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(BnF Gallica
Recueils de pièces imprimées
concernant les colonies
[Noirs, Traite, esclavage,
droits ]
Source gallica.bnf.fr / Archives nationales d'outre-Mer --- Page 2 ---
(BnF Gallica
Recueils de pièces imprimées concernant les colonies [Noirs,
Traite, esclavage, droits 1 1789.
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gallica.bnf.fr / Archives nati tionales d'outre-Mer
Source --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
REFLEXIONS
SUR
LE SORT DES NOIRS
DAN S
NOS
COLONIES
SIC vos non vobis.
-
tat
ec
- I 7 8 9 --- Page 10 --- --- Page 11 ---
MFERTISSEMENT
LA confervation des Colonies à
Sucre eft généralement regardée
comme un fi grand intérêr politique, que tout ce qui peut donner
quelque jour fur la queftion agitée
tant en Angleterre, , qu'en France,
fur ce fujet doit être préfenté au
Public; on le doit fur-tout à la
Nation affemblée pour difcuter &
régler tous les objets d'Adminiftration, parmi lefquels celui des Colonies fera fans doute compris.
APRÈS avoir long-tems vécu
dans les Colonies de diverfesNations
Européennes, 3 après avoir étudié le
A 2 --- Page 12 ---
4 AVERTISSEMENT.
caradtere des Nègres, examiné les
diverfes manieres de les régir &
leurs effets, après avoir lu ce qui
a été écrit pour le maintien & pour
l'abolition de Tefclavage, je crois
devoir à la Patrie le tribut de mes
réflexions. Ce n'eft pas que je me
flatte d'ajouter à ce que d'excellens
Ecrivains ont donné depuis peu fur
cette matiere intéreflante ; mais inftruit par eux, & profitant de leurs
lumieres, j'expoferai dans ce court
Mémoire le défir & la poflibilité
de concilier dans la culture des Colonies la Morale avec la Politique,
d'allier fous la zône torride TInduf
trie au bonheur ; j'appaiferai peutêtre en même-tems les alarmes des
Colons, lorfqu'ils entendent décla- --- Page 13 ---
AFERTISSENENT. 5
mer contre l'efclavage des Nègres,
ce qui, par l'inftitution malheureufe
des Colonies, femble être uné attaque direôte faite à leurs propriétés.
C'EST une tâche en apparence
difficile à remplir ; mais cette difficulté s'applanit par le caraétere de
notre Nation: c'eft elle qui julqu'à
préfent a mis plus d'humaniré (difons,
fi on le veut, moins d'inhumanité)
dans la Régie des efclaves : outre
la prévoyance de quelques-unes des
difpofitions établies par nos loix
pour modérer T'efclavage des Noirs,
les François feront par fentiment
& par une impulfion nacurelle, ce
que la force du raifonnement fera
faire aux autres.
A3 --- Page 14 ---
6 AFERTISSEMENT.
S'iL y a ici quelques moyens
de faciliter cette tàche, on aura
bien mérité de T'humanité, on aura
bien mérité de la Nation, & particnliérement des Colons, en montrant qu'il eft pollible dans les Colonies de s'enrichir des produétions
de la terre fans faire frémir l'humanicé, & qu'avec une ame bienfaifante on peut être fans remords
propriétaire d'habitation.
14 ---
6 AFERTISSEMENT.
S'iL y a ici quelques moyens
de faciliter cette tàche, on aura
bien mérité de T'humanité, on aura
bien mérité de la Nation, & particnliérement des Colons, en montrant qu'il eft pollible dans les Colonies de s'enrichir des produétions
de la terre fans faire frémir l'humanicé, & qu'avec une ame bienfaifante on peut être fans remords
propriétaire d'habitation. --- Page 15 ---
REFLEXIONS
SUR LE SORT DESNOIRS
DANS NOS COLONIES
LA queftion de T'efclavage des Noirs,
qui occupe depuis quelque - tems les
efprits, ne peut laifler le Gouvernement
dans Tindifférence: cette queftion férieufement agitée en Angleterre, ne peut
manquer de l'être dans T'Afemblée
Nationale, puifqu'elle a admis dans fon
fein les Députés de Saint-Domingue.
LES Nègres n'ignorent pas, ou du
moins ils ne pourrontignorer long-tems,
A+ --- Page 16 ---
(8)
les difcuflions qui ont lieu fur leur fort:
quand on pourroit Jes leur cacher (ce
qui feroit peut-être encore pire) croiton qu'ils aient jamais ignoré leurs droits,
& que la voix de la nature fe foit endormie chez eux au gré de leurs pofleffeurs?
QUELQUE ftupides que leurs détracteurs les repréfentent, ils fe font montrés
capables d'une très-grande énergie : ils
ont, à la Jamaique & dans la Guiane
Hollandoile, l'exemple d'un nombre
d'hommes de leur race, qui par leur
courage fe font procuré la liberté malgré leurs Maitres qu'ils ont forcé de
traiter avec eux de leur exiftence indépendante. Plufieurs de nos Nègres, dans
les Colonies ou fréquentent les Américains 5, font à portée d'entendre parler
des loix nouvelles qui ont eu lieu dans
lesEtats-Unis, pour l'abolition de l'efclavage &c de la traite des Noirs. --- Page 17 ---
(9)
ON doit craindre les plus fâcheux
évènemens, fi on ne s'occupe pas férieufement de l'amélioration du fort de cette
efpece d'hommes, fi précieufe à P'Erat
par les riches productions que fes travaux lui procurent, & en même tems
f peu protégée & fi maltraitées on auroit bien tort de s'endormir dans une
imprudente fécurité.
Pour foutenir l'efclavage, on met en
avant l'antique ufage des Colonies, l'impoflibilité prétendue de les cultiver fans
Noirs & fans Efclaves, la raifon d'état
qui veut que l'on aie des denrées COloniales; on s'appuie du bonheur des
Nègres dansJeur état actuel, bien préférable, dit-on, au fort de nos Paifans;
on donne comme inhérens au caradtère
des Noirs la pareile, la fourberie, &
toutes les mauvaifes qualités que leur
trouvent des Maitres durs &c égoiftes
qui ne voient en eux que les inftrumens
claves, la raifon d'état
qui veut que l'on aie des denrées COloniales; on s'appuie du bonheur des
Nègres dansJeur état actuel, bien préférable, dit-on, au fort de nos Paifans;
on donne comme inhérens au caradtère
des Noirs la pareile, la fourberie, &
toutes les mauvaifes qualités que leur
trouvent des Maitres durs &c égoiftes
qui ne voient en eux que les inftrumens --- Page 18 ---
(10)
paffifs de leur fortune: mais ces mauvaifes qualités & cesvices font,ou relatifs à l'opinion & au préjugé fur leur
état, ou occalionnés par la maniere dont
on les traite : communs à tous les hommes & dans toutes les fociétés, ces vices
s'évanouiflent, ou du moins s'affoiblif
fent confidérablement, fous un régime
humain & raifonnable, même parmi les
efclaves; c'eft ce qu'une expérience fuivie & attentive à bien démontré,
LEs partifans de l'efclavage ne
vent
d'ailleurs faire entrer
peu- rien
dans leurs divers raifonnemens, pour la caufe
de l'humanité, ni la juftice, ni le droit
naturel, imprefcriptibles pour tous les
hommes, indépendamment de leur couleur & des circonftances plus ou meins
favorifées de leur naiflance. 55 Il nous
faur des Colonies; on2 ne peut les cul3> tiver fans efclaves 3 donc il ef2 nécef
faire de faire la traite, & d'avoir des --- Page 19 ---
(I1)
1 ejolaves: Ce Voilà à quoi fe réduiront
toujours leurs argumens.
D'ux autre côté les perfonnes qui
plaident pour l'abolition de Tefclavage,
infpirées par la raifon, la juftice, la bienfailance, & tout ce que Phumanité offre
de mnotifs plus purs & plus refpeétables,
peuvent aller trop loin, & prètent ainfi
à la critique de leurs adverfaires intéreilés, foit par excès de zèle, foit faute
de connoitre fuffifamment la localité
& la circonftance des Colonies, foit
encore faute de refpeéter la raifon politique des Etats, qu'il eft devenu impof
fible de ne pas ménager, à caufe des
cris d'un nombre de gens dont la fortune dépend des cultures aétuelles de
nos Colonies : ils ont prêté encore à la
critique des Colons, en n'appercevant
pas bien tous les moyens d'opérer la
révolution qu'ils defirent. Deli,il réfulte
une majorité immenfe dans les débats --- Page 20 ---
(12)
de cette queftion, en faveur des
fans de Tefclavage, dont
partil'opinion eft
accréditée par un long ufage, &
une efpece de loi généralement établie par
dans toutes les Colonies Européennes.
DANS toutes ces difcuflions, les Colons (qui font prefque tous pour le
maintien de Telclavage) 'mettent beaucoup de chaleur & d'achafnement à foutenir une caufe qui leur femble perfonnelle; les autres (qui font un petit nombre de perfonnes n'ayant pour la
aucun
plapart
intérêt dans les
)
Colonies J montrent le plus grand zèle pour le foulagement de Phumanité fouffrante.
QUEL que foit l'effet de ces débats,
à quelque époque que cet effet foit retardé, il ne peut qu'en réfulter untraitement plus humain pour les Noirs :
on voit déjà qu'il ne refte plus aucune
autre excufe aux poffeffeurs d'efclaves,
qui font un petit nombre de perfonnes n'ayant pour la
aucun
plapart
intérêt dans les
)
Colonies J montrent le plus grand zèle pour le foulagement de Phumanité fouffrante.
QUEL que foit l'effet de ces débats,
à quelque époque que cet effet foit retardé, il ne peut qu'en réfulter untraitement plus humain pour les Noirs :
on voit déjà qu'il ne refte plus aucune
autre excufe aux poffeffeurs d'efclaves, --- Page 21 ---
(13)
plaident pour le maintien de l'efclaqui
de citer la maniere tempévage, que heureufe dont leurs Nègres
rante &c
eft à
font traités, ou de convenir qu'il
d'améliorer leur fort.
propos
DE ce choc d'opinions on peut déduire
deux vérités inconteftables:
LA premiere de ces vérités eft que
Thabitation dont la régie eft la plus raifonnée, la moins arbitraire, oû les Nefont catéchifés, ou on cherche à
gres leur donner des mceurs, oû ils ont quel-
&c une efpece d'exif
ques propriétés,
tence fociale, eft aufli celle qui rapporte
conftans à fon
des revenus
plus
propriétaire, & que moins les Nègres fontmalheureux plus leur Maitre s'enrichit. Les
partifans de T'efclavage en conviennent
eux-mêmes.
LA feconde vérité, 5 déduite comme
l'autre des objections des Colons qui --- Page 22 ---
(14)
foutiennent T'efclavage,eft que les projets d'humanité que l'on manifefte en
faveur des Noirs ne peuvent s'exécuter
en bonne politique qu'avec du tems &
des gradations ; qu'un affranchiffement
illimité & fubit, fans exceptions ni conditions, rempliroit mal le but qu'on fe
propole, & même offriroit des inconvéniens: en effer,'on doit convenir que
les Negres nouveaux, ceux non encore
accoutumés à notre langue & à nos ufages,ne pourroient fans danger pour nos
plantations > ni fans un inconvénient
pour eux-mêmes, être tous à la fois remis en liberté fans intervalles ni précautions : c'eft ainfi que des yeux affoiblis
par une longue oblcurité ne pourroient
revoir fibitemenclalumicre fans en être
éblouis; il faut la leur rendre par degrés
&c avec attention.
CETTE difficulté eft même f forte
qu'elle rendroit la deftruction de l'efcla- --- Page 23 ---
(15)
comme impoflible, fi on ne comvage
faire finir la traite des Noirs,
mençoit par fans cefle verfer des Nègres
qui vient
Colonies ; mais il
nouveaux dans nos
n'eft plus pollible de fe dilimuler,d'après
les faits expolés à la connoillance publique fur la traite des Noirs, que ce
offre des aôtes de barbarie
commerce
f atroces, fi continuels &c fi indifpenfables à fon entretien, que les perfonnes
defireroient conferver lefhonnêtes qui
clavage des Noirs dans nos Colonies,en
raifonnale rectifiant, ne peuvent plus
blement foutenir la continuation de ce
commerce d'efclaves.
CONNOISSANT le pour & le contre
de cette queflion, & les Colonies par
une -aflez longue expérience., je crois
nulpouvoir dire avec aflurance quileit
lement impofible, qu'il eft même utile
& politique de préparer les voies pour
l'abolition de l'efclavage - ; qu'on peut
fhonnêtes qui
clavage des Noirs dans nos Colonies,en
raifonnale rectifiant, ne peuvent plus
blement foutenir la continuation de ce
commerce d'efclaves.
CONNOISSANT le pour & le contre
de cette queflion, & les Colonies par
une -aflez longue expérience., je crois
nulpouvoir dire avec aflurance quileit
lement impofible, qu'il eft même utile
& politique de préparer les voies pour
l'abolition de l'efclavage - ; qu'on peut --- Page 24 ---
(16)
parvenir à ce but en ménageant la raifon
d'étar, la politique des Nations 1
confervant nos Colonies à
3 en
Sucre, fans
déranger en rien les propriétés foncieres
des habitans, ni diminuer leurs revenus.
LE terme dans lequel on pourroit
rendre Par gradations la liberté aux Ne
gres ne feroit point fort éloigné, & lès
bonnes difpofitions de plufieurs Colons
François Tabrégeroient plus qu'on ne
penfe: : car ce feroit à tort que l'on regarderoit tous les propriétaires d'habitations dans les Colonies comme des hommes barbares: ; plufieurs ont une
tion humaine & bienfailante, difpofiqui ne
produit (il eft vrai) que des effets
caires & momentanés,
prétoujours dérangés par leurs fuccelleurs ou par leurs
gérans: mais la faute en eft au Légillateur-qui a établi & autorifé l'efclavage,
qui en maintient févèrement la
& la durée, & non pas à la plâpart police des
habitans --- Page 25 ---
(17)
habitans qui le trouvant dans leurs héritages, , le trouvant dans tout ce
les environne depuis des fiecles, fuivent qui
un ufage avec lequel ils fe font familiarifés dès leur enfance,& uneloi
les empêcheroit de fuivre un
qui
me. Plufieurs Colons
autre fyfténe demandent
pour bien faire que d'être éclairés fur
leurs véritables
intérêts; mais c'eft ce
qu'on n'obtiendra
& avec le
que par l'expérience
tems, & à mefure que la légillation elle-même reformera l'inftitution qu'elle a faite & confolidée.
TOUTES les ames honnêtes, fenfibles
& défintéreffées font déjà
avant que j'aie parlé : mais il perfuadées faut démontrer à PAdminiftration, il faut
ver aux Colons qu'on
prouchangemens
peut opérer ces
heureux par des moyens
tranquilles & sûirs, en failant
des habitations. Il eft néceffaire Tavantage
cela de fe dégager de toutes
pour
préventions,
B
a faite & confolidée.
TOUTES les ames honnêtes, fenfibles
& défintéreffées font déjà
avant que j'aie parlé : mais il perfuadées faut démontrer à PAdminiftration, il faut
ver aux Colons qu'on
prouchangemens
peut opérer ces
heureux par des moyens
tranquilles & sûirs, en failant
des habitations. Il eft néceffaire Tavantage
cela de fe dégager de toutes
pour
préventions,
B --- Page 26 ---
(18)
& de réfléchir avecimpartialité fur les
différens points de vue qu'offre cette
queftion importante,
JE vais expofer les moyens par lefquels je crois que l'on parviendroit a
redtifier graduellement l'inftitution vicieufe des Colonies, en confervant leurs
habitations & leurs cultures.
a --- Page 27 ---
(19)
PREMIER MOYEN
L'Abolition de la Traite des Noirs.
Lx Traite des Noirs offre
intimément
une queftion
liée avec celle de l'efclavage, parce qu'elle lui fert d'aliment,
parce qu'il femble aux Colons que fi la
Traite ceffoit la population des Colonies
fe réduiroit bientôt à rien, & leurs cultures dépériroient à mefure, &
que puif
que l'efclavage eft autorifé la Traite doit
l'être également; mais il n'y a que le
Machiavélifme le plus affreux qui puiffe
plaiderpourla continuation de cet odieux
commerce (1).
(I) ON avoue que n'étant pas
les cruautés par lefquelles
inftruites de toutes
Noirs, ne les foupçonnant s'opére cette Traite des
perfonnes honnètes & bien intentionnées pas mêmes poffibles, des
trainées par la légiflation & les circonflances, ont pd, enne pas
B: --- Page 28 ---
(20)
QU'IMPORTE que nousfoyons injuftes à &
barbares,pourvu que nous nous enrichiffions?
Voilà en peu de mots à quoi on peut
ramener toutes les raifons qu'on apporte
pour foutenir ce commerce; mais fi ce
n'eft pas feulement une injuitice, fi
c'eft encore une erreur; fi ce commerce
loin d'être profitable n'eft que nuifible
aux intérêts de la Nation, que deviendra l'unique argument avec lequel on
prétend en maintenir la continuation?
S. I. Ceute Traite confidérée politiquement
n'offre que des défavantages.
1°. ELLE corrompt les moeurs d'une
partie de notre Nation, en la familiaavoir de ce trafic toute l'horreur gu'il doit infpirer;
mais depuis la publication des faits authentiques confignés dans les Ouvrages de Clarkfon, de Froiffard,
8zc., on ne peut plus regarder la Traite des efclaves
que comme un ciffu d'atrocités. Que le Ledteur qui
n'en fera pas encore convaincu, life ces Ouvrages
avant d'aller plus loin.
. ELLE corrompt les moeurs d'une
partie de notre Nation, en la familiaavoir de ce trafic toute l'horreur gu'il doit infpirer;
mais depuis la publication des faits authentiques confignés dans les Ouvrages de Clarkfon, de Froiffard,
8zc., on ne peut plus regarder la Traite des efclaves
que comme un ciffu d'atrocités. Que le Ledteur qui
n'en fera pas encore convaincu, life ces Ouvrages
avant d'aller plus loin. --- Page 29 ---
(21)
rifant avec des actions féroces, en y faifant concourir plufieurs fujets à qui on
finit par faire regarder ces aétions com
me légitimes; en accoutumant un nombrede perfonnes à fpéculer leur fortune
fur la deftruétion de Tefpece humaine.
20. ELLE ne procure des bras aux
cultures des Colonies qu'en faifant périr par les guerres, par les injuflices, par
les duretés des traverfées, par les mauvais traitemens, & par le défefpoir, beauplus de Nègres que nous n'en accoup
quérons.
3°. CE commerce eft plus nuilible
profitable à fes Armateurs; ce qui
que s'explique en difant que fi on voit quellucratifs, le plus grand
ques voyages n'offre
des
; & ces
nombre
que
pertes
fi
feroient bien plus apparentes,
pertes
elles n'étoient fouvent compenfées par
fur les marchandes profits accelloires,
B3 --- Page 30 ---
(22))
difes d'Europe, fur les achats de poudre
d'or, d'ivoire, 8cc., fur les achats &
frets de denrées Coloniales en retour,
4°. Ce commerce eft ruineux à l'Etat
par les primes & encouragemens
niaires très-exorbitans
le
pécuque
Gouvernement a cru néceffaire de donner à fes
fpéculateurs, primes dont la dépenfe
s'éleveroit au moins à 4 millions
fi elles obtenoient
par an,
effet defiré
complettement leur
: nouvelle preuve que ce
commerce eft plus onéreux
table.
que profiso. LA.Traite des Noirs eft
à la Marine & à la
nuifible
Navigation par la
perte qui en réfulte d'un grand nombre
de Marelors;p puifqu'il eft
périt dix ou douze fois démontréquil plus de Matelots à proportion dans les
cette
Voyages de
efpece, que dans les autres navigations, pertes prefque uniquementoccs- --- Page 31 ---
(23)
fionnées par le mauvais air, la mauvaife
nourriture, & les autres cirçonftances
deftructives qui exiftent nécellairement
dans les Vaifleaux Négriers.
60. CE commerce eft encore d'une
parce qu'il nous fait
mauvaife politique,
branches de fpéculadélaifler plufieurs
intéreflantes fur divers produits
tions
s'oppofe à nous faire
de l'Afrique ; qu'il
les refTources de
connoitre Tintérieur &
même la plus petite partie
ce Continent,
de fes côtes que nous ne connoiffons que
infâme ; que ce comfous un rapport
fait ainfi dédaimerce d'efclaves nous
& ignorer une des vaftes parties
gner du monde, & la plus à notre portée.
LA Traite des Elclaves eft une
70.
une tache ànotre
honte à Thumanité,
avec
Nation, une contradidtion ouverte
a 11
& notre conftitution.
nos principes
que la loi abufive
ILeft remarquable
B 4
ôtes que nous ne connoiffons que
infâme ; que ce comfous un rapport
fait ainfi dédaimerce d'efclaves nous
& ignorer une des vaftes parties
gner du monde, & la plus à notre portée.
LA Traite des Elclaves eft une
70.
une tache ànotre
honte à Thumanité,
avec
Nation, une contradidtion ouverte
a 11
& notre conftitution.
nos principes
que la loi abufive
ILeft remarquable
B 4 --- Page 32 ---
(24)
de commerce qui a autorifé l'efclavage
dans nos Colonies n'a permis de traiter
des Noirs que depuis tel Cap jufqu'a tel
autre dans la côte d'Afrique; que ce qui
eft permis dans tel parage & dans telle
latitude, redevient un crime dans un
autre canton ; que le Gouvernement a
puni févèrement des Capitaines qui
s'étoient permis de prendre des Noirs à
cheveux longs, des teints moins bafanés, dans d'autres lieux que ceux ordinaires de la Traite. Quel droit avoit-on
de plus fur les uns que fur les autres?
Ir eft bien remarquable encore
(par une de ces contradictions
que
trop communes dans l'efprit humain ) les Hollandois ont un mépris fingulier pour une
efpece d'hommes qui en Hollande recrutent & engagent des Blancs
leurs Colonies, les appclant vendeurs pour
d'ames; & on ne s'eft pas apperçu qu'ils
euffent jamais témoigné une opinion --- Page 33 ---
(:5)
ficheufe des agens de la Traite des
Noirs.
que ceft les
IL n'eft que trop prouvé
Européens qui ont prefque par - tout
excité & encouragé le commerce des
de M.
cet
-
Efclaves ; on a fu
Poivre,
Adminiftrateur humain & éclairé,qu'au
commencement de ce fiecle, ce com-
& toutes les horreurs qui en font
merce
néceflaires' ont été introles compagnes
fois dans lIle de
duits pour la premiere
étoit
Madagafcar r, & que l'efclavage
abfolument inconnu des naturels du
la
des Europays avant
fréquentation
péens.
de la Traite des Noirs
S. 2. Lafupprelfion
ne fera aucun tort aux proprictaires
- d'habitations dans les Colonies.
nombre d'haIo, Ir eft connu qu'un
bitans fe ruinent, & rendent leurs libé- --- Page 34 ---
(26)
ration & liquidation impoflibles
les pertes qu'ils font de
par
Nègres nouveaux.
29. LES Colons
perdant ce moyen de
recruter leurs Atteliers S 3 foigneroient
davantage cette population; elle s'accroitroit par un régime plus humain &
plus attentif: on le fait par l'expérience
de plufieurs habitations
qui ont maintenu, augmenté même leur population
par le feul effet d'un traitement
raifonnable fans avoir
plus
achats de
recours à des
nouveaux Efclaves,
Ir eft reconnu que le régime
dur
de
trop
Tefclavage 3 ou l'infouciance & le
mépris de Phumanité
fi fouvent, caufent quifaccompagnene
tante à la
une perte conf
population des Negres dans
toutes les Colonies
dans
prifes en mafle,&
chacune en particulier, même là
oà l'efclavage eft plus modéré
par laloiz
ours à des
nouveaux Efclaves,
Ir eft reconnu que le régime
dur
de
trop
Tefclavage 3 ou l'infouciance & le
mépris de Phumanité
fi fouvent, caufent quifaccompagnene
tante à la
une perte conf
population des Negres dans
toutes les Colonies
dans
prifes en mafle,&
chacune en particulier, même là
oà l'efclavage eft plus modéré
par laloiz --- Page 35 ---
(27)
ceux des habitans qui ont
tandis que
convenable à encourager
mis T'artention
de leurs efcla-
& conferver la population
& à modérer autant qu'il étoit en
ves
Tont vu s'augeux laloi de l'efelavage,
ou au moins fe foutenir au mêmenter nombre. On en cite un qui a doublé
me nombre de fes efclaves en quatorze
le
ans par fa propre population.
3°. Si PEtat économifoit par an quamillions de livres, de primes & entre
qu'il donne ou propole aucouragemens à la Traite des Noirs pour la
jourdhui
l'étendue néceffaire aux
porter à toute
&
remplacemens des pertes d'efclaves,
maintien des Colonies fous le régiau
les Colons de leur
me de l'efclavage,
en malle vingt ou
côté épargneroient
vingt-cing millions qu'ils dépenfent annuellement en achats de Nègres nouveaux.
LES moeurs des Colons, & de toute
4. --- Page 36 ---
(28)
la partie de la Nation quia des
avec eux, ainfi que les moeurs rapports des Nègres de nos Colonies, gagneroient trèsfenfiblement à ce changement.
5°. Les travaux des habitations, leur
population, & les Colonies en général
s'amélioreroient à toute forte
n'étant plus compofées
d'égards,
Créoles.
que de Nègres
6o. Les Colonies feroient
reté, & mieux
plus en sûpolicées; elles
droient d'un entretien
devienmoins coûteux
par une forte diminution', finon la
preffion totale, des
fupdépenfès de
de juftice, de a
police,
des
détachemens, de la Caifle
Negres fappliciés ou tués en marronage, des frais de géole, &c.
Ii eft donc certain
la
Nègres eft une barbarie que
Traite des
policée ne
qu'une Nation
peut raifonnablement çon- --- Page 37 ---
(29)
nuit à bedutinuer; il eft prouvé qu'elle
bien
d'égards, & que fa fuppreflion
coup d'être contraire aux Colonies, y
loin
ordre de chofes,
ameneroit un meilleur
fem-
& plus de profpérité: ces vérités
blent être établies en Angleterre oul cet
objet eft traité publiquement avec toute
la force du raifonnement & la générolité
caraétérifent les hommes choilis de
qui
cette Nation.
MAIS l'intérêt & une politique mal
entendue viennent leur oppofer diverfes
dont une feule a befoin d'être
objections,
combattue un moment.
la France & TAn55 EN fuppofant que
enfemble le
abandonnaffent
>> gleterre
efclaves, les autres
95 commerce des
de l'Europe le continueroient
25 Nations
détriment, 2 les Elpaguols qui
5> à notre
leurs
de l'Amérique
35 ont ouvert
ports
en-
>> méridionale aux étrangers pour.les
à
des efclaves, profi-
>> gager
y porter
d'être
objections,
combattue un moment.
la France & TAn55 EN fuppofant que
enfemble le
abandonnaffent
>> gleterre
efclaves, les autres
95 commerce des
de l'Europe le continueroient
25 Nations
détriment, 2 les Elpaguols qui
5> à notre
leurs
de l'Amérique
35 ont ouvert
ports
en-
>> méridionale aux étrangers pour.les
à
des efclaves, profi-
>> gager
y porter --- Page 38 ---
(30.)
55 teroient de notre abandon
53 pler leurs Colonies : les pour peu2)
Américains
y ont déjà porté plufieurs
32 de Nègres ce.
cargaifons
SANS admettre pour cela cette trifte
politique qui veut toujours ne fonder
notre profpérité que fur le
de nos voifins, on
dépériflement
peut tépondre à cette
objection:
QUE fic'eft bien fait d'abolir la
fi ce parti nous eft
Traite,
avantageux, les autres
nous imiteront, ou ils auront tort de
ne pas le faire.
QUE les Efpagnols plus
autre Nation, font dans le
qu'aucune
à cette mauvaife
cas de perdre
les Colonies de
politique de peupler
Nègres nouveaux, tandis
qu'ils négligeroient &
cette immenfe
opprimeroient
population
dont ils pourroient tirer
d'indigenes
un parti avanrageux par la douceur & la
& Par.u une fage
modération,
adminiftration 1 ; --- Page 39 ---
(31)
Qu'IL eft tres-raifonnable de penfer
que le parti pris à la fois par T'Anglela France, de ceffer la Traite
terre & par
des Efclaves en Afrique - 2 &c d'établir
dans ces contrées d'autres moyens de
caufera dans les idées de
commerce,
révolution
rendra
ces peuples une
qui
ou même fera ceffer la
plus difficile, >
Traite des Efclaves. - N'avons - nous
pas déjà vu un Marabout, Souverain
Religieux de ces contrées, interdire dans
de morale & de
fes Etats, par efprit
religion, le commerce des Efclaves,
en gréver le pallage à travers fes terres
de forts droits & péages. La raifon
par
; mais
peut être long-tems offulquée
quand elle commence à fe faire jour
fes progrès font rapides. --- Page 40 ---
(32)
DEUXIEME MOYEN
Afrenchifenent des Efelaves
&
Demefigues
autres des Bourgs & Villes.
Pursouz la politique &c l'intérêt
peuvent foutenir la néceffité d'avoir ne
Efclaves qu'en
des
prétendant qu'ils font
indifpenfables aux grandes cultures des
Colonies, & à la fabrication du Sucre
entr'autres, on ne peut pas dire avecle
moindre fondement que des Efclaves
foient néceflaires dans les Villes &
Bourgs, au fervice
vail des
domeftique, au traBoutiques & des
à
aflifter les Ouvriers &
Magalins,
Entrepreneurs.
QUEL abus au contraire, qu'un Matelor parvenu, qu'un fimple ouvrier, dès
qu'ils peuvent épargner IOOO à 1200
livres,foientàl l'inflant habiles à
un autre homme ou femme pofleder
en toute
propricté,
claves
foient néceflaires dans les Villes &
Bourgs, au fervice
vail des
domeftique, au traBoutiques & des
à
aflifter les Ouvriers &
Magalins,
Entrepreneurs.
QUEL abus au contraire, qu'un Matelor parvenu, qu'un fimple ouvrier, dès
qu'ils peuvent épargner IOOO à 1200
livres,foientàl l'inflant habiles à
un autre homme ou femme pofleder
en toute
propricté, --- Page 41 ---
(33)
propriété, à les traiter avec
à
s'en faire fervir
dédain,
accabler de
arbitrsirement, à les
à les louer à coups au moindre caprice,
d'autres pour en faire à leur
gré? Quelle indignité & quelle
dation à la nature humaine, dégraque cet
ufage,figénéral dans les Villes &
des Colonies,
Bourgs
2 pour la plupart des Blancs,
d'acheter des femmes, bien plus fouvent
dans des vues méprifables,
fervice
que pour le
domeftique, de leur donner enfuice la liberté
leurs vices ! ou pour récompenfe de
(ce qui eft encore
de les revendre au moindre
pis)
mécontentemene!
caprice ou
LoIN que cette partie d'Efclaves
au progrès & au maintien des
ferve
il eft aifé de voir
Colonies,
qu'elle eft infiniment
nuifible à la police, au bon ordre, &
aux moeurs; qu'elle eft deftructive de la
population, & que ce fontautant de bras
enlevés aux cultures.
C --- Page 42 ---
(34)
UN premier pas très-effentiel à faire,
après l'abolition de la Traite,
donc être celui de renvoyer à la paroitroit culture,
ou d'affranchir fans exception
quelconque, tous les Efclaves Domeftiques -
Journaliers, Ouvriers & autres, des Villes 5
& Bourgs.
LES Habitans gagneroient à cette difc
pofition une augmentation de bras:
qu'arriveroit- il ? des gens qui vivent
uniquement dans les Villes 2 du tribut
qu'ils reçoivenrderouy efclaves feroient
obligés de les revendre, ou de cherchér
avec eux dans la culture des moyens de
fublifter. Quiconque connoit bien les
Colonies, fait que la faine Adminiftration cherche toujours, mais fans
à diminuer le nombre
fuccès,
grand des Nègres de
par-tour trop
journées, comme
très-nuifible à bien des égards,
Les particuliers qui poflédent en
pro- --- Page 43 ---
(35)
priéré des domefliques loueroient des
affranchis: ils en feroient mieux ferviss
la plus grande cherté en apparence de
ce fervice, feroit qu'on auroit moins
de ferviteurs inutiles, ce feroitautant
de bras rendus aux cultures. Mais
dira-t-on, ou trouver des domeftiques 9
libres? II n'y a Pas allez d'affranchis à
pouvoir prendre à gages. Quand cette
objedtion feroit fondée, ce feroit un
bien peric inconvénient du moment,
auquel ori trouveroit bientôt le remede:
& on entrevoit que cette difpofition
cureroit des moyens honnêtes de fublti- protuer àla race des afiranchis, des Mulatres & Métifs libres des deux fexes,qui
dans l'état actuel, vivent pour la pldpart d'une maniere précaire & incertaine,
dans. la nonchalance, l'oiliveté & le
défordre.
LEs Marchands qui, pour le tranfport
deleurs ballots, bariques, & eflets,8cc.,.
C2
que cette difpofition
cureroit des moyens honnêtes de fublti- protuer àla race des afiranchis, des Mulatres & Métifs libres des deux fexes,qui
dans l'état actuel, vivent pour la pldpart d'une maniere précaire & incertaine,
dans. la nonchalance, l'oiliveté & le
défordre.
LEs Marchands qui, pour le tranfport
deleurs ballots, bariques, & eflets,8cc.,.
C2 --- Page 44 ---
(36)
louent des Nègres
pofsèdent
journaliers, ou en
quelquefois en propriété, ne
perdroient rien à cette difpolition: ils
loueroient des affranchis; & l'on ne
douter que, puifque les Negres
peut
fe louent
efclaves
pour rapporter Fargent
gagnent à leurs
qu'ils
Maitres, on ne leslouât
encore bien plus facilement
travaux & mouvemens, dans pour ces
liberté, & loriquele
l'état de
profit leur
droit en entier. On n'auroit appartienclaves
plus d'efpour ces fortes de travaux; ceux
quien ont actuellement les
aux
revendroient
Colons
culrivateurs; on réduiroit le
nombre des journaliers libres au ftrict
néceffaire: ; & on ouvriroit par-là une ref
fource honnête à la race des affranchis
Mulâtres & Métifs.
CE Maçon, ce Charpentier,
venus par le travail de leurs qui (parJeur induftrie à
mains &
plufieurs elclaves polfeder un, deux, ou
dont ils forment leurs --- Page 45 ---
(37)
Atteliers). s'enrichiflent &c deviennent
enfuite d'indolens fybarites, & les égaux
les tenoient à leurs
de ceux qui n'agueres
fe retireroient s'ils fe trouvoient
gages,
ou loueroient à titre de
aflez riches,
les affifter.
journaliers des ouvriers pour
Ox ne verroit plus, comme par le
palle, des ouvriers blancs devenir aufli
puiffamment riches dans un petit nombre d'années ; mais avec des gains moins
ils conferveroient mieux leur
rapides activité & leur induftrie. Il fe formeroit
des ouvriers excellens parmi les Nègres
&c gens de couleur; il s'établiroit dans
les Villes plufieurs familles aifées d'Artifans & gens de tous métiers; & la population ne pourroitqu'y gagner.
LA faculté laillée, ceux quine feroient
de donner la liberté à
pas aflez riches, 2
leurs efclaves domeftiques & ouvriers,ou
deles revendreaux) Habitans cultivateurs,
C3 --- Page 46 ---
(38)
oit de les appliquer eux-mêmes a la cul
ture, empécheroit que perfonne ne
rien perdre à cette difpofition.
pdr
TROISIEME MOYEN.
Afranchifemenc des Mulatres.
Sircomme on Ta dit, au moyen
cédent ) il ne faut des efclaves
dans préles habitations, il eft bien reconnu que
Ics Mulâtres & Métifs ne font
que
ou
jamais,
pre(que jamais, des efclaves attachés
A la culture : il faudra non-feulement
par cette raifon, mais encore dans des
vues d'une faine politique & d'une jufle
adminiftration, , affranchir toute la race
(du moins celle à nsiure)desMulitres &
Métifs.
UNE des caufes qui s'oppofent effentiellemenr à Taccroitlèment de la
popu-
cs Mulâtres & Métifs ne font
que
ou
jamais,
pre(que jamais, des efclaves attachés
A la culture : il faudra non-feulement
par cette raifon, mais encore dans des
vues d'une faine politique & d'une jufle
adminiftration, , affranchir toute la race
(du moins celle à nsiure)desMulitres &
Métifs.
UNE des caufes qui s'oppofent effentiellemenr à Taccroitlèment de la
popu- --- Page 47 ---
(39)
lation des Noirs dans nos Colonies, 3
effréné d'ou nait cette
cef le libertinage
déclarée efclave
race bâtarde & vicieufe,
cet axiome e partus fequitur ventrem.
par
CEST bien encore ici que la légilades Colonies offre une de ces intion
réfultantes
cohérences f néceflairement
de leur inflitution : car le Légiflateur
de vouer a Tefclan'ayant eu intention
à cheveux crévage que la race noire direétement de la
pus, celle qui fort déclaré libres les Nècôte dAfrique, a
à cheveux longs, & autres indiens,
gres affranchis tous les Mulâtres & fangil a
il
mêlés provenans de race Indienne;
auroit dû,en fuivant les mêmes princireconnoitre comme libres les Mupcs,
dits qui font démonlâtres proptement être iffus d'un pere
trés phyfiquement
foit efclave.
libre, quoique la mere
les
actuelles
Ir arrive, par
difpofitions bâtard d'une
de cette loi, que Tenfant
C 4 --- Page 48 ---
(40)
femme Indienne avec un Negreefelaveeft
déclaré libre, tandis que celui d'un Blanc
avec une Négreffe eft toujours efclave,
lorique fa mere Teft. Ilconvient de faire
ceffer cette contradidtion : enle faifant
on changeroit la maniere d'être
vicieufe des Mulâtres & Métifs dans roujours leur
état actuel - : car cette cafte (qui joint
prefque généralement aux vices de fon
origine l'infolence & la pareffe occafionnés par une fotte vanité qu'ils tirent
de leur iflue d'un Blanc) eft
Peu propre à remplir les devoirs par-tout ordinaires des efclaves; & fur-tour aux travaux d'habitations, érant mélésavec les
Noirs. Les inconvéniens de leur inftitution, leur manque d'éducation,de
pes 8de mecurplear.derutifomenrd princilibertinage
& leur
prefque fans exception, font
que bien rarement on y trouve des
utiles, même lorfquils font
fujets
l'état de liberté,
parvenus à
EN déclarant libres les Mulâtres à --- Page 49 ---
(41)
naitre à T'avenir, le Légillateur préviendra par-là en grande partie, le libertinage dont on fe plaint; tout Habitant
propriétaire d'efclaves, évitera par tous
les moyens en fon pouvoir que fes femmes efclaves aient fréquentation avec
des Blancs, dans la crainte de voir naitre des enfans qui ne devront plus lui
appartenir : il cherchera à encourager
les mariages entre Noirs & à augmenter & favorifer fa propre population.
Plus de tranquillité & de bon ordre
dans les ménages Nègres concourra trèsfenliblement à ce but défirable; & fi,par
fuite néceffaire des paflions &c de la
foibleffe humaine, il y a encore., après
ce parti pris : 2 des fréquentations de
Blancs avec des Négrefles, les cas deviendront beaucoup plus rares, les enfans qui en provicndront, devenant par
leur étar de batards libres, les enfans
de T'Etat, feront inftruits & élevés par
les foins de lAdminiftration, à défaut
défirable; & fi,par
fuite néceffaire des paflions &c de la
foibleffe humaine, il y a encore., après
ce parti pris : 2 des fréquentations de
Blancs avec des Négrefles, les cas deviendront beaucoup plus rares, les enfans qui en provicndront, devenant par
leur étar de batards libres, les enfans
de T'Etat, feront inftruits & élevés par
les foins de lAdminiftration, à défaut --- Page 50 ---
(42)
de ceux de leurs peres naturels: ils donneront pour la plapart des fujets aux
divers métiers & talens utiles, à la Culture 3 à la Navigation ; on les verra,
s'établir convenablement avec des femmes de même efpece, dont l'éducation
auroit été plus foignée dans ces vues.
CETTE propofition étant le produit
de mes propres réllexions, j'ai trouvé
qu'un ancien Adminiftrateur des Colonies dont la mémoire eft confidérée
avoit eu cette même idée: je l'ai trouvée encore dans un excellent Auteur
Anglois, 3 dont je, rapporterai ici un
pallage.
55 JE ne vois pas qu'il puifle réfulter
55 aucun inconvénient de Faffranchifle33 ment de tout enfant mulâtre: : on
33 objeéter à cette propolition, qu'elle peur
55 tendroit à encourager le commerce
55 illégitime des Blancs avec les Négref- --- Page 51 ---
(43)
55 fes, dont je viens de montrer les mau-
>5
vais effets. Je réponds que l'affranbien
33 chiflement des Malâtres feroit
>2 plutôt dans le cas de réprimer cette
35 fréquentation, parla raifon que, dans
53 la polition adtuelle, les Habitans voient
55 avec indifférence naitre des Mulitres
35 fur leurs habications, bien aflurés que
5) ce feront pour eux des efclaves de plus
.
55 pourleurs travaux, ou qu'ils en retire55 ront un bon prix, en les vendant à leurs
>5 peres naturels,quile plus fouvent cher5) chent à les racheter. J'ajouterai qu'au
3 contraire ces habitans chercheront le
55 plus qu'ils pourront à décourager les
$ fréquentations des Blancs avec leurs
S Négrefles, dès qu'ils verront que leur
S intérêt ne s'y trouve pas; & qu'alors
5 ils emploieront tous leurs efforts pour
55 multiplier fur leurs poffellions, la race
S noire fans mélange cc, --- Page 52 ---
(44)
QUATRIEME MOYEN.
Etabliffement d'une Régie humaine &
uniforme dans les Habitations.
LADOPTION des trois Moyens précédens, 3 tendant évidemment au bon
ordre des Colonies, à leur sureté & à
laugmentation de leur population, ne
fera rien perdre à aucun de leurs propriétaires.
LAISSANT fubfifter toutes les habirations dans leurs travaux & Manufactures adtuelles, avec la police qui convient
aux divers Atteliers qui les compofent;
ilfaudroit ( quel'on s'occupât férieufement
d'y-établir par-tout avec uniformité, une
légiflation bien reglée & bien raifonnée
qui n'auroit plus rien d'arbitraire, & par
laquelle on affureroit l'ordre des travaux
& l'exaétitude de la difcipline.
fubfifter toutes les habirations dans leurs travaux & Manufactures adtuelles, avec la police qui convient
aux divers Atteliers qui les compofent;
ilfaudroit ( quel'on s'occupât férieufement
d'y-établir par-tout avec uniformité, une
légiflation bien reglée & bien raifonnée
qui n'auroit plus rien d'arbitraire, & par
laquelle on affureroit l'ordre des travaux
& l'exaétitude de la difcipline. --- Page 53 ---
(45)
ON demandera
cette
par qui fera établie
légiflation? Siles Colons
des entraves dont ils fe
(affranchis
fant des droits de
plaignent, jouifCitoyens &
taires) avoient des Aflemblées deproprié
les bien compofées, le choix de ColoniaColonie ; fi PAdminiftration
chaque
leur tête avoit
qui eft à
affurée
toujours une marche
conftante & éclairée, il n'eft
point chimérique de penfer
Affemblées elles-mémes
que ces
ces Règlemens de
propoferoient
lation
police & cette légifhumaine & uniforme
viendroit à toutes les
qui conauxquels chacun feroit habitations, &c
tenu de fe conformer; 2 d'ou réfulteroit le
bien de chacun
plus grand
de chaque
en particulier, & celui
Colonie en général.
AvANT nous, les
ces projets de Règlement Anglois ont agité
lonies : dès l'année
dansleurs Coleurs refpectables
derniere, > un de
habitans a dit à la --- Page 54 ---
(46)
Jamalique fur ce fujer, ces paroles mémorables : 35 Nous avons le
2) d'augmenter le bonheur de pouvoir
>> hommes dont le travail
2j0 mille
35 notre fubliftance
nous procure
avons la faculté de journaliere ; nous
former
ainfi
>5 dire une nouvelle création: pour
plus noble
quel objet
pourra jamais échauffer
55 tre zèle, & Tinclination
nonaturelle
35 nous porte vers la bienfaifance ? qui
3) confidérant même les chofes
En
25 ment à notre intérét
relative33 eft bien certain
perfonoel, il
que T'homme
72 eft encore le meilleur
humain
33 en cédant à
politique : ainfi
limpulfion de
5 coeur, nous ajouterons à la
notre
95 de nos pollellions,
profpéricé
2>
l'approbation des
hommes, & les bénédictions du Ciela.
C'EST auffi l'année derniere
les
Habitans de la Grenade ont établi que dans
leur Aflemblée Coloniale,
3 des
mens de police
liegleintérieure, 8c une légif
encore le meilleur
humain
33 en cédant à
politique : ainfi
limpulfion de
5 coeur, nous ajouterons à la
notre
95 de nos pollellions,
profpéricé
2>
l'approbation des
hommes, & les bénédictions du Ciela.
C'EST auffi l'année derniere
les
Habitans de la Grenade ont établi que dans
leur Aflemblée Coloniale,
3 des
mens de police
liegleintérieure, 8c une légif --- Page 55 ---
(47)
lation en faveur des Efclaves, avec ce
bien fage de leur aête du 4.
préambule
la
de
Novembre 1788. 3) Que
néceflité
des Nègres ceffera du
35 T'importation ou ils feront traités avec hu25 moment
feront
accablés
35 manité, où ils ne
plus
travaux exceflifs, & out on aura
95 par les
dans lunion
35 égard aux loix de la nature
2> des fexes.
les loix
ont été jufqu'à
55 COMME
qui
pour la proteétion
29 préfent promulguées
été trouvéesinfuififan32 des Efclaves,ont
l'inPhumanité, ainfique
32 tes; & comme
de rendre
>> térêt de la Colonie, exigent
autant qu'ilfera
5> Telclavagefapporable,
afin de contribuer à la
pollible; 5
podes
feul moyen de
3) pulation
Nègres,
de
avec le tems la nécellité
99 fupprimer
des côtes d'Afrique.
5 leur importation
ne fauroit atteindre un
9> Et vu qu'on
des
délirable
fixant
25 but aufli
qu'en --- Page 56 ---
(48.)
52 bornes raifonnables au pouvoir des
e 35 Maitres, & des perfonnes
de
chargées
furveiller les efclaves,
J foit en les obli9> geant à leur fournir le
3> nourriture & le vêtement logement, 2 la
d'une ma3) niere convenable, foit en leur
33 rant la connoiflance & l'inftruétion procu53 de la Religion Chrétienne,
3 en s'occu93 pant ellentiellement de la
des
perfection
moeurs, en les engageant à con35 traéter des mariages légitimes, & en
33 les y protégeant, & en relpectant les
>5 droits de cet Etat. Pour les raifons ci-
>> dellus (pécifiées, 8c. cc,
SANS donner le détail des Règlemens,
qui font la fuite de cet aôte colonial, ni
expofer ici de ce qu'on pourroit faire
de mieux à cet égard, en cherchant avec
raifon & humanité l'exécution des
exprimées ci-deilus, il fuffit de
vues
montrer
par ces deux exemples-quelest Colons ont
fenti en corps légiflatif que l'intérêt des
habitans
ifons ci-
>> dellus (pécifiées, 8c. cc,
SANS donner le détail des Règlemens,
qui font la fuite de cet aôte colonial, ni
expofer ici de ce qu'on pourroit faire
de mieux à cet égard, en cherchant avec
raifon & humanité l'exécution des
exprimées ci-deilus, il fuffit de
vues
montrer
par ces deux exemples-quelest Colons ont
fenti en corps légiflatif que l'intérêt des
habitans --- Page 57 ---
(49)
habitans exigeoit une pareille légiflation;
cette légillation étoit néceffaire pour
que maintenir &c accroitre la population, &
fupprimer par-la l'importation des
pour Noirs de la côte d'Afrique, aufli pour
le plus grand avantage des habitans.
LA légiflation ou police de Phabitation ainti arrêtée & écrite 3 : feroit lue &
publiée parmi les Atteliers, 8 renouvellée de tems en tems. Il y feroit pourvu
avec certitude àla nourriture des Nègres
(fubftantielle & en. nature, au moins fuivant le vauduCode noir quin'e/t prefque
nulle part bien fuivi); à leur habillement,
aleur logement: on alflreroitlapropriété
deleurs jardins, volailles & balle-cour; on
pourvoiroitileur traitement en maladie,
des vieillards &c infirmes,
au foulagement
femmes enceinaux foins nécellaires aux
tes, aux nourrices &c aux enfans, au
maintien des bonnes mceurs, à Pinftruction de la jeunelle, au bon ordre dans
les familles, &c.
D --- Page 58 ---
(50)
EN méme-tems, l'ordre, la police &
les heures des travaux y feroient fixés,de
même que la fubordination: : les fautes
légeres feroient punies, après quele coupable auroit été entendu, en préfence des
plus fages & des anciens de Thabitation;
mais par d'autres moyens que le fouet
de pofte dont on ne peut fe diffimuler
la barbarie. Les crimes feroient
voyés aux Juges ordinaires, & punis renla loi: il y auroit aufli des
Par
pour les actions vertueufes & récompenfes
diftinguées,
CERTAINEMENT bien loin qu'aucune
habitation fûr
dérangée par ces
tions, il n'efl pas une perfonne difpofi- fenfée
qui puiffe dire que les Colons ne
gnaflent infiniment à cette améliora- gation dans le Régime des
leur attachement & leur bonne Noirs, par
au travail.
volonté
CE parti pris & confolidé,
terabi ici qu'il conviendroit
on ajoude changer --- Page 59 ---
(si)
dès-lors la dénomination
d'efclaves, &c
d'efclavage, ce feroit envain
roit réformé la chofe elle qu'on autoujours odieufe, elle ;
paroîtroit
venir, fi
tendroit à le rede
on laiffoit fublifter un nom
réprouvé,
EN effet dans l'état raifonnable
modéré, préparé pour les Cultivateurs &
noirs, par de fages
d'arbitraire,
Règlemens, rien
3 ni de barbare n'evifant
plus dans leur traitement,
par ces loix écrites, leurs droits connoiffant
& leurs
obligations, ils ne feroient déja
efclaves proprement
plus
vaflaux attachés
dirs; ce feroit des
à la glèbe, aflujettis à
travailler comme auparavant
propriétaire.
pour leur
C 8
D 2
Cultivateurs &
noirs, par de fages
d'arbitraire,
Règlemens, rien
3 ni de barbare n'evifant
plus dans leur traitement,
par ces loix écrites, leurs droits connoiffant
& leurs
obligations, ils ne feroient déja
efclaves proprement
plus
vaflaux attachés
dirs; ce feroit des
à la glèbe, aflujettis à
travailler comme auparavant
propriétaire.
pour leur
C 8
D 2 --- Page 60 ---
(52)
CINQUIEME MOYEN
Gratification d'un dixieme des produits.
Axis avoir ainfi reglé d'une maniere
qui cefferoit d'être arbitraire, la difcipline des Atteliers, on promettroit à
ces vaflaux, un encouragement à bien
faire & à travailler avec - zele, qui feroit
une Part dans les revenus de Thabitation,part d'abord petite, & feulement
d'un dixieme des produits nets.
Ineft plus que probable que ce facrificeapparent de l'abandon d'une
des revenus par le propriéraire les partie foutiendra au moins au même taux, parce
que lintérêt que les Noirs y auront,
les excitera à travailler avec la meilleure volonté, à concourir avec zèle
aux progrès des plantations, & al'exploi- --- Page 61 ---
(53)
tation des denrées, à empécherles vols,
les pertes de tems , & les divers abus
quelerégime dur de Tefclavagen multiplie.
QUEL être tant foit peu dégagé des
qui aveuglent la plépart des Copréjugés
croire que les habirations
lons, pourra
8c les Colonies en généen particulier
de
ral, puillent obtenir un degré
profau nombre de leur
périté proportionné
population; jufqu'à ce que leurs Cultivateurs,inrérellésau] produitdelaurspropres
travaux & à Faugmentation des récoltes,
portent un zèle qu'il feroit abfurde
y d'artendre d'une forte de troupeaux gouvernés à coups de fouets, &c dont le feul
efpoir confifte en quelques heures de
repos, & à éviter les châtimens.
douter de Peffet de
Si on pouvoir
ai
cette gratification, je dirois que jen
fait lépreuve avec le plus grand fuccès.
D3 --- Page 62 ---
(54)
SIXIEME MOYEN
Augmentation ficcfive de
-
granifcction 2
OIL part dans les revenus, accordée aux
Nigres cultivateurs.
Quaxp on auroir tvu, parl'expérience
d'une année ou deux, que l'Attelier fe
feroit bien comporté fous ce nouveau
plan de-conduite ; que ce dixieme des
produits donnés aux Noirs en gratification auroit obtenu l'effet qu'on s'en étoit
promis; quelesHabitations n'en auroient
pas déperi, bien au contraire; on augmenteroit cette gratification que l'on
porteroit l'année fuivante à un neuvieme
des produits nets, pour éprouver encore
f par ce facrifice les revenus fe foutiendroient au même taux pour le propriétaire.
ous ce nouveau
plan de-conduite ; que ce dixieme des
produits donnés aux Noirs en gratification auroit obtenu l'effet qu'on s'en étoit
promis; quelesHabitations n'en auroient
pas déperi, bien au contraire; on augmenteroit cette gratification que l'on
porteroit l'année fuivante à un neuvieme
des produits nets, pour éprouver encore
f par ce facrifice les revenus fe foutiendroient au même taux pour le propriétaire. --- Page 63 ---
(55)
on ne doute pas de l'effet,
- COMME
ou
on affure ici que cette gratification Nèdans les revenus accordée aux
part
d'année en
gres pourra être augmentée fuccellivement à un
année, & portée
huitieme, à un feptieme, à un fixieme,
à un quart 8c enfin à
à un cinquieme,
&
ce
un tiers des revenus nets 5 lui-mème que
fera fans que le propeiétaire accordé
tiers
éprouve une diminution.Ce
davanaux valfaux ne feroit qu'allurer
fes propres revenus , & les exportage tations de la Colonie augmenteroient
feroit mis de
de ce tiers au moins qui
dans la mafle du commerce. Le complus
augmenteroit en
merce d'importation
les confommamême proportion par
jouilfant
tions que feroient les Nègres
alors d'une petite aifance: & cette PoT
pulation fi mal traitée jufqu'a préfent
à voir le bonheur à fa
commenceroit
portée, & à aimer fes Maitres.
D4 --- Page 64 ---
(56)
SEPTIEME MOYEN
Nouveau Code Colonial.
Or juge que les diverfes gradations
indiquées dans les moyens précédemment donnés, pourront exiger un
au moins de neuf ans.
efpace
LA dixieme année, (ou aufli-tôc
cette expérience auroit été bien confta- que
rée,8 que les bons effets de ce régime
feroient reconnus) on confolideroit cet
arrangement par une légiflation ou contrat qui regleroit avec équité les droits
des propriétaires & ceux des
Par un nouveau code colonial vaflaux, fubiticué 3
au code noir, loi de dureté & fondée
far un principe barbare qui ne
fublifter. Cen'eft Pas ici le lieu peut de don- plus
ner la-deffus un plus grand détail : il
fuffit que les ames honnêtes (& ily y en a --- Page 65 ---
(57)
fans doute parmi iles Colons) foient con:
vaincues que ce qu'on leur propofe n'eft
niimpofible, ni nuiliblealeurs intérêts.
HUITIEME MOYEN
Afranchifement fuccelif & entier des
Familles de Noirs, & formation de
propriétés particulieres,
I eft aifé de concevoir
fuccellivement
qu'en adoptant
les moyens qu'on vient
d'expofer rapidement : > aucune grande
propriété ne feroit dérangéesquela
lation augmenteroit fous un régime popu- plus
humain; ; que des familles créoles & anciennes des vaflaux,fe racheteroient de
tems en tems de cette elpece de fervitude de la glèbe, fubltituée dans les
miers tems à Tefclavage. Cet heureux prechangement fe feroit opéré fans caufer
'en adoptant
les moyens qu'on vient
d'expofer rapidement : > aucune grande
propriété ne feroit dérangéesquela
lation augmenteroit fous un régime popu- plus
humain; ; que des familles créoles & anciennes des vaflaux,fe racheteroient de
tems en tems de cette elpece de fervitude de la glèbe, fubltituée dans les
miers tems à Tefclavage. Cet heureux prechangement fe feroit opéré fans caufer --- Page 66 ---
(58.)
de choc ni de
fe feroient
commotion; ces vaflaux
accoutumés petit à petit, &c
comme infenfiblement, à une certaine
ailance & à une exiftence meilleure
fondées fur leur bonne conduite, leur
activité & leur induftrie : il ne fe feroit
fait aucune révolution trop fubite dans
leurs idées qui pût faire craindre
mauvais efets,
aucuns
puilque les premiers
moyens ne font que des graces accordées conditionellement &
le Maitre auroit toujours
que
pu retirer, dans le
cas où les Nègres s'en fuflent rendus
indignes.
LEs familles qui de bon accord
roient fait fur leurs profits les
aufufffantes pour fe
épargnes
racherer, auroient
par-là fait Preuve de leur capacité & de
Ja bonne conduite dont ils feroient
pables dans l'état de liberté
ca-
: Elles fe
racheteroient, foit par une fomme une
Mmmmeniomt --- Page 67 ---
(59)
fucceffives de vafTaux
CEs émigrations
affranchis, quifortiroient: ainfi des grandes
habitations pour former de petites propriérés par familles, feroient amplement
remplacées dans les habitations par
de leur
laccroiffement immanquable
population. Les revenus de ces grands
même à
érabliffemens augmenteroient
les
mefure de ces affranchiflemens par
cens ou redevances modérées dontlepropriétaire conviendroit avec eux, fanctionné par la loi, ou par le rembourfement d'argent.
CEs familles affranchies établiroient,
fur les terreins que leur auroit concédés
le propriétaire , ou le Gouvernement,
des hattes (ou ménageries de gros & de
menu bétail). des places à vivres, des
plantations de coton, de café,de cacao,
d'indigo, > de tabac ; ils exerceroient
des aits & métiers dans la Colonie,
&c.; & on ne voit point impollible, --- Page 68 ---
(60)
quand ces affranchiffemens auroient
aflez augmenté, qu'il s'établit de nouvelles Sucreries par des affociations
tes entr'eux.
faiIr femble qu'un régime fi évidemment profpere pour-le Colon & pour le
Culivatéur Nègre, tendant à
ment des Colonies, devroit lavanceavec
être fail
On empreffement par tous les Colons.
a lieu de croire qu'il le feroit
effet par quelques-uns ; mais le en
grand nombre des perfonnes
plus
dent des biens dans les
qui poffe
pas de cette
Colonies n'eft
trempe, &c felaiffe entraîner
Par une routine établie & un
hérédi
taire. S'il n'y avoit dans les Colonies ufage
de grands propriétaires,
des
que
fonnables &c humains que
gens raiefclaves & les
pour pofleder les
érant
diriger, 3 le fort des Noirs
par-tout femblablea celuiqu'on cite
par exception fur quelques habitations
fagement conduites, il feroit facile de
de cette
Colonies n'eft
trempe, &c felaiffe entraîner
Par une routine établie & un
hérédi
taire. S'il n'y avoit dans les Colonies ufage
de grands propriétaires,
des
que
fonnables &c humains que
gens raiefclaves & les
pour pofleder les
érant
diriger, 3 le fort des Noirs
par-tout femblablea celuiqu'on cite
par exception fur quelques habitations
fagement conduites, il feroit facile de --- Page 69 ---
(6r)
perfuader à ces perfonnes choifies de
faire un pas de plus vers
du fort de leurs
l'amélioration
Cultivateurs; elles fentiroient aifément que ce n'eft pas tout
faire que de les nourrir & de les foigner, que l'activité, le bon ordre & les
revenus augmenteroient
en
les
infailliblement
y intérellant ; ces perfonnes tenteroient volontiers T'expérience
viens d'indiquer, & je fuis plus que je
fuadé que la tentative fuffiroit que perobtenir une réuflite complette. Mais pour les
Colonies font en grande partie
fées (quant à leur population compode gens étrangers à lat terre, blanche)
impatiemment,
quiy font
affectant même du dégotit pour ce fejour & le defir de le
quitter, gens le plus fouvent fans éducation, fans mceurs, fans
tous font habiles à
inftrucion.:
poiléder des efclaves; mais ils'en faut de
tous aient les idées
beaucoup que
bommes
par lefquelles des.
doivent être gouvernés: n'étant- --- Page 70 ---
(63)
I qu'avecle projer de faire une fortune
rapide & de s'en aller le plutôt
en jouir en
poflible
accélerer
Europe, 5 tout ce qui peut
leur fortune, ou y
leur paroit bon &
concourir,
légitime, & tout ce
qui retarde ou empêche leurs
leur femble un crime: les efclaves profirs, font
leur principal !, prefque leur unique
moyen de fortune, prêts à les
ils nes'attachent
revendre, 3
jamais à eux, ni ne s'inquiettent d'autre chofe que de tirer d'eux
tout le travail pollible. Ce n'eft
de
cette elpece-inférieure,
pas
qui formele
grand nombre,
plus
3 que l'on doit attendre
aucune amélioration. On ne doir
fe
diflimuler d'ailleurs que le préjugé pas géné
ralement répandu dans les grandes Colonies réfiftera long-tems à cette révolution, s que l'intérêt particulier & mal
raifonné du moment fe trouvera fans
ceffe en oppolition avec l'intérêt
ral & plus folide de l'avenir.
généON aura encore à vaincre le préjugé
,
pas
qui formele
grand nombre,
plus
3 que l'on doit attendre
aucune amélioration. On ne doir
fe
diflimuler d'ailleurs que le préjugé pas géné
ralement répandu dans les grandes Colonies réfiftera long-tems à cette révolution, s que l'intérêt particulier & mal
raifonné du moment fe trouvera fans
ceffe en oppolition avec l'intérêt
ral & plus folide de l'avenir.
généON aura encore à vaincre le préjugé --- Page 71 ---
(63)
de la plopart des perfonnes
influence dans cette
qui onr
milelquelles il exifte adminifiration, pargénérale
une perfiafion aflez
que l'efclavage eft ellentiellement néceflaire à l'exiftence & à lat
périté des Colonies, &
la profdes Noirs eft
que
Traite
& à l'accroiffement indifpenfable au maintien
de leur population.
EN fuppofant que quelques
plus éclairées & plus fenfibles perfonnes
en adoptant ces
tentent, s
idées, 9 de faire quelques eflais particuliers d'amélioration
fort des Noirs, & d'accroiffement
au
à leur
population, il en réfultera
mes & pour le Gouvernement pour eux-mé
de bien: mais ces
beaucoup
bornés au plus
exemples, partiels &
ront obrenir
petic nombre, ne pourcomplettement leur
tant qu'ils feront en
effer,
& en
oppofition direête
exception au régimé établi
loi; & le fyftème actuel de
parla
tion & de la légillation
PAdminiftraColoniale, réfif --- Page 72 ---
(64)
teroit à l'entier
régime de liberté développement de ce
adopté
5 jufqu'a ce qu'il fût
par tous ; ce dont on peut difficilement fe flatter.
D'APRÈS toutes ces
on penfe qu'il feroit beau confidérations &
de voir les Nations
intéreflant
Iles à Sucre
qui poffédent des
(& fur - tout la France
TAngleterre qui ont des terreins à leur
dilpolition, lefquels n'ont
été établis) faire de
pas encore
nouveaux
mens dans des contrées ou établiflen'a point encore été introduit, lefclavage
vues de
dans les
prouver aux Colons
eft
poflible de faire du Sucre & gu'il
autres denrées
toutes les
les hommes
coloniales 3 fans tenir
fous le joug arbitraire de
lefclavage.
QuI peut douter en effet
le quinzieme
que f, dans
fiecle, on eût
civilifé & inftruit ce million menagé,
d'hommes
que --- Page 73 ---
(65)
que lon dit avoir été trouvés dans PIfle
d'Haiti (apréfent Saint-Domingue) ) lors
de fa découverte; G on fe fût attaché ce
peuple doux & hofpitalier au lieu de le
détruire, i on lui eût joint avec. précaurions, mefure & politique, des émigrations de gens de métiers & de talens;
fi on en eût agi de même à légard des
Caraibes des Antilles & autres pays de
TAmérique, , fi on eût établi dans nos
Colonies une légiflation fage & humaine, 3 fans jamais fonger à ce moyen
odieux de lefclavage ; qui peur douter,
dis-je, que Saint- Domingue n'eût pu
être, fous cette forme différente, bien
plus peuplée & plus produétive
ne
qu'elle
l'eft avec fes 5oo mille Noirs efclaves ? & les autres Colonies n'auroientelles pas pu profpérer de même par les
mêmes moyens.
Qu'IL me foit permis de citer ici un
paflage d'un ouvrage efliméfurlesalfaires
E
de lefclavage ; qui peur douter,
dis-je, que Saint- Domingue n'eût pu
être, fous cette forme différente, bien
plus peuplée & plus produétive
ne
qu'elle
l'eft avec fes 5oo mille Noirs efclaves ? & les autres Colonies n'auroientelles pas pu profpérer de même par les
mêmes moyens.
Qu'IL me foit permis de citer ici un
paflage d'un ouvrage efliméfurlesalfaires
E --- Page 74 ---
(66)
aétuelles, attribué à un Prélat du premier
mérite,ou cette même idée eft expofée,
à la fuite d'un raifonnement court &
concluant fur l'efclavage.
>> DANS nos poflefions d'Amérique,
95 on pourroit dès ce moment choifir
>5 quelque Canton, une Ile,pour y
2) établir des propriétés &c des Cultiva3> teurs libres : il ne faudroit pas trop
>) écouter les Colons, car ils raifonnent
5) stirement comme raifonnoient nos an5> cêtres dans le dixieme fiecle cc. 3 --- Page 75 ---
(67)
CONCLUSIO .
L'ESCLAYAGE cft une inftitution
vicieufe & injufte ; la Traite des Noirs
eft une barbarie encore plus condamnable.
QuE les Colonies fe maintiennent
& que l'efclavage s'y conferve encore
quelque-tems , puifqu'il n'eft que trop
vrai qu'il ne peut difparoitre que par
gradations, à moins de caufer des
tes
peraux Colons & du danger à nos établillemens; mais il faut profcrire dans
l'inftant la Traite.
Ir eût été poflible aux Fondateurs de
nos Colonies de les cultiver fans réduire
leurs Cultivateurs en efclavage: ils furprirent un loi odieufe à la Religion des
Souverains pour autorifer l'efclavage
dans nos Colonies, en donnant une
E: --- Page 76 ---
(68)
fanction à la Traite des Elclaves qui
eft un tiflu de brigandages: nous jouiffons de leur ouvrage ; mais fi nous
voulons en jouir fans remords, améliorons le fort de ces vickimes de la
cupidité, &c ceflons déformais d'en augmenter le nombre,
A mefure qué les Colons fe
a
préteront
ces vues d'ordre &c d'humanité, en
paroiffant faire le plus noble des facrifices, ils feront leur propre avantage;
on verra réfulter plus de profpérité aux
Colonies & au Commerce National; on
y éprouvera plus de tranquillité , plus
de sûireté, une augmentation conftante
à la population de ces établiflemens,
fans
employer aucuns moyens forcés,
ni contraires à nos principes : il ne faut
pour s'en convaincre que fe repréfenter
cette vérité fi reconnue, que la population croit fenfiblement par-tout ou fe
trouvent le bonheur & les fubfiftances.
plus de profpérité aux
Colonies & au Commerce National; on
y éprouvera plus de tranquillité , plus
de sûireté, une augmentation conftante
à la population de ces établiflemens,
fans
employer aucuns moyens forcés,
ni contraires à nos principes : il ne faut
pour s'en convaincre que fe repréfenter
cette vérité fi reconnue, que la population croit fenfiblement par-tout ou fe
trouvent le bonheur & les fubfiftances. --- Page 77 ---
(69)
Envoi à MM. les Députés de la Nation.
O! vous, l'élite de la plus belle-Nation & de Ia plus généreufe, aflemblés
en préfence de l'univers
les maux de T'humanité
pour réparer
foutenir le foible
fouffrante, pour
contre l'opprellion du
fort, pour faire jouir les pauvres du facrifice des riches!
daignez vous
un inftant du fort de joo mille occuper Cultivateurs qui font partie des fujets de ce
vafte empire, qui vous procurent
leurs travaux des denrées
par
utiles, qui fourniflent des agréables &
fidérables au Commerce moyens con-
& l'activité
Nationale, qui en donneront encore
bien davantage, fi Jeur induftrie eft encouragée & leur population
menagée; ils vivent fous le foignée &c
ment
Gouverneabus François, & cependanr, par un
injuftifiable, ils font foumis à
loi qui eft en contradiction
une
avec vos --- Page 78 ---
(70)
mceurs 3 votre Religion, VOS principes
conftirutionnels ; ils font allujettis à un
régime arbitraire duquel rien ne peut
les délivrer que l'autorité fouveraine qui
les ya condamnés: fans amis, fans défenfeurs, 9 fans Magiftrats (1), n'ont-ils
pas quelques droits à votre prorection?
Et n'eft-il pas bien certain que le Roi
le plus humain & le mieux difpofé à
bien faire fanctionnera avec empreflement, ce que vous ferez en leur faveur.
Croyez que nul objet n'eft plus digne de
vos glorieux travaux que la fuppreflion
(1) On peut dire avec vérité que les Nègres font
fans défenfeurs & fans Magiltrats 2 quoiqu'il y ait
une forme de juftice en leurfaveur; puifque ces Magiftrats font toujours à leur égard juges & parties, puifque (dans les cas très-rares & qu'on évite le plus
que l'on peut,ou les barbaries des Maitres occafionnent des procédures en faveur des efclaves) le témoignage des efclaves eft fans valeur, & les jugemens
font toujours guidés par le préjugé qui veut que les
Blancs ne foient pas compromis; & par conféquent le
Blanc coupable eft toujours ménagé. --- Page 79 ---
(71)
de la Traite des Noirs, & la réfolution
prife des-a-préfent de préparer les voies
à celle del l'efclavage, par tous les moyens
graduels indiqués ici rapidement, ou.tels
autres > que la propre difpofition des
propriétaires fera éclore fucceflivement,
encouragée par l'autorité fouveraine,
F I N. --- Page 80 --- --- Page 81 ---
M E M OIR E
des
de couleur ou fang
En faveur
gens
& des autres
mêlés de St.- Domingue,
de PAmérique, adrelfé
Ifles frangoifes
à / PAlomblie Nationale.
Par M. GRIGOIRE,
Député de Lorraine,
Curé d'Embermenil,
A PARIS,
BELIN, Libraire, rue St-Jacques, No. 174
Chez
1789.
aine,
F I N. --- Page 80 --- --- Page 81 ---
M E M OIR E
des
de couleur ou fang
En faveur
gens
& des autres
mêlés de St.- Domingue,
de PAmérique, adrelfé
Ifles frangoifes
à / PAlomblie Nationale.
Par M. GRIGOIRE,
Député de Lorraine,
Curé d'Embermenil,
A PARIS,
BELIN, Libraire, rue St-Jacques, No. 174
Chez
1789. --- Page 82 ---
H H I O M AM
D 2133 23
SuuS 255 3 ASNimeC-42 Sr c9iSmt
sh esimmon ES1
Sinnoin V asamel an
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A 1
M TAI
paimnolob Sauosa liporedan? 1beo
A 1
M asuposlssa
e 2 T --- Page 83 ---
&
M E M OIRE
En faveur des gens de couleur ou fange
mêlés de St. - Demtingees & 106 des autres
Ifles sfrançoifes de PAmeriques adrelé
Nationale. tioplexe ornund
à PAjemblie
anolsb
UE
MESSIEURS,
An
tamen
Exet PEYS il n'y a tant d'abus qu'a Sed
Domingue. (), c'eft l'affertion d'un homme
qui, après avoir habité cette, premiere Colonie
dela France, A donné au Pablic le E fruit deffes
réflexions- Ec
fatalité les abus les -
ples
3 pr.guatie
tenaces ? Tels
révoltans furent-ils toujours lesrplus
à la liberté. Sans celleelle,
font ceux qui artentent
eft contrainte de lutter contre. la tyrannic 90Y 21
depuis la nailfance du monde le Parcnuct POV
& facrée
ravir alhommes cecte portion inalicnable
3D 33 up
1 0
DUBIN
(1) Les Notes font à la fuite du texte,1a1
A 2 --- Page 84 ---
(4)
de fon patrimoine. Malheusenx
la
peuples courbent la rète fous la maflue pour plupart, les
féodale des
Satrapes, ou fe laiffent conduire au
carnage pour
anonglemerialiaiom, & aflouvicla férocité de
quelques brigands qui confiderent les Nations
comme leurs propriétés & leurs jouers.
La féodalité n'a pas pénétré dans nos ifles,
quoique les difpolicions du Code noir l'y autori
falfent (2); mais elles n'ont
à
échappé ce fléau
que par un autre, & les Blancs ayant la
ont prononcé, contre la juftice,
force,
brunie excluoit des
qu'une peau remavantages de la fociéré. Enorgueillis de leur teint, ils ont élevé un mur
ratif entr'eux & une clafle d'homies
fépalibres,
Proprement on
qu'imnomme gens de couleur ou
mélés (3). Ils ont voué à l'aviliffement
fangmilliers d'eftimables
plulieurs
individus, comme G tous
n'étoient pas enfans du pere commun.
On ne manque pas d'argumens, & le choix
feul émbarraffe lorfqu'il s'agit de défendre les
grands intérêts des hommes; mais
térêts font liés
quand ces inau fort d'un Empire, la
fe complique & devient plus délicate. Il faur queftion l'envifager alors fous le double afpect de la
que & de Phumanité; &
affeoir
politipour
fon
ment, l'homme fenfible doit fe ptacer à côté juge- de
l'homme d'Erat. : 91X2)
oV
-
lorfqu'il s'agit de défendre les
grands intérêts des hommes; mais
térêts font liés
quand ces inau fort d'un Empire, la
fe complique & devient plus délicate. Il faur queftion l'envifager alors fous le double afpect de la
que & de Phumanité; &
affeoir
politipour
fon
ment, l'homme fenfible doit fe ptacer à côté juge- de
l'homme d'Erat. : 91X2)
oV
- --- Page 85 ---
(5)
fe préfentent relativement aux
Quatre quelions
de couleur libres. 1.Seront + ils affimilés en
gens
2". Auront-ils des Repréfentans
rour aux Blancs.?. Nationale ? :". Quel en fera le
à T'Allemblée
demandent, de remplir
nombre ? 4". Ceux qui
L'examen
ont-ils million legale?
cette fonction,
préalable de ce qu'ils font dans nos Colonies,
amenera la folution de ces demandes,. en nous
apprenant ce qu'ils doivent ètre.
10G
Supporter toutes les charges de la fociété plus
les Blancs, n'en partager que foiblement les
que
être en proie aux mépris, fouvent aux
avantages,
voilà le fort des gens
outrages, anx angoilles,
de couleur, fpécialemenciSc.D Domingue.
1".Seuls ils font le fervice de la Maréchauffée;
à moins que
& s'en acquittent foigneufement.,
la crainteneles porte à pallier les délits des Nègres,
dontles maitres Blancs accableroient les captureurs
du poids de leur vengeance.
20. Tous les hommes de couleur éroient encore
foumis, ily apeu,i la confeription militaire;enrôlés à l'age de feize ans, ils devoient fervir tOIS
les trois ans jufqu'à foixante. Une mulacrelfe,
époufe d'un Blanc ayant perdu fon mari, appelle
auprès d'elle pour confoler fa douleur & furveiller fon commerce, un fils, qui pour lors étoit
en France; à peine a-t-il abordé l'ife, qu'on veur
A 3
encore
foumis, ily apeu,i la confeription militaire;enrôlés à l'age de feize ans, ils devoient fervir tOIS
les trois ans jufqu'à foixante. Une mulacrelfe,
époufe d'un Blanc ayant perdu fon mari, appelle
auprès d'elle pour confoler fa douleur & furveiller fon commerce, un fils, qui pour lors étoit
en France; à peine a-t-il abordé l'ife, qu'on veur
A 3 --- Page 86 ---
(6)
"Pencoler; la mere
Hetens, & le renvoie defoléerarache à fes embraf-
*Cher une liberté
dans la Méttopole chergui la vu naitre. qu'ilne Er trouve pas fous Thorizon
prelle des matelots nous ofions criér contre la
3 y".Tout
en Angleterret
liomtte de couledt
*fervice de Piguer, c'efta.dire, ettafireipe au
ept femaines; il'ef
que chaque fix ou
tiere à la porte d'im obligé d'en Paffer une enreier, avec un - cheval Commandant ou aurre Of
aa faire toutes les courfes toujotrs harnaché, & prèr
"eureus cultivateur eft ordoumées. Ainfile mal
dif@eretion'-de fes
conttaine de laiffer à la
quelle fouven? a Negres une plantation, dans' lason bouleverfes au retour il trouve tout
le manouvrier cft
négligé
"perdre tin tems" Réclme
fa
condamné à
H faur qu'il
Par
famille indigenre's -
*livres dans-c cette' dépenfe au moins quarante - huit
femaine,
rir un cheval, qui, à la fin, pour fournir & nourfexcalerdel
péric quelquefois
fatigue, &c le tour, afin de fervir
caprices d'un "honime, qui
les
Ri dans un pays oir les
prérexte le fervice du
*tour
prépofés civils, & fur91 Ces miliraires, ont la toute. puiffance des Vilirs.
chatges"oidieufes font aggravées
des
privations aodi injuftes qu'humiliantes. par
aDenatoaer gens de couleur
Hins mnctiers,
d'éxercer cercommeTorfevrerie. Dira-t-on que
tour, afin de fervir
caprices d'un "honime, qui
les
Ri dans un pays oir les
prérexte le fervice du
*tour
prépofés civils, & fur91 Ces miliraires, ont la toute. puiffance des Vilirs.
chatges"oidieufes font aggravées
des
privations aodi injuftes qu'humiliantes. par
aDenatoaer gens de couleur
Hins mnctiers,
d'éxercer cercommeTorfevrerie. Dira-t-on que --- Page 87 ---
(7)
ou de fidélité : ils onclighalé
ceft fante d'aptitade adrelle.
to X093 9b Sltv
leur probité 8crleur la médecine & lai chirurgies
R05 Défenfe d'exercer livres d'amende &c de puà peine de cinq cent
ne
nition corporelle.
injoncDéfenfe de porter des noms européens, On m'a
de
des noms africains (4).
tion
prendre
1.Ain que la
donné deux motifs de ce décret:
des noms établit celle des ranga,icat
difparité.
la fotte vanité a prétendu fabordans tout pays
&caux pardonner la vertu mème ausqualifications faveur d'un
chemins. a".Dans la crainte quala
les.gens de couleur ne s'impatronom commun des familles dont ils,envahicoient
nifaffent dans
fucceflions éroient déThéritage, comine Gi less
& non
l'identicé de dénomination,
volues par
A
fi c'étoit
des titres de Aliations coupair,
par
il troubleroit la France enlà un inconvénients voulu leur sonteftetje titte de
tiere. Ona mème
comme iuderculrisateurmne
Colonis dméricains, la feule définition raifonpouivoient sappliquer le défini.
- av25b
pable que comporte
& autres homInjouction aux Cares,Notaires, dans leurs, actes les
mes pablics, de - configner lubress.carterons lubres,
qualilications de mulacres
être
les diftinJiang-malés, éc. Ce ne peut
pour abus, on
des efclayes, paifgue par un autre
guer
A 4
Colonis dméricains, la feule définition raifonpouivoient sappliquer le défini.
- av25b
pable que comporte
& autres homInjouction aux Cares,Notaires, dans leurs, actes les
mes pablics, de - configner lubress.carterons lubres,
qualilications de mulacres
être
les diftinJiang-malés, éc. Ce ne peut
pour abus, on
des efclayes, paifgue par un autre
guer
A 4 --- Page 88 ---
ne tient aucun regiftre (8)
vile de ceux ci; mais qui conftate l'exiftence cie
probre, & tenir à grande toujoure pour frapper d'opdont le crime eft d'avoir diftance, des - individus
remment.
Vépiderme nuancé difféDéfenfe de manger avec les
de ce réglement publié
Blancs. En vertu
on a vu des gens de coulear dans la Bande du fud,
de la table d'an
indignement arrachés
accepté les
Capitaine blanc, dont ils avoient
preffantes invitations.
Défenfe de danfer
0J
edinebaniliponrp
après neuf heures du foir,
la permillion du Juge eaaasnutemse de
Defenfe d'ufer des police.
TOH
Blanes. Des Archers de mèmes étoffes que les
T'exécution de ce
Police furent commis à
ces
décrer; on les a vus far les
cher pabliques, les
aux portes même des églifes, plavetemens à des
arralaiffoient fans autre voile perfonnes du fexe, qu'ils
Défenfe de fe fervir de que la pudeur:
prifon pour les
voiture, fous peine de
des voitares & des contrévenans; & de'confifcation
négociant, voyageoir chevaux. Un carteron eftimé
Tarrère dans la ville en chaife, un fieur
du
Prodejac
à defeendre de
petir Goave, & le force
mulaere
voirure, en difant: Un
comme toi, doit-il
gucux de
dément que moi ? Il ajoute des voyagerplas commocoups de canne à --- Page 89 ---
(9)
Laffaire eft plaidée, le premier
cette apoftrophei Prodejac à cinq mille livres d'aJuge condamne les pauvres. La caufe eft portée par
mende enyers
qui met.les parties hors de
appeliau Confeil,
Cout, malgré les preuves les plas anthentiques
du délit (3). 291
81i 1013
S
Défenfe de palfer en France. Ils ne peuvent
fecret d'une, pattie qui les rraite
émigrer qu'en
lor/quils
les répure coupables
en maràre..&
retentir
-
s'échappent Pour venir chez nous faire
leurs julles plaintes.
e1t
Exclufion de toutes charges & emplois puF
foit dans la judicature, foit dans le miliblics,
aux grades
taires ils ne peuvent plus afpirer
général on les reconnoiffe
d'Oficierss quoiqu'en
On ne veut pas même
pour gens tres-courageux, de milices, ils foient
que dans les compagnies
que foient
confondus avec les Blancs. Quelles
leurs richefles, ils ne font pointade
leurs vertus,
Dans les fpece
mis aux allemblées paroifliales:
les pourfait
tacles ils font à lécart a le mépris
les
jufqu'à Péglifes oùt la religion rapproche tous
hommes,quit nedoivencys touverque leurs égaux.
Des places diftinétes leur font allignées.
L'opinion & divers décrets repouffent des emmême les Blanes qui fe marient avec des
plois,
étoit Mar:
femmes de couleur; ; le nomméGuerin
fpece
mis aux allemblées paroifliales:
les pourfait
tacles ils font à lécart a le mépris
les
jufqu'à Péglifes oùt la religion rapproche tous
hommes,quit nedoivencys touverque leurs égaux.
Des places diftinétes leur font allignées.
L'opinion & divers décrets repouffent des emmême les Blanes qui fe marient avec des
plois,
étoit Mar:
femmes de couleur; ; le nomméGuerin --- Page 90 ---
(To)
guillier aux Cayes de Jacmel,
mable carteronne,
il-époufe une eftiauffi - tôt
tence' de la Jurifdiction
intervient une fenfortir de l'auvre, & cette duQmartier, quil'oblige à
patle Confeilfupetrieur
fentence eft confitmée
Vous faurez,
par une contradiction érrange, lesJuifs MM., que
Hoposoutragésen
fimal-a.
illes; &c-vers le même Elreps.neleforgeist tems
dansnos
tel, étoit
un Juif, connu pour
aUEa
Marguillier de la
confetiption militaireara Paroife-d'Aquin (6).
fervice de piquer continue. Les plas.lienymais le
tives aux vetemens &aux
prohibicions relaen défuécade;
voithres font tombées
Pehiteur peur mais-lemindrel faire revivre
capriced'ian Gouétine
des ordonnances
abrogées de faiey ne le font
qai
"Fous lesl autres décrets, dont le
pas de droit.
ajamais les fang-méléodes
but eftrd'écarter
Bitiert) fontien
aventageskfervitr aux
foraifie. 1E
vigueur Se-l'opinion les
-Le mépris
a ernol 203190 25u5
Welenvenries habinuel, les injulticesy laeranHogiftes
gens de couleur, ont
Plufieurs Ecrivains oncfouilleleud uonéderapo
tncalfendanr la caufe de la tytannie'rédaite plame;
fylème. L'Aureur des Conflérationt
en
mingue
Hillantd.Aalerenty HfurSains-Do
nvent, que touerce qui procéde des "avanceic graveroldefacré ai
Blancssdote paNomunoigoiss de edulcue(8)riceit
laeranHogiftes
gens de couleur, ont
Plufieurs Ecrivains oncfouilleleud uonéderapo
tncalfendanr la caufe de la tytannie'rédaite plame;
fylème. L'Aureur des Conflérationt
en
mingue
Hillantd.Aalerenty HfurSains-Do
nvent, que touerce qui procéde des "avanceic graveroldefacré ai
Blancssdote paNomunoigoiss de edulcue(8)riceit --- Page 91 ---
(r)
dominet
adite quil faut égater leur raifon pour la docilité
8'les conduire avec
leurs fentinens, L'intérêt & lafarcté évaulent's
des bètes de fomité. accablions la race des Noirs d'un
dic-il, quie nous
quicongue en defiendra juff grand mépriss que
coivert d'une tax
ga'a la fisieme ginbratoryJaute Pintérêt & la farité feront
che unegagable: Ainfi mefure des obligations mopour Tes Blancs la
Youvenez-vous-en.
rales. Nègies -
& gens de couleur,
ils
perfitlent à vous oprimer,
Si vos defpores
vous pourtez fuivre:
vons ont tracé la route que
T'Auteut
Après des allertions de cette nature, cocher de
h'étonne plus lorfquil dit: qu'un
les
bicn au-delpas d'un muldtre, , que
fiacre efl
afefaire jafice des
Blancs doivent être autorifis
Negre de
mnulatres ; qu'un Blanc aceufe purun 3
fa
dott etrecre fur
Pavair maleraité, vale,0
des témoins Na
Fimple dénigation, mâme contre font partes 8E que
gres & mulaeres's parceg qu'ils
fans doute le Blanc ne reft pas.
ofoient
Si les gens denconleur > ajoute-e-il,
Blanc, même quand ils èn font frappéss
frapper un
Telle efta force
ils feroiene panis avee riguenr. leur mort, en ce cas, ne
du préjugéconere eux 3 que Jupplice : cette févérité
paroleroit pas un trop granit mais 2 etterglinsefhaires
fera peut - être tnjultes
Pluybas'nous verGrand Dieu, qmelle morale!
pas.
ofoient
Si les gens denconleur > ajoute-e-il,
Blanc, même quand ils èn font frappéss
frapper un
Telle efta force
ils feroiene panis avee riguenr. leur mort, en ce cas, ne
du préjugéconere eux 3 que Jupplice : cette févérité
paroleroit pas un trop granit mais 2 etterglinsefhaires
fera peut - être tnjultes
Pluybas'nous verGrand Dieu, qmelle morale! --- Page 92 ---
rons le mème Auteur, (12)
- la vérité, rendre
entrainé par Tafcendant de
un
rus des fang- mèlés, rémoignage éclatant aux verforcés, les torts des blancs & prouver par des aveux
Vers
à leur égard.
1770, un Magiftrar du
qui, Par fa
Port-an-Prince
place, > devoit être le
Pauvre
proreckeur du
nous une oppriné,reprinoit ainfi. Il exifte parmi
ctale natureilement notre
qui porte encore fr Jon frone
ennemie, 6
elavages cen'ef
L'empreinte de leF
doit étre condaite. que par des loix de rigueur qu'elle
Il ef
elle le mepris &
néccfaire dxppdfuntir Jier
naifanc. Ce
r'opprobre gui lui ell dévolu erz
amesgu'on n'ef qu'en brifant les reffores de leur
hommes
pourra les condaire au bien (9). Des
les
que l'on conduit au bien en
reffores de leur ame !
brijant
fir entre le délire de la raifon L'Auteur peur choiceur.
& la férocité du
La conduite des blancs eft concordante
principes, & comme s'il ne leur
d.ces
verfer Thumiliation fur les
fuffifoit pas de
infpirent les mèmes
gens de couleur, ils
qui affedtent enfuite fentimens à leurs
le ton de
Negres,
les efclaves des mulâtres,
fupériorité envers
Des attentats contre la
des
réfultent de mépris dont on majelté
mceurs >
lés. Un Blanc conveite couvre les fang-n mè
une fille ou femme de
principes, & comme s'il ne leur
d.ces
verfer Thumiliation fur les
fuffifoit pas de
infpirent les mèmes
gens de couleur, ils
qui affedtent enfuite fentimens à leurs
le ton de
Negres,
les efclaves des mulâtres,
fupériorité envers
Des attentats contre la
des
réfultent de mépris dont on majelté
mceurs >
lés. Un Blanc conveite couvre les fang-n mè
une fille ou femme de --- Page 93 ---
(13) )
chez elle, même fans la connoicouleur. 11 entre
lorfqu'il neréchappe
reic'elt un homme licentieux. réfervé, Le pere oul le mari préqu'en propos
chalTer Pimpudent, qui menafens oferont-ils
tiendra parole,
cera de les rouer de coups , qui difant : ce mu-
& qui les fera punit enfuite, en eft un homme en
lâtre m'a manqué. Si le Blanc obftacle a fes deplace, & que celui qui met fe débarrafle de
firs foit dans fa dépendance,on commandant des
fa préfence importune > en lui les
de (écorvées. Pendant ce tems, tous
moyens linnoduétion font mis en ufage pour corrompre devient
&c la liberté du pere ou du mari
cence,
Pardon MM.,
quelquefoisle ptix dela proftinuation:
éxcitent
fije vous rettace ici ces turpitudes, qui elles
& non la furprife, car
rapTindignation des mille & une caufes quifaifoiene
pellent une
pleuvoir jadis les lertres-de-cachet.
à
il n'y a qu'an
d € Du mépris l'injuftice, ait fix fois raifon, pas
auli faut-il que le mulâtre
été pour
fois
Il faut qu'il ait grieveobtenit une
jaftice.
du bas étage,
ment maltraité par un Blanc,mème
l'éviil faut que le délit foit prouvé jufqu'a heures de
dence, pour être puni par vingt-quatre mème le droic
de couleur n'a pas
pifon.thotime celui de repouffer la force par la
des animaux,
Pattaque, un
force; & s'il fe défend lorfqu'on
i faut-il que le mulâtre
été pour
fois
Il faut qu'il ait grieveobtenit une
jaftice.
du bas étage,
ment maltraité par un Blanc,mème
l'éviil faut que le délit foit prouvé jufqu'a heures de
dence, pour être puni par vingt-quatre mème le droic
de couleur n'a pas
pifon.thotime celui de repouffer la force par la
des animaux,
Pattaque, un
force; & s'il fe défend lorfqu'on --- Page 94 ---
t14)
châtiment rigoureux lui apprend à ne
de fes droirs. Hilliard
plus ufer,
d'Anbertenil, cité
cédemment, ne vous a-til pas dit qu'en précas la mort même ne Paroitroir
pareil
grand fupplice ? Er de
Pas un trop
doure fa véraciré,
peur qu'on ne révoque en
je me hâte deciter le trait
vant. Un Blanc jouant avec un homme de fuileur, voulut le tromper, celui-ci le lui
coule Blanc le frappe, l'infulté fe défend; reproche;
feur porte plainte, & l'infortuné mulâcre Taggrefdamné à être pendu n'eft qu'efligié,
conprend la fuite.
parce qu'il
Celui qui dans ma maifon peut braver la,
pudeur, m'injurier, me barte,
me ravir mon bien,
peur également
des
pourvu qu'au vol il
menaces,de mauvais traitemens, joigne -
mideront ma
qui intirélifance; car fije rélitte, ferai
trainé dans ce qu'on ofe appellerle fancuaire je
la Juftice: là jaurai pour accufateurs,
de
pour Juges,
Pour exécuteurs, 2 les préjages, la haine & la
foree; puni Avec une partialité révolrante
délits légers, ou mème fans délit, je ferai pour fans des
ceffe facrifé a la vengeance, à Tavarice, dont
l'impunicé eft alfurée.
IL eft vrai que depuis une quinzaine
les loix féroces font un peu moins d'années,
& les actions atroces moins
énergiquess
communes. Certe --- Page 95 ---
(15) point a tous les
peintare hideufe ne convient hommes, & forment une
Blancs; plafieurs font
a moins
d'autant plus éclatante 5 qu'elle
exception Desètres fenfibles qui n'ont point
d'imitateurs,
trouvent leur bonheur dans
ifolé leurs affections,
faur-il qu'ils
célui dedeuts fteres; mais pourquoi dont le coeur eft pé
foient entourés d'individns
mundlai
trifé
a
général, les mulâtres
Ceux-ci répondent qu'en les efclaves. TRG
eux-mèmes font durs envers 2°. Des faits très-pett
criminer n'eft pas répondre.
une induéion
nombreux ne comportent pas à leur affertion
générale, mais s° il ne manque adminiftret les
qu'une pétire chofe, c'eft d'en
humain
Et lorfqu'en 1784 un Edit plus
preuwes
tonaoy
Atatua: 3 te
feroient exemptes par féQue les Négreffes
Taumaine d'autant de jours de travail, qu'elles 201
roient d'enfans sià nourrir. 176
Dimanches
Que les efclaves chommetoientles les forcer au tra-
& les Fètes, qu'on ne pourroit
de la nuit.
vail avant la fin.ni après le retour maitre à fon efinfligée par: le
1 Qie laipeine
vinge-cinq coups de fouet:
clave, n'excéderoit pas rigoureux feroit pout:
Qu'un châtiment plus
oaod
&c.
- eodlens t9
fuivi au criminel, contre 2 font-ce les fangamelés?
D Qui.at réclamé
sideg
forcer au tra-
& les Fètes, qu'on ne pourroit
de la nuit.
vail avant la fin.ni après le retour maitre à fon efinfligée par: le
1 Qie laipeine
vinge-cinq coups de fouet:
clave, n'excéderoit pas rigoureux feroit pout:
Qu'un châtiment plus
oaod
&c.
- eodlens t9
fuivi au criminel, contre 2 font-ce les fangamelés?
D Qui.at réclamé
sideg --- Page 96 ---
(16)
Nongles Blancs feuls,6c fur-tout
en général plus cruels
les Européens
érourdi les Miniftres
que les Créoles, ont
l'Edit enregiftré
par leurs remontrances, &
prefque
fans exécution.
forcémentyeft demeuré
Qu'on vifite les habitations
2T0
gens de couleur;oi
des Blancs & des
inftrumens deftinés à trouvera-t-on plus de ces
verra-t-on de ces cachots tourmenter les Nègres Poù
ferté
dans lefquels un
Par tout) le
homime
debour?
corps 5 ne peut fe tenir que
Tel Maitre blanc étoit fi bien
rocité, qu'on faifoit trembler connu par fa f6délobéillans, en Parlant de les tous les efclaves
Tel autre fut menacé
vendre àce tigre,
par M.
verneur, d'être
d'Ennery, Gouàfufiller
renvoyé en France, s'il
fes Nègres: 019
continuoit
Tel autre 5 non-content d'accabler de
fes Négreffes, leuratrachoit
travaux
laire d'an honteux
encore le honteux falibertinage.
Tel autre faifoit fans ceffe
hurlemens de fes
retentir la plaine des
dans les
efclaves, dont le fang ruifleloit
crie
plantations, où s comme celgi d'Abel,il
vangeance ; fon plaifir étoit enfaites de
fervir a table par ces malheureux
fe faire
dont les chairs
pendoient en lambeaux.
Tel autre caffoit une jambe à tour
Nègte coupable --- Page 97 ---
(17)
de marronage, &c le laifoit fur place jufPable
exigeât F'amputation.
qu'à ce quela gangrenc
déchiré
Tel autre Mais mon caeur opprellé,
m'interdit d'autres détails, & lon voudra nous
des hommes acharnés contre les
perfuader, que
Nègres, font humains envers les fang-melés qu'ils
abhorrent! Qu'on en juge par le rableau que nous
ébauché. A-t-ildonc toit, le Chevalier des
avons
affurant
la vie des gens de couLandes, en
que
leur eft àla merci de la colere & du captice (10)?
Et quels font ces hommes que le méptis
confpue ? La plupatt ont acquis leur liberté à titre
honorable, les uns par de fages -
économies, d'aul'ont obtenue de leurs maitres, dont ils
tres
laborieux, ils
avoient captivé l'eftime. Citoyens
de
font fleurir les plantations, il y a parmi eux
ils augmentent la malle des
grands propeiétaires,
concourent à la
richelles coloniales, & partant
profpérité de T'Etat.
Perfonne n'eft plus agile pour gravir les morles
marrons; ils font un
nes, &c ramener l'infurrection Negres
des Efclaves : on
sur appui contre
les commiflions
donne quelquefois pat préférence
périlleufes à cette clalle d'hommes, dont la bravoure eft connue. Dans la derniere guerre d'Améleur
à Savanrique, ils ont déployé
intrépidité
nah.
B
profpérité de T'Etat.
Perfonne n'eft plus agile pour gravir les morles
marrons; ils font un
nes, &c ramener l'infurrection Negres
des Efclaves : on
sur appui contre
les commiflions
donne quelquefois pat préférence
périlleufes à cette clalle d'hommes, dont la bravoure eft connue. Dans la derniere guerre d'Améleur
à Savanrique, ils ont déployé
intrépidité
nah.
B --- Page 98 ---
(rs )
e1 Onme peur leur reptocher un génie
snofk, féditieux, Leur
tutbulent
pariotifmne a éclaté
100 qu'on vouloir l'étoufers
Jors même
Bellecombe invira les
quand en 1783 M. de
Colons à faire
19 fenr d'un vaileaus les Blancs
au Roi préfang-melés le droit d'y contribuer, conteflerent aux
29 furent jaloux de fe montrer
mais ceux-ci
19 dre du Génétal, M. Raimond Erançois, & parforr collecte dans fon Quartier,
chargé de faire la
recueillit
parmi 215 individas de couleur
2400 liyres
(1:).
Engénéral > ils ont confervé
hommie des mcars
l'eftimable bonainti que les Negres, domettiques. Ils fe diftinguent,
beaucoup de refpec Par beaucomp à
de Piété filiale,
chante &
Pour la vieilleffes vertu touPlulieurs ont prefquinconnue une éducation dans nos mours.
fent cet héritage a leurs enfans. très-foignéey & laif
liers. Des Elancs
Ils font hofpiravent fouvent les Pauvres, ou aventuriers, reçoiPremiers fecours
qu'ils méprifenr, On.a
de cette clalfe,
trelles acheter des enfans vu de généreufes mulade conleur,
US peres n'avoient Pu affranchir avant que leurs
19 elles écouomifoienr pour leur faire le leur mort;
no cieux dela libereésJamais
don pre9r
méles Pour les Blancs sne Tattachement s'eft
des faingd9 aucun'a été somplice d'an
démenti, Jamais
n'ont point parricipé. au çrime enapoifonnement, de
ils
Macanda (12),
,
trelles acheter des enfans vu de généreufes mulade conleur,
US peres n'avoient Pu affranchir avant que leurs
19 elles écouomifoienr pour leur faire le leur mort;
no cieux dela libereésJamais
don pre9r
méles Pour les Blancs sne Tattachement s'eft
des faingd9 aucun'a été somplice d'an
démenti, Jamais
n'ont point parricipé. au çrime enapoifonnement, de
ils
Macanda (12), --- Page 99 ---
(15 )
les écrous des prifons & les
& A on compulfe
regiltres des greffus, on ne trouvera pas" qnarre
hommés de couleur condamnés légitihement otn pour
de la Colonie.
crime avéré, depuis l'origine
donr cerObfervez que Hilliard d'Aubétteuil,
tainement le témoignage n'eft pas fufpecr,slloue
lui même aux gens de couleur la plupart de ces
bonnes qualités (13). Il faut donc réconnoitre en
une bien louable
à la vertu, puifeux Taviliffement, le propenlion pere de tant de vices, n'a
que Aétri leur caur, ni altéré les traits natifs
point
b eteind
de leur aimable caraétere. eft la feule vertu fur laLa pureré conjugale de coalear, mais fur- tout les
quelle les femmes
Négrelles, fe foient telachées. Soyons-en peinés,
farpris: Dans une contiée ou les
h'en foyons pas
la falacité des Blancs perleBlanches font tares,
facute les autres 3 elles fuccombent d'aatant plus
cilement qu'elles font dominées par l'afcendant
del'autorité ou des menaces, &que d'ailléurs elles
ont peu a gagner en époufant des fang-melés,
de la confidécation publique. Alors , au
privés fcandale de la Religion & des' maeurs, la fainteté
du mariage eft remplacé par l'infamie du concubinage, d'our réfalte un elfaim d'êtres illégitimes,
& ce font les Blancs qui abjurenr envers lcurs enfans les douces effafions'del la paternité.
B 2
&que d'ailléurs elles
ont peu a gagner en époufant des fang-melés,
de la confidécation publique. Alors , au
privés fcandale de la Religion & des' maeurs, la fainteté
du mariage eft remplacé par l'infamie du concubinage, d'our réfalte un elfaim d'êtres illégitimes,
& ce font les Blancs qui abjurenr envers lcurs enfans les douces effafions'del la paternité.
B 2 --- Page 100 ---
20 )
Voyons aétuellement fi la-fage humanité, fila
faine politique, ne repouffent pas de concert uné
prévention qui ravit les avantages fociaux à des
hommes libres. Dans
éroient
l'antiquité, 5 les efclaves
à-peu - près traités comme nos
mais communément la manumiflion
Negres,
foit rien à defirer ; fi
ne leur laifcependant chez les
Taffranchi formoit un intermédiaire
Romains,
& le citoyen, fon fils étoit
entrel'efclave
roujours réputé ingénu.s dinjuftes préjuagés n'empechoient
Epictere ni Horace, de dormir
point
les
tranquillement fous
lauricrs, qui ombrageoient un affranchi, &
fils d'un affranchi.
le
Par 18
a
quelle bizarrerie le François
la, mème chofe en
méprife-t-il
Le
Amérique, & pas en Alie ?
préjugé contre les gens de couleur n'infecte
gueres les comptoirs de
de France, de
IInde, 3 ni les lfcs
La raifon
Bourbon (14), & de Gorée,
n'eft- elle donc pas une dans les
climats divers, & n'eft-il
mnème à St-Domingue, la Pas étrange, que,
des
ligne de démarcation
poffeflions elpagnoles & françoifes foit
celle des
anfi
l'ifle
opinions, en forte que d'un côté de
on foit d'une indifference extrémé far la couleur, a laquelle Tautre partie attache une
trême importance : Les François qui
exavec raifon aux Efpagnols des cruautés reprochent dans
le
dans les
climats divers, & n'eft-il
mnème à St-Domingue, la Pas étrange, que,
des
ligne de démarcation
poffeflions elpagnoles & françoifes foit
celle des
anfi
l'ifle
opinions, en forte que d'un côté de
on foit d'une indifference extrémé far la couleur, a laquelle Tautre partie attache une
trême importance : Les François qui
exavec raifon aux Efpagnols des cruautés reprochent dans
le --- Page 101 ---
(11) -
monde, leur cédent dans le même pays
nonveau
la palme de la juftice & de Phumanicé. 6
Ce préjugé, qui n'eut pas jadis une grande tres.
extenfion, ne s'eft fottifié que danis des tems En les
modernes; il y a une vingraine d'années que
encore arteindre les grades
fang-melés pouvoient
de 1768,
nilitaires, mais par les réglemens
-
-
ôté les brévers à des Officiets mulâtres 2
on a
ravir le mérite d'avoir bier
auxquels ou ne pouvoir
fervi la Patrié (1s) donc
la feule chofe qui
Le crime n'elt-il
pas
vous avoit
déshonore ! Sila fatalité des événemens
forbans
vous euflent trainé à Malivré à des
qui
? Seroitroc, quel fentiment vous accorderois-je
Ie
répugne à mon ceur, ou la
ce le mépris, à qui eft fi voifine de la nature 2 Ce fut
compallion, qui
donna occafion a Cerun malheur femblable qui Héros, avant d'ètre un
vantes de fe montrer en
les bords de la
écrivain célébre. Suppofons quefur
les infultes
Gambie, votre peau blanche vous attire crieriez a
des Noirs, avec quelle véhémence vous
linverfe.Je fuis snémulatre,que
TijaticetPrenonsi
ma conleur? Et qu'importe
me reprochicz-votst
le uiffu tomt
les membres du corps politique ayent
la foculaire, blanc, noir olt bafané, pourva que illéciétéptolpere ? M'objectez vous ma naiffance
homme
girime, ou celle de mes peresParce qu'un
B 3
crieriez a
des Noirs, avec quelle véhémence vous
linverfe.Je fuis snémulatre,que
TijaticetPrenonsi
ma conleur? Et qu'importe
me reprochicz-votst
le uiffu tomt
les membres du corps politique ayent
la foculaire, blanc, noir olt bafané, pourva que illéciétéptolpere ? M'objectez vous ma naiffance
homme
girime, ou celle de mes peresParce qu'un
B 3 --- Page 102 ---
né a 48 degrés de laticnde (22) s'eft uni
tre
dans un aus
hémifphere, 2 contre le VCEu de la
femme noircie Par les feux de
loi, une
me condamnez a T'opprobre TEquateur, vous
les auteurs de mesjours?
; Pouvois-je choifir
D'aillenrs, Mellieurs les
Gras
tez fur Totigine,
Blancs, vous infif
je vous
vos peres? Les uns croient demauderaiqeels éroient
libuftiers qui failoient trembler ces boucaniers 2 ces
nité, & qui après s'ètre
& rougir Thumadigérer à la Tortue
gorgés de fang alloient tle
tres étoient de
ou a Sc-Domidgae; d'auu 01
ces hommes fans aveu
compagnic des Indes vendoir fous le
que la
gAgeS, Pour trente-fix mois
nom d'en
ceus (16), D'autres enfin étoient au prix de trente
Snr-Chriltopie après
des émigeans de
plopert avoient la meme la.prife de cette ine, qui,la
de coulcur; & lotfque veIs origine, ou étoient gens
Gouverneur
1746 M. de Lamnage,
cendans des des.Domagae, fatua que les def
indigenes fereient réputés
1E
beaucoup de fang-melés fe Grent
Blancs,
en. fe difant fils de
déclarer tels,
cile far les
Carsiben, on ne fic pas diffiNe fait-on. preuves. Quelles étoient vos meres
Pas gu't-diverfes
Técame des carrefours de reprifes 3 on amalfa
gourans de la débauche 2
Patis, les reftes dé
portées dans le nourcai CCS veftales furent tranf.
a
monde, chacun prit fa
fang-melés fe Grent
Blancs,
en. fe difant fils de
déclarer tels,
cile far les
Carsiben, on ne fic pas diffiNe fait-on. preuves. Quelles étoient vos meres
Pas gu't-diverfes
Técame des carrefours de reprifes 3 on amalfa
gourans de la débauche 2
Patis, les reftes dé
portées dans le nourcai CCS veftales furent tranf.
a
monde, chacun prit fa --- Page 103 ---
(23)
allouvir
pout
chacune ailes unes, Nengagenient lubricisé des colons, d'aupendant trois ans, la
légirimes de Aibuftiers 75 ust
tres, devenoient époufes bien la conduite antérieure de omt
qui, Romnoifoiens
tel leur difoit : > JUR Je
ces femmes, atl point que
du palfé - vous L
vous demande Pas compre
> ne
fenlement de.
à moi, sépondezmoi
>) n'criez, Pas
vous m'appartenéz, voilà
32 lavenit. A préfent que ce qui me vengera de
Jon fuhls)
>) (om.mentrant
6 vous me manquez il ne
3 vos infidclitéss
vous manquera PAS (:7l-P
contre les colons.
Que prouve cette origine
que pour
Blancs? Rien, &, nous ne T'alléguons
à
- fot
Reprochoit-on
un
raifonmement
retorquer 1
quils defcendoient des
Manlins, à Cincinmatus,
le méfondateurs de Rome, Empranter mérite 1
brigands
c'eft avouer la pénurie de
rite d'autrui,
moi, thomme eft fils
perfonnel On l'a dit avant
les mccurs des
de fes cuvres 5 rappelles-vour
fang-melés, & concluczs d'abolit la traire 2 les
Quand il s'agira
Cet
Planteurs crieront à Tinjultice, fur la argaments caufe des
qui fera débattu ne frappe pas clafle libres à lar
fangmeless ils forment une
difputent depuis
quelle lorgueil & la copidité
J'ouvre le
un fiecle des droits imprefaipibles articles 57 & 59:an
Code noir, ou Edit de 1685
B 4
és, & concluczs d'abolit la traire 2 les
Quand il s'agira
Cet
Planteurs crieront à Tinjultice, fur la argaments caufe des
qui fera débattu ne frappe pas clafle libres à lar
fangmeless ils forment une
difputent depuis
quelle lorgueil & la copidité
J'ouvre le
un fiecle des droits imprefaipibles articles 57 & 59:an
Code noir, ou Edit de 1685
B 4 --- Page 104 ---
(24)
ecrois devoir rapporter le texte même,
que mal rédigé. 5 Déclarons leurs
quoid
33 mens faits-dans nos Illes, leur affranchiffe33 naiffance dans
renir lieu de
nos liles, les
33 chis, n'avoir befoin de
efclaves affran-
> lité,
nos lettres de narurapour jouir des avantages de nos
35 turels dans notre Royaume,
fujets na35 notre
terres & pays de
a les obaifanee encore qu'ils foient nés dans
pays étrangers : octroyons ,aux
391 "les'mèmes droits,
affranchis
&
3)
privileges immunités dont
jouiffent les perfonnes nées
35 qu'ils méritent une liberté
libres; ; voulons
3> produife en eux
arquife, & qu'elle
3 taht
33 que pour lears biens, les pour leurs perfonnes
mêmes
53 bonheuir de la liberté naturelle effers que le
>> tres fujets. La loi
caufe à nos aufranchis
veut donc que, tous les af
jouiffent de tous les bienfaits
de la liberté: mais un préjugé barbare réfultans
des dédrets rendus
les
a prévalu;
par
Pachas & les Cadis qui
gouvernoient ou jugeoient la
firmé les difpolitions de
Colonie, ont inona prive une Portion de FEdir; voila comme
leur affitroient la loi
citoyens des droits que
l'on voir des
d'accord avec la nature, &
Blancs prétendre jultifier leur conduire, en alléguant qu'ils ont trouvé la coutume
établie, comme Gi des abus antiques étoient
abus ratfonnables, & que le laps de tems des
fanctionner Hopprefion.
pàr
ugeoient la
firmé les difpolitions de
Colonie, ont inona prive une Portion de FEdir; voila comme
leur affitroient la loi
citoyens des droits que
l'on voir des
d'accord avec la nature, &
Blancs prétendre jultifier leur conduire, en alléguant qu'ils ont trouvé la coutume
établie, comme Gi des abus antiques étoient
abus ratfonnables, & que le laps de tems des
fanctionner Hopprefion.
pàr --- Page 105 ---
(25 )
Contre le projet d'aflimiler ren tout les
mèlés aux Blancs, on a fait diverfes
fangje vais fucceflivement les
objections;
truire,
Parcourir & les dé1°. L'Aureur d'un pamphlet qui vient de
roitre, nous dit : Le Negre eft iffu
pa-
>) pur, le mulâtre d'un
d'un fang
>>
efpece abâtardie, Il eft fang aufi mélangé:c'eft une
évident
35 gre eft au-deffis du mulâtre
que le Ne32 l'or pur eft au-deffus de lor , qu'il l'eft que
Si l'Auteur entend
le
mélangé (18.)-
fang
que
Blanc n'eft pas iffa d'un
Pur, évidemment il faur le claffer après le
mulinrey purifque celui-ci étant mitoyen,
cipe moins à la complexion viciée du
partiau contraire l'Aureur donne
Blanc. Si
pur, il faur conclure de fon au Blanc un fang
limpur peur éclore de
taifonnement, que
allié afargent
principes purs, & quel'or
produit da
fuis un pen honteux de plomb. J'avoue que je
jection à la fin da
combartre une telle obici le cas de
dix-huitieme fiécle. C'eft
placer un fair,
tifie un ptincipe de
qui rappelle & forPhylique. En
gens de coulear font d'une
général, les
Parce que le croifement des confticution robufte : 3 10
pèce.
racés améliore l'ef2°. Si vous mettez les
Blancs, &
fang-melés au Pair des
que l'opinion ne flécriffe plus les ma-
telle obici le cas de
dix-huitieme fiécle. C'eft
placer un fair,
tifie un ptincipe de
qui rappelle & forPhylique. En
gens de coulear font d'une
général, les
Parce que le croifement des confticution robufte : 3 10
pèce.
racés améliore l'ef2°. Si vous mettez les
Blancs, &
fang-melés au Pair des
que l'opinion ne flécriffe plus les ma- --- Page 106 ---
(16)
riages mélés, le pian, a-t-OM dit, va
niquer à la race des Blançs.
fecommuLe Pian, oul épian, eft une maladie erint
cutanée, -
ulcereufe, fiphillitique,. diverfes
communes Chez les Negres,
caufessplus
tre ou Taggraver,
peuvent la faire naim'embrane
comme la malpropreté & la o1
gtaillenfe plus fournie, Le
des Blancs.avec les Negreffes eft
libertinage
commun dans nos Illes: en ant-on malhearenfement vu
de
Blancs pianiftes? Non.
plus
nombre
Ofera-r-on nous dire
le
en fera plus confidérable, quand le que
riage aura fandifié ces liaifons illicites ?
maMais, nous, dit-on, fi vous
ces
verfes clafles for la ligne de tapprochez l'égalités
digrefles & des mularrefles,
les Néentrainées
rance de faire des mariages gui Aateront Par T'efpér
nité, prorogespatallentmm
lear VaH
les Nagres, dans les
les Blancs; alors
tranfports de la
égorgeront les Négrelfes.
jaloufie a
- Ecarrez des, terreurs vaines, le crime des Negres aura toujours un frein paidfant dans un
oir ilt eft immédiaremient fuivi de la
Pays
certitude, en pareil cas, de ne point peine, avec
à celle da talion; imais ik eft une réponfe échapper
décifive, L'impolibiliré d'avoir des
plus
poptroit feule pouller les Negres aux compagnes
d'un délire érotique. Cela n'arrive
fureurs
Pa5. quoi- 15 --- Page 107 ---
(27)
comme nous l'avons déja répété , beauque, de Blancs libertinent avec des Négrelfes &
coup
des femmes de couleur, qu'ils n'époufent pas,
dans la crainte de déroger. Otez cette crainte,
tout.ce que je vois, - c'eft que des mariages honorables eficeronciavilfcmenr du concubinage,
les moeurs y gagneront, , & les Nègres a'y perdront pas.
de couleur deviendront infoMais, les gens
lens s'ils nous font aflimilés; je demande aux
Blancs s'ils font infolens envers les (ang-melés. Je ne poulferai Pas cette thefe ; cependant
après sla peinture que Jai faite, je prévois qu'on
RV
de la réticence.
ne me tiendra pas compte
TranMais que manque-t-il aux fang-melés?
KCT
quillés dans leuts pofalions, ils' y mangent en
paix les fruits da champ qu'ils ont cultivé fans
trouble.
sl sh 2
De bonne foi enviez vousile fort de gens que
Topinion avilit, qu'on opprime, qu'on outrage
préfque impunémient ? Seriez-vous content d'en
être réduits aux mèmes termes ; &, pour le dire
Phomme fenfible peut-il goûtet le
en paffant,
de lui font une foule d'inbonheur, lorfqu'autour
dividus, avec lefquels il refufe de le partager.
Mais les fang-melés peuvent compter fur la
bienveillance des Blancs'; nous fommes leurs pa-
gens que
Topinion avilit, qu'on opprime, qu'on outrage
préfque impunémient ? Seriez-vous content d'en
être réduits aux mèmes termes ; &, pour le dire
Phomme fenfible peut-il goûtet le
en paffant,
de lui font une foule d'inbonheur, lorfqu'autour
dividus, avec lefquels il refufe de le partager.
Mais les fang-melés peuvent compter fur la
bienveillance des Blancs'; nous fommes leurs pa- --- Page 108 ---
(28 )
trons, leurs protedteurs, ils tiennent
de nous une liberté que nous avons gracuitement
le refpect des affranchis
Payée au Hilc,
convient-il,
envers nous en futle prix,
que nos anciens efclaves
ati parallele? D'ailleurs qu'ils calment leur ptétendent
tience, quandles Aflemblées coloniales
impaferont organifces, nous les y appellerons, lcurs
feront redreflés, ils obriendront
griefs
poflible de leur accorder.
tout. ce qu'il fera
Je reprends ces réflexions. Les
vent compter fur la bienveillance fung-mélés des
peufaut donejuger les Blancs
Blancs. Il
car le palfé feroit une mauvaife uniquement tfurlavenir,
Nous Jommes leurs
garantie.
dent comme leurs
proteleurs. Ils vous regaroppreffeurs.
Ils tiennent de nous la liberté,6c.
fang-melés actuels, & voyons combien Comptonsles il
qui ciennent
en eft
Nous
immédiarement de vous cet
l'avons déjà dit originairement, avantage.
l'ont mérité ou acheré par leur
beaticoup
un héritage
travail; c'eft
que plafieurs générations leur ont
tranfmis; au furplas', en fipulant tacirement le
refped & la recounoilance des affranchis
Jeurs
envers
de les libétareurs, a-t-on mis en balance le droit
méprifer, de les vexer ?
Conviene-il que nos e/claves deviennene nos
égaus?Je crains bien que ce ne foit-la le finmot. --- Page 109 ---
29 )
Pauvre vanité! je vous renvoie à la
droits de l'homme & du
déclaration des
s'il fe peut.
ciroyen, tirez vous-en,
Que les Jang-mélés attendent les
coloniales, on leur accordera
Allemblés
polrible de leuraccorder.
tout ce qu'il fera
leur
Cette promeffe eft louche;
communiquerez-v vous tous les
de
citoyen? répondez d'une maniere
avantages
prétendez
politive. Si vous
compofer avec eux, ils ne
point de capirulation; fi vous avez réfolu veulent
der à leurs demandes,
d'accémoment ? il feroit 4 plus Pourquoi retarder ce
de concourir
glorieux à vous.
avec PAffemblée
leur rendre une jultice qu'ils
Nationale, pour
loi, & non de vous.
veulent tenir de la
Mais enfin, nous dit-on, fi les
de
font au nivean des Blancs,
gens
couleur
nies, qui ne tiennent a
vous perdez les colola banqueroute eft inévitable. vous que Par un il, &
le palladiums des
Cer argument eft
cieufe,
oppofans; T'objection eft
voyons G elle eft fondée.
fpeOn Pourroir examiner
eft utile a à la France d'avoir preéliuninatrement, s'il
confervant mes dourcs fur
dés Colonies. En
fuppofe réfolu
ce probleine, je le
La
pour T'affirmative, & je dis:
Métropole peur perdre fes
parce qu'elles feront
Colonics, on
conquifes, ou Parce que les
cieufe,
oppofans; T'objection eft
voyons G elle eft fondée.
fpeOn Pourroir examiner
eft utile a à la France d'avoir preéliuninatrement, s'il
confervant mes dourcs fur
dés Colonies. En
fuppofe réfolu
ce probleine, je le
La
pour T'affirmative, & je dis:
Métropole peur perdre fes
parce qu'elles feront
Colonics, on
conquifes, ou Parce que les --- Page 110 ---
(30 )
"Blancs fe
fépateront, ou
E lés feront feiflion,
parce que les fang-me.
ou enfin,
des Negres cauferaaux
parce qu'une révolte
les démembrera
Colonies une fecouffe
de la France,
qui
3 A des princes tourmentés
la
quètes, il ne faur pas de
par
rage des condes
raifon'; mais l'admiflion
fang-mèlés aux avantages de
nit pas même lei prétexte d'une citoyen, ne fourNous ne ferons
invafion.
Point aux colons
19 jure de leur
blancs l'inprèter un projet de
malgré les inquiérudes qu'on
féparation 2
eb tre fur cet objer (19).
pourroit fe permetCorps politique ?
Pourroientils s'ifoler en
pour la
Quelques Mles 1 > relfertées
population & les moyens
côres offrent, a l'ennemi
> dont les
fouriendroiene
un facile abord, ne
jamais le choc d'une
qui viendroit les heurrer. Je
Paiffance
les
ne vois gueres
Anglois, ou les
que
ils pontroient être tentés Anglo-Amditains, de
auxquels
colons blancs, qui conteftent s'aggtéger; mais nos
couleur les droits de
même aux gens de
hazards de la
citoyen, courroient-ils les
guerre , foit pour s'allocier a un
Corps politique, , qui ne veur plus
des
foit pour fe livrer aux Anglois, dont que
libres,
ineft difpofé à fapprimer la trairé des le miniftere
atto de concert avec nous P Les Blancs efclaves (20),
up fans les gens de couleur, (e livrer à ne pourroient
une Puiflance
couleur les droits de
même aux gens de
hazards de la
citoyen, courroient-ils les
guerre , foit pour s'allocier a un
Corps politique, , qui ne veur plus
des
foit pour fe livrer aux Anglois, dont que
libres,
ineft difpofé à fapprimer la trairé des le miniftere
atto de concert avec nous P Les Blancs efclaves (20),
up fans les gens de couleur, (e livrer à ne pourroient
une Puiflance --- Page 111 ---
( 31 2
)
étrangere 5 les gens de couleur le
eux. Plus que jamais ils le
pourroient fans
leur population
poutronr, attendu que
, qui augmente journellément, va
prédominer.
03 Dans un Mémoire adrefféa PAffemblée
nale par les Miniftres du Roi, ils
Natiolès Colonies étant diffemblables
obfervent que
de la
par leurs rapports commerciaux,
Métropols
inhérentes à (la
> par des localités
loix
nature des: chofes, exigent des
différenress mais la liberté des
un droit comme un befoin dans
hommes eft
Les gens de coulear faifant
tous les climats.
la Colopie
feuls la fûreré de
contrelesrévolres &ci lei
291 Ilneft au moins
martonage(si).
90 confidération
tres.impolitique de leur ôrer la
nécelfaire
on Loin'done
le
pour contenir les efclaves.
mèlés foit que préjugé qui pefe fur les
utile à la Coloniel, il faur
fangtraire leur donnet du
au concon entre eux & les
relief, cimenrer l'union
Blanes, &
B binés maintiendront
leurs efforts complus eflicacement
dination. 10
la fubor-
- 18
n
Dansfimpolisilite de
des crimes
reprocheraux fang-melés
à
conmisyon leur a fuppofe des criniés
commettre, > comme le
de
Ja France après l'obtention projer
rompre avec
à votre avis,
deleur demade. Ainfi,
ce font des
le fein fur lequel ils
ferpens qui pigueront
auront rerrouvélzvie. A qui
us eflicacement
dination. 10
la fubor-
- 18
n
Dansfimpolisilite de
des crimes
reprocheraux fang-melés
à
conmisyon leur a fuppofe des criniés
commettre, > comme le
de
Ja France après l'obtention projer
rompre avec
à votre avis,
deleur demade. Ainfi,
ce font des
le fein fur lequel ils
ferpens qui pigueront
auront rerrouvélzvie. A qui --- Page 112 ---
(32)
perfuadera-r-on qu'ils invoquent notte bienveillance > uniquement pour le plaifir d'ètre
& de trahir la Métropole ? Peut-on
ingrats
qu'ils manifefteront des intentions
imaginer
avoir acquis
hoftiles, après
par beaucoup de foins & de démarches, les avantages qu'une infurrection facile leur
procureroit infailliblement. Ils jurent ne les ambitionner que pour rivalifer avec les Blancs en
patriotifme. Siau contraire les
dés d'infultes, fe réuniffent
fang-milés,excéfer les liens
aux efclaves pour briavec la Métropole, leur
eft certain, les Blancs faccomberont triomphe
fériorité, Craignons
par leur ind'aigrir des hommes
fondément affectés de nos tefus,
qui, prodans leur force ce qu'ils n'auroient chercheroient
à notre juftice. La réliftance à
pu arracher
droit émané de
l'opprellion eft un
Dieu, & reconnu par TAllemblée
Nationale.
On objecte que la haine des Nègres contre les
fang-melés 3 les empéchera de faire caufe Commune. Si cette haine exifte, fans doute en
les prétextes. Quelques plantations font
voici
par des mulâtres non
furveillées
libres, qui, fous peine de
punition févere, font obligés de punir
les Nègres ; ceux-ci, dont l'efprit eft févérement
Joppé, ne remontent Pas aux canfes de leurs peu déveils fe contentent de détefter
smaux,
ceux gui en font les
inftrumens
ufe Commune. Si cette haine exifte, fans doute en
les prétextes. Quelques plantations font
voici
par des mulâtres non
furveillées
libres, qui, fous peine de
punition févere, font obligés de punir
les Nègres ; ceux-ci, dont l'efprit eft févérement
Joppé, ne remontent Pas aux canfes de leurs peu déveils fe contentent de détefter
smaux,
ceux gui en font les
inftrumens --- Page 113 ---
(33 )
infrumens immédiats. D'ailleurs les Nègres voyant
que of Tes Blane, 5 peres 09
des fang-melés, dédaignent
leurs propres 010 enfans, 017 cette variété - de l'efpèce humaine -Il - n'eft plus 4 teurs yeux qu'une 51
calte dégta- 1
dée, &
intérêt Tine comme par erreur, ils fe rapPar DEf9 autant nt'ael elten, eux, n
de la claffe
prochent,
- feule polede & diltibue toutes les jouiffanqur
ces. a Mais les gens TE de couleur nient 24
T'esiftence de
ELL
&
les Blancs nr en font
cette haine, proreltént que
fpécialement G Tobjet; / opoar quil en foir, vainel
ment, T
nous 31A dic-on : gue Taverfion des Nègres
25. les mulâtres nous met a l'abri d'une coalil -
tour dont 9
dAuberreuil fair craindre e
les
tion
Lliara
dangers; S - Finterer :
réciproque les rapprochera bruf
21 & f jamais les fangamclés arborent
de la liberté, tous n
les Negrés vont sy
iol
feaar
rallier. Croyohs-en un colon blanc déjà cité, &
dont le témoignage isil eft tre-resevatle, car ille
aontre D0
a la pétition des fang - mélés
il affure oppofe que tDe (22 ) quatre cens -
mille efclaves
font E
à faifir la premiere IODVE
occalion pour fe
an 291 a0od Aigpor
Refte à difcuter une derniere objeétion. Si vous
dicon 1,4 demande des gens de couaeer,
00 les
la diftance effacée entre
leur, Netres a
yoyant
les plancrs les 193 malitres, voudront franchir éga0329-3099 1o Ls etsra
dirl alc
gon
cens -
mille efclaves
font E
à faifir la premiere IODVE
occalion pour fe
an 291 a0od Aigpor
Refte à difcuter une derniere objeétion. Si vous
dicon 1,4 demande des gens de couaeer,
00 les
la diftance effacée entre
leur, Netres a
yoyant
les plancrs les 193 malitres, voudront franchir éga0329-3099 1o Ls etsra
dirl alc
gon --- Page 114 ---
(34)
lement cet
fignal
inemiluite, & leur révolte fera le
précurfour de la perte des Colonies,
J'oblerve d'abord que la traire,
cile, ne peur plas fe fourenir
déjà plus diff- t
pulation Africaine s'épuife
long-tems. La Poexportations sombreufes: annuellemenr par des
t-elle un terme fixé
mais la traire auraconftances, fans
par la néceflité des cirPhumanité des qu'on puilfe en faire honnear a
pallant, dans la Earopéens, diferte
qui, Pour - le dire en
à trafiquer des Indiens 2 de La Nègres, commencent
quères étendues
raifon fair des conQuakers
Scrapides.Les Portugais
ont Phonneur d'avoir
(23)& les
d'afiranchir. Dignes fuccelleurs montré lexemple
des Bénézetz, Mellieurs
des las Cafas,
Briffor de
Clarkfon, Granville Sharp, James Warville, 3
en 30. général, les amis des Noirs
Ramfay, &
çois, médirent d'amenerg
Anglois & Frangraduellemencles efclaves
alaliberasleurs efforts feront couronnés du
encore 29y -
quelques années,& dans nos
fucces;
tera feulement le fouvenir
annales il refpoftériré plus fage
d'un forfait dont une
antérieures.
rougira pour les générations
Qu'il me foir Permis de fixer un moment
regands fur l'étar actuel des Nations, T0
les
laplupart fous des fceptres de fer. écrafées por
ment d'excellens
Ily a certainePrinces; mais il eft peut-être
onnés du
encore 29y -
quelques années,& dans nos
fucces;
tera feulement le fouvenir
annales il refpoftériré plus fage
d'un forfait dont une
antérieures.
rougira pour les générations
Qu'il me foir Permis de fixer un moment
regands fur l'étar actuel des Nations, T0
les
laplupart fous des fceptres de fer. écrafées por
ment d'excellens
Ily a certainePrinces; mais il eft peut-être --- Page 115 ---
U)
encore des fcélérats courounés, qui Goiront,dicun
n'êtte
des fcélérats, qui
de mes amis, par
plus que avilis, fur des caveulent régner fur des hommes
davres & des décombres ; qui préferent des villes incendiées à des villes infurgentes ; qui facrifieroient des milliers de foldats d > plurot quie
de manquer un alfant. On prend tant de peine
pour élever un homme, tant de précautions
avant TO de condamner un acculé, & des tigres altédes armées a
rés de fang menent impunément
le
la bouchetie! Monftres ambitieux ou enragés,
moment arrive ou les Narions éclairées fur leurs
infernal de
vrais intérèts, vous laifferont, rle plailit
feuls. Elles ne combattront plus
vous entregorger
défendre leur liberté.
que pour conquéric ou
délivrée
des
Pailte-je voir enfin ma patric
ajamais a
pervers qui avoient conjuré fa perte, qui vouloient égarer un bon Roi, & perpétuer lesmaux
d'un bon peuple; puille-je voir ces généreux Brabançons, dans les plaines quils teignent de leuz
fing; quils arrofent de leurs larmes, refpiter
enhin au fein de la paix & du bonheur 5 puillé-je
à S infurrection
dans lanivers S
voir une
générale
12 étouffer la tyrannie, reffufciter la liberté,
pour & la placer a côté C5
de la Religion & des maeurs
9 en modéreront 1 les élans, & l'empècheront
E dégénérer en licence.
C 2
de leuz
fing; quils arrofent de leurs larmes, refpiter
enhin au fein de la paix & du bonheur 5 puillé-je
à S infurrection
dans lanivers S
voir une
générale
12 étouffer la tyrannie, reffufciter la liberté,
pour & la placer a côté C5
de la Religion & des maeurs
9 en modéreront 1 les élans, & l'empècheront
E dégénérer en licence.
C 2 --- Page 116 ---
Enfin les
(36)
afamés du a7 defir peuples rallafiés de vexations > -
a favoir
d'ètre" libres 7nq commencent
alimenter qued leurs N
fneurs ne.
une
Heivent Point
30 ambition effrénée A
luxe
volrant, un lnberinage
E0.
fer
qu'ils n'ont PAS confenties ompdlemss.gu les loix
font 23 des
syrdenmitisi
qails doivent idou avoir des firmans
jamais des maitres. Un
itu 30 chefse &
I'Earope -. 30 1003
feu roir fecret a couve
dans
entierea 7 29p a & préfage une
révolution an
e
chaine, gue
rendre
des a Porentars Pourroient &
pron
calme
oru
devroient
retentic or - E dans 103 E & douce. Ouiarle a10 cri de SI la liberté
UE
les deux Mondes, ine faur
Onhelea 2D
un
des Negres Fadrsian, 44
POHfO réveiller J0
dans quan
le
Tame ha
droirs,
funciment -
de e Jeurs 19
inalienables
vent les Yoyaar aloreque 10i
No les fang-melés TOD ne 009
Da
contre
leurs
Pcuc,
L
peut-étre Proigerues
defposers 1a
ils tourt
nerogt
lcurs S1 fers contre
E
Flolion fondaiac fera foudain 1119 500sap VA
une ex-
&
tomber tou au leurs
nes., a
de nous
chai- 0OO1
ofera.les condamner,
fuppols 3D
1qu
a1/e m
M1
R.kst
Plargi ItAl 201
elirent on 20 HouS préfente calcul
ned
des
URS
O1 1 Aprcrers Hnng 11 dedla un
prefligicus Un
retrouver los viles Merropole, - dans leguel ie crois
infites AAU1 eurb combinaifonis 2
de légorime. Vous nss
pour DL la 7911 confervarion uHa
dela traite or &
JTOV
viende
dela fer21
des 2pb Negres I2I Darce que des
og
4ATe ipo
a fatisfaire vos befpins f fmperhinités 19
si
ptix de
a
fiedht ,tont 1
TRFTAIE Ils fonth forces
.0p05 brefdcas as dire I leur
e o
101513 2 SD
2
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TRFTAIE Ils fonth forces
.0p05 brefdcas as dire I leur
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101513 2 SD --- Page 117 ---
117)
Aftesides;
patrie UIT Etethel adieu: Dertertons damistes schatnps
S1e font condunts, charges de ferl
dd
paitiger lefort Jettanl
iderAmerique €, poury qu'it vousfauea Hafhcre,
"maux domeniqnes, parce Indignes Andmels, 1a mmangez
du tate,a aieimat foyez juftes : - JOV
2ng
"ptitoe de Mherbe,8 tien"i votre coeut pour protonéte
siniafenrcofte
mille hotParrèr da mnepily contre quaralite sts ceffent
miés de coufbursa vous entendies
Jevols
feta Haneueroares
detre vin-utianée tanefs-emmiethe derces
"avoue wavoirjatiats per
te-esifquent oils
idées. Les intérèts de la partians Ne'paivez vous
pasie celtx deTashourpnpah) qu'lurant qtie certeclaffe
jonir de lseenitenadoe e? Abjarez unfot orgtueil,
@hoemesferasdigrauéer lo
Mo Ci ginsnistdste
11& foyez juftesir
de nous uirerre eme'des cohQsuacafest-oa
lahscertaratirene
venances polilegeirdees deestlond m'cf erernelleAéchir latrigecar la morale des macionsn'eft point
ment vrai que des individus. Dams"ee fracas
oautre que celle dans cêtte révolution fieceive de
rcontinuel 1,
1a veitu feule potirles
toutes les chiofés hdmsines),1
et tn le point Aixè,
les hommest
a Eràrs commie pour le bonheut des Eunsires, vefaitent
-&1 la nabilité,
avec
ede Theuréux aecord dès ptincipes 90167302 politiques 279
hide nb
a ceux de la janice
C3
us. Dams"ee fracas
oautre que celle dans cêtte révolution fieceive de
rcontinuel 1,
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toutes les chiofés hdmsines),1
et tn le point Aixè,
les hommest
a Eràrs commie pour le bonheut des Eunsires, vefaitent
-&1 la nabilité,
avec
ede Theuréux aecord dès ptincipes 90167302 politiques 279
hide nb
a ceux de la janice
C3 --- Page 118 ---
Une conféquence (38)
c'eft que la rejection rigoureufe des
de ce quiprécédes
PErar d'une fecouffe gens de couleur menace
G. an contraire
capable de
vous
l'ebranler;
les fépare des Blancs, combleg lintervalle
prits
G
qui /
> vous cimenrez rapptochant les ef
de ces deux clalles
T'attachement mutuel
une, mafle de forces > leur réunion préfente
sfenir les efslaves, dont plus cflicace pour conegera les. pelnesa fur le fans fort doute on allépermis desatendhir,
defquels il ferz
-ponr lesaffranchit
jufqu'au moment
(:4).
opportun
2u0 Cet ade-de juftice envers,
chura pour eux tout tle prix d'un sdesigens de couleur,
tade i narurelle a leurs
bieafaie sla grativariablement à la Matropole, ames, Jesattachera inamérinelenom
qui aura vraiment
font propmictsites. deMtueparie Ce
Beaucoup d'enre'eux
me libre à fon champ, chatme fererquilis Thomun nouvel ellor, agrandira, avivera leur patriotifme,
mer leurs talens, & favorifera leurs ames, fera gerlabondanice dans les canaux
la sirculation de
25 commerce & de linduftrie. Les de Tagriculaure, du
n'érant plas foumis à Tanatheme mariages mixtes
les Blancs rénonceront à des
des peéjugés,
smes,qui déshonoroient leur engagemens illégitiprefque certaine d'un
jeunefle, Lefpétance
établifemene honorable, --- Page 119 ---
(39) condaite des illes de coaencouragera la bonne
ne laifferont plus que
lentr Des liens refpedabler d'un déteftable centcabinage
le fouvenit dételté
la per/pective
SIL Ce nouvel ordre de chofes offre dest smcents Parihices
EuP riante del'éducation répeinétée,
& de richelles,
a d'un accroilfement de population
Phumaa
feront Aeurit PEtat & confoleront
E
étant au pair en tout - avec
Les gens de conleur demandera pas, fans doute,
les Blants, on ne actifs dans la liegilation, & dés'ils doivent erre Nationale. Soumis aux loix &
puter à Afemblée
doivent confentir Tun &
à Timpot, les cicoyens
refuler obéillance
Taure, fans quoi il peuvent pouvoit prérendre à
& paiement- Si éminemment qaelqulan ce droit qui elt a égal
plas
policder
feroient lans doute ceux. quis plas
pour tous, ce
longues & maltipliées,
des vexations
des
alliges
à former. Ala demande forces
ont
plas M plainses
de routes leurs
Xt de couleur soppolent
a
gens
des Colonies qui prétenMellieurs les Dépusés
vrais foit,
dent en errevrais
efaoferdfenamy çn) leur fayeur,
TAffemblée Narionale. a prononce
nombre de
malgré les réclamations d'un le grand nions, ils ne peuColons blancs; Jeuls > nous
les Blancs
9)
qucleums commetrans,
vent sepréfeutet
no
fculs le font.
C4
routes leurs
Xt de couleur soppolent
a
gens
des Colonies qui prétenMellieurs les Dépusés
vrais foit,
dent en errevrais
efaoferdfenamy çn) leur fayeur,
TAffemblée Narionale. a prononce
nombre de
malgré les réclamations d'un le grand nions, ils ne peuColons blancs; Jeuls > nous
les Blancs
9)
qucleums commetrans,
vent sepréfeutet
no
fculs le font.
C4 --- Page 120 ---
Mais,
(4 -
tinctemient difencil, tous rOD ont a eE
aux
convoqtiés indif
melés le' nient, non
Alfembleé dans
paroiltales Les
Tune
ce
Tinge
Sto
détuit
Kondit dsltertiant, dout
de qui
usie, qui Perine? ceux en Faveur
artend Fotarteri2es celle de MM.Te
& les Pteaves. On
fans doute, en ol erreuir 305
A Dépàtei blancs, induits,
Ecourons ce
par Pie Tauffes iélationk."
lés: 3 Unekaute que de leur difent les fang nid.
3> tifme 3 nous
decnsreilisuats >,
3)
- privene
palonifr
fait de 1a loi de
depana 8"un ficele dubieh.
3> bles en font
1685 Les prenives RRChI.
3) d'entré vous conligues danis
(9):
auwehe-trin
qui Oht
cenrfurles
T
Npeuitalt
gations. Le
Antilléso certiore Hdralke
qile Ooul pablié deimside 191 eift
ayez
C1ez
Mroumbabe
3> queiydurates convoque 1
une claffe
3>
dtoslinods
ves vas'au 290 connaniment'is 10
V mepelfes,
avintages
dph
Blancs, Vas
esclafveiment TC a aoaiel iéfurvds aux
pretendes
Arfemblee
n r que TUS nous alifions 30o aux
32 croire que paronilfates 5 à qui
tD
nous
ferez: vous
fippliques, nousepoifois a
- en
aM
pourobrentr ce
aharairt
Avous èrés nos
que 11 nous
53 1
tu e
-
manidiciires,
ssNoHrTRe 21
qut vos
3 niltareurs plaintes ameres contre Smneist-Ade
des"
led"Aditi-.
33 le moindre mot DO Colaties, vous n'ayez pas 200 mélé
la blent? 2
fur'les maug qui Bods' JuC accaCemeprdoupion eft éajedde Ds
Preuvesa --- Page 121 ---
( 4:7
adrellées
nous IMM.ds
39 Ce Tonrics lettres
les réponfes.
de
sFRe
&
Marbots,
3) Chilleas,
M
de nous al23
qu'ayant demandt
a2
33 Elles démontrent
renvoye Tat
dela Mastien
DULE
3> fembler. 21 le Minitre
2 FAffembiée Nationale 1(36)
DA ? faite 4 10 de nous J 1IO
Jantanrirles Ordress U
( 4:7
adrellées
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&
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3) Chilleas,
M
de nous al23
qu'ayant demandt
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33 Elles démontrent
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dela Mastien
DULE
3> fembler. 21 le Minitre
2 FAffembiée Nationale 1(36)
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Jantanrirles Ordress U dit-on,
sb Elle 1 vient en5tesiee a une Compesatin de" d-p4
permetre
forme
peur-elle -
eft (mople: Une, Rotyelle
La
ter? a
Rejarfe
maTAf
Heecthnstcifhsanenand AUSIELO 33 201
de convocation Nationale E
n'eut jamais intention de Sllet don-
"lembléc
effet
ni de priver
un
L
réttondif,
C ner 109 i fes décrets
o0 9U2 mille individus,
du droit
quaranre 9119) MES
-
rderepréfentation
103! 19
Yac259 dont la tinidité n'a ofé faire a retentir -
plutôr nursD
de la. douleur.
DI
S11 cent L
1E 2
les
dans
Arcales, alisas,
TO4
Mais,, ajoutent -
- .e00 futures nous ferons droit CC
fur les
201 blées - - a a
100,,
eut valu livrer
C
des
de couleur. Autant 18
gens e
les doléances des
décilion des
les
D2
noure
RE
Les
les obligations, Sng
Communes
Lrar
droits à
des faugrmcles Yont actuels.
E
morif Mellieurs les Députés ColoPar quel
faire
donc tant d'efforts OY
pour
niaux Reseil -
Leurs intérets font
échouer ceux des fang-nble VI
Alors
-
P 2031 ou divers font-ils les mèmes?
identiqués
defitoient
les Députés des Iles qui
ap
Mellieurs
nombreufe a
que celle quils ont
une depuration plus être Aattés de la à voir teuforcer
obtenue, doivent
ont actuels.
E
morif Mellieurs les Députés ColoPar quel
faire
donc tant d'efforts OY
pour
niaux Reseil -
Leurs intérets font
échouer ceux des fang-nble VI
Alors
-
P 2031 ou divers font-ils les mèmes?
identiqués
defitoient
les Députés des Iles qui
ap
Mellieurs
nombreufe a
que celle quils ont
une depuration plus être Aattés de la à voir teuforcer
obtenue, doivent --- Page 122 ---
par Padmifion des 4: )
lent affurera une influence Députés de coulear, ce qui
Jes délibérations de I'Alfemblée. plus pondérante dans
tCreIs différent on fe croifent, Mais f leurs infang-melés puiffent élever la > ileft jalte que les
blée
voix dans l'AifemNationale, & faire valoir
Comité de vérification,
lenrs droirs, Au
Taffaire. des gens de
actuellement invefli de
foir, Jeudi 3
couleur, & à l féance du
les Députés Disenbre,7a propofé a Melleurs
refté fans réponfe: coloniaux, LL cet argument 2 qui eft
Quel doit être le
En
m a nombre des Dépatés
difcarant cette
decouleur?
de la triple bafe queftion, déctétée nous (1 ne partirons pas
puilque la population feule Par T'Afemblée >
pour déterminer' cclle
a fervi de mefuire
pendant il n'eft
des Colons blancs. Cefang mélés
inurile dobferver
font a plas
D
les
au fol
grand
-
par leur
nombre, E
mnit
propriétés; do goûr. leurs occupations, leurs
rélident
que beahcoup de
hors de TINe; que
a Propriétaires 29D blancs
beaucoup de
Earnile 1ost
autres ily a
de a pécheurs, psseullanodicemosie,d valgairement
de caboteurs,
Cesp derniers four fouvent n des nommés 29, Xies Freres la Côte.
aux ennemis l'accès de
traitres IO qui facilitent
"ille en
a
r quien touttems engagent les efclaves tems de guerre, &
351 acheter -U i
d'eux a vil prix.
à voler pour
Beaucoup daventuriers
D blancs
beaucoup de
Earnile 1ost
autres ily a
de a pécheurs, psseullanodicemosie,d valgairement
de caboteurs,
Cesp derniers four fouvent n des nommés 29, Xies Freres la Côte.
aux ennemis l'accès de
traitres IO qui facilitent
"ille en
a
r quien touttems engagent les efclaves tems de guerre, &
351 acheter -U i
d'eux a vil prix.
à voler pour
Beaucoup daventuriers --- Page 123 ---
(4) font des Blancs fans
arrivent dans les 1iles,
qui talens & fans relfaurces
a
d'offrit
Les gens de couleut fe font empretles
de
ala Nationlequass de leurs aenennerdutipisa den outre, un
des Colonie)
fix millions, (argent
partie de leurs
saurionmemest de la cinquantieme
&
zele patriorique,
biens.Les Blancs ont palilléce les Gang-mntles?
démenti le calcul. Que répondent eft d'enviton
total de Sc-Domingne
>2 Le revenu, millions, nous en pollédons prèsda
2 cent vinge
s'éleve à la fomme offerte.
23 quart, dont le quart TAlfemblée de Ratuer fur ngP Nous conjurons
de jnous partitont ey-
> tre fort, quelques-uns dans les illes réalifer Vofrande
aller
2 fuite pour faifons fur TAurel de la patries, les
5 que nous
fugiles. biens de
auttes refteront en Orage,
ih
on-alleoira Thyporheque, > * bVE
SP tous
brochure qui vient de PASi T'on en croit une
aSn-1 Domingue
roitre (27), il yavoir en 1787 Vers le même rems
335632 individus sde couleur, mille à la Martinipnen comptoit enviton cing
deux: mille à
sique, quarre mille àla Gasdeloupe,d un peu moins
Sve.-Lucie, quarte cens à Tabago $
l'acMarie-Galante; ; mais depuis cette époque,
sà
de cette claffe eft fenfible,
25 eroiffement progreilif citée', la rareté des femmes
par la raifon déja
à Sr,-Doblanches; l'on allure quecusilsenc moins aufli nommingue, les fang-môlés font au
cing
deux: mille à
sique, quarre mille àla Gasdeloupe,d un peu moins
Sve.-Lucie, quarte cens à Tabago $
l'acMarie-Galante; ; mais depuis cette époque,
sà
de cette claffe eft fenfible,
25 eroiffement progreilif citée', la rareté des femmes
par la raifon déja
à Sr,-Doblanches; l'on allure quecusilsenc moins aufli nommingue, les fang-môlés font au --- Page 124 ---
"breux que les Blinics, Ctuxt 44
6AP
tans à l'Affemblée Nationale
dig Reptéfenferoitice
demander sb
cing pour - les geiis de "couleur trop ?
d'en
Mais ici l'on' 'm'arrète poitr contefter'la
"des fang-mcled
mifion
211 Sont-11s
rélidens à Paris, - noulim xrt
Francois e Proprianires
des ticres qui leur affurent Cette
Tlexhibent
Se Sont-t1s libresel
double qualiré. d
L'efelavage elt un atféntat Prouvezigushe-he le font pas;
'me, &"la liberré fe
fur le droir de PhomHlusy ilsda eertiorent préfame ronjoursiy Au furpatr leurs lettres
parleorstelations fociales,
"dit Meffienrs desorrerfuhdiantcer Erqu'auroiene
-d'eux dest preuveside lewDéputés blanes; fi ont éut exigé
21a blanichent n'cl
éette nature PUe car enfin,
qu'un ligne
Squefois dès la feconde
équivoque. Quelfolument lavé;
génération, lel teinteft abtromper fur un Pplus fortet raifon peut - on fe
Tieiceronytat
encore efclave. tBer 19 Hiovs Mamelouc, &c.
20 Une 4flembtée viguliere
#20)
searadins-ligat 11 mne
leura-i-ette conferé un
EDéparésBlanes des Colonies femble-qae Ohe Meflieuts les
aque porfonne decte olrigides fur les moinsde formes droit
-lucs par la loia
vou-
&
Iaidépuration doit être intégrale
diredlo,woila ler princirel mais il admer des
moliltemlonrhepof.em
2 par laraifon. Quand une parlanécefité &cavonées
-mod es aniota UE
Portion-nombrenfe &
-ette conferé un
EDéparésBlanes des Colonies femble-qae Ohe Meflieuts les
aque porfonne decte olrigides fur les moinsde formes droit
-lucs par la loia
vou-
&
Iaidépuration doit être intégrale
diredlo,woila ler princirel mais il admer des
moliltemlonrhepof.em
2 par laraifon. Quand une parlanécefité &cavonées
-mod es aniota UE
Portion-nombrenfe & --- Page 125 ---
fouffrante de
(45)
ciroyens, fe trouvent Spndités dans
limpollibilité d'émertre un vacu, leur
vous l'abfence des formalités qu'ils n'ont impaterez- d
plir, & leurs Peines feront elles a A pu.rgm remrefus d'en entendre le récit ? Telle Aogtarees eft
par le
des
29 - la Polition
s'aflembler fang-muclés F 51 que nous ayons dit n'avoir
dans Jes Mles. Une 890 centaine
gr'eux fe font réunis
< 916
au
APatis,
les Chefs de la ville &
aprés avoir t prévent
blancs,
dépuré vers les colons
des
Pour Préparer les voies au
intéréts & L des cceurs.
fapprochement DC - 5
Nombre de lettres, écrires
9b FT
coulenr des Coloniés & des villes par - des a gens mos de
annoncent une adhélion, contiennent maritimer, leurs goo
leances, & donnens à ces
9000 dc- Us
de mandat
Dépurés une. forte
Ils
que votre juftice acsucillera fans 201
doivent donc, a linftar des
-
doute, 13
loniaux, être
01 autres Dépaterco
fanf. a
adhbiss au moins.
Tont
ordonner une nouvelle pronifoiermien. A
rale de tous les colons libres, convocation géné. 2001
mélés, réunis far l ligne
Blancs & fangey a
Je propofe A Allemblée delégalité 11 pariaite 19 (+7).
Les gens de couleur de
le décret ars
fuivant. 200
autres Colonies
SunsDomingns . 5
& dles:
Frmangoifessy 3 gompris. les
TIDI
libres, font declarés
D Negres -
du
- citoyens dans 1091
rermca. en tour
toure/ctendae nnos 85
InE allimilés S aux
sap
féquences ils Peuvent exercer tous blanssen les J a - contiers, émigrer, des Hles,
NOS
arts & m6my
les
iepwepet à ugs Ecoles Par
omingns . 5
& dles:
Frmangoifessy 3 gompris. les
TIDI
libres, font declarés
D Negres -
du
- citoyens dans 1091
rermca. en tour
toure/ctendae nnos 85
InE allimilés S aux
sap
féquences ils Peuvent exercer tous blanssen les J a - contiers, émigrer, des Hles,
NOS
arts & m6my
les
iepwepet à ugs Ecoles Par --- Page 126 ---
(46)
bliques, & alpirer à tous les
ques, civils & militaires.
emplois eccléfialtil
Les Compagnies de Volontaires
Blancs, feront incorporées.
fang-mélés &
Les fang-mélés ne feront le fervice de
que d'après des réglemens
piquer
à Tarbitaire, &
qui ne laifferont rien
Les maitres conjointement avec les Blancs,
fans rien
Pourtont affranchir leurs efclaves
payer, les efclaves
ter en payant feulement leur pourront fe racheregitre de Taffranchifement, maitre, On tiendra
tèmes, mariages &
ainfi que des bapLe
fepuleures des Negres.
concubinage fera puni. Si une
au monde un enfant naturel de
Negreilemer
fant fera
couleur, fon enaffranchi, & G le
fera condamné, fuivant la
pere eft cohnu, 3 il
fucre,
loi, à 2000
pour faire un for: l'enfant.
livres de
Les Articles 57 & 52 de l'Edir de
ront exécutés; tous Edits &
1685, fe
res au ptéfent décret, font Déclarations contraiDéfenfes de
abrogés.
reprocher aux
gine, fous peine d'ètre
fang-mèlés lear ori-'
injures graves,
pourfuivi comme pour
Les Curés font invités a ufer de tour le
que leur donne leur miniftere
crédie
jugé, concourir à l'exécution pour effacer le pré.
Les gens de conleur
du préfent décret.
cinq
réunis a Paris, choilirone'
Députés, qui , après vérification de leurs' --- Page 127 ---
(47)
ainfi que les autres Dépatés
pouvoirs, auront >
à T'Atlemblée NaColoniaux, féance provifoire
dans les
tionale, jufqu'a ce que l'on' ait prorédé Affemblées
éleétions par des
Ifles à de nouvelles
libres, conformé
régulieres de tous les ciroyens
Nationale
que l'Affemblée
ment aux Réglemens
fera fur cet objer.
heureufement dérruite dans lecontie
La féodalité
fous une autre
s'étoit reproduite
nent François,
mais la perfévérance
forme dans nos Colonies 3
les extirper,
des abus elt un motif de plus pont
la raifon plane fur lés pretenz
1l eft tems que
la
& de l'opntions orgueilleufes de
grandeur diltinctions ariliftoutes les
lence : effaçons
que la Religion
fantes que la nature réprouve, doivent être la feule
proferit rlevice & la vertu
comme
mefure de la confidération pablique, homme.
la feule mefure des droits des
légalicé
vivre libre eft tout, & cette liVivre n'eft rien,
François font allés planberté, que des guertiers
feroit-elle
ter dans les champs de T'Amérique.,
étrangere à nos Mles? Non, Mellieurs, quarante
individus libres par la loi, mais aflervis par
mille
vous dedécrets dérogatoires & par les préjugés, fera un a
Thumanité,ce
vront leur bonheur: pour
de
triomphe de plus & pour vous un titre
plus
Dato
à la gloire.
n'eft rien,
François font allés planberté, que des guertiers
feroit-elle
ter dans les champs de T'Amérique.,
étrangere à nos Mles? Non, Mellieurs, quarante
individus libres par la loi, mais aflervis par
mille
vous dedécrets dérogatoires & par les préjugés, fera un a
Thumanité,ce
vront leur bonheur: pour
de
triomphe de plus & pour vous un titre
plus
Dato
à la gloire. --- Page 128 ---
NOTES xocinolo
coV.
- R01O
ailovoon sb
a
Confidérations fur l'état préfent de, la Colonio.
françoife de St-Domingue, par M. H. D.,L. (Hilliard
d'Aubercuil.) Paris 1777. T. 1, page 350.
(2) V. lc code noir 2 Edit de 1685, articles 39 &
(3). Les dénominations gens de
52 53.
inlignifiantes, puifqu'elles
coulear.Jang-melte, font
Blanes libres , aux Negres peuvent également sappliquer aux
Hles, Pufagea reftreint efclaves, &cesmais dans nos
intermédiaise,
l'acception de ces.mots à la clafle
fonches.
dont les individus Blancs & Noirs, font les,
En voici les ramificacions :
sur Lc Malacre produit Par l'union du Blanc avec 20091 la
As
ou.du Negre avec la Blanche.
Négrelle,
Ie Grif,
quelquefois nomme Cabre,
lrre avec la
produit par le Mu
Négrefle, 3 ou, &c. stnnn
sLe Marabou produir par le Grif avecv la
ouskc
bun iduq -
Négrellev)
Le Carteron produit par le Blanc avec la
ou, &c.
Mulitreffe,
Lc Tierceron
le
vI
a
produit par Blanc
ou, 8cc.
10 te
avecla Carteronne,
Le Métis produit par le Blanc avec la
ou, 8ci
sM
Tiereeronney
Lc Mamalous ptoduir parle Blanc avec 25l1l la
Quelqeefois dés la feconde
Métive,ou, &CCHI
& l'individu cft
génération, le teint s'éclaircity
parfattement blanc.
"45 Cetté Pedtaate &
font conlighet dans WPLoik prefquie toutes les" fitivantes,
& Congiinians des Colonics
paogolesp
is produit par le Blanc avec la
ou, 8ci
sM
Tiereeronney
Lc Mamalous ptoduir parle Blanc avec 25l1l la
Quelqeefois dés la feconde
Métive,ou, &CCHI
& l'individu cft
génération, le teint s'éclaircity
parfattement blanc.
"45 Cetté Pedtaate &
font conlighet dans WPLoik prefquie toutes les" fitivantes,
& Congiinians des Colonics
paogolesp --- Page 129 ---
(49 )
frangoifes, &c. S vol. in-49., par M. Moreau de Saint
Mery, Député de la' Martinique, Videpafim.
(5) Obfervations importantes fur la décadence
mherce maritime
du comfrançois aux Colonies, par M. le
lier des Landes, Pag. 16:
Cheva-
(6) Le Médecin de Pas, Juif, a été Confeiller auf
du Port au Prince, Il a laiffé à fa mort des biens confidéra- Confeil
bles dans la Bande du fud. G abriel de Pas, un de fes neveux, a 6Commandant des Milices ; c'eft un autre
neveu du Médecin, qui a été Marguillier de la Paroifle petitd'Aquin. La famille de Pas eft confidérée à St.-
(7) V. Loix & ConRitutions des Colonies. Domingue.
(8)
T.5-p. 356.
Confitérations, &c. T. P. 73 & fuivantes.
(9) V. Affiches améticaines de 1770. On prétend
P'Autenr de cette affreufe
que
affertion, a fait retirer, autari
qu'il a pu, les exemplaires de ces affiches.
(10): Obfervations importantes. P. 24.
(II) Les gens de coulcur apprendront fans doute avec
reconnoiffance, l'ardeur qu'onr apportée à la défenfe
leur caufe, Meflieurs Joli,
de
bres
Raimond, & lcs autres Memqui ont foufcrit leur requéte à l'Aifemblée Nationale,
(12) Macanda, Chef des Nègres marrons,
autres efclaves
> & quelques
5 firent ufage de poifon pour fervir leur
vengeance particuliere. Ce crime obtint un châriment
rité. Mais faur 7 il brûler fans miféricorde, fans
méquelquefois méme fans indice, tout Negre accufé preuve, de
fon? C'eft far quoi (e récrie l"Auteur des confidérations PoiSt.-Domingue. T. 1. P. 138,
fur
(13) Confidérations, &c. T.2.p.75 & fuiv.
(14) Le préjugé exifte cependant au royaume
Phommede couleur n'y peut s'afleoir dévant les Blancs, d'angolas dont
l'orgucil & la lubricité interdifent aux mulatreffes
tout haD
, de
fon? C'eft far quoi (e récrie l"Auteur des confidérations PoiSt.-Domingue. T. 1. P. 138,
fur
(13) Confidérations, &c. T.2.p.75 & fuiv.
(14) Le préjugé exifte cependant au royaume
Phommede couleur n'y peut s'afleoir dévant les Blancs, d'angolas dont
l'orgucil & la lubricité interdifent aux mulatreffes
tout haD --- Page 130 ---
(50)
d'une
V. Hiftoire des
billement, & même lufage
pagne.
Voyages, par Prévôt, édit. in-4. T.4 & S.
avec
Dit M. T'Abbé de Cournand, qui a déja plaidé
(rs)
des
ainfi que M. de Mirabeau,
fuccès la caufe
fang-mélés,
dans fon courier de Provence.
Ocxmelin, qui, luiV. Hilt. des Flibuftiers, par
(16). fur vendu. Hift. de St.-Doiningue, par Charlevoix.
mémc
du Tertre, Labat, &c.
Hift. des Antilles, par
(17) Oexmelin. T. I. P.49- libres, &c. P. I.
(18). Réclamations des Negres
adreffées à la France
(19) V. les réflexions fommaires, M. Laboric. Pag. I3
& à la Colonie de St-Domingue, par
& 14.
r'eftimable M. Clarkfon, Auteur
(20) Je cite mon garant,
de la traite des Negres.
de rEfaifurles avantages politiques Mulâtres.
(21) V. Encyclopédie, article
Réflexions fommaires, &c. P.11.
(22)
déclara, qu'a l'avenir tous
(23) En 1755x le Portugal forcés de la Couronne fcroient ciles fujets volontaires ou
du terme, Si cet édit bienfaifant
toyens dans toute T'étendue
avoit lieu d'en
n'a pas produit au Bréfil tous les fruits d'une qu'on, main on a déattendre, c'eft parce qu'en édifiant linduftries on n'a point
truit de l'autre; on n'a pas ftimulé
excitoyens, un privilége
alligné de terres aux nouveaux
clufif a frappéle commerce, &c.
Bordeaux, Rheims,
(24) Plufieurs villes, le Havre, Nationale des mé
Carcaffonne, ont envoyé a T'Affembléc
Il cft
empécher la (upprellion de Tefclavage.
moires pour
Thumanité foit fi fouvent obligée de
bien malheureux que
&c lintérêt. Qnand nous agitecompofer avec la politique
Tavantage de la
rons, cette quelliona il fcra prouvé que
appéle commerce, &c.
Bordeaux, Rheims,
(24) Plufieurs villes, le Havre, Nationale des mé
Carcaffonne, ont envoyé a T'Affembléc
Il cft
empécher la (upprellion de Tefclavage.
moires pour
Thumanité foit fi fouvent obligée de
bien malheureux que
&c lintérêt. Qnand nous agitecompofer avec la politique
Tavantage de la
rons, cette quelliona il fcra prouvé que --- Page 131 ---
(5)
comme celui des
Méropole, des Colonies, des planteurs révolution. On
efclaves, eft d'amener graduellement cette accordées aux
fupprimer les primes
pourroit commencer par la traite, &cc. On craint lc (ouvaiffeaux négriers, enfuite
pas celui
levement des Nègres, & comment ne craint-on
opéreroit un foulevément général?
des gens de couleur , qui
fuis convaincu que l'intérét de
Plus j'y réféchis, &c plus je
des droits les (ang-méa
tous eft de rapprocher par Tégaliré
lés & les Blancs.
des Colonics, par M. Mo-
(:5) V. Loix & Conflitutions
donc M. de Thebaurcau de Saint- Mery, &c. Comment
dirc,
dieres, qui a été Procureur-Général au Cap. peut-ilnous ont tou-
&cc.p. 18.) que les (ang - mélés
(vues générales, de Tédit de 1685, des droits communs
jours joui, en vertu
lui produit ving: décrers,
a tous les citoyens, tandis qu'on
le contraire? A la
démonftrarivement
& plus, qui prouvent
contens d'être nos éraux, ils
page fuivante,. on lit. 3> Non
5 Sans
veulent devenir nos fupéricurs.
3 (les fang-melés)
Il demande (P. 20.) G
doute, il en produira les preuves.
les
chez les Romains il y cût des affranchis parmi
jamais
&cc. Il eft moins queftion de ce qui
Sénateurs , les Tribuns, faut faire. Mais il voudra bien
s'eft fait que de ce qu'il
en ce qu'il fuppole
fon raifonnementeronle,
remarquerque de couleur font affranchis, tandis que les
que tous les gens
Allemblées font
neuf dixiemes font ingénus. De nouvelles
àla Maraéhuellement
convoquées, & fe tiennent peut-étre
les fang- mélés
tinique & à St-Domingue. Dira-t-on que les exclut
alfifter,
que la loi ne
pas?
ont droit d'y
parce
ils n'oferoient s'y
les en élimine;
Un préjugé impéricux
dire
les Juifs d'Alface ou
préfenter. Antant vaudroit
que
la loi ne
de Metz font admis aux Affemblécs, parce que
prononce pas leur cxclufion? --- Page 132 ---
(16) Les pieces originales font entre les mains de M. de
la Luzerne, qui m'a remis des copics collationnées, je les
ai dépofées au Comité de vérification.
(27) V. Appsoritionnemens de St.-Domingue, P.6.
P.S.Lc fervice de piquet avoit été aboli par M. de la
Luzerne, on m'affure que depuis on a rérabli cette vexation,
Je m'étois propofé d'examiner l'utilité politique des Colonies, relativement à la Métropole. Un de mes amis,
M. Voidel, Député de Sarguemines, fe charge de cctte
tacheyle public y gagnera.
FIN
de vérification.
(27) V. Appsoritionnemens de St.-Domingue, P.6.
P.S.Lc fervice de piquet avoit été aboli par M. de la
Luzerne, on m'affure que depuis on a rérabli cette vexation,
Je m'étois propofé d'examiner l'utilité politique des Colonies, relativement à la Métropole. Un de mes amis,
M. Voidel, Député de Sarguemines, fe charge de cctte
tacheyle public y gagnera.
FIN --- Page 133 ---
OBSERVATIONS
D'UN Habitant des Colonies,
3 fir le
Mémoire en faveur des GENS DE
COULEUR, ouL SANG-MELES,
de St-Domingue & des autres Iles
Frangoifes de PAmérique, adrefé à
P'ASSENBLÉE
M.
NATIONALE,par
Grégoire, 3 Curé d'Emberménil,
Député de Lorraine.
M. L'ABBÉ GRÉGOIRE, Curé d'Emberménil, Député de Lorraine, a cru que les
préceptes évangéliques lui prefcrivoient
d'écrire pour les Gens de couleur des
Colonies, &c fa plume, animée d'une
fainte indignation, a tracé leur panégyrique.
Deux queftions s'offrent à la penfée,
lorfqu'on fait que M. le Curé
eft Membre du Comité de vérification Grégoire
des pouvoirs à l'Aflemblée
la première,s'il eft convenable Nationale; & décent
que celui qui eft chargé de l'examen
A --- Page 134 ---
d'une
L1
réclamation; 3 & des titres
on veut l'autorifer,fe hâte
dont
avant le rapport, une apologie d'imptimer, du
qu'il efb chargé d'éclaircir? La
poinc
s'il eft bien delicar
ce
feconde,
Comité de vérification que
Membre du
des
prenne dans des Mémoires pouvoirs, a
"ceux qui viennent S'y faire
faits par
ratoirement, les marériaux
prépafans, 1
MeT
gie,
s'embaraffer s'il eft
Tapolonon, & fans avoir les'moindres trompé ou
durles lieux dontilaffecte de
notions
talfurance? Il paroic
la parler avec
de M. Grégoire n'a que de confcience
qui décèlent peut-être point
ces doutes,
d'ame; il faut donc le fuivre une dans foiblefle fon
plaidoyer, & oublier qu'il étoit
M. le Curé, s'adrellant à l'Aflemblée Juge,
Nationale, débute par cette
de M. Hilliard d'Auberteuil: phrale,tirée En
3 iZ ry a autant d'abus
aucun St-.
3 1
PLeE Certainement
qua
aux Reprefentans de la Nation loriqu'on Fran- dit
Sols,ademblendepuis réformer
plus de fix mois,
infiniment pour
des abus, & qui font
dernier,
cloignés d'avoir atteint le
plus
quilelt un liea our il y en a
quailleurs, ,
on leur offre un vafte
champ, une étendue dont l'immenfité
ée En
3 iZ ry a autant d'abus
aucun St-.
3 1
PLeE Certainement
qua
aux Reprefentans de la Nation loriqu'on Fran- dit
Sols,ademblendepuis réformer
plus de fix mois,
infiniment pour
des abus, & qui font
dernier,
cloignés d'avoir atteint le
plus
quilelt un liea our il y en a
quailleurs, ,
on leur offre un vafte
champ, une étendue dont l'immenfité --- Page 135 ---
pourroit effrayer 1311
exercée; mais, avec Timagination des
la plus
M. Grégoire,il faut delirer génies les tels que
pour avoir la gloire de les vaincre. difficultés
Jorfqu'aprés sètre demandé (
Et,
par quelle fatalité les abus
pag. I.)
tans furent soujours les les plus révolfinit fon Mémoire
plus tenaces ? il
Déeret.qui
par le projer d'um
ner un qu'il Noit/arir-chumpene dénonce
déraciel c'eft que rien comme ne doir érant deice
PESS foudroyante
réfilter à
La feodalité, logique de M le Curé.
dhit-il,
pénétré dans nOs Colonies, 2,niapas
receloient fans doute un regret, exprellions
qu'alors.M. Grégoire fep
Parce
de
promettoit moins
triomphe; 3 mais, graces aux
qu'il a trouvés dans des Mémoires fecouts
on lui parlera
dont
47): La rout--Theure, fiodalité, il a pu dire
dans le
EE
heurcafement
Continent Frangois, s'éwit
reproduitesfoux Colonics.
une autre forme, dans nOS
Laiflons cette petite
TrRE recevoir une leçon-de contradicion, M. le Curé.
fache (
48)de ce
preffions, S gens ME couleur &
les exfone
it
iligoafaner. parce qu'elles peuvent
souememtoppisur aux Blancs libres G
A2 --- Page 136 ---
aux Negres efelaves. [4] Nous
diberté de remontrer à
prendrons la
T'erreur pourroit être commife notre Curé,que à Emberménil, ou fans doute la
du
Pafteur n'appartient pas perfpicacité à tous,
qu'aux Colonies, ou lon
3 mais
ce qui l'eft, & Gens de couleur appelle Blanc
8 ne lelt pas, on s'entend à merveille. tout ce
diftingue enfuite les nuances
noms ditférens, &c la liberté ou par des
vage
les mots
lefclaT2ELIEr
libres,efranchis, ou
Pour réfoudre les queftions
la réclamation des Gens de couleur que offre à
lefprit de M. le Curé, il croit
examiner préalablement
devoir
dans nos Colonies.
ce qu'ils font
Selon lui, ils fupportent plus
Blancs toutes les charges de la que les
ce qui fe prouve, d'après fon Sociérés
de plufieurs manières.
opinion,
I°, Ils font feuls le
de
chaufée. lleft bon -
fervice
la Maré.
que, dans la plupart quel'on des
fache d'abord
point de Maréchaullee; Colonies, il n'y a
cette Maréchaulce,ol elle qu'au furplus,
des Blancs; que les Gens de exifte, aufi
font bien payés; & que ce qui les couleur y
encore plus,c'eft, d'une
y attire
part, l'agrémient
opinion,
I°, Ils font feuls le
de
chaufée. lleft bon -
fervice
la Maré.
que, dans la plupart quel'on des
fache d'abord
point de Maréchaullee; Colonies, il n'y a
cette Maréchaulce,ol elle qu'au furplus,
des Blancs; que les Gens de exifte, aufi
font bien payés; & que ce qui les couleur y
encore plus,c'eft, d'une
y attire
part, l'agrémient --- Page 137 ---
d'aller à cheval, ce 15t. qui eft le bonheur
lautre, faprème la pour un Mulicre libre, & de
forme
part dans les
un objet confidérable. captures, qui
Icile Curé nous raconte
de couleur ne
que les Gens,
tous leurs devoirs peuvent dans cependant remplic
crainte qui les porte
ce Herviceper la
Negres, dont les Maitres apallier les délits des
roient les capuureurs du poids blancs de leur accablegeance.
venNous ne pouvons nous
en cet endroit une empécher de
Ma les Leéteurs
perite confiEn
ont befoin.
homme 1785, de
un nommé Raymond,
d'Aquin,à couleur, libre, du Quartier
en France, S-Domingue,qur &c à quila fortune a été élevé
féjour dans le voifinage
& un long
ont donné des idéés
d'Angoulème
des individus de fa fupérieures à celles.
fieurs Mémoires
claffe, fit faire
couleur. Il les
en faveur des Gens plu- de
de Caftries, alors adreffa à M. le Maréchal
ayant le
Miniftre de la Marine,
les
département des
envoya aux Adminiftrateurs Colonics.qui de StDomingue point.
s en. les confultant fur ce
qu'il s'étoit Raymond,n n'ayant pas eu le fuccès
promis, a jugé
les cirorie --- Page 138 ---
- 16]
conflances actuelles pourroient etre plus
favorables; & fes Mémoires,o
ment deftinés à refter fecrers, originaire- font C
venus à M. le Curé
par-.
les a copiés dans tout d'Embesmenil,qui ce qui fert de
à fon Mémoirei imprimé, Voila
bale
M. le Curé auroit
à ceux comment qui font
aufli inftruits que IRTAS très-favant fur les
Colonies, fi nous n'avions connu cette
petite fouree ou ila puifé avec une confiance quilhonore.
C'eff là qu'il a pris C notes du
Mémoire de Raymond ) le fait premier de la
Maréchaufféez Mais, ce
ne s'y lit
poinr,c'eft que ce fervice 2 Maréchauffée eft un des moyens d'acquérir l'affranchiflement ; c'elt que les cavaliers de
Maréchaullee, Colonies
quiconque a été aux
l'atteftera 3 vexent
ment les Efclaves, 8E ne fe font étrange- pas de
fcrupule de déchirer les billets
ont
de leurs
qu'ils
les
Maieresspour avoir le droit de
mettre en Prilon, ou le captureur reçoit 4 liv., monnoie de France, , pour fa
prévarication, fans préjudice de ce qu'ila
Pu confifquer fur le malheureux qu'il a
conduit, lié & garorté; ; c'eft ce que
prouve notamment un Arrêt du Confeil
du Cap,du 14 Mars 1780,
fcrupule de déchirer les billets
ont
de leurs
qu'ils
les
Maieresspour avoir le droit de
mettre en Prilon, ou le captureur reçoit 4 liv., monnoie de France, , pour fa
prévarication, fans préjudice de ce qu'ila
Pu confifquer fur le malheureux qu'il a
conduit, lié & garorté; ; c'eft ce que
prouve notamment un Arrêt du Confeil
du Cap,du 14 Mars 1780, --- Page 139 ---
20, Tous leshommes de couleur, pourfuie
le Curé, étoient encore) foumis,aly apeu,
à la confeription militaire. Ils devoient
fervir zous les trois ans, jefaurafbisane. 9
d'une
Alappui de cela, vient l'anecdore France
Mulatrelle, dontle fils, arrivé de
confoler/a douleur, eft obligé de s'ar
pour
de revenir
racher a fes embraflemens, 3 &
liberté
chercher dans la Métropole une
Pa
qu'il ne trouve pas fous Phorifon qui
VI naitre.
tirés du troi
J La plainte & l'anecdote,
n'ont trait
fième Mémoire de Raymond,
Orqu'à Saint-Domingue, & qu'à une
donnance, du 26 Mai 1780, qui avoit
objet la formation de 5 Compagnies -
EC Gens de couleur, fous le titre de
Chaffeurs Royaux. Ceux quiatreindroient devoient être
déformais l'age de 16 ans, Les Gens de
un an dans ces Compagnies.
étoient
couleur, libres à cette époque, hommes
tenus d'y fervirtrois mois, 8cles
mariés, & ceux en état d'avoir un cheval,
étoient difpenfés de ce fervice, moins de
de cas forcés : cela eft bien loin
reflemblerà une obligation qui devoit fe
renouveller tous les 3 ans, depuis 16
jufqu'a 60. Mais Raymond avoit befoin
de ce tableau du fils arraché à fa mere,
A4 --- Page 140 ---
[81.
& M. Grégoire, une fois décidé à
dre Raymond pour fon oracle, il pren- n'a
pas dû balancer ; d'ailleurs c'eft un
mouvement à
oratoire qui donne de l'ame
un écrit. Il eft
Ordonnance ait été dommage fans
que cette
on auroit vu bien des mères exécution, car
dont M. le Curé auroit eu larmoyantes, à
la
douleur: Il refte tout bonnement confoler
vérité qu'on n'a pas dite,c'eft
une
les
que, dans
Colonies, tout individu libre,
OLL de couleur, eft tenu de fervir dans blanc la
milice, depuis 15 jufqu'à 55 ans.
3°. Vientle détaildu fervice
obligeant durant une femaine depiquer,
un chevalhamaché. Puis les doléances fur fix, avec
le déplacement, la dépenfe, la vexa- fur
tion, &c. &c. 8cc.
Ce fait, qui eft répété au troifième &
au quatrième Mémoire de Raymond, a
peu coûté à M. le Curé, auquel nous rélieud pondons quele fervice de piquer n'a
dans trouxeslesColoniess
out on l'employe, c'eft le
en
tems de guerre, &
plus
DEE
celui des milices qu'alors il remplace
même
; que c'eft de ceux
qui ile font, qu'elt venue la convention de fournir une femaine, au lieu
de changer chaque jour ; que le tour de
&
au quatrième Mémoire de Raymond, a
peu coûté à M. le Curé, auquel nous rélieud pondons quele fervice de piquer n'a
dans trouxeslesColoniess
out on l'employe, c'eft le
en
tems de guerre, &
plus
DEE
celui des milices qu'alors il remplace
même
; que c'eft de ceux
qui ile font, qu'elt venue la convention de fournir une femaine, au lieu
de changer chaque jour ; que le tour de --- Page 141 ---
chacun revient à peine 191 ] de 15 en 15 mois,
érant plus fou-
& qu'enfin cette l'autorité fujetion des Commanvent un abus de chofe utile, les Colons
dans, qu'une
fàt, ou dévérroient avec plailir qu'elle d'une manière qui
truite, ou remplacée les Gens de couleur.
ne grevàt
défendu certains métiers
Ona, Eair
exemple,
aux gens de couleur lieu ; par
une
Torfévrerie: cela n'a
que pour & depuis
partie de Saint- Domingue, fe
1780, feulement. Cela peur changer,
& les Colons de cette Ifle ne fe qu'ils préfenteront
plus
s'y oppofer
folliciter.
l'ont
Petd
ne
A pour
Quant à la médecine &c àla chirurgie,
autre
Dans un pays d'el
c'eft un ou les point. crimes occultes font
claves, fréquens, il doit être permis d'employer,
à cet
une circonfpeclion ainfi qui
éloigne N ces profellions, pour
dire privées de furveillance aux Colonies, Les homde nouveaux fujets d'alarmes dificilement
mes de couleur refuferoient des rapports
à des efclaves, avecletquels uniroient, une conhance
de parenté les
deviendroient fouvent
dont eux-mêmes
les viétimes.
à'ces deux
C'eft aflez pour répondre --- Page 142 ---
[Io]
de reproches encore copiés du 30 Mémoire
Raymond.
Sur la défenfe de porter des noms
Européens, & Tinjonction d'en prendre
d'Africains, donné
M. Grégoire dit : On m'a
deux morifs de ce Décret 5 & ces
motifs, il les copie comme
dans la deuxième note du T'argument quatrième
Mémoire de Raymond.
Quoiqu'en dile le Palleur d'Emberménil, foient
veut que tous les individus
a la même ligne, il faut
convienne d'abord que la Loi
qu'il
qui ne donne point de nom de civile,
à des bâtards Blancs, n'en fauroit famille
à des bâtards d'une autre
donner
Par conféquent, que les nuance, &
dont plus des9 dixièmes font Affranchis,
ne peuvent en avoir 5
même illégitimes, ceux
qui feroient iflus d'une
de
eniae
Gens de couleur ne peuvent avoir légitime de
noms de famille, puifque l'eiclave dont
ils defcendent n'en a pas de
& qu'enfin s'ils avoient un femblables nom de famille, il feroit à coup-sûr Africain.
Au furplus, lOrdonnance de
dont il s'agit, n'a été faite
Saint-Domingue. Elle ne défend que pour de
prendre ele nom d'aucune famille blanche que
qui feroient iflus d'une
de
eniae
Gens de couleur ne peuvent avoir légitime de
noms de famille, puifque l'eiclave dont
ils defcendent n'en a pas de
& qu'enfin s'ils avoient un femblables nom de famille, il feroit à coup-sûr Africain.
Au furplus, lOrdonnance de
dont il s'agit, n'a été faite
Saint-Domingue. Elle ne défend que pour de
prendre ele nom d'aucune famille blanche que --- Page 143 ---
fnl
fur
de la Colonic, & elle ne porte
forte
de
dere
les Gens
couleur non-mariéss Mulatrefle,
qu'un Blanc qui époufe une
donne fon nom à fes enfans.
Il eft très-fage de ne pas fouffrir cette du
ufurpation de noms qui peut & fi mettre les Gens
défordre dans les familles,
de couleur prétendent que c'eft famille, un avan- il
tage d'ufurper un nom de c'eft un droit
faut qu'ils confellent
Tufurpation. Il
de n'en pas
Rematir
a cependant permis à M. Grégoire de
perfifter à n'être pas fort actaché au
fien. Cet article eft terminé
un mot
fur le titre de Colons
dont
PLRCIAN
les protégés du Curé fe font emparés. même
On eft bien aife de lui dire, que
à
tous les Blancs ne font pas reçus Colon
s'en fervir, & que, pour être Colonie.
il faut être Citoyen réel d'une
L'injonclion faite aux Ofliciers publics
de configner dans leurs actes les qualifications de Mulatres, Quanterot, Sang
mélés, Sc. libres, affecte M. le Curé
fes termes 8C fa colère du
qui troifième emprunte Mémoire de Raymond. Cette
injonction, eltinutile, felon le Plaignant
& T'Avocat, puilfquelle n'a pas pour --- Page 144 ---
- I2 ]
objer de les diftinguer des Efclaves, à
gittres l'égard delquels on ne tient aucuns rejurieufe paroiffiaux, mais elle eft très-inpour les Affranchis.
Premicrement, M. Raymond & fon
c'elt copifte, 3 violent une vérité certaine
à eeux que des depuis 30 ans il a été ordonné
des regiftres Carés qui ne tenoient
faire
relatifs aux Efclaves, de 1i
deformais; c'eft que ces
comme beaucoup d'autres, ne reproches,
firr
frappene
2. voit Saine-Domingue, & que M. le
toute l'Amérique dans SaintDomingue, qui eft fon parce que M. Raymond,
En fecond Appariseur, y eft né.
étonnant
lieu, en quoi eft-il donc
des Efelaves, que dans un pays où il y a
en tout femblables aux
Affranchis, on ait pris des précautions
confondillent pour empécher que les premiers ne fe
avec les autres, & ne
parvinffent à ufarper un Etat
roient pas légalement
qu'ils n'aumême une chofe
acquis. Il
a
gés de révéler à
nous fommes dLc
3t le
ces qualifications,
Curé, c'eft
donnent
elles-mèmes, ne E
que fur la
titres
conflatent repréfentation la
des
cela a ae
liberté, & que
imaginé, en grande partie,
premiers ne fe
avec les autres, & ne
parvinffent à ufarper un Etat
roient pas légalement
qu'ils n'aumême une chofe
acquis. Il
a
gés de révéler à
nous fommes dLc
3t le
ces qualifications,
Curé, c'eft
donnent
elles-mèmes, ne E
que fur la
titres
conflatent repréfentation la
des
cela a ae
liberté, & que
imaginé, en grande partie, --- Page 145 ---
[13 ]
les
pour arrêter la facilité avec laquelle des
Blancs faifoient des Affranchis, par
aétes qui tendoient à échapper au fifc
qui exige une forte fomme pour chaque
affranchillement.
Mulâtre libre,
Quant aux diftinétions
Quarteron libre, 8c. 8c., elles ont été
la fuite delamourpropre de ceux-mémes
à
elles appartiennent. SiM. Grégoire
2t Curé d'une Paroifle des Colonies,
& qu'il s'avisàt de dire d'un Quarteron Muldlibre, enle emariant, qwiln'eft que
tre libre, il verroit bientôt que cette
hiérarchie colorée, N a aufli fes principes
dans l'orgueil comme toutes les autres.
M. le Curé nous parle de la défenfe
de manger avec les Blancs: il a encore
ce trait dans le troilième Mémoire le
ECR Raymond, qui le fait répéter dans
quatrieme. Quil nous foit permis de
reprocher à M. Grégoire de n'avoir pas
dit comme Raymond, que e'étoit alors une
défenfe verbale de M. d'Argout, de StGouverneur de la partie du Sud
Domingue. En outre, pourquoi a-t-il
évité de citer l'anecdote du quatrième
Mémoire, ou Raymond a dit, qu'un
nommé Leclerc & fa femme, habitans
a la troifième génsau quartier d'Aquin, --- Page 146 ---
ration de Blancs - 1411
chez le fieur Pelleran, par ligitimité, dinant
Navire aux Cayes, le Gouverneur Gapitaine de
la partie du Snd vint les en chafler. Se- de
roit-ce qu'on a craint d'être démenti
fur ce fait 2.Mais
lons que des Blancs qu'importe donnent à aux CoGens de couleur?
diner aux
qui le véulent faire Qu'importe à ceux
approuvent.2 Comment que d'autres les
ce même Goula verneur, devenu enfuite celui de toute
Colonie, 3 a-t-il pu fe décider à
mettre à fa propre table le Capitaine adVincent, alloit
Negre libre, en 1780, Jai
chafler de la rable des autres des qui
Affranchis a la troifième
de
Blanc par lagumiués & génération la
tendue défente verbale feroit quand
préécrite,
aux Colons l'abfurdité d'un
Il y a un
EeEtn
de Colons qui ont
grand nombre
des hommes de couleur, mangé avec, & chez
duffent en
Mais fans croirequ'ils
les individus rougir.
en France tous
avecles Sautres? mangent-i ils donc les uns
dans un
Commenefopoirentis
que
pays ou Pon die que le préjugé repoufle avéchorreurles
il faille une Ordonnance
Alfranchis,
pour défendre
'abfurdité d'un
Il y a un
EeEtn
de Colons qui ont
grand nombre
des hommes de couleur, mangé avec, & chez
duffent en
Mais fans croirequ'ils
les individus rougir.
en France tous
avecles Sautres? mangent-i ils donc les uns
dans un
Commenefopoirentis
que
pays ou Pon die que le préjugé repoufle avéchorreurles
il faille une Ordonnance
Alfranchis,
pour défendre --- Page 147 ---
tout le
auroit honte de
:ce
que
faire ! Verifimilia finge la Seriptor. défenfe de danOn parle enfuite-de &c fans permiflion du
fer après 9 heures,
le troifième Mé
Juge de Police, d'après
moire de Raymond: mais on peucalfiemer
queicette Ordonnance eft complèrement dul
de
éludée. Quant àla permillion
Juge
police ou de HEtat-Major,811y y en a un, &c
elle ne fe prend que dans les Villes M. le
Bourgs : & en voici la raifon que
Curé apprendra -
avec quelque furprife,
DansplufienaColoniex écnotamment
à Saine-Domingue, les Nègres libres ne
font point admis par les Affranchis fem- des
autres nuances dans leurs bals. Les
mes de couleur dédaignent de danferavec obvier
des hommes de couleur. Pour
des
aux défordres 8c aux querelles que
jaloulies de nuances font naitre, &c rendent plus dangereufes qu'on ne croit,
empôcher même que de jéunes
Blancs, pour
s'en font quelquefois un
n'aillent troubler ces bals,
plaifir
E
-onp prend une permillion dontle premier
cfet eft de faire fournir une garde qui
a la police du bal,8 qui n'y laille entrer
que les invités; mais on danfe tantqu'on
veut, 80 fi, comme cela arrive le plus --- Page 148 ---
fouvent, ce fone 116] des Blancs
danfer des femmes de
font
de la maifon
couleur,
n'a pas beloin
maitre
fion.
de permifOna strement dit aufi à M.
que les Ordonnances
Grégoire
claves de *'allembler.6c défendoient aux EC
pendant il eft notoire
de danfer; ; ceDimanche ou de Fête, qu'il n'eft pas de
milliers d'entre eux ne danfent, que plufieurs
méme.ils ont des bals, oit des
& que
font la police ; fentinelles fentinelles
folliciter, Parce
cela donne qu'ils vont
d'importance à dum Fêtes.
un air
Paflons à la réclamation fur
d'ufer des mêmes étoffes
la défenfe
Elle eft tirée du troitième que les Blancs.
Raymond, même quant à Mémoire de
de police, poftés aux
ces Archers
Gfur les places,
portes des Eglifes
mens à des
pour arracher les véLEqu'ils lailfoiene perfonnes des deux fexes,
pudeur.
fans aure voile que la
Il n'y a eu
ce genre, & elle qu'une a été faite Ordonnance de
pour
Doningue, en 1779. On,
Saintgu'elle Étoit tout-à la-fois peur dire,
mal-adroite & inutile
impolitique,
parce gu'elle nuifoit au ; impolitique,
commerce ;
mal-adroite,
des Eglifes
mens à des
pour arracher les véLEqu'ils lailfoiene perfonnes des deux fexes,
pudeur.
fans aure voile que la
Il n'y a eu
ce genre, & elle qu'une a été faite Ordonnance de
pour
Doningue, en 1779. On,
Saintgu'elle Étoit tout-à la-fois peur dire,
mal-adroite & inutile
impolitique,
parce gu'elle nuifoit au ; impolitique,
commerce ;
mal-adroite, --- Page 149 ---
mal-adroire,
parce qu'elle éveilloit lamour-propre ; &
a pas de dilinclion inucils, parce qu'il
A entre les Blancs & apparente, plus
font pas, que les nuances ceux de qui no le
aulfi eft-elle tombée dans
la peau 5
fa naiflance, Si
l'oubli dès
à quel état fe M.Grégoire confacrent favoir bien
vingtièmes des femmes de les dix-neuf
fauroit aufli que leur
couleur, il
moeurs outragent la 1.faner & leurs
éque fidesArchers de policeles publique,
dépouillées, comme il
avoient
le guide qui légare, elles Tavance, d'après
tées fans voile, puifque la feroient refabandonnées précifement pudeur les a
font
bien vêtues.
parce qu'elles
On E de défenfes d'aller
ture, Raymond-s'en plaignoit dans en voitroilième & fon quatrième Mémoire fon
aujourd'hui M. FAbbé
:
le fait d'un Quarteron, Grégoire le y
dejac, Officier de Port que
fieur rinres
force à coups de canne au à Petit-Goave,
fa voiture. La défenfe & le defcendre fait du
de
Prodejac, s'ils font
fieur
ayoir trait qu'à
vrais, ne Peuvent
font
à indigner Aun-Dominguee lés Blancs & ils
mêmes. ETOE adjure
euxquiconque a été à
B --- Page 150 ---
Saine-Domingue, de femblable.
de dire s'il a rien vu
a été bien
Au furplas, le Quarreron
venge du lieur
un Major du Petit-Goave Prodejac, le fit
cat
aux fers il y a quelgues années, mettre 82 fa
plainte aux Tribunaux a été déclarée
attentaroire e Pautorité delpotique des
Agens Confeil-des du Gonvernement, par Arrêt du
Dépèches, du 27 Novembre
1784.
Les Gensded couleur-libres,
vent venir en France. A la véritécela dit-on, nepeu- leur
eltinterdit, par desloix faites en France,
enregiftrées dans les Parlemens, &
peur changer quand on voudra,
que cell a
ot
cependant importe aux Colons. Il n'eft
qu'ellés
inutile de dire en paflant,
ratdents mal obfervécs,
s'en trouve beaucoup dans Te puifqu'il
dont lés fept huitièmes y ont été Royaume,
Par les Blancs.
amenés
L'exclufion des charges &
publics eft plus certaine & micux émplois
fervée. C'eft à cet égard
le
obfe montre dans toute fa
pas pollible de
CAAAIE
tout-àfonger à le-détruire
ceftainement coup, Par une loi qui.auroir
le fort de TEdit de
gui avoit tout accordé aux Gens 1685, de
'il
dont lés fept huitièmes y ont été Royaume,
Par les Blancs.
amenés
L'exclufion des charges &
publics eft plus certaine & micux émplois
fervée. C'eft à cet égard
le
obfe montre dans toute fa
pas pollible de
CAAAIE
tout-àfonger à le-détruire
ceftainement coup, Par une loi qui.auroir
le fort de TEdit de
gui avoit tout accordé aux Gens 1685, de --- Page 151 ---
[19]
couleur. Il n'eft
poflible que des
êtres, qui étoient Rtr dans
foient aujourd'hui dans les Fefciavage, premiers
rangs de la fociété, chargés d'emplois,
fuppofent léducation, les
2i la confiance générale. On fait mceurs, les 3
motifs des affranchillemens
que
prennent
prefque tous leur fource dans des
fentimens gue la nattre infpire, mais
Eft-ce que la morale n'approuve pas roujours.
aflez pour qu'on livre toutes les
charges à des individus, qui, ne
s'élever jufqu' elles, les abailleroient poavant
juiqu'à eux !
Laffranchifemene eft utile à l'efelave
qui rentre dans les droits de
au maitre,
qu'il fatisfait Phumanité; fa
& qu'il relfaren un elpoir précieux jultice, à fes
autres efclaves ; à TEtar, parce
ajoute à la force politique, mais il qu'il eft
utile aufli, comme état mitoyen entre
T'efclavage & la liberté.
Il falloit, chez les Romains, une
génération de la
entière
effacer la trace
fervitude; la borg qui avoit
les Affranchis dans les tribus des relégué Villes
compofées de la lie de la nation, ôtoit
toute efpèce d'influence dans les délibérations publiques, à ces hommes inB 2 --- Page 152 ---
Eol
capables de sélever à ces fentimens de
grandeur, qui caraclérifoient le Peuple
Roi, Cependant les efclaves des anciens
n'étoient que des prifoniniers de guerre,
féparés de leurs vainqueurs feulement
par leurs chaines. Mais le Nègre, dans
Térat actuel des chofes, eft encore plus
éloigné de fon maitre
fa couleur que
la fervitude; la RItRe qui laffranchit,
E foumet en même- temps au
qui le note d'une défaveur civile, &
IE
fépare de la fociété. L'afranchi romain
étoit en tout femblable à fon patron;
la nature n'a - pas voulu que PAilranchi
de nos Colonies pût fe confondre avec
le fien.
Ainfi Taffranchiffement fait donc,
qu'un efclave cefle de-Tètre,
qu'il
ne faut
cela que la
du
BHeEO
maitre ; Boats Faptitude a1 remplir les
devoirs, du citoyen, & fur - tout à en
exercer les droits, n'eft pas aufli faciler
à créer. En fappofant
le tems y
conduife la delcendance lites affranchis,
il Ifaur avouer qu'on a peine à conceveir,
que dans un pays ou les 4 cinquièmes
& plus de la population, font formés
par les efclaves, les parens de ces derniers, à un dégré quclquefois très-pro-
a1 remplir les
devoirs, du citoyen, & fur - tout à en
exercer les droits, n'eft pas aufli faciler
à créer. En fappofant
le tems y
conduife la delcendance lites affranchis,
il Ifaur avouer qu'on a peine à conceveir,
que dans un pays ou les 4 cinquièmes
& plus de la population, font formés
par les efclaves, les parens de ces derniers, à un dégré quclquefois très-pro- --- Page 153 ---
[r]
chain, puffent maintenir l'aatorité de
la clafle dominante, fans - laquelle il faut
s'attendre à des défordres qui amèneroient infailliblement la deftruction des
Colonies. Comment le maitre qui auroit
affranchi un de fes efclaves, pourroit-il
tenir dans le devoir ceux qur étant les
proches de celui-ci, trouveroient enlui
au befoin, un fecours, un appui? Comment perfuaderoit-on. à Pefclave
for
maitre lui eft fupéricur, s'il voit que fon
compagnon fortir d'auprès dei lui,
être a Pinfane-mème T'égal de fon maitred pour
Sil'intervalle entre la fervitude & le titre
de citoyen n'eft plus rien, vous détruifez
le reflort qui maintient une conftitution
malheureufe peur être, mais néceffaire.
Si çet intervalle eft immenfe, &c fi rien
ne montre la poflibilité de le rendre
moindre, vous excitez'le défefpoir. C'eft
par cette dernière raifon que les révoltes
des efclaves n'ont éclaté d'une manière
cffiayante, que chez les nations qu'on
peut appeller républicaines; chez les Anglois à la Jamaique, chez les. Hollandois
à Surinam,
Ce préjugé de la couleur, il faut le
dire, n'elt pas même celui des Blancs
feuls. Le Nagre libre eft regardé avec
B3 --- Page 154 ---
mépris par le Quarteron [22]
efclave.
defious de lui par la
mais
Aude fon maitre par la conleur, loi,
il plus fe près
fupérieur à lui. Une Mulitrefle fe croit
d'opprobre fi elle s'unit avec un couvre
les: mariages de ce genre font Nègre: 2
fans exemple. Il n'elt pas un Negre preique
ofirachetér un Mulâtre our un
qui
pour s'en faire fervir. Si cette Quarteron
avoit lieu, le Quarteron efclave tentative
reroit le parti le plus violent, la préfémême à un état qui le
mort
dans fa propre
& deshonoreroit tous
fa cafte le croiroient opinion,
ceux de
fesprojets,
obligés de feconder
infamie.
parce qu'ils Partageroient fon
a melure Ainli, une forte de fierté qui is'accroit
à donnerune que la nuance s'affoiblit, tend
nouvelle force à ce
quicltlereflort
préjugé
coloniale. Il cachédetoutel être
la machine
pas anéanti; le peut
adouci, mais non
lourde, détruire temps peut, avec fa lime
mais fion le
ce qu'il a de groflier,
coupe, la machine le
avec fracas.
brifera
On
répondre à M. le
n'y a
de Gens de couleur Curé, quil
dans
Officiers
E
Compagnies de Milices, dejuis.lépoque ou ils ont voulu eux-mêmes
iale. Il cachédetoutel être
la machine
pas anéanti; le peut
adouci, mais non
lourde, détruire temps peut, avec fa lime
mais fion le
ce qu'il a de groflier,
coupe, la machine le
avec fracas.
brifera
On
répondre à M. le
n'y a
de Gens de couleur Curé, quil
dans
Officiers
E
Compagnies de Milices, dejuis.lépoque ou ils ont voulu eux-mêmes --- Page 155 ---
fortir tous de celle [J des Blancs, ou ils
n'étoient pas répurés les premiers.
les a vus, à
On
Sane-Domingue, en faire
chaque nuance, & en interdire
à ceux
Femncs
de la nuance,
comme au- deffous. D'un autre coté regardée les
Blancs ont brigué davantage les
des Milices,
emplois
forfqu'on y: a attaché les
récompenfes milieaires,qui ont
plus nui à l'efprit public,
peuc-être n'auroit
fait le choix de quelques que hommes de
couleur, Colons
parce qu'elles ont rendu les
inftrumens du delpotifimne.
Sur l'interdiction de l'entrée des Af
femblées paroifliales, les Gens de
leur ont été les maitres de s'y
coulorfqu'ils ont été propriétaires préfenter & fufceptibles d'y avoir un intérêt à foutenir, & cette règle eft commune aux
blancs qui n'y viennent pas tous indif
tinctement. Et quand on penfe àr ce
gu'éroient les Allemblées paroifliales,
bordonnés préfidées Par 'des envoyés ou des fudu pouvoir exécutif, il eft
peu regrettable de n'y avoir
particijpé Malgrécela il n'eft pas
nies
Cololae
ou les Gens de couleur
été
admis dans des Paroifles.
n'ayent
Aux ipectacles, les Gens de couleur
B 4 --- Page 156 ---
[a4].
font dans des loges particulières. Si M.
le Curé avoit
être témoin de la
manière dont L s'y conduifent, s'il
favoit que les Mulâtres libres ne veulent
s'y trouver à côté des Nègres libres,
Ta feroit un peu honteux d'avoir difcouru en faveur de la Comédie. Il
fe raffurer en fachant qu'on a
EOUe de fa bonne foi, quand on a dit
qu'aux Eglifes, les Gens de couleur
avoient des places diftinctes, 8c qu'à
fon tour il abufe de celle des autres.
M: Grégoire eft choqué de la défaveur qu'on marque aux blancs quiépou-
-fent des femmes de couleur. Il cite
même, de plus que le mémoire de
Raymond, le fait d'un Margaillier réà caufe d'une femblable alliance:
2a fait auroit befoin de preuves; mais
on peur-labandonner; -
90 D'après ce qui a déja été répondu à
M. le Curé pour lui prouver qu'il étoit
impollible &c même dangereux que tous
les hommes de couleur occupallent des
charges publiques 3 il eft tout fimple
d'en conclure que le blanc qui époule
une femme de couleur &
par conféquent en adopte la
3 doit
RAIE
delcendre au niveau de celle-ci. Cette
uroit befoin de preuves; mais
on peur-labandonner; -
90 D'après ce qui a déja été répondu à
M. le Curé pour lui prouver qu'il étoit
impollible &c même dangereux que tous
les hommes de couleur occupallent des
charges publiques 3 il eft tout fimple
d'en conclure que le blanc qui époule
une femme de couleur &
par conféquent en adopte la
3 doit
RAIE
delcendre au niveau de celle-ci. Cette --- Page 157 ---
1:5] ]
dégradation très-volontaitement encourue eft un avantage du préjugé. Quand recherla vanité porte les Affranchis à
-
cher des mariages
les honorent 3
il ne faut
& des
1 cupidité
pas
vils,
motifs E plus
portent les
des blancs à des méfalliances qui
enrichiflent: M. le Curé ne fait pas
depuis quelques années on trouve
es blancs qui, pour une fomme plus
ou moins forte, font avec des femmes
dont les
de couleur, des mariages font
le mari
conditions principales
que
T'époule & légitimera des enRE actuels & futirs auxquels il prête
Ceft prinfa très-menteule paternite. du Sud de
cipalement dans la partie
St.-Domingue,que ces contratshonteux
font en ulage, & l'on prérend même
qu'il ett de ces êtres qui fe
fous des noms différens, 2 à paroitre
Rez
pères &c maris plufieurs fois.
On-laiffe M. le Curé très - fort le
maitre de s'efcrimer contre M, Hilliard
d'Auberteuil, qui a tort de vouloir que Il
le mépris accable la race des Noirs.
nous femble que les raifons impéricules dif
qui veulent qu'on maintienne une
tance entre les affranchis & les blancs, --- Page 158 ---
[26]
peuvent fe Paffer du mépris. II ne faur
méprifer que les vices. On
doit eftimer les vertus
peur & on
fonr placces, f des motifs par-tour ou elles
fi des inftitutions fociales
politiques,
rângs, ce feroit une grande marquent des
de ne pas laifler en commun faure que
lités qui honorent Thomme dans les quaétat que le Ciel lait fait
P eft plus d'un
a
qui les Blancs homme de couleur à
cipes font bien prouvent que ces prinbon de les fortifier, connus, > & qu'il eft
Mais écoutons M. l'Abbé
Ainfi, ditil,après s'être indigné Grégoire.
Hillard, Pintérét 6 la
contre
les Blancs la mefure des fireté feronz pour
rales ! Nigres 6 Gens de obligations couleur movenex-vous-en. Si vos
fouà vous opprimer, ils De/potes vous
perfftene
route que vous
ont tracé la
Si le Mémoire pourrex n'étoit fuivre.
le Curé
pas avoué Par
de guelque d'Emberménil, on le croiroir
fanatique
a cru utile à fa réputation révolutionnaire,
2e cents mille hommes à
d'exciter
s'entr'égorger.
Et quoil d'un-Prètre elt-ce là le langage!
Eft-ce la le langage d'un Repréfentant
, ils De/potes vous
perfftene
route que vous
ont tracé la
Si le Mémoire pourrex n'étoit fuivre.
le Curé
pas avoué Par
de guelque d'Emberménil, on le croiroir
fanatique
a cru utile à fa réputation révolutionnaire,
2e cents mille hommes à
d'exciter
s'entr'égorger.
Et quoil d'un-Prètre elt-ce là le langage!
Eft-ce la le langage d'un Repréfentant --- Page 159 ---
137)
vient de
de cette belle Nation
& qui
le pouvoir
e3tert
reptendre
à lunivers entier de
eft refponfable
fera ! Elt-ce la le
l'ufage qu'elle en
dont
langage du miniftre d'une religion de la
le Fondateur a donné Texemple
fagelle & de la foumiflion ! Elt-ce,
enfin, la morale que T'Allemblée NaTAbbé Grégoire de
tionale a chargé
précher aux Gens de couleur, Toriqu'ils
viendroient faire vérifier leurs pouvoirs
au Comité dont il eft Membre !
les
Pour ne rien omettre de ce que
Mémoires de Raymond lui ont fourni,
le Rédaéteur du Mémoire impute au
Procureur-Général-da Confeil du Portau-Prince, d'avoir dit vers 1770 dans
un difcours :
nous une clafle na35 Il exifte parmi ennemie &c
55 turellement notre
qui
encore fur fon front! l'empreinte
ce n'eft
des
>> DePRe l'efclavage ;
que par
doit être con5> loix de rigueur qu'elle
55 duite. Il eft néceflaire d'appéfantir
>> fur elle le mépris & Topprobre
en naiffant. Ce
E
35 lui eft dévolu
reflorts de leur ame
35 qu'en brifant les
cc,
25 qu'on pourra les conduire au bien
Cctte citatibn eft copiée mot à mot --- Page 160 ---
E28J
du commencement du troifième Mémoire
M. Raymond, quil
ce auebour fur prononcé à la
dit.que
de M. le Comte de Nolivos réception en
lité de Gouverneur de St.
quaM. Grégoire a cru devoir Domingue.
une Note,
ajouter par
page 49:
>) On prétend que lauteur de cette
>5 affreufe allertion, a fait retirer
55 tant qu'il a pu, les
au- de
3)
exemplaires
ces affiches C,
Hé bien, le difcours a été imprimé
dans la Gazette du 2I Février
& voilà ce qu'on y copie:
1770,
53 Vous les connoiflez ,
les obligations importantes Monfieur, de la
3) éminente dont le Roi vous honore. place
>5 Concilier Pintérêt de la Colonie avec
31 ceux du Monarque.
maintenir
3) la fupériorité nécefaire de la race libre
73 & Jans mélange fur celle
en3) core furfon front lempreinté qui porte de
25 clavige cc,
L'efEn quoi cela reffemble-t-il, à la révoltante diatribe inventée par Raymond
& adoptée par M. le Curé Gregoire !
Enfuite on a parlé d'attentats contre
la majelté des moeurs, de menaces
faites Par des blancs aux hommes de
arque.
maintenir
3) la fupériorité nécefaire de la race libre
73 & Jans mélange fur celle
en3) core furfon front lempreinté qui porte de
25 clavige cc,
L'efEn quoi cela reffemble-t-il, à la révoltante diatribe inventée par Raymond
& adoptée par M. le Curé Gregoire !
Enfuite on a parlé d'attentats contre
la majelté des moeurs, de menaces
faites Par des blancs aux hommes de --- Page 161 ---
[19] J.
les femmes
couleur dont ils convoitent
ou les filles, de l'abus que font des
chefs de leur autorité pour les écarter
afin de parvenir à leurs fins. Etce font
l'indignaces tableaux qui exciteroient
tion des blancs les moins délicats, que
le Curé choilit dans le premier Mémoire
de Raymond pour en offrir la révoltante Peintumel Pardon, Monfeigneur,
dic Raymond au Miniftre de la marine
dans ce Mémoire 1 3 Rje mets fous les de
yeux de votre Grandeur, un tableau
pareilles turpitudes. Et M. Grégoire, s
fon écho, s'écrie : Pardon, MM.,
Rje vous retrace ici ces surpiuudes
qui excitent Pindignaton & non la furpréc. C'elt fur la foi de Raymond, que
le Curé calomnie tant qu'il lui plait, &
a
fe permet de dénoncer les Colons blancs
comme les plus vils & les plus lâches
corrupteurs.
Cetoit le moment propice 5 après
cela, d'aflurer qu'un Mulatre doit avoir
fix fois raifon pour avoir juftice, qu'on
ne punit pas un Blanc, quelque chofe
qu'il lui ait fait, & quil ne peut
fe défendre s'il elt
RCAS
même
attaqué.
eit aufli fàr que le relte, car Kaymond
la dit en deux endroits de fon prentier --- Page 162 ---
Mémoire,
[30
Cependant L Tribunaux
tentiffent tous les jours des
reGens de couleur contre des
de
des
ceASSY
ECTS libres, font Blancs qui frappent des
cependant on a accordé plus ou moins punis;
grace à des Affranchis
des lettres de
cés à défendre leur
qu'on avoit forpropre vie.
Mais quel eft celui qui a été aux
Colonies, leur & fur-tour fans voir que les Gens de coules femmes trouvent
trop facilement des Blancs,
leur défenfe d'une manière qui prennent
dire outrée ? Qui n'a pas vu qu'on peut
clave d'un homme enp place être mêmelef la caufe
delfempni@ennemenrder Qui n'a
quelques Blancs?
combats pas Vu entre des Blancs des
la
linguliers dont la caufe étoit
à des prorection Affranchis trop aveuglement accordée
cela n'eft
ou à des Efclaves? Mais
dans les Mémoires'de M.
Raymond R n'a pu par
mis' dans celui de M. Grégoire. conféquent être
HE hate, par.
de
trait d'un Blanc exemple,
citer le
homme de coulcur,le qui efcroque au jeu un
pendre en effigie
frappe & le fait
Et comment douter pour de s'être défendu.
cette preuve, >
des prorection Affranchis trop aveuglement accordée
cela n'eft
ou à des Efclaves? Mais
dans les Mémoires'de M.
Raymond R n'a pu par
mis' dans celui de M. Grégoire. conféquent être
HE hate, par.
de
trait d'un Blanc exemple,
citer le
homme de coulcur,le qui efcroque au jeu un
pendre en effigie
frappe & le fait
Et comment douter pour de s'être défendu.
cette preuve, > --- Page 163 ---
elle eft
131] ]
premier rapportée Mémoire au commencement du
Il
vrai
de Raymond !
ainds les MI depuis une quinzaine
moins encrgiques,
les
foni L72 peu
moins
actions
P
communes,
atroces
même hommes,
Plafieurs Blancs Jone
Mais M. Grégoire n'a
que pour éclairer PAffemblée pas pris sgarde
qui doit prononcer à
Nationale
allez inutile de lui donnér préfent, il étoit
qui ne reflemble
un tableau
ans. Sily a une tendance plus depuis quinze
à la modération, fi elle a la douceur, 3
d'elle-mème par le
s'efk produite
Par leffet du
réfuhtardeslimitres,
nuant à agir, doivent tems, ces caufes conti-"
amélioration
donc amener un
fera fans fecouffe, -Altescetni fans
Mais M. le Curé
inconvénient ?
de peur que l'occafion s'emprefle de prôner
il n'a plus fans doute de ne lai échappe,
faire a Emberménil, il
converfion à
habitans des Colonies
va chercher les
matifer.
pour les anathéUne chofe l'embarraffe
c'eft ce qu'il a entendu affurer néanmoins, de
part, que les Gens de couleur
toute
maitres les plus durs envers les font les
efclaves. --- Page 164 ---
Il dit que cef [32] une
desfaite peu nombreux récrinination, ne
3 que
une induction
comportent pas
genérale , qu'il ne manque
qu'une petite chofe al'ellertion, c'ef d'en
adminiftrer les preuves.
On répond a M. LPBE le
15.) le
reproche fait aux Gens de couleur, que elt
tellement notoire, que lui feul peut le
révoquer en doute. La menace la
forte
fafle un Blanc à
eft ecder de le
Eale
de couleur; le
vendre à un homme
châtiment le plus
reux, celui d'exécuter la menace.
on repréfenté même
CERI
cette claffe
aux individus de
leur
qu'ils font trop févères,
réponfe, toujours la méme,
les Blancs ne connoiffent Pas toute
méchancheré de la
cboT
race noire. Mais
puifqu'il faut des preuves à M. le
en voici.
Curé,
Un Arrêt du Confeil Supérieur du
Port-au Prince de
a condamné
une Négrefle libre à 1755, perdre la liberté
à être vendue comme efclave
&
fait mourir par fes cruautés fa pour avoir
Un Arrét du Confeil Supérieur Négrefle. du
Cap-François, du 9 Janvier
a
condamne le nommé Xavier, 1783,
libre, la chaine publique à perpéruité, Negre
pour
en voici.
Curé,
Un Arrêt du Confeil Supérieur du
Port-au Prince de
a condamné
une Négrefle libre à 1755, perdre la liberté
à être vendue comme efclave
&
fait mourir par fes cruautés fa pour avoir
Un Arrét du Confeil Supérieur Négrefle. du
Cap-François, du 9 Janvier
a
condamne le nommé Xavier, 1783,
libre, la chaine publique à perpéruité, Negre
pour --- Page 165 ---
[33 1
pour avoir fait périr par des traitemens
barbares la Négrefle Marthe fon ef
clave.
Si le Curé d'Emberménil s'étoit
cupé d'étudier les hommes au lieu OC- de
detlamer contre ceux qu'il lui
choifir pour ce deflein, il. lui plaît de
fort vraifemblable
les maitres paroitroit
vés d'éducation
pripar
Reer
plus enclinsà
érat, foient les
Qu'il voie uferavecrigueurd dece titre.
autour de lui dans les dernières clafles de la fociété fi les
eux-mêmes ne traitent pas leurs pères
avec une dureté que ceux des enfans clafles
fupérieures déplorent.
Il allure malgré cela que ce
les Blancs qui feuls érourdirent le furent Miniftre par Jeurs remontrances
l'Edit de
contre
tât les efclaves 1784, 3 qui vouloit qu'on traiplus humainement. Si
M.Grégoire avoit voulu s'inftruire avant
de hafarder cette nouvelle faufferé, il
auroit appris que cette Loi, ayant
effet principal de dégrader l'état
pour
qui : adminiftrent les Habitations de ceux
Fablence des Propriétaires, elle pendant a
les plus grands murmures. Il a été excité
de fentir que les infidélités de
aifé
pouvoient s'en
ceux qui
permettre, éroient faites
C --- Page 166 ---
134]
pour mériter une jufte févérité,
qu'il étoit contraire à tous les
mais
d'un bon Gouvernement
principes
Phomme inrègre & utile dans d'envelopper des difpuilque pofitions rigoureufes. Cela a été
cette Loi a été modifiée fenti,
autre dès 1785, & quand on fait Par ce une
encoûtoir alors au Miniftère
qu'il
qu'il s'étoit
pour avouer
convenir
trompé, on fera forcé de
aufli compler que laveu-de 1785,n'eft Pas
Mais dire qu'il auroit da l'être.
cité les plaintes que des l'Edit de 1784 a examélioroit le fort des Blancs, Parce qu'il
fulter à la vérité. Les mefures efclaves, c'eft incrit ont été indiquées par des qu'il
quien avoient vu
RLECE
T'exemple
tout, & s'il eft tombé en prefque Parfa naillance, c'eft qu'il n'étoit défuérude dès
BUEL" pour des chofes impraticables, nouveau &
l'avoient pour les autres 2 puifqu'elles
précédé,
D'après le fyféme que M.
a
adopté, il prétend
les Grégoire
des Blancs montrent que
Habitations
de tourmens que celles plus des d'inftrumens Gens
leur; & l'on croiroit d'après lui, decouchaque pas on trouve aux Colonies
igibeis, des
R
échafauds, &c. Et voilà com-
impraticables, nouveau &
l'avoient pour les autres 2 puifqu'elles
précédé,
D'après le fyféme que M.
a
adopté, il prétend
les Grégoire
des Blancs montrent que
Habitations
de tourmens que celles plus des d'inftrumens Gens
leur; & l'on croiroit d'après lui, decouchaque pas on trouve aux Colonies
igibeis, des
R
échafauds, &c. Et voilà com- --- Page 167 ---
me on fe fait une 135] ]
Curé écrit dans
réputation! Et M. le
meftique de
un Pays on un vol doPour animer 1ofous eft puni de mort!
Tel Maitre blanc ce tableau, on lit (p.16);
autre faifoit retenuir fufilloit la fes
; tel
mens
plaine
hurleMET
dejes efclaves
tel autre
dichireapart lambeaux,
fuginfo caffoit une jambe a tout Nègre
exigedt attendoit la gangrène pour qu'elle
le coeur L'ampusation. de M.
Tel autre.
mais
lui interdit d'autres Grégoire oppreffé, déchiré,
les moeurs
détails. Si telles font
dépopulation générales des Colonies, la
doit y être
Cependant fur 400 mille effrayante.
font à
Nègres qui
viron cinq Saint-Domingue, mille
il en meurt enfur 80. 1 eft dur an, doute c'eft-à-dire, un
trop rigoureux, & le mépris des Maitres
dans les Illes mêmes,
qui les fair
leur conduite offenfe. Les prouve combien
choifir
peindre tous les Maîtres,
pour
fi l'on concluoit que la France c'eft comme
bitée
des
n'eft haaeu 3es
fcelérats, puifqu'elle
ELETA des
Defrue, &
des crimes Mandrin, des
rendu LDELRES les Forêts atroces de
onc
d'Orléns, &cc.
Bondy,
Quand M. le Curé d'Emberménil
C2 --- Page 168 ---
[361
faura
les deux tiers des Affranchis
font a fexe féminin, & qu'il rapprochera cela des moeurs de ce fexe, il
verra que les caufes de l'affranchiflement ne font pas toujours fort dignes
de l'éloge d'un Prêtre.
Nouscontétlionsavecplaiirqueles shommes de couleur font propres à gravir les
montagnes ou plufieurs d'entr'euxfontaccoutumés à chercher leur fubliftance &
leurplaifir dansla chattell-ferventArame
nerlese(claves
mais des Biancs sy
vont également reTT à la tête des Affranchis. Les Gens de couleur de Saint-Domingue ont marché à Savannah, 8c puifque M. le Curé en fournit l'occalion,
on lui dira que les Negres libres furent
les feuls qui marchèrent avéc une bonno
volonté marquée & conftante, Les Affranchis des nuances plus foibles.eurent
befoin d'incitation, d'être préchés
le Capitaine Vincent, Nègre libre, fe
avoit été au Siége de Carthagène en
16975 enfinles Quarterons &c Métifs qui
formoient une Compagnie féparée ait
quartier de Limonade, aimèrent mieux
laiffer fupprimer cette Compagnie, le 6
Avril 1779, &c être incorporés à ceux
d'une nuance qu'ils jugeoient inférieure
is des nuances plus foibles.eurent
befoin d'incitation, d'être préchés
le Capitaine Vincent, Nègre libre, fe
avoit été au Siége de Carthagène en
16975 enfinles Quarterons &c Métifs qui
formoient une Compagnie féparée ait
quartier de Limonade, aimèrent mieux
laiffer fupprimer cette Compagnie, le 6
Avril 1779, &c être incorporés à ceux
d'une nuance qu'ils jugeoient inférieure --- Page 169 ---
à la leur, plutorque 1l fournir un feul
homme pour l'expédition de Savannah.
Tous les prorégés de M.le Curé ne font
pas des heros.
un
Il eft vrai qu'on ne peut reprocher
génie turbulent aux Gens de couleur, ,car
la fédition. de quelques-uns. d'eux à la
Guadeloupe en 1737, fut prefque auflirôt appailée que conçue. Mais f beaude Curés les endoctrinoient comme
cott d'Emberménil, il faudroit peutêtre leur oppofer une funefte réfiftance.
Déjà à la Martinique, à la fin du mois
de Septembre dernier, ils ont fait un
mouvement d'infurrection, mais il faut
dire que dès le lendemain, les princid'entr'eux le défavouèrent & fe
paux montrèrent dans des difpofitions bien
autres que celles de leurs prétendus :
Mandataires à Paris.
Le fait de la contribution de 9400
livres pour le don d'un vaifleau au Roi
par la Colonie de Saint-Domingue en
1783, de la part des hommes de couleur du quartier d'Aquin, les honore, s'il
elt vrai comme on aime à le croire; &
les Blancs font fort aifes que M. Grégoire lait tiré des notes du premier Mémoire de Raymond & de celles de fon
C --- Page 170 ---
T38 J
projet de Placet au Roi
le
Mais ce fait donne Rour d'oblerver publier.
les quartiers de Cavaillori, de SaintZenie & d'Aquin réunis, contiennent
environ IOOO Gens de couleur, &c
fi leur offrande n'a été que de 9400
vres dans
Stc
un des quartiers ou font les
plus riches d'entr'eux, il fera difficile
que 30 mille Affranchis de toutes les Colonies, & ceux de Saint-Domingue font
les plus riches, trouvent 6 niillions de
don patriotique offert à PAe mblée Nationale, comme le quart de leurs revenus.
La piété filiale, le refpedt
la vieillefle, font un bel effet dans Mémoire
de
Ree
M. Grégoire, & ileft
la vérité les démente. Les dommage Affranchis que
confacrent à leurs plaifirs ce
roient employer à tirer leurs qu'ils pourla fervitude, &
ils
proches de
quand
ont leurs
rens pour elclaves, ils s'en font fervir paSimon avec beaucoup de rigidité. On a vu
Camus, Negre très-riche de la
Martinique, vendre ion fils qui étoit fon
efclave.
Quant à Thofpitalité, 3 plufieurs d'enmême tr'eux Texercent noblement, & il faut
avouer que pour la.f faire éclater,
à leurs plaifirs ce
roient employer à tirer leurs qu'ils pourla fervitude, &
ils
proches de
quand
ont leurs
rens pour elclaves, ils s'en font fervir paSimon avec beaucoup de rigidité. On a vu
Camus, Negre très-riche de la
Martinique, vendre ion fils qui étoit fon
efclave.
Quant à Thofpitalité, 3 plufieurs d'enmême tr'eux Texercent noblement, & il faut
avouer que pour la.f faire éclater, --- Page 171 ---
ils préferent les occalions 139 J
niffent des Blancs. Cet que leur fourble du moins dans fes eflets. orgueil eft louavrai, comme le dit M.
Ileft trèscopiant le premier Mémoire Grégoire (en
mond) que des femmes de
de Raycent des actes d'une
couleur exerfe. Telle eft la veuve générofité Cottin, précieuFrançois, ou fes vertus' la rendent au Cap
jet de la vénération
l'obne réclamera
publique. Celle-là
pas à-coup-far contre un
a fait taire. Son
Ee Teele voie
exemple
On ne
qu'il faut fuivre.
avec M. le peut Curé pas fur fe mettre d'accord
&on le-dit à
le refte de l'éloge
fang-mélés
regret. L'auachement des
démenti.
pour les Blancs s'eft fouvene
8 complices Plsfeurs fois, ils ont été aueurs
mes de différens d'emporjfoencment &c de crition contraire genres, malgré l'affermier Mémoire répétée & dans le d'aprés le
cet de Raymond.
projet de HEC
En 1766 il y eut une
truite au Fort-Royal de la Procédure inf
contre le nommé Jacques Martinique,
libre, Magalinier du
Pain, Negre
au-Chat, chez lequel quartier fe
du Troulongtems des Allemblées tenoient depuis
ou il profef
C 4 --- Page 172 ---
foit lart exécrable 140 des J
& diftribuoit des drogues émpoifonnemens, dont les effets
ravagérent la Colonie. Les
ce Icélérat étoient Jeanneton, complices de
libresfa femme; Babo,
Paul, Negre libre &
Nègre
g
femme ; Mandave,
Marguerite fa
las, Muldtre libres Negre libre, Nicobre,8 vingt-un Elclaves. Boromée, Mérifli
Par Arrêts du Confeil de la Martini:
que des IO & I2 Mai
le 13, Jacques Pain & 1766, fa
exécutés
rent condamnés au feu ainfi femme fuefclaves; & lesautres accufés, ala qu'un des
publique à perpétuité ou à d'autres chaine
nes; mais les vinge-neuf fcriminels
peitous livrés au bourreau,
furent
faits Hâtons-nous défaftreux. de tirer le rideau / fur ces
Greffes Criminels N'allons pas fouiller rles
tage que les fcélérats pour font prouver de
davanclafles,de toutes les
toutes les
les feuls Arrêts cités nuances; mais que
Gens de couleur & au apprennent Curé
aux
ménil, qu'il ne faur Pas tout d'Ember-
& tout démentir pour faire un choquer
D'après. le premier Mémoire éloge. de
mond, M. Grégoire attribue le Raymoeurs des femmes de couleur à peu l'in- de
fouiller rles
tage que les fcélérats pour font prouver de
davanclafles,de toutes les
toutes les
les feuls Arrêts cités nuances; mais que
Gens de couleur & au apprennent Curé
aux
ménil, qu'il ne faur Pas tout d'Ember-
& tout démentir pour faire un choquer
D'après. le premier Mémoire éloge. de
mond, M. Grégoire attribue le Raymoeurs des femmes de couleur à peu l'in- de --- Page 173 ---
[4]
continence des Blancs. Il eft aflez fingulier que ce foient les Gens de couleur
s'élevent contre un concubinage qui
1 a procuré &c l'exiftence & les biens
dont ils jouiffent, & qu'ils reprochent
aux Blancs d'abjurer envers eux les effifions de lapatemité.
Ce commerce illégitime qui offenfe
les moeurs & la Religion, eft un mal
néceffaire dans les Colonies ou les femmes blanches font en petit nombre, &c
ou les mariages ne peuvent être nombreux:ilprévient dej plusgrandevices-Les
foiblelles des Maitres les apprivoifent
& l'efclavage eft adouci. La population
y. gagne parce que c'elt moins le libertinage
le befoin
préfide à ces
unions licaen La C8E du climat qui
irrite les défirs & la facilité.de les fariffaire, rendront inutiles les précautions
du Légiflateur pour remédier à ces abus,
parce que la Loi fe tait, ou la nature
parle impéricufement.
L'exemple des femmes efclaves inAuera toujours fur les moeurs de celles
qui font libres. Elles viennent de la Côte
d'Afrique ou la polygamic eft autorifée,
8c dans les Colonies une mère efclave
fait qu'elle s'élève par fon commerce --- Page 174 ---
[42 ]
Mez le
de avec fon un Blanc; elle améliore
le rapproche du enfant, Blanc eft & la nuance qui
jours le
de fa liberté, prefque &
toude celle SCP fa mère. L'infuence fouvent
mat, le gout du laxe,
du clipour les époux de leur clafle Péloignement qui font
peut-étre les maris les plus jaloux & les
de plus defpotiques, tout porte les femmes
couleur a fuir le mariage, &c
qu'elles n'aient pas plus de confidération malgré
publique à efpérer comme femmes d'un
Blanc, que d'un homme de couleur, elles
préfèrent chelles des de s'unir aux premiers. Les riAffranchis font
fées
cette raifon dans toujours la clafle ver- domimuled oit la vanitéles porte. C'eft ainfi
que le nombre des Gens de couleur
mente, & que celui des
cette efpèce diminue. Propriétaires aE
Par guelle bifarrerie, dit M.
(page 20 ) le Francois
Grégoire
méme chofe en
méprife-t 6
t-il la
Le préjugé
Amérique pas en Afic.
feite
C contre les Gens de couleur n'inIRes gueères de France les Comptoirs de PInde ni les
NeR-il
3 de Bourbon & de Gorés,
Domingue, pas éirange que, même à Saintlaligne de démarcation
elfions Epagnoles &
despafelle des opinions.
Françoifes foit auffi
20 ) le Francois
Grégoire
méme chofe en
méprife-t 6
t-il la
Le préjugé
Amérique pas en Afic.
feite
C contre les Gens de couleur n'inIRes gueères de France les Comptoirs de PInde ni les
NeR-il
3 de Bourbon & de Gorés,
Domingue, pas éirange que, même à Saintlaligne de démarcation
elfions Epagnoles &
despafelle des opinions.
Françoifes foit auffi --- Page 175 ---
1451.
la fin du
On
à concevoir
fiècle, M. le BEA Grégoire
l'Afie
Otarierd
fache allez peu de chofe de monde pour n'a
ignorer que cette Eiclaves partie du
l'époque
cellé d'avoir des
depuis &
les
de T'antiquité la
reculée; 9
que
CaftesIndiennesl fbes ne fe mélentjamais
entr'elles, Comment M. Grégoireignore- &
t-il qu'à PIfle de France les Lafcards hauteur
les Malabards font traités avec
font
par les Blancs,& que les Affranchis des Antilles ?
au même rang que qu'après ceux
deux fiècles
Commentignoret.ie les Colons de Bourbon ne
encore
à fe convaincre que
femmes
CeEst
parvenus
premiers Haprifes à Madagafcar étoient parles des ingénues &
bitans de PIfle
? Comment ne fait-il
non pas des efclaves
font
gu'à Gorée les Gens libres, qui difent
BEs ingénus &c non des affranchis,
Nous autres Blancs, &c qu'ils
en parlant,
eux-mémes, ainfi
font regardés par
ite
cette exprellion le & prouve,comme même aux Mulâtres.
rieurs aux Blancs
fommes chez les
Cependant la, nous
Noirs.
dans
lieux la
On avoue que
favorife quelques les affranlégillation Elpagnole
chiffemens &c tolère les méfalliances, --- Page 176 ---
E441
quoique dans des parties du Golfe du
Mexique il foit défendu aux Sang-mélés
de porter la
&aleurs femmes
d'employer
dentelles ; mais les
EIRA
Créols Epagnols font foumis à un autre
préjugé, celt que les emplois publicsleur
iont interdits & accordés aux feuls Européens. Cette politique décourageante n'eft
pas la feule caufe qui empêche les Gens
de couleur de la partie Françoife d'émigrer dans celle Eipagnole de Saint-Domingue, ou il femble que l'analogie des
mceurs, le mélange des races & la douceur des Loix auroient da iles attirer.Les
Gens de couleur ont de l'averlion pour
les Elpagnols. Elle nait de l'efpèce de
mépris qu'infpire la parefle & la misère,
qui en eft le fruit. D'un autre côté une
juperftition outrée, Finquifition & lefpèce de fubordination ou les maris tiennent leurs époules, font des obftacles à
ce gue les femmes de couleur fur-tout
ne tentent le voyage, & les femmes de
toutes les couleurs influent autant fur
les moeurs & fur les réfolutions que les
hommes.
M. FAbbé Grégoire, fans doute dans
le défefpoir de ne pas prouver lui-même
que les Affranchis, font en tout égaux
juperftition outrée, Finquifition & lefpèce de fubordination ou les maris tiennent leurs époules, font des obftacles à
ce gue les femmes de couleur fur-tout
ne tentent le voyage, & les femmes de
toutes les couleurs influent autant fur
les moeurs & fur les réfolutions que les
hommes.
M. FAbbé Grégoire, fans doute dans
le défefpoir de ne pas prouver lui-même
que les Affranchis, font en tout égaux --- Page 177 ---
[45 ]
ont été
aux Blancs, 9 va rechercher quels
Les
Habitans des Colonies.
les premiers éroient des Boucaniers, des Flihommes des Gens de couleur venus de
Saine-Cerifuphe buftiers
; les femmes Pécume Ar- des
carrefours, les refes de la débauche.
rêtez Pafteur d'Emberménil. Apprenez
la
des dix-neuf
encore que
généalogie actuelsneremonré
vingtièmes desColons
Créoles,
pas à plus de trois générations falilez votre
& que tout ce dont vous
même à
plume leur eft étranger ; & que des BoucaTépoque des envois Flibuftiers de femmes qui ne
niers, & des
ou votre aveuglefurent les past stoutesprifes, fait ramaller ; il y avoit des
ment hommes qui avoient eu un
diftingué femmes
des hommes &
EE
en eftimables France, fous tous les rapports.
Confidérez néanmoins que, fi malgré
ils font devenus ce que font
cette origine
dans quelque
tous les autres François, Pon cherche la
clafle élevée que faites leur éloge &c
vous
ceniasr
raifon, Cela
que tout AE
cenfure.
empéche-t-il d'un Africain,
franchi ne foit provenu
Saintd'une Efclave? Vous ajoutez Gens que de couChriftophe a defcendance envoyé des fe dit Blanche;
leur,doncla --- Page 178 ---
[46 J
vous avancez (fauffement ileft
c'ef M. de Lamnage, Gouverneur de
Domingue 3
opee
defcendans E déclara en 1746 que les
Blancs, &
beaucoup Indigènes de feroient réputés
frene CAdeEr tels , en fe difane Sang-mélés fils E
Caratbes, 6 qu'on ne fiue pas
les preuves. Hé bien,
difficile fur
Cela
le
2 qu'en conclure ?
feul,que préjugé des Blancs n'eft
pas aufli inflexible que vous cherchez à
Pétablir, & que les Gens de couleur
peuvent devenir quelquefois d'heureux
ufurpateurs.
M. le Curé, qui parle de tout,
aufli (
26 ) d'une objection parle
annonce PIOr avoir été faite fur les maria- qu'il
ges mélés qui feroient éclore le pian. En
vérité, M.le Curé abufe de la
d'écrire. Puifqu'il fait fi bien permiflion comment
on gagne le pian, il auroit bien da ne
fe pas faire d'aufli miférables
pour avoir leplailir S
de les détruire. objections
M. Grégoire ne veut pas
les Gens
de couleur comptent furla que
des Blancs. L.c paffe feroit, bienveillance felon
une mauvaife garantie. Ainfi trente lui,
mille Affranchis répandus dans toutes les
Colonies en moins d'un fiècle, dont les
Maitres ontabandonnéla propriété, dont
, il auroit bien da ne
fe pas faire d'aufli miférables
pour avoir leplailir S
de les détruire. objections
M. Grégoire ne veut pas
les Gens
de couleur comptent furla que
des Blancs. L.c paffe feroit, bienveillance felon
une mauvaife garantie. Ainfi trente lui,
mille Affranchis répandus dans toutes les
Colonies en moins d'un fiècle, dont les
Maitres ontabandonnéla propriété, dont --- Page 179 ---
L 47 1
ils ont payé Tafiranchillement au ffc;
trente mille individus quils ont fait fortir
de l'efclavage ( ou qui font le fruit de
ceux qu'ils en ont retirés); trente mille
individus qui difent avoir une fortune
d'un milliard, ne peuvent pas croire à la
bienfaifance de ceux auxquels ils doivent
tous ces avantages ! Ils ne peuvent
tout ce
P
en efpérer dans l'avenir
que
tems doit apporter d'adoucillement à un
préjugé qui s'eft toujours affoibli? Quel
eft TEclave qui, avant d'accepter l'état
d'Affranchi, a cru qu'il feroitl'égal 0 de fon
Maitre ? Quel eft le Maitre qui n'a pas
appofer une limitation à fon bienfait?
G.ARY celui
a
tout refufer, qui
avoit parles pbeu en France le droit
de ne rien accorder, eft indigne de confiance, parce qu'il ne confent
que fon
Efclave foit tout-i-coup EES à lui, au
rilque de perdre & fa fortune & fa vie! 1
Quelle logique! .
Et fur qui les Sang-mélés peuvent-ils
donc compter? Sera-ce fur les déclamations d'hommes quife forment en feôtes,
confommer à difcourir
en fociétés, pour
un tems
fur ce qu'ils n'entendent pas., Sera-ce
qu'ils enlèvent à leurs devoirs.
furles réfultats de certains Clubs, ou des. --- Page 180 ---
[48 ]
Ecrivains à tout prix, des
des Femmes à
Petits-Maitres,
fraisdelogement, vapeurs > confomment en
defecrétariat,
fion, &c. &c: desfommes
d'impref
la vie à des individus,
quifauveroient le froid
faim aflaflinent à la que de leurs & la
fons, & dans les rues porte
maiavec des chars dorés,
qu'ils aller traverfent
fur des maux
& lointains differter ?
Sur
HCLRer
qui compreront-ils : 2 Sera-ce fur les
hommes qui les proménent comme les
Artifansinfenfés deleur réputation
mère, & quileur vendent de la éphe
& des illufions? Qui
fumée
vrais protedteurs des Oeat paller
les
de ces êtres
ou
CEE
leur qui s'agitent en France fans
qu'il
en coûre que des paroles ou
quelques corrifations, ou des Colons
ont facrifié des millions
faire
Affranchis?
a
Les
d'un
de
Curé
adenades
Lorraine méritent-t-elles donc
foi que les fentimens des Colons plus de
du moins expié leurs foiblefles qui onE
bienfaits
par des
2 tandis qu'ailleurs elles
roient fervi gu'a peupler des Hopitaux n'aud'Enfans-trouvés, dévoués à la
à linfamie ?
misère &c
Lorfqu'on croit arrêter M,
par la crainte que les Elclaves ne Grégoire veuillent
adenades
Lorraine méritent-t-elles donc
foi que les fentimens des Colons plus de
du moins expié leurs foiblefles qui onE
bienfaits
par des
2 tandis qu'ailleurs elles
roient fervi gu'a peupler des Hopitaux n'aud'Enfans-trouvés, dévoués à la
à linfamie ?
misère &c
Lorfqu'on croit arrêter M,
par la crainte que les Elclaves ne Grégoire veuillent --- Page 181 ---
lent à leur tour 149 devenir ] les
il
égaux des
Blanes, répond ( page 29 ):
vanité I je vous renvaye a
Pauvre
des droits de PHomme & la-déclaration du
tirey-vousen, s'ilfe
Citoyen, 2
Mais M. le Curé AreL pris garde luimême que tout fon Mémoire ne roule
que fur ce point, que la déclaration des
droits de Phomme n'eit pas faire
les
Colonies. Il parle de la richeffe des pour
de couleur,
Gens
dal'importance dont ils fonr
rétenir les Negres dans le devoir ;
Iren compte fur le quart de leurs revenus,
furleur cautionnement. Eh! que deviendra tout cela fi la déclaration des droits
de l'homme eft admife par-tout?
L'Aflemblée Nationale moins hardie
le Curé d'Emberménil, n'a pas tran3E2 la queftion, & On doit croire
ne la tranchera pas, on en a fa pradence qu'elle
pour'garant. Elle n'ignore pas que ce n'eit
avec du fang quil faut cimenter
Eates révolutions pour les rendre durables.
Elle fait bien que la conftitution
a faite a
objet la paix du
qu'elle
& le bunfeer de fes Habitans. Royaume Elle faic
que les millions d'hommes
le commerce des Colonies fait vivre, qué font
fuadés que le pain eft le premier PEAOE
D --- Page 182 ---
- 1
des droits
de toute emnli & que
ne fuffifent
& font même dangereux
Elle fait qu'un
des
&
TERCERLO
Eer
de 26 millions d'hommes ,n'elt
depuis
de treize fiècles, Etat exifà
3 mais un
EE
un Etat
Neene
pas
filon peut s'exprimer ainfi,
rant, quia,
à conferver.
un rempérament politique Nationale qui fentira
Enfin-TAllemblée
des droits de
bien que la déclaration
de tous les
THomme n'eft pas une dans LER ou elle ne
climats, la gardera des fruits utiles. Elle
peur prodaire coup-fur,que que
par fes décrets
déclarera,
rien innover à l'exiftence
elle n'a entendu
& elle aura encore:
des Colonies,
politique allez de bien à y réalifer - 2
quil ne
d'elle d'y SeT préparer,
foit pas indigne
confutution
parkes Colons euxmémes,lac fouméttront
quileur eft propre, & quils
enfuite à fona approbation. de cette conftituC'elt lors du travail
tion & à cette époque Colonies feule lile qu'on moment pourra
éxaminer dans les
Gens de coueft venu de faire pour'les
encore
leur quelque chole qui des marque Colons
mieux les fentimens
cette pour
eux. Le prefcrire 2 c'eft entamer
conflitution, c'eft faire ce que TAfem-
méttront
quileur eft propre, & quils
enfuite à fona approbation. de cette conftituC'elt lors du travail
tion & à cette époque Colonies feule lile qu'on moment pourra
éxaminer dans les
Gens de coueft venu de faire pour'les
encore
leur quelque chole qui des marque Colons
mieux les fentimens
cette pour
eux. Le prefcrire 2 c'eft entamer
conflitution, c'eft faire ce que TAfem- --- Page 183 ---
Isi ]
blée Nationale veut éviter. C'eft
fans utilité des femences de divilion préparer &c
de haine; 3 c'eft préparer tous les maux.
M. le Curé eft fort tranquille fur la
perte des Colonies. Cette partie de fon
Mémoire n'eft pas un chef-d'auvre en
diplomatique. Il veut bien croire
ne fongent point à Paffer fous une qu'elles domination étrangère ; mais au furplus elles
ne lep pourroient pas, dit-il, car les AngloAméricains ne veulent que des libres, &c
les Anglois font dhfpojes à fiapprimer la
traite des Ejelaves, de'concert avec nous.
On va répondreacela,
montrer
Heulemenepour
par-tout M. le Curé eft aulli
inftruit & dende fort en raifonnement.
PaogtnAoeAmsneme ont des
Efclaves dans leurs Provinces méridionales.
rénoncé
dans
Oopeabencedenyonse
les) Provinces feprencrionales, parce
que par-rout ou le climat permet d'employer le Journalier blanc, il eft préférablealE(claveg qu'ilfaur acheter fort cher.
Ainfi cetre Paiffance ne feroit pas aflez
extravagante pour refufer les -
Colonies à
fucre,ou elle trouveroit ce qu'elley y cherche fans ceffe par la contrebande.
Les Portugais quele Curé cite
comme
(p.3
ne voulant plus d'Efclaves depuis 34)
D 2 --- Page 184 ---
1755, - ont donné E1 il a fix
un armement de la
L la ans, à
aller détruire RE
France,
Comptoir à GaE la côte d'Angole lls ont tous
les ans trente vaifleaux a la Côte
autant dans chacun des deux
d'Or, de
Saint-Paul de Loango &c de
- Phide
Ehoty
lippe
Benguela, & dix à Biflao, fans
compter ce que fournit le
des
Ifles du Prince & de Saine-Thome. cabotage
Les Anglois ne peuvent pas vouloir de
Colonies, parce qu'ils vont
la
traite de concert avec nous! fupprimer .
on eft crédule à Emberménil ! Comme
M. Grégoire
Quoi!
fort longs,
qu'après des débats
caché
ETE
l'objet
étoit
nous mener à une grande faute, le Par- de
lement d'Angleterre a ajourné indéfiniParlement mentia quellion! Il ne fait Pas que ce
a fait des règlemens
traite ! Mais cette traite
fur la
sepuije
les
exportations 6 ne Jauroit durer.
par a
difere de Negress & elle eft caufe lly déja
trafigue des Indiens, (pag 24). Un gu'on
en Afrique fur fept cens lieues de traite
& trois cens de profondeurs
côtes,
deux cens quarante mille FRCEL qui donne
On en tire environ
quarrées.
quatre- vinge mille
Negres par an ; c'eft donc un individu
cette traite
fur la
sepuije
les
exportations 6 ne Jauroit durer.
par a
difere de Negress & elle eft caufe lly déja
trafigue des Indiens, (pag 24). Un gu'on
en Afrique fur fept cens lieues de traite
& trois cens de profondeurs
côtes,
deux cens quarante mille FRCEL qui donne
On en tire environ
quarrées.
quatre- vinge mille
Negres par an ; c'eft donc un individu --- Page 185 ---
1SJ
aux Inpar trois lieues quarrées. Quant d'Efclaves.
diens on en a toujours eu
ce
Pour efpérer lui-méme tout
qu'il
M. le Curé fe repofe avec conERETE (pag. 5o)f fur la parole de Peftimable M. Clarkson. Mais M. Clarkson,
à qui la tête a tourné parce des qu'un Nedifcours de lui fur Fefclavage Tuniverfité
gres, a été couronné par
deftins
dOxford, ne règle
plas'les Traduéteurs &c
de
TE
FAngleterre, que
à régler ceux
fes Mimes ne parviendront
de la France. Les aplaudillemens qu'on
obtient dans une Séance Académique,
les Comités qu'on excite &c les, cachets
touchans qu'on fait mettre fur des brochures, tout cela ne donne pas le droit
d'être le
des Nations, le régulateur TEs plans de gouvernement.
Un
aprouver M. Grégoire, de
quand TE il
voudra, que T'ouvrage
fineftimable Clarkson a plus d'erreurs
fon
mémoire. Au
encore que
demande propre
chofe
farplus, on ne
qu'une accorde la
à M. le Curé, c'eft quril
prionéh la Motion faite en Angleterre s'il e;
il fera tems d'imiter nos ennemis
eft écrit que nous devions les finger.
Ce fera un allez beau triomphe pour
D 3 --- Page 186 ---
les Beneret, les Brifoe 154 J. de
de marcher à leur
Varville, 3 que
ont Thabitude.
luite, comme ils en
Calis, il n'auroit Quant da au pauvre Las
fon confrère affocieroit Pas
s'attendre que
lui de ces grands
fon nomà cequi veulent changer Aporres de la liberté, 3
confeillé de
Punivers, lui qui a
prendre des Nègres efclaves
pour culiver PAmérique.
A tant de raifons il étoit tout
ple d'ajouter que les Blancs ne
fimf levrer à une Puilance
pourroiene
les Gens de couleur, & éirangère les
fians
couleur le pourroient
que
Gens de
M. le Curé
Jans eux. (pag, 30).
fans doute Grégoire a compté écrire
pour les montagnards
vergne ou pour les habitans des d'Aude Bordeaux, & il ne faut pas les landes détromper.
de Pour la
ne rien oublier, le Curé menace
claves réunion des Sang-mélés aux Ef
dit
( pag. 32) ). On lui a fans doute
mélés que ceux-ci détefloient plus les
que les Blancs, puilqu'il
Sangque fi cette haine exifte,
obferve
dans T'emploi de
eile a fa caufe
Mulatres elclaves punir, dans des qu'ont plafieurs
& encore dans le mépris dont habitations, les
donnent T'exemple. Mais
Blancs
3 ajoute-t-il,
réunion des Sang-mélés aux Ef
dit
( pag. 32) ). On lui a fans doute
mélés que ceux-ci détefloient plus les
que les Blancs, puilqu'il
Sangque fi cette haine exifte,
obferve
dans T'emploi de
eile a fa caufe
Mulatres elclaves punir, dans des qu'ont plafieurs
& encore dans le mépris dont habitations, les
donnent T'exemple. Mais
Blancs
3 ajoute-t-il, --- Page 187 ---
1,55 ]
les Gens de couleur nient T'exiftence
de cette haine.
M. le CuSi nier étcit une preuve,
ré n'en manqueroit jamais. Mais tous
les faits qu'on lui a cités, établiflent
befoin
des
cette haine & on n'a
a
dans
:
exprellions qu'il
prifes
premier Mémoire de Raymond. La contduite des Blancs ef concordante avec leurs
principes, 6 comme s'il ne leur falbjode
de verfer Phumiliation Fur les Gens
G couleur ils infpirent les mêmes fentimens à leurs Negres C
qui afedtent enfuite
le ton de fapériorité envers les efelaves
des Mulatres (pag. 32 ). Croira-t-on
des Efclaves
trouvent même
hiaue
qui de fervir des Affranchis
teux pour eux des Blancs les préfèrent aux
pluroc que
Blancs? Qu'il me foit permis en outre de le
demander à M. le Curé. Pour quel but
leramanehisomnirentis aux Efclaves
contre les Blancs ? Quand on fe confédère, c'eft ordinairement pour un intérêt commun ; mais il n'en exifte pas
entre eux. L'Eiclave révolté & triomphant, voudroit à coup fûr refter libre
& Tégal de l'Affranchi, qui alors
droit fa fortune avec fes
PEE
propres
D 4 --- Page 188 ---
claves & ne feroit - 1561 plus
le
gnon pauvre du Negre, que
compaelclave, quile domineroit peu bientôt avant fon
fon parti feroit le plus fort. parce Ainli
RI Gens de couleur s'aflocieroient
! Ce calcul elt bon feulement pour
ECdr le Mémoire d'un Curé de Lorraine. Dans la coalition des Blancs
des Gens de couleur au contraire,
&c
térêt commun eft évident, il
linles Blancs.
raffure
Tant de réfexions
les avant-coureurs d'une judicieufes font
tre les Blancs qui veulent explofion du
condu Cafe, du Tofia au prix de tant SucrE de
cruautés. Indignes mortels,
de Pherbe G Joyer
F On
plutôe
à un
juftes!
rend
0.92
pareil aviss & certainement de
toutes les manières d'abolir
c'elt la plus fire & la plus l'efclavage douce,
feroit digne du zèle du Curé d'aller T1
évangélifer de cette manière
le Royaume, & notamment dans par-tout les
Jes Villes maritimes & dans celles ou font
manufactures. Le moment eft
lièrement favorable
lingumanger de Pherbe.
pour confeiller de
M. Grégoire ne veut Pas (
que des convenances
pag. 37 )
politigues balancent
manières d'abolir
c'elt la plus fire & la plus l'efclavage douce,
feroit digne du zèle du Curé d'aller T1
évangélifer de cette manière
le Royaume, & notamment dans par-tout les
Jes Villes maritimes & dans celles ou font
manufactures. Le moment eft
lièrement favorable
lingumanger de Pherbe.
pour confeiller de
M. Grégoire ne veut Pas (
que des convenances
pag. 37 )
politigues balancent --- Page 189 ---
L7
lajufice & Réchillene 2
des lois.
Le bonheur des Empires, eet
de Pheureux accord des principes lui,réfatte politiRES avec ceux de le jefice.
a donc
principes politiques ?
la
ML
bité d'une Nation veut-elle qu'on pro- dépouille des propriéraires de ce qu'ils ont
acquis à prix d'argent ? Si la Nation s'elt
trompée en le permettant, qu'elle répare 1
fes torts par des indemnités réelles, 2 &
non pas en confeillant les meurtres &
les ailaflinars contre ceux qui ont compté fur fa foi. S'il doit fe trouver des
Othello & des Padrejean, que ce ne
foient pas du moins des Prétres qui les
invoquent, qui les conjurent & qui fe
déleétent à aiguifer leurs poignards!
Le calme fuccède enfin à cet orage
pour rechercher fi les Gens de couleur
qui font à Paris, doivent avoir des Dé 4
putés à l'Allemblée Nationale, &c M.le
Curé conclut pour l'affirmative. Ainfi
lon verroit à l'Affemblée Nationale,
Pordre desMulatres Keguatrevingrdentre
eux de tout age, de tout fexe, domeliques 3 efclaves, appelés de toute
part, feroient chargés du choix de ces
Députés, d'une elpèce nouvelle! L'AC
femblée Nationale feroit former une dé- --- Page 190 ---
[58 1
putation pour trente mille individus,fe
parés d'elle de deux mille & même de
mille lieues, & féparés entre eux-
& ce feroir
Eae
dus qui délibéreroient quatre-vinge fur
individroient,
tout & vienConftirution par ce fait même, entamer la
des Colonies 55 ! Siicela arrivoir, on pourroit dire que PAffemblée
leur, Nationale a des principes de toute couconftances. 9 & qu'elle en change avec les cirMais, dit-on, les Gens de couleur
n'ont point été appelés aux
& ils n'ont point choifi lès Aflemblées,
lons. D'abord, cela n'eft Députés vrai Cotoutes les Colonics, ni pas
pour
Paroifles; mais au
pour toutes les
péchés de
furplus qui les a ems'y Préfenter ? le
il
falloit au moins ellayer ? En outre préjugé? fuf
fent-ils tous venus, ils ne pouvoient y
Pemporter fur la pluralité tormée
Blancs.
Mais les Gens de couleur par fe:
intérêt tout diferene de celui des ont ZLIZ
Il faudra donc qu'on les tienne Blancs.
eux qui prérendent à être mélds féparés, aux
Blancs. Mais qu'importé aux
voir de couleur: cela
Députés d'en
augmentera la Dé
GRTR allure comme eux-mèmes P'ont Jouhaité.
qu'on a déjà répondu cent
venus, ils ne pouvoient y
Pemporter fur la pluralité tormée
Blancs.
Mais les Gens de couleur par fe:
intérêt tout diferene de celui des ont ZLIZ
Il faudra donc qu'on les tienne Blancs.
eux qui prérendent à être mélds féparés, aux
Blancs. Mais qu'importé aux
voir de couleur: cela
Députés d'en
augmentera la Dé
GRTR allure comme eux-mèmes P'ont Jouhaité.
qu'on a déjà répondu cent --- Page 191 ---
[59]
le confois au Curé, quoiqu'il imprime
étoit
traire (p- 42), que cet argument
le plas miférable de tous : 1o. parce que
I'Aflemblée Nationale a fixé le nombre
dèsI Députés, & 10. ques'ilen falloit davantage, la preférence appartient aux Suppleans choilis par des milliers de Colons,
iur des Suppléans pris à Paris, parmi 80
êtres, dont les 7 huitièmes ne feroient EnPas Citoyens actifs, en France même.I France
tin, on ferepète,celt toucher c'elt en donner
àla Conftitution Coloniale, n'auroient
aux Colonies des Loix qu'elles
pas confenties.
Oubenademmpoinpoo: on
delaColonie dela
lerépète, , qu'une partie
Martinique elt actuellement en infurrection contre fon Gouverneur I Général,
auquel on impute d'avoir voulu afimiler
far le-champ tous les Gens de couleur fans
aux Blancs, deflein qu'il a défavoué
fuccès, & que les Gens dec couleur, eux- été
mêmes quis'en éroient autorifé, ont
forcés de déclarer qu'ils ne prétendoient
pas foutenir.
Néanmoins, comme M. Grégoire eft
bien convaincu de l'inutilité des Colonies pour la Métropole, il eft bien aile, --- Page 192 ---
[60]
avant deles rejetteravecle dédain
Julinfpirent, fa
d'y fairep pafler un Décret qu'elles de
façon. Le voici.
1o, Les Gens de couleur
feront aflimilés en tout & quelconques
Blancs.
pour tout aux
20, Les Maitres pourront
Jeurs Efclaves fans rien
affranchir les
ves pourront fe racheter, payer;
Efclade 30. Tout Enfant de couleur fera libre
droit, il aura.même une penfion.
4°. Il fera défendu de reprocher
Sang-mélés leur origine comme
aux
jure.
une in5°. Les Curés uferont du
leur miniftère
crédit de
pour effacer le préjugé.
60, Les Gens de couleurréunis,
choiliront cinq Députés
Paris,
Sellion de TAilemblée pour la préfente
Nationale.
Cela mérite quelques réflexions.
couleur 1.L'afimilation parfaite des Gens de
T'Editde aux Blancs fera la répétition de
avoit
1685, &lon a vu
contrarié la
quelepréjugé
Loidepuis 104 ans.
20.I1 eft probable queles Maitres n'abuferont point de la faculté d'affranchir
iliront cinq Députés
Paris,
Sellion de TAilemblée pour la préfente
Nationale.
Cela mérite quelques réflexions.
couleur 1.L'afimilation parfaite des Gens de
T'Editde aux Blancs fera la répétition de
avoit
1685, &lon a vu
contrarié la
quelepréjugé
Loidepuis 104 ans.
20.I1 eft probable queles Maitres n'abuferont point de la faculté d'affranchir --- Page 193 ---
fans rien
[61]
n'ont fait payer, que des dès qu'ils verront qu'ils
ingrats.
A l'égard de celle donnée
de fe racheter, elle
à lEfclave
lui confeiller le vol, aura le bon effet de
Maitre ne veut pas céder & fa en outre fi le
faur fuppofer que
propriété, il
cera. Les Elpagnols, quelque chofe ly fortorifé cet ulage dans qui leurs feuls avoient aufini par fentir, en
Colonies, ont
à leur
1787, qu'il s'oppoloit
mais il érablillement, eft tout
& Par linterdires
nous mettions au-deflous fimple qu'en 1789 nous
des Epagnols.
Enfant 3". Propofer de
d'affranchir de droit tout
couleur, c'eft
empécher de naitre, &c lon peut-être les
de la feule idée d'armer
doit frémir
jaloufie contre Thumaniré. l'intérêt & la
roit ablurde,
Cette Loi feu
Maitre d'une alenite dont qu'elle il
puniroit le
coupable. Elle feroir
peuc n'être pas
deoitsdela propriété. Elle attentatoire aux
enfant innocent, qu'il faudroit porteroit furun
arracher au fein maternel
peut-érre
vation. Elle confeilleroit pour la.confer
ment. Telle éroit celle même de
l'avortes
confifquoit les enfans
1685, qui
-
illicite, au Profit des nésid'un melange
Hopitaux; elle fup --- Page 194 ---
[62]
invoquée à la
de la Charité, Marcinique mais la par un Religieux
d'être le complice, mère lui reprocha
& il fallut arréter l'auteur le
de la faute,
ceffer le fcandale.
procès pour faire
Qui fera tenu de Ja
Er qui le fera reconnoltre penfion?le Père?
cherches,
? Que de rebonnes moeurs.! que d'accufacions Un
contre les
Curé n'eft
jours un bon
pas touLégiflateur, 13
4". Dire à un homme qu'il eft
jaune ou blanc, ce n'eft
noir,
Si c'eft à Tintention
pas une injure:
l'idée, il faur convenir qu'on en attache
actionjudiciaire d'un
que ce fera une
genre aflez neuf. 3
5o. Voila donc les Curés, ces
de paix, chargés de tout
Miniftres
les
Colonics, & fpécialement bouleverferdans
y faire une révolution. Il départis eit
Leot our laReligion autorife les
des
à parler de l'egalité chrétienne Miniftres
légalité civile n'eft pas de leur ; mais
Un Capucin en a dit un mor à la miflion: Mare
tinique, & des Efclaves l'ont
un lignal de révolte.
pris
eux ont expié leurs Plulieurs POLIOeL
du fanatique fugicif erreurs, & la têté
reftera chargée
fang qu'il a fait couler, L'Aflemblée du
Na-
ife les
des
à parler de l'egalité chrétienne Miniftres
légalité civile n'eft pas de leur ; mais
Un Capucin en a dit un mor à la miflion: Mare
tinique, & des Efclaves l'ont
un lignal de révolte.
pris
eux ont expié leurs Plulieurs POLIOeL
du fanatique fugicif erreurs, & la têté
reftera chargée
fang qu'il a fait couler, L'Aflemblée du
Na- --- Page 195 ---
[63).
tionale
voir tranquillement
AETAES propofe de publier un mani2en qui amèneroit des convullions
capables d'ébranler le Royaume ?
6o. Enfin, refte le choix des cinq
Députés : Oni y. a répondu. Ce fera une
perte, on l'avoue, pour l'Avocat qu'ils
ont honoré de leur Préfidence, de ne
pas recueillir le prix inappréciable de fes 2a
s'étoir promis, entr'autres,
l'hon-
& de fes démarches multipliées,
neurde fiéger dansl'Affembléel Nationale,
comme Député des Gens de couleur, qui
l'ont déja nommé à tout évènement.
Ec
ce jeune Jurifconfulte fe con
fole, en zèle ardent peut trouver des
occalions de fe fignaler fans porter la
défolation dans le Nouveau-Monde. S'il
a juré de défendre des malheureax, il
habite la Capitale,, ou chaque pas en
fait trouver, dont les maux très-réels
valent bien ceux qu'on crée fur le papier.
Il pourra 11 même s'honorer davantage, Il
parce que fes travaux feront gratuirs.
elt des couronnes de plulieurs genres,
&on doit préférer celles qui ne peuvent
pas être enfanglantées, iur-tout quand
on ne doit pas
les dangers auxqucls on peut Ancoe les autres. --- Page 196 ---
Onle
[641
objet de répète, toute loi qui aura pour
fera affreufe frapper dans violemmentle fes
préjuge,
première qu'elle auroir, conféquences. feroit
La
cher les aifranchiffemens ; la d'empe
de porter les Blancs à renvoyer feconde, les
Affranchis qu'ils emploient comme dol
mefliques, préférer des comme ouvriers, & à lenr
venir
Blancs, qu'on feroit plutor
ceroit exprès d'Europe, ce
renforune claffe, & tourneroit qui au
ment de l'autre. Les femmes, les détride couleur, qui, au moment actuel, enfans ef
tout des Blancs, feroient fruftrés
EUtE leur
artente, en un mot, l'amours
propre irrité, cauferoit les
maux.
plus grands
garde Les Affianchis font un genre de fauve
Elclaves, pour nos Colonies, contre les
auxquels ils offrent une
utiles pedtive confolante ; mais, ils ne fent
leur qu'autant que leur intérêr accroit
arrachement pour les Blancs. Cependant, fi le grandnombre des
a fes dangers pour la fareté, celui-des Efclaves
Affranchis n'en a pas moins
moeurs & pour lelprit national, pour les
s'altèrent en pallant
des
qui
ont étédégradés
hommes qui
par Lte fervitude. IP feroit
donc
ils offrent une
utiles pedtive confolante ; mais, ils ne fent
leur qu'autant que leur intérêr accroit
arrachement pour les Blancs. Cependant, fi le grandnombre des
a fes dangers pour la fareté, celui-des Efclaves
Affranchis n'en a pas moins
moeurs & pour lelprit national, pour les
s'altèrent en pallant
des
qui
ont étédégradés
hommes qui
par Lte fervitude. IP feroit
donc --- Page 197 ---
[65]
donc dangereux, d'accarder beaucoup
dafianchillemens à la fois. Il 0e faut s'arrêter à cette obfervation générale, être aufli que
les Affranchis ne doivent pas avec les
nombreux que les Ingénus, qui, conferver
prérogatives, doivent encore
la force qui les maintient.
Tel eft T'empire des préjugés lorfquils
tiennent à la Conftitution d'un Pays,
qu'on ne doit y toucher qu'avec la plus eft
grande circonfpection. Celui qu'on exifte,
obligé de montrer ici tel quil le faire
s'affoiblira fans doute, & pour naturelleefpérer une obfervation s'offre diminué, &
ment. C'eft qu'il a toujours de la
même lorique ceux
Métropole
acquéroient de la force de quoiquils T'opinion
fuflent plutôt dépendans
que de la nature des chofes.
Ce qui fe pafle dans le Royaume ne
fauroit manquer d'influer fur ce qui
avoir été
& qu'on
SLETE
exagéré,
achemais le tems, &le tems
peut
TST
ver fon ouvrage. Onpeur dire Colonie ici, comme le
les Adminiftrateurs d'une
marquoient au Miniftre de la Marine,
à la fin de 1786 : 5> Une loi directe,
> rendue en faveur des Affranchis, proE --- Page 198 ---
[66].
95 duiroit lcfeulefer de révolter l'opiniaNul
dans la
25 treté des Blancs.
Corps
95 Colonie dont tous les Membres ne
>> prilfent déformais plus de foin pour
>> vérifier l'extraétion des Candidats
>>
ne fuflent fermement
rafbitas
poles,8
Tous
>5 à exclure les origines fufpectes.
>> fouffriroient > fans qu'aucun en re55 cueillit le fruit.
foutenue
L'autorité,
de
de Phu55 du cri de la raifon &c
celui
>> manité, ne feroit pas en état de com3>
batcre ouvertement cette opinion, &c
55 d'en triompher Cc, Une meilleure éducation, une conduite plus réfervée, des
moeurs plus épurées
amener des
changemens, EEETEL aidés & favorifés
par ceuxmêmes qui, dans cet inftant, les
trouvent dangereux, à caufe de la fituation ou des écrits incendiaires ont mis
des elprits, dont l'inquiétude fuffit pour
infpirer la terreur.
Et pourquoi M. Grégoire refuferoit-il
de croire à ce befoin de temporifer; 5 - lui
difoit, au mois d'Aoûr 1788, dans
dE Elfai fur la régénération phyfique,
morale G politique des Juifs: 5) N'allons
front leurs
>> pas toutefois heurter de
>> préjugés ; ils fe cabreroient. e
: Un
>> article délicat, & cependant indifpen-
infpirer la terreur.
Et pourquoi M. Grégoire refuferoit-il
de croire à ce befoin de temporifer; 5 - lui
difoit, au mois d'Aoûr 1788, dans
dE Elfai fur la régénération phyfique,
morale G politique des Juifs: 5) N'allons
front leurs
>> pas toutefois heurter de
>> préjugés ; ils fe cabreroient. e
: Un
>> article délicat, & cependant indifpen- --- Page 199 ---
167]
de
à cette réforme
5) fable,c'eft
préparer
& les Chrétiens... a - La réforme
>> les Juifs
du moment;
>> desJuifs n'eft paslouxrage la marche de
52 car on fent qu'en genéral, cglle de la mer,n'eft
>> la raifon, comme des fiecles..; Ordi25 fenfible qu'après les révolutions morales font
55 nairement
35 fort lentes c. routes ces vérités fe fontEt évanouiesauxy pourquoil
yeux du Cured'Ember
elles
aujourd'hui, -
ménil?1 Pourquoiprefire-rila doux, &
cela même plus
aux moyens de fuccès, Re violences qu'il
capables confeille, les révoltes qu'il excite? Que
lui ont fait les Colons? En quoi lui femblent-ils moins à ménager que les Juifs?
fatalité aime-t-il mieux tout
Par quelle
Gens de couleur, en les
promettre aux de leur ardonnerfeipéraace
trompant, que
de ce
foud'obtenir un jour partie
de quils changer
haitent? Eftil donc permis
& n'en
de maxime au gré de fon caprice?
coûte-tilrien
fe montrer fanatique,
quand on a EmaE autrefois à paroitre
modéré? Si, dans fes principes, lApôtre
a cru devoir
des Juifs, qu'il connoilloit,
la déemployer la perfualion, pourquoi
asgnet-aleriquipanies àdes :
Colonsquil
ne connoit pas? --- Page 200 ---
E68]
Ce ne fera
d'après les Mémoires
intéreffés de Cabimnais que M. Grégoire
fe formera une idée exacte des chofes.
Un Repréfentant de la Nation ne doit
pas livrer aveuglément fa confiance. Un
Prêtre doit fe
d'un enthouliafme
fanguinaire.
Citoyen doit aimer les
AEree
intérêts de fa Patrie. Un Homme,
qu'il foit, doit frémir de l'idée tted
révolution oùt tout feroit malheur & rien
avantage. Celui qui n'auroit pas cette
idée de fes devoirs, ne feroit pas
du rôle qu'une grande Nation Ta chargé digne
de remplir.
Le I6 Décembre 1789.
PUCPDD L. M.
'un enthouliafme
fanguinaire.
Citoyen doit aimer les
AEree
intérêts de fa Patrie. Un Homme,
qu'il foit, doit frémir de l'idée tted
révolution oùt tout feroit malheur & rien
avantage. Celui qui n'auroit pas cette
idée de fes devoirs, ne feroit pas
du rôle qu'une grande Nation Ta chargé digne
de remplir.
Le I6 Décembre 1789.
PUCPDD L. M. --- Page 201 ---
EXTRAIT DES
REGISTRES
DE LA DÉPUTATION
DE SAIRT-DOMINGUE
Séance du 2I Décembre 1789.
M M.
les Députés Votans &
lonie de
Suppléans de la CoSaint-Domingue à l'Aflemblée
blés, fur la convocation de M, le
Nationale, affemde la Députation;
Préfident, au Bureau
M. le Préfident a dit : 3 Que, fur le
bles qui ont eu lieu à
bruit des troument au Cap, dans le Saint-Domingue, & particulièreconvenable
courant d'Ostobre, il avoit cru
d'appeller à la Séance, qui
ce jour, MM. les Députés de la
devoit être tenue
Guadeloupe, Que les motifs de fa Martinique & de la
coalition des trois
démarche étoient, la
fe réunir & de fe Députations, qui font convenues de
leur réunion
concerter dans toutes les occalions oùt
pourroir être utile au bien général des
Colonies; la communication que celle de la
a donnée à celle de
Martinique
irrivés dans
Sainc-Domningae, des mouvements
cette première Inle; enfin, la
jue M. Moreau de
circonftance
Saint-Méry, Colon & Député de
Marinique, a été le principal objet de la
ion qui a eu lieu dans la Colonie de
fermentalaquelle il a aufli Phonncur
Saint-Domingue,
d'appartenir, & par une
A
au bien général des
Colonies; la communication que celle de la
a donnée à celle de
Martinique
irrivés dans
Sainc-Domningae, des mouvements
cette première Inle; enfin, la
jue M. Moreau de
circonftance
Saint-Méry, Colon & Député de
Marinique, a été le principal objet de la
ion qui a eu lieu dans la Colonie de
fermentalaquelle il a aufli Phonncur
Saint-Domingue,
d'appartenir, & par une
A --- Page 202 ---
& par fa famille, & par des
place de Magiftrature,
propriétés, réunion des trois Députations, dans la circonftance,
La
convenable, MM. les
ayant été unanimement jugée
ont été
Députés de la Martinique &c de la Guadeloupe
introduits, &c ont pris place.
M. le Comte Dillon, Député de la Martinique,
remis fur le Bureau une lettre du Comité de Députaa
Colonie, adreflée à la Députation. Lecture
tion de cette
comme fuit:
en a été faite par le Secrétaire-Genéral,
Paris, le 21 Décembre 1789.
avant-hier, avec autant de
3 MM., nous avons appris
&c injurieux traite-
's chagrin que d'étonnement, l'injufte
les parens
éprouvé, à Ssint-Domingue,
39 meat qu'ont
& le fort qu'on lui
>) de M. Moreau de Saint-Méry,
Colonie. Comme
s'il fe fat trouvé dans cette
22 préparoit
Frères, les Habitants de la
>> Colons, & comme vos
la part la
affemblés à Paris, prennent
plus
s Martinique,
&
fincère aux troubles qui ont agité Saint-Domingue,
malheureufement être très-
> dont les fuites peuvent
mais comme Colons
toutes les Colonies ;
27 funeftes pour
vivement Tinjura
la
ils ont reffenti
2> de
Martinique,
un, de leurs Dé32 faite à M. Moreau de Saint-Méry,
fauroient
Nationale, dont ils ne
s putés à TAflemblée
& lr'application conf2) trop louer le zèle, les talents, non-feulement de la Colo33 tante à travailler au bien,
mais encore de toutes
3) nie qui lui a confié fes intérêts,
de Saint2) les Colonies en général. Comme Repréfentans avez été à
à T'Affemblée Nationale, vous
55 Domingue
de
combien il a mérité les éloges
37 portée, MM.,
juger
ils ne
s putés à TAflemblée
& lr'application conf2) trop louer le zèle, les talents, non-feulement de la Colo33 tante à travailler au bien,
mais encore de toutes
3) nie qui lui a confié fes intérêts,
de Saint2) les Colonies en général. Comme Repréfentans avez été à
à T'Affemblée Nationale, vous
55 Domingue
de
combien il a mérité les éloges
37 portée, MM.,
juger --- Page 203 ---
>) des Colons de la Martinique, & les vôtres. Nous
>) pouvons donc attribuer ce qui vient de fe paffer ne à
>). Saint-Domingue qu'à l'injuftice de fes ennemis, & nous
>> ne doutons pas que les Habitans de cette Iile ne lai
s témoignent leurs regrets, & ne lui faflent toutes les
>I réparations qu'il eft en droit d'attendre,
fau-
>) ront que le pamphlet intitulé :
lorfqu'ils
3> Charton à la motion de M. Moreau Oifervations de M.
de
2)
a
Sains-Méry,
qui
donné lieu aux violences exercées contre M.
>> Moreau de Saint-Méry & fes parens, eft un libelle
> dénué de tout fondement; qu'après l'examen le
> fcrupuleux, l'Affemblée des Eleéteurs de la
plus
> tenue à Paris l'a reconnu pour tel, & a configné Martinique l'in30 culpation faite à M. Moreau de
& fa
3)
Saint-Méry,
juflification entière dans le procès-verbal des Eleéteurs
a de la Martinique, imprimé à Paris
D3
chez Demonville,
& dont nous vous avons remis plufieurs
>)
La
exemplaires.
preuve que cette juftification étoit complète aux
3 yeux de tous les Eledteurs de la Martinique, c'eft
>) l'ont nommé leur premier Député à P'Aflemblée qu'ils Na-
>) tionale.
3) D'après cet expofé, MM., nous vous conjurons, au
3) nom de tous les Colons de la Martinique affemblés à
2) Paris, de faire connoite, le plutôt
à
poffible,
vos
5) Concitoyens de Saint-Domingue, l'étendue de l'injuftice
s) qu'ils ont faite à M. Moreau de
2 & le
s
Saint-Méry,
defir que nous avons de la leur voir réparer de la ma5) nière la plus éclatante & la plus publique; ce fera sûre2) ment pour eux une fatisfaction de reconnoitre leur er3 reur, & les Habitants de la Martinique ont droit de
3) réclamer la Juftice qui eft due à un de leurs
Repréfentans à LAffemblée Nationale.
A 2
ice
s) qu'ils ont faite à M. Moreau de
2 & le
s
Saint-Méry,
defir que nous avons de la leur voir réparer de la ma5) nière la plus éclatante & la plus publique; ce fera sûre2) ment pour eux une fatisfaction de reconnoitre leur er3 reur, & les Habitants de la Martinique ont droit de
3) réclamer la Juftice qui eft due à un de leurs
Repréfentans à LAffemblée Nationale.
A 2 --- Page 204 ---
> Nous avons l'honneur d'être, avec les fentiments
s5 de la plus fincère & fraternelle amitié, MM., Vos &c.
35 Signé: Le Comte Dillon, le Chevalier de Perpigna,
au nom
de LAfen27 & le Marquis Duquefne,
éparordre
3) blée des Colons de la Martinique, réunis à Paris (c,
M. Moreau de Saint-Méry a enfuite fait leêure
d'une relation de ce qui s'eft paffé au Cap, depuis le
Jeudi 8 O8tobre, jufqu'au 31 inclufivement; cet écrit
eft fans fignature > & renferme cinq pages de grand
papier, d'une écriture extrêmement ferrée & menue.
Une lettre de la même main, non fignée, continue la
relation jufqu'au 3 Novembre, &c ces deux pièces font
accompagnées de la copie manufcrite d'un imprimé
intitulé: Obfervations de M. Charton, à la motion de
M. Moredu de Saint-Méry.
Les deux premiers écrits portent en fubftance;
du
ont
37 Que MM. du Comité Provincial
Cap,
répandu des copies d'un imprimé ayant pour titre: Obfervations de M. Charton, la motion de M. Moreau
de Saint-Miry, 3 écrit qui fuppofe que M. Moreau a
propofé à TAffemblée des Eleéteurs de Paris, d'inférer
dans leurs cahiers, la demande formelle, aux (EtatsGintraux,de Cofranchifement abfolu des Negresu.
foulevé teus les
contrel'au30 Que cet écrit a
efprits
teur d'une propofition qui tendroit, effeétivement, la
fubverfion de la Colonie, & à la ruine complète de
tous les Colons ce,
3) Que l'imprefion qu'elle a faite s'eft manifeflée,
d'une manière plus violente, comme cela devoit naturellement arriver, parmi la jeunefle &,
3 Que le cri de la profcription s'eft élevé contre M,
Moreau de Saint-Méry c.
Que cet écrit a
efprits
teur d'une propofition qui tendroit, effeétivement, la
fubverfion de la Colonie, & à la ruine complète de
tous les Colons ce,
3) Que l'imprefion qu'elle a faite s'eft manifeflée,
d'une manière plus violente, comme cela devoit naturellement arriver, parmi la jeunefle &,
3 Que le cri de la profcription s'eft élevé contre M,
Moreau de Saint-Méry c. --- Page 205 ---
S
le même cri s'eft élevé; fans qu'on en ane
>) Que
contre un ancien Notaire, jufqua
nonce les motifs,
çomme citoyen,
ce moment, eftimé & confidéré,foit
officier pu
de famille, foit comme
foit comme père
effets de la haine pablique fe
blic; que les premiers
il s'eft treuvé
font portés fur lui; & qu'heureufement
abfent cc,
& des démarches faites au3) Que malgré un écrit,
de M. Moreau de
près du Comité, pour la juffification rallentie contre
Saint-Méry, loin que la haine fe foit
fes effets fe font étendus fur fa famille, en fon
lui,
Médecin du Roi, fon beauabfence. Que M. Arthaud,
été enlevé de chez lui, conduit fur un âne, 3
frère, a
fe
le lieu
la Foffette,oh on fembloit provers
appellé
&
il a
pofer les dernieres violences;
qu'heureufement (.
de plufieurs perfonnes
été délivré par Tinterpofition
cherché M. Gauvain négociant,
23 Qu'on a auffi
avec menace du
allié de M. Moreau de Saint- Méry,
dernier fupplice <.
fieur
excès ont eu lieu contre un
3 Que les mêmes
Meynier, écrivain principal (,
différentes
étoient en fuite,
5) Que ces
perfonnes Moreau de Saintavec le refte de la famille de M.
Méry (,
aflemblée du Lundi 19, il a été
55 Que dans une
de mettre à prix, les têtes de M. Grimpercl,
queflion
les repréfentations de
Notaire & de M. Gauvain. Que
Colonel du régiment du Cap,
M. de Cambefort,
eft celle d'un
(dont la conduite, dans ces évènemens,
de M. Buflon, Sénéchal,
fage & vertueux patriote,)
autres, foi
de M. Ruotte, Confeiller, & de quelques
A 3
undi 19, il a été
55 Que dans une
de mettre à prix, les têtes de M. Grimpercl,
queflion
les repréfentations de
Notaire & de M. Gauvain. Que
Colonel du régiment du Cap,
M. de Cambefort,
eft celle d'un
(dont la conduite, dans ces évènemens,
de M. Buflon, Sénéchal,
fage & vertueux patriote,)
autres, foi
de M. Ruotte, Confeiller, & de quelques
A 3 --- Page 206 ---
à cette allemililée, foit dans celle du 21, ont femblé
calmer les elprits (c,
>) Que dans ces divers mouvemens, & notamment le
20, M, de Vincent, Commandant,& M. Jauvin, Ordonnateur, dont la conduite eft annoncée comme
fatisfaifante
peu
, paroiffent n'avoir été exempts ni de menaces, ni d'infultes (,
> Que déux leitres étant arrivées de France, dans
le cours de cis-tranfactions, l'une défignant M. Moreau
de Saint-Méry, comme le chef d'une coalition d'Américains qui croifoient la députation, l'autre l'annonçant
comme nommé à lIntendance de
d'autres lettres étant venues aufi, qui Sain-Domingue;
quatre Emiffaires des Amis des Noirs, apprenoient arrivoient incef- que
famment pour exciter les Nègres à la révolte "ces différens avis ont donné une nouvelle activité à la haine (.
5 Qu'enfin, le 23, fept navires-ayant été
le Comité Provincial a nommé
fignalés,
vingt Commiffaires,
pour aller à bord, mettre les fcellés fur les malles des
pallagers, & les conduire au Comité pour être interrogés; faire la recherche des Emiflaires, des foi-difant
Philantropes, & s'en faifir; &, fi M. Moreau de StMéry étoit à bord de quelqu'un des bâtimens, le
a unc vergue; & que ces perquifitions fe font pendre faites
exaétement les 23,24 & 25.
>) Plufieurs autres faits font énoncés dans cette relation,
notamment des elligies brilées, avec le nom des
fonnes qu'on ne nomme pas, & l'épithète Traitre à per- la
Patrie c,
55 Une allarme d'infurredtion de
la Ville fous les
Nagres, qui a tenu
armes, le 21 4C,
3) L'envoi d'une
Députation au Port-au-Prince, le
es
exaétement les 23,24 & 25.
>) Plufieurs autres faits font énoncés dans cette relation,
notamment des elligies brilées, avec le nom des
fonnes qu'on ne nomme pas, & l'épithète Traitre à per- la
Patrie c,
55 Une allarme d'infurredtion de
la Ville fous les
Nagres, qui a tenu
armes, le 21 4C,
3) L'envoi d'une
Députation au Port-au-Prince, le --- Page 207 ---
demander les perfonnes de lIntendant, da
25, pour
du Procureur-général & du
Contrôleur de la Marine,
du Confeil. Intered la nouvelle venne du PortDoyen
au-Prince, de lévafion de PIntendant 4.
des
d'une habitation, à l'inftant
35 Le 26,
Nègres
d'être exécutés, pour raifon d'attroupement, & renvoyés fur de fages repréfentations ce,
d'un cahier de doléances, en
2 Le 27, découverte
date du 27 Janvier 1789,qui a indifpofé les Citoyens
non-propriétaires, dès-lors le Comité Provincial perdant
de fon influence & de fon crédit (6.
93 Le 28, arrêté fur la motion du fiéur Romainville,
que les profcrits feront rappellés pour être jugés err
forme. Arrêté fur la motion de M. Chaudruc, que
le Cap fera divifé en douzs Diftriêts. Nouvelles marques de mécontentement contre le Comité 4.
de deux Députés & de deux Sup33 Le 3o,nomination
pléans par Diftrict cr,
ferment de fidélité des Diftri8ts. Arrêté
s Le 31,
qu'ils laifferont agir leurs Députés & qu'iln'y aura plus
dAffemblée générale. Il paroit que ce jour le Comité
Provincial a été révoqué (C,
30 Le I Novembre, Te deum chanté à la Paroiffe.
Les troupes fous les armes, prêtent ferment de fidélité.
à la Nation & au Roi. Enfuite, affemblée des Députés des Diftriets au Gouvernement, ajournée au lendemain 2, & là fe termine la relation cr,
La matière a d'abord été mife en, difcuflion, fur le
fimple expofé de la relation.
II a été unanimement fenti qu'une relation, qui n'effignée de perfonne, ne peut infpirer qu'une confiance trèséquivoque, Cependant la bienféance & le refpect dus à
A 4 --- Page 208 ---
l'amitié & à la correfpondance, fur-tout dans des circonfances délicates, où il eft auffi facile
de compromettre quelqu'un,
que dangereux
M. n'ont pas permis d'interroger
Moreau de Saint-Méry, fur l'auteur de la
relation. Néanmoins il a été obfervé qu'il fuffifoit qu'un Citoyen fàr défigné, de quelgue maniere que ce piit
comme compromis dans fon honneur, dans fa
érres
& dans fa fireté, & qu'une famille afflez fortune,
fût. nombreufe
enveloppée dans les mêmes dangers,
dat regarder comme un devoir de venir à fon pour qu'on
pour faire connoitre fa juflification, &
fecours, 9
l'appuyer fi elle
paroiffoit claire. Diverfes circonflances ont fait
-
nouvel
adopter 2 avec un
empreflement, cet agte de juftice. M. de Thébaudières a lu une lettre du Cap, écrite par un
ticulier connu; M. le Comte O-Gorman a
parniqué T'extrait d'une autre lettre; M.
comme un devoir de venir à fon pour qu'on
pour faire connoitre fa juflification, &
fecours, 9
l'appuyer fi elle
paroiffoit claire. Diverfes circonflances ont fait
-
nouvel
adopter 2 avec un
empreflement, cet agte de juftice. M. de Thébaudières a lu une lettre du Cap, écrite par un
ticulier connu; M. le Comte O-Gorman a
parniqué T'extrait d'une autre lettre; M. Laborie commu- a aufli
préfenté une relation, qui toutes atteftent les principaux faits détailiés dans celle de M. Moreau de SaintMéry, de forte qu'elle a acquis un nouveau degré de
crédibilité, aux yeux de la Députation. M. de Magallon a rappellé que l'écrit de M. Charton, qui a fufcité la haine de la Colonie contre M. Moreau de Saint-Méry, étoit réellement
Comité du Cap, dans les paquets de la parvenu au
(1) qui avoit toujours obfervé
Députation, 3
d'envoyer à fes commet-
(i) Cependant il 1 a été vérifié que les états des
font pas mentiou,
enyois n'en
--- Page 209 ---
de relatif aux Colonies. 1l
tans tout ce qui paroifloit
avoit lui-même participé particulièrea ajouté qu'il
comnoiffoit, & qui
ment à l'écrit du fieur Charton, qu'il
lui avoit parlé de la motion prétendue de M. Moreau,
l'afranchiffement des Nègres. Que ne lui étant pas
pour dans la
M. Charton pût en impofer
venu
penfée que
fur un femblable fait, il Pavoit engagé lui-même a
l'intérêt des Colofaire imprimer une réponfe , pour
nies; & que croyant cet imprimé public, & voyant
M. Moreau n'y répondoit pas, iln'avoit plus douté
que de la vérité du fait, & avoit cru devoir le faire connoitre à la Colonie. Que fi malheureufement, ou plutôt heureufement, le fieur Charton a faullement inculpé M. Moreau de Saint-Méry, il lui paroifloit que
devoir
la
de dés
un
c'étoit
nouveau
pour Députation,
fabufer la Colonie, puifqu'un de fes Membres cavoit
involontairement contribué à la tromper. uly ES
En conféquence,ilaé été ARRÉTÉ UNANINEMENT, que
à
M. Moreau de Saint-Méry offre.de
la juftification que
de la Martinique, dépréfenter; &c que la Députation
feroit entendue, & conficlare qu'elle a déja accueillie,
gnée dans la préfente; pour y être ftarué. plufieurs réflexions intéreffantes font forCépendant
ties de la difcuflion, relativement aux relations. Dabord les Blancs & les Gens de couleur ont mon
tré cet accord que l'intérêt commun prefcrit, & que
d'une
la bienveillance de l'autre,
la reconnoiffance
part,
& de toutes les deux un attachement mutuel, , prometles diftinétions néceffaires entre les deux
toient malgré
clalles.
dans la préfente; pour y être ftarué. plufieurs réflexions intéreffantes font forCépendant
ties de la difcuflion, relativement aux relations. Dabord les Blancs & les Gens de couleur ont mon
tré cet accord que l'intérêt commun prefcrit, & que
d'une
la bienveillance de l'autre,
la reconnoiffance
part,
& de toutes les deux un attachement mutuel, , prometles diftinétions néceffaires entre les deux
toient malgré
clalles. Au moment d'une alarme fauffe, mais inquiétante, de la part des Nègres, on les a vus fe réunir,
& il y a licu d'efpérer que cette réunion préviendra
A 5 --- Page 210 ---
IO
les grands maux, les feuls fans remede
craindre de ce côté,
1 qu'on pourroit
Enfuite, la révolution a commencé, comme de coutume, par la jeuneffe, avec la chaleur inféparable de
cet âge; bientôt des gens plus froids fe font
fés, des avis plus modérés ont été écoutés, interpo- A des
Aflemblées trop nombreufès, & par conféquent
agitées, ont fuccédé des divifions
trop
triéts ont remis à des
par Diftriets. Ces DifRepréfentans le foin de la chofe
publique. La, fans doute auront été appellés les Propriétaires planteurs, ou leurs Repréfentans 5; &
fans contredit fortiront, & la fireté des
de-là,
des réfolutions qui allureront le falut des accufés, &
Dans fa première effervefcence
Colonies,
actes de fagefle. L'ancien
même, on a vu des
Comité a été
une repréfentation plus légale de la Colonie. remplacé Des par
faires allaffins font annoncés, & les
Emif
fages font prifes
précautions les plus
pour prévenir leurs complots
& les livrer au fupplice qu'ils auroient
criminels,
que ne doit-on pas elpérer, dans le calme trop de la mérité, Et
d'un peuple qui, dans le premier délire de réflexion, la liberté
& de la colère, peut fe conduire ainfi!
Enfin, avec quelque précaution qu'on admette
récit, dont l'authenticité n'eft
un
fement pour les Amis des
pas certaine ; quel avertifNoirs, & fur-tout
femblée Nationale! Si le foupçon d'une
pourlAftrudive de. la Colonie a
propofition deffage, à un tel
pu porter un peuple doux &
l'auteur
degré de défefpoir, que lablence de
prétendu ait feule pu conferver fa
famille innocente ait été prife
vie, que fa
fe.foit fauyée
pour le coupable, & ne
que par la fuite; que
à
craindre, f on prenoit coatre
n'a-t-on Pas
ce peuple, des réfo-
trudive de. la Colonie a
propofition deffage, à un tel
pu porter un peuple doux &
l'auteur
degré de défefpoir, que lablence de
prétendu ait feule pu conferver fa
famille innocente ait été prife
vie, que fa
fe.foit fauyée
pour le coupable, & ne
que par la fuite; que
à
craindre, f on prenoit coatre
n'a-t-on Pas
ce peuple, des réfo- --- Page 211 ---
II
& funeftes? Ne doit-on pas être
lutions mal conçues
s'exécuteroient
certain que de femblables décrets ne
des
l'effufion de la dernière goutte du fang
que par
généreux & braves Colons!
bénir
Combien, d'après cela, ne devons - nous pas
Nationale,
les difpofitions montrées dans T'Affemblée fratuer fur
à la féance du trois du courant, de ne rien manifefte
les Colonies 3 que d'après le voeu qu'elles
roient elles-mêmes?
de
a préfenté fa juflifications
M. Moreau Saint-Méry
toute entière, non pas fur des raifon-
& elle a porté
fur des pièces authennemens, mais fur des faits, &c
tiques.
l'inculpation lui a été faite pax
5 Il eft convenu que
connoifle fieur Charton. Il a déclaré que la première
où
fance qu'il en ait eue a été alafin dAodt, époque des AfMM. les Colons de la Martinique tenoient
Déla nomination de leurs
femblées générales, pour
cahiers, fuivant le
putés & la formation de leurs
qu'ils en avoient reçu de leur Colonie. Qu'un
pouvoir
de l'imprimé de M. Charton ayant été
des exemplaires Comité, M. Dillon le lui avoit communiqués
remis au
aufli faufle que méprifable,
qu'indigné d'une inculpation
fon innocence
il avoit répondu avec la confiance que
au-defas
lni infpiroient, qu'il je crayoit
& fa réputation
du foupron 7).
fait part deicet
le Comité ayant
3) Que néanmoins,
nitase
Imprimé à PAffemblée générale du 39 Aoûri
de M. Moreau), & à Vinftant ou on alloit profence
A 6.
aufli faufle que méprifable,
qu'indigné d'une inculpation
fon innocence
il avoit répondu avec la confiance que
au-defas
lni infpiroient, qu'il je crayoit
& fa réputation
du foupron 7).
fait part deicet
le Comité ayant
3) Que néanmoins,
nitase
Imprimé à PAffemblée générale du 39 Aoûri
de M. Moreau), & à Vinftant ou on alloit profence
A 6. --- Page 212 ---
céder à la nomination des
Députés, 2 on avoit jugé
néceffaire qu'il fit préalablement connoitre fa juftification, pourquoi la nomination avoit été ajournée au fix
Septembre (,
25 Qu'enfuite, MM. Dillon & de Perpigna avoient
annoncé qu'ils avoient cherché à interroger M. Charton,
Qu'il avoit perfifté dans fon affertion contre M. Moreau
de Saint-Méry. Qu'il avoit marqué la date de fa motion au douze Mai à PAflemblée des Eleéteurs.
avoit ajouté que lui Charton avoit fait imprimer Qu'il fes
obfervations dans la nuit, & les avoit remifes fur le
Bureau des Eleéteurs letreige Mai, après en avoir fait
lecture cc,
2) Que l'Affemblée de MM. les Colons de la Martinique avoit nommé trois Commiffaires ( MM. de
Chateangué, Crocquet de Belligny, & Duharoc) pour
prendre de nouvelles informations fur cet objet (,
>) Qu'à la Séance du 6 Septembre, MM. les Commiflaires avoient fait leur rapport portant > 32 que de
douze Electeurs auxquels ils avoient pu parler, fur plus
de' trente chez lefquels ils avoient été, le fieur Charton
a feul foutenu fon inculpation, & que tous les autres
ont, non-feulement attefté que M. Moreau de SaintMéry n'avoit rien dit contre les intérêts des Colons
mais qu'il avoit mérité les plus grands. éloges, &c. c 2
Tous ces faits font conftatés,mot amot,au Procèsverbal imprimé des Séances de MM, les Colons de la
Martinique, des 30 Août & 6 Septembre,(p page 65
jufqu'à celle 70,)que M, Moreau a remis fur le Bureau, & qui fe termine ainfi. L'Aflemblée a en9 tendu, aveç la plus grande fatisfaction, une julifi-
qu'il avoit mérité les plus grands. éloges, &c. c 2
Tous ces faits font conftatés,mot amot,au Procèsverbal imprimé des Séances de MM, les Colons de la
Martinique, des 30 Août & 6 Septembre,(p page 65
jufqu'à celle 70,)que M, Moreau a remis fur le Bureau, & qui fe termine ainfi. L'Aflemblée a en9 tendu, aveç la plus grande fatisfaction, une julifi- --- Page 213 ---
d'un Membre dont la conduite
9 cation auffi complette
d'elle; & elle s'eft
de lui en
27 a bien mérité
empreffée
>> donner un témoignage authentique L.
Enfuite M. Moreau ef nommé Premier Député par le
ferutin.
M. Le Comte Dillon a obfervé que la juftification
de M. Moreau de Saint-Méry, authentiquement prononcée par la Colonie de la Martinique 5 devoit fuffire
aux yeux des Colons de Saint- Domingue; mais M.
Moreau a infifté fur ce qu'appartenant à cette dernière
Colonie, ainfi qu'ils'en fait honneur; ayant le malheur
d'être perfécuté dans fon fein, & jufques dans fa famille,
une accufation,
fi elle étoit vraie,
, par
qui,
mériteroit, en effet toute fa haine, il devoit lui être
permis de donner de nouveaux détails.
MM. Les Députés, après en avoir délibéré, ont
rendu hommage à la confiance & aux égards dus à
MM. les Colons de la Martinique, &c réclamés par
M. le Comte Dillon; & néanmoins ont accueilli la
demande de M. Moreau de Saint-Méry.
En conféquence, il a rappellé que le fieur Charton,
dans la réponfe qu'il a fait à M. de Perpigna, relatée
au Procès-Verbal du 30 Août, a fixé au doure Mai
lépoque de la motion, & au treize celle de la ledlure &
remife de fes obfervations.
A ces dates, il a oppofé,1. leProcès-verbal des
Eleéteurs & le Cahier des doléances du Tiers-Etat de
Paris. Il a fait voir que l'article Ligifation, dans lequel
feul il a pu être queflion des Nègres, & qui Gnit, en
effet, par la demande de prendre en confdération le forz
-
des
Noirs, oit hommes de couleur, étoit arrêté
Efclaves
tE
ure &
remife de fes obfervations.
A ces dates, il a oppofé,1. leProcès-verbal des
Eleéteurs & le Cahier des doléances du Tiers-Etat de
Paris. Il a fait voir que l'article Ligifation, dans lequel
feul il a pu être queflion des Nègres, & qui Gnit, en
effet, par la demande de prendre en confdération le forz
-
des
Noirs, oit hommes de couleur, étoit arrêté
Efclaves
tE --- Page 214 ---
le neuf Mai, &c que par conféquent, il n'a pas pu être
queftion de l'afranchiffement le douze (1).
2°. Ila repréfenté le rapport original, figné de MM.
de Chateaugué, de Belligny & Daharoc ; il a fait
voir que ces MM. avoient exigé que M. Charton fignât
un de fes imprimés. II a pareillement
repréfenté cet
imprimé, certifié en ces termes. Pour copie conforme à
ce que jai fait imprimer chet M, Nyon- figné, Charton,
Ila enfaite préfenté au pied de cette fignature
même, le certificat fnivant. - Je certifie que le préfent
a été fait chez moi le dix Juin 1789, & tiré au nombre de 600 exemplaires, livrés à M. Charton: -Ces
Septembre 1789, lignÉNyon. Cen'eft donc pas le
ou
le treize Mai!
douze
M. Moreau a fait voir qu'en Juin, il n'y avoit plus
d'Affemblées d'Eledleurs ; que leur Procès-verbal eft
closlea; Mai. Ilarappellé que de plus de cinquante Ele@teurs
de la Martinique, perfonne ne connoiffoit l'imprimédu fieur
Charton, fi intéreflant pour les Colonies. Il a concly
avec raifon qu'il étoit une production, après - coup. &
clandeftine, 3 de la calomnie & de la hajne.
3". M. Moreau a montré, dans le même rapport,
que le fieur Charton, invité de nommer aux Commiffaires quelques Eledeurs, qui euffent entendu, comme
(1) M. Moreau a obfervé qu'il n'a pas fait la motion, même
pour améliorer le fort des Negres 5 qu'un homme qui a vécu
dans. les Colonies, auroit dit Gens de couleur, & non paa
Hommes de couleur. : qu'il n'auroit pas dit Efclaves Noirs,
que les noirs ne font pas les feuls Efclaves. Enfin
ne. parce fo
feroit pas fervi du mot Noir, mais du mot Nigre. qu'il
u, comme
(1) M. Moreau a obfervé qu'il n'a pas fait la motion, même
pour améliorer le fort des Negres 5 qu'un homme qui a vécu
dans. les Colonies, auroit dit Gens de couleur, & non paa
Hommes de couleur. : qu'il n'auroit pas dit Efclaves Noirs,
que les noirs ne font pas les feuls Efclaves. Enfin
ne. parce fo
feroit pas fervi du mot Noir, mais du mot Nigre. qu'il --- Page 215 ---
IS
Ixi, la motion, n'a pu nommer qu'un fieur Garins
& leur'a remis une lifte générale des ElecBoulanger,
haut le défaveu des Eleéteurs.
teurs. On a vu plus
le fieur Garin, & il
Mais les Commiflaires voyent M. Moreau a dit,mais
déclare fe bien rappeller ce que
des Noirs D
qu'il n'a point parlé de T'affranchiflement T'Affemblée vouni de l'abolition de la traite; que
à travers
d'autre chofe, cela s'étoit paflé
lant s'occuper
milieu
M. Charton a pu
un certain tumulte, au
duquel d'Eletteurs le lui ont
mal faifir le fens ; que nombre
lui-même fieur Garin en a prefque fait
dit, & que
ont fait
convenir M. Charton, dans un Voyage qu'ils
une miflion de la Ville.
à Provins, pour
un certificat en
4". M. Moreau a enfuite repréfenté
ces termes :
EleSteurs nommés par le Tiers-
>) Nous fouflignés,
affemblés à
Etat de la Ville de Paris, & ci-devant
5)
certifions & atteftons n'avoir jamais
>) rArchevéché, Moreau de Saint -Méry, P'un de nous 7
> entendu M.
tafranchifement des N23 faire aucune motion pour
1789.
des Colonies. L- A Paris, le Ier. Septembre
w.gres
à la Tellière de fignatures, notam3 - Suivent slpages
étoit Secrétaire de LAfemma ment celle de M. Bailly,qui
Maire de Paris.
3) blée des Eledteurs, & actuellement
a fait reM. Moreau de Saint-Méry
A cet égard eft dit à la fin du rapport de MM. les
marquer , qu'il
avoit demandé une" converfation
Commiffaires, qu'il
leur
Il a
écrit avec le fieur Charton, en
préfence.
par
de lui & durfieur Charrepréfenté cette converfationfignée font de fal main, & les téponfes
ton, oà les demandes
voit
celui-ci inde celle de M. Charton. On y
quie
Camus,
à la motion, MM, Parifot,
dique comme préfens
MM. les
marquer , qu'il
avoit demandé une" converfation
Commiffaires, qu'il
leur
Il a
écrit avec le fieur Charton, en
préfence.
par
de lui & durfieur Charrepréfenté cette converfationfignée font de fal main, & les téponfes
ton, oà les demandes
voit
celui-ci inde celle de M. Charton. On y
quie
Camus,
à la motion, MM, Parifot,
dique comme préfens --- Page 216 ---
& Garin Eledeurs, & il a fait remarquer ces trois
fignatures appofées au certificat ci-deffus.
Onvoit écrit dans ce dialogue, de la main de M. Charton: Le projet de rafranchifement a éte propofe par le
tahier de LAfemblée générale, & on voit dans le cahier
feulement la demande de prendre en confidération le
des Efclaves, Cela fembleroit confirmer le dire du fieur fort
Garin,mais on voit que le fieur Charton n'a pas fir diftinguer ces deux objets fi différens.
Suivent des notes particulières jointes aux
de quelques Eledteurs.
fignatures
Je certifie qu'il n'a jamais été queflion, dans les Af
femblées, de la liberté des Nègres. Signé: Darimajou.
Avrillon. L- Qui ai fuivi fcrupuleufement les motions
& mémoires imprimés, donnés par M. Moreau de SaintMéry.
J'ai connoiffance quie M. Moreau de Saint-Méry fit
une motion pour Fadmifion des Députés des Colonies aux
Etats Gintraux, fans parler des Nègres: Signé : Chignard (1).
Ayant parlé de ia propofition qui avoit été
dans les papiers publics, de laffranchiffement des faite,
je n'ai jamais entendu M. Moreau de Saint-Méry Nègres,
en aucune façon, cette demande, & l'ai trouvé appuyer, d'une
opinion contraire. Signé : De la Poize.
J'attefte de plus, perfonnellement, que M: Moreau
(r) Cela eft conftaté au Procès-verhal des
Séance, du Lundi 4 Mai : on en voit la demande Eledeurs, dans le pag. 21;
pag. 8.
Cahier, 3
faite,
je n'ai jamais entendu M. Moreau de Saint-Méry Nègres,
en aucune façon, cette demande, & l'ai trouvé appuyer, d'une
opinion contraire. Signé : De la Poize.
J'attefte de plus, perfonnellement, que M: Moreau
(r) Cela eft conftaté au Procès-verhal des
Séance, du Lundi 4 Mai : on en voit la demande Eledeurs, dans le pag. 21;
pag. 8.
Cahier, 3 --- Page 217 ---
de Saint-Méry. m'a manifefté une opinion contraire, &
que nous avons eu une difcuffion fur cei point. Signé:
Ganilh.
Je foufligné 5 Alexandre - André Huguet, ci- devant
Ele@teur de la Ville de Paris, & ancien Préfident du
Diftria SemtMariedes-Chumps, certifie que M. Moreau
de Saint-Méry, lors des Affemblées tenues à l'Archevêché, nous a peint avec une éloquence vive & touchante,
les maux que la conduite arbitraire, tant des Gouverneurs
& Intendags que de leurs Subalternes, caufoit aux Colons
de LAmérigne ; mais qu'iln'a jamais parlé de la queftion
de favoir fi les Nègres feroient rendus à la liberté, ou
s'ils refteroient efclaves. A Paris, le 12 Septembre 1789.
Signé: Huguet.
M. Moreau de Saint-Méry, après s'être ainfi pleinement
juftifié furla conduite qu'ila tenue comme Elelteur, a vonlu
encore montrer les principes qu'il a profeflés dans les
Sociétés auxquelles il appartient , & il a mis fur le
bureau les deux pièces qui fuivent :
>) Je foufligné, déclare avoir entendu, dans différentes
Séances de la Société Royale d'Agriculture, M. Moreau
de Saint-Méry, Correfpondant de la Compagnie, parler
de T'efclavage des Negress d'avoir eu plufieurs converfations avec lui fur le même objet; que je Pai
vu
incliné à penfer qu'il feroit poffible d'adoucirle toujours fort
des efclaves 5 mais entièrement oppofé à leur affranchiflement, A Parisle ier. Septembre 1789. Sigaé:Brouffonet,
Secrétaire perpétuel de la Société Royale d'Agriculture (,
>Je foufligné, certifie que toutes les fois qu'il-a été
queftion, au Mufée de Paris, foit en converfation, foit
aux opinions, de la queftion de l'afifranchiffement des
eroit poffible d'adoucirle toujours fort
des efclaves 5 mais entièrement oppofé à leur affranchiflement, A Parisle ier. Septembre 1789. Sigaé:Brouffonet,
Secrétaire perpétuel de la Société Royale d'Agriculture (,
>Je foufligné, certifie que toutes les fois qu'il-a été
queftion, au Mufée de Paris, foit en converfation, foit
aux opinions, de la queftion de l'afifranchiffement des --- Page 218 ---
efclaves des Colonies, M. Moreau de Saint-Méry, Préfident pérpétuel de la Société, a toujours été contraire
à l'idée de cet affranchiffement, notamment
loriqu'il a
préfenté M. Duval Sanadon pour correfpondant de la
Société (1), & lorfque M. Barré de Saint-Venant s'y
eft préfenté, & a difcuté cette queftion, A Paris, le 5
Septembre 1789. Signé : Ponçe, Secrétaire du Mufée de
Paris Ce
M, Moreau de Saint-Méry paffant enfuite à des
objets étrangers à la queftion, mais qui ne le font pas
a fon zèle & à fa conduite, à Pégard des Colonies, a
rappelé qu'il avoit négligé & quitté un état lucratif à
Saint - Domingue, pour. un ouvrage utile à cette Colonie.
Il a pris à témoin plufieurs de MM. qu'il avoit été
un des premiers moteurs de l'admiflion de la Colonie aux
Etats-Généraux, dans les Affemblées temues chez M.
Raby, ou s'étoit formé le Comité Colonial; que même
il auroit été nommé de ce Comité, f on n'avoit
craint de nuire à fa fortune. Il a repréfenté plufieurs pas
billets de M. Raby, quile conflatent, & MM. de Reywaud, de Périgny, de Gouy, & de Magallon, Font
confirmé par leur témoignage.
I'a rappelc plufieurs circonflances, ou il a tâché
d'être utile a la Députation, on luia encore renda
cette juftice. stre
25b no
Sitdorn
6 qes
igul Enolly
1 I
W9q KIE
3 b 1oXus 503
(1) M. Duval Sanadon, Colon, donnoit précifémenr poar
moreeaur de réception, un difcours contre Cefranchifenens dos
efclave ettob 92101 G
c plufieurs circonflances, ou il a tâché
d'être utile a la Députation, on luia encore renda
cette juftice. stre
25b no
Sitdorn
6 qes
igul Enolly
1 I
W9q KIE
3 b 1oXus 503
(1) M. Duval Sanadon, Colon, donnoit précifémenr poar
moreeaur de réception, un difcours contre Cefranchifenens dos
efclave ettob 92101 G --- Page 219 ---
Il a déclaré qu'il a fuivi quelque-temps Tes Séances
de l'Hôtel de Mafliac, mais qu'il avoit toujours follicité
fa réunion & fa concorde avec la Dépuration ; comme
dans celle-ci, depuis qu'tt y eft admis, ila prêché la
réunion &cla concorde(qu'elle a folliciré elle-même) ) avec
P'Hôtel de Mafliac, & fa conduite a encore étéatteftée par plufieurs Députés, qui, dans diverfes circonftances, l'ont vu aux Affembléés de Malliac.
M. Moreau a encore pris à témoin tous MM. les
Députés, de la conduite pure, loyale, & patriotique
qu'il a tenue dans ce Comité, depuis la coalition des
trojs Députations 5 & duzèle qu'il a montréà T'Affemblée
Nationale, ou il a plaidé la caufe des Colonies, On lui
a,par acclamation, rendu à cet égard la plus éclatante
juilice.
II a mis fur le bureau, fa réfutation du
de l'Abbé Grégoire, en faveur de l'admiflion plaidoyer des Gens
de couleur à l'Affemblée Nationale : ouvrage dont les
Députations des trois Colonies ont demandé à faire les
frais, & qu'il achevoit de faire imprimer, au moment
oir il apprend qu'une calomnie le fait profcrire à SaintDomingue,
M. Moreau de Saint-Méry n'a Pas didfimulé qu'il s'étoit apperçu, en' dernier licu au Cap, qu'on le fufpettoit
d'avoir eu part à la réunion des Confeils 3 mais il a
obfervé que fa conduite avoit montré qu'il ne lapprouvoitpas; que notamment M. Bulfon,Juge du
de
Cap,&.M.
Thébaudières, Procureur duRoidu Port de Paix,
vent le prouver par fa correfpondance avec eux, peu- s'ils
l'ont confervée; qu'il a fait les remontrances du Confeil
à ce fujet, & qu'il ya mis toute la force dont il eft
à la réunion des Confeils 3 mais il a
obfervé que fa conduite avoit montré qu'il ne lapprouvoitpas; que notamment M. Bulfon,Juge du
de
Cap,&.M.
Thébaudières, Procureur duRoidu Port de Paix,
vent le prouver par fa correfpondance avec eux, peu- s'ils
l'ont confervée; qu'il a fait les remontrances du Confeil
à ce fujet, & qu'il ya mis toute la force dont il eft --- Page 220 ---
capable; que toutle Port-au-Prince eft témoin de l'extrême dureté avec laquelle il a toujours affedté de critiquer cette.opération, & fes fuites, en préfence du Confeil,
& à la table du Général & de
fon
l'Intendant; qu'il a publié
opinion dans les parties de l'Oueft & du Sud,
a
vifitées dans le plus grand détail, relativement à qu'il fon
ouvrage ; que plufieurs perfonnes favent ici qu'il a été
long-temps éloigné de M. de la Luzerne, parce qu'il avoit
perfifté publiquement dans fon opinion; & que fi, depuis, ila repris quelqu'accès auprès de lui, c'eft par des circonflances de la révolution que tout le monde connoit.
M. Moreau de Saint-Méry a fini par demander
toutes les pièces qu'il a produites fuffent certifiées & que
phées par M. le Préfident, & par le Secrétaire para- de la
Séance; & il s'en eft rapporté à MM. les Députés, fur
fa juftification, fur la conduite qu'ils avoient à tenir,
pour la faire accueillir, fi elle leur paroiffoit fuffifante,
par une Colonie à laquelle il étoit incorporé par adoption,
par reconnoiffance & par attachement, & qu'il fe feroit
toute fa vie un plaifir, un devoir, & un honneur de
chérir & de défendre comme fa propre Patrie. Signé à
la minute: Moreau de Saint-Méry.
LA matière mife en délibération, M. Moreau de SaintMéry retiré, & en préfence de MM. les Députés de la
Martinique & de la Guadeloupe;
Il a été arrêté unanimement que la juftification de M.
Moreau de Saint-Méry eft auffi complète qu'honorable,
aux yeux de la Députation ; que M. Charton paroit au
moinss un homme peu inftruit qui a mal-à-propos cru
entendre Parler d'alranchiffement des efclaves, lorfqu'il
, M. Moreau de SaintMéry retiré, & en préfence de MM. les Députés de la
Martinique & de la Guadeloupe;
Il a été arrêté unanimement que la juftification de M.
Moreau de Saint-Méry eft auffi complète qu'honorable,
aux yeux de la Députation ; que M. Charton paroit au
moinss un homme peu inftruit qui a mal-à-propos cru
entendre Parler d'alranchiffement des efclaves, lorfqu'il --- Page 221 ---
d'améliorer leur fort,
n'étoit queftion, tout au plus, que
motion
fans qu'il paroille même que ce foit fur une
de M. Moreau ; 8c qui a foutenu, avec une opiniàtreté aveugle, 8 peut-être de mauvaife-foi, malgré
les' repréfentations de fes Collègues, une erreur qu'il
auroit pu commettre,, faute de lumières.
Qu'en tout & pour tout la conduite de M. Moreau,
à la Colonie, loin de mériter fa haine,
par rapport
mériter fa reconnoiffance.
paroit à la Députation,
inceffamQue la préfente Délibération fera imprimée
dans les trois parties
ment & envoyée en grand nombre,
de la Colonie, à l'adrefle des trois Comités actuels, avec
d'accueillir favorablement une juflification, qui
prière fans réplique, & de la faire répandre dans le puparoit
d'honneur de dédommager M:
blic, quife fera un point
Moreau, par fon eftime & par toute fa bienveillance,
loriqu'il fera éclairé fur une erreur, malheureufement
excufable, puifque lécrit de M. Charton pouvoit
trop
& que le fyftême imputé à M.
ne pas paroitre fulpect,
Moreau étoit la ruine de la Colonie,
la Colonie eft follicitée d'accorder à M. MoQue
fa fagelle eftimera convereau, telle réparation que
nable, loriqu'elle aura fanétionné fa jufification.
la préfente., il fera envoyé à Saint-DoQu'avec
nombre d'exemplaires poflible de
mingue, le plus grand
Nationale, conropinion de M. Moreati à T'Affemblée
cernant les Colonies, de fa réponfe à T'Abbé Grégoire, >
& cahier des EleGteurs du Tierst
des Procès-verbaux
de MM. de la
Etat de Paris, &c du Procès-vetbal
Martinique. lettre de MM. les Colons de cette 1e,en date
decejour, Quela fera annexée à la préfente.duement cotée e&c pa
, le plus grand
Nationale, conropinion de M. Moreati à T'Affemblée
cernant les Colonies, de fa réponfe à T'Abbé Grégoire, >
& cahier des EleGteurs du Tierst
des Procès-verbaux
de MM. de la
Etat de Paris, &c du Procès-vetbal
Martinique. lettre de MM. les Colons de cette 1e,en date
decejour, Quela fera annexée à la préfente.duement cotée e&c pa --- Page 222 ---
raphée par le Secrétaire; & que, pour réponfe, il fera
envoyé à MM, les Dépurés, IOO exemplaires de la
préfente : Qu'il en fera envoyé IOO à M. Moreau de
Saint- Méry, & 100 à MM. de la Guadeloupe:
Et de fuite les pièces fuivantes ont été certifiées &
paraphées par M. le Préfident, & par le Secrétaire
général, & remifes à M. Moreaus favoir :
Procès-verbal de l'Affemblée des Ele@teurs du TiersEtat de la Ville de Paris, intra muros, imprimé.
Cahier du Tiers-Etat de la Ville de Paris, imprimé.
Le Procès-verbal des Séances des Colons-EleGteurs de
la Martinique, imprimé,
Obfervations de M. Charton, à la motion de M.
Moreau de Saint. Méry > imprimé; avec le certifié dudit fieur, & le certificat du fieur Nyon,1 Imprimeur.
Le rapport fait par MM. de Chatcaugué, de Belligny & du Haroc, à la Séance de MM. de l Martinique, du 6 Septembre dernier.
Converfation par écrit de M, Moreau de
& du fieur Charton, fignée d'eux; en préfence SaintMéry des trois
Commiflaires de la Martinique.
Certificat de MM. les EleGeurs de Paris, du I
tembre 1789.
SepIdem de M. Huguet EleGteur.
Idem du Secrétaire perpétuel de la Société Royale
d'Agriculture de Paris.
Idem du Secrétaire du Mufée de Paris.
a Et MM. ont figné :
Signé: De Reynaud, de Thébaudières, de Cocherel,
GosyTAurydeMenigoy:1 Députés votans de St-Domingees
Laborie, Secritaire général , de Chabanon, de Rouvray,
de Villeblanche, le Comte O-Gorman, Courrejeoles, --- Page 223 ---
de Marmé Préfident , Magallon, Duval Monville, Dipusis-Supplians de St-Domingue; Le Comte Dillon De
puté votant de la Martinique, de Perpigna Suppléant. a
le Marquis Duquefne Suppléant 3 de Curt,&le Vicomte
de Gualbert, Députés votans de la Guadeloupe.
Collationné : L A BORIE,
Sccrétaire général de la Députation
de Sains Domingue.
De lImprimerie de CLOUSIER, Imprimeur du
ROI, rue de Sorbonne. 1789. --- Page 224 --- --- Page 225 ---
DARISTOCRATIE
NEGRIERE E. --- Page 226 --- --- Page 227 ---
L'A
IRISTOCRATIE
NEGRIERE,
OU
R
EFLEXIOXS
ET HISTORIQUES
PHILOSOPHIQUES
Noirs,
et
ramranehsemenrde
Surlesclavage
NATIONALE;
DÉDIÉES A LASSEMBLÉE
ancien ami des Africains;
Par M. T'abbé SIBIRE, Missionnaire dans le royaume
et leur premier
de Loango.
Nimium ne crede colori. Vinc. Ecl.2.
APARIS,
deMoxseun. Frere du
CIESCLAPART.EBS No. II, près du Pont-Neuf:
Roi, rue du Roule,
Quai des Augustins,
Chez
Libraire,
et DESRAY,
(No. 57.
M. DCC. LXXXIX:
LÉE
ancien ami des Africains;
Par M. T'abbé SIBIRE, Missionnaire dans le royaume
et leur premier
de Loango.
Nimium ne crede colori. Vinc. Ecl.2.
APARIS,
deMoxseun. Frere du
CIESCLAPART.EBS No. II, près du Pont-Neuf:
Roi, rue du Roule,
Quai des Augustins,
Chez
Libraire,
et DESRAY,
(No. 57.
M. DCC. LXXXIX: --- Page 228 --- --- Page 229 ---
DISCOU RS
A L'ASSEMBLÉE
NATIONALE.
Avousras REPRESENTANTS de la
les ames sublimes ne
nation, dont
bonheur
respirent que pour le
universel,je viens, au nom de la
nature, porter à vos pieds une cause bien
digne de votre audience, la
cause de Thumanité dans grande et triste
Sile zele étoit le
les fers.
servir les Noirs de talent, qui pourroit mieux
sa voix ou de sa
que celui qui, le premier dans
plame,
auroit eu le courage de
son siecle,
eux, et la disgrace de
tout sacritier pour
travaux? Condamnés survivre à ses nobles
à un affreux
qui anéantit dans T'espece humaine esclavage,
culté morale
toute falaraison
etrepousse avec une égale force
etlÉvangiles si, par unes
bizarre, dansle
supposition
bien, il restoit à dépouillementa absolu -
detout
liberté de
ces pauvres malheureux la
se nommer un avocat,
Messieurs, qu'ils le prendroient j'imagine,
apôtres. A
parmi leurs
cetitre,J'oserois me présenter,
A --- Page 230 ---
(2)
et nul homme au monde ne justilieroit
pleinement un choix aussi flatteur.
plus
pour prix d'avoir été utile à ses semblables, Quand
onpeut, après vingt-cinqans, recommencerà
l'être, et que, satisfaits de nos anciens services, ils s'accordent à nous charger de cette
douce et sublime fonction ; si,
leurs intérêts, c'est assez d'avoir pour venger
y auroit trop
un coeur, il
d'ingratitude à ne pas sentir
ce que vaut un pareil
tout
le silence seroit un attentat dédommagement, et
dontjavoueq qu'il
m'estimpossible de mériter le reproche.
Tant que l'Europe manqua de juges
décider entre elle etl'Afrique,
pour
je ne savois
que gémir et me taire; mais aujourd'hui,
qu'assis sur le tribunal sacré des loix, ils
proferent leurs oracles, je parlerai; et si ma
foible voix arrive jusqu'à eux,
vengée, les Noirs sont libres,
l'Afrique est
siecle.
etje bénis mon
Deqwoisagitildonc, Messieurs?I
s'il est juste en soi et bon
Desavoir
aitdes esclaves. Génies
pour nous qu'il - y
universels,
le premier article de VOS
qui, dans
principe la liberté de
loix, avez érigé en
T'homme,
ces deux questions n'en
pour vous
formeront pas une :
ix arrive jusqu'à eux,
vengée, les Noirs sont libres,
l'Afrique est
siecle.
etje bénis mon
Deqwoisagitildonc, Messieurs?I
s'il est juste en soi et bon
Desavoir
aitdes esclaves. Génies
pour nous qu'il - y
universels,
le premier article de VOS
qui, dans
principe la liberté de
loix, avez érigé en
T'homme,
ces deux questions n'en
pour vous
formeront pas une : --- Page 231 ---
(3)
elles ne le seroient pour
toit dans toutes les
personne, s'il exis"
ames un fond de
et la plus légere étincelle de sensibilité. principe
hélas ! l'intérêt personnel
Mais
et l'avarice ne raisonne
est inconvertible,
pas. Puis
ne connut jamais d'argument
doncqu'elle
force, cherchez à la
que celui de la
persuader. Vous
réduire, et non pas à la
tenez dans VoS mains toutepuissantes la preuve démonstrative
constateràses
qui doit
yeux l'illégitimité de ses
et toutes les ames honnêtes
droits,
T'employer. L'humanité
vous pressent de
réclamant
vous ses propriétés anéanties,
auprès de
crie
contre des horreurs ministérielles vengeance
Leseedeing-rememed passées en
Ohllabelle
vengeance que vous pourriez exercer vousmémes! et qu'il seroit beau de ne punir les
hommes, qu'en les forçant d'être tout à
fois plus justes et plus heureux!
la
L'abolition de la traite est signée dans
les cceurs; il ne lui
tous
dans toutes les loix. manque plus d'être portée
Déja cette admirable
révolution, qui fera tant d'honneur à notre
siecle, se prépare sourdement dans toutes
cours de T'Earope; elle se
les
la maturité de la réflexion combineavectoute dans
les comités
A 2 --- Page 232 ---
(4)
et d'une maniere plus spéciale
'des savants,
société sublime qui, au
encore dans cette
et sous le titre aussi
centre de la capitale, d'amis desNoirs, réumodeste qu'affectuenx lumieres et tous ses efforts pour
nit toutes ses
Ce
préà la nature.
germe
les reconquérir
donc plus qu'à être mis
cieux ne demande
de vos loix,
par la sagesse
en mouvement
au grand jour. C'épour éclorre ets s'épanouir
en accélérer
toit au concours des puissancesà seroit à la France
le développement ; ce
à donner le
éveillée déja par TAngleterre, à un compremier exemple de renoncement
de son
barbare; etla seule étymologie
merce
mais
nom devroit suffire pontlydoteminens de la nation
c'està vous, dignes interpretes bonnes loix qu'il apet seuls créateurs des
dernier ressort.
Partient de prononcer en dont je fus jadis le
Les horribles atrocités laissé dans mon ame
témoin oculaire, indestructibles ont
qui ont pu
des sentiments
s'affaisser à la longue, mais quinauendoient force
loccasion pour se restituer avec
Il
que
dans toute leur étendue.
et se déployer
soutenir avec modération
seroit difficile de
T'enthousiasme; et
une cause qui commande
ateurs des
dernier ressort.
Partient de prononcer en dont je fus jadis le
Les horribles atrocités laissé dans mon ame
témoin oculaire, indestructibles ont
qui ont pu
des sentiments
s'affaisser à la longue, mais quinauendoient force
loccasion pour se restituer avec
Il
que
dans toute leur étendue.
et se déployer
soutenir avec modération
seroit difficile de
T'enthousiasme; et
une cause qui commande --- Page 233 ---
(5)
d'amour-propre à celle de mes
je mets trop
défendre d'une eeranciens amis, pour me
taine exaltation que votre profonde sagesse
bien improuver, mais que vos coeurs
pourra
sensibles jugeront pardonnable.
suis l'ami des Noirs.
Oui, Messieurs, je
Personne, que je sache; ne T'a prouvé plus
Enleur
ert 1764, /
quemoi.
portantlEvangile,
dans le royaume de Loango, je leur avois
destiné mon sang, et mon regret estden'avoir
leur laisser que mes larmes. Contraint,
pu
années après, de m'arracher à leurs
quelques sables bralants, je les ai tous rapportés au
fond de mon cceur. Si la mission dont je suis
le fondateur ravoit eu du succès, jele confesse
hautement, il n'auroit pas dépendu de moi
que l'apôtre de ce temps-là n'eût épargné
laj peine; ou plutotn'ent travila gloire aux philosoples d'aujourd'hui, d'entreprendre, au
moins pour toute la partie du Congo, la ruine
d'un commerce exécrable, aussi absurde que
qu'immoral, et
désastreux, aussiimpolitique
qui, considéré dans son principe et dans ses
suites, n'outrage pas inoins la religion quela
nature.
Daignez, Messieurs, jeter un coup-d'ail
A3 --- Page 234 ---
(6)
ma Lettre aux Colonies. Je sens bien qué
sur idées n'influeront en rien sur VOS délibémes
des
rations; mais si je dois aux.Noirs T'usage
foibles talents quelal Providencem'as départis,
mes réflexions, je m'acquitterai
en publiant
du moins envers eux, selon ma mesure, pour
Thonneur
j'eus de les servir; et je me
que
vous
flatte que, d'après vos propres pensées, auxbientôt des abominations
réprimerer
autorité peut seule
quelles votre irrésistible
apporter un remede efficace.
0 vous, qui joignez à la science suprême
T'ardent amour du bien et la plénitude du
et tout existe, dipouvoir! ! vous qui parlez, et elle le sera ; aux
tes àl T'Afrique : Sois libre,
vers la
Noirs de T'Amérique:: Avancez-vous
liberté, et ils y courront à grands pas. Déja
les sublimes oracles émanés devos conseils,
le meilleur des rois, ont
et sanctionnés par
retenti d'un bout à Tautre de T'empire, -
étonné de sa résurrection, et ne revenant
encore d'une si douce surprise, mais
point
temps entouré de
destiné à rester quelque
ses liens comme le Lazare de T'Evangile,
jusqu'à ce que vOS mains, d'intelligenceavec
vosvolontés, aient pule dégager entièrement.
ja
les sublimes oracles émanés devos conseils,
le meilleur des rois, ont
et sanctionnés par
retenti d'un bout à Tautre de T'empire, -
étonné de sa résurrection, et ne revenant
encore d'une si douce surprise, mais
point
temps entouré de
destiné à rester quelque
ses liens comme le Lazare de T'Evangile,
jusqu'à ce que vOS mains, d'intelligenceavec
vosvolontés, aient pule dégager entièrement. --- Page 235 ---
(7)
sirarement l'oreille des
La vérité, qui frappe
vers
peuples, et monte plus rarement encore
les trônes, à moins qu'elle ne rencontre de
vertueux,
l'avare nature ne
ces génies
que dans tous les siecles,
jette pasà pleines mains
tout exmais qu'elle semble avoir façonnés
le nôtre ; la vérité est venue à
près pour
à
vous sans obstacle et sans nuage, prête
flots de lumiere sur toute la
se répandre en
son
face de ce royaume. Vous avez envoyé
Alambleau
éclairer la Frànce, et bienpour
sa fécondité.
tôt la France, lui répondra par
Alors les plus utiles réformes auront enfanté
des prodiges, et notre imagination vaincue
tombera elle-même devant VOS faciles et immenses succès.
Déjal'Opinion, cette reine tyrannique, qui
fièrement sur
desahauteur usurpéeiplongeoit
d'esclaves,
plus
un
troupeau
n'appercevant
que des hommes, se précipite d'elle-mème
et reste écrasée sous le poids de son trône.
Le Despotisme, ce colosse ridicule grossi par
la bassesse et exalté sur des ruines, après le
dernier effort d'une impuissante rage, cede
en frémissant, et à votre aspect recule épou:
vanté. La barbare et dédaigneuse Aristocra:
A 4 --- Page 236 ---
(8)
tie, ce monstre aux cent têtes, n'est plus
qu'un corps acéphale, 5 ou un tronc-informe
et-sans appui, qui perd son équilibre, chancelle, croule, tombe pour ne se relever
mais. D'énormes abus, consacrés
delon- japar
gues prescriptions, disparoissent comme l'éclair devant la loi qui les dénonce et les annulle. Les vieux préjugés s'évanonissent
T'orgueil des titres etl'insolence
avec
Ah ! la fortune et la naissance desrichesses.
exciter dans l'ame du
ne pouvoient
chez les méchants
sage que la pitié,et
que Tenvie; ; la douce et
honnête médiocrité, - plus précieuse que lor,
aujugementdes 1 païens même, rétablirap
nous les principes d'honneur
parmi
mulation des
, ramenera l'égrandes choses, et redonnera
la vertu. L'égalité rétablie
soins essentiels, le
, quant aux bemérite seul formera des
différences foncieres parmi les
et
si celles-là ne suflisont
hommes;
pas, on ne conservera des autres, dans les codes de législation, que celles qui importent au maintien
de l'ordre social et à la bonne police des
États; mais elles reateronreniguement
moyens de division dans les classes de comme la
ciété, ainsi que les noms divers
SOque s'ap-
soins essentiels, le
, quant aux bemérite seul formera des
différences foncieres parmi les
et
si celles-là ne suflisont
hommes;
pas, on ne conservera des autres, dans les codes de législation, que celles qui importent au maintien
de l'ordre social et à la bonne police des
États; mais elles reateronreniguement
moyens de division dans les classes de comme la
ciété, ainsi que les noms divers
SOque s'ap- --- Page 237 ---
(9)
proprient les individus pour se reconnoitre
réciproquement. Au lieur de cette dispropor
déconcerte la raison,
tion monstrueuse qui
vallée de larmes et
et fait de notre exil une
dés
image anticipée
un épouvantable chaos,
cieux", la terre n'offrira plus à nos regards
que le spectacle enchanteur d'une parfaite
harmonie et de la confraternité universelle.
Les biens de T'État et du sanctuaire retournant à leur destination native, . ne seront
donc plus sacrifiés à la' faveur, abandonnés
ou
en vente. Le patriau pillage,
exposés
moine des pauyres ne sera plas, au grand
scandale du ciel et de la terre, jeté par la
polifiqne, lâché par la peur, arraché par
T'intrigne, prodigné par le luxe, entassé par
Tavarice, et perdu à jamais pour toute la
masse du genre humain. Il fautl'avouer, nos
maux étoient à leur comble, et nécessitoient
les plus violents remedes. Des enfants dénaturés avoient dissipé toute la substance de
Ja nation; mais, en dépitd'eux, la mere commune a tout ressaisi, et les Aeuves sont enfin
remontés vers leurs sources : je nie crains pas
qu'à l'avenir leurs cours soit suspendu. Parfaitement réglés dans leur marche, on neles --- Page 238 ---
verra pointse
(10 )
ques sables arides précipiter par torrent sur quellaisser à sec autour ou hérissés de ronces, et
qui
d'eux de vastes
promettent d'être fécondes
plaines
riants coreauxqu'ils
et tous les
les vices
sdoiventengrmisset. Quand
le réservoir corrupteurs n'empoisonneront
qui les contient,
plus
clineront plus à leur
quand ils n'inils passent, ils n'en profit les canaux par Où
et plus majestueux. couleront que plus purs
et les aieux
C'en est donc fait, Tor
héros,
ne feront plus les grands ni
etj par-tout le
les
de rotureque 1
celle du sage sera lui-méme. Plus
que celle du mérite; crime, plus denoblesse
quelamédiocrité.
plus d'autre opulence
réditaire, Un
Tout personnel, rien d'hé
n'en recevrà citoyen illustrera son poste, et
que ce qu'il lui aura
niqué, La béche ne ravalera
commureur, et- ce ne sera
point le labourelevera le ministre. point le cordon qui
prétendre
Le simple artisan
aux plus hautes charges de pourra la
gistrature. Le bel emploi de soldat
maacheminement aux
sera un
colonel, de
places de capitaine, de
d'un curéà général d'armées et le vicaire
la croix et de portion la
congrue, s'il est digne de
pourpre, ira siéger dans un
ne ravalera
commureur, et- ce ne sera
point le labourelevera le ministre. point le cordon qui
prétendre
Le simple artisan
aux plus hautes charges de pourra la
gistrature. Le bel emploi de soldat
maacheminement aux
sera un
colonel, de
places de capitaine, de
d'un curéà général d'armées et le vicaire
la croix et de portion la
congrue, s'il est digne de
pourpre, ira siéger dans un --- Page 239 ---
(11)
diocese et dans les conciles, en qualité de
prince de TEglise. On ne demandera
d'un homme s'il a des
plus
parchemins ou des
patrons, mais s'il a des talents et des
La licence effrénée ne sera
vertus.
plus un moyenstr
d'avancement, ni la modestie un titre de
proscription. Les dignités et les honneurs
n'auront plus à descendre
sérablement dans la main pour tomber mivile cabale
ambitieuse dela
quiles brigue, et T'humble mérite
quiles fuit, sera contraint de descendre luimême pour les trouver à son'niveaus versés
par des mains économes avec plus de discernement que de prodigalité, les bienfaits du
ministere ne seront plus des graces Aétrissanles, mais des récompenses
puis le sommet des
honorables: et de
hameaux,
cours jusqu'au fond des
nulne sera
vices; nulne
protégé que par ses serseraredevable àautrui d'un sort
qu'ilne devra pas
Telle est la juste inégalité orighasiremsatihuimbne
peuple
qui convenoit à un
libre, et la seule qu'il importe de
maintenir dans les États.
Ainsiva se réaliser par-tout la
mere del'âge d'or: l'harmonie brillante chiFrance
va renaître, la
respirer, le code usé de nos gothiques --- Page 240 ---
(15)
loix ne sera plus qu'un livre simple et fécond
der moralités, de vertus, de
et sij'ose m'exprimer ainsi, félicitépublique, un second évangile : les saines idées rameneront les
le mal se changera en bien, le bien moeurs, s'avancera vers lemieux : la constitution, fixée
la premiere, fois s'assiéra sur
pour
ébranlable.
une base inLa double majesté de l'Etat tet du
trône viviliera de ses regards créateurs les
villes et les provinces ; la force royale et la
force enationale, confondues en une seule, s'identifieront avecla force du
et se montreront revêtues de Tout-Puissant,
tere.
son grand caracIly aura toujours néanmoins cette dif
férence essentielle, que TEtre
brassant d'un seul
suprême em
coup-d'oeil et tenant dans
sa droite tous les êtres existants et
avec toutes leurs relations, n'est possibles
de se reprendre à
pas obligé
plusieurs fois, - et pose du
méme acte les choses, lordre et la perfection
mémes au lieu que les pensées et les
tions des hommes étant nécessairement opérasuccessives, et se succédant avec d'autant plus
delenteur que chaque objet spécial estd'une
plus haute importance et demande un examen plus approfondi, le temps seul
pourra
il et tenant dans
sa droite tous les êtres existants et
avec toutes leurs relations, n'est possibles
de se reprendre à
pas obligé
plusieurs fois, - et pose du
méme acte les choses, lordre et la perfection
mémes au lieu que les pensées et les
tions des hommes étant nécessairement opérasuccessives, et se succédant avec d'autant plus
delenteur que chaque objet spécial estd'une
plus haute importance et demande un examen plus approfondi, le temps seul
pourra --- Page 241 ---
(13)
mettre à ce qui sort de leurs mains le
plément et la perfection.
comQuelques citoyens à courte vue,ou
de jouir, se laisseront aller
pressés
au murmure, ils oseront calomnier àlimpatience ou
ignorent : je les attends à T'ensemble. ce qu'ils
dernier mot des loix une fois
Le
c'est alors et cen'est qu'alors
prononcé,
ront juger avec justesse du discord qu'ils pourconcordance des
ou de la
du nombre
parties; et s'ils ne sont
de ceux pour qui - rien n'est sacré pas
que ce qu'ils veulent, sans doute ils seront
neensisenresspolbogitere et vos admirateurs.
Pourront-ils, Messieurs, vous
encore, ces mortels
blasphémer
injustes ou trop
tés, quand ils verront, ainsi
précipilieu de
que nous avons
l'espérer, de sages mesures prises
pour remédier au passé et assurer
des établissements aussi
T'avenir,
siecle
avantageux à leur
qu'aux siecles les plus
un mot, le magnifique
reculés, en
problême de la
générale pleinement résolu, et le
paix
total éclos de VoS mains,
bonheur
de Dieu,
comme des mains
l'univers ?
Hommes de la nature, gloire vous
due, et soyez célebres
soitrend'âge en Age par --- Page 242 ---
14) -
toutes les générations ! En nous faisant li4
bres, c'est-à-dire bons et heureux,
rez épuisé en notre faveur la
vous aumesure des
bienfaits, et notre gratitude sera éternelle
ainsi que notre admiration et nos
Mais nous ne sommes pas les seuls hommages. habitants
dela terre ; etsi rien de ce quiintéresse l'humanité n'est étranger à VOS belles ames,
devez aussi correspondre
vous
chaînée
avec T'Afrique enqui vous écoute et vous
Elle semble vous dire
implore.
par son silence ce
qu'Esati disoit autrefois à Jacob : Peres des
peuples, n'auriez-vous donc en votre
voir qu'une seule bénédiction,
poufois
laquelle une
versée, VOS mains fermées
pour
-
demeureroient vides etimmobiles? toujours
Architec
tes du grand édifice de la liberté,
votre
couronnez
ouvrage ; un si sublime chef-d'oeuvre
est trop digne de vous pour resterimparfait.
Brisez, ah ! brisez au plutôt tous les fers
du monde! que, s'il se peut, il n'y ait
nulle part de vrais esclaves
plus
ni d'infortunés
que ceux du vice,
que les méchants ; et ils seront rares, et ceux qui n'auront pas le courage d'être vertueux par devoir, le seront
au moins par intérêt ou par reconnoissance.
ouvrage ; un si sublime chef-d'oeuvre
est trop digne de vous pour resterimparfait.
Brisez, ah ! brisez au plutôt tous les fers
du monde! que, s'il se peut, il n'y ait
nulle part de vrais esclaves
plus
ni d'infortunés
que ceux du vice,
que les méchants ; et ils seront rares, et ceux qui n'auront pas le courage d'être vertueux par devoir, le seront
au moins par intérêt ou par reconnoissance. --- Page 243 ---
( 15)
Régénérateurs dusiecle présent, vous serez
donc encore les créateurs des races futures
et de toute la. postérité! Ainsi la terre renouvellée dans toutes les parties de son enceinte, deviendra peu à peu, sous T'empire
de Louis XVI et d'après VOS sages constitutions, la rivale des cieux ; et n'ayant, comme
leDoninateurmepréme, d'autre ambition
celle de régner sur les coeurs, le
que
chéri, qui, grace à VOS talents 1 à votre monarque zele
et aux inspirations continues du ministre
héros, finira par les conquérir tous, sera
en même temps le pere des François, le
bienfaiteur des Africains, l'ami de tous les
hommes, et le grand restaurateur de l'univers. --- Page 244 ---
L E T T - R E
AUX
COLO a N I E S.
négociants ou
Cxiouss, ou Européens,
que vous soyez, à colons, 1
planteurs, 1 qui
accabler
recevez mes hommages ! Dussé-je
hautevotre modestie, je vous proclamerai
de mes contemporains et
ment en présence tardifs et moins fortunés
de la nature. Plus
témoins de
nous, vous n'avez pas étéles
que
viennent de faire le
la cession absolue que
dimes,
noblesse, Tun de sesjustes
clergéetla
Sans
et l'autre de ses ridicules privileges.
aussimarquévous
doute un désintéressement faites donc seulement
Vous
étoit impossible.
condibien
un sacrifice
au
général
et vous
tionnel. Vous êtes prêts 1
pousserez
Thumanité et le patriotisme jusqu'à signer
et avec un merveilleux emde VOS mains,
de Tesclavage et de
pressement, l'abolition l'entretien de vos atela traite : pourvu que
n'aient
particulieres
liers et 2OS propriétés
rien
vous
doute un désintéressement faites donc seulement
Vous
étoit impossible.
condibien
un sacrifice
au
général
et vous
tionnel. Vous êtes prêts 1
pousserez
Thumanité et le patriotisme jusqu'à signer
et avec un merveilleux emde VOS mains,
de Tesclavage et de
pressement, l'abolition l'entretien de vos atela traite : pourvu que
n'aient
particulieres
liers et 2OS propriétés
rien --- Page 245 ---
(17 )
rien à en souffrir. Que ce dévouement quelà la chose publiqueest un beau specconque tacle donné à la France et à tout Tunivers! !
Comment n'éoh l'inconcevable générosité!
dont
de tant de gloire,
tes-vous pas effrayées
inouie, a mes
vous couvre cette proposition
commentnes estuccombez-vous
incomparables?
l'énorme fardeau de
pas vous - mêmes sous
enorgueillisvotrepropre admiration? Terre,
toi de les porter; et vous, cieux! soyez dans
de temps, quelle immensité
la stupeur! Que
de calculs ila fallu pour enfanter tout-à-coup
combinaison si sublime et si simple !
une
profondeur de génie elle suppose
quelle
quelle mile intrepidité
dans ses inventeurs, étoit donc réservée à
dans ses héros ! Elle
colons !
notre àge, et à VOS grands coeurs, 8
Ainsiles siecles s'avancent et se perfectionnent. Pour vous la nature n'étoit pas épuisées
tôt, quand il diet Salomon avoit parlé trop
éclorre sous le
soit que rien de neuf ne pent
à faire
soleil. Mais hélas! que laissez- vous
à la postérité? colons, 6 héros 16 mes freres!
Vénérables
et vous l'avez franchi.
le pas étoit glissant,
résumé
la
Il vaut bien la peine d'être
pour
B --- Page 246 ---
(18 )
courageux qui annonce
secondel fois, 1 ce pacte
abandon. Eh bien !
de votre part un si noble
une
vous enleve les Noirs, et que par
qu'on
dont la sublimité me
sorte de contradiction, à
ce que vous
surpasse, on vous assure jamais relâchant vos
appellez vos propriétés qu'en;
à
sanglantes dépouilles, 2 vous n'ayez perdre
de terrain, ni un pied de café, 2
ni un pouce de sucre ; à ce prix, vous en
ni une canne Noirs sont des hommes.
convenez, les
à Têtre ? Ne fréQuand commencerez-vous
éternellement
mirez L- vous pas enfin d'être
furieux et plus acharnés que les tigres?
plus
continue dans
Quoi ! au sein de l'ivresse
mollesse
fois votre fastidieuse
laquelle par
l'ardente soif qui
sendontbingitsamment,
entrailles avides ne s'étanchera
consume vos
fera
s'irriter
! cette soifinsatiable ne
que
pas
! et malgré la dégoûtante
de plus en plus
uniforme, on ne
monotonie d'un breuvage
et de
sortir des bras du sommeil
vous verra
boire à longs traits et à
la volupté que pour
les larmes;
grands Hlots, dans des coupesd'or, d'infortunés!
les sueurs, lesang d'un million
vousCruels, rétrogradez un moment sur
vos
mêmes. Quand dans lagpreniersjoursde
que
pas
! et malgré la dégoûtante
de plus en plus
uniforme, on ne
monotonie d'un breuvage
et de
sortir des bras du sommeil
vous verra
boire à longs traits et à
la volupté que pour
les larmes;
grands Hlots, dans des coupesd'or, d'infortunés!
les sueurs, lesang d'un million
vousCruels, rétrogradez un moment sur
vos
mêmes. Quand dans lagpreniersjoursde --- Page 247 ---
(19 )
déprédations
tyranniques, vous débutâtes si
doucement par manger leurs aieux,
qu'il vous en coûta sur vous-mémes avouez
toire; Car on ne s'apprivoise
une viccoup avec de semblables
pas tout d'un
horreurs.
cette affreuse
Depuis
poquelhabitudesest
en nature, , etla peine en plaisir.
tournée
que leurs ancêtres sont digérés, Maintenant
à leurs peres, à leurs
vous en êtes
livrant
meres ; et tout en vous
aux distractions du luxe età ses joies
monstruenses, vous dévorez de gaieté de
coeur, sous leurs yeux en larmes, les
deleurs jours. Leur tour
auteurs
viendra donc
pour être dévorés
bientôt; et à travers leurs cris
aigus, vous roulez paisiblement dans
cle exécrable. Barbares !
ce cerpour assouvir
que faut - il donc
votre rage?
Nenous
reprochezpoint, 6 colons,
cerici contre vous le détestable
d'exerrôle de calomniateurs; des vérités dures ne
des calomnies - ; tout au plus elles sont pas
des médisances, si l'on
seroient
n'entendoit
mot la révélation indiscrete
par ce
rés :
de crimes
mais on vous connoit
ignoassurément vous ne
trop bien, et
vous cachez
n'avez au fond qu'une
pas. Vous
maniere d'être. On
B 2 --- Page 248 ---
20 )
ne vous voit point marcher à la fois le front
couvert et la tételevée; etje dois vous rendre
cette double
choix
justice 1 qu'à cet égard votre
est fait depuis
ne l'avez jamais rétracté. long-temps,et que vous
donc
de
On ne vous taxera
pas
donner dans
n'êtes qu'horriblement
Thypocrisie ; vous
l'êtes
scandaleux; maisvous
sans crainte comme sans remords.
Ce n'est pas qu'il n'existe dans VOS contrées de vieux réglements de
traitementdes Noirs:
police sur le
: mais qu'importent des
réglements institués pourla forme, ou tombés
en désuétude, auxquels une
sée ne permit jamais de tenir politiqueinsen- la main !
auroit trop à faire, dites-vous, si l'on
Ily
prenoit de réformer tous les
entreabus; et Ton ne
sauroitpar où commencer. Oh! d'accord. Oi
trouveroit-on assez de prisons,
de tortures, si les lois étoient d'échafauds,
en
ets'armoient contreles
vigueur,
compables d'une sévé.
ritéinflexible? Les bourreanx seuls ne manqueroient pas, puisqu'on pourroitlesprendre
parmi leurs victimes. Mais, en suivant à la
lettre ce régime violent, bientôt il ne resteroit a-peu-près que les Noirs; et la
des Elancs auroient disparu, Alors plupart
que de-
tortures, si les lois étoient d'échafauds,
en
ets'armoient contreles
vigueur,
compables d'une sévé.
ritéinflexible? Les bourreanx seuls ne manqueroient pas, puisqu'on pourroitlesprendre
parmi leurs victimes. Mais, en suivant à la
lettre ce régime violent, bientôt il ne resteroit a-peu-près que les Noirs; et la
des Elancs auroient disparu, Alors plupart
que de- --- Page 249 ---
(a1)
viendroient les colonies ? que deviendriezAussi VoS prudents et
vous vous-mêmes?
-ils charitablesensibles magistrats ferment
ment les yeux ; et ce profond sommeil, cet
éternel silence des dépositaires de lajustice,
brèvet
, qui se bornant à
est un
d'impunité
autoriser tous les forfaits, faute de ponvoir
du moins les
les canoniser, vous épargue
noirceurs de la dissimulation et Tembarras
ou le tourment de vous contrefaire. Cepenabsolue de tout
dant, si, dans T'impossibilité
s'attachoit d'abord à sévir conréformer, on
il est à croire que
Ire les grands scélérats,
éclatants contiendroientun; peu
ces exemples
imitatenrs. Mais il faudroit
leurs sacrileges les Blancs fussent assez compour cela que
police ne
muns dans VOS isles, pour quela
comme des êtres nécessaires
les regardât pas
n'arqu'on ne sauroit trop ménager; ; ce qui
rivera jamais. Car ces magistrats sont ausst
des colons, et ne vivent pas que des lois ; ils
comme vous une fortune à faire, des
ont
d'entie
Noirs pour les servir, et plusieurs
des habitations à mettre en valeur. Or
eux
personnel de ces sortes de gens 7
Iintérêt
juges et parties dans une cause communes
B 3 --- Page 250 ---
- 22 )
est pour vous un garant sur de leur indulgence. Il faudroit en outre,
les
fussent assez rares
que
Noirs
pour être réputés
que chose dans
quelT'opinion : or comme cette
espece de denrée est toujours
faut-il être surpris du
surabondante,
faites ; etn'est-ilp
gaspillage que vous en
pas évident quele
même doit
ministere
ploi? Loin s'inquiéter fort peu de son emde vous applaudir de cette surabondance,je sais qu'au contraire vous
plaignez amèrement de la disette. Mais vous
diselte,si elle existe, fait votre
cette
sure et celle de vOs débonnaires propre cenSivous ne donnez jamais à la terrele magistrats.
deser reposer,sera-telle
temps
si vous tuez plus d'hommes toujours en rapport?
peut ou ne veut
que la nature ne
en fournir, après avoir
épuisé ses ressources, du consentement de la
puissance publique, lui
encore son
reprocherez. - vous
inaction, ou la
faire des miracles?
forcerez-vous de
Et puis, que vous importe ! vous êtes
riches
assez
pour vous faire servir, et la fortune
dontvous
les
jouissez vous dispense d'en
auteurs. Vous n'allez
soigner
faire vos
pas vous mémes
provisions de Noirs dans leur
pays
fournir, après avoir
épuisé ses ressources, du consentement de la
puissance publique, lui
encore son
reprocherez. - vous
inaction, ou la
faire des miracles?
forcerez-vous de
Et puis, que vous importe ! vous êtes
riches
assez
pour vous faire servir, et la fortune
dontvous
les
jouissez vous dispense d'en
auteurs. Vous n'allez
soigner
faire vos
pas vous mémes
provisions de Noirs dans leur
pays --- Page 251 ---
(23) )
est convenu de vous en éviter Ia
matal: on
la Hollande,
peine. La France, T'Angleterre,
tous
T'Espagne, le Portugal, le Danemarcx,
les gouvernements 1 tous les royaumes ensemble sont à VOS ordres, ou s'empressent
deles prévenir, et vous avez TEurope pour
commissionnaire. D'autres, sachant que très
d'hommes et de femmes ont suffi par-tout
peu
des isles entieres, trouailleurs pour peupler
marchandise si précieuse, qui
veront qu'une
PEE
s'use bien vite dans vos.absorbantes régions,
souvent besoin d'être renouvellée:
et a trop
ce mot affreux de
pour moi, sije vous passe
valeur numémarchandise, quisuppose une
raire à des êtres inappréciables,je vous demanderai seulement ce que. vous faites de
tant de bras, quand d'abord vous m'aurez
dit de quel droit vous les enchainez à vOS
sillons.
est
A vous entendre I 1 ils sont à vous... Il
vrai, vous avez acheté les personnes avec
Ils sont à vous
toutes leurs dépendances...
plus qu'à eux... Je ne m'appercevois pas
quils tinssentà vos épaules, et fissent partie
votre
les anis
de vous. - mêmes. Ah ! si
sang
B 4 --- Page 252 ---
(24 )
moit,j'en jure par votre
n'en feriez strement
amour-propre 9 vous
pas une aussi énorme
consommation. Qui vous a donc permis d'en
disposer autant et bien plus que des vôtres?
Pour moi, je ne vois quela fortune
vous
quipuisse
autoriser 1 etje vous défie d'assigner à
votre prétendu droit une autre espece d'origine. J'ai même sur ce point votre aveu ; car
vous êtes les premiers à vous plaindre
ne vous donne pas les Noirs
qu'on
si vous arriviezl les mains vuides gratuitement; et
ils sont étalés, ils
au dépôt oû
continueroient de rester à
Tencan. Amesure que VOS victimes
et que les
périssent,
débarquements se font dans vos
ports, vous allez doncsurla place aux Noirs,
faire VOS emplettes d'hommes
vos
pour rafraichir
habitations, 7 comme vous allez dans les
marchés aux chevaux pour remonter VOS maneges. Vous arrêtezl les choses en donnantle
prix convenu,ou des effets qui en
et Jorsqu'an moment de l'adjudication répondent;
ne s'est présenté
2 nul
pour couvrirvotre
dès lors tout vousa appartient, etles enchere, bras
à vous comme les
sont
pieds et les têtes. J'admets la conséquence : mais voyons le principe. Insensés ! paye-t-on un homme avec de
és aux chevaux pour remonter VOS maneges. Vous arrêtezl les choses en donnantle
prix convenu,ou des effets qui en
et Jorsqu'an moment de l'adjudication répondent;
ne s'est présenté
2 nul
pour couvrirvotre
dès lors tout vousa appartient, etles enchere, bras
à vous comme les
sont
pieds et les têtes. J'admets la conséquence : mais voyons le principe. Insensés ! paye-t-on un homme avec de --- Page 253 ---
(25 )
un homme avec le produit
T'or? paye-ton
avec desballes
des sueurs deses semblables,
de coton, avec des tonnes de sucre, avec
tout Tunivers ? Quel fut le monstre quiininfame trafic? Ce futsans doute un
venta cet
Quel qu'il soit,
Portugais ou un Espagnol.
et
la terre le vomisse à mes regards,
que
anathême.
qu'aus nom dela mature,jeluidise
conquit un Noir,
Au moins; le premier qui
soit en duel, T'eut à son corps
soit en guerre,
de lui - même. Mais
défendant, et le paya
vous n'en donnez pas cette valeur vous autres
vous le livre n'a pas
colons ; le capitaine qui
. ;
couru plus de risques que vous quilachetez
conclus
à aucun
d'ou je
qu'il n'appartient l'ancient
de vous , et reste en propre à
s'en
si plutôt, malgré VOS
maître qui
empara, etla barbare invasion
conventions absurdes,
en
il n'appartenoit,
du premier conquérant,
du
derniere analyse, à la terre malheurense
sein de laquelle on osa l'arracher. Croyez- obvos richesses pour'des
moi donc, gardez
avec elles ; vous
jets quipnissent se mesurer
d'avoir fait
les auriez épuisées toutes, avant
en ce genre une seule acquisition.
fort?
Alléguerez-vous aussi le droit du plus --- Page 254 ---
(26)
soit; mais commencez
évidence la
par en établir avec
légitimité. Prouvez invinciblement que des millions d'hommes
l'antre extrémité du
sont nés à
lement de
globe pourservir éternelpâture à la meurtriere voracité des
peuples rivaux qui courent à l'envi se disputer ces proies
trainés,
sanglantes, pour être enpar cette bande de
à
mille lieues de leur
pirates,
deux
isles de
patrie, dans vos petites
T'Amérique
pléer à de vils animaux, méridionale, 9 pour suprains ou les
défricher VOS terentretenir, les arroser
nuit de leurs
jour et
sueurs, et puis, au terme de
T'adolescence, 2 ou aux approches de la maturité, mourirde vieillesse sur vos habitations
dévorantes. Alorsjeféliciterai
lomb de cette triste et utile Christophe Cola cupidité
découverte ; et si
qui vous domine ne faisoit tomber
malgré vous ce masquehypocrite de zele dont
vous aimez à vous
rois
couvrir, je vous félicitevous-mémes de les aider à
leur
fatale
remplir
destinée, et de seconder si
ment à leur
puissam-.
égard, ou plutôt pour leur malheur, le terrible voeu de la nature.
Mais ne lui préleriez-vous
sard vOs intentions
point par haperverses, en lui faisant
; et si
qui vous domine ne faisoit tomber
malgré vous ce masquehypocrite de zele dont
vous aimez à vous
rois
couvrir, je vous félicitevous-mémes de les aider à
leur
fatale
remplir
destinée, et de seconder si
ment à leur
puissam-.
égard, ou plutôt pour leur malheur, le terrible voeu de la nature.
Mais ne lui préleriez-vous
sard vOs intentions
point par haperverses, en lui faisant --- Page 255 ---
(27)
de la. confondre avec un vil a intérêt
Toutrage
Contempteurs deses saqu'elle condamne?
blasphémateurs : 9
lutaires oracles, égoistes
dans VOS ames
jusqu'ici vous n'avez lu que
livre de la
dépravées ! Ouvrez enfin le grand
fameuse encyclopédie où tout
nature, cette
à vos
est renfermé. Là vont se développer
les plans adorables suivant lesquels
regards
Tunivers. Tout ce qui vient delui
Dieu régit
le chaos seul est votre ouest dans Tordre,
Revendiquez ce qui vous appartient,
vrage.
vous vos horreurs. A qui peret gardez pour
Sagesse
suaderez-vous jamais quelétermelle
Pere commun
pnisse se contredire, 1 et quele
des hommes en soit comme vous le tyran?
existoit sur la terre un
Si, par impossible,il homme nécessité à serhomme, oui iun seul
il feroit à lui
vir de proie à ses semblables,
la Proviinvincible contre
seul un argument
afdence : et si,
pour dedommagemendun.
de toute la vie, il ne lui
freux esclavage
restoit que la mort, le cri perçant quiprécéretentiroitjusqu'aux
deroit son derniersoupir
de TEternel et
cieux, renverseroit le trône
Tanéantiroit lui-mème.. : Et c'est surle quart
s'étendentvos fers et VOS glaidu globe que --- Page 256 ---
ves!
(28 5
Impies, 3 je ne me
cilier avec l'idée d'un chargerai pas deconextravagante
Dieu proviseur votre
mene droit à hypothese; je sens trop qu'elle
à une aveugle T'athéismes et je croirois plutot
nisation du fatalité qu'à une pareille orgagenre humain. Cessez donc de
m'opposer des lois absurdes et barbares
repousse mon
que
coeur; des lois esprit, 2 et qu'abhorre mon
si vous n'aviez que vous abjureriez al'instant,
autant d'intérêt
mer qu'elles n'en
à les réclasoutenir; des
ont elles - mêmes à vous
rain
lois qui rendroient le souveLégislateur
tés.
responsable de VOS atrocis
Non, un Dieude sang et de
pas le Dieu
carnage n'est
donne : le que je sers , et je vous l'abanmien s'annonce à d'autres marques. Tous les hommes ensemble
devant lui qu'un seul homme
ne sont
acception des
:il ne fait point
humaine de personnes. S'il a semé l'espece
blanc et de noir, cette diversité
accidentellede nuances
rien dans les
extérieures ne change
les sentiments constitutions intimes, ni dans
vois'
et les caracteres. Par-t tout je
régner T'aniformité la
Sur les fronts les
plus invariable.
plus calcinés ila empreint
mien s'annonce à d'autres marques. Tous les hommes ensemble
devant lui qu'un seul homme
ne sont
acception des
:il ne fait point
humaine de personnes. S'il a semé l'espece
blanc et de noir, cette diversité
accidentellede nuances
rien dans les
extérieures ne change
les sentiments constitutions intimes, ni dans
vois'
et les caracteres. Par-t tout je
régner T'aniformité la
Sur les fronts les
plus invariable.
plus calcinés ila empreint --- Page 257 ---
(29) )
son image : il a soufflé dans toutes les
la liberté avec la vie. La lumiere
ames
leiln'avoit
de son SOpas encore frappé mes
que déja j'étois homme
la
regards,
par
liberté.
germe précieux
Ce
dans le triste
reposoit avec moi jusque
fance. J'étois berceau qui captiva mon enmur pour elle
l'aurore de ma
longtemps avant
la moindre
raison; et je n'en avois pas
idée, que j'en sentois vivement
toutle prix. Sans doute elle a pu se modifier
avecl'éducation, etse
:
mais si des instituteurs développera raveclage;
n'eussent
jaloux et barbares
la
toujours fait prévaloir la leur sur
mienne, et contre ma débile existence
supériorité de leurs forces;
la
longues années
si, pendant de
tude, ils
qu'ils me tenoient en servin'eussent pris à tâche de
mes. penchants et d'obstiner
contrarier
jamais jene me fusse
mon vouloir,
sement et de ses
apperçu de son accroisles entraves de progrès. Dégugé des cruelTéducation,
le bonheur de réfléchir,
depuis que jai
de ses
mon esprit est plein
charmes, et mon coeur en est
je la respire avec l'air
dévoré:
qui vient dilater mes
poumons: elle circule dans mes veines
mon sang ; et tant qu'il me reste
avec
une seule --- Page 258 ---
(30 )
m'anime, ma liberté
goutte de ce sang qui
demeure toute entiere. Elle me pénetre
me
Ia moëlle de mes OS ;
intimement et jusqu'à
elle
elle agit sur mes sens et réagit par eux,
tous mes pores, elle entre dans
s'insinue par
et fait partie
de ma substance
la composition
en un mot, elle est complètede mon être;
elle-même, comme
ment moi; et je serois
être dans
Dieu estla vérité, si elle pouvoit
Thomme d'ici-bas un étatpermanent, et qu'ainstant de la vie elle ne dût pas
près le court
double nécessité du divin
se confondreavecla bonheur. Ce qu'ilyade
amour et del'éternel
extraordinaire; c'est qu'en mepénétrant
plus
Placé au milieu des airs,
elle m'environne.
dans le vaste Océan, je
comme le poisson
dans tous les
puis à mon gré me transporter
lieux. Vos villes me sont ouvertes; ; peut-être
mais cessez d'en faire des
m'y fixerai-je :
vais de ce
prisons à cent portes : ou je
pas
au loin dans les campagnese
me répandreSivous êtes jaloux de la préférence, 2 méritezdes sacrifices; ; commencez par m'ala par
barrieres ;
battre VOS doubles, VOS triples
tombent toutes devant un être libre,
qu'elles
des mains de la naqui tient son passe-port
Vos villes me sont ouvertes; ; peut-être
mais cessez d'en faire des
m'y fixerai-je :
vais de ce
prisons à cent portes : ou je
pas
au loin dans les campagnese
me répandreSivous êtes jaloux de la préférence, 2 méritezdes sacrifices; ; commencez par m'ala par
barrieres ;
battre VOS doubles, VOS triples
tombent toutes devant un être libre,
qu'elles
des mains de la naqui tient son passe-port --- Page 259 ---
(315
Maliberté est donc par-tout où j'existe,
ture.
Elleest,
parceque nous ssommesinséparables. où je ne suis pas encore *
pour ainsi dire,
s'étendre et mes
parceque mes bras peuvent
avec mon
D'intelligence
pieds se mouvoir. faculté est infinie dans un
imagination, cette atteint en même temps tous
être limité; ; elle
sOI
les
; ses bornes sont Timpossible; Timmensité.
b Tunivers, T'espace,
letoni
lpourl'ordinaire'
Cependantelleprendi moins les hommes sont enr
'des circonstances :
plus le goàt en est vifetle pentroupeaux,
: mais son essence nechange
chantimpétueux:
est une et indivisible
point, parcequ'elle Tel est plus riche OLE
comme son auteur.
ne sauroit être
plus puissant que moi, qui T'habitant des foplus libre, et sur ce point celui des cités. St
rêts ne le cede en rien à différence entre les
Ton remarque quelque
nations civilisées etles hordes sauvages,c'est les
les unes ont conservé d'elle ce que
que
la satisfaire *
autres ont paru en sacrifier pour
à ses rapdonner plus d'expansion
ou pour
plus vivement
ports, et doivent se ressentir
des homdu tourment de la perdre. On a vu
s'accoutumer aux douleurs
mes intrépides --- Page 260 ---
( 32)
les plus aigués, braverles -
cipiter à travers les flammes, supplices, se préa
des
voler au-devant
piques, des glaives et de tous les
de mort ; mais un homme
genres
assez apathique
pour s'apprivoiser avec T'esclavage, et surtout avec un esclavage aussi
aussi dur, aussi intolérable peu mitigé 9
que celui
pese sur les Noirs de la Guinée et
qui
des Antilles ; c'est ce qu'on n'a sur ceux
depuis l'origine du monde,
jamais vu
et ce
ne
yerra jamais. Cette bouillante ardeur qu'on
liberté se manifeste d'une maniere
pour Ia
bien frappantejusques dans les brutes, que nous
pellons insensibles; et tout le poids, toutes aples lumieres de notre raison ne les serviroient pas mieux que T'aveugle instinct
les entraîne. Timides ou féroces, ils veulent qui
tous être libres. Le lion
courageux se dresse
en.rugissant devant la chaine qu'on lui
et ramasse toutes ses forces pour la
jette,
dès qu'il se sent entouré; tandis
rompre,
farouche,
que l'oiseau.
privé de T'usage de ses ailes
nes s'être pas défié du piege qu'onl lui
pour
se
itendoit,
débat, souffre, et meurt contre les barreaux de sa cage.
Néanmoins, les animaux étant destinés à
nous
courageux se dresse
en.rugissant devant la chaine qu'on lui
et ramasse toutes ses forces pour la
jette,
dès qu'il se sent entouré; tandis
rompre,
farouche,
que l'oiseau.
privé de T'usage de ses ailes
nes s'être pas défié du piege qu'onl lui
pour
se
itendoit,
débat, souffre, et meurt contre les barreaux de sa cage.
Néanmoins, les animaux étant destinés à
nous --- Page 261 ---
(33 )
nous servir, etla liberté physique leur ayant
été donnée principalement pour se mettre
uns contre les autres, dela forte
en gardeles
à la servitude, 2
résistance qu'ils opposent
conclure
peut-être ne faudroit-il pas toujours
nous leur faisons injustice en les assuque
Mais où trouvera-t-on une loi qui
jettissant. fasse d'un homme la propriété d'un autre
estinaliénable
homme? Toutdomsineabsols
essentiellesnent à Dieu seul; enet appartient
d'esclaves à son service,
core ne veut-il point
maissenlementdesamis Or, puisqu'il daigne
respecter en moi le grand dépôt qu'il me
confia, je défendrai son bienfait au péril de
mesjours, etle monstre qui voudra l'envahir
Qu'il vienne, me voilà
n'en profitera pas.
prêtà lui répondre: sije suis son vainqueurs
j'aurai la noblesse de lui pardonner, enle
mettant toutefois dans l'impuissance de me
terre de son poids,
nuire, ouje soulageraila échapper à ses fusi je ne puis autrement
seul est
reurs: si je succombe, mon corps
à lui, car je saurai mne défendre, et mon
ame libre, fiere de sa vertu, cédant à l'enmisérable, s'avance vers
nemi son enveloppe
C --- Page 262 ---
(34)
la victoire, et saisit au même
mes du martyre.
instant les pal.
La liberté étant donc
seulement le
pour T'homme non
plus riche trésor, mais
qui donne un prix à tous les
celui
vois que deux causes
autres, je ne
son enlevement,
capables de légitimer
des attentats
et le sort des batailles.
contre les lois,
votre justiceabesoin, Dans ces deux cas,
cours de la force. En pours'exercer, du conciales,j'ai mérité la
outrageant les lois 50prison oû je suis
etje dois porter la peine de
détenu,
c'est à vous de visiter
mon crime. Mais
vos chaines, de multiplier VOS
sentinelles, VOS
rous, d'exhausser
portes, 2 VOS verdans les airs,
VOS remparts assez haut
de les
pour que je ne sois pas tenté
franchir, et de concerter si bien
mesures, 1 qu'il me soit impossible de vOs
échapper. S'il se
vous
présente un
vorable à mon évasion,
expédient faadresse à le saisir; de nuit comptez sur mon
ou de jour je
grimpe,Tescalade.je me glisse ou
me voilà à cent
m'élance,
loin de
pas; je ne serai jamais assez
vous. En trompant VOS précautions
insullisantes,je ne vous fais aucun
tort, et
concerter si bien
mesures, 1 qu'il me soit impossible de vOs
échapper. S'il se
vous
présente un
vorable à mon évasion,
expédient faadresse à le saisir; de nuit comptez sur mon
ou de jour je
grimpe,Tescalade.je me glisse ou
me voilà à cent
m'élance,
loin de
pas; je ne serai jamais assez
vous. En trompant VOS précautions
insullisantes,je ne vous fais aucun
tort, et --- Page 263 ---
(35)
la conscience ne me reproche rien. Je n'ai
emporté ni VOS cachots ni VOS
vous aisoustrait
fers, 3 je ne
pable de fuir
que moi-même. Suis-je coumon mal, et de chercher mon
bien, quand d'ailleurs le larcin de ma
sonné devientl'objet de ma restitution? perde vous appartenir, j'étois à la
Avant
les droits sont antérieurs
nature, dont
lui rends ce
aux vôtres, et je
qu'elle m'a prété. Faites-moi
suivre, mettez VOS escortes en
il ne dépendra pas de moi de campagne les
;
de fatigues : sijamais elles me devancent épuiser
vitesse, il faudra bien
de
que je me rende,
puisque je suis seul contre tous ; mais
me replongeant dans Taffreux
en
javois momentanément
abyme que
évité, ah! du
vous ne punirez
moins
tures
pas par un surcroût de torun infortuné captif,
avoir
vain essayé d'être
pour
en
les plus
homme, ou vous seriez
injustes et les plus barbares
mortels.
des
Aurons-nous donc plus d'égards
les
scélérats que pour les malheureux' ? pour et lorsque des lois
contre le
vengeresses, 1 justement armées
crime, n'attaquent dans ses auteurs
que T'usage de la
liberté, pour laquelle elles
Ca --- Page 264 ---
(36 )
conservent encore une sorte de respect, les
terribles foudres de la guerre en détruirontelles jusqu'à la racine? 0 nature! de
pables individus, dont tu nous dictas la coutence, oseront, sous le poids de leurs sense réclamer de toi, et contre toi-même fers,
feras du moins une
tu
défendre !
espece d'effort pour les
priverois-tu de cette frêle ressource, renierois-tu pour tes enfants des nations entieres qui implorent ta justice et ta
reconnoissance, des nations courageuses
pour toi se défendent et succombent, dé- qui
plorables victimes de leur obéissance à tes
ordres? A Dieu ne plaise
mais une
que j'admette jasupposition qui r'outrage! Mais il
ne suffit pas de la rejeter; il faut en démontrer l'absurdité révoltante, et le sentiment
ne fait preuve complete qu'avec les principes. J'ai dit dans mon coeur, il n'y a point
d'esclaves ; je le dirai dans mon
la vérité
esprit, et
toujours une ressortira doublement
de ce parfait accord de mes puissances. Puis
donc qu'il est question de raisonner, et
vous ne pouvez, 6 colons, être juges dans que
votre propre cause, souffrez queje vous laisse
un moment, pour rcoutirapresquelques théo-
le sentiment
ne fait preuve complete qu'avec les principes. J'ai dit dans mon coeur, il n'y a point
d'esclaves ; je le dirai dans mon
la vérité
esprit, et
toujours une ressortira doublement
de ce parfait accord de mes puissances. Puis
donc qu'il est question de raisonner, et
vous ne pouvez, 6 colons, être juges dans que
votre propre cause, souffrez queje vous laisse
un moment, pour rcoutirapresquelques théo- --- Page 265 ---
(37 - )
qui s'égarent, et ramener, s'il est
logiens
dans le bercail
possible, ce petit troupeau
de la nature.
en faveur
Que disent donc ces messieurs
Rien du tout. Mais quoi ende T'esclavage?
actuel
core ? Qu'il entre dans le systême Thuintégrante des miseres de
comme partie
base le droit de la
manité , qu'il a pour
la
guerre ; qu'il est un adoucissementà peine
de mort que le vainqueur peut en conscience infliger au vaincu; qu'ainsila nature
s'en accommode assez bien ; qu'au surplus
et civiles le
les lois divines, ecclésiastiques
se
tolerent ou le permettent, puisqu'elles
contentent d'en régler la police; que S. Paul,
dans ses conciles,
dans ses épitres, TEglise
Dieu lui-même dans le décalogue, donnent,
en conséquencede ce droit, despréceptespoinexplicables; que
sitifs, quisansluiseroienti
T'usage d'acheter et de vendre des esclaves
àges, et est anlremonte jusqu'aux premiers
torisé par les pltis grands hommes s; qu'alédes Noirs cueillis dans la Guinée, et
gard
dans les colonies, les uns sont
transplantés les autres le sont devenus; et
nés serfs,
qu'enfin le commerce dont ils sont T'objet
C3
encede ce droit, despréceptespoinexplicables; que
sitifs, quisansluiseroienti
T'usage d'acheter et de vendre des esclaves
àges, et est anlremonte jusqu'aux premiers
torisé par les pltis grands hommes s; qu'alédes Noirs cueillis dans la Guinée, et
gard
dans les colonies, les uns sont
transplantés les autres le sont devenus; et
nés serfs,
qu'enfin le commerce dont ils sont T'objet
C3 --- Page 266 ---
( 38 )
est pour eux un double profit, atténdu
physique ils y gagnent la vie et le
qu'au
ment d'une servitude dure en
changeplus
une autre bien
supportable, et au moral le bienfait
tous les secours de la religion chrétienne. et
C'est avec ce misérable glaive,
de la rouille des siecles,
couvert
dans
qu'on tue le
toutes les ames; c'est avec cette courage
informe de raisonnemehts
masse
sans raison
parvient à étouffer en elles
qu'on
de la pensée, Oi
jusqu'an germe
suis-je, et quel immense
trajet on me fait parcourir I : Me voilà donc
transporté tout d'un coup à l'antique et fatale
époque de la dégradation humaine. Je
tiens, et de là je réponds, en observant m'y
tefois qu'il vaut mieux tomber dans les toude Dieu que dans celles des
mains
Dieu ne peut être
hommes; car
que sévere, etles
sont cruels, Plus inexorables
hommes
fensé, ils
que le seul of
croient
enchérissent sur ses foudres et
encore honorer ses justices. Avant
que l'image se tournât contre son modele,
bre etp purcommel'anteur deson
diêtre,
placé au centre du paradis
Adam,
au sein des
terrestre, nageoit
lui
délices; 7 la prodigue nature ne
vendoit pas ses dons au prix des sueurs
--- Page 267 ---
(39)
le doux parfum des Aleurs et des fruits' portoit T'ivresse à tous ses sens ; des ruisseaux
de lait et de miel couloient à ses pieds,
les
environnoient son ame;
toutes
voluptés
même T'embarras
et comme il n'avoit pas
à
du choix entre les plaisirs, 1 il jouisssoit
instant de tous les êtres, de Dieu,
chaque
immortalité.
de lui-même, et de sa propre
Hélas! toute cette félicité d'un jour a diset le plus beau des regnes a passé
paru, Téclair. La pénible nécessité d'être
comme
être juste le jeta tout d'un
vertueux pour
et le mit dans un
coup hors de son centre,
violent
il n'étoit pas fait, et
état
pour lequel
dont un seul acte d'obéissance T'entpréservé:
son coeur, et
une fatale complaisance égara
enfanta la révolte. Aussitôt Dieu lui apparut
etlui tint ce langage : Je maudis la lerre que
cultiveras; tous les jours de ta vie tu mantu
ton pain à la sueur de ton visage, jusgeras
dans le sein de la
qu'à ce que tu retournes
terre d'oà tu es tiré, parceque tu es poussiere et que tu retourneras en poussiere. Avec
au même inle système physique, changea
le
moral. Le ciel se couvrit
stanttout
systême
de nuages, la terre d'épines, et la concupisC 4
lerre que
cultiveras; tous les jours de ta vie tu mantu
ton pain à la sueur de ton visage, jusgeras
dans le sein de la
qu'à ce que tu retournes
terre d'oà tu es tiré, parceque tu es poussiere et que tu retourneras en poussiere. Avec
au même inle système physique, changea
le
moral. Le ciel se couvrit
stanttout
systême
de nuages, la terre d'épines, et la concupisC 4 --- Page 268 ---
(40 )
cence vint, amenant à sas suite tous les
des passions, L'harmonie des
orages
des moeurs se
principes et
fois
dérangea. Les
en liberté, ne tarderent penchants, une
en opposition. Les
pas à se meltre
apprirent à se
pensées et les affections
donner des lois combattre, le coeur s'ingéra de
bientôt
Al'esprit, les sens
ce double
usurperent
etil ne resta
empire, Le chaos prévalut,
réminiscence au premier homme quela cruelle
du bonheur, et à
térité que des regrels
toute sa posrepentirs.
superflus et de longs
Je ne contesterai
tence du Créateur pas que la terrible sensurles Noirs
ne s'accomplisse à la lettre
comme sur les
et
sur
cipalement
les Noirs de Blanes,
prinsurément c'est bien à lasueur nos colonies. Asqu'ils, mangent la triste
de leurs fronts
lices si peu substantiel cassave, ce pain fac
ments ruinés parla chaleur pour des tempéracès du travail
du climat et l'exleurs
; et quand ensuite ils sentent
jours se précipiter si
peine ont-ils besoin de
rapidement, à
ces,] pour abserver
rapprocher les distanpoint dont ils
qu'en effet la terre estle
aboutissent sont partis, et le terme ou ils
Parmi les avantages que la relis --- Page 269 ---
(41) )
gion leur procure, les partisans deT'esclavage
nesesontjamaisavises de faire entrer enligie
les souverains remedes etles puisde compte
leuradministresicha
sants préservatifs dans qu'on les isles pour les guérir ou
ritablement
lesdéfendre deloisiveté, justementappellée
commune de tous les vices ; omission
la mere
doute: car enfin, forcer au
bien étrange sans
naturellement
travail cette classe d'hommes
et la forcer le fouet à la main,
paresseuse, lui fermer toutes les avenues
n'est-ce pas
commander efficacement la
du crime, etlui
vertu?
d'analyser ce
Quoiqu'il en soit, sij'essaie
formidablearrête d'un Dieuvengeur,j je remarrenferme deux peines, la douleur
que qu'il
cherche en vain T'esclavage;je
et la mort. J'y
Sij'admeis
n'y trouve pas même linégalité. c'est d'après
la différence des conditions,
permettent point
d'autres principes quineme
de la révoquer en doute ; mais ces principes
m'abandonnent quand ilsagit de la servitude, etje ne vois riend qui puisseles suppléer, dit
D'ailleurs, qui dit esclavage d'un côté,
de l'autre. Le même crime
toute - puissance
être de la sorte puni dans
de tous ne sauroit
'admeis
n'y trouve pas même linégalité. c'est d'après
la différence des conditions,
permettent point
d'autres principes quineme
de la révoquer en doute ; mais ces principes
m'abandonnent quand ilsagit de la servitude, etje ne vois riend qui puisseles suppléer, dit
D'ailleurs, qui dit esclavage d'un côté,
de l'autre. Le même crime
toute - puissance
être de la sorte puni dans
de tous ne sauroit --- Page 270 ---
les
(42 )
uns, et recompensé dans
il suit que
les autres ; d'oit
dansle décret T'esclavage ne peut être renfermé
être uniformes, général dont les effets doivent
d'institution
et qu'ainsi il n'est pas plus
nats et tous divine, les
que les vols, les assassi.
forfaits des
Ceux qui se vantent de méchants.
avec le péché
répondre à tout
même à leur originel, ne répondent pas
pensée. Ils
bien, et d'après d'autres m'expliquent très
dans l'état actuel des
données, comment,
des
choses, il doit
petits et des
y avoir
des maîtres
grands, 3 des serviteurs et
frent dans le parceque détail
le plus et le moins of
des rapports
lesquels il est possible
positifs sous
le parallele et
d'instituer entre eux
qu'il est facile de
que reste-til à un esclave
saisir; mais
d'un tyran ? Rien,
chargé du collier
qu'on ne compte absolument rien, à moins
horribles fléaux dont pour quelque chose les
L'esclavage
on se plait àl'accabler.
regardé uniquement
négation de toute moralité,
comme la
n'est donc
de tout bien,
etj
pas un terme de
je conçois déja que ses comparaison ;
en être singulierement
fauteurs doivent
salité des conditions, embarassés L'édisentils, est désor --- Page 271 ---
(43 )
contre nature. Soit, puisqu'ils le
mais un état
donc au
veulent ; mais qu'ils conservent
moinsT'inégalité. S'ils mettent toutd'un côté, 9
mais seulece n'est pas elle quej'apperçois,
monsment je ne sais quelle disproportion
trueuse, qui n'a de nom dans aucune langue,
à aucun systême. Ainsi
et nepeut appartenir la moitié de sa force,
l'objection perdant
si
reste toujours insoluble; et que seroit-ce,
lui restituant toute son énergie, on venoit à
considérer Tesclavage sous son vrai point de
c'est-à-dire comme la réunion de tous
vue,
calamité de la nales maux et la grande
ture ?
des abominations
Ne pouvant expliquer
fondes mysteres, donnerez-vous pour
par dement du droit d'esclavage le sort des balilles2L'oppyyersinsi, c'est ne lui donner
ancunebase. Le canon ou l'épée ne prouvent
ni d'autre. Quand la force seule
rien depart
seule
obéir. Encommande, la foiblesse
peut
tre mes ennemis et tmoi iln'y a point de consuis
avec eux dans les
trat, et je
toujours
termes del la défense. Sije peux défendre ma
vie,à plus forte raison ma liberté, qui m'est
infiniment plus chere , et sans laquelle la vie
ne lui donner
ancunebase. Le canon ou l'épée ne prouvent
ni d'autre. Quand la force seule
rien depart
seule
obéir. Encommande, la foiblesse
peut
tre mes ennemis et tmoi iln'y a point de consuis
avec eux dans les
trat, et je
toujours
termes del la défense. Sije peux défendre ma
vie,à plus forte raison ma liberté, qui m'est
infiniment plus chere , et sans laquelle la vie --- Page 272 ---
(44)
méme est une mort continue. Si je le
aujourd'hui, je le pourrai encore
peux
après demain, et jusqu'à
demain,
pir. Sije le
mon dernier soupeux contre celui dont je suis la
conquête 11 et qui pouvoit aux mêmes
devenir mon bien; il est clair
risques
davantagecontreles
que je le peux
à ce prétendu
esecond tyran quim'achete
celui-là
maitre; ; à moins que lor de
ne soit plus que le sang de
autant ou même plus
le
l'autre, et
Affreux
que
mien.
despote, ose-t tu bien
me rends? de ta
dire que je
la mienne,
part, c'est un mensonge; de
c'est seulement un aveu arraché
par force, ou un fait tsimulé dont tu
tirer pour ta cause une seule
ne saurois
cessité n'est pointloi:
induction. Nécontre la
j'aurai beau souscrire
nature, tu ne
nen m'acquereras même prescriras jamais ; tu
un usurpateur.
pas; tu seras toujours
Pense-tu donc me
en me prenant tout vif
faire grace,
ton prolit?
pour me vendre à
ralinement dois-je te remercier encore de ce
de cruanté?
cadavre ? Non,
que ferois-tu de mon
fait, s'il
je ne veux pas de ton bienm'obligea la reconnoissance.
toije ne pourrois être
Avec
mieux mourir;
qu'un ingrat; jaime
tue-moi, bois mon sang,et --- Page 273 ---
(45) )
tes fers. La vie ne m'est prêtée que
garde
et j'en fais trop peu de cas
pour un jour,
haut
Si c'est de la
pourla payer à si
prix.
de tomber
sorte que tu pardonnes,je préfere
Écrase-n moi de ta justice; je
sous ta hache.
renonce à ta clémence.
Quelle clémence, grandI dDieulquellejustice;
l'ordre,
etquelleétrange cause pour produire le Aléau déle hasard des combats et
que
! Docteurs de l'esclavastateur des guerres faire
avec vos
vage, croyez -vous me
peur lancez desassertions tranchantes que vous
lumiere?
comme des traits de
potiquement d'encourir une inepte censure que
Au risque
soin dene pas motiver, je
vous aurez grand
de
faire hautement ma profession
vais vous
n'est à personne, pas
foi. Le droit d'attaque droit de défense est à
même aux nations. Le
Le droit de
tous et à chacun des individus.
dans une
au vainqueur que
tuer n'appartient celle où la mort d'autrui
seule circonstance, 1
d'éviter la sienne propre.
est le seul moyen
c'est
Hors le cas de nécessité indispensable, l'on n'a
et la preuve que
un assassinat;
mon sang,
pas pu en conscience répandre
et
coule encore dans mes veines,
c'est qu'il
droit de défense est à
même aux nations. Le
Le droit de
tous et à chacun des individus.
dans une
au vainqueur que
tuer n'appartient celle où la mort d'autrui
seule circonstance, 1
d'éviter la sienne propre.
est le seul moyen
c'est
Hors le cas de nécessité indispensable, l'on n'a
et la preuve que
un assassinat;
mon sang,
pas pu en conscience répandre
et
coule encore dans mes veines,
c'est qu'il --- Page 274 ---
(46 )
qu'on a su , sans le verser,
mes mains. Le droit de réduire échapper de
en esclavage
porlant uniquement surle droit absurde de
mettre à mort, est doncun acte de pure férocité, d'autant plus criminel
dide, avarice
qu'une sorpeut seule inspirer de faire
de moi un objet commerçable. Dites ensuite
tanto qu'il vous plaira, que la charité
-
ordonne
desmpposer les guerres justes, à moins
n'ait l'évidence du contraire
qu'on
; votre
est une absurdité. Dans quel code de axiome lois
de morale avez-vous
ou
puisé une pareille sentence, que je pourrois vous accorder, sans
qu'il vous fot possible d'en rien conclure ?
Portez ce présent à desp peuplespolicés,
à engager un assaut; je ne m'y opposerai préis
pas, etjeles féliciterai sincèrement, s'ils sont
d'humeur de s'en accommoder : mais n'allez pas prodiguer une si dangereuse maxime,
quand il s'agit de hordes sauvages, et longtemps après des combats dont vous n'avez
pas été les témoins. Au
être bonne
surplus 3 elle peut
pour des soldats qui ne sont
obligés de se connoitre en
et pas savent
politique,
toujours mieux se battre que raisonner;
mais pour un philosophe qui estime plus sle --- Page 275 ---
(47 )
sang des hommes quele gain des
elle est malsonnante,
batailles;
et d'une fausseté si manifeste, Hémenairegacnidolese,
d'en prendre l'inverse
qu'il est forcé
Quant à moi,
pour avoir la vérité,
qui ne suis rien moins
philosophe, voici mon axiôme
que
mon sentiment, tel
ou plutôr
môn coeur. C'est
que je l'ai puisé dans
réputée
que toute guerre doit être
injuste, de cela seul
n'est pas parfaitement
que sa justice
peuples ennemis,
démontrée. Entre des
ni moi lequel des nous ne savons ni vous
Mais
deux est
vous êtes pour le fort contre l'aggresseur.
et moije suis
le foible,
pourlopprimé contre le
sant; vous pour le
puisvictime : qui de nous vainqueur, est le
moipour sa
Sije n'ai
plus charitable?
pas l'évidence de mon
ne l'avez pas
côté, vous
trouve, dans le davantage ; et du moins je
reux contre
caractere moral des malhengrandes
lesquels vous vous déclarez, de
Le Noir présomptions en leur faveur.
est vindicatif, mais
les armes pour des injures ilne prend pas
pas persomnellement.
qui ne l'affectent
ancêtres
Que Iniimportent des
tions, bonnes qu'iln'ajamais vus, et dont les acou mauvaises, lui sont tota-
côté, vous
trouve, dans le davantage ; et du moins je
reux contre
caractere moral des malhengrandes
lesquels vous vous déclarez, de
Le Noir présomptions en leur faveur.
est vindicatif, mais
les armes pour des injures ilne prend pas
pas persomnellement.
qui ne l'affectent
ancêtres
Que Iniimportent des
tions, bonnes qu'iln'ajamais vus, et dont les acou mauvaises, lui sont tota- --- Page 276 ---
2 48) )
lement étrangeres ! Il est si loin d'eux, le
cercle de ses relations est si étroit, ses traditions sontsi courtes et siincertaines,
de patrie et de gloire ont si
2 les mots
peu de sens dans
son esprit, que pour lui le monde commence à-peu-près aveclui même, tandis
l'histoire de son pays lui paroit celle que du
genre humain.
Le Noir tient à ses propriétés
qu'elles sontle fruit de ses
2 parcepeines, 1 et que la
paresse estenluiun vice capital; : mais il n'est
point ambitieux : comme il ne s'inquiete nullement du passé, il ne songe point à l'avenir:
le moment présent est le seul qui
Donnez-lui des racines de
l'occupe.
manioque, des
tates, des ignams, des pistaches, des panas, des épis de maïs tout
anagrillés, un régime de bananes ou de figues, un certaine
quantité de macoutes 2 pour acheter du
son ou du vin de palme, et enfin
poisune natte
pour se reposer ; tous ses besoins sont satisfaits; le voilà riche. Chez lui le jour efface
la veille, et disparoitavec la nuit devant le
lendemain.
Pourquoi donc condamner ces peuples si
légérement avec tant de raisons de les absoudre, --- Page 277 ---
(49)
soudre, ou du moins avec tant de présomp:
nos jugements ? Pourtions pour suspendre
quoi, sans ombre de preuves, 1 leur supposer
noires
leur teint, des anides ames plus
que
mosités h réditaires, des haines éternelles. un
dominant et invincible pour la férocité, 9
goût
du
et du sang de leurs
la soifinsatiable
sang,
monstrueux, et tellement
freres, ce penchant
même
contre nature qu'on n'en trouve pas
chez les tigres et les lcoun seul exemple
Anous entendre; il sembleroit que
pards?
nous entretenions avec eux des correspontirer d'elles les matédances secretes 3 pour
riaux de leur histoire, ou que nous ayons
vécu de longues années sur leurs champs de
bataille. Tel n'a jamais vu TAfrique que sur
les cartes de nos géographes ou dans des relations infideles, qui la jugeroit bien diffé
remment, s'illedt vu sous la zone torride,
et au-delà de la ligne. Il ne s'aviseroit plus
ses habitants comme des
de nous peindre
forcenés, armés sans cesse les uns contre
les autres, à qui il ne resteroit plus qu'à se
réciproquement 1 s'ils ne troumassacrer
vendre; tableau atroce,
voientleur profitàse
et bien digne d'être tracé par des mains eu
D
infideles, qui la jugeroit bien diffé
remment, s'illedt vu sous la zone torride,
et au-delà de la ligne. Il ne s'aviseroit plus
ses habitants comme des
de nous peindre
forcenés, armés sans cesse les uns contre
les autres, à qui il ne resteroit plus qu'à se
réciproquement 1 s'ils ne troumassacrer
vendre; tableau atroce,
voientleur profitàse
et bien digne d'être tracé par des mains eu
D --- Page 278 ---
(50))
ropéennes. Nous avons forgéleurs premieres
nous leur en portons sans cesse de
armes ;
nouvelles : et quand nous avons remplileurs.
de sabres, de coutelas, de
mains deglaives,
ces armes meurpistolets, de fusils ; quand
leur ont coûté les chaines dont nous
Irieres
lesgarottons, nous osonsles dépeindrecomme
des barbares! Ah ! si cet horrible tableau
conforme à l'original, je mourrois de
étoit
lancé T'anathème, et blasdouleur d'avoir
comme saint et
phémé la vertu ; j'adorerois
couvriroit
dont le zele
sacré un commerce
diverTintérêt, et qui ne seroit plus qu'une
apôtres de
sion à la fureur : jappellerois
T'humanité tous les fauteurs de l'esclavage,
marchands d'hommes, vous en seriez
et vous
bienfaiteurs et.les héros.
à mes yeux les
frémiroit de
conséquences, et qui ne
Quelles
des
l'entendre ! Ainsi , nous controuvons
énormes à ceux dontnous avons juréla
vices
leur
les nôtres pour
perte; ou nous
prétons
affranchir des remords, et semblables
nous
dénaturés de Jacob, nous osons
aux enfants
de nos freres en un
transformer l'oppression
chefd'ceuvre de sagesse. Ne pourrionsdéchainer contreles Noirs,
nous point nous --- Page 279 ---
(51)
leur
nos crimes et leurs désassans
imputer
les
tres? N'est-ce pas, assez de tourmenter
malheure ux : faut-il encoreles calomnier? et
d'horreurs est-elle donc
cette complication
nécessaire à notre,a apothrose?
Ce n'est point ici une vaine déclamation,
mais la plus sensible de toutes les véritr's.
Dites-nous, 6 capitaines! par quel hasard
singulier, et néanmoins constant; tous ces
milliers de Negres, quil vous plait d'appeller
des prisonniers de guerre, sont arrivés sains
et saufs à bord de vos-navires. Vous avez
del'invos chirurgiens: : ils vous répondront
térieur ; qu'ils fassent leur devoir. Quant
vices
et aux maladies cuaux
extrinseques
tanées le rapport des gens de lart est de
Vos yeux vous suffiront h : hommes et
trop. femmes, tous sont nuds; la vérification est
facile. Éprouvez-les ; réitérez à plusieurs
reprises, 1 s'il le faut, VOS expériences lubriques. Assurément vous n'avez pas lieu
de vous plaindre de vos courtiers : vous êtes
assez bien servis, Or comment se trouve-til
leur constitution n'ait pas souffert de
que tant de chocs inévitables; que leur peau soit
si fine,si unie? Quoi! pas le moindre resD2
rop. femmes, tous sont nuds; la vérification est
facile. Éprouvez-les ; réitérez à plusieurs
reprises, 1 s'il le faut, VOS expériences lubriques. Assurément vous n'avez pas lieu
de vous plaindre de vos courtiers : vous êtes
assez bien servis, Or comment se trouve-til
leur constitution n'ait pas souffert de
que tant de chocs inévitables; que leur peau soit
si fine,si unie? Quoi! pas le moindre resD2 --- Page 280 ---
(52)
sentiment de tant de fatigues, , pas la plus
légere cicatrice, pasl'ombre d'une
Pour les femmes,
blessure!
ne vont-elles
passe encore 7 peut-être
pas au combat. Mais sur tant
d'hommes, n'y en auroit-il pas du moins
quelques uns qui rapporteroient
des marques de service?
avec eux
rendus
se seroient-ils tous.
sans coup férir? les auroit-on
sur un champ de bataille aussi
pris
que dans leurs chaumieres où ils facilement
endormis? Eh! ! s'ils avoient des
seroient
difformités
apparentes, si chez eux le coffre étoit
qué, on ne vous ameneroit
attades pieces de rebut.
pas de si loin
On sait
faut des pieces d'Inde, des
trop qu'il vous
des
bipedes robustes,
tempéraments à Tépreuve.
La
guerre se feroit donc bien en douceur dans
des pays que vous dites
vous supposez
barbares, et que
remplis
Mais
d'amuhropophagest..
vous, 6 philosophes ! résolvez un
blème; ; je mets en fait que de la Guinée proexporte annuellement cent mille hommes on
combien ont du périr avant que les vaisseaux :
retirassent ce produit net? Huit ou neuf, sans
donte. Voila tout d'un coup un million
mes de moins dans
d'homl'espace d'un an : cak --- Page 281 ---
(53 )
culez cette somme par trois siecles, vous
résultat trois cents. millions d'ine
aurez pour d'après quoi je vous prierai de m'exdividus,
comment TAfrique a pu supporter
pliquer énormes. A ce compte, il me semces pertes
elle deble à moi que depuis long-temps
désert, et le repaire
vroit n'être plus qu'un
des bêtes fauves.
étranVoulez-vous donc savoir par quelles
se fait dans la Guinée la reges manoeuvres
et quelle est la source la
crue des esclaves,
tant de Noirs qui
plus féconde d'où partent
s'enpleuvent en abondance, et viennent
dévorateurs? Les
gloutir dans nos vaisseaux
les Euroenlevements continuels faits par
eux-mêmes, ou par les marchands lae
péens
Quelle tragédie sanglante,
à leur instigation.
donnoit en
dont hier la répétition se
petit
à bord des bâtiments, et dont aujourd'hui
scandaleuse, trouvant pour la rela piece
d'acteurs et d'espace, 1 va se
présenter plus
delAjouer en grand dans les vastes plages
frique! Lancés en avant, des matelots armés
à la découverte par des offisont envoyés les suivent de
et des caciers qui
près, Tordre de l'attapitaines qui avoient réglé
D3
la répétition se
petit
à bord des bâtiments, et dont aujourd'hui
scandaleuse, trouvant pour la rela piece
d'acteurs et d'espace, 1 va se
présenter plus
delAjouer en grand dans les vastes plages
frique! Lancés en avant, des matelots armés
à la découverte par des offisont envoyés les suivent de
et des caciers qui
près, Tordre de l'attapitaines qui avoient réglé
D3 --- Page 282 ---
54)
que, et qui ferment la marche.
mhiers actes d'hostilités
Les prerivage, et ne produisent s'exercent sur le
sufisante moisson.
encore qu'une inMais
une pleine récolte,
pour parvenir à
nage des étangs
osera-t-on traverser à la
rapides P Un emmpoisonnés, et des Hleuves
plusieurs
pied européen qui, depuis
mois, a perdu Thabitude de l'équilibre, et tient à peine contre le roulis
d'unnavire,
abymes
osuendededenme
profonds, au bas desquels l'oeil
plonge perpeadiculsitement,
qui
arbresd'ume
apperçoit des
de
prodigieusehanter,g qu'à raison
Ieloignement il soupçonne être de la
mousselégere Oir de Therbe naissante?
vira-til sans danger, et aura-til le
Grade franchir cette énorme chaine de courage
gnes à
monta13 pic, dontla cifne majestueuse
dans les nues? pourra-t-il
se perd
de ceslongues forêts,
pénétrer au-delà
imperméables sà tous
étrangers?. -
Il m'en souvient
les
jadis ma tête fat mise à
: quand,
taine de vaisseau,
prix par un capidema mission
qui de T'établissement
du
conjecturoit d'avance la chote
commerce, je ne sais quel singulier
lange de crainte et de zele
méin'inspira le desi --- Page 283 ---
(55 - )
bien avant dans Tintésein de m'enfoncer.
ici Tavarice déconrieur des terres ; mais
Quel
certée s'arrête et demeure immobile.
de
des Européens? Celui
parti prendront de mettre au bout de leur
rester en station;
bras robustes des Afribras impuissants les
cains, de s'aider de leurs jambes agiles, qui,
d'immenses pays, atteindront au
à travers
reculés. A quels
loin les royaumes les plus
courtiers inexcès ne se livreront pas ces
Blancs,
des
dustrieux, dignes pourvoyeurs de leurs desirs les
satisfaire au-delà
pour
Cannibales
en les com.
farouches
qui,
les ont soudoyés à grands frais? y
mettant,
obstacles
de retenir
aura-t-il des
capables
cette meute d'animaux enragés :
la violence, et
D'abord la ruse prépare
la force.
bientôt l'artifice est couronné par
timide
est cerné de toutes parts ;
Le
gibier
les avides chasseurs acharnés à sa poursuite,
le fer et le feu dans
portent en sens opposés
Tout est
les villes et dans les campagnes. D'un hopillé, saccagé, réduit en cendre.
étend
rizon à l'autre lincendie destructeur
ravages. Tous les Negres
ses irréparables
fuyards se pclotonnent et se grouppent.
D4
par
timide
est cerné de toutes parts ;
Le
gibier
les avides chasseurs acharnés à sa poursuite,
le fer et le feu dans
portent en sens opposés
Tout est
les villes et dans les campagnes. D'un hopillé, saccagé, réduit en cendre.
étend
rizon à l'autre lincendie destructeur
ravages. Tous les Negres
ses irréparables
fuyards se pclotonnent et se grouppent.
D4 --- Page 284 ---
(56 )
Aiteints et comme foudroyés
ne savent
par la peur, ils
plus se contenir : des cris
percent les airs, et la voûte des cieux aigus
tentit. Vous les entendez,
en re*
cris lamentables
bêtes féroces, ces
; allez donc, les
sontlà; ; ou plutôt restez, elles
victimes
peront pas : ce sont tous ne vous échapsans armes el sans défense ces malheureux
fuite précipitée,
qui, dans leur
courent ensemble
ter contre leurs
se heur
plus foible
tyrans. S'ils opposoient la
linstant
résistance, ils tomberoient à
sous le tranchant de la
sous le plomb
hache ou
de
meurtrier; mais ils
se rendre ; et pour une mort préferent
tent,ils se dévouent à mille
qu'ils évidonc perdu
morts. Tout est
sans ressource ; plus
plus d'amis, plus de
d'espoir,
patrie, 1 plus de concitoyens 3 et veuve de ses enfants, la terre infortunée qui les vit naitre n'a
consolation de recevoin
pas même la
ture se
leurs adieux. La nabouleverse, les éléments se confondent, et cette contrée si fertile en
et en richesses, n'est
hommes
freux et un
plus qu'un désert af
vaste tombeau. La nuit
accoutumés à
etlejour,
s'invoquer et à se
ne se transmettent plus
répondre,
que d'horribles atten- --- Page 285 ---
(57 )
calamités innombrables. Couché
tats et des
tristement sur sa natte de jonc, et paisible
dans les bras du sommeil, le bon pere de
famille est arraché de son grabat, et se prend
qu'il entraine un moà sa pauvre cabane,
dans
ment, et qui tombe en débris. Surprise
le cours de la journée à un piege imprévu, 1
docile qu'elle
la cultivatrice courbéesurlesol
éleve en sillons, se sent toutà-coup redressée
une fourche cruelle quilui serre la gorge,
par
droiture vers le
étroit
etla pousse en
gouffre
qui Tattend.
sans le terrible malInconsolable Rachel,
heur de la maternité, tu pardonnerois encore
tesbourreaux; mais hélas! à deux pas de toi
àt
défiance le tendre nourrisson que
dort sans
et n'altes mamelles appelleront en vain,
laiteront plus. Que va-t-il devenir? sera-t-il
du sabre, ou de la faim a? Serala proie
mort ou vif
des tigres ou par
t-il emporté
par
à
des serpents ? Que de poignards percent
Périsse le jour où tu
la fois ton coeur agité?
Périsse
dis à un homme: : Je suis ton épouse!
la nuit où vint au monde le fils de tes larmes
et de ton désespoir! Quand on te recherchoit
en mariage, que ne repoussois-tu T'impru- 0
dente main qui s'avançoit vers la tienne?
des tigres ou par
t-il emporté
par
à
des serpents ? Que de poignards percent
Périsse le jour où tu
la fois ton coeur agité?
Périsse
dis à un homme: : Je suis ton épouse!
la nuit où vint au monde le fils de tes larmes
et de ton désespoir! Quand on te recherchoit
en mariage, que ne repoussois-tu T'impru- 0
dente main qui s'avançoit vers la tienne? --- Page 286 ---
(58, )
regrets superflus
C mere
vas
infortunée!
maintenant soupirer tes douleurs
un autre
sous
hémisphere; laisse- - toi tralner
d'inflexibles ravisseurs. Dans ta route
par
s'il se rencontre de sensibles
forcée
échos, éleve
jusqu'à eux tes accents plaintifs ;
tes épouvantables
dis-leur
destin
disgraces : touchés de ton
1 qu'au moins ils répetent
la
derniere fois, sans les confondre ni pour les affoiblir, tes sanglots entrecoupés, tes longs ge
misementss et tranquillesur ton sort à
au fond d'un 'infect cachot, oublie venir,
le peux cet enfant qui n'est
si tu
plus.
Bientôt une effroyable disette d'hommes
succede à l'abondance : hors
s'arrête à la fois : les
l'avarice, tout
correspondances s'éteignent, les marchéssont déserts, la source sC
tarit, T'espece manque:1 lesvillages, les
les cités, , les royaumes s'épuisent à force bourgs, de
fournir; et lasse de travailler pour la destruction, la féconde nature devient tout-àcoup impuissante. Vingt navires affamés languissent dans la rade, attendant avec impatience des esclaves qui n'arrivent
et voici qu'au loin vingt autres
jamais;
lesquels il faudra
s'annoncent,
également satisfaire. Res- --- Page 287 ---
(59 )
les
?
en
teront-ils
souffrance?
expédiera-ton
Mais le moyen de combler tant d'abymes?
le deficit de la nature? Et
Comment T parer
d'hommes dans un pays
s'il ne reste plus
en inventer? Un mari vendra-til'ses
peut-on
enfants? Non. S'ilfaut
femmes, un pere ses
VOS marchanpayer de ce prix monstrueux fusils, vos lidises avariées, VOS mauvais
étoffes,
falsifiées 1 VOS toiles ct VOS
queurs
Hollandois, remettez àla
François, Anglois,
resvoile, retournez tous dans VOS patries
ou, vos provisions une fois consupectives,
mnter,comenterapsire vous etvos équipages.
Les liens du sang étant donc constamment
il faut s'attaquer à des étrangers
respectés, envahir avec moins de remords,
qu'on puisse
criminels qu'on se
ou immoler de prétendus
miséricorde:
fasse un mérite de sacrifier sans
à balancer : le besoin impérieux
In'ya pas de
et d'autre de nouveaux
commande
part
s'exécutent; les facefforts. Les capitaines
à tenteurs remuent ciel et terre, prêts
la
A mesure que
ter jusqu'à l'impossible. des Noirs hausse en
traite baisse, la valeur
même proportion. De grandes récompenses
les
se multiplient.
sont promises, 2
présents
miséricorde:
fasse un mérite de sacrifier sans
à balancer : le besoin impérieux
In'ya pas de
et d'autre de nouveaux
commande
part
s'exécutent; les facefforts. Les capitaines
à tenteurs remuent ciel et terre, prêts
la
A mesure que
ter jusqu'à l'impossible. des Noirs hausse en
traite baisse, la valeur
même proportion. De grandes récompenses
les
se multiplient.
sont promises, 2
présents --- Page 288 ---
Dès lors les rois (60 )
les princes deleurs disposent de leurs sujets >
les seigneurs de leurs vassaux, les mafouques et
courtiers furieux
valets, tandis que des
deurs
s'avancent dans les profonmain, delAfrique pour essayer des
au risque de ne
coups de
saisirque des ombres.
Cependant on voudroit bien
apparence de formes, et
ménager une
du danger à brusquer
peutêtre y auroitil
convenances. Le
ouvertement toutes les
lance dans toute despotisme des souverains
édits barbares
l'étendue des empires des
subalternes
quel'aristocratie des ministres
se charge de faire exécuter. On
promulgue cà et là des lois
et tellement
contradictoires,
demthnre.insfabesemes aux
autres.
des
ETti
cilier! Malheur à qui ne saura pas les conQu'un seul soit en défaut, tous les siens
répondent avec lui et sont déclarés
Il est
esclaves:
confisqué au profit des
sa famille, ses amis,
maitres, lui,
tout entier. Ainsi etquelquefois son canton
leurs de lai
Tiniquité se pare des coujustice, pour satisfaire
et victime de son obéissance
l'iniquité;
révolte, 2 coupable de ne
comme de sa
l'innocence
pouvoir se justifier -
qu'on opprime entend partir --- Page 289 ---
(6r)
de la bouche infame de
Tarrétquila
ces cruels hérauts
Lmemalatmnereses
Il en
FA
estuneautre presque
se, consacrée par nos lois. Sous égalementodieul'enfant n'est pas plus
prétexte que
celui-ci ne
que son pere, et
peut avoir en propre ce
que
teur de ses jours ne lui a point
quel'aunous raisonnons sur la transfusion communiqué,
clavage comme sur Tabandon
de l'esmourant fait à son fils dè
qu'un pere en
ne peut plus
sa fortune dont il
jouir, et nous
cheter un homme, c'est prétendons qu'atoute sa postérité,
acheter avec lui
le
Comme si T'esclavage, en
sible, supposantlégitime, n'étoit pas intransmiscomme s'il n'étoit pas affecté individuellement à la personne dont
avoir payé la valeur. Si
on est censé
moine de
c'est là toutle
mes
patripour leur héritier. ancétres, je ne me porte point
à leur
Je renonce des grand coeur
m'a donné succession pour m'en tenir à ce
la nature. Or, elle m'a donné que
Tintelligence, la volonté, le
de venir, de rester,
pouvoir d'aller,
l'usage absolu de comme bon me semble,
organes
mes membres et de mes
en ce qui n'offense point le droit
. Si
on est censé
moine de
c'est là toutle
mes
patripour leur héritier. ancétres, je ne me porte point
à leur
Je renonce des grand coeur
m'a donné succession pour m'en tenir à ce
la nature. Or, elle m'a donné que
Tintelligence, la volonté, le
de venir, de rester,
pouvoir d'aller,
l'usage absolu de comme bon me semble,
organes
mes membres et de mes
en ce qui n'offense point le droit --- Page 290 ---
(62)
d'autrui; et en dépit de toute la terre,
me servirai de mes puissances;
je
doncà leur opposer? . De ce Qu'avez-vous que le fonds
yousest adjugé, vous concluez quelep
du champ vous appartient? Quelle force produit de
logique, et que vous êtes admirable dans vos
comparaisons! Observez que cesont VOS semblables, des hommes créés comme vous, à
l'image d'un Dieu que vous assimilez aux
plantes de Vos potagers et aux arbres de
vos jardins. Vous les mesurez sur le pied de
VoS parcs et de VOS arpents. Avant que cette
terre relevât de votre domaine,
elle
apparemment
étoitinculte, et VOS mains l'ont défrichée.
Il est juste que la chose fructife
maitre. Mais
a-t-il de
pour son
qu'y
vous dans mon
éxistence? Où sont VOS droits de
sur
propriété
ma personne? Vous appartiens-je à titre
de justice? Sur quoi fonderiez-vons une
lention aussi exorbitante? Mon
préen
pere naquit
Afrique au sein du paganisme, et du
moins le mariage de ses pareatsfatsanctionné
par les loix du pays; mais vous aviez
d'intérêt à le faire baptiser
le
trop
pour
laisser
paien, et à l'empêcher de contracter maxiage. en face de lEglise, pour que je fusse --- Page 291 ---
(63 )
jamais un enfant légitime.
t-il transmis
des
Pourquoi ne m'aque
chaines?
je réduit à n'être
pourquoi suisqu'un esclave batard2Devois-je payer si cher le nom de
fit donc un choix
Créole? Il
et
que TEglise ne ratifia
auquel je dois le malheur d'exister. pas
s'il n'ent été forcé
Ah!
religion
par vous de troiper la
pour obéir à la nature,
cette union
si, d'après
clandestine, il eût mieux aimé
tromper la nature elle-même que de
au monde un infortuné, il seroit donc mettre
votre débiteur, lui qui,
mort
pour
nécessité de - la restitation,
échapper à la
s'est
épuisé à votre service; lui
constamment
avant le terme, et
qui, long-temps
quitter envers vous du uniquement pour s'acde
prix qu'un autre avoit
reçu
sa personne, s'est dépéché de
et a expiré de fatigues, de
vivre,
faim. Direz-vous
misere et de
titre de
que je vous appartiens à
reconnoissance? En
les
jours de mon pere, il est vrai précipitant
avez épargné les inconvénients que vous lui
lesse. Mais ce bienfait,
de la vieilsic'en est
sur lui personnellement;
un, tombe
à vous remercier.
c'est à son ombre
Oh! s'il vivoit
que vous nous eussiez alfranchis encore, et
tous les deux
de
vivre,
faim. Direz-vous
misere et de
titre de
que je vous appartiens à
reconnoissance? En
les
jours de mon pere, il est vrai précipitant
avez épargné les inconvénients que vous lui
lesse. Mais ce bienfait,
de la vieilsic'en est
sur lui personnellement;
un, tombe
à vous remercier.
c'est à son ombre
Oh! s'il vivoit
que vous nous eussiez alfranchis encore, et
tous les deux --- Page 292 ---
(64)
pourl le sauver du trépas,
ferois
aujourd'huije me
par gratitude l'un de VOS serviteurs
mais de ce que vous l'avez assassins
;
jours de sa vie, de ce
tous les
qu'il n'est plus, s'ensuitilbien
dairementequejesois votre esclave?
Ainsi pourroitparler, en termes plus
tueux, et mieux assortis à la
respecdégradation de
son état, un esclave à son maitre. Pour moi,
jene dirai plus qu'un mot à ce sujet. Le
mier jurisconsulte qui a décidé
preque l'enfant d'un es lave naîtroit gravement
décidé en d'autres termes
esclave, a
qu'un homme ne
naîtroit pas homme. Cette maxime n'est
de mon invention, mais elle
pas
porte avec elle
tousles caracteres de T'évidence; et il faut
avoir l'esprit bien faux et un bien mauvais
coeur pour oser la combattre.
C'en est trop pour réfuter des absurdités
révoltantes, et désormais je n'ai garde de
m'enfoncer dans toutes les discussions où l'on
voudroitn'entraluer Non content d'asseoir
simall'esclavage surla nature, on a prétendu'
le faire reposer sur la religion mnême quin'est
que la nature dans toute sa perfection. Sans
la bonne foi qu'on doit
dans
supposer
ses
défenseurs, il n'y auroit pas moyen de les
excuser --- Page 293 ---
( (65)
de
S'il faut deux colon:
excuser
blasphème.
avoir
soutenir un éditice, après
nes pour
de fond en comble,
renversé la premiere
d'ébranler
n'avons
même besoin
nous
pas
Les
Itombe et s'écrase.
la seconde, pour qu'il
Noirs de la Guiuns ont fait Thonneur aux
deleur donner
ancètres les descennée
pour C'étoit
assez avant
dants de Chanaan.
porter
leurs titres de noblesse, ou
dans l'antiquité descendre d'assez haut sur
plutôt c'étoit faire
leurs têtes la malédiction. Mais comment se
trouve-til que des quatre fils de Cham, Phut
soit le seul qui ait pénétré dans T'Afrique,
Chanaan n'y ait jamais mis le pied,quil
que
tenu
écarté qu'aucun
s'en soit toujours
plus
de ses trois freres? D'ailleurs, ne sait-on pas
les Israélites issus de Sem subjuguerent
que
les Grecs
une partie de ses descendants, que
et les Romains issus de Japhet réduisirent
Sil'oracle de Noë a déja
l'autre en captivité?
quoi bon recomeu son accomplissement, à
le
mencer sur de nouveaux frais, et mettre
avec Dieu,qui dans
patriarche en opposition
bientôt bénir toula race d'Abraham devoit
s'ates les nations ? Le pere de lhumanité
charneroit-il après ses enfants jusqu'à extincE
les Grecs
une partie de ses descendants, que
et les Romains issus de Japhet réduisirent
Sil'oracle de Noë a déja
l'autre en captivité?
quoi bon recomeu son accomplissement, à
le
mencer sur de nouveaux frais, et mettre
avec Dieu,qui dans
patriarche en opposition
bientôt bénir toula race d'Abraham devoit
s'ates les nations ? Le pere de lhumanité
charneroit-il après ses enfants jusqu'à extincE --- Page 294 ---
( 2 66 )
hion totale? Quoi! le venigeur dès forfaits
auroit prétendu punir plus sévèrement les
individus que les peuples, et l'impiété de
Cham que la monstrueuse idolâtrie des Juifs,
Tidolatrie, le plus sanglant outrage
Thomme puisse faire à ses divins
que
Il auroit atteint les uns à linstant attributs? même
du
crime, et n'auroit prolongé le châtiment
jusqu'à la troisieme génération, tandis que
l'esclavage des Negres ne dateroit
que de
trois cents années? Que faites-vous des que milliers d'autres écoulées antérienrement?
quoi cette lacune dans les siecles,
pourdela
ce délai
vengeance? Est-ilr raisonnable de mollir
en faveur des intermédiaires pour fondre sur
une des extrémités? La terrible foudre lancée
parles mains du chef de la famille se seroitelle donc relevée tout d'un coup de peur de
frapperla postéritéimmédiate d'un
et n'auroit-elle traversé tant
coupable,
d'espace
pour venir à une si grande distance éclater que
et tomber sur les malheureux Africains?
D'autres justilient T'esclavage des Negres
parT'asservissement. auquel ils supposent que
Josepl réduisit TEgyple lors de la famine.
Quelénorme atientatilamémoire d'un grand --- Page 295 ---
(67 )
homme! Je rabattrois bien de mori admiration pour le plus sage des ministres, si je
pouvois croire quileat afliché-le mépris de
la nature à la tête d'un empire, et prostitué
si indignement la vertu, lui qui, pour sauver les peuples d'une servilude inévitable,
fit avec eux des compositions si douces, si
avantageuses, et les rendit tributaires de Pharaon, pour qu'ils ne fussent point ses esclaves.
D'autres enfin citent avec une confiance
pleine de suavité les dures lois de Moise,
instituées par ordre de Dieu sous up regne
de fer, et inadmissibles sous TAge d'or de
T'Évangile. En vain vousleur représentez que
la plupart de ces lois conformes à la rusticité
des Hébreux idolâtres ont été abolies parle
Sauveur du monde; ils vous les abandonnent
cédiez du moins
toutes, pourvu quevontisleure
déliTesclavage, dont le doux nom retentit
cieusement à leurs oreilles ; parlez-leur de
liberté universelle, vousleur arrachez l'ameEh! faudra-t-il pour qu'ils triomphent, cou
vrir la terre d'infortunés? Sije voulois étendre
mes réflexions à cet égard, je demanderois
cequ'unesclavage libre, modéré, dontlepris -
E 2
cédiez du moins
toutes, pourvu quevontisleure
déliTesclavage, dont le doux nom retentit
cieusement à leurs oreilles ; parlez-leur de
liberté universelle, vousleur arrachez l'ameEh! faudra-t-il pour qu'ils triomphent, cou
vrir la terre d'infortunés? Sije voulois étendre
mes réflexions à cet égard, je demanderois
cequ'unesclavage libre, modéré, dontlepris -
E 2 --- Page 296 ---
(68 )
étoit fixé et reçu par celui qui
le subir, qui d'ailleurs
consentoit à
bilaire, tel
expiroit à l'année
en un mot qu'il existoit chez ju- les
Juifs, peut avoir de commun
absolu, forcé, sans compensation, avecl'esclavage
de nos joursé écrase le
éternel, qui
Mais
quartdu genre humain.
que ces deux sortes
rent Ou se ressemblent, d'esclavages diffeT'érudition des
pour toute réponse à
suflira de
ennemis des Noirs, il me
dire que les temps et les
ont changé, qu'un régime
moeurs
uniquement
proprié au tempérament délâbré des apne conviendroit
Juifs
nullement à des
ni même à des paiens qui
Chrétiens,
devenir;
sontappellés à le
qu'alors Dieu avoit donné à son
peuple, par l'organe de Moise, des lois
deson aveu n'étoient pas de bonnes lois; qui
les Grecs et les Romains n'avoient
que
leurs langues de mots
pas dans
techniques pour exprimerleiermedfexdives proprementdit, quisignifie eenfermé sousla clef (clavis, xle1o);
les mots vernaculus, servus répondent seule- que
ment à ceux de domestique, ou de
que chez. les anciens
valet;
de la
patriarches et les saints
primitive Eglise, T'esclavage étoit une
simpledomesticité, lellequeSalamenladefaur --- Page 297 ---
(69.)
en ces termes : Chérissez votre esclave et ne
lui ôtez pas la liberté;.qu'au temps des apôtres et des conciles les siecles n'étoient pas
encore assez avancés pour qu'on pût, sans
nuire à la propagation dela foi, entreprendre
de détruire le vrai esclavage dans les lieux
où il auroit pu être en vigueur; et qu'enfin
tout est prêt, tout prévu pour cette grande
F
révolution.
Puisse--elles'opérer bientôt, etjeréponds
du succès. Quand nous ne conserveronsavec
la Guinée que des rapports d'utilité réelle et
réciproque, le commerce ne faiparfaitement
d'objet, et les motifs de
sant que changer
dès lors
ce changement une fois connus,
au
et au moral
tout se renouvelle
physique
dans Tempire des Noirs. Sur les pas de la
nature la religion s'avance; T'Europe etl'Afrique se confondent dans leurs mutuels embrassements; T'humanité devient sacrée, inviolable, la population nombreuse (1),Taccha-
(1) La nature s'est arrangée pour produiredans
queparsunnombre irmpiteitesbeate
sexes. C'étoit nous déclarer ses intentions d'une maquela mononiere assez positive, etl'onssitd'ailleurs E3
physique
dans Tempire des Noirs. Sur les pas de la
nature la religion s'avance; T'Europe etl'Afrique se confondent dans leurs mutuels embrassements; T'humanité devient sacrée, inviolable, la population nombreuse (1),Taccha-
(1) La nature s'est arrangée pour produiredans
queparsunnombre irmpiteitesbeate
sexes. C'étoit nous déclarer ses intentions d'une maquela mononiere assez positive, etl'onssitd'ailleurs E3 --- Page 298 ---
( 70 )
tiveindustrie fécondeen richesses,
des vertus.
etla mere
L'apôtre zélé qui se
semer lEvangile dans des
chargera de
si bien préparées :
ames neuves et
à former des
réussira plus facilement
Chrétiens dans des
libres et Horissantes oio il
contrées
des hommess
ne trouvera
et plus que
que
mnateur qui laura
conquérants, l'arpitaine qui Taura reçu à son C bord, le catransporté seront en quel
gamie suffit abondamment pour -
la
gation possible del'espece humaine. plus grande propamerçantes doivent donc
Les nations comanitif, sous peine de contrarier respectercet la arrangement prises anathemes. Or, il est
nature et d'encoutir
des esclaves F'anéantit. Les d'expérience que la traite
rament plus robuste et d'une mâles étant d'un tempéde Ta vient que les
défaite plus assurée,
nent toujours la
capitaines de vaisseaux leur donn'adéja pas trop préférence; de tons en sorte que la terre qui
jamais à se
ses habitants, ne parvient
dépeupler en même
verrez pas un nayire chargé, proportion. Vous ne
Negres prendre à son bord
par exemple, de 5oa
Quand On s'obstine à
plus de 50 ou 6o femmes,
vouloir tout dans le même
chqu'on se contente de dimer sur le
genre,
viendra Fexcédant? Faudra-t-il
reste, que de
mnettre la polygamie aux hommes accidentellement per
mes quin csont pas çause de la en fayeur des femdisette, etles femmes --- Page 299 ---
(71)
missionnaires de ces:
que sorte les premiers
mêmes peuples dont ils n'avoient été jusles ravisseurs et les bourreaux.
qu'alors que
douceur
la religion
Avec quelle
pénétrante
des freres s'insinuera dans les ames, quand
elie n'aura plus à vaincre les terribles obstacles de la cruauté, du mépris, des scanexorde d'un discours
dales! Quelitexte, quel
de tousles
évangélique quele rapprocliement
univérselle! Pour
coeurs et la confraternité
moi,je ne vois pas ce que feroient de plus les
seront-elles libres de
étant dix fois plus communes,
selon
leurs
sC marier ou obligées à la continence,
que est
mnains seront acceptées ou refusées? ce probléme.
et vaut bien la peine d'être résoln.
assez intéressant,
lorsqu'on est sur le point de
Comment s'y prendre
l'objet d'une mission ? On ne trouve
partir pour
et le
str est
Euere de casuistes sous Téquateur,
plus
Consulterez-rous la Sorbonne?
de se précautionner.
la
lui
Elle n'aura garde de prononcer :
prudence
fermera la bouche : elle craindroit de se compromettre, et trouveroit cent fois plus commode d'abandonner tout simplement la chose à votre conscience; à moins que depuis vingt-cing ans que je ne
Tai pressée inatilement de m'écleirer sur ce point,
elle ne soit devenue plus sévere ou plus coulante en
matiere,de décision; ce que j'ignore complètément.
E4
se précautionner.
la
lui
Elle n'aura garde de prononcer :
prudence
fermera la bouche : elle craindroit de se compromettre, et trouveroit cent fois plus commode d'abandonner tout simplement la chose à votre conscience; à moins que depuis vingt-cing ans que je ne
Tai pressée inatilement de m'écleirer sur ce point,
elle ne soit devenue plus sévere ou plus coulante en
matiere,de décision; ce que j'ignore complètément.
E4 --- Page 300 ---
miracles;
(C72 )
etsi, malgré
ils étoient encore
cetadmirable prélude,
desames.
nécessaires pour la
je crois trop en Dieu
conquête
prononcer d'avance
pour ne point
besoin. C'est ainsi qu'il les multiplieroit au
la
qu'il est beau
religion à des peuples idolâtres d'enseigner
précherl_vangile
et de leur
drons point croire à Mais la tantque nous ne vou-.
croiront point à
nature, les Noirs ne
les victimes de DEvangiles tant qu'il seront
de nos fureurs, notre avarice et les
le paganisme restera martyrs dans
LAfrique avec toutes ses
absurdités, et deviendra de superstitions, ses.
immoral. Honteux de
jour en jour plus
habitations de
se montrer dans nos
d'elles, le christianisme TAmérique ou relégué loin
réfugier chez
sera contraint de se
quelques
cités, et c'est en effet Negres libres des
vu depuis l'établissement ce qu'on a toujours
transport des
de la traite et le
preuve incontestable Negres dans nos colonies - ;
espece d'aimant
que la liberté est une
tandis
qui attire le
qu'un honteux
christianisme,
et le repousse. Voila esclavage Tépouvante
à ces faux
ce que j'avois à dire
théologiens,
malentendn, se sont déclarés qui, par un zele
si mal à propos --- Page 301 ---
(73)
de
et voilà ce
les panégyristes
l'esclavage:
abjuqu'ils admettront sans doute, quand
rantde misérables prrjugés dontl'expérience
toujours la déraison, ils adopteront
prouva
dignes de leur caenfin des sentiments plus
après de longs
ractere, et ne rougiront pas,
avec
et de funestes écarts, de se réconcilier
Thumanité.
Je reviens à vous, 6 Aristocrates négriers!
et du même ton dontj je demanderois compte
favoris de la fortune, de T'usage qu'ils
aux font de leurs richesses les mieux acquises,en
l'esclavage légitime , je vous
supposant prierai de me dire à quelemploi vous consacrez cette armée de Noirs qui combattent
vous dans VOS plaines ou sur VOS monpour
aux ardeurs du soleil, tandis. que
tagnes
ombragés vous
dans vos palais superbement le fruit de leurs ladévorez paisiblement
Nebeurs. Retranchons seulement quelques
privilégiés et plus industrieux, chargés
gres
la
de voS tables S 9
d'entretenir
somptuosité
le luxe de VOS chars, la propreté, l'élégance
de VOS meubles; ôtons aussi quelques jeunes
Négresses que vous conservez précieusement
serrails
sans doute
dans vOS
voluplueux,
vos palais superbement le fruit de leurs ladévorez paisiblement
Nebeurs. Retranchons seulement quelques
privilégiés et plus industrieux, chargés
gres
la
de voS tables S 9
d'entretenir
somptuosité
le luxe de VOS chars, la propreté, l'élégance
de VOS meubles; ôtons aussi quelques jeunes
Négresses que vous conservez précieusement
serrails
sans doute
dans vOS
voluplueux, --- Page 302 ---
(74))
pour afficher avec ostentation
avarice n'est
que la cruelle
pas Tunique passion
domine, ni peut-être lai plus
qui vous
faites-vous de lous les
impériense, que
de somme
autres? Des bêtes
pour suppléer à de vils
que vous paieriez plus
animaux
vous ménageriez
chèrement, et que
davantage,
achetés différents
Après sles avoir
stitutions étoient prix, selon que leurs conplus ou moins
vous poussez l'injustice
robustes,
tous a-peu-près lai même jusqu'a exiger de
Dèsle point du jour le tâche.
fouet agité dans les airs les clarquement d'un
saut. Le terrible son de
éveille en surche retentit
cette espece de clofond de leurs comme un coup de foudre au
cachots, fait frémir leurs
bats, et lés appelle tous ensemble
gralieu du supplice. Ce
vers le
ils sont
premier signal donné,
debout, et marchent en
comme s'ils couroient à la liberté, grande hâte,
serrés les uns contre les
Les voila
armée
autres ainsi
rangée en bataille. Un
qu'ane
se fait entendre : je vois toutes second les
signal
lever en cadence, etretomberdu
houes se
Ce mouvément réglé d'oscillation mémepoids.
d'instant en
se répere
instant; et la journée entiere, --- Page 303 ---
(75 )
le lendemain, toute la vie Ise consument à
monotone et meurtrier. Pour
cet exercice
le besoin pressant
prolonger leur malheur,
espece de nourride réparer par quelque anéanties vient au' milieu
ture leurs forces
travaux.
du jour suspendre leurs énormes
qui devroit être
Cette courte interruption,
eux 1 un soulagement, ne sert le plus
pour
les accabler. Ainsi voyons-nous
souvent qua
après avoir lenles plus robustes voyageurs,
forcément de longues et pénibles
trepris
tomber de lassitude au milieu de
courses,, la carriere ; mais s'agitil de se relever pour
continuer la route, leurs nerfs se roidissent,
les étreintes del la douleur surprennent leurs
membres engourdis, et ils ne peuvent se
remettre en haleine qu'avec d'incroyables
efforts.
Cependant le temps presse,
les attend. QuelT'heure sonne,crlouveage
coups de bèche suffiront pour comques
et achever la digestion de ces alimencer
et silourds
ments si légers en eux-mêmes,
l'estomac les, a dévorés avant que
quand
le
de leur donner la
le feu n'ait eu
temps
à fournir
préparation nécessaire. Reste à eux
eusuite, de leur propre substance, ce que
avec d'incroyables
efforts.
Cependant le temps presse,
les attend. QuelT'heure sonne,crlouveage
coups de bèche suffiront pour comques
et achever la digestion de ces alimencer
et silourds
ments si légers en eux-mêmes,
l'estomac les, a dévorés avant que
quand
le
de leur donner la
le feu n'ait eu
temps
à fournir
préparation nécessaire. Reste à eux
eusuite, de leur propre substance, ce que --- Page 304 ---
(76)
doit emporter la transpiration. Ainsi
les excédez de
vous
bras,
fatigues ; et quand leurs
ne pouvant plus se lever, refusent le
service, vous les châtiez de n'avoir
compléxion aussi forte
pas une
insatiablea Le travail que votre avarice est
vantable
ou'la vie, voilà Tépoudilemme que vous leur
sans cesse; ; et périr pour périr, il proposez leur faut
indispensablement opter entre
et les supplices. Encore
T'épuisement
mémes qui leur donnez n'est-ce pas vousveillez leurs
le cheix et surtravaux. Vous craindriez
vous avilir en leur portant
de
parole, 1 et votre mollesse craindroit directement la
plus de se fondre sur vos sols bralants. encore
n'avez-vous pas des suppôts aflidés
Mais
remplacent, quiles maltraitenten qui vous
et que la peur de-vous
votrenom;
sur VOS ordreszN'est-ce déplaire fait enchérir
pas à la main, calculez pas vous qui, le comfroidement
quel point il est possible de
jusqu'a
homme sans le tuer? n'est-ce Jourmenter un
génie fécond
pas vous dontle
inventa.des supplices d'un
genre nouvean, et des termes
en
primer la sanglante
pour
exvous quimnommnes
énergie ? n'est-ce pas
des commandeurs, armez --- Page 305 ---
(77 5
et
leurs mains barbares de fouets déchirants
sans cesse levés sur VOS Noirs, pour aiguillonner, dites-vous, leur paresse, et les tenir
en-respect? n'est-ce pas vous qui, en expiade
où ils sont de se plier
tion
l'impossibilité
un mal
à VOS tyranniques caprices, pour
entendu, pour un oui ou un non, pour un
équivoque, pour un soulevement d'ésigne
votre caractere ombrageux prend
paules de que la révolte, et qui n'est souvent que
pour
du malheur, ordonnez avec une
Texpression
des mutilations, des meurcruauté tranquille
la
-trissures, des dislocations, a quelquefois
ou d'horribles questions qui la
mort même,
mifont desirer? n'est-ce pas vous qui, parle
nistere de VOS agents, collez à des poteaux
ou à des échelles les infortunées victimes
le nombre des coups, la
de votre rage, réglez
miprofonideur des plaies, faites tailler sans
séricorde, pour parler votre langage, ces prévolerleurs chairs parlamtendus coupables,
beaux, torture rleurs blessures? Et croyezdonc
toutes ces atrocités infervous
réparer
combinés de poivre,
nales par des mélanges
de sel et de citron, que vous appellez picompositions ingénieuses et bar
mentades;
unées victimes
le nombre des coups, la
de votre rage, réglez
miprofonideur des plaies, faites tailler sans
séricorde, pour parler votre langage, ces prévolerleurs chairs parlamtendus coupables,
beaux, torture rleurs blessures? Et croyezdonc
toutes ces atrocités infervous
réparer
combinés de poivre,
nales par des mélanges
de sel et de citron, que vous appellez picompositions ingénieuses et bar
mentades; --- Page 306 ---
bares, imaginées (78)
et réunir dans pour tromper la sangrene,
un seul point des douleurs
aigués, quisous l'action de la
voient être
verge ne pouque successives ? Malgré leurs
elliroyables hurlements, vous êtes
bles à la pitié : VOS ames de fer
inaccessipas àla pluslégere émotion
ne s'ouvrent
comme des êtres
: vous les traitez
insensibles et purement
passilsqu'on peut opprimer à
des machines et des
plaisir, comme
automates dont il faut
perpémellement, n'importe de quelle
niere 2 remonter les ressorts.
mavous vous faites un jeu de
Quelquefois
mêmes à ces exécutions
présider vousque leurs dents éclatent sanguinaires; ; tandis
assaisonnez
et se brisent, vous
d'un rire féroce les
les convulsions de la
grimaces et
parforme
rage, vous ordonnez
d'entre-actes des
mentanées de
interruptions mocombent,
peur que les patients ne sucouplus cruels encore
vous encouragez les bourreaux quej prudents,
de
quise lassent
frapper, et souventne frappent
que des cadavres. A peine
déja plus
horribles châtiments
graduez-vous les
subir. Vous
que vous leur faites
foiblesse
punissez les moindres actes de
et Limpuissance plysique de vous --- Page 307 ---
(79 )
obéir presque aussi sévèrement que les plus
grands attentats et la plus ouverte rebellion.
Avec vous,jamais il n'est permis d'être fragile, rarement d'être malade. Souffrir et
mourir, telle est la seule devise don't vous
les gratificz: et quand par une mort plus
Iente ils penvent se racheter d'une mort
etsubite, le seul parti quileur: rreste
prompte
est de chérir leur sort et de sià prendre,
muler la reconnoissanceJadis ils firent dans un vaisseau l'apprentissage de la douleur.Emballés par centaine,
et comprimés avec effort dans cette étroite
prison, aliment(s avecune parcimoniedéplo
rable de vieux légumes amers qui les étouffoient sans les nourrir, quand ils gémissoient
dans la premicre chaine d'un cruel Européen,
du moins alors la résistance.q qu'opposoit à
leurs innombrables disgraces un tempéramentencore: neuf, la nécessité des circonstances.layneanicipée duport,je nes sais quel espoird'un avenirmoins désastreux les aidoient
à supporter moins impatiemment l'excès
delenrs maux. Mais hélas ! pour comble de
malheurilssavent trop bien aujourd'hui, que
leur destinée est fnrcimmuatio.éuemele
Européen,
du moins alors la résistance.q qu'opposoit à
leurs innombrables disgraces un tempéramentencore: neuf, la nécessité des circonstances.layneanicipée duport,je nes sais quel espoird'un avenirmoins désastreux les aidoient
à supporter moins impatiemment l'excès
delenrs maux. Mais hélas ! pour comble de
malheurilssavent trop bien aujourd'hui, que
leur destinée est fnrcimmuatio.éuemele --- Page 308 ---
( 80 )
Chercheront-i ils leur salut dans la fuite? Le
code noir est si formel, si terrible, contre le
la puissance arbitraire des chefs
marronnage, tellement sur cette loi de fer, qu'un
enchérit
Et
pareil moyen est presque impraticable. son
porte sur
puis somimuytenderguandes d'un
et d'un COcorps les chiffres
capitaine
en caraclon posés avec symmétrie, et gravés
teresinefficables; a ces deux signalements qui
trahissent et vous dénoncent? Faudravous
terminer sa cart-ildonc, d'une mainsuicide,
avoir reriere, et armé contre soi - même,
un tyran?
coursau fer et au poison pour punir
dites-vous, qu'avec de grands
Onne peut,
exemples,
ne sauroit
crEsmue
de mal faire, et un seul homme
de
contenir tonteune populace sansle secours à
la terreur. Je m'en rapporte sur ce du point desHabiles dans Tart
votre expérience.
que l'effroi.
potisme, vous ne savez inspirer
Sous les yeux de l'innocent, vous martyriplait d'appeller coupables;
sez ceux qu'ilyous
d'une scene
et les bons esclaves, spectateurs ils sont menacés
tragique - 1 dont à leur tour
taisentdevantvous,
dedevenir les acteurs,se
taisoit devant
comme la terre épouvantée se Alexandre. --- Page 309 ---
(81)
Alexandre. Mais leur silence, leur
leurs continuelles victoires
docilité,
raments ne suflisent
sur leurs tempégarantir de votre
pas toujours pour les
essentiel
indignation. Car le
est que vos possessions soient point
parfait rapport, et malheur à ceux
en.
qu'un seul de vos regards contint mêmes
dans le devoir, si jamais
toujours
trompé ! malheur à eux si le votre feu du espoir est
vore VOS moissons, si la
ciel dédans son
si
pluie ne vient pas
temps, ,
les rebelles
ne donnent que des feuilles, si arbrisseaux
séaux ne se touchent
tous les rone s'élevent
pas immédiatement,e et
point à une égale
séront eux-mèmes caution
hauteur! Ils
vous
pour la nature, et
répondront un jour de
vos terres.
Tinfécondité de
Sont-ce donc les colonies,
que j'ai - peint ? ODieut
est-ce l'enfer
lume dans mes
tout mon sang s'al
m'étouffe,
veines, une sainte colere
je frémis d'être homme, Que
pouvois-je épargner à mon
de
ne
une esquisse de ces abominations pinceau
tracer:
et si affreusement
profondes,
regards souillés
dégradantes, dont mes
avechorreur, se détournerent tant de fois
qui par d'ipoavanuablesonge
F
peint ? ODieut
est-ce l'enfer
lume dans mes
tout mon sang s'al
m'étouffe,
veines, une sainte colere
je frémis d'être homme, Que
pouvois-je épargner à mon
de
ne
une esquisse de ces abominations pinceau
tracer:
et si affreusement
profondes,
regards souillés
dégradantes, dont mes
avechorreur, se détournerent tant de fois
qui par d'ipoavanuablesonge
F --- Page 310 ---
( 82 )
vinrent si souvent, depuis ces époques, 1 troude mes nuits, et qui, dans ce!
bler lesilence où tombe de mes mains ma plume
moment
empoisonment ma pensée, et
tremblante,
navrent mon coeur!
offrez-vous doncà
Qitel dédommagement
hautement
victimes? Vous les regardez
vos
et des
comme des êtres sans conséquence, Vous n'êtes
dans la nature.
hors - d'ceuvre
et vous leur
prodigues que de vosrigueurs, Ils sont morts
regretllez jusqu'à vos.mépris. et devant vos lois ;
civilement devant vous deluhivers. Ingrats! ce
ils sontles réprouvés
ce sont ces
sontces morts qui vous fontvivre;
qui changent VOS isles en paradis
réprouvés font de vos habitations un séjour
terrestre, et Vousleur devez tout ce que vous
enchanté.
par eux. Pourêtes, et vous ne respirez que leur triste exisquoi pesez - vous si fort sur
Ne leur pardonnerez - vous jamais
tençe?
bienfaiteurs ? Les verra-ton éterd'être vOs courbés sous un joug de fer, tannellement
ils tourmentent la
dis qu'à main armée
délices? Hélas!
vos
nature pourliaacher
le terrible
ils trainent bien misérablement Au milieu des
poids de la chaleur et du jour, --- Page 311 ---
(83 )
immenses travaux
distraction plus denrvonslessoabier, une
pénible encore aggrave
pétuellement leur douleur. Les
perheureux! sans cesse ils
pauvres mal
les ombres de la nuit, invoquent en silence
tard et ne les entend qui vient toujours trop
ce n'est point dans des pas. Non, cruels, 9 non
climats
leurs sueurs que Josué eût arrêté fécondés par
le soleil,
deux grands
EEtSn
thaumaturges auroient
son cours. Ils eussent ainsi favorisé précipité
l'autre des hommes
lun et
trop utiles,
heures de plus d'un
par quelques
repos
vous regrettez tant,
nécessaire, que
sez à leurs membres que souvent vous refucette
abattus ; et pendant
prolongation d'un sommeil,
reste des hommes, est
qui ichez le
la vie
un temps perdu
7 s'il est vrai que les jouissances pour
relatives, une fois du moins
sont
rir, ils auroient
avant de mou-,
connu le bonheur.
Eh ! depuis quand tous les droits
pour vous 1 et pour euxles devoirs? sont-ils
pas même assez qu'ils existent
n'est-ce
sans
réciprocité ces devoirs et ces droits ? aucune,
encore qu'ils soient extrêmes?
faut-il
En
pour vous les délices, la
prenant
gloire et T'empire,
F 2
pour
relatives, une fois du moins
sont
rir, ils auroient
avant de mou-,
connu le bonheur.
Eh ! depuis quand tous les droits
pour vous 1 et pour euxles devoirs? sont-ils
pas même assez qu'ils existent
n'est-ce
sans
réciprocité ces devoirs et ces droits ? aucune,
encore qu'ils soient extrêmes?
faut-il
En
pour vous les délices, la
prenant
gloire et T'empire,
F 2 --- Page 312 ---
(84)
vous ne laissez donc àla partie adverse que
la misere, le mépris et la mort; etj'adoreraivotre choix! et d'une main sacrilege, je
qui ne peut être
signerai ce partage inique,
consacré que par la force, et consenti que
la foiblesse ! Non : dussé-je être traité
par
vous et VoS pareils, j'irai
de séditieux par
dissoudre le contrat.
moi-même, sille faut,
la
Insensé, dirai-je au premier occupant,
un vil intérêt égare
passion vous aveugle,
renversent
vos pensées ; VOS perfides leçons T'évidence.
tous les principes, et outragent
dévouement sans réFidélité sans bornes,
obéissance à toute épreuve , 2 sacrifice
serve, de l'amour de soi-même, de la vocomplet
durepos, delasanté,
lonté, delintelligence,
voilà toute la
de la vie, suicide continu,
avez
iorale que jusqu'à ce moment vous
enseignée à VOS esclaves, et qu'ils ont praticroire. Sachez que cette morale
quée sansy
et ne prendra
détestable n'a jamais pris
du
jamais dans les ames. Avec la sanction
despotisme, elle ne peut prétendre qu'à
l'accueil de la nécessité.
difJeviens vous en apporter une autrebien
ferente:celle-ciest puisée dans une meilleure --- Page 313 ---
(85 - )
source. Jela trouve mot pour mot àlaseconde
livre dontles caracteres ne sauroient
paged'un
vousétreinconnus. Liberté, stireté, propridté,
voilà T'évangile de
résistance à T'oppression,
cette bonne mere qui parle une
la nature,
intelligible à tous ses enfants, 2 ce
langue
de Thumanité, dont le catégrand apôtre dans tous les coeurs. Mais ces
chisme est
dogmes tracés dans une seule lignedn
quatre volume sacré entreront t-ils bien dans l'ame
d'uncolon? mais s'ils y sont déja gravés, et
les voir ; s'il s'est natuqu'il ne veuille pas
y
dont illes
ralisé avec les préjugés barbares
ou
a entés à leur place,
a recouverts,
quil
qu'aije besoin, moi, d'aller en pure perte
à deux mille lieues de mon pays, faire à des
T'honneur de la réfuabsurdités palpables
tation, et à des axiômes, l'insulte du commentaire? La nuit n'est le jour pour peretl'homme que la lumiere frappe de
sonne;
obson éclat a bien assez de ses yeux pour
serverl'astre qui la dispense. Toutesles subpas les
tilités de T'avarice n'embrouilleront
notions les plus simples, et les premiers éléments de la moralité. Les conséquences éloignées qui dérivent de ces quatre lois conF 3
palpables
tation, et à des axiômes, l'insulte du commentaire? La nuit n'est le jour pour peretl'homme que la lumiere frappe de
sonne;
obson éclat a bien assez de ses yeux pour
serverl'astre qui la dispense. Toutesles subpas les
tilités de T'avarice n'embrouilleront
notions les plus simples, et les premiers éléments de la moralité. Les conséquences éloignées qui dérivent de ces quatre lois conF 3 --- Page 314 ---
86 )
fondues en une seule, peuvent
lement sensibles
n'étrepas égapour toutle monde, mais les
principes eux-mémes sont trop clairs,
n'être pas incontestables, et Dieu
pour
vous
pour
du moins,
veuille,
que VOS Noirs ne soient
jamais tentés de les réduire en
Qu'une fois ils se meuvent tous exemples.
que la révolte se déclare, dès lors ensemble,
perdu. Sans
tout est
apprét, sans armes, sans
sans aucune espece de combinaison efforts,
riger leuri marche,
pour dichaines
mémesans mettre bas les
dont ils sont garottés, qu'ils
cent pêle-méle
s'avanpour repousserles
vous écraseront et de vos chaînes tyrans, ils
nombre. En attendant
et de leur
dable dont
cette irruption formivous êtes sans cesse menacés,
comblez la mesure des forfaits S ; nourrissezvous, engraissez - vous 1 jouissez de VOS
claves : la force vous les donna,
esles par la force; mais tremblez
conserveztourne, le droit est
que la chance
pour eux. Défendez-vous
alors, obéissez à vos maitres, ou tombez
sous leurs coups. Jamais ils ne vous rendront
la pareille, et même en périssant,
leurs vainquetrs.
vousserez
Du reste je n'airien à vous dire qui
puisse --- Page 315 ---
(87)
et je ne sais point garantir
vous rassurer, mais je dois vous faire part
les événements;
Ia
Avant que d'adopter
de mes conjectures.
morale delEvangile, car en recouvrant
pure liberté
tôt ou tard ils y parla
originelle,
viendront ; sans doute ils commenceront
la loi de Moïse ; oeil pour ceil, dent pour
par
leur
morale, dont
dent, telle sera
premiere
serai
le
: mais s'ils se
je ne
pas
prédicateur
passent de mon aveu , vous pourrez bien,
colons ! vous passer aussi de ma pitié. Hodië
mihi, cras tibi. Déja vous avez exterminé
leurs parents, et vous leur préparez le même
sort; mais si de tous ces lambeaux informes
d'engrais à vOs jardins, si des OSquiservent
à qui
sements épars decette racemalheureuse
tombeaux, sortoient
vous rehisatesjusqw'ades
si
quelques nuées de vengeurs :
tout-à-coup demain les tristes restes de ces familles condétachoient leurs fers pour vous les
sumées
la mesure sur vos
essayer et en prendre
bras, si usant de représailles, et opposant
efficacité la force
la
avec une heureuse
par
force, ces misérables enfants devançoientvos
fureurs, et s'élançoient au nom deleurs ancêtres et en leur propre nom pour vous e XF 4
jusqw'ades
si
quelques nuées de vengeurs :
tout-à-coup demain les tristes restes de ces familles condétachoient leurs fers pour vous les
sumées
la mesure sur vos
essayer et en prendre
bras, si usant de représailles, et opposant
efficacité la force
la
avec une heureuse
par
force, ces misérables enfants devançoientvos
fureurs, et s'élançoient au nom deleurs ancêtres et en leur propre nom pour vous e XF 4 --- Page 316 ---
(88 - 1 )
terminers qu'en pensez-vous ?
coupables ; et quand vous
seroient - ils
vos ombres scélérates
ne seriez plus, 3
crier à
oseroient Ln elles bien
l'injustice et à Tatrocité? Vos
s'ilen étoit encore qui eussent évité égaux,
timent commun, et que la terre n'en le chàtolalement purgée, seroient
fat pas
Taspect de ces terribles
saisis de rage à
seroit parmi nous le
vengeurs. Mais oà
matif
sage, sinon assez aflirfaux: pour les improuver - , du moins assez
pour vous plaindre? Tous
excepté nous 5 applandiroient pent-étre,
port à des actes de violence avec transroient commandés ; et convaincus qu'ils jugeleurs auteurs étoient des
déja que
d'ensanglanter leurs
hommes ; avant
le moment
mains, qui sait sidans
précis delexécution redoutable,
leaelasjngeeienty pas plus hommes
Quant à nous à - qui le sang
encore!
qu'ils soit, fait
répandu, quel
veines de nos horreur,lorsquil est parti des
si
freres, prêtres du Dieu
pour un temps le ministere, de vivant,
nous exerçons dans son Eglise
paix que
doit de les
nous défenabsoudre,ah ! du moins
traiterions avec une tendresse
nousles
nous
respectueuse,
multiplierions nos elforts pour couvrir --- Page 317 ---
(89 )
du voile de la charité des écarts nécessités
infernales, et le besoin
par vos cruautés
de se défendre ; les bras étendus, nous appellerions des freres, 1 trop entreprenants,
peutétre, qui ayant toujours ignoré cet oracle de PEternel. La vengeance est à moi, se
seroient pressés d'anticiper sur le grand jour
de ses justices ; mais nous nous garderions
bien de blasphémer en eux la sainte image
de la divinité ; nous laisserions s'éteindre
dans le sang des nouvelles victimes Texécrable nom de mangeurs d'hommes, qui ne
pouvoit convenir qu'à vous seuls; et quand
bien même, pour se soustraire à votre insatiable voracité, ils vous :
auroient tous déchirés
à belles dents, ou dévorés tous vifs; puisvous n'étiez rien moins que des homque
mes, certes nous ne les calomnierions pas
au point de les appeller des anthropophages.
Je conviens avec vous, que tant de férocitén'est point dans leur nature : mais avouez
du moins avec moi, que la résistance àl'oppression y est fortement prononcée, et que
faire un coup d'éclat, ce ne sont pas
pour
les moyens qui leur manquent. Or,s'ils
essayoient d'en faire usage, où en seriez-
; puisvous n'étiez rien moins que des homque
mes, certes nous ne les calomnierions pas
au point de les appeller des anthropophages.
Je conviens avec vous, que tant de férocitén'est point dans leur nature : mais avouez
du moins avec moi, que la résistance àl'oppression y est fortement prononcée, et que
faire un coup d'éclat, ce ne sont pas
pour
les moyens qui leur manquent. Or,s'ils
essayoient d'en faire usage, où en seriez- --- Page 318 ---
(90)
vous ? Au lieu de courir en
vos
troupeaux vers
plantations, au claquement du
aux ordres de T'ennemi,
fouet et
robustes
comme on voit ces
taureaux, que les clameurs
tes d'un foible animal
bruyanoulesattend le
poussent vers l'étable
couteau d'un boucher, ,s'illeur
prenoit fantaisie de se porter en masse
les propriétaires,
contre
encore unefois, étes-vous en
mesure, pourleurrépondre, vous et voscomamandeurs? Quoi! la seule possibilité
révolte si facile, si sûre, sit terrible d'une
pas vos justes
n'excite
même à
frémissements, et ne réussitpas
de
empoisonner VOS plaisirs ? Vous riez
nos frayeurs 1 commeles premiers
dela terre, quand on les
enfants
universel,
menaçoitd'un déluge
qui tout-à-coup les engloutit P
L'excessive rigueur de nos
sauranous garantir;
dites
précautions
tale des Noirs,
plutôtl'inertie toetleurprofonde nullité. Mais
ily a un terme pour tout. A la fin la
se lasse, les caracteres
patience
s'irritent, les ames
s'échaufient, et
freux incendie wankpseboentiralusoue
du
sous prétexte qu'il faut
temps aux nuages pour se
sein du calme, vous
rassembler, au
pête. J'entends
argumentez contrela tem.
: vos Noirs ne peuvent rien --- Page 319 ---
(91) )
s'ils n'ont
eu l'attention de
contre vous,
pas
ded'avance. Mais ce concert
se concerter
mande-t-il des années? ne sont-ils pas déja
tous réunis? etle signal de l'assaut ne seroitla victoire? Dites-nous , 8 colons! chez
ilpas
tremblements de terre s'anvous les grands
innonçent-ils de loin par des commotions
sensibles? Quand le vent du sud veut coucher VOS arbres, découvrir VOS toits, 1 rena-t-il soin de vous aververser VOS châteaux,
loin des
tirla veille? Sans aller chercher au
exemples, nous en avons d'assez frappants
A-t-il fallu plus d'un jour
à vous produire.
mettre Paris et la France entiere en
pour fermentation, pour soulever la capitale etles
de
provinces, armer vingt - quatre millions
bras, chasser les tyrans, abattre et les têtes
etl les tours du despotisme ? Trois siecles ont
élevé le monstrueux édifice de l'esclavage
qu'un zéphyr peut renverser, et un coup de
main réduire en poudre. Pour être libre,
être vertueux, c'est assez dele
comme pour
beau
du temps,
vouloir. Vous avez
gagner
retarder les époques ; les dettes s'accumulent, la justice crie, les foudres s'appellent,
l'explosion éclate; et tel à qui vous ne sup-
Trois siecles ont
élevé le monstrueux édifice de l'esclavage
qu'un zéphyr peut renverser, et un coup de
main réduire en poudre. Pour être libre,
être vertueux, c'est assez dele
comme pour
beau
du temps,
vouloir. Vous avez
gagner
retarder les époques ; les dettes s'accumulent, la justice crie, les foudres s'appellent,
l'explosion éclate; et tel à qui vous ne sup- --- Page 320 ---
(9a)
de posiez d'énergie que pour la douleur, en a
reste pour la vengeance.
Aujourd'hui qu'il est en votre pouvoir de
Tappaiser, au moins ne la
Bien éloignés de tramer
provoquez pas.
plots
contre vous des comdestructeurs, ils voudroient tout
à votre générosité,
devoir
leur
et rien à la violence. Il
seroit si doux de chérir leurs bons
tres ! Hélasipour le
maimoment, ils ne
encore qu'à vous attendrir; heureux, songent
par de longs et durs travaux, ils étoient
si
de préluder à leur
surs
se différer
affranchissement, dat-il
jusqu'au déclin de
infirmités incurables
T'âge, 4 où des
leurs
produites par l'excès de
peines les mettroient hors de service et
devente!
vous
desmntosapasmaturenten
vos
pour
homicidesjotisancesl les
années de leurvie, la
plus belles
venoit
douce, Ia célesteliberté
consoler enfin leur hâtive et
vicillesse! Sentiments
précoce
naitre de loin,
perlides que vous fites
que vous cultivez
ment, non pour adoucir leur
soigneuseêtre cruels
sort, mais
avec plus
pour
d'impunité : lueurs
trompeuises que d'une main
jetezi dans les
prodigue vous
abusez le
coeurs, et avec lesquelles vous
désespoir! Ainsi, pendant queles --- Page 321 ---
(93 )
dépérissent de jour en jour, les ames)
corps
etl'on endort parde mensons'abdtardissent,
qu'on écrase.
promesses les infortunés
intéressés
geres
misérables écrivains,
Quelques
leurs talents, se sont
sans doute à dégrader les'plus pompeuses
égayés aux descriptions
ils adjngeotentlaréa
Sunbosheuridasidontt colonies. Ils ont tracé
lité aux Noirs de nos
de la béatitude des
bizarres
ces descriptions couleurs si riantes, si aiNegres sous des
tableaux d'imaadmirantleurs
mables, qu'en
d'être libre,
gination, on regrette presque d'être esclave. Je ne
envie
ou qu'il pread
bonheur, dont
leur souhaiterai pas un pareil D'autres, moins
ils ne sont que trop dignes. raisonnables, ont étaextrémessans étreplus
entre le sort de ces prétendus
bli un parallele
laboureurs et de
heureux et celui de nos
ils auront
soldats. On devine assez lequel
nos
doux. Il est clair que ces derjugé le plus
instruits ou mentent à leur
niers sont mal
de réfuter sérieusement
conscience. Au lieu font si bon marché de
ces sortes de gens qui
de choisir
la félicité d'autrui, pressez-les fusil, et des chaines;
entre une houe, un
cultiver la
vous les verrez aller de préférence
laboureurs et de
heureux et celui de nos
ils auront
soldats. On devine assez lequel
nos
doux. Il est clair que ces derjugé le plus
instruits ou mentent à leur
niers sont mal
de réfuter sérieusement
conscience. Au lieu font si bon marché de
ces sortes de gens qui
de choisir
la félicité d'autrui, pressez-les fusil, et des chaines;
entre une houe, un
cultiver la
vous les verrez aller de préférence --- Page 322 ---
(94)
terre, ou combattre l'ennemi. S'ils objectent
que cette personnalité n'est pas une
et qu'il ne faut pas assimiler des Blancs réponse,
savent être libres à des Negres qui
qui
faites-leur observer que le goût de l'ignorent, la liberté
n'est pas une affaire de
calcul,
spéculation ou de
que cette reine bienfaisante des ames
a posé la base de son trône, moins
dans les esprits que dans les coeurs, encore les
hommes qui ressentent le plus vivement que
charmes adorables, ne sont
ses
pas toujours ceux
quiseroientle plus en état dela définir; et puisqu'ils aiment les comparaisons, dites-leur
qu'on ne connoit jamais mieux le prix de la
santé, que dans la maladie, del'abondance,
quedans la disette, del'estime, quedansl'abjection; le prix del'air et du jour que dans un
cachot, et pareillement celui de la divine liberté, quedansles horribles entraves del l'esclavage. Oui, je le soutiens, un peintre qui
mortel
St
destiné à souffrir, seroit obligé,
le
pour
représenter sous une forme sensible, de
montrer un coupable sous le glaive des
et dans la main d'un
lois,
bonrreau; ou un innocent, sous le fouet d'un
-
les regards d'un
commandeur, et
tyran.; --- Page 323 ---
(95)
A Dieu ne plaise néanmoins
tende, 6 colons ! qualifier de
que je prépropriétaires de VOS isles. Je tyrans tous les
ne dissimulerai
Pas qu'ilne se trouve parmi vous des hommes
précieux, dont un vil intérêt n'a
verti les ames, et que le torrent point des perdales n'a point entrainés dans
scanhabitants vertueux,
son cours.,
bienfaisance,
pleins d'humanité et de
Noirs,
vrais philanthropes, amis des
etquejappellerois
les autres mélaphages,
mélaphiles, comme
sil'on vouloit
mettre de franciser ces mots,
me perleurs Negres comme des
regardant tous
enfants chéris
prodiguant avec un zele infatigable à
famille adoptive,les visites les
cette
les soins les plus tendres
plus assidues,
nels. De ce nombre,
et les plus paterilen est quelques uns
queje pourrois citer, et je
cette justice à leur rendre, triomphe d'avoir
que plus ils sont rares, plus J'avouerai ils
encore
rables,
sont admieux-mémes. parcequ'ils se servent de modeles à
Les Negres étrangers les
noissent aussi bien que les leurs,
conroient une sorte de
et se feclaves, si le bonheur plaisir d'être leurs esetlas servitude n'étoient
incompatibles. On conçoit
que Thomme,
uns
queje pourrois citer, et je
cette justice à leur rendre, triomphe d'avoir
que plus ils sont rares, plus J'avouerai ils
encore
rables,
sont admieux-mémes. parcequ'ils se servent de modeles à
Les Negres étrangers les
noissent aussi bien que les leurs,
conroient une sorte de
et se feclaves, si le bonheur plaisir d'être leurs esetlas servitude n'étoient
incompatibles. On conçoit
que Thomme, --- Page 324 ---
(96 2 )
cherchant toujours à se comparer à ses semblables, les plus à plaindre de tous les Negres doivent être ceux des habitations voisines. Certes, je compte trop sur les
de maîtres si estimables,
suffrages
réclamations.
pour craindrel lenrs
Tinmeneenscantimnose
jamais ma brockure tombe dans leurs quesi
ils T'accueilleront
mains,
avec transport. Mais des
exemples particuliers ne font pas le ton
néral; et en moral comme en
g6quantités
physique les
légeres, et à plus forte raison les
infiniment petits, se comptent pour rien dans
les grands résultats. A ces
le reste des maitres est donc exceptions près,
esclave del'avarice, etabonde en cruautés de toute
Finiront-elles un jour, et verrons-nous espece.
tôt cesser un ordre de choses aussi
bien-
-
révoltant?
Mais, quoi - a parceque le commerce des
esclaves a débuté
tient
parlinjustice, et ne sesouque par la rigueur, fant-ill'abolir brusquement, et du même coup en détruire un
autre infiniment utile, dont
l'habitude a fait
depuis si long-temps une nécessité pour les
nations? faut-il bouleverser l'état actuel des
choses pour ne rien substituer à leur
-
donner le signal d'une révolte
place 9
qu'ils'agit de
prévenir, --- Page 325 ---
(97)
prévenir, ruinér des possesseurs
mettre en crainte et en péril tous legitimess les
priétaires, soulever les J Noirs S contre proBlancs, en leur rendanti une liberté les
mneurtriere pour eux-mêmes
plus
eti qui seroit une arme redoutable quel'esclavage,
mains furieuses.
dans des
Onature ! toi dont j'ai pris les ordres
combattre une politique
pour
qui vouloit t'anéantir;
insensée et cruelle
foudres
la
toi qui m'as prété tes
pour
terrasser, tu vois
sont plus dans mes mains
qu'elles ne
sormais de
; te suffit-il démon obéissance? déclare-moi de
nouveau tes volontés suprémes.
mes services, si
Satisfaite de
exiges la
pour me récompenser lu en
continnation, daigne
core; dois-je
m'inspirer enmollir,ou rester inflexible2Aht
s'ilfaut donner une entorseà tes loix,
rai-je bien m'y résoudre, moi qui les pour- invoque à grands cris, et les adore de toute
mon,ame2Je t'ai voué mon organe,
puis le consacrer qu'à toi seule.
etje ne
àmoi,mille fois anathême,
Anathême
de mettre dans ta bouche sij'avois l'audace
ne seroit pas le tien ! Mais si un dans langage qui
santes et fécondes
tes puisi
ressources, il existoit un
G
entorseà tes loix,
rai-je bien m'y résoudre, moi qui les pour- invoque à grands cris, et les adore de toute
mon,ame2Je t'ai voué mon organe,
puis le consacrer qu'à toi seule.
etje ne
àmoi,mille fois anathême,
Anathême
de mettre dans ta bouche sij'avois l'audace
ne seroit pas le tien ! Mais si un dans langage qui
santes et fécondes
tes puisi
ressources, il existoit un
G --- Page 326 ---
(98 )
moyen facile et doux de rétablir l'ordre
altérer le repos des
sang
ton
gouvernements, qui sont
ouvrage, 1 je t'en conjure, consens à
l'employer pour l'intérêt
ta propre gloire, Je frémirois universel, et pour
réconciliation
de proposer une
entre toi et la barbare
que tu condamnes: : mais du moins avarice
rois-tu pas faire treve
ne pouton
pour un moment avec
ennemi, et descendre de ta
pour te relever avec plus d'éclat? hanteur,
S'il s'agissoit uniquement d'une
tion sensible dans la fortune des
diminuje ne m'effraierois point de leurs individus,
clamations.Je dirois,
vaines ré
jours
ces hommes seront touassez riches ; qu'avons-nous besoin
qu'ils soient millionnaires? Pour
excès de jouissances,
un simple
ils doivent le sacrifice pour un superflu dont
à la nature, à
manité, aux bonnes moeurs, faudra-t-il Thunellement tourmenter le
éterles climats,
globe, confondre
égorger et écraser le
genre humain? Après trois siecles quart du
n'est-il pas temps enfin
révolus, 3
pour faire place à la liberté que T'esclavage ?
cesse
tune a
Puisque la forpour eux tant
ne
roient-ils l'atteindre
d'attraits,
poursans fouler aux pieds --- Page 327 ---
(99:) 5
de cadavres, sans traverset
des monceaux
? n'est-ce pas même
des Aeuves de sang la base sur les ruines
assez d'en avoir posé de Noirs? viendrontils
de tant de millions
à T'ombre de ces
dormir.mollenent
encore
impunément accumumuines,et pourronteils barbares trophées? Ainsi
ler à linfini leurs
afin que, s'ils
je parlerois aux paissances, hommes de bon grés
ne vouloient pas être
la force. Mais
ils y fussent contraints par et des considéles objections proposées
m obligent
rations d'un ordre supérieur de
aux
certains détails, et
joindre
d'eflleurer
établis, les inductions qui en
principes déja
résultént.
appartient a
Noir ou blanc, , quiconque
des
Thumanité, doit entrer en participation
Quamvis ille niger :
avantages communs';
les Nequamvis tL candidus esses. Puisque ils sont donc
gres sont aussi des hommes, parlinsitution même
Sneatielanmentlibres
conclusion.
de la nature; premiere
plus disposer
Un être libre ne peut existence. pas,
L'une et
de sa liberté que de son dont il est responl'autre sont des dépôts
Tant qu'il
sable au souverain dispensateur. Ga
quiconque
des
Thumanité, doit entrer en participation
Quamvis ille niger :
avantages communs';
les Nequamvis tL candidus esses. Puisque ils sont donc
gres sont aussi des hommes, parlinsitution même
Sneatielanmentlibres
conclusion.
de la nature; premiere
plus disposer
Un être libre ne peut existence. pas,
L'une et
de sa liberté que de son dont il est responl'autre sont des dépôts
Tant qu'il
sable au souverain dispensateur. Ga --- Page 328 ---
(100 )
n'offensé point vos lois, fussiez - vous
gistrat ou prince, vous n'avez
malence pour le
que la viodéposséder : or la violence
n'est pas un droit. Chacun son étre,
priété, son bien : le vol et le meurtre sa prodes crimes de lese-nature
sont
et de
comme de lese-fraternité.
lese-patrie,
la restitution
Dans tous les cas,
est de précepte, à moins
ne soit impossible. Si vous aviez tué qu'elle
frere, et qu'il fat en votre
votre
pouvoir de le
ressusciter, vous seriez
tenu
incontestablement
d'opérer le miracle. Vous avez fait
vous lui avez arraché la liberté,
pis,
dans VOS mains
et elle est
; vous devez donc la lui
rendre; seconde conclusion.
10 Mais comment réparer
sanglant outrage? Le don de pleinement la
un si
par la bienfaisante main de la liberté, versé
brasse et couvre l'existence
nature, emle droit
toute entiere ;
qui en découle a des effets
tifs. Il s'étend à la fois sur le
rétroacpassé, le
sent, et l'avenir. Remettre la chose
prépece, ce n'est donc acquitter
en estiers de la restitution.
que les deux
devezi
Avec le capital, vous
encore les intérêts; troisieme
sion.
conclu- --- Page 329 ---
( 101 )
et it
Tel citoyen vous portoit ombrage,
étoit facile de Técarter; car vous étiez
vous
et il n'étoit rien. Pour le faire enpuissant,
des lettres minisfermer, vous avez surpris
dans
térielles, et voilà vingt ans qu'illanguit
Pressé
les fers, au fond daplusohecurcachot.
parles remords, vous sollicitez sadélivrance,
et vous avez le bonheur de l'obtenir. Lui
ouvrirez-vous subitement les portes de la
prison? il seroit suffoqué par le grand air,
Téclat éblouissant du jour.
et aveuglé par
les voies
Attendez encore , préparez
agrandissez les ouvertures, accoutumez ses
à respirer de plus en plus, ménapoumons
une lumiere douce et sagegez à ses yeux
crainte
sans
ment graduée; puis prononcez
d'une
Tel autre jouissoit
son; élargissement.
vous lui eussiez fait
santé robuste, avant que
avaler- le poison qui a presque déchiré ses
entrailles; n'achevez pas de le faire périr en
lui donnant tout d'un coup des aliments SOSoumettez-le d'abord à
lides et substantiels.
administrez-lui
peu
un
régime's sévere,
peud
des remedes plus actifs; et quand il aura rene, lui regrettez
pris son ancienne vigueur,
pas les plus forts consommés et la nourriture
G3
, avant que
avaler- le poison qui a presque déchiré ses
entrailles; n'achevez pas de le faire périr en
lui donnant tout d'un coup des aliments SOSoumettez-le d'abord à
lides et substantiels.
administrez-lui
peu
un
régime's sévere,
peud
des remedes plus actifs; et quand il aura rene, lui regrettez
pris son ancienne vigueur,
pas les plus forts consommés et la nourriture
G3 --- Page 330 ---
(102 )
la plus succulente. LesNoirs
la force du terme, la
ont, dans toute
la liberté;
puissance radicale de
la nôtre; puissance pleine et absolue commé
mais enchainée par nos institutions
monstrueuses. L'embarras est de
point nomméle
savoir à
moment où il convient de
remettre en exercice. Étourdis,
la
la présence
accablés par
orageuse de la liberté, en
recouvrant avec trop de
la
ne sauroient pas s'en servir; précipitation, ils
elle
au plus un meuble inutile
seroit tout
sa vivelumiere
dans leurs mains;
les aveugleroit; à force d'être
riches, ils seroient au-dessous de la
cessive
plus expanvreté, et tout environnés de
terribles bienfaits, ils
ses
au sein de l'abondance. périroient d'inanition
Chez eux rien n'est
prét encore pour la recevoir.
abrutis, ils sont dans
Physiquement
dans le néant de
T'enfance, ou plutôt,
toute moralité. Le premier
usage qu'ils feroient de ce trésor
consisteroit à se dédommager
perdu
de l'excès du travail.
par la paresse
revoir leurs
Étonnées de ne plus
cultivateurs, les habitations
friche appelleroient
en
en vain leurs bras languissants ; et bientôt
poids, la terre
surchargée de leur
se vengeroit d'eux, en ne --- Page 331 ---
(103 )
leur offrant plus qu'un tombeau : revenons.
de leur liberté, alors elle
Quand on s'empara
leur
étoit un bien; il est trop juste qu'elle
soitremise dans le même état: ce n'est donc
assez de la leur rendre; encore faut-il
pas
conqu'elle leur soit profitable; quatrieme
clusion,
nuire à la stireté des
Mais si elle devoit
utile à la
propriétaires, si elle n'étoit point
société, si au contraire elle entrainoitlaruine
l'espérance des colonies, laridu commerce,
le désastre universel; raichessedes nations,
de
d'économiser une restitution qui
sons
plus
funeste
deviendroit, à tous égards, plus
que
le larcin. Brisez plutôt le glaive enlevé à un
homme qui ne le portoit que pour sa défense, si, en le reprenant, il ne doit s'en
servir
attaquer et détruireses semque pour
blables. Attendez du moins] pourleluirendre,
ses sens soient plus calmes, et que les
que accès de la frénésie soient totalement dis
sipés. Ilne suffit donc pas que la liberté soit
avantageuse aux Noirs 3 il importe qu'elle
à
et même
ne soit préjudiciable personne,
qu'elle tourne à l'utilité générale; cinquieme
conclusion. Blancs ont acheté des Noirs sous la
Les
ir
attaquer et détruireses semque pour
blables. Attendez du moins] pourleluirendre,
ses sens soient plus calmes, et que les
que accès de la frénésie soient totalement dis
sipés. Ilne suffit donc pas que la liberté soit
avantageuse aux Noirs 3 il importe qu'elle
à
et même
ne soit préjudiciable personne,
qu'elle tourne à l'utilité générale; cinquieme
conclusion. Blancs ont acheté des Noirs sous la
Les --- Page 332 ---
(ioj)
sanstion des lois. En Cas de
aux
lois à les
réforme, c'est
prendre sous leur
et à les défrayer de leurs
protection,
avances. Les gouvernements, après avoir autorisé le
ne peuvent le
marché,
rompre sans
et sans injustice. Tant
inconséquence
mal
pis pour eux s'ils ont
calculé; ils doivent
frais. Mais avec
supporter tous les
quoi paieront-ils; et
sont insolvables,
s'ils
qui voudra les suppléer,
rembourserpour eux,
en
coundamoinsiademniter
partie tous les propriétaires? Avons-nous
làsix cents millions tout prêts à leur
y a-t-il des fonds de reste dormants envoyer?
trésor
dans le
public? et quand lily en auroit,
il pasà craindre
les
n'estsouffrent
que
dettes de TEtat ne
un peu deicette
dra-t-il faire
distraction; ou fauun emprunt et vuider toutes les
bourses, dans un moment où touslescitoyens
s'empressent àl'envi de détacherle
de leurs fortunes
superflu
pourle prêter à la nation?
Quant à moi, je ne vois qu'un
parer à tout; c'est qu'en
moyen de
reconnoissance
nos généreux efforts en leur
de
venillent bien
faveur, les Noirs
consentir à se racheter euxmémes, et que nous leur donnions le
et toutes.les facilités convenables
temps
derleur
pour liquiémancipation. Or,je suis convaincu --- Page 333 ---
( 165 )
qu'iln'en est pasunseul parmi eux
prête de grand coeur à cet
quinese
Sous votre bon plaisir, arrangement, 6 colons,
pose donc au gouvernement de leur je procompte de la volonté où ils sont de satisfaire tenir
eux-mémes, de substituer à un code
sant et barbare de bonnes et douces avilisqui les honorent, les
lois
nissent,
de
protegent, leur fourpar
sages mesures, les moyens
d'acquérir, assurent et mettent en
leurs économies, reglent
des
rapport
quolité de leurs
par
experts la
travaux, procurent aux mat
tres, sur leurs épargnes, des rentréés
santes et modérées, fixent
suffipossible les conditions
au plus bas taux
deleur rachat,
portionnentles époques graduelles deleuraf profranchissement successif, à leurs ages, à leurs
tempéraments, à ileurs services
toutaleurvaleur
passés, etsursuccessive et toujours mobile
relativement aux calculs de
derniere considération
T'opinion. Cette
n'est pas hors de
pos, car un
proNegreperd deson prix 1
Telacheté dela
parlusage.
premiere main futvendu cinquante louis, qui, dans lec
de moitié trois
commerce, tombe
ou quatre ans
vaut plus rien du tout
après, et ne
ce
quand le double de
temps est expiré, Or, c'est uniquement
etsursuccessive et toujours mobile
relativement aux calculs de
derniere considération
T'opinion. Cette
n'est pas hors de
pos, car un
proNegreperd deson prix 1
Telacheté dela
parlusage.
premiere main futvendu cinquante louis, qui, dans lec
de moitié trois
commerce, tombe
ou quatre ans
vaut plus rien du tout
après, et ne
ce
quand le double de
temps est expiré, Or, c'est uniquement --- Page 334 ---
( 106 j
au maitre à supporter cette
enfin que ces lois instituées perte. Ajoutons
par les
de nouvelle date
gouvernements doivent
cesse à la streté des
veiller sans
couvrementdeleurs
personnes et au redroits,
ces, encourager la population, favoriserlesallian.
colonies àse suffire à
apprendre eaux
lement combinées elles-mémes, et être telêtre réclamées
qu'elles puissent toujours
sent jamais être par Toppression, et ne puiséludées par la puissance.
Pourvous, 6 colons! gardez-mous
mes pour la liberté; nous les
ces homsoins 5 vous nous en
confions à vos
que vous
répondrez, S'il est vrai
soyez disposésà faire des
vous paroitrons-nous
sacrifices,
par exemple,
trop exigeants 3 quand,
nous vous
eux un
demanderons
jour de la
pour
prescrirons deleur semaine, quand nous vous
des
fixer, d'après l'estimation
arbitres, une tâche
quotidienne ou hebdomadaire, 9 afin que du
ils puissent faire leur
surplus du temps
profit, grossir leur
cule, et acheter àla
péIl est bon de
longue les autres jours ?
leursi
mettre un peu les hommés dans
intérêts: cette politique est doublement
utile;e et lorsqu'ils trouventen
petit bénélice,
vous servantun
plus
9 vous êtes toujours sûrs d'un
grand avantage, Ne sait:on pas que le --- Page 335 ---
( 107 )
labonreur dans un champ, 2 le paysan sur un
chemin, et le maçon employé à la
grand
d'un bâtiment font en moins de
construction
bien plus d'ouvrage à la tâche, qu'àla
temps
journée ?
d'ailleurs 1 principaEt qui empêcheroit
lement dans les isles, où le terrain est plus
n'abandonnat aux Noirs
commun, qu'on
locales qu'ils cultiveroient .
certaines propriétés
à leurs moments perdus, et que leurindusLa liberté venant à
trie pourroit agrandir?
des hommes
eux dans son temps, trouveroit
attachés au sol. Contents du pays et d'eux
mêmes, les serfs africains ne seroient pas
leurs anciennes habitutentés de reprendre
d'entrainer
des, de retourner en Guinée, et
avec eux les serfs créoles qui leur devroient
de leurs
la naissance. Il importe d'extirper
naturel
les aliéneroit
ames un gout
qui
oùt leur résidence nous
d'avec nos colonies,
de leur soutirer
est si nécessaire. Ilimporte
de longue main ce vif amour de la patrie,
fermenteroit dans leurs coeurs avec une
qui
si la traite une fois abolie,
nouvelle activité,
d'être vendus deils n'avoient pas à craindre
rechef
leurs compatriotes. Cette race
par d'Africains et de Créoles ne seroit
nouvelle
l
les aliéneroit
ames un gout
qui
oùt leur résidence nous
d'avec nos colonies,
de leur soutirer
est si nécessaire. Ilimporte
de longue main ce vif amour de la patrie,
fermenteroit dans leurs coeurs avec une
qui
si la traite une fois abolie,
nouvelle activité,
d'être vendus deils n'avoient pas à craindre
rechef
leurs compatriotes. Cette race
par d'Africains et de Créoles ne seroit
nouvelle --- Page 336 ---
bientôt
(108 )
plus reconnoissable.
Tous seroient
cela seul
Aeeteeearee.2e
qu'ilsseroient
maitres, par
dese lixeraleur
maitres eux x-mèmes
service,et
sance leur en feroit
quelareconnoisenfin quelle
un devoir. On sentiroit
énorme dilférence il
commerce entre le prix de ces
yadansle
de
deux especes
main-d'auvre : on sauroit combien il est
avanlageux pour un habitant de n'être
priétaire que de sonlocal, et
prodes hommes libres.
servi quepar
Vous voyez, colons !
bien éloigués de
que nous sommes
vous faire des
onéreuses,
propositions
avons insinuées emeraiabeceirnes seroient
nous
abondante de
pour vous unesource
sonnables
richesses; et si vous êtes raidestie.
vous nous saurez gré de notre moEncore moins
des bornes à
voulons - nous mettre
laisser à vos Noirs votre générosité. Au lieu de
leur profit,
un jour de la semaine à
si vous aviez la
en relâcher deux
noblesse deleur
ou trois, vous n'en seriez
que plus admirables, Mais les excès
genre 7 ne sont pas à craindre
en ce
comme les
exctsopposés. Les hommes
clination à rester
ayant plus d'inen deçà du bien,
porter au - delà, les lois
qu'à se
réprimantes sont --- Page 337 ---
(1og 5
nécessaires encore que les encouraget
plus
Tel est méchant par gont qu'il faut
ments. d'avoir du moins les apparences de la
forcer
à ceux qui ne respirent que
vertu : quant s'ils existent, il dépend toupour le bien,
jours d'eux d'être des héros.
Ainsi vous serez en droit de les retenirjusde leur rançon réglépar
qu'à ce quele prix
soit rentré dans
leslois et consenti par eux,
intervos coffres. Et pendant ce trop long
des
toujours labienfisance
valle qu'abrégera
ames honnêtes, durera le temps d'épreuve Ne
commele noviciat de la liberté.
qui sera
Donnezperdez pas ces moments précieux. leur future desleur une éducation relative à
tinée. Élevez leurs courages, agrandissez
mirissez leur raison, dévelopleurs ames,
facultés intellectuelles
pez lei germe de leurs
leur
et morales; ; osez vous - mêmes
prècher
le dogme del las sainte égalité ; enscignes-leur
comme parvos discours,
par vos éxemples,
évangéliques,
les vertus sociales, religieuses,
la
le détachement de Tintérêt persomme. loix, T'a- E
Tobeissance aux
fidélité au prince,
la divine charité jette
mour universel; que
racines : 2 et
dans leurs coeurs de profondes toutes sortes
au dehors les fruits de
pousse
prècher
le dogme del las sainte égalité ; enscignes-leur
comme parvos discours,
par vos éxemples,
évangéliques,
les vertus sociales, religieuses,
la
le détachement de Tintérêt persomme. loix, T'a- E
Tobeissance aux
fidélité au prince,
la divine charité jette
mour universel; que
racines : 2 et
dans leurs coeurs de profondes toutes sortes
au dehors les fruits de
pousse --- Page 338 ---
( Tio )
de bonnes ceuvres; que leurs
sent en commun ainsi
prieres se fasque leurs
multipliez les instructions salutaires travaux;
saint jour du repos ne soit plus
: que le
la continnation scandaleuse
profané par
que leur état fita appeller
de ces ceuvres
soit consacré
serviles; mais qu'il
désormais au culte
le même temple oi
public, dans
leur manumission
T'auguste cérémonie de
doit un jourse faire solemnellement à la face des autels. En un
montez-les
à
mot, 2
peu
peu au ton où ils doivent
atteindre : qu'ils apprennent à être
pour savoir être libres ; tout
justes
par crainte ; plus de
par amour, rien
bourreaux
commandeurs, plus de
; après de fortes
nourriture abondante;
peines , une
après des journées de
fatigue, un sommeil prolongé; à l'issue des
heures marquées pour le travail, des
de gaieté, des jeux
instants
innocents, des
purs, etle rire du bonheur. Avecdes plaisirs
de préparation si doux, le
moyens
à l'autre n'aura
passage d'un état
rien de brusque ni d'orageux, et deviendra comme insensible. La
liberté peut se faire attendre encore,
délai ne sera
1 son
vienne
point un tourment. Qu'elle
enfin, on adorera la déesse bienfaisante 3 mais on ne sera point ébloui par la --- Page 339 ---
(nr)
vivacité de son éclat; et même en lui proon nelui fera qu'un
diguant ses hommages,
le
Ainsi se passera
plus
accueil tranquille. la triste nuit de l'esclamollement possible beau
de la liberté se
vage; et quand le
jour
fois les
la premiere.
levera, on prendra pour
vêtements de T'homme nouveau, sans presque le vieil homme aura
que s'appercevoir Au fond la chose restera la même;
disparu.
Jeme trompe:
rien n'aura changé quélenom.
heuplus attaeché que jamais, et s'estimant fidele
d'être
comme serviteur
reux
accepté
jusqu'alors n'aura
Tesclave reconnoissant qui
vivre
son bon maitre, , sera
su que
pour s'illefaut, pour lui témoigner
prêt à mourir,
son amour.
l'avarice, malgré les
Cependant comme
encore
plus sages précautions 7 pourroit de faux
échapper aux meilleures lois par
calculs, et à la nature par un surcroit de
tyranhie, sil'on pouvoit inventer un moyen
colons! de
efficace pour vous contraindre,
de
ménager vOS Noirs comme la prunelle
il est évident qu'alors il fandroit
VOS yeux,
étoit négatif, il
T'employer i et si ce moyen
effet.
strement son
ne produiroit que d'aliment plus le feu s'éteint de 7 et
Faute d'air et
calculs, et à la nature par un surcroit de
tyranhie, sil'on pouvoit inventer un moyen
colons! de
efficace pour vous contraindre,
de
ménager vOS Noirs comme la prunelle
il est évident qu'alors il fandroit
VOS yeux,
étoit négatif, il
T'employer i et si ce moyen
effet.
strement son
ne produiroit que d'aliment plus le feu s'éteint de 7 et
Faute d'air et --- Page 340 ---
1 1ay
la meilleure méthode pour arrêter le
etlétouffer dans sa racine, n'est
trinie
tiplier les églements
pas de mul
les
prohibitifs, ni de punir
coupables 2 mais d'épargner
mes la tentation de le
aux hommoyen infaillible est dans commettre. la
Or ce
main du
vernement; c'estTabolition de la
gouabolition ne sauroit être
traite : cette
n'est pas demain
trop immédiate : ce
qu'il lfautla prononcer; c'est
aujourd'hui. Il n'y a point à différer T;
sommes las de vous fournir des
nous
de-les
victimes, et
envoyer sous VOS fouets et vos
teaux, Cette connivence
coudétestable a
long-temps souillé nos ames, Cherchez trop
leurs des complices.
ailluxe dévorant de Quoi! parcequ'il fautau
quelques individus, sans
conséquence dans nos états, des
-
productions
étrangeres, et au vôtre des revenus
ses ; serons - nous Loujours réduits immen- à
que des
n'être
barbares, 9 à perpétuer des scéléraLesses, à éterniser des horreurs ? faudra-t-il
pour vous complaire finir
frique entiere dans
partransporter I'Ade
VOS petites isles perdues
TAmérique, dont la déçouverte si
tée nous a coûté tant de
vantous
crimes, et fut de
temps pour les nations européennes un
dniolele
assmis
Aléau --- Page 341 ---
(113 )
redoutable. Sans être des monstres d'in
Réau
pas vous et nous
humniaberpeandiemtperd
moins de temps, de frais et d'hommes;
avec
surabondamment tous nos goûts?
satisfaire
ne vois là, sous tous les rapports,
Pour moije
dont l'effet
qu'un double ou triple emploi,
est la députation universelle.
le plus marqué
les réMortalité des Noirs : sans compter
détruisent quelquefois
voltes fréquentes qui
entieres : on sait que sur cent
des cargaisons
dans vosi isles, il enpémille Negres colportés
rit trente mille avant l'année révolue, qu'enmeurt
ou vingt mille avant
suite il en
quinze
(1),
soient acclimatés, et qu'enfin
qu'ils
de dix ou douze ans, il n'est
au bout
de tout le reste. Mortalité
plus question
les matelots p
des Blancs : je ne compte que
des homce sont des hommes, 7 et
parceque
pourroient nous être d'une
mes robustes, qui
vous nous sacrigrande utilité, et que pour
Un*tiers de l'équipage
fions en pure perte,
les fievres, les dyssenteries,
est emporté par
les
les maladies de langueur 1
le scorbut,
compter aussi les chirur-
(1)1 faut cependant utiles dans ces périlleuscs
giens, hommes infiniment
traversées.
H
des homce sont des hommes, 7 et
parceque
pourroient nous être d'une
mes robustes, qui
vous nous sacrigrande utilité, et que pour
Un*tiers de l'équipage
fions en pure perte,
les fievres, les dyssenteries,
est emporté par
les
les maladies de langueur 1
le scorbut,
compter aussi les chirur-
(1)1 faut cependant utiles dans ces périlleuscs
giens, hommes infiniment
traversées.
H --- Page 342 ---
(314)
salaisons, la corruption des eaux
les mauvais traitements,
et delair,
climat
-
toujours mobile Tintempérie d'un
chaud,et toujours
2 tantôt froid, tantôt.
Tinsomnie, la
humide, la malpropreté,
du travail.
légereté des rations, 2 ctl'excès
Si tous ces eflrayants
point sur vos consciences, calculs ne pesent
d'en être
permettez * nous
la funeste épouvantés, et d'en tarir à
source, A quoi bon
jamais
nats inutiles? Le seul
tant d'assassisans objet suffit-il
plaisir d'une cruauté
de ces Pertes énormes? pour nous dédommager
liplier jusqu'à certain Lhabimde apu mulnations; et j'avoue point les besoins des
mal remplacé
que le sucre seroit assez
chocolat ne se par le miel, que le café etle
suppléent
vous donc
point: mais
que ces denrées et toutes croyez- les
resdontvous approvisionnez
ausoient pour nous de
nos royaumes
qu'on ne puisse pas plus premiere s'en
nécessité, 2
pain? et pour qui nous
passer que de
ne nous supposez
prenee-vous, si vous
pour sacrilier
pas méme assez
notre mieux
généreux
être absolu de Thumanité être au bienD'ailleurs, ne.vous
toute entiere?
reste-t- il pas assez de --- Page 343 ---
(115)
pour fournir toute
Negres en Amérique,
? et s'il est vrai qu'il en manque,
FEurope
au lieu d'emcomme vous le prétendez,
millions eu
anuellement quarante
ployer
les
en bes
hommes, que ne
employez-vous dans vos habiliaux? que n 'introduisez-vous
de la charrue, usage
tstinstesapeinocent:
pour vous
feroit baisser si sensiblement
qui
le
de VOS denrées. Mais
et pour nous
prix routine, et vous aivous tenez à T'ancienne
de revenir sur
mez mieux nous ruiner que
café
Marchands de cassonade,de
VOS pas.
donc nous faire
et de cacao, pensez - vous
de renchéavec toutes VOS menaces
peur
Consumez vous-mêmes toutes VOS
rissement? nous saurons bien y renoncer.
provisions! 0 Européens ! 6 mes amis, nous avons
; de vastes royaudel'espace : étendons-nous; mine immense,
mes nous sont ouverts! quelle enfouis? que de
inépuisable ? que de trésors
nos
qui n'attendent que
richesses perdues,
et dans tousles
mains ? que de bois précieux
? que de plantes pour la botanique?
genres
variété d'objets infiniment
quelle prodisieuse
et dont;
prédeux, bien plus à notreportée, sûrs de
très
d'art, nous serions
avec
peu
H'a
étendons-nous; mine immense,
mes nous sont ouverts! quelle enfouis? que de
inépuisable ? que de trésors
nos
qui n'attendent que
richesses perdues,
et dans tousles
mains ? que de bois précieux
? que de plantes pour la botanique?
genres
variété d'objets infiniment
quelle prodisieuse
et dont;
prédeux, bien plus à notreportée, sûrs de
très
d'art, nous serions
avec
peu
H'a --- Page 344 ---
(116 )
faire une abondante moisson? Ah!
la bienfaisante nature les
pourquoi
ou plutôt jetés,
y avoit-clle semés
sion inconcevable, entassés, avec une profui
nerdelui ravir
sinon pour nous délourses enfants Nous
encore vu qu'un feuillet de ce
n'ayons
Ne nous arrétons
grand livre.
Guinée;
pas sur les côtes de la
Allons pénétrons dansl'intérieur des terres.
chercher non les
choses. Laissons
hommes, 7 mais les
au sol les bras qui le
tivent, et ne le forçons
culéternel
pas par le
que nous lui
repos
rapts sanglants,
prescrivons, par les
de gaieté de
auxquels nous nous livrons
mnêmes.
coeur 1 à nous dévorer nousAlors cette superbe contrée ne
plus T'horrible théâtre de
sera
continus qui font frémir
ces enlevements
ces guerres affreuses
Thumanité, 2 ni-de
le premier
qu'on apprit à connoitre
jour où l'on nous donna
talité, qui cessent dans notre
Thospiconséquemment notre
absence, 7 dont
avarice
phe allumalefoyer,
anthropogra
encore, et seroit à erpourlesquelles elle est
cible. C'est
jamais un appas invinen prouvant aux Noirs
sommes hommes, qu'il faut leur que nous
à T'être. L'ainour du travail
enseigner
inertie commandée,
succédant à cette
tous les vices destruc- --- Page 345 ---
(1 117 )
s'évanguiront. Le besoin des échanges
teurs
-
des victimes
amenera l'industrie 1 quand monnoie ou marliumaines ne seront plus d'être féroces, nous
chandise. Oui, cessons
ne
riches. L'Amérique
n'en serons que plus
c'est au
donne
des échantillons;
nous
que
respire T'abondance.
sein de la Guinée que tabac, le sucre, TinLe colon, le IiZ, le
la canelle,
digo; le poivre, la muscade, déjaspondiversesyviennent
toutesles épices
livoire, le cuivre,
tanément de toutes parts;1 l'or même sont comTargent, le vif-argent,
I
fertiles, qui ne s'émuns dans ces régions
de nous donner
tonneroient pas davantage
nous
café, et tout ce que
pourle cacao,le demander, si nous les dispenrions leur
des hommes. Bientôt
sions de nous fournir
à Tancrependant
nos navires, quilanguissent auroient à peine le temps
sept ou huit mois, moins ils n'auroient que
de la jeter, ou du
Le
et de se remplir.
celui de se décharger
doux et plus hucommerce devenant plus
florissant. Voila
main, seroit plus actif et plus
mon
; et pour
certes de grands avantages l'intérêt de la recompte, ou plutôt pour flambeau dans TAligion, dont j'ai porté le voir éclairer tous
frique, et que je voudrois
uroient à peine le temps
sept ou huit mois, moins ils n'auroient que
de la jeter, ou du
Le
et de se remplir.
celui de se décharger
doux et plus hucommerce devenant plus
florissant. Voila
main, seroit plus actif et plus
mon
; et pour
certes de grands avantages l'intérêt de la recompte, ou plutôt pour flambeau dans TAligion, dont j'ai porté le voir éclairer tous
frique, et que je voudrois --- Page 346 ---
ses
(118) )
tianisme, royaumes, je dois ajouter que le chrisviroit de véhicule auquel un nouveau commerce seret
plus facilement s'introduire desauvegarde, pourroit
dans ces régions amies, où et se propager 7
ternité des Blancs
la douce confratout sens LEvangile, avec les Noirs serviroit en
Maispour obtenir ces
faut le concours de
effetssi desirables, il.
confédération
toutes les causes, et une
générale des diverses
TEurope. Si uner nation isolée
cours de
nir juste, et quedes
consentà devecruelles, le mal
autres continuent d'être
Auellessont
Ipersévere, les proportionsac
alérées, etlabalance des
réciproques ne se maintient
intérêts
dans les
plus en équilibre
gouvernements, ce
politique ne doit jamais
qu'une bonne
comme dit très bien M.
permettre ; car,
ses immortels
Necker dans un de
Ja richesse
ouvrages : C'est uniquement
calculs de la comparativé qui importe aux
France
puissance : mais qu'une fois la
des
etlAngleterre se
cours ne tardera
réunissent, le reste
du même
pas à se joindre, et
coup de
aura terrassé
pied TEurope entiere
que et moral, l'esclavage, CC monstre politiqui ne dévore une partie de --- Page 347 ---
(119 ) toutes les autres.
Thumanité qu'en souillant de la traite en
immédiate
La suppression
graduelle de la servitude
Guinée, l'abolition
double voeu de T'opidans les isles, tel estle
les ames honné:
nion publique et de toutes dont je n'ai fait
tes du dix-huitieme siecle, etl les desirs. Le
qu'interpréter les sentiments sanctionnera ce voeu
décret solemnel qui
donc tout à la fois la pénitence,
sacré sera
des
la richesse et la couronne
gouvemennents.
Maintenant, 6 colons, je n'ai plus qu'un
dire, et je me tais. Un sacrifice
mot à vous
au-dessus de VOS moyens
absolu étoit trop
quel
ou de vos forces ; et vous voyez satisfaire, jusqu'à conpoint il m'a fallu, pour vous
du moins
Puissiez-vous
tourner la nature.
des ames
adopter des conditions qu'avec
vous auriez da prévenir,
plus généreuses sont toutes à votre avanet qui d'ailleurs
des réserves odieutage! N'allectez plus où tout s'immole à
ses, dans un moment
prètez vous à
T'envi pour le bien général;
réforme: et ponrlint'eér
une indispensable comme de votre gloire, hàde vos fortunes
vous-mémes avec
102-vous enfin de coopérer
nous à cette grande régénération.
la nature.
des ames
adopter des conditions qu'avec
vous auriez da prévenir,
plus généreuses sont toutes à votre avanet qui d'ailleurs
des réserves odieutage! N'allectez plus où tout s'immole à
ses, dans un moment
prètez vous à
T'envi pour le bien général;
réforme: et ponrlint'eér
une indispensable comme de votre gloire, hàde vos fortunes
vous-mémes avec
102-vous enfin de coopérer
nous à cette grande régénération. --- Page 348 ---
( 120 )
Coxeku SIO N.
Ox dit que tout mal violent
durée: voila
est de courte
cette peste affreuse cependant bien des siecles
de Tesclavage dévore que T
pitoyablement des générations
imrations ; et certes
et des génétés qui se déchalnent parmi toutes les calamiseroit diflicile
sur les peuples, il
vantable Réau. d'indiquer un plus épouprésent
Qu'avons-nons fait
pour arrêter ses
jusqu'a
Des mémoires, des
immenses ravages? P
enrichiront
discours, des livres
nos
qui
une seule constittion bibliotheques ; pas encore
innombrables
pour lui arracher ses
ments perdus victimes, et de tous ces élérepeupler
servira d'avoir des
T'univers. Que nous
cevoir des plans, des philosoplies pour concrire,si nous
orateurs pour les dé.
en déterminer manquons de
et
législateurs
en
pour
Et si en effet au
poursuivre T'exécution?
assemblée
centre de la plus
qui fat jamais,
auguste
la sagesse et Ia
residentlesnvoir,
til à ces trois toute-puisance, que tardegrand
causes de se réunir
objet de la réforme?
pour le
se confondent
Toules les voix
précipiter leur pour solliciter les oracles, et
réponse : la nature
hiommes, la société des
veut des
citoyens, la religion --- Page 349 ---
(121) )
mais il n'est ni état niindia
des adorateurs :
il faille des esclaves.
vidu sur la terre à qui
de méchants
Sile monde n'étoit pas rempli l'ordre public
assez andacieux pour troubler
dénominaet insulter les lois, une pareille à aucun des
être appliquée
tion ne pouvant
couvrent sa surface, et
êtres raisonnables qui
ou
à la pensée un sens trop vague
présentant
être bien saisi, seroit par
étendu pour
trop
Il faudroitleffacer 2
de
cela seulinsigniliante.
toutes
tousles dictionnaires, et en décharger
les langues.
la
des tyrans 2
En dépitde toute populace
pointilal liberté d'autrui,
qmiconqsenlatentey
droit àla sienne, et nulne pourauratoujours mériter le même sort, lui apposer
ra, sans
Ce droit
son cachet ou Tétampera sa marque.
imprescriptible, pars
sacré est nécessaireinent
la force. Ilest
cequ'on ne pentluiopposerque
n'est pas plus permis
inaliénable, parcequil
le
vendre
de se tuer; parcèque
de se
que
en desmainsétrangeres
trauspontdesoimémnee
dont il est
seroit un don purement gratuit, Dumomentoi
Eareareaistegeoietd suis contraint de renjecede ma personne.je me laisse en échandre à Tacquéreur ce qu'il
je vois
etje me hàte de la retirer quand
ge,
cequ'on ne pentluiopposerque
n'est pas plus permis
inaliénable, parcequil
le
vendre
de se tuer; parcèque
de se
que
en desmainsétrangeres
trauspontdesoimémnee
dont il est
seroit un don purement gratuit, Dumomentoi
Eareareaistegeoietd suis contraint de renjecede ma personne.je me laisse en échandre à Tacquéreur ce qu'il
je vois
etje me hàte de la retirer quand
ge, --- Page 350 ---
gu'il n'entend
(1 122 )
Si l'on demande contracter qu'avec lui-méme.
idées aussi simples par quelle fatalité des
les têles des Noirs, n'entrerent jamais dans
grande et unique
je répondrai que leur
Lorsque tous les instants science est de souffrir
et usés par la douleur,
de la vie sont pris
qu'il n'en reste plus
est-il bien surprenant
sommes les artisans de pour la pensée? Si nous
les nôtres, si leur leurs maux, nous ou
et morale est notre dégradation physique
Réchiasent, plus ils doivent ouvrage, moins ils réC'est donc aux
nous intéreser.
eux: : les seuls gouvernements à
liens qui (
penser pour
nous sont ceux
doivent les attachera
sance. Tous delajustice et de la reconnoiscirconstance lesautres, il faut les
actuelle est
disoudresla
stitution : il importe de lavorableà la
cette subelle échappe,je
saisir : sijamais
pas. Déçus dansleure prévois qu'elle ne reviendra
espoir, les
serontqueplis
Afficainsn'en
au sein de notre malheureux, et nous-mémes,
du solitaire bonheur inutile surabondanee, et
enivre,
dont la
nous n'en serons
nouveants nous
Pourroitil donc être
que plus barbares,
flatteur, qui soutient trompé cet espoir si
En nous deipandaut leurs ames abattues?
la liberté, du ton dont --- Page 351 ---
(123 )
éterdemande sa
un
gysce,deronkilse
criminel
des
nellement réduits à n'implorer que
Hélas ! pour nous toucher de comsourds?
dans leurs fers sanpassion, ils s'agient avec effott, et avec
glants, ils les soulevent
inoul
eux leurs bras appesantis ; spectacle
qui nous distraità peine
depitiéoudhoreur. fratricide, de cette mide cette insouciance
depuis trois
sérable torpeur, dans laquelle
remords - !
cents ans nous croupissons sans
dis-je, nous les voyons souffrir sanssourQue
bruit même de leurs fers tous
ciller, et au
s'endorment!
les gouverneneats
Nations, éveillez-vous ! et toi, France,
d'un ton créateur disoit hier, Liberté, a
qui
chaine étoit
comme Dicu
et déja ta
rompue;
elle
dit, Lumiere, à l'origine du monde,et
étinceloit dans toute l'étendue de l'espace:
une seconde journée qui doit
ne perds point à ton coeur : profite de son
être si précieuse
deux brillantes époaurore pour rapprocher Tune de T'autre, se préques qui, en regard
mutuel éclat,
teront dans tous les siecles un
Aoetreudront Ia superbe monarchie la plus
de l'univers. L'Europe
rissante constitution
tu vas dire : ne la
en silence écoute ce que
attendre 2 : elle te secondera Te : au lieu
fais pas
une seconde journée qui doit
ne perds point à ton coeur : profite de son
être si précieuse
deux brillantes époaurore pour rapprocher Tune de T'autre, se préques qui, en regard
mutuel éclat,
teront dans tous les siecles un
Aoetreudront Ia superbe monarchie la plus
de l'univers. L'Europe
rissante constitution
tu vas dire : ne la
en silence écoute ce que
attendre 2 : elle te secondera Te : au lieu
fais pas --- Page 352 ---
(124 )
de te borner tristement au
ta force, avance de
premier essai de
leroi des
vertu en vertu, et comme
astres, poursuis
sans distraction ta noble carriere. majestueusementet Écho
même, répete aujourd'huia la face
detoietdes cieux, parl'organe de
delaterre
tes
ce
sugustes,
mot tout-puissant représentants
recréer dans ton sein
qui vient de
vingt-quatre millions
d'hommes, et va régénérer en un clin-d'ceil
lesimmenses contrées del
fait selon ta
T'Afrique. Illuisera
velle
parole, et elle te devra sa nouexistence. Les Noirs seront libres
jour plus tard, mais ils le seront
un
tu jouiras doublement,
enlin; et
de ton bonheur
d ma chere patrie,
et de ta gloire.
F IN.
CORRE ( CTIO N.
Page 22, ligne 16, lisez ainsi : Si
fuez plus d'hommes en diz
vous
ture ne
ans, que la napeut ou ne veut en fournir dans
lespaca de
DS
vingt. --- Page 353 ---
o
L
E
T
T
R
E
D'UN CRÉOLE
DE SAINT
D O MINGUE
A
LA SOCIÉTÉ ÉTABLIE A PARIS
SOUS LE N O M
D'AMIS DES NOIRS.
Est modus in rebus ; funt certi denique fines 7
Quos ultrà citràque nequit confiftere rectum.
Hor. Sat. 1. lib. 1.
ALSs
A PARIS
7 8 9. --- Page 354 --- --- Page 355 ---
LETTRE
D'UN CRÉOLEDESAINTDOMINGUE
A
L A SOCIATÉ ÉTADLIE A PARIS,
SOUS LE NOM D'AMIS DES NOIRS,
Masseuas,
Je vous prie de croire quebien que
jefois Créole, & l'un des propriétaires
fonciers de Saint-Domingue, je fais
que les Negres fontpartie de l'efpèce
humaine, & qu'en vous nommant les
amis des noirs, c'eft conféquament
d'amis de Phumanité, dont vous prenez le titre. Mais, Meflieurs, depuis que les titres ne font qu'un jeu
de la vanité ou un mafque de la charlatanerie, il eft peut-être dangereux
de s'en décorer, même lorfqu'on les
A
propriétaires
fonciers de Saint-Domingue, je fais
que les Negres fontpartie de l'efpèce
humaine, & qu'en vous nommant les
amis des noirs, c'eft conféquament
d'amis de Phumanité, dont vous prenez le titre. Mais, Meflieurs, depuis que les titres ne font qu'un jeu
de la vanité ou un mafque de la charlatanerie, il eft peut-être dangereux
de s'en décorer, même lorfqu'on les
A --- Page 356 ---
(:)
mérite; 8c fi on-ne les mérite pas 9
W'ufurpation en devient, ce me femble, plus que dangereufe.
Je fuis loin, Mellieurs, de chercher
àvousinculper fauilement. Je connois
ie M zèle qui vous enflamme: mais 2
comme il me paroit que ce zèle vous
égare, permettez-moi de vous prier
de le mettre un moment de côté, 2
pour examiner, avec tout le fangfroid de la raifon, les dogmes que
vous préchez trop fouvent en apôtres.
Vous voulez
tous les hommes
t de
que
ab. foient libres : c'eit, fans contredit,
dans cial.un defir bien louable, bien généreux, Meflieurs : mais avez - vous
confidéré d'abord fi cela eft pollible ?
Avez-vous obfervé fi, dans les Etats
réputés les plus libres, tous les individus jouiffent d'une liberté entière ? ou bien n'eft-ce qu'aux mots
que vous. vous attachez, en vous --- Page 357 ---
(3)
fouciant peu des chofes ? et n'avez:
vous effcdivement déclaré la guerre
qu'au nom d'efclavage, plutôt qu'à
lefclavage méme ? Dans ce dernier
cas, ilfaudroit convenir que votre intention feroit bien peu philofophique; &c fi vous êtes vraiment philofophes 2 comme On nous l'affure, 2
Meflieurs, 2 vous devez favoir qu'une
liberté entière, 2 qui fappofe une égalité abfolue, ne petit jamais exifter
dans l'ordre focial. Tous les peuples
anciens, tous les pcuples modernes
offrent la pretve de cette vérité.Lcs
Spartiates qui étoient aflurément la
nation la plus libre de la terre, 3
avoient leurs Hlotes, qu'ils dominoiententyrans barbares. Les Suifles,
qui font les Spartiates de nos jours,
font divouts, dès le berceau, un
fervice qui.n'eft qu'un efelavage
déguifé; & dans quelques Cantons
Helvétiques, où il y a des Arile
A 2 --- Page 358 ---
(4)
crates de naiffance, le peuple eft
damné à vivre & à mourir
conefclave. Enfin,
toujours
Mellieurs, vous ne
Tignorez pas, les Etats-unis de lAmérique,qui nous préfentent
ce moment l'image la plus jufqu'à
de la liberté, doivent la
parfaite
richefle de
plufieurs de leurs
provinces à l'efclavage des Nègres, qui y eft maintenu avec févérité; & certes.,
leur culture &
2 pour
pour leur richefle,
ont moins befoin de Nègtes
ils
J'avoue
que nous.
pourtant, Meflieurs, car
je ne difcute jamais que de bonne
foi; Yavoue, dis-je, que fi nous
n'avions pour but que de nous enrichir, ce feroit une aflez mauvaife
raifon pour retenir les Negres efclaves; ; mais nous fommes animés
bien d'autres motifs. L'intérêt
par
de la
patrie, l'intérêt méme de l'humanité
bien entendu, fe joignent à notre
intérêt particulier; & de leurs con-
car
je ne difcute jamais que de bonne
foi; Yavoue, dis-je, que fi nous
n'avions pour but que de nous enrichir, ce feroit une aflez mauvaife
raifon pour retenir les Negres efclaves; ; mais nous fommes animés
bien d'autres motifs. L'intérêt
par
de la
patrie, l'intérêt méme de l'humanité
bien entendu, fe joignent à notre
intérêt particulier; & de leurs con- --- Page 359 ---
(5)
cours,naît un principe dejuflice,dont
T'évidence ne peut manquer de vous
frapper vous-même, , quelques
nus que vous paroifliez
préveAvant de favoir fi contre nous.
Negres
on rend les
malheureux,en les
tant en Amérique, il
tranfporner dans quel état ils s'agit d'exami- Etar des
néral dans les
vivent en ge- Négres. en
bois, dans les
Aiirique.
& furles
marais,
plages arides de la Guinée.
Entièrement nuds,
vent des chofes les manquant fouà la vie,
plus néceflaires
3 foumis par - tout à des
defpotes capricieux & barbares
d'autantplus tourmentés
potes - font
que ces defplongés dans la méme
ftupidité, dans le même
ment que leurs fujets
abrutiflecefle à fe voir
; expofts fans
mutilés,
même enterrés vifs
égorgés,
cruels : voilà
par ces tyrans
quel eft
fort des Negresd
d-peu-près le
d'Afrique. Tous
qui en ont queftionné dans
ceux,
nos CoA 3 --- Page 360 ---
(6)
lonics, - en font convaincus. Mais
comme vous, Mellieursi, vous ne
voudrez-pas yous en rapporter aux
témoignages des Colons S 3 daignez
lire., s'il vous plait, les dépofitions
de plufieurs témolns; publiées depuis
peu de temps en Angleterre, parlordre du Parlement Britannique (1).
Croyez-vous que ce foit un fi
grand crime d'arracher des hommcs
à une misère affreufe, un état
d'abrutiflement abfolu, à des tourmens continuels, à la mort même
pour en faire des cultivateurs
utiles, L9
pourleur apprendre àg goûter Punion
des familles, & lés plus doux fehti.
mens de la nature, pour les rétablir
enfin dans la condition humaine P
Croyez-vous encore que des hommes deltinés à fervir, ne foient pas
moins malheureux fous un maitre
() Nota Entr'autres celle de Milew,
, un état
d'abrutiflement abfolu, à des tourmens continuels, à la mort même
pour en faire des cultivateurs
utiles, L9
pourleur apprendre àg goûter Punion
des familles, & lés plus doux fehti.
mens de la nature, pour les rétablir
enfin dans la condition humaine P
Croyez-vous encore que des hommes deltinés à fervir, ne foient pas
moins malheureux fous un maitre
() Nota Entr'autres celle de Milew, --- Page 361 ---
(7)
fouvent fage, fotvent bieninftruit,
moins intérelle à les
faifant, &c du
lorf
conferver fains & robultes, que
d'un
font livrés aux caprices
qu'ils
& barbare Africain,
fuperflitieux
d'autre loi que fes
qui ne connoit
d'autre bien
volontés farouches,
brutales ?
que fes paffions
- 5 Etit aux des
Je, n'ai ofé que vous indiquer Afri- Antilles. Negres
Meffieurs, Pétat des Nègres en
vais vous dire, avec la même
que.Je
celui
briéveté & la méme vérité,
dans nos ifles.
dont ils jouilent attaché à une habitaTout Nègre
pofsède une cafe
tion des Colonies,
commode &c
maifon allez
ou-petite
où il loge avec fa
aflez propre,
L'amour feul
femme & fes enfans.
&c de fa
préfide à l'union du Nègre
libres de fe quitcompagne 5 toujours
liens,
ter & de former de nouveaux leurs enils fe quittent rarement, 8c
l'un
fans ne fervent qu'a les attacher
A 4 --- Page 362 ---
(8)
à l'autre de plus en plus.
travailler
Obligés de
alternativement à la
&c dans l'intéricur des
terre,
ils ont une' 'heure de manufactures,
jeûner, deux heures repos pour déà midi, pendant
lefquelles ils peuvent s'occuper de
leur jardin particulier, & enfin des
puis le foleil couché, jufqu'au foleil
levant; 3 tout le temps eft à eux
excepté dans les
fucreries, où la fabrication du fucre exige qu'on veille
une partie de l'année. S'ils font
maJades, om les traite bien dans Phôpitalde Phabitation; quand ils fe
tent bien, leur maitre eft attentif por- à
ce qu'ils ne manquent jamais de vivres ; & fi par hafard leur
leur en fournit
jardin ne
pas fuflifamment, on
leuren diftribueavec foin (I): mais le
jardin qu'ils ont chacun, fuffit pref
a) La plupart des habitans
Nagres de la morne, des harenga fourmissent &.
à leurs
trrssalatfons, 1 ainfi que des vivres du beuconp d'auque les Nagres peuvent fouvent vondre pays 5 de'forte
cueillent dans leur jardi particulier.
ce gu.is re
leur en fournit
jardin ne
pas fuflifamment, on
leuren diftribueavec foin (I): mais le
jardin qu'ils ont chacun, fuffit pref
a) La plupart des habitans
Nagres de la morne, des harenga fourmissent &.
à leurs
trrssalatfons, 1 ainfi que des vivres du beuconp d'auque les Nagres peuvent fouvent vondre pays 5 de'forte
cueillent dans leur jardi particulier.
ce gu.is re --- Page 363 ---
(9)
toujours à leur nourriture &c à -
qué leurs fantaifies. Ils ont des volailles,
des scochons, fouvent des vaches, des
chevaux, dontils trafiquent tàleurgré,
Communément induitrieux, quand
ils font fous les yeux des blancs, ils
fabriquent beaucoup de petits ouvraqu'ils vendent. Prefque tous les
ges dimanches& les jours de fétes,quelmême, pendant les foirées
quefois
ouvrables, ils fe raffem-.
des jours
danfer dans leurs calenblent pour
das, & pendant qu'ils font répandus
e
dans les campagnes s il eft rare que le
leur travail.
chant n'égaie point
Vous citez, Meflieurs 5, quelques
injuftices, quelques aêtes de defpotifme atroce, qui ont été exerçés
envers les Nègres; ; mais ce n'eft pas
fur des faits particuliers qu'on doit
dela conduite de tout un peujuger & s'il eft des Colons : 2 qui renples
j'odent leurs efclaves malheureux, --- Page 364 ---
(10)
a ferai dire, 2 que rien n'offre uneimage
plus vraie, plus douce de la vie
triarchale qu'une habiration bien ad- paàla fois le
TserDANsALCOS
refpect & l'amour, trouve
fonbonheur dans celui de fes Nègres.
Telle eft la
condition, 2
de ces efclaves,
Meflieurs,
fentés
qu'on vous a reprécomme des êtres flinfortunés.
Or,je vous prie de juget, de bonne
foi, fi leur fort n'eft pas mille fois
préférable à celuiqui les accable fous
les huttes de la férile Guinée.
raifon Compa- du Perfonne ne peut en douter, ileft
fortdes Ne- beaucoup de circonflances
des gres à celui reil
où un paSauyaefclavage deviendroit
ges,
pour des blancs
un bien
mêmes, Quand un
fauvage de l'Amérique eft prifonnier
de guerre, & que fes féroces vainqueurs s'apprétent à lui brûler les
extrémités de tous les
le
membres, à
tenailler, à lui enlever le crâne
d'un coup de casse-tète, & enfin à
ances
des gres à celui reil
où un paSauyaefclavage deviendroit
ges,
pour des blancs
un bien
mêmes, Quand un
fauvage de l'Amérique eft prifonnier
de guerre, & que fes féroces vainqueurs s'apprétent à lui brûler les
extrémités de tous les
le
membres, à
tenailler, à lui enlever le crâne
d'un coup de casse-tète, & enfin à --- Page 365 ---
(1i)
dévorer fes membres palpitans , en
le faifant mourir à petit fgu pendanr
fi on lui diquatre ou cinq jours,
foit: C On va te fouftraire au fupplice
on va te tranfporter
2> que tu attends,
climat
doux, - te don-
> dans un
plus
la
> ner une maifon, 9 un champ,
ton amour choifira,
>. compagne que
tu fentiras bientôt lamour,
> car
la condition
te pro-
>)
dans
qu'on
facilement
p pofe 5 tu te procureras
des cochons, un
> des volailles ,
fi tu le veux ; fi tu
>> pécule méme,
on te
8 dans
>>
-
es malade,
foignera,
tu feras toujours bien
> ta vieillefle
&c tu mourras en repos :
>> nourri,
de tous ces
>> mais tu ne peux jouir
condition de tra2 avantages, qu'à
environ dix heures. par
22 vailler
Ce
n'auroit-il pas
> jour >.
fauvage
licu alors de-fe féliciter du changede fa deftinée, & du nom
ment
eft odieux à nod'efclave, nom qui --- Page 366 ---
1 12)
tre louable délicatefle, mais
rien de
qui n'a
rémugnant pour les
?
Je fais bien
Nègres
que tous les Negres
qu'on nous a apportés de Guinée
n'étoient ni attachés au
mort, ni prêts à devenir la poteau de
proie des
Cannibales : mais plufieurs avoient à
redouter ce fort fatal, ou du
à être maflacrés
moins
par leurs vainqueurs.
Droitdes
Colons fur
Quelques-uns d'entre vous, Mef
las Negres. fieurs, ont déja dit
hommes fe
que quand deux
battent, fi un troifieme
accourt, ) & met en fuite le
il n'apas le droit de dire à vainqueur,
> t'ai fauvé, &
l'autre: aje
pour prix de ta
>>
délivrance, tu me
tu
3)
ferviras,
feras
mon efclave >, Je conviens fans
peine que nos loix
font
-
d'Europe
très différentes.
Perfonne n'a admiré plus
moi
la déclaration des droits
que
naturels de
Thomme, où M.PAbbé
Syeyes a dé-
) & met en fuite le
il n'apas le droit de dire à vainqueur,
> t'ai fauvé, &
l'autre: aje
pour prix de ta
>>
délivrance, tu me
tu
3)
ferviras,
feras
mon efclave >, Je conviens fans
peine que nos loix
font
-
d'Europe
très différentes.
Perfonne n'a admiré plus
moi
la déclaration des droits
que
naturels de
Thomme, où M.PAbbé
Syeyes a dé- --- Page 367 ---
(13) -
ployéune métaphyfique fi hardie & fi
lumineufe, Perfonne ne refpecte
celle que l'augufte Ailemblée de la plus
tiona
naadoptéepour fervir
led la confitution de la deprémbul'Aflemblée
France, Mais
nationale & M. l'Abbé
Syeyes n'ignorent pas.qu'aux droits
naturels, l'ordre de la fociété
qu'on fupplée, > ou du moins exige
ajoute des droits
qu'on
fouvent contredifent sconventionnelsyqui
les premiers.
Lorfqu'un citoyen de Lacédémone, d'Athènes, 2 ou de
achetoit un efclave
Corinthe,
mains d'un Thrace,
Phrygien des
droits conventio c'eft parce que les
&
nnels de la
ceux,de la Thrace & de la Grèce,
gie autorifoient ce marché;& Phrynous avons acheté des
quand
Negres, c'eft
parce que les loix de la France
les ufages de
&
autorifés. Il PAfrique nous y ont
dépend, fans
PAllemblée nationale
doute,de
d'abolir ces --- Page 368 ---
(14)
loix, ces ufages; mais avant de fuivre
VOS fyftémes, PAllemblée nationale
eft trop fage pour ne pas eonfidérer les effets redoutables
roient en réfulter.
qui pourinflietes Punitions
Il eft vrai que dans noS Colonies
auxNegres. les Nègres qui font des fautes font s.
foumis au fouet; mais dans quel pays
du monde ne punit-on pas les hommes qui le méritent ? Le fouet n'eft
pasp plus signominieux pour un Nègre,
que labaftonnade poarun
le Knout
Aliatique,
pour un Ruffe, les coups
de plat de fabre pour un Allemand,
& les coups de corde pour les mates
lots Anglais & Français. Et rremarquez, je vous prie, que vingt-cinq
ou trente coups de fouet donnés à un
Nègre quis'eft rendu coupable, font
ordinairement la feule punition des
crimes qui coûteroient la vie à un
Européen.
Travail a Il eft vrai que les
desNegres.
Nègres font
obligés de travailler. Mais derui:
plat de fabre pour un Allemand,
& les coups de corde pour les mates
lots Anglais & Français. Et rremarquez, je vous prie, que vingt-cinq
ou trente coups de fouet donnés à un
Nègre quis'eft rendu coupable, font
ordinairement la feule punition des
crimes qui coûteroient la vie à un
Européen.
Travail a Il eft vrai que les
desNegres.
Nègres font
obligés de travailler. Mais derui: --- Page 369 ---
(15)
quand regarde-t-on le travail
un mal ? Par-tout T'homme comme
pas befoin de travailler ?
n'a-t-il
celui-là feul
Malheureux
qui ne travaille pas. Ce
qui importe à
c'eft
les
Phumanité,
Nègres ne travaillent
que
qu'on ne les puniffe
pas trop, &c
& il eft fans doute pas mal à proposs
aifé d'obtenir cette
juftice des blancs quiles
fans compromettre leur gouvernent,
blefler le relpeÉt
autorité, ni
qu'il eft néceffaire
que les Nègres confervent
blancs.J'affurerai
pour ces
méme qu'ilfera atoujours très-rare d'avoir befoin
des blancs de ne pas excéder leurs d'exiger Negres.Suriemhabitationsl fagement
vernées, un Negre entre à Phopital, goupour deux ou trois jours, toutes les
fois qu'il le demande,
qu'il jouit d'un parfait 2 c'ef-d-dirc,
le moindre
repos, fous
prétexte de mal-aife.
Ce qui réfulte bien clairement,
Meflieurs, du tableau fimple & vrai --- Page 370 ---
(16)
quejeviens devous expofer, c'eft
Fefelavage des Nègres n'eft
que
fage de l'état de barbarie qu'un paf
civilifation
à l'état de
de
3 & une obligation
travailler réguliérement
ques heures de la
quella condition
journée, fous
expreffe de ne jamais
manquer ni de
douceurs
nourriture, ni des
propres au climat
desAntilles &
agréable
Peut-on Mais
cataviederagriculeurs
attenter à les
fuppofons un moment
desColons, lapropriété
Nègres fuflent auffi
que
en
malheureux
affran- qu'il vous plaît de
chiffant fenter,
nous les repréleurs NiMeflieurs; n'eft-ce
gres?
feuls
qu'à eux
que vous devez
vous voulez les rendre fonger quand
libres ? Les
Colons, qui les ont achetés fous la
fanction
.
des loix ; qui ont
leur temps & leur fortune à employé
des habitations
établir
feuls
3 dont les efclaves
maintiennentla
des familles dont la valeur; quiont
deftinée
du fuccès de ces habitations dépend
& de
nombreux
leurs NiMeflieurs; n'eft-ce
gres?
feuls
qu'à eux
que vous devez
vous voulez les rendre fonger quand
libres ? Les
Colons, qui les ont achetés fous la
fanction
.
des loix ; qui ont
leur temps & leur fortune à employé
des habitations
établir
feuls
3 dont les efclaves
maintiennentla
des familles dont la valeur; quiont
deftinée
du fuccès de ces habitations dépend
& de
nombreux --- Page 371 ---
(17)
Hombreux créanciers dans les
merçans de France dont la
comeft artachée à la
folvabilité
leur; ces
quifont vos concitoyens, Colons,
ne méritent-ils
voségaux,
aucun égard ?
vous les inculper, les
Devezcelle, & vous
calomnier fans
d'humanité, couvrant d'un voile
folliciterleur ruine
tout l'acharnement de la
avec
1 vous ne
haine ? Car
pouvez pas l'ignorer, Mef:
fieues, fi la voix d'un maitre
crainte du fouet
& la
Negres à
n'obligent plus les
entières
travailler, nos Colonies
feront en friche avant
ans, Iln'y a jamais eu de vérité quatre
moralement certaine,
plus
Mais, dit-on, les
ront pour de
Nègres travaille- Averfion
journaliers. Ils Pargent comme nos des Negres
travailleront,
pourle te
qu'ils auront befoin de fe
parce vail terre, de la
leur fubfiftance. Non,
procurer
les Nègres ne rravailleront non, jamais
pour de
à la terre
T'argent, parce qu'ils fe
B --- Page 372 ---
(48)
foucieront fort peu d'avoir de l'argent, & que s'il falloit leur donner
des manouvriers
le prix accoutumé
des habita
dtAmérique, le produit
les
tions ne fuffiroit pas pour payér
des cultivateurs. Les Nègres
journées
pas non-plus pour
ne travailleront
leur fubliftance, parce
fe procurer facilement leur fubfif
qu'ils auront travailler. La plupart des
tance fans
fervent
arbres &c des plantes qui
à la nourriture des hommes dans
Pheureux climat des Antilles, vienIl eft
nent prefque fpontanément.
fereconnu que trois heures par
Nègre confacre à fonjarmaine qu'un
lui fuffifent
fe nourrirlui,
01 din,
fes enfans. pour Et il lui fanfa femme 8c
droit moins de temps s'il ne travailloit point; car en ne travaillant pas,
on a moins befoin de manger. Ainfi
le-Nègre quipoffederoir vingttouffes des
bananiers, un peu'de manioc,
eft
nent prefque fpontanément.
fereconnu que trois heures par
Nègre confacre à fonjarmaine qu'un
lui fuffifent
fe nourrirlui,
01 din,
fes enfans. pour Et il lui fanfa femme 8c
droit moins de temps s'il ne travailloit point; car en ne travaillant pas,
on a moins befoin de manger. Ainfi
le-Nègre quipoffederoir vingttouffes des
bananiers, un peu'de manioc, --- Page 373 ---
(19)
patates, des ignames, des
& quelques pieds de ces
calalous
taux
autres végea
bienfaifans, 3 qui fourniflent
toujours une nourriture
& faine,
abondante
refle
sabandonneroit à une
abfolue, le plus doux des pafirs pour lui. Il trouveroit
plajdes relfources
en outre
vières & dans en péchant dans les rilui
la mer; & alors fion
préfentoit de Pargent
faire travailler dans les
pour le
diroit furement
fucrerics,it
comme le
qui M. de la Condamine fauvage.a
donner une pièce d'or
voulut
lui fervit de guide, & pour qu'il
relever de deflus
qui, fans fe
Pherbe, où il étoit
étendu, luirépondit: je
Les
n'aiposfaims
Nègres ont en général une fi
grande averfion pour le travail de la
terre, qu'il n'y a jamais eu d'exemple qu'aucun de ceux qu'on a rendus
libres,fe foit misa alouage dans aucune
habitation des ifles, En France,
j'en
B2 --- Page 374 ---
(20 )
ai vu plufieurs embarraffés
trifte liberté, fe
de leur
nceuvres, même mettre laquais, mamaisa agriculteurs.J'en décroteurs, mais jaya quelques
rencontrai un il
du Roi,
temps auprès du jardin
de
qui couvert de boue & gelé
froid; tiroit de leau du bois de
chauffage, & qui m'avoua en
tant, qu'il regrettoit
grelobeaucoup la
Martinique d'oà il s'étoit évadé,
N'allez pas m'objeéter
les
gres ne trouveront
que
Neoi ils puiffent fe
pas de terrein
faire des
car je vous répondrai
jardins;
qu'à SaintDomingue, par exemple -
de montagnes reftent
beaucoup
même non
incultes &
leurs,
concédées; & que d'ailcinq cents mille Nègres fe
voyant libres, auroient bientôt
vahi les -terreins d'un
enpetit nombre
deFrançais, ou fe jetteroientdans les
belles plaines de la partie
de Pille, qui font
Efpagnole
encore défertes.
car je vous répondrai
jardins;
qu'à SaintDomingue, par exemple -
de montagnes reftent
beaucoup
même non
incultes &
leurs,
concédées; & que d'ailcinq cents mille Nègres fe
voyant libres, auroient bientôt
vahi les -terreins d'un
enpetit nombre
deFrançais, ou fe jetteroientdans les
belles plaines de la partie
de Pille, qui font
Efpagnole
encore défertes. --- Page 375 ---
(21)
N'allez pas dire
les Nègres
non-plus, 5 que
deviendront laborieux
pour fe procurer des objets de
Car à la vérité les
luxe.
les fantaifies du
Nègres aiment
feroit
luxe : mais il leur
tout auffi agréable de fe
d'une plume rouge, que les
parer
des ifles leur
oifeaux
vêtement
fourniroient, que d'un
d'écarlare, qu'on leur;
téroit de France, & leur
porfélicité fera toujours
fupréme
de
d'être nuds,
danfer, ou de ne rien faire.
Et voyez quel devendroit alors
pour les Nègres méme, le réfultat
cet
de
Caffsnschiftemenrque vous
fiutile, fi jufte, fi parfait.
croyez
cultivateurs
Cepeuplede
maintenant vigilant, indufrieux, fous T'infpedion
blancs, 2 retomberoit
des
dans fon
infuilliblement
ftupidité, engourdifement, dans fa
dans fa
barbarie
Mais,
primitive,
dites-vous, on les encouragera, on leur infpiréra de l'émulas
B 3
et
de
Caffsnschiftemenrque vous
fiutile, fi jufte, fi parfait.
croyez
cultivateurs
Cepeuplede
maintenant vigilant, indufrieux, fous T'infpedion
blancs, 2 retomberoit
des
dans fon
infuilliblement
ftupidité, engourdifement, dans fa
dans fa
barbarie
Mais,
primitive,
dites-vous, on les encouragera, on leur infpiréra de l'émulas
B 3 --- Page 376 ---
(22 )
tion. Et qui,
s'il vous plait P - Les.
Gouverneurs 2 les Adminiltrateurs
qu'on enverra de France.
Mais
pourra-ton entretenir à grands frais
des gouverneurs > des adminiftrateurs, des troupes dans des colonies,
qui ne rendront plus aucun bénéfice à l'état ? Et ces
ces adminiftrateurs, gouverneurs 2
feront-ils
temps obéis par des
longles regarderont
Negres 2 qui
comme leurs
mis naturels ? Ces
enneNègres ne fe foumettront-ils pas plurôt à quelques
chefs de leur race, qui auront un
peu plus de courage que les autres;
qui bientôr fe feront la
tr'eux, deviendront
guerre endes defpotes
éruels, &c préfenteront dans nos ifles
un fpeétacle auffi défaftreux
celui que nous voyons en Guinée que
& dont je vous ai tracé le tableau ?
Il eft certain que par Ia nature du
climat & Par la nature du Nègre
--- Page 377 ---
(.23)
de
telles feroient des conféquences
ce peuple de ne
la facilité qu'auroit
la patravailler. L'indifcipline,
pas
lexdefordrestesplus
refle,! l'injuftice,
affreux deviendroient les premiers
recueillerions devos
fruits quenous faveur de Thumaprédications en
nité.
vous le Travail
Vous croyez peut-étre,
des des Blanés
dites du moins, qu'il Palleroit
aux ifles.
Européens aux ifles pour fuppléer
travail des Nègres. Mais qu'elle
au la conttée en-deça des mers,
eft
aflez d'habitans pour
qui pollede
facrifice en faveur
faire un pareil
? Songez, je vous prie,
des Colonies
dans la
qu'il faudroit faire paller
deux
feule isle de Sainr-Domingue,
millions de blancs pour qu'il pût
acclimater cent mille, en tras'en. vaillant à la terre. Le foleil brûlant
que des
des Antilles ne permet pas
blancs réfiftent à fes ardeurs comme
B 4
qui pollede
facrifice en faveur
faire un pareil
? Songez, je vous prie,
des Colonies
dans la
qu'il faudroit faire paller
deux
feule isle de Sainr-Domingue,
millions de blancs pour qu'il pût
acclimater cent mille, en tras'en. vaillant à la terre. Le foleil brûlant
que des
des Antilles ne permet pas
blancs réfiftent à fes ardeurs comme
B 4 --- Page 378 ---
-
a
(24)
des
Negres, > qui le
3. peine la tête nue. Eh! fupportent fans
CCS nombreux
qui nourriroit
émigrans
avant qu'ils puffent
d'Europe,
Qui Pourvoiroit
gagner leur vie ?
aux frais de leur
embarquement ? Qui les
s'ils étoient malades 2 foigneroit
oublié ceux
Avez-vous
à
qu'on a tenté
Cayene, & qui y ont d'envoyer
de mifere & de
tous péri
Quel fedéfefpoir ?
roit potr la Je viens 1 , Mellieurs
Franceleré. prouver allez
, de vous
laffranchif. fultat dej les
bien, je crois,
Negres ni les
que
ement/ des dront
blarics n'entretien.
Negres.
plus la culture de VoS
nies ; & dès-lors il eft facile cologiner qu'elle en fera la fuite d'imapour la métropole, Je
funefte
m'arrêter à la
ne veux point
du café & de privation du fucre, 3
l'indigo. Vous
qu'on s'en Paife en France voulez
bonne
: à la
heure.Reflreindre fes
c'eft déjà une vertu. Mais befoins,
Yiendront tant d'hommes
que dedifférents, --- Page 379 ---
(25)
que le commerce de ces dentées'oçcupe & fait vivre ? Que deviendront
VOS cultivateurs, qui vendent pour
les ifles le fuperfu de leurs farines
& de leur vins ? Que deviendront
dont les ColoVOS manufaétures,
nies feules entretiennent Pinduftrie?
Comment pourrez - vous foutenir
cette marine, qui enrichit vos ports
de mer 3: allure la tranquillité de vos
côtes,& vous fait balancer la fortune
& lat puiffance de vos ennemis ? Vos
cultivateurs, VOS manufaaturiers, 3
feront ruinés. Vos arts
vos marins,
Vos chantomberont en décadence.
tiers, vos ports 2 refteront déferts ;
&c non-feulement VOS rivaux n'imiteront point vos erreurs 2 mais ils
s'enrichiront de VOS pertes.
Ainfi depuis Marfeille , jufqu'à
Dunkerque, ce . vaite demi cercle
qui ceint la France, & fur lequel
s'élevent tant de villes floriflantes,
aaturiers, 3
feront ruinés. Vos arts
vos marins,
Vos chantomberont en décadence.
tiers, vos ports 2 refteront déferts ;
&c non-feulement VOS rivaux n'imiteront point vos erreurs 2 mais ils
s'enrichiront de VOS pertes.
Ainfi depuis Marfeille , jufqu'à
Dunkerque, ce . vaite demi cercle
qui ceint la France, & fur lequel
s'élevent tant de villes floriflantes, --- Page 380 ---
1(26)
les murs, ne
dont la mer baigne
image afplus qu'une
préfenteroit
d'abandon &
freufe de décadence,
a de deuil.
il eft vrai, femblent
ano Les Anglois, 5
vous demander la fupprefcomme
&c la liberté des
fionde l'efclavage
d'une
Noirs; c'eft méme à Pimitation
la
Société établie à Londres que
vôtre s'eft formée. Mais avez-vous
le
jamais pu croire un moment que
miniftère &c le parlement d'Angleterre
férieufement des réveries
écoutaffent
Ne conprétendues philantropiquies.:
fi
noiffez-vous donc pas ce peuple
de Pétendue & de la fplenjaloux de fon commerce ? Pour moi,
deur
Mellieurs,je fuis certain
je lavoue,
n'ont eu pour
que leurs délibérations
à la vibut que de tendre un piége
Jaloux de la fupévacité Françaife:
isles à fucre fur
riorité qu'ont nos
ardeur
avec
- les leurs, ils voudroient --- Page 381 ---
(27)
nous y voir renoncer ,pour profiter fur
& s'élever
de nos imprudences
nos débris.
010 n3
qui vous
1 Ainfi, vous Meffieurs, les amis del
déclarez. G fafmeufement
Thumanité, fous le dangereux prés
texte d'obtenir pout les Nègres, un
affranchillement qui leur feroit fatal
le
à eux-mémes - 2 vous êtes, jofe
dire, les vrais ennemis de vos concitoyens & vous avez préparé tout
enfemble par vos écrits impolitiques
&cfcandaleux, le maflacre des Colons
&c la ruine de la France. Vous voulez que cinq ou fix cents mille Necultivateurs ne foient plus obligres
&c
cette fantaigés de travailler'; par
les
fie, vous attaquez les propriétés
les
plus athentiquement -
garanties par
loix, & vous allez réduire à la mandicité cinq ou fix millions de Blancs S,
le commerce des Colonies fait
que
vivre.
olitiques
&cfcandaleux, le maflacre des Colons
&c la ruine de la France. Vous voulez que cinq ou fix cents mille Necultivateurs ne foient plus obligres
&c
cette fantaigés de travailler'; par
les
fie, vous attaquez les propriétés
les
plus athentiquement -
garanties par
loix, & vous allez réduire à la mandicité cinq ou fix millions de Blancs S,
le commerce des Colonies fait
que
vivre. --- Page 382 ---
(28)
10 Cc 'n'eft pas tout. Voyez
jufqu'on votre zèle erroné
encore
traîne. En
vous encroyant précher Phumanité, vous demandez non-feulement
Tinjuliee, la violation des
de la propriété; mais
droits
la débauche & le
lindifcipline 3. 3
affreux. Vous
défordre le plus
voulez que tout
tre naiffe
&
mulainvitez les libre, par ce moyen vous'
Negrefles : a repoufferleurs
époux noirs, > &à rechercher frauduleufement les carefles des
des foldars, & de
matelots, 2
Blancs,
tous les autres
qui ne font déjà que
difpofés à ces amours
trop
Pétition
Voyez,
licentieux.
desgens de
Meflieurs, ce
coulenr qui produit des
qu'ont déjaà
font en Lifez
confeils]f peu mefurés.
France.
l'adrefle que viennent de faire
rédiger & de préfenter fous leur
à P'Affemblée
nom
nationale
hommes de couleur
quelques
à
qui fe trouvent
Paris, et que votre
courage, Ils fe
exemple engardent pourtant bien --- Page 383 ---
(29)
de demander comme vous, la liberté
des Nègres ; car ils tiennent trop à
quand ils en
de pareilles propriétés,
ont. Mais ils réclament d'abord, les
ordonriances, faites en faveur des
Mulâtres &c des Nègres affranchis;
reclamation bien inutile 2 puifque
Pexécution
rien n'a jamais fufpendu
Enfuite ils dede ces ordonnances.
mandent non-feulement à être pourindiflinatement de tous les emvus civils & militaires de la Coloplois
nie, mais C que les officiers blancs,
2) qui jufqu'à ce jour ont commandé
>> les compagnies de milice coloniale,
3> feront tenus de fe retirer pour être
des officiers de cou-
>> remplacés par
3) leur p.
Cette infulte. faite aux Blancs,
n'eft pas la
cette injuftice atroce,
feule, que. contient leur prétendu
cahier. Il y en une autre, qui va
jufqu'au délire. Ces Meflicurs, pro-
les officiers blancs,
2) qui jufqu'à ce jour ont commandé
>> les compagnies de milice coloniale,
3> feront tenus de fe retirer pour être
des officiers de cou-
>> remplacés par
3) leur p.
Cette infulte. faite aux Blancs,
n'eft pas la
cette injuftice atroce,
feule, que. contient leur prétendu
cahier. Il y en une autre, qui va
jufqu'au délire. Ces Meflicurs, pro- --- Page 384 ---
(30))
pofert férieufement al'Alfemblée nationale> de faire payer une forte
2 amende à tout blanc
2)
propriétaire,
dont la Negrefie fe edéclaréra
2> ceinte de lui; & d'affranchir enfou-
>> dains nicette.Negreile, & l'enfant
>> naitra d'elle >,
qui
Ainfi, en condamnant les Colons fur la foi de leurs
Negrelles u 2 ils auroient beau être
prudents & réfervés, leur ruine feroit bientôt confommée ; carles Ne.
grefles ne manqueroient pas de
trouver des blancs, ou des métifs
qui leurs feroient des enfans,
d'attribuer ces enfans à leurs
3 &
fires
maitres,
par ce moyen d'obtenir une
-penfion & la liberté,
Non, non,ce n'eft point en récompenfant le vice & la perfidie,
qu'on peutinfpirer le goutdes bonnes
moeurs & de la vertu Mais des
loix auffi dangereufes, auffi abfurdes, demandées aux législateurs de --- Page 385 ---
(31)
doivent leur faire conla nation,
les leur
noitre l'efprit de eeux qui
propofent. condamnez la maniere dcnt
Vous
&c la manière
les Nègres
on gouverne cultive les Colonies, que
dont on
fur des rapvous ne connoillez que
bàfalfifiés, & foudain vous
ports des
, vous préfentez
tiflez
fyftêmes
très-beaux en
femblent
des plans qui
farement feroient
théorie 5 mais qui
impratiquables. Pour ne parler que Idée du
exemple, vous dites Pafteur Schwartz
du fucre, par
cultivera la canne, furlacaltsqu'un propriétaire
moulin; &cf du fucré.
Fautre pofledera le
que chacun à fon tour ira porter fes
que
moulin &c faire fon fucre.
cannes au
aviez la moindre noMais fi vous
feriez
tion d'une fucrerie, vous ne
certainement pas une pareille propofition. Je vous prie de me permettre
faut de trèsde vous apprendre qu'il
faire du fucre,
vaites champs pour
ne, furlacaltsqu'un propriétaire
moulin; &cf du fucré.
Fautre pofledera le
que chacun à fon tour ira porter fes
que
moulin &c faire fon fucre.
cannes au
aviez la moindre noMais fi vous
feriez
tion d'une fucrerie, vous ne
certainement pas une pareille propofition. Je vous prie de me permettre
faut de trèsde vous apprendre qu'il
faire du fucre,
vaites champs pour --- Page 386 ---
-
(32)
miême en pétite quantité ;
la
canne a befoin d'être cultivée que
tretenue fur pied
& endix-huit
pendant feize ou
mois; qu'il faut
de Negres, de mulets &
beaucoup
decabrouets
pour la
tranfporter au moulin
que fi elle eft
;
feulement
coupée deux heures
avant iqu'on lap Pafle au
moulin, elle fermente & he rend
plus qu'un mauvais
de
fyrop au lieu de
fucre ; qu'il -
faut des
des chaudieres,de
fourneaux,
grands bâtimens
pour recevoir le fucre &le
& qu'enfin un
préparer;
fant tous ces propriéraire, 5 réunif
moyens, & fur-tout
ayant toujours fes moulins & fes
fourneaux préts, peut feul
du fucre avec fuccès.
fabriquer
comment feroit un cultivateur Autrement
fes cannes fe
quand
que le moulin trouveroientmdres, banal
&c
Pas les rouler ?
ne pourroit
Que deviendroit-il
fur-tour,f on ne pouvoit pas cuire
fon --- Page 387 ---
(33)
fon vefou dès que fes cannes feroient
roulées.
Le propriétaire du moulin banal
auroit-il des bâtimens aflez immenfes pour contenir le fucre de vingt,
habitans ? car n'altrente, cinquante
lez pas encore imaginer qu'on pourroit le tranfporter au loin quand on
le vuideroit des chaudières' où on le
cuiroit. Il faur-que les purgeries (1)
foient à côté des chaudières, ou bien
E
on n'a qu'une congellation fyrupeufe, au lieu d'une bonne cryftallifation, 8c lorsque le fucre eft dans
les purgeries, il faut encore qu'il y
refte deux mois ou deux mois &
demi, pour recevoir toutes les préparations nécellaires.
aller faire
Eh ! Meflieurs, daignez
(1) Les Pargeries font la partie de la manufac.
ture oùt on met le fucre après qu'il vient d'être
cuit pour quil fe purge de fon fyrop.
C
E
on n'a qu'une congellation fyrupeufe, au lieu d'une bonne cryftallifation, 8c lorsque le fucre eft dans
les purgeries, il faut encore qu'il y
refte deux mois ou deux mois &
demi, pour recevoir toutes les préparations nécellaires.
aller faire
Eh ! Meflieurs, daignez
(1) Les Pargeries font la partie de la manufac.
ture oùt on met le fucre après qu'il vient d'être
cuit pour quil fe purge de fon fyrop.
C --- Page 388 ---
(34)
un tour aux isles, & vous
que ni les
verrez
Français, 3 ni les
ni les Hollandois, 55 ni les Anglais,
n'ont encore
Danois 5
foupconnéla'p
de votre méthode;
pollibilité
vous verrez que
votrsimagination vous
&
eft
égare, qu'il
prudent de connoitre bien les
chofes avant que d'en parler.
oyens d'a- Mais, Mellleurs., je reviens à
ucir le franchiflement
P'af
tdesNe- es.
c'eft le
desAungres, Parce que
& fans principalobjet de ma lettres 5
chercher à vous
dayantage queicet affranchillement prouver
feroit injufte & dangereux à beaucoup d'égards, peut-étre même inhumain ; je veux, vous avouer
defire non moins
que je
améliorer la
que vous de voir
condition des cfclaves
autant qu'il fera pollible. Mais
amélioration tient à un
cette
de
nouvelordre
choles,teitcidires à un
me d'adminittration des
régidifférent de celui
Colonies >
qui y eft étanomawoi
-
TLS
Jiaifini sicinoloo solomis
tUSI tgks sisl enonsxav 3
--- Page 389 ---
19119Y 2UOV
aslet XUS
- a
isignA 2
COMET -
D -
23 (35)obasl
bli. Il faut que le corps législatif
de la Nation daigne prendre en confidération ces belles provinces - 2 non
pour les ruiner comme vous le demandez, mais pour en bannirle défordre & Pinjuflice, pour réprimer
le defpotifme arbitraire & capricieux
des chefs militaires, & leur fubfituer des aflemblécs dhabitans librement élus, fans l'accefion defquelles
ces chefs ne doivent jamais exercer
la force exécutive dont ils feront
revétus. Il faut en outre que fi ces
chefs abufent de leur pouvoir, lcs
Colons aient le droit de les citer &c
de les pourfuivre devant la grande
Afiemblée de la Nation.
Quant aux Nègres, 2 s'ilt étoient
traités avec trop de rigueur - , par un
maître barbare, comme il peut malheureufement y en avoir, tout membre de l'affemblée coloniale
de ces
9 inftruit
vexations, fera expreffément
C 2
Il faut en outre que fi ces
chefs abufent de leur pouvoir, lcs
Colons aient le droit de les citer &c
de les pourfuivre devant la grande
Afiemblée de la Nation.
Quant aux Nègres, 2 s'ilt étoient
traités avec trop de rigueur - , par un
maître barbare, comme il peut malheureufement y en avoir, tout membre de l'affemblée coloniale
de ces
9 inftruit
vexations, fera expreffément
C 2 --- Page 390 ---
(TE)
Emimudl iup alonssMal
6I7 b 3519 (36)
gmeda
Xit STIemE not
obligé d'enirendre compte à cette af
femblée, qui jugera le maitre inique,s
& le livrera méme aux tribunaux juty
ridiques, 9 fi elle le trouve allez courr
pable pour mériter une punition
exemplaire,
esloris Rt noid
Par ce moyen les Blancs feront 2
fans doute , plus équitables envers
leurs Negres ; &c les Nègres, fe confiant dans la juftice des Blancs, apprendront de plus en plus à refpedter
& à chérir les loix. 20OV
-
anl G86I
Ilef jufte 3 en outrel, qu'on leur
5 atind infpire toute f'émulation dont ils font
fufceptibles 3 en accordant le repos
& la propriété d'un petit champ dans
Phabitation de fon maitre, à tout
Negre qui aura travaillé jufqu'al'age
de foixante ans fans s'être rendu coupable d'un crime capital, comme maronage, infubordination, 3 vol, &c.
& il faut auf fi qu'on accordel la méme
récompenfe du repos > & d'un petit --- Page 391 ---
(37)
champ, à la Négrefle qui fournira à
fon maître fix enfans en état de travailler. Je crois que les moeurs des
8 leur fécondité, gagneefclaves,
€
femblable
roient beaucoup par une
inftitution. SVU0TI - slls I
SU
Il y atroit encore, fans doute 2
bien des chofes à dire fur le gouvernement des Nègres ; mais ce n'eft pas
ici le lieu de faire un nouveau code
eux. Je n'ai dqu'indiquer les
pour
de rendre leur
principaux moyens
fort plus doux. Je vais maintenant,
Meffieurs, vous préfenter quelques
idées fur la Traite.
de
Idée fur
Sans m'amuferd.vous rappeller que la traite dea
&z la religion fe font Noirs.
la politique
non-feulement pour autoriréunies 5
l'enferla traite des Noirs, mais pourl
courager, même pour la réçompenferyje vous avouerai fincèrement
je la crois utile dans fes princique
préfent dangereule
pes, quoiqu'à
smsr
muG3
3iaq0'b
20001 OD Slnogmoos
fur
Sans m'amuferd.vous rappeller que la traite dea
&z la religion fe font Noirs.
la politique
non-feulement pour autoriréunies 5
l'enferla traite des Noirs, mais pourl
courager, même pour la réçompenferyje vous avouerai fincèrement
je la crois utile dans fes princique
préfent dangereule
pes, quoiqu'à
smsr
muG3
3iaq0'b
20001 OD Slnogmoos --- Page 392 ---
(38)
dans fes moyens. Je crois, ainfi que
de vous. J l'ai expofé plus haut
2 iqu'il cg louable & avautageux de
fouftraire des hommes à toutes les
horreurs d'une delinée fauvage &c
barbare, pourles faire parvenir à un
état de civilifation, ou la fécurité &c
21 les douceurs d'une vie agréable font
29 toujours le - Prix du travail, Je crois
en outre, QHC tant que la traite des
Negrcs fera continuée par d'autres
Nations, il elt de toute nécellité
pour nous, de ne Pas labandonner:
car fi la
Sb L e
France feule y vouloit rcnoncer, il en réfulreroit pour elle
une partie des maux qu'entraineroit
29 infailliblement l'abandon même des
Colonics Que nous refle-t-il donc
a faires
Melleurs ? A étre jultes, à
35 accorder, autant qu'il fera pofible
les
avantages du commerce &c les
droits de
4 Phumanité Continuons à
fauver les
3n 075
Negres du delporiime & --- Page 393 ---
(39 )
5 de la brutalité de leurs féroces tyrans
d'emd'Afrique : mais gardons-nous force ni la
of ployer pour cela ni la
rmod 25b 5118
25 rufe.
le marin
8 Paniffons avec févérité
11 qui fe rendra coupable - 2 en Guinée,
- de violence ou de perfidie. Obligeons
siles négocians à faire entafler moins
à les
21 de Negres fur leurs vaiffeaux,
les rendre,
2 mieux nourrir, & à nous
moins effrayés de
dans les Colonies,
a la domination des Blancs.
Cet adouciffement de'la traite préde
viendra, fans doute, beaucoup
maux. Les révoltes, les épidémies 2
la difette, 2 deviendront plus rares
parmi les Nègres. Les équipages des
navires qui vont dla côte d'Afrique,
a
contraéteiont moins d'infirmités: les
voyages feront plus courts, &c les
Nègres que nous recevrons dans nos
isles,yarnvant plus Vigoureux,plus
fains, plus gais, ne fe livreront pas
viendra, fans doute, beaucoup
maux. Les révoltes, les épidémies 2
la difette, 2 deviendront plus rares
parmi les Nègres. Les équipages des
navires qui vont dla côte d'Afrique,
a
contraéteiont moins d'infirmités: les
voyages feront plus courts, &c les
Nègres que nous recevrons dans nos
isles,yarnvant plus Vigoureux,plus
fains, plus gais, ne fe livreront pas --- Page 394 ---
(40)
a cette fureur du fuicide, à ces maladies de langueur & d'ennui,
nous les font perdre trop fouvént. qui
Car obfervez 2 Meffieuirs, que les
Nègres ne cherchent à mourir
pendant que leurs humeurs font que encore aigries parle mauvais air qu'ils
ontrefpiré a bord & parlag gène, l'emprifonnement &la crainte ou on les z
tenus. Dès qu'ils ont pu goûter le
plaifir d'être à terre 5 dès qu'ils ont
eu le tems d'apprécier leur nouveHe
condition fous un maitre équitable
& bienfaifant, 2 ils ne défirent plus
de
que -
vivre.
Si vous êres vérirablement les amis
des Noirs 2 les amis de Phumanité
comme vous le dites
vous ne
2 Meflieurs 3
a
dnisboeaiMesnteatin
blée desl légiflateurs de la France, que
ce qui convient également aux Colonies & à la
Métropole, & alors
vous J3N a sup verrez usia tous les Colons
110 ASICI
fages
& bienfaifant, 2 ils ne défirent plus
de
que -
vivre.
Si vous êres vérirablement les amis
des Noirs 2 les amis de Phumanité
comme vous le dites
vous ne
2 Meflieurs 3
a
dnisboeaiMesnteatin
blée desl légiflateurs de la France, que
ce qui convient également aux Colonies & à la
Métropole, & alors
vous J3N a sup verrez usia tous les Colons
110 ASICI
fages --- Page 395 ---
(41 )
ST
vôtres,
joindre leurs e
follicitations aux
Vous demanderez pour les Colonies
fans bleller les loix
tout ce quipeur, de la
les
de TPhumanité &
jullice,
haut point de profporter au plus
pérités car c'eft déformais deleurprof
périté que dépend,en grande partie, decellede l'empire Français. Vous
manderez,lur: tout, quilleurfoir per
mis d'acheter des comeftibles de tous
ceux qui leur en porteront 5 parce
qu'ils ont trop de'fois éprouvé que leur
pas fuffire à
la France ne peut
la richetle
en fournir, &c que, malgré
fe font
de leur fol, les fécherefles qui
fentir de tems en tems, entre les trodétruifent tous les végépiques, alimens ordinaires des Nègres,
taux, accalionnent une difette affreufe, a
&y
Ceci paroit d'abord en contradic- haut
tion avec ce que Jai dit plus
de la facilité de cultiver les vivres
du payss mais on fent bien que cette
--- Page 396 ---
o
Sinlgollista (42) el..23bm Bi9
facilité eft foumife aux féchereffes
qui surprennent quelquefois les cull"
tivateursles plus attentifs, ms2S 2919
Vous demanderez donc, que les'P
Colons aient le droit de donner en D
échange des comeftibles qu'on leur
portera, a leurs fyrops & leurs taflias s
que méme,dans les tems calamiteux, o
ou ils feront forcés de recourir à la n
nouvelle Angleterre, files fyrops & -
les taffiasne fuffifent pas au payement
des farines & des autres comeftibles,
Hlentespemindibplisaie ce
ment. par du fucre & du café. Dans payeni ces iis
momens feulement 2 les. Colons doi- nob
vent être libres de livrer à l'étranger
une partie de leurs denrées; car, dans
toutautre tems, ilett jufte que ces
mêmes
A
denrées viennent en entier
récompenferla Métropole de la
teétion qu'elle accorde aux Colonies. pro- A DI
Mais c'eft à nous autres Crébles -
Qu'appartientlefoin de faire toutes.ces 3
e
payeni ces iis
momens feulement 2 les. Colons doi- nob
vent être libres de livrer à l'étranger
une partie de leurs denrées; car, dans
toutautre tems, ilett jufte que ces
mêmes
A
denrées viennent en entier
récompenferla Métropole de la
teétion qu'elle accorde aux Colonies. pro- A DI
Mais c'eft à nous autres Crébles -
Qu'appartientlefoin de faire toutes.ces 3
e --- Page 397 ---
(43)
demandes. Je vous confeille
plotôt à
wosMtadinuowgsivous
amis des Noirss deprouver ditestantles
êtes lesamis des Blancs,de que vous
qui fontexpofése
cesBlancs,
de maux dont les senEuroped unefoule
Nègres denos
nies reftent exempts.
Colocréer, dans les
Elayez de faire
villes, - dans les villages, dansles campagnes del la
des inftitutions femblables France,
à celles
que nous avons déjà dans nos habitations. Si vous avez le bonheur
d'y réuffir, vous ne verrez
ce beau
plus dans
royaume, des mendians, des
eltropiés, des infirmes dans l'abandon, des infortunés que la misère
force quelquefois à devenir
leurs de grand chemin;
voviendrez
; & vous conqu'il vaut mieux
à adoucir lcs maux réels, s'occuper
près de vous, que des
qui font
naires
maux imagique vous voycz au loin,
Je fuis, 2 &c. IUL DSITS
- --- Page 398 ---
(45)
PS.
A peine ma lettre
eft-elle
- feurs, à peine vous
écrite € Mefaije marqué le
que vos déclamations m'ont fait
danges
que ce danger fe
preflentir,
deploye avec
nos Isles. Touites les
fureur dans
nique
nouvelles de la Martinous apprennent la révolte des
ciclaves de plufieurs
ont refufé de travailler habitations, 3 lefquels
& d'obéir, à Pinftigation desNegresdela ville des Saint
Ces Negres fe font
Pierre,
ture de vos
perliuadés, par la lecpamphlets, &x par quelques
ragraphes des gazettes, qu'ils sdevoient paêrre libres &c ne plus travailler.
tous
Ilsavoient
misefomdlecomplanies fe
parle fer, ou parlepoifon, de déireparlefeu,
rousleshommes
blancs, jeunes & vieur, & de ne
ver que les femmes, dont leur
conferpropofoit de faire des concubines audace fe
claves. La trame de CeS rebelles
&x des efa été
verte. Leurs principaux chefs
découLe fang a coulé. Er voilà le ont érépunis.
premier fruit
que votre prétendue humanité recueille
fes dangereufes
de
prédications ! ..
heureux
les Colons, fid'autres Isles Trop
offrent
ne vous en
pas bientôt de plus amers !
dont leur
conferpropofoit de faire des concubines audace fe
claves. La trame de CeS rebelles
&x des efa été
verte. Leurs principaux chefs
découLe fang a coulé. Er voilà le ont érépunis.
premier fruit
que votre prétendue humanité recueille
fes dangereufes
de
prédications ! ..
heureux
les Colons, fid'autres Isles Trop
offrent
ne vous en
pas bientôt de plus amers ! --- Page 399 ---
VUES GÉNÉRALES
Sur les moyens de concilier P'intérét du
Commerce national avec la profpérité
des Colonies 5
PAR M. DE THERAUDIERES,
Ancien Procureur Général au Confeil
rieur du Cap, Député de S. Domingue, Supé --- Page 400 --- --- Page 401 ---
VUES GÉNÉRALES
de concilier Pintérêt du
Sur les moyens
Commerce national avec la profpérité
des Colonies.
Député
PAR M. DE THEFAUDIERES,
de Saine-Domingue.
Prus la Colonie de Saint-Domingue apdu terme où elle doit participer au
proche
& recevoir Pinfluence d'une
bonheur public,
fes ennemis font
fage Conftitution, plus
d'efforts pour la retenir dans les entraves qui
fait gémir fes Habiont depuis long-temps
tans.
davantage les Députés charCe qui aflige dans' le fein de 'Affemblée
gés de réclamer,
égalité de principes
Nationale, cette précieule
d'un même Emqui doivent régir les Sujets
c'eit de voir le Minifre de la Marine,
pire,
à la place qu'il
qu'ils ont eux-mêmes rappelé
&c fe
occupe, perfifler dans fes préventions
réunir à leurs adverfaires.
Que d'obltacles n'avoit-on pas oppofés
de faux raifonnemens n'avoit-on pas fait
que
les empêcher d'être admis à cette
valoir pour
A2 --- Page 402 ---
(+)
augulle repréfentation de toutes les
du Royaume ! Il fembloit
Provinces
ètre comptés
qu'ils ne devoient
pour François que
giroit de les fairecontribuer
lorfqu'il s'aMonarchie.
aux charges de la
Un fyllême auffi
FAffemblée
injufle a été profcrit par
Nationale.
Aujourd'hui, les ennemis des
François, imbus des mêmes
Américains
fair perdre à
idées qui ont
ties de fa
FAngleterre une des belles pardomination, voudroient
les frufrer du fruit du
encore
& les rendre
triomphe de la raifon - 2
étrangers à une Conflitution à
laquelle ils ont Phonneur de concourir.
Cette prétention, trop ridicule
dangereufe, ne mériteroit
pour être
battue.
pas d'être comCependant, comme il n'y - a pas
point defaux lyftême
d'erreurs,
dre
qui ne puiffent
queiques nuages fir la meilleure répannous devons nous défendre,
caufe
Qu'efce qui a donné lieu à
récente du Commerce? Une
lattaque
fimpie.
queftion bien
Lorfqte la
de fesp ports à la Métropole, denrée
en fermant la fortie
& en y introdufant de premiere nécellité,
qu'elle
tone les blés étrangers
peut le procurer au plus haut piix,
ftême
d'erreurs,
dre
qui ne puiffent
queiques nuages fir la meilleure répannous devons nous défendre,
caufe
Qu'efce qui a donné lieu à
récente du Commerce? Une
lattaque
fimpie.
queftion bien
Lorfqte la
de fesp ports à la Métropole, denrée
en fermant la fortie
& en y introdufant de premiere nécellité,
qu'elle
tone les blés étrangers
peut le procurer au plus haut piix, --- Page 403 ---
a peine à nourrir fes rsi
furer contre la frayeur Habitans & à les raf.
lonie qui eft à deux de la difette, une Copeut conferver au delà mille de lietes, qui ne
farine qui luiefta apportée,
quatre mois la
tendre de cette méme efl-elle obligéec'at
guilui manque, & doit-elle Métropole la denrée
périr de faim, plutôt
fe condamner à
une puillance étrangere, que d'ouvrir fes ports à
apporter P'aliment dont
qui confent à lui
beloin ?
ellea le plus urgent
On ne croira pas un jour
femblable ait
qu'une
dans
pu être
queflion
un fiecle de
agitée ferieufement
Ptincipes de la liberté lumieres, au milieu des
regards de PAffemblée publique, & fous les
Voilà
Nationale,
pourtant le point de divilion
Commergans & des Colons de
des
mingue.
Saint - DoNous difons au Commerce
que, dans le cours des
: Niez - vous
laFrance ait eu à Peine de années 1788 & 1789,
qu'un Arrêt du Parlement quoi fe nourrir,&
rêté la fortie des blés de Bordeaux ait-arlonies ?
même pour les CoOferez-vous foutenir
duéion des farines
que, malgré Pintrofommes procurées, étrangeres que nons nous
contre votre gré, elles
A3 --- Page 404 ---
16)
n'ont pas été à un très-haut prix, &
plufieurs quartiers de PIlle de Saint-Domin- que
gue n'en ont pas manqué?
Si vous êtes forcés d'admettre ces faits inconteflables, conyenez donc qu'une loi
nous
qui
obligeroit à ne manger quele pain
vous plairoit de nous apporter, feroit la qu'il loi
la plus barbare, la honte du fiecle' qui l'auroit créée, & qu'il n'y auroit aucune
fur la terre capable de la maintenir. puiffance
Lorlque nous difons que POrdonnance,
honore M. du Chilleau,
qui
parce qu'au rilque
- de perdre fa place de Gouverneur Général,
il a fauvé la Colonie des horreurs de la famine, eft calquée fur une femblable
a
été rendue par MM. d'Argout & de Vaivre qui
en 1778; on nous répond qu'il n'y a pas de
bonne foi à citer cette
qu'on étoit en
Ordonnance, parce
bliée.
guerre lorlqu'elle a été puD'abord, il n'y avoit pas encore eu
d'hoflilités commifes à Pépoque où elle a été
rendue. En fecond lieu, qu'importe
qu'on
foitaffiégé par les ennemis ou par la famine?
Il n'y a pas d'ennemis plus terribles
En 1778, les Corfaires bloquoient
qu'elle.
en 1789, la difette nous fermoit nos ports;
tres.
les voOn objede que cette Ordonnance, émanée
a été puD'abord, il n'y avoit pas encore eu
d'hoflilités commifes à Pépoque où elle a été
rendue. En fecond lieu, qu'importe
qu'on
foitaffiégé par les ennemis ou par la famine?
Il n'y a pas d'ennemis plus terribles
En 1778, les Corfaires bloquoient
qu'elle.
en 1789, la difette nous fermoit nos ports;
tres.
les voOn objede que cette Ordonnance, émanée --- Page 405 ---
17)
fenfibilité du Gouverneur, n'étoit
de la julte
de lIntendant. Eh bien, qu'eftpas fignée
Que Pun étoit humain,
ce que cela prouve?
éclairé; que l'autre étoit injulte, impitoya-
&
fous l'ancien régime, un des
ble,
que,
faire périr la
deux Adminiftrateurs pouvoit
Colonie, en fe refufant aux vues bienfaifantes de fon Collegue, fi ce Collegue avoit
eu la foibleffe de craindre fon rappel.
Ilréfulte de cette vérité,qu'il efl indifpenfable de fubftituer à cette autorité arbitraire
éclairée, 2 & foumife à
une puiffance fage,
Pintérêt public. Comment la former cette puiffance ? En établiffant dans nos Colonies des
Affemblées Provinciales & Coloniales.
Ces Allemblées, compolées de Propriétaires, de Négocians, fipuleront les intérêts
de la Colonie, créeront des Réglemens de
Police, qui feront fandionnés par le Souverain, & qui formeront alors un rempart
le
des Miniftres & des Adcontre
delpotifme
miniftrateurs de la Colonie.
Le Gouverneur aura dans fes mains la
puiffance exécutrice ; mais cette puiflance
fera limitée par la loi, en temps de paix,
& il ne fera autorifé à la franchir que dans
des momens de crife, où le falut public
exigera qu'il s'en écarte; & encore fera-t-il
A4 --- Page 406 ---
78)
un jour refponfable de l'abus qu'il auroit
faire de ce pouvoir illimité.
pu
Nous ne nous propofons pas de brifer
liens qui uniffent le Commerce
les
de
aux Colonies; c'eft de la France
France
nous entendons recevoir
feule que
les, tout ce qui fort de nos vinsa nos toifes
Mais comment
Manufadures.
à attendre d'elle pourrions-nous nous affujettir
feule nos farines,
nous fommes témoins de la détreffe lorfque
Concitoyens, &
de nos
droit leurarracher que nous voyons qu'il faufournir la nôtre ? leur fubliflance, pour nous
Comment confentirions L- nous à ne
nous acquitter du prix de notre
pas
en donnant en échange la denrée comelible,
recucillons,
que nous
numéraire
lorfque nous n'avons pas 1u1
foins ?
fuffifant pour pourvoir à nos beN'el-ce pas vouloir nous rendre
efclaves que nos Negres,
plus
à ce que nous recevions que'de s'oppoler
de ceux qui veulent bien notre fubliflance
nous
lorique la Métropole ell dans
lapporter,
de le faire ?
Timpolibilité
Le comble de Finjullice n'efl-il
à un Peuple
pas de dire
cultivaneur: ( Votre
> richelle, le fruit de votre
principale
culture, eft du
à nos beN'el-ce pas vouloir nous rendre
efclaves que nos Negres,
plus
à ce que nous recevions que'de s'oppoler
de ceux qui veulent bien notre fubliflance
nous
lorique la Métropole ell dans
lapporter,
de le faire ?
Timpolibilité
Le comble de Finjullice n'efl-il
à un Peuple
pas de dire
cultivaneur: ( Votre
> richelle, le fruit de votre
principale
culture, eft du --- Page 407 ---
(9)
3> fucre, du café; eh bien, vous ne pourrez
votre nourriture ni avec du fucre ni
> payer
) avec du café >.
Voilà cependant le fyflême étrange que
l'on veut établir. Veut-on mettre la bonne
foi, la loyauté à la place d'un intérêt perfonnel 1 Que lon fafle un Réglement, par
Commerce de France aura la faculté
lequelie
fous
exchfbvedapproni@ianer notre Colonie,
que toutes les fois que
la condition exprelle
le baril de farine fuperfine de Moillac, pefant
180 livres net, s'élevera au deflus sde IOQ liv.,
de la Colonie, &c la farine commune
argent
livres, il fera libre à la Coau deffus de so
Pétranger à un
lonie de s'en procurer chez
plus bas prix, & de la payer en denrées du
En Angleterre, on arrête Pexportation
pays.
monte à un certain'prix; chez
du blé, lorfqu'il
lorfquil
nous, on permettra Fimportation
la
s'élevera au deffus de celui déligné par
loi.
dans Ie
On pourroit faire un Réglement
de
relativement a la
même efprit
jullice,
le
traite des Noirs; il en réfulteroit que
Commerce de France auroit toujours la préférence pour les objets de confommation &
de befoin, 3 mais qu'il ne pourroit pas abufer
de la nécellité pour faire ia loi à la Colonie. --- Page 408 ---
(10)
Les Commerçans parlent fans ceffe
avantages qui réfultent pour la France des
Commerce maritime
du
Ce Commerce
; mais que feroit - il
fans nous 2 fans nos
priétés ? Plus ils releveront
proce Commerce
Pimportance de
5 plus ils feront fentir la
néceflité de nous protéger. S'ils
levent le fruit de notre
nous enà un prix arbitraire
travail, en mettant
les objets
nos comeflibles & tous
qu'ils nous fourniffent, ils nous
épuilent & nous ôtent la faculté
à la culture ce
de rendre
Les
qu'elle donne à nos fiteurs.
Manufaéures de France même en fouf
friront; car nous n'achetons que de
fuperflu les étofles, les
notre
les objets de luxe
bijouteries, & tous
Il efl de Pintérêt qu'on nous apporte.
foyons
de la France que nous
riches, parce que notre richefle finit
toujours par fe verfer dans fon fein.
Ileft de fon intérêt
reux,
que nous foyons heuparce que le bonheur nous
à nos propriétés, & les rend
attache
tives.
plus producIlel de fonintérét
vernés
de
que nous foyons goufeules par
bonnes lois , parce qu'elles
attacher peuvent nous faire profpérer, & nous
trie.
invariablement à notre mere Pa-
riches, parce que notre richefle finit
toujours par fe verfer dans fon fein.
Ileft de fon intérêt
reux,
que nous foyons heuparce que le bonheur nous
à nos propriétés, & les rend
attache
tives.
plus producIlel de fonintérét
vernés
de
que nous foyons goufeules par
bonnes lois , parce qu'elles
attacher peuvent nous faire profpérer, & nous
trie.
invariablement à notre mere Pa- --- Page 409 ---
(11)
il fembleA entendre les Commerçans.,
notre
roit qu'ils ne peuvent exifter que par connoifgéne & par notre efclavage. Qu'ils
nous
fent peu leurs intérêts ! Croient-ils que & notre
préférerons de donner nos denrées
lorfqu'ils nous
numéraire à des étrangers,
abondance,
entretiendront dans une heureufe
détrele
n'abuferont pas de notre
& lorfqu'ils
nous recueillons,
paffagere ? Tout ce que
eux.
tout ce que nous amaffons eft pour
Le luxe, les fantailies des Colons feront: - le
une fource de richefle pane
toujours
lorfqu'il nous mettra
Commerce de France,
Cette vérité
à même d'exifler heureufement. Négocians : il
elt bien fentie par les grands intérêts en petit
n'ya que ceux qui voientleurs Je ne veux pas
qui peuvent la méconnoitre & je pafle à un
m'y arrêter plus long-temps,
objet plus férieux. du Roi ont adreffé à PAC
Les Miniftres
par lequel ils
femblée Nationale un Mémoire,
des éclairciffemens fur ce qui
lui demandent
concerne les Colonies.
ce Mémoire a été
Je me plais à croire que
crainte d'une
infpiré par la bonne foi, parla des Negres à s
infurreêion funelle de la part
des troubles, dont une
par la prévoyance
tentée de propuiffance rivale feroit peut-éire --- Page 410 ---
(12)
fiter, pour ravir à laFrance la Colonie à laquelle nous préparonsune Conflitution
défire depuis flong-temps.
qu'elle
Ni le voeu de nos Commettans, ni celui
de PATemblée ne font de foultraire la Colonie à la puiffance éclairée du Gouverneur
Général & de FIntendant.
Les Miniflres obfervent qu'il importe qu'il
Joit pourvu aux objets d'utilité publique &
urgens ; que le Roine pouvant exercer ce pouvoir par lui-me néme, il doit réfider aufein de la
Colonie méme.
C'ell précifément ce que demandent les
Habitans de Suin-Domingue; &, pour remplirce voeu fi fage, ils nous ont chargés d'in-'
filler auprès de PAllemblée Nationale,
que la Colonie foitautorifceàfe conflituer pour
Aflemblées de département,
des
des
qui formeront
Réglemens adaptés aux trois chefs-lieux
qui la partagent, qui donneront leurs avis,
par écrit, aux deux Adminiftrateurs fur tout
ce qui concernera Pordre & lebien
de
la Colonie.
général
Le Miniftre de la Marine, qui n'ignore
Pexillence de ces demandes, auroit
pas les
rappeler aPAlemblée Nationale,
pu
de concert avec les Dépurés des &requérir, Colonies,
qu'elles fuffent provifoirement décrétées. Les
glemens adaptés aux trois chefs-lieux
qui la partagent, qui donneront leurs avis,
par écrit, aux deux Adminiftrateurs fur tout
ce qui concernera Pordre & lebien
de
la Colonie.
général
Le Miniftre de la Marine, qui n'ignore
Pexillence de ces demandes, auroit
pas les
rappeler aPAlemblée Nationale,
pu
de concert avec les Dépurés des &requérir, Colonies,
qu'elles fuffent provifoirement décrétées. Les --- Page 411 ---
(13)
Affemblées Provinciales fe feroient confituées, organifées d'aprés le décret national;
travaillé à Pétabliffement de
elles auroient
à la rédadion des
leur régime partienlier, 2
décrétéés
lois générales qui auroient pu être
PAffemblée Nationale dans la préfente
fellion; par
& fous très-peu de temps, Pordre
auroit régné à Saint-Dole plus parfait
mingue. Henreufement il n'ya encore rien de prononcé fur le mémoire des Miniflres, & PAL
femblée à laquelle Jadrefle mon travail, fera
à même de difliper leurs alarmes & d'éclairer
leurs doutes.
miflion n'a été plus orageufe & plus
. Jamais
Teft celle des Deputés des
contrariée que
du
Colonies. Tantôt ce font les préventions
sramnpemsteidiereted Commerce
qui s'élevent contre nous, enfuite viennent
les amis des Noirs, qui fans doute font les
ennemis des Blancs, leurs freres, dontils préle maffaicre, puis tout à coup nous
parent fommes affaillis par les hommes de couleur.
Nous n'aurons pas de peine à triompher de
nos adverfaires, car nous ne demandons que
jullice.
Dans le moment où le voeu,de la Colonie,
pour la plus grande prolpérité du Royaume, --- Page 412 ---
feroit de fe
(14)
nombre de procurer un bien plus grand
Negres, une
un zele aveugle, s'écrie, fociété, infpirée par
ne faut plus
non feulement il
duife des Negres permettre quele Commerce condans les
encore licencier tous
Colonies, il faut
Je ferai deux
ceux quiy font.
oblervations
PAllemblée Nationale
fimples. 1°. Si
cret 3 qu'en réfulteroit-il? rendoit un pareil déHollande, le Portugal,
LAngleterre, la
roient pas moins la traite des PElpagne, n'en feplus la France en
Negres; n'ayant
à meilleur marché, concurrence, ilsles auroient
&
plus facilement leurs Colonies. approvitlnnetoient
Telclavagey gagneroit? Nos Colonies Qu'ell-ce que
détruites, celles de nos rivaux feroient feroient
fantes, & la dette nationale, mife
floritgarde de l'honneur & de la
fous la fauveferoit
loyauté
impolible à
Françoife,
des amis des Noirs? acquitter : efl-ce là le voeu
2°. Si PAffemblée rendoit
affranchit les Noirs,
un décret qui
hommes libres? Les que deviendroient ces
& les Blancs Efclaves ferez-vous Propriéaires,
deux claffes
? Il faut que Pune des
travaille, OLI
toutes deux : or, comme il qu'elles eft
périffent
lc Blanc ne peut pas travailler à reconnu la
que
quele Noir, paturelilement
terre, &
pareffenx, n'y tra-
. Si PAffemblée rendoit
affranchit les Noirs,
un décret qui
hommes libres? Les que deviendroient ces
& les Blancs Efclaves ferez-vous Propriéaires,
deux claffes
? Il faut que Pune des
travaille, OLI
toutes deux : or, comme il qu'elles eft
périffent
lc Blanc ne peut pas travailler à reconnu la
que
quele Noir, paturelilement
terre, &
pareffenx, n'y tra- --- Page 413 ---
(5)
vaille que forcément, vous condamnez
cetteterre fi féconde, à la férilité,
donc
ans à la mort?
& fes Habi.
Certainement la Métropole &
porteront pas dans les Colonies, PEtranger ne
la farine, & tous les
du vin, de
fi on ne leur donne objets qu'ils y portent
tions du
en échange les producPays, ou du numéraire ; s'il
plus ni produdions, ni
n'ya
feront-ils lès échanges? numéraire, avec quoi
Ainfi.d'sprés ce beau fyfême, les
lesNegres des Colonies
Blancs,
merce de France font Françoifes, &le Comanéantis.
Voilà pourtant à quels écarts conduir
enthoufiafme quin'ef éclairé
un
fidération, & immole la
par aucune conidéede célébrité.
railon à une vaine
Je n'ai encore rien dit-de relatif
à la
individuelle; : PAfflemblée
juflice
elle, fans blefler,
Nationale pourroitaux
léquité, tenir ce
Propriétaires des Colonies:
langage
> acheté fix cent mille
G Vous avez
>> çans
Negres des CommerFrançois, fous
> vernement ; ils vous Pautorifation du Gou-
) les autres à douze
reviennerit les uns dans
cents
> la faculté de les
millions: vous aviez
revendre
) d'en
plus ou moins,
exiger un travail
'> forces: eh
proportionné à leurs
bien, vous allez
perdre ce droit --- Page 414 ---
(16 )
)) que vous, aviez acquis fous
a
Pautorité de la
loiscesNegres, qui 1 faifoient votre
> ne font plus à vous, ils font à
propriétés
)). eft libre d'aller s'établir
eux, il leus
fur tel
) Mles qu'illeur
point des
plaira; vous
>
mêmes vOS
cultiverez vousHabitations, ou vous les
)) abandonnerez; il réfultera de là,
leur
> devez au Commerce
quefivous
François une
)) vos acquifitions,
partie de
vous ferez
)) que les Négocians
bangueroute,
qui vous ont
>> avances manqueront à leur
fait des
)) un malheur auquel il faut tour; mais c'eft
b mettre ).
tous vous fouSi "'Aflemblée Nationale, voulant
traire concilier Péquité
au conavec le défir de
curerla liberté aux Negres,
produ rembourfement du
chargeoit/aNation
prix de
Ces mêmes
Pacquilition de
Negres, envers les
où trotveroit-elle
Propriétaires,
un milliard,
au moins la valeur de
auquel s'éleve
cette propriété, & à
Peu près trois milliards, pour la valeur deleurs
propriétés foncieres?
Je fuis ami de Phumanité
amis des
autant que les
Noits; mon attachement
eft plus
pour elle
prévoyant & plus éclairé
dont ils fe
que celu
dema
parent; mais quoique l'exillence
fortune tiere à mon Habitation &a aux
Negres qui la cultivenr, je faurois en faire le
facr
de
auquel s'éleve
cette propriété, & à
Peu près trois milliards, pour la valeur deleurs
propriétés foncieres?
Je fuis ami de Phumanité
amis des
autant que les
Noits; mon attachement
eft plus
pour elle
prévoyant & plus éclairé
dont ils fe
que celu
dema
parent; mais quoique l'exillence
fortune tiere à mon Habitation &a aux
Negres qui la cultivenr, je faurois en faire le
facr --- Page 415 ---
(17)
facrifice devoit opérer le bonfacrifice, f ce
Monde, telle que PAheur d'une partie du
frique. Je fuppofe que tous mes compatriotes
leurs ateliers & tous les Negres
raflemblent
difent: <Nous vous
domeliques, &qu'ilsleur
qui vous ort
des Négocians
> avons achetésà
où vous avez reçu le
> amenés de la terre
que c'eft une injuflice que
)) jour; on prétend enlevés, que de yous avoir
) de vous avoir
de vous un
à des Maitres : qui exigent
)) livrés
nous voulons réparer cette
9> travail journalier;
vont arriver dans e
51 injullice - : mille navires conduiront au milieu de
>> nos Ports, & vous
ns
LE
> vos freres ).
fuis sûr, tous les Negrés
A ces mots, J'en
frémiroient de frayeur., & nous fupplieroieut
conferver. Cela eft fi ivrai, que de tousles
de les
un
affranchis, il In'y en a peutêtre pas
Negres
duquelil foit venu de - prdfeul dansla penfée
retourner en Afrique
fiter de fa liberté, pour
mourir dans fon
découvrir fa famille & y
30O1
y
fein.
de liberté,
En combattant ce ridiculefiftème excufer totis
je fuis bien éloigné de vouloir dont' fuis
abus de Pefclavage; la Colonie
je
les
de fages réRepréfentant, a déjà provoqué
&
prévenic les adtes injulles
glemens pour
du fort des
syranniques, & Padouciffement
B' --- Page 416 ---
(18)
Negres ne fera pas le dernier point de notre
conftitution, ni celui dont nos Affemblées
Provinciales s'occuperont avec le moins
zele & d'humanité.
de
Pour compléter la tâche
impofée, il me refle à
que je me fuis
de
répondre aux hommes
couleur, & à réfuter quelques
articles de leur cahier de doléances. principaux
ils font non recevables demander D'abord,
à
PAffemblée
députera
Nationalescar la Colonie étant nx
compofé de Propriétaires Blancs & Gens de
couleur, s'ils font Propriétaires,
préfentons,
DouS les repuifque nous repréfentons la Colonie ; enfuite c'eft une corporation fans
voirs, fans titres, & PAflemblée
pouNationalene
pent admettre les Députés d'une
Ils demandent à jouir des droits corporation.
tous.les Citoyens,
communs à
lorfqu'ils leur fontaccordés
par l'édit de 1685, & qu'ils en ont
joui; ils ont été appekés,
toujours
pour Pintérêt de
leurs propriétés, à nosaflemblées de Paroifles,
qui font les feules aflemblées libres &
tutionnelles
conflique nous ayons eues jufqu'à ce
jour. Aucun fimple
Affemblées
Caogeaetisiopsicanae
dites coloniales, pour la
tition de Pimpôt, quin'ont
réparfées
jamais été
que des Adminifrateurs
compoCommandans
en chef, des
particuliers, des Ofliciers des
êt de
leurs propriétés, à nosaflemblées de Paroifles,
qui font les feules aflemblées libres &
tutionnelles
conflique nous ayons eues jufqu'à ce
jour. Aucun fimple
Affemblées
Caogeaetisiopsicanae
dites coloniales, pour la
tition de Pimpôt, quin'ont
réparfées
jamais été
que des Adminifrateurs
compoCommandans
en chef, des
particuliers, des Ofliciers des --- Page 417 ---
(19)
Confeils, & des Commandans des quartiers,
tous gens dévoués au Gouvernement.
Leur offre de fix millions eft plus qu'illudel la réalifers
foire; ils fercienaufienbarafiés
qu'il leur en a peu coûté pour la préferter:
FAfemblée Nationale a décrété
Lorique
en droits, &
querousl les Frangoisesienrégaux ecclécliafaptes à exercer toutes les fondions
tiques, civiles & militaires, a-t-elle jugéqu'un
Africain, à qui fon Maitre donneroit fa liberté
dans- nos Ifles, pourroit devenir Magifrat,
Gouverneur, Intendant ? Voilà ceEvèque,
les hommes de
pendant les conféquences que
de
couleur prétendent tirer d'un des articles
conftitution. Non contens d'être nos
notre
égaux, ils veulent devenir nos fupérieurs.
m'arrêterai
fur tous les articles
Je ne
pas
de ces Cahiers, pour prouver qu'ils font préfentés
des hommes fans miffion & fans
propriétés par il fuffit de rapporter l'article XVII,
lequel ils propofent d'ériger en loi, que
par
accouchera d'un
toutes les fois qu'une Efclave
&
Muldtre, il fera libre, ainf que la merc,
les peines énoncées dans les articles pré
que
eidens contre ceux qui vivent en concubinage
avec leurs Nigrefes,feront à Pinflant prononeées contre le Maitre.
Il réfulteroit de ceta article, que toute NéB 2 --- Page 418 ---
(20 )
greffe qui voudroit avoir fa liberté, celle de
fon enfant, & fe venger de fon
le faifant condamner à
Maitre, en
une amende &à une
penfion alimentaire, n'auroit beloin que de
folliciter les carefles d'an Matelot, d'un Soldat ; la couleur du fruit de fon
feroit une preuve irréfiftible contre fon libertinage Maitre.
Si une pareille loi pouvoit avoir lieu, il
faudroit renoncer à avoir des Négreffes dans
les Colonies, &c enfermer toutes celles
font aduellement.
quiy
Si les hommes de couleur ontdes
à porter, des demandes à faire, ils doivent plaintes
les préfenter aux Affemblées coloniales; ;leurs
intérêts, comme propriétaires dans les Colonies, étant les mêmes que les nôtres, ils ne
doivent pas douter que ces Aflemblées ne
leur accordent tout ce quileur eft dà, &
les faffent jouir de tous les droits dont doi- ne
vent jouir les Citoyens d'une claffe inférieure,
Chez les Romains, y eut-il jamais un Affranchi parmi les Séndteurs, les Tribuns
les Pontifes, tant que la
s
fous la pureté de fes lois République ?
exifla
Affranchis étoient des hommes Cependant ces
de la même
couleur que leurs Maitres, pris fouvent les
armes à la main, en défendant leur
& quelquefois d'une origine
Patrie,
celle de leurs
plus illuftre que
vainqueurs,
,
Chez les Romains, y eut-il jamais un Affranchi parmi les Séndteurs, les Tribuns
les Pontifes, tant que la
s
fous la pureté de fes lois République ?
exifla
Affranchis étoient des hommes Cependant ces
de la même
couleur que leurs Maitres, pris fouvent les
armes à la main, en défendant leur
& quelquefois d'une origine
Patrie,
celle de leurs
plus illuftre que
vainqueurs, --- Page 419 ---
(21)
démonJe crois en avoir affez dit pour fur l'attala
de notre défenfe
trer
fupériorité adyerfaires. Nous ne devrions
que de nos
au lieu de
point en avoir; le Commerce,
s'il étoit
s'uniroit à nous,
nous combattre,
éclairé; il fentiroit
dirigé par un intérêt plus
& qu'il
fait fa richefle,
que notre propriété
folide que notre
n'aura jamais de bafe plus
opulence. Miniftres, au lieu de contrarier nos
Les
devroient être convaincus qu'une
demandes,
fituée à deux mille lieues de
valte Colonie,
jamais plus sûia Métropole, n'appartiendra lorique fes Habirement à la France, que
lui feront aflervis par une Légillation
tatis
des premiers droits de
juile & protedrice
Thomme.
confervoient le fouNos Afiranchis, s'ils
Maitres,
venir du bienfait de leurs anciens fort de
s'intérefloient véritablement aul
s'ils
efclaves; au lieu de
leurs freres, encore
vouloir deves'exagérer leur liberté & de
crainne nous feroient pas
nir nos fupérieurs, nos ades de bonté > en
dre de multiplier
des ingrats
dans nos Affranichis,
nous montrant
aleurs bienqui veulent infalterimpunémene
faiteurs.
fe difent les amis des
Enlin ceux qui --- Page 420 ---
Noirs
22 )
5 s'ils Pétoient
n'étoient
véritablement 3 s'ils
pas aveuglés
ou animés par le défir de par Fignorance 2
dans les Colonies,
porter le trouble
Commerce & de d'entrainer la ruine du
tous les ports de
n'expoferoient pas les Noirs à des France,
cruels, à des fcenes
fupplices
tant à la révolte & fanglantes, en les exciau meurtre
tres (1); ils n'auroient
de leurs Mailons François,
point calomnié les Coqui, plus humains que les
Propriétaires de terre, regardent
claves comme failant
leurs EC
leur abandonnent
partie de leur famille,
tiver à loifir,
des terreins, pour les culladies, les
les foignent dans leurs maen font
nourriffent dans leur vicilleffe,
d'entre quelquefois fi aimés, que la
eux s'expoferoient à la
plupart
ver la vie de leurs
mort pour fauulage de la liberté Maitres, & ne font fouvent
pour fe dévouer
qu'ils en reçoivent, que
davantage à leurs intérêts,
A peine avois-je terminé
nouvelle réclamation
ce travail, qu'une
feroit de nature à
vient nous affaillir; elle
m'affeéter
ne la regardois comme Teffet fenfiblement, fije
du defporifme
des derniers efforts
ruer à lidée de miniftériel, qui ne peut s'habiperdre la vice-royauré d'un
(1) La
Pays
iafarrection. Maninigue offre déja l'image de cette afircule
intérêts,
A peine avois-je terminé
nouvelle réclamation
ce travail, qu'une
feroit de nature à
vient nous affaillir; elle
m'affeéter
ne la regardois comme Teffet fenfiblement, fije
du defporifme
des derniers efforts
ruer à lidée de miniftériel, qui ne peut s'habiperdre la vice-royauré d'un
(1) La
Pays
iafarrection. Maninigue offre déja l'image de cette afircule --- Page 421 ---
(23 )
fur lequel il exerçoit fii impérieufement
bitraire de fon pouvoir,
toutTarCent vingt propriétaires réunis à Paris, qui
paroiffent avoir concouru à cette
établiffent
réclamnation,
pour principes :
1°. Qu'ils forment la majeure partie des
priétaires de Saint - Domingue;
pro2°. Qu'ils n'ont pas concouru aux élections,
que par conféquent il ne font pas
les députés nommés à
repréfentés par
Saint - Domingue ;
3°. Que ces députés n'ont même
le
général des habitans rélidans à
pas vaeu
Je réponds d'abord
Saine-Domingas.
de faire croire
qu'ils ne fe font pas flattés
à leur premiere
détruire
affertion;
la
3 il fuffit d'obferver que la partie pour
de
françoife
Saine-Domingue contient fept mille deux cents
manufactures ou habitations, & que
perfonnes en poffedent deux,
iquelques
ment
beaucoup, notamparmi les- réclamans, font
indivis d'une même habitation: propriétaires par
ainfi, cent
particuliers ne réuniflent feulement
la vinge
tieme partie des
pas foixanpropriérés.
En fecond lieu, que, quant à la
tion, comme c'eft la colonie de
repréfentague qui doit être
Sainr-Domindus
repréfentée, &c non des indiépars en France, il a fallu que les
blées élémentaires, defquelles feules
affemner des pouvoirs
peuvent émalégitinges, fe formaffenti SaintDomingue. Il fitivroir, 3 du fyitême des récla- --- Page 422 ---
(24)
mans 3 que tous les individus ablens de leurs
provinces au moment des
venir
diediens,pouxroicht
réclamer une repréfentation.
3°. Sur le voeul général & unanime des habitans réfidans à Saint- Domingue
juftifions par des pieces émanées de Tadminiftra- , que nous
tion même, qui a épuifé tous les moyens
empécher la colonie de
pour
députer, que de tous les
citoyens actifs, quarante + deux feulement ont été
contraires a la dépuration.
Les réclamans finiffent par demander qu'il foit
furfis à toutes difcuflions, à tous décrets fur les
intérêts de Saintcolonie,
Domingue, jufqu'à ce que la
légalement aflembléc, ait exprimé des
vaeux politifs. Je fens que l'ordre des chofes ayant
changé dépuis Témiflion des premiers
il peut être de la délicateffe des
veux,
tendre les
Députés d'atnouveaux plans, 5 les nouvelles inf
tructions de leurs commettans; mais encore
pour qu'ils les aient d'une maniere conftirationnelle & libre, faut- il que l'affemblée nationale
décrete un mode de. convocation que le pouvoir
exécudifrefiferoir, ou qu'il Ine donneroit, comme
cela eft déjà arrivé, que firr des bafes &2
des
d'après
principes qui ne font pas ceux de TAffembléc Nationale.
De IImprimerie ed DEMONVILLET
rue Chriftine,
commettans; mais encore
pour qu'ils les aient d'une maniere conftirationnelle & libre, faut- il que l'affemblée nationale
décrete un mode de. convocation que le pouvoir
exécudifrefiferoir, ou qu'il Ine donneroit, comme
cela eft déjà arrivé, que firr des bafes &2
des
d'après
principes qui ne font pas ceux de TAffembléc Nationale.
De IImprimerie ed DEMONVILLET
rue Chriftine, --- Page 423 ---
DE LETAT
DES NE GRES -
rdlativement à la profpérics
DES
COLONIES FRANÇAISES
ET
DE LEUR MÉTROPOLE;
DISCOURS
AUX
RÉPRÉSENTANS DE LA NATION:
e
1789: --- Page 424 --- --- Page 425 ---
(5)
Mzsszxuas:
la Colonie qui nous a dés
Avan de quitter avions bien appris qu'une
purés vers Vous, nous s'étoit formée fous le titre.
fociété de gens de Paris
fociété des amis des Noirs.
de
encore mandé que cette fociété:
On nous avoit
la queltion de T'afpréfenreroic aux Eras-Génétrane dans les Colonies.
franchiflement des Nègres
MESSIEURS, dans les.
Mais nous Vous l'avouons, former à 1800 lieues
idées que nous avions pu nous de la Nation Frandes douze cerits Répréfentans nallement allarmés des plans.
caife, nous ne fimes fociété qui nous parur plus re-
& des projets d'une
ligieufe que politique. RS 2, comment euffions,
En-cfet, MESSTEUT les douze cents Répeénous pu: nous perfuader que Palfent accueillit des profentans d'un grand Peuple
de précenduse
formés par une fociété compofée
ets
A3 --- Page 426 ---
(6)
philofophes, de gens de
êrre, mais de gens
verfés beaucoup d'efpric,
tions
peu
dans les grandes peurd'adminitzadion, de
quef-
& de balance des
commerce; de
Empires? 2
politique
Nos Ceuimetrans n'ont donc
nous donner des inftructions po.Massreons,
queftion que l'on ofe
ni leurs ordres fur la
motre grand éronnements vous préfenter aujourd'hui, à
furpris de l'ensbarras
3 & vous Re devez pas être
dans lequel nous nous
derépondre ac
trouvons
mettans n'ont iderattsques contre lefquelles nos ComNous
pas pu juger devoir fe prémunir.
Tavouerons,
point d'orateurs Parmi Mzssroass nous n'avons
terre, des cultivateurs, nous. Des proptiétaires de
tranquillité &
des gens qui ne veulent
& de
paix, fe nourifent peu de
que
principes d'un fens indéfini.
queftions
Nos Commertans
leurs idées,
ont cru, dans la
que des Gens
fimplicité de
fimple & droit, connoifant d'honneur, d'un efpric
rèts, las befoins de leur
parkuirement les intéil eft a la France, leur Pays d limportance dont
leurs
fuflifoient pour
hommages & leur amour à
préfenter
çaife & au Roi.
da.Nation Frans
Avant d'entrer,
00 90 a
de la grande caufe Messineaa,danr les détails
Noirs Vous
que les, foi-difants amis des
de nous arrêter préfentent, il me paroir indifpenfable
rope entière fe un-peu croit
far le caractère qae L'Eu
Nation Francaife.
en droir de reprocher a la
fuflifoient pour
hommages & leur amour à
préfenter
çaife & au Roi.
da.Nation Frans
Avant d'entrer,
00 90 a
de la grande caufe Messineaa,danr les détails
Noirs Vous
que les, foi-difants amis des
de nous arrêter préfentent, il me paroir indifpenfable
rope entière fe un-peu croit
far le caractère qae L'Eu
Nation Francaife.
en droir de reprocher a la --- Page 427 ---
(7)
beancoup de
fans-doute,
Nous pofidons,
MESSTRURS,
qualirés aimables & ellimables,
chez rous
mais en même temps nous paffons
préun
peuple léper,nmappliqsé,
les étrangers pour
ne fachant jamais sarrecipité dans fes réfolutions,
mefures; grand
& dans de jaftes
fes
ter 1-propos nouveautés, grand imitateur de
amateur de
de prinvoilins, & enclin à changer d'orintons, de modesde maximes, prefque autant que
difcuf
cipes,
Massrsons.en
Je n'entrerai point,
d'autre
qui na, peut-êrre,
fion fur une accufation
dont ces étrangers nous
fondement que la jalonlie
honorent.
nous devons, en
Cependanr, MrsstEUns, eft des matières dans
convenir qu'il
toute modeftie,
bien jeunes,8 :
pourlefquilles
lefquelles nousfommest
la maturité & Vinftrucnos tètes n'ont pas encore
tion convenables:
point, Messmons.les
Nous ne difcurerons
des amis des Noirs,
en morale de la fociété
la victoire
principes
abandonnons à cet égard
& nous leur
& la plus facile,
la plus complette
aux inculpations quils
Quant aux allégations, foins dans leurs écrits, nous
sépandent avec tant de créature humaine qui révient
leur répondrons quune à celui qui la achetée pour
au bout de trois ans
de quatre mille trancs,
cultiver fa tee, plus
fa chariré, fa manfollicite bien plus puillament
tous ces beaux
fucrude, fes veilles, fes foins, que A 4
leur
& la plus facile,
la plus complette
aux inculpations quils
Quant aux allégations, foins dans leurs écrits, nous
sépandent avec tant de créature humaine qui révient
leur répondrons quune à celui qui la achetée pour
au bout de trois ans
de quatre mille trancs,
cultiver fa tee, plus
fa chariré, fa manfollicite bien plus puillament
tous ces beaux
fucrude, fes veilles, fes foins, que A 4 --- Page 428 ---
sifcours, ces
8)
amplifications de
vres traduits de TAnglais,
rhérorique, ces lituriers dont Tunique
compofés par des avanbouleverfer l'univers. plan eft probablement de
Nous avons peu d'intérèr,
Yanter beancomp
MEssireRs, a
à la
limportance dont nos pays font
France; nous abandonnerons les
loppemens de cette caufe a
grands dévemaritimes da
toutes les provinces
bordent l'Océan Royaume; à toutes nos villes
& la
qui
millions d'hommes'g Méditerranée,a plus de cing
augmentation
que fait vivre & entretient une.
millions
de richelles de plus de deux cents
qui donnent un
deux milliards aux affaires mouvement de près de
Monarchie.
générales d'une grande
Nous nous bornerons donc,
une difcufion fimple & vraie fur Msssiruas, à
importante matière.
cette grande 8c
Nal n'eft riche,
fomme, mais bien Messrzeas, de
de ce qu'il confa
ce qu'il poffède au dela de
confommation, & de ce dontil accroit
quemment fa fortune. Ceci eft
conféteftable.
une vérité inconAinfi, fi la France
eft nécellaire Pour fes produit d-peine ce gui lui
vend à PErranger des propres befoins; fice qu'elle
de fes
produits de fon territoire &
millions manufachures, ne Paie pas même, à trente
près, (*) ce qu'elle eft
pour fes fal riques,la
obligée d'en tirer
par
France n'ef donc
i5 elle-memne.
point riche
ft
conféteftable.
une vérité inconAinfi, fi la France
eft nécellaire Pour fes produit d-peine ce gui lui
vend à PErranger des propres befoins; fice qu'elle
de fes
produits de fon territoire &
millions manufachures, ne Paie pas même, à trente
près, (*) ce qu'elle eft
pour fes fal riques,la
obligée d'en tirer
par
France n'ef donc
i5 elle-memne.
point riche --- Page 429 ---
(5)
fuppofons pour
MixenuRsi
Ersdivement,
érénement qpelconqses
un moment que, par un
& quil fac
fes Colonies,
la France vint à perdre Caltivatents, au * lieudètre Franpoflible que leurs
Erancaifes, de familles apcais, d'ècre de familles tousles liensqui atrachent
à la France par
ou aifée, à leur
partenantes d'une clalle riche
des hommes
fajers de TAngleteres
devinffent toutd-comp
il eft
patrie,
état de chofes, Messrruasy étant
Dans cet
les Ports des Colonies
aifé de concevoir que de la France, ce Royaume
fermés aux vailfeaux
de MEtranger ce quil
feroit alors obligé de tirer
coton & en in
confomme en fucre, en caffé,en conféquemment tribudigo, &c quil deviendroit d'ane fomme de 5o à 60
taire de ces Etrangers, impollible de folder par
millions, quil lui feroit territoire & de fes manufactures
les échanges defon
de quels moyens
Il'eft encore aifé de concevoir s'accroîtroit cette Paitde richefle & de profpéricé & à quel dégré de force
fance ennemie de la France,
de fix cents
& de gloire la porteroic une angmenaxion acquerroit, en dix anmillions de numéraire qu'elle
& dont elle pouroit
de la France,
nées, au préjudice
attaquer &c démembrer
employer les moyens pour
quels que foient
de TEurope,
le plas beau Royaume
des Français.
& le courage
fa popalstion
a
A 1 E
de la Franco
Voyez le Mémoire fur le commerce
1C3.
(*)
imprimé chez Moutard, page
& de fcs Colonics,
axion acquerroit, en dix anmillions de numéraire qu'elle
& dont elle pouroit
de la France,
nées, au préjudice
attaquer &c démembrer
employer les moyens pour
quels que foient
de TEurope,
le plas beau Royaume
des Français.
& le courage
fa popalstion
a
A 1 E
de la Franco
Voyez le Mémoire fur le commerce
1C3.
(*)
imprimé chez Moutard, page
& de fcs Colonics, --- Page 430 ---
Vous concevez,
(10)
fe trouveroit rédait encore à guel dégré de
s'il fortoit de fon
le Royaime en dix pauvreré
fein une mafle
années,
niméraire.
audi énorme de
Mais,
rer
avec attention MAssIUAs, le
je vous ptie de eonfidé.
droient la France, fi tableau a
des misères gui artennuméraire de fix cents
cette perte énorme d'un
en dix années, fe millions, qu'elle éprouveroit
tion de plus de
joignoit celle d'ane
cent quarante millions
importTEmranger, toutes les années
que lai doit
de LAmérique que des
en retour, des dentées
dont saccroitroit
Français lui vendent; &
ennemie de la France. néceflitement cette Pailance
Calculez,
en dix années MzssEoRS, les maux
deux
au Royaume la
que feroit
milliards,
perte de près de
Calculez d'un autre côté
treprifes que poutoit former tout le danger des enFrance une Pailance
à fon gré eontre la
méraire & de moyens audi qui s'accroitroit d'un nufrémirez, fans-doute, des confidérablers &c Vous
d'une focicré qui n'eft
conféquences des plans
jofe le dire, d'une
que Pémanarion ctiminelles
protégée, guidée, foldée corporation établie à Londres,
dans lintention
par le Cabiner de
Royaume.
cachée de perdre & d'anéantir Londres,
le
Ec qui peut nous affurer,
temps de troubles & de
MesrguRs, dans ces
malheurs s.qui peur nous --- Page 431 ---
(rt a )
ceux qui en
les chefs de cette fecte',
ne
amfarer que
dans Torigine,
e drellé les plans ténébreux
:
ont
de FAiglererde
foient pas des gagiltes des ames fenfibles ont pu, fanse
Desames! hionnetes,
dans les principer de cette
doute, fe laiffer entrainer
des maux qu'une
fecte par des tableaux menfongers, endure fous la Zône bralante
portion de Thumanité devons leur pardonoer des
de TAmérique : & nous dontils n'ont pas, fansedoure;
démarches, des écarts
calculé les conféquencess
qui fontils s?
les chefs de cette fecte;
manceuMais
exercés déja aux
Ne feroit-ce pas des révolations gens
fourdes des
de
vres
connoitre toute la profondeur
Pouvons-nous
leurs vues fécrères :
déja bannis de
Ne feroit-ce pas des érrangers les exécuraurs des
leurs pays, qui ne feroient Pict, que dont le nom feul
meurtriers de M.
les humiliations
plans
aux Français toutes n
devroit rappeller
de la guerre de 17563 MrssieURs, que dans
A Dieu ne plaife, dans ma dauleurye confonde
,
des amis des
mon indngnation
de la fociété
ponte.dhemahe gens
Noirs.
font pleins de probité,
Il en eft beaucoup qui
Le jour viendra,
dhonneur, & de fenfibilité. ou ils safiligeront
fans-douse, ou ils rougiront , dans les vues de leurs
dècre entrés dans les plane, qui en feroieneles
Et f les malheurs
(idudgutk
dans
A Dieu ne plaife, dans ma dauleurye confonde
,
des amis des
mon indngnation
de la fociété
ponte.dhemahe gens
Noirs.
font pleins de probité,
Il en eft beaucoup qui
Le jour viendra,
dhonneur, & de fenfibilité. ou ils safiligeront
fans-douse, ou ils rougiront , dans les vues de leurs
dècre entrés dans les plane, qui en feroieneles
Et f les malheurs
(idudgutk --- Page 432 ---
fuites funeftes &
()
rémède
inévitables, (G
feroient, par nons-mèmes ) nous nousny portions
fans-donte,
artivoient , ils
geance des maux qui lespremiers a
nous auroient demandervent
auxquels il n'y auroit
été fits,8e
rémède.
mallieurenfemnent plus de
ment
A-NOUERAS.
qu'il fàt pollible aux fappofons pour un mode la première Nation
12 cents
côté la
de TEarope, Répréfentans de
confidération de la
mettre de
centmille Français
vie,de T'exiftence de
nies ; fuppofons mème répandus dans toures les Colofociéré des amis des
avec un membre deila
f on T'oxiges fappofons Noirs, que je nommerai,
cipes d'humaniré ;
qu'il fàr bon, en princréatures noires que cinq ou fix cents mille
qui feroient leurs égorgeaflent cent mille Français
fit Pollible de croire maines; fuppofons encore qu'il
Fraucaifes fe lailfatlent que ces cent mille créarures
par des créatures
égorger comme des agneaux
Africaines, & que
FAmérique 3 qui n'a pas la
Thonime de
courage, felaillàt
répatation d'ècre fans
par la main du Negre porter le poignard dans le cceue
nouri, fans fe
qu'il a vu naitre >
défendse.
qu'il a
Dans cer érar de chofes,
feroit le fort de la France : Messreeas, 3 quel
Le voici: Elle
numéraire en dix années. perdroit deux milliards de. fon
Elle feroit forcée de fe
Suede., d'une monnoie de fervir 2. ainG que la
cuivre.
d'ècre fans
par la main du Negre porter le poignard dans le cceue
nouri, fans fe
qu'il a vu naitre >
défendse.
qu'il a
Dans cer érar de chofes,
feroit le fort de la France : Messreeas, 3 quel
Le voici: Elle
numéraire en dix années. perdroit deux milliards de. fon
Elle feroit forcée de fe
Suede., d'une monnoie de fervir 2. ainG que la
cuivre. --- Page 433 ---
()
de lase,
des Ouvriers
Une grande portion
de la Capitale & des
des Arriftes, des Marchands
aller
Provinces, feroit forcée de s'expatricr pour
fubliter ailleurs.
fourniflent les
Toutes les Manufackures qui
Colonies de leurs befoins feroient anéanties. de la
vignes de la Provence,
La culture,des
feroit diminuée de moitié.
Guyenne, dela Saintonge, dans les Villes de Marfeille 2
L'herbe croitroit
de Nantes, du
de la Rochelle,
de Bordeaux,
Hàvre, de Rouen.
nourriffent
Plus de cinq millions d'hommes que de richelles,
entrétiennent deux cents millions
&
dernière mifère par le défaut de
réduits à la
furcroit de
devenir un
poputravail, pourroient
le Royaume, & y cauler
lation dangereufe pour
révolation.
probablement une grande & fanglante D de bràler
11 feroit indifpentible de vendre ou
Navires marchands.
huit cents gros de huit a neuf cents Négocians
Les fortunes
les Colonies doivent,
des Ports de Mer, à qui
feroient
plus de trois cents millions,
peut-êue,
renverfées & culbutées.
befoin de
La France à la vérité n'auroit plus foule de
s'il faut en croire une
Marine royale,
mais
mauvais écrivains, de prétendus philofophes; de
fes Cotes feroient alors ouvertes aux incurfions
& elles n'en feroient pas même garanties
fes ennemis,
d'hommes armés, ce dont des
par un million --- Page 434 ---
(14)
gens de guerre fe conyaincront
aprergu.géographigue de la vafte par un fimple
Cotes,
étendue de nos
Et nous vertions alors
Messisuas, bientôt renairre probablement
reux de la Monarchie ou
ces temps malhenles
portèrent faccellirement le
peuples du Nord
meurtre dans toutes les
ravage, lincendie & de
gré les éforts & le
Parties de la France,malhabitans.
courage indeftructible de fes
Voila,
blement la MassIrORs, France,
ce qui attend inévitaphylique
fi par des écarts d'une métainintelligible, par des
gérées, tirées des principes d'un confequences exadont le
fens indéini, &
briller des développement n'eft propre qu'i faire
plumes ambitieufes & vénales,
complaifentaux
qui fe
les
cfbnsenfinglaséen des
Repréfentans de la Nation
révolations,
mettoient de prononcer d'une Françaife fe peraux Colonies fur la
maniere défavorable
criminelle,
queftion infidieufe,
que l'on ofe
Perlido,
vos yeux.
aujourd'hui mettre fous
Si
cependant, >
dérations n'avoient Massizoas, tant de conficher de
pas le pouvoir de Vous
prononcer la perte des
empeétoit poflible de Vous
Colonies; ; s'il Vous
n'aiant Point de
perfuader à Vous-mèmes que;
Polfetlions
debaraffes de tour
seaéiteures, Vous feriez
& que Vousn'euliez fujer de guerre avec PAngletetres
plus befoin d'une Marine qui
'hui mettre fous
Si
cependant, >
dérations n'avoient Massizoas, tant de conficher de
pas le pouvoir de Vous
prononcer la perte des
empeétoit poflible de Vous
Colonies; ; s'il Vous
n'aiant Point de
perfuader à Vous-mèmes que;
Polfetlions
debaraffes de tour
seaéiteures, Vous feriez
& que Vousn'euliez fujer de guerre avec PAngletetres
plus befoin d'une Marine qui --- Page 435 ---
(1)
cofre infiniment en temps de guerres
enfin, MIsSTEURS, que
Sil étoit pollible
crufliez de bonne foi
d'après ces morifs, Vous
d'abandonner les
qu'il fàr avantageux à la France
enfuite de
Colonies à elles- mèmes; f, dégagés
de tout intérèt de confervation
toute affedion,
répandus dans vos poflefpour cent mille Français Vous croyez autorifés a
fions d'outre-mer, Vous de la traite & la liberté génés
prononcer l'abolition
rale des Nègres dans toutes les Colonies;
alors de Vous faire encore
Nous nous permettrions
quelques obfervations.
MESSIEURS,
Pouvez-Vous Vous perfuader, la Guyenne e 3
que la Provence, le Languedoc,
la
le Poitou, la Bretagne,
la aSintonge,PAusis,
la Flandre, routes vos
Normandie : , la Picardie,
être fatisfaites de
Provinces maritimes enfin puffent
échanqu'ellesprillent en
votre décifionPenfer-Vous
de leur ancienne
de leur aifance, de leur richefle,
ge
de philofophe dont les
profpeié, des principes
incolfament cau grand jour?
motifs fécrets paroitront à craindre de leur part des
N'avez-Vous pas
contraires aw refréclamations, des proteftations devez leur
?
confiance que vous
infpirer
ped,al
leurs Députés pallent déformais
Croyez, Vous que
dont ilsauroient
reparoitre parmileurs Conciroyens, trahi les intérêts 2
mal calculé, dont ils auroient
leur mé.
Penfez-Vous enfin, MESSIEURS, que
pûr fe borner à de timides plaintes,
contentement
a des murmures fans éfets.
aires aw refréclamations, des proteftations devez leur
?
confiance que vous
infpirer
ped,al
leurs Députés pallent déformais
Croyez, Vous que
dont ilsauroient
reparoitre parmileurs Conciroyens, trahi les intérêts 2
mal calculé, dont ils auroient
leur mé.
Penfez-Vous enfin, MESSIEURS, que
pûr fe borner à de timides plaintes,
contentement
a des murmures fans éfets. --- Page 436 ---
Je dois
(16)
par fageffe,
voile fur le tableau a des MrsstrURs, jetter un
calamités, des malheurs
fi
fur
TmNEmnAEaeed
la prudence, ila fcience de
toute la France,
ptélidoient en ce moment
Tavenir furtour ne.
décrets de cette
aux délibérations, aux
augufte Allemblée.
Er c'eft ici,
devoir de m'élever MRSSTEURS 2 qu'il eft de mon
avec
au péril mème de ma tète force, avec courage,
teurs de ces perfides
contre les machinan'avez, fans-d doute, plans, de plans dont Vous
& le
pas calculé toute la
venin, & que les méchans profondeur
avec un art &c une habileté
ont couverts
confpirateurs.
dignes des plus grands
Frances'écroule Quoi! MrssiEORs, c'eft au moment oû la
fous le poids d'une dette
table , qui ne peur être foutenu
épouvenlecrédit & le mouvement
en partie que par
incalculable
au Royaume les
que donnent
ofe Vous les
productions des Colonies, qu'on
propofer ces plans criminele!
C'ef au moment on toutes les parties
Royaume qui fut autrefois le; plus sbeau
d'un
font cn difolation,
des
de TEurope,
que
en propofer la totale
perfides ofent Vous
dhumanité, de
deftruction fous un voile
inconcevable) bienfaifance, deliberré & ( chofe
d'économie politique.
N'en donrez point,
chans! ont conjuré la faillite MessreUrs S ; les mé.
Ils onr conjuré le démembrement générale.
chic:
de la MonarIls --- Page 437 ---
Ils ont
(17)
conjuré la guerre civile;
la Erquipear 15
méconnoître à ceci,
main des éternels ennemis de MassiEUis: la France
Ous'ef formée cette fociété P à Londrés, ?
Qui font fes premiers fondateurs
Des Perfonnages
en France?
Londres.
penfionnés par le Cabiner de
Quels foncles Orateurs qu'ils
Je m'arrète ici.
emploient?
Ilnous convient,
dans la
Messrevas.de defcendre
profondeur des intentions de
& de les analyfer.
PAngleterre
Quel eft l'intéiêt de cette Puilfance
MaSSIEUR:?
Il'eft de fufciter téncbrenfement
de la France;
la divifion
Il eft de la dépouiller de fes
sieures, de lui faire
poffeffions extéfemble de la plus belle perdre la force du grand enIlet enfin d'exciter la Monarchie de l'Earope ;
me.
guerre civile dans le RoyauSon intérêt eft de faire paffer
tousles États de FEurope,
des fécrertement dans
& éloquens, les mêmes par
émiffaires adroits
cordes fous le voile de plans 2 les mèmes difL'Angleterre
Thumanité, de la liberté,
refteroir alors la feule
fance exiftante en fon entier dans
grande Puif
Elle feule
toute FEurope.
midable,
pourroit ent atretenir une marine fors
B
le RoyauSon intérêt eft de faire paffer
tousles États de FEurope,
des fécrertement dans
& éloquens, les mêmes par
émiffaires adroits
cordes fous le voile de plans 2 les mèmes difL'Angleterre
Thumanité, de la liberté,
refteroir alors la feule
fance exiftante en fon entier dans
grande Puif
Elle feule
toute FEurope.
midable,
pourroit ent atretenir une marine fors
B --- Page 438 ---
le1s Elle feule fourniroie ((eis) à touts
chandifes de rous les
leglobel lesu mar.
pays de lUnivers. Jist
Elle feule feroit un commerce extérieur
wup
attireroit Tor du Monde
quilni
entier) JornoM al b e9iz
Elle donneroit des loix à toute la terre ; elle
feroit le cehtre de runiverss elle feroit la dominatrice de toutes les Nations ; tout aboutiroit à
& IO a I2 millions d'hommes
elle,
droient plus de
millions au-plus en tienbefoin
I5o
dans les fers: du
& dela néceflité.
enol
Cen'eft, fans - doute, Mess STEURS,
avoir faitcouler des flots de
qu'après
fang, > fans en avoir répandu elle-mème, que l'habile Angleterre veut
venir à fes fins.
parSa dette nationale lui fait craindre
-
le retour des maux
pour elle-mème
qu'elle nous caufe, fi elle lavoic
T'imprudence de nous déclarer la guerre ; nous
n'avons probablement point à la craindre de fa
part ; mais 20 à 30 millions- répandus adroirement par fes nombrenx agens dans tous lesiordres, dans toutes les claffes,
ment
aménerolenenécellirele faccès de fes projets ambicieux &
naires 3 G des Français courageux
fanguipéril même de leur vie,
n'ofoient, au
développer touter la
profondeur & le danger de fa
Vous ne
politique.
pouvez douter,
affaires de la
Messrerasyqitler
France ne foient depuis quatres ans
l'objet des méditations de l'Angleterre.
Elle a calculé notre dette nationale, les abus aneiov re-
énerolenenécellirele faccès de fes projets ambicieux &
naires 3 G des Français courageux
fanguipéril même de leur vie,
n'ofoient, au
développer touter la
profondeur & le danger de fa
Vous ne
politique.
pouvez douter,
affaires de la
Messrerasyqitler
France ne foient depuis quatres ans
l'objet des méditations de l'Angleterre.
Elle a calculé notre dette nationale, les abus aneiov re- --- Page 439 ---
(19) )
voltansde notre adminiftration., l'efpric général
qui fait mouvoir la Capitale, & ellet a PH jugee
moment de la diffolution de toutes les parquerle
n'étoit point éloities de la Monarchie Françaife
ghé., 91191
S10nS
or
Ilferoitdifficile denous pafuadecMesseeas,
n'ait pris de grandes meque le Miniftère Anglais
fures, d'après cet apperçu qui ne pouvpit échaples moins
f nous vouaux
per
yeux
pénéranss&
dans lequels'elt
lons bien nous rappellerfembarras
de 48
strouvé M. Pitt de rendre un compte public
millions dont les dépenfes ont été annoncées comme le fecret de PEtati, nous ne douterons plus que
contre la
l'Anglererre n'ait manceuvré puiffamment
France depuis deux ans.
1St la clef des
nio Mais nous aurons, MESSIEURS,
dépenfes fécretes du compte de M. Pitt,fi vous vouce
fe palloit alors en
lez bien vous rappeller
qui
France.
vous combien de plumes ardentes
10 Reffouvenez-v
s'exercèrent alors fur notre fituation, qui ne préfentoit que des defaftres.
qui agitoit fourUS Dans cette inquiétude d'efprit,
dement le Royaume; dans le choc de mille opinions
diverfes fur la nature des Gouvernemens; ; dans l'ésetoulement de tant de fortunes, occalionné par un,
2luxe éfréné & les mceurs les plas dilfolues, s'éleMESSIEURS, de ces hommes qui n'apvoient,
d'autres reffources contre la misère &c
percevoient
B 2
it que des defaftres.
qui agitoit fourUS Dans cette inquiétude d'efprit,
dement le Royaume; dans le choc de mille opinions
diverfes fur la nature des Gouvernemens; ; dans l'ésetoulement de tant de fortunes, occalionné par un,
2luxe éfréné & les mceurs les plas dilfolues, s'éleMESSIEURS, de ces hommes qui n'apvoient,
d'autres reffources contre la misère &c
percevoient
B 2 --- Page 440 ---
Topprobre qui les menaçoient, que dans le
fement généralido-la
renver
Monarelie. 0lus 9115
Dans ces circonfiances,
J05va9q
moit à Londres
Messreons, fe forb
une fociété
&
fous le titredes sfociété des amis politique religieufe
Sa doctrine
des Noirs. 9 Il
litionidela
ne tendoit en apparence qu'à l'abotraire & à l'affranchilemene
Nègres. Elle en tiroit les
graduel des
rel,&e fes
principes du droit natuconféquences éroient certainemene
conteftables en morale,
inMais les intérèrs politiques fe mélant à
la morale, cette fecte a fon
ceux de
tes les fectes du Monde ont le mylere, leur
comme touquieft d'un fens
: & ce myfère
voiler
profond, elle a grand foin de le
pour ces caractères pulillanimes
d'éfroi à l'idée feule des
qui reculent
grandes révolutions
peavent enfanglanter la Terre.
qui
Ce myfère,
Messrrens, cache le
vafte
projet que l'efprit humain air jamais ofé plus
le renverfement de tous les
concevoirs
Telieft,
Empires.
2 31
des amis des Massrabks, le myltère de la feoke
Noirs, qui n'offre à
duite des hommes
fimagination fe
fondir les
qui ne favent point en approu
artificieux, conféquences fanguinaires, qa'an roman
qui, fous le nom de
mande la deftruction:
Thumanité, comLes plans de cette fedte,
Krimaginés dans le nord de la-Nouvelle MessrEUns, ont
par les Quakers, qui fontles plus
Angleterre
habiles politiques 0
DEST
myltère de la feoke
Noirs, qui n'offre à
duite des hommes
fimagination fe
fondir les
qui ne favent point en approu
artificieux, conféquences fanguinaires, qa'an roman
qui, fous le nom de
mande la deftruction:
Thumanité, comLes plans de cette fedte,
Krimaginés dans le nord de la-Nouvelle MessrEUns, ont
par les Quakers, qui fontles plus
Angleterre
habiles politiques 0
DEST --- Page 441 ---
deces
(21 )
Provinces, dont les
peuvent être cultivées
emer(obf@vons-le) ne
da froid exceflif
que par des Blancs, a-caufe
née.
qai y règne les trois
ey
supnilo
quarts de lanIl efkelfencielde
- a
rentrionales avoient remarquer que ces Provinces feptackère de ces malheureux fort pea de Nègres, que le càpareffe & au Jarciny y étoit invinciblement fort
portés a la
peine
difcrédité, &
daignoit - on s'en fervir en qualicé de qu'atiques,
domefJe dois encore vous faire obferver
vé entre ces Provinces
qu'il s'étoit éleMariland, de la
feptentrionales & celles da
la Géorgie, de Virginieydes deux Carolines & de
grandés jaloufies de
navigation & de
commerce, de
Prowvinces,
richeffe, & que les terres de ces
méridionales n'y pouvant être
que par des Nègres, à-canfe de la
culivées
àde linfalubrité du climar, la
grande chaleur
devenoir un fir
révolte des Efclaves
Je
moyen,d'en arrêter la
me fens entrainé malgré moi,
profpérité.
dans de grands détails de
MasSIEURS;
faire ces obfervations, politiques mais j'ai dû vous
ment aux réfultats
pour vous amener graduellequ'il vous fera nécellaire de
mer, afin de parvenir à
fora
replis politiques de la fecte déveloper tous les plis &
Les Provinces
des amis des Noirs.
du nord dela Nouvelle
Massisuas, fe trouvent
Angleterre *
énorme, dont elles
chargéos d'ane dette
en Partie
ne peuvent elpérer la libération
que par la vente de leurs terres &
grande navigation,
par une
B 3
vous
ment aux réfultats
pour vous amener graduellequ'il vous fera nécellaire de
mer, afin de parvenir à
fora
replis politiques de la fecte déveloper tous les plis &
Les Provinces
des amis des Noirs.
du nord dela Nouvelle
Massisuas, fe trouvent
Angleterre *
énorme, dont elles
chargéos d'ane dette
en Partie
ne peuvent elpérer la libération
que par la vente de leurs terres &
grande navigation,
par une
B 3 --- Page 442 ---
ab noM 29b Riene esh 22
Pour 3 Barvenir, il leur convient .rab
rer
nstot
Fa2
une, grande
KIRa3
popalacion & de
osling
le
grand,
que
difcrédit de lears affaires
capitaux,
nécellairemente
a
préfentes 25b 29llag dloigne 3ib
27 - Ces Provincesont fenti,
22b 300OIS
ne pouvoient
MrssIEERT. qu'elles
OI parvenir 001 au fucces de Jeurs
gu'en excitant, dans tous les
projers,
des
of
états des deux Mondés,
révolutions, des guerres qui leur améneroient
indifrenfablemenr Etats,
ces planves parafites de tous n les
cette clafe d'hommes pour qui tous les
font a peu Rrés fgaux, & qui,
pays
avec eux toutes leurs
pouvant emporter
-
richelles dans un
ont la faculté de
porte-feuille,
de tous les
femettre, en 24 heures, a-l'abri
dangers des guerres civiles.
sb
Je dois vous le dénoncer,
dans Tanalyfe, dans les recherches Massisoxs; c'eft
fons Politiques du
des combinaifes
peuple le plus embarraffé dans
affaires, du peuple le plus délié
air
la terre, que fe font formés les
qu'il y
fur
dogmes de la
o Ciéré des amis des Noirs.
fos -
C'eft la que fe font fabriquées les
torches qui, dans les renverfemens des premières u
S de routes les formes de
trônes &c
embrafer les deux Mondes. gouvernement, doivent
C'eft dans les malheurs des
o1
menacent tous les Érats de.
guerres civiles qui
5.ESTe émigtarion des
PUnivers, que fe fera
Capitaliftes de tous les 3
aigeefe Promes la nouvelle
ys,
On ne
Angleterre. 1O7 -
C peur douter, Mrssispas, lom
elt Hles
que --- Page 443 ---
(23 au6 )
amis des Noits de
vues de la focicté des
premières b 3rs foient
fut les polfellions
Philadelphie ne Te portées
Ig
d'outse-mer C19 ab
qui rouchenits
ainfi
ol sup
Elpagnoles Jn
Nelome
die, celles des Provinces- Chies des révoltes aut
En excitant des infurredions,
&
.2
la fociété des amis des Noirs, &
Peres, au Mexique,
procuret à fon pays lés
Philadelphie comptoit
u
de
riches
&ho notts devons' nous
tréfors de ces
contrées; 29
8 ans.dans
rappeller que PE/pugne fc vits uyw
dans cette partie de fes pelrerde 2Y grands 91 3103 embarras, pp 1L0
lels
JU
Fons.
de
19)
CavUOU
douter encore que le projet
Nous ne pouvuds
elle- meme, celle
changer la face de l'Angleterre
foit entté dans lakonfpiratisn
de la Hollande,ne
291 21107 3b
de cette fociété.
fe
1s
de grandes difficultés
Mais, MissiavRs,
w
dans cette partie de fes pelrerde 2Y grands 91 3103 embarras, pp 1L0
lels
JU
Fons.
de
19)
CavUOU
douter encore que le projet
Nous ne pouvuds
elle- meme, celle
changer la face de l'Angleterre
foit entté dans lakonfpiratisn
de la Hollande,ne
291 21107 3b
de cette fociété.
fe
1s
de grandes difficultés
Mais, MissiavRs, a fes fuccès dans les Colonies ETanst font oppofées o
snot
Pagnoles.
cette inftication redoutable 3
s01 LInquifition CL inftitntion tout 2 C
aufli politique Heut-être que
cette
rempart trop formidable
religieufe, leur a préfentéun 1
SI 2
ofer y tenter un éablifement.
X pour D'anciens principes, que des efpricsforts appel0, O1
faus-doue,y confervent une grande
leront peéjagés,
aiment encore leur Roi, leur
force. Les Efpagnols
de leur Gouiup ancienne religion, les formes antiques
C191 91
Les humbles amis des Noics feroient
yernement.
2Y allurés d'y obtenit lesglorieufes palmnes du martyre de leur
n'ambirionnent pas 5 8c la fublimité
puds I -
n'y feroit pas V Fartanee apag B40
fyneme --- Page 444 ---
(44)
L.Anglereme leural donc Pard da
rope la plus propre à former Jeur, pnrie delEu
ment; & da Nation Anglaife
premier érablillereligieux que rour Anglais comprapt E
fur Tamorir
fon
porte a
-
gouvernemnent, n'a dû le voir fon pays &a
efprit dindiltérence qu'elle
que dans cer
pinions religieufes &
accorde à toutes lesseIl eft à croire,
politiques. 291403
9how
n'ont fegardé cette Msattens, fociété
que les Anglais
qui leur avoit fait tolérer que celle fousle point-de-vue
Hluminés.des Martiniftes
de Caglioltro, des
quelques années feroient & de tant d'antres que
dans le mépris & dans tomber dans le ridicules
Mais le Miniftère
loubli.
de toutes nos
Anglais, cet argus infatigable
fans-doute envifagé opinions, de toutes nos actions, l'a
Obferessen
fous un point-de-vue différent.
dit,de
conftant de la polition de
toutes les variations de
notre créde cet efprit d'imitation
notre caraétère &
jamais,.il a vu dans la fecte qui lle nous abandonnera
un moyen politique
des amis des Noirs
volucions gu'air
d'arriver aux plus grandes réFrançaife.
encore éprouvées la Monarchie
France Iave que le temps de rendre
ob
ce quil nous réferve
avec ufure à la
Findépendance de
dans fon cceur pourne
venu.
TAmérique fepsentrionale, éroit H
Isealcnic le
brions de cour scaradesreinquien de cette foule
S
que Venvie de changer de
d'emplace 8cob
politique
des amis des Noirs
volucions gu'air
d'arriver aux plus grandes réFrançaife.
encore éprouvées la Monarchie
France Iave que le temps de rendre
ob
ce quil nous réferve
avec ufure à la
Findépendance de
dans fon cceur pourne
venu.
TAmérique fepsentrionale, éroit H
Isealcnic le
brions de cour scaradesreinquien de cette foule
S
que Venvie de changer de
d'emplace 8cob --- Page 445 ---
(t*5)
le dunedé sinf
Tamour de la nonveauté, pluts que
tuirejontf fait voyager en Anglererte edepuisiatidquis ennemis
sinnées; & il a'jugé que les plus grands
des Ftacisintinies
dela France pouvoicacilne
ME FRETFURS, rappellone-nut
3901 Efectivement,
de vingt fectes ai
avec quelle Pdrdeut les opinions plis abfurdes '188
verfes, > toutes plus dangereafes, embralfées par de des
abes que les Rures', furent de toute 1t
condidiow, 2
perfonines de tout fexe & 11 concevrons que
années; & nous
iby a quelques
fe
quil ny
le Miniflère Anglais a pu
perfusder en a e tout genre 2
dedeftracteur,e
avoit rien deridicale, faire
à des Français.
qu'il ne fûr polible de
adopeer dû voir fans inquiétudonc
ol LeMinifareAngliese fociété des amis des Noirs a
dell l'établiffement de la
fes vues de
Londres 2 mais encore ila da,dans la France, faire
&ede-defvuction contre
vongeance
fecte
fes orateuts, fes écrivaihs
procéger cette
par
comme ailleurs,
les plius célebresy qui dars ce pays,
furla
favent mefarer leurs" opinions C 2 leurs maximes 1
quantiré d'or qu'on leur préfenté. écrits divers en faveur
Hlad dû faire répandre mille
6T
de la doétrine de cette fociété,
la caufe des
Il a dû faire porter en grand appareil de la liberté des
amis des Noirs, ces proteckeurs dela nation Anglaife,
Hommes; att tribunal fuprème
de féanCette caufe a da faire l'objet de beaucoup
forcinérellantes, &c donner de grandes inquiécu- a
ces
nombreufe de Négocians obfervades à cètte claffe
Anglaiss
teurs de la marche du Miniftère
T
de la doétrine de cette fociété,
la caufe des
Il a dû faire porter en grand appareil de la liberté des
amis des Noirs, ces proteckeurs dela nation Anglaife,
Hommes; att tribunal fuprème
de féanCette caufe a da faire l'objet de beaucoup
forcinérellantes, &c donner de grandes inquiécu- a
ces
nombreufe de Négocians obfervades à cètte claffe
Anglaiss
teurs de la marche du Miniftère --- Page 446 ---
Pour en inspofer avec (26) plus diéclat
intentions du Miniftere,
fur sh pureté des
céderiles
ces féances onr dû fe
unesaux autres avec
fmst I
&c fe rallentir enfuite
beaucoup de vivacité 101
Les écrits, les livres avec art & méthode, lods 233
tière ont dû étre
qui ont été fairs fur cette maduits
les
envoyés en France, poury être
par
plas habiles Gens de Lettresyp
tragues.Philofophes répandus dans les cercles Par quelr
brillans.
les plus
La fortune, les dépenfes de ces Gens
ebnang
de ces
de Lettres,
Philofophes ont dû augmenter d'une
frappante. sb
manière
Le Miniftère de France a TTET dû être fondé
n glax
fement far fes difpolitions, fes
mylérieument à fes Colonies,
opinions rélativeTous les Rédaccurs des papiers
S
ce, tous fes Journalifes, les
publics de la Franpuilamment intéreffés a rendre Gazetiers ont dû être
de ce que ces écrits Anglais
des comptes adroirs
duifant.de
renfermoient de plus fcplaspathétique & de
cette matière.
plus captieux dans
Lorlque les efprirs des
luoq
point par la lecture
Français ont été préparés à
ce
deice gui avoit été
genres le Miniftere
préfenté ien
trouver de ces hommes Anglais a dû s'occuper de
fortune, fans reffource, ingénieux, intrigans., fans
des feditionss
bannis de leur patrie
& que le beloin de fublifter poue
capables de.tout entreprendre
rend
pétir ens place
au sifque même. de
publique, - sup Tneicis) 9a alrup
ont été préparés à
ce
deice gui avoit été
genres le Miniftere
préfenté ien
trouver de ces hommes Anglais a dû s'occuper de
fortune, fans reffource, ingénieux, intrigans., fans
des feditionss
bannis de leur patrie
& que le beloin de fublifter poue
capables de.tout entreprendre
rend
pétir ens place
au sifque même. de
publique, - sup Tneicis) 9a alrup --- Page 447 ---
(7)
lor à ces
a dt prodiguer
Le Miniftère Arglais
n a féduire a5 corhommes : Car iP falloic perfaider' 5
former'un érabliffement: Et quoiquerouies
rompte 3 duffent-èrre fort péu chères chez une naces chofes
de fes voilins, ulcérée par
tion 1égare, imitattice
cortompue par fon
1és vices de fon adminiftarion,
qu'on
lase, TeMinifère Anglais fenroirparfitements fans faire de
he forme pas une grande révolution
a a
grands facrifices.
Perabliffemeht d'une foCeshommes ont formé
entretenant cotciété des amis des Noirs, à Paris,
de fraternité avec celle de Londres.
refpondance
éronheront,
Les fuccès de cet établiffemene réfléchir fur
fansidoute, ceux qui ne voudront pas
des efprits de la Capitale:
la difpofition générale
caractères ardens,
1s Lor a dû atre prodigué à ces
des nouveautés, qui fe complaifent
Snquiets.amareors La morale la plus pure 5 la plus féaux révolutions.
à ces ames fenfibles, à
duifante a été préfentée forment des voeux fincères
ces hommes de bien qui
de
le bonheur de Thumanité. La perfpective
pour
de l'ambition la plus fatiftoutes les jouifances,
des places les plus
faire de plus haates dignirés,
des
"Incratives, da miniftère, du comimandement de
armées, a été offerte a ces petits ambitieux
fans talent, conjurés fans courage,
Esarbrobillons de fanté , d'honneur & de forturminés la plupart
s ne7,82 affez pen éclairés pour ne pas appercevoir de révoluqu'ils ne feroient que de vils inftrumens
l'ambition la plus fatiftoutes les jouifances,
des places les plus
faire de plus haates dignirés,
des
"Incratives, da miniftère, du comimandement de
armées, a été offerte a ces petits ambitieux
fans talent, conjurés fans courage,
Esarbrobillons de fanté , d'honneur & de forturminés la plupart
s ne7,82 affez pen éclairés pour ne pas appercevoir de révoluqu'ils ne feroient que de vils inftrumens --- Page 448 ---
28)
tions, dont des confpitatenrs
fe ferviroient pour les
plus habiles qu'euxs
mettre plus bas qu'ils n'étoient dédaigmer enfaire, & legs
Loufque le Miniftère
auparavant.
la corporation des amis Anglais a: Pu préfamnerq que
acquis quelque force, il des Noirs de Paris avoip
re cefferles murmurés
s'eft alors occupé de faide toute la Nation
Tinguiétude des Négocians, des
Anglaifes
Colonies.
propriétaires de fes
De ce moment les amis des
ont été moins accueillis
Noirs de Londres
; les raifons
çans ont été mieux entendues
des Commerles
; les
opinions ont paru leur être plus informationss
tout-àicoup la caufe a été
favorables ; &c
feflion da
renvoyée à une autre
Parlement,on elle ne fera
reprife & traitée
certainement
tique & des intérèts que d'après les calculs de la
de TAngleterre,
poliEfedivenent , Messisoas, G
qui ne peut être balancée dans le FAngleterre 5
navigarion énorme
commerce & la
delInde,
quelui procurent fes
u
que par Tinfluence
polleffions
nent à la France, dans
incroyable que don-eb
tions des Colonier, toute TEurope, les produc- a
facrifice même des Ifles pouvoit parvenir > par de et
5o millions, a déterminer qui lai donnent. a-peine
la France a
febnesyquil lui en donnent
de
renoncer aux
ne pouvons douter
plus deux cents, nous.
déterminar à
que T'habile Angleterre ne fe
Pronetrseriafasdtifenser des Negres
slogmi
, dans
incroyable que don-eb
tions des Colonier, toute TEurope, les produc- a
facrifice même des Ifles pouvoit parvenir > par de et
5o millions, a déterminer qui lai donnent. a-peine
la France a
febnesyquil lui en donnent
de
renoncer aux
ne pouvons douter
plus deux cents, nous.
déterminar à
que T'habile Angleterre ne fe
Pronetrseriafasdtifenser des Negres
slogmi --- Page 449 ---
29 )
3b 300
anoi
faufa Mfés fujets des Colonies i prendre le parti
leur paroitroir le plus convenable.
qui
a
calculez un-peule
En éfet"; MilsisURs,
génie de tous Anglais. Pouvons-nous penfer que
les Habitans des Colonies Anglaifes foufitircient avec)
patience un décret 0 qui -
les priveroit de leurs propriétés, qui A tendroit a mettre leur vie en péril a
Croyez- vous quelile MimfèreAnglais osât armet
les Bottes de la Nation
foutenir un tel décret,
fourdement il
favoriferoi I point lin-
&
per
fraction que &c la répullion, dès le moment que vous
auriez prononcé la perte de Colonies Françaifes?
Et vous allez juger, MESSIEURS, combien
de finelle, d'altuce, de mauvaife foi,leMinillère
Anglais a employé dans cette affaire.
Dansle temps même ou tous les papiers publics
de TAnglererre n'étoient remplis que des difcullions
de la caufe des amis des Noirs ; dans le temps ei
ces fameufes féances du Parlement fefuccédoient les
unes aux autres avec le plus de vivacité en faveur
de cette caufe ; c'eft alors, MESSIEURS, c'eft
dans ce temps même que le Miniltre Anglais, qui
fe cennoit un peu mieux en commerce quele nôtre,
un traité par D lequel il s'obligeoit de fourfignoit
toute la quantité de Nègres qui
nir aux Efpagnols
les rerres de
leur feroient nécellaires pour exploiter
leurs Colonies.
abuEhIMEVNTFURS, ne nous laiffons point
fer par des rufes qui ne. petivent en impofer qu'i
c'eft
dans ce temps même que le Miniltre Anglais, qui
fe cennoit un peu mieux en commerce quele nôtre,
un traité par D lequel il s'obligeoit de fourfignoit
toute la quantité de Nègres qui
nir aux Efpagnols
les rerres de
leur feroient nécellaires pour exploiter
leurs Colonies.
abuEhIMEVNTFURS, ne nous laiffons point
fer par des rufes qui ne. petivent en impofer qu'i --- Page 450 ---
des gensi qui n'ont vu (90) les chofes
biner, & qui n'ont point été
que deolearidi.
tous les dédales de la
intéreffesap parcoutir
Vous devez dire,
politique de LAnglerenre.
des Noirs de Paris Missinuns eft
tla fccte des amis
glererres donc fa
une émanation de cellel d'Anla
morale, fa doctrine
perte de la France; donc il
doivent cacher
rer fur toutes les
n'y a lieu adélibéla France peuvent propofitions que ces ennemis de
nous faire.n 10
Non,
point égarer Messtzeas, les
Vous ne vous
par
projets d'ane
laifferez
lesie ennemis de la France.
fecte formée par
térèt,
Ces
d'amitié, de fraternité, proteflations d'inAnglais Vous fait adroitement dont le Miniftère
naliftes qui, fans-doute,
affarer par des jonrimpoferonr
lui font vendas,
point à Vorre fagefle.
n'en
Vous ne croirez
asds
nemi naturel
pas aux vaeux que Votre ena
France.
peut former pour la profpérité de-la
Vous faurez juger d'ou
mentaux, dont de
partent ces éerits fenti.
naliftes inondent a-dellein prétendas philofophes, des jour- 9
la
vinces.
Capitale & lés Pio
Vous faurez
a 32 si 2nsb
Les fcènes en apprécier les motifs,
toutes les
fanglantes qui fe font jouées
parties du Royaume; le
dans
prit qui s'eft introduit chez les
malheureux' er
pagne Vous auront ouvertles peuples de Ta camdans lefquels Vous
yeux fur les malheurs
précipiteriez les Colonics, fi
ophes, des jour- 9
la
vinces.
Capitale & lés Pio
Vous faurez
a 32 si 2nsb
Les fcènes en apprécier les motifs,
toutes les
fanglantes qui fe font jouées
parties du Royaume; le
dans
prit qui s'eft introduit chez les
malheureux' er
pagne Vous auront ouvertles peuples de Ta camdans lefquels Vous
yeux fur les malheurs
précipiteriez les Colonics, fi --- Page 451 ---
(31))
Vous-touchiez, au régime & aux moyens politiques
prefervés de leur perte depuis cent cine
qui.lesont
quante ans. sb supillog
at
de pays
simVous n'ordonnerez point la deftrucion
pollefleurs ont conquis les terres
dont les premiers
leurs
courage & leurs feuls. éforts; que
pat.leur
confetyés par leur prudence & leur
deftendans ont
enrichit &c
-
fagelles qu'ils ont cultivés pour Vous
donner à Votre Royaume une prépondérance
pour jaloufent en-yain Vos ennemis.
que
lesi
des
Vous traiterez aut F moins
Propriétaires
1R9 Colonies comme de fidèles alliési iquiont prodigué,
leurs fortunessc leurs vies,
dans rous les temps,
lors
tepoufTer les atraques de Vos ennemis,
pour
la cruauté de les
méme que Vos Miniftres.ayoient horteurs de la famine, dont
abandonnerd toures les
les tirer & les ga
ces ennemis feuls pouvoient
rantit.
MESSTEURS, 31078
L'expérience Vous aura appris,
Je defefpoir mène les peuples à des réfolutions
gue
toujours contraires à leurs afexagérées & prefque
fecions a0
les plus chères. Vous ne le porterez point
dans le cceur de Vos parens, de Vos amis, de a Vos
frères.
pointle Royaume a perdreprefque
Vous n'expoferez
ansb fon numéraire en moins de dix années.
tont 19
ruinerez point
Provinces maritimes,
Vous ne
Vos
TIE Villes les plus opulentes de votre Royaume.
renverferez
les fortunes des Né
A Yons. ne
Poinr --- Page 452 ---
(32)
gocians des ports de mer, àd qui les Colonies
vent
doiplus de 300 millions.
Vous penferez que la ruine de ces
traineroit celle de tous les
Négocians enMarchands du
Banquiers, de tous les
Royaume, d'une grande quantité de
Propriétaires de terres, de profque tous les Manufaéturiers, & d'un nombre incalculable
de toute efpèce, que vous forceriez de d'Ouvriers
pour aller enrichir VOS ennemis, de leur s'expatrier, induftrie,
Enfin, MESSIEURS, Vous ne
point un décret dont l'éfet feroit de rendre prononcerez la
tributaire de VOS ennemis, & de donner à France
terre l'empire du Monde.
P'AngleFIN
aires de terres, de profque tous les Manufaéturiers, & d'un nombre incalculable
de toute efpèce, que vous forceriez de d'Ouvriers
pour aller enrichir VOS ennemis, de leur s'expatrier, induftrie,
Enfin, MESSIEURS, Vous ne
point un décret dont l'éfet feroit de rendre prononcerez la
tributaire de VOS ennemis, & de donner à France
terre l'empire du Monde.
P'AngleFIN --- Page 453 ---
DECOUVERTE
D'UNE CONSPIRATION
CONTRE LES INTÉRATS
DE
LA
FRANCE --- Page 454 ---
OITAIS2MOD a/a
M
a
a 3
- a
I --- Page 455 ---
DECOUVERTE
D'UNE CONSPIRATION
CONTRE LES INTÉRATS
DE LA FRANCE
Vis journaliles, vendus à l'Angleterre ;
méaphificiens brouillons, & qui trompés le
confpirateurs contre la France, ce n'eft
peuple,
pas pour vous que jécris.
C'eft pour toutes les claffes utiles du royaules marchands, les artiftes, les jouailme, 1 pour
liers, les ouvriers du luxe, pour les artifans, >
les ouvriers de nos fabriques, les laboureurs,
les officiers de notre marine marchande, les
matelots
tous les manufaqturiers, les
) pour
de
négocians, & pour tous les propriétaires
s'exercer aujourterres que ma plume prérend
d'hui.
Puiffe mon ame entiere palTer dans cet écrit!t
puilfent les vérités que je vais annoncer, pénéA 2 --- Page 456 ---
(4)
trer ceux qui aiment.encore leur pattie & leur
roi!
C'eft à des coeurs françois que je m'adreffe,
6 mes concitoyens, ouvrez les yeux & fremiffez.
Une fccte que l'Angleterre a machinée
la deftruétion de la France, précend anéantir pour
vos efpérances, vos fortunes & votre gloire.
Toutes les fectes du monde ont un myftere
qu'elles ont grand foin de voiler par le principe de la morale la plus pure & la plus f6duilante.
Le myftere de la fecte dont je parle, eft le
même que celui de la fede des Illuminés, des
Martiniftres, & des Caglioftro (1).
Il emporte avec lui la deftruction de toutes
les religions, de tous les empires, de toutes les
formes de gouvernement.
Cette feéte s'eft établie à Paris fous le titre
modefte & fpécieux defociété des amisdes noirs.
(1) J'invite mes lcéteurs à lire l'Effai fur Ies Illuminés, - qui fev vend chez le Jay, à Paris, fcconde édition,
de la fede des Illuminés, des
Martiniftres, & des Caglioftro (1).
Il emporte avec lui la deftruction de toutes
les religions, de tous les empires, de toutes les
formes de gouvernement.
Cette feéte s'eft établie à Paris fous le titre
modefte & fpécieux defociété des amisdes noirs.
(1) J'invite mes lcéteurs à lire l'Effai fur Ies Illuminés, - qui fev vend chez le Jay, à Paris, fcconde édition, --- Page 457 ---
(5)
Les plans de cette horrible fociété font vaftes
& profonds, & fous le voile de Thumanité,de
la liberté,elle prétend mettre l'univers en combuftion,
Elle doit travailler en révolution (ce font'fes
expreflions) toutes les parties du globe, excepré
T'Angleterre.
L'univers, felon ces méchans, doit être agité
pendant cinquante ans par d'affreufes convulfions; ; mais après de longs malheurs, des guerres civiles, des mallacres qui auront fait périr
à-peu-près la moitié du genre-humain,
3 les
hommes, ramenés à l'état de pure nature, jouiront, difent-ils, des douceurs du gouvernément
le plus modéré, de tous les bienfaits d'une
paix qui s'étendra dans toutes les parties du
monde, & ne finira point.
Ainfi ces criminels vilionnaires, ces confpirateurs contre-le genre humain 3 facrifient deux
générations d'hommes pour faire arriver celles
qui fuivront au: plan le plus imaginaire & le
plus impraticable.
Trois hommes ont établi cette fecte à Paris.
Les.deux premiers font Genevois & font penA3 --- Page 458 ---
(6)
flonnés par VAngleterre ; ces deux
font les fieurs
hommes
Durovtay &c
éré bannis de Geneve il
Claviere. Ils onc
y a quelques
pour une confpiration qu'ils
années,
contre leur
avoient formée
patrie ;
fit grace alors de la malheureufement vie.
on leur
Brillot de Warville,
L'autre fe nomme
il eft fils d'un
de
Chartres, fugicif de la maifon de fon pàci0lier
le chaffa pour des défordres
pere,qui
dre à fa famille,
qui faifoient craindéshonneur.
pauvre, mais honnète, le
Cet homame vint à Paris il y a
quelques années, il s'y fit enfermer, dans
maifon de corredtion,
une
pendant quelques
pour plafieurs libelles fcandaleux dont il fut tems,
connu pour être Tauteur; & forcé de
reroyaume, ils
quitter le
s'embarqua, en qualité de
pour la nouvelle Angleterre.
mouffe,
Quelgu'efpric t fur-tour celui
extétieur doux, modelte,
d'intrigue, un
cueillir
3 tartuffe, le firent acpar quelques François
qui lui fournirent charitablement établisaNewyork,
de fubfifter. Il les
des moyens
trompa tous. Brouillon
caractere, méchant,
il leur
par
des affaires facheufes féditieux,
fufcita
qui les
fut chaffé de tous les
compromirent;i il
lieux, & cet homme dan-
our celui
extétieur doux, modelte,
d'intrigue, un
cueillir
3 tartuffe, le firent acpar quelques François
qui lui fournirent charitablement établisaNewyork,
de fubfifter. Il les
des moyens
trompa tous. Brouillon
caractere, méchant,
il leur
par
des affaires facheufes féditieux,
fufcita
qui les
fut chaffé de tous les
compromirent;i il
lieux, & cet homme dan- --- Page 459 ---
(7)
gereux fut forcé de s'embarquer
terre.
pour l'AngleDans le malheuréux état où
fes mativaifes
l'avoient réduit
actions, n'ayant aucun
eun moyen de fubfifter, il s'adrefla afyle, aurévolutions de
au club des
de
Londres, où il
fervir
futjugé capable
T'Angleterre dans fes Projets de
geance contre la France,
venLe docteur Price, un des plas
de ce
grands
club, 3 le recommanda à M.
politiques
leur
Pirt, le meilapréciateur de
T'Éurope en fait de
propres aux révolutions.
gens
Ce font ces trois hommes dont le
anglois s'eft fervi
miniftere
des noirs à
pour établir la feéte des amis
Paris; & G l'on ne peur, fans
mir, fonger il'empire de
frequarante-huit
que TAngleterre a employés
millions
dépenfes fectettes,
depuis un an en
s'empécher de
on ne peur d'un autre côté
y eft entré
préfamer que cet érabliflement
pour beaucoup d'argenr.
mes concitoyens ! vous favez que les feuls
moyens de richeffes & de profpérités
France, font les colonies.
qu'ait la
A4 --- Page 460 ---
(8)
Vous favez qu'elles produifent plus de trois
cents millions d'augmenration de richefles,
qui rendent toute l'Europe tributaire de l'induftie françoife. 3039 XUS
DOUR IREYC
Vous avez que ce que vous achetez de l'é.
tranger n'eft point compenfé, parce que vous
Hui'vendez) srique 29) fans les productions des COlonies vous fcriez triburaire de vos ennemis
d'ane fomue de plus de trente
a à
millions toutes
dsannées.
Hom 9
s Que G vous t n'aviez point de colonies, vous
feriez forcés d'acheter de l'Angleterre toute vorre
confommation e161 TCCI
en, fucrelen café, en coton ou
en
Indigos,quil 22
foruiroic conféquemment plus
de foixante
-911 2ds:
millions de numéraire hors du
royamme,toures les années. gras
do fLS 1tr 2lu0
rolgms
nssslon
aYoms-favez. que j'étranger vous apporte tous
JesamBie plus de 140 millions en échange du
foperfa desnd denréest de LAmérique que vous
lui vendez, dont vous feriez ptivé, G vous
n'avier pas de colonies. enevo 37
Te
ou
Vous fayezqu'elles entretiennent plus décing
ire hors du
royamme,toures les années. gras
do fLS 1tr 2lu0
rolgms
nssslon
aYoms-favez. que j'étranger vous apporte tous
JesamBie plus de 140 millions en échange du
foperfa desnd denréest de LAmérique que vous
lui vendez, dont vous feriez ptivé, G vous
n'avier pas de colonies. enevo 37
Te
ou
Vous fayezqu'elles entretiennent plus décing --- Page 461 ---
(55
millions d'hommes, plus de I5oo bâcimens de
mer que vos négocians feroient obligés de vendreou de brûler, Gi vous veniez à los perdre.
Vous favez que tous les ouvriers de voS
mannfadures, tous vos fabriquans de toile,
tous les charpentiers, tous les ouvriers en fer,
tous les officiers de navires, tous les matelors,
feroient fans occupation, feroient réduits à la
derniere mifere, feroient forcés d'aller porter
leur induftrie en Anglererre.
Vous favez que vous feries obligés d'arracher
la mojtié de VOs vignes.
svnon at
Vous favez que la marine feroir détruite,
que vOs côtes refteroient expolées aux infultes
de vos ennemis, & que, quel que foit votre
courage, il vous feroit impollible de garantir
vOS provinces maritimes de la dévaftation &
de la conquète, parce quel'ennemi, maicre de
la mer, les atraqueroit par-rour ou' la défenfe
feroit foible, & fe garderoit bien de fe préfenter ou vous feriez en force.
Tous les avantages que vous retirez de vos
A 5 --- Page 462 ---
(10 )
colonies, 6 mes concitoyens ! vont s'évanouir.
Tous vOS moyens de fubliftance, toutes les
fources de vos richelles, de votre puilfance, de
Vutre gloire vont dilparoitre. Vous allez être le
plus pauvre, la plus foible nation de
vous allez être forcés d'aller chercher des I'Europe 5
de vivre dans des terres étrangeres, moyens
l'excédent des
de
parce que
produits
VOS terres & de Vos
manufactures ne trouveroit de débouchés dans
aucun pays.
Er voici, 6 mes concitoyens ! les
qu'emploie
moyens
TAngleterre pour vous rendre au
centuple les manceuvres qui luiont fait
la nouvelle Angleterre.
perdre
Ses émiflaires, les amis des noirs, non contens d'envoyer des affaflins dans les colonies,
pour y faire égorger vos freres d'Amérique
leurs efclaves, non contens d'avoir excité à par la
Guadeloupe & à la Martinique des mallacres
dont on ne peur prévoir l'iffue, follicitent dans
l'allemblée nationale l'abolition de la traite & la
liberté des negres.
Ce font eux encore qui ont exciré des mula-
émiflaires, les amis des noirs, non contens d'envoyer des affaflins dans les colonies,
pour y faire égorger vos freres d'Amérique
leurs efclaves, non contens d'avoir excité à par la
Guadeloupe & à la Martinique des mallacres
dont on ne peur prévoir l'iffue, follicitent dans
l'allemblée nationale l'abolition de la traite & la
liberté des negres.
Ce font eux encore qui ont exciré des mula- --- Page 463 ---
(ii -
)
tres, efclavés la plapart, que leurs maitres
à fe préfenter
ont chaffé par mécontentement,
effrontément pour demander à cette affembléc
d'établir l'égalité entr'eux & les blancs des colonies.
Si cette fedte, - qui eft très- puiffante, réuffit
dans fes projets, toutes ces riches manufactures
de fucrerie, de coton, de café & d'indigo 3
les blancs des
feront brôlées - & détruites, tous
colonies feront égorgés; & que deviendront, à
braves
toutes les fources de
mes
concitoyens,
votre fubliftance.
t
Vous allez donc être réduits à aller mendier
votre vie dans des paysdont vous ignorez la langue &c les moeurs, oà, pour toute reffource,
ftérile, où vons
vous n'éprouverez qu'une pitié
le dédain, la haine que doit
ne trouverez. que
fu s'arréter dans
encourir un peuple qui n'a pas
jultes melures, & qui s'eft laiffé entraîner
des fcélérats
ta des malheursiucakcolabics par
l'ont vendu aux intrigues & à l'or de T'Anqui
UOY
gleterre.
C'eft à Paris, 6 mes amis, qu'exiftent ces
A 6 --- Page 464 ---
(14) )
eonfpirateurs contre le genre humain, ces gens
dont la dodtrine doit embrafer toutes les Parties
du monde.
Semblablesice vieil de la Montagne, de chef
d'une horde de l'Abiffinie, qui envoyoit desaffaffins à tous les rois qui lni déplaifoient, ils dérachent des meurtriers pour répandre dans toute la
terre, R
fous les noms facrés de Thumaniré, de
la liberté, leurs. dogmes
fanguinaires.
ITD
JUE -
A en a
Or mesamis, la France! la France! le plus
beau royaume de l'Europe va donc payer des
tributs à l'Angleterre.
gsibi ism
aaiubbt 9155 onob salle 200
LAngleterre pourra donc feule entretenir une
marine formidable,
RrOy
E
Elle feule fera donc le commerce dePU.
nivets; elle feule donnera des loix à rourela
terre 4 La France fera fon efclave! &
contentel de votre abailfement, elle vous ingn fera
déchirer par vos propres'mains ; elle exciteraP
parmi vous, avec fon or, des divifions de
vince à province, de ville à ville, de village pro-, à
village, dans lefquelles périra par les hot-
,
RrOy
E
Elle feule fera donc le commerce dePU.
nivets; elle feule donnera des loix à rourela
terre 4 La France fera fon efclave! &
contentel de votre abailfement, elle vous ingn fera
déchirer par vos propres'mains ; elle exciteraP
parmi vous, avec fon or, des divifions de
vince à province, de ville à ville, de village pro-, à
village, dans lefquelles périra par les hot- --- Page 465 ---
(13)
civile, dont les faftes du
reuts d'une guerre
la moitié
monde ne fourniffent aucun exemple,
de la population du royaume,
N'armez
encore vos bras, 6 mes Braves
pas
votre jufte
amis 1fufpendez votre indignation, l'effufion
fureur, craignez votre courage , que
falle horreur! V N'imitez pas ces
du fang vous
demandé juftice à toute
alTaflins dont vous avez
JOV 10
la France.
a a
Allez trouver vos Municipalités; ; obfervez-les
bien. S'ils étoient des traitres parmi les membres
s'ils étoient des amis des noirs,
quilecompofent,
les fcélérats foient
& peut- être en eft - il, que
punis.
comme vous en
Obligez ces Municipalités,
avezle droit, a faire des adrefles à T'affemblée
mais
nationale, dans des termes refpectueux,
fermes.
de la narion que
Signifiez aux repréfentans
faux
ne foient égarés par un
vous craignez qu'ils
inftinét d'humanité, --- Page 466 ---
(14
Que vous êtes inftruits qu'il eft des membres
ou coupables, ou féduits dans leur fein, quiméditent la deftruétion du royaume,
Que fi ces hommes qui tiennent les claffes
pauvres du peuple de Paris dans leuts mains,
encore dégoûrantes du fang, ofent lui faire violence, que vous volerez à fon fecours.
C31 a0
inu 00
BO
Qu'enfin vous connoiflez encore une pateie,
une religion, un Roi.
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SIROStOu - --- Page 467 ---
15 )
TABLEAU
Des Membres de la Société des Amis
des Noirs,
M E S S I E U R S.
I. Baissor de Warville, rue d'Amboife,n.10.
Claviere Adminiftrateur de la Com2. E.
, d'Affurance fur la vie, rue
pagnie royale
dAmboife, no. IO.
Le Marquis de Beaupoil Saint-Aulaire, au
3.
Temple.
des Traites, rue
4. Brack, Diredteur général
de Grammont, no. 2.
5: Cerifier, en Bourbonois.
BernarCenfeur royal, rue des
6. Duchefnay,
dins, no.37.
Le Marquis de Valady, c'eft lui qui a fait
7. révolterle régiment des gardes françoifes, à
Londres.
de Bréban, Diredteur de la Régie
8. Dufofley
générale, rue de Grammont, no.19.
, rue
4. Brack, Diredteur général
de Grammont, no. 2.
5: Cerifier, en Bourbonois.
BernarCenfeur royal, rue des
6. Duchefnay,
dins, no.37.
Le Marquis de Valady, c'eft lui qui a fait
7. révolterle régiment des gardes françoifes, à
Londres.
de Bréban, Diredteur de la Régie
8. Dufofley
générale, rue de Grammont, no.19. --- Page 468 ---
(16)
9. De Bourge, rue des Filles du Calvaire, no. 16,
IO. Madame la Marquife de Bauffans, Place
Royale. U
II. J.J. Claviere,
Négociant, 3 rue Cog-héron,
au Parlement d'Angleterre.
I2. Roman, Négociant, rue Cog-héron, au
Parlement d'Angleterre.
13. De Montcloux, fils, Fermier Général, rue
S. Honoré., n. 341. 2
14. De Montcloux de la
Confeiller
Villeneuve,
à la Cour des Aides, rue S. Honoré,
no, 341.
TS. Madame Poivre, rue Feydeau, no. 22.
16. De Trudaine, Confeiller au Parlement :
srue des: Franes-Bourgeis, no,
39.
17. De Trudaine de la Sabliere, Confeiller au
Parlementirae des Frants-Bourgeois, ,no.39.
18. Malartic de Fonda, Maicre des Requères,
pafage des Petit-Peres, no. 719. Le Roi de Petitval, Régilleur général,
pallage des Petit-Peres, no. 7.
20. L'Abbé Colin, au Presbytere a des, Eufaches
21 Da Rovray - - en Irlande.
22. Short.Secretaire del'Ambaffade des EtatsUnis
d'Amétique, 3 près la grille de Chaillor, --- Page 469 ---
(17)
23. De Pilles, ancien Procureur des Comptes; a
rue de Grammont, n°. 19.
24. Le Marquis de Condorcet, Secrétaire perpétuel de PAcadémie des Sciences, Membre
de l'Académie Françoife, hôtel de la Monnoie.
25. Charton de la Terriere, en Amérique.
26. Kornman, Tue Carémeprénant.
27. Blot, Contrôleur de la marque d'or, à
Lyon.
28. E(mangard,fils, Confeiller au Parlement,
rue des Capucines, , no. 22.
Dieres, Confeiller à la Cour des Aides,
29.
rue Jacob.
3o. Des Faucherets, rue de Paradis.
31. Gramagnac, Dodteur en Médecine, hôtel
de Lnffan, rue Croix des Petits-Champs,
32. Lanthenas, Docteur en Médecine, rue Thevenot, no. 31.
33. Du Vaucel, Fermier Général, rue neuye
des Matlurins, no. I.
34- Gallois, Avocat au Parlement, rue des
petits Anguftins-, no. 24.
35. Le Marquis de Mons, rue neuve des PetitsChamps, no. 26.
OB
, Dodteur en Médecine, hôtel
de Lnffan, rue Croix des Petits-Champs,
32. Lanthenas, Docteur en Médecine, rue Thevenot, no. 31.
33. Du Vaucel, Fermier Général, rue neuye
des Matlurins, no. I.
34- Gallois, Avocat au Parlement, rue des
petits Anguftins-, no. 24.
35. Le Marquis de Mons, rue neuve des PetitsChamps, no. 26.
OB --- Page 470 ---
(18)
36. L'Abbé Guyot, Prévôt de S. Martin de
Tours, rue Traverfere, no. 35.
37. Pigor, Genève,
38. Le Baron de Dietrick, rue Poifonniere39. Lavoifier, Fermier Général, 2
40. Bergeror, Directeur des Fermes, lArfenatFermes.
hôtel des
41. Biberman, Négociant, A Bruxelles.
42. De Paltorer, Maitre des
Requètes, rue des
Capucines, 3 no, 74.
43. Cortin fils,
Banquier, 5 Chaufée d'Antin,
De-6.
44 D'Audignac, Directeur de la Régie
rale, rue de Choifeul.
géné45. Le Comte de la Cépede, au Jardin du Roi46. Munier de Montengis, alHôtel Royal des
Invalides.
47. Madame Claviere, rue dAmboife, no. IO.
48. Le Chevalier de Bouflers, hôtel de
rue de Varenne,
Rohan,
49. Gougenot, Receveur général de la Régie
générale, rue de Choifeul.
5o. Petry, Directeur des Fermes, hôtel de
Longueville, rue S. Nicaife.
5I. De Saint-Alphonfe, Fermier
S. Honoré, n".
Général, rue
423. --- Page 471 ---
119)
52. Fortin, rue de Choifeul.
S.Jears
Henry, Avocat au Parlement, rue
53de-Beauvais: Emmanuel de Salm, rue de Gre54- Le Prince
nelle,fauxbourg S. Germain, no. 231.
Confeiller au Parlement, rue du
55- Duport,
n".2,
Grand-chantier, hôtel du Port-frais,
56. Segretier.
des Bârimens de Sainte
57: Soufflot, Infpecteur Genevieve.
Geneviève, à Sainte
Agalle de Crefne, Tue Pavée S.Andrédus18
Arts, no. 12.
BouServat, Agent dela ville de Bordeaux,
59.
vis-a-vis le Pavillon.
levart Montmorency,
au coin
60. Croharé, rue de lacomédie françoife,
de la rue des Cordeliers.
-a1t 61. Le Comte de Valenec, rue Chaslfeed'Antin,
no. 70.
Avocat Général de
61. Hocquart de Trémilly,
des Petitsla Cour des Aides, rue Neuve
Champs, no. 71.
Lameth dit le Gé62. Le Comte Charles de
la milice
& de
néral des Annonciades,
Notrebourgeoife de Pontoile, cal-de-fac
Damedes-Champs
çoife,
de la rue des Cordeliers.
-a1t 61. Le Comte de Valenec, rue Chaslfeed'Antin,
no. 70.
Avocat Général de
61. Hocquart de Trémilly,
des Petitsla Cour des Aides, rue Neuve
Champs, no. 71.
Lameth dit le Gé62. Le Comte Charles de
la milice
& de
néral des Annonciades,
Notrebourgeoife de Pontoile, cal-de-fac
Damedes-Champs --- Page 472 ---
120)
63. Le Chevalier Alexandre de Laméth, même
demeure.
64. Le Chevalier Théodore de Lameth, même
demeure.
65. Le Marquis du Chateler, hôtel de
quai des Théatins.
Brifiac 5
66, Le Comte de Rochechouart, rue de Grenelle
fauxbourg S. Germain, no. 99.
67. Molliens, premier commis des Finances,
rue de Za Michaudière.
68, Bergon, premier Commis des Finances,
rue de la Michaudière,
69. De Sannois, Fetmier Général, hôtel dés
Fermes.
70. Le Vicomte de Ricey, > rue de
71, Benoit de Lamothe, Sous-chef de la
bilité de la
comptaRégie générale, rue neuve Saint
Eufache, no, 21.
72. Leroy de Camilly, Payeur des Renkes, Tue
S. Marc, n. 23.
C
734 Dupleix de Mezy, Confeillerau Parlement,
rue dès petites Ecuries du Roi. 31r0b
a
74. Vallou de Villeneuve, Sous - chef de la
Régie générale, rue S. Jofeph.
75. Le Marquis dela Feuillade, rue des Marais --- Page 473 ---
(21 )
76. De Meulan, Receveur général des Finances, rue de Clichy.
77. Le Marquis de S. Lambert.
78. DeVayne.
79. De l'Etang.
80. Savalette de Lange.
8.1 Le Marquis de Pampelune.
82. Defiffarts
83. L'Abbé Sieyes, 2 le Député.
$4. L'Abbé Lageare,
8s. Doizan, 2 fils du Fermier général,
86. De Boullongne.
87. Le Sage.
88. Le Roy.
89. L'Abbé Coulou.
90. Gougenot de Croilly.
91. De Milfy.
92. Bertrand des Brus.
93. Lefcallier.
94. Marquife de Condorcet.
95. Mylord Daer.
96. L'abbé Nocl.
97. Le Baron de Bueft.
98. Meffent.
99. L'Abbé Louis. --- Page 474 ---
(22)
Alfoéits étrangers.
I. L'Abbé Piatoli, boulevard de Richelieu, chet
Madame la Princelle Lubormiska.
2. Clakfon, luégociant, à Dublin.
3. Siodier, négociant a Genève.
4. Damont, à Londres.
5. Mazzey.
Alfociés corre/pondans regnicoles.
I. De Souligné, Direéteur des F ermes à Lyon.
2. De Suilly, Gentilhomme, J d Orleans.
3. Petion de Villeneuve , Avocat, a Chartres.
4- D'Autroche (Cher )2 Orléans,
S: Le Marquis de Gronchy 3 a Meulan,
6. M. le Duc d'Aiguillon.
7. M. le Comte de Mirabeati, dir le Flambeau
de la Provence, comme Robefpierre, la
chandelle d'Arras.
8. M. Cottin, Député de Nantes.
FLN.
d 7
ROanEs
, J d Orleans.
3. Petion de Villeneuve , Avocat, a Chartres.
4- D'Autroche (Cher )2 Orléans,
S: Le Marquis de Gronchy 3 a Meulan,
6. M. le Duc d'Aiguillon.
7. M. le Comte de Mirabeati, dir le Flambeau
de la Provence, comme Robefpierre, la
chandelle d'Arras.
8. M. Cottin, Député de Nantes.
FLN.
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--- Page 482 ---