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DE PAfemblée provinciale du Nord de SaintDomingue, aux guatre-vingt-trois Départemens du
Royaume.
MESSIEURS ET CHERS CONPATRIOTES;
Nousa avons l'honneur de vous remettre ci-joint un exemplaire de nos Adreffes à lAfTemblée nationale et au Roi > de
notre circulaire aux Places maritimes du royaume > et de notre
réponfe au Directoire du Département de la Gironde.
11 ferait inutile fans doute, Meffieurs > de vous répéter ici les
expreffions et le motif de ces différentes dépéches : ils y font
fuffifamment développés. Il nous importe feulement, et à vousmêmes, puifque notre profpérité eft néceffairement liée à celle de
T'Etat, de vous communiquer quelques obfervations qui nous
doivent être également communes.
Le Directoire du Département de la Gironde, en nous annonçant l'enrôlement et le départ prochain de fes Gardes nationales
pour la Colonie, fous le prétexte de venir protéger notre repos,
et pour appuyer l'exécution du Décret du I5 Mai dernier 2 nous
apprend, d'une manière pofitive 2 qu'il les deftine à nous combattre , puifqu'il n'exifte pas un Citoyen blanc dans la Colonie,
qui ne foit réfolu à ne pas accepter une loi entiérement deftruétive
de fes propriétés.
Il eft, Meflieurs 2 en droit politique, une vérité bien conftante ; c'eft que toute loi dont l'exécution eft précédée de la
force, eft néceffairement vicieufe, et funefte au pays pour lequel
la Légiflature l'a Créée.
re , puifqu'il n'exifte pas un Citoyen blanc dans la Colonie,
qui ne foit réfolu à ne pas accepter une loi entiérement deftruétive
de fes propriétés.
Il eft, Meflieurs 2 en droit politique, une vérité bien conftante ; c'eft que toute loi dont l'exécution eft précédée de la
force, eft néceffairement vicieufe, et funefte au pays pour lequel
la Légiflature l'a Créée. --- Page 6 ---
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Il eft une autre vérité non moins indeftrudtible ; c'eft que lorfqu'une Métropole ne veut régir fes Colonies que par le feul fentiment de fa puiffance, les cueurs des Colons s'aliénent bientôt,
et la chûte de PEmpire fuit de près.
La Colonie de Saint-Domingue ne doute pas, que fi l'intention de la France eft de lui en impofer par les armes, elle n'y
parvienne tôt ou tard : mais, qu'en réfultera-t-il? Une circulation anuelle de deux cens millions de moins dans le royaume,
la perte de fon commerce et de fes manufachures, l'anéantiffement de fa marine, des débris et des ruines, là oh l'activité de
la culture la plus floriffànte du globe vous fait tenir le premier
rang dans la balance politique de PEurope, et eft le premier aliment de votre opulence.
Le langage ferme et vrai que nous vous tenons ici, eft le cri
d'une vérité déchirante, fans doute; mais enfin elle eft telle. Quand
les propriétés d'une fection libre de P'Empire, et qui en fait la
fplendeur et la force par fes richeffes et fa fidélité 2 font ébranlées jufques dans lcurs fondemens, les larmes de l'amertume et les
fanglors du défefpoir doivent néceffairement s'exhaler.
Eh! que devons-nous attendre de la Patrie, Meffieurs, fi nous
ne pouvons pas compter fur la foi nationale? Lifez les Décrets
des 8, 28 Mars et I2 Octobre 1790 ; lifez les rapports et les
inftruétions qui les ont précédés; lifez les lettres officielles des
Préfidens de P'Affemblée nationale à la Colonic; comparez le tout
avec le Décret du 15 Mai dernier, et jugez-nous. .
Depuis l'époque de la révolution françaife, révolution à laquelle nous avons concouru, par la repréfentation de nos Députés auprès du Corps légiflatif, et dont nous devons conféquemment recueillir les fruits avec vous, nous n'avons ceffé de dire à
nos Frères du Continent : ( Liiffez-nous les maîtres de régir l'état
> des perfonnes dans la Colonie ; c'eft une loi domeftique, dont
D l'émiflion exclufive et fpontanée intéreffe effentiellement notre
volution à laquelle nous avons concouru, par la repréfentation de nos Députés auprès du Corps légiflatif, et dont nous devons conféquemment recueillir les fruits avec vous, nous n'avons ceffé de dire à
nos Frères du Continent : ( Liiffez-nous les maîtres de régir l'état
> des perfonnes dans la Colonie ; c'eft une loi domeftique, dont
D l'émiflion exclufive et fpontanée intéreffe effentiellement notre --- Page 7 ---
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> culture et notre exiftence. Que vous importe l'emploi et l'ufage
> de ce privilége néceffité par nos localités ? Notre intérêt ici
> n'eft-il pas celui de la France entière ? Pouvons-nous en avoir
D d'autres ? Et comment à dix-huit cens lieues de diftance
D pouvez - vous juger du mérite et de l'effet d'une innovation qui
> déforganife tous les principes politiques d'une conftitution
> locale, fous Pempire de laquelle la culture eft parvenue à fon
> dernier période d'accroiflement et de profpérité >,
Cependant, Meflieurs, cette vérité impérieufe, oftenfible pour
tous ceux qui connaiffent les Colonies, VOS ennemis et les nôtres
viennent de l'anéantir. Le Décret du I; Mai dernier n'a pas cté
librement émi. Une gallerie orageufe, fans connaiffance même
élémentaire de notre régime intérieur, coalifée pour notre perte
commune 1 a féduit, égaré, fubjugué le voeu jufqu'alors libre 2
éclairé et paternel des Bienfaiteurs de la Patrie.
Le fuccès du Décret du I5 Mai était la dernière reffource de
l'ariftocratie. La contre - révolution était impoflible en France :
il fallait donc l'eflayer par les Colonies. Qui ne voit que 5
déchirées par l'effrayante peripective de la deftruction totale et
prochaine de leurs propriétés, le défefpoir des Colons ne foit
encore électrifé par la certitude que les Rois et les Princes de
l'Europe ne failiffent avec avidité l'occalion affurée de démembrer
le royaume, > à l'inftant oi il fe démunira de fes forces maritimes
pour en impofer à fes poffeffions d'outre - mer ?
Si ce Décret eft accepté 3 Meffieurs, il n'eft qu'un moyen de
calmer nos craintes > et de ranimer notre confiance (- et elle
ne s'était pas démentie depuis le berceau de la Colonie, et: fur-tout
:
depuis Pheureufe révolution qui s'eft opérée dans l'Empire); c'eft
de provoquer l'annihilation d'une loi funefte, fous quelque point
de vue politique qu'on l'envifage.
La lettre de cette loi porte qu'elle eft conftitutionnelle ; et
fous ce rapport > elle eft au premier afpect infiniment refpecTa An -
et de ranimer notre confiance (- et elle
ne s'était pas démentie depuis le berceau de la Colonie, et: fur-tout
:
depuis Pheureufe révolution qui s'eft opérée dans l'Empire); c'eft
de provoquer l'annihilation d'une loi funefte, fous quelque point
de vue politique qu'on l'envifage.
La lettre de cette loi porte qu'elle eft conftitutionnelle ; et
fous ce rapport > elle eft au premier afpect infiniment refpecTa An - --- Page 8 ---
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table : mais ce premier afpeêt eft illufoire et vain, fi les quatrevingt-trois Départemens du royaume, auxquels nous adreffons nos
juftes réclamations, donnent à leurs Repréfentans au Corps légiflatif, un mandat ad hoc de la retirer. Voila, Meffieurs, le vrai
ct le feul moyen de déjouer fans retour les perfides manceuvres
des ennemis de la révolution.
Alors vous rétablirez l'ordre et le calme dans toutes les parties de l'Empire : alors vous recevrez les bénédictions univerfelles
des Colonies : alors leur amour, leur confiance 3 leur attachement à la Mère-Patrie vous donneront, aux quatre extrémités du
globe, des Frères dont le zèle et la fidélité feront inaltérables;
des Frères qui fe facrifient fous un ciel brulant, pour vous enrichir, et contribuer avec vous à la profpérité de l'Etat, au refpect
dû au nom français, leur premier orgueil, leur plus chère et
leur plus douce efpérance.
Nous avons Phonneur d'être dans cette légitime attente,
Meflieurs et chers Compatriotes,
Vos très -humbles & trèsobéiffans ferviteurs
Les Membres de PAlfemblée proyinciale du Nord,
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