y eft devenue fupetfluc.
B 3.
& fon inAuence prorearice fur nous; > comme métropole, n'auroient fubi aucune altération, flAffemblée nationale, en
décrétant des lois pour le royaume, eût délégué aux Colonies le pouvoir de s'en créer, qui ne dérogeaffent point
aux grands intérêts politiques de T'empire. Notre prévoyance fe trouvant deçae depuis le 15 mai, notre repréfentation y eft devenue fupetfluc.
B 3. --- Page 28 ---
(24)
Yous ne, leur aver pas donné de parcils ordres.
Sur quoi hafardez-Vous cette alfeition ? Vous ont-ils
commmuniqué leurs pouvoirs oftenfibles, & nos inftructions particulières ? Détcompcz-vous, M. flieurs, s'ils n'avoienrpas reçu de parcils ordres,ce n'eût été, fans doure,
que parce que le motif en auroit paru chimérique,
Fideles d votre patrie 3 vous avexjuré d'en
les
lois.
refpetler
Nous le jurons encore, pourvu que ces lois, d'accord
avec celle du I2 oéobre, n'anéancifent pas le fruit
nos travaux, mis, le 8 mars précédent, fous la
de
garde fpécialo de la nation.
fauve-:
Le commerce animé du patriotifine le plus
trop_fur l'énergie de ce fentiment dans vOS pur cceurs 3 compte.
Partager les craintes qu'or cherche à répandre.
- pour
Nous avons jugé le défintéreffement & la
votre patriorifme, d'après votre zèle à prévenir l'abolition pureté de
de.la traite. Vos commerçans ont ealeulaque Jeurs
lations très-lucratives fur la cête d'Afrigue,.dewoient fpécuchaincr leur patriorifme jufqu'sprès l vente de leurs eneflaves; qu'alors un nouveau genre d'intérêr
qu'ils en déployaflent toute l'énergie en faveur de exigeoit
de CCS mêmes efclaves,, qui devenant affranchis, & partie
fuite du décret, pères de ceux qu'on veut rendre nos par
égaux, augmenceront la confommation de leurs cargaifons. De-li, oui de-là, Mellieurs, la différence de
conduite fur les deux motions concernant la traitedes votre noirs
& l'étas des gens de couleur. Delà le principe de notre
opinionfur lepattiotifine du commerce, 2 que nous n'ayons
igeoit
de CCS mêmes efclaves,, qui devenant affranchis, & partie
fuite du décret, pères de ceux qu'on veut rendre nos par
égaux, augmenceront la confommation de leurs cargaifons. De-li, oui de-là, Mellieurs, la différence de
conduite fur les deux motions concernant la traitedes votre noirs
& l'étas des gens de couleur. Delà le principe de notre
opinionfur lepattiotifine du commerce, 2 que nous n'ayons --- Page 29 ---
P ATw Gaancyey w
(25)
jamais vu que fous les couleurs de l'égoifme, 1 Sile fantôme de la philantrhopie émeut affez votre fenfibilité
rendre los enfans de nos efclaves noS égaux & les vôtres, pour
que n'allez-vous recueillir en Afriqueleurs familles éparfes,
pour leur procurer en Europe les avantages dont vous
trouvez naturel qu'ils jouiffent dans les Colonies? Nous
1gnorons l'efpèce des craintes
l'on cherche à répandre;
mais nous vous affurons que dlitc, qui nous affectent, nous
rendent inacceflibles à toute autre crainte.
Yous rendretjuftice aux principes qui ont didléce décreti
Nous l'avons déjà fait, en l'attribuant à l'ignorance
toujours finatique, ou à l'activité dévorante de la
dité
cupifalariée par la vengeance &c la politique des rivaux
de la France (1); ou enfin à la faralité d'une proyoquante verfatilité.
Yous en afurerex Pazécution.
Vous êtes bien perfuadés du contraire, > paifque vous
recrutez des citoyens armés pour venit X préfider. Pour
ftimuler leur zele meurtrier 2 vous copiez les impoftutes les plus groffières de nos ennemis : vous annoncez
aptès enx, , <
les
de couleur forment la partie
>9 la plus LetEUE 81 la population des Colonies en
>> hommes libres; qu'ils font lcs fenls dans n0S climats
(t) Les lois angloifes ont imprimé généralement à la ciafle
des hommes de couienr libres un caradtere d'infériorité: fa poftion
ef un état intermédiaire entre l'efciavage & la liberté criginaire; &
par un bill du mois de feptembre 1774, il a étd décidé qu'aucun
nègre, mulâtre ou méris libre, ne pourra voter à T'éiedion du repréfentant de fa parcife dans l'affemblée générale de la Colonie.
Hif. piritefap. Spolisignespar G. T.Raynal, tome
23 &
VII,pag. 322,
ftion
ef un état intermédiaire entre l'efciavage & la liberté criginaire; &
par un bill du mois de feptembre 1774, il a étd décidé qu'aucun
nègre, mulâtre ou méris libre, ne pourra voter à T'éiedion du repréfentant de fa parcife dans l'affemblée générale de la Colonie.
Hif. piritefap. Spolisignespar G. T.Raynal, tome
23 &
VII,pag. 322, --- Page 30 ---
(26)
le nombre s'accroit de lui-mème; que nés fur le
5> dont
c'eft eux
font faits par la na-
>> fol qu'ils cultivent,
qui
de ces allertions
>5 ture
le défendre s. La première l'excès delexaeft un farde dont la fauffeté, révolante par
& vos
gération, peut vous être certifiée par vos capitaines
des:
des recenfemens généraux
agens indépendammient
contre lévi.
Coismies : la feconde eft I dicule, puifque
des
dence, elle nie la reproduétion de la Créoles population
Blancs dans CCS 'mêmcs Colonies. Les
blancs, nés en
aujourd'hui tres-nombreux, & nos co-propriécxires defendre notre
Frances font à coup sûr plus faits pour couleur libres, aufli
fol avec fuccès, que les Créoles de
par
la modicité de leur population, que
impuiffans celle de leurs par proprié.és & de leurs moyens.
la raifon & par la Jagelle de
Yous combatretpar le délire des préjugés & les mavotre adminifration -
troubler la paix de
naeuvres dangereufes qui pourroient
l'empire.
nous
1 Repofez-vous fur nous du choix des moyens que nés
combattre le délire des préjugés
emploverons pour & de la manie de l'innovation. Sil les troude l'impofture
envoyé le
réfluent fur
bles dont vous nous avez n'en
germe, accufer que les'
les vidimes
pourtont
tout l'empire,
premiers auteurs.
P'efpoir de vos frères de France. Cet
Voilks Meffieurs,
efpoir ne fera pas trompé.
véritablemens nos frères, fi vous vous joiVous ferez
faire retirer le décret du 15 mai. Voilà
gnez à nous pour fans cela, tout eft perdu.
notre efpoir;
réfluent fur
bles dont vous nous avez n'en
germe, accufer que les'
les vidimes
pourtont
tout l'empire,
premiers auteurs.
P'efpoir de vos frères de France. Cet
Voilks Meffieurs,
efpoir ne fera pas trompé.
véritablemens nos frères, fi vous vous joiVous ferez
faire retirer le décret du 15 mai. Voilà
gnez à nous pour fans cela, tout eft perdu.
notre efpoir; --- Page 31 ---
S
Mswecyed A -
y
-
-
a
(27)
Onn'abjure pas
patrie giand elle eft libre, & quand
des lois de jufice de Aogele affurent fa profpérité.
- Le principe eft vrai, mais malheureufement il ne nous
eft
Nous ne goûterons jamais les fruits de
pas applicable.
exiftera un décret qui met nos pro-:
ln liberté, 9 tant qu'il
ptiétés en danger.
Cimenter ayec nous une nouyelle union.
Notre nouvelle union dépendra de VOS démarches ultérieures.
Nos citoyens s'emprefent à s'inferire pour aller vous
ofrir leurs fervices & leurs fecours, ff votre tranquillité
éroit troublée.
Des lettres de VOS citoyens prouvent au contraire
qu'on en infcrit avant de connoitrs leur veell. Ce procédé extraordinaire à tous égatds, nous furprend d'autant
plus de. votre part, qu'il eft un aé de délobéiffance au
décret de PA femblée nationale, qui défend à rous corps fa
adminiftratifs d'exécuter un décret avant fa fandion &
promulgation 5 formalités conffitutionnelles dont vous
ignoriez l'exiftence pour le décret du 15 mai, puifque
vous nous annoncez n'en avoir connoiffance que par les
papiers publics.
Comptexfur leur ardeur & far leur zele.
Nous fommes bien convaincus d'avance que Pun &c
l'autre feront paralyfés, quand ils verront ou, pour, &
contre qui vous les envoyez combattre.
Comptezfur notre dévoucment, B-recevegens Mfeurss
les affurances les plus fincères.
z l'exiftence pour le décret du 15 mai, puifque
vous nous annoncez n'en avoir connoiffance que par les
papiers publics.
Comptexfur leur ardeur & far leur zele.
Nous fommes bien convaincus d'avance que Pun &c
l'autre feront paralyfés, quand ils verront ou, pour, &
contre qui vous les envoyez combattre.
Comptezfur notre dévoucment, B-recevegens Mfeurss
les affurances les plus fincères. --- Page 32 ---
(28)
Nous T'apprécions fous tous fes rapports, & recevez;
Meffieurs, les affurances les plus fincères.
GRENIER, Préfident ; PETIT DESCHAMPEAUX, vicePréfident ; Bouvssou, Secrétaire ; F. DE
Sccrétaire ; Poular, Secrétaire.
CHAUNONT,
No, VIL
EXTRAIT des regiftres des délihérations de l'affembléc
provinciale permanente du Nord.
Séance du 6 juillet 1791.
L'affemblée provinciale du Nord, inftruite
fieurs gens de couleur, de tout ige & de tout que
s'étoient précipitamment retirés
Br
d'autres pourroient s'abienter de leurs de cette ville, & gue
2 cru dans fa fageffe qu'elle devoit aller quartiers au-devant relpedifs, des
fuggeftions cher
& des confeils perfides dont on pourroit cherà empoifonner des efprits faciles
les écarter par-là de leurs devoirs :
à icduire, > pour
A ARRÉTÉ & ARRÉTE, que prenant plus
les
de couleur libres fous fa protecton fpécialement
elle Aer exhorte à revenir dans" cette ville &. immédiate, dans leurs
refpedtifs, & de continuer à fe renfermer dans
des lois, &
tous
RERLEE
leurs
àrégarder
les blancs comme
bienfaiteurs, leuts proteéteurs & leurs pères 3 les
affurant que ce ne fera jamais qu'à ces ritres
obtiendront d'eux librement les marques de bienveillance quils
leur méritera leur attachement.
que
Arrète en outre que le préfent fera imprimé,
& affiché par-tout où befoin fera, & que copies en publié feront --- Page 33 ---
E enpene 2
(29)
adreffées à toutes lcs paroiffes, avec invitation de les faire
publier & afficher.
Donné en féance le 6 juillet 1791.
Signé au regifire, Broflier, Préfident. Loir, Vice-Préfideni. Bouylfou, Sccrisaire-pepetuei, Poulet,.Secrétaireadjoint.
Pour copie conforme aux originaux ; Paris, ce 3I
Aoûr 179:,
Les Dépurés extraordinaires de la province du Nord de
Saint-Domingue,
Signé, DESTANDAU, DE LADEBAT. --- Page 34 ---
04-46 --- Page 35 ---
ea --- Page 36 --- --- Page 37 ---
E791
A845a --- Page 38 ---