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JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
Purchased from the
Trust Fund of
Lathrop Colgate Harper
LITT. D.
srfra --- Page 3 ---
- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
ADRESS E
DE MESSIEURS
LES MAIRE
ET OFFICIERS
MUNICIPAUX
DE LA VILLE DE
BORDEAUX,
A Messieurs
composant les Assemblées Co:
Loniales, les
Municipalités et les Comités
dans les Colonies
Françoises,
Da 31 Mai 1791:
Massituns ET CHERS COMPATRIOTES;
Nous avons saisi avec zèlc et
occasions qui se sont présentées de empressement toutes les
attachement. Au milieu mêmc des vous témoigner notre
propre administration
embarras: que notre
cessé de suivre
nous' a souvent causés, nous a'avons
le fil de tous les évènemens
être pour vous une source
qui pouvoient
avons gémi des troubles d'inquiérude et d'alarmes 5 nous
qui depuis notreheuréuse
ont si fréquemment agité YOS
révolution
contrées, et nous avons élevé
A
M a 2 DA
a IER a --- Page 6 ---
3e
(2)
notre voix avec force toutes les fois que nous
nos réclamations, unics aux vôtres,
avons cru que
pouvoient accélérer dcs
mesures tendantes à ramener le calme et la paix
Notre intention, frères et amis > n'est certainement parmi vous.
en vous' rappellant ces faits, de nous faire un mérite point,
de vous de nos vives sollicitudes sur
auprès
ni des démarches
CC qui vous concerne s
qu'elles nous ont inspirées : nos
sont Ics vôtres 5 vous ne pouvez éprouver
L intérêts
aucun malheur
que nous' n'en ressentions vivement les
l'on ne se vante pas du bien
contre-coups, et
à soi-même.
qu'on a cherché à se faire
Silesrapports commerciaux qui existent entre
liaisons de famille
nous , siles
3 d'amitié, de correspondance
qui nous unissent , sont tels, que la distance habituelle
pare, ni des divisions
a
qui nous séd'intérêt, ou plutôt de funéstes malentendus sur notre intérêt récl et commun n'ont Jes
blir sous le règne du despotisme qui divise
pu affoiplus forte raison de semblables
tout, à combien
motifs ne
ter atteinte aujourd'hui
pourront-ils syporque nous aurons les uns et les
une patrie, 9 c'est-à-dirc. , un centre commun d'affections autres
ct de jouissances délicieuses; aujourd'hui
la.
sera d'un bout de l'empireà l'autre
que
liberté
, le cri de
de tous les François, et: que
ralliement
lagloire et la
la nation: : seront de but'auquel.
prospériré dc
leurs démarchest
tendront sans cesse toutes
D
ront-ils syporque nous aurons les uns et les
une patrie, 9 c'est-à-dirc. , un centre commun d'affections autres
ct de jouissances délicieuses; aujourd'hui
la.
sera d'un bout de l'empireà l'autre
que
liberté
, le cri de
de tous les François, et: que
ralliement
lagloire et la
la nation: : seront de but'auquel.
prospériré dc
leurs démarchest
tendront sans cesse toutes
D Celle que nous faisons dans ce moment auprès de
frères et, amis, ne peut manquer.de vous étre
vous,
de nous concilier de plus en plus votre estime agréable, et
et votre amitié, lorsque vous connoitrez la pureté des morifs uui
animent.
nous Uneloisolemnelle quivient d'être portée par nos augustes --- Page 7 ---
ss
(35.
objet de dissiper sans retour les craintes
représentans a pour
cherchent à vous inspirer jusques
que des mal-intentionnés
sur vos propriétés.
comme article constituL'assemblée nationale a décrété,
il ne sera rien statué sut les hommes de
tionnel, quejamais
d'après le vocu libre et spontané
couleur non libres, que
des assemblécs coloniales.
d'entre
plusieurs
Ainsi on ne pourra sansdoute plus égarer
en cherchant à leur pervous par de perfides suggestions ?
de donner la
suader que l'assembléc nationale se proposoit
liberté aux nègres,
Ainsi ils seront confondus sans retour ceux qui, pour
faire hair la constitution, , prétendoient que les prinvous
elle est établie tendoient à renverser vos
cipes sur lesquels
de
en vous ôtant
fortunes, et à frapper vos terres stérilité,
des bras
les cultivent. Nous vous conjula disposition
qui
instans à
rons, frères et amis > de vous arrêter quelques
cette idée; car nous ne pouvons pas douter que vos. ennemis
et les nôtres n'aient employé ce moyen avec une, perfide
adresse
diminuer votre confiance dans nos législapour
ainsi des obstacles à r'établissement
teurs, et.pour préparer
de notre sainte constitutton. Reconnoissez avec nous, que'
vous ont indignement abusés surle point qui vous
ceux qui
bien chercher à
touche le plus essenticllement, pourroient
sans doute ils
vous tromper encore : reconnoissez que
avoient des motifs secrets et coupables, et vous: vous
armerez d'une sage défiance contre les nouvelles tentatives
de faire pour vous entraîner dans
gu'ils ne manqueront pas,
de fausses démarches.
CA
Déjà, à les entendre, l'assembléc nationale, en vouS
accordant l'initiative exclusive sur le sort de vos esclaves 2
A 2
AA0s
ouche le plus essenticllement, pourroient
sans doute ils
vous tromper encore : reconnoissez que
avoient des motifs secrets et coupables, et vous: vous
armerez d'une sage défiance contre les nouvelles tentatives
de faire pour vous entraîner dans
gu'ils ne manqueront pas,
de fausses démarches.
CA
Déjà, à les entendre, l'assembléc nationale, en vouS
accordant l'initiative exclusive sur le sort de vos esclaves 2
A 2
AA0s --- Page 8 ---
(45
ne vous a faiz qu'an den inutile; Vos intérêts
repos exigcoient qu'elle vous accordât
ct votre
mande. Les hommes de couleur
une seconde dedevoient prétendre
libres ne pouvoient et ne
qu'à Ia jouissance des droits
Vous abhorriez l'idée de les voir associés
civils:
tiques. Ceux-ci, la révolution de la
aux droits poliéonquis que pour les colons blancs métropole ne les avoit
: vous seuls étiez
frères et nos égaux : la couleur seule des
nos
être pour vous un motif
mulâtres devoit.
indispensable de reproche et de
mépris; on ne polvoit connoître én France, ni
du préjugé qui les
la force
repoussoit dans les
la
des raisons qui venoient à
colonies,ni force
l'appui de ce préjugé. Les
cipes devoient céder aux localités; c'étoit
prinet en votre générosité qu'il falloit
en vOs lumières
n'obreniez
se fier : énfin si vous
pas l'initiative stir lc sort des gens de
on rompoit la digue qui retexoit vos
couleur,
pouvoit plus prévoir ou s'arrêteroient esclaves; on ne
à dévaster les colonies;
les malheurs prêts
on devoit tout craindre de votre
ressentiinent.
II noas a toujours été impossible de reconnoitre
ce langage celui de François,
dans
qui, malgré l'océan
nous sépare, nous sont attachés
les
qui
saints qui
par
liens les plus
puissent unir des hommes. Non sans
vous avicz su les discours qu'on s'est
doute, si -
votre nom, et les menaces dont
permis de tenir ent
on a voulu nous
vous n'auriez pas souffert qu'on pût
efirayer,
vous lcs
vous les auriez hautement
imputef;
riez
désavouécs, et vous nous auépargné la douleur d'entendre ces mots affreux de
scission des colonics avec la métropole, de refus absolu
de reconnoître les loix émanées de l'assembléc constituante
èr dessein formé de livrer les
J
colonics à ane
1232 10
puissance
vous n'auriez pas souffert qu'on pût
efirayer,
vous lcs
vous les auriez hautement
imputef;
riez
désavouécs, et vous nous auépargné la douleur d'entendre ces mots affreux de
scission des colonics avec la métropole, de refus absolu
de reconnoître les loix émanées de l'assembléc constituante
èr dessein formé de livrer les
J
colonics à ane
1232 10
puissance --- Page 9 ---
(55
de vous
à des excès plus coupaétrangére, ou
porter
vous
de renoncer à un préjugé qui
bles encore 3 plurôt que
est cher.
ne viennent
à ces menaces, qui
Nous ne répondrons
vous appellant comet ne peàvent venir de vous , qu'en adressant à vous ccmine
patriotes et frères, qu'en noas
qu'on a faites
tels; mais nous répondrons aux objecsons bienfaisante. Eh! ! pouravec tant de passion contre une loi
raison et à votre
rions-nous hésiter d'en appeller à votre
craindre, lors même qu'on vous
justice? Pourrions-nous
instant notre révolution, que
auroit fait méconnoitre un
de
durée : Pourfir
longue
cette erreur de votre esprit
comme nous
rions-nous douter que vous ne la bénissez
lorsque vous reconnoitrez
la bénissons nous. - mêmes,
biens dont puissent
qu'elle vous garantit lcs plus grands
les hommes?
s
jouir
: devons saivre dans cette discussion
La marche que nous
du décret de
les adversaires
messieurs et chers compatriotes,
l'assemblée nationale nous la tracent eux-mêmes.
'reT'opinion qui, dans les colonies,
Ils conviennent que
libres dc la jonissance des
les hommes de couleur
pousse
mais ils ajoutent que
droits politiques n'est qu'un préjugé; donnent à cf prédes motifs très-puissans ct tres-légitimes
jugéla force de la raisan.
ensuite tes rar
Examinons donc d'abord le préjugé, et
cette tâche, animés par l'espoir
sons : nous allons remplir
ames mais, 2 lors même
de porter la conviction dans vos
pourriezn'aurions pas le bonheur de réussir,
que nous
Tasspmblée natiovous encore, s'il vous est prouvé que
sa gloire
nalc n'a pu agir autrement sans compromettre
nous a donnée?
ct le sort même de la constitution qu'elle
- Aal
Pae --- Page 10 ---
(6)
Oui, sans doute, c'étoit un préjugé
qui faisoit régarder les hommes de
que cette opinion
couleur
une caste à part, comme une
libres comme
rieure à celle des
caste à tous égards inféblancs, qui faisoit
couleur de la pcau, la différence
consister, dans la
rateurs d'un. même Dieu
spécifique entre les ado2 entre les enfans d'une
patric. Ou la nature a-t-elle
même
posé cette barrière
ques blancs prétendent cxister
que quelcoulcure Est-ce
entre eux et les hommes de
que les facultés
de
se développent
physiques
ceux-ci ne
pas comme les nôtres ?
e à tous égards inféblancs, qui faisoit
couleur de la pcau, la différence
consister, dans la
rateurs d'un. même Dieu
spécifique entre les ado2 entre les enfans d'une
patric. Ou la nature a-t-elle
même
posé cette barrière
ques blancs prétendent cxister
que quelcoulcure Est-ce
entre eux et les hommes de
que les facultés
de
se développent
physiques
ceux-ci ne
pas comme les nôtres ? Est-ce
esprit est moins susceptible
que leur
de se
que lc nôtre de s'étendre et
à
perfectionner: 3 Est-ce que leur ame est
la morale P Sont-ils
inaccessible
incapables de ces douces
ct de ses sentimens généreux
affections
tinctif de l'homme
qui font le caractère disen société? Assurément
là que vous chercherez les
ce n'est pasils sont sous
preuves de leur infériorité:
vOS ycux ; VOUS les avez vus
laboricux et
presque toujours
habiles; vous les avez vus souvent
mains et sensibles; vous les
doux, > huavez vus quelquefois éclairés
instruits; et s'il étoit vrai que
et
fussent restées
quelquesunes de leurs facultés
engourdies, n'est-ce pas
le desporisme les avoit accablés
l'avilissement dont
comme
faudroit en accuser ? Et n'avoient-ils nous-mêmes, 2 qu'il
cle de plus, celui
leur
pas à vaincre un obstades colons
que
opposoic le mépris de la
blancs? plupart
Ahi Messicurs et chers
ehétir Çe barbare
compatriotes 2 pourriez-vous
préjugés.. Dans la
France régénérée, la
constizution de la
cause des hommes ne peut se
que devant le tribunal de la raison. plaider
Messieurs
D'ailleurs, vous le
, ce préjugé, quoiqu'il sembiât
savez,
presque tous ceux qui avoient habité les étrelapanage de
colonies, avoit,
--- Page 11 ---
(7)
les
injustes et immoraux, plus Jou
comme tous
préjug(s
des çolonics, chez
moins de forcedans telle ou telle partic
dans telle
tels individus 5 chez les, mêmes individus
tels ou
même dire que tous les
telle
On ne sauroit
oul
circonstance. d'entr'cux gémissoient
blancs l'eussent partagé: plusieurs
la suite s et quel
silence des injustices qui en étoient
en
avoient le courage de s'élever avec une énergique
ques-uns
doat ils sembloient ceindignation contre unc oppression
devoir recueillir les avantages. pendant
tous, les blancs
Il n'en est pas moins vrai que presque
quelquesconformément à ce préjugé, quoique
agissient
P'injustice : c'est assez dire
uns d'entr'eux en reconnussent
qu'il étoit appuyé par quelques raisons. terribles
En effet, on faisoit entrevoir des inconvéniens: des droits
loi
assuroit aux gens de couleur libres
à une
qui
sérieusement la légitidont presque personue ne contestoit
en tirer,
lcs consiquences que pourroient
mité: on craignoit
amis des esen leur faveur > les esclaves 2 ou d'imprudens les colons blancs
soutenoit
ceux-ci et
claves : on
qu'entre
la distance
il falloit une classe intermédiaire pour marquer
trouvoit entre les uns et les autres.
assuroit aux gens de couleur libres
à une
qui
sérieusement la légitidont presque personue ne contestoit
en tirer,
lcs consiquences que pourroient
mité: on craignoit
amis des esen leur faveur > les esclaves 2 ou d'imprudens les colons blancs
soutenoit
ceux-ci et
claves : on
qu'entre
la distance
il falloit une classe intermédiaire pour marquer
trouvoit entre les uns et les autres. qui se
T'assembléc nationale a pesé ces considérations
Eh bien! satisfait à tout ce qui
dans sa sagesse 9 et elle a pleinement
Vous
raisonnable et fondé dans vos demandes. lui a paru
décret dans le [décret luitrouverez T'apologie de son
même
pourroit en tirer en
Vous redoutiez les conséquences qu'on
leur sort
faveur des esclaves. Une loi constitutionnelle met la force né- a
exclusivement entre vos mains 5 et pour doubler
leurs entreprises, s'ils osoient s'en percessaire à réprimer
A 4
. --- Page 12 ---
(8) )
mettre ; elle vous associe tous ceux
térêt que vous à les
qui ont le même in:
contenir. Vous vouliczune classe intermédiaire
trefois que par
: elle n'existoir auelle existera
usurpation et par une violation de la loi:
maintenant en verru de la loi:
ne pourra entrer dans VOS assemblées
aucnn affranchi
séquent aspirer à vos
électives, ni par conposée. magistratures 5 voilà conc la barrière
Mais , quand même vous ne scricz
e la justice ct de lutilité de
pas encore convaincus
croiriez
cette loi , quand même vous
que l'asscmblée nationale vous
pénible, s ah ! du
impose un sacrifice
de la
moins 9 veuillez considérer
liberté est aussi
que' lépoque
biée nationalen'a
lépoque des sacrificcs 5 que l'assempu étendrcsa main
les parties de
bienfaisante sur toutes
T'empire > pour faire régner
sans renverser en
l'égalité et la loi,
viléges. Et,
même-temps tous les abus et tous les pricombien cette vérité ne devient-elle
sensible encore, lorsqu'on
pas plus
En réféchissant
l'applique à l'état des colonics :
à ce que l'assemblée nationale
corder à lindispensable nécessité
a dâ acdes
on ne pas convenir de ce'
circonstances, , peurtion
qu'elle a dû refuser à la
ou à un intérêt mal entendu ? prévenIci, frères ct compattiotes , il est de notrc devoir
faire T'exposé de la
oti
de vous
position se trouvoit l'assemblée nationale, des piéges dont on l'avoit
entourée, 3 ct du
qu'illui a fallu pour rester fidele à ses
courage
pas détruire son
principes, pour ne
propre ouvrage 2 et pour vous sauver en
quelque sorte 5 malgrévous, ou
en votre nom. malgré.ceux qui parloient
Nous vous avons déjà dit ga'il y avoit des hommes
sous lapparcnée de défendre vos intérêts,
qui,
calomnioient au- --- Page 13 ---
(9)
nationale: ici, oii ils avoient
près de vous l'assemblée
nous ne nous étions pas mémoins hesoin de se déguiser s
très-biert
sentimens anti-civiques; nous avons
pris sur leurs
de leurs cris séditieux, qu'ils regretdémélé, au travers
les
Jeurs liaile despotisme ct priviléges;
toient uniquement les cnnemis du peuple et de la liberté, nous
sons intimes avec
Eh bien !
13 ---
(9)
nationale: ici, oii ils avoient
près de vous l'assemblée
nous ne nous étions pas mémoins hesoin de se déguiser s
très-biert
sentimens anti-civiques; nous avons
pris sur leurs
de leurs cris séditieux, qu'ils regretdémélé, au travers
les
Jeurs liaile despotisme ct priviléges;
toient uniquement les cnnemis du peuple et de la liberté, nous
sons intimes avec
Eh bien ! dévoiloient assez leurs vues secretes et criminelles. de
hommes
ont prétendu êtrc les interprétes
ce sont CCS
qui l'assemblée nationale ; ct 9 nous le
vos sentimens auprès de
avoit-il parmi eux qucll
dirons avec douleur 2 peut-être y
vous, aviez revêtu du caractère auguste
ques-uns de ceux que
seroit-il arrivé, si lAssemde vos représentans: : or s que
vouloient lui
blée nationale eût tombé dans le piége qu'ils
-
tendre 2
forDéjà il existoit des loix qui étoient en consradiction avoit orleurs
; déjà le code noire
melle avec
prétentions
des mêmes droits que les
donné que tout affranchi jouiroit
guères
5 il est vrai quc ces lois n'avoient
autres citoyens
étoient éludées de mille
leur effet qu'en France, et qu'elles
d'étonnant. pour
manières dans les colonies. Cela n'a rien
de T'habitude et la nature du coeur
qui conn'oit l'empire étoient nés drns lcs colonies, cnhumain. Les blancs qui
lidéc de leur couleur l'idée
tourés d'esclaves, associoient à
à tous ceux
qu'ils étendoient
d'infériorité et d'aviftssement
le teint. sans être esclaves, en avoient cependant
qui,
de France, ou ils avoient été opLes blancs qui arrivoient,
s'cn conune foule dc priviléges,
primés et humiliés par
à leur tour un prisoloient en Amérique, cn s'arrogeant
vilége cruel. T'assemblée nationale
H étoit impossible assurément que fait Louir XIV 3 si clle
fit moins pour la, liberté que n'avoit
a
--- Page 14 ---
(10)
l'eût fait, de quels maitres auroit-elle été réduite à
voir des leçons de justice et d'équités Il éto't
receégalenient
impossible qu'elle rendit légal S des usurpai ns contraires
à la loi.Sa mission étoit d'étendre la
liberté,.et non de
la resserrer ; les droits politiques ne sont pas d'une autre
nature que les droirs civils 3 tous viennent de la même
source ; ils se prêtent une appui réciproque ; les condi-. tions, , pour en jouir,. duivent être un iformes pour tous 5
et s'il y avoit des exceptions 2 eiles doivent être fondées
aur la nature des choses, ou nécess.tées par le salut de
Tétar. Ces deux dernières conditions pouvoient avoir lieu
les affranchis: ils scrtoien: del'enfance 5 mais dégradés pour
des
par
habirodesserviles, ils restoient dans un état de minorité:
pouveit-on dire a même chose Ces hommes de couleur nés
depère et mère libres?
,. duivent être un iformes pour tous 5
et s'il y avoit des exceptions 2 eiles doivent être fondées
aur la nature des choses, ou nécess.tées par le salut de
Tétar. Ces deux dernières conditions pouvoient avoir lieu
les affranchis: ils scrtoien: del'enfance 5 mais dégradés pour
des
par
habirodesserviles, ils restoient dans un état de minorité:
pouveit-on dire a même chose Ces hommes de couleur nés
depère et mère libres? C'est cependant leur avilisementqu'on
demandoit : à qui 3 A l'asseml-lée nationale de
à
cette
France,
assemb'ée qui avoit rendu les droits politiques à la
presque totaliré des habitens d'un vaste empire, "et qui avoit
ouvert à tous les François, sans distinctton,le chemin
pour
parvenir à lcur exerçice. Voyons maintenant cC qu'a fait et ce qu'a pu faire l'assemblée nationale. Au moIs de mars de l'anpée dernière, ellc rendit un décret pour les colonies > qui consacre les droits de toute personne libre et contribuable : personne ne douta alors, ni ne
put douter que justicc n'eût été rendue aux hommes de couleur; ; toute la France retentit des acclamations de la joie la
plus vive à la lecture d'un décret qui, respectant toutes les
propriétés respectoit aussitous les droits:les colonies cllesmêmes mélèrent leurs applaudissemens aux nôtres, et don- --- Page 15 ---
(11 )
dc leur sarisfaction et de leur renèrent mille témoignages
obscurité donna lieu
connoissance. Cependant une prétendue
du décret, et servit de prétexte
à une double interprétation exciter dcs troubles funestes 3 le
anxmalintentionés; pour
avec art
en silence à Paris, 2 et SC répandit
poison se prépara
dans les colonies.
on
C'est ainsi qu'à l'aide d'une misérable équivoque,
les blancs eux-mêmes qui, sans ces perfides insinuatrompe
certainement opposé aucune résistance à
tions, n'auroient
On troml'admission des gens de couleur au rang decitoyens. etsoit
le
nombre des hommes de couleur ;
pa aussi plus grand
soit enfin par des
des séductions, soit par des menaces ,
par
dc se prévalolr des terexemples terribles s on les empêcha
mes formels d'unc loi qui leur étoit favorabic.
Iln'y a peut-être pas d'exemple d'une perversité aussiprofonde
celle qui fut mise en usage alors pour tromper les
que
devoicnr
citoyens des colonies sur Tinterprétaricn qu'ils
donner à çe même décret: il falloit pour cela supprimer
qui rendoient un comptc exact des
des feuilles publiques
faits 5 on y parvint : il falloit intercepter des correspondances; on en vint à. bout: il fallo:t bercer le public des
idées les plus fausses et lcs plus contradictoires 5 on en eut
la fatale adresse.
événemens
ameCombien sont cruels et funestes les
qu'a
nés cette détestable machination, 2 cette fausse interprétation, criminelle de la part de quelques-uns, et adoprée de
bonne foi par le plus grand nombrerVot-mének, combien
vOS erreurs 2 lorsque vous reconnoine déplorerez-vous pas
nous ne
trez que vous avez été le jouet de ceux qui parmi
tendoient qu'à opérer une contre-révolution 9 et nc cherchent
qu'à relever le trône du despotisme! Elles seront sans doure
connucs un jour ces tramcs ténébreuscs,à la faveurdesquelles
de quelques-uns, et adoprée de
bonne foi par le plus grand nombrerVot-mének, combien
vOS erreurs 2 lorsque vous reconnoine déplorerez-vous pas
nous ne
trez que vous avez été le jouet de ceux qui parmi
tendoient qu'à opérer une contre-révolution 9 et nc cherchent
qu'à relever le trône du despotisme! Elles seront sans doure
connucs un jour ces tramcs ténébreuscs,à la faveurdesquelles --- Page 16 ---
T'aristocratie
(ra)
révolte
espéroit de rétablir son emfire à la suite d'une
préparée dans les colonics. On
armer les uns contre les
est parvenu à vous
la main de leurs frères,à autres, à faire égorgerles frères par
d'une
vous plonger dins toutes leshorreuis
guerre civile; ; on a séduitou
des troupes de ligne, les
trompé les braves soldats
équipages
on a employé pour cela
desvaisseaux de la nation:
Je inasque
jusqu'à defaux décrets, et. l'on a pris
venu à
on ne
desatiaiane.ensiegecl
égarer des François,
seroitjamais parAprès avoir établi le désordre au milieu
avoir répandu l'effroi dans
de vous, après
génie malfaisant
toutes les places de commerce, le
lu entrainer dans quidirigeoit ces perfides mancuvres, a vou"
un précipice l'Assemblée nationale
méme, ,en l'environnant de
elleun décret subversif de
rerreurs :ilat tenrédelui: arracher
tous les principes de la
contraire à celui qu'elle avoit rendu,
constitution, et
C'cst dans ces
circonstances, et au milieu de
res de
tous les gende séduction, que l'assemblée nationale a eu
sei montrer constante: à
le courage
elle a reconnu le
elle-m@me:elle a démélé Tintrigue;
pièges et en rejetant Ce qui l'auroit deshonorée, elle s'est encote une fois couverte de
décret du 15 mai.
gloirc par son
Sil est possible, messieurs ct chers
décrer, malgré tous les
compattiotes, , que cc
avantages qu'il vous
encore VOS opinions du
donne, blesse
l'assemblée
moment, veuillez considérer ce que
nationale se devoit à elle-méme, ce
voit à la France, à
qu'elle dela juge. Les'bonnes l'Europe entière, qui la contemple et
lois ne sont pas faites d'après des
jugés locaux, qui doivent s'affoiblir de
préd'après des convenances
jour en jour, 3 ou
ment continucl.Jetez équivoques, sujettes à un change.
un regard attentif sur la France, notre
commune patric, et éceatez ce qu'auroient dit ses habitans
à elle-méme, ce
voit à la France, à
qu'elle dela juge. Les'bonnes l'Europe entière, qui la contemple et
lois ne sont pas faites d'après des
jugés locaux, qui doivent s'affoiblir de
préd'après des convenances
jour en jour, 3 ou
ment continucl.Jetez équivoques, sujettes à un change.
un regard attentif sur la France, notre
commune patric, et éceatez ce qu'auroient dit ses habitans --- Page 17 ---
(135
devenus libres, et, ce qui est la même chose, devenus justes
etheureux. >> Quoiz un homme de couleur qui viendra se
> fixer au milisndenous,jouira. de tous les droits
>> s'il
sdecitoyens
cst vertueux, éclairé, 2 patriote, , nous nous
S rons de l'élever aux grands honneurs 2 II sera empresse-
> administrateur, législateur même ; ct dans les magistrat,
> dans une portion de
colonies,
l'empire 2 ce même homme sera re-
> poussé des assemblées : il ne donnera pas même
> suffrage, lersqu'il s'agira de nommer ceux
son
> chargés de ses intérêts les plus
qui seront
chers, ceux qui doivent
>> prononcer sur sa vie et sur son honneur 2..
> telle loi est révoltante, et ceux qui l'ont faite Non, une
n'ont
> exprimé la volonté générale. (
point
Ecoutez TEurope, écourez T'Amérique, écoutez
ccs pays oh des iaiarcommetiacaont
sur-tout
voix dela
point étouffé la
justice et de Thumanité. 3> Quoit auroient-ilsdit,
P'Assemb.ée nationale de France sacrifie, à la
rence d'un danger dans les colonics ces premibreappa.
sans
lui
>
principes bienfaiqui
ont servi à renverser tous les abus dans la méa
tropole? S'il falloit avoir égard aux canyenances
avoit-il p2s à respecter en Frarice 3 A quoi donc , n'y en
la légitimité de ses réfermes, si ce n'est à leur reconnoitre
avec la justice 3 Nous étions prêts à
conformité
à l'imiter
l'admirer, à la chérir,
pear-étre... maintenant elle dément son
ouvrage : elle nous apprend qu'il faut reculer devant la propre
mièrc résistance, et que les lois éternelles de la raison prevent céder aux localités,
doiEcourez enfin lcs colonics
elles-mémss;6coutez ces
mes (et votre sang, fut-il mélé, coule dans leurs
homécoutez ces hommcs que l'assemblée nationale vcines..)
milés, ct qui vous tendent les
vous a assiscntiment, dont ilest possibla brassetlorsqu'un premjer resquc vous ne puissiez pas vous
uler devant la propre
mièrc résistance, et que les lois éternelles de la raison prevent céder aux localités,
doiEcourez enfin lcs colonics
elles-mémss;6coutez ces
mes (et votre sang, fut-il mélé, coule dans leurs
homécoutez ces hommcs que l'assemblée nationale vcines..)
milés, ct qui vous tendent les
vous a assiscntiment, dont ilest possibla brassetlorsqu'un premjer resquc vous ne puissiez pas vous --- Page 18 ---
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défendre, aura fairplace à la réflexion, écoutez
ment vos propres intérêts; ils vous diront
attentivetenant
quc c'est mainque vous étes forts, puisque vous êtes
vous alliez vous préparer des dissensions
unis; que
vous aillez livrer votre
éternelles 3 que
repos, votre propriété, votresureté
même, l'issuc incertaine des
haines, et peut-être d'une
guetreintestine, qu'une classe nombreuse,
qui ne
pas, er ne doit pas partager vos droits
partage
drcs inévitables
, témoin des désorqui déchireroient les colonies
trouver un jour dans ces désordres le secret de > pourroit
sa force, et
qu'alors vos' plaintes injustes et vos regrets tardifs scroient
én méme-temps étouffés dans le sang de VOS
sous les ruines de vos propriétés. Aht
familles, et
messieurs et chers
compactiotes 2 au moment où la raison se fera
vous
entendre,
vous écriricz : ce décret a sauvé les colonies 3
Mais, a-t-on dit,l'assémblée nationale
porter à la justice des colons blancs
pouvoit s'en raplaisser le mérite de démander,
eux-mémes, et leur
pour les hommes de couleur
libres, ce qu'elle avoit l'intentiou de leur accorder.
Cet argument est encore l'ouvrage de l'astuce et de la
mauvaise foi. En effct, pour nous borner à la réponse la plus
simple à ceux qui le font, nous leur dirons: ou ce décrer est i,
conforme au vaeu des colons blancs, ou il ne l'est
Sil
f'est, comment pourroiént-ils se plaindre de ce pas.
lateur a prononcé conformément à leurs desirs quc lelégis3 S'il ne l'est
pas, les colons pouvoient - ils desirer
que l'Assemblée
nationalc eûrattendu de connoître leur voeu pour le contrarier?
-En vain chercheroiz-on à confondte l'initiative
hommcs de couleur
sur les
non libres, , avec celle sur les hommes
de couleur libres, La premièreadà être accordée aux colons,
Parce qu'elle regarde leur propricté,ct qu'iln'est
pas possi-
légis3 S'il ne l'est
pas, les colons pouvoient - ils desirer
que l'Assemblée
nationalc eûrattendu de connoître leur voeu pour le contrarier?
-En vain chercheroiz-on à confondte l'initiative
hommcs de couleur
sur les
non libres, , avec celle sur les hommes
de couleur libres, La premièreadà être accordée aux colons,
Parce qu'elle regarde leur propricté,ct qu'iln'est
pas possi- --- Page 19 ---
(is)
touche à leur propriété sans leur consentement
ble qu'on
diru
les droits des hommes de
exprèssmais on ne
pas que
libres fussent une propriété des colous blancs, ni
coulcur
Or, comment ceux-ci
qu'ils y eusseut le moindre rapport.
avoir Ic droit d'en régler ou d'en modifier
pourroienc-ils
l'exercice? Scroit-cé parce que les blancs sont en plus grand
nombré ou plus richestMais dans cC cas il s'ensuivroitque,
si lesh hoimes de couleur eussent été plus nombreux ou plus
riches,c'eft été à eux à prononcer surl'étar des blancs.
osé dire que les blancs seuls étoient armés d.ins les
On a
pouvoient être injustes impunément:
colonies,et qu'ainsils
le
Mais on peut donc faire consacrer dans notre constitution
droit du plus fort; mais on suppnse donc que les hommes
dc couleur, dont un grand nombre sont riches, industrieux,
avoir des armes en propriété? A quelles
nc pourront point
l'on veutsoutenit
absurdités ne faut-il pas se livrer, lorsque
un systême réprouvé par la raisen 3
Telles sont, messieurs et chers compatriotes, les réféxions que nous avons cru devoir vous communiquer : et
combien d'autres se présenteront à votre esprit, lorsque vous
examinerez sans passion, 2 sans partialité, avec l'oeil sévère
de la raison, la question iinportante que l'assemblée nationale avoit à résoudre... Mais maintenant qu'clie a prononcé,
maintenant que sa décision est irrévocable, et que l'on nc
peut attaquer son décret., sans attaquer la constitution,sans
braver la puissance nationale, nous vous conjurons, au nom
dela patric er'de Phumsnité, de faciliter l'exécution de la
loi par tous les moyens qui sont en votrep pouvoirinous vous
conjurons sur-tout d'employerla voie douce del la persuasion:
que chacun de ceux qui sont revêtus de la confiance publique se dise queson exemple àura la plus grande influence sur
s'attache à
la loi
l'esprit de ses concitoyens; qu'il
présenter
A
ans
braver la puissance nationale, nous vous conjurons, au nom
dela patric er'de Phumsnité, de faciliter l'exécution de la
loi par tous les moyens qui sont en votrep pouvoirinous vous
conjurons sur-tout d'employerla voie douce del la persuasion:
que chacun de ceux qui sont revêtus de la confiance publique se dise queson exemple àura la plus grande influence sur
s'attache à
la loi
l'esprit de ses concitoyens; qu'il
présenter
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sous son véritable jour 3 et bientôr, nous n'en
chacun s'empressera d'y donner son
doutons pas;
qui caractérisc tous les bons
assentiment avec cezèle
citoyens de
cun se dise, non-seulement
l'empire; que chamais
que, sa résistance seroit
qu'elle seroit funeste à la
vaine,
patrie, ct qu'elle amencroic
infailliblement les plus horribles calamités;
verrons renaître
et bientôr nous
parmi vous cette heureuse
laquelle il est impossible
harmonie, 2 sans
Les ennemis de la
que vous soyez libres et heureux.
constitution fondent de
rances surles divisions qu'ils s'imaginent devoir grandes espéles colonies, à la réception du décret du
éclater dans
félicitent d'avoir diviséle
15 mai, Déjà ils se
parti patriote, et d'avoir fait
des bons principes quelques défenseurs zélés des dévier
peuple. C'està
droits du
vousqu'appartient la gloire
criminclles cspérances. Puissiez-vous
deconfondreleurs
la nécessité;
en sentir, comme nous,
puissiez-vous vous hâter de donner, dans cette
importante occasion > une nouvelle preuve de votre
et montrer que nul sacrifice, ni de fortune, ni
civisme,
coûte aux vrais amis de la patrie,ct de la liberté, d'opinion, ne
tcnir la concorde, ct affermir la constitution pour mainnotre bonheur commun 3
qui doit faire
Nous sommes avec un attachement fraternel
tucux,
ct respecMESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
Vos frères ct amis,
Les Maire et Officiers Municipaux
de la ville de Bordeaux.
DE LIMPRIME RIE DU PATRIOTE
Place du Théâtre Italien. FRANGOIS, --- Page 21 ---
a TUCAP 7/3 ET --- Page 22 --- --- Page 23 ---
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cret., sans attaquer la constitution,sans braver la puissance nationale, nous vous conjurons, au nom dela patric er'de Phumsnité, de faciliter l'exécution de la loi par tous les moyens qui sont en votrep pouvoirinous vous conjurons sur-tout d'employerla voie douce del la persuasion: que chacun de ceux qui sont revêtus de la confiance publique se dise queson exemple àura la plus grande influence sur
s'attache à la loi l'esprit de ses concitoyens; qu'il présenter
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(165 sous son véritable jour 3 et bientôr, nous n'en chacun s'empressera d'y donner son doutons pas; qui caractérisc tous les bons assentiment avec cezèle citoyens de cun se dise, non-seulement l'empire; que chamais que, sa résistance seroit qu'elle seroit funeste à la vaine, patrie, ct qu'elle amencroic infailliblement les plus horribles calamités; verrons renaître et bientôr nous parmi vous cette heureuse laquelle il est impossible harmonie, 2 sans
Les ennemis de la que vous soyez libres et heureux. constitution fondent de rances surles divisions qu'ils s'imaginent devoir grandes espéles colonies, à la réception du décret du
éclater dans félicitent d'avoir diviséle
15 mai, Déjà ils se parti patriote, et d'avoir fait des bons principes quelques défenseurs zélés des dévier peuple. C'està droits du vousqu'appartient la gloire criminclles cspérances. Puissiez-vous deconfondreleurs la nécessité; en sentir, comme nous, puissiez-vous vous hâter de donner, dans cette importante occasion > une nouvelle preuve de votre et montrer que nul sacrifice, ni de fortune, ni civisme, coûte aux vrais amis de la patrie,ct de la liberté, d'opinion, ne
tcnir la concorde, ct affermir la constitution pour mainnotre bonheur commun 3
qui doit faire
Nous sommes avec un attachement fraternel tucux, ct respecMESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
Vos frères ct amis,
Les Maire et Officiers Municipaux de la ville de Bordeaux.
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