Original Document (French)
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AD R E 2 SS E
AU RO I,
PRONONCEE par les Commissaires de PAssemblée
générale de la partie Française de SaintDomingue, le 2 décembre 1791.
SIRE,
Nous avons été députés par l'assemblée générale de la
partie fançaise de Saint-Domingue, pour demander à la mèrepatrie les consolations et les secours que nos malheurs méritent,
Nous connoissons, SIRE, toute la bonté de votre coeur.
Nous lui épargnerons le tableau de tant de pères de famille
égorgés, de'tant d'épouses. , de filles éplorées, fuyant le fer,
la flamme, et mourant dans d'opptobre et le déshonneur.
:
L'éclat du trôiie n'a point altéré la douce sensibilité de
la nature, et vous êtes. homme, 4
SIRE, et homme sensible
avant d'être Roi.
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Nous nous attendions à trouver dans le sein de la France
la touchante commisération qui est le premier secours que
l'infortuné réclame; mais nos ennemis, effrayés du mal qu'ils
nous ont fait, qu'ils ont fait à Tempire et au genre humain,
font retomber sur nous une responsabilité devenue trop horrible, même pour eux ; ils circonviennent l'opinion ; ils s'emparent de tous les journaux ; ils nous prodiguent les injures ;
ils écartent ceux qui, touchés de tant de désastres, seroient
tentés de nous défendre. La patrie qu'ils déchirent est invoquée par eux, et celui qui voudroit parler au nom de la
patrie, est appelé son ennemi.
Nous savons, SIRE, que ces hommes méchans ne sont
point parvenus jusqu'à vous. Nous savons que vous avez
donné des larmes à IOS misères 7 que vous ayez pressé de
tout votre pouyoir lexpédition des secours décrétés.
Daignez donc, SIRE, receyoir T'expression de toute notre
reconnoissance.
Notre cause est soumise à l'Assemblée Nationale : nous
attendons tout de sa justice et de la protection qu'elle doit
à toutes les parties de l'empire. Si, contre notre espoir, nos
ennemis triomphoient, si la cause de la Nation étoit perdue
au tribunal de la Nation, nous en appellerions à la postérité,
et nous retournerions mourir au milieu de nos commettans s
en leur disant que VOTRE MAJESTÉ nous a accueilli avec
bonté, et que vous ayez daigné être notre consolateur. Cette
pensée adoucira nos derniers momens, et nous mourrons
moins malheureux, puisque vous aurez: été notre ami.
Signé > MILLET; CHESNEAU DE LAMEYRIERE ; ST.-
JAMES ; LE BUGNET; LAGOURGUE ; COUGNACQ- MION ;
et ROUSTAN. --- Page 5 ---
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R E P O N S E DU ROI
Je suis infiniment touché de VOS malheurs : vous savez
que je les ai partagés. J'ai employé tous lcs moyens qui étoient
en mon pouvoir pour les faire cesser, et j'espère que les
troupes arriveront assez tôt pour produire cet effet. Je compte
aussi que T'Assemblée Nationale adoptera les mesures nouvelles que je lui proposerai ; et je vois avec beaucoup de
satisfaction T'empressement que les places de commerce ont
mis à yous seconder.
C SA MAJESTÉ a adressé ensuite plusieurs questions aux
K commissaires de l'assemblée générale de Saint-Domingue,
K sur les désastres de cette colonie, et particulièrement sur
cc les espérances qu'on pouvoit avoir que les provinces de
c l'ouest et du sud échapperoient aux rayages que la proe vince du nord a soufferts. >>
lui proposerai ; et je vois avec beaucoup de
satisfaction T'empressement que les places de commerce ont
mis à yous seconder.
C SA MAJESTÉ a adressé ensuite plusieurs questions aux
K commissaires de l'assemblée générale de Saint-Domingue,
K sur les désastres de cette colonie, et particulièrement sur
cc les espérances qu'on pouvoit avoir que les provinces de
c l'ouest et du sud échapperoient aux rayages que la proe vince du nord a soufferts. >> --- Page 6 ---
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