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SECOND DISCOURS C SUR LA LIBERTÉ FRANÇOISE , PRONONCÉ LE 31 Août ., 1789 -1 *-- Dans i -, E, glire Paroijjiale de Sainte-Marguerite , en préface des trois Dijirids réunis
du Faubourg S.-Antoine; PAR M. l'Abbé FAUCHET , l'un des Citoyens
choisis pour le premier Comité de la Ville,
& actuellement Président du Comité Provisoire
de Police de la Commune de Paris, Prédicateur Ordinaire du R -11 , Vicaire-Général de
Bourges , Abbé Commendataire de Montre. A PARIS, M. DCC. LXXXIX. --- Page 2 --- --- Page 3 ---
SECOND DISCOURS SUR LA LIBERTÉ FRANÇOISE, Prononcé le $ 1 Août 17 S dans teglife ParoiJsiale de Sainte-Marguerite, en présence des trois
Diflrias réunis du Faubourg S.-Antoine; Utiham &ab fcindantur qui vos corturbant ! Vos
enitn in hbertatein vocaci eslis , Fratres; tantùtn
ne libertatem in occajionern detis carnis , fed per
caritatem spli-its fervitue invicem. Omnis enim lex
in uno sermone impietur : Diliges proximum tuuni
sicut teip in : quod Ji invicem mordetis& comedicis,
videte ne ab invicem confutnamini. PKit-à-Dieu que ceux qui vous troublent fuflenc
retranchés du milieu de vous ; car vous êtes appelles a la liberté, Frères. Prenez garde seulement
que cette liberté n'irrite vos pallicms ; mais servez.
vous les uns les autres par une charité pure. Toute
la législation est renfermée dans cette seule parole:
Aime£ le prochain comme vous-même ; que si vous
vous mordez & vous dévorez mutuellement, il
est à craindre que vous ne vous détruisiez les
uns les autres par ces divisions. S. Paul aux Galatis, chap. V. f. it à zfi --- Page 4 ---
GÉNÉREUX Défensetws de la. Liberté, dignes
Emules des martyrs de la Parrie, quoique nous
vous adressions ces paroles d'inquiétude , nous
sommes apurés de trouver en vous des sentimens
meilleurs, & toutes' les dispositions favorables au
salut de la France. Non, ce n'dl: pas en vain que
nos Concitoyens se seront immolés pour nous
. rendre libres. Nous ne flétiirons point les palmes
,de leur victoire, en ëreignanc, dans la licence ,
le flambeau de la Liberré qu ils ont (ait rayonner
sur nos têtes. Ils le disent, les Aiiftoerates dissimulés qui se cachent encore au milieu de nous :
« Cette Liberté, qui nous est si chère , nous
?» échappera } nous ne sommes point faits pour
» elle ; nous rerom berons dirs une servitude pire
» que celle dont nous avons si long-temps porté
M le Jbug, & que nous paroiiîons avoir détruite. »
' îis le disent ; ils triomphent sourdemertt de nos
plus légères divisons, de nos moindres écarts. Ils
' nous pondent, par des menées obscures, insidieuses , dans les diiTcnÍions & les désordres. Ils
affcttenr, le? hypocrircs, de nous traduire comme
rerom berons dirs une servitude pire
» que celle dont nous avons si long-temps porté
M le Jbug, & que nous paroiiîons avoir détruite. »
' îis le disent ; ils triomphent sourdemertt de nos
plus légères divisons, de nos moindres écarts. Ils
' nous pondent, par des menées obscures, insidieuses , dans les diiTcnÍions & les désordres. Ils
affcttenr, le? hypocrircs, de nous traduire comme --- Page 5 ---
( 5 ) A 3 des adversaires de la Religion. Quiconque n'adore
pas le despotisme est déclaré, par eux, ainsi que
l'avoir été, par leurs pareils, notre divin modèle,
ennemi de César. Ces hommes affreux, qui n'avoient ni foi., ni principes , & qui alors calomnioient la philosophie en paroissant la professer t
Se en la rendant çomplice de leurs crimes, qu'ils
regardoient comme les droits de la Nature, proteflent maintenant que cette philosophie, dont la
Providence s est servie si efficacement pour nous
rendre les vrais droirs de l'homme Se du citoyen ,
est un délire impie, & que le Ministre qui ose
en préconiser, dans les temples, les faines maximes
Se les bienfaits immortels, est lui-même un apostat.
0 vous qui scrutez les esprits & les cœurs, Dieu
de l homme & du citoyen , Dieu de la Patrie &
de la Liberté, Jésus-Christ mon seul maître,
présent sur cet autel" où vous vous immolez pour
ne faire du genre-humain qu'une seule famille,
pour nourrir, d un même pain céleste, tous vos
en rans, pour cimenter, d'un même sang divin,
l'universelle fraternité ; éternel holocauste, offert,
«. ce moment, pour achever l'expiation des fautes
qui ont pu échapper à nos martyrs, Se qui peuvent
retarder leur admission dans votre gloire ; grand
Se unique Dier.L du ciel Se de la terre, je vous
atteste en présence de vos fidéles adorateurs. J'ai
toujours abhorré l 'impiëcë, qu'un long mensonge --- Page 6 ---
( 4 ) appelle philosophie.' J'ai toujours adoré la philo"
sophie , qui est la vérité même ii-ianifeflée , la
raison éternelle communiquée aux hommes pour
les éclairer sur leurs devoirs & lents droits. L'Evangile est 'la philosophie du ciel, descendue sur la
terre. La terre l'a défigurée par l'imposture des
passions; mais le cercle des erreurs a été parcouru
par l'esprit humain. Le Dieu des sciences, a qui
appartiennent les pensées (i), a excité les hommes
de génie , dont il est le créateur, a la recherche
des premiers élément de la raison. Ils ont retrouvé , dans notre essence, l'égalité naturelle, la
fraternité sociale, la liberté réglée par les loix ,
les loix véritables établies par la volonté publique, qui est l'ordre de Dieu. Ces vérités élémentaires , si long-temps oubliées & comme
perdues dans les mensonges de l'orgueil & de la
servitude , en renaissant du sein de la Nature,
vont reprendre, dans l'Evangile, leur sandtiou
divine. La philosophie, en voyant dans sa pureté
native, la seule vraie Religion , qui ne mont;e
en Dieu que le père des hommes , 8c dans les
hommes qu'une famille de frères, ne peut manquer de reconnoître bientôt qu 'il faut adorer le
Législateur de l'Evangile comme le Dieu du genre-
'orgueil & de la
servitude , en renaissant du sein de la Nature,
vont reprendre, dans l'Evangile, leur sandtiou
divine. La philosophie, en voyant dans sa pureté
native, la seule vraie Religion , qui ne mont;e
en Dieu que le père des hommes , 8c dans les
hommes qu'une famille de frères, ne peut manquer de reconnoître bientôt qu 'il faut adorer le
Législateur de l'Evangile comme le Dieu du genre- (i) Deus feientiarum Dominus ejî & ipsi praparantur
Co^itationes. i. reg. C, 2.. --- Page 7 ---
( s ) A4 humain - Se embraser la. catholicité pure comm^
la Religion de l'univers. Tremblez, Despotes des Nations ; disparoilset
des Empires : Dieu & les hommes » la Religion &
la raison s'élèvent contre vous ; votre régne ea: fini.; Frères , pour consommer promptement cette
révolution, à laquelle aucune autre ne peut se comparer dans les Annales du Monde, mettons nous en
garde contre deux dangers, qui en retarderoient
pour nous les effets heureux i l'Aristocratie cachée, /
qui exciteroit des troubles parmi nous & triompheroit de nos discordes ; la. licence ouverte , qui
favoriseroit les desseins de nos ennemis & diffé-,
reroit notre bonheur. François , au moment ou,
vous devenez la première des Nations , il fuffio»
de vous montrer les périls de la Liberté.. Il faut :
de la concorde ; il faut des vertus pour être libres ; :
vous les aurez : vous êtes appellés à la liberté ,
Frères. Vos enim ad libertatem vocati eslis, Fratres. Tel est le second tribut d'hommage que je
consacre, au nom des Citoyens réunis de ces trois-,
vastes Districts, qu'on peut regarder, dans leur
ensemble , comme une des plus grandes cirés de
la France, à la mémoire révérée de nos martyrs,
de ces héros isis,:rllcs les premiers dans les fasses
de la Liberté françoise, & dont la plupart etoient
Concitoyens de ce Faubourg immortalité rat leur
gloire, --- Page 8 ---
"r--- ( 6 ) JL A victoire mémorable qui devient une des
plus religieuses soten1nirés de la Nation, impose aux fidèles François le devoir de consommer par leur vigilante concorde le triomphe de
la Liberté. L'Hydre de l Aristocratie q,'tl portoïc
dans les nues ses cent têtes orgueilleuses , in[1.-
cîables de la substance des peuples , & qui de
ses pieds d airain souloit comme une vile fange
cous les en fins de la Patrie , a perdu en un
seul jour, en un seul at1:e, Se sts têtes dévoranres & ses pieds oppr-_Heurs. Mais de son cadavre rciivet-fé , mille reptiles venimeux s'échappent , se gliiient dans le sein de nos Cites, inLst:nt au Io:n nos campagnes , font entendre leurs fissio::me:-:t sourds, lancent de toute
part le poison de la haine & le feu de la dif--
corde. Frères , soyez en girde : ces serpents se
nourriraient de vos entrailles que vous auriez
déchirées vous-mêmes , s'abrenvercicnr de vorre
fang répandu par vos mains , & engraisses de
membres épars , g.mflés du venin q-t'ils auroient
rcpompé de vos veines , ces menthes dévoreroient & engloutiraient la Pa:ric. Il n'en sera
pas -iiiici , Aristocrates sacrilèges , restes i.npurs
des TYl-ai15 de la Fran e. Vous n'abuserez pas
long-temps des peuples trompés par vos inhimat-ious perrides, "Vos trames infernales se déçot
, & engraisses de
membres épars , g.mflés du venin q-t'ils auroient
rcpompé de vos veines , ces menthes dévoreroient & engloutiraient la Pa:ric. Il n'en sera
pas -iiiici , Aristocrates sacrilèges , restes i.npurs
des TYl-ai15 de la Fran e. Vous n'abuserez pas
long-temps des peuples trompés par vos inhimat-ious perrides, "Vos trames infernales se déçot --- Page 9 ---
{ 7 ) A5 Vrent; Ne les voyez-vous pas, dignes amis, généreux Citoyens > ne les jugez vous pas , ces ténébreux artisans dès malheurs publics ? Ils donnent de l'or aux pauvres ouvriers 8c leur dérobent le pain. Ils excitent la licence pour étouffer la Liberté. « Soyez plus libres encore , disent-ils tout haut ne respe&ez rien , détruisez
tout ». Et dans leur joie barbare, ils ajoutent
à voix bane. «Tout nous prospère, ils vont se
manger les uns les, autres , & nous régneront
sur leurs débris ». Vous regnerez , Démons de
la France ? Vous régnerez ? Non vous, périrés $
mais vous périrés par le glaive des Loix éguifé
par la Juflice : ce ne sera point par cette fureur
populaire que vous attiriez voifc-mêmes afin que
les victimes -désigtiées par la haine publique, &
failles par elle sussent déchirées soudain , 8c ne
pullent décéler, dans leurs aveux, vos horribles
complots. Les tyrans ne mourront plus si vîte ;
ils parleront ; 8c mieux on connoîtra les mesures
afFreusement savantes des ennemis de l'Etat, mieux
on appréciera le miracle de notre liberté, le prodige de notre viétoire j 8c l'immortelle gloire de
nos héros. Frères, au nom de la Religion & de la Patrie,
je vous dispute un sentiment ; c'est d'abhorrer plus
vivement que moi, non pas les personnes, mais'
les attentats des tyrans de la France. Je les vois y --- Page 10 ---
( 8 1 utie sombre rage les transporte contre un Miniftr»
de Dieu 8c de la Patrie, qui proclame tous leurs
crimes. Ah ! je n'ai pas redouté les foudres du
despotisme ; je ne craindrai pas les stylets de l'Aristocratie & les poisons du fanatisme. J'ai vécu ; le
grand jour de la Liberté a lui sur ma tête. La
France est libre ; elle l'est ; elle le sera. Grand
Dieu! c'est votre ouvrage : que je meure, que
je rejoigne nos martyrs, & que j'applaudisse éternellement avec eux au salut des François. Mais
tant que vous me lainerez un soufle de vie, ce
sera un soufle de Liberté. Combien les Despotes
redoutent la puissance de la parole ! Pourquoi ?
C'est que cette puissance agite le sceptre de la
pensée, &: que de ce sceptre relèvent tous les
pouvoirs du genre humain. Verbe de Dieu! parole
éternelle ! c'est de vous seul que chacun reçoit
la mesure de son génie. Vous m'avez donné une
capacité bornée, mais un zèle intrépide. Je suis
à vous & à mes Frères. Je ne crains rien. Etiàmsi
conjîjlant adversum me cajlra , non timebu cor
meum, qnontam tu mecum es.
, &: que de ce sceptre relèvent tous les
pouvoirs du genre humain. Verbe de Dieu! parole
éternelle ! c'est de vous seul que chacun reçoit
la mesure de son génie. Vous m'avez donné une
capacité bornée, mais un zèle intrépide. Je suis
à vous & à mes Frères. Je ne crains rien. Etiàmsi
conjîjlant adversum me cajlra , non timebu cor
meum, qnontam tu mecum es. Je vous dirai donc, Frères bien - aimes ; je
vous dirai, dans tout l'amour d'un cœur plus
à vous qu'à moi-lnême: Ne recevez point d'argent
de ceux qui cherchent à vous séduire, à fomenter
des dissensions, à créer des malheurs } de ceux
qui vous engagent à l'oisiveté , poux faire tombet --- Page 11 ---
( ) A 6 l'Agriculture & les Arts, bouleverser l'ordre social & contrister la Nature ; amener la disette,
le carnage & l'enfer dans l'empire François. N'acceptez jamais que le prix de vos travaux utiles,
le salaire de vos bons services, ou les dons d'une
charité sincère. Ne vous laissez point tromper par
les déguisemens d'une bonté perfide, ou d un zèle
menteur. Dénoncez hautement ces corrupteurs, qui
se travestissent en Citoyens. Sous les vètemens de
bergers se cachent 8c circulent des lions furieux. Ils
étouffent leurs rugiffemens pour vous surprendre, &
déchirer ensuite, par vos mains , la Patrie, qu ils
veulent dévorer ; mais vous, forts dans la foi, dans
cette foi jurée à Dieu, à la Nation, au Roi a la
Liberté, résistez-leur ; prenez des témoins ; appeliez
à vous les Gardes-Nationales, ces sûrs & invincibles garans de l'ordre public ; dites : CI Voilà un
» homme qui veut me corrompre ; il m offre de
» l'argent pour ne rien faire , ou pour faire du
» mal, »> Cet homme, ennemi, sera conduit sagement anx Juges de paix, établis par la puissance
civile. La Justice attentive découvrira bientôt tous
les moteurs secrets de ces instigations perverses,
de ces machinations affreuses , de ces discordes
impies qui tendent à la ruine de l Eiat. Leur
punition dictée par l'impartialité de la loi, & non
par la précipitation de la vengeance, sera digne
d'un grand Peuple , qui fonde sa liberté sur la
> Cet homme, ennemi, sera conduit sagement anx Juges de paix, établis par la puissance
civile. La Justice attentive découvrira bientôt tous
les moteurs secrets de ces instigations perverses,
de ces machinations affreuses , de ces discordes
impies qui tendent à la ruine de l Eiat. Leur
punition dictée par l'impartialité de la loi, & non
par la précipitation de la vengeance, sera digne
d'un grand Peuple , qui fonde sa liberté sur la --- Page 12 ---
( 1° ) justice. Ne craignez point de voir renaître l'antique faveur des Tribunaux pour les grands noms.
Il n est plus que deux classes d'hommes dans toute
la France, les bons 8c les mauvais Citoyens. Une des plus perfides manœuvres de nos ennemis cachés, est de vous inspirer de la défiance
de ceux que vous avez placés vous-mêmes à la.
tête de la Commune, 8c de vous persuader que
nos généreux Chefs ménagent les grands adverlaires de l'Etat. Un Sage , qui a résisté au Despotismc, dans tout 1 appareil de la puissance
& de la force , 8c qui a présidé l'Assemblée
Nationale au moment décisif où les glaives de
l'Aristocratie, levés sur sa tête, le lui défen-.
doient ; un Héros que mille morts n'épouvanteroient pas, qui ne connoît d'honneur que la
vertu, de gloire que l'amour des Citoyens, de
bonheur que la liberté : quels sont donc les absurdes scélérats qui osent murmurer contre ces
deux grands hommes , ces premiers des François,
ces Génies tutélaires de la Patrie? Les mêmes
empoisonneurs de la Renommée, qui voudraient
inquiéter votre afte&ion pour ces immortels amis
si dignes de présider les Citoyens de la Capitale
$c de la France entière, s'efforcent également de
jetter des nuages sur l'Assemblée de vos Repré^-
sentans & de calomnier ieur zèle. Frères, voilà
encore un des exécrables moyens que les Arif- --- Page 13 ---
( il ) tocrates employent pour vous précipiter dans les
horreurs de l'Anarchie. Ils ont, pour le même
dessein, des émissaires secrets dans les Distri&s.
Ils mettent tout en œuvre pour empêcher la
réunion, fémer la discorde, former soixante isolemens de Citoyens dans la Capitale > les écarter
du centre où doit se réduire à l'unité la volon:é
commune, verser la contradiction dans les alTemblées, diviser tout pour tout perdre, afin de reconstruire , avec vos ruines, l'empire du despo-w
tisme , & de régner, du moins, sur le cadavre
de la Patrie. Avec quel art détestable ils abusent
de votre zèle même & de votre patriotisme ! Ils
font des motions exagérées pour la cause publique;
ils jettent des Ecrits incendiaires dans les mains da.
Peuple } ils ne parlent que de pendre les traîtres.
Citoyens! les rram'es! c'est eux ; enveloppez-les,
non pour leur infliger, de vos mains , un supplice
qui n'appartient qu'au Bourreau, mais pour les
traduire à l'équité de la Commune, & faire enfin
sortir de leurs lèvres vendues à l'iniquité des
Despotes tous les secrets de la trahison.'
lique;
ils jettent des Ecrits incendiaires dans les mains da.
Peuple } ils ne parlent que de pendre les traîtres.
Citoyens! les rram'es! c'est eux ; enveloppez-les,
non pour leur infliger, de vos mains , un supplice
qui n'appartient qu'au Bourreau, mais pour les
traduire à l'équité de la Commune, & faire enfin
sortir de leurs lèvres vendues à l'iniquité des
Despotes tous les secrets de la trahison.' Les faux zélateurs du christianisme, les défenfeurs hypocrites de la Patrie diront-ils encore
qu'au lieu de calmer votre effervescence, comme
il convient à un Ministre de paix ; j'allume de
j'irrite les feux de votre haine contre les méchans?
Frères & Citoyens, vous voyez afle^ leur impair- --- Page 14 ---
( Il ) ture. Je vous mets en garde, au nom du bien
public & de vos propres intérêts , parmi les piéges
de la perfidie & les horreurs de la discorde, donc
les seuls ennemis de la paix vous environnent
Je vous engage à leur faire, non du mal, mais
du bien , en les empêchant de consommer leurs
crimes. J'invoque votre vigilance & votre zèle ,
non en faveur de la vengeance, mais en faveur
de la loi. Enfin , c'est la sainte concorde, la divine unanimité que je vous prêche, pour rompre
les efforts de vos adversaires, & dissiper la ligue
impie des scélérats qui vous divisent. Je ne vous
dis pas ; « Détruisez leur fortune , immolez leur
» vie. » Je vous dis au contraire : cc Laiflsea.
» intactes toutes les propriétés dans la Nature &
la Société ; ne faites mal à personne } empêchez.
seulement les ennerpis d'en faire, 6c ne les traduisez qu'à la Justice ,,. Cette morale est tout ensemble celle de l'Evangile & de la Liberté. Point
de paix avec rAri£tocratie, qui ne respire & ne
soufle que la discorde. Paix intime entre tous,
les Citoyens, qui ne délirent & ne veulent que
le bonheur commun. Votre vigilante concorde,
en renversant les desseins des Aristocrates , leur
épargnera des crimes, leur épargnera des supplices;
elle les forcera de renoncer à leurs projets, de
cacher leur haine , de l'étouffer, de se montrer
fçançois, de l'être enfin par la nécessit' de le.
soufle que la discorde. Paix intime entre tous,
les Citoyens, qui ne délirent & ne veulent que
le bonheur commun. Votre vigilante concorde,
en renversant les desseins des Aristocrates , leur
épargnera des crimes, leur épargnera des supplices;
elle les forcera de renoncer à leurs projets, de
cacher leur haine , de l'étouffer, de se montrer
fçançois, de l'être enfin par la nécessit' de le. --- Page 15 ---
( 13 ) paraître toujours, & par l'ascendant d'un patries
tisme devenu universel, qui gagnera tous les coeurs
La concorde contre l'Aristocratie est donc nécetraire pour conserver la Liberté. François, pour
la consommer, il faut plus encore ; contre la licence
ouverte, il faut la vertu. La licence est l'éternelle ennemie de la Liberté. Comme le Despotisme vit de crimes; la
Liberté se nourrit de vertus. La licence ouverte
dissipe & use les courages , elle se résout dans
le néant de la servitude. La vertu publique est
la seule gardienne de la Patrie. Ne soyez plus
les Esclaves des passions si vous ne voulez retomber dans les fers du Gouvernement. Quand
chacun cherche son intérêt personnel selon les
caprices de sa cupidité , que devient l'intérêt de
la Patrie ? où est la chose publique ? il n'existe
plus alors ni Frères , ni Citoyens : tous sont
les ennemis de tous : & dans cette Anarchie
générale, on regarde comme un bonheur de
de ravoir un Tyran. La charité sociale nous engage à nous oublier nous-mêmes , à nous immoler pour la Patrie. C'est l'immortelle gloire
de nos martyrs & le motif pur de l'hommage
unanime que nous rendons à le\.lf mémoire.
Dégénérerons-nous ' de ce noble sentiment au
moment même où nous en sommes les Admirateurs & où nous bénissons le Ciel de l'avok --- Page 16 ---
( 14 ) inrs dans l'ame des Héros qui nous ont rendus
libres ? Resterons - nous en arrière des précurseurs & des conquérants de notre Liberté ?
La perdrons - nous aussi - tôt dans le vice
après qu'ils nous l'ont acquise de leur fang
qui fume encore , & qui nous prêche si éloquemment le sacrifice de tout nous-ménie pour
le bonheur de nos Concitoyens. Ah frères , je
fuis un modèle imparfait, & il m'est doux de
croire que des millions de François ont de plus
hautes vertus. Mais je n'ai tenu aucun compte
de ma vie pour le bien Public, & l'Assemblée
Nationale vient d'anéantir ma fortune. Il cst
impossible que dans la déduction ou l'abandon
des Droits les plus sacrés , nos sages Représentans
n ayentpas des vues d'ordre&: de justice:si c'est donc
pour le Trésor commun , pour le soulagemenç
des Concitoyens pauvres; & non pour gronir
encore les immenses productions du Territoire
des riches y ah ? j'applaudis, & du fond de mon
cœur) à ma ruine. J'ai sçu vouloir mourir pour
mes Frères , je saurai vouloir vivre indigent pour
eux: Je ne demande rien, Je gagnerai mon paiu
à la sueuT de mon front; c'est la condition de
l'homme ; c'est l'office du citoyen. Qu'on donne
encore , à ce moment, les grandes places aux
grands noms : sans doute enfin cet abus va finir
jkvec tous les restes de la tyraunie. Mais alors ,1
à ma ruine. J'ai sçu vouloir mourir pour
mes Frères , je saurai vouloir vivre indigent pour
eux: Je ne demande rien, Je gagnerai mon paiu
à la sueuT de mon front; c'est la condition de
l'homme ; c'est l'office du citoyen. Qu'on donne
encore , à ce moment, les grandes places aux
grands noms : sans doute enfin cet abus va finir
jkvec tous les restes de la tyraunie. Mais alors ,1 --- Page 17 ---
( 15 ) que ce ne soit pas moi qui recueille ces bienfaits de
la Liberté; que de plus vertueux, & ils sont communs, en soient enrichis je suis heureux. Pauvre
& obscur jusqu'au tombeau, je bénirai, en y defcendanr, la gloire & la prospérité de la Patrie. Citoyens, sans ce désintéressement, il n'est point
de patriotisme. Oh ! qu'il est doux de voir cette
multitude de généreux François qui en sont animés ! La Liberté de l'Etat repose toute entière
sur leur vertu. Avec quel empressement ils ont
abandonné , ils délaissènt toujours le soin de leurs
propriétés & de leurs intérêts pour veiller à la
chose publique , pour la défendre & l'enrichir !
Leurs jours, leurs nuits, leurs talens, leurs fortunes ne sont point à eux; ils sont à la Patrie.
Quelle assiduité dans les Assemblées civiles! quelle
sollicitude pour le bonheur commun ! quel abandon d'eux mêmes! quelle activité ! quel zèle dans
nos Gardes-Nationales ! Ah ! c'est un délice de
le croire ; mais c'est le bonheur du. ciel de le
contempler. 11 se fait cent mille actes par jour
d'un désintéressement pur & d'un patriotisme sublime dans cette Capitale. Elle est pleine de
grandes ames ; elle est remplie de héros. Voilà
les premiers fruits ce la liberté. Vertu! adorable
vertu ! tel est donc ton empire sur des hommes
libres? 0 mes Frères! mourons les uns pour les
autres, mourons de joie, nous souîmes des Citoyens, --- Page 18 ---
{ 16 ) Si nous l étions tons; si un ramas de malfaiteurs appellés de toutes les parties de l'Europe
par nos ennemis , ou accourus d'eux-mêmes pour
mrecter, de leur licence infâme, la liberté publique, ne versoir pas la corruption dans la clisse
(les Ouvriers sans domicile , qui , auparavant,
vivoient de leurs travaux, Ec qui préfèrent main-»,
tenant, a rinfligation 8c à l'exemple-de ces pervers, de vivre de leurs rapines, tout seroit trancjuiil'j ; la vertu patriotique exercerait, dans les
fùmiiles du Peuple, son Naturel empire; un calme
heureux attrait déjà succédé à l'orage de la révolution , & un ordre inconnu seroit né soudain
Je notre Liberté nouvelle. Nos adversaires n'au.
l'oient trouvé, dans toutes les classes des Citoyens,
titi un petit nombre d'esprits aveugles, & de
cœurs corrompus qui eussent prêté l'oreille à leurs
saggestions. Ils auraient senti leur impuinance.
Les nuages rares 6c ténébreux de la licence se
seraient dilîipés d'eux-mcmes devant la lumière
universelle & pure de la Liberté. La sainte émulation du bien public embrâseroit toutes les âmes.
Paris libre, entièrement libre, seroit le foyer de
cet amour sublime de la Patrie, qui crée toutes
les vertus. Que dis-je? il le seroit. Ah! chers
Concitoyens, il l'est: en dépit des méchants. Ces
vils étrangers, ces rebuts des Nations vont discroître. Nous allons, avec l'humanité qui con-"
-mcmes devant la lumière
universelle & pure de la Liberté. La sainte émulation du bien public embrâseroit toutes les âmes.
Paris libre, entièrement libre, seroit le foyer de
cet amour sublime de la Patrie, qui crée toutes
les vertus. Que dis-je? il le seroit. Ah! chers
Concitoyens, il l'est: en dépit des méchants. Ces
vils étrangers, ces rebuts des Nations vont discroître. Nous allons, avec l'humanité qui con-" --- Page 19 ---
( 17 ) Tient à. un peuple généreux, en purger la Capitale
& la France. Ce sont eux qui ont excité tous les tumultes,
favorisé toutes les fraudes, privé le Trésornal des tributs nécessaires au maintien de la chose
publique. Ils ont abusé des anciennes & trop justes
préventions des esprits contre des.impocitions onéreuses qui se perdoient sans aucun profit, & avec
un grand dommage pour l Etat, dans les dédales
de la fiscalité. François 1 les loix se préparent pour
régler , avec une égalité impartiale & une justice
attentive, les tributs, leur perception & leur
usage. Mais, dans l'intervalle , si les Subiides manquoient, ( & c'est l horrible espoir des Aristo-*
crates) ; si notre bon Roi, qui n 'a d intérêts que
les nôtres ; si la ville de Paris, à qui tiennent les
fortunes ; si les sources publiques des nchesïes de
l'Erat cessoient de pouvoir verser la vie dans
l'Empire, il s'ensuivroic un bouleversement' illcalculable ; vous manqueriez entièrement de tra.
vail & de pain; vous péririez tous. Fermez donc,
fermez promptement toutes les iilues à la fraude.
Que le plus pauvre du Peuple ne se bitTe pas
abuser par un gain du moment, qui, dans peu,
lui coûteroit l'existence, immoleroit, par milliers*
les familles Françoises , & anéantiroit la Patrie.
A Fordre, Frères; à l'ordre, CÍ(oyens;' que rien
ne franchie les barrières sans avoir acquitte les --- Page 20 ---
( i8 ) droits. Le Roi & la Nation , c'est une même
chose; il n'y a plus de dissérence : nous ne sommes
tous qu'une même famille ; si le Chef, si un
Membre du Corps Politique souffre, tout esc en
fonffrance; si l'ordre périt, l'Etat meurt. Il vivra,
il vivra éternellement; nous sommes François &
libres; lioire Roi est Citoyen ; la Toute-Puiflfance
ëst dans la Liberté. Fuis loin de nous , avec les
m écrans qui t'excitent, licence ennemie; évanouistoi comme ces longes d'abord flatteurs, ensuite
affreux qui accumulent, en un infcint, datos lei
âmes, après de fausses espérances & de fausses
délices, toutes les épouvantes & toutes les horreurs de l'enfer. Amis, chers & immortels amis de l'ordre &
de la fraternité, ce succès est sûr ; il est facile ;
nous avons la volonté du bien & la force de la
puiuance. Mais il nous reste encore les partions
inhérentes à l'humanité. L'exaltation que la Liberté
donne à nos âmes, ne nous en affranchit pas tant
retour ; elle peur, au contraire , les exciter contre
les intérêts de la Liberté même, & au grand détriment de la Patrie.
& immortels amis de l'ordre &
de la fraternité, ce succès est sûr ; il est facile ;
nous avons la volonté du bien & la force de la
puiuance. Mais il nous reste encore les partions
inhérentes à l'humanité. L'exaltation que la Liberté
donne à nos âmes, ne nous en affranchit pas tant
retour ; elle peur, au contraire , les exciter contre
les intérêts de la Liberté même, & au grand détriment de la Patrie. Je ne sais quel orgueil outre nature s'empare bientôt des esprits libres parmi les mortels
& les ponde vers une licencieuse indépendance
non pas des Loix de la Cité , mais de celles de
la Morale , & donne à leurs désirs, quand ils --- Page 21 ---
( 19 ) ne contrarient p.is , au premier afpc-ét, l'ordre
naturel 8c ci vit , un cara&ère d'audace qui épouvante la vertu. En effet , ils ne se Ibuticnnenc
pis lO!1g-rcriÍps à cette hauteur où les place Je
défmtércfîemcnr Patriotique durant la première
chaleur de la Liberté conquise , ces âmes qu'une
Morale divine n'échauffe pas sans cesse de ses
feux immortels. La. Liberté sans la Religion
retombe de Ion poids dans la licence, & n'est
bientôt plus la Liberté. La corruption rentre
dans son ancien Empire : les vices redoublent
leurs ravages : la Patrie a des Loix & n'a point
de Moeurs : ou plutôt il n'y a point de Patrie;
c'e!t:un grand nom sans réalité : chacun songe à ses
plaisirs : la chose publique a les paroles , l'amour personnel a les actions : on quitte dans
Ion r cœur la Patrie pour revenir à soi : l'intérêt
propre absorbe la vie, l'intérêt commun ne fait
que la couvrir de son ombre : les pallions dans .
une fermentation plus vive îsolent les coeurs : on
n'en: plus Frères qu'en apparence , on est réellement ennemis les uns des autres } alors la Liberce périt, & la Patrie n'cil plus. Concitoyens- !
tous les Législateurs ont connu cette vérité saprème : totis ont commis à la Religion la {anction des loix, l'égide, de la Liberré, la garde de
la Patrie. Nous avons le bonheur, je ne dirai
pas de c..:nnoî:rej hélasi on le connoîc si p-u, miis
on est réellement ennemis les uns des autres } alors la Liberce périt, & la Patrie n'cil plus. Concitoyens- !
tous les Législateurs ont connu cette vérité saprème : totis ont commis à la Religion la {anction des loix, l'égide, de la Liberré, la garde de
la Patrie. Nous avons le bonheur, je ne dirai
pas de c..:nnoî:rej hélasi on le connoîc si p-u, miis --- Page 22 ---
( 10 ) d'avoir la seule Religion qui commande le définrére£fement parfait & la pleine fraternité. Connoiffons-la donc enfin ; sachons la suivre : on n'est
absolument libre que par elle; seule, elle tient
sous le joug; elle y tient toujours, quand on l'observe, les payions qui nous avilissent & nous dégradent. On n'a le vrai patriotisme que par elle;
seule elle appuie la fraternité sur des principes
immuables, nous montre un autre nous même
dans chacun de nos Concitoyens , & met la loi
émanée de la volonté publique sous l'autorité
suprême du vrai 3c unique maître de la Nature,
de la Patrie & de l'Eternité. Dieu parle par la
loi ; Dieu commande par le Prince qui agit au
nom de la loi ; Dieu voit dans les consciences les
violations secrétes de la loi ; Dieu menace de ses
vengeances infinies les contempteurs de la loi. Dieu
ordonne de se renoncer soi même pour la loi ; Dieu
se promet, pour récompense à l'observateur désintérefsé de la loi. Disons tout, en deux simples paroles: le parfait Chrétien est le seul Etre pleinement
libre dans l'univers ; il ne dépend ni des hommes,
ni de ses pallions, mais de la justice & de sa confcience : il est le seulConcitoyen sûr dans la Patrie;
l'observation de la loi n'est point pour lui un effort,
un tourment; elle est un besoin; elleeft un bonheur.
La Philosophie montre les Droits de l'Homme --- Page 23 ---
( 11 ) & se5 devoirs dans la Nature & la Société ; c'est
une lumière divine. La Religion consacre ces
Devoirs & ces Droits, les aggrandit encore, en
pénètre les esprits , en remplit les cœurs ; c'est
Dieu même , c'est son amour qui échauffe du
feu Divin de la vertu, & les ames vulgaires Se
les Génies sublimes. Dieu est l'ordre , Dieu est
la Patrie, Dieu est l'Humanité, Dieu est la perfection de l'Homme, Dieu est tout bien. C'est
dans son sein paternel que nous sommes véritablement égaux, véritablement Concitoyens, véritable ment Frères, véritablement Amis. L'évangile n'en: que concorde & union. JÉSUS-CHRIST
N'EST QUE LA DIVINITÉ CONCITOYENNE DU
GENRI-HuMAIN. La Catholicité siest que l'Assèm-;-
blée, la Communauté, l'Unité des Frères, fidèles a
la Patrie de la Terre , pour s'élever cnsemble a la
Patrie des cieux. 0 Martyrs de la France, Héros de la Liberté,
la Charité qui a consacré votre mort pour vos
Amis & vos Frères, vous a ouvert le Ciel. Plusieurs de vous en occupent déjà ies Thrônes, &
tous vous devez y régner bientôt. Nos vœux hâtent les jouissances de votre éternelle gloire. Nous
sommes encore, nous ferons toujours votre famille, vos Frères, vos Concitoyens, vos Amis.
Qu'elle émulation cette vérité ravi1fante nous inspire, poux imiter votre dévouement généreux,
ité qui a consacré votre mort pour vos
Amis & vos Frères, vous a ouvert le Ciel. Plusieurs de vous en occupent déjà ies Thrônes, &
tous vous devez y régner bientôt. Nos vœux hâtent les jouissances de votre éternelle gloire. Nous
sommes encore, nous ferons toujours votre famille, vos Frères, vos Concitoyens, vos Amis.
Qu'elle émulation cette vérité ravi1fante nous inspire, poux imiter votre dévouement généreux, --- Page 24 ---
( 11 ) pour consacrer, a votre exemple, notre vie à la
Fraternité ; pour conserver, par notre vertu, la
Liberté acquise par votre san^ , & qui se perdroit par notre licence, pour jouir à la mort de
de vos embrassemens éternels , & continuer la
commuication de la France & des Cieux , en
obtenant sans ceflse, du seul arbitre de la destinée
des Empires, la grace de la liberté qui favorise
la vertu, & la grace de la vertu qui éternise la
Liberté! Ainsi-soit il. - ..,
àma ruine. J'ai fçu vouloir mourir pour
mes Frères, je faurai vouloir vivre indigent pour
eux: Je ne demande rien, Je gagnerai mon
fueur de mon
c'eft la condition
t
à la
front;
Ihomme; c'eft l'office du citoyen. Qu'on donne
encore, à ce moment, les grandes places aux
grands noms : fans doute enfin cet abus va finir,
avec tous les reftes de la tyraunie. Mais alors, --- Page 19 ---
(15)
moi qui recueille ces bienfaits de
que ce ne foit pas
vertueux, & als font comla Liberté; que de plus
fuis heureux. Pauvre:
muns, en foient enrichis je
bénirai, en y def-
& obicur jufqu'au tombeau, je
de la Parrie.
cendanr, la gloire & la profpérité
iln'eft point
Citoyens, fans ce défintérellement,
Ohlqu'il eft doux de voir cette
de patriorifme
François qui en font animulitude de généreux
entière
més! La Liberté de FEtat repofe toute
ils ont
fur leur vertu, Avec quel empreffement le foin de leurs
abandonné, ils délaiffent toujours
veiller à la
propriérés & de leurs intérèts pour
la défendre & T'entichir!
chofe publique, pour
leurs talens, leurs forLeurs jours, leurs nuits,
ils font à la Patrie.
tunes ne font point à eux;
Quelle alliduité dans les Affemblées civiles.quelle
follicitude
le bonheur commun! quel abanpour
activité! quel zèle dans
don d'eux mêmes! quelle
délice de
Ah! c'eft un
nos Gardes-Nationales! c'eft le bonheur du ciel de le
le croire; ; mais
contempler. 11 fe fait cent mille aétes par jour
& d'un pattiorifme fnd'un délintércffement pur
Elle eft pleine de
blime dans cette Capitale.
de héros. Voila
grandes âmes ; elle eft remplie
adorable
les premiers fruits de la liberté. Vertu!
vertu! tel elt donc ton empire fur des hommes
libres? O mes Frères! mourons les uns pour les
de
nous fommes des Ciautres, mourons
joie,
royens,
11 fe fait cent mille aétes par jour
& d'un pattiorifme fnd'un délintércffement pur
Elle eft pleine de
blime dans cette Capitale.
de héros. Voila
grandes âmes ; elle eft remplie
adorable
les premiers fruits de la liberté. Vertu!
vertu! tel elt donc ton empire fur des hommes
libres? O mes Frères! mourons les uns pour les
de
nous fommes des Ciautres, mourons
joie,
royens, --- Page 20 ---
116))
Si nous l'étions tons; fi un ramas de malfaiteurs appellés de toutes les partics de
nos
T'Europel
par
ennemis,ou accourus d'eux-mèmes
infecter, de leur licence infame, la liberté pouri
blique, ne verfoit pas la corruption dans la claffe pudes Ouvriers fans domicile,
vivoient de leurs
qui, auparavant 3
travaux, & qui préferent maintenant, a l'infligation & à l'exemple-de ces
vers, de vivre de leurs rapines, tout feroit tran- perquille; la vertu patriotique exerceroit, dans les
familles du Peuple, fon haturel empire; un calme
keurenx auroit déjà fuccédé à l'orage de la révolarion, &c un ordre inconnu feroit né foudain
de notre Liberté nouvelle. Nos adverfaires n'au.
roient trouvé, dans toutesles claffes des Citoyens,
qu'un perit nombre d'efptits aveugles, & de
coeurs corrompus quieuffent préré l'oreille à leurs
faggeftions. Ils auroient fenti leur impuilfances
Les nuages rares & ténébreux de la licence fei
feroient dillipés d'eux-mémcs devant la lumière!
univerfelle & pure de la Liberté. La fainte émulation du bien public embrâferoit toutes les âmes.
Paris libre, entiérement libre, feroit le foyer de
cet amour fablime de la Patrie, qui crée toutes
les vertus. Que dis-je? il le feroit. Ah! chers
Concitoyens, ill'eft en dépit des méchants. Ces
vils étangers, ces rebuts des Nations vont difparoitre. Nous allons, avec l'humanité qui con-
lumière!
univerfelle & pure de la Liberté. La fainte émulation du bien public embrâferoit toutes les âmes.
Paris libre, entiérement libre, feroit le foyer de
cet amour fablime de la Patrie, qui crée toutes
les vertus. Que dis-je? il le feroit. Ah! chers
Concitoyens, ill'eft en dépit des méchants. Ces
vils étangers, ces rebuts des Nations vont difparoitre. Nous allons, avec l'humanité qui con- --- Page 21 ---
(17)
en purger la Capitale
vienti un penple généreax,
& la France.
ont excité tous les tumultes,
Ce font eux qui
privé le Tréfor-Natiofavorifé toutes les fraudes, maintien de la chofe
nal des tributs nécellaires au anciennes & trop juftes
publique. Ils ont abufé des
onépréventions des efprits contre desimpofitions & avec
reufes qui fe perdoient fans aucun dans profit, les dédales
dommage
TEtat,
un grand
pour les loix fe préparent pour
de la fifcalité. Frangois! impartiale & une juftice
régler, avec une égalité leur perception & leur
attentive, les tributs,
f les Sublides manufage.Mais, dans lintervalle, efpoir des Ariftoquoient, (& c'eft Thorrible. n'a d'intérêts que
crates); f notre bon Roi, qui
tiennentles
les nôtres ; fi la ville de Paris, qui des richeffes de
fortunes; fi les fources publiques verfer la vie dans
PErat ceffoient de pouvoir bouleverfement inl'Empire, il s'enfuivroit un entiérement de tracalculable; vous manquesiez tous, Fermez donc,
vail & de pain; vous périciez lesillues à la fraude.
fermez promptement du toutes Peuple ne fe lailfe pas
Que le plus pauvre du moment, qui, dans peu,
abufer par un gain
immoleroit, pàr milliers,
lui coûteroit T'exiftence,
la Patrie.
& anéantiroit
les familles Françoifes,
Citoyens; que rien
A Hordre, Frères; à lordre, avoir
les
franchifle les barrières fans
acquitté
He
de pain; vous périciez lesillues à la fraude.
fermez promptement du toutes Peuple ne fe lailfe pas
Que le plus pauvre du moment, qui, dans peu,
abufer par un gain
immoleroit, pàr milliers,
lui coûteroit T'exiftence,
la Patrie.
& anéantiroit
les familles Françoifes,
Citoyens; que rien
A Hordre, Frères; à lordre, avoir
les
franchifle les barrières fans
acquitté
He --- Page 22 ---
(rs )
droits. Lel Roi & la Narion, c'eft
chofe; il n'y a plus de différence:
une même
tous qu'une même
: nous ne fommes
Membre du
famille; G le Chef, fi un
Corps Politique fouffire, tour eft en
fouffrance; fi l'ordre périt, l'Erat meurt.
il vivra
Il vivra,
éternellement; nous fommes
&
libres; notre Roi cft Citoyen; la
François
éft dans la Liberré, Fuis loin de Toute-Puiflance
nous', avec les
mechnsquirckcinent, licence ennemie;
toi comme ces fonges.d'abord
;évanouisaffreux qui accumulent,
Aatreurs, enfuite
âmes,
en un inflant, dans les
après de fauffes cpérances & de fauffes
délices, toutes les épouvantes & toutes les
reurs del'enfer.
horAmis, chers & immortels amis de
de la fraternité, ce fuccès eft sûr; il l'ordre &
nous avons la volonté du bien
; cft facile;
&c la force de la
puiffance. Mais il nous refte encore les
inhérentes à Fhamanies.Lenlrsion
paflions
denne à nos âmes, ne nous
quela Liberré
en affranchit
retour ; elle peur, au
pas fans
les intérers de la Liberté contraire, 3 les exciter contre
triment de la Parrie.
même, & au grand déJe ne fais quel orgueil outre
pare bientôr des efprits libres
nature s'em-
& les pouffe vers une
parmi les mortels
licencieufe
non pas des Loix-de la Cité, mais indépendance de
la Moraley & donne à leurs
celles de
défirs, quand ils
affranchit
retour ; elle peur, au
pas fans
les intérers de la Liberté contraire, 3 les exciter contre
triment de la Parrie.
même, & au grand déJe ne fais quel orgueil outre
pare bientôr des efprits libres
nature s'em-
& les pouffe vers une
parmi les mortels
licencieufe
non pas des Loix-de la Cité, mais indépendance de
la Moraley & donne à leurs
celles de
défirs, quand ils --- Page 23 ---
(19)
lordre
au premier afpect,
ne contrarient pas,
d'andace qui épounaturel & civil, un caractère
vante la vertu. En effer., ils ne fe foutiennent
à cctte hauteur où les place le
pas long-tetips Patriotique durant la première
défintéreflemenr
chaleur de la Liberté conquifes ces âmes qu'ane
divine n'échauffe pas fans celle de fes
Morale immortels. La Liberté fans la Religion
feux
dans la licence, & n'eft
retombe de fon poids
rentre
bientôt plus la Liberté. La corruption
dans fon ancien Empire : les vices redoublent
leurs ravages : la Patrie a des Loix & n'a point
de Mceurs : ou plutôr il n'y a point de Patrie;
fans réalité: chacun fonge à fcs
c'eftun grand nom
l'aplaifirs : la chofe publique a les paroles, ,
a les aétions : on quitte dans
mour perfonnel
revenir à foi: Pintéret
fon coeur la Patrie pour
ne fait
abforbe la vie, l'intérêt commun
propre la couvrir de fon ombre : les pallions dans.
que fermentation plus vive ifolent les caeurs: on
une
on eft réellen'eft plus Frères qu'en apparence, alors la Liment ennemis les uns des autres; ;
bertépérit, & la Pattie n'eft plus. Concitoyens,
les
ont connu certe vérité futous
Légiflateurs commis à la Religion la fancprème : tous ont
la
de
tion des loix, l'égide.de la Liberré,
garde dimi
la Patrie. Nous avons le bonheur, je ne
hélaslonle connoic f peu, mais
pas de connoitre,
Frères qu'en apparence, alors la Liment ennemis les uns des autres; ;
bertépérit, & la Pattie n'eft plus. Concitoyens,
les
ont connu certe vérité futous
Légiflateurs commis à la Religion la fancprème : tous ont
la
de
tion des loix, l'égide.de la Liberré,
garde dimi
la Patrie. Nous avons le bonheur, je ne
hélaslonle connoic f peu, mais
pas de connoitre, --- Page 24 ---
(:0)
d'avoir la feule Religion qui commande le défintérelfement parfait & la pleine fraternité. Connoiffons-la donc enfin; fachons la fuivre : onn'eft
abfolument libre que par elle; feule, elle
fous le jougs elley tient roujours,
tient
ferve, les paflions
quand on l'obqui nous aviliffent & nous dégradent. On n'a le vrai patriocifme
feule elle appuie la fraternité fur des que par elle;
immuables, nous montre un autre nous principes
dans chacun de nos Concitoyens,
même
émanée de la volonté
&cmet la loi
publique fous l'autorité
fuprème du vrai & unique maître de la
de la Patrie & de l'Eternité. Dieu
Nature,
loi; Dieu commande
le
parle par la
par
Prince
nom de la loi; Dieu voit dans les confciences qui agit au
violations fecrétes de la loi; Dieu
les
menace de fes
vengeancesinfinies les contempteurs de la loi. Dieu
ordonne defe renoncer foi même pour la loi; Dieu
fe promet, pour récompenfe à
- téreffé de la loi. Difons
l'obfervateur défintout, en deux
roles:le parfairChrétien eftle feul Etre fimples palibre dans l'univers ; il ne dépend ni des pleinement
ni de fes paflions, mais de laj juftice & de hommes, fa confcience : il eft le feul Concitoyen sûr dans la Patrie;
l'obfervation de laloi n'eft point pour lui un
un tourment; elle eft un befoin; elleeft un bonheur. effort,
La Philofophie montre les Droits de I'Homme
roles:le parfairChrétien eftle feul Etre fimples palibre dans l'univers ; il ne dépend ni des pleinement
ni de fes paflions, mais de laj juftice & de hommes, fa confcience : il eft le feul Concitoyen sûr dans la Patrie;
l'obfervation de laloi n'eft point pour lui un
un tourment; elle eft un befoin; elleeft un bonheur. effort,
La Philofophie montre les Droits de I'Homme --- Page 25 ---
(an)
devoirs dans la Nature & la Société; c'eft
& fes
divine. La Religion confacre ces
une lumière
les
encore, en
Devoirs & ces Droits,
aggrandit
c'et
les efprits, en remplit les coeurs; ;
pénêtre même, c'eft fon amour qui échaufle dua
Dieu Divin de la vertu, & les ames valgaires &
feu
Dieu efl T'ordre, Dieu et
les Génies fublimes.
Dieu eft la perla Patrie, Dieu eft lHumanité,
bien. C'elt
fection de FHomme, Dieu eft tout
véritadans fon fein paternel que nous fommes vérivéritablement Concitoyens,
blement égaux,
véritablement Amis. L'évanrablement Frères,
JÉsus-CHRIST
gile n'eft que concorde & union.
DU
N'EST QUE LA DIVINITÉ CONCITOYENNE
GerasHlOxAm.La Catholicité n'eftquel'AffemP'Unité des Frères, fidèles a
blée, la Communauté,
s'élever enfemblei la
la Patrie de la Terre, pour
Patrie des cieux.
Héros de la Liberté,
O Martyrs de la France,
la Charité qui a confacré votre mort pour vos
vous a ouvert le Ciel. PluAmis & vos Frères,
les Thrônes, &
fieurs de vous en occupent déja
hadevez
bientôt. Nos veeux
tous vous
y régner
Nous
tent les jouiffances de votre éternelle gloire. fafommes encore, nous ferons toujours votre
vos Concitoyens, VOS Amis.
mille, vos Frères,
vérité raviffante nous infQu'elle émulation cette
imiter votre dévouement généreux,
pire, pour --- Page 26 ---
(12 )
pour confacrer, a votre exemple, notre vie à la
Fraternité; pour conferver, par notre vertu, la
Liberté acquife par votre fang, & qui fe
droit par notre licence, pour jouir à la mort per- de
de VOS embraffemens érernels, & continuer la
commuication de la France & des Cieux, en
obtenant fans ceffe, du feul arbitre de la deftinée
des Empires, la grace de la liberté qui favorife
la vertu, & la grace de la vertu qui éternife la
Liberté! Ainfi-foit il.
zati