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AD RESSE
DE Za municipalitl du Port-au-Prince à Tafemblte
nationale.
Messrrvns,
Nous avons eu l'honneur de vous faire une adrefle le huit
de ce mois, pour vous donner ccnnoiflance des événemens qui
Ont eu lieu, depuis Je 2, jour de l'arivée de la ftarion envoyée
en vertu de votre décret du 12 c8cb c. Ncusvous avens p.int
la fituation facheufe dans laquclle nous avcns vécu juiçu'ziors,
les entreprifes, les excès commis chaque jour par lcs agens du
pouvoir exécutif; leur coalition avec le pouvoir judiciaire, &
les funeftes effets qui en font réfultés pour nos concitoyens.
Nous vous avons fait part du trifte fort qu'à éprouvé M.
Mauduit, colonel du régiment du Port-au-Prince, détruit
de la main même de fes foldats, le 4 de ce moiss heureg
après midi.
cns vécu juiçu'ziors,
les entreprifes, les excès commis chaque jour par lcs agens du
pouvoir exécutif; leur coalition avec le pouvoir judiciaire, &
les funeftes effets qui en font réfultés pour nos concitoyens.
Nous vous avons fait part du trifte fort qu'à éprouvé M.
Mauduit, colonel du régiment du Port-au-Prince, détruit
de la main même de fes foldats, le 4 de ce moiss heureg
après midi. --- Page 6 ---
Enfin, Meffieurs, nous vous avons -annoncé que M. de
Blanchelande, lieutenant général au gouvernement: , ainfi que
les différens officiers prépofés pour commander, s'étant
éloignés de la ville quelques heures avant cet événement,
nous nous fommes trouvés expofés par leur abandon, aux
plus grandes agirations, 8z à un défordre qui a menacé un
moment rotre exiftence. Dans une circonftance auffi critique,
les citoyens du Port-au- Prince fe font aflemblés le
lendemain pour avifer aul moyen de ramener l'ordre &c la
fûreté. Ils ont efpéré y réuffir en établiffant provifoirement
une : municipalité conformément à vOS décrets, pour exercer l'autorité publique que les chefs avoient délaillée. Le 5
& le 6 de ce mois, la municipalité a été établie. Elle a
eu le bonheur d'infpirer de la confiance. A l'infant même tout
s'cik remis. en ordre. La tranquillité publique a été rérablies,
les proprictés individuelles affurées, & les lois refpeélées.
Voila, Meffieurs 9 ce que nous avons eu Phonneur de vous
dire par notre adreffe du 8 de ce mois.
Mettant toujours au rang de nos devoirs de vous inftruire 3
detour ce qui fe fait & de tout ce quife paffe, devous rendre en
quelque forte préfens for les lieux mêmes, par l'exaétitude denos
relations, nous avons l'avantage de vous annoncer que le bon
ordre continuei régner 5 que la tranquillité publique eft affurée,
& que nous avons l'efpoir de la' maintenir.
Depuis qu'il exifte une municipaliré 2 c'eft-à-dire depuis
le 5 de ce mois , aucun trouble 2 aucun défordre, aucun
excès n'ont été commis, & à l'exemple du Port-au-Prince, 2
toutes les villes, , tous les cantons de la colonie recouvreront
leur liberté; nous fommes tous devenus au même inftant
libres, tranquilles & heureux.
Ilen étoit tems, & nous vous le difons, Meflieurs, avec
des fouvenirs encore douloureux de nos maux pafiés. Le
gouvernement de Saint-Domingue, du moins dans les parties
de l'oueft 8c du fud, étoit devenu plus tyrannique que
jamais, depuis la fatale nuit du 29 juillet 1790, nuit à
jamais mémorable, où le régiment de cette ville ayant à
ftant
libres, tranquilles & heureux.
Ilen étoit tems, & nous vous le difons, Meflieurs, avec
des fouvenirs encore douloureux de nos maux pafiés. Le
gouvernement de Saint-Domingue, du moins dans les parties
de l'oueft 8c du fud, étoit devenu plus tyrannique que
jamais, depuis la fatale nuit du 29 juillet 1790, nuit à
jamais mémorable, où le régiment de cette ville ayant à --- Page 7 ---
fat tête le colonel Mauduit, eft venu furprendre des citoyens
tranquilles affemblés dans le corps-de-garde national € du
Port - au - Prince 9 a feit feui fur eux 7 en a tué &
bleffé plufieurs, difperfé le refte, & enlevé les drapeaux
de la garde nationale.
Depuis cette nuit fatale, oùt l'avantage étoit refté au
gouvernement, il en avoit cruellemement abufé pour rappeler toute la rigueur de l'ancien régime, dans l'efpérance
d'intimider les citeyens 2 & d'empécher que Pheureufe révolution de la France ne s'opéràt ici.
Cen'eft pas fes écrits que l'on doit juger le gouvernement
de Saint - REEG mais bien par fes aéions ; toutes les fois
qu'il a publié fes principes &c a renouvelé fes fermens, trop aftucieux pour donner des armes contre lui-même, onla toujours
vu s'enveloper de VOS décrets, & protefter de fa fidélitéà les
obferver 5 mais dans fa conduite il les a violés &c foulés aux
pieds ; il a entrepris fur tous les droits de Phomme établis par la
conftitution.
lla tiré fir les citoyens, la nuit duz9 juillet;il a violélefecret
des lettres, 2 en ouvrant indiftinêtement pendant fept mois toutes
celles qui lui paroiffoient fufpeêtes; il a défarmé tous les habitans de la ville, outrage fanglant pour des hommes libres ! il a
privé un grand nombre de citoyens de la liberté, en s'emparant
de leur perfonne fans formalités de procès 3 il a envoyé les uns
en France, fans aucun jugement de juftice ; il en a livré d'autres
au pouvoir judiciaire 5 il en a retenu d'autres enfin dans les prifons civiles, &c dans les cafernes; on a vu le pouvoir militaire
&c arbitraire s'exercer par-tout ; au Port-au-Prince, 7 au PetitGoave, aux' Cayes, à Jacmel, au Môle ona commis des enlèvements de perfonnes & de regiftres des municipalités 3 enfin ona
fait des proclamations pour détruire & anéantir les municipalités
elles-mêmes.
Tous ces excès étoient commis, non feulement parle régiment du Portau-Prince,, mais encore à l'aide d'une corporation
forméefous lesaufpicesdug gouvernement 2 & compofée des corps
judiciaires 2 des états-majors 2 des officiers d'adminiftration, des
is des enlèvements de perfonnes & de regiftres des municipalités 3 enfin ona
fait des proclamations pour détruire & anéantir les municipalités
elles-mêmes.
Tous ces excès étoient commis, non feulement parle régiment du Portau-Prince,, mais encore à l'aide d'une corporation
forméefous lesaufpicesdug gouvernement 2 & compofée des corps
judiciaires 2 des états-majors 2 des officiers d'adminiftration, des --- Page 8 ---
Y
*
commis de bureaux, Sed'autres porfonnes intéreflées au maintiert
des Telle abus. étoit la fituation déplorable ds habitans de cette ville
lorfqu'eft entré dans ce port ia ftation, le 2 de ce mois,apportant d'Artois,
un bataillon du régiment de Normandie, un bataillon S
& un détachement du corps étoit Royal d'cmpècher d'artillerie. que ces différens
L'objer du gouvernement connoiffance de l'état défaftreux de
corps de troupes ne priffent de-là
de M. Blanchecerte parrie dela colonic ;
l'empreffement
lande à aller à bord des vaiffeaux annoncer aux troupes étoittren qu'elles
étoienta rabrolumentinurke-au Port- u Prince, que:out y
quille, 8c alesengager à fe rendre au Môle, ville euffent fans été commerce, le moins
très
& oûles forces de ia fation
peu peuplée, de
l'objet pour lequel elles étoient deftinées.
à poitéc militaires rerplir defirèrent vérifier les faits par eux-mêmes ; ils
defcendirent Ces
à terre, &x s'apperçurent auffitôt de la gêne & de la
contrainte, tranchons lemor , de lefclavags dans lequel nous
vivions depuis7 mois. Cet état dut étre.penible à des citoyens
non.facré de la nation 1 de
militaires qui ne parloient qu'au
Theureufe r.volution qui s'éroit faite en France,& qui portoient C'eft
à l'excès le refpedt di à la qualité d'homme & de citoyen. mais
alors
le régim nt du Port-au-Prince s'appergut, &
fe
on l'avoit fait
qu'il
Ee
tard, f crimnes dont
l'in.trument, rendu
dans
vra à rous les excès dont nous vous avons
tous compte les torts
notre adreffe; les foldats de ce régiment rejetant
de
de leur conduite fur M. Mauduit, 9 leur colonel, s'emparèrent
de ce mois, dans la matinée; ils le gardèren: à vLe dans
luile4
:
les A caferncs. cinq heures après midi ils le conduifirent devant l'ancien
corps de garde national, pour rendre les drapeaux enlevés; là, de
ils lui reproche rent le crime ml leur avoit fait commettre, les
tirer fur les citoyens dans nuit du 29 juillet 1 &c malgré
cris de grace répérés mille t de la part des citoyens, il reçur le
coup de la mort de la main de fes
foldats.
n'a pas
Quelques heures avant cet atoOter affreux, qu'il ablendépendu des citoyens d'éviter, M.deBlanchelande: es'étoit
, de
ils lui reproche rent le crime ml leur avoit fait commettre, les
tirer fur les citoyens dans nuit du 29 juillet 1 &c malgré
cris de grace répérés mille t de la part des citoyens, il reçur le
coup de la mort de la main de fes
foldats.
n'a pas
Quelques heures avant cet atoOter affreux, qu'il ablendépendu des citoyens d'éviter, M.deBlanchelande: es'étoit --- Page 9 ---
cd: fautorité publique ainfi délaiffée, nous avons étd établis-le
lendemain, en corps de municipalité, pour ramener l'ordre.
Nous allons maintenant vous rendre compte de la conduite
que nous avons tenue 2 foit envers nos concitoyens de cetteville,
.
foit ervers les habirans de toute la colonie, foit envers M. lc
gouverneur général.
Notre conduite envers les citoyens de cette ville.
Lejour mêmc de notre création, c'eft-à-dire le 5 2 nous avons
réco icilié tous les citoyens divifés d'opinions, & procuréà
chacun fa ffreré individuelle; nous avons provoqué un arrêté
adopté par toute la paroifle, cans lequel toutes les haines ont été
entevelies, tous les coeurs rapprochés. Ceux qui avoient formé
des corporations avec des marques diftingtrves, 2 ont été mêlés &x
confondus avec tous les autres ciroyens; les abfens font rentrés,
Sedecejgur-iilinesifle qu'une focicté d'amis & de frères.Nous
joignons ici cet arrêté:
Nous avons d'un autre côté rétabli la confiance & la fireté
publique. Tous les tribunaux de juflice,tous les officiers d'adminittration, tous les officiers militaires font en aétivité les lois
fot refpectées 3 l'ordre & la paix règnent ici, 8c leur heureufe
influence s'eft étendue dans toûtes les parties de la colonie.
Notre conduite envers les habitens de la colonie.
Jaloux de mettre notre conduite au grand jour 9 &c de calmer
les alarmes qu'auroit pro"uire l'événement fàcheux du 4,
hous en avons fait un RCal fincère à toutes les paroiffes, en leur
annonçant l'heureux rerour de la confiance & de l'ordre. Nous
Jes avons engagées àimiter lc généreux excmpie des citcy ens du
Port-au-Prince envers leurs frèrcs, à étoufer toutes les haincs &
8x toutcs les divifions, en leur préfentant le fatisfaifant fpcéacle
de l'union. Nous leur avons montré nos ccours brûiant. de l'amour de la liberté, s'élançant vers la mère patrie 2 pour la raffurer àj jamais contre la faufe & malicieufe opinion qu'on avoit
avons engagées àimiter lc généreux excmpie des citcy ens du
Port-au-Prince envers leurs frèrcs, à étoufer toutes les haincs &
8x toutcs les divifions, en leur préfentant le fatisfaifant fpcéacle
de l'union. Nous leur avons montré nos ccours brûiant. de l'amour de la liberté, s'élançant vers la mère patrie 2 pour la raffurer àj jamais contre la faufe & malicieufe opinion qu'on avoit --- Page 10 ---
eherché à lui donner de nos fentimens 2 en fuppofant que nous
avions eu un moment le deffein de nous féparer d'elle, 8z de
chercher dans un vain projet d'indépendance le moyen de fatisfaire un fol orgueil. Nous avons envoyé à toutes les paroiffes uin
exemplaire de l'adreffe que nous avons eu l'honneur de vous
faire ainfi qu'au Roi, & de la lettre que nous avons écrite à
toutes les chambres de commerce de France.
Daignez lire, Meffieurs, ou vous faire rendre compte des
réponfes que nous ont faites ces différentes paroiffes. Sur 52 qui
compofent la colonie 2 40 ont répondu 9 parce que les autres
n'ayant pas encore établi de municipalité, n'ont point de corps
repréfentant qui puiffe exprimer leurs fentimens. Daignez lire
ces réponfes, nous vous en fupplions. Par-tout vous verrez des
François, des patriotes, des amis de la révolution. Par-tout
vous reconnoitrez combien on vous avoit trompés fur les fentimens de la cclonie. Par-tout vous verrez combien elle gémiffoit,
fur-tout depuis 7 mois, fous un gouvernement monfrueux &c
tyrannique 5 combien elle fe félicite de Pheureux retour à la liberts ; par-tout vous verrez combien elle chérit les liens qui
Pattachent à la mère patrie, & combien elle defire de maintenir les rapports de commerce qui ont fubfifté jufqu'ici iavec elle.
Fiez-vous, Meffieurs, aux fentimens que montre en ce moment la colonie entière ; ils ne feront point démentis. Elle defire
de jouir des effets de la révolution , de profiter des décrets bienfaifans que vous avez rendus pour elle, de fe délivrer d'un gouvernement oppreflif, qui pefoit encore plus ici par-tout
ailleurs 3 mais loin de rompre les liens de l'intérêt, c l'amitié 2
de la reconnoiffance qui P'attachent à la France, elle ambitionne
de les refferrer & de les raffermir pour toujours.
Ces fignes ne font point trompeurs 5 & comment pourroit-on
s'yméprendre P Par quel étrange renverfement de toutes les idées
arriveroit-il qu'à Saine-Domingue feulement 2 ce qui compofe le
gouvernement, , les états-majors 2 les officiers des troupes 7 cèux
d'adminiftration, les corps judiciaires, qui tous réunis formoient
le parti de l'oppofition ; comment arriveroit - il que ceux- là
leulement fuffent précifémaent ceux qui defiroient la révolution,
prendre P Par quel étrange renverfement de toutes les idées
arriveroit-il qu'à Saine-Domingue feulement 2 ce qui compofe le
gouvernement, , les états-majors 2 les officiers des troupes 7 cèux
d'adminiftration, les corps judiciaires, qui tous réunis formoient
le parti de l'oppofition ; comment arriveroit - il que ceux- là
leulement fuffent précifémaent ceux qui defiroient la révolution, --- Page 11 ---
& qu'elle n'éprouvàt d'obftacle que de la part du peuple P Il a
fallu bien de l'art, bien du déguifement, pour donner ainfi le
change, & on ne pouvoit employer de prétexte tout à la fois
plus téméraire &
faux, 2 que de fuppoler un projet d'indlpendance dont la
idéen'exifta janais dans aucun
Ez
efprit.
Enfin, Meflieurs, à linfant o% nous avons recouvré la
liherté, nous avons publié nos principes &c nos fenzin:ens.
Nous avons reçu de toutes les paroifles des témoignages de
fausfadion, d'adhéfion,, de félicitarion. La paix & l'ordre
règnent partout, &ilne manque à la colonie que de vcir cet
érar permanent.
Notre conditite envers M. le gouverneur général.
Pour affermir à jamais la fûreté & la tranquilliré publique,
rcus avons jugé néceffaire le retour de M. le gouverneur
ginéral à fes fonêtions. Nous avons penfé que l'ordre ne
pouvoit fubfifter, la difcipline militaire être obfervée, que
lorique le repréfentant du roi exerceroit la plénitude de
fes pouvoirs. Tel a été le premier objet de nos foins; nous
lui avons faic une députation de deux de nos membres
pour lui préfenter l'hommage des citoyens de cette ville 2
8 F'engager en leur nom, à venir reprendre fès fonétions.
Infhvust qu'il s'étoit retiré au Cap, nous Jui avons écrit
auffiror pour lui faire les mêmes initances, 2 eti lui préfentant
l'image de la concorde, de la réunion,de l'ordre & de la paix que
nous étions parvenus à établir. Nous lui avons repréfenté
les dangers que nous avoit fait courir fon éloignement du
Port-au-Prince; 5 ceux auxquels nous pourrions être de nouveau expofés, fi le dépofiraire de la force publique ne
'empreffoit de la diriger lui-mme, & d'exercer fur toute
la colonie cette furveillance générale, qui fait partie de fes
droits comme de fes devoirs.
M. Blanchelande nous a répondu qu'il ne s'étoit retiré
du Port-au-Prince que lorfqu'il avoit perdu l'efpoir d'y
rappeler l'ordre; que l'infubordination des troupes lui en
avoit fait une néceffité, & qu'il s'emprefferoit d'y rentrer
orfqu'elles auroient fait le ferment de refpeéter fon autorité.
-
ic
veillance générale, qui fait partie de fes
droits comme de fes devoirs.
M. Blanchelande nous a répondu qu'il ne s'étoit retiré
du Port-au-Prince que lorfqu'il avoit perdu l'efpoir d'y
rappeler l'ordre; que l'infubordination des troupes lui en
avoit fait une néceffité, & qu'il s'emprefferoit d'y rentrer
orfqu'elles auroient fait le ferment de refpeéter fon autorité.
-
ic --- Page 12 ---
Puifque M. de Blanchelande fe refu'oit à cro're au retcur
de T'ordre, il cût du s'emp efler fans doute Ce venir le
rétablir par fa pr.fence. Le fort de la colonie lui cift confié,
c'étoit à lui confequemment à ufer de ion auncrité, à Lmployer les moyens qui f nt à la difpofition du pouvoir
exccutif pour maintenir la difcipline militaire, & afiurer la
tranquillirés ; & fi nous n'y fullions.parvenus nous mêmes, du
qu'aurions nous nbsmandboSDae lereprefenian
roi à qui VOS dicrets ont confié l'exercice de ia force publique, en l'interdifant aux municipalités PSi le tems de caime
& de tranquillité où nous fommes changeoit; fi de nouveaux
troubles venoient encore à s'élever , à qu en feroit la faure,
fi ce n'eft à M. de Blanchelande > quis'efi abfenté du lieu
du gouvernement 9 & s'en tient encore dlo'gna?f les troupes
étoient infubordonnées 7 qu'elles refufaflent de reconnoire
leurs chefs & de leur obsir; qu'il en réfultât des troubles
dans la société, à qui pourrions nous recourir pour le faire
ceffer, ficen'eftà lui? Loin qu'il pûr fe faire une raifon de
cette infubordination pour jultifier fon éloignement, ce feroit
cette infubordination mâme qui néceffiteroit de plus en plus
fa préfence. Quant à nous 7 dépofiraires du pouvoir du peuple 3 jaloux de
remplir fidellement les ionétions que nous donnent vOS décretss
nous veillons par une police exaéte à l'ordre, à la fûreré intérieure de la ville; mais nous n'entreprendrons, point fur des fonctions étrangères ; lorfque les circonftances demanderont l'affic
tance de la force publique, nous la requerrons auprès du pous
voir exécutif: à cela fe bornent nos devoirs.
C'eneft encore un de notre part, de vous tenir en garde contre
différentes préventions qui pourroient vous êtredonnces, foit par
le gouverneur général, foit par quelques papiers publics. Dans
le premier moment d'effervefcence , oh il s'eit éloigné à la hâte
de la ville, il a trop prété l'oreille aux relations intéreflées qui
lui ont été faites quelques ennemis du Lien public; & il s'cft
livré ORCEEO à répandre de faux
qu'il a ité
obligé de rétragter lui-même. Il a fait cirçuler ritate toute la coloy
it par
le gouverneur général, foit par quelques papiers publics. Dans
le premier moment d'effervefcence , oh il s'eit éloigné à la hâte
de la ville, il a trop prété l'oreille aux relations intéreflées qui
lui ont été faites quelques ennemis du Lien public; & il s'cft
livré ORCEEO à répandre de faux
qu'il a ité
obligé de rétragter lui-même. Il a fait cirçuler ritate toute la coloy --- Page 13 ---
nic un avis aux colons dans lequiel il préfente les bataillons de
Normandie & d'Artois comme infubordonnés, 2 comme glic
fant des principes capables de bouleverfer toutes les idées reçues.
Jl leur impute de s'ètre emparés au greffe du confeil du décret du
12 oStobre, de l'avoir déchiré, & il attribue ce foulèvement à
la fabrication- d'un décret du 17 décembre 2 qu'il dit avoir été
répandu dans le deffein de faire croire aux troupes que ce faux
décrer retrabtoit celui du 12 o&tobre.
Nous avons dà par honneur pourla vérité, & pour Ia juftifcation de ces braves foldats, détromper le gouverneur général,
& la colonie entière q.i auroit pul, fur cette proclamation, con*
cevoir des alarmes, &i fe livrerà des craintes.
Nous lui avons dit que loin d'avoir à fe plaindre de l'infubordination de ces deux bataillons 2 les citoyens en faifoient hautement l'éloge, que ces foldats, ainfi que ceux du corps royal d'arC
tillerie 3 & en général tous les équipages & canonniers de la
ftation étoient tous amis de l'ordre & de la paix, &c qu'ils ne
s'étoient pas livrés au plus léger écart.
Nous lui avons dit que loin d'avoir manqué de refpeêt à
l'aflemblée nationale au point de déchirer fon décret du 12 o8obre dernier, ils ne juroient que par le nom facré de la nation 9
qu'ils n'avoient point été au grefie du confeil, qu'ils n'avoient
point foulé aux pieds le décret du 12 oaobre dernier 7 que ce
décret exiftoit fain & entier dans ce dépôt ,& M. le gouverneur
général mieux inftruit eft convenu lui-même de cette vérité, &x
a1 retraété tout ce qu'il avoit dit de contraire.
Nous lui avons dit que ce faux décret du 17 décembre,
que quelqu'un malintentionné avoit cherché à répandre, n'avoit
jamais eu aucune confiftence dans l'efprit de perfonne 2 qu'l
n'étoit devenu public
par Tinconféquence qu'avoit eu M.
Mauduit de le faire Tuder dans la gazette 2 en dénoncant le
fauffaire au procureur général. Que les recherches les plus exactes n'avoient Pu le découvrir 2 mais que toutes Ces précautions
avoient au moins bien prévenu les citoyens & Jes troupes de la
fauffeté de ce décret du 17 décembre dernier, & de la réalité de
S
ic
de perfonne 2 qu'l
n'étoit devenu public
par Tinconféquence qu'avoit eu M.
Mauduit de le faire Tuder dans la gazette 2 en dénoncant le
fauffaire au procureur général. Que les recherches les plus exactes n'avoient Pu le découvrir 2 mais que toutes Ces précautions
avoient au moins bien prévenu les citoyens & Jes troupes de la
fauffeté de ce décret du 17 décembre dernier, & de la réalité de
S
ic --- Page 14 ---
TO
eelui du 12 o8tobre dernier, que chaque paroiffe s'étoit déjà
empreffic d'exécuter en nommant de nouveaux députés.
Cen'eft donc point à un faux décret, ni à aucune infubordination des bataillons de Normandie & d'Artois ,. qu'il faut
attribuer lévénement malheureux arrivé à M. Mauduit. Nous
le croyons dû au retour qu'a fait le régiment du Port-auPrince fur lui-mâme, à fes regrets d'avoir frappé les citoyens le
fer & le feu à la main dans la nuit 29 juillet, & d'avoir été
l'inftrument de tous les excès auxquels on s'eft depuis porté
contre eux, regrets qui lui font nés fans doute de la comparaifon
de fa conduite avec celle des bataillons nouvellement arrivés,
qui ont fi glorieufement concouru à la révolution en France.
Voila, Meffieurs 9 la vérité comme nous l'apercevons 7 nous
qui fommes fur les lieux, qui pouvons mieux en juger que M.
le général quis'en eft éloigné, & vous donner dus relations plus
exaêtes que tous les papiers publiés au Cap, à 60 lieues de nous,
qui n'ont pas dit à ce fujet un mot qui ne bleffe la vérité &c
n'outrage des innocents. Parmi ces différens libelles 9 nous diftinguons fur-tout un mémoire compofé au Cap par quelques officiers du régiment du Port-au-Prince, auquel il eft d'autant plus
étrange que M. le général ait donné de l'authenticité par fa
fignature , qu'il a publié lui-même dans toute la colonie le contraire de ce qu'il contient. Dans fon avis aux colons, le général avoue que ce font les foldats du régiment du Port-au-Prince
qui ont porté le coup de mort à M. Mauduit, & cependant
il approuve le mémoire des officiers 2 quifauffement attribue ce
meurtre à un foldat d'Artois. Non, non, un foldat d'Artois
n'a ainfi fouillé fes mains, la ville entière eft prête à l'atMAEN Au refte, quelle confiance ajouter à un mémoire, oû
des officiers ne rougifent pas de rappeler à toute la colonie le
fouvenir de la nuit affreule du 29 au 30 juillet ; de cette nuit
qui eft devenue la fource de tous nos malheurs, & même des
grimes qui ont fouills l'aurore de notre régénération : où ils
pfent rapeler, comme une époque gloricuie pour les foldats
, la ville entière eft prête à l'atMAEN Au refte, quelle confiance ajouter à un mémoire, oû
des officiers ne rougifent pas de rappeler à toute la colonie le
fouvenir de la nuit affreule du 29 au 30 juillet ; de cette nuit
qui eft devenue la fource de tous nos malheurs, & même des
grimes qui ont fouills l'aurore de notre régénération : où ils
pfent rapeler, comme une époque gloricuie pour les foldats --- Page 15 ---
fY
elleoi ils leur ont ordonné de fe baigner dans lc fang des
iroyens ; préfeater comme des affaflins ceux-là même qui ont
té affaffinés dans leur corps" de garde, oùt ils étoient paifible-.
nent réunis pour veiller au bon ordre 2 concourant en cela avec
es troupes de ligne, & recevant comme elles le mot d'ordre
lu général.
t
Qu'on compare un inftant cette conduite à celle qu'ont tenue
es officiers de Normandie 2 d'Artois, d'Artillerie & ceux des
aifleaux compolant la ftation : réfolus de farre jouir les françois
le Saint-Domingue des fruits de la révolution s ce n'eft pas le
er & le feu à la main qn'ils ont pourfuivi les ennemis
éroient coalifés
l'empécher de s'opérers c'eft avec 2
paroles de paix alates ont concouru avec les ciroyens à les
peler de leur égarement, C'eft dans des embraffemens une
ue les anciens germes de divifions ont été étouflés, & c'eft
tinfi que des hommes, 2 des citoyens doivent être traités, ou la
évolurion n'eft qu'une chimère, & la liberté un mot vide de
ens.
En vous retraçant la conduite des officiers de la flation;
lous fommes rappelés au trifte fouvenir d'un événement
ious ne devons pas vous laiffer ignorer ; c'eft la perte de M. RuE
Villages, , qui en étoit commandant, mort le 19 de ce mois, après
cinq jours d'une fièvre inflammatoire.Ce chef étoit digne en tout
de la confiance que la nation & le roi avoient placée en lui, &c
a mort a excité dans tous les coeurs des regrets juftement
mérités. Nous avons la confolation de le voir remplacé dans fon
commandement par M. de Grimouard, dont les talens, les
fentimens, & les vertus font au deffus de nos éloges.
Nous vous adreffons 2 Meflieurs , des exemplaires de notre
correfpondance avec le gouverneur général, & nous continuerons à le faire jufqu'à ce quelanouvelle affemblée coloniale,
doit être formée d'après votre décret du 12 oétobre dernier,
: en adivicé, Beaucoup des paroiffes ont déja nommél leurs --- Page 16 ---
)
députés , & nous ne faifons que vous exprimer les fentimens de
toutes les autres en vous annonçant que tous vOS décrets feron
toujours fidellement fuivis & exécutés.
Nous fommes avec refpeôt,
Mefficurs 3
Voz très-humbles & très
obéiffans ferviteurs
Les officiers municipaux du Port-au-Prince
Signé, Leremboure père, maire; Duchemin, Pons, Camfrancq
Favard, officiers smunicipaux ; Taxis de Blaireau, procureur fyn
dic ; Clery, fubftitut ; Michel Barault de Narçay, Ferté, Gle
mé, Labiche de Gipoulou,François, notables; & Malahar, fecté
taire-grefsier.
Port-au-Prince, 31 mars 179E.
AU PORT-AU-PRINCE,
De l'imprimerie nationale, chez CHAIDRON & compagnic.
; Duchemin, Pons, Camfrancq
Favard, officiers smunicipaux ; Taxis de Blaireau, procureur fyn
dic ; Clery, fubftitut ; Michel Barault de Narçay, Ferté, Gle
mé, Labiche de Gipoulou,François, notables; & Malahar, fecté
taire-grefsier.
Port-au-Prince, 31 mars 179E.
AU PORT-AU-PRINCE,
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