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MÉMOIRE
SUR L'AGRICULTURE. 1 7 8 9- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
Ai MÉMOIRE V SUR L'AGRICULTURE. T LA circon (tance pré sente m'engage à
donner aujourd'hui mon Mémoire sur
l'Agriculture, que j'avois fait imprimer il
y a quinze ant. J'y joins ma Lettre sur les bêtes à laine,
avec la réponse de MM. les Physiciens,
auxquels je l'avois soumise ; j'y joins
également les contestations qu'elle e1fuya
de la part de MM. d'Aubenton , d'Ysonval j & le jugement de MM. les Entre' --- Page 10 ---
( 4 ) preneurs des manufa&ures des principales
villes du royaume. On y verra que je n'ai
pas voulu être juge dans ma propre cause,
& que je n'ai cesse d'être occupé de
l'amélioration des troupeaux & de tout
ce qui pouvoit contribuer à l'avantage de
l'état. Je viens de mettre à même la na.
tion d'être convaincue que l'on peut faire
en France ce que l'qn fait avec succès
dans le pays étranger. J'ai diflribué, le
le plus qu'il m'a été possible , des béliers &
<des brebis dé rate étrangère , & je conti.
nuerai toujours , autant qu'il sera en mon
pouvoir. J'ai cru que c etoit le seul moyen
d'engager & d'encourager mes concitoyéns
-à n élever que de belles especes, à pouvoir
se passer bientôt des laines étrangeres ,
& conséquemment à rétablir le commerce. Je crois qu'il n'est pas inutile de joindre
ici l'extrait des registres de la Société d'Agriculture 3 avec la lettre de M. le Secrétaire de la même Société, & celle de la
commisîlon intermédiaire de Rouen. --- Page 11 ---
( s ) A ; On a beaucoup cent depuis quelque*
années sur les haras ; les personnes qui
en sont chargées y ont sûromcnt donne
tous leurs soins ; cependant , depuis dix
d douze ans, le prix des chevaux a augmente d'un tiers. Tout le monde sait
qu'une denrée quelconque diminue toujours à raison de son abondance ; il en scroit de même des chevaux : s'ils a oient
plus communs, ils seroient moins chers. J'ai rendu compte de mes observations •>
& des expériences que j'ai faites chez mot
avec succès. j'ai tâ-jhé de démontrer, le
plus clairement qu'il m'a été possible , la
cause de l'état de médiocrité dans lequel
i
se trouvent les haras, & les moyens de
les porter a leur perkdion. Si l'en a beaucoup écrit sur les haras v
ou a lait des volunus entiers sur l'agriculture ; mais la plupart des a tireurs économiques n'avoient aucune expérience ; ~ on t-ils beaucoup induit en erreur
ceux qui les ont 1 uivîs, cc dégouté bien.
des cens cm auroient travaille utiiemcnr, --- Page 12 ---
( 6 ) Je dirai plus : plusieurs ont osé avancer
que les fumiers étoient absolument inutiles , & que c etoit à la maniere de labourer que l'on étoit redevable des moiffons abondantes. Ces mêmes écrivains
osent encore assurer qu'avec leurs charrues , pour toutes les espèces de terres,
il n'est question que d'y atteler deux vaches, pour ne pas dire deux bœufs de
médiocre force.
cnr, --- Page 12 ---
( 6 ) Je dirai plus : plusieurs ont osé avancer
que les fumiers étoient absolument inutiles , & que c etoit à la maniere de labourer que l'on étoit redevable des moiffons abondantes. Ces mêmes écrivains
osent encore assurer qu'avec leurs charrues , pour toutes les espèces de terres,
il n'est question que d'y atteler deux vaches, pour ne pas dire deux bœufs de
médiocre force. Les autres assurent qu'il faut bien se
donner de garde de détruire les taupes,
parce qu'elles fertilisent les terres , &
qu'en creusant elles rapportent la bonne
terre sur la surface. Mon intention n'est
pas de combattre une pareille extravagance : il suffit de consulter à ce sujet
les jardiniers & les cultivateurs; mais,
comme je me fuis sérieusement occupé
de tout ce qui pouvoit avoir rapport à
" l'agriculture, je vais exposer mes idées
sur un objet aussi intéressant. Les taupes ne creusent guere qu'horizontalement, à moins que ce ne foit --- Page 13 ---
( 7 ) A 4 pour faire leurs nids & leurs petits ; mais
c'est ordinairement dans un talus de haye,
ou dans un endroit élevé. '
On voit facilement leurs traces, qui
font à un pouce, un pouce & demi, deux
pouces sous terre. En creusant de cette
maniere, sans même vouloir manger les
racines, elles les coupent, en dérangent le
tuyau, & ramenent la mauvaise terre
comme la bonne sur la surface ; par-là
elles constituent les cultivateurs en dépense; car, s'il y en a beaucoup * elles
forment une grande quantité de monticules, que ion nomme vulgairement taupinieresy & que l'on est obligé de detraire
pour pouvoir faucher. Lorsque les prairies font couvertes
d 'eau, ou simplement humides, les taupessc retirent dans les terres labourables
quels dégâts ne font-elles point dans um
ch.imp nouvellement ensemencé? Elles
retournent la terre par où elles passent
& les grains, ou leurs racines, qu'elles
n'ont pas mangés* restent à découvert --- Page 14 ---
( 8 y & sont perdus, s'il vient des gelées. Ceux
qui échappent n'one pas assez de force pour
s empâter , la terre d'ailleurs ne végétant
plus. Ceux qui ont résisté à la premiere
secheresse sont éteints & brûlés par les
grandes chaleurs. Tels font les faits que
tous. les cultivateurs particuliers attefterente IL est. encore d'autres agriculteurs
modernes qui prétendant qu'il faut semer
le bled, Je seigle , l'orge , l'avoine Se
toutes les especes de graine , comme lufernes , sainfoin , &.c. par intervalles ,
a41n que les racines prennent plus de force,
& donnent un tuyau plus gros .& plus
long. Il n'est pas de principes plus faux :
j* vais le démontrer. Lorsque k bbd e1t
semé épais, sans excès, & que tout a bien
levé, -il se soli tient bien mieux, il résiste
à tout, mdme à la chaleur ; la surface étant
bien couverte, il conferve toujours un peu
de fraîcheur au pied : il e£ certain d' ailleurs , que, plus il fait chaude plus. les
rosées loue abondantes.
--- Page 15 ---
( )
pas de principes plus faux :
j* vais le démontrer. Lorsque k bbd e1t
semé épais, sans excès, & que tout a bien
levé, -il se soli tient bien mieux, il résiste
à tout, mdme à la chaleur ; la surface étant
bien couverte, il conferve toujours un peu
de fraîcheur au pied : il e£ certain d' ailleurs , que, plus il fait chaude plus. les
rosées loue abondantes.
--- Page 15 ---
( ) Il en est de même du sainfoin & de la
luzerne, & en général de toutes les plan*
tes, j'en excepte les légumes, & tout-ce
qui est jardinage. Je dirai, plus: ç'est un
vice dans le sainfoin & la luserne, d'avoir
le brin trop gros, en ce que les animaux
ont dç la peine à le broyer, sur-tout dans
l'arriéré - saison. ' ; ^
La luserne & le sainfoin, étant semés
fui vant.ce faux princi pe; efluiem les mêmes
inconvénient que le bled, par rapport à
la. chaleur, .& ont le même avantage dès
qu'ils sont semés épais. Examinez Le$
prairies naturelles : lorsque l'herbe est
clair semee elle eisi brûlée par. le soleil
avant d'arriver à ia maturité : cont
traire l'herbe a bien poussé dans le commencement du printemps qu'elle ait ac.
quis assez de force pour bien couvrir là
sur face de. ka terre, malgré la chaleur, elle
viendra .en maturité, & d'une excellente
qualité : s'il vient de l'eau de temps en
temps j la récolte est complette. Avancer qu'un, terrein découvert --- Page 16 ---
( 10 ) n'est pas plutôt brûlé qu'un qui ne lest
pas, c'est aller contre toute raison & toute
expérience. En Afrique, où il ne pleut presque
jamais per dant l été, les récoltes font
abondantes comme par-tout ailleurs, lorfqu'il ne survient point d'accidens. Les
cultivateurs ont grand foin d'ensemencer
leur terre, & de la bien couvrir le plus
qu'ils peuvent , par les raisons que j'ai
dites ci-dessus. J'ai fait quelque séjour dans
cette partie du monde, je peux donc en
parler avec connoissance de caufc. Simplifions tout : point de fyfiême.
Ossrons au cultivateur des exemples frappans, qu'il puisse voir, concevoir, & exécuter. N 'embarrassons point sa tête d'écrite
qui ne font que l'induire en erreur, & lui
faire perdre du temps en lisant ce qu'il
n'entend pas ; des exemples valent b en
mieux pour le peuple en général, & il cst
un peuple dans tous les états. Etudions la nature; écoutons-la, elle
nous donnera plus que nous lui deman- --- Page 17 ---
( Il )
. * • 1 11 1 dons ; mais croire qu eue nous donnera
toujours, sans rien lui rendre,c'est s'abuser;
& le vouloir persuader aux autres, c'est
les tromper. , J'atteste donc encore que, sans fumier
ou engrais, aucunes terres ne peuvent
produire : il y a , à la vérité, dans le
royaume, des terres si admirables, qu'il
n'est besoin que d'y faire passer quelques
heures les troupeaux de moutons pour les
préparer à recevoir la semence ; mais je ne
parle ici que pour le général , & j'avance que, sans engrais, il n'y a point
de récoltes.
c'est
les tromper. , J'atteste donc encore que, sans fumier
ou engrais, aucunes terres ne peuvent
produire : il y a , à la vérité, dans le
royaume, des terres si admirables, qu'il
n'est besoin que d'y faire passer quelques
heures les troupeaux de moutons pour les
préparer à recevoir la semence ; mais je ne
parle ici que pour le général , & j'avance que, sans engrais, il n'y a point
de récoltes. Si l'agriculture est l'ame d'un état ,
comme on n'en doit pas douter, les chevaux & les bestiaux sont la base de l'agri.
culture : sans eux, elle ne fait que languir;
sans eux, on ne peut rien faire de bien:
il faut donc s'attacher à les multiplier, mais
d'une maniere utile à tous égards ; je
vais en donner les moyens, & la maniere
des les nourrir abondamment & avec
fruit. --- Page 18 ---
( 12 ) . Un, laboureur ou fermier qui tient
bail une cenie de quatre cents livres de
rente annuelle ( je commence par un pe.
tit objet, il sera aise de juger & de se rét
gier en conséquence pour de plus grands) ,
a. ordinairement soixante arpem de terres
labourables, cinq à six arpens de prés
, & une petite pâiiure à bœufs,
yoilà à peu près le terrein dont est compose cette cense il: on ; > ,
Pour 1 'exploiter, ce fermier a: deux
jumens ou deux chevaux , quatre boeufs ,
irois ou quatre vaches une pu deux genisses, un ou deux cochons., & trente
bêtes 4 faines. It laboure & ensemence
vingt arpens m. frled, seigle & jnéteii,
suivant que sa ferre le permet; vingt arpens en orge , avoine, pois
autres vingt arpens se repeint pendant
une année, Comment ce fermier , avec
aussi peu de chevaux & de bestiaux, peutià fumer vingt arpens, & comment peutil nourrir ses chevaux & ses bestiaux avec
aussi peu de fourrages ? Il en résulte qu'il --- Page 19 ---
( 13 ) ,ne recueille qu'une médiocre récolter
& que ses chevaux & ses bestiaux, qui ne
mangent presque que de la paille, sont
maigres dans l'hiver, n'ont pas la force
de se porter , & presque toujours restent
petits. Si > au lieu dé labourer vingt arpens
par sasson, il n'en labouroit que douze;
qu'il prît huit arpens sur chaque saison ,
ce qui fait vingt-quatre; qu'il ensemencât
ces vingt-quatre arpens en prairie naturelle, en sainfoin, luserne, ray-grass, navets , pommes de terre, treffle , &c. enfin ce que la terre pourroit produire, il
recueillerait une grande quantité de fourrage & de nourriture pour l'hiver , jointe
à celle qu'il recueille déjà ; & par - là il
seroit en état d'avoir quatre jumens ou
chevaux, six ou huit bœufs, autant de vaches , plusieurs genisses , le double de cochons & de bêtes à laine. Ses chevaux &
tous ses bestiaux ne mangeraient de paille
que ce qui leur est nécessaire pour leur donner de l'appétit. La paille en France n'ayatit
pas la même qualité qu'en Afrique & en --- Page 20 ---
( 14 ) Espagne, la plus grande partie feroit de la
litiere, & retourneroit en engrais. Tous
ses chevaux & tous ses besiiaux seroient
en bon état l'hiver comme l'été , conséquemment travailleroient mieux, leurs
fumiers seroient bien meilleurs , & tous
ses animaux se conserveroient plus grands.
Il auroit d'ailleurs beaucoup de regains
dans l'automne pour les faire manger à ses
vaches , & se procurer des provisions pour
son hiver.
plus grande partie feroit de la
litiere, & retourneroit en engrais. Tous
ses chevaux & tous ses besiiaux seroient
en bon état l'hiver comme l'été , conséquemment travailleroient mieux, leurs
fumiers seroient bien meilleurs , & tous
ses animaux se conserveroient plus grands.
Il auroit d'ailleurs beaucoup de regains
dans l'automne pour les faire manger à ses
vaches , & se procurer des provisions pour
son hiver. En ne labourant que douze arpens, il
feroit à même de leur donner un labeur
de plus, ce qui rend la terre plus meuble,
& plus susceptible de proàuire; ayant le
double de bestiaux & de chevaux , il fumeroit autant que la terre l'exigeroit. Par
cette manutention , j'affure que les douze
arpens rapporteroient plus que trente mal
cultivés. Je l'atteste, parce que j'en ai
l'expérience : delà beaucoup plus de
bled & de grains en tout genre ; beaucoup
plus de befliaux & de chevaux, & main!
de labours. Par ce moyen, ensin, les --- Page 21 ---
( 15 ) fermiers & les cultivateurs se trouveraient
bientôt en état d'avoir au moins une année devant eux. La plupart des écrivains économises
ont imaginé d'ailleurs, qu'en augmentant
le prix du bled , on alloit encourager les
fermiers à défricher, & qu'il en résulteroit un grand avantage ; je ne dissimulerai
pas qu'ils se font trompés, & qu'ils ont
causé bien des maux. Sans défricher un
pouce de terre, erl cultivant celle qui est
en valeur, on fera des merveilles ; mais
en défrichant, & en ne s'attachant point
à multiplier les chevaux & les bestiaux ,
comme je viens de le dire, c'est bâtir, sur
le sable ; car ces terres, nouvellement
défrichées, ne peuvent qu'être à charge
avec le temps, si on n'a pas de quoi les
fumer & les labourer. Un cultivateur sage
& habile ne défriche qu'à mesure qu'il
peut avoir des bestiaux & du fourrage
pour les bien nourrir. C'est donc à la ma-
. niere de cultiver que l'on est redevable des
récoltes abondantes, & non à la grande --- Page 22 ---
(i6 ) quantité d'arpsns. Il ne faut d'ailleurs jamais compter4 sur les fermiers pour le
défrichement & pour l 'augmentation des
bestiaux, à moins qu ils n "y soient autorises & aidés ; la crainte que leurs voisins
ne les jalousent, & ne leur fassent augmenter leurs censes , fait qu'ils aiment
mieux amasser & cacher leur argent que
de rien entreprendre. Ce sont des faits
avérés; & les fermiers, qui ont le plus
gagné par la cherté du bled , l'ont prouvé. Le vrai moyen d'amener les fermiers,
& même les propriétaires, au but que l'on
se propose , est qu'ils y trouvent un avantage réel ; & je vais le démontrer. Tous
les propriétaires exigeront par bail , de
leurs fermiers, de suivre cette méthode;
quand , d'un autre côté , les fermiers seront assurés de trouver à leur proximité
des chevaux & des bestiaux à bas prix,
& c'est ce qui sera très-aisé à faire., comme
je le dirai ci-après; tous concourront au
bien général par cette méthode de cultiver; le bled augmentera en quantité,
Rr
'ils y trouvent un avantage réel ; & je vais le démontrer. Tous
les propriétaires exigeront par bail , de
leurs fermiers, de suivre cette méthode;
quand , d'un autre côté , les fermiers seront assurés de trouver à leur proximité
des chevaux & des bestiaux à bas prix,
& c'est ce qui sera très-aisé à faire., comme
je le dirai ci-après; tous concourront au
bien général par cette méthode de cultiver; le bled augmentera en quantité,
Rr --- Page 23 ---
( 17 ) B & non de prix. Comme les moissons feront presque toujours abondantes, à moins
qu'il ne survienne des temps absolument
contraires, il sera facile de permettre ou
de défendre l'exportation; & conféquemment, de maintenir le prix du bled au
même taux : par-là, les propriétaires seront toujours sûrs d'être bien payés, leurs
fermiers ayant d'ailleurs un gros mobilier ; & ces mêmes fermiers se trouveront
eux-mêmes dans l'aisance, payeront &
nourriront bien leurs domestiques ; ils
élèveront beaucoup de volailles, ce qui
marque toujours l'abondance, & est d'un
grand secours pour la douceur de la vie,
ce qu'ils ne peuvent faire lorsque le bled
est hors de prix, comme on l'a vu ces
dernieres années. L'ouvrier, comme le
manœuvre, mangera le pain à un prix
égal. Tout le monde fera travailler. Le
commerce fleurira, car il tombe toujours
dans les temps de calamités ; & les maÍheureux ne trouvent presque nulle part d'ouvrages dans ce temps fâcheux. --- Page 24 ---
( i8 ) C'est donc la grande quantité de toutes
especes de bled qui apporte l'abondance
en tout genre , & non l'augmentation du
prix. Quant aux prairies naturelles (les artificielles exigent les mêmes opérations que
lorsqu'on seme de l'orge & du treffle; au
lieu du tréfilé , c'est du sainfoin , ou de la
luserne ) 3 je vais indiquer la maniéré de
les former & de les conduire. Voici ce
qui m'a le mieux réussi: j'ai donné à ma
terre plusieurs labours en tous sens , je l'ai
fumée & hersée, & j'ai uni le terrein, le
plus qu'il a été possible ; lorsque j'ai eu de
la graine de foin, je l'ai femée par un temps
humide; tous les mois de l'année sont bons
lorsqu'il pleut, hors novembre, décembre,
janvier & fevrier. Dès la premiere année j'ai joui , c'est-à-dire, que j'ai pu
faire faucher, ou faire manger ; mais il
vaut mieux faucher la premiere année, &
bien laisser mûrir l'herbe , afin' que la
prairie se reseme d'elle-même, si elle en
a besoin : alors vous avez encore des re-
, je l'ai femée par un temps
humide; tous les mois de l'année sont bons
lorsqu'il pleut, hors novembre, décembre,
janvier & fevrier. Dès la premiere année j'ai joui , c'est-à-dire, que j'ai pu
faire faucher, ou faire manger ; mais il
vaut mieux faucher la premiere année, &
bien laisser mûrir l'herbe , afin' que la
prairie se reseme d'elle-même, si elle en
a besoin : alors vous avez encore des re- --- Page 25 ---
( 19 ) À3 % gains , que vous faites manger si l'automne
n'est: pas trop humide, parce qu'en paissant,
les animaux que vous y auriez mi., pourvoient arracher l'herbe, les racines n'étant
pas encore bien fortes. Lorsque je n'ai pas
eu de graine de foin , j'ai toujours préparé
ma terre comme ie viens de le dire, & j'ai
femé de l'orge ou de l'avoine & du trefïls.
La récolte d'orge ou d'avoine m'a rem-
.boursé de mes frais La récolte faite, j'ai
fait manger le tréfilé; l'année d'après , je
l'ai fait manger par des best aux également ,
mais j'ai observé qu'il ne fût pas bien grand,
N parce qu'ordinairement, lorsqu'il est grand,
les animaux qui le mangent avec voracité
se glonflent, enflent & meurent; h la vérité, dès qu'on s'en apperçoit, le remede
est prompt : des feuilles de choux , que
vous faites manger à l'animal, ledévoyent
& le guérissent sur le champ. J'ai aussi fait
couper des treffijs ; mais je ne fais pas
grand cas de ce fourrage, sur-tout en
sec , en ce que, non - seulement il est
très-difficile à recueillir dans les années plti --- Page 26 ---
( Io ) vieuses, mais encore parce qu'il échauffe
les bestiaux au point de leur faire pilTer le
fang. Comme il ne dure que deux ans, en
mettant des bestiaux pour le manger,
l'herbe prend le dessus, & la prairie se
trouve formée. Je dois , à ce sujet, faire connoître le
danger de s'en rapporter à des cultivateurs
sans expérience. Un gentilhomme de
Normandie m'assura, il y a quelques années, que la vraie maniéré de faire des pâtures, étoit de préparer la terre à-peu-près
comme je viens de l'indiquer ; mais de n'y
rien semer, que cette terre s'herboit d'ellemême , & qu'alors il n'y croissoit que
de l'herbe excellente. J'eus la simplicité
de le croire, & > sur sa parole, de l'indiquer
aux autres ; mais, dès que j'eus opéré » je
vis clairement que j'étois trompé , ma pâture fut au moins deux ans à s'herber, encore me fallut-il femer beaucoup de graine
de foin dans des temps de pluies; mais,
comme la terre n'étoit plus nouvellement
labourée, la graine eut bien de la peine à
de l'herbe excellente. J'eus la simplicité
de le croire, & > sur sa parole, de l'indiquer
aux autres ; mais, dès que j'eus opéré » je
vis clairement que j'étois trompé , ma pâture fut au moins deux ans à s'herber, encore me fallut-il femer beaucoup de graine
de foin dans des temps de pluies; mais,
comme la terre n'étoit plus nouvellement
labourée, la graine eut bien de la peine à --- Page 27 ---
( 1.1 ) B 3 prendre & à s'empater ; on ne fait donc
rien avec rien, c'esi ce que j'assure, & tout
homme sensé sera de mon avis. Je reviens à la maniere de conduire les
prairies & pâtures : il faut fumer les premières tous les cinq ans, parce que tous
les ans on les fauche; on en tire la subs.
tance; les pâtures étant mangées par les
bestiaux n'ont pas besoin d'être si souvent
fumées, parce que les animaux rengraissent
la terre par leur fiente ; cependant, s'il
y a des endroits qui poussent moins, il
faut y parquer des bêtes à laine ,, & l'année
d'après les recouvrir de terreau ; alors en
voilà pour long-temps. Ce terreau se forme
de la maniere suivante : vous transportez
vos fumiers le plus à portée de vos prairies
& de vos pâtures, même dans vos pâtures
& dans l'endroit le plus élevé, asin d'avoir
ensuite moins de peine à les couvrir. D'abord vous étendez votre fumier de l'épaisfeur de six pouces, & de douze pieds de
large ; vous recouvrez ces six pouces de
fumier de six pouces de terre ; une seconde --- Page 28 ---
( 11 Y couche de fumier de la même épaisseur;
une séconde couche de terre, pareille à
la première; quant à la longueur, c'est la.
quantité de fumier & de terre que vous
avez qui vous règle. Vous laissez cette
berge, ou amas de fumier & de terre un an
sans y. toucher ; il feroit mieux de le re-<
muer quelque temps avant de le répanlre
sur vos prairies & pâtures ; mais souvent
on n'en a. pas le tcmps, & alors comme
alors. Si vous n'avez point de terre à mêler
avec votre fumier, laissez-le bien consu^
mer avant d'en couvrir vos pâtures &
prairies. Le fumier qui ne l'efl: pas, n'y fait
pas grand bien; & celui qui est absolument
nouveau , c'est-à-dire, quand la paille n'eG:
pas encore consumée, est plutôt nuisible,
parce qu'il ne pénétré point dans la terre,
qu'il donne mauvais goût à l'herbe &
au foin, lX dégoûte les animaux. Il faut
avoir bien attention de détruire les taupinières des prairies comme des pâtures.,
parce que non - seulement elles empê- --- Page 29 ---
( 23 )
• n « 1 •_ - 15 4 cheroient de faucher, comme je i ai ClIC
plus haut, mais encore parce que les fourmis qu'elles renferment , infeaeroient
l'herbe. On fait à ces monticules l'opération cruciale avec une pelle; vous levez
chaque levre de gazon sans le détacher
tout-à-fait ; alors vous ôtez les fouimis, Se
la terre dans laquelle elles sont, puis vous
rabattez vos levres de gazon, vous marchez dessus > & il ne paroît pas qu'il y ait
eu la plus petite élévation; cela se fait à
la fin de mars ou dans les premiers jours
d'avril, par un temps humide; alors on a
plus de facilité.
'opération cruciale avec une pelle; vous levez
chaque levre de gazon sans le détacher
tout-à-fait ; alors vous ôtez les fouimis, Se
la terre dans laquelle elles sont, puis vous
rabattez vos levres de gazon, vous marchez dessus > & il ne paroît pas qu'il y ait
eu la plus petite élévation; cela se fait à
la fin de mars ou dans les premiers jours
d'avril, par un temps humide; alors on a
plus de facilité. Je pourrois faire un autre détail sur la
maniere de herser les prairies avec des
herses d'épines :J lorsque dans le printemps
les vers commencent à sortir de terre: cela
fait, on y passera le cylindre ; mais il
n'y a que les cultivateurs riches :J & qui
en ont le loisir, qui peuvent le pratiquer
Le plus grand avantage est ce que je viens
de dire, & d'unir le terrein le plus qu'il
est possible , afin que L'eau ne puisse point --- Page 30 ---
( 14 ) séjourner plus dans un endroit que dani
l'autre ; ce qui seroit très-nuisible, en ce
que la grande humidité fait croître de mauvasses herbes très-préjudiciables , sur-tout
aux bêtes à laine. Il n'efl: question que de
tirer des nieaux, & faire des fossés, s'il y
a moyen ; & si vous en avez les facilités,
vous remplissez ces petits foiTés de cailloutages, ou de trois morceaux de bois
d'aune, que vous liez ensemble dans trois
endroits, & vous y en ajoutez d'autres, c'està-dire, dans toute la longueur des fosses;
alors vous les recouvrez de terre, vous
lémez également de1sus, ce qui fait que
vous ne perdez point de superficie; on fait
aboutir ces fossés à un plus grand dans les
fonds, qui vous fait souvent un foiré de
clôture : rien n'en: plus aisé à exécuter. Je viens à la maniere de procurer des
chevaux & des bestiaux à bas prix : c'est
de former des établissemens dans les provinces où il y a des domaines du roi; de
les donner, comme je l'ai annoncé dans
mes observations sur les haras, de pro- --- Page 31 ---
( 1) ) vince en province; par-là le royaume
seroit bientôt peuplé & bien cultivé. Je
me suis fait fort d'en donner un exemple
frappant : si le gouvernement veut me
confier un de ces domaines, & s'il veut
m'aider d'ailleurs , je lui donnerai les
moyens de le faire, sans qu'il soit à charge
ni au roi ni à l'état; ils lui seront, au
contraire, très-avantageux. J'cse répondre
du sliccès. Je n'entreprendrai point de dépnir les
différentes maladies auxquels leà chevaux & les bestiaux sont sujets, & encore
moins d'indiquer des remedes. L'Ecole
Vétérinaire , qui travaille à cet objet si
important, avec le plus grand soin & le
plus grand zèle, en rendra compte, &
indiquera les remedes nécessaires, C'est à
elle à qui l'on doit s'adresser & s'en rapporter , ou à ceux qui en ont fait une
étude particuliere , & non à des écrivains
sans expérience, qui ramassent des remedes
de bonnes femmes ou de bergers igno-
jets, & encore
moins d'indiquer des remedes. L'Ecole
Vétérinaire , qui travaille à cet objet si
important, avec le plus grand soin & le
plus grand zèle, en rendra compte, &
indiquera les remedes nécessaires, C'est à
elle à qui l'on doit s'adresser & s'en rapporter , ou à ceux qui en ont fait une
étude particuliere , & non à des écrivains
sans expérience, qui ramassent des remedes
de bonnes femmes ou de bergers igno- --- Page 32 ---
( 26 ) rans, absolument dépourvus de tout sens
commun. Je représenterai seulement au ministre
que la plupart des maladies de ces animaux,
même épidémiques , viennent de mauvasses nourritures, qui, jointes à la malpropreté avec laquelle ils sont tenus, les
infeâent, les consument, & finirent par
les faire périr ; par ma méthode de cultiver
3c de les gouverner, ils ne tombent point
dans ces inconvéniens. Je ne veux pas
due par-la que l'on n'essuiera jamais de
pertes : il efl des cas où route la prudence,
tous les soins, & toute la science ppssible
ne peuvent apporter aucuns remedes ;
mais il esi des précautions à prendre
contre les maladies contagieuses ; en parfumant les écuries, les étables & les bergeries avec des herbes aromatiques, en y
joignant du vinaigre, s'il est possible, &
en ne faisant point communiquer ces animaux avec ceux qui en sont attaqués, on
est presque sur de n'en point perdre: j'af- --- Page 33 ---
(27) sure donc que la grande propreté contribue
autant à la sante que les bonnes nourritures. Quant aux bergeries, je ne crois pas
qu'il y en ait de meilleures que celles où
l'air passe continuellement, & que l'on
nétoie tous les jours. Les anglais, qui
ne craignent point les loups , laissent coucher dehors leurs troupeaux toute l'année;
mais comme ils en perdaient dans l'hiver
des quantités prodigieuses par les neiges,
les frimats & les pluiees continuelles, ils ►
ont fait conslruire des hangards, où ces
animaux vont se mettre à l'abri & où
même on leur donne à manger ; il en refulte un double avantage, parce que non-
.seulement ils conservent sains leurs troupeaux , mais encore parce que la laine en
est meilleure ; je vais le démontrer. Toute bête à laine qui est transpercée ,, c'est-à-dire mouillée jusqu'à la
peau, & qui n'a point d'abri, ne peut
plus seséçher dès que les pluies continuent;
alors elle tombe en pourriture ; & quelques remèdes que l'on puilîe ;y appor- --- Page 34 ---
( 28 ) ter, rien ne peut !a lauver, elle meurt.
Au contraire, dès que cet animal a la
liberté de se mettre à couvert, il n'est
jamais transpercé; il sort & rentre quand
cela lui plaît, c'est la nature même; parlà il conserve sa chaleur naturelle , qui
fait pousser le suint depuis sa naissance
jusqu'à 1' extrêmité, & qui empêche conféquemment que le bout de la laine ne
devienne dur comme du poil de chien,
qui ne prendroit alors que médiocrement
la teinture ; ce sont des faits inconstestables.
Comme il y a des loups en France, au lieu
d'y construire des hangards , les bergeries
y conviendroient mieux, parce qu'elles
causeront moins de dépense au cultivateur , qui sera dispensé de faire coucher
dehors des bergers > & d'avoir des chiens
assez forts pour en éloigner les loups.
de la laine ne
devienne dur comme du poil de chien,
qui ne prendroit alors que médiocrement
la teinture ; ce sont des faits inconstestables.
Comme il y a des loups en France, au lieu
d'y construire des hangards , les bergeries
y conviendroient mieux, parce qu'elles
causeront moins de dépense au cultivateur , qui sera dispensé de faire coucher
dehors des bergers > & d'avoir des chiens
assez forts pour en éloigner les loups. Je ne prescrirai point la grandeur des
bergeries s cela dépend des troupeaux plus
ou moins nombreux, mais autant que faire
se pourra, il faut tâcher que le troupeau
y soit à l'aise, & qu'il y ait le plus d'ou- --- Page 35 ---
( 10 ) vertures possïble, asin que l'air y joue
continuellement, comme je l'ai dit plus
haut, & observer que ces ouvertures ou
fenêtres soient assez hautes pour que les
loups n'y puissent pas fauter. Alors le cultivateur fera tranquille dans tous les
points. LETTRE DE M. DE LORMOY. Paris, ce 8 Juillet 178S. ON ne peut donner trop d'éloge au zèle
patriotique de M. Quatremere d'Isjonval,
& aux vues utiles qui ont guidé ses expériences sur les bêtes à laine & sur l'amélioration des prairies : avec de tels sentimens, je me persuade qu'il verra sans peine
imprimées dans voire journal quelques réflexions sur les deux mémoires qu 'il y
a fait insérer. - La premiere qui se présente esl que
ses expériences n'ont pas encore eu la
durée, nécessaire pour conjlaler les faits --- Page 36 ---
( ) qu 'i met en avant, & qu'il croit avoir
établis. Le but de M. Quatremere. d' Isjonval étant
d' éclairer ses concitoyens, il auroit été à deJirer qu'il 12' eût rien manqué à ses épreuves;
& je ne puis dissimuler qu elles ne Jont pas
assez complettts pour pouvoir statuer sur LUT s
réjultats. Les expériences de ce genre exigent
d'autres précautions, & une juite beaucoup
plus longue. M. Quatremere d'Isjonval a fait venir,
en décembre 1781, des moutons du Berry,
qui avoient eu une mauvaise nourriture,
& en petite quantité. Ce troupeau a é:é
établi dans un clos près Paris il a été
nourri abondamment avec du foin & de la
la paille, couché à la vériré sans toit,
mais renfermé dans un petit espace le
long d'un mur, à l'abri des vents du nord
8c nord-ouest, & entouré de palissades. En 1783 & en 1784, M. d'Isjonval a
répété la même l'expérience qui, à la bien
apprécier, ne consiste qu'à acheter des --- Page 37 ---
(31 ) - moutons maigres pour les engraisser &
les vendre ensuite au marché de Sceaux.
Ce procédé riefl pas nouveau ; la plupart
des fermiers, qui n'ont pas un local propre à y faire des éleves , le pratiquent également. Il n'est pas nouveau non plus, de
faire coucher les bêtes à laine à l'air- toute
l'année ; tout le inonde fait que les. anglois font coucher la plupart de leurs
troupeaux dehors ; & il y a trente années
que j 'en ai aussi fait l'essai.
au marché de Sceaux.
Ce procédé riefl pas nouveau ; la plupart
des fermiers, qui n'ont pas un local propre à y faire des éleves , le pratiquent également. Il n'est pas nouveau non plus, de
faire coucher les bêtes à laine à l'air- toute
l'année ; tout le inonde fait que les. anglois font coucher la plupart de leurs
troupeaux dehors ; & il y a trente années
que j 'en ai aussi fait l'essai. Il auroit fallu , pour donner à l'expérience de M. d'Isjoiival toute l'utilité désirable, prendre un troupeau de jeunes
moutons , le garder au moins quatre années , satis trop le pousfer de nourriture
ou biin si procurer un troupeau de brebis
avec 'des beliers en suffisante quantité, le
garder six à sept ans ^ ne tirer race que de
beau en, beau , en suivre. les productions.
Voilà les vrais moyens d* améliorer l'espece
ct les laines, ou de connaître les raisons
. qui s'y opposent ; parce que , dans cet espace de temps , s'il survient des révolu- --- Page 38 ---
( 32 ) lions , on esl à portée d'en étudier les eau
ses & les effets. L'expérience m'a appris que les laines
-des troupeaux exposés au sroid & aux intempéries de C air font dures S, siches , parce
que les pluies continues & les frimats
empéchoient le suint de monter; ct dans le
fait celles du troupeau que j'ai vu dans le
clos de M. Qllatremere dIsjonval, qu'il
qualifie de surpersine , dans son mémoire
lu à l'Académie des Sciences, le 26
avril dernier ,n' esl rien moins que telle qu il
l'annonce, puisqu'elle efl dure & seche j ct
sans aucune apparence de suint. C'est aussi d'après mon expérience que
j'ai soutenu , dans ma lettre sur les bêtes à
laine, ct dans mon mémoire sur l'agriculture ,
imprimé en 1774, ct réimprimé en 1779,
que le moyen d'obtenir des laines superfines esl de laisser les troupeaux à C air,
mais en liberté, avec des abris de distances en distances, où ces animaux peuvent s'aller refugier quand il leur plaît,
en observant de nettoyer tous les jours
ses --- Page 39 ---
( 33 ) - c ces abris, la propreté étant essentielle à k
fanté de toutes especes d'animaux. Je suis néanmoins forcé de convenir
que cette méthode ne peut être mise en.
pratique que par des cultivateurs riches,
ct que le défaut d'aisance empêchera toitjours les fermiers ( cette classe d'hommes
si utile ) de. la suivre. En efsit, qui donnera à ces cultivateurs indigens les moyens
de sormer de vasles enceintes pour y laisser
leurs troupeaux en liberté pendant ' la nuit
ou de faire de grands établissemens dane
le [quels on fait coucher des bergers ct des:
chiens asin d'en écarter les loups? Mais à l'égard de cette clase de citoyens
indigens qui n'a pas les facultés nécessaires
pour former de grands établissemens, j'ai
indiqué dans mon mémoire un autre moyen
plus à leur portée , c'est de conflruire des
bergeries plus vasles que celles d'usage ordinaire , & percées de beaucoup d'ouvertures ,
afin que l'air puisse y entrer, ct circuler
de maniéré que le. troupeau en éprouve les,
avantages sans être expojé aux incommo-
ard de cette clase de citoyens
indigens qui n'a pas les facultés nécessaires
pour former de grands établissemens, j'ai
indiqué dans mon mémoire un autre moyen
plus à leur portée , c'est de conflruire des
bergeries plus vasles que celles d'usage ordinaire , & percées de beaucoup d'ouvertures ,
afin que l'air puisse y entrer, ct circuler
de maniéré que le. troupeau en éprouve les,
avantages sans être expojé aux incommo- --- Page 40 ---
( 34 ) dites réfultanles des intempéries , qui lui
seroient nuijibles. J'objerve néanmoins que
ccs ouvertures doivent être à une hauteur
qui les rendent inaccessibles aux loups.
Il parou que M. d'Isjonval a oublié Ce
. chapitre Ji important : auJ1i plusîeurs personnes ont lu avec la plus grande surprisè
l'assertion contenue dans le mémoire de
M.d'Isjonval, que, d'aptes ses expériences,
on sentiroit l'inutilité des bergeries, tÍ'
que dans cent ans il iiy en auroit plus
en France ; il -falloit donc qu'il donnât les
moyens de détruire totalement les loups,
ct d'empêcher pour jamais ceux des pays
étrangers d'y entrer. Quant à la gale opiniâtre dont M. Quatremere cTIsjonval annonce que son troupeau etoit attaqué, il a vraisemblablement
été induit en erreur. Tout indique que
ce n'étoit qu'une maladie de peau x causée
par la misere, puisqu'elle a été guérie par
des friaions avec de l'huile & du tartre; au
lieu que si c'eût été une gale farcineuse , ou
provenant d'un vice dans le sang, non- --- Page 41 ---
( 31 ) C 2 feulement ce pansement ne l'auroit pas
guérie, mais ks froids & intempéries,
en interceptant la transpiration de ces
animaux, les auroient tous fait périr.
On soumet cette observation à MM. les
physiciens. La découverte de M. Quatremere d'Ise
jonval ssir l'amélioration des prairies ri a
encore rien de nouveau. Ce procédé e/l
annoncé dans mon mémoire sur l'agriculture ,
ct pratiqué depuis long-temps par les meilleurs cultivateurs. \ On sait généralement qu'il n'y a point
d'engrais plus parfait que celui des bêtes
à laine, même sur les hauteurs, quand
le sol n'en est pas trop sec. Il faut seulement observer de ne jamais
faire parquer les prairies & les pâtttres
dans le printemps , parce que le goût
que l'herbe auroit coniervé empêcheroit
les autres bestiaux & les chevaux , &
même les brebis . de la manger. Il ne faut
faire parquer qu'en automne, parce que
les pluies , les neiges & la longueur de --- Page 42 ---
( 36 ) l'hiver en emporrent l'odeur, & que d'ailleurs la jorcd du soleil du printemps &
• de l'été en évayore les feb que les neiges ,
les pluies de 1 hiver jont penètrer en terre. J'eipere que ces réflexions ne déplairont
point à M. d'Isjonval, qui reconnoîtra
sans doute qu'animé du même esprit qui
a diété ses mémoires, je ne cherche
qu'à donner plus d'étendue 8C plus d'utilité
à sés expériences, en y ajoutant le fruit
des miennes, & des connoissances que
j'ai acquises par trente années de travail.
iges ,
les pluies de 1 hiver jont penètrer en terre. J'eipere que ces réflexions ne déplairont
point à M. d'Isjonval, qui reconnoîtra
sans doute qu'animé du même esprit qui
a diété ses mémoires, je ne cherche
qu'à donner plus d'étendue 8C plus d'utilité
à sés expériences, en y ajoutant le fruit
des miennes, & des connoissances que
j'ai acquises par trente années de travail. L o R M o Y. .P. S. Je viens de lire, dans le journal
de Paris, du jeudi 7 de ce mois , une réponte de M. Quatremere d Isjonval, dans
laquelle il propose de faire décider , par
six manufacturiers occupés, dans 1es différentes parties du royaume, à fabriquer des
laines sélon la méthode de M d'Aubenton,
si eUes; se .trouveront manquer de finesse ,
de souplesse , d'élasticité ct de solidité i
comme je l'ai avancé en propres termes. --- Page 43 ---
( 37 ) C 3 Je suis bien éloigné de récuser le témoignage de ces six manufacturiers : mais je
crois être en droit de demander, à mon
tour, qu'un plus grand nombre encore,
pour ne pas dire même le corps entier des
manufacturiers, prononce sur cette question, qui merite l'examen le plus attentif ;
car il n en est guere qui foit plus intéressante
pour la richesse & la prospérité de l'état.
Il seroit encore également important d'avoir
la décision des manufacturiers anglois, qui
emploient , seulement pour leur draps
superfins, ainsi que les Hollandois , des
laines d'Espagne, susceptibles de prendre
tous les apprêts, quoiqu'avec beaucoup
de suint. Enfin, on devroit avoir le sentiment des teinturiers, lequel ne doit pas
être indifférent, puisque les belles teinteintures , comme celles des Gobelins, ne
se font qu'avec des laines d'Espagne. Voici la copie d'une lettre écrite par
un manufacturier à M. de Lormoy : elle
peut déjà jetter quelque lumiere sur la
dispute qui s'en. élevée, concernant les bêtes --- Page 44 ---
( 38 ) à laine, entre ce dernier & les partisans de
M. d'Aubemon. Monsieur, je viens d'obtenir à l'instant
un peu de laine provenant du troupeau
de M. d'Aubenton. Dans l'incertitude où'
je suis si vous en avez vu, je m'empresse
de vous en faire passer un échantillon.
Cette laine me paroît assez fine , mais
elle n'a pas assez de corps > & je doute
qu'elle puisse soutenir les opérations multipliées que nous faisons subir aux lames
d'Espagne, qui, avec autant & plus de
finesse, ont plus de nerf & sont plus
longues. Cependant si M. d'Aubenton parvient à élever des troupeaux qui donnent
de pareilles laines , le gouvernement lui
faura toujours gré, parce que si ces laines
ne peuvent servir à nos manufactures, elles
serviront du moins à faire dts étoffes dans le
genre de celles de Reims, pour lesquelles
il n'est pas besoin d'une laine qui ait beaucoup de corps, & ne demandent que de la
finetTe.
, ont plus de nerf & sont plus
longues. Cependant si M. d'Aubenton parvient à élever des troupeaux qui donnent
de pareilles laines , le gouvernement lui
faura toujours gré, parce que si ces laines
ne peuvent servir à nos manufactures, elles
serviront du moins à faire dts étoffes dans le
genre de celles de Reims, pour lesquelles
il n'est pas besoin d'une laine qui ait beaucoup de corps, & ne demandent que de la
finetTe. Sur les échantillons que j'ai vus de --- Page 45 ---
( 39 ) G 4 votre bine, elle me paroît plus forte que
cell< de M. d'Aubenton. Je de1Îre que
la longueur & la finesse s'y trouvent réunies, & sut-tout qu'elles portent un peu
de suint. Avec ces qualités nous serons
surs de réussir parfaitement. Je vous avoue
que le temps qui va se passer jusqu'à ce
que ce que vos laines me parviennent
me semblera bien long. Je délire bien Gncérement que les essais que nous ferons
tournent entièrement à votre avantage,.
Sans faire autant de bruit que M. d'Auben ton, , je me flatte que nous aurons ua
succes plus certain. Tout ce qui concerne l'économie rurale
est aujourd'hui d'un intérêt si générai que
nous croyons nous rendre aux vœux de
tous nos loueurs, en leur faisant connoîtrc
ce qui peut y erre relatif. C'est ce qui nous
engage à donner un supplément pour
publier divers morceaux sur les bêtes à
laine, objet des plus importans pour l'état :
ils nous ont été adressés par M. de Lormoy» --- Page 46 ---
( 40 )
Lettre sur les bêtes à laine. Vous avez sans doute été aussi surpris
que je l'ai été moi-même d'une assertion
insérée dans le mémoire de M. d'Aubenton , lu à la rentrée de l'académie royale
des Sciences, le 21 avril 1784. « Les bêtes à laine étrangères ne sont
» pas nécessaires pour multiplier en France
» les lainesfuperfines & les laines longues ;
33 des beliers choisis dans le Roussillon &
» dans la Fldndre en produiront bientôt, si
» nous prenons de l'émulation , comme
» les Anglois, pour faire valoir nos trou-
» peaux, & si le gouvernement la favo1; rise ". Ce peu de mots contient plusieurs erreurs
dont les suites pourroient être dangereuses,
si on ne se hâtoit de détromper les cultivateurs; & il esi même inconcevable que
M. d'Aubenron ait pu se permettre de
hasarder de telles assertions, après avoir
tenu un langage tout opposé dans un autre --- Page 47 ---
(40 de (es ouvrages ( Education pour les bergers ) , où il dit : « on ne pourra de longv temps acquérir la perfe&ion des especes
» de bêtes à laine , à moins que de s'en
» procurer des races des pays étrangers ;
1) cela deviendroit coûteux, à la vérité,
» mais on regagneroit bien cette dé-
» pense par les avantages que l'on en retire-
» roit ».
tenu un langage tout opposé dans un autre --- Page 47 ---
(40 de (es ouvrages ( Education pour les bergers ) , où il dit : « on ne pourra de longv temps acquérir la perfe&ion des especes
» de bêtes à laine , à moins que de s'en
» procurer des races des pays étrangers ;
1) cela deviendroit coûteux, à la vérité,
» mais on regagneroit bien cette dé-
» pense par les avantages que l'on en retire-
» roit ». Il est difficile de comprendre quel motif
a pu opérer un changement si lubie dans
les principes de M. d'Aubenton , sur-tout
après que les expériences faites sur les laines
des brebis d'Eipagne ont eu , de san aveu
même, le succès le plus complet & le mieux
soutenu. Je me crois donc fondé à persister
dans le premier sentiment de M. d'Aubenton , sur l'utilité & même la nécessité de
l'introduction en France des bêtes à laine
des pays étrangers. Tout ce que j'ai vu
chez moi, & dans les différens voyages que
j'ai faits 5 me confirme cette vérité, que
trente années d'expérience m'autorisent
& me mettent en état de sou tenir & de
défendre. --- Page 48 ---
( 4* ) Les Anglois, dont cet académicien nous
cite l'exemple, ont si bien reconnu la
niceflité d'introduire chez eux des bêtes à
laine des pays étrangers, pour changer &
améliorer les productions de leur pays ,
qu'ils ont commencé par se procurer trois
mille bêtes à laine d'Espagne; avec lesquelles ils formèrent des établissemens. Il fut
même défendu pendant sept ans, par un
bill du parlement, d'envoyer aucune de
leurs productions à la boucherie. S'ils
avoient su ce qu'ils ont éprouvé depuis,
ils auroient permis d'y envoyer les mâles,.
& n'en auroient gardé les productions qu'au
bout de sept ans ; mais ils réparèrent bientôt cette faute. Il est démontré qu'en ne
gardant les mâles qu'après plusieurs générations, on parvient à remonter les races ;
au lieu qu'en s'en servant dès la premiere année, on les fait retomber dans la médiocrité; ainsi, lorsqu'un belier de pure race
aura couvert 15 à 20 brebis du pays , il
faudra couper tous les mâles qui' en viendront, garder seulement les femelles & les --- Page 49 ---
( 43 ) faire couvrir par un belier de pure race :
en suivant ce procédé exaaement" on est
sur de bien faire. Les Anglois ne s'en tinrent pas là : ils
firent venir d'Afrique, d'Ane & de tous les .
pays , des bêtes à laine de la plus belle
espece; c'esi par des dépenses, par des expériences réitérées, & par un suite de soins,
qu'ils necessent d'avoir encore aujourd'hui,
qu'ils se sont formé ces races si utiles à
leur commerce. Les Anglois ont pensé , & se sont convaincus , par une suite d'expériences, qu'ils
ne pouvoient avoir rien de trop beau &
de trop bon pour exécuter leurs projets :
aussi n'ont-ils rien négligé pour y parvenir,
sachant que des établissemens bien fondés
& bien dirigés valoienc mieux que tous
les écrits du monde. En effet, pourquoi
les bêtes à laine d'Espagne & de Maroc ne
dégénèrent - elles point chez eux ? c'est
parce qu'on a soin qu'elles ne se mésallient
jamais. A plus forte raison devons- nous
chercher à nous procurer ces belles races
cuter leurs projets :
aussi n'ont-ils rien négligé pour y parvenir,
sachant que des établissemens bien fondés
& bien dirigés valoienc mieux que tous
les écrits du monde. En effet, pourquoi
les bêtes à laine d'Espagne & de Maroc ne
dégénèrent - elles point chez eux ? c'est
parce qu'on a soin qu'elles ne se mésallient
jamais. A plus forte raison devons- nous
chercher à nous procurer ces belles races --- Page 50 ---
( 44 ) & a les conserver pures dès que nous en
aurons. Comment donc peut-on prétendre
qu'avec des especes très-médiocres, en
çomparaison de celles que je viens de
, citer, on pourroit avoir des productions trèsparfaites ? Il faut convenir que les Espagnols, ainsi que les Anglois, seroienc bien
ridicules de défendre la sortie de leurs bêtes
à laine, si dès la premiere année., avec des
bêtes communes, on pouvoit les égaler. Les Anglois calculent, n'en doutez pas & ils approfondissent touc : ils ont de vraies
raisons pour défendre, sous peine de la
vie, la sortie de leurs bêtes à laine; & ces
raisons font fondées sur l'expérience des
avantages qu'ils ont trouvés dans l'éducation des bêtes à laine, qu'ils ont su se procurer des pays étrangers. Les précautions
qu'ils prennent pour nous priver de ces
avantages sont la meilleure preuve de leur
façon de penser à cet égard ; & , s'il m'est
permis d'y ajouter le résultat de mon expérience personnelle, je dirai affirmativement que par tout ce que j'ai fait chez --- Page 51 ---
( 45 ) moi , je me suis convaincu qu'il n'est pas
possible d'obtenir des productions parfaites
des sujets médiocres. J'ai vu, à la vérité , arriver des jeux de
la nature ; mais on ne peut pas les citer
comme chose ordinaire & consiante; j'ai:
vu des brebis du pays, couvertes par un
belier de pure race, donner des productions très-belles ; mais j'ail vu aussi que de
ces productions mâles, dont on s'étoit servi
pour faire couvrir des brebis du pays_, la
plupart des leurs retomberent dans la médiocrité ; & c'est ce qu'on verra toujours
arriver quand on se servira de ces productions mâles à la premiere génération.
on ne peut pas les citer
comme chose ordinaire & consiante; j'ai:
vu des brebis du pays, couvertes par un
belier de pure race, donner des productions très-belles ; mais j'ail vu aussi que de
ces productions mâles, dont on s'étoit servi
pour faire couvrir des brebis du pays_, la
plupart des leurs retomberent dans la médiocrité ; & c'est ce qu'on verra toujours
arriver quand on se servira de ces productions mâles à la premiere génération. En bêtes à laine, comme en chevaux
& en gros bestiaux, j'ai fait toutes les expériences possibles depuis plus de trente
années, & constamment j'ai obièrvé qu'en
suivant la nature , elle opere admirablement dans toutes ses productions, toutes
les fois qu'on n'en dérange point l'ordre. Quant aux sept races que M. d'Aubenton dit avoir mêlées dans sa bergerie, --- Page 52 ---
( 46 ) qu il a Iaissees à l'air toute l'année jour Se
nuit, j avois fait la même choie lorsque
je revins d Angleterre en 1760, d'où j avois
fait passer une assez grande quantité de bêtes
à laine. Je les mis en liberté dans la pâture,
ainsi que cela Ce pratiquoit alors en Angleterre : pendant trois ans je ne perdis pas
une seule bête ; mais la quatrieme année .
l'hy ver ayant été pluvieux, je perdis les
trois quarts de mon troupeau, qui étoit
composé d'environ trois cents bêtes. Alors
je fis un hangard à ma méthode & je n'en
perdis plus : j'eus Toccasion de me procurer des bêtes à laine de Maroc. M. le comte
de Breugnon 3 qui alloit sîgner la paix entre
le roi de France & le roi de Maroc, me fit
Fhonneur de passer chez moi, & permit à
mon neveu, qui étoit du voyage, d'embarquer des bêtes à laine : elles arrivèrent
à bon port; j'en donnai à M. le duc de
Choiseul, à M. le duc de Praslin & à
M. de Buffon ; il ne m'en resta que peu ;
mais assez pour connoître que c'est une
précieuse espece. J'ai fait avec ces bêtes à --- Page 53 ---
( 47 ) laine des expériences bien utiles, & qui ont
réussi parfaitement. Mon frere se chargea d'un troupeau
d'environ cent soixante bêtes à laine d An»'
gleterre ; il lui étoit prescrit de les laisfcr
coucher dehors ; il suivit exactement cette
méthode dès le même hiver : tout le troupeau mourut, sans qu'il en réchappât une
seule. M. de Buffon perdit aussi tous les
siens , une année après dans sa terre, en
Bourgogne. Les Anglois en perdent souvent des quantités prodigieuses ; mais ils
ont de quoi réparer ces pertes promptement ; & nous n'avons pas cette ressource. Les plus belles races viennent des pays
chauds : personne ne peut contester cette
vérité. En Russie , comme en Danemarck
& en Suede, la laine est médiocre , dure
& seche. Il est donc nécessaire de procurer
aux bêtes à laine qui viennent des pays
chauds, une température , autant qu'il est
possible, approchant de celle des pays d'où
elles sortent, par des procédés qui n'em- --- Page 54 ---
( 48 ) - - pêcherajent point le suint de monter depuis la naissance de la laine jusqu'au bout;
ce que les neiges , les frimats & les pluies
continuelles empêchent , & rendent la
laine dure & seche ; aussi est ce le grand
défaut des laines d'Angleterre.
, une température , autant qu'il est
possible, approchant de celle des pays d'où
elles sortent, par des procédés qui n'em- --- Page 54 ---
( 48 ) - - pêcherajent point le suint de monter depuis la naissance de la laine jusqu'au bout;
ce que les neiges , les frimats & les pluies
continuelles empêchent , & rendent la
laine dure & seche ; aussi est ce le grand
défaut des laines d'Angleterre. Nous avons tous l'expérience que, dans
les hivers très-froids ou très-pluveux , la
laine est moins belle : il faut donc étudier
la nature & se conformer à ses ordres.
L'ours, cet animal si robuste & si sauvage,
devine à supporter toutes les injures du
temps & les rigueurs des saisons ne fort
point de sa taniere lorsque le froid est à
trente-deux degrés. A plus forte russon
faut-il ménager un abri aux bêtes à bine
dont la conslitution est bien plus délicate.
Je pense donc qu 'il faut leur consiruire.
un abri dans une pâture , & les laisser en
liberté: elles sauront bien le gagner lors.
qu'elles en auront besoin , & faire ce qui
leur conviendra le mieux. Mais les rer-.
miers ordinaires, les petits fermjers qui
nont soulent ni cour ni enclos, ne peuvent --- Page 55 ---
( 49 ) D vent qu avoir une bergerie fermée, hors de
la portée du loup. Alors il faut avoir soin
d'y faire des ouvertures en haut pour que
l'air y joue continuellement ; c'est cette
classe de fermiers, si précieuse à l'état, qu'il
, faut considérer de préférence. Il faut donc
ne leur enseigner que ce qu'ils peuvent
pratiquer facilement ^ & sur-tout les préserver , autant que faire se peut, des mortalités qui peuvent occasionner leur ruine:
autrement ils ne manqueroient pas de se
plaindre qu'on les a induits en erreur. Je ne puis donc assez répéter que je suis
convaincu qu'il n'y a qu'un moyen pour
améliorer & perfcaionner les laines en
France : c'estd'y introduire des troupeaux
des pays étrangers. Il est des moyens qui,
sans être onéreux au roi ni à l'état, pourroient nous procurer en peu de temps
toutes les especes qui nous sont nécessaires. --- Page 56 ---
( fo ) Copie de la Lettre de MM. Descemet &
Guilbert , Doclturs de la Faculté de
Médecine de Paris, & de M. Vcrdier ,
Médecin du seu Roi de Pologne , en
réponje à celle de M. de Lormoy sur les
bêter à laine. 26 Novembre 1784,
Nous avons lu Monsieur, avec une
satisfaction qu'il seroit difficile de vous
exprimer, la lettre que vous nous avez
ad reliée sur les bêtes à laine. Nous nous
contenterons de quelques réflexions sur les
deux questions que vous delirez agiter &
résoudre pour le bien de la nation. Nous avons craint comme vous j
Monteur , que le zele de M. d'Aubenton
ne l'ait emporté trop loin ; mais ce savant a tant fait paroître de sagacité & de
bonne foi dans ses observations , qu'on
ne peut guere douter qu'il n'ait tiré un
grand parti du travail qu'il a fait pour
perfectionner l'éducation des bêtes à laine.
Mais quelles que so:ent „ ses assertions ,
nous ne croyons pas qu'elles puissent aller
conrre votre plan, vos travaux & votre
doarine; & même , en supposant ses aé-
enton
ne l'ait emporté trop loin ; mais ce savant a tant fait paroître de sagacité & de
bonne foi dans ses observations , qu'on
ne peut guere douter qu'il n'ait tiré un
grand parti du travail qu'il a fait pour
perfectionner l'éducation des bêtes à laine.
Mais quelles que so:ent „ ses assertions ,
nous ne croyons pas qu'elles puissent aller
conrre votre plan, vos travaux & votre
doarine; & même , en supposant ses aé- --- Page 57 ---
( 51 ) D 2 sultats tels qu'il les donne , & en les réunisiant aux vôtres , il s'ensuivroit que l'éducation & la génération de ces animaux
bien conduites pourroÍent donner des
laines encore supérieures à celles des climats qui nous fournissent celles que nos
manufacturiers emploient sous le titre de
superfines. D'après cela , sans mettre en
opposinon les assertions de M. d'Aubenton
avec les vôtres , nous nous bornerons à
examiner avec lui & avec vous, si , dans
toutes les circonstances, le mélange des
races les plus parfaites d'especes étrangères , & en particulier de celles d'Angleterre, d'Espagne & de Maroc, avec
les plus beaux individus de chaque province de France , le moyen le plus
efficace & le plus prompt d'y perfectionner les especes de bêtes à laine. Le premier objet qui se présente pour
répondre à cette question est une vérité
dont personne ne peut douter : c'est que
les especes animales sont, dans tous les climats , en raison de l'usage de l'air, des eaux --- Page 58 ---
( 51 ) & des productions de chaque climat ; de là
toutes ces propriétés si différentes dans les
especes animales comme dans les especes
végétales : de maniéré qu'il n'est peut - être
point, sur la surface du globe , deux contrées où la même espece paroisse avec les
mêmes propriétés. L'observation ne nous
présente peut - être aucune exception sur
ce point. En sécond lieu ^ dans le même climat,
dans la' même contrée, il est des agens
qui nuisent, & d'àutres qui contribuent au
développement des qualités propres à
chaque espece ; de façon que par l'obser.
vation de ces effets, & par le choix des
agens qui les procurent, il est possible en
chaque climat d'y perfectionner l'espece à
un degré que toute l'industrie humaine
ne pourroit peut - être fixer ni assigner ;
mais cette marche est longue & sujette à
des vicissitudes & elle a ses bornes en
chaque pays. En troisieme lieu , les qualités , bonnes
ou mauvaises , acquises par l'éducation --- Page 59 ---
( 53 ) U3 spontanée ou méthodique, se perpétuent
par la génération avec bien plus de promptitude , & avec plus de ténacité que par
l'éducation. Ce moyen peut, dans quelques générations, élever une espece à un
degré de perfection que l'éducation ne
donneroit ni aussi généralement, ni aussi
constamment après un demi-siecle ; & ces
générations, soutenues par des mâles bien
choisis_, seront un moyen bien plus simple
& bien plus sûr pour s'opposer à la dégradation de l'espece dans un climat qui
lui seroit moins propre que tout l'art de.
l'éducation sur des produits de générations
ordinaires. C'est encore un principe dont
l'observation démontre la généralité & la
confiance dans toutes les especes.
donneroit ni aussi généralement, ni aussi
constamment après un demi-siecle ; & ces
générations, soutenues par des mâles bien
choisis_, seront un moyen bien plus simple
& bien plus sûr pour s'opposer à la dégradation de l'espece dans un climat qui
lui seroit moins propre que tout l'art de.
l'éducation sur des produits de générations
ordinaires. C'est encore un principe dont
l'observation démontre la généralité & la
confiance dans toutes les especes. Ceci posé , la question se réduit à savoir
si les plus beaux beliers' de Flandre, du
Roussillon, & de toutes autres provinces de
France , valent les plus beaux d'Espagne ,
de Maroc , 8c de quelques autres pays. S'ils
lëur sont inférieurs , comme personne n'en
doute , il est évident que, sous la même --- Page 60 ---
- ( 54 ) éducation , & toutes choses égales d'ailleurs , les beliers étrangers nous donneront aussi-tôt des especes supérieures à celles
de nos beliers ; & s'il est vrai que la meilleure éducation puisse faire de la poflérité
de nos béliers françois une espece égale à
celle des beliers étrangers, elle pourra faire
de la postérité de ceux-ci une postérité encore supérieure à leurs peres. Il seroit donc
à souhaiter, Monûeur , que M. d'Aubenton & vous, eussiez également raison ; le
gouvernement pourroit se flatter de parve.
nir à avoir les plus belles laines qu'on ait
encore vues. Mais, quoi qu'il en soit, ce
sera toujours vous qui produirez les plus
belles espèces. Vos observations personnelles, que vous
ajoutez à la pratique des Anglois , en démontrent la réalité & la justesse, par leur
conformité aux loix de la nature. Les pro.
duits de la génération seroient toujours
proportionés aux qualités du pere & de la
mère, si ce produit n'étoit altéré par les
circonstances & l'éducation. Ainu , la pre- --- Page 61 ---
( 55 ) D 4 miere génération d'un mâle parfait avec
une femelle médiocre , ne donnera qu'un
enfant aussi inférieur à son pere qu'il fera ;
sup rieur à sa mere ; ce n'est donc, comme
vous i'observezsi judicieusement 3 que par
plusieurs générations, où présideront toujours les mâles les plus parfaits, que nos
productions locales approcheront de leur
perfeElion, de la même manière qu'on voit
les accouplemens des blanc) avec les negres*
les mulâtres 3 les quarterons, les méris,&.c.
produire des individus blancs. D'ailleurs r
jl semble que les qualités données par l'éducation ne se transmettent par la conception.
avec confiance, que par une suite, de générations ; les premières ne les donnent
que d'une maniere variable & délébile. Quant à l'éducation des bêtes à laine,
les procédés des Angloi&, que vous vantez,
tant, ne sont pourtant peut-être pas aussi
parfaits qu'ils le peuvent être ; du moins eftil consiant qu'ils doivent varier comme les
climats, & que ceux qui convicnnenr le
mieuæ à un lieu peuvent ne pas convenir --- Page 62 ---
( 5* 3 à un autre, & même y être dangereux;
Chaque climat doit prescrire un régime
propre aux especes animales qu'il nourrit ;
& c'esL à des hommes comme vous ,
Monsieur & comme M. d'Aubenton , à
en faire la recherche, sans ces préjugés que
donne si Peu vent la servile imitation.
consiant qu'ils doivent varier comme les
climats, & que ceux qui convicnnenr le
mieuæ à un lieu peuvent ne pas convenir --- Page 62 ---
( 5* 3 à un autre, & même y être dangereux;
Chaque climat doit prescrire un régime
propre aux especes animales qu'il nourrit ;
& c'esL à des hommes comme vous ,
Monsieur & comme M. d'Aubenton , à
en faire la recherche, sans ces préjugés que
donne si Peu vent la servile imitation. Vos réflexions sur l'exposition des bêtes
à laine à l'air, la nuit, pendant toute l'année nous en semblent la preuve. Cette
pratique est celle des pays chauds du midi,
& doit l'être, parce que la pureté de l'air
& sa température y sont une cause bien
évidente de la santé de ces animaux, & de ;
la finesse de leur laine ; mais par les raisons
contraires , les brouillards, les neiges, les
frimats & la grêle , sont des caures d'autant
plus meurtrieres de toutes les especes animales que le voisinage du nord leur donne
plus d'effets. Elles sont en même-temps des
causes de la mauvaise qualité des laines.
Ceci est démontré si évidemment par l'expérience générale Sz par les loix de la nature qu'il est étonnant qu'on s'opiniâtre --- Page 63 ---
( 57 ) encore à un regime si meurtrier. Majs,dans
tous les pays du monde, l'air a une propriété qui est également convenable à la
santé, à la vigueur & à la création des
meilleures qualités dans toutes les especes
animales: c'est sa pureté jointe à sa juste
température. Toutes les fois qu'on peut les
réunir , ce doit être une regle de tenir les
bêtes à laine à l'air libre , nuit & jour.
Mais si, dans certains lieux, l'air se charge
d'exhalaisons 8c de vapeurs dangereuses; ;
11 sa froideur est portée à un degré nuisible
à l'économie animale, ce sont des inconvéniens du climat qu'il faut dirhinuer plutôt
que les augmenter. Ce seroit un étrange
raisonnement que celui qui, conduiroit à
procurer à des animaux ^ dans les pays septentrionaux , l'air le plus impur & le plus .
froid , par la raison que dans les pays
chauds on leur procure cet élément dans
sa plus grande pureté & sa plus parfaite
température. Un raisonnement bien plus
naturel, & qu'il faut imiter par-tout, le
p!us qu'on peut, c'est l'usage des agens qui --- Page 64 ---
( 58 ) procurent en certains lieux les plus grands
avantagés, c'est-à-dire , l'air aEtif & pur
des pays méridionaux dans le* pays septentrionaux. Voilà , Monteur , les idées qu'inspirent
les réflexions de votre expérience aux personnes qui font proresîion d'étudier & de
rechercher les loix de l'économie animale :
elles verront toujours avec vous, dans la
génération , le moyen le plus sûr, le plus
efficace, le plus prompt & le plus consiant de perfectionner les especes animales.
en général, & celles des bêtes à laine en
particulier: elles reconnoîtront avec vous,
Monsieur, que l'éducation la plus propre
à la perfection & au sou tien des mêmes
especes ne consiée point dans une imitation
routiniele des procédés des climats qui
portent les plus belles espèces, mais dans
l'appréciation & la véritable application de
ces mêmes moyens, &: que par conséquent
on doir, en France, ne pas suivre aveuglément l'usage ou l'on est dans les pays
ulier: elles reconnoîtront avec vous,
Monsieur, que l'éducation la plus propre
à la perfection & au sou tien des mêmes
especes ne consiée point dans une imitation
routiniele des procédés des climats qui
portent les plus belles espèces, mais dans
l'appréciation & la véritable application de
ces mêmes moyens, &: que par conséquent
on doir, en France, ne pas suivre aveuglément l'usage ou l'on est dans les pays --- Page 65 ---
( 59 ) chauds de tenir les bêtes à laine exposées
la nuit à l'air pendant toute l'année. Nous avons l'honneur d'être avec les
sentimens d'estime & de considération que ,
votre zele, votre expérience & vos connoissanccs inspireiit, Monsieur, vos trèshumbles, &c. Signés, DESCEMET, GuiLBERT Se
VERDIER. M. de Lormoy ayant adressé le mémoire
suivant à M. Raymond de S. Sauveur,
intendant du Roussillon, voici les réponses
qu'il en a reçues. On croit devoir les placet
à la suite des demandes. Demande. S'il est nécessaire de se procurer des
bêtes à laine d'Espagne , il n'eit pas moins
important que ce soit des provinces qui
fournissent les premieres races. On defireToit avoir des échantillons de laine de Ces
premières races, ainsi que de celles de feconde race. ' --- Page 66 ---
( (0) Réponse. Dans la prochainetoison de mai & juin
on pourroit avoir les échantillons de laine
qu'on desire; mais la sortie d'Espagne est
sujette à beaucoup de difficultés parles désenses du gouvernement. Demande, On defireroit savoir combien pese le plus
beau & le plus fort belier, airifi que la plus
belle brebis d'Espagne de la premiere race. Réponse, Un belier, premiere race de Castille,
dit merino, pese de 49 à 5 0 livres, poids de
marc. La brebis , de 29 à 30 livres. Demande. On desire savoir également ce que pesent
le plus beau belier & la plus belle brebis
de seconde race. --- Page 67 ---
( 61 5 Réponse, Un belier de Navarre, seconde race;
dit churo, pese de 30 à 3 1 livres. La brebis i
de 24 à 25 livres. Demande. Combien la toison du plus beau belier
& de la plus belle brebis de la premiere
race pesent lavées & non lavées, & ce que
cette laine se vend la livre. De même pour les beliers & brebis les
plus beaux de la seconde race. Riponsi. Le belier, premiere race, peut avoir 12
livres de laine en suint, laquelle peut rendre 4 livres ^ lavée. La brebis, livres en
suint, & lavee, 3 livres Le belier seconde race peut avoir 6 liv.
f de laine en suint, ou 3 livres lavée. La
brebis, 3 liv. jen suint, & lavée, 1 liv. ~ --- Page 68 ---
( 61 ) La laine d'Espagne, premiere qualité ,
se vend de 4 à 5 livres la livre, rendue en
France. Demande. Savoir si ce sont les beliers &les brebis de
la premiere race qui sont les plus grands &
les plus forts, & s'ils sont plus fournis de
laine , conséquemment plus tassés que
cette seconde espece, & si la laine est plus
longue & pius fine.
en suint, & lavée, 1 liv. ~ --- Page 68 ---
( 61 ) La laine d'Espagne, premiere qualité ,
se vend de 4 à 5 livres la livre, rendue en
France. Demande. Savoir si ce sont les beliers &les brebis de
la premiere race qui sont les plus grands &
les plus forts, & s'ils sont plus fournis de
laine , conséquemment plus tassés que
cette seconde espece, & si la laine est plus
longue & pius fine. Réponse. Les beliers & les brebis de la premiere
race sont moins grands que ceux de la séconde race ; la laine en est plus fine & moins
longue pour l'ordinaire. Demande. Combien coûtent d'achat le plus fort &
le plus beau belier de la premiere race, ainsi
que la plus forte & la plus belle brebis. De
- même pour la seconde. --- Page 69 ---
[( 63 ) Réponse. Le belier de la premiere race coûtera en
Castille environ 13 livres ; la brebis . premiere race, environ 11 livres. Le belier de
la seconde racecoûteraen Navarre environ
13 livres 1O sols; la brebis, seconde race,
7 livres 10 sol< : bbn entendu qu'ils seront
des plus grands. Mais comme tout varie par
les circonstances, il peut y avoir différence dans le prix. Quant au poids & au
rendement de la laine , soit en suint ou lavée , c'est ce qui varie le moins. Dem inde. On decireroit aussi avoir des échantillons
de laine des plus beaux beliers & des plus
belles brebis du Roussillon : combien pesent
les toisons, & combien la plus belle laine
se vend la livre, & aussi ce que coûtent
d'achat le plus beau^belier ainsi que la plus
belle brebis de cette province. --- Page 70 ---
(64) Réponse. Ce ne sera qu'à la toison prochaine de
juin qu'on pourra se procurer ces échantillons des laines. La plus belle laine du
Roussillon se vend 45 à 50 sols la livre
lavée, ce qui varie sélon les circonstances. Le belier de Roussillon, premiere race,
pese environ 5o livres, poids de marc, 6c
coûte 15 livres ; la brebis, 3 5 livres, poids
de marc, coûte 8 livres. La toison du belier peut peser environ
12 livres en suint, & celle de la brebis,
environ 5 livres, poids de marc. Copie d'une lettre écrite à M. de Lormoy. Louviers , 18 juillet 1785. Monteur , j'ai fait passer sur le champ
à Messieurs les gardes de notre communauté la lettre que vous leur avez adressée
dans l'intention d'avoir le sentiment général
la brebis, 3 5 livres, poids
de marc, coûte 8 livres. La toison du belier peut peser environ
12 livres en suint, & celle de la brebis,
environ 5 livres, poids de marc. Copie d'une lettre écrite à M. de Lormoy. Louviers , 18 juillet 1785. Monteur , j'ai fait passer sur le champ
à Messieurs les gardes de notre communauté la lettre que vous leur avez adressée
dans l'intention d'avoir le sentiment général --- Page 71 ---
( 65 ) E lierai des fabricans de notre ville, sur la
question élevée entre vous & M Quatremere
d'Isjonval. Cette lettre a circulé dans différentes manufa£lures ; & vraisemblablement vous aurez réponse de plusieurs de
mes confrères. Je vous avoue que je suis surpris que
l'on ait mis en problème si le suint est
nécessaire ou non pour que les laines aient
toutes les qualités requises pour une bonne
fabrication, puisqu'il est de l'essence de la
laine de porter cette matiere visqueuse,
comme il est du genre de l'animal de porter
du suis au lieu de graisse. Chercher à arrêter
le suint, ce feroit s'opposer aux vues de la
nature ; en trouver les moyens, ce feroit la
tromper dans ses effets ; bien loin de l'aider,
ce seroi,t lui nuirei& détériorer une de ses
produaions les plus utiles. Sans le suint,
les toisons seroient sujettes à pourrir surie
dos de l'animal, par l'eau qui pénétreroit la
laine, inconvénieut dont cette matiere la
préserve. Ainsi, bien loin d'être un fléau,
le suint la conserve, la nourrit, la porte à --- Page 72 ---
( 66 ï sa longueur naturelle, lui donne de la douceur, enfin tout ce dont elle a besoin pour
être employée aux étoffes les plus fines. L'expérience m'apprend qu'une laine
qui n'a pas assez de suint, car toutes en ont
plus ou moins, ne le perd qu'avec beaucoup de difficulté dans la première opération qu'on lui fait subir. Cette laine est
toujours dure & seche. Les draps qui eh
font composés sont sujets à être viciés de
trous au foulon, & dans leurs apprêts ne
donnent point, ou presque poin: de poil
sous la main de l'ouvrier. Dans les plus belles laines nous trouvons des flocons frisés, d'autres très-courts
ôz sans consistance, d'autres rudes & sembiables à du poil, vices qui les font rejetter
'd'un bon fjbricanc, & qui ne proviennent
que du défaut de suint. 1 ~ C'est cette raison qui, dans une de mes
précédentes lettres que vous avez- fait
mettre dans le journal général de France,
m'a fait exiger du suint dans vos laines
'Sans-cela , je sais- persuadé que les étoffes --- Page 73 ---
( 67 ) . E 2 qui en proviendraient n obtiendraient
point le suiïrage des connoineurs. Les laines d'Angleterre, non plus que
celles du Nord, ne l'ont point convenables
au genre de notre fabrique , parce qu elles
font trop dures. Nous n'employons que les
plus belles laines d Espagne qui portent incontestablement beaucoup plus de suirît
que les précédentes. Je suis avec refpeét, monsieur, votre
très-humble & très - obéissant serviteur
J.-B. LANGLOIS.
obtiendraient
point le suiïrage des connoineurs. Les laines d'Angleterre, non plus que
celles du Nord, ne l'ont point convenables
au genre de notre fabrique , parce qu elles
font trop dures. Nous n'employons que les
plus belles laines d Espagne qui portent incontestablement beaucoup plus de suirît
que les précédentes. Je suis avec refpeét, monsieur, votre
très-humble & très - obéissant serviteur
J.-B. LANGLOIS. Culture des turneps , espece de navets très -
propres à suppléer à la disette des sourrages. L'époque la plus ordinaire pour semer
les turneps, est après la récolte des grains
de mars, cest à-dire , dans les terreins qui
sont destinés pour jacheres. - Lorsque les grains sont enlevés , on
donne à la -terre un ou deux labours pour
la rendre meuble ; puis en y pasTe le rondeau pour casser les mottes, s'il en est be- --- Page 74 ---
( 68 ) soin ; on herse après, en observant que les
dents de la herse soient courtes. On y seme
la graine; il est bon que cet ensemencement
soit fait, autant qu'il est possible, par un
temps humide. On recouvre ensuite la
graine en hersant une seconde fois la terre. Plus la terre est meuble, plus la récolte
est complette, parce que la graine leve partout également. . Les terres légeres sont celles qui conviennent le mieux à cette culture. Les turneps viennent difficilement dans les terres
fortes ; mais on y parvient en divisant la
terre lorsque l'on en a les facultés. La quantité ordinaire est environ une
livre & demie par arpent. On peut, dès le mois d'avril, quand la
saison est favorable, semer des turneps partout, même dans les terres nouvellement
défrichées, sur-tout si elles sont légeres 8e
si on les a préparées par plusieurs labours,
& même avec quelques engrais, pour les
rendre meubles & susceptibles de cette
culture. --- Page 75 ---
( 69 ) E 3 Lorsque les turneps font levés & commencent à couvrir la terre, s'ils sont trop
épais, vous faites deux opérations à la fois;
'vous les éclaircissez & vous les sarclez en
nlême-temps : c'est aux cultivateurs à voir
ce qu'il en faut ôtcr dès la première fois,
parce que deux opérations consommeroient
trop de temps. Il faut Amplifier & ne pas
donner double travail, sur-tout dans un
temps si précieux. 11 est encore très- inutile'
de leur donner trop de distance les uns des
autres. La moyenne gioffeureft la meilleure
à tous égards; les bestiaux les mangent
mieux, & ils sont moins sujets à devenir
creux. Cette culture offre tous les avantages
possibles; elle prépare la terre à recevoir
les semences en grains en faisant parquer
les gros bestiaux d'abord, 8c les bêtes à
laine ensuite, sur le champ même, & en
observant de ne leur donner que ce qu'ils
en peuvent manger dans un ou deux
jours. On est dispensé d'y porter des engrais pour l'ensemencer en froment au mois --- Page 76 ---
( 7-0 ) de septembre ou octobre suiyanc, parce
que la fente de ces animaux & !çur urine,,
amalgamées avec ce qui reste de turneps
qui pourrissent, forment un engrais excellent..
d'abord, 8c les bêtes à
laine ensuite, sur le champ même, & en
observant de ne leur donner que ce qu'ils
en peuvent manger dans un ou deux
jours. On est dispensé d'y porter des engrais pour l'ensemencer en froment au mois --- Page 76 ---
( 7-0 ) de septembre ou octobre suiyanc, parce
que la fente de ces animaux & !çur urine,,
amalgamées avec ce qui reste de turneps
qui pourrissent, forment un engrais excellent.. Si on ne veut pas faire parquer les bcstiaux sur. le champ même, on arrache les
.turneps pour les faire manger à l'étable -ou
dans uneautre partie de terre;, on a soin
de les, couper par morceau*. Pour les confer ver, il faut les meure dans un endroic
sec, les couvrir d,e paille & de £ible, comme
pour les navets ordinaires.. Les turneps fournirent une nourriture
abondante aux gros beiïiaux & aux bêtes
4 ils donnent beaucoup de lait aux
vaches $; aux brebis ; enfin il* engraissent
également les bœuis & les mouions. , On ne sauroit donc trop étendre cette
culture, dès. que le terrein le permet, pour
prévenir les malheurs qui peuvent resulter
d,2 la disette des fourrages dans les années
pe sécheresse comme celle-ci. L'Angleterre
en exemple nappant : ce royaume --- Page 77 ---
'(.71 ) E 4 doit ses succès à cette culture, tant pour
l'amélioration des terres que pour la multiplication des gros bestiaux & dès bêtes à
laine ; elle met ies cultivateurs à même d'a3
voir toujours au moins une demi-année de
fourrages devant eux. Lorsqu'on veut s'en procurer de la
graine , on en destine un canton qu'on laisse
monter, & on en recueille lagrainecomme
des autres; navets. Note de l'auteur du journal. L'article
qu'on vient Re lire nous a été sourni par
M. de Lormoy, dont on a vu dans ce journal des morceaux si intéressans sur les bêtes
à laine. Ce zélé citoyen , qui a les connoissances les plus profondes en agriculture, &
toutes fondées sur une longue pratique, a
déjà donné au gouvernement les procédés
pour la culture des turneps, & l'a fait connoÎtre dès 176 8, avant MM. de Mante &
du Hamel : mais il a bien voulu s'empresser
de.se rendre à nos desirs pour publier cet
article, parce que dès le mois d'août prochain on peut femer la graine des turneps, --- Page 78 ---
(71) & se procurer,pour l'hiver suîvant,dos provisions de fourrages excellens, capables de'
sùppléer avec avantage à la disette des autres. L'administration a tait venir d'Angleterre une assez 'grande quantité de cette
graine, qu'elle a déjà distribuée : mais il
est aisé aux personnes riches d'en tirer ehcore de l'Angleterre; & nous pcnsons que!-
ce seroit un ade de bienfaisance très-bienL
placées leur part, que d 'en distribuer dans)
les campagnes autant qu'il leur feroit possible. Ils porterôiént la consolation, ils exciteroient les sentimens de la pkis vive reconnoissance là oll régnent actuellement
la douleur & les plus vives alarmes par le
défaut de nourriture pour les bestiaux. Au
reste la maniere de cultiver les turneps,
proposée par M. de Lormoy, est la plus
aisée à pratiquer : elle ne brouille pas les
idées des gens de la campagne, parce
qu elle est simple ; & l'on doit avoir grande
attention de tout simplifier : autrement ils
seroient dégoûtés avant d'en avoir fait'
l'essai.
là oll régnent actuellement
la douleur & les plus vives alarmes par le
défaut de nourriture pour les bestiaux. Au
reste la maniere de cultiver les turneps,
proposée par M. de Lormoy, est la plus
aisée à pratiquer : elle ne brouille pas les
idées des gens de la campagne, parce
qu elle est simple ; & l'on doit avoir grande
attention de tout simplifier : autrement ils
seroient dégoûtés avant d'en avoir fait'
l'essai. --- Page 79 ---
( 73 ) . - Nous ajouterons ici ce que dit des tur";
neps M. Valmont de Bomare, dans sou
dictionnaire et h istoire naturelle. « La cul-
>> ture des turneps est très-peu dispendieuse,
» d'un avantage économique , & d'autant
'" plus intéressante, que cette plante sup-
» plée,par ses feuilles, au fourrage pendant
* l'hiver, & que le bétail ne peut avoir de
» meilleure nourriture. D'ailleurs les do-
» meûiques & les journaliers font une
» grande consommation de sa racine ( M.
» de Bomare auroit pu ajouter que les
» bestiaux mangent aussi cette racine ) ; &
c,est l'objet d'une épargne considérable
>y sur les subsistances ordinaires. Un arpent
» de terre semé de ces navets est d'un beau-
» coup plus grand rapport qu'en froment :
» d'ailleurs ses racines divisent & préparent
» la terre à recevoir le bled 3 & on recueille
» dans le même espace une beaucoup plus
» grande quantité de froment que dans une
jachere ordinaire ». Si nous devons en juger par le trèsgrand nombre de lettres qui nous ont été --- Page 80 ---
( 74 ) adressées sur les divers articles que nous
avons insérés dans notre Journal, relativement à la discussion élevée entre M. de
lormoy & M. d Aubenton , concernant
les bêtes à laine , il cst peu de questions qui
aient excité un intérêt plus général. Nous
n'en sommes pas surpris, cette discussion
esl des plus importantes pou*. l'état ; elle
tient à une des principales 0.urces de sa
richesse & de sa prospérité. M. de Lormoy a l'avantage d'avoir en. faveur de
ses procédés les décisions des personnes
éclairées, les seules faites pour en porier
un jugement certain. No.us aurons soin
de les faire connoître successivement, perr
ruades que nos le£leurs seront charmés de
savoir à quoi s'en tenir positivement sur
- un objet d'une utilité, si marquée. Nous
commençons par la décision des manufacturiers de Louviers. --- Page 81 ---
( 75 ) Copie d'une Lettre de AI. Langlois à
1 u M. de Lormoy. 1 1 : Louviers ^29 Juillet 1785. '' -
r Monheur , je viens enfin de recevoir la
lettre que vous m'avez fait l'honneur de>
m'écrire le 21 de ce mois.
Elle renfermoit deux exemplaires du supplémenr du journal général de France , où
se trouve votre lettre (ur les bêtes à laine*
Je les ai envoyés à Messieurs les gardes
pour être communiqués à ceux de mes
confrères qui ne les ont pas encore vus ;
car j a vois déjà fait voir à plusieurs fabricans cette feuille, que je reçois par abonnement.
ur , je viens enfin de recevoir la
lettre que vous m'avez fait l'honneur de>
m'écrire le 21 de ce mois.
Elle renfermoit deux exemplaires du supplémenr du journal général de France , où
se trouve votre lettre (ur les bêtes à laine*
Je les ai envoyés à Messieurs les gardes
pour être communiqués à ceux de mes
confrères qui ne les ont pas encore vus ;
car j a vois déjà fait voir à plusieurs fabricans cette feuille, que je reçois par abonnement. Vorre lettre a été lue avec la plus grande
satisfaction. Les observations que vous y
faites, pourdétruire le nouveau systêmede
M. d'Aubenton , font généralement applaudies. Il ne nous est pas plus facile qu'à
vous, Monteur , de comprendre com- --- Page 82 ---
( 76 ) @ ment cet académicien , après ce qu'il avoit
^avancé précédemment , peut soutenir *
qu'avec des be1iers de France , on se procureroit des laines aussi fines, aussi belles
que les laines d'Espagne. Votre lettre
prouve évidemment que cela est impossible. Les recherches qu'ont faites les Anglois
pour avoir des bêtes de race étrangere
leurs soins à les conserver , les précautions
qu'ils prennent pour en empêcher la sortiede leur isle montrent bien qu'ils regardent cette propriété comme très-précieuse,
& ne pouvant être remplacée. " Sans avoir égard à nos voisins, votre
longue expérience, infiniment au-deflusde
toute théorie , ne doit-elle pas engager
M. d'Aubenron & ses partisans à se désister
d'un principe qui ne peut qu'être faux ?
Vous avez éprouvé les inconvéniens que
vous avez représente pouvoir arriver dans
l'éducation des bêtes à laine ; les remedesque vous proposez pour les rendre moins
pernicieux , les moyens que vous avez
pris pour vous en préserver , vous ont par- --- Page 83 ---
( 77 ) faitement réussi ; d'après cela , il faudroit
se refuser à l'évidence, pour ne pas être
convaincu de la vérité & de la force avec
lesquelles vous prouvez combien un systême contraire est dénué de solidité. Quant à nous, Monsieur . car je puis
parler au nom. de tout le corps des fabricans de Louviers, nous ne pouvons que
demander aux membres de la faculté de
médecine qu'il nous soit permis de nous
joindre à eux pour donner à vos procédés
avantageux & à vos vues patriotiques
les éloges bien mérités que tout bon citoyen ne pourra jamais leur refuser. Nous
faisons des vœux sinceres pour que votre
zele vous porte à communiquer de plus en
plus les connoissances précieuses que vous
avez acquises, & pour que vous mettiez la
France en état de trouver abondamment
dans son sein des productions qu'elle ne
peut se procurer que de la maniere la plus
dispendieuse. -
vos procédés
avantageux & à vos vues patriotiques
les éloges bien mérités que tout bon citoyen ne pourra jamais leur refuser. Nous
faisons des vœux sinceres pour que votre
zele vous porte à communiquer de plus en
plus les connoissances précieuses que vous
avez acquises, & pour que vous mettiez la
France en état de trouver abondamment
dans son sein des productions qu'elle ne
peut se procurer que de la maniere la plus
dispendieuse. - Je suis, &c. J. B. LANGLOIS, --- Page 84 ---
( 78 ) Copie d'une Lettre de M. Pitou le jeune % ; - au même. : Louviers , 22 Juillet 1785. Je ne suis point, Monteur , un des six
fabricans choisis pour exploiter séparément les laines de M. d'Aubenton ; ainsi,
pendant l'intrusion de l'affaire , & jusqu'au jugement, je puis halarder quelques
observations sur les opinions qui divisent
M. de Lormoy & M. dIsjonval. J'ai lu
avec peine , dans la lettre de celui-ci ,
que la bafe d'une bonne fabrication étant
de chaffir complétement le suint de la laine,
la bafè d'une honne education ne peut être
de ï avoir considérablement accru. Je ne
vois pas comment on peut conclure l'inutilité de cet enduit pour la. qualité de la
laine, de la nécessité de s'en débarrasser
lors de l'emploi. Ce qui est un fléau pour
la fabrication , peut n'en -pas être un pour
la matiere. Ne sommes-nous pas même --- Page 85 ---
( 79 ) obliges, après avoir purgé les laines de cet
enduit que la nature leur donne, de lui
en subsituer d'autres pour les chasser
ensuite aussi complètement que le suint ?
Nos huiles, nos colles , nos terres glaises , nos savons , sont des matieres grasses que l'on n'emploie que pour' ajouter à la force , à la douceur , à la densité de la laine . & conséquemment à la
perfeftion des apprêrs. La nécessité de
chasser complètement ces matieres du
corps du drap , après qu'elles y ont été
unies , empéche-t - elle qu'elles n'aient
beaucoup contribué à sa perfeaion ? Je
crains bien , pour le i'yftême de M. d'Ifjonval , que l'on n'argumente des effets favorables que produisent ces matieres grasses
sur les laines en fabrication , en faveur du
suint dont la nature prend soin de les enduire à leur naissance. ; Je suis, &c, PÈTOU le jeune. --- Page 86 ---
( 80 ) Copie d'une Lettre des Gardes en charge de
o
la fabrique de Louviers , au même. Louviers , 2S Juillet 1785. Monsieur, la question que vous nous
faites l'honneur de remettre à notre décision , est certainement très - importante ,
mais est en même-temps très facile à décider & l'on ne trouvera sans doute aucun
fabricant éclairé qui ne prononce en faveur de la nécessité du suint, même en
abondance , dans les laines. M. J. B. Langlois, l'un de nos confrères, nous a communiqué les observations qu'il vous a fait ~
passer à ce sujet ; nous les avons trouvées
en tout d'accord avec les idées de notre
communauté. C'est pourquoi nous vous
prions de permettre que nous nous y référions en entier , croyant qu elles renferment tout ce qu'on peut dire de mieux à
cet égard ; ce qu'il feront inutile de vous
répéter.
, dans les laines. M. J. B. Langlois, l'un de nos confrères, nous a communiqué les observations qu'il vous a fait ~
passer à ce sujet ; nous les avons trouvées
en tout d'accord avec les idées de notre
communauté. C'est pourquoi nous vous
prions de permettre que nous nous y référions en entier , croyant qu elles renferment tout ce qu'on peut dire de mieux à
cet égard ; ce qu'il feront inutile de vous
répéter. î^ous --- Page 87 ---
( 81 ) F Nous avons l'honneur d'être &c. Les
gardes en charge de la fabrique de Lou-
•viers, DELARUE / FRONTIN. » ; Réponse à ba proportion de M. dé
Lormoy. 1 Abbeville, 27 juillet 1785, Le suint imprégné dans la laine, sur le
corps de l'animal , est en quelque sorte
inhérent à sa nature. Le plus ou le moins
dépend du degré de chaleur déterminé
par le climat où les troupeaux sonc
élevés. En Espagne , par exemple , ce suint est
si abondant, que de la tonte au premier
lavage , qui se fait sur les lieux , la laine
déchet communément de deux cinquièmes ,
ou quarante pour cent en quantité ; ce
qui n'empêche pas encore que les trois
cinquièmes restans n'éprouvent une nouvelle fonte de vingt pour cent , lors du
dégrais à fond qui se fait dans les fabri- --- Page 88 ---
.( 8 2 ) ques, pour mettre la laine en œuvre; de
maniéré que cent livres de laine sur le corps
de la bête , en rendent à peine cinquante
en laine nette. Xoin que cette abondance de suint
nuise à la qualité de la laine , nous sommes d'opinion au contraire qu'il la nourrit,
la bonifie , entretient son élasticité & sa
douceur, sans altérer sa finesse , & a de
plus ce.t avantage de la préserver des vers
à la garde ; ce qui fait que l'on est très,
soigneux de ne la dégraisser à fond qu'au
moment de l'employer. Il y a plus , & ceci est une vérité d'expérience ; plus une laine est chargée de
Íuint, mieux on réussie à l'en purger entiérement ; & de cette perfection de dégrais,
fuit nécessairement une perfedion égale
dans la teinture. Au contraire , moins une laine est char.
gée de suint, plus il est difficile de réussir
dans le dégrais ; & il arrive très-Couvent
qu'alors, en la mettant en teinture , elle
fort mal unie de la chaudiere, le suint qui --- Page 89 ---
( 93 ) F 2 y reste encore arrêtant l'esset des drogues
mordantes qui composent le bain. La. conséquence qui suit de ces expériences se présente d'elle-même. Laissons
la nature agir sur le corps des bêtes à laine:
le suint qui les couvre formant , comme
on vient de le voir , une ordion plus
salutaire que nuisible , à quoi bon rechercher les moyens de les en préserver ? Car,
à supposer que l'on parvienne à découvrir
ces moyens , il seroit sans doute dangereux de les mettre en pratique , sur-touc
s'ils consistoient à intercepter 3 dans les
troupeaux , une transpiration qui , une
fois arrêtée, pourroit , comme dans le
corps humain, faire de grands ravages dans
les bergeries.
formant , comme
on vient de le voir , une ordion plus
salutaire que nuisible , à quoi bon rechercher les moyens de les en préserver ? Car,
à supposer que l'on parvienne à découvrir
ces moyens , il seroit sans doute dangereux de les mettre en pratique , sur-touc
s'ils consistoient à intercepter 3 dans les
troupeaux , une transpiration qui , une
fois arrêtée, pourroit , comme dans le
corps humain, faire de grands ravages dans
les bergeries. Les laines d'Espagne sont les seules que
l'on emploie pour les draps superfins: encore faut-il les choisir entre les piles les
plus renommées , car toutes les contrées
d'Espagne ne sont pas égales dans leurs
produ&ions* Les laines d'Angleterre , & celles qui se --- Page 90 ---
1 ( 84 ) tirent du Nord n'ont nulle analogie avec
les laines d'Espagne. Les premieres ont une
excellentepropriété pour les étosses seches,
'mais elles Íonr peu propres à draper en fin.
Celles du Nord ne leur sont pas moins de
beaucoup inférieures, & communément
ne s'emploient en France qui pour lisieres
Eperons que les soins infatigables de
tant de respectables citoyens qui , à la
gloire de la nation , consument leurs
veilles dans l'éducation des troupeaux ,
l'enrichiront un jour de ce tribut que nous
payons à l'Espagne , en donnant aux laines
de notre crû une qualité égale , malgré
la différence du climat qui sembloit s 'y
bpposer. VANROBAIS & Neveux. Not i. M. de Lormay à reçu aussi de
MM. Homassel & fils , fabricans à Abbeville , une réponse conforme à celle de
MM, Vanrobais : mais elle contient de
plus quelques observations très - importantes dont M. de Lormoy fera usaga --- Page 91 ---
( 85 ) [texte_manquant] dans le résumé qu'il se propose de don-,
ner à la suite de toutes les décidons qu'il
attend. Reponse de MM. les Gardes de la Manufacture d'Elbeuf aux questions proposées
par M dz Lormoy.. Elbeuf, 13 août 1785. Sit lana succida, esi la veille maxime
de nos aïeux , à laquelle nous tenons fortement, appuyés par une expérience-de r
pliîûeurs siecles. Et jusqu'à ce qu'il nous
ait été bien clairement démontré'que cette
maxime est une erreur, 7 nous regarderons
^
toujours comme un paradoxe toute opinion contraire. Le suint est, l'effet d'une
transpiration naturelle du mouton : donc
il est nécessaire. Nous croyons la conséquence juste. Les première, Seconde & troisieme qua- .
Ikés des laines fines d'Espagne sont celles
que nous employons dans notre fabrique. '
De toutes les laines de eotre Europe les --- Page 92 ---
(86) laines fines d'Espagne sont, sans contredit , & de l'aveu des fabricans de toutes
les nations , les plus douces , les plus fines
& en même-temps les plus fortes par leur
ressort elastique, & les seules propres à la
Íabrication des draps fins & superfins. Or ,
si elles possedent ces qualités dans un trèshaut degré , malgré l'énorme quantité de
suint dont elles sont chargées, puisqu'un
quintal de ces laines surges ne rend que
quarante livres après le lavage & le dégrais,
n'est-on pas forcé de convenir que cette
abondance de suint ne leur est pas nuisible?
temps les plus fortes par leur
ressort elastique, & les seules propres à la
Íabrication des draps fins & superfins. Or ,
si elles possedent ces qualités dans un trèshaut degré , malgré l'énorme quantité de
suint dont elles sont chargées, puisqu'un
quintal de ces laines surges ne rend que
quarante livres après le lavage & le dégrais,
n'est-on pas forcé de convenir que cette
abondance de suint ne leur est pas nuisible? Loin d être un fléau pour la fabrique des
draps, c'est au contraire un mérite, & un'
mérite nécessaire. De toutes les opéta- "
tions usitées pour amener un drap à sa
perfection, la premiere, & qui est trèsimportante, est de dégraisser parfaitement
la laine, c'est-à-dire 3 d 'achever de la purger du suint qui y est reflé après le lavage
fait en Espagne. De la perfeaion ou de
l'imperfection de cette premiere opération --- Page 93 ---
r 87 y F4 dépend la perfe&ion ou l'imperfection du
drap. Il est inutile d'entrer dans le détaildes bons ou mauvais effets qui en résultent;
il suffit de dire , avec tous les fabricans du
monde, que plus une laine est chargée dé
suint, mieux on réussit à l'en purger entièrement au dégrais ; au contraire, moins
die en est chargée, plus difficilement on:
parvient à l'en détacher. C'est une de cesvérités incontestables que l'expérience confirme tous les jours , & qui n'a plus besoin
de preuve ; donc,fit lana succida. Les laines d'Angleterre , quoiqu'avec
beaucoup de mérité, n'entrent point ici,
ni même en Angleterre , dans la fabrication des draps superfihs. Comme laine
aigre & seche , mais longue, une &" luifante 3 l'emploi en est réservé pour les camelots , îïarracans , berges, &c. - - Pour les laines du Nord , celles de Hollande & de Flandre exceptées, la plupart
sont si loin de la qualité de celles d'Angleterre, qu'elles n'entrent que dans les étoffes
les'plus communes. --- Page 94 ---
( S8 )• Nous saisissons c&tte occasion pour re;
mercier M. Roland de la, Platiere des.
excellentes instructions qu'il nous a données sur la fabrique des draps dans la partie
du commerce dont il s'est chargé pour
l'Encyclopédie; pour remercier M M. d'Au.,
benton, d'Isjonval & vous , Monsieur , du
zele des veilles des . travaux auxquels
vous ne çe/Tez de vous livrer pour lamélioration des, laines de France. Du choc de
vos opinions sortira la lumiere. Le succès,
vous attend ; & la reconnoissance de vos.
compatriotes sera votre récompense. r Nous avons l'honneur d'être., avec la:
plus parfaite estime, vos très-humbles &
très-obéissans servireurs , les gardes en
charge.de la fabrique des draps d'Elbeuf,
JOSEPH FLAVIGNY , CONSTANT DURUFLÉ , JACQUES-PIERRE DELACROIX. ... "; ? !, ^ ... i - Paris, 21 août 1785. * , L . Je n'ai, eu d'autre but, monsieur > en.
combattant les assertions de MM. Dau- --- Page 95 ---
(• - 89 - y, benton & Quatremere d IsjohVaî, que d'éclairer les cultivateurs & leur tracer une.
route certaine, en prouvant & en démon-),
trant, par des expériences réitérées & des
faits authentiques , que le ieul moyen
d améliorer les laines en France, étoitd'yintroduire des brebis & des béliers des pays
étrangers, d'en iuivre les produirions, &
sur -tout de ne tirer race des mâles métis
- y, benton & Quatremere d IsjohVaî, que d'éclairer les cultivateurs & leur tracer une.
route certaine, en prouvant & en démon-),
trant, par des expériences réitérées & des
faits authentiques , que le ieul moyen
d améliorer les laines en France, étoitd'yintroduire des brebis & des béliers des pays
étrangers, d'en iuivre les produirions, &
sur -tout de ne tirer race des mâles métis . 1 qu'à la septième génération. • J ai en fécond lieu soutenu 3 d'après mes
expériences, qu'il faut des abris aux bête*
à.laine, sur-tout dans les provinces sep-;
tentrionales de la France, parce que dans
IIhi ver les frimats , les neiges fondues , les
pj.uies continues causent de grandes maladies aux bêtes à laine , & souvent finissent
par les faire périr. Cependant , je n'ai pas voulu être juge'
dans ma propre cause , j'ai sournis ma lettre sur les bêtes à jajne 3 MM. de 1,1 saculté
de Paris, qui ont repondw d'une maniéré
non équi voque , en approuvant tout ce
que j'a vois avancé. --- Page 96 ---
< 90 ) Il en a été de même pour la tecondedis.
cufîion, concernant le suint : j'ai avancé
que les bêtes à laine qui couchoiènt dehors
toute l'année, dans les provinces septentrionales de France, avoient peu de suint,
conséquemment que la laine en étoit dure
3c seche, qu'elle ne prenoit que médiocrement la teinture & n'avoit point les qualités requises pour les oùvrages superfins. M. Quatremere d'Isjonval, se di san!'
d accord avec M. Daubenton, a soutenu
au contraire que le suint est un fléau pour
la fabrication, qu'il est absolument nuisible
à la laine, 8c que la base d'une bonne éducation pour les bêtes à laine, est de l'éviter ; il a même proposé de faire décider la
question par les entrepreneurs des six premieres manufactures de France auxquels
M'M. Daubenton & d'I*jonval ont donné
de leurs laines pour y être mises en fabrication. J'ai accepté pour arbitres de ces'
différens, non - seulement les six manu^'
faCturiers proposés par M. Quatremere, --- Page 97 ---
( 91 ) . mais tout le corps entier des manufactures
du royaume. Examen fait * MM. les manufacturiers
ont décidé que le suint étoit absolument
nicessaire, non-seulement pour conservet
la laine, mais encore pour lui donner toutes les qualités requises pour les ouvrages
fins & superfins; que plus le suint étoit
abondant, plus il étoit aisé de préparer les
laines à recevoir tous les apprêts & à
prendre la teinture également. Ils ont
ajouté que les laines d'Angleterre & celles
du Nord sont aigres, dures & seches, &
qu'elles ne s'emploient point dans les fabriques de draps fins & superfins ; enfin,
ils s'accordent à dire que si MM. Daubenton & Quatremere ont obtenu des draps
superfins des laines qu'ils ont envoyées
aux manufacturiers en égale qualité des
laines d'Espagne, ainsi qu'il en est fait mention dans la gazette de France du 19 de ce'
mois, c'est que cette laine n'est point nationale, c'est-à-dire, provenue des bêtes à •
'elles ne s'emploient point dans les fabriques de draps fins & superfins ; enfin,
ils s'accordent à dire que si MM. Daubenton & Quatremere ont obtenu des draps
superfins des laines qu'ils ont envoyées
aux manufacturiers en égale qualité des
laines d'Espagne, ainsi qu'il en est fait mention dans la gazette de France du 19 de ce'
mois, c'est que cette laine n'est point nationale, c'est-à-dire, provenue des bêtes à • --- Page 98 ---
( l ) laine nées en France de la deuxième ou troisieme génération , ou que les bêtes à laine,
qui la portoient ont couché à l'abri dans les
mauvais temps; on peut même citera ce.
suiet des faits connus. M. Bertier , intendant de Paris, a fait à Alfort, près Paris *
11n établiiTement de bêtes à laine, composé
de plusieurs beliers & brebis d'Espagne ,
du RoufUilon, &c. suivant les principes
de M. Daubenton; c'est-à-dire, qu'ils doivent coucher dehors toute Tannée ; mais?
M. Daubenton , convaincu sans doute que
la dissérence de notre climat avec celui
dç l'Espagne devoit en apporter une égale,
dans l'éducation des bctes à laine, a cru
nécessaire , quoiqu'il aJure ne pas avoir
tisé de cette précaution à Montbard, d'ajouter à l'établissement d'Alford un hangard
ou un abri où ion troupeau va se réfugier
l'hiver & dans le mauvais temps. M. l'archevêque .de'Bourges a aussi formé un établisîement en grand de bêtes à laine, dans
son parc, près la ville de Bourges ; mais il
y a fait construire un abri, divise en quatre,. --- Page 99 ---
( 93 ) 011 il fait coucher aussi ses troupeaux pendant l'hiver & dans le mauvais temps. Mais quand même il seroit possible de (e
flatter d avoir en France des laines superfines , en laissant coucher les bêtes dehors
toute l'année & sans abri, cette méthode
ne seroit pas plus dans le cas d'être adoptée,
puisqu'elle ne pourroit être suivie que par
les gens riches, & non par les indigens.
La crainte des loups empêchera toujours
les petits fermiers & les simples colons de
laisser coucher dehors toute L'année leurs
troupeaux , parce qu'ils ne seroient pas
dans le cas de construire de vastes enceintes
pour les y laisser en liberté & en sûreté,
MM. Daubenton & d'Isjonval , pour appuyer leur principe de faire coucher les
bêtès à laine dehors toute l'année, & sans
abri, ont essayé de le faire le long d'un
mur à l'abri du nord, entouré de palissades,
où leur troupeau étoit couché sur sa fiente
& son urine. Mais cette expérience n'a point
prouvé leur assertion ; puisque ce troupeau
est resté galeux, & n'a donné qu'une laine
. Daubenton & d'Isjonval , pour appuyer leur principe de faire coucher les
bêtès à laine dehors toute l'année, & sans
abri, ont essayé de le faire le long d'un
mur à l'abri du nord, entouré de palissades,
où leur troupeau étoit couché sur sa fiente
& son urine. Mais cette expérience n'a point
prouvé leur assertion ; puisque ce troupeau
est resté galeux, & n'a donné qu'une laine --- Page 100 ---
( 94 ) dure & seche t sans aucune apparence de
suint, ensorte qu elle n'a pu se garder l'efpace de trois mois sans être mangée par la
vermine. Je me crois donc fondée d'après toutes ces
observations, didées par mon expérience,
& a après le suffrage de quelques membres
de la faculté de médecine , & des premiers
manufacturiers du royaume, à persister dans
les principes que j'ai mis en avant, tant sur
la nécessité d'introduire en France des beliers & des brebis des pays étrangers, pour
en améliorer les productions, que sur celle
<3e donner des abris aux bêtes à laine, sur-
-tout dans les provinces septentrionales ,
afin de rapprocher leur éducation de celle
qu'ils recevoient dans les pays méridionaux. Je crois avoir suffisamment développé & appuyé ces principes pour éclairer
les cultivateurs, & les préserver des erreurs
dans lesquelles des assertions contraires auroient pu les faire tomber. Puissent mes
efforts avoir l'effet que j'ai eu pour but en
écrivant! j'aurai rempli ma tâche, & les --- Page 101 ---
( 91 ) avantages qui en résulteront pour ma patrie seront la récompense la plus chere à
mon cœur. Je suis, &c. DE LORMOT. Les lecteurs de ce journal ont déjà eu
les preuves les plus convaincantes de la
certitude des principes de M. de Lormoy
sur la nécessité du suint, & sur l'éducation
des bêtes à laine , par les attestations qui
lui ont été adressées de diverses manufactures. Il en a encore reçu de nouvelles qui
sont toutes en sa faveur ; & cela doit être,
puisqu'il a pour lui la raison & l'expérience. Nous ne croyons pas devoir transcrire
ici tout au long ces nouvelles attestations
qui lui ont été adressées de Reims , de Châteauroux > & de Carcassonne , parce qu'elles s'accordent avec celles qu'on a déjà
hies, & qu'elles disent à - peu - près la
même chose. Mais, comme elles offrent
des observations essentielles , nous ne devons pas négliger de les faire connoître. « Trois causes , écrit de Reims M. Dé. --- Page 102 ---
( 96 )
croyons pas devoir transcrire
ici tout au long ces nouvelles attestations
qui lui ont été adressées de Reims , de Châteauroux > & de Carcassonne , parce qu'elles s'accordent avec celles qu'on a déjà
hies, & qu'elles disent à - peu - près la
même chose. Mais, comme elles offrent
des observations essentielles , nous ne devons pas négliger de les faire connoître. « Trois causes , écrit de Reims M. Dé. --- Page 102 ---
( 96 ) rode, concourent pour donner à la laine
le Joyeux , la finesse & le ressort si recherchés dans cette matiere ; & ces-caules sont
le climat, le pâturage & l'espece. L'Espagne ayant, par sa posnion & la nature
de son sol, le climat & le pâturage par
excellence, la bonne espece s'y est perfectionnée au point qu'elle n'a pas &
n'aura point d'égale jusqu'à ce qu'on ait
trouvé un climat & des productions équi.
valens. Ceux qui, parce qu'ils ont vu un
belier de M. Daubenton, croient que la
laine qu'ils récoltent sur les moutons qui.
en proviennent est de la laine d'Espagne,
font bien dans l'erreur. Le changement
d'espèce seul ne produira pas une qualité
de laine semblable , -dans ses effets , à la
prime Ségovie, ni à la Ségovienne, &c.
iMais je suis bien persuadé que si on suivoit
les principes que vous indiquez pour former de nouveaux troupeaux il en résul.
teroit un changement marqué & avantageux dans la qualité des laines de France ;
& la bonification de cette matiere si néces--
ï \ . saire --- Page 103 ---
( 97 ) G faire ne seron-elle que de moitié du point,
où la portent les enthousiastes, il s'ensuivroit un avantage assez réel pour engager
le gouvernement à s'en occuper ». La communauté des fabricans de draps
de Châteauroux, assemblée le 21 août
dernier , a décidé que « le suint nourrit la
laine. Plus elle est fine , plus elle est chargée de suint : moins une laine a de suint,
plus elle est molle, seche & dure. Ces
principes certains sont confirmés par l'expérience ; & à leur appui, la communauté observera que dans ce moment elle
a sous les yeux des laines de moutons de
Berry , de la race la plus fine, qui ont
parqué cette année dans les environs d'Orléans , & que ces laines ont perdu de leur
élasticité, de leur douceur , & même de
leur finesse. La même dégénération , à
quelques nuances près , se fait aussi remarquer dans les laines des moutons que
l'on pousse à l'engrais. Il peut se faire que
des pâturages plus abondans y contribuent : mais cette cause n'est que secon- --- Page 104 ---
(98 ) daire; & la premiere , à l'avis de la communauté , provient de ce que les moutons
étant plus exposés aux intempéries de l'air,
la pluie , l'humidité & les rosées interceptent la transpiration , & s'opposent au
progrès du suint. Aussi, ces laines qui perdent infiniment moins au lavage , ne sontelles pour l'ordinaire achetées que par desmarchands qui les font passer dans les différentes fabriques du royaume ».
(98 ) daire; & la premiere , à l'avis de la communauté , provient de ce que les moutons
étant plus exposés aux intempéries de l'air,
la pluie , l'humidité & les rosées interceptent la transpiration , & s'opposent au
progrès du suint. Aussi, ces laines qui perdent infiniment moins au lavage , ne sontelles pour l'ordinaire achetées que par desmarchands qui les font passer dans les différentes fabriques du royaume ». M. Tabouriech, direaeur de la manu-,
faefure royale de Pennautier , à Carcassonne , & qui a une expérience de cinquante années , déclare aussi que le suint
contribue essentiellement à la finesse, à la
bonté & à la conservation de la laine ; 8c
il ajoute qu'il est d'une nécessité absolue de
laisser croître la laine jusqu'à la toison , en
lui conservant son suint dans son entier.
Il fait à ce sujet une observation qui mérite la plus grande attention de la part
des propriétaires qui élevent des troupeaux , & non moins utile aux fabriques
qui mettent les laines en œuvre ; f4 c'cst de --- Page 105 ---
( 99 ) G 2 faire la toison au point de maturité déterminée. Si cette opération est précoce , la
laine est tendre & ne soutient que difficilement le filage : dans le contraire d'une
maturité consommée & vieillie , elle jau.
nit, se feutre, & devient incapable de
perfe&ion ». Paris , Décembre 1785; J'ai lu , Monsieur , avec grand plaisir J
dans le Journal de Paris, du 5 du courant,
un article ; & le voici. Il a paru à M. Daubenton que les laines
superfines ont plus de suint que les laines
grossieres : il croit que cette graisle rend la
laine plus on&ueuse, plus moëlleuse , &
peut-être plus fine ; voilà les expressions
dont ce savant académicien se sert pour se
rendre. de mon avis, ainsi que de celui de
MM. les entrepreneurs des manufactures
du royaume qui ont constaté ce que j'avançois par les certificats les plus authentiques, lors de notre discussion sur l'édu;
cation des bêtes à laine. --- Page 106 ---
( 100 ) Je soutenois, comme MM. les entrepreneurs des manufaaures , que sans suint
point de laines superfines ; que sans suint
les laines étoient dures & seches : ainsi il
résulte de cet aveu que M. Daubenton
convient actuellement que, pour avoir
des laines superfines, il faut que les bêtes
aient des abris dans les mauvais temps ,
puisque ce sont ces mauvais temps qui
interceptent leur transpiration , conséquemmenr qui empêchent le suint de
monter depuis la naissance de la laine jusqu'au bout ; ce qui la rend dure & seçhe:
à plus forte raison ces animaux couchant
dehors sur leur fiente & leur urine, enfin
dans la fange , ne peuvent procurer que
des laines grossieres & non superfines. Je le répète , Monsieur t avec grande
satisfaction , que l'aveu de ce célébré acad¿micien lui fera beaucoup d'honneur,
& je ne doute nullement aujourd'hui qu'il
ne se rende de mon avis, pour l'accouplement des bêces à laine, je veux dire de
ne tirer race que de beau en beau , après
s être procuré les preiaieres espèces, & --- Page 107 ---
( ) G 3 qu'enfin on ne peut faire rien de bien &
de parfait avec du médiocre.
Monsieur t avec grande
satisfaction , que l'aveu de ce célébré acad¿micien lui fera beaucoup d'honneur,
& je ne doute nullement aujourd'hui qu'il
ne se rende de mon avis, pour l'accouplement des bêces à laine, je veux dire de
ne tirer race que de beau en beau , après
s être procuré les preiaieres espèces, & --- Page 107 ---
( ) G 3 qu'enfin on ne peut faire rien de bien &
de parfait avec du médiocre. Je m'empresserai toujours à rendre hommage au zele & aux vues patriotiques de
ce grand homme. Je suis, &c. LORMOY. Paris, iç Décembre 17%. J'ai l'honneur, monsieur, de vous envoyer la copie d'une lettre de mon frere,
que je viens de recevoir. « Vous n'aurez
» pas vu, mon cher ami, du merveilleux,
t, en voyant les turneps que je vous ai enM voyés; mais ils ont été faits un peu tard,
» parce que j'attendois de jour à autre
» de la pluie : j'en aurai sûrement de plus
» beaux l'année prochaine, parce que je
» vais faire préparer des terres à ce su jet, &
» que j'en ferai semer suivant vos principes
» annoncés dans votre brochure. Cela ne
» m'empêchera pas d'en semer également
» après les grains de mars. Quoi qu'il en
" foit, j'aurai toujours de quoi nourrit --- Page 108 ---
( 102 ) 1 D tous mes gros bestiaux, qui sont en grand
nombre, comme vous savez, jusqu 'à la
fin de mars, quoique je leur en donne
*> chacun trente livres par jour. Cesani-
» maux les préferent à tous les autres four- » rages. Les bêtes à laine, ainsi que les
» cochons , ne les mangent pas avec moins
»d appétit. L'on ne sauroit donc trop
* multiplier cette denrée, qui est au-dessus
« de tout ce qu'on peut imaginer pour la
» nourriture des bestiaux; je dirai plus .,
» elle est excellente pour les hommes. » Signé GUERRIER. A Saint-Martin,
près Belejme au Perche , ce 4 Décembre.
» 1785 ". Vous voyez, monsieur, que je ne vous
ai rien annoncé qui ne fût exaft, & j'agirai
toujours ainsi. Je suis, &c. DE LORMOY, Nota, S'il est permis à l'auteur du journal de joindre son opinion à celle de M. de Lormoy & de M. Guerrier (on frère, qui --- Page 109 ---
-( 1 C;3 ) G 4 jouissent, à si juste titre, de la réputation
d'habiles & d'intelligens cultivateurs, il
dira qu'ayant vu des turneps, il n'est nullement surpris que les Anglois s'attachent
à cette espece de fourrages pour nourrir
leurs bestiaux. Ils doivent fournir une nourriture excellente, tant les feuilles, qui ont
plus de deux pieds de haut, que les racines , dont les grosses peuvent avoir trois à
quatre pouces de diametre. Il ajoutera qu'il
a mangé de ces turneps, préparés trèsamplement, & qui étoient d'un goût exquis , bien supérieur à celui des navets
qu'il a vus en France. Il est donc intéres.
sant de se procurer de la graine de ces turneps d'Angleterre , qu'on ne 'doit pas confondre avec les raves, rabioules, &c; Ce
fera une vraie acquisition pour le royaume.
grosses peuvent avoir trois à
quatre pouces de diametre. Il ajoutera qu'il
a mangé de ces turneps, préparés trèsamplement, & qui étoient d'un goût exquis , bien supérieur à celui des navets
qu'il a vus en France. Il est donc intéres.
sant de se procurer de la graine de ces turneps d'Angleterre , qu'on ne 'doit pas confondre avec les raves, rabioules, &c; Ce
fera une vraie acquisition pour le royaume. --- Page 110 ---
( 104 ) Copie de la Lettre de M. de Lormoy à
M. Descemet ct à M. Verdier, Docteurs en Médecine, sur le lait provenant
des vaches qui Rangent des turneps. Paris, 23 Décembre, 178J. Je viens, messieurs , de recevoir une
lettre de mon frere, dans laquelle il s'explique, en ces termes, à l'occasion du laitage provenant des vaches nourries avec les
turneps. « Notre crême, en ce moment,
» eit, aussi délicieuse que celle du mois
» de mai . & aussi parfaite que celle de
» Londres ». J'en conclus que cette crème, délicieuse
dans cette saison, doit procurer un grand
avantage, à tous égards, à ceux qui seroient pressés de prendre le lait, sans attendre le printemps. On ordonne Couvent des
bouillons de navets à ceux qui ont la poitrine affe&ée ; & ces turneps > ou gros navets, ayant servi à la nourriture des vaches,
doivent faire, à leur égard, les mêmes --- Page 111 ---
( 105 ) effets que, les herbes du mois de mai ; 'està dire , donner à leur lait la perfe&ion qui
réiulte de la bonne nourriture. Cette observation peut aussi s'appliquer aux enfans
nourris du lait de vache. Le lait de celles
qu'on nourrit avec des turneps ne fent point
le fourrage ( goût qui provient des nourritures seches ) : il est, au contraire, pur &
riche, & il doit donner à l'enfant beaucoup
de vigueur. Il est évident que l'Angleterre
ne doit ses grands succès, dans 1 éducation
des gros bestiaux & des bêtes à laine,
qu'aux turneps. Les brebis, en Angleterre, font communément deux agneaux d'une portée : là
mere & les enfans ne s'apperçoivent jamais
de la rigueur de l'hiver , lorsqu'on les entretient avec cette abondante nourriture,
qui leur donne un sang pur & doux. Je soumets, messieurs, ces réflexions à
vos lumiéres., comme je l'ai fait à l'égard
de celles concernant l'éducation des bêtes
à laine. Je vous supplie de me donner par --- Page 112 ---
t 10 6 ) cent votre avis-, avec la franchisç & la véracité qui distinguent toutes vos décidons. J 'ai l'honneur d'être , &c. ' Signé LORMOY. Réponse de M. Descemet ct de M. Verdier. Paris, 5 Janvier 1786.' Après avoir démontré s monsieur, d'une
maniere si évidente, l'es sècours que la culture des navets , appelles turneps, offre aux
agriculteurs, pour la nourriture des beftiaux pendant l'hiver, {ur - tout dans les
disettes de. fourrages, vous désireriez savoic
ce qu'on peut penser, en médecine, de
l'influence de cette nourriture sur les bestiaux eux-mêmes, & sur l'homme qui se
nourrit de leur chair & de leur lait. Nous
osons vous assurer, monsieur, que la médecine n'applaudira pas moins que l'économie aux' observations que vous avez si
utilement produites.
ure des beftiaux pendant l'hiver, {ur - tout dans les
disettes de. fourrages, vous désireriez savoic
ce qu'on peut penser, en médecine, de
l'influence de cette nourriture sur les bestiaux eux-mêmes, & sur l'homme qui se
nourrit de leur chair & de leur lait. Nous
osons vous assurer, monsieur, que la médecine n'applaudira pas moins que l'économie aux' observations que vous avez si
utilement produites. Les navets sont, en général,- une des --- Page 113 ---
( 107 ) substance's végétales qui contiennent un
mucilage abondant, & desr plus épurés.
Leur saveur douce & sucrée, & le rang
que cette plante tient parmi les cruciferes,
y démontre un principe légèrement a1kalin, propre à réveiller les forces digeftives, & même à inciser un peu le sang &
les humeurs. C'est ce principe qui fait, de
toutes les plantes crucifères, & particu iérement des navets, un mets délicieux pour
les bestiaux, qui, dans les prairies, les re- -
cherchent avec une avidité marquée, 8c
les mangent avec une espece de voracité. Ce mucilage, animé par ce principe,
n'est point embarrassé dans une partie ferreftre & filandreuse, comme dans les fourrages : sa dissolubilité démontre qu'il est
moins compare que dans la pomme de
terre & bien d'autres racines. Ces propriétés générales des navets se trouvent encore
avec plus d'énergie dans cette espece , con11ue sous le nom de turneps. On les réconnoît par leur forme plus ronde & moins
alongée par leur substance plus pulpeuse, --- Page 114 ---
( r08 ) par leur laveur plus delicate, & par leur
plus grande dissolubilité. Les navets, en
général, & les turneps, en particulier, sont
donc un des alimens les plus nourrissans,
les plus faciles à digérer, & les plus sains
pour les animaux comme pour l'homme.
Ils conviennent sur-tout aux gros bestiaux
& aux bêtes à laine, qui ont une chair plue
analogue à leur pulpe : ainsi , l'on peut
assurer que cette nourriture leur est aussi
salutaire qu'il el1 commode de la leurpro'
curer dans tous les temps. Mais que seront les chairs & le lait des
animaux ainsi nourris pendant un temps
aÍfez long ? Leur chair sera de meilleur
goût, plus succulente, très-faine & plus
nourrissante. Il en faudroit moins manger;
mais cette dissérence ne peut être assez
considérable pour mériter une grande
considération. Leur lait sera plus. abondant & plus agréable au goût; la crême
en sera plus légere & plus delicieuse; la
partie caseuse sera plus abondante , proportionnellement à la sérosité, autant à --- Page 115 ---
( 109 ) sause de la nature des navets > que parce
que les animaux qui s'en nourriront, auront moins besoin de boire qu'il leur est
nécessaire pour extraire le mucilage des
fourrages. Ces substances ne contra&eront
point ce goût désagréable qui leur vient
nécessairement de l'usage des fourrages. Les observations de M. votre frere confirment ces qualités annoncées par ia théorie médécinale. D'après cela , il eH: aisé de
répondre. L'expérience démontrera qu'avec
des turneps on obtiendra en hiver des
laitages aussi abondans, aussi délicieux &
aussi sains pour le moins qu'en été, avec
les meilleurs fourrages. Voilà , Monsieur,
notre solution sur votre premiere question.
nécessairement de l'usage des fourrages. Les observations de M. votre frere confirment ces qualités annoncées par ia théorie médécinale. D'après cela , il eH: aisé de
répondre. L'expérience démontrera qu'avec
des turneps on obtiendra en hiver des
laitages aussi abondans, aussi délicieux &
aussi sains pour le moins qu'en été, avec
les meilleurs fourrages. Voilà , Monsieur,
notre solution sur votre premiere question. Vous nous demandez , en second lieu
si le lait des bestiaux nourris avec les
turneps peut être bon aux enfans qui ont
perdu leur mere ou leur nourrice. Les
bons médecins assurent que le lait de
vache & celui de brebis conviennent, ea
général, moins aux enfans que celui d'une
\ --- Page 116 ---
( 110 ) femme fraîchement accouchée , parce que
leur lait plus épais se digere moins aisément, & peut trop épaissir le sang &' la
lymphe. Il faut avouer que le lait de ces
animaux nourris avec les turneps, étant
encore plus jépais, leur conviendra moins,
sur-tout dans la premiere année de leur
vie : mais dans ces cas, qui sont rares ,
on peut substituer le lait de chevre; celuici est peut-être aussi épais, il est vrai ;
mais sa gélatine est jointe à un principe
aromatique, qui augmente les fortes digestions de l'estomac , des intestins & des
vaisseaux , en raison des résistances que la
gélatine compare leur oppose. Au reste ,
1e lait de vaches , nourries de turneps, conviendra bien mieux aux enfans de tout
âge, que ces bouillies & soupes qu'on
fait entrer dans leur régime. On pourra le
couper avec de l'eau sucrée, qui a la propriété de dissoudre le mucilage & la gélatine.. Vous nous demandez enfin , Monsieur, si le vait de vaches nourries de --- Page 117 ---
( tlt ) turneps, en hiver, ferait aussi bon que celui
du printemps pour les personnes foibles
& délicates, pour les pulmoniques, &
autres menacées ou attaquées de phthisie,
pour celles qui sont tombées dans une
grande maigreur, après des maladies longues. Dans ces cas, il s'agit de nourrir
puissamment, 8c d'adoucir sans qu'il en
coûte un grand travail à l'estomac . pour
extraire un bon chyle d'alimens d'une
substance tenace ,, & aux poumons, pour
convertir en sang un chyle encore imprégné de parties hétérogenes. On donne
le lait alors, parce que c'est un chyle tout
fait & très-pur. Or le lait formé par le
mucilage des navets étant un des laits les
plus purs , les plus nourrissans & les plus
sains , il convient encore mieux que celui
qu'on obtient avec les fourrrges ordinaires ; & bien loin qu'en hiver il faille -,
lorsqu'on peut se procurer des turneps,
attendre le printemps pour nourrir les
personnes valétudinaires, cacochymes ou
hétiques , peut-être vaudroit, - il mieux, --- Page 118 ---
( III ) au printemps & en été , nourrir avec
les navets les vaches dont on leur fait
prendre le lait. Ces observations démontrent, Monsieur , les grands avantages que vous procurez à la nation , en lui apprenant à allier
& à substituer les turneps aux fourrages,
pour la nourriture des bestiaux, dans toutes les faisons. Ces avantages sont inappréciables , puisqu'on n'aura plus à rédouter les disettes de fourrages, comme on a
lieu jusqu'à ce jour.
) au printemps & en été , nourrir avec
les navets les vaches dont on leur fait
prendre le lait. Ces observations démontrent, Monsieur , les grands avantages que vous procurez à la nation , en lui apprenant à allier
& à substituer les turneps aux fourrages,
pour la nourriture des bestiaux, dans toutes les faisons. Ces avantages sont inappréciables , puisqu'on n'aura plus à rédouter les disettes de fourrages, comme on a
lieu jusqu'à ce jour. Nous sommes , avec les sentimens les
plus distingués &c. Signés DESCEMET ,
Docteur-Régent de la Faculté de Médecine
de Paris ; VERDIER , Conseilier-Médecin
du feu Roi de Pologne , ct Inflituteur de
jeunesse. • Nota. M. de Lormoy vient de recevoir
la lettre suivante de M. Guerrier, ion
frere. « Quelques rigoureuses qu'aient été
te les gelées ^ elles n'ont fait aucun tort
* aux turneps. Les feuilles ont repris leur
» verdure --- Page 119 ---
t 113 ) H » Verdure Órdinaire ; & de couchées qu'el-
» les étoient, eiles se relevent d'un tno- -
» ment à l'autre. Je m'empresse mon chet
» ami , de vous faire part de cette bonne
» nouvelle. En effet, je la juge telle pour
» l'accroissement de l'agriculture ». Voilà donc l'excellence , l'utilité des
turneps démontrées de toutes manieres.
L'Angleterre doit la pêrfe&ion & la supériorité de son agriculture à l'emploi qu'elle
en fait pour la nourriture des befiiaux.
Des médecins habiles ; dont on vient de
lire la réponsè , y trouvent des propriétés
inappréciables. Quelle obligation n'a-t-on
donc pas à M. de Lormoy , qui , excité
par un zele patriotique , & formé par une
lôngue expérience qu'il a partagée avec
M. son frere , nous les a fait connoître ,
en a enseigné la culture, & ne néglige rien
pour la faire adopter parmi nous ? Mais
il avoue ( & nous sommes dans ce moment les interpretes de ses sentimens) , il
avoue, avec la plus vive reconnoissafice ,
c¡u'il a trouvé , dans M. le contrôleur. --- Page 120 ---
( 114 ) général des finances, un ministre éclairé , qui , convaincu par lui • même de
tous les avantages qu'on peut tirer des
turneps , s'est empressé d'accueillir ses
idées , de favoriser ses vues , & se donne
des soins pour faire jouir la nation de ce
dernier bienfait. Extrait des regiflres de la société royale .,
dagriculture, du 7 août 1788. Rien ne prouve davantage l'utilité des
prairies artificielles & des plantes potageres comme le besoin présent des cantons
à bled qui ont souffert de l'orage du 13
juillet dernier. Lorsque les moissons en
herbe ou en grains sont frappées par la
grêle, flétries par la gelée, brûlées par le
hâle, ou anéanties par tout autre accident
qu'il n'est pas également au pouvoir de
l'homme de prévenir, si les cultivateurs
avoient toujours coniacré une certaine
étendue de terrain à ces plantes, ils ne seroient point, dans les momens de crise ,
led qui ont souffert de l'orage du 13
juillet dernier. Lorsque les moissons en
herbe ou en grains sont frappées par la
grêle, flétries par la gelée, brûlées par le
hâle, ou anéanties par tout autre accident
qu'il n'est pas également au pouvoir de
l'homme de prévenir, si les cultivateurs
avoient toujours coniacré une certaine
étendue de terrain à ces plantes, ils ne seroient point, dans les momens de crise , --- Page 121 ---
("5) , H 2 dénués absolument de toute ressource, &
dans le cas de se voir privés d'une nourriture facile & abondante , & d'un fourrage
nécessaire à leurs bestiaux. Ces cultivateurs
seroient du moins consolés par la douce
espérance de trouver, dans ce qui resteroit,
des supplémens de subsistance pour l'hiver,
puis des moyens de conserver le nombre
d'animaux nécessaires à leur culture & à
leur engrais ; enfin, ils auroient dans la
la vente des productions de leur basse-cour
de quoi fournir .à leurs principaux besoins
& réparer en partie leurs maux. On sait que l'extrême sécheresse de 1785,
qui n'épargna aucune de nos provinces,
fut infiniment moins désastreuse pour les
endroits qui, ayant beaucoup d'animaux à
nourrir, font dans l'heureuse habitude de
cultiver en grand les racines potageres ; il
n'est donc pas douteux, non plus , que si
le fléau du 13 juillet n'eût pas exercé ses
ravages particulierement sur les cantons
qui dédaignent en général toute autre production que celle des grains, le fort de leurs --- Page 122 ---
( .116 ) infortunés habitans ne fût moins à plaine
dre.. ê
Ces vérités incontestables que nous ne
cessons de répéter depuis douze ans, &
que M. de Lormoy a confirmées par de
noiiibreuses expériences, ont sans doute
déterminé cet estimable correspondant à
communiquer à la société quelques obiervations en. forme de lettres, dont nous
avons été chargés, MM. Tillet, l'abbé
Lefebvre, Crerté de Pallucl & moi, de lui
rendre compte. En labourrant une moindre étendue de
terrain & n'épargnant point l'engrais, M.
de Lormoy observe que c'est le moyen le
plus assuré de doubler les récoltes & de se
procurer beaucoup de pâture en toutgenre.
Il ajoute que les bestiaux étant la bafe
de l'agriculture , il faut s'attacher fpécialement à les multiplier, mais d'une maniere utile au royaume & aux cultivateurs.
Voici les moyens qu'il croit devoir proposer pour parvenir à ce but. Un fermier qui tient à bail une cense de --- Page 123 ---
( 117 ) H 3 400 1. de rente a ordinairement Íoixante
arpens de terre labourable, cinq arpens de
pré fauch able, & une petite pâture à bœuf:
tei esî: à peu près le terrein dont est compo
sée cette cense. Pour l'exploiter ce' fermier
a deux chevaux, quatre bœufs , trais ou
quatres vaches, une ou deux genisses , ufr
ou deux cochons, & trente bêtes à laine. Il ensemence vingt arpens en bled,- sejgle,
ou méteil, félon la nature du soi ; 20 arpens
en avoine, orge , pois ; & les autres vingt
arpens relient en repos pendant uneannéei
Comment ce fermier peut-il fumer vmgt
ârpens. avec peu de bestiaux, & les
nourrir avec auiTi peu de' fourrage Fautil bétonner de lu-médiocrité ordinaire de sa
récolte, & il ses .befliaux maigres pendant l'hiver, & presque- toujours petits &
.sans vigueur ? ♦
teil, félon la nature du soi ; 20 arpens
en avoine, orge , pois ; & les autres vingt
arpens relient en repos pendant uneannéei
Comment ce fermier peut-il fumer vmgt
ârpens. avec peu de bestiaux, & les
nourrir avec auiTi peu de' fourrage Fautil bétonner de lu-médiocrité ordinaire de sa
récolte, & il ses .befliaux maigres pendant l'hiver, & presque- toujours petits &
.sans vigueur ? ♦ Si au Ijeu- de tabourer vingt arpens par
faison, il n'en labourait que douze, & qu'il
ensemençât les autres en- prairies nature Fies
ou en sa in fora, luzerne, raygrass , trefle,
gros navets. pommei de terre-, bottera --- Page 124 ---
( 118 ) ves , &c. il recueilleroit une grande quantité de nourriture, ce qui le mettroit en
état d entretenir trois fois plus d'animaux,
qui ne mangeroient de paille que la quantité qu 'il leur en faut pour leur donner de
l'appétit ; le resse serviroit de litiere & retourneroit à l engrais. Ces animaux infiniment mieux nourris travailleroient davantage: la terre plus meuble rapporteroitconstamment de bonnes moissons , d'où il suit
qu 'il y auroit plus de grains & de bestiaux ;
que les fermiers, au lieu d'être toujours
aux prises avec la nécessité, se trouveroient
bientôt en état d avoir quelque chose en
avance pour subvenir aux besoins pressans
que les mauvaises années occasionnent.
On ne peut diiconvenir que ces réflexions
ne soient fondées sur les bons principes
d agriculture; il seroit à sou ha i ter que les
fermiers, mieux éclairés sur leurs plus
chers intérêts, fussent convaincus que les
récoltes abondantes dépendent moins des
grandes exploitations que de la maniere
d'y procéder, & que la multiplicité des --- Page 125 ---
( H ) H4 bestiaux corstitue les véritables richesses
rurales. Nous pensons que les vues de M.
de Lormoy sont celles d'un bon citoyen
qu'elles lui donnent des droits à la reconnoiflance publique & aux éloges de la société , qui ne sauroit trop l'inviter à continuer les efforts qu'il fait dans son utile établiflement, pour perfeaionner & étendre
en France les bonnes races de beitiaux, &
à faire part à la compagnie de ses obfervations, afin qu'elle puisse les répandre parla
voie de ses trimestres. Signé, TILLET, l'abbé LE FEBVRE ,
PARMENTIER , CRETTÉ DE PALLUEL. Je certifie cet extrait conforme à l'original ct au jugement de la société. BROUSSONET, secrétaire perpétuel. A Paris , ce 17 août 1789, --- Page 126 ---
( lao ) % A Rouen , çç 2,6 Mars 1789* Nous ne pourrions, Monteur , sans
manquer à la reconnoissance que nous
inspire votre amour 'du bien public j ne
pas vous remercier du cadeau que vous
voulez bien faire à la province, en donnant à M. le marquis de Socquence les
deux brebis que vous aviez dessinées à
M. le marquis de Conflans. Nous sommes
vraiment pénétrés de douleur de la perte
de çe digne & généreux citoyen ; elle esi
irréparable, Il ne nous avoit pas laissé
ignorer, Monsieur, ses liaisons avec vous j
nous savons que vous les dirigiez l'un &
l'autre vers l'amélioration commune du
bien le plus essentiel, celui de l'agriculture. Puisse , Mansieur , cette perte ne pas
nous priver de vos connoissances. Vous
avez, également un ami dans M. le marquis
de Socquençe dont le zele pour tout ce
qui peut faire l'avantage de son pays ne
irréparable, Il ne nous avoit pas laissé
ignorer, Monsieur, ses liaisons avec vous j
nous savons que vous les dirigiez l'un &
l'autre vers l'amélioration commune du
bien le plus essentiel, celui de l'agriculture. Puisse , Mansieur , cette perte ne pas
nous priver de vos connoissances. Vous
avez, également un ami dans M. le marquis
de Socquençe dont le zele pour tout ce
qui peut faire l'avantage de son pays ne --- Page 127 ---
( 121 ) nous permet pas de douter qu'il profitera
de toutes les instructions que vous voudrez bien lui donner , & qu'elles nous
feront communes. Nous vous prions in(-
tamment , Moniteur , de vouloir bien
correspondre avec lui sur ces différens
objets ; d'être bien persuadé de notre
reconnoilTance & du sincere attachement
avec lequel nous avons l'honneur d'être j
Monsieur, vos très-humbles & très-obéifsans serviteurs. Les députes comparant la commission
intermédiaire. SAINT-GER v AIS, vicaire général, GoYON, viçaire général. GVMAIIET. M, de Lormoy , à Rue * en Ponthieu. Paris i ce zo Mars T789* MONSIEUR, J'ai reçu toutes les lettres (lue vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, & j'en ai
fait lecture aux différentes assemblées de
la société. Comme elles contenoient plu- --- Page 128 ---
( 122 ) rieurs détails intéressans, la compagnie
avoit chargé deux de ses membres de lui
en présenter l'extrait, & j attendois que
ce rapport fût fait pour vous écrire. La
société me charge de vous remercier des
renseignemens que vous lui avez fait passer
sur la diftnbution que vous avez faite de
béliers de race angloise ; elle a applaudi à
la méthode que vous avez adoptée pour
parvenir à la régénération des bêtes à
laine dans notre province , & il ne lui
reste qu'à former des souhaits pour que
votre exemple soit imité dans les autres
cantons du royaume par des citoyens animés comme vous du desir de faire le bien.
Nous recevrons avec reconnoissance vos
observations sur la culture du colza ; il
seroit difficile de trouver un particulier qui
cultivât cette plante plus en'grand, &
qui pût communiquer des notions plus
exaftes que vous, Monsieur, sur sa culture. Nous comptons distribuer à notre prochaine assemblée publique, qui aura lieu --- Page 129 ---
( 12-3 ) 'en mai ou en juin, divers animaux. Quelques particuliers veulent bien nous donner
dans cette vue des bêtes à laine de race
espagnole, & on nous a promis aussi des
éleves de bêtes à cornes. Si nos fonds
étoient plus considérables nous tâche.
rions de nous procurer des bestiaux de
toutes les races , pour les donner en prix
à divers cultivateurs & propriétaires intelligens ; car notre but a toujours été d'adopter ce genre de prix par préférence
à celui des questions résolues par des mémoires ; mais il a fallu faire comme nous
avons pu , & d'ailleurs nous n'existons , à
proprement parler, que depuis le mois de
janvier dernier. Du reste, nous prions
tous les agriculteurs éclairés de nous fournir des matériaux intërelTans, & nous
promettons à ceux qui veulent bien nous
communiquer leurs découvertes d'en
faire part au public le plutôt possible. Vous
savez sur-tout que nous desirerions voir
s'étendre l'éducation des bestiaux, & je
puis vous assurer que c'est la partie vers
'ailleurs nous n'existons , à
proprement parler, que depuis le mois de
janvier dernier. Du reste, nous prions
tous les agriculteurs éclairés de nous fournir des matériaux intërelTans, & nous
promettons à ceux qui veulent bien nous
communiquer leurs découvertes d'en
faire part au public le plutôt possible. Vous
savez sur-tout que nous desirerions voir
s'étendre l'éducation des bestiaux, & je
puis vous assurer que c'est la partie vers --- Page 130 ---
( 124 ) laquelle nous dirigerons sur-tout nos efforts. Je vous remercie , Monsieur, des dé.
tai!s intéressans contenus dans votre lettre
du 12 du courant : votre maniéré d'élever
des poulets, me paroîtroit préférable à
toutes celles qu 'on emploie comtnunément , quand vous n'auriez pas même en
sa faveur le succès de l'expérience. Vous
avez, bien raison de dire que lorsqu'on
a une bonne méthode il est inutile d'en
chercher une autre. Cependant le procédé
employé par le gouverneur de la ménagerie , Pour engraisser les, dindes , peut
présèntcr quelques particularités qu'ii seroit
bon de cotin-oître » & je vais faire mes
efforts pour avoir des remeignemens ciiconstanciés sur la manutention de ces oifeaux. M. Parmentier,, qui connoît particulièrement les. opérations de M. -
& qui en a rendu compte à la société,
pourroit vous indiquer mieux que moi
les procédés qu'elle luit pour réduction
-de ses volailles. . Nous avons reçu avec reconoissance * , --- Page 131 ---
( 125 ) vos observations touchant les effets de la
gelée sur les poissons; tout ce qui a rapport
à l'hifloire de l'hiver dernier nous intéresse particulièrement, & nous raÍfemblons avec soin toutes les observations qui
tendent à constater les effets du froid sur lçs.
arbres & les plantes de différentes especes. J'ai l'honneur d'être, avec les sentimens
les plus distingués, Monsieur , Voire très-humble & trèsobéissant serviteur, BROUSSONET. P. S. Je reçois dans le moment les
échantillons de laine que vous m'avez
adressés & je m'empresse de vous en remercier. Extrait des regifires de la Société royale
d" Agriculture. Les commissaires nommés par la société
pour se rendre à la ferme de Bellevue >
& y examiner les vaches & brebis venues
de l'établissement de M. de Lormoy, en --- Page 132 ---
( 116 ) Picardie, en ont rendu un compte favorable. Suivant le rapport verbal qu'ils en
ont fait, ces animaux sont de ta plus
belle race ; le lait que les vaches fournifsent est des plus abondans, & la laine des
brebis, originaires d'Angleterre, est d'une
très-belle qualité. Certifié conforme au jugement de la
société. A Paris , ce 17 août 1788. BROUSSONET , secrétaire perpétuel. Si je ne me suis pas assez étendu > & si
je n'ai pas entré dans tous les détails qu'un
pareil objet exige, j'ai craint d'ennuyer.
J'ai même fait connoître , à ce sujet, que
des exemples valoient bien mieux que
tous les écrits du monde ; en conséquence,
j'offre à tous mes concitoyens de recevoir
dans mon établissement tous ceux qui me
seront envoyés par des personnes connues
& avec des lettres ou des certificats. J'assure
qu'il n'en coûtera rien pour y passer Je
temps nécessaire; au contraire, ils y se-
il objet exige, j'ai craint d'ennuyer.
J'ai même fait connoître , à ce sujet, que
des exemples valoient bien mieux que
tous les écrits du monde ; en conséquence,
j'offre à tous mes concitoyens de recevoir
dans mon établissement tous ceux qui me
seront envoyés par des personnes connues
& avec des lettres ou des certificats. J'assure
qu'il n'en coûtera rien pour y passer Je
temps nécessaire; au contraire, ils y se- --- Page 133 ---
( 117 ) ront nourris & gouvernés , sains comme
malades ; mais je préviens que je ne veux
chez moi que des gens qui travaillent &
cherchent à s mftruire, comme les gens
qui m'appartiennent. S'il est des moyens
plus sûrs, plus prompts & plus efficaces
pour parvenir au but que je me suis proposé, je supplie de vouloir bien me les
faire connoître, assurant & protestant que
je ne cherche qu'à me rendre utile. --- Page 134 --- --- Page 135 ---
MÉMOIRE S E R V A N T DE DOLÉANCES, POUR les Seigneurs & Propriétaires des
Terres enclavées dans les Capitaineries
Royales ; Où Y on prouve que la ChaJJe n'est point
un droit royal ; qu'elle n'appartient au
Souverain que dans [es Domaines ; que
r établissement des Capitaineries efl un
attentat au droit sacré de la propriété ;
qu'il efl de la juflice & de la sagesse du Roi
de les supprimer ou de les reflreindre du
moins aux terreins nécejjaires à Ces plaijîrs,
& de rendre aux Seigneurs de Fiefs les
parties connues fous le noni de Lieutenances,
qui ne sont, dans les mains des Capitaines,
qu'un objet honteux de lucre & de commerce,
au détriment de la propriété. Salus populi fuprema lex ejlo. --- Page 136 --- --- Page 137 ---
A 2 MÉMOIRE SERVANT DE DOLÉANCES, POUR les Seigneurs & Propriétaires des
Terres enclavées dans les Capitaineries
Royales. IL a déjà paru dans le public deux Mémoires sur les Capitaineries. L'un & l'autre
ont particulierement pour objet celle de
Fontainebleau, comme étant sans doute le
siége de tous les abus & de toutes les vexations. Le dernier est écrit avec force & con..
tient de grandes vérités $ mais l'Auteur
n'a-t-il pas manqué le but qu'il semble
s'être proposé ? Ce n'étoit pas seulement
l'adminillration des Capitaineries qu'il falloit censurer ; il falloit les combattre ellesmêmes & les saper par leur propre fondement. Il falloit s'occuper essentiellement de
.la chose & non des personnes ; car que font
les injures quand on a des raisons ? Pourquoi accuser publiquement les Capitaines
des fautes de leurs subalternes qu'ils --- Page 138 ---
X 4 ) eussent Virement punies , nous aimons à le
"croire, s'ils les eussent connues ? Les Grands
ont cela de commun avec les Princes , qu'ils
ne peuvent tout voir par eux -mêmes , dans
les administrations qui leur sont consiées -,
,& quoique les principes dune faine morale
& d'une bonne politique, les en rendent
responsables, n'y a-t-il pas trop de sévérité
à les dénoncer comme s'ils en étoient euxmêmes coupables ?
X 4 ) eussent Virement punies , nous aimons à le
"croire, s'ils les eussent connues ? Les Grands
ont cela de commun avec les Princes , qu'ils
ne peuvent tout voir par eux -mêmes , dans
les administrations qui leur sont consiées -,
,& quoique les principes dune faine morale
& d'une bonne politique, les en rendent
responsables, n'y a-t-il pas trop de sévérité
à les dénoncer comme s'ils en étoient euxmêmes coupables ? Ce n'est ni leur éloge , ni leur critique ,
que nous nous proposons dans ce Mémoire :
Etranger à toutes les Capitaineries -, n'y
possédant pas un pouce de terrein, ni en
fief, ni en roture ; sans aucun intérêt personnel , comme sans préventions, nous
allons examiner, de sang-Froid , avec les
yeux de la Loi, de l'Histoire & de la Raison, ce que c'est que le droit de Chasse
en lui - même : nous démontrerons que ,
ûiivant le droit naturel & le droit des
gens, l'exercice en est libre à tous les Citoyens -, que suivant le droit civil, il est
inhérent à la propriété ; qu'il n'est point un
droit royal ; qu'il n'appartient au Souverain que dans ses domaines ; que les
Capitaineries sont un attentat sormel au
droit de propriété ; qu'il est de la jut1ice &
de la dignité du Roi de supprimer celles --- Page 139 ---
( 5 )•
- - « A . t T A 3 ou ir ne chasle jamais, de restreindre les
autres aux seuls terreins- nécessaires à ses
p'aisirs , & de faire ceiler à jamais un trafic
honteux, qui deshonore depuis trop longtems les Chefs des Capitaineries, en rendant aux Propriétaires de Fiess les parties
connues , jusqu'à préctnt, fous le nom de
Lieutenances. L'Ecriture-Sainte , qui nous a transmis
l'histoire réelle du genre humain, s'accorde
avec la Fable pour prouver l'ancienneté
de la Chasse ; les Poëtes & les Historiens
de tous les tems & de toutes les Nations ,
l'ont célébrée. Qu'on, prenne , en effet ^
l'homme dès le berceau du monde , on letrouve Chasseur ; la nécessité de garantir ses
troupeaux & ses moissons le rendirent-"
après la chute d'Adam , l'ennemi déclaré
de tous les animaux que Dieu avoit créés
& soumis à sa domination : obligé- de leur
faire la guerre, il en étudia le caractère &:
l'allure, pour les sur prendre plus facilement,
il varia ses embûches ; il instruisit le cbieftr
son compagnon fidèle ; il dompta le cheval, il fabriqua le dard , éguisa la flèche ,
& bientôt tombèrent sous ses coups lelion , le tigre , le sanglier ; tout, jusqu'à La
tendre philomèle, devint la proie de son
adresse. &: de sa fureur -, les uns servirent --- Page 140 ---
(6) à sa nourriture ; les autres à son vêtement (i). Tous les Historiens & les Jurisconsultes
attestent que la Chasse étoit libre à tous les
hommes ; c etoit la plus ancienne manière
d'acquérir suivant le droit naturel , & suivant le droit des gens. Si nous consuîtons ensuite le Droit Ro—
main ? qui est la raison écrite, qui sous les
deux premières races de nos Rois, étoit
la principale , presque la seule Loi du
Royaume, & qui l'est encore d'une grande
partie de nos rovinces , nous voyons que
l'exercice de la Chasse étoit libre à tous ;
que chacun avoit le droit de chasser dans
fori héritage y & d'empêcher qu'aucun autre
n'y chassât (2).l
uîtons ensuite le Droit Ro—
main ? qui est la raison écrite, qui sous les
deux premières races de nos Rois, étoit
la principale , presque la seule Loi du
Royaume, & qui l'est encore d'une grande
partie de nos rovinces , nous voyons que
l'exercice de la Chasse étoit libre à tous ;
que chacun avoit le droit de chasser dans
fori héritage y & d'empêcher qu'aucun autre
n'y chassât (2).l ^ Ce qui s'observoit chez les Romains,
a.. ëte suivi en France . même depuis (1) Et terror vester ac tremor fit super cur.Ela animalia
terrœ ( & super omnes volucres cceli cum univerfis quer moventur Juper terram , omnes Pisces maris , manui vestrœ tratiti fnnt. Genese, chap. , v. % & 3. (2) " Omnia igitur animalia qua terra, , -nari , caIo car piuntur id efiferce , bestiœ volucres capientium fiunt. Quod enim ante nullius efi id naturali ratione occupanti
« conceditur nec interest quod ad feras t befiias & volu2) cres utrum in suosundo quisque capiat an in alieno. Ce sont
» les expressions de la Loi I" , ff. de acquir. rerum. domina
Plane , ajoute la Loi 3 , lui in alienum fundum ingrec) ditur venandi, aucûpandive gratiâ , pote si à Domino,
if st ita providerit t is jure prohiberi ne ingre diatur nt --- Page 141 ---
( 7 ) A 4 l'introduction des Fiefs & des Juilices ; la
ChalTe y a toujours été regardée, jusqu'à la
fin du 14 e siècle, comme appartenant au
droit des gens : elle n'étoit réservée ni au
Roi, ni aux Seigneurs , ni à la Noblesse ;
chacun en jouissoit sur ses possessions ; &
quiconque aura une idée de l'humeur belliqueuse qui dominoit alors les Francs, sera
convaincu qu'ils n'auroient pas souffert la
moindre restri&ion , la plus légère atteinte
à un exercice dont ils étoient si jaloux. Les premières Loix de la Monarchie
contiennent des Réglemens sur la Chasse ;
mais aucune ne la défend -, toutes supposent,
au contraire , la liberté de cet exercice. La Loi Salique défend de rien voler, de
rien soustraire de ce qui dépend de la
Chane , de tuer ou voler un cerf domeftique , apprivoisé pour la Chasse , sous
peine de 48 sols d'amende ; de tuer ou voler
un cerf fatigué & poursuivi par les chiens
d'un autre, sous peine de 18 sols d'amende ;
& la même peine est prononcée pour raison d'un sanglier. Le titre 42 de la Loi des Ripuaires contient à peu près les mêmes Réglemens ;
mais, nous le répétons, aucune de ces Loix
ne restreint la liberté naturelle de la ChasTe. Quelques Auteurs, & notamment M. Po.. --- Page 142 ---
- C 8 ) thier, Traité du domaine de propriété ;
Rousseau & Henriquès , qui ont rédigé
l'ancien & le nouveau Code des Charles,
ont prétendu cependant que la Chasse étoit
un droit royal, résidant essentiellement dans
la personne du Roi, comme propriétaire
primitif de tous les Fiefs & de toutes les
Justices du Royaume, & comme premier
Seigneur Suzerain ; que sa qualité de Souverain lui donnoit le droit de s'emparer
privativement des choses qui n'appartenoient à personne , comme les animaux
sauvages , & que tous ceux qui avoient aujourd'hui droit de Chasse ne le tenoient
que de sa permission.
Chasse étoit
un droit royal, résidant essentiellement dans
la personne du Roi, comme propriétaire
primitif de tous les Fiefs & de toutes les
Justices du Royaume, & comme premier
Seigneur Suzerain ; que sa qualité de Souverain lui donnoit le droit de s'emparer
privativement des choses qui n'appartenoient à personne , comme les animaux
sauvages , & que tous ceux qui avoient aujourd'hui droit de Chasse ne le tenoient
que de sa permission. Cette assertion choque toutes les notions : les monumens de lTiistoire, les anciennes Loix relatives à la Chasse , & les
Auteurs qui ont le plus approfondi cette
matiere, s'accordent pour la démentir. Comme propriétaire primitif des Fiefs*&
des Justices du Royaume, la Chasse ne
pourroit appartenir au Roi qu'autant qu'elle
lui auroit été réservée par le titre de concession ; sans cela le bail à Fief a transmis la
Chasle avec tous les autres attributs de la
propriété. Comme Souverain, il n'a droit de revendiquer les choses qui n'ont pas de maîtres , --- Page 143 ---
( ) que sur les propres domaines : par-tout
ailleurs, elles appartiennent aux Hauts-Justiciers qui exercent une portion de la puifsance publique. Enfin , comme premiM'Suzerain dit
Royaume , le Roi peut bien à la ligueur
avoir le droit de chasser en personne sur
les terres qui relevent nuement de la Couronne ; mais il ne peut avoir celui d'y
chasser exclusivement ; il n'a pas plus le
droit d'en priver le Seigneur de Fief, qu'il
n'a celui d'attenter à ses autres propriétés. Cette discussion obligera de remonter
à l'origine des Fiefs, & de parcourir les différentes révolutions qu'ils ont eiTuyées. Ce
n'est que par-là que l'on peut bien connoître
la fausseté du principe posé par les auteurs
que nous venons d'indiquer ; & , malgré
l'envie extrême que nous avons de rapprocher & resserrer nos idées sur l'objet imlnédiat que nous traitons, il esl impossible de
nous dispenser d'examiner la manière dont
les Fiefs se sont formés ; l'époque & les
charges de la concession primitive. Les
principes une fois établis, les conséquences
se présenteront d'elles-mêmes. » C'eji un beau fpeclacle, dit M. de Montesquieu, tome 3 , livre 30, chapitre 1er de
l'Esprit des Loix , Y, que celui des Loix féo- --- Page 144 ---
( 1O ) » dales. Un chêne antique s eleve ; I 'œil
» en voit de loin les feuillages; il approche,
» il eg yoit la tige , mais il n'en apperçoit
» point les racines ; il faut percer la terre
» pour les trouer (i). Nous n'avons que des conje&ures sur
l'origine des François ; qu'ils viennent de
Pannome , du Nord ou des Provinces voifines des Palus méotides , ils habitèrent,
suivant M. l'Abbé de Mably , la Germanie
assez long-tems pour en prendre les mœurs
& le gouvernement. La guerre & la Chasse étoient leur seule
occupation ; leurs troupeaux & les esclaves
qui en prenoient soin, faisoient toutes leurs
richesses. Les Romains, qui craignoient leur valeur farouche, tenterent de les civiliser ,
pour les amollir : après avoir obtenu quelque
avantage sur eux, ils voulurent les aHujettir à cultiver la terre & leur inspirer
l'amour du repos, en les attachant au pays
qu'ils habitoient. Mais leurs forces furent à
peine réparées , qu'ils secouerent ce joug ;
ils continuerent de croire que tout appartenoit aux plus braves & aux plus forts, &
que des lâches seuls pouvoient renoncer
leur valeur farouche, tenterent de les civiliser ,
pour les amollir : après avoir obtenu quelque
avantage sur eux, ils voulurent les aHujettir à cultiver la terre & leur inspirer
l'amour du repos, en les attachant au pays
qu'ils habitoient. Mais leurs forces furent à
peine réparées , qu'ils secouerent ce joug ;
ils continuerent de croire que tout appartenoit aux plus braves & aux plus forts, &
que des lâches seuls pouvoient renoncer (1) • • • • Quantum vertice ad oras. JEthereas, tantum radice ad tartara tendit. Virgilc., --- Page 145 ---
( I I ) à conquérir leur subsistance. Les Carles furent bientôt regardées comme un
pays ennemi, parce qu'elles leur offroient
un riche butin , & par conséquent elles
furent continuellement exposées au pillage,
ou forcées à s'en racheter par des traités de
paix qui étaient bientôt violés. Dans ces premiers tems , les François ne
vivoient que de butin ; celui que faisoit
l'Aitnée , appartenoit à chaque individu
qui la composoit, & le Roi lui - même
n'avoit que la portion que le sort lui don—
noit. Il n'est personne qui ne se rappelle ce
qui arriva à Clovis , après la bataille de
Soissons. L'on sait que son armée ayant
fait une irruption sur le territoire de Reims ,
& ayant pris un vase précieux , qui appartenoit à cette Eglise, l'Evêque le fit demander à Clovis , qui répondit aux Envoyés : «Suives-moi jusqu'à SoiJJons ; c'est—
» là que se doit faire le partage de notre
» butin , & je vous satisferai. » Tout étant disposé pour les lots, Clovis
supplia l'armée de lui accorder , outre sa
part, le vase enlevé à l'Eglise de Reims :
mais un soldat . choqué de cette demande,
quoique faite dans les termes les plus honnêtes y lui dit, avec cette brutalité qui ca- --- Page 146 ---
( 12 ) ra&érisoit sur-tout les Germains, qu il devait
si contenter de ce que le sort lui donneroid
en partage , & déchargea en même temps
sur le vase un grand coup de sa francisque ( r ). Grégoire de Tours , qui rapporte ce
trait, observe que Clovis sentit vivement
l'injure du soldat ; mais , quoique son procédé eût révolté toute l'armée , comme if
n'en étoit que le Général , Clovis ffofa
pas le punir, & attendit, pour se livrer à
son ressentiment , qu'il eût commis une
faute contre la discipline (2). Avant la conquête des Gaules, il n'y
avoit ni Bénéfices, ni Fiefs . parce que
les Princes eux-mêmes n'avoient aucunes
terres à donner. Les Bénéfices & Fiefs.
n'étoierit alors, suivantM. de Montesquieu,
que des repas , des armes & des chevaux de (I) Tu, Rex 3 hinc nihil accipies , nisi quod tibi vera
Jors auffirre permiferit. " (1) On trouve dans Grégoire de Tours , liv. 3 , un.e
autre preuve du partage que les Francs fais oient du butin
qu'ils prenoient à la guerre. « Théuderic croyant que les peuples d'Auvergne rre
n lui étoient plus fideles., dit aux Francs, de son parJ) tage : » Suivez-moi , je vous menerai dans un pays où vous
» aurez de l'or, de l'argent, des captifs , des vêtement,
» des troupeaux en abondance , & vous en transférerez
" tous les hommes dans votre pays,.. "
s fais oient du butin
qu'ils prenoient à la guerre. « Théuderic croyant que les peuples d'Auvergne rre
n lui étoient plus fideles., dit aux Francs, de son parJ) tage : » Suivez-moi , je vous menerai dans un pays où vous
» aurez de l'or, de l'argent, des captifs , des vêtement,
» des troupeaux en abondance , & vous en transférerez
" tous les hommes dans votre pays,.. " --- Page 147 ---
( 13 ) bataille : il y avoit cependant des vassaux ?
parce qu'il y avoit des hommes fideles O
qui étoient liés par leur parole, & qui faiSoient à-peu-près le même service que l'on
fit depuis pour les Fiefs. Chaque Prince , dit Tacite , de moribus
Germanorum , avoit une troupe de gens qui
s'attachoient à lui, & le suivoient par-tout. ~
Cet Auteur les appelle compagnons, comités. ' La Loi Salique les désigne par le nom
d' hommes qui sont sous la foi du Roi , qui
iunt in truste Régis. Les Formules de Marculfe , par celui
eantruflions , du mot trew , qui signifie
fidele , en allemand. Les premiers Historiens , par celui de
leudes fideles. Et les autres enfin , par celui de vaf
saux ou de seigneurs , vassalli , seniores. Mais alors le terme de vassaux n'avoit
.pas la même signification qu'aujourd'hui.
Ducange, dans ion Glossaire ,verbo vassus,
prétend qu'il ne signifioit que domefiiques,
parce qu'en effet ils étoient obligés de servir
le Prince dans son palais & dans ses guerres;
& que ce ne fut que sous Charles-Martel
que les Leudes, ou Bénéficiers commencerent à porter le nom de vassaux. * --- Page 148 ---
( 14 ) Tout le monde sait que les Gaules furent
envahies par les Nations Germaines. Les
Visigots occuperent la Gaule Narbonnoise,
& presque tout le midi -, les Bourguignons
s'établirent dans la partie qui regarde l'orient ; & les Francs conquirent à-peu-près
le reste. Ces deux premiers Peuples ayant pénétré , sous différens prétextes , dans l'Empire , les Romains , pour arrêter leurs dévastations , pourvurent à leur subsistance ;
ils leur donnèrent d'abord du bled , ensuite
des terres , & finirent par partager avec
eux le pays. Quant aux Francs, ils ne suivirent pas
ces exemples -, ils gardèrent ce qui leur
convint, & abandonnèrent le reste. Après cette conquête, la vassalité, telle
qu'elle subsistoit chez eux ? devint alors une
véritable vassalité. Les Princes , qui avoient intérêt de s'attacher les volontaires qui les suivoient, &
même d'en augmenter le nombre , leur
distribuèrent une partie des terres qu'ils
avoient conquises. Les Hisloriens ne sont pas d'accord sur
les conditions de ces premieres concefsions. Montesquieu & plusieurs autres prétendent que ce fut, à la charge du service --- Page 149 ---
( 1; ) militaire. L'Abbé de Mably prétend, au
contraire , que ce fut Jans condition & en
pur don. « Les Bénéfices , dit-il , tome
" premier, page 459, que les Rois Mé-
» rovingiens donnèrent à leurs leudes ,
)t furent incontestablement des terres qu'ils
» détachèrent des Domaines considérables
« qu'ils avoient acquis par leurs conquêtes,
» & dont ils se dépouillèrent par pure li-
» béralité , pour récompenser les services
» de leurs Officiers , ou les complaisances
de leurs Courtisans. » Il cite en preuve
le Traité d'Andely , où ils sont qualifiés de dons de la munificence des Rois.
-
» rovingiens donnèrent à leurs leudes ,
)t furent incontestablement des terres qu'ils
» détachèrent des Domaines considérables
« qu'ils avoient acquis par leurs conquêtes,
» & dont ils se dépouillèrent par pure li-
» béralité , pour récompenser les services
» de leurs Officiers , ou les complaisances
de leurs Courtisans. » Il cite en preuve
le Traité d'Andely , où ils sont qualifiés de dons de la munificence des Rois. L'Auteur de la Théorie des Loix F éo--
dales combat cette derniere opinion avec
beaucoup de sagacité & d'érudition. Nous
n'avons pas intérêt d'approfondir cette que£
tion, qui nous paroît plus curieuse qu'utile. Que la charge du service militaire fût donc
ou ne fut pas une condition de ces premières concevions ,il n'en est pas moins
vrai que ce fut du moins la seule charge
& la feule réserve imposée à cette concession. s Quoi qu'il en soit, la formation des FiefS;
d'après les moeurs des Germains , & d'a- --- Page 150 ---
( 16 ) près la conquête des Gaules,s'expliquefacilement. Avant cette conquête , les volontaires
suivoient le Chef qu'ils s'étoient choisi,
combattoient avec lui, & partageoient son
sort. Ils faisoient alors par honneur , ce
qu'ils firent depuis par devoir ou par reconnoiSTance. ^ Après la conquête des Gaules , l'intérêt changea : ce qu'on avoit fait jusqu'alors par choix & par goût , ou pour des
chevaux de. bataille , des armes & des
repas, on le fit pour des conceilions de
Domaines conquis. Voilà , en deux mots,
l'établissement des Fiefs. Ces concevions ne, furent d'abord qu'à
tems ; les Bénéfices étoient amovibles. Nous
en trouvons la preuve dans Grégoire de
Tours & dans tous les Historiens. Mais
elles se multiplièrent , dans la suite , à l'infini. , M. de Montesquieu (i) nous en donne
les raisons. « Chaque expédition exigeoit
» de nouvelles armées, d'autres troupes à
» persuader , de nouvelles gens à en-
» gager. Il fallut, pour acquérir beaucoup, . (1) LiTrç 30 ? cbap. 4, de l'Esprit des Loix.
qu'ils --- Page 151 ---
( 17 )' -1 B » qu ils repandilient beaucoup ; qu ils ac.:
» quilscnt sans cesse par le partage dess
» terres & des dépouilles, & qu'ils don-
» naÍfent sans cesse ces terres & ccs dé— » pouilles ; que leur Domaine groctit con-
» tinuellement , & qu'il diminuât sans-
» cesse. » Quoique les Bénéfices furent amovibles,
& que ce fut-là y dans le principe , la
condition de la concession , le même
Auteur nous apprend qu'ils ne se donnoient
ni ne s'ôtaient arbitrairement. C'étoit une des'
principales matières qu'on traitoit dans les
Assemblées de la Nation. Comme on faisoit des Bénéfices ou Fiefs ( comme on
voudra les appeler , car les Historiens ne
sont pas d'accord sur cette dénomination)
une marque d'honneur & de distinction,
il étoit naturel de mettre de l'appareil &
de la dignité dans la maniere de les conférer. Mais bientôt après , cet établissement
perdit de sa pureté : ceux qui poiTédoient
des Bénéfices voulurent les conserver ; ceux'
qui n'en avoient pas , avoient intérêt de
s'en procurer r de-là l'intrigue & la corz
ruption ; les Bénéfices ne furent bientôt
plus la récompense ou Fespérance des ser—
vices ; on dépouilla les Eglises & les Monastères qu'on avoit enrichis , sous les préw
bientôt après , cet établissement
perdit de sa pureté : ceux qui poiTédoient
des Bénéfices voulurent les conserver ; ceux'
qui n'en avoient pas , avoient intérêt de
s'en procurer r de-là l'intrigue & la corz
ruption ; les Bénéfices ne furent bientôt
plus la récompense ou Fespérance des ser—
vices ; on dépouilla les Eglises & les Monastères qu'on avoit enrichis , sous les préw --- Page 152 ---
( 18 ) cédetis règnes; on enleva les Bénéfices à
ceux qui les possédoient , pour les donner
à ceux , qui, lassés d attendre , commençoient à se faire craindre ; sou vent même ;
on faisoit périr un leude riche, pour donner
ses dépouilles à deux ou trois autres , & il
étoit réellement dangereux d'avoir une
grande fortune , lorsqu'on ne pouvoit pas
la défendre. Tel étoit l'état des choies, lors
du Traité d'Andely. Les Grands, irrités & ennuyés de se voir
continuellement arracher leurs Bénéfices ,
pour les donner à celui qui avoit su acquérir
la faveur d\! Prince , profitèrent de la première occasion qui leur parut favorable 7
pour remédier à ces abus. Assemblés à
Andely , en 5 87 , pour conclure la paix
entre Gontrand & Childebert, ils firent
obliger ces Princes à ne plus retirer les
Bénéfices qu'ils avoient conférés , ou qu'ils
conféreroient par la suite aux Eglises &
aux leudes ; à rendre ceux qu'ils avoient
ôtés & à maintenir les possesseurs. Tel fut le résultat du Traité d'Andely ;
mais il ne fut pas long-tems rcspe&é. Les
Princes le violèrent , quand les circonstances le permirent. Ainsi il ne causa pas
une grande révolution dans l'Etat, mais
il la rendit né ce flaire. Ce Traité sembloit --- Page 153 ---
( 19 ) B 2 rendre héréditaires les Bénéfices ou Fiers
dans les familles qui [les possédoient. Il
fut , nous le répétons , l'ouvrage des
Grands. Mais leur situation ne sit qu'empirer , à l'avènement de Brunehaut à la Régence des Royaumes d'Austrasie & de Bourgogne , dont ses petits-fils Théodebert 11
& Thiéry II étoient Rois. Cette Reine , ^
fille , sœur & mère de tant de Rois , sa-r
meuse par ses crimes & par des ouvrages
dignes d'un Pro-Consul Romain , oublia
bientôt le Traité d'Andely , disposa des
Bénéfices &: Terres du Royaume , comme
avant le Traité. Elle irrita tous les esprits :
les leudes d'Austrasie se révoltèrent , &
elle n'échappa au danger qui la menaçoit , qu'en se réfugiant avec précipitation
à la Cour de Thiéry. Cette disgrace ne la corrigea pas. Ses
passions n'en devinrent que plus vives.
Elle continua dè gouverner la Bourgogne
comme l'Austrasie , & secondée par Protaire , son amant & son Ministre , elle pilla
la fortune des Grands , engorgea le fisc,
humilia la Noblesse, & indisposa tellement
les leudes de ces deux Royaumes contre
elle, qu'après la mort de Thiéry , ils refusèrent de mettre sur le trône les fils de
ce Prince ? dans la crainte que , sous leur
ions n'en devinrent que plus vives.
Elle continua dè gouverner la Bourgogne
comme l'Austrasie , & secondée par Protaire , son amant & son Ministre , elle pilla
la fortune des Grands , engorgea le fisc,
humilia la Noblesse, & indisposa tellement
les leudes de ces deux Royaumes contre
elle, qu'après la mort de Thiéry , ils refusèrent de mettre sur le trône les fils de
ce Prince ? dans la crainte que , sous leur --- Page 154 ---
1 ( 20" ) i nom, cette femme exécrable * à qui vingt
érimess ne coûtaient pas un remords $ ÔC
à qui quelque Historiens reprochent (i) la
mort de dix- Roi$ , n'exerçât plus lon-g-tems
autorité dont ellé avoir ii étrangement1
abusé. : Ils éleverent sur le trôné Clôture II,
JRoi de Neustrie, ce Prince ambitieux qui
cher choit, d'ailleurs, à plaire aux Grands j
que là conduite de Brunehaud avélt 11 fort
indisposés, se rendit son accusateur * elle
sot mise sui un chameau & promene en
spectacle dans toute Farinée ; bientôt après ^
elle périt ignominieusement attachée à la
queue d'un cheval indompté qui mutila
membres, & les mit en pieces à la
fête de l'armée. Quant à Protaire , il avoit été poignardé
dans. sa tente quelque temps auparavant -,
& airisi finirent deux personnages célébres,
qui ont été la cause de la seconde rétélutioi* des Fiefs. Profitant dé l'asce ridant q^ils s'étoient
acquis sur l'esprit de Clotaire , les Leudes
ku firenf ratiner le traité d'Andeiy & légitimer les droits qu'ils avoient acquis Air leurs
terres : tel fut l'objet du Concile de Parts dé
615, qui ordonna en même tems la festitution de tous les Fiefs, enlevés aux Leudes. (i) Chronique de Fredegaire, chap.42. --- Page 155 ---
( 21 ) - B} Depuis cette poque , 1 hérédité de.
Fief$ gagna de plus en plus; cependant,.
l'Ordonnance publiée à la luite de l'Air
semblée de Paris, laissoit encore à la diGposition du Roi, ce que nous appelions
aujourd'hui les Grands-Fief, les Duchés
& les Comtés -, ils furent aussi donnés à
vie. L'autorité des Maires du Palais amena,
une nouvelle révolution dans les Fiefs.'
Varnachaire, qui avqit été rame de la conjuration contre Brunehaud, ayant été nommé Maire de Bourgogne, par Clotaire II ,
avec serment de lui iaifTer cette dignité pendant sa v:e, Varnachaire, disons-nous, disposa en maître des premieres dignités du
Royaume. Avant lui (i), le Maire étoit l'homme du
Roi, il devint depuis le Maire du Royaume ; le Roi le choisifioit -, la Nation le
choisit. Insensiblement l'autorité des Maires
augmenta &i contribua beaucoup à confirmer l'hérédité des Fiefs. C harles Mortel , l'un de ces Maire, qui
fut Roi, quoiqu'il n'en prit pas le titre,
opéra, dans les Fiefs, une révolution qui
fait époque; il en créa de nouveaux qu'il
it l'homme du
Roi, il devint depuis le Maire du Royaume ; le Roi le choisifioit -, la Nation le
choisit. Insensiblement l'autorité des Maires
augmenta &i contribua beaucoup à confirmer l'hérédité des Fiefs. C harles Mortel , l'un de ces Maire, qui
fut Roi, quoiqu'il n'en prit pas le titre,
opéra, dans les Fiefs, une révolution qui
fait époque; il en créa de nouveaux qu'il (x) Montefquiea, L. lit, çhap. 3. --- Page 156 ---
( 22 ) distribua aux gens de guerre , ainsi que
des aleux, & qui furent héréditaires comme
les anciens ; & à peine 5o ans s'étoientils écoulés, depuis l'Assemblée de Paris,
que cette hérédité étoit de droit commun. A l'exemple de Charles Martel, les
Grands du Royaume, les Evêques & les
Abbés se firent aussi des Vassaux , en
concédant une partie de leurs Fiefs, & dès
le regne de Pépin , il y en avoit déjà
beaucoup, ainsi qu'on le voit dans un
Capitulaire de 7 5 7 ; les Vassaux des Seigneurs étoient obligés au même service,
envers eux, que ceux du Roi envers sa
personne. Cependant, sous Charlemagne,& même
au commencement du IXe Gecle, il y
avoit encore des Fiefs qui n etoient pas
héréditaires; les Capitulaires de ce Prince
en contiennent la preuve. Il y eut encore beaucoup de concevtions , sous le regne de son successeur
Louis-le-Débonnaire , mais ce fut en propriété. Charles-le-Chauve concéda aussi plusieurs Fiefs, également à perpétuité; il
permit même , par un Capitulaire de 877,
derniere année de son regne, aux Seigneurs
de disposer de leurs Fiefs en faveur de leurs --- Page 157 ---
( 23 ) B 4 enfans & de leurs parens j il permit
aussi la disposition des Comtés en faveur
des enfans, sous la réserve seulement d'en
donner l'inveiHture à l'héritier. La désunion qui se mit entre les enfans
de Louis -le - Débonnaire, les ravages des
Hongrois & des Normands jetterent les
Gaules dans une confusion & une espece
d'anarchie, qui opérèrent la derniere révolution des Fiefs -, chaque Seigneur , fous
prétexte de mettre ses terres à l'abri des
incursions des Normands, prit les armes
& fortifia son Château. Les Ducs & les
Comtes convertirent leurs titres 8c leurs
commissions qui n'étoient qu'à vie, en
dignités héréditaires, sans s'embarrasser del'investiture que Charles -ie-Chauve s'étoit
réservée. Ils ie firent Seigneurs propriétaires des Provinces & des Villes , dont le
Gouvernement leur avoit été confié pour
un temps. Ceux qui se trouverent revêtus
d'emplois moins considérables, suivirent
leur exemple, ainsi que les possesseurs de
Fief; ôe tout cela sut confirmé par HuguesCapet qui, ayant enlevé le trône aux deicendans de Charles Martel, fut bien-aise
de s'y maintenir , &. opéra par cette confirmation, la derniere révolution des Fiefs,
ce fut ainsij que l'hérédité & 1a difponi-
été confié pour
un temps. Ceux qui se trouverent revêtus
d'emplois moins considérables, suivirent
leur exemple, ainsi que les possesseurs de
Fief; ôe tout cela sut confirmé par HuguesCapet qui, ayant enlevé le trône aux deicendans de Charles Martel, fut bien-aise
de s'y maintenir , &. opéra par cette confirmation, la derniere révolution des Fiefs,
ce fut ainsij que l'hérédité & 1a difponi- --- Page 158 ---
( 24 ) bilité devinrent, désormais, un principe de
droit commun. Voilà, en peu de mots, l'origine des
Fiefs : voilà la maniere dont ils furent
concédés, soit avant, soit après Charles
Martel ; nulle charge, nulle réserve , dans
la conçessïon, si ce n'eil le service militaire 5 &, par conséquent, nulle induction à tirer de cette concession, en faveur
du Roi, pour la propriété excîusive de
la chasse. Ce droit, qui étoit alors inhérent
au Fief, comme aux autres propriétés, a
été nécessairement transmis avec le Fief,
dont il étoit une émanation. Si ce point n'étoit pas aussi démontré qu'il
nous le paroît, nous invoquerions encore ici
le langage de M. de Montesquieu (i) : » les
» Fiefs, dit-il, comprenoient de grands
P) territoires, comme il paroît par une infi-
» nité de monumens. Les Rois ne levoient
» rien sur les terres qui étaient du partage
% des Francs ; encore moins pouvoient - ils
» se réserver dis droits sur les Fiefs. Ceux
» qui les obtinrent, eurent à cet égard la
» jouissance la plus étendue ; ils en tirèrent
» tous les fruits & tous les émolument (i) Liv. XXX, chap, 20. --- Page 159 ---
( *5 ) 4 Or , il est încontestable, nous le répétons , qu'alors la chasse était un droit
inhérent à la propriété, puisque , d'après
la Loi Romaine, qui étoit alors la Loi
Nationale , chacun pouvoit cha&er &
même défendre qu'on entrât dans ion héritage pour y chasser -, Loi qui a fermé >
à-peu-près, tout le Code des Chasses,
jui qu'en 1396, ainsi qu'on le verra. La Chaire ne peut donc pas appartenir
au Roi, comme Propriétaire primitif des
Fiefs du Royaume j voyons si, du moins,
il peut la réclamer, comme Propriétaire
primitif des Juflices. La concession des Justices a suivi celle
des Fiefs, parce qu elles en étoient l'attribut le plus essentiel, même à l'époque
de leur amovibilité ; en recevant un bénéfice , le Leude contra&oit l'engagement
de rendre la justice à tous ceux qui en
dépendoient.
Roi, comme Propriétaire primitif des
Fiefs du Royaume j voyons si, du moins,
il peut la réclamer, comme Propriétaire
primitif des Juflices. La concession des Justices a suivi celle
des Fiefs, parce qu elles en étoient l'attribut le plus essentiel, même à l'époque
de leur amovibilité ; en recevant un bénéfice , le Leude contra&oit l'engagement
de rendre la justice à tous ceux qui en
dépendoient. La Justice , dit M. de Montesquieu y
fut, dans les Fiefs anciens , connus fous le
nom de Bénéfices ; '&, dans les Fiefs nouveaux , ceux créés par Charles Martel &
ses successeurs , un droit inhérent aux Fiess,
même un droit lucratif qui en faisoit partie. L?Abbé de Mably combat cette opinion
relativement aux Bénéfices anciens 5 en. --- Page 160 ---
( 26 ) -convenant, cependant, qu'il exit1:oit avant
6 15 beaucoup de Justices unies aux FLfs.
Il eût été difficile de le nier, d'après les
expressions de l article 19 de l'Ordonnance
de Paris de 615, qui enjoint aux Leudes &
aux Evêques qui possédoient des Seigneuries" éloignées de leur habitation, de
choisir des hommes du lieu même & non/
des étrangers , pour y rendre la Justice (i).
Mais il attesle lui-même que, depuis 630,
tous les Fiefs eurent des Jujlces. Obligés à rendre la Justice à leurs
Vassaux , les Leudes ne décidoient cependant pas seuls j ils assembloient des
especes de plaids ou d'assises , où ils
convoquoient les Pairs, qui étoient des
hommes de Fiefs, c'est-à-dire, des Propriétaires d'arrieres - Fiefs qui relevoient
d 'eux, & les Notables -, ensorte que chacun
étoit jugé , par ses Pairs ; les Bourgeois,
par les Bourgeois; & les hommes de Fiefs,
par les hommes de Fiefs. Lorsque le Leude n'avoit pes, dans sa
terre , un nombre suffisant de Pairs pour
juger , il en empruntoit à ses dépens , du (I) Episcopi fr potentes qui in aliis pojjldent regioni.
hus , judices vel mijfos difcuffores de aliis Provinciis non
infi tuanl, nisi de loco qui juslitiam percipiunt fr aliis xed~
dent. --- Page 161 ---
( 27 r Seigneur Suzerain ; & loriqu'il étoit trop
pauvre , ou que le Suzerain resusoit de
lui en prêter, l'affaire étoit portée à la
Cour de celui-ci. Telle a été, suivant le Président de
Montesquieu, l'une des causes de la séparation de la Justice avec le Fief; & c'ess
de-là que, s'en: formée principalement la
maxime des Jurisconsultes François , Fief
Cl Jujlice n ont rien de commun. Voilà, en peu de mots, l'origine des
Justices; elle ne présente, comme Foîi
voit, aucune induction contre le droit de
ChasTe en général, elle le confirme plutôt. Voyons si , comme Souverain, le Roi
a le droit de s'emparer des choses qui
n appartiennent à personne, & rotam nent
des h êtes sauvages qui vivent d ns la propriété des Seigneurs & des Particuliers.
, Fief
Cl Jujlice n ont rien de commun. Voilà, en peu de mots, l'origine des
Justices; elle ne présente, comme Foîi
voit, aucune induction contre le droit de
ChasTe en général, elle le confirme plutôt. Voyons si , comme Souverain, le Roi
a le droit de s'emparer des choses qui
n appartiennent à personne, & rotam nent
des h êtes sauvages qui vivent d ns la propriété des Seigneurs & des Particuliers. Comme Souverain, le Prince nt po ur—
roit y avoir droit qu'à cause de la puisiance publique ; mais cette puiiTance publique ne peut avoir d'effet direct que
dans ses domaines (i). Par - tout , ailleurs , elle appartient aux hauts - Justiciers,
qui ont chacun dans le district de leur (1 ) hors de leurs domaines , les Rois n ont point d'autorité
directe. C'e il 1 expression de Mercier , portraits des Rois
de France, tome 1", page 378, --- Page 162 ---
( 2.8 ) Juridiction le Dominium publicum. Tous
les Auteurs , sans exception , conviennent
que la haute-Jufiice est une portion de l.i
Puissance publique ; que c'est comme Propriétaires de cette portion de Puissance
publique, que les hauts-Justiciers ont le
droit d'instituer des Officiers de Justice r
pour l'excercer, en leurs noms ; & qu'ils
leur conferent, par cette institution, le caractère public. C'esl comme étant la Puissance publique r
même dans leur territoire, qu'ils lbnt charae gés de la poursuite des crimes & du maintien
e l'ordre public. En un mot, les hautsJusticiers ont toutes les charges de la.
Puissance publique -, mais aussi ils fn pnr
tous les droits ; c'est à ce titre que les épar
ves, les déshérences, les biens vacans,
de quelque maniéré que ce soit, soit
meubles, ibit immeubles, les confiscations,
les trésors , leur appartiennent ; & c'ert
également à cause de la puissance publique
que ce qui n'est à persônne , quœ in bonis
nullius sunt, comme s'exprime Bacquet, appartient néceilairement aux Hauts-Justiciers. Ces principes, nous le répétons, sont
écrits dans tous les Livres de Droit, dans
tous les Publicités ; & ils ne peuvent pas.
étre conteslés. Si donc les bptes sauvage.
i --- Page 163 ---
( 29 ) TiV tGient à personne, elles ne pourraient
appartenir exclusivement auRoi que dans les
domaines , où personne ne participe avec.
lui à là Puissance publique ; par-tout ailleurs
elles seroient un attribut de la haute-Justice ;
& c'eii même, par une lu'te de ce prin-'
cipe que , dans plusieurs Provinces de
France, notamment la Lorraine, la Chasse
n'appartient de droit qu'au haut-Justicier. Quelques Auteurs ont comparé le gibier à une épave ; sous ce point de vue ,
il feroit encore au haut-Justicier. Mais revenons à des principes moins
étrangers au droit de ChaÍfc. Le gibier %
par droit de nature & par le droit des gens,'
appartient au premier occupant ; voilà pourquoi la contravention aux Ordonnances,
qui défendent, depuis un siecle & demi,
la Chane , à la classe la plus nombreuse
de la Nation n'oblige pas, dans le for Íntérieur, à la restitution du gibier, tué ssir
la terre d'autrui. ;
feroit encore au haut-Justicier. Mais revenons à des principes moins
étrangers au droit de ChaÍfc. Le gibier %
par droit de nature & par le droit des gens,'
appartient au premier occupant ; voilà pourquoi la contravention aux Ordonnances,
qui défendent, depuis un siecle & demi,
la Chane , à la classe la plus nombreuse
de la Nation n'oblige pas, dans le for Íntérieur, à la restitution du gibier, tué ssir
la terre d'autrui. ; Le Droit civil a apporté quelque modification à ce premier principe de liberté
naturelle. Le droit de tuer le gibier est attaché à celui de propriété de l'héritage , où
il se trouve , parce qu'il en est , pour ainsi
dire, un fruit ; & c'est par une suite de ce principe , consacré par pre(que t-outes les Loix, --- Page 164 ---
( \o ) que la ChasTe est plusesTentiellement attachée au Fief, parce que tout le terrein, qui"
le compote , ell ce nie en faire partie , Se
appartient en effet au Seigneur , en propriété directe ou utile. Cette ma ximç est
si certaine, que Lôizel. qui écrivait au
commencement du XVIIe siecle, en a fait
une réglé qui a Fief a droit de Chasse. (i). Le droit de ChasTe ne peut donc pas
plus appartenir au Roi comme S ouverein,
hors de ses domaines, qu'il ne peut. en
cette qualité, reprendre les Fiefs de son
Royaume, provenus de la concession de
sè; prédécesseurs. Enfin , en qualité de Seigneur-Suzerain
de tous les Fiefs de son Royaume, le droit
du Roi se borneroit, à la rigueur, au droit
de chasser, en personne, sur les Fiefs relevant nuement de la Couronne. La question de lavoir si le Seigneur
dominant peut chasser far le Fief mouvant
de lui, est même très-controversée parmi
les Jurisc onsultes. Les uns soutiennent qu'il
ne le peut qu'autant qu'il s'en est réservé le
droit par le bail à fief; parce que cet
acte transfere le droit de Chasse, comme (1) Inflit. Cout. Liv. II, titi 2, Regle 5 1. .
.. l,a premiere Edition parut In. i6oj. - - --- Page 165 ---
1 % 1 ) tous les autres attributs du Fief. Ce droit
est même si inhérent au Fief que, dans
notre Jurisprudence , il n'est pas permis
d'aliéner l'un sans l'autre; & les Tribunaux
Souverains ont toujours annullé les ventes
de la Chane , sans le Fief, toutes les fois;
qu'ils ont eu à prononcer sur de pareilles.
questions ; nous en avons un exemple récent dans un Arrêt du Parlement de Paris
du 27 Juin 1777, qui a annullé une pareille»
vente du droit de Chasle, sans le Fief,
quoique faite au profit d'un Gentilhomme
Seigneur voisin. > Les autres Jurisconsultes pensent que,
le Suzerain peut chasser, en personne, sur.
les Fiefs mouvans de lui. Mais ils ajoutent qu'il ne peut en user que quelquefois,
& autant qu'il le faut, pour faire connoitre le domaine de supériorié, qujil a sur
ces Fiefs motif qui n'est pas même applicable au Roi, parce qu'il n'a p3s be—
loin de se montrer sur le Fief de son
Vassal , pour faire connoître son droit.
de Suzeraineté. , L ..
pensent que,
le Suzerain peut chasser, en personne, sur.
les Fiefs mouvans de lui. Mais ils ajoutent qu'il ne peut en user que quelquefois,
& autant qu'il le faut, pour faire connoitre le domaine de supériorié, qujil a sur
ces Fiefs motif qui n'est pas même applicable au Roi, parce qu'il n'a p3s be—
loin de se montrer sur le Fief de son
Vassal , pour faire connoître son droit.
de Suzeraineté. , L .. La qualité de premier Seigneur dominant de tous les Fiefs du Royaume, îie:
justifie donc pas davantage le droit exclusif
de Chane en faveur du Roi ; &: jusqu'à
présent nul prétexte pour décider que --- Page 166 ---
( U )' Chasse soit un Droit royal. Tout prouve,
au contraire, qu'il tient à la propriété &
appartient essentiellement aux Seigneurs
de Fi-ess. Voyons maintenant si lés Loix po'stérieures, au Code Salique & à celui des
Ripuaires , présentent d'autres, idées &
ce qu'il faut pcnser des expressions permissives , dont se sont servi les dernières
Ordonnances, sur le fait des Chasses. Les Partisans du systême que nous combattons , annoncent que, dès l'origine de
la Monarchie, la ChasTe étoit sévérement
défèndüe, S: regardée comme un crime
Capital y témoin la sévérité dont ùfa Gontrart, Roi d'Orléans & dé Bourgogne
envers son Chambellan, pour avoir tué
un buffle dans ses forêts. " Voici comment Grégoire dé Tours raconte ce trait (i) : » Gontrart, l'an de
» notre salut $94 & le 2ge de son régne
chassant dans la forêt de Vaugenne en
t; Bourgogne , vit: se massacre d'un bœuf
» sauvage -, il demanda au Gruyer qui
IF avoit contrevenu à son Ordonnance.
f * Le Gruyer accusa Chcindo, son Chambel-
» lan , . qui le nlà. Le Roi veut què lè fait -. (i) Livre X. -
tt se --- Page 167 ---
( 33 "> c » se vérifie, par le duel, dans la Ville de
» Châlons. Le Chambellan donne son ne-
» veu pour champion, qui blesse le Gruyer
» au pied, d'un coup de lance y dont il tombe
» à la renverse , & lui voulant couper la
» gorge, le Gruyer donne au Chambellan
» de ion couteau dans le ventre ; ainii
» tous deux moururent sur la place. Le
» Chambellan voyant son champion mort,
» & se voulant sauver dans l'Eglise Saint
» Marcel, il fut arrêté, par le comman-
» dement du Roi, attaché à un poteau
» & assommé à coups de pierre ». La cruauté de Gontran ne prouve autre
chose, si ce n'est que la Chasse étoit défendue , sous peine de mort, dans les forêts
du Roi, puisque pour y être contrevenu ,
ce Prince fit lapider son Chambellan : mais
ni cette défense, ni ce meurtre, ne prouvent
que la Chaire fût un droit royal, & appartînt au Roi exclusivement. Gontran avoit le
droit de défendre la Chasse dans les forêts,
mais cette défense, relative à ses domaines,
ne prouve absolument rien contre le droit
que chacun avoit de chasser dans le sien (i).
de mort, dans les forêts
du Roi, puisque pour y être contrevenu ,
ce Prince fit lapider son Chambellan : mais
ni cette défense, ni ce meurtre, ne prouvent
que la Chaire fût un droit royal, & appartînt au Roi exclusivement. Gontran avoit le
droit de défendre la Chasse dans les forêts,
mais cette défense, relative à ses domaines,
ne prouve absolument rien contre le droit
que chacun avoit de chasser dans le sien (i). Le Concile de Tours de l'an. 8 13, que
l'on cite encore en preuve de la prohibi- (I) Vide Salvaing , usage des Fiefs. --- Page 168 ---
( 34 ) tion générale de la Chane, ni le Capitulaire de Charlemagne , qui la défendent
aux Ecclésiastiques , ne prouvent rien.
Ils supposent au contraire qu'elle étoit
permise aux Particuliers ; car si elle eût
été généralement défendue, il n'eût fallu
ni Concile ni Capitulaire particulier pour
en interdire louage aux Ecclésiastiques, qui
auroient nécessairement été compris dans la
prohibition générale. Ce Concile & ce Capitulaire sont des
Loix de police & de décence -, on défendit
aux Ecclésiastiques laChafle, comme le Bal
&: la Comédie ; on crut que ces exercices
ne se concilioient pas avec l'importance de
leurs fondions. Ce n'étoit pas une Loi nouvelle ; car long-tems avant, le Concile
d'Agde, tenu en 506, leur avoit fait la
même défense. Mais il n'en résulte rien
contre le droit général. Un Capitulaire de Charles-le-Chauve
contient une défense de Chasle à ses Commensaux , & même à son fils. L'Auteur du
nouveau Code en conclut qu'à plus forte
raison la Chajje étoit- interdite à tous autres ;
que par conséquent elle n' étoit pas libre à tout
le monde. Quand on raisonne de cette manière, & --- Page 169 ---
( 3,5 ) C 2 qu'on ne se donne pas la pome d'approfondir les choses, il n'est pas étonnant qu'on
tombe dans des bévues. Ce que cet Auteur
se permet de dire en est une bien grande.
La défense de Charles-le-Chauve n'a pour
.objet que quelques-unes de ses propres
forêts, qu'il réservoit pour son amusement
particulier , & ne frappe nullement sur
celles de ses Sujets : en défendant à son fils
& à ses Commensaux de chasser dans les
forêts qu'il désigne , il usoit du droit qu'il
avoit ; mais il refpe&oit celui d'autrui. La cruauté d'Anguerrand de Coucy qui ,
au milieu du treizieme siecle, fit pendre
deux jeunes Gentilhommes pour avoir suivi
un lièvre dans ses forêts , & qui en fut
puni, suivant le Président Hénault, en
12 5 4 ne prouve également qu'une défense particulière de chasser dans sa foret
qui étoit en garenne, & qui par conséquent
étoit un lieu aussi défendable par sa nature ,
que l'est aujourd'hui un colombier. On punissoit alors , le fait de Chasse dans les garennes d'autrui, d'autant plus séverement,
qu'on le regardoit, avec raison, comme un --
larcin commis contre la foi publique.
uni, suivant le Président Hénault, en
12 5 4 ne prouve également qu'une défense particulière de chasser dans sa foret
qui étoit en garenne, & qui par conséquent
étoit un lieu aussi défendable par sa nature ,
que l'est aujourd'hui un colombier. On punissoit alors , le fait de Chasse dans les garennes d'autrui, d'autant plus séverement,
qu'on le regardoit, avec raison, comme un --
larcin commis contre la foi publique. En qualité de propriétaire, le Seigneur
de Coucy avoit, comme tous les autres, le
droit de défendre la ChatTe dans ses clo- --- Page 170 ---
( 3 6 ) maines; mais, nous le répéterons sans cesse,
ce trait barbare ne prouve absolument rien
contre la liberté de la Chasse dans les domaines particuliers (i ). Nous trouvons bien dans les établisse.
mens de Saint Louis de l'an 1270 , des décernes aux Particuliers de chasser sous peine
d amende ; mais ce n ejl que dans les garennes
de leurs Seigneurs : & cette exception qui
laissoit subsister la liberté de la châtie dans
les autres endroits , confirme encore le
principe général. Si la chaÍfe n'eût pas été
libre à tout le monde , auroit - on eu besoin de la défendre dans les garennes des
Seigneurs ? Les anciennes Coutumes de Beauvoisis
rédigées en 12 8 3 , aussi des dispositions
relatives aux garennes : elles portent que
» ceux qui déroberont des lapins ou autres
» grosses bêtes sauvages dans la garenne d'au-
» trui, s'ils sont pris de nuit, seront pendus,
» & si c 'est de jour , ils seront punis par
» amende d'argent ; savoir , si c'est un Gen-
» tilhomme, 60 livres, &si c'est un homme
» de posse, 60 sols. Il n'y avoit donc pas de délit de chasser
dans ses propres garennes, ni dans ses do- (1) Vide t'Annotateur de l'ancien Code des Chasses. --- Page 171 ---
( 37 ) C3 maines ; la Chasse n'étoit donc pas dé..
fendue. En 1292, les Officiers du Comte d'Anjou
menacent l'Evêque d'Angers de le conduire
en prison , s'il se permettoit de chasser dans
les bois de Bouchet : mais l'Evêque répond
que le Comte n'a aucun droit de l'en em-.
pécher ; que les bois dépendent de la Terre
de l'Evêché, dans laquelle le Comte n'avoit ni fiefs ni arrière-fiefs, & que ses gens
ne pouvoient y faire aucun exploit ni parconsequent l'empêcher d'y chasser. Sergentatis in Terra Domini Episcopi Andegavensis in quâ seudum ne rétro feudum habet
Cornes. On argumente encore des testamens de
Philippe-le-Bel & de Charles-le-Bel, des
17 Mars 13 11 & 26 Août 1321, qui ordonnent de récompenser de sommes d'ar
gent les voisins de leurs forêts , à cause du
dommage que leur avoient fait les bêtes
rou es. , Si la Chasse n'eût pas été défendue , s'écrie l Auteur de l'ancien Code des Chasses ;
Ôc si les Sujets avoient eu la liberté de
chasser de leurs héritages les bêtes sauvages
qui y faisoient du dégât, ces Princes auroient-ils indemnisé ceux qui en avoient
souffert ? , .
ar
gent les voisins de leurs forêts , à cause du
dommage que leur avoient fait les bêtes
rou es. , Si la Chasse n'eût pas été défendue , s'écrie l Auteur de l'ancien Code des Chasses ;
Ôc si les Sujets avoient eu la liberté de
chasser de leurs héritages les bêtes sauvages
qui y faisoient du dégât, ces Princes auroient-ils indemnisé ceux qui en avoient
souffert ? , . --- Page 172 ---
( J8 ) Sans doute , si on leur suppose la moindre
juitice. Quoiqu'il fût permis aux voisins des fo.
rêts de chasser de leurs héritages & dans
leurs héritages les bêtes fauves, cette faculté ne fussissoit pas pour se garantir du
dégât qu'elles y occasionnoient ; ils n'auroient pr le faire qu'en les poursuivant
les chassant dans les sorêts du Roi , où elles
se retiroient1; faculté qu'ils n'avoient pas ,r
parce qu'elles étoient en défense. Dans tous les environs des forêts dépendantes des Capitaineries, il n'y a pas de.
Fermier, pas de Propriétaire qui ne fasse
garder ses grains & ses vignes depuis le mois
d d'Avril,ju u au mois d'Octobre par desgardes-biches j qui passent toutes les nuits avec
des chiens & des ionnettes, bu autres in11
trumens bruyans ; & cependant combien le
fauve ne éomèïët-il pas dè dégât dans les
récoltes maigre cette garde sévère &c
exacte ? Les teitamens de ces deux Princes
pouvoÎent- donc avoir un fondement légitime , quoiqu'il fût permis aux Propriétaires
voisins, de la- forêt, de tuer les bêtes rousses
qui dévafioient leurs récoltes. '
Les différentes permissions de Chasse accordées par les Comtes de Joigny & par
Charles V aux villes de Saint-Antonin en --- Page 173 ---
( 39 ) C 4 Rouergue, Montauban , Joigny, Maillyle-Château, aux Bailliage de Rével & Sénéchauffée de Toulouse , & aux Habitans
de Tonnay en Nivernois, en 1324, 13^7 ,
2367, , 1368, 1369 * 1370 , 1371 & l374 ,
dont l'Auteur de l'ancien Code des Chasses
argumente, ne prouvent pas davantage son
assertion. Ce sont des permissions données
pour la plupart dans les forêts du Roi, dans
les terres d'autrui, où le gibier étoit trop multiplié, & avec attroupement, ce qui étoit contraire aux Loix de la police générale. Dirart-on que la permimon de 13 57,
donnée aux Habitans du Bailliage de Revel
& de la Sénéchaussée de Toulouse, frappe
sur leurs propres bois, ce qui suppose que
sans elle ils n'auroient pu y chasser? Dira-t-on aussi que celle de 1370, accordée aux Habitans de Saint-Antonin , suppose également des défenses antérieures de
chasser aux bêtes fauves ? 1 0. Cette dernière supposition feroit d'autant plus gratuite, que l'on défie de trouver
dans les quatorze premiers siècles une seule
Loi prohibitive de chasser ces sortes d'animaux dans ses propres domaines ; il n'y en
avoit que pour les domaines du Roi.
ils n'auroient pu y chasser? Dira-t-on aussi que celle de 1370, accordée aux Habitans de Saint-Antonin , suppose également des défenses antérieures de
chasser aux bêtes fauves ? 1 0. Cette dernière supposition feroit d'autant plus gratuite, que l'on défie de trouver
dans les quatorze premiers siècles une seule
Loi prohibitive de chasser ces sortes d'animaux dans ses propres domaines ; il n'y en
avoit que pour les domaines du Roi. 20. Cette supposition peut bien annon- --- Page 174 ---
( 40 ) noncer des prétentions -, mais des prétentions ne sont pas des Loix , comme l'observe très-bien l'Auteur de la théorie des
» Loix féodales, qui ajoute que ces sortes de
» permissions s'accordoient par les Ofsiciers
» des Chasses & des Maîtrises, ou au moins
» sur leur avis; qu'ils ne manquoient pas
» d'attribuer plus que moins au Roi, pour
» se donner à eux-mêmes plus d'impor—
t) tance, & pour étendre leurs droits ». 3°. L'ignorance dans laquelle les Communautés étoient de leurs droits, ne peut
pas former un titre en faveur des partisans
de l'autorité , & ne peut pas accréditer la
supposition que la ChasTe ne fût plus libre. 4°. Comment les Réda&eurs de la permission de 13 5 7 accordée aux Bailliage de
Revel & Sénéchaussee de Toulouse, ont-ils
pu supposer que les Habitans de ces Jurifdiaions n'avoient pas le droit de chasser
dans les bois de leurs Communes ? A voientils donc oublié les dispositions de l'Ordonnance du Roi Jean du 28 Décembre 1355,
antérieures de deux seules années, & qui
suppose non-seulement que chacun pouvoit
chasser dans ses propres domaines, mais
encore dans ceux d'autrui, & même dans
ceux du Roi, à l'exception des anciennes --- Page 175 ---
( 41 ) garennes ». Voulons, porte-t-elle, que tous
» accroissemens de garennes anciennes ct nom
y relies , ct les nôtres mêmes, soient ôtés , ct
» que chacun y puje chasser ct prendre sans
n aucune amende ,). 5 °. Et enfin les expressions de la permisfion donnée en 1374 aux Habitans de Tonnay en Nivernois , prouvent bien énergiquement la liberté indéfinie de la Chane,
& détruisent sans ressource les inductions
qu'on se permet de tirer des deux précédentes , puisque Charles V y dit » que sui-
» vant l'ancien usage, toutes personnes pour-
» ront chasser à toutes bêtes ct oiséaux, dans
» l'étendue de la Jurisdiction , en laquelle les
» Seigneurs ne pourroient avoir de garenne. Sous Charles V , un Gouverneur du Dauphiné a voit défendu celle du cerf dans son
Gouvernement: il se permit même d'exercer
des voies de fait contre un Gentilhomme
qui étoit contrevenu à cette défense : mais
la manière dont les Gentilshommes de cette
Province repoussèrent cette innovation ,
ôta pour toujours à ce Gouverneur l'envie de la soutenir (1). Concluons donc de tout ce qui a précédé , que jusqu'à la fin du quatorzième
un Gouverneur du Dauphiné a voit défendu celle du cerf dans son
Gouvernement: il se permit même d'exercer
des voies de fait contre un Gentilhomme
qui étoit contrevenu à cette défense : mais
la manière dont les Gentilshommes de cette
Province repoussèrent cette innovation ,
ôta pour toujours à ce Gouverneur l'envie de la soutenir (1). Concluons donc de tout ce qui a précédé , que jusqu'à la fin du quatorzième - (1) Salvaing, Usage des Fiefs, page 153. --- Page 176 ---
(40 siècle, la Chasle a été libre à tous les Propriétaires ; & indépendamment des Loix
que nous avons citées , & qui établirent
ce point de droit d'une manière évidente ,
nous avons encore pour garants de cette
assertion, tous les tuteurs qui se sont donnés la peine de l'approfondir, & (ingulierement Dupineau , sur la Coutume d'Anjou, article 32 ; Cochin, tome Ier, Consultation 12 ; l'Auteur de l'article Chasse
de l'Encyclopédie -, Salvaing, la Théorae
des Loix féodales ; l'Annotateur du Code
«les Chasses , & l'Auteur du Manuel ; tous
annoncent que la liberté de la Chasse n'a
été restreinte pour la première fois que paT
l'Ordonnance de 1396. Voyons donc quelles restriaions cette
Ordonnance y a mises. >> Aucune personne non noble de notre
» Royaume, s'il n'est privilégié ou s'il n'a
» aveu ou exprejje commiffton à ce de par
» personne qui les lui pusse ou doive donner..,
» ou s'il n'ejl personne d'Eglise , ou s'il n'efi
» Bourgeois vivant de sespojfeffions ct rentes ,
» ne se enhardie de chasser ou tendre aux
» grosses bêtes ne oiseaux, en garennes ne
» dehors, ne d'avoir & tenir , pour ce
» faire, chiens, furons, cordes, lacs, filets
>y ou autres harnois ». --- Page 177 ---
( 43 ) Cette Ordonnance conserve encore ,
comme l'on voit, le droit de Chasse, nonseulement aux Nobles , mais aux Bourgeois
vivons de leurs rentes ; elle ne la défend qu'aux
Roturiers qui n'avoient pas de biens, ou qui
n'en avoient pas sufElamment pour vivre.
Non-seulement Charles VI y reconnoît que
les Propriétaires Nobles ou Roturiers
avoient le droit de chane dans leurs domaines, mais même qu'ils avoient celui de
la premettre & de la défendre à ceux qui se
trouvoient dans la prohibition de la Loi.
L'Ordonnance le dit formellement par ces
mots : » s'il n'a aveu ou. expresse commiJ]ion
» à ce de par personne qui les lui puijje ou
» doive donner ». Cette Ordonnance au reste n'est qu'une
Loi purement de police ; on en trouve la
preuve & le motif dans le Préambule de
celle de François Ier, de 1515. » C3esl afin
« que les Artisans & Laboureurs ne pardiJ1ènt
» pas à la Chasse un tems qu'ils devoient em-
» ployer à leurs labourages , arts méchaniques
» ou autres } sélon l'état ou vacation dont
» ils sont; lejquelles choses cèdent ct re-
» viennent au grand détriment ct diminution
» du bien de la chose publique, à notre très~
» grand regret ct déplaisîr ».
le de François Ier, de 1515. » C3esl afin
« que les Artisans & Laboureurs ne pardiJ1ènt
» pas à la Chasse un tems qu'ils devoient em-
» ployer à leurs labourages , arts méchaniques
» ou autres } sélon l'état ou vacation dont
» ils sont; lejquelles choses cèdent ct re-
» viennent au grand détriment ct diminution
» du bien de la chose publique, à notre très~
» grand regret ct déplaisîr ». Charles VI suivit en cela l'exemple de --- Page 178 ---
( 44 )
P t . ooion, qui voyant que le peuple d'Athènes
négligeait les arts méchaniques , pour s'adonner à la Chane , il lui en défendit
1 exercice ; mais sa défense fut méprisée ,
& le préambule des Loix postérieures à
celle de Charles VI nous apprend que celle
de ce Prince ne fut pas plus recédée :
cependant il faut convenir que comme Loi
de Police, elle étoit fort sage $ il seroit trèsdangereux , sous tous les rapports, & trèsnuisible au bien de la société , que les Laboureurs , Artisans & Ouvriers eussent la
liberté de chasser: ce seroit, dit un Auteur,
planter l'oisiveté parmi les Paysans ct Villageois de leur permettre la Chasse ; ce
metier étant si coquin f qu il leur feroit quitter
kurs laveurs , suivant le dire d'.Uo race : manet fubjove frigido
Penator dulcis conjugis immemor, ^
Et suivant Ciceron. Ptrnoaant venatores iтz nive, in montibus urife
,atiuntur. Tels ont été les motifs de l'Ordonnance
de 1396 , qui tout en défendant, pour l'avantage de la chose publique, la Chasse à
la classe la plus pauvre de l'Etat, confirme
expressement ce principe de la liberté en --- Page 179 ---
( 45 ) faveur de ceux qui pouvoient en user
sans que l'Etat en souffrît. - Quant à l'Ordonnance de 15 15, elle ne
contient de défenses de chasser que dans
les domaines du Roi ; c'est ce qui résulte
de l'article 1er ; & loin que le systême de
l'autorité puisse en tirer avantage , elle est
décisive en faveur de l'opinion contraire,
puisque l'article 15 porte l'aveu le plus positis que le Prince ne pouvoit permettre &
défendre la Chasse que dans ses domaines,
& que, hors de-là, ce droit appartenoit
aux Propriétaires, puisqu'il les autorise à
user des mêmes défenses que lui dans les
leurs. » N'entendons , porte cet article,
» que les Princes , Seigneurs , ' Gentils-
« hommes , ct autres de notre Royaume.
» ayant sorêts , buissons ct droits de garenne >
,> useront si bon leur semble , en leursdites
» forêts , buissons ct garennes du contenu ct
» effets ès articles précédens : toutesfois, s'ils
» avoient quelques pades , convenances
,> & autres droits & privilèges avec leurs
,> hommes &: voisins, n'entendons à iceux
» autrement déroger ». Voilà donc le droit des Propriétaires
encore reconnu & confirmé d'une manière
positive ; les Seigneurs ct autres ayant forêts y bois, buissons & garennes, avoient --- Page 180 ---
( 46 ) donc non-seulement le droit de Chaire
dans leurs domaines , mais encore celui
de la permettre & de la défendre ; & à cet
égard cette Ordonnance n'établit pas un
droit nouveau ; elle ne fait que rappeller &
confirmer les dispositions du Droit Civil.
donc le droit des Propriétaires
encore reconnu & confirmé d'une manière
positive ; les Seigneurs ct autres ayant forêts y bois, buissons & garennes, avoient --- Page 180 ---
( 46 ) donc non-seulement le droit de Chaire
dans leurs domaines , mais encore celui
de la permettre & de la défendre ; & à cet
égard cette Ordonnance n'établit pas un
droit nouveau ; elle ne fait que rappeller &
confirmer les dispositions du Droit Civil. Ces principes, si long-tems, si souvent
& si solemnelleinent reconnus & confirmés , ne tardèrent pas à recevoir des
atteintes, par les Ordonnances postérieures.
La première fut celle de François Ier, du
6 Mars 1533 , rendue pour le Languedoc ,
qui, suivant le préambule, étoit dépeuplé
de bêtes rousses , noires ct autres espèces de
gibier, & qui fit les défenses les plus expresses à toutes personnes non nobles de chasser de quelque manière, par quelque moyen
& en quelque endroit que ce fût, nonobstant tous privilèges , tous pattes & conventions faits entre les Princes, Seigneurs
& Nobles dans les baux à fiefs &- à emphytéose que cette Loi révoque. Quoiqu'elle ne fût relative qu'à une
Province de France, & qu'elle ait été révoquée par celle du mois de Juin 1!J3!J,
elle n'en opèra pas moins une révolution
dans l'exercice de la Chasse. Ce qui jusqu alors avoit été regardé comme un droit
inhérent à la propriété ? ne fut plus con- --- Page 181 ---
( 47 ) fidéré que comme une sîmple permisJion, une pure faculté, que le Roi pouvoit
révoquer à sa volonté -, & ce fut dam cette
Ordonnance de 1535 que, pour la première fois, en parlant du droit de Chasse,
on se servit du mot permission : » donnons
» congé , licence ct permission aux gens non-
» nobles de notre pays de Languedoc, de
» chJÍfer par-tout ledit pays toutes ma-
>k nières de bêtes , oiseaux &: volatilles
» tout ainsi que lesdits non Nobles avoient
» accoutumé faire , jouir & user aupara-
» vant notre Ordonnance ». Il semble que l'on cherchoit déja à préparer les esprits à une plus grande révolution , & que l'on voulût les accoutumer
aux sacrifices : elle ne tarda pas à s'opérer par l'établissement des Capitaineries
Royales, qui a été si funeste à la propriété,
soit par l'usurpation d'un droit jusqu'alors
respeaé, soit par les entraves de tout genre
qui en sont résultées pour tous les Cultivateurs. L'année z338 fut l'époque de la création
de la première Capitainerie Royale , sous
le nom de Grurie de Rougeau ct Smart.
Elle embrasToit un tcrrein énorme depuis
Melun J*",Ifq ju au pont de Charenion , & entre
les deux rivières de Marne & de Seine. --- Page 182 ---
( 48 ) Cette grurie qui forme aujourd'hui la Capitainerie de Corbtil, qui est dans la Maison de
Villeroy avant i.58o, est une de celles qui
coûte le moins au Roi & où il y a le moins
d'abus. C'est aux dépens de son territoire qu'a
été formée, en 1774, celle de Senart, en
faveur d'uiz Prince que la Providence semble
avoir placé à côté du Trône pour apprendre
aux autres à connaître & à respecter les
droits sacrés du Citoyen. Grand Prince ,
puisse le Ciel écouter favorablement nos
vceux , & vous faire jouir long-tems de
toute votre gloire ; & daignez recevoir ici
un nouveau témoignage de la reconnoifsance publique que vous avez si bien méritée (1).
ée, en 1774, celle de Senart, en
faveur d'uiz Prince que la Providence semble
avoir placé à côté du Trône pour apprendre
aux autres à connaître & à respecter les
droits sacrés du Citoyen. Grand Prince ,
puisse le Ciel écouter favorablement nos
vceux , & vous faire jouir long-tems de
toute votre gloire ; & daignez recevoir ici
un nouveau témoignage de la reconnoifsance publique que vous avez si bien méritée (1). Les autres Capitaineries ont été établies
successivement, & se sont tellement multipliées , que quoiqu'il y en ait eu depuis un
siècle plus de 90 de supprimées, il en existe
encore douze qui embrassent plus de quarante lieues quarrées de terrein. Telle fut cependant la contradiction des (1) C'est par une suite de ce respea profond pour la
chose publique, que ce Prince a fait construire une garenne forcée de 1800 arpens. Le Laboureur pourra donc
déformais , dans l'étendue de cette Capitainerie , confier
ses sueurs & son grain à la terre condamnée depuis trop
long-tems à la flérilité. Loix. --- Page 183 ---
( 49 ) D Loix des Capitaineries & de celles qui
eurent pour objet la police de la Chasse,
dans toutes les autres parties du Royaume ,
. qu'il semble que , tout en ravittant aux
Seigneurs de Fiefs leur droit de Chasse, dans
l'étendue des terreins qu'il avpit plû à l'autorité de mettre en réserve pour ses plaisirs f
elle Favoit respecté hors de ces limites.
Nous voyons, en effet, que l'Ordonnance
du 14 Août 1578 consirme les Propriétaires
vivans de leurs rentes , soit Nobles, soit
Roturiers, soit Seigneurs ou Vassaux , dans
le droit de chaiTcr sur leurs domaines : elle
se résère absolument à celle de ib, à I4,
seule modification près, que l'Ordonnance
de 1578 défend la Chasse aux chiens couchans , comme l'a fait depuis celle de
1669 , parce qu'elle étoit trop cuijîtùèrt
& trop destruclive. Ce qu'il y a de bien étonnant encore,
c'est que ce même Prince, qui reconnoissoit si formellement, en 1578, le droit
des Propriétaires de chasser sur leurs domaines, ait rendu, trois ans après, une nouvelle Ordonnance qui la défendoit expre£
iement à tous ceux qui n'étoient pas Qbles..
Il est vrai qu'elle ne fut point enregistrée ,
& qu elle resta en simple projet -, mais ellç
n'en prouve pas moins les essorts de l'auto- --- Page 184 ---
( 5° ) tité pour enlever à une claire de citoyens
un droit inhérent à sa propriété, droit sacré
que quinze iiècles de possession légitime
auraient dû mettre à l'abri de toute atteinte. '
L'année 1 5 89 sut l'époque de l avènement d'Henri IV au trône des François. Ce
Roi, chasseur guerrier, fit aussi des Loix
sur la Chane ; nous le dirons à regret,
à quoi serviroit notre silence ? L'Histoire
ne l'a-t-elle pas dit avant nous ? Ce sont les
plus dures qui ayent jamais été faites, & ce
Prince , l'ami de son peuple, si célébré par
lui, & qui méritoit tant de l'être ; ce Prince
dont le nom est dans la bouche & dans le
cœur de tous les François, qui vouloit
que son peuple pût mettre une poule au pot
le Dimanche, lui défendoit, sous peine de
la vie , d'y mettre une perdrix.
? L'Histoire
ne l'a-t-elle pas dit avant nous ? Ce sont les
plus dures qui ayent jamais été faites, & ce
Prince , l'ami de son peuple, si célébré par
lui, & qui méritoit tant de l'être ; ce Prince
dont le nom est dans la bouche & dans le
cœur de tous les François, qui vouloit
que son peuple pût mettre une poule au pot
le Dimanche, lui défendoit, sous peine de
la vie , d'y mettre une perdrix. Il- se borna d'abord à defendre la ChasTe
dans ses forêts & garennes. Ce fut l'objet
unique de son Ordonnance de 1596, qui
étoit une sorte d'aveu qu'il n'avoit pas le
droit de la défendre hors de ses domaines ;
car s'il eût cru l'avoir , il est probable qu'il
n'auroit pas borné ses premières défenses à
ses seules propriétés. Bientôt après deux autres Ordonnances,
copiées l'une sur l'autre en 1600 & en 1601,
renouvellerent ces défenses i mais elles ne --- Page 185 ---
t 51 ) D % s'en tinrent pas là : le droit de Chasse fut
transformé en simple faculté ; ce ne fut
plus un d/ôit mais une smple perm-fjio'i. :
permettons à tous Seigneurs , GenvhLommes
si Nobles de chajjzr dans leurs forêts , o ê.
Ce sont les termes de l'article 4. Le h:r.-
tième étend la petm,jsroiz aux Bourges"?
vivans de leurs rentes. Les Artisans, Manouvriers & Laboureurs sont les seuls à qui Li
Chasse sait défendue. Cette Ordonnance permit aussi aux
Seigneurs de faire chasser leurs domestiques -, & quoique ce fut une fuite, non
de la permission , ( ce mot étoit improp.r! )
mais du droit qu'ils avoient de chaÍfer dans
leurs domaines, une Déclaration du 16 Fé...
vrier 1602 le leur défendit dans l'étendue
de trois lieues des forêts du Roi, lorique
les Maîtres serôient absens. Chaque année , sous le règne de ce
Prince , amena une nouvelle révolution sur
le fait des ChasTes. Le 14 Août 1603 fut
l'époque de cette Ordonnance meurtrière
& barbare tant reprochée à ce Prince , or
qui présente des idées si contradictoires
avec les qualités éminentes qui en ont fait
l'idole de l'on peuple. Elle défend laChaiïb
à Uarquebuse & même au pistolet, no !iseulemerit aux Roturiers, mais même aux --- Page 186 ---
( 51 ) Gentilshommes, à peine de la vie contre les
Roturiers pour la première jàis. (Que leur
CLuroxt-ori fait s'ils eussent récidivé?) d'amende arbitraire & de confiscatlon contre
les Nobles. Cette Loi cruelle fut, à la vérité, l'ouvrage des circomlances ; le préambule l'annonce : il s'agissoit de remédier à la licence
que la guerre, terminée par la paix de Vervins & celle de Lyon , avoit introduite,
ifc d'arrêter l'abus qu'on faisoit des armes à
feu : mais pourquoi ne fut - elle révoquée , par la Déclaration du 3 Mars suivant, qu'en faveur de la Noblesse , & la
laissa-t-on subsisler contre les Roturiers ?
vrage des circomlances ; le préambule l'annonce : il s'agissoit de remédier à la licence
que la guerre, terminée par la paix de Vervins & celle de Lyon , avoit introduite,
ifc d'arrêter l'abus qu'on faisoit des armes à
feu : mais pourquoi ne fut - elle révoquée , par la Déclaration du 3 Mars suivant, qu'en faveur de la Noblesse , & la
laissa-t-on subsisler contre les Roturiers ? Cette énigme trouve son explication dans
le projet évidemment formé depuis quelque
teins, & exécuté graduellement, de leur
enlever le droit de Chasse. En 1607, nouvelle Ordonnance relative
aux forêts ? garennes & plaines des Capitaineries : elle défend expressément à toutes
personnes indistinctement d'y chasser. Enfin est arrivée l'Ordonnance de 1669 ,
vulgairement appellée des Eaux & Forêts ;
c'en: le Code le plus complet que nous
ayons sur cette matière. L'article premier renouvelle les disposissons de celles de 1601 & 1607. --- Page 187 ---
( 53 ) D 3. L'article 14 permet la ChasTe à tous Seigneurs , Gentilshommes & Nobles , dans
l'étendue de leurs Terres, pourvu qu'elles
soient éloignées d une lieue des Plaiiirs du
Roi. L'article 10 la défend à tous indistinctement, dans l'étendue des Capitaineries y dénommées. Le 26C autorise les Hauts - Justiciers
à chassier, dans l'étendue de leur Haure-Juitice, sans néanmoins qu'ils puissent empêcher les Propriétaires du Fief ce chasfar
dans son étendue. Enfin, le 28e.défend la Chaire à tous
roturiers non possédant Fiefs Seigneuries,
à peine de 100 livres d'amende , pour la
première fois. Telle esi la filiation des Loix rendues
sur le fait des Chasses , depuis le commencement de la Monarchie. Il en existe
quelques autres, étrangères à notre objet,
&: que nous n'avons pas cru , par cette
raison , devoir rappeller. Que résulte-t-il de toutes ces Loix £
Que, suivant l'ordre de la narure & le droit
des gens, tout le monde peut chusser. Que , dans le droit civil, la ChasTe cst
un droit inhérent à la propriété ; & comme
il autorise chacun à défendre l'entrée de san --- Page 188 ---
( 54 ) h ■•rit^ge , & empêcher qu'on y chasTe ,
il en résulte nécessairement qu'on ne peut
lui clé fendre d'y chasser lui - même luis
violer en 'même tems le droit civil & le
droit de propriété (i). ( 'est par une suite de ce principe que
les Souverains ont pu interdire la Chasse
dans leurs Domaines : ils sont, à cet égard,
clans la classe des autres Propriétaires. Ainsi
le'droit de prohibition ne tient point à la
qualité de Souverain ; il est inhérent à la
propriété (2), Le droit politique , peut bien , à la vérûé, reslreindre & modifier le droit natui ci & le droit civil * mais il faut que le
bien de la République le demande. Par le
même motif, le Souverain peut mettre des
bornes & des restri&ions au droit de ChasTe
cles Particuliers , même le leur interdire, (i) a Quitibct privatus alium in agrum suum venandi
causa inpedientem prohibere potejl ; quo fit ut Barones
i) & Domini pojjint, ut vocant, proclama emittere , ne in
S1 fno territorio quisquam venetur. C'est le langage de.
jj Pont.lnUS, sur la Coutumede Blois. »
, le Souverain peut mettre des
bornes & des restri&ions au droit de ChasTe
cles Particuliers , même le leur interdire, (i) a Quitibct privatus alium in agrum suum venandi
causa inpedientem prohibere potejl ; quo fit ut Barones
i) & Domini pojjint, ut vocant, proclama emittere , ne in
S1 fno territorio quisquam venetur. C'est le langage de.
jj Pont.lnUS, sur la Coutumede Blois. » Bene. Rex , dit un ancien Do&etir de Sicile,/>a<«
/• ;} vro!i:bcrc venationcm fabditis in loco de dotnanio vet
Regis, quia quilibet privatus potejl prohibere ne ui
ic: N. Ii! 0 quis ficiat venationem. /viath. Stepii. de terriijriis , liv, Zi , peri. Ictc. **, ait cxorefTerRert crtis le droit de C fTe est in-*
■: r»; .~; h prop: /&» 7".' : wjiio/ii: cok$/sb --- Page 189 ---
(55) D 4 s'ils ne peuvent l'exercer qu'au détriment
de la choie publique, &: ians que l'agrir
culture , les arts & la sûreté des voyageurs
en souffrent. Mais s'il est certain que la Chane soit
un droit inhérent à ta propriété ; si chaquç
Propriétaire en a joui jusqu'au quatorzième
siècle , sans trouble , Tans interruption ; si
tous les Seigneurs nobles & roturiers , &
les simples Propriétaires vivans de leurs
rentes , l'ont conservé jusqu'au commencement du dix-septième siècle ; si enfin ,
comme Souverain , le Roi ne peut restreindre ni modifier l'exercice de la Châtie,
que, par un motif purement de police,
d'ordre & d'intérêt public , il est de toute
évidence que, cessant'ce motif, chacun a
dû continuer l'exercice d'un droit qui tient
à sa chose, & l'Autorité n'a pas eu plus
de droit de l'en priver , qu'elle n'auroit
eu celui de lui enlever le Fief même. « Nos Rois, dit Cochin, Consultation
» 22e, qui ont fait plusieurs Réglemens
» sur cette matière , n'ont pas prétendu dis-
,. pojer de la Chasse, comme d'un drou royal,
» & qui fut un apanage de la Souverain
» neté -, mais ils ont cru], avec raison., que,
» comme il pouvoit arriver beaucoup d'a-
» bus & de désordres dans l'uface de la --- Page 190 ---
( ïO » ChasTe, il étoit de leur sagesse d'en régler
» l'exercice. » M. Lebret , Traité de la Souveraineté
des Rois, liv. 3 , chap. 4 , dit bien que
les Princes Souverains ont la puissance de
régler, défendre &: permettre la Chasse;
mais c'esi: par suite de la police générale il
qui- est entre leurs mains ; & il a si peu
entendu dire par-là que la Chasle fût un
droit royal, qu'il ajoute que c'étoit plutôt
ttn droit de Seigneurie , que de Souveraineté»
' * Ainsi ce n'est que comme exerçant
» cette police générale } qui leur appartient
» en toute sorte de matière, ajoute Cochin ,
* que nos Rois ont ait plusieurs Réglemens
» sUi la Chasse.
suite de la police générale il
qui- est entre leurs mains ; & il a si peu
entendu dire par-là que la Chasle fût un
droit royal, qu'il ajoute que c'étoit plutôt
ttn droit de Seigneurie , que de Souveraineté»
' * Ainsi ce n'est que comme exerçant
» cette police générale } qui leur appartient
» en toute sorte de matière, ajoute Cochin ,
* que nos Rois ont ait plusieurs Réglemens
» sUi la Chasse. » Le droit de Chasse, dit aussi l'Auteur
de la Théorie des Loix féodales , » n'est
r> point un droit domanial ? ou n'appar-
» tient pas absolument & exclusivement
» au Souverain. On ne tient pas de lui ce
» qzi on tient du droit naturel ct du. droit de
y> propriété même. Il a mis des modifica-
>> tions à l'exercice de la Chasse ; il l'a
9> resserré dans des limites , tantôt plus ,
» & tantôt moins étroites , & tantôt aussi
» pour un motif , tantôt pour un autre ;
» mais ces modifications sont des actes d'ad-
» ministration & de police 7 & non des actes --- Page 191 ---
( S7 ) fb w de propriété. Cela éfl si vfat , que , sans
m ces actes chacun jouirôit librement de la
» Chasse dans ses Domaines. Ainft il ne
* saut pas prendre à la rigueur ces ex-
» pressions permissives, qui se trouvent dans
» plusieurs Ordonnances sur la Ckajse , lors-
» qu elles ont rapprt au droit que les Pro-
» priétaires exercent sur leurs propres Do-
» inaines. » Comment concilier, avec l'établissement
des Capitaineries, les principes & les- motifs
qui ont déterminé les modifications que le
droit de Chasse a éprouvées? Est-ce l'intérêt
public qui a fait enlever à 200 Seigneurs &
Propriétaires de Fiefs le droit de tuer un
animal qui vit à ses dépens , & qui dévore
sa propre st,.bslance , lorsque , par-tout ailleurs, les Seigneurs jouissent de la plénitude de leur droit ? Ce droit de police générale a-t-il pu jamais autoriser les Princes
à enlever à leurs sujets un droit aussi incontestable, pour se l'attribuer à eux-mêmes ?
N'ont-ils pas toujours reconnu qu'ils étoient
dans l'heureuse impuissance d'attenter à leur
propriété ? Et s'ils n'en ont réellement pas
le droit, comment autoriser plus long-tems
les fléau destru&eur des Capitaineries ? Dans le principe , l'on ne connoissoit de
Capitaineries que celles qui dépendoiertt --- Page 192 ---
4 ( 58 ) -des. Maisons Royales, autour desquelles il
y avoit un petit canton réservé pour les
plaisirs du Roi. Aujourd'hui, presque toutes
les terres de l'Hle-de-F rance, & même audelà , sont en Capitaineries. Tout le ter,
rein , depuis Nemours , en suivant la route
de Melun , jusqu' à Mantes & Meulan, ce
qui comporte plus de trente lieues de longueur sur plusieurs de large, y est enclavé ;
& , dans toute cette étendue , pas plus que
dans celle des autres Capitaineries , nul
Propriétaire , nul Seigneur , nul Gentilhomme , ne peut tirer un seul coup de
fusil , même dans son parc , sans une permission expresse.
Capitaineries. Tout le ter,
rein , depuis Nemours , en suivant la route
de Melun , jusqu' à Mantes & Meulan, ce
qui comporte plus de trente lieues de longueur sur plusieurs de large, y est enclavé ;
& , dans toute cette étendue , pas plus que
dans celle des autres Capitaineries , nul
Propriétaire , nul Seigneur , nul Gentilhomme , ne peut tirer un seul coup de
fusil , même dans son parc , sans une permission expresse. « Je laisse » , dit encore l'Auteur de la
.Théorie des Loix féodales, que nous avons
eu occasion de citer souvent avec avantage
dans ce Mémoire , « je laisse à qui voudra
» s'en charger, le soin de justifier ces pro-
» hibitions & ces entraves, & d'y appli-
» quer quelqu'un des motifs qui ont déter-
» miné les modifications graduelles que le
» droit de Chasse a éprouvées. Il ne s'agit. >
» plus là d'un Propriétaire qui défend l'enIl trée de ses Domaines ; c efl, au contraire, » le Propriétaire qui subit le JOZi,"- ; c ejl lui
» qui a les mains liées de toutes les mar mires ) sur l'usage de sa proprié té : --- Page 193 ---
( 59 ) 1 ►> autre exerce à sa place le jus utendi &
» abutendi qui conjlitue essentiellement cette
» propriété. Il ne s'agit pas davantage d'un
'» Règlement de police ct de bon ordre , d'une
» Loi faite pour un plus grand bien gêné-
» rai : le bien particulier efl essentiellement
» compromis sans aucun avantage pour le
» bien public. Je n'ai. qu une réflexion à faire
» sur cet état des choses : l'Autorité qui a
» pu l'opère. - légitimement, a , sans contre-
» dit , des droits bien étendus. » L'ancien Doreur de Sicile , que nous
avons déjà cité, se fait à lui-même cette
question : Le Roi peut-il empêcher les vassaux de chasser dans le territoire des Communes ? Et il répond que non , parce que
la ChaÍfe est du droit des gens , & que le
Roi ne peut ôter sans cause aux hommes,
ce que le droit des gens leur donne ;
qu'il peut bien défendre la ChaCe dans
ses Domaines 2 mais non pas dans ceux
d'autrui (i), (I) tln autem licitumflt Regi prohibcre subditos vaffallos
r\e vadant venatUm in territoriis univerJitatUm. ProfeÜo reperio quod venatio C/2 de jure gentium. Ea qiuz sims de
jltre gentium Princeps fine causd nonpotcjl tollere , ut latet
per felinum. Bene tamen Rex pojfct prohibere venationem
frū:liti.r ;.a loco de Dom.mio RepJ; vcl de dcjfenfo Rig's ,
quiii quilibet privatus potejl ptoizbcre at: in Icco fuo quU
~if~:.i~r venutionesi*
. ProfeÜo reperio quod venatio C/2 de jure gentium. Ea qiuz sims de
jltre gentium Princeps fine causd nonpotcjl tollere , ut latet
per felinum. Bene tamen Rex pojfct prohibere venationem
frū:liti.r ;.a loco de Dom.mio RepJ; vcl de dcjfenfo Rig's ,
quiii quilibet privatus potejl ptoizbcre at: in Icco fuo quU
~if~:.i~r venutionesi* --- Page 194 ---
. ( 60 ) Le célèbre Archevêque de Cambrai, le
vertueux Fenélon , étoit bien convaincu
de ces principes , lorsqu'il disoit à son auguste Elève : « on établit des Capitaineries de Chane , où les. Capitaines accrédités
» auprès du Prince , ôtent la Chasse aux
» Seigneurs, dans leurs propres Terres , jus-
» qu'à la poj-te de leurs Châteaux y 6- font
» mille vexations au pays. Le Prince n'en
» sait rien , & peut-être n'en veut rien
» savoir : c'est à vous de savoir le mal
» qu'ils font ; informez-vous de la vérité,
» ct ne souffre{ pas quon pousse trop loin
» votre autorité ; écoutez favorable,-zze,-zt ceux
» qui vous en représentent les bornes (r,).
En-fin , tout en violant ces principes ,
Louis XIV sembloit y rendre hommage par
sa Déclaration du 12 O&obre z699 , portant suppression d'environ ° Capitaineries ,
dans laquelle il s'exprime en ces termes : Ajoutons à cela que l'opinion commune des Doreurs
est que l'Empereur ne peut ôter aux hommes l'nsage
d'une chose que le droit des gens leur donne. C'est ce
qu'atteste Jason , sur la Loi Quominus , ff. de Fiumin. nQ.
34. Nam licet Deus Leges fubjecerit Imperatori ,tamen non
subiecit ta quât funt de jure Pentium. C'est aui1Î ce que Juflinieñ , dc jure natur. Dit. Sed
naturalia quidem jura quce apud omnes gentes utique ftrvantur , divina qucedam prudentia confluuta , femptr firma
Itque conjlitvta permanent. (1) Direction pour la conscience d'un Roi, Direct. 16, --- Page 195 ---
( 6 i ) « L'attention que nous donnons en toutes
» choses à ce qui peut contribuer au sou-
» lagement de nos sujets, nous a fait re-
» marquer avec peine le grand nombre de
» Capitaineries des Chasses qui le sont éta-
» blies dans notre Royaume, sous disférens
» prétextes , & qui privant les Seigneurs
» de Fiess ou Hauts - Jufliciers, diin droit
» qui leur ejl acquis par nos Ordonnances,
» dépouillent leurs Terres d'un de leurs prin-
» cipaux droits , en diminuent la valeur, les
» exposent tous les jours à plusîeurs vexa-
» tions , si leur ôtènt enfin zin des plus hon-
,. nêtes plaisirs que la Noblesse puiije avoir. » Ce Prince reconnoissoit donc que la
ChaÍfe appartenoit, par droit, aux Seigneurs,
& non par permijson ; & si, comme il en
convient, c'est un des plus beaux droits dépendans de leurs Terres, siles Capitaineries
en diminuoient la valeur, comment ce Prince
a-t-il pu conserver encore, par cette
même Déclaration, une multitude de Capitaineries , qui étoient, de son aveu
une atteinte portée à cette propriété ? Ce
n'étoit pas par les Ordonnances seulement
que ce droit étoit acquis aux Seigneurs &
aux autres Propriétaires. C'étoit parle droit
naturel, celui des gens , & le droit civil
en un mot, par tout ce que les hommes ont
de sacré.
ies
en diminuoient la valeur, comment ce Prince
a-t-il pu conserver encore, par cette
même Déclaration, une multitude de Capitaineries , qui étoient, de son aveu
une atteinte portée à cette propriété ? Ce
n'étoit pas par les Ordonnances seulement
que ce droit étoit acquis aux Seigneurs &
aux autres Propriétaires. C'étoit parle droit
naturel, celui des gens , & le droit civil
en un mot, par tout ce que les hommes ont
de sacré. --- Page 196 ---
( 62 ) ivepetons - le donc : les Capitaineries
royales sont une infraction évidente au
droit de propriété. Louis XIV en conv ent
lui-même , & , par conféqucnt, ii ny a
pas de milieu : ou il faut les supprimer,
ou il faut rayer de tous nos livres , des
Loix elles-mêmes, cette grande & sublim€
vente que les Rois sont dans l'heureuse
Îillpu1fànce d ' attenter à la propriété de leurs
[Ujcts.. Elle eil: évidemment incompatible
avec 1 ^ etabliilement des Capitaineries , qui
e nlè vent non-seulement aux Seigneurs un
droit dépendant de leurs Terres ? mais encore aux Propriétaires & Cultivateurs la
plus grande partie du produit de leurs
domaines, qui , pendant les quatre saisorts de l annee y font la proie du gibier de
toute espèce. Vous voulez donc réduire, nous dirat-on , les Souverains à n'user du droit exclusif de la ChasTe , que dans leurs propres
Domaines , & que concurremment avec
lès Propriétaires, sur les Fiefs relevans nuement de la Couronne. On ne peut disconvenir que ce ne fût
très-jufie : leurs Domaines sont assez consiè érables pour suffire à leurs plaisirs. L'ancienneté des Capitaineries ne peut pas être
un titre pour les conserver toujours ; la --- Page 197 ---
( 63 ) force ne'prescrit jamais , & on ne peut les regarder que comme une longue usurpation
faite par des Princes beaucoup plus jaloux de
leurs plaisirs que du bonheur de leurs sujets ;
usurpation que le meilleur , comme le plus
Julie des Rois, ne manquera sûrement pas
de proscrire. Mais cette partie considérable de la Nation , dont les droits sont si étrangement
compromis par l'exigence des Capitaineries , ne les l éclame pas à la rigueur. Trop
reconnoissante des bienfaits dont le Monarque comble la Nation entière, en lui rendant
sa première dignité , & en l'associant, en
quelque sorte à l'administration de la choie
publique , & à la poursuite des abus qui
s'y sont introduits, elle demande seulement,
mais elle le sait avec inslance, que Sa Majessé veuille bien supprimer, hic ct nunc,
toutes les Capitaineries où Elle ne chasle
pas , & de restreindre les autres aux seuls
lerreins nécessaires à ses plaisirs ; de laisser
aux Seigneurs Hauts-Jujliciers ct Féodaux ,
le droit d'y chasser en personne , & de faire
rentrer pour nous servir des expressions de
Louis XIV , dans le droit commun tous les
cantons qui forment aujourd'hui ce qu'on
appelle des Litutenances, où le Roi ne chasse
jamais , & qui ne sont, depuis un siècle,
toutes les Capitaineries où Elle ne chasle
pas , & de restreindre les autres aux seuls
lerreins nécessaires à ses plaisirs ; de laisser
aux Seigneurs Hauts-Jujliciers ct Féodaux ,
le droit d'y chasser en personne , & de faire
rentrer pour nous servir des expressions de
Louis XIV , dans le droit commun tous les
cantons qui forment aujourd'hui ce qu'on
appelle des Litutenances, où le Roi ne chasse
jamais , & qui ne sont, depuis un siècle, --- Page 198 ---
( 64 ) dans les mains des Capitaines quzm objet hon*
teux de lucre ct de commerce, qui le renouvelle à toutes les mutations, La reflitution de ces Lieutenances aux
Propriétaires des Fiefs, est même d'une nécessité & d'une justice si évidentes , que
Y Administration provinciale de la Généralité
de Paris en a manjeflé le vœu à Sa Majejlé , dès L'année dernière. Les Capitaineries :J en esset, n'ont été établies que pour
les plaisirs du Roi, & non pour enrichir
les Capitaines ; Ainsi, dès qu'elles ne servent
plus à leur première destination , elles
doivent cesser d'exiger. Les Grands du
Royaume, à qui elles ont été données,
ignoroient sûrement que le droit de Chasle
fût une dépendance des Fiefs ; s'ils l'eussent
pensé, aucun d'eux ne se feroit permis
d'en d'isposer , au détriment des Propriétaires, & ils n'auroient pas attendu une
réclamation , à la veille des Etats-Généraux , pour faire le sacrifice d'un lucre ,
que leur délicatesse & leur fortune dédaignent également. Qu'ils çonsîdérent quelle a été, depuis
l'étabMement des Capitaineries , jusqu'à
présent., la position des Seigneurs qui se
trouvoient dans leur enclave : forcés de
sacrifier une partie de leur fortune, pour
acheter --- Page 199 ---
( 6≤ ) K acheter leur propre chose , ou réduits, à
défaut de moyens , à la voir passer souvent dans les mains d'un valet qui avoit
eu le secret de s'enrichir des profusions de
son Maître, ou de tout autre individu de
cette espèce ; à entendre, à toute heure
du jour , des coups de fusil, jusques sous
les fenêtres de son Château , & n'ayant
ni la permission d'user de représaille envers
un animal, qui, depuis sa naissance , jus-.
qu'à sa mort, vit à ses dépens, ni la faculté de le promener seul dans son parc ,
sans y être troublé par la présence importune & la surveillance d'un Garde , que
les loix tyranniques de la Capitainerie autorisent à y entrer & à s'y promener,quand bon
lui semble, comme le Maître de la maison. Voilà ce que tous les Seigneurs de Fiefs
ont éprouvé jusqu'à présent. Ce commerce d'une partie des Capitaineries , en diminuant conjîdérablement la valeur
des Terres ct en fruflrant les Seigneurs de leur
plus beau droit ( i ), est aussi une nouvelle
vexation pour le Peuple. On vend les Lieuten"nces à celui qui offre le plusd'argent,
& , par conséquent, elles tombent le plus
souvent dans les mains de gens qui fo it des (i) Edit de 1699- --- Page 200 ---
( 66 ) spéculations sur le produit de la chasse, 8t
qui n'ayant aucune possession dans le territoire , n'ont aucune raison de respctter
les moissons, & ne songent qu'à multiplier
le gibier de toute espèce, qui sert à payer
l'intérêt de l'argent qu'ils ont donné , pour
avoir le droit de le tuer. Après avoir démontr(; que les Capitaineries royales portent atteinte à la propriété
d'autrui , étabillions combien elles sont
onéreuses à l'Etat.
8t
qui n'ayant aucune possession dans le territoire , n'ont aucune raison de respctter
les moissons, & ne songent qu'à multiplier
le gibier de toute espèce, qui sert à payer
l'intérêt de l'argent qu'ils ont donné , pour
avoir le droit de le tuer. Après avoir démontr(; que les Capitaineries royales portent atteinte à la propriété
d'autrui , étabillions combien elles sont
onéreuses à l'Etat. Le Compte rendu au Roi en 1788 &
publié par ses ordres, nous apprend qu'elles
coûtent annuellement 161,650 1. ; sçavoir,
160,000 liv. d'une part, & u,6bo Liv. d'autre , pour les gages de celle de Vincennes ct
Bondy , où Sa MajeJié ne chasse jamais , non
plus que dans celles d'Hallate ct Mouceaux. Cette somme de 161:J650 liv. comprend
les indemnités payées à quelques - uns des
Chefs de ces Capitaineries, soit pour la non
jouissance des lapins de quelques garennes,
foit pour les frais de destruction de ces
animaux; & ces indemnités, depuis qu'elles
ont eu lieu, forment aujourd'hui une masse
énorme de plus de 600,000 livres. Cet objet est incroyable. 10. L'Ordonnance des Eaux &: Forêts enjoint « aux
lo Officiers des Capitaineries, dç fairtfouil- --- Page 201 ---
( 67 ) E 1 » ler ct renverser tous les terriers de lopin;
» qui se trouveroient dans les forêts du ivoi,
» à peine de 500 livres d'amende & de su s-
» pension de leurs Charges pour un an ». L'Arrêt du Conseil du 21 Janvier 1776
renouvelle ces discutions. Ainsi il ne peut
y avoir de lapins dans les forêts du Roi &
dans les Capitaineries. Pourquoi donc des
indemnités en faveur des Capitaines, pour
la privation de ces animaux destructeurs
qui ne peuvent exister qu'au détriment de
la chose publique & en contravention à
la Loi ? 2°. Pourquoi des indemnités pour les
frais de destru&ion annuelle des lapins que
la Loi défend, sous peine d'amende & d'interdi&ion ,. de laisser multiplier ? Dest'ruction qui ne coûte d'ailleurs rien à ceux qui
la font, & qui leur est au contraire utile. Lorsque les Propriétaires se plaignent des.
► dégâts des lapins dans leurs bois, ou dansles terres qui les avoisinent, l'Arrêt du
Conseil du mois de Janvier 1776 les oblige
de fournir, à leurs frais , les gens nécessaires pour en opérer la desiruaion. Elle est même si dure cette Loi, qu'elle
défend au Propriétaire qui les a nourris
toute l'année , d'en recéler un seul, & lui
emoint de les remettre aux Gardes qui ne --- Page 202 ---
( 68 ) manquent pas d'en compter à leurs Supérieurs, Ils profitent par conlequent de
cette destruction , sans avoir dépensé une
obole pour l'opérer. Voilà comment les fonds publics ont été
jusqu 'à présent dilapidés ; comment la dette
nationale s'est si étrangement oc 11 horriblement accrue, & comment le pauvre
Peuple s'est trouvé insensiblement écrasé
sous le poids ces Impôts !
ettre aux Gardes qui ne --- Page 202 ---
( 68 ) manquent pas d'en compter à leurs Supérieurs, Ils profitent par conlequent de
cette destruction , sans avoir dépensé une
obole pour l'opérer. Voilà comment les fonds publics ont été
jusqu 'à présent dilapidés ; comment la dette
nationale s'est si étrangement oc 11 horriblement accrue, & comment le pauvre
Peuple s'est trouvé insensiblement écrasé
sous le poids ces Impôts ! Le temps de la restauration de la chose
publique est enfin arrivé. L'Ange tutélaire
que la Providence a replacé à la tête des
Finances ne laissera pas subnsler plus longtemps des abus aussi crians. Les réformes
utiles & nécessaires n'échapperont pas à sa
vigilance ; le droit de. propriété est trop
sacré à les yeux , pour qu'il se permette
d'y porter atteinte , sans les avoir épuisées
toutes ; & si le malheureux qui supporte
tout le poids du jour, & qui arrose si souvent
de ses larmes le morceau de pain qui lui
reste , do;t encore faire des sacrifices, qu'il
en voye du moins le terme, & qu'il n'ait
. plus à redouter que le fruit de ses sueurs
& de sa cruelle parcimonie soit employé
à entre ten r de pareilles déprédations. En supprimant les Capitaineries , le
Trésor public y gagnera non-seulement --- Page 203 ---
( 69 ) les 101,650 livres qu'elles coûtent annuelle^
ment, mais encore plus de 400,000 livres
pour le déficit qu'il éprouve sur les impo-
{itions des terres qui y sont enclavées, &
qui, nourrissant toute l'année un gibier immense, & ne produisant pas le quart de
ce qu'elles produiroient , si elles en étoient
éloignées , ne doivent évidemment pas
supporter les mêmes charges. Quelque considérable cependant que soit
cette perte pour l'Etat, elle est bien modique en comparaison de celle que le dégât
du gibier fait éprouver aux Propriétaires &
Cultivateurs , qui, souvent, ne retrouvent
pas dans leur champ la semence qu'ils lui
ont confiée. Cette perte est aussi incalculable que les vexations & les maux de toute
espece qu'ils éprouvent, à chaque insiant,
de la part des Agens subalternes des Capitaineries , & qui seront toujours incroyables
pour tous ceux qui n'en connoissent pas
le régime. Puisse le Monarque, qui s'occupe sans
relâche , & avec le zèle du Père de
Famille, à chercher un remède efficace
aux maux de ses enfans , qui les assemble
pour écouter leurs doléances, & qui veut
être irjlÍuit de tous les abus :J pour les réformer les empêcher de renaître > ct assurer --- Page 204 ---
( 70 ) m jamais la félicité publique , prendre ince£
fimment en considération un objet aussi
important & aussi digne de sa sollicitude
paternelle.
relâche , & avec le zèle du Père de
Famille, à chercher un remède efficace
aux maux de ses enfans , qui les assemble
pour écouter leurs doléances, & qui veut
être irjlÍuit de tous les abus :J pour les réformer les empêcher de renaître > ct assurer --- Page 204 ---
( 70 ) m jamais la félicité publique , prendre ince£
fimment en considération un objet aussi
important & aussi digne de sa sollicitude
paternelle. FIN. --- Page 205 ---
LA PLUS IMPORTANTE
E T LA PLUS PRESSANTE AFFAIRE,
0 u LA NÉCESSITÉ ET LES MOYENS DE RESTAURER
L'AGRICULTURE ET LE COMMERCE. --- Page 206 --- --- Page 207 ---
A I LA PLUS IMPORTANTE E T LA PLUS PRESSANTE AFFAIRE, 0 u LA NECESSITE , ET LES MOYENS DE RESTAURER 1 L'AGRICULTURE ET LE COMMERCE. Personne ne doute de la bonté du fol de
la France , des avantages de son climat, de l'indufirie & de l'adivité de ses habitans. On dit'
même, comme une maxime , qu'elle peut se paffer
de tous sts voisins. Mais ce sol, ce climat, cette
industrie , cette activité sont-ils mis à profit, &
l'adage est-il actuellement vérifié par le fait?
Il est douloureux d'avoir à dire publiquement que
non ; qu'il s'en faut infiniment, & que cet heureux sol , à l'exception de quelques provinces, nè
fournit point aux besoins de tous ses habitans, &
qu ils sont tributaires annuellement de tommes --- Page 208 ---
r 4 ] immenses envers les étrangers, pour le prix des
denrées qu'ils fournissent à la France. Cette vérité
paroît un paradoxe à une nation qui ne s'est point
instruite de sa situatiôn ni de ses intérêts, & dont
les administrateurs éphémeres, ignorans , égoïstes,
n'en savoient guere plus que le public , & ne portoient leurs pensées que sur un courant de routine : ils croyoient être sublimes quand ils avoient
fait quelques chétives innovations à la marche des
prédécesseurs & trouvé quelques ressources de finance dont la successîon devoit creuser l'abîme de
dettes qui fait ce déficit scandaleux qu'il faut vuider , mais non pas combler comme ils l'ont dit,
& le public d'après eux. Cette multitude d'opérations fiscales , qui se sont disputé d'absurdité ;
ces emprunts usuraires & scandaleux, qui auroient
valu l'interdi&ion à tout pere de famille; ces mots
de crédit de négociations, dont on a magnétisé le
public pour achever la ruine & la dépopulation
des provinces ont été le chef-d'œuvre des plus
habiles. Pendant ces opérations de dix pour ccnc
& d'agio de cent pour dix , l'agriculture, les arts,
les manufactures & le commerce étoient dans
i,oubli , & la proie de toures les harpies de la
finance , tous les sonds nécessaires leur étoient enle vés. Alors un homme qui parloit de régénérer
nos forêts dévalées de réformer une ordonnance
pleine d'erreurs qui les régit, de planter & semer
uos dunes & nos landes , de desséçher douze cents
mille arpens de marais , afin d'avoir du bois,
riculture, les arts,
les manufactures & le commerce étoient dans
i,oubli , & la proie de toures les harpies de la
finance , tous les sonds nécessaires leur étoient enle vés. Alors un homme qui parloit de régénérer
nos forêts dévalées de réformer une ordonnance
pleine d'erreurs qui les régit, de planter & semer
uos dunes & nos landes , de desséçher douze cents
mille arpens de marais , afin d'avoir du bois, --- Page 209 ---
r ç i Ai des résines, des prés, des pâturages, des boeufs ;
des vaches , du beurre"., du suis, des viandes
fraîches & salées, des cuirs, du chanvre , du lin,
des engrais, des moutons, de la laine , du bled ,
& de cesser d'acheter pour cent millions par
an de ces articles ; d'exploiter nos mines pour
ne pas tirer pour vingt-cinq millions de métaux
de l'étranger ; &c. &c. cet homme étoit un vifionnaire, un homme a systeme. Enfin les repréfentans de la nation sont assemblés ; exempts des
préjugés & de l'esprit de parti qui dirige & combat les ministres , libres des manœuvres de l intrigue, ils n'ont point à lutter contre la cabale qui veut
ôter ou donner des places , ils n ont que l 'objet
de leur mission à remplir; sauver la nation. Ils le
peuvent ils le doivent, ils le feront, car ils font
trop éclairés pour se laisser distraire , ni égarer par
les pratiques perfides de ceux qui redoutent la verra
& les bonnes intentions du roi & des membres
des états. Il ne s'agit donc que de leur montrer
les plaies qu'ils ont à guérir , de leur indiquer
les remedes & d'abréger leurs immenses travaux »
en leur offrant le fruit des veilles des citoyens
zélés. Tel est l'hommage que je leur apporte ,
puisse - t - il leur être agréable , & tous les gens
instruits payer l'utile tribut de leurs lumieres. La France tire de l'étranger pour plus de trois
cents millions des productions & des sabriques étrangères , que nous pouvons obtenir de notre sol y
de celui de nos colonies, & de nos arts & ma- --- Page 210 ---
[ « ] nufa&ure«, lorsque les uns &. les autres seront
dirigés & encouragés convenablement. L'état des productions que nous tirons de l'étranger , & que nous présentons est de la plus
grande exactitude & sûreté ; il a été formé pour
motiver & justifier aux yeux de nation , la demande de la supression des loix qui nuisent à
l'agriculture, & des encouragemens dont elle a
besoin. Cet état convaincra de notre misere , des pertes immenses que nous éprouvons chaque année ,
& disposera à donner quelque attention aux
moyens de rendre à notre agriculture tous ses
avantages. Cet état présentera le mal ; nous en
développerons les causes j ensuite nous en indiquerons les remèdes ; heureusement plusieurs sont"
faciles & n'exigent que la volonté de l'autorité.
Comme il n'y a que l'ignorance & le préjugé qui
puissent faire des objections contre des faits conftans , contre des principes évidens , les réponses
sont faciles ; on les fera cependant, mais briévemenc.
rendre à notre agriculture tous ses
avantages. Cet état présentera le mal ; nous en
développerons les causes j ensuite nous en indiquerons les remèdes ; heureusement plusieurs sont"
faciles & n'exigent que la volonté de l'autorité.
Comme il n'y a que l'ignorance & le préjugé qui
puissent faire des objections contre des faits conftans , contre des principes évidens , les réponses
sont faciles ; on les fera cependant, mais briévemenc. --- Page 211 ---
[7l A 4 ÉTAT SOMMAIRE DES principales productions que la France
tire de l'Etranger, ct qu'elle peut obtenir
de son sol. MONTANT DES IMPORTATIONS FAITES EN FRANCE EN 1787, DE MATIERES DU SOL
ETRANGER. PREMIERE CLASSE. Valeur en argenti Métaux de toutes fines. ' Bruts. MÉTAUX BRUTS. liv. -A c 1 E R venant particuliérement de
Hollande , de Suisse & d'Allemagne.. 861,000
Cuivre d'Allemagne , d'Angleterre , du Levant, de Hollande & des quatre
villes Anséatiques, de Brème , Hambourg, Dantzick & Lubeck 7,217,000 Etain d'Angleterre 885*5000 Fer de Suede & d'Allemagne 8,462,000
Laiton d'Allemagne & de Suede... 1,175,000
Plomb d'Angleterre & des quatre
villes Anféantiques 2,141,000 MÉTAUX OUVRAGÉS. Ouvrages d'acier déclarés. comme 10,850,000, liv. --- Page 212 ---
[S] Valeur en argtnt. Bruts. Fabriqués. L. ' liv. liv. .D»autrie-part 10,850,000 mercene fine d'Angleterre , en quincaillerie de toute nature, & ouvrages 7 O divers en métaux d'Allemagne & d'Angleterre
° . 4,917,000
Montant des métaux bruts & ouvragés" ci 15,777,000 1. SECONDE CLASSE. Charbons de bois & de terre venant
d'Angleterre , de la Flandre Amdchienne & du Duché de To(cane... $,674,000
TROISIEME CLASSE. Dois de toute nature non ouvragés
autres que ceux de marqueterie
& de teinture. Bois divers de conflru&ion, venant
particulièrement de Danemarck , de
Suéde , des quatre villes Anséatiques
& de RufUe 5,408,000 Bois feuiliard & mérein venant dç Gênes, des quatre villes Anséatiques , de Frusse , des Eracs-Unis ide l'Amérique I,5.93,00C Liége venant particulièrement d'Ef
pagne 261,00c Les bois ouvragés étant un article peu ]33>737jQCQ 4)5%7,000 • --- Page 213 ---
[ ] Valeur en argent. \ Brins. Fabriqués.
liv. liv. Ci-cortre 33,787,000 4,517,000
important, ne sont ici placés que pour
mémoire QUA TRI E MEC CLASSE. Matières résineuses 3 bïtumineuses3 cendres cire. Brai , goudron 5c résine venant de Gênes, de Russie & de Suede. 1,557,000
Cendres gravelées , soude , potasse , vedafTe, cendres de mer & cendres à
fumer terre, venant de Hollande, Naples , Allemagne , Prusse, Espagne , Suede, villes Anséatiques 5,161,000
Cire jaune de la Barbarie , du Levant , de la Hollande, des villes Anséatiques, de la Rume i,iéo,ooo
oudron 5c résine venant de Gênes, de Russie & de Suede. 1,557,000
Cendres gravelées , soude , potasse , vedafTe, cendres de mer & cendres à
fumer terre, venant de Hollande, Naples , Allemagne , Prusse, Espagne , Suede, villes Anséatiques 5,161,000
Cire jaune de la Barbarie , du Levant , de la Hollande, des villes Anséatiques, de la Rume i,iéo,ooo NOTA. Nous exportons pour environ 600,000 liv. de miel; mais notre
cire ne nous suffit pas. CINQUIEME CLASSE. Graines de toutes sortes ; de lin 3 de millet > & racines propres à
la teinture. Graines de jardin , de lin, de millet, 43,366,000] 4,927,000 --- Page 214 ---
[ 1° ] Valeur en argenté BIU[s. | Fabriqués.
liv JJ
D'autre part 43,-366000
de navettes & autres venant de Hol ' 4,92.1,O:>Q
lande, de Prusse , de Ruffie, d'Italie.. r,iij>0oo
Garance & racinesd'Alizari, de Hollande, Flandre Autrichiennne > Barbarie & Levant 961,000 SIXIEME CLASSE. Comejlibles de toutes fortes e¡. produits immédiats de la terre G' en produits de l'indujlrie agri
cole. COMESTIBLES EN PRODUITS IMMÉDIATS D.£ LA TERRE. En bled-froment venant particulièrement de Sicile, de Gênes , de la
Toscane, de Naples , de l'état ecclé
fiaftique de Venise, de la Barbarie. du Levant , d'An(,Ieterre , de Hollande, I I
de la Flandre Aurrichienne, de Russie , des Etats-Uni6 de l'Amérique g 116 OO0
En riz d,e Gênes , des Etats du Roi de
Sardaigne, d'Angleterre & des EcatsUnk de l'Aménque 1,041,000
En orge de Barbarie 375,000 Notà. On doit observer que si la
Francs reçoit pour uae Comme assez $î,?76,ooo| 4j 17) Oco --- Page 215 ---
[ II ] 1 Valeur en argent. Bruts. Fabriqués. Hv. liv. Ci-conere
r,r ,, 55,976,000 4,927,000
considerable de bled de l étranger, elle
y envoie aussi des quantités imporcan
tes. En 1787 , la -valeur des exportations en bled , faites du royaume pour
toutes les nations, s'éleveà 6,^61,000 1. particulièrement pour l'Espagne, le Portugal, l'Italie, l'Angleterre , la Flandre
Autrichienne & la SuiiTe. Il est bon
de remarquer que cette vente des bleds
du sol de la France, & cet achat fimultané de celui des territoires étrangers, provient, entr'autres causes , Je l'étendue du royaume , qui rend^lus facile
à certaines provinces leur approvisionnement chez nos voisins, que de l'effectuer , par des achats, dans l'intérieur de
la France. C'est ainsi, par exemple, que la population immense de Marseille
& de la Provence, se nourrit du bled
que le commerce importe de Barbarie
& du Levant. D'un autre côté , les provinces maritimes, telles que la Guienne, qui font le commerce des colonies, tirent de l'étranger des bleds qu'ils convertiffent en farines; enfin une partie
du froment déchargé dans nos ports repasse à l'étranger , après avoir lai{fé des
bénéfices de commission, d'entrepôt, &c.
par exemple, que la population immense de Marseille
& de la Provence, se nourrit du bled
que le commerce importe de Barbarie
& du Levant. D'un autre côté , les provinces maritimes, telles que la Guienne, qui font le commerce des colonies, tirent de l'étranger des bleds qu'ils convertiffent en farines; enfin une partie
du froment déchargé dans nos ports repasse à l'étranger , après avoir lai{fé des
bénéfices de commission, d'entrepôt, &c. '55,916,000 4,517,000 --- Page 216 ---
[ " ] Valeur en argent. Bruts. tFabriques.
liv liv. D 'autre-part 55,576,000 4,917,000
aux négocians François qui se livrent à
ce genre de spéculation. De légumes de toutes sortes, venant
particulièrement de Naples , de l'Etat
Ecclésiastique, de la Barbarie & de la
Hollande 545,000
En fruits, comme citrons, figues> raisins & amandes , d Espagne , de Naples , de Portugal, de Gênes & du Levant 3,060,000
COMESTIBLES EN PRODUITS DE L'INDUSTRIE AGRICOLE. En beurre d'Angleterre , d Irlande & d'Ecosse 1,507,000
En chair salée de bœuf, de porc d'Angleterre , d'Ecosse & d'Irlande 2,560,000
En Fromage de Hollande , & de Suilic 4,521,00®
En huile d'olives des états du roi de
Sardaigne , de Gênes, de Toscane, de
Nap'es , d'Espagne, de Portugal & du
Levant 16,64.>,000' SEPTIEME CLASSE. Boissons. D'eau-de..vie de graine & de Ge- 1 59,581,000 31,$61,000 --- Page 217 ---
[ 1; ] Valeur en argent. Bruts. Fabriqués.
liv. liv. C;-contre )sp8i,ooo 3I,ç6I,OOO
nievre d'Hollande, pour être réexportée
à l'étrancer 1,874,000
D'eau-de-vie de vin d'EtpagnCj pour
être réexportée à l'étranger ,,715 CG
De vins étrangers & de liqueurs, par I I
ticuliérement d'Elpagne , pour. notre
contamination 1,489)0(,0
Biere venant d'Angleterre pour notre consommation $6$}oco HUITIEME CLASSE. Bejliaux 5, bêtes de somme. ANIMAUX VIVANS. En bœufs, moutons, porcs , chevres
venant particulièrement des Erats héréditaires de la maison d'Autriche & de
l'Alleina(,ne 6,646,000
En chevaux, mules, mulets venant
particulièrement des Etats héréditaire
de la Maison d'Autriche, d'Angleterre
de Suisse, de Danemarck & de Sardaigne 1,211,000 NOTA. Dans cette valeur dl
6,646,000 liv. il y a pour 1, 5 46,800 liv
de moutons & brebis , en cent vingtsept mille sept cent cinquante-huit tête?
ococg££'69 39,108, co --- Page 218 ---
[ 14 ] Paleu, en argent. , Bruts. J Fabriqués. Ci-cont,re liv. venant particulièrement de la Flandre 3 9 ,10 8,000
Autrichienne & de l'Allemagne. Il a été
exporré de France dans la même époque ( 1787) pour 1,805,478 livres de
moutons & brebis > en deux cent un
mille sept cent deux têtes; savoir, pour
l'Espagne , cent soixante-quatre mille
cent cinquante-huit têtes, & pour la
Suisre , deux mille trois cent quatrevingts têtes.
venant particulièrement de la Flandre 3 9 ,10 8,000
Autrichienne & de l'Allemagne. Il a été
exporré de France dans la même époque ( 1787) pour 1,805,478 livres de
moutons & brebis > en deux cent un
mille sept cent deux têtes; savoir, pour
l'Espagne , cent soixante-quatre mille
cent cinquante-huit têtes, & pour la
Suisre , deux mille trois cent quatrevingts têtes. DÉPOUILLES DES ANIMAUX. De cuirs en poil, d'Espagne, de Por
tugal & de Barbarie J- /■ ' " 2>7°7»OOO De peaux diverses non aprêtées, d'a
gneaux , de chevres , de veaux , de chevreuils, de dains, des états du roi de Sar
daigne, d'Espagne & du Levant 1,180.00c De poil de chevre du Levant 1 1 • 3/ > V» Ue foie de porcs, de sangliers venant de Russie & des quatre villes An
tiques 2.75,030 De suifs de Russie, de Hollande, d'An
gletetre , de l'Etat ecclésiastique & de
Toscane j,n 1,000 No TA. Les cuirs & peaux apprêtées 77>54-»°00|3*>io8,ooo --- Page 219 ---
[ 15 ] Valeur en argent. Bruts. Félbriqués.
liv. liv. D'atitre-part 77,948,000 39,108,000
venant de l'étranger, ne forment pas
un article important. NEUVIEME CLASSE. Laines. LLAINES NON OUVRAGÉES. De laines non ouvragées d'Espagne , de Portugal, de l'Etat ecclésîastique, de Naples, de Barbarie, du Levant, d Angleterre , des quatre villes Anséatiques, d'Allemagne & de -la Suiiïe 10,884,000 LAINES OUVRAGÉES. En bonneterie , étoffes & rubans de
laines d'Angleterre & d'Allemagne 4 31^,000
DIXIEME CLASSE. Soies. SOIES NON OUVRAGÉES. De soies non ouvragées de Sardaigne, de Gênes , de Toscane , d'Espagne , de Portugal, de Naples, de Barbarie
du Levant, d'Angleterre, de Suéde , 98,831,000 43,4J3,c-:o --- Page 220 ---
[ nf J ' Valeur eit argent. Bruts. Fabriqués,
liv. liv. D autrt-part * 98,831,000 43,435,000
pour les soies Nankins ) & des Indes * 18^166,000
SOIES OUVRAGÉES. En bonneterie & gaze angloise, étoffes & mouchoirs des Indes , rubans
de soie d'Italie & de Suiiïe, étoffes
du Levant 4,154,000
ONZIEME CLASSE. Lins. LINS NON OUVRAGES , ET HUILE DE LIN. En lins en masTe, filés, & huile de
lin de la Hollande , des quatre villes
Anséatiques , de la Flandre Autrichienne , de la Prusse & de la Russie... 6,0 5 6,ooô
LINS OUVRAGÉS. En toiles de Flandre Autrichienne ,
d'Allemagne, des quatre villes Anséatiques , de l'Angleterre , de l'EcoiTe , de l'Irlande , & en dentelles de fil , gaze de fil, lingerie de Flandre Autrichienne, d'Angleterre & de SuilTe 11,255000 'Hi'îl»009 5^,541,000
Ci-contre --- Page 221 ---
C '_Il! 1 si Valeur en argent. Bruts. Fabriqués.
liv. - liv.
iles de Flandre Autrichienne ,
d'Allemagne, des quatre villes Anséatiques , de l'Angleterre , de l'EcoiTe , de l'Irlande , & en dentelles de fil , gaze de fil, lingerie de Flandre Autrichienne, d'Angleterre & de SuilTe 11,255000 'Hi'îl»009 5^,541,000
Ci-contre --- Page 221 ---
C '_Il! 1 si Valeur en argent. Bruts. Fabriqués.
liv. - liv. Ci-contre IB,lf4,QOG ^,542,00O
DOUZIEME CLASSE. « Chanvres. CHANCRES NON OUVRAGÉS. En chanvres non ouvragés, d'Aile- >
Magne , dk Prusse , de Rufsie } des
Etats-Unis! de l'Amérique, de la Tof. cane, de lerat ecclésiastique, de Naples, de Venise , de Sardaigne. »• 5,040,000
CHANVRES OUVRAGÉS. En roilefc diverses & cordages d'Hol-" lande, d'Angleterre , des quatre villes ■>
Anféatiquqs, des Etats héréditaires 'de
* la Maisons d'-Aatriche , en Allemagne ->
&. eu Flandre. ^ ; 6,J44,oo«
! . TOTAUX des produ6tions étrangères
brutes cyua peuvent fournir. le sol & "
les fabriques de la France. . 138,1*4,060 66,086,000 TOTAL' commun du brut. & du fa- - W >8O,«>o .. --- Page 222 ---
[ 18 ] PRODUCTIONS ETRANGERES 1, DONT IL NE
PAROIT PAS CONVENABLE D'ENCOURAGER
LA CULTURE EN FRANCE.
Valeur en argent. TREIZIEME CLASSE. Cotons. COTONS NON OUVRAGÉS. En cotons, en laines & fils des colonies portugaises , du Levant , de
Naples 16,494,000
COTONS OUVRAGÉS. En bonneterie, étoffes, toiles, mouchoirs de cotons d'Angleterre , toiles &
mousselines provenant du commerce
étranger dans l'Inde ... 1 3,448,tbOci NOTA. On sait que les colonies françosses de l'Amérique produisent du
coton : c'est donc aux Antilles oû on
on doit chercher à en augmenter la
culture. Si on veut diminuer la dépen- *-
dance dans laquelle la France se trouve
des nations étrangeres pour les especes
de coton dont l'importation forme
l'objet de la treizieme classe. D'ailleurs, c'est du Levant que nous recevons cersaines quantités de cotons, que nous .16,494,00013,448,000 --- Page 223 ---
t 19.1 B a •" Valeur en àrgeûti Ci-contre.. » t6,4P4,oo© 13,448,004»
échangeons contre des draps londrins . qui procurent de grands bénéfices. Si
nous voulons conserver ce commerce
avantageux , il faut bien avoir quelques
marchandises à acheter des Levantins. QUATORZIEME CLASSE. Tabac. En tabacs en feuilles d'Hollande
d'Angleterre & des Etats-Unis de l'A- J
mérique 14,141,00© NOTA. Le fol de la France petit
fournir d'excellens tabacs ; mais dans ;
l état a£tuél} où la vente exclusive du
tabac forme une branche particuliere
.du revenu national, il est clair que
la culture de cette plante ne peut être
étendue en France. D.%ns la supposition
où le privilège de cette, vente exclusive
seroit détruit, on pourroit mettre en
question s'il imporreroit de favoriser
en France la culture de cette .plante,
00© NOTA. Le fol de la France petit
fournir d'excellens tabacs ; mais dans ;
l état a£tuél} où la vente exclusive du
tabac forme une branche particuliere
.du revenu national, il est clair que
la culture de cette plante ne peut être
étendue en France. D.%ns la supposition
où le privilège de cette, vente exclusive
seroit détruit, on pourroit mettre en
question s'il imporreroit de favoriser
en France la culture de cette .plante, la plus grande des superfluités , préfé. rablement à toute autre production
analogue â noihre sol , qui pùiïTe ' ' servir au vêtement & à la nourriture
des habitans de ce grand rovaume , & fournir en même ttmps des moyens 30,636,000 13,448,00* --- Page 224 ---
[ ** 1 Valeur en argent;
liv. liv. Ci-contre 00,636,000 l),t48,ooo
J'échange pour se procurer, par le
commerce étranger , les objets de consommation dont le goût & la mode
font un besoin QUINZIEME ET 'DERNIERE CLASSE. En bois de teinture, de marquetterie, en droguerie de toutes sortes pour la mé 0 decine, la teinture, non compris la garence , en épiceries, en productions de
la pêche , en librairie , verrerie, merceries , faïence, poterie , pelleterie , cauris, dents d'éléphans , plumes à lit, à écrire, & plumes d'autruches, voitures , marbres, &c. &c. &c 61,820,000
ToTAL des importations dont la
France peut difficilement s exempter de
refler tributaire des nations étrangères.. 10^04,00O
TOTAL' ( de l'autre part ) des proproductions étrangères que peut fourair le sol'de la France 104,280,000 Valeur totale des importations en
t/gy ; ,'.y*! 310,184,000 Ii.". --- Page 225 ---
t*». î [texte_manquant] O^SEYATIONS GENERALES.. JL paroîc par le tableau ci - dessus que l'amelioration de l'agriculture en France , pourroit augmenter la masse des productions de notre sol d'une
somme de cent trente- huit millions, si elle fournisToic un jour les différentes productions que
nous tirons, actuellement brutes des différentes
contrées étrangères. Cette augmentation dans notre
richesse territoriale pourroit même s'élever à deux
cent quatre millions, si la perfection de la main
d'oeuvre des mêmes matieres premieres , faisoiç
disparoître le besoin qu'a la France de certains
produits fabriqués par l'industrie étrangère ; au
surplus on doit observer que pour éviter toute
exagération, on pourroit déduire de la valeur des
articles formant les douze premieres classes de
marchandises dénombrées j, un cinquième pour la
masse, qui, déchargée dans nos ports, peut-être
réexportée & se confondre avec semblabies produits de notre sol 3 vendus à l'étranger ; au moyen
de cette déduction j ce seroit toujours une amélioration dans notre culture de plus de cent soixante millions que l'on pourroit réaliser un jour.
Il est cependant peut-être plus sur de compenfer cette réexportation avec la diminution d'estimation, que toutes ces marchandises reçoivent aux
archandises dénombrées j, un cinquième pour la
masse, qui, déchargée dans nos ports, peut-être
réexportée & se confondre avec semblabies produits de notre sol 3 vendus à l'étranger ; au moyen
de cette déduction j ce seroit toujours une amélioration dans notre culture de plus de cent soixante millions que l'on pourroit réaliser un jour.
Il est cependant peut-être plus sur de compenfer cette réexportation avec la diminution d'estimation, que toutes ces marchandises reçoivent aux --- Page 226 ---
t 12. 1 entrées , & de laisser subsister l'évaluation telle
qu'elle est présentée dans l'état. Il est facile d'appercevoir que l'objet le plus
lucratif, seroit l'article des bestiaux de toutes
sortes, à cause des produits qui en sont une conséquence , telles que les chairs salées , les beurres , les fromages, les cuirs , peaux , poil &
suifs j sur-tout les laines ; ces articles réunis présentent une bonification à effectuer de plus de
quarante millions de valeur , même avec la dé-
,duétion du cinquième , pour les raisons précédemment indiquées ; mais il faudroit ajouter l'augmentation des récoltes en grains, qui deviendraient
plus abondantes en proportion de la multiplication
des besliaux. Par l'augmentation 8c l'amélioration
des laines, on diminueroit la dépendance dans laquelle sont nos manufactures , de l'Espagne , qui
contrarie aujourd'hui leur approvisionnemens, en
imposant de forts droits de sortie sur les laines
à leur passage en France. Cette puissance fait d'ailleurs les plus grands efforts pour établir des fabriques florissantes dont le succès , quoique naisfant, diminue déjà la vente aux Espagnols de
nos petits lainages j par - là nons diminuerions
encore le désavantage actuel de nos relations avec
l'Angleterre qui nous fournit des étoffes de laines de la meilleure qualité , les beurres & chairs
salées : ce seroit aussi une conquête importante ,
que de nous passer d'une partie des métaux , des
charbons & des toiles qui nous arrivent d'Angle-; --- Page 227 ---
[ - ] . B 4 terre, d'Ecosse & d'Irlande. Une plus grande Culture d'oliviers & de mûriers , pourroit également
faire disparoître le commerce désavantageux que
nous faisons avec presque toutes les contrées de
l'Italie, dont nous Tommes tributaires d'une sommés
de plus de trente millions de valeur en soie,
soierie & huile d'olives. Enfin en améliorant nos
récoltes en lins & chanvres, nous n'aurions pas
besoin de verser une solde considérable dans les
états héréditaires de la maison d'Autriche, en
Allemagne & en Fiandre , pour l'achat de ces
matieres brutes ou ouvragées , tandis que cette
puissance repousse par des prohibitions renouvelr
lées au mois de février dernier, les produits de
l'industrie françoise. Quant à notre commerce dans le Nord qui
comprend celui avec le Danemarck , la Suede &
la Russie, nous verrions diminuer un joùr nos
relations avec ces pays septentrionaux , si nous parvenions à nous passer des bois de conslruétion,
des sers , des brai , goudron & résine que nous
en recevons actuellement ; nous payons aujourd'hui ces marchandises en produits de notre sol,
comme vins, eaux-de-vie & objets d'industrie ,
de modes & de goût, que nous faisons passer en
Russîe , mais le moyen le plus général d'échange
que nous ayons avec le Nord , consiste dans le débouché des marchandises coloniales , telles que
les sucres & le café. Si nos navigateurs transporloient cette malle énorme sur des bâtimens na-«
nous
en recevons actuellement ; nous payons aujourd'hui ces marchandises en produits de notre sol,
comme vins, eaux-de-vie & objets d'industrie ,
de modes & de goût, que nous faisons passer en
Russîe , mais le moyen le plus général d'échange
que nous ayons avec le Nord , consiste dans le débouché des marchandises coloniales , telles que
les sucres & le café. Si nos navigateurs transporloient cette malle énorme sur des bâtimens na-« --- Page 228 ---
E 14. 1tîonaux , ce ieroit un commerce de la, premier.
importance que celui qui tiendroit dans une grande
activité la marine françoise , mais ce sont les étran,
gers qui voiturent presque la totalité de nos achats ,
de nos ventes, dans les contrées du Nord. A
la vérité la succession des tems peut amener une
révolution avantageuse pour notre marine, mais
cette mobilité dans les événemens peut aussi nous
faire perdre l'approvisionnement de toute l'Europe
en sucres & en cafés , approvisionnement subordonné à la conservation & à la prospérité continuelle de nos possessions coloniales. Tout bien
considéré , il paroît prudent d'étendre en France
autant qu'il est possible , la plantation des pins
& sapins , & autres arbres propres à fournir des
bois de construction , de multiplier les moyens de
récolte en brai, goudron & résine , de favoriser
l'exploitation de nos mines , avec d'autant plus
de raison , que les progrès de ces nouvelles dispositions seroient extrêmement lents, & n'ameneroient aucuns changemens subits & prochains
dans le commerce du Nord ; ils ne contrarieront pas les efforts qu'on pourroit faire des-à-présent, pour augmenter notre notre navigation dans
les mers septentrionales , & donneront le tems
de développer de nouvelles combinai,sons commerciales , de la part des Danois , des Suédois
& des RusTes dans leurs relations avec la France. --- Page 229 ---
t -- s 1 RÉPONSES AUX POURQUOI. UN intendant de province que je trouve par-tout,
vint se mêler de la conversation que j'avois avec
un ami sur les énormes importations y dont on vient"
de voir l'état \ il décida que cela faisoit la balance.,
Je lui dis : monsieur , voilà l'état de ce que nous,
tirons de l'étranger, montrez-moi celui des denrées & marchandises avec quoi vous opérez si vite,
la balance ; commençons par votre province ...
M. l'intendant balbutia & s'en alla. Mais l'ami moins décisif reprend la conversation
& me demande , pourquoi tirons - nous des métaux de l'étranger ? est - ce que nous en manquons? Moi. Nous avons des mines abondantes , mais
nous manquons de bois pour les exploiter ; les
forges qui en ont encore, ont essuyé des pertes
dont elles ont de la peine à se relever , parce
qu'un ministre pour une économie de cent mille
écus tira de l'étranger , dans la derniere guerre y
les fers, les boulets , les canons & ceux de nos
forges resterent en magalîn, les maîtres de forges furent ruinés ; il s'ensuivit des banqueroutes qui
en entraînerent mille autres, 6c le roi perdit cinquante sois ce bénéfice sur la vente de ses bois 3
sur les impôts.
relever , parce
qu'un ministre pour une économie de cent mille
écus tira de l'étranger , dans la derniere guerre y
les fers, les boulets , les canons & ceux de nos
forges resterent en magalîn, les maîtres de forges furent ruinés ; il s'ensuivit des banqueroutes qui
en entraînerent mille autres, 6c le roi perdit cinquante sois ce bénéfice sur la vente de ses bois 3
sur les impôts. L'amu Pourquoi allons-nous chercher du char- --- Page 230 ---
[ âtf 1 bon au dehors ? j'ai ouï dire que nous en avons
de bonnes mines ? Moi. Nous en avons effeétivement, mais nous
manquons de canaux pour le transporter ; nous
n'ouvrons par les mines qui en fourniraient, parce
que les dépenses publiques , d'ostentation , de luxe
& de plaisir absorbent les fonds. Les insolentes
barrieres, les salles de spectacles , le collifée de
fainte Genevieve ont dépensé plus que n'euHent
coûté les canaux dont nous manquons y l'ouverture des mines, la replantation des forêts, &c. Nous
négligeons aussi les moyens de tirer nos bois des
Ihoritagnes , les chemins , les ouvrages d'arts pour
les extraire. Ajoutez une ordonnance pleine d'erreurs de physique t & une administration vicieuse;
voilà pourquoi nous sommes aussi obligés de tirer
des bois du Nord. L'ami. Pourquoi n'avons-nous pas de la cire ?
Moi. Rien de si aisé que d'en avoir, puisqu'il
suffit d'élever des abeilles ; ce précieux inseéte ne
prend rien sur nos subsistances. Mais l'impôt &
les faistes du'fisc l'ont détruit. L'ami. Nous avons des arbres résineux , pourquoi n'avons-nous pas de résine. Moi. Nous pouvons en avoir, mais voilà encore les chemins & les canaux qui manquent pour
le transport. Nous en aurions à la porte de nos
ports, en semant de pins nos dunes & nos landes. L'ami. J'ai vu dans votre état que nous rirons
du dehors d'énormes quantité de beurre 1 de chair --- Page 231 ---
r 27 ' .saléè de fromage, de lin, de chanvre, &c. pour--
quoi cela ? Moi. Parce que nous négligeons les prairies artificielles ,'que nous ne defféchons pas nos marais ;
ces deux moyens nous mettroient dans l abondance ;
dès - lors nous aurions des bœufs, des vaches ,
des moutons, du suis, des cuirs, des laines, du
chanvre, du lin, des toiles , des cordages, &c. L'ami. Je n'ose plus vous faire des questions ,
je vois qu'avec un mot vous répondez à tout. Cependant permettez que je vous demande pourquoi des choses si fécondes & heureuses conséquences ne le font pas; sont-elles impossibles, ou
trop difficiles j ou trop dispendieuses ? Moi. Rien de tout cela , il est aisé de faire des
prairies artificielles, & de replanter ou scmer du
bois dans nos forêts ruinées , dans nos landes &;
dans nos dunes ; douze cents mille arpens de
marais peuvent se dessécher & devenir des trésors
en prairies , pâturages, en culture de lin , de
chanvre , de garance , de riz, de bled , plantations
de bois sur les sossés & canaux , ceux-ci peuvent
être navigables , être empoisonnés, &c.
prairies artificielles, & de replanter ou scmer du
bois dans nos forêts ruinées , dans nos landes &;
dans nos dunes ; douze cents mille arpens de
marais peuvent se dessécher & devenir des trésors
en prairies , pâturages, en culture de lin , de
chanvre , de garance , de riz, de bled , plantations
de bois sur les sossés & canaux , ceux-ci peuvent
être navigables , être empoisonnés, &c. L'ami. Pourquoi donc la nation a - t - elle négligé tant d'avantages ? Moi. C'est qu'il n'y avoit point de nation sous
les regnes despotiques ; il n'y avoit qu'orgueil ,
guerre, état militaire, luxe, fiscalité, ambition
financière , misere & découragement ; la cour étoit
tout, & devoroit tout pour y subvenir ; la financé --- Page 232 ---
[tSf q,uisoit tout, les capitalises devenoient financiers,
les emprunts présentoient un placement à tout le
numéraire ; l'agiotage appelloit les gens avides
& tenoit tous les fonds. Dès-lors il n'en restoit
pour aucune amélioration , ni entreprise utile. Vous voyez donc, mon ami, qu'il faut commencer la restauration de nos pâturages d'où provient la
multiplication du bétail. Caton , à qui l'on demandoit quel étoit le premier bénéfice en agriculture : Ji hene pafcas , répondit-il. Ce mot devroit
être écrit sur la porte de tout bâtiment agricole .
dans le cabinet de tous ministres. L 'ami. Je ne me laIre point de faire des questions ,
chaque réponse m'éclaire & me console en me montrant la facilité de remédier à notre misere. Comment devons-nous commencer le rétablissement de
notre agriculture & de nos affaires rurales , car
je vois que ce sont les premieres de nos intérêts. Moi. D'abord rendez le sel libre , car il en faut
au bétail > on ne peut lui en donner s'il se vend quatorze fous la livre. A l'instant nos côtes de Saintonge,
d'Aunis, de Poitou, de Bretagne, de Normandie,
de Picardie, de Languedoc se convertiront en saliDes , & se peupleront, nos sels iront jusqu'en Lorraine & en Franche-Comté dont vous supprimerez
les salines ; les bois qu'elles consomment, resteront
pour les forges & les verreries ; vous ne serez
plus à contribution pour les métaux ; par-tout vous
aurez du sel po ur les salaisons qu'il faut tirer de l'étranger 3 vos moutons s'amélioreront t ainli que leurs --- Page 233 ---
,t '19 1 hmes-y vos pâturages plus vasses & plus abondant
par les defféchemens fourniront le beurre le fro*-
ge, males viandes salées ; vos troupeaux seront
moins sujets aux maladies : ce Tel, ce trésor , donc
la jouissance vous est interdite, que vous payez qua.
torze sous la livre & que vous vendez dix sous le
quintal à l'étranger , qui vous le revend cher
après en avoir salé ses viandes, ses beurres & ses
fromages que vous consommez , vous pourrez auï1î
en user par-tout ou la sage nature l'ordonne. L'impôt de la gabelle a fait plus de maux à la France
que les guerres & les épizooties., & lui coûte annuellement des sommes incalculables ; sans la luppression de la gabelle nul bien, nulle restauration
à espérer.
quintal à l'étranger , qui vous le revend cher
après en avoir salé ses viandes, ses beurres & ses
fromages que vous consommez , vous pourrez auï1î
en user par-tout ou la sage nature l'ordonne. L'impôt de la gabelle a fait plus de maux à la France
que les guerres & les épizooties., & lui coûte annuellement des sommes incalculables ; sans la luppression de la gabelle nul bien, nulle restauration
à espérer. L'ami. Pourquoi revenez - vous si souvent sur
les defféchemens, est-ce que nous avons beaucoup
de marais à dessécher? : Moi. Je vous répete environ douze cents mille
arpens ; il y en a près de trois cents mille sur les
côtes-de la méditerranée, les côtes de ItOcéan & de'
-la Manche , & les rivieres qui ressentent les mitées en présentent plus de six cents mille ; nods
en avons aussi de fort con sidéràbles dans les prop
vinces de l'intérieur, Voilà de quoi nourrir plus
de bétail que nous n'en achetons, & de quoi faisse
tous les lins & chanvres dont nous avons besoin
Mais comment payons-nous ces denrées , n'estce pas avec des matieres de notre crû & de notre
indusirie ? --- Page 234 ---
î 30 1 Cela seroit, qu'il vaudroit mieux produire cher
nous que d'aller chercher au dehors, nous occuperions notre peuple , mais cela n'est pas , nous
ne regagnons la balance dans le Nord qu'avec le
denrées de nos colonies ; & si quelques nations
nous refusoient leurs laines comme elles s'y difposent j nous serions sans habits. Les états d'Autriche rejettent toutes nos productions, la prohibition en a été renouvellée en sévrier dernier. L'ami. Vous m'effrayez : hâtons-npus de réparer
nos fautes ; n'aurions - nous pas encore d'autres
moyens a joindre à ceux que vous avez indiqués ? Moi. Oui, il y en a encore d'autres ; vous les
trouverez indiqués dans le cahier que je vous laisse
à lire. Mais il faudroit ajouter la recherche des moyens "
de nous passer des matieres étrangeres pour là
teinture , la peinture , l'épicerie , la droguerie ;
les naturalistes & les chimistes peuvent rendre
ce service à la nation, si l'on encourage leurs recherches ; la médecine gagnerait peut-être aussi
à l'emploi des médicamens que fournit notre fol.
La liberté de la presse , l'encouragement de la
pêche, des verreries, faïanceries, &c. diminueront
aussi considérablement notre contribution enversl'étranger. --- Page 235 ---
[ 31 1 LES MOYENS DE RESTAURER L'AGRICULTURE „
o u CAHIER DE L'AGRICULTURE. ) LES sociétés d'agriculture en s'occupant des moyens
d'améliorer les divers genres de cultivations, d'en
perfectionner les procédés de répandre par - tout
l'inflrudion & l'exemple , d'encourager les cultivateurs par des prix, en s'occupant enfin à mettre de plus en plus en honneur le premier des
arts , la source de la félicité & de la prospérité pu-
,blique , ont toujours senti que ces moyens seroienc
insuffisans pour produire tout le bien qu'elles désirent aussi long - tems qu'une soule de loix, d'usages & d'impôts , opposeroient aux progrès de
l'agriculture des obstacles que l'autorité législative
peut seule écarter. De ces loix, de ces abus, de
ces impôts stérilisans, les uns concernent la liberté
des personnes , d'autres la forme des propriétés ,
d'autres l'adminiflration & la police.
ens seroienc
insuffisans pour produire tout le bien qu'elles désirent aussi long - tems qu'une soule de loix, d'usages & d'impôts , opposeroient aux progrès de
l'agriculture des obstacles que l'autorité législative
peut seule écarter. De ces loix, de ces abus, de
ces impôts stérilisans, les uns concernent la liberté
des personnes , d'autres la forme des propriétés ,
d'autres l'adminiflration & la police. Un laboureur croit qu'il est de son devoir de --- Page 236 ---
T v* 1 : mettre sous les yeux des Etats assemblés les obà
Nervations & le s réflexions que les travaux, son expérience & ses méditations l'ont mis à portée de
faire sur ces causes stériliiances } mais ces causes
étant trop multipliées pour les discuter avec quelque étendue , il se contentera de les exposer succinttement. Chacun des objets indiqués dans
cet écrit mériteroit d'être amplement discuté ;
mais on n'a osé s'abandonner à cette entreprise
dans un moment où la multitude des écrits ne
permet pas de fixer l'attention sur ceux qui ont
de l'étendue ; on se borne à Indiquer.les objets,
& à offrir les détails que les Etats pourront desirsr. On a vu dans l'état précédant les grands
puissans motifs, d'accueillir les moyens de mettre
notre agriculture en état de nous fournir les matières qui nous manquent : indiquons donc ces
moyens, & comptons sur une prompte résolutibn
& une prospérité certaine ; ils ont la plupart 'le
mérite de n'exiger aucun frais ni avances j une loi,
un mot, voilà tout ce qu'il faut pour les employer, seroit -il possible qu'ils fussent négligés ? Main - morte, '> Il est douloureux d'avoir encore à solliciter pour
la liberté de plus de trois cents mille main-mortables de la Bourgogne, de la Franche - Comté t
du Bourbonnois, du Nivernois, &c. lorsque l'Europe entiere retentit de leurs réclamations , que
le roi & tous les souverains ont donné l'exemple
d'une --- Page 237 ---
t 55 1 c d'une manu - million absolue , pourquoi cette ser.
vitude existe-.elle encore en France,? Le malheureux qui en est affetlé dans sa persoune & dans ses
biens, n'a pas même la disposition d'un pécule.
Les seigneurs, la plupart ecclésiastiques, excluent
même le fils, qui a un autre domicile, du fonds j
du mobilier, de la maison paternelle. Le jour est
sans doute arrivé où la France n'aura plus que des
citoyens libres. ; Nécessité de l'aisance des cultivateurs, Le produit de la culture est toujours proportionné aux avances que l'on fait à la terre ; Je
cultivateur ne peut faire ces avances, s'il est pau..,
vre, & s'il n'a la certitude de les retirer avec les
bénéfices nécelTaires. Il est donc indispensable
que le cultivateur ait de -l'aisance & qu'il soie
propriétaire, ou que sa jouissance soit assez durable & certaine , pour qu'il soit afsuré de la rentrée de ses mises & bénéfices. Il est donc à desirer qu'il y ait le plus pofëblç
de cultivateurs propriétaires , ou de propriétaires
qui cultivent eux - mêmes , & que les fermiers
ruraux soient assurés d'une jouissance assez longue ,
pour les déterminer à des améliorations dont le
bénéfice & le remboursement ne peuvent avoir
lieu qu'au bout de plusieurs années. Mais quels
font les moyens de multiplier les propriétaires ?
nous allons indiquer les principaux. --- Page 238 ---
f 34 ]
'il y ait le plus pofëblç
de cultivateurs propriétaires , ou de propriétaires
qui cultivent eux - mêmes , & que les fermiers
ruraux soient assurés d'une jouissance assez longue ,
pour les déterminer à des améliorations dont le
bénéfice & le remboursement ne peuvent avoir
lieu qu'au bout de plusieurs années. Mais quels
font les moyens de multiplier les propriétaires ?
nous allons indiquer les principaux. --- Page 238 ---
f 34 ] o:AliénaÛon des domaines du roi. & les Ittonmtiens dépotent que Id
domaine .a toujoul's' été aliénable j que si depuis
ofra defeadu dé-l'àliéner , ce n'étoit qu'une loi
économique poiir en éviter la: dilapidation & ga..
»âtif .,ta nation de l'ategmencation des impôts. On
affecte de faire participer les domaines ruraux du
roi aux droits régaliens, inaliénables de leur nature.
On a par -se^teur -fàitMê cette défense économique
un principe que le besoin 5c la raison ont toujours
c-be.yché à éluder. Mais aujourd'hui que les lutriiere* nè permettent pfas de confohdre un fonds
cpuelconque avec les'cfroits régaliens ; aujour*-
til'hui qtl"il éfl consiant1 que les frais -d"admiiiif--
tratioii absorbent le produit du domaine, que les
fifdpFietés du roi sont en quelque sort& frappée^
de- fl^rilîtêyle bien public exige qu'elles soient
JiVY-éês à i'induflr-ic de la propriété privée. L'imi
pot qu'elles sup porteront -lexcédera le produit acL
ftfèï*''LaL: nation trouvera dans leprix de leur vente
un moyen de diminuer sa dette & d'augmenter
l'abondance des productions en multipliant le nombre des propriétaires & des cultivateurs. Ôn vient
d'imprimer deux mémoires sui aliénabilité & l'aliénation des domaines , qui ne laissent plus de doutes
;fué ces questions. v * •' ; --- Page 239 ---
■ r 35 1 • . C z Aliéner les biens des gens de main - morte 3 pour
acquitter leurs dettes. Sans examiner s'il y a disproportion entre les
biens des gens de main - morte & l'utilité de ceuxci dans la société nationale, ne seroit-il pas jusle
d'autonfcr ceux qui ont des dettes , à vendre leurs
terres pour les acquitter , peut - être même de le
leur ordonner, & défendre à ceuxqui ontdes besoins
de recourir aux emprunts, 5c de les autoriser à vendre pour y pourvoir ? Diviser les grands Xefs. ; L'indivilibilitédes grands fiefs est souvent à charge
aux propriétaires. Ceux qui veulent vendre eI1
trouvent rarement le prixconvenable, saute de concurrence d'acquéreurs pour de si vasses objets, quise
vendroient beaucoup mieux & plus promptement,
s'ils étoient divisibles. Dans les successions ils font
l'effet d'une exhérédation, contre les filles & les ca-,
dets que la pauvreté condamne au célibat. Une loi.
qui permettroit de défin féoder Se diviser cesgrandes
propriétés , multiplieroit les propriétaires 6c les
branches des familles.
ment le prixconvenable, saute de concurrence d'acquéreurs pour de si vasses objets, quise
vendroient beaucoup mieux & plus promptement,
s'ils étoient divisibles. Dans les successions ils font
l'effet d'une exhérédation, contre les filles & les ca-,
dets que la pauvreté condamne au célibat. Une loi.
qui permettroit de défin féoder Se diviser cesgrandes
propriétés , multiplieroit les propriétaires 6c les
branches des familles. Plusieurs se sont éteintes faute de cette faculté.
défendre les subflitutions. Les subfti-,utions des hérédités foncières ont lés'
mêmes inconvéniens que la main-morte; elles
deviennent de plus un piège pour les créanciert --- Page 240 ---
[texte_manquant] qui les ignorent. Elles gênent le grevé, lui ôtent
raflfeaion nécessaire pour améliorer & embellir. Ces
biensarrivenr de degré en degré toujours plus dégrades , au subilitt!é , & la nation perd annuellement la'
somme des produdions qu'ils auroient données dans
des main; libres. Le bien public sollicite l'abolition
des subtirutlons graduelles & perpétuelles, & s'il
en doit reller encore , elles ne doivent avoir qu'un
degré. Réduire le droit de primo géniture. y Le droit de primo - géniture est porté à un tel
point, dans certaines coutumes , que tous les cadets
i tnâles ou femelles n'ont que le quint-viager. L'aîné
confiant dans son droit, qui le dispense de mériter , ,
n'acquiert ni talens ni vertus. Les cadets mis par
la loi au rang des pauvres j quittent , en la maudiflant, une terre où les loix deshéritent l'enfant
jeune & foible j en donnant tout à leurs tyrans à qui
ils vouent autant de haine que la loi leur a prostitué
de faveur. Abolir le droit de franc-fief. Le fise aussi vient s'opposer à la multiplication
des propriétaires. Il exige du non-noble quiacquièrc
un fief, sous le nom de droit de franc-fief, une années du revenu qu'il n'a point encore perçu , avec
dix sous pour livre que le sou ne donne pas. Il en
jéfulcc que des milliers de terres à vendre ressent --- Page 241 ---
t J7 1 C 3 - invendues que celui qui, après avoir quitte le
commerce les emplois, l'exercice d'une charge
ou d'une exploitation auroit acquis , demeure 9'
citadin , place ses fonds en viager , devient agioteur , au lieu de porrer ses capiraux , son industrie
sa population dans les campagnes pour les vivifiée
& les embellir.
pas. Il en
jéfulcc que des milliers de terres à vendre ressent --- Page 241 ---
t J7 1 C 3 - invendues que celui qui, après avoir quitte le
commerce les emplois, l'exercice d'une charge
ou d'une exploitation auroit acquis , demeure 9'
citadin , place ses fonds en viager , devient agioteur , au lieu de porrer ses capiraux , son industrie
sa population dans les campagnes pour les vivifiée
& les embellir. Le roi & les seigneurs ne perçoivent point les
casuels seigneuriaux des biens qui ne peuvent se
vendre . parce que cette taxe humiliante repouflTe
. nouveau maître. En attendant le vendeur est
ruiné par les srais, le bien se dégrade , le roi est
privé du centieme denier, des impôts , & il perd
au de-là de ce que produit ce droit impolitique.
L'agriculture , l'intérêt du fise, celui des seigneurs
qui veulent vendre, & de ceux qui perçoivent les
casuels, sollicitent l'abolition de ce droit. Cet i'mpôt
étoitla réprésentation & l'indemnité du servicemilitaire dont le noble propriétaire du fief étoit chargé ;
mais aujourd hui que le détenteur du sief n'est plus
sujet au service j que tout militaire est payé par le
trésor public composé de toures les contributions,
il s'ensuit que quiconque paye sait la guere , & par
conséquent que la taxe du franc-fies n'a plus ni prétexte ni fondement. Elle produit environ un million
net au trésor royal, & occasionne autant de frais en
procès sur la nobilité des fonds & l'état des personnes. Favoriser le franc - alleu. Si la prospérité de l'agriculture demande le plus --- Page 242 ---
1 r 38 r grand nombre possible de propriétaires, elle ne de.
mande pas moins des propriétés parfaites : & malheureusement il n'y en a presque point en France
de cette qualité. Ce n'est que dans très-peu de
provinces où il s'en trouve une petite quantité de
franches. C'est assez cependant pour nous donner
une image du degré de population & de la haUte
valeur à laquelle peuvent être portées les terres
libres, & de l'affection des propriétaires pour
un sol en franchise. Mais nos propriétés sont grevées de tant de charges ; tant de gens sont co-pr.
propriétaires avec le cultivateur, qu'il ne fait, après
avoir cultivé, s'il a travaillé j engrailTé , semé pour
lui , ou s'il a fait corvée pour autrui. Si toutes les
charges foncieres ne peuvent être abolies, faisons du
moins des vœux, pour qu'il soit permis d'en racheter plusieurs, telles que les rentes foncières qui
ne sont que des assignats , la plupart dues aux gens
de main morte ; qu 'il soit permis de convertir ou
de racheter celles qui sont dues pour tradition de
fonds , telles que l'agricr ou champart. Le malaise & l'insolvabilité des laboureurs résultent du
prélèvement des dixmes, champarts, &c. d'ol¡ naît
l impolîibilité de faire des avances,
d'en racheter plusieurs, telles que les rentes foncières qui
ne sont que des assignats , la plupart dues aux gens
de main morte ; qu 'il soit permis de convertir ou
de racheter celles qui sont dues pour tradition de
fonds , telles que l'agricr ou champart. Le malaise & l'insolvabilité des laboureurs résultent du
prélèvement des dixmes, champarts, &c. d'ol¡ naît
l impolîibilité de faire des avances, Solidité du cens doit être abolie. Si un cens est solidaire entre les détenteurs d'un
grand tenement., plusieurs insolvables ruinent celui auquel le seigneur s'adresse pour exiger la cota-1 --- Page 243 ---
-[ 39 ] C J, lité dé son paiement. Cette solidité désastre.usq
doit-elle subsister ? / Permission de racheter les droits féodaux.. Peut-on former trop de souhaits pour que toutes
les charges séodales soient converties en propriétés
de terreins , prés, champs ou bois pour les seigneurs? Le bien qui en rélulteroit pour eux & leurs
vassaux seroit immense & une éternelle paix prendroit la place des milliers de procès qu'occasionnent tant de droits assis sur un même sol. Les charges séodales ne pesent pas moins sur le seigneur que
sur le vassus. Le suzerain presse de son poids le feudataire comme celui-ci le colon , leur intérêt est
le même pour la liberté. Pourquoi n'auroient - ils
pas le même voeu ? Le roi peut donner le congé
féodal & permettre l'affranchissement. Ce congé
donné par le chef de la féodalité s'étendroit jufqu'aux dernieres propriétés. L'indemnité fixée par
Pédit de 166j , & une déclaration de 1 721 pour les
acquittions que le roi fait dans les mouvances des
particuliers , pourroient servir de régie pour les indemnités dues par celui qui voudroit s'affranchir.
"En exécution de ces loix , le roi constitue une rente
dont le produit égale en 60 ans un droit de mutation
o.u paie le capital de cette rente. Plusieurs couti^mes
ont aussi réglé l'indemnité due aux seigneurs par
les gens de main-morte qui acquièrent des fonds &
les font amortir. Voilà des réglés toutes faiies pour --- Page 244 ---
[ 4° ] le rachat & l'indemnité des casuels seigneuriaux.
Voyez sur cette matiere les inconvéniens des droits
féodaux imprimée en 1776. Voyez aussi à la suite de
cette esquisse un mémoire sur le rachat des rentes
foncieres dues aux gens de main-morte. * Oter les obstacles aux échanges. Autrefois les échanges , qui procurent la réunion
es propriétés j qui facilitent l'exploitation, augmentent les jouillances & les productions par la poffibilité des clôtures & des engrais, étoient exempts
des lods & ventes , par les coutumes ; le génie
fiscal fit de l'abolition de cette exemption une affaire de sinance. Il convient de rétablir la disposition
des coutumes , de saciliter & favoriser les échanges
pourparvenir aux clôtures, à l'abolition du parcours
& à l'usage des troupeaux à part. Une nation célebre par sa bonne culture & sa bonne police rurale a
autorisé les échanges même forcés. Si nous insistons pour procurer la réunion des
héritages, il en résulte la conséquence d'éviter leur
morcellement & la nécessité d'y mettre un terme. Ne ne nous lassons point de révéler nos miseres,
& de confesser nos erreurs, le jour est venu où l'aveu
doit en être salutaire. Les retraits féodaux, lignagers & censuels doivent
être abolis. Le retrait féodal, le retrait lignager , le retrait --- Page 245 ---
[ 41 ]
nous insistons pour procurer la réunion des
héritages, il en résulte la conséquence d'éviter leur
morcellement & la nécessité d'y mettre un terme. Ne ne nous lassons point de révéler nos miseres,
& de confesser nos erreurs, le jour est venu où l'aveu
doit en être salutaire. Les retraits féodaux, lignagers & censuels doivent
être abolis. Le retrait féodal, le retrait lignager , le retrait --- Page 245 ---
[ 41 ] cenfuelportent un préjudice aux arrondissemens des
propriétés d'ailleurs elles demeurent en suspens ,
tant que ce droit n'est pas prescrit. Ils occafionnenc
mille, procès & la ruine de ceux qui les entreprennent. Ces droits doivent erre restreints ou abolis.
A leur place on pourroir introduire le retrait vicinal
en saveur de celui qui auroit besoin de l'héritage
vendu pour s'enclore. Rénovation des terriers. Un des fléaux de la féodalité 3 c'est la rénovation
des terriers qui trouble les vassaux , les soumet à de
grands frais, &les expose à des procès qui ne se terminent que par de nouvelles charges ou par l'augmentation des anciennes 5 parce que tantôt un commissaire à terrier resserre les mesures de l'arpentage,
& étend celle des redevances ; tantôt il conteste les
propriétés les plus anciennes, & il en dérouille le
tenancier, malgré sa prescriprion. On ne peut trop
protéger le vassal concre les entreprises trop souvent
réitérées de ces redoutables extendeurs qui achètent
des seigneurs le droit de faire leurs terriers qui dèslors deviennent dans leurs mains des moyens de rapine toujours impunie parce qu'ils sont juges oz
parties dans leur propre cause. Ilfaut mettre le vas-,
sal sous la sauve-garde de la prc[cription de dix
& de vingt ans 3 & à l'abri des rénovations de
terriers au-dessous de cinquante ans. --- Page 246 ---
{ 42 1 Prescription de cinq ans. ' Par la même raison il est nécessaire d'introduire
la prescription de cinq ans pour tous les arrérages
des cens & rentes ainsi que pour les casuels seigneuriaux échus, parce que la faculté de les recouvrer
pendant vingt - neuf ans ruine le propriétaire, ses
héritiers , acquéreurs ou créanciers. Rcjlitution des biens aux non-catholiques , à leur
defaut aux seigneurs dans leur .mouvance. Nous ne devons pas oublier dans le récit de nos
fautes, la revocation de l'édit de Nantes, ni les
hommages que nous devons au restaurateur de la
patrie qui a ouvert son lein paternel aux malheureux proscrits. Mais il n'a pas encore été pourvu à
la restitution des biens confisqués. C'est cependant
une conséquence de la nouvelle loi, de les rendre
aux familles, s'il en existe, à la charge de reprendre
leur domicile en France. Le roi peut conni'quer , sans doute , & réunir
à son domaine , les biens qui font dans ses jure
tices & mouvances , mais il doit vuider ses mains ,
Jorsqu'ils releven t d'un seigneur particulier. Cependant une régie retient ces biens depuis un siecleLe roi ne devoit les mettre sous, ni dans sa main.
Ainsi là oll il ne se trouvera pas de samille , ils
doivent être abandonnés aux seigneurs , à la charge
néanmoins de les vendre & remettre en commerce.
oute , & réunir
à son domaine , les biens qui font dans ses jure
tices & mouvances , mais il doit vuider ses mains ,
Jorsqu'ils releven t d'un seigneur particulier. Cependant une régie retient ces biens depuis un siecleLe roi ne devoit les mettre sous, ni dans sa main.
Ainsi là oll il ne se trouvera pas de samille , ils
doivent être abandonnés aux seigneurs , à la charge
néanmoins de les vendre & remettre en commerce. Ces biens, tenus parla régie des biens des reli- --- Page 247 ---
[ 4; 1 gionnaires fugitifs ^ ne rapportcut que 95,000 liv. ;
mais ils sont dégradés, les maisons ruinées j ils rapporteraient dix fois plus dans la main des propriétaires ; le dixième équivaudrait à ce que le gouvernement en retire.. Partage des communes. Si les grandes propriétés sont les moins productives , si le concours des droits de plusieurs sur
le même sol , anéantit l'esprit de propriété néce[-
saire pour le mettre en valeur j il s'enfuie que les
communes sont les moins productifs de tous les
biens. Il est démontré qu'un arpent en commune qui
ne rapporte pas quarante sous dans son état actuel,
pourroit rapporter vingt à trente livres , dans les
mains d'un propriétaire. Quand donc les communes ne seroient pas le foyer de la contagion & des
épizooties , il faudrait les diviser. Nous terminerons ces observations sur la pro-.
priété par une maxime certaine > que de la propriété naît la bonne culture ; de la culture , l'ai -
sance ; de l'aisance , le bonheur , les mœurs & la
population qui produisent l'industrie & le commerce. 6 Résidences des grands propriétaires dans leurs terres. Si nous passons à la jouissance des biens de campagne , nous ne pouvons nous empêcher de rappeller une vérité généralement reconnue, que le
propriétaire aisé qui habite & qui cultive son fonds --- Page 248 ---
[ 44 1 réani à son habitation, est celui qui en retire le
plus d'utilité j que celui qui habite & exploite un
domaine dispersé, fait plus de frais & moins de bénéfice ; que si l'un ou l'autre ne se sert que de domefliques & de journaliers, ses avantages diminuent
en proportion du plus ou moins de surveillance
& de résïdence sur les lieux ; que le propriétaire
qui habite une ville éloignée ou la capitale » a
encore plus de désavantage que les précédens, parce
que l'on pourroit dire que la négligence croît
comme le carré des didances. Les productions abondantes ne sont que le fruit des avances de la surveillance, de la conservation j de l'affeftion ; il
s ensuit que les usufruitiers , les bénéficiers , le
domaine, les hôpitaux, les biens substitués, ceux
des mineurs j des interdits, ceux en direction ou
en décret ; les propriétés communes éprouvent
de très grandes non-valeurs qui tournent autant au
préjudice de l'état qu'à celui des propriétaires. Il
feroit donc à souhaiter de mettre ceux qui exploitent ces biens dans le cas de concevoir & de s'animer
de l esprit de propriété, par l'assurance de longues
jouilTanccs. Ainsi le domaine seroit aliéné à perpétuité , le clergé, les religieuses , les hôpitaux , les
princes & les grands seigneurs acenseroient leurs
possessions territoriales en denrées , & leurs revenus s'augmenteroient par la progression des lods
& dés denrées. La présence des propriétaires
seroit préférable, elle retiendroit la population
& l argent , procureroit de l'occupation par
assurance de longues
jouilTanccs. Ainsi le domaine seroit aliéné à perpétuité , le clergé, les religieuses , les hôpitaux , les
princes & les grands seigneurs acenseroient leurs
possessions territoriales en denrées , & leurs revenus s'augmenteroient par la progression des lods
& dés denrées. La présence des propriétaires
seroit préférable, elle retiendroit la population
& l argent , procureroit de l'occupation par --- Page 249 ---
i un .. les travaux de plantations, de chemins , de canaux , de défrichemens, éclaireroit le peuple sur les
meilleures cultures , répandroit l'exemple 5c l'inftrudion, enfin ranimneroit nos campagnes déferres
& découragées. Résidence des bénéficiers & des gens en place dans
les provinces j jujlice sur les lieux. Tous les ordres demandent la résidence des bénéficiers , ainsi que celle des gens en place , chacun
dans le lieu de Ton service. Ils demandent aussi des
tribunaux dans les provinces , & la suppression des
attributions. L'agriculture fait ces demandes avec
encore plus de droit & d intetet, & s 'il devoit
subsister des committimus ou gardes - gardiennes, il
doit être défendu d'en saire usage contre le cultivateur. Les régisseurs de l'impôt doivent aussi
résider. Stabilité des bauc des bénéficiers. Si les usufruitiers que l'on vient de citer ne peuvent s'animer de l'esprit de propriété, que sera ce
du fermier 'de trois, six ou neuf ans ? Ces baux
font trop courts ; ils doivent être au moins de
dix huit ou vingt-sept ans, Le fermier, obligé dans
la premiere année de faire les avances de befliaux^,
de semenees, d'inltrumens, de vivres j &c. nr:
peut suffire aux améliorations : ce n'est que dans
les suivantes qu'il pourroit y subvenir ; mais son
bail avance déjà , & il y a plusieurs avances , telle
que celle de la marne qu'on ne peur retirer qu'après --- Page 250 ---
.. : ' 46' ] - un nombre d'annee s qui excede là durée du bail ;
dès-lors elles ne se font pas. De ces [filles vérités on a depuis long-tems tiré
cette conséquence , qu'il efl nécessaire de rendre
les baux des bénéficiers indépendans des mutations
des titulaires ; ajoutons - y celle d'abolir la lôi
emptorem. Les baux dès bénéficiers seroient précé-
- dés d'adjudications & maintenus par le successeur. Inconvénicns de la réunion de plujuurs sermes en une
seule. ... Si la briéveté- du' hail est un obstacle aux améliorations y l'étendue de l'exploitation n'en est pas
un moindre. , t
.. Un fermier ne peut suffire à'une trop grande .étendue de terrein. De là -néccffité de la division
des trop grandes fermes : il en rélu'teroit.de. plus
la multiplication des familles agricoles. C'est donc
un très-grand mal que la réunion de plusieurs
fermes en une seule, qui supprime plusiçurs familles
rurales, & n'en laisse subsiiler qu'une, ,feule. Dérogeance par la prisc du bail œ ferme. Peut-on s'étonner assez que nos loix aient renJu
la noblefic compatible avec les plus bas emplois
des fermes, des aides, de la gabelle ,J & que l'on
ait confondu avec les emplois vils & emportant
la dérogeance, la prise à ferme des biens ruraux
qui auroit pu mettre des gentilshommes en étac
d'élever une samille faine , utile & nombreuse, --- Page 251 ---
! 47 1
du bail œ ferme. Peut-on s'étonner assez que nos loix aient renJu
la noblefic compatible avec les plus bas emplois
des fermes, des aides, de la gabelle ,J & que l'on
ait confondu avec les emplois vils & emportant
la dérogeance, la prise à ferme des biens ruraux
qui auroit pu mettre des gentilshommes en étac
d'élever une samille faine , utile & nombreuse, --- Page 251 ---
! 47 1 qui aurait, par ce moyen , fupporré les tems difficiles & attendu ceux de reconquérir les tionneurs militaires & les places convenables à leur
naissance. Délits champêtres. Ce n'est pas assez d'avoir cultivé, semé, planté,
si les délits de toute nature viennent détruire les
productions depuis le moment où elles germent
juCqu'au moment de la moilTon. Il faut donc une
bonne garde, une prompte justice, & des dédommagcmens suffisans, capables de contenir cette claflb
de peuple, pour qui la religion n'en: plus un frein.
Cet article est d'autant plus majeur que les délits & mésus champêtres empêchent plusieurs cultures importantes , tels que les prairies artificielles,
les racines, les légumes, les plantations d'arbres.
fruitiers & soreltiers, &c. Bans des récoltes. Des récoltes préparées à si grands frais, qui
ont couru tant de risques, exigé tant d'avances
& de travaux, doivent être recueillies avec soin,
vigilance & quelquefois avec une diligence extrême. Cependant, cette opération salutaire est ,
dans beaucoup d'endroits , soumise aux bans de
enaison, de moitTbn, de vendange , déterminés
par le caprice & l'ignorance. Glanage. O Qu'on nous permette aussi, dans ces grands in- --- Page 252 ---
r 48 1 certes , de dire un mot d'un objet petit en appa-,
rence, le glanage. Il est mêlé de tant d'abus, il
est le prétexte de tant de vols & celui de l'inactioji de tant de bras valides , qui vont enlever l'épi réservé à l'enfant, au vieillard, au
valétudinaire , qu'il faut sur ce point invoquer les
secours d'une bonne police. Mendicité ) Il doit aussi être pourvu a la la mendicité vague
qui inquietce & met à contribution le cultivateur.
Quant à la mendicité reiigieuse, son terme est
sans doute arrivé. Droit de parcours. Un abus voisin de celui de la chasse exclusive
& des capitainerie, c'est celui de parcours, la défente du troupeau à part, 6c celle de s'enclore. Voilà
cependant la disposition de plusieurs coutumes.
Cette disposition interdit forcément toutes prairies
artificielles, toutes cultures de plantes, racines'
ou légumes qui ne se recueillent pas en même
rems que le bled , le seigle & l'avoine, parce qu'elles
seroient livrées à la dent & aux pieds du bétail.
On ne peut apprécier le retard que ces droits ont
apporté aux progrès de l'agriculture , puisqu'ils
ont exclu des cultures qui auroient fourni l'abondance , alimenté l'indullrie & augmenté la population.
ielles, toutes cultures de plantes, racines'
ou légumes qui ne se recueillent pas en même
rems que le bled , le seigle & l'avoine, parce qu'elles
seroient livrées à la dent & aux pieds du bétail.
On ne peut apprécier le retard que ces droits ont
apporté aux progrès de l'agriculture , puisqu'ils
ont exclu des cultures qui auroient fourni l'abondance , alimenté l'indullrie & augmenté la population. Colombiers --- Page 253 ---
[ 49 ] D Colombiers trop multipliés. Les colombiers portés à l'excès, sont un vrai
fléau comme les précédens. S'ils ne sont fupprimés, ils doivent être restreints, le nom bre de
boulins fixé à un par arpent de propriété, &; les
colombiers fermés pendant les récoltes & les semailles. Favoriser les prairies. te premier point en agriculture , est de multiplier
les subsistances des animaux ;si benè pafcas, a dit Caton. Car en multipliant les animaux vous avez les
engrais, les puissances aratoires ; avec les engrais &
la bonne culture, vous avez les récoltes, les viandes ,
les laines, les cuirs, les suifs, &c. Par quel moyen
peut on augmenter des subsistances qui entraînent
tous ces bons effets & la prospérité de l'agriculture ? Les prairie artificielles, les racines, telles
que les pommes de terre, les carottes, &c. sont le
-premier & le plus abondant. Ainsi, on doit favoriser en tout point leur multiplication & leur conservatÎon, par conséquent proscrire des droits de
parcours qui les rendent impraticables, & les
dixmes qui vexent ceux qui les cultivent. Le cours des caux. Le sécond se tire des prairies naturelles , mais
la plupart auroient besoiii d'arrosemens. La pro- --- Page 254 ---
[ 5° J priété que les seigneurs se font arrogée sur le
moindre cours d'eau , ne permet pas d'en faire
usage. Par une suite de cet abus, les moulins à eau
noient des pays précieux. Les retenues d'eau vont
toujours en augmentant, les prairies deviennent
des marais sangeux qui ne donnent que des roseaux,
des herbes aigres & des exhalaisons mortelles. Ainsi l'on, noie des prairies, & il n'est pas permis d'arroser les autres ; les unes sont condamnées
à la stérilité , les autres à l'insalubrité. Ces marais , qui ne sont que l'effet d'une retenue abusive des eaux, doivent étte desséchés en
rendant le cours libre. Defféckemcnt des marais. Henri IV, qu'il faut toujours citer, parce qu'il
fera toujours aimé , anobliiloit douze des associés
d 'Htimfrey-Bradiey pour le desséchement des
marais : voilà l'exemple des encouragemens & des.
honneurs à rendre à l'agriculture. Il existe de ces marais & de ceux formés par
l'nfluence des marées sur les rivieres, sur les
côtes basses, & par d'autres causes, plus de doute
cents mille aïpcns dans le royaume qui peuvent être
dess(chés; c'est 1 équivalent d'une province dont il
importe de saire la conquête. Ces terreins sont
propres aux prairrs , aux pâturages, à 'la culture
du chanvre, du lin, de la garence, &c. Ce sont --- Page 255 ---
[ s t ]
& de ceux formés par
l'nfluence des marées sur les rivieres, sur les
côtes basses, & par d'autres causes, plus de doute
cents mille aïpcns dans le royaume qui peuvent être
dess(chés; c'est 1 équivalent d'une province dont il
importe de saire la conquête. Ces terreins sont
propres aux prairrs , aux pâturages, à 'la culture
du chanvre, du lin, de la garence, &c. Ce sont --- Page 255 ---
[ s t ] D 2
\ précisément ces objets qui nous manquent & qui
nous rendent tributaires envers l'étranger, des
sommes énormes qu'on a vues dans l'état ci-dessus,
chaque année pour les viandes fraîches & salées
nécessàires' à nos villes & à la marine, & pour
les chanvres & lin dont nos corderies & manufactures ont besoin. Les moyens de deiséchemens ne
manqueront jamais ; les vrais obstacles naissent des
débats de propriété & du défaut de réunion des
propriétaires ; obstacles qui cesseront sous la volonté des Etats. On se propose de faire un traité
physico-légal sur cette matiere. Les prairies artificielles sont d'autant plus dignes
de nos soins, que ce n'est que par leur moyen qu'on
peut élever & multiplier les bestiaux de toute
espece. Ils sont la premiere richesse de l'agriculture & de l'état. Sans d'abondans pâturages, nous ne parviendrions jamais à la multiplication & à l'amélioration des especes. Chevaux. Nous devons des soins particuliers aux races de
chevaux qu'une longue fuite d'erreurs a fait dégénérer , lorsqu'il nous est possible d'avoir les plus
belles races au lieu d'especes dégradées, & d'avoir
dans nos provinces tous les chevaux nécessaires à
nos différens besoins, au lieu d'en acheter chaque
année de l'étranger pour des sommes immenses, --- Page 256 ---
[ 52 ] Moutons. Le mouton , cet animal si précieux, dont la toison est si nécessaire à nos manufa&ures & la chair
à nos tables , ne peut être trop multiplié ; il n'y
a point de sacrifices trop grands pour en améliorer
l'espece & les laines, que nous sommes obligés •
de tirer d Espagne & d'Afrique. On a vu que les
moutons & les laines font un objet d'importation de
plus de 25 millions. Nous renvoyons au mémoire
qui sera incessamment imprimé sur l'amélioratioa
des laines (1). Bœufs & vaches. Quant à l'espece des bœufs & vaches, nous
venons d indiquer d'abondantes ressources pour les
multiplier dans les prairies naturelles arrosées ,
dans les prairies artificielles protégées, dans les
marais convertis en prairies & pâturages, dans
1 abondance des racines. Nous pouvons donc nous
procurer en ce genre tous nos besoins, & même
au-delà, en beurre, fromages , viandes fraîches &
salées. Les engrais de cette multitude d'animaux
améliorent les terres voisines , & de proche en
proche , jusqu'aux endroits les plus reculés. f La gabelle. . Mais comme le sel est nécessaire au bérail- ( 1 ) La France contient 26950 lieues 'luarrées, à 2282
toises deux cinquièmes, ou de 25 au degré qui donnent if6
millions d'arpens , à 900 toises quarrées , mesure de Paris:
rien n empêche que nous ne puissions nourrir 100 millions de
mourons, ce qui ne revient qu'à un par arpent accessible à
ce goure de pâturage. --- Page 257 ---
155]
gabelle. . Mais comme le sel est nécessaire au bérail- ( 1 ) La France contient 26950 lieues 'luarrées, à 2282
toises deux cinquièmes, ou de 25 au degré qui donnent if6
millions d'arpens , à 900 toises quarrées , mesure de Paris:
rien n empêche que nous ne puissions nourrir 100 millions de
mourons, ce qui ne revient qu'à un par arpent accessible à
ce goure de pâturage. --- Page 257 ---
155] D 3; il est tems d'en laitier le libre usage par la suppression de la gabelle. On sait que le sel , sur les
marais salans, ne revient aCtuellement qu'à dix
fous le quintal. Chacun aussi connoît le prix auquel
le vend la gabeîfe ; ce qui rend l'usage du sel impossible pour te bétail , & met un obstacle invincible aux salaisons que nous sommes obligés de
tirer de l'étranger, après lui avoir vendu nos iels à
vil prix. Chemins vicinaux. Lorsque le cultivateur est riche en denrées, qu'il
a rece^iliile fruit de ses travaux, il lui importe,
ainsiçoôfpmmateiirs , qu'il ait des diemins
faciles; pour 'arriver aux grandes routes ? mats les
chemins, vicinaux sont x pour la plupart, impraticables : beaucoup ne peuvent être réparés sa.ne
le secours de l'autorité , & sans des dépeases audessus des forces du cantons Canaux. navigables. Les. grandes routes même font trop frayeufes , il
n'y a que les canaux navigables ( & qui. peuvent à
la fois être d'irrigation), qui puissent nous procurer
une susfisante économie de frais , & d hommes &
de chevaux , & maintenir le prix modéré des.
denrées. Suppression des péages . Les péages qui les enchérirent sans nécessité
doivent donc être abolis.. --- Page 258 ---
t 54 ] Droits de halles & *de marchés. . Si le laboureur arrive dans les marchés aprè?
avoir essuyé les difficultés des mauvais chemins,
les frais des routes , les vexations des péages,
les percepteurs des droits de minage & de mesurage viennent lui enlever une partie de sa deor
rée, qui a déja subi tant de prérévemens. Banalité des moulins. S'il la porte au moulin , il essuie encore des frais
disproportionnés au service de la mouture, des
infidélités, & quelquefois le vol. Ne' teraJfJil. pas
permis de profiter des grands progrès de la mécanique pour moudre librement, à moins de frais
& de dangers , & de se rédimer de la banalité ? Unisormité des poids 6' mesures. i La variété incroyable des mesures lui présente
autant de piéges dont il ne peut se garantir ; les
vœux pour les voir réduites à une seule seront-ils
toujours inutiles ? Bois du roi & des communautés. L'agriculture, ainsi que les villes, les manufactures, les mines ,lIa marine a un besoin indispensable
de bois, & nos forêts sont dévastées. Dans plusieurs cantons, le laboureur brûle sa paille pour --- Page 259 ---
t 55 1 D 4. cuire son pain & préparer ses alimens ; dès-lors
elle manque à ses engrais. # Les forêts sont ruinées, tant par l'effet des vices
de l'administration , qui , si elle eût été bonne ,
auroit, dans cent vingt ans de regne, mis les forêts
dans le plus brillant érat de prospérité, que par des
erreurs dephysique » il faut absolument la réformer,
sans quoi bientôt le laboureur ne pourra plus se
bâtir ni construire ses harnois (i).
alimens ; dès-lors
elle manque à ses engrais. # Les forêts sont ruinées, tant par l'effet des vices
de l'administration , qui , si elle eût été bonne ,
auroit, dans cent vingt ans de regne, mis les forêts
dans le plus brillant érat de prospérité, que par des
erreurs dephysique » il faut absolument la réformer,
sans quoi bientôt le laboureur ne pourra plus se
bâtir ni construire ses harnois (i). Qu'il foit donc ordonne , au nom de la patrie
& de son autorité, aux gens de main-morte & aux
bénéficiers, de replanter leurs forêts ruinées ; que
les bénéfices vacans ne soient pourvus qu après
une entiere & parfaite replantation , que la caisse
des économats supplée aux autres bénéfices pour
cette opération. Les communautés ecclesiastiques
& séculieres auront ordre de replanter les leurs ,
mais elles pourvoiront aux moyens , d après les
ressources qu'elles peuvent avoir. Je conçois que les communautés ont dû perdre
l'affection pour la conservation de leurs forêts 5
puisque les frais,, pour parvenir à leur coupe
enlevent plus de la moitié du prix. Mais tous les
cahiers demandent la suppression ou la réforme ( ï) M. Turgot, persuadé de la nécessité de réforme?
l'ordonnance tant sur la phytique, que dans, l'administration J;
choisit un comité pour disposer ce travail qui est en,
état d'être mis fous les yeux des Etats-Généreux. --- Page 260 ---
[ Jtf ] des maîtrises. Il faut croire que ce ne fera pas
en vain. Quant aux forêts du roi, on peut employer les
troupes à défoncer 5c enclore les terreins à replanter ; les troupes seront mieux dans un camp,
près des forêts, que dans la dissolution des garni sons. Plantation & culture des landes. Pour assurer à jamais l'abondance des bois à
nos foyers, aux constru&ions, aux usines & à la
marine, il convient également de planter & semer
nos landes 6c nos dunes, qui équivalent à des
provinces. Les bois résineux réussissent très-bien
dans ces terreins. Banque rurale. Il faut à l'agriculture non-seulement des avances,
mais exposée a des malheurs, à des grêles, à des
incendies, &c. elle a besoin de secours. Il est à
désirer qu 'il y ait des cailles dessinées à subvenir
aux accidens, moyennant un intérêt modéré. Prêt à intérêt. Le ptêt à intérêt par obligation doit aussi être
autorisé, ainsi qu'il est en usage en Lorraine, en
Bresse, en Savoie, &c. par les loix & la jurisprudence. Mais l'intérêt doit erre modéré & ne pas
excéder quatre pour cent. Or 4 les emprunts du --- Page 261 ---
[ 57 ] gouvernement & l'agiotage l'ont fait monter au
taux de laj plus énorme usure. Couvertures en chaume. Les ravages des incendies peuvent être diminués par la défense de construire ou reconstruire
un bâtiment couvert de paille, plus près de dix
toises des voisins. Ici le besoin des échanges le
fait encore sentir. Cette séparation des habitations
les rendra plus saines, & les mœurs y gagneront,
parce que les occasions de querelles & de rixes
seront plus éloignées.
monter au
taux de laj plus énorme usure. Couvertures en chaume. Les ravages des incendies peuvent être diminués par la défense de construire ou reconstruire
un bâtiment couvert de paille, plus près de dix
toises des voisins. Ici le besoin des échanges le
fait encore sentir. Cette séparation des habitations
les rendra plus saines, & les mœurs y gagneront,
parce que les occasions de querelles & de rixes
seront plus éloignées. Les abeilles. Chaque maison pourroit alors avoir son jardin 3
son rucher. Qu'il nous soit permis d'entretenir les
Etats d'un inse&e, puisque cet insecte est l'abeille.
Ses précieures productions que nous pouvonsavoir abondamment sans rien prendre sur nos subsistances , nous coûtent plusieurs millions annuellement , seulement pour la cire que nous tirons du
Levant & même du Nord. La ruine de cette
branche d'économie cst venue de la saisie des ruches pour le paiement des tailles, & du droit
d'épaves sur les mouches à miel trouvées dans les
bois. Ce droit doit être aboli, & l'abeille déclarée
insaisissable. Causes de dépopulation des campagnes. L'agriculture manque de bras 4ns bien des pro- --- Page 262 ---
[ ss ] vinces; faut- il s'en étonner, lorsque l'on voir leur -
population s'écouler chaque jour dans les villes,
à la suite des bénéficiers qui ne résident point,
des seigneurs qui s'attachent à la cour, des jurisdictions placées à cent lieues des jurisdiciables ,
des tribunaux d'attribution qui embrassent le royaume, des compagnies de finances qui inondent la
capitale, des colléges & écoles concentrées dans
les villes, ensin à là suite des travaux de constructions de monumens inutiles, qui emploient
une armée d'ouvriers. Caisses des épidémies. Les épidémies ont pour cause les marais méphitiqucs, les eaux croupissantes, les chaumieres infedtes,
une nourriture mal- saine, , la mal-propreté, la tristesse, la miscre & tous les effets de la fiscalité ,
de la séodalité , de l'ignorance & de l'erreur. Que de perte résultent d'une épidémie ! Perte
de tems, de travaux, de sd.laires & de bénéfices;
emploi des avances à la guérison perdues pour la
reproduction : de là, slérilité , mendicité, contrebande , le braconage, le vol, les crimes, le
déshonneur & la mort. Epizooties. Si les épizooties sont quelquefois venues de la
Hongrie, de la Hollande, qui, dans un commerce
avide, voiture également l'or & iepoison, il n'en --- Page 263 ---
[ 59 ] est pas moins vrai que les maladies* des bestiaux
sont encore plus sou vent l'esset de la misere & de
l'ignorance de ceux qui en prennent foin, de
l'impuissance où ils sont de faire les frais de bons
abreuvoirs, de loger le bétail sainement, & qu'elles
ne sont contagieuses que par l'impossibilité de réparer les malades, de suivre un bon traitement,
de purifier les étables & tout ce qu'elles contiennent. Ces grandes matieres ne peuvent qu'être
indiquées.
des bestiaux
sont encore plus sou vent l'esset de la misere & de
l'ignorance de ceux qui en prennent foin, de
l'impuissance où ils sont de faire les frais de bons
abreuvoirs, de loger le bétail sainement, & qu'elles
ne sont contagieuses que par l'impossibilité de réparer les malades, de suivre un bon traitement,
de purifier les étables & tout ce qu'elles contiennent. Ces grandes matieres ne peuvent qu'être
indiquées. Constructions de -monumens publics. Quant aux constructions publiques de simple luxe & ostentation , auxquelles on emploie des sommes .
qui feroient à jamais la prospérité de dix provinces , elles doivent être interdites, tant qu'il resera
odes marais à dessécher, des canaux de navigation à
constuire, des forêts à replanter, des chemins
^ I à faire ou à réparer, des landes à fertiliser, &c.
C'est-la où doivent être d'abord appliqués les deniers publics & municipaux , les armées d'ouvriers
& de chevaux employés à élever des monumens
inutiles pour y insérer des noms obscurs qui pourroient s'illustrer en les attachant aux bienfaits
d'une route, d'une plantation ou d'un desséchement. Augmentation des villes funefle aux campagnes. Les villes sont devenues immenses, parce qu'on
y a tout placé, & parce qu'on a multiplié à l'in- --- Page 264 ---
[ 60 ] .sini ce qui doit y être. Dès-lors la quantité de chevaux néceÍfaires à leur service , est devenue innom*
brable ; il a fallu pour les nourrir, enlever à l'agriculture les sourrages qui lui sont nécessaires,
.& perdre les engrais faute desquels ses travaux
font fiériles. Le cheval nécessaire à la charrue,
est devenu d'une cherté excessive que les facultés
.du laboureur ne peuvent atteindre. Hommes inutiles & nuisibles à l'agriculture. La richesse ou la pauvreté d'une nation se régle
par le nombre de ceux qui sont employés à un
travail u.tile , & le nombre de ceux qui ne le sont
pas. Ainf1 une nation dont l'agriculture manque
de bras, & qui auroit de trop , cent mille ccclésiastiques célibataires ou gens qui en portent l'habit,
cent mille laquais inutiles ; une nation dont les*
mauvaises ,loix exigeroicnt cinquante mille gens
de pratique ; une nation dont les mauvais impôts
emploieroit cent mille gardes, contrebandiers,
receveurs , contrôleurs , infpe&eurs, ambulans,
directeurs , sermiers , régisseurs, commis, buralistes , péagers ; &c. une nation qui auroit deux
cents mille soldats oisiss & célibataires , dont les
•tribunaux mal placés exigeroient que cent mille
plaideurs, postillons , cochers , chevaux , aubergines , logeurs , traiteurs fussent toujours en mouvement pour chercher la justice ; une nation
qui auroit chaque jour cent mille persormes aux --- Page 265 ---
[ 61 ] spedacles, qui auroit quelques millions de femmes*
sans occupation , moitié trop de boutiquiers
enfin cinquante mille personnes vivant de l'intérêt
usuraire des emprunts viagers ou de pensions extorquées à des administrateurs faciles & prodigues
cette nation feroit une perte de sept à huit cents;
millions par an, l'omme qui égale tous les impôts. Or dans un état, comme dans un ménage, toutes les mauvaises conséquences sont un effçc du
tems perdu. *
quelques millions de femmes*
sans occupation , moitié trop de boutiquiers
enfin cinquante mille personnes vivant de l'intérêt
usuraire des emprunts viagers ou de pensions extorquées à des administrateurs faciles & prodigues
cette nation feroit une perte de sept à huit cents;
millions par an, l'omme qui égale tous les impôts. Or dans un état, comme dans un ménage, toutes les mauvaises conséquences sont un effçc du
tems perdu. * Enfcignement de l'économie, rurale. L'agriculture & le commerce sont en communauté de biens. L'une produit les matieres, l'autre les façonne & les échange. On peut améliorer
l'une & l'autre par l'intrusion , & en y portant
uo plus grand nombre d'individus. Nos écoles publiques , colléges & universités.
n'ont point compris dans leurs plans d'enseignemens, ni l'agriculture, ni le commerce , ni les
arts, & même ils en détournent les sujets. Cependant c'est delà que doivent sortir, la force, la
richesse, la prospérité de la nation. "'On a fait la
description des arts & métiers que peu de gens
lisent. Il seroit nécessaire de dessiner quelquesuns de nos colléges à faire la démonstration de,
la théorie, de la chimie , de la mécanique &.
de la pratique de chaque art. L'agriculture n'a pas moins besoin des secours --- Page 266 ---
[ 6l ] ce 1 'instruction : par une fatalité ordinaire de l'esprit humain, l'arc le plus utile fera le dernier
enseigné. Cependant combien n'est-il pas nécessaire de
faire connoître les différentes cultures, les instrumens, les espèces à cultiver ; l'application des
uns & des autres ! Les artisles voyagent & vont
visiter les modeles ; mais le laboureur ne voyage
point, il faut approcher de lui la leçon & l'exemple. Le cultivateur ne connoît point les plantes
qui composent les prairies & les pâturages. Il
ignore dalles qu'il faudroit multiplier ou détruire;
il faudroit donc l instruire de la botanique pascuale. K • Education des femmes. L'éducation des femmes les Jaisse dans l'ignorance de tout ce qui concerne l'économie rurale
& domestique, & ne leur en inspire que le dégoût
& le mépris. ^ Cependant elles font la moitié du genre humain. Elles ont une immense influence dans l'éducation des
hommes, puisque celle du premier âge leur appartient. Leur opinion décide celle de la jeunesse qui
réglé sur leurs goûts sa conduite & ses jugemens;
elles sont à la fois les juges & le prix qu'elle veut
obtenir. Il seroit donc essentiel, qu'on leur enseignât
les parties de la physique & de l'histoire naturelle
relatives à l'agriclllture. --- Page 267 ---
[ 63 ] Manufactures dans les campagnes. La famille agricole a des tems d'inattion : il
faut donc rapprocher d'elle les arts , les métiers,
les manufactures qui peuvent dans ces momens lui
fournir "de l'occupation. Juilices rurales. Que ne faudroit-il pas faire pour soustraire aux
procès & aux vampires de la chicane , qui dévorent
son tems & ses facultés ? La justice, premier attribue
de la divinité , devroit comme elle se trouver partour, être prompte & point ruineuie. Des justices rurales, à l'instar des conrulaires
ou de celles de la coutume de Bresle , dans les
Vôges devroient exister en tous lieux. Il devroit y avoir des prud-hommes auxquels
tous nouveaux débats seroient portés. De plus ,
il doit être ordonné par une loi r que toutes les
fois que , dans un procès , l'une des parties proposera des arbitres , les autres soient obligés d'en
pommer. Salubrité & fanté.
justices rurales, à l'instar des conrulaires
ou de celles de la coutume de Bresle , dans les
Vôges devroient exister en tous lieux. Il devroit y avoir des prud-hommes auxquels
tous nouveaux débats seroient portés. De plus ,
il doit être ordonné par une loi r que toutes les
fois que , dans un procès , l'une des parties proposera des arbitres , les autres soient obligés d'en
pommer. Salubrité & fanté. L'habitation de cette famille devroit être saine,
aérée, pure , ses eaux salubres , ses maréchaux
insiruirs, son bétail tenu"*proprement & point inseété de mares & de fumiers. L'aisance, l'instruction & les loix doivent se réunir pour procurer ces --- Page 268 ---
t 64 ] avantages ou plutôt ces besoins. Faute d'y satis.
faire , il en réfulce des épidémies & des épizoo-
, ties. Tout charlatan doit être proscrit avec la plus
grande sévéricé, comme uii assassin. * Liberté du commerce & de l'indusirie. Faute de liberté & de commerce, il résulte
une culture négligée qui engendre la disette ; la
disette le monople ; le monople la disette ; &
voilà les poisons qui abrégent la vie, qui font
dégénérer l'espece & les détruisent rapidement. Milice. Par-tout nous avons manifellé nos vœux pour
rendre des habitans, des capitaux, de l'aisance
aux campagnes. La milice qui lui enleve des sujets
si précieux , si elle n'est supprimée, doit prendre la
sorme la moins onéreuse, & ne plus porterie désespoir
dans le sein des familles. Corvées & fêtes. Les corvées doivent être abolies sans retour , &:
toutes les fêtes sans exception , renvoyées au dimanche suivant. Tout impôt doit être bien connu. Enfin tout impôt, toute perception doivent êtr«
clairement établis & connus du débiteur & du
percepteur » --- Page 269 ---
r e "ï E percepteur, de maniere qu'il ne puisse jamais avoir
lieu à l'arbitraire , ni aux interprétations , ni aux
procès. Aucun impôt ne doit non plus être soli*
daire , de manière que celui qui a payé > foit sûr
d'être libre & quitte. Les états ront suppliés de ne considérer cette
esquisse des besoins & des maux de l'agriculture,
que comme une table des matieres ; mais nous
avons pensé que parlant aux sages de la nation ,
nous ne dev-ions que leur indiquer les objets sur
lesquels nous invoquons leur puissance. Nous pouvons terminer ces observations par une
vérité encourageante & qui doit faire concevoir
les plus grandes espérances pour le bonheur & la
prospérité de la nation , c'est qu'il n'y a gueres de
terreins dans le royaume dont oh ne puisse doubler
les produits , lorsque les entraves de l'agriculture
feront ôtées ; que le cultivateur éclairé & aisé
suivra les meilleures méthodes , choisira les meilleures cultures, & multipliera ses bestiaux & ses
engrais. Cette grande & importante vérité est constante non - seulement en principes , mais par des
faits dus aux soins de quelques cultivateurs. Les
états sentiront que la tâche de doubler les pro* ♦
duB:ions, la population & la puissance du royaume
est auedesfus des sorces des particuliers , & qu'elle
dépend principalement des bonnes loix; cette tâche
est digne des soins des représentans de la nation ;
tout ce qui peut y conduire exige l'usage des
. Cette grande & importante vérité est constante non - seulement en principes , mais par des
faits dus aux soins de quelques cultivateurs. Les
états sentiront que la tâche de doubler les pro* ♦
duB:ions, la population & la puissance du royaume
est auedesfus des sorces des particuliers , & qu'elle
dépend principalement des bonnes loix; cette tâche
est digne des soins des représentans de la nation ;
tout ce qui peut y conduire exige l'usage des --- Page 270 ---
i*n ressources dont ils sont dépositaires ; l'emploi qu'ils
en feront pour y atteindre & accélérer cette
grande mais certaine révolution , justifiera la
- confiance que la nation a mise en eux. --- Page 271 ---
[texte_manquant] E 1 MÉMOIRE Sur les rentes foncières dues aux gens de main-morte £
& les avantages que l'état peut en retirer j en autorifant les débiteurs à les racheter, conformément
aux édits & déclarations de 1441, 15 3 j 1 55;
& 1554, & ceux que .- l'agriculture trouver oit dans
cette opération. C'est une maxime constante du droit naturel,
que tout débiteur doit avoir la faculté de se libérer. Les avantages de la libération & la faveur de la
liberté sont également certains. Il est donc juste & avantageux de permettre aux
propriétaires de fonds chargés de rentes de se ra:"
cheter, nonobstant toutes stipulations , usages ou
poffe ssions que l'on peut regarder comme contraires
au droit naturel. Conformément à ces maximes, on propose d'autoriser les redevables de rentes foncières, soit en
argent, soit en grains, sous quelques dénominations qu'elles soient connues & perçues ( autres
néanmoins, que celles qui servent à détigner la
seigncurie dire&e), dues aux gens de main-morte
sur les biens ruraux, d'en saire le remboursemenc
entre les mains du roi, sur le pied du denier vingecinq ou trente. --- Page 272 ---
[ 68 ] Le roi leur continueroit la même rente, ainsî
qu'il fut ordonné pour les rentes sur les maisons
des villes, par édit du mois de mai 1553. Il est aisé de sentir tout l'avantage que l'état
retirerait de cette opération. 1°. Les rentes de cette nature forment une grande
partie des revenus des gens de main-morte , tant
ecclésiastiques que laïcs, communautés de villes & d'habitans, hôpitaux, fabriques, confrérie, &c.
& font un objet considérable, que l'on ne croit
point exagérer en le portant à 30 millions annuellemment (1). Le remboursement au denier 30 monteroit par
conséquent à 900 millions. Comme le roi n'en paieroit que la même rente
de 30 millions, & qu'il pourroit éteindre pour
plus de 45 millions d'intérêts ou de gages d'offices, il en résulteroit un soulagement annuel d8
plus de 15 millions. 2°. Ce remboursement auroit l'inestimable avantage de faciliter la culture & le commerce des fonds
qui auroient été libérés. 30. Ces mêmes fonds fupporreroient en entier
les impositions, tandis que, dans l'état actuel j il
faut en déduire la rente. ( 1 ) Nota. Cette évaluation n'a point été faite au hasard ,
mais sur des états que l'on se procura en 1776 par ordre du
ministre , tant sur le genre des revenus du clergé > que sur
celui des corps municipaux, fabriques, hôpitaux, &c. l --- Page 273 ---
[ 69 ]
s fupporreroient en entier
les impositions, tandis que, dans l'état actuel j il
faut en déduire la rente. ( 1 ) Nota. Cette évaluation n'a point été faite au hasard ,
mais sur des états que l'on se procura en 1776 par ordre du
ministre , tant sur le genre des revenus du clergé > que sur
celui des corps municipaux, fabriques, hôpitaux, &c. l --- Page 273 ---
[ 69 ] E y 4°. Le prix de ces biens augmenterait considérablement, & dès-lors les droits d'insinuation & de
centieme denier , & les lods & ventes dus au roi,
dans ses mouvances <5c dire&es , feront encore un
objet de considération. 59. Par la même rai son , cette opération sera
très-agréable à tous les seigneurs. Les biens situés dans leurs mouvances , chargés
de ces rentes, se vendoient rarement, & les lods
ne se percevoient point sur le capital de la rente.
Lorque les rentes seront éteintes , les ventes serqnt
plus fréquentes , le prix plus avantageux, & les
lods se percevront sur le prix entier , qui ne sera
pas diminué en considération d'une rente qui n'existera plus. La question d'utilité est hors de doute pour l'état,
qui trouvera dans cette opération un moyen de se
libérer d'une partie de ses dettes, & d'augmenter
ses revenus , en favorisant l'agriculture ; pour les
propriétaires qui dégageront leurs fonds de charges
qui les déprisent; pour les seigneurs qui jouiront
de tous les droits de leurs directes. On va présentement examiner les questions que
l'on peut élever sur cette opération. Le roi peut-il autoriser les débiteurs de rentes
perpétuelles à se libérer contre la teneur des contrats j des testamens ou des fondations qui ont dé-,
claré ces rentes perpétuelles ? Peut-il ordonner que les deniers de ces rachats
soient versés entre ses mains ? --- Page 274 ---
t 7° ] Peut-il faire Ion profit de l'exédant du capital
ordinaire delà, rente? ne doit-il pas retourner aux
gens de main-morte qui sont réputés propriétaires ? La premiere question peut se résoudre par les
principes & par l'autorité de l'exemple de ce qui a
été fait. Les principes veulent que tous débiteurs puissent
se libérer; or les rentes dont il s'agit ne sont
véritablement que des dettes hypothécaires, ou de
limples constitutïons & assignats ; les clauscs qui en
ont interdit le rachat, ne peuvent être regardées
que comme abusivcs 6c contraires au droit naturel ,
dès-lors de nul esfet. L 'autorité de l 'exemple se puise dans le nombre
des loix qui ont été rendues sur cette matiere. Charles VII, François premier & Henri II, touchés du préjudice & des obsîacJes que les rentes
foncières , imposées sans mesure sur les maisons &
les terreins des villes, occalionnoient aux arts, à
la population & à la décoration des villes , porterent différentes loix pour permettre aux propriétaires de se libérer. Charles VII, par son édit du mois de novembre
1441 , dit entre les sollicitudes que demande le
bon gouvernement des villes & cités du royaume ,
& spécialement de la ville de Paris, il est de son
devoir royal de pourvoir & remédier à la diminution & disformité de ladite ville, occasionnées
par les rentes & hypothéqués dont les fonds &
maisons ont été trop plus grandement & excessivement
K
villes , porterent différentes loix pour permettre aux propriétaires de se libérer. Charles VII, par son édit du mois de novembre
1441 , dit entre les sollicitudes que demande le
bon gouvernement des villes & cités du royaume ,
& spécialement de la ville de Paris, il est de son
devoir royal de pourvoir & remédier à la diminution & disformité de ladite ville, occasionnées
par les rentes & hypothéqués dont les fonds &
maisons ont été trop plus grandement & excessivement
K --- Page 275 ---
C 71' ] E 4 chargés. Il permit donc à la ville de Paris de procéder à la vente des terreins vuides & des maÍsons délaissées & inhabitées , & aux propriétaires
de racheter toutes rentes constituées après le premier acensement. François premier , par édit du mois d'octobre
1539, informé qu'en plusieurs villes du royaume,
il y avoit grand nombre de maisons inhabitées &
en ruine, & des places vuides Se vacantes à cause
des rentes dont elles sont chargées ; qu'il ne se
trouve » personne qui en veuille acquérir ni 'bâ-
» tir à la ruine & diminution desdites villes & détérioration d'icelles, intérêt^ préjudice , dom-
« mage du roi & de la chose publique du royaume,
>5 voulant à ce pourvoir, 8c obvier à la décadence
» & éversion desdites villes, desirant singuliérejj ment la conversion, entretenement 8c accroiiïe-
» ment d'icelles », ordonna que toutes rentes constituées sur les maisons & places des cités , villes
6c fauxbourgs du royaume, soit à gens d'église ou
autres , soient rachetables au prix qu'elles ont
été constituées, si non au denier quinze. Henri II, voulant accroître & décorer les villes
& cités du royaume, sentit qu'il falloir d'abord
écarter le grand obstacle qu'y apportoient les gros
cens, rentes , charges & devoirs, dont les maisons
& places avoient été chargées. Pour connoître l'étendue de ces rentes & charges,
il ordonna, par lettres - patentes du 18 janvier
15 5 2, que tous çeux qui avoient cens ou rentes --- Page 276 ---
r 71 1 foncières non rachetables sur les 'maisons & places,
étant au-dedans de Paris ou de ses fauxbourgs ,
eussent à en donner déclaration par-devant le prévôt
des marchands dans quinze jours après la publi-.
cation. Pour mieux s'alTurer de l'exécution de ces dispositions, il ordonna que les rentes non-déclarées
seroient mises en sa main, & reçues par les receveurs qui seront commis à cet effet, avec défenses
aux redevables de payer à d'autres. Gette opération préliminaire fut bientôt suivie.
d'une loi générale & solemnelle , qui fut le résultat de l'assemblée #les principaux personnages dt1
royaume, qu'il avoir convoquée à Compiegne pour
aviser aux moyens d'exécuter le deffein, depuis
long-tems formé, de prévenir la décadence totale
des villes, & de procurer l'exécution des loix, que
les rois ses prédécesseurs avaient données sur le
rachat des rentes foncières.
fut bientôt suivie.
d'une loi générale & solemnelle , qui fut le résultat de l'assemblée #les principaux personnages dt1
royaume, qu'il avoir convoquée à Compiegne pour
aviser aux moyens d'exécuter le deffein, depuis
long-tems formé, de prévenir la décadence totale
des villes, & de procurer l'exécution des loix, que
les rois ses prédécesseurs avaient données sur le
rachat des rentes foncières. Suivant l'avis de l'assemblée , il donna redit du
mois de mai 1 5 5 3, enregistré au parlement le
du même mois. Par l'article premier, il fut dir que tous les
cens , rentes foncières & autres droits & devoirs
seigneuriaux conflitués sur les maisons des villes ,
cités & fauxbourgs d'icelles , places vuides, jar«
dins , marais , sous quelque nom & titre qu'elles •
aient été constituées , soit à personnes ecclésiastiques, corps, collèges, communautés, ou autres
personnes nobles ou roturières, pourroient être --- Page 277 ---
r 7J l" rachetées par tous propriétaires , au denier
en lailTant seulement sur Jesdites maisons un cens
de douze deniers pour marque de la seigneurie
directe envers ceux de qui elles sont mouvantes. Par l'article II, il fut ordonné que les deniers
deidirs rachats seroient mis ès mains des receveurs.
des deniers communs des villes. L'article V ordonne que lesdits receveurs verseront ces deniers ès mains des receveurs-généraux
des finances, & ceux-ci au trésor de l'épargne. Par l'article VI, il fut ordonné que lesdites
rentes seroient payées sur le produit des domaines j
aides & gabelles. • Les articles III & IV défendirent de jamais
rétablir lesdites rentes; aux propriétaires, de les
prétendre ; aux juges, d'admettre aucune action ,
aux chancelier & garde-des-sceaux , d'accorder ni
sceller aucune lettre tendant, à les rétablir. Une déclaration du dernier jour de février de- 1
la même année , ordonna que la faculté de faire
lesdits rachats, qui n'avoit été accordée que pour
un tems, seroit perpétuelle. Il saut se rappeller, pour accorder ces deux
dates, que l'année commençoit alors à Pâques,
qu'ainsi le mois de février étoit postérieur au mois
de mai. Les difficultés qui s'éleverent dans différentes
villes du royaume , entre les redevables de rentes
emphithéotiques, qui vouloienr: en faire rachat,
& les églises, monasteres, bénéfices, hôpitaux , --- Page 278 ---
[ 74 ] aumôneries qui s'y opposoient, donnerent lieu à
la déclaration du 27 mai 15 54 , qui ordonna que
toutes rentes perpétuelles, soit qu'elles aient été
créées par contrat d'emphitéose avec clause expresse
que lesdites églises, monasteres, bénéfices, hôpitaux & aumôneries ou autres, pourront rentrer
dans les maisons & autres choses données à rente,
faute de paiement de la rente , l'ont comprises dans
ledit édit, & que le rachat peut en être fait.
Ordonne que l'édit sera exécuté sur lesdites rentes
emphitéotiques comme sur les autres.
aient été
créées par contrat d'emphitéose avec clause expresse
que lesdites églises, monasteres, bénéfices, hôpitaux & aumôneries ou autres, pourront rentrer
dans les maisons & autres choses données à rente,
faute de paiement de la rente , l'ont comprises dans
ledit édit, & que le rachat peut en être fait.
Ordonne que l'édit sera exécuté sur lesdites rentes
emphitéotiques comme sur les autres. Enfin, par un autre édit du mois de mars 1558,
& par une déclaration du 10 janvier 1563, les
mêmes princes Henri II & Charles IX ^ pourvurent
encore à quelques difficultés qui s'étoient élevées
dans l'exécution des loix précédentes. Ainsi, une foule de loix rendues dans l'espace
d'un siecle & demi, iugées de la plus grande importance pour la prospérité des villes & des arts,
ont ordonné le rachat des rentes foncieres. Les
motifs ne sont pas moins pressans pour les biens
ruraux , & l'efset n'en seroit pas moins heureux.
Les principes & l'exemple sont donc d'accord ; les
plus grands personnages du royaume ont reconnu
l'utilité de l'opération dans l'assemblée de Compiegne; les cours l'ont consacrée par l'enregistrement
& par une jurisprudence confiante & substssante. La deuxieme question, de savoir si le roi peue
ordonner que les deniers de ces rachats soient versés
entre ses mains, se simplifie d'autaac plus qu'il --- Page 279 ---
L 75 1 ne s'agit que du rachat des rentes dues aux gens
de main-morte. Comme il leur est défendu d'acquérir ni d'aliéner des immeubles , il est nécesfaire que le roi j en les mettant dans le cas du
remboursement d'une rente foncière, en reçoive
le prix, & leur constitue la même rente, qu'ils
ne peuvent acquérir que sur lui , suivant l'édit
d'août 1749. La troisieme question consiste à lavoir si le' roi
peut faire son profit de l'excédant du capital or-'
dinaire de la rente , & si les gens de main-morte
n'en doivent pas profiter. La réponse paroît aussi sûre que facile. Les gens de main-morte n'ont droit qu'à une
rente déterminée, & à une hypotheque ; en leur
assurant cette rente , & une hypotheque plus considérable , qui sera l'état même, ils ont tout ce
qu'ils peuvent avoir. L'excédant du capital de cette rente n'est point
à eux, il n'en: que le prix que le propriétaire met à
sa libération & à l'anéantissement de l'hypothèque ;
or, qui peut recevoir ce prix , si ce n'est le roi qui
aura rendu la faculté de se libérer ; ce n'est qu'une
contribution volontaire des propriétaires grevés
en faveur de l'état j qui leur procure un avantage auquel les besoins obligent de mettre un
prix. Dans les pressans besoins de l'état, on doit préférer de le secourir par des moyens qui ne diminueront les revenus de personne , & qui contribueront --- Page 280 ---
r 76 ] à augmenter la malle des productions & de l'aisance
générale ; car, si les loix qu'on a citées., & 1que
l'on propose d'appliquer aux biens ruraux , ont infiniment contribué à l'embellissement des villes,
elles seront plus sûrement la prospérité des campagnes. Si l'on prétendait que les secours que l'on fait
espérer de cette opération , ne peuvent être aussi
considérables qu'on le promet, que tous les redevables ne se libéreront pas , que s'ils vouloient
le faire, le numéraire suffiroit à peine.
'on a citées., & 1que
l'on propose d'appliquer aux biens ruraux , ont infiniment contribué à l'embellissement des villes,
elles seront plus sûrement la prospérité des campagnes. Si l'on prétendait que les secours que l'on fait
espérer de cette opération , ne peuvent être aussi
considérables qu'on le promet, que tous les redevables ne se libéreront pas , que s'ils vouloient
le faire, le numéraire suffiroit à peine. On auroit à répondre : 1°. que les débiteurs,
propriétaires des fonds , désirent tous de se libérer ,
& que tous feront les plus grands efforts pour y
parvenir ; 2 . que le rachat se faisant succesfivement, les sommes qui y auront été employées,
rentreront dans le commerce à l'instant, & lerviront plusieurs fois ; qu'enfin on peut permettre de
se libérer en essets royaux, produisit intérêts au
denier vingt ou vingt-cinq. Ainsi, le succes, la rapidité, la justice & les
avantages de l'opération sont également certains,
& l'opération elle-même ne peut qu'être agréable, autant qu'elle ell utile 3 à tous les seigneurs
de directe. On a dresse le projet de l'édit qui prescrit les
formalités, & l'on y a joint copie des loix citées. Ceux qui voudront prendre une connoissance
plus étendue des principes & de la jurisprudence
de cette matiere , doivent consulcer Duplessis sur --- Page 281 ---
1 r 771 Paris , & Pontanus sur Blois. On trouvera surtout dans ce rude adversaire des rentes foncières »
*les .réponses à toutes les objections. On en a cependant fait contre ce mémoire , 8c
l'on a dit que la foi des conventions étoit sacrée, que les contrats synallagmatiques sont indissolubles; que les biens du clergé sont inaliénables ; on a tord^ des arrêts & des loix pour
dire que celles qu'on a citées étoient sans autorité.
On a répondu que presque toutes ces rentes ne
sont point établies par des conventions 3 mais par
des donations & des testamens ; que s'il y a quelque chose de sacré , c'est la liberté des fonds à
personnes, & les principes qui la protegent ; que
ce n'est pas aliéner les biens du clergé que d'en
changer l'hypotheque ; que rien ne peut prévaloir
contre le droit de se libérer ; que si quelque chose
mérite des privilèges, c'est l'agriculture, &c. On
a rétabli le sens des loix & montré l'application
des arrêts, & les objeB:ions ont été abandonnées. FIN. --- Page 282 --- --- Page 283 ---
DE LA RÉGÉNÉRATION DES HARAS; o u MÉMOIRE Contenant le développement du vice radical du régime a&uel, 6'
un plan pour propager & perfeélionner la race des chevaux en
France. PAR M. Le Chev. delaFONT-POULOTI, Membre du Musée de Paris & de plusieurs
Académies. Omnia quae a nobis ger untUr non ad nojtram utiLitatem Lr
commodum ,fed ad patricae salutem conferre debemus. C i C E R o N. Les voluptés du patriote sont de faire le bien , de le méditer , de
le vouloir constamment, de le provoquer fortemerr de la part des
autres, lorsqà'il n'a pas le crédit ou les moyens de l'opérer luimême, ELIE DE BEAUMONT. A PARIS, Chez la veuve VALLAT-LA-CHAPELLE, Libraire >
grande Salle du Palais. ET A VERSAILLES, Chez V I A L A R D , Libraire , rue Satory.
és du patriote sont de faire le bien , de le méditer , de
le vouloir constamment, de le provoquer fortemerr de la part des
autres, lorsqà'il n'a pas le crédit ou les moyens de l'opérer luimême, ELIE DE BEAUMONT. A PARIS, Chez la veuve VALLAT-LA-CHAPELLE, Libraire >
grande Salle du Palais. ET A VERSAILLES, Chez V I A L A R D , Libraire , rue Satory. 1 7 8 9. --- Page 284 --- --- Page 285 ---
A 2 AUX ÉTATS-GÉNÉRAUX. T < si dépérissement de nos haras, l'inefficacité des moyens employés pour les relever *
me fit publier, en 1787, un Ouvrage fous
le titre de Nouveau régime pour les haras, avet
la notice de tous les Ouvrages écrits ou. trai.
duits en françois * relatifs à cet objet ( i ).
L'accueil distingué qu'il reçut des Académies , des Sociétés littéraires & de celles d'agriculture, l'éloge que les Journaux nationaux & étrangers en firent, le jugement sa*
vorable qu'en porta M. Bertin, Ministre 8c
Secrétaire d'État, qui a été long-temps à la
tête des haras, qui les a renouvellé, pour
ainsi dire, qui connoiiToit tous les vices du
systême a&uel, &. qui les eut réformé, s'il
eût confervé plus long-temps ce département ; le désir que quelques Intendants de
province , réellement inflruits dans cette ( 1 ) Vo!. in-8°. , avec fig. Il se trouve chez les mêmes
Libraires. 11 --- Page 286 ---
( 4 ) . partie, & celui que plusieurs chefs & membres des ad mininrations provinciales eurent
de voir introduirè les moyens que j'ai propose ; tout concourut à ranimer mon zèle &•
à m'engager d'offrir aux Etats - Généraux,
avec le désintéressement d'un citoyen qu'anime le bien de sa patrie , un extrait de
mon ouvrage., contenant le développement du
-vioe radical du réginze acluel, & un nouveau
plan pour propager & perfectionner les races de
chevaux. S'ils daignent l'accueillir, je goûterai la douce fatisfaâion d'avoir été utile
à mon pays ; c'est la plus belle récompense
que je puisse obtenir, &laseule que je désire. --- Page 287 ---
A 3 DE LA RÉGÉNÉRATION DES HARAS. INTRODUCTION. L E cheval qui par sa beauté , sa force & son courage est le compagnon & l'ami de l'homme, efl:
encore un des premiers agens de l'agriculture & du
commerce. Objet d'utilité 8c d'agrément à la fois;
il esi une des premières richesses territoriales dans
le païs où son éducation est soignée. La France ,
qui en consomme plus à elle seule que tout le reste
de l'Europe, en manque depuis très-long-temps. Il
AS. INTRODUCTION. L E cheval qui par sa beauté , sa force & son courage est le compagnon & l'ami de l'homme, efl:
encore un des premiers agens de l'agriculture & du
commerce. Objet d'utilité 8c d'agrément à la fois;
il esi une des premières richesses territoriales dans
le païs où son éducation est soignée. La France ,
qui en consomme plus à elle seule que tout le reste
de l'Europe, en manque depuis très-long-temps. Il --- Page 288 ---
1- 6 ) est generalement connu que dans les guerres de
1688 & de 17Ô0, l'on fit pour plus de cent millions d'achats de chevaux étrangers pour les remontes seulement; & que, sur la fin des guerres de Flan.
dre, l'on vit des Provinces où les Cultivateurs ,
dans quelques endroits, furent obligés, par la rareté
de l'argent & des chevaux, de s'atteler à la charue.
Les sommes qui sortent annuellement du Royaume
pour tiret du Danemarck, de la Hollande, du
Holstein & d'autres parties de l'Allemagne, des
chevaux de carrosse & de cavalerie sont énormes.
Celles employées à l'achat des chevaux anglois a
été, en 1786 , à dix millions ; à près de onze millions en 1787, & à pareille somme en 1788, pôur
les chevaux de chasse & de felle, seulement. Si les qualités produflives des chevaux nns &
légers , de ceux propres à la cavalerie & au tirage ,
ne pouvoient se trouver que hors la France, il ne
nous resieroit qu'à gémir sur l'ingratitude de notre
climat; mais si la nature n'a rien accordé à cet
égard a nos voifrns, qu'elle ne ncus ait donné à
nous-même avec profusion ; si nous pouvons aspirer
a avoir 4'aussi beaux chevaux , si nous pouvon,
même aller plus loin qu'eux dans cette carrière \
pourquoi tarder d'entrer en lice ? pourquoi, au lieu
d'acheter des chevaux chez l'étranger, ne tenterions-nous pas, non. seulement de nous en passes . --- Page 289 ---
( 7 ) A 4 mais même encore de lui en vendre à notre tour? Il est certain & généralement reconnu que le.
climat & les nourritures sont, pour les animaux >
la cause fondamentale, physique & universeUe de
leur forme & de leur naturel, avec cette diflinction essentielle que le climat influe sur le cara&ère
& les nourritures sur la taille. Or celui de la France
étant plus tempéré, moins humide & moinsremplf
de brouillafds que celui du Danemarck, de la'
Hollande. de Angleterre, &c. les pâturages y
étant aussi sains & aussi abondans, il est beaucoup'
plus favorable à la produaion des chevaux fins, &
à la propagation de l'espèce en général. Aussi
n'est-ce qu'en multipliant les foins , en forçant,
pour ainsi aire, la nature à plier sous le joug d'une
activité constamment soutenue & toujours réfléchie , que les Anglois conservent, dans toute leur
perfections leurs chevaux issus d'une race étrangère; Les plus beaux & les meilleurs chevaux du.
monde sont, fana contredit, les Arabes. Malgré
la différence extrême du climat de l'Angleterre
avec celui de l'Arabie ; les Anglois formèrent lé
projet de transpiai.ter chez eux la race des chevaux
arabes. Il provint de Punion de ces chevaux avec
des jumens choiiies de leur isle, des produaions de
la plus grande beauté. Elles se sont multipliées
sans dégénérer, par l'attention exacte que l'on a eu
ana contredit, les Arabes. Malgré
la différence extrême du climat de l'Angleterre
avec celui de l'Arabie ; les Anglois formèrent lé
projet de transpiai.ter chez eux la race des chevaux
arabes. Il provint de Punion de ces chevaux avec
des jumens choiiies de leur isle, des produaions de
la plus grande beauté. Elles se sont multipliées
sans dégénérer, par l'attention exacte que l'on a eu --- Page 290 ---
(8) ' a-suivrela race des pouliches, nées d'Arabes, &
par les procédés qu'ils employent dans les accouplemens. Nous pourrions mieux; qu'eux approcher de la
perfeaion en ce genre , & nous cesserions de répandre inutilement de l'or à pleines mains, si nous
voulions donner une attention continuelle à cet
Objet .établir, comme çux, des courses, & donner
des prix ; car la France est, de toute l'Europe, la
la plqs propre à l'éducation des chevaux. Il
çst peu de Provinces, dans ce superbe Empire , où
l'on ne puisse établir avec succès des Haras, dont
productions ne le céderoient en rien aux races si
célèbres aujourd'hui, & peut-être en résulteroit-il
une nouvelle espèce, qui rçuniroit en esle les qualités utiles ,& brillantes, éparses dan§ les autres. Le
climat & le terreûi de nos Provinces méridionales
approchent de ceux de l'Afrique l'Espagne.
Les Romains avoient établi des Haras sur lesb,ords
# Rhône , & faisoient le plus grand-cas de; ces
chevaux; ils s'en ferv oient dans les combats., &
les estimoient autant ceux de Numidie, ils
réunissoient la force à la légèreté. On sait que la
Cavalerie de la Franche-Comté , appellée Sequanoise, dont l'histoire sait tant d'éloges, étoit montée
sur des chevaux de cette Province , &c. • Sans (remonter au tems où Jules-César conquit --- Page 291 ---
( ) ,\ les Gaules, & où l'espèce de ces animaux y pat.
soit pour le meilleure de toute l'Europe, on peut se
rappeller que sous le ministère de Colbert, la Normandie , le Limousin, l'Auvergne où l'on avoit
envoyé des Etalons qui étoient beaux, sans être de
la première qualité, fournirent presque seuls &
pendant long-temps, aux besoins du Royaume;
qu'il en sortit même une très-grande quantité de
Ghevaux pour. l'étranger. Les Savoyards, de qui
on en achetoit auparavant, en élevèrent moins,
& furent obligés de venir en acheter dans le
Royaume, de même que les Piémontois; ce qui
arrivera encore non-seulement à ces deux nations ;
mais à plusieurs autres , lorsque nos Haras dans lesquels nous aurons introduit un nouveau régime ,
donneront des chevaux nationaux. Il n'y a qu'à se
ressouvenir de l'essai qui fut fait, par ordre du Roi,
en 1756, dans le canton appellé la Camargue,
d 'où il provint des chevaux aussi distingués par
leur forme que par leur vélocité , & malgré l'étatde
longueur dans lequel la guerre qui survint, fit
tomber cet établissement, qui depuis n'a point été
surveillé & n'a fait que dépérir, la Camargue n'a,
cessé de donner de jolies productions par la feule
nature de son climat & l'excellence de ses pâturages.. ' ..
1756, dans le canton appellé la Camargue,
d 'où il provint des chevaux aussi distingués par
leur forme que par leur vélocité , & malgré l'étatde
longueur dans lequel la guerre qui survint, fit
tomber cet établissement, qui depuis n'a point été
surveillé & n'a fait que dépérir, la Camargue n'a,
cessé de donner de jolies productions par la feule
nature de son climat & l'excellence de ses pâturages.. ' .. On pourroit donc tirer du sein du Royaume, des --- Page 292 ---
1 ( 10 ) chevaux pour tous les usages, sans recourir à l'étranger. qui nous les vend très-cher & souvent
très-mauvais. Les Tommes excessives exportées
pour l'achat de ces chevaux , demeurant dans le
Royaume, se répandroient en une infinité de
mains , entretiendroient. ragriculteur dans l'ai.
sance, & lui faciliterait les charges de l'Etat, car
l'abondance des beaux chevaux est une richesse na.
tionale , territoriale & précieuse, qui importe elfentiellement à la culture des, terres & aux forces de
l'Etat. Faire naître cette abondance, embellir &per*
feâionner les races, c'est rendre service à la nation,
entière ; c'est assurer un commerce qui entraîne une
amélioration proportionnée dans l'agriculture. C'est
nous soustraire, à l'égard de nos voinns, au tribut le
plus onéreux & le plus considérable \ c'est leur ôter
les moyens d'avoir, à nos dépens, la meilleure
cavalerie, & n'être plus fournis, non - feulement à
acheter d'eux ce qu'ils veulent nous vendre aux
prix qu'ils y mettent ; mais encore à dépendre dé
leur politique & des circonstances critiques de la
guerre. Puisqu "il n est que trop vrai que nos Haras sont
dans le dépérissement, que tous les essais faits jusqu'à ce jour ont été infruaueux, & que l'admis
nistration , au lieu de former un impôt très-lucratif --- Page 293 ---
( il ) au Roi, est dispendieuse pour lui, & ruineure
pour l'Etat, il faut bien convenir que la cause
est dans le vice du systême , qui a existé dans
cette partie ; & l'on peut regarder, comme une
chose certaine , qu'un régime mieux compare confirmera, sans exception, qu'il est possible d'avoir des chevaux françois, aussi beaux,
aussi bons, & en aussi grand nombre que dans les
Etats de l'Europe qui fournissent à présent les
plus estimés. Il ne s'agit que de mettre en œuvre les
moyens qui peuvent ressusciter ce commerce; éviter
les inconvéniens qui rendent les dépenses inutiles,
& assurer le succès qu'elles doivent produire; or le
plan que je vais proposer me paroît réunir tous ces
avantages, Mais avant d'entrer en matière ; je crois devoir
répundre à quelques personnes qui ont écrit. 6c à
celles qui s'imaginent que le seul moyen de pro- -
pager les chevaux en France , est de supprimer
toute administration, tous réglemens, & de laisser
les partiçuliers libres , comme cela se pratique erç
Angleterre & se pratiquoitanciennementen France.
Mais cette idée est illusoire, le génie des deux nations , leurs facultés physiques & morales sont plus
différentes encore que le climat & le fol. La quantité prodigieuse de chevaux de toute espèce, en
Angleterre, tient à l'abondance & aux richesses
ux en France , est de supprimer
toute administration, tous réglemens, & de laisser
les partiçuliers libres , comme cela se pratique erç
Angleterre & se pratiquoitanciennementen France.
Mais cette idée est illusoire, le génie des deux nations , leurs facultés physiques & morales sont plus
différentes encore que le climat & le fol. La quantité prodigieuse de chevaux de toute espèce, en
Angleterre, tient à l'abondance & aux richesses --- Page 294 ---
( 12 ) immenses que le comble de l'indulhiefait produire
au pays de l'Europe qui a peut-être le moins d'avantages natuiels. Anciennement notre noblesse , infiniment plus
nomb.'euse qu'elle ne l'est aujourd'hui, passoit les
trois quarts de sa vis à cheval, & menoit à sa suite
.une prodigieuse quantité de Gentilshommes, ses
vassaux ou ses amis, sui vie de palefreniers & de
valets montés sur des roussins & conduisant les relais , les dextriers de leurs maîtres. Tous ces chevaux étoient entiers. Un Gentilhomme se seroit
cru deshonoré si on l'eût trouvé monté sur une
jument. La noblesse s'attachoit donc alors à la propagation des chevaux. Mais aujourd'hui que les
Seigneurs & les grands propriétaires ont abandonnés leurs terres pour venir habiter la Capitale ou
a Cour ; le goût des chevaux tient chez eux au
luxe, a la vanité ou à la fantaisie, sans aucune attention à l'utilité que peut en retirer la patrie, & à
l animal en lui-même. Le simple gentilhomme,
1 ecclésiastique , l'habitant de la campagne, ne voit
dans le cheval qu'un animal utile à ses besoins ou
a les commodités , & nullement l'objet d'un
commerce national 8c lucratif. L'Anglois au contraire , ne borne point son amour-propre à la beauté
du cheval qui est dans son écurie , il s'attache à la
beauté & à la bonté de celui qu'il a élevé & dont --- Page 295 ---
( i3 y îa perfe&ion est due. à son intelligence & à Tes
foins. Il est aisé de sentir quelle différence cette
diversité de principes doit produire sur le mérite des
chevaux. Les Lords & autres nobles Anglois , habitants leurs terres, & y faisant des élèves, les bons
exemples & les moyens d'amélioration sont plus
multipliés & plus près du Cultivateur en Angleterre
qu'en France. Convenons donc que l'abolition générale des Ordonnances & Réglemens, & la sup--
pression des Officiers préposés pour les Haras, en
rendant la libe'rté ne remédieroit pas au mal & ne
produiroit pas le bien , & que , dans l'état actueldes choses, un, nouveau régime est nécessaire. Voici celui que je propose : 1°. Il faut avoir dans chaque province -un certain
nombre d'Etalons convejnables & appropriés au
climat, & aux cavales auxquelles on veut les accoupler , faire faire le service gratis ; permettre à
toutes personnes d'avoir des Haras & des Etalons ,
mettre la plus scrupuleuse attention dans leur choix
dedans celui des mères, & ne pas viser , dans leur
achat, à une économie toujours préjudiciable. 1°. Avoir des InspeSeurs aâifs , vigilans, instruits , sur-tout, 8c qui seront nommés au concours
& non par prote8ion.
climat, & aux cavales auxquelles on veut les accoupler , faire faire le service gratis ; permettre à
toutes personnes d'avoir des Haras & des Etalons ,
mettre la plus scrupuleuse attention dans leur choix
dedans celui des mères, & ne pas viser , dans leur
achat, à une économie toujours préjudiciable. 1°. Avoir des InspeSeurs aâifs , vigilans, instruits , sur-tout, 8c qui seront nommés au concours
& non par prote8ion. 3°. Prohiber tout cheval entier ou âne mêlés &
confondus indistincïement dans les pâturages com- --- Page 296 ---
( 14 ) munaux avec les cavales, & en éloigner les pou.
lains à dix-huit mois. 4 . Etablir des prix , des gratifications pour
ceux qui auront élevés leà plus beaux poulains. —
Les acheter pour Je Roi ou pour en faire des Eta. Ions. Créer des foires où re seront vendus que les
chevaux reconnus dignes d'y êrre admis. 5 °. Il est de toute nécessité, si l'on veut avoir des
chevaux de san g, c'est-à-dire de race pure du côté
paternel & maternel, d'établir des Haras fixes en
chaque province , dans un rite convenable; & de
marquer tous les chevaux qui en sortiront.. 6',. D'établir des courses de chevaux & de chars à
certaines époques de l'année. 7 • Mettre une taxe sur tous les chevaux. 8°. Que les Etats-Généraux ou le Conseil de la
guerre & les adminisirations provinciales, aient
seuls la direction des Haras. Ces moyens seront discutés dans les Chapitres
suivans, & les abus du régime aéluel y seront également montrés. --- Page 297 ---
( rs ) CHAPITRE PREMIER. PREMIERE SECTION. Etalons, Cavales. D ABORD, il y a irnposiîbilité physiqtiô qu'un Etalon qui sert indistinctement les jurrtensde toute taille
& de toute espèce , qui lui sont annexées dans son
arrondiÍfement, leur soitappatroné. De vingt-cinq
ou trente qu'il saillit, à peine y en a-t il huit qui lui
soient réellement bien assorties. Il ne peut donc donner que des produaionsldécousues & de peud'utilité.
C'est ce dont on se plaint tous les jours. Souvent un
nourricier au lieu d'aller à l'Etalon Royal, se sert.
pour épargner la rétribution du saut, ou par choix
ou par goût, d'un poulain provenant de ses cavales
ou de celles de son voisin. Comme c'est avant de le
hongrer, c'est. à-dire avant sa troisième année,
qu'on le fait étalonner, on étrangle son accroilTement, on évapore ses forces, loti courage \ 6e
n'ayant pas, à beaucoup près , tout son être , il ne
peur donner que des productions manquées, foibles
& chétives. Souvent comme ces poulains ont des
qualités que le païsan prise on les excède, au lieu de
vingt jumens on leur en donne quarante, cinquante j --- Page 298 ---
( 16) il faut nécessairement qu'il les abuse pu qu'il périsse.
Ce qui, dans tous les cas , est une perte réelle pour
l'espèce & un obstacle à la propagation. Loin de
reculer les consanguinités qui hâtent toujours la
dépravation & l^bâtardissement, on y co-opère en
faisant couvrir la jument par son pere , son fils ou
son frere, &c. Dès-lors, nulle compensation , nulle
possibilité , nulle espérance de réparer, de diminuer les vices de l'empreinte originaire.
qui, dans tous les cas , est une perte réelle pour
l'espèce & un obstacle à la propagation. Loin de
reculer les consanguinités qui hâtent toujours la
dépravation & l^bâtardissement, on y co-opère en
faisant couvrir la jument par son pere , son fils ou
son frere, &c. Dès-lors, nulle compensation , nulle
possibilité , nulle espérance de réparer, de diminuer les vices de l'empreinte originaire. Les Etalons sont mal tenus, mal soignés , mal
nourris. Les Gardes-Etalons, qui ne le sont ordinairement que pour jouir des privilèges attachés à
leur place. sans égard pour la conservation de leurs
chevaux & au but de leurs placemens pour le service des cavales, en font saillir en pure perte, une
quantité énorme , pour retirer un plus grand bénésice en multipliant les rétributions. Les réglemens
ne peuvent rien contre ce vice , parce qu'il tient à
la cupidité. Il s'en trouve même qui , jaloux de
leur Etalon , ou envieux contre quelque proprié'
taire, font, la veille du jour où la jument de ce
particulier doit être étalonnée , couvrir une des
leurs , pour que celle de la personne qu'ils jaloufent, soit trompée. Les revues de l'Inspe&eur
étant annoncées d'avance, & à une époque toujours fixe , les Gardes-Etalons ont alors soin de
préparer leurs chevaux , de les bourrer d'une nourriture --- Page 299 ---
( 17 ) il friture échauffante, pour qu'ils paroissent, brillant
dans la revue , 8t leur donner les apparence» trompeuses du feu & de la vigueur ; mais, dès l'insant
que la levue est finie, les soins disparoi!fent, l'animal perd son embonpoint fa&ice , Se rentre dans
.'état de dépérissement d'où on l'avoit tire momentanément. J'en ai vu qui étoient dénués de force,
& par conséquentde délits pour la monte, au point
qu'il la refusoient, quoiqu'ils y susTent excités par
des breuvages 8c des alimens chauds , par des
frictions aux nazeaux 8c au membre , faites avec les
chaleurs de la jument, 8c avec d'autres stimulans.
Les gardes qui n'ont pas des Etalons au Roi ou à la'
province ; mais qui doivent en avoir à eux, n'en sont
généralement pourvus qu'au moment de la revue,
quelquefois n'en ont point du tout. Comme ils n'en
achètent que pour jouir des exemptions , ils sont
presque toujours d'une figure commune, dépourvus
des qualités qu'ils devroient avoir, sur-tout trop
jeunes, ou atteints d'une caducité prématurée. Souvent un Garde-Etalon a un aide qu'il choisit i sa.
guise Se qu'il a soin de laisser ignorer à l'administration; le cheval reçu 8c l'aide , couvrent indistinctement; de manière qu'une belle jument se trouve
quelquefois couverte par l'Aide Etalon, 8c une jument difforme par le cheval reçu ; le nombre desEr«luns rie suffisant pas, à moitié près , pour saillir
ints d'une caducité prématurée. Souvent un Garde-Etalon a un aide qu'il choisit i sa.
guise Se qu'il a soin de laisser ignorer à l'administration; le cheval reçu 8c l'aide , couvrent indistinctement; de manière qu'une belle jument se trouve
quelquefois couverte par l'Aide Etalon, 8c une jument difforme par le cheval reçu ; le nombre desEr«luns rie suffisant pas, à moitié près , pour saillir --- Page 300 ---
' ( IS ) 1 les cavales qui se rencontrent dans leur district
A tous ces vices se réunissent ceux de mauvaise
nourriture ou d'excès de travail pour les élèves &
sur-tout pour les jumens. Le païsan s'attachant
plutôt à se dédommager de leur nourriture journalière qu'au bénéfice du poulain dont il ne jouira que
dans trois ou quatre ans , néglige les soins convenables , le vend de bonne heure, ou l'assujettit à un
travail pénible, dans un tems oa le plus petit effort
ne manque jamais de lui être funeste : il dépérit &
finit par devenir aussi défe&ueux que les1 moindres
du pays. L'Etalon, toujours sédentaire dans le
même canton, cède nécessairement aussi à l'influence combinée du travail & du climat; & servant dans le même département, pour l'ordinaire,
pendant dix ans , & quelquefois au-delà; étant
souvent plein de vices & de tares qui échappent à
l'œil de l'Inspefteur, faute des connoissances nécesf&ires, ne peut .d'une part que s'allier avec sa postérité qui, en supposant même la perfe&ion de la
fouche, se détériorera ; d'une autre part, il perpétue les mêmes défauts : ainsi l'espèce est toujours
viciée , retombe dans son premier état d'imperfection , & conserve des défeauohtés qu'il faudroit
éteindre. Le seul moyen d'arrêter ces vices, c'est de rendre l'intérêt particulier dépendant de l'intérêt --- Page 301 ---
( '9 ) B * - public; c'est de distribuer, dans différens cantons
de chaque province, assisi que cela eil suivi avec
succès dans quelques unes, des Etalons apparie"
nans à la province , desijnés à saillir gratuitement
les jumens de l'arrondi sie ment que rinfpeaeur aurit
passées en revues, & jugées propres à lui être appa*
reille'es, & à donner de bonnes produSicins , se
montant très difficile ssir le choix des mères ; cat
il est question d'améliorer, d'agrandir l'espèce , &
sur tout l'espèce femelle. Ces Etalons seront réunis dans un même entrepôt & sous la direction d'un Inspecteur-Ecuyer,
qui puisse veiller à leur conservation , & être plus â.
portée de juger des accidens qui peuvent les mettre
hors de service, ils seront exerce & soignés comme
ils doivent l'être 1 car il est hors de doute, qu'étant
exercés & montés par un hommé de l'art, hors du
temps de la saillie, ils en seront plus dociles, plus
amis de l'homme; leurs membres se conserveront
souples , leurs mouvemens en seront toujours lians;
par conséquent leurs productions en seront pîus
parfaites ; le cheval communiquant à ses échappés
la-disposition à ses qualités acquises avec ses qualités naturelles.
comme
ils doivent l'être 1 car il est hors de doute, qu'étant
exercés & montés par un hommé de l'art, hors du
temps de la saillie, ils en seront plus dociles, plus
amis de l'homme; leurs membres se conserveront
souples , leurs mouvemens en seront toujours lians;
par conséquent leurs productions en seront pîus
parfaites ; le cheval communiquant à ses échappés
la-disposition à ses qualités acquises avec ses qualités naturelles. Dans le temps de la monte ils seront distribués
dans les chefs lieux des divers arrondissemens * sous
la conduite de leurs palefreniers accoutumés; où ! --- Page 302 ---
( 20 ) ils ne sauteront que le nombre de jumens requis i
ce qui conservera leur vigueur & leur durée , & en
rendra l'emploi efficace. Un autre avantage que
produira cet arrangement, c'est que chaque année.
sans augmentation de dépenses ni de soins, on
fournirait les arrondissemens d Etalons nouveaux ,
ce qui rafraîchiroit les races , objet très essentiel à
leur amélioration, & qui n'a pas lieu dans le régime
a&uel. Le défaut dont les générations peuvent être
attaqués, diminueront par le changement de l'individu qui y co opère le plus, & l'on parviendra
insensiblement à les détruire. Cette nouvelle forme
d 'administration faciliteroit à un Infpe&eur tous les
moyens d'interroger la nature, & le mettroit en
état, après plusieurs expériences réitérées, de fixer,
dans l'étendue de son département, la place & le
véritable canton qui conviendroienc à tels &. tels
i. i chevaux. Les privilèges & exemptions des Gardes - Etalons sont très onéreux aux communautés , parce
qu étant presque toujours de grands propriétaires ,
le rejet de leurs im'polirions sur les autres contribuables, cause une augmentation considérable ,
en retombant , d'une maniere odieuse , sur le
peuple, en sorte qu'il résulte du systême aauel des
dépenses considérables pour le Roi, & cependant
un impôt énorme Se public pour empêcher les par- --- Page 303 ---
( 21 ) D 3 ticuliers d'avoir des chevaux ; les Etalons étant
dans un entrepôt, & par conséquent les GardesEtalons supprimés, ces inconvéniens qui détruisent
les Haras disparoissent, tout devient égal dans les
Communautés, chacun participe aux charges publiques & à l'avantage de la rétribution du droit
de monte ; les Etalons sont sans cesse sous les yeux
de l'adminisiration ; ils sont tenus & conservés
comme ils méritent de l'être. Les propriétaires des jumens anexées a l'Etalon,
assurés dès - lors d'avoir des produ&ions d'un beau
t,heval, les laisseront jouir du repos qui leur corivient , 8c donneront tous leurs soins à élever les
poulains. Chacun voyant un avantage dans les jumens de taille, & les résultats devenir meilleurs à
mesure des ménagemens qu'on a pour elles, s'y
refusera moins, se déterminera bien vire à s'en
procurer, qui lui donnent la retribution du saut,
•& préférera dès-lors d'élever les plus belles pouliches: ce qui haussera la race promptement, de
manière, qu'au bout de dix ans, chaque province
iera fournie de beaux & bons çhevaux , 6c de belles
cavalles qu'elle aura vu naître. Ainsi , dans peu.,
la produ&ion deviendra plus parfaite; ce cQmmercs
se fortifiera , & cette amélioration ne cessant d*ac~
croître , augmentera le prix de la vente par les
bonnes qualités de la chose à vendre , ce qui est le
: ce qui haussera la race promptement, de
manière, qu'au bout de dix ans, chaque province
iera fournie de beaux & bons çhevaux , 6c de belles
cavalles qu'elle aura vu naître. Ainsi , dans peu.,
la produ&ion deviendra plus parfaite; ce cQmmercs
se fortifiera , & cette amélioration ne cessant d*ac~
croître , augmentera le prix de la vente par les
bonnes qualités de la chose à vendre , ce qui est le --- Page 304 ---
( 22 ) plus grand point, sur-tout dans les produaibns territoïiales. Qu'on n'objeae point l'insuffisance de ce moyen,
parce que le vœu d'avoir des chevaux nationaux
étant général, il n'est nulle part plus grand que
chez les particuliers qui ont des fourages : qu'il yen
a déjà beaucoup qui vont acheter, non-seulement
. dans les provinces voisines, mais jusque chez l'é..
tranger , des poulains ou des jumens pleines, pour
être assurés d'élever des chevaux au-dessus du corn..
mun ; que les Cultivateurs de la Champagne, de
la Bourgogne , de la Franche-Comté, &c. achètent,
chaque ann^e , en Suisse, une quantité prodigieuse
de poulains j qu'ils répandent ensuite dans le reste
du Royaume , & vendent souvent pour normands.
Les ji mens de diftin&ion sont chères & rares, parce"
qu'on monte les fines & qu'on fait des attelages des
autres. Si l'on suit la méthode que je présente, le
succès ne peut être douteux , puisque les belles ju*
mens qui en viendront seront nécessairement conservées pour être poulinières : ce qui rendra considérable le prix ce leurs fruits, & par conséquent
leur mult'plicnion certaine par les avantages qu'il
y aura à les élever. --- Page 305 ---
( 23 ) B 4 DEUXIEME SECTION. L'Etalon doit être non-seulement beau, bienfait, plein d'aSion, de santé, de force, de courage , mais d'une constitution vive, souple & nerveule , sur-tout de bonne race, 8c exempt de tous
" les défauts de conformation & des vices des hu
meurs. Les jumens que l'on dessine à être mères,
doivent, autant qu'il cst possible, avoir les mêmes
perfections recherchées dans l'Etalon, sur-t(àut une
taille avantageuse, le flanc large, le coffre vasse,
pour que le poulain soit logé à son aise , & puisse.
profiter , croître & s"étoffer , & qu'elles soient
bonnes nourrices. Il est aussi très-essentiel qu'elles
soient de bonne race , qu'elles aient une bonne
Tante, & aucun vices marqués dans quelquesuns des organes précieux, dont les fonctions influent visiblement sur l'harmonie qui doit régner
dans l'économie animale. Car l'union intime qui
existe entre la mère & le petit, pendant la gestion, & même long-temps encore après la natisance , est si étroite & si parfaite , qu'ils héritent de
toutes les qualités & propriétés du corps dont ils.
procèdent.
race , qu'elles aient une bonne
Tante, & aucun vices marqués dans quelquesuns des organes précieux, dont les fonctions influent visiblement sur l'harmonie qui doit régner
dans l'économie animale. Car l'union intime qui
existe entre la mère & le petit, pendant la gestion, & même long-temps encore après la natisance , est si étroite & si parfaite , qu'ils héritent de
toutes les qualités & propriétés du corps dont ils.
procèdent. Quoiqu'un défaut naturel ou héiédiraire , foit aux
Etalons , soit aux cavales * ne. se- produire pas- --- Page 306 ---
. ( 24 ) d'abord, il paITe cependant ju{qu'à la troisième &
quatrième génération , & quelquefois tant que
dure cette race : & l'expérience prouve qu'un
cheval, d'une figure médiocre, sorti d'une noble
lace, donne, avec une belle jument, un poulain
qui remonte au premier pour la beauté, & dans
lequel reparoissent les caraÔères distinctifs quisembloient éteints dans le père, & qui avoient distingué
l'aiëul. Au lieuqu'un cheval d'une belle conformation , mais issu d'un sang vil, donne rarement des
produ&ions médiocres & souvent des chétives.
C'est donc un point de la derniere importance d'avoir des Etalons de bonne race, de race noble &
pure. Il ne faut conséquemment pas viser à trop
d'économie dans leur achat, parce qu'il faut tendre
à la plus haute perfeaion; que jamais on ne la
paiera trop dans les chevaux dessinés à faire scuche,
à former une race nouvelle & à donner des chevaux de la première espèce. Le but des Haras doitêtre moins if 'avoir des chevaux, que de beaux &
bons chevaux. Les germes mâles 8c femelles les plus
parfaits, sont d'une nécessité indispensable, & il
n'en existe point en Europe. Nous pouvons bien les
former uhcz nous, mais on ne le peut qu'avec le
secours des Etalons les plus accomplis. Le cheval
arabe étant le meilleur, le premier cheval de l'Uni-,
vers J le cheval de la nature, il est par conséquent --- Page 307 ---
( 25 ) le seul qui puisse remplir notre but. Et à son
défaut, les chevaux persans, tartares, turcs,
barbes , & autres du midi, sont sans contestation
ceux qu'on doit préférer; imitons les Anglois qui
connoissent toute la valeur des beaux Etalons, &
ne regardent point aux fraix lorsqu'il s'agit d'en acquérir. On a vu de, simple particuliers s'unir pour
fréter un bâriment dessiné à recevoir un esclave du Roi de Maroc, qu'on avoit gagné pour
enlever un cheval des Haras du Prince. Le voleur Se
l'Etalon firent cinquante lieues en une course , &
arrivèrent à bon port; l'Etalon revenoit aux possefseurs à quatre-vingt mille livres. Imitons tous les Souverains de l'Europe « qui
font les plus grands sacrifices pour introduire &
conserver dans leurs Etats des germes précieux &
de la premiere qualité. Le Roi dePrufle fit acheter
à Paris, l'année dernière , un Etalon arabe » pour
la somme de vingt mille livres; disons à notre
honte , que l'adminiflratiôn des Haras de France..
refusa de faire cette acquisition fous des prétextes
futiles, & que les bons patriotes eurent la douleur
de voir sortir du Royaume un cheval précieux qui
y avoit été amené par un de nos Consuls . dans
l'espoir d'être utile à sa patrie ( i ).
ufle fit acheter
à Paris, l'année dernière , un Etalon arabe » pour
la somme de vingt mille livres; disons à notre
honte , que l'adminiflratiôn des Haras de France..
refusa de faire cette acquisition fous des prétextes
futiles, & que les bons patriotes eurent la douleur
de voir sortir du Royaume un cheval précieux qui
y avoit été amené par un de nos Consuls . dans
l'espoir d'être utile à sa patrie ( i ). [1] Nous avions déjà précédemment prolcrit 1 h taon arabe,
nommé Godolphin; quia fourni à l'Angleterre Bay-brun, Masque,
ê --- Page 308 ---
(46) TROISIEME SECTION. Il faut permettre à toute personne de tenir des
Haras. de nourrir & d'élever des chevaux dans
leurs terres & possefàcns, à la charge de donner
chaque année, à l'Inspeaeur de l'arrondissement
dans lequel sera leur Haras, un état contenant le -
nombre des Etalons, cavales Se poulains qu'ils
nourrissent; mais avec défenses très - expresses , à
ceux qui auront des Etalons, d'exiger aucun salaire
ni rétribution pour le saut, à moins que ce ne soit
de gré à gré. Sous peine de confiscation de leurs
Etalons & de 300 liv. d'amende. La défense faite par l'Ordonnance du 6 juin
aux propriétaires des chevaux entiers nonapprouvés, de s'en servir pour tirer des productions, soulève une foule de gens qui regardent »
avec raison , cette défense . comme un joug trèsRegulus, & une foule d'autres cxcellens chevaux. La souche des.
meilleures races angloises provient de chevaux arabes achetés en
France > à vil prix. Le Godolphin a été vendu à Paris pour dixhuit louis, comme un cheval de réforme dont nous ne pou.
vions plus tirer aucun parti. On aura toujours de femblablcs
reproches a nous faire, tant que l'achat des Etalons & des jumens propres à régénérer nos Haras refera subor lonné à b £1veur, à l'ignorance ou à l'intérêt. --- Page 309 ---
( 17 ) onéreux , & comme contraire au droit de propriété. Il est certain que cette Ordonnance qu'on
suit a la rigueur, enchaîne la liberté & décourage
1 ,griculteur. I.'état exigé est nécessaire pour que
l 'administration soit à portée de connoître le nombre & les qualités de toutes les productions nationales. La permidion d'avoir des Etalons ne peut
que concourrir au progrès des Haras & à la multi.
plication de l'espèce; puisque si quelqu'un ell assez
épris du bien public pour faire des sacrifices &
avoir de superbes Etalons, il en a le pouvoir, ce
qui lui est aauellemen t défendu par l'article premier
du titre V des réglemens des Haras. D'ailleurs »
comme il ne peut en retirer aucune rétribution ,
c'est un avantage réel pour lepaïsan & pour la multiplication de l'espèce.
rir au progrès des Haras & à la multi.
plication de l'espèce; puisque si quelqu'un ell assez
épris du bien public pour faire des sacrifices &
avoir de superbes Etalons, il en a le pouvoir, ce
qui lui est aauellemen t défendu par l'article premier
du titre V des réglemens des Haras. D'ailleurs »
comme il ne peut en retirer aucune rétribution ,
c'est un avantage réel pour lepaïsan & pour la multiplication de l'espèce. --- Page 310 ---
( 28 ) CHAPITRE II. Choix des Inspecteurs. X L faut absolument que les Tnfpe&eurs des Haras
aient les connoissances , non-seulement des parties
extérieures du cheval, mais celles qui sont nécessaires pour en préjuger les mœurs & le tempéramment-; qu'ils soient capables d'observer avec jus- ,
tesse, de recueillir 8c répandre leurs observations,
qu'ils aient du goût, de l'amour , & une sorte de
passion pour leur état, parce que pour réussir , il
faut connoître exactement , & aimer beaucoup ce
que l'on fait. Un InspeQeur doit encore être d'un
caraôère tout empreint de douceur & d'aménité %
pour manier avec succès celui des gens de la cam-,
fagne, & leur insinuer l'envie de donner tous leurs
soins aux jumens & aux poulains. La perfeftion des
Haras dépend des InspeÔeurs, tout homme qui a
vécu dans l'éloignement des chevaux , qui n'en a
pas la moindre connoissance ou qui n'en a qu'une
superficielle , qui court uniquement après 1 honorifique ou la finance de la place, doit être éloigné
de la régie des Haras. Non-seulement de telles --- Page 311 ---
.. ( 29 ) gens y sont inutiles . mais ils y font pernicieux. Il
ne suffit pas de les choisir dans les Officiers de Cavalerie ou dans la noblesse, ces places doivent être
la récompense de tous ceux qui font une étude
particulière du cheval, & qui, à des connoissances
hippiques, joignent l'intelligence & les qualités
que J'al exigées ; mais comment n'être pas trompé
dans le choix Par le concours ou par un
examen rigoureux. Le corps des Inspecteurs une
fois établi, on désignera un lieu fixe où ils s'afsembleront deux ou plusieurs fois par an , pour se
communiquer leurs observations réciproques, &
aviseraubien de l'administration ; 8c ce sera dans
ces assemblées qu'on examinera les concurrens aux
inspeaions. Ce projet dont je ne donne ici qu'un
léger apperçu, est le seul moyen de détruire tous
les inconvéniens ; 8c cette assèmblée d'bommes
instruits qui consacrent leurs soina & leurs talens à
un objet aussi intéressant pour le bien public, seroit
toute aussi avantageuse que celle des sociétés d'agriculture. Si l'on réfléchit, que les Haras demandent une attention unique & suivie de la part de
tous ceux qu'ils occuperont, afin de suppléer l'ha.
bitude & le goût général éteinte dans les campagnes , & que la différence des génies dans les
personnes qui en sont chargées , fut & sera toujours un obstacle à leur rétablissement ce à leur --- Page 312 ---
( 30 ) progrès ; l'on demeurera Fortement persuade qué
pour ressusciter les Haras, les augmenter, les perfectionner & les soutenir, il est absolument nécessaire d'en confier l'administ ration à des Inspecteurs
fntelligens, dont î'esprit, toujours tourné du même
côté , ne verra jamais le bien sans lui donner la
forme d'exisience qui lui conviendra, ni les abus,
sans y porter le plus prompt remède. CHAPITRE III.
Page 312 ---
( 30 ) progrès ; l'on demeurera Fortement persuade qué
pour ressusciter les Haras, les augmenter, les perfectionner & les soutenir, il est absolument nécessaire d'en confier l'administ ration à des Inspecteurs
fntelligens, dont î'esprit, toujours tourné du même
côté , ne verra jamais le bien sans lui donner la
forme d'exisience qui lui conviendra, ni les abus,
sans y porter le plus prompt remède. CHAPITRE III. PTohibiûons. TP OUT cheval entier, tout âne , doit être prohibé , des pâturages communaux où sont les cavales; parce qu'il est contraire à la perfettion de
l'espèce & aux bonnes loix , que chacun ne puisse
pas être assuré de tenir sa jument dans une prairie,
sans Texposer à prendre un mauvais poulain ;&
que si l'on n'étoit pas sur cet objet rigoureusement
firid , les races ne pourroient s'améliorer que trèslentement. Le Parlement d'Angleterre a si bien
senti cet inconvénient, que pour y obvier, il r
rendu un a&e de règlement très-fage , lequel autorise tous ceux qui trouveront sur leurs héritages
ou dans les communes, un cheval entier au- dessous
de quatre pieds neuf pouces, de se l'approprier sane --- Page 313 ---
( 31 ) <utre forme de procès t & sans qu il punie être reclamé par celui auquel il appartenoit. Les poulains
de dix-huit mois doivent également être éloignés des
cavales, parce qu'elles en deviennent amoureuses,
qu'elles s'échauffent & se vuident, & qu'en même
temps les poulains s'énervent auprès d'elles. CHAPITRE IV.
Prix, Gratifications. C EST en employant tous les moyens qui ont
de l'empire sur l'esprit & la cupidité des hommes ,
qu'on parvient à tirer d'eux ce qu'on en désire.
C'est en mettant en œuvre les ressorts de la gloire &
de l'honneur, qu'on réussit à obtenir au delà même
de ce qu'on demande, % Qu'un Fermier apperçoive le moindre avantage
à élever des chevaux , & qu'à cet avantage se
joigne l'espoir de gagner un prix décerné 'i la plus
belle produftion de son canton ; il mettra sansdoute tous ses soins à nourrir une jument d'une conformation régulière, de préférence à cette lourde
masse qui lui cause la même dépens&, & qui n'a ni
les facultés, ni la volonté de lui faire plus de service --- Page 314 ---
( 3» )
erçoive le moindre avantage
à élever des chevaux , & qu'à cet avantage se
joigne l'espoir de gagner un prix décerné 'i la plus
belle produftion de son canton ; il mettra sansdoute tous ses soins à nourrir une jument d'une conformation régulière, de préférence à cette lourde
masse qui lui cause la même dépens&, & qui n'a ni
les facultés, ni la volonté de lui faire plus de service --- Page 314 ---
( 3» ) que celle dont lés proportions sont régulières. Il
est encore de son intérêt que cette cavale , objet de
son bénéfice futur , ne soit étalonnée que par un
beau cheval. Il refusera donc de la laisser devenir
mère par celui qui ne peut lui donner qu'un extrait de la difformité dont il est pourvu 5 son profit
alors seroit manqué & son espoir évanoui. Il cherchera pour Etalon celui dont la réputation de
beauté & de bonté est établie , veillera soigneusement à l'éducation du poulain, l'envisagera comme
un objet de commerce dont le produit augmentera
chaque année, & recueillera, en le vendant, le
fruit de ses peines &. de ses dépenses. S'il est assez
heureux pour qu'il mérite le prix , la valeur de son
cheval s'accroît sur le champ du double, la réputation de ses élèves commence à s'établir, se
fortifie annuellement, & finit par devenir aussi invariable que leur belle configuration. Bientôt l'émulation s'emparera des esprits ; les habitans de la
campagne, à l'envie les uns des autres, se disputeront à qui aura la jument la mieux faite, les poulains deviendront nombreux, l'intérêt & l'exemple
entraîneront les plus opiniâtres, 8c leur feront
exécuter ce que les réglemens les plus sages ne
pourroient jamais obtenir. Le prix seroit en argent de la valeur de deux
cent livres, il y en auroit annuellement, dans
chaque --- Page 315 ---
( 33 )
c chaque province, quatre qui feraient distribués ,
savoir deuxà ceux qui présenteroient les plus beaux
poulains, & deux à ceux qui offriraient les deux
plus belles pouliches, les uns.& les autres âgés de
trois ou quatre ans, engendrés & élevés dans la
province. On désigneroit chaque année d'avance,
les lieux où les chevaux feraient amenés au concours Les propriétaires recevroient le prix après
le jugement, & pourroient disposer des chevaux-à
leur gré ♦ même les vendre pour Etalons. Les prix font tant d'impression sur les habitans
de la campagne, que ce moyen a toujours été employé avec succès dans les Etats où la propagation '
des chevaux a eu besoin d'être encouragé. L'Eleoteur de Baviere , l'Empereur, les Rois de Suerie,
de Prusse , &c. ont tous accordé des prix aux particuliers qui présentent les meilleurs chevaux issus
des pays de leur domination. G R ATITICATIONS, Les gratifications confineraient à exempter du
logement des gens de guerre ou de quelqu'autne
équivalent ; celui qui nourrirait trois ou quatre
jumens poulinières ; & ces cavales pleines ou nourrices , ne pourroient être saines pour dettes ; à plus
forte raison les maîtres de poste ni les troupes ne
,
de Prusse , &c. ont tous accordé des prix aux particuliers qui présentent les meilleurs chevaux issus
des pays de leur domination. G R ATITICATIONS, Les gratifications confineraient à exempter du
logement des gens de guerre ou de quelqu'autne
équivalent ; celui qui nourrirait trois ou quatre
jumens poulinières ; & ces cavales pleines ou nourrices , ne pourroient être saines pour dettes ; à plus
forte raison les maîtres de poste ni les troupes ne --- Page 316 ---
( 34 ) pourroient les employer à leur usage. Le particulier
qui, dans l'intervalle de dix ans, auroit présenté
six poulains ou pouliches issus de ses cavales, qui
auroient tous six remporté le prix , feroit dispensé
de donner à la milice, & s'il étoit marié , & qu'il
eût des enfans, deux de ses fils feroient exempts de
tirer au sort, tant qu'ils habiteroient le toît paternel.
Rien n'animeroit autant le Cultivateur à concourrir
e la multiplication de l'espèce ; l'espoir seul de parvenir un jour à ne pas mettre la main au chapeau,
opérerait la révolution. En Danemarck , l'Ordonnance royale touchant les Haras, accorde une
exemption de toutes tailles, (savoir des droits de
consommation, de la capitation, & de la taxe,
sur les familles ) à cinq personnes pour chaque
Haras de douze jumens ; à quatre personnes pour
dix jumens, à trois pour six jumens, & à deux
pour quatre jumens (i). FOIRES. On créera ou on indiquera dans chaque province,
des foires qui se tiendront, chaque année , une ou (i) Poye{ page 199 du Traité des Haras de Hartmann,
public, l'année dernière, par M. Huçard, & qui sc trouve
à Paris, chez Barrois jeune, Quai des Augufiins. --- Page 317 ---
( 35 ) C 2 deux fois, & dans lesquelles ne pourroient ette
admis que les chevaux issus & élevés dans le
Royaume , qui auroient remporté le prix , ou qui
feroient marqués par les Juges du concours. Laquelle marque ne seroit apposée à la cuisse hors du
montoir, qu'aux chevaux sans tare. L"on puniroit
sévérement tous maquignons , particuliers , ou
autres qui la contreferoient. La marque des chevaux couronnés seroit mise sur la cuisse du montoir , afin d'être distincte de l'autre. Ces foires réuniraient plusieurs avantages réels ;
celui de concourrir à la propagation de l'espèce,
même de l'accélérer ; de fournir un débouché certain pour la vente , & un lieu fixe pour l'achat ; de
sorte que les personnes qui désireroient faire l'acquisition de chevaux, joindroient à la certitude
d'en trouver de beaux , l'assurance de les avoir
provenans de bonne espèce , & sur-tout exempts de
ces défauts que les maquignons savent si bièn ca.
cher, qui même échappent quelquefois 1 l'œil du
plus parfait connoisseur , 8c mettent i'animal hora
d'état de rendre les services qu'on s'en promettoit.
La marque désignant les espèces, on auroir au
moins l'avantage d'acheter celuiqu'on préférerait,
& on ne tomberait pas dans le cas de prendre Ul1
cheval breton pour un normand, &c.
de
ces défauts que les maquignons savent si bièn ca.
cher, qui même échappent quelquefois 1 l'œil du
plus parfait connoisseur , 8c mettent i'animal hora
d'état de rendre les services qu'on s'en promettoit.
La marque désignant les espèces, on auroir au
moins l'avantage d'acheter celuiqu'on préférerait,
& on ne tomberait pas dans le cas de prendre Ul1
cheval breton pour un normand, &c. L'acheteur, ne courant aucun risque, donneront --- Page 318 ---
( 36 ) son argent avec confiance , 8c emporteroit avec
lui la satisfaftion de n'avoir rpoint été trompé dans
son emplette. Le nourricier , ambitionnant de
donner à ses élèves l'honneur de la foire , qui seroit
Pour eux un débouché sûr, emploiroit ses soins à
sien procurer, qui soient dignes d'y être admis, &
rejetteroit tous ceux que des vices de conformation
en exclueroient. Ainsi , ^petit à petit, les chevaux
défeftueux disparoîtroient , & seraient remplacés
par ces beaux modèles qui font l'admiration & le
plaisir des connoisseurs. CHAPITRE V. Haras fixe. ï L est de toute nécessité si l'on veut avoir des chevaux de sang, c'est-à-dire des chevaux de race pure
du côté de pere & de mere , d'établir un Haras fixe
dans chaque province; parce que parmi lés jumere
,de tel canton destinées à aller au même Etalon ,
les rapports de taille , de rature , de conformation , sont généraux & suffisans, pour àvoir de
beaux chevaux ; mais comme il y a des nuances ,
des différences particulières, l'assortiment ns peut --- Page 319 ---
( 37 ) C3 Jamais, quel qu'attention qu'on y porte , être aussî
parfait que si l'on avoit des jumens de choix,,
D'ailleurs l'assortiment des formes eût-il lieu ?
celui. des naissances qui est tout aussi intéressant »
celui des climats qui n'est pas moins essentiel,
manquant, les productions pêchent fit ne remplissent point l'objet. C'est donc dans les Haras fixes
où l'on ne négligera rien pour se pourvoir d'Etalons & de jumens d'un sang noble , d'une configuration parfaite, & de climats assez opposés ; que
les jumens bien soignées, bien pensées, jouissant
de la nourriture & du repos qui leur convient »
donneront des poulains précieux : & ce n'est que
dans des Haras fixe, où ces mêmes poulains soignés, nourris, élevés comme ils !e doivent, attendront le degré de perfeaion qui leur étoit ceftiné par la nature , étant développé & conservé par
la main & les soins de l'homme. C'est dans les
Haras fixes que les races, toujours croisées & jamais mélangées avec d'autres moins pures, se
conserveront dans toute leur splendeur. Cette vérité est si consiante , que si on la négligeoit longtemps , en cessant de renouveller les races par des
Etalons étrangers , les générationss'aviliroient plus
ou moins promptement, selon le climat & la nourriture , & s'éteindroient même , parce qu'il vient
un temps où la matière dominant enrièrement sus
dans les
Haras fixes que les races, toujours croisées & jamais mélangées avec d'autres moins pures, se
conserveront dans toute leur splendeur. Cette vérité est si consiante , que si on la négligeoit longtemps , en cessant de renouveller les races par des
Etalons étrangers , les générationss'aviliroient plus
ou moins promptement, selon le climat & la nourriture , & s'éteindroient même , parce qu'il vient
un temps où la matière dominant enrièrement sus --- Page 320 ---
( 38 ) la forme, l'altère, la défigure, 8c la vicie. Les
hommes qui seront occupés dans les Haras, & qui
reporteront ensuite dans leurs cantons, les connoissances qu'ils y auront acquises, y feront un
bien infini en répandant les bons principes. Les
beaux chevaux qu'on verra sortir de ces Haras,
restime qu'on en fera , le gain qu'ils offriront, tout
réveilllera l'émulation assoupie , & multipliera l'acçroissement & la perfeaion des races inférieures. Des marques du Haras. Chaque province aura une marque particulière.
& toutes les produftions qui sortiront de son Haras
en seront marqués à la cuisse gauche ; elles le seront
zussi à l'encolure d'un numéro qui répondra à celui
de l'Etalon dont elles feront issues. 1.1 en résultera
qu'on évitera par ce moyen tout accouplement
jncestueux ; qu'on acquerrera l'habitude des
nuances qui différencieront tes chevaux de chaque
province. Les Infpeaeurs & autres personnes à la
tête des Haras, seront intéressés à veiller au bien de
la chose , parce que leurs talens seront mis au jour
par le plus ou moins de perfection des élèves; l'émulation se glissera parmi eux, & généralement
dans toutes les provinces; chacune voudra faire
jnieûx que sa voisine, & acquerrir le degré de, --- Page 321 ---
( 39 ) C 4 supériorité ou celle-ci aura atteint. Il en ieroit decette branche de commerce comme de celles de
nos manufactures, où chacune cherche à s'élever
au-dessus de sa rivale, ou pour le moins a r égaler. CHAPITRE VI. Courses. L'ÉTABLISSEMENT des courses est la voie qui
peut conduire le plus sûrement à la perfection 8c à
la conservation des races ; ce moyen est même suffisant pour entraîner la révolution- En effet, comment se refuser à l'évidence qui nous montre que
ce moyen est celui qui soutient & perpétue les chevaux de sang en Angleterre; que c'est par lui que
l'espèce a été totalement changée , 8c que l'espèce
vile 8c méprisable qui avoit précédée celle-ci, s'est
entièrement évanouie. Depuis que les Américains
ont introduit les courses dans leurs colonies, l'espèce des chevaux y est devenue meilleure & s'y
perfe&ionne tous les jours; enfin la Virginie, le
Marylland , 8cc. en fournirent qui ne le cèdent enrien aux chevaux de la grande Bretagne.
'espèce a été totalement changée , 8c que l'espèce
vile 8c méprisable qui avoit précédée celle-ci, s'est
entièrement évanouie. Depuis que les Américains
ont introduit les courses dans leurs colonies, l'espèce des chevaux y est devenue meilleure & s'y
perfe&ionne tous les jours; enfin la Virginie, le
Marylland , 8cc. en fournirent qui ne le cèdent enrien aux chevaux de la grande Bretagne. Les courses feront avantageuses pour lè pays ok- --- Page 322 ---
( 40 ) elles seront en vogue, en lui donnant toujours une
prépondérance réelle sur ses voi6ns. Soit pour le
commerce des chevaux, toit pour avoir une cavalerie Supérieure. On sait que c'est par les courses
que les Thessaliens , voisins de la Grèce & de la
Macédoine, se formèrent insensiblement à l'exercice
du cheval ; & que les lapithes, autre peuple de
Thessalie , se distinguèrent par leur habileté à manier ces animaux , & imaginèrent les-premiers les
mords ; qu enfin les Haras d"Epire , de Mycène &
d Argos , durent à ces fortes de combats la perfection Jingulière à laquelle ils parvinrent, & c'est
cette émulation qui a multipliée en Angleterre
l'espèce, au point où elle est. Pourquoi ne produiloit-ejle pas parmi nous le même effet ? Disons
plus , il n 'y a pas de région où les particuliers s'interelient davantage à la gloire & au succès de la
nation , il suffit de leur en indiquer les moyens , les
courses les fourniront; elies auront encore l'a vantage d'offrir une voie sûre & infaillible, d'apprécier
un cheval, de s'assurer de sa vigueur & de sa bonne
organisation f parce que celui qui remporte le prix
est le meilleur, &. mente d'être préféré pour le
service des cavales. Un cheval ne peut courrir qu'à -
raison de la force de ses reins & de ses jarrets; sa
vitesse ell toujours & néceÍfairement proportionnée
au ressort, à 1 élasticité de ces parties; il ne peut --- Page 323 ---
( 4i ) foutemr la célérité de sa course que par une bonne
haleine & une excellente organisation intérieure ;
il a donc toutes les qualités recherchées dans un
Etalon: car il faut avouer que l'inspection seu!e ne
sauvera jamais l'homme le plus profond & le plus
connoisseur, du dés?grément d'errer souvent en ce
qui concerne le fonds du caractère 5c du tempéramment de l'animal, & les différentes qualités intérieures qui en constituent la force 6c le courage.
Ainsi quoique chaque particulier n'ait pas besoin
de chevaux de course , l'Etat à un besoin indispensable d" avoir des coursiers, afin de produire , avec
des jumens plus ou moins nobles , des chevaux de
bonne qualité. Henri VIII avoit si bien connu la
certitude de ce moyen , pour perpétuer, aTinoblir,
& . fertiliser de tous les animaux l'espèce la plus
utile, qu'il fit une loi qui ordonna la conservation
des chevaux de race, c'est-à-dire de course, en
.Angleterre ; & les premiers prix accordés par le
gouvernement» firent sur les esprits une impression
& si forte & si vive , que depuis, cet exercice a été
porté au point de vigueur où on le voit. Les prix
donnés par le Roi sont de cent guinées, ceux qui
font accordés par les villes ou conséquemment à
des souscriptions particulières , sont de cinquante
guinées, & ne peuvent être moindres par a de du
Parlement.
course, en
.Angleterre ; & les premiers prix accordés par le
gouvernement» firent sur les esprits une impression
& si forte & si vive , que depuis, cet exercice a été
porté au point de vigueur où on le voit. Les prix
donnés par le Roi sont de cent guinées, ceux qui
font accordés par les villes ou conséquemment à
des souscriptions particulières , sont de cinquante
guinées, & ne peuvent être moindres par a de du
Parlement. --- Page 324 ---
( 42 ) Mais pourquoi ces recompenses données par le
Gouvernement , ont-elles fait sur les espnts une si
vive impression , & que 1 augmentation de ces -récompenses a porté les courses au point de vigueur
où on les voit. C'efl: qu'elles réunissent des avantages qui intéressent le bien général & le bien personnes ; c'est que ces tommes & celles des paris
tournent à l avantage des possesseurs de chevaux :
or, comme il y a plusieurs courses dans une année, le
même cheval conduit dans différens lieux , peut gagner plusieurs prix ; & il est des exemples où un, en
a gagné treize consécutifs , montant à la somme de
5840 guinées. Quel appât ! quel bénéfice pour le
maître ! lors même qu'on supposeroit que le cheval
lui en auroit coûté 1000. Je n'hésite donc pas à
regarder les courses de chevaux, comme nécesfaires à la produétion & au maintien des bonnes
races, des races pures de chevaux fins. N'étant pas mieux pourvus de chevaux de carrosie que de ceux de selle, les uns étant aussi nécessaires que les autres, il est jufïe d'accorder des
% prix à ceux qui en élèveront, d'établir des courses
de chars dans lesquelles on assurera la même impartialité que dans les courses de chevaux, & où
se trouveront les mêmes avantages. Toute gêne, toute contrainte, toute prédilection en seront bannies ; le concours fera absolument --- Page 325 ---
( 43 ) libre à tout le monde, les personnes, les rangs, les
qualités, seront oubliés, les chevaux des uns & des
autres pourront entrer en lice , on ne juge point les
hommes, mais les chevaux , & on les juge sur le
seul élément qui puisse donner la mesure jufle de
leur supériorité. ^
Les courses auront lieu depuis le mois d avril
jusqu'au mois d'ollobre inclusivement. On prendra
des jours de fête, si l'on craint la perte du temps
pour le peuple des lieux où il y aura des courses. Aucun cheval étranger ne pourra courir, ceux
d'origine & d'éducation françoise seront seuls
reçus; & au moyen de la marque des Haras d'où
ils sortent, ou de celle du prix qu'ils auront obtenus comme beaux poulains, ou de celle qu'on
leur aura faite pour les admettre aux foires, on en
- sera certain. Quant a l'objection , que c'est mettre des entraves
aux productions particulières, en ne recevant que
les chevaux marqués, & que le nombre de personnes qui ont des Haras , ou qui élèvent des poulains procrées d'Etalons , qui, pour n'être pas à la
province , n'en sont pas moins de bonne race & de
belle configuration, trouveroient de l'injustice à
voir leurs nourrissons exclus de la carrière : voici
m^réponse. On connoît toujours dans chaque province , les particuliers qui ont des Haras diflingués;
aves
aux productions particulières, en ne recevant que
les chevaux marqués, & que le nombre de personnes qui ont des Haras , ou qui élèvent des poulains procrées d'Etalons , qui, pour n'être pas à la
province , n'en sont pas moins de bonne race & de
belle configuration, trouveroient de l'injustice à
voir leurs nourrissons exclus de la carrière : voici
m^réponse. On connoît toujours dans chaque province , les particuliers qui ont des Haras diflingués; --- Page 326 ---
( 44 1 on admettra donc tous chevaux qtt seront prouvés
en sortir. D'ailleurs comme l'essentiel & l'objet
principal est d'encourager la propagation & la perseélion, & qu'au bout de quelques années, les
courses & les prix accordés par le Gouvernement
auront fait sur les esprits une impression a siez vive
pour procurer l embellissement des productions nationales , alors il est peu important d'être sévère
suries races des chevaux; il sera même plus à propos
de recevoir indistinctement tous ceux qui se présenteront pour entrer en lice. La quantité & 'la qualité
des concurrens ne peuvent qu'accroître & fortifier
l'émulation. Une des loix fondamentales sera que
les chevaux ne seront montés, dans les courses t
que par des François. Le prix de la course sera au
moins de 12CO liv. Les Anglois ont réveillé, il est vrai, les premiers
en Europe, le goût des courses de chevaux , longtemps cultivé par les Grecs. En admettant parmi
nous les courses de chars, nous ferons les premiers
en Europe qui les auront renouvellées, & les nations qui les é tabliront ensuite chez elles, les lecevront de nous , comme nous recevrons des Anglois , celles de chevaux. Ces courtes iiluflrèr. nt
l'ancienne Grèce, elles furent chantées par ses
poètes, elles faisoient l'objet principal de ses
fêtes, & elles contribuèrent à y fixer cette supé- --- Page 327 ---
( 45 ) riorité de lumières qui sa si long temps diflingu'ée
du reste du monde. Ce goût subjugua aussi les
Romains , rehaussa l'éclat de Rome . & ne se perdit
qu'avec la splendeur de l'Empire. Cet oubii dans
lequel les courses de chars sont tombées depuis si
long-temps , tient, sans doute, à ce qu'il faut plus
d'art, plus de dextérité pour conduire sur l'arène ,
un char attelé de plusieurs chevaux, que pour en
monter & manier un seul. Mais certe difficulté
n'auroit - elle pas dû , au contraire , engager les
gens riches, ceux qui aiment la gloire, à établir des
courses de chars? Quoi de plus noble ! quoi de plus
satisfaisant que de tenir sous son obéissance quatre
brillans & vigoureux courriers , de leur inspirer le
désir de vaincre , & les trouvant aussi ardens que
dociles à séconder la main qui les guide ; les voir
par l'inquiétude de leurs mouvemens, témoigner
leur impatience Se leur ardeur ; au moindre signal
déployer leurs ressotts, précipiter leurs pas avec
la rapidité de l'éclair, redoubler de célérité Se d'adresse pour devancer leurs rivaux ! Quoi de plus
flatteur pour l'athlète qui les conduit, que de franchir, à l'aspect du but, les difficultés sans les appréhender ! Il efface, par son air d'assurance, la
crainte du cœur des spe&ateurs , qui s'animent,
s'agitent, se passionnent, comme s'ils conduisaient
eux-mêmes les chevaux; il y sait succéder cette
'éclair, redoubler de célérité Se d'adresse pour devancer leurs rivaux ! Quoi de plus
flatteur pour l'athlète qui les conduit, que de franchir, à l'aspect du but, les difficultés sans les appréhender ! Il efface, par son air d'assurance, la
crainte du cœur des spe&ateurs , qui s'animent,
s'agitent, se passionnent, comme s'ils conduisaient
eux-mêmes les chevaux; il y sait succéder cette --- Page 328 ---
( 46 ) joie pure, ce plaisir qu inspire la victoire. Etl-il un
inslant plus délicieux qne celui d'entendre les cris
de joie & d'allégresse qui proclament le vainqueur,
font voler son nom de bouche en bouche , & le
gravent dans la mémoire des hommes. CHAPITRE VII. Taxe , Impôt. L ES Communautés paient annuellement 80, à
100 liv. , plus ou moins par Etalon , outre ce qui
est à la charge de ceux qui ont des jumens. Que l'on
supprime ces paiemens qui se font d'une manière
inégale, que l'on fasse une répartition annuelle à
raison du rôle des impositions, par exemple, de
trois ou six deniers par livre. La répartition sera
moins onéreuse que celle qui existe aujourd'hui. Le
droit de monte étant anéanti, & avec lui les exemptions dont jouissent les Gardes-Etalons, il y aura
une diminution dans chaque quote-part des impositions , ce qui rendra imperceptibles ou du muins
égales les charges locales. Que l'on mette une taxe,
tant sur les chevaux de ville que sur ceux de campagne , ainsi que cela se pratiquoit anciennement --- Page 329 ---
( 47 \ dans beaucoup de provinces , & comme cela se
pratique, dans les Pays-Bas autrichiens, dans le
Duché de Modéne & ailleurs , avec cette différence
que les gens vivans noblement, paieront le double
du cultivateur. L'augmentation & la perfection des
chevaux formant un avantage universel, il n'y a
point d'inconvénient d'y faire concourir tout le
Royaume. Cette taxe ne sera point onéreuse si l'on
fait attention que les chevaux nationaux coûteront
moins que ceux que l'on fait venir du dehors, &
auront autant de qualités. Que l'on établisse ou que
l'on augmente l'impôt sur tous les chevaux qui
entrent de l'étranger dans le Royaume, cela soutiendra la vente des chevaux nationaux , & empêchera la sortie de l'argent. Dans tous les Etats du
nord où les chevaux forment une des plus considérables branches du commerce avec l'étranger , cet
impôt a lieu. Il ne seroit pas trop fort à 100 liv. par
tête, généralement parlant : & il est incontestable
que plus il sera haut, plus l'importation sera basse
par l augmentation de la multiplication nationale
d'un côté , & la diminution de la valeur des chevaux érrangers de 1 autre , qui sera necessairement
suivie de celle des individus. On peut encore mettre une taxe sur tous les mulets & mules, 8c il seroit à propos que cette taxe
fut triple & même quadruple de celle imposée sur --- Page 330 ---
(43) les chevaux , afin d enter les particuliers à préférer l'éducation de ces derniers. Il y eût un temps
où le commerce -deb chevaux étoitabandonné en Espagne , & on ne parvint à le revivifier qu en employant ce moyen, & en sassant payer ceux qui
montoient sur âne ou mulets au lieu d'aller à
cheval.
8c il seroit à propos que cette taxe
fut triple & même quadruple de celle imposée sur --- Page 330 ---
(43) les chevaux , afin d enter les particuliers à préférer l'éducation de ces derniers. Il y eût un temps
où le commerce -deb chevaux étoitabandonné en Espagne , & on ne parvint à le revivifier qu en employant ce moyen, & en sassant payer ceux qui
montoient sur âne ou mulets au lieu d'aller à
cheval. Les baudets étalons seront également dans les
dépôts avec les chevaux entiers, mais il en coûtera six livres & un boisseau d'avcine pour le droit
de saillie , & il sera défendu à toute personne , telle
qu'elle puisse être, de tenir des baudets, pour servir
les cavales, fous peine de confiscation & d'amende. CHAPITRE --- Page 331 ---
<#) u CHAPITRE VIII. Direaion des Haras. L ADMINISTRAT ION des Haras a souvent
changée. Tantôt elle a été partagée entre plusieur»
Administrateurs, tantôt elle a été réunie sous un
îeul. Mais ce qui a été constant dans tous les temps,
une dépense énorme pour avoir des chevaux ( i ) , sans que cette dépense en ait jamais
produit. Dans le nombre des Administrateurs qui
ont eu les Haras , depuis Colbert) quelques-uns, sans
connoissances relatives à cette partie , s'en sont
rapportés aveuglément à des infpeaeurs plus igno
rans encore , placés & protégés par eux, & souvent
guidés par l'intérêt le plus sordide. D'autres, sans
goût pour le bien de la chose, ont laissé les vices &
les abus sans les réprimer. Quelques-uns avec toutes
les lumières & tous les talents nécessaires, & avec la
plus grand désie de régénérer les Haras, ont été (.1) 814,000 lir., pour le Trésor Royal seulement > sans
y comprendre les dépenses particulières des Provinces, comMe
la Bretagne, le Berry > la Guienne, la Bourgogne, &c. Les
Haras coûtent, * cette dernière, 30,000 lir. --- Page 332 ---
( 50 ) contraries par les provinces, par leurs Intendant,
& par une foule de difficultés de toute espèce, où,
ils n'ont pris , ni assez d'intérêt à l'objet pour se
roidir contre ces difficultés, ni eu assez de crédit
pour les vaincre ; & se sont bornés alors à l'honorifique de leur place. Le seul, l'unique moyen de parer à ces inconvéniens , c'est que la direâion générale des Haras
ne soit remise qu'entre les mains d'un corps composé de personnes qui, par leur état, leurs talents
&leur amour pour la patrie, puissent porter dans
cet:e partie tout le zèle , les lumières & la protection néceÍfaires, & lui donner Téxistence la plus
fiable & la plus avantageuse. Il est donc à désirer
que les États-Généraux ou la commission intermédiaire , supposé qu'ils en établirent une * ou enfin
le conseil de la guerre forme le directoire général t
& les administrations provinciales , la direction
secondaire. C'est-à-dire que chaque province ait
Tadminiftration de ses Haras, en correspondant en
droiture avec le directoire général, qui pourra
seul san&ionner ou infirmer les réglemens provisoires que chaque province jugeroit convenables. Il est inutile d'observer que je n'entends point
comprendre, dans la direction générale, les Haras
joyaux, qui doivent toujours être de droit sous l'autorité & la dépendance du grand Ecuyer de France. --- Page 333 ---
( «i ) Je né m'étendrai pas sur les avantages que cette
administration procureroit , il n'y a aucun bon
citoyen qui ne les entrevoie. Il mesuffirade donner
ici un léger apperçu relatif à la formation des
officiers à employer.
Il est inutile d'observer que je n'entends point
comprendre, dans la direction générale, les Haras
joyaux, qui doivent toujours être de droit sous l'autorité & la dépendance du grand Ecuyer de France. --- Page 333 ---
( «i ) Je né m'étendrai pas sur les avantages que cette
administration procureroit , il n'y a aucun bon
citoyen qui ne les entrevoie. Il mesuffirade donner
ici un léger apperçu relatif à la formation des
officiers à employer. Formation des Officiers des Harae. I. Qu'il soit créé un Commissaire-général des
flaras, chef de toute la correspondance & des
autres objets relatifs à la conservation des Haras
qui visera les comptes de recette & de dépense ,
veillera sur les Officiers inférieurs, &c. OBSERVATIONS. Feu M. Bourgelat étoit Commissaire-général ;
& tant qu'il a exercé cette place, nos Haras ont
éprouvé une amélioration sensible. La mort de ce
homme célèbre a été une perte réelle pour la
France. Cette place étant d'une extrême importance , il est très-essentiel qu'elle ne soit occupé
que par une personne qui ait un amour extrême
du bien , & des connoissances profondes ; & non par
des protégés qui ont vécu dans l'éloignement des
chevaux, & qui n'ont pas même les notions super.
ficielles de la connoissance extérieure de ces ani. maux. D 2 --- Page 334 ---
( 52 ) I I. Il y aura quatre InspeSeurs-généraux qui feront
des tournées dans les dissérent départemens qui
leur seront assignés, pour se faire rendre compte,
veiller .aux affaires , éclairer la conduite des Inspefteurs , sous-Inspecteurs , & généralement de
toutes les personnes attachées aux Haras ; ordonner les achats & réformes des Etalons, ainsi
que les changemens qu'ils jugeront nécessaire de
faire dans leurs placemens, pour le bien du
fer vice. OBSERVAT IONS. En changeant chaque année le département des
Inspecteurs-généraux; on évitera qu'ils puissent rien
tolérer ni accorder de' préjudiciable au bien de*
Haras. Leurs observations particulières accroîtront
la masse des lumières , & mettront l'administration à
portée d'agir avec connoissance de cause. I I 1. Il y aura dans chaque province , un Inspecteurparticul'.er, qui sera à tête du Haras fixe, & qui
annexera les cavales publiques aux Etalons, les
appareillera &. fera faire la saillie. Il fera toujours
sa résidance dans son département. --- Page 335 ---
( 53 ) u 3 OBSERVATIONS. Ce dernier point esi très-important. Dans le régime actuel t l'Inspe8eur des Haras d'une province
habite quelquefois dans un autre fort éloignée, & ne
paraît dans son département que pour faire sa revue & dans le temps de la monte. Il s'en rapporte
aveuglément aux Gardes-Haras, aux Gardes-EtaIons, &c. Ces abus ont été apperçus & reclamés
par différentes administrations provinciales ; mais
toujours vainement! I V. . Il y aura également dans chaque province , un
Sous - Infpecleur - Ecuyer pour veiller à ce que les
Etalons du Haras sixe soient bien nourris 6c bien
pensés ; pour le* dresser , les exercer , &c. Formation du corps des Infpelleurs) &c. I. . Les Inspèaeurs & les Sous-Inspecteurs des
Haras , seront dorénavant choisis , non - seulement parmi les personnes vivant noblement ,
ou parmi les Officiers de Cavalerie , mais encore
parmi les personnes inslruites. Voyez Chapitre II a
page 28.
pour veiller à ce que les
Etalons du Haras sixe soient bien nourris 6c bien
pensés ; pour le* dresser , les exercer , &c. Formation du corps des Infpelleurs) &c. I. . Les Inspèaeurs & les Sous-Inspecteurs des
Haras , seront dorénavant choisis , non - seulement parmi les personnes vivant noblement ,
ou parmi les Officiers de Cavalerie , mais encore
parmi les personnes inslruites. Voyez Chapitre II a
page 28. --- Page 336 ---
( <4 ) I 1. ' Les Inspecteurs-généraux feront tirés du corps
des Inspeaeurs. & choisis, non par rang d"an.
cienneté, mais parmi ceux qui seront reconnue
avoir le plus de zèle, & le plus de lumières pou*
leur état. 1 ï I. Nul ne pourra devenir Inspeaeur, s'y avec les
qualités exigées par l'article premier, 11 n'g subi un
examen rigoureux sur toutes les connoiÍfmces relatives à l'hippiatrique& à la manutention des Haras.
Et ce sera celui qui aura été jugé le plus capable
parmi les coneurrens qui sera préféré. Les SousJnspefteurs - Ecuyers, pourront prétendre aux insp
peftions, & à mérite égal avec les autres çoncu?*
rens, ils auront la préférence. OBSERVATIONS. L'on ne peut employer des moyens plus certains
pour être allures de leur capacité , qu'en les soui
mettant à un examen fait par ce qu'il y aura nécessairement de plus inflruit & de plus zélé pour le
biçn. Voyez ce qui en a été dit , Chapitre II, p. 29. 1 V, HT ; Sous - Inspecteurs - Ecuyers POURRONT être --- Page 337 ---
( 55) D4 reçus sans être obliges de venir au concours. Les<
administrations provinciales présenteront deux sujets au directoire général qui les mettra sous les
yeux de sa Majesté , qui choisira cçlui quelle jugera
à propos. OBSERVATIONS. Il est essentiel cependant qu'ils so'ent hommes
de cheval, & sur-tout qu'ils aient les qualités phyfiques & morales convenables à 1 Ecuyer, qui ell
Je véritable instituteur du cheval ). Rangs & prérogatives des Officiers des Haras.. I. Le Commissaire & les Inspecteurs-Généraux ;
auront rang de Major de Cavalerie, & au bout de
dix années de service, rang de Lieutenant-Colonel \
ils auront rang de Mestre de Camp « au bout de,
quinze ans de service, d 'Inspecteurs-Généraux. OBSERVATIONS. Comme tous ces Officiers continueront leurs services à l'Etat, & qu'ils le lèrviront très-avantageuse- ( 1 ) Voyez dans le Dictionnaire de Médecine Je 1 'Encyclopédie Méthodique ; le mot Ecuytr. --- Page 338 ---
( S6 ) merit, il sera a propos de leur donner, dans la suite,
ces grades supérieurs à celui qu'ils auroient eu en
quittant le service. Le motif d'une ambition louable
se joindroit ainsi à celui d'un intérêt que l'on ne
sauroit blâmer dans de dignes sujets, pour faire •
rechercher des places qui, en augmentant les récçmpenses, dans la main du Souverain , diminueroient les charges de l'Etat de toutes les pensiofts
qu'auroient ces Officiers à qui ces places en tiendroieni lieu.
suite,
ces grades supérieurs à celui qu'ils auroient eu en
quittant le service. Le motif d'une ambition louable
se joindroit ainsi à celui d'un intérêt que l'on ne
sauroit blâmer dans de dignes sujets, pour faire •
rechercher des places qui, en augmentant les récçmpenses, dans la main du Souverain , diminueroient les charges de l'Etat de toutes les pensiofts
qu'auroient ces Officiers à qui ces places en tiendroieni lieu. II. Les Inspe&eurs qui auront six ans de servicd
d'Officie, dans les troupes, auront alors rang de
Capitaine de Cavalerie , & rang de Major au bout
de quinze ans de service d'Inspeaeur. Ceux qui
n'auront point été Officier , n'auront que rang de
Lieutenant ; rang de Capitaine au bout de dix ans ,
& de Major au bout de vingr, III. Les Sous - Inspeâeurs - Ecuyers qui auront été
Officiers , conserveront leur grade , & au bout de
quinze années de service ils auront rang de Capitaine. Quant à ceux qui n'auront point été Offi-»
ciers ., ils n'auront que rang de Sous - Lieutenant ;
au bout de huit, rang de Lieutenant, & celui de C
plaine apres quinzç ans. --- Page 339 ---
( 57 ) Uniforme. L'habit sera de drap gris brochet, doublé de
câsimir blanc, parement, revers & colet de velours raz, verd pomme , veite & culote de drap /
blanc. Deux rangées de petits boutons sur la veste.
Le bouton fera d'argent, représentant un cheval ,
portant sur une housse trois fleurs de lis, & pourdevise ces mots pace & Bello œquz utiles. L'épaulette
& la dragone seront d'argent, & analogues au grade. Appointemens. 1 I. Le Commissaire & les Inspe&eurs - Généraux
auront chacun par ?n, la somme de douze mille
livres , ci... 12,000 liv. OBSERVATIONS. Il est peu de sujets en qui l'amour de la patrie
soit assez fort pour contribuer au bien de l'Etat 8c
de, sa fortune, 8c de ses services. Ainsi il faut des
appointemens qui donnent de quoi vivre. D'ailleurs . il eil de maxime que pour être bien servi, il
faut bien payer, & l'expérience apprend que l'épargne que l'on croit faire en diminuant les salaires, se change en un vice d'administration. Douze mille
livres d'appointemens ne sont pas trop pour des Infteurs-Généraux , gens à talents, obligés de se défrayer de leurs voyages, --- Page 340 ---
( 59 ) 1 I. Les Jnspe&eurs auront chacun la somme de
quatre mille livres, ci 4,000 liv. III, Les Sous-Inspecteur-Ecuyers auront la fomm$
de deux mille livres, ci. • < • . 2,0.00 liv.
en un vice d'administration. Douze mille
livres d'appointemens ne sont pas trop pour des Infteurs-Généraux , gens à talents, obligés de se défrayer de leurs voyages, --- Page 340 ---
( 59 ) 1 I. Les Jnspe&eurs auront chacun la somme de
quatre mille livres, ci 4,000 liv. III, Les Sous-Inspecteur-Ecuyers auront la fomm$
de deux mille livres, ci. • < • . 2,0.00 liv. Je ne parle point des réglemens nécessaires pour
les Haras , parce que cela me jetteroit trop loin ;
je réserve ce travail pour radministra i)n à qui je
l'ossrirai - si elle le délire. Il en est de même de celui qui est relatif à la bonne manutention. J-obferverai seulement que pour la perféaion & le bien
des chevaux , il seroit à désirer que le gouverne- ^
ment fit faire un Manuel d'écurie à l'usage des nourriciers de chevaux , dans lequel on enseigneroit les
soins que l'on doit avoir des cavales depuis l'instant
qu'elles ont été fecondées , jusqu'à celui, où ayant
donné & nourri leurs poulains, elles sont en état d'en
redonner de nouveaux. Les foins que les poulair.*
exigent, & la manière de les gouverner depuis le
moment de leur naissance jusqu'.i celui où ils sont
livrés au service de l'homme. Enfin ce Manuel contiendront les remèdes les plus simples pour les ma..
ladies les plus connues, &c.. --- Page 341 ---
( 59 ) CHAPITRE IX. Dépenses. A Y A N T montré l'avantage qui résulteroit du
plan que je propose, il me reste à faire voir que les
dépenses seront peu pnéreuses. Prenons pour
exemple une province, celle du Dauphiné , &
supposons que trente Etalons liii su sent dans 1 ç
çommencement. Nourriture , soins & entretien de trente Etalons
à 6oo liv. par an chacun , y compris les gages des; palefreniers, font la somme de . , 18,000 liv,
Frais de transport des Etalons dans
leurs placemens , dépense extraordinaire de leurs conducteurs , loyer des
Ecuries, &c. pendant le temps de la
monte, à raison de 200 livres par
Etalon, tout compris dans cette dépense , ci 6,000
Quatre prix pour les plus beaux
poulains, à 200 liv. chacun, font, ci . 8oo
Deux prix pour les courses , à 1,20.0 liv. chacun , ci 2,400 Total des dépfnses annuelles, ci.. 27,200 liv. --- Page 342 ---
( 6ô) Or, je le demande , cette somme est-elle trop
forte, repartie dans une province aussi conside'rable. La taye seule sur les chevaux la completteroit.
Dans la haute Guienne, les fonds que fait la province pour Pentretien de ses Etalons , sont de
i 8,000 liv. & dans beaucoup d'autres endroits
cette somme surpasse. Assurément on n'y entretient
pas trente chevaux entiers, & on ne donne.aucun
prix.
---
( 6ô) Or, je le demande , cette somme est-elle trop
forte, repartie dans une province aussi conside'rable. La taye seule sur les chevaux la completteroit.
Dans la haute Guienne, les fonds que fait la province pour Pentretien de ses Etalons , sont de
i 8,000 liv. & dans beaucoup d'autres endroits
cette somme surpasse. Assurément on n'y entretient
pas trente chevaux entiers, & on ne donne.aucun
prix. Je ne porte point en ligne de compte la dépense
de leur logement, parce que cet objet est fiable &
fixe, & que ce qui est d'une utilité aussi grande »
doit être supporté par la Capitale de la province,
Il en est de cet édisice, comme d'une salle de spectacle, utile à tous les citoyens , & même plus avantageux, disons-le; puisque l'abondance des beaux
chevaux donne de la facilité à s'en procurer, &
qu'alors chacun peut jouir de l'exercice de l'équitation, exercice qui donne une nouvelle énergie à
l'ame , fortifie le corps, & fournissant à la nature ,
les moyens de vaincre les obstacles qu'elle a à combattre , entretient la santé. Il n'est point d'exercice plus propre à ranimer les plus foibles constitutions , tant de l'un que de l'autre sexe ; c'est le
seul délassement sans molesse ; le seul qui donne un
pjaifir agréable & même vif, sans langueur & sans
Xatiété ; & si c'est jouir de son exigence que de --- Page 343 ---
(61 ) - . monter & exercer un cheval, c'est la doubler que
d'en monter un nob'e & brillant. L'achat des Etalons est une dépense aussi utile
aussi lucrative aux provinces , que la confeBion
d'une grande route , que la construaion d'un canal.
Ce sont des avances que l'on fait pour en tirer
dans la suite .une valeur centuple. C'est une amelioration , un aggrandissement dans l'espèce des
chevaux , conséquemment dans les productions
territoriales. L'achat de trente Etalons à cent louis l'un dans
l'autre, se monte à 72,000 liv. la répartition de six
deniers par livre , que j'ai demandé qu'on imposât
furies taillables, fournira aisément, chaque année .
vingt ou vingt-cinq milles livres, ainsi au bout de
trois ans la somme sera parfaite, & supposé qu'on ne
voulut faire l'achat qu'en plusieurs années, pour que
l'imposition fut imperceptible, il suffiroit d'acheter,
chaque année , six ou huit Etalons. Il refle encore
le produit de l'impôt sur les chevaux étrangers ,
dont on pourroit s'aider pour cet achat : mais
comme il est à souhaiter que cet impôt devienne
nul , je ne le porte point en recette annuelle, je le
laisse pour les frais extraordinaires de régie. Quant aux appointemens des InspeReurs, Jes
frais en sont fait par le Gouvernement, 51 n'y a que
ceux des Inspedeurs - Généraux 6c des Ecuyers- --- Page 344 ---
(6i) fous Inspecteurs, qu'il faut trouver ; ceux des premiers, doivent être également payés par le Gouvernement , & pris sur la caisse des Haras qui est
suffisante pour cet objet. Les provinces feront les
fonds de ceux des Sous-Inspecteurs-Ecuyers, & ils
seront pris sur le produit de la taxe que j'ai de-à
mandé, qu'on mit sur chaque cheval & mulet.
Cette taxe produira, dans chaque province, bien
au-delà du montant des appointemens.
---
(6i) fous Inspecteurs, qu'il faut trouver ; ceux des premiers, doivent être également payés par le Gouvernement , & pris sur la caisse des Haras qui est
suffisante pour cet objet. Les provinces feront les
fonds de ceux des Sous-Inspecteurs-Ecuyers, & ils
seront pris sur le produit de la taxe que j'ai de-à
mandé, qu'on mit sur chaque cheval & mulet.
Cette taxe produira, dans chaque province, bien
au-delà du montant des appointemens. Frais du Haras fixe. Les dépenses pour le Haras fixe, consiant dans
l'achat des jumens, le loyer des pâturages, les gages
des palefreniers & gardiens des parcs où sont les
jumens & les poulains , les frais des hangards.
brouettes, charrettes nécessaires au transport des
fumiers ; tous petite objets qu'il seroit facile d'évaluer en détail , mais ce qui seroit trop minutieux de
faire. Ainti supposons cinquante jumens, servies par
les vingt plus beaux Etalons de la province, faisons
le calcul de la population, en suivant exadement
les races & les résultats , & nous verrons qu'on
trouvera, dans le produit même du Haras, les fonds
necessaires pour rembourser le capital de l'achat
des jumens & des autres frais, & ceux nécessaires alt
remplacement des Etalons & des jumens. Suppo- --- Page 345 ---
(63 ) fons un terme de dix ans, parce que dans tout
calcul il faut un terme donné , & que celui de dix
ans i quoique court, est suffisant pour garnir la
province & former même, s'il en étoit besoin , un
nouvel Haras. 1790. Vingt Etalons employés au service des
jumens ; & leur productions évaluées au plus bas \
en conséquence on suppose que chacun en donne
feulement douze par an, avec les jumens publiques , & une avec les jumens du Haras fixe. En multipliant 20 par 12, on aura 240 productions ; dans 24o la moitié sera mâle, l'autre
ferrelle. L'expérience ayant prouvé que le nombre des sexes étoit à-peu-près au pair dans les naifsances. On aura donc 120 poulains & 1'20 pouliches. Mais je suppose un tiers de perte de ces mêmes
productions, il nfe resera donc que 80 mâles &
Bo femelles. De ces 80 mâles parvenus à l'âge de cinq ans , on
n'en compte qu'un cinquième qui mérite de servir
à titre d'Etalons. Le cinquième de 80 est 16. 1795. Ce qui fera dès-lors 16 Etalons de bonne
race dans la province; ainsi il y aura, dans la
sixième année de ce travail, un nombe de 8o
Etalons. Diminuons en quatre par an, attendu la perte des
premiers chevaux donnés, 6c même encore de --- Page 346 ---
( 64) ceux qu'ils auront produits, il restera t pour total
d'Etalons qu'on aura pu choisir dans les poulains
issus des jumens, appartenant aux particuliers »
60 Etalons. Si l'on pouffe ce calcul jusqu'à la
dixième année, en arbitrant la suppression de quatre
par année , des 10 premières têtes achetées par la
province, qui ont fait gratuitement le service , oit
aura , la dixième année, 100 Etalons.
même encore de --- Page 346 ---
( 64) ceux qu'ils auront produits, il restera t pour total
d'Etalons qu'on aura pu choisir dans les poulains
issus des jumens, appartenant aux particuliers »
60 Etalons. Si l'on pouffe ce calcul jusqu'à la
dixième année, en arbitrant la suppression de quatre
par année , des 10 premières têtes achetées par la
province, qui ont fait gratuitement le service , oit
aura , la dixième année, 100 Etalons. Quant à la population des pouliches , chaque
année en donnant 80 , on auroit 400, en 1795 au bout de dix ans 800. Reste à calculer le cammun des poulains. En 1791 on avoit 80 mâles »
16 ont été pris pour Etalons; il en reste donc 64.
Or , 64 fois 5 font 320 : ainsi, au bout de cinq années, on aura 60 Etalons,
32o poulains ,
4°0 pouliches. Total 7S0. Et h 1 on arbitrait les produaions à 18 au lieu de
i 2, comme je l'ai tait, on auroit en communes
productions , au bout de cinq ans , 1,200. De plus , 60 Etalons donneront > chaque année »
en leur supposant douze produaions par tête, 720
poulains ou pouliches : ce qui produira , au bout
de dix ans, un nombre de 7,200 qui sera répandu
dans la province ; & si l'on arbitrait à 1 8 , ils en
produiraient par an 1,080, ce qui feroit , U
dixième --- Page 347 ---
( 67) .. si dixième année , 10,800 productions , tant de
l'une que' ds l'autre espèce. Or , je demande
maintenant « si cette quantité de chevaux que la
province auroit acquis, & sur-tout de chevaux de la
bonne espèce, ne la dédommageait pas de ses
avances faites pour se les procurer. Supposez seulement Une augmentation de lô livres dans le prix
de chaque cheval, voilà un accroissement de 350
ou de 550,000 livres dans le produit de dix années. Jettons un coUp-d'œil à présent sur le tésuitat
des 5o jumens étrangères renfermées dans le Haras
de la province , & couvertes par les 20 Etalons. Elles donneront 5o poulains ♦ dont la moitié
mâle & l'autre femelle. Mais je suppose un tier<r
de perte; il restera 34, dont i7 poulains & autant
de pouliches. Comme elles ne porteront1 que tous
les deux ans, au bout de la sixième année il y aura
86 produôions * dont 43 mâles & 43 semelles. La sixième année > les 11 pouliches venues leg
premières an monde t donneront 17 poulains. Ert
donnant un tiers de perte reste douze. La huitième
année les 17 autres pouliches foutniront également
leurs 12 poulains. Ainssi Ton aura 46 pouliches
issues dans les premiers cinq ans * les 6 pouliches.
nées dans la septième , & les 6 produites dans la
huitième; ce qui fera un total de 58 femelles,
dont 34, déjà poulinières; & si l'on pousse le
venues leg
premières an monde t donneront 17 poulains. Ert
donnant un tiers de perte reste douze. La huitième
année les 17 autres pouliches foutniront également
leurs 12 poulains. Ainssi Ton aura 46 pouliches
issues dans les premiers cinq ans * les 6 pouliches.
nées dans la septième , & les 6 produites dans la
huitième; ce qui fera un total de 58 femelles,
dont 34, déjà poulinières; & si l'on pousse le --- Page 348 ---
68) calcul jusqu'à dix ans, le Haras se trouvera
de 160 jumens, sans compter les 50 premières)
dont 96 seront en état de produire. Au bout d'e 5 ans, il y aura 43 mâles: la sixième
année, il faut y ajouter 6 , moitié des, 12 poulainsrproduits par les 17 pouliches ; la septième année,
le même nombre est encore à ajouter ; ainsi l'on
aura 55r mâles,, dont 17 feront ea.état de seryir
d'Etalons. La huitième année on aiira 7$ mâles,
dont .34 Etalons, enfin., -la dixième, année , le
Haras aura vu naître 160 chevaux, dont 5o pourront dtp être employés à faillir. Ainsi, au bout de dix ans, il y aura en tout,pro«
tenus du Haras, 320 têtes, dont --- Page 349 ---
.. ( 69 , Evaluons au plus bas prix , ces productions qui
seront de la plus belle espèce, .. Les 34 mâles & femelles, âgés de ans, à 40
louis d'or l'un dans l'autre, fait, ci . • 1,360 louis. les 34,âgés de 7 ans, à 50 louis,ci . 1,700
les 34, âgés de 5 ans, à 4o louis, ci . 1,360
lqs 12 , agés de 4 ans, à 30 louis, ci . 360
les46, âgés de 3 ans, à '2o louis, ci . 92P
les 24, âgés de -i ans, à 5 louis, ci . 360
les 72, âgés d'un an, à io louis, ci . '720
les 6f, qui tetent, ou qui sont au sevrage, 5 louis * ci 320 Total. 4 . . . . 4 .. 6,100 louis. ¡qui font la somme de 146,400 livre3: or, suppo-
-fons que les 5o lumens aient coûté chacune,
l'une dans l'autre, 800 liv.; la somme d'achat .monte à ... 40,000 liv. Supposons le loyer du parc , à raisson de 6 mille livres par an ; pour
dix ans, fait • • * 60,000
Pour barrages & autres nourritures,d'hiver, à 2,000 liv 20,000
Pour autres menus frais , mettons
la somme de 146,400 livre3: or, suppo-
-fons que les 5o lumens aient coûté chacune,
l'une dans l'autre, 800 liv.; la somme d'achat .monte à ... 40,000 liv. Supposons le loyer du parc , à raisson de 6 mille livres par an ; pour
dix ans, fait • • * 60,000
Pour barrages & autres nourritures,d'hiver, à 2,000 liv 20,000
Pour autres menus frais , mettons U somme de • 15,000 ( Le tout monte à ... 135,000 Iiv. E 3 --- Page 350 ---
( 70 ) Otons cette iomme de celle de 146,400 liv. Il
ïestera la somme de 11,400 liv. de bénéfice, outra
celui de la valeur des 50 premières jumens que je
t\ ai point comprises par le calcul. Comme je n'ai
arbitré les produâions qu'en supposant toujours ur¡
tiers de perte , qu'il ei1 possible qu'elle sost moindres
on voit que le profit est bien plus considérable;
mais j'ai voulu le fixer au p1u? bas, & porter les
dépenses au plus haut, pour rendre mon hypothese
plus sensible. Dan s mon évaluation, les chevaux
jne sont, l'un dans l'autre, qu'à raison de 307 liv.
5 sols. Quelle modicité pour des productions de
races putes ! oc ne refieroit-t-il aucun bénéfice à la
province ; n'aura-t-elle pas fait une excellente spéculation dans l'établissement de ce Haras , en se
fournissant d'especes d'une qualité supérieure, & en
gardant, dans ses mains, une somme qu'elle auroit
dû donner à l'étranger. Dans dix ans, la France
trouverait, dans ses établissemens , un fonds inépuisab'e de chevaux, & le Gouvernement, asTuré de
ces ressources, ne [ero;t point embarrassé pour réparer ies perte- que ia plus longue guerre causeroit»
parce que , quelque longue qu'on la suppose, elle
ne pourrait iamais épuiser ces établissemens, au
lieu que dans 1 star a&uel , tout esl enlevé dans la
première campagne , & par-ià nos Huas se détruisent eux-mêmes. F 1 , --- Page 351 ---
( st ) E) EXTRAIT Des Regiflres du Musée de Paris t du 3 Juin 1789. ■N 0 tr S avons été chargés par le Musée }
M. Simon, D. M. & moi, de lui rendre compte
d'un Ouvrage de M. le Chevalier De la Font-Poulotif
1 Membre de plusieurs Académies ; ayant pour titré : D J la Régénération des Haras > ou Mcmoirè côn- .
tenant le développement du vice radical du régime
acluel, & un plan pour propager & perfectionner la
race des chevaux en France. Dans ce Mémoire fait pour servir de développement à un Ouvrage plus considérable , publié en
1787, par l'Auteur, sur le même sujet, & qui a
reçu un accueil distingué, M. le Chevalier De la
Font-Pouloù expose t avec force, les abus qui résustent du régime aauel de nos Haras, & les
moyens d'y remédier. Il fait voir combien il seroit
essentiel qu'une branche aussi importante du commerce national fut prise en considération par lei
Etats-Généraux ; combien la France a sur sea
voisins d'avantages réels, pôur se livrer à l'éducation des chevaux , & combien enfin il lui Importe
de retenir & de faire refluer sur l'agriculture les
t avec force, les abus qui résustent du régime aauel de nos Haras, & les
moyens d'y remédier. Il fait voir combien il seroit
essentiel qu'une branche aussi importante du commerce national fut prise en considération par lei
Etats-Généraux ; combien la France a sur sea
voisins d'avantages réels, pôur se livrer à l'éducation des chevaux , & combien enfin il lui Importe
de retenir & de faire refluer sur l'agriculture les --- Page 352 ---
( 72 ) sommes Immenses qu'elle exporte annuellement
pour l'achat des chevaux étrangers. Nous pensons que cet ouvrage fait infiniment
d'honneur aux sentimens patriotiques de FAuteur,
* qu'il mérite l'approbation du Musée. SlMON, D. M. HUZARD , Veterinaire. Je certisie ie présent extrait conforme à l'original
déposé dans les Registres du Musée , le 3 Juin
1789. PONCE, Secrétaire. --- Page 353 ---
( 73 ) TABLE DES MATIERES. AU jç Etats-Généraux . . . . . page 3
INTRODUCTION. LA France peut fournir des chevaux pour toute sorte
ctusage, aussi bons que les meilleurs de l'Europe ,
CHAPITRE I. ?
PREMIERE SECTION. Inconvénitns des GardesEtalons , & de la-rétribution du faut. Avantages
a avoir des Etalons qui fassent le service gratuitement 15
SECONDE SECTION. Qualités recherchées dans les
Etalons & dans les jumens. » 2 3
Nécessité de ne pas viser à trop d'économie dans l'a- . chat des Etalons dessinés à faire souche . . 24
TROISIEME SECTION. Permission à toute personne
d'avoir des Haras , des Etalons, &c. , . 26
CHAPITRE II. Çhohc des Infpecleurs 23 --- Page 354 ---
CHAPITRE 1 I î. Prohibitions de chevaux entiers & ânes dans les pâturages où font les jumens... • page 3° 1 CHAPITRE 1 V. Prix .. 3t
G/atifications * • 33
Foires 0 .. 0 0 » 34 CHAPITRE V. Haras fixe > son établissêmens indispensable vour , avoir des chevaux de sang 3"
Marque du Haras - - - - - - - .. 38 CHAPITRE V 1. Courses de chevaux & de chars 39 CHAPITRE VII. Taxe, impôt .. lA : 46
CHAPITRE VIII. Direction des Haras. Elle doit être entre les mains
des Etats - Généraux ou du conseil de la guerre
--- Page 355 ---
DES MATIERES. 7« formation des Officiers employés dans la régie des
Haras t # . page 51
Formation du corps des Inspecteurs . ... 53
Leur rang
Leur uniforme ..57
appointemens . * . . * ... 57 CHAPITRE IX. Frais & dépenses qu oççafionneroit U nouveau régime*
rQ;, d'un Haras si:it .. » .. , , # fin de lA Table dit Matières,, ' • --- Page 356 ---
-1 < 76 ) '. . ' È R R A T 4 A l'épigraphe latine du titre, au lieu.de palrici, lifç»
patrite. - - "
Page 2S .%• 7 ? fanges. 37 11 . * . . . Pensées * liseç pannes. \
■ Idem iq Harasfixe, lîst{ Haras^fîses. ^ Idem 16 Attendront, lijeç atteindront. ,Az£. 3 8 ,. Marqués iifci marquées. '
Idem 16 Acquerrcra, li[et acquerra.
raphe latine du titre, au lieu.de palrici, lifç»
patrite. - - "
Page 2S .%• 7 ? fanges. 37 11 . * . . . Pensées * liseç pannes. \
■ Idem iq Harasfixe, lîst{ Haras^fîses. ^ Idem 16 Attendront, lijeç atteindront. ,Az£. 3 8 ,. Marqués iifci marquées. '
Idem 16 Acquerrcra, li[et acquerra. Pag. 47 ... . ai Errangers, lisit étrangers. Pas., 52 > article 3 J lige 2 , à tête, iifei à la tête. Pag, 5 3, lig. 13, pensés, lisez pansés --- Page 357 ---
MANUEL DES VIGNERONS
7) E TOUS LES PAYS, o u Moyens perpétuels d'économies & d'amélio*
rations , comme il n'y en a guère s , pour faulager & décharger tous les Pays Vignobles,
Contenant, ln. la Méthode la plus simple & la
plus économique pour planter & cultiver la Vigne,
pour en augmenter le rapport, 8c avancer la maturité des railins. i°. Une Méthode particulière pour traiter , tailler Se
gouverner toutes les Vignes déjà existantes, à beaucoup moins de frais qu'a présent, sans en changer la
forme , £r* en supprimant entièrement l'usage des fosses ou
provins , & la plus grande partie des engrais. 3o. Deux Procédés, les plus généraux Se les plus simples
pour faire & améliorer les vins. Avec les principales Expériences des Méthodes,
Imprimé sous les auspices de l'Assemblée Générale des trois
Provinces de la Généralité de Tours , aux frais de
Monseigneur l'Archevêque de Tours, son Président. Par M. Maupin, Auteur de l'Art de la Vigne, de l'Art
des Vins & d'un nouveau Systême sur l'Agriculture,
Prix 30 Jous , avec le Reçu figné de l'Autdur, - C'est faire le mal, que de le laisser faire,
quand on peut & qu'on doit l'empêcher. Av. A PARIS, Chez l'Auteur ,rue du Pont-aux-Choux , N°. 43 (t). (1) L'Auteur fera passer cet Ouvrage dans toutes les Provinces,
franç de port » par la Poste , en lui en faisant tenir le prix ' port *
Lettres affranchis. M. UCC. LXXXIX. 4VEC APPROBATION ET PRIVILÉGE DU ROI- --- Page 358 --- --- Page 359 ---
iij a ij p R É F A C E. J'I G N 0 R f, avec bien d'autres, jusqu'à quel point
la meilleure législation pourroit rendre les hommes
heureux; mais comme il n'y a point de loix , quelqu'excellentes & quelque bien cimentées qu'on les
suppose , que le tems ne puisse detruire ou changer ,
je crois pouvoir avancer que le plus grand service >
& bien certainement le (ervice le plus tolide ou le
plus durable qu'il toit possible de rendre à une Nation & à toutes les Nations, c'est d'éclairer l'Agriculture par de nouvelles découvertes & de grands
moyens.
jusqu'à quel point
la meilleure législation pourroit rendre les hommes
heureux; mais comme il n'y a point de loix , quelqu'excellentes & quelque bien cimentées qu'on les
suppose , que le tems ne puisse detruire ou changer ,
je crois pouvoir avancer que le plus grand service >
& bien certainement le (ervice le plus tolide ou le
plus durable qu'il toit possible de rendre à une Nation & à toutes les Nations, c'est d'éclairer l'Agriculture par de nouvelles découvertes & de grands
moyens. Je ne sais si.dans ce moment sur-tout, cette proportion passera tout d'une voix ; mais toujours estil vrai qu'éclairer ou instruire les pays vignobles
comme je les instruis depuis plus de vingt-cinq
années, c'est , pourvû qu'on le veuille , leur rendre
le plus grand service qu'il soit possible de leur rendre. Ce n'est pas,à la vérité , les décharger de l'impôt
même de la taille; mais c'est faire plus encore, c'est,
à l'égard au moins d'un grand nombre , les décharger du double de cet impôt ; c'est encore multiplier
la production , & la perfectionner; c'est > suivant les
lieux & les années , donner de bon vin , au lieu de
mauvais, & toujours procurer une meilleure boi(-
ion au Peuple : c'est conserver les vins dans les cel- --- Page 360 ---
iv p & É F A c E. liers des Cultivateurs, & dans les caves des coniommateurs & des commerçans : c'est en favoriser le
Commerce au dedans & au dehors : c'est augmenter sans feu & sans srais, la quantité des Eaux-devie, & roue cela , fins qu'il en coûte ni bras, ni
jambes, ni argent à personne : en un mot , c'est
faire, à la décharge des pays vignobles, & en faveur de la Nation ou des Nations, beaucoup plus
qu'il ne seroir possible de faire en ce genre , par
aucune autre voie, quelque puissante & quelque
bien intentionnée qu'on puisse la (uppo{er. Dans ma culture des terres, ce seroit encore autre chose ; ce seroit, en faveur des Laboureurs, des
économies & des améliorations immenses, quatrevingt ou cent millions par année. Ce seroit fertilifer toutes les terres médiocres & les mauvaises terres,
labourables aél:ueJlement culrivées en bled. Ce seroir,
en donnant la même quantité de bled qu'à présent ,
aggrandir notre Agriculture de dix à douze millions
d'arpens de terres;.& mettre,ainsi que je crois l'avoir
invinciblement prouvé dans la Lettre d'un principal
Propriétaire des terres, plus de sureté & d'égalité
dans toutes les récoltes. Ce seroit multiplier, & en
très-grande quantité, les grains, les fourages, les
bestiaux , & en général toutes les subsistances ea
tout genre. Ce feroit en faire baiflerle prix au grand
avantage du Peuple , & augmenter dans la même
proportion , la valeur représentative du numéraire
de la Nation, attendu que cette valeur dépend du
ptix des denrées, & qu'elle est d'autant plus grande --- Page 361 ---
PRÉFACE. v que les denrées sont à meilleur marche, ce qui est
une maniere , & je crois le meilleure, d'augmenter le numéraire , quoiqu a ma connoissance ,
cette maniere n'entre dans aucun systeme populaire,
ou politique , foit sur les Finances , soit sur d autres
objets j en sorte que je Cuis le premier qui l'ai propoCée, comme je suis le premier & le seul qui en ai
donné les moyens. Ce feroit enfin boiser ou arboriser superbement la France d'un bout à l autre , &
procurer une infinité d'autres avantages ultérieurs,
dont je ne puis faire mention ici , mais toujours
sans qu'il en coûte rien à personne , & en faisant le
bien de tous.
systeme populaire,
ou politique , foit sur les Finances , soit sur d autres
objets j en sorte que je Cuis le premier qui l'ai propoCée, comme je suis le premier & le seul qui en ai
donné les moyens. Ce feroit enfin boiser ou arboriser superbement la France d'un bout à l autre , &
procurer une infinité d'autres avantages ultérieurs,
dont je ne puis faire mention ici , mais toujours
sans qu'il en coûte rien à personne , & en faisant le
bien de tous. Voilà, en grande partie, quels sont ou seroient
les effets des nouvelles lumieres, dont depuis un si
grand nombre d'années je m'efforce d eclairer par-tout
l'Agriculture, & d'après lesquels j'ai avancé ma proposicion. On peut juger maintenant si elle est vraie
ou fautre. On peut voir aussi que si les grands titres
me manquent, les grandes vues au moins & les
grandes choses ou les grands moyens ne me
manquent pas. Comme ma culture , ou mon Systeme pour
la culture & l'amélioration des terres , intéresse
essentiellement toute la Nation & toutes les Nations y j'aurois bien déliré pouvoir en donner ici
une esquisse, suivant la forme du Plan que j 'ai propose dans la premiere Edition de la seule Richesse du
Peuple , & exposer au moins une partie des Prit ci.
pes & des faits sur lesquels ce' nouveau Systême est
fondé j mais ne le pouvant pas en ce moment, je --- Page 362 ---
Yi PRÉFACE. fuis forcé de remettre à une autre occasion; ce qui
n'empêche point que les personnes en allez grand
nombre , qui ont connoissance de ce Systcme, que
j'ai publié depuis vingt-deux ans , dans trois Editions, ne puissent si elles jugent à propos , en dire
leur avis. Toute la grace que je leur demande, ,c'e(t
de vouloir bien le dire assez haut pour que je puisse
1 entendre , & de s'attacher principalement à la difcuflion des Principes & des faits furlesquels j 'ai élevé ce Syrtème , attendu que tant que ces Principes
& ces faits (ubG(l:eront & n'auront point été détruits par des Principes & des saits précis qui y
Soient dÍIeétement contraires, ce Syflême doit partir
pour certain & démontré , allez au moins pour qu'on
ne puisse pas le nier, & pour avoir le préjugé en sa
favcùr. Je fais ces réflexions , parce que j'ai éprouvé
qu 'il y a des personnes, que je me donnerai bien de
garde de nommer, pour lesque'les toutes les futilités
& toutes les raisons font bonnes , pourvû qu'elles
favcri(cnt leur prévention ou leur indifférence, &
qu elles paroissent les difpeiifcr d'agir & de remplir
leurs ob!igarions. J aurois bien désiré aussi pouvoir m'étendre &
donner un avis détaillé sur l'Ouvrage dont je vais
parler , & que je me propose de donner comme
seconde Partie de celui que je publie; ruais les bornes que je me luis impolees ne me le permettant
pas, je fuis forcé de me renerrer. Cette (econde Partie est l'An entier de faire les vins suivant mes Principes, réduit autant qu'il sera possible à la partie pu-
leurs ob!igarions. J aurois bien désiré aussi pouvoir m'étendre &
donner un avis détaillé sur l'Ouvrage dont je vais
parler , & que je me propose de donner comme
seconde Partie de celui que je publie; ruais les bornes que je me luis impolees ne me le permettant
pas, je fuis forcé de me renerrer. Cette (econde Partie est l'An entier de faire les vins suivant mes Principes, réduit autant qu'il sera possible à la partie pu- --- Page 363 ---
P R Ê F A C 1. vij rement pratique , tel, à quelques grandes additions
près , que je l'avois proposé dans mon Projet Patriotique. Cet Ouvrage, outre ma Théorie sur le
tems de la vendange, la description de ma nouvelle
fouloire & de plusieurs autres Instrumens, & un assez
grand nombre d'intrusions préparatoires indispensables , soit sur les raisins bouillans, soit sur les signes
généraux & particuliers du décuvage des vins , Toit
sur plusieurs autres parties , contiendra huit ou dix
Procédés différens pour saire & perfectionner les vins
rouges,le,s vini blancs & les cidres.Juivant les années
les lieux y les espéces de vins, fins & autres. Cette
feconde Partie dont il est aile de femir toute l'importance , ne laiera pas que d'être volumineuse, &
ne coûtera pas moins de 4 livres par Exemplaire »
& c'est pourquoi je ne la donnerai point Qu'elle ne
me soit bien demandée. Le Titre du présent Ouvrage,en en annonçant su&-
fisamment l'objet, l'importance & la solidité , & les
expériences que j'y ai rapportées, suppléant tout ce
que je pourrois dire ici de plus nécessàire je me bornerai à deux remarques. La premiere, c'en: qu'autant qu'il m'a été possible , j'ai réduit les Méthodes que j'y donne , à la Partie pratique, comme on
me l'avoit demandé. La seconde , que ces Méthodes sont des moyens perpétuels ; car une fois établies , elles le seront pour toujours, & il y a près de
vingt ans qu'elles pourroient l'être. J'aurois des faits bien étranges à citer à cette occasson ; mais le nouvel ordre de choses qui se pré- --- Page 364 ---
viii PRÉFACE. pare , & l'esperance de retrouver dans toutes les '
A semblées Provinciales . la même attention, & les
mêmes ienrimens d'équité, de bienveillance , de
zele & de dévouement pour le bien de leurs Provinces , que j'ai eu le bonheur de rencontrer dans
l'Assemblée des trois Provinces de la Généralité de
Tours , & le Prélat Patriote qui la préside , m'ont
déterminé à supprimer des détails auxquels je ne
me livrerois , s'il en étoit besoin, que malgré moi,
& avec beaucoup de peine. Je joins mon Reçu au présent Ouvrage, par les
mêmes raisons que je l'ai toujours joint aux précédens, & particulierement asin que les personnes
qui auroient des éclairciflemens à me demander à
l'occasion des moyen que je donne, puiflfent me le
repréfenrer , ians quoi je ne leur répondrois point. MÉTHODE --- Page 365 ---
A NOUVELLE MÉTHODE» o u MÉTHODE . LA plus Univerfdle, la plus Economique
SC lrès-produéiÙ,'e, pour planter & cultiver
la Vigne,
l'ai toujours joint aux précédens, & particulierement asin que les personnes
qui auroient des éclairciflemens à me demander à
l'occasion des moyen que je donne, puiflfent me le
repréfenrer , ians quoi je ne leur répondrois point. MÉTHODE --- Page 365 ---
A NOUVELLE MÉTHODE» o u MÉTHODE . LA plus Univerfdle, la plus Economique
SC lrès-produéiÙ,'e, pour planter & cultiver
la Vigne, CHAPITRE PREMIER. DE LA DISTANCE DES CEPS. CJ>'EST au plan ou dessein sur lequel la Vigne
doit être plantée à déterminer la forme de la liré.
paration qu'il faut donner à la terre devinée à la
plantation, & c'est pourquoi je vais commencer par
exporer ce pian , ou la distance des Ceps. --- Page 366 ---
2 NOUVELLE METHODE Dans la Merhods que je donne, les rangées de
Cep<- doivent être établies à Ciih] p'ieds, ensorte que
d'une rangée à l'autre , il y ait cinq pieds de distance.
Les Ceps doivent être placés dans les rangées, à 15
pouces feulement l'un de l'autre. Ces deux distances sont liées entr'elles, de maniere qu'on ne peut changer l'une sans changer
l'autre *, mais alors ce ne seroit plus la même taille ni
les mêmes avantages en tout point. CHAPITRE II. TE M S DE LA PLANTA ON. Av A N T de.planter la Vigne, il faut préparer la
terre ; mais comme c'est du tems de la plantatioa
que dépend celui de la préparation, il est nécessaire,
avant de traiter de cette dernière, de sixer le tems
où doit se faire la premiere. Lessentimens des Auteurs font partagés sur cette
matiere, Pour moi, je pense qu'à l'exception des basfonds, de tous les fonds très-humides, ou à portée
d'être inondés par les débordemens, des terres fortes
& très-glaiseuses, en un mot, de toutes les terres qui
par leur nature ou leur position, sont dans le cas de
retenir l'eau ou une trop grande humidité, il est
avantageux dans toutes les autres terres, de planter
plutôt avant l'hiver qu'après, soit en plant enraciné ,
foit même en bouture : il en résulte que le jeune --- Page 367 ---
t)t t»LANTÈR IT Cl/LÏIVÊR LA VIGNE. 1 A ij plant étant presle par la terre qui l'environne & qui
s'aflàiffe pir son propre poids & parles pluies abondantes de l'hiver, se lie & s'attache plus étroitement
aux molécules de cette terre, donc il lui est plus facile alors d'exprimer les sucs & l'humidité > au moyen
de quoi, torique la végétation se renouvelle, il le
trouve tout établi dans la terre qui lui est deilnre,
& pourvu de toute la féve qui lui efl nécdîaire pour
reprendre & pou (1er avec force. Ces avantages ne me paroissent mêlés d'aucun
inconvénient; sur tout en se conformant dans tous
les points à ce que j'enseigne : mais en iuppolant
même qu'en certaines circonstances il pût y en avoir
quelques-uns, ces inconvéniens n'étant point une
fuite nécessaire, ni même ordinaire de la chose, ne
sont point certains, au lieu que les avantùgf s le font ;
ce qui n'empêche cependant pas qu'on ne puiiTe
planter au printems, quand cela sera plus commode,
ou qu'on en aura quelques autres raisons, la plantation d'automne, quoique plus avantageuse, n'étant
point à la rigueur une condition inditpenfabic pour
réussir } même dans les terres chaudes & légeres, &
à plus forte raison, dans tous les terreins froids &
humides, otÏ il ne faut planter qu'à la fin de Mars >
& souvent en Avril.
ce qui n'empêche cependant pas qu'on ne puiiTe
planter au printems, quand cela sera plus commode,
ou qu'on en aura quelques autres raisons, la plantation d'automne, quoique plus avantageuse, n'étant
point à la rigueur une condition inditpenfabic pour
réussir } même dans les terres chaudes & légeres, &
à plus forte raison, dans tous les terreins froids &
humides, otÏ il ne faut planter qu'à la fin de Mars >
& souvent en Avril. Dans tous les autres, c'est-à dire, dans tous les
terreins comme ceux dont j'ai parlé au commencement de cetarticle, on pourra planter depuis la chute
des feuilles jusqu'à la fin de Novembre i ou depuis
le 15 Février jusqu au commencement d'AVril i plu* --- Page 368 ---
4 NOUVELLE MÉTHODE tôt ou plus tard, suivant le climat, les circonstances
du tems & celles de la terre. CHAPITRE III. PREPARATIO> DE LA T iE R P, ii. 53 ANS quelque tems que se fane la plantation,
foit dans une lài(on , (oit dans une autre, il est à propos , pour en assurer le succès, que la terre soit bien
préparée, & couvent qu'elle le soit long tems d'avance. Les terres, dans ce dernier cas, sout principalement l'es terres froides, dures, glaiseuses, & toutes
celles qui retiennent l'eau. Toutes ces terres, avant d'être mires en Vignes,
doivent en général être labourées par un tems sec ,
au moins une fois, aussi profondément qu'il le faudra pour les nétoyer parfaitement de toutes les mauvasses herbes qu'elles pourroient porter. Peu de tems après ce labour, qui, pour le mieux,
doit toujours être fait avant l'hiver, on procedera à
l'ouverture des tranchées ou rayons, comme il sera
dit ci-après. Si ces tranchées, dans lesquelles je suppose que la
Vigne ne fera plantée qu'au mois de Mars ou d 'Avril, étoient ouvertes dès l'été précédent, la préparation en vaudroic beaucoup mieux, dans toutes les
terres difficiles, & en général dans toutes les terres.
Cette préparation feule vaudroit une demi-fumure,
en ayant iattention, de tems à autre, de grater ou --- Page 369 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGN!. 5 A iij plutôt de houer ou bêcher, suivant l'usage des lieux,
à la profondeur de quatre à cinq pouces, le fond des
tranchées j ce qu'on doit toujours saire par un tems
sec, (ur tout dans les terres grasses ou humides. On
fera bien encore de travailler de la même manière ,
ou au moins de grater la terre qu'on aura tirée des
tayons ou tranchées & qu'on aura jettée sur l'ados.
Si les circonstances permettoient de semer quelques
grains ou légumes sur cette terre des ados, ce seroit .
un double avantage En général, quelle que roit la nature de la terrer
dans quelque tems que se fane la plantation , après
ou avant l'hiver > plus il y aura d'intervalle entre
l'ouverture des fossés ou rayons & la plantation , &
plus cette derniere réussira. Cette maniere de préparer la terre est Gngulierement nécessaire à l'égard des terres dont on aura
nouvellement arraché la Vigne. TRANCHÉES OU RAYONS. Voici maintenant de quelle maniéré il faut pro*
céder à l'établiiTement des tranchées.
terrer
dans quelque tems que se fane la plantation , après
ou avant l'hiver > plus il y aura d'intervalle entre
l'ouverture des fossés ou rayons & la plantation , &
plus cette derniere réussira. Cette maniere de préparer la terre est Gngulierement nécessaire à l'égard des terres dont on aura
nouvellement arraché la Vigne. TRANCHÉES OU RAYONS. Voici maintenant de quelle maniéré il faut pro*
céder à l'établiiTement des tranchées. 1 °, Les Vignes devant, dans cette Méthode ,
erre établies, comme je l'ai déjà dit, par rangées à
cinq pieds l'une de l'autre, les tranchées destinées
à ces rangées doivent être également à la distance
les unes des autres de cinq pieds, ensorte qu'il y ait
cinq pieds du milieu d'une tranchée au milieu de
l'autre. 20. Dans les Vignes en plaine , les rayons se- --- Page 370 ---
/
'6 NOUVELLE MÉTHODE font dirigés de maniere que , si les circonstances
locales le permettent, la Vigne ou les rangées soienç
exposées en sace du Midi 1 ou au moins , du Levant au Midi. 3 Les tranchées, quelles que soient les terres,
& encore plus dans les terres froides, humides &
marécageuses , que dans les autres, doivent être
larges de dix-huit pouces sur un pied de profondeur.
La terre qu'on retirera de chaque tranchée fera
rejetrée sur t'ados ; c'en. à dire sur l'entre-deux d'une
tranchée à une autre. 4°. Après avoir bien vuidé sur l'ados, toute la
terre de la tranchée à un pied de profondeur , on
fouillera bien le fond du rayon de l'épaisseur d'un
bon demi pied, sans en retirer aucunement la terre,
afin d'ameublir ce fond, & que le jeune plant qui
fera posé dessus puisse plus facilement y étendre
& pousser ses racines. C'eH: ce fond de rayon qu'il
est bien important de travailler de tems à autre ,
ssir-tout dans toutes les terres dissiciles, en observant de prendre toujours un temssec ; mais ce n'est
point encore assez, il faut enlever de ce fond toutes l-S pierres uu peu considérables, & en particulier les grais : (ans cela, & avec toutes les autres précautions , une partie de la Vigne pourra bien faire ;
mais celle qui se trouvera aflîfc sur la pierre, fera «5c
finita toujours fort mal. Il n'y a point d'autre art
pour vaincre ces ohfiades , que de les enlever : sans
doute t il en coûtera quelque chose de plus dans ces
çççasions; mais il vaut mieux moins planter, & bien --- Page 371 ---
DE PLANTER ET CULTIVER. LA VIGNE. 7 K iv planter : en tout, comme je l'ai dit & prouvé ailleurs,
peu fr bien, vaut mieux que beaucoup & mal, du mime imparjaitement. 5 A l'égard des Vignes en coteaux & qui n'ont
que peu de pente , on pourra , dans la vue de les
mieux exposer , diriger les rangées, & par conséquent les tranchées en travers & dans le sens opposé à la petite , pourvu que la pente soit su Midi, ou
du Levant au Midi. Il en résultcroit deux avantages ; l'un, que là Vigne, comme je viens de le dire ,
feroit mieux expose ; & l'autre , que dans les labours , on n'auireroit point la terre du haut en bas,
comme cela arriveroit dans la direction contraire ,
& que cela anive toujours dans ¡'usage ordinaire.
poser , diriger les rangées, & par conséquent les tranchées en travers & dans le sens opposé à la petite , pourvu que la pente soit su Midi, ou
du Levant au Midi. Il en résultcroit deux avantages ; l'un, que là Vigne, comme je viens de le dire ,
feroit mieux expose ; & l'autre , que dans les labours , on n'auireroit point la terre du haut en bas,
comme cela arriveroit dans la direction contraire ,
& que cela anive toujours dans ¡'usage ordinaire. 6°. Dans toutes les Vignes en côte qui ont beaucoup de pente, & dont, par cette raison , la pente
est tres-roide , on fera les tranchées, non dans le
sens opposé à la pente, comme dans celles dont je
viens de parler, mais dans le sens même de la côre,
en sorte que les rayons soient dirigés suivant Fumage
ordinaire , dans le sens de la pente -, autrement le
Vigneron ne pourrait souvent, comme je l'ai vû
moi-même, allez prendre pied pour labourer la
Vigne dans le sens contraire à la pente; mais en ce
cas , il est absblument nécessaire de faire de distance
en distance, dans le sens opposé à celui de l'inclinaison ou pente, des tranchées ou cou put es rranCvedà!es,
mais non obliques > & au contraire tirées en ligne
droite. --- Page 372 ---
1 NOUVELLE MÉTHODE TRANCHÉES OU COUPURES. L'objet de ces tranchées est d'arrêter & de bor";
ner , de place en p!ace,i'écou!emenc des fortes pluies
d'orages, de prévenir l'éboulement ou l'emportement des terres qui en est la fuite , de s'opposer à
ce que par les labours, la terre du haut de la Vigne
puisse être attirée au bas, & même plus bas que
d'une tranchée à l'autre, de retenir au haut, au
milieu & au bas de la Vigne, la terre qui se trouve
renfermée dans chaque tranchée, d'affranchir entièrement les Vignobles de la servitude si onéreuse
du reportement des terres, ou au moins de réduire
les srais du reterrage à la plus grande modicité pofsible. Ces tranchées O11 Coupures doivent être plus
ou moins larges, & sur-tovit plus ou moins profondes , suivant que les lieux sont plus ou moins exposes
aux grandes pluies d'orages , 6c que la pente est plus
ou moins roide. En général, j'estime que ces tranchées ne doivent pas être moins larges que de deux
. pieds, ni moins profondes que d'un pied & demi J
en sorte qu'à la différence des autres tranchées qui
ne doivent être creusées qu'à un pied , celles-ci le
feront à un pied 8c demi , & ia terre enlevée de la
tranchée au moins à cette profondeur. régime aussi que dans les côtes les plus roides &
les plus exposécs comme je viens de dire, les trançhces ou fosses doivent être au plus à trente pieds --- Page 373 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA. ViGNE. francs les uns des autres, afin de prévenir entièrement tous les dégâts que pourroient faire les grandes pluies d'orages & les torrens qu'elles forment
dans leurs cours , & qu'alors elles ne formeront
plus. J'cRime encore qu'en tout tems , du moins
autant que la profondeur du terrein pourra le permettre , les tranchées dans les côtes dont il s'agit,
doivent toujours être tenues à un pied & demi de
creux.
IVER LA. ViGNE. francs les uns des autres, afin de prévenir entièrement tous les dégâts que pourroient faire les grandes pluies d'orages & les torrens qu'elles forment
dans leurs cours , & qu'alors elles ne formeront
plus. J'cRime encore qu'en tout tems , du moins
autant que la profondeur du terrein pourra le permettre , les tranchées dans les côtes dont il s'agit,
doivent toujours être tenues à un pied & demi de
creux. Dans les autres côtes, je pense qu'il sufïîra de
faire les fossés à quarante pieds l'un de l'autre , 8c
de les tenir toujours à un pied de profondeur , en
supposant, comme je le présume , qu'on sa{se de
ces fossés & des autres, l'usage que je vais dire. Ces fossés augmenteront , (ans doute , les frais
de la plantation -, mais, 1°. ils en épargneront par
la suite, infiniment plus qu'ils n'en coûteront: i°. on
pourra,en les préparant en tout point comme toutes les autres tranchées ou rayons, y planter la Vigne de la même maniéré, en ayant l'attention, si la
chose est possible, de les planter en farmens enracinés, & d'en élever progressivement la tige & de la
maintenir plus longue que ne doivent être celles des
autres ceps, pour que ceux dont il s'agit soient
moins sujetsa la gelée & à être enterrés dans le cas
des grands orages. Dans le cas de la féconde espèce de côre, il fuffira d'ouvrir les tranchées à la profondeur d'un
pied & demi, comme je l'ai dit, parce qu'après la --- Page 374 ---
Io NOUVELLE MÉTHODE plantation, un pied de profondeur pourra suffîre. Dans la premiere espéce au contraire, on fera les
fossés à deux pieds de profondeur , afin qu'après la
plantation , il puisse leur en rester un pied & demi,
en recouvrant le plant d'un demi-pied de terre. Cette opération une fois faire, eile le sera pour
toujours, & quoique je n'en aye pas présciité tous
les avantages, il est aisé de juger par ceux que j'ai
exposés,de que!!e importance elle est : je la crois juste
dans tous les points ; cependant si , par une raison ou
par une autre, il n'était pas possible de fouiller la terre
comme je viens de dire en dernier lien,il foudroit bien
s en dispenser ; mais en ce cas, il faudroit multiplier
les tranchées, en les espaçant un peu moins, ou
élargir la tranchée de huit pouces de plus. Ces tranchées doivent être écurées tous les ans
pour leur eonserver toujours la même profondeur,
& pour en répandre la terre sur la partie de Vigne
dont elle proviendra, c'est-à-dire, sur la partie élevée au-dessus du soflë. La partie de Vigne de ces tranchées fera gouvernée en tout point de même que le reste , & on
laissera au milieu de la rangée de Vigne de chaque
tranchée, un espace ou ouverture de cinq pieds
pour le ser vice de la Vigne & le passage des Vignerons. 7 °. On sera pareillement des tranchées tran{versales dans les terres marécageuses, & en général
dans toutes celles où t'eau suribonde à la superfi- --- Page 375 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE. Il cie. J'estime que ces tranchées ne doivent pas C'cre.
moindres de quinze pouces de profondeur , sur autant de largeur y c'est au local à décider du plus ou
du moins. C A P 1 T R E I V.
7 °. On sera pareillement des tranchées tran{versales dans les terres marécageuses, & en général
dans toutes celles où t'eau suribonde à la superfi- --- Page 375 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE. Il cie. J'estime que ces tranchées ne doivent pas C'cre.
moindres de quinze pouces de profondeur , sur autant de largeur y c'est au local à décider du plus ou
du moins. C A P 1 T R E I V. PLANT s T PLANTATION. LES meilleurs cépages ou espéces deraifins, ceux
qui donnent les meilleurs vins, les vins les plus délicats, exigent, sur çout à caisse de là fioraison,une expoTition ou une température favorable , ou à défaut
d'exposition, une terre légere & chaude : ce n'est pas
qu'ils ne puissent réussir dans quelques autres terres ;
mais il est certain qu'ils y réussissent moins bien ,
& qu'ils chargent toujours beaucoup .moins que les
espéçes inférieures , & c'est pourquoi la plûpart des
Propriétaires & les Cultivateurs qui, raison ou non ,
préférent la quantité à la qualité, les ont bannis des
terres mêmes qui semblent leur appartenir plus fpédalement. Le meilleur Plant pour la plantation paraît être
celui qui a été levé sur une Vigne de huit à douze
ans , parce qualuiie- pareille Vigne est toujours ceniée -
être dans sa force ; cependant )'esiime qu'à l'exception, peur.êrre1 des vieilles Vignes, tour plant ou brin
provenu d'un cep vigoureux, en bon rapport e,:'doilt
le fruit est bien conditionné, est toujours bon. --- Page 376 ---
12 NOUVELLE MÉTHODE On connoit qu'un Plant est bon, par les queues
de raisin qui ressent au bois : si elles sont courtes,
dures & épaisses, c est une preuve s en général, que
le fruit étoit gros , & par conséquent que le cep qui
l'a porté est bon. Si les brins font beaux , bien nourris j qu ils ayent 1 "écorce unie & luisànte , que le bois
en Toit ferme, bien mûr & d'un verd clair quand
on y fait une entaille avec la serpette , ce font autant d'indices de la bonté du Plant. Je regarde la premiere marque comme la plus certaine , d autant qu'en général , elle (uppole au Plant
toutes les autres qualités ou lignes dont je viens de
parler ; cependant, quoique ces signes puissent paroÎtre moins furs , ils font les plus généraux, &
pour qui a de grandes plantations à faire , les seuls
qu 'on doive consulter dans certaines années ) telles
que celles où la Vigne a été fortement endommagée par la gelée ou la couture , ou même, (ans cela , lorsqu'à sa pousse elle a montré peu de grappes. Le point important, quand on le peut, c'efl: de
$ assurer que le Plant vient d'une bonne Vigne,
d'une Vigne qui est encore dans sa force, ne fût-elle
plus dans sa jeunesse qui d'ailleurs est toujours londue à l'égard des Vignes bien tenues. Je me fuis étendu sur cet Article , ainli que sur
quelques-uns des préccdens, beaucoup plus que ne
semble me le permettre la briéveté de cet Ouvrage ;
mais le Plant, c'est la Vigne, & si la Vigne est mauvasse, quelque excellente que soit ma Méthode, elle --- Page 377 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE. 1 ; ne pourra la rendre bonne , & c'est pourquoi je ne
puis trop engager tous les Propriétaires & les Cuhivateurs à donner \à plus grande attention à cette
partie fondamentale & à toutes les inltructians qui
la concernenc.
me le permettre la briéveté de cet Ouvrage ;
mais le Plant, c'est la Vigne, & si la Vigne est mauvasse, quelque excellente que soit ma Méthode, elle --- Page 377 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE. 1 ; ne pourra la rendre bonne , & c'est pourquoi je ne
puis trop engager tous les Propriétaires & les Cuhivateurs à donner \à plus grande attention à cette
partie fondamentale & à toutes les inltructians qui
la concernenc. Une attention que je. regarde en général, sinon
comnie indiij entablement nécessaire , au moins
comme très importance , c est de préférer toujours
le Plant qui vient d'une terre inférieure, ou du moins
égale à celle que l'on veut planter , au Plant qui
viendroit d'une terre plus forte & meilleure. Le meilleur Plant pour la durée , Cur-tout dans les
bonnes terres, est, à ce que l'on prétend, le Plant de
boutures ou de cronettes; cest-â-dire> ou un (impie sarment , ou un sarment auquel on a conservé
un peu de bois de l'année précédente. L'expérience
prouve que l'un & l'autre sont bons & réussissent trèsbien , quand ils sont bien cboisis & bien plantés ;
mais il est pour un grand nombre de terres ? des
Plants préférables à ceux-là, ce sont les Plants enrai
cinés, ou autrement dit,les chevelures ou marcottes , & les Plants de pépinières , qu'on appelle en
certains pays barbeaux. Ces deux espéces de Plants conviennent Gnguliérement dans toutes les terres tres-froides & dans
les terres très-brûlantes , qui sont peu propres
à faire des élèves, Ces Plants enracinés doivent, ainsi que les farmens, Ce planter au milieu juûe du rayon ou tranchée. --- Page 378 ---
14 NOUVELLE MÉTHODE En prenant les mêmes précautions qu'on prend
pour les arbres , on pourroit laitier à chaque Plant
trois étages de racines ; mais comme ces précautions ieroient rarement observées par les Vignerons,
& prendroient beaucoup de tems, je confeilie de ne
lai lier qu'un seul étage de racines, de planter droit,
& de bien étendre & divi'er les racines sur la mie
de terre préparée au fond du rayon , & de les
charger de cinq à six pouces de terre prisè, autant
qu'il sera possible , à la superficie du champ, c 'est-à"
dire , à la partie la plus élevée de la berge. On aura
attention à ce que la terre dont on recouvrira les
racines, ne soit point motteuse, & au contraire de
la bien émietter. On atua l'attention encore plus né..
ceiïaire de ne point planter par un tems humide t
dans toutes les terres fortes & dans toutes celles qui
font poisseuses , & on fè donnera bien de garde de
trépigner la terre avec les pieds, comme on efl. par-*
tout dans le mauvais usage de le faire indistinstement dans toutes les terres lors des plantations. Je
pense pourtant que lors de cette opération, on fera
bien d'affermir la terre avec les pieds , dans toutes
les terres légères, & principalement dans les tàbles,
sur-tout lorsque la plantation le fera après l'hiver.
& dans toutes celles qui
font poisseuses , & on fè donnera bien de garde de
trépigner la terre avec les pieds, comme on efl. par-*
tout dans le mauvais usage de le faire indistinstement dans toutes les terres lors des plantations. Je
pense pourtant que lors de cette opération, on fera
bien d'affermir la terre avec les pieds , dans toutes
les terres légères, & principalement dans les tàbles,
sur-tout lorsque la plantation le fera après l'hiver. Tous ces avis font des précepres "dont on ne peut
s'écarter sans risquer la plantation. J'y ajouterai qu'à
l'exception des terres fabloneufes , on ne doit pas
planter dans les autres , lorsqu'elles sont humides,
mais seulement iorfqu'elles font fraîches, parce qu'au- --- Page 379 ---
DE PLANTER IT CULTIVER lA VIGNE. 1 5 trement, on durcit, malgré foi, la terre du rayon,
qui en devient beaucoup moins propre pour la végétation du plant, à moins qu'en supposant la plantation faite avant l'hiver, on n'ait l'attention de donner un labour, & d'ameublir la terre du rayon, ou
dans l'hiver même, ou dès le commencement de
Février, sans préjudice du labour qu'on auroit donné
sans cette circonstance. Si au lieu de planter droit & d'étendre les racines
comme je l'ai dit plus haut, on juge à propos, pour
expédier plus vite, de coucher le plant, en ce cas
on pourra conserver tous les étages des racines; mais
on les écourtera près du pied dont eues Sortent, afin
qu'elles ne fassent point paquet , & qu'elles ne
relevent point en haut, comme cela arrive souvenr.
On piquera le plant dans le fond du rayon à deux .
ou trois pouces d'avant; ensuite de quoi on couchera
tout le vieux bois, & deux ou trois yeux du jeune
bois, que l'on re!evera de maniere que la partie qui
sera relevée, & que par anticipation on peut appeller
tige, faite angle droit avec celle qui fera couchée.
On se conformera pour le surplus à l'article précédent,
dans lequel la maniere de planter le plant enraciné esc
surement la meilleure, si elle n'est pas la plus expéditive. Avant de terminer ce qui regarde le plant enraciné,
il est bon de remarquer que les chevelures ou plants
enracinés qui ont peu de vieux bois entre les racines
ct le jet, ou brin de tannée qui doit former la tige
font les meilleurs ct que la reprise en efl beaucoup plus --- Page 380 ---
! 6 NOUVELLE METHODE sûre que de ceux qui ont les défauts contraires, &
que par conséquent ils font très - préférables à ces
derniers. Si la plantation se fait en boutures ou crossettes,
ce qui est inévitable dans toutes les grandes plantations , on les piquera dans le fond du rayon, ct toujours au milieu, comme je l'ai dit pour les chevelures : on les couchera sur le fond du rayon de
quatre à cinq pouces, & on les relevera & couvrira,
comme il a été dit dans les articles qui précèdent. Telle est ma Méthode en tout ce qui concerne la
distribution des Ceps & la plantation de la Vigne. Je
vais encore ajouter quelques avis relatifs à ces deux
objets. Le premier de ces avis est que si on plante dans
une même ptéce, des cépages ou especes de raisins
qui murissent, & qu'on ait dellein de vendanger
dans des tems différens 3 on doit les séparer en
mettant chaque cspece à rart & à des places
différentes. Le sécond avis, indispensable sur - tout dans
une méthode qui n'admet ni provins ni marcottes,
du moins comme dans l'usage ordinaire , c'est de
former des pépinières.. foit pour regarnir au besoin
les jeunes Vignes que l'on plante, soit pour regarnir
les anciennes.
qui murissent, & qu'on ait dellein de vendanger
dans des tems différens 3 on doit les séparer en
mettant chaque cspece à rart & à des places
différentes. Le sécond avis, indispensable sur - tout dans
une méthode qui n'admet ni provins ni marcottes,
du moins comme dans l'usage ordinaire , c'est de
former des pépinières.. foit pour regarnir au besoin
les jeunes Vignes que l'on plante, soit pour regarnir
les anciennes. Ces pépinières feront plantées en rayons , de
même que les Vignes à demeure , à la différence
qu'on pourra ne donner au rayon que neuf pouces de
largeur, &: que les plançons, au lieu d'être à quinze
poulet --- Page 381 ---
DE PLA NTEll E-f H/LTJVÏER LA VlGNE. 1 J B pouces l'un de l'autre, feront feulement à cinq ou
six. On ie iervira pour ces pépinieres, de. c'alons ou
bourures. 1 ; - : 1 C H A P I T R E V. . PRINCIPES SUR LA TAIltE tl LA VIGNE. f A taille » ou manière de tailler, est dans la culture.. ..
de la Vigne," ce qu'eST le tems du décuvage dans,
l'Art des Vins : t'.un & l'autre font de la plus grande
importance, & tous deux des pjQblên^es très-difficiles à résoudre , & ils ne le sont pas moins pour en,
rendre la tolurton en termes propres à la faire en-,
tendre sacilement : j'espere cependant: y parvenir à
l'aide des Principes que je yais expoter en assez grand.
nombre, & que j'ai déja exposés ailleurs , au moins
en grande partie. Ces Principes sont applicables
toutes les Vignes , faites comme à faire. ^ *
Dans le tems même que la Vigne fera plantée t
on la taillera; on ne taillera au jeune plant, tel qu'il
Toit, que deux yeux ou cossons au-deuus de,, terre
on pourra même ne lui en laitier renier œil enterre n'est qu'à un pouce & demi de la
supcrficie, vu que cet ¡;0H pbrçc co|i>ip 1^ ici, pouffera un bourgeon & non des r^çji^s. Pre-j
mier Principe. L'année suiv^nte^oj\ ne.taillera que itit un brio ? & le plus bas, ppurvu toutefois <^u'il ait les condilions nécessaires, sans quoi on le.tetrancherotf & cm --- Page 382 ---
J 8 NOUTÏILE M f. THO D. • \. " tailleroit sur l'autre. Il est trcs-essentiel de n'établirla taille que sur de bons brins : on ne taillera qu'à.
deux yeux. Deuxieme Principe.
année suiv^nte^oj\ ne.taillera que itit un brio ? & le plus bas, ppurvu toutefois <^u'il ait les condilions nécessaires, sans quoi on le.tetrancherotf & cm --- Page 382 ---
J 8 NOUTÏILE M f. THO D. • \. " tailleroit sur l'autre. Il est trcs-essentiel de n'établirla taille que sur de bons brins : on ne taillera qu'à.
deux yeux. Deuxieme Principe. La troisieme année, suivant que les Ceps auront,
plus ou moins pouffé , on les taillera , ou sur deux
brins, dont un à deux yeux & l'autre à un, ou
seuleméi1t fut un brin à trois yeux : asser rarement
fera-t'on bien de tailler les deux brins à deux yeux
chacun, à moins qu'on ait planté du plant ou (arment enraciné, ou qu'on ait bien fumé à la féconde
année, comme je le dirai dans la fuite : au resse "
c'est toujours A la vigueur du Cep, c?est-à-dire à la longueut & à lagroffeurdes pouffes de l'année, à décider.
Testime qu'à ces deux premieres pousses, il sera prudent de ne tailler le jeune plant qu'au printems.
Dans les années sui vantes, à l'exception des basfonds des terres marécageuses, on fera bien de'
saille f les jeunes plantes, ct en général toutes les
Vignes, ct sur-tout les Vignes foibles ou qui ont fDufsi", on fer a bien, dis- je, dans tous ces cas, de tailler
àvant rhiver, comme je l'ai toujours pratiqué moimême à l'égard de mes Vignes. Troisieme Principe. La quatrième année, je conseille, au moins en
général, de ne tailler encore que sur deux brins, soit
à deux, soit à trois yeux, suivant la force du Cep.
Dans-ces premieres années, il est de la plus grande
conséquençe de tailler la Vigne très-court, ct plus
xouri mime qu'elle ne par oit le demander, parce qu "it
est de fait que dans ce cas elle pouffe d'autant plus
en x&cines, qu'elle pousse moins en branches, ou --- Page 383 ---
1bt fLÀNTSR IT CULTIVER. lA. VlGNB. Ij ' B ij autrement dit, qu'on la charge d'une moindre
quantité de branches : or, comme la force de la
Vigne, assisi que ce!te de tous les végétaux 1, provient
principalement & presqu'uniquement des racines ,
& non des feuilles ou de l'air du rems, comme
quelques exagérateurs sembler oient vouloir le faire
croire, il s'enfuir que le premier objet qu'on doit se
proposer avant tour, est de faciliter la multiplication
& l'allongement des racines. C'est le seul moyen
d'établir promprement une Vigne, de lui faire un
bon pied & d'en assurer le rapport & la durée. On
ne doit la mettre à vin, c'est-à-dire, la tailler en
vue d'avoir tout le vin que peut promettre.son apparence , qu'après avoir satisfait à cette derniere con.,
dition. Quatrieme Principe.
'enfuir que le premier objet qu'on doit se
proposer avant tour, est de faciliter la multiplication
& l'allongement des racines. C'est le seul moyen
d'établir promprement une Vigne, de lui faire un
bon pied & d'en assurer le rapport & la durée. On
ne doit la mettre à vin, c'est-à-dire, la tailler en
vue d'avoir tout le vin que peut promettre.son apparence , qu'après avoir satisfait à cette derniere con.,
dition. Quatrieme Principe. La cinquième année, la Vigne sera taillée comme
je le dirai dans le dixieme Principe, Dans un systeme qui, comme celui de la Méthode
que je donne, n'admet en général ni longues tailles
ni couchages, on ne doit tailler chaque brin qu'à
trois yeux au plus. Cette maniere de tailler est de la
plus grande conséquence pour la durée de la Vigne
& la qualité du vin. Cinquième Principe. On taillera, en général, de préférence sur les brins
les plus bas, ou autrement dit, les plus proches du
pied : il ne faut jamais laitier élever !a tige plus haut
que je ne vais dire , si ce n'est dans les bas fonds &
les terreins très-humides, & peut-être encore lor(que
les Vignes (e Soutiennent d'elles-mêmes & sans, échalas. Hors ces cas & à l'exception des Vignes hautes --- Page 384 ---
40 NOUVELLE MET H CD ï ou hautains, j'estime que la tige, autant qu'il est
possible, ne doit pas avoir plus de neufà douze pouces
de hauteur, 5c on la maintiendra à cette hauteur en
observant les avis que je donnerai à l'article de
l'ébourgeonnement. Sixieme Principe. Trois branches consomment plus de sevé que
deux; ainsi il vaut mieux tailler sur deux branches à
trois yeux chacune, que sur trois branches qui ne
feroient taillées qu'à deux. Ce principe ea très-fécond
en conséquences, 5c c'est pourquoi dans l'opération
dont il s'agit, on ne doit jamais le perdre de vue.
Septième Principe. Pour conserver une Vigne , il faut toujours ,
quoique faite , la tailler un peu au-dessous de sa
sorce apparente ; on ne perd rien sur la quantité, &
on a de plus beau fruit & de meilleur vin; à quoi
il faut ajouter que la Vigne a bien moins besoin &
coûte beaucoup moins d'engrais. Huitième Principe. La Vigne une fois plantée & établie, c'est principalement de l'économie de la taille que dépend son
rapport & sa durée ; mais cette opération si importante exige, pour être bien faite, un très-grand
nombre de combinaisons, 5c c'est pourquoi, en y
procédant, on doit avoir égard à la force des ceps,
à la nature du terrein, à celle du cépage, suivant
qu'il donne plus ou moins de grappes, & que ces
grappes sont plus ou moins fortes, à la maniere dont
la Vigne est & doit être tenue , à la quantité des
engrais qu'on lui donne, à l'espacement des Ceps,
à son âge, au plus ou moins de fruit qu'elle a rap-
nombre de combinaisons, 5c c'est pourquoi, en y
procédant, on doit avoir égard à la force des ceps,
à la nature du terrein, à celle du cépage, suivant
qu'il donne plus ou moins de grappes, & que ces
grappes sont plus ou moins fortes, à la maniere dont
la Vigne est & doit être tenue , à la quantité des
engrais qu'on lui donne, à l'espacement des Ceps,
à son âge, au plus ou moins de fruit qu'elle a rap- » --- Page 385 ---
DÉ PLANTER. ET CULTIVES. LA VIGNY. 21' 13 nj porté l'année d'auparavant, & au tems qu'il a fait.
Dans les années humides, les Vignes pouffent beaucoup de bois, quoique souvent elles ayent peu de
fprce; comme dans les années très-réehes elles
donnent moins de bois y quoique quelquefois elles
ayent foncièrement beaucoup de vigueur \ d où il
suit que ce n'est point seulement par l'état apparent
de la Vigne qu'il faut se décider, mais encore par la.
combinaison des circonltances, qui ne peuvent jamais détruire les principes généraux mais qui en
modifient l'application. Il y a plus, c'cst que cette
modification, ou la regle qui l'établit, est elle-même
un Principe général. Celui-ci en le neuvieme. Tant que la Vigne, bien gouvernée, n'a point
encore étendu ses racines dans tout l'espace de terrein qu'elles peuvent parcourir sans rn rencontrer
d'autres, on peut la regarder comme étant encore
dans un état de crjift-incc ; & par conféqucnt,iusqu'à
ce ,que sa croissance soit parvenue à son dernier
terme , il semble Qu'on peut graduellement, quoique
toujours avec beaucoup de mesure , augmenter sa
charge. C'est particulièrement d'après ce Principe, que,
dans 14 regle générale, on doit tailler la Vigne,
la cinquième année de sa plantation, & dans un
grand nombre des années (uivantes; enCarte que si,
par mppofirion , la Vigne n'a été taillée l'année
précédente que sur deux broches ou brins à trois
yeux c'iacun, elle pourra l'être en généra!, l'année
d'après, sur trois brins, chacun à nois yeux : le tout --- Page 386 ---
21 "NOUVELLE METHOIÏ fous les modifications des deux précédens Principes^
Celui-ci est le dixieme. Quand la Vigne est une Vigne faite, & qu'elle a
encore toute sa force, 011 doit, tant qu'elle ne paroltra pas décliner, la tailler tous les ans de la même
maniere , ensorte, par exemple, que le Cep qui aura
cte taillé a dix noeuds l'année précédente le sera
pareillement 1 année d'après a la même quantité de
nœuds; comme celui qui l'aura été à douze, ce que
je regarde comme le nec plus ultrà dans ma Méthode, le fera de même l'année suivante, & ainlî
des autres ; & en effet dans la supposition, à propos
de quoi lui en laisseroit-on moins ou plus, si les
circonstances lotir exactement les mêmes & qu'elles
ne (oient point changées ï car il ne faut Jamais perdre
de vue ni le huitième, ni le neuvieme Principe.
Celui-ci est le onzieme. r '
douze, ce que
je regarde comme le nec plus ultrà dans ma Méthode, le fera de même l'année suivante, & ainlî
des autres ; & en effet dans la supposition, à propos
de quoi lui en laisseroit-on moins ou plus, si les
circonstances lotir exactement les mêmes & qu'elles
ne (oient point changées ï car il ne faut Jamais perdre
de vue ni le huitième, ni le neuvieme Principe.
Celui-ci est le onzieme. r ' Pour peu qu'une Vigne, après être parvenue à
son p!us haut degré de force ou d'accroissement,
sembe décliner, on doit, ou la soutenir par les engrais, ce qu'en général je ne confeiHe point, à
moins d'un besoin evidenc, ou la charger un peu
moins à la taille , en diminuant toujours celle-ci en
proportion de gage ou de l'afIàibJitfement delà Vigne,
Se en oblèrvant en outre '& tres-rigoureu(emenc le
huitième Principe , 11 l'on veut conserver la Vigne
en bon état. Douzième Principe. Si la Vigne étoit fatiguée pour avoir été trop
chargée à la tame l'année précédente, le remede le.
plus efficace y comme le plus (impie, en ne supposant --- Page 387 ---
DB-MJDrftfK lr. COL1'lVUl I.A VlGNE. 1J 1 if que ce mal, seroit de la tailler fort court, & beaucoup Plus en vue d'avoir du bois que du vin. Si la
cause et oit plus ancienne * il faudroit toujours & de
- préférence employer le même remede, & il faudroit encore le plus (ouyent. avoir retours aux engrais, eri supposant toutefois que la Vigne n'eût
que le défaut de la maigreur & qu'elle n'ait pas été
efleri tellement détruite ou altérée dans sa nature ;
car alors i! n'y auroit d'autre parti à prendre que de
t'arracher p comme devroient l'être un très-grand
nombre de.Vignes qui sont encore sur pied. Treizieme Principe. J'aurois bien désiré pouvoir supprimer une
grande partie de ces Principes, comme je l'ai fait
dans la première édition de cette Méthode -, mais
la matiere est si importante , elle est vraiment si obseure & si difficile, que, malgré les bornes étroites
dans lesquelles je me trouve resserré , j'ai cru ne
pouvoir me dispenser d'y répandre autant de jour
que mes lumieres & ma longue expérience peuvent
me le permettre. J'aurois encore un Principe à établir ici sur le
même sujec; mais comme il le rapporte à un des
plus grands abus qu'il y air dans les Vignes déjà
existantes, j'ai pensé qu'il seroit mieux placé dans
la Méthode où je trairerai de ces Vignes.
ans lesquelles je me trouve resserré , j'ai cru ne
pouvoir me dispenser d'y répandre autant de jour
que mes lumieres & ma longue expérience peuvent
me le permettre. J'aurois encore un Principe à établir ici sur le
même sujec; mais comme il le rapporte à un des
plus grands abus qu'il y air dans les Vignes déjà
existantes, j'ai pensé qu'il seroit mieux placé dans
la Méthode où je trairerai de ces Vignes. --- Page 388 ---
-24 ' • ■ N a u v E L i E J A,f T JI 0 r C H A P 1 T R E v I.'
« < DE LA FUMURE. 1 N fumera, en général J la Vigne l'année d'après
sa planrarion , à moins que la plantation n'eût
manqué : ie conseille (lir-rovit, si le jeune planta bien
- reprit de fumer fort, afin de n'y pas revenir. On fumera autant que cela Ée pourra avant l'hiver dang
toutes les terres qui ne feront ni froides,ni maréesgeuses, puisqu'à tous ri(que$ on" plance la Vigne
jusques dans ces dernieres. On adaptera, autant
" qu'on Ie pourra $ la qualité du furtiier à celle de la.
terre, c'est-à-dire, qù*on portera des fumiers chauds
dnns les rerres froides ^ 8? des fumiersgras dans les
" feriez chaudes & légeres. Si on fume avant l'hiver ,
on laifTcra le fumier à l'air dans les rayons , oit du
moins on ne te recouvrira que d'une petite épaUfcurde rerre , jusqu'au mois de Février ou de Mars,
suivant la température des Heux ou de Tannée. Si
Tannée d'après cerre opération , la Vigne a bien
pou(fë , & que les farmens ayent assèz de longueur
pour établit, après l'opération dontje vais parler,
une bonne raille de deux yeux sur deux brins , on
de trois yeux sur un seul brin : en ce cas, on comblera le rayon, en forte que tour le rerrein foir uni
comme auparavant On ne doit tailler la Vigne qu'après cerre opération , qui étant faire dans les cireonstances que je suppose , pourra valoir autant
qu'une demi-fuiriure.
les farmens ayent assèz de longueur
pour établit, après l'opération dontje vais parler,
une bonne raille de deux yeux sur deux brins , on
de trois yeux sur un seul brin : en ce cas, on comblera le rayon, en forte que tour le rerrein foir uni
comme auparavant On ne doit tailler la Vigne qu'après cerre opération , qui étant faire dans les cireonstances que je suppose , pourra valoir autant
qu'une demi-fuiriure. --- Page 389 ---
»E TLANTt!<. ET CUtTiVEIt 1A VlGNE. 1-J, v Si, quelques années après la première fumure,
ou dans la fuite du rems, la Vigne, ou seulement
quelque partie de' la Vigne àvoit besoin d'être fumée, ce qui, dans les grandes plantations, ne peut
guères manquer d'arriver, parce qu'il se trouve toujours quelques veines de terre plus mauvaises &
plus ingrates que le reste, il faudroit nécetTairement
fumer , & toujours plutôt que plus tard , & dans le
tems le plus convenable, en' ouvrant le long des
rangées ou de .la rangée une petite rigole de six à
huit pouces de profondeur, sur huit à neuf de largeur, & en obiervant pour le inieux, que dans toute
fiâ largeur, la rigole aille .un peu en pente ou en
'ïnc!inanr du coté des ceps. J'estime qu'en général U
-'.rigole doit être ouverte à six pouces du pied 4es
ceps. • >
Il s'en faut bien que je con(ei11e de fumer; mais
i quand !e cas l'exige, & que la meilleure serperte lie
: fufHt pas , il est bien force de fumer, & (i on ne fi>-
moit pas, on ne pourroit qu'y perdre ; il faut savoir éconornifer & dépenser à propos; mais en général , dans les Vignes bien plantées & tenues couïrme je l'enseigne , cette dépense fera .rarem.enc Pé.
ceflàire, & se réduira à peu de choic. --- Page 390 ---
qz,,C N -,c si y il -,t L t M 'É T H -Ge E K Ç H;^|J T R JE l Vr I I. r .; J' r ••/ . LABOURS. X L n'y a point d'autres régies pour le nombre des
tabours dans les nouvelles plantations, que de n'y
point laisser croire l'herbe, ou du moins que de la
détruire ausinôr qu'elle paroît, & que. d'entretenir
toujours par des labours ou grattages faits à propos
la terre très-meublée à la fuperfieie , sur-tout dans la
premiere année de la plantation, & dans toutes les
terres sujettes à se durcir. C'est beaucoup de bien
planter & de ne planter que du bon plant -, mais
ce n'est pas a(Tez , -il faut encore ne refuser à
ce plant auctn des Coins qu'exige son enfance , &
ceux que je viens de recommander font ab[olument
.néce..I-aires j autrement il ne faut pas planrer, ou -il
faut moins planter, si une trop grande plantation peut
nuire à ces soins. En tout, il vaut mieux moins
faire, & bien faire. Ce Principe qui est la principale
.base de mon systême général pour l'administration
de toutes les parties de l'économie champêtre,
convient à tous les états, à toutes les professions &
à tous les hommes ; mais il convient particulièrement à tous les hommes de l'agriculture qui entreprennent presque toujours au-delà de leurs forces.
faut pas planrer, ou -il
faut moins planter, si une trop grande plantation peut
nuire à ces soins. En tout, il vaut mieux moins
faire, & bien faire. Ce Principe qui est la principale
.base de mon systême général pour l'administration
de toutes les parties de l'économie champêtre,
convient à tous les états, à toutes les professions &
à tous les hommes ; mais il convient particulièrement à tous les hommes de l'agriculture qui entreprennent presque toujours au-delà de leurs forces. Dans toutes les autres Vignes , j'estime qu'en
général il faut communément quatre labours par
année } à compter du Printems > jusqu'à. la. ven- --- Page 391 ---
DE PLANTER. JET CULTIVER LA VIGNE. 2 -f dange. Ces labours ne doivent erre, à proprement parler, qu'un grattage de deux ou trois pouces au plus d'épaiflfeur. Il faut feulement veiller à ce qu'ils soient
fairs à tems & heure , & toujours, autant qu'il efl:
possible , par un tems sec. CHAPITRE VIII. ~ ÉCHALAS ET LIAGE. IL E s échalas, dans ma Methode , ne doivent pas
avoir moins de quatre pieds & demi de longueur.
On doit les mettre à ¡la Vigne à la troisiéme année
au plus tard : on les brûlera par un des deux bouts ,
a la longueur de huit a neuf pouces ; on les enfoncera
bien en terre, & on les lailTera à demeure, sans les
oter & les remettre chaque année , comme on le pratique généralement par.cour, au grand detriment 4e la
Vigne. Je regarde cet usage comme un très-grand abus. J estime qu' on fera bien de placer les échalas à
1 orient des ceps. Il est à croire que cette polîtioti ,
en garanti liant au Printems une parties des bourres , des premiers rayons du soleil , pourra en préferver quelques-unes de la gelée. On ne doit, en général, lier la Vigne que lorfque les nouvelles pousses ont assez de longueur
pour pouvoir être amenées sans peine à l'échalas.
On doit au fil en général donner trois !iens à h Vi.,
£ne , sur-tout quand les ceps poussent avec vigueur.
On doit encore avoir l'attention de ne point enfermer les grappes dans les liens. --- Page 392 ---
2 S NOUVELLE MÉTHODE CHAPITRE 1 X. EBOURGEONNEMENT. EBOURGEONNER la Vigile , c'en: enlever les fausses
pouffes, etst adire les pousses ou bourgeois qui
n'ont pas de fruit. Cette opération est très-simple, &
cependant délicate : elle se fair ordinairement en
jMai & allez souvent en Juin. Eh général on ne petit
la faire trop tut dans les jeunes plants & dans les
ferreins maigres & les Vignes fatiguées ; mais il faut
la bien faire , &r prendre garde d'enlever les fausses
rousses qui, quoique (ans fruit, & provenues ou
non sur le pied des Ceps, peuvent pourtant être trèsnécessàires pour raFailfer la Vigne, & y établir la
taille ou une pairie de la taille de l'année suivante.
Cette attention est de la plus grande conséquence
pour la durée ou le rapport de la Vigne. C H A P I T R E X. ROGNURE. ROGN ER la Vigne, c'est arrêter & couper le bouc
des bourgeons de l'année. Cette façon se donne
quelque tems après la fleur; mais à l'égard feulement
des Vignes qui pouffent très-fort, je conseille de ne
les rogner que dans le mois d'Août. C'est vers le com- --- Page 393 ---
DE HANTER. ET CULTIVER LA VIGNE. 19 tnencemeut de ce mois qu'on doit édruger la Vigne i
c efl-à-dire, retrancher les saillies pousses qui. lonc
(orties sur les bourgeons de l'année même.
tems après la fleur; mais à l'égard feulement
des Vignes qui pouffent très-fort, je conseille de ne
les rogner que dans le mois d'Août. C'est vers le com- --- Page 393 ---
DE HANTER. ET CULTIVER LA VIGNE. 19 tnencemeut de ce mois qu'on doit édruger la Vigne i
c efl-à-dire, retrancher les saillies pousses qui. lonc
(orties sur les bourgeons de l'année même. CHAPITRE X I. REGARNISSEMENT DE LA VIGNI. REGARNIR une Vigne, dans le sens que je l'entends ici, c'est remplacer,ou de mauvais Ceps, ou de
jeunes Plants qui n'auroienr pas pris, ou qui auroienc
mal pris ; ce qui ne peut guères manquer d'arriver,
dans toutes les plantations. Dans les Vignes faites, lorsqu'il se trouvera dans
le voisinage des places à regarnir, des Ceps assez
vigoureux pour fournir des [armens d'une force &
d'une longueur suffisantes , on couchera un de ces
farmens à la place qu'on voudra regarnir, en faisant
une rigole de la profondeur d'un pied, sur-tout dans
les terres légeres-, on en relevera la partie qui doit
former la tige, on remplira la rigole ; & cela fait,
on taillera le (arment à deux yeux seulement. L'année suivante, après la Vendange,ou la même année,
si le couchage ne s'étoit fait qu'au prinrems, ce qu'en
général je ne conseille point, on séparera entièrement
de la mere-souche le Sarment couché, & enlime &
des la même année on ouvrira autour de ce proviI1
ou nouveau Cep , une fosse suffisante que l'oa
fumera aussi-rôr, & que l'on comblera après l 'iuver,
ainli que je l'ai marqué dars l'arycle de la fumure. --- Page 394 ---
30 NOUVELLE MÉTHODE Si, pour faire ce regarniflement, il n'y a point de: Ceps convenables dans le voisinage, alors on fera un
trou d'un pied de profondeur (ur autant de largeur,
& après avoir remué la terre du fond, on y planteraun sarment enraciné de la maniere & avec les précautions que j'ai marquées dans l'article précédent,
& à la page 25. On en agira en tout de même pour les Plants qui
auroient manqué dans les nouvelles plantations. J'estime que dans le cas de cet article & du précédent, on fera bien de fumer en plantant, & qu'à
l'exception des terres trop mouillées ou humides, oii
doit planter avant l'hiver. L'objet de ce regarniflement, comme on voit,
n'est uniquement que d'entretenir la plantation, &
de remplacer les Ceps originaires, mais non de les
provigner & multiplier , comme on est dans l'usâge
de le faire par-tout ou presque par-tour. Cette pratique , & la proximité des Ceps en tout lens, (ont
très-mal vues, & tout leur essèt est de détruire la
Vigne & de ruiner le Propriétaire, qu'elles consument
en fausses facons, en fumier, & en échalas. C'est un
des barbarismes de l'Agriculture, où ils ne font rien
moins que rares.
les
provigner & multiplier , comme on est dans l'usâge
de le faire par-tout ou presque par-tour. Cette pratique , & la proximité des Ceps en tout lens, (ont
très-mal vues, & tout leur essèt est de détruire la
Vigne & de ruiner le Propriétaire, qu'elles consument
en fausses facons, en fumier, & en échalas. C'est un
des barbarismes de l'Agriculture, où ils ne font rien
moins que rares. C'elt ici que se termine la Méthode que je viens
de donner. Je vais exposer maintenant celle que j'ai
annoncée pour toutes les Vignes faites. --- Page 395 ---
DI P1.A1-f't11l ET CUtTrVÉR £a: VWnE. st NOUVELLE METHODE, O u MÉTHODE PARTICULIERE, POUR traiter ct gouverner toutes les Vignes déjà
existantes, à beaucoup moins de frais qu'à présent L A Méthode que je viens 4e donner réunit to*
les avantages, & le mérite de la plus belle forme, à
l'excellence du fond, & c'est pourquoi je ne défère
poinc qu'avec le tems, elle ne devienne d'un tUagç
universel ; mais quant-à présent je suis fondé à croire
que celle que je vais proposer est encore plus néceksaire, & que pendant très-long-terns. elle sera. de
beaucoup la plus utile & la plus réellement profitable
à tous les pays vignobles, attendu qu'il y a beaucoup
plus de Vignes plantées, qu'on n'en plantera , ut
-qu'on ne peut en pianter d'ici à un grand nombre
d'années. Ce n'est pas qu'en général, on ne pur réduire
toutes les Vignes à la forme de la précédente Mé<-
thode, & y établir en tout point le même espacement. Les expériences que ie rapporterai à la suite
de la présente Méthode en font les preuves -, cependant comme cette opération est longue, qu'elle doit
paroÎtre couteuse, quoique souvent à tout compter
elle ne coûte rien, qu'elle cst difficile ou du. moins
t --- Page 396 ---
£ t NOUVELLE METHODI très-délicate, qu'elle exige un plus grand nombre de
bons Ceps qu'il ne s'en trouve dans une grande parne des Vignes faites, & que d'ailleurs , à l'aide de'
la Méthode que ie vais donner, cette opération sera
beaucoup moins nécessaire, je dois croire que peu
de personnes seront tentées de la faire \ & c'est pourquoi je n'ai point donné & je ne donnerai point le
procédé de cette opération. Je pourrai pourtant le
communiquer, mais je ne le communiquerai qu'aux
personnes qui me le demanderont, & qu'en me
donnant par ellps, sur leurs Vignes, tous les renfeignemens nécessaires pour en bien connoître l'état
& pour pouvoir les aider de mes conseils en connoiflance de cause. Aureste, quelqu'importante que soit la Méthode
que je vais donner, il faut pourtant avouer que,
quoiqu'elle contienne un grand nombre de combinaisons qui lui sent rropres, & des plus inréreflantes,
elle n'est dans tout le relle , que la Méthode même
qui la précédé. On espace la Vigne & on la cultive de mille manieres, & de toutes ces manières, il n'y en a pas
une seule où il n'y air de très-grands abus, toit parce
qu'on y fait de sausses opérations , Cuit parce qu'on
fait mal celles mêmes qu'il faut faire.
quoiqu'elle contienne un grand nombre de combinaisons qui lui sent rropres, & des plus inréreflantes,
elle n'est dans tout le relle , que la Méthode même
qui la précédé. On espace la Vigne & on la cultive de mille manieres, & de toutes ces manières, il n'y en a pas
une seule où il n'y air de très-grands abus, toit parce
qu'on y fait de sausses opérations , Cuit parce qu'on
fait mal celles mêmes qu'il faut faire. Je ne rappellerai ici qu'une partie de ces abus,
parce que l'uîage de la Méthode qui précédé, suffira
seu! pour faire cesser les autres, & en être le remede. L'usage où l'on cft presque par-rout, non de
regarnir, ccmme je l'ai dit dans la première Méthode* --- Page 397 ---
Çï PJ. AN TE*. ET CULTIVER 1 LA VlQHf. Jt .V (■ ? ■■ w
c malade provigner pour multiplier les Ceps, & d'un,
en fair; plusieurs, est une invention de la cupidité,
mal vue suus reus les rapports, & un abus ruineux,
en ce qu'il est également préjudiciable à la Vigl1ç 8ç
au Propriétaire; ainu, quoi qu'en puifTcnt dire les
Vignerons, & quelques prétextes qu'ils puiflenr en
donner, il ne faut provigner dans le sens que je
l'entends ici, ni dans les jeunes Vignes, ri dans les
vieilles ; sauf pourrant" dans les jeunes Vignes qui
n'auroient pas encore éréprovignées, à mettre dans
les rangées, un Cep entre deux , si le cas l'exige, ou
à regarnir de la maniere que je l'ai enseigne dans
ma premiere Méthode, La grande multiplicité des Ceps, suite nécessaire
du provignage, est comme lui un très-grand abus,
en ce que les tiges absorbant pour se nourrir ellesmêmes une partie de la séve qu'elles pompent pac
leurs racines, cette pal tie de séve ainsi employée D4
peut plus l'être à produire de nouvelles pousses qui
auroient donné du fruit ; d'où il suit évidemment,
que. la trop grande multiplicité des tiges , nç
peut qu'être contraire au rapport de la Vigne,
indépendamment de beaucoup d'autres inconvéniens
rrcs-graves, tel, entr autres, que la trop grande pro.
ximité des Ceps; ainsi la trop grande multiplicité
étant un abus, & un très-grand abus, il faut le d'e
truire ; & on le détruira, au moins en grande partie,
par les trois opérations que je vais indiquer, La premiere, qui est commune , ainsi que la
fçconde, à toutes les Vielles espacées ou non c'est --- Page 398 ---
J4 N 0 TF V ï IL G M TOR 0 D 1 d arracher tous les mauvais Ceps, c'est-a-àire. tout
les Ceps qui tte rapportent pas, ou qui né rapportent
que rarernent & dans des aiihëes extraordinaires.
la fécondé, c est d arracher pareillement tous les '
Ceps foïbles , & en: même tems d'une mauvais*
Tenue, sur tout quandils ont un certain âge. -
La troisîeme. particulière aux Vignes épaHfes ou
serrées, comme le font du plus au moins les trois
quarts des Vignes du Royaume, c'est de dédoubler
rous les ceps dont ia distance entr'eux est moindre d'un
pied ; ainU quand deux Ceps peu vigoureux se trou
veront'a moins d'un pied l'un de l'autre, on -en*'tüpprimera un, & toujours le plus foible ; l'âiitre, par
nombre de raisons, en deviendra beaucoup plus :
fort. • ^
épaHfes ou
serrées, comme le font du plus au moins les trois
quarts des Vignes du Royaume, c'est de dédoubler
rous les ceps dont ia distance entr'eux est moindre d'un
pied ; ainU quand deux Ceps peu vigoureux se trou
veront'a moins d'un pied l'un de l'autre, on -en*'tüpprimera un, & toujours le plus foible ; l'âiitre, par
nombre de raisons, en deviendra beaucoup plus :
fort. • ^ Si aux environs des Ceps qu'ïls'agit de dèdo,ubl,ct,>"
il y a quelques places à regarnir, on y couchera a
demeure les Ceps qu'on auroidùPFriniés: rans- cerce ^
circonstance s'ils peuvent y atteindre ; & s'ils ont
d'àillears les. qualités convenables, on les couchera
généralement à la profondeur d'un pied, & on rie
leur laissera hors de terre qu'un ou deux fârmens,
à mojhs que le Cep ne sûr très-vigoureur, auquel
cas oh 'poutroit iailTer trois sarmens, dont deux
taillés â trois yeux ? pour être entièrement extirpés
l annee d après ; & l'autre à deux yeux seulement,
pour être cbn[ervé & former la tige. ; • Oh pourroit replanter ces deux sarmens supprimér,
& en général tous les brins retranchés, dans les parties de la Vigne où il en manqueroit. --- Page 399 ---
DE M.ANTER IT CULTIVER LA VîGNB. 35 C ij Ces trois opérations ne coûteront rien , & il en
résultera une grande économie & de très-grands
avantages pour le rapport & la durée de la Vigne «
en observant d'ailleurs tous les Principes que j'ai
donnes sur la taille. Pour éviter toute confusion & les méprises, on
fera bien de procéder à ces opérations successivement
& dans l'ordre que je les ai présentées. Si après avoir fait les deux premieres opérations *
on s'apperçoit qu'il y a un trop grand vuide, il faudra ou provigner ou planter comme je l'ai dit dans
ma premiere Méthode, à l'article du regarnissement
de la Vigne. J'estime que dans les Vignes dont il
s'agit j on ne doit pas replanter les Ceps, ni à plus
ni à moins de deux pied,; de di/lance l'un de L'autre. TAILLE, LONGUES TIGES ETVIEUX BOIS, Ou quatrième Principe sur la. Taille. Longues tiges & vieux bois, ou vieilles branches,
deux cautes principales & tres-communesdela ruine
des Vignes, & en particulier de routes les espèces de
Vignes tenues en treilles, hautes ou baffes. Ce que
j'ai dit précédemment à l'occasion de la multiplication des tiges, peur s'appliquer également à leur trop
haute élévation & aux vieilles branches : la raison eil
la même > ainsi je ne la répéterai point ici. Maig
comme ce n'est rien que de monrrer le mal f
on n'en donne le remede, on le trouvera dans les
préceptes (uivans.
; à quatre
dix jumens, à trois pour fix
perfonnes pour
jumens, & à deux
pour quatre jumens (r).
FOIRES
Oncréera ou onindiqaera dans chaque
des foires quife tiendront, chaque année province,
9 une ou
(:) Voyer page 199 du Traité des Haras de
publié, : l'année dernière, par M. Hugard, & qui Harimann, fe
Paris,chez Barroisjeune, Quai des Auguflins.
trouve --- Page 319 ---
(35 )
deux fois, & dans lefquelles ne pourroient être
les chevaux ifus & élevés dans le
admis que
auroient remporté le prix, ou qui
Royaume, qui
les Juges du concours. Laferoient marqués par
à la cuiffe hors du
quelle marque ne feroit-appofée
chevaux fans tare. L'on puniroit
montoir, qu'aux
févérement tous maquignons 1 2 particuliers 9 ou
La marque des cheautres qui la contreferoient. mile fur la cuiffe du monvaux couronnés feroit
toir, afin d'être diftinge de l'autre.
Ces foires réuniroient plufieurs avantages réels;
celui de concourrir à la propagation de l'efpèce,
même de l'accélérer; de fournir un débouché certain
la vente, & un lieu fixe pourlachat; de
pour
défireroient faire l'acforte que les perfonnes qui
à la certitude
quifition de chevaux, joindroient T'affurance de les avoir
d'en trouver de beaux,
de
de bonne elpèce, & fur-tout exempts
provenans
les
favent fi bien ca*
ces défauts que
maquignons
a l'oeil du
cher,qui même échappent quelquefois
connoiffeur, & méttent l'animal hors
plus parfait de rendte les fervices qu'on s'en promettoit.
d'état
défignant les efpèces, on auroit au
La marque
moins Tavantage d'acheter celuiqu'on préfèreroit,
dans le cas de prendre un
& on ne tomberoit pas
cheval breton pour un normand, &c.
L'acheteur, ne courant aucun rifque, donneroit
C 2 --- Page 320 ---
(36)
fon argent avec confiance, &
luila fatisfaction de n'avoir
emporteroit avec
fon
Ipoint été trompé dans
emplette. Le nourricier, ambitionnant de
donner à fes élèves Phonneur de la
foire, qui feroir
pour eux un débouché sûr, emploiroit fes foins à
s'en procurer, quifoient dignes d'y être admis,&
rejetteroit tous ceux que des vices de
en exclueroient. Ainfi, petit à perit, conformation les chevaux
défeêueux difparoitroient, & feroient
par ces beaux modèles qui font T'admiration remplacés
plaifir des connoiffeurs.
& le
CHAPLTRE V.
Haras fixe.
-
Inefdet toute néceffité f l'on veut avoir des
vaux de Jang, 9 c'eft-à-dire des chevaux de
chedu côté de pere & de mere, d'établir
racepure
dans chaque province;
un Haras fixe
de tel canton deftinées parce à aller que parmilesjumens
les rapports de taille, de
au même Etalon,
fature, de conformau
tion, font généranx & fuffifans, pour'avoir
beaux chevaux; mais comme
de
des différences
ily a des nuances, 9
particulieres, Taffortiment ne peur
-à-dire des chevaux de
chedu côté de pere & de mere, d'établir
racepure
dans chaque province;
un Haras fixe
de tel canton deftinées parce à aller que parmilesjumens
les rapports de taille, de
au même Etalon,
fature, de conformau
tion, font généranx & fuffifans, pour'avoir
beaux chevaux; mais comme
de
des différences
ily a des nuances, 9
particulieres, Taffortiment ne peur --- Page 321 ---
- 37 )
quelqw'attention qu'on y porte, être auffi
jamais,
fi l'on avoit des jumens de choix,
parfait que l'afforciment des formes eût-il lieu ?
D'ailleurs
celuides naiffances qui eft tout aufli intéreffant,
celui des climats qui n'eft pas moins effentiel,
les produftions pêchent & ne remplifmanquant,
C'eft donc dans les Haras fixes
fent point l'objet.
Te
d'Etaoù l'on ne négligera rien pour pourvoir confilons & de jumens d'un fang noble, d'une
guration parfaite, & de climats affez oppofés ; que
les jumens bien foignées, bien penlées, jouiffant
de la nourriture & du repos qui leur convient 9
donneront des poulains précieux: & ce n'ef que
dans des Haras fixe, ou ces mêmes poulains foi- 2
nourris, élevés comme ils le doivent, atgnés,
de
qui leur étoit Zeftendront le degré
perfegion
tiné
la nature, étant développé & confervé pat
la main par & 1 les foins de Phomme. C'eft dans les
Haras fixes que les races, toujours croifées & jaavec d'autres moins pures, fe
mais mélangées
leur
Cette véconferveront dans toute
fplendeur.
rité eft fi conftante, que fion la négligeoit longen ceffant de renouveller les races par des
temps 9
plus
Etalons étrangers,les gindrationwavriltoienty
felon le climat & la nourou moins promptement,
vient
riture, & s'éteindroient même, parce qu'il
ou la matière dominant enrièrement fur
un temps
C3 --- Page 322 ---
(38 )
T'altère, la défigure, & la vicie. Les
la forme,
dans les Haras, & qui
hommes qui feront occupés
les conenfuite dans leurs cantons,
reporteront
auront acquiles, y feront un
noiffances qu'ils y
les bons
Les
bien infini en répandant
principes. Haras,
beaux chevaux qu'on verra fortir de ces
T'eftime qu'on en fera, le gain qu'ils offriront, tout
réveillera l'émulation affoupie, & multipliera l'accroiffement & la perfeltion des races inférieures.
Des marques du Haras.
Chaque province aura une marque particulière, (on Haras
& toutes les produéuons qui fortiront de
feront
à la cuiffe gauche; elles le feront
en
marqués
à celui
auffi à T'encolure d'un numéroqui répondra réfultera
de TEtalon dont elles feront iffues. Il en
qu'on évitera par ce moyen tout accouplement des
acquerrera l"habitude
inceftueux ; qu'on
a
difterencierontles chevaux de chaque
nuances qui
& autres perfonnes à la
province. Les Infpedteurs intéreffés sà veiller au bien de
tête des Haras, feront
leurs talens feront mis au joar
la chole, parce que
des élèves; léparleplos ou moins de perfeftion
mulation fe gliffera parmi eux, & généralement
faire
3:
dans poutes les provinces; chacune voudra
mieux
fa voiline, & acquerrir le dégré de
que
vaux de chaque
nuances qui
& autres perfonnes à la
province. Les Infpedteurs intéreffés sà veiller au bien de
tête des Haras, feront
leurs talens feront mis au joar
la chole, parce que
des élèves; léparleplos ou moins de perfeftion
mulation fe gliffera parmi eux, & généralement
faire
3:
dans poutes les provinces; chacune voudra
mieux
fa voiline, & acquerrir le dégré de
que --- Page 323 ---
(39)
oû celle-ci aura atteint. Il en feroitde
fupériorité
comme de celles de
cette branche de commerce cherche à s'élever
ou chacune
nos manufactures,
au-deffus de fa rivale, ou pour le moins aTégaler.
svS
VI. ailaedt
CHAPITRE
290 T9irt
oa
Courfes.
C
LATABLISEXENT des courles ef la voie qui
le
sûrement a la perfeltion & a
peut conduire plus
eft même fufla confervation des races ; ce moyen
entraîner la révolution- En effet, com*
fifant fe pour refufer à l'évidence qui nous montre que
ment
eft celui qui foutient & perpétue les chece moyen
c'eft par lui que
vaux de fang en Angleterre; que
totalement changée, & quelefpèce
l'efpèce a été
celle-ci, s'eft
vile & méprifable qui avoit précédée
entièrement évanouie. Depuis que les Américains
introduit les courfes dans leurs colonies, l'efont
chevaux
eft devenue meilleure & s'y
pèce des
y
enfin la Virginie, le
perfellionne tous les jours;
ne le cèdent en
Marylland, &c. en fourniffent qui
rien aux chevaux de la grande Brethgne.
oit
Les courfes feront avantageufes pour le pays
C 4 --- Page 324 ---
ellesferont
(4o )
tenvogue, en lui donnant
Preponderance réelle fur fes voilins. tonjoure une
commerce des chevaux, foit
Soit pour le
Pour
a
lerie
avoir une
3 fupérieure, On, fait que c'ef
cavaque les Theffaliens, voifins de la par les courfes
Macédoine, fe
Grèce & de la
du cheval; & que les
Nemitanemtes
Theffalie, fe ditinguérent lapithes, autre peuple de
nier ces animaux, &
par leur habileté à mamords; qu'enfin les Haras imaginérent les premiers les
d'Argos, durent à ces fortes d'Epire, de
de Mycène &
5on finguliere à
combats la perfeclaquelle ils
cette émulation
parvinrent, & c'eft
qui a multipliée en
Felpeces au point ou elle ef.
Angleterre
roit-elle pas Parmi nous le même Pourquoi ne produiplus.in'y a pas de région ou les effer? Difons
téreffens davantage à la gloire & particuliers s'innation, il fuffit deleur
au fuccès de la
courles-les fourniront; emindiguerles elles
moyens,les
tage d'offir une voie sûre & auront encorelavanun cheval, de s'aflurer de fa infaillible, d'apprecier
organifation,
vigueur & de fa bonne
ef lemeilleur, parce que celi qui femporte le
& mérite d'être
prix
fervice descavaless Un cheval
préféré pour le
raifon de la forcede fes reins ne peur courrir gu'à
vitelle eft toujours &
& de fes jarrets; fa
au seflort, à l'clafticité egesummmupepetaa de
11. ces paries; il ne peut
urer de fa infaillible, d'apprecier
organifation,
vigueur & de fa bonne
ef lemeilleur, parce que celi qui femporte le
& mérite d'être
prix
fervice descavaless Un cheval
préféré pour le
raifon de la forcede fes reins ne peur courrir gu'à
vitelle eft toujours &
& de fes jarrets; fa
au seflort, à l'clafticité egesummmupepetaa de
11. ces paries; il ne peut --- Page 325 ---
(4r)
foutenirla célérité de fa courfe que par une bonne
excellente
intérieure; ;
haleine & une
organifation
les
recherchées dans un
il a donc toutes
qualités
Etalon: caril fautavouer que l'infpeaion feule ne
fauvera jamais T'homme le plus profond & le plus
du
d'errer fouvent en ce
connoiffeur, 9
défrgrément
quiconcerne le fonds due caraéère & du tempéramment de l'animal, & les différentes qualités intéfieures qui en confituent la force & le courage.
n'ait pas befoin
Ainfi quoique chaque particulier
de chevaux de courfe,TEtat à un befoin indifpenfable d'avoir des courfiers, afin de produire e, avec
desjumens plus ou mbins nobles, des. chevaux de
bonne qualité. Henri VIII avoit fi bien connu la
annoblir,
certirude de ce moyen, pour perpéruer,
&.fertilifer de tous les animaux T'efpèce la plus
atile,qu'il fit une loi qui ordonna la confervation
des chevaux de race, c'eft-à-dire de courfe, en
Angleterre; ; &c les premiers prix accordés par le
gouvernement, firent fur les efprits une impreflion
&fiforte & fi vive, quedepuis, cet exercice a été
porté au point de vigueur ou on le voit. Les prix
donnés par le Roi (ont de cent guinées, ceux qui
font accordés par les villes ou conféquemment à
des foufcriptions particulières, font de cinquante
guinées, & ne peuvent être moindres par aste du
Parlement.
; &c les premiers prix accordés par le
gouvernement, firent fur les efprits une impreflion
&fiforte & fi vive, quedepuis, cet exercice a été
porté au point de vigueur ou on le voit. Les prix
donnés par le Roi (ont de cent guinées, ceux qui
font accordés par les villes ou conféquemment à
des foufcriptions particulières, font de cinquante
guinées, & ne peuvent être moindres par aste du
Parlement. --- Page 326 ---
(42)
Mais pourquoi ces récompenfes
Gouverement, ont-elles
données par le
vive impreffion,
fait fur les elprits une fi
& que Taugmentation de ces
compenfes a porté les courles au
réoi on les voit. C'eft
point de vigueur
tages quiintéreffent qu'elles réuniffent des avanfonnelsc'ef
le bien général & le bien
que ces fommes & celles des pertournent à l'avantage des poffeffeurs
paris
or, comme ilya plufieurs courfes
de chevaux:
même cheval conduit
dans une année, le
dans différens
gner plulieurs prix; & il eft des
lieux, peur gaagagné treize confécutifs,
exemples où un, en
5840 guinées.
montant à la fomme de
maitrellors
Quel appdr! quel bénéfice pour le
même qu'on
lui en auroit coûté
fuppoferoit que le cheval
IOOO. Je n'héfite donc
à
regarder les courfes de chevaux,
pas
faires a la
comme nécef.
produgion & au maintien des bonnes
races, des races pures de chevaux fins.
N'étant pas mieux pourvus de chevaux de carrofle que de ceux de felle, les uns étant auffi
ceffaires queles autres, il eft jufe d'accorder néprixà ceux quien éléveront,& d'établir
des
de chars dans
des courfes
lelquelles on affurera la même impartialiré que dans les courles de
fe trouveront les mêmes
chevaux, & où
Toute gêne, toute. avantages.
tion en feront
contrainte, toute prédilecbannies; le concours fera abfolument
fle que de ceux de felle, les uns étant auffi
ceffaires queles autres, il eft jufe d'accorder néprixà ceux quien éléveront,& d'établir
des
de chars dans
des courfes
lelquelles on affurera la même impartialiré que dans les courles de
fe trouveront les mêmes
chevaux, & où
Toute gêne, toute. avantages.
tion en feront
contrainte, toute prédilecbannies; le concours fera abfolument --- Page 327 ---
(43)
les rangs 2 les
libre à tout le monde 2 les perfonnes, des uns & des
qualinés, feront oubliés, les chevaux
les
entrer en lice, on ne juge point
autres pourront
on les juge fur le
hommes, mais les chevaux,&
de
donner la mefure jufte
feul élément qui puiffe
leur fupériorité.
lieu depuis le mois d'avril
Les courfes auront
mois d'oftobre inclufivement. Osprendra
jufqu'au de fête, fi lon craint la perte du temps
desjours
des lieux où il y aura des courfes.
pour le peuple
courir, ceux
Aucun cheval étranger ne pourra feront feuls
d'origine & d'éducation françoile Haras d'oà
& au moyen de la marque des
reçus;
ou de celle du prix qu'ils auront obteils fortent,
ou de celle qu'on
nus comme beaux poulains, admettre aux foires, on en
leur aura faite pour les
fera certain.
quec'ef mettre des entraves
Quamtalobjation,
pariculières, en ne recevant que
aux produdions
& que le nombre de perles chevaux marqués,
élèvent des poufonnes qui ont des Haras, ou qui
à la
d'Etalons, qui, pour n'être pas
lains procrées
moins de bonne race & de
province, n'en font pas
de T'injuftice à
trouveroient
belle configuration, exclus de la carrière > : voici
voir leurs nourriffons
On connoit toujours dans chaque proma réponfe.
qui ont des Haras diltingués;
vince, les particuliers
que le nombre de perles chevaux marqués,
élèvent des poufonnes qui ont des Haras, ou qui
à la
d'Etalons, qui, pour n'être pas
lains procrées
moins de bonne race & de
province, n'en font pas
de T'injuftice à
trouveroient
belle configuration, exclus de la carrière > : voici
voir leurs nourriffons
On connoit toujours dans chaque proma réponfe.
qui ont des Haras diltingués;
vince, les particuliers --- Page 328 ---
(44)
on admettra donc tous chevaux
en fortir. D'ailleurs
qui féront prouvés
comme l'eflentiel &
Principal eft d'encourager la
l'objet
fedion, & qu'au bout de Propagation & la percourles & les prix accordés quelques années, les
auront fait furles
par le Gouvernement
efprits une impreflion aflez
pour procurer l'embellifement des
vive
tionales, alors il ef
produ@ions nafurlesraces des
peu important d'être févère
de recevoir
chevaux; il fera même plus à propos
indiltingement tous ceux
fe
teront pour entrer en lice. La
qui préfendes çoncurrens
quantité & la qualité
V'émulation. ne peuvent qu'accroître & fortifier
Une des loix fondamentales fera
les chevaux ne feront
que
montés, dans les
que parr des François. Le Prix de la courle courfes,
moins de 1200 liy.
fera au
Les Anglois ont réveillé,i1 eft vrai,
IUE
en Earope, le goût des courfes de
les premiers
temps cultivé par les Grecs. En admettant chevaux, longnousles courfes de chars, nous ferons les
parmi
en Europe qui les auront renouvellées, & premiers les
tions qui.les établirontenfuire chez elles, les navront de nous, comme nous recevrons des iece- Anglois celles de chevaux. Ces courfes illuftrèrent
l'ancienne Grèce, elles furent chantécs
potres, elles faifoient T'objet
par fes
fétes, & elles contribuérent
principal de fes
Ay fixer cette fupé-
de chars, nous ferons les
parmi
en Europe qui les auront renouvellées, & premiers les
tions qui.les établirontenfuire chez elles, les navront de nous, comme nous recevrons des iece- Anglois celles de chevaux. Ces courfes illuftrèrent
l'ancienne Grèce, elles furent chantécs
potres, elles faifoient T'objet
par fes
fétes, & elles contribuérent
principal de fes
Ay fixer cette fupé- --- Page 329 ---
(45 ).
riorité de lumières qui l'a G long temps difinguée
du refte du monde. Ce godt fubjugua aufli les
Romains,rehauffa Péclat de Rome, & nefe perdit
la
de T'Empire. Cet oubli dans
qu'avec fplendeur
fi
lequel les courfes de chars font tombées depuis
tient, fans doute, à ce qu'il lfaut plus
long-temps,
conduire fur Tarène,
d'art, plus de dextérité pour
un char attelé de plufieurs chevaux, que pour en
monter & manier un feul. Mais cette difficulté
n'auroit - elle pas dû, au contraire, engager les
établirdes
gens riches, ceux qui aimentla gloire,
courfes de chars? Quoi de plus noble! quoi de plus
fatisfaifant que de tenir fous fon obéiffance quarre
de leur infpirer le
brillans & vigoureux courfiers,
défir de vaincre, & les trouvant auffi ardens que
dociles à féconder la main quiles guide; les voir
linquiétude de leurs mouvemens, témoigner
par leur impatience & leur ardeur; au moindre fignal
déployer leurs refforts, précipiter leurs pas avec
de l'éclair, tedoubler de célérité & d'ala rapidité devancer leurs rivaux! Quoi de
dieffe pour
de
les
que
rR
fatteur pour l'athléte qui
conduit,
chir, à lafpea du but, les difficultés fans les appréhendèr! Il efface, par fon air d'affurance, la
crainte du coeur des ipeflateurs, quw'inlimnent,
s'agitent, fepallionhent, comme s'ils conduifoient
eux-mêmes les chevaux; il y fait Juccéder cette --- Page 330 ---
(46 )
joie pure, ce plaifir qu'infpire la vidoire. EA-il
inflant plus délicieux qne celui d'entendre
lun
dejoie& d'allegreffe qui
les cris
font voler fon
proclament le vainqueur,
nom de bouche en bouche, & le
gravent dans la mémoire des hommes,
CHAPITRE VIL
Taxe, Impôt.
Lasc Communautés
paient annuellement
IOO liv., plus ou moins
80, a
eft al la charge de ceux
par Erslon, outre ce qui
qui ont des jumens, Que l'on
fupprime ces paiemens qui fe font d'une manière
inégale, que l'on faffe une répartition annuelle
railon du rôle des impofitions,
à
trois ou fix deniers
par exemple, de
par livre. La répartition
moins onéreufe que celle qui exifte
fera
droit de monte étantanéanti,
aujourd'hui. Le
&avec lui les
tions dont jouiffent les Gardes-I Etalons, exempunediminution dans chaque
ily aura
quote-part des
tions, ce qui rendra
impofiégales les charges locales. imperceptibles ou du muins
Que l'on mette
tant fur les chevaux de ville
fur
unetaxe,
pagne, ainfi que cela fe
que
ceux de campratiquoit anciennement
ufe que celle qui exifte
fera
droit de monte étantanéanti,
aujourd'hui. Le
&avec lui les
tions dont jouiffent les Gardes-I Etalons, exempunediminution dans chaque
ily aura
quote-part des
tions, ce qui rendra
impofiégales les charges locales. imperceptibles ou du muins
Que l'on mette
tant fur les chevaux de ville
fur
unetaxe,
pagne, ainfi que cela fe
que
ceux de campratiquoit anciennement --- Page 331 ---
dans
(47)
beaucoup de provinces, & comme cela fe
pratique, dans les Pays-Bas autrichiens,
Duché de Modéne & ailleurs,avec
dans le
que lesgens vivans noblement,
cette différence
du cultivateur.
paieront le double
chevaux formant L'augmentation & la perfeaion des
point d'inconvénient un avantage univerlel, il n'y a
Royaume. Cette
d'y faire concourir tout le
fait
taxe ne fera point onéreufe
attention que les chevaux nationaux
fl'on
moins que ceux que l'on fait venir du couteront
auront autant de qualités. Quel'on
dehors, &
T'on augmente T'impôt fur
établifle ou que
tous les
entrent de T'étranger dans le
chevaux qui
Royaume, cela
tiendrala vente des chevaux
fouchera la fortie de l'argent. nationaux, & empdnord ou les chevaux
Dans tous les Etats du
rables branches
forment une des plus confidedu commerce avec
impôr a lieu. Il ne
T'éranger, cet
téte, généralement feroirpas trop fort à IOO liv. par
parlant: & il
que plus il fera haut, plus
efinconteflable
par l'augmentation de la Pimportation fera baffe
d'un côté, & la diminution multiplication nationale
de la
vaux érrangers de l'autre,
valeur des chefuivie de celle des
qui fera néceffairement
individus.
On peut encore mettre une
lets & mules, & il feroit à taxefur tous les mufut triple & même
propos que cette taxe
quadruple de celle impofée fur --- Page 332 ---
- 48 )
les chevaux,afia d'engager les particuliers à préférer l'éducation de ces derniers, Ily eut un
où le commercedes chevaux éroitabandonné temps
en Efpagne,& on ne parvint à le revivifier qu'en employant ce moyen, & en faifant payer ceux qui
montoient fur âne ou mulets au lieu d'aller à
cheval.
Les baudets étalons feront également dans les
dépôts avec les chevaux entiers, mais il en codtera fix livres & un boiffeau d'avoine pourle droit
de faillie, & il fera défendu à toute pérfonne, telle
qu'elle puiffe être, de tenir des baudets, pour fervir
les cavales, fous peine de confication & d'amende,
nodo
o1O0
CHAPITRE
ne ou mulets au lieu d'aller à
cheval.
Les baudets étalons feront également dans les
dépôts avec les chevaux entiers, mais il en codtera fix livres & un boiffeau d'avoine pourle droit
de faillie, & il fera défendu à toute pérfonne, telle
qu'elle puiffe être, de tenir des baudets, pour fervir
les cavales, fous peine de confication & d'amende,
nodo
o1O0
CHAPITRE --- Page 333 ---
(49)
CHAPITRE VIIL
Diredion des Haras.
N des Haras a fouvent
LADMISTETRATIO
Tantôt elle a été partagée entre plufieurs
changée.
tantôt elle a été réunie fous 'un
Adminifrateur, été conftant dans tous les temps,
Teul. Mais ce qui a
avoir des chec'eft une dépenle énorme pour
ait
que cette dépenfe en
jamais
vaux (1),fans Dans le nombre des Adminiftrateurs qui
produit.
Colbert, quelques-uns, fans
ont eules Haras,depuis
s'en fon;
connoiffances relatives à cette partie,
aveuglément à des Infpeaeurs plus ignc
rapportés
placés & protégés par eux, & fouvent
rans encore,
fordide. D'autres, fans
Euidés par l'intérêt le plus
ont laiffé les vices &
Eour pourl le bien de la chole,
avec toutes
les abusfans les réptimer. Quelques-uns &avecle
les lumières & tousles talents néceffaires,
été
défir de régénérer les Haras, ont
plus grand
liv., pour le Tréfor Royal feulement, fans
(*) 814/0c0
des Provinces, comme
y comp prendré les dépenfes particulires la Bourgogne, &c. Les
la Bretagne, le Berry , la Guienne,
liv.
Haras coltent, à cette derniere, 30,000
D --- Page 334 ---
(so) )
contrariés par les provinces, par leurs Intendans,
& pari une foule de difficultés de toute efpèce,
ils n'ont pris, ni affez d'intérêt à
oû,
roiuir contre ces difficultés, ni
l'objet pour fe
eu affez de crédit
pour les vaincre; & fe font bornés alors à l'honorifique de leur place.
Le feul, l'unique moyen de parer à ces inconvéniens, , c'eft que la diredion générale des Haras
ne foit remife qu'entre les mains d'un
pofé de perfonnes qui, parleur état, leurs corps com-
&leur amour pour la patrie, puiffent
talents
cette partie tout le zèle, les lumières & porter dans
tion néceffaires, & lui donner l'éxiftence la protec.
la
ftable & la plus avantageufe. Il eft donc à
plus
de
que les Etats-Généraux ou la commiffion défirer
intermé.
diaire, fuppofé qu'ils en établiffent une,ou enfin
le confeil de la guerre forme le diredloire
& les adminiftrations provinciales, la genéral,
diredion
jécondaire. C'elt-à-dire que chaque province ait
Tadminiftration de fes Haras, en
droiture avec le direaoire
correlpondant en
général, qui
feul fanctionner ou infirmer les réglemens pourra
foires que chaque province jugeroir convenables. proviIl eft inutile d'obferver que je n'entends
point
comprendre, dans la diredion générale, les Haras
royaux, qui doivent toujours étre de droit fousl'autorite& la dépendance du grand
ire que chaque province ait
Tadminiftration de fes Haras, en
droiture avec le direaoire
correlpondant en
général, qui
feul fanctionner ou infirmer les réglemens pourra
foires que chaque province jugeroir convenables. proviIl eft inutile d'obferver que je n'entends
point
comprendre, dans la diredion générale, les Haras
royaux, qui doivent toujours étre de droit fousl'autorite& la dépendance du grand Ecuyer de France, --- Page 335 ---
(si)
Jene m'étendrai pas fur les
adminiftration
avantages que cette
procureroit, il n'y a aucun bon
citoyen qui ne les entrevoie. II
ici un léger
mefufirade donner
apperçu relatif à la formation des
officiers à employer.
Formation des Oficiers des Haras.
I.
Qu'il foit créé un
Hlaras, chef de toute la Commifhire-général des
autres objets relatifs à la correfpondance & des
confervation des
qui vifera les comptes de recette & de Haras,
veillera fur les Officiers inférieurs,
dépenfe,
&c.
OBSEAYATIONA
Feu M. Bourgelat étoit
& tant qu'il a exercé cette Commiftive-génénl,;
place, nos Haras
éprouvé une amélioration fenfible. La
ont
homme célèbre aété
mort de ce
France. Cette
une perte réelle pour la
place étant d'une extrême
tance, il eft très-effentiel
impor.
qu'elle ne foit
que par une perfonne qui ait un amour occupé
du bien, & desconnoiffances
extrême
des protégés
profondes; & non
qui ont vécu dans
par
chevaux,& qui n'ont
Téloignement des
ficielles de la
pas même les notions fuper.
connoiffance extérieure de
maux.
çes ani.
D: --- Page 336 ---
((53)
31180 1
II,
ly aura quatre
des tournées dans Infpedeur-généraus les
qui feront
différent
leur feront allignés, pour fe faire départemens rendre
qui
veiller .aux affaires, éclairer la conduite compte,
peReurs,
des Inffous-In/pegeurs, &
toutes les perfonnes artachées généralement de
donner les achats & réformes aux Haras ; ordes
que les changemens
Etalons, ainfi
faire dans leurs
qu'ils jugeront néceffaire de
fervice.
placemens, pour le bien du
OBSEAYATIONS
En changeant chaque année le
département des
Ta/pedeur-générmus on évitera qu'ils
tolérer ni accorder de
puiffent rien
Haras. Leurs obfervations préjudiciable au bien des
la maffedes
particulières accroîtront
lumières, &
portée
mewonrfadenisifinatoni
d'agir avec connoiffance de caufe,
IIL
Ily - aura dans chaque province, un Infpedeurparticulier, qui fera à tête du Haras fixe, &
annexera les cavales publiques aux Etalons, qui les
appareillera & fera faire la faillie. Il fera
fa réfidance dans fon département.
toujours
bien des
la maffedes
particulières accroîtront
lumières, &
portée
mewonrfadenisifinatoni
d'agir avec connoiffance de caufe,
IIL
Ily - aura dans chaque province, un Infpedeurparticulier, qui fera à tête du Haras fixe, &
annexera les cavales publiques aux Etalons, qui les
appareillera & fera faire la faillie. Il fera
fa réfidance dans fon département.
toujours --- Page 337 ---
C53)
OBSERYATIONS
eft
Dansle réE9 Ce derhier point
tres-important.
aguel, l'Infpedeur des Haras d'une province
gime
dans un autre fort éloignée, &ne
habite quelquefois
faire fa reparoit dans fon département que pour
vue & dans le temps de la monte. Il s'en rapporte
aveuglément aux Gardes-Harar, aux Gardes-Etalons, &cc. Ces abus Ont été apperçus & reclamés
difoemmradnisifioaconr provinciales ; mais
par
toujours vainement!
I V.
eulq 91
un
Ily aura également dans chaque province, les
-
veiller à ce
-
Sous Infpedeur Ecuyer pour
& que bien
Etalons du Haras fixe foient bien nourris
penfés; pour les dreffer, les exercer, &c.
Formation du corps des Infpecteurs, 6c.
I.
Les InfpeSeurs & les Sous-Infpedeurs des
feront dorénavant choifis, non - feuleHaras,
vivant noblement 9
ment parmi les perfonnes
mais encore
ou parmi les Officiers de Cavalerie,
II.
parmi les perfonnes inftruites. Voyez Chapitre
page 28.
D3 --- Page 338 ---
(54)
I I.
Les
des
In/pefleum-générmue feront tirés du
Infpedeurs, & choifis, non
corps
cienneté, mais
par rang d'anavoir le
parmi ceux qui feront reconnus
plus de zèle, & le plus de
leur état.
lumières pour
IIL
Nul ne pourra devenir Infpedeur,
qualités exigées
s'y avec les
par l'arricle premier, Il n'a fubi
examen rigoureux fur toutes les
un
tives à
connoiffinces relaThippiatriqued e& à la manutention des Haras.
Etce fera celui qui aura énéjugé le
parmi les concurreris
plus capable
qui fera préféré, Les
Infpelteurs - Ecuyers,
SouspeStions, & à mérite pourront prétendre aux infs
rens, ils aurontla
égal avec les autres concure
préférence.
OBSERY A TIO NS.
L'onne peut employer des moyens
pour être affurés de leur
plus certains
méttant a un examen
capacité, qu'en les foufairement de
fairparce qu'ily aura nécefplus inftruit & de plus zélé
bien. Voyez cequien a été dit, Chapitre pour le
II, P.29.
I V,
Lg Sous - Infpedeurs - Ecuyers
pourront étre
ils aurontla
égal avec les autres concure
préférence.
OBSERY A TIO NS.
L'onne peut employer des moyens
pour être affurés de leur
plus certains
méttant a un examen
capacité, qu'en les foufairement de
fairparce qu'ily aura nécefplus inftruit & de plus zélé
bien. Voyez cequien a été dit, Chapitre pour le
II, P.29.
I V,
Lg Sous - Infpedeurs - Ecuyers
pourront étre --- Page 339 ---
(35)
Les:
fans êtte obliges de venir au concours. fureçus
provinciales préfenteront deux
adminiftrations
qui les mettra fous les
jets au direftoire général
celui
de fa Majelté, qui i
choifira
qu'ellejugera
yeux
à propos.
OBSERVATION N S.
qu'ils foient hommes
Il eft effentiel cependant aientles qualités phyde cheval, & fur-tout qu'ils
convenables à T'Ecuyer, quieft
fiques & morales
inftituteur du cheval (1)-
le véritable
des Oficiers des Harasa
Rangs & prérogatives
I.
Le Commiffaire & les lfpebaun-Césirmnsi bout de
de Cavalerie, & au
auront rang de Major
dix années de fervice, rang de Lieutenant-Colonel; bout de
de Meftre de Camp, au
ils auront rang
ans de fervice,
diafpedeuns-Genéraus.
quinze
101 I - OSSERYATIONS
ferComme tous ces Officiers continuerontleurs
ferviront tres-avantageufevicesalEcat, & quilsle
dans le Diétionnaire de Médecine de l'Encyclo-
(:) Méthodique, Voyet
le mot Ecuyer.
pédie
D4 --- Page 340 ---
(36)
ment, ilfera à propos deleur donner, dans la
ces grades fuapérieurs à celui gu'ils auroient fuite,
quittantle fervice, Le motif d'une
eu en
ambitionlouable
fejoindroit-ainf à celui d'un intérêt
l'on
fauroit blâmer dans de dignes
que
ne
rechercher des places
fujets, pour faire
qui, en augmentant les récompenfes, 3
a
dans la main du Souverain,
roient les charges de TEtar de toutes les diminuequ'auroient ces Officiers a qui ces
penfions
droient lieu.
places en tienII.
Les Infpedeurs qui auront fix ans de fervice
d'Officie: dans les
troupes, auront alors
de
Capitaine de Cavalerie, & rang de
rang
de quinze ans de fervice
Major au bout
n'auront point été Officier, d'Infpe&eur. Ceux qui
n'auront que rang de
Lieurenants rang de Capitaine au bour de
& de Major au bout de vingr,
dix anss
IIL
Les Sous - Infpe8eurs - Ecuyers
qui auront été
O@idiet.canlerveront leur grade, & au bout de
quinze années de fervice ils auront
de
taine, Quant à ceux qui n'auront rang
Capiciers, ils n'auront
point été Offique rang de Sous-I
aubour de huit, rang
Lieutenant;
pitaine
deLieutenant, & celui de( Caaprès quinze ans.
bour de
& de Major au bout de vingr,
dix anss
IIL
Les Sous - Infpe8eurs - Ecuyers
qui auront été
O@idiet.canlerveront leur grade, & au bout de
quinze années de fervice ils auront
de
taine, Quant à ceux qui n'auront rang
Capiciers, ils n'auront
point été Offique rang de Sous-I
aubour de huit, rang
Lieutenant;
pitaine
deLieutenant, & celui de( Caaprès quinze ans. --- Page 341 ---
57)
Uniforme.
: brochet, doublé de
L'habit fera de drap gris
revers & colet de vecifimir blanc, parement,
verd pomme, - vefte & culote de drap
/
lours: raz,
de
boutons fur la vefte.
blanc. Deux rangées
petits
un cheval,
Le bouton fera d'argent, répréfentant
une houffe trois fleurs de lis, & pour deportantfur
utiles. L'épaulette
vife ces mots : pace 6 Bello aque
& ladragone feront d'argent, &a analogues aug grade.
au0
Appointemens.
I.
Le Commiffaire & les InfpeSeurs - Généraux
chacun
2n, a la fomme de douze mille
auront
par
12,000 liv.
livres,.ci.
OASZAYATIONE
Il eft peu de fujets en qui l'amour de la patrie
foit affez fort pour contribuer au bien de l'Etat &
de.fa fortune, & de fes fervices. Ainfi il faut des
appointemens qui donnent de quoi vivre. D'ailleurswil eft de maxime que pour être bien fervi, il
faut bien payer, &c Texpérience apprend que l'équel'on.croit faire en diminuant les falaires,
pargne
Douze mille
fe change en un vice d'adminiftration.
des Inflivres d'appointemens ne font pas trop pour
à talents, obligés de fe déteurs-Généraux 9 gens
frayer de leurs voyages, --- Page 342 ---
(38)
I I.
Iooid
auront chacun la fomme de
Les In/pedeurs
4,000 liv.
quatre mille livres, ci.
III
n53
auront la fomme
Les Sotolufpadeun.Remyes
liv.
de deux mille livres, ci. e e . e 2,000
D
des réglemens néceffaires pour
Je ne parle point
loin:
les Haras, parce que cela me jetteroit trop
travail
Tadminiftraion à quije
je réferve ce
pour
de même de cel'offrirai, fiellele défire. Ilenet
J'oblerlui qui eft relauf à la bonne manutention. & le bien
verai feulement que pour la perfeaion
des chevaux, il feroit à défirer que le gouverneManuel d'écurie à T'ufage des nour-.
ment fit faire un
lest
riciers de chevaux a dans lequel on enfeigneroit l'inftant
foins que T'on doitavoir des cavales depuis
été fecondées, jufqu'à celui, où ayant
qu'ellés ont
font en étatd'en
donné & nourri leurs poulains,elles
redonner de nouveaux. Les foins que les poulairs
& la manière de les gouverner depuis le
exigent,
celui ou ils font
moment de leur naiffance jufqu'à
Manuel conlivrés au fervice de T'homme. Enfin ce
les matiendroit les remèdes les plus fimples pour
ladies les plus connues, &cc.
fecondées, jufqu'à celui, où ayant
qu'ellés ont
font en étatd'en
donné & nourri leurs poulains,elles
redonner de nouveaux. Les foins que les poulairs
& la manière de les gouverner depuis le
exigent,
celui ou ils font
moment de leur naiffance jufqu'à
Manuel conlivrés au fervice de T'homme. Enfin ce
les matiendroit les remèdes les plus fimples pour
ladies les plus connues, &cc. --- Page 343 ---
(59)
CHAPITIE IX.
Dépenfes.
qui réfulteroit du
ATANT montré Tavantage refte à faire voir que les
plan que je propole, il me onéreufes. Prenons pour
dépenfes feront peu
celle du Daupliné, &
exemple une province,
lui fuffifent dans le
fuppolons que trente Etalons
commencement.
& entretien de trente Etalons
a
Nourriture, foins
comptis les gages des
à 6o0 liv. par an chacun, y de
4 18,000 live
font la fomme
a
palefienien,
des Etalons dans
Frais de tranfport
extraordileurs placemens, dépenfe
des
naire de leurs condufteurs, loyer de la
Ecuries, &cc. pendant le temps
à raifon de 200 livres par
monte,
compris dans cette déEtalon, tout
6,000
penfe, ci.
e
beaux
Quatre prix pour les plus
sooliv. chacun,fost,ci.
poulains,às
les courles, à
Deux prix pour
2,400
1,200liv. chacun,ci. e
liv.
annuelles, ci. . 27,200
Total des dépenfes --- Page 344 ---
(6)
Or,je le demande, cette fomme eft-elle
forte, repartie dans une province auffi
trop
ble. La taxe feule fur les chevaux la
confidéraDans la haute Guienne, les fonds completteroit.
vince pour l'entretien de fes
que fait la pro18,000liv., & dans
Etalons, font de
beaucoup d'autres
cette fomme furpaffe.
endroits
Affurément on n'y
pas trente chevaux entiers, & on ne
entretient
Prix.
donne.aucun
S Jene porte point en ligne de compte la
de leur logement,
dépenfe
fixe, &
parce que cet objet eft ftable &
que Ce qui eft d'une utilité auffi
doit être fupporté par la Capitale de la grande 3
II en eft de cet édifice, comme d'une
province.
tacle, utilei tous les
falle de fpeccitoyens, & même plus avantageux, difons-le; puifque l'abondance des beaux
chevaux donne de la facilité à s'en
qu'alors chacun peutjouir de l'exercice procurer, &
tion, exercice qui donne une nouvelle del'équitaTame, fortifie le corps, &
énergie à
les mayens de vaincre les fourniffanta la nature, 2
battre, entretient
obftacles qu'elle a à comla fanté. Il n'eft point
cice plus propre à ranimer les plus foibles d'exer- confti-,
rutions, tant de l'un que de l'autre fexe; c'eft
feul délaffement fans moleffe; ; le
le
plaifir agréable & même vif, fans feulquidonne un
fatiété; & fi c'eft
langueur & fans
jouir de fon exiflence que de
2
battre, entretient
obftacles qu'elle a à comla fanté. Il n'eft point
cice plus propre à ranimer les plus foibles d'exer- confti-,
rutions, tant de l'un que de l'autre fexe; c'eft
feul délaffement fans moleffe; ; le
le
plaifir agréable & même vif, fans feulquidonne un
fatiété; & fi c'eft
langueur & fans
jouir de fon exiflence que de --- Page 345 ---
(6i)
monter & exercer un cheval, c'eft la doubler que
d'en monter un noble & brillant.
L'achat des Eralons eft une dépenfe aufli utile
que la confeâion
aufli lucrative aux provinces,
d'un canal.
d'une grande route, que la conftrugion
Ce font des avances que l'on fait pour en tirer
valeur centuple. C'eft une amedans la fuite.une
dans l'efpèce des
lioration, un aggrandiffement
chevaux, conféquemment dans les produgions
territoriales.
Etalons à cent louis lun dans
L'achat de trente
l'autre, fe monte à 72,000 liv. la répartition de fix
demandé qu'on impolât
deniers par livre, que j'ai
furles taillables, fournira aifément, chaqueannée.
milles livres, ainfi au bout de
vingt ou vingt-cinq
&
ne
trois ans la fomme fera parfaite, fuppoféqu'on
voulut fairel l'achatqu'en plufieurs années, pour que
futimperceptible, ilfuffiroit d'acheter,
l'impofition année, fix ou huit Etalons. Il refte encore
chaque
le produit de l'impôt fur les chevaux étrangers a
s'aider
cet achat: mais
dont on pourroit
pour
devienne
comme il eft à fouhaiter que cet impôt
nul, je ne le porte point en recette annuelle,jele
laiffe
les frais extraordinaires de régie.
pour
des Infpedeurs, les
Quant aux appointemens
frais en font fait parle Gouvemmement,ilialy: aque
des
- Généraux & des Ecuyersceux
Infpelteurs --- Page 346 ---
fous-) InfpeBeurs,
(63)
miers, doivent qu'il faur trouver; ; ceux des
être également payés
le prevernement, & pris fur la caiffe des par
Goufiuffifante pour cet objer, Les
Haras qui ieft
fonds de ceux des
provinces feront les
feront pris fer le
& ils
Rewelafpabansteayen,
mande,
produit de la taxe que j'ai dequ'on mit fur chaque cheval &
Certe taxe produira, dans
mulet.
au-delà du montant des
chaque province, bien
appointemens.
Frais du Haras fixe.
Les dépenfes pour le Haras fixe,
l'achat des jumens, le loyerd
confiftent daris
des palefreniers &
despaturages, les gages
gardiens des parcs oû
jumens & les
font les
poulains, 9 les frais des
brouettes, charrettes néceffaires
hangards,
fumiers; tous petits objets
au tranfport des
luer en
qu'il feroit facile
détail, mais ce qui feroit
d'évafaire. Ainfi fuppolons
trop minutieux de
les vingt plus beaux Etalons cinquante jumens fervies par
le calcul de la
de la province, faifons
les
popuiarion, en fuivant
races & les réfultats, &
exaGtement
trouvera, dansle
nous verrons qu'on
néceflaires
produit même du Haras,1 les fonds
pour rembourfer le
des jumens & des autres
capital de l'achat
frais, & ceux néceflaires au
remplacement des Etalons & des jumens,
Suppo-
alons cinquante jumens fervies par
le calcul de la
de la province, faifons
les
popuiarion, en fuivant
races & les réfultats, &
exaGtement
trouvera, dansle
nous verrons qu'on
néceflaires
produit même du Haras,1 les fonds
pour rembourfer le
des jumens & des autres
capital de l'achat
frais, & ceux néceflaires au
remplacement des Etalons & des jumens,
Suppo- --- Page 347 ---
(63)
fons un terme de dix aas, parce que dans tout
calculil faut un terme donné, & que celui de dix
court, eft fuffifant pour garnir la
ans, quoique
s'il en étoit befoin, un
province & former même,
nouvel Haras.
au fervice des
1790. Vingt Etalons employés
& leur produgtions évaluées au plus bas;
jumens ;
chacun en donne
en conféquence on fuppole que
feulement douze par an, avec les jumens publi-
& uneavec les jumens du Haras fixe.
ques,
En multipliant 20 par 12, on aura 240 productions; ; dans 240 la moitié fera mâle, l'autre
femelle. L'expérience ayant prouvé que le nombre des fexes étoit 3-peu-près au pair dansles naiffances. On aura doneraopoulains & 120 pouliches.
Mais je fuppofe un tiers de perte de ces mêmes
produdions, il ne reftera donc que 80 mâles &
80 femelles.
Deces 8omâles parvenus à Tagede cinqans, ( on
cinquième qui mérite de fervir
n'en compte qu'un
de 80 eft 16.
à titre d'Etalons. Le cinquième
Ce qui ifera dès-lors 16 Etalons de bonne
1795. dans la
ainfi il y aura, dans la
race
province;
un nombe de 80
fixième année de ce travail,
Etalons.
attendu la perte des
Diminuons en quatre paran,
chevaux donnés, & même : encore de
premiers --- Page 348 ---
(64)
ceux qu'ils auront produits, il reftera,
total
d'Etalons qu'on aura pu choifir dans les pour
iffus des
poulains
jumens , appartenant aux
60 Etalons. Si l'on
particuliers,
pouffe ce calcul jufqu'h.la
dixièmeannée, en
arbiranclaf-pprefion de
par année, desz0 premières tétes.achetées quatre
province, quiont fait
par la
gratuirement le fervice, on
aura,la dixième année, IOO Etalons.
Quant à la population des pouliches,
année en donnant 80, on auroit
chaque
au bout de dix ans 800. Refte à 400, en 1795, &
calculer le
mun des poulains. En 1791.0n avoit 80 com16ont été pris pour Etalons; il en refte donc mâles,
Or, 64 fois 5 font 320:
64.
ainfi, au bout de
années, on aura
cing
60 Etalons,
320. poulains,
400 pouliches.
Total
780.
Et 6l l'on arbitraitles
produgions àr8 au lieu de
12, comme je l'ai fait, on auroit en communes
produgions, au bout de cinq ans, 1,200,
Deplus, 60 Etalons donneront,
en leur fuppofant douze
chaque année,
produgions par tête,
poulains ou pouliches: ce qui
de dix ans, un nombre de
produira, 2 au bout
dans la
7,200 qui fera répandu
province; & fi l'on arbitrait à 18, ils en
produiroient par an 1,080, ce qui feroit , la
dixième
en communes
produgions, au bout de cinq ans, 1,200,
Deplus, 60 Etalons donneront,
en leur fuppofant douze
chaque année,
produgions par tête,
poulains ou pouliches: ce qui
de dix ans, un nombre de
produira, 2 au bout
dans la
7,200 qui fera répandu
province; & fi l'on arbitrait à 18, ils en
produiroient par an 1,080, ce qui feroit , la
dixième --- Page 349 ---
dixième
(6)
année, t0,800
lune que de l'autre elpèce. produdions, tant de
maintenan, fi cette
Or, je demande
province auroit acquis, quantité de chevaux que la
bonne elpèce,
fur-tour de chevaux
ne la
dela
avances faites pour fe les deidommasgeroit pas de fes
ment une augmentation de procurer, Suppolez feulede chaque cheval, voila
50 livres dans le
ou de 550,000 livres
un accroiffement de prix
dans le
Jettons un
produit de dix années.
des sojumens coup-d'ail à préfent fur le féfultae
de la province, éttangères &
renfermées dans le Haras
couvertes
Elles donneront
parles 20 Etalons,
mâle & l'autre femelle, 50 poulains, dont la moitié
de perte; il reftera
Mais je fuppole un tiers
de pouliches. Comme 34, dont 17 poulains & autans
les deux
elles ne
ans, au bout de la
Porteronrque tous
86 produgions, dont
fixième annéeil y aura
La fixième
43 mâles & 43 femelles,
année, , les 17
premières au monde, donneront pouliches venues les
donnant un tiers de perte refte
17 poulains. En
année les 17 autres
douze. La huitième
leurs 12 poulains, pouliches fourniront également
iffues dans les
Ainft, l'on aura 46 pouliches
nées dans la premiers cinq ans, 9 les 6 pouliches,
feptième, & les 6
luitiéme; ce qui fera un toral produites dans la
dont 34, déjà poulinières;
de-s8 femelles,
& a l'on pouffe le
E
de perte refte
17 poulains. En
année les 17 autres
douze. La huitième
leurs 12 poulains, pouliches fourniront également
iffues dans les
Ainft, l'on aura 46 pouliches
nées dans la premiers cinq ans, 9 les 6 pouliches,
feptième, & les 6
luitiéme; ce qui fera un toral produites dans la
dont 34, déjà poulinières;
de-s8 femelles,
& a l'on pouffe le
E --- Page 350 ---
(68:),
ealcul jufqu'à dix, ans, le Haras fe
de' 160
ttouvera garni
BI Jumiens, (fans compter
dont 96 feront en état de
leriborpsmibtes)
Ei Au bout de 5 SD
produire. a tusnsinis
ans, ilyaura 43 mâles: la
année, il faut.y
fixieme
eel
ajouter 6, moitié desia
produits
les.17
poulainsi
le mème parl G pouliches; la feptième
nombre ef
année,
aura 116
males, 29 dont -
encore 07 32 no à sjouteriaind Ton
55.
feront en. état
dEcalons. La huitième 17-4c
de fervir,
année on aura
dônt 34 Etalons, enfin, la
28 milesao
Haras s1 aul
-
S
dixième, année, le
sura vu, naitre 160 chevaux, dont
ront dejà être
à
5opourAinii,au ole L bout employés OS de
faillir. sonivoig El 9b
vénus 4 du Haras, inob e dikans, en
ily aura en, tout, pro819uI DU S.
320 têres, dont
TOSIUE
17D mâles, 7
Eu0s sup 17 femelles,
agés degans, nés en 1791, 91
sb
17 males,
A3US V
17 femelles, igés des ans, nés én 1793.
17 milesy
-
est e9tm 17 feimelles, igéedesans, nés ent 1795.
nu
Gporisina, 2
Total. 340.
61 poulichies, agés de 4 ans, ncs en 1796.
anem 15
2gpoulains, 23 pouliches, as ges de 3 ans, nés en
eadloili
12 poulains,
dor
12 pouliches,
gés dezans, nés en1798.
as
36 poulains,
9l9
36 pouliches, agés d'un an,és en 179937 poulains, - quivienacnt de naltre,ca 1800
32 pouliches, S --- Page 351 ---
(69)
A Erlions ONT au plus bas prix,. çes produdionsqui 0
feront dela
elpèce,
Sb
nSr
mâles plisbelle & femelles, àgés de 9.
à 40
I SA
Les34
ans,
Touis d'or Pun dans Taatitcy fait, ci e e 1,360 lonis.
les
de7ans, à50 louis,ci e 1,700 enoit
34.1gea 2
les3+,4 âgés de sans, à 4plouis.ci 1,360 80
les 12, âgés de 4 ans, a solouis,ci 02
I - 360 r
les46,gés de 3ans, à 20 louis,ci
Jes24,ages de 2 ans, à15 louis,ci
les 72,
d'un an, IO louis,ci
les T
Ages qui tetent, ou qui font au feob 641 n a
louis, ci
vrage, 5
6,100 louis.
n-Total.
31 19
, à 4plouis.ci 1,360 80
les 12, âgés de 4 ans, a solouis,ci 02
I - 360 r
les46,gés de 3ans, à 20 louis,ci
Jes24,ages de 2 ans, à15 louis,ci
les 72,
d'un an, IO louis,ci
les T
Ages qui tetent, ou qui font au feob 641 n a
louis, ci
vrage, 5
6,100 louis.
n-Total.
31 19 de
livres: or, fuppoquifont la fomme 146,400 coûté chacune,
fons, G que les 5o jumens. aient fomme d'achat
T'une dans Tautre, 800 liy-; la
liy.
monte à
40,000
Suppolons le loyerdu
U
pour,aini
de 6.mille, livres parans 4 pour
fon 11
fait
P 60,000
dix ans
Pour foarrages & autres.nourtiT
sures d'hiver, à 2,000 liv.,
20,000 a
Pour autres, menus frais, mettons
SE
de
15.000
lafomme -
8A1
live
Le tout monte à
135,000
E3 --- Page 352 ---
Otons cette fomme (2 70)
reftera la fomme de de celle de 146,400 liy. Il
celui de la valeur des 11,400 liv. de bénéfice, outre
n'ai point comprifes 50 3 premières jumens que je
arbitré les produaions parl le calcul. Comme je n'ai
tiers de perte, qu'ilef qu'en fuppofant toujoars un
on voit que le profit eft poffible qu'elle foit moindre
mais j'ai voulu le fixer bien plus confidérables
dépenfes au plus haut, au plus bas, & porter les
plus fenfible. Dans pour rendre mon
ne font, lun dans mon évaluation, les hypothèfe chevaux
5 fols, Quelle modicité T'autre, qu'à raifon de 307 liv.
races pures!& ne tefteroitt-il pour des produdions de
monineriebentell
aucun bénéfice à la
culation dans
pas fair une excellente ipéfourniffant Tétablifement de ce
d'efpèces d'une
Haras, en fe
gardant, dans fes mains, qualits fupérieure, &en
da donner a Tétranger. une fomme qu'elle auroit
trouveroir, dans fes
Dans dix ans, la France
puilable dechevaux, &le établiffemens $ un fonds inéces reffources, 9 ne feroit Couvemetnent, affuré de
parerles pertes que la plus point embarraffé pour réparce que, quelque
longue guerre cauferoit,
ne pourroit jamais longue qu'on la fuppofe, elle
lieu que dans Tétat épuifer ces éiablifemens, au
premiere
aduel, tout eft enlevé dans
truifent campagne, & par-là nos Haras
la
200 reus-memes.
fe deF I N.
reffources, 9 ne feroit Couvemetnent, affuré de
parerles pertes que la plus point embarraffé pour réparce que, quelque
longue guerre cauferoit,
ne pourroit jamais longue qu'on la fuppofe, elle
lieu que dans Tétat épuifer ces éiablifemens, au
premiere
aduel, tout eft enlevé dans
truifent campagne, & par-là nos Haras
la
200 reus-memes.
fe deF I N. --- Page 353 ---
(51)
E X To RAIT
Des Regifres du Mufie de Paris, du3 Juin 1789.
Novs avons été chargés par le Mufée ;
M. Simon, D. M. & moi, de lui rendre compte
M.ie Chevalier Dela Fons-Poulosi,
d'un Ouvragede
Académies;
pour titre:
Membre de plufieurs
ayant
- A
des Haras, ou Memoire con-.
D: la Régnération - du vice radical du régime
tenant lc développement
la
& perfedionner
aduel, & un plan pour propager
race des chevaux en France.
Dans ce Mémoire fait pour fervir de dévelopconfidérable, publié en
pement à un Ouvrage plus
&
a
T'Auteur,, fur le même fujet, qui
1,87, par
M. le Chevalier De la
reçu un accueil diftingué, force, les abus qui réFont-Pouloti expole, avec
Haras, & les
fultent du régime aguel de nos
remédier. Il fait voir combien il feroit
moyens d'y
branche auffi importante du comeffentiel qu'une
les
inerce national fut prife en confidération par
combien la France a fur fes
Erats-Généraux x;
fe livrer à léducavoifins d'avantages réels, pour
tion des chevaux, & combien enfin il luiimporte
de retenir & de faire refluer fur l'agriculture les
E 3 --- Page 354 ---
(72)
fommes immenfes qu'elle exporte annuellement
pour l'achat des chevaux étrangers.
Nous penfons que cet ouvrage fait infiniment
d'honneur aux fentimens patriotiques de l'Auteur,
Equ'il mérite T'approbation du Mulée.
SIMON, D. M, HUZARD, Vétérinaire.
Je certifiele préfent extraitconforme à l'original
dépolé dans les Regiltres du Mufée, le 3 Juin
1789.
PONCE, Secrétaire,
enfes qu'elle exporte annuellement
pour l'achat des chevaux étrangers.
Nous penfons que cet ouvrage fait infiniment
d'honneur aux fentimens patriotiques de l'Auteur,
Equ'il mérite T'approbation du Mulée.
SIMON, D. M, HUZARD, Vétérinaire.
Je certifiele préfent extraitconforme à l'original
dépolé dans les Regiltres du Mufée, le 3 Juin
1789.
PONCE, Secrétaire, --- Page 355 ---
(73)
TABLE
D-ES M TATIERES
Aix Etats-Genéraux
page 3
INTRODUCTIO N.
L. France peutfournir deschevaux
d'ufage, aufi bonsque les meilleurs pour toute forte
de r'Europe,
CHAPITRE I.
S
PREMIERE SECTION, Inconvéniens des GardesEualons, e de larétribation du Jaut.
davoir des Etalons quifafene le
Avantages
ment
Jervice gratuizeSECONDESECTION.
. 15
Etalons & dans les Qualinés recherchées dans les
jumens,
Neceffuéde ne pas vifer d trop d'économie
chat des Etalons definés
dans PaTROISIEME
afairejouche e
d'avoir des SECTION. Permilfion à toute perfonne
Haras, des Etalons,
Gc. .
CHAPITRE II.
Choie des
Infpedteurs e
--- Page 356 ---
CHAPITRE III
Prohibitions de chevaux enziers & ànes dans les pdsurages oi font les jumens.
page 39
CHAPITRE IV.
oA0q
Prix
Gratifications
Foires. e
CHAPITRE V.
Haras fixe, fon établifement indifpenfable pour
avoir des chevaux de fang.
Marque du Haras
CHAPITRE VI.
Courfes de chevaux & de chars
CHAPITRE VII
Taxe,impôt
CHAPITRE V,IIL
0:
Diredion des Haras. Elle doit être entre les mains
des Etats - Généraux ou du confeil de la guerre
--- Page 357 ---
DES MATIERES
Formation des Oficiers employés dans la régie des
Haras
Formation du corps des In/pedteurs
page 5r
Leur rang
Leur
uniforme e
Leurs oppointemens
CHAPITAEIZ
Frais 6 dpesfargrscsfonoois le nouveaurégime.
Frais d'un Harasfias
6z
Fin de la Table des Matidres, --- Page 358 ---
2 3 93IT
M
2 A
3397 L 2115 eavol 176)
E R R 4,T.4
No3
A répigrnte latine du titre, au lieu. de
pairie.
parice,lilee
Pag. 25 lig. 7 ...5 Simples lifer fimples.
Pag. 37
II
Idem,
Penfées 9 lifer panfées.
Idem.
Haras fise,Vfeg Hares-fises.
Pag. 38.
16 Artendront, lijez atteindront.
12.
Idem.
16 Marqués.difer marquéet. tisis
Acquerrera, lifer acquerra,
Pag. 47
22. : Errangers, lifer étrangers.
Pas. 52, article 3, lig. 2,à tête, Afegala téce,
Pag. 53.lig. 13, penfés, lifex panfés.
Pag. 341. R 6, sys Heta al
fise,Vfeg Hares-fises.
Pag. 38.
16 Artendront, lijez atteindront.
12.
Idem.
16 Marqués.difer marquéet. tisis
Acquerrera, lifer acquerra,
Pag. 47
22. : Errangers, lifer étrangers.
Pas. 52, article 3, lig. 2,à tête, Afegala téce,
Pag. 53.lig. 13, penfés, lifex panfés.
Pag. 341. R 6, sys Heta al --- Page 359 --- M A N U EL
VIG NERONS
DES
DE TOUS LES PAYS,
o U
d'économies & d'amélioMoyens perpdtuels commeiln'yen a
jore
rations, édécharger tous les
lager
RURE
I". la Méthode la plus fimple & la
CONT E N ANT,
planter & cultiver la Vigne,
plus économique
rapport, & avancer la matuen
augmenter Eer
pour rité des railins.
traiter, tailler &
2°, Une Méthode touresles particuliere Vignes CI exiftantes, à beau- la
gouverner moins de frais qu'i préfent, fans Pufage en changer des folles ou
Eortere &
entierement partie des engrais.
provins,
plus grande
&les plus fimples
REmRres
30.Deux Procédés.les plus les généraux vins.
pour faire & ameliorer Expèriences des Méthodes.
Avecles principales de TAlemblée Générale des trois
Imprimé fous les
de Tours, & aux frais de
Provinces de la rees.is de Tours,fon Préfident.
Monfeigneur PArchevique Auteur de PArt de la Vigne, del'Art
Par M. Vins MAUPIN, & d'un nouveau Syftême fur PAgriculture.
des Prix 30. Jous, avec le Reçu ligné de PAuteur.
C'eft faire le mal, quede doit le P'empécher. laiffer faire, Av.
quand on peut &c qu'on
A P'AR IS,
No. 43(1)
Chez TAuteur , rue du Pone-aux-Choux,
L'Auteur fera paffer cet Ouvrage dans toutes tenir le les prix, Provinees, port &
franc (r) de port, par la Pofte, en lui en faifant
Lettres alfranchis,
M, DCC. LXXXIX,
DU ROL
APPROBATION ET PRIVILEGE
AVEC
doit le P'empécher. laiffer faire, Av.
quand on peut &c qu'on
A P'AR IS,
No. 43(1)
Chez TAuteur , rue du Pone-aux-Choux,
L'Auteur fera paffer cet Ouvrage dans toutes tenir le les prix, Provinees, port &
franc (r) de port, par la Pofte, en lui en faifant
Lettres alfranchis,
M, DCC. LXXXIX,
DU ROL
APPROBATION ET PRIVILEGE
AVEC --- Page 360 ---
&
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V va SDA --- Page 361 ---
i1]
PRE FAC E:
Froxoxs, avecbien d'autres, jufqu'à quel point
lameilleure légillarion pourroir rendre les hommes
heurcux;mais comme iln'y a point de loix, quelbien cimentées qu'on les
qu'excelentes & quelque
fappoleyque le temsne puille detruire ou changer, fervice,
avancer.quel le plus grand
je crois pouvoir
le fervice le plus folide ou le
& bien cerrainement
de rendre à une Naplus durable quil foit Pollible
d'éclairer FAgricultion & à toutés les Nations,cef découvertes &c de grands
ture par de nouvelles
moyens. fais Gi.dans ce moment fur-tout, cette pro29 Je ne
d'une voix ; mais toujours eltpolition paflera tout inftruire les
vignobles
il-vrai qu'éclairer ou
pays de vingr-cinq
comme je les infruis depuis plus
rendre
années,cef; pourvd qu'on le veuille: 3 leur
fervice qu'il foit poflible de leur renle plus grand
dre.
de Timpôt
09 Ce n'eft pas,à la vérité 5 ,les décharger
c'eft,
même de la railles majs c'eft faire plus encore, décharà légard au moins d'un grand nombre, les
du double de cet impôrs c'eft encore multiplier
ger
c'elt, fuivant les
la production, & la perfectionners de bon vin, au lieu de
lieux & les années 3 donner
meilleure boifmauvais, & toujours procurer une
dans les celconferver les vins
fon au Peuple :cefl
a L
à la vérité 5 ,les décharger
c'eft,
même de la railles majs c'eft faire plus encore, décharà légard au moins d'un grand nombre, les
du double de cet impôrs c'eft encore multiplier
ger
c'elt, fuivant les
la production, & la perfectionners de bon vin, au lieu de
lieux & les années 3 donner
meilleure boifmauvais, & toujours procurer une
dans les celconferver les vins
fon au Peuple :cefl
a L --- Page 362 --- P R
ÉFAC E.
liers des Caltivateurs, & dans les caves des
mareurs & des
confomCommerce
commerçans : c'eft en favorifer le
au dedans & au
ter lans feu & fans
dehors: c'eft augmenfrais, la quantité des
vie,& rour cela, , fans qu'il en coûre ni Eaux-dejambes, ni argent à
bras, ni
faire, à la
perfonne : en un mor, c'ef
décharge dés pays
veur de la Nation ou des
vignobles, & en fane
qu'il
feroir poflible de Nations, faire
beaucoup plus
aucune autre voie,
en ce genre, Par
bien intentionnée quelque puiffante & quelque
Dans
qu'on Puiffe la fuppoler, E -
ma culure des terres, 2 ce feroit
tre chole; ce feroit, en faveur des
encore auéconomies & des améliorations Laboureurs, des
vinge ou cent millions
année. immenfes, quarrefer touresles
par
Ce feroit fertiliterres médiocres & les mauvaifes terres,
en
Legelsaetmerasties bled.
en donnant la même
Ce feroit,
aggrandir
quantiré de bled qu'à
notre Agriculture de dix à douze préfent,
d'arpens de terres,& mettre,ainti
millions
invinciblement
que je crois l'avoir
prouvé dans la Lettre d'un
Propriéraire des terres, plus de fureté & principal
dans toutes les récoles. Ce feroit
d'égalité
tres-grande
multiplier, & en
quantité, 3 les grains, les
les
belliaux, & en général toutes les fourages,
tout genre, Ce feroit en faire
fabliftances en
avantage du
bailferle prix au grand
Peuple ,8 augmenter dans la
proportion, la valeur
mème
de la Nation, attendu reprélentative du numéraire
piix des
que cette valeur dépend du
denrées, & qu'elle et d'autant plus grande
. Ce feroit
d'égalité
tres-grande
multiplier, & en
quantité, 3 les grains, les
les
belliaux, & en général toutes les fourages,
tout genre, Ce feroit en faire
fabliftances en
avantage du
bailferle prix au grand
Peuple ,8 augmenter dans la
proportion, la valeur
mème
de la Nation, attendu reprélentative du numéraire
piix des
que cette valeur dépend du
denrées, & qu'elle et d'autant plus grande --- Page 363 ---
PRÉ FA C E.
V
font à meilleur marché, ce qui elt
quel les denrées
crois le meilleure, d'augune maniere > & je
ma connoifance,
menter le numéraire, quoiqu'à
maniere n'entre dans aucun fyftéme populaire,
cette
foit fur les Finances, foit fur d'autres
ou politique,
je fuis le premier qui Pai proobjets; en forte que
& le feul qui en ai
polée, comme je fuis le premier boifer ouarboridonné les moyens. Ce feroitenfin bout à Taurre, &
fer faperbement la France d'un
ultéricurs,
une infinité d'autres avantages
procurer
faire mention ici, mais roujours
dont je ne puis
& en faifant le
fans qu'il en coûte rien à perfonne,
bien de tous.
quels font ou (eroient
D0 Voila, en grande parric, lumieres, dont depuis un G
les effets des nouvelles m'efforce d'éclairerpar-tout
grandnombred ed'annéesje lefquels j'ai avancé ma proTagriculture, & d'après maintenant G elle eft vraie
pofition. On peur juger voir auffi que Gi les grands titres
ou faulfe. On peut
vues au moins & les
me manquent, les grandes
ne me
choles ou les grands moyens
grandes
manquent pas.
ou mon Syftème pour
Comme ma culture 7
intérelle
la culture & l'amélioration des terres-, les Naeffentiellement toute la Nation & toutes
bien détiré pouvoir en donnerici
tions, jaurois fuivant la forme du Plan que jai proune efquille,
Edition de la feule Richelfe du
pole dans la premiere
des Princi:
Peuple, & expoler au moins une partie
eft
& des faits fur lelquels ce' nouveau Syfème
pes
le
en ce m oment, je
fondé; ; mais ne pouyant pas
la culture & l'amélioration des terres-, les Naeffentiellement toute la Nation & toutes
bien détiré pouvoir en donnerici
tions, jaurois fuivant la forme du Plan que jai proune efquille,
Edition de la feule Richelfe du
pole dans la premiere
des Princi:
Peuple, & expoler au moins une partie
eft
& des faits fur lelquels ce' nouveau Syfème
pes
le
en ce m oment, je
fondé; ; mais ne pouyant pas --- Page 364 ---
yi
P RE
fuis forcé de
FACE
n'empéche remettre à une autre occalion; ce
Point que les
qui
nombre, qui ont connoiflance perfonnes en allez grand
Jai publie depuis
de ce Syftème, que
tions, ne Puillent, vingt-deux lielles
ans 3 dans trois Edileur avis, Toute la
jugene à propos s en dire
de vouloir bien le dire grace que je leur demande,c'ef
Pentendre,
allez haut
2 & de s'attacher
Pour que je Puiffe
cuflion des
prineipalement à la dif
vé ce Sylème, Principes & des faits furl leiquels j'aiéle-
& ces faits fubGleront attendu que tant que ces Principes
truits par des
& n'auront point été défoient diredement Principes & des faits précis qui
contraircs, ce
y
pour certain & démontré,
Syftême doit paller
nie puille Pasle nier,
aflez au moins pourc qu'on
&
faveur.
18 los
pour avoir le préjugé en fa
Je fais ces réflexions
qu'ily a des perfonnes, 3 parce que j'ai éprouvé
garde de
que je me donnerai bien de
& roures nommer, les raifons Pour lelquelles toutes les furilités
font
favorifent Jeur
bonnes, Pourvd qu'elles
qu'elles paroiffent prévention les
ou leur indifference, &
leurs obligations.
dilpenfer d'agir & de remplic
J'aurois bien défiré auffi
donner un avis détaillé fur pouvoir m'étendre &
parler, &
l'Ouvrage dont je vais
feconde que je me propole de donner comme
Partie de celui que je
nes queje me fuis
publie; mais les borpas, je fuis forcé de impolées me
ne me le permertant
tie eft PArt entier de rellerrers Cetre leconde Parcipes, réduit
faire les vins fuivant mes Prinautant qu'ilfera Poffible à la partie Pu-
i
donner un avis détaillé fur pouvoir m'étendre &
parler, &
l'Ouvrage dont je vais
feconde que je me propole de donner comme
Partie de celui que je
nes queje me fuis
publie; mais les borpas, je fuis forcé de impolées me
ne me le permertant
tie eft PArt entier de rellerrers Cetre leconde Parcipes, réduit
faire les vins fuivant mes Prinautant qu'ilfera Poffible à la partie Pu- --- Page 365 ---
P R E F A C E.
rement pratique, tel, à quelques
vij
près, que je l'avois propolé dans grandes additions
triotique. Cer
mon Projet PaOuvrage, outre ma
tems de la vendange, la
Théorie fur le
fouloire & de
defcription de ma nouvelle
plufieurs autres Infitrumens.8 un alfez
grand nombre d'inftructions
fables, foit fur les raifins
préparatoires indifpenbouillans, foit fur les
généraux & particuliers du
lignes
far
décuvage des vins, foit
Procédés plulicurs autres parties 9 contiendra huit Ou dix
diferens pour faire bperfedionner les vins
rougeslesvins blancs 6 les cidres-Juivant les
lualias, les efpéces de vins, fins 6 autres. années,
feconde Partie dont il eft ailé de fentir
Certe
portance, ne laiflera
toure l'imne colitera
moins pas que d'être volumineufe, &
& c'eft
pas
de 4 livres par Exemplaire ;
pourquoi je ne la donnerai
me foit bien demandée.
Point qu'elle ne
Le Titre du préfent
fifamment Tobjer, Ouvrage,en en annonçant fuf
expériences
limpartance & la folidité, & les
quej jy ai rapportécs,
que je pourrois dire ici de plus fappléant tour ce
nerai à deux
nécellaire.je me borremarques. La
tant qu'il m'a été
premiere, c'eft qu'audes
pollible 3 j'ai réduit les Méthol'y donne, à la Partie pratique,
SREI demandé, La feconde
comme on
des font des
, que ces Méthoblies,elles le moyens ieront perpétucls ; car une fois étavinge ans qu'elles Pour toujours, & ily a près de
pourroient lêtre.
J'aurois des fairs bien étranges à citer à
cafion 5 mais le nouvel ordre de choles cette OCqui fe pré- --- Page 366 ---
wiij
P R E
C E.
pare,& Pefpérance de retrouver dans toutes les -
Alfemblécs Provinciales, la même attention, & les
mêmes fentimens d'équité, de bienveillance e
zele & de dévouement pour le bien de leurs 3 Pro- de
vinces, que j'ai eu le bonheur de renconrrer dans
l'Allemblée des trois Provinces de la Généralité de
Tours, & le Prélat Patriote qui la
déterminé à
préfide, , m'ont
fapprimer des dérails
ne
me livrerois, s'il en étoit befoin, auxquels je
& avec beaucoup de peine,
que malgré moi,
Je joins mon Reçu au préfent
lés
mêmes railons que je l'ai toujours Ouvrage, par
joint aux
dens, & particulicrement afin
les
précéqui auroient des éclairciffemens que à
perlonnes
l'occafion des
me demander à
moyen que je donne, puiffent me le
repréfenter, 2 fans quoi je ne leur répondrois point.
MÉTHODE
foin, auxquels je
& avec beaucoup de peine,
que malgré moi,
Je joins mon Reçu au préfent
lés
mêmes railons que je l'ai toujours Ouvrage, par
joint aux
dens, & particulicrement afin
les
précéqui auroient des éclairciffemens que à
perlonnes
l'occafion des
me demander à
moyen que je donne, puiffent me le
repréfenter, 2 fans quoi je ne leur répondrois point.
MÉTHODE --- Page 367 ---
e
NOUVELLE
M ET H OD E,
0 U
M E TH IODE
LA plus Univerfelle, la plus Economiques
&u misprodadise.pour planter & cultiver
la Vigne.
CHAPITRE PREMIER
DE LA DISTANCE DES: CEPS.
Cis au plan ou deffein fur lequel la Vigne
doit être plantée, à déterminer la forme de la préqu'il faur donner à la terre deftinée à la
paration plantation, & d'eft pourquoi je vais commencer par
expoler ce plan, ou la diftance des Ceps.
A --- Page 368 ---
NoUyiTIE MITHODT
Dans la Méthode que je doune, les
de
Ceps doivent étre établies à cinq pieds, enforre rangées
d'ane rangéealauire, il y ait cing pieds de
que
Les Ceps doivent être placés dans les
diftance.
pouces leulement Fun del'autre.
rangées, à I5
Ces deux diftances font liées entr'elles, de
niere qu'on ne peur changer lune fans
mal'autre; mais alors ce ne feroirplusila même changer
les mêmes
taille ni
avantages en rout point.
CHAPITRE IL
TEMS DE L A PLANT A TIO N.
Avaxt
de.planter la Vigne, il faur
la
terre; mais comme c'eft du tems de la préparer planration
que dépend celui de la préparation, ileft
avant de traiter de cette derniere, de fixer nécellaire, le
oi doit fe faire la premiere.
téms
Lesfentimens des Auteurs font partagés fur cette
matiere, Pour moi, jepenfe qu'à lexception des basfonds, de tous les fonds
d'être inondés Par les
très-humides, ou à portée
&
débordemens, desterresf fortes
très-glailcufes, en un mot, de toutes les
par lenr nature ou leur polition, font
rerresqui
retenir l'eau ou une
dansle cas de
trop grande humidité, il elt
avantageux dans toutes les autres terres, de
plurôtavant Phiver
foit
planter
foir même
qu'après,
en plant enraciné,
en bouture: : il en réfulte que le jeune
ou à portée
&
débordemens, desterresf fortes
très-glailcufes, en un mot, de toutes les
par lenr nature ou leur polition, font
rerresqui
retenir l'eau ou une
dansle cas de
trop grande humidité, il elt
avantageux dans toutes les autres terres, de
plurôtavant Phiver
foit
planter
foir même
qu'après,
en plant enraciné,
en bouture: : il en réfulte que le jeune --- Page 369 ---
ET CULTIVER LA VIGNE.
DE PLANTER
plant étant prelfe par la terfe qui l'environne & qui
s'affaifle par fon propte poids & parles plaiesabone
dantes del'hiver, fe lie & s'attache plus étroitement
molécules de cette terre, dont il lui eft plus faaux
les flics & Phumidité; au moyen
cile alors d'exprimer
fe renouvelle, al le
de quoi, lotique la végétation
trouve rour érabli dans la terre quilui eft deftince,
de toutel la feve qui lui eft nécelaire pour
& Pourvu
avec force.
reprendre & pouffer
mélés d'aucur
Ces avantages ne me paroiffent
dans tous
inconvénient, fur- tout en fe conformant
les Points à ce que Tenfeigne : mais en fuppolant
même qu'en certaines circonflances il pdry en avoir
ces inconvéniens n'érant point une
quelques-uns, ni même ordinaire de la chole, ne
fuite nécellaire,
les
font;
font point certains, au lieu que
avantagesle
pas qu'on ne puille
ce qui n'empêche cependant cela fera plus commode,
planter au printems, quand
raifons, la
ou qu'on en aura quelques autres
n'érant plantation d'automne, quoique plus avantageale,
point à la rigueur une condition indilpenfable Pour
réuffir, même dans les terres chaudes & légeres, &c
à plus forte raifon, dans tous les terreins froids &
lafin de Mars,
humides, oi il ne faur planter qu'a
6 jouvent en Avril.
c'eft-àdire, dans tous les
Dans tous les autres,
terreins comme çeux dont j'ai parlé au commencement de cerarticle, on pourra planter depuisla chate
des feuilles jufqu'à la fin de Novembre, ou depuis
le IS Février julgu' au commecmmentdAwad, plue
Aij
geres, &c
à plus forte raifon, dans tous les terreins froids &
lafin de Mars,
humides, oi il ne faur planter qu'a
6 jouvent en Avril.
c'eft-àdire, dans tous les
Dans tous les autres,
terreins comme çeux dont j'ai parlé au commencement de cerarticle, on pourra planter depuisla chate
des feuilles jufqu'à la fin de Novembre, ou depuis
le IS Février julgu' au commecmmentdAwad, plue
Aij --- Page 370 ---
NOUVELLF E METHODE
fuivant le climat, les circonflances
tôt ou plus tard,
du tems & celles de la terre.
CHAPITRE III
PRIVARATION DE I A TERRE
Dix quelque tems que fe fafle la plantation,
faifon, foit dans une autre, il eft à profoit dans une
la terre foit bien
pos, pour en affurer le fucces, que tems d'avance.
prépanée, & fouvent qu'ellelefoirlong font
Les terres, dans ce dernier cas,
principaleles terres froides, dures, glaifeules, & toutes
ment
celles qui reriennent Peau. d'ètre mifes en Vignes,
Toutes ces terres, avant labourées
un tems fec,
doivent en général être
par quille fauau moins une fois, aufli profondémenr de toutes les maudra pourles nétoyer parfairement
vailes herbes qu'elles pourroient potter. le mieux,
Peu de tems après celabour, , qui, pour
à
être fait avant Phiver, on procedera
doit toujours
il fera
Touverture des tranchées ou rayons, 2 comme
dit ci-apres.
dans lefquelles je fuppofe que la
Sices rranchées,
mois de Mars ou d'AVigne ne fera plantée qu'au Pété
la prépavril, éroient ouvertes dès
précédent, dans toutes les
ration en vaudroit beaucoup mieux, dans toutes les terres.
terres difficiles, & en général
demi-fumure,
feule vaudroit une
Cette préparation
de tems à autre, de grater ou
en ayant Yartention, --- Page 371 ---
ET CULTIVER LA VIGNE.
BE PLANTER
des lieux,
plurôt de houer ou bécher, fuivant Tulage le fond des
à la profondeur de quatre à cinq pouces, un tems
tranchées; ce qu'on doit toujours faire humides. par
On
fec, fur-tout dans les terres gralles ou
maniere,
fera bien encore de travailler de la même tirée des
ou au moins de grater la terre qu'on aura fur l'ados.
tayons ou tranchées & qu'on aura jettée
de femer quelques
Si les circonftances permettoient des ados, ce feroit
grains ou légumes fur cette terre
un double avantage
foitla nature dela terre, &
En général, quelle que
tems
fe falle la plantation, après
dans quelque
que
d'intervalle entre
ou avant Phiver, plus il y aura
&c
Pouverture des foflés ou rayons & la plantation,
plus cette derniere réuffira.
eft
Cette maniere de ptéparet la terre
fingulierenéceffaire à
des terres dont on aura
ment
Tégard
nouvellement arrachéla Vigne,
TRANCHIES OU RAYONS.
maintenant de quelle maniere il faut proVoici
céder à rérabliffement des tranchées.
Méthode,
1°. Les Vignes devant, dans cette
à
être érablies, comme je Tai déjà dit, par rangées
Pune de Pautre, les tranchées deftinées
cinq pieds
à la diftance
à ces rangécs doivent être également
y ait
les unes des autres de cinq pieds.enforte qu'al milieu de
du milieu d'une tranchée au
cinq pieds
Tautre.
les rayons fe10, Dans les Vignes en plaine,
A iij
.
Méthode,
1°. Les Vignes devant, dans cette
à
être érablies, comme je Tai déjà dit, par rangées
Pune de Pautre, les tranchées deftinées
cinq pieds
à la diftance
à ces rangécs doivent être également
y ait
les unes des autres de cinq pieds.enforte qu'al milieu de
du milieu d'une tranchée au
cinq pieds
Tautre.
les rayons fe10, Dans les Vignes en plaine,
A iij --- Page 372 ---
NOUVILIE MÉTHODE
ront dirigés de maniere
localesle
que, 9 fi les circonflances
permettent, la Vigne ou les
expofces en facc du
rangées foient
Midi, ou au moins
vant au Midi.
3 du Le30.Les tranchées, quelles que
& encore plus dans les terres
foientles terres, 9
froides, humides &
marécageufes 2 que dans.les autres, doivent
larges de dix-huit
être
La terre
pouces.far un Pied de profondeur,
qu'on rerirera de chaque
rejetrée fur l'ados ; c'eft
rranchée fera
tranchée à une autre. adirefrfenure-deuse d'une
4o. Après avoir bien vuidé fur
terre de la tranchée à un pied de Tados, toure la
fouillera bien le fond du
de profondeur, on
bon demi-pied, fans
rayon
l'épailleur d'un
en retirer
afin d'ameublir ce fond, & aucunementla le
terre,
fera pofé deffus puiffe
que jeune plant qui
& poulfer fes racines. C'eft plus facilement y étendre
eft bien
ce fond de rayon qu'il
important de travailler de tems
fur-tour dans toutes les terres
autre,
vant de prendre toujours
difhiciles, en obferpoint encore allez, il faur un tems fec; mais ce n'eft
tes Jes
enlever de ce fond toupierres un peu confidérables, en
lier les grais: fans cela,& avectoutes les parricucautions, une Partie de la
autres prémais celle qui fe trouvera affife Vigne Pourra bien faire;
finita toujours fort mal.
far la pierre, fera &
vaincre
Il n'y a point d'aurre art
pour
eesobflacles, que de les
lans
doute, il en codrera quelque chole de enlever:
occalions; mais ilvaut mieux
plus dans ces
moins planter, bien
idérables, en
lier les grais: fans cela,& avectoutes les parricucautions, une Partie de la
autres prémais celle qui fe trouvera affife Vigne Pourra bien faire;
finita toujours fort mal.
far la pierre, fera &
vaincre
Il n'y a point d'aurre art
pour
eesobflacles, que de les
lans
doute, il en codrera quelque chole de enlever:
occalions; mais ilvaut mieux
plus dans ces
moins planter, bien --- Page 373 ---
ET CULTIVER LA VIGNE,
DE PLANTER
ailleurs,
Pai dit &cprouvé
planter : en tout, commeje
& mal, ou mépen & bien, vaut mieux que beancoup
me imparfaitement.
en côteaux & qui n'ont
s.A Tégard des Vignes
dans la vue de les
que peu de pente , on pourra ,
&
confemieux expolet, diriger les rangées,
par
les tranchées en travers & dansle fens oppoquent
que la pente foit au Midi, ou
feàla pente, 2 pourvà
réfulteroit deux avantadu Levant au Midi. Il en
viens de le dire,
ges ; Tun, que la Vigne, comme je
dans les laferoit mieux expolee; & Tautre, que
en bas,
bours, on n'atireroit point la rerre'duhaute contraire,
cela arriveroit dans la direétion
comme
danslulage ordinaire.
& que cela arrive roujours
60, Dans toutes les Vignes en côte qui iontbeande
& dont, par cette raifon, la pente
coup pente,
fera les tranchées, non dans le
efl très-roide, on
dans celles dont je
fens oppofe à la pente, dans comme le fens même de la côte,
viens de parler, mais
fuivant Vafage
en forte que les rayons foient dirigés autrement le
ordinaire, dans le fens de la pente 5
Pai và
fouvent, comme je
Vigneron ne pourroit
labourer la
moi-même, allez préndre pied pour mais en ce
dans le fens contraire à la pente;
Vigne
néceffaire de faire de diftance
cas, il eft abfolument
à celui de Tinclinaien diftance, dans le fens oppofs
fon ou pente, des tranchées ou scospuresumnfvesiles,
& au contraire tirées en ligue
mais non obliques,
droite.
A iv
fouvent, comme je
Vigneron ne pourroit
labourer la
moi-même, allez préndre pied pour mais en ce
dans le fens contraire à la pente;
Vigne
néceffaire de faire de diftance
cas, il eft abfolument
à celui de Tinclinaien diftance, dans le fens oppofs
fon ou pente, des tranchées ou scospuresumnfvesiles,
& au contraire tirées en ligue
mais non obliques,
droite.
A iv --- Page 374 ---
NOUVELIE MiTRODI
TxANewirfou COURURES
L'objer de ces tranchées eft d'arrêter & de bore
ner,de place en place,récoulement des fortes
d'orages, de prévenir l'éboulement
pluies
ment des terres qui en eft la faite, de ou l'emportece que par les labours, la terre du haut de s'oppoler la
à
Puille être attirée au bas,& même
bas Vigne
d'une tranchée à l'autre, de retenir plus
que
milicu & au bas de
au haut, au
renfermée dans
laVigne, la terre qui fe trouve
tiérement les chaque tranchée, d'affranchir endu
Vignobles de la fervitude Gi onéreufe
les frais reportement du
des térres, ou au moins de réduire
fible,
reterrageàla plus grande modicité pof
Ces tranchées ou Coupures doivent
ou moins larges, & fur-tour
être plus
des, fuivant quel les lieux font plus ou moins profonaux grandes pluies
plas ou moins expolés
d'orages,
ou moins roide, En général, quela pente eft plus
chées ne doivent pas être moins j'ellime que ces tranpieds, ni moins profondes
larges que de deux
en forte qu'à la différence des que d'un pied & demi,
ne doivent être creufées
autres tranchées qui
feront à un pied & demi, qu'à & un pied, celles-ci le
tranchée au moinsà
ia terre enlevée de la
cette profondeur,
J'eflime aufi que dans les côtes les
les plus expofées comme je viens de plus roides &
chées ou follés doivent être
dire, les tranau plus à trente piede
ni moins profondes
larges que de deux
en forte qu'à la différence des que d'un pied & demi,
ne doivent être creufées
autres tranchées qui
feront à un pied & demi, qu'à & un pied, celles-ci le
tranchée au moinsà
ia terre enlevée de la
cette profondeur,
J'eflime aufi que dans les côtes les
les plus expofées comme je viens de plus roides &
chées ou follés doivent être
dire, les tranau plus à trente piede --- Page 375 ---
ET CULTIVER LA VIGNE.
DE PLANTER
entiérefrancs les uns des autres, afin de prévenir
faire les granment tous les degàts que pourroient
forment
des pluies d'orages & les torrens qu'elles
&
elles ne formeront
dans leurs cours,
qu'alors
du moins
plus, P'eflime encore qu'en tout tems, le perla
du terrein pourra
autant que profondeur dans les côtes dont ils'agit,
mettre, les tranchées
& demi de
doivent toujours être tenues à un pied
creux.
penfe qu'il fuffira de
Dans les autres.côtes, je Fun de Pautre, &
faire les foffés à quarante pieds
en
de les tenir toujours à un pied de profondeur falle de
fuppolant, comme je le préfume , qu'on
ces follés &c des autres, Pufage quej je vais dire,
t fans doute, lcs frais
Ces foffés augmenteront
par
de la plantation 5 mais, 1°. ils en épargneront
qu'ils n'en colteront: 20,on
la fuite, infiniment plus
comme toupourra,en les préparant en tout poinr
Vites les autres tranchécs ou rayons. 7 y planterla ila
de lamème maniere, en ayant Tattention,
gne
de les
en farmens enracichole eft pofmible,
planter
la rige &c de la
nés, &c d'en élever progrelisement doivent êrre celles des
maintenir plus longue que ne
foient
que ceux dont il s'agit
autres ceps, pour la
& à être enterrés dans le cas
moins fujets a geléc
des grands orages.
de côre, il fufDans le cas de la feconde efpéce
d'un
fira d'ouvrir les tranchées à la profondeur
la
pied & demi, commeje Pai dit, parce qu'apres
és, &c d'en élever progrelisement doivent êrre celles des
maintenir plus longue que ne
foient
que ceux dont il s'agit
autres ceps, pour la
& à être enterrés dans le cas
moins fujets a geléc
des grands orages.
de côre, il fufDans le cas de la feconde efpéce
d'un
fira d'ouvrir les tranchées à la profondeur
la
pied & demi, commeje Pai dit, parce qu'apres --- Page 376 ---
Io
NoUyIILE MÉTHODE
plantation, un pied de profondeur pourra fuffire.
Dans la premiere elpéce au contraire, on fera les
foflés à deux Pieds de profondeur, afin qu'après la
plantarion, il puiffe leur en refter un
&
en recouvrant le plant d'un demi-pied pied de
demi,
Cette
terre.
opération une fois faire, elle le fera Pour
toujours, & quoique je n'en aye pas préfenté tous
les avantages, il eft ailé de juger par ceux quej j'ai
expolés,de quelleimportance elle eft : je la croisjufte
dans rous les Points; cependant G, par une raifon ou
par une autre, ill n'étoit pas poffible de fouiller la terre
commeje viens de dire en dernier licu,ilfaudroic bien
s'en dilpenfer; mais en ce cas, il faudroir
les tranchées, en les
muliplier
efpaçant un peu moins, ou
élargir la tranchée de huit pouces de plus.
Ces tranehées doivent être éeurées tous les ans
pourleur conferver roujours la même profondeur,
& pour en répandre la terre fur la Partie de
dont elle proviendra, c'eft-à-dire, far la Partie Vigne élevée au-deffus du foffé,
La partie de Vigne de ces tranchées fera gouvernée en tout point de même quele refte, & on
laillera au milicu de la rangée de Vigne de chaque
tranchée, un cipace ou ouverture de cinq pieds
pour le fervice de la Vigne & le pallage des Vignerons.
7°On fera parcillement des tranchées tranfverfales dans les terres marécageufes, & en
dans routes celles où l'eau fureabonde à la général, fiperfi- 2 --- Page 377 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE.
II
cic, J'eflime que GCS tranchées ne doivent pas être
moindres de quinze pouces de profondeur 3 fur autant de largeur ; c'eft tau local à déeider du plus ou
du moins.
GHAPITRE IV.
PLANT E T PIANTATION
Li meilleurs cépagesou efpéces de railins, ceux
qui donnent les meilleurs vins 7 les vins les plus délicats, exigent, fur rouràcaufe dela foraifon,une expofition ou une température favorable, ou à défaur
d'expofition, une terre légere &chaude: ce n'eft pas
qu'ils ne puillent réuffir dans quelques sautres tetres 5
mais il el certain qu'ils y réuffiffent moins bien >
& qu'ils chargent toujours beaucoup moins que les
elpéces inféricures > 8.c'elt pourquei la plapart des
Propriétaires & les Culrivareurs qui, raifon ou non,
préférent la quanrité a la qualiré, les ont bannis des
terres mêmes qui femblent leur appartenir plus (pécialement.
Le meilleur Plant pour la plantation paroit être
celui qui a été levé fur une Vigne de huit à douze
ans, parce qu'une pareille Vigne elt toujours cenfée
être dans fa force 5 cependant Jellime qu'alexception, peur-être, des vicilles Vignes, tour plant oubrin
provenu d'un cep vigoureux, en bon rapport &: dont
ie fruit eft bien conditionné, eft toujours bon.
des
terres mêmes qui femblent leur appartenir plus (pécialement.
Le meilleur Plant pour la plantation paroit être
celui qui a été levé fur une Vigne de huit à douze
ans, parce qu'une pareille Vigne elt toujours cenfée
être dans fa force 5 cependant Jellime qu'alexception, peur-être, des vicilles Vignes, tour plant oubrin
provenu d'un cep vigoureux, en bon rapport &: dont
ie fruit eft bien conditionné, eft toujours bon. --- Page 378 ---
NOOvSILE
MITHODE
On connoit qu'un Plant eft
de railin qui reftent au bois bon, par les queues
dures & épailes,e'cfune : fi elles font courtes,
le fruit étoit
preuve, en général,
l'a
gros, & par conlequent
le
que
Porté eft bon. Si lesbrins font
que cep qui
ris, qu'ils ayent l'écorce unie & beaux, bien nouren foir ferme, bien mûr & d'un luilnte, verd quelebois
on y fait une entaille avec la
clair quand
tant d'indices de la bonté du ferpette, ce font auPlant.
Jeregardela premiere marque
taine, d'aurant qu'en général, commela plus certoutes les aurres
elle fuppole au Plant
qualités ou fignes dont
parler ; cependant,
je viens de
roitre moins fors quoique ces fignes puiflent
, ils font les plus
paPour qui a de grandes
généraux, &
qu'on doive confulter plantarions à faire, les feuls
dans certaines
que celles ot la Vigne a été fortement années, telles
gée Par la gelée ou la coulure,
endommala, lorfqu'a fa
elle
ou même, fans cepes. Le Point poulfe
a montré peu de graps'aflurer que le important, Plant
quand on le peut, c'eft à
de
d'une
vient d'une bonne
Vigne qui eft encore dans
Vigne,
plus dans fajeuneffe qui d'ailleurs faforce,nef fur-elle
gue à Pégard des Vignesbien
eft toujours lonJe me fuis étendu fur cet tenues,
quelques-uns des précédens, Article, ainti que fur
femble me le permettre la briéveré beaucoup de plus que ne
mais le Plant, c'eft la
cet Ouvrage;
vaife,quelque
Vigne, & fi la Vigne eft mauexcellente que foit ma Méthode, elle
igne,
plus dans fajeuneffe qui d'ailleurs faforce,nef fur-elle
gue à Pégard des Vignesbien
eft toujours lonJe me fuis étendu fur cet tenues,
quelques-uns des précédens, Article, ainti que fur
femble me le permettre la briéveré beaucoup de plus que ne
mais le Plant, c'eft la
cet Ouvrage;
vaife,quelque
Vigne, & fi la Vigne eft mauexcellente que foit ma Méthode, elle --- Page 379 ---
IA VIGNE.
DE PLANTER ET CULTIVER
je ne
bonne, & c'eft pourquoi
ne pourralarendre
les
& les Culipuis trop engager tous
Propriéraires attention à certe
vateurs à donner lal plus grande les initructions qui
fondamentale & à toutes
partie
la concernent.
regarde en général, (inon
M Une attention que je nécellaire, au moins
comme indity enfablement
de préférer toujours
comme trés imponane.ef
ou dumoins
le Plant qui vient d'unetereinf@rieureye au Plant qui
égale à celle que lon veut planter,
viendroit d'une terre plus forte & meilleure. dans les
Le meilleur Plant pourla durée, fur-tout Plant de
bonnes terres, eft, à ce que Pon prétend,le un fimceft-à-dites ou
boutures ou de croffertes; farment anquel on a confervé
ple farment, ou un
L'expérience
un peu de bois de l'année précédente. bons & réuffifent trésptouve quelan &cPautre font choifis & bien plantés ;
bien , quand ils font bien nombre de terres, des
mais il elt pour un grand
fontles Plants enraPlants preférables à ceux-là,ce chévelures ou marcoteinés, ou autrement dit,les
en
& les Plants de pépinicres - s qu'on appelle
tes,
certains pays barbeaux. Plants conviennent finguCes deux efpéces de
très-froides & dans
liérenent dans toutes lesterres
font peu propsce
les terres tres-brulantes 2 qui
à faire des éleves.
doivent, ainti que les farCes Plants cnracinés
du rayon ou tranmens, fe planter au milieu jule
chée.
oteinés, ou autrement dit,les
en
& les Plants de pépinicres - s qu'on appelle
tes,
certains pays barbeaux. Plants conviennent finguCes deux efpéces de
très-froides & dans
liérenent dans toutes lesterres
font peu propsce
les terres tres-brulantes 2 qui
à faire des éleves.
doivent, ainti que les farCes Plants cnracinés
du rayon ou tranmens, fe planter au milieu jule
chée. --- Page 380 ---
- Novv ELIE UMIETHODE
En prenant les mémes précaiutions
pour les arbres, > on pourroit daiffer à qu'on prend
trois érages de racines ; mais
chaqie Plant
tions feroient rarenienrobfervées comme ces précau-
& prendroient
par les
beaucoup de tems, je Vigacrons,
lailler qu'un feul étage de racines, confeille de ne
& de bien étendre & divifer les del planrer droit,
de terre
racines fur la mie
préparée au ffond du
&c de
charger de cinq à fix pouces de rayon,
les
qu'il fera pollible, à la
terre prile, autant
dire, à la partie la plus faperficie élevéc du champ, c'eft-a
attention à ce que la terre dont de lauberge. Onaura
racines, ne foit point
on recouvriral les
la bien émietrer. Onaura motteufe, &au contraire dd
ceflaire de ne Poinr
l'attention encore plus né4
dans toutes les terres planter Parr un tems humide;
font poilleufes,
forres & dans toutes celles
8c on fe donnera bien de
qui
trépigner la terre avec les pieds, comme garde de
tout dans'le matvais
de
on efl pars
ment dans toutesdes ufage
le faire indiflinétes
terres lors des
pente pourrant que lors de cetre
plantacions. Je
bien d'aflermin - la terre avec les opération, on fera
les terres légeres, &
pieds, dans toutes
fur-tour lorfque da principalemenedans les fables,
20x
plantation fe fera 19 après Phiver.
Tous CCS avis fonr des précepres dont J
Sécarrer fansriquer la
on ne peur
plantation.Jy
Fexception des terres labloncules, ajouterai, qu'à
planter dans les autres',
onl ne doit Pas
Hasinulomi@atiangwvedien 2 loriqu'elles font humides,
font micherpare qu'auo
, &
pieds, dans toutes
fur-tour lorfque da principalemenedans les fables,
20x
plantation fe fera 19 après Phiver.
Tous CCS avis fonr des précepres dont J
Sécarrer fansriquer la
on ne peur
plantation.Jy
Fexception des terres labloncules, ajouterai, qu'à
planter dans les autres',
onl ne doit Pas
Hasinulomi@atiangwvedien 2 loriqu'elles font humides,
font micherpare qu'auo --- Page 381 ---
ET CULTIVER LA VIGNE.
DE PLANTER
foi, , la terre du rayon,
trement, on durcit, malgré
la
moins propre pour végé
qui en devient beaucoup
la plantatation du plant, à moins qu'en fuppolant de dontion faite avant Phiver, on n'ait l'attention
& d'ameublir la terre du rayon, ou
ner un labour,
ou dès le commencement de
dans Phiver même,
Février, fans préjudice du labour qu'onauroitdonné
circonftance.
a1 D
fans cette
droit & d'étendre les racines
Si au lieu de planter
comme jelai dit plus haur, on jugeà propos, pour
plus vite, de couchet le plant, en ce cas
expédier conferver tous les érages des racines; mais
on les pourra écourtera près du pied dontielles fortent,afin
on
falfent
- , & qu'elles ne
qu'clles ne
point paquer cela arrive fouvent.
relevent point en haur, comme
à deux.
On piquera le plant dans le fond du rayon
d'avant; enfuite de quoi on couchera
ou troispouces bois, & deux ou trois yeux du jeune
tout le vieux relevera de maniere que la partie qui
bois, que lon
anticipation on
appeller
fera relévéc, & que par
fera peut couchéc.
tige, falle angle droit avec cellei qui
Onfeconformetay pourle fiurplus al'article précédent,
dans lequel la maniere de planter lep plant enracinéeft
furement la meilleure, fi elle n'elt pas la plus expé
J3
ditive.
enracinés
Avant de terminer rce qui iregardele plant
al eft bon de remarquer que les chevelures omplants
enracinés qui ont peu de vieux bois entre les Tacines
8 lejets OIL brin de Pannée qui doisformer la tige,
Jontles meilleurs 6 que lareprife emepbeanconpp'lus
édent,
dans lequel la maniere de planter lep plant enracinéeft
furement la meilleure, fi elle n'elt pas la plus expé
J3
ditive.
enracinés
Avant de terminer rce qui iregardele plant
al eft bon de remarquer que les chevelures omplants
enracinés qui ont peu de vieux bois entre les Tacines
8 lejets OIL brin de Pannée qui doisformer la tige,
Jontles meilleurs 6 que lareprife emepbeanconpp'lus --- Page 382 ---
NOUVILIE
Mitmont
stre que de ceux qui ontles défaurs
que par conféquent ils font
contraires, &
derniers.
très - préferables à ces
Si la plantation fe fair en boutures
ce qui eft inévitable dans
ou croffettes,
toutes les
tions, on les piquera dans le fond du grandes plantajours au milien, comme je l'ai dit rayon, 6 toulures : on les couchera far le
pour les cheve=
quatre à cing pouces, &
les fond du rayon de
comme il a été dit dans on les relevera & couvrira,
Telle eft ma Méthode
articles qui précedent.
diftribution des
en tout ce qui concerne la
vais
Geps & la plantation de la
encore ajouter
Vigne. je
objers.
quelques avis relatifs à ces deux
Le premier de ces avis eft
Gi
une même piéce, des
que on plante dans
qui
cépages ou elpeces de raifins
mûriflent, & qu'on ait deffein de
dans des tems différens 2E 2 on doir les vendanger
mettant chaque cipece à
féparer, en
différentes.
rart & à des places
Le fecond avis,
une méthode
indifpenfable fur - tout dans
du
qui n'admet ni provins ni
moins comme dans T'ulage
marcottes,
former des pépinieres, foit
ordinaire, c'eft de
les jeunes
Pour regarnir au beloin
Vigncs que l'on plante, foir
les anciennes.
pour regarnir
A Ces pépinieres feront
méme que les Vignes à plantées en rayons , de
qu'on
demeure, 9 à la différence
Pourra ne donner au rayon que
de
largeur, 8cque les
neufpouces
plançons, au lieu d'être à quinze
Pouces
pinieres, foit
ordinaire, c'eft de
les jeunes
Pour regarnir au beloin
Vigncs que l'on plante, foir
les anciennes.
pour regarnir
A Ces pépinieres feront
méme que les Vignes à plantées en rayons , de
qu'on
demeure, 9 à la différence
Pourra ne donner au rayon que
de
largeur, 8cque les
neufpouces
plançons, au lieu d'être à quinze
Pouces --- Page 383 ---
DE PLANTERT ET CUITIVER LAU VidNE. 17r
pouces Punide Tautre, feront feulement a cinq ou 1
lix.On:flervits bourures,
pour cesa pépiuieres, de calons ou
ogbanq amtzusa zuoy xosb
zusb ml
IO e nu CH siTus A PIT K0S7 cust R E' V. DO
ar PRINCIES SUR LA TAILEIDE IAI D VIGNE, end
LA railles rusb oumaniere 1 anid xusb a tollisi
asid it
de la
derailler, elt dans la
Vigne, ce qu'ef kf tems
cuiture,
PArt des Vins : Fan, & Fauire font du de décuyage la
dans,
imporrance, & tous deux des Problamnes. plus grande
ciles airéloudre, & ils.ne le fonr
tresadifh- 107
rendre, la folunon en rermes, 20 1a9 moinspous LL en,
tendre facilement : Jepere gependant Propres, à He 3 faire onit enl'aide des Paincipes que jeyais
y paryenir à
nombre, Acquelai deja
expaler en allezgrand
en grande partie. Ces Principes expolcs ailleurss font
aumoins
toutes.les Vignes, faites. comme Afaire arpleabiet a
Dans le temsmeme que la Vigne
25n9
on la taillera; on melaitseatiemsrl,1 fera pancee
foits.que deux ycux ou coffons aurdelfus relquil
on pourra meme ne lui cI
deterre
nier ail enterré n'eft
lailer - 99W0 19 male Gle derfeperficie,
9RA un pouce & demi -
la 2
xuque cetal plage
TLeS
ici, pouffera un bourgeon & tion cammsjaisl luppole a4 D i
mier Principe,
dex.tacioss- 32 REeT
L'année
513 sagiv aallies sb
&le plus bas.P Guiranteapn ppurvaourcfols ne.taillera a
GME Foates ORIRA
tions nécellaires, fans
9u31 ait les -
quoion le
ropdis
u Asgrancheroir al & %
B
2
xuque cetal plage
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ici, pouffera un bourgeon & tion cammsjaisl luppole a4 D i
mier Principe,
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L'année
513 sagiv aallies sb
&le plus bas.P Guiranteapn ppurvaourcfols ne.taillera a
GME Foates ORIRA
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9u31 ait les -
quoion le
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B --- Page 384 ---
Miruona" ad
181 NSUTILLE
tailleroit fur Paurre. Il eft treg-effenticl dei n'établirt
lataille que fur de bons brins :on ne tailleraqu'a
deux yeux. Deuzieme Principe. les
estnsod auront
La troifieme annéc, fuivant que Ceps fur deux
plus ou moins poullé, on 1 lestaillera, & Tautre ou à un, ou
brins, dont un à deux yeux
allez rarement
fculement fur un brin à trois yeux :
fera-t'on bien de tailler les deux brins à déux n
n
du
ou
VE
chacun, à moins qu'on ait planté bien fume plant à 'la feconde
ment enracine, ou qu'on ait
année, comme je le dirai dans la faite : aurette,
du Cep, c'eft-aedirealilonceft robloursàla vigueur
delannée, à décider.
gueurd & a lagrolfeur des poulles
ilfera pruJefime qu'a ccs deux premieres poulfes, printems;
dent de ne tailler le jeune plant qu'aa
a
à Pexception des basDans s3les annécs Gtvanres,
on fera bien de
fonds 8 des terres marécageufes,
touites les
tailler les jeunes plantes, 6 en gentral
h les Vignes foibles ou gui onsfouf
Tipuiojwew bien, dis-je, dans tous ces cas, de tailler
onfera
frr, avant -
Phivers comme je lai toujours pratiqué moimême à Pégard de mes vignes. Troifieme moins Principe. en
année, je confeille, au
La quatrièmne - tailler encore que fur deux brins, foit
genéial, de ne
fuivant la force du Cep:
à deus, foita trois annécs, yeux, il eft de la plus grande
Dans'ces premicres de tailler la Vigne très-court, 6 plus
confequence eourt mème ga'alte ne paroit le demander, parce qu'il
ett de fait que dans ce cas elle poulle branches, d'aurant plus ou
a racines, qu'elle poulle moins en
au
La quatrièmne - tailler encore que fur deux brins, foit
genéial, de ne
fuivant la force du Cep:
à deus, foita trois annécs, yeux, il eft de la plus grande
Dans'ces premicres de tailler la Vigne très-court, 6 plus
confequence eourt mème ga'alte ne paroit le demander, parce qu'il
ett de fait que dans ce cas elle poulle branches, d'aurant plus ou
a racines, qu'elle poulle moins en --- Page 385 ---
bz PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE.
sutrement dir, qu'on la charge d'une
quantité de branches : or, comme la force moindre de
Vigne, ainlique celle de rouslesvégétaus.p
la
ptincipalement &
Provienr
& non des feuilles prefqu'uniquement ou de l'air du des racines, S
quelques exagérateurs fembleroient tems, comme
croire, il s'enluit
le
vouloir le faire
que premier objer qu'on doit fe
propoler avant rour,cf de faciliterla
& l'allongement des racines. C'eft le mulsiplication feul
d'établir promptement une Vigne, de lui moyen
bon pied & d'en afforerle
faire un
ne doit la mettre à vin, rapport & la durée, On
c'enl-a-dire, la
vue d'avoir tout le vin gue peut
tailler en
rence, qu'après avoir farisfait à prometre cette
fopappadition, Quatrieme Principe.
derniere conLa cinquieme année,la Vigne fera taillée
je le dirai dans le dixieme Principes
comme
Dans un fyléme qui, comme celui dela Méthode
que je donne, n'admet en général ni
ni couchages, on ne, doit tailler
longues railles
trois yeux au plus. Cetre maniere chaque de tailler brin qu'à
plus grande
eft de la
& la qualité confaquence du vin.
Pour la durée de la Vigne
On taillera, en général, Cinguieme de Principed
les plus bas, ou autrement préférencet far les brins
dit, les
pied: il ne faur jamais lailler
plus proches du
éleverl la
queje ne vais dire, ce n'eft dans les tige plas hauc
des terreins stres-luniides,
barfonds
les Vignes
& péut-écre encorelatique
las. Hors.ces He@ancenentdicmmiacd &
cas & à Texception des Vigues Gams.cchahautés
Bij
uieme de Principed
les plus bas, ou autrement préférencet far les brins
dit, les
pied: il ne faur jamais lailler
plus proches du
éleverl la
queje ne vais dire, ce n'eft dans les tige plas hauc
des terreins stres-luniides,
barfonds
les Vignes
& péut-écre encorelatique
las. Hors.ces He@ancenentdicmmiacd &
cas & à Texception des Vigues Gams.cchahautés
Bij --- Page 386 ---
NoUvErEs
ou hautains,
MITNODE aa
Poflible,
j'eftime que la tige, aurant
ne doit pas
qu'il telt
de hauteur, & on la NEASNnE2aR maintiendra à
oblervant les avis
cette hauteur en
Tebourgeonnemient. que je donnerai à l'article de
Sixieme
Trois branches
Principe.
roa
deux; ainfiil vaur mieux confomment plus de féve que
tailler
trois yeux chacune,
fur fardeux branchés à
feroient taillées
que
trois branches qui ne
qu'adeux. Ce
cn confequences, & c'eft
principe efl crès-fécond
dont il
Pourquoi dans
sagit, on ne doit jamais le
Topération
Sepueme Principe.
perdre de vue.
Pour conferver une Vigne, il faut
quoique faite, la tailler un
roujours $
force
peu au-deflous de fa
apparente ; on ne perd rien fur la
on a de plus beau fruit & de meilleur quantiré, &
il faur ajourer que la
vin; à quoi
coûte béaucoup
Vigne a bien moins befoin &
moins d'engrais. Huitieme
La Vigne une fois plantée & établic, Principe.
palement de léconomie de la taille
c'elt princirapport & fa durce; mais certe
que dépend fon
tante exige, pour être bien opération Gimpornombre de
faire, un tres-grand
combinaifons, & c'eft
procédant, on doit avoir égard à la pourquoi, en y
à la nature du terrein, à celle du force des ceps,
qu'il donne plus ou moins de
cépage, fuiyant
grappes font plus ou moins fortes, grappes, àla & que ces
la Vigne eft &: doit être
maniere dont
tenue, à la quantité des
engrais qu'on lui donne, à
des
à fon age, au plus ou moins Pefpacement de fruit
Ceps,
a
qu'elle a rap-
'eft
procédant, on doit avoir égard à la pourquoi, en y
à la nature du terrein, à celle du force des ceps,
qu'il donne plus ou moins de
cépage, fuiyant
grappes font plus ou moins fortes, grappes, àla & que ces
la Vigne eft &: doit être
maniere dont
tenue, à la quantité des
engrais qu'on lui donne, à
des
à fon age, au plus ou moins Pefpacement de fruit
Ceps,
a
qu'elle a rap- --- Page 387 ---
ET : CULTIVER LA VIGNE. 21
DE PLANTER
& au rems qu'il a fait.
porté Tannée d'auparavant,
beauDans les années humides. les Vignes poullent de
debois, quoique fouvent elles ayent peu
coup
dans les années tres-léches elles
forces comme
elles
donnent moins de bois, quoique quelquefois d'od il
foncierement beaucoup de vigueur;
ayent fuir
n'eft point (culement Par Pétat apparent
que cc
faur fe décider, mais encore Par la
dela Vigne qu'il des circonflances, qui ne peuvent jacombinailon
mais qui en
mais détruire les principes généraus
cette
modifient taplication, Ily, a plas.cett elle-mème que
modification, ou la regle qui Tétablit, eft
Cclui-ci eftle neuvieme. -
un Principe général, bien
n'a point
Tant que la Vigne,
gouvernées de terencore étendu fes racines dans tout Teipace
rein qu'elles peuvent parçourir fans 1 çn rencontrer encore
d'autres, on peut la regarder comme érant
dans un érat de croiffance;8 par confequentjnigea à fon dernier
ce QHE fa croillance foit Parvenue
terme.illemble -
qu'on peut graducllemenss quoique (a
avec beaucoup de mcfare 2 augmenter
roujours,
TL
charge,
ub
Cef pariculieremens d'après ce Principe, que,
on doit railler la Vignes
dans. la reg'e genérales de (a
& dans un
la cinquieme année
plantation, enforte
fi,
grand nombre des années fuivantes;
Tannée que
fuppolition, la Vigne n'a été taillée
par
far deux broches ou brins à trois
précédente que elle
Tetre en géntral, l'année
yeux chacun, trois brins, pourra chacu. à trois yeux : le tour
d'apres, fur
Biij
doit railler la Vignes
dans. la reg'e genérales de (a
& dans un
la cinquieme année
plantation, enforte
fi,
grand nombre des années fuivantes;
Tannée que
fuppolition, la Vigne n'a été taillée
par
far deux broches ou brins à trois
précédente que elle
Tetre en géntral, l'année
yeux chacun, trois brins, pourra chacu. à trois yeux : le tour
d'apres, fur
Biij --- Page 388 ---
NOUvETE P
fous les modifications des MFTHost 1
Celui-ci eft le dixieme. deux précédens ITIC
Principes
Quand la Vigne eft une
encore toure f force, on Vigne faite, & qu'elle a
tra Pas décliner, la tailler doit, tant qu'elle ne paroimaniere, enforte,
tous les ans de la même
été taillé * 'dix' ncuds par exemple, Tannée quele Cep qui aura
paréillement lannée d'après à la précédente, même
le fera
nceuds; comme celui qui laura été à
quantiré de
je regarde comme le nec plus ultra douze, ce que
thode, le fera de mème Tannée
dans ma Médes autres) & en effer dans la fuivante, & ainfi
de quoi lui en lailleroit-on mains appolirion, propos
circonftanices fonr cidemenr'les
ou plus, files
ne loient
mêmes &
R
de
poinrchangeest carilne faur
gu'elles
vue ni le huitieme, ni le
jamais perdre
Celu-a eft le
neuvieme
f Podr
onzieme.
RT n:
Principe. 1I
fon plus Au qu'une dégre de Vigne, après être parvenue à
force ou
femble decliner, on
A
dasctroiftemene,
grais, ce an qu'en 9r
doit, ou la foutenir par les enmoins d'un beloin général je ne confeille poinr, a
mioins à A raille,en évidenr, ou la charger un
proportion
diminuant toujours celle-ci peu en
&en oblervant ddenperdohianaatrmmrd en outre &
dela Vigne,
huitieme Principe, Glon veur tres-rigoareufement le
en bon étr,
conferver la Vigue
Douzieme
ToT
Si la Vigne étoit fatiguée Princige,
chargée à la taille lannée
pour avoir été trop
plas efficace, -
commele précédente, le remede le
plus limple, en nefappofant
proportion
diminuant toujours celle-ci peu en
&en oblervant ddenperdohianaatrmmrd en outre &
dela Vigne,
huitieme Principe, Glon veur tres-rigoareufement le
en bon étr,
conferver la Vigue
Douzieme
ToT
Si la Vigne étoit fatiguée Princige,
chargée à la taille lannée
pour avoir été trop
plas efficace, -
commele précédente, le remede le
plus limple, en nefappofant --- Page 389 ---
DETPLANTER it COLTIVEN IA VIGNE. 23
*
mal, feroit de la tailler fort court, & beauque ce
en vue d'avoir du bois que du vin, Sila
coup plus
anciennea il faudroit roujours & de
caule étoit emtployer plus
le même remede, & il faupréfétence
fouvenk a avoir recours aux endrolt.cnicore'le play
dr la
n'edt
gpisvenfirpoliare toutefois que
Vigne
défaut.de la maigreur & qu'elle n'ait pas été
iquele.d ellentiellement détruite ou altérée dans fa, nature 5
ccat alors ilin'y auroit d'autre parti à prendre que de
-Farracher, comme devroient Pêtre un sres-grand
nombré derVignes qui font encore fur pied. Treiizieme Principe. E
j8 une
sl J'aurois bien défiré pouvoir fitpprimer. rai fait
grande partie de ces Principes, comme je
dans la premiete édition de cette Méthode 5 mais
la matiere eft G importante., elle eft vraiment fi obLfcure & G difficile, que, malgré les bornes étroites
dans lefquelles je me trouve rellerré, j'ai cru ne
autant de jour
pouvoir me dilpenfer d'y répandre
mes lumieres & ma longue expéricnce peuvent
que
me le permettre. on
érablir ici fur le
a
J'aurois encore un Principe à
des
même fujer; mais comme il fe rapporte à un
ait dans les, Vignes déjà
U plus grands abus qu'il y
micux
dans
exiftantes, j'ai penfé qu'il feroit
placé
laMéthode ouje trairerai de ces Vignes,
a
-
iv
fer d'y répandre
mes lumieres & ma longue expéricnce peuvent
que
me le permettre. on
érablir ici fur le
a
J'aurois encore un Principe à
des
même fujer; mais comme il fe rapporte à un
ait dans les, Vignes déjà
U plus grands abus qu'il y
micux
dans
exiftantes, j'ai penfé qu'il feroit
placé
laMéthode ouje trairerai de ces Vignes,
a
-
iv --- Page 390 ---
à avo: N OU VELLIE
MimHopria
2 "CHAPI ERE V
a
I.iq quos
DE L A F U M U R
3ioi3 sluso
-
19 1o10
Orimmims généralyl la
fa plantation, à moins
Vigne l'année d'apres
que lal plantation,
manque :ie confeille
n'edt
a reprisy de fumer fort, fuir-ronty afin de Glejeuneplancabsen
mera'a autant
n'y pasrevenir. On fuquecela fe
toutesles terres
redrarswmneiliteriad dang
geujes,
qui nelerontni froideseni marécajulques dans Pailqu'a tous niques onplincd tac
ces dernieres, On adapicera" Vigne
qu'onle pourtaa qwaliroidu famier àeelle caucant
"terre
de la
eidans lesrerres een-aitire.tisinp porrera des furniers chands
teries
froides, 8ardes funtters
chatides 80 legeresirsi on fume grasdans.les
on laifera Hlehemicralair
avancil'kiver,
moins on ne le
dans les rayons poudu
J feurde
récouvrira que d'ene perite épailfuivant semeyjulqutaa mhois de Février ou de Mars,
Pannée larempératures des-licux ou derlannée. Si
pomlle, d'après &
certe opération, la Vigne a bien
quel les farmens ayene aflez de
pourérablit, après lopération
vais longueur
une bonne taille'de deux
fur dontje
parler, 2
de trois yenx fur un feul brin yeux
deux brins, ou
blera le
: en ce cas, on comrayon, en forte que tour le rerrein foir
comme auparavant. On ne doit tailler la
uni
prés certe opération, qui érant faite dans Vigne les qu'aconfiances que je fuppole, pourra valoir
cirgu'gne
aurang
dempi-famure, 11
longueur
une bonne taille'de deux
fur dontje
parler, 2
de trois yenx fur un feul brin yeux
deux brins, ou
blera le
: en ce cas, on comrayon, en forte que tour le rerrein foir
comme auparavant. On ne doit tailler la
uni
prés certe opération, qui érant faite dans Vigne les qu'aconfiances que je fuppole, pourra valoir
cirgu'gne
aurang
dempi-famure, 11 --- Page 391 ---
PLANTER ET CULTIVER IA VioNt. as.
DE
annécs après la premiere fumure,
Si, quelques
la
ou feulement
ou. dans la fuite du tems, avoit Vigne, beloin d'être fuquelque partie de la Vigne
ne peut
mée, ce qui, dans les grandes a plantations, trouve touguèrcs manquer d'artivet, parce quilfe mauvaifes &
jouts quelques veines de terre plus nécetlhirement
plus ingraresquel le reflc.il@audroit tard,8 daus le
fumer, & toujouts plutôr que plus
le long, des
enl ouvrant
tems le plavconvenable,
de ix à
rangécs ou dedarangée une fur petite hait rigole à neuf de larshuit pouceside, profondeur. pour ile mieux, que dans toute
ageur, & enoblervant
en
ou en
ra Hargenrs la trigole aille un peu
pente
tinclinant du côté dès ceps: Seflime qu'en généralla des
frigole doit être ouverte à fix pouces du pied
-
ntol eobr ne
sloo
ceps. s'en fautbien
je confeille de fumers mais
s05d Il
que
la meilleure ferperteine
Iquand le cas Texige,8 que
& G
fuffit pac,i illeft ibien force de famer,
onnefil fautfamoit pas 3 on ne poartoit qu'y iperdreis mais cn-gévoir économifer 8d dépenfera proposs
con
néral, dans les Vignes bien plantées & tenues néme je lenfeigne - , certe dépenfe fera rarement
cellaire, feréduiraà peu de choleuns S nsiynto
ansivuoo
IEIR enrood
faod
LI
-
a
cumntob
15 L A U
,i illeft ibien force de famer,
onnefil fautfamoit pas 3 on ne poartoit qu'y iperdreis mais cn-gévoir économifer 8d dépenfera proposs
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néral, dans les Vignes bien plantées & tenues néme je lenfeigne - , certe dépenfe fera rarement
cellaire, feréduiraà peu de choleuns S nsiynto
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15 L A U --- Page 392 ---
Nc WV L
gaomsl 176
ul C HAPITRE VIL
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3uoq on Rnonciip
plaup
OVUOT 51 top 90256
tup
om
a Liny a pointd'autres régles pour le
labours dans lescuoavelles
nombredes
point
plantations, que denly
détruire taltszenshns/henterere auffiror
du moins que dela
toujours
qu'elle paroit, &c iquer d'entrerenir
par deslabours ou
faits
ta terre tres-moubléea
grattages
à propas
lau afoperfieie, far-tour dansila
premiere année déla plantarion, & dans toutes
Jrerfes fiujettes a fe durcir. C'eft
les
planter & de ne
beaucoup de bien
planterque du bon
ce n'eft pas affez,ral faut
plant 5 mais
ce plant aucen des foins
encoteine tefufer àà
ceux que je viens de
qu'exige fon enfancegs &
recommane nder dont abfolument
onéetfatresye autiement il ne
faut
Faurpas plantet; ou gil
moinsplanter, A une trop
nuireà ces:foiris. Eu tout, ilovaur grandeplanrationg imieux peur
faire; & bien faires Ce
moins
bafe de mon fylème Principequient la principale
général
de routes les parties de léconomie pour ladminifration
convient à tous les états,à
champètre,
à tous les hommes ; mais woutesles-profefiais il convient
&
ment à tous les hommes de l'agriculture particuliéreprennent prefque toujours au-delà de leurs qui forces. entreDans toutes les autres Vigues, j'eftime
général il faur communément
qu'en
année, à compter du
quatre labours par
Printems, julqu'a la ven- --- Page 393 ---
DE PLANTER ET CULTIVER
dange, Ceslabours ne T doivent a
IA 7 VIGNz, a
être, à proprement;
ler,qu'un gratrage de deux ou trois
parpaiffeur. Il faut feulement veiller pouces au plus d'éfaits à tems & heure,
à ce.qu'ils foient
& toujours 3 autant
eft
poflible, par un tems fec.
qu'il
tup CHAPITRE
-
VIIL
ECWATAS E T LIAGE
Lrs échalas,dans ma
PLANTER ET CULTIVER
dange, Ceslabours ne T doivent a
IA 7 VIGNz, a
être, à proprement;
ler,qu'un gratrage de deux ou trois
parpaiffeur. Il faut feulement veiller pouces au plus d'éfaits à tems & heure,
à ce.qu'ils foient
& toujours 3 autant
eft
poflible, par un tems fec.
qu'il
tup CHAPITRE
-
VIIL
ECWATAS E T LIAGE
Lrs échalas,dans ma avoir moins de quatre Méthode,ne doivenr Pas
On doit les
pieds & demi de
metre à Ila
à la
longueur.
au plus tard: on, les brulera Vigne
troifiéme année
àla longuenr de buira à neuf par un des deux bours,
bien, en terre, &. on les laiffera Pouces; à onlesenfoncera
orer
demeurc, fans les
comme on
salnmenidmneumtse
tiquegénéralemenrp par-tour, au grand deriment le PEA;
dela
J'eflime qu'on fera bien de
labus,
FREEeE
T'orient des ceps. Il eft à croire placer les échalas à
en garantillant au Printems
que cette polition,
res, des premiers
une parties des bourferver
tayons du faleil, pourra en
quelgues-unes de la gelée.
prée
On ne doit, en général, liér la
que les nouvelles pouffes
Vigne que lorfPour Pouvoir être amenées ont affez de longueur
On doit auffi en
fans peine à Péchalas.
gne, fur-tour général donner trois liens à la ViOn doit
quand les ceps poullentavec
encore avoir Farteution de
vigueur.
fermer les grappes dans les liens.
ne Point en- --- Page 394 ---
- NOUVELLE u NT AaVIT M) E - T H
A
nay
anbiol CHAPIT RE 1X. usllisq
39 itup JnAJUR zuoluct
1050 3 20091 B ain
EDOURGEO N N E 20 M E au N T. sldillo
la
c'elt enlever les fauffes
Baoneerowwis Vigne,
a
qui
Ceft-adire les pouffes ou bourgeons
poulfes,
el resdimple, &
n'ont pas de fruit.Cette opérayion
en
cependant délicate : elle fe fait ordinaireruent f
Mai & allez foavent en Juin. Eh généial on'ne dans peut les
la faire trop tdE dans les jeunes plantsy & majs ifue
terreins maigres & les Vignes fstignées; d'enlever les faulles
la bien faire, & prendre garde
ou
fans froit; & provenues
Ponlles qui; Guolqtie
a
être trésnon furle pied des Ceps, pesvenrpoarcant
néceflaires Pour E rabailfer la Vigner8e y érablir la
une
de la taille de Vannée fuivante.
taille ou
parrie
Certe attention eft de la plus grande comfequeuce Tsl
durée ou Ple rapport de'la Vigne,
pourla
D
100 SL
na IE 10
n9
CHAPITR EsinX
Ai
-
Sacl
o0gtl ROONURE
00 100
a e le bout
RooxrR la Vigne, ceft arrêter S couper donne
de T'année. Cette façon fe
des bourgeons
fleur; mais alégard (eulement
quelque remsaprèsla rrès-fort,) je confeille de ne
des Vignes qui poullent d'Aoûr, C'eflversle comles rogner que dans lemois
10
n9
CHAPITR EsinX
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RooxrR la Vigne, ceft arrêter S couper donne
de T'année. Cette façon fe
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fleur; mais alégard (eulement
quelque remsaprèsla rrès-fort,) je confeille de ne
des Vignes qui poullent d'Aoûr, C'eflversle comles rogner que dans lemois --- Page 395 ---
ET CULTIVIR IA VIGNE. 29
DE PLANTER 1
doit édruger la Vignes
mencement dece mois qu'on
ionc
c'ef-a-dire, retranchet les faulles poulles qui.
forries fur les bourgeons de Fannée même.
-
-
1011 ED
X I. a 251g5 3
CHAPITRE
1E aU
REGARNISS E M E N T D E L A VIGNE
danis le fens quej je l'enRicanex une Vigne,
de
mauvais Ceps,ou
tends isici,cef semplaceroudes pris, ou qui auroient
jcunes Plants qui n'auroient pas
d'arriver
mal pris; ce qui ne peur gueres manquer
dans toutes les plantations.
ot A dans oxst
Dans les Vignes faites, lorfqu'il fe trouyera
des places à regarnir, des Ceps.aliez
le voifinage
fournir des farmens d'une force &
vigoureux pour fuffifantes, on couchera un de ces
d'une longueur
voudra regarnir, en failant
farmens à la
qu'on
fur-tour dans
unerigole de tie profondeur d'un pied,
doit
les terres légetes; on en relevera la partic cela qui
former la rige,on remplira la rigoles &
L'an- fait,
on taillera le farment à deux yeux feulement. même annce,
née fuivante, apres la Vendangejou la
file couchage Ehe Pétoit fait qu'au prinrems, cequ'en
on (éparera sentierement
généraljc ne confeillepoint, le farment couché, 80 enfiite &
de la mere-fouche
ouvrira autour de ce provin
des la même année on fofle fuffiante que loa
ou nouveau Cep, une
comblera après T'hiver,
fumera aufli-tôt, & quelon
de la fumure.
ainli queje l'ai marque dans larucle
la
file couchage Ehe Pétoit fait qu'au prinrems, cequ'en
on (éparera sentierement
généraljc ne confeillepoint, le farment couché, 80 enfiite &
de la mere-fouche
ouvrira autour de ce provin
des la même année on fofle fuffiante que loa
ou nouveau Cep, une
comblera après T'hiver,
fumera aufli-tôt, & quelon
de la fumure.
ainli queje l'ai marque dans larucle --- Page 396 ---
24 Kor7 AI MIVE -
39.
NOUVILIE E Mirnoby
Si, pour faire ce regarnillement, il
Ceps convenables dans le
n'y a point de
trou d'un pied de
voilinage, alors on fera un
& après avoir
profondeur fur aurant de
remué la terre du fond,
largeur,
un farment énraciné de la maniere & on yplantera
cautions quej'ai
avec les prémarquées dans l'article
& à la page 25.
précédenr,
Onenagira en tout de même pour les Plants
auroient manqué dans les nouvelles
qui
Feltime que dans le cas de cet article plantations. & du
cédent, on fera bien de fumer en
prél'exception des terres
plantant, & qu'a
doit
trop mouillées ou
avant
planter
Fhiver.
humides,on
L'objer de ce regarnilfement, comme on
n'eft uniquement que d'entretenir la
voit,
de remplacer les Ceps
plantation, &
originaires, mais non de les
provigner & multiplier, comme on eft dans
de le faire par-tour ou prefque
lulage
par-tour. Cette
tique, & la proximité des Ceps en tout fens,
rrès-mal vues, &
Eu
tout leur effer efl de détruire la
Vigne & de ruincrle-Propriéaire, qu'elles
en fauffes facons, en fumier, & en échalas. confument C'eft
des barbarifmes de PAgriculure, où ils ne font rien un
moins que rares,
-
C'efl ici que fe termine la Méthode
de donner. Je vais expofer maintenant que je viens
xnnoncée
celle que jai
pour toutes les Vignes faires.
ovui
tinis
effer efl de détruire la
Vigne & de ruincrle-Propriéaire, qu'elles
en fauffes facons, en fumier, & en échalas. confument C'eft
des barbarifmes de PAgriculure, où ils ne font rien un
moins que rares,
-
C'efl ici que fe termine la Méthode
de donner. Je vais expofer maintenant que je viens
xnnoncée
celle que jai
pour toutes les Vignes faires.
ovui
tinis --- Page 397 ---
DE PLANTER IT CULTIVER LA VreNe.
sr
au L
OY0OT
n
NOUVELLE - METHODE,
100 HOn
on
OI
10 MÉTHODE
caid
idtoq isp0to
PARTICULIERE,
POUR traiter & gouverner augob antog
toup
toutes les Vignes déje
exipantes,a 1D
beancoxp moins
n
ino1st
de fraingelapréfent
LA Métbode que je viens de sl om iup seanohag
les avantages, & le mérite de lai donner réunit rous
Fexcellence du fond, & c'eft
plus belle formoya
point qu'avec le tems, elle ne pourquoi devienne jene déleipere
univerlel; mais quannà préfents je fuis fondé d'un nlage
que celle que jervais propaler efl encore
acroire
faire, & que pendant
plus nécefbeaucoup la plus utile & tres-long-tems la plus
clle fera de
à tous les pays vignobles,
récllemens prolitable
plus de Vignes plantées, atrendu qu'il y abeaucoup
qu'on ne peur ch plahter d'ici qu'on à n'ent planteraws
d'années,
an'grand nomabre
32 Ce n'eft pas gu'en
LE
toutes les Vignes à la forme général, on ne pdr réduire
thode, &c y érablir en tout Point dela le précedente.M6
ment, Les expériences que je
même elpacede la préfente Méthode .
rapporterai à la fuite
dant
en font les
comme cetre opération eft longue, préuves; cepenparoitre coureufe, quoique fouvent à qu'clle doit
elle nel coûte sien,
tout compter
a AI
qu'elle elt difticile ou du moins
forme général, on ne pdr réduire
thode, &c y érablir en tout Point dela le précedente.M6
ment, Les expériences que je
même elpacede la préfente Méthode .
rapporterai à la fuite
dant
en font les
comme cetre opération eft longue, préuves; cepenparoitre coureufe, quoique fouvent à qu'clle doit
elle nel coûte sien,
tout compter
a AI
qu'elle elt difticile ou du moins --- Page 398 ---
NoUyELLI MÉTHODE
tes-délicate, qu'elle exige un plus
a
bons Ceps qu'il ne s'en trouve dans grandnombre de
rie des Vignes faires, &
une grande parla Méthode
que d'ailleurs., à l'aide de
que je vais donner, cette opération fera
beancoup moins nécelfaire, je dois croire
de perfonnes feront tentécs de la faire, & Celt que peu
quoi je n'ai point donné & je ne donnerai pour- le
procedé de cette opération, Je Pourrai
point
communiquer, mais je nele
Pourtant le
perlonnes qui me le
communiquerai qu'aux
demanderont, &
donnant par - elles, fur leurs
qu'en me
feignemens néceflaires
Vignes, rous les ren-
&
pour en bien connoitre l'état
Pour pouvoir les aider de mes confeils en con+
noillance de caufe.
a Aurefte,
antog
quelgqu'imporrante que foit la Méthode
que je vais donner, il faut Pourtant avouer
quoiqu'elle contienne un grand nombre de combi- que,
nailons qui ilui fent propres,
clle n'eft dans
A-desplusintcrefantes
qui la
tourlerelle, que la Méthode même
précede.
On elpace la Vigne & on la cultive de mille manieres; & de toutes ces manieres, il
en a
une feule ci il n'y ait de tres-grands abus, n'y loit pas
qu'on y fair de faufles opérations, foit
parce
fait malcellesn mênies quilfurfaire,
parce qu'on
STL Je ne rappellerai ici qu'une partie de cès abus, borl
parce que Pulage de la Méthode qui précede,
feul pour faire cefler les autres, & en être
fuflira
7930 L'ufage ou Pon eft prefque
leremede.
parstour, non de
sepatug.cmmejefal 10 dicdanslap premicre Méchode,
mais
les opérations, foit
parce
fait malcellesn mênies quilfurfaire,
parce qu'on
STL Je ne rappellerai ici qu'une partie de cès abus, borl
parce que Pulage de la Méthode qui précede,
feul pour faire cefler les autres, & en être
fuflira
7930 L'ufage ou Pon eft prefque
leremede.
parstour, non de
sepatug.cmmejefal 10 dicdanslap premicre Méchode,
mais --- Page 399 ---
2u01 DE 911b PLANTER RGONTEM ET CULTIVER TIIY LA VIGNE.
mais, de Ptovignerpour
en faire
eft maltiplier les Ceps, & d'an,!
mal vue plafastin fous,
une invention de la
rous les rapporrs, & un abus cupidité,
en ce. geil eft fgalement
à ruineux,
au Proptiétaire; aina, préjudiciable la Vigue &
Vignerons, & quelques guoi qu'en puillent dire les
donner, i ne faur
prérexres qu'ils puillen: en
l'entends ici, ni dans Provigner les
dans le lens que je
vicilles; lufpourcant dans jeunes Vignes, :i dans les
n'auroient
les jeunes Vignes
Pas encore
qui
les rangécs, un Cep entre éréprovignées, deux, file à mertre dans
à regarnir de la maniere
cas lexige,ou
mai premiere Méthode, que je l'ai enfaigné dans
La grande multiplicité des Ceps, faite
du provignage, eft comme lui un
nécclfaire
ch 5 ce que les riges ablorbanr
tres-grand fe
dabus,
mémes une partie de la féve pour nourrir ellesleurs racines, cette paitie de léve qu'elles ainfi Pompenr Par,
peut plus rètre à produire de nouvelles emplayée ne,
auroient donné du fruit; ; d'oà il fuit poulles qui
quc. a la. trop grande muliplicité des évidemmenr,
Peur qu'être contraire au rapport de tiges la 2 nc
Vigne,
tres-graves,rel,
SREETRRINE
ximité des Ceps; entr'autres, ainfi la quela trop grande proéianr un abus, & un tres-grand trop grande multiplicité
truires & on le détruira,aus
abus,i il faut le déPar les trois opérations
moins en grande partie,
Li premiere, qui queje eft
vaisindiquer,
feconde, à toures les
commune 2 ainfi que da
Vignes elpacées gu non, s'ef
C
la 2 nc
Vigne,
tres-graves,rel,
SREETRRINE
ximité des Ceps; entr'autres, ainfi la quela trop grande proéianr un abus, & un tres-grand trop grande multiplicité
truires & on le détruira,aus
abus,i il faut le déPar les trois opérations
moins en grande partie,
Li premiere, qui queje eft
vaisindiquer,
feconde, à toures les
commune 2 ainfi que da
Vignes elpacées gu non, s'ef
C --- Page 400 ---
NoUVEILE MITHODI
d'afracher tous V fes maivass Ceps, c'el-a-dire an
las Capsqurne rapportent pas,o ouquine rapporrent tous
que rarement & dans Rdés années extraordinaires. /
La feconde, c'eft d'atracher pareillementrous lest
Ceps foibles, dend rneme tems d'ane 3 mauvaile
venue, furrour quandils ont un certain
9019 us
rLa troiliemey
age.
ferrées;
particulere aux Vignes épailles ou
comme le font Cdu plus au moins les trois
quarts des Vignes du Roymanie, c'eft de' dédoubler
rousles ceps dont la dtuaierentessetusahari d'um -
pied ; ainti quand deux Ceps peu vigoureus fe trou-"
verontà moins d'un piedl'an de Taure, on 28 en fuipprimera an, & toujoursle plas foible;
nombre de railons, en deviendra
Padtre, par
fortilson salul
Bubilgi ar beaucoup ebnst plus
e Siaux environs desCeps qu'ils'agir dedédoublet,
il-yag quelgues places à regarnir, on
à
demeure les Ceps qu'on
ycouchera
circonftance s'ils
auxoiciopprimiteàans cette
peuvent y attéindres 5 & Pils onc
d'ailleursles qualirés convenables) on'les couchera
génératement à la profondeur d'un pied;8 on ne
leur laiffera-hors de terre qu'un
ou deux
à moins que'le Cep ne ftr
farmens,
cas: oh pourroit laiffes trois tres-vigourear, farmens," dont auquel deux
taillés à trois yeux, pour ttre entierement
Pannée itaprss & lautre à deux yeux feulement, extirpés
pour être cohfervé & former la tige,
:Ont Bourroit replanter ces déux
& en général tous les brins retranchés, cfarmensfapprimés, dans les
ties dela Vigne odilen manqueroit.
parL lon D0 295)8015 25
farmens,
cas: oh pourroit laiffes trois tres-vigourear, farmens," dont auquel deux
taillés à trois yeux, pour ttre entierement
Pannée itaprss & lautre à deux yeux feulement, extirpés
pour être cohfervé & former la tige,
:Ont Bourroit replanter ces déux
& en général tous les brins retranchés, cfarmensfapprimés, dans les
ties dela Vigne odilen manqueroit.
parL lon D0 295)8015 25 --- Page 401 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE. 35
Ces trois opérations ne couteront rien, & ilen
économic & de très-grands
réfultera une grande
& la durée de la Vigne,
avantages pour le rapport
les
que j'ai
d'ailleurs rous
Principes
en oblervant
donnés fur la taille. confulion & les méprifes, on
Pour éviter toure
faccellivement
fera bien dep procéder à ces opérations
& dans lordre que je les ai préfentées.
Si après avoir fait les deux premicres opérations, fauy a un trop grand vuide, il
on s'apperçoir qu'il
comme je l'ai dit dans
dra ou provigner ou planter
Méthode, à l'article du regacnilfemene
map premiere J'eftime que dans les Vignes dont il
de la Vigne,
les Ceps, ni à plus
s'agit onne doit pas replanter
lun de Pautre.
ni ài moins de deux pieds de difance
TATLLE, LONG UES TIGES - ETVIEUX BOIS,
BC A
20E
la Taille. 0
11 Ou quairieme Principe fur
onu
& vieux 51t t2 bois, ou vieilles branches,
Longues riges
ruine
deux caules principales & tres-commanesdela
des Vignes, & en particulier de routes les elpeces de
Vignes renues en treilles, hautes a
ou balles. Ce que
Jaidit précédemment à F'occalion de la muliplicaà leur trop
tion des riges, pearigrinserépakees branches.
el
haute élévation & aux vicilles
la-ratfon.
la même, , ainfi je ne la-répéterai point ici. Mais
comme ce n'eft rien que de montrer le, mal (
n'en donne le remede, on le trouyera dans les
on
préceptes fuivans.
dons Cij
utes a
ou balles. Ce que
Jaidit précédemment à F'occalion de la muliplicaà leur trop
tion des riges, pearigrinserépakees branches.
el
haute élévation & aux vicilles
la-ratfon.
la même, , ainfi je ne la-répéterai point ici. Mais
comme ce n'eft rien que de montrer le, mal (
n'en donne le remede, on le trouyera dans les
on
préceptes fuivans.
dons Cij --- Page 402 ---
NoUyiLiT
MITHODE
Si les brins infericurs de la
tige gunls'agit deraKallispeavempererdat fruit dès
fiur eux qu'il faur rabartre le fannéemenic, ceft
branchesimpéidearek.
Cep, fans égard aux
jouilfance interrompue, Dansces cas, il n'y aura pas de
Si les brins inférieurs, ou
foibles, quoique d'ailleurs le bois par:e qu'ils font trop
qualirés
ait toutes les aucres
tronclannée nécellaires, ou parce qu'ils font fortis du
même, ne donnent
de fruit pour Tannée fuivanre, aucune elperance
récolre la plus prochaine, il faar c'eft-à-dire pour la
Cep fur ccs brins, qui érant bien encore rabaifler le
de la fuppreffion de la tête & des taillés, & au moyen
vées, poulferont des bourgeons branches trop éle.
fannée d'après donneront de beasx vigoureux, lelquels
qu'il n'y aura qu'une feule année railins, enforre
jouilance, & encore dans le cas d'interruption de
fance ne fera fouvent
préfent, la jouifque, fuivant l'année & interrompue les
qu'en partie, vu
de la taille pourra donner des circonflances, une partie
Si, par un effer de la négligence fruits.
que trop fouvent dans la façon de quel'on ne met
ment, iln'y avoir au pied du Cep, Febourgeonne ni
bourgeons de la derniere pouffe, il faudroit farmens, ni
fairement conferver une Partie des farmens les nécef
élevés, & toujours le moins de branches & de plus
différentes qu'il feroit poflible, & veiller à
têtes
lors de
ce que
fement deux rébourgeonnement onl conferve
ou trois, fuivant la force du Cep, foigneu- des
bourgeons gui feront fortis du bas de la rige, afin de
Febourgeonne ni
bourgeons de la derniere pouffe, il faudroit farmens, ni
fairement conferver une Partie des farmens les nécef
élevés, & toujours le moins de branches & de plus
différentes qu'il feroit poflible, & veiller à
têtes
lors de
ce que
fement deux rébourgeonnement onl conferve
ou trois, fuivant la force du Cep, foigneu- des
bourgeons gui feront fortis du bas de la rige, afin de --- Page 403 ---
DE PLANTER ET CULTIVER LA VIGNE. 37
à la premiere taille, fapprimer la partie
pouvoir, du Cep, & par ce moyen le rajcunit.
fupérieure
dans le
il n'y
cas, comme
precdents
Dans ce
année de perte de jouillance,
aura qu'une
de force aux bourgeons fur lecPour donner plus
le
il faudra
on aura deffein de rabattre Ceps
quels U quand ils auront acquis un Peu de lonles rogner
avec beaucoup de
à moins qu'ils 1n ne poulfent
dans le
E: auquel cas on ne les rognera que
tems ordinaire.
évitcr
Dans les deux derniers cas, on pourrcit confervant
de
en
toute
interruption
jouilfance.
mais en
quelques-unes des branches fapéricures, diffemoindre quanriré que dans une circonftance afin de
rente,, en, raillant ces branches rrès-coutt, fe
la feve, & qu'elle paille portér
ne point épuilfer
infericurs, qui (eront
dans les brins ou bourgeons
entiéreauffi raillés très-court, & en rerranchant
dont or
ment ces branches l'année d'aptès lopération,
je viens de parler.
eft pofible, il faut fmappoSi (cars autant quil i11
fer tous les cas,) toute la Vigne,eula -
& Flos de
de
pQa
rrès-coutt, fe
la feve, & qu'elle paille portér
ne point épuilfer
infericurs, qui (eront
dans les brins ou bourgeons
entiéreauffi raillés très-court, & en rerranchant
dont or
ment ces branches l'année d'aptès lopération,
je viens de parler.
eft pofible, il faut fmappoSi (cars autant quil i11
fer tous les cas,) toute la Vigne,eula -
& Flos de
de
pQa partic: n'étoit compolée que fe
Ceps la premicre
ches trop élevés, alors on borncroit, dont les
année, à rabattre & à rajeunir les Ceps
farmens inférieurs, comme dans le premier cas,
36, pourroient donner du fruit.
page
dans le
A Tégard des autres Ceps,n pourra, en deux ou
cas dont il s'agit, divifer Topération de préférence
trois années, en rabattart toujours
C ij --- Page 404 ---
3 8
NoUYELTE
AIS 3G
les
a
Mirwoby
Ceps les plus élevés & ceux dont les
inferieurs pourront porter du frait, quand farmens ils n'en
du promettroient que peu par comparaifon àla
Cep. On peur être alfuré
vigueur
Cep pallera dans C le bas, dès que toute la force du
aura été
que Ja partie fupéricure
eft fapprimée, & que fi on exécute
qui
tres-facile,
bien, ce
& en S général
tour ce que je viens d'enfeigner,
folles, fans
tous mes Principes, la vighe, fans
Provins, fns fumier
ou folles, fans nouveaux
pour ccs' provins
baillee & rajcunie,
échalas, & étant ainG raPoulfera
nera de beaux fruits, durera vigoureufemenr, dontems, & codtéra
beaucoup plus longK
infiniment moins,
Je me fuis beaucoup étendu fur cetre
parce que la connoiflinee en eft ablolumene e partic, néceffaire pour éviter T'opération ruineufe
propolé de détruire,
que je me fuis
des Ceps par les
c'cft-a-dire, -
la multiplication
2010 Au
Provins ou folles.
ufti Los
furplus, on raillera la vigne, & on la
vernera en tour point,
les tranchces tranfver- goufales, & pour toutes lés Pour autres operations,
les Principes quej'ai établis dans ma
luivant
thode, & c'ef
premieze M62
pourquoije no termine ici la feconde.
go
Moig a
sh -
a
a
1dob R
eps par les
c'cft-a-dire, -
la multiplication
2010 Au
Provins ou folles.
ufti Los
furplus, on raillera la vigne, & on la
vernera en tour point,
les tranchces tranfver- goufales, & pour toutes lés Pour autres operations,
les Principes quej'ai établis dans ma
luivant
thode, & c'ef
premieze M62
pourquoije no termine ici la feconde.
go
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a
a
1dob R --- Page 405 ---
aO H
- a
-
ET
LA VIGNEA39
2 DE PLANTIR
CULTIVER
0t00 m tovab
1OT GUEYEOP 215
2ToN
sstls'b
C-ES
EXPERIEN T5UPAIIR zlsb 3 Snisunoo DD
aloabna nIDus IEG
METHODES
DE MES POUR LA VIGNE,
onnsi 1o. oraondre dans esbgst mes Méthodes, les -
Pour
4HEN
autant nS
8 mème plus
rapportent
V
TUO
le
Sen
dpecis
comme elles
-IV gue lesVignes VD Jerres 4m0.8 speules les - ITOLS 2219 des
du plas au.moins, StTiort BI dans 10,
quarts 03 J
indenin Vignobles dat
: 249H6 dans 20001 ma nou- ISV
5l5 selle Methede,
marilfent plusôs que.
BO
6I A
I6gr 1
LTTAA
dans toutes les autres 919 Pratiques,
sonaliagxo
at ensb ouorunb siupb soud tuo
bor & furLn faits, quand ils font certains précis 1
Je
notoiress comme ilsle
tour
font foutcnuss
E1
quandils RO1
la
& nomfont dans mes Méthodes Pour Vigne
breux s comme aD
ils le font principalement dans ma
-
des vinss font la 01 lumiere des.avenManipolatien 3
3D
les
font
C
gles, &un argument auquel plasopinanes
roujours forcés de cédér. Comme un4 AE nouvelle
Méthode eft adoprée dans prefque toutes les Provinces, au moins par quelques Amateurs, je pourrois m'appuyer, d'un allez grand nombre de faits:
je pourrois fur-tout faire valoir mes projres-e expériences; mais commefairendu comptel ide ces der-
-
niercs.dans PArt de la Vigue, & que Pour tout dire,
Civ
les
font
C
gles, &un argument auquel plasopinanes
roujours forcés de cédér. Comme un4 AE nouvelle
Méthode eft adoprée dans prefque toutes les Provinces, au moins par quelques Amateurs, je pourrois m'appuyer, d'un allez grand nombre de faits:
je pourrois fur-tout faire valoir mes projres-e expériences; mais commefairendu comptel ide ces der-
-
niercs.dans PArt de la Vigue, & que Pour tout dire,
Civ --- Page 406 ---
Nouviitt
Gl faudroir cntter L
dans de METHODE
cru devoir me borner
trop sinds'lesi, j'al
vais rapporter,
aux deux expériences queie
que j'ai marqués,p patce plus qu'ayant tous les caraéteres
au contraire, & de shaur,1 les
éft impolible d'aller
8 a 0 HT - a IE attaquer par aucun endroir,
21M 30
PREMIERE E
A
AJ ErPirriNch AUO4
Cette Espérience,
remonte à
c'eft-a-dire à 26 ans, LI qui a éré faite par Pannée M. a de 1763, 0
queux, Confeiller d'Elar,dans dans Tonpaid
Fourqueux 2 prcs
nO ede fourgne roure
ViSae-comaltzatim une
RRIOE.V
Rar
faire, doarhs moitic a
1no)
vant mes Principés, & Tauinceh tchce, Execclaitcic-fui- a 5 donni
érole, Pour lervir" de" compataifon IN 29
11 çontme sar elle
expérience. Cette Partie a Ete autibue" partie a en
Méthode que Jai publice depuis dans luivant la
Vignes 5 eena-dite. par rangécs, à 11 PArt derla
Tane de Taurre, & dans les
quatré pieds
été mis qu'a deux
vangees lcs Cers h'ont
pieds. Au bout de
en 1772, M. de Fourqueux,
neuf anhiso,
vouloir bien
que Tavoi8 phie de
niinformer du rélultat deon Le
rience, m'a fart Thonneur de me
cxpeLettre qui fuit. mo) 15655 sb répondre 255101
par 3a
291 E 03
idig enst ooigobs no obodeM etoiuot
2au8 a1 SIA
Patis,le 7 Décembre 1774 oaly
cc Jevoudeois bien,
5> avec exattitude'le dérail Monficur, pouvoir vous donner
35 produir dela Vigne
que vous mc demandez furle
5s cipes; mais dézuis que je fais cultiver fuivant vos Prina
quatre ans, lobligé de Pailer à Fon-
re 255101
par 3a
291 E 03
idig enst ooigobs no obodeM etoiuot
2au8 a1 SIA
Patis,le 7 Décembre 1774 oaly
cc Jevoudeois bien,
5> avec exattitude'le dérail Monficur, pouvoir vous donner
35 produir dela Vigne
que vous mc demandez furle
5s cipes; mais dézuis que je fais cultiver fuivant vos Prina
quatre ans, lobligé de Pailer à Fon- --- Page 407 ---
LA VIGNE. 44
DE PLANTER ET CULTIVER a T
les U mois d'Oaebre,) je n'ai pu me trouverches
* tainebleau
donc vous
- dans le tems des Vendaaget.Je ne puis
5 moi
sque Taifais
am
queles obfervations généralerd
-Si s communiquer I
moiomème dans les premicres annécs.
dt tes 20 par
J
ens qui a été éclaircie en votre pré4
3 L'ancienne vigne,
dans
écfeidtints
fence, c1 plantée
une terrefortes
de la
- humide La ns Echaircie, qui eft jude la moitié été fa5 pardie BIETO
Pautte moitié a
piece, n'a reçu aucun engraiv:
partie
s.E
de deux amteilune-Lag
méc affez régulierement
*
ftuée
fivorablement, & mieux expolte
m claire eft
I Tombre d'une avenue
génée 00 SIS par lom L anse
-
noil
: que Tawere
-
b d'ermes.(1).
a été conflamaments
a
tclaircie
WI La réçolte Aecatepantie oit de
abondante d'un cinquieme
5 pendint cini ou Gx ans,. plus 30 oà les Ceps Etolent cepen5 que celle de la partie soifime, nombreux.
s dant trois du quatre fois plas
des raifins étoit plus
sb 3 J'ai remarqufane lau maturité
expolés si C
clairs, aoigernieux
P hardircdansderrsome vigmenr. des Ceps abondance 2
de
-2 Lair & AM foleikssla
de, raiins étoient la caule
m-fre& la grolleur desgrapper dans Jes annécs tardives & dans
S >> decetefietficheus dale le E mien.
3 des,climats. froids comme
degexpoficions chau.
rerteinsles IGasm
1500 Danades
ne feroit d'aucune importamces
3 des, ceF inconyémient
U9O
Q1
de
eiag
n'elt
vrai; mais il eft vrai anfi, comme M.
() Rien
plas
cette partie de Vigne côncenoit deux out
Fourqueux le remarque, 2
que
qu'elle a éte provignée & fi-
"paii fois Flus de Ceps que Tatre,8
été.
- ngt a V CC
25 mée, au lieu queta partie claire ne l'a jamais aufi
raifons l'efpade Fourqueus auroit pu en donner
pour
ons (a)M. an
& DE encore les thevelures ou marcottes, &c les
eement en général, tailles; & c'aft en rarue pourquoi je les ai
lambourder. 1008 ou longues -
Méthode,
fuppriméct 27 ans ma nouvelle tmt 3 2
Tatre,8
été.
- ngt a V CC
25 mée, au lieu queta partie claire ne l'a jamais aufi
raifons l'efpade Fourqueus auroit pu en donner
pour
ons (a)M. an
& DE encore les thevelures ou marcottes, &c les
eement en général, tailles; & c'aft en rarue pourquoi je les ai
lambourder. 1008 ou longues -
Méthode,
fuppriméct 27 ans ma nouvelle tmt 3 2 --- Page 408 ---
Nopritir
A
22,
MITHODT
maisje fuis convaincu que cette
a leure gue cele
culture, infniment meils
fupaispoureite encore étre fenfiblement
petkcdioenérofur-eut pour la taille,
33 rons en général exécutent
que nos Vigne3 relie(t),
fans principes comme le
s Cette Portion de Vigne
année: Je.nc
éroitparfaicment 5 911
belle cette
PP à une parfaite Taiva que verte; mais. clle ef parvenue
maturird. On m'a
3> mies Habitans venoient
ditqu'en mon ablence
a feul mérirpit de la.voir, lavoir comme une curiofité. M. T.-
9> tage... Quant à moi, 0
puirqu'il en reconnoit l'avan5 famment des
ayant toccafion de replanter ineef
Vignes que
33 je conferverai certainement j'ai détruites. depuis deux ans,
Je
la méme
-
fuis, &cc.
Méthode, BEFOURQUEES, 51
aide Faris,ley Décemiare 17775> Je déiterols bien, Monfieur,
3> nouveaux éclairciffemens fur pouvoir vous donnér de
Tes
5> queje fais Culiverfaivantrotre produits de la Vigne
35 pations
Methode; mais les occuehe
multiptiées qui.
5 nént tout montenis,
depuis plufeurs années, prenne m'ont
s çet objer une attention
pas permis de donner à
Usdo 3) tous les n ans
fuivic, Lesirécoltes étant faites
a Jes
- en us'b monlabfence, on a négligé de difinguer
quantirés aue vins produites par Funcoulautre partic.
derdemiemeranindese ont-été en-général mauvailes.
CaP gpondantes, a0 0
& fur-tout la
peu
2 vous direa c'eft BT la derniere, Tout ce que je puis
que 137 méme culture a cté
-27 aflez mal.peurerres attendu la
&
continuées
5> Vignerons (3) sique la piece routine l'impéritie des
de.Vigne, mi-partic des
201 2 On ne peur eg les LUS en 1900 blâmer,
TU5 3USI D10
anc
quand 103 na en les abandonne E
à rigno" a
out la
peu
2 vous direa c'eft BT la derniere, Tout ce que je puis
que 137 méme culture a cté
-27 aflez mal.peurerres attendu la
&
continuées
5> Vignerons (3) sique la piece routine l'impéritie des
de.Vigne, mi-partic des
201 2 On ne peur eg les LUS en 1900 blâmer,
TU5 3USI D10
anc
quand 103 na en les abandonne E
à rigno" a L'impéritic des Vigncrons, dans le
ee que, dans un autli long elpace de tcms, all la cas Vigne préfent, ars n'a confifte en
reçu aucun --- Page 409 ---
DE PLANTIR ET CULTIVER LA
s deux culrures, ef vieille &
VIGNE. 43
s également dans fes deux
commence a.dépériny mais
3 occafion d'enreplanter parties, Au furplus, ayant eu
a dans un terrcin,
quelques piecerTannéc dernieres
S fent plantées & cultivées meilleur,jai doané ti ordre qu'elles-fufJe fuis, &e.
fuivant votre Methode,
DEFOUROPRCY.
bb
-
Stcow DES
D
E
EXPERIEN
Ou
de maP
au
Expérience
notvelle
US
atm gb
an
Méthade.
ibio L'égalité & même la
amss 3
lesVignes clpacées
fupériorité de rappprt dans
torieulement
fuivant mes Principes, el vicdémontrée par la
or gucje viens, der
longue expérience
moins
Fapporter, & elle- 1
ne le fera
par celle queje vais expolesiCerte
pas
prouvera encore un point
espérience
ndoit pas moins paroitre trésimportant, & qui.pe
c'eft que-dans lae Méthode exiordinaire que nouveau;
imtrilicnr-en
dont il l-s'agit, les railins
gériéral de huit à
que dans les autres
quinze jours plurôr
ellat Cetrel
Vignes. Hus tns
-
5d3
ment en-vue'de expérience, que je rapporte
ma culture'dela
principaleregarde auffi ma
Vigne, quoiqu'eile
M. Richer, Curé Manipulition dés Vins, eft de
de
en Eerri. J'en ai déjà donné Touchay, près de Lignieres
les dérails dans l déeirconftainces, engrais, ce qui eft trop peu, & en ce que fans T60E avoir
Sans ces
1esvigherons ont trop
égard anr
fautes, g la Vigne
chargé la Vigne ron
à ta taillede pluis, parceque T'opération fublifteroit' de encore, & atroit duré 56 ans
préience, avoit été tres-bien Perpacenient, commencéc en ma
faite, 1 3E 1s slis - huog
l déeirconftainces, engrais, ce qui eft trop peu, & en ce que fans T60E avoir
Sans ces
1esvigherons ont trop
égard anr
fautes, g la Vigne
chargé la Vigne ron
à ta taillede pluis, parceque T'opération fublifteroit' de encore, & atroit duré 56 ans
préience, avoit été tres-bien Perpacenient, commencéc en ma
faite, 1 3E 1s slis - huog --- Page 410 ---
+ D
N. OUVELLI
METHODI
monftration que jai publiée lannée derniere
commeces détails font encore
; mais
font tres-intéreflans,
peu comnus,&quils
de
Tai cru devoir les donner ici
nouvcaui, en y. ajourant la lettre
dernier rélultat de cette
qui a contient le
C'ef en 1781 que M.le expérience. Curé de
adopréma nouvelle
Touchay a
une Vigneroute
Méthode, & Pa fait éxécuter frr
faite qu'il a dans fon
ce tems,ila eu Phonnéteté de
jardin. Depuis
année, des réfultats de fon m'informer, chaque
d'abord ce quil m'ena
expérience ; & voici
33 Juin 1782.
marqué par fa lettre du-6
Je vous dirai,
5e
Monficur, &je dois vous
Peut rienvoirdcf beau, de G
dire, qu'on ne
s annonce que ma Vigne. Il vigoureux & d'une G belle
3 le pays : clle enrelenfeurs n'y en a pas une pareille dans
30 cune du pays ne paroit s'y tout-alheure, tandisqu'au.
ul Au mois d'Odobre difpoler encore 39,
chay m'écrit,
1784, 2 M.le Curéde Toueotr'autres chofes :
a Ecc Paur faire unyin ferme & un
que j'eule vendangé fur lafin peu dun, il auroit fallu
59 de traiter la
d'Aoit; car votre maniere
5 cette
Vighes en a tellement hâté la
année 1 que quoique
maturité
> avant les autres,
jaic vendangé quinze jours
55 trouve que jarvendange c'efi-a-dire 1 la miSeptembre,lfe
Dans
encore trop tard 5,
faletre du 17-Juiniz8g,le même
vst reur me
Amaolli Ma marque: 2 n
Wn
auroit fallu
59 de traiter la
d'Aoit; car votre maniere
5 cette
Vighes en a tellement hâté la
année 1 que quoique
maturité
> avant les autres,
jaic vendangé quinze jours
55 trouve que jarvendange c'efi-a-dire 1 la miSeptembre,lfe
Dans
encore trop tard 5,
faletre du 17-Juiniz8g,le même
vst reur me
Amaolli Ma marque: 2 n
Wn ae
Vigne. cultivée en tout point fuivant
eilleufe Méthode, ci de toute
votre mer"
ssà la quantité de fruit,
beauté, tant par rapport
ec pouile, elle ef aGuellement qu'ala.vigueur avec laquelle elle
preigectoutehorsde fa fo- --- Page 411 ---
IT EULTIVER LA VIGNz. 45
DE PLANTER les autres ne font a peine que comBs raifon, tandis que
B mencer >.
du 10 Mai 1757,M. le Curé de
Dans fa leure
Touchay me marque : état de
admirable; elle
& Ma Vigne ef dans un
vigueur l'ordinaire: elle
mieux fori fruit qu'à
B rctient beaucoup:
pour la maturité $ la
s précede les autres de quinze jours On n'a recueilli coms a quantité en eft auffi plus grande: dernieres que le tiers de
a la Vendange
5 munémeht,
& moi jai recueilli plus de moitiés
s l'annéc précédente,
au moyen de votre Méthode
s & d'un vin bien firpérieurs les vins 5s. 10
s pour faire & conferver Novembre 1787, que J'at
Dans la lettre du 4
de ma noupubliée en entier dans la, démonfifation
me dir,
Méthode, M.le Curé de Touchay
velle
d'autres chofes:
entre beaucoup
avec force; quoique dépouiltoujours
C Ma Vigne pouffe
tandis que le gros du
5 lée de fon fruit en Septembre,
elle eft envendangé que vers la mi-Oaobre,
5 paysn'a
de feuillesy aerenbelnnbpeipartee
5 core toute garnie
des défauts des vins de
très-mûr. Mon vin n'a aucun
s &
ait été vendangée enviroa
ma Vigne
s l'année, quoique
ne l'auroit été fans vetre Méplutôt qu'elle
s quinze jours
Monfieur, graces à vos excellentes
a thode'; tout cela,
& dont tout le monde
dont j'ai fu profiter,
s infirucions,
moi, fi elles étoient plus répans pourroit profiter comme elles méritent de l'être >.
s dues & favorifées comme
M. le Curé de
Voici maintenant la lettre que
le 22 Ocm'a fait Thonneur de m'écrire
Touchay
-
à
demandes sque
tobre derniet, en réponfe plalieuts
devoir lui faire pour etre plas parfaires
j'avois cru
de double
fait de routes les circonftances
mentau
Vigne & les Vins,
Empériencefars
fi elles étoient plus répans pourroit profiter comme elles méritent de l'être >.
s dues & favorifées comme
M. le Curé de
Voici maintenant la lettre que
le 22 Ocm'a fait Thonneur de m'écrire
Touchay
-
à
demandes sque
tobre derniet, en réponfe plalieuts
devoir lui faire pour etre plas parfaires
j'avois cru
de double
fait de routes les circonftances
mentau
Vigne & les Vins,
Empériencefars --- Page 412 ---
NoUvELIE
MirmoDI
pmad inol
Du 22 Odobre 1788.
C e
M ONSIEUR,
5 Plus.mes fuccès dans vos Méthodes
-
wles: vins font grands &
Pour la Vigne &
B plaifirde vous en rendre foutenus, & plus je me fais un
compte, dans
s pourront contribuer à vous faire rendre l'e/pérance qu'ils
s qui vous eft due depuis G
enfin la julice
s
tes auffi riches que les long-tems pour des découverS Monfieur, que c'ef votres,Je vous prie de croire
S ré de plufieurs
tout mon veeu, & que Aj'ai difféordinaires sà
c'eft
ment dans la vue d'étre vousrépondre,
uniqueplus en état de
a ques- unes de vos quelions
fatisfairei quelB votre
1 qui, j'ai 'bien pris
Leure, peuvent fe réduire àd
s
celles-ci:
1o, Dans quel tems j'ai
autres, & combien
vendangé, combien avant les
plus qu'eux ?
5 20. De quelle qualité eft mon vin
s aux autres, & fmes voilins en
comparativemene
reconnoiffent
rité?
1000 n
la fupério35 3°. Comment s'ef comporté mon vin de
-
S niere ?
exuelab
l'année der5 49. De combien de perches ef formée
5 ma Vigne ?
l'étendue de
2910 3 Voila,
e
Monfieur, fije ne me
59 tions fur
trompe,toutes les quec
lefquelles vous me demandez des
s mens, Je vais vous les donner d'une maniere éclairciffe3 fdlaire,
fi précife &
Aimpartiale & f
la
35 pourroit pas produire une politive, que vue méme ne
10, Vala
plas grande certitude.
contraniété du tems lors de la floraifon de
mavigne, > je
du 8 au
n'si.vendangéque
TS Septembre, &c
dl'exception d'un feul vignoble dela
s araucun 3 que je fache, qui ait
Province ,ilny en
> & les5 Septembre,
vendangé avant le 22
Toutes les Vignes, tant de mon
1it
roit pas produire une politive, que vue méme ne
10, Vala
plas grande certitude.
contraniété du tems lors de la floraifon de
mavigne, > je
du 8 au
n'si.vendangéque
TS Septembre, &c
dl'exception d'un feul vignoble dela
s araucun 3 que je fache, qui ait
Province ,ilny en
> & les5 Septembre,
vendangé avant le 22
Toutes les Vignes, tant de mon
1it --- Page 413 ---
DE PLANTER ET CULTIYER LA a1 VIGNE., +7, *
A L ailleurs, ont produit cinq muids. par
3) canton que par-tout
Les miennes
les autres.
qoife
s arpent, les unes portant d'un
& demi, plus un jouris montent à la quantité
arpent
ou muid
501 ou dix
ont produit douze piéces
s nal
percher, deux de plus que T'an palls mais
5 de vin,eeda-die. beaucoup davamtsge, & je poura ils en auroient produit
fans le terrible échec qu'el35 Tois même affurer le double, continuelles du mois de
wleront éprouvé par les plàies elles s'en Iont cepens Juin au fort de leur floraifon ; car f les autres du
comme vous voyez;
s dant défendues,
cuflent Été auffi avaneécs,
s même canton ou d'ailleurs reténu du tout ; au lieu que lcs
2 elles n'auroient ricn de la moitié moins de ceps, fans
3 miennes, avec plus
de fumier, ont dons fofles ou provins, & avec très-peu
wne en général un tiers plus que les'autres.
vin
à tous céuxdu canton, expé5:, Mon
efffupérieur faite avec tout ce qu'il y a de
srience & comparaifon &aaix lieues a la ronde; aucun des
s mieux dans le pays
L'année pallée,Jai coms voilins n'a pu en difconvenir. én le vendant i un Cas me affiché mon vin enpublic,
n'a voulu croire
s baretier de Lignieres s, que perfonne
avant de s'en
étre du vin de Touchay,
30 fur fa parole
Le vin fe vendoit l'an palle
s être informé à moi-même,
le mien 30 livres en
2 19 & 20 livres la piéce aj'aivendu
comme au
& le
chéz lequel on couroit
>> gros; Marchand, livres en détail. Celui de cette année
s feu, l'a vendu 40
la' couleur & lc godt, & il
a luieft encore fupérieur pour
que vous
nenet en partie redevable au neuveau procédé
de 1787(1) que
5 avez donné dans votre Projet Patriotique fuis f parfaitefait exécuter à la lettre, & dont je
>5 j'ai
l'omettrai
s ment content que je ne
jamais. foutenu juc
;".Le vin de l'an paffé s'cit parfaitement
(1) C'eft le fccond des Procédés que je vais donner,
OLTA -
a luieft encore fupérieur pour
que vous
nenet en partie redevable au neuveau procédé
de 1787(1) que
5 avez donné dans votre Projet Patriotique fuis f parfaitefait exécuter à la lettre, & dont je
>5 j'ai
l'omettrai
s ment content que je ne
jamais. foutenu juc
;".Le vin de l'an paffé s'cit parfaitement
(1) C'eft le fccond des Procédés que je vais donner,
OLTA - --- Page 414 ---
4 8
Nouviir E
M T
qu'à vendange,
& s'ell trouvé aufi bon HODE, ala
&c. inso te
qu'ila premiere.
dernier goutte
39 4°. Ma Vigne, non plus
sanom
s. fc mefure pas
qu'aucune de la) aProvince,
par perches, mais bien
ne.
5s dix forment l'arpent,e enforte
par journaux, dont
t ment avoir un arpent &demi de que je me trouve aduelle5 fus, au licude trois
Vigne & unjournal en
s vois dans l'ancienne journaux ou de trois arpens quejais jamais,
routine, & qui ne me
bonan, mal an,au-dela
produifoient
a vin, La piéce ou le muid ef de cinga fx piéces de
s Ce que vous me dites des comme aParis.
"n'cl paslhabit qui fait le
ne m'étonne poinesce
5 nent la droiture & ie zèle, Moine, ni les titres qui dons Pourmnoi, Monfieur,
vous
S frais une vigne d'une belle qui
dois d'avoir à Peu de.
a port, & par-deffus cela de bon forme & d'un grand rap3) croire queje mc
vin, je vous prie de.
s de vous prouver ferairoujours les
un devoir de le dire, &
s lefquels je fuis & ferai fentimens de reconnoiffance avec
s Touchay,
toujours,6cc, RICHER, Curé de.
MANIPULATIO N --- Page 415 ---
M ANIP
EO
PULATION
G E N E R A L E
DES VIN S,
Ou Procédés les plus fimples pour bien
Kins, à Zujage
faire les
pargicalieremens des Vignerons.
nonalt
générale des Vins
Masmpatater
puisun grand nombre
eft fuivie, deliers d'Amateufs dans d'années, la
Par plulieurs milgne, la Touraine, la
Bourgognes la ChampaGuyenne,le Berry, la
s
FOrléanois, la Provences & en
Lorraine, $
les Provinces de
général dans toutes
plufieurs
Viguobles du Royaume & dans
paysiétrangers; &
roit pas,iilne faudroirs
quand elle nele fefens commun
pourqui la connoir, que le
pour en concevoir la
toutes: les
fmpériotité fur
pratiques en ulage. Cette
qui, depuis vingt ans, n'a jamais été
fupétiorité,
généralement reconnue,
conteflée,eilf f
penfer de rapporter ici queje crois pouyoir me dif
en font la
aucune des expériences gui
preuve: je dirai feulement
cuté ma
quej'ai exéManipulation en 1771, par ordre du
vernement ; en 1772, 3 fur les vins &
Goude M. Bertin, alors Miniftre de
fous les yeux
1774,en Lorraine, en
PAgriculures de
& en
lailiere, alors Intendant ptéfence
M. de la Gade cette
vins, à la quantiré d'environ
Province, & far fes
Les effets de ma Manipulation quatre-vinge font
piéces.
de diminuer
sonfidérablemen la verdeur des vins, de les amé:
D
en 1772, 3 fur les vins &
Goude M. Bertin, alors Miniftre de
fous les yeux
1774,en Lorraine, en
PAgriculures de
& en
lailiere, alors Intendant ptéfence
M. de la Gade cette
vins, à la quantiré d'environ
Province, & far fes
Les effets de ma Manipulation quatre-vinge font
piéces.
de diminuer
sonfidérablemen la verdeur des vins, de les amé:
D --- Page 416 ---
se
Procini
liorer dans toutes les années, d'en
leur vénale & d'en
augmenter la vaLes effets
Prolonger de beaucoup la
ou réfultars généraux &
durée,
tes les opérations de
définitifs de toumontrés
ma Manipalation 1 > font dé
dife,
littétalement, & de la mamiere a
la
, par les trois expériences
plus préviens de faire mention, &
authentiques dont je
expériences de ma
en général par toutes les
Manipulation.
trois Ma Manipularion générale peut fe divifér
différens Procédés, lavoir, les deux
enl
donner, & le Procédé par ma nouvelle que je vais
dernier eft le plus parfait
fouloire. Ce
forre de vin; mais il
pour qui ne veur qu'une
ne peut convenir aux:
rons, ni en général aux perfonies
Vignes
bannalité des
allujetties à la
preffoirs, au lieu qu'il n'eft pointi de
Culivateur, G pauvre foit-il, qui ne
les deux autres.
puille fuivre
Le plan queje me fuis prefcrie ne me
tant point les détails,je me bornerai à dire permerProcédé ce qu'il faut faire, lans
dans ce
difcuffion. J'obferverai
entrer dansaucune
feigne rien
feulement 5 que je n'y enqui ne foit fondé far des expériences lans
nombre, & detous les pays, & que
eft
toujours la meilleure de toutes les Fexpérience raifons,
maintenant le premier Procédé,
Voich
PREMIER PROCÉDÉ POUR FAIRE LES VINS.
1 Dans les années
danger - les raifins
feches, on pourra ne venque loriqu'ils auront acquis leur
cuffion. J'obferverai
entrer dansaucune
feigne rien
feulement 5 que je n'y enqui ne foit fondé far des expériences lans
nombre, & detous les pays, & que
eft
toujours la meilleure de toutes les Fexpérience raifons,
maintenant le premier Procédé,
Voich
PREMIER PROCÉDÉ POUR FAIRE LES VINS.
1 Dans les années
danger - les raifins
feches, on pourra ne venque loriqu'ils auront acquis leur --- Page 417 ---
PoUR PAIRE LES VINS,
parfaite maturité; mais en général il vaut mieux S1
beaucoup mnieux couper les railins
&
ris : & même dans les années
verds que pourfur tout à l'égard des raifins molles, il vaur mieux,
qu'on ne veut pas convertir communs, & des vins
les raifins un
en caux-de vie, prendre
fai:
peu plus verds que mûrs, ainli
enfeigné dans ma Théorie fur le
que je
propos de la Vendange. Cette
tems ou P'àral auffi elfentielle
Théorie eft en généelle eft la bafe
quel l'Art entier des Vins, dont
encore
fondamentale, & c'eff
que ce ne fir pas mon
pourquoi,
drai à la partie
intention, je l joinfi, comme
pratique de PArt de faire les Vins,
donner. je l'elpere, on me met dans le cas de la
2°, Je confeille de faire enforte,
fera pollible la
qu'autant qu'il
qu'au
Vendange ne foit Pas écralée
tiers, ou au plus à moitié;
plus
n'y en ait pas plus du tiers ou de eef-a-dire, la
qu'il
La fermentation du tout après le
moitié en vin.
fimulranée, plus grande,
foulage en fera plus
fera plus propre à fe conferver, plus parfaite, & le vin en
Onmettra aufli le moins de tems
fible à raffembler toute la
qu'il fera pofc'elt le mieux.
Vendange d'une cuvée;
Onégalera le marc deux ou trois
afin qu'il foir difribué
fois par jour, 2
cuve.
également dans toure la
s". Par la raifon de l'article
eourir les rifques de réfroidir II, & Pour ne Point
& d'éventer le
mal à Propos la cuve,
vin, on ne fera ni levain ni fond de
D ij
fible à raffembler toute la
qu'il fera pofc'elt le mieux.
Vendange d'une cuvée;
Onégalera le marc deux ou trois
afin qu'il foir difribué
fois par jour, 2
cuve.
également dans toure la
s". Par la raifon de l'article
eourir les rifques de réfroidir II, & Pour ne Point
& d'éventer le
mal à Propos la cuve,
vin, on ne fera ni levain ni fond de
D ij --- Page 418 ---
- PxociDis
cuve, commec'ef lulage par-rour, Si la
-ellécrafce au tiers ou alaimoitié, les railins Vendange
ront ou feront fuffifamment humeétés. trempemot, lonsn'entrera dans la cuve &
En un
tra ancunement les pieds
on n'y merpler edela.Vendanges
que pour le foulage com4 0 Dès que la cuve fera
ceflé dly mettre deil la
emplie, ou qu'on aura
de planches, on
vendange, à défaut de fond
couvrirabien de marcoula
.avec du glui ou Paille de leigle,
vendange
cuvé, inais immédiatement
Pofce non fur la
je Paiep pratiqué moi-méme. fur la vendange, comme
alege.Si, malgrécetrep précaution, on
core, ce qui en général n'eft point à craignoit cnla vendange nes s'échauffàr
craindre, que
fon ou par.une
trop, ou que, par uneraiautre, on fit forcé del diférer
llongrtems le foulagedela cuve,alors sles
trop
pourfe tranquillifer T'elprity
Vignerons,
ment
pourront rarrofer légereAttes-tirementy mais pourtant
croiront! néccllaire, la
quand ils le
ques leaux de vin tirés faperficie du marc avec queltant aux cuves qui n'en par la canelle, en en metbois ne
ont point. Des canelles de
Jontpas cheres, nl TNC1
dn
6°. 4 moins que, par des circonflances
lieres, on ne fàc forcé de différer le
particuts
léra-la cuve, dès
foulage, on fouqu'elle ne ferap plas trop froide
pouvoiry delcendre; le plucôr cferaroujours le mieux, pour
Onlafoulera dans le moins de tems quilfera
fibleas fur-tour le plus parfirement qu'il fera Pol
Ablea falldc-il émploycr deux hommes au lieu d'un, pofc
par des circonflances
lieres, on ne fàc forcé de différer le
particuts
léra-la cuve, dès
foulage, on fouqu'elle ne ferap plas trop froide
pouvoiry delcendre; le plucôr cferaroujours le mieux, pour
Onlafoulera dans le moins de tems quilfera
fibleas fur-tour le plus parfirement qu'il fera Pol
Ablea falldc-il émploycr deux hommes au lieu d'un, pofc --- Page 419 ---
POUR FAIRE LES VINS.
lieu de deux. Cette opération, fi géné-
& quatre au
elt elfentielle & dela plus grande
ralement mal faite,
du vin, fa couimportance pour la bonne qualicé
la
leur, & fa durée. Si,au moment du foulage, exhalàr
étoit très-chaude, ou quil s'en
vendange
on fera tresfenfiblement une vapeur méphyrique,
pluGicurs
bien d'arrofer la vendange ou le marcavec
feaux de vin.
du_foulage fera
7°. Auffi-tôr que Topération
le marc,
achevéc, on recouvfira la cuve ou plutôr
il étoit
en ayant Fattention quil
comme
auparavant, de
En général on ne
y ait plus que moins
paille.
peut trop érouffer les vins. fois faire, on ne tou8°. Cette opéracion une
Il
maniere à la cuve. fautlaifchera plus en aucune
comme on eft dans
fer agir la nature, fans slatroubler,
parl'ulage ridicule de le faire par-tout ou prefque colorés
tour. Le vin en fera plas ipiritueux & plus croire,
auront bien de la peine àle
les Vignerons rienn'eft plas certain &0 mieux prouvés
& cependant
-
une heure avant de
s. Une demi - heure ou arrofera le marc avec une
tirer le vin dela cuve,on tirés
la canelle, endouzaine de feaux de vin,
par
vin comme auparafuite de quoi on recouvrirale
eft allez
Cette
à ce qu'il paroit,
vant.
opération,
Pont
goûrée des Vignerons 53 qui en confequence
fuivant ce qui m'a été dit, dans quclques
adeptéc,
& de la Bourgogae, à
Cantons de l'Orléannois
(uivent ma ManiP'imitation des perfonnes qui
dans la liqueur
pularion. Son efler, en précipitant Dij
,
par
vin comme auparafuite de quoi on recouvrirale
eft allez
Cette
à ce qu'il paroit,
vant.
opération,
Pont
goûrée des Vignerons 53 qui en confequence
fuivant ce qui m'a été dit, dans quclques
adeptéc,
& de la Bourgogae, à
Cantons de l'Orléannois
(uivent ma ManiP'imitation des perfonnes qui
dans la liqueur
pularion. Son efler, en précipitant Dij --- Page 420 ---
PRocini
les parties piritueufes,
étoient arrêtées
galeufes & colorantes,
ou nichées dans le
qui
ner au vin plus de couleur
marc, ett de don-
& de
10°. On décuvera le vin
qualité,
le modt ne fera plus du
lorfqu'il fera fair, quand
entierement fa
modt, quand il aura perdu
modr, &
douceur, fa laveur fucrée ou de
qu'il fera vin bien caraétérifé &
ment vin, ce gu'il eft fort aifé de
parfaitelegodrant. J'elime que dans ce Procédé, reconnoitre en
bon à tirer douze,
le vin fera
dix-huit & rarement
quatre heures après le
vingefuivant les années, foulage 3 plurôe ou plus tard,
l'état de la
la
pérature des licux, &
vendange, temanoins chaude,
quela cuve aura été plus our
plus ou moins avancée,
aura eu plus ou moins de
& quily
foulage. Régle
vendange écrafée avant le
de tirer le vin générale dès
& pour tous les pays, c'eft
quelques heures
qu'il eft fait, ou au plus tard
après qu'ileft fair.
IIo. Aullitôr & dès le
neaux feront
Jour même que les 1 tonemplis, fi le vin ne
doit pas jetter ou
bien
jette pas, & il ne
on couvrira
que
peu s'il a été bien fair,
feuilles de
l'embouchure des tonneaux avec des
vignes, fixées avec des tuileaux.
On houillera ou remplira le vin deux fois
jour, matin & foir, dansles
par
ce que : les furailles foient bien premiersjours, &julqu'a
Dès que le vin fera froid, & abreuvées.
bondonnera & on le
non plus tard, on le
le premier
remplira tous les huirj jours dans
mois, rous les quinze jours dans
kcond, & enfuire rouslesmois
le
au moins,
es, fixées avec des tuileaux.
On houillera ou remplira le vin deux fois
jour, matin & foir, dansles
par
ce que : les furailles foient bien premiersjours, &julqu'a
Dès que le vin fera froid, & abreuvées.
bondonnera & on le
non plus tard, on le
le premier
remplira tous les huirj jours dans
mois, rous les quinze jours dans
kcond, & enfuire rouslesmois
le
au moins, --- Page 421 ---
FAIRELES VINS.
POUR
On tirera le vin de deffus fa lie, plutôc ou plus
des lieux, mais roujours
tard, fuivant la tempéracure
fera
par
avantles chaleurs, & autant qu'il
pollible,
un tems froid, fec & clait.
Procédé : il
C'eft ici que fe termine ce premier
qu'il
aniauffiparfaic
n'eftpassnep perénealliteadas l'entonnoir &c
le feroit avec les raifins bouillans, fuis forcé de
d'autres additions de perfedion queje mais s'il eft
renvoyer à la partie entiere des vins; fur-tout
bien exécuté dans tous les points, &
quela foit
vendange foit prife à propos, que le foulage troublée,
fermentation nefoit poine
bien fait, quela décuvé comme je Tenfeigne, on
& que le vin foit
(era bien moins verd, &
peut être alfuré que le vin
les
en
dans
prariques
meilleur en tout Point que
ufage.
DIUXIENE PRocipE.
en LorCe Procédé eft le même quepilendeant chez M. de la
avec tant de fuccès,
raine en 1774, dont M. le Curé de TouchaysapplauGalaifiere, &
lettre
jen ai ci-devant rapdit dans la derniere
que
portée.
on fait deux vins de la même
Par ce Procédé, de ces deux vins, dont Pun apcuvée. La quantité
(econd,
être égales
pellé premier, & Pautre
peut celle du (cje fuis porté à croire que
cependant
forte que celle du precond doit être un peu plus fuppolition, la cuvée eft
mier; de maniere que fi,par
Div
ere, &
lettre
jen ai ci-devant rapdit dans la derniere
que
portée.
on fait deux vins de la même
Par ce Procédé, de ces deux vins, dont Pun apcuvée. La quantité
(econd,
être égales
pellé premier, & Pautre
peut celle du (cje fuis porté à croire que
cependant
forte que celle du precond doit être un peu plus fuppolition, la cuvée eft
mier; de maniere que fi,par
Div --- Page 422 ---
MT V
Dxoicini L
de douze muids, il doir) y en avoir, du
général, quatre ou cing du premier
moins en
huir du fecond vin. Par une deso
vin, & fept ou
cédé, ou autrement dit, parle opérations de ce Protie la plusaqueufe dela
premier foulage, la parmier vin, &
vendange palle dans le preconcentratio. opere par-là, au moins en
la
& la fupériorité du fecond vin. partie',
fupériorité tient encore à une autre
Cette
me au procedé entier
caufe, & mé
10. On fe
que je vais expoler,
fera Poffible, iconformera, 3 du moins autant qu'il
ticle
Pour le tems de la vendange, à Tarpremier du premier
- 1°, A mefure
Procédé.
la déchargera dans qu'on la apportera la vendange, on
des lieux, on
cuve, & quel que
aura grand foin
foitlulage
écrafée au-dclà de la moitié, qu'elle ne foit pas
fix-douziemes
ou autrement dir, des
cuvée
au plus de ce que la toralité de la
pourrarendre en vina
3".Quand toure la vendange deftinée
fera raflemblée dans-la
àla cuvée
jour,ou du foir au cuve,on l'écrafera dans le
n'étoir
lendemain, fur-tour fi le tems
pas froid, & on Técralera au Point
Puifle rendre en premier vin les lix
qu'elles
que la cuvée
rendre
douzicmes de ce
fois qua la pourra
en vin, fisppofe toutevendange ne foit pas déjà écrafce
Point, Il y auroit un moyen for de faire
à ce
tion avec la plus grande
cette opérapi codreux, ni difliciles précifion, & ce moyen n'eft
roitre embarraflant,
mais comme il pourroit pa;
je ne le propoferai, ainfi
pluficurs autres points de
que
E a
pericetion, que dans la
douzicmes de ce
fois qua la pourra
en vin, fisppofe toutevendange ne foit pas déjà écrafce
Point, Il y auroit un moyen for de faire
à ce
tion avec la plus grande
cette opérapi codreux, ni difliciles précifion, & ce moyen n'eft
roitre embarraflant,
mais comme il pourroit pa;
je ne le propoferai, ainfi
pluficurs autres points de
que
E a
pericetion, que dans la --- Page 423 ---
POUR TAIRE CLES VINS.
partie entiere des vins. Jufques-là,
jeger de la quantité de, la liqueur chacun pourra
comme je Taifait
par eflimation,
prespeut luffire pourle metmine-Saepmg.us à-p peugrand nombre. On fe
pour cette premiere opération, des
fervira,
pilons que
-
diquerai pour la leconde, en obfervant bien
j'inger.l les pilons julqu'au fond de la cuve,
deplon4 o. Cetre opération
la cuve, mais
faite, on couvrira, non pas
à uneépailleur immédiarement le marcavec du glni,
convenable. Cetre
vrir eft lufifantes
maniere de coumieux couvrir
cependant il vaudroit encore
àt toutes les
avec des planches, & je le confeille
perfonnes qui en ont la
en
Polant les planches dellus le marc. commodité,
2 5 Le marc couvert & bien défendu de
tact avecl'air
toutconcxtérieur, on ne touchera
en
cone maniere au vin ni à la cuve,
plus
aupremier vin foit fair. Ceta article 5 julqu'à ce que le
s".On
eft de toute rigueur,
pourra tirer le premier vin
vin fait autant
loriqu'il fera
de la fermentarion qu'il peut l'ètre, & que les marques
il fera toujours
ne feront plus fenfibles, Au refte,
le
tems de tirer ce premier vin, >
que marc n'ait poinr perdu fa chaleur ni pourvu de fes
elprirs, & il ne perdra rien de ces derniers dès
fera couvert commejel'ai dit.
qu'il
On pourra, flon veut, ne faire
feul
du premier & du fecond dans
qu'un
vin,
le vin de
lequelje comprends
chaque prellurage, & en ce cas on mettra dans
tonneau cinq douziemes de
mais on pourroit én mettre les deux premier vin ;
tiersoules trois
marc n'ait poinr perdu fa chaleur ni pourvu de fes
elprirs, & il ne perdra rien de ces derniers dès
fera couvert commejel'ai dit.
qu'il
On pourra, flon veut, ne faire
feul
du premier & du fecond dans
qu'un
vin,
le vin de
lequelje comprends
chaque prellurage, & en ce cas on mettra dans
tonneau cinq douziemes de
mais on pourroit én mettre les deux premier vin ;
tiersoules trois --- Page 424 ---
Pxocist
quarts, G, dans la vue d'avoir deux
& un vin plus
fortes de vins
difingué, on vouloit,
confeille, avoir une partie du fecond comme je le
fans mélange.
vin pure &
Ontirera tout le premier vin de
on doit en réferverun fixieme
la cuve, mais
un tonneau défoncé d'un
que l'on verfera dans
vrira bien auffi-tôr,
bout, & que l'on cou7°. Le premier vin tiré, & tout
verfera & on jettera de haut dansla auffi-tôor, on
rélervé de ce
cuve, le fixieme
vin, pour faciliter - le fecond
auquel on procédera tout aufli-tôr
foulag-,
de tirer le premier vin.
qu'on aura celfé
Ce foulage doit être aufi
qu'il fera
compler & auffi
pollible; & comme dans le cas
parfait il
ellimpoflible de fe fervirde ma fouloire, la préfent
maniere eft de defcendre dans la
meilleure
comme on eft
cuve, & de fouler
& comme je l'ai généralement dit
dans Fufage de le faire,
dans le premier
comme il pourroit arriver
les Procédé; mais
profondes
que
cuves fuffent
Pour pouvoir fe préter à cette
trop
que fans avoir trop de
maniere, ou
une tres-grande
profondeur, le marc exhalât
ger la vie des hommes vapeur méphytique qui mit en danje confeille dans
chargés de cette opération,
ces deux cas, & cet avis eft
férieux, de fouler de la maniere
desplus
Avant de mettre la
queje vais dire,
faut érablir, à un
vendange dans la cuve, il
la
pied ou un pied & demiavane
cuve, & au-deflous du bord
dans
taffeaux à
fapérieur, deux forts
demeure, que l'on fixera bien folidement
méphytique qui mit en danje confeille dans
chargés de cette opération,
ces deux cas, & cet avis eft
férieux, de fouler de la maniere
desplus
Avant de mettre la
queje vais dire,
faut érablir, à un
vendange dans la cuve, il
la
pied ou un pied & demiavane
cuve, & au-deflous du bord
dans
taffeaux à
fapérieur, deux forts
demeure, que l'on fixera bien folidement --- Page 425 ---
POUR FAIRE LES VINS.
avec des clous, Au moment du
foulage dont
git, on place une planche fuffiamment
ils'aépaille fur les deux talleaux. Un
large &
& toujours plus
homme ou deux,
planche, &
que moins, defcendent fur cetre
rété, & lans le procedent avec facilité, en toute fles
moindre danger, au
avec
pilons & les brifoirs
foulage,
cripion,
dontje vais donner la defCes pilons, dont je me fuis fervi, ainfi
des
brifeirs, dans mes expériences chez M.
que
de Lorraine, font fairs de bois de chène, lIntendant
venr, avec les manches dont ils font
& doja-peu-près autant de longueur
garnis, avoir
fondeur. Le pilon
quela cuve a de Proron trois
proprement dit, doit avoir envipouces de diametre ou
à huit de longueur.
épailleur, fur fepe
On fe fervira d'abord de ces
le marc, l'écraler le mieux
pilons pour ouvrir
le plus de vin
qu'il fera poflible, & faire
qu'on pourra.
Lorfque les pilons auront fait tour le vin
peuvent faire, & non avant, &
qu'ils
plusg guères que glider far la
qu'ils ne pourront
fer, on les mettra de
vendange, & non l'écrafoirs
côté, & on fe fervira de bripour achever d'ouvrir les grains & de brifer la
vendange, au moins autant qu'il (era
brifoirs fervent
poflible. Les
fur-tout
encore, ce qui eft
dans ce procédé, à bien
très-important,
parties contenues dans le fluide, mélangertoures les
la diffolution,
& à en faciliter
Le brifoir doit avoir la même
longucur que les
non l'écrafoirs
côté, & on fe fervira de bripour achever d'ouvrir les grains & de brifer la
vendange, au moins autant qu'il (era
brifoirs fervent
poflible. Les
fur-tout
encore, ce qui eft
dans ce procédé, à bien
très-important,
parties contenues dans le fluide, mélangertoures les
la diffolution,
& à en faciliter
Le brifoir doit avoir la même
longucur que les --- Page 426 ---
Pxocipi
pilons. C'eft une elpece de pieu, de
ou cylindrique, percé à Gx
forme ronde
pouces de fon extrémité
fapérieures Pour y faire paller une cheville
che, qui déborde de chaque
ou manavec les mains. Il eft
côté, pour le tenir
mité inférieure,
également percé à fon extré.
de trois ou quatre trous en
pour y recevoir des chevilles
croix,
trois ou quarre
qui débordent de
qui doit être fait pouces de chaque côté. Ce
de bon bois, peut avoir
pieu,
metre environ deux
de diaplus par le bas, Les chevilles Pouces par le haur, & un peu
&
font de bois de
Peuvent avoir environ trois
chêne,
rence : elles font rondes &
pouces de circonfétues à chaque bour. II faut feulement un peu poinville à un pouce & demi du mettre la premiere chePouce de diftance
bour, & oblerver un
Tous ces
entre une cheville & une autre.
inftrumens font groffiers,
teux, & par conféquent à
tres-peu codcomme des
lufage des Vignerons
Propriétaires.
L'opération dont il s'agit doit être faite le
6dans le moindre tems
mieux
8°.Des
pelible.
qu'ellefera achevée,on enlevera
che, & on pofera far le
la plane
ches qui la couvroient, marc, la paille ou les plane
5".Onnc touchera aucunement à la cuve, ni au
vin.que pour le tirer, & on le tirera des
fait, ce qu'on reconnoitra facilement gu'ilfera
fante T'eftime
en le gode
qu'en général ce fecond vin, G la
dange eft bien
venbout de douze conditionnée, fera bon à tirer au
ou quinze heures de foulages mais
che, & on pofera far le
la plane
ches qui la couvroient, marc, la paille ou les plane
5".Onnc touchera aucunement à la cuve, ni au
vin.que pour le tirer, & on le tirera des
fait, ce qu'on reconnoitra facilement gu'ilfera
fante T'eftime
en le gode
qu'en général ce fecond vin, G la
dange eft bien
venbout de douze conditionnée, fera bon à tirer au
ou quinze heures de foulages mais --- Page 427 ---
LES VINS.
POU R FAIRE
fait.
ilne faut roujours le tirer que quand il fera
du
Onl laiffera le marc couvert pendant le. tirage
vin, 71
& on en agira de même lors du premier tirage,
celui dont il-s'agie fera achevé, & même un
Qmand.
foir cnticrement, on jettera de
peu avant qu'ille laiflant la canelle ouverte, enhaut fur le marc, en
(eraà tirer. Cette
viron un huitieme du vin quellon
de
eft abfolumene inécellaire avant
proopération Fextraction du marc. Sil on eft dans l'intene
céder à
qu'une partie de ce vin fur le
tion de ne répandre
prine
premier.je confeille en général d'y employer
cipalement le vin des dernieres ferrés du prellarage.
1o.Si on ne fait qu'un feulvin du premier &
à meliure qu'on tirera ce derniery on
du fecond,
dans lefquels on aura entonné
emplira les tonneaux
pour le furplas à
le premicr, & on ifel conformera
T'article 11 du premier Procédé,
Silonme demandel mainrenant ce que.je penfa
des YI deux, Procédés que jeviens dedonner,je réponpremier, beaucoup plus afforti à l'ufage
drai quele
elt même ablolument
général que le fecond,quiy
qui ne veur faire
értangets lui eft préferable Pour
eft lel plus
qu'une forte de vin; mais que lelecond
convenable à Tégard desn cuves quioncbenucoupde
profondeur, & en général pour toutes les perlolines
allujerties à la bannalité des prelloirs, & quillema
de beaucoup poucles perfonnes qui, en preporre leurs railins à
,car c'eft-làla bale 8clel
nant
fondement propos, de Part des vins, voudroient
premier
de vin diffingué par la richefle de
avoir une partie
lelecond
convenable à Tégard desn cuves quioncbenucoupde
profondeur, & en général pour toutes les perlolines
allujerties à la bannalité des prelloirs, & quillema
de beaucoup poucles perfonnes qui, en preporre leurs railins à
,car c'eft-làla bale 8clel
nant
fondement propos, de Part des vins, voudroient
premier
de vin diffingué par la richefle de
avoir une partie --- Page 428 ---
P R o E D
fa couleur, par fa sigueur,fa
gue durée. Confidéré fous
pirituofié & G lon.
la facilité qu'sl donne de ce Point de vue, & pour
à volonté le vin d'une même nuancer, pour ainti dire,
Foint de dire que ce Procédé eft cuvée, je ne crains
les Procédés
le meilleur de rous
beaucoup près polfibles, fous
quoiqu'il ne le foir pas à
quoi,
dontesrapontey & cef Pourindépendamment des nouveaux
j'ai annoncés Pour les vins biancs & les Procédés que
aii imaginé, Pour les differentes
cidres, Ten
ges, un alfez grand nombre erpeces devius roui
tion d'un feul, je n'ai Point d'aures, qu'à Texeepa
encore
je ne publierai point
Publies, & que
mandes, Les
qu'ils ne me foient bien deavances quejai faires
années, ne me permettent
depuis trenre
J'ai annoncé
plus d'en faire.
dans-le préambule de cetre
rage49 & Cles effers de ma
partie,
des-vins. Ces effets feront les Manipulation memes
générale
Procédés que je viens dei donner,
dans les deux
rence néanmoins,
avec cette diffe
qu'ils feront moias
je n'eufle pas été obligé de
fenfibles que Q
moyens de perfedtion, &
fupprimer plufieurs
fins bouillans qui
parriculieremene les raiManipulation; jouene un fi grand rôle dans ma
des
mais les moyens & les
Vignerons & du commun
dilpofirions
fait la loi; &t en confequence dePropriétatres m'ont
donner ce
je me fuis borné à leur
qu'ily a de moins codreux, demoins
barraffant & de plus fimple.
emF I N.
le Le Privilége de lOuvrage eft à la fin
tems de la Vendange,
de la Théorie fur --- Page 429 ---
ordre de Monfeigneur le Garde de
Jalu.p par Manuel des Vignerons de tous les pays,
Sceaux, le
des (uvres de M. Maupin fur la
Erc failant partie
&les Vins, & je n'y ai rien trouvéqui puille
Vigne
A Paris, ce 4 Janvier
en empêcher T'impre(lion.
1789. DE SAUVIGNY.
e --- Page 430 ---
b s510 ot
sannisloel sb aibio 0g 11
- 5 -
s SUTSNDIN 255 511s
- XUL:
a in niqual IVI 2b as Vn a
I anciint
shaqien SvuoTT doit t8
-
-
a
sofvrul 4 3 RLIR A uoilsigmil torlosomo
u3
:0
-
4 Janvier
en empêcher T'impre(lion.
1789. DE SAUVIGNY.
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- --- Page 431 ---
T A B E - E
DES CHAPITRES
CONTENUS EN CET OUVRAGE.
Patracs.
fervice qu'on puiffe rendre à toutes les
Le plus grand
Nations ou à tous les Peuples, c'el déclasirerrAgriculure
découvertes.
Page iij,
par de grandes
d'autresavantages, mes découParmi un grand nombre
ou indemvertcs fur la Vigne & les Vins, déchargeroient
sdudouble de la taille. Page idem
aiferoientles paysvignoblesd
mon Syféme pour la culAvantages, en tout genre,.de
iv
ture & l'amélioration des terres labourables.
Page
lly a près de vingt ans que mes découvertes pourroient
être établics, & par conféquent près de vingt ans que,
les pays vignobles, du moins
graces a mes.découvertes, étre déchargés chaque année du
en général, pourroient
Page vil
montant de deux tailles.
CmapiarL.De la diftance des ceps dans ma nouvelle
Page
Méthode.
II, Du tems de la plantation de la Vigne, fiuiCHAPITRE la variété des terres &: des lieux.
vant
III. De la préparation de la terre. Page 4
CHAPITRE
Tranchées ou rayons. dans les Vignes en côtes, quieng
Tranchées ou coupures
beaucoup de pente 5 ou dont la penteslitrès-roide.
& fuivantes,
Plantation de ces coupures ou follés.
CHAPITRE IV. Plant &c plantation.
Page II
A
ode.
II, Du tems de la plantation de la Vigne, fiuiCHAPITRE la variété des terres &: des lieux.
vant
III. De la préparation de la terre. Page 4
CHAPITRE
Tranchées ou rayons. dans les Vignes en côtes, quieng
Tranchées ou coupures
beaucoup de pente 5 ou dont la penteslitrès-roide.
& fuivantes,
Plantation de ces coupures ou follés.
CHAPITRE IV. Plant &c plantation.
Page II
A --- Page 432 ---
TABLE.
Signes auxquels on peut connoitre lc bon plant, ideme
Diverfes efpèces de plants & différentes & frivantes.
planter.
manieres de
AvIs. P. & fuivantes.
à 2
CHAPITRE V. Principes, au nombre de
P. 1G
delaVigne, fuivant fes différens
13, fur la taille
ages, fa force, &c, P.17
CHAPITRE VI. De la fumure de la
& fuivantes,
CHAPITRE VII. Des labours.
Vigne.
P.24
sl CHAPITKE VIII. Des échalas
P. 26
27 Leséchalas doivenr étre
&liages de la Vigne.P.17
fichés à demeure
CHAPITAE IX.
idem.
CHAPITRE X. Der@bourgronnement De la
37 P.28
plus tards fuivant le rognure de la Vigne, platot, ou
plus ou moins de force de
lis al
A o1
la pouffe.
CHAPITRE XI. Du
Idems
Mimple
regarniffement de la Vigne, ou du
remplacement des ceps. a5 ROIE -
an3 MÉTHODE particuliere pour traiter, tailler &
P:19
toutes les Vignes déja exiftantes, contenant
gouverner
Principe, tres-effentiel fur la taille de la un quatorziéme
moyens de remédier fans
Vigne', & les
frais, aux abus ruineux du
vignage ou muliplication des ceps, & de leur
proproximité cn tout fens,
son - a al
trop gtande
1 EXPÉRIENCES décilives
P. 31& fuivantes,
en faveur de
ceps & de ma nouvelle
l'efpacement des
Méthode, & en méme
contre'Tulage du provignage, & la proximité des tems
en efla fuite,
ceps qui
7 MANIPULATION
P. 39 8fuivantes.
générale des vins, contenant
cédés différens pour faire les vins, avec les deux-Proprepres à chaque Procédé, inel uO P.49 & fuivantes. avantages
Fin de la Table,
noissins1
VI TATIAANO
de ma nouvelle
l'efpacement des
Méthode, & en méme
contre'Tulage du provignage, & la proximité des tems
en efla fuite,
ceps qui
7 MANIPULATION
P. 39 8fuivantes.
générale des vins, contenant
cédés différens pour faire les vins, avec les deux-Proprepres à chaque Procédé, inel uO P.49 & fuivantes. avantages
Fin de la Table,
noissins1
VI TATIAANO --- Page 433 ---
lot
QUESTIONS
UR
Taa -
DIFTÉRENS GENRES D'OBLIGATIONS.
EYDA aa
ET SUR LE DROIT NATUREL. 1
ARSV
a MON
Caout Quelions, 1E3 dont Pidéc ne m'eft Evenne Qu4
livréà l'impreflion rouvrage auquelje les
presayoir
6 Ton veut, s'en regarder comme
joius, peuvents
ne luifoient rien
une partic détachée, guoigurecles
en ce mor
molnsagektoanseten:) jen'en ropolerai
&je vais les expoler le plus
ment faccinéement gu'une partic, quil me fera podible: div V 7IE a
Affemblées Provinciales, à qui à donno Apresiles
& à donnerlesemple
ner ou favoriler Finftructions
G
aux Culrjvareurs ?
Slodsrampl
t0y
aux Valfine,
bb Enimatiere d'Agriewnuteyeh-ce pauvres Cultiva
aux Paroilliens, & en généraliaunx
àleurs
reurs,à donner Texemplealeurs Seignenrsg & ericore à
Pafleurs, aux riches Mailons Religieules
1a2
un G figrandnombre d'aucres? ou ceux-ci,aceux
Ne feroit-il
de lintétét de tous les Seigneurs
6 83
Curés,que pasi
les Vignes s& les terres de
& de tousles de leurs Paroifhiens, ainfi que les
leurs Vallaux &
A
illiens, & en généraliaunx
àleurs
reurs,à donner Texemplealeurs Seignenrsg & ericore à
Pafleurs, aux riches Mailons Religieules
1a2
un G figrandnombre d'aucres? ou ceux-ci,aceux
Ne feroit-il
de lintétét de tous les Seigneurs
6 83
Curés,que pasi
les Vignes s& les terres de
& de tousles de leurs Paroifhiens, ainfi que les
leurs Vallaux &
A --- Page 434 ---
-
QUEETIO NS
leurs, fuffent mieux ttaitées, &
leurs cidres fullent meilleurs
que leurs vins ou
Quand
qu'ils ne font?
Tignorance ou les
rongent les Culivateurs,
mauvaijes pratigues
diminuent la
recaltess e en alterent la
quantité des
elprouvé depuis
qualisé, comme tour cela
long-rems, (eroit-ce
fociale de venir à leur fecours C
une obligation
le peur? Oupeut-on
de la maniere qu'on
& les
abandonner à leur
Culivatiurs, 6 les récoltes de fon mauvaisjort,
fa province, fans
pays ou de
celles de la Société blefer zoutes les loix
& Lous les devoirs de naturelles,
Bc fi on ne le
Phumanitét
peur pas, qu'auroient à
d'hommes de tous les états
répondre tant
Dans une Société bien quile font?
un Boulanger de faire, réglée, feroit-il permis à
autre, de mauvais
Par un morif ou par un
lui en faire de
pain au Public, quand il pourroit
bon; & en
fic par permis,
luppolant que cela ne lui
mauvais vin
pourquoi le feroit-il de faire de
pour foi, & fur-tour pour les
quand on pourroit le faire bon ou meilleurz aurres,
d'autres termes, par-tout oi la vie des
Ou en
comptée Pour quelque ehole, doit-il
hommes eft
leur donner de mauvais
être permis de
leur caufer des
alimens, de leur nuire, de
maladies, &
On peur confulter fur cetre d'abréger leurs jours2
dont la Faculté de Médecine queftion TApprobarion
en 1772.
de Paris m'a honoré
Qu'eft-ce qui prouve, de
& fi ce font les
l'opinion ou des faits 2
faits, ne feroit-ce
une
dicé, ou même
pas
ablurquelque chofe de pireyque de fe
leur caufer des
alimens, de leur nuire, de
maladies, &
On peur confulter fur cetre d'abréger leurs jours2
dont la Faculté de Médecine queftion TApprobarion
en 1772.
de Paris m'a honoré
Qu'eft-ce qui prouve, de
& fi ce font les
l'opinion ou des faits 2
faits, ne feroit-ce
une
dicé, ou même
pas
ablurquelque chofe de pireyque de fe --- Page 435 ---
GENRES D'OBLIG GATIONS. 3
SAR DIFPÉRENS
les faits
&
prétendre I
plus favant que les firs, que
les
les plus
pluspolinifs, les plus foutenus,
préas,lesy
des
plus authenriques, & quant à ma Manipulations fermer les
Vins, les plus nombreux : Suffic-ilide
déyeux, la bouche & les orcilles à la vérité, pour
rtruire la vérité ? 1S
ne devroient-ils
EES Les grands titres conventionnels
toujours être P'arcribut naturel des grandes
pas
r'il
chole au-dellus des
choles?Ou y a
quelque
de
grandes choles, ou des chofes qui produilent
grands biens publics?
- o1S
font ceux,
Parmi les titres convenrionnels, quels
être au.deffas du titre non
s'ily en a, qui ipeuvent
de fon
En eftil
conventionnelde bienfaiteur
pays?
diipenfer des marques d'el
quelques-ans quipuilfent
rime, de la confidération & de la reconaoiffance
duc aux talens vraiment utiles, non à quelques 5b
hommes, mais à toute la Sociéré: 191 I
a Si les plus grands ralens, comme beancoup
d'autres choles, ne font que edeslots qai ine doivent
intpirer aucune vanité, mais qui donnent des droits
comme les billets portans en donnent à la loreric,
leur feroit-il moins permis de réclamer
paurguol
de roclamer leurs lots?
leurs droits, qu'aux gagnans
les
5 Si les titres & la confidération, en mettant
comme on
talens dans un plus grandjour, peuvent,
uriles; en ce cas,
ne peur en douter, lesrendre du plus devoir des talens de
ne peut-on pas dire qu'sl eft
reclamer lestitres? cclleroit-il d'être un-grand fctUn grand fervice
loreric,
leur feroit-il moins permis de réclamer
paurguol
de roclamer leurs lots?
leurs droits, qu'aux gagnans
les
5 Si les titres & la confidération, en mettant
comme on
talens dans un plus grandjour, peuvent,
uriles; en ce cas,
ne peur en douter, lesrendre du plus devoir des talens de
ne peut-on pas dire qu'sl eft
reclamer lestitres? cclleroit-il d'être un-grand fctUn grand fervice --- Page 436 ---
4 PROITADLIS UEST 4 I O N
à nIO ane
vice, parce que ceux.auxquels dl
roient pas le bon elprit d'en
feroitrendu ?
n'au25b Si c'eft faire un bicn
profiter
nto asl
feule,
que d'y coopérer; G, une
exception près 7 il n'y a
faire leul & lans fecours,
perlonne qui Puille
feroit il
un grand bien public, ne
pas jufte, (je parle en.
Société, enaccordant.au
général ) que la
atousles
premier Auteur de ce bien
noiflance fentiniensqui lailont dus,crendit fa reconfon cltime, Alesxéinoignages de fa fatisfaction & de
leur
auxo Gorps & aux parriculiers qui, par
protecion, leur bienveillance, leur
leurs grands fuccesy leur
exenple,
fecours & un zeld
cotre(pondance, leurs
licun felon fon
eama.amaiactconphere chapouvoir, au vouveau bien dont elle
jonir, ou pourroit jouir, & dont, fans eux, elle ne
sjouiroit point? Sic'eftun, grand bien
ade houveaux xmoyens de
que d'inventer
de leur
loulager les hommes, ou
el-ce procurer des jouillances plus'parfaites, n'en
pas un P aufli de doriner une valeur à ces
moyei.-delescatditen favorifer
de les répandre, de les
& dei les établina T6 ines
a ERil vrai 1 qu'il ya habituellement
de
& tropide vins en France, même
trop le
grains
Elt-il.vrai qu'sline faur
Pour peuple?
aune trop.g grande
pas qu'il y ait en France
rla même chole, quantitédebon pain ou,ce qui eft
vins?
une trop grande quantité de bons
u19 onbmieal
oh a El-il.vrai qu'il ne faur pas que 15100b le
G bon pain,
peuple air un
-bonne
ou, ce qui eft la même chole, une G
ou meilleure boillon, artenda, comme tout
trop le
grains
Elt-il.vrai qu'sline faur
Pour peuple?
aune trop.g grande
pas qu'il y ait en France
rla même chole, quantitédebon pain ou,ce qui eft
vins?
une trop grande quantité de bons
u19 onbmieal
oh a El-il.vrai qu'il ne faur pas que 15100b le
G bon pain,
peuple air un
-bonne
ou, ce qui eft la même chole, une G
ou meilleure boillon, artenda, comme tout --- Page 437 ---
GENRES D'OBLICATIONS. S
SUR DIFFÉRENS
ne laiffe rien à
le monde Git; que celle qu'ila
défiter?
dans la vue de détruire une pard1 El-il vrai que,
it
ou d'en
prévenir Taccroifemicne;
tie des Vignes,
donner une mauvaife boilfon
vautmieux, au befoin,
ou moins
la
d'une portion plus
à la Nation, priver
&dépeupler tous les
grande de fes récoltes, ravager les laiffer fe ravager,
vignobles, ou fi Pon veut,
pays
cux-mêmes par l'excès de leur mifere,
fe détruire à leur (ecours, & de leur apprendre à
que de venir
vins, & à culciver leurs Vignes à
faire de meilleurs
beaucoup moins de frais? fiécle foi-difant humain &
Toutes ces idées d'un
& conformes
font-elles bien populaires
populaire,
au droit naturel des Peuples?
bon, ef la
Enfin, le vins en le Tappofant
meilleure & la plus faine des boilfonss ; ilepdelin
les
comme de tous les pays,
térêt de toutes
provinces
territoire & autant
deje procurer, chacune dans.fon les dénrées qui leur Jont
gu'il ep polpble, toutes Culture de la Vigne & ma Maniniefairasi ma
&
la matupulation des Vins avancent Juppléent dans ma
rité des raifins de plus de quinge jours i f de
exige beaucoup moins
frais
culture, la Vigne
préfent, ne feroit-il pas
gu'elle enen a exigesjujgu'a & de la fagelfe des Prode T'intérèt, de lavantage
de tous les
qui
vinces de France, & en général introduire pays la culpoint la Vigne, d'en
ne culrivent
lesterres, & a toutes les expofitions
ture dans toutes convenir ? Sur quel fondement
qui peuvent lui
des raifins de plus de quinge jours i f de
exige beaucoup moins
frais
culture, la Vigne
préfent, ne feroit-il pas
gu'elle enen a exigesjujgu'a & de la fagelfe des Prode T'intérèt, de lavantage
de tous les
qui
vinces de France, & en général introduire pays la culpoint la Vigne, d'en
ne culrivent
lesterres, & a toutes les expofitions
ture dans toutes convenir ? Sur quel fondement
qui peuvent lui --- Page 438 ---
214 QuEsTro NS, Bc.
a -
Pourroit-on négliger dans ces Provinces, l'introduce
tion d'une nouvelle branche d'Agriculture aufli
cieule que celle dont il s'agit, & quelles raifons préprifes dans la vérité, pourroit-on oppoler à celles
quejaiexpofces? J'en prends pourJuges les Étarsou
les.Affemblées Provinciales de ces Provinces mêmes,
F I N. --- Page 439 ---
PRESERVATIP.
OU
DÉCOUVERTE
MA
VINGTUNIENE
EN FAVEUX
DES
- P E
CULTIVATEURS,AS
DES RÉCOLTES,
toutes
C
(ans aucun frais, la Vigne &
en
Pour garamtirs de la gelée dhiver, le plus fouvepr
les Vignes toujours en très grande partie: les hivers de
Totalii,
de Auzur dans d'ère faires 9
Avec les expiriznets celle qui vient
I 1763 6r
le Berry.
la
cet
cultiver
IETECE
Joint au Manuel des Vigasrons, moins de LETT & faire les
à beaucoup
Ver a
de PAr de la Yighe 6
Ausciur
Par M. MAUPIN, Vins.
de PArt des
avec le Reçu figné de
Prix du touts.s6 fous, PAuteur.
qu03u30
le laiffer faire, 3
Ceft faite le mal, que doit Tempecher. Av. I
Quand on peur & qu'on
--
P A RIS,
No.43.
TAurcur, rue du Pont-anx-Choluz,
Chez --- Page 440 ---
POUR
PRESERVATIF
-
GARANTIR LES
415,
VIGNES
DE LA GRLÉR
ITA
DHILER. TOT
C préfervarif eft une des
a ma culture de-la
propriétés inhérentes
à difpofer, tenir & cultiver Vigne, & confifle en
fuiyant mes
la Vigne, en tour général
dela manicre prinicipes, & en particulier
poinr,
& dans le tems
ala tailler.
lel Manuel des Vignerons. gucjefentagne dans
Preuves.
L'hiver de 1762 à
fut
goureux & accompagné de 1763,
tres-long, riy cut dans les Vignes de beaucoup de frimats, II
menr par-tout 5 un grand mon nombre, capton, & généralepieds ou tiges furent
de ceps dont les
en conféquence éclaterent frappées de-la geleey
eut aucune dans
& fe fendirent. &-qui
mes
ilny en
année prefgu'auffi mauvaile Vignes, qui, en 1763,
Pcur la qualité, me
Pour la quantité que
1759 & 1760, qui rapporterent avolentléré plus qu'en
Aiscahendanres, & ou mes
des annécs
Point encore elpacécs, avoient Vignes, gui n'éroiens
plus que le double
éclaterent frappées de-la geleey
eut aucune dans
& fe fendirent. &-qui
mes
ilny en
année prefgu'auffi mauvaile Vignes, qui, en 1763,
Pcur la qualité, me
Pour la quantité que
1759 & 1760, qui rapporterent avolentléré plus qu'en
Aiscahendanres, & ou mes
des annécs
Point encore elpacécs, avoient Vignes, gui n'éroiens
plus que le double --- Page 441 ---
(3)
de mème dans deux grands
de ceps. Il enartiva alors à Same-cermalipceiase
jardins que Tavois étoient garnis de teilles.Jny
& dont les elpaliers
éclatar aucun des autres ne
eut qu'un feul pied qui
auresiardins,
fut endommage, tandis que.dansles ces faits dans
déjà rapporré
ily en eur beaucoup-Jai bévaes des Vignerons qucfaipubtiéex de la
les principales Ainfi, quant à ce premier accident
en 1782.
fis fondé à dire que jai comipletr
gekée dhaiver,je vaincu la Nature.
çet accident
tement
julqua cette annéc
Depuis A763 plaficurs fois, & il paroit qu'en
s'clt renouvellé
il a fait de tres-grands ravages du
inb.catenhe
nombre de Vignolles
dans tout ou un grand font ceux quil a pu faire
Royaums : Jiguore d'après quels ce qui m'a éré rapporté,
cette annéeianais
aux environs de Paris
il y a beaucoup de &il Vignes paroit même quily en a
quien ont (ouftert, G
ptis le panti
ol à le dommagea été gand, les vignes qu'ona qui en avoient
d'arracher entieremient Que de ravages & de pertes
été le plus malraitées. feul défaut d'infrucion !
a
caulés par le
d'hiver furle bois &
Quant à Veffet de la gelée poulle, cet accident elt
les boutons de la derniere le
Je ne me
genéralement plus rare quel
ttésG dans Thiver Peu
EResen
rappelle point
à 1768, les Vignes ont
de 1767
un
'ona qui en avoient
d'arracher entieremient Que de ravages & de pertes
été le plus malraitées. feul défaut d'infrucion !
a
caulés par le
d'hiver furle bois &
Quant à Veffet de la gelée poulle, cet accident elt
les boutons de la derniere le
Je ne me
genéralement plus rare quel
ttésG dans Thiver Peu
EResen
rappelle point
à 1768, les Vignes ont
de 1767
un sigouteus,
de la
5 mais voici -
-
ou moins fouffert
- gelées
-
-
au cas dont il sagit ( & qui,sacqui peur Sadapter
que jerappomteral
corde tres-bicn ayecfespenenes étoit, comme je renapres-cele-d. Mon blage
a 1009 e auslinoll --- Page 442 ---
fcigne, de" faire taillér (4)
Préfence, avant Phiver. toutes Mcs mes Vignes en ma
pas permis dans Tautomne affaires ne me
àfire tailler auf mois de
de 1767.je me Tayant bornai
Pièces de Vignes diferemment Décembre ela moitié de deux
faire, dans le tems, la
Gtuées, pour en
moitiés qui n'avoient Point comparatlon été
avec les deux
apres, let froid furvint, & fut on taillées. Peu de
Je fus voir mon
ne peut pas plus rude, jours
de la Vigne tailléc, expérience, &
& je troavai les yeux
ches dela taille,
far-routles yeuxles plus
le bois, au point rapccilles & comme tentrés pro- dans
gros qu'une têre qu'ils ne paroilfoient guères
gnois les fuites; d'épingle, & javoue que jen crai- plus
cependane ces deux moitiés, loin
celles qui, à rallon
parla
eineen
de la
geléc, farent
d'autres circonfaneet, ont taille, peur êrre auffi
Vigueur, & ont donnéle pouffe avec le plus de
Iience peur bien dans le plus de fruit. Cette
regardée
cas
expé
comme une preuve préfenr, ne pas être
avouera au moins qu'elle eft conchantern mais on
que y
fan réfultat s'accorde très-bien un fort prejugé, &
queie vais repporter.
avec Tempérience
Cette expéience ef de M.
-
Touchay dans le
M. le Richer, Curé de
eft, comme ori L Berry.
Curé de
7 peut le voir dans le
Touchay
Vipnerons, un
Manuel
qu'ily to
Amarcur tef
des
en eut beaucoup de guil feroit à Touhaiter,
les Cures, poor les
parcils parmi Mellieurs
& la conflanice, Voici lumicres, le zelé en rout
kettre du 17 Avilderaler. ce quif UOM me marque genre, Par fa
> 1 quitte nies Vignes,
io-olta
Monlicar, pour Pren-
7 peut le voir dans le
Touchay
Vipnerons, un
Manuel
qu'ily to
Amarcur tef
des
en eut beaucoup de guil feroit à Touhaiter,
les Cures, poor les
parcils parmi Mellieurs
& la conflanice, Voici lumicres, le zelé en rout
kettre du 17 Avilderaler. ce quif UOM me marque genre, Par fa
> 1 quitte nies Vignes,
io-olta
Monlicar, pour Pren- --- Page 443 ---
(3)
du 6
: & répondre a votrelette
22 dre la plame,
eu Thonneur de vous mat2 de ce mois. Tai déja du 12 Mars, , que tout le
n quer dans ma letre à voir toutes mes Vignes
32 monde ici sattendoir font autrement faites 86,
qu'elles
s perdues, parce autres; & qu'elles ont été taillées'
Jes
55 taillées que
ai
que, quoique'
Je vous marquéaufi
3> d'hiver.
bien fr den'en avoir pas,
jcalle du mal,jéroist
les autres; & en
autant que
29 à beaucoup près,
de tres-près, préavoir regardé
> effet, après y
clair, & m'ètre bien affuré
n (ent qu'en y voit plus
confidérées
moi-mème : ? mes Vignes
s du mal
d'un arpent &c demi, ou de 15
> dans la
les bouteta
du tiers far
font endommagées
> journaux;
dans les autres Vignes,
trois quarts
> tons; 8des
de rabattre, Pour le plus grand
>> qu'ou eft obligé
près de terre, tant le
5 nombre, à deux pouces 1l-Teft auffi chez moi;
>> mal eft grand par-tour, Paveu de mes habitans & de
> maisje vous garantis mal eft beauicoup moins grand
> mes voilins, quele
dans toutes les autres. Je
a dans mes Vignes que
neuf, & par
>perds quatre ol 7 les autres perdent
le double de ce queje perds:
> confequent plus que
f le dommage eft aufli
Monfieur,
w Tignote,
les
des autres Prodans
Vignobles
> confiderabtle Peft ici; mais quel qu'il foit 5 on peut
> vinccs qu'il
que par-tour oit
mon expétience,
3 aflurer, d'apres
fait
le double du
a
elle a
plus que
> la gelée Pallee, fait, G vorte Méthode G ptetort qu'elle auroit
étoit connue. 8
rant d'autres egards,
3 dieufea
comme L elle devroit
ca sdtcemintiesaty
ans
Vignobles
> confiderabtle Peft ici; mais quel qu'il foit 5 on peut
> vinccs qu'il
que par-tour oit
mon expétience,
3 aflurer, d'apres
fait
le double du
a
elle a
plus que
> la gelée Pallee, fait, G vorte Méthode G ptetort qu'elle auroit
étoit connue. 8
rant d'autres egards,
3 dieufea
comme L elle devroit
ca sdtcemintiesaty --- Page 444 ---
>Péan.Qule
(4)
2 pour le Commerce perte 'inmenfe pour les,
>> avouer qu'il eft
& pour le
Vignobles; 2
s
facheux
Peuple.l1l faur
Peu de tour cela; & qu'on paroifle s'occuper A
> qui fonr rour,
empaniauies des
5 Paller Jes
Puifquc rout en dépsnd. En récoltes.
32 toir flarté d'y Provinces voir lous un autre
voyant.
3> geler la
tour
asimeroures
Vignes
tégénérers & bn. y
> culivateurs ! perdre eiles récoltes & ruiner laifle
> Vous me
sup
les.
3 reclamer
marquez que votre intention la
> lears pebliguement contre ces
eft de
leur Asteurs, raifon des torts abuss& contre
plair de caufer
énormes
3) vines, tandis
aux Campagnes &
ga'il
> & a peu
qu'ils auroiene un
aux 6 Procouteux
mayen
la rous ces torts, dont (linlruaion )'pour fimple
39 psincipe
vous les charges, prévenie
a pour épigraphe. incontefable, celui que vous d'après un
3 d'empénence, Pour moi, qui, après lept avez pris
> vos Mérhodes Peux parler plus
annécs
aa
ou plutôt
qu'aucon de ceux pertinemment qui les
de
qui les
3) guand je confidere négligent ; Pour moi, Eejettents
s avez rendus à la les grands fervices dis-je,
A vous
Sociéré; qu'en. méme que vous
augmentez le
tems
29 diminuez
rapport de la Vigne,
que
32 étes
conidémablement les frais; vous en
n-pattic, parvenua la
préervér, au moins que vous
Vigne de
ep
3a! hivers;
la geléc dans les
grande
que
* que la nature vous.avez arraché écreculé plasnudes les
> pour la macuriré avoir Polées, de tous les bomes
wlité des Vinsac des Tailins, pour la bronne temsy
Pour la plantation dela quaVigne,
rapport de la Vigne,
que
32 étes
conidémablement les frais; vous en
n-pattic, parvenua la
préervér, au moins que vous
Vigne de
ep
3a! hivers;
la geléc dans les
grande
que
* que la nature vous.avez arraché écreculé plasnudes les
> pour la macuriré avoir Polées, de tous les bomes
wlité des Vinsac des Tailins, pour la bronne temsy
Pour la plantation dela quaVigne, --- Page 445 ---
(7) eiendmea toutés nos Proviitces8
35 que vousaYCz de pays far leg globe qui en avoient
35 albeaucoup
vous ; quand je confidere toutes
32 été privès julqu'a chiolesy 80 le prix que vous en-avez
33 ces grandes
hommes qut
m'étonne painit queides
3 recayjene
de: cés fervicess n'ayent pu
3> fentehnt Timportance ingrarikade que vous eprouvesi
5 imputee al lomigue de Gralité, parce A
Gs'en cAe cette
s qu'aune efpece
ordinaites. Mais, Mon-
> injultice foft des regles
Tdes chofes va
3> fieur, il fauriefhérer affure que-tosdre que perfonne" ne le
5 changer, , sgesvols-a mot,ewee qnr vous regarde
s (ouhaite plasqiup Biers des chofes à vous dire8
> Faurois encore Ids dirais mais fiute de'tems,
5 fouis' peu forcé jervous de me borner a objet le plus pref
s je "ais ctois', à
ne vous rien laiffer
s fant, & je
cerepardg cfbun témoin qu'il Teftinmnol
> a déliter? Ma Vigne
anTavoit
cuerf
an Gble de réculer, qalprouve Pat-tourp rplasdela
on aurolt rpuriuver
> bien vonlt,
perdué par la golee Pwatesl
> moliedetevetohe
RiCREk, Curé de
s
J'a Tliomneur drerev8tc sb oup Z3 sob
-
25. Touchay >2, zHesp sibnoan.an
ma' culture,
Ainfi, d'un côté, des Vieres,dans de la gelée d'hiver,
feront entierement préfervées a &c de lautre, elles le
quant aux fouches ourtigess Pêtre, cette annéc, en trèsieront & auroient pu
& au jeune bois.
grande partie , quant aux yeux
peutJe ne dirai point en ce moment, quoique Pêtre cette
être je duffe le dire, Pourquoi été; mais ayant je pu dirai quiln'y
année, elles ne Pont pas feul moyen; ; ceft de répana pour cela qu'un
ans de la gelée d'hiver,
feront entierement préfervées a &c de lautre, elles le
quant aux fouches ourtigess Pêtre, cette annéc, en trèsieront & auroient pu
& au jeune bois.
grande partie , quant aux yeux
peutJe ne dirai point en ce moment, quoique Pêtre cette
être je duffe le dire, Pourquoi été; mais ayant je pu dirai quiln'y
année, elles ne Pont pas feul moyen; ; ceft de répana pour cela qu'un --- Page 446 ---
(8)
dres.ou au moins d'annoncer
truction dans toures les
& d'appuyer linf
ne feroir pas cher:
Campagacs, & ce moyen
Sans ce moyen,
dans toute la France, que peur-être jai
Peuple,
& que je reclame feulrecdamné
pour lequel les récoltes
encore,le
jamais folidement
font tour,e fcra
ble, quoi qu'on puille heureus, & fera fouvent mifera-
& Iinfruction fur les faire d'ailleurs, Lecszécokes,
par-delfas tout, Parce récoltes, qu'il
Voili ce qu'il faur
& que les récoltes font la bale fautvivre avanc, tout,
nos mceurs, c'eft cequ'on
de-toluri mais dans
tems méme où la difette fe met fair après tout, dans les
Je ne dirai Point non
fentir CB sour
culure,les Vignes font plus pourquois dans ma
qu'elles ne le font pas de méme préfervées de lagelées - &
brieveré que je fuis forcé.de.
dans, les autres: la
permet pas; maisje
me preferireee me le
aux perlonnes qui ime pourrai les
en donner des railons
fentant le Tegu de cet écrie. demanderontaenme 6 du
prérons; mon intention érant; Manuel des Vignedéjà expliqué,de ne
ainti gueie m'en fuis
me tepréfenteront répondre qu'aux
ma ignature
perfonnes squi
No.ou'b
F.I N.
maisbns
Sot US 06U
insioios --- Page 447 ---
86%
SUBSISTANCE ETIMPOT
Ier No.
AUX ETATSGÉNÉRAUX
SUBSISTANCE
Le premier fervice que la Nation
droit d'attendre des
a
qui leur eft demandé Erat-Généraux; celui
avec le plus d'empreffement; celui enfin fur lequel les circonftances ne permettent aucun retard,
c'eft de pourvoir - à
des marchés dans les Tspprovifionnement villes, & à faire
baiffer le prix du pain.
La plus belle peripeétive
2 fans ce
préalable, ne feroit rien pour un
qui craint à ce moment la famine. Et peuple
ferviroit en effet la bonne conftitution que
l'Etat à ceux des Citoyens
de
que l'inanition
A
plus d'empreffement; celui enfin fur lequel les circonftances ne permettent aucun retard,
c'eft de pourvoir - à
des marchés dans les Tspprovifionnement villes, & à faire
baiffer le prix du pain.
La plus belle peripeétive
2 fans ce
préalable, ne feroit rien pour un
qui craint à ce moment la famine. Et peuple
ferviroit en effet la bonne conftitution que
l'Etat à ceux des Citoyens
de
que l'inanition
A --- Page 448 ---
(2)
ou une nourriture mal faine 8 corrompue
auroit fait périr avant qu'elle fût établie.
Linquiérude & les craintes à cet égard
ne font que trop réelles, 8c malheureufement elles font fondées, puifque depuis
près de deux mois déjà, le Miniftre des
Financés, après T'expofé des précautions
qu'il a piifes pour gagner le temps, parer
aux befoins que la France éprouve à ce
fujet, &c prévenir les calamités qui pourroient en être la fuite, a fini par avouer
qu'il ne pouvoit y fuffire, & a demandé
que (1) les combinaijons, la prudence
de Fadminifration ne refalfent pas nos feuls
garans, e qu'enfin la France fe procurdt
à cet égard, une caution, autre que celle du
Gouvernement.
Il eft donc effentiel que les Etats-Généraux ne different plus d'y pourvoir, &c
ils le peuvent efficacement.
Deux établiffemens, également faciles à
(1) Difcours de M.Necker aux Etats-Généraux à leur
ouveriure, page.go &91. --- Page 449 ---
(3)
monter & furs dansleurs effets, procureront
France
dont elle a le plus
àlal
&cleprovifoire
befoin, & la tranquillité &le bien
preffant
même
être qu'elle peut defirer pourl'avenir,
jufques à préavec d'autres avantages
fent inapperçus, 7 & d'une étendue qui
paffera fes efpérances; mais commençons
dont le befoin
par les approvifionnemens
la preffe.
Etablilflement provifoire.
In'y a point aflez de bleds en France
la fubfiftance publique, ou il y en
pour
Dans le
cas il faut
a fuffifamment.
premier
en faire venir; dans le fecond, il faut trouver le moyen de faire fortir des greniers
8 tromper le motif
ceux qu'on y recele,
quiles y retient, l'efpoir d'en voir encore
augmenter le prix.
Dans l'une &l'autre de ces fuppofitions,
l'objet de la Nation peut être rempli.
Moyen.
Nommer par les Erats-Généraux une
A 2
lique, ou il y en
pour
Dans le
cas il faut
a fuffifamment.
premier
en faire venir; dans le fecond, il faut trouver le moyen de faire fortir des greniers
8 tromper le motif
ceux qu'on y recele,
quiles y retient, l'efpoir d'en voir encore
augmenter le prix.
Dans l'une &l'autre de ces fuppofitions,
l'objet de la Nation peut être rempli.
Moyen.
Nommer par les Erats-Généraux une
A 2 --- Page 450 ---
(4)
commiflion des membres de leur
blée pris dans le
dans
AffemClergé,
la
& dans les Communes.
Noblefle
Charger cette Cominifiond'acheteré
faire venir de l'Etranger,
&de
pour le
au nom de la Nation, des
compte &
quantité qui fera
elle bleds, jufqu'à la
& de les faire arriver par
jugée néceffaire,
en France le plutôt
poffible.
L'autorifer à conflituer la Nation débitrice envers ceux qui lui fourniront
bleds, du prix auquel ils les lui
ces
vendus, 2 & faire un emprunt
auront
currence, pour le paiement, jufqu'à conaux époques
convenues,
Charger cette Commiffion de toutes les
opérations qu'exigera la régie de cette
partie, & notamment, de répartir & faire
paffer ces bleds, au fur & à mefure
arriveront ten France, dans toutes les villes, qu'ils
poury être expofés & vendus au marché,
L'autorifer en conféquence à commettre
dans chaque ville, foit le Corps muni- --- Page 451 ---
(5)
cipal, foit tout autre prépofé qu'elle jugeroit à propos, à l'effet d'y recevoir lefdits
bleds, de les y loger fainement, de les
expofer en vente 8 d'en compter.
En déterminer le prix par-tout indiftinctement à IO livres le quintal, poids de
marc, fans que lefdits prépofés puiffent
les vendre autrement qu'au poids, & plus
cher'qu'à raifon de 2 fols la livre, & ce,
fe trouvaflent revenir
à quelque prix qu'ils
à la Nation.
Obferver à cette Commiflion qu'entre
les regles auxquelles elle croira devoir
affujettir les fonétions de fes prépofés dans
les villes, elle doit leur prefcrire de ne
vendre qu'à des boulangers ou à des perfonnes connues, 8 de ne délivrer à qui que
habituelle,
ce
foit plus quefa aconfommation
I5 jours, ou pour un mois au plus,
pour
la fois.
Et ne lui prefcrire à elle, d'autres regles
de faire précéder toutes fes opérations
que
féra, dans tous les
d'une délibération, qui
cas, prife à la pluralité des voix.
A 3
villes, elle doit leur prefcrire de ne
vendre qu'à des boulangers ou à des perfonnes connues, 8 de ne délivrer à qui que
habituelle,
ce
foit plus quefa aconfommation
I5 jours, ou pour un mois au plus,
pour
la fois.
Et ne lui prefcrire à elle, d'autres regles
de faire précéder toutes fes opérations
que
féra, dans tous les
d'une délibération, qui
cas, prife à la pluralité des voix.
A 3 --- Page 452 ---
(6)
Ce fera d'après ces
près les faétures des délibérations, d'avendeurs
d'après les états des frais de étrangers,
& de tranfport, & d'après les chargement
divers prépofés dans les
comptes des
Commiffion rendra
villes, que cette
fes comptes, foit aux
Erats-Généraux, s'ils font encore affemblés quand elle finira fes
à une Commiffion
opérations, foit
bliroient
particuliere qu'ils étapour les recevoir au nom de la
Nation, oubien, à un autre Corps, dont fera
ci-après parlé pour la régie & adminiftration du fonds. Ces comptes feront rendus
publics par l'impreflion.
On conçoit aifément que la fimple
blication de l'établiffement de
pumiflion
cette Comprovifoire aura, tout àl la fois, deux
effets bien defirables lun &
tous
deux bien
T'autre, &
avantageux dans la circonftance de détreffe aétuelle.
L'un de diminuer
linquiérude des
aifés, qui n'auront plus autant
gens
ment dsapprovilionner
d'empreffequand ils fauront
qu'il doit arriver des bleds
étrangers 3 --- Page 453 ---
(7)
qu'ainfi on ne fera plus expofé à en manquer, & qu'ils feront a meilleur marché.
L'autre, d'amener les emmagafineurs à
ouvrir leurs greniers, à porter au marché
les bleds qu'ils y confervent dans l'efpérance d'un plus haut prix encore 2 & à
s'empreffer de les vendre, afin de préve
nir, au tant qu'ils le pourront, les diminutions de prix que l'arrivée des bleds étrangers leur feroit néceffairement éprouver.
Ce feront même les plus clairvoyants
fur leurs intérêts qui feront les premiers
à garnir les marchés.
Or, de cette diminution du concours
desacheteurs, &c de cet empreffement des
vendeurs,ileft raifonnable d'efpérerlabondance dans les marchés, 8c une diminution,
dans les prix.
Voilà pour le provifoire. Nous paffons
à ce qui concerne le fond.
Etablilfemert à perpéuité.
dit le
a
4 L'expérience, nous
Miniftre,
A 4
feront les premiers
à garnir les marchés.
Or, de cette diminution du concours
desacheteurs, &c de cet empreffement des
vendeurs,ileft raifonnable d'efpérerlabondance dans les marchés, 8c une diminution,
dans les prix.
Voilà pour le provifoire. Nous paffons
à ce qui concerne le fond.
Etablilfemert à perpéuité.
dit le
a
4 L'expérience, nous
Miniftre,
A 4 --- Page 454 ---
(8)
S femble avoir démontré
5 rale & conflante,
qu'une loigénéfoit en
>> liberté
faveur d'une
parfaite, foit en
>> fyftéme,
oppofition à ce
expofe à de grands inconvéniens &c à de féveres
Mais n'y a-t-il donc conféquences (1).
les
pas de milieu entre
dangers d'une liberté licencieufe & les
inconvéniens de prohibitions
tes? Les grains,
décourageanà Thomme,
parce qu'ils font effentiels
parce qu'ils font pour lui de nécefitépremiere, font-ils donc la feule
de Fadminiftration
partie
publique, à
on ne puiffe donner une
laquelle
fervatoire? Loin de le organifation confommes fondés à
penfer ainfi, nous
croire que le
desg grains eft facile à organifer commerce
y établir un ordre abfolument &cqu'on peut
fûr
Moyens. *
Quelque foit la fageffe, le défintéreflement & la probité de ceux qui tiendront
(:) Dif. de M. Neck., P'71.
Nota. L'Ouvrage qui contient en détail
ment de cet apperçu, intitulé : Projet le développemaniere de faire utilement, en Erance, le nouveau fur la
Commerce des --- Page 455 ---
(9)
interdire
les rènes du Gouvernement, 2 leur méler directoute faculté de fe
abfolument
de Tadminiftration
tement ni indireêtement
des grains 5
&la circulation de
Laiffer le commerce
& pardenrée pleinement
cette précieufe dansl'intérieurdu royaume;
faitementlibre
comme elle Peft de
Déclarer de fait,
hors
la faculté d'exporter les grains
de
droit,
&8 d'en commercer avec l'édu Royaume
&
en aflurer
un bien national, pour
tranger,
8càjamais) lajouillance comexchufivement l'un des articles de la confmune, en faire
ritution.
à Texercice
Affocier tous les François Loi fous la dénode cette faculté,par une
mination de Code fraternel.
Divifer la fociété en 40 fols d'intérêts,
entre la Capitale & les
qui feront répartis
de
en proportion
Provinces ou Généralités,
leur population.
M, Bourdon des Planches, fe trouve, àParis,
Grains , par Libraire, quai des Auguflins ; la veuve
chez Prault,
&, à Verfailles, chez Blaifot,
Efprit,au Palais-Royal;
A 5
fous la dénode cette faculté,par une
mination de Code fraternel.
Divifer la fociété en 40 fols d'intérêts,
entre la Capitale & les
qui feront répartis
de
en proportion
Provinces ou Généralités,
leur population.
M, Bourdon des Planches, fe trouve, àParis,
Grains , par Libraire, quai des Auguflins ; la veuve
chez Prault,
&, à Verfailles, chez Blaifot,
Efprit,au Palais-Royal;
A 5 --- Page 456 ---
(10)
Allujettir la Capitale & les Provinces à
fournir chacune leur
d'avance,emp
quote-part des fonds
proportion de l'intérêt
aura été ainfi réparti, à raifon de quileur
400 mille livres
2 millons
par fol, ou de 200 mille liv.
par denier, qui feront 96 millions au
& fuffiront pour les
total,
ce grand établiffement: avances que néceflitera
Les autorifer chacune à choifir &
mer un Député,
nomrévacable a volonté Syndic ou Direéteur - 2
2 pour les
ftipuler en leur nom &a agir pour repréfenter, elles dans
ladite Société.
Réunir ces Députés en un feul
qui fera établi & formera fa réfidence Corps,
Paris, pour, fous le titre &c
à
de Corps National, faire dénomination
&
toutes les opérations
ordonner
miniftration.
qu'exigera cette adAttribuer à ce Corps,
tout autre & à tous
exclufivement à
de faire fortir des particuliers, la faculté
grains du
celle d'y en faire entrer & d'en Royaume, &c
avec PEtranger,
commerçer --- Page 457 ---
(I1)
National établira des Magalins
Le Corps
Bourgs
dans toutes les Villes & principaux - a les
du Royaume, les approvifionmnera 2 de
d'une quantité
tiendra toujours garnis
tout tems,
bleds fuffifante pour pouvoir, en confomfournir la fubliftance à tous les
la
& ne
mateurs. de leur arrondifement,
jamais faire attendre à qui que ce foit.
feront toujours ouverts
Ces magafins
vendre ; de mantere
pour acheter Bc pour
foient pour toujours - 7 2 une reffource
qu'ils
le Cultivateur contre fa furaffurée pour
8c
charge, dans les années d'abondance,
contre fes inquiépour le Confommateur dans les années ftériles.
tudes & fon befoin
N'acheter & ne vendre dans ces magafins qu'à un prix fixe 8c qu'au poids, qui,
par-tout fera le poids de marc.
le
Les Etats- Généraux détermineront
auquel le Corps national fera tenu
prix de faire Tun & l'autre ; on pourra > par.
l'achat dans les
exemple, fixer ceux pour
divers magalins.
abondance,
contre fes inquiépour le Confommateur dans les années ftériles.
tudes & fon befoin
N'acheter & ne vendre dans ces magafins qu'à un prix fixe 8c qu'au poids, qui,
par-tout fera le poids de marc.
le
Les Etats- Généraux détermineront
auquel le Corps national fera tenu
prix de faire Tun & l'autre ; on pourra > par.
l'achat dans les
exemple, fixer ceux pour
divers magalins. --- Page 458 ---
(12)
SAVOIR:
A Paris, à raifon de 8 livres IO fols le
quintal, qui font 20 livres 8 fols par fetier,
mefure de cette Ville.
Dans les environs de Paris, à IO lieues
à la ronde, & dans toutes les Villes où
a Cour
ily
Souveraine, à raifon de 8 livres le
quintal, qui fontrg livres 4 fols le fetier.
Dans les environs de toutes lefdites
Villes, à fix lieues à la ronde, à 7 livres
15 fols le quintal, qui font 18 livres 12 fols
le fetier.
Et par-tout ailleurs indiftinétement, à
raifon de 6 liv. IO f. le quintal, qui font 2
18 liv. le fetier (1).
Sans que les prépofés auxdits magafins
puiffent fe difpenfer de recevoir &
à ces prix, tous les bleds fromens payer
qu'on
(1) Ces prix font un peu forts pour des prix
mais ils font fubordonnés à un arrangement ultérieur, communs;
nous propoferoris fous un fecond No; & fi cette fubfé- que
quente propofition n'étoit point admife, il conviendroit
fans doute de les réduire ici de 15 à 20 fols
au moins,
par quintal, --- Page 459 ---
(i3) )
leur apportera, tant qu'ils ferontnets, fecs
& fains, quelle qu'abondante qu'ett été la
récolte, & en quelque quantité qu'on lesy
apporte.
Fixer de même le prix pour la revente.
SAV OIR:
A Paris, à raifon de 9 liv. 2 f.6 den.
le quintal.
(1)
Dans les environs de Paris
à
dix
lieues à la ronde - ; & dans toutes les Villes
où il ya Cour
8 livres
Souveraine, à raifon de
12 fols 6 deniers le quintal.
Dansles environs de
à 6 lieues à la ronde, routesieflitesVills, à raifon
de 8 livres
7 fols 6 deniers.
Et par-tout ailleurs
raifon de 8 livres
indiftinétemenr, à
2 fols 6 deniers.
Sans que lefdits Prépofés puiffent fe difpenfer de vendre & livrer les froments
leur feront demandés
qui
2 à quiconque leuren
(s) Entre le prix d'achat & le prix de
différence de 12 fols 6 deniers
vente, il y at une
parfeptier pour frais de magafin, par quintal, I livre IO fols
déchet & manutention,
8 livres
indiftinétemenr, à
2 fols 6 deniers.
Sans que lefdits Prépofés puiffent fe difpenfer de vendre & livrer les froments
leur feront demandés
qui
2 à quiconque leuren
(s) Entre le prix d'achat & le prix de
différence de 12 fols 6 deniers
vente, il y at une
parfeptier pour frais de magafin, par quintal, I livre IO fols
déchet & manutention, --- Page 460 ---
(14)
apportera les prix ci-deffus, fous
de diminution dans la récolte,
prétexte
fement dans le
renchérif
prix, ou autres
ou non
cas, prévus
prévus, en obfervant
qu'ils ne feront pas tenus de fournir cependant à
que ce foit, plus que fa
qui
mois
provifion pour deux
veller. feulement, & fauf à la lui renouOn peut ne prefcrire, au
Corps
furplus, au
national 3 d'autres regles pour fes
opérations, 2 que la néceffité d'en
dans tous les cas, & la défenfe délibérer
aucune délibération,
d'exécuter
la pluralité des
avant qu'elle ait réuni
fuffrages: & le nombre des
fignatures fera déterminé
particulier,à à peine d'en pour chaque cas
qui exécuteroient des répondre par ceux
feroient
délibérations qui ne
pas conformes à la Loi.
Affujettir le Corps à
année, tant à la Capitale rendre, 2 chaque
qu'à chacune des
Provinces, un compte général de ladite
Société, 9 duquel compte, le Corps n'aura
les décharge qu'après qu'il aura été vu dans
Affemblées
provinciales, & arrêté par --- Page 461 ---
(15)
en vertu d'une
tous sles Députés féparément,
fera réndu
procuration fpéciale. Ce compte
public par Timprefion,
des magaSoatenmegmfalbmemeseatiend
des Commiflaires des AC
finsà Tinfpeation
s8d deslugesordinaires
fembléesp provinciales
connoitront,
& de police : & ceux-ci
chacun dans leur reflort, des conteftations
pourroient naître entre le Garde-maqui
8 les Vengafin, ou les autres Prépofés
fauf
deurs ou Acheteurs, & les jugeront,
T'appel.
8 affuAu moyen de ces érabliffemens,
moins faciles à forrément ils ne font pas
fars dans leurs effets. La population
mer que
dont elle eft
recevra de fuite les moyens
fa fabliftance; cette queftion,
preffée pour
jufqu'à préfent fur la liberté
fi controverfée
fi
des
& toujours
du- commerce
grains,
dans lefmal jugée par les deux extrêmes
fe
quels on a donné alternativement , bafe
définitivement réglée. A une
trouvera
lei Cultivaidéale, qui a fouvent trompé fure & invateur, on fubftitue une bafe
de fuite les moyens
fa fabliftance; cette queftion,
preffée pour
jufqu'à préfent fur la liberté
fi controverfée
fi
des
& toujours
du- commerce
grains,
dans lefmal jugée par les deux extrêmes
fe
quels on a donné alternativement , bafe
définitivement réglée. A une
trouvera
lei Cultivaidéale, qui a fouvent trompé fure & invateur, on fubftitue une bafe --- Page 462 ---
(16)
riable. La certitude de vendre à volonté
un bon prix, l'affure du débouché de fes
productions ; il les multipliera par la certitude d'en faire de l'argent quand il voudra, & la France, tranquille fur la fubfiftance de fa population
2 tirera de fon
fuperflu, tout le prix qu'il peut & doit
lui produire.
Mais ces avantages, quoique fort étendus, & même inappréciables, ne font
les feuls que la France
tirer
pas
bonne
peut
d'une
organifation dans le commerce des
grains ; les Erats-Généraux
peuvent
ces avantages infiniment plus loin porter ; ils
peuvent les étendre julqu'à rétablir
tement les finances,
promp2 jufqu'a les rendre
opulentes, jufqu'à concilier leur rétablif
fement & leur richeffe avec le foulagement, le bien-être & la tranquillité des
peuples, jufqu'à régénérer enfin
ment & parfaitement l'Etat dans pleinetoutes fes
parties, & faire de la France le plus florif
fant Empire de I'Univers.
Mais les autres
avantages 2 quoiqu'ils --- Page 463 ---
I 17)
la même fource, & qu'ils en dé-:
ayent naturellement, ne doivent pas être
coulent
éviter qu'ils le foient,
confondus ; & pour
réfervons de les préfenter fépanous nous
rément.
fimple que foit
On fent que quelque
de l'équil'idée de ces magalins nationaux, befoins 2
des
établiffent entre les
libre qu'ils
Villes & ceux des campagnes, quoiqu'ils
la folution du fameux problème,
préfentent
d'affurer conftamment, &c
(eft-il poffible
viciffitudes des faiindépendamment des
fons & des fpéculations du commerce, un
immuable aux bleds P) folution dont
prix les Economiftes, en avouant que ce
tous
de
ont défelpéferoit le point
perfeltion, la liberté la plus
ré; quoiqu'elle préfente
en
abfolue à laquelle on puiffe prétendre
Société, elle doit éprouver des contradiétions, ou au moins des objeétions.
donc les Etats-Généraux
Nous fupplions Commiffaires à difcuter
d'autorifer leurs
de vue, &c à préparer, 2
ces grands points
leurs objections
après nous avoir propofé --- Page 464 ---
(18)
&nousa avoir entendus, la décifion de l'AC
femblée générale.
Le fecond Numéro préfentera l'apperçu
de nos vues fur la maniere de faire réfulter
de cette nouvelle organifation, un fyftême
de cette finance avantageux, 8 le foulagement du peuple.
Par MM. BOURDON DES PLANCHES
&c BOURDON DE LA CROSNIERE,
pere & fils, Eleéteurs du Tiers-Etat
de la Ville de Paris.
a
(18)
&nousa avoir entendus, la décifion de l'AC
femblée générale.
Le fecond Numéro préfentera l'apperçu
de nos vues fur la maniere de faire réfulter
de cette nouvelle organifation, un fyftême
de cette finance avantageux, 8 le foulagement du peuple.
Par MM. BOURDON DES PLANCHES
&c BOURDON DE LA CROSNIERE,
pere & fils, Eleéteurs du Tiers-Etat
de la Ville de Paris.
a --- Page 465 ---
AUX ETATS-GÉNÉRAUX,
SUBSTANCE ET IMPOT,
II & dernier No.
I M P 0 T.
Nous avons établi dans un Ier No., fur
des bafes folides, qu'il étoit au pouvoir
desErat-Générauxe detirerymtsincofamet,
de Pétat de crife où elle fe trou €
2 la France
Grains
à ce moment, relativement aux
l'abondance 5 T
De lui en procurer
De la répandre dans toutes les cen
trées de fa vaite enceinte;
De l'y entretenir à perpéruité , malgré
des faifons, malgré les
même Tintempérie
2 manceuvres du monopole.
Et d'y fixer, par-tout, le prix du pain, 2
à un taux modéré, qui, une fois, déterminé
chaque lieu, n'y variroit plus.
pour
A --- Page 466 ---
()
Nous avons propofé pour
tr'auires, de retirer
moyens, 3 êncette
miniftration des a a
intéreffante admains du
de la retenir dans celles de Gouvernement, la
de la faire faire à
Nation, &
formé d'un
Tavenir, par un Corps
Commiffaire ou Dépuré de la
Capitale & de Provinces, librement élu
par chacune d'elles.
Nous avons propofé d'établir la réfidance
de ce Corps à Paris, 2 de lui donner des
segles générales dont il ne
a s'écarter, & de
pourroit jamais
foumettreàd des
T10 quiferoient toujours
délibérations
a voix , dans fes
prifesà lapluralité édes
Affemblées,
dedérail 8clesordres; dont les les-opérations
lui préfenteroient lar
circonftances
rtilitéaal
convenance ou luR0JUOT ensb snbrinqor st oC
Surs, à ce moyen, de la fubliftancedu
RoysuneiebjzNationd en Corpel garantit
sducmde@sienbnosye bonne
quecomme une
mere defimillesellé pourvoira aux
dhefpins déichacun de fes enfns',
le
prix difpainerédnit à un'taux modéré, que
leur fera plusaugmenté,6
ne
A
quelalquantiré
aal
convenance ou luR0JUOT ensb snbrinqor st oC
Surs, à ce moyen, de la fubliftancedu
RoysuneiebjzNationd en Corpel garantit
sducmde@sienbnosye bonne
quecomme une
mere defimillesellé pourvoira aux
dhefpins déichacun de fes enfns',
le
prix difpainerédnit à un'taux modéré, que
leur fera plusaugmenté,6
ne
A
quelalquantiré --- Page 467 ---
(3)
ane- -leur manquera jamais, 9 nous icroydns à
pouvoir propofer un virement de partie 2
dans la maniere d'afleoir- de perceveir
la-Nation doit fournir au
les revenus que
acquittorles charges
Gouvernement, pour
de l'Etat.
5O
fauxqu'il
Un malheureux préjugévanlfi
eft ancien, & qui, bien analyfé 2 n'a pas
même le mérite du fpécicux 2 nous a
julqu'à préfent, fermé lesyeux far le yrai
moyen de nous procureri de quoi fubyenir
aux, befoins de la Couronne. Au lieus des
8ades exemptions, par lefquelles
25 franchiles
d'encourager la culurecs il
et il convient
&, lesteires
29 pous fait changerleealivateur quilavifient &
8 d'une foule d'impofitionss
la détruifent, 8 tandis que,.pour procurcr
au Roi 1400U1 sormillions par annéerau
il nous fait grever les Provinceside
110 plus, cruelles
& d'une percepGA ces
dure impofitons encore, il nous cache une
1 tion plus
fource derichelles, ou nous pouvons puifer
31 jufqua plus de 300 millions chaque annéc,
cottifer, fans impoferiqui que de foit,
sir fans
A a --- Page 468 ---
(4)
N'eft-il pas temps de fecouér fon
de nous débarraffer des chaines
joug &
reur nous fait porter ?
qu'ici l'erC'eft une erreur en effet,
de
tendre que les grains,
que
prépas nommément
parce qu'ils ne font
objets fur
compris au nombre des
lefquels les
fe font
fpéculations fifcales
dirigées, font
G,
affranchis des
fitions, 2 & qu'ils n'y contribuent impovérité eft que toutes les
pas. La
le cultivateur eft
impofitions, 2 dont
chargé, font
par les productions de la terre fupportées
qu'ainfi les grains,
quilcultives
nominativement quoiqu'ils ne foient pas
compris dans le Code
fifcal, au nombre des objets fur
revenus du Roi font aflis,
lefquels les
fupportent cependant bien acquittent &
tailles, la capitation, les réellement les
toutesles autres
vingtièmes &
impolitions
territoriales. Le
perfonnelles ou
préjugé qui les en fait
pofer exempts, &i qui veut qu'on leur fapferve cette prétendue franchife,
conqu'une vieille
n'eft donc
erreur,
Appuyés.fur cette vérité, trop évidente
des objets fur
revenus du Roi font aflis,
lefquels les
fupportent cependant bien acquittent &
tailles, la capitation, les réellement les
toutesles autres
vingtièmes &
impolitions
territoriales. Le
perfonnelles ou
préjugé qui les en fait
pofer exempts, &i qui veut qu'on leur fapferve cette prétendue franchife,
conqu'une vieille
n'eft donc
erreur,
Appuyés.fur cette vérité, trop évidente --- Page 469 ---
(5)
qu'elle pût nous être conteftée 2 &
pour d'ailleurs, d'une fixation immuable,
partant
fuffiroit
par-tout, au prix du pain, 2 laquelle
feule pour anéantir tous les prétextes qui
ont fondé ce faux préjugé, nous propoferons de fupprimer lestailles, la capitation,
&
toutes les
les vingtièmes,
généralement
fur les perfonnes ou
impofitions quiportent
fur les biens.
deftruétives
Au lieu de ces impofitions,
de la culture, & Ia caufe de toutes nos divifions, de toutes nos querelles, de tous
d'établir un
nos maux, nous propoferons
droit unique fur les grains, qui fera de sof
quintal fur les fromens, & moindre fur
par
de leur
les autres efpèces, en proportion
infériorité.
L'établiffement de ce droit, 2 qui 2
comme on le voit, hibéreroit le cultivateur 8 les terres de toutes impofitions S,
& les affricheroit de tous frais de perception, de toutes charges, n'empêcheroit pas
le prix du pain ne fût réduit à 2 fols
que
A3 --- Page 470 ---
(6)
la livre, & qu'il ne fur garanti au confommateur à ce taux, dans toutes les Villes du
Royaume, prix commun de l'une à l'autre,
avec les diftinetions feulement; que paroit
exiger l'efpèce d'hommes, dont les unes &
lés autres Iont habitées; mais c'eft dans le
projeten grand, ge'ilfauryoirledératk (1).
Quoi qu'il en foit, > le droit feroit payé
aux C moulins, lors de la mouture, 2 pour
les grains qui feroient moulus dans le
Royaume.
Il feroit le même fur ceux qui feroient
exportés à FEtranger, & feroit acquitté aux
Ports ou Barrieres, loriqu'ils s'y préfente--
roient pour fortir.
Ipourroit être perçu dans chaque Province ou Généralité parles Affemblées Provinciales quiy feroient, en fous ordre, les
(1) Projet nouvean.furla maniere de faire utilement en
France le Commerce des Grains ; Par M. Bourdon Defplanches;
Er Lettre préfentée etr Roi, par le même. A Paris,ehep
Prault, Libraire, Quai des Auguflins 5 la veuve Eiprit,
et Palais-Royalse à Verfailles, chez Belizot,
çu dans chaque Province ou Généralité parles Affemblées Provinciales quiy feroient, en fous ordre, les
(1) Projet nouvean.furla maniere de faire utilement en
France le Commerce des Grains ; Par M. Bourdon Defplanches;
Er Lettre préfentée etr Roi, par le même. A Paris,ehep
Prault, Libraire, Quai des Auguflins 5 la veuve Eiprit,
et Palais-Royalse à Verfailles, chez Belizot, --- Page 471 ---
(7)
établiffemens qu'elles eftimeroient conve
nables pour en affurer le produit.
Mais alors le prix propofé par notre
l'achat des blés, dans les
premier No. pour
trouveroit infimagalins de la Nation, fe
niment trop fort; nous ne leur avions afliconfidération des impogné ce taux qu'en
le cultivateur
fitions, 9 donr le propriétaire,
& les terres font chargés. Ces impofitions
n'ayant plus lieu, le propriétaire, le cultivateur & les terres en étant affranchis, il
le prix deleurs blés
feroit de toutejuflice quel
&x modéré.
fût réduit en proportion,
SAVOI R a
Pour Paris, à 6 liv. le quintal.
ou
Pour les environs de Paris, à IO lieues
& dans toutes-les Villes où ily
à la ronde,
à
livres IO fols.
a Cour Souveraine,
Dans les environs defdites Villes, à
fix lieues à la ronde, à 5 livres 5 fols.
ailleurs indiftinétement, à
Et par-tout
5 livres.
A 4 --- Page 472 ---
(8)
Le montant de cette
prix du bled refte,
diminution au
entre les mains du
comme on le voit, 3
droit, par le paicment Confommateur. du
Ille renouilferoit
droit, à Tépoque
moudre;
feroit la feule fenfation s6cceremuriaspiementy
l'établiffement.
qu'il éprouveroir de
Indépendamment de la diminution du
prixdu pain,
la livre ou environ quifetrouveroitresdait à 2 fols
plus, & dans les
; favoir, à Paris un peu
petites Villes un peumoins;
indépendamment
fois faite, le feroit que cette réduétion une
pour toujours, l'un des
sumeundilundecenomci ordrede
feroit un
chofes,
encouragement à la culture qui,
peut-être, doubleroit ou même
nos produstions.
tripleroit
Il eft généralement avoué
du pain eft le thermomètre que le prix
autres denrées,
de celui des
desmatieres
la main-d'ceuvre. Le
premicres & de
diminueroit
coût de tous ces objets
donc.
éprouveroit
Conféquemment l'état
une économie dans toutes les
partics de fes dépenfès,
qui, tant que le
culture qui,
peut-être, doubleroit ou même
nos produstions.
tripleroit
Il eft généralement avoué
du pain eft le thermomètre que le prix
autres denrées,
de celui des
desmatieres
la main-d'ceuvre. Le
premicres & de
diminueroit
coût de tous ces objets
donc.
éprouveroit
Conféquemment l'état
une économie dans toutes les
partics de fes dépenfès,
qui, tant que le --- Page 473 ---
(9)
fera maintenu cher, abforberont toupain les revenus; & c'eft un point de conjours
fidération quis'eft fouftrait jufqu'à préfent
des
d'un haut prix
à la réfleétion
partifans invitons à la
àce commeftible. Nous les
faire 8c à la bien méditer.
Nous dirons, par la même raifon, que
le Manufaéturier payera fa fubfiflorfque
& la maintance, les matieres premieres baiffer le
d'ceuvre moins cher, il pourra
&
la dimiprix de fes fabrications,
que
nution dans nos prix, revivifiera notre
Commerce, 8 ramenera l'Etranger à nous
apporter fon argent.
Nous dirons enfin que 7 par ce virement
de parties, les Etats-Généraux fe procurefacilité de régler à loifir le
roient toute
droit public du Royaume, lcs revenus qu'il
convient d'affigner à l'Etat, les domaines
&c bois, les dépenfes, la légiflation, les
jurifdi@tions, le commerce, 8c généralement tous les objets dont ils fe propofent
l'eniemble de nos
de s'occuper ; qu'ainfi
les biens
propofitions sft le germe de tous --- Page 474 ---
( to )
&-laclefd'une pleine & parfaite
ration:
régéné
Mais il nous refte à prouver que le produit
du droit de 5o f par quintal fur lés bleds
donnéroir un revenu de 300 millions,
& nous ne devons pas laiffer d'incertitude
fur cette partie de nos aflertions. En voici
la preuve.
PREUPE
Nous avons démontré ailleurs, avec dé
tail, (1)qu'um denierpar livre du pain qui fe
confomme annuellement dans le Royaume,
faifoit une charge aux Confommateurs de
62 millions.
Or, le droit de 5o fols par quintal de
bled, fait 6 deniers par livre de pain, &
62 multipliés par 6 donnent 372.
Le droit de 59 I par quintal, donneroit
(1) Lettre au Roi, imprimée chez Prault, pages 9,
10-66113 & fe trouve chez-la veuve Efprit, au Palaise
Royal, & chez Blaizezu, à Verfailles.
uellement dans le Royaume,
faifoit une charge aux Confommateurs de
62 millions.
Or, le droit de 5o fols par quintal de
bled, fait 6 deniers par livre de pain, &
62 multipliés par 6 donnent 372.
Le droit de 59 I par quintal, donneroit
(1) Lettre au Roi, imprimée chez Prault, pages 9,
10-66113 & fe trouve chez-la veuve Efprit, au Palaise
Royal, & chez Blaizezu, à Verfailles. --- Page 475 ---
(1f)
donc un produit de 372 millions, & confequemment, de plus de 300, comme nous
Tavons' s'dit (1).
Teffet
feroit
Mais, veut - on voir quel
-
établiffement dans les Généralités
de cet
féparément? Onen pourtsingerpanheseme
de Topération faite fur lune d'elles,
ple
d'aprèsles bafes que nous a fournile procès
verbal des féances de fon Affemblée Provinciale, 8c que voici. C'eft celui de !Or
léanois.
EXEMP L E.
La population dans la Généralité d'Orléans, fuivant qu'elle fe trouve conftatée au
procès-verbal des féances de fon Affemblée
Provinciale, eit de 695 mille Habitans (2).
(s)Nots. Ce produir 1 n'eft que celui de la confommation
yntérieure, & le droit feroit le même fur les grains qui
feroient exportés pour être confommés chez PEtranger.
On laifle à juger quel feroit ce produit quand la culture & foiferoit encouragé, &la produSion intelligeamment
gneufement Procès-verbal ménagée. des féances de PAffemblée Provia-
(2)
cile, imprimé à Orléans, en 1787 7 P. 109. --- Page 476 ---
(12 )
Chacun de ces Habitans
mange du pain,
à tous; mais le
ftES
mation
montant de la confomqu'ils en font n'y eft pas
Nous T'arbitrons - à 6ool liv.
déterminé.
par an, (deux
pefant par tête &
Paris
feptiers & demi, mefure de
) Nous ne penfons
ainfi, la
pas, l'arbitrant
porter trop haut, parce
fuppofant que P'hommé aifé n'en qu'en
fommât pas cette quantité, il eft contain que l'homme de
cerplus.
peine en confomme
Nos bafes ici font donc 695 mille habitans, & 600 liv. de pain pour la confommation de l'un à l'autre.
Or,en mulipliant 695 mille
calcul nous donne
par 600, le
Il eft donc clair 417 millions.
de pain,
qu'un denier par livre
donneroit, dans la Généralité
d'Orléans, un produit de 417 millions de
denicrs,
417 millions de deniers, réduits
fols, en donnent 34 millions
en
Er 34 millions 750 mille fols 750 réduits mille;
600 liv. de pain pour la confommation de l'un à l'autre.
Or,en mulipliant 695 mille
calcul nous donne
par 600, le
Il eft donc clair 417 millions.
de pain,
qu'un denier par livre
donneroit, dans la Généralité
d'Orléans, un produit de 417 millions de
denicrs,
417 millions de deniers, réduits
fols, en donnent 34 millions
en
Er 34 millions 750 mille fols 750 réduits mille; --- Page 477 ---
( 13)
en livres tournois, en donnent 1737 mille
5oo
denier
Il eft donc clair encore 2 qu'un
livre de pain, donneroit dans la Gépar
de
néralité d'Orléans, un produit
mille 5oo liv.
Et 1737 mille 5oo multipliés par 6,
donnent un total de IO millions 425
livres.
Le droit de 50 fols par quintal de bled
donneroit donc, dans la Généralité d'Orléans, un produit de IO millions 425
mille livres, ci.
10,425,000 liv.
Nous cherchons actuellement quel eft le
smnndnimpidoendecemed Généralités
lemême procès-verbal Icontient un état qui,
fous le titre de tableau général de toutes les
impofitions Jupportées par les doure Eledlions
de la Généralité d'Orléans, pendant Pannée
ces impolitions, à 7 millions
1787, porte livres 4fols 2 deniers, au t0876 mille 30
tal (1).
() Ibid, P- 108 & 109- --- Page 478 ---
((44)
allAinfiyproduit du
droit
10,425,000#
Montant des Im-
-pofitions.
nol
7,876,030*
- Leproduitdudroir
4f2d
excede de.
Etcet excédent qui, 3,148-969F15f104 cette année,donneroit à la Province de quoi contribuer
pour fa part, à former la fomme du déficit dans les finances de FEtar, lui
reroit pour chacune des années procu- fublé
quentes; 19. de quoi contribuer de même
au rembourfement de la dette, dans
-portion dans laquelle les Erats-Généraux laprolauroient déterminé,
uns 2.0. De quoi remplacer la Gabelle &
fueceflivement, ceux des autres droits fur
a
lexconfommations
onéreux.
qui paroitroient 10
les plus
an3 Et enfin, de
au foulagement de les quoi 9 Peurvoir, tant
de fes habitans qui fe Pvres 0E & de ceux Ot
trouveroient ayoir
éprouvé des malheurs, qu'à la confection
des établiffemens publics sfcls que che- --- Page 479 ---
(15)
mins, 2 canaux & autres qui feroient jugés
utiles dans la Province.
Il en feroit de même affurément dans chacune des autres Généralités, 8z conféquemment dans tout le Royaume 2 qui, par ce
fimple moyen, fe trouveroit pleinement &
parfaitement régénéré,
Préfenté par MM. BOURDON DES
PLANCHES &c BOURDON DE LA
CROSNIERE, pere & fils, Eleéteurs
de
& Députés, 2 a"1Hotel-de-Ville
Paris,
feroient jugés
utiles dans la Province.
Il en feroit de même affurément dans chacune des autres Généralités, 8z conféquemment dans tout le Royaume 2 qui, par ce
fimple moyen, fe trouveroit pleinement &
parfaitement régénéré,
Préfenté par MM. BOURDON DES
PLANCHES &c BOURDON DE LA
CROSNIERE, pere & fils, Eleéteurs
de
& Députés, 2 a"1Hotel-de-Ville
Paris, --- Page 480 ---
- -
TUG --- Page 481 ---
LETT RE
A LAUTEUR
DES OBSERVATIONS
SUR LE COMMERCE
DES GRAINS.
Panem nofrum quoridianum da RobEHT -
Prix huit fols. INCHITRS
d0a
-
1b
A AMSTERDAM
M. DCC. LXXV. --- Page 482 ---
OIT, A
a --- Page 483 ---
*
E
L ETTR
A LAUTEUR
DES OBSERVATIONS
SUR LE COMMERCE
DES GRAINS.
Vou venez, Monfieur, d'imprimer, en
1775, ce que vous écriviez, dites-vous,en 1769,
cr nous voici dans un moment de crife; qu'il
que
de favoir fi nous aurons du pain ou non;
s s'agit
feront cultivées ou en fri3J. fi nos campagnes
lumieres ou
55 che; ; fi nos neveux béniront nos
nos
de maledictions. L'in3> chargeront
préjugés
$1 différence, fur un fi grand objet, ajoutez-vous,
>> feroit un crime; il faut que tout s'ébranle; ique
lumière forte du choc de la difcuflion. Qui-
$) la
a des idées qu'il croit utiles dans cette
3> conque
& fe tait, ne peur être qu'un
3> matière grave,
>2 mauvais Citoyen. 33
eft
Cela eft bien dit, Monlieur, mais cela
auffi bien ailé à dire, n'eft pas roujours faA ij --- Page 484 ---
cile à faire. Vous favez (+)
feur tient les clefs de la qu'en France un Cenfeur n'en laille
Preffe. Or, ce Cenpenfent
accorder Tufage qu'à ceux
comme lui furle Commerce des
qui
& tout le monde n'a
Grains,
avoir, fur cette matière pas cet avantage. Sans
grave, les mêmes idées
que vous, j'ai eule même zele, ,& n'ai
procurer les moyens de le manifefter. pas pu me
Avant que de vous
fur vos oblervations, il expofer mon fentiment
faut, qu'en peu de
je vous rende compte de mon
mors,
voici,
aventure : la
Dès 1769, précifément dans le tems oi
écriviez vOs oblervations fur le Commerce vous
Grains,J'en rédigeois de mon côté fur le même des
objet. Je ne vous dirai pas que je crois les
nes meilleures & plus utiles
miena jufqa'ici
que tout ce-qu'on
propofé en ce genre. Cette
ne feroit que vous faire rire.
jactance
Mais,ce que je puis vous attefter, c'eft
les communiquai , dans le tems, à
que je
quim'en dirent du bien, &
quelques amis
giftrat dont je connoiffois les norammentaun lumières
Mares, le coup d'aeil jufte,
fupérieupréjugé, & le zele fincere Péloignement de tour
la
pour la gloire du Roi,
pour fplendeur de "Etat, & pour la félicité
des peuples.
actance
Mais,ce que je puis vous attefter, c'eft
les communiquai , dans le tems, à
que je
quim'en dirent du bien, &
quelques amis
giftrat dont je connoiffois les norammentaun lumières
Mares, le coup d'aeil jufte,
fupérieupréjugé, & le zele fincere Péloignement de tour
la
pour la gloire du Roi,
pour fplendeur de "Etat, & pour la félicité
des peuples. --- Page 485 ---
(s)
encore vous affurer, c'elt que
Ce que je puis
de
de ce
fut honoré
lapprobation
mon ouvrage
mieux dire de ce Miniftre.
Magiftrat, ou pour
s'en tenir à fon opiMais, trop modefte pour
pour pronion particuliere > & trop circonfpect
celui
ouvertement un autre fyftême que
réger
venoit d'adopter, il me
que le Gouvernement travail àl P'impteflion.
confeilla de livrer mon
follicitai une
Encouragé par un tel fuftrage,je Cenfeur. Celui qui
permiflion; on me donna un
fait perdre, en
me fut nommé, après m'avoir
n'en avois
inutiles, plus de tems que je
courles
m'annonça
à compoler mon ouvrage,
employé
avoit fait fon rapport, & que je
enfin qu'il en
- Général, ( M
voir M. le Contrôleur
pouvois
TAbbéTertay.) d'une fois, &c toujours en vain,
Je tentai plas
le Cenfeur m'ad'obrenir l'andience à laquelle
Lettre de
Le rout aboutit à une
voit renvoyé.
mon maen me remettant
Bureau, parlaquelle,
les circonftances ne
nufcrit, on me manda que
Notez,
pas de le laiffer imprimer.
permettoient
ne me difoit pas qu'il cops'il vous plait, qu'on
ni aux bonnes
tint rien de contraircà la Religion,
maurs,ni aux loix de l'Etat.
refus
bien, Monlicur, que ce
Vous jugez
A iij --- Page 486 ---
(6)
quolque formel, n'a rien diminué de
dreffe paternelle
ma tenpour cet enfant de mon zele
patriotique. Jen'en ai pas moins bonne
de fon mérite, Mais je dois le dérober opinion
gards du Public,
aux rejulqu'à ce que je fois
que fon apparition ne déplaira
certain
vernement.
point au gouJulques-laje me ferai un
me taire, & vous n'en concluerez
devoir de
fdrement
que je fois un mauvais Citoyen.
pas
Mais vous,
le
Monlieur, qui me paroiffez
ron & la confiance d'un
avoir
ordre, ne puis-je
proregé du premier
m'obtiendra
pas elpérer que votre crédit
toute facilité à cet égard, &
vous voudrez bien m'en informer
que
dans les Ecrits
en annonçant,
Fun de fes
publics, 5 au nom du Roi ou de
Minilires, toute faculté de faire imprimer tous ceux des ouvrages fur le Commerce
des Grains qui ne contiendroient rien
traire au refpect dû au Roi, à la
de conbonnes
Religion, nia aux
mceurs.
J'ofc vous dire, dès ce moment,
le mien
eft de ce nombre, & que fi mon plan que eut été
fubltirué à celui qui fut établi en
1764, nos
campagnes feroient habirées & cultivécs i la
pulation qui a diminué fe feroit accrue;les culti- povateurs ne feroient point reftés furchargés del'ex-
ire au refpect dû au Roi, à la
de conbonnes
Religion, nia aux
mceurs.
J'ofc vous dire, dès ce moment,
le mien
eft de ce nombre, & que fi mon plan que eut été
fubltirué à celui qui fut établi en
1764, nos
campagnes feroient habirées & cultivécs i la
pulation qui a diminué fe feroit accrue;les culti- povateurs ne feroient point reftés furchargés del'ex- --- Page 487 ---
(7)
n'au-
; les peuples
cédent de leurs prodadions & n'auroient point
roient pas manqué de pin, nos fortunes ne fe
à craindre d'en manquer; efforts que nous avons
relfentiroient plus des
& nous ferions
faits dans la derniere guerre,
fournir, à
état d'en faire de nouveaux pour
rien
foutenir celles queles
notre maitre, de quoi
le forcer d'entre
vaux de fa gloire ponarroient aurions été heureux
prendre ; en un mot, nous aurions la certitude
& nous
fans interropcion,
plus que morale de P'être toujours.
eft trésvous dire encore que mon plan
J'ole
de bien près la plus grande
fimples qu'il approche
moment oi des
liberté, & qu'il ne l'arrète qu'au de la faire démal-intentionés fe propofsroient
l'exécution
J'ajoute que
générer en libertinage:
les avantages en fcauffi facile que
m'en paroit
roient érendus.
étonnes & peut- étre
Cette confiance vous
le
révolte. C'eft bien la, direz-vous,
elle vous r'Ourle qui avoit perdu fes petits,
langage de
les défignoit aux paf-
& qui, pour les retrouver,
Mais de
fans fous les traits les plus agréables.
mon air de préfomption
grace, Monlicur, que
de vous. Suipendez
ne me nuife point aupres
vous m'ayez mis
jufqu'a ce que
votre jugement
A iv --- Page 488 ---
(8)
en érat de comparoitre à votre tribunal
à celui du public, &
comme
que vous puilliez vous-même
mejuger en connoiffance de caufe.
En attendant ce bon office de
pattiote,je vais d'avance
votre caur
gratitude en
vous en rémoigner ma
vous propofant
tions contre votre
quelques objecfyftéme. Je ine
Monfieur, j'oubliois
trompe >
que la liberté
que vous ne voulez pas
abjolue 6
du
des Grains,
indefinie
commerce
qui eft la doctrine
préchés, foir un
que vous nous
fiderée
fyfême, & que vous la concomme flétrie de cetre
J'aurai attention à nc plus la
qualification.
mot qui vous choque.
défigner par ce
Je dois me croire affuré
ne vous offenferez
au furplus que vous
pas de mes
que vous êtes un bon
réflexions, puif
cizoyen > qui n'écrivez
que pour tâcher de nous faire fortir du
de crife oi vous convenez
moment
que nous
que pour nous affurer
fommes;
& que nos
que nous aurons du pain,
campagnes feront cultivées;
que nos neveux
; que pour
bénifent nos
Blene pas nos
lumières, & ne compréjugés de
crivez enfin
maledilions; qui n'é
choc de la que pour faire forzir la lumière du
difcufiom
Je me
dilpenferai en confaquence de
vous
ir du
de crife oi vous convenez
moment
que nous
que pour nous affurer
fommes;
& que nos
que nous aurons du pain,
campagnes feront cultivées;
que nos neveux
; que pour
bénifent nos
Blene pas nos
lumières, & ne compréjugés de
crivez enfin
maledilions; qui n'é
choc de la que pour faire forzir la lumière du
difcufiom
Je me
dilpenferai en confaquence de
vous --- Page 489 ---
(9)
fur les graces & l'efaire un froid compliment
fubile
de votre file, iur la tournure
nergie
C'eft ici une
& méthapbylique de vos penlées.
Ils'agit de favoir fi nous aurons
matiere grave.
aufli
& dans une matiere
graves
du pain ou non,
la forme pour nc
je penfe qu'on peut négliger d'ailleurs remarqué
s'attacher qu'au fonds. J'ai
brillament
les, Charlatans qui font les plus
que
ceux qui vendent les
vérus ne font pas toujours
Dépouillons donc vorredocmeilleures drogues.
dont vous la parcz i
trine des vains ornemens
réellement elle cit
examinons-la, & voyons fi
aufli faluraire pour nous, que vous voudricz
nous le perfuader.
mes
Je commence par vous prevenir que
réflexions fe borneront à un tiès-petit nombre.
dirigeant mes coups fur votre
1°.Parce que
rcut
fije parviens à la détruire,
bale principale,
l'édifice croulera de lui-même.
vos obfervations
20. Parce qu'en comparant
fous
avec un autre ouvrage imprimé en 1769,
aux Magifrats, je n'y
le titre de repréfentations ait été dit dans cctte
apperçois rien qui ne nous
brochure, & quej'ai refuté par mon
ptemiète
dans celle-ci, m'a paru mériter
plan,ce qui,
doit être publié bientôt,
del'être. Or,f ce plan --- Page 490 ---
fi vous êres affez bon (1o)
accorder la faculté, il citoyen eft
pour m'en faire
ferve aux réflexions
naturel que je conla nouveauté.
qu'il contient le mérite de
J'aurois defiré, Monficur,
exprimé plus clairement
que vous euffiez
fervations
l'objet capital de vos ob-
; car, comme je viens de vous le dire,
ilfaurpatler. ner dans une matiere auffi
celle-ci, dans une matiere qui intérelle grave que
ment tous les individus dela
effentiellecoup plus encoreles
fociété, mais beauLettres. Vous
gensda peuple que les gens de
leur
(çavez qu'à ceux-ciles les Médecins
recommandent
le
clafobriéré,c qu'au contraire
peuple a befoin de beaucoup de
parer les pertes continuelles de
pain pour réoccafionnent fes
fubftance que lui
peuple,encore travaux ; c'eft donc pour le
tres,
plus que pour Phomme de Letque nous écrivons vous & moi;
donc, vous
mettons
franchement vosebfervations, moi mes réflexions
& nettement à la portée du
Cct objer capital de vos
peuple.
qu'il faur deméler à
obfervations, &
travers les finefles de la
métaphyfique dans lelquelles vous l'avez
c'eft de nous amener à confentir de
noyé,
tament le Pain cher. Vous
payer confannécs de fouffrance
avez penfé que dix
avoient pu denaturer nos
, vous
mettons
franchement vosebfervations, moi mes réflexions
& nettement à la portée du
Cct objer capital de vos
peuple.
qu'il faur deméler à
obfervations, &
travers les finefles de la
métaphyfique dans lelquelles vous l'avez
c'eft de nous amener à confentir de
noyé,
tament le Pain cher. Vous
payer confannécs de fouffrance
avez penfé que dix
avoient pu denaturer nos --- Page 491 ---
(11)
laiffer facileidées, & nous accoutumer à nous
le malhcur cit le bien-être.
ment perfuader que
favorable pour ptéLa circonftance vous a paru
fans oler le dire
doctrine,&
cher ceite étrange vousinfinuez, pages 35 & 36,
aflirmativement,
cher,
quand le pain. fera conflamment
que
fera travailler bien davanrage
le propriétaite
conféquem-
& payera de plus forts falaires:que qu'il fera
ment P'ouvrier fera plus employé, fera pius
de plus gros gains &c que le peuple
heureux,
à moi, que votre prérention
Il me femble,
tous les ouvriers
feroit fauffe quand bien-mème
demeureroient àla campagne & feroient propres
devient-elle donc
à la culture des terres. Que immenfe partic
quand on confidere que. cette
des
eft dévouée au 8 travail
de Thumanité,qui
dans les villes
mains, eft prefque toute réfugiée
& n'entend rien à la culture?
Je dis en premier lieu que votre prétention
feroit fauffe quand tous les ouvriers habiteroient
&c feroient en érat de la cultiver:
la campagne,
& voici pourquoi:
Il n'en eft pas de toutes nos campagnes
dela Brie & des environs de Paris, od la
comme
Fermes,
culiure le crouve réunie en dowgrolles --- Page 492 ---
& entre les mains d'un (12)
feul tenancier.
parrour ailleurs elle eft divilée
Prefque
perfée entre une multitude par parties, dif11 eft vrai
les
de petits Fermiers.
des
que
gros Fermiers
journaliers; mais il n'en
employent
tain nombre que fur la fin du mois employent un cerfaire les foins, & dans les mois
de Juin pour
pour faire la récolte;
de Juillet e d'Août
n'en
; en automne & en hyver, ils
employent qu'une tres-petite quantité
battrelesgerbes, & en
pour
point du rour
printems,p point ou prefque
; quant à la culture, c'eft
ment Paffaire de leurs valets & del leurs unique
A l'égard des petirs Fermiers,
chevaux.
des journaliers, c'eft
s'ils employent
bre,
toujours en
, parce que, ne fe chargeant de très-perit nomtant gu'ilen peuventculiver
terres qu'auleur femme & leurs
par eux-mémes avec
borne à tirer de
enfans, leur ambition fe
ces terres leur
dec quoiacquiter leurs
fubliftance &
impofitions & les
J'obferverai au farplus que les
fermages.
les petits Fermiers fe réduiroient gros comme
fur le nombre des ouvriers
infailliblement
qu'ils
en proportion de la cherté des employeroient, falaires.
réflexion me paroit prile dans la
Cette
choles, & toute
nature des
Fadrefle &
fuppolition contraire, malgré
lélogience de fes
que difficilement fortunc,
partifans, ne fera
fubliftance &
impofitions & les
J'obferverai au farplus que les
fermages.
les petits Fermiers fe réduiroient gros comme
fur le nombre des ouvriers
infailliblement
qu'ils
en proportion de la cherté des employeroient, falaires.
réflexion me paroit prile dans la
Cette
choles, & toute
nature des
Fadrefle &
fuppolition contraire, malgré
lélogience de fes
que difficilement fortunc,
partifans, ne fera --- Page 493 ---
(13)
donc le journalier réduit au travail,
Voila
d'autres de deux, & les plus heales uns d'une,
c'eft à dire à6o, 100,
reux de trois faifons, journées par an : & il
& tout au plus à 140
ainfi borné,
de ce travail,
faudra que leproduit lui, fa femme & fes enfans; qu'il
le falle vivre
fe vêtir; De quoi
leur fournifle à tous de quoi
il
feur logement & leurs impofitions : ou
payer
fuppléent foit parla mendicité,
faudra qu'ils y
dans les bois, dans les
foit en allant travailler
villes, ou ailleurs.
displus : tous ces habitans de la campagne
Je
fermiers, ni laboureurs, ni valets
qui ne font
:
de fermiers ou de laboureurs , trouveront-ils
ce nombre de journées de travail par
toujours
malades dans le tems
an? Ne feront-ils point
le leur procurer ?
oi les labourcurs pourroient
certain. Je le
C'eft ce qui n'eft rien moins que
néanmoins. Or, dans cette fuppolition
fappofe
ils
deviendront ces malheureux, quand
méme, que de
le pain cher, &c en proferont obligés payer leurs vêtemens, leur loyer &
portiun du pain, Car il ne faut pas nous difleurs impofitions?
fimuler, & vous le dites vous - même implici37) tout prendra fon raux &
tement (page
le prix conftant du pain.
fon niveau d'après --- Page 494 ---
(14)
Mais quittons la
les villes, oi
campagne &c Paflons dans
votre
être dans un jour prétention paroitra peatplus favorable.
Nous fuppofons dans Paris 600 mille
dont So mille chefs de
habicans
famille,
mcs, les enfans, les
puis les femvriers en tous
domefiques, & les ougenres.
De ces So mille chefs de famille, il eft
qu'il n'y en a pas Io mille
de fait
taires de terres.
qui foient proprieDonc Faugmentation
donner aux terres
la que vous prétendez
finie du
par liberté ablolue & indécommerce des grains, en
qu'elle bénéficie en définitif à
fuppofant
bénéficiera qu'à ces dix mille
quelqu'un, ne
Donc les 40 mille chefs de privilégiés. famille
foit financiers,
reflans,
négocians,
autres n'y gagueront rien. Ils manufaluriers ou
contraire une
y trouveront au
perte réelle,
le pain plus cher &
puifqu'ils payeront
les autres objets de leur proportionnellment tous
Donc ceux de ces
confommation.
40 mille chefs de
qui ne font ni négocians,
famille,
& dont vous
n'y manufa@uriers
augmentez la dépenfe, fer lcs
jets de premiere néceflité, fans
obrevenus, feront
ajoûter à leurs
obligés de fe retrancher fur la
uriers ou
contraire une
y trouveront au
perte réelle,
le pain plus cher &
puifqu'ils payeront
les autres objets de leur proportionnellment tous
Donc ceux de ces
confommation.
40 mille chefs de
qui ne font ni négocians,
famille,
& dont vous
n'y manufa@uriers
augmentez la dépenfe, fer lcs
jets de premiere néceflité, fans
obrevenus, feront
ajoûter à leurs
obligés de fe retrancher fur la --- Page 495 ---
(15)
sonfommation du fuperfa, & ne pouvant
qu'avec le réfultat de leurs
faire travailler
des ouvriers qu'ils eméparghes, le nombre
diminuera néceflairement.
ployoient
mille chefs de famille,
Donc ceux de ces 40
éprouqui font négocians ou manufaéturiers
double
1°. dans l'angmentavant une
pertes
2°. dans
tion qui furviendra à leurs dépenfes;
la diminution de leur commerce, employeront
aufli moins d'ouvriers.
reformés feront conDonc rous ces ouvriers
ouvrages
traints d'entrer en concurrence pourles
&
feront faire vos IO mille propriétaires,
que
les forcera de bailler le prix
cette concurtence
être occupés de
de leur main-d'ceuvre, pour
préférence. Monfieur, votre doérine nous aura
Ainfi,
à une fin diredtement
conduits dans la pratique,
dans la
contraire à celle que vous nous propofiez
fpécularion. falaire de l'ouvrier fera une reffource
Ainfi le
fes befoins : il les remplira
infuffifante pour
le pain & les autres denrées
d'autant moins que
feront plus chères.
deviendront de
Ainfien un mot,les peuples
& fans attendre nos neplus en plesmalheureux, --- Page 496 ---
(16)
veux, vospréjugésferont chargis de
Al! Monficur,
maledidions,
(car à votre
defcendez de vorre, voiture
ton tranchant &
à croire que vous ne foyez déciif,jai peine
la fociére) defcendez
qu'un vil piéton de
de votre voirure, & inftruilez-vous : les gens à carrofle
vite pour appercevoir
Palfent trop
blique, &
julqu'ou va la mifere
pour en entendre le cri. Vous
Puérant à pied, que la mifere eft à fon verrez,
que le cri contre la cherté du
comble &
Vous verrez enfin
pain,ef général.
liberté du
quels font les effers de la
commerce des grains.
voulez encore
Cependant vous
y ajouter, vous voulez la rendre
indefnie, générale, Voyons donc la bafe fur
laquelle vous appuyez cette liberté,
a Elle a pour foi d'abord, dites
3) d'être la liberté. C'eft bien vous, page 8,
3> a'ourez-vous; 3 car tout égal
quelque-chole,
>
d'ailleurs,la
vaut mieux que
liberté
auli
Tefclavage. >> Mais convenez
qu'un peu de gêne vaut mieux
brigandage. Or, votre liberté
qu'un grand
brigandage le plus à
nous conduit au
montreraj,
redouter; & je vous le dé-
>> Elle a pour foi,
>
ajoûitez-vous, d'être un
moyen fimple qui diminue les foins, les
3 opérations,
3 car tout égal
quelque-chole,
>
d'ailleurs,la
vaut mieux que
liberté
auli
Tefclavage. >> Mais convenez
qu'un peu de gêne vaut mieux
brigandage. Or, votre liberté
qu'un grand
brigandage le plus à
nous conduit au
montreraj,
redouter; & je vous le dé-
>> Elle a pour foi,
>
ajoûitez-vous, d'être un
moyen fimple qui diminue les foins, les
3 opérations, --- Page 497 ---
(17)
lès travaux de Tadminiftration:
à opérations,
vaut
d'ailleurs égal, un relfort unique
3) Tout
>
machine compliquée.
2 mieux qu'une
dire ici que fans la maNe pourraije pas
Verfailles manchine de Marly, par exemple,
queroit d'eau, ou que les habitans la payeroient
fort cher, quoique la Seine en produife en abondance, & qu'il en eft de même des bleds? Ne
pourrai-je pas ajodter que la bonté gaternelle
du Roi a établi un miniftère cu'il a chargé de
de ces opérations, de ces travaux, 2
ces foins,
nous les doit? Mais
qu'ainfi le Gouvernement
chicannons
Je ne demande pas mieux
ne
point.
de voir Gimplifier la befogne du Gouverneque
n'a pas été
ment qui, en vérité, jufqu'ici,
petite.
dites-vous enfin, d'être la
ce Elle a pour foi,
sjuftice même. 3)
illimitée
la liberté abfolue &i
al Quoi, Monfieur,
eft la
même /1l
du Commerce des Grains
juflice
feroit fouveme femble, au contraire, qu'elle
rainement injufte & cruelle. Pour le prouver,
remonter à la
je vais, avec votre permiffion,
allez
naiffance du monde-Je ne m'yarréterai pas
vous foyez dans le cas de
long-tems pour que
m'avertir de-pafler au déluge.
Adam, au moment de fa création, fut placé
lieu de
ou, fans foins, fans
dans un
délices,
-culture, il trouvoit abondamment fous famain,
B
qu'elle
rainement injufte & cruelle. Pour le prouver,
remonter à la
je vais, avec votre permiffion,
allez
naiffance du monde-Je ne m'yarréterai pas
vous foyez dans le cas de
long-tems pour que
m'avertir de-pafler au déluge.
Adam, au moment de fa création, fut placé
lieu de
ou, fans foins, fans
dans un
délices,
-culture, il trouvoit abondamment fous famain,
B --- Page 498 ---
(18)
non-feulement tout ce qui étoit néceffaire
beloins, mais encore tour ce qui
afcs
ter fes godts. Dès qu'il eût péché pouvoit flut-
(je me flatte,
Monficur, que cette oblervation ne vous déplaira pas, car tout Encyclopédide
paroiflez étre,je ne doute
que vous me
au péché originel >) dès pas que vous ne croyez
dit tous ces
gu'il cut péché, il perfible de fc les avantages, & il ne lui fur plus Pot
procurer quej par le travail,
bb Chacun de fes deux ils.eut un
Jog
rent. L'emploi de Cain fur de cultiver emploi cdiffé
celui d'Abel, de mener pairre les
la. terre;
21 Or, je vous demande fi Cain troupeauz, auroir
rablement refufer à Abel la quantité
pu équitions de la terre nécellaire à fa
des producdans ce cas, Adam n'auroit fubliftance; & fi,
don autoriré
pas dû interpofer
fon.
Pour mettre fon fils ainé à la raiLes productions dela terre étoient
bien de Cain: elles éroient le fruit cependant le
dejes peines 29 defes foinss & tout dejontasail,
Jes cût en cffet refulées a
annonce qu'il
craint
Abel,s s'il n'edt pas
dieiers parice: refus, da jaftice
pere commun, puilquil eft. certain
de-lesir
dominoir cet
que T'avarice
n'offrir à Dieu ainé, au point qu'elle la porté à
de fa
que la moindre Partie des fruits
Nele.e-edilafrentfe
sninle meurtriec de fon frerelsb
depuis à deveQr
55 usil nd aneb
dites-mois.je vous piie, par quel prin-
edt pas
dieiers parice: refus, da jaftice
pere commun, puilquil eft. certain
de-lesir
dominoir cet
que T'avarice
n'offrir à Dieu ainé, au point qu'elle la porté à
de fa
que la moindre Partie des fruits
Nele.e-edilafrentfe
sninle meurtriec de fon frerelsb
depuis à deveQr
55 usil nd aneb
dites-mois.je vous piie, par quel prin- --- Page 499 ---
(19)
cipe, ou plutôt par quel renverfement de
les principcs, ce qui auroir été
tous
d'Adam
injufte du tems
2 pourroir être aujourd'hui la
meme ?
juflice
Allons plus loin. Après le
les
de Noé
déluge,
trois fils
étoient les partagerent entr'eux la terre dont ils
feuls poffeffeurs. Leurs defcendans
çurent dans la fuite le projer, aulliinfenfé condacieux, de bâtir une tour dont la hautcur quaujulqu'au Ciel;n mais Dieu, dont ils youloient allât
Ver la toute-puilfance, confondit
bramaniere
leur langage de
qu'ils ne s'entendoient plas, &
furent contraints d'abandonner
qu'ils
treprife. Ils fe
leur abfurde enfes contrées
difperferent alors dans les diverdu monde. A cette
la formation des différenres
époque, remonte
ciété avoit un Chef,Ce fociérés. Chaque foler à la fureté
chef fe chargea de veilconfervation
de tous les membres, & à la
de leurs pollellions. Entre les a
bres, les plus robuftes furent
memter le Chef & à feconder fes deftinés à clcorcut pour objet
delleins, foit qu'il
ferver.
d'acquérir ou feulement de conD'autres furent chargés de cultiver
terre, &c de tirer de fone fein la
la
Chef, des
fubfiftance du
gens d'armes, &
tous les membres de la fociété; généralement de
paitre & de
d'autres de faire
foigner les troupeaux ; d'autres
forger des armes & des ourils
de
tres d'appréter les Jaines & d'en d'agriculture; d'au.
mens, &cc. &c. &c,
faire des vêteDij
de cultiver
terre, &c de tirer de fone fein la
la
Chef, des
fubfiftance du
gens d'armes, &
tous les membres de la fociété; généralement de
paitre & de
d'autres de faire
foigner les troupeaux ; d'autres
forger des armes & des ourils
de
tres d'appréter les Jaines & d'en d'agriculture; d'au.
mens, &cc. &c. &c,
faire des vêteDij --- Page 500 ---
(20)
Ici,je demande encore G ceux qui furent empleyés à la culture auroienr
refufer aux autres leur
pu,avec juftice,
fubfifance,ou
d'eux qu'ils leur
exiger
choles
apportaffent en échange des
que ceux-ci n'auroient pas
fe
rer : Certainemenr,
pu
procuété
Monfieur, le Chef auroit
indigné de ce refus ou de cette exaction,
comme d'une injuftice criante, & il n'auroit
manqué de proréger tous ceux qui auroient pas
être les victimes.
pu en
Mais que feroit-il arrivé fi cc refus barbare
n'cût pas été fait à la fociété par ceux qui étoient
chargés de cultiver les terres > mais par quelques
Colporteurs induftrieux qui, fous le nom de Négocians, pour aflouvir leur avarice, auroient
tirer des mains du cultivatear les
fçu
denrées de fa
production, & les auroient mifes en réferve
en aller' fuftenter les peuples
pour
les ennemis de la
voilins, ou même
fociété, ou fi e l'on veut feulement pour les furvendre à fes membres. Le Chef
auroit-il donc pu confidérer cette avarice
ment que comme un crime d'Etat? Auroit-il autres'empécher de févir contre les monftres
pu
feroient rendus
qui s'en
coupables ? Ne fe feroit-il
hàté de faire ouvrir les portes de leurs
Pas
fins, pour diftribuer la fubliftance
magaaffamés de fa fociété?
aux membres
Or,encore une fois (&c ceci eft ma thèfe principale), ce qui, loin d'être la juflice mème, eût
ment que comme un crime d'Etat? Auroit-il autres'empécher de févir contre les monftres
pu
feroient rendus
qui s'en
coupables ? Ne fe feroit-il
hàté de faire ouvrir les portes de leurs
Pas
fins, pour diftribuer la fubliftance
magaaffamés de fa fociété?
aux membres
Or,encore une fois (&c ceci eft ma thèfe principale), ce qui, loin d'être la juflice mème, eût --- Page 501 ---
(21)
crime d'Etat, un crime digne du
été alors un
en eft encore una aujourplas fèvere chariment, devenu d'autant plus impard'hui: il eft même
nombre de fiedonnable que, depuis un grand
dans
cles, la focicté s'eft formée & entretenue
cet ordre du pacte focial conla confiance que
ce pacte eft
tinueroit d'être exécuté, ,& que plus
ancien, plus il eft re(pectable & facré. villes &
confiance qui a bâti les
C'eft cette
ceft elle qui a établi des Maqui les a peuplées :
des Artiftes & des Arnufaétures, qui a produit
fait que tous
tifans; c'eft elle, en un mot, qui
les hommes ne font pas cultivateurs. du
foJc dis donc que, comme l'ordre
padte au
T'habitant des villes fourniroit
cial a été que
fes habirs,c.
cultivateur fa pele, fa charrue, Phabitant des
le culrivateur fourniroit à
& que
nécellaires à fa fubfiftance, il
villes les choles
l'un pâc differoit fouverainement injufle que
de Yautre des denrées qu'il
pofer au préjudice
récolte.
tire ces denrées de la
J'ajoute que celui qui
les furvendre e 2
main du cultivateur pour nous
chez létranger, quand
ou pour les tranfporter donner le prix auquel fon
nous ne faurions lui en
crime de leze-Naavarice les a fixées, ,commet un
les loix dition, une action réprouvée par toutes
yines & humaines.
comme de
J'en conclus qu'il eft de la juftice,
B iij --- Page 502 ---
(22)
fintérét du Souverain, d'empécher,
Reglemens,
par de bons
1. Que nos Grains paffent chez
avant que notre fubliftance foit bien allurée l'éttanger
toutes les contrées du Royaume.
dans
2. Que les Grains manquent dans les
ou que leur ptix y foit porté à un taux villes, furpaffe les facultés du peuple.
qui
Mais, comment y parvenir, me direz-vous a
Comment, Monficur:Ce ne fera pas affurément
par la liberté abfolue & indifinie du Commerce de nos Bleds. Ce fera par un
comme je vous l'ai dit, approche moyen qui,
cette liberté,
beaucoup de
ou pour mieux dire, qui cf luimême une liberté raifonnable & conforme à Pintérêt public; par un moyen quine fermera
nos barrières, quand les circonflances poinr
tront qu'elles foient ouvertes;
permetquinc forcera
qui que ce foit d'apporter au marché; quin'empéchera point de vendre ailleurs an boiffean ni
autrement ; qui n'obligera point de
LT2
état des Commergans, des forees de leur prendre Commerce,du nombre de leurs magafins,ni des lieuxqu'ils
occupent, &c que lon ne ferajamais dans le cas de
faire ouvrir. (page 5.) Ce fera par une machine
fimple dontila'yaura pas à craindre que les rouages s'ufent par le frotement; par une machine
tres-facile à monter, & qui ne pourroit enluite
fe déranger que par un effct de la malice des
LT2
état des Commergans, des forees de leur prendre Commerce,du nombre de leurs magafins,ni des lieuxqu'ils
occupent, &c que lon ne ferajamais dans le cas de
faire ouvrir. (page 5.) Ce fera par une machine
fimple dontila'yaura pas à craindre que les rouages s'ufent par le frotement; par une machine
tres-facile à monter, & qui ne pourroit enluite
fe déranger que par un effct de la malice des --- Page 503 ---
(23)
à fa confervarion. Mais ces Prépofés
Prépolés
les garants de la folidité de
feront eux-mémes
feront furveillés,
Oatre qu'ils
ce Méchanifine,
moins befoin de lêtre, que
ils surontid'antanr infaillible des aétions des
l'intérêt eft la mefure
intérêt de ceux-ci
hommes,8c que le plus cher
6D
fera de bien remplir leur miffion.
flatte d'ace moyen queje me
9T C'eft juftement
juf
woir apperçu 5 mais que je ne publierai pas,j
fois bien alluré d'une proredion
qu'à ce que je
des Encyclorépuiffante contre la perfécution foi-difant Ecodiftes, des Ephémériftes, des
lefnomiftes, & de tous ces gens en ifes avec n'eft
rien avoir à déméler, fi ce
quels je ne veux
libre
moi comme il
le champ abfolument
pour
Teft pour cux.
détruit, comme je me l'étois
Je crois avoir
de juftice, à l'aide
propofe,l le prétendu principe
la cherté
on travaille à nous faite godter
duquel à P'aide duquel on nous fait récllement
du pain 5
cherté depuis dix ans 5 à l'aide
fapporter cette
dévafté nos campagnes 8c
duquel, enfin, on a
innombrable
nos villes d'une multitude
peuplé
donc terminer ici mes
de mendians. Je pourrois
encore
réflexions; mais vous m'en permettrez
fera la derniere. Elle porte fur l'opéraune qui
d'après laquelle vous fiuppofez
tion arithmérique, de faire, en France, ce qu'on ap
limpollibilité
fur lcs Grains. o
pelle le monopole
B iv
es 8c
duquel, enfin, on a
innombrable
nos villes d'une multitude
peuplé
donc terminer ici mes
de mendians. Je pourrois
encore
réflexions; mais vous m'en permettrez
fera la derniere. Elle porte fur l'opéraune qui
d'après laquelle vous fiuppofez
tion arithmérique, de faire, en France, ce qu'on ap
limpollibilité
fur lcs Grains. o
pelle le monopole
B iv --- Page 504 ---
(24)
J'oblerve d'abord que vous
la confommation du Bled dans portez, page 18;
ce
à
tréize cens foizante-huit millions Royaume
livres en
cinge cens mille
argent, 2 en évaluant le pain à
fx deniers la livre.
deux Jols
Mais avez-vous pris garde, qu'en donnant
calcul, vous démontriez
ce
menration
que chaque liard d'augqui furvient dans le
de la
de pain, opère dans la
prix
livre
excédent de
dépenfe des peuples un
cent trente-fixc millions huit cens cinguante mille livres.
Avez-vous fait attention
qui s'eft conftammene
que l'augmentation
foutenue depujs l'année
1764, a éré de plus d'un Jol par livre de
qu'ainfi elle a fait
pain ;
charge de
fupporter aux peuples une furplus de cing cens
lions
quarante-fepe milquatre cens mille livres par
les dix ans qui fe font écoulés année,& pour
CI N Q
depuis de plus de
MILLIARDS QUATRE CENS
30124X9F983F0A21
Et fi vous avez fait cette MILLIONS
fieur, comment
attention, Monavez-vous le
fur le maintien d'une liberté courage d'infifter
un tel furcroit de
qui leur occafionne
dépenfe 5 d'une libercé
tout d'un coup, double, &
qui,
fans la moindre utilité
beaucoup au-delà,
les
pour le tréfor
impôts que nous fommes tenus de lui Royal,
Quelle augmentation dans le
payer?
laires pourroit
paiement des fajamais en dédommager le
Pauvre
fieur, comment
attention, Monavez-vous le
fur le maintien d'une liberté courage d'infifter
un tel furcroit de
qui leur occafionne
dépenfe 5 d'une libercé
tout d'un coup, double, &
qui,
fans la moindre utilité
beaucoup au-delà,
les
pour le tréfor
impôts que nous fommes tenus de lui Royal,
Quelle augmentation dans le
payer?
laires pourroit
paiement des fajamais en dédommager le
Pauvre --- Page 505 ---
(25)
du
peuple: Et fi dans le fait cette augmentarion
falaires venoit à s'établir & à fe perprix dcs
notre Commerce aved
pétuer, que deviendroit
nottc induftrie 2
Tétranger : Que deviendroit
la
Vous favez mieux que moi, Monfieur, ce que
& la cellation de
chute de nos Manufactures entraineroit de prinotre Commerce extérieur
vations & de pertes pour la France.
arithméJe viens au motif de votre opération
eft l'objet aétuel de mon examen.
tique, qui
page 19,
Vous l'avez fait cette opération,
nousavions
nousguétir des iuquiétudes que
pour
& vous avez cru bonnement
fur le monopole,
en France.
qu'il étoit impoffible
nous perfuader C'eft
felon vous, pour praComment cela ?
que,
de la
le monopole, il faudroir s'emparer
riquer
des Bleds du Royaume; ; c'ell
cinquième partic
faudroit
faire cet accaparement 3 il
que, pour millionnaires en allez grand nombre
réunir des
jufqu'à deux cens foipour pouvoir y employer
xante-t treize millions d'argent.
tenté de faire
Me préferve le Ciel d'être jamais
balle,
le monopole ; mais fi j'avois l'ame allez
allez barbare pour chercher ainfi mon
le coeur
bien-être dans le malheur de mes Concitoyens,
cela, Monfieur, que la cenje ne voudrois pour
tieme partie de vos deux cens foixante-treize
c'elt-à-dire deux ou trois millions feumillions,
(erois bien far de doubler mes
lement, & je
tenté de faire
Me préferve le Ciel d'être jamais
balle,
le monopole ; mais fi j'avois l'ame allez
allez barbare pour chercher ainfi mon
le coeur
bien-être dans le malheur de mes Concitoyens,
cela, Monfieur, que la cenje ne voudrois pour
tieme partie de vos deux cens foixante-treize
c'elt-à-dire deux ou trois millions feumillions,
(erois bien far de doubler mes
lement, & je --- Page 506 ---
(16)
fonds en moins de
cette liberté ablolue quatre mois, au moyen de
En voici
dont vous êtcs
une preuve que me fournit TApologife.
an aitre.Apologifte de cette méme
lui-mème
teur des
liberté; l'AuRapréjentations aux
3> Commiflionnaire,
Magipratss ; ce Un
dit-il,
3 parun Adminifrateur
page 462,eft envoyé
>laCapitale, dans
d'une maifon poblique de
un canton abondant
3) ter des Bleds. Cet homme adroit pouryache-
> garnir le marché de manière à faire commence Par
3>
bailfer confidérablementle prix. En continuant
53 vre, il Parcourt fecrettement
fa manceu9> offre un prix plus haur
les Fermes; il
er lui vendre; il fait
; chacun s'emprefle à
enlever fes
> dis quelemarché
provifions, tan3
préfenre encore la plus grande
abondance, le canton eft
s une difette
dévafté, & bientôt
fubite fe déclare.
Voilà donc déjà une preuye
de la liberté abfolue
que, dans l'état
des
& indéfinie du Commerce
Grains, le
monopole non - feulement n'eft
pas impoffible, mais même qu'il eft facile à
& qu'il n'eft pas néceflaire d'y
faire,
tres-confidérables.
employer des fonds
Au refte, pour fentir l'erreur de votre calcul,
confiderez, je vous prie, à quel
la
de la denrée & la crainte
point néceffité
condent les
d'en manquer, feAu
vues d'un fpéculateur en ce genre.
mnoment même oi, comme dans T'exemple
que je viens de vous
citer,quelqu'lan le feroit
à
& qu'il n'eft pas néceflaire d'y
faire,
tres-confidérables.
employer des fonds
Au refte, pour fentir l'erreur de votre calcul,
confiderez, je vous prie, à quel
la
de la denrée & la crainte
point néceffité
condent les
d'en manquer, feAu
vues d'un fpéculateur en ce genre.
mnoment même oi, comme dans T'exemple
que je viens de vous
citer,quelqu'lan le feroit --- Page 507 ---
(17)
d'uné
des grains des laboureurs
alfuré
partie fournir le marché de la ville for
accoutumés à
fa fpéculation - 3 le bied y delaquelle porteroir
yiendroit fans prix,
une ville
Confiderez que Phomme ailé,dans
la Halle fans bleds, exade province, voyant
des
mine la caufe du déficit, & que
qu'il aples laboureurs, qui avoient coutume
prend que
les ont vendus, il
d'y apporter leurs grains,
court chez ceux qui en ont encore & n'a point
de tâcher d'en ached'intérêt plus preflant que befoin
fa conter la quantité dont il aura
pour N'eftil
fommation, jufqu'à fa récolie prochaine.
cas, le concours des
pas clait, qu'en pareil
aifés épargne au fpéculateur la plus grande
gens des fonds néceffaires à fon accaparepartie
ment :
dites vous-même,
Confiderez ce que vous
que
le peuple a faim trois fois par joar,8 qu'il
fiut
fa faim loit fatisfaite, en attendant les
que
la nouvelle de la difette peut lui
fecours que des endroits d'où il n'a pas coufaire apporter de tirer fa fubliftance. Qui ne voit comtume
bien le Monopoleur a beau jeu?
Confiderez qu'en Province, la plapart des
Boulangers 'n'ont point dapprovilionnenent,
quils ne font pas en état d'en faire.
parce Confiderez que dans les Provinces, les Villes
de
& qu'on n'y connoit
n ont pas
magens, --- Page 508 ---
(28)
d'autres marchands de bleds,
reurs des
que les labouenvirons, & quelques
toutcs les facaltés fe bornent
blâtiers, dont
à
marché dans un autre les
colporter d'un
trois, d'autres
uns deux, les autres
quarre ou cinq
au plus.
feptiers de grain
Confiderez que pour fe rendre
de la majeure
propriéraire
des bleds
parrie, ou même de la totalité
qui fe récoltent à l'entour de
villes, un fonds de cent mille livres
nos
dinaire plus
eft d'orque fuffifant, & peut
une grande diftance.
s'étendre à
Confiderez que belucoup de nos villes étant
éloignées des rivieres
grandes
navigables & même des
routes, 3 elles ne peuvent être
fionnées que par le tramport des
approvid'ane, de mulet,
grains à dos
fecours
ou de cheval; & qu'ainfi les
y arrivent toujours lentement.
Confiderez que dans ces villes, dans la circonftance de l'accaparement
le concours des
que je fuppole,
gens ailés qui veulent
la provifion de leur
affurer
ménage, & celui des
ples qui ont faim, ont bientôt donné peugrains le taux auquel le
aux
vendre
fpéculateur veut les re3 qu'il peur donc gagner jufqu'à cent
pour cent, avant même que d'avoir fait lcs
frais d'aucun déplacement des grains qu'il vient
d'acheter.
Confidefez gu'avec deux ou trois millions
ours des
que je fuppole,
gens ailés qui veulent
la provifion de leur
affurer
ménage, & celui des
ples qui ont faim, ont bientôt donné peugrains le taux auquel le
aux
vendre
fpéculateur veut les re3 qu'il peur donc gagner jufqu'à cent
pour cent, avant même que d'avoir fait lcs
frais d'aucun déplacement des grains qu'il vient
d'acheter.
Confidefez gu'avec deux ou trois millions --- Page 509 ---
(29)
d'argent, le monopoleur peut faire cette manceuvre d.ns 25 ou 30 villes du royaume àla
fois, la renouveller
la
fucceflivement à melure
vente lui fait rentrer fes fonds & tenir que
les peuples de plufieurs contrées dans la
ainfi
dans des inquiétudes auffi
milere,
mifere même. Eh!
infupportables que la
que feroit-ce fi fa
venoir à fe porter fur Paris :
(péculation
Confiderez enfin que comme nous n'avons
que très-peu de rivieres navigables, le
des grains dans l'intérieur du
tranfport
jours très-couteux;
royaume eft toud'oi il fuit que la
rence, qui vous paroit devoir nous
concur-
& garantir nos provinces des malheurs tranquilifer
parcille
d'une
fpécculation, ne pourroit s'établit
lcs provinces dégarnics
dans
affligées d'une mauvaife par l'accaparement, oi
ployant des frais de
récolte, qu'en y emderoient le coût
tranfport qui fouvent exccprimitif de la denréc.
Je vous fatigue, Monfieur, de
qui ne doivent pas vous amuler, confidérations &
moins qu'elles font dénuées de toute
d'autant
d'élégance même, & fur-tour de
éloquence,
mais j'ai la manie de croire
métaphyfique;
tière qui intéreffe fi
que dans une maellentiellement le
faut écrire fimplement,
peuple, il
à être entendu du
clairement & de manière
peuple. Jc me flatte dui
que vous concluerez de toutes ces
moins
& notamment de la derniere, confidérations,
qu'en fuppofant
nuées de toute
d'autant
d'élégance même, & fur-tour de
éloquence,
mais j'ai la manie de croire
métaphyfique;
tière qui intéreffe fi
que dans une maellentiellement le
faut écrire fimplement,
peuple, il
à être entendu du
clairement & de manière
peuple. Jc me flatte dui
que vous concluerez de toutes ces
moins
& notamment de la derniere, confidérations,
qu'en fuppofant --- Page 510 ---
(30)
la pleine liberté du commerce
fant de procurer des bleds
un moyen fuffiles
par-tout ou le beloin
appelleroit, elle ne feroit, toutesfois,
rcllource certaine
une
que pour les gens
ne préferveroit point le peuple de la aifes, &c
eft pour lui la méme chole
cherriqui
Je fuis bien fâché
que la difette,
que dans Phipothèfe
viens de faire, mon
que je
étre à mes
fpéculateur, qui ne peuryeux qu'um fcélérat, doive vous
roitre un bonnéte
pahomme; car enfin,
dans vos principes, à
Monficur,
portée fonr
quelque excés que fe fot
indefiricufe cupidité,
bre de pauvres qu'il cûr fait mourir quelque nom.
fe trouveroit
de faim, il
loi de
roujours n'avoir fait que ce que la
votre liberté lautorifoit à faire.
Encore un mor, s'il vous plair. Comment
conciliez.vous l'elpoir féduifant dont vous
bercés, que dès que la liberté fera conftamment nous
admife & ouvertement
des
foutenue, nous verrons
magafins s'érablir dans toutes nos contrées, &
notre fubliflance allurce
parvourcommentydis-ie,
conciliez-vous cet c/poir avec la ruine infaillible
de ces millionnaires par vous
réunis pour nous
précédemment
prouver Timpoflibilité du
monopole? J'avoue Pour moi, que ces deux
idées me paroilfent conradictoires. Toutes fois
qu'on dira que 200 millions d'argent convertis
en tas de bled par des millionnaires qui
compter 6 encore mieux placer, T2e
Jsavent
rapportent riens
dis-ie,
conciliez-vous cet c/poir avec la ruine infaillible
de ces millionnaires par vous
réunis pour nous
précédemment
prouver Timpoflibilité du
monopole? J'avoue Pour moi, que ces deux
idées me paroilfent conradictoires. Toutes fois
qu'on dira que 200 millions d'argent convertis
en tas de bled par des millionnaires qui
compter 6 encore mieux placer, T2e
Jsavent
rapportent riens --- Page 511 ---
(31)
10.fx, huit,
perdroient
que ces millionnaires la privation des intérets
& dix pour cent, par
cent, pour le
de leurs fonds, 20. cing pour
cent
3o. cing autres pour
loyer des greniers,
la confervation
pour le coût des foins qu'exige
cent pour la
& encore dix pour
des bleds,. furvient dansle tas, demanière
diminution qui
ansles 200 millions
dans un elpace de cinq
que
englouis & perduss toutes
fe trouveroient
un rableau aufli
fois, dis-je, qu'on préfentera dans le commerce des
deftrudif des fonds mis
négobleds, on ne perluadera point qu'aucun liens.
tiant foit jamais tenté d'y placer les de
loin
perdre
Donc, ou vos millionnaires,
feroient
leurs fonds, comme vousle prétendez, (eroient des
de gros bénéfices, ou nos négocians dans le commerinfenféss'ils mettoient des fonds
ce des bleds.
ferions expolés à
Dans le premier cas, nous
fans que les
toutes les horreurs du monopole,
feroit
rribunaux puffent le réprimer, puifqu'il
la loi même. Dans le fecond cas,
autorifé par
fur l'établiffement
nous ne pourrions compter
nous ferions
d'aucuns magalinss au contraire, érabli, notre
certains qn'il n'en feroit point
fubfiftance ne feroir allurée nulle part.
Vous nous aurez donc trompez, ou, ce que
bien mieux croire, vous vous ferez trompé
J'aime
toujours eft-il vrai de dire,
vous-mémes mais --- Page 512 ---
(32)
qu'il ne nous refteroit de la
condefeendance
continuiré de notre
lue e Jans
pour vos idées de liberté
êtrel
frein, que la
abfolangmentation des malheurs prolongation & peurvons depuis dix ans.
que nous éprouJe fuis au furplus très-d'accord
Favantage quily auroit de
avec vous fur
nos terresincultes
défricher & deffecher
& de procurer des pour les ajotter à la culture,
mais il faur ellayer encouragemenss au cultivateurs
une voie
d'atteindre ce double
qui ne foit point
bur, par
ples, ni contraire aux droits préjudiciable aux peucette voic quej
de Phumanité. C'eft
je me fuis égaré je me crois en état d'indiquer. Si
j'ofre,
moi-mème, fa
vous mertra à
publicité, que
me prouver que je fais portée d'en juger & de
tueux, mais elle
un imbecile
vous forcera d'avouer préfomp- du
queje ne fuis pas Ln mauvais
moins
citayen. Au
fouvenez-vous; s Monficur,
relle,
d'être prudent &
que je me pique
idées fans avoir que je ne publierai point mes
toutes furetés
meur &
pour mon
pour moi.
in
Impris
Je demande pour une fois
berté de la preffe,
feulement la litoujours la liberté comme vous demandez pour
du
& certes je n'abuferai commerce des grains,
pent abuler delautre. pas de l'une comme On
Je fais, &cc.
ennob
Au
fouvenez-vous; s Monficur,
relle,
d'être prudent &
que je me pique
idées fans avoir que je ne publierai point mes
toutes furetés
meur &
pour mon
pour moi.
in
Impris
Je demande pour une fois
berté de la preffe,
feulement la litoujours la liberté comme vous demandez pour
du
& certes je n'abuferai commerce des grains,
pent abuler delautre. pas de l'une comme On
Je fais, &cc.
ennob --- Page 513 ---
AV IS
DISETTE
SUR LA
GRAINS
DES
difette de grains dans le
Quaxo il y a
faire venir des pays
& qu'il en faut
des fonds fufroyaime, le Roi feul peut avoir
oû ils
durangers,
faire acheter dans les pays
fifans pour les
font en abondance.
Municipales ont. des
Les Adminiftrations remédier à la difette
moyens trop foibles pour dans le royaume.
loriqu'elle eft générale
nuire & faire tout
Le pemple ne peut que il effraye le caltivapérir par fes mouvemens; fes grains, de peur
teur qui n'ofe lui apporter
ne foit obligé
foient pillés, ou qu'il
qu'ils ne
bas prix.
de le donner à un trop
être dangereux conMais plus le peuple Tadminiftration peut
peut lui
tre lui-même, plus
être utile.
dans le royaume
Quand il y a des grains
A --- Page 514 ---
& que ce n'ef quela (2)
qui les cache, il eft facile méchanceté des hommes
Strianet far les
premicrement mettant
d'en
froutieres
nant
dertrodpes
aux galeres: duiroyatme i& en condame
qu'a Çe que la liberté ceux qui feroient pris, juf
rendue.
defespeoration rieut été
térieur Aecanlcmmeuen dur
facile danis
des mains de royaame, de faire fortir
sallinss
cesi hommes
lengrains
achetent, & gui aiment.mieur Anguinaironeutes
concitoyens que de diminuer voir pécir leurs SE
que leur avarice
le gain affreuxi
En effct le Roi inltiableavoit peut
projetténsiv IE
cipalités exécuter, étant ordonner, & lesmunia
Roi qui a le pouvoir appayées des troupesdu
fouverain exécutif
Avant
ITS
eft jufte. d'ordonserail faut
connoiereice qui
Il eft julle de favorifer biiom sbaisg ab S9MROnOD
grains, & d'encourager
le comnerce. des
confervent dans-les
fortement cetix qui-les ip
II faut que ceux empadabondinese 205133
foin, & qui font, rquilesamafint, expolés
qai ensont
perdre en totalité
aux, dangers
frent des
pars
derdesic.
pertes nécellairement esaeoidenalgni foufs
confervation, foient.
attachfes ealleurs
fés, mais même -
non-feulement indemhhiast
de difette,
recompenfés Idans
21 puilque cefta leurs: destempie
trarauxildea às
faut que ceux empadabondinese 205133
foin, & qui font, rquilesamafint, expolés
qai ensont
perdre en totalité
aux, dangers
frent des
pars
derdesic.
pertes nécellairement esaeoidenalgni foufs
confervation, foient.
attachfes ealleurs
fés, mais même -
non-feulement indemhhiast
de difette,
recompenfés Idans
21 puilque cefta leurs: destempie
trarauxildea às --- Page 515 ---
(3)
doit fon falat,
que-le'p peuple
ap
leurs préroyances
de là famine."
aux honiétre
ACLP
& déchapper
qa'ily ntietéar agl -ril
Quelle eft h-lainécompenfs -aifément 1a demone
cordért Om peut
courant eantintnsceaees
Leliéauspeice moitil eni fas dd priz dinsies
2ux confervateupsnn aatlumsndepate euto
pririu Tetier
egndedtent
lear somerikhaaie Daecordons
puiffe
de trente lieres;
Hvs 35
elbl oklinairemene delévehdre quarantéciag
sncOuldvancurse
hie.pcohame
mais non foixante & foikantésfix
de?
d'être vendual Cette augmentatien
il vient
fuffilante pour encourager
moitié en fus, paroit
3na1e rsrupaxs >ailenit
le commerce des grains. Voici 1a coaation confre deux
Voila lajaflice.
sy refaferoient.
cettc or-
- qui Le Roi, va la difette, Venouveltéroit fus.
atir
donnance du gain de moitié en Firodarolens a
LesOficter Munieipais deuitavees de Pitislerdif
quinze-8c vingt lienes
& exiférens
ldes roemilions d'ap-
-raenraa
geroient ides culivarere moitié des grains qui feroient
porter a Paris-la
lc furplos reltant pour
trouvés dans.lesg prangess1 &cvillages de letirs peotinces;
les villes; bourgs feroient prefcrits par Ja Municiles délais leur
aomomee des Jabours ponr
palité. payant égaid pendant lequel on nepeut
la recolte: prochaine) --- Page 516 ---
fi facilement battre (4)
foumnifions
en grange: ils feroient leurs
coites-parts d'apporter un dixieme de
par chacun
leurs
celui d'odobre, jofqu'à mois, à compter de.
cenda au prix ordinaire ce que le Blé fut redef.
S'ils ne fatisfaifoient de trente liv.
ils feroient
pas à leurs
condamnés à
oSligatians,
du bled qu'ils auroient l'amende d'un dixieme
Si les gens mal
do apporter.
cher de moudre intentionnés vouloient
vouloient
pour augmenter la
empés'emparer des
famine, ou
turés par les fermiers, grains qui fcroientvoiManicipaliteé,
porteurs d'ordres de la
mens, ils feroient conformément à leurs engageLe Roi
condamnés aux galeres.
torité fouveraine appuyeroit ces opérations par fon
fes
2 par fcs
autroupes,
maréchaolfées, par
Avec des moyens Gi
n'y auroit jamais de difette fimples, fi équitables, il
dans une année
de longue durée, &
(1789), la difette d'abondance, telle que celle-ci
devroit cefler fur le
Ce IO Fipsembre
champ.
178g.
CLEMENT DE BoISSY,
Maitre des Comptes.
J. CH, DESAINT,
dela Harpe, au-deffus Imprimeur du Châtelet, rue
de Saint Côme, No
133-
des moyens Gi
n'y auroit jamais de difette fimples, fi équitables, il
dans une année
de longue durée, &
(1789), la difette d'abondance, telle que celle-ci
devroit cefler fur le
Ce IO Fipsembre
champ.
178g.
CLEMENT DE BoISSY,
Maitre des Comptes.
J. CH, DESAINT,
dela Harpe, au-deffus Imprimeur du Châtelet, rue
de Saint Côme, No
133- --- Page 517 ---
AUX ÉTATS-GÉNERAUX. --- Page 518 ---
XUARAMSO/40-TATI
KUA --- Page 519 ---
AUX ÉTATS-GENÉRAUX
BOT
inseenstenoo
sism enoar
EXTRAIT du Mercure de France, No.7, du
Samedi 16 Février 1788, pages 131, 132, 133
no
-
et 134PROJET NOUVEAU
SUR LA MANIÈ RE
DE FAIRE UTILEMENT EN FRANCE
LE COMMERCE DES GRAINS;
5 PAR M. BOURDON DESPLANCHES,
Avec.cette épigraphe:
P
tom
Pauperes ejus saturabo panibus. Ps.131. vers. 16.
tvs
AE BRUXELLES; et se trouve A PARIS, chez la veuve
ESPRIT, au Palais-Royal,
Cei projet est divisé en deux parties, dont la première
est absolument indépendante de la seconde, 3 et peut
s'exécuter sans elle; dans son ensemble, il tend à étaA 2 --- Page 520 ---
(2 Q
blir T'abondance des blés en France, à Iy
entretenir
constamment et à perpétuité, malgré
Tintempérie des
saisons, malgré les entreprises du
monopole; à ouvrir
au cultivateur un débouché certain de tous les
dont il se trouveroit
grains
surchargés à assurer au consommateur, en quelque lieu du
royaume qu'il habite ou
se retire, sa subsistance en
à
pain, un prix invariablement fixé, et inférieur à celui
auquelil la
ce moment(1); à procurer à lEtat la
paie en
bit à
vente et le déTétranger, de tout son superflu
réel, sans
ser aucune contrée de l'intérieur à
expoinsuffisance de la
éprouver jamais ni
denrée, ni renchérissement de
à soulager, disons 'mieux, à
prix;
décharger les sujets de
toutes les impositions, soit réelles, soit
telles
personnelles,
que tailles, capitation, vingtièmes, dixièmes
autres semblables, qui maintenant
et
Jleurs
sont réparties sur
personnes ou leurs biens; à assurer au roi néanmoins, et sans le secours de ces
impositions, tous les
revenus nécessaires pour soutenir
tems de
honorablement,en
paix, l'éclat et la dignité de sa
avec un
couronne. >
supplément, en tems de guerre,suffisant
pour
(1) Le pain ne se vendoit alors que deux sous
Paris.
trois deniers 2
Daes
qui maintenant
et
Jleurs
sont réparties sur
personnes ou leurs biens; à assurer au roi néanmoins, et sans le secours de ces
impositions, tous les
revenus nécessaires pour soutenir
tems de
honorablement,en
paix, l'éclat et la dignité de sa
avec un
couronne. >
supplément, en tems de guerre,suffisant
pour
(1) Le pain ne se vendoit alors que deux sous
Paris.
trois deniers 2
Daes --- Page 521 ---
(3)
extraordinairese qu'elle occasionne;
frayer aux dépenses
TEtat avèclel bonheur
à concilier enfin, la richesse de
etla tranquillité des sujets.
lecteurs de
Hâtons-nous de tàcher de guérir nos
fans doute, ils auront déjà prise
la prévention que,
de la
à la vue de cet apperçu, contre T'organisation difait sérieusement der telles spropositions, -
et
tête qui
de rien préjuger
sons, sans nous pérmettre cependant
d'aussi
objets, quele moyen que présente
sur
grands
réaliser de'si grandes
M. Bourdon des Planches, pour
idées, mérite au moins un sérieux examen: Maisc'est
lui-même qu'il faut voir ce moyen ;
dans l'ouvrage
intérêt. M: Bourdon
ily est présenté avec clarté et
le récitle plus abrégé des disettes et
commence par dans le cours de ce siècle, ont afligé la
chertés qui,
France, et voici comment il annonce son projet.
ici Teffrayant tableau des cala-
( Loin de retracer
mités
nous affligeoient alors, essayons plutôt
>>
qui
et rendons à la France,
> d'en effacer le souvenir,
le
service de l'en préserver pour
> s'ils se peut, signalé
5 toujours.
le crois sûr,
> J'ose en annoncer ici le moyen, ) je
d'une exécution facile, et sans inconvéniens; mais
> --- Page 522 ---
(4)
3 parce que le coeur ne calcule pas toujours
D nière aussi certaine
d'une maque la raison,
> gination peut être égarée
parce que limapar T'ardeur du
> que la matière est intéressante
zèle, parce
et
> que les faux
délicate, parce
pas y ont été fréquens , et
> toujours du plus grand
qu'ilsysont
S
danger, je desire que les
idéerque jaia proposer, soient rendues
> et soumises à
publiques,
l'examen, ainsi qu'à la
> tous les connoisseurs,
discussion de
pour n'ètre admises
S tant qu'elles se trouveroient
qu'auêtre du
goût de la
nation, et que comme moi,elleles estimeroit
> praticables et sans
utiles,
inconvéniens. >
Assurément un auteur de projet qui débute
n'est point un
ainsi,
enthousiaste; c'est un homme
sans
froid et
passions, et quand d'ailleurs la matière dont il
traite, est intéressante, les connoisseurs
VENT OU DES OBJECTIONS
LUI DOI
OU LEUR
TION.
APPROBAL'auteur termine son ouvrage comme on doit
jours finirles projets de bien
toude la loi qu'il
public,pardonmerlep plan
propose : voici comment il
sur ce point.
s'explique
> On m'a consulté
pour ne rien laisser à desirer
c'est un homme
sans
froid et
passions, et quand d'ailleurs la matière dont il
traite, est intéressante, les connoisseurs
VENT OU DES OBJECTIONS
LUI DOI
OU LEUR
TION.
APPROBAL'auteur termine son ouvrage comme on doit
jours finirles projets de bien
toude la loi qu'il
public,pardonmerlep plan
propose : voici comment il
sur ce point.
s'explique
> On m'a consulté
pour ne rien laisser à desirer --- Page 523 ---
(5)
> sur une matière aussi intéreflante, de rédiger moi5 même, en forme de loi, toutes les dispositions par
> lesquelles je pensois que le Roi pourroit assurer
> l'exécution de mon plan, et de le présenter dans
S cette forme à mes lecteurs. Rien ne sera si facile
> que de juger sainement du mérite ou du désavan-
> tage de mon projet, et de l'attaquer par les parties
> qui paroitroient inexécutables ou dangereuses >.
Tels sont la bonne-foi, et le désintéressement personnel, aveclesquels M. Bourdon des Planches cherche à éclairer la religion de ses juges, et sollicite
lui-même les objections.
FIN --- Page 524 ---
- -
a
MIT --- Page 525 ---
PROJET NOUVEAU
SURLA M TANIÈRE
UTILEMENT
DE FAIRE
EN FRANCE a
DES GRAINS
LE COMMERCE
DESPLANCHES,
PAR M. BOURDON Commis dans les Finances.
ancien premier
Pauperes ejuis faturabo panibus.
Pfal. 131, V. 16.
A BRUXELLES S,
Etfe trouve A PARIS,
Chez la Veuve ESTAIT,Libmire, au PalaisRoyal,
fous le veftibule du grand efcalier.
1785. --- Page 526 --- --- Page 527 ---
a
CA
NOUVEAU
PROJET
SUR*LA MANIÈRE
UTILEMENT EN FRANCE
DE FAIRE
DES GRAINS.
LE COMMERCE
Ls fiècle ou nous vivons n'étoit pas à fon neul'intempérie des fais
yième luftre encore, quedéjà
avoit fait éprouver trois fois la difette, en
fons nous
La cherté
1709, en 1725, en 1741.
quis'établit moins
le prix desgrains, ne fut pas
en 1766,dans
dix années
cruelle. Nous l'avons vue pendant
la défolation, du centre aux
confécutives, porter
menacer
extrémités du Royaume, & chaque jour
de la famine. Elle a furchargé nos
les Peuples
de
de plus
dépenfes en pain, dans cet efpace
tems,
milliards
cens millions de livres en
de cing
cing
quand on voudra;
argent. J'en donnéraila preuve
A ij
en 1766,dans
dix années
cruelle. Nous l'avons vue pendant
la défolation, du centre aux
confécutives, porter
menacer
extrémités du Royaume, & chaque jour
de la famine. Elle a furchargé nos
les Peuples
de
de plus
dépenfes en pain, dans cet efpace
tems,
milliards
cens millions de livres en
de cing
cing
quand on voudra;
argent. J'en donnéraila preuve
A ij --- Page 528 ---
CoM M' E R CE
elle porta fes ravages en 1774,
Trône, & le premier cri
julqu'au pied du
Tangulte Monarque
qui frappa l'oreille de
fagelfeabjourel'hui, quinous gouverne ayec fant de
multitude de malheureux loriquily monta, furceluid'une
fur fon
que la mifère avoit réunis
paffage, & qui lui demandoient du
Mais loin de retracer ici
pain.
calamités qui-nous
T'effrayant tableau des
d'en effacer le
affligeoient alors;e effayons plutôe
s'il fe
fouvenir, & rendons, à la France,
peur;le fignalé fervice de l'en préferver
toujours.
pour
J'ofe en annoncer ici le moyen; le
d'une exécution facile & fansi
je crois fur,
parce que le coeur ne calcule inconvénientss mais
manière aufli certaine
pas toujours d'une
Timagination
que la raifon ; parce que
peut être égarée par l'ardeur du
parce que la matière eft
zèle;
intéreffante & délicate
parce que les faux pas y Ont été
;
y font toujours du plus
fréquens, 5 & qu'ils
les idées
grand danger,je defire que
quej'ai à propofer, foient rendues
quies & foumifes à l'examen, ainf
publide tous les
qu'à la difcuflion
connoiffeurs, pour n'être admifes
tant qu'elles fe trouveroient être du
qu'auNation, &
goût de la
que, comme moi, elles les
utiles, praticables & fans inconvéniens. eftimeroit
Je n'ai affurément nila
des Miniftres
pénétration, nila fageffe
chargés de faire le bonheur de ce
, foient rendues
quies & foumifes à l'examen, ainf
publide tous les
qu'à la difcuflion
connoiffeurs, pour n'être admifes
tant qu'elles fe trouveroient être du
qu'auNation, &
goût de la
que, comme moi, elles les
utiles, praticables & fans inconvéniens. eftimeroit
Je n'ai affurément nila
des Miniftres
pénétration, nila fageffe
chargés de faire le bonheur de ce --- Page 529 ---
DES GRAI N S.
Ect, & fans doute je verrai s'élever contre
grand
s'élève naturellement contre un
moile préjugé qui
annonce de grandes vues ;
Particulier ifolé & qui
frapper
mais un trait de lumière ne peut-il pas & le moins
fubitement Thommele plus ordinaire
les
tandis qu'il échappe aux génies
plus
fpéculatif,
à fa découverte?
tranfcendans & les plus appliqués
n'eft-ilpas fouvent plusheureux
Unf fimpleapperçu
? Jofeph,
les méditations les plus profondes
que
Iraélite que le hafard & la jaloufils de Jacob, cet
en Egypte, éto't
fie de fes frères avoient expatrié confommé, quand
il rien moins qu'un péculateur
contre la
il confeilla à Pharaon des précautions alloit être frapftérilité dont il prévit que la terre
cependant, fuivit fon confeil,
péc? Le Roil'écouta
le falut
& s'en trouva bien. Il dut à cet Étranger
fon régne &cT'immortalit
de fefeuglewlaghairedel
J'audans THiftoire- t Que fait-on?
dont il jouit
le fit Jofeph;
rai pcut-être auffi bien rencontré que &c àmon Roi des'
peut-être rendrai-je à ma Patrie
fervices auffi réels &c plus durables que ceux que
rendit à T'Egypte. Tout ce que je
çet inconnu
veuille bien m'accorder quel
demande, c'eft qu'on
Têtre,
qu'attenrion, 8c ne me condamner, fijedois
qu'après qu'on m'aura bien entendu.
nous
Aujourd'hui la Providence a changé pour
de crife. dont je viens de parler i elle nous
Fétat
A ij
à ma Patrie
fervices auffi réels &c plus durables que ceux que
rendit à T'Egypte. Tout ce que je
çet inconnu
veuille bien m'accorder quel
demande, c'eft qu'on
Têtre,
qu'attenrion, 8c ne me condamner, fijedois
qu'après qu'on m'aura bien entendu.
nous
Aujourd'hui la Providence a changé pour
de crife. dont je viens de parler i elle nous
Fétat
A ij --- Page 530 ---
Co M M E R'c E
fait jouir à ce moment,8 &depuis
d'une honnête
cinq à fix ans déji,
abondance ; mais nous a-t-elle
ms que, toujours prodigue envers nous de fes proelle nous perpétueroitla conceffion
dons,
Nous a-t-elle
decette faveur?
promis qu'elle fixeroir immuablement
pour nous l'inconftance habituelle des failons
Nous a-t-elle promis
?
jours &
qu'elle nous préferveroit toupar-tout de l'effet des
?
accaparemens & du
monopole
Ets'il - en eft autrement;s'il eft certain.
que ces évenemens, fi redoutables pour la
humanité, font toujours chofes
pauvre
nous fages d'en attendre
poffiblés, fommescautions le retour?
tranquillement & fans pré.
Jepenfe &jole direlecontraire.
Vous en penfiez de même en 1764, vous',
cédant à nos inftantes follicitations,
qui
de la bonté du feu Roi, la liberté nous obtintes
l'entrée des Grains
de la fortie & de
dans le Royaume. Et vous étiez
tellement convaincu de la néceflité de
même
précautions,
tres-étenduesque votre main,
raffurée par les modifications
quoiqu'un peu
que votre
vous fuggéra d'appoferà la conceflion, prudence
encore qu'en
ne traçoir
tremblant, je l'ai vu,les
de T'Edit qui accorda cette liberté.
difpofitions
Miniftre vigilant & fage, on vousavoit démontré que la plénitude de nos greniers étoit un mal
qui exigeoit ce remède; mais fon agivité vous étoit
connue; elle vous effrayoit i vous craigniez
que
quoiqu'un peu
que votre
vous fuggéra d'appoferà la conceflion, prudence
encore qu'en
ne traçoir
tremblant, je l'ai vu,les
de T'Edit qui accorda cette liberté.
difpofitions
Miniftre vigilant & fage, on vousavoit démontré que la plénitude de nos greniers étoit un mal
qui exigeoit ce remède; mais fon agivité vous étoit
connue; elle vous effrayoit i vous craigniez
que --- Page 531 ---
GRAIN S.
DES
L'effet,
n'en fit un poifon.
notre intempérance juftifié vOS craintes, puiiqu'il
hélas, n'a que trop
du mois de Juillet1764,
eft vrai de dire querEdite
contenoit, émancipa
malgréles modifications qu'il furieux & arma des brie
des infenfés, , délia des
la défolation dans
qui,.d depuis, ont porté
gans
toutes nos contrées.
ces malheurs n'étoient
Confolez-vous cependant; dans la Loi, &c cette Loi
ni dans votre intention,nid
maux,
ci-devantla caufe occafionnelledenos biens;
fage,
devenirla fource des plus grands déterva peut-être conformément aux vues qui vous
elle peut,
procurer des greniers dans
minérent à la propofer, abondance perpétuelle
produire une
nos Villes,
affurer
la fubliftance
&
par-tout
dans ces greniers, des familles.
& la tranquillité
me diffimuler que pour en
Mais je ne dois pas
jai, tour-d-la-fois,
faire réfulter ces avantages, dcombatire &c un grand préun fyftême très-étayé
jugé à vaincre. devenu T'idole de nos beaux efprits,
Le fyftême eft
favans, qui tous, ont
Tenfant gaté de Philofophes
&c qui,méme
écrit bien mieux qu'ils ne calculoient,
que leurs
leurs intentions auffi pures
fais
en fuppofant
ce queje
fpéculations ont été malheureufes, fans réfiftance à
affurément, ne fe préteront pas
lui voir porter des chaines,
Aiv
jugé à vaincre. devenu T'idole de nos beaux efprits,
Le fyftême eft
favans, qui tous, ont
Tenfant gaté de Philofophes
&c qui,méme
écrit bien mieux qu'ils ne calculoient,
que leurs
leurs intentions auffi pures
fais
en fuppofant
ce queje
fpéculations ont été malheureufes, fans réfiftance à
affurément, ne fe préteront pas
lui voir porter des chaines,
Aiv --- Page 532 ---
Ca IMI M E RCE
Le préjugé eft un préjugé
prefque univerfel; un préjugé fpécieux, invétéré,
allarmeroit grand nombre
dont la deftruaion
pables de fecouer le
d'efprits timides & incajoug d'une vieille
préjugé dont T'exiftence
erreur ; un
une multirude dei richess intéreffe effentiellement
leur opulence
parce qu'il
guelles
s comme il en. a étéla Leflalimentde fource. A
D'un: contradiGions ne dois-je pas
autre
m'attendre ?
ce fyftème & ce conévje parle à une Nation dont
affoiblifent,
préjugé font le malheur, qu'ils
qu'ils
tout dans les
dépeuplenit chaque jour, furcampagnes, & dont ils
infailliblementl tla ruine,fi Tillufion
opéreroient
démontrée. Je parle à un
n'en'étoit enfin
l'intérét le plus cher, eft, fans Gouverement dont
rer la gloire du Monarque & contredit, le
de procuqui vivent fous fes loix. Avec bonheur de ceux
ne puis-je pas propofer mes
quelle confiance
Mais avant que d'expofer vues ?
fyftême auquel je propoferai mon de le plan, venons au
fubftituer.
ano. SYSTÉME
oraS
AREMPLACES
Au fondd'une Province,
icharrues à la cultire detérres ouf'entretiens plufieurs
ourje confulte, autart
que jefais valoir, &c
qui peuvent
qu'il eft en moi, les Ecrits
m'inftruire, foit à diriger ma culture,
quelle confiance
Mais avant que d'expofer vues ?
fyftême auquel je propoferai mon de le plan, venons au
fubftituer.
ano. SYSTÉME
oraS
AREMPLACES
Au fondd'une Province,
icharrues à la cultire detérres ouf'entretiens plufieurs
ourje confulte, autart
que jefais valoir, &c
qui peuvent
qu'il eft en moi, les Ecrits
m'inftruire, foit à diriger ma culture, --- Page 533 ---
DES GRAINS.
le débouché de mes prodadions,
foit à me procufer
vers la fin del'année
il me tomba entre les mains,
Commerce des
une. brochure relative au
1769 3
imprimée., fous le titre de
Grains, nouvellement
Je jettai dès-lors
Reprojensations aux Magifrats.
folles idées qu'elle me fit naître; je
furle papier
qui m'étoit néceffaire
licitai de fuite la permiflion vérité n'étoit pas mure
pour, les publier 5 mais la
ni
elle ne l'eft pas roujours
encore apparemments
filence, comme
pour tous les tems. On m'impofa
je l'ai dit ailleurs (a).
dem'exAspaunfinigepaidsem) la permillion
pliquer, je commence par féliciter tous ceuxqui,
moi, ont écrit fur le Commerce des Grains,
avant folidement établi que les Campagnes mérid'avoir
furles Villes; que pour encoutent toute préférence
enrichir le Culrivateur &
rager la culture on doit
leur rends graces
lui accorder des diftinaions : je
- d'avoir voulu ainfi rétablir mon état d'Agricole
fon ancien luftre, &j'applaudis au talent qu'ils
dans
réuffir. Enfin, j'admets avec
Ont employé pour modernes y
que < s'il eft un moyen
nos Philofophes
des Villes, en fai2 de. pourvoit à la fubfifiance,
bon,
59 fant.le bien des Compsgpevoalarasjasiafs fans
2 & qu'il faut qu'il exifte ce moyen,
quoi,ou
(a) Lettre à T'Auteur des Obfervations furle Commerca
des Grains,
j'applaudis au talent qu'ils
dans
réuffir. Enfin, j'admets avec
Ont employé pour modernes y
que < s'il eft un moyen
nos Philofophes
des Villes, en fai2 de. pourvoit à la fubfifiance,
bon,
59 fant.le bien des Compsgpevoalarasjasiafs fans
2 & qu'il faut qu'il exifte ce moyen,
quoi,ou
(a) Lettre à T'Auteur des Obfervations furle Commerca
des Grains, --- Page 534 ---
IO
CoM MERCE
5> les Campagnes, ou les Villes ,les
5> conféquent, feroient une
Villes, par
59 Providence
ceuvre profcrite par la
(5) >>. Refte à favoir s'ils
effer trouvé ce moyen qui feul eff bon.
Ont en
Ce moyen, dit l'Auteur que je viens
difent avec lui tous les Économiftes
deciter, &
réunis
créditer, < ce moyen ne peut
la pourl'ac-
$ lue & indéfinie du Commerce êtrequel libertéabfo
des
59 enrichiffant la claffe
dentées qui,en
55 liorant la culture, agricole,c'eit-i-dire en amédonne,
$s ces abondantes à vendre, d'unepart, des fubfiftan-
&
55 venus
del'autre, de gros repour payer; d'ou il réfulte
9 porte naturellement &
quela denréefe
55 grandes Villes, où
néceffairement vers les
l'opulence des
$5 taires, réunis dans ce
& les grands Proprié55 population
féjour,
befoins d'une
nombreufe, 9 raffemblée
55 richeffe, lui
autour de la
promettent une bonne
$5 débit affuré. C'eft
vente & un
ainfi,
55 Nature a pourvu à jamais continue-t-il, que la.
55 des Villes, & la Police troublera ilapprovilfionnement
$5 nel, harmonieux &
cet ordre éterbienfaifant
Ainfi donc, liberté abfulue G (c)m.
merce des
indéfinie du ComBleds: plus de Police, plus de
fur cet objet Gi effentiel:la
Riglemens
nazure y a pourvu. Ce
(6) Repréfentations aux Magiftrats. Page 88.
() Ibid. Page 89.
-t-il, que la.
55 des Villes, & la Police troublera ilapprovilfionnement
$5 nel, harmonieux &
cet ordre éterbienfaifant
Ainfi donc, liberté abfulue G (c)m.
merce des
indéfinie du ComBleds: plus de Police, plus de
fur cet objet Gi effentiel:la
Riglemens
nazure y a pourvu. Ce
(6) Repréfentations aux Magiftrats. Page 88.
() Ibid. Page 89. --- Page 535 ---
D E S G R AI N S.
II
& s'il avoit
il faut T'avouer;
fyfême eft très-fimple,
lui attribue, il feroit
réellement les avantages qu'on
effet ? C'eft
bon. Mais les a-t-il en
certainement
cette queftion, ce ne
EnT'examinant
la queflion.
répondre à la fommation
fera, de ma part , que
au nom de la
fait TAuteur à tous les Citoyens
que
de T'honneur. de Phumanise,
vérité, de lajufice,
on le cTOit dans
du bien public, de le combatre.f de mots.
P'erreur(d). Je vais le faire en peu
réellement à lafubIo. Ce fyftême pourvoit-il
fflance dès Villes s?
d'une bonne
Il n'eft pas douteux que T'elpoir bleds dans les
à porter nos
vente nous engageroit
que
-
Villes. Mais il eft également certain
grandes,
qu'aurant qu'on nous en
nous ne les y vendrions les marchands ne les y
donneroit un bon prix ;
qu'ils
être confommé,qrautane
laifferoient pour
de bénéfice à les en exporter.
ne trouveroient pas
pourvoir à la fubfifOr feroit-ce bien réellement
beaucoup de
tance des Villes que d'y faire paroitre
ne les
Grains pour ne les y point vendre, ou pour
le pauvre ne pourroitpas
vendre qu'à un prix auquel
comme dit un
atteindre? Neferoit-cepas plutôt,
un tas
trivial, le faire mourir de faim fur
lui
proverbe
lui montrer T'abondance que pour
de bled, & ne
(4) Ibid. Page 121.
ifOr feroit-ce bien réellement
beaucoup de
tance des Villes que d'y faire paroitre
ne les
Grains pour ne les y point vendre, ou pour
le pauvre ne pourroitpas
vendre qu'à un prix auquel
comme dit un
atteindre? Neferoit-cepas plutôt,
un tas
trivial, le faire mourir de faim fur
lui
proverbe
lui montrer T'abondance que pour
de bled, & ne
(4) Ibid. Page 121. --- Page 536 ---
CoM M E R C. E
faire fentir doublementt leshorreurs
20. Ef-il bien vrai
de la difette?
Commerce des
que la liberté abfolue du
cole d'une
Bleds,en enrichilant la clafe agripart, donne de T'autre de gros
pour payer? Ef-ilbien vrai
revenus
fommateur foir une fuite
que l'aifance du Condu- Cultivateur?
néceffaire de T'opulence
Ilmef femble au contraire que le vendeur
s'enrichir qu'aux dépens de l'acheteur
ne peut
haut prix des Grains,en
; qu'ainfile
claffe
fuppofant qu'il enrichit la
agdcolesppsuvrircitian
&1 krsiegstcnsi@gremmenie, clafficonfammatrics,
3°. Et-il vrai même
population la
desVilles.
indéfinie du Commerce que
liberté ablolue &
des
agricole ?
Bledsenrichiroirlact clalfe
N'eft-il pas évident plutôr qu'elle
que les
n'enrichiroit
Propriétaires, 2 qui ne manqueroient
d'augmenter le prix de leurs baux, en
pas
de laugmentation
proportion
que cette liberté
prix des grains ; qu'ainfi il n'en refteroit donneroit au
vateur, 2 qu'un maniement
au Cultidérable fans doute, maisnon detdeniers, plus confiJ'aurai bientôt occafion
pas plus utile pourlui?
de développer
çette réflexion & celles qui fuivent.
davantage
4°. Peut-on dire que cette liberté
l'améliorarion de la culaure, 6 des
procureroit
cbondantes a vendre?
Jubffances plus
; qu'ainfi il n'en refteroit donneroit au
vateur, 2 qu'un maniement
au Cultidérable fans doute, maisnon detdeniers, plus confiJ'aurai bientôt occafion
pas plus utile pourlui?
de développer
çette réflexion & celles qui fuivent.
davantage
4°. Peut-on dire que cette liberté
l'améliorarion de la culaure, 6 des
procureroit
cbondantes a vendre?
Jubffances plus --- Page 537 ---
D ES Gx A I N S.
le Cultivateur
Ne porteroitelle pas au contraire
Ne
du Commerce?
à s'occuper des fpéculacions des foins de fa culture ?
le détourneroit - elle pas
fes valéts &c
fouvent employer
Ne le verroit-on pas
où fes fpéculations
fes chevaux à conduire fes grains
d'une ventepluilacrative?
lui préfenteroientfeipoire
arriva en 1765,8
Et n'eft-ce pas en effer ce qui
fubféquentes ? Manquions-nous
dans les années
& dans les vingt années
de Bleds à cette époque,
eu en
? En avons - nous
qui l'ont précédée douze années qui l'ont fuivie?
abondance dans les
les beaux raifonne-
&c tous
Ici l'expérience parle,
devant elle.
difparoitte
mens ne peuvent que
ou la population
5o. Je conviens que par-tout
fe promeutre
fera nombreufe, le Laboureur pourra La néceflité de
une bonne vente & un débit afluré.
de doute fur ce point t, que
la denrée ne permet
abondance. Mais le
dans les cas d'une grande donne-t-illes moyens
befoin qu'on a d'une denrée,
Levoifimage de la richefe fupplée-til
delapayer?
n'eft-il
vrai de dire que
? Et
pas plus
ces moyens
quoique roltemblée aucette population nombreufe,
ce même befoin, f
tour de la richefe, périroit vélevoit par au-deffus du produit
le prix de la denrée
revenu qu'elle ait'
de fon travail, qui eft le feul
pour payerdu codtdes dentées obligsles
Et flaugmentation
rée,
Levoifimage de la richefe fupplée-til
delapayer?
n'eft-il
vrai de dire que
? Et
pas plus
ces moyens
quoique roltemblée aucette population nombreufe,
ce même befoin, f
tour de la richefe, périroit vélevoit par au-deffus du produit
le prix de la denrée
revenu qu'elle ait'
de fon travail, qui eft le feul
pour payerdu codtdes dentées obligsles
Et flaugmentation --- Page 538 ---
Co M M E R C E
richesà retrancher de leur
dépenfe; fi l'ouvrier n'ed
pasemployé; fila concurrence le force de
prix de fa main-d'auvre ou de fa
baiflerle
ver de l'occupation; s'il tembe journée pour troumalade; s'il
âgé ou infirme, qui lui donnera de
devient
pour payer? Erlorfque, faute de
gros revenus
il ne pourra fe procurer la
ces gros revenus,
faire à fa fubfiftance & à quantité de pain nécef
deviendra-til
celle de fa famille,
? Que deviendra la
que
qu'il aura laiffée chargée d'enfans pauvre veuve
La Nasure y a-t-elle
en bas - age ?
harmonieux G
pourvu! L'ordre éternel,
Police,
bienfaijane qui aura fait taire la
fupprimé les Reglemens & porté le
pain au - deffus des facultés de
prix du
leur
ces malheureux
Citoyens,
en fournira-t-il?
Aujourd'hui qu'unelongue &
nous a enfin deflfillé les
fur trop trifexpérience
yeux
ce qui caufoit
maux, ne craignons plus de le dire, la liberté nos
Commerce des Grains a befoin,
du
contenue par des Loix févères en France,d'èrre
Cette liberté eft bonne
& iméfiragables.
ef
en foi; ; mais depuis
devenue, en quelque forte,
qu'elle
commeje l'ai dit en
commençant, 2 l'enfant gâté de nos
ils Ont voulu Paffranchir
beaux efprits,
difcipline, & ils
de toute règle, de toute
C'eft
en ont fait un monftre.
parce qu'elle plongeoit dans la
la plupart des Villes du
défolation
Royaume, c'eft parce
bonne
& iméfiragables.
ef
en foi; ; mais depuis
devenue, en quelque forte,
qu'elle
commeje l'ai dit en
commençant, 2 l'enfant gâté de nos
ils Ont voulu Paffranchir
beaux efprits,
difcipline, & ils
de toute règle, de toute
C'eft
en ont fait un monftre.
parce qu'elle plongeoit dans la
la plupart des Villes du
défolation
Royaume, c'eft parce --- Page 539 ---
DES G RAINS.
avoit déjà fait mourir de faim nombre de
qu'elle
1770, le Gouvernement
nos Concitoyens , qu'en frein à fes excès
fe vit obligé de mettre un
(e). moi
Aufli quelque féduifant que put être pour
le double avantage que l'on m'annonce d'acquérir
&c d'augmenter mes revenus, je
des difinélions,
J'entends au fond de
n'en veux point à ce prix.
l'intérêt,
mon coeur Thumanité qui réclame contre
anathême contre le Cultivateur, qui
&je prononce
confentir de trouver fon bonferoit affez vil pour
heur particulier dans le malheur public.
J'ofe donc la réprouver cette liberté funefte.
J'ai dit ailleurs qu'elle feroit fouveninementinjiute dans la
& cruelle; jai dit qu'elle nous conduiroit
contraire à celle
pratique - , à une fin direêtement
qu'on nous propofoir en fpéculation;Jai dit.qu'elle les
achevroit de ruiner les Peuples,en ce qu'elle
expoferoit à toutes les fureurs du monopole qui,
très-facile à
par fon moyen, eft, , rour-i-la-fois, Je lai dit &
pratiquer, & impollible à réprimer.
de
Mais alors, à l'exemple
je T'ai prouvé (F).
m'avoient précédé,
plufieurs autres Ecrivains qui maintenant il me faut
je n'ai fait qu'abattre, &
reconftruire. Tel eft auffi mon objet.
(e) Arrêt du Confeil du 23 Décembre fur 1770. le Commerce
5 Lettre à l'Auteur des Obfervations
des Grains, page 13, 17 & fuiv. --- Page 540 ---
Co M M ER e E
A cette liberté fans frein, je
fubftituer une autre
propoférai d'en.
fage, fous la
, qui, dirigée par une Loi
protetion du Roi, fous
des Tribunaux ordinaires en
Tinfpedion
cautionnement de
chaque lieu, fous le
tous les Prépofés à
fera néceffairement
l'exécution,
& affurera bien
douce, 2 humaine, 9 bienfaifante,
la
réellement, fi jene me
fubfflance des Villes
trompepas,
Campagnes.
3 en faifant le bien des
PROJET
dirigée par une Loi
protetion du Roi, fous
des Tribunaux ordinaires en
Tinfpedion
cautionnement de
chaque lieu, fous le
tous les Prépofés à
fera néceffairement
l'exécution,
& affurera bien
douce, 2 humaine, 9 bienfaifante,
la
réellement, fi jene me
fubfflance des Villes
trompepas,
Campagnes.
3 en faifant le bien des
PROJET --- Page 541 ---
ES GR AIN S.
P 1 R a OJE T.
& les caraltères & les avantages de
JE trouve liberté, dans le confeil que donnaJofeph
cette autre
& qui fit lefalut de TEgypte.
au Roi Pharaon, Miniftre , dit ce Sage au Prince, aura
( Votre
fubalternes qui établiront
55 fous lui des Officiers
les Villes du Royaume.
dans toutes
5 des greniers
&c feront voiturer dans ces gre59 Ils acheteront
de tous les grains
55 niers. .. - la cinquième partie
& ce fera
recueillera en abondance...
$9 qu'on
affurée pour les fept années de
57 une reffource
enfuite lej pays. Faute de
défoleront
99 famine qui
les grains fe trouveront diffipés
5 cette précaution,
& vos Sujets périront de
$ ou vendus à vos voifins,
* misère (g) >.
que ce confeil plutau
L'Hiftoire Sainte m'apprend
dont
fes Miniftres Puiffe le projet
Roi & à tous
avoir même fuccès en France?
ilm'a fupgérétidée,
mais plus jy ai réfléchi,
Je ne puis que le fouhaiter;
fuis confirmé dans la perfua(ion qu'une
plus je me
être adaptée à nos
forte partie de ce confeil peut
nous
nous en applimceurs, & que ce que
pouvons
Hift. du Peup. de Dieu, tome 1, liv.4, P 358.
(g)
(A) Gen. 41. 37.
B --- Page 542 ---
COM M E R C E.
quer, , affureroit, à perpétuité, le bonheur de la
Nation,& la gloire de fes maitres.
Je diviferai en deux parties les
m'a paru que le Roi
avantages qu'il
pouvoit en faire
nous.
réfulter pour
Dans la
première, 9 j'établirai qu'il eft,
lement poflible, mais même
non-feufacile,
1°,D'affurer: au Cultivateurled débit de fa
le moyen d'en toucher rle prix, dès l'inftant récolte,
delirera, & par une fuite
ohille
payer fes fermages à chacune néceffaire, la facilité de
de leurs échéances.
20, D'affurer de même aux
le Royaume, leur fubfiftance Peuples, dans tout
modéré, &
ên pain, à un prix
qui, une fois déterminé
lieu, n'y augmentera
pour chaque
jamais.
3°.D'affurer pareillement à l'Érat tout le
fice
bénédontl'esportation de nos Bleds peut être
tible, fans expofer aucune contrée du
fufeepà aucun des dangers dont cette
Royaume
jufqu'à préfent,
exportation a été,
prefque toujours
ou immédiatement fuivie.
accompagnée 2
Dans la feconde Partie , je ferai voir
également poffible & de même facile de qu'il eft
lc Cultivateur & les Peuples de toutes décharger
en procurant néanmoins au Roi tous Impofitions, les
néceffaires pour réablirincefamment
revenus
foutenir dignementla
fes Finances,
majefté du Trône, & fubve-
préfent,
exportation a été,
prefque toujours
ou immédiatement fuivie.
accompagnée 2
Dans la feconde Partie , je ferai voir
également poffible & de même facile de qu'il eft
lc Cultivateur & les Peuples de toutes décharger
en procurant néanmoins au Roi tous Impofitions, les
néceffaires pour réablirincefamment
revenus
foutenir dignementla
fes Finances,
majefté du Trône, & fubve- --- Page 543 ---
D ES G R AI N S,
hir à tous les befoins de TEtat, même dans le cas
des plus longues guerres.
Voilà de magnifiques promeffès, fans doute,&
plus elles le font, plus je conçois que leur exécua
tion paroîtra douteufe, ou même chimérique; mais
je fupplie de nouveau mes LeSeurs, que je conftitue mes. Juges, d'écarter toute prévention, & de
ne me condamner, f je dois T'être, qu'après un
mûr examen.
Je ne répéterai point ici, 9 pour accréditer mon
plan, queje l'ai communiqué à des hommes éclairés,auffibons Politiques que bons Patriotes, &
a
obtenu leur fuffrage. On auroit droit de ne qu'il
m'en croire fur ma parole, ou de ne pas s'en tenir pas
à l'opinion de mes approbateurs. Ce projet intéreffe tous les individus de la fociété : je dois donc
l'expofer aux regards de la fociété entière ; il eft
fait pour la Nation; c'eft à la Nation qu'il
tient de l'apprécier & de le juger.
apparBij --- Page 544 ---
CoM M E R C H
&
PREMIERE
PARTIE
Nous vivons aujourd'hui, relativement
merce des Grains,
au Com2 fous le régime de trois Loix.
L'une, eft la Déclaration du 25 Mai
autorife la libre circulation des Grains 1763, qui
Royaume, & leur Commerce
dans tout le
vince.
de Province à ProLa feconde, eff PÉdit du mois de Juillet
qui permet Texportation de nos Grains hors 1764, du
Royaume 9 & leur Commerce avec
L'exécution de celle-ci eft
TEtranger.
aduel, ou n'eft permife
fufpendue au moment
vilégiés.
que par certains Ports priLa troifième, eft P'Arrêt du Confeil, du
tembre 1774 2 revêtu de
13 Sepdiées fur icelui, le 22 Letres-Patentes, expéNovembre, &
au Parlementle 19 Décembre fuivant. enregiftrées Cet
renouvelle les difpofitions de la Déclaration Arrêt
de
1763,&y en ajoute une 2 par laquelle le Cultivateur eft difpenfé de porter fes Grains au marché.
Je refpeêe chacune de ces Loix, & je ne defire
que de les voir exécuter ; mais je penfe
en éviter l'abus, il convient de foumettre que leur pour
cution à des règles que des gens mal intentionnés exé-
Décembre fuivant. enregiftrées Cet
renouvelle les difpofitions de la Déclaration Arrêt
de
1763,&y en ajoute une 2 par laquelle le Cultivateur eft difpenfé de porter fes Grains au marché.
Je refpeêe chacune de ces Loix, & je ne defire
que de les voir exécuter ; mais je penfe
en éviter l'abus, il convient de foumettre que leur pour
cution à des règles que des gens mal intentionnés exé- --- Page 545 ---
D E S GRA IN S.
franchiraux dépens des autres Membres
ne puifient
de la Société.
Je la confidére, cette fociété, comme propriéde TÉdit du mois de Juillet 1764,
taire, au moyen
des Grains avec
du droit de faire le Commerce
l'Étranger, & comme divifée en une grande quantité de membres de différens ordres, de différentes
claffes qui, tous , ont le même intérêt à la chofe;
mais dont la plupart ne peuvent jouir, , par euxmêmes, & font non-feulement privés du bénéfice
doitleur ren revenir, mais encore chargés de conqui
frais énormes
coûte la manutention.
tribuer aux
que
& les rendre
Or,je veux les décharger de ces frais,
participans du bénéfice.
Je propofe en conféquence :
de
Io. D'ordonner T'exécution de la Déclaration
de TEdit de 17648 de T'Arrêt & des Lettres1763,
le Commerce des
Patentes de 1774 concernant
Grains.
tous &c chacun des Sujets du Roi,
20. Delaifferà
de
indifingement, la liberté de ce Commerce ,
Ville à Ville,& de Province à Province,. dans tout
conformément à la Déclaration., à
le Royaume,
l'Arrêt & aux Lettres-Patentes.
à
de Commerce
3°. D'établir une Compagnie
l'exercice exclufif du droit
laquelle on attribuera
accordé par T'Édit, & qui, en conféquence, aura
Biij --- Page 546 ---
COM M E R C E
feule la faculté de faire fortirdes Bleds du
& d'en tirer de PEtranger.
Royaume,
4°.De prefcrire à cette
de cette faculté exclufive, Compagnie, pour prix
mière,
deux conditions ; la
d'acheter tous les Bleds-Fromens
preLaboureurs ou autres
que les
vendre, & de les
Propriétaires voudront lui
payer comptant : la feconde, de
vendre, à tous Particuliers qui voudront
d'elle, tous les Bleds - Fromens dont ils acheter
befoin, en les lui payant auffi
auront
aux prix qui feront
comptant; le tout
ci-après fixés,
3°. Cette Compagnie fera obligée d'établir des
greniers dans toutes les Villes ou il y a Cour Souveraine, Bailliage ou
diéion de même
Sénéchauffée,ou autre Jurifétablir
nature. Elle aura la faculté d'en
ericore en d'autres Villes ou
fi
Jejuge à
Bourgs, elle
propos. Cesgreniers, & qui feront fous
T'infpedion du Juge de Police & des
ordinaires en chaque lieu, feront deftinés Juges
toujours,
à conferver
néceffaire pour chaque canton, la quantité de Bled
à la confommation de fon
ment, & à les recevoir & les vendre arrondiffeété dit à T'article
2 comme il a
précédent.
60, La Compagnie fera aftreinte à
à ne vendre qu'au
n'acheter &
poids, fans qu'elle
mais, fous aucun prétexte,
puiffe jatrement,
açherer ni vendre au-
feront deftinés Juges
toujours,
à conferver
néceffaire pour chaque canton, la quantité de Bled
à la confommation de fon
ment, & à les recevoir & les vendre arrondiffeété dit à T'article
2 comme il a
précédent.
60, La Compagnie fera aftreinte à
à ne vendre qu'au
n'acheter &
poids, fans qu'elle
mais, fous aucun prétexte,
puiffe jatrement,
açherer ni vendre au- --- Page 547 ---
DES GRAI N S.
Les Cultivateurs, & tous autres Proprié70.
feront autorifés à
les Bleds
taires de Grains,
porter
fromens qu'ils n'auroient pas trouvé à vendre, foit
chez eux, foit aux marchés, & dont ils voudront
fe débarrafler, à tel defdits greniers qu'ils jugeront
à propos; ; & là, la Compagnie fera obligée derecevoir & faire payer fur le champ, ceux qui lui
feront ainfi apportés ; favoir: :
A Paris, à raifon de 6 liv. le quintal, , poids de
marc,de Bled pur froment.
Dans les Villes des environs de Paris, à dix lieues
à la ronde, & dans toutes les Villes ou ily a Cour
Souveraine, à raifon de 5 liv. IO fols le quintal.
Dans les environs defdites Villes, à fix lieues à
la ronde, raifon de 5 liv. 5 fols le quintal.
ailleurs indiftinêtement à raifon de
Et par-tout
livres le quintal, fans que la Compagnie puiffe
s'en 5 difpenfer, fous quelque prétéxte que ce foit,
lorfque les Bleds qu'on lui apportera feront nets -
fains,& fecs.
Je fufpends ici le cours de mon expofé, pour
l'attention du leéteur. Je le prie
ne pas fatiguer
entière à l'examen de chacune
de la donner toute
de ces conditions. Il y trouvera démontré, je
m'en flatte, que le Cultivateur fera bien affuré du
débit de fa récolte, ce qui conftate le premier des
B iv
,
lorfque les Bleds qu'on lui apportera feront nets -
fains,& fecs.
Je fufpends ici le cours de mon expofé, pour
l'attention du leéteur. Je le prie
ne pas fatiguer
entière à l'examen de chacune
de la donner toute
de ces conditions. Il y trouvera démontré, je
m'en flatte, que le Cultivateur fera bien affuré du
débit de fa récolte, ce qui conftate le premier des
B iv --- Page 548 ---
CoM M ERC E
avantages que j'ai annoncés. Je ne
à faire reconnoître auffi
tarderai pas
que les prix ci-deffus font
fuffifans; mais reprenons d'abord nos conditions.
80, La Compagnie fera autorifée,
de pefer les Bleds qu'on lui
avant que
apportera, à les faire
paffer au crible, en préfence du
porteur
propriétaire ou
5 pour ne s'approvifionner que de Bleds
purs & bien nets; à la charge, toutefois, de
mettre les déchets au
re9°. La
propriétaire quil'exigeroit.
détail
Compagnie fera tenue de revendre en
( toujours au poids) aux Boulangers & à
quiconque lui demandera des Bleds, fans
puiffe s'en difpenfer, fous aucun
qu'elle
payant, à raifon, favoir:
prétexte, en la
Dans la Ville de Paris, de 6liv.r2 fols
le quintal de Bled
6den.
pur froment.
Dans les Villes des environs de Paris, dix
à la ronde, & dans celles où
lieues
ily a Cour Souveraine, de 6 liv. 2 fols 6 den. le quintal.
Dans les environs defdites Villes, à fix
la ronde, de 5 liv. 17 fols 6 den. le
lieues a
Erp par-tout ailleurs,
quintal.
fols 6 den. le
indifinêement, de 5 liv. 12
quintal.
Sans qu'elle puiffe néanmoins être
vendre, ou
obligée de
d'acheter, en moindre quantiré qu'un
quintal à la fois.
Elle fera également tenue de faire crib
ler, en
defdites Villes, à fix
la ronde, de 5 liv. 17 fols 6 den. le
lieues a
Erp par-tout ailleurs,
quintal.
fols 6 den. le
indifinêement, de 5 liv. 12
quintal.
Sans qu'elle puiffe néanmoins être
vendre, ou
obligée de
d'acheter, en moindre quantiré qu'un
quintal à la fois.
Elle fera également tenue de faire crib
ler, en --- Page 549 ---
DES G R A I N S.
les Bleds qu'elle lui livrera.
préfence de T'acheteur,
le prix du Pain ne
Moyennant ces précautions,
des Marchands
dépendra plus., ni des manceuvres
ni de la
de Bled, ni de l'avidité des Boulangers,
des Officiers de Police. Il pourra
complaifance
être fixé, une fois pour toujours, par-tout.
de
La
à compter du jour
IO.
Compagnie,
ordonnera fon étaT'enregiftrement de T'Edit qui
bliffement, aura une année entière pour fe pourchez
voir de greniers, établir fes correfpondances
& s'approvifionner ; &, pendant cette
l'étranger
être contrainte à
première année, elle ne pourra
acheter ni à vendre.
la plus
II°. En laiffant à cette Compagnie
liberté dans T'exercice
grande & la plus paffaite
de l'exportation, à elle exclufivement
du privilège
l'ai dit à l'article III, on l'afaccordé, comme je
fujettira à prendre de fi juftes mefures pour T'ap-
& l'entretien de fes Magalins,
provifionnement foit toujours en état, en tout tems, de fourqu'elle
les Bleds qui lui feront demannir à tous venans,
doit
dés. Pour sûreté de cette obligation I , qui
tous fes établiffemens,
être de toute rigueur,
feront ipécialomagafins & approvilfionnemens,
ment &c folidairement affegtés. de refus, de la
12°. En cas d'impuiffance ou
de la Compagnie, de fournir les Bleds qu'on
part demandera dans lun de fes magalins, les deman-
qu'elle
les Bleds qui lui feront demannir à tous venans,
doit
dés. Pour sûreté de cette obligation I , qui
tous fes établiffemens,
être de toute rigueur,
feront ipécialomagafins & approvilfionnemens,
ment &c folidairement affegtés. de refus, de la
12°. En cas d'impuiffance ou
de la Compagnie, de fournir les Bleds qu'on
part demandera dans lun de fes magalins, les deman- --- Page 550 ---
Co M M E R C E
deurs refufés feront autorifés à s'en
tel Laboureur qu'ils
pourvoir chez
voudront, aux frais de la
Compagnie ; laquelle fera tenué de leur
bourfer le coût en entier, à
en remLaboureur l'ait porté, & fans quelque fomme que le
qu'ils auroient dà
compenfation de ce
payer au magafin.
Je m'arrête ici de
core au Ledeur,
nouveau, & je demande enqu'avant d'aller
fon attention à chacune
plus loin,il donne
J'ofe
des conditions ci-deffus.
efpérer qu'il y trouvera la fubfiftance des
ples bien affurée
peuJ'ai donc
par-t tout, & à un prix modéré,
pareillement juftifié le fecond des avantages que jai ofé promettre. Le troifième
d'aucune confidération
n'eft.
téreffe
TEtat
pourles particuliers; il n'inque
& la Compagnie;
faut auffi le leur affurer.
cependant il
13°. La Compagnie, pour la sûreté de fon
vilège exclufif, aura la faculté de faire
primême les Ports & les
garder elleautres forties du
avec le droit de faifir & de faire
Royaume,
profit la confifcation de
ordonner à fon
qui feroient
tous les Grains & Farines
nonobfiant exportés par qui que ce fit: & ce,
les permiflions particulières que l'exportant pourroir en avoir obtenues,
ront toujours, & en toutes
lefquelles fenulles & non avenues.
circonftances, réputées
14°, Enfin, la Compagnie, en vertu de l'Edit.
autres forties du
avec le droit de faifir & de faire
Royaume,
profit la confifcation de
ordonner à fon
qui feroient
tous les Grains & Farines
nonobfiant exportés par qui que ce fit: & ce,
les permiflions particulières que l'exportant pourroir en avoir obtenues,
ront toujours, & en toutes
lefquelles fenulles & non avenues.
circonftances, réputées
14°, Enfin, la Compagnie, en vertu de l'Edit. --- Page 551 ---
DES GRAI N S.
fera mife en poffeffion dans
de fon établiffement,
été ordonné d'avoir
les Villes où il lui aura
toutes
ailleurs où elle jugera à
des magalins, & par-tout
bâtis, ou
d'en établir, des emplacemens
propos
dont elle aura fait choix pour
propres à bâtir,
en en payant la
l'érabliffement de fes magafins,
entr'elle &
valeur, fur le pied qui en fera convenu
: &c à défaut de cette convention,
les propriétaires: fera arbitré
des Experts nomfur le pied qui en
par
des lieux ; &
més d'office, à cet effet, par le Juge
droits
feront affranchis de tous
lefdits emplacemens
Seigneuriaux relatifs à cette mutation.
Telles devroient être les principales difpofitions
ordonneroit l'exécution de la premièie
de la Loiqui
Avec elles, on fixeroit inpartie de mon projet.
failliblemert l'abondance des Bleds en France,8
l'on parviendroit à nous procurer, outre cet avanineftimable, tous les autres biens qui m'ont
tage
croire qu'il n'eit
paru devoir en réfulter. Orjofe
facilement
aucune de ces difpofitions, quine puiffe
s'adapter à nos moeurs. Je pourrois donc terminer
de mon Projet, &la confiici la première partie
érablie; mais elle fe
dérer comme fufifamment
& la matière eft a
trouve être la bafe du tout;
intéreffante & fi grave, les faux-pas y ont été f
fréquens, ils y font fi dangereux que je penfe
qu'il vaut mieux courir le rifque d'ennuyer quel-
aucune de ces difpofitions, quine puiffe
s'adapter à nos moeurs. Je pourrois donc terminer
de mon Projet, &la confiici la première partie
érablie; mais elle fe
dérer comme fufifamment
& la matière eft a
trouve être la bafe du tout;
intéreffante & fi grave, les faux-pas y ont été f
fréquens, ils y font fi dangereux que je penfe
qu'il vaut mieux courir le rifque d'ennuyer quel- --- Page 552 ---
CoM M E RC - E
ques-uns de mes Legeurs, , que de laiffer
defirer d'd'autres.
trop a
Je vais donc entrer, d'abord, en quelques détails
pour la juftification de mes idées,
répondrai aux objeétions
après quoi je
que j'ai prévues.
qu'on m'a déjà faites, ou
même celles
Heureux fi je puis réfoudre de
follicite
qu'on pourra me faire encore : je les
comme un bienfait. Si elles font
cibles , j'aurai le courage d'avouer
invaintrompé; & ne
que je me fuis
d'avoir
pouvant, dans ce cas, me
donné à ma Patrie un confeil
glorifier
reftera du moins la confolation
utile, il me
des intentions
de n'avoir eu que
pures, & de ne m'être
le bien public.
propofé que
DETAILS
Ce même bien public fut, fans contredit,
jet du Gouvernement,
l'obde
lorfqu'il accorda la liberté
T'exportation. Il
n'envifagea cette liberté
comme un encouragement à la culture.
que
nant qu'il eft prouvé, par le fait,
les Maintede
que
peuples
prefque toutes les Villes du
ont
du trop long effai
Royaume
reçu,
qu'on en a fait, un préjudice
très-notables que la plupart même des
ont eu moins à s'en
cultivateurs
louer, qu'à s'en plaindre; &
que tout Favantage,sil en réfulte
au
quelqu'un, refte
Commerçant, il eft permis de penfer que cette --- Page 553 ---
DES GR A I N S.
conceflion, faite, fans les précautions
en empêcher l'abus, fut une
qui pouvoient
de defirer
erreur; il eft permis
que cette erreur ceffe, & avec
les maux dont elle eft la fource.
elle tous
Je ne m'arrêterai point à réfuter ici les vains
fophifmes de ces fpéculateurs hardis, dont les idées
admirables, fi l'on veut, fur le
après T'expérience
papier, ne laiffent
que le regret de les
en pratique.
avoir mis
les faits, ,les J'argumente parl les faits, & contre
raifonnemens doivent échouer.
cirerai d'autre
Je ne
de
exemple que celui d'un canton
mon pays natal,
voilin
commun à toutes les parce que cet exemple eft
la même: &
contrées dont la polition eft
trées
je dirai, que toutes celles de ces corqui fe trouveront dégarnies de Bled, foit
parce qu'elles auront éprouvé une mauvaife
colte, foit parce que le Commerce
rétiré, feront néceffairement
en aura ttop
mifère.
réduites à une longue
Quand les partifans du
d'une
berté fans
fyftême
liprécautions,auront fuffifamment
fur cette vérité, peut-être feront-ils
réfléchi
a le foutenir. Je les eftime aflez, moins ardens
du
me le perfuader.
moins, pour
Voici le fait. En 1768 & 1769 le
enleva de nos contrées, une forte
Commerce
des précédentes récoltes.
partie du Bled
Le befoin & le bon
avoient engagé nos Laboureurs à vendre,
prix
plus que
liprécautions,auront fuffifamment
fur cette vérité, peut-être feront-ils
réfléchi
a le foutenir. Je les eftime aflez, moins ardens
du
me le perfuader.
moins, pour
Voici le fait. En 1768 & 1769 le
enleva de nos contrées, une forte
Commerce
des précédentes récoltes.
partie du Bled
Le befoin & le bon
avoient engagé nos Laboureurs à vendre,
prix
plus que --- Page 554 ---
Co M AM E R d E
la prudence n'auroit dà leur permettre. La meils
leure partie, ou même la totalité du
de
cette vente, ils l'avoient employée à produit
anciens fermages & leurs
payer leurs
de
impofitions. La récolte
1769 trompa leurs elpérances, & dès
ils
fe trouvèrent, pour la plupart, arrièrés 1770, de leurs
fermages envers les propriétaires, de leurs
fitions envers le Roi, fans Pain
impoGrains pour faire leurs femailles, pour vivre, fans
& hors d'état de
payer les domeftiques ou les journaliers dont ils
ayoient befoin pourfaçonner leurs terres : de-là,la
néceffité de vendre leurs beftiaux,
de donner aux terres la culture & les T'impofmibilité
venables, &
engrais conconféquemment la privation de toute
fertilité dans les récoltes. Ceux même de
Laboureurs qui fe trouvèrent avoir affaire à nos des
propriétaires affez aifés & affez
obtenir crédit &cides
fages, pour en
avances (& ce fut
le très- petit nombre ), n'ont
affurément
pas été, pour cela,
beaucoup plus heureux, parce que les Grains qu'ils
furent obligés d'acheter pour femer &
leur ayant coûté fort cher, les récoltes pour vivre,
n'ont pu rétablir leur aifance; & la contrée fubféquentes s'en ef
refifentied'autant plus long-tems, quelesjoumaliens,
qui ne trouvoient plus à y gagner leur vie, , ont été
la chercher & mendier, ou s'établir ailleurs.
Qui n'en concluera, avec moi, qu'une liberté
, parce que les Grains qu'ils
furent obligés d'acheter pour femer &
leur ayant coûté fort cher, les récoltes pour vivre,
n'ont pu rétablir leur aifance; & la contrée fubféquentes s'en ef
refifentied'autant plus long-tems, quelesjoumaliens,
qui ne trouvoient plus à y gagner leur vie, , ont été
la chercher & mendier, ou s'établir ailleurs.
Qui n'en concluera, avec moi, qu'une liberté --- Page 555 ---
DES G R AIN S.
fans frein, quelqu'avantageufe
3t
pofer pour les
qu'on puiffe la fupgros Cultivateurs voifins des
Villes, fera toujours
grandes
boureurs, fur-tout à préjudiciable aux petits Lades rivières
ceux qui fe trouvent éloignés
navigables, & qui n'ont
de conferver d'une année
pas le moyen
fait que c'eft le
pour l'autre ? Et qui ne
grand nombre ?
En effet, foit que le Cultivateur
merce, foit que le Commerce
porte au Comle Cultivateur, il faut
aille prendre chez
que le coût du
prélevé fur la denrée; &
tranfport foit
charge du
ce coût eft toujours à la
achetant. Cultivateur, 2 en vendant, comme en
Ainfi donc, lorique dans la Ville
Commerce la plus voifine de
de
le Bled vaudra 18 liv. le fetier, chaque Laboureur,
6 liv.
s'il lui en coûte
pour Ty faire
ne
fera plus,
tranfporter,le produit du fetier
&
pour lui,que de I2 livres
quand, au lieu d'en avoir à
effedifs:
même obligé d'en
vendre, il fera luireviendra à
acheter, ce même fetier lui
24 liv., parce qu'outre le
chand, il aura encore à
prix martranfport chez lui.
fupporter les frais du
On conçoit fans peine que la
peut que fouffrir confidérablement reprodudion ne
qui
d'un fyftême
expofeleLaboureur à
un : & comme la France donner, ainfi, deux pour
a encore plus de cultures
à15,20&0 lieues desrivières
navigables, qu'à la
endra à
acheter, ce même fetier lui
24 liv., parce qu'outre le
chand, il aura encore à
prix martranfport chez lui.
fupporter les frais du
On conçoit fans peine que la
peut que fouffrir confidérablement reprodudion ne
qui
d'un fyftême
expofeleLaboureur à
un : & comme la France donner, ainfi, deux pour
a encore plus de cultures
à15,20&0 lieues desrivières
navigables, qu'à la --- Page 556 ---
Cox M E R C E
proximité de ces rivières; comme
trées où le
elle a des con
lement de tranfport des Grains, à 20 lieues feudiftance, feroitplus
à Paris, celui des Bleds de
coûteux que nel'eft,
non-feulément
Barbarie, il importe dond
l'Etat
pour ces contrées,mais même
en général, de trouver un
pour
fans le priver du bénéfice
expédient qui,
l'excédent de fa
que doit lui procurer
produéion, concentre dans
que lieu, la quantité de Bled
chaconfommation des
néceffaire, foit à la
habitans, foita
des terres, un expédient
l'enfemencement
qui ne charge des frais de
tranfport que la portion de ces Bleds
doit
livrée au Commerce;
qui
être
fuperflu.
c'eft-a-dire, feulement le
Or cet expédient f défirable, il me femble
l'aura trouvé, quand On aura établi dans
qu'on
Villes principales de
toutes les
où le Laboureur
chaque contrée, des magafins
pouvoir
fera toujours sûr de vendre & de
magafins acheter, d-peu-près au même prix ; des
qui feront une reffource
les inconvéniens de la
égale, & contre
malheurs de la ftérilité. furabondance, & contre les
Il eft évident qu'alors, le
dela certitude
Laboureur, au moyen
qu'il aura de trouver de fon
le
prix auquel la Loi l'aura
Bled,
que du foin de fertilifer fixé, ne fera plus occupé
plus abondante
fa terre, , pour en tirer la
produgtion poflible, La peine que
prend
les inconvéniens de la
égale, & contre
malheurs de la ftérilité. furabondance, & contre les
Il eft évident qu'alors, le
dela certitude
Laboureur, au moyen
qu'il aura de trouver de fon
le
prix auquel la Loi l'aura
Bled,
que du foin de fertilifer fixé, ne fera plus occupé
plus abondante
fa terre, , pour en tirer la
produgtion poflible, La peine que
prend --- Page 557 ---
D'ES GRA I N S.
peend,atijounfhai.leg gros Cultivateur,à à emmagafiner fes Grains, à les conferver une on même pluen obtenir une vente plus lucrafieurs années, pour
faire
tive; fa coupable attention à les cacher, pour
préfumer la difette, lors même que l'abondance
fubfifte encore; fa perfide précaution de n'enfede fes terres, de les deffaimencer qu'une partie
ionner, ou même d'en négliger la culture, pour
peuples par Ha médiocrité de la récolte,
tromperles
le prix des anciens
&c augmenter en conféquence
de foins
Bleds qu'il tient en réferve, font autant
& de crimes qu'on lui épargnera. Ces monopoles
tout propriétaire de Bled aura
cefferont, parce que intérêt contraire. Car, encore
néceffairement un
une fois, le prix du Bled étant incommutablement
de l'abondance ou de la ftérifixé & indépendant
intérêt du Cultivateur
lité des moiffons, T'unique
à la plus
fera,d'en porter toujours la produgion
les
&c de s'épargner, en
grande quantité pollible, les frais de garde & de
vendant promptement,
& qui
déchet, dont les Grains font fufceptibles,
lui.
tomberoient en pure perte pour
au
viens de dire eft commun
Tout ce que je
Cultivateur fermier.
Cultivateur propriétaire & au
à celui-ci, qu'en renouvelJ'ajoure, 2 par rapport
d'un autre, il
lant fon bail, ou en fe chargeant
lui fuffira de confidérer le nombre d'arpens qu'il
C
de garde & de
vendant promptement,
& qui
déchet, dont les Grains font fufceptibles,
lui.
tomberoient en pure perte pour
au
viens de dire eft commun
Tout ce que je
Cultivateur fermier.
Cultivateur propriétaire & au
à celui-ci, qu'en renouvelJ'ajoure, 2 par rapport
d'un autre, il
lant fon bail, ou en fe chargeant
lui fuffira de confidérer le nombre d'arpens qu'il
C --- Page 558 ---
COM M ERCE
aura à faire valoir, la nature du
fol,& la récolte
gu'il pourra efpérer de faire fur
une année
chaque arpent,
portant T'autre, Il fera fon prix en
conféquence, & il ne pourra faire un mauvais
marché, qu'aurant qu'il feroit mauvais
fur la poflibilité de la
fpéculateur
Cultivateur
produdion, ou mauvais
: car tant que la terre
aura
mée produira la
qu'il
afferbénéfice fera
quantité qu'il aura prévu, fon
certain, & l'abondance de fes
ne fera plus, pour lui, un motif de
greniers
découragement.
A T'égard du propriétaire qui ne récolte pas luimême, ces obfervations lui feront auffi faciles
non moins utiles qu'au fermier; il eft certain &
y. trouvera également fon
qu'il
qu'ilp
avantage, tant en ce
pourra toujours affermer fes terres felon leur
véritable valeur, qu'en ce qu'il fera
la rentrée de fes
plus sûr de
fermages, & qu'il ne
jamais le Pain, au-delà du prix fur le
payera
il aura donné fon bail.
pied duquel
J'avoue que les terres ne feront plus
d'une augmentation auffi
fulceptibles
qu'elles
confidérable, que celles
éprouvérent, dans le temsou la liberté de
l'exportation parut être le fyftème du Gouvernement; mais cette augmentation ne pouvoit durer
qu'autant que Pillufion qui l'avoit produite, & la
plupart des fermiers Ont fini par en être les
En effetyaulli-tôt après la publication de PÉdit dupes. de
oue que les terres ne feront plus
d'une augmentation auffi
fulceptibles
qu'elles
confidérable, que celles
éprouvérent, dans le temsou la liberté de
l'exportation parut être le fyftème du Gouvernement; mais cette augmentation ne pouvoit durer
qu'autant que Pillufion qui l'avoit produite, & la
plupart des fermiers Ont fini par en être les
En effetyaulli-tôt après la publication de PÉdit dupes. de --- Page 559 ---
D E'S G RA I 2 N S.
de faire des magafins, les
T764, chacun s'emprefla
liberté du Commerce
Négocians pour profiter dela
s'affurer
& les Particuliers pour
avec lÉtranger,
du
fubfiftance. A cet empteffement
leur propre
le prix des
Public, dont le concours augmenta
diminution dans la produdion
grains,(e joignit une
récoltes, quifoutint cette première augde plufieurs
furvint en Pologne intermentation. La guerre qui
des
de ce
la récolte & le débouché
grains
cepta Royaume : & les autres parties de TEurope-qui
de Vapprovifionner des Bleds
étoient dans T'ufage
D'ailleurs,
de Pologne, eurent recours aux nôtres.
Bleds cachés & mal foignés,
beaucoup de nos
font gatés,
dans les greniers de nos Commerçans, s'y Toutes ces
ce qui en diminua encorela quantité. foutinrent nos
caufes extraordinaires portèrent &
& nos Laboureurs , peu au
Bleds à un très-hautprixs
firent pas atfait des fpéculations de Commerce,ne
ce haut prix ne pourroit fe foutenir,
tention que les troubles de la Pologne & l'intemqu'autant que
à contrarier la pro
périe des faifons continueroient
le préfent ; ils fe
dugion;ilsj sjugérent rdelavenir par
même que le prix des Bleds augmenperfuadèrent & ils prirent leurs baux fur un pied
teroit encore, L'effet n'a d'abord que trop fecondé
très-haut.
mais le retour de l'abondance les
leurs efpérances ;
de la félicité publique
& le principe
a détrompés,
Cij
la pro
périe des faifons continueroient
le préfent ; ils fe
dugion;ilsj sjugérent rdelavenir par
même que le prix des Bleds augmenperfuadèrent & ils prirent leurs baux fur un pied
teroit encore, L'effet n'a d'abord que trop fecondé
très-haut.
mais le retour de l'abondance les
leurs efpérances ;
de la félicité publique
& le principe
a détrompés,
Cij --- Page 560 ---
Co M M ERCE E
eft devenu 9 pour plufieurs celui, de leur
Car prenez garde que T'abondance des
ruine.
abfolument inconciliable
denrées eft
avec le
qu'il - faut
prix des terres, &c
néceflirement, ou que ce prix foit
tamment modéré, ou que le Laboureur ait confminable précaution d'arrêter le
l'aboduéion,
progrès de la
2 parce qu'autrement il feroit
provendre fes grains à un taux inférieur obligé de
auroit fervi de bafe au prix de fon
à celui qui
quemment il feroit bientôt ruiné. bail, & conféjuger s'il eft de la faine
Or,je laiffe à
lité des
politique de mettre la fertiterres 2 en compromis 2 avec l'intérêt du
Cultivateur.
Remarquez au furplus que les biens-fonds
peuvent jamais être déplacés, ni vendus à PEtran- ne
ger. Or, dès qu'il ne peuvent être
main des regnicoles,il eft
que dans la
foient affermés fur un
indifférentà T'Etat qu'ils
pied plus ou moins haur; le
feulinnéerde'Esnt, c'eftqu'ils foient mis en valeur.
Ajoutons queleprix des fermages eftle
tre decelui des denrées & matières
termomé
prix du Bled,én particulier, influe premièresquele fur celui
main-d'ceuvre: : le prix de la main-d'ouvre de la
des produéions
fur celui
desManufa@ures; & commeil nous
importe de vendre, 2 à PBtranger, la
quantité poflible des
plus grande
produgions de nos Manufaczures, parce que dans cette vente, 2 nous lui faifons
des fermages eftle
tre decelui des denrées & matières
termomé
prix du Bled,én particulier, influe premièresquele fur celui
main-d'ceuvre: : le prix de la main-d'ouvre de la
des produéions
fur celui
desManufa@ures; & commeil nous
importe de vendre, 2 à PBtranger, la
quantité poflible des
plus grande
produgions de nos Manufaczures, parce que dans cette vente, 2 nous lui faifons --- Page 561 ---
D'ES G R AIN S.
indnftrie, matières premières & main-d'ceupayer
efpérer de lui en
vre; ; comme nous ne pouvons nous les lui fourvendre beaucoup, qu'autant que même à meilleur
nirons à aufli bon compte, ou
furhaufTeque nos concurrens, & que tout
compte,
fait néceffairement tomber
ment dans nos prix,
le bien de "Etat exige
notre Commerce extérieur,1
foit entretenu fur
donc, quele loyer de nos terres
un taux moderé.
Mais ces vérités qui, au premier coup-d'ail
n'intéreffer que TEtat & le Fabriquant,
femblent
touchantes au Propriétaire
paroitront peut-être peu
dans la
particulier, qui n'auroit) encore apperçu
des Grains, que l'augmenliberté de Texportation
des baux de fes terres.
tation furvenue aux prix
perfonnel &c"
11 faut donc lui parler un langage plus
conféquemment plus perfuafit.
Écoutez, hommes avides, qui dans les fyitêmes
politique, n'eftimez que ce qui
de Tadminifration
contribuer
tend à votre bien-être, que ce qui peut
raià groflir votre fortune ; qui que vous foyez,
moi. N'eft-il pas évidentque, dès que
fonnez avec
celui du Bled
ie prix de vOS fermages augmentera, feulement le
pareillement t, & non-
'augmentera
encore celui des beftiaux que vos
prixdu Bled,maise
& de toutes les autres denFermiers engraiffent, à vos terres ? S'ilen étoit
rées qu'ils font produire
Cij
, que ce qui peut
raià groflir votre fortune ; qui que vous foyez,
moi. N'eft-il pas évidentque, dès que
fonnez avec
celui du Bled
ie prix de vOS fermages augmentera, feulement le
pareillement t, & non-
'augmentera
encore celui des beftiaux que vos
prixdu Bled,maise
& de toutes les autres denFermiers engraiffent, à vos terres ? S'ilen étoit
rées qu'ils font produire
Cij --- Page 562 ---
Co M M E R C E
autrement, votre fermier feroit
ne pouvant foutenir fon
bientôt ruiné, &
bail, il vous
revenus. Orle prix du Bled
laifferoit fans
que le prix du pain
ne peut augmenter
n'augmente en
prix des boeufs, des moutons & des proportion : le
qui fe font fur vOs terres ne
autres engrais
le prix de la viande
peut augmenter, que
n'augmente
toutes ces chofes, néceffaires aufh,&le prix de
à la vie 2 ne
augmenter, quele coût de la
peut
mente
main-d'aeuvre n'augpareillement : autrement le
Bourcher, TArtifte, le Manufagurier Boulanger, le
tout Commerce & tout travail. Donc il cefferoient
coûtera davantage
vous en
habits,
pour votre table 2 pour vOS
pour ceux de vOS
en un mot pourtout ce qui gens, fe
pour vOS meubles,
ménage. Jedis plus,
confomme dans votre
& toutes les autres .l'entretien,lay paie du foldat,
dépenfes de l'État
ront aufli ; donc il fera indifpenfable augmenteles impôts, auxquels vous êtes tenus de d'augmenter
Donc avec plus de revenu vous
contribuer.
riche, & pcut-être le ferez-vous ne ferez pas plus
êtes raifonnables,
moins? Sivous
n'aimerez-vous
des revenus un
pas mieux avoir
peu plus bornés, mais
trée fera certaine & fans
dont la rende plus forts, dont la rentrée déduétion 1, que d'en avoir
quid'ailleurs feroient
feroit douteufe, &
& des dépenfes,
abforbés par des prélèvemens
dont T'augmentation progrellive,
& pcut-être le ferez-vous ne ferez pas plus
êtes raifonnables,
moins? Sivous
n'aimerez-vous
des revenus un
pas mieux avoir
peu plus bornés, mais
trée fera certaine & fans
dont la rende plus forts, dont la rentrée déduétion 1, que d'en avoir
quid'ailleurs feroient
feroit douteufe, &
& des dépenfes,
abforbés par des prélèvemens
dont T'augmentation progrellive, --- Page 563 ---
D ES GR AI 2 N S.
de calculer le montant
ne vous permettroit jamais
avec certitude.
vaine & fubtile méthaCes réfexions , qu'une
jufqu'ici,
phyfique, ne nous a que trop. mafquées
monde; elles s'appliquent
font àl la portée de toutle
le Merceà tous les états de la vie civile, depuis dirai plus,
naire jufqu'au plus grand Seigneurije -
n'a
de TEtat lui-même 7 puifqu'il
jufqu'au corps
la proporbefoin d'augmenter fes revenus, quedams
que reçoivent fes dépenfes.
tion de l'accroiffement
LeSeurs de les faires
Je prie donc chacun de mes
& de les pefer mûrement.
J'obferve en outre que - 2 d'après le prix que
Partie de mon
jaffure au Bled,dans cette première
dans la
projet, & Téxemption que je propoferai revenu bien
biens-fonds donneront un
feconde, 2 les
rendoient avant 1765:parce
fupérieur à celui qu'ils
ni taille, ni capitaque le fermier qui n'aura plus d'autant le prix de
tion à payer, en augmentera d'autant
fort
fon bail : & le produit en fera
plus entier &
Propriétaire, quille recevra tout
pourle
des Vingtièmes & des autres Impofans dédugtion
à fa charge.
fitions qui fontaujourd'hnui donc &c fe retourne,
Que le fpéculateur s'agite cercle de fesidées polititant qu'il voudra, dans le
mieux dans cette
ques ; il ne trouvera rien de
&c qui affure le
matière qu'un fyftême qui séunit,
Civ
fon bail : & le produit en fera
plus entier &
Propriétaire, quille recevra tout
pourle
des Vingtièmes & des autres Impofans dédugtion
à fa charge.
fitions qui fontaujourd'hnui donc &c fe retourne,
Que le fpéculateur s'agite cercle de fesidées polititant qu'il voudra, dans le
mieux dans cette
ques ; il ne trouvera rien de
&c qui affure le
matière qu'un fyftême qui séunit,
Civ --- Page 564 ---
Co M M E R C E
triple avantage de procurer au
de fes grains à un bon
Culivateur le débit
pour
prix; de régler une
toutes, 2 le prix du pain à un taux
fois
aux facultés du malheureux
proportionné
verà toujours la France du ouvrier; & de préferdifette.
redoutable fléau de la
Ainfi en rétabliffant
meroit les forces de PEtat par-tout Tailance, on ranimal qui femble
: on remédiroit à un
population
préfager fa ruine. Je parle de la
dans
qui s'éteint de jour en
les
jour, & fur-tour
objets intéreflans campagnes. J'ofe croire que tous ces
de mon projer. feroient remplis par l'exécution
Remarquez au furplus que, dans les vues de
projet, perfonne n'étant obligé de vendre ce
Compagnie que quand il le jugera à
à la
Commerce des Grains devant fe
propos, &le
Tintérieur du
faire, dans tout
d'aucune
Royaume, fans gênes & fans entraves
efpèce, 2 chacun pourra toujours
vifionner ou bonlui femblera.chezle
s'approouau marché, où prendre fa
Culsivareur,
tement fur la
confommation direcproduéion de fes
tenu de la faire paffer
terres, fans être
parl les magalins de la
pagnie, 2 à laquelle, je le
Comne point vendre du
répéte, on fera libre de
tout, 2 ou de ne vendre
fon
fuperflu.
que
Ces Magalins, comme jeTai
dit,ne feront donc
femblera.chezle
s'approouau marché, où prendre fa
Culsivareur,
tement fur la
confommation direcproduéion de fes
tenu de la faire paffer
terres, fans être
parl les magalins de la
pagnie, 2 à laquelle, je le
Comne point vendre du
répéte, on fera libre de
tout, 2 ou de ne vendre
fon
fuperflu.
que
Ces Magalins, comme jeTai
dit,ne feront donc --- Page 565 ---
DES GRAIN N S.
des greniers de reffource 2 qui
proprement que Culivateur la furcharge de fes
épargneront au
affureront
Bleds, dans les années abondantes ; qui ftériles;
fubfiftance des Peuples, dans les années
la
éprouver, en aucune con-
& qui ne laifferontjamais
ni cherté.
trée de la France ni difette,
Concevez encore que cette Compagnie,chargée
la fubfiftance des Peuples dans toute
de garantir
fera faire toujours à tems
l'étendue du Royaume, fe trouver nulle part au dé-
& par-tout 1 pour ne
abondantes
les verfemens des Provinces
pourvu,
qu'elle aura
dans celles où la denrée manqueroit; Bleds hors du
de n'exporter des
la fage précaution
&
dans les cas d'abondance, qu'aRoyaume, que
chacun de fes magalins
près s'être bien affurée, que
de fon.
eft en état de fournir à la confommation
arrondiffement.
mauvaifes anDansle cas d'une ou de plufieurs
des
nées, commela Compagnie aura néceffairement
& des Agens dans tous les pays
Correfpondances France
tirer des Bleds, elle aura toute
d'ou la
peut
de manière à n'en laiffer
facilité d'en faire venir,
nele
jamais manquer. Or,n'en manquer jamais,
jamais cher; exporter toujours fon fuperflu 1; 4
payer
à
de fes
le faire payer à TEtranger
proportion flatteurs,
beloins, font quatre points de vue affez
faire defirer Texécution du projet
je: crois 2 pour
qui les réunit.
pondances France
tirer des Bleds, elle aura toute
d'ou la
peut
de manière à n'en laiffer
facilité d'en faire venir,
nele
jamais manquer. Or,n'en manquer jamais,
jamais cher; exporter toujours fon fuperflu 1; 4
payer
à
de fes
le faire payer à TEtranger
proportion flatteurs,
beloins, font quatre points de vue affez
faire defirer Texécution du projet
je: crois 2 pour
qui les réunit. --- Page 566 ---
Co M M E -a RCE
Et quand cette exécution fera tellement
à l'intérêt de ceux qui en feront
liée
pourront la négliger dans
chargés, qu'ils ne
fans
aucune de fes parties,
compromettre abfolument leur fortune, , On
aura, fans doute, affuré tous ces divers
par un moyen efficace. Je dis plus, avantages le
moyen efficace: car loin que la liberté de par
feul
tation, 2 foit
T'exporreftreinte, 9 foit
entre les mains des
indéfinie, put produire,
elle laifleroit
Commerçans, 2 les mêmes effets,
toujours aux Peuples de juftes inquic.
swda/firleuriabifance, & fur le prix de cette fubfiftance. Dans plufieurs de nos contrées, elle
leur feroit
la
payer plus cher, quelEtranger ne
Toit celle qu'il fe procureroit de nos
paie-
& d'ailleurs, quoi
propres Bleds;
qu'en puiffent dire les
de cette liberté, elle n'auroit
partifans
tirer de T'Etranger, la vraie jamais l'avantage de
valeur de nos Grains.
Par-tour ou notre Commerce les
concurrence en feroit néceffairement porteroit, la
prix.
tomber le
Nous venons de voir quel a été &
devoit
être l'effet de cette liberté dans
quel
toutes les
gnes éloignées des rivières
Campament aux journaliers & à tous navigables, relativeceux des Laboureurs
qui n'ont pas le moyen de conferver des
de Bled. Examinons maintenant
provifions
duit par
ce qu'elle a prorapport aux confommateurs en général,
concurrence en feroit néceffairement porteroit, la
prix.
tomber le
Nous venons de voir quel a été &
devoit
être l'effet de cette liberté dans
quel
toutes les
gnes éloignées des rivières
Campament aux journaliers & à tous navigables, relativeceux des Laboureurs
qui n'ont pas le moyen de conferver des
de Bled. Examinons maintenant
provifions
duit par
ce qu'elle a prorapport aux confommateurs en général, --- Page 567 ---
DE S GR A I N S.
dontjaiparlé plus haut, & quia pour
L'Ouvrage
préfente luiaux Magifrats,
titre, Repréfensations
lefquels il eft facile
même des calculs 7 d'après
d'apprécier cet effet.
que Texréfulte de ces états, dit PAureur,
< Il
faite de Timportation 2 a
55 portation 5 dédusion
mille
en
de fix à fept cent
feptiers:
été en 1765
cent mille; en 1767,
55 1766, de quatre à cinq
de deux
à fix cent mille, & en 1768,
55 de cinq'a
dit-il encore,
cent mille, en fuivant,
55 à trois
nous avons faite ;
que
55 la fuppolition exagérée continue-t-il, il n'eft pas
$> ainfi en quatre années,
deux mildu Royaume,
$5 forti, à beaucoup près,
>> lons de fetiers de grain (n).
états, ni la
contefte ni la fidélité de ces
Je ne
j'en tire d'autres conféquenjufteffe du réfultat,mais intéreffant de mettre fous les yeux
ces que je crois
bientôt les développer.
du Légeur, & je vais
Auteur
Je conviens encore avec le même
que
de deux millions de fetiers de grains,
5 cette vente
millions en argent
55 aura valu à T'État cinquante dis 1°. que ces
55 à 25 liv, le fetier (o); mais je retournés à TÉmillions en argent font
cinquante Timportation des Bleds que nous avons
tranger par
Repréfentations auxN Magiftrats 7 page 230.
(n)1
(e) Ibid,page 234 --- Page 568 ---
Co M M E R C E
tirés de lui, depuis 1768,
produit de
d'ou je conclus que le
d'hui
l'exportation doit être
comme nul.
confidéré aujourJe dis, en fecond lieu,
argent à TÉtat, foit qu'il foit que pour procurer cet
qu'il foit retourné d'ou
refté en
acheter
il étoit
France,foit
aux Peuples fur le
venu, On l'a fait
pour un, parl
pied de plus de cent
au
prix de la Taugmencation denrée
donnée
dans
mal-a-propos
je vais le prouver.
T'intérieur. Je le dis &
Mon calcul à cet
mais il eft néceffaire égard fera fans doute effrayant;
yeux aux aveugles pour faire, enfin, ouvrir les
Mon calcul, au furplus, partifans de ce funefte fylême.
fant même la
fera certain,en ne
millions
population du
fuppod'Étres humains
Royaume,
plus foible
: & c'ef la
qu'a/eige
que nos
fuputation la
encore admife (r). Spéculateurs politiques aient
Ilef confiant
l'un
que chaque homme
portant Tautre, deux fetiers
confomme,
par an.
& demi de Bled
Or feize millions,
forment un total de multiplics par deux & demi,
40 millions.
(:) Nota. La Gazette du
population du
14 Septembre
M.
Royaume à 22 millions
1772, porte la
Necker, dans fon
14 mille
du Commerce des
favant Traité de la 357 âmes,
Grains, la fait monter à 24 Légillation millions, &
Ilef confiant
l'un
que chaque homme
portant Tautre, deux fetiers
confomme,
par an.
& demi de Bled
Or feize millions,
forment un total de multiplics par deux & demi,
40 millions.
(:) Nota. La Gazette du
population du
14 Septembre
M.
Royaume à 22 millions
1772, porte la
Necker, dans fon
14 mille
du Commerce des
favant Traité de la 357 âmes,
Grains, la fait monter à 24 Légillation millions, & --- Page 569 ---
DES G RAIN S.
La confommation des Bleds, dans le Royaume,
monte donc chaque année à 40 millions de fetiers:
ni ce qu'en conEnce, non comprisles femailles,
fomment les charençons, les rats, les fouris, les
oifeaux, les chiens & autres animaux domeftiques,
ni ce qui fe perd & fe pourrit dans les greniers.
Or depuis le premier Janvier 1765, époque de
T'exportation des Grains,jufqu'à pareil jour de l'année 1777,époque oule prix des Grains a commencé
à baifler, il s'eft écoulé douze années, lefquelles, à
raifon de 40 millions de fetiers chacune, donnent
un total de 480 millions de fetiers.
Ileft de fait, qu'en 1764 & précédemment, depuis plufieurs années , le prix commun du Bled n'étoit en France que de 12 liv. le fetier, au plus.
Il eft également certain que, depuis 1765 jufqu'en 1777,ilsy eft vendu, prix commun, plus
de 24 liv. le fetier. On l'a même payé, dans
plufieurs de nos contrées 2 40 41, & jufques à
42 liv. le ferier, dans le tems où nos Commerçans
le livroientaux étrangers, à raifon de 25 liv., ainfi
qu'on vient de le voir par T'expofé de l'Auteur des
repréfentations aux Magifirats, qui certainement ne
être fufpe& aux partifans de la liberté; mais,
peut
de notre
commun, il ena
en ne partant que
prix
fetier
donc coûté aux peuples plus de 12 liv. par
leur fubliftance, au-delà de ce qu'elle leur
pour
le livroientaux étrangers, à raifon de 25 liv., ainfi
qu'on vient de le voir par T'expofé de l'Auteur des
repréfentations aux Magifirats, qui certainement ne
être fufpe& aux partifans de la liberté; mais,
peut
de notre
commun, il ena
en ne partant que
prix
fetier
donc coûté aux peuples plus de 12 liv. par
leur fubliftance, au-delà de ce qu'elle leur
pour --- Page 570 ---
Co M M ERCE E
coûtoit avant que T'exportation eût été
Or, en multipliant les 480 millions permife. de
confommés,
fetiers
par ces 12 liv. payés de plus, on
vera au total une furcharge de cing
troucentfoixante millions
milliands,jpe
de livres en argent, en
perte pour la mafle des Citoyens ,.qui n'étoient pure
marchands de Bled
pas
Cette furcharge vous effraie; mais attendez &
allez voir qu'elle n'eft pas le feul malheur
vous
cafionné ce funefte fyftême;
qu'ait OCnéfices
car, fans parler des béconfidérables dont il nous a
tant le débit des
privés 2 en arrêouvragesd de nos Manufagtures; fans
parler du nombre des pauvres qu'il a fait périr,oude
faim, ou par les maladies qu'entrainent, àleur
le befoin & la mauvaife nourriture,
fuite,
,il a
nos Campagnes d'hommes, &
dépeuplé
très-utilement
dechevaux, avant lui
employés à la culture, &
tant
gu'il a eu lieu, Ont été mendier dans les qui,
ou occupés fur les chemins à fervir le
Villes,
je veux dire, à faire faire aux Grains des monopole;
mouve-
(1) En fuivant la fupputation de P'Auteur des
tions fir le Commerce des Grains, la furcharge feroit Oéfervade HUIT MILLIARDS,
de plus
Elle feroit plus forte encore fil'on fuivoit la
du Gazetier, fur la
fuppoltion
fuivoit
population, 3 & beaucoup plus fi l'on
celle de M. Necker, mais je penfe qu'on ne fauroie
caver trop au foible, quand on calcule fes malheurs.
;
mouve-
(1) En fuivant la fupputation de P'Auteur des
tions fir le Commerce des Grains, la furcharge feroit Oéfervade HUIT MILLIARDS,
de plus
Elle feroit plus forte encore fil'on fuivoit la
du Gazetier, fur la
fuppoltion
fuivoit
population, 3 & beaucoup plus fi l'on
celle de M. Necker, mais je penfe qu'on ne fauroie
caver trop au foible, quand on calcule fes malheurs. --- Page 571 ---
DES GR AI N S.
n'avoient d'autre objet que d'en augmenmens qui
du Commesganti qui ils apparter le prix,au profit défaut de bras dans les Camtenoient. De-là, le
dans les terres, &
pagnes, de culture & d'engrais de-là,la néceffité
d'abondance dans les récoltes;
de faire paffer de T'argent à l'étranger, pour dû en lui
tirerdes Bleds, dans le tems où nous aurions
le
de-la,enfin, la mifère qui a défolé
en vendre; & dont il n'eft pas ericore retabli à
Royaume,
Voilà les effets qu'a produit, en
beaucoup près.
combats.
France, le fyftême que je
auroit écarté
J'ofe dire que celui que je propofe fubftitué à la liberté
tous ces malheurs, s'il eût été
de Texportation.
à un prix
IR. Il auroit procuré au Culivateur,
Bleds dont fes greniers
convenable, le débouchédes
du légillasegorgeoient en 1764, & c'étoit l'objet
loriqu'il s'eft porté à permettre Texportation.
teur, Lors de la mauvaife récolte que nous avons
20.
en 1769, ilauroit mis,
éprouvée dans nos cantons,
Bleds néceffaires
fous la main de nos Laboureurs,les
à celui
leurs femailles, un prix prefque égal,
pour
auroit acheté leur fuperfu
auquel la Compagnie
dans les années précédentes;
cinq
39. Il auroit épargné aux confommateurs &
millions de livres en argent,
milliards quarante
coûté leur fubliftance; &c
plus, fur ce que leur a
auroit mis,
éprouvée dans nos cantons,
Bleds néceffaires
fous la main de nos Laboureurs,les
à celui
leurs femailles, un prix prefque égal,
pour
auroit acheté leur fuperfu
auquel la Compagnie
dans les années précédentes;
cinq
39. Il auroit épargné aux confommateurs &
millions de livres en argent,
milliards quarante
coûté leur fubliftance; &c
plus, fur ce que leur a --- Page 572 ---
Co M M E R C E
cela eft inconteftable, puifqu'il leur
à raifon de 13 liv. IO fols, au
auroit procuré
de fetiers de Bled
plus,1 les 480 millions
terval,&
qu'ils Ont confommé dans cet inqu'ils Ont payé 24 liv., &
4°. Il auroit foutenu & fait fleurir plus.
merce avec
il
notre Comfa
Tétranger; nous auroit
part, un argent confidérable,qui
procuré, de
Faifance & la circulation dans
auroit entretenu
roit rétablies dans
nos Villes, & les aunos Campagnes.
5°. Il auroit confervé à Tétat,
fère a forcés d'aller mendier
ceux que la mihommes & ces chevaux
dans les Villes : ces
faire
inutilement
à
voyager nos grains, & dont le travail employés
fumiers auroient fertilifé
& les
roient donné
nos terres, & nous aud'abondantes récoltes.
60.11 auroit épargné au Tréfor-royal, les
que la bonté du Roil'a porté à faire
fommes
tranger, ou à diftribuer en
paffer chezl'é
faire venirles
gratifications, pour en
Bleds, 5 que la liberté
& la mauvaife économie,
del'exportation
avoient rendus
qui s'en eft enfuivie,
néceffaires à notre
on verra dans ma feconde
fubfiftance (1):
procurer bien d'autres
partie, qu'il auroit pu
& julqu'à l'enttetenir avantages au Tréfor-royal,
toujours opulent.
7°.Enfin, ilauroit confervé à T'état, nombre de
(r) Arrêt dn Confeil du
1775fujets
mauvaife économie,
del'exportation
avoient rendus
qui s'en eft enfuivie,
néceffaires à notre
on verra dans ma feconde
fubfiftance (1):
procurer bien d'autres
partie, qu'il auroit pu
& julqu'à l'enttetenir avantages au Tréfor-royal,
toujours opulent.
7°.Enfin, ilauroit confervé à T'état, nombre de
(r) Arrêt dn Confeil du
1775fujets --- Page 573 ---
DES GR A I N S:
fujets qui ont été obligés de s'expatrier pour trouver
leur vie, & tous ces malheureux qui font
à gagner
la
morts de faim, ou des maladies qu'occafionne
Ne
pas dire qu'il auroit
la mifère.
pourrois-je
befoin a fait
épargné beaucoup de crimes, quele
auroit donné lexiftence à nomcommettre, &c qu'il
la crainte de faire des malheureux
bre d'enfans,que
a retenus dans le néant.
dont
Mon projet affure donc tous les avantages
concevoir l'idée fur la partie des Grains.
on peut
hafarder, en difant qu'il les affure
Je crois ne rien
les affure fans gêne, ,&
fans danger; j'ajoute qu'il
honnê
toute la liberté que peuvent
en procurant
& les cultivateurs
tement fouhaiter les propriétaires
l'abus, &c
Citoyens. 1 Il ne proferit, en effer,que
fes
à la liberté, je fuis moi-même lun de
quant
la demande dans tout le
plus zélés partifans $ je
formalités
Royaume, pleine, fans gêne 8c fans
d'aucune efpèce, puifque je defire, comme on l'a
quela jouiffance en foit affuréeà chacun, par
vu, Texécution littérale de toutes les Loix qui l'autorifent.
faciliter à la
J'obferverai cèpendant que, pour
l'entremife de laquelle le Roi nous
Compagnie,par
la connoiffance de la
affurera tous ces avantages, 2
de tirer
quantité des Bleds qu'elle feroit obligée
de T'étranger, il fera bon de reftraindre la faculté
D --- Page 574 ---
COM M E RC E
de commercer les fromens, dans le
ceux des deux dernières récoltes
Royaume, à
terdire
feulement, & d'incette faculté, pour tous fromens
conspsrceq/auement,
plus andesgens malintentionnés
pourroient, en faifant des amas de ces vieux fromens, mettre la Compagnie dans le cas de faire
paffer inutilement beaucoup d'argent à
& ne vuider, chez elle, leurs greniers, T'étranger,
ils la verroient
que quand
amplement approvifionnée.
La difpofition que je propoferai à cet égard, au
furplus,e fera point une nouveauté. Elle exiftoit
dans les anciennes Loix. On la trouve dans le
Réglement donné par Charles IX, en 1567, &
dans l'Ordonnance de Henri III, du mois de
Novembre 1577Je crois en avoir aflez dit, pour juftifier les trois
avantages quej'ai expofé devoir réfulter de la
mière partie de mon Projet. Ileft tems de predre aux objedions qu'on m'a déja faites,ou réponprévu qu'on
que j'ai
pourroit me faire 2 fur les moyens
que je préfente pour l'exécution, & que j'ai divifés
en quatorze articles.
l'Ordonnance de Henri III, du mois de
Novembre 1577Je crois en avoir aflez dit, pour juftifier les trois
avantages quej'ai expofé devoir réfulter de la
mière partie de mon Projet. Ileft tems de predre aux objedions qu'on m'a déja faites,ou réponprévu qu'on
que j'ai
pourroit me faire 2 fur les moyens
que je préfente pour l'exécution, & que j'ai divifés
en quatorze articles. --- Page 575 ---
E 6S G R A I N -
5r
OMECHIONSETAERONIES
ONmcedes, fans peine, le
fecond de ces articles,
premier & le
2 puifqu'ils n'ont tous
pour objet que l'exécution de la
deux
1763, de TEdit de 1764, de l'Arrêt Déclaration de
Patentes de
& des Lettres1774, qui font les Loix
cette partie.
vivantes en
Mais on objedera peut-être
cle : quele bénéfice,
contmeletrmifimeanie
pas être concentré iBlantdefepoasienve dans les
doit
mains
pagnie - ; que c'eft un bien,
d'une feule Com=
de participersqu'en
auquel chacun a droit
font odieux
général, les privilèges exclufifs
; que le Gouvernement en a
reconnu l'abus : & que dans le cas
fouvent
il s'agit d'une denrée de
particulier, oi
mune à tous les hommes, première néceffisé, comileft
d'autorifer la concurrence
naturel,ilef jufte,
dire.
que je propofe d'interA cela je réponds , que loin de
le bénéfice
vouloir attribuer
del'exportation à une feule
je crois fuggérer un moyen fûr de le Compagnie,
tous & chacun des
répartir fur
fice s'y
Sujets du Roi. Ce bénétrouvera même diftribué, avant que d'être
D ij --- Page 576 ---
Cox M E R C 22 E
fait on reçu par la Compagnie,
commencé, par donner au
puifqu'elle aura
de fon bled; ; par
Cultivateurun bon prix
table valeur de la procurer location au Propriétaire la vérilivrer
de fa terre ; &
auxPeuples leur fubliftance, à
par
dans un tems où, fans
un prix modéré,
cette
roient pu la payer fort cher, & Compagnie, ils auquer. Iln'en ef donc
peut-être en manpas, du
dont
s'agit, comme des privilèges
Privilage
il
rent quele bénéfice du Particulier ordinaires, qui n'opéCelui-ci a pour objet le bien
quiles obtient.
inconsefiablement Il
général, & T'opére
écarte tous les dangers de
l'exportation en T'autorifant : il met les
l'abri de tout monopole. Il fait
Bleds à
de tout le produit de fon
bénéficier T'État
fuperflu; il eft le feul
moyen d'alimenter les Peuples, fans
leurs dépenfes dans les années ftériles; augmenter & il
procure inconteflablement
leur
tage. A quelle
cet ineftimable avanelpèced'hommes pourroit-il donc
paroitre odieux ? A ceux-là feuls
qui auroient
pour objet, d'abufer de la liberté, aux
l'intérêt & de la vie des
dépens de
Citoyens.
Certes, quand la bonté du feu Roi nous
la liberté
accorda
d'exporter nos Grains à
tention de ce bon Prince, furde PEtranger, l'infes Sujets
procurer à tous
liberté
indilin@ement, le bénéfice que cette
devoit produire ; il n'ayoit point entendu
qui auroient
pour objet, d'abufer de la liberté, aux
l'intérêt & de la vie des
dépens de
Citoyens.
Certes, quand la bonté du feu Roi nous
la liberté
accorda
d'exporter nos Grains à
tention de ce bon Prince, furde PEtranger, l'infes Sujets
procurer à tous
liberté
indilin@ement, le bénéfice que cette
devoit produire ; il n'ayoit point entendu --- Page 577 ---
DES GRAIN S.
concentrer ce bénéfice dans le petit nombre de
s'adonnent au commerce des Bleds, ni
ceux qui
furvendre à fes Peuples la
autorifer leur induftrie,a
faculté de vivre. Iln'en eft pas moins vrai qu'il
certain nombre de Négocians, &
n'y a eu qu'un Cultivateurs, filon veut, qui aient
quelques gros
ont-ils trompéles
profité de cette liberté. Encore,
de
vues du Monarque, au grandpréjudice du furplus
l'accroiffement qu'ils ont
fes Sujets, puifque, par
nécelfitéle Boudonné au prix du Bled, ils ont
langer de vendre le pain fi cher, queles pauvres
n'ont pu le payer, &c qu'ils en ont manqué.
Ici au contraire, tous les Sujets du Roi particibien réellement au bénéfice ; ils ne font,
cipent
l'exercice d'un
pour ainfi dire 7 que tranfporter lui-même,
droit, dont chacunne fauroit jouir par
deles en faire jouir tous;
une Compagnie chargée
de Bled;
ceta-diredenejamai) les laiffer manquer
de le leur fournir, en tous tems,à un prix modéré;
laiffer le Cultivateur furchargé de
de ne jamais
de tout fon fuperfu,
fa récolte,& de le débarraffer
à un prix fixe & bon. La Compapaicareclagale
donc moins: une Compaon fera ce traité,fera
gnie favorifée d'un privilége perfonnel, qu'une
Compagnie de confiance, prépofée pour exercer
au nom de la Nation', le droit que la Nation lux
aura retrocédé,
Dij
à un prix modéré;
laiffer le Cultivateur furchargé de
de ne jamais
de tout fon fuperfu,
fa récolte,& de le débarraffer
à un prix fixe & bon. La Compapaicareclagale
donc moins: une Compaon fera ce traité,fera
gnie favorifée d'un privilége perfonnel, qu'une
Compagnie de confiance, prépofée pour exercer
au nom de la Nation', le droit que la Nation lux
aura retrocédé,
Dij --- Page 578 ---
CoM M E R C E
Au refte, plus la denrée efti intéreffante,
eftindifpenfable d'enconferver
plus it
toujours, la
qu'exige notre confommation.
quantité
de cette précaution,les
Autrement, &efaute
grains feront
à vos voifins, & vos Sujets
dillipést vendus
L'on
periront de mifère
ne m'a fair, & je ne prévois aucune (1).
tionfenfée contre les difpofitions des articles objeccelles du quatrième font toutes
4& 5;
blic,&
il'avantage du Pulesdu n'engagent que la Compagnie, Quant à celcinquième, elles annoncent un érabliffement
quigarantitle Citoyen des dangers
quiluia affure à perpétuité fa
del'exportation;
les évènemens (&
fublifance,contre tous
toujours à un prix invariable &
roodérs) qui la lui entretient fous fes
fa main, toujours
yeux & fous
le voudra,
prête à lui être livrée quand il
faifant & un établiffement en un mot, trop bientrop defirable pour être
Mais far le fixième article critiqué,
feroit
2 on m'a dit qu'il
trop extraordinaire de vendre les Bleds au
poids; qué Tufages'en introduiroit, d'autant
difieilement, queles
plus
dahs
poids ne font pas uniformes
toutes les parties du Royaume;
dans
unesi, la livre n'eft que de douze
que
les
dautres que de
onces, & dans
feize; &
sentasbiguhikernalin eft de
quecette manière d'acheter & de vendre le
(1) 1 Hiftoire du Peuple de Dieu, Loc. cit.
poids; qué Tufages'en introduiroit, d'autant
difieilement, queles
plus
dahs
poids ne font pas uniformes
toutes les parties du Royaume;
dans
unesi, la livre n'eft que de douze
que
les
dautres que de
onces, & dans
feize; &
sentasbiguhikernalin eft de
quecette manière d'acheter & de vendre le
(1) 1 Hiftoire du Peuple de Dieu, Loc. cit. --- Page 579 ---
DES GRAI N S.
des embarras infinis, dans lacBled, cauferoit
en
des cens ae 2 rentes & redevances
quittement
dans les titres, que
grains, 2 , qui ne font fpécifiés,
dans
des mefures, 4 ufitées
que par la dénomination
chaque pays.
que quand on
Je pourrois d'abord répondre,
les
à T'uniformité des poids, tous
pays
rameneroit, domination du Roi, on ne feroit que fubftide la
dont beaudefirable, à un ufage,
tuer une règle
que ce précoup de gens n'abufent que trop,& feroit au contendu inconvénient de mon projet,
de
mais je me contente
traire un avantage
plus;
l'ufage des
d'obferver que je ne propofe d'abroger
des
ni
à la vente
mefures dans aucun lieu, quant
marchés ou dans les greniers des particuBleds aux
des cens 2 rentes &
liers, ni quant à Pacquittement
être,
redevances, en quelque denrée que ce puiffe
l'uniformême en Froment. Je ne propofe d'établir
les Bleds qui feront apportés aux
mité", que pour
de la Compagnie 2 laquelle ne pourra
magafins
vendre nulle
qu'au même
les acheter, ni en
part,
poids, qui fera de feize onces par-tout:
fur le feptième article 2 qu'en
On m'a objedé
laiffer au Culrivateur,
même tems que je paroiffois
Public , far le
la faculté de vendre fon Bled au
néanà propos, je l'aftraignois
pied qu'iljugeroir
à ne le vendre qu'au taux
moins, dans le fait,
Div
vendre nulle
qu'au même
les acheter, ni en
part,
poids, qui fera de feize onces par-tout:
fur le feptième article 2 qu'en
On m'a objedé
laiffer au Culrivateur,
même tems que je paroiffois
Public , far le
la faculté de vendre fon Bled au
néanà propos, je l'aftraignois
pied qu'iljugeroir
à ne le vendre qu'au taux
moins, dans le fait,
Div --- Page 580 ---
Co M M E RC E
queiyai fixé, puifque le
fur d'en
à
Confommateur, quifera
trouver, ce taux, dans les
la
magalins de
Compagnie , ne voudra jamais le
cher au Cultivateur. Votre
payer plus
prix eft
t-on dit, & il gêne effentiellement foible, m'ala
ce qu'il fera néceffairement
propriété, en
tomber celui des fermages. D'ailleurs, m'a-t-on dit encore, il n'eft
pas jufte que, dans une contrée où la récolte aura
été médiocre,le Cultivateur ne foit pas dédommagé, par le prix de fon Bled, de la diminution
quiléprouve fur la quantité : il n'eft pas
cet égard, il foit mis de
jufte, qu'à
confrères
pair, avec ceux de fes
qui, placésfur un fol, ou à la faveur des
faifons, aura donné Tabondance,
dre à meilleur marché
pourroient venque lui, & faire
un gros bénéfice, où il ne trouvera
encore de
perte. Dans l'état aluel des chofes, ilfe que
la
mage, du moins en
dédompartie, , par le prix
mente en proportion des malheurs'
qui augréçolte.
qu'éprouve la
Enfin, On m'a demandé fur quel fondement je voulois que le Bled,
pain, fut plus cher à Paris conféquemment le
que dans les autres
grandes Villes du Royaume; plus cher dans celles
ouilya Cour Souveraine, que dans celles où il
n'ya que Bailliage ou Sénéchauffce ; & lon m'a
sjounéque,fijavois pris pour bafe de ma
la grandeur des Villes, il
fixation,
y a bien des Villes
'éprouve la
Enfin, On m'a demandé fur quel fondement je voulois que le Bled,
pain, fut plus cher à Paris conféquemment le
que dans les autres
grandes Villes du Royaume; plus cher dans celles
ouilya Cour Souveraine, que dans celles où il
n'ya que Bailliage ou Sénéchauffce ; & lon m'a
sjounéque,fijavois pris pour bafe de ma
la grandeur des Villes, il
fixation,
y a bien des Villes --- Page 581 ---
D E S GRAIXS
Bailliage, ou qu'une Sénéchauliée,
qui n'ont qu'un
d'autres
nénmoins, font plus grandes, , que
& qui
Souveraine, & même plus peuplées.
ohilya Cour
fixation
dans fa
ma
péchoit
On en a conclu que
à tous ces chefs.
proportion. Je vais répondre
le
du
1o. Je conviens que par le fait, prix
limité, foit chez le Cultivateur,
Bled fe trouvera
lle Confommateur
foit au marché, au taux auquel les
de la
fera affuré d'en trouver dans
magalins
mais je nie que la propriéss puiffe
Compagnie;
doute même qu'elle en
en fouffrir injultementije
dommage. J'ai déjà obfervéplashaut,
regoiveaugun
terres, s'ilne voit plus augque tout Propriéairede fera
dédommenter fes fermages, en
amplement J'ajouterai
diminution de fa dépenfe.
magésparia
feront toujours fufceptibles
ici, que les terres
le prix d'un
d'angmentation: & cela 2 parce que idéal du Bled,
bail fe règle bien moins fur le taux
commun 2 fur la bonté de la terre 7
que fur fon prix
elle eft fufceptible, - & fur
fur Y'amélioration dont
Or,je dis que
les quantités qu'elle peut produire.
& le
font les feuls que le Propriétaire
ces objets
confidérer, Tun
Fermier, aient pu légitimement
illap prife
quand il a acheté fa terre,) l'autre quand
de leur
à loyer. Je dis que toutes autres vues
des
dans le prix
part, tout defir d'augmentation rembourfement de leur predenrées, au-delà du
- & fur
fur Y'amélioration dont
Or,je dis que
les quantités qu'elle peut produire.
& le
font les feuls que le Propriétaire
ces objets
confidérer, Tun
Fermier, aient pu légitimement
illap prife
quand il a acheté fa terre,) l'autre quand
de leur
à loyer. Je dis que toutes autres vues
des
dans le prix
part, tout defir d'augmentation rembourfement de leur predenrées, au-delà du --- Page 582 ---
Co M M E R C E
mières mifes & du falaire dà à
feroient un attentar contre le
leurs travaux 9
des Villes, quin'ont
droit des habitans
gne, & lesarts à la préféré la Ville à la Campafociété:
culture,que pour le bien de la
que parce qu'ils Ont
niffant au Cultivateur,
compté, qu'en fourhabits &
fa pelle, fa
tous les uftenfiles dont
charrue, fes
Cultivateur leur fourniroit
il a befoin, le
fommation, à
les denrées de leur conun taux
deroit point leurs
raifonnable, & qui n'excé- a
nature, & s'il étoit facultés. Ce page eft dans la
maintenir
poflible qu'on négligedt d'en
T'exécution, relativement aux Bleds, les
humain Cultivateurs 2 quifont, par état", les pères du
2 pourroient en devenir les
genre
Ne pourrois-je
deftrudeurs.
fait
pas ajouter que la propriété,dont on
foaner-aupunthar,ter
certainement je la refpede prétentions fi haut (&
autant
foit) ne réfide en la
que qui que ce
aatnels
perfonne de fes
que, par les dépenfes que les
poffeffeurs
de ious tems, & qu'ils font
Peuples ont fait
pour la leur maintenir? N'eft-ce journellement encore
fa juftice, queleRoi maintient
pas en effer, par
fon
les propriétaires dans
Royaume, 9 contre les entreprifes de
fins? N'eft-ce pas, par fa force,
leurs voimaintient contre les
que Sa Majelté les
FEtat? Or les
entréprifes de ennemis de
tent-ils donc
Tribunaux & les Troupes ne cod
rien à entretenir ? Les
Peuples ne
la leur maintenir? N'eft-ce journellement encore
fa juftice, queleRoi maintient
pas en effer, par
fon
les propriétaires dans
Royaume, 9 contre les entreprifes de
fins? N'eft-ce pas, par fa force,
leurs voimaintient contre les
que Sa Majelté les
FEtat? Or les
entréprifes de ennemis de
tent-ils donc
Tribunaux & les Troupes ne cod
rien à entretenir ? Les
Peuples ne --- Page 583 ---
DES GR 1 A I N S.
dépenfes que cet entretien
conuibuensl@pas.auxe
donc
néceflite? De quel front pourroit-on
oppo*
ici des
, contre le droit de vivre
fer
prétentions',
de la Nature, & que
que chaque homme a reçu
d'ailleurs , par
les Peuples S, en France, s'acquièrent
qu'ils acquittent journellement?
des contributions
oppofer des prétentions ,
De quelfront pourroit-on
d'affurer
contre le droit qu'ale maitre commun,
fubfes
la faculté de fe procurer une
à
Peuples, fait fa force & la fareté de ces mêmes
fiftance, qui ? Au refte, dans l'ordre que je proPropriétaires le prix du Bled fera un bon prix commun,
pofe,
à coup sûr, indemnifera largement
un prix qui, de fes avances & le Cultivateur de
le Propriétaire fes
&c de fes peines. S'il eft
fes frais, de
rifques
le regarder, comme à peu-près
vrai qu'on puiffe
entre le taux
fixe, puifqu'il ne pourra éprouver,
marché, & celui des magalins de la Compadu
de trente fols par fetiers, il ne
gnie, qu'un jeu
de la denrée, étant
Teft pas moins 2 que la quantité
du fol, des
abfolument dépendante de la qualité
& de la bonne culture 2 le prix des baux
engrais
d'augmentation ou de
fera toujours fufceptible
diminution, fuivant que les terres fe trouveront
avoir été bien ou mal entretenues. Les Propricencore une fois, n'auront donc pas à s'en
taires,
encore
plaindre. Quoi qu'il en foit,je rappellerai
obfervation
j'ai déjà faite, , favoir,
ici une
que
fol, des
abfolument dépendante de la qualité
& de la bonne culture 2 le prix des baux
engrais
d'augmentation ou de
fera toujours fufceptible
diminution, fuivant que les terres fe trouveront
avoir été bien ou mal entretenues. Les Propricencore une fois, n'auront donc pas à s'en
taires,
encore
plaindre. Quoi qu'il en foit,je rappellerai
obfervation
j'ai déjà faite, , favoir,
ici une
que --- Page 584 ---
Co M M E R C E
que les terres ne pouvant jamais paffer à l'Étrana
ger,il importe à l'Ezat, que les fermages n'en foient
pas portés trop haut, parce qu'un haut
des
baux, ne fait qu'augmenterles
prix
rifques du fermier,
qu'épuifer fes moyens, que diminuer, dans
les avances néceffaires
fa main,
pour fertilifer fa
que cette fertilité, eft le feul véritable terre, &
TÉrat.
intérêt de
Enfin le prix que j'affure par-tout au bled, eft
fupérieur à celui que le Cultivateur en retiroit
avant 1765; fupérieur même à celui
Geurs l'ont vendu, depuis
auquel plupermife ; fupérieur à celui quel'exportation a été
Propriéraires,
auquel plufieurs gros
Ont trouvé à affermer leurs
vances en grains. Il doit donc être
redecomme fufifant, & même comme bon. Il le regardé
en effet, quand même les chofes refteroient feroit
leur état aduel ; mais j'ai annoncé
dans
dans mon projet, de
qu'il entroit
décharger le
le Cultivateur & les Peuples, de Propriétaire,
tions, fur leurs perfonnes & fur leurs toutes impofiTen indiquerois le
biens, & que
Or,
moyen, dans ma feconde Partie.
lije parviens à remplir cette tâche, & qu'en
conféquence le Monarque, qui y trouvera le
avantage de foulager fes
triple
dettes de TEtat &
Sujets , d'acquitter les
bien donner
d'augmenter fes revenus, veuille
faut
cet encouragement à la culture, il
convenir qu'alors, le prix que j'alligne au
Ten indiquerois le
biens, & que
Or,
moyen, dans ma feconde Partie.
lije parviens à remplir cette tâche, & qu'en
conféquence le Monarque, qui y trouvera le
avantage de foulager fes
triple
dettes de TEtat &
Sujets , d'acquitter les
bien donner
d'augmenter fes revenus, veuille
faut
cet encouragement à la culture, il
convenir qu'alors, le prix que j'alligne au --- Page 585 ---
GRAI N S.
DES
fufifant, non-feulement
bled, fera non-feulement
très-fort. Siaud acontraire, les arrangemens
bon, mais
étoient rejettés, &
propoferai à cet égard,
queje
trop-foible : 2 en ce cas
que ma fixation futjugée
relade
; Topération
il feroit poflible Taugmenter
dont
& au commerce,
tive à Tapprorifionnement moins aflurée ; elle
je traite ici, n'en feroit pas
& n'en recevroit
en eft tout-à-fait indépendante
aucune atteinte.
de la liberté indéfinie, le
20. Dans le fyfême
Cultivateur n'eft dédommagé, par aucune augmen- fur la
tation de prix, de la diminution qu'iléprouve n'a pas
quand la caufe de cette diminution,
quantité,
fur tous les environs du pays qu'il
porté également
diftance éloignée, parce
cultive, & même, à une
de
& les autres intempéries
quela grèle, 2 la gelée
contrées, ne
fur quelques
T'air,qui ne frappentque mal affez étendu, pour
font pas d'ordinaire, un denrée. Le Commerçant,
influer furle prix de la
en
ne prennent
leBoulanger, ou leConfommateur,
effuyer
les malheurs,qu'a pu
aucune confidération de celui dont ils achetentle
la récolte particulière
prix courant 2 &c
bled i ils ne l'achetent qu'au n'a donc pas lieu
fuivant fa qualité. L'objeaion
Sil'on veutl'étendre
par rapport aux Particuliers.
T'expéProvince entière, il eft prouvé par
à une
Province, qui n'a pas été heurience, que toute
oulanger, ou leConfommateur,
effuyer
les malheurs,qu'a pu
aucune confidération de celui dont ils achetentle
la récolte particulière
prix courant 2 &c
bled i ils ne l'achetent qu'au n'a donc pas lieu
fuivant fa qualité. L'objeaion
Sil'on veutl'étendre
par rapport aux Particuliers.
T'expéProvince entière, il eft prouvé par
à une
Province, qui n'a pas été heurience, que toute --- Page 586 ---
Co M M E R C E
reufe dans fa récolte
2 ne manque
recours à celles qui Ont été mieux
pas d'avoir
hâte, d'en tirer les bleds dont
traitées, & fe
manière que, dans le
elle a befoin, de
bled
Pays maltraité, le prix du
n'augmente.que dece qu'il en coûite
faire venir. Or, contefteroit-on
pour l'y
droit d'y en faire conduire
à quelqu'un, le
bas prix ? Non, fans
& de le vendre à
doute;on
tendu principe de juftice de
laifferoit le préT'honnête & bienfaifant
côté; on béniroit
fervice,& les
Citoyen qui rendroit ce
éloges qu'on lui
a
placés (r): tel eft
donnetoit, feroient
l'établiffement
cependant le but ou conduit
que je propofe; la
qui en fera chargée
Compagnie,
&
s remplira ce
foin,
ce fera la
charitable
première de fes fonétions,
L'objeation n'a 'donc de réalité
années univerfellement
que pour les
fément le
ftériles ; mais c'eft précitems,ou fe fera mieux fentir
cet
l'utilité de
érabliffement, , puifqu'il aflurera,
bondance,de manière
pa r-tout, l'alité,
que les malheurs
ne porteront jamais,
dela ftérique furles Particuliers qui
(x) M. le Prince de Condé faifoit vendre
montois, en 1774, un quart de
dans le Cleravoit fait porter ,& tout le Clermontois perte, des Grains qu'ily
mations &
retentiffoird'acclabon Prince. deveux, pour la prolongation des jours de ce
iffement, , puifqu'il aflurera,
bondance,de manière
pa r-tout, l'alité,
que les malheurs
ne porteront jamais,
dela ftérique furles Particuliers qui
(x) M. le Prince de Condé faifoit vendre
montois, en 1774, un quart de
dans le Cleravoit fait porter ,& tout le Clermontois perte, des Grains qu'ily
mations &
retentiffoird'acclabon Prince. deveux, pour la prolongation des jours de ce --- Page 587 ---
DES GR AIN S.
perfonnellement éprouvés,& que la
-les'auroient
fera
à toujours. Or
maffe du Public en
préfervée
n'eft
il eft de principe que, 2 Tintérêt particulier avec
il eft en oppofition
point à confidérer 2 quand le
fixe du bled 2
le bien général. D'ailleurs prix ordre fable,
étant devenu un nouvel ordre, & un
Laboureur ne manquera pas de pefer cette
chaque
loriqu'il fe déterminera pour le prix
sirconftance,
le Gouvernement équitade fon bail. J'ajoute que
les malheurs
ble & fage 1 péfera 2 de fon côté, bonté du Roi,
panicaliens.& qu'il déterminera la
des fecours,à ceux qui auront éprouvé
à accorder
SA MAJESTÉ en aura le
ces malheurs.
n'aura plus, pour
moyen, & le Gouvernement retentir le nom facré de
ainfi dire, alors, à faire
dans les campagnes. 7 que pour y annoncer
nos Rois,
& répandre leur bienfaifance.
eft
J'ai penfé qu'à Paris, ou la confommation
3°
qu'il faut y faire venir les approvifionnefgrande,
doit
le cultivamens de fort loin, on
encourager
donner
teur à les y apporter, & conféquemment y
indemnife, tant du plus long
au bled, un prix qui
le féjour dans cette
trajet, que des frais qu'entraine
chères
Ville,ou toutes les denrées font plus
qu'ailqu'il en eftde même, à proportion, des autres
leurs;
s'agit moins de confidérer l'étendue
Capitales; qu'il
des denrées quis'y confomde la Ville, que le coût
ourager
donner
teur à les y apporter, & conféquemment y
indemnife, tant du plus long
au bled, un prix qui
le féjour dans cette
trajet, que des frais qu'entraine
chères
Ville,ou toutes les denrées font plus
qu'ailqu'il en eftde même, à proportion, des autres
leurs;
s'agit moins de confidérer l'étendue
Capitales; qu'il
des denrées quis'y confomde la Ville, que le coût --- Page 588 ---
CoM M E RCE
ment, parce que c'eftle coût de ces denrées
détermine les frais
qui
trouve des Villes, à d'auberge ; que bien qu'il fe
fée, plus étendues fimple Bailliage, ou Sénéchauf
que quelqu'unes de
a Cour Souveraine, il ef néanmoins à celles ohily
les denrées font plus chères dans
préfumer que
qu'elles font peuplées d'habitans celles-ci, parce
conféquent de plus
plus aifés, & pargros
leurs les Parcs, les Jardins, confommateurs; & les
que d'ail
plaifance dont elles font,
autres lieux de
ronnées, en dloignent
pour T'ordinaire, envidavantage les terres
ce qui emporte la néceflité, d'y faire venir utiles,
de plus loin.
les bleds
Les art. 8 &9 font, je crois, de toute
puifqu'ils affujettiffent la
juftice s
avec les mêmes
Compagnie à revendre
précautions qui Jui font
loriqu'elle achette; mais en
permifes
on,que la manière d'achetterêcde fuppofant, me dira-tvendre
corrige aflez, la différence du très-beau aupoids,
très-petit, pour que le Gouvernement bled, au
injuftice, autorifer à payer & à vendre puiffe, fans
efpèces au même prix, n'en
les deux
cette uniformité de prix, occafionnera réfultera-t-il pas que
parmiles
la négligence
cultivateurs, qui, 2 une fois affurés de ce
prix,pour toutes fortes de
de choix dans ceux
fromens,ne mettront plus
qu'ils fémeront; &
t-on pas réfulter, la perte de la belle
n'en verraefpèce?
J'ai
ice, autorifer à payer & à vendre puiffe, fans
efpèces au même prix, n'en
les deux
cette uniformité de prix, occafionnera réfultera-t-il pas que
parmiles
la négligence
cultivateurs, qui, 2 une fois affurés de ce
prix,pour toutes fortes de
de choix dans ceux
fromens,ne mettront plus
qu'ils fémeront; &
t-on pas réfulter, la perte de la belle
n'en verraefpèce?
J'ai --- Page 589 ---
D'ES Gx A I N S.
J'ai fouvent éprouvé, en vendant mes grains ?
&bien d'autres l'ont fans doute éprouvé comme
de la mefure étoit abufif, & qu'il
moi, quelufage
d'en
la contedépendoit du mefureur
augmenter
du
out de la diminuer à fon gré, au profit
nance,
J'aicru devoir éviter à
vendeur ou de lr'acheteur.
ou l'inle réproche d'en profiter,
la Compagnie
Le
à
convénient d'en être dupe.
poids préfente
exagte
; c'eftle motif qui mel'a fait
tous une
juftice; d'ailleurs, ou du moins il rapchoifir; il corrige
la différence des
proche, autant qu'il eft polmible,
à
qualités de bleds ; il ramène conféquemment
T'uniformité de prix; & cette uniformité, en même
devient équitable par ce moyen, eft
tems qu'elle nécelfaire pour éviter les difcullions
aufli unerégle s'éleveroient journellement &
qui, fans elle,
porteroient le trouble dans les opérations, lefquelaufli étendue, ne peuvent
les,dans une entreprife
être trop fimplifiées.
du cultivateur dans le
Quant à la négligence
d'autant moins
choix de-fes femailles, elle me paroit
feroit contraire à fon propre inà craindre, qu'elle
térêt,puifque le beau bled, donne toujours une plus
forte produdion que le bled inférieur, & qu'ilfera
sûr d'en trouver, en tous tems, de la meilleure qualité,dans les magalins de la Compagnie, &c cela
du prix auquel
prefque fans aucune augmentation
E
cultivateur dans le
Quant à la négligence
d'autant moins
choix de-fes femailles, elle me paroit
feroit contraire à fon propre inà craindre, qu'elle
térêt,puifque le beau bled, donne toujours une plus
forte produdion que le bled inférieur, & qu'ilfera
sûr d'en trouver, en tous tems, de la meilleure qualité,dans les magalins de la Compagnie, &c cela
du prix auquel
prefque fans aucune augmentation
E --- Page 590 ---
Co M M E RC E
il aura vendu le fien. Qui
la Compagnie n'en
empêchera méme que
préte aux Jaboureurs
ne
trouveront pas en argent , à Tépoque des qui
fe
àla.charge feulement de le lui rendre femailles,
colte? Elle le fera, fans doute,
après la rélontiers, que ce fera un
d'autant plus voproduéion,
moyen d'augmenter la requ'elle fera perfonnellement
reffée à encourager & à foutenir. Je laiffe très-intés
dela difrencequlun
à juger
pareil
eu lieu depuis 1764, auroit établiffement, s'ilavoit
duéion de
apporté dans la reproT'efpèce, & dans la fortune des
reurs de nos cantons.
labouLa difpofition du fecond de ces articles
dans une
me paroie
proportion qui, 9 fans attribuer à la Compagnie un bénéfice donglepublic ait à fe
luien donnera toutesfois
plaindre,
pour la remplir de l'intérêt un, que je crois fuffifant
& de fes frais de
de fes fonds d'avances,
le bénéfice de fon manutention; ; d'ou il fuit que tout
commerce avec Tétranger, fera
gain pour elle ; & ce gain, qui pourra devenir confidérable quand la produgtion
exportation, attendu
permettra une forte
que n'ayant point de
rens, fa fp-culation ne fera point
concurdis-je, fera légitime, & même à défirer généesce gain,
Il feroit à fouhaiter, fans doute, pourl'état.
propolé parl'article
que le délai
IO, put être
mais
e.t ablolument
abrégé;
il
indifpenfable qu'une Compagnie
pourra devenir confidérable quand la produgtion
exportation, attendu
permettra une forte
que n'ayant point de
rens, fa fp-culation ne fera point
concurdis-je, fera légitime, & même à défirer généesce gain,
Il feroit à fouhaiter, fans doute, pourl'état.
propolé parl'article
que le délai
IO, put être
mais
e.t ablolument
abrégé;
il
indifpenfable qu'une Compagnie --- Page 591 ---
DE S GR A I N S,
chargée d'une entreprifeauffi liétendue,a ait au
une année devant elle,
moins
remplir dans
pour fe préparer, 9 à la bien
toutes fes parties. J'obferverai
dant que, quelqu'immenfe
cepenentreprife,au
que puiffe paroître cette
premier coup d'aeil,elle ne
effrayer. Il eft des moyens sirs,d'en doirpoint
opérations fimples & faciles,
rendre les
fans
aucune de fes obligations.
manquer à
Les précautions indiquées
paru à plulieurs de ceux à
par l'article II, Ont
quijai
plan plus que fuffifantes
communiqué mon
Gouvernement & les
pour tranquillifer le
peuples, furl'attention dela
Compagnie, à fe tenir toujours en état de
Ils Ont reconnu que, dès
fournir.
Compagnie fe trouvoit
que l'intérêt de cette
garant du fervice,
ment garant, qu'il feroit abfolument
& telleau momentmêmeoi le fervice viendroità compromis,
dans un feul de fes
manquer,
doutér qu'elle n'eût magafins 2 on ne devoit pas
plus grand foin de T'entretenir
exagtement par-tour. Ils m'ont obfervé
gation de fournir à tous
que l'oblitous les bleds
venans, & en tout tems,
qui feroient demandés, étoit
illimitée; que d'aprés cette
trop
obligation, des Particuliers,jaloux de
des fonds devant T'établiflement, & qui auroient
eux 5 pourroient s'entendre
épuifer d'un jour à l'autre
pour
& par un abus
quelqu'un des magafins,
puniffable, 2 il yrai, mais qui n'en
Eij
litous les bleds
venans, & en tout tems,
qui feroient demandés, étoit
illimitée; que d'aprés cette
trop
obligation, des Particuliers,jaloux de
des fonds devant T'établiflement, & qui auroient
eux 5 pourroient s'entendre
épuifer d'un jour à l'autre
pour
& par un abus
quelqu'un des magafins,
puniffable, 2 il yrai, mais qui n'en
Eij --- Page 592 ---
Co M M E R C E
feroit pas moins réel 2 jetter T'alarme dans le
ton, en y faifant manquer le fervice;
caninditpenfable
que s'il étoit
d'affujettir la Compagaie à toutes les
règles que peut fuggérer la prudence,
un bon fervice, il étoit
pour affurer
prefcrire
dangereux aufli, de lui en
aucune, qui purfexpoferilabus des malintentionnés.
Je conviens du mérite de
T'inconvénient
T'obfervation; ; mais fi
eftà craindre, il ef en même tems
facile à prévenir. Il nes'agira que de reftreindre
l'obligation de fournir à tous venans, , à une
tité proportionnée aux befoins de T'acheteur, quandeux mois feulement, faufà renouveller
pour
vilion , au fur & à mefure de la
cette proJe me perfuade que P'article 12 confommation.
le précédent, affurer unfervice exaé. paroitra, comme
Il
en effet toutes lesi inquiétudes qui
prévient
fur le défaut
pourroient naître
d'sprvifionnement : & c'eft ici,
je crois, le moment
dans
d'oblerver, que
l'état
de liberté abfolue, , ou même dans l'état aduel,
tout homme entreprenant, peut enlever les
fans que perfonne foit tenu d'en
bleds,
ton qui s'en tronveroit
rapporter au candépourvu ; la fubfiftance
du Royaume en général, & celle de chaque
de chaque individa en particulier, eft abandon- Ville,
née à la difcrétion d'un Commérce, fouvent
dirigé
Perdehuferipuculuiboar,1 toujours avide,& qui,
folue, , ou même dans l'état aduel,
tout homme entreprenant, peut enlever les
fans que perfonne foit tenu d'en
bleds,
ton qui s'en tronveroit
rapporter au candépourvu ; la fubfiftance
du Royaume en général, & celle de chaque
de chaque individa en particulier, eft abandon- Ville,
née à la difcrétion d'un Commérce, fouvent
dirigé
Perdehuferipuculuiboar,1 toujours avide,& qui, --- Page 593 ---
DES GR AIN S.
on ne craint pas de le dire, ne portera
comme
il trouvera un bon prix & de gros
Ja denrée qu'oû
Ainfi la fubfiftance des
Tevenus pour payer
& fur-tout des pauCitoyens sy celle des Peuples,
elle peut à chavres, eft abfolument compromife;
croira
inftant leur être ravie, par quiconque
que
ailleurs, ou même
faire un bénéfice en transférant
la Providence
chez foi,les grains que
en gardant
dans leur contrée, & fouvent de
avoit fait naitre
leur travail & de leurs propres foins. Fur-iljamais
pofition plus critique, & conféquemment fyfème
plus cruel & plus injufte?
dela conceffion de
L'article 13 n'et qu'une fuite
doutera fureprivilége pour exporter. On ne
à
la Compagnie
ment pas. de T'attention, qu'aura
le faire exécuter.
eft le feul qui ait coûté
L'article 14 &c dernier,
J'aurois voulu trouver un expédients
à mon coeur.
d'affurer à la Compapar lequel il eût été pofible
dans
la facilité d'établir par-tout fes magafins,
gnie,
lui eft
fans y intéreffer la
le délai qui
prefcrit,
eft
de qui que ce foit. S'il en un,Javoue
propriété
mais
confidéré,que s'il ne
qu'il m'a échappé ;
j'ai
les établiffesépugnciapoint à nos: moeurs 2 que
fuffent facrifiés,méme au fimplemens particuliers
Repréfentations aux Magiftrats. Loco cit.
(:)
E.ij --- Page 594 ---
Co M M E R C E
embelliffement des Villes, il ne feroit trouvé
injufte, ni extraonlinsirequejey
ni
facrifice, dans les cas où il fe propofaffe ce même
trouveroit néceffaire
pour un établiffement, de la plus grapde utilité
publique. L'on doit fentir, au
térêt de la
furplus, que l'infes
Compagnie, lui prefcrira de n'établir
magafins que dans les lieux les moins dommageables, 2 puifqu'eile fera obligée d'en payer la
valeur, ou fur le pied qui en feroit
de gré à gré,ou fur celui
convenu,
par des
qui en feroit arbitré
Experts.
Je crois donc avoir
pofé toutes les précautions
proque l'équité
pour adoucir, à chaque Propriétaire
exige,
dans le cas du facrifice, le
quife trouvera
poffetlion.
défagrément de fa dén
dommageables, 2 puifqu'eile fera obligée d'en payer la
valeur, ou fur le pied qui en feroit
de gré à gré,ou fur celui
convenu,
par des
qui en feroit arbitré
Experts.
Je crois donc avoir
pofé toutes les précautions
proque l'équité
pour adoucir, à chaque Propriétaire
exige,
dans le cas du facrifice, le
quife trouvera
poffetlion.
défagrément de fa dén --- Page 595 ---
ES G R A I N S.
TOXDSBAFANCES
Torsle articles ci-deffus pectuppoftes.Tabine
fonds d'avance de la Compagnie, à
les premiers
faufày être fupplééspar
qereringpisisernillsesd
quand il en.
la fuite, en vertu de fes délibérations,
fera befoin: & voici mon calcul à cet égard.
Le nombre des Villes du Royaume, dans lefquelBailliage,ou Sénéchaulesily a Cour Souveraine,
il fera ordonné à la
fée, & ou, par conféquent 9
monter à
Compagnie d'avoir des magafins, peut
300 ou environ.
trente-trois Généralités
Cenombre, divifé parles
neuf de ces établiffemens
du Royaume 2 portera
Pautre ; ceftchaque Généralité,Tune portant
par
la divifion de ces établiffemens, fera
à-dire, que à Tétendue de ces différentes Généproportionnée
n'ait
ralités, de manière que chaquePanticulier. aller cherà faire, foit pour
point un long trajet
befoin, foit pour concher les bleds dont il aura
vendus chez lui, ou
duire ceux qu'il n'auroit pas vendre à la Comvoudroit
au marché,& qu'il
pagnie. évahuant le coût de chacun de ces magaEn
Eiv --- Page 596 ---
CoM M ERC E
fins, à trente mille livres Tun dans
fera l'objet d'une
T'autre, ce
dépenfe de neuf millions
lefquels prélevés fur les
ci-deffus, réduiront les quatre-vingtefeize millions
à
premiers fonds d'avance
quatre-vingt - fept millions
à la Compagnie,
Ainfi, il reftera
aprèsles frais de fes établiffemens déduits 5 un fonds de
lions à
quatre-vingt-fept milemployer en bleds.
Ces quatre-vingt-fept millions,
fur
trois cens magalins, donneront à répartis
les
dans
chacun, l'un
Tautre, un spprovifionnement de plus de
vingt-quatre milre fetiers de bled, &
Généralité,de plus de deux cens feize mille par, chaque
Or, il me paroit cerrain
fetiers.
dans chaque Généralité,
que, quand il y aura
plus de deux
un approvilionnement de
cens feize mille feriers de
zépartis en huit ou ineufchefs-lieux de
froment,
fubfiflance fe trouvera
chacune, la
les cantons ou la récolte affuréepartour,n même dans
auroit le plus fouffert,&
qu'avant qu'un pareil fonds
foit épuilé,la
d'approvilionnement
faire faire Compagnie aura toujours le tems, de
les verfemens dont les circonftances
préfenteroient la nécellité,de manière
aucun canton ne fera dans le cas de quejamais
d'attendre, ni même de concevoir la manquer 2
plus légère
inquiétude : & tel eft aufli mon
Je le crois
objet principal.
rempli.
ert,&
qu'avant qu'un pareil fonds
foit épuilé,la
d'approvilionnement
faire faire Compagnie aura toujours le tems, de
les verfemens dont les circonftances
préfenteroient la nécellité,de manière
aucun canton ne fera dans le cas de quejamais
d'attendre, ni même de concevoir la manquer 2
plus légère
inquiétude : & tel eft aufli mon
Je le crois
objet principal.
rempli. --- Page 597 ---
D E S GRAI N S.
demandera fijai bien fait attention
Mais on me
dont il faudra que chacun
aux fonds confidérables,
foit nanti, pour pouvoir
des Gardes-Magatins
faire face, à tous
dans les années d'abondance,
feront appormomens, au paiement des bleds qui
Tobtés, de toutes parts, à fon magalin ? J'ai prévu
dans le projet de Loi,
jettion, 5 & je propolerai,
les
d'autorifer les Gardes-Magalins à payer, groffes
2 à un jour
parties feulement, en letres-de-change, nécefCette facilité,
de vue, farla Compagnie.
être confidérée
faire pour l'acheteur 2 ne peut
comme onéreufe au vendeur.
Mais, me dira-t-on encore 7 trouverez - vous
étendu pour l'établiflepar-tout, un terreinaffez
?
ces greniers,
ment de VOS greniers
D'ailleurs,
livres,
dont vous ne portez le coût qu'à 30,000
la
feront-ils toujours affez vaftes, pour contenir
quantité des bleds qu'on y apportéra ?
dans
Je réponds 1o. Qu'il n'y a point de Ville
ou l'on ne puiffe trouver un terrein
le Royaume,
tel, & même
fuffifant poury conftruire un magalin
befoin.
plus grand que ceux dont la Compagnie aura terreins,
dans les Villes,oà la réunion des
20. Que
d'un affez grand
néceffaires pour la conftrugion
coûdeviendroit trop difficile ou trop
magalin 2
magalins.
teufe, on pourra faire plufieurs
3°.
de louer des greniers
Qu'il fera toujours pollible --- Page 598 ---
Co M M ERCE
particuliers s pour les cas de furcharge 9 qui ne
feront jamais que momentanés. 4°. Enfin, -
la vérité, ily aura plufieurs Villes, où le coût qu'à du
magafin excédera 30, 40 & même 80 ou IOO
mille livres ; mais qu'aufli, il y en aura d'autres,
& en beaucoup plas grand nombre , où ce coût
ne montera pas à plus de 12 ou 15 mille livres; ;
que la fpéculation eft faite, de l'une à l'autre; &
qu'en portant la dépenfe, pour cet
à un
établiflement,
total de neuf millions, j'ai plutot forcé,que
diminué cette dépenfe.
in excédera 30, 40 & même 80 ou IOO
mille livres ; mais qu'aufli, il y en aura d'autres,
& en beaucoup plas grand nombre , où ce coût
ne montera pas à plus de 12 ou 15 mille livres; ;
que la fpéculation eft faite, de l'une à l'autre; &
qu'en portant la dépenfe, pour cet
à un
établiflement,
total de neuf millions, j'ai plutot forcé,que
diminué cette dépenfe. --- Page 599 ---
D E S G R A I N
COMP A - GNTE
mettre ici, fous les yeux du LeSeur,
de la
Irpomis
Compagnie,
les détails relatifs à la formation
des fonds
manière de lui faciliter la réunion
la
befoin, & les reglesqu'il conviendra
dont elle aura
font des objets que je me
de lui prefcrire ; mais ce
fera tems. Je.
quand il en
réferve de.développer fera effentiel,de ne la compone dirai point qu'il
de gens d'une probité
fer, cette Compagnie, que
dont T'effet,
févère &c reconnue. Cette précaution,
paffaqu'il fut, pourroienBure que
quelquheureux de nature à perfuader le Public,
ger, ne feroit pas
L'intérêt perfonnel
moins sencore à le tranquilifer.
mobile des acétant, en général, le plus puiffant
font fidèles,
être furs qu'ils
tions des hommes. pour
Or,
cette
il faut les intérefler à l'être.
d'après
de
j'ofe affurer que mon plan eft combiné
penfée,
laiffer d'inquiérude. Je promanière à ne point
d'obliger la Compagnie
pole, entr'autres chofes,
fixe, l'état
de donner tous les ans,à une époque
d'orde fituation de fes magalins, par un compte droit
chaque Intéreffé en croupe, fera en
dre, que
TAffocié en nom fon cédant : & en
d'exiger de --- Page 600 ---
Co M M E R C E
'outre de foumertre toutes fes
les demandes qui pourroient opérations, ainfi que
elle, à la décifion des
être formées contre
Tribunaux
première de ces conditions
ordinaires, La
à chaque Intéreffe, la
affure, en tout tems,
de fon intérèr : elle affure connoiffance de la valeur
& aux
auffi au
Peuples , celle de T'exaéitude Gouvernement,
tions & des réferves,
des précaunon-feulement du
pour Tapprocifonnement, - 2
chaque contrée Royaume en général, mais de
être décifive
en particulier. La feconde doit
dans T'opinion
Il réfulte de mes calculs publique.
qu'au
fur cette
moyen des 12 fols 6 deniers entreprife,
que la Compagnie vendra fon
par quintal,
Taura payé, lesfrais de
bled, plus qu'elle ne
tretien de fes
fa manutention & de l'enmagalins fe trouveront
qu'elle pourra y trouver lintérêt
couverts, &
le pied de fix
de fes fonds, fur
bafes fur
pour cent, au moins. Voici les
leiquellesTar cru pouvoir
perçu de ce réfultat.
préfenter T'apJe me perfuade quel le cultivateur
de 30 fols par fetiers,
qui laura un jeu
droit à la
entre le prix auquel il venCompagnie, & celui
le
mateur achetteroit
auquel
confompourra ; qu'ainfi il d'elle, jouera ce jeu, tant qu'il
fins de la
ne portera fon bled aux magagent
Compagnie, que lorfque le befoin d'arl'obligera de vendre,en plus grande quantité
at.
préfenter T'apJe me perfuade quel le cultivateur
de 30 fols par fetiers,
qui laura un jeu
droit à la
entre le prix auquel il venCompagnie, & celui
le
mateur achetteroit
auquel
confompourra ; qu'ainfi il d'elle, jouera ce jeu, tant qu'il
fins de la
ne portera fon bled aux magagent
Compagnie, que lorfque le befoin d'arl'obligera de vendre,en plus grande quantité --- Page 601 ---
DES GRAI - N S.
journalière.
que n'en exigera la confommation commande au culJe fais que le befoin d'argent
les mois de Mars ou d'Avril, parce
tivateur, vers
c'eft l'époque à'laquelle
qp'indépendammenr que
à la campagne, c'eft
recommencent les travaux, renaiffent, & qu'aaufli celle à laquelle les herbes
fon argent, en
lors il trouve à placer urilement
fait
de belliaux, qu'il
T'employant 'en acquilition
&
& frugifier pendant le printems
pendant
paitre
l'été.
d'un autre côté, quel le conJe me perfuade,
de
fols par
fommateur qui aura le même jeu
le
auquel le cultivateur vendroit
fetier, entre
prix
& celui auquel il pourroitacheter
àla Compagnic,
d'elle,achetera du cultivateur par préférence,tant
fervira le marché & voudra lui vendre.
que celui-ci
leur compte; ainfiiln'y a
Tous deux y trouveront
point à douterqu'ils ne.le faflent. le bénéfice à réMaisje me perfuade aufli que T'autre, nè fera
fulter de ce jeu, pour l'un &c déterminerTun, pour
à difpoint affez confidérable pour au-delà du mois deMars,
férer la vente de fon bled
fa
& Tautre, à en faire chez lui des provilions pour
T'été & pendant l'auromne.
confommation pendant
le cultivateur trouIl eft fenfible,en cffet, que
de profit, à peupler fa terre debeftiaux,8c
vera plus
le printems & penà en faire des engrais, pendant --- Page 602 ---
CoM M E RCE
dantlété , qu'il n'en trouveroit à continuer le
que je fuppofe qu'il aura joué, pendant
jeu
Il eft fenfible de même que le
l'hyver.
le boulanger, qui fauront bien confommateur &
magafinement
pefer les frais d'em-
, de déchec & de manutention
qu'exige la confervation des bleds, n'en feront
point des approvilionnemens
roient
des
qui ne leur préfenteque
rifques ; qu'ainfi, ils feront, de leur
argent, des emplois plus utiles.
Je conclus de ces confidérations,
cultivateur fervira le marché
I°, que le
de Tautomne,
pendant une partie
pendant tout
&
une
partie du
Thyver,
pendant
printems, au fur & à mefure
batteurs extraieront fon bled de la
quefes
la confommation luien
paille, & que
le confommateur
procurera ledébit. 20 Que
& le boulanger acheteront du
cultiyateur par préférence, tant que celui-ci
dra leur vendre; mais au fur & a mefure de vouconfommation feulement, &c
leur
qu'ils ne feront point
dfappiovifonnemens
De ces deux premières
une troifième; c'eft
conféquences, 5 j'en tire
fubfiftance
que la Compagnie fournira la
dans les Villes, pendant fix mois ou environ, 5 chaque année; & cette confommation
Villes, pendant fix mois, je la
des
fpéculation, à un quart de celle du porte, dans ma
total.
Royaume au
& a mefure de vouconfommation feulement, &c
leur
qu'ils ne feront point
dfappiovifonnemens
De ces deux premières
une troifième; c'eft
conféquences, 5 j'en tire
fubfiftance
que la Compagnie fournira la
dans les Villes, pendant fix mois ou environ, 5 chaque année; & cette confommation
Villes, pendant fix mois, je la
des
fpéculation, à un quart de celle du porte, dans ma
total.
Royaume au --- Page 603 ---
D. E S GRAI N S:
des bleds dans le RoyauOr, la confommation comme on Ta vu précédemme, monte au total,
dont le quart fait
ment, à 40 millions de fetiers, millions de quintaux.
IO millions de fetiers, ou 24
dans T'intérieur du
vendra donc,
La Compagnie
de
de froment,
Royaume, 24 millions
quintaux
elle le-vendra 12 f. 6d. par quintal,
&,comme
l'aura acheté, les 24 millions de
plus qu'elle ne.
bénéfice de
quintaux lui feront un
15,000,0001
millions de livres en argent,ci,
Majsle bénéfice ne doits'entendre
de ce qui forme le produit net,
que
préfente ici, n'et pas
& celui queje
près; il y a des
net, à beaucoup
nécefprélévemens & des dédusions
faires. Je vais les préfenter aufl,
telles quejel les ai arbitrés.
Je fuppoferaidoncs maintenant, que
la manutention des magafins occafionnera àla Compagnie une dépenie
de 15,0001. chaque année, Tun portant T'autre ; ce fera, pour les 300
magalins,uned dépenfede. €4500,p001.
a
4500,000
ci
dépenfe déduite du bénéEtcette
fice ci-deffus, le réduit à.
10,500,000
J'arbitre pareillement le montant --- Page 604 ---
Co M M E R C E
du déchet qu'éprouveront les grains,
qui feront confervés dans les
fins, à une fomme de
maga- 1.
nuellement
7,500 an2 par chaque magafin.
Ce fera,ponrles 300 magafins, une
dépenfe de 2,250,000 1., ci,
Laquelle fomme étant encore dé- 2,250,000
duite du
bénéfice, 9 le réduit à
8,250,000
Enfin,je fuppofe que les frais de
kiandenperkeyecmentidel bleds,
des Provinces abondantes dans les
magafins où la denrée manqueroir,
pourront monter aufli à 7.5001. par
magafin, l'un portant l'autre; ce
fera donc, encore, une fomme de
2,250,0001. à déduire, ci,
Et, cette nouvelle dédusion faite, 2,250,000
lebénéfice ne fera plus que de
6,000,000
Mais alors ce bénéfice fera réel; il fera
ritablement un produit net, &
bien vé6n millions, porte à 6, un
ce produit net de
an, l'intérêr
pen plus, pour cent, par
dE56,600,000 de fonds
paru néceffairès pour bien monter
qui m'ont
treprife, & pour en affurer le fuccès. cétté grande enCLa Compagnie n'éprouvera donc, felon
moi, ni
pertes,
Mais alors ce bénéfice fera réel; il fera
ritablement un produit net, &
bien vé6n millions, porte à 6, un
ce produit net de
an, l'intérêr
pen plus, pour cent, par
dE56,600,000 de fonds
paru néceffairès pour bien monter
qui m'ont
treprife, & pour en affurer le fuccès. cétté grande enCLa Compagnie n'éprouvera donc, felon
moi, ni
pertes, --- Page 605 ---
DES - GR. AIN S.
8t
pertes, 2 ni bénéfices fur la confommation dans l'intérieur, quand 'la produéion nationale
mais. quand elle feroit obligée
y fuffira;
importation de bleds
d'y fournir par une
une
étrangers, 2 elle
perte réelle; & cette
éprouveroit
au moins
perte, 2 je l'évalue à Iol.
par chaque fetier qui
d'ou il fuit que, dans les années où feroit les importé $
Royaume néceffiteroient
befoins du
millions de fetiers
une importation de deux
3 la Compagnie perdroit
moins, outre l'intérêt de fes fonds
au
millions de livres en argent. Il eft d'avance, 14
conclurre ,
naturel de
d'après cette obfervation,
projet ne feroit pas propofable, fi la que mon
dans le Royaume n'excédoit, année
produdion
confommation; mais comme il eft commune, 2 la
T'excède,il fera facile de faire des reconnu qu'elle
années dont la produgion feroit réferves pourles
il ne tient qu'à la
infufffante; ainfi,
dans le cas de recourir Compagnie , de n'être jamais
que la France eût le à Timportation, fi ce n'eft
nées ftériles fe
malheur de voir plufieurs anfascoder.fanrimervale
à la divine Providence, le cas eft très-rare. Or,graces
confidération ne m'a donc point arrêté, & Cette
penfe pas qu'elle puiffe être un obftacle
je ne
tion d'une
àla formaCompagnie bien compofé.
J'obferverai de plus, que le bénéfice que fera la
Compagnie furles bleds qu'elle exportera, écqu'elle
F
eft
nées ftériles fe
malheur de voir plufieurs anfascoder.fanrimervale
à la divine Providence, le cas eft très-rare. Or,graces
confidération ne m'a donc point arrêté, & Cette
penfe pas qu'elle puiffe être un obftacle
je ne
tion d'une
àla formaCompagnie bien compofé.
J'obferverai de plus, que le bénéfice que fera la
Compagnie furles bleds qu'elle exportera, écqu'elle
F --- Page 606 ---
Co M M E R C E
vendra à l'étranger, fera très-inférieur à la
qu'elle effuieroit fur ceux qu'elle feroit
perte
tirer; parce qu'au moyen du droit
obligée d'en
de Taffujettir,
auquel je propofe
commeon le verra dans ma feconde
Partie, fur tous les bleds qu'elle ex
elle
n'en pourra faire fortir aucuns du
portera ,
Royaume
ne lui reviennent à 19 1. le ffetier,
, qu'ils
au moins, &
qu'en fuppofant qu'elle les vendit : à
lun dans l'autre, la différence du coût T'étrangergol., à la
ne fera que de II 1. par fetier, fur
vente
duifant les frais de fret & de
quoi, en dédéchec, fon bénéfice
ne monteroit pas à plus de 6 1. par fetier.
En fuppolant donc 2 qu'année commune, la
produsion nationale donnât, au-delà de la cona
fommation, un ekcédent qui, toutes réferves faites, permitune exportation d'un million de
la
fetiers,
Compagnie ne pourroit compter annuellement
que fur un bénéfice de 6 millions de livres en
argent.
Cette différence, entre le gain qu'elle fera fur
les bleds exportés, & la perte qu'elle effuieroit fur
ceux qu'elle feroir obligée d'importer, eft fingulièrementfavorable à mon projet : pourquoi I ? Parce
qu'elle garantit que la Compagnie,
n'êtrej
mais dansle cas d'ufer d'une reffource pour G
jable à fes intérêts, donnera la
préjudiciaa l'entretien
plus grande attention
perpétuel de fes magafins, & que la
'elle fera fur
les bleds exportés, & la perte qu'elle effuieroit fur
ceux qu'elle feroir obligée d'importer, eft fingulièrementfavorable à mon projet : pourquoi I ? Parce
qu'elle garantit que la Compagnie,
n'êtrej
mais dansle cas d'ufer d'une reffource pour G
jable à fes intérêts, donnera la
préjudiciaa l'entretien
plus grande attention
perpétuel de fes magafins, & que la --- Page 607 ---
D ES GR A I N S.
8;
farveillance des Officiers de Police ( qui doit
moins leur être laiffée & recommandée
néanplus qu'une précaution
), ne fera
a On
furabondante.
millions conçoir, au furplus, que ce bénéfice de fix
qui, dans ma fupputation, devroit
annuellement à la. Compagnie,
revenir
roiffe pouvoir être regardé
quoiqu'il me patain, fera toutes fois,
comme à peu prescer
évenemens,
tellement fubordonné aux
ou18
qu'il pourra monter une année
millions, & enfuite fe trouver
à'rs
dant une ou plufieurs années,
néant, pentoujours du montant derla parce qu'il dépendra
produétion.
Ieftd'ailleurs à préfumer, qu'tine pareille
pagnie, ne bornera pas fes
Combleds
fpéculations aux feuls
nationnaux; mais que fes vues
julqu'à commercer les bleds
s'étendront,
achetant dans les pays ou ils feront étrangers, en les
pour les tranfporter &1 les
à bas prix,
ilsfe vendront
revendre, dans ceux oà
ro
plus cher : & ce fera un
d'affurer de plus en plus T'abondance moyen,
20 D'y former, ce qu'on
en France,
ment des Commerçans. peut appeller véritablea
Je reprends. Cette
poffeflion d'un
Compagnie fera donc en
des bleds, mais privilège elle
exclufif pour T'exportation
fera chargée en
(&ce fera une condition
conféquence
de fon
expreffe de la conceflion
privilége), de pourvoir, en-tous tems, foit
'affurer de plus en plus T'abondance moyen,
20 D'y former, ce qu'on
en France,
ment des Commerçans. peut appeller véritablea
Je reprends. Cette
poffeflion d'un
Compagnie fera donc en
des bleds, mais privilège elle
exclufif pour T'exportation
fera chargée en
(&ce fera une condition
conféquence
de fon
expreffe de la conceflion
privilége), de pourvoir, en-tous tems, foit --- Page 608 ---
CoM M E R
E
par le verfement des Provinces abondantes
les provinces ftériles, foit
dans
bleds
par T'importation des
étrangers 9 à Tapprovifionnement de
fes
tous
greniers 9 & à l'affurance de notre
fiftance. Elle fera, à cet égard,
fubJa confiance du
dépofitaire de
Gouvernement & des
il faut convenir que le plus
Peuples; &
défaut de
léger abus, le moindre
précaution, ne pourroit être
Mais la fageffe des loix qu'on
trop puni.
tion des
lutimpofera, ,T'attenMagifirats qui la furveilleront
le défir de mériter l'eftime & la
par-tout;
la Nation; fon honneur,
reconnoiffance de
9 & fur-tout fon
intérêt, que la plus légère prévarication, la propre
fimple négligence compromettroient
plus
effentiellement, ne feront-ils pas d'aflez sûrs garants de fon
exaditude & de fa fidélité ?
Quant à la formation de cette
da
Compagnie, j'ai
compter qu'en mettant fes fonds à couvert de
toutes pertes, & lui procurant, dans la différence
du prix de T'achat, à celui de la vente des
dans l'intérieur du
bleds,
Royaume, un bénéfice fuffifant
pour fournir, tant au rembourfement de fes frais
de manutention 2 qu'au paiement de l'intérêt de
fes fonds d'avance, furun bon pied, On trouveroit
facilement à la compofer, & 'même à n'y admettre
que des fujets d'élite. Et comment, en effet, ne
pasfe perluader que, dans un Royaume, oul le Gou-
l'intérieur du
bleds,
Royaume, un bénéfice fuffifant
pour fournir, tant au rembourfement de fes frais
de manutention 2 qu'au paiement de l'intérêt de
fes fonds d'avance, furun bon pied, On trouveroit
facilement à la compofer, & 'même à n'y admettre
que des fujets d'élite. Et comment, en effet, ne
pasfe perluader que, dans un Royaume, oul le Gou- --- Page 609 ---
D'ES GRAI N S.
vernement eft, fans ceffe,importuné de demandes
des intérêts dans des entreprifes onéreufes aux
pour
il lui fera facile de former une Compapeuples,
affure au cultivateur
gnie, pour une entreprife qui
le débit de fa récolte, aux Peuples, uneabondance
de l'intempérie des faifons, à TEtat,,
indépendante
le débouché de tout le fuperfus de fa produdtion,
aux Affociés, avec T'efpoir d'un
& qui préfente
tous ces biens,
raibasneaentrret
de ferviteurs de la Patrie ? On
& le titre glorieux
aufli
m'excufera, fans doute, fi j'ai ofé préfumer
& dela confiance due au Gour C
avantageufement,
vernement, & du zèle des citoyens aifés.
uRcun
Ainfi donc, en autorifant T'exportation, on en dee
fera ceffer tous les dangers; on en fera refluer les
fur tous les fujets du Roi, fans exception
avantages d'un feul: ainfi tous les Ports, & toutes les autres
être ouverts, & le
forties du Royaume, pourront
verra le tranfport des bleds, fans inquiétuPeuple
des;i il ne craindra plus que les mouvemens,qu'on
fera
foient digtés par l'envie de les lui
lui
faire, fera le
à faciliter les opérafurvendre ;il
premier,
tions de la Compagnie, qu'il ne pourra confidérer
comme fa bienfaitrice, que comme une mère
que
uniquement occupée du foin depourvoir
de famille, de chacun de fes enfans. Ainfi le
aux befoins
délivré des follicitudes
Gouvernement fe trouvera
F il] --- Page 610 ---
Co M M E R C E
qu'entrainoir la légilation, fur
tiére, légillation qui, foit qu'elle cetteimponante ait
ma
fendu ou reftraint
permis, dél'exportation, a toujours échoué
contreles rufes du monopoleur, & danr en confé
quence, les fuccès momentanés, Ont
malheurs
dégénéré en
publics : ainfi enfin, les Hôpitaux feront
en état de fournir la fubfiftance aux
infirmes, & la mendicité
pauvres
pourra, définitivement & férieufement, être bannie du Royaume.
Pafions à la feconde Partie. J'en ai trop dit, fur
celle-cispourles perfonnes intelligentes & de bonne
yolonté, Je n'enaurai pas dit aflez, pour les
à préjugés. J'avois, au
gens
furplus; mes bafes à
fer; : elleslefont, je ferai
pofur l'autre,
conféquemmentplus court
Fin de la première Partie.
pourra, définitivement & férieufement, être bannie du Royaume.
Pafions à la feconde Partie. J'en ai trop dit, fur
celle-cispourles perfonnes intelligentes & de bonne
yolonté, Je n'enaurai pas dit aflez, pour les
à préjugés. J'avois, au
gens
furplus; mes bafes à
fer; : elleslefont, je ferai
pofur l'autre,
conféquemmentplus court
Fin de la première Partie. --- Page 611 ---
DE S G R A I
SECONDEPARTIE
fans doute, m'en tenir aux trois
Tauxors pu,
Partie de mon
objets contenus dans la première
été laifferà d'autres, à glaner
Projet; mais ç'eût
&j'ai - cru devoirne rien négliger
dans mon champ,
J'ai
de ce qu'il me paroiffoit pouvoir produire.
de
la fuppreflion
ofé propofer, en conféquence,
réelles & perfonnelies ; j'ai
toutes impofitions
fuffifans pour foutenir
ofé annoncer des revenus
3 9
fans le fecours de ces impofitions
dignement,
& pour fubvenir à tous les
la Majefté du Trône,
même des
befoins de TEtat, dans le cas
plus
Ce font mes deuxderniers points
longues guerres.
; je vais le faire en
de vues. Il faut m'expliquer
peu de mots.
deux écueils . dontlun me
Je me vois ici entre
T'autre. J'aià trairepouffe néceffairement contre
furement
dontle
trouvera
-
ter deux objets,
premier dans la claffe finandes contradiéteurs puillans,
fouverainecière, &c le fecond déplaira peut-être tellement
ment au Public. Ils font, toutefois,
le fuccès de celui-là, ne peut
inféparables 2 que l'exécution de celui-ci. Je n'en
avoir lieu, fans
eft délicate
fens que mieux combien ma pofition
Fiv --- Page 612 ---
Cox M ER C E
& critique; mais le vrai zèle brave les
& quelquefois il en triomphe.
obftacles 9
Oui, je defire que le laborieux
l'induftrieux Artifte, le malheureux Cultivateur,
pauvre Peuple ceffent de gémir fous Ouvrier, le
le
Impofitions qui les accable, fous le poids des
perception, fouvent
poids de la
plus dure que les impofitions
elles-mèmes:j je defire que tous, à lavenir,
fent en paix & en liberté du fruit de leurs jouif
de leur induftrie, de leurs
fueurs,
épargnes. Je
un mot s que la France foit le
defire, en
heur , & qu'elle béniffe, à
féjour du bonjamais, le
dont ce bonheur fera T'ouvrage.
Monarque
Or,ce fera, je crois, un moyen d'y parvenir
que de fupprimer les tailles, taillon, uftenfiles,
quartier d'hiver, capitation,
$
fols pour livre, induftrie, & vingtièmes, deux
les impofitions qui portent, fur généralement les
toutes
fur les bieris.
perfonnes,u
Cependant comme tous les Sujets doivent des
fecours au Prince, en échange de la
qu'ils en attendent, comme les revenus protedion de FEtat
font, la portion que chaque Citoyen doit
fon bien, pour jouir de l'autre
payer de
avec fireté ; comme il importe paifiblement d'aillieurs &
Nation, que Sa Majefté conferve, à fes
à la
le titre qu'ils ont acquis fur elle,
créanciers,
2 & que les arré-
perfonnes,u
Cependant comme tous les Sujets doivent des
fecours au Prince, en échange de la
qu'ils en attendent, comme les revenus protedion de FEtat
font, la portion que chaque Citoyen doit
fon bien, pour jouir de l'autre
payer de
avec fireté ; comme il importe paifiblement d'aillieurs &
Nation, que Sa Majefté conferve, à fes
à la
le titre qu'ils ont acquis fur elle,
créanciers,
2 & que les arré- --- Page 613 ---
DES GR AI N S.
foient exagement acquittés 2 jufqu'au
rages en
ont avancés
rembourfement des capitaux qu'ils
Sa
les befoins de PEtat ; en un mot , que
pour
toujours, payer comptant fes dépenMajefté puiffe
doit réfulter de cette
fes, fe procurer le gain qui
à T'avenir s
économie, & qu'elle ne foit plus,
il
il eftindnns la néceflité de s'ariérer; eftjuite,
faifant, de fa part, le facrifice
difpenfable qu'en dont jo viens de 'parler, elle foit
des impofitions
reffources.
dédommagée, par d'antres
fortea
Mais ici, ma plume fe refufe,en quelque
de mes idées. Je tremble de proà T'expreflion
mot de droits à percevoir fur
noncer feulement,le
défabufera - on,
les grains. Comment, en effet,
accoutumé à fufpelter les opératout un Peuple
même les plus faines,
tions du Gouvernement, tendus à fa crédulité?
comme autant de piéges
dans
Comment lui perfuadera-t-on que le préjugé
une habitude de plulequel il eft entretenu , par de la franchife des
fieurs fiècles, fur la néceflité
défaftrueux ?
&
grains 2 eft un préjugé puérile
les clameurs
Comment, fur - tout, étouffera-t-on
d'hommes, intéreffés à Texifde cette fourmillière
entrai5 dont ce changement
tence desimpofitions
que
neroit la fupprellion 2 qui n'y apperceviont
chute de leur falte 2 & qui ne verroient 2
la
la franchife des
fieurs fiècles, fur la néceflité
défaftrueux ?
&
grains 2 eft un préjugé puérile
les clameurs
Comment, fur - tout, étouffera-t-on
d'hommes, intéreffés à Texifde cette fourmillière
entrai5 dont ce changement
tence desimpofitions
que
neroit la fupprellion 2 qui n'y apperceviont
chute de leur falte 2 & qui ne verroient 2
la --- Page 614 ---
CoM M ER C E
plus pour eux de moyens de le
voyoient adopter un , qui conciliât foutenir,sils la
en
PEnt,avecle
richefle de
bonheur& cla tranquillitédes)
Iln'en eltpas moins
Peuples?
fervant fa
vraique le préjugé, en conforce, ne remédieà rien. Sa
fera préfentée comme une fource de
deftruéion
que, & la misère
mifère publifait
publique exifteaveclui.
qui n'eft malheureufemene
C'eftun
teftable 9 & qui répond
que trop inconobjeations qu'on
davance, à toutes les
ment
pourroit faire, contre le
que je propofe.
changeQuoi qu'il en foit, le
fut
tant qu'il put paroitre fondé préjugé
refpe@able,
time, & la crainte fut
fur une crainte légides bleds
légitimé, tant que le prix
dépendit de l'influence des faifons, &
l'inconftance du Commerce
de
magafins répartis dans
mais quand des
toutes les grandes Villes du
(*) Un Auteur moderne (a), plus
plus inconfidéré que moi, ayant
entreprenant 3 ou
T'Auteur des Oéfervations fier le Commerce apperçu, dans ma lettre a
& rendae publique, dès le mois de
des grains, imprimée
que liard qui furvenoit
Février 1775, que chafurchargeoit les Peuples d'augmentation, d'une
au prix du pain,
millions par an 9. en a adroitement dépenfe de cent trente-fix
impofer fur cette denrée
conclu, qu'on pouvoit
farine, & il l'a propofé. 9 deniers par livre & demie de
Mais
(a) Indications politiques
indépendamment que cet
imprimées à Stockolm en 1776,
liard qui furvenoit
Février 1775, que chafurchargeoit les Peuples d'augmentation, d'une
au prix du pain,
millions par an 9. en a adroitement dépenfe de cent trente-fix
impofer fur cette denrée
conclu, qu'on pouvoit
farine, & il l'a propofé. 9 deniers par livre & demie de
Mais
(a) Indications politiques
indépendamment que cet
imprimées à Stockolm en 1776, --- Page 615 ---
DES GR - AI N 3.
fous les yeux de tous les
Royaume 9 entretenus
des Tribunaux
Citoyens, & foumis à la jurifdi8ion
auront donné au bled, & condans chaque lieu, ,
fixation déterminée &
féquemment au pain, une
il n'y aura
indépendante des évènemens ; quand
ni
à craindre, ni infuffifance dans l'efpèce,
plus
dans le prix <, il eft évident qu'alors,
augmentation doit tomber avec le principe qui l'avoit
le préjugé
deftitué de toute raifon,de
produit. Il fe trouve
fuffifamment
Or,je crois avoir
tout prétexte,
dans ma preétabli la certitude de ces avantages
ci-devant refpedable,
mière Partie. Cepréjugé,
monftre , dont
n'eft donc plus aujourd'hui qu'un
s'il fe
délivrer la Patrie.
il faut,
peut,
ce n'eft
Et certes, ce qui importe au Peuple,
qu'il ne foit perçu aucun droit fur lesgrainssc'eft
pas
de pain, & de ne le payer
de ne point manquer fera le premier effet de mon
jamais cher. Or,ce
fyfême.
c'eft qu'en fourCe qui importe au Peuple,
s'attribuer d'autre mérite fur fa découverte;
Auteur ne peut
par 3 liards,e que je préfentois
que celui d'avoir multiplié
d'avoir fubftitué, 9 le mot
par un, & fil'on veut encore,
fon impôt feroit une
farine, à celui pain, il eft certain que
trop cher, &c
augmentation d'autant au prix du pain, déjà
eit donc
renchérir encore. Sa propolition
qui pourroit inhumaine, & tout-à-fait inadmiffible.
abfolument
te;
Auteur ne peut
par 3 liards,e que je préfentois
que celui d'avoir multiplié
d'avoir fubftitué, 9 le mot
par un, & fil'on veut encore,
fon impôt feroit une
farine, à celui pain, il eft certain que
trop cher, &c
augmentation d'autant au prix du pain, déjà
eit donc
renchérir encore. Sa propolition
qui pourroit inhumaine, & tout-à-fait inadmiffible.
abfolument --- Page 616 ---
Co M M ERC E
niffant au Roi, les revenus
foutenir les charges de fa
néceflaires pour
bution ne foit point foumife couronne, la contrià T'arbitraire
aggravée par les frais de perception,
2 ni
le moyen.
&cjenipréfente
Ce qui importe au Peuple, c'eft
nement ne foit plus réduit à la trifte que le Gouvercharger de nouvelles
néceffité de le
traire, il puiffe le
impofitions; mais qu'au condécharger des
ce que je propofe.
anciennes, & c'eft
Je ne ferai donc plus difficulté de dire
impofitions fupprimées,
que, ces
aufli avantageufement pourront être remplacées
Prince,
pour la Nation
par un droit de 2 1. IO f. en que pour le
& de3 31.15 Len tems de
tems de paix,
tal de bled-froment,
guerre, fur chaque quin-
& moindre, fur les
avec un droit proportionnel
autres grains; lequel
perçu, pour le compte du Roi,
droit fera
établis ad hoc,& fera
par des Régiffeurs
gnie de France, fur payé,favoir: par la Compatous les
chez T'étranger, a leur
bledsqu'elle exportera
les
fortie hors du
par
Boulangers ou autres
Royaume ; &
aux Moulins, lors de leur
qui feront moudre,
mouture,
Or, ce droit, 9 joint au prix
d'alffigner au bled, ne
que j'ai propofé
favoir:
portera le prix du fetier, --- Page 617 ---
DES GRAIN S.
qu'à 21 1. 18 f. en tems de paix, &à
A Paris,
241. 18 f.en tems de guerre.
201.
Dans les Villes de la première claffe, qu'à
de
&à23 1. 14 f. en tems de
14 f en tems
paix,
guerre. Dans celles de la feconde , qu'à 2o1. 2 f.entems
de paix, & ài2g1. 2f.en tems de guerre.
de
ailleurs, qu'ang1. iof. en tems
Et partout
de
TS 0
paix, &à221. IO f. en tems
guerre.
fuite néceffaire, la livre de pain, de pur
Par une
IB1
froment, ne vaudra jamais,
&c
A Paris, plus de 26 d. en tems de paix, plus
de 29 d. en tems de guerre.
de
Dans les Villes de la première claffe, plus
de
&
de.27 d. en tems
24 d. en tems
paix,
plus
de guerre. ceiles de la feconde, plus de 23 d. en tems
Dans
de paix, & plus de 26 en tems de guerre.
Et partout ailleurs 2 plus de 22 d. en temsdepaix,
& plus de 25 d. en tems de guerre.
Je crois même pouvoir dire, que les Boulangers
feront en état de le donner à meilleur marché par:
tout.
le
quine fera
On doit voir, au furplus 7 quel pain,
fera d'un prix inférieur à ceuxpas de pur froment,
font
les Habitans des campagnes, qui
ci; qu'ainfi
du
de bleds mêlés, 9
dans T'ufage de manger
pain
d. en temsdepaix,
& plus de 25 d. en tems de guerre.
Je crois même pouvoir dire, que les Boulangers
feront en état de le donner à meilleur marché par:
tout.
le
quine fera
On doit voir, au furplus 7 quel pain,
fera d'un prix inférieur à ceuxpas de pur froment,
font
les Habitans des campagnes, qui
ci; qu'ainfi
du
de bleds mêlés, 9
dans T'ufage de manger
pain --- Page 618 ---
CoM M E AC E
éprouveront une diminution,
différentes efpèces de grains proportionnée dux
ront.
qu'ils confomme
Ileft conftant,
fyftême eût
Io, que depuis 1765 ; un tel
épargné aux Peuples 2 milliards
moins, fur ce que leur a coûté leur
au
plus de 4 milliards
fubfifiance, &
500 millions,
tant en impofitions,
qu'ils Ont payé,
qu'en frais de
n'auroient pas eu lieu.
perception,qui
20 Que le commercé des marchandifes
Manufi@ures, au lieu de la diminution de nos,
éprouvée, par le haut prix du
qu'il a
un accroiffemnent défirable.
pain, auroit reçu
39 Que le paiement des arrérages des dettes
TEtat auroit pu être fait régulièrement
de
rédusion, ni retenue.
& fans
40 Quele rembourfemert des capitauix
par P'Edit de Décémbre
ordonné
effeaué, & auroit
1764, fe feroit réellement
plus confidérable pu même, chaque année, êure
que nele porte lEdit.
59 Enfin, que T'exportation ne s'en feroit
moins faite, & quel'état des Finances
pas.
niment meilleur,
feroit infiabfolument
ou, pour mieux dire, qu'il feroit
aifé.
Je crois donc pouvoir dire
dra fe donner la peine
que, quiconque vouaputendirlerinerde ce
fylême, y trouvera un profit très-réel pour le
pu- --- Page 619 ---
D ES GRAI N S.
blic, & pour le particulier. Il'me refteà prouver,
quel le Prince n'y gagnera pas moins.
dansle compte qu'il a rendu au Roi,
M. Necker,
Sa
fur la taille, la
porte les revenus de
Majefé,
capitation, &c les autres impofitions dont je propofe
I faut donc
icila fuppreffion, à 148,590,0001.
le droit de 51. IO f. par quintal, par lequelje
que
toutes ces impofitions, rende
propofe de remplacer
&
la rende plus
annuellement cette fomme, qu'il
dans les coffres de Sa Majefté. C'eft auffi ce
nette
qui arrivera, &je vais le démontrer.
Ona vu, dans ma première Partie, que la confommation des bleds dans le Royaume, montoit
annuellement à 40 millions de fetiers, en ne fupmême fa population que fur le pied de 16
putant
mais les bleds quile confommillions d'individus;
fromens. Dans
ment, ne font pas tous bleds
plu- dans
fieurs contrées, les confommateurs les mélent;
d'autres, le pain n'eft que de feigle, d'orge,ou de
bled noir, , & le droit doit être moindre fur ces efde bleds inférieurs. Il convient donc de pezer
pèces
ces différences, dans le calcul du produit.
Je réduirai, en conféquence, la confommation
en froment, à 30 millions de
du Royaume 2
fetiers.
millions de fetiers font 72 millions de
Or, 30
donquinitaux, lefquels : ,à raifon de 21. rof.Tun,
'orge,ou de
bled noir, , & le droit doit être moindre fur ces efde bleds inférieurs. Il convient donc de pezer
pèces
ces différences, dans le calcul du produit.
Je réduirai, en conféquence, la confommation
en froment, à 30 millions de
du Royaume 2
fetiers.
millions de fetiers font 72 millions de
Or, 30
donquinitaux, lefquels : ,à raifon de 21. rof.Tun, --- Page 620 ---
Co M M ERC E
neront un produit de 180 millions de
livres en argent, ci,
Je fuppoferai enfuite la confom- 180,000,0001,
mation des feigles à 5" millions de
fetiers, qui font I2 millions de quintaux, fur lefquels le droit ne fera
porté qu'à 21. parquintal;ce fera un
produit de 24 millions en argent,ci,
Et pareillement , la confomma- 24,000,000
tion des orges & autres menus-grains,
às millions de fetiers, ou 12 millions
de quintaux, lefquels, à raifon de
I 1.5 L de droit, feulement, donneront un produit de 15 millions en argent, ci,
Jene fpécule, comme l'on voit, la 15,000,000
confommation de soutesleseipécesde
bleds, au total, que furle pied de 40
millions de fetiers, & il en réfulte un
produit de 219 millions de livres, en
argent, ci,
Ines'sgit de
219,000,000
remplacer au Roi
que 148,590,000 1.,ci,
Le Roi trouvera donc un bénéfice 148,599,000
de70410,000 1..*ci,
70,410,000
* Si je tirois mon produit d'après la
fappofition faite
Et --- Page 621 ---
DES GR A I - N S.
Er,en fuppofant
les frais de
qu'il en coûtâr 9 millions pour
régie, il refteroit
par chaque année, un bénéfice toujours net au Roi,
plus. (*)
de 60 millions,&
Or,ce produit & ce bénéfice, Sa Majefté fe les
procurera, fans cottifation de qui
avertiffement hi
que ce foit, fans
fans Huiffiers.
contraintes, fans Colledeurs &c
Quelle reffource pourfes
Quelle tranquillité pour fes
finances,
fource de gloire & de
Peuples ? Quelle
même?
fatisfaéion pour ellepar l'Auteur des Olfervations fur le
bénéfice du Roi monteroit à
Commerce des grains 3 le
an, au lieu des foixante-dix cent vingt- deux millions par
ici.
millions auxquel, je me réduis
Et fije le tirois d'après celle faite
fon favant Traité furla
par M. Necker, , dans
ce bénéfice feroit
Légillation & le Commerce des grains,
beaucoup plus confidérable encore.
(*) Je démontrérai en temts & lieu
droit fera fimple & facile,
les
què la régie de ce
j'en arbitre ici les frais, feront que
neuf millions, auxquels
pourvoit,q qu'avec un
plus que fufffans pour y
preferire, on parviendra, peu d'ordre, aufli aifé à tenir qu'à
dans la
hon-feulement à éviter la
perception 3 mais encore, à
fraude
qui excitent
corriger nombre d'abus
Meuniers &les journellement Fariniers, les plaintes du Public contre les
a
què la régie de ce
j'en arbitre ici les frais, feront que
neuf millions, auxquels
pourvoit,q qu'avec un
plus que fufffans pour y
preferire, on parviendra, peu d'ordre, aufli aifé à tenir qu'à
dans la
hon-feulement à éviter la
perception 3 mais encore, à
fraude
qui excitent
corriger nombre d'abus
Meuniers &les journellement Fariniers, les plaintes du Public contre les
a --- Page 622 ---
Co M M E R C E
Cequ'ileftbon d'oblerver, c'eft
pofition des chofes,
que par cette difqui fait contribuer
tous ceux dela Nation aux
également
charges de TÉtat,
appelle même à les
,&qui
eux 2 tous les Etrangers payer 2 concurramment avec
qui confommeront de nos
Bleds,je donne au Roi 20 ou 25 millions de
contribuables, 2 ou Sa Majefté ne
plus, que 12 à1s cent mille
trouvoit, tout au
la
Sujets à cottifer. Ainfi
charge, aujourd'hui
vres, fer trouvera tellement très-pefante pour les paudra infenfible
partagée, qu'elle devienordre
pour chacun : & loin que ce nouvel
puifle être
du prix du
envifagé.comme il
une augmentation
diminution pain ,
en affurera au contraire la
à perpétuité. Il tiendra lieu
de toutes les impofitions réelles &
cependant
tandis que le prix aSuel du pain, perfonnelles,
quoique fort
fupérieur, ne tient lieu de rien, & ne
ni qu'il n'augmentera
ni
garantit pas,
plus, ,
qu'on n'en manquera point.
Le feul droit de 25
les tems de
fols, par quintal, ajouté pour
guerre, 2 à celui desl 1.10 I.
vra feul pendant la paix; ce feul droitde qu'on percetoutefois,
25 L.qui,
n'augmentera le prix du
den, par livre, donnera au Roi
pain que de 3
dinaire de plus de IIO'millions un revenu extraorpar an. Il mettra
conféquemment, Sa Majefté, en état de
à tous les frais de la guerre, fans
fubvenir
charger fes Peu-
guerre, 2 à celui desl 1.10 I.
vra feul pendant la paix; ce feul droitde qu'on percetoutefois,
25 L.qui,
n'augmentera le prix du
den, par livre, donnera au Roi
pain que de 3
dinaire de plus de IIO'millions un revenu extraorpar an. Il mettra
conféquemment, Sa Majefté, en état de
à tous les frais de la guerre, fans
fubvenir
charger fes Peu- --- Page 623 ---
DES GR A I N S.
ples d'aucune autre impofition. J'ofe même préfumer que ce fera un moyen d'éloigner, & peut-être
d'écarter
toujours 2 ce fléau terrible 2 ; car
, pour
quelle Puiffance ne craindra pas d'entrer en guerre
au premier coup de tamavec un Monarque qui,
bour, verroit, fur le champ,accroltre fes revenus,
de plus de cent millions, fans que ce fupplément
de revenus, qui auroit lieu, tant que la guerre
dureroit, fit la moindre fenfation dans la fortune
d'aucun de fes Sujets.
Etqu'on ne dife pas que cette facilité de fe prodevenir funefte
curerde fi gros, revenus, pourroit
Je me fuis fait à moi-même cette
aux Sujets.
objeaion ; mais je me fuis dit, en même tems,
qu'à cet égard, les vues du Gouvernement auront
néceffairement des bornes, & que pour cueillir le
fruit, on ne voudra pas déraciner l'arbre : je me
bon
point fes enfans
fuis dit,qu'un
père n'égorgeoit
multiplier fes richefles, &c qu'un Monarque
pour
fauroit oublier,
l'aifance de fes Sujets
fenfé nei
que
eft le principe & la bafe de fa puiflance - : je me
de TEtat diminueront néfuis dit queles dépenfes
ceffairement, fans rien diminuer à la fplendeur,
le Roi doit foutenir l'éclat de fa
avec laquelle
des denCouronne. Pourquoi? Parce que lej prix
rées & marchandifes, qui forment les dépenfes 2
Gij
uroit oublier,
l'aifance de fes Sujets
fenfé nei
que
eft le principe & la bafe de fa puiflance - : je me
de TEtat diminueront néfuis dit queles dépenfes
ceffairement, fans rien diminuer à la fplendeur,
le Roi doit foutenir l'éclat de fa
avec laquelle
des denCouronne. Pourquoi? Parce que lej prix
rées & marchandifes, qui forment les dépenfes 2
Gij --- Page 624 ---
CoM M E R C E
diminuera, & parce que le Gouvernement,
pourra toujours payer tout
qui
comptant, fera la loi à
F'Entrepreneur & au Fournifeur, qui la lui
au contraire 2 tant qu'il fe trouve forcé de font
demander de groffes avances & de
leur
je me fuis dit enfin
longs crédits:
2 que quand le Prince veit
angmenterfes revenus,il a toujours en
force fuflifante
mains, une
pour établir des impôts
d'avoir, comme le droit dont il
qui 2 loin
d'une
s'agit, le mérite
répartition égale, ,& prefque
toujours le défavantage de T'arbitraire infenfible,ont
furcharge
& de la
pour les pauvres. Mais une raifon
forte encore 9 & qui n'eft pas de
plus
Tévidence del'intérêt du
moi; c'eft que
Souverain, & de l'intérèr
général, commun à tous les ordres de la
formera toujours une barrière
fociété,
infurmontable à toute
augmentation au droit far les grains
Un autre effet de cet établiffement, (r).
le prix de la
c'eft que
main-d'eauvre, qui,
doit fuivre le prix du
naturellement, %
pain, 2 & fe
au montant des impofitions dont proportionner
Tinduftrie
trouve chargée, fe fixera de lui-mëme
fe
modéré, d'après
à un taux
lequel, 2 les marchandifes de nos
manufalures regagneront la concurrence dans les
*I Lettre d'un Ciroycn à un
Magiftrat, page 21,
le prix de la
c'eft que
main-d'eauvre, qui,
doit fuivre le prix du
naturellement, %
pain, 2 & fe
au montant des impofitions dont proportionner
Tinduftrie
trouve chargée, fe fixera de lui-mëme
fe
modéré, d'après
à un taux
lequel, 2 les marchandifes de nos
manufalures regagneront la concurrence dans les
*I Lettre d'un Ciroycn à un
Magiftrat, page 21, --- Page 625 ---
D E a S GRAI N S.
IOI
où le trop haut prix a pu la
Pays Étrangers 2 &
dans ceux où elles
leur faire perdre ;
que
certainela confervent encore, elles acquéreront
notre
ment la préférence : que par ce moyen 7
reprendra une nouvelle vie, & devienCommerce feuriffant que jamais; que de-là, renairont
dra plus
T'abondance, la population n, &c.
la circulation,
ainfi fur les grains
&c.En un mot, qu'en reportant
le premier
la plus forte partie des revenus del'Etat,
intérêt du Monrrque, 9 & de fon Gouvernement,
TAgriculture, & d'encourager le
fera de protéger
hau
Laboureur, à la porter toujours, au plus
tdégré
de produélion poflible.
des bleds fera abondanEn effet, plus la récolte
le droit
le Prince fera riche ; puifqu'outre
te, plus
de fes Sujets, il aura encore à
fur la confommation
lesbleds
percevoir un pareildroit fur tous
quiferont
Je n'ai point tiré ce dernier en ligne de
exportés.
que le produit n'en eft pas annuel,
compte, parce
prudent d'affeoir fa fpéculation,
& quilneferoit pas
éventuel;
les revenus de TÉtat, fur un objet
pour
qu'il aura lieu quelquefois,
mais il eftincontefable
,lorfquela culture
& il eft traifonnable d'efpérer que
ce
fera encouragée, & la reproduéion ménagée,
deviendra d'objet, &c fuffifant, pour mettre
produit
de fe livrer aux mauvemens de fon
le Roi à portée
G iij --- Page 626 ---
C o M M E RC E
affeation pour fes Peuples, en leur faifant
vement éprouver de nouveaux
fucceffi
la fuppreffion de ceux des droits foulagemens, de fes
par
leur font le plus onéreux.
Fermes qui
J'ajoute que le produit des Fermes
très-grands
de
recevra de
avantages
ce virement de parties,
quoiqu'au premier coup d'aeil, il puiffe
étranger, parce qu'à mefure
y paroitre
pulation
que l'aifance & la pou
renaitront, la confommation
& que, dans les Fermes, c'eftla
augmentera,
fait le produit.
confommation qui
Si cependant, & malgré tous ces
étoit vrai que le préjugé
avantages, il
que je combats, fàt indeftrugible, & qu'en
de
conféquence, cette dernière
partie
mon projet nej pût êtrea admife, cene feroit
pas une raifon, fans doute , pour rejetter la
mière. Quand un bon arbre eft
prede mauvaifes branches,
foupçonné d'avoir
on coupe les branches fufpeftes, & on conferve l'arbre.
Mais, dans ce cas, il pourroit être à
commeje l'ai remarqué dans ma première propos
de changer la fixation
Partie,
quej'ai cru
au prix du bled, d'après l'enfemble pouvoir donner
Le droit fur lesgrains
de mon projer.
fion des
n'ayant plus lieu, la fupprefimpofitions devient impoffible. Il feroit
doncjufte alors.d'augmenterle prix du bled,dansles
fufpeftes, & on conferve l'arbre.
Mais, dans ce cas, il pourroit être à
commeje l'ai remarqué dans ma première propos
de changer la fixation
Partie,
quej'ai cru
au prix du bled, d'après l'enfemble pouvoir donner
Le droit fur lesgrains
de mon projer.
fion des
n'ayant plus lieu, la fupprefimpofitions devient impoffible. Il feroit
doncjufte alors.d'augmenterle prix du bled,dansles --- Page 627 ---
GRAI N S.
D ES
faveur du cultivamagalins de la Compagnie, en
aux imdu
proponionnénenr
teur & propriétaire,
à refterchargés,
dont ils continueroient
Jeles crois
pofitions,
toutes mes vues.
Je viens d'expoler intentions font droites ; mais
auffi utiles, quemes Tai dit en débutant ,le coeur
parceque, comme je
manière auffi fure que
ne calcule pas toujours d'une
commencé,en me
la raifon, je finis comme j'ai de la Nation entière,
citantmoi-mômes au Tribunal
fes objelions, fes
Je lui demande, avec inftance, renonce à fa reconfes lumières; & je
lui offrir qu'un
critiques,
eule malheur de ne
noiffance, fij'ai On conçoit, au furplus , queje
bien chimérique.
contrarians qui
ici, ni à ces efprits
&
ne m'adreffe
le feul plaifir de critiquer,
critiquent tout, pour
fur des objets aufe donner un air d'intelligence,
pufillanideffus de leur portée ; ni à ces caralères qu'ils aimetellement efclaves du préjagé,
mes,
voir le mal fublifter éterellement,
roient mieux
contre lequel ils fe
de recourir à un remède , bien moins encore
que font, une fois, laiffé prévenir;
qui, ne
hommes, dévorés de la foifdefor,
rien
a ces
eux-mêmes , comptent pour
calculant que pour
elle eft Taliment de leur
la mifère publique, quand
éclairé
Je m'adreffe à tout citoyen plus mont
opulence. défintéreflé comie moi. Quand
quemoi, &
G iv --- Page 628 ---
I04
CoM M ERCE
projer fera démontré faux ou
le rétrac:
terai comme une erreur qui, après inutile,je
que l'effet de mon zèle
le
tout, ne feroit
pour
bien
au contraire, il a le bonheur d'être
public. Si,
& praticable,
jugé avantageux
de la Nation comme je l'efpère, ce fera au voeu
à décider le Gouvernement. La
licité dont jouira ma Patrie, e la première
fé
penfe ou j'alpire.
récomFIN,
P. S. J'ai été confeillé,
defirer fur une matière
pour ne rien laiffer à
auffi intéreffante, de rédiger moi-même, en forme de Loi, toutes les difpolitions par lefquelles je penfois que le Roi
roitaffurer l'exécution de
pourmettre auffi fous les
mon plan, & de les
yeux de mes Ledeurs.
terai donc encore icices
J'ajoddifpofitions, telles que je
ou j'alpire.
récomFIN,
P. S. J'ai été confeillé,
defirer fur une matière
pour ne rien laiffer à
auffi intéreffante, de rédiger moi-même, en forme de Loi, toutes les difpolitions par lefquelles je penfois que le Roi
roitaffurer l'exécution de
pourmettre auffi fous les
mon plan, & de les
yeux de mes Ledeurs.
terai donc encore icices
J'ajoddifpofitions, telles que je --- Page 629 ---
DES G RA I N S.
IO5
Rien ne fera fi lifacile,àce moyen,
les ai conçues. fainement du mérite, ou du défaque de juger
& de l'attaquer par les
vantage de mon projet 2
daninexécutables ou
parties qui paroitroient
gereufes.
dois
Mais avant d'expofer ici ces difpofitions,je
moment où je follicitois la perdire encore , qu'au
ila
miffion de les foumettreà la difcuflfion publique,
un Traité de l'Adminiftration des Finances,dans
par
favant
rédigé ( M. Necker)
léquel , le
Auteurquil'a relatives à la
ftances
partie
a fait entrer quelques
contrarient direcdesgrains, & que fes obfervations
Je vais donc, d'abord,
ment mes propofitions.
reprendre fes. affertions, &c les émarger de quelques
réflexions.
ASSERTIONS
REFLEXIONS
DE M. NECKER,
tome 3 2 P. 198.
Une Légiflation
Je crois avoir prouvé plus :
fogefurle Commer- jecrois avoir démontré qu'une
fur le Comce des grains, aura Légillation fage
toujours un rapport merce des grains , affureroit
intime ayec le fort le bonheur & la tranquillité
du Peuple.
de toutes les familles ; qu'elle --- Page 630 ---
Cox M ERCE
ASSERTIONS
REFLEXIONS
DE M. NECKER.
opéreroit la richeffe de TÉat,
& qu'elle porteroit la gloire &
la puiffance denos Rois, à un
dégré d'élévation, 9 où jamais
encore 7 aucun Monarque n'a
porté les fiennes. Mais cette
Légillation fage, M. Necker
ne nous la donne pas, même
en fpéculation,& parce qu'il
n'a pas apperçu le moyen de
nous la procurer., 2 il la fuppofe impollible à obtenir.
L'en croirons-nous 2
Jolfinmaifu
Cet aveu modefte
lement que j'envi- que M. Necker eft
prouve
Jage aujourd'hui, tous les autres
> comme
commefeibleSrèn à fe
hommes, fujet
imparfaite
tromper; mais la foibleffe
lapar. & Timperfeaion de
tiede cer Ouvrage, qu'il retradteici,
T'Ouvrage
olj'indiguois avec - bien réellementde viennent-elles
trop de précifion,
ce qu'ilyinles
diquoit,avec trop de précifion,
précautions de les précautions de détail qu'on
aujourd'hui, tous les autres
> comme
commefeibleSrèn à fe
hommes, fujet
imparfaite
tromper; mais la foibleffe
lapar. & Timperfeaion de
tiede cer Ouvrage, qu'il retradteici,
T'Ouvrage
olj'indiguois avec - bien réellementde viennent-elles
trop de précifion,
ce qu'ilyinles
diquoit,avec trop de précifion,
précautions de les précautions de détail qu'on --- Page 631 ---
GR AI N S.
IO7
D ES
REFLEXIONS
ASSERTIONS
D E M. NECKER.
doit doit prendre , pour rprévenirla
détail qu'on
cherté des grains ?
prendre pour pre- trop grande
la
Nerinadnsiemodheapaniade
venir
trop
ne
cherté des dece que ces précautions,
grande
fontpas celles quiconvienment,
grains,
&qu'avec elles, on manqueroit
le but? C'eft fur quoi les Peuples ontle plus grand intérêt,
le Gouvernement veuilque
le
le bien , ne pas prendre
change.
L'expérience faite par M.
L'espérience em'a Necker, ,n'eft pasla même,fans
appris, , qu'il falcelle faite en Franloit, Jur ce point, doute, que celle faite en France,
donner beaucoup à ce,car
de ladmi- foit que nous la coufultions
lafagelle
dans Thiftoiredes fièclespaffés,
nifration, 6 qu'on foit
nous ne la prenions
ne pouvoit éviter de
que
qu'à partir nos de jours 9
s'y.confier.
fans ceffe
nous répète
que,la
fageffe de Tadminifiration, n'a
jamais obtenu que des fuccès --- Page 632 ---
I08
Cox M E - RC E
ASSERTIONS
REFLEXTONS
DE M, NEXCER.
momentanés, qui,
toujours 5
ont échoué fous les rufes du
Monopoleur : & malheureufement, pour le fyftême de confiance que M. Necker nous
prêche, on ne peut pas mêre
en excepter celle faite fous fon
miniftère, puifqu'il eft vrai de
dire,qu'en 1778, époque où
deux ou trois récoltes, confécutivement fertiles , avoient
rétabli la fuffifance & un prix
modéré des grains par-tout, a
TER,an Nord & au Couchant
du Royaume, la fageffe de cet
Adminifirateur, ne put empêcher la détreffe & la cherté
d'affiger le Midi,& qu'il nep put
parer au malheur & à la défolation des Peuples de cette contrée,qu'en obtenant de la bonté
du Roi, des fecours qu'il y fit --- Page 633 ---
DES G R AIN St
ro9
REFLEXIONS
ASSERTIONS
D E M. NECKER.
paffer Et qu'auroit-ce été
file Tréfor Royal fe fut trouvé
fans fonds, fil'infuffifance dela
denrée eût affligéplufieurs Provinces, fi elle eût étégénérale?
Or tout cela étoit poffible. Je
ne puis donc qu'être furpris de
voir M. Necker, après nous
avoir donné l'avant goût du
mérite d'une lagilationfageen
cette partie,ne nous propofer
pourl cloi, que notre confiance
nous réen T'adminifration,&r
duire ainfi a , à dire le credo,
fur une matière qui intéreffe
fi effentiellement notre exiftence.
des
de la
Soppoferifexportasion
Le prix
c'eft, felon moi, fondenrée doit fervir., grains,
&
l'adoute, dif- ner le toclin,
répandre
fans
(*) Compte rendu, P. 98.
en
cette partie,ne nous propofer
pourl cloi, que notre confiance
nous réen T'adminifration,&r
duire ainfi a , à dire le credo,
fur une matière qui intéreffe
fi effentiellement notre exiftence.
des
de la
Soppoferifexportasion
Le prix
c'eft, felon moi, fondenrée doit fervir., grains,
&
l'adoute, dif- ner le toclin,
répandre
fans
(*) Compte rendu, P. 98. --- Page 634 ---
IIO
COM M E RC E
ASSERTIONS
AEFLEXIONS
DE M. NECKER.
tinguerles momens larme dans les familles; c'eft
ou il convient de engendrer la faim d'opinion,
s'oppoferafexpor- & fermer les greniers ; c'eft
tation des grains,
empêcherle poffeffeur de vendre & exciterle confommateur
à s'approvifionner; c'eft, en
un mot, renchérir le prix de la
denrée 9 & conféquemment, a
faire le plus grand des maux
poffibles; car, & c'eft une véritéqu'il ne faut pas fe diflimuler, un denier, un feul & fim.
ple denier,qui furvient en augmentation dans le prix de la
livre de pain, eft une furcharge
à la dépenfe des confommateurs, en France, de 50 millions par an 2 & fi le renchériffement eft de fix deniers', la
furcharge fera de 300 millions.
De-là il réfulte,je crois,
qu'iln'eft point de moment ou --- Page 635 ---
DES GR AI N S.
III
REFLEXIONS
ASSERTIONS
D E M. NECKER,
ilconvienne des'oppoferalexportation des grains, & qu'il
faut, ou la défendre abfolument, & renoncer pour toujours au bénéfice que TÉtat
tirer du fuperfu de fes
peut
produdions, ou la laiffer pleiment & parfairement libre,
& ceft mon projet.
Jaioféavancer le contraire,
Mais dans un
l'incrédulité réfifte à ce
auffiden- & fi
Royaume
déjà expolé de la pofdu que la France, quejai
elle céétre fibilité de cette Loi,
cep prixc ne peut
- être, au vu des
déterminé par une dera, peut dont elle peut
Loi conftanse & difpofitions,
gendrale.applica- être formée.
ble à tous les tems
Gàtous les lieux.
continue à
Ici nous fommes d'accord,
Je
M. Necker & moi ; mais je
penferqu'ilfause vais plus Join & je dis, qu'il
France 3 envifager
pour
la liberté de Pex- eft du plus grandintérét,
cep prixc ne peut
- être, au vu des
déterminé par une dera, peut dont elle peut
Loi conftanse & difpofitions,
gendrale.applica- être formée.
ble à tous les tems
Gàtous les lieux.
continue à
Ici nous fommes d'accord,
Je
M. Necker & moi ; mais je
penferqu'ilfause vais plus Join & je dis, qu'il
France 3 envifager
pour
la liberté de Pex- eft du plus grandintérét, --- Page 636 ---
ir2
COM M E R - E
ASSERTIONS
REFLEXIONS
DEMNECKER
portation > comme TÉtat & pour les
Pénat habinuel G jamais, dans
Peuples.que
fundamentad,
aucun tems, dans
aucune circonflance, il ne foit
mis aucun
empêchement, aucunesg génes,dla libertédel'ex
portation. J'ajoute que celui
des Miniftres du Roi
qui, en
s'interdifant perfonnellement
toute faculté d'y toucher, lies
roitles mains à fes fucceffeurs,
à cet égard,fe trouveroit,
cet aête feul, rendre à l'Érar par
&ala Nation, le plus fignalé
de tous les fervices.
Mais Padminif
Jamais
tration
2 dans aucun lieu,
doitfulpen- dans aucune
die cette liberté, le
circonftance; je
danscertains
répète, & la raifon d'accord
dans
Lieux, en ce point, avec mes
certaines cir- pes &
princiT'expérience 2 vient à
méme conflances d'une 3 ou mon appui. Elle nous dit en
manie. effet, qu'il nous
re
faur imiter
genérale, la lorf Fourmi, & comme
la
que les diverfes TEt,
elle,favoir,
prévoir T'Hiver, & fe
sonnoijances --- Page 637 ---
D ES G R AI N S.
II3
ASSERTIONS REFLEXIONS
D E M. NECKER.
conmoipancesqu'el précautionner 5 tant contre fa
le eft feule en état rigueur, que contie fa durée.
de ralfembler, ,l'invitenr a cet ade de
prudence.
mais elle n'a nuls
Elle feule 5 en
Oui;
l'importa
effet a les moye ens moyens pouropérer denos
de
de
-
difeerner,ou
Honyquandlamédionsie
préfager avec fdre- récoltes rend cette reffource
néceffaire à notre fubfiftance,
ze,ce que peuvent
eft intéreffant
exiger les befoins & c'eft ce qu'il
du Royeumes la de nous procurer.
perfpelive des réOui, encore , dans l'état
les
aStuel des chofes ; mais ces
coltes ,
prohie
& de
bitions des Pays moyens de difcerner
préérangers,les crain- fager, que le Gouvernement
tes de guerre & tous a feul aujourd'hui, le Roi peut
les mouvemens, po- les donnerà d'autres : & affurément ils feront mieux &
litiques.
entre
plus utilement placés 5
les mains d'un corps , établi
exprès, & formé de Citoyens.
choifis & propolés ad hoc 4
H
ces
coltes ,
prohie
& de
bitions des Pays moyens de difcerner
préérangers,les crain- fager, que le Gouvernement
tes de guerre & tous a feul aujourd'hui, le Roi peut
les mouvemens, po- les donnerà d'autres : & affurément ils feront mieux &
litiques.
entre
plus utilement placés 5
les mains d'un corps , établi
exprès, & formé de Citoyens.
choifis & propolés ad hoc 4
H --- Page 638 ---
COM M E RC E
ASSERTIONS
RÉFLEXIONS
DE M.NEKCER.
qu'en celles d'un Miniftre 5
chargé de tant d'autres occupations, qu'à peine il peult
trouver quelques momens,
donner à celle-ci.
Page 202.
Une Loipofuive
La Loi fur cette matière doit
furcete matière fe étre'abfolument
roût nécefairemens
pofitive,&elle
fera néceffairement fuffifante
Jufffante,
fi,en ordonnant l'exécution
de celles de 1763, 1764 &
1774, elle établit des règles
pour déterminer la manière
dont fe fera cette exécution,&
un corps d'adminiftration pour
la fuivre; fielle rend ce corps,
& chacun des Membres dont
il féra fomnd.perfoanellement
garans &crefponfables des évè
nemens, & fi elle renvoie la
connoiffance & le jugement
desconteftations quipourroient
naître de T'inexécution spurement & fimplement aux Tri- --- Page 639 ---
DES GRAIN S.
I15
REFLEXIONS
ASSERTIONS
D E M. NECKER:
bunaux ordinaires, en chaque
lieu.
Carla limite.gui
La Loiné doit point défila limite qui fépare la
fepave une fpécula- gner
utile de l'accapation utile d'un ac fpéculation nuifible. Mais elle doit
caparement nuifi- rement
de
ble,nepeujamais affurer tous les avantages
être défignée en ter- Fune,& mettre àl'abride tous
lesinconvéniens de l'autre.
mes exprès.
Erceferoit aller
Et ce feroit manquer le but;
loin que, de ce feroit s'expofer, de gaieté
trop youloir appliquer de coeur; à voir renouveller
des règles fixes a les cruelles époqués de 17093
slesobjets mobiles. 1725, 1741, & cellés plus
récentes encore , de 1766 à
1777 ; ce feroit renoncer à des
avantages abiolument inapptéciables, que de ne pas fixer
immuablement 1 , & par une
Loi politive, la manière de
faire utilement , ên France;
& pour la France, le Commerce des Grains:
Hij
à voir renouveller
des règles fixes a les cruelles époqués de 17093
slesobjets mobiles. 1725, 1741, & cellés plus
récentes encore , de 1766 à
1777 ; ce feroit renoncer à des
avantages abiolument inapptéciables, que de ne pas fixer
immuablement 1 , & par une
Loi politive, la manière de
faire utilement , ên France;
& pour la France, le Commerce des Grains:
Hij --- Page 640 ---
COM M ER C E
ASSERTIONS REFLEXIONS
DE M.NECKER.
Et de renoncer,
Loin de renoncer
avec
aux feafedation 3 cours de Tintelligence,il faut,
auxfecoursde l'in- au contraire, les appeller
telligence.
& fe les
tous,
procurer ; mais pour
les obtenir, il fautles chercher
ou ils peuvent être ,& ce n'eftaffurément
lamain d'un Miniftre des
pas, dans
nimé dela meilleure
Finances, qui 2 quoiqu'avolonté, quelque favoir, quel
qu'expérience qu'il eût, ne pourroitencore
Non, ce Miniftre réunit
yluffire.
ne pourroir donner, à
trop d'occupations; il
foins
cette partie intéreffante, les
qu'elle exige, & M. Necker nous l'a dit ailleurs lui-méme le Miniftre des Finances
voit point par fes propres yeux; il ne
ne
que fur les avis qu'on lui donne;on
peut juger
de lui en donner d'utiles,
peut négliger
ou lui en faire paffer de
faux; en un mot,il peutêtre trompé,ou fe
tromper
lui-mime.&k.comme ici, toute erreur eft préjudiciable, tout faux pas eft dangereux, il eft de fa
fageffe & de fon amour du bien public, j'ofe dire
plus, il eft de fa gloire 9 de facrifier cette
de fon département, & de s'ôter à
partie
lui-même, par
(*)Compta rendu. --- Page 641 ---
DES GRAI N S.
I17
occafion d'être féduit tou trompé.
ce facrifice, toute
me foit
de le dire, &je nele
Il faut, qu'il
permis
amour
dis que par zèle pour le bien public que par
vérité,i1 faut à la France, en cette partié,
pourla
adminiftration
uue adminiftration
une
particulière; donner fes foins à cet
fpécialement établie, pour
& quin'ait point d'autre occupaobjet important,
l'en diftraire; une adminiftration,
tion, qui puiffe
fur TÉtat &c les
qui ait toujours les yeux ouverts,
befoins de toutes les Villes, de toutes les contrées,
quipuiffe, à tous momens, tâter le poux (pour ainfi
les Provinces, s'affurer de leur
dire ) de toutes
de l'enétat,faire évacuercelles qui éprouveroient
approvifionner celles qui feroient megorgement, nacés de fe trouver dans le befoin; une adminiftration, qui foit perfonnellement, fpécialement, faire les verfe-
& direStement intéreffée, à ne faire
mens,les importations,les exportations qu'à propos;
une adminiftration, en un mot, qui foit jufticiable
detous les Tribunaux, & qui puiffe être,par eux,
de T'effet, tant de fes opérarendue garante
tions, que des obmiflions ou négligences qu'elle
fe
même de l'évèauroit cru pouvoir
permettre,
des
nement des faifons & des fauffes fpéculations
elle doit touMarchands de bled, contre lefquels
H 11]
qu'à propos;
une adminiftration, en un mot, qui foit jufticiable
detous les Tribunaux, & qui puiffe être,par eux,
de T'effet, tant de fes opérarendue garante
tions, que des obmiflions ou négligences qu'elle
fe
même de l'évèauroit cru pouvoir
permettre,
des
nement des faifons & des fauffes fpéculations
elle doit touMarchands de bled, contre lefquels
H 11] --- Page 642 ---
I18
Co M M E R C E
jours fe tenir fur fes gardes, & fe trouver
nie.
prémus
C'efide cêtte adminiftration particulière,
nifée, établie par une Loi précife, générale orga- &
pofitive 2 qui lui prefcrira toutes fes obligations,&
formée d'un nombre proportionné de
honnêtes & bien choifis, que la France Citoyens
pourra fe
promettre tous. les fecours de Tintelligence, & des
avantages de toutes efpèces, fupérieurs, à ce
T'imagination, même la plus adive
que
repréfenter
2 peut s'en,
au premier apperçu, & c'eft ce que je
propofe. --- Page 643 ---
-
P R OJ E T
DESDNPOSTIONSDELAIOE
SUPPOSÈE IMPOSSIBLE, PARM. NECKER.
ARTICLE PRE M IE R
Ls Articles I & 2 de la Déclaration donnée par
le feu Roi, le 25 Mai 1763, enfemble, les Articles I & 2 de P'Arrêt de notre Confeil 2 du 13
Septembre 1774, & de nos Lettres-Patentes enreen notre Parlement le 19 Décembre fuigiltrées feront exécutés felon leur forme & teneur ;
vant,
fera libre à toutes
en
perfonner,de
conféquence,il
foient, defaire,
quelque equalité& condition qu'elles
Pintérieurdu RoyauSipakesteudendiended
même dans nos Provinces de Lorraine & Barrois,
me,
étrangeres à nos FerBretagne & autres, réputées
Générales
Commercedes Grains & Farines,
mes
,le
de les vendre & acheter en quelque lieu que ce foit,
même hors des Halles & Marchés, de les garder
Hiv --- Page 644 ---
CoM M E RC E
& voiturer à leur gré, fans qu'ils puiffent
treins à aucune formalité, ni
être af
foumis à aucunes prohibitions, enregitirement , ni
ni contraintes, fous
quelque prétexte que ce puiffe être, en aucun
& en aucun lieu du
cas',
Royaume, ou de nofdites
Provinces réputées étrangeres.
ART. II,
Panoss.eonfcoménemi l'Article 2 defdits
rêt &
ArLettres-Patentes, très expreffes inhibitions &
défenfes à toutes perfonnes 5 notamment aux
dePolice, à tous nos autres Ofliciers, &à Juges
ceux des
Seigneurs, de mettre aucun obftacle à la libre circulation des Grains & Farines, de Province à Province,d'en arrêter le tranfport fous quelque
quecel foit, comme auffi de contraindre,
prétexte
chand, Fermier,
aucun Mardes Grains
Laboureur, ou autre, 2 de porter
ou Farines aux Marchés, ou de les empêcher de vendre par-tout ou bon leur femblera,
ART. III
EXCEPTONS cependant des difpofitions des
deux Articles ci-deffus, les vieux fromens,
ne pourront être mis dans le
lefquels
dus
Commerce, ni venpar aucunspaniculies,ày peine de confifcation,
uffi de contraindre,
prétexte
chand, Fermier,
aucun Mardes Grains
Laboureur, ou autre, 2 de porter
ou Farines aux Marchés, ou de les empêcher de vendre par-tout ou bon leur femblera,
ART. III
EXCEPTONS cependant des difpofitions des
deux Articles ci-deffus, les vieux fromens,
ne pourront être mis dans le
lefquels
dus
Commerce, ni venpar aucunspaniculies,ày peine de confifcation, --- Page 645 ---
D ES G R A I N S.
de
d'amende,pour
chaqueconravention,
& yool.
lefdites concontre le vendeur & contrefacheteur;
favoir : un tiers
fifcation & amende, applicables,
& lesdeux autres tiers à THôpital
au dénonciateur,
voifin des lieux ou la contradès lieux, ou le plus
vieux
auroit été commife; & feront réputés
vention
le I Juillet de chaFromens, tous ceux qui, après
derniere
année, fe trouveroient n'être pas dela
que
récolte.
ART. IV.
OUTRE les Magafins & approvilfionnemens que
faire,
fon compte
chacun de nos fujers pourra
pouri
des
particulier, ou bon lui femblera, en exécution
articles du préfent Edit, il fera étadéux premiers
dans les principales de nos
bli des Greniers publics
dans tous les cas, à ce que
Villes, quifappléeront
laiffer à
les évenements du Commerce pourroient
relativement à la vente
défirer, foit au Cultivateur,
relativementà
de fon Bled , foit au confommateur,
fa fubfiftance.
ART. V.
feront établis & entretenus
LES DITS Magafins
formée, fous
par une Compagnie, quifera parnous
le titre de Compagnie de France. --- Page 646 ---
Cox M E Rc E
A - RT. VI.
LA Compagnie de France fera
4ode nos fujers, perfonnes
compofée de
Ions choix.lefquels
folvables, 2 dontnous fefubfiftance des
répondront folidairement de la
peuples, dans toutes les
notre Royaume, & feront tenus de la leur parties de
toute requifition, ainfi qu'il fera
fournir,
cles 28 & 29 du
porté par les Artifixés
préfent Edit, aux prix qui feront
par l'Article 37.
ART. VII.
CHACUN des
fujets,dont nous aurons
pour compofer ladite
faitchoix,
Compagnie de
reçu en la Grand'Chambre de
France, fera
Paris, où il prêtera ferment
notre Parlement de
de bien &
remplir fa Million, & ne
fidelement
admis à préter ledit
pourra néanmoins être
aêe du
ferment, que fur le và d'un
Greffe, 9 parlequel il
fa foumifion, de fe conformer juftifiera qu'il ya fait
tions du préfent Edit.
à toutes les difpofiART. VIIL
Nous nous réfervons
pareillement, en cas de
, fera
Paris, où il prêtera ferment
notre Parlement de
de bien &
remplir fa Million, & ne
fidelement
admis à préter ledit
pourra néanmoins être
aêe du
ferment, que fur le và d'un
Greffe, 9 parlequel il
fa foumifion, de fe conformer juftifiera qu'il ya fait
tions du préfent Edit.
à toutes les difpofiART. VIIL
Nous nous réfervons
pareillement, en cas de --- Page 647 ---
DI ES G R A I N S.
de décès d'aucun des membres de ladite
zetraite, ou
; & le
Compagnie, de pourvoir au remplacement
le fucceffeur qui aura été par nous
cas arrivant,
être admis dans la Compagnie,
nommé, nef pourra
rempli les formalités prefcrites parlAriqu'iln'ait
cle précédent.
ART. IX.
fucceffeur ainfi nommé & reçu, 2 fera tenu
LE
remplacera, ou à ceux
de rembourfer à celui qu'il
droit de lui, la valeuf de fon intérêt,
qui auront
établie par le dernier des
telle qu'elle fe trouvera
ordonnés, rendu avant
comptes qui feront ci-après
enfemble les
la retraite ou le décès du remplacé,
à
intérêts du montant des fommes ainfi juftifiées 1
de
cent, fans aucune retenue, à compraifon
5 pour
aura ceflé deles reter du jour auquel le remplacé
celui ou le rembourfecevoir à la caiffe 2 jufqu'à
ment fera réellement effeêtué,
ART. X.
fucceffeur fera tenu d'entretenir tous les afLe
qui fe trouveroient avoir
rangements en croupes ,
fans qu'il puiffe
été faits par celui qu'il remplacera, toutefois qu'ila
en réfilier ou changer aucun, pourvà
été enregifirés à la caille,& non autrement.
aient --- Page 648 ---
Co M M E R - E
Déclaronsnuls,d à T'égard du fucceffeur,
d'intérét,ou autre
toute ceflion
roit pasacquis arrangementp
cette formalité,fix tpariculiteryquiesa
avant la retraite ou le décès de
mois au moins,
l'Affocié remplacé.
AR T. XI.
LA Société fera divifée en
rêt, & chaque Affocié
quarante Ziv. d'intéfubdivifer enfuite,
en aura une , qu'il pourra
en autantde
mais en croupe feulement.
parties qu'il voudra,
ART. XII
Les Intéreffés en croupe n'auront
contre la
aucune aéion
Compagnie, mais feulement
focié dontils fe trouveront
contre TAf
tenu, outre fes
cellionnaires, lequel fera
culieres
arrangements & conventions
avec eux, dans
partipoint entrer
lefquels nous n'entendons
2 de leur
préfent Edit, les
communiquer, en vertu du
par la
comptes qui lui auront été rendus
des Extraits Compagnie, & même de leur en délivrer
delui fignés & certifiés, ainfi
dit ci-après.
qu'il Ifera
ART. XIIL
Nous avons fixé & fixons provifoirement
les
lequel fera
culieres
arrangements & conventions
avec eux, dans
partipoint entrer
lefquels nous n'entendons
2 de leur
préfent Edit, les
communiquer, en vertu du
par la
comptes qui lui auront été rendus
des Extraits Compagnie, & même de leur en délivrer
delui fignés & certifiés, ainfi
dit ci-après.
qu'il Ifera
ART. XIIL
Nous avons fixé & fixons provifoirement
les --- Page 649 ---
D ES GRAINE
aquarre vinge-feize millions 5 leffonds d'avance,
Affociés,
quels feront fournis inceffamment parles
deux 2
chacun pour leur part & portion 7 à raifon de
millions quatre cent mille livres parintdrtt, faufleurs
particuliers avec leurs croupiers, qu'ils
arrangemens faire contribuer en conféquence, en propourront de l'intérêt qu'ils leur auront cédé, raifon
portion
&c faufà augmenter lef
de dix mille liv par denier,
délibérations de'
dits fonds parl la fuite, en vertu de
la Société, fuivant que les circonftances pourroient
T'exiger.
A 13 R T. XIV.
LA Compagnie fera un traité de fociété par-dedans lequel elle fe preferira,à ellevant Notaires,
croira devoir fuivre, pour
même, les regles qu'elle
entendons exiaffurer le fuccès du fervice que nous
ger d'elle.
A R T. XV.
dans ledit traité, qu'il fera fupIL fera ftipulé,
de la Compagnie, à tout
pléé, par des délibérations
fe
exiger le bien du fervice,8 qui
ce que pourroit
été
& le nombre des
trouveroit n'avoir pas
prévu,
valider les
fignatures, qui ifera jugé néceffaire pour fera déterdélibérations dans les différents cas, y
miné. --- Page 650 ---
CoM M ERCR
ART. XVL
IL fera pareillement ftipulé, dans ledit traité,
les comptes de la Société feront rendus
que
& l'époque
tous les ans,
ealaquelle ils devront être arrétés,chaque
année,y fera fixée. Voulons qu'un mois après ladite
époque, chaque Aflocié en nom 5 foit tenu de fournir à chacun de fes
de lui lignée &
ceflionnaires, 2 en croupe, copie
certifiée, del'état final dudit
& qu'à défaut de cette remife
compte,
traint,
2 il puiffe y être conpar voie de failie-oppofition entre les
du Caiflier de la Compagnie,
mains
ne pourroit lui faire
lequel, audit cas s
aucune remife de deniers,
julques après la main-levée de ladite
oppofition.
ART. XVIL
N'ENTENDONS prendre aucune part aux
opérations de la Compagnie; voulons en confé
quence, que les Affociés foient abfolument
de fe divifer entr'eux le travail
libres
jugeront à
3 ainfi qu'ils le
propos 2 & que toutes les claufes &
conditossaungmellerils. auront cru devoir 2
leur fociété, foit par Tage fondamental aflujettir
foit par des délibérations
d'icelle,
exécutées, tant qu'elles feront fubféquentes 2 foient
licites, commefielles
en confé
quence, que les Affociés foient abfolument
de fe divifer entr'eux le travail
libres
jugeront à
3 ainfi qu'ils le
propos 2 & que toutes les claufes &
conditossaungmellerils. auront cru devoir 2
leur fociété, foit par Tage fondamental aflujettir
foit par des délibérations
d'icelle,
exécutées, tant qu'elles feront fubféquentes 2 foient
licites, commefielles --- Page 651 ---
GRAIN S.
DES
été
nous été ordonnées, ou jugées par
avoient
par
nos Cours.
XVIIL
AR T.
aura été convenu
L'ACTE de Société.apresquils
fera
foufcrit de chacun des quarante Affociés 9
&
rendu
2 afin que les règles de
imprimé &
public
tous nos Sujets S 7
cette Société, fi intéreffante pour chacun puiffe
foient
de perfonne, &c que
ne
ignorées les.avantages qu'il doits'en proy reconnoitre, par
réfolude
&c de
mettre, combien inous avons
protéger nous nous
&c combien
foutenir cet établiffement,
auroit
croirions obligés de févir, contre quiconque
le moindre trouble.
ofé tenter d'y apporter
ART. XIX.
Compagnie, fera tenue, au plus tard
LADITE
du jour de la publication
dans un an, à compter dans chacune des Villes
du préfent Edit, d'établir Rovaume, où il y a Cour Sou-
& Bourgs de notre Sénéchauffée ou autre Jurifveraine 5 Bailliage, immédiatement en nos
digion reffortiffante
&
Cours, des greniers & magalins 9 en grandeur
conferver la quantité
quantité fuffifantes, pour y
du
néceffaire à la confommation
debled-froment,
d'en établir 9 en outre 9
canton : lui permettons. --- Page 652 ---
Co M M ER C e
dans toutes les autres Villes &
mera néceffaire d'en
lieux,on elle efia
avoir.
ART. XX.
PEXMETTONS à ladite
fir,.dans chacune
Compagnie de choia
defdites Villes & Bourgs, telsi
emplacemens,batis ou propres à bâtir, quilui conviendront, pour faire lefdits établiffemens.
A R T. XXI
LES emplacemens batis,ou
auront été choifis
propres à bâtir, qui
Prépofés
par la Compagnie, ou par fes)
pour elle, en conféquenice des
cles
deux artiprécédens 2 lui feront cédés &
en toute propriété,
abandonnés,
été convenu
moyennant le prix qui en aura
degré à gré,entr'elle ou fes
& les Propriétaires, & feront
Prépofés,
exempti de tous droits
feigneuriaux &: autres relatifs àla
que main ques'en trouve la direête. mutation, en quels
DIUS uO
0ar2
ine ART XXIL
FAUTE par les Propriétaires des
mens qui auront été choifis, de
emplaces
I gré,dudie -
prix, il fera nommé convenir de gré
d'oflice,par le Juge
ordinaire
,entr'elle ou fes
& les Propriétaires, & feront
Prépofés,
exempti de tous droits
feigneuriaux &: autres relatifs àla
que main ques'en trouve la direête. mutation, en quels
DIUS uO
0ar2
ine ART XXIL
FAUTE par les Propriétaires des
mens qui auront été choifis, de
emplaces
I gré,dudie -
prix, il fera nommé convenir de gré
d'oflice,par le Juge
ordinaire --- Page 653 ---
DES GR AIN S.
ordinaire des lieux fur fimple Requête 5 qui lui
au nom de la Compagnie, 2 & fans
fera préfentée
Experts pour en faire
aucun délai, un ou plufieurs
Teftimation; voulons 2 qu'en payant ou dépofant
le prix qui aura été convenu
par la Compagnie,
les
amiablement, ou détérminé par Experts,ladite
foit envoyée ên poffeflion defdits emCompagnic & bâtimens, & qu'eclle en foit & deplacemens &duement Propriétaire, & ce, quand
meure bien
à des mmeurs, 5
même,ils fe tronveroient appartenir douaire, ou de fubfêtre grevés dfhypothièquer,de
Oul
tirution, & nonobfant tous autres cas prévus,
nous avons levé &levons, par
non prévus 2 lefquels
la
-
Edit, tels qu'ils puiffent être,à charge
le préfent
il y aura lieu.
cependant du remploi, quand
ART. XXIIL
néanmoins réciproquement , les
Pourront 9
&c la Compagnie, en cas
Propriétaires dépoffidés, Tévaluation qui en auroit été faite
d'injuflice, dans
ainfi que
les Experts, fe pourvoir, 2 par appel,
par
femblera, pour faire réformer la quotité
bon leur
feulement, & fans qu'en aucun cas, 9
de la fixation
fufpendre la prife de poffellefdits appels puiffent
Tévènement de Tappel,
fion de la Compagnie, ni
choili,
à Templacement qu'elle aura
xien changer
I --- Page 654 ---
CoM M E R C B
ART. XXIV.
Auffi-tôt que Iefdits greniers &
en état, & à l'expiration de ladite magafins ferort
tard, ils feront ouverts à
année au plus
jours ouvrables,
tous venants, tous les
depuis fept heures du matin
qu'a midi; favoir les Lundi
jufdredi,
3 Mercredi & Venpour recevoir les bleds-fromens
quiy y feront
apportés, , & les Mardi, Jeudi &
vendre & délivrer tous ceux
Samedi, pour
quiy feront demandés.
ART. XXV.
OUTRE lefdits
magafins, 9 la
aura, dans chaque lieu où ils feront Compagnie
dans les magalins
établis, &c
mêmes,ou à
un bureau de recette
proximité d'iceux,
bleds fera
, en deniers, où le prix des
payé & reçu comptant.
ART. XXVL
L A Compagnie fera tenue de faire
dans chacun de fes
recevoir
quiy feront
magalins 7 tous les fromens
apportés,& n'en pourra refufer aucune
partie, en quelque quantité qu'on les lui
nien quelque faifon
apporte,
que ce foit, tant qu'ils feront
ou à
un bureau de recette
proximité d'iceux,
bleds fera
, en deniers, où le prix des
payé & reçu comptant.
ART. XXVL
L A Compagnie fera tenue de faire
dans chacun de fes
recevoir
quiy feront
magalins 7 tous les fromens
apportés,& n'en pourra refufer aucune
partie, en quelque quantité qu'on les lui
nien quelque faifon
apporte,
que ce foit, tant qu'ils feront --- Page 655 ---
DES GR AI N S.
fains & fecs;le tout à peine d'amende arbinets,
& intérêts des Propriétraire, & des domntages
taires.
AR T. XXVIL
à la garde du magalin, fera tenu
LE Prépolé
même de la livraifon, fon
de donner, à T'inftant
fromens qui lui auront
reçu de la quantité des
du monété remis, 8le porteur fera payéauflitot
en deniers - 5 par le Receveur, fur
tant de ce reçu ,
fixé
T'article 36.
le pied qui fera ci-après
par
ART. XXVIIL
fera tenue,deméme, de
LADITE Compagnie
vourevendre & faire délivrer, à tous ceux qui
d'elle
tous les fromens qui lui
dront acheter
demandés, en les lui payant aux prix qui
feront
fixés, par l'article 37, fans qu'elle
feront ci-après
s'en difpenfer, fous pfétexte d'augmentapuiffe dans le
del la denrée, flérilité, difette 3
tion
prix
être:
ou autre cas quelq qu'il puife
ART. XXIX.
des fromens qu'on vondra acheL E paiement,
fera fait à fon Receveur,
ter de la Compagnie,
Iij --- Page 656 ---
Co M M E R C E
qui en expédiera, fur le champ, fon
vu & la remife duquel, le
reçu, fur le
magafin fera
Prépofé à la garde du
tenude délivrer,
de fromens y mentionnée.
aufi-cor,a quantité
ART. XXX
AUTORISONS ceux qui, après
fe
feroient préfenté, foit chez le Receveur, qu'ils & lui
auroient fair offre du prix de la quantité de
ment qu'ils voudroient acheter de la
frofoit chez le Prépofé à la garde du Compagnie,
auroient fait offre du
du
magafin, & lui
reçu
Receveur,
roient un refus de la part del'un d'eux, éprouve- à
ter le refus par une fimple fommation & conftapourvoir enfuite, fans autre forme de
,
à fe.
tel Laboureur qu'ils
procès,chez
aviferoient, à l'effet de s'y
approvifionner, aux frais de la
quantité de froment dont-le refus Compagaie,dela
conftaté. Voulons
auroit été ainfi
foit tenued'en
qu'audit cas 2 la Compagnie
nrembourfer le coût furle
le quintal, fans nul
piedde 241.
égard au moindre
le Laboureur T'auroit vendu
prix auquer
établiffemens,
: & feront tous les
2 magafins &
la Compagnie, affedés audit approvifionnemens de
lequel fera réputs peine de rigueur, rembourfement &
en aucun cas, 2 être confidéré
ne pourra 2
comme commina-
'audit cas 2 la Compagnie
nrembourfer le coût furle
le quintal, fans nul
piedde 241.
égard au moindre
le Laboureur T'auroit vendu
prix auquer
établiffemens,
: & feront tous les
2 magafins &
la Compagnie, affedés audit approvifionnemens de
lequel fera réputs peine de rigueur, rembourfement &
en aucun cas, 2 être confidéré
ne pourra 2
comme commina- --- Page 657 ---
S.
D ES GRAIN
fauf le recours de la Compagnie, contre
toire 2
qui auroit fait le refus.
celui de fes Prépofés
ART. XXXI
-
intention néantmoins 9 n'étant que
NOTRE Cultivateur le débit de fon fuperfu,
d'affurer au
fa fubliftance, fans
& à chacun de nos Sujers
d'abufer des
donner,à qui que ce foit, la faculté
lefquelles nous tendons à ce
précautions , par
dela Compadouble but. Voulons quelesPrépofes
être tenus, d'acheter ni de vendre,
gnic ne puillent
qu'un quintal àla fois, comme
en moindre quantité
puiffent payer en lettres-de-change,
aufli quils
de vue feulement, toutes les
far elle, à un jour ferontlivrées,en plus grande,
parties debledquileur
àla fois. Voulons pareilquantité que 40 quintaux
être forcésde
lement que lefditsPrépofés nepuiffent bled nécefvendre, à la fois, plus quela quantitéde
du ménage de l'acheteur,
faire à la confommation
fauf à renouveller
deux mois feulemenr,
pour
au fur & à mefure dela
dans la même proportion,
confommation.
ART. XXXIL
aux Officiers de Police 9 de
ENIOIGNONS
chacun dans leur reffort, à ce qu'il
"tenir la main,
Iij --- Page 658 ---
Co M M E R C E
ne foit commis aucun abus,dans l'exécution
pofitions des trois articles
des difprécédens, &
contre toux ceux quileur feroient
d'informer
dénoncés,
ayant prêté direêtement ou indire8ementleur comme
foir pour porter auxdits Magafins les Bleds nom,
leur appartiendroient pas, & gêner ainfi le qui ne
foit pour en tirer une plus grande
fervice;
néceffaire à leur confomamation. quantité que celle
procès leur foit fait à la
Voulons que le
&
requêtede notre Procureur;
qu'en cas de conviéion 2 tous les
leurs adhérants
coupables &
foientbannis à perpétuité, de notre
Royaume,
ART XXXIIL
LES Bleds ne pourront être achetés ou
aux Magafins de la Compagnie,
vendus,
fera par-tout
qu'au poids, qui
également de 16 onces
lui défendons, & à fes
par livre i
Fadeurs, d'en acheter
Prépgftia 2 Commis ou
ou d'en vendre à la
nia aucun- autre poids, peine de
mefure,
de
500 liv. d'amenpar chaque contravention,
à
tal du lieu, , ou le plus voifin du applicable lieu
THôpivention auroit été commife;
ou la contraà
&c ce, nonobitant tous
ufages ce contraires, 5 auxquels nous avons dérogés & dérogeons, 2] pour ce regard feulement,
Fadeurs, d'en acheter
Prépgftia 2 Commis ou
ou d'en vendre à la
nia aucun- autre poids, peine de
mefure,
de
500 liv. d'amenpar chaque contravention,
à
tal du lieu, , ou le plus voifin du applicable lieu
THôpivention auroit été commife;
ou la contraà
&c ce, nonobitant tous
ufages ce contraires, 5 auxquels nous avons dérogés & dérogeons, 2] pour ce regard feulement, --- Page 659 ---
DES G R AIN 3.
ART. XXXIV.
le Prépofés de la
LES poids dont fe ferviront
&
ferontles mêmes , pour acheter pour
Compagnie
étalonnés en préfence du Juge
vendre, & ils feront
en dreflera procès-verbal,
de Police du lieu, qui
Autorifons ledont la minute reftera à fon greffe.
& quand
dit Juge à fe faire repréfenter 9 toutefois fe fervira
les
dont on
il le jugera à propos 2 reffort. poids Voulons qu'en cas
dans les Magafins de fon
d'aucuns defdits
de fubfitution , ou d'altération
desPréprocès foit fait & parfait à ceux
poids,le
Commis & Adhérans qui fe trouvepofés, leurs
enfuite
fuivantla
être
punis,
rorent en faute, pour même de mort, fi le cas y
nature de la fraude, &
écheoit.
XXXV.
ART.
loifible àl la Compagnie & à fes Prépolés,
IL fera
de faire cribler les Bleds qui
Commis ou Fafeurs,
de les faiferont apportés à fesMagalins, 9 avant que
les vaà la charge feulement de remettre
re pefer,
qui voudra les
nailles ou déchets au Propriétaire être contrainte
emporter, & elle pourra de même
lors de la vente, quand
à les faire paffer au crible,
Facheteur Texigera.
Iiv --- Page 660 ---
CM M E R a C FH
ART. XXXVI
PERMETTONS à tous nos fujets
ment, de porter les Bleds fromens
indiftings.
pas vendus, par la voie du
qu'ils n'auroient
Jes avons autorifés par PArticle Commercroaugucl nous
Edir,& qu'ils voudront
I de notre préfent
a tel des Magalins
vendre à la compagnie,
qu'it leur
ceux qu'ils y apporteront, foient plaira. Voulons que
ainfi qu'ilvient d'être ordonné
payés au Porteur
27&28 du préfent Edit,
par les Articles 26,
SAYOIR
APatis,d raifon de 6 liv. lec quintal de
froment.
Bled, pur
Dans les environs de Paris, dix
de, & dans toutes les Villes où
lieues a la ronraine, raifon de 5 liv. IO fol. le ily a Cour fouveDanslesenvirons de toutes lefdites quintal.
à fix lieues à la ronde, à raifon
Villes & lieux,
quintal.
de 5 liv. 5 fols le
Erpar-tout ailleurs
inditingement, à
5 liv.le quintal.
raifon de
A R.T. XXXVIL
Ladite Compagnie fera tenue,
conformémentd
les Villes où
lieues a la ronraine, raifon de 5 liv. IO fol. le ily a Cour fouveDanslesenvirons de toutes lefdites quintal.
à fix lieues à la ronde, à raifon
Villes & lieux,
quintal.
de 5 liv. 5 fols le
Erpar-tout ailleurs
inditingement, à
5 liv.le quintal.
raifon de
A R.T. XXXVIL
Ladite Compagnie fera tenue,
conformémentd --- Page 661 ---
D ES GRA I N S.
28du
Edit, de vendre, aux réferTArticle
préfent
feulement, tousles
T'Article 31
ves exprimées par
demandés.
Bleds fromens qui lui feront
SA VOI R :
A Paris, à raifon de 6 liv. 12 (.6d.lequintal de
Bled, pur froment. des environs de Paris, à Iol lieues
Dans les Villes
Cour
àla ronde, & dans toutes les Villes où ily a
fouveraine, à raifon de 6 liv. 2 f. 6 d. le quintal.
les environs de toutes lefdites Villes, à fix
Dans
lieues à la ronde, à raifon de cinq liv. 17 f.6d.le
quintal.
à raifon de
Et par-tout ailleurs indifingement,
5 liv. 12 f 6 d.le quintal.
ART. XXXVIIL
entretiendra dans tous & chacun de fes
ELLE
de Bled froment, fuffifanMagalins, une provifion
affurer la fubfiftance de Tarrondiffement.
te pour
en demeure abfolument garante, 2
Voulons qu'elle
four
& que fes Magafins foient toujours en étatdela
le verlement des Provinces
nir par-tour 5 foit par
affez récolabondantesdans cellequi in'auroient pas
le Commerce fe trouveroit avoir déte. ou que --- Page 662 ---
Co M M E R C E
gamies, foit par T'importation des Bleds
qui pourroient s'y trouver néceffaires; étrangers
niere à ne jamais faire atrendre
& ce,de maà n'en jamais
qui que ce foit,&
augmenter le prix nulle part,
qu'aient été les évenéments del la récolte, & quels
tant tous autres cas
nonobf
prévus ou imprévus.
ART. XXXIX.
Tous les
établiffemens, 2 Magafins &
fionnemens de la
approviCompagnie, feront
&
folidairement
parprivilége, s affedtés &c
à la
tie du fervice de
hipochéqués
garanchaque contrée.
ART. XL.
Nous avons accordé & accordons à ladite Compagnie de France, outre la concurrence
tres fujets, pour tous les verfements avec nos aufaire de Province à
qu'elle voudra
Province, la faculté
de faire fortir des grains du
exclufive
venir de
Royaume & d'y en faire
TEtranger ; lui permettons d'en établir
au-dehors, tel Commerce qu'elle jugera à
& levons à cet
propos 5
égard 5 toutes les limitations,
ceptions & défenfes
2 exdu mois de Juillet portées par FEdit du fen Roi, 2
1764, & autres Loix
ment intervenues, relativement à
précédema
ce Commerce,
Province, la faculté
de faire fortir des grains du
exclufive
venir de
Royaume & d'y en faire
TEtranger ; lui permettons d'en établir
au-dehors, tel Commerce qu'elle jugera à
& levons à cet
propos 5
égard 5 toutes les limitations,
ceptions & défenfes
2 exdu mois de Juillet portées par FEdit du fen Roi, 2
1764, & autres Loix
ment intervenues, relativement à
précédema
ce Commerce, --- Page 663 ---
S.
ES GRAIN
ART. XLI
de même accordé & accordons
Nous avons
faculté exclufive de faire
à ladite Compagnie, la
jugera
fortir du Royaume toutes les Faines qu'elle
Lui défendonsd'y en faire entrer aucunes,
à propos.
de celles qu'elle y feroit veà peine de confifcation
liv. d'amende, dont
nir de TEtranger, & de 3000
&
un tiers à notre profit; un tiers auDénonciateur, fait la faifie.
Y'autre tiers aux Prépofés qui auroient
AR T. XLIL.
Toureslesbaniàre. s, ports, , entrées & forties
feront ouvertes en tout temps
de notre Royaume,
&la fortie des Grains
& à perpétuité, pourl'entrée
& pourla fortie
appartenants à ladite Compagnie,
Farine.
auroit fait convertiren]
de ceux qu'elley
ART. XLIIL
s'il étoit dorénavant & aprèsla
VOULONS que
Edit introduit des
poblication de notre préfent
que cè
dans notre Royaume parqui
Gainsétrangers
de France,ou s'il en
foit, autre que la Compagnie
feroient introexporté hors d'icclui, ceux qui
étoit --- Page 664 ---
Co M M E K C E
duits ou exportés, 2 foient arrêtés & faifis
nos ports ou frontières
, à tel de
qu'ils fe
quela
prdfenteroient, &
confifcation, en foit prononcée &
ladite
adjugée à
Compagniel, envers laquelle, ceux à
trouveroient
qui fe
appartenir les Grains ainfi faifis
Armareurs.Chefeder
2 les
Condugteurs &
Navires, Capitaines ou autres
Voituriers , feront en outre,
rement condamnés en 20,000 liv. de
folidaitérêts pour chaque
dommages inles
contravention; & ce nonobfant
été permiffions particulieres qui pourroient en avoir
obrenues, lefquelles feront, dans tous les cas
réputées furprifes & regardées comme
Défendons à nos Cours & à
non avenues.
ainfi
tous autres
qu'à ceux des Scigneurs, d'avoir. nosJuges,
auxdites
raucun égard
permiflions, en quelques termes
foient conçues, & pour quelque caufe, & fous qu'elles
que prétexte que ce foit. Accordons à
quelladite
cet effet, à
Compagnie, la faculté d'établir tels
qu'elle jugera à propos, à la garde des Prépofés
Ports &cautres entrées ou forties de
Darrières,
notre Royaume.
ART XLIV.
Nous avons. évoqué & évoquons à
notre Confeil, la connoiffance de
nous &d
teftations qui
toutes les conde ladite
pourroient naitre, entre les Membres.
Compagnie > ou entre aucuns d'eux &
Compagnie, la faculté d'établir tels
qu'elle jugera à propos, à la garde des Prépofés
Ports &cautres entrées ou forties de
Darrières,
notre Royaume.
ART XLIV.
Nous avons. évoqué & évoquons à
notre Confeil, la connoiffance de
nous &d
teftations qui
toutes les conde ladite
pourroient naitre, entre les Membres.
Compagnie > ou entre aucuns d'eux & --- Page 665 ---
DES GRAT N 9.
I4E
relativementd tàlexécution
leurs Affociés en croupe,
&
leur fociété feulement 2 & -avons renvoyé
de
&c
lefdites conteftations 2 circonftances
renvoyons
notre Parlement de Paris, pour y
dépendances, en
fouverainement & en
être jugées fommairement, Grand'Chambre, d'icelui,
dernier reffort, parla
la connoiffance,avec
laquelle nous en attribuons
interdifons à
toute Cour & Jurifdiaion, que nous
tous autres, nos Cours & Juges.
ART. XLV.
ordinaires & Officiers de Police, en
Nos Juges
chacun
chaque lieu, même ceux des Seigneurs, de la
dans leur reffort, prendront connoiffance
manutention de ceux des magafins de la Compaétablis, & veilleront à ce
gnie quisy trouveront
à l'effet de quoi
qu'ilne syintroduife aucun abus, faire T'examen & la
ils y auront entrée, pour en
à
vifite, toutesfois & quand ils lejugeront propos. foient
les
defdits magalins leur
Voulons que
portes
à
d'amende
ouvertes à toute réquilition ,
peine
arbitraire, contre le Prépofé quileur en feroitrefus,
feroit en outre deftitué, fans que la Comlequel
dans la fuite, lui en interdipagnie purle replacer
fant la faculté. --- Page 666 ---
Co M M ERc e
ART. XLVL
LESDITS
&
Officiciers, 7 lors defdites defcentes
vifites, drefferont leurs procès-verbaux de
ce qu'iis remarqueroient pouvoir
tout
aux intérêts de la
préjudicier, foit
droits des- habitans Compagnie même 2 foit aux
de Tarrondiflement, &
neront provifoirement les Ordonnances
donappartenantes, de l'évènement
aux cas
fois, ils refteront
defquelles 2 toutes
garants. Ils connoîtront de
toutesles conteftations qui
les Prépofés de la
pourroientnaitre, 5 entre
Compagnie & les vendeurs ou
acheteurs, & généralement de toutes les
ventions qui pourroient être commifes
contra--
difpofitions du préfent Edit: & ils les contre les
fauf l'appel.
jugeront s
Enjoignons aux Subftituts de nos ProcureursGértéraux de pourfuivre, à leur Requête, & de faire
informer, contret tous ceux qui leur feroient dénoncés, comme ayant cherché à apporter du trouble
dans le fervice de ladite
manière
Compagnie, en quelque
que ce foit: & voulons que tous ceux
en feroient
qui
convaincus, 2 foient punis comme
turbateurs du repos public, même de
percas ou ils auroient ufé de
mort,dans le
violence 2 ou intercepté
éraux de pourfuivre, à leur Requête, & de faire
informer, contret tous ceux qui leur feroient dénoncés, comme ayant cherché à apporter du trouble
dans le fervice de ladite
manière
Compagnie, en quelque
que ce foit: & voulons que tous ceux
en feroient
qui
convaincus, 2 foient punis comme
turbateurs du repos public, même de
percas ou ils auroient ufé de
mort,dans le
violence 2 ou intercepté --- Page 667 ---
DES G R AIN S.
convoi de grains, en quelque forte & manière
aucun
que ce foit.
XLVIL
ART.
donné & concédé, donnons &
Nous avons
Edit, à titre de don
concédons, par le préfent
de
& irrévocable , à la Compagnie
perpétuel
forme d'indemnité des frais du
France 2 & par
l'ancien Hotel dit de
premier approcifionnement, fituéaParis, rues Neuvela Compagnie des Indes,
fes circonfdes-Petits-Champs & Vivienne, avec
&
3 tel qu'il fe trouve nous
tances
dépendances
la Compagnie des
appartenirs & quilappartenoita
tenir
par la Compagnie de France,y
Indes, pour & fes bureaux, 8c en jouir, faire &
fes affemblées
de chofe à elle appartenantedifpofer comme foit mife en poffelfion 2 aufliVoulons qu'elle en
exécution du préfent
tôt qu'elle fera formée, en
autre
Edit, & fans plus de formalités, ni aucun
titre & contrat.
ART. XLVIIL
Nous avons déchargé & déchargeons , par
Edit, perpétuel & irrévocable, nos
notre préfent
fubfides, uftenSujets de toutes tailles, capitation,
deux fols pourl livres, du dixième,
files, vinguèmes, --- Page 668 ---
COM M E RC E
induftrie, &c généralement de toutes autres
fitions fujettes à cottifation &
impoperçoivent
répartition, qui fe
2 pour nous 2 fur leurs
leurs biens. Voulons
perfonnes ou
lefdites
qu'à commencer du
impofitions qui, néanmoins,
d'être
continueront
perçues jufqu'audit jour, telles qu'elles fe
trouvent maintenant réparties, ceffent d'avoir
&c qu'ilne nous foit plus payé, après ladite
lieu,
que les cens 5 rentes & redevances dues époque, à
domaines: ; les droits établis furles
nos
que nous nous réfervons
confommations,
fe trouvent
exprefléiment, tels qu'ils
à
compris aux baux, foit à régie, foit
ferme, que nous en avons paffé, &
nous établirons parle préfent
ceux que
Édit, en
ment des impolitions fupprimées.
remplaceART. XLIX.
Nous avons déchargé&
les habitants de
déchargeons, en outre,
notre bonne Ville de
droits établis
Paris, des
par notre Edit du mois de Février
1775,furl'entrée des Viandes, en
qui nous étoient ci-devant
échangede ceux
Beeufs &
payés, fur le prix des
autres Befliaux, qui fe vendoient aux Marchés de Sceaux &
Poifly, 2 lefquels droits cefferont
Percalemweadfovsirienk d'être perçus, 2 à compterduditjour,
ART. La
re,
notre bonne Ville de
droits établis
Paris, des
par notre Edit du mois de Février
1775,furl'entrée des Viandes, en
qui nous étoient ci-devant
échangede ceux
Beeufs &
payés, fur le prix des
autres Befliaux, qui fe vendoient aux Marchés de Sceaux &
Poifly, 2 lefquels droits cefferont
Percalemweadfovsirienk d'être perçus, 2 à compterduditjour,
ART. La --- Page 669 ---
DES GAAIN S.
AiT. L.
Au lieude toutes lefditesimpofitions & droitsfupprimés, parles deux Articles précédens,8 pour nous
produit.dont leur fuppreffion nous priremplacerle
ve,il fera à l'avenir & à commencet du I
à notre profit dans toutes les parprochain 2 perçu
Pays, Terres & Seigneuties de notre Royaume,
ries de notre obéiffance, un droit;
SAVOIR
fols
poids de marc, de
De cinquante
parquintal,
Bled froment.
de Bled méteil.
De quarante fols par quintal
De trente fols par quintal de Bled feigle.
Et de vingt-cinq fols par quintal d'Orge, d'AvoiFèvroles, ou Bled noir, qui feront
ne, de Fèves,
pour être
exportés & fortiront de notre Royaume,
confommés chez TEtranger.
ART. LI.
LEI mêmedroit nous fera payé,en temps de paix,
defdits Bleds, Grains, Graines ou
fur chaque nature
K --- Page 670 ---
CoM M E RC E
Grenailles qui feront moulus dans notre
lors de la mouture d'iceux,
Royaume,
moudre, fans
, par ceux qui les feront
exception de
les Hopitaux, Maifons de perfonne, & même par
Charité,& autres
légiées ou non-ptivilégices.
priviART LII.
- Ledit droit fera porté à 3 liv. 15 L
pour le Bled froment, à 2 liv. IO fols par quintal,
méteil, & à 2 liv. pour le feigle,
podr le Bled
dans notre
qui feront moulus
notredit Royaume, en remps de Guerre ; & fera,
droit, perçu fur ce dernier pied, fans inter.
ruption, en vertu. du préfent Edit, & fans
foit befoin d'autre, tant
la
qu'il en
compter du jour rou elle feroit que guerre dureroit, à
lui oul la paix feroit publiée, déclareejulqu'a cele fait feul de la publication auquel jouril fera, par
modéré
de la paix, réduit &
au taux des deux Articles
fera le taux perpétuel dela
précédens , qui
cevoir ledit droit de
paix. Défendons de perpeine de concuflion. guerre, en temps de paix, à
ART, LIIL
EXENPTONSd de T'augmentation ordonnée
PArticle précédent, pour le temps de guerre, tous epar les
Bleds fromens ou autres qui feront exportés, & de
era, par
modéré
de la paix, réduit &
au taux des deux Articles
fera le taux perpétuel dela
précédens , qui
cevoir ledit droit de
paix. Défendons de perpeine de concuflion. guerre, en temps de paix, à
ART, LIIL
EXENPTONSd de T'augmentation ordonnée
PArticle précédent, pour le temps de guerre, tous epar les
Bleds fromens ou autres qui feront exportés, & de --- Page 671 ---
DES G - R AIN S.
les
bled noir & autres menus
même. tous
orges,
lefquels 3 , foit qu'ils
grains, graines & grainailles,
en aucun
foient exportés ou moulus,ne paieront, eft fixé par
le droit de paix, tel qu'il
tems , que
les articles 50 & 51 ci-deffus.
A R T. LIV.
droit, fur les farines,
IL ne nous fera payéaucun
degrains qu'elles foient provenues,
de quelqu'efpèce
deltination. Voulons qu'elles
& quellequefositleur
dans l'intérieur de notre
puifentlibremenr circuler,
du
& en fortir,au
Royaume, au gré
Propriétaire,
gré de la Compagnie de France.
ART, LV.
dudit droit, des autres droits
Av moyen maintenant fur les confommaqui fe perçoivent
encore
tions, fur lefquels nous efpérons pouvoir foulainceffamment, faire éprouver de nouveaux
foit par la réduéion, ou
gemens à nos Peuples, d'aucuns defdits droits 1
même par la fuppreffion
nous nous
foit feulement t.parles changemens que
nos
réfervons d'y faire ; au moyen de nos bois,de
domaines, de notre ferme des poftes, de nos parties
de revenus qui nous
cafuelles, & autres parties
Kij --- Page 672 ---
Co M M E R C E
reftent, nous promettons & engageons notre
royale, de n'exiger, ni pour le
parole
préfent, ni pour
T'avenir, aucunes autres impofitions, & de nous
contenter, tantenpaix,
,du
droits réfervés ou établis gu'enguerre
produirdes
par le préfent Édir,
lefquels nous voulons & ordonnons
nos feuls révenus, faufà
être, dl'avenir,
tention de
ordonner, dans la manunos Finances, l'ordre & l'économie
néceffaites, pour que le produit de ces
à nos dépenfes.
objets fuffife
ART. LVI
AUTORISONS la Compagnie de France
fer en entrepôt, foit dans
à dépoautre partie de notre
nos Ports, ou en telle
gneuries de
Royaume, pays, terres & feinotre obdiffance, qu'elle jugera à
pos: comme auffi dy faire paffer ren
protous droits, tous les bleds,
exemption de
nailles
grains 9 graines &
qu'elle aura fait venir du dehors,& graideltinera à faire paffer en d'autres
qu'elle
Voulons
Pays étrangers,
même, pour lui faciliter d'autant plus les
opérations du Commerce de Pays
dranger, qu'elle puiffe faire
étranger, à Pays
chife, autant defdits
fortir, en toute frangrainailles
bleds. 2 grains 5 graines ou
barrière qu'elle en aura fait entrer, par tel port ou
que ce foit,
9 graines &
qu'elle aura fait venir du dehors,& graideltinera à faire paffer en d'autres
qu'elle
Voulons
Pays étrangers,
même, pour lui faciliter d'autant plus les
opérations du Commerce de Pays
dranger, qu'elle puiffe faire
étranger, à Pays
chife, autant defdits
fortir, en toute frangrainailles
bleds. 2 grains 5 graines ou
barrière qu'elle en aura fait entrer, par tel port ou
que ce foit, --- Page 673 ---
DES GRAIN S.
ART. LVIL
AUTORISONS, à l'effet de ce que deffus, les
Prépofés, qui feront établis pour la perception de
notredit droit, à prendre en paiement d'autant
d'icelui, à la fortie defdits bleds, grains, graines
& grainailles les certificats que ladite Compagnie
fe fera fait délivrer à l'entrée defdits bleds : &
feront lefdits certificats alloués & paffés en dépenfe, aux comptes defdits Prépofés, fans difficulté,
autant néanmoins qu'ils feront revêtus des formalités qui vont être ordonnées par l'article fuivant.
ART. LVIIL
LESDITS certificats ne feront valables, s'ils
ne font fignés de deux des Prépofés àl la.perception
de notre droit, de l'un de ceux de la Compagnie,
& du Voiturier, Capitaine de Navire 7 ou autre
qui auraimporté lefdits bleds dans notre Royaume,
&s'ils ne contiennent, en toutes lettres,la quantité
de bleds, grains 2 graines & grainailles importés,
& la date du jour & du lieu par ou ils feront entrés.
Voulons que ladite Compagnie, refte civilivement garante de la validité defdits certificats,
& que dans le cas ou il s'en trouveroit de faux, --- Page 674 ---
I5O
Cox M E R C E
elle foit tenue de nous reftituerles
tités de grains
droits des
le
y mentionnées, comme
quanprocès foit fait & parfait à
aufli, que
fabriqué lefdit
ceux qui auroient
en
certificats : 9 qui les auroient
paiement, après avoir connu leur
remis
ou quiyauroient
falfification,
forte ou manière parteipé.falemment,e en quelque
commefauffaires, que ce foit, & qu'ils foient punis
fuivant T'exigeance des cas.
ART. LIX.
Nos droits établis par le préfent Edit
bleds, grains, graines &
fur les
pour notre compte, & à grainailles, feront régis
fonnes
notre profit, par les
que nous en chargerons, fans
perfentjamais fortir de nos
qu'ils puifprofit d'aucuns
mains, pour être perçus au
Prince, Seigneur, Corps,
munauté, ou Particuliers
Comnuls, dès à préfent,
que ce foit. Déclarons
tous ages
tous baux à ferme Ou à rente,
de dons, & d'engagement, tous brevets ou lettres
lefquels
généralement tous autres titres,
nous, 9 ou nos fucceffeurs, nous
par
en avoir fait conceffion,
trouverions
baux, ades,
Voulons que tous lefdits
fous quelque contrats, brevets 2 ou autres titres 2
diés,
dénomination qu'ils euffent été
en quelques termes qu'ils fe trouvaffent expéçus, & quelques fuffeat les caufes
conquis'y trouve-
agement, tous brevets ou lettres
lefquels
généralement tous autres titres,
nous, 9 ou nos fucceffeurs, nous
par
en avoir fait conceffion,
trouverions
baux, ades,
Voulons que tous lefdits
fous quelque contrats, brevets 2 ou autres titres 2
diés,
dénomination qu'ils euffent été
en quelques termes qu'ils fe trouvaffent expéçus, & quelques fuffeat les caufes
conquis'y trouve- --- Page 675 ---
DES G RAI N S.
ISI
foient toujours réputés furpris &c
roient exprimées,
Défendons trés - expreflécomme non-avenus. tous autres nos Juges, d'en
ment à nos Cours,8
d'admettre le impévérifier jamais aucuns , ni
droit: &
trans à jouir d'aucune partie dudit
pour
affurer
& à notre Couronne,
nous en
d'autantplus, exclufive, voulons que,
à perpétuité,1 la poffeflion
dès à préfent, il prenne, & qu'il porte toujours
le titre & la dénomination de DROIT ROYAL.
ART. LX.
de
par la DéNous nous réfervons prefcrire,
claration que nous ferons inceffamment expéétablir la régie du DroidRoyal, les
dier, pour
fuivies
la perception : &
règles qui feront
pour
nous les réduirons à une fimplinous efpérons que
intelligibles & aufli faciles
cité, qui les rendra auffi
chacun de nos Sujets, qu'elles
à exécuter, pour
nous.
feront fàres &c peu difpendieufes pour
fon
Et fera notre préfent Édit exécuté, en tout
contenu, dans toute T'étendue de notre Royaume,
terres & feigneuries de notre obéiffance,
pays, feulement dans notre Ile de Corfe 9 &c
excepté
à l'égard defquelles 9 nous
dans nos Colonies,
rien innover.
n'entendons, quant à préfent,
Je crois que le Roi peut ordonner tout cela, --- Page 676 ---
Co M M ERCE
que tout cela peut s'exécuter: : & fi jamais cela
Mesécue,Teapéience fera connoitre
qu'étendus que foient les
que, quelnoncés, je n'ai rien
avantages que j'ai anplufieurs.
promis de trop ; j'en ai tu
Je ne crois pas devoira allonger mon
détail de mes idées furles
ouvrage du:
tion à donner
la difpofitions de la Déclarapour perception du Droit
tout le monde fentira fuffifamment,
royal:
perception feroit fimple & facile. combien cetté
bureaux aux frontières du
En effet, des
pagnie feroit
Royaume 5 oû la Comtenue de déclarer les grains
voudroit faire fortir, de les faire pefer, & qu'elle d'en
acquitter les droits : & des poids dansles moulins
mêmes,ou à portée des moulins, où chacun feroit
tenu de faire pefer le grain qu'il voudroit faire
moudre, & d'en acquitter aullile
le grain put être dépofé dans le droit, avant que
tous les frais de cette
moulin, feroient
perception; ils en affureroient
indubitablement tout le produit.
FIN
ANCHIVES --- Page 677 ---
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