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(BnF Gallica
Recueils de pièces imprimées
concernant [Saint Domingue,
Traite des noirs et statut des
colonies, discours et débats ]
Source gallica.bnf.fr / Archives nationales d'outre-mer --- Page 2 ---
(BnF Gallica
Recueils de pièces imprimées concernant [Saint Domingue,
Traite des noirs et statut des colonies, discours et débats J 1790.
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Ir]
de chacune des partiesdu Nord,delOuef & du Sud,(5)
dont les fuffrages font évidemment concentrés dans la
volonté du Miniftre, préfentée avec toute Pinfluence
de l'autorité militaire; ; tous enchainés, les uns par
lelpérance des récompenfes militaires, 8 tous enfemble, par la conffitution même de Tétat qui les appelle
àces délibérations. (6)
Ceft ainfi que le voeu de la colonie fera tranfmis 2
qu'on fera véritablement éclairé fur fes befoins ; ceft
ainfi qu'on obtiendra des fecours, des facrifices, des
plans d'une fage adminiftration & dans les finances &
dans lap police, finéceflaire dans un pays peuplé d'efclaves, ou la vie des hommes qui T'habitent eft fans
cefle environnée de pièges, & dont la deftinée dépend
peut-être du Sn à mettre à l'excès de licence, entretenue par Fablence de loix capables de la prévenir
& de T'arrêter, &c qui ne peuvent naitre que fur le fol
même de Saint-Domingue.
Cette partie de PAdninifrationinterieure de Saint-
(5) Ordonnance du I Février 1766, qui regle la
forme des afemblies coloniales.
(6) Les officiers de Jufice & ceux de Milice tiennent
leur état Joit du Miniftre,foit des Adminifrateurs,
Source gallica.h Lbnf. fr / Archives nationales d'outre-mer --- Page 4 ---
: --- Page 5 ---
L 201
Domingue exige feule un long déveleppement, dont
cet a e apperçu n'eit pas fufceptible, qui ne peut être
conyenablement fait que dans la colonie, par les connoiflançes locales qu'il exige, ,1 mais auquel il eft
d'autant plus urgent de fe livrers qu'entrainés par un
fentiment louable d'humanité, des hommes de bien
préfentent un plan de réforme 9 appuié fur d'antiques
relations toujours exagérées, & auffi éloignées des
moeurspréfentes des habitans de Saint-Domingue, que
celles de fes anciens conquérans, - 2. mais qui feroit le
fignal de mort d'un peuple nombreux d'hommes polices
& utiles à Pétat; qui fépareroit fans retour de la
France cette riche province devenue le vaite tombeau
de trente milliers d'hommes,8 celui de la fplendeur
& de la richefle de la France, fi jamais la polpbilié
d'une fi effrayante révolution pouvoin rapper loreille
de cette prodigieufe quantité d'hommes 2 pour qui
linaction effle fourverain bonhieur, & que la difcipline
domeftique & la fubordonnatien' feules font capables
de fixerau travail, dans un pays oi la terre ofirefans
culture les premiers befoins de la vie.
Ceft en appelant le colon aux délibérations publiSW
quek,det en y faifant régner cette liberté d'opinions,
dont choc en fait naitre d'autres- qu'on n'attendoit
a le
déveexcitant lémulation,. quon verra
pas;,cef 44 en
& que la difcipline
domeftique & la fubordonnatien' feules font capables
de fixerau travail, dans un pays oi la terre ofirefans
culture les premiers befoins de la vie.
Ceft en appelant le colon aux délibérations publiSW
quek,det en y faifant régner cette liberté d'opinions,
dont choc en fait naitre d'autres- qu'on n'attendoit
a le
déveexcitant lémulation,. quon verra
pas;,cef 44 en --- Page 6 --- --- Page 7 ---
[ if ]
du
I
opper le génie enchainé par excès
potrvoit
mbitraire, 82 qu'on arrivera enfin à une légistation
eureufey qui attachera le colon à Saint-Domingue
4 quicd fera chérir-l'autolité même, 2 parles rapports qu'elle
dablira avec elle, qui maintieridra dans toute fa
plendeur cette'belle: colonie, qui ajoutera enfin aux
puiffanices dune grainde aifarlée quelle préfente, 18
lonheut réel dine-viedouce & heureufe, ent étcignant
lans les coeuirs'ee defirimmodéré de retour dans Tat
A nétropole, principe dut tourmenty des angoiffes, des
S uitations, 8x petit-bre de bienrdes défordreés 2 auquels -
livrési 3719b sl
les habitans de SatmnceDomingne-fanti
a aMAE aniolod 291 IHIUPOR IDOT SOVCG
Mais G un concours heureux d'événemens publics
nous
un bonheur durable,, a rendonsn nous
-
prépare a efforts
nation. généreufe fait
agnes des pénibles
qu'une
-pour nous GL ! Juflifions, pari une conduite mefuréea
une
à la recherche des, vérités utiles,
P par
application
la
Redoublons
notre confraternité avec
Tranctid
damour
un monarque
doit vivre éternelles
-
pour 95
qui D
fentiment de la
ment dans les - coeurs 0
Frangoisa Par Je
autorité
reconnoiffance! Refpectons fa bienfaifante
jufque dans fes. repréfentans 2.
joignent peut-être
IDT
qui
en fecret inu leurs defirs fincères aux 1019 voeux communs
Defions-nous -
de - 61 ces 90 mouvemens 2FIC
defordonnés d'une -
haine aveuglel SI QueThomme NO 11
public foit refpecté, que
les - coeurs 0
Frangoisa Par Je
autorité
reconnoiffance! Refpectons fa bienfaifante
jufque dans fes. repréfentans 2.
joignent peut-être
IDT
qui
en fecret inu leurs defirs fincères aux 1019 voeux communs
Defions-nous -
de - 61 ces 90 mouvemens 2FIC
defordonnés d'une -
haine aveuglel SI QueThomme NO 11
public foit refpecté, que --- Page 8 --- --- Page 9 ---
[2 12 ]
les reftes d'une adminiftration trop févère
mais
peut-être,
heureufe fous bien des.rapports publics, ne deviennent pas lep prétexte d'une licence plus fâcheufe encore
que fes rigueurs! Que chaque chef de maifon porte
le fang-froid & le calme dans ces efprits qu'une bouillante jeuneffe peut facilement égarer! Que la faine
portion des citoyens fe garde de fe confondre avec
cette claffe d'hommes fans moeurs, fans état, plus
e
intéreffés à faire naitre le défordre qu'à le
elpèce d'infeêtes
prévenir, 2
darwrams,bsliprns@biemen attachés
au corps politique d'une nombreufe population I Qie
IK
la dette publique foit confolidée,& continue d'être
payée pour acquiter les befoins publics qui fubliftent
toujours ! Et puifque nous aufe nous Jommes Frangois,
ULX
imitons cet aête de juftice & de prudence de notre
ince
affemblée nationnale, dont les premiers regards fe font
II -
fixés fur le maintien de l'ordre anciennement
établi;
ZAUIX
qui a dirigé toute fon attention vers cet objet imporMICIE I
tant d'utilité publique, qu'on ne peut méconnoître fans
danger: Lauorit! judiciaire des Tribunaux. Que la
Juftice conferve tous fes droits, qu'elle les exerce
NIO
fans obftacle, dans toute fa puiffance! Evitons ces 2
aétes de violence que rien n'a préparés ici, contre lef
quels la France affemblée a pris de fages mefuures, &
dont on ne peut ni prévoir ni calculer les funeftes
NONDO
a
tant d'utilité publique, qu'on ne peut méconnoître fans
danger: Lauorit! judiciaire des Tribunaux. Que la
Juftice conferve tous fes droits, qu'elle les exerce
NIO
fans obftacle, dans toute fa puiffance! Evitons ces 2
aétes de violence que rien n'a préparés ici, contre lef
quels la France affemblée a pris de fages mefuures, &
dont on ne peut ni prévoir ni calculer les funeftes
NONDO
a --- Page 10 --- --- Page 11 ---
[23 ]
effets; aimons énfin T'organifation
tice diftributive
préfente de la Juf
avec fes imperfections
faite reftauration.
jufqua fa par0
a - C
JUSTICE
LAdminiftration de la Juftice à
dans toutes les isles
Saint-Domingue &
no Françoifes de
un
T'Amérique eft dans
engourdiffement, une imperfection, un
une apathie, nés defa propre
défordre,
conftitution, &
par le
entretenus
TE fyftème defpotique des bureaux de
c'eft de la, c'eft de cet affemblage
Verfailles:
noiffances
d'hommes fans conjudiciaires, c'eft fouvent par un
ces bureaux redoutables,
commis de
à la Juftice de
que fe donne le mouvement
Saint-Domingue : les intrigues, les
paffions, l'intérêt perfonnel, qui peuvent ouvrir
des bureaux de la Marine, fe
l'accès
corps judiciaires à
fontfentirjufques dans les
bouvent la main de Suie-Doningnes la
ils ébranlent
Juftice, par la
lafcendant des chefs
préfence, par
des
militaires, dans les delibérations
cours-fouveraines.
Elles font tellement organifées, que fouvent le
militaire, même dans fes intérêts
parti
par le nombre les opinions
particuliers, balance
T'honneur & la vie des
qui doivent fixerla fortune,
pas par des connoiffances citoyens : cependant, ce n'eft
acquifes dans lalégislation,
paruneapplication: àl'étudedes loix, parunemédliration:
par
des
militaires, dans les delibérations
cours-fouveraines.
Elles font tellement organifées, que fouvent le
militaire, même dans fes intérêts
parti
par le nombre les opinions
particuliers, balance
T'honneur & la vie des
qui doivent fixerla fortune,
pas par des connoiffances citoyens : cependant, ce n'eft
acquifes dans lalégislation,
paruneapplication: àl'étudedes loix, parunemédliration: --- Page 12 --- --- Page 13 ---
[24 h
réfléchiedu Droit, quele militaire aequiert ce caractère
cette importante fonéion de juger les homjudiciaire,, a
a
fon
mes; c'eft un privilage attaché à
élévation: &
pour l'homme de loi, qui a confacré tous fes momens
à cette étude profonde, c'eft un devoir pénible à
remplir, moG-nise
1on
Si àcet afcendant par le nombre on joint Tafience 3ns. rus
Miniféricllc dont le parti militaire eft fouvent le maintien & dans les affaires publiques & dans les intérêts
privés, on peut al être juftement effrayé d'une pareille e C
colilitution. nmo qui préfente au moins la poftéitins des
plus révoltans abus, 2 &c des plus monftrueufes"
sl onnob 3:
sldsture
5OUIG 190
injuflices. 291
-
spifhrl nl
D'abord Tétat. & le traitement des Officiers idun
Confeil, font dans les mains du Miniftre de la,Marine:
ceftlui qui en expédie lesbrevets,, 2 ceft lui quifixe.les,
E
émolumens, ceft lui qui règle les honneurs. anevaoh
Ce premier apperçu R/I6 développe le germe de tous
29!
les abus qui vont fuivre : en effet, de là nulle expe
rience desn fujets capables de remplir dignement ces
importantes fonctions, nulle application dans le choix
dgs perfonnes, & plus quen toutr cela, enfemble, cet
Cmpise tyrannique qui interdit) julqu'a lal liberte, des
NE
opinions-,. & qui enchaine laJuftice dans fon, temple
AI
meme,
1a 901 169 yIOL
bis
onI TE --- Page 14 --- --- Page 15 ---
cema Pmbl
2°
CONTRIROTIONE
DES COLONS
RESIDANS E - N FRANC
L-ASSENELEE
contribution
Nationale; en décrétant la
patriotique du quart du revenit; n'a 21
aucunement entendu que les Colons
en France, & qui ny poffedent
qui réfident 26
feroient tenus de faire léur
point de biens;
biens fitués dans les Colonies; déclaraton pour les
TAffemblée Nationale naen parce que jamais
prendre les Colonies dans fes lintention de comEn fecond
Décrets.
vembre
lieu; par le Décret du 28 Nodernier, l'Affemblée Nationale a dit
expreffément que les ci-devant
roient impoftspaur les fiac derniers Privilégiés mois
fea
& pour 2790, en raifon de leurs
de 1789
dans le licu ou ils ont leur domicile; biens, non
celui oiz lefdits biens font fitués.
mais dans
Or il eft évident qu'en fuppofant,
vrai, que les Colons
contre le
ci-devant
puffent être affimilés aux
Privilegiés,11 faudroit reconnoitre
pour leur impofition &, par la même
que
pour leur contribution
raifon,
aréclamer le bénéfice de patriatique, ils auroient
ce Décret, & à de-
u ou ils ont leur domicile; biens, non
celui oiz lefdits biens font fitués.
mais dans
Or il eft évident qu'en fuppofant,
vrai, que les Colons
contre le
ci-devant
puffent être affimilés aux
Privilegiés,11 faudroit reconnoitre
pour leur impofition &, par la même
que
pour leur contribution
raifon,
aréclamer le bénéfice de patriatique, ils auroient
ce Décret, & à de- --- Page 16 ---
(2)
mander de n'être
-
pas impofés dans le lieu de leur
domicile, mais dans celui de la fituation de leurs
biens.
Mais le Décret du 8 de ce mois ne
plus ni doute ni inquiétation à
permet
Colons. L'Aflemblée
Tégard des
Nationale y déclare
n'a point entendu comprendre lès Colonies qu'elle
la Conflitution par elle arrêtée, & elle les dans
torife formellement à délibérer celle qui convient auà chacune d'elles. Les Colons réfidans en France
ne fauroient donc y être affujettis à une contribution qui dépend de leurs propriétés exiftantes
en Amérique, & tonte recherche contr'eux feroir une violation ouverte des principes & des
Décrets de lAffemblée Nationale.
Nul donte cependant que les Colons
de biens fis en France, n'y doivent étre poffeffeurs
dérés
confipour ceux-là, comme tous les autres
priétaires du royaume 3 nul doute qu'ils ne foient proobligés également de fatisfaire aux obligations
duites
le fait de la
propar :
feule réfidence, mais ils.
font abfolument affranchis de tout ce qui
à gréver leurs pofleffions coloniales.
tendroig
A Paris, le quatorze Mars mil fepr cent
vingt-dix.
quatreMOREAU DE SAINT - MÉRY, Dépuré de Ia
colonie de la Martinique, à TAffemblée Na- --- Page 17 ---
(3)
sionale; Le Comte DILLON, Député de la
Martinique à l'Affemblée Nationale. Le Chevalier DE PERPIGNA, Député fuppléant;
Le Marquis DU QUESNE, Député fuppléant.
Certifié véritable, FOURNIER DE VARENNE,
ancien Préfident du Confeil Permanent &c de la
Commune de Saint t Malo.
Permis d'imprimer, à Saint-Malo, le 27 Mars
1750.
DUPARC LOUUEL, Maire,
De l'Imprimerie de L. H. Hovius,
au bas des halles. --- Page 18 --- --- Page 19 ---
OBSERVATIO NS
DE M. DE COCHEREL,
OJ0S
Député de SaintDomingue, a PAllembléc
Nationale, fur le
Mémoire du Miniftre de la
Marine, rervoyé
au Comité des Douge.
pu monter à
Sifmois
la Tribune, & me faire
entendre 3 je vous aurois dit, Meffieurs,
les
caufes
que
trois
principales qui ont occafionné T'infurrection
règne à
qui
Saint-Domingue, font :
I". Le defpotifme miniftériel quin'a ceffé
d'exercer
dansnos Colonies, le peuvoir arbitraire, dans ces
tems
orageux, même ou fon fceptre fe brifoit de
toutes
parts avec le fuccès de l'impunité.
29: LA rigueur des loix prohibitives
qu'on a cherché
a maintenir dans un tems de difetre & de calamités,
au lieu de céder prudemment a
l'empire des circonftances, & d'accorder des fubfiftances follicitées infructueufement pendant fix mois confécutifs.
A
ansnos Colonies, le peuvoir arbitraire, dans ces
tems
orageux, même ou fon fceptre fe brifoit de
toutes
parts avec le fuccès de l'impunité.
29: LA rigueur des loix prohibitives
qu'on a cherché
a maintenir dans un tems de difetre & de calamités,
au lieu de céder prudemment a
l'empire des circonftances, & d'accorder des fubfiftances follicitées infructueufement pendant fix mois confécutifs.
A --- Page 20 ---
(2)
LES alarmes répandues , de toutes parts, dans
:".
incendiaires des Amis des
les Colonies > par les écrits
le
ainfi dire, en Tribunal dans
Noirs érigée, pour
d'avoir à
fein même de la Capitale, qui fe glorifie
de lay
& de la Rochefoufatête MM. Necker 3
Fayette
cault, & dont les Membres les plus accrédités fiégent
Meflieurs. Votre filence à l'égard de cette
parmi vous,
des Droits de IHomme, ont
fecte & votre Déclaration
aufli exagéré, aux yeux des Propriétaircs
peut-ètre
dont ils étoient menacés.
Planteurs, les dangers
fans doute, Meffieurs, les caufes majeures
VOILA,
généont fécondé les germes du mécontentement
qui
cau'e, plus réelle peut-étre 3
ral; mais une autre
dans ce moment : vous la trouverez
vous échappe
de la rivale de la France,
dans les ptincipes politiques
philofophique de cette
liés aujourd'hui au fyitème
dont l'Angleterre n'a jetté que les
liberté univerfelle,
baless fans vouloir élever l'édifice qu'elle
premières
à l'efprit imitateur du François.
a abandonné
peut-être pas, Meflieurs, au Député
IL n'appartient
de la
eft méd'une contrée, où le dédale
politique
faifir le fil dirigé par les génies tutéconnu, d'en
Meffieurs, qu'il
laires de la Nation, mais, au moins,
de vous foumettre quelques réflexions.
me foit permis --- Page 21 ---
(3)
Drs bruits fe répandent que la
plus reffortir du
Jamaique ne veut
Parlement
d'Angleterrs, & qu'elle
prétend n'en
reconnoitre, 3 dorénayant, que le Roi.
POUVEZ-vOUs penfer un feul inftant,
que la Jamaique, dénuée de
Melieurs,
toutes forces
& des. moyens de défenfe
intérieures
extérieure, ofit jamais
Prononcer une pareille déclaration, fi elle; n'étoit
fuggérée par le Parlemeut
avoir
lut-méme, qui ne peut
un autre voeu &x d'autres intérérs
miniftère, & fi
que ceux du
cêtte. déclaration eft ainfi concertée,
qu'en devez-vous conclure P Une
indépendance, fans
doute, de toutes les Colonies
Angloifes & Françaifes
excirée, protégée & foutenue par toutes les forces
de l'Angleterre/Le Prince Williams
va partir,
avec douze vaiffeaux de ligne
dit-on,
flation des Iles du
pour commanider la
Vent; on.ajoure; qu'il doit fe dé.
clarer le Protecteur de
IIudépendance des Colonies,
comme notre Monarque l'a été de la nouvelle Angletterre : ce ne font, peut-être, là
des
tures
que
conjec3 Meflieurs ; mais fi elles étoient fondées, la
caufe des défordres.e excités dans la Colonie,
feulement
parmi quelques Habitans des villes, qui n'ont rien à
perdre, mais tout à gagner dans une révolution,
feroit-elle pas alors clairement manifeftée
ne
elle
& pourroitnous laiffer encore des doutes ? Et pourquoi
A 2
que l'a été de la nouvelle Angletterre : ce ne font, peut-être, là
des
tures
que
conjec3 Meflieurs ; mais fi elles étoient fondées, la
caufe des défordres.e excités dans la Colonie,
feulement
parmi quelques Habitans des villes, qui n'ont rien à
perdre, mais tout à gagner dans une révolution,
feroit-elle pas alors clairement manifeftée
ne
elle
& pourroitnous laiffer encore des doutes ? Et pourquoi
A 2 --- Page 22 ---
(4)
Charles- de Lameth, dans une des Séances
donc M.
s'eft-il efforcé de la trouver,
tenues aux Jacobins,
d'une
contraire, cette caufe, dans les principes
au
établie, pour me fervir de
efpèce d'ariftocratie (1)
entre les grands Blancs & les petits
fes expreflions,
nouvelle que crée
Blancs. Eft-ce encore une hydre
de
pour fe procurer la gloire
à plaifir, M.
Lameth,
de la combattre : Mais, j'ofe lui pronoftiquer que,
fois, les efforts de fon courage feront
pour cette
jamais il ne parimpuiffans à Saint-Domingue; que
la différence qu'il y a
viendra à y faire difparoitre
82 celui qui ne poflede pas;
entre celui qui pollede
des
jamais il ne réuffira à confondre aux yeux
que
des couleurs dont
Colons Américains, les nuances
morale 8c politique fera toula différence phyfique,
habité par
jours la bafe de la Conflitution d'un pays
libres & des peuples efclaves. Au refte,
des peuples
M.
demande pas a être cru fur parole 5 que
je ne
Ii n'eft pas de pays dans le monde oû l'égalicé foit plus
(:)
établie, entre les Blancs, qu'a Saint-Domingue,
parfaitement
ariftocratie entre les
M. de Lameth ne peut donc entendre par
Blancs, que la différence qui exifte entre leurs
grands & petits
fortunes. --- Page 23 ---
(5)
de Lameth fe tranfporte fur fes propriétés immenfes
dont il nous a fouvent parlé &x qu'il laille
effayer de
précher à mes Compatriotes la Religion qu'il eft fi
aifé de profeffer aujourd'hui en France, o
connoit, où on ne doit connoître
on ne
que la liberté,
M. de Lameth a encore ajouté, dans la même
Séance, que la fciffion des Députés de Saint-Domingue-avec les Colons
Américains, 3 réfidens à Paris,
avoit entraîné celle dela Colonie avec la
Cette idée auroit befoin d'être
Mécropole.
développée pour être
entendue, car je vous avouerai, Meffieurs,
ne conçois pas comment, du choc des
que je
nait néceffirement
opinions d'ou
la lumière, a pu s'échapper l'étincelle qui a embrâfé nos
Colonies; nos difcuffions ayec
nos frères de I'Hôtel de Maffiac, n'ont
pour but que le bien général; il eft
jamais eu
il ne peut être divifé, &
un pour nous, 3
nos intérêts communs nous
rappellent tous au même principe; d'ailleurs
on ne
peut attribuer la fource des défordres actuels à
motifs fi. vagues, fans être forcé de
des
moins,
convenir, au
que les Colonies, dont les Députés n'ont
aucun rapport avec les Colons de I'Hôtel de Maffiac;
que les Colonies, 3 qui n'ont pas même de Députés à
l'Affemblée Nationale, devoient, au moins, étre
A3
rappellent tous au même principe; d'ailleurs
on ne
peut attribuer la fource des défordres actuels à
motifs fi. vagues, fans être forcé de
des
moins,
convenir, au
que les Colonies, dont les Députés n'ont
aucun rapport avec les Colons de I'Hôtel de Maffiac;
que les Colonies, 3 qui n'ont pas même de Députés à
l'Affemblée Nationale, devoient, au moins, étre
A3 --- Page 24 ---
(6)
exemptes des troubles qui agitent l'Ifle de Saint-Domingue : & cependant, Meflieurs, vous favez ce qui
s'eft paffé à Cayenne, ce qui fe paffe encore à la
Martinique. La fciffion des Colons de Saint-Domingue,
réfidens à Paris, avec leurs Députés a-t-elle donc pu
influer aufi fur les Colonies étrangères à leurs difcuflions & où elles font ignorées. Je le demande à
M. de Lameth lui-même; Eh ! pourquoi donc ne
veut-il pas voir la fource du mal oi elle exifte réellement, dans les principes de la fociété des Amis
des Noirs. C'eft cette fecte qui a répandu la tetreur
dans toutes nos Colonies, qui y avoit même déjà
éguifé fes poignards; c'eft cette fecte, j'ofe-le dire,
qui eft la vraie caufe déterminante de toutes les autres
caufes qui ont,-malheurcufement, excité l'infurredtion
qui défole nos Colonies & qui ne ceffera que par
l'extinction de cette Religion, aufi funefteaux intérêts de la France, qu'elle eft meurtrière aux Colonies.
Que fes partifans s'empreffent donc de l'abjurer &c
qu'ils s'accufent, eux feuls, aux yeux de la Nation,
des. maux qui afiligent notre Patrie; qu'ils ceffent,
enfin, de chercher des coupables oi il n'en exifte
-pas ; le crime n'habite que dans le coeur de celui
iqui veut le mal. --- Page 25 ---
(7)
JE m'arrête, Meffieurs 3 & je vous propofe le
Décret fuivant :
DECR E T.
ARTICIE P R E M I E R.
L'ASSEMBLÉE NATIONALE jugeant qu'elle ne peut
prononcer fur les troubles de PIfle Saint-Domingue,
fur les motifs qui les ont occafionnés, & fur les
moyens propres à les appaifer, que préalablement
elle n'ait entendu la dénonciation faite à l'Affemblée
Nationale par M, le Marquis de Gouy d'Arly , au nom
de la Députation de Saint-Domingue, contre M. le
Comte de la Luzerne, Miniftre dela Marine.
A DÉCRÈTÉ & décrète l'ajournement de la plainte
du Miniftre de la Marine contre T'Affemblée Provinciale de la partie du Nord de
Saint-Domingue, 3 à
l'époque qu'elle fixera pour entendre la dénonciation
de la Députation de Sant-Domingue contre ce Miniftre,
ordonne, néanmoins, que, vu la pofition critique oi
fe trouve lIfle de Saint.-Domingue, M. le Préfident
de l'Affemblée Nationale, fe retirera pardevers le Roi
pour le fupplier d'accueillir les voeux des Habitans
de fa Colonie pour le retour de leur vertueux Gou-
ue, 3 à
l'époque qu'elle fixera pour entendre la dénonciation
de la Députation de Sant-Domingue contre ce Miniftre,
ordonne, néanmoins, que, vu la pofition critique oi
fe trouve lIfle de Saint.-Domingue, M. le Préfident
de l'Affemblée Nationale, fe retirera pardevers le Roi
pour le fupplier d'accueillir les voeux des Habitans
de fa Colonie pour le retour de leur vertueux Gou- --- Page 26 ---
(8)
verneur, le Marquis du Chilleau, dont la préfence
parmi eux eft néceffaire pour rétablirl'ordre & la paix.
ARTICI E II
L'ASSEMBLÉE NATIONALE reconnoiffant que la
fource principale des défordres dans les Colonies, provient des alarmes excitées parles maximes dangereufes
d'une fociété qui s'eft établie, fous le titre d'Amis
des Noirs, décrète la diffolution de cette Société
comme deftruétive des principes du Commerce & de
la fireté des Colonies.
AR TIC L E
III
L'ASSEMBLÉE NATIONALE déclarant qu'elle ne peut
rien ftatuer fur les loix prohibitives, relatives aux
Colonies, avant qu'elle ait reçu & entendu leurs
réclamations, décrète l'ajournement fur la queftion
des loix prohibitives, au tems ou elle recevra du fein
même des Colonies Françaifes, leurs voeux légalement
manifeftés, fans 3 par cette raifon 3 entendre's s'oppofer
à Ia continuation de la Traite des Noirs.
ARTICLE IV.
L'ASSEMBLÉE NATIONALE confidérantla différence --- Page 27 ---
(9)
abfolue du régime de la France à celui des Colonies,
déclarant 5 par cette raifon, que fon Décret des
Droits de FHomme, ne peut ni ne doit les concerner, décrète qu'iln'y fera pas promulgué fous quelque
prétexte que ce puiffe être; décrète encore. qu'elle
reconnait aux Colonies Françaifes le droit de faire
elles-mêmes leur Conftitutions dont l'arrêté fera envoyé
à leurs Députés près l'Affemblée Nationale pour être
préfenté à la fanction néceffaire.
Nota. Un Arrêté pris par la Députation des trois
Colonies réunies, qui déclaroit formellement que le
projet de Décret du Comité des Douze, étoit plus
convenable aux intérêts des Colonies que. celui indiqué
ci-deffus, propôfé par M. de Cocherel, l'a condamné au
filence qu'ont réclamé d'ailleurs de lui fes Collègues
au nom de la patrie, --- Page 28 ---
A N N O N C E
DE M. DE COCHEREL,
NATIONALE
A L'ASSEMBLEE
MESSIEURS,
Nos Commettans nous ont chargé expreffément
de vous expliquer d'une façon claire
de vous fupplier
fur le fort de leurs Nègres ; ils nous annon-
& précife
défavorable
cent qu'ils regarderont commeune décifion
un Décret de il n'y a pas lieu 2 déde votre part,
d'un ajournement quelconque ; ils ne verlibérer, ou
Décrets qu'un délai au terme ou doit
ront dans CCS
confommer leur ruine;ils nous écrivent que votre
fe
les tient dans un état d'incertitude
filence myltéricux
8 de leur
funefte à la Mreté de leurs propriétés
exiftence; & fi aujourd'hui, Melfieurs, ou cette grande
vous eft foumife, aul lieu de vous expliquer
queflion
clairement, comme il appartient à des Légiflateurs
vous vous contentez de décréter,
fages &c éclairés,
de la
vous n'entondez pas, que la Conftitution
que
fe
les tient dans un état d'incertitude
filence myltéricux
8 de leur
funefte à la Mreté de leurs propriétés
exiftence; & fi aujourd'hui, Melfieurs, ou cette grande
vous eft foumife, aul lieu de vous expliquer
queflion
clairement, comme il appartient à des Légiflateurs
vous vous contentez de décréter,
fages &c éclairés,
de la
vous n'entondez pas, que la Conftitution
que --- Page 29 ---
(II )
Francefoit celle des Colonies, auxquelles vous laiflez
le foin de la faire elles-mèmes; fi vous ne déclarez
pas formellement que votre Déclaration des Droits de
I'Homme eft incompatible avec le régime des Colonies, qu'elle n'y eftpas admiflible & qu'elle n'y fera
pas promulguée, vous n'aurez rien fait pour les Colonies, Meflieurs; elles ne verront dans Vos réticences
que le projet certain d'une perte plus éloignée que
les circonftances ne vous permettent pas d'effectuer
aujourd'hui : en conféquence pour raffurer les Colonies, , pour y ramener l'ordre & le calme dont elles
ont befoin, pour les attacher à jamais à la Métropole, je vous propofe le Décret fuivant.
3 EAsmwatirNamowatse confidérantla.diférence
> abfolue du régime de la France, à celui des Co5 lonies, déclarant par cette raifon que fon Décret
20 des Droits de I'Homme ne peut ni ne doit les
3 concerner, décrète qu'il n'y fera pas promulgué
2) fous qualque prétexte que ce puiffe être, 3 décrète
s encore qu'elle reconnait aux. Colonies Françaifes
5) le droit de faire elles-mêmes leur Conftitution dont
33 l'Arrété fera envoyé à leurs Députés près l'Affemblée
2a Nationale,pour être préfentée à la fanction néceffaire. --- Page 30 --- --- Page 31 ---
M É M OIR E
DES DÉPUTÉS
DE SAINT:DOMINGUE, --- Page 32 ---
A a --- Page 33 ---
M É M OIR E
DES DÉPUTÉS
DE SAINT-DOMINGUE;
A MM. les Membres du Comite,pourles
Colonies de PAlfemblée Nationale.
LE Comité doit rendre compte a l'Affemblée de deux objets. Le premier eft la pétitior
'de MM. de Bordeaux, & elle a un double but:
la confervation de la traite, &c la confirmation
du régime prohibitif de Commerce qui enchain.
les Colonies au Commerçant de France.
Le fecond eft la dénonciation du Miniftre
a raifon de ce qui fe paffe à Saint-Domingue &
a la Martinique.
L'Affemblée Nationale attend que le Comit
lui préfente un projet de décifion. Si on recon
noît enfin que les Colonies font tellement pré
cieufes a la Métropole, qu'elle ne peut pass'er
pofer à les perdre, fans ruiner abfolument le
A 2
qui enchain.
les Colonies au Commerçant de France.
Le fecond eft la dénonciation du Miniftre
a raifon de ce qui fe paffe à Saint-Domingue &
a la Martinique.
L'Affemblée Nationale attend que le Comit
lui préfente un projet de décifion. Si on recon
noît enfin que les Colonies font tellement pré
cieufes a la Métropole, qu'elle ne peut pass'er
pofer à les perdre, fans ruiner abfolument le
A 2 --- Page 34 ---
(2)
Commerce; on fentira Timportance de cette
décifion.
Or,on peut dire que la principale bafe du
Commerce de France, confifte dans les
des Colonies.
produits
La richefle d'un peuple ne s'accroît
maniète, par le fuperdu de fes
que d'une:
vend'au-dehors.
produits qu'il
Or; les Colomies confomment
Igo millions des produits de la France, enyiron pour
les perdoit, on ne créeroit
des
& fion
teurs pour les
pas
cenfommaremplacer; enfuite
à la France
elles envoient
pour ago millions de
dont elle vend
denrées,
pour I5o millions à
Voila les fommes annuelles dont l'étranger.
nies augmentent les richefles de la
les ColoIl faut dire encore
France.
que celle-ci confomme
pour 70 millions de denrées colonlales,
elle ne peut plus fe paffer, & dont il dont
droir s'appanvrir
fauannuellement, en les
à
Tétranger; à quoi il faudroit
payant
d'un nouveau
ajouter les frais
Colonies,
ttanfport, fi elle perdoit fes
Tous les calculs fophiftiques viendront
-brifer contre celui-là, & fion convient
fe
'empires ine fe gouvernent
que les
rale, mais bien aufi
pas par la fenle mopar lintérêt politique, On --- Page 35 ---
(3)
conclura qu'il faut conferver 5 à quelque prix
les Colonies, fur-tout lorique le
que ce foit,
les individus qui le compoRoyaume, &c tous
befoin
jamais de toutes.leurs
fent, ont plus
que
de nous
relfources, & nous ferons difpenfés dans des
perdre dans les calculs de Tignorance,
la
difcuflions métaphyfiques faites pour égarer
difcuffion, & dans les lieux communsd'ane éloTAffemblée Nationale faura diftinquence que véritables & fimples qui doivent
guer des-vues
la déterminer.
il faut mettre ; pour ainfi
Ce n'eft pas. affez;
des Colole Comité dans la confidence
à dire,
nies.
elles.veulent refter unies à la
Elles défitents
France; mais la France les forcetoit à changer
de penfée, fi elle ne refpectoir pas leurs pro-
& leurs droits, fir même par un calcul
priétés
nuifoit
impolitique, dont elle fouffriroit a elle
à leut accroiffement.
affranOr, on violeroit leurs propriétés a en
chiflant leurs Negres que les Colons ont acheté,
à la Nation même, en vertu, de la Loi.
payé
la Traite on les violeroit enEn fupprimant
des Colons hors
core, en mettant la plupart
onr
d'état de mettre en valeur des terres qu'ils
acheté, fous la foi de la Loi qui leur promettoir
A 3
riroit a elle
à leut accroiffement.
affranOr, on violeroit leurs propriétés a en
chiflant leurs Negres que les Colons ont acheté,
à la Nation même, en vertu, de la Loi.
payé
la Traite on les violeroit enEn fupprimant
des Colons hors
core, en mettant la plupart
onr
d'état de mettre en valeur des terres qu'ils
acheté, fous la foi de la Loi qui leur promettoir
A 3 --- Page 36 ---
(4)
des bras pour leur argent, & en faifant décheoir
rapidement les habitations. qui toutes, ou prefque
toutes, ont befoin de nouvelles recrues. Ce ne
feroit d'ailleurs qu'une capitulation momentanée
qui mèneroit à T'affranchilflement.
Nos ennemis n'ofent pas propofer l'affran-.
chiffement; mais ils prétendent le préparer;
mais ils veulent faire fupprimer la traite, &c ils
entaffent le fophifme pour prouver que nous
gagnerions à cette fuppreflion.
Il n'appartient à perfonne de connoitre mieux
nos intérèts que nous-mèmes, ce n'eft pas furtout aux gens qui ont paffé leur vie à 2000
lieues de nous, à nous inftruire fur nos befoins
locaux.
Si nos terres pouvoient fe cultiver par des
mains libres; fi nous pouvions entretenir nos
atteliers par la population, nous ne demanderions pas à mettre des fommes énormes à l'achat
des bras néceffaires.
Il eft aifé de nous calomnier fur le traitement de nos ferviteurs. Par-tout où un homme
feul commande à un grand nombre d'hommes
ignorans, & en exige un travail affidu, il faut
une difcipline, mais nous connoiffons aufli les
devoirs de l'humanité & de la bienfaifance, &
quand nous ne connoitrions que Tintéret, il --- Page 37 ---
(5)
Hous commande la confervation de nos Nègres:
Il faut non-feulement qu'ils fe portenr bien &
qu'ils vivent long-temps, mais encore qu'ils
foient contens, pour les porter à nous fervir
utilement.
Au furplus la Nation Françoife a repris fes
droits. Les Colonies ont auffi les leurs. Ils font
fondés aufi fur la nature & la Juftice. Mais
ils font fondés fur la reconnoiffance. SaintDomingue s'eft donnée à la France, elle a verfé
dans fon fein des fommes incalculables. Dans
les droits qu'elle réclame entre le refpect dû à
leur propriété. La Nation n'a pas le droit d'y,
attenter, elle n'a que le droit de les rendre a
elles-mèmes, fi leurs propriétés font incompa,
tibles avec fes principes.
La Nation ufant des droits qu'elle n'a pas;
autorife les Colonies à réclamer celui qu'elle
leur ravit, & dès-lors elles fe jugeront libres;
& dans cette hypothèfe, fi elles n'étoient pas
en état de fe foutenir elles-mèmes, elles trouveroient à faire un contrat jufte & folide avec
quelque Nation qui fauroit le faire refpedter.
Nous ne croyons pas qu'elles en foient réduites à cette extrémité, & comme nous fommes
furs des vues de la Nation, nous faurons, Y
entrer.
A
à réclamer celui qu'elle
leur ravit, & dès-lors elles fe jugeront libres;
& dans cette hypothèfe, fi elles n'étoient pas
en état de fe foutenir elles-mèmes, elles trouveroient à faire un contrat jufte & folide avec
quelque Nation qui fauroit le faire refpedter.
Nous ne croyons pas qu'elles en foient réduites à cette extrémité, & comme nous fommes
furs des vues de la Nation, nous faurons, Y
entrer.
A --- Page 38 ---
(6)
Si elle penfe que ce ne n'eft pas le
de prononcer les Décrets pofitifs
moment
creroient HoS divers genres de
qui confa
le maintien de la Traite,
propriétés, &
à fes Colonies,
5 au moins elle doit
elle doit à fon
Décret de tranquiliré, & ellé Péut Commerce, le
utt
fans compromettré fes ptincipes,
prononcer
fent elle a pi éloigner fagement
Jafqu'a prérelative. aux
toute difcuffion
Colonies, mais aujourd'hui
failie d'une grande queftion. De
elle eft
mens agifent ces établiffemens
grands mouveveille
éloigniés. L'ennemi
pour en profiter. Les 'nauds
la Métropole & les Colonies fonit qui aniffent
faur' les raffurer
un
relâchés. Il
doit être un aéte de par
aête folemnel, & ce
juftice, de
ciliation & d'amour.
fageffe, deconC'étoit 'tn piége, fans doute 5
de
ifoler Ia queftion de la Traitesil que
faire
cifion générale
faut une déqhi embraffe tous les
ont pu porter l'alarme dans les
objets qui
dans le
Colohies, &
Commerce, 3 & qui affure la
des unes & de l'autre.
tranquillité
Nous nous expliquons d'abord fur ce
Miniftre appelle
que le
T'infurredtion à
ilys a infurredtion fans doute, conitre Saine-Domingue,
contre le defpotifme abfurde & leMinifte,
nous écrafoit,
ignorant qui --- Page 39 ---
(7)
Mais iln'y a point infurrection contre la Nation, & la Loi &le Roi; au contraire, PAfemblée Provinciale du Nord réclame le ferment
National du Gouverneur & des Troupes: Partout elle annonce.fon refpect pour l'Affemblée
Nationale & pour le Roi.
Sil-Affemblée Provincialeparott avoir exagéré
principes de la Liberté Civile, il ne
quelques s'en étonner. Malheureufement ces prinfaut pas
cipesérciont tellement oubliés, qu'on pourroit'
les. appeler nouveaux >: &c quand un Peuple
s'élance avec effort des profondeurs de l'op-
& du defpotifme, vers la liberté s
preffion
fon premier effor. de manière a
peut-il régler
véritable
2 Confultez les
tomber jufte au
point
de
exemples qui font fous vos yeux. 5 ce point
jufteffe a-t-il été faifi en France ? Il faut confidérer les caufes de tous les aôtes que le Miniftre reproche à cette Affemblée.
P R E M I E R G RIE F.
I'interception de fes Lettres.
du
L'origine des mouvemens -
a été la crainte
foulevement des Nègres. Un ancien Colon a été
accufé d'avoir provoqué leur affranchiffements
A4
qui font fous vos yeux. 5 ce point
jufteffe a-t-il été faifi en France ? Il faut confidérer les caufes de tous les aôtes que le Miniftre reproche à cette Affemblée.
P R E M I E R G RIE F.
I'interception de fes Lettres.
du
L'origine des mouvemens -
a été la crainte
foulevement des Nègres. Un ancien Colon a été
accufé d'avoir provoqué leur affranchiffements
A4 --- Page 40 ---
(8.)
Soudain le Peuple s'eft armé,a& s'eft posté: a
des défordres, l'Affemblée Provincialel nes'eft:
formée que pour régler les mouvemens; l'ou-!
verture des paquets venant: de France 80 - qui
pouvoient contenir des avis dangereux. auxi
Nègres , a été jugé néceffairer, & le contre-i
feing du Miniftre trop facilement accordéyn'étoit
pas moins fufpec.A l'ouverture derce paquets
on a trouvé une. preuve dus defpotifime dansi
le temps même de la Liberté, Une convocation,
d'une Affemblée Coloniale à laquelle il Otoiti.
toute efpèce de force & de pouvoir par P'ad-:
dition frauduleufe de quatre articles, à linfçu
des Députés & des Colons de Paris, qui avoient
arrèté ce plan de convocation, On a publié cet
acte frauduleux.
DEUx I E M E GRIXE
L'emprifomnement du Reur Dubois, Membre du
Confcil. a :
Mais le fieur Dubois n'eft pas arrèté comme
Membre du Confeil, ni parce qu'il avoit une
million de ce Tribunal; mais parce qu'il avoit
compromis la sûiterépublique, en publiantl'Evan-,
gile: de Taffranchillement des Nègres, --- Page 41 ---
(5-)
TROIs I a M. E GRIE R
L'atteinte portée à PAdminifration des Finances,
EMais T'Affemblée.n'a. pas touché aux Caiffes
qui_font àla difpofition du Roi; ellea feulement
demandé des éclairciffemens à l'Adminiftration
à cet-égard, & affurément les Peuples ont le
droit de connoître l'emploi des impôts qu'ils
paient,
Elle a rétabli au Cap la Caiffe Municipale.
Certe Cailfe-appartient à chaque Province ; la
Provinced du Nord a toujours eu la fienne,
Comme abn'y avoit ni Municipalité ni Adminiftration civique, elle étoit confiée au ConfeilSupérieur. Après la fuppreflion de ce Confeil,
PIntendant's violant les droits de la Province
du -Nord,wvoit fait transférer cette Caiffe au
Port-auPrince fous fa main 3 il,étoit jufte que,
dès qu'ily avoit une Affemblée Provinciale, ?
elle rétablit cette Cailfe Municipale auprès d'elle,
dans le reffort à qui elle appartient.
C Il faut obferver qu'elle ne s'eft pas emparée
de cette Caiffe, 'elle én'à établi iune où les fonds
à percevoir fe dépoferoient, & dont elle veilleroit-Pemploi, Ellen'atonché a aucune Caille,
fous fa main 3 il,étoit jufte que,
dès qu'ily avoit une Affemblée Provinciale, ?
elle rétablit cette Cailfe Municipale auprès d'elle,
dans le reffort à qui elle appartient.
C Il faut obferver qu'elle ne s'eft pas emparée
de cette Caiffe, 'elle én'à établi iune où les fonds
à percevoir fe dépoferoient, & dont elle veilleroit-Pemploi, Ellen'atonché a aucune Caille, --- Page 42 ---
(1o)
encore moins aux fonds, & cependant; vous
l'avez vu MM., toutes les Caiffes de la Colonie
font vuides, au moment du départ de l'Intendant, quoiqu'il ait imprimé qu'il y laifloit
1,500,000 liv. L'Aflemblée a donc eu raifon
de mettre, au moins pour l'avenir,'la Caiffe
Municipale particulière fous fa fauve-garde.
QUATRI à M E G R I E R.
Le rétabliffement du Confeil du Cap.
La défaftreufe fufpenfion de 1 ce Tribunal S
opérée il y a trois ans 5 pour que les Adminiftrateurs fuffent maîtres abfolus a du Confeil
unique placé auprès d'eux; eft un fléau pour la
dépendance du Nord, & vous voyez comment
PAffemblée Provinciale s'en explique.
Le Confeil du Port-au-Prince a Pindifcré
tion., lorfque le Gouverneur ne montre que
modération & fageffe, d'outrager l'Affemblée
Provinciale.
Le befoin extrème, le
défefpoir extrème a
l'indignation extrème, ont extorqué une réfolution extrème.
Mais l'Affemblée la foumet a fon Roi. --- Page 43 ---
(xi)
AL Mais en tott l'Affemblée fe foumet à
Nation,
la
Mais PAffemblée Cné tottche oa rien de ce
qui intéreffe le régime de la
follicite une convocation
Colonie, & elle
fe foumet.or
générale à laquelle elle
Elle fair plus, ellé ef'indignement
par le Commerce de
&
opprimée
pas gu'elle feToit
France; vous ne voyez
folution
portée" a prendre aucune récontre ces uforpations, même au
ment ou "un"Générat qui la
moenlevé par un Miniftre
prorégeoit lui eft
merce. Son intérêt a un adverfaire fubjugué par le Com-
'entendu "dans 1a9 difcuffion.
quidoit être
rapporre * "fes Députés
Dès-lors elle s'en
nale, d'éft d'elle
2-TAfemblée Natioqu'elle artend juftice.
Jettez, Melleurs, un coup d'ail fur tout
qui s'eft paffé en France, lors &
ceu
la Naton a rompu fes fers, & depuis que
damnerez Pas la Colonie, vous
vous ne conmème fa conduite infurredtion, n'sppellerez pas
la Luzerne
parle a
comme M, de
miniferialle, qi
toujours Pancienne langue
Cependant, telieft l'état des -chofes,
décifion afifligeante de l'Affemblée
qu'une
dont
Nationale,
jnfgu'a préfent le filence K a inquiété. la
Naton a rompu fes fers, & depuis que
damnerez Pas la Colonie, vous
vous ne conmème fa conduite infurredtion, n'sppellerez pas
la Luzerne
parle a
comme M, de
miniferialle, qi
toujours Pancienne langue
Cependant, telieft l'état des -chofes,
décifion afifligeante de l'Affemblée
qu'une
dont
Nationale,
jnfgu'a préfent le filence K a inquiété. la --- Page 44 ---
(xz)
Colonie; peut" amener 8 Tinfurrectiqn & Ia
fciflion.
de nos Com33 - Quatre objets caufentlinquiétude
mettans.
a 1. Le defpotifme miniftériel.
20, Le defpotifme du Commerçe exclufif.
3". Les infinuations & les projets funeftes des
foi-difans amis. des Noirs.
t
49. La crainte de. l'application abfolue de
votre Conftitution > en tant que fondée Fur. la
déclaration des droits 3, par rapport à nos Nègres.
1°. La Colonie réunie à la-Nation dans Taue
gulte Affemblée de fes Repréfentans a n'aura
plusa craindre le-defpotifme Miniftériel, il eft
détruit pour la France,il-le fera bientôt pour
la Colonie 5 mais il faut la raffurer fur le
refte:
Shigo Les Négocians font. toujours les mèmes,
ils ne s'agitent que fur leur intérêt, & fur leur
intérèr du moment,. la Traite leur eft utile,
ils veulent que les foins paternels de la Nation.,
pour -e
les Colonies, fe portent d'abord fur cet
objet, & y mèlent leur régime prohibitif.
s0 Sur le premier article, c'eft par pur attache-:
ment pour 4a Nation, que nous défirons de
recevoit des Nègres de Traite Françoife. --- Page 45 ---
Ci3 )
Graces à Timpéritie & au luxe de notre. Com-,
merce, nous fommes obligés de lui payer fes
Nègres aujourd'hui 2500 liv,, comptant, malgré
lesp primes que le Gouvernement donne, lorfqu'l
la
Jamaique -
ils fe paient aux Anglois 1400 liv-;
& nos Négocians favent bien que, quand ils
ne nous fourniroient plus de Nègres, nous n'en
manquerions pas, & qu'aucune force, aucune
furveillance, ne peut nous en priver, à moins
que toutes les Nations de l'Europe ne renoncent a Ia Traite, ce qui n'arrivera pas, Ainfi
c'eft la caufe du Commerce. Nous ne voudriens pas quel'Affemblée Nationale lui fit un
tort réel fans objer. Voila notre profeffion
de foi. Quant au régime exclufif y il eft abfurde
que MM. de Bordeaux le réclament en entier
contre nous > quand ils attaquent le régime
exclufif de la Compagnie des Indes.
llya fans doute une différence, mais ileft
attentatoire au droit de propriété, que nous
livtions toutes nos denrées à ceux qui les paient
le moins, que nous achetions tout, de ceux, qui,
vendent le plus cher, & ils avouent eux-mêmes
quiils ne fauroient foutenir, dans nos Ports, la
concurrence avec les étrangers qui ont une grande,
en entier
contre nous > quand ils attaquent le régime
exclufif de la Compagnie des Indes.
llya fans doute une différence, mais ileft
attentatoire au droit de propriété, que nous
livtions toutes nos denrées à ceux qui les paient
le moins, que nous achetions tout, de ceux, qui,
vendent le plus cher, & ils avouent eux-mêmes
quiils ne fauroient foutenir, dans nos Ports, la
concurrence avec les étrangers qui ont une grande, --- Page 46 ---
tul
fupériorité par leurs Manufatures & lear dcor
nomie.
C'eft en partie ce Commerce exclufif qui a
gâté le Commerce de France. Sûr de nous faire
payer toutes fes fantes, il'n'a pas cherché a
acquérir la perfection Angloife:
Il n'a pas fenti que, s'il parvenoit à "améliorer, il y gagneroit infinimént; que Bar f, avec
la même fomme, il réuffiffoit a nous donner
le double de moyens de culture, nos K cultures
doubleroient 5 que nos produits doubleroient;
que nos produits dont il n'eft que le colpore
teur, étant la mefure de fes bénéfices, fes bénéfices augmenteroient.
La partie du Sud ne donne pas le quart des
produits dont elle eft fufceptible, parce qu'elle
manque de Nègres. Le Gouvernenient a vainement accordé des primes. Elles ont été inutiles parce que le Commerce trouve des ventes
plus sûres S plus avantageufes dans le refte de
la Colonie.
Cela eft cependant vrai, & il en' réfulte
que, fi on'ne veut pas calculer comme nos
Négocians leur intérêt ifolé & momentané 2
mais celui du Commerce'en- grand, le régime:
éxclufif ne fera jufte, ne fera même conforme --- Page 47 ---
Isl
& véritable intérêt du Commerce )
au grand
Paura conduit ou forcé à cette
qué quand on
aura favorifé la culture;
perfection Angloife qui
nos terres de
&c augmenté nos ptoduits comme
Saint-Domingue le permettent.
39. Les Colons ne peuvent pas être tranau milieu de leurs Nègres; lorfque les
quilles écrits des foi-difans amis des Noirs, l'abus qu'on
tylesexcitent au foulèvement
en fait journellement
des maitres; fur-tout lorfqu'une
& au maffacre
illimitée de liberté &c
Déclaration abfolue &
tous les hommes fans diftinétion
d'égalité pour à la tète de la Conflitution Natioelt placée
attendre ni
nale; ofons le dire, on ne peut
dans
attachément ni fidélité de ceux qu'on tient
continuelle terreur pour leurs proptiétés &
rune
pour leur vie.
Conflitution faite pour la France' ;
4.La
être en éntier celle des Colonies
ne peut pas
de différences phyfiau-delà du Tropique : trop
ques & morales établiffent Tincompatibilité.
L'Affemblée Nationale qui n'a jamais voulu
le mot Colonies dans fes Décrets ;
prononcer voulu
aux Miniftres qui
qui na pas
répondre
déclarât
qu'elle
ont follicité impolitiquement
enfin n'a
s'ils les leur feroient parvenir 5 qui
;
4.La
être en éntier celle des Colonies
ne peut pas
de différences phyfiau-delà du Tropique : trop
ques & morales établiffent Tincompatibilité.
L'Affemblée Nationale qui n'a jamais voulu
le mot Colonies dans fes Décrets ;
prononcer voulu
aux Miniftres qui
qui na pas
répondre
déclarât
qu'elle
ont follicité impolitiquement
enfin n'a
s'ils les leur feroient parvenir 5 qui --- Page 48 ---
116I
pas comptis les Colonies dans la divifion du
Royaume en Départemens > quoi qu'elle y ait
compris la Corfe, a affez exprimé fes vues
fages & difcrètes fur cette vérité.
Suivant la raifon, la politique &c la juftice; 3
la Conftitution des Colonies doit fe faire chez
elles, par elles,ou au moins fe propofer; cela
eft déja même préjugé par les décifions de
l'Afemblée Nationale, qui veulent que chaque
Peuple faffe les Loix qui lui conviennent.
Nous devons dire ici que nos commettans,
qui d'abord nous avoient chargés expreffément
dep propofer une Conftitution coloniale à FAffemblée Nationale, nous ont expreflément défendu
d'en accepter aucune, depuis qu'ils ont vû laDéclaration des droits. Ce n'eft pas que la Colonie
veuille repouffer la liberté &cl'égalité de tous les
Citoyens 5 elle exifte déja à Saint-Domingue 5
mais elle voit la Déclatation des droits fous le
rapport des efclaves feuls.
Nous devons vous prévenir auffi que lès Noits
libres & les gens de couleur, Citoyens adtifs,
ont déja été admis aux Afemblées qui ont
nommé les Députés à T'Affemblée Provinciale
du Nord.
Il faut donc autorifer les Colonies à propofer --- Page 49 ---
[ I7 )
leur Conftitution, après l'avoir délibérée ellesmêmes, &c comme les Décrets de l'Affemblée
Nationale font la meilleure fource des lumières;
comme, fi la conftitution doit différer, elle
doit aufli fe rapprocher le plus qu'il eft poffible,
de la Conftitution Françoife, il faut envoyer
les Décrets de l'Affemblée Nationale aux Colonies, pour qu'elles y prennent ce qui peut leur
être appliqué.
En déterminant un projet de Décret, il paroît effentiel de fatisfaire les Colonies far tous
les poiuts autant qu'il eft peffible > quant à
préfent.
Nous nous expliquons ; il eft poflible que
lAffemblée Nationale, en la fuppofant même,
comme nous le faifons, bien décidée à maintenir la Traite, ne croie pas devoir s'en expliquer à préfent. Enfaite les Loix Commerciales
ne doivent pas être traitées 3 avant que la Conftitution intérieure foit arrêtée, mais il eft néceffaire d'abord de raffurer les Colons fur les
points principaux, la Conftitution 2. a 6 leurs pro-,
priétés ébranlées.
Quant aux intérêts du Commerce, > il eft
poflible de les fixer &c de le tranquillifer par une
décilion, dans laquelle l'Affemblée Nationale
ite les Loix Commerciales
ne doivent pas être traitées 3 avant que la Conftitution intérieure foit arrêtée, mais il eft néceffaire d'abord de raffurer les Colons fur les
points principaux, la Conftitution 2. a 6 leurs pro-,
priétés ébranlées.
Quant aux intérêts du Commerce, > il eft
poflible de les fixer &c de le tranquillifer par une
décilion, dans laquelle l'Affemblée Nationale --- Page 50 ---
(18)
ne prononce pas formellement cê qu'elle veut
laiffer pour un autre époque,
Par exemple,en difant que l'Affemblée Nationale n'a rien innové au régime intérieur &
Commercial des Colonies, il eft fous-entendu
que les différens genres de propriérés font intactes. Il eft entendu que la Traite peut continuer de fe faire.
En autorifant les Colonies à préfenter la
Conftitution qu'elles croitont leur convenir, en
fe conformant à celle de la France, en tout ce
qui fera applicable, c'eft à-la-fois confirmer la
précédente difpofition, & leur indiquer un plan
de conduite bien important dans T'éloignement,
lincertitude, & le trouble où elles font.
En-les-autorifant à former leurs demandes
fur le jufte équilibre à obferver dans leurs inrèts & ceux du Commerce, c'eft leur annoncer
des vues de foulagement dont elles ont befoin,
& dont le Commerce ne peut pas fe plaindre.
En menaçant ceux qui tenteroient d'exciter
des foulèvemens dans leur fein, c'eft les tranquillifer fur leur sûreté & fur vOs fonctions
tectrices. I
proEnfin, en rejettant la frivole dénonciation
du Miniftre, on fait celfer les craintes ou les --- Page 51 ---
(9)
intérêts particuliers qui s'oppoferoient au rétabliffement du calme. C'eft d'ailleurs un des
objets fur lefquels vous avez à prononcer.
Nous croyons fur-tout important de s'empreffer, fans précipitation, à porter le calme
dans des Colonies agitées, éloignées, acceflibles à un ennemi jaloux qui a des vengeances
a fatisfaire, & qui pourroit profiter habilement
de la difpofition des efprits alarmés, fur le fort
que la France leur prépare.
- En conféquence nous propofons le Décret
fuivant :
L'Affemblée Nationale; prononçant fur les
adreffes des Villes maritimes & deManufaétures
du Royaume, notamment fur celle des Citoyens
de Bordeaux, fur la dénonciation a elle faite
par le Miniftre de la Marine, des évènemens
arrivés à la Martinique &, à Saint-Domingue,
dlepuis le mois d'Odtobre, jufqu'au 16 Janvier
dernier, & fur les réclamations des Députés
des Colonies ;
Confidérant qu'elle n'a pas compris les CoHonies dans la Conftitution qu'elle a décrété
pour le Royaume, & qu'il eft cependant de fa
juftice de faire participer les Colons-au bienfait
ite
par le Miniftre de la Marine, des évènemens
arrivés à la Martinique &, à Saint-Domingue,
dlepuis le mois d'Odtobre, jufqu'au 16 Janvier
dernier, & fur les réclamations des Députés
des Colonies ;
Confidérant qu'elle n'a pas compris les CoHonies dans la Conftitution qu'elle a décrété
pour le Royaume, & qu'il eft cependant de fa
juftice de faire participer les Colons-au bienfait --- Page 52 ---
(20) )
de cette Conftitution 5 décrète qué les Colonies
font autorifées a arrêter, chacune en ce qui la
concerne, dans les Affemblées de leurs Repréfentans librement élus par tous les Citoyens
acifs, leur Conftitution, leur Adminiftration,
&c leur légiffarion intérieures, & à adreffer leurs
Cahiers à l'Affemblée Nationale, par leurs Députés, pour être examinés, décrétés & préfentés
à l'acceptation & à la fanétion du Roi, ainfi
qu'il appartiendra, fauf aux Colonies à prendre
dans les Décrets de l'Affemblée Nationale, tout
ce qui fera applicable, > d'après les différences,
locales, auquel effet tous lefdits Décrets leurs
feront inceffamment envoyés par le pouvoir exé
cutif, & à la diligence de leurs Députés refpectifs, les autorife à mettre provifoirement
à exécution les Décrets qu'ils adopteront.
Décrète que lefdites Affemblées Coloniales
préfenteront à la fuite de leur Conftitution,
leurs demandes relatives à la jufte balance de
leur régime extérieur du Commerce e, pour y,
être par l'Affemblée ftatué, ainfi qu'il
tiendra, toutes
apparchofes demeurant en-émr; &
néanmoins autorife les Colonies à fe pourvoir
des articles de fubliftance, par-tout & comme
elles aviferont bon être, &c à les payer en denrées Coloniales. --- Page 53 ---
(21)
Déclare les Colonies parties intégrantes de
la France, met les Colons &c leurs propriétés
quelconques fous la fauve-garde fpéciale de la
Nation, déclare Criminels de lefe-Nation, tous
ceux qui tenteroient, de quelque manière que
ce foit, à y caufer des foulevemens contr'eux.
L'Affemblée Nationale s jugeant favorablement les motifs qui ont animé les Citoyens de
Saint-Domingue, déclare qu'il n'y a lieu à aucune inculpation contr'eux. Elle attend de leur
patriotifme quilsmaintiendront tla tranquillitéparmi eux, qu'ils refteront fidèles à la Nation, à
la Loi & au Roi, & qu'ils maintiendront la
nouvelle Conftitution qui aura été décrétée à
leur égard.
Signe; de Reynaud, de Rouvray ; de Villeblanche, Chabanon, 2 le Marquis de Gouy
d'Arfy, le Comte O-Gorman, de Magallon,
Coutrejolles; le Marquis de Perrigny, Chewalier de Marmé, Duval 11 Monville.
DE THEBAUDIÈRES 5 Préfident.
LABORIE; Secrétaire-Genéral.
Nota. M. de Cocherel n'a pas figné ce Mémoire 3
a caufe de quelques principes, qui ne font pas les
ficns
de Villeblanche, Chabanon, 2 le Marquis de Gouy
d'Arfy, le Comte O-Gorman, de Magallon,
Coutrejolles; le Marquis de Perrigny, Chewalier de Marmé, Duval 11 Monville.
DE THEBAUDIÈRES 5 Préfident.
LABORIE; Secrétaire-Genéral.
Nota. M. de Cocherel n'a pas figné ce Mémoire 3
a caufe de quelques principes, qui ne font pas les
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DE
inoo ollovion
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GANRTAG
HIAOTA --- Page 55 ---
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N O TI C a - E
SUR LA VILLE DU
PORT-AU-PRINCE,
Le Port-an-Prince est dans le fond & à POuest d'une baye,
Il a été ainfi nommé dunavire le Prince, commandé par M.
de Saint-André, qui vint y mouiller en 1706.
La ville est bâtie dans un endroit. que lesy Flibustiers avoient
nommé PHopital, far le penchant d'une coline qui est à P'extrémité Ouest d'un morne qui la couvre au Sud & au Sud-Ouest.
Cette ville est le chef-lieu de la Colonie Françoife de 1Isle
Saint-Domingue, Elle est très-importante par fa fituation, par
fon commerce, comme entrepôt des riches quartiers qui Tavoifinent, par la réfidence des Chefs & par celle du ConfeilSupérieur de la Colonie.
Plufieurs baflins forment la rade du Port-an-Prince : ils font
féparés par des ilets. On a bâti un fort fur celui- qui est le
avancé à lOuest & au Nord. Il fépaseria rade marchande plus de
celle du Roi. Le fort Sainte-Claire est placé au Sud de la rade
marchande, à Textrêmité du quai de Bellecombe :il bat le
chemin du Lamentin. Le fort Saint-Jofeph est di Nord, il bat
le quartier de la Marre & du Varreux,
La rade marchande s'est beaucoup comblée par les alluvions
&
les remblais que l'on a faits pour établirla partie bafle
de E ville. Son fond est vaseux, on craint qu'elle ne fe comble d'avantage & que-les bâtimens marchands ne puiffant plus"
y mouiller : c'est pour prévenir cet accident que le Ministre a
envoyé une gave
lécurer, mais il feroit à craindre
cette opération ne Trter funeste, que les exhalaifons de la dE
n'altéraffent la falubrité de lair & quil n'en réfultât des maladies facheufes, fi l'on n'étoit attentif à n'employer la machine
que lors des briles d'Est.
que-les bâtimens marchands ne puiffant plus"
y mouiller : c'est pour prévenir cet accident que le Ministre a
envoyé une gave
lécurer, mais il feroit à craindre
cette opération ne Trter funeste, que les exhalaifons de la dE
n'altéraffent la falubrité de lair & quil n'en réfultât des maladies facheufes, fi l'on n'étoit attentif à n'employer la machine
que lors des briles d'Est. --- Page 56 ---
L'entrée de la baie du Port-an-Prince est couverte au SudOuest par la Gonave, par les mornes du Lamentin & ceux
du Por-an-Prince, Elle est couverte au Nord par les mornes du
Mont-Rouis, des Vafès, de TArcahaye, du Boucaffin, A une lieu
des vafes ily a trois ilets prefqu'à fleur d'eau,
Ton nomme les Arcadins, ils font placés de l'Est à l'Ouest que ; ils font habités par des Pécheurs; ils laiffent entr'eux & les vafes un canal
ou les bateaux naviguent avec hardieffe, mais oà les
ne font pas également en furcté. Il n'y a
des petits vaiffeaux bateaux
paffent entre les Arcadins ; leur bafe den allez pour
Rae craigne de s'en approcher & on s'en. éloigne avec foin dans que
la crainte d'y être porté par les courans, dans le cas où les vents
du
viendroient à mollir. Il est bien rare que lon ne foit
pas
la néceflité de
E
louvoyer dans ces
en attendant
les vents convenables, il arrive fouvent, parages lorique les vents.
refuent oll lorfque Ton craint quelques bouralques 3
lon
cherche, en attendant que Ton foit fervi Par les brifes
éviter la
e
Gonave & les Arcadins, venir mouiller à la
ou entre la
de
CrtRe
pointe
Léogane & le Lamentin.
L'ancienne ville du Port-au-Prince a été entièrement ruinée
le tremblement de terre de 1770. On a été
Seru les nouvelles constructions: : tous les édifices
prudlent
bois
bâtis,
a
maçonné entre potaux :les érages même que Ton fe eni
met de construire depuis quelques années, font fort bas.
plipart des maifons
M
ont des galeries en- avant, ce
feroit
tres-commode, fi le plan directeur de la ville avoit
urt
nivean. Les
t
étages ont auffi des galeries tournantes.
de ces bâtimens font couverts en ardoifes OuI en tuiles, Beaucoup:
fnte ils le feront tous ainfi, d'après la
Ordonnance de par las
de Vincent & de Marbois. Ils ont moins fage
MMcommodité. Lesl logemens, quoique bas, fontagreables d'apparence & que de
ralement ils font meublés avec élégance ou beaucoup de génépreté, Les rues du Port-au-Prince font tindes,am. cordeau,
a dans plufieurs deux
E
bombées
rangs d'ormes du pays, elles font fort
larges,
dans le milieu & pavées fur chaque côté. Il
E a cependant quelques rues bafles, quelon. doit paver enenpour faciliter, dans tous les temps, les mouvemens du Commerce, dont les magafins font principalement dans cette partie,
Les quais de Rohan & de Bellecombe ne font point encore,
achevés; mais on
travaille avec activité, ils font encore
fales, mal nivelés, égourés & d'un_fol mal affermi. Nous
ormes du pays, elles font fort
larges,
dans le milieu & pavées fur chaque côté. Il
E a cependant quelques rues bafles, quelon. doit paver enenpour faciliter, dans tous les temps, les mouvemens du Commerce, dont les magafins font principalement dans cette partie,
Les quais de Rohan & de Bellecombe ne font point encore,
achevés; mais on
travaille avec activité, ils font encore
fales, mal nivelés, égourés & d'un_fol mal affermi. Nous --- Page 57 ---
n'avons pas vu, comme le dit M. Raynal, que lécoulement
des ravines qui tombent des mornes, entretienne au Port-au-"
Prince une humidité continuelle & mal-faine. La chûte d'eau
vient des mornes est quelquefois fi confidérable,
a
qu'elle
me des torrens qui rendent les rues impraticables. On pourroit
peut-être remédier à cet inconvénient, en pratiquant à TEst &
au Sud de la ville un large foflé, qui aboutiroit à la mer.
L'humidité mal-faine qui occafionne des épidémies au Port-auPrince, vient dela rade par les brifes de TOuest qui fe chargent
des vapeurs & des exhalaifons maritimes & vafeufes. Toutes
les rues hauites ont beaucoup d'égouts, & il n'y a d'humidité
que dans la partie baffe & principalement fr le quai, mais
nous ne dourons pas qu'une police vigilante, & foigneufe ne
contribue à diminuer ces inconvéniens,
Le fol du Port-au-Prince est crayeux & ardent, il est trèse
fatiguant pour la vue, principalement fur la place de FIntendance
& dans'les rues les moins fréquentées. 11 contient quelques filexs
roulés qui ont été apportés des mornes par les eaux. Nous ne
penfons pas,avec M. PAbbé Raynal, qu'il forme la vouite d'un
volcan, & loin de confirmer la terreur que cet Ecrivain célèbre a cherché à infpirer aux Habitans du Port-au-Prince, nous
croyons pouvoir les-affurer qu'il n'est pas du tout probable iquils
foient placeés fir le foyer dim volcan; ; qu'ils auroient de vaines allarmes, s'ils croyoient
les déclamations outrées de
M. TAbbé Raynal font Ehdte fur des preuves;que les conjectures effrayantes de cet homme illustre n'ont d'autres bafes
que les instructions qui lui ont été données par des perfonnes
prévenues parlévénement affreux de 1770;
ces prédictions
finistres n'auront d'autre effet que d'attester, dlma tous les temps
que fon imagination a grofi un danger fuppofa & fes anathèmes,
ne font point du tout phlolophiques, n'ouvriront jamais E cet endroit des goultres de bitume & de fouffre
quin'existent pas. Oà est donc l'endroit fur la terre où l'homme
ne foit
expofe à quelque danger? Mais il ne peut pas les
calculer, m les prévoir. La nature; en lui.cachant.les révohtions
qu'elle prépare & les coups dont elle le frappe quelquefois > a
travaillé pour fon bonheur; & la crainte des événemens dont
il ne connoit pas les époques ne doit
letroubler, mi détrire
fa fécurité. Nous croyons auffi que S TAbbé Raynal
été bien instruit des moyens de défenfe qui peuvent protéger
tert
Port-au-Prince, & des difficultés dangereufes que préfente fon
attaque,
révohtions
qu'elle prépare & les coups dont elle le frappe quelquefois > a
travaillé pour fon bonheur; & la crainte des événemens dont
il ne connoit pas les époques ne doit
letroubler, mi détrire
fa fécurité. Nous croyons auffi que S TAbbé Raynal
été bien instruit des moyens de défenfe qui peuvent protéger
tert
Port-au-Prince, & des difficultés dangereufes que préfente fon
attaque, --- Page 58 ---
Les magafins du Roi, Tarcenal, le
d'Artillerie font
placés fur le quai de Bellecombe, au
de la ville.
Ces
RITS.A
bâtimens, qui-viennent d'être construits, ont été
autant de folidité que de propreté,
faits avec
La Salle de Comédie est petite, mal-faite,
favorable aux Acteurs & fort incommode
défagréable, le
a eu la maladrefle
pour
Public,
fur la
de
de Fadoffer dans la partie baffe de la ville
place Vallière, à des magafins qui
au
Sieur Mefplès On ne peut qu'applaudir au appartiennent
nistration qui fe propofe de rétablir la place
de TAdmiélever une
Vallièere,
ER
fontaine & d'en ôter la Comédie qui menace cha- dy
que jour la ville d'incendie & de défastres affreux,
la
porter dans la partie haute de la ville, entre pour le
tranfnement & TIntendance, dans un endroit ifolé, ou THabi Gouverpourra aller jouir fans allarmes & fans craindre
ant
ies plaifirs ne devienne celui de fa ruine.
que Tobjet de
Le cimetière est à Textrémité Sud-Est de la
endroit appelé le Morne-à-Tuf. La
ville, dans un
tière porte le nom de M.le
place qui on fe est devant le cimeles deblais feront achevés, d'y Bratleur, établir un
propofe, quand
-
taine, ce qui fera infiniment utile à ce marché quartier, avec une fonLe Gouvernement est placé au Sud & à
tendance & Thôpital : Thôtel du Gouverne ment TEst, entre FInque folide. Il est décoré avec godt;il a des
est plus joli
modes, de grandes falles, des galleries
appartemens il
comuine grande cour d'entrée & fur une fort vastes, belle
donne M. fur
Valliere, qui avoit les qualités d'un Administrateur place,
de
a fait construire une fontaine ; tous les monumens Cuoyen,
Tutilité publique honorent les Administrateturs s'en confacrés à
on ne peut rendre de plus grands ferv.ces qui à une font OccuEu de
procurer de l'eau, & le bienfait doit
ville que.
reconnoiffance des Habitans. Au Nord de cette toujours mériter la
cafernes de TArtillerie.
Iplace font les
Il ya dans la partie de l'Est du Gouvernement
& un jardin. La terre d'alluvion a plus d'élevation une favane
endroit que dans le lieu où l'on à placé le
du dans cet
les plantes y font belles & paroiffent jouir d'une jardin fève
Roi,
& dune végétation active, On auroit pu placer le abondante
nique dans cct endroit, il auroit été mieux foigné jardin & il botaauroig
TArtillerie.
Iplace font les
Il ya dans la partie de l'Est du Gouvernement
& un jardin. La terre d'alluvion a plus d'élevation une favane
endroit que dans le lieu où l'on à placé le
du dans cet
les plantes y font belles & paroiffent jouir d'une jardin fève
Roi,
& dune végétation active, On auroit pu placer le abondante
nique dans cct endroit, il auroit été mieux foigné jardin & il botaauroig --- Page 59 ---
ééagréable au Gouverneur dakoi fous fes yeux un objet auffi
intéreflant.
L'Intendance est placée dans la partie haute de la ville à TEst
& au Nord du Gouvernement. Lancien hôtel de PIntendance
a été détruit en 1770. On a construit un
n'a
aucune apparence, mais il est affez commode
ilest agréable qni
par fa firuation.
2T2
Onla égayé dans la partie méridionale,
peu de temps, par quelques jardins, qui font frais & pittorefques. depuis
L'Administration, dont les vues & les projets n'ont pour but
que le bien public connoiflant tous les avantages qui doivent
réfuilter pour la fanté des Habitans d'une grande ville construite en
bois & expofée aux incendies, de difpofer d'une grande
tité d'eau, 2 est occupée dans ce moment à faire construire quan- deux
fontaines furla place de VIntendance, . & un vaste réfervoir d'eau,
qui pourra fervir d'abreuvoir pour les animaux dans tous les
temps & facilitera le fervice des pompes dans les cas d'incendie.
Ce réfervoir fera placé entre Thôtel de la Marine & la rue
des Favoris, à lextrémité Sud-Est de la place de lIntendance.
On prépare un emplacement au-deffus des fontaines, devant
celui de Thôtel de TIntendance, pour y planter des
d'arbres & faire une promenade publique, que Ton rangs pouiroit
appeller L allées d'Élfe. On construit anfli une autre
fur la place de Vallière : on en prépare dans d'autres endroits. fontaine
L'Eglife est placée au Nord-Est de la place de lIntendance:
Elle est petite, mais aflez jolie ; on a construit entre TEglife &
le bureau de FIntendance un Presbytère
loger les R. P.
Jacobins,qui tiennent la miflion de IOuest TCa du Sud. C'est far
la
de lIntendance que l'on tient le marché: on
dans LE fitite,
donner plus de dégagement à cette pourra,
le tranfporter lc"ta celle de Vallière,
place,
Les eaux qui fourniffent aux fontaines de la ville du Portau-Prince viennent de Thabitation Martiflan, dans le morne du
Lamentin, & de la cafe Turgeau, dans le. morne du Port-auPrince.
Les Administrateurs ont fait construire un lavoir
Nord de la ville, au-deffous du quartier de Bel-air, fur public Thabita- au
tion Saint-Martin,
ans LE fitite,
donner plus de dégagement à cette pourra,
le tranfporter lc"ta celle de Vallière,
place,
Les eaux qui fourniffent aux fontaines de la ville du Portau-Prince viennent de Thabitation Martiflan, dans le morne du
Lamentin, & de la cafe Turgeau, dans le. morne du Port-auPrince.
Les Administrateurs ont fait construire un lavoir
Nord de la ville, au-deffous du quartier de Bel-air, fur public Thabita- au
tion Saint-Martin, --- Page 60 ---
Les boucheries font àlEst & an Nord du fort
à l'extrêmité Nord de la rade marchande. On refpire Saint-Jofeph; dans cet
endroit une odeur infecte, mais il n'y a que la brife du Nord
qui puifle porter fur la ville de méphitifme que cela peut
produire.
Le Confeil & la Sénéchauffée font dans la rue
Le
Palais du Confeil est mal construit &c
convenable à Royale. la
des féances d'un TribunalSepéricur E repréfente mal le pompe temple
auguste de la Justice. On a jeté les fondemens d'un nouveau,avec de nouvelles prifons. On donnera fans doute à cet
édifice toute la repréfentation & toutes les commodités qui lui
conviennent.
Les Cafernes font dans la rue de Conti, à TEst de la
entre le Gouvernement &c FIntendance. On lit au-deffus ville, de la
principale porte de cet édifice deux vers d'Horace, dont.le plus
nombre des Soldats ignorent la fignification. Nous avons
beaux vers François
ER
qui rempliroient micux Tobjer qu'on s'est
propofe, qui est de parler à Timagination des Soldats. Ces Cafernes
font faines & diviféesen plufieurs
de logis, percés d'un grand
nombre d'ouvertures, qui Ran beaucoup la circulation de
Tair, objet eflentiel dans les pays chauds & dans les lieux oùr
un grand nombre d'individus font raflemblés la nuit,
Lhôpital militaire est placé dans la même rue, au Sud &
à T'Onest de la ville,à
de distance du morne. Les
mens de Thopiral font La obfeurs, mal-acrés, trop petits logepour le nombre de.lits
renferment, les fervitudes font mal
distribuées; les malades a que des paillaffes les fournitures
paroiflent peu foigniées & la tenue des falles est mal-propre. La
cotr de cet hôpital n'est pas nétoyée, elle a
peu d'étendue, les malades n'ont pas de
& trop on leur permet
d'en. prendre hors de lenceinte EEE le
chemin, ce
doit produire de grands abus dans-la L.aoe & dans le
me des malades.
de
Les vices de cet établiffement font furement
connus de TAdministration : elle fait combien cet objet est important, mais en faififfant tout ce qui peut être utile, elle ne
peut pas remplir toutes fes vues en même temps, & tous les
anciens érabliflemens d'une ville ruinée entièrement, doivent fe
reffentir de la précipitation avec laquelle ils ont été construits
dans le befoin le plus preffant,
I
-la L.aoe & dans le
me des malades.
de
Les vices de cet établiffement font furement
connus de TAdministration : elle fait combien cet objet est important, mais en faififfant tout ce qui peut être utile, elle ne
peut pas remplir toutes fes vues en même temps, & tous les
anciens érabliflemens d'une ville ruinée entièrement, doivent fe
reffentir de la précipitation avec laquelle ils ont été construits
dans le befoin le plus preffant,
I --- Page 61 ---
MM. Dargout 8c de Vaivres 7. avoient loué un terrein affez
bon au- Sieur Valdec pour cultiver les plantes
M.
de Ménonville avoit apportées de fon
au que
Thierry:
laoh nous. avons vu cet homme précieux voyage cultiver Mexique. avec Cest
la cochenille fine, qui a péri fous une direction
moins faccès
étendue.
qui étpit
Il étoit intlreffant d'établir le jardin des plantes fur terrein
qui appartint au Roi. MM. de Bellecombe & de
chargerent M. J*** Médecin du Roi & breveté Botaniste Bongars au Portau-Prince, de choifir un local convenable, M: J*** qui n'avoit
pas dans çette partie les instructions nécellaires, a
terrein dans la favane de Thôpital, au Sud du
défigné un
& c'est dans: ce lieu" aride, rocailleux, battu Gouvernement, lés brifes
oi le tuf est à peine recouvert
une couche par légère d'humus d'est,
végétal, que lon a établi le Ter botanique.
Le Canal qui conduit l'eau à Thôpital traverfe ce
Ini fournit un filet d'eau. On a commencé un mur de jardin clôture &
qui est fort coûiteux. Cette dépenfe ne feroit
à
il faundroit la continuer pour achever l'enclos pas de ce regretter & fi
Fon pouvoit efpérer d'améliorer le terrein & de le jardin,
pre à former des pépinières ou un féminaire de plantes rendre
geres ou
etanc
curieufes, dont la culture pourroit intérefler la Colonie,
font Prefque tous les plants que nous avons vus dans ce jardin
foibles, brûlés par le foleil, par le fol &
les brifes.
Les giroffers n'ont pas éréallez couverts ni abrités &cils par paroiffent
languaflans, ainfi que les caneliers.
Le nopal de Castille & celui de Campêche, font
couverts par une galle -infecte qui les fait dépérir, c'est également la
maladie quia fat péricliter la nopalerie du Cercle des Philadel-. même
nille phes. Ceux qui voudront s'appliquer à la culture de la cochedoivent chercher les moyens de détruire cette
fera toujours un obstacle difficile à vaincre & une galle-infecte caule de
des plus belles
2a
plantations.
M. le Comte DE LA. LUZERNE,
heur de la Colonie avant de la connoître,& quis'occupoit déjà defiroit du bon-;
Tenrichir de toutes les plantes de IInde dont la culture qui
de
devenir avantageufe, avoit obtenu de M. le Maréchal pouvoit DE
CASTRIES, de faire venir les plants qui pourroient sy natura-
fera toujours un obstacle difficile à vaincre & une galle-infecte caule de
des plus belles
2a
plantations.
M. le Comte DE LA. LUZERNE,
heur de la Colonie avant de la connoître,& quis'occupoit déjà defiroit du bon-;
Tenrichir de toutes les plantes de IInde dont la culture qui
de
devenir avantageufe, avoit obtenu de M. le Maréchal pouvoit DE
CASTRIES, de faire venir les plants qui pourroient sy natura- --- Page 62 ---
lfer. Il écrivit,au moment de fon départ
fe rendre dans
fon Gouvernement, à M. Céré, Directeur pour: du Jardin du
à YIsle de France, pour le prier del lui envoyer les
d'ar- Roi
bres fruitièrs, des épiceries & d'autres plantes qui font plants en ufage dans la Médecine & dans les Arts.
En conféquence des ordres
avoient été donnés
M.le
Maréchal DE CASTRIES, & 2 la demande faite par M. le
Comr DE LA LUZERNE, M. Céré a chargé far le navire par négrier FAlexandre, de Saint-Malo, fous la direction de M. Darras,
Botzniste attaché au jardin du Roi de TIsle de France, un trèsgrand nombre de plants de mulcadiers, de caneliers, de
de mangoustans, de manguiers & quelques rimas, ou poivriers, arbres à
pain, &cc. mais la plapart de ces plants ont péri & le
est arrivé au Cap, le 15 Juillet 1788, est en fi mauvais peu état qui
que Yon peur à peine efpérer d'en fauver quelques-uns.
Le mauvais fuccès de cet envoi peut être attribué à diverfes
canfes. On auroit pu y apporter plus de foins, les
ont
été mifes dans des barriques & caifles trop lourdes, plantes ce
a
dà les expofer, 2 dans les tranfports, des commotions qui qui ont
dérangé la difpofition des racines. & qui les ont mutilées. D'ailleurs, on a placé ces caifles & barriques dans-la calle du
enforte que, malgré les précautions des ventilateurs & de navire, Tarrofage, elles n'ont eu dans cette clôture étouffée &
où
la hmiière trouve à peine un accès, quune végétation méphitique, foibl,
éthiolée, qui les a jetées dans une langueur dont elles fortiront
ayec peine.
On doit fans doute avoir bien du regret du
de fuccès
de cette opération.
peu
Voilà comme les occafions de faire le bien fe détmifent;
voila ce
rebute le Gouvernement de faire de nouveaux facrifices & % tenter de nouvelles dépenfes, qui pourroient étre
aufi infractneufès. Puiffent les vues bienfaifantes de M. le Comte
DE LA LUZERNE étre mieux fecondées dans la fuite! Il est
beau, fans doute, d'avoir voulu procurer à la Colonie les
dnctions précigufes de PInde & lui affurer une nouvelle
& de
tiames
nouvelles jouiffances ; & elle doit à jamais de la reconnoifance au Ministre éclairé &c bienfaifant qui s'est
de
lui rendre ce fervice important.
occupé
F I N.
vues bienfaifantes de M. le Comte
DE LA LUZERNE étre mieux fecondées dans la fuite! Il est
beau, fans doute, d'avoir voulu procurer à la Colonie les
dnctions précigufes de PInde & lui affurer une nouvelle
& de
tiames
nouvelles jouiffances ; & elle doit à jamais de la reconnoifance au Ministre éclairé &c bienfaifant qui s'est
de
lui rendre ce fervice important.
occupé
F I N. --- Page 63 ---
- -
R
E 222 P 0
N S
E
AU SUJET
D'UNE LETTRE ANONYME
Calomnier à dire d'experts, tel eft l'ufage mainténant;
le mien eft de dire la vérité & de refter.
A
P. ARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
7 8 9. --- Page 64 --- --- Page 65 ---
LETTRE anonyme à MM, les Citoyens
des Communes du Bailliage de Bara
fur-Seine,
Paris, le 29 Oétobre 1789e
6ruy
TC
Mameas ET CHERS COMPATRIOTES e
- DII
AD! S
Cef avec la plus vive douleur que mon rele pour le
bien public "me détermine a vous dénoncer gue le feur
21 Bouchonte, Pin de vos LA Dépures, ef un de ces laches
que le Clerge & la Noblefe Jon: parvenus afeduire &
a attirer dans leur partis c'eft a vous, Meficurs,
prendre les mefures les plus efficaces
emplcher De
pour
b
que
ce perfide Repréfentant ne puife conzinuer a trahirvos
intérêts G ceux, de la Nation,
Je Ruis ayec refpedt G le
entier
-
dévouement;
St plus
Melheurs & chers Comparriotes,
Votre tres-humble 6 très-obeifant ferviteurs
Signe, Crvis,
A 2 --- Page 66 ---
ECTRAIT de la Lettre de MM. les Membres
du Comité de Bar-sur-Seine > au feur
Bouchotte > Pun des Députés de ce
Bailliage,
BO
Bar-fur-Seine, le 3 Décembre 178g.
te Novs vous adreffons enfin une lettre anonyme
qui nous a été envoyée contre vous : nous ne ferons
9> aucuns efforts pour vous perfuader que nous n'y ajoutons
83 aucune foi; & la meilleure preuve que nous puiflions
3 vous en donner, eft
A
Eu que nous 3Y vous en - renvoyons l'ori9> ginal, & que ce qu'elle contient ne
3 a
nous empêche
3) nullement d'avoir en vous-la même confiance que nous
3> avons toujours a
eu de vous. charger de nos
a intéréts;
39 être nous fetions-nous difpenfés de
peur15 a
a vous 38 CM renvoyer cette
s Lertre fi nous n'avions cru
la
13 21 Par 831 vous - 31 mettre à méme
3> de découvrir Vos ennemis
ons l'ori9> ginal, & que ce qu'elle contient ne
3 a
nous empêche
3) nullement d'avoir en vous-la même confiance que nous
3> avons toujours a
eu de vous. charger de nos
a intéréts;
39 être nous fetions-nous difpenfés de
peur15 a
a vous 38 CM renvoyer cette
s Lertre fi nous n'avions cru
la
13 21 Par 831 vous - 31 mettre à méme
3> de découvrir Vos ennemis & VOS
- a SIE - - calomniateurs. 3>
A Bar - fur - Seine, 3 3 Décembre 1785. Signé, les
Membres du Comité; Durand de
Champmerle, Thicfles,
Legouer, Thiellet, Chaponnet, Fleury & Guyot
- domrg --- Page 67 ---
R ÉPO N S E
AU SUJET
D'UNE LETTRE ANONYME.
MESSIEURS,
Je vous réponds particulièrement fur Ia lettre anonyme
que vous m'avez fait l'honneur de me renyoyer ; &
quelque détaillée que paroiffe la mienne, elle n'a pour
bur, ni de répondre al'inculpation qui m'eft faite Pour
m'en laver, ni de
des injures: pour le Citoyen
qui a cru devoir
je le plains d'avoir anfli mal
réuffi, sita eu l'envie
calomnier; je le plains encore
ET
de s'ètre trompé, s'il a a cru devoir médire. Dans la première fuppofition, il a
prudemment'en ne fe nommant pas; dans la LAR 112 eu tort de ne pas s'inf
truire: : cela eft bien facile, ma profcfion de foi, eft fur
mes lèvres.
A
pour le Citoyen
qui a cru devoir
je le plains d'avoir anfli mal
réuffi, sita eu l'envie
calomnier; je le plains encore
ET
de s'ètre trompé, s'il a a cru devoir médire. Dans la première fuppofition, il a
prudemment'en ne fe nommant pas; dans la LAR 112 eu tort de ne pas s'inf
truire: : cela eft bien facile, ma profcfion de foi, eft fur
mes lèvres.
A --- Page 68 ---
(6)
Vous me rendez juftice en me croyant exempt da
reproche d'être devenu le foutien de T'ariftocratie (1)-
L.homme qui a combattu depuis 1779, pour éteindre
celle des Etats de votre Province, couverte plutôt
foutenue par la protcction nominale d'un Prince du
Thomme qui a dévoué pendant dix ans fon temps,
Veilles, & une
L
partie de fa fortune à Tanéantiffement
de cet hydre à fept têtes qui fignoit vOS mandemens, vOS
cotes de punition, &cc:; thomme qui a atraqué ce Gouvernement provincial dont yos cahiers n'ont fait que
T'efquifle, & dont fes réquifitoires avoient fait le rableau,
qui l'a attaqué quelquefois avec la compagnie près de
laquelle fes fonctions l'artachoient > & fouvent
l'homme enfin de la furveillance duquel cette ariftocratie feul;.
vouloit fe défaire à quelque prix que ce fut: les lettrespatentes furprifes à Sa Majefté pour le rachat des aides,
vous en furent un témoignage certain; cet
homme, devenu ariftocrate, devoit paroitre un
même dans un temps auffi fertile en miracles. phénomène
En rappelant des titres' aux fouvenirs defquels
dus
fans doute Thonneur, & d'être déligné
votre je Repréfentant
un féjour à Paris, Rise de l'efpèce
d'exil dont Aeat M. de Lamoignou, & d'être nommé
à cette place fans être du nombre des électeurs, ne
croyez pas
je veuille vous rappeler qu'aucun ordre
n'elt allez
pour me féduire, &
être
n'eft
EREr
aflez puiffant pour m'attirer dans un qu'aucun vous
en
étiez aufli sûrs en me nommant, que l'anonyme parti; l'eft
peu fans doute de ce dont il 2 cru devoir vous donner
an
(r). Que ne fait l'abus des chofes: : jadis le mot ariftocratie
dignifoit le Gouvernement des Snges: ils éroient alors choifis Dès
qu'il fignifia le Gouvernement des Nobles Héréditaires, il
par les abus: : enfin il eft devena dans la bouche de nos perdit
cifies une auff grolle injure querle mot philojophe T'eft
dans celle des
ras
dévots, --- Page 69 ---
47).
avis. C'eft donc pour fon inftruction que j'écris; le Citoyere
doit, dans de pareilles citconftances, fa profeflion de foi:
voici la mienne, & je rappelle les faits qui la juftifrent.
Perfuadé
le Clergé, la Nobleffe ayant part entière
dans la entansar des Membres de leurs Chambres,
les villes ayant eu beaucoup trop de part lors des
cédens Etats dans la nomination des Députés du
je fus un des
---
47).
avis. C'eft donc pour fon inftruction que j'écris; le Citoyere
doit, dans de pareilles citconftances, fa profeflion de foi:
voici la mienne, & je rappelle les faits qui la juftifrent.
Perfuadé
le Clergé, la Nobleffe ayant part entière
dans la entansar des Membres de leurs Chambres,
les villes ayant eu beaucoup trop de part lors des
cédens Etats dans la nomination des Députés du
je fus un des premiers à défirer qu'on donnât au troifieme
Ordre, dans les Etats de 1789, une repréfentation
égale. Dès le mois de Septembre 1788, j'ouvris
de
a
former une quatrième Chambre en faveur des habitans dela
dont les intérêts étoient aufli diftinéts
de ceux NSIES des
que les intérêts des villes l'étoieut
alors de ceux du Clergé & de la Nobleffe. Si ce Plan
eût réufli, moins de débats, fans doute; ; l'accord des
trois Chambres eûit évité toutes difficultés fur le veto D
entr'elles, & rien n'eût donné lieu à en élever aucune
fur le veto Royal.
Mais il en fut autrement décidé : le Miniftère perfifta
a croire que trois fils formoient, pluror que quatre, une
chaine folide, & on ne fit pas attention qu'en en faifant
un beaucoup plus fort queles deux autres, la trame auroit
moins de folidité. Les Etats furent donc convoquéstfirivant les anciénnes formes, en doublant. feulement le
nombre des Déptités du Tiers-Ordre.
Vous aviez déja arrêté le vote par téte;
fût
dans mes principes de rappeler tous les Ordres quoiqu'il à une
parfaite égaliré, je vous fis des répréfentations fur les
inconvéniens de cette manière de voter. Lal MajeftéRoyale
réuniffoit alors bien des
le Clergé étoit encore
confidéré, la Nobleffe
le Miniftère avoit entres
les mains
TEEE
des moyens de corrompre : vous pesâtes mes
raifons; & ne prévoyant pas plas
moi ce
eft
arrivé depuis, vous donnâtes Votre
qui fublidiaire à
SmaLet
ce qu'on votât par Ordre; mais vous prites de
fages précautionsque,dans. le cas. oul les Ordres ne feroient
A 4
Clergé étoit encore
confidéré, la Nobleffe
le Miniftère avoit entres
les mains
TEEE
des moyens de corrompre : vous pesâtes mes
raifons; & ne prévoyant pas plas
moi ce
eft
arrivé depuis, vous donnâtes Votre
qui fublidiaire à
SmaLet
ce qu'on votât par Ordre; mais vous prites de
fages précautionsque,dans. le cas. oul les Ordres ne feroient
A 4 --- Page 70 ---
(18)
pas d'accord, on pût lever le veto dans une Affemblée
générale.
Portenr de vos caliers, je m'acheminai a Verfailles,
bien perfnadé que vous étiez les Legilateurs, & que
je n'étois
votre plénipotentiaire révocable a votre
volonté ; d1 n'a fu me faire changer d'avis. Les
loix faites depuis, font très-fages, fans doute; mais elles
n'ont pas d'effer rétroactif, & n'ont par conféquent
diffoudre mes obligations & vor droirs.
Pu
MM. du Clergé ne faredt pas parfairemenc d'accord; mais ils eurent lindulgence de ne pas fc conftituer en Ordre. MM. de la Nobleffe, excirés par des
Berfonnes qui cherchoient a brouiller,fe déclarérent les
champions de lancien Ordre établi, & prérendirent
sêtre conftirués : c'eft à cette confticution, 5 née avant
terme > & qui nous far annoncée du ton d'une conquete, qu'eft duc 12 réunion des Erois Ordres en une
fcule Chambre,
Cettainement f on vouloi conferver les Ordres, on
avoit
mal faire de ne pas allenobler en quarte Chambres; Fas n'ayast pas pris ce partis le Clergé &c la
Nobleffe euffent paru defirer opiner dans des Chambres feparées, j'avone que ne my ferois pas oppofé,
les'railons que je vous avois déduites, & que vous par
aviez
approuver en changeant votre article.
nifore dix ans d'eftime m'avoient attaché A-M. de
Barentin ; je lui étois certainement aufi dévoué, que
guelqu'un, qui ne
être lié par aucune elpèce d'inrérêt 3 peut Têtre et un Magiftrar intègre : mais mon
attachement
fa perlonne, ne lioit point mon opinion à la ECO & avec autant de franchife
j2vouois à ceux qui Tatraquoient
je l'eftimois que & le
relpectois, 2 je défendois contre 4
le
Gande-der-Seeur,
foir même de la Séance royale ma manière de
penfer: : il croyoit la diftinétion des Chambres confituSionnelle, je confentois à leur féparation; mais je fou-
gre : mais mon
attachement
fa perlonne, ne lioit point mon opinion à la ECO & avec autant de franchife
j2vouois à ceux qui Tatraquoient
je l'eftimois que & le
relpectois, 2 je défendois contre 4
le
Gande-der-Seeur,
foir même de la Séance royale ma manière de
penfer: : il croyoit la diftinétion des Chambres confituSionnelle, je confentois à leur féparation; mais je fou- --- Page 71 ---
tenois que le Tiers-Erat, quil'avoit (2)
provoquée a des
antérieurs, , pouvoit s'y refnfera ouy mettre des conditions Erate
queje le croporsellentielles; & je lui démontrois
que
bien qu'il avoit cru faire, étoit détrait également
manière dont i étoit venu l'annoncer.
par la
Alors, perfonne ne m'accufoit
volution furvint ; le Garde-des-Sceanx danitosnitie; fur
une réplaignis M. de Barentin, Ileft accufé
prolesit; je
eft coupable, Jaurai été bien
maintenant : s'il
cent, il'a aura été bien
trompé ; s'il eft innoy air des preuves du crime, malheureux: : mais jefqu'a ce quil
attachement particulier, & fondé indépendamment fur un fentiment de mon
dubntenellé.je allire
lui dois ce que la nouvelle
bien
3 &c cel
Thumanité
conftirution
de tour accufé ; T dois,
réclamoit en faveur
coupable. dis-je, ne pas le préfumer
Après la réunion de la majoriré du
minorité de la Noblefle, le refte des Ordres Clerge & de 1
joindre fur une lettre clofe du Roi. On étoit vint nous
dans' la Chambre des
de
convenu,
cela nous étoit plus facile Cemimunes, qu'a ceux du tout oublier ;
puilque le nôtre étoit victorieux. Je
parti contraire,
de ne pas faluer M. l'Evèque de
n'avois nul motif
Eln Général; &, trompé for
Nancy; il avoit eté
follicité des Arrèts du Confeil mon compte 2 il avoit
fur limpôt
contre moi. Mais il avoit
des Erats; & prèché fa converfion: ma morale, le jour de l'ouverture
que mon opinion contre les cft, contraintes je crois, audli fincère,
naturelle.
folidaires étoit
-
genteuil ? Devois-je Je n'avois méconnoitre M. le Marquis d'Arculier de fes
eu lieu') que de me louer en partila Province, honnétetés; & la qualité d'ancien
n'avoit pu le
à
El-de
caractère de probité qu'on ne dépouiller lui
mes yeux du
a ne faire aucune
contefte pas. Décidé
chargé de demander grace la aux abus dont vous m'aviez
ces deux Membres de Tadminiftration néformation, le témoignage de
Reponfe dune Lettre, Gc.
que je devois
A
eu lieu') que de me louer en partila Province, honnétetés; & la qualité d'ancien
n'avoit pu le
à
El-de
caractère de probité qu'on ne dépouiller lui
mes yeux du
a ne faire aucune
contefte pas. Décidé
chargé de demander grace la aux abus dont vous m'aviez
ces deux Membres de Tadminiftration néformation, le témoignage de
Reponfe dune Lettre, Gc.
que je devois
A --- Page 72 ---
(Io e
Je ne conattaquer. m'étoit devenu. même de nom, précieux. &c
avoir été
noiffois M. de Digoine Bourguignon que
qui eut pour eu le coule feul Genrilhomme fe foumettre aux Edits defpotirage de ne.
vouloit
Je ne connoillois pas davanques de M. li Tamoighon. fa réputation étoit taite, fon
M. dEpremefmils &
la même caufe que le
a a la même époque',
à la Cour, m'avoit
eft
Tent
mien, car on fa faveur; quelquefsis &c je n'avois connu fon pedfonpréven en
difcuflion
que j'eus avec
nel,
par une
particuliere des Ordres; difcuflui aT T'exiftence & la feparation remontant jufqua Tafion ou tous les Hiftoriens,-en de mémoire & de facite, furent cités avec beancoup rles Ordres euflent exifté
cilité, fans me convaincre Enfin, que j'eus mème de Thonnéteté
chez les Germains.
&, en vérité, c'étoit alors bien
pour M. l'Abbé Maury; car
ne connoillois pas encore
générofité de ma
je
il fourient fon
les talens & la Amas avec lefquels n'eft
un perir
je dis fon opinion; ce le qui rapport E" Ies enneM mérite mes yeux; 5 T'Auteur &, d'après de TAvis au Peuple, conmis, je le croyois
m'avoit valu une
damné au feu far ce réquifitoire de qui
& par la
de P'artention de M.
Lamoignon, une autre
pteuve manière
honnéte dont elle me fut fignifiée,
de
de peu: la bonne volonté de M. Amelot, Intendant de pareilles
Bourgopne preuve
&c de fon intelligence pour
commilione
encore,on ne m'accufoit pas d'ètre
Alors, répéterai.je mais la plupart del ceux auxquels on appliariftocrate; ;
entr'eux du titre de démoquoit ce memnimtohetiant démagogue, &cc.
cratesde Ma manière de voter n'étoit pas alors
T'arde m'ètre trompé
HTEI
le petit défagrément que j'eus levant avec M. TAbbé Sieyes,
ticle des dimes, Communes, en me & un autre Genrihemme, ne
Dépuré des
accufer d'avoir été attaqué de la
me fit point encore
art del ceux auxquels on appliariftocrate; ;
entr'eux du titre de démoquoit ce memnimtohetiant démagogue, &cc.
cratesde Ma manière de voter n'étoit pas alors
T'arde m'ètre trompé
HTEI
le petit défagrément que j'eus levant avec M. TAbbé Sieyes,
ticle des dimes, Communes, en me & un autre Genrihemme, ne
Dépuré des
accufer d'avoir été attaqué de la
me fit point encore --- Page 73 ---
II
contagion; nous formâmes a nous trois la
pas
penfaffe, comme M.
minorité, non
ne ELF pas être
TAbbe, que les dimes
d'avis d'an
changées, mais parce que j'étois
Nous parvinmes nelimninsinerque fans inconvénient l'Aflemblée n'adopta pas.
oi il fur queltion du. veto
julqu'an moment
avec mes trois
royal; après m'êtré confulté
& de vous mander, ellegues,je pris le parti de vous écrire
Roi, ou lui en accordér que ne point accorder de vero 2tt
deux leurs inconveniens
un indéfini, avoient tous
Prince,
de l'exécution : que dans le premier cas, le
un veto E de
foir en ne faifant des loix, auroit toujours
faifant mal exécuiters que dans le
exécuter, foir en
feroit des
cas,on on
Cona
lui
fentement conditions G dures, qu'il accorderoit fon conFaccorder fur-le-champ, ou quil lui feroit libre de ne
accorder jamais;
je croyois donc
un veto
&
qu'on devoit lui
en
HE
que ce feroit lui aceorder un legal,e pouvoir utile fixer a le terme;
mettans, puifque ce veto n'auroir d'autre
nos comde Tappel au peuple,feul & véritable
effet que celui
Je m'expliquai fans doute mal,
légiflateur. de votre
je
une lertre
puifque
ville
tois M de par laquelk on m'avertifloit
matin. A diner, Tarifiocratie des
: je reçus cette ilee /
ant-Magiltrars
pouvois me décider à condamner fans voyant que je ne
Cours Souveraines
preuves deux
taire; & le foir un attaquées Gentilhomme > m'appelerene Parlemenfis des repréfentations fir quelques Magiltrar, 5 auquel
étoient échappées,
expreflions qui a
Démocrate ourré. Bien couronna loin de la journée en m'appelans
licitai de n'avoir pu mériter
me des plaindre, me fétradictoires, puifqu'elles
que
injures conles juftes bornés que m'avoient m'affitroient que j'étols reité dans
mes mandats.
ptefcrit mes principes &
Apres avoir réuni les trois Chambres en
publiciftes vintent nous propofer de nous féparer une, de nou- des
,
expreflions qui a
Démocrate ourré. Bien couronna loin de la journée en m'appelans
licitai de n'avoir pu mériter
me des plaindre, me fétradictoires, puifqu'elles
que
injures conles juftes bornés que m'avoient m'affitroient que j'étols reité dans
mes mandats.
ptefcrit mes principes &
Apres avoir réuni les trois Chambres en
publiciftes vintent nous propofer de nous féparer une, de nou- des --- Page 74 ---
veau en deux Chambres. (12)
jofe avouer encore
Exempr des préjugér,
déparation, G elle avoit que Jaurois confenti a l'ancienne puifque
terminai Pour refufer la pur nouvelle amener la paix, je me déne pouvoit, fiivant moi nous divifion, parce qu'elle
cette même paix.
fervir qu'à nous enlever
les Ordres croient Dife-divemens, d'accord fur ayant la PAllemblie, tous
duelle,. paux articles, ceux. de refbauration de réforme la liberté des ptincibien moins relpect dangerenx pour la propricré, &cc. I eût été indivi- donc"
bles, de voter feparement avec des modifications raifonnane leût été de fixer ceux avec de deux des pouvoirs connus,
E dailleurs.a0cunr des
nouvelles Chamyeux fans inconvéntent : celni plans de ne M. fe préfentoir a mes
amenoit: ceux, de la Chambre TEveque de LanSae fans pouvoir nous faire
des Pairs d'Ancelui de M. Dupont, ,1 me
jouir de fes avantages;
dès le moment, de la
paroiffoir excirer une rivalité
Tun fe trouyoir
nomination des Députés, donr
celui même de M. urele-chane Mounier fmpéricur Afes
les diverfes forranes une
me fembloit mettre collszucis entre
avoir partagé nos caftes, & différence cgale a celle qui
Je palle fur les
opéré nos divifions.
un inftant fur celle révolutions oû' trente de Paris, mais je m'arrère
den cette ville, &
les mille hommnes fortirent
Majefié de venir habirer vinrent,, cette uns pour fmpplier Sa
pour maintenir dans cette
Capirale, & les autres
qu'il étoit Pollible de le faire, circonftance autant d'ordre
qu'elle étoit infeparable de la
LAlfemblée décréta
parut d'autant pluns jufte,
Perfonne du Roi, & cela
Narion ne font qu'un. qu'en France le Prince & la
dans Le lendemain du départ de Sa
un Bureau de la
Majefté,
a Paris : or, certainement Province, lidée de fe trantporter jappuyai,
un rôle brillanit dans cette Ville; Tariftocratie ne jouoit pas
riftocratie craignoit d'y étre regardé Thomme fmfpect d'acomme coupable. Je
ée décréta
parut d'autant pluns jufte,
Perfonne du Roi, & cela
Narion ne font qu'un. qu'en France le Prince & la
dans Le lendemain du départ de Sa
un Bureau de la
Majefté,
a Paris : or, certainement Province, lidée de fe trantporter jappuyai,
un rôle brillanit dans cette Ville; Tariftocratie ne jouoit pas
riftocratie craignoit d'y étre regardé Thomme fmfpect d'acomme coupable. Je --- Page 75 ---
(T3).
n'érois donc alors n'y attaqué ni même fufpedté de cette
elpèce de lepre.
Mais je n'ai pas éré d'avis qu'on déclarit que les
propriétés du Clergé étoient celles de la Nation : oh,
cela eft vrai, vous ne m'aviez pas commandé de les
prendre. Aufli ne les a-t-on
prifes; je n'ai pas
même été d'avis de la motion
par
les
laquelle
ETE
propriétés du Clergé font a la difpofition de la Nation; je craignois que ces mots ne fignifiaffent encore
prendre, &c divertir a des objets pour lelquels ils n'étoient
pas deftinés; & fi c'eft-là mon
je l'avoue &
n'en fuis
crime,
point repentant 5 dans la crainte qu'on n'abufe par la fuite du mot difpaficion. Ma motion à cet
égard, qui n'a
être lue, vous fera voir qu'hors
prendre, j'étois Faatt de tout, même de difpofer.
Jaurois defiré qu'on ne partageit la Monarchie
quarante Départemens; 5 quatre-vinge me paroiffent
ner ttop d'influence a la ville de Paris. Vous fentez,
comme moi, que lavis de la Bonrgogne, de lal
eûr pu balancer dans-T'opinion publique celuide cette Bretagne ville
immenfe. Or lavis de Dijon ou de Rennes auront-ils
la même concurrence 2 L'évènement juftifiera f mes
craintes étoient fondées. Jefpere que non, & j'ai pour
garant de cet elpoir lavis de la majorité de PAffemblée.
Enfin, j'ai combattu T'opinion du
ne
veux point de banque, & fur-tour point Miniftre; de papier-mon- je
noie. Je l'ai combattu mal, difent quelques
Nouvelles: cela peur etre; mon Difcours
Papiers- G
vous
imprimé,
prenez la peine de le lire, vous mettra ail fait de
ce
J'ai dit: ce n'eft pas ma faute, fi j'ai été mal enEE mal faiis ce n'eft pas même ma faute, fi je me
fiuis trompé dans les moyens. Il exifte deux cents
jets: : qu'on choiliffe le moins mauvais ; mais qu'on nous prodifpenfe d'une banque qui ne procureroit d'avahtage
qu'aux Banguiers > & fur-rout du papier - monnoie
,
prenez la peine de le lire, vous mettra ail fait de
ce
J'ai dit: ce n'eft pas ma faute, fi j'ai été mal enEE mal faiis ce n'eft pas même ma faute, fi je me
fiuis trompé dans les moyens. Il exifte deux cents
jets: : qu'on choiliffe le moins mauvais ; mais qu'on nous prodifpenfe d'une banque qui ne procureroit d'avahtage
qu'aux Banguiers > & fur-rout du papier - monnoie --- Page 76 ---
(14)
dont vous m'avez déclaré ne
vouloir, &c que je regarde comme l'avant-courreur Aare banqueroute,
Aux yeux de Tanonyme > vouloir que le pouvoir foit
fagement limité, & que la Capitale n'ait pas trop d'infuence 5 ne pas vouloir s'empater des propriétés d'auzrui; enfin, ne pas vouloir de papier-momnoic.eh, fans
doute, être ariftocrate : le dernier, fur-cout, en eft une
preuve convaincante Efeétivement, comment un démocrate zèlé, > comment un bon républicain ne fentira-t-il
pas les avantages de la banque & de T'agiotage ? La
piété de nos péres avoit donné beaucottp de pouvoir
au Clergé. La Nobleffe en avoit acquis par le commandement des Armées & Ies places à la Cour. La
Magiftrature en avoit obtenu par fes charges, & rien
de tout cela ne fublifte ou ne fnbfiftera. La probité ne
pourra pent-étre
percer aflez vite
s'alleoir furle-champ à la Ees de tOuS les mhales des Gentilshommes & des Magiftrats réformés. En attendant, la
Plutos-archie sétablinss &, comme il faut bien des
viciflitudes dans la vie, la banque,en ruinant les uns,
en enrichiffant les autres, remplacera, fouvent au même
inftant, & Tanobliffement & la dérogeance.
Or, faut-il être ariftocrate pour ne pas fentir que cela
eft utile, avantageux, méme néceffaire.
Tant que vous me, conferverez votre confiance, quelles
que foient les épithètes dont les anonymes ou non fe
fe ferviront, je tiendrai ferme dans le pofte que vous
mn'avez confié. Je porterai votre avis, lorfque vous me
le tranfinettrez, celui de mes cahiers, qui eft le vôtre,
ou,a leur défant, mon avis perfonnel, mais jamais
celui d'un antre. De quelque côté que puiflent pencher
les applaudillemens tumultueux des galeries, mon jugement pefera tranquillement les raifons : je réclamérois, s
s'il en étoit beloin, dans. cette Allemblée, comme
dans un Tribunal,pour que les accufés foient entendus
lorfque vous me
le tranfinettrez, celui de mes cahiers, qui eft le vôtre,
ou,a leur défant, mon avis perfonnel, mais jamais
celui d'un antre. De quelque côté que puiflent pencher
les applaudillemens tumultueux des galeries, mon jugement pefera tranquillement les raifons : je réclamérois, s
s'il en étoit beloin, dans. cette Allemblée, comme
dans un Tribunal,pour que les accufés foient entendus --- Page 77 ---
(15)
avant d'être jugés a & sil pouvoit arriver, ce qu'a
Dieu ne plaifes quil y eût quelques partis ou coalilirion, vous pouvez être stirs
je ne ferai d'aucun.
Mes principes font tels
je E ai apportés; ils- ne
varieront point fuivant R évènemens. Un homme qui
fe crée des principes de circonftances, me paroit reffembler à celui qui bàrit fur le fable. J'ai été ravi de voir la A
Baltille prife u); mais cela ne m'a pas rendu plus ou moins
amoureux de la liberté, , que je l'étois avant, comme la
menace d'une prifon de vingt ans, dans fes cachots, ne
m'eût pas déterminé à facihier mon amour pour elle :
(1) Je ne dois pas omettre un fait particulier & peu conmu, mais
qui mérite de lêtre,
qu'il fait connoitre d'une manière avantageufe un des AR de cette Affemblée. le
même de la
de
Arrivant de Verfailles à Paris,
jour
prife fe
la Baltille, à huit heures du foir, la Garde Nationale, qui
faifoitrendre compte de ceux qui arrivoient à la place de LouisXV,
me ft T'honneur de me donner une garde d'honneur de vingt
hommes > qui me conduifirent à THotel-de-Ville, à lendemain l'effet de
prendre un paffe-port pour me rendre à Verfailles, Membre le de TAC
matin. M. Moreau de Saint-Méry, maintenant
femblée, y préfidoit; i eut la bonté de me l'accorder; & en
me le fignant, il m'adreffa la parole en ces termes : < Nous Natio- vous
5> chargeons, Monfieur, de rendre compte à l'Affemblée faifons tout
? nale de ce que vous avez vu, de lui dire l'ordre, que nous &
nous
>> ce que nous pouvons pour maintenir
que d'une
>> comptons fur fon fecours & fon autorite pour parvenir de
vous voudrez bien la
notre
X2
part
>> manière efficace,
Sa
prier de faire revivre
> fe joindre à nous pour fupplier
Majelté
l'amour
> ici fon autorité en n'employant d'autres armes que
> de fes peuples ; il fuffit, & toutes autres armes feroient
2 inutiles. Je m'acquittai >
le lendemain de cette commiffion auprès de
M, TArchevêque de Vienne, lors Préfident, au moment oà on
annonca Tarrivée de Sa Majefté dans la Salle: mais qu'on fe
de jour , Pheure oh M. de Saint-Méry prononça ces mots
RARO d'un applaudiffement général, & on aura une véritable
idée du fang froid, & de la fermeté de ce Préfident, & de
l'amour nature! des François pour, leur Roi.
de cette commiffion auprès de
M, TArchevêque de Vienne, lors Préfident, au moment oà on
annonca Tarrivée de Sa Majefté dans la Salle: mais qu'on fe
de jour , Pheure oh M. de Saint-Méry prononça ces mots
RARO d'un applaudiffement général, & on aura une véritable
idée du fang froid, & de la fermeté de ce Préfident, & de
l'amour nature! des François pour, leur Roi. --- Page 78 ---
(16 )
desinjures, des faits mêmes, ne me rendront jamais partifan de la licence.
Tel eft mon caraétère.
Il y a a quelque chofe de bien plaifant dans l'accufation de T'anonyme, & qui prouve combien il eft inf
eruit; c'eft que ce liche, que le Clergé &c la Nobleffe
font parvenus à féduire, n'a vu ni chez eux nien maifon
tierce aucun deMM. du Clergé ni de la Nobleffe, excepté
deux fois M. le Baron de Gruifol fon co-Député,8 M. le
Marquis' de Ville-Bertin-, Commiflaire nommé
notre Département. On ne- m'a ptomis, fans
EES
Abbaye, ni Brevet de Colonel, ni Charge de Prélident au Parlement. Rien de tout cela ne me rendroit
la tranquillité dont je pouvois jouir, &c que j'ai factifiée bien volontiers toutes les fois ou je Fai cru utile
aux intérêts de VOS Paroiffes.
C Ce que je fus, vous me verrez toujours Têtre; vous
me verrez par conféquent aimant. ma Patrie &c mon Roi:
ces 'deux mots ont. toujours été unis &c dans mon coeur
& fur mes levres; j'ai regretté d'avoir vu la première
facrifiée, & le fecond trompé. Perfonne ne s'en eft peutêtre plaint avec moins de graces, mais perfonne nes'en
eft plaint plus haut que moi. A mon arrivée mon ame
avoit traverfé T'efpace qui fe trouvoit ètre, fuivant moi,
entre le defpotifme & la Monarchie, entre T'efclavage
& la liberté; on me reprochoit d'ètre trop, avancé; on
me reproché de marcher trop lentementije n'ai pas bougé
du
mes ptincipes & VOS ordres m'avoient égaLETE TASEE Vos mandats n'euffent pas été impératifs,
que ma confcience ne m'eût pas permis de les
ser, & je ne m'en étois chargé
alin
parce qa'ils
d'accord avec elles je fuis Rate que cet état de modé
ration que je crois julte &c fage ne convienne- pas à
M: Civis; ; mais vous n'êtes pas changés, 8c ils yous conviendront, ou je ferai remplacé :dans le detnier cas, vous ne
me ferez jamais un ctime d'avoit fulvi vos ordres. Puiffent --- Page 79 ---
(17)
ceux lées Commettans être toujours factésià leurs Députéslcer le feul moyenqu'ait tout peuple de n'être pas
foumis à l'ariftocratie (1). héréditaire ou non, noble ou
(:) Je ne connois rien aux divifions des Gouvernemens dont
fe fervent nos publiciftes; Y'appellerai toujours dejpotifme le
Gouvernement ou la volonté des maitres fait la loi; je dirai
donc, 1o.
79 ---
(17)
ceux lées Commettans être toujours factésià leurs Députéslcer le feul moyenqu'ait tout peuple de n'être pas
foumis à l'ariftocratie (1). héréditaire ou non, noble ou
(:) Je ne connois rien aux divifions des Gouvernemens dont
fe fervent nos publiciftes; Y'appellerai toujours dejpotifme le
Gouvernement ou la volonté des maitres fait la loi; je dirai
donc, 1o. que le defpotique monarchique eft tout Gouvernement
oula volonté d'un individu peut, en vertu d'un ferra ou d'une
Jettre-de-cachet, renfermer un Citoyen aux fept tours ou dans
toute autre baltille; 20,
le delpotifme arijtocratique eft un
Gouvernement oi la ratimed de plufieurs & non pas de tous
faitla-loi. Il pourroit exifter à Venife &à Gênes, entre les mains
des nobles ? contre les citadins ; à Berne & à Fribourg, entre
les mains des Citoyens de ces villes, contre les habitans de leurs
Baillages ; en Angleterre & en Hollande, entre-les mains des Deputés au Parlement ou aux Etats, s'ils n'ont pas d'infiruéions
ou s'ils ne les fuivent pas. Il n'elt donc de Gouvernement bien
ordonné
le démoeratique. c'elt-à-dire, celui. où la volonté
générale Ter loia oà le peuple eft légilateur, foit que dans les
petits Etats le pouvoir exécutif fe trouve dans les mains de Magiltrats élus par lui pour un temps, ,foit-qu'il fe trouve dans des
plus étendus, entre les mains héréditaires de plufieurs,
EP ou non nobles, foit enfin
dans d'autres plus: vaftes,
comme en France,il réfide dans REaREa d'un Monarque, Dans
nos deux cents cahiers triplés., dont on a fait le dépouillement en. trois volumes, s'eft-il trouvé des chofes effentielles. expliquéss
d'une manière abfolument contradictoire ? Non : tous tendoient
au même but. Le peuple doléant & légiflateur vouloit le bien
général du Monarque & des Sujets, la tranquillité publique, la
liberté individuelle, &c. Nul n'a méme contrarié l'article 12
des pouvoirs de mon Bailliage, dont le prétendu M. Civis a fi fort
à coeur lexécution de ma part;
Ton
je laffure que
je faurai, (ans me cacher comme
dire la
6 refter;
E OTAAT
& pour fa tranquillité fur les intentions de mes Commettans,je
tranferis ici l'article ci-deffus cité de leurs ordres. > Recommandent lefdits fieurs Eledteurs auxdits fieurs Dépuités
> de ne jamais s'écarter du' refpect & dela foumiffion qui font
3) dus a la perfonne facrée. du Roi, & d'accorder aux deux'
> premiers Ordres les préféances, & rang. auxquels Jeur naif-
> lance & les foncions qu'ils rempliffent leur donnent droit de
22 prétendre. --- Page 80 ---
(18)
non noble,
ou irreligieufe, riche ois intria
guante, enfin, shgedt celler de tous les genres dont"Teffaim
avoit accumulé des maux énormes fur nos têtes.
) dus a la perfonne facrée. du Roi, & d'accorder aux deux'
> premiers Ordres les préféances, & rang. auxquels Jeur naif-
> lance & les foncions qu'ils rempliffent leur donnent droit de
22 prétendre. --- Page 80 ---
(18)
non noble,
ou irreligieufe, riche ois intria
guante, enfin, shgedt celler de tous les genres dont"Teffaim
avoit accumulé des maux énormes fur nos têtes. Puiffent les beaux jours qu'une Conftitution plus heureufe vous prépare, > faire oublier & au Monarque & à
fes fujets, quil fur pour la France des jours de deni
& d'alarmes! Ce doir être le vaeu de tout bon
& c'eft affuurément le mien. Ciroyen
M OTIO - N
DE M. B BOUCHOTTE,
AUSUJET
DES BIENS ECCLESTASTIQUES,
Enyoyée au Bureau, quiycomme plufgurs autres, n'a
pu être lue.
itution plus heureufe vous prépare, > faire oublier & au Monarque & à
fes fujets, quil fur pour la France des jours de deni
& d'alarmes! Ce doir être le vaeu de tout bon
& c'eft affuurément le mien. Ciroyen
M OTIO - N
DE M. B BOUCHOTTE,
AUSUJET
DES BIENS ECCLESTASTIQUES,
Enyoyée au Bureau, quiycomme plufgurs autres, n'a
pu être lue. LAssxntr NATIONALE confidérant que la Nation
eft non-feulement la fouveraine des propriérés données
aux Eglifes, Chapitres, Abbayes, Prienrés, Monaftères,
Colléges, Hopitaux & autres établiffemens
mais qu'elle eft encore & T'Adminifiratrice eccléiafliques, naturelle &
defdits biens, & la Protedrice née des fonpieufes que ces donations
Eme
ont eu pour objet, --- Page 81 ---
(19)
Confidérant
que ces titres Tobligent
rieufement de strrt à ce
les intentions des impsteurs
fondafoient fuivies, que : charité ayant été le
cipal objet des dotations faites auxdits
ptinétabliflemens, ces
proptiétés ont été fpécialement deftinées par la piéré des,
ndèles, la décence du culte, l'entretien des Miniftres
des autels, & au foulagement des pauvres dont ils font
le patrimoine facré (1).
Décrère qu'il fera furfis a la nomination, tant des
bénéfices fimples que de toute efpèce de commenide,
même de tout bénéfice dont Pinutilité feroit prononcée.
Que les biens, attachés foit auxdits bénéfices, foir aux
Monaftères déclarés également inutiles (2),feront, d'après
(:) Je ne fais comment expliquer ces mots
fe
dans une foule de titres,Dedi deo, Jandis, 6 non
J'ai trouvent
à Dieu 6 aux
donné
gelf
principes de la Saints, non à un autre, fi ce n'eft d'après les!
a
religion du dopateur , ce qui équivaut, fuivant"
moi, ceux-ci : je donne à Dieu, & par conféquent aux pauvres;
qui, d'après TEvangile, font fes membres; 5
ne donne
à
un autre, ceft-à-dire, je ne donne pas aux
pas
de
qui n'ont
Ldier
beloins, aux traitans, aux publicains, aux
pas
ne
TEtat
doit
parce qu'ils ont appauvri fes agioreurs en auxquels
de la mifère SERE
fujets profitant
donnoit (2) Le fondateur d'un Monaftère, dans des temps
à de pauvres Moines qui devoient & édifier cloignés, &
des charités; leurs fuccefleurs n'édifient
un
faire
tifs de la donation eelle; ils-ne font plus de plus, charités, des ils motort; le fouverain pent bien détruire ces Moines ; mais linten- ont
tion-du fondateur n'en doit pas. être moins fuivie, & les biens
devoient être, en entier, employés au foulagement des
j'ajoute des pauvres des lieux voilins, c'eft une fubftitution pauvres; indéfinie, faite en leur faveur : indépendamment de leurs befoins
urgens tiers & particuliers, , on-peut faire apprendre aux enfans des méutiles, c'eft faire la charité à la
& à
celle qui fuivra; mais vendre les biens génération deftinés au préfente
des pauvres pour payer les dettes de l'Etat
ne foulagement font au fait
celles des riches, puifqu'eux feuls euffent payéles qui
impôts dont
ont
fr
emprunts
tenu lieu, feroit, d'une part, manquer de foi
tiers & particuliers, , on-peut faire apprendre aux enfans des méutiles, c'eft faire la charité à la
& à
celle qui fuivra; mais vendre les biens génération deftinés au préfente
des pauvres pour payer les dettes de l'Etat
ne foulagement font au fait
celles des riches, puifqu'eux feuls euffent payéles qui
impôts dont
ont
fr
emprunts
tenu lieu, feroit, d'une part, manquer de foi --- Page 82 ---
les renfeignemens donnés par
aux titres
des bénéfices à charge Esats-Provincisns, d'ame
unis
mens dont Futilité fera
& autres établiffeaux Colléges, Séminaires, reconnue, & particulièrement
autres inftirutions pieufes dont Hopitaux, le but Hatels-Dien &
au foulagement des pauvres
fera de pourvoir
a l'entretien & a léducation malades, des vieillards & infirmes,
lièrement des orphelins, a la pauyres enfans,6
des
manouvriers,
confervation de la
T
SeEeng &c,au falaire de agriculteurs & artifans, à l'infles villages, & de chirargiens fages-femmes des
inftruites dans
inftruits danschaque
pauvres, 3 également
de dellein & autres attonclilfement, arts utiles
ila doration d'écoles
nécefliré; enfin, aux travaux de aux charité métiers de première
ceuvres indiquées par les Provinces, & & autres bonnes
tendra moins encore à profcrire
dont T'exécution
mendicité aufli déshonorante
qu'a rendre inutile la
religion.
pour l'Etat que pour la
fondateurs, aux engagemens & de pris au nom de la Nation par la Loi
des
Tautre, le
avec les,
morts 3 détruire la
manque d'exécution des volontés
faifant fe
qui
ReFKLET
repoler fur les vivans
confole les mourans, en les
On aura beau répondre qu'une defesécution taxe en
de leurs intentions.
placera ces fonds empruntés un
faveur des pauvres remle denier de la veuve dont nous peu militaircment. J'admire
le prend fur fon néceflaire pour parle Toffrir TEvangiles
qu'elle
offrande livre faint fouleveroit mon ceur, fi elle EEe cette
comme le fruit de
m'étoit offerte dans le
eutions, a décrets, &c.
garnifons, contraintes, failies-exé- --- Page 83 ---
a
DESSECHEMENT
mnollery
sh DES M ARATS,
19 DEFRICHEMENS ET
Pup ebnol 290
D9P1VL PLANTATIONS.
a -
2315sga5
QARERTATIONS
Fur le rappore di
es1 TTV 1095 comité
n
dagricalures
Par M. GkEGOIRE.Cure
SC
d'Embermenil,
2uov b
Député de Lorraine,
MESSIEURS,
L.
rapport quie vousia avez entendu vous
fente un des grands objets qui puiffe
préfoumis, & pour lequel on puifle
vous être
fecours de votre auroriré, Je n'ai
invoquer le
perfuader,
point à vous le
puifque vous avez ordonné la réimprellion du mémoire de
Grlesn moyens
M.Boncerffur. la nécelfiee
d'occuper les gros ouvriers,
ce rapport, & que le principal
objer de
propofé eft le delféchement des moyen qu'il a
plus utile de
marais, C'eft le
ceffer les
tous, puifque c'eft celui qai fera
des
épidémies caufées par les exhalaifons
marais, qui permettra de multiplier les
belliaux, & les engrais dont notre
agriculture
A
ens
M.Boncerffur. la nécelfiee
d'occuper les gros ouvriers,
ce rapport, & que le principal
objer de
propofé eft le delféchement des moyen qu'il a
plus utile de
marais, C'eft le
ceffer les
tous, puifque c'eft celui qai fera
des
épidémies caufées par les exhalaifons
marais, qui permettra de multiplier les
belliaux, & les engrais dont notre
agriculture
A --- Page 84 ---
manque, & d'avoir les viandes, les fuifs, les
cuirs, les laies qui mangfeht à notre
mation. Mais en vous préfentant ces confomon ne s'eft pas allez
avantages,
a
accupé dans cet excellent
rapport del Turgente nécellité, je le
de la
nécellité urgente,imille fois
répere,
à l'inftant les gros
urgenres d'occuper
ouvriers, ni des
vous devez deltiner ate
fonds que
vais donc.
trop preffant objer: je
J'ouvre'le y 1 faprleer 6
0 a
compte des revenus & des
fixes qui vons astians a
remis
dipenfes
fonds
pour Y découvrir les
quey vous TAE roavesappliguerdcese
dont la nature elt de vous fouftraire opénations,
énormes que vous payez
aux tributs
rapporter annuellement #leranger, & de vous
Dès la pages,je vois plas 71
votre mife.
que
M2 bénélice
loreries eft foumis à des retenues fous
fur les
rémifessde
le nom de
croupes , des traitemens exceflifs à un
trop grand nombre d'agens.
Page 15 Que les abonnemens
ont fait perdre annuellement
d'impofitions
Chaque page da
plafieurs millions.
compre général des
préfente un abus, une
dépehfes
& par conféquent des dépredation, un fcandale
économie févere
économics à faire; une
dansles dépenfeslès tédoira
quart & peac-être davantage. Votre
d'un
finahces en convient.
comité des
P.37. Vouspayez Io,oool.
-
truction d'une roure
par an Pour la conf
miniftre;
Pour aller au châteand d'un exnon-feulement cette dépenfe doit celfer,
us, une
dépehfes
& par conféquent des dépredation, un fcandale
économie févere
économics à faire; une
dansles dépenfeslès tédoira
quart & peac-être davantage. Votre
d'un
finahces en convient.
comité des
P.37. Vouspayez Io,oool.
-
truction d'une roure
par an Pour la conf
miniftre;
Pour aller au châteand d'un exnon-feulement cette dépenfe doit celfer, --- Page 85 ---
(3)
mais il doie refituer'les fommes employéesdrcet
objet.
o1ti
20 Vousavez fuppriméles haras, les 814 milleliv. I0O0
de cette partie doivent retoarner aPagricaleurovi
P.3o831.1 Vous payezidesrentes de toure elpece
dontilef doureux que'lesfonds alent été
elles doivent d'ibord erre fafpendues
fournis,
vérification, dont T'événement én' jufqu'apres
plufieurs. 1O 41
fers ancantir
CRJ
P.67.Ona fairdes anticipations J effrayantes
fubvenir aux dépenfes abuliyes, & on feroit pour fans
énergie 1O
Pour le nécellaite
P. de 70a171a 72 On a fait pour des fommes 10
immenfesicens acquilitions
qui n'éroient
des 01 dons onéreufes & inuriles
faurons
déguifés, & nous ne
Pasi AR la dépen(e nccellaire à la
en valenr de nos terres !
mile
P,36-Que dirai-je de ses brevets He.rerenue
dont on a charge l'étar de
a
eft, dont on yous
Nosfinances, & quiplus
fait payer lintérèc? -
a r
Quoi! vous payez les énarmes.intérérs
fois plus énormes anticipations, & ils ne devingt feroient
alfujetris non plus que les traitemens à aucune
retenue & de vingtieme ni de dixieme! Faureil
s'étonner G perfonne ne veut confier fes fonds. à
Tagriculrure, & qu'il n'en refte point
venir
à fon fecours? Le feul dixieme
pour
intérêts des
impofé far les
anticipations & far les traitemens des
Ananclers fuffiroir pour faire les fonds que je vous
A 2
eroient
alfujetris non plus que les traitemens à aucune
retenue & de vingtieme ni de dixieme! Faureil
s'étonner G perfonne ne veut confier fes fonds. à
Tagriculrure, & qu'il n'en refte point
venir
à fon fecours? Le feul dixieme
pour
intérêts des
impofé far les
anticipations & far les traitemens des
Ananclers fuffiroir pour faire les fonds que je vous
A 2 --- Page 86 ---
(4)
demandean nom de Tagriculture & des
& pour faire leur profpérité.
ouvriers,
P.974 Yous payez 2,500,000 liv.an
Panvrés ouvriers réclamenrcetre
clergé,les
fomme.
Praxon 11, 124 Ces énormes &
ces
Eunbalesfen
penfionse
croupess ces
qui font Fopprobre de
21 traitemens exceflifs
jefpere qu'en érant
ceux qui les regoivent,
vront un aflez ample délivrées yos finances rece- L J1
à même de fecourir foulagement qui vous mettra
ce bon
tems payés.
peuple quiles a
GlongJe ne puis jetter 2917 les yeux ds E 1n90 fur
5 n1s
voir les reffources variées, Sn
ce compte 0
fans
avoit
& les talens
pour vous dépouilter: tous les qu'on
publics affectés, toutesles formes
revenus
y prendre part, rien n'a
employées pour
le tréfor public & les éréépargné pour deffécher
peuples qui l'alimentent.
du-confeil P.T33.Les traiteméns énormes des miniftres &
doivent être réduits & foumis au
en
à
Shecaaoess
entier? tous ceux de la finance doivent fupprimer
réduits dési à préfents pourquoi
être
à engraiffer tant d'inutiles?
continmeriezrvous
P.17aJe vois aullidesfonds réfervés,
la bienfaifance, voila l'ouvrier qui les s.pour
20, pour des Hollandois réfugiés, & le attend;
malheurenx n'obtiendroit
François
pas vos regards!
P.173. En continuant ces états',
plus de 1200 mille livres donnés vousytrouvez à des
eccléfiaftiques; ces dépenfes foat cellées de corps droit
'inutiles?
continmeriezrvous
P.17aJe vois aullidesfonds réfervés,
la bienfaifance, voila l'ouvrier qui les s.pour
20, pour des Hollandois réfugiés, & le attend;
malheurenx n'obtiendroit
François
pas vos regards!
P.173. En continuant ces états',
plus de 1200 mille livres donnés vousytrouvez à des
eccléfiaftiques; ces dépenfes foat cellées de corps droit --- Page 87 ---
(3)
depuis vos décrets fur la difpolition de leurs
biens & la fupptefion des monafteres.
Vons Payez.419,000 livrésiaux
leurs entrées; mais pour quoides invalides invalidespour à Paris?
les Ona fupprimé les francs falés en nature, 3 & on
paie en.argent.
P.s8get.011,00 livresfont
dit le compteis à des travanx employés,leeque des charité, iDeft
urgent de les appliquér à
ouvriers.
l'agriculeure & aux
P.150.Dansles déperifes pour les rravauxlittérairesi on rongit de plufieurs noms &c de deur
traitement, telie que celui de lapoure du
tifme fous lenam de difcours fur Thiftoire delpodroit public,
&ile
P.186.Vouspenfieze que ceuxqui acheroient des
negres les payoient de leurs deniers, point du
tout;ce font les labawreurs,@tfivoms,
quifournifliez tous les ans environ
Meflieurs,
au commerçe du crime & de 2,8oo,ogo.liv.
réclame, il eft
T'efclavage. Je
tems, cette fomme pourlagriculture, pour répeupler, ranimer nos
les féconder & vous fournirles matieres campagnes,
que vous tirez de l'étranger. Je dis les agricales marieres
agricoles que vous tirez de l'écangeryelles montent
à138 millions de matieres brures, à 66 millions
de fabriquées. Voila ce qui vous épuife &
ruine la eadtensexmhiisgrtalinee
qui
fournira,
qui vousiles
que vous devez porter vos
vous en demande cent fois moins
ces fonds,elle
achats,
que
ruineux
0 TIP
fournirles matieres campagnes,
que vous tirez de l'étranger. Je dis les agricales marieres
agricoles que vous tirez de l'écangeryelles montent
à138 millions de matieres brures, à 66 millions
de fabriquées. Voila ce qui vous épuife &
ruine la eadtensexmhiisgrtalinee
qui
fournira,
qui vousiles
que vous devez porter vos
vous en demande cent fois moins
ces fonds,elle
achats,
que
ruineux
0 TIP --- Page 88 ---
(4)
PiI 19, Vonisravez trouvé 43 millions pour fecourir les Américains, & ceux d'une guerte pour
lesaidet à conquérit leuri liberté, Svous n'auriez
de fonds ni pour confommer la vôtre 8c la
pas
travaux cutiles qui vous
garancit,ni pour payarides
tirez
procureront l'abondance de tout ce que vous
annuellement de l'étranger! odde
villes de
Onen a trouvé pour: furchargeriles
bâtimens ftériles &c inutiles. 99R 29
Pour préter 6 millions à un prince d'Allemagne.
Vous n'avez pas de fonds, evous dit-on; mais
ficesimilliors d'ouvriersiqui font fans pain fante
d'ouvrage, vénoient réunis vous en demander,
que feriez-vous alors P.l ab. vumCe que vous
feriez, il faut le faire Vinftant, confacrer une
partie des dons & des offrandes patriotiques pour
mettre ces ouvriers en aétivité. Les premiers créanciers de la nation font les bras qui demandent de
louvrage & la terre qui attend des bras, a dit le
Vertueux auteur des mémoires qei ont donné liet
al'affaire qui nous occape, ce font donc eux qui
doivent être payés les premiers. L'or que vous
ainfi vous reviendra avec ufure,
aurez répandu
vous aurez fanctifié les dons du pattiotifme qui
verroit à regrer que vous confentez à fles engloutir avec tons les revenus pablics dans les
abimes de ces caifles auxiliaires fur lefquelles
perfonne n'eft fans inquiétude.
l'imFaut-il d'autres reffources ? En voici que
de l'affaire m'autorife à vous indiquer.
portance
d'un quart fur les ports de
Une augmentation
avec ufure,
aurez répandu
vous aurez fanctifié les dons du pattiotifme qui
verroit à regrer que vous confentez à fles engloutir avec tons les revenus pablics dans les
abimes de ces caifles auxiliaires fur lefquelles
perfonne n'eft fans inquiétude.
l'imFaut-il d'autres reffources ? En voici que
de l'affaire m'autorife à vous indiquer.
portance
d'un quart fur les ports de
Une augmentation --- Page 89 ---
(7)
lettres pendant Troisi ans produira parran
millionss la retenue du dixiemefor les lotsides Frois
lokeriesiqui montent à pluss
produina autant ;
de-goi-vnilibonr-en
avoir,à
voila des-fonds que vous pouvez
commencér, dès le mnoment
youluup Aucun pays des l'Europe mneip onivousPaures
ptixlepore
paie à tibas
deslietresquie dad Francey
tationeq que je propofe n'atteinte voe-llaugment
pas lecprixds
haaplietenesidene aux lots gagnés; tous
qui leg ontiverront V fansuregree la
ceux
dixieme pour l'emploi des ouvriers, retenne de
Aprèsi vous cavoir indiqué n
xuonnoi
démontrél da nécellité-d'en voeveflources, &
propofer d'ajoutet au projer efessjciamiparivoer de décrêt
avez léntendus da leéturedo D 1810
done rvoas
primés al ceux qui feront des Daccorderldes
favoir 48 live par arpent defféché defechemens; dans
de l'année 17905 14
le cours
defféché en 179E, & 12 lisi-pour livi
ichaque arpent
en 1793.
parcarpent delléché
20, Pour accélérer les
0o
OV
plus
entreprifes, & mettre
faire promptement les ouvriers en- activiré, de
prérer parla caille nationale aux
ou entrepreneurs de delféchemensaw propriétaires
concurrence de 1,100,000 liv. en moinsjufqu'3
dont le plus fort n'excédera
différens lors
charge de rembonrfement pas 50,000 liv. a la
dans
faire de plas grands prêts a d'heureux toisans; faufa
engagent.
fuccès y
3°. Comme l'art & les procédés divers des
en- activiré, de
prérer parla caille nationale aux
ou entrepreneurs de delféchemensaw propriétaires
concurrence de 1,100,000 liv. en moinsjufqu'3
dont le plus fort n'excédera
différens lors
charge de rembonrfement pas 50,000 liv. a la
dans
faire de plas grands prêts a d'heureux toisans; faufa
engagent.
fuccès y
3°. Comme l'art & les procédés divers des --- Page 90 ---
(8)
deffechemens font peu connus; &
d'éclairers ceuxi qui voudront en qu'ilefteflentiel
entreprendrelije
menté dans A
Eritss
certés matiére, de
expéri
infiruction fus les méthodes, les compofer une
procédés lesiplus (rs & Jes plus moyens & les
faire les delléchemens. Unip
écononiques de
guera beaucoup der fiautes; pateiliohvragee épart
slangereufes,
or les faures font
dopérations donti parceaqu'elles produicoiencie décri
henreux effers.
vous devez attondre les plus
49. De fairad
ala - 0o Tuag
royale de médecine impripier le rapportide la fociété
les marais
furdercpidemiet caufcespar
Goletavantages de leur
aiJe, finis en vous oblervant
defféchemenr.
vonsarriver de
queu Lce qu'il
plus heureax, - eft qu'il fe. préfente peut
beaucoup.de igens falides.ec
du peét.quer ue propofes capablesi pour profiter
coup de primes à
& que vous ayez beaude vous en convaincre payer.-Vous avezi été à portée
M. Bancerf,
par d'autres écrits de
farmtont-par lapperga des
refalterone des
efets qui
defechemens 3l
ila a
préfenté des prodairs en ddfrschemenss & ou
en bétail,
argents en nature,
& des artss, recdcisesreilimentd duc commerce
colonies tentées ain6.que de la population. Des
avec fuccès ont A mallieureufement ou érablies
coûtemille fois
les provinces, &, n'ont dorné plus, ont-dépeuplé
rardifs; ici vous les recueillerez à que dest fcaits
l'inftant.
t2
- - I N.
fenté des prodairs en ddfrschemenss & ou
en bétail,
argents en nature,
& des artss, recdcisesreilimentd duc commerce
colonies tentées ain6.que de la population. Des
avec fuccès ont A mallieureufement ou érablies
coûtemille fois
les provinces, &, n'ont dorné plus, ont-dépeuplé
rardifs; ici vous les recueillerez à que dest fcaits
l'inftant.
t2
- - I N. --- Page 91 ---
fo:
V
U
E
S
POLITIQUES
SUR SAINT-DOMINGUE.
Adrafes à MM. du Comité de la Partie de rOuf,
PAR M. CHACHEREAU, Avocat au
Confeil Supérieur de Saint-Domingue.
AU PORT-AU-PRINCE;
chez MOZARD, Imprimeur- Libraire & Marchand
Papetier, rue des Frontsforts.
ta
1789. --- Page 92 --- --- Page 93 ---
A MESSIEURS,
MESSIEURS, tenant le Comité au Port-au-Prince,
MESSIEURS,
Pax des déclarations rendues publiques en cette solonie, le Roi a invité fes fideles Sujets a La recherche de tous
ce qui pouvoit conduire au bonheur de fon Peuple 6 au
déyeloppement des principes d'une bonne conftituzion.
La colonie de Saint-Domingue, long-temps étrangère à
la France par une impolitique attention miniférielle, ef?
réunie en ce moment aux provinces qui forment LEmpire
François.
Ses Députés a LAllemblée Nationale femblent lui
impofer une obligation bien douce à remplir, celle de
chercher les moyens d'arriver a un plan qui,-en élevant
le citayen julqu'a PAdminifration civile, falfe naitre
avec la verti publique, cet heurenx accord entre la puiffance législative & la force exdcutrice; principe immuable du bonheur d'une nation 6 difa liberté individuelle,
Mais comme c'efp par la communication des idées &
par une conftante application qu'on peutjeter les premiers --- Page 94 ---
L4Ju
fondemens de ce vafte édifice pour le rendre durable, permette-moi, Mefteurs, de vous faire Phommage de quelques réflexions que je Joumets a votre prudente activité,
Des occupations publiques & les difficultés de Pentren
prife, bien au-defus de mesfoibles moyens 2 ne me permettent guère d'engrer dans une carriere f glorieufe.
Mais jaurai rempli mOn2. bu,f Limperfettion méme
de mes recherches. peut Jeryir dobjet de comparaifon. G
d'encouragement a tant dares, bien capables de jeter
fur une matière auffi importante 2 LLT. plan général avec
une clarté & une précifion que je n'ai pu faiftr.
Dans les chofes nouvelles futr-tout, le génie attend
fouyent une occalion pour fe mettre. en mouvement ; mais
par quelque moyen qu'on concourre à Furilité publique, On
gequitte toujours la dette d'un bon citoyen.
Je fuis avec selped,
M F SSTEURS,
EO
ce
9101 24 a
Fome-sis-hunble & tresoblifant Serviteur: 2
aur
6 T DV
s
TUs 0 CHAC ER - E
U-
iftr.
Dans les chofes nouvelles futr-tout, le génie attend
fouyent une occalion pour fe mettre. en mouvement ; mais
par quelque moyen qu'on concourre à Furilité publique, On
gequitte toujours la dette d'un bon citoyen.
Je fuis avec selped,
M F SSTEURS,
EO
ce
9101 24 a
Fome-sis-hunble & tresoblifant Serviteur: 2
aur
6 T DV
s
TUs 0 CHAC ER - E
U- --- Page 95 ---
G 6
VS 5
-
VUES POLITIQUES
SUR SAINT-DOMINGUE,
SES poffeffions Françoifes à Saint-Domingue :
cette ancienne colonie , dans fon
toute.
SIC
principe
guerrière, fondée par la valeur & l'intrépidité des
Flibuftiers, paflée enfuite au pouvoir du Gouverne-.
ment Francois, pour en acquérir la protedtion &
former. un établiffement durable, eft enfin devenue
par l'accroiffement d'une nombreufe population, par
Pétendue & la perfection de fes précieufes cultures,
par fon influence dans le commerce, & par le développement rapide des O9 arts & des fciences, 5
une des
plus belles, des plus riches & des plus importantes
provinces de la France,
S
21 Mais cette belle contrée s'eft toujours reffentie &
fe reffent encore du principe vicieux de fa conftituA --- Page 96 ---
[6]
tion toute militaire; elle en conferve même les marextérieures dans le régime des Milices bourques
geoifes : 2 qui n'eit plus pour elle que l'empreinte
de l'efclavage defpotique, 2 &c le prétexte des vexations militaires; elle en reffent enfin toute Pinfluence
jufque dans Padminiftration de la Juftice, qui fe
trouve enchaînée par la conftitution même de fes
Tribunaux.
S'il étoit bon alors de maintenir par une difcipline févère des hommes accôutumés aux combats,
fans principes politiques, fans police, fans adminiftration civile, & qui ne pouvoient conferver leurs
propriétés que les armes à la main; cette forme
d'adminiftration ne pouvoit plus convenir à ces
mêmes hommes, lorfqu'affermis dans leur colonie
naiffante par les armes Françoifes, & par la politique du cabinet de Verfailles, il falloit en faire un
peuple cultivateur, employer leurs bras & leur induftrie, à tirer du fein de la terre ces riches productions, deftinées à enrichir le commerce de la France 5
& à lui donner une Marine capable de le protéger
& de le faire refpecter de fes rivaux.
Cependant ce régime militaire a toujours fubfifté
à Saint-Domingue; on le voit fe foutenir encore
naiffante par les armes Françoifes, & par la politique du cabinet de Verfailles, il falloit en faire un
peuple cultivateur, employer leurs bras & leur induftrie, à tirer du fein de la terre ces riches productions, deftinées à enrichir le commerce de la France 5
& à lui donner une Marine capable de le protéger
& de le faire refpecter de fes rivaux.
Cependant ce régime militaire a toujours fubfifté
à Saint-Domingue; on le voit fe foutenir encore --- Page 97 ---
[71
dans un temps oit n'ayant plus d'ennemis à
ter, on a perdu julqu'au fouvenir des
redouen ont affuré la conquète,
combats qui
parceque le
ment a long-temps méconnu les
Gouyerneriche acquifition ; & cette infouciance avantages de cette
a beaucoup retardé les
de
miniftérielle
progrès
cet
devenu enfin, par les encouragemens du établififement,
une des plus précieufes
Commerce, >
poffeffions de P'Empire François, malgré les vices de fa conftitution, & les
titudes de fa Législation,
des
incertoires & multipliés
que
aétes contradictiennent dans une flucuation
continuelle,
Cette colonie qui, dans fon
toit qu'une peuplade d'hommes origine, ne préfencipes, la plupart défavoués fans moeurs, fans prinlivrés aux défordres
par leur patrie & tous
que la licence & les vices trainent
après eux, a enfin paru fous les
qui devoient en faire un jour le rapports politiques
ment & la plus riche
plus bel établiflePropriété de la France
a commencé à fentir quels
: on
tirer d'un
avantages on pourroit
Pays qui, par fes produétions
offroit les reffources d'un
naturelles,
par
commerce immenfe; foit
l'exportation des denrées & des
de l'induftrie nationale, foit
ouyrages
par T'importation de fes
pres richeffes qui, rendues dans nos
proports, 2 devoient --- Page 98 ---
[8]
ouvrir une nouvelle branche de commerce avec
Tétranger L
a Mais par ol une fatalité attachée à toutes les mefures prifes, & loin des lieux ou elles doivent être
mifes en athon, & par des hommes que Tignorance
Pintérêt
8 les
de
des chofes,
perfonnel
pieges
line
trigue conduifent a Terreur ; Saint L Domingue a
long-temps Ver a combattre (outre les obftacles néceffairement attachés à un établiflement nouveau, dans
un pays lointain, fous un climat dévorant & expofé
à tous les fléaux de la terre e;)les fautes du Gouvernement, prefque toujours incertain dans fes plans, ()
les vices & l'inftabilité de fon adminiftration intérieure, foumife au génic, aux paflions, à l'intérêt
de fes chefs & auffi changeante qu'eux,.
Enfin, par la prodigieufe fertilité de fon fol, par
TO00
-
ar
Tinduftrieufe & la
aétivité de fes: habie
-
perfévérante
tans, par des efforts dont Thiftoire ancienne n'ofire
point d'exemple, par des émigrations nombreufes : 3
() Les ifles de LAmériqie ont dal tantôt fujetes d
des privilèges, tantôt vendues-ox données a des particaliers 3 tantôe tivrées a des afociations : tous bfemes
ruineux.
tO!
TO00
-
ar
Tinduftrieufe & la
aétivité de fes: habie
-
perfévérante
tans, par des efforts dont Thiftoire ancienne n'ofire
point d'exemple, par des émigrations nombreufes : 3
() Les ifles de LAmériqie ont dal tantôt fujetes d
des privilèges, tantôt vendues-ox données a des particaliers 3 tantôe tivrées a des afociations : tous bfemes
ruineux.
tO! --- Page 99 ---
1ot
par des torrens du fang François, & par les fonds
inépuifables du Commerce national 2 Saint-Domingue a vaincu les obflacles que le gouvernement
miniftériel, & les contradictions de fon adminiftration intérieure ont toujours oppofés à fes progrès,
& s'etclevé, aux yeux de l'Europe étonnée, à un
degré de fplendeur, qui a fait naitre tout-à-la-fois
l'attention du gouvernemenit & l'envie de fes-voifins.
Ceft par Siint-Domingue, c'eft par un Commerce
immenfeiq qu'il alimente en donnant le mouvement
& en -entretenant l'activité des manufactures nationa.
les, c'eft
une Marine redoutable
51 - par
qu'il-a régénérée &c qu'il vivifie; ceft par les riches produétions
de Saint - LD Domingue que la France a repris dans
PEurope, cette antique grandeur, cette prépondérance
dans lordre politique, qui l'a fi long-temps fait refpedter,. & qu'elle avoit perdu un moment dans. la
vieilleffe de LOUIS XIV, par les efforts combinés
de la politique & de l'envie.
U
Tant de rapports avec la France Ont néceffairement di lier, par la penfée & par les actions, les
colonies a la métropole : elles Ont dà jouir à leur
tour , par la réaction de leur propre E influence, de
tous Jes avantages qu'elles ont portés en France;
de la, ces émigrations nombreufes de gens honnêtes, --- Page 100 ---
[ro]
de gens inftruits dans tous les ordres de la fociété,
qui ont porté dans les isles de PAmérique e, avec
Pinduftrie nationale, les moeurs Françoifes & l'exemple de la vertu; de là, la néceffité indiquée par la
réflexion, mais trop peu fentie par une adminiftration miniftérielle, d'appliquer à cette nouvelle
vince le gouvernement François, fon régime civil, pro-
& d'en écarter à jamais le fyitême militaire,
ble d'étouffer dans leur germe les riches productions capade ce fol, dont la France ne peut plus fe paffer aujourd'hui dans le fyitême politique de TEurope.
Enfin, après avoir vu flétrir les rofes de fon
printemps, par le fouffle dévorant du defpotifme, la
colonie de Saint-Domingue va donc cueillir les fruits
bienfaifans de fon âge mur, & parceque la liberté
naît toujours de l'abus de l'efclavage; c'eft par lesi
efforts même que l'autorité miniftérielle a faits pour
refferrer fes liens, qu'elle s'eft dégagée de fes entra
ves (2) & va recouvrer les droits imprefriptibles de
I'Homme 6 du Citoyen,
(2) Ordonnance du 26 Décembre 1788, qui
fire à cinq le nombre des perfonnes qui voudront
bler
Safunpour délibérer fiur la tenie des Euus-géntraux
eft par lesi
efforts même que l'autorité miniftérielle a faits pour
refferrer fes liens, qu'elle s'eft dégagée de fes entra
ves (2) & va recouvrer les droits imprefriptibles de
I'Homme 6 du Citoyen,
(2) Ordonnance du 26 Décembre 1788, qui
fire à cinq le nombre des perfonnes qui voudront
bler
Safunpour délibérer fiur la tenie des Euus-géntraux --- Page 101 ---
Eul
Elle eft déjà comptée au nombre des provinces
de la France, elle eft admife par fes Repréfentans à
mettre la main au grand ceuvre de la reconftruétion
de T'antique édifice de la confhtution Françoife, fi
long-temps abandonné, miné dans fes. fondemens
par les inftrumens du pouvoir arbitraire,
à s'écrouler
2 & prêt
fous fes ruines; elle jouira donc avec
la France de tous les avantages d'un bon
gouvernement, lhomme fera propriétaire de fa perfonne & dé
fa pen/ée, il fera affranchi de ces liens de l'autorité
fouvent ufurpée, toujours deftrudtive, il ne fera
foumis qu'à la Loi, & fon obéiffance refpeétueufe
fera fon bonheur, parceque la Loi fera fon ouvrage.
Loin d'elle à jamais ce pouvoir arbitraire, qui pèfe
tant fur le citoyen honnête & fur le planteur utile
confondus lun & l'autre avec cette claffe méprifa- 3
ble d'hommes fans moeurs & fans aveu. ; ce pouvoir militaire dont les abus font fi fréquens & fi
douloureux, qui fe comptent par les jours de la
femaine, pour fe multiplier enfûtite par les heures de
la journée.
L'homme de bien, lhomme devenu utile à l'État
par fes talens, par fes vertus, jouira donc enfin de
la confidération & des égards fi inégalement, finjuf
Tement répartis jufqu'àpréfent dans une fociété fans --- Page 102 ---
Dil
conftitution; l'homme fera compté, non par ce qu'ont
fait, par ce qu'ont été fesfancêtres, mais par ce qu'il
fera lui-même & par ce qu'il fera dans l'ordre focial.
Quel brillant avenir! Quel encouragement aux iciences, aux arts, àla pratique du bien public & de la vertu!
Mais à tous ces avantages, que la colonie de
Saint-Domingue va partager avec lai France, s'enjoignent encore de bien précieux, qui lui font particuliers, & qu'elle doit tirer dun plan d'amclioration
intérieure; car fon régime achuel eft tel qu'il ne peut
fublifter avec la conftitution qu'elle fe prépare en
France.
nol
Tâchons d'en indiquer les. vices : une main plus
habile les développera.
LEGISIA TIO N.
La Législation de Saint-Domingue a tous les vices
de celle de France & les fiens propres; la puiflance
législative de toute la colonie, foit civile, foit de
police, foit de finance, eft concentrée dans-les mains
du Général & de lIntendant, & dans. celle du Minif
tre de la Marine, dont ils font tout-à-la-fois les
agens &c les moteurs.
Te
Cette forme législative pouvoit convenir à un
IA TIO N.
La Législation de Saint-Domingue a tous les vices
de celle de France & les fiens propres; la puiflance
législative de toute la colonie, foit civile, foit de
police, foit de finance, eft concentrée dans-les mains
du Général & de lIntendant, & dans. celle du Minif
tre de la Marine, dont ils font tout-à-la-fois les
agens &c les moteurs.
Te
Cette forme législative pouvoit convenir à un --- Page 103 ---
tsl
peuple guerrier, tel que nous le préfente cette colonie dans fa naiflance; occupée à étendre fes poffeffions & à repouffer fes ennemis; fon adminiftration pouvoit alors être bornée aux feuls befoins du
moment préfent, e & la Loi du vainqueur pouvoit
fufire à fon maintien.
sor
Mais lorique fes limites ont été pofées, lorique
çe peuple guerrier eft devenu cultivateur & commerçant, il falloit à fes nouvelles moeurs publiques un
nouvéau régime; les principes de fon adminiftration
ne pouvoient plus fans danger, être foumis aux
variations, aux incertitudes & à l'inexpérience politique de fes chefs militaires.
Les hommes pour qui on faifoit la Loi, qui
devoient y être foumis, dont elle devoit affurer le
bonheur, devoient être confultés fur la Loi; c'étoit
par la réunion des membres. de l'affociation, c'étoit
par les lumières acquifes dans les différens ordres de
la Société, c'étoit par une méditation réfléchie, née
d'une longue expérience 5 qu'on pouvoit efpérer
d'atteindre à une Législation liée à la nature des lieux,
aux idées publiques, aux befoins politiques, & dirigée vers le but de toute union fociale,e bonheut
des afocies.
Patron --- Page 104 ---
E4 ]
Si ce plan de Législation avoit été appliqué
isles Françoifes de TAmérique, elles n'auroient aux
eu à combattre les longues erreurs d'un
pas
ment miniftériel, elles n'auroient pas été gouverne- tourmentées par des privilèges, elles n'auroient pas été agitées
par des troubles intérieurs, qui laiffent encore le
fouvenir douloureux'des malheurs qui les ont affligées; elles n'auroient pas eu à lutter contre tous les
efforts réunis dune adminiftration qui ne pouvoit
leur convenir.
Mais tel a été le funefte effet de cette Législation
miniftérielle &c arbitraire, qu'au milieu d'un code
volumineux, groffi par des Réglemens innombrables,
incohérens, 3 conçus & dirigés fans
prévoyance 2
comme fans ordre; furchargé de décifions minifté.
rielles, fouvent auffi hafardées qu'injuftes; Saint-Domingue eft fans Loi pofitive, fans organifation qui
lui foit propre; & au milieu du défordre politique
qui l'entoure, il préfente l'image d'un arbre antique
né dans les forêts, au milieu des ronces, & parvenu enfin par la fertilité inépuifable du fol, à couvrir de fes rameaux, à donner l'appui & la fubfiftance -
à ces plantes parafites, réunies à fa naiflance pour
Fétouffer dans le germe.
Qu'attendre en effet de Législateurs nourris des
it propre; & au milieu du défordre politique
qui l'entoure, il préfente l'image d'un arbre antique
né dans les forêts, au milieu des ronces, & parvenu enfin par la fertilité inépuifable du fol, à couvrir de fes rameaux, à donner l'appui & la fubfiftance -
à ces plantes parafites, réunies à fa naiflance pour
Fétouffer dans le germe.
Qu'attendre en effet de Législateurs nourris des --- Page 105 ---
1 ]
préjugés du cabinet de Verfailles,
étrangers aux
moeurs , autx ufages, comme au fol, aux produc"
tions & à l'induftrie d'un pays, enthoufiaftes de leur
difcipline militaire, expofés à toutes les féduétions
de l'amour - propre & de l'adulation; qu'attendre
enfin d'une Législation triennale, foumife à toutes
les variations du caraétère & des paffions de fes
coopérateurs amovibles?
Lorfqu'on voit l'immortel dAguefiau entouré des
plus favans Magiftrats & Jurifconfultes de fon fiècle,
pafler des années entières à la formation d'une Ordonnance, qui n'eft pas fans imperfection, (3) peuton voir fans effroi la Législation d'une colonie
précieufe, d'un peuple nombreux
2 abandonnée
à un milizaire, qui a la Prépondérance dans les
délibérations d'ordre public, capable fans doute de
diriger les plans d'une attaque, mais à coup-sûr
qui n'a pas la fcience profonde &la mûre expérience 9
d'un Législateur ?
La colonie de Saint - Domingue, femblable au
moral & au phyfique à un enfant robufte, qui a
acquis toute la vigueur du corps & la maturité de
(3) L'Ordonnance criminelle, --- Page 106 ---
[:6] ]
l'efprit, malgré les principes vicieux d'une éducation
négligée, a befoin à préfent d'un régime qui lui affure
une longue & tranquille vieilleffe.
Mais ce ne fera pas en fui appliquant fans ceffe
Pirritante Législation
miniftérielle, 2 ni celle d'un
Général & d'un Intendant, qui ne connoiffent ni
Pétendue de fes forces, nile terme de fes reffources,
qu'on parviendra à reculer l'époque de fa décompofition; ce. fera en lui abandonnant à elle-méme le
foin &c la furveillance de fa
e
police intéricure, &
en la foumettant aux Loix fondamentales dela France,
qui feront les bafes inébranlables de fon Adminiftration publique, avec les modifications que la nature
de fes richeffes territoriales & mobiliaires, rendront
néceflaires.
La colonie n'oubliera pas & ne peut pas oublier
le but de fon établiffement; elle ne méconnoîtra
jamais les rapports intimes qui la lient à la métropole : fon intérêt perfonnel feroit un jour garant de
fa fidélité, fi fes liens fraternels pouvoient laiffer
douter de fon attachement inviolable; elle attend
avec un empreffement religieux, elle recevra avec
tn attendriflante reconnoiffance, la conftitution qui
doit fixer à jamais fa deftinée : fon plus ardent defir
G
eft
tabliffement; elle ne méconnoîtra
jamais les rapports intimes qui la lient à la métropole : fon intérêt perfonnel feroit un jour garant de
fa fidélité, fi fes liens fraternels pouvoient laiffer
douter de fon attachement inviolable; elle attend
avec un empreffement religieux, elle recevra avec
tn attendriflante reconnoiffance, la conftitution qui
doit fixer à jamais fa deftinée : fon plus ardent defir
G
eft --- Page 107 ---
17 1
eft de Vnir a fa France par 00 des Hhensque que l'auto- A
rité miniftérielle ne an puille jamais 5119 inob rompre, ZISIIT (4) 0 6t
Ob 90
Elle fait que c'eft dans la confitution même de
rEtat 200 & dans 19 5
S. sb
les delibérations de" lAfemblée
Nationale, que fes' relations DI d'intérêt 19 public avec D dl
France, doivent 90 erre préfentées SI3 combinées, S
& à
jamais affermies.
ospricuq 94103 nl 95
Mais il eft Bon qu'on faché qu'on a ne peut appliquer à Saint-Domingue un aa plan - d'impofition qui
conviendroit peut-être à la France. Les productions
de ta terre ici repréfentent t'intéret "des grands capi- a
taux mis en France dans' les manufa@ures; & les
fonds néceflaires pour - mettre 95
asinoo en mouvement ces
grands érabliffemens font # prodigieux -
OtC 2 que TO les
propriétaires des biens à Saint-Domingue 00 5 IV font quel- T
quefois ceux qui y ont Te moindre ns
intérêt; il n'eft
pas rare de voir tn propriétaire quis riche en apparence, d'un million, n'a pas cent mille francs. C'eft
fon crédit, ceft la fertilité connue,, de fon terzein,
c'eft le commerce qui met eno des mains des fonds
OOSI
(4 L'alitnation di peuple nombreux de La OEONR
vivra
38 at no
Fahne, 2
éternellemerit dàns le fouvenir de tout
habitant des colonies. mmo SISUP cailisravuol uo.
B --- Page 108 ---
[18]
fi confidérables, qui fouvent n'appartiennent pas à
la colonie, mais dont elle paie l'intérêt au commerce de France.
Les reffources de la colonie ne peuvent être connues
que d'elle; c'eft elle qu'il faut confulter; elle feule
peut travailler à une jufte, à une égale répartition
de la charge publique.
Mais c'eft par fes vrais repréfentans qu'elle doit
être entendue; comme province de la France, elle a
droit à une affemblée provinciale, fubdivifée en
comités permanens dans les trois quartiers principaux
du Nord,de rOuef & du Sud, & réunis en corps
d'affemblée coloniale, à de certaines époques, pour
fanétionner provifoirement les plans de réforme &
d'amélioration à propoler aux tenues prochaines des
aflemblées nationales en France.
Mais cette aflemblée doit avoir la même organifation, la même indépendance & la même liberté que
celles des provinces de France; ; différente en cela de
ces affemblées dites coloniales, conftituées de manière
que l'état & le rang y affignent une place, fans Fintervention. & fouvent contre la confiance publique ;
auxquelles on appelle, avec le corps judiciaire des
Cours fouveraines, quatre Commandans de Milice
prochaines des
aflemblées nationales en France.
Mais cette aflemblée doit avoir la même organifation, la même indépendance & la même liberté que
celles des provinces de France; ; différente en cela de
ces affemblées dites coloniales, conftituées de manière
que l'état & le rang y affignent une place, fans Fintervention. & fouvent contre la confiance publique ;
auxquelles on appelle, avec le corps judiciaire des
Cours fouveraines, quatre Commandans de Milice --- Page 109 ---
1a]
33 Ati principe vicieux qui conftitue l'état des Confeillers titulaires, fe joint l'attribution plus vicieufe
encore donnée aux chefs de la colonieg de pourvoir
aux places d'Affeffeurs & de fubftituts du Procureur
général. La néceffité aide faire renouveller - ices commiffions tous les trois ans, le befoin (7)delafiftance
& de la protection.des Chefs, pour devenir titulaires,
la foibleffe néceffairement attachée à un état précaire >
tout cela eft bien capable de Vicier 2 de corrompre
le jugement de ces Officiers fecondaires, même fans la
Participation immédiate du coeur : fi ces imperfections
ne
- produifent pas toujours ces 9D funeftes effets, elles
attaquent 2 elles ébranlent elles
D
uD
2 détruifent la. confiance
publique 2 qui doit être un des attributs
a
effentiels de
celui deftinéàj OD
tjuger les hommes: fans confiance dansle
de
E
Magiftrat.plus a
rapport entre 31
le jufticiable &
plus de refpect pour la Juftice elle-mème, e HTO: qui paroît Juiar
dès-lors Touvrage de la féduction, de la foibleffe, &c
despaftions fecrettes. sh h Inisten
à O7TI 03 (8)
Si des Cours fouveraines on
aux
a
paffe
juftices ins
férieures, On trouveles mêmes dangers, nés dès mêmes'
caufes, entretenus par les mêmes principes d'admi-
(7) En 1759 le Géniral a pris fier lui. de retenir;
umbrevctdk, Corfeiller ticulairss 9 expédié pourun afelfeur,
uniqnement parceguilsl ayoit opiné avec fermpets corttre,
Lavis dus Glreral
a ou
R
UC cisbbitio 2ob (
juftices ins
férieures, On trouveles mêmes dangers, nés dès mêmes'
caufes, entretenus par les mêmes principes d'admi-
(7) En 1759 le Géniral a pris fier lui. de retenir;
umbrevctdk, Corfeiller ticulairss 9 expédié pourun afelfeur,
uniqnement parceguilsl ayoit opiné avec fermpets corttre,
Lavis dus Glreral
a ou
R
UC cisbbitio 2ob ( --- Page 110 ---
(26]
niftration, (8) & foutenus encore par dal dépendance
immédiate oi fe trouvent ces juitices inférieuress par
rapport aux Cours fouveraines, qui doivent néceffairement leur communiquer le degré de gêne,'d d'oppreffion
&de fervitude qu'elles éprouvent elles-mêmes.
Mais cette influence direte du pouvoir miniftériel
dans les opérations de la Juftice ordinaire, eft un des
moindres malheurs qui affligent la colonie; la préfence de fes chefs militaires, qui femblent n'être placés
au milieu des Magiftrats que pour faire céder leurs
opinions 2 lautorité miniftérielle, & pour étouffer
dès fa naiffance le defir de travailer à l'établiffement
d'un meilleur fyftème politique, ao l'autorité qu'ils y
exercent au nom du Miniftre (9) Tes porte naturellement à étendre celle dont ils font revêtus, & dont les
bornes font, a la vérité, bien déterminées, 2 mais
59 jup. araou
51 un
auog sulot
21 0u0O 51 SD
O 2101
(8) En 1756 un General a, de Jor auorité privée,
envoyé en France ILT2 Procureur du Roi ; 6 Ia dépouillé de
fon état: ilétoit innocent, G a été pourvu par le Minifre
du même état dans une autre jurifdiction.
bornes font, a la vérité, bien déterminées, 2 mais
59 jup. araou
51 un
auog sulot
21 0u0O 51 SD
O 2101
(8) En 1756 un General a, de Jor auorité privée,
envoyé en France ILT2 Procureur du Roi ; 6 Ia dépouillé de
fon état: ilétoit innocent, G a été pourvu par le Minifre
du même état dans une autre jurifdiction. (9) Au fitjet dun enregifrement que le Minifire prevoyoit devoir eprouver quelque difficulié, il marquoit CIL
Ginérals SaMajefté vous charge de me rendre compte
> de tout ce qui fe paffera, &2 de m'envoyer une lifte
> des officiers DU CONSEIL fupérieur qui s'oppofe- --- Page 111 ---
[27 3 1
reculées au gré de leurs defirs.
qu'ils ont toujours
Silon, remonte à un temps ancien, on voit des abus
n'étoient cond'autorité qu'a peine on crotroit,s'ils
là c'eft un major qui
fignés dans les dépôts publics:
à
toute
maltraite à coups de bâton un habitant, qui
juftice eft interdite, parceque le Gouverneur s'oppofe
Pinftruction de la
: ici c'eft une lettre écrite
à
procédure
le Roi eft
à un Lieutenant de Roi, qui annonce que Officiers
fatigué des plaintes, des violences que les
exercent fur les habitans.
fait défenfe au Procureur
En 1708, un Gouverneur
inftruit contre un
genéral de donner fuite a un procès
qui a cependant été caflé par
Juge du Port-de-Paix,
ametpotrpeinariandias( (10)On voit fréquemmentdans
reculé des Confeillers interdits par le Genèral,
un temps
àfes Ordonnanees: (1s)un
pour avoir forméoppofition: aête de fa démiffion, attendu
Juge forcé de demander
à
8 il en fera fait un exemple
> ront T'enregiftrement,
à fe renfermer dans les
>> qui apprendra aux autres
de leur devoir. Yous ferer faire -
cet earegif
> bornes
trement nonobflant fes refus. >
>>
(1o) En7o8.
(1:) En 17u.
fes Ordonnanees: (1s)un
pour avoir forméoppofition: aête de fa démiffion, attendu
Juge forcé de demander
à
8 il en fera fait un exemple
> ront T'enregiftrement,
à fe renfermer dans les
>> qui apprendra aux autres
de leur devoir. Yous ferer faire -
cet earegif
> bornes
trement nonobflant fes refus. >
>>
(1o) En7o8.
(1:) En 17u. --- Page 112 ---
2E 28 a
les mauvais Eraicemens (12).dn Générale
un
un-Juge.(T3)
Procureur du Roi mis en prifon par ordre du
Gintrals 17 Haiffier aux Farsi"les tns pour avoir
inftrait itne procédures 2 Tautre pour avoi donné
aflignation contrela volonté dun Général: (r4) des'
Arrêts da Confeil tfus par Oled Généfal, quife fair
apporrer lespfuimitifse dés audiences.
Un De
met en
-
(15)
major quil
prilon'yen vertu dane Sentence, 2 malgre Fappeb: (r6)1Thfendane qui Gvoque à ldi 88 juge une
inllancetrbninele : leGénérat qui évoque a fon tour
une procédure inftruite en duelsqi refufe deremettre
la procélense & qui finitpar écrire au 01 LE
de comnoiffance a lui
Comfelmrila's a
Dgint
250 I danngr defes PAHKOiS 5 qu'il
nen doit TA paso compte d une B Cour fouveraine 4ttkfekrouve
dans d LouS les cas Jaumife Ades Ordresa
Og
ASimn régine plus dotelavoit fuecédé à ce temps
dhardtehingi@teshoras defantorité militaire, f Yoavent
indicuiées parlle Miniftre, maisitoujours imptiffamment.: affermies, avoient renduà l'adminiftration de
laJuftice,
9X9 hi cettaindépendance TISI - T n9 It 30 - not cette - Rabilité, 09 ce. degré
(12) D En TOMISINST ST S RSUUE X
ED Lp
(13) Za MECNAA a0t tiovab Tusl ab esmod
(14) En 1737-
( ahst est analdomon 11135W93
1747.
SorI ad (or)
(15) En 1735.
(16) En 1754.
TI N a a3 (1i --- Page 113 ---
[al
de puiffance 5 f néceffaires dans un pays devenu f
importants f digne de protection & par "fa'richeffe &
par les moeurs de festhabitans, lal colonie auroit perda
le fouvenir de cette étrange donftitution yelle ne pena -
feroit à fes fouffrancespalfées; que pour gonter davan
tage lest douceurs de fonrétat prédenti imbnsit Eot 2
Mais malheureufement ce pouvoir carbitraite" s'eft
foutenu, finon avec le même caradère deftrudif de
tout ordrefocial, 3 du weletajend@ewadhees
pour écarter de ce pays ceux qui pourroient encore
s'y rendre" utiles, foit en" céntinuant T'éxePcice des
fonétions publiques, foit en exerçant Tes arts, foit
enfin en formant des érablifemens, & A devemant 5
pères
de. TU famille. Idug
oslg 3n 10jsM
Et comme nous le difions pour un citoyen cruellement vexe par un major, y Qu'on juge par Pétat
cette
pour écarter de ce pays ceux qui pourroient encore
s'y rendre" utiles, foit en" céntinuant T'éxePcice des
fonétions publiques, foit en exerçant Tes arts, foit
enfin en formant des érablifemens, & A devemant 5
pères
de. TU famille. Idug
oslg 3n 10jsM
Et comme nous le difions pour un citoyen cruellement vexe par un major, y Qu'on juge par Pétat
cette de celui
airoit &
> préfent de
colonie 2
qur'elle
avoir encore, -
fi une autorité douce
> qu'clle pourroit
fi l'influence de Ta Juftice
>> y attachoit le colon,
> pouvoit fe faire fentir, elle n'étoit pas fouvent
> arrêté dans fon cours par le pouvoir arbitraire,
entre les mains d'un Officier
>> même lorfqu'il paffe
-
a1o) - of
> de milices. >
Les progrès rapides que Saint-Domingue: a faits dans
les mceurs, dans le développement des arts. & des --- Page 114 ---
I3o1
fciences, & dans l'accroiffement de fa population,
de fon
n'a pas fait changer le fyftême politique
fait
militaire s'eft toujours
Adminiftration: : l'autorité
n'ajamais trouvé un frein capable
fentir, parcequ'elle
dans les ordres du Roi,
d'en faire ceffer les abus,
tranfmis par le Miniftre avec des ménagetoujours
à les encourager qu'à les contenir;
mens plus propres
la réfiftance de la Juftice
tandis que, d'un autre côté,
continuelles, étoit réprimée par
à ces ufurpations
&
des humiliations,
des duretés, par des menaces
par
devoient néceffairement lui ôter le refte d'énergie
qui
qu'elle pouvoit avoir.
les
rapprochés, (17) on a vu
Dans les temps
plus
d'un
de
s'oppofer à la publication
un Major
place
Intendant
un.
Arrêt du Confeil: on a vu un
defituer
fans
(18) Dans cette affaire,
Officier public
inftruction.
donnent ordre
bien fingulière, le Général & TIntendant
tandis
de fe rendre auprès d'eux,
àl T'Officier pourfuivi le mettoit fous la fauve-garde
qu'un Arrêt du Confeil
feroit informé de fa
de la'J Juftice, & ordonnoit qu'il
atteftations des
conduite 2 tant par témoins que par
définitif
enfin un Arrêt
qui
Officiers de la jurifdidion:
le renvoie à fes fonétions.
(17) En 1775.
(18) En 1775.
rès d'eux,
àl T'Officier pourfuivi le mettoit fous la fauve-garde
qu'un Arrêt du Confeil
feroit informé de fa
de la'J Juftice, & ordonnoit qu'il
atteftations des
conduite 2 tant par témoins que par
définitif
enfin un Arrêt
qui
Officiers de la jurifdidion:
le renvoie à fes fonétions.
(17) En 1775.
(18) En 1775. --- Page 115 ---
[301
Mais cette protedion judiciaire a été préfentée &
teprochée aul Confeil, comme unefeandalafe difoitifance
aux ordres des chefs d'adminiftrations on a mis en
principes que dans les climats cloignésstoute aiivité
doit être interdite aux Tribunaux contre les aétes
émanés de Ladminifration.
C'eft bien précifément dans les climats éloignés,
parcequ'il eft difficile de fe faire entendre, qu'il eft
impolitique de laiffer un libre cours à cette autorité
militaire, toujours prête à frapper, & il n'y aau contraire aucun danger à laiffer agirl le cours dela Juftice,
compofée d'hommes impaflibles, & fuur quiles paffions
agiffent, comme on a dit, avec bien moins d'empire
que furl Tefprit militaire, accoutumé à une difcipline
dont l'activité eft auffi contraire au régime focial 2 que
les Jenteurs, le calme, & les formes de la Juftice lui
feroient nuifibles à elle-même.
Ces maximes de pouyoir arbitraire, deftruétives de
toute liberté individuelle, 2 & qui ufent par la fuite les
conftitutions les mieux combinées, ont ceflé de conyenir au régime de la colonie depuis qu'elle eft peuplée
par des hommes de moeurs. douces, amis de l'ordre &
intéreflés à le maintenir.
Si c'eft Par les armes que les Empires fe forment &
s'étendent, c'eft par la loi qu'ils fe foutiennent dans
toute leur puiffance, lorfqu'ils font parvenus au terme
individuelle, 2 & qui ufent par la fuite les
conftitutions les mieux combinées, ont ceflé de conyenir au régime de la colonie depuis qu'elle eft peuplée
par des hommes de moeurs. douces, amis de l'ordre &
intéreflés à le maintenir.
Si c'eft Par les armes que les Empires fe forment &
s'étendent, c'eft par la loi qu'ils fe foutiennent dans
toute leur puiffance, lorfqu'ils font parvenus au terme --- Page 116 ---
[321
véritable
& de leur élévation a il
de letur
grandeitr la
faire refpetter , il faut
faut donc faire aimer loigla
fecours
le citoyen trouve dans lal loi même un
que
eflicace, foumife à fes feules
affuré, une protedtion
8 affranchie de toute
règles invariables comme elle,
dépendance étrangère.
Mais jamais dans la colonie de Saint-Dominguey la
au degré de fixité, à cette heureufe
loi ne parviendra
indépendancey tant que les Magiftrats, chargés del'applis
feront le jouet perpétuel de Tantorité imimédiate
quer, d'un Miniftre étranger à leurs fonétions, tant qu'ils
feront dégradés par Finfluence tout-a-la-fois miniftéa
rielle &c militaire: On verra toujours la Juftice fujette
à mille variations, on verra chez le Magiftrat le
dégolt 8i une forte d'infouciance , prendre la place dit
sentablesantachements fes devoirs 8 du defrardent
SldAion tristetst
de les remplir.
Que les ennemis de cette magnifique province la
d'en calomniet les habitins; ils ont
ceffent donc
61 le même
1a
même donceur de moeurs 2
refpect pour is. 11 les
Loi,le mème amour pour leur Souverain que
Saint-Domingue fe feroit-il élevé ace degré
Francois:
feroit-il devenu le féjour des arts &t
d'importance,
été livréa des Hommest fans foi,
des feences.vilavont
fans idées de bien public?
fans moeuirs, fans
sonchiug
un
plonserd inok
Thiftoiré --- Page 117 ---
[33 ]
I'Hiftoire fournit-elle Pexemple d'une nation enrichie
par l'agriculture &le commerce, lorfque fon peuple
étoit livré à tous les excès des vices, , de la licence &
de l'infubordination P Peut-on même concevoir l'idée
du défordre politique avec la préfence de tous les arts,
chez un peuple cultivateur ?
Mais tel eft l'afcendant del'efprit militaire, qu'ilcorrompt l'efprit & le jugement : l'habitude dune difcipline expéditive, 2 qui établit dans les troupes l'ordre &
quile maintient 2 ne préfente plus dans l'ordre civil
qu'une nombreufe armée, & celui qui la commande,
croit, dans toute la franchife de fon ame, pouvoir
l'appliquer avec le même fuccès au corps politique,
dont l'organifation eft bien différente.
Sijamais quelques circonftances appelent à un plan
d'adminiftration politique celui qui s'eft vu à la tête
des troupes, qu'il foit en garde contre fa propre expérience, qu'il fe prémunifle contre les féduétions de
l'amour-propre, 2 toujours flatté d'un commandement
fans bornes; qu'il rompe tous les liens qui peuvent
l'attacher encore au fyitême militaire, s'il veut contempler Phomme en fociété. Ce n'eft plus ce corps
apathique, mii fous fes ordres, par un fentiment
d'aveugle obéiffance; c'eft un peuple nombretx,guidé
parl Tinfinad'unintérér perfonnel éclairé, quele grand
C
'amour-propre, 2 toujours flatté d'un commandement
fans bornes; qu'il rompe tous les liens qui peuvent
l'attacher encore au fyitême militaire, s'il veut contempler Phomme en fociété. Ce n'eft plus ce corps
apathique, mii fous fes ordres, par un fentiment
d'aveugle obéiffance; c'eft un peuple nombretx,guidé
parl Tinfinad'unintérér perfonnel éclairé, quele grand
C --- Page 118 ---
[34]
art confifte à diriger vers le bien public, én le liant
au fien propre.
Le temps de l'illufion eft paffé, la France affemblée,
qui pèfe les grands intérêts politiques, a reconnu les
planteurs de Saint-Domingue pour fes frères: elle ne
les laiffera pas gémir encore fous le poids du pouvoir
arbitraire, lorfqu'elle dirige fes premières attentions
vers les droits de Chomme : pour jouir de toute la
plénitude de ces droits, 5 il faut un Tribunal ou l'on
puiffe les revendiquer quand ils font violés; & ce
Tribunal ne peut plus être à la difpofition d'un feul
hiomme, qui le fafle mouvoir à fon gré.
Il doit recevoir la même organifation que ceux de
la France, il ne peut fe foutenir que par les mêmes
principes, & il eft facile de lentourer de précautions
politigues,pour qu'il foie toujours wile, fansjamais étre
dangerenx.
C'eft en travaillant ainfi au bonheur des colons s
qu'on portera cette belle province à fon plus haut
degré de richeffe, &t cet objet important intéreffe la
France entière,
Les poffeffions de l'Amérique font devenues, par un
coneoursfydéepolig.es, 8 de befoins publics, fi précieufes, que non, feulement la France, pour fon intérêt
perfonnel, mais PEurope entière. 1 pour le maintien --- Page 119 ---
[35 ]
de cette balance entre les puiffances, doit en affurer
1a propriété à l'Empire François : ce font les,colonies
quu confomment aujourd'hui une partie confidérable
des ouvrages manufaéturés, & des productions du fol
de la France, tels que toiles, foieries,
draps, 5 meubles
précieux, bijouterie, 2 vins, farines, huiles, favons,
&c. &c. Si elles ceffoient d'offrir à la France ce vaste
débouché, que deviendroient dans fes marchés tous ces
objetsdeluxe & de première néceffité,q qu'ellene peut pas
confommer elle-même? La France ne trouveroit
fans doute, à les placer avantageufement chez l'étran- pas,
ger, dont les demandes font mefuurées fur fes befoins
proportionels, & fur fes moyensnumérairesde lesfatif
faire, & non pas fiur la quantité fpécifique de ces objets
qui fe trouve furabondante.
Si les colonies font un des principaux inftrumens de
la fplendeur & de la richeffe de la France, en perdan,
tous les avantages qu'elle en retire. 2 R elle diminueroit
fenfiblement fon importance dans le (yfemepolitique,
en tariffant les fources de fon commerce, & en détruifant l'adlivité de fa force maritime, néceffairement
affoiblie.
La puiffance étrangère, qui foumettroit les colcnies
à fes Loix & à fon commerce,
acquéreroit une
Prépondérance bien capable, aux yeux de l'Europe,
de rompre cet équilibre politique, dont le maintien
2 R elle diminueroit
fenfiblement fon importance dans le (yfemepolitique,
en tariffant les fources de fon commerce, & en détruifant l'adlivité de fa force maritime, néceffairement
affoiblie.
La puiffance étrangère, qui foumettroit les colcnies
à fes Loix & à fon commerce,
acquéreroit une
Prépondérance bien capable, aux yeux de l'Europe,
de rompre cet équilibre politique, dont le maintien --- Page 120 ---
136J
préferve au moins d'une invafion dangereufe, s'il
n'eft pas le principe d'une paix durable.
Par des calculs faits en - cette colonie, la
France exporte annuellement pour Saint 1 Domingue
148,350,230 livres en marchandifes objets de fubfiftance, & elle importe en retour dans fes ports
pour 175,815,766 livres de denrées coloniales : elle
emploie à ce commerce 658 vaiffeaux de long cours.
Peut-elle renoncer aujourd'hui à cette mafle de
commerce qu'elle a défendue avec tant de courage
Peut-elle occuper utilement tous les bras employés
à ce mouvement qui reçoit une réaéion en France,
quand l'étranger vient y chercher ce qu'elle ne peut
confommer elle-même ? Pourroit-elle enfin payer
maintenant à l'étranger fa propre confommation des
denrées coloniales, que fon liixe & fes befoins lui
rendent néceffaires. 5 & qui s'élève à plus de 5o
millions P
Il faut pourtant qu'elle fe réfolve à perdre (Jans
retour) tous ces avantages, fi plus long-temps abufée par le fanatifme de Fhumanité, elle n'apperçoit
pas enfin les rufes politiques d'une rivale d'autant
plus dangereufe par fes pièges, qu'elle eft plus douloureufement affeétée de fon impuiffance de la combattre, & qu'elle a le corur ulcéré par le defir
fecret d'une vengeance politique qui lui fafle éntre- --- Page 121 ---
[371
voir l'efpérance de recevoir dans nos colonies le
dédommagement de la perte des fiennes, Jans avoir
à combattre.
Que la France fe fafle éclairer par des gens de
bien, elle fera bientôt convaincue que le fort de ceux
auxquels elle eft prête à facrifier fon propre bonheur,: eft préférable, fous tous les rapports , à celui de
nos travailleurs dans nos villes & dans nos campagnes en France, 5 à celui des Africains mêmes, livrés
fous les tyrans d'Afrique à tout ce que la barbarie
d'un peuple fans moeurs & fans idées morales a
de plus cruel; elle fera convaincue que ceux qui
excitent en elle ce fentiment généreux, mais aveugle,
ne peuvent receyoir un préfent dont ils n'ont jamais
connu l'étendue ni les bornes, que pour en abufer,
& fe replongeroient bientôt eux-mêmes dans l'état
dont on veut les tirer, fous lequel ils font nés,
& pour lequel on peut dire qu'ils font faits,
comme tous les peuples de la zone torride; elle
s'épargnera fans doute alors les longs & inutiles
regrets qu'elle fe prépare.
Si les colonies lui ont fait oublier les malheurs
publics qui ont fuivi la fatale révolution de CEditde
Nantes, qu'elle fe peignel'état de misère & d'abjection
dans lequel elle eûit vécu,&ce qu'elle feroit aujourd'hui
dans l'ordre des puiffances de l'Europe, fans la reffour-
uples de la zone torride; elle
s'épargnera fans doute alors les longs & inutiles
regrets qu'elle fe prépare.
Si les colonies lui ont fait oublier les malheurs
publics qui ont fuivi la fatale révolution de CEditde
Nantes, qu'elle fe peignel'état de misère & d'abjection
dans lequel elle eûit vécu,&ce qu'elle feroit aujourd'hui
dans l'ordre des puiffances de l'Europe, fans la reffour- --- Page 122 ---
[38J
ce qu'elle a trouvée dans fon commerce-avec fes colonies,& qu'elle fe pénètre bien de cette vérité, qu'il
n'exifte dans toute l'étendue du globe aucune contrée
quilui offre laréparation F
de la perte qu'elle efe prépare>
&qu'en perdant fes colonies, fa marine ne fera jamais
en état de faire auçune conquête.
Par quelle fatalité la France feroit - elle deftinée
à périr par le fanatifme de l'humanité, dans un fiècle
de philofophie égoifte, après avoir cicatrifé la plaie
mortelle qu'elle a reçue par celui de la religion,
dans un temps plus brillant peut-être, mais moins
éclairé fans doute.
Mais quel que foit le fort que la France prépare
à la colonie de Saint-Domingue, elle ne périra pas
avec elle, elle firvivra aux malheurs de fa métropole, & déjà,. fans
on
- doute,
lui prépare dans
l'Europe l'affiftance que la France la menace de lui
refufer. Occupons - nous donc de tout ce qui
déchirer le voile qui dérobe à la France les fuites peut
des événemens qu'elle rendroit peut-être néceffaires
par. un plus long aveuglement,
Sous ces rapports, qui ne font pas étrangers àla
conftitution de Saint-Domingue, confidérons
avec une
donc,
attention auffi éclairée qu'exempte de paf
fions, tous les obftacles qui peuvent en retarder --- Page 123 ---
139 ]
les progrès; portops nos regards inquiets jufque fur
ces refforts cachés qui fe dérobent à l'oeil par léur
apparenté foibleffe : l'organifation du corps politique, femblable à celle des corps humains, a befoin
d'une furveillance conftante, & d'une étude profonde'de fes principes de vie 8 de confervation.
Soumettons donc à l'examen, tout ce qui peut
conduire, finon à la plus parfaite, du moins à la
plus douce conftitution de Saint - Domingue, foit
dans fes rapports avec la France, foit dans fa police
intérieure.
QVESTIONS A DÉPELOPPER
Le commerce de France peut-il fournir aux befoins
de la colonie, accrus par fes établiffemens ?
Peut-on, fans danger &c avec fuccès ouvrir à
Saint-Domingue un commerce étranger, avec toutes
les nations ?
La fituation des États - Unis de PAmérique, la
difette des bois à Saint LE Domingue, les fecours
fubftantiels dont la colonie a quelquefois befoin,
établiffent-ils quelques rapports de commerce néceffaire? Quelles précautions peuvent le refferrer dans
une jufte mefure des convenances avec le commerçe
de France & l'intérêt de celui des États-Unis P
ouvrir à
Saint-Domingue un commerce étranger, avec toutes
les nations ?
La fituation des États - Unis de PAmérique, la
difette des bois à Saint LE Domingue, les fecours
fubftantiels dont la colonie a quelquefois befoin,
établiffent-ils quelques rapports de commerce néceffaire? Quelles précautions peuvent le refferrer dans
une jufte mefure des convenances avec le commerçe
de France & l'intérêt de celui des États-Unis P --- Page 124 ---
I 40. ]
La culture eft-elle languiffante dans quelque partie
importante de Saint-Domingues; a-t-elle befoin d'encouragement ; quelles mefuures pour les introduire
artilement P Son état d'inertie & la défeétuofité de
fes produétions, tiennent-elles effentiellement à la
foibleffe de fes moyens; ne font-elles point inhérentes à la qualité du fol & à l'imperfection de la
fabrication ?
La police intérieure eft-elle fiffifamment affurée?
La Milice bourgeoife peut-elle avoir quelqu'influence
fiir le maintien de l'ordre & la difcipline; peut-elle
fervir utilement dans une attaque ? Ne pourroiton point lui fubftituer quelques corporations deftinées à la fiurveillance publique, & à l'exécution
des loix, fans recourir à l'autorité militaire?
L'exceflive quantité de Nègres dans les villes
eft-elle politique, dans un pays fur-tout où la culture manque de bras; ne pourroit-on point employer
plus utilement aux befoins des arts & des métiers,
comme au fervice Perfonnel de cette nombreufe population, des gens libres, qui reftent dans une inaction
nuifible P
a
FIN
On trouve chez IImprimenr de cet Ouvrage, TEtamen rapide
du cahier de doléances de la Colonie, remis pour Inftrugions MM.
.
Pler Députés de la Partie du Nord, Brochure de 22 pages, en
f
petit. caractère, par lemême Auteur: Prix, un Gourdin. 33 --- Page 125 ---
-
COURTE RÉPONSE
A tous les Ecrits qui ont paru depuis quelques
années fur la- queftion qui eft aujourd'hui f
indifcrétement agitée en France fur les Colonies. --- Page 126 ---
1aM0T1 ITAUOD
2omloun 21059 HDE 15o 3150
a
a 291 t --- Page 127 ---
COURTE RÉPONSE
A tous les Ecrits qui ont paru depuis
quelgues années fur la queftion qui eft
aujourdhui f indifcrétement agitée en
France fitr les Colonies $
PAR M: le marquis D'AUSSIGNÉ, de la Société
royale des Sciences & Arts du Cap-François,
Membre du Comité provincial, & Député
à l'Affemblée provinciale du Nord de SaintDomingue.
I 7 8 9
291 t --- Page 127 ---
COURTE RÉPONSE
A tous les Ecrits qui ont paru depuis
quelgues années fur la queftion qui eft
aujourdhui f indifcrétement agitée en
France fitr les Colonies $
PAR M: le marquis D'AUSSIGNÉ, de la Société
royale des Sciences & Arts du Cap-François,
Membre du Comité provincial, & Député
à l'Affemblée provinciale du Nord de SaintDomingue.
I 7 8 9 --- Page 128 ---
33M0
TIUOD
-
VAS
231 2u0s
00e
-
-
mus
C
biovi
cst
X --- Page 129 ---
AVERTISSEMENT.
Ostepeons que dans ceite Réponfe
à tous les Ecrits gui Ont paru jufqu'i préFenufiur la quefionfameufe élevée aujourd'hui
en France, ons'ef interdit Pefprit de difeuffion, 6 quon n'a voulu répondre à aucuns
faits généraux ou particuliers.
33 La Réponfe femble devoir fe renfermer
dans Putilité dont les Colonies font ou ne
fort pas à la Métropole.
On s'eft attaché à prouver cette utilité
fiur des rapports certains s connus, & de la
plus extréme importance à la foreune de la
France,6 auxquels tient fa repréfentation &
fa dignité en Europe.
Les intérêts particuliers des Colons ne doivent fe montrer qu'après ceux-la.
Nous defirons que cet examen, fait à la
hate,fatisfaffe les efprits non prévenus ; que
fans être obligés de nous livrer a des déails,
d'écrire des volumes, qui ne feroient pas lus
6 qui n'ajoueroient rien à la folidité des
iij --- Page 130 ---
(6)
grandes bafes que nouspofons, les perfonnes
inftruites 6 bien intentionnées trouvent ici
matière à de grandes réflexions.
Nous avons le defein d'éclairer la Nation
Fur des intérêts majeurs pour elle.fur lefquelles elles femble paffer légérement à la
lueur du flambeau philofophique qui Fégare.
Nous nous trouverons trop heureux f nous
parvenons à lui iproxverqu'elle eff au moment
finefe de defcendre pour, jamais du rang fiprème oie fes intérêts bien entendus doivent la
maintenir, a Pempêcher de s'écrafer dans
cette chute humiliante fans aucun fuccès fur
ce qu'elle fe propofe, & d'ariverparlapente
d'une faulfe vertu à recevoir la marque indé
lébile d'un mépris durable 6 univerfel
- --- Page 131 --- A
a
la &
& UTOTTTTNIE
COURTE RÉPONSE
A tous les Ecrits qui ont paru depuis quelques
années fur la quefion qui eft aujourdhui
f indiferètement aguée en France fir les
Colonies.
ATANT écrit il y a quelques années fur
TAdminiftration des Colonies, > & les chofest
que j'ai à dire aujourd'hui étant auffi vraies
qu'elles l'étoient alors, 2 je ne craindrai pas de
me répéter.
Je le craindrai d'autant moins, qu'il paroit
que la France eft abfolument aveugle fur fes
intérêts, & qu'à l'inftant d'une régénération
qui doit faire la bafe de fa félicité, elle
S
veut
appuyer d'une fauffe philofophie, fouvent &c
toujours incompatible avec les vues 1
S grande & fage politique, & elle fe
pare dans T'aveuglement d'un faux.zele, ME
regrets amers & éternels:
i d'autant moins, qu'il paroit
que la France eft abfolument aveugle fur fes
intérêts, & qu'à l'inftant d'une régénération
qui doit faire la bafe de fa félicité, elle
S
veut
appuyer d'une fauffe philofophie, fouvent &c
toujours incompatible avec les vues 1
S grande & fage politique, & elle fe
pare dans T'aveuglement d'un faux.zele, ME
regrets amers & éternels: 2 La profpérité de la France eft tellement liéet
à fes Colonies, que fans elles, elle perd: fans
retour fon importance dans lc fyftème politiquea
A iv --- Page 132 ---
(8)
& que, réduite au rôle d'une puilance du fon
cond ordre, il faut qu'elle renonce à la place
importante qu'clle occupe fur le globe, &c
qu'elle foit effacée de la lifte des Etats
maintiennent l'équilibre pour la durée de tous qui
lcs autres.
La paix de l'Europe, ou peut-être fon afferviffement, dépend de ce que les Colonies Françoifes ne Paffent pas fous une autre domination. Le maintien du fyftéme politique actuel
de l'Europe & de fa liberté doit en affurer la
propriéré à la France, & il n'eft perfonne un
péu verfé'dans la connoifance des intérêts des
nations, qui ne fache qu'il n'eft qu'une feule
puiflance capable de difputer cette belle
priété, &
elle, elle acquéreroit pro- une
ReLE3E ehee pour la rendre la maitreffe
du monde..
L'éloignement ou nous fommes du Sénat
augufte auquel il faut faire entendre ces
fondes vérités grle temps qu'il faut
proluis parviennent > nc nous permettent pour qu'clles
nous appefantir fur des détails qui pourront pas être de
facilement développés en Franice par tant de
fonnes à qui ils font familicrs, fur-tout par Fia
Chambres de Commerce.
:Il-ne faut donc acucllement que jetter
dement fur le papier, un apperçu des valeurs rapi25 font une des principales caufes de la richeffe
l'Empire françois, & dontles Colonies font
lc principe.
ao D
Lcs Colonies françoifes fourniffent à une CXportation du poids de cent vingt-quatre millions
de fucre brut, de guatre-vinge-creie millions de
- Sl lenel
ils font familicrs, fur-tout par Fia
Chambres de Commerce.
:Il-ne faut donc acucllement que jetter
dement fur le papier, un apperçu des valeurs rapi25 font une des principales caufes de la richeffe
l'Empire françois, & dontles Colonies font
lc principe.
ao D
Lcs Colonies françoifes fourniffent à une CXportation du poids de cent vingt-quatre millions
de fucre brut, de guatre-vinge-creie millions de
- Sl lenel --- Page 133 ---
(9)
fucre terré, d'un.1 million cing cents milliers d'inde quatre-vingt-omte millions de café, de
millions de
HTE
de
coton, d'une quantité énorme
firop, tafia, cacao, cairs, dont on
lés valeurs à deux" : cent foixante-trois
cette
;
Slubane
immenfe exportation fe fait
huit cents navires des ports de France par (I). plus de
La vente des marchandifes exportées de
France, confommées dans les Colonies, s'élève
à cent cinquante millions, &ily a fouvent beaucoup plus de quarante pour cent de bénéficc en
faveur de la Métropole, fur la fimplc
tation (2).
imporSi on ajoute à ce calcul ce que reçoivent les
artiftes, les manufacturiers, les matelots &
les bras employés pour les Colonies, on fe tous fera
une idée jufte & grande de ce qu'elles valent
àla France, & on ne s'éloignera
de la vérité, en difant que ce mouvement aa commerce
eft au moins de doige cents millions.
Dc ce prodigieux mouvement de
naît celui des manufactures & même commerce, celui de la
culture des terres du Continent; les Colonics
confomment un fuperflu
la France
roit inutilement ailleurs. SErf farincs, fes portefes vins, fes favons, fes toiles, fes foierics, huiles, fes
(1) La Colonie de Saint-Domingue entre
les
tiers dans ces calculs, auxquels nous n'avons pour
deux
nos poffeffions dans l'Inde, fur lefquelles nous pas ajouté
dés apperçus infuffifants.
n'avons que
facceflivement (a) En reprenant ce bénéfice aux premières mains, &
pour 100,
jufqu'aux Colonies, il iroit à plus de IOO
es toiles, fes foierics, huiles, fes
(1) La Colonie de Saint-Domingue entre
les
tiers dans ces calculs, auxquels nous n'avons pour
deux
nos poffeffions dans l'Inde, fur lefquelles nous pas ajouté
dés apperçus infuffifants.
n'avons que
facceflivement (a) En reprenant ce bénéfice aux premières mains, &
pour 100,
jufqu'aux Colonies, il iroit à plus de IOO --- Page 134 ---
(Ioj
bijouteries, & autres objets de befoin ou de
luxe, trouvent un débouché affuré dans les
Colonies, où ils font convertis en denrées plus
précicufes encore. Cette double action eft tellement unie à la fortune publique du Royaumc,
que fans elle fa culture diminucroit &c fes manufaétures tomberoient de tout ce que la proportion des befoins de fon produit intérieur appelle à l'étranger, &c elle feroit obligé de payer
CIT folde d'échange, une fomme confidérable
qui eft maintenant en fa faveur pour plus de
foixante millions.
Par cette inertie générale de la France dans
fon commerce, fes manufactures & fa culture,
des millions d'hommes feroient réduits à la plus
déplorable indigence. Que deviendroient les
produits de la culture aétuclle des chanvres,
des lins, de la vignc, des oliviers ? Quclques
perfonnes en croyent la vente invariablement
affuréc par la qualité fupéricure; elles s'appercevroient bientôt de leur erreur, parce qu'on
ne créc pas des acheteurs à volonté, & que,
Fexcédent des befoins tombe toujours en
ceux à qui il refte encore à
boare
nir, pertc & pour que ce font précifément les Colonies
qui fe chargent de ce refte.
Mais nous n'avons pas encore parlé de nos
atteliers maritimes & de conftruction, de notre
commerce dans le nord pour les mâtures, Ies
brais 8z goudrons qui occupent une quanrité
de navires & de matelots, de linutilité dont
feroir.I T'exploitation des mines, des forges, des
corderies, &c. &c. Ce déficit daps l'emploi des
bommes cft G confidérable, que nous ne crai-
refte.
Mais nous n'avons pas encore parlé de nos
atteliers maritimes & de conftruction, de notre
commerce dans le nord pour les mâtures, Ies
brais 8z goudrons qui occupent une quanrité
de navires & de matelots, de linutilité dont
feroir.I T'exploitation des mines, des forges, des
corderies, &c. &c. Ce déficit daps l'emploi des
bommes cft G confidérable, que nous ne crai- --- Page 135 ---
(T)
gnons
de dire quele contre-coup s'en feroit
Ecttne fur la moitié de la population de la
France, étant impolible de pourvoir fur lc
champ à la fubliftance de cette oilive 8 immenfe population, les émigrations
auroient
lieu de toutes parts ne fe feroient,
doute,
9ute
qu'aprés une fecouffe épouvantable qui portoroit ala France un coup dont la force eft incalculable.
Les navires fuiroient avec leurs conduéteurs
dans les lieux ou ils trouveroient une utile OCcupation; les fabriquants qui les chargent de
leur induftries les capitaliftes qui tracent leurs
routes & les font agir, fuivroient en larmes
& fe détacheroient d'une terre qui les repouf
feroit de fon fein. Cette révolution feroit f
horrible 8 fi funefte, qu'il ne peut
avoir
K faire
que des Citoyens pervers qui puiffent
fubun mérite 82 une gloire de préparer une
verlion de cette nature, au préjudice de la
France, au préjudice de tous les Habitants des
Colonies dont ils deviendroient les affaflins,
fans pouvoir parvenir au but auquel ils tendent,
au nom de T'humanité qu'ils outragent.
Les propriétés du commerce maritime paf
fées à Tétranger avec les matelots, dépeupleroient les villes qu'il alimente & enrichit, telles
que Bordeaux, Nantes, le Havre, la Rochelle,
Dunkerque &autres. La navigationintérieure du
Royaume en feroit fenfiblement diminuée, les
ports de la Marine royale feroient nécellairement
abandonnés parceux qui n'y font fixés queparles
occupations exclulives des travaux qu'ils trouvent; Car il n'y a plus de Marine
ou il
inait
tranger avec les matelots, dépeupleroient les villes qu'il alimente & enrichit, telles
que Bordeaux, Nantes, le Havre, la Rochelle,
Dunkerque &autres. La navigationintérieure du
Royaume en feroit fenfiblement diminuée, les
ports de la Marine royale feroient nécellairement
abandonnés parceux qui n'y font fixés queparles
occupations exclulives des travaux qu'ils trouvent; Car il n'y a plus de Marine
ou il
inait --- Page 136 ---
(12 )
n'y
Marine marchande, Celle-ci forme
& VATAHe les matelots, donne le mouvement à
toutes les matières premières
entrent dans
la compofition des armées à : mer, &
ceflant d'être unies à un intérêt général,
roient
edet
d'être néceffaires, & cette nécellité tient
aux Colonies,
difpenfent à elles feules tous
lcs principcs fortune & de puiffance dont
France quelques ignorants voudroient perfuader que la
pcut fe paffer.
Nous avons fait jufqu'ici abftraétion des intérêts particuliers des' Colons, dans l'expofé
rapide lient que nous venons de tracer de ceux
la Franice à fes Colonies; 5 mais
qui
ils doivent être comptés pour quclque puifqu'enin chofe, &
quils ne font pas d'unc affez petite confidération pour être paffés fous filence, nous allons
demander :
S'il faut premièrement, pour affurer à une
trés-petite portion d'un peuple qui nous cft
étranger, une liberté
n'eft dans fes mceurs
ni dans fon caraétére T conferver; nous allons
demander, dis-je, s'il faur commencer CC bienfait impolible, par enfoncer le poignard dans
le fein de deux cents mille individus, & en réduire quatre à cing cents mille à Tindigence,
Iorfque leur fortune a pour bafe des contrats
paffes fous. la fauve-garde de la foi
& de la fanétion de la Loi, & s'il faur publique
lc trône de la liberté repofe fur des monceaux que
d'os & de cendres.
Nous allons demander fi c'eft au moment
quc la Nation prend fous fa fauve-garde tous
les François & leurs propriétés, & s'occupe de
ire quatre à cing cents mille à Tindigence,
Iorfque leur fortune a pour bafe des contrats
paffes fous. la fauve-garde de la foi
& de la fanétion de la Loi, & s'il faur publique
lc trône de la liberté repofe fur des monceaux que
d'os & de cendres.
Nous allons demander fi c'eft au moment
quc la Nation prend fous fa fauve-garde tous
les François & leurs propriétés, & s'occupe de --- Page 137 ---
(1)
Faire des Lois qui les garantifent; fi cette
rantie aura lieu feulement pour les François ga- du
continent ; fi ceux d'outre-mer font des monf
tres à étouffer & indignes de la protcchion des
Lois de l'Empire françois ? 3
Nous allons demander s'il faut que le fignal
de tant d'atrocité fe faffe avec l'étendart de
T'humanité, & s'ilfauto que cettchumanité fainte,
dont on fouille anjourd'huile nom fans remord,
tombe fous le glaive de fes faux Apôtres, ou fi
ce ne font pas plutôt ces faux Apôres qui méritent de tomber fous le fer de ceux qu'ils
fécutent?
perNous allons demander fi la Nation pourroit,
fans honte, contrarier à la faffe de PUnivers les
principes d'équité & de juftice dont elle fe
pofe en ce moment de donner le grand exemple, pro-
& fi ces principes déjà pofés & publiés par eile,
n'affurent pas à chaque individu François le caraétère de toute propriété facrée & inviolable?
Nation généreufe, jufte & fage, nous vous
demandons la mémeinvioulabilité nos
mobilières & immobilières montent à propriétés la fomme
effrayante de cing milliards trois cent trente-trois
millions; ; pouvez-vous nous les payer? e :
dez : pouvez-vous nous garantir ce capital Répon- &c
les intéréts à des époques fixes & certaines
Répondez.
Mais fi notre Mère patrie devient injufte; fi
elle ne nous regarde plus comme des enfants
utiles & précicux ; fi elle nous délaiffe; fi elle
nous repouffe de fon fein.
nos coeurs fe foulèvent à cette idée, nos larmes --- Page 138 ---
(14)
coulent: nous qui fommes François, qui nous
glorifions de l'être & qui chériffons lai paillance
de l'Empire auquel nous nous faifons gloire
d'obéir; mais G3 nous fommes feuls à perlifter
dans lcs fentiments du plus pur patriotifne; Gi la
France malgré nous, malgré nos pleurs; veut
nous immoler. à un zèle aveugle.
e Il nous eft impoflible d'achever:
138 ---
(14)
coulent: nous qui fommes François, qui nous
glorifions de l'être & qui chériffons lai paillance
de l'Empire auquel nous nous faifons gloire
d'obéir; mais G3 nous fommes feuls à perlifter
dans lcs fentiments du plus pur patriotifne; Gi la
France malgré nous, malgré nos pleurs; veut
nous immoler. à un zèle aveugle.
e Il nous eft impoflible d'achever: --- Page 139 ---
-
-
I
D
le
E
de
- --- Page 140 ---
-
-
- --- Page 141 ---
VUES GENÉRALES
-
snoggn
S UR
2931101 1e Z1ED
L'IMPORTANCE du Commerce o7e des Coen
lonies, fur le caractère du Peuple qui
les cultive, & fur les moyens de faire
la Conflitution qui leur convient;
PAR M. DUTRONE LA COUTURE,
dico
Docteur en Midecine, Auteur d'un
a
Ouvrage qui,4 potr Tire: Précis fur
la Canne & far les moyens d'en
extraire le Sucres &c. &c. no
--- Page 142 ---
AVIS DE LEDITEUR.
a Apres avoir étudié la Canne fous tous fes
rapports, après avoir approfondi l'art du Sucrier
dans toutes fes parties, M. Dutrône a engreavec autant de faccès
de
pls, Ca
-
que
courage, 1
de recréer cet art dans fes
-
MT
principes & dans
fes moyens. En renvérfant des préjugés DI confacrés par trois fiècles d'habitude, il a réncontréides obftacles qui-lont forcé de porteravec
foin fes obfervations tant far la Colonie de
St-Domingue en elle mème, que fur les hommes
qui Iacultivent. L'ouvrage -
qu'il vient de publier prouve combien M. Dutrone eft digne de
confiance; iln'a point depropricré dans les Colonies, &c on ne foupçonnera pas qu'après avoir
facrifié au defir d'être utile, toutes les occafions que la fortune luia ofatesiScDomingser
lintérêt foit le principe des vues qu'il préfente ici, --- Page 143 ---
Lyr samnantan
(17)
par-tour, & par-tout.le foible fe foumet-de-lnis
même à l'empire du plus forts pp (0sg b
Cette égalité des droits, établie comme principe d'une affociation d'hommes eclairés, ne peut
êrre fentie par les peuples.que la crainte feule
animes. qui ne cédent 8c n'obéillent qu'a le
force.
2nab 9HP ubna
Comme la fociétéeft fondée far les befoins,
elle eft néceffairement entre les hommes une
affaire de caleul. Lotfqu'il yia égalité de befoins, chacunrdoir également concourfir aux
moyens de les fatisfaire &r chacih a également
droit aux loix quilient.la-fociété & quiaffurent
le partage de fes bénéfices.
Mais fi les circonftances appellent à.vivre enfemble des hommes chez.lefquels l'état phyfique
& moral met une grande différence entre'lafomme de leurs befoins, entre l'étendue de leurs
facultés, l'égalité comme homhmés aura dieu
fans doute; mais, commer citoyens, le partage
fera inégal &c celui qui aura' mis le plusi dars
le commerce de la fociété devra néceffairement
en retirer davantage.
116 an
not
IP Si lal fociété eft formée d'une feule race
d'hommes, légalité de.droits eftabfolue fous
tous les mapports 5 mais A elle eft forméeide
plufieurs racés différentes;il faut alors biem difB
fans doute; mais, commer citoyens, le partage
fera inégal &c celui qui aura' mis le plusi dars
le commerce de la fociété devra néceffairement
en retirer davantage.
116 an
not
IP Si lal fociété eft formée d'une feule race
d'hommes, légalité de.droits eftabfolue fous
tous les mapports 5 mais A elle eft forméeide
plufieurs racés différentes;il faut alors biem difB --- Page 144 ---
(r8 a )
tinguer les droits qui font communs al'efpèce
de ceux qui appartiennent à chaque race : car
lesidroits. de chaque race doivent être relftifs
à ice que chacune met dans la fociété.
L'homme confidéré dansl Tefpèce eft prefqu'ens
tièrement phylique, l'inftiné chez lui eft feulement un peu plus étendu que dans les autres efpèdetous les animaux ceces, parce quelhommeet
lui qui a le plus de befoins & que la nature a da
artacher à fon organifation plus de reffources
dans les moyenis de les fatisfaire. D'ou l'on
voit que A Thomme refte dans un lieu ou il
peut fans pcine fatisfaire à fes befoins abfolus',
il fera peu éloigné de l'efpèce quis dans-lordre
des êtres animés, approche le plus de lai. Aulli
l'homme brut touche-t-il de très-près à lOurang-outang dans fes habitudes &c dans fes
goûts.
Si dans la fociété de l'homme brut, il s'6tablit un gouvernement, ce fera fur le droit
du plus fort; il fera purement defpotique. Tel
eft le peuple nègre de l'Afrique, Tel eft aulli
fon gouvernement.
Si T'homme dans la partie du globe qu'il
habite, eft forcé à travailler la terre pour obtenir les chofes néceflaires à la vie; fi le climat
Texpofe fans cefle à une alternative d'intem- --- Page 145 ---
)-19)
péries, fes befoins étant plus nombreux, fa
fociété s'étend à mefure qu'ils fer multiplient,
& fon éfprit, ren s'exercant dans les moyens
de lési fatisfaire; dévient ingénieux à slen créer
de nouvéaux. C'effalorso que toutes fes facultés
fel développents Mes idées sagrandilient, fon
amers'elève, farcstifonife-forgifiey elled léclaire
fiurdui-mèmes fur tous ceux qaillenviromibst,
fur toutes les: chofes idont il fel ferb; bientôr
fon efprit ne connoit plus de bornes; tous'les
eeres de Punivers fixeht cfon atrentioni; illles
étudie dans.tous leuts atapports aveo lai, énfin
fon:i imagination.E rapprochant dei pallei&c Pave4
nir porte les plisigrand jour fars l'immenfité
de fes befoins préfens 2 livréi a leur Empire il
prend une exiftence nouvelle. Un aveugle anf4
bnct, autrefois pcincipe de fes mouvenienss
eft maintenant changéren une. ame éclairédi Ses
facultés perfedionnées par une longue éducation,
en ont fait un nouvel être; Phomme moral.
a Tel eft l'homme qu'anjourd'hai nous voyons
appellé à fe donner des loix : fans doute elles
devrontiavoir pour bafe des principes qui puif
fent s'étendre à tous les êtres, de fon efpèce;
mais cette bafe net peur être mefurée que furles
lieux qu'il habite. Ces loix ayant pour objet le
nombre & l'étendue de fes befoins, neip pourB 2
,
en ont fait un nouvel être; Phomme moral.
a Tel eft l'homme qu'anjourd'hai nous voyons
appellé à fe donner des loix : fans doute elles
devrontiavoir pour bafe des principes qui puif
fent s'étendre à tous les êtres, de fon efpèce;
mais cette bafe net peur être mefurée que furles
lieux qu'il habite. Ces loix ayant pour objet le
nombre & l'étendue de fes befoins, neip pourB 2 --- Page 146 ---
(20)
ront porter-au-delà de leur bafe & ne feront
applicables qu'a lui. 9Alsr
2rt Le François en fer créant une conftitution,
en fe donnant des loix calculées fur fes befoins
prendra, fans 2 doutey lesi mefures les plus fages
pour s'affureriles moyens dei les fatisfaire; afin
de feiréndre indépendant rde toutes les fociétés:
qui lenvironnents fansiquoi il-auroit lui-mème
diminué 8c0a affoibli les liens de fa fociété.
Porté aus plus point d'élévation que l'homme
puille atteindre, Gs lesFrançois jette un
d'oeil fur l'étatd'ouil eft parri , que verra-t-ila coupPAfricain. Croira-t-il alors que la Conftitution
qu'ilocrée aujourd'hui puilfe convenir à cet
hommerbrut? non fans doutes mais voudra-t ib
l'abandonner en Afrique à fes tyrans a L'humanité lai en feroit un-crime. Que fera-t-il donca
Quille leur enlève pour le préparer à une
nouvelle exiltence; en laffociant a fes peines 8a
à fes plaifirs.
ano 3
Teldoit être mainténant le voou des François;
& cefts quandice veeu allie fes intérêts à Phus
manité, qu'on voudroit égarer fes fentimenss
Le Françoisi, en: transférant a l'avenir le
Nègre dans les Colonies,ne fera pas feulement
dirigeparlincérèrs un fentiment noble & magnanime fe mèlera aux foins qu'ilidonne à ce male --- Page 147 ---
- 21 )
heureuxyauquel il vient ouvrit une nouvelle cap
rière, DS
enre
Quoique le Nègre foit homme, quoiqu'à ce
titre il-doive jouir de tous les droits communs
à fon efpèce, comme il n'a d'idées qoe celles
qui tiennent'an perit nombrelde befoins attachés
dcetre efpèce, comme il eft privé de tout fentiment moral, il lui faut héceffairement des
tuteurs pour le dirigen dansila route qu'on lui
fraye.
1 0
Il faut donc.au Nègres dans les Colonies,
3 un
gouvernement particulier fondé fur fonérat phiye
fique & moral; fondé fur fes befoins préfens
& farurs,- sfondé fur lei climati, futh fes rapports
avec les hommes quilappellent à la-fociétés &
ce gouvernement doit être, domeftique. aldrast
Les befoins, les faculrés, la couleur établiffent entre les hommes libres des Colonies une
ligne de démarcation que le tems n'effacera peutr
être jamais; mais qu'il rendra, fans doute.,
moins fenfible.
Enréuniffant, en Amérique, deshommes dibe 59
dont 100
les facultés phyfiques & moralés préfentent les
deux extrémités de l'efpèce; en les alfociant
aux Créols qui offrent entre ces deux extrémités tous les intermédiaires, il eft abfolument
néceffaire de donner à cette fociété des print
tems n'effacera peutr
être jamais; mais qu'il rendra, fans doute.,
moins fenfible.
Enréuniffant, en Amérique, deshommes dibe 59
dont 100
les facultés phyfiques & moralés préfentent les
deux extrémités de l'efpèce; en les alfociant
aux Créols qui offrent entre ces deux extrémités tous les intermédiaires, il eft abfolument
néceffaire de donner à cette fociété des print --- Page 148 ---
(1x )
eipes qui, s'érendant far tous ceux dont elle
eft formée, donnent une bafe fixe aux loix: :
loix qui en lesn aniffant entr'eux,! marqueront
néanmoins la place qu'ils doivent garder dans
la proportion derleurs beloins, de leurs facultést &.de leurs rapports réciproques,
-aLes: Colonies font peaplées des blancs d'Europe, de noirs d'Afrique, de blancs;"de noirs
d'Amérique 8c d'une race mixte produite du
mélange des races blanches & noires.
unuLes blancs d'Europe acquèrent, dans les Colonies, uner grandeaduivine de corps Scod'efprit que
le defir de S'enrichir échauffe fans ceffe,
- eLenoir d'Aftique fort à peihe.de. Pengourdiffement & de Pinettie dans' lefquels la nature
femble avoir anéanti fes organes. antoy
CLe Américains dibres blanes, noirs& fang
melés partagent lés facultés" 82 les défauts des
deux extrèmes qui viennent s'umnif" denx.
LEnropéenyen ar
sib pallant dans 1es Colonies, ne
peut rien perdre des droits quil a a del en france.
freh 2
teb e orp Smh
R
E
L'Américain, venant en France, doir - acquérir 22 tous ceux 20
loi allure aux François.
-
que 91 L'Européen & PAméricain blanc ayant la
même origine, femblables dans leur couleur,
égaux dans leurs facultés, fe trouvent naturel- --- Page 149 ---
(23)
lement liés entr'enx par les mêmes befoins &
diftinéts des autres.
L'Africain & l'Américain noirs ont auffi la
même origine & font femblables dans leut couleur; mais l'inégalité dans les befoins en a nécelfairement établi une dans les facultés & a
mis entr'eux une différence que les préjugés
ont encore augmentée, même dahs l'état domeftique.
L'Américain libre noir peut jouir, comnie
homme & comme citoyen, de tous les droits
que la loi alfure aux blancs. Si le Gouvernement ne l'a point appellé aux emplois publics
c'eft pour des raifons de politique que fon ignorance autorife & légitime; il ne peur s'en plaindre, prefque tous ces emplois font donnés a
des Européens françois. tabuivauden
Les hommes qui doivent leur nailfance au
mélange des races blanches & noires & qu'on
nomme fang-mèlés, font libres ou domeftiques;
ils partagent la condition des noirs libres &
domeftiques avec des tempéramens plus ou
moins marqués.
Les Colonies dans un autre monde, dans
d'autres climats, ne tiénnent à la France
par des rapports de commerce que T'humanité que
& la politique chercheront, fans doute, a éten-
uivauden
Les hommes qui doivent leur nailfance au
mélange des races blanches & noires & qu'on
nomme fang-mèlés, font libres ou domeftiques;
ils partagent la condition des noirs libres &
domeftiques avec des tempéramens plus ou
moins marqués.
Les Colonies dans un autre monde, dans
d'autres climats, ne tiénnent à la France
par des rapports de commerce que T'humanité que
& la politique chercheront, fans doute, a éten- --- Page 150 ---
(14)
dre'encore pour 1e bonheur des hommes qu'elles
forment à la fociété, pour la profpérité & la
spuillance de l'Empire françois. nisste a
noles Colonies doivent doncavoir une Conftitution particulière qui ne peut être faite en
France; parce que les légiflateurs d'un peuple,
les légillatéurs d'un pays doivent être néceffairement parmi le peuple &c dans-le pays dont
ils veulent connoître & calcaler les befoins.
Ies Colonies étant peuplées de a trois races
d'hommes différentes, ces races étant dans des
états différens, ilfautabfolument queleur N
Conftitution foit fondée fur les befoins communs
& particuliers à ces races, fur leurs rapports
réciproques; 5 il faut que, cette Conftitution foit
mixte, quelle foit libre 8c domeftique.
Lorfque l'Affemblée Nationale aura fait la
Conftitution de la France,
aura
TIF
lorfqu'elle
établi des loix &c donné la. forme
o D0
on
de. gouvernement qui convient a leur exécution, alors elle
poutra s'occuper de la Conftitution-
-
des Colonies.
1o Mais je crois qtie pour remplir cette eoupr impor- s0
tante miflion avec toute la fageffe qui caractérife
Te véritable légillateur, il convient
bur
qu'un De
putc de chaque province de France foit envoyé
dansles diverfes ifles del'Amérique qu'aprèsles
avoir
d BL Aohi 4 plante Conoly --- Page 151 ---
VUESGÉNERALES
a
SUR Pimportance du Commerce des
Colonies, far le caractere du Peuple
gui les cultive, & fier les moyens de
faire la Confitution qui leur convient.
D. s1ouC
I HISTOTRE apprend que c'eft le Commerce
qui a fait la richelle & la profpérité de tous
les Peuples.
Ce fut le Commerce de FInde qui porta les
Phéniciens, fconnns dans Fantiquisé, au-deffus
de tous les Peuples d'alors: : Alexandre, en - le
leur enlevant, anéantit leur puiffance.
Les Romains furent peut-être le feul peuple
du Monde, dont la puilfance ait été fondée far
la force.
Dans des tems moins éloignés, le Commerce
affurera à la Réplublique de Vénife le fceptre
de TEurope.
A
Ce fut le Commerce de FInde qui porta les
Phéniciens, fconnns dans Fantiquisé, au-deffus
de tous les Peuples d'alors: : Alexandre, en - le
leur enlevant, anéantit leur puiffance.
Les Romains furent peut-être le feul peuple
du Monde, dont la puilfance ait été fondée far
la force.
Dans des tems moins éloignés, le Commerce
affurera à la Réplublique de Vénife le fceptre
de TEurope.
A --- Page 152 ---
Dans le quatorzième & quinzième fiècles, la
culture de la Canne & le Commerce du fucre
enrichirent les Soudans d'Egypte & les rendirent
tres-formidables.
Les Portugais trouvèrent aufli dans la cultute de la Canne aux Canaries & à lIle StThomas, la fource d'un Commerce qui fit
long-tems leur profpérité.
Ce fut la culture de cette plante à SaintDomingue qui prépara les beaux tems du règne
de Charles-Quint; Efpagne dut toute fa force,
alors, fon Commerce d'Amérique, dont le
Sucre étoit Ia bafe (1).
C'eft par le Commerce des deux Indes que
T'Angleterre & la Hollande ont élevé, tour-àtour, leur trône fur l'Océan.
Sit naguères la France tenoit la balance entre
les Souverains de TEurope; Gi elle a anéanti les
prétentions d'une rivale toujours jaloufe de fa
(i)-La culture de la Canne s'étendit à St-Domingue
avec une fi prodigicufe rapidiré, & les produits en Sucre
furent fi confidérables, qu'on affure que les magnifiques
Palais de Madrid & de Tolede, qui font l'ouvrage de
Charles-Quint, furent entièrement bâtis du feul produit
des droits d'entréc du Sucre de St-Domingue, Charler
voix, Tom, I. Page 421, --- Page 153 ---
(3)
fplendeur, c'eft à la profpérité de la culture
des Colonies, c'efta la richefle de leurs productions qu'elle doit la gloire d'avoir établi
l'empire de la Liberté fur toutes les mers.
La profpérité des Colonies françoifes a eu
un cours très-rapide, mais f peu fenfible audela des Villes maricimes du Royaume que la
France, jufqu'à l'épeque de la dernière guerre,
ne connoiffoit pas bien encore toute limportance qu'elle devoit attacher a fes polfellions
dans le nouveau Monde.
Les premières inquiétudes que donna la
crainte de la guerre, en 3778, opérèrent dans
le prix des denrées coloniales une révolution
qui les porca, à l'inftant, dans tousles marchés
de PEurope, à un quart au-deffus du ptix Ordinaire.
Les Aottes nombreufes qui, deltinces Pour
l'Amérique, fortirent des Ports de France pendant la guerte, celles qui partirent de la Martinique, de lai Guadeloupe, de_Se-Domingue S
& qui quelquefois formées de denx à trois
cents voiles, remplirent à la fois tous les Ports
marchands, les fecours aufi prompts qu'inata
tendus que trouvèrent les fottes royales dans
les Colonies devenues le théârre de la guerres
tout, jufqu'aux navires qui furent la proie de
A 2
irent des Ports de France pendant la guerte, celles qui partirent de la Martinique, de lai Guadeloupe, de_Se-Domingue S
& qui quelquefois formées de denx à trois
cents voiles, remplirent à la fois tous les Ports
marchands, les fecours aufi prompts qu'inata
tendus que trouvèrent les fottes royales dans
les Colonies devenues le théârre de la guerres
tout, jufqu'aux navires qui furent la proie de
A 2 --- Page 154 ---
(4)
l'ennemi, tout apprit à la France &c aux Paif
fances de l'Europe fes rivales que dans fes
poffellions du nouveau Monde, la France
trouvoit une autre France.
Mais quel a dû ètre l'étonnement de PEurope
lorfqu'à l'époque de la paix, elle a vu le commerce dans tous nos ports redoubler, d'activité
& réparer en un inftant les pertes immenfes
que lui avoit caufé la guerre! Quel a dû être
fon étonnement, lorfqu'à cette époque elle a
Vu les Colonies françoifes plus brillantesa plus
Aoriffantes que jamais.
C'eft par la fomme des denrées que fourniffent les Colonies, c'eft par la quantité de
celles qu'elles confomment, c'eft par le nombre de vaifleaux qui font armés & expédiés
dans tous nos ports, 2 c'eft par le nombre
d'hommes que ces armemens occupent &enrichillent, que lon pourra juger de limportance des cultures de nos Ifles pour la profpérité du commerce intérieur de la France.
2 La feule Colonie de, St-Domingue reçoit
chaque année 400 navires françois; elle confomme pour IOO millions de denrées européennes , &c elle en produit pour 200 millions
dont elle enrichit la Métropole.
Que la Nation juge à préfent combien les --- Page 155 ---
(5)
Golonies font précieufes à la France; qu'elle
fente bien toute l'importance de les conferver,
& de donner à fes rapports avec elles toute la
liberté dont elles ont befoin pour affurer l'exif.
tence & le bonheur du pcuple gui les cuitive:
Mais qui peut l'éclairer fur cette importance?
qui peut lti faire connoitre ces rapports ? Les
Colons, Qui peut lui préfenter les meilleurs
moyens d'affurer leur profpérité, de l'étendre
encore en donnant à chacune le développement
dont elle eft fufceptible? Les hommes qui les
ont habitées & qui les ont confidérées fous tous
les. points de vue.
Le Roi en appellant tous fes Sujets autour
de Ini, a vu fans doute avec fatisfaction ceux
dont l'éloignement pourroit faire fufpecter la
fidélité.
Jaloux de mériter le titre de François, ardens
a donner des preuves de leur amour pour le
Roi &c de-leur attachement à la France, les
Américains fe font empreflés de venir aux pieds
du Trône offtir leurs biens, leurs vies, en exprimant leurs voeux. Ils comptent fur la fagefle
de lARemblée Nationale, dont les vues ne
demandent fans doute qu'à ètre éclairéess pout
feconder le Roi dans le bien qu'il veut faire
à fes fujets.
A 3
preuves de leur amour pour le
Roi &c de-leur attachement à la France, les
Américains fe font empreflés de venir aux pieds
du Trône offtir leurs biens, leurs vies, en exprimant leurs voeux. Ils comptent fur la fagefle
de lARemblée Nationale, dont les vues ne
demandent fans doute qu'à ètre éclairéess pout
feconder le Roi dans le bien qu'il veut faire
à fes fujets.
A 3 --- Page 156 ---
(6)
Mais dans un monient ou l'amour de la liberté échauffe le ceeur de tous les François, &
les porte a partager avec tous les hommes. le
bonheur de ne plus obéir au pouvoir arbitraire,
Thabitant des Colonies voir dans le délire d'un
fentiment généreux le poignard qui doit percer
fon fein. Il venoit avec fécurité confondre fes
fentimens, fes intérêts avec le peuple d'une
terre éloignée, autrefois la Partie de fes Peres;
& au moment qu'il la touche, elle femble lui
offrit uin tombeau.
Les François font allemblés; : ils veulent
sous
que
les fajets de leur Monarque foient fous
la protecion de la Loi, & cette Loi donne à
Thomme, néF François, la liberté de fa perfonne.
Raflurez-vous, Américains, cette Loi n'eft
pas faite pour les lieux que vous habirez. La
Nation n'eft point affemblée aujourd'hui pour
donner des loix à PUniverss elle ne peut s'occuper que d'elle, &c fes loix ne pafferont point
les bornes del la France. Elle ne peur voir comme
Provinces de France des terres que deux mille
lieues de Mer ont placées dans un autre monde;
elle ne peur croire François des hommes nés
fur ces terres éloignéess. elle ne peut donner
& vous ne pouvez recevoir le titre de François --- Page 157 ---
(7)
qu'à des conditions fondées fur VOS rapports
avec la France.
Mais ces conditions, que vous devez faire
avec le Souverain, doivent être prifes de la
connoilfance de votre caraétère, de linfuence
du climat que vous habitez, de la nature de
VOS prophétés, des moyens de le conferver,
d'étendre vOS cultures &c de les perfectionner.
Quoique les conditions qui doivent, pour
votre bonheur & pour la profpériré de la France, vous unir aux François; foient très-fimples
en elles-mêmes & peu étendues, je crains cependant que, dans ce moment, il ne vous foit
pas facile de les obtenir; à moins que vous
n'en préfentiez vous-mèmes le plan. Car c'eft a
vous à vous préfenter tels que vous êtes, à faire
connoitre votre pays ; autrement on ne pourroit
voir dans tout ce qui vous concerne qué ce
qu'on voit dans ce qui regarde la France, &
alors on vous jugeroit mal,
Votre pays n'eft point la France, vous n'ètes
point nés François; cependant vous vivez fous
la domination du Roi des François, vous avez
reçu fes loix, mais ces loix étoient faites pour
vous; fouvent & 'même toujours, elles étoient
faites fans votre participation & Fon vous forçoit à les accepter:aulli étoient-elles fans force,
A 4
erne qué ce
qu'on voit dans ce qui regarde la France, &
alors on vous jugeroit mal,
Votre pays n'eft point la France, vous n'ètes
point nés François; cependant vous vivez fous
la domination du Roi des François, vous avez
reçu fes loix, mais ces loix étoient faites pour
vous; fouvent & 'même toujours, elles étoient
faites fans votre participation & Fon vous forçoit à les accepter:aulli étoient-elles fans force,
A 4 --- Page 158 ---
(.8-)
aufi trouviez-vous moyen de n'y obéir que
quand' elles étoient d'accord avec voS intérèts.
Aujourd'hui vous les confacrerez vous-mèmes
dans l'Affemblée Nationale; vous vous engagerez a une obéiffance facrée & vous donnerez
au Roi le droit & les moyens de vous y forcer.
Ces loix auront particulièrement deux objets,
vos rapports avec la France & VOS rapports ayec
VOS Negres. Les intérêts de la Nation far le Premier, l'éclaireront peut-être allez pour que vous
puilliez efpérer d'èrre contens : mais fur le fecond, qui pourra l'éclairer? Vous Teuls.
Américains, dites- donc à la Nation, dites
au Roi: la nature en imprimant fur l'homme
les caradtères quile difinguent des efpèces animées, a mis entre ces caraétères de grandés dif
tances remplies par des nuances fortement exprimées. Ces diftances préfentent aup phylique, au
moral ldeux éxtrémités G éloignées que des milliers
de fiècles ne les rapprocheront peur-érre jamais.
Si Par la grandeur; G Par la force de fon
génie TEnropéen s'eft porté à l'extrémité la plus
clevée de ces diftances, la foibleffe & l'inertie
de PAffricain l'ont fixé, pour jamais, 1 l'extrémité la plus balle:
L'Européen maitre du Monde peut s'établir --- Page 159 ---
(9)
chez tottes les Nations, il peut y porter des
Loix ; mais iln'eft point en fon pouvoir d'élever
ces Nations jufqu'à lui, il n'efe point en fon
pouvoir de partager avee elles les facultés qui
établiflent fa fupériorité; quand il le pourroit,
il faudroit encore qu'il.en eût la volonté &
cela eft impoflible.
L'Europe ne renoncera point à TEmpire du
Monde, & s'il arrivoit qu'an feul de fes Souverains abandonnat fes poffeflions chez les autres
Nations, élles feroient à l'inilant, ou rendues a
elles-mèmes Otl foumifes à une autre puillance.
Américains, dites à la Nation, dites au Roi:
nous fommes tous cultivateurs, nos terres dont
vous confommez les productions font cultivées
par un peuple que la nature femble avoir ellemème condamné à la fervitude en fixant dans
les lieux de fa naillance, I'Empire du Despor
tilme le plas abfolu. Porté parmi nous, ce peur
ple ell fous la protecion de VOS loix; nous
foutniffons à tous fes befoins, nos foins far lui
embraffent tous les tems de fa vie, notre exiftence nous force à veiller fans ceffe far la
fienne. Sa. fanté,a force font toute notre richedfe; nous devons les fruits de nos cultures
à fon travail, dont la mefure & le tems font
illance, I'Empire du Despor
tilme le plas abfolu. Porté parmi nous, ce peur
ple ell fous la protecion de VOS loix; nous
foutniffons à tous fes befoins, nos foins far lui
embraffent tous les tems de fa vie, notre exiftence nous force à veiller fans ceffe far la
fienne. Sa. fanté,a force font toute notre richedfe; nous devons les fruits de nos cultures
à fon travail, dont la mefure & le tems font --- Page 160 ---
(IO )
marqués, & après lequel il jouit, en liberté,
de, farperfonne & de fes
propriétés, 1
Nos rapports avec ce peuple font ceux d'an
père de famille occupé fans celle des befoins
de fes enfans; mais fouvent des circonftances
trop malheurenfes trompent nos efpérances &
nous empéchent de faire tout ce que nous defirons pour fon bonheur.
Dans léchange que nous faifons de nos denrées avec les vôtres, VOS marchands nous dépouillent de la plus grande partie du fruit denos
peines. Vos loix qu'ils femblent avoir dictées,
nous enchaînent fous l'empire aveugle de l'intérêt particulier; fi vous nous délivrez de l'inquiétude dans laquelleils nous tiennent fans ceffe
agités pour notre fubliftance, pour celle de nos
Negres &c pour tous les befoins denos cultures,
nous remplirons toujours les engagemens que
nous aurons pris librement avec eux, & vous
afluretez pour jamais notre bonheur & celui du
peuple que le fort a attaché à notre exiftence.
C'eft ce peuple que le François dans l'ivref.
fe d'une liberté nouvellement acquife, nomme
fon frère, fon ami; c'eft ce peuple dont l'ame
eft enchainée dans des liens matériels trop épais,
fans doute, pour tranfmettre l'impreflion des
fentimens qu'on voudroit envain lui infpirer; --- Page 161 ---
(n)
c'eftice peuple, dis-je, que vous devez faire connoitre à la Nation, au Roi : mais dans'le portrait que vous en feriez, on pourroit foupconnet votre bonne foi; je prendrai donc le pinceau.
Je dirai la vérité;je la dois à Thumanité,je
la dois à la profpérité, au bonheur de la France
ma Patrie.
François, je ne vous parlerai point de la
couleur du Nègre; elle vous montre affez à
quelle diftance la nature l'a placé loinde vous.
Ceft de fon moral, peut-être dirois-je mieux
de fon inftinat, qu'il faut vous parler.
L'ame du Nègre femble n'être accellible que
par T'organe de l'ouie 5 il ne s'anime guères
qu'anx fons bruyans d'un tambour ou d'une
voix exprimée avec force. Il n'a point de phyfionomie, fes traits font fans: expreflion, fes
yeux fans vivacité, &c fa figure préfente-limagei de la ftupidité, Il agit & ne réfléchit pas,
il parle peu & fouvent il chante; jamais un
fentiment profond de douleur ou de plaifir
ne fait couler de pleurs de fes yeux 5 jamais
le rire ne' vient fur fes joues peindre cette
douce fituation d'une ame fenfible qui invite
à partager le bonheur dont elle jouit, Le Ne.
gre exprime fa joie par des chants, les cris
, &c fa figure préfente-limagei de la ftupidité, Il agit & ne réfléchit pas,
il parle peu & fouvent il chante; jamais un
fentiment profond de douleur ou de plaifir
ne fait couler de pleurs de fes yeux 5 jamais
le rire ne' vient fur fes joues peindre cette
douce fituation d'une ame fenfible qui invite
à partager le bonheur dont elle jouit, Le Ne.
gre exprime fa joie par des chants, les cris --- Page 162 ---
12)
feuls font le témoignage de fa douleur; il
fouffre 8c ne fe plaint point; il et fans honte
&c non pas fans pudeur ; il na point de defirs, mais il a des volontés; il n'a de pallion
que pour la danfe; il aime le repos & hait
le travail; fon plaifir eft del ne rien faire,
& il met tout fon bonhenr à dormir. Jamais
il n'eft vivement prelfé par fes befoins, dont
le cercle eft extrèmement étroit; il mange beaucoup, mais il n'eft ni avide, ni gourmand;
il n'eit point délicat dans le choix de fes aliments qu'il partage volontiers avec fes femblables ; il aime les liqueurs fpiritueufes, & il
eny abufe quand il peut. Son penchant pour le
plailir le rend infidèle &c inconftant dans fes
amours; il carreffe peu, fes enfans qu'il abandonne fans peine. La moindre chofe fuffit pour
fatisfaire fa vanité qui eft grande, & dont on
doit toujours fe fervir pour le conduire. Sa
mémoire fe borne prefqu'à la réminifcence; il
ne compte point, & s'il rappelle le palfé ce n'eft
que par des époques. I1 jonit du préfent, mais
il nes'en occupe pas & il ne conçoit point Favenir. Il n'invente jamais; il imite, mais fans
exadtitude. Il faifit avec la plus grande perc
picacité les défauts des celui qui le gouverne,
& il cherche toujours à en profiters il naime --- Page 163 ---
1)
ni ne hait les blancs qui le commandent, mais
foir qu'il les eftime, foit qu'il les méprife, il
les refpecte toujours. Ilobéit non pas quelquefois
fans murmurer; il fuit fes fantailies, fes caprices
quoiqu'ils T'éloignent de fes devoirs &c qu'il ait
la certitude d'être puni. Il perd promptement
le fouvenir des châtimens, même de ceux qu'il
croit injuftes.
L'idée que le Nègre s'eft formée de T'homme blanc eft fi élevéerquelle le confond; il
Padmire dans tous fes travaux qu'ile exécure
fouvent fans les concevoir, mais dont il fe
glorifie d'être l'inftrument,
HI
Dans tout ce que, fait le Blanc, le Negre
recomnoit un génic fmnperieur, dont la force le
fubjugue & feule le tienr enchaîné pour jamais.
Il n'a point d'idées de l'Etre fuptème, & s'il
s'en formoit une, ce feroit d'après celle qu'il a
conçue de PEuropéen; il ne craint rien, pas.
mème la mort dont il ne s'inquiète point, &c
comme il vit fans defirs,, il meurt fans reLE
grers.
- Teleft l'homme que vous nommez votre frere, votre ami; François, quoique vous puiffiez
faire, vous ne Téleverez jamais jufqui vous
&c f vous pouviez defcendre jufqu'a Ini, il
Vous mépriferoit. Il mérite cependant vOs foins
çue de PEuropéen; il ne craint rien, pas.
mème la mort dont il ne s'inquiète point, &c
comme il vit fans defirs,, il meurt fans reLE
grers.
- Teleft l'homme que vous nommez votre frere, votre ami; François, quoique vous puiffiez
faire, vous ne Téleverez jamais jufqui vous
&c f vous pouviez defcendre jufqu'a Ini, il
Vous mépriferoit. Il mérite cependant vOs foins --- Page 164 ---
( 14)
& vous pouvez le fervir, en dirigeant par-des
règlemens fages la conduite du Marchand qui
le tranfporte dans les Colonies où il n'eft point
à plaindre comme on le penfe, & où il feroit
toujours heuteux, fi fon maître étoit toujours
dans laifance,
Une habitation peut être. comparée a un perit
gouvernement 5 mais qu'on fe garde de croire
que ce gouvernement. reffemble au defpotifme
de l'Afrique. On ne peut allimiler un Colon au Bey de Tunis ou d'Alger qui, toujours,
eft un Turc élevé par la force de fon caractère au-deffus de dix mille Tures, fcélérats
comme lui (1). Ces Turcs en exécutant les. ordres de celui qu'ils ont choifi pour maitre,
(t) On a vu dans un No, du Journal de Paris,
au commencement de l'année 1789, une lettre de M.
Mx* dans laquelle il compare le gouvernement
des habitations de nos Colonies au defpotifme de Tunis
& d'Alger. Si cette erreur étoit pardonnable, cè ne
feroit qu'en confidération des fentimens généreux qui
portoient M. Mx dinviter les Colons au facrificer
de leurs propriétés en offrant de mettre.le premier,
fon patrimoine colonial fur l'autel de la liberté, --- Page 165 ---
(rs)
ont toujouts le fer levé pour le forcer à refpecter leurs loix, leurs ufages & leurs préjugés.
Si ce Bay a 6 A 8 millions d'hommes foumis
à fes volontés, ces. hommes font abandonnés
à eux-mêmes, il n'eft en rien occupé de leurs
befoins particuliers, & il ne leur doit aucuns
foins dans aucun tems de leur vie. Quel rapport le Colon peut-il donc avoiravec un Bey
de Tunis Oul d'Alger !
Mais il elt des' efclaves chez ces Beys dont
la liberté devroit être bien plus chère aux Européens que celles des peuples d'Afrique; &c
vous, François, qui voulez que tout dans PUnivers. refpire un air libre, vous oubliez que
VOS frères, VOS parens', vOS amis chargés d'opprobres & d'ignominie, gémiffent près de vous
dans un efclavage d'autant plus affreux que ces
infortunés, dont le caractère eft exprimé avec
toute la force que vous montrez aujourd'hni,
font déchirés par le défefpoir ou les réduit l'impolibilité de partager les fentimens qui vous
animent, Mais quel fera leur doaleur d'apprendre que pas un de vous peut-être n'a
pleuré fur le fort rigoureux qui les enchaîne!
Que pas un de vous n'ouvre aujourd'hui leurs
coeurs à Tefpérance! quel fera leur douleur
ces
infortunés, dont le caractère eft exprimé avec
toute la force que vous montrez aujourd'hni,
font déchirés par le défefpoir ou les réduit l'impolibilité de partager les fentimens qui vous
animent, Mais quel fera leur doaleur d'apprendre que pas un de vous peut-être n'a
pleuré fur le fort rigoureux qui les enchaîne!
Que pas un de vous n'ouvre aujourd'hui leurs
coeurs à Tefpérance! quel fera leur douleur --- Page 166 ---
(16)
d'apprendre que les chaines que vous voulez
rompre ne font pas celles,qu'ils portent
François; faites des vactix pour la liberté de
vOs frètes; que tous les Souverains de FEurope
forment une confédération contre les defpotes
80 qu'ils les forcent à refpecter dans leur Empiro, près dur joug même ou - leurs fujets font
enchainés, le caraétère libre de PEnropéen.
Mais gardez-vous de facrifiera des idées autant
impolitiques que morales, les richefles immenfes que vous devez aux bras des peuples d'Afrique. Richefles fur lefquelles feules font fondées la profpérité 8c la puillance de l'empire
françois.
Ohv vons! peuples, que la nature femble avoir
condamnés a une exiftence prefqu'entierement
phylique, vous que la néceflité d'obéir a quel.
ques befoins abfolus arrache à peine aut fommeil, ou reftez à jamais dans les lienx qui-vous
ont vu naitre, ou rendez graces à l'aétivité
des hommes qui vous enlevant à Finertie &
la' tyrannie de vos chefs, vous font partager
leurs peines &c leurs plaifirs en vous affociant
a leurs befoins.
Les hommes naifent libres & egaux en droits,
cependant linégalité phyfique & morale exifte
par-tout --- Page 167 ---
(25) )
avoirpatcourues, apresavoirpris connoiflance des
hommes qui les habitent, après avoir examiné
leurs Cultures, leurs Maufactures, leur Commerce, 5 ces Dépurés fe réiniffent avec dés
Députés de chacun d'elles à Sta Domaingue;
cominela plus simportante; pour faire dans EAC
femblée Coloniale de cettenlfle, le plan d'une
Conftitution libre &c domeftiques Pour préfenter fur.ce plan les loix & dadd forme du Gouvernement qu'exige cette Conftitution.
270:
Cette tâche remplie, tous 9u les Députés fe rendroient en France au milieu L de l'Affemblée
Nationale ; ils Peclaireroient Sti fur toutes les
parties de leur
sup
ouvrage > obtiendroient fon
allentiment & la fanction du Roi. 1EtS
Tous les hommes libres doivent être
a concourrir à la Conftitution des Colonies. appelés Les
blancs Européens y jouironr de tous les droits que
leur allurela Cautbitudaudelafranre; tous feront
appelés aux Affemblées primaires, dès quils conf
tateront un an de réfidence,
Tous les Nègres &c"fang-mlés libres, 3 agés de
25 ans, feront également appellés à ces Affemblées, derguslsjufti@eront une propriété territoriale ou domeftique.
Je n'ai pas befoin de dire que les Negres
blancs Européens y jouironr de tous les droits que
leur allurela Cautbitudaudelafranre; tous feront
appelés aux Affemblées primaires, dès quils conf
tateront un an de réfidence,
Tous les Nègres &c"fang-mlés libres, 3 agés de
25 ans, feront également appellés à ces Affemblées, derguslsjufti@eront une propriété territoriale ou domeftique.
Je n'ai pas befoin de dire que les Negres --- Page 168 ---
(26),
domeftiqués ne doivent être appellés à aucuhe
Aflemblée, ils ne peuvent être repréfentés par
enx-mèmes 5 mais ils le feront par les Députés
deTrance; ilsiler feront, peue.etre plus encore,
parleurs maitres. 6 enlla'b :
rusttla sb a
Je dis' Nègtesnd idemeftiquess parce que je ne
regarde peint çomime Efclaves des - hommes qui
ne font engagés quel parc de temps du Travail &
quid'ailleursfont libres de leurs perfounes & de
leurs propticrésy.autane que peuvent Têtre en
France des.enfans iquele le refpect, le befoin & la
reconnoiffance attachent a leurs
& en
effet les maitres Det ne font & UB ne parenss être en2al leurs
1 Iner de bons peuvent Pères de famille
dol vers -
Negres que
lédudans un. tavail commun,
qui préparent,
C
veulent
cation des enfans de la Nature qu'ils De
rendre, uriles à la fociété,
o
ab nonul
AT
uo
--- Page 169 ---
TABLEAU
DES
M I 1 NISTRES
OU
M E M OIR E
ET CONSTITUTION
SURLE PROJET D'UNE RÉPUBLIQUE
A SAINT - DOMINGUE,
ETRENNES AUX CRÉOLES e
Mais s'ils cessoient d'avoir pour maitres des rois éloignés, ce seroit peut-être le peuple le plus étonnant
qu'on eût vu briller sur le globe; ce seroit la nation
la plus florissante que la philosophie etl'humanité
pourroient desirer pour le bonheur de la terre.
Hist. philos. et polit. des deux Indes, L. XI.
Bar MT Chisnimu
179 - O. --- Page 170 --- --- Page 171 ---
M É M OIR E. 201
II est des temps malheureux ou chaque homme prend
un caractere,ou le roi.ne-paroit plus qu'un-homme
(Philosophie de la nature).
Sijmmh cette réflexion d'un écrivain
moderne persécuté par les dévots et - les
despotes peut recevoir une application
juste, c'est dans la circonstance actuelle.
Sans vouloir imputer au jeune monarque
qui gouverne la France les désordres auxquels elle vient d'être en proie, au moins
sansinjustice peuton luireprocher unelâche
complaisance pour la reine, une déférence
outrée aux volontés de ses courtisans, une
confiance aveugle en ses ministres.
Louis XVI, en montant sur le trône, appelle auprès de lui le comte de Maurepas;
ce vieillard imbécille, qué l'on croyoit un.
Mentor, ne sut pas répondre àla confiance
de son Télémaqne. Content du titre de
mier
previsir, il laisse à sa joyense épouse les
détails du cabinet: elle aimoit la comédic,
Aa
déférence
outrée aux volontés de ses courtisans, une
confiance aveugle en ses ministres.
Louis XVI, en montant sur le trône, appelle auprès de lui le comte de Maurepas;
ce vieillard imbécille, qué l'on croyoit un.
Mentor, ne sut pas répondre àla confiance
de son Télémaqne. Content du titre de
mier
previsir, il laisse à sa joyense épouse les
détails du cabinet: elle aimoit la comédic,
Aa --- Page 172 --- (4)
les proverbes: i Iai falloit une troupe :
delà, Hue de Miromesnil, habile dans le
rôle de Crispin, en échange lemnantea u
contre la simarre de garde des sceaux. 129 If
sm Vergennes vient prendre le timon diplomatique ; Vergennes, dont la réputation
n n'est plus équivoque; tant qu'il n'eut que
des paquets a cacheter, des couriers à dépêcher, 7 des révérences à faire au nom du
roi son maitre, il parut un grand hommé
mais son ceil étoit acclimate dux glaces du
Sund; sa rétine fut fatignée del l'éclat du
foyer palitiqne: Enfin, comme Ta dit Lingnet, il fut étranger aux iffaires étrangeres' (1). 2a1 somms
9E0 svron E
(1). Onne doit pas faire les bonneurs à M. de Ver-,
gennes de l'insurrection de l'Amérique en signantla
paix de 1763. Lord Charam, dit M. de Choiseul, projettala scission des Coloniesavec la Métropole. Ce yui
deshonorera à jamais MideVergennes, d'est Finvasion
dela Prufle en HollandenA cette époque il n'éroit plus ;
mais depuis long-remps on le prévenoit Hledr dû
soutenir le patriorisme soufils parM, de laVanguyon,
et alimenté par M. de Vergennes de roure sa déplomatique, il.n'y avoit que son tournebroche qui faisoit du bruit à la Haye. Ro
-
alintsb
Métropole. Ce yui
deshonorera à jamais MideVergennes, d'est Finvasion
dela Prufle en HollandenA cette époque il n'éroit plus ;
mais depuis long-remps on le prévenoit Hledr dû
soutenir le patriorisme soufils parM, de laVanguyon,
et alimenté par M. de Vergennes de roure sa déplomatique, il.n'y avoit que son tournebroche qui faisoit du bruit à la Haye. Ro
-
alintsb --- Page 173 ---
- e2 (5)
1 R'ab
"Turgol paroit aux - - 11
F Trophonnate
mreeen
pour, rester dans une.cour
S tO a
O1 n1 commençoit u DI
a, se gangréner, il TOI ne a put 93301 tenir contre: la
cabale du luxurieux
a
Séguier, a9
, de l'amollisseur de Cachets Rigoley
00 AOgNA Depuis a
le
D
longtemps cclu-cilorgmoit contrôle
oL
pour
son amil Clugny de Nuys.
JD atrin
ERE Lanagramme 0
de
son nom indignus luce le
au naturel.
15 tro enrichir -
les 292 peint
ast
e
Protéger,
5 ooguins faire de
son hôtel un serail, telle fut pendant un
regne de 1V0D six mois son
-
unique occupation.
Heurensemhent la mort nous en déliyre. a
On fait venir Tabourneau des Reaux -
aTOiD .V
A
on
connoissoit son
on lui
EN
ineptie.
adjoint le
calculateur Necker, homme, yraiment problématiqne. Certes, il faut
-
mil ait un fonds
inépuisable et une versalité de talens pour
acquitter la lettre de
Ti
Jb VOR
change que TEurope
entiere tire sur lui. Comment la postérité
le jugera-telle P fera-t-ille pendant de l'ems
pirique Taw? Je Tignorean ce qu'on, peut
dire s'il n'est
un
o1t
pas
grand homme, il
est plus habile charlatan que Mahomet :
lenthousiasme ponr un fantôme de lin
forcer une nation douce, aimable,
E
philosophe, polie,idolâtre des Bourbonsa
de jouer le rôle de farouche républicain,
A 3 --- Page 174 ---
(6)
de faire passer un toi de cette race sous Jes
fonrches caudines il a
le carac-
-
changé
tere dui bon parisien.
R
Toutà-coup onl'a vu
quitter la marotte de Momus et prendre le
casque de
mais d
n'anticipons. Aas-Sobestiomoles point sur les époques. D
"EH réchantsonbrévasire, deMuy venoitde
descendre au tombeau. Le Cincimmatus du
Rhin est arraché à ses poireaux : on eût prun
delmientagl de lui laisser greffer ses arbres:
# traita le militaire françois comme E
un espaller. Son adjoint lui snccéde, Montbarey la phs crapuleux des hommes. Ala
honte de Phonneur françois, l'on vit alors
les cordons,les-trotx découler de dessous
le cotillon de Fimpudique Renard, RU
abi Ee petit saint étoit expiré dans les bras
de laSabathier. Lindolent Amelot, le bourfi Breteuil, avoient régi la maison du roi,
Sartine, 2 nommé au ministere, montra qu'il
étoit falt pour allumer deslanternes, fomenterun monopole, rançonner un tripot, et
non propre à combiner les évolutions
a
d'une
escacre. Son lbAadinecemmbigetr
me Castries prend le porte-feuille. C'étoit un
sayant dansle portde Tandiderilansottipurin
les détails de lamarine, ilabandonne toutala
régi la maison du roi,
Sartine, 2 nommé au ministere, montra qu'il
étoit falt pour allumer deslanternes, fomenterun monopole, rançonner un tripot, et
non propre à combiner les évolutions
a
d'une
escacre. Son lbAadinecemmbigetr
me Castries prend le porte-feuille. C'étoit un
sayant dansle portde Tandiderilansottipurin
les détails de lamarine, ilabandonne toutala --- Page 175 ---
(7)
nons batcomtesse de Blois ; aussi Rodney luxe des
tit aux Antilles; et pour fournir au
les
habitans du palais-royal, lon inventa
cônes de Cherbourg(1).
avoit
Cependant la cabale antrichienne
le
; on vouloit qu'il fht
débusqué
genevois
de colloquer
à la mefle ; alors on projettoit
chomais le
eût été trop
Calonne ;
parallele intermédinires. Joly
quant, il falloit des
neven ; le
de Fleury,anssi coquin que son
du
Maubeuge ou le Chansonne, et bardé
bleu il retourne chez le présicordon
,
bien la maident d'Ormesson $ il régloit
de
; le chaos des financés em
son
Saint-Cyr
brouille sa jeune tête.
de Girar
On ne pensoit plus à l'associé
(:) Rien de plus mal combiné que cé projet. Une du
carte à la main, l'on verra que par la posirion d'Est;
peutsortir. que d'un vent de Sud et
port,onn'en l'eût établi à la Hougue, fix lieues plus lourr, Or
si.on une rade stire et delaquelle on eût pu toujours
trouvoit Un banc refusta M.de Cessart Tingénieur 5 dans
sortir. de S. Wast, l'a fait consiruire à Cherbourg,
Téglise
ct voila commeles intérêts.
par morif de vengeance;
dune nation sont sacrifiès.!
A 4 --- Page 176 ---
(8)
dot; la paix étoit conclue: on présenté Caa
lonne, membre odieux de la commission
de Bretagne ; il étoit dans une, cruelle al4
ternative, l'hôtel de la Force ou celui du
controlen On le nicle dans ce dernier, Aux
courtisans le bon sait avoit promis monts
etmerveilles, Il a1 tenu sa parole. cc
>
Tenez,
voilà ole trésor-royal, prenez; ; laissez-en
S pour moi : dites-nous, Plilippe de Fran-
> cey Coigny, Polastron,
Ge-
>
Polignac,
nest; Dehamans, Bacchantes des
de
Neuilly,
Gehevilliers; et toi, gentille €
le Brun
S la bien-aimée, combien avez-vous man-
> gép de bon compte, 300 millions, et
5 n'en parlons plus 2. Cette S. Barthele
my d'especes avoitréduit l'état aux abois,
il ne restoit plus d'autre parti que d'engagér la couronne au lombard, dont l'hôtel.
Dieu est caution. Ainsi le royaume étoit à
Thopital, et la banqueronte nationale d6olarée.
Un prètre délié dénonce ces abus aux
notables ; on le crojt patriote, il n'étoit
qu'égoiste. Calonne est exilé,
Rongé d'ambition, M, de Tonlonse vouloit devenir un Mazarin. Créé premier min
nistre, Ségur et Castries ne veulent pas
couronne au lombard, dont l'hôtel.
Dieu est caution. Ainsi le royaume étoit à
Thopital, et la banqueronte nationale d6olarée.
Un prètre délié dénonce ces abus aux
notables ; on le crojt patriote, il n'étoit
qu'égoiste. Calonne est exilé,
Rongé d'ambition, M, de Tonlonse vouloit devenir un Mazarin. Créé premier min
nistre, Ségur et Castries ne veulent pas --- Page 177 ---
(9)
Tecevoir sés ordres ; ils trouvent indécent
qu'une crosse commande à leurs bàtons." Ils
se retirenti Le scrophalens prélatse réjouit;
c'étoit son-butvavec Montinorin il Ipartagela
dépouilley place son frére à la suerre :
donne lesteceanx a Lamoignon; a Montmorin la marine, à son" allié le gonvernementide Suint:Domingues Ainsi bastionné,
Brienne se croit tout permis : avec Lamoi
gnon, il fabrique des édits désastreux : on
lesrefuse al lenregistrements les cours sont
exilées,le peuple murmure, 2 on entre en
pourpaler; lesi pidesinieseviesment, nouvelles tentatives, nouyeanx obtacles: Tans
torité ses déploie, Ile temple de Thémis
devient un icamp,
ilresthérissé de soldats,
leso bayonnettes pénetrent jusques dans le
sanctuaire, les ministresen sont arrachés?
cet attentat n'effraye point la robe; elle
tient bony le roi recule,les visirs sont renvoyés.. ob
Te
Tle bvolb 160 izri olgmet
toatbh-r-temade général
lebdoinidatre; n'avoit huirquermppeller au
public sa honte et les galanteries der son
épouse-Remplicé N-vidteit,ele-dioe
pasle temps deconnoftre Thotel:enfin Lambert n'ayoit Pu montrer, uniseul diman- --- Page 178 ---
( 1o )
che, àl'ouvre de la paroisse, un contrôleur
général.
Cette fluctuation de cabinetétoitle symptddanger pressant. La châsse
me Sainte-Genevieve certain'd'un
n'eit pu sauver l'état.
de
Le public nomme THyppocrate en finance,
le crédit renait ; la crise va s'opérer. Pressé
parlesoris de la nation, le roi va se communiquer à son peuple, écouter ses doléances,
Convocation des états
suivre ses çonseils. entre les trois ordres :
généraux, dispute
la noblesse se croit encore aux, temps
barbares de la féodalité; la reine, le comte
d'Artois, se rangent de son bord. Ifaut
écraser les vilains. La Fayette leve le mas+
éleve de Wasington, rien ne Tétonne;
ques héros s'il réussit, rebelle s'il échoue, 300,000
citoyens le suivent. Le despotisme est écrasés les traitres sont immolés, l'aurore de
la liberté nationale paroit , et son premier
lui est élevé sur les ruines de la Bastemple
tille.
€
des événemens de la méSPB Tel estletableau
allons tracerdeceux
tropole; celui que nous
sera - t-il
de la colonie de Saint-Doningue,
moins afiligeant PI
Tattentat d'un
La catastrophe de d'Estrées,,
suivent. Le despotisme est écrasés les traitres sont immolés, l'aurore de
la liberté nationale paroit , et son premier
lui est élevé sur les ruines de la Bastemple
tille.
€
des événemens de la méSPB Tel estletableau
allons tracerdeceux
tropole; celui que nous
sera - t-il
de la colonie de Saint-Doningue,
moins afiligeant PI
Tattentat d'un
La catastrophe de d'Estrées,, --- Page 179 ---
( II )
Rohan, digne deléchafmudcomme son con:
seil, le traitre de Quillebeuf, avoient glacs
tous les esprits. Le régime de Nolivos, de
d'Ennery, n'étoit point propre à leur rendrel'énergie. D'Ennery qui traita les colons
comme un commandeur son attelier. Bellecombe, officier de fortuse, devient gouvers
neur; s'il n'entpas rasé sa moustache, ib
étoit maréchal de France. Bougars fut son
collegue : à cette époque la guerre désoloit
la colonie, et cependant elle jouit de.quel.
ques nuances de bonheur : bientôt elles
alloient s'effacer. 1E
Marbois, d'extraction basse, dont Téducation servile n'ayoit pu relever les sentiu
mens, passe à Saint-Domingue: La Luzerne
lesmiti G'est à ces deux bachas que la colonie doit des fers.
L'assassinat de la Maugerie avoit en France
déshonoréle nom de la Luzerne. Notre héros avoit cru se régénérer ens'alliantà une
famille de robe, qui, par les femmés, tenoit
au cabaret (1): sans aucune connoissance
de tactique,i devint. , comme un autre, ma-
(1) La dame Angran, petite-fille de Darlus, marchand de vin, à Paris. --- Page 180 ---
(Is 4 )
réchal
cden rcamp 3 et recevoit cul-de-sae
Pecquet, 3 les complimens des infortunés
plaideurs 5 quils'hnaginotent que-legendre
d'un honnête homme ne pouvoit être un
frippon.
a ITB
Arrivé à Saint-Domingue, voyons comment il s'occupe. Indolent
par caractere, 9
distrait par ton, il trouve fort doux que
Marbois lui triture lar besogne; il signoit,
hnvoit, mangeoit 5 a faisoit une partie de
Wisk, courtisoit une vieille fenme, dont
las peau ressembloit àn icelle du nopal (1),
payoit ses faveurs avec un brevet de procureur du roi, se croyoit un Jussieu, vivoit
au milieu des simples, 5 en 'corrigeant une
mauvaise traduction de la Cyropédie.
Yoila Montmorin aux affaires étrangeres. Son alliance avec noire gonverneur. 3
le fait songer à lui. Suivant les loix du népotisme ministériel, da Luzerne est nomme
à la, marine, et il n'avoit jamais vu d'antre
navire que celui qui l'avait vomi au Port
an-Prince,
UD eme
Ason pédagogue Barbi, alpramet recon-
(r)La dame Trigaut de Beaumont, tante du
cureur du roi du Port-au Prince.
pros
aux affaires étrangeres. Son alliance avec noire gonverneur. 3
le fait songer à lui. Suivant les loix du népotisme ministériel, da Luzerne est nomme
à la, marine, et il n'avoit jamais vu d'antre
navire que celui qui l'avait vomi au Port
an-Prince,
UD eme
Ason pédagogue Barbi, alpramet recon-
(r)La dame Trigaut de Beaumont, tante du
cureur du roi du Port-au Prince.
pros --- Page 181 ---
(13 )
noissance; protection envers et contre tous:
De-lales maux qui'ont pendantdeux ans dé
solé S. Domingue.
-
Lesatrape sorti des bords de la Mozelle,
mesuroit les colons à son anne; il à gout
verné avec sa férule de Monaco, son fouet
dle palefrerier diplomatique àDresde; enfin
avec le, bâton dont Longchamp l'étrilla a
Philadelphie,
TIA
OTS
Minutieux dans ses détails , vindicatif
dans ses opérations, insolent dans ses' pros
pos, hautain dans ses audiences, haineux
dans ses recouvremens, barbare dans ses
exéentions,inlidele dans ses comptes, ighare
en législation, avarèret parcimone dans'sort
ménage; remplir sa cassette : envoyer ses
trésorsàlaDelaware, a étéson unique'ambis
tion'; il s'associe une troupe de brigands.
Wente, Deschamps, 7 Jauvain, voila ses
conrtiers; Armand,Segui; Morard, voila
ses espions et ses trompettes ; les bienfaits
du a roi sont mis à prix, les coneessions"'se
trafiquent, les réunions deyierment le prix
d'un délateur, 2 le citoyen est dépouillé pour
enrichir des scélérats. Un seul commis de
l'intendance, banqueroutier à Dunkerque,
tient dix-sept terres en.sesimains : a Monis
sieur, il est vrai,j'en rendois moitié. --- Page 182 ---
(14)
Au nom du roi, il agit avec plus de ri
gueur, qu'uns subrecargue Provençal. Taissi,
Confucius, Gesler, tel est son vocabulaire.
Unejenneépouse demandenn
mari victime d'un marché délaipour son
inexorable, Un vieillard
rineux, il est
depuis 40 ans à
propose des
Fisoaii
de
atrangemens : il refuse. Un
pere
famille, allié d'un ancien général,
s'exécute pour remplir sa
ill bâtit un procès en vol de caisse, deniers parvient;
rend un jugement
royanx,
conseil
inique; on le casse au
des.M.;l'aceus: à
est déclaré innocent. De Saint-Domingue
mission, de Tor, celaseul lor, ma comame. Son
fait tressaillir son
ame, grand Dieu! Barbi n'en a
point; la nature ne lui donna qu'un
puisse un vautour en faire un
gesier :
méthée.
nouvean ProRendons-Ini néanmoins justice,
tous les
ilchérit
metzins; un sot, un
est-il
son compatriote, devant
coquin,
trouve grace, appui,
Monseigneur, il
protection; ainsi il a
colloqué au conseil de Trionval: ainsi
a dotéle siegede Chiappe S. Marc de
il
anciens pensionnaires de Marenville. deux
ment le trouble parmi les
Ils seaflaires; cela lui
:
méthée.
nouvean ProRendons-Ini néanmoins justice,
tous les
ilchérit
metzins; un sot, un
est-il
son compatriote, devant
coquin,
trouve grace, appui,
Monseigneur, il
protection; ainsi il a
colloqué au conseil de Trionval: ainsi
a dotéle siegede Chiappe S. Marc de
il
anciens pensionnaires de Marenville. deux
ment le trouble parmi les
Ils seaflaires; cela lui --- Page 183 ---
(15)
est égal. On leur en veut 3 parce que je
tes protege.
Pendant un an Vincent fut son collogue $
par imbécillite il devient son complice - , et
puis on le berçoit de l'espoir d'une gratification, et il obéissoit, prioit Marbois de
n'avoir aucun égard aux sentences obtenues
contre lni, aux ordres du ministre accordées à des créanciers de 15 ans.(1).
Dans la Métropole de pareils abus se dénoncent aux cours ; le ministere publia
s'énorgueillit de cette noble fonction. Notre
procureur général, la Mardelle, est bien'
plus complaisant ; il faudroit qu'il se dénonçât Iui-même; il ne doit sa place qu'au
(1) It suffit à Saint-Domingue de tenir aux ératsmajors ou au conseil pour ne plus payer ses dettes.
M. de Loppinoi doit plus de 600,000 liv. et il se moque de ceux qui ont la crédulité de lui donner à crédit. Des negres, dit-il à un négociant, ou jamais je
ne ferai exécuter les ordonnances à votre requêre.
M. la Mardelle doit au moins 500,000 liv. Mais ce qui
est plus.affreux, c'est un sieur Borgella, avec 5,000,000
de bien, qui doit depuis deux ans à l'huissier la
Veliotte 2,300 livres, prix d'une adjudication à la vente
de Molmawre ! Eh bien, il est impudent comme un
Hidalgo! --- Page 184 ---
(16)
rôle de Bonneau dont il s'acquittoit siloya
lement auprès du marquis de Chanteloup;
un in-folio ne suffiroit pas pour donner
l'extrait de ses, oeuvres. Mandé en France,
il sera, pendus disent les colons. Le fris
de perruquier est madrés il s'introdut
danslani-chambte de la comtesse de Blois,
se glisse dans sa garde-robe, lui-rend, les
services du lieu, dumoment ; le bidet de
Latis est ponr lni la piscine de Siloe; un
gentilhonime oublierses #
rasoirs: Te voila
son. gendre, et la Mardelle, conseiller
d'état.
Orgueilleux d'une simarre à
il
E
brevet,
se croit un ('Aguesseau; fait desloix,des
ordonnances, 7 des réglemens, sous le'cachet de Barbi, de-la- Luzerne; on les-prél
sente au conseil; Montmorin fait tontpasser
en faveur de Tallianceyet la parrie duNord
n'a plus de magistrats,et la plaidoierie est
supprimée, et tout se juge à huis clos, le
tripot de Saint-Domingue est, un bois de
Bondy: La Mardelle s'en moque : au détriment des anciens magistrats, il voit ses
émoluniens angmentés,
ou
-
* UGD présent UD absent: au
ilperçoit toujours ; il vexe, tourmente
juges, avocats, procureurs, huissiers, ventr
iqu'ile
n'a plus de magistrats,et la plaidoierie est
supprimée, et tout se juge à huis clos, le
tripot de Saint-Domingue est, un bois de
Bondy: La Mardelle s'en moque : au détriment des anciens magistrats, il voit ses
émoluniens angmentés,
ou
-
* UGD présent UD absent: au
ilperçoit toujours ; il vexe, tourmente
juges, avocats, procureurs, huissiers, ventr
iqu'ile --- Page 185 ---
((2)
piln'y aisique lui de fraippons GestCape
tonche faisant la guerre aux hilouxn
cla diyinité nous enyoye du Chillesw, 3) 2
voit les abus,
ah
tente de les réformer 3u mille 30
diflianltés naissent sous ses pas
une dlisette,.il ouvre nos ports aux, prévoyant farines Co
américaines; son ordonnance est improuvée d
par l'intendant; ergo, par la Luzerne, n 0
voulaitique son ami fat le fournisseur de
sab Colonicafnt le
des
houlanger D
habitans - a
pour avoir le barbare plaisir de les empoi-i
spmer tous: oibnslbb OG endit mb
Le marquis du Chilleau parcourt laban- sboi
de-dlu Sud. Des, terres fertiles s'offrent à 8
ses.regards Srelles n'attendent que des brass
Il sait quelavide spéculateur de la
pole onenvoie, dans: gotte, a1 partie, métro- le
Kebut.desAirieeinss que souvent aux 749 atté- CC
rages des Antilles., un navire françois traite TIS C
des noirs rejettés par les planteurs, Pour le EC
philusophes Tadministreteur éclairé, les 1 ordennances prohibitives d'un ministre M
soudoyé pari iles chambres des communes b VS ne rt
sont rieni d'un: senl 9 ComP, le marquis TO
du
Chilleau les ancantits Je commerce est af- -
franchi de ses, entrayes, liberté du payillou 23
dans la partie du Sudnios ouL
OT1
denng mne --- Page 186 ---
(18))
Cette ordonnance bienfatisantes avantamême à la métropole, délecte Mar-:
Seuse
dit-ila la Mardelle, c'est une
bois: Bon,
>> bévue, il'ést perdu ;1 Trequ@ral-eireghuse du
notre féal anif; et la 7 loyauté
S ment,
de la
ne voit pas'y
> yainqueur
Dominique
's0I
s dansla facilité du Hrecareungendia) AST UE
A
a complot avec 1
Vintendant S.
de
Dégonté 7 rebuté 6, tonjours assailli de
Mlaintes contre le brigandage des valets
T'intendant, il se détermine à se rendre aux
pieds du trône pour. y défendre la oolonie,
tr
sa fantille, ses enfans.
ne
CC
Brave militaire! ponrquoi
pasiisnii
vre les
de ton ame indignée P
impalsions chasser le sanglier
5 Pourquoi ne a Eu pas
désole nos cantons a
5> dErinante qui
LU
de
tu n'as rient craint,
s au milien
nous'y
f
le fetfa de la Porte françoise
> et jamais
TO1t
2 ei n'a été exécnté >.
Regrets inatiles. Le marquis du Chilleau
n'avoit pas encore quitté Saint-Domingue,
e
it avoit un successeur. Etayé de
et déjà
la Ltzerne intrigue, quatre
Monimorit 1 sont L écrites à Barbi. Une
lignes rovales
un chef d'escadre
Iettre de caisse envoie
gonéral. Le conseil de Saint-Dominpour
çoise
> et jamais
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2 ei n'a été exécnté >.
Regrets inatiles. Le marquis du Chilleau
n'avoit pas encore quitté Saint-Domingue,
e
it avoit un successeur. Etayé de
et déjà
la Ltzerne intrigue, quatre
Monimorit 1 sont L écrites à Barbi. Une
lignes rovales
un chef d'escadre
Iettre de caisse envoie
gonéral. Le conseil de Saint-Dominpour --- Page 187 ---
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a
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Marbois ; it
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par
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son 3D mannequin. Marbois est
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gouvernenr
intendant; et sous
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régide
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decrire
srand administrat
Leur aimagine qnil remplacera FO
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l'on
comme eid 3 mhenrole 2
un autre Colbert.92
-
long-temps temps'soullitr" les abus.
a FEL
5e
Cel Hrop
mille
Jma D quand3o
citoyens et 400 mille
esclaves seront-ils Te jouet of
de
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visire ignares,
91 rie
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Audacieux, r L - -
satrapes
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Jusqu'a
seront-ils HKEEAETIRYS soumis aux 75 D6
caprices a'itlo
-
quand
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prostituse, - an SL otrp X chefs. 2 errics les magistrats 1e
seront
ses creatures, et des mains
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aussiindignes
seront confiees SI
Biorse notre fortune, De - o0 2uo notre honTENES notre vie prolt, addsn resimotlereg
IIOIV o1 odnes des! T
0IDST Nous 90 ne sommes
sous
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OI
l'empire
3u9q
pas
Croissant
commander des
pour
eP
"estlaves.
Il faut être libre: La pacte ted "st rompulentre e
le cabinet de Versailles et la Colonie. Au
premier moment, on nous vendra à l'étranger comme la Louisiane. Washington nous
a montré l'exemple. Chassons à jamais les
instrumens du despotisme.
Citoyens, prenez garde à Yous ; VOS élans
patriotiques ont fait fremir les tyrans. On
a -
B2
pas
Croissant
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Il faut être libre: La pacte ted "st rompulentre e
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premier moment, on nous vendra à l'étranger comme la Louisiane. Washington nous
a montré l'exemple. Chassons à jamais les
instrumens du despotisme.
Citoyens, prenez garde à Yous ; VOS élans
patriotiques ont fait fremir les tyrans. On
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-
On ondmeur V
armeles ports, Le
répandle bruit
gouverneurs an
la Jamaique veut nous attaquer; c'est
que Ja
ssq E
nn. mensonge, c'est une ruse d'administrac
tion. Albion n'a poink 21
onblié la
"de
e
la
2 3e encore perte IT
; il
ses, colonies 1UDI
; - plaie 911T0S saigne ditis e
nous secourra. L'on yerra le sang couler,
-
de H
de la Mardalle,
ce sera celni Marbois
-
nouveaux Vasconcellos. Foulon,
Berthder,
RIEU
Flesselles, étoient moins coupables
duetnse
d'émeute UD
Pointdetroubles,
;qu'une
R
3D Point Sl eltinre 198
sainte union regne entre nous; quel Ta révo9qEt
Jution s'opére
192 br
recizaveariee
d'attenter ala vie de nos freres,de nosamis, to
des
et DFE plus
la inétrol
IE
citoyens
henrestq que
290 a
97 lal funeste
pole 2 nous ne réaliserons point inos dnoysa
de l'abbé Raynal.
prédiction
3.
Une nation est comme le Viert eson' 4
0a B8q Boamo2
il faut la dépecers elle ne pent se Higéném10S OO J6aROn)
rer que dans un beind 9J580 de 9u sang enSdust I
IA sinoloo el 19 estlinens ob donidro el
- a
eDel Asibray anon no dnomodi Taintot
eroit Horanidal ensiaino.I sl SIutroo 13
201 tomsl B erpeaadO alqitioxs 9uHomt a
smelloqeab stb ensinunteti
a 3s
enals 807 21105 a Sbtng SOROTI
DI5
-
esl thneil disl Jo voupiionisg --- Page 189 ---
de
(21
91 CONSTITUTIONS
11 est beau de réver, quand c'estpour le
bonheur du genre humain 2 et Pabbé de
S. Pierre se glorifioit du titre de bonhomme
195 IC
N.
RDi
RELIGIO
A
T I C
E
E M I 6 R.
1OT
5 SIIIT tnouns
Toresan la plus éténdue: La catholique
dominante ; les
luthériens, auprotestans, -
ront des temples; les Juifs des synagoguess 5
défensesd'ys souffrir ancun'e esclave, sous les
peines les' plus séveres contre les rabbins.
21to
Ip a
A R T 3 II. LV
el
a ETANT inatile que les ministres du seigneur soient engraissés des dépouilles du
peuple, il n'yaura plus de casuel pour les
prêtres au Cap,Port-au-Prince, les Cayes,
les curés et vicaires aurontle logement, ainst
que dans toutes les autres paroisses : dans
les trois villes susnommées, le curé 12000
livres, le vicaire 5000; a SaintMarc, le
B 3
A R T 3 II. LV
el
a ETANT inatile que les ministres du seigneur soient engraissés des dépouilles du
peuple, il n'yaura plus de casuel pour les
prêtres au Cap,Port-au-Prince, les Cayes,
les curés et vicaires aurontle logement, ainst
que dans toutes les autres paroisses : dans
les trois villes susnommées, le curé 12000
livres, le vicaire 5000; a SaintMarc, le
B 3 --- Page 190 ---
curé8o0o, levicaire 4000ret dans-lesantres
villes etl bourgs de lacolonie, les curés 6600,
les vicaires 3300; défenses d'éxigeraticune
rétribution des esclaves.
-
aond tes a
A R T. III nsAses
Ls casuel des enterremens , mariages $
appartiendra à la ville ou bourg, et sera
versé dans une caisse dite de religion, dont
le magistrat ou syndic, un négociant, un
substitut, auront une clef, et remplaceront
les marguilliers.qui seront supprimés, n
A'RT, IVI
toh
it -
as Las ministres des antres religions, et les
rabbins,seront payés par le consistoire et la
synagogue ; les missions seront supprimées,
leséglises desservies par des prêtres quin'auront d'autres relations avec les évèques de
France et d'Espagne que e celles de société,
sans reconnoitre la hiérarchie.
Lie olgrag
S
US 897 HIT
A R T. V.
19 9TOE ROI
LEs prêtres seront réguliers dans leurs
moeurs exemplaires , dans leur conduite >
ferontl'office avec dignité Pet dans-le,cusou --- Page 191 ---
1,23;)
une fille auroit Ase plaindre de son; pasteur,elle adressera, ses doléances à la ville
-
d'Etat, dans le ressort de laquelle elle sera
Oit
située, et sur le champ il y sera fait droit.
II
24 d
AAT. VI.
eb eaanemb) cnsistté,
AUTANT qu'il sera possible, il sera établi
des maisons de providence, où seront reçus
des blancs et gens de couleur libres (la chairité ne connoit point les nuances); ; il seroit
uniedyappellerdes 11
soeurs de Saint-Vincent
dePanle.l/lalitation del Leogane sera don-
- née alap providence duPortan-Prince; celle
de Cavaillon à celle des Cayes,a charge de
a 600 livres tournois de pension viagere pour
- chaque dominicain actuellement dans la
as colonie,
anansb Tuloo
UB
BIGTI GOUVERN E E N T.
3 E 0
- a Sime ARTICI
P E E M Le E R.
AvANT la fin de l'année il sera convoqué
aSaint-Marc, comme la ville centrale, une
assemblée composée de vingt-quatre députés
du nord, vingt-quatre de l'onest, vingt du
ot sud. Dans cette assemblée de soixante-huit
o1 membres élus dans les willes du
du Povt3
Caps
B 4
Tuloo
UB
BIGTI GOUVERN E E N T.
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P E E M Le E R.
AvANT la fin de l'année il sera convoqué
aSaint-Marc, comme la ville centrale, une
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ot sud. Dans cette assemblée de soixante-huit
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Caps
B 4 --- Page 192 ---
agh)
an-Princedes Cayes) pdr-dei électeurs snont-
"mésen chaque quartiér, ilsera donné à la
colonie cette constitution. 31
I idsb
Tutado 91 Tue 19 oentia
A R T. II.
Ox créera des états généraux, composés de
vinguquatre aembres, neufdel'onest, neuf
du nord, six du sud; plus un procureur
général,n greffier, un trésorier, huitimes
sagers, trente-cinq membrest Ils tiendront
leurs -
séances à Saintel Marc ; lar maison
Beaucamp Saint-Macary paroftroit propire
à faire Phôtel des états. Tous les deux mois
Sls'suissemibleront $ le président changeraà
chiaqne session! Les membres serontélustons
les'ans aPassemblée coloniale, en férrier,
ce temps n'étant celui d'aucune récolte; les
procureur général,Sreflier, trésorier, auront seuls des appointemens pour Ies frais
de bureau, et dela table, quisera tenue par
le greffier des Etats.
- upo 7O00
IA
snir
R T. IIL
Aux états généraux appartiendront les
mêmes pouvoirs, 2 droits, honnenrs, prérogatives, gu'a leurs hantes Puissances de
Hollande ; età cet effet, Pon examinera cette --- Page 193 ---
(25)
constimtion: Ils seront qualifiés très-honors:
bles,trèslibres seigneurs, les états générauk
de Saint-Domingue.
H A
A R T. IV.
Ox créera des états
au
partcultiers Cap,aur
Portan-Prince, 2 aux 2 BOT Cayes ; il sera composé
de huit conseillers, un 391 fiscal, un L
- o -
greffier",
D.
Trad
-
un
Le district
I
quatre
mucslagers.
leésortery re
n
de chacun sera réglé a Pagemablée.atnsique
les pouvoirs donu a l'instar des Provinces-Unied.
Toutes ar les semaines -
session, changement
de président, ad 3 turnum. Da
30 Comme aux états
Irti les
I
-
généraux
fiscal, érefher, trésorier, 7
5S8
auront senls des appointemens, ils seront
qualifiés honorables 1
et libres seigneurs. bia
in EItAI a
O0
farbl DEGISLATIO N. mnorg
Singiormmue cooligsa%s Ouis
A R TIC L E P R E M I E R,
IH
DANS la même assemblée il sera créé un
sénat
le. sénat de
a
appellé
1 19
SaintDomingue,
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DANS la même assemblée il sera créé un
sénat
le. sénat de
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appellé
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SaintDomingue, a
composé de seize conseillers, deux
dens, un
deux
procureur 39 8 général, a Cor -
SOx
tuts, un greffier un commis
un
- 2: LEd gb 1o308 greffier,
premier. appariteur, cinq autres
D E
buvetiers,
a
1E
en tout trente membres; il résidera à Saint: --- Page 194 ---
Marc, , ses appointemens seront reglés, à
d'assemblée.
01 R2Sr
a n -
ART. II.
VI
IIB, Daxslaméme assemblée coloniale, il sera
créé des baillages, dans tous leslieux tC9T O1 M sont -
actuellement des L6 senéchaussées, et ils seront
composés d'un bailli, d'un fiscal,d'un 33
grefs
fier, L
quatre appariteurs - 1
; quant au nombre
des conseillers, il sera fixé par T'inportance
31 du ressort. A ces - bailliages seront réunis les
amirantés;il 6J0
sera créé des chambres consulaia
R
res dans les villes du Cap, de Saint.Marc, des
Cayes, 1
du Port-au-Prince: ; le bailli sera -
pré
sident, même fiscal, même greffier ; ilaura
pour conseillers cinq négocians - qui changeront chaque trimestre , et serontélus dans
une assemblée municipale.
TIEr 9970 AISE
A. R LE T, III.
aXA
Le bailliagejugera en dernier ressortjusqu'
4000 livres'; la chambre consulaire jusqu'a
6600 livres : les matieres provisoires seront
jugées en Phôtel du bailli et exécutées nonobstant
Rati en donnant oe
a
T'appel,
caution..
(TOT uo. --- Page 195 ---
(27)
olang ortir SmS
npntfioe
A R T. IV.
LAj justice sera gratuite; a a
l'on créera
-
desavocats 08 ST9t ou procureurs SU IO 100 au sénat,aux bailliages; :
un avocat reçu au sénat, 2 pourra aller s'établir dlans telle
de
A
yille bailliage,et y exercer,
1O6 THLF
BITIV
Tofirse
a rator
Ai'T, V.
atsa
otrploup,
ON nommera un comité de légistfes, de
négocians, d'habitans, pounrédiger un code
colonial; en attendant, l'on suivra la coutume de Paris etles ordonnances de France,
soit celle de 1670, qui sera abrogée de suitex
et il lui en sera substituéune moins barbared
En aucun cas, en matieres criminellesi; les
ballangeste-jagenonr en dernier ressort, à et.
aucun arrêt de mort ne sera exécuté qu'il
n'ait été ratifié par les états,généraux.
pgi0o
MILITAIRE
TIS
Ps
An T I C. L E P R E M I E R.
A l'assemblée coloniale, on scréerd tn
dictateur général, pour cinq ans ; il aura
séance aux états généraux,sur un fauteuil
parallele à celui du président,et au sénat, 3
a -
C
ressort, à et.
aucun arrêt de mort ne sera exécuté qu'il
n'ait été ratifié par les états,généraux.
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Ps
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A l'assemblée coloniale, on scréerd tn
dictateur général, pour cinq ans ; il aura
séance aux états généraux,sur un fauteuil
parallele à celui du président,et au sénat, 3
a -
C --- Page 196 ---
(*8)
entre les deux présidens 6 ; il aura une garde
de cinquante homrhes de cotleur, commandés parrlesblancs. Les 9 1 appointemens seront U
fixésiTesemblée: il faudra qu'il soit marié,
-
et ait son épouse dans la colonie; ; il ferasa sa
IB 1O
Dr
IE
résidence à Saint-Marc, ne
s'aby
asu 90
pourra -
senter de la ville sans un conge des états
généraux; il faudra qu'il ait été officier g6néral au service de quelque puissance.
90 237121 C
Er
S smonO
obo3 MTI 19
A"R T. I1.
+ITOO st STYita 10
bas
no
- In sera capitaine général de toutesl les troa
pes et milices, grand amirals il présentera
à toutes les places des services de terre et
del merly trois sujets qui recevront leurs
commnissions des états généraux ou des états
particuliers. TTSE n JTOUT
BTS ITOIEG
n 15
A R T. III,
T
CHAQUE ville et bouirg aura des compagnies de milice, de blancs et de couleur :
H A
L
I
I A
L
H A
mal ne sera exempt de service, si ee n'est
los députés aux états, et les magistrats. A
STD
ar
-
TUGA
Lbtestud
A R T.
IV.
L U6
Daxsles villes d'état i sera créé unelégion --- Page 197 ---
(29 )
dhe'lw.Wagenstone > cbimposée de quatre
centiljeues: gensis ilsi feront le service
anprès des états généranset des étais parr
ticuliers, 5 par 0 détachement Après quatre.
ans de service on osera maturalisi.eodoaler.rr
Sl inonm elis
goloo al ansb aasroqe errol
smm sl prsbuimifos A R T.
V. eJt F J
obreg
CRÉATION d'un eorps de mardehangsdey
de quatre cents hommes de couleur, commandés par des blancs" répartis dans la COdonie Is feront la patrouille da plns exacte
sur los rontesis seront garans dles,
ser
dlclits-qwi
commettront dans a leurs, quartier sils NC
-n'arrétent ipas le coppable. Hagta 6. tallioy
aroioillo
suoq SIIBII 913
A R T. VI.
ur
CRIATION d'un 1 autre LT corps -
de conleur,
qui servira
de. recrue A 14 maréchaussée :
il sera destiné à la recherche des T A negres
-marofis. eole mtuorigg aithamp TMATA
-ogesbimomues
baaol
A' R T. gipswonesimor
3110102 t asmtrort lusrt K asio eotgnob 299
A Noz ne pourra être officier dans les troupesymilices, muéchgusodcs,s'1. n'est créole
oumanélune créoley o11 enfin n'as servihuit
ane. Porwslgerllourgesi, - on traîtera
res
-marofis. eole mtuorigg aithamp TMATA
-ogesbimomues
baaol
A' R T. gipswonesimor
3110102 t asmtrort lusrt K asio eotgnob 299
A Noz ne pourra être officier dans les troupesymilices, muéchgusodcs,s'1. n'est créole
oumanélune créoley o11 enfin n'as servihuit
ane. Porwslgerllourgesi, - on traîtera --- Page 198 ---
((38)
avec Ie prince de Hesse, d'an corps de3000
hommes, quiserottrépartis dansla Colonie,
comme les régimens du cap et du Port-auPrince : les bas-officiérs seront allemands',
mais.lest officiers - seront créoles mariés aet
leurs épouses dans la colonie ; ils auront la
garde des forts : Jes Corirhandans la même
obligation que ci-dessus. ad'l xorriàno
-aanarpngalios sin eom
19O a
r001 sl ansb
A R T. - 0s1O VIII.
Tarp.ob
a0
070 EN sttendant que "la républiquie" esbueng
puisse-se
formier une marine 3 on traitera avec une
pulssimee, de't trois frésates 5 pour croiseret
veiller à la streté ded l'isle T'obligationd'otre marié pour les officiers.
IV
T H A
qie
auoluon ob 80 POLIC a atenau E. KOTTALAO
A R T I C L E 0gOR R E M I E
EOTE9IL esb entozadoox sl 4 oniasb R iup
6T92 It
AUTANT que faire se pourra, les willesise
ront entouréesd'gn fossé, et auront des sportes, dont les clefs,à nent heures, seront
Temisesa chez deprésolentuom syndics A
shuit heures des troupés seront au Iquartier.
Lapatronille bourgepise commencera
S tré
aqueheures l'ouverture des portescarot .BIre --- Page 199 ---
(31)
AR T. AIT. I
TL sera om fait unt recensement exact des
blancs,
cohnohreretat d'un chaehriJ
pour
Les vagabonds seront distribués sur deshabi
tations dans le Morne: et apres six mois
reconnus mauvais swjets - a la,république les
enverra en Europe. I a
A RT. III.
109 aol au03 arsb anollivad 5 a arraml
E Toun durangerquiarcivers dans ane yille
eu bourgy sera tenu de remettre son nom
chez le syndic ou président, Quandunmasire
arrivera, le capitaine représentera ses passails seront interrogés 1
sur a les motifs de
gers ;
leur état; et
trois mois,
leur xoyage,
3 J apes.trois ALL
s'ils ne: soccupent pointr ils J seront S E9105191 rembarqués. ROTO aulq 91 19tadil sl ob 609700E
D9Y8 adsdo abb A noitoqe
Ruo2 aiger BI
R T. IV.
srot
1618q shsliderl a notsro OIE
DÉFENSES aux esclaves de vasuer la nait t
de s'assembler, on s'occupera du soin d'amé4
liorer leur sort. Tous les trois mois visites
dsiblastmspwrmnrenieg du bailliage;
ilrendra compterdes sa'tournéel auxiétataes
MOITAOUOE
609700E
D9Y8 adsdo abb A noitoqe
Ruo2 aiger BI
R T. IV.
srot
1618q shsliderl a notsro OIE
DÉFENSES aux esclaves de vasuer la nait t
de s'assembler, on s'occupera du soin d'amé4
liorer leur sort. Tous les trois mois visites
dsiblastmspwrmnrenieg du bailliage;
ilrendra compterdes sa'tournéel auxiétataes
MOITAOUOE --- Page 200 ---
(3)
FINANCES
poLmsimpots seront.versés directement dans
lacaisse du trésorier de la ville d'état, et
emnaite.renvoyés au trésor public, suivant
la contribution- aux charges.
asl
duoiie
GOM ME R CE. a
aunnou3i
squurt ITO STIOVIG
An TIC L E P R E M I E R.
III
LIBERTÉ des pavillons dans tous les ports
aela republique, Nalimpor sur les denrées
d'Eirope ,i ils ne porteront que sur les dens
fées coloniales 5 en les embarquant.
toro
-E22Dq 208 2W mojigwbggos ante gOD
STOTITIS
5b eintour 2sf TA RT. II, drossa ali
evo3
e E" colontés A Hevint des usl nmes consi -
aaeFL Triiee, sera avisé aux -
moyens de la libérer le plus promptement!
La régie, sous l'inspection, des
avec
A
états,
une pension à Thabitant, paroit la voie la
ples-sdre (1) st aayeloan XIS ea7xariI
Sas'h tuoa ub saguooo'a no Tsldme 38 - 9.
todielv BIOuT ziott 8sl audT Troa tuel 19 TOI
(+) Lal liberte du commerce sera avantagense
aux ports de France : l'armateur sera plus prompre
ÉDUCATION, --- Page 201 ---
(33 )
yonnar
-
EDUGATION
UNE université a Saint - Marc La trois
colleges au Portan-Prince; aux Cayes et au 19
cap, des maisons d'institution pour les demoiselles. Deux
les
-
foislannée,
villes d'états
assembleront les
- -
distribueront
1a nodd
-
des
dec,
prix ; lès dames couronneront les demoisel
les; les maitres ,après 0
deux ans, seront
ralisés créoles ; nulle OT communication 39 tas
natu- -
entre
les enfans et les esclaves ; autant qu'il sera
possible, un lycée dans les villes.
TIO
POLTTIOUE
E M I E R.
COPIE des mémoires, 3 des constitutions et
du code, sera envoyée aux différentes
OTO2 S1
Risrr
or nozbr
tus
oru
ment payé G d'ailleurs la colonie a
Bordeaux
-
o enrichi Nantes et
: comment ces villes étoient-elles baties au
commenicement de ce siècle PEnfin, est - il absolument nécessaire qu'on nous vende 2800 livres un -
Negre qui ne revient pas auc négociant à 800 livres's
c'est placer sonnargent à - deux cent et demi pourt
çent,
ol osusinumolno 901G00ST nolsnero
C
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ment payé G d'ailleurs la colonie a
Bordeaux
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Negre qui ne revient pas auc négociant à 800 livres's
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çent,
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C --- Page 202 ---
(34)
sances et places de commerce. Larépublique
demandera si l'on veut a
reconrioltre son
indépendance,. recevoir ses agens 2. et en
envoyer.
antiorom ART II.
LA république offrira à la
France de se
mettre sous sa protection ; et en effet, ilsera
payé a S. M. T. C., L tous les ans 61 L
nI DT
a
une somme, LE 891
à titre de présent et non de tribut.
TO
- L Sitsu 3910910 abailnt
à 4n
emaiao
Enfin, dans chaque assemblée coloniale,
pour le maintien desbonnes mceurs, 2 la base
de tout état, il sera créé, pour huit jours
seulement, untribmalnominéla cour d'honneur, composé d'anciens magistrats, députés notables, habitans, négocians, au nombre de ringt-quatre ; à ce tribunal seront
indistinctement appellés tous citoyens >
même le dictateur. Les plaintes seront adressées, 2 quinze jours avant l'assemblée, au
procureur général, et signées. Si les faits
sont démontrés vrais, la cour réprimandera
l'accusé, mémel'interdira de ses fonctions,
pendant huit jours, au plus un mois. L'accusation reconnue calomnieuse e, le déla- --- Page 203 ---
(35)
teur payera cent portugaises, sans déport, qui seront versées dans la caisse de
religion de la ville oà dementera.@Tlaccusé;
il demandera pardon en pleine assemblée.
La cour n'aura qu'une séance de huit jours, S
et ne deyra compte de ses jugemens qu'à
l'assemblée coloniale.
Fait ai Cap, ce premier octobre 1789- --- Page 204 ---
(EL)
EItAC
55200201300 titho SI9TS4 TO1
am?
aonl 899810Y 30153 up 1od
:
aromols do E BDY
1o lor
X Idiz a soi na tolng. wiobrarusb ii
enot aANT Shgosn.pot REAT TITOO L
u ansbivour 292 9b sintuoo nivob outs
cielcoles-asidamam1
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LES
ACTES
DES APOTRES.
Les'rois fontici bas pour nos menus plaifirs.
No. XXXIL --- Page 206 ---
- L
A a0(1 --- Page 207 ---
SOVS ZHOV or a. .xusmnbg 3673 eel 1o0p
esbsio LES 2 ACTES
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DES APOTRES
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T1iSEn
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200 CHANITREOTRENTE- Dev XIE M E.
BELLES-LETTRES.
auo
eunod
onaol 2000
Lettre de M.
banquier, capitalifs e
l'alfemblée nationale,
295 1S
est
€ O1
de
nous faut. Nous
21 Targent
Ca
gu'il
avons tout vu, tout lu, tout entendu, vosadreffes, vos décrets 2 les livres pour &, contre, & vos
loix & vOS conflintions; mais oû eft Largent?
Souvenez-vous que nous n'avons forcé le roi à
renvoyer M. de Calonne, à chalfer L'archevèque
a
D de Sens; à reprendre M. Necker, que pouravoir
D delargens. M. Necker ayant dit
ne
qu'il
pouvoit
Apa avoir de L'argent fans rappeller le parlement,
ottnous avons fait revenir le parlement. Le
DE
parlemment ayant dit quil ne ponvoit plus voter de
Vargens fans les états-généraux,, ynous avons fait
191 I
A 2 --- Page 208 ---
(4)
conyoquerles érats-généraux. Dès que vous avez
été affemblés, vous avez dit qu'il y avoit des
embarras; nous les avons balayés devant vous :
privileges, armée, trône, - tout a difparu; voilà
nos fervices, quels font les vôtres?
A peine étiez.vous les maitres, qu'au lieu de
fonger à nous payer, vous n'avez fongé qu'a continuer d'être les maitres. Que nous importent VoS
municipalités, VOS diftricts, vOs départements &
-
VOS citoyeris actifs, vOS citoyens pallifs? Tout
cela nous donne-t-il des écus? La feule bonne
opération que vous ayez faire,c'eft de VOUts emparer des biens' du clergé; mais pourquoi ne pas
nous les donner en payement , puifque nous
voulions bien les prendre? Pourquoi vous embarraffet de' la fabfiftance & de la dette de l'Eglife? Croyez-vous qu'il ne refte pas allez de religion dans le mondé pour nourrir les prètres?
Eft-ce avec des écus que la teligion a commencé
fes affaires ? Il n'y a que nous,
pauvres miférables, qui ne puiflions nous en 7 paller.
Je vois bien que vous vousjetez la banqueroute
d'une épaule à l'autre. Les parlements ont quitté
le jeu: M. Necker y renonce, - 1
3 & le roi 'n'en eft
plus; ainfi entre nous la partié. Songez-y donco
promptement. Vous n'ères venus que pour nousar
que la teligion a commencé
fes affaires ? Il n'y a que nous,
pauvres miférables, qui ne puiflions nous en 7 paller.
Je vois bien que vous vousjetez la banqueroute
d'une épaule à l'autre. Les parlements ont quitté
le jeu: M. Necker y renonce, - 1
3 & le roi 'n'en eft
plus; ainfi entre nous la partié. Songez-y donco
promptement. Vous n'ères venus que pour nousar --- Page 209 ---
(51)
donner de l'argent, Tout ce que vous avez fait
n'a été que Pour avoir de P'argents, & nous ne
vous tenons pour grands, IC
pour augules & pour
légifateurs, comme vous dites,
de
- 91
qu'afin Ri vous
mettre à mème de trouver de Largents car G
R0SD DST
demain le roi
-nous
ne
pouvoit m
payer.
Je
vous en dis pas davantage.
smtnontts
IDP 20Syoro 2010ri 2sb oIi9nS sodsi0 90350
1O
Ksb sinolos sl 9b colliv e91 miole
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mexe 2101 9b. 1E0 RITTSVS 29V.
9 29b nopbonif
Un ariftocrate inhumain,
-Jon
a
29 utovuon 55
Hier au cabaretvortn,
ab Trouve Mirabeasile vicomee's 5 * 2HT9Y 29
Comment va votre frere ainé?
HOR brid
sl Ondirqu'il fouffre envrai damnés25 a
S 01 Bon, répond-il,.c'ef un à-compte. ft eirraloo
Yuo SWT
noistt 3KU COLONIES 10 DUDIE
bl 00
à suni 1
1O
SIT
21 Nous avons étc, affez heureux, pour annoncer
à l'Europe éronnée, avec quelle rapidiré les droits
de Thomme fe font, propagés, d'uneextrémitéda
mondeà l'aurre. La.gloire de nos légillarenrs 3
Pallc les mers furiles ailes du vents & M.lern
rand de Baudieres, fénéchal da pétit Goave,a
déja fubi Tapplication des grands principes de
à
A 3
1O
SIT
21 Nous avons étc, affez heureux, pour annoncer
à l'Europe éronnée, avec quelle rapidiré les droits
de Thomme fe font, propagés, d'uneextrémitéda
mondeà l'aurre. La.gloire de nos légillarenrs 3
Pallc les mers furiles ailes du vents & M.lern
rand de Baudieres, fénéchal da pétit Goave,a
déja fubi Tapplication des grands principes de
à
A 3 --- Page 210 ---
(26)
M. Balfave"Son fing impur 0 i coalés sa rercsnc
dus.
tocratique a" été promenée par 1es Blanes.Cepe
néreux 14
exemple vient 0 éncore D a'te fuivi au 51 Port
au-Prince 30 , &2 déja Ton alfire eqjie M. Doumet de
Siblas, lieurenant du ror,& M.dela Mariniere,
procureur du roi, ont 2n - T fuccombés, victimes da
créole.
- RICEVAD 250 eib nia anoy
patriotifme
Cette grande énergie des héros citoyens qui
peuplent les villes de la colonie de S. Domingue;
diminue
çraintes
de linbesjepaples A C qHgnavoir
furrection des eiclaves avertis par de tels exemsssinoilis
ples; de nouveaux périls deslopretoar de TTH nouvelles vertus, 8c iln'y.aura-que la a difference du
blanc ati noir.
Snis 5197 010V SV sasmnoo N
Il a étéi imprimérécommens un buvrage-fur la
Colonie, inticulé-Tatteara desmiprestoi Projet
pour conftituer S. Duningw-a-ipebige On y
remarquoit certe pérotaifon fublime. Une nation
V2
refemblé au vieil Elon: i2 faut la dépecerpour la
rajemmin Frangais, Franpais vous TC pouiver vous
rege énérer quedtans un bainde fang:
acoind
-
3 Grotra-s-onrquil-s s'eft trouve de nos jours un
eiroyentalfer pulillamme? Puntlibraire affez anti
national, Pour,al o
laleétare dan paragraphe a
seine SA
blable, Q achéter toute l'édidon, & la jerer aans
les Aammevzit-ny a que l'ariftocratie qui puilte --- Page 211 ---
(7)
faire de pareils facrifices; aufli prenons-nous" le
parti de ledénoncer au comité des recherches : ce
libraire eft le Sr. Gattey, Palais-Royal, no.1 14.
d1 On a beancoup parlé d'une adreffe ariftocratique de la ville deNantesà a
l'affemblée nationale,
relativement à la traite des Noirs, elle femble
fe' plâter d'elle-mème àla fuite de ce" paragraphe.
T
Adresse du comité d'adminifration de la ville de
501000 Nantes, a Laflfemblée nationale.
of
NOSSEIGNEURS,
a 91137709
10 20b
Silivel
Iisb srig 05)
PENÉTRÉS du plas profond-refpect pour votre
augufte aflemblée, lés repréfentants de la commune & du commerce de Nantes réunis, viennent avec confiance dépofer dans fon fein leurs
inquiétudes & lears alarmes.
niSi les avis qu'ils reçoivent font exacts, on doit
inceffamment vous propofer, Noffeigneurs, de
décrétér la liberté des Negres, ou au moins d'en
interdire a l'avenir le commerce aux Français.
2noyoaib a
A 4
pour votre
augufte aflemblée, lés repréfentants de la commune & du commerce de Nantes réunis, viennent avec confiance dépofer dans fon fein leurs
inquiétudes & lears alarmes.
niSi les avis qu'ils reçoivent font exacts, on doit
inceffamment vous propofer, Noffeigneurs, de
décrétér la liberté des Negres, ou au moins d'en
interdire a l'avenir le commerce aux Français.
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A 4 --- Page 212 ---
(8)
Ce.genre de commerces onen convient, pent
paroitre, fous certains rapports, contraire Al6
galité que la nature établit entre tous les homr
mes; mais fi dans l'état aétuel de l'Europe; il
eft tellement néceffaire à la France que fa prohibition dût entrainer fa ruine,elk.ilpolible, - n'eftil pas mème criminel de vous propofer d'en prononcer l'interdidtion?
ile
rOr, nous ne craignons pas de lel dite, iln'eft
perfonne affez dépourvu de lumieres, qui ne
voie, 2 comme une conféquence néceffaite de la
prohibition de la traite des Noirs, la des perte de E1 nos 5
colonies, Tanéantiffement de notre commerce
A
maritime, la deftruction de nos manufadtures,
la nullité des matieres qu'elles emploient, la
- J
-
chûte de l'induftrie & des arts qu'elles entretiennent, le découragement de Tagriculture, Taviliffement de tous les genres. de propriété, le renverfement de toutes les forruness la dépopulation, le. défelpoir &la mott de la plus belle contréet de e Tunivers. Ome nelpeur concevoir quil
exifte en France des.hommes allez téméraires,
affez ennemis de la nation, poutr ofers au fein
même de fesnangultes repréfentants, ellayer de
mette en difcufion-un, abjet qui ne tendroit à
rien: moins qu'à foulever dansi le royaumelincuf
à dix millions de citoyens. --- Page 213 ---
(9)
Déja les manufacturiers de cette ville, dont
les établiffements font faits pour le commerce
particulier de la Côte, font difpofés à renvoyer
leurs ouvriers, Déja toutés les claffes des citoyens
s'inquietent 1 , fe raffemblent, s'indignent; ; les
mouvements tumaltueux des artifants, que lidée
feule de cette calamité jette dans la confternation, commencent à devenit inquiétants pour la
municipalité, On menace hautement les auteurs
de cette dangereufe motion; on les déclare ennemis del lal pattie, > parceque tout le monde fent
quiils ne peuvent fe propofer d'autre but, en le
faifmtyque.de-tarir les fources de fon bonheur,
& de déconcerter, * en augmentant le nombre
des mécontents, tous les projets de réforme qui
devroient lui redonner la vie & l'aétivité.
L'on apprend que les Negres ont commencé i
fe révolter à la Martinique, & que les colons
tremblent pour la confervation de leurs jours.
L'extravagante motion,que nous vous fupplions
de rejetter, tendroit donc évidemment à faire
affafliner tous les Blancs, à faire égorger tous
les François qui fe trouvent dans nos colonies, à
occafionner une banqueroute univerfelle en France,à faire rendre impoffible la perception du
quart des revenus, & à réduire au défefpoir des
fe révolter à la Martinique, & que les colons
tremblent pour la confervation de leurs jours.
L'extravagante motion,que nous vous fupplions
de rejetter, tendroit donc évidemment à faire
affafliner tous les Blancs, à faire égorger tous
les François qui fe trouvent dans nos colonies, à
occafionner une banqueroute univerfelle en France,à faire rendre impoffible la perception du
quart des revenus, & à réduire au défefpoir des --- Page 214 ---
(10,)
citoyens difpofés à tous les genres: de facrifice 2
pour foutenir l'ouvrage dune fage & utile régenération.
glib anol,
silos
205 Agriculteurs, artiftes, manufachuriersy comlmerçants, navigateus,ouvriens; gens: 13 depeine,
mariniers, tousifrappés à la fois de la même calamité, feroient forcés de quitter ler royauime, ou
de sunir, Pour venger la, nation de cette) criminelle et impolitique abfurdité. E Ordlegi
Effrayés, comme nous, du déluge des matix
qui fuivroient le fuccès & même la feule admif
fion de la motion cruelle que nous combattons,
nous efpérons, Nolfeigneurs, quevous ne balancerez pas à la profcrire UT2 organe corrompis
ofpiclafaire entendre,
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TO 201gpk1
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Datbohit artisod nol mbnenaioly
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HOTEL DE GRENOBLEL
hido 290 Ce fiyrier 1790.
TO 100o no oB-zionl
eonsv
Sin VOTRE joarnal , Monfieur, étant confacré à
répandre danstout Punivers Tes Houveaux
principes qui doivent affurer le bonheur de la France
&c de toutes les nations, (qui, inftruites par la
propagandrueMatse Sieyés, A he manqueront A
strement pas d'enfermer comme nous, leurs rois,
&c de laniterner Teurs calorins.Je -10191 vous sa prie de
vouloir bien inférer dans un 103 de VOS premiers ouvrages démagogues, le commencement d'un pos
me que.ie. yemxcomfcretaan des plus illuftres
membres dafouverain, quiaiti reinplide fa capa
cité & de fon pbidsyle fautenilde'la nation. Mi
julte impariencerdé célébrer ce grand'génie 8
ne me
permer pas dattendre la Tuire de Touvrage sntod que
j'aurai Thonneur de vousiadrelfer di ler publié
daigne accenillirice foible'ellai dune muse Pial
tionale féminine, qui cepèridant n'ofe fe Aatter
d'un faseriaquepatiajerae du fujerquelle
& de fon pbidsyle fautenilde'la nation. Mi
julte impariencerdé célébrer ce grand'génie 8
ne me
permer pas dattendre la Tuire de Touvrage sntod que
j'aurai Thonneur de vousiadrelfer di ler publié
daigne accenillirice foible'ellai dune muse Pial
tionale féminine, qui cepèridant n'ofe fe Aatter
d'un faseriaquepatiajerae du fujerquelle --- Page 216 ---
( 12 )
eraite: 5 fujet qui doit rendre fon poëme intéreffant à toute la poftérité de la nation.
Je fuis avec admiration, de votre démagogie,
Monfieur,
La très humble & trés obéiffante fervante &c égale en droits & en connoiffance de P'homme.
THEROIGNE DE MÉRICOURT, époufe
du fouverain modeine.
br LA TA RGETAD E.
Poeme hérot-sanie-fpi-confitatione-rollidce
comique.
191O
Jc chante ce lourdaur, préfident de Ia France,
Et par droit de mancge, & par droit d'importance, 50
Quis par fix mois de brigue, inftruità préfider,
Servit les fadtieux, 8C crut les commander sol
Surpafla Chapclier, & le Franc, & Tonnerre, Sam
Et fut des enragés la trompettc & le
D 2sq dsEm
Sup
no Sb
RSTCL
Viens, reprends ton empire, augufte loyanté,
Répands far mes écrits ta force 80 ta fiertésnooos ongirt
Que nos douze cents, rois foient forcés det'entendres
C'eft à toi d'arréter ce qu'on ofe entreprendre:
Sooul --- Page 217 ---
(13) )
C'eft à toi de montrer aux yeux des nations
Les coupables effets de leurs divifions.
Dis comment la cabale a trompé nos provinces,
Dis les erreurs du peuple & l'exil de nos princés;
Viens, parle; & s'il eft vrai qu'à ces modernes rois
Un jour la vérité fafle craindre fa voix,
Si ma main courageufe, ornant ta tête altiere,
Augmente ton éclat des traits de fa lumiere,
Avec moi fur tes pas permets lui de marcher,
Pour montrer aux Français ce qu'on veutleur'cacher.
Maitre Target régnoit, & fa cloche eincertaine,
De deux partis rivaux, 2 lui méri:oit la-baine,
Les loix étoient à faire, & l'état confondu',
Pour tout dire,en un mot 1 Target étoit élu.
Ce n'étoit plus Target, chatmant fon auditoire,
Dès l'enfance, au barreau, fameux par fa mémoire,
Dont Treillard & Camus redoutoient les progrès,
Erqui, de la bazoche, emporta les regrets,
Quand Paris étonné de fon efptit (upréme,
De Louis, à fes pieds, pofa le diadême,
Tel braille au fecond rang, qui s'enroue au premicr,
il devint plat fonneur, d'illuftre bazochier;
Endormi lourdement dans le fein de l'yvreffe,
L'éclat de fon fauteuil éclaira (a foiblefle.
Cafellane 3 Duport, Lameth & dAiguillony
Jeunes (éditieux, cabalant fous (on nom 2,
D'an mannequin titré, ferviteurs politiques,
Payerent en grandeurs fes réfumés comiques.
, qui s'enroue au premicr,
il devint plat fonneur, d'illuftre bazochier;
Endormi lourdement dans le fein de l'yvreffe,
L'éclat de fon fauteuil éclaira (a foiblefle.
Cafellane 3 Duport, Lameth & dAiguillony
Jeunes (éditieux, cabalant fous (on nom 2,
D'an mannequin titré, ferviteurs politiques,
Payerent en grandeurs fes réfumés comiques. --- Page 218 ---
(14.)
De quelques avocats, > le
-
rapide bonheur, rE 35
Surles débris da trônc élevoit leur grandeur.
Ils formoient dans Paris cette vile cabale,
Du pouvoir légitime infolente rivale;
De leurs affreux projets, les peuples, infteuments,
Trahiffoient leur vrai maitre, & fervoient'des tyrans,
Ses valets corrompus bientôt l'abandonnerent,
Au Louvre. épouvanté, dcs brigandsfenfenmisrent,
De Paris révolté, Pétrangerdiparut,
Et par la liberté le déficit s'accrut.
sb
Envain l'abbé Maury, plein nd'une ardeur guerriere,
Dans le manege impur vint porter la lumiere,
Défiant Mirabeau, l'appellant aux combats,
Cachant fes piftolets pour ne l'efrayer pas.
Tous deux vers la tribune à grands pass'avancerent,
La cloche fe caffa, tous les curés tremblerent;
Les huifliers attentifs à ces fameux revers,
Sur ces deux champiohs avoient les yeux ouverts.
On voyoit dans Parisla difcordeinhumaie,
Excitant au combat la garde.citoyenne,
Et la halle & le port ; &c du haut de fes toars,
Mirabeau, de Bieétre.appellant) le fecouts;
Ce monftre impérucux, fanguinaire & Aexible,
De tout vrai citoyen eft l'ennemitersible,
Aux malheurs des mortels il borne fes deffeins,
Le fang de l'inocent rougit toujours fes mains';
Il habite en tyran, dans' Paris qu'il déchire,
Le Chatelet punit les forfaits qu'il mfpire.
-
1o --- Page 219 ---
15))
Du côté des Feuillants, près des arbres Alétris,
Ou l'on voit proméner les captifs de Paris,
Ces lieax jadis poudreux, ces étables oblcures,
OiDagafpréfidoit à toûtes fes montures,
De la brigue, aujourd'hui, repaire trop cruet,
Eft le foyer affreux d'un pouvoir criminel:
On voit ces dépurés, deftrudteurs de la France,
Animés par Tinerigue, unis par la vengeance,
Laftite incefamment.
D
GRAND SPECTACLE BIEN NATIONAL,
Le Sr. James Worth avertit les citoyens aétifs ,
que la grande repréfentation du Sanétionateur à
volonté, eft fixée à jeudi prochain 4 février. Ilne
craint pas d'annoncer que fa méchanique, déja
fi avantageufement connue dans l'Europe par
l'extrême liberté de fon jeu,fans rien perdredecet
avantage, furpaffera tout ce qui a jamais exifté
en ce genre par l'univerfalité de fes opérations.
Le Sr. James Worth s'étoit propofé d'abord
de remettre fon expérience au mardi gras ; mais
ayant appris que le St. Guillotin, travailloit à
donnerd fon décolleur.une telle perfedion,qu'elle
pûr d'un feul coup abattre ce qui refte de têtes à
liberté de fon jeu,fans rien perdredecet
avantage, furpaffera tout ce qui a jamais exifté
en ce genre par l'univerfalité de fes opérations.
Le Sr. James Worth s'étoit propofé d'abord
de remettre fon expérience au mardi gras ; mais
ayant appris que le St. Guillotin, travailloit à
donnerd fon décolleur.une telle perfedion,qu'elle
pûr d'un feul coup abattre ce qui refte de têtes à --- Page 220 ---
(16)
T'hydre de l'ariftocratie expirante, il s'eft hâté
dele prévenir, daris la crainte que la gloire du
Sanctionnateur libre 6 univerfel, ne fut éclipfée
par la gloire du coupe-tète patriotique.
La repréfentation.fe fera en la falle du manege,
proche les RR. P. P. Feuillants, qui feront la
quête pour la rédemption des captifs.
M:le duc de Liancourt, pair des François,
connu par une patience à toute épreuve, fe donnera la peine de démontrer la méchanique aux
citoyens amateurs.
FIN.
DIE --- Page 221 ---
A R
R E T
DE L'ASSEMBLÉE PROVINCIALE
De la partie du Nord de Saint-Domingue
féant au Cap >
CONTRE BARBE DE MARBOIS, fes Confcils, Complices & adhérens.
En date du 21 Septembre 1789.
Vup par ladite Affemblée de ce jour, la procédure par elle extraordinairement faite &
inftruite fur la dénonciation & réquifition du
Procureur-Syndic de ladite Affemblée contre
Barbé de Marbois, ci-devant Intendant de StDomingue, > fes confeils, 3 complices & adhet
rens: ledit Marbois accufé d'avoir abufé dans
diverfes circonftances de l'autorité à lui confiée
par S. M., & notamment d'avoir fait exécuter
la réunion des Confeils, quoiqu'il eut ordre
de n'en rien: faire fi elle léfoit la partie du --- Page 222 ---
(2)
Nord, & de s'être oppofé à l'admiflion des
Députés de St-Domingue aux Etats-Généraux;
de s'être approprié la manutention des deniers
Curiaux &c Suppliciers; d'avoir fait paffer en
France plus de deux millions d'argent de cette
Colonie pour acheter fon crédit; d'avoir fait
un commerce illicite relativement aux terres à
réunir & à concéder en cette Colonie; de s'être
oppofé formellement & de toutes fes forces à
l'introduction des farines Angloifes I 3 au moment ou la Colonie étoit dans la plus grande
difette, & ce, à caufe de la fpéculation qu'il
avoit projettée & propofée à fon beaupère, à
la nouvelle Angleterre > lequel devait lui en
faire paffer exclufivement à tout autre une
grande quantité fur laquelle il auroit fait un
bénéfice confidérable; d'avoir voulu s'approprier le droit d'infpeâtion de la rade du Portau-Prince, au détriment de l'Officier du Roi
commandant la ftation, & autres faits portés
en ladite plainte , 8c. &c. &zc.
Conclulions du Procureur-Syndic.
Oui le rapport d'un de Meffieurs &c tout
vu & confidéré, ladite Affemblée déclare ledit
auroit fait un
bénéfice confidérable; d'avoir voulu s'approprier le droit d'infpeâtion de la rade du Portau-Prince, au détriment de l'Officier du Roi
commandant la ftation, & autres faits portés
en ladite plainte , 8c. &c. &zc.
Conclulions du Procureur-Syndic.
Oui le rapport d'un de Meffieurs &c tout
vu & confidéré, ladite Affemblée déclare ledit --- Page 223 ---
(3) )
Barbé de Marbois duement atteint &c cona
vaincu des faits portés en ladite plainte; pour
réparation de quoi, le condamne à être pendu
& étranglé julqu'à ce que mort s'enfuive, à
une potence qui fera pour cet effet dreffée fur la
place de Clugny de cette ville, par TExécuteur de la Haute-Juftice, de fuite fon corps
brûlé, fes cendres jettées au vent, fes biens
confifqués au profit des pauvres de la Colonie;
& en ce qui concerne fes Confeils, Complices
&c Adhérens, ladite Affemblée ordonne qu'il
fera plus amplement informé pendant un an,
toutes chofes demeurant en état.
Donné au Cap, en la Chambre de ladite
Affemblée, cejourd'hui 2I Septembre 1789.
EMANUEL, Préfident & Rapporteur.
Collationné DOCTORUS, Grefier.
Vu &lu, l'Arrêt exécuté ledit jour & an,
à 7 heures du foir au flambeau,
DOCTORUS, Grefier. --- Page 224 --- --- Page 225 ---
18-06 Commed
P
R
E
C
I
S
SUR LAEFAIRE
DESCOLONIES.
LE despotisme ministériel et du commerce
exclusif a décidé les Colonies à chercher un
appui dans Passemblée nationale.
La déclaration des droits, et Pabus que les
soi-disans amis des Noirs en ont fait , 2 ont
jetté parmi les Colons des alarmes d'une autre.
espèce, et plus terribles.
Comme les Colonies, 9 sont tresanécessaireg à
conserver, étant une des scurces de la puis --- Page 226 ---
(2)
sance nationale, il faut prévenir une scission
possible et funeste.
Or, comme Passemblée ne peut ni faire ni
ratifier une constitution qui contrarieroit ses
principes, et que les Colonies n'en recevroient
pas une contraire à leur' existence, le décret
suivant paroit le seul parti à prendre dans une
Circonstance si délicate.
( L'assemblée nationale considérant que la
distance et les différens locales ne peuvent
pas admetttre une identité de constitution,
pour la France et pour les Colonies, déclare
qu'elle n'a point entendu les comprendre dans
la constitution décrétée pour le royaume.
Autorise les Colonies à arrêter leur constitution dans leurs assemblées librement formées, et à la présenter à l'acceptation du
roi.
décret
suivant paroit le seul parti à prendre dans une
Circonstance si délicate.
( L'assemblée nationale considérant que la
distance et les différens locales ne peuvent
pas admetttre une identité de constitution,
pour la France et pour les Colonies, déclare
qu'elle n'a point entendu les comprendre dans
la constitution décrétée pour le royaume.
Autorise les Colonies à arrêter leur constitution dans leurs assemblées librement formées, et à la présenter à l'acceptation du
roi. --- Page 227 ---
(3)
Les autorise à charger leurs députés ou
des commissaires nommés à cet effet,d'expriser
T eurs voeux sur le régime de commerce qui
eur convient ),
DelImprimerie de DEVAUX, rue des Boucheries
Saint-Honoré, No. 7- --- Page 228 --- --- Page 229 ---
20:
Ier Mars, 1790.
APPERÇU
RAPIDE
SUR LES COLONIES;
Par M. ABETLLE, Député extraordinaire du
Commerce de Marfeille.
Le Monde avec lenteur marche vers la fageffe.
VOLTAIRE.
LAssiwactr nationale va traiter la grande
& imporcante queftion que le commerce lui a
préfentée.
Doit-elle, peur-elle rendre un décret qui
permette aux Colons de cultiver avec
fécurité
leurs précieules polfeflions fous la domination
françaife 5 aux Négocians, de leur livrer avec.
contiance les objets de leurs befoins?
L'Ademblée nationale de France a fait une
déclaration des droits de l'Homme. Ses principes font grands, fublimes : ils méritent le -
refpedt que l'on doit aux.grandes vérités.
I Mais ce décret, cette déclaration peut-elle
s'étendre au - delà du Royaume. Les. autres
Peuples ont-ils confenti, ont ils demandé à fe
ranger fous l'empire de ces droits ?
A --- Page 230 ---
t11
Les Députés des Colonies étoient préfens à
Ja lecture de certe déclaration, Ils Ont gardé le
filence; ils l'ont dà: ont-ils pu penfer qu'on fe
prévaudroit des principes de liberté, lorfqu'il
s'agiroit des Africains'qui n'en jouiffent point
dans les lieux de leur naiffance, & dont les bras
font indifpenfables à la culture des Colonies
Les Colonies peuvent-elles adopter en entier la Conftitution françaife ? Leur climat,
leurs cultures', leurs habitudes, , exigent des
modifications ; les Français qui habitent nos
Ifles ne veulent pas - être fujets d'un autre Roi, ils
veulent être fous l'égide de la Nation françaifes
ils venlent recevoir d'elle les productions de
fon territoire 5 & leur vendre les leurs; ils
veulent entretenir les rapports qui ont toujours
exifté entr'elles & la Métropole ; mais ils
ont droit de çompter fur le refpect dû a leurs
propriétés.
Si leurs Députés avoient eu les craintes qu'on
leur infpire aujoutd'hui, quels cris ne fe ferotent
pas élevés ? Nous avez-vous accneillis dans 7 votre
(*) L'abolition de la traite, fi cette abolition
étoit jugée un bonheur pour Phumanité,ce qui eft
un probléme aux yeux de ceux qui ont voyagé en
Afrique, n'en pourroit être un véritable que par une
genonciation convénue entre toutes les Puiffances qui
ont des Colonies.
avoient eu les craintes qu'on
leur infpire aujoutd'hui, quels cris ne fe ferotent
pas élevés ? Nous avez-vous accneillis dans 7 votre
(*) L'abolition de la traite, fi cette abolition
étoit jugée un bonheur pour Phumanité,ce qui eft
un probléme aux yeux de ceux qui ont voyagé en
Afrique, n'en pourroit être un véritable que par une
genonciation convénue entre toutes les Puiffances qui
ont des Colonies. --- Page 231 ---
()
fein, auroient-ils dit à l'Affemblée nationale, pour frapper de mort les fortunes de nos
Commettans ? Si votre déclaration comprenois
en
nos Négres, il ne nous refte que l'alternative de
paffer fous une domination étrangere, ou de
périr fous le glaive des Noirs.
Les Mles à fucre produifent environ 240
millions ; elles occupent huit cents navires :
elles doivent à la Métropole quatre à 500
millions. Elles procurent à la France un avantage de foixante millions, dans la balance de
fon commerce. Les Français, occupés à la
navigation de ces, contrées : aux manufaéturès que leur confommation tient en activité,
dans les Ports de mer, qui tous trafiquent avec
elles, forment une mafle de plulieurs millions
d'hommes.
3 Les Anglais
attachent tant de
ileurs
S
prix
Ifles 1 fiere,
retirent
foixante millions -
que
de produits.
Les Ifles i fucre françaifes font cultivées par
fix cents mille Négres, elles renferment a-penprès foixante mille *Francais. Les Malâtres &
les Négres libres.qui ont PI des propriérés, peuvent
être au nombre de dix mille. La totalité eft
d'environ foixanre mille. 9.
La partie françaife de Saint - Domingue 2
cette 1de précieufe , dont les Efpagnols
pofMO0
Xue
A 11 --- Page 232 ---
(41
fedent la moitié,. forme à elle feule les deux
tiers des revenus & de la popnlation qui
viennent d'être décrits,
Les autres Ifles, a l'exception de Cayenne
qui fe trouve fur le Continent, font la Martinique, la Guadeloupe, Sainte-Lucie & Tabago. Il n'eft queflion ici ni de l'Ifle de France,
ni decelle de Bourbon.
Parler de Siint-Domingue, c'eft embralfer
toutes les conféquences qu'on pourroit tirer de
l'analyfe des autres Ifles.
Saint-Domingue produit du fucre, du café,
de l'indigo, du coron, du cacao. Il n'y a ni
fatine". ni vin, ni manufactures quelconques S
toutes fes confommations viennent d'Europe 2
fr l'on excepte les 1o3 vivres te de terre qui convien- 29
nent Parfaitement aux Négres. Saint-Domingue
eft prefque fans défenfe. Cette Ie ne pourroit
que très - peu réfiter à 2 une foible elcadre 2
& a quelques mille hommes de troupes.
Ces réflexions doivent faire envilager la
pollibilité d'une conquète foudaine,
Les Anglais, fuivant les avis du 17 Janvier
dernier 2 avoient dans Ia rade du Cap, la ville
la plus elfentielle de Saint - Domingue, un.
vailleau de guerre & deux frégates. Les Oficiers font venus > dit-on, offrir des fecours,
comme amis,en cas d'infurredtion.
Les habitans font divifés entr'eux. Le Gou-
es.
Ces réflexions doivent faire envilager la
pollibilité d'une conquète foudaine,
Les Anglais, fuivant les avis du 17 Janvier
dernier 2 avoient dans Ia rade du Cap, la ville
la plus elfentielle de Saint - Domingue, un.
vailleau de guerre & deux frégates. Les Oficiers font venus > dit-on, offrir des fecours,
comme amis,en cas d'infurredtion.
Les habitans font divifés entr'eux. Le Gou- --- Page 233 ---
(5)
vernement n'a, prefque plus d'autorité. Les,
hommes qui ne tiennent à aucune propriété,
a aucune profcflion 2 entreriennent les. diffen-,
tions - intérieures. Les Négres préfument des écrits
quife répandent, & qu'on.leur explique, qu'ils
font ou vont être libres.
Ainfi les Colonies font à la fois menacées
de la révolte, qui en feroit difparoitre tous nos,
Coaciroyens, de l'anarchie qui entraîne tous les
maux 3 & la France peut craindre, indépendamment de ces funeftes préfages que des
rivaux ambitieux ne s'emparent de ces riches
poffeflions.
Légiflateurs de l'Empire français, voili le
tableau fidele qui va vous ècre préfenté. Toute
FEnrope fixe les; yeux, fur le parti que vous allez
prendre. Vos décrets vont raffurer vos Commetans, ou préfager le plus grand déchirement que 3
puille éprouver I'Empire, les horreurs. enlin quiv
fuivent le défefpoir de ceux qui croyent tout
perdre.
Aptogmattesdepaehe, erreur
dans la caufe qui yous eft foumifespeur détraire
l'édifice que vous élevez. Vos travaux préparent
suxtrancsindesjoursheureus; mais que.depeines
à adoucir, que de pauvres. à confoler au milieu
de l'inaction infeparable d'ane grande fecouffe!
Ah a ! fans doute toutes ces follicitudes/outdans V --- Page 234 ---
(6)
vOS coeurs ; mais n'eft-il pas petmis de craindre qu'un fentiment qui vous paroitroit humain
ne vous fit détourner les yeux des confequences
funeftes qu'il entraîneroit.
L Lorfqué vous aurez raffuré tous vOS Concitoyens, dont le fort eft attaché à l'exiftence & a
la profpérité des Colonies, 3 vous appellerez fans
doute près de vous les hommes fages quiles ont
bien connues, vous confulterez leur expérience.
Les Loix dont elles ont befoin, le régime qui
léur convient pour leur bonheur combiné avec
lés droits de la Métropole a , exigent les plus
mûres méditations. Les avantages de leur colfefvation ne peuvent être combattus que par
céux qui fe plaifent à s'egarer dans les rèves de
l'imagination. Cette confetvation exige les mefures les plus ptomptés de la part du pouvoit
exécucif; mais ce pouvoir attend fans doute que
vous indiquiez, & les befoins, & les' reflources.
Annoncez aux Colons que vous vous occupez de
leur bonheur, invitez-les à refpecter les Loix
qu'lilsont jafqu'à préfent obfervées. S'ils s'en
font écartés- vos confeils paternels, les efpeo
rances que vous leur donnerez"leur rappelleront qu'ils font Prançais, &c que toute nouvelle
infraction feroit réprouvée: Légiflateurs de la
-
France, daignez accueillir ces confidérations, ces
voux d'un Citoyen qui a vu par fes yeux, qui a
-les à refpecter les Loix
qu'lilsont jafqu'à préfent obfervées. S'ils s'en
font écartés- vos confeils paternels, les efpeo
rances que vous leur donnerez"leur rappelleront qu'ils font Prançais, &c que toute nouvelle
infraction feroit réprouvée: Légiflateurs de la
-
France, daignez accueillir ces confidérations, ces
voux d'un Citoyen qui a vu par fes yeux, qui a --- Page 235 ---
(7)
médité dans lIle de S, Domingue, & les bienfaits dont les Colonies font fufceptibles, & ceux
que P'humanité peut obtenir dans leur fein, de
la main du temps & d'ane fage lenteur.
(Npta.) Dans cet inflant, oi les Anglais femblent
s'uccuper de l'abolition de la traite des négres, ils offrent à l'Efpagne de lui fournir tousceux dont elle aura
befoin pour fes Colonies. On fait d'ailleurs que le
projet de cette abolition n'a jamais été parmi eux confidéré que comme une chimere.
Paris, premier Mars, 1790. --- Page 236 --- --- Page 237 ---
DIS COURS
SUR LES COLONIES
ETLATRAITEDES NOIRS,
Prononcé le 26 Feyrier 1790 3 par M. J
MOSNERON DE LAUNAY,
Député du Commerce de Nantes près
PAlemblée Nationale : 2 d la Société
des" amis de la Conftitutions
Mrseirurs, QUATRE objers, ont été prefentés, mriers à
T'Allemblée Nationaley Pasy! les Déparés de
Manufacture & du Commerce deFrance D &
-par les Députés, des Citoyens de Bordeaux,
rénnis à eux.
L uo sl xuaigo pripy
Lex premier, et la fuappretlion dual Privilege exclufif de FInde.
A --- Page 238 ---
(2 )
Le fecond, la fuppreflion du pcivilége exclufif du Sénégal.
Le troifieme, eft la confervation du régime
prohibitif dans nos Colonies, fauf les modifications néceffaires.
Le quatrieme 3 eft lacontinuation de la
Traite des Noirs.
Je ne ferai qu'uné. mention pallagere des
deux premiers objets.
La queftion da monopole de l'Inde eft
épaifée: elle étoit au moment d'être décidée
en fàveur du Commerce libre, lorique la révolution a commence. I n'eft
permis de
penfer
le Commerce de far ne recevra, de : fagefle de l'Affemblée Nationale, -
ce qu'il.étoit fur le point d'artacher, par la
force de la, raifon, au defporifine de l'ancien
gouvernenient. Le Comité d'Agriculture & de
Commerce de l"Affemblée Nationale doit inceffamment faire fon rapport Il développeta,
fans doute, des motifs qu on doir dire faperflus, fous le régime de la liberté,
Les Diredteurs de la Compagnie du Sénégal
n'ont, pas encore répondu à l'Adreffe des Deputés du Commerce concernant la fuppreflion de
leur privilége exclufif, Ils retardent cette réponfe,p parce quils n'ignorent
queleur défaite ne
fauroit être éloignée, entiat gagnent du tems,
& comme il n'y a qu'ane: époque fixée
faire les armemens du Sénégal, ils ReLES
par l'effet de leurs retards, d'un privilége devenu odieux. Je fais qu'ils demanderont des
dédommiagemens. Mais ont-ils dédommagé
de
leur privilége exclufif, Ils retardent cette réponfe,p parce quils n'ignorent
queleur défaite ne
fauroit être éloignée, entiat gagnent du tems,
& comme il n'y a qu'ane: époque fixée
faire les armemens du Sénégal, ils ReLES
par l'effet de leurs retards, d'un privilége devenu odieux. Je fais qu'ils demanderont des
dédommiagemens. Mais ont-ils dédommagé --- Page 239 ---
(3)
les citoyens qu'ils ont chaffés
le monopole
& Tintrigue ? Les pertes & E ruine de ces
honnères Citoyens ont été ignorées 20 : ils n'ont
pas ofé s'élever contre les puillans, contre les
nombreux monopoleurs qui ont obtenu le
vilége du Sénégal; toutes ces différences
ERE
roillent aujourd'hui devant la raifon &c la li-l
bérté, & Topprelleur ne demandera plus le
dédommagement de la reftitution quil fera
forcé de faire du parrimoine public qu'il avoit
ufurpe, fans que le public ne fe préfente à
à fon tour 2 pour lui demanderle dédommagement de Tufurpation de fa propriété.
Je fais encore, Melfieurs, qu'on vous dira,
que la Compagnie du Sénégal s'eft chargée des
dépenfes locales de cette Colonie, & que ces
dépenfes montent à 252,000 liv. Mais qui
avoit donné le droit à l'ancien gouvernement
de vendre ainfi les différentes parties du Commerce de la Nation à une affociation de particuliers ? Le Commerce d'une Nation n'appartient point au gouvernement, il
tient à
en particulier. C'eft le
erlies
perfonne
de tout le monde - , &c la feule fonction du
gouvetnemienr 3 eft de veiller à la confervaLa
deit être
I tion du bien commun.
dépenfe
a faite par le gouvernement, parce que lorfque
I les peuples paient les impôts, c'eft àd condition
les défendra,
les prorégera, &
P qu'on
p
la portion de leur
qu'ils facrifienr,
tEaul
I - Tonit à la fareté & à laugmentation de ce
p qui leur refte. Je ne crains donc pas, Mefde la Nacion faffent a
all fieurs, que les adverfaires
A 2
commun.
dépenfe
a faite par le gouvernement, parce que lorfque
I les peuples paient les impôts, c'eft àd condition
les défendra,
les prorégera, &
P qu'on
p
la portion de leur
qu'ils facrifienr,
tEaul
I - Tonit à la fareté & à laugmentation de ce
p qui leur refte. Je ne crains donc pas, Mefde la Nacion faffent a
all fieurs, que les adverfaires
A 2 --- Page 240 ---
(4)
valoir ce moyen d'économie ; car j'oferois
dire à rAllemblée Nationale que la propriété
publique ne lui eft confiée
pour le bonheur
public & qu'elle s'écarte ut tous les principes, quand, fous un miférable prétexte d'éçonomie de 252,000#h, > elle livre la propricté publique à des paiticuliers.
J'entre mainrenant, Mellieurs, dans la
difcuffion des deux autrés objets, par quelques réflexions fur ce qu'an des préopinans vous
a dir dans votre féance d'avant-hier. Il vous
a peint le commerce comme un brigantdage,
&c le Commerçant comme uil homme odieux,
faifant de la tromperie un art qui luieft ptopre, &cs'enrichiflant à proportion des
qu'ila a fait dans cette funefte icience. E Si
norable Membre a cru que le trafic de lufure
& de lagiorage étoient ce commerce ; fic'elt
dans FAvare de Molière qu'il a pris le modèle du Commerçant, certes il aeu raifon;
mais l'honorable Membre ignore que lufure
&.lagiorage font incomparibles avec le commerce S
S qu'ils en font les fléaux & en horreur
aux Commerçans; qu'ils ne fe pratiquent dans
aucune de nos villes maritimes & manufacturierese S'ilavoit vu les Bourfes de ces villes;
s'ilayoit tété témoin de la
avec
laquelle fe traitent les plus psrt affaires,
fans intervention, fans écritures, & même 9
fans. fe dohner de parole us'il favoit que ces 2
négociations font factées, &c qu'an-Négaciaue 3
qui les violeroit feroit méprift; s'il avoit
confulré les Commerçans étrangers & le ref- a a
C -
urierese S'ilavoit vu les Bourfes de ces villes;
s'ilayoit tété témoin de la
avec
laquelle fe traitent les plus psrt affaires,
fans intervention, fans écritures, & même 9
fans. fe dohner de parole us'il favoit que ces 2
négociations font factées, &c qu'an-Négaciaue 3
qui les violeroit feroit méprift; s'il avoit
confulré les Commerçans étrangers & le ref- a a
C - --- Page 241 ---
(3)
peét religienx qu'ils ont pour les Commerçans Français ; s'il avoit réfléchi enfin que,
fans. cette bonne-foi inaltérable > toute relation commerçiale cefferoits je ne doute
qu'il n'eut rendu plus de juftice aux RSinE
merçans.
Le Commerçant, Melieurs, eft le lien indifpenfable detousles penples & de toutes lès
clalles de la fociété. Sans lui iln'y S
auroit point
de fociété; les'i individus refteroient épars fans
aucune aggrégation. Il encourage le culivareur
enluiaffurant la vente des produits de fon fol;
il crée de nouvelles valeurs én façonnant les
matières premièresi; il augmente la richeffe
publique en lesi exportant chez les Nations
étrangères, & en leur impofant un véritable
tribnts 11 bâtit les villes, il les embellie eny
appellant les arts ; il appelle toutes les connoiffances hnmaines en amenant l'abondance'; 5
enfin, Mellienrs, il appelle la liberté qui eft
fon clément, &x qui ef le fruit des connoiffanrces humaines.
no Le Commerçant, Meflieurs, eft le meilleur
ami du
ileit le dépofitaire& le dif
tribnteur
fon travail; il l'enrichit
fes
FEE
inventions & fon anduftrie, & ille tancie
dans fes malhetfs; il le ramene au travail &c
à la
par le befoin de vivre ; il vetfe ainfi
un Atr falutaire fur les dechiremens politiques. H n'y a aucun: défaftre que le commerce ne puiffe réparer), aucun vuide qu'il ne
puille combler; mais lorfqu'il n'eft pas efficacement ptorége, le vuide fe creufe en un
A
fes
FEE
inventions & fon anduftrie, & ille tancie
dans fes malhetfs; il le ramene au travail &c
à la
par le befoin de vivre ; il vetfe ainfi
un Atr falutaire fur les dechiremens politiques. H n'y a aucun: défaftre que le commerce ne puiffe réparer), aucun vuide qu'il ne
puille combler; mais lorfqu'il n'eft pas efficacement ptorége, le vuide fe creufe en un
A --- Page 242 ---
(6)
abime fans fond, & les défaftres font à leur
comble, L'aliment du peuple eft perdu la
fource de la finance fe delléche, & la diffolution devient prochaine & inévitable.
Je viens, Meflieurs, au troifieme motif
concernant l'adminiftratiou des Colonies 5 &
leur régime intérieur. Les Commerçans ne
s'oppoferont jamais à ce que les Planteurs difpolent de leur
intérieur pour leur plus
grande félicité. TE faut que tous les Français
foient libres & heureux.
Quant au régime extérieur G improprement
appellé prohibinif,
n'eft qu'une convention nationale , voici f mon fens à quoi fe
réduifent toutes les difpures qui fe font élevées à ce fajet. La Nation a par l'aétion des
Commerçans contracté une fociété avec Planteurs. Ceux-ci fortant de fon fein avec leurs
' bras & leur courage 5 mais fans facultés pécuniaires, fe font adreffésà leurs freres qui
doient les capiraux. Ils font convenus >
E
de fournir les avances d'argent, d'uftenfiles,
de fecouts, fous la fanétion & la proteêtion
immédiate de la Nation 5 l'autre de s'expatrier,de travailler avec conftance : le réfultat de cette tranfaction a été en faveur des
deux partis qui fe font enrichis mutuellement,
& fimultanément en faveur, de la Nation
en la rendant fupérieure dans fon Commerce
avec T'étranger, & en donnant la vie à un
à une foule prodigieufe de
OC
ple nouveau,
fommateurs
fupportent limpôt & font la S
plus grande Rardtr de la finance. Il convient J
re de s'expatrier,de travailler avec conftance : le réfultat de cette tranfaction a été en faveur des
deux partis qui fe font enrichis mutuellement,
& fimultanément en faveur, de la Nation
en la rendant fupérieure dans fon Commerce
avec T'étranger, & en donnant la vie à un
à une foule prodigieufe de
OC
ple nouveau,
fommateurs
fupportent limpôt & font la S
plus grande Rardtr de la finance. Il convient J --- Page 243 ---
(7)
donc I , Mefieurs > que ta Nation fourniffe
exclufivement les Colonies de tout ce TT qu'elle
peuir fournir, & que les revenus de ces Colonies lui appartiennent. Quelques-unes de ces
fournitures font plus cheres, à la vérité,
les fournitures étrangeres ; cette.cherté,
MRE
fieurs, tient à bien des caufes qu'il eft impoffible de vous développer ici. Notre infériorité
dans lInde, le défaut de protedtion fur les
côres d'Afrique,, la douceur & la richeffe de
notre climat, la gène dont nos Manufactures
& notre Commerce font encore entourés, font
les principales. Il a été adreffé à mon frere >
mon collegue ici, &c à moi, un ouvrage
manufcrit fur la tyrannie des Fermiers &c
fur les cent mille & une manieres dont ils
ont tourmenté les Commerçans & les Manufacturiers. Cet ouvrage d'une érudition prodigieufe en ce genre & d'ailleurs bien écrit,
donne le fil de ce labyrinthe inextricable.L'Affemblée Nationale en en ordonnant l'impreffion porreroir un jour lumineux fur cette partie
de notre Commerce, & fur les moyens de le
rSta Si diminution de nos Pècheries, nos pertes dans le Continent Américain, la cellion
impolitique & volontaire de la Louifiane doivent apporter des modificationsàla Convention
Nationale, ces modifications doivent être réglées dans des Conférences froides, longues,
méthodiques, tenues entre des hommes fages
&c éclairés choilis dans les deux partis, &c ayant
leur sonfiance. Les Planteurs n'oublieront pas
A 4
les moyens de le
rSta Si diminution de nos Pècheries, nos pertes dans le Continent Américain, la cellion
impolitique & volontaire de la Louifiane doivent apporter des modificationsàla Convention
Nationale, ces modifications doivent être réglées dans des Conférences froides, longues,
méthodiques, tenues entre des hommes fages
&c éclairés choilis dans les deux partis, &c ayant
leur sonfiance. Les Planteurs n'oublieront pas
A 4 --- Page 244 ---
- (8 )
dans ces Conférence qu'ils ne fapportent aucun
impôr & que leur propeicnéen franche . ils
n'oublieront
qu'ane acquifition territoriale
dans-nos oRta eft un moyen prompt &
sûr de's'entichin, 8c que ce moyen et tour au
plus en France un moyen de conferver. On ne
ie reprochera pas la fortune muruelle desd deux
partis ; car fle Commerçant s'eft enrichi, le
Colon a eu 1 les mêmes fuccès. Les Colonies
I valent trois milliards, elles doivent environ
quarre cent millions,1e Plantetr a donc gagné
dans cette fociéré deux milliards fix cent mit
lions. En derniere analyfe ce font les Nations
étrangères qui ont fupportéles frais de ceslétablifemens pat les denrées que nous avons
exporté chez elles. Quelques individus ont
peridans ce grand mouvement; des Planteurs
Ont trouvé la mifère & la" mort dans ces térres
brilantes; des Comirierçans fe font ruines; ce
font les frottémens indifpenfables d'u une machine vafte & compliquée dont les produits
font immenfes. Cecitépond'duin mot a ceuix
difent que la traite des Noirs détruit les
Suatier Jene ferai pas lecaleul-deraucidens
attachés à toutes- les opérations de la focicté,
it effraie l'imaginarion, mais je ferai une réflexion qui me fembléjufte 8 confolante. Ceft
les fociétés qui onfle" plds, multiplié ces
1ae en mulripliant leurs opérations, ont:
obtenu lal plus grande popalicion & la Hlas
grande richelle. Onand la Hollande, quiexpire
foss"le defpotifme det Pruffe's del'Angleterre qui fela partagenta ne fera
elle
n 29.1 9 elasy
'imaginarion, mais je ferai une réflexion qui me fembléjufte 8 confolante. Ceft
les fociétés qui onfle" plds, multiplié ces
1ae en mulripliant leurs opérations, ont:
obtenu lal plus grande popalicion & la Hlas
grande richelle. Onand la Hollande, quiexpire
foss"le defpotifme det Pruffe's del'Angleterre qui fela partagenta ne fera
elle
n 29.1 9 elasy --- Page 245 ---
(9:)
fera propofée, alors. comme un fujet d'étonnement en ce.gente, A Batavia, à Ceylan, aux
Moluques, a 52 en Afrique, à Surinam, , elle a
lutré contre les dangers du climat le plus def-
& 1a
tmdeurn 4
population, eft prodigieufe.
Je viens, Mellieurs, à la traite des Noirs,
Je n'en parlerai fous aucun de fes rapports.
Lorfque toutes les. opinions me paroiffent réunis, 11 me femble convenable &julte de refpecterlallentiment
les amis des
a
quel
Noirs donnent
ace Commerce, a parce qu'ils fentent enfin
les Empires fe gouvernent & obéiffent à ec
loix impérieufes gushmerndeçjragpeave pas
() Je demandois, il y a quelques femaines, à un
Miniftre, qui a été long-tenis l'admiration de FEurope,
& dont je refpecte encore les vertas, protcétion pour
la traite des. Noirs, Il me dit que la morale exigeoit
que toutes les Puiffances de TEarope s'entendiffent
fapprimer ce trafic. Je lui répondis qu'il avoit ScuE
morales, celle des particuliers,8c celle 12 Erats. Que
la premiere ne fouffroit aucune cxception, & que ce
ne pouvoit être que pour obéir à fes loix, que la
convention, européenne feroit fignéc; mais qu'alors les
Anglais'devotent ceffer d'opprimer les Indiens, & leur
rendre le domaine qu'ils ont! envahi; qu'ils devoient
ceffer de vuider les boues, de Londres dans las nouvelle
Hollande, qui appartient-aux Naturels; 3 qu'ils devoient
ceffer de corrompre & d'enivrer les Sauvages de
la Californie 8c des iles- Sandwichs-que ces- vertucux
Etats-Unis qu'on nous vanre tant, devoient. ceffer
d'acculer les Saavages aux glaces def pôle, & de s'emparer de Tenr terrein, quon trier en vente au Palais
Royal. Hy auroic un gros livre afaire fuPcetté mo:
rale de PEurope, que lc trop vertucux Miniftre voudrojt circonfcrire dans" les limites étroits de la morate
0S11FC18 5107
iles- Sandwichs-que ces- vertucux
Etats-Unis qu'on nous vanre tant, devoient. ceffer
d'acculer les Saavages aux glaces def pôle, & de s'emparer de Tenr terrein, quon trier en vente au Palais
Royal. Hy auroic un gros livre afaire fuPcetté mo:
rale de PEurope, que lc trop vertucux Miniftre voudrojt circonfcrire dans" les limites étroits de la morate
0S11FC18 5107 --- Page 246 ---
tis)
toujours. Jeleur dirai feulement qu'ils ont érd
trompés, quand ils ont cru que la traite Fransaife fe faifoit d'une manière dure & cruelle.
Le Français porte par-tout fa douceur naturelle
&c caractériftique, aucune traite n'eft faite avec
de ménagement que. la traite Françaife.
Elr Nègres font' logés dans nos navires comme
les Matelots dans les vaiffeaux de guerre 2 quelquefois inoins mal,& prefquetoujours mieux que
le prifonnier que le fortd'uncombata a foumis au
vainqueur. Ils font nourris fainement & abondamment. Je leur dirai queles Efclaves dans
nos Colonies font foignés avec douceur & humanité ; & que toute l'attention des maitres
fe porte à la confervation desinftrumens deleur
culturé. Mais on a ifolé les faits, & de ces faits
on en a fait des régles; 'on a découvert des
mgres en hotreur dans nos Ifles, & on a dit
que ce que ces monftres étoient les modèles
del'adminiftration des Efclaves. Je n'irai pas
plus loin fur cettè matière, à moins
vous
he le
& alors ce feroit le fajer
de
défiriez,
quelquelqu'autres réflexions quejautois Phonneur
de vous 2 offtir dansi une autre féance.
Je ne m'occuperai dans ce moment que des
troubles qui agitent nos Colonies.
d'un Citoyen. Cequi eft bon &julte dans.la confcience
d'un pere de famille, ne convient pas toujours dit
on gouverne un
Empire: & comme la
ière, à moins
vous
he le
& alors ce feroit le fajer
de
défiriez,
quelquelqu'autres réflexions quejautois Phonneur
de vous 2 offtir dansi une autre féance.
Je ne m'occuperai dans ce moment que des
troubles qui agitent nos Colonies.
d'un Citoyen. Cequi eft bon &julte dans.la confcience
d'un pere de famille, ne convient pas toujours dit
on gouverne un
Empire: & comme la giquement un dee grand plus célebres Membres de lAffemblée
Nationale, la morale d'un homme d'Erat doit être cn,
chiffres, Note ajonutée. --- Page 247 ---
(Ir)
MEsstrURS,
Le Paflage de l'efclavage à la liberté eft une
fièvre ardente qui donne des tranfports & quelquefois un délire furieux. Le travail de tous
les intérèts, de toutes les paflions dans le corps
politique eft comparable au travaildes humeurs
viciées & en fermentation dans le corps hu- 2
main. Mais la dépuration fe fait peu-à-peu
dans l'un comme dans T'autre, l'équilibre fe
rétablit 5 & la circulation parcourt des vaiffeaux qu'une longue &c grave maladie avoit
obftrués. Cette agitation terrible enapparence,
dont liffue doit être heureufe, ne doit point
nous allarmer en France. Elle s'exerce dans
l'enclave de l'Empire - 2 intrà fines imperii, &
aucune force érrangére ou ennemie ne peut
troubler fa marche & l'empècher d'accomplir
fa période. Mais, Meflieurs, il n'en eft
ainfi dans nos Iles à ficre ; elles font à Ctez
mille lienes de diftance. L'Angleterre quia une
grande injure à 'venger, & qui n'apperçoit de
bonkeur
dans nos humiliations & dans nos
pertes, aEs avec unejalonfeattention les diffentions de nos Colonies, elles les excite fourdement, nous n'en pouvons dourer, elle multiplie
les mécontentemens & les mécontens ; elle profite de la queftion de la liberté des Noirs, pour
allarmer les Planteurs fur leur propriété, & les
déterminer à recourir à leur protection. Il eft
impoffible de ne pas croire, Meflieurs, que c'eft
la' queftion de Tanfranchiflement des Noirs &c de
l'abolition de la traite qui'a été une des plus
dement, nous n'en pouvons dourer, elle multiplie
les mécontentemens & les mécontens ; elle profite de la queftion de la liberté des Noirs, pour
allarmer les Planteurs fur leur propriété, & les
déterminer à recourir à leur protection. Il eft
impoffible de ne pas croire, Meflieurs, que c'eft
la' queftion de Tanfranchiflement des Noirs &c de
l'abolition de la traite qui'a été une des plus --- Page 248 ---
(1:, )
gandes caufes, ou du moins un des plus grande
prétexres des troubles. On vifite avec une farouche curiofité nos vaiffeaux quiy abordent: 'on
exerce une inquifition qui feroit criminelledans
touteautre circonftance fur les pallagers & furl les
équipagessenfine nonviolele fecrerdeslettrescraie
ghant d'y trouverle germe de la révole des EC
claves.Les difcours les plus innocens font interprérés dans unfens funeite ed ceix qui les ont tenus, 8c plufieurs ont déjai payé.de leur vie leur
immprudence. La caffation de la Jurifdiction du
Confeil du Portau Prince, dans lap partiedu.Cap,
n'a pas d'autre motif connu. Peut-ètre les Planteurs suroiene-ilsarrenda pailiblément que TAC
femblée-Nationale les eut délivrés du régimedur
&c arbitraire quiles opprime, fi onne les avoit
pas inquiétés par des fuggellions infidieufes &
coupables fur.leurs vies Aleurs fortunes. Ilconvient, Mellieurs,dene pas perdre un moment
pour raffurer les Planteurs & pour les ramener
aux fentimens d'amour &c d'attachement qu'ils
doivent à la mere-Patrie. Il faut ôter tout prétexte aux ennemis étrangers & intérieurs, ilfant
donc que l'Affemblée Nationale décrete que la
traite des Noirs fera continuée comme. Par le
pailé.
Ici j'apperçois la déclaration des droits de
l'homme qui repouffe ce Décret, Cette déclaration, Meflieurs, eft un fanal lumineux qui
éclairera toutes les décifions de lAllembléeNatiouale qui auront la France pour abjets mais
j'aurai le courage de vous dire que c'eft un
écueil placé dans toutes nosrelations extérieures
l'Affemblée Nationale décrete que la
traite des Noirs fera continuée comme. Par le
pailé.
Ici j'apperçois la déclaration des droits de
l'homme qui repouffe ce Décret, Cette déclaration, Meflieurs, eft un fanal lumineux qui
éclairera toutes les décifions de lAllembléeNatiouale qui auront la France pour abjets mais
j'aurai le courage de vous dire que c'eft un
écueil placé dans toutes nosrelations extérieures --- Page 249 ---
(33) )
& maritimes. Il eft néceffaire de tourner ce
danger contre lequel nos navires & la fortune
pablique fe briferont. En renvoyant à la
chaine légiflature, en ajournant Totatntnt, 9
en difant qu'il n'y a lieu à délibérer; en ufant
de ces palliarifs on ne calmeroit pas lesinquiétudes des ports' de mer, on donneroit tde nouvelles
armes dansles Colonies aux ennemis de l'Erat,
quiinterpréteroient défavorablement ce décret.
Ilfaut donc décrétér que LAlembléc Nationale
n'entendfaire aucune application defes décrets aux
Colonies, & que leur commerce, dinf que toutes
les branches qui-en dépendent, feront exploités
comme par le pafé, fafas'expliquer fur leur
régime intérieur & extérieur, quand elles auront
manifefé leur voeu.
Ce n'eft pas tout, Meflieurs, les Décrete
de l'Afemblée Nationale peuvent arriver dans
nOS Colonies au moment oû la fermentation
fera telle , que les bons efprits ne pourront
plus lal dominer, au moment où les Anglais
auront tout difpolé pour l'infarredtion. Jecrois
donc néceffaire de pourvoir à ce danger, &c
d'envoyer un efcadre capable, non d'arrêter
T'organifation intérieure de la Colonie, mais
d'empècher que nos ennemis ne la dérange &
ine s'emparent de. nos polleflionss en augmentant le défordre à deflein.
C'eft, Mellieurs, au nom des finances
la perte de vos Colonies ruineroit fans Rce
fource, au nom de fix millions d'hommes
qui-en vivent, &cqie le défefpoir porteroit
a tous les excès; au nom de la mendicité que --- Page 250 ---
(14)
vous voulez détruire, &c que vous ne pouvez
combattre efficacement que par le ttavail des
ports de mer & des manufactures; c'eft au
nom même de votre marine militaire, néceffaire à la dignité de l'Empire, & à fa confervation dans l'étendue de trois cent lieues
de côte; c'eft enfin au nom de la' révolution
à laquellevous devez attacher tous les Citoyens,
par les plus puiflans intérèrs, que je vous conjure de prendre dans la plus prompte & la
plus férieufe confidération, les divers objets
que les Députés du Commerce, réunis aux
Citoyens de la Guyenne, ont foumis àlAC
femblée Nationale.
Je me réfume, Meflieuts, & j'aurai l'honneur de vous propofer de faire décreter par
l'Affemblée Nationale.
1°. La fupprefion duz Privilege de la Compagnie des Indes.
2°. La fuppreffion dn privilege de la Compagnie du Senegal.
3°. Que PAlfembléc Nationale n'entend faire
aucune application defes Décrets aux Colonies,
& que leur commerce, ainf que toutes les branches qui en dépendent 2 feront exploités comme
par le palfesfauf 2 s'expliquer fur leur régime
intérieur & extérieur, quand elles auront manifefté leur vceu.
4". Quele Roi fera fupplié de pouryoir ef
ficacement a lafireté des Colonies
privilege de la Compagnie du Senegal.
3°. Que PAlfembléc Nationale n'entend faire
aucune application defes Décrets aux Colonies,
& que leur commerce, ainf que toutes les branches qui en dépendent 2 feront exploités comme
par le palfesfauf 2 s'expliquer fur leur régime
intérieur & extérieur, quand elles auront manifefté leur vceu.
4". Quele Roi fera fupplié de pouryoir ef
ficacement a lafireté des Colonies --- Page 251 --- --- Page 252 --- --- Page 253 ---
M E M OI y Ca R 2
E
SUR
LA TRAITE DES NOIRS. --- Page 254 ---
JHIO MIM
X2
2A101 210 STIZAT, AI --- Page 255 ---
M E
M O IR C
E
SUR
LA TRAITE DES NOIRS,
mimoo
ParM. DUPRÉ, fabriquant, dépuré dé Caia
cassonnes
D ANSI le moment oul la nation francoise éleve
de noble: et superbe édifice de la liberté suir les
Tuines de la servitude et des préjugéss t seule
idée d'esclavage irrite et enflanime: Et Péctivain qui ose entréprendre de protiver Pindispensable nécessité de maintenir et d'encomrager
la traite des noirs', 9 s'expose à findignation des
hommés dont l'ame et le coeur enchainés auk
principes généraux de liberté, sont disposés à
résister aux raisonnemens de la politique et aux
combinaisons' commerciales, joserai éncore ime
fois publier mes idées et le résultat de Pétide
particulière que jai faitde cette grande quiesticils
A 2 --- Page 256 ---
(4)
Et pour intéresser l'attention de mes lecteurs
ét mériter leur indulgence, je.veux parler à leur
humanité autant qu'à leur esprit, en prouvant,
qu'autant la politique et l'intérêt
-
réclament la
conservation de ce commerce, autant l'humanité elle-méme sollicite de l'assemblée nationale,
ou u1 décret de conservation, ou un silence
respectueux.
Et comme ces deux principes sont liés l'un
alautre,je n'en diviserai ni les preuves ni les
autorités.
Et d'abord j'établirai en fait incontestable
que, comme c'est à nos Colonies que nous devons une grande partie de notre
de
population, 3
notre commerce et de notre industries que
par elles,, nous soutenons la balance politique
et commerciale des puissances de
FEurope ,
sans
que
elies, nous n'aurions, ni marine, ni consommations du superflu des produits de notre
agriculture et de notre industrie 3 il est indispensable à lai nation d'en soutenir Fexistance,d'en
favoriser Jes établissemens, d'en encourager la
culture, et comme cette culture ne peut se
passer des bras. des affriquains 2 on ne pourroit
les leur interdire ou les leur arracher sans une
soutenons la balance politique
et commerciale des puissances de
FEurope ,
sans
que
elies, nous n'aurions, ni marine, ni consommations du superflu des produits de notre
agriculture et de notre industrie 3 il est indispensable à lai nation d'en soutenir Fexistance,d'en
favoriser Jes établissemens, d'en encourager la
culture, et comme cette culture ne peut se
passer des bras. des affriquains 2 on ne pourroit
les leur interdire ou les leur arracher sans une --- Page 257 ---
to (5)
criminelle injustice contre laquelle vingt-cing
mille matelots, quarante mille cultivateurs colons,
tous les agriculteurs régnicoles, six millions
d'ouvriers, 7 tous les armateurs de nos ports et
un grand nombre de manufacturiers réclameroient:
avec cette énergie qa'inspirent le désespoir et
le droit naturel d'existance et de propricté.
Vingt-cing millions d'hommes nej peuvent pas
vivre en contemplation. Et l constitution fran -
çoise fut elle Pouvrage d'un dieu comme elle est
celur du patriotisme, et de la raison,le, peuple
doit en attendre les fruits vivifians qui naitront
de lactivité rendue au commerce et à Tagricufture, et des loix sages qui feront enfin pencher
en notre faveur une balence que les abus ou
Fignorance déterminent depuis si long-temis en
faveur des puissances rivales.
Je ne répéterai pas ce que j'ai déja dit dans
mon, premier mémoire de Timportance de nos
Colonies, et sur les résultats avantageux de nos
échanges - ; mais je puis instruire la nation de
la balance qmi a été faite en,1787, de notre
commerce avec nos iles et nos colonies. Les exportations directes du royaume en prodaits. territoriaux et manufacturiers pour la côte de Gui:
A 3 --- Page 258 ---
(6)
née, en échange des noirs, ont été évalués
dix-huit millions; celles pour les iles, a quatrer
vingt millions : total quatre-vings-dixc-hut mil:
lions ; et les importations en France ont formé
pendant la même année , 'un objet de deax cens
milhons , et nous en fimes passer à l'étranger
cént quarente millions. Cet apercu répond aux
philosophes qui mettent en problèmes Putilité
ou le désavantage de nos Colonies dans ses
rapports avec nos manufactures et notre comme rce.
Il prouve de plus que, , si les anglais abusant de notre crédibilité et de notre philantropie, nous indujsoient à nous séparer de nos iles
ouà les ruiner, la France ne seroit plus qu'ain
désert ou quelques kakers orgucilleux s'applans
diroient d'ayoir resté incbranlables dansleurs prin
cipes sur les ruines du plus brilant empire de
FEurope,
En conyenant de la nécessité de conserver
nos Colonies , et d'en favoriser la eulture ;
d'autres opposent à lesclavage des noirs, la
possibilité del les remplacer pat des Européens.
A cette objection,je répons:
ouà les ruiner, la France ne seroit plus qu'ain
désert ou quelques kakers orgucilleux s'applans
diroient d'ayoir resté incbranlables dansleurs prin
cipes sur les ruines du plus brilant empire de
FEurope,
En conyenant de la nécessité de conserver
nos Colonies , et d'en favoriser la eulture ;
d'autres opposent à lesclavage des noirs, la
possibilité del les remplacer pat des Européens.
A cette objection,je répons: --- Page 259 ---
t75
1o, Que nos Colonies occupent plus de six
cens mille Negres, qui ne pourroient être remplacés que par douze millions d'Européens. Ce
çalcul n'est pas exageré, Personne n'ignore la
perte déplorable de vingt mille hommes envoyés
dans la Guyane,
ne purent résisteraux chaleurs meurtrieres
cette
contrée, et quiy périrent en dix mois,
ari
Le Negre, au contraire s en changeant de
Patrie, ne change pas de climat, et leur chair
huileuse est inaccessible aux atteintes mortelles;
d'un soleil brûlant et déstructeur des peuples de
PEurope,
E
Mais les droits sscrésdefhumamte, cette liberté
si chere à Phomme; des François, doivent-ils les
les sacrifier à la politique, > et à Pimérêt!
Je conviens que cette zol
objection 5 audevant
de laquelle je m'empresse d'arriver, est forte
pour des coeurs sensibles, et que je Pai souvent
répetée aux négocians armateurs pour la traite 2
aux officiers çommandans dans le Sénégal, aux
capitaines de vaisseaux, et à des noirs affranchis ;
c'est eux qui ont calmé mes inquiétudes, , et les
amis des noirs les plus ardens, ont été satisfaits
comme eux deleur réponse.
A 4 --- Page 260 ---
C8)
Si nous achetions des nègres libres potr les
rendre esclaves, sil nous achétions' des esclaves
pour river leurs.fers, aggraver les riguerrs de
Teschavage 3 nous serions sans doute coupables.
2Yove9
Mais Pell des affricains, est nn étarde guerre
continuel, naturellement fainéans et barbares, 3
divisés en une infinité de hordes, ils s'entregorgeoicnt ased détruisoient, ou s'ils conservoient
quelques prisonniers, -
c'étoit pourles vendre aux
Mahometans, qui les muriloient et les condamnoient à la garde des plaisirs du grand sultan ou
des pacha; ; les castes antropophages mangeoient
leurs prisonniers ; voilà le fidèle tableau des peuples d'Affrique avant Texistence de nos colonies.
Lintérieur de leurs terres inaccessible auxoeuropéens parles chaleurs brûlantes ; lefut auissi aux
missionnaires qui, en les éclairant, eussent pu
se promettre d'adoucir letrs mceurs et
:
leur férocité.
IDVIP
z2ergme 11
Les Hollandois et les Anglis, ces JE peuples
amis de la liberté ne crurent pas déroger a leurs
principes, en arrachant à l'infamie , ou à la
mort des hommes, leurs semblables, sans doute;
mais que la férocit de leurs mocurs, rend insensibles à l'esclavage 2 parce qu'ils n'en surent
eussent pu
se promettre d'adoucir letrs mceurs et
:
leur férocité.
IDVIP
z2ergme 11
Les Hollandois et les Anglis, ces JE peuples
amis de la liberté ne crurent pas déroger a leurs
principes, en arrachant à l'infamie , ou à la
mort des hommes, leurs semblables, sans doute;
mais que la férocit de leurs mocurs, rend insensibles à l'esclavage 2 parce qu'ils n'en surent --- Page 261 ---
-
79)
jamais calculer la théorie, et qui n'en détestent
la pratique, que parce qu'elle les condamne au
travail.
Les negres sont des malades qu'on change de
lit pour les soulager 2 mais à qui il seroit dangeretix d'administrer des remedes qui 1 augmenteroient leur frénésie.
Les françois, aprés ces deux putissances commerçantes et rivales, entreprirent le même commerce nécessaire à la culture des.colonies, et on
leur rend cette justice a qu'ils traitent leurs esclaves avec bien plus d'humanitélet de bienfaisance, et cette familiarité qui leur attache leurs
esclaves, et leur assure lenr fidélitéet un attachement inyiolable à lenrs aintérêts.
Depuis le commerce desenropcens avec TAG
frique; les affriqnains sont moins sanguinaires.,
par la certitude de Péchange de leurs prisonniers
contre les denrées europeennes.1 20
Dans cet état de choses, je demande; est il
plus humain d'abandonner un peuple altéré du
sang de son semblable, se livrer à la fureur de
Ea
de
son caractère,
de racheter ces malheureu50 -
que
ses victimes dévouées à la mort et aux festins
sanguinaires duyainqueur, --- Page 262 ---
(IO)
Sans doute des peuples civilisés dont l'ame
exaltée sent 0S vivement le prix de fexistence civile et de ta lberte,préfereront la mort à la
servitude. Et il étoit digne des françois de donner à rEpore l'exemple de ce noble sentiment;
mais des peuples sauyages, homicides, dont
le coeur avili par Thabitude du crime ou de
la servitude, peuvent ils sentir le prix de la liberté sans devenir les assassins de leurs libéra-
-teurs.
V
Aht qu'il seroit dangereux de faire passer rapidemene de Fesclavage à la liberté des hommes
nés avec les dispositions à tous les vices, des
hommés hatrellement indolens barbares', sanguinairos; antropophages. Et si les nations les
mieux policées, 9 les plus donces, les plus humaines n'ont pu subitement secouer le joug dndespotisme et devenir libressans éprouver des commotons violantes, et faire des erreurs dans Fapr
plication des principes établis pour base de
la liberté, Quelsgrands malheurs ne prépareroient
pas aleurope le faux systéme de la liberté des
la supériorité du nombre, et
nègres, quis 4
avoir conexcés E leur crhautéyaprès
paries verti BE en fleuve de sang les sources fécondes de
la prosgérie publique, réduiroient par indici-
ressans éprouver des commotons violantes, et faire des erreurs dans Fapr
plication des principes établis pour base de
la liberté, Quelsgrands malheurs ne prépareroient
pas aleurope le faux systéme de la liberté des
la supériorité du nombre, et
nègres, quis 4
avoir conexcés E leur crhautéyaprès
paries verti BE en fleuve de sang les sources fécondes de
la prosgérie publique, réduiroient par indici- --- Page 263 ---
(it )
pline. et par paresse, en CI un affreux désert, des
colonies que la nature favorise de toute sa fécondité, en procurant aux deux hémispheres,
Pheureux échange de leurs productions. L/idée
elfrayante des horreurs que pourroit entrainer
Pespoir annoncé aux nègres d'une prochaine
liberté, étouffe nécessairement C
le cri de Phuma:
nité et commende Pajournement indéfini d'une
question s!
importante, , i dont 1a2 discution politiquement engagée par les anglais, pourroit OD
en
exaltant notre enthousiasme philantropique, entrainer la ruine de Pétat au moment où nous
esperons.) le regénérer.
ang JIJDI
K ne 35
nonl
Qelle autre idée, en effbi, peuvent se faire Ies,
negres de la liberté, out do de leur existence E
civile
que celle d'une indépendance absolue etde Finvat
d
sion.
oiseb?
Traitez atjourdhui avec donuceur,a avec a humanité. soignez dans leurs maladies, sonlagez
dans leurs imntiemitess's secourus dans" Pétat de
vieillesse - , attachés a une petite propriété ?
quileur procure souventles superftuités du luxe,
souvent plus heureux que nos ouvriers, puisque
leur subsistance' leur est toujours assurée et ne
suit pas la chanee des viscitudes du commerce --- Page 264 ---
(12)
ou.de F'intempérie des saisons ; Ils ne croiront
devoir attacher à Fidée de leur liberté, que le
droit de propriété, et profitant de la supériorité de leur force,ils s'empareroient de nos possessions. Les propriétaires, victimes infortunées
de la révolte, seroient
et massacrés,
R depoullés
et la France perdroit et lavantage précieux - de 3
son commerce 7 et les sommes immenses nou que
les. colons doivent aux
de la metronegocians 1
a a
D
pole.
pigoitit
esicpodtho 50ott Inau
DO Bet - 4 f
1cts ab
ahignin
Il ne faut pas perdre de yuc que les anglaikas
en provoquant la sensibilité françoise, et en excitant ces nobles etrgénéreux mouvemens de
Fame, Si naturels a la nation, il lui ont tendu un
piege bien dangereux.
N'en doutons pas, ils ontespéré, ou de s'em
parer de nos colonies, ou dedevenir leurs protecteurs contre l'insurection des nègres,et de leur
en faire exclusivement Pimportation. Et c'est
ainsi, qu'après avoir abnsé de l'ignorance our
des vices de Fancien gouvernement, par un traité
de commerce aussi impolitique que désastreux,
ils voudrojent aujourd'hui paraliser nos manufacnures,dessécher notre agriculmrea détruire notre
ils ontespéré, ou de s'em
parer de nos colonies, ou dedevenir leurs protecteurs contre l'insurection des nègres,et de leur
en faire exclusivement Pimportation. Et c'est
ainsi, qu'après avoir abnsé de l'ignorance our
des vices de Fancien gouvernement, par un traité
de commerce aussi impolitique que désastreux,
ils voudrojent aujourd'hui paraliser nos manufacnures,dessécher notre agriculmrea détruire notre --- Page 265 ---
(13 )
marine, 2 rendre illusoire notre constitution dont
ils ont calculé, aussi bien que nous, Pinfluence
qu'elle doit ayoir sur nos moeurs et sur notre
industrie.
Les anglais n'ont presque plus aucun intérêt
de conserver. , pour eux , le commerce de la
traite, puisqu'ils sont à la veille de perdre la
Jamaique, 2 Fune de leurs colomies la plus importante, menacée par les volcans etles tremblemens de terre de sa à prochaine ruine.
Cependant, jamais ils n'eurent autant de comp*
toirs en Afrique,jamais ilsne furent aussi attachés
à la traite et dans le moment que le parlement
d'Angleterre agitoit les grands principes d'humanité quitendent à la proscrire, il formoit envers
les Espagnols l'engagement de fournir à leurs
colonies, tous les negres quileur seroient nécessaires; et ne pourroit-on pas soup çonner qu'ils
soudoyent les plumes éloquentes des écrivains
qui soutiennent avec une si grande véhémence
les intérêts des noirs, dans un moment que de
plus grands intérêts devroient les occuper.
Après awoir démontré que Pinterdiction de à
la traite et la déclaration de la liberté des noirs --- Page 266 ---
(14)
seroient aussi - impolitiques rel quie dangereuses on/ent à
fhumanité; aussi désastreuses
notre
pour 6 3 -
commerce, qu'inutiles pour les esclaves qui seroieint
les premieres victimes de leur insubordination
et de leur conquérant. J'examine Tesclavage
sous un autre rapport, et je vois qu'il n'est
précisément pour les nègres que la nécessité
du travail; nécessité commune à tous les hommes
et commandée par le besoin,et qu'il ne diffère
de la domesticité européenne, que parla rigueur
de la discipline, et une sévérité relative à leur
caractère immoral : sévérité que les : amis des
Hoirs ont souvent exagérée, et quipeut et doir
être tempérée par les nouvelles loix constittives, que les colonies sollicitent de Fassemblée
nationale.
La liberté du domestique et du manouyrier
chez les peuples policés, est vendue jour par
jour, et quoique cette classe respectable de
citoyens 32
qui donnent le monvement aux arts
et à Pagriculture, reste moralement libre, elle
est phisiqnement e
liée par les besoins à la servitude, ou au service des riches propriétaires
et - des manufacturiers. Ce n'est donc quie le mot
esclavage gua effraye, Car d'ailleurs, il est de
fait que les nègres sont infiniment plas heureux
dans nos colonies qu'en Afrique,
ue jour par
jour, et quoique cette classe respectable de
citoyens 32
qui donnent le monvement aux arts
et à Pagriculture, reste moralement libre, elle
est phisiqnement e
liée par les besoins à la servitude, ou au service des riches propriétaires
et - des manufacturiers. Ce n'est donc quie le mot
esclavage gua effraye, Car d'ailleurs, il est de
fait que les nègres sont infiniment plas heureux
dans nos colonies qu'en Afrique, --- Page 267 ---
(15).
Sons linffuence de nos moeurs douces et bienfaisantes, ils en recoivent les impressions progressives, ils sont insensiblement excités à l'amour de Pordre, par la subordination; au respect
pour lal propriété, paf leur attachement aux
concessions qui ler sont faites par les colons;
au gout de nos loix, par la protection qu'ils
en reçoivent contre les vexations'; : et cette
protection sera bien phis immédiate et plus favorable pour eux, lorsque Passemblée nationale
aura prononcé les loix constitutives qui, en
détruisant l'arbitraire dans nos colonies, y établiront le régime doux et tempéré d'un gouvernement populaire,
Il restera à desirer, à tous les amis de la li:
berté, ce tems heureux où la philosophie
courant tous
parles empires, fera aimer et adopter les principes de justice, de bienfaisance et
d'humanité, qui devront un jour réunir tous les
peuples et n'en faire qu'une seule et même famille.
Alors les rois se sépareront des préjugés de
puissance et de despotisme > ils verront des
hommes, dans leurs
ils
sujets, Da respecreront leur
liberté, ils la
- protégerontset par un contrat Ou
sOlemnel ils consacreront une paix génerale et éier- --- Page 268 ---
(16)
nelle. Les nations, ne connoissant plus qu'une
rivalité de vertus sociales, seront dans un T4Pport constant de commerce. et de prospérité.
Alors, , plus d'esclaves, plus de servitude, tous
les hommes porteront librement, dans la société,
le.tribut de leurs talens et de leur industrie.
Et c'est à la Francey qu'il sera réservé de
produire cette heureuse révolntion, et de don
ner à la politique, un caractère digne du suprême
législateur de tous les empires.
De lImprimerie de DEVAUX, rue des
Boucheries Sain-Honore,n.7
av
Du --- Page 269 ---
(I)
uscnt Raa
LETTRE
A Mie, DE GOUGES,
En réponfe a celle inférée dans la Chronique de Pariss No. CX/II1, du
dimanche 20 décembre, & datée du
19 du même mois.
à - EPUIS a -
qu'on ne fe bat plus en France, 9
Madame, & qu'on y affalline, il eft peut t-être
très-c convenable de ne
provoquer ceux qui les
les poignards. E qui fe paffe dans
EES prouve affez de quelle maniere la
fociété que vous défendez. 5 & les perfonnes
que vous nous préfentez comme un épouvantail,
auroient reponda à des attaques; jignore cependant les motifs qui ont fait taire le nom de
M. le marquis de la Fayette & de M. le duc
de la Rochefoucault à Tanteur qui a traduit les
Amis des Noirs dans le public comme des confpirateurs, également dangereux à TEurope enà la France & aux Colonies en
Hiere, 9 comme
vous
particulier; mais
ne crois
ainfi que
voulez le dormer : ERA ait été retenu
par la crainte 5 car MM. de la Fayette & de la
Rochefoucault ne me paroiflent pas plus dangercux que leurs autres confreres > qui font tous
Rochefoucault à Tanteur qui a traduit les
Amis des Noirs dans le public comme des confpirateurs, également dangereux à TEurope enà la France & aux Colonies en
Hiere, 9 comme
vous
particulier; mais
ne crois
ainfi que
voulez le dormer : ERA ait été retenu
par la crainte 5 car MM. de la Fayette & de la
Rochefoucault ne me paroiflent pas plus dangercux que leurs autres confreres > qui font tous --- Page 270 ---
(21
nommés & traités comme ils le méritent, dans
la brochure dont vous vous plaignez, 8c l'aureur
de cet écrit me femble un homme à feul grand a feut caractere, qui ne craindroit perfonne, dans de
s'entend. Mais fans entrer
plus grands
détails fur fes morifs, fans m'arréter aux dangers
courir en bravant les Amis des Noirs.
qu'on peut
crois devoir vous direen tout ou en partie, je
au nom de tous les Colons, que depuis de fe long- failir
temps les mains leur démangent
chacun d'un ami des Noirs, & que
& en
d'eux ont
armos
provoqué perfomneliement,
&
des membres très - connus : de cette fociété, Crillon,
& entre autres MM. de Ponrecoulant, de
d'eux
dela Feuillade, & de Lameth(1); quaucun lui étoiene
n'a pas plus répondu aux propos qui fur la conpropres : qu'a ceux Les qui Colons portoient ont donc éré allFrérie en général.
de lâches.
torifés à traiter les Amis. des Noirs,
& d'allalins, de confpirateurs & d'ennemis publics, & à ne pas frop sexpofer avec euxspnif
font égorger en Amérique, & dilfimuS a Paris: deft à quoi je me reférerois l'em- aujoutdhni, Madame, fi ma franchife ne
portoit fur ma prudence. Mais il en enfin eft temps de leur
Que les Amis des Noits fortent
notre
caverne ou ils machinent à la journée
leurs
ruine 8c notre deftruction > quils s'armer jetent d'une
poignards & leurs .manteaux, pour
epée conduite par un bras nu fur une, poitrine:
(1) TI eft jnutile de nommer MM. tout de Mirabeau, le monde
Duport, Claviere , de Viliette, fait dhomneur., que
& inacfaic.eire hors de mefure, en
cellibles à fon langagea aufend
caverne ou ils machinent à la journée
leurs
ruine 8c notre deftruction > quils s'armer jetent d'une
poignards & leurs .manteaux, pour
epée conduite par un bras nu fur une, poitrine:
(1) TI eft jnutile de nommer MM. tout de Mirabeau, le monde
Duport, Claviere , de Viliette, fait dhomneur., que
& inacfaic.eire hors de mefure, en
cellibles à fon langagea aufend Im." 2 - arlautr
gerlo a
bite
3e
pac --- Page 271 ---
(3)
découverte 5 & nous nous montrerons avec plaifie
ce
rous fommes: done a MM. les Amis des.
- Nes propofons Madame,qui vous mettez
Noirs,8 ce
vous, en avant pour eux, & par le
fi
& à défair
SEIE
joural
vous a fait connoitre, la voie de fimde TASE de votre part, par
5 de
prellion, c'eft-a-dire, bien publiquemene ourà celle des:
ie rendre à la plaine de Greneller des
&c de nous y
Sablons, d'y faire faite
fofles,
battre à mort,
DE
condition à cette
Nous ne mettons quine été faires c'eft
propolition qui leur a déjà & en nombres &
colle de Tégaliré en armes
modernes
nous croyons que dans ces tempsi a chantées
d'une philofophic &c d'une équité Amis des FRECE
tout le monde 8c par MM.les
fur-t tout, & ayant pour bafe cette égalité
ne nous la refufera
aet
je réclame, on
de peuple
le déclarons s pour peu quily
REL
nous de milice nationale , nous
toute
ou
penidions
confiance,8 nous nous retirerions,en perfeve- mérité,
rant dans notre jugement qui nous paroit
des faits 5 à moins cependant
& confirmé par ou cette milice ne nous jurât fiur
TA peuple honneur françois, qu'il ne fera que (pectateur & non aéteur dans cette affaire; car nous
déclarons encore que rtous ne voulons ni être
accrochés à la lanterne, ni pourrir dans franche- les cachots du châtelet 5 en. nous montrant aux homment 8c loyalement, 8c en rappelant des fiecles
mes de ce fiecle-ci les preux obfervant paflés. eft
Je terminerai, Madame, en
des quil Noirs
bien extraordinaire que MM. les. Amis --- Page 272 ---
14)
fei doient fervis dune femme pour
los
colons. Quoique votre langage annonce provoquer un courage 8ci des fentimehs au-deflus de votre
& que vous Paroiflez ne pas craindre de fexe, nous
armer les uns contre les autres s nous fommes
bien tentés de croire que c'eft encore une jean-
-lorgnerie de vos Mellieurs. Tout inftrnite
vous: êtes, Madame, vous ne connoiffez que
être Pas ce mots mais entourée d'académiciens peut-
& de
de lettres, vous ne ferez pas
temps oTa en apprendre la lignification long- &
vous renvoie à cux pour une explication je
puyée de preuves.
apJ'ai Thonneur d'être,
MADAME,
Votre très-humble &
très-obéiffant ferviteur, un Colon trèss
aifé à connoitre,
Paris, de 25 décembre 1789.
vous: êtes, Madame, vous ne connoiffez que
être Pas ce mots mais entourée d'académiciens peut-
& de
de lettres, vous ne ferez pas
temps oTa en apprendre la lignification long- &
vous renvoie à cux pour une explication je
puyée de preuves.
apJ'ai Thonneur d'être,
MADAME,
Votre très-humble &
très-obéiffant ferviteur, un Colon trèss
aifé à connoitre,
Paris, de 25 décembre 1789. --- Page 273 ---
24 -
+0010 REPON SEm bb
bnig
- TANIOO SOVE auosoup ooia
AU CHAMPTON N" AMÉRICAIN,
mashnoy EuOy dota1gong sumaimunlaealo a o7b
aslhon
1y108 Or O Voncammnis age Stt maid
ell
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n0e Hrp e9ar
COLONTRESASEA CONNOITREL
sisaon ansaer Onsst
OdUTE
aringy
auo .46173
00 nottt
arreesb-t E BI0OO ab d9
Dees quion.ae seibat plusien Emance;
Monsieury jes convienisiavec vousu qu'on.sty
7msemsisienigeekpusifeis ; qu'iloe estiimpendent
det provoquer les assassinsg mais alréstencore
oplus indiscreby phis dndécent, retw plus sinjustey diattaquer des gens d'honnéur, de les
attaquers de lao manere lai plus.inepters et
cepéndant la plus ealemnienses eni imputant
anmanque de courage à Mode la Fayette,
quel vous craignéz a pentsêtré, anuf fond du
Lemt-leonsdigi-dme) je ne comois point
sce héros magmanime comme vouslei prétendez. Je sais seulementaquie sa réputation est
eintacteysàx valeur commue, son coeur, comme
-coelui de Bayard, sans ipeur, sansreproches;
-à.quinons devroms peut-être le bonhenrdela
France etlepouvoin de la nation.de-n'entre-
€ prendrai pointude justifier S * les S homes
célebres queivous provoquez ;t ils sont tous
militaires et Erançois, et celtitreme suffit
el ponrles croire braves. eno
HI
TIS Mnis, si je vous, imite, 9 Monsieur,
cette espece de déll, jem'écarte un peu trop Par
A
proches;
-à.quinons devroms peut-être le bonhenrdela
France etlepouvoin de la nation.de-n'entre-
€ prendrai pointude justifier S * les S homes
célebres queivous provoquez ;t ils sont tous
militaires et Erançois, et celtitreme suffit
el ponrles croire braves. eno
HI
TIS Mnis, si je vous, imite, 9 Monsieur,
cette espece de déll, jem'écarte un peu trop Par
A --- Page 274 ---
(2)
de mon but en tombant dans Terrear grossiere que vous avez commise à mon égard. des
Cem'est pas la cause des phailosophess déféntamis-des moirs, mejentneprena-as et vous voudrea
dre ; c'estl la mienne de propre, me servir des seules
bien me permettre sont en mon pouvoir. Nous allons :
armes qui
et ce combat singuller, 5
donc gaubrreiser,
ne sera
meurgrace à majeanlorgaerie,
vertus
trier. Vous mn'accordez an-dessuus cependant de mon sexer Je
et du courage
Psans rtrop d'orgueil:
me
Tomarenemet
rinais vous me
prêtez pas mbinsigratuiteImentifemtition de consulter surlalangueet
les acaclémicteris,
mmmmrm de lettres , et tout dle
-lés E savans t agens
plus d'un sot,et
ashoté vallon qui
les
idont je fais fort tng peu
cas 5 excepté
les talens
irwsmtimeel et la
Le mérite
est
LpE
eneur
probité.
il est dénué de ces
sbien peedf-hem-unts
à ce quil
sdeux avantages : mais passons
et que
-m'est important de vous upprendre,
apous ignorez parfaitement:
des
an
quelesamis
tapecinttened d'une femme pour provomoirs se-sontservis colonse Certesil lest bien plus extraor
Aquer les
hommequi annonce quelqu'ése
dinaire qu'un
mêmedela bravoure, 3
prity de la'facilité-et femme d'être
charge une
une leporteurdunear entremise aussi sintel, deveuille; par
decouguliere que rddomaeerue donc
valeur
wagerde ne puis
appréciersote dedom quichotade,
apiccommet unerespece
'une femme pour provomoirs se-sontservis colonse Certesil lest bien plus extraor
Aquer les
hommequi annonce quelqu'ése
dinaire qu'un
mêmedela bravoure, 3
prity de la'facilité-et femme d'être
charge une
une leporteurdunear entremise aussi sintel, deveuille; par
decouguliere que rddomaeerue donc
valeur
wagerde ne puis
appréciersote dedom quichotade,
apiccommet unerespece --- Page 275 ---
(3))
et vous considérer comme, un pourfendenr
de géants et de fantômes qui n'existent. pass.
Je veux cependant, en vous ramenant à la
raison, rire avec vous des maux oir je ne
vois point de remede. Vous avez à combatire
la société des amis des noirs, et moiyj'en ai
A confondre une bien plus terrible, clest
celle de... Le
qui détruit tout,
change à son gré CrerEs arts >: lesi moeurs ete det
justice des hommes, 3 ne changera jamais
Fespritide corps de ceux de quijai si fortement à me plaindre.
On a vu tomber en France, depu-is.quelques mois, le voile de Terreur, de
ture, de Pinjustice, et enfin. les murs
la
Bastille;
Et
mais on n'a pas VEE encore tomber
le despotisme que Vattaque.Je me vois donc
réduiteà essayer de l'abattre. C'est un arbre
au milien d'un labyrinthe touffu, hérissé da
ronces et d'épines.: pour émonder ses branches, il faudroit toute la magie de Médéeu
La conquête de la toison d'or coûta moins.
de soins et d'adresse à Jason
ne vont
ine coûter de tourmens et de que
éviter
ees branches empoisonnées qui
du tort
à l'arbre célebre
L
et au génie des l'homme.
Pour les détruire - , il fant terrasser vingt
dragons dangereux qui, tantôt se transfors
mant en citoyens zélés, tantôt en
flexibles., se glissent par-tout, , et serpens sement
leur venin sur mes onyrages et mor personnel.
Mais, à mon tour, ne dois-je pas, Mone
sieur,a avec plusde raison vous soupçonrier
A 2
isonnées qui
du tort
à l'arbre célebre
L
et au génie des l'homme.
Pour les détruire - , il fant terrasser vingt
dragons dangereux qui, tantôt se transfors
mant en citoyens zélés, tantôt en
flexibles., se glissent par-tout, , et serpens sement
leur venin sur mes onyrages et mor personnel.
Mais, à mon tour, ne dois-je pas, Mone
sieur,a avec plusde raison vous soupçonrier
A 2 --- Page 276 ---
(4))
devous être mis' vous-même honorablement
ensa avant pour cette faction rampante qui
slest élevéercontre l'esclavage des negres?
Qu'imspatez-vons lesemnenpeigbagntsr
vous: anl'auteur B Est-cedavoir cherché à
faire égorger enr Amérique les colons,et
d'avoir etelagent d'hommes que je connois
moins 3 quesvous, qui peutêtre n'estiment
pas: toutes mes productions-depuis qher Jai
montré que l'abus de la? liberté avoit produit beaucoup de mak PVous me connoissez
bien peu. J'étois l'apôtre d'une douceliberté
dansle temps. même du despotisme. Mais
véritablé Françoise, Pidolatre ma patrie : j'ai
tout sacrifié
elle; je chéris au même
degré mon et 1 et je donnercis mon sang
ponrluilirendre tout ce que ses vertus et sa
tendresse paternelle méritent. Je ne sacrifierois nimon roi à ma patrie, ni ma patrie
à mon.roi, mais je me sacrifierois pohur les
sauver: ensemble, bien persuadée que Pun
ner peut exister sans l'autre. On connolt
Thomme, diton; par ses écrits. Lisez-moi,
Monstenr's deptis ma lettre au perple
ma
la nation, et vous y
Ve
quesuà
lettred
connoitrezy 'ose-m'en flatter, un a coeur et
un csprit véritablement François: Les partis
extrêmes ont toujours craint et détesté mes
productions. Ces denx partis, divisés par des
antérêts opposés, sont toujours démasqués
dans mes écrits. Mes maximes invariables,
mes sentimeris incorruptibles , voilà mes
Royaliste: et véritable patriote,
FesATL ala mortyjeme montre teile queja
suis.
&
lettred
connoitrezy 'ose-m'en flatter, un a coeur et
un csprit véritablement François: Les partis
extrêmes ont toujours craint et détesté mes
productions. Ces denx partis, divisés par des
antérêts opposés, sont toujours démasqués
dans mes écrits. Mes maximes invariables,
mes sentimeris incorruptibles , voilà mes
Royaliste: et véritable patriote,
FesATL ala mortyjeme montre teile queja
suis.
& --- Page 277 ---
(5)
Puisque j'aile courage designer cet écrit,
montrez-vous de même, et vous obtiendrez
mon estime qui n'est' pas peut-être indifférente pour un galant homme: car je Vaccorde anssi difficilement
Je puis m'élever -
jusqu'a que ce grand Jean-Jacques. homme
par la juste défiance qu'il eut des hommes :
j'en ai peu rencontré de justes et de vérita-.
blement estimables. Ce n'est pas de légers
défantsque jeleur reproche ; mais leurs viCes, leur fausseté et leur inhumanité exercées sans remords sur les plus foibles. Puisse
cette révolution régénérér l'esprit et la conscience des hommes, et reproduire le véritable caractere François! Deux mots encore,
je vous prie.
Je ne suis point instruite comme il vous a
plu de m'en accorderla gloire. Peut-être un
jour mon ianorance attachera quelque célébrité à ma mémoire. Je ne sais rien, Monsieur; rien, , vous disje, et l'on ne m'a rien
appris. Eleve de la simple nature, abandonnée à ses seuls soins, elle m'a donc bien
éclairée * puisque vous me croyez parfaitement instruite. Sans commoltrelhistoire de,
l'Amérique, cette odieuse traite des negres
a toujours soulevé mon ame, excité mon
indignation. Les premieres idées dramatiques
jai déposées sur le papier, furent
Setir de cette espece d'hommes tyrannisés avec cruauté depuis tant de'siecles. Cette
foible production se ressent peut - être un
peu trop d'un début dans la carriere dramatique. Nos'grands hommes mêmesn'ont pas
ement instruite. Sans commoltrelhistoire de,
l'Amérique, cette odieuse traite des negres
a toujours soulevé mon ame, excité mon
indignation. Les premieres idées dramatiques
jai déposées sur le papier, furent
Setir de cette espece d'hommes tyrannisés avec cruauté depuis tant de'siecles. Cette
foible production se ressent peut - être un
peu trop d'un début dans la carriere dramatique. Nos'grands hommes mêmesn'ont pas --- Page 278 ---
(6)
tous commencé comme ils ont fini, et Hr
essai mérite toujours quelguindulgence Je
puis donc vous attester,. Monsieur,. que les
amis des noirs n'existoient pas quand jai
COICu ce sujet, et vous deviez plutôr préste,
mer, si la prévention ne vouS eût pas aveuglé, que c'est pentêtre d'aprés mon drame
que cette société s'est formeesour que jalew
Theureuxmériter edeme rencontrernoliemaeot
avec elle. Puisse-t-il en former une plus gér
nérale, et l'entrainer plus souvent d sa représentation 1 Je n'ai point voulu enchainer
ropinion du public a mon
: jai,
attendu avec patience son
retour
ReS
en faveur dece drame, Avec quelle satisfaotion je me suis entendu dire de toute, part 7
que les changemens que j'avois faits répandoient sur cette piece un' grand intérêt qui
ne pourra
e'augmenter, quand le DUT
blic va être Tarntr que, depnis
moisa
j'ai dédié cet ouvrage à la CR et
Ten aiconsacre le produit a la caisse Ete
tique; établissement dont jai présenté le
projet dans ma lettre au peuplerg publiée
depuis dix-huit mois ! Cette priorité m'aum
torise penit-être sans: vanité, à m'en re+
garder comme l'autenr. Cette brochure fit
beauconp de bruit dans le temps, fut de
même critiquée, et le projet qu'elle offroit
n'a pas été moing réalisé avec succès. Je
devois vous instruire, ainsi que le puhlic,
de ces faits qui caractérisent l'amour que
j'ai pourle véritable caractere François, et
les efforts queje fais pour sa conservation,
-huit mois ! Cette priorité m'aum
torise penit-être sans: vanité, à m'en re+
garder comme l'autenr. Cette brochure fit
beauconp de bruit dans le temps, fut de
même critiquée, et le projet qu'elle offroit
n'a pas été moing réalisé avec succès. Je
devois vous instruire, ainsi que le puhlic,
de ces faits qui caractérisent l'amour que
j'ai pourle véritable caractere François, et
les efforts queje fais pour sa conservation, --- Page 279 ---
La
(7)
Jene donte pas que-lacomédie; touchée de
ces actes dezele, 9 ne conspire adonner dés
Joureiawerobles()a la représentation dece
drameyauqbelje ne Teitnolisimiberquolilo
-s'intéresse infiniment. Elle m'en la domné
des preuvesque je ne'puis révoquerien dou-
-te. L/autoor, la comédie et le public contribueront ensemble, en maltipliant leurs
plaisirs, 3 à grossir les fonds de la caisse
-tOis patriorique iles
sui-pent seule sauver l'état,si
citoyens reconnoissent cette vérité.
oJedois encore observere que dans ces représentations patriotiques, 2 plusieurs
isonnes ont paydsouvenit au-dessus
places. Si
Mbibams
oelle-ciprocnit la même
sion de L coeur, il tifaudra distinguer disposi- les
fits-della caeapsiteiodimerdies - droits de
scomédie.
aERe
etion dela Uneliste exaete remise à la Tapait des comédiens, domnera a
preuve delordre éeduzele-de éesnouveats
citoyens. O
r
l'espere, Monsieur; etjose m'en flatter,
Toale d'sprés les fcldineissemmens que je vous
ale
surTescliavaige des nègres, vous ne
poursuivrez plus, ergeyenrdovandres
"au contmatre'le-velé Troechetirdetorurame
enle faisantmeme représenter enAmérique, ;
(1) Chacun sait que-lorsque les comédiens ne
nent pas a un auteur tout lintérét, possible, ils ne
accordent
Rrea
les' mauvais pour jours, la représenration de son ouvrage. que
vendredis
c'est-à-dire 7 les mardis, jeudis et
qu'avec des ," et pieces encore nerepresenrent-als le plus souvent
concours ct Talluences, usées,er peu susceptibles d'attirerle --- Page 280 ---
(8)
ilraménera toujours leshommesnoirsileurs
devoirs, en 'attendant des colonscét de la
nation françoise l'abolition de la traite,
et un sort plus heureux. Voilà les
sitions quej j'ai montrées dans cet ouvrage. dispoJe n'ai point prétendu, d'après les circonstances, en faire un flambeaud de discorde,
mnsignal d'insurrections jen ai, an contraire, depuis, adonci l'efiet. Pour
que
vons doutiez de cette assertion,
je
vous
TbeL
prie, Vheureuz naufiage imprimé
depnis trois ans S7 et si jai fait quelqlallision à des, hommes chers à la France, ces
allusions ne sont point nuisiblés, à d'Ameriqnes C'est ce dont Yous serez convainou
a la xepréscntationile cette pieces si-vous
wvoulez me faire lhonneur d'y venir. Cest
alans ce douxi espoir que je vous. prie de
me croire, Monsieur, malgré notre petite
discussion littéraire, suivant le protocole
reçu, votre très-humble servante, VEI 1
DEGOUGE
Dax se Paris, le 18 janvier
Y
-
1790.
nuisiblés, à d'Ameriqnes C'est ce dont Yous serez convainou
a la xepréscntationile cette pieces si-vous
wvoulez me faire lhonneur d'y venir. Cest
alans ce douxi espoir que je vous. prie de
me croire, Monsieur, malgré notre petite
discussion littéraire, suivant le protocole
reçu, votre très-humble servante, VEI 1
DEGOUGE
Dax se Paris, le 18 janvier
Y
-
1790. POSTISCRIPT - U M.
J'aurojs cru me compromettre, sijavois répondu dans
lecorps de cette lettre à toutes les ordures qu'un infâme
libelliste vient der répandre sur mon compte
$ mnercenaite. Il mefuffit derappeller au public, danssa pour feuille coRfondre cet abominable calommiateur,. laleuretionteaM.le
duc d'Orléans, La motion, ou séance royale. Le public reconnoitra que T'employai auprès de cc prince la voix de
P'honneur pour le ramenera son
3 écarté; mais en memé-emps ces écrits devoir, le s'ils'en éroit
s'il étoit coopable.Fg-erevilfos en effer, démasquoienr, mais ce dont
je suis
a vient de convaincue, C'est que mon fils a été sacrifié et
perdre sa place dans la maison de ce
Voilà ma justification.
a
prince. --- Page 281 ---
AD RES SE
A UX
FR ANCOIS,
CONTRE la Société des Amis des Noirs.
PAR M. DUTRONE LA COUTURE, Docteur
en Médecine, 3 Auteur d'un ouvrage qui a pour
titre : Précis far la Canne & fur les moyens
d'en ektraire le Sucre, 8c, &c. --- Page 282 ---
A VI S
DE IE DITEUR
CETTE Adreffe eft pour fervir de fuite
aux vues générales fur l'importance du
Commerce des Colonies, s fur le caraotère
du Peuple qui les cultive & fur les
moyens de faire la Conftitution gui
leur convient. --- Page 283 ---
AD RESSE
AUX
FR ANÇOIS,
CONTRE la.Société des amis des Noirs.
PAR M. DUTRÔNE LA COUTURE, Docleur
en Médecine.
Arxis trois fiècles de guerres & de combats,
après trois fiècles de travaux inouis, les Européens commençoient a jouir en paix de la
conquète du nouveau monde,
Réunis aux' peuples d'Afrique, ils fertilifoient
de leurs fueurs les champs jadis incultes &:
baignés du fang de plufieurs millions d'hommes.
Une vie laborieufe &c domeftique, effaçcoit
de leur fouvenir ces feènes.hortibles, enfanglantées par leurs ayeux. Depuis long-tems le
befoin,T'amour, l'humanité ( ces trois puiffances
qui égalent tout) ) uniffoient entr'euxfur une terre
étrangère, des hommes que la nature fembloit
avoir elle-mème féparés pour jamais. Confondus
&c réunis par les fentimens les plus chers, déjà
A 2
ieufe &c domeftique, effaçcoit
de leur fouvenir ces feènes.hortibles, enfanglantées par leurs ayeux. Depuis long-tems le
befoin,T'amour, l'humanité ( ces trois puiffances
qui égalent tout) ) uniffoient entr'euxfur une terre
étrangère, des hommes que la nature fembloit
avoir elle-mème féparés pour jamais. Confondus
&c réunis par les fentimens les plus chers, déjà
A 2 --- Page 284 ---
(4)
l'efpace qui les féparoit n'étoit plus guère fenfible qu'a leurs yeux &c-commençoit même
à leur échapper. Leur fociété en préfentantitons
les âges de Phomme, offroit le tableau de cette
vie Pattjarchale dans laquelle on reporte le bonheur de lâge d'or, qui n'exifta peut-être jamais
& qu'on trouve aujourd'hur dans quelquesplaines
du nouveau monde.
Le Nègre mille fois plus fortuné que le
Payfan de nos campagnes 5 libre de toute inquiérude, vivoit tranquille auprès des Blancs chargés
de veiller fans celle-à tous fes befsins. 11 étoit
heuréux, s'il eft pollible que l'homme foit henreux. Il l'étoit fur-tout par le génie, par le
caradlère, par Thumeur douce & facile des
François qui de tous les Européens, ont mis
dans leur fociété avec T'Afriquain le plus de
digniré, d'humanité &c de juftice.
Cette fociété de deux races qui préfentent
les deux extrémités de T'efpèce humaine dans
un mélange, dans une. union dont le tableau
offreauxyeux du véritable philofophe une variété
infinie de couleurs, de nuances phyfiques &c
morales que l'efprit ne peut failir & que limagination mème'a peine à concevoir; cette fociété
dis-je formée d'abord par le befoin, unie maintenant par tous les fentimens, par tous les --- Page 285 ---
(5)
intérèts, étoit pour la France, 21 depuis quelques
années, la fource d'un commerce immenfe.qui
fait feul, aujourd'hui, la richeffe & la paiffance
de cet Empire.
Cette fociété fondée feulement fur la vénération factée qu'infpire la grandeur &ci les bienfaits du Blanc, étoit l'image la plus vraie du
bonheur dont'Thomme puiffe jouir fur la terre.
Semblable au père de famille. chéri de fcs
enfans, le Blanc dormoit profondénuentan milieu
de fos Nègres armés. Lui feul,fans vetrouils.,
fans armes étoit gardé par le refpect, par
lamour &, la reconnoiffance. Eh bien! cette faciété, qui mieux conrue feroit l'admiration'da
fage,ett peut-être, dans ce moment, diffoute
pour jamais. Des méchans ont conjuré fa perte ;
des hommes qui fe difent les Amis des Noirs
& qui font les ennemis des Blancs,
dormoit profondénuentan milieu
de fos Nègres armés. Lui feul,fans vetrouils.,
fans armes étoit gardé par le refpect, par
lamour &, la reconnoiffance. Eh bien! cette faciété, qui mieux conrue feroit l'admiration'da
fage,ett peut-être, dans ce moment, diffoute
pour jamais. Des méchans ont conjuré fa perte ;
des hommes qui fe difent les Amis des Noirs
& qui font les ennemis des Blancs, infpirés
une puiffance toujours rivale de la France,
E cachent fous le manteau de Thumanité pour
égorger leurs fréres.
Inftrumens avengles & fanatiques d'un miniftère jaloux; qui depuis long-tems médite en
fecret Thorrible deftruction des Colonies, vous
foulevez des enfans contre leurs peres, vous
ofez demander au Sénat augufte de la France
qu'il béniffe les poignards dost vous armez leurs
A 3 --- Page 286 ---
(6)
mains. Ah !1 barbares, arrètez ; le fang que vous
voulez répandre eft Je fang des François.
Sourds aux cris delhumanité, infenfibles aux
gémillements'de voS frères vous voulez dans
votre frénéfie, vous voulez, infenfés, bouleverfer
encore une Fois le nouveau monde, en portant
le fer 8cla Aamme par-tour ou règne aujourd'hui
la paix. Vous voulez d'un feul coup confommer
la ruine entière de votre pattic.
Un peuple pailible, heureux vous enrichit
par fes travaux de productions immenfes &c
vous cherchez a Tégarer; vous l'entrainez dans
une guerre-horrible qui va changer en un inftant
la face de l'univers.
Mais non ce n'eft pas vous, François, je ne
puis le croire; c'eft l'Angleterre qui vous féduit
& vous trompe. C'eft elle quipvoulant abufer
de la générofité de votre carackère, vous Aatte
d'une efpérance folle & chimérique, pour vous
précipiter dans un abime de maux affreux,
Elle vous invite à lever dans le nouveau
monde l'étendart de la liberré, &c vous: n'êtes
pas libres vous-mèmes. Quand vous le ferez
François, foyez unis; que vous importe l'Angleretres que vous-importe les autres Narionss
vous ferez le peuple le plus puilfant de Tunivers,
de votre carackère, vous Aatte
d'une efpérance folle & chimérique, pour vous
précipiter dans un abime de maux affreux,
Elle vous invite à lever dans le nouveau
monde l'étendart de la liberré, &c vous: n'êtes
pas libres vous-mèmes. Quand vous le ferez
François, foyez unis; que vous importe l'Angleretres que vous-importe les autres Narionss
vous ferez le peuple le plus puilfant de Tunivers, --- Page 287 ---
(7)
alors vous portérez par-tout le bonheur & la
paix.
Quoi! parce que l'Anglettetre ne peut aujour.
d'hui vous faire la guerre, vous croyez à da
dont elle vous leurre, Plus exercée
paie générale
a
que vous dans la pplitique, art profond & caché
qui fe couvre de forfaits, ce n'eft pas la paix
que cherche l'Angleterre, au moins pour vous ;
elle voudroit vous voir déchirés par vos propres
mains.
Habile dans fes détours, elle voudroit élever
contre vous l'empire aveugle del'opinion. Obfervezavec quelle adrefle elle
dirige le ton des écrits
& T'humanité des prétentions desamis des Noirs.
Vous les avez vus d'abord demander la liberté
des Negres,-puis les moyens de les e
préparer
à la liberté, aujourd'hui,i ils demandent Iabplition dela traite. Obfervez comme ils femblent
diminuer de leurs prétentions à mefure quils
voyent la Nation s'éclairer davantage far limportance des Colonies.
La traite eft odigufe, difent les Amis des
Noirs: ; c'eft un comnerce infame qui dégrade
Phomme & révolte P'humanité.Amis a des Noirs,
ce font vos'calomnies, ce font vos infinuations
perfides & criminelles qui font odieufes. Pour1 guoi n'êtes-vous pas les Amis des Françoisque
A4 --- Page 288 ---
(8)
vous favez être efclaves à Tunis, a Alger?
Pourquoi n'ètes-yous pas.les Amis des Blancs
que vous favez être efclaves ren Ruflie, en
Pologne, en Grèce', en Turquie, &c Amis
des Noirs, G vous étiez réellement Amis de la
liberté, fi vous étiez réellement infpirés par
T'humanité, gardertez-vous le filence fur ce
commerce vraiement infâme que font quelques
Souverains de FEurope, en vendant leurs fajets
au prix le plus vil, pour aller égorger leurs
femblables.
Amis des Noirs, fi vous étiez infpirés par
Phumanire,vos penfécs fe porteroient-elles dans
un autre monde, fur un peuple étranger, tandis
que parmi vous des milliers de François ( vos
frètes) efclaves de la néceflité, font en proie
a tputes les horreurs de la mifère.
Amis des Noirs, quand des milliers de malheureux défféchés parl le befoin, implorent votre
pitié vous détournez les yeux. Avez-vous vu. A
dans les campagnes, fi dans les villes, fi dans
les hopitaux vous n'aviez plus de parens à qui.
donner des foins,vous n'aviez plus de miférables
à fecourir ? Quel frait voulez-vous donc tirer
de la liberté, files Francois, fi voS frères font
les derniers à jouir de fes bienfaits?
L'Affemblée Nationale a déclaré, dites-vons
pitié vous détournez les yeux. Avez-vous vu. A
dans les campagnes, fi dans les villes, fi dans
les hopitaux vous n'aviez plus de parens à qui.
donner des foins,vous n'aviez plus de miférables
à fecourir ? Quel frait voulez-vous donc tirer
de la liberté, files Francois, fi voS frères font
les derniers à jouir de fes bienfaits?
L'Affemblée Nationale a déclaré, dites-vons --- Page 289 ---
(9)
Amis des Noirs, que les hommes naifent libres
& egaus en droits ; oui, fans doute elle Fa
déclaré : mais que fignifient ces mots ? que
tousl les êtres de T'efpèce humaine font hommes :
c'eft-à-dire qu'hommes ils naiffent, hommes
ils vivent, hommes ils meurent, Elle n'a dit
& n'a rien voula dire de plus.
Amisdes Noirs, l'Affemblée Nationale a-telle
déclaré que l'efpèce humaine n'étoit pas formée
de plufieurs races ? PAffemblée Nationale a-t-elle
déclaré que les différentes races de cette efpèce
avoient, dans toutel'étendue du globe, égalité
de befoins, égalité de facultés?
L'Affemblée Nationale a-t-elle déclaré que
des hommes de différentes races,appellés à vivre
en fociété, 5 partageroient également les bénéfices
1 to
de cette fociété quand ils concouroient inégalement à fes charges?
L'Affemblée Nationale n'a-t-elle pas décrété
que tous les hommes nés en France 3 vivans en
France, payeroient le droit de Citoyen du prix
de trois journées ? N'a-t-elle pas encore décrété
que tous les Citoyens payeroient 54 livres le
droit d'ètre Députés ? Cependant, Amis des
Noirs, elle avoit déclaré que tous les hommes
naiffent libres & égaux en droits.
Amis des Noirs, apprenez-nous donc quels
A 5 --- Page 290 ---
(10)
font ceshommes nés en France, vivans enFrance
& quine font pas Citoyens - , guard PAffemblée
Nationale a déclarélégalité de droits ? Pourquoi
donc cette inégaliré dans la mème race? fi ces
homies dont le nombre eft le plus grand,
difoient aujourd'hui qu'ils veulent, d'après la
déclaration de l'égalité de droits,, établit aufli
l'égalité de partages, Amis des Noirs, que
diriez vous de cette juftice ? ne feroit-elle pas
un aéte d'humanité ? car enfin ils ont - égalité
de befoins, de facultés'; ils concourent également.aux charges de la fociéré; cependant ils
en font exclus & pour comble de malheurs,
ils fentent que fous tous les rapports, ils font
VOS égaux & quelquefois même yos fupérieurs
en talens,
Amis des Noirs, fi vous étiez réellement
infpirés par la liberté, iriez vous demander pour
une race étrangère, la dernière des races, des
droits qu'én refufe à voS frères;, qu'ont-ils fait
pour 1a
être rejettés du. fein de fa famille ? Si
vous étiez réellement infpirés par la liberté, l'on
vous verroit réclamer pour eux leurs droits
imprefcriptibles aufli-tôt méprifés que reconnus.
Ils font hommes comme vous, Amis des Noirs,
Européens s François comme vous 5 ils ont
comme vous égalité de befoins; ils ont comme
races, des
droits qu'én refufe à voS frères;, qu'ont-ils fait
pour 1a
être rejettés du. fein de fa famille ? Si
vous étiez réellement infpirés par la liberté, l'on
vous verroit réclamer pour eux leurs droits
imprefcriptibles aufli-tôt méprifés que reconnus.
Ils font hommes comme vous, Amis des Noirs,
Européens s François comme vous 5 ils ont
comme vous égalité de befoins; ils ont comme --- Page 291 ---
(ii )
vous égalités de facultés ; comme vous ils habi:
tent la France &cils ne forment point rde fociété,
les malheureux n'ont point de patrie. Encore
fileurs maitres étoient forcés de les nourrit >
sils étoient forcés de les défendre contre tous
les beroins, contre toutes les misères ; s'ils
étoient forcés de les difputer à la mort; mais
non efclaves de la néceflité ils font livrés à
toutes fes horreurs ; Et: vous ofez, Amis des
Noirs, parler, des Nègres quand des millions
de François, conquérans de votre liberté, font
remis dans les fers; pour eux feuls la France
n'a point changé,
Sans confidérer quel eft le Nègre en lui-mème,
fans confidérer quel eft fon fort en Afrique, fans
confidérerla yie paifible &cheureufe dont il jouit
dans fa fociéré avec les.François, fans confidérer
quelles font nos Colonies, quels font leurs rapports & leur importance, > vous prétendez, Amis
dest Noirs, que la déclaration desdroits de Phomme entraine celle de la liberté des Nègres
&vous ofez didter à P'Affemblée Nationale le
Décret de leur liberté.
>) L'Affemblée Nationale ne fouffrira pas plus
32 long-tems, dites-vous, l'achat & la vente
>> d'aucun individu de l'efpèse bumaine 3 nous
2> croyons que l'on pourroit par la fuire abolir
A 6 --- Page 292 ---
(1)
* entièrement l'efclavage & fupprimer dès-d3> préfent Ja traite fans ruiner les Colonies,
puifque, > comme le prouve l'exemple de plu-
>5 fieurs habitations, il ne faut que des foins
>9 & de. l'humaniré pour maintenir la population
N des Nègres efclaves, Enfin nous déclarons que
99 nous navons jamais eu d'autres intentions que
5 de procurer dans l'état des Noirs, des amé-
> Hiorations que la juftice & T'humaniré récla3 ment, & qui loin de nuire a la culture des
A Colonies, ne. peuvent que la favorifer & la
* faire ptofpérer (1).
Voilàdonc, Amis des Noirs, votre profellion
de foiion n'en peur plus douter, vous l'avez
publice.
Mais qu'eres-vous, 3 amis dés Noirs ? Quels
font vos intérêts : Que demandez-vous ? Quel
eft votre but ?
François, ces queftions doivent fixer toutes
votre attention 5 elles portent fur le fort dela
France :
Apprenez quel les amis des Noirs font for tis
du fein de vos plus cruels ennemis 3 apprenex
qu'ils entretiénnent correfpondance avec les Anglois.
(1) Journal de Paris, No. 348-an 1789.
e.
Mais qu'eres-vous, 3 amis dés Noirs ? Quels
font vos intérêts : Que demandez-vous ? Quel
eft votre but ?
François, ces queftions doivent fixer toutes
votre attention 5 elles portent fur le fort dela
France :
Apprenez quel les amis des Noirs font for tis
du fein de vos plus cruels ennemis 3 apprenex
qu'ils entretiénnent correfpondance avec les Anglois.
(1) Journal de Paris, No. 348-an 1789. --- Page 293 ---
(i3 )
Vous demanderez peut-être quel eft le Caradère de leur Socicté, de quel droit elle
s'affemble ? Vous demanderez fi elle a fanétion
de l'AfTemblée Nationale, ou du Roi ? Non
certes ; elle n'eft donc.. qu'un attroupement
qui pour n'être pas fur les places publiques
n'en eft que plus dangereux.
Quels font leurs intérêts P Ils les couvrent du
manteau de l'humanité.
Que demandent-ils ? L'abolition de la traite P
Non François 3 lifez bien leur profeflion de
foi; profellion qui n'eft pas- anfi fimple qu'elle
le paroît.
Pourquoi G les amis des Noirs ne demandent
que l'abolition de la traite, s'exptiment-ils d'abord.en ces termes ; PAfembléc Nationale ne
foufrira pas plus longetemps la vente & Pachat
d'aucun individu de l'efpèce humaine.
Croyez-vous, François, qu'après un tel Décret
les Negres ne feroient pas libres; 3 car qui pourroit, dans. nos Colonies, vendre ou acheter
(1) Si l'Affemblée Nationale ofoit décréter l'abolition
de la traite, à linftant, la fciflion des Colonies feroit
opérée, fans que rien pit T'empècher.Les Coloris agités --- Page 294 ---
(14)
un Nègre: Ce-Décret tn'auroit d'action que pour
elless puifque lest autres Nations, les Defpotes
d'Aftique ne: feroient pas arrêtés par les avis
des Amis des: Noirs, ni par les Décrets de
TAfembil-e:NationsleVous voyez,. François, le piège que vous
tendent les Amis des Noits. C'eft après avoir
propofé le projet de Décret pour la liberté des
Nègres qu'ils difent bonnement , nous croyons
que Fon: pourroit par la fuite abolir entièrement
l'efclavage & fapprimer das-d-préfent la traite
fans ruiner_les Colonies.
Sur quel fondement porte la croyance des
Amis des: Noirs? fur ce qu'il elt pollible de
maintenir la. population des Nègres. Mais - 2
François, il in'ef past feulement queftion de
maintenir. cette-population; il faut encore l'augmenter; car s'il eft prouvé qu'on peut la maindepuis fix mais entre les fentimens qui les attachent
à leur patrie & les calculs de l'intérêt, n'auroient plus
à balancer. L'inquiétude n'a déjà que trop affoibli
leurs affections pour la France, & peut-être les Amis
des Noirs fervent, danscemoment, beaucoup plus qu'ils
ne l'imaginent, la fortune"& les voeux fécrets des
Blancs dont. ils femblent êtreles ennemis.
; car s'il eft prouvé qu'on peut la maindepuis fix mais entre les fentimens qui les attachent
à leur patrie & les calculs de l'intérêt, n'auroient plus
à balancer. L'inquiétude n'a déjà que trop affoibli
leurs affections pour la France, & peut-être les Amis
des Noirs fervent, danscemoment, beaucoup plus qu'ils
ne l'imaginent, la fortune"& les voeux fécrets des
Blancs dont. ils femblent êtreles ennemis. --- Page 295 ---
trs)
zenir, ileft prouvé davantage qu'il n'ya pas
une habitation dans nos Colonies qui r ait le
nombre de Nègres qu'elle peut:employer à fa
culture. Ore eft-ce ena abolifant la traite que la population pourraa augmenter & pourra-t-elleceffer
d'augmenter fans nuire aux. Colonies ? Non
fans doute.
Quel eft le but de la fociété des amis des
Noirs 2 D'améliorer la condition des Nègres ?
Qui de vous, amis des Noirs a a vu les Colonies? qui de vous a examiné leurs cultures,
leurs manufactures? qui de vous à réfléchi fur
l'importance des denrées qu'elles produifent,
fur l'étendue des avantages qu'elles affarent à
la France? Qui de vousià étudié le caraétère
de T'homme Negre 2 Qui de vous connoit les
rapports & les biens de fa fociétéavec'les blancs?
qui de vous connoit fa condition aétuelle ? Quoi!
vous ofez pour améliorer fon fort, propofer
d'abolir la Traite.
Lorfque le nombre des Nègtes ne pourra
plus s'accroitre la fomme du travail aura-t-elle
diminué ? Cette fomme ne reftera-t-elle' pas
toujours la même ? Le feul moyen d'en alléger
le fardeau, n'elt-il pas d'augmenter le nombre
de ceux qui le portent? Et vous ofez dire qu.en
aboliflant la Traite., vous croyez améliorer --- Page 296 ---
((2161)
le fort dul Nègrey 1& vous voalez perfuader
qu'en diminuncle-nombre des cultivateurs, vous
favoriferezl la culture des Colonies & les moyens
de les faire profpérer, Mais peut-il y avoir d'autres moyens que les bras des Noirs; & Tadtivité des Blancs? EOE
Amis des Noirs, fi les Nègres pouvoient fe
faire entendre, ilsi vous demanderoient au nom
de Phumanité, delese enlever des contrées barbares qui les ont vu naitre (1). S'ils pouvoient
(I) Les premiers Hiftoriens qui ont écrit 2 furlAfrique
apprennent que tous les peuples de cette terre barbare
étoient prefque toujours en guerre 3 qu'ils mangeoient
leurs ennemis ou qu'ils les faifoient mourir dans des
fupplices affreux. Depuis que les Européens ont achetéles Nègres pour Jeur faire cultiver les Colonies, les
peuples d'Afrique ont. ceffé de manger leurs prifonniers, ils ont ceffé de leur donner la mort; ces malheureux font devenus l'objet de leurs foins &c l'intérêt
a veillé à leur vie, à leur fanté.
Si Fon aboliffoit aujourd'hui la traite, qu'on fe
garde de croire que les peuples d'Afrique refteroient en
paix; ils fe feroient la guerre comme autrefois, ils
mangeroient ou ils tueroient leurs ptifonniers. La traite
eft donc un bien pour les Nègres; l'efpoir de les
vendre avantageufement fait que les Defpotes cherchént
moins à affoiblir leurs ennemis en en diminuant le
gombre par la mort, qu'en les faifant çaptifs.
qu'on fe
garde de croire que les peuples d'Afrique refteroient en
paix; ils fe feroient la guerre comme autrefois, ils
mangeroient ou ils tueroient leurs ptifonniers. La traite
eft donc un bien pour les Nègres; l'efpoir de les
vendre avantageufement fait que les Defpotes cherchént
moins à affoiblir leurs ennemis en en diminuant le
gombre par la mort, qu'en les faifant çaptifs. --- Page 297 ---
(77)
fe faire entendre, ils vous demanderoient de a
les confervera leurs Maitres & d'appeller leurs
frères sa partager leurs peines & leurs plaifirs.
François, confidérez le Negre en Afrique - 5
ily eft le plus malheureux de tous les hommes.
Ses biens, fa perfonne, fa vie font fans ceffe le
jouet des tyrans qui le commandent. Sauvage &
yagabond, il ne peur échapper à la barbarie de
fes Chefs ; & quand vous lui prétez un bras
fecourable pourl'enleveral l'inertie, aux tourmens,
à la mort, on ofe vous accufer d'inhumanité.
Quand vous appellez cet homme a votre focicté, quand vous vous chargez de pourvoir à tous
fes befoins, quand vous vous livrez a tous lés
foins de fon éducations enfin quand vous lui
créez une ame, on voudroit perfuader que vousêtes méchants. Quand le Nègre pour prix de vos
fentimensy pour prix de vos bienfaits, 5 Vous rerd
par for trayail le peuple le plus riche & le plus
puiffant de PUnivers, l'Angleterre, jaloufe
de votre profpérité 2 veut foulever Par
Silon compare l'état de domeflicité des Nègres dans
les Colonies, 3 avec l'efclavage des Delpotes d'Afrique,
l'on verra que Phumanité doit fe joindre à la politique
pour dépeupler, s'il eft poflible, cette. terre barbare. --- Page 298 ---
(185
fes calomnies toutes les Nations contre vousNen,. François 2 vous n'abolirez point la
Traite, vous la ferez. pour le bonheur du Negre, pour le bonheur de fa poftérité, Vous
annoblirez ce Commerce, en lui donhant Phumanité Pour principe. Enlevez, s'il fe peut, tous
les Nagres de T'Affrique, & que cette terre barbare (l'empire de la férocité) abandonnée déformais de l'elpèce humaine,ne ferve plus.que
de repaire aux lions & aux tigres,
François, Thumanité n'elque le prétexte des
infinuations de LAngleterre; fon exiftence politique fait feule l'objet de tous fes foins, de
toutes fes inquiétudes. Elle voudroit élever une
barrière entre les François d'Europe & les Fran.
çois du nouveau monde. Elle voudroir au Prix
de fes Colonies vous faire perdre les vôtres.
Maitrefle de l'Inde, maitrefle de P'Affrique ),
elle deviendroit, fans que vous pulliez Fen empêcher, fouveraine de toutes les Mers - 5 toutes
les Nations feroient fes Tribulaires & la France
plus qu'aucune autre.
Calculez bien ce que lAngleterre ,1 ce que
la France peuvent perdre dans Pabolition de la
Traite, dans l'affranchiffement des, Nègres des
Iles. Le revenus de toutes les Colonies An-
.
Maitrefle de l'Inde, maitrefle de P'Affrique ),
elle deviendroit, fans que vous pulliez Fen empêcher, fouveraine de toutes les Mers - 5 toutes
les Nations feroient fes Tribulaires & la France
plus qu'aucune autre.
Calculez bien ce que lAngleterre ,1 ce que
la France peuvent perdre dans Pabolition de la
Traite, dans l'affranchiffement des, Nègres des
Iles. Le revenus de toutes les Colonies An- --- Page 299 ---
(19) )
gloifes en Amérique, ne monte qu' 6o.millions (1) & il eft démontré qu'il ne peut plus
augmenter-(a),
Le revenu des Golonies françoifes eft aujourd'hui de plus de 220 millions; on ett certain
qu'avant cinq ans , ils'élevera à 300 millions
& il pourra s'accroitre encore chaque année.
Dans la fciffion des Colonies > l'Angleterre
deviendroit maitreffe de tout ce revenu, ou au
moins le partageroit. Dans 'leur deftru@ion,"elle
- ne perdroit que 60 millions 3 qu'elle retrouveroit
bientôt dans fon Commerce de PInde & dans
les établiffement qu'elle pourroit faire en Af
à frique. Mais ou la France trouveroit-elle un re-
(:) La fomme des denrées que, produifent toutes
les Colonies Angloifes ne fe monte qu'à 60'millions,
cependant lAngleterre en reçoit 80, parce que la
fraude en enlève 20 millions de nos Ifes, qui tournent
à fon avantage.
(I) Cleft parce que la culture des habitations des -
Colonies Angloifes ne peut plus augmenter quelles
peuvent fe paffer de la traite ; la population peut SY
maindirymabilaen eft pas de mêmedans nos Colonies
od les cuitures peuvent encore augmenter pendant
longues années, &oul l'on ne peut améliorerle fort des
Nègres quiles cultivent, qu'en enaugmenrant le nombre
par la, traite. --- Page 300 ---
(10)
venu de 300 millions ? Où la France trouveroir-elle des confommateurs pour I 20 millions
de fes denrées qu'elle porte dans fes Colonies a
Enfin, quel feroit le Commerce' qu'elle pourroit faire? Où pourroit - elle en faire & avec
qui 2
Si la France aujourd'hui fe plaint. avec raifon
dela ftagnation du Commerce , ce n'eft pas
feulementaux circonftances actuelles qu'on (
doit en
attribuer la canfe; mais bien au Traité fait avee
le cours de Londres : Traité qui opère la ruine
de toutes nos manufactures.
Prefque toutes les denrées que la France met
en échange avec lAngleterre, font des produétions territoriales de première nécellité; toutes celles qu'elle reçoit font des denrées de manufacture qui tiennent aux befoins de luxe,
Dans. cet échange, 5 la France donne des denrées de valeur réelle, pour celles de valeur arbirraire. Elle donne le néceffaire pour fe procurer le fupetflur, 8c certes cet échange n'eft
pas égal. Auli conduira -E- il la France à fa
ruine, s'il dure encore long-temps.
Sila confommation des denrées de l'Anglererre fe fûr bornée à la France, le mal
qu'a produit le Traité de Commerce feroit
moins grand; mais comme prefque toutes fas
des denrées de valeur réelle, pour celles de valeur arbirraire. Elle donne le néceffaire pour fe procurer le fupetflur, 8c certes cet échange n'eft
pas égal. Auli conduira -E- il la France à fa
ruine, s'il dure encore long-temps.
Sila confommation des denrées de l'Anglererre fe fûr bornée à la France, le mal
qu'a produit le Traité de Commerce feroit
moins grand; mais comme prefque toutes fas --- Page 301 ---
(21 )
denrées font plus belles & moins chères que
les nôrres, elles font préférées dans nos Colonies : d'ou il arrive que c'eft l'Angleterre
qui les approvilionne, ceft elle qui fait réellement, en grande partie, le Commerce de
i1OS Ifles.
Que feroit-ce donc, François, fi les amis des
Noirs opéroient par leurs perfides infinuations
li fciflion des Colonies. La France feroit perdue; ils auroient rempli les vaeux de lAngleterre.
Leur fociété ne" paroit donc qu'un bureau
du miniftère Anglois ou. fe forgentles calomnies
les plus odieufes contreles Colons & les.projets
les plus criminels contre. les intérêts de la
France.
Tous les moyens leurs font égaux, s pourvu
qu'ils arrivent au but que leur propofe lAngleterre.
Voyez avec quelle impudence ils ont ofé
préfenter les Sang-mélés à l'Affemblée Nationale, & au Roi. Voyez comme ces impof-
/
.teurs ont voulu furprendre l'auguite Sénat de
la France, enr lui offrant 6 millions en contribution patriotique, comme quart de leur revenu, Gi. l'Affemblée vouloit leur accorder une
députation. . Eh bien : François, le croitiez-vous ? --- Page 302 ---
(12)
Le capital de tous les biens des Sang melés ne
fe monte pas- à dix millions & ils les doivent
aux bienfaits de leurs pères. Enfin, le ctoiriezvous? ils ont Pimpudence de propofer aux Repréfentans de la Nation d'affeoir près d'eux,
dans le Sanctuaire des Loix, des bâtards éxilés
de leur PE rie, des valets chaflés de chez.leurs
maîtres..
Que faites-vous , Sang-mélés 3 enfans de
Pamour , objets trop chéris de vos pères,
vous vous armez contre le Dien quivous donna
le ioar; vous vous armez contre les homntes
dont la tendreffe s'eft épuifée dans les-careffes
de votre enfance, dans les foins de votre jeuneffe, par les dons de la fortune & dela liberté. Fils ingrats ! Que demandez-vous qu'ils
ne vous ayent point accordé 2 Vous- voulez 5
infenfés, que l'Affemblée Nationalé difpure. aut
Souverain des Cieux la puiffance de changer
votre couleur. Eh vous! Miniftre desAntels,(1)
(I)1 Le premier devoir pour faire le bien, eft d'être
inftruit de Fétat de celuiqu'on oblige 8c des moyens
qu'on doir prendre pour lui être utile, &c M. l'Abbé
Grégoire en prétant fa plume aux Sang-mélés, en
devenant leur organe auprès du public, n'a confulté
que fon cceur & n'a pas penfé à fe, mettre en garde
contre Fimpofture de fes Cliens.
,(1)
(I)1 Le premier devoir pour faire le bien, eft d'être
inftruit de Fétat de celuiqu'on oblige 8c des moyens
qu'on doir prendre pour lui être utile, &c M. l'Abbé
Grégoire en prétant fa plume aux Sang-mélés, en
devenant leur organe auprès du public, n'a confulté
que fon cceur & n'a pas penfé à fe, mettre en garde
contre Fimpofture de fes Cliens. --- Page 303 ---
(A3)
qui mèlez l'ignorance au menfouge, croyezvous qu'un faux zèle vous anime pour des enfants rebelles plus qufe tous les fentiments de la
Nature n'ont animé leurs pères? e I
François, fi vos caeurs attendris s'intérefTent
réellemenr au fort du Nègre, > gardez-vous. de
changer fa condition actuelle; pour lui la liberté ne feroit pas un bien; il a befoin de
Tuteurs pendant toute fa vie qui n'ett qu'une
longue enfance. Le Nègre forme, dans l'efpèce
humaine, une race bien diftinéte dont les facultésinellechuelles ne s'élevent jamais au-deffus
de l'age de 12 à 15 ans :envain prétendriez-vous
modifier la nature par des Décrets; le Nègre eft
homme fans doure, mais il ne left pas comme
vous & fa manière de - Tètre l'attache pour jamais
al'enfance. Vous ne pouvez le changer que par
la fociété des Blancs & dans fa poftérité la plus
reculée.
François : que diriez - vous_fi, confondant
toutes les variétés d'une efpèce de plante ( de
la vigne par exemple ), THabitant de nos Provinces du Nord follicitoit un Décret de TAffemblée Nationale pour que le railin .cultivé
dans fon champ produifit un Vin tel que
celui de Chypresc de Madère? C'eft cependant --- Page 304 ---
(24)
un tel Décret que follicitent les amis des
Noirs.
François, affurez l'aifance du Colon, faites
que le Nègre mange. beaucoup & qu'il danfe
fouvent, vous aurez fait tout pour fon bonheur;
vous aurez fait rour-pour la profpérité des Colonies. --- Page 305 ---
26:
A
R
E
SS E
ITÉRATIVE
DE LA COMMUNE DU HAVRE;
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
A PARIS;
Chez GATTEY, Libraire, au Palais Royal,
Noirs.
François, affurez l'aifance du Colon, faites
que le Nègre mange. beaucoup & qu'il danfe
fouvent, vous aurez fait tout pour fon bonheur;
vous aurez fait rour-pour la profpérité des Colonies. --- Page 305 ---
26:
A
R
E
SS E
ITÉRATIVE
DE LA COMMUNE DU HAVRE;
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
A PARIS;
Chez GATTEY, Libraire, au Palais Royal, --- Page 306 --- --- Page 307 ---
ADRESSE ITÉRATIVE
DE LA COMMUNE DU HAVRE i
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE.)
NOSSEIGNEURS;
Licommne du Havre vient avec cette refi
peétueufe liberté qui caraétérifele vrai citoyen;
vous peindre fes alarmes & leffrayant tableau
des malheurs dont l'état eft menacé.
A 2
Ic --- Page 308 ---
Le tems preffe; 9 le mal eft à fon comble:
le commerce touche au moment de fa-ruine;
s'il tombe, il entrainera le royaume dans fa
chûte.
Nous n'employerons pas les momens précieux que vons nous accordez, à démontrer
P'importance des côlonies ; leur influence fur
la force & la profpérité del'empire, l'impoffibilité de les conferver fans la continuation de
la traite & de la fervitude des Noirs; la liaifon
intime du commerce & de lagriculture, & fes
rappors avec tous les genres de travail & d'induftrie. Ces grandes vérités fe font développées
dans toute leur étendue, fous la plume éclairée
du patriotifme, & les adrefles que vous avez
reçues des différentes parties du royaume,vous
ont prouvé, NOSSIONKURS,qw'eles ont frappé
J a
ac
l'oeil de la nation.
Notts nous bornerons à vous expofer la fituation aéhuelle des ports de mer, des places
commergantes, des villes manufacturieres, enfir
de tout ce qui tient au commerce; & fa chaine
eft immenfe
Vos importans 3 travaux. , une impérieufe néceffité, ont reculé jufqu'à ce momentla décifion
que la. nation inquie tte attend avec tant d'ime
ofnstn --- Page 309 ---
patience; & I'ncertitude feule, que ce retard
a fair naitre, a caufé des maux infinis & peut4
être irréparables.
Au premier cri qui s'eft fait entendre pour
la deftruétion de la traite & de l'efclavage des
noirs, feuls moyens poffibles de continuer la
culture des colonies, le royaume s'eft ébranlé,
la terreur s'eft répandue dans toutes les claffes
de citoyens , la fufpenfion des travaux, la
défiance, le difcrédit, Ont été la fuite de cette
premiere commotion; des fecouffes violentes
Ont agité les colonies : les inquiétudes de la
métropole ont redoublé, & les préfages d'un
avenir finiftre ont déjà produit des malheurs.
Enfin les nouvelles qu'on a reçues des Antilles
ont porté le dernier coup au commerce expirant Les navires défarmés dans les ports, 2
les atteliers déferts, les manufactures inmobiles, un defféchement univerfel de toutes les
branches del'induftrie nationale, la douleur, les
plaintes, les murmures, le défefpoir Cette
peinture eft afligeante, mais malheureufement
trop fidele.-
Des milliers d'ouvriers demandent à grands
cris l'emploi de leur tems & de leurs bras,
bientôt ils demanderont leur fubfiftance; &
défarmés dans les ports, 2
les atteliers déferts, les manufactures inmobiles, un defféchement univerfel de toutes les
branches del'induftrie nationale, la douleur, les
plaintes, les murmures, le défefpoir Cette
peinture eft afligeante, mais malheureufement
trop fidele.-
Des milliers d'ouvriers demandent à grands
cris l'emploi de leur tems & de leurs bras,
bientôt ils demanderont leur fubfiftance; & --- Page 310 ---
lorfque la fource des bienfaits afféchée par des
pertes & des facrifices énormes fera tarie pour
eux, que deviendront-ils ? que feront-ils (1)?
Si-la feule appréhenfion d'un mal encore incertain a caufé tant de défaftres réels, que
feroit-ce donc fi une loi à jamais fatale, marquoit le commerce. du fceau d'une éternelle
réprobation?
Nous n'entreprendrons pas, NOSSEIGNEURS,
de décrire les sterribles effets que produiroit
cette décifionimpolitique, votre fageffe & vos
lumieres fauront les preffentir.
L'anéantiffement des fortunes, les banques
routes, le défordre, les foulevemens , font
peut-être les moindres maux que nous aurions
à redouter.
Prononcez donc, NOSSEIGNEURS, prononcez fans différer; le fort de l'empire eft
dans vos mains; qu'un décret, digne de votre.
fageffe, raffure la nation alarmée, raffermiffe la
[] En ce moment même les ouvriers du Havre sa
Groupent, crient, menacent, demandent du travail a
du pain, --- Page 311 ---
crédit chancelant, & confolide les bafes de la
félicité publique.
Nous fommes, avec refpedt,
NOSSEIGNEURS,
Vos très-humbles & très-obeiffans ferviteurs les membres
compofant le confeil général
de la commune.
SignésP.Duval, Maire.-C. Cornet.--Frédério
Héroult. pimont J.J. Chriftinat,. -La Corne.
Le Prevoft.--P. Bacheler-Dubois.-
Hardouin.-L. T. Thillet-Ganfrey,
pretre--Grégoire.Cofle, procureur
del la commune.-Ollivier, fubfitut.-
J.Morel. LJ. B. Piel.-Labbé Desfontaines.-P. Beauvoifin.-J. B. Boucherot- Grenier Bourdignon.- Cafimire
le Mettay.-Efnault.-Delaroche pered
-Séry fils aint-Leni-Hosfaye de
Saint-Jean.-Lourdelfils-L. Germaing
Gaillard. nemn Rialle, besool Ancel pere. -
Moify. -Hamelin,
Havre le 2 mars 1790.
De PImprimerie de VEZARD & LE NORMANT,
rue des. Prêtres S. Germain-lAuxerois, --- Page 312 --- --- Page 313 ---
M. LA M a I - RAL,
RÉFUTÉ PAR LUI-MÈME,
O U
R
E
P
N
S
E
AUX OPINIONS DE CET AUTEUR,
Sur Fabolition de la Traite des Noirs, 2 fitivie de
quelques idées fur les établifemens libres que la
France ne doit point differer de faire aul Sénégal.
Par un ami des Blancs & des Noirs.
Il n'y a plus maintenant ni de Gentil, ni
d'efclave, ni de libre ; mais vous n'êtes tous
qu'un en JÉSUS-CHRIST. Galat III. 28.
o
w a
De IImprimerie de L. POTIERDE LILLE,
Rue Favart, No. 5.
1 79 - O.
2 fitivie de
quelques idées fur les établifemens libres que la
France ne doit point differer de faire aul Sénégal.
Par un ami des Blancs & des Noirs.
Il n'y a plus maintenant ni de Gentil, ni
d'efclave, ni de libre ; mais vous n'êtes tous
qu'un en JÉSUS-CHRIST. Galat III. 28.
o
w a
De IImprimerie de L. POTIERDE LILLE,
Rue Favart, No. 5.
1 79 - O. --- Page 314 ---
à --- Page 315 ---
REFUTATION
DES OPINIONS DE M, LAMIRAL,
SUR EABOLITION
DE LA TRAITE DES NOIRS,
SUIVIE de quelques idées fur les drablifemens
LIBRES que la France ne doit point difirer
de faire ai Sénigal.
Par un ami des. Blancs & des Noirs.
M. LAMIRAL 1O0 ajoint des notes explicatives Ouvrage de 2
M. Lamirai.
aux, DOLÉANCES ET REMONTRANCES des,
habitans du Sénégal, à T'Affemblée Nationale ; & ces notes forment Touvrage qu'il,
a publié, inticulé de PAfrique 6rdes Africains (1). Get-ouvrage, de près de quatre;
cens pages,i ma paru n'avoir été, entrepris &x,
imprimé, que pour juftifier le commerce des
aipi
hommes noirs; pour donner, du.poids à tous,
les faux calculs & raux raifonnemens impoliF(I)eParis, 17895 chez Defenrie, Libraire au:
Palais-Royal 34 No 13-7usBal ub 01
A 2 --- Page 316 ---
(4)
tiques & inhumains, par lefquels on voudroit
en faire redouter l'abolition, & enfin, pour
répandre les calomnies abfurdes & les menfonges groffiers, par lefquels ceux qui font
intéreffés à ce commerce infàme, ont voulu
difcréditer, 2 dans l'opinion, les amis de Phumanité qui les pourfuivent.
Je me propofe de réfuter brièvement M.
Lamiral, mais ce fera de la manière la plus
convaincante ; car, fans citer la foule de
témoignages qui contredifent; de la manière
la plus authentique, & avec la vérité la
plus certaine es fes affertions, j'oppoferai cet
écrivain à lui-même; & tout le@teur impartial verra que , s'il n'a point menti à fa
9i propre confcience, il eft au moins dans un
étrange aveuglement. L'expofition nue des
faits qu'il dénature 8r des chofes qu'il tranfveftit 5 convaincront à quels menfonges &
à quelles perfécutions étranges Pon doit s'attendre, en attaquant ouvertement l'avarice*
des hommes & les préjugés qui" flattent leur
amour-propre 2 pallient la noirceur de leursi
crimes, & fervent ainfi toutés deurs paffions,
Je ne ferai pas de longue apologie pourl
mon entreprife: c'eft -aux-chofes -
que je dirai;
au parti que jei défends; àme méritetrla
bonne opinion du leéteur.Je n'ai de motif!
- A
s'attendre, en attaquant ouvertement l'avarice*
des hommes & les préjugés qui" flattent leur
amour-propre 2 pallient la noirceur de leursi
crimes, & fervent ainfi toutés deurs paffions,
Je ne ferai pas de longue apologie pourl
mon entreprife: c'eft -aux-chofes -
que je dirai;
au parti que jei défends; àme méritetrla
bonne opinion du leéteur.Je n'ai de motif!
- A --- Page 317 ---
(5)
que mon défir de voir le triomphe de la
VÉRITÉ & de la JUSTICE. J'ai fincérement
cherché a m'éclairer fur l'objet dont il.s'agit
ici. J'ai fait des lectures que d'autres n'ont
pas voulu ou pu faire. J'ufe, à caufe de
cela feul, de mon droit de communiquer
mes penfées; & je laiffe avec confiance, au
public, celui de les juger, fans que. je
cherche à le prévenir que fur la fincérité
& la rectitude de mes fentimens..
M. Lamiral, dans fes premières notes 9
nous donne des détails intéreffans fur la
population de lifle Saint-Louis & les moeurs
de fes habitans. Cette colonie, le principal Louis. IleSaintde nos établiffemens an Sénégal, eft compofée Sa popud'environ trois cents habitans libres (NÈGRES lation, J
OU MULATRES), d'environ cinq à fix mille
efclaves, ou étrangers des diverfes Nations
qui avoifinent le pays (1).
La race d'hommes que je défends, y compofe donc toute la population. M., Lamiral,
en décrivant les moeurs qu'ils ont dans cette
colonie, commence là à réfuter lni-même,
ce qu'il dit de ces mêmes hommes, quand il
(1) Page 42.
A 3 --- Page 318 ---
(6)
les confidère par rapport au commerce qu'on
a la barbarie d'en faire, & au dar efclavage
dans lequel ont les tient ailleurs. Voyez en
Moeurs de
fes habi- en effet ce qu'il en rapporte , fans aucune
tans.
diftinétion des nuances de Ia couleur de leur
peau 5 prefque la même, fans différence
entre les hommes libres & les hommes efclaves S ; & vous verrez s'il eft convenable
que celui qui a pu faire ces obfervations,
ait enfuite calomnié autant qu'il l'a fait la
nature (1),8 cela, pour juftifier l'afferviffement & Phumiliation dans laquelle ces
mêmés hommes font tenus ailleurs par Pavarice & P'intérêt.
Il ne faut pas croire que l'efclavage foit
le même à Pifle Saint-Louis que dans nos
ifles à fucre. La, l'efclave partage la table
&z les travaux du mattre. Nul préjugé, nulle
Efclavhge différence prefque ne les fépare. Dans nos
thez eux. colonies occidentales, au contraire, l'efclave
eft conduit à coup de fouet au travail. Il
eft féparé de fon maitre, comme les animaux
le font de nous ; &z la couleur & les préjugés les plus aviliffans Pen éloignent encore
bien davantage'; l'intervalle entre eux, n'eft
(:) Page 208 & 227.
ux du mattre. Nul préjugé, nulle
Efclavhge différence prefque ne les fépare. Dans nos
thez eux. colonies occidentales, au contraire, l'efclave
eft conduit à coup de fouet au travail. Il
eft féparé de fon maitre, comme les animaux
le font de nous ; &z la couleur & les préjugés les plus aviliffans Pen éloignent encore
bien davantage'; l'intervalle entre eux, n'eft
(:) Page 208 & 227. --- Page 319 ---
(7)
tomparable qu'à celui qu'on a mis entre
l'homme & Ies Dieux
On peut juger de ce que les hommes noirs
font & de ce qu'ils pourroient devenir 2 par ce
qu'en rapporte M. Lamiral lui-même: ce qu'il
dit de leurs enfans fuffira pour en donner une
idée. <Ils font, dit-il, élevés de la manière la
plus libre,jufques àlàge de porter les armes : enfans. Leurs
c'eft pour cela qu'ils deviennent fi fiers, fi
robuftes, & qu'ils acquièrent cette démarche
hardie & aifée. Ils parlent bien plus de
bonne heure que les nôtres, le langage de
la raifon : à douze ans,ils connoiffent trèsbien, & par tradition, P'hiftoire de leur pays,
ainfi que les intérêts civils & politiques de
la focièté ou ils vivent *.
Si l'ifle Saint-Louis, toute habitée par ces
hommes qu'on voue au mépris, montre cependant des vertus précieufes (2), une bonne
foi dans les engagemens du commerce, fans
exemple (3), du courage, de la conftance
(1) Voyez la lettre de M. Clarkfon, aux atla
teurs du Yournal de Paris, en réponfe à celle de
M. Mofneron Delaunai, inférée précédemment dans
dans ce Journal. Patriote François, N.18g.
(2) Pag. 52. - 55-
(3), Pag. 337:
A 4 --- Page 320 ---
(8)
8x de la force dans les hommes
&
Leurs
(1)
même
bonnes dans les femmes (2), une raifon prématurée
qualités, dans les enfans (3), Phofpitalité enfin la plus
touchante 8 des moeurs fimples (4), croirat-on qu'ils doivent quelque chofe de ces
qualités de leur bon naturel, aux foins
nous
que
prenons de leur civilifation ? On fe
tromperoit grandement.
Les fordides & criminels intérêts qui ont
également occupé le Gouvernement & ceux
qu'il envoie pour régir cette colonie ; tout
comme les marins qui la fréquentent & les
marchands, pour Pintérêt defquels ils y vont,
font trop de nature à étouffer toutes les idées
grandes & généreufes, pour qu'on ait jamais
fongé à s'occuper de l'inftruction de ces
On les peuples. On les laiffe indifféremment croupir
laiffe dans dans tous les menfonges de l'ignorance & de
ce l'ignoran- &1 la fu- la fuperftition (5). Ils mélangent les pratiques
perftition. du mahoméifme avec celles qu'ils ont reçues
de nous; & les marchands qui font fatisfaits,
(1) Page 77- - 256. - 277. - - - 287.
(2) Pag. 48. - 55
(3) Pag. 49.
(4) Pag. 64-
(5) Pag. 43.
es de l'ignorance & de
ce l'ignoran- &1 la fu- la fuperftition (5). Ils mélangent les pratiques
perftition. du mahoméifme avec celles qu'ils ont reçues
de nous; & les marchands qui font fatisfaits,
(1) Page 77- - 256. - 277. - - - 287.
(2) Pag. 48. - 55
(3) Pag. 49.
(4) Pag. 64-
(5) Pag. 43. --- Page 321 ---
(s)
fi leurs navires trouvent à leur arrivée des
efclaves à charger, fe mettent peu en peine
de faire enfeigner une morale qui auroit
appris, depuis long -temps 2 que ces efclaves font des hommes 2 - & qu'ils ne doivent point être traités par leurs femblables,
comme des bêtes, en les achetant & les livrant
comme des marchandifes. Certes, fiiles moeurs
d'un peuple formé au milieu des attentats les
plus facrilèges aux droits de T'humanité, fans
le fecours d'une morale épurée, appuyée fur Cequ'ils
la nature même &z la révélation, font encore peuvent tde
venir.
meilleures mille fois qu'on ne pouvoit attendre;
fi malgré l'emploi qu'ils ont d'aller chercher
de tous côtés, aux Européens, des victimes;
f malgré la part qu'ils prennent à tous les
crimes qui les procurent, il leur refte encore
des vertus qui touchent, que n'a-t-on pas
droit d'attendre de ce peuple, quand à l'inftruétion, à l'influence des efforts falutaires
de la métropole pour la répandre, on joindra le bienfait d'un GOUVERNEMENT LIBRE.
M. Lamiral nous donne enfuite la defcription des moeurs d'un autre peuple très-intéreffant. Ce font les Maures qui habirent toute
la rive droite du Sinégal ou Niger. Leurs
Les
moeurs ont le plus grand tapport avec celles des Maures,
Arabes indipendans qui environnent TEgypte. --- Page 322 ---
(1o)
M. Savari, dans fes lettres fur cette contrée,
a peint, d'une manière admirable, la fimplicité & l'amour indomptable de ceux-ci,
pour la liberté; & ce voyageur, en repréfentant à côté de grandes vertus qu'on admire, le pillage qu'ils exercent, a prefque
fait pardonner leurs crimes.
Ce que M. Lamiral rapporte des Maures,
a le même effet (1). On aime leur fimpliropéensles Lés Eu- cité & leur indépendance; & filon s'indigne
excitent à de leurs expéditions pour furprendre len
vcler des Nègres au-delà du fleuve
les en
Noirs.
qui
fépare,
on accufe bien vite les Européens qui les
excitent (2). C'eft ainfi que les tyrans jaloux
qui affujétiffent TEgypte, & qui forcent les
Arabes indépendans d'errer autour, , dans des
deferts affreux pour y être libres, répondent
auffi devant PEtre fuprême de tous leurs
brigandages.
Les Maures joignent à une fimplité domeftique, précieufe, l'égalité politique &z civile
la plus grande. Ils ont enfuite de l'énergie
&c du courage, toute Faptitude défirable dans
un peuple à civiliter & ce fentiment de
(1) Pag. 133- -- 146.
(2) Pag. 144.
'errer autour, , dans des
deferts affreux pour y être libres, répondent
auffi devant PEtre fuprême de tous leurs
brigandages.
Les Maures joignent à une fimplité domeftique, précieufe, l'égalité politique &z civile
la plus grande. Ils ont enfuite de l'énergie
&c du courage, toute Faptitude défirable dans
un peuple à civiliter & ce fentiment de
(1) Pag. 133- -- 146.
(2) Pag. 144. --- Page 323 ---
(II)
foi-même, qui, pour faire leur éloge & me
fervir à-peu-près des expreffions de M. Lamiral, les rend de fort mauvais efclaves. Si les
liaifons de l'Europe avec PAfrique, euff@nt Ce qu'on
pouvoit
été établies fur des principes honorables, ces faire des
peuples euflent feuls aifément offert, par leur Maures.
civilifation, le moyen d'étendre bien vite notre
influence dans tout l'intérieur de PAfrique,
& ils auroient aétuellement donné aux favans
une parfaite connoiffance de cette partie de
la terre qu'on ne connoit toujours que trèsimparfaitement,
Ces peuples en effet ont quelque chofe
de l'aétivité des Européens. Ils éténdent leur
commerce jufques vers les parties les plus
éloignés des côtes. Eh! qu'on juge de leur
caraétère. (L Ce ne font point les chefs, dit
d'eux M: Lamiral, de qui décident de la guerre
ni de la paix. Tout eftréfolu publiquement
& par acclamation. La, un jeune homme
de douze à quatorze ans donne fon avis
comme les autres, & l'on eft fouvent étonné
de leur voir, à cet Age, difcuter des intérêts politiques, avec la fagacité d'un homme
mûr (1). >)
(1) Pag. 133- --- Page 324 ---
23 12. )
Si l'on eût donç trafiqué, avec ce peuple, d'après les principes vrais de la juftice; fi l'on eut
fincérement cherché les moyens de les engager à perfectionner leur civilifation; il n'eft
pas douteux que le fuccès le plus complet auroit couronné cette entreprife généreufe. Ils
en font dignes, on le voit, par leur caractère naturel : & s'il étoit befoin d'employer
envers eux, comme de bons pères envers des
enfans qu'ils chériffent, quelque adreffe ou
guelque févérité, notre fupériorité nous donnoit tant d'avantages ! Il étoit fi aifé de former des hommes capables de tirer de ces
peuples un autre parti que celui de faire enlever par eux les habitans pailibles des contrées
qui les ayoifinent ! Il étoit fi aifé Mais les
hommes qui marchent avec fécurité dans le
crime, peuvent-ils avoir aucune de ces penfées? Si malgré eux-mêmes, leur propre confcience les leur infpire; ils les rejettent. Leur
eiprit cherche de vaines objections. Ils s'arrêtent à la première qu'ils trouvent 2 avec la
même confiance, que fi la nature même y
répugnoit; avec la même confiance 2 que fi
depuis des fiècles, des tentatives les plus confidérables, 9 comme il feroit certainement digne
d'en faire, répétées plufieurséfois, -
euffent été
vaines. Ils ne voient aucune apparence aux
pire; ils les rejettent. Leur
eiprit cherche de vaines objections. Ils s'arrêtent à la première qu'ils trouvent 2 avec la
même confiance, que fi la nature même y
répugnoit; avec la même confiance 2 que fi
depuis des fiècles, des tentatives les plus confidérables, 9 comme il feroit certainement digne
d'en faire, répétées plufieurséfois, -
euffent été
vaines. Ils ne voient aucune apparence aux --- Page 325 ---
(13)
fuccès que pourroient avoir les efforts faits pour
la moindre des guerres, 2 s'ils étoient, 3 en
place, dirigés vers ce but humain, Quoi ! un
impofteur, fans autre moyen que l'enthou?
fiafme, a pu courber, fous le joug de fes
menfonges, tant de peuples divers; & la vén
rité armée de tout ce qui peut la faire tiompher, ne pourroit jetter des racines chez
d'autres, à quilon ne peut faire un reproche
fans le voir retomber auffi-tôt fur les Européens qui les fréquentent?
On ne peut , dit M. Lamiral (1), Les res'empêcher de regarder avecune forte de proches
vénération plufieurs de leurs vieillards, dont que mérile teint bruni, des cheveux & une
tent Maures les
longue
s
barbe blanche, un coftume qui reffemble retombent
à celui dans lequel on nous repréfente nos fur les Européens.
Apôtres & les premiers Patriarches de l'églife, réveillent des idées faintes 8z refpectueufes. On fe croit tranfporté dans ces contrées, berceau du genre humain. Il femble
que - T'on eft dans Pâge d'or, temps heureux
où Phomme avoit moins de paffions encore
que de befoins, où ceux-ci fe bornoient à la
fimple vie animale. Malgré cet extérieur véné
rable, ces peuples ont bien des vices; mais
LAS
(1) Page 144. --- Page 326 ---
(14)
oferai-je le dire, à la honte des peuples policés, de ces peuples qui fe glorifient des arts
& des fciences qu'ils ne cultivent que pour
pouvoir affervir & enchaîner une partie du
genre humain? oferai-je le dire? c'ef eux
qui ont porté la dépravation 6 LOuLS les vices
cher ces Nations qui vivoient fous les loix de
linnocehte nature, qui ne connoiffoient point
les befoins que nous leur avons fait naître
& d'oi font nés les brigandages, les vols 5
les afalinats? Ils ne connoiffoient pas nos
armes à feu avec lefquelles ils imitent les funeftes exemples que nous leur avons donnés
de fe détruire d'une manière plus prompte &
plus meurtrière. Ils n'avoient rien, ne connoiffoient rien; parconféquent ils ne pouvoient rien défirer; quel eût été leur prétexte pour fe faire la guerre, pour s'affaffinera
Dans,e moment mëme ne leur mettons-nous
pas tous les jours les armes a la main 2 ne
fourniffons-nous pas des moyens de deftruction, foit à Tun, foit a l'autre, felan que
notre intérêt nous le digte? NR-s pas pour
nous liyrer des felaves, qu'ils vont porter le
FER & FEU, 3 cher ces malheureus Negres
dont ils EMBRASENT les habitations, dont ils
RAFAGENT les récoltes N'if-c) pas pour nous
ëme ne leur mettons-nous
pas tous les jours les armes a la main 2 ne
fourniffons-nous pas des moyens de deftruction, foit à Tun, foit a l'autre, felan que
notre intérêt nous le digte? NR-s pas pour
nous liyrer des felaves, qu'ils vont porter le
FER & FEU, 3 cher ces malheureus Negres
dont ils EMBRASENT les habitations, dont ils
RAFAGENT les récoltes N'if-c) pas pour nous --- Page 327 ---
(15)
gu'ils arrachent Fenfant du fein de fa mère
la femme des bras de fon épouxi 5 le père a s
toute fa famille e? Et des familles, des villages
entiers ne deviennent-ils pas la proie de ces infames ravilfturs, que nous Joudoyons pour de
foler 6 dévafter d'immenfes contrées P Les déferts les plus fauvages, les montagnes les plus
arides, les climats peftiférés, rien ne peut
arrêter notre défaftreufe ambition ; & nous
ofons dire quel les arts ont adouci nos moeurs!
Et nous ofons appeller barbares des peuples
que nous traînons dans lés fers ! Les
tigres 2
les lions, les animaux les plus féroces, parmi
lefquels ils vivent, font bien moins dangereux, pour eux, que ces Nations douces &
aimables 2 qui vont porter le poignard dans
leur fein - ! Qui, d'eux, ou de nous, font des
barbares ? Prononcés 2 fibarites vains &
cruels ! >
C'eft ainfi que s'exprime un témoin oculaire,& des vertus de ces peuples que nous corrompons R , & des crimes que nous leur faifons
commettre. Pour les déguifer, il eft aifé fans.
doute aux vrais coupables, de dire; en Europe,
fans perfuader heureufement aujourd'hui
perfonne, que les pauvres Noirs que nous
faifons périodiquement & plufieurs fois chaque
année, piller 2 voler, incendier 2 par les
nrut --- Page 328 ---
(16)
Maures (1), font des monftres anthropophages, qui tiennent marché de chair humaine (2). Mais ces affertions dénuées de
preuves, contredites par tous les témoignages,
ceux mêmes qu'on peut le moins fufpecter 5.
fuffent-elles vraies, juftifieroienr-elles les crimes dont les accufent leurs propres défenfeurs?
Non, fans doute (3). Ils font avoués 8 notoires ces crimes. Un peuple que nous corrompons les confomme pour nous : ce peuple,
rempli de qualités précieufes, les tourne toutes
vers le mal, pour fatisfaire les gotits 8z les
paflions que nous lui infpirons avec adreffe :
malgré tous les fophifmes, dont on s'entoure;
dans laveuglement volontaire oàl'on perfifte,
nous reftons, donc,refponfables 8x du mal que
ce peuple perverti commet 2 e & de celui qu'il
eût pu empêcher, fi au lieu de vices &x de
crimes, nous lui euffions infpiré des vertus.10
(1) Voyez la gravure qui eft a la page 146 de
l'ouvrage de M. Lamiral, qui repréfente 3 comme
0o
a lesMaures Prennent les efelaves >.
(2) Obfercations E5c. par les Capitaines du
Hàvre-de-Gracey navigans àla côte d'Afrique, p. 3fans nom d'Imprimeur.
2si7 oup e smab
(3) Voyez laréponfe de Clarkfon àM. Mofneron
de PAunai, citée plus haut.ov
elli 2
sanrs
John
de M. Lamiral, qui repréfente 3 comme
0o
a lesMaures Prennent les efelaves >.
(2) Obfercations E5c. par les Capitaines du
Hàvre-de-Gracey navigans àla côte d'Afrique, p. 3fans nom d'Imprimeur.
2si7 oup e smab
(3) Voyez laréponfe de Clarkfon àM. Mofneron
de PAunai, citée plus haut.ov
elli 2
sanrs
John --- Page 329 ---
(17 )
- John Barnes, Membre du Comité Africasn
d'Angleterre, interrogé le 27 Mai 1789,
dans la Chambre des Communes, s'il favoit,
que les Maures traverfaffent le Sénégal pour
aller de l'autre côté, faifir par furprife des
Nègres & lés livrer enfuite aux Européens s. 2
comme efclaves, a répondu & affirmé deux
fois qu'il étoit certain, d'après fon féjour dans
le pays & la cofrefpondance qu'il y a longtemps entretenue, que rien de femblable n'avoit lieu. (Voyez page 32 du procès-verbal).
Cette contradiétion pofitive avec le rapport
de M. Lamiral, qu'on ne peut fufpecter,
prouve ce qui déjà a été mis en évidence en
Angleterre, , que ceux qui combattent l'abolition de la Traite ne font aucun ferupule, dans
leurs dépofitions, d'altérer, chacun à fa mamère, les faits- qu'ils favent & qui nuiroient
au parti qu'ils ont réfolu de défendre. Mais de
même qu'il arrive à tous les complices, ils fe
contredifent. il eft donc bien impoffible que le
rapport de ceux qui ont eu également part à cecommerce & qui l'accufent, joint à celui des
voyageurs impartiaux
& aux inftructions
qu'ils donnent, ne faffe tomber la balancé en
faveur de l'abolition.
Les défenfeurs de la Traite des Noirs & de
T'efclavage ont bien vu que tout en écrivant
B --- Page 330 ---
(18) )
pour leur caufe, M. Lamiral les trahiffoit, en
laiffant parler trop fouvent fa confcience fans
aucun déguifement. Ils ont fenti que leurs -
adverfaires, les Amis des Noirs, pourroient
leur dire, habemus confitentem REUM. Mais
que faitle témoignage de M. Lamiral, quand
on a déjà tout ce qu'il faut pour porter cette
caufe à l'évidence? Ceux qui ont été fi troublés de voir l'avantage qu'on pouvoit tirer de
Pouvrage même de cet écrivain, témoin oculaire, ignorent qu'il n'eft point le feul qu'on
ait dans cette caufe, qui avoue, comme lui,
fes propres fautes & celles de ceux qu'ils
veulent juftifier & défendre.
Voyez le rapport des Lords du Comité du
Confcil, nommé pour Pexamen de tout ce qui
a trait au Commerce & Colonies éerangères,
préfentant asA MAJESTÉ les PREUYES & les
INFORMLATIONS qu'ils ont recueillis en confequence des ordres de Sa Majefté, donnés" dans
for Confeil le II Février 1788, fur Pétat
actuel du commnerce d'Afrique 2, & particulierement fur. celui des efclaves ; ainf que Jur les
efuts & les conféquences de ce. commerce 2 auffi
bien en AFRIQUE & dans les INDES OccIDENTALES, que pour le commerce général de
fon Royaume, publié 6 imprimé a Londres erz
1789, en un vol, in-fol. de près de 1000 P,
és" dans
for Confeil le II Février 1788, fur Pétat
actuel du commnerce d'Afrique 2, & particulierement fur. celui des efclaves ; ainf que Jur les
efuts & les conféquences de ce. commerce 2 auffi
bien en AFRIQUE & dans les INDES OccIDENTALES, que pour le commerce général de
fon Royaume, publié 6 imprimé a Londres erz
1789, en un vol, in-fol. de près de 1000 P, --- Page 331 ---
(15)
Cerouvrage, quirenferme indiftingement,
fans-alteration, comme fans choix, les témoignages: donnés par des perfonnes intéreffées
fans doutes & envoyées exprès par les défenfeurs de la Traite & de T'efclavage : mais il
donne : aufli ceux des perfonnes fur les lumières , Phonneur & la probité defquelles
on peut parfaitement compter, On y trouve
encore 1 une collection précieufe des informations prifes & reçues.de divers côtés &x des
lieux les phus éloignés, fur les RÉSULTATS
GÉNÉRAUX desi différentes branches du commerce de PAfrique, ainf que de celles des
Indes 5 Occidentales. Ces informations font
toutes infirultives, & fur-tout indifpenfablement néceffaires pour juger de'la vraie nature
du commerce des efclaves & de' fes effets. Ce
travail immenfe a été publié en Angleterre
pour l'inftruction de cette caufe, que Thumanité & l'intérêt vrai des Nations pourfuivent
feuls, quoiqu'on' en dife 2 a au tribunal de la
raifon, Il contient les lumières lès plus précieufes fur l'état actuel de PAfrique, pour tous La
ceux généralement qui y ont intérêt. Il.méTitoit donc bien d'être pris en ut
conndéracon,
par ceux qui viennent hardiment donner au
public leur propre &z feul témoignage, pour La
B 2 --- Page 332 ---
(20)
règle de fes opinions & de fes fentimens,fans
s'embarraffer f l'intérêt qu'ils ont & qu'ils me
fauroient: cacher, ne les rend pass jufques à
un, certain point, récufables. X
Les minutes des preLvES, Jiur Pétat adtuch du
commerce des efclaves én Afriques prifes devant
le Comité de la Chambre des Communes 5, forms
de coute la Chambre, 6 qui avoit été chargé de
confidérer les circonftances ducommurcedejoiaves,
contre lequel s'dlevent diférentes pétitions préfenfentées à la Chambre es pendant la précédente
Jelion du Parlement :
Ces minutes., qui renferment les: dépolitions des témoins offerts pour la défenfe de la
Traite, dont M. Mofneron chez nous 5 probablement fanslesayoir luesl lui-même, voulu
fe prévaloir, & que M. Clarkfon a fs vicr
torieufement réfutés, ont auffi été imprimées.
Maintenant on entend à cette heure les dépofitions contraires, ces dépofitions redoutables
aux Armateurs de Liverpool, qu'ils eurent
ladreffe, l'année dernière, d'écarter jufques
x la fin de la feflion, pour retarder le jugement qu'ils redoutent. Toutes ces informations
publiques font livrées à la difcuffion, non pas
feulement de T'Angleterre, mais de FEurope,
dua monde entier.
wog
utés, ont auffi été imprimées.
Maintenant on entend à cette heure les dépofitions contraires, ces dépofitions redoutables
aux Armateurs de Liverpool, qu'ils eurent
ladreffe, l'année dernière, d'écarter jufques
x la fin de la feflion, pour retarder le jugement qu'ils redoutent. Toutes ces informations
publiques font livrées à la difcuffion, non pas
feulement de T'Angleterre, mais de FEurope,
dua monde entier.
wog --- Page 333 ---
(:r)
Millé autres productionis (t) ont encore
raffemblé des lumières fuf cette affaire importante & célebre. Elles ont été recueillies avec
foin" de perfonnes impartiales : c'eft avec
tousTces matériaux qu'on difcute en
tn
Anglest
terre : 8 en France, ceux qui veulent écrire
fur une matière qu'ils ne connoiffent pas, imaginent tout favoir, parce qu'ils auront armé
ou commandé un navire pour PAfrique. Ils
donnent defpotiquemine leurs opinions teintes
de tous les' préjugés deleur état, de leur éducationy de leur intérêt, pour loi, à une
Nation entière; &2 il n'eft pas d'horreurs qu'ils
ne debitent, contre. ceux qui s'efforcent de
préfenter les autres témioignages, 2 fans lefquels
il eft impoflible gx'elle puiffe juger, avec
fageffe, une. caufe que toutes les paffions réu-.
mes, doivent s'efforcer de dénaturer
0b SmPiCni T0sh
(2).
(1) Voyez entr'autres la fubfiance des lumieres
données par diverfis perfonnesfurte commerce dusefclaves, récueillics dans le cours d'un voyage faie
dans Pauiomne de Pannée 1788, à Londres, chez
Jean A Phillips A Gearge Yard, Lombard Street,
1789. 2120118
(2) Voyez Pabfurde libelle intitulé de TEtat des
Nègres, relativement à la profpérité des Colonies
B 3 --- Page 334 ---
(12)
Ces foulèvemens de l'intérêt propre, plus
menaçans chez nous qu'ils n'ont jamais été
chez nos voifins (1), s'appaiferont, fans doute,
quand on fera convaincu que la morale n'eft
pas plus étrangère au calcul de l'intérêt propre bien entendu, pour les peuples, que pour
les individus, Mais jufques à préfent, f l'on
etitjamaisraifon de.remarquer les vues courtes
&x les fentimens fordides & étroits des Commerçans, c'eft fur-tout, quand on a médité un
peu, fur les avantages qu'ils auroient dà procurer à leur Patrie, depuis qu'ils fréquentent
les côtes d'Afrique. Le commerce criminel
qu'ils y ont fuivi, a frappé de ftérilité, pour
eux &x pour l'Europe, une des plus grandes
Sturrogmu
SUD
sai
Françoifes & de leur métropole, lans nom de Lis
braire ni d'Imprimeur, & le difcours imprimé de
IImprimerie de M 0 NSIEUR, lu au Diftria des
Filles S. Thomas de Paris, par M. Magol, dans
lequel ce Citoyen encadre cetouvrage, auffiméchant
qu'abfurde, d'une manière, en tout, digne de l'original.
(r) Des Colons ont porté l'aveuglement jufques
à menacer de poignards & de toute l'attrocité des af-1
fallins, des Amis des Noirs, dans les galeries même
del'Aflemblée Nationale, à Verfaillesll
iftria des
Filles S. Thomas de Paris, par M. Magol, dans
lequel ce Citoyen encadre cetouvrage, auffiméchant
qu'abfurde, d'une manière, en tout, digne de l'original.
(r) Des Colons ont porté l'aveuglement jufques
à menacer de poignards & de toute l'attrocité des af-1
fallins, des Amis des Noirs, dans les galeries même
del'Aflemblée Nationale, à Verfaillesll --- Page 335 ---
(23)
fources des richeffes qui ayent jamais exifté:
& ce commerce abominable dans fa nature, a
tellement perverti les peuples avec lefquels
on lef fait, &les agens quile conduifent, qu'on
ne fauroit à quoi comparér les peines-infinies,
lamauvaife foi infigne, les horreurs enfin qui
Paccompagnent (1).
Si ces reproches faits aux commerçans 3.
Reprofont juftes, ceux que méritent les hommes ches aux
en place qui ont eu la confiance des Na- Gouvernetions de l'Europe, font bien plus graves encore. mens.
C'eft en éffet fur eux qu'ils retombent tous ;
c'eft à eux qu'il faut s'en prendre des erreurs, 5
des fautes, des crimes même de ces citoyens
utiles, qu'on n'a jufques à préfent protégés
que par la vue fordide & mefquine de
retirer d'eux une partie des richeffes qu'ils
recueillent.
Qu'attendre de Gouvernemens defpotes 2
dej Princes avares, de Miniftres pervers, tous
entourés de courtifans avides? Pas un fentiment humain, 2 pas une mefure diétée par la
T pure & fainte humanité. Auffi, voyez ce
qu'offre Phiftoire des établiffemens des Européens dans les deux Indes! mais mainte-
( (1) Page 98. --- Page 336 ---
(24)
nant que la France n'a pas de citoyen qui
Efpéran- ne doive élever fon ame à la hauteur de
ces raifonnables.
celle d'un légillateur, eft-ce trop efpérer que
d'attendre de fes commerçans une élévation
preportionnelle dans leurs fentimens & l'objet
de leurs entreprifes? Eft-ce trop efpérer quand
la Nation la plus généreufe, la plus éclairée,
la plus capable de tout, eft là pour les encourager elle-mème, les aider & les applaudir
M. Lamiral prétend dans d'autres notes,
Les Noirs.
nous inftruire au vrai des peuples qui fe trouvent an-delà de la rive gauche du Sénégal,
Ce font les NOIRS, peuples malheureux, 2
défolés par leurs voifins les Maures, trahis
par leurs Rois, ennemis de leur propre liberté,
la proie de tous les hommes civilifés & corrompus qui ont befoin d'efclaves; peuples qui
intéreffent au plus haut degré Phumanité par
leurs malheurs & les maux qu'ils. fouffrent,
çomme la philofophie, par leur bon naurel,
leur amour pour la paix, leur vivacité, leurs
moeurs fimples, & ce qui étonnera, par
l'egalité qui regne chez eux, au moins pour
la plupart; & le voyageur Oli commerçant
que je réfute, nous repréfente cette race mal
heureufe & digne d'un meilleur fort, même
de fon propre aveu, comme condamnée par
la nature à toutes les fouffrances, parce que
çomme la philofophie, par leur bon naurel,
leur amour pour la paix, leur vivacité, leurs
moeurs fimples, & ce qui étonnera, par
l'egalité qui regne chez eux, au moins pour
la plupart; & le voyageur Oli commerçant
que je réfute, nous repréfente cette race mal
heureufe & digne d'un meilleur fort, même
de fon propre aveu, comme condamnée par
la nature à toutes les fouffrances, parce que --- Page 337 ---
(25)
l'on croit favoir que de temps immémorial
il s'eft trouvé des hommesi affez méchans
pour abufer de la timidité de ces peuples (1).
Le caraétère des Noirs eft doux, confiant, Leur catimide fi l'on veut, mais pacifique; aimant raRère.
par-deffus tout le repos, comme tous les
peuples qui ont des: moeurs: fimples, peul de
befoins & un fol qui les fatisfait aifément.
La fuite non interrompue de toutes les fortes
d'iniquités qui, depuis tant de fiècles, s'exercent chaque année plufieurs fois contre eux,
n'a pu altérer cette partie de leur caraétère;
femblables aux pauyres Indous, qui toujours
fubjugués, le feroient encore mille fois, qu'ils
continueroient d'enrichir leurs tyrans 5 de les
refpecter, de les craindre, & même de les
aimer. 9un
M. Lamiral, fans le vouloir, fait affez bien
reffortir, en plufieurs endroits., cette bonté
qui eft la bafe du caraétère des malhéureux
Noirs. Outragés comme ils.le. font depuis f
long-temps, leur timidité peut offrir, aux
méchans fur-tout, un vafte moyen pour les
rabaiffer; mais malgré ce qu'on peut en.dire,
leur bonheur, quand on les laifle sranquilles,
() Page 178. --- Page 338 ---
(26 )
leur exiftence près de la nature, ont un attrait
qui fe fait fentir au fond du coeur, 8 dont
onine fe détache point, malgré l'idée de la
pénurie de toutes les commodités de la vie,
dans laquelle M. Lamiral les. repréfente, &
cela bien à deffein (1).
Menfon- D L'auteur d'un voyage moderne au pays de
ges des
Bamboue
s'étonne
les écrivains
Commer-
(2),
(3) que
çans
devoyages aient ofé métamorphofer cette riche
d'hommes. & fertile contréc,en U72 défert Jec 6 aride (4).
Il auroit dû fentir que les commerçans d'efclaves ont voulu repréfenter les Noirs comme
des êtres f malheureux chez eux , qu'ils nous
avoient obligation de les en tirer. L'on a
donc déguifé les reffources des pays qu'ils
habitent, leurs qualités morales, leurs avantages politiques & civils, ainfi que tous les
autres moyens que la providence leur a départi pour être heureux oùt elle les a placés,
& cela, foit qu'on eût réellement des remords du commerce qu'om faifoit de l'efcla-
(1) Page 168.
(2) Il fc vend chéz Defer de Maifon-neuve, rue
du Foin S. Jacques, 1789.
(3) Page 44:
(4) Lamiral, page 321.
qualités morales, leurs avantages politiques & civils, ainfi que tous les
autres moyens que la providence leur a départi pour être heureux oùt elle les a placés,
& cela, foit qu'on eût réellement des remords du commerce qu'om faifoit de l'efcla-
(1) Page 168.
(2) Il fc vend chéz Defer de Maifon-neuve, rue
du Foin S. Jacques, 1789.
(3) Page 44:
(4) Lamiral, page 321. --- Page 339 ---
(17 )
vage d'hommes, la plupart libres chez eux,
dont on pouvoit en place tirer tant d'autres
avantages (); foit que ceux qui pouvoient
feuls les faire connoitre, craigniffent des changemens our des rivaux dans'leur trafic; foit
auffi qu'ils aient eux-mêmes; quelquefois,
manqué de lumières.. Shrs
M. Lamiraliien effet, & les autres commerçans qui n'ont point ofé ine pas faire
mention de la fertilité exceflive de quelques
parties de ces contrées 5 en ont très-mal
décrit les productioris, 82 ilsa ont toujours
exagéré l'influence du climati, pour les faire
regarder comme abfolument percues.
Le premier, par exemple, parle des bois
les plus épais : leurs arbres couvrent dans
quelques parties, ipar leurs.rameaux. étendus,
le dit du Sénégalz Is couvrent en abondance
de leurs fleurs, les bateaux qui paffent fous
les berceaux.q qu'ils forment fur cette rivière.
Le parfum quer cès fleurs exhialent, ceft, f
violent, que des: voyageurs en font incommo-i
dés. Les arbres: font chargés d'une-multitude inexadtitu- Leur
d'oifeauxis desmprairies immenfés , toutes de volon00 j1os
a taire.
(1) Voyez ce voyage nouveau, au pays de Bambouc, --- Page 340 ---
(28 )
émaillées de fleurs, font couvertes d'animaux;
les éléphans, ces animaux qui ont befoin d'une
nourriture fi copieufe, abondante & facile 2
sy voient par troupeaux. La rivière fourmille
de poiffons 8rs d'amphibies ; & M2 Lamiral
ne nous décrit pas mnet plante', pas un animat
de manière à fatisfaire. Si lon prend nécef
fairement Fidée du pays-le plus abondant qui
exifte, malgré les landes de fables qu'il peut
renfermers à peine trouve-ton.dans cet auteur, quelque mention des produétions lesl
plus communes. Cependant, que de chofes'
connues. , combien d'autres qui ne le fone
point encore-, précieufes pour nos arts &
nos conifommations en général,ce pays, le
plus mal obfervé encore, par ceux qui le fré
quentent, ne renformautellspwsàris pauplatin
On trouve dans le père Labat, quoiqu'en
difel M. Lamiral (1),dés détails plus précis.
Cet-auteur écrivoit pourtant fur des mémoires
d'autres marchands, & dans un tempsi oà
l'étude a de tla) nature n'avoit poinr fait les"
T0
progrès qui aujourd'inu-merent un voyageur
à même d'inftruire fasisconcitoyens de la
NSS manière la plus précife, de tout ce qu'il voit,
-6
(1) Page 170,
, quoiqu'en
difel M. Lamiral (1),dés détails plus précis.
Cet-auteur écrivoit pourtant fur des mémoires
d'autres marchands, & dans un tempsi oà
l'étude a de tla) nature n'avoit poinr fait les"
T0
progrès qui aujourd'inu-merent un voyageur
à même d'inftruire fasisconcitoyens de la
NSS manière la plus précife, de tout ce qu'il voit,
-6
(1) Page 170, --- Page 341 ---
(19 )
Quoiqu'il en foit, la defcription que fait le
père Labat, de la route faite vers 1720,
de Gorée au: Sénégal, , par terre, montre dans
cette étendue un pays fabloneux, mais qui
ne laiffe pas, dit-il, d'être fertile, parce
qu'il eft fort bien cultivé, & que les pluies
femblent y engraiffer la terre (1): Ce n'eft
pas là lidée d'un défert, d'une côte impraticable, comme M. Lamiral voudroit la repréfenter, dans une étendue de trois cents
lieues (2). Il avoue , il eft vrai (3), que
le fol paroit plus intéreffant 8c moins miférable en remontant un peu la rivière. C'eftà ou il nous repréfente la nature dans toute
fa parure & fon luxe, mais terrible aux étrangers, , quoique bienfaifante aux mulâtres &x
aux Nègres qui font dans leur climat.
Ce pays, comparable par tant de côtés
Climat.
a PEgyptei, doit avoir fans doute befoin, foninicomme elle, de la main de Phomme, pour fluence fur
le rendre fain. Cependant, fi les Européens, les & Blancs les
aidés de tous les fecours & les foulagemens Noirs.
(I) Ch. 1O.-T.4.-de fa nouvelle Telation de
la côte d'Afrique Occidentale, page 154.
(2) Page 69.
(3) Page 70.
--- Page 342 ---
(30 )
qu'ils peuvent fe procurer i a yn fuccombent
à l'influence du climat, & fur - tout à
celle des caufes qui lui font fecondaires, ceux
qui font acclimatés y réfiftent de la manière
la plu s facile. L'on y. voit les, Nègres & les
Mulâtres fupporter des peines 182 des travaux
étonnans; & cela avec une gaieté bien plus
remarquable encore dans P des hommes que
PAuteur, qui la rapporte & qui en a été témoin, s'efforce d'avilir (1).
ContraAinfi M.; Lamiral nous a peint la nature la
diétions de plus animée, dans la
des lieux
M. Lamiplupart
qu'il
ral.
a traverfés (2),8i il; prétend qu'au-delà, ceux
qu'il n'a pas vus, 51 n'offrent quec des fables
brulans, où les malheureux Noirs font fouvent réduits, par la famine, à dévorer euxmêmes les fauterelles qui dévorent leurs moiffons (3).
Il dit cependant ailleurs très-pofitivement
qu'il a pénétré dans ce qu'il appelle de vaftes
déferts (4), & qu'habitent felon lui-même,
des nations nombreufes. Il a fait, dit-il, plus
(1) Page 289.
(2) Pag. 280. 1 282.
(3) Pag. - 168
159.
(4) Pag. - 168.
famine, à dévorer euxmêmes les fauterelles qui dévorent leurs moiffons (3).
Il dit cependant ailleurs très-pofitivement
qu'il a pénétré dans ce qu'il appelle de vaftes
déferts (4), & qu'habitent felon lui-même,
des nations nombreufes. Il a fait, dit-il, plus
(1) Page 289.
(2) Pag. 280. 1 282.
(3) Pag. - 168
159.
(4) Pag. - 168. --- Page 343 ---
(31)
de deux mille lieues -
dans ces trifes contrées (:)
& il certifie, comme les autres voyageurs, la
prétendue ftérilité du pays des Bamboucs (2).
Ce pays, que nous connoiffons heureufèment
un peu mieux aujourd'hui, & qu'il auroit dû
atteindre dans l'étendue de fes courfes, méritoit cependant qu'il en parlât autrement. Tous
les pays qui font arrofés & couverts, comme
celui-la, devoient fairé quelque exception, à
la ftérilité qu'il affirme, de toutes les parties
intérieures de l'Afrique (3). Mais, ou bien
cet Auteur a partagé les préjugés & les erreurs fur ces contrées', de fes prédéceffeurs,
ou bien il a connivé avec eux pour les perpétuer.
Dansun pays férile'outellement fujet àla famine, comme on repréfente ceux-là, comment
fe trouveroient par troupeaux nombreux les
animaux qui dévorent le plus de nourriture végétale P Ils détruifent, dit M. Lamiral, quelquefois les récoltes des Noirs. Ceux-ci font
alors de nouvelles femailles; 4 mais l'on peut
penfer, dit-il ici, combien peu leur fuffit; :
(1) Pag. 1 168.
(2) Pag. a 321.
(3) Pag. - 168, --- Page 344 ---
(3:)
puifqu'un feul grain de millet produit CINQ
ou SIX ÉPIS plus gros que les DEUX POINGS,
qui contiennent des milliers de grains >> (1):
Qu'elle contradiétion & qu'elle impoffibilité
fans elle, d'imaginer dans un même pays 2
ftérilité, ou famine, & en même-tempsune poi
pulation d'hommes &d'animaux qui étomne(s)!
Mais, on le fait, & M. Lamiral le prouve; 2
la contradiétion eft toujours inévitable à ceux
qui veulent déguifer, défendre ou juftifier le
crime : elle eft reconnue pour être le caraétère
infaillible qui les diftingue.
Dans d'autres endroits, cet Auteur inconcevable! prétend peindre, 4 avec franchife,
toute Phorreur que lui infpire le commerce
des Noirs& fes funeftes effets: (3) & il
femble n'avoir fait fon livre que pour défendre ce commerce, dont il avoue Pinfamie, Il
le juftifie par tous les fophitmes les plus
étranges : felon lui, il eft indifpenfable de le
continuer. Mais par accommodement & pour
calmer lel généreux enthoufiafme des proteiteurs
de Za liberté, 9 il permettroit que les Mulâtres
(1) Pag. 161.
(2) Sine vino & cgrere - friger ubique yenus !
(3) Pag. 177fuffent
commerce, dont il avoue Pinfamie, Il
le juftifie par tous les fophitmes les plus
étranges : felon lui, il eft indifpenfable de le
continuer. Mais par accommodement & pour
calmer lel généreux enthoufiafme des proteiteurs
de Za liberté, 9 il permettroit que les Mulâtres
(1) Pag. 161.
(2) Sine vino & cgrere - friger ubique yenus !
(3) Pag. 177fuffent --- Page 345 ---
(33)
fuffent, dans les Colonies, admis au rang de
Citoyens, a la feconde génération (1); comme
f l'on en étoit apouvoir leur refufer dans les
Golonies, ce que le Tiers-Etat a pris à la fin
de force en FRANCE.
Le Noir n'eft, felon M. Lamiral, qu'un'
homme fupide près de lalbrute. Il n'en eft Efforts raféparé, à fon avis, que par un intermédiaire Esdter le
dont je n'ai jamais oui parler, qui vit en caractère des Noirs.
fauvage dans les bois," & ne conferve pas
même de fociété avec fa femelle. Cet intermédiaire fe trouve près des côtes (2), &
cet auteur ne cite l'autorité d'aucun obfervateur qui attefte fa reffemblance avec les
hommes dont il s'agit. Mais quelque foit cet
être, M. Lamiral place le: Noir au-deffus. Il
ne le dépouille pas' de Phumanité C (3), &
cependant il le range parmi les animaux faits
pour nous fervir. Auffi eft-ce le lieu où cet
auteur réunit tous fes efforts pour faire defcendre ces malheureux au-deffous de la nature des blancs, vers celle des animaux, près
defquels les Colons & lui-mème, pour la
tranquillité fans doute deleur eonfcience, ont
5 (1), Page 208.
(2) Page 182.
.(3) Page 169. --- Page 346 ---
(34)
befoin de les ranger (1). Il fait pour cela un
abus étrange de la philofophie. Il cite Buffon,
Homère, pour étayer fon paradoxe,quic icouvre
P'erreur la plus groflière & la plus dangereufe (2). Chaque être, dit-il, felon laplace
qu'il occupe , éft doué d'une plus ou moins
grande portion de la divine intelligence. Ainfi,
pour rabaiffer Phomme, il élève les animaux.
Ilr nous départit enfuite tres-inégalement la
portion de divine intelligence qu'il afligne a
Thomme, & Fon fent bien les conféquences
qu'il én tire. Les pauvres Noirs qu'il fuppole
en avoir le moins reçu, doivent être nos efelaves. C'eft ainfi que M. Lamiral déferte les
principes qui établiffent à jamais la dignité de
tous les hommes; c'eft ainfi que lui, qui
Principes s'élève avec vigueur contre l'oppreflion 7
quitendent abjure témérairement la doétrine qui à
àf taire méla
défenfeur dans
connoitre jamais
profcrit. Ainfi,
quella dignité ques endroits de fon ouvrage de la liberté, il
de l'hom- la dépouille dans celui-ci, en infenfe, d'une
me.
(I) Voyez auffi page 198.
(2) Voyez la note 9 del'ouvrage intitulé : Inconvéniens du droit d'ainefe 1789, ou on a réfuté
lopinion de M. Jefferfon, furl'inferiorité des Nègres,
& çelle de Buffon, fur l'infériorité des Américains.
de fon ouvrage de la liberté, il
de l'hom- la dépouille dans celui-ci, en infenfe, d'une
me.
(I) Voyez auffi page 198.
(2) Voyez la note 9 del'ouvrage intitulé : Inconvéniens du droit d'ainefe 1789, ou on a réfuté
lopinion de M. Jefferfon, furl'inferiorité des Nègres,
& çelle de Buffon, fur l'infériorité des Américains. --- Page 347 ---
(35)
égide immortelle & impénétrable. Il livre
Phomme au couteau de qui voudra l'égorger; car, de conféquence en conféquence,
qui pourra arrêter le tyran, qui, fans diftinction pour la couleur de la peau, calculera
dans fes vigimes, le degré de portion divine
qu'il voudray refpedter ? ou bien, qui pourra
réfuter celui qui prétendra que les fept huitièmes de Phumanité, qui jufques à préfent
fe font laiffes, en vrais imbécilles, fouler, 3
font des betes, & le furplus, des Dieux créés
pour commander? Certes, cet abandon des
principes qui veillent éternellement fur les
droits de Thomme, & en même temps, un
amour pour la liberté qu'on n'ofe pas fufpeéter; ne font pas les moindres des inconféquences, , des contradiations de M. Lamiral &z
de beaucoup de ceux qui ont écrit pour défendré la même caufe. Qur'ils fongent donc,
s'ils font fincères, que le defpotifme que nous
venons de renverfer, fuivoit la même marche.
Voyez commé il avoit miné tous lés principes
religieux, bien phus, pour fe défaire d'une
cenfure incommode, 2 que pour fe débarraffer d'un corps puiffant
(1) Lifez les vaux d'un patriote, ouvrage imprime à Amferdam en 1688. Les tyrans ont toujours
C 2 --- Page 348 ---
(36)
Les préjugés & la prevention de M. Lamiral, percent d'une manière fenfible &
même choquante, dans tout ce qu'il dit pour
rabaiffer les Noirs au - deffous d'eux-mêmes.
(4 Ils font, dit-il, la plupart plongés dans la
plus profonde idolâtrie; &hors de leur pays,
ils oublient les objets de leur culte. Ceux qui
adorent le foleil, lui font des facrifices d'animaux. J'en ai interrogé beaucoup, continuet-il, fur leur pays, mais ils font f fupides,
qu'il eft prefque impoflible d'en tirer une
notion claire. On feroit tenté de croire qu'on
les prend en troupeaux 2 8zc. (1) >.
Noirs
Les perfonnes inftruites comment les
Bambar- Noirs qu'on
Bambarras
ras.
appelle
, &z dont il
s'agit ici, font amenés de leur Patrie, éloignée
de cinq à fix cents lieues de l'ifle Saint-Louis,
ou M. Lamiral les a interrogés; ; ceux qui,
connoitront tout ce que ces malheureux ont
hai ceux qui ont travaillé à foutenir ou relever la dignité de l'homme. C'eftla vrai caufe dela fureur des
perfécutions que les premiers chrétiens ont effuyées
fous les Empereurs : & c'eft aufli la caufe des.emportemens & des injures auxquels s'abandonnent les
partifans de l'efclavage.
(r) Page 185.
M. Lamiral les a interrogés; ; ceux qui,
connoitront tout ce que ces malheureux ont
hai ceux qui ont travaillé à foutenir ou relever la dignité de l'homme. C'eftla vrai caufe dela fureur des
perfécutions que les premiers chrétiens ont effuyées
fous les Empereurs : & c'eft aufli la caufe des.emportemens & des injures auxquels s'abandonnent les
partifans de l'efclavage.
(r) Page 185. --- Page 349 ---
(37)
à fouffrir avant d'arrirer à Galam, & la
manière dont ils font tranfportés de Galam
au bas du Sénégal (1), feront-ils étonnés que,
dans leur abattement, 2 ils paroiffent aux gens
affreux qui voient leurs maux fans les reffentir, des efpèces d'automates? D'ailleurs 2 ces
'malheureux qui parlent un langage inconnu,
peuvent-ils éviter l'accufation que leur fait
M.Lamiral de ne pas répondre 1 2 fur-tout fi
des ames fenfibles & humaines ne les approchent pas P Et quand à leur culte, 2 qu'ya-tilà
Pen inférer? Nos pères étoient-ils plus éclairés?
Nous-mêmes, peut-être, ne fommes-nous pas
plus inconféquens: ?
Mais pour montrer combien le befoin de
déprimer le caraétère des Noirs, a égaré
M. Lamiral dans les raifonnemens qu'il a fait
pour y réuffir, je citerai ce que le père
Labat, qu'on ne foupçonnera pas de favorifer
1a défenfe des Noirs, a laquelle je ne fache sie
pas qu'il ait fonge, dit deiceux de Bambarras,
dont il elt queftion. Ils font, fuivant lui, d'un
haturel doux, ( robuftes, & ne manguent y
pas d'eprit >>. Mais il fuppote qne la nature
L
(t) Voyez ces détails dans l'ouvragede Waditron,
cité ci-après.
C 3 --- Page 350 ---
(38 )
leur a donné la fervitude en partage, parce
qu'ils- fupportent mieux que d'autres le travail
qui y eft attaché 2).
Du, refte, (e - ils
aiment leurs maitres, & ne font point fujets
à s'enfuir, à fe révolter & à fe défeipérer
comme ceux qui viennent des côtes (:) >
Il falloit bien que M. Lamiral calomniat les
Noirs, pour ne reconnoitre en eux qu'un inf
tinct : il n'en fait même que des machines',
& cependant il faut qu'il explique des traits
étounanes des qualités connues &zrévidentes,
qui, dans les perfonnes des Noirs, frappent
les hommes blancs les plus groffiers. Leur courage, quand il fe réveille, n'efs felon lui,
que la férocité des tigres. (2); leur ingénuité,
qu'une inaptitude abfolue à la prévoyanee
& aur calcul. Après les avoir montrés d'une
infenfibilité qui étonne, : d'une pareffe que
tien ne peut furmonter (3)on -les trouve
ailleurs d'une conftance dans les travaux, d'un
courage & d'une force à toute épreuve (4).
1>
(1) Tome IV, p. 85.
(2) Pag. 256 1 260.
(3) Page 199.
(4) Pag. 277 1 287.
folue à la prévoyanee
& aur calcul. Après les avoir montrés d'une
infenfibilité qui étonne, : d'une pareffe que
tien ne peut furmonter (3)on -les trouve
ailleurs d'une conftance dans les travaux, d'un
courage & d'une force à toute épreuve (4).
1>
(1) Tome IV, p. 85.
(2) Pag. 256 1 260.
(3) Page 199.
(4) Pag. 277 1 287. --- Page 351 ---
(39)
Ce a font ici des êtres qui font, tous, dans la dernière dégradation (1); & le moment d'après,
M. Lamiral (2) convient de bonne-foi que
dans les points qui font les plus effentiels au
bon ordre de la foéiété & àce que P'homme
fe doit à lui-même, les Negres font plus Fages
que nous (3). Aufi, leur vie fimple dans
leurs villages tranquil'es, leurs paffe-temps
innocens, toujours entourés de leurs familles,
leurs chanfons expreflives &x tendres, leurs
danfes & leurs fêtes le féduifent lui-même (4):
B1 il revient plus dune fois à les peindre, comme
fisfatigué de nos crimes, qu'ib-avoue en mille
endroits, il regrettoit d'avoin jamais eui d'autres tableaux que ceux de la vie innocente
a & privée d'ambition de ces peuples.
ite Ici perce Jur-tout l'injufticed der Phomme. de Injuftice M. LaM. Lamiral charge ces peuples dont il eft miral.
obligé maigré dui d'effimer le caraétère
inaturel, de.toute la laideur des vices & de
itoute la baffeffe de la dépravation que nous
sleur avons communiquésu st ab
e inp antivinobtb € ansti
(1) Pag. 199 - - 246.
el (2) Pag. 263 Ln 276.
anic(3) Pag, 263
270.
smmto b
De
(4) Pag. 267
268.
0.
C 4 --- Page 352 ---
(140))
Corrompus par nos exemples, & féduits
par nos marchandifes 2 1 paroiffent-ils injuftes
ou, cruels entre eleux? Quelquefbis, fuvant
un fentiment bien jufte, nous rendent-ils le
mal que nous leur faifons? Cet écrivain laiffe
tout à leur charge, Sans le taxer'd'exagération dans les faits, ou d'infidélité en rapportant au général ce qui eft particulier 2
n'eft-il pas évident que de lai manière dont
dles Européens communiquent depuis f longtemps avec ces peuples, it faut mettre fur
le compte des premiers, tous'les vices & tous
Jles crimes de ceux-ci, lefquels-diennent effentiellement à l'influence qu'ils reçoivent de
notre commerce infàme, & des moeurs nécef
fairement perverfes de lai plupart des agens 19
ooiituint
qui traitent! avec eux fur desi
ivi sh
principes auffi
esiza iniques 2
asiquoa
9316da Imuast M
933 Que dire: ence effet des icommunieations dil
redtes ouin indirectes, que lesu Européens oit
avec les peuples Noirs? Lerécird'homines qui
les pallient, de marchandsi quiy complices de
Piniquité, la déguifent (1); d'écrivains qui, 2
00r -
(1) Voyez l'interrogatoire au E Comité de la
Chambre des Communes d' Angleterre, des témoins
préfentés par les Confeils des villes. de Liverpool,) &c.
unieations dil
redtes ouin indirectes, que lesu Européens oit
avec les peuples Noirs? Lerécird'homines qui
les pallient, de marchandsi quiy complices de
Piniquité, la déguifent (1); d'écrivains qui, 2
00r -
(1) Voyez l'interrogatoire au E Comité de la
Chambre des Communes d' Angleterre, des témoins
préfentés par les Confeils des villes. de Liverpool,) &c. --- Page 353 ---
(41)
la plume à la main, combattent leur confcience, & repouffent dans leur coeur, les cris
ide Phumanité ; ce récit, tout adouci qu'on
peutle croire, révolte encore quiconque conferve quelque fentiment de la juftice (1).
PrétenMais, en même-temps, ce qui étonne, c'eft tions vaila prétentionide ces efprits prévenus & aveu- nes des
glés de connoitre feuls les relations du com- Commerçans.
merce, fes principes & tout ce que les localités & les circonftances lui offrent ou "lui enlèvent. Certes, ce-n'eft
en leur
a
point
parlant
qu'il faudroit faire entrer dans les élémens du,
commerce, P'intérêt général de Phumanité,
intérêt vrai de toutes les nations particulières,
bafe effentielle de toutes les relations extérieures des peuples. Comprepdroient-ils quelque chofe, à ce que lon défire, par le pror
- grès des lumières & leur communication ; la
eivilifation des peuples barbares & la réforme
des peuples énervés; eux qui ne voient en
tout &pantout que des pays sA.dominer; des
chommes à couvrir de chaines ; de Por à exrn
L Jist S basVAbiS 33
& la lettrede M. Clarkfon, citée plus haut, à
M. Molneron, au fujet de ces témoins au nombre
de quatorze,
a 29b L
(1) Pag-937
255. aule tnotrogye --- Page 354 ---
(42)
traire 5 des marchandifes à acheter à vil prix
ou à vendre au taux le plus élevé; tout en
dernier lieu, les produétions effentielles, qui
nous nourrifent à faire produire, & jamais
Phomme qu'il faut inftruire & répandre fur
toute la furface de la
ot
terre., pour que Jibre,
inftruit, heureux, il rende partout hommage
à l'Eternel (1)2 Toutes ces grandes idées quii,
JI
UUR
rtWe ml
(I) Ce grand & vafte deffein qui fait, de toute la
terre, une feule Monarchie & de touts les hommes
une feule famille, doit maintenant être repris avec
une nouvellé vigueur.
S2
La propaganda fut-elle jamais ce que les Apologiftes dela Courde Rome voudroient la repréfenter ?
une réunion d'hommes Apoftoliques, dépouillés de
tout intérêt vulgaire, nourris des doétrines les plus
profondes , fidèles aux maximes les plus fublimes,
& voués à appeller tout le genre humaima une même
fraternité, aw même bonheur comme, aux mêmes ef
pérances Pl Sil fatjamais conçu, cegrand & fuperbe
deffein, l'ambition le flétrit; la tyrannie s'en prévalut; elle le pervertit, & l'efclavage Pa fait ou- a
blier : il a même fait pluss) illa E rondu ridicule.
Qu'il reflufcite donc aujourd'hui avec la liberté
dans le coeur des peuples, ce projet immorteh! qu'ils
ne s'en rapportent plus qu'à eux-mèmes. pour fon
mêmes ef
pérances Pl Sil fatjamais conçu, cegrand & fuperbe
deffein, l'ambition le flétrit; la tyrannie s'en prévalut; elle le pervertit, & l'efclavage Pa fait ou- a
blier : il a même fait pluss) illa E rondu ridicule.
Qu'il reflufcite donc aujourd'hui avec la liberté
dans le coeur des peuples, ce projet immorteh! qu'ils
ne s'en rapportent plus qu'à eux-mèmes. pour fon --- Page 355 ---
(43))
il faut T'efpérer, vont devenir communes.,
font reléguées par ces Meffieurs, avec 1L72 haut
didain, parmi les belles chimères des romanor
exécution,! ! Puifle ce fiècle ne pas s'écouler fans voir
une fédération d'un nouvéau genre, celle del fociétés
répandues chez toutes les Nations, vouées à étendre
gentralement parmi les kommes, les heureufes inRuenees de la liberté & à rechercher & niettre er
aiyre tous les moyens de la faire feurir, dans tous
les pays & fous tous les climats, également, pour
tous les hommes. Ce féra alors' qu'on pourra véritablement réalifer ce beau projet de paix univerfelle,
parce que les peuples fe communiquant ainfi euxmêmes, s'affranchiront de lintermédiaire de leurs
chefs, de ces Rois, de ces Miniftres, dont l'orgueil
D ou l'ambition: les a toujours mis en guerre. Voyez
un nouvel ouvrage fur le
humain célèbre
a
projet
S
de
la paix -
univerfille, du vertueux Abbé de S. Fierre,
depuis
peu, annoncé chez Maradan, Libraire, à
Paris,. rue St, André-des-Arcs, de & la note. neuvième
de l'ouvrage intitulé : INCONVÉNIENS DU
Fe
DROIT
D' AINESSE, &c. qul fe trouve à Paris, chez Filk,
Libraire, rue de la Harpe : & pluficurs autres PAF
fages intéreflans de çe. dernier
fur les
Ouvrage
Prerres, la Religion, la Morale, La Bienycillance
- -
erlalibcrit univerfetles.
isr
DE Spboip --- Page 356 ---
(44)
ciers, ou tout au plus, dans le cerveau de
quelques perfonnes qu'ils appellent des fanatiques, & qu'une politique perfide, étrangère
& ennemie, berce & fait jouer, felon eux,
pour la ruine de leur Patrie.
Politique
Il eft des chofes, fuffent-elles vraies, qu'il
prétendue n'eft permis qu'aux ames étroites de foupçondel'Angle- ner. Les hommes qui entretiennent leurs idées
terre.
& leurs fentimens à une certaine élévation, 9
rougiroient d'y fonger. Telle eft l'infime politique qu'on ofe prêter à T'Angleterre, de n'affegter de parler de l'abolition de la Traite, de
n'animer les amis de Phumanité , fur cette
intéreffante entreprife, que pour jouer la
France, Vengager à fe précipiter témérairement dans un deffein qu'elle rejette intimement
pour elle; & afin de profiter enfuite, du défordre qu'on fuppofe devoir naitre de cette
opération, pour ruiner fa rivale, lui enlever
fes Colonies, détruire le refte de fon commerce.. - .: Que fais-je, ce qu'on n'ajoute
pas encore, pour faire dépendre l'exiftence de
l'empire françois, de quelques nouveaux ef
claves, dont une poignée de marchands augmente chaque année la mulatude de ceux qui
exiftent déjà dans nos Colonies,
30 Maintenant que le foupçon en eft jetté :
maintenant que, quelque ridicule qu'il foit, il
, pour ruiner fa rivale, lui enlever
fes Colonies, détruire le refte de fon commerce.. - .: Que fais-je, ce qu'on n'ajoute
pas encore, pour faire dépendre l'exiftence de
l'empire françois, de quelques nouveaux ef
claves, dont une poignée de marchands augmente chaque année la mulatude de ceux qui
exiftent déjà dans nos Colonies,
30 Maintenant que le foupçon en eft jetté :
maintenant que, quelque ridicule qu'il foit, il --- Page 357 ---
(45)
eft hautement avoué, 1 & que les ennemis du
bien public fe prévalent d'une auffi miférable
objection on pourra juger, par cela feul,
de leur bonne foi ou de la bonté des moyens
qu'ils oppofent.
e
Dans tous les cas, leur dirai-je, ile eft criminel d'étouffer les cris perçans de Phumanité,
en invoquant la politique P Que deviendroient
les droits les plus facrés des hommes ; que #
deviendroit leur inviolable dignité, avec un
pareil principe P La religion & la philofophie
le reprouvent également, 2 & tout coeur droit &
pur s'en indigne.
>> Il'n'ef pas moins abfurde, ici, d'objecter les embuches fuppofées d'une politique
perfide. Ce noeud d'intrigue, que les Colons
RéfutaFrançois, 2 ces commerçans de nos ports & tion decetleurs adhérans, expliquent avec tant de com- te ble miféra- objecplaifance, n'a été, avant eux, foupçonné par tion.
(r) Page 221. Voyez aufli la RÉPONSE DE
M. MARC MAZOIS, NÉGOCIANT, DE BorDEAUX, à une lettre d'un Ami des Noirs, inferée dans le Journal de Paris, le 13 Janvier 1790.
A Bordeaux, de PImprimerie de P. G. Calamy,
page 3- Voyez auffi le libelle intitulé : de PEtat des
ègres, &c. --- Page 358 ---
(46 )
perfonne. Les marchands-de Liverpool euffent
cependant dû faire les premiers cette découverte, parce qu'elle les edt, en même-temps,
tranquilifés & réjouis : & Pon fait au contraire qu'ils n'en ont pas fulpendu, un indant,
leurs craintes, nileurs follicitations intéreffées.
Mais, en outre, conçoit-on que la multitude
des hommes éclairés & vertueux, qui com1 pofent la Société des Amis des Noirs de
Londres (1), pris dans les trois Royaumes
(r) N'a-t-on pas, avant cette Société, écriten
faveur des Noirs? Voyez une note étendue, fournie par M. Garat, à M. Roucher, & inférée dans
l'édition du Poëme de celui-ci, intitulé : les Mois
(éd. in-40. de 1779 - delImprimerie de Quilleau,
page 128, tom. I.) ou les droits des Noirs font
aufli clairement qu'invineiblement établis, & ou
l'on démontre, fur-tout, la dépravation qui naît nécellairement de l'efclavage, les dangers'qui menacent
les oppreffeurs, & l'intérêt par conféquent qué les
maitres ont, pour eux-mêmes, d'affranchir leurs
efclaves, s'ils font cas des bonnes moeurs, des fen-a
timens juftes & droits, ainfi que de la paix Sc de lat
fécurité, fans lefquelles il n'eft point de bonheur.
Quand M. Garat écrivoit cela; quand M. l'Abbé
Raynal a écrit, avantlui, les mêmes chofes, il n'y
urs, & l'intérêt par conféquent qué les
maitres ont, pour eux-mêmes, d'affranchir leurs
efclaves, s'ils font cas des bonnes moeurs, des fen-a
timens juftes & droits, ainfi que de la paix Sc de lat
fécurité, fans lefquelles il n'eft point de bonheur.
Quand M. Garat écrivoit cela; quand M. l'Abbé
Raynal a écrit, avantlui, les mêmes chofes, il n'y --- Page 359 ---
(47)
de PAngleterre & même chez Pétranger, puif
fent s'abaiffer à conniver, pour une perfidie,
avec des hommes en place 2 néceffairement
avilis, dans la fuppofition qu'on fait ? Conçoit-on, quelque pervers & profondément aftucieux qu'on veuille fuppofer des Miniftres,
gpedabomnmimedipendim, aufli nombreux,
profeffant l'amour le plus pur de P'humanité
entière, avec une correfpondance aufli étendue que la leur, puifent être la dupe, depuis fi
long-temps & dans un pays libre, d'une trame
infidieufe exprès ourdie ? & s'ils pouvoient
Pêtre un moment , peut-on croire que dans
leur nombre, qui réunit tous les états & les
relations par conféquent de totis les genres, 2
perfonnes n'eût apperçu ces deffeins fuppofés
& mis au grand jour leur profondre & méprifable noirceur ? Conçoit - on 2 enfin, qu'un
Minittre quia des titres à l'eftime de fon pays,
avoit point à Paris ni à Londres, de Société des
Amis des Noirs. - Les Etats-Unis ne pouvoient/
avoir développé les deffeins qu'on leur prête; PAngleterre ne pouvoit donc pas les avoir elle-même
adoptés. - Ceux qui foutiennent que les Amis des
Noirs de Paris font aujourd'hui foudoyés, auroient
au moins dû expliquer, comment ceuxlàlont été!! --- Page 360 ---
(48)
& à celle de la poftérité, qui a des rivaux
redoutables & des ennemis adroits, 2 voulit
expoferainfi gratuitement, à lat face del'Europe,
fon caraétère ? Un peuple libre, jaloux pardeffus tout, de fa propre efime, avant de
juger les motifs de ce Miniftre, ni même fes
fuccès, quand il pourroit en avoir, le voueroit au mépris, & il feroit perdu avant qu'il
pût réclamer (1). Eh ! que lui refteroit - il
(1) Il faut le dire aujourd'hui : le defpotifme faifoit oublier fes bévues, &il cherchoit même à couvrir
fes propres noirceurs, en acréditant chez nous lesi
calomnies qu'on a répandues, endivers temps contre
le caraétère du peuple Anglois. Les Miniftres
avcient en outre la maxime de difcréditer, par-là, à
nos yeux la liberté, fes heureux effets, & les
peuples qui, nos voifins & nos: rivaux, marchoient
depuis longtemps vers la LIBERTÉ, quand nous
reftions toujours foumis aux pouvoirs les plus arbitraires & les plus tyranniques,
Voyez, en preuve de cette affertion, l'efprit qui
régnoit dans tous les Journaux, dont les Auteurs
étoient ftipendiés par nos tyrans. Au moyen du privilège exclufifquileur étoit accordé, ils n'ont ceffe
de répandre périodiquement tous les menfonges qui
en étoient le prix. Mais qu'aujourd'hui aes impof
d'ailleurs
foumis aux pouvoirs les plus arbitraires & les plus tyranniques,
Voyez, en preuve de cette affertion, l'efprit qui
régnoit dans tous les Journaux, dont les Auteurs
étoient ftipendiés par nos tyrans. Au moyen du privilège exclufifquileur étoit accordé, ils n'ont ceffe
de répandre périodiquement tous les menfonges qui
en étoient le prix. Mais qu'aujourd'hui aes impof
d'ailleurs --- Page 361 ---
(49)
d'ailleurs Pour s'excufer? Nous ofons le
tous les hommes
dire:
la politique
impartiaux en conviendront:
qu'on lui prête, 2 n'eft
qu'à l'objeGion puérile qu'on
comparable
L'on a prouvé à PAngleterre prétend en tirer.
POLITIQUEMENT
quel la traiteluieit
tré qu'elle le penfe très-mumitible; elle a mongénéralement
par la prefqu'unanimité des
aujourdhui,
Villes &
ADRESSES de fes
Corporations au
veur de l'abolition de
Parlement, en face commerce
impolitique & infàme
également
(1): : & où eft Teppateurs croyent pouvoir profiter des
trouvent encore répandus
prejuges qui fe
que nous devons eftimer, & contre une nation libre, >
pas être
qu'ils fe flatent de ne
démafqués au moindre examen; c'eft un
aveuglement qu'eux feuls peuvent avoir.
(r) Quelques corporations de Fabriquans de
France, tels que ceux de Rheims, ontreçu l'alarme
à desArmatears & Planteurs : & elles n'ont fu réfifter
l'impulfion qu'ils leur ont donnée. Mais
réfléchiflent qu'en Angleterre celles qui
gu'elles
le plus deleurs marchandifesau
fournifient
tel qu'il fe conduit aStuellement, commerced-Afiquc
demandé l'abolition de la Traite des n'ont pas moins
pas, jufqu'à des artifans
Noirs. Il n'eft
deftinés à enchaîner les qui fourniffoient des fers
malheureux efclaves, qui
D --- Page 362 ---
(50)
qu'elle fonge,
rence, dans ces circonftances,
les
Paugmenter, a ravir la part que
pour
&afin d'y réuffir, comFrançois y prehnent?
cherche à donment peut-on imaginer eftimée qu'elle fa rivale, une
ner à une puiffance
elle-mème, fi elle
impulfion qu'elle fuivra
Mais, dit-on, la
confulte fes vrais intérêts?
des intérêts,
difcorde qu'on attend du choc
donnera le fignal aux ennemis de la France
la déchirer. Vaines terreurs! L'Affempour
faura. en impofer a fes ennelée Nanonale
& à ceux du dehors. Elle
mis du dedans
admettra, comme le Parlement d'Agleterre,
bien loin d'exciter, (la
une difcuffion qui, trois ans en eft la preuve),
Jamaique depuis
les foulèvemens dans nos colonies.
préviendra La vérité fe fera jour : les préjugés cédequ'il eft de
ront. Les Colons apprendront d'abord un comleur intérêt qu'on aboliffe
les
& ils fe convaincront
merce qui
appauvris; de leur intérêt, &
enfuire, qu'il eft encore fe
de la
de plus de leur streté, de
départir
n'aient adreffé une pétition au Parlement pour ce
& déclaré qu'ils ceffoient dès ce momême but,
leurs fournitures, à un
ment de prendre part, par
commerce aulli infâme.
Les Colons apprendront d'abord un comleur intérêt qu'on aboliffe
les
& ils fe convaincront
merce qui
appauvris; de leur intérêt, &
enfuire, qu'il eft encore fe
de la
de plus de leur streté, de
départir
n'aient adreffé une pétition au Parlement pour ce
& déclaré qu'ils ceffoient dès ce momême but,
leurs fournitures, à un
ment de prendre part, par
commerce aulli infâme. --- Page 363 ---
(51)
févérité &z de la rigueur, ,1 emplovées
qu'ici, pour contenir les Noirs
jufmeront que la richeffe du fol (r); ilsleftiredoutent, n'ôte aucun des d'Afriques qu'ils
qu'ils trouvéronit des
avantages du leur;
reffources
tant qu'ils auront la liberté & des nouvelles,
& que le feul moyen de ne
produits,
ceux-ci & de conferver
pas voir tarir
c'eft d'admettre &
parfaitement Tantre,
par des bras libres d'encourager leur culture
(2). Des expériences déjà
(1). Voyez un ouvrage, achuellement fous
intitulé : Niceffité de Fabolition immédiare preffe,
Traite 8 de rabolition
de Za
une perfonne qui a habité gradule de Peftavage, par
nies,
Se trouvera plufieurs années les Colochez Bailly, Libiraires rue
Saint-Honoré, & Petit, au Palsis-Royal
(2) Des prétendus Politiques &
Raynal lui méme, auroient youlu >
M. TAbbé
d'aineffe dans nos ifles à fucre, introduire le droit
ils, les polleflions font
parce que, difenty
déjà trop morcelées
P'exploitation difpendieufe à laquelleilfon eft
pour
Voyez la réfutation de cette idée féodale & Jes habitué,
qui doivent engager a y multiplier en place les raifons
libres, dans P'ouvrage fur les Inconyéniens bras
a'Ainelle, citérdans une note
du drpjt
feg2, 3précédente, Chap. 1 3,
D 2 --- Page 364 ---
(52)
faites, d'autres renouvellées, les convaincront ;
& le bien ne fel fera qu'avec le temps &
les mefures néceffaires. L'on y arrivera enfin,fans éprouver les malheurs que fes ennemis n'ont jamais manqué de faire redouter
pour Téloigner ou pour l'empécher.
M. Necker dans fon ouvrage fur PAd
minifration des Finances, après avoir déclaré des fentimens fur la traite des Nègres,
sels que Phumanité feule les infpire, a demandé fi ce feroi: un projet chimérique que
celui d'un paôte général, par lequel toutes les
Nations renonceroient d'un commun accord
à ce commerce (1).
> Mais une erreur qu'ilacommife, c'eftqu'il
fuppofe que le travail des efclaves eft meilleur marché que celui des bras libres, & qu'on
feroit découragé bien vite d'une vertu qui
s'accorderoit fi peu avec l'intérêt.
erreur
les Amis des
72 C'eft-là une
que
Noirs fe font efforcés de mettre/en évidence
par les faits & les inftructions qu'ils ont raffemblés. Ces faits, ces infructions prouvent
que lintérêt fe trouvera d'accord avec le
devoir; & dès-lors mulle difficulté, fans doute,
(1) Pag. 262 & 263.
qu'on
feroit découragé bien vite d'une vertu qui
s'accorderoit fi peu avec l'intérêt.
erreur
les Amis des
72 C'eft-là une
que
Noirs fe font efforcés de mettre/en évidence
par les faits & les inftructions qu'ils ont raffemblés. Ces faits, ces infructions prouvent
que lintérêt fe trouvera d'accord avec le
devoir; & dès-lors mulle difficulté, fans doute,
(1) Pag. 262 & 263. --- Page 365 ---
(53 )
que l'on écoute celui-ci. Mais pour plus de
sûreté qui, empêche que l'on hégocie,
pour Pintérêt même de Phumanité, un accord genéral fur ce point P Les Amis des
Noirs n'ont certainement pas blâmé cette mefure. Sa convenance & fa facilisé frappent
trop tous les efprits 2 pour qu'it fallût un grand
génie, comme quelques perfonnes ont affec
té de le fuppofer, 4 précifement à caufe qu'eiles
ne la croyoient point praticables, & fufceptible de fuccès.
Mais ce que tout le monde n'apperçoir
pas, & que les amis des Noirs peuvent au-,
jourd'hui démontrer, c'eft la néceffité pour
un pays réellement libre d'avoir des colonies où l'on puifle aller jouir, 2 fans changer de
Patrie, de tous fes droits (1). Or, la li-
(1) Dans aucune cireonftance, ces Colonies ne
font jamais plus néceflaires que dans celles de révoutions & de troubles 3 lorfque toutes les fortunes
font ébranlées, & que tous les travaux font fufpendus. Ons'eft récrié 2 avec raifon contre l'indifférence
avec laquelle on voit déferter, dans un moment ou
toutes les réformes fontfaciles enFrance, tant de ces
Citoyens qui vont porter leurs bras à une terre étranD 3 --- Page 366 ---
(54)
berté & l'efclavage, ou le commerce d'el
claves, font abfolument incompatibles; &
quand Phumanité, la religion ne l'exigeroient
pas inipérieufements il faudroit en venir à
gerc. C'étoit à tant de landes, dit-on 5 tant de
Ba arais, tant de terreins, enfin fans culture, que
nous avons encore, qu'il falloit les attacher 5 mais it
falleit donc les y attirer par l'appas d'une propriété
future. Il falloit décréter fans délai, telles loix qui
euffent fait préférer, les landes ou nos Colonies, a
tant de-braves Ciloyens qui cedant auxa appas de la
propriété, & défefpérant d'y arriver jamais dans leur
patrie, vont, dans des contrées plus faciles, chercher un morceau de terre à poffeder, & préférent
les pays ou la libetté eft aétuellement établie fur les
plus larges bafes. S'irriter de ce que les Etats-Unis
recueillentle fruit de leurs bonnes loix; dire avec aigreur qu'ils fondent une partie de leur profpérité fur
labarbariede celles del'Europe: ; c'eft,commes desenfans, fe révolter contre la nature même des chofes: a
e'eft étaler la perverfité qu'on (a dans le coeur;
puifqu'on montre contre l'exemple que les EtatsUnis donnent zu monde éntier, le même dépit que
les tyrans ont toujours fecrètement eu des progrès de
la liberté & du fucees des bonnes loix, bien loin d'ert
profitefi
é fur
labarbariede celles del'Europe: ; c'eft,commes desenfans, fe révolter contre la nature même des chofes: a
e'eft étaler la perverfité qu'on (a dans le coeur;
puifqu'on montre contre l'exemple que les EtatsUnis donnent zu monde éntier, le même dépit que
les tyrans ont toujours fecrètement eu des progrès de
la liberté & du fucees des bonnes loix, bien loin d'ert
profitefi --- Page 367 ---
3 55 )
des changemens devenus néceffaires, par des
motifs également puiffans. -
Les amis des Noirs peuvent démontrer
enfuite, qu'il n'eft point de travaux 2 fous
quelque climat que ce foit, que Phomme libre
acclimaté, ne puiffe entreprendre & foutenir,
& que les Nègres ne font point incapables,
comme on le repréfente, d'une parfaite légillation, quand on voudra, prendre pour
les y
les moyens les plus libéraux,
Ils 3.Emtt qu'en accordant même à leurs
adverfaires, ce qu'ils prétendent de l'infériorité des facultés des Noirs aux nôtres 2
ce qu'on nie formellement, les effets qui
réfulterojent d'un grand encouragement qu'on
donneroit au croifement des races pour éteindre les préjugés (1), répondroient à toutes
(I) Voyez ce que M. Lamiral dit, ( page 46 &
fuiv.) de l'amabilité, de la tendrefle, de la fécondité & des vertus domeftiques des femmes Sénégaloifes.
Cet Auteur & d'autres fuppofent que les hommes
qui naiffent de ce qu'ils appellent fang méll, font,
par rapport aux Noirs, comme les demi-Dieux de
l'antiquité, nés de mortelles, auxquelles Jupiter ou
d'autres immortels n'avoient pas dédaigné de s'unir
L 4 --- Page 368 ---
(361)
les fortes d'objections qu'on voudroit tirer
de cette infériorité, contre les établiflemens
libres qu'ils propofent, & que ces établiffemens feroient en Afrique la fource d'un grand
commerce, des produétions des tropiques &
des marchandifes manufa@urées de FEurope,
Ils démontrent, ces amis des Noirs, que par
les mêmes raifons, dans nos ifles à ficre, les
Noirs efclaves, Te mieux traités, peuvent y augmenter par leur nombre la population, & que
leur affranchiffement graduel l'augmentera encore plus vite, & doit néceffirement, en augmentant les revenus du Maitre humain qui
favorifera ce développement, faire baiffer
le prix des denrées coloniales, devenues plus
abondantes. - - Enfin les amis des Noirs
prouvent aux métropoles, que l'abondance
des produétions de la terre enrichit toujours
tout le monde; que par conféquent les Colonies de Toueftine feroient ni ruinées, ni
fi quelque obfervation, indépendante d'autres caufes
qu'il n'y a pas lieu de développer ici, a quelquefoisappuyé cette idée, entièrement née de l'orgueil,
l'avantage connu & indiqué par-tout les Naturaliftes du croifément des races, fuffit pour l'expliqueri
vent aux métropoles, que l'abondance
des produétions de la terre enrichit toujours
tout le monde; que par conféquent les Colonies de Toueftine feroient ni ruinées, ni
fi quelque obfervation, indépendante d'autres caufes
qu'il n'y a pas lieu de développer ici, a quelquefoisappuyé cette idée, entièrement née de l'orgueil,
l'avantage connu & indiqué par-tout les Naturaliftes du croifément des races, fuffit pour l'expliqueri --- Page 369 ---
(571)
abandonnées, quand on tireroit de grands
produits de TAfriques que les François par
exemple', au lieu d'émigrer en grand nombre,
comme ils font, pour les Etats-Unis, préférerontalors les établiffemens françoisyoh,une
fois acclimatés, ils pourront trouver la paix
& le bonheur, que ces établiffemans remplis
alors d'hommes libres,lavee une population
toujours croiffante décupleront, 8 leurs productions, & leurs confommations, &le commerce, par confequent, qui s'enfuit; enfin,
les Amis des Noirs prouvent mille fois plus
qu'il ne faudroit, pour engager une puiffance
telle que la France, par les motifs purement
humains', dontj'entends feulement parler ici,
& que les hommes appellent politiques, à
marcher courageufement dans la voie où la
juftice & Phumanité lui crient enfemhle d'entrer, quand elle devroit Sy trouver feule.
Mais il eft évident que pour ménager les efprits foibles, lon doit prendre les mefures
qu'ils croient néceffaires à la sûreté de tous,
Les défenfeurs de la traite & de l'efclavage ont cru chimériques ces mefures, &
ils ont
d'autant plus loué, précifément
à caufe de cela, PAdmintftrateur célèbre qui
les a propofées. Ils fatisfaifoient ainfi en
même-temps l'adulation & Fafiuce qui.ca- --- Page 370 ---
(58,)
ragèrifent leurs complimens. Mais maintenant, que diront-ils, quand ils verront que
le projet n'en eft plus chimérique e: quand
ils verront que le Miniftre qui l'a ainfi préfenté, dans un temps ou, pour parler avec
sureté, il falloit en tout, employer les périphrafes de la circonfpection, ne peut maintenant que défirer qu'on le réalife; qu'afpirer à la gloire d'exécuter, lui-même, ce
qu'il, a indiqué à la France, peut-être le premier.
Le Pere Labat, dans le tome quatrième
de fa Nouvelle relation de LAfrigue occidentale,en parlant des tentatives que-la compagnie du Sénégal de France, n'a ceffé de
faire pour pénétrer au pays de : Bambouc,
remarque en plufieurs endroits, & dans les
termesles plus exprès (1),la fordide avarice
des Compagnies qui, faute de faire les avances
& de donner aux chofes le tempsnéceffaire,
laiffent fans aucun fuccès, ou même fans tentatives, les meilleurs projets. Cet efprit fordide eft également celui des Compagnies &x du
Commerce en général, L'habitude gouverne
feule, tous les hommes que l'efprit d'intérêt
(:) Pag. 72 & II5 entre autres.
roits, & dans les
termesles plus exprès (1),la fordide avarice
des Compagnies qui, faute de faire les avances
& de donner aux chofes le tempsnéceffaire,
laiffent fans aucun fuccès, ou même fans tentatives, les meilleurs projets. Cet efprit fordide eft également celui des Compagnies &x du
Commerce en général, L'habitude gouverne
feule, tous les hommes que l'efprit d'intérêt
(:) Pag. 72 & II5 entre autres. --- Page 371 ---
(59) )
captive. La routine qui, leur a fervi à s'enrichir, eft tout ce qu'ils connoiffent: & leur
avidité les empéche toujours de facrifier à
l'avenir, malgré les grands avantages même
qu'ils y trouvent. Il faut des lumières &
de la
philofophie 2 pour appercevoir ce
qui eft mieux ; & les commerçans * fous
un gouvernement defpotique" fur - tout 2
encore de
manguent plus
goiir qie de loifirs,
pour s'inftruire; car s'ils avoient ce gott, quel
avantage les voyages qu'ils font, & les relations qu'ils entretiennent,ne leur donneroientils pas? Mais l'intérêt feul échaufe leur gé
nie, &l'on fait bien que leurs fpéculations
font dirigées vers l'amélioration de leurs for
tunes, & que celle des lumières & de laci
vilifation n'y entre affurément pour rien.
>> Mais G les peuples peuvent maintenant
avoir une infuence réelle, c'eft a eirx à dicter les principes fur lefquels ils entendent
e que
leurs marchands trafiquent 2 tout comme ceux
fur lefquels ils veulent - être gouvernés. C'eft
a eux Ajetter d'avance les femences de la profpérité des races fitures; ils ne doivent point
étre arrêtés par les cris de Thabitude & de
Pintérêt qui prennent a tort épouvante , &
le temps ni même les dépenfes pour arriver
à un grand but, ne doitleur rien coûter. --- Page 372 ---
(60)
S'il eft natutel d'entendre les Commerçans
& les Colons, 2 fur cette grande caufe qui
les intéreffe 2 de Pabolition de la Traite
& de F'efclavage 2 ce n'eft donc point au
moins à eux à la juger par leur feule opinion ? En affeétant, hautement cette prétention ridicule, d'une manière auffi véhémente
qu'ils le font, efpéreroient-ils d'intimider une
affemblée quia fait fes preuves, ou même la
Nation quer l'ariftocratie qui l'opprimoit n'a
pu, avec fes menaces & fes fophifmes, 9 arrêter ni féduire un moment ?
Prouverai-je maintenant à M. Lamiral qu'it
fe trompe, & qu'il raifonne auffi mal, toutes
les fois qu'il veut jetter du blâme ou du ridicule fur les amis de Phumanité, qu'il appelle
par ironie les Philantropes Echo des abfurdités que des perfonnes mal inftruites 8z
d'autres malintentionnées ont répandues contre
la Société des Amis des Noirs, fon origine - >
fes travaux, fes intentions, le danger même
prétendu de fon exiftence - 2 il les répète.
toutes : je ne defcendrai donc pas à les réfuter,
ce feroit trop long; je le crois même inutile.
Mais fi je connoiffois M. Lamiral, je lui di-
(1) Pag. 218. dE 396.
uites 8z
d'autres malintentionnées ont répandues contre
la Société des Amis des Noirs, fon origine - >
fes travaux, fes intentions, le danger même
prétendu de fon exiftence - 2 il les répète.
toutes : je ne defcendrai donc pas à les réfuter,
ce feroit trop long; je le crois même inutile.
Mais fi je connoiffois M. Lamiral, je lui di-
(1) Pag. 218. dE 396. --- Page 373 ---
(61)
rois: K Abandonnez votre coeur à ces premiers
élans d'humanité qui fe trouvent dans quelques Réponfe
endroits de votre ouvrage. Ils font vraiment tives&caux aux invecde vous, le refte qui les étouffe vous eft étran- calomnies
ger. Cés premiers fentimens, 2 vous les tenez imprimées
de la nature; les autres, 2 vous les avez acquis. contreelle,
Confiez-vous à ceux-là, méfiez-vous de ceuxrci. Que ne peuvent fur nos efprits & nos coeurs
les moeurs de ceux que nous
&
l'ordre accoutumé de chofes dans fréquentons,
lequel nous
avons étés élevés, dans lequel nous avons toujours vécu? Eh ! quelle ranfon.n'avez-vous pas
de craindre? vous qui avez été jetté jeune dans
une carrière qui doit pervertir les hommes les
plus heureufement nés 11 Doutez donc, je vous
en conjure, &venez dans cette Société que
vous calomniez, que yous injuriez, vous affurer vous même combien fes ennemis font
injuftes.
> La Colonie du Sénégal fe plaint d'oppreflion, & vous portez, avec zèle, à PAL
femblée Nationale fes demandes. Eh bien,
attaquez, 2 avec nous, dans fa racine, l'origine de tous fes maux, Ah ! réclamez pour
elle, réclamez pour Thumanité entière, des
principes inviolables, que tout
vrai-
-
homme,
ment digne de la liberté, doit défendre, Afpirez maintenant à faire enfin régner] lajuftice fur --- Page 374 ---
((:62))
cette côte de défolation, ou ne foyez plus
étoriné que len crime engendre-le crime, &
que ceux qui S'ys livrent , deviennent euxmêmes la proié dei l'iniquité (t).
* Le règne de la juftice peut feul garantir les droits de chacun; celui qui eft injufte
a perdu le droit de fei plaindre de Piniquité
qu'il fouffre. La Nation Françoife eft trop
genéreufeselle eft trop éclairées pour étendre
au-dela des mers des fers qu'elle a rompu pour
elle, & qui font en horreur à tous les bommes
libres,
> Elle protégera la Colonie du Senégal,
comme un père protège un enfant corrompu,
mais chéri. Les Repréfentans de cette Nation
généreufe verront dans leur fageffe les moyens
propres à la relever par degrés de létat de
foibleffe & de corruption où T'ont jetté tous
les abus raffemblés.
75 Les principes qui doivent diriger les peuples dans la conduite de leurs colonies, font
connus aujourd'hui de tous ceux qui ne dédlaigne pas de) s'inttruires & le momenti eft
aufli arrivé de lès mettre en pratique. 1 C
> N'ayez point devaines terreurs! Les CoIIO
a
() Page 90. 9192,
la relever par degrés de létat de
foibleffe & de corruption où T'ont jetté tous
les abus raffemblés.
75 Les principes qui doivent diriger les peuples dans la conduite de leurs colonies, font
connus aujourd'hui de tous ceux qui ne dédlaigne pas de) s'inttruires & le momenti eft
aufli arrivé de lès mettre en pratique. 1 C
> N'ayez point devaines terreurs! Les CoIIO
a
() Page 90. 9192, --- Page 375 ---
(63)
lonies de l'oueft ne feront point détruites, s
parce qu'on n'y portera plus d'efclaves; ceux
quil les ont cultivées les années précédentes e 5
ne continueront-ils pas? Un régime cruel
dans le traitement des Noirs néceffite la traite;
un régime plus doux fuppléera bien mieux
la population, & l'augmentation de culture
qu'on défire. L'on compte parmi les Amis,
les plus zélés des Noirs, des Planteurs, &
quoiqu'ils ayent des qualités très-nobles, ils
ne prétendent point à la charité fublime &
évangélique d'abandonner leurs propriétés.
> N'affectez donc point d'exagérer Fobjet
des voeux des Amis des Noirs; ils favent
que le moment n'eft pas venu de donner la
liberté aux efclaves qui cultivent les Colonies ;
ils ne crient point à la révolte ; & ils n'ont
ni émiffaires, ni apotres; prenez garde de
n'être point la dupe d'un fratagême perfide.
La liberté des Colons blancs a été T'époque
des alarmés qu'on leur a doriné fur la tranquillité de leurs habitations. L'on a affegé de
citer la fociété des Amis des Noirs, de lui
attribuer des deffeins dans un temps où perfonne n'avoit à en parler. Le 13 Jutillet dernier (moment de la révolution de Paris),
l'on a indiqué un magafin d'armes dans fon
appartement, comme on envoyoit les Ci- --- Page 376 ---
(64)
fe pourvoir, dans ceux qu'on fuppotoyens Chartreux. Les philantropes ! Les
foit aux
étoit f plaifant pour les DESCharrenxt1l je
en faifant tomPOTES de jouer
peuple,
qu'ils
ber fa rage fur dest hommes paifibles,
méprifoient ou haiffoient également 1 Songez,
Monfieur, que pour faire fupporter à la Cade toutes les tyran-
- pitale le développement contre elle des Cinies, Pon avoit conjuré
la
toyens avilis, corrompus à l'excès par
misères aveci tout ce qu'il avoit été poflible
de réunir de miferables étrangers : une armée de vagabonds menaçoit toutes les propriétés sli au premier mouvement que nous celle
ont fait faire la défenfe de nos libertés, freres
de nos droits les plus facrés & de nos
affemblés. Voyez qui
nos concitoyens ameuter contre les Colons: pefez
Ton pouvoit
animoient le défefpoir des
les motifs qui
furpris par Té+
tyrans fubalternes, toup-à-coup réveilloit les peuples)
clat de lumière qui
ofer!
Vous comprendrez ce qulon pouvoit
Et en vous affurant de la nullité extérieure,
la afociété dont ileft queftion avoit encore,
que
a fait d'elle; en réfléchif
& du bruit qu'on
redourablès
fant qu'elle renferme des hommes atrendu da
au de'porifmes & qui n'ont point
faire
révolution, ni mcmefonvapprochey pour
preuve
réveilloit les peuples)
clat de lumière qui
ofer!
Vous comprendrez ce qulon pouvoit
Et en vous affurant de la nullité extérieure,
la afociété dont ileft queftion avoit encore,
que
a fait d'elle; en réfléchif
& du bruit qu'on
redourablès
fant qu'elle renferme des hommes atrendu da
au de'porifmes & qui n'ont point
faire
révolution, ni mcmefonvapprochey pour
preuve --- Page 377 ---
(6)
preuve de leurs fentimens, & fouffrir même
pour elle, vous expliquera bien des chofes,
> Revenez donci de vos préventions ; connoiffez les Amis, non des Noirs feulement,
mais de Phumanité. Les fentimens quidles animent ne portèrent jamais le trouble & la ruine
dont vous menacez; mais cest maux terribles
furent au contraire, dans tous les temps, la
fuite inévirable des crimes que vous: défendez, & qu'ils ne cefferont de pourfuivre erau
tribunal de l'opinion.
9) Ah! croyez donc que tous les motifs
qui animent ces hommes de bien, font dignes de la miffionuquils fe font faite a eux
mêmes, des défendre la claffe d'hommes la
plus malheureufe & la plus abamlonnee,amf
que de prévenir le moment terrible & redoutable de leur DESESPOIR, Plaignez les de fe
voir enfin obligés de repouffer la multitude
de calomnies que leur entreprife a fait pleu:
voir de tous côtés contre eux.
>) S'il.n'en eft poinit qui i puiffe fupporter
Texamen, elles les accablent parleur nombre
8 par l'activité infernale avec daquelle on
Jes répand. Chaque jour, elles paroittent fous
une nouvelle formes Pendant que jécris, à
la politique prétenduel de TAnglererre, que
vous ayez vous même cru & que j'ai réfutée,
a --- Page 378 ---
(66)
P'on vient de joindre celle tout aufi
vée, qu'on attribue aux Etats-Unis. controuCongrégation religieufe des Amis
Ceft la
qui eft complice fuppofée de
ou Quakers
tenant, les Miniftres
celle-cis & maincette foule d'hommes d'Angleterre f aftucieux,
plices, fe difant, à Paris fuppofés & à leurs comAmis des Noirs, ne font
Londres, les
liers, les ferviles
plus que les écoinftrumens d'une
d'hommes de
poignée
cacher fous le Philadelphie, 2 qu'on accufe de
pure, le
manteau de la vertu la
coeur le plus dépravé
Ainf plus
tend encore la calomnie
(r).
s'6
Chatelux contre
que répandit M. de
Les efforts du défenfeur cette colleation d'individus.
charitable, qui voulut humain, les
philofophe &c
P'effacer (2).Toutes leurs venger, n'ont pu
vertus font travefties
enadeulhypocriten leursmains
Ils ont beaure élever au ciel
pures, ne faire entendre des voeux
(1) Voyez de l'état des Nègres, &c. cité
haut, page 20,
plus
(2) Voyez la lettre de M. Briffot de
a M. de Chatelux, où il a
Warville,
les calomnies de ce
vi@torieufement réfuté
Quakers ou Amis, les voyageur françois, contre lés
général.
Noirs & l'efpéce humaine en.
lever au ciel
pures, ne faire entendre des voeux
(1) Voyez de l'état des Nègres, &c. cité
haut, page 20,
plus
(2) Voyez la lettre de M. Briffot de
a M. de Chatelux, où il a
Warville,
les calomnies de ce
vi@torieufement réfuté
Quakers ou Amis, les voyageur françois, contre lés
général.
Noirs & l'efpéce humaine en. --- Page 379 ---
(67)
que pour Thumanité entière,on fulpeate leurs
cceurs. En vain leurs principes font fans reproches; l'on calomnie leurs intentions! Mais
quelle vertu n'a pas été flétrie par le fouf
fe impur des.méchans:? Le Fils de Dieu lui
même y fuccomba; & s'il devoit redefcendre
parmi nous, parmi des Marchands d'efclaves
& des Planteurs fur-touts qui douteroit, 4
voir leurs fureurs, qu'ils ne le crucifiaffenr?
Mais qu'une Nation entière fe laiffe bercer dans
Tayeuglement de quelques individuss, qu'elle
perfiftàt dans Perreur; ceft ce
je crois
ne pouvoir fe voir aujourdhui, & a France,
fur-tout (1).
(I). Ily al quelques années (en 8r ou 82,) un
Prédicateur, préchant la PASSION leVendredi-Saine
à Notre-Dame de Paris, prouva à fon auditoire,
de la manière la plus évidente & la plus animée,
que f JEsus - CHRIST vifitoit de nouyeau les
hommes & venoit parmi nous, il feroit inévitablel
ment pendu à Paris, comme il avoit été crucifit au
Calvaire. Même aveuglement 5 même dureré de
coeur, même perverfité, méme.attacheiment à l'intérêt fordide 2 même ignorance & dépravation ;
voilà ce qu'il montra chez nous; comme chez les
Juifs autrefois, dans les claffes de la fociété, qui
E 2 --- Page 380 ---
(68) )
2) L'on ne fait cependant ce que lon doit
le plus admirer, ou la fotte crédulité du public, ou l'impertinente affurance de ceux qui
perfécuterent le fils de Dieu,, & dans le peuple
qui l'abandonna à fes ennemis.
Qui peut douter que ce faint Prédicateur n'et
parfaitement raifon?. peu d'années fe font écoulées;
& dans cette même chaire de vérité, au moment
ou le monitre de P'ariftocratie étoit écrâfé par la
Nation, M. PAbbé Fauchet, fans qu'il ait firement connu fon précurfeur, a fait retentir les voûtes
du Temple, de ces mots à jamais mémorables,
C'EST L'ARISTOCRATIE QUI A CRUCIFIÉ LE
FILS DE DIEU. (Voyez fon Difcours fur la
liberté françoile, prononcé le 5 Août 1789. Paris,
Bailli, rue Saint-Honoré, page 18),
Mais maintenant que l'ariftocratie eft abattue:
maintenant que le Defpotifme, ce monftre conçu
dans le coeur des méchans,nole plus fe montrer :
maintenant que chaque individu jouit de fes droits: :
maintenant que chacun peut énoncer le bien qu'il
conçoit, le produire devant fes Concitoyens, le
leur faire adopter, le vrai règne de la juftice ne
naitra-t-il pas ? Les méchans nous environnerontils oujours, & à force de rufes & de pièges, malgréla révolution, continueront-ils de régner ?
ftre conçu
dans le coeur des méchans,nole plus fe montrer :
maintenant que chaque individu jouit de fes droits: :
maintenant que chacun peut énoncer le bien qu'il
conçoit, le produire devant fes Concitoyens, le
leur faire adopter, le vrai règne de la juftice ne
naitra-t-il pas ? Les méchans nous environnerontils oujours, & à force de rufes & de pièges, malgréla révolution, continueront-ils de régner ? --- Page 381 ---
(69 )
diétent à fa croyance les rêves de leur cerveau.
Sans preuves, fans connoiffance des hommes
dont ils parlent, ni des chofes dont ils raifonnent, ils
-
prennent dans leur imagination
un plan de politique, & ils font crus ; leur
objet eft évidemment d'écarter l'examen de
queftions qu'ils ne veulent pas même, par
une fenfibilité exceffive fur leurs intérêts propres, laiffer examiner; & ils 'ne font point
fufpectés. Des mots de raliement frappent
les oreilles: : ces mots rappellent lintérêt propre
le plus fordidé, & chacun cède. On a beau
crier : on vous égare, votre intérêt véritable
n'eft pas le plus prochain qu'on vous montre,
l'intérêt vrai d'une Nation LIBRE ne pent être
fondé fur l'oppreffion :Fon n'écoute pas; Pon
ne veut ni examiner, ni s'inftruire. La vanité
des raifonneurs eft fatisfaite: , ils croyent avec
Tinventeur d'un roman, avoir percé un voile
qu'il n'étoit pas donné à tout le monde de
lever, & la foule, toujours dupe des mots, &
frappée de ceux de balance du Commerce, &
d'intérét de la Nations qu'on fait fonner avec
emphafe, applaudit,
7) Mais comment, vousqui avez long-temps -
fait vous même le, commerce. des eiclaves.,
ofez vous défendre ce trafic abominable? Si
voire coeur ne fent plus; ou bien, G votre efE3 --- Page 382 ---
(70 )
prit repouffe les fentimens d'humanité qui réclament contre lui,i comment joignez-vous
encore Pavenglement, ou la méchanceté,
d'inve@iver & de. calomnier (1) une fociété
d'individus, la plupart connus, mais ne, le
fuffent-ils pas, également refpectables P
Eft-cc leur faute fi les principes rigoureux de
Ia juftice, fi les cris de T'humanité condamnent
vOs principes & votre vie ? ER -ce leur
faute fi, cedant aux cris de leur confcience, &
fuivant les confequences des principes qu'ils ont
réfolu de maintenir contre les tyrans 2 pour
le bien de tous 2 ils trouvent fur leur chemin
les confidérations delamour propre & de l'intérêt de quelques individus? Enfin, n'eft-ce
pas à ces principes contre lelquels vous vous
révoltez, que vous devez la révolution dont la
France fe réjouit, dont tous les peuples la
félicitent 2 N'efl-ce pas à ces principes qu'elle
devra fa conftitution, dont vous venez reclamer
lesbienfaits en faveur des habitans du Sénégal?
Anlicu d'aimer & d'encourager ceux quiles ont
préchés, ces principes régénérateurs, au lieu
(1) Page 396, - a 398.-218. - 221.-375.
tez, que vous devez la révolution dont la
France fe réjouit, dont tous les peuples la
félicitent 2 N'efl-ce pas à ces principes qu'elle
devra fa conftitution, dont vous venez reclamer
lesbienfaits en faveur des habitans du Sénégal?
Anlicu d'aimer & d'encourager ceux quiles ont
préchés, ces principes régénérateurs, au lieu
(1) Page 396, - a 398.-218. - 221.-375. --- Page 383 ---
(71) )
deles récompenfer par votre eftime & voscloges,
des périls.qu'ils ont méprilés au milieu de la tyrannie,parune inconféquence condamhablevous
cherchez àles avilir, a difcréditer leur doctrine facrée, par tous les menfonges que vous raf
femblez, & par les motifs que vous prêtez
aux uns, ou parles refforts cachés dont vous
fuppolez que les autres font dupes. (1).
(1) C'eft dans le pamphlet intitulé :de PEtat des
Nigres, 8c. cité plus haut, qu'ilfaut voir fur tout,
avec quel art l'on conftruit l'édifice fabuleux d'une
politique infernale, 3 d'après laquelle > s'il faut en
eroire fes inventeurs, tous ceux qui ont concouru à
la révolution de France, par leur courage & leurs
talens, ne fe trouvent plus être que les dupes ou les
complices criminels & foudoyés, (page 19) de la
politique des Etats-Unis del P'Amérique & de PAngleterre. Ce ne font plus les excès du defpotifme
& nos coeurs français, qui ont brifé des chaines que
nous n'endurions tous, depuis long-temps, qu'avec
l'impatience d'un peuple digne de la liberté : ee ne
font plus nos écrivains immortels qui nous ont réveilles : ce font les Etats-Unis : c'eftl'Angleterre
quis_pour nous perdre, ont fait retentir, par leurs
E 4 --- Page 384 ---
(72)
Voyez, Monfieur, ce queles amis des Noirs
oppofent aux menaces (r), auxinvectives, à
émiffaires, 1 le mot DIBERTÉ. J'ai honte d'occuper
mes Concitoyens d'une fi étrange abfurdité : mais
quelque folle qu'elle paroiffe, on la donne férieufement, dans un certain monde, pour une vérité.
Heureufenicht, hers de ce cércle, un feul mot dévoile ces gens-là & les confondfI Ils appellent impolitique, (% ils favent aujourd'hui pourquoi. ) la
Euerre que nous avons foutenue pour défendre la
LIBERTE des Etats-Unis -& BOUEKVERBEMENT,
notré CONSTITUTION. - Tout ce qui peut éclairer
& relevert une Nation avilie, ils Pappellent dangereufs ro2j veautls. Ils refpectent tout ce qui eft
conficréala proferire, &jufques al T'inguiftion -
Lorabr-emadatpng: leurparoiffent
fages. La DIBERTE, enfin, eff fi peu naturelle à
ces beaux elprits qui, communément, affectent des
prétentions exclufives à l'élégance du ftyle ou à la
profondeur des penfées, qu'ils croient que, fans les
Etats-Unis & les Quakers, ou Amis; fans PAnglèterre & la Société des Amis des Noirs, nulle
part en France, on n'auroit prononcé le faint nom
de la LIBERTE, & nous roulerions encore, fans y
fonger, nos chaînes.
() Voyeslaréponfe du Négociant de Bordeaux,
eitée plus haut, page 2.
l'élégance du ftyle ou à la
profondeur des penfées, qu'ils croient que, fans les
Etats-Unis & les Quakers, ou Amis; fans PAnglèterre & la Société des Amis des Noirs, nulle
part en France, on n'auroit prononcé le faint nom
de la LIBERTE, & nous roulerions encore, fans y
fonger, nos chaînes.
() Voyeslaréponfe du Négociant de Bordeaux,
eitée plus haut, page 2. --- Page 385 ---
(73)
la calomnie leurcourage, la vérité, lel temps!
Quelques femaines font écoulées, &c les évenemens contredifent déjà affez toutes les affertions
malignes & faufles, imprimécs & répandues
chaque jour contreita avec une activité qui
n'ef comparable qu'a celle du démon, La paix
règne dans nos colonies. Sielle a été troublée,
on fait qu'elle ne l'a été que par les blancs :
on fait qn'ils Ont feuls entr'eux, enfanglanté
l'heureufe révolation dela libertér Ce quel'on
demandoit au nom de Thumanite, la force
impérieufe des cirçonftances Ta enfin fait céder,
fans qu'il foit, heureufement, arrivé aucun des
maux qu'ou pouvoit redouter de l'opiniatreté
avec laquelle on le refufoit, (1). Les hommes
(1) M. Raymond, Citoyen& homme découlcur
de Saint-Domingue, eft en France depuis fix ans,
pour réclamer le redreffement des griefs fous lefquels
fes frères gémifloient. C'eft bien long-temps, on
voit, avant qu'il y eut à Paris, deSociété des Amis
des Noirs. Eh I croit-on que des révolutions
comme celles qui menacent toutesles Colonies des
puiflances de P'Europe , dépendent de quelques difi
cours humains & raifonnables, qui, au milieu des
paffions qui agitent nos capitales, peuvent s'y faire
entendre ? Non, fans doute : & feulement pour --- Page 386 ---
(74)
de couleur, libresi, jouiflent a ce moment de
tous les droits de citoyen : leurs députés vont
être reçus dans notreAflemblée Nationale
juger du contraire, que PAffemblée Nationale fe
fafle repréfenter les mémoires que le digne Citoyen
que je cite, a,lui-meme, compofés &c préfentés en
differentes foisau Minilre de la Marine. Ilyaa allez
long-temps qu'ils fontavec tant d'autres perdus fans
effet, dans les cartons des Bureaux.
- L'on y verra avec étonnement combien les excès
de la tyrannie des blancs, envers les gens de couJeurlibres &cles noirs efclaves, mettent, depuis long
temps, nos Colonies, 3 en danger des plus grands
malheurs : l'on s'étonnera qu'ils n'aient point encore éclaté : & les Français, vraiement
citoyens 9
fauront quelle reconnoiffance méritent les hommes
libres de couleur, qui, juiques à cette heure, ont
attendu, follicité, imploré, ligalementy des redref.
femens -qu'ils étoient en état d'exiger par force.
Mais un délire incroyable a porté > dit 11 on 3
les blancs à Finfurrection contre la mère patrieg
f cela eft, il n'y a de moyen pour les fauver de la
perte certaine à laquelle ils s'expofent 5 &c pour
conferver à la France les Colonies, que d'appuyer
de toute la force du gouvernement les droits des
citoyens de couleur qu'il faut, fans délais rétablir
de la manière la plus efficace.
'exiger par force.
Mais un délire incroyable a porté > dit 11 on 3
les blancs à Finfurrection contre la mère patrieg
f cela eft, il n'y a de moyen pour les fauver de la
perte certaine à laquelle ils s'expofent 5 &c pour
conferver à la France les Colonies, que d'appuyer
de toute la force du gouvernement les droits des
citoyens de couleur qu'il faut, fans délais rétablir
de la manière la plus efficace. --- Page 387 ---
(75)
En même-temps le Parlement d'Angleterre
reprend l'affaire de l'abolition de la traite),
que vous; ou VOs partifans, prétendoient pour
Toujours ajournée. a Ila nommé un comité,
pour allerplus vitel & ne' rien fufpendre, Enfin,
nous touchons nous mêmes au, moment ou la
caufe des noirs, cette partie malheureufe &
intéreffante de Thumanité, fera aufli plaidée
en France, Les hommes que vous' déchirez,
ren vous. appellant à un tribunal, feroient ils
plus promptement fatisfaits? Ils pouvoient pourfuivre leurs calomniateurs, felon la rigueur
de nos loix. Mais foyez tranquille. - Iisn'attendent, je le répète, leur ttiomphe que de
deur courage, de la vérité, du temps : amis,
amis fincères & éclairés de la liberté ils
(1) Il eft certain que tant qu'on attachera aux
écrits une rdponfabilil, fans diftinétion, fans mefure, fans proportion, comme l'établifient toutes
lesloix faitesjulques à préfent, même chez nas voifins, & celles qu'on nous propofe, les jugemens dés
tribunaux, dans Ja plupart des ças, feront, quoiqu'on en dife, vains, injuftes & furtout tres-dangerenx, Voyez diverfes lettres inferées dans le Patriote François, fur la libérté de la Prefle, entre
autres celle inférée au no. 186, --- Page 388 ---
(76)
fouffrent vos injures, ils plaignent votre erreur,
votre méchanceté méme 2 fimalhetreufemene
pour vous, il falloit lui imputer VOS fautes :
ils vous invitent.a vous éclairer, à vous convaincres & ils laiffent la reflource flérile de
nos tribunaux, aux gens dont les dellcins moins
affurés, &les vues moins pures, ne peuvent
leur infpirer la même confiance dans leurs
fuccès, 2 ni la même fermeté dans leurs principes, Connoiflez donc, connoiflez, je vous
le répète, les hommes que vous outragez >.
Je parlcrois ainfi à M. Lamiral, & j'aurois
à le prefler encore fur d'autres points importants. Mais Je remets à un autre moment de
traiter ceux qui reftent, & qui regardent particulièrement les établiflemens libres., que la
France ne doit plus tarder de faire fur les
côtes d'Afrique. LAffemblée Nationale,
unefaite des nouvelles extraordinaires arrivées par
de St. Domingue & de la Martinique, &
prelice par Tinquiétude que des hommes turbulens, ou mal intentionnes, ont donnée a nos
villes maritimes, eft failie bien plus vite
lon ne s'y attendoit, de TafTaire dela traite que
des noirs. Je dois me harer dans Ces circonftances, de publier, puilque je le croisi utile,
les
côtes d'Afrique. LAffemblée Nationale,
unefaite des nouvelles extraordinaires arrivées par
de St. Domingue & de la Martinique, &
prelice par Tinquiétude que des hommes turbulens, ou mal intentionnes, ont donnée a nos
villes maritimes, eft failie bien plus vite
lon ne s'y attendoit, de TafTaire dela traite que
des noirs. Je dois me harer dans Ces circonftances, de publier, puilque je le croisi utile, --- Page 389 ---
(77)
les réflexions impartiales que m'ont fait naitre mes lectures fur ce fujets qui, touchant du
plus près pollible Thumanité,
réfléchit
interelitsalony
au plus haut dégré, tous les hom
mes.
J'ai prouvé dans ce qui précède, que le
commerce qu'on fait des malheurenx Noirs
efl un trafic aufli infame que criminel: : & je
me fuis fondé fur des faits & des.raifonnemens
également certains & invincibles, Je voulois
entrer encore dans quclques derails,
prouver que ce commerce n'eft pas moins pour impelitique. M. Clatkfon', a. mis ce: point de docrine
dans la plus grande évidences & je ne
fans doute tienajourer a fon excellent
puis
fur ce fujet. Mais, j'avois eu deffein onvrage de
fenter fenlement quelques réflexions, fur prés la
liberté qu'il faut néceflatrement yu tranfplancers
fur les biens qu'on peut s'en promettres &
fur les avantages que la France pourroit retiter
du tranfport des Noirs libres, qui fe trouvent
dans les Etats-unis de TAmérique Septentriomule,8giedos-Amse autrement dits Quakerss
olfrent de conduire eux-mêmes en Afriques
pourvu que dans un érabliflement libre, au
fuccés duquel ils font réfoius de confacrer leur --- Page 390 ---
(78)
vie, ils voient les droits & les libertésides
hommés qu'ils ont défendus, & arrachés à
toujours affarés. Jei voulois
l'efclavage 5 pour
montrer qu'il eft probable que FAngleterre
nous devancera dans ce projet, également
politique & humain 7 que l'établiflement libre
qu'elle a commencé a Siera Leona, jufques a
préfent, quelqu'en foit le fuccès, doit nous en
avertir ; que cette politiqueef bien plus probable que celle qu'on lui a fottement prêtée;
qu'elle peur mettre le premier peuple qui la
fuivra, en poffeffion des richeffes du pays des
Bamboucs; que ce pays,fobjet des défirs. de
toutes les compagnies quiont commercé vers
cette partie de PAtique, excite maintenant
leur cupidité, 9 à un plus haut degré encore, 2
depuis qu'on eft aflune que le fol le plus fertile
& le mieux arrofé, y couvre les mines les plus
abondantes des métauxdes plusprécieux. J'aurois
en même-temps fait voir qu'il ne peut donner
aux Earopeens tout ce qu'il promet, que par
des colonies; qu'elles fcules, quand elles feront
libres, fourniront les hommes aclimâtés &
entreprenans, qui pourront y aller faire avec
fécurité & fuccès, des érabliflemens. Je voulois
donner a toutes-ces idées un dévelopement aflez
fé, y couvre les mines les plus
abondantes des métauxdes plusprécieux. J'aurois
en même-temps fait voir qu'il ne peut donner
aux Earopeens tout ce qu'il promet, que par
des colonies; qu'elles fcules, quand elles feront
libres, fourniront les hommes aclimâtés &
entreprenans, qui pourront y aller faire avec
fécurité & fuccès, des érabliflemens. Je voulois
donner a toutes-ces idées un dévelopement aflez --- Page 391 ---
(19 - J
"étendu : je voulois fur-tout prouverque la cupit
dité écoutera enfin, aujourd'hui, les confeils
de la philofophie ; que PAngleterre fent la
première, quelintérér d'une Nition eft d'autant -
plus stirement & complettement fatisfait,
qu'elle refpedte davantages dans fes relations
extérieures, les droits des hommes & qu'elle
fert mieux-les voeux de Phumanité. Je voulois
enfin faire connoitre les peuples Noirs qui habitent ce pays de Bambouc, que l'ignorance
8 l'intérêt fordide des Marchands, avoient
repréfenté comme les plus malheureux fur la
terre, & qui en font les pius heureux : Je
voulois, en faifant connoitre leurs moeurs fimples, leur liberté, l'égalité qui règne entr'eux,
la haîne qu'ils ont pour l'oppreflion & la douceur de leur caraétère, qui les y expofe cependant, dire, comment leur éloignement des
côtes les a fauvés julqu'apréfent des maux que
les Européens n'auroient pas manqué de
leur porter mille fois 2 fans cette barrière qu'ils n'ont jamais pu, dans leurs projets fordides, furmonter :8 j'aurois fait voirs
comment, en confultant maintenant la philofophie & fervant Fhumanité, les puiffances
commerçantes peuvent parvenir à avoir avec
ces peuples des relations auffi honorables que
réciproquement utiles. Mais la précipitation --- Page 392 ---
80)
même des délibérations dans lefquelles il fem:
ble que les Députés des Colonies & ceux des
villes maritimes on voulu, en s'aidant, bien inconfidérément, de tout le parti de l'ariftocratie, enchainer PAffemblée Nationale, me
force de terminer ici pour arriver à temps.
Je remets en conféquence de faire imprimer
le refte de mon manufcrit, fi je vois qué le
public le défire.
Ce 6 Mars I 790.
APARIS,
Chez DESENNE, au Palais-Royal.
Et BAILLI,TuC S. Honoré. --- Page 393 ---
28:
A L'ASSEMBLÉE
NATIONALE
RÉCLAM IATION -
Des CITOTENS DE COULEUR
des
10 Ifles G Colonics
Frangoifes - ;
Sur le Décret du 8 Mars
1790.
Lis
Citoyens de Couleur ne cefferont
réclamer la juftice des
de
çois. Ilsla follicitent
Légillaceurs Fran1789.Peut-êtrel
depuis le 22 Octobre
ont-ils déjà fatigué P'Aflemblée-Nationale par leurs demandes
par des démarches que leurs Ennemis réitérées,
qualifié d'importunes. Mais il
ont
fort, de leur état; du fort, s'agit de leur
quarante mille individus.
de l'érat de
Il s'agit de déterminer leur
décider stils Jont Citayens
qualicé, de
vent en pofféder les
Adifs, s'ils doiceffaire,
avantages; s'iliett néindifpenfable de les
lés Affemblées Primaires admettre dans
&
> s'il fera poflible de les en
Coloniales
éloigner ilorf
A
de leur état; du fort, s'agit de leur
quarante mille individus.
de l'érat de
Il s'agit de déterminer leur
décider stils Jont Citayens
qualicé, de
vent en pofféder les
Adifs, s'ils doiceffaire,
avantages; s'iliett néindifpenfable de les
lés Affemblées Primaires admettre dans
&
> s'il fera poflible de les en
Coloniales
éloigner ilorf
A --- Page 394 ---
ils réuniront toutes les
5s que, d'ailleurs;
feront prefcrites par MInf
55 qualités qui
Nationale fe pro25 trudlion que lAfemblée
inté55 pofe de donner 15 5 &, certes ! ces
rêts font affez majeurs, ils font beaucoup
ne
être fuivis
trop puilfans pour
pas
foutedéfendus avec. zele,
avec chaleur,
réfolution
nus avec le courage, & cette
incbranlable, que rien ne peut altérer >
nul motif, nulle confidération ne peuque
vent fléchir.
Nationale a rendu, le 8 du
L'Affemblée
mois de Mars, un Décrêt folemnel qui
fixe le fort & Pétat des Colonies.
Elles font partie de la Frances mais, d'après le Décret, on ne peut plus dire qu'elfont
intégrantes comme la
Ies en
partic
Provinces du
Corfe, comme les autres
Elles auront un régime, des Loix,
Royaume.
faits
qui ne feront
que
une Adminiftration feules auront cu le droit
pour elles; qu'elles
S Tavatitage de propofer.
leur eft particun
an Par une exception qui
5> à
Here. les Colonies ont été antorifées
connoitre leur vocu fur la Confti33. faire --- Page 395 ---
-
E tution, la Légiflation &
35 qui leur
FAdminifration
conviennent 35;
Peut-être pourroit-on conclure in de doia
double
cette
doivent di/pofitions que les Colonies ne
plus avoir de Repréfentans a TAC
femblée Nationale : car il
dicoire qu'elles
Parojt contracontribuent, par leurs
purés, a la formation d'une
Dé-
& moins encore a une Adminiftrarion Conflirations
leur eft inconreftablement
qui
Mais ce n'eft pas ici le cas étrangere, d'élever 017
incident. Tobjection eft fondécs c'elt cet St
Légiflareurs a lapprofondit.
aux
La feule chole qui doive nous
c'eft létat des Citoyens de Couleurs occupers
leurs droits, leurs
ce font
plaintes, leurs
tlons; c'eft, dleur égard,
réclamamême lexécution du Déaret Dintarpritation du
&
de Mars,
8 du mois
Ce Décret fourniroit
roit fans doute
matières il fe
Pobjet d'un
fini de réfextons.
nombré in:
Mais les
Couleur fauront fe les interdire. Citoyens de
regrec qu'ils ayent éprouvé
Quelque
doulcur qu'ils
5 quelque
éprouvent encore
que 2
Az
, leurs
tlons; c'eft, dleur égard,
réclamamême lexécution du Déaret Dintarpritation du
&
de Mars,
8 du mois
Ce Décret fourniroit
roit fans doute
matières il fe
Pobjet d'un
fini de réfextons.
nombré in:
Mais les
Couleur fauront fe les interdire. Citoyens de
regrec qu'ils ayent éprouvé
Quelque
doulcur qu'ils
5 quelque
éprouvent encore
que 2
Az --- Page 396 ---
ni dans le Décret, n même dans leRapquiP2 précédé, -
il n'ait été fait men
port
de leurs detion, ni de leurs perfenes,ar
"mandes (1): & moins encore de leurs malNeurs & de leurs' droits; ils fe foumettent
néanmoins avecl refpedt. Ils favent ce que
de Vrais Ciroyens doivent a la Loi, à Tordee publie, au repos, à la tranquillité de
TEUP patrie: Fideles à leur devoirs, ils adheino
ito au DA Dicrats T'Affemblée NaTent Fenidrement
1 doit 30et douter qu'ils ne foient
tionale ne
: S
faire exécuter.
Tes
d2
atte
premiers
XIE Maintenant entrons en matière; & voyons
peut faires pour concilier
ice quelAllemblee les intérèrs des Citoyens de
les droitsy
doit déformais
Couleur, avec le Décretiqui
Sxerlattention de tous les Colons.
Not'Articlell du Décret porte, G que dans
Colonies, - où il exilte des Aflemblées
3 les
Chloniales slibrement élues parles Citoyens,
TTT TAMfemblée Nationale, &, fur le renvoi
(:) de Cépendant été ordonné, le Comité de Vérification en font
qui en a
mois. Depuis trois mois & demi,le Co-
"fafis depuis cinq
a fair fon travail's" & l'ont n'a pas
mité de voulu Vérification, entendre fon Rapport. UP 180 004
encore a0
du
a
Aflemblées
3 les
Chloniales slibrement élues parles Citoyens,
TTT TAMfemblée Nationale, &, fur le renvoi
(:) de Cépendant été ordonné, le Comité de Vérification en font
qui en a
mois. Depuis trois mois & demi,le Co-
"fafis depuis cinq
a fair fon travail's" & l'ont n'a pas
mité de voulu Vérification, entendre fon Rapport. UP 180 004
encore a0
du
a --- Page 397 ---
38 avouées pareux, - E ces
-
- 3
2>
Anembiees
a
admifes à exprimer le vocu
feront
dans
Retilicalonies
que
celles ou il n'exilte e7
95 blées femblablés 27
A
point sAltm
>
en fera
>> ment
formincellao
pour remplir les mêmes fonctions. - giob
L'Article III ajoute; C le Roi fera 3 JIst
35 plié de faire parvenir dans
SS
fap33
chaque Colgtt
lonieuncintriutton
flg
ne
ArARLNa23
renfermant 5 1O LEs MOYENS DE a 1003
92 FENIR A LA FORMATION SC DES ast
PAR- - OL -
35 PRES-COOWIALIS,
ASSEM- 1Y
donstei
35 i7
Cacale,
n'en
soorobns
od
exipe pas encores 20
pom
L
lès
>rales
bafesgent
auxquellesles
agvil
>5
Alfenbierc8antal
dowose@csalbratsdart les
55 préfenteront." 25
- Co TOA Mansqurelley Dur
V12
L'un & Pautre de ces UD articles 920soni L
clairs &2
REROTENE
précisi its Teroienea 1'abri de tout D
éqnivoque, detoute
E
a103
été faits
at a 1a dilinaion, ono silsavoient
pour
France 3 3i1 falloit Tes
exécuter dahs un pays of la qualité de
mud
feroit dérerminée d'une maniere S2 on bien Citayer 591 T3N4
melle ; ou Ton
3aslty 03
fauroir poltivement,
on le fait acnellement dans 1e
comme ce
qu'elles font les condicions ACriaes or
e
être Citoyen actif, o être requifes 45 pour
Pour"
Electeur ou
A3 --- Page 398 ---
d'une
Eligible, en un mot - pour participer
a FAdminiftration gémanière quelconque
nérale ou particuliere de fon pays.
Mais c'elt dansles Colonies que le Décret,
doit être exécutés - c'eft pour elles gu'il a été
faits Tiol & c'eft
cela même que les articles
L - 3 DL D d'étre pour cités, demandent une ex-.
gui viennent 1 -
de Couleur la folliLes Citoyens
plication, TAllemblee-Natonals ne fauroit
citenr,
répugperoit à une,
la leur refufer. Sa juftice
lui
grande rigueur. Sa fagelle ne
perplas
d'abandonner à eux-mèmes, de 5
fivreralar mettra Pas merci a deleurs adverfaires, ou même
delaiffer dans wncincertitude, mille fois plus
cruelle que leur polition, toute honteufe
eft, un nombreinfint
toute cafiligeanre qu'elle
les Loix ont
de Ciroyens, pour lelquels
-
été muertes 3 fur lelquels on s'eft
toujours ans)
a
a
à verler le mépris & les, 2
atraché 9
toujours
1e C leur attirenr l'orgueil & le
humiliarions que
delaiffer dans wncincertitude, mille fois plus
cruelle que leur polition, toute honteufe
eft, un nombreinfint
toute cafiligeanre qu'elle
les Loix ont
de Ciroyens, pour lelquels
-
été muertes 3 fur lelquels on s'eft
toujours ans)
a
a
à verler le mépris & les, 2
atraché 9
toujours
1e C leur attirenr l'orgueil & le
humiliarions que des Blancs,
prejuge Jenguinaire 11 5
dans les Colonies ou
En difant 19 ec quea
Coloniales, libre-
> il exifte des Alemblées 20
& avouées
55 ment élues par C les Ciroyens feront 2
admi(es
33 par eux 2 ces Affemblées --- Page 399 ---
93 a exprimer le voeu de la Colonie
L'Article fecond nous met dans le 9,
d'examiner d'abord
cas
tendre
ce qu'on doit enten-.
par le mot Cioyens; s'il ne doit
s'appliquer indifinéement
pas
àux hommes de
aux Blancs &
Couleur; & enfuite jufqu'a
quel point les Afemblées Coloniales,
tuellement exiftantes,
acdérées
peuvent être confcomme ayant été librement élues.
I. S'il faut en croire ce que les amis de
Phumanité fe plaifent à
difent
répandre, ce gu'ils
ce qu'ils répétent avec une affectation qui les honore, la caufe des
de Couleur fe trouve
Citoyens
Article
jugée par ce premicr
; il prévoir tout, il pourvoit
il les réduit a la condition dont ilsne atout;
vent
doijamais fortir ; il perpetie
dans lequel 012 n'a cele de les
Lavilifement
tenir; cc
99 mot, Citoyen, PAllemblée
par le
Nationale
39 entendu parler que des Blancs
n'a
3,
Oppofons quelques obfervations à cette
interprétarion criminelle : elles naiffent de
la nature même de la chofe; elles réfultent
des termes dans lelquels le Décret a été
conçu,
A4 --- Page 400 ---
Erd'abord, G PAfemblée Nationalen'a
des Blancs, felle
voit entendu parler que
voulu
les hommes de Couavoit
profcrire
déclaré : elle
leur, elle l'auroit expreflément
thecauroit, au moins employé le terme
nique; au lieu du mot Cioyen, elle fe feroit fervie de celui de Blanc. Mais alors fon
Décret n'auroit frappé que fur une partie
des Habizanss au lieu que le mot Citoyen
aception de Coules comprend TOUS,Jans
leure
donc conclure, & c'eft
Nous pouvons
la loi qui nous lindique 2 2 nous pouvons
conclure de fes exprefions que les perfonnes
de Couleur, font comme les Blancs, comde Cir
prifes dans l'exprellion générique
eft impoflible de leur en refu
toyen 3 qu'il de leur en contefter les avanfer le titre;
rages 5 d'ou il fuit > par un conféquence
ulrérieure, qu'elles -
ont le droit de f prém
& d'étre admifes dans routes les Af
fenter
oir lon devra s'occuper de la
femblées,
Confitution & dctadminibtanenducole
nies. Cette conféquence eft d'autant plus
naturelle, elle paroitra d'autant plus in-
ible de leur en refu
toyen 3 qu'il de leur en contefter les avanfer le titre;
rages 5 d'ou il fuit > par un conféquence
ulrérieure, qu'elles -
ont le droit de f prém
& d'étre admifes dans routes les Af
fenter
oir lon devra s'occuper de la
femblées,
Confitution & dctadminibtanenducole
nies. Cette conféquence eft d'autant plus
naturelle, elle paroitra d'autant plus in- --- Page 401 ---
>
falbslesqu'en profcrivant les abusycontre
lelquels nous réclamerons
en fe fervant du mot
éternellement,
fe trouve littéraloment Citoyensyle Décret
claration de
conforme à la Dé1685,acet Article
22 pdroye aux affranchis
LIX,w qui
raifon à leur
(& à plus forte
>> droiesi,
defcendans),m les mêmes
priviléges &
>5 jouiffent les
immunités dont
perfonnes nées
95 veut qu'ils méritent une
libres; quir
>> & qu'elle produife
Liberté acquiles
32 leur perfonnes
en eux 2 tant pour
35 mêmes effers que pour leurs biens, les
que le
a berté naturelle
bonheur de la Licaufe a tousles
Que réfulte-t-il delà: Que
Frangois 5>
clure de ce rapprochement peut-on conDécret n'efe
3 cef que le
laiffe
pas encore offer clain, c'eft
une infinité de chofes a
qu'il
ouvre la porte à des
défirers qu'il
ficultés qui
difeullions, à des dipourroient être
en-u un motse'e
incerminabless
chercher, en
ga'ilfaue Linserpreers en
pénétrer le fens.
Mais, ga'il nous foit Bermis de le demander, pourquoi donc laifler des doutes,
loriqu'il elt fi facile de les éviter? ? PourAs --- Page 402 ---
Te
donner matière à des difcuflions qui
quoi
devenir dangereufes s, qui pourpeuvent
inftans,
roient troubler, pendant quelques
? qui pourroient au
la tranquillité publique
moins produire le mal d'aliéner les efpritsy
de
entre les Blancs & les
perpétuer de Couleur, la Divifion que le
Citoyens la
décidée des premépris &
fupériorité
miers n'a déjà que trop excitée P Pourquoi
faire
le Corps légillatif avec
ne pas
parler
clarté
doicette Noblelle , avec cette
qui
caractérifer fes oracles? Rien ne fevent
ni plus facile, ni plus digne
roit cependant &c de la Majefté de fes
de l'importance
Décrêts:
PéquiAinli, dans Pefpéce particulière,
cefferoit, G TAflemblée Nationale
voque vouloit bien ajouter à fon decret, ou inseft réfervée
férer dans linftrudion qu'elle
de donner rcc que les Citoyens, foit Blancs,
de Couleur, feront indiftinétement
35 foit
fauf les
3 admis à toutes les Allemblées,
feroient apportées pour
5 modifications qui
adifs.
b déterminer la qualité de Ciroyen
Nous ne ferons pas, au Corps Légilatif,
eroit, G TAflemblée Nationale
voque vouloit bien ajouter à fon decret, ou inseft réfervée
férer dans linftrudion qu'elle
de donner rcc que les Citoyens, foit Blancs,
de Couleur, feront indiftinétement
35 foit
fauf les
3 admis à toutes les Allemblées,
feroient apportées pour
5 modifications qui
adifs.
b déterminer la qualité de Ciroyen
Nous ne ferons pas, au Corps Légilatif, --- Page 403 ---
Ir
Foutrage de chercher, de réunir les
qui rendent cette extenfion
preuves
elles ont plufieurs fois été indifpenfable;
les premiers écrits
préfentées dans
les
quilui ont été foumis par
Citoyens de Couleur; elles font
vées dans tous les cceurs; elles font
gradans le Livre de la Nature,
écrites
de la Raifon; elles font
dans celui
la
même du decret.
conféquence
les Blancss
FRaNcors, comme
Blancss CONTRIRUARLES, comme les
foumis avec EUX, à tous les
res de fervice, à toutes les
gencontributions
perfonnelles, pécuniaires & réelles
qu'impofe, la noble, Phonorable qu'exige,
CITOTEN: chargés,
qualité de
de plus
les
grévés, en outrer, 8x
gue
Blanes,de
& notamment d'an fervice plufieurs charges
leur eft perfonnel, les
de piguer qui
leur doivent
Ciroyens de Counéceffairement
tous fes
participer à
avantages. Nous ne difons
feulement que les Loix
pas
de la Nature Font ainfi voulu imprefcxiptibles
de 16855 l'a ordonné,
5 que PEdie
l'Edit
& que, tant
ne fera pas
-
que
révoqué 2 fes
tions doivent être fuivies,
dipofis
queAffemblée
A6 --- Page 404 ---
TaK
Nationale, elle même, ne peut fe difpend'en ordonner Pexécufer d'en preferire,
CEST ENCORE
tion. Nous ajouterons que
DE LA RérorUUN DES BIENFATTS
Blancs &
TIONS IL doit étre commun aux
aux Ciroyens de Couleur.
On objedte, &c.(ce qu'il y a de plus
ceft qu'on le fait avec la
défefpérant,
froideur de l'indifférence la plus marquée)
ne veut point parler
35 on objecte qu'on
TAffemblée Na-
>8 de Couleur, parce que
difin2> tionale ne connoit pas toutes ces
a éions.
c'eft le feul moyen
c On ajoute, que
sde ne mécontenter perfonne.
le mot Citoyen comCc On prétend que
5 prend tout.
feulement d'ajouter
& On fe propole
&
les
tant,
que rous
Citoyens payant
tant de temps, partici
5 domiciliés depuis
& aux
aux
aux droits,
35 péront
titres,
de
actif 3s.
52 avantages
Citoyen
confiance,
Nous répondons, avec
que
cela ne fuffit pas; &0 nous dilons, avec
que nous en fommes pécourage, parce
le mot Citoyen comCc On prétend que
5 prend tout.
feulement d'ajouter
& On fe propole
&
les
tant,
que rous
Citoyens payant
tant de temps, partici
5 domiciliés depuis
& aux
aux
aux droits,
35 péront
titres,
de
actif 3s.
52 avantages
Citoyen
confiance,
Nous répondons, avec
que
cela ne fuffit pas; &0 nous dilons, avec
que nous en fommes pécourage, parce --- Page 405 ---
I3
nétrés; qu'il y auroit de
être même du danger, à fe tinjulice, peutcette expreffion
renfermer dans
générique.
D'abord, nous admettons, avec
blée Nationale, la
PAffemtotale des Ordres, des fuppreflion, labolition
dans une feule
Rangs, leur réunion
Claffe. Nous ne pouvons
qu'applaudir au Décret qui a fait
roitre ces exceptions humiliantes difpatrois quarts &c demi de la Nation. Pour les
Mais, quelque puillante
foit
blée Nationale, elle n'eft que
P'AfemFaits. Elle ne
pas au-deffus des
ne foiz
peut pas faire que ce qui eft
noitre la passelle ne peut point ne pas conCouleur, lorfque les Colonies font
prefqu'entierément peuplées de
de cette Claffe; & qu'à
Ciroyens
S.-Domingne,
qu'en puillent dire les Députés des
quoiils y font en nombre
Blancs, A
En fecond
a-peur-près égal.
lieu, PAllemblée
ne peut pas méconnoitre le
Nationale
rible qui Aétrit cette partie
Préjugé terColonss ce préjugé qui,
intérellante des
faveur d'une
dilpofant de tout en
poignée de
les premiers dans uine
Elancs, retient
polition plus afflis --- Page 406 ---
& peut-étre plus honteufe que
geante
Tefclavage.
fe dif
Enfin, PAMemblée ne peut Ipas
fimuler que le Préjugé, régnant touavec. le même empire, il eft indifjours
de le détruire, ou du moins de
penfable dans fon principe. Et qui pourra
l'attaquer
fi PAffemblée
jamais le faire avec fuccès,
Liberté
Nationale,qui a tant fait pout la
redoute de porter la hache de
Françoile,
vénéneux qui Aétrit les
la réforme furlarbre
les Colons qui Pont
Colonies, & déshonore
des
tant d'années, avec
entretenu. depuis
bien dilpofés à lui
foins qu'ils font encore
prodiguer :
il faut donc avoir le
La Couleur exife:
de le dire : &, foit pour la reconcourage
même
la profcrire, il eft
noitre, foit
pour
Nationale de
de ia dignité de FAflemblée
manière
s'expliquér, à cet égard, d'une
tellement claire, qu'il foit impoflible de s'y
méprendre:
foit blancs, foit de
e Tous les Citoyens,
dans les Colonies,
>5 Couleur, jouiront,
de Ciroyens
53 des droits &c des prérogatives
: &, foit pour la reconcourage
même
la profcrire, il eft
noitre, foit
pour
Nationale de
de ia dignité de FAflemblée
manière
s'expliquér, à cet égard, d'une
tellement claire, qu'il foit impoflible de s'y
méprendre:
foit blancs, foit de
e Tous les Citoyens,
dans les Colonies,
>5 Couleur, jouiront,
de Ciroyens
53 des droits &c des prérogatives --- Page 407 ---
iy
5 actis, lorfque, d'ailleurs, ils réuniront
5 les conditions qui font prefcrites parPAC
55 femblée >.
Voilà le Décret que nous follicitons.
Mais, nous dit-on froidement, c'eft le
moyen de faire des mécontens.
Malheur, mille fois, malheur à ceux qui
pourroient trouver un fujer de plainte dans
un Décret qui honorera la juftice, la raifon, Phumanité. Malheur à ceux qui pourroient en faire, Ou le prétexte, ou Pobjet
d'un mécontentement. L'Affemblée Nationale ne fauroit s'en occuper.
D'ailleurs, 2 pourquoi tant de ménagemens, pourquoi tant de facrifices à l'amourpropre des blancs? Les Ciroyens de Couleur
nefont-ils pas auffi des hommes? N'éxiftentils pas fous la même Loi? La Loi ne leur
doit-elle pas la même protedtion ? Pourquoi
ne craint-on pas aufli de les mécontenterz
Pourquoi ne feroit-on rien pour eux? Pourquoi
Ils font les plus foibles. Perfonne ne veut fe mettre à découvert : on
craint de fe compromettre ; le cri, a l'amour
de Phumanité cédent toujours à Pintérêt per- --- Page 408 ---
fonnel. Les
tune; mais mallieureuxtils le mépris marche ont quelque fora
côtés; mais les
toujours à leurs
honneurs, les rangs, le crédit, les diflinctions, l'autorité,
les mains de leurs
tout eft dans
connoit
Adverfaires, On ne les
de
que par ce qu'il plait aux Blancs de
publier, ou plutôt de hafarder fur leur
compre. Voilà, voilà
peine jetter fur eux Pourquoi on daigne a
un regard de
nom même eft un
Pitié. Leur
outrage. On
troit la Majefté de PAflemblée compromer:
filon
Nationale,
felpermertroit de les lui
Grand Dieu ! qu'elle morale délignere !
maximes! ! Et dans quel
qu'elles
temps! Non, non,
qu'on ne le craigne point 5 T'Alemblée
Nationale ne fera point profanée
qu'on lui parlera des Ciroyens de , parce
Son amour pour la liberté, fon Couleur,
ment pour les vrais
attacheaflire
principes, tout nous
qu'elle recueillera les idées,
projets que fon Comité lui
2 les
pour fixer invariablement
préfentera, 3
létat, le fort des
Citoyens de Couleur.
Pour dernière
reflource,o on cppofe C
mot Citoyen comprend
que ele
indillinétemene tout
point profanée
qu'on lui parlera des Ciroyens de , parce
Son amour pour la liberté, fon Couleur,
ment pour les vrais
attacheaflire
principes, tout nous
qu'elle recueillera les idées,
projets que fon Comité lui
2 les
pour fixer invariablement
préfentera, 3
létat, le fort des
Citoyens de Couleur.
Pour dernière
reflource,o on cppofe C
mot Citoyen comprend
que ele
indillinétemene tout --- Page 409 ---
lemondeCela eft vrai; nous Pavons
&, dans toute autre contrée
déjà dit;
que dans les
Colonies, & vis-a-vis de tous
les Citoyens de
autres que
feroit pas
Couleur,lesprefion ne
équivoque. DI
Mais, à
autres
S-Domingue 5 dans toutes les
Colonies, de la part des
on dira que
Blancs,
l'exprellion ne
ceux qui, jufqu'à ce
s'applique qu'à
cette qualité, & des moment, ont joui de
y être attachés;
avantages qui devoient
& l'on en
ne faut l'entendre
conclura. qu'il
que des Blancs A ; 6
jufqu'a ce moment, eux feuls étoient cars
putés Citoyens 5 eux feulsontj joui des Droits ré
attachés à cette qualité,
Ajoutera-ton le mot Libre,
SIPTLq
penfent quelques Membres du Comité commelle *
D'abord laddition feroit
bondante,
inutile; furapeut-être même
on ne peut être Citoyen,fifonin'ell nuifibles car
l'expérience n'a
Librej8c
n'étoit
que trop prouvé qu'on
pas Citoyen, par cela
Libre: le perfonnes de Couleur feulqu'on étoit
D'un
en Jont la
autre côté, les Blancs en
preuvel
éncore, 3 pour ne le rapporter abuferont
qu'à eux, --- Page 410 ---
f3
pour diteique cè mot n'a étéinféré que pour
prévenir les! précentions 8z le foulévement
des, Noirss foulévement dont ils ont tant
& relarivement anquel on n'aj jamais
parlé,
eu la plus légère inquiétude.
fera touQu'on ne s'y trompe pas; ce
Blancs
jours errer dans le cercle vicieuxs les
auront la reflource du Privilége exclufif
dont ils-ont joui jufqu'à préfents ils perfifteront dans le fyitême qui leur donnoit
&
bientôt eit refufé aux Citout, >0
qui
nom d'homme,
toyens de Couleuryjufqu'au
qu'ils partagent avec eux. moiD
réflexion : elle
17 Ajoutons une dernière
paroit décilive.
-
eft
a'Lintention derAlfanbileNanouke
évidemment que les Citoyens de Couleur
aux: avantages de Citoyens
participent
adtifs.
dela foiblefle, à ne pas
N'y auroir-il pas
le déclarer P
François
aux Légillateurs
S! Convient-il deviner leur intention 27
de lailfer
de leur
N'eft-il pas. deleur fagelle,
prudence, nous dirons prefque de leur devoir,
ilive.
-
eft
a'Lintention derAlfanbileNanouke
évidemment que les Citoyens de Couleur
aux: avantages de Citoyens
participent
adtifs.
dela foiblefle, à ne pas
N'y auroir-il pas
le déclarer P
François
aux Légillateurs
S! Convient-il deviner leur intention 27
de lailfer
de leur
N'eft-il pas. deleur fagelle,
prudence, nous dirons prefque de leur devoir, --- Page 411 ---
T9
d'éviter toute elpéce de
mer tous les elprits, de difcuftonde cals
fa
de
mettre chacun a
place, 2
déterminer tous les
en un mot, de
Droits;
étion motivée, des prévenir, Par une Inftradificuleés
dre mal feroit
dontle moinrendre
d'éloigner, ou du-moins de
plus difficile Torgapifacion des
lonies. Cette confidération eft allez
Copour mériter, pour captiver T'artention Puillante de
PAffemblée.
La néceflité de parler des Ciroyens de
Couleur ne pent doncp plus être douteufe,
que pour.ceux qui veulent les exclare,
pour ceux qui auroient intérêt a
que
à perpéruer dans les Colonies les fufciter,
qu'ils y ont occafionnés
défordres
femblée croyoit devoir Cependant CAPAC
ciffement, G
chercher un adond
à la fappreffion quelques Membres tenoient
rions de lai
du mot, nous propofe
fubltituer cette
-- Toute perfonne libre,
exprelion ?
Parcetre tournure
Jans exception.
d'en chercherto (quelle honte d'être obligé
quel eft doncle crime
toyens de Couleur! devant
desCi
fiécle fommes-nous
qui, dans quel
donc obligés de le faire)! --- Page 412 ---
par cette tournure, on éviteroit Téquivoque
réfultante du mot de Citoyen 5 on' ne parleroit pas de la Couleur & cependant les
Citoyens de Couleur, feroient implicitedans le Décret; car on ne
ment compris
fans doute de les placer
leur refufera pas
8c, s'il fe trouvoit
au nombre des perfornes;
voulût équivoquer,
encore quelquun qui
mots
répondroient
les deux
Jans exception;
viaorieufement à tout.
Napen sel
oi3
sltsq
de Couleur
Aces conditions, les Ciroyens
feront fatisfairss les! Blancs le feront égar
lement. Chacun obtiendra cei qu'il doit
avoirs le teint plus ou moins foncér n'étant
chacun travaillera
plus un titre d'exclafion,
le bien Public -lesefprits fe rapprochepour
deux clafles fecanfondronts leprérontiles
moins une
de-fon emjugé perdra au
réunion partie continuée
pire. On trouvera, dans la
des deux claffes, des moyens de conciliation
feront bientot fuccéder la paix aux
qui
ont troublé les Colonies.La
orages qui
une confiftance
force publique acquerra
ne fauroit obtenir, tant ique
qu'elle
bien Public -lesefprits fe rapprochepour
deux clafles fecanfondronts leprérontiles
moins une
de-fon emjugé perdra au
réunion partie continuée
pire. On trouvera, dans la
des deux claffes, des moyens de conciliation
feront bientot fuccéder la paix aux
qui
ont troublé les Colonies.La
orages qui
une confiftance
force publique acquerra
ne fauroit obtenir, tant ique
qu'elle --- Page 413 ---
2I
les Blanes feront
0or i
divifés des Ciroyens de
Couleur : & ces Colonies, linéceffaires a la a
France, G effentielles Pour fon Commerce, not
deviendronr à jamais le rempart & Pun des
plus fermes appuis de la Conftitution & de
la profpérité Françoife.
II. Nous croyons avoir établi,
la néceffité d'une indication
démontré
précife des
Citoyens de Couleur; dans PInfrucion
P'Afemblée Nationale fe propofe de donner. que
Mais ce n'eft pas encore aflez; il faut
le cas ou les Affemblées
prévoir
Coloniales,
pourront exilter au moment du
qui
auroient été formées fans le
Décret,
concours des
Citoyens de Couleur.
Dans ce cas, ily auroit
contradidtion
delinjuftice & une
manifefte avec Pintention de
l'Alemblée Nationale, à laiffer fubfifter
Affemblées. Une nouvelle formarion
ces
droit
devienindifpenfable, à moins
fois, & fans tirer à
que, pour cette
permit - aux Ciroyens de confequence, Couleur
on ne
des
de nommer
Repréfenrans particuliers.
Cette
confidération,que nous ne faifons --- Page 414 ---
exige encore, elle follicite Tats
qu'indiquer,
tention detAilemblée.
L'Allemblée veut la paix 5 elle fait tout
rétablir l'ordre, pour entretenir Tharpour monie entre tous les Citoyens, pour la
dans toutes les parties de TAdramener
fon
miniftration. Peut-être manqueroit-elle
cette difbur, 6 fa jultice ne prévoyoit pas
ficulté, fi fa fagefle ne la prévenoit pas.
TAflemblée Nationale prononce; elle
Que être affirée de T'obéillance la plus
peut-a
Mais qu'elle daigne tout prévoir.
aveugle. des Divifions étant une fois éteint,
Legerme
fe
les Blancs euxon verra, on
convaincra;
malmêmes, ces Blancs qui nous ont tant
verront f T'amour facré de la
traités, brile encore dans les âmes des CiPatrie
de Couleur ; fi ces hommes dégradés,
toyens font
du titre & des avantages
avilis
dignes
de Ciroyens.
intere
Nous CONCLUONS à ce qu'en
Particle II du Décret da 8 Mars
prétant l'Afemblée Nationale déclare que
1790, PERSONNES DE COULEUR, ou du
les,
TOUTES LES PERSONNES LH
moins que
ont tant
verront f T'amour facré de la
traités, brile encore dans les âmes des CiPatrie
de Couleur ; fi ces hommes dégradés,
toyens font
du titre & des avantages
avilis
dignes
de Ciroyens.
intere
Nous CONCLUONS à ce qu'en
Particle II du Décret da 8 Mars
prétant l'Afemblée Nationale déclare que
1790, PERSONNES DE COULEUR, ou du
les,
TOUTES LES PERSONNES LH
moins que --- Page 415 ---
participerone
BRES, SANS EXCEPTION,
dans les Colonies, conformément à PArticle
IIX de la Déclaration de 1685, au titre,
&c aux différentes prérogaaux avantages a
actifs, lorique d'ailleurs
gatives de Citoyens
tous
ils réuniront les conditions preferites pour
les Colons.
FANemNous demandons encore que
le cas où il y
blée Nationale, prévoyant
aétuelleauroit des Affemblées Coloniales
formées fans le concours
ment exiltantes,& de Couleur, il foit dit qu'ils
des Citoyens
dans les termes 80 fous le
y feront appellés
Nationale jugera à
mode que PAffemblée
propos d'indiquer.
Fait, à Paris, au Comité des Citoyens
de Couleur, le IO Mars 1790.
Joirs RAIMOND ainé; OcÉ
Signe, DE
DU SOUCHET DE S.-
jeunes FLEURY 5
S.-ALBERT de la
RÉALS HONORÉ DE
&
Martinique i COLOM 3 tous Commilaires
Députés des Citoyens de Couleur.
M. DCC. XC --- Page 416 --- --- Page 417 ---
DI.SC FO 3
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PROJET DE LOI EN
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OU L'ADOUCISSEMENT DE LEUR RÉGIME;
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ET REP d N SE
AUX OBJECTIONS DES - COLONS;
omomsninssha matous must ob 255057
Par M D E VIEFVILLE DESO
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slob eomim zal 2001
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19 ns
& zioib
J06I a
xuorSnon
adorovaid
na
- Lar liberté eft le premicr droit que Thomme tient
la nature:
e
de
ce droit
-
eft facré & inaliénable; rien
anc, doit l'en dépouiller,
L'efclavage n'eft donc que T'abus de la force.
A
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la nature:
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ce droit
-
eft facré & inaliénable; rien
anc, doit l'en dépouiller,
L'efclavage n'eft donc que T'abus de la force.
A --- Page 418 ---
La France a eu le bonheur de le voir difparoitre
-
de fon continent; mais injufte, elle a eu la cruauté
de Tétablir dans fes colonies. C'eft une violation de
toutes les lois fociales & humaines.
du fol
Si jamais il y a une occafion de profcrire
françois cet abus barbare; fi jamais il s'en eft préfenté
brifer les chaînes de la fervitude; ceft, fans
une d'y
ou les hommes 2 pénétrés
doute > dans un moment
devant
plus que jamais de cette vérité, qu'ils font égaux
l'Etre qui les a créés, & devant la loi éternelle qu'une
mmain invifible a gravée dans leurs cceurs, réuniffent
leurs efforts
abolir &c-effacer jufqu'aux dertous
pour ancien afferviffement.
mières traces de leur
Letempsme paroit donc venu, Meflieurs, de vous préfenter le projet le plasgrand,lep plus noble, le
digne,
de la
, qui feul peut
MenCOE
peut-éare,
poftérité
Affembléel: Pabolition de Tefclavage.
cette augufte
de l'homme dégradée & avilie;
Relever la nature
le rétablir dans fes droits
rappeler T'homme à fa dignité,
,ceft une action digne de la générolité françoile,
priminfs,
faits à T'humanité depuis tant de
Réparer les outrages
tous les crimes de la
fiecles; effacer,il eft poflible,
cupidité; ceneft une digne de fa juftice.
Nation rivale ,
a tant de droits a
Déja une
qui
fes généreux
notre eftime, s'en eft occupée; prévenons Mellieurs;
C'eft à la France, ceft à vous ,
'deffeins.
à qui
appartient de donner ce grand éxemple :.
qu'il
& la vénération de Tunivers
vous méritera T'hommage
onob
entier,
cles; effacer,il eft poflible,
cupidité; ceneft une digne de fa juftice.
Nation rivale ,
a tant de droits a
Déja une
qui
fes généreux
notre eftime, s'en eft occupée; prévenons Mellieurs;
C'eft à la France, ceft à vous ,
'deffeins.
à qui
appartient de donner ce grand éxemple :.
qu'il
& la vénération de Tunivers
vous méritera T'hommage
onob
entier, --- Page 419 ---
Je l'avouerai : le COELE eft féduit & entrainé Par une
fi belle & fi noble éntreprife. Il eft f doux d'exercer
la bienfaifance, de verler des confolations dans le fein
des malheureux 5 & d'y répandre le bonheur,
ne
peut pas fe défendre, 2 je ne dirai
d'un qu'on,
timent depitié & de
mais u2
point,
fen-,
en
compallion,
dattendrilfement,
mais du plus puillant intérêt pour ces êtres infortunés,
victimes malheureufes
-
de nos immodérations & de
notre infatiable & cruelle avarice.
Il n'y 0 a point de genre de cruauté &c de barbarie
auquel ils" ne foient éspolsa ni de forfaits dont nous
ne nous rendions coupables envers eux.
5.
Les
les.
atroces
moyens
plus
font mis en. ufage
a
pour faire une bopne,
traite ; on fufcite la guerre. & le carnage dans leur
pays, & par la féduétion de quelques objets
achète
fauiles,on:
Taffreux droit de les enchainer &c de les traiter,
comme de vils
de
troupeaux
bétail. Il'en coûte de tracer
ces, horreuirs.
K EU
La traite ne fe fait ordinairemeut que fur la côtes
d'Afrique, depuis les Erats du Roi
-R
de Maroc, jufgu'a
Mozambique, D
en tournant cêtte immenfe étendue. de
côre Par le Cap de Bonne-E/pérance. Les navires né-t
griers fe rendent aux différentes
a
échelles de communications, établiflent un
à
- pofte terre Pour les
La, fc rendent les marchands d'efclaves
échanges.
ils traitent pour un certain nombre; car is avec ne lefquelst
point faire, en un feul lieu, leur chargerment Peuyent, ils font,
fouvent obligés, 2 Pour parvenir à le cpmpléter D3 dei
parcourir une trés-grande étendue de côtes, dy refter,
A 2
rendent aux différentes
a
échelles de communications, établiflent un
à
- pofte terre Pour les
La, fc rendent les marchands d'efclaves
échanges.
ils traitent pour un certain nombre; car is avec ne lefquelst
point faire, en un feul lieu, leur chargerment Peuyent, ils font,
fouvent obligés, 2 Pour parvenir à le cpmpléter D3 dei
parcourir une trés-grande étendue de côtes, dy refter,
A 2 --- Page 420 ---
plas otl - moins de temps, felon les circonftances, quelfois huit à neuf mois. Ces exemples font fréquens.
que Comme le fuccès de leur voyage 9
dépend de la promp
titude de la traite, rien n'eft négligé pour T'accélérer.
tente la
du marchand; on compofe, on s'ar- d
On
cupidité &,de concert, L
toutes fortes de moyens
range avec lui;
font employés Pour la finit
1 du
2011 Promipsement crédules, féduits, OU
Si les habitans
pays, ttop fe rendent à bord du
excités Par la fimple curiolité,
S
is font
& fur-le-champ précipités 3
-
dteans,
vailfeati, de y confondus avec les malheureux qui y
I à fond
cale,
Le Marchand a fouvent la facilité
font déja renfetmiés. D9 atrocités. Lorique le Capitaine
'de comméttré feul' ces 3
1a lanigue dup
il devient complice,
n'entend point
poys, 3I
fe faire
fans 0 s'eti douer. Ces infortunés D ne 310. peuvent 1
la L
comprendres &, quand ils le pourroient ,
cuptdité R 00
Arraches à leurs familles, a leurs
Etoufféroit letur Woik.
Ieurs amis, a la terre qui I les
femmes, à Ieurs enfans,
on
du
les cris 'alffens
as vus "haitre, ils jerteht imcienent
T'on enchaine
défefpoir: Quelquezuns fe donnentla mort;
féroce
lés imiter; & le vil &
les autres qui poutroient de fon "pacte abominable, de
marchand, qui reçoirle prix
-
lui
fur le
fon traité de fang, dit tout ce quil
plait
de ces malheureux, dont on ne comprend point
compte
D'ailleurs, tout le monde profite ; les éclaile langage.
Il'eft arrivé que C'étoit
ciffemens ne font point démandés.
ainfi traités : I avec
des chefs de Caltes, qui fe trouvoient Ils ont 5 été réleur fuite par la perfidie des marchands.
dlams; ila falla que la force funit.a la jultice, pour
fur le
fon traité de fang, dit tout ce quil
plait
de ces malheureux, dont on ne comprend point
compte
D'ailleurs, tout le monde profite ; les éclaile langage.
Il'eft arrivé que C'étoit
ciffemens ne font point démandés.
ainfi traités : I avec
des chefs de Caltes, qui fe trouvoient Ils ont 5 été réleur fuite par la perfidie des marchands.
dlams; ila falla que la force funit.a la jultice, pour --- Page 421 ---
leur faire rendre la liberté, Le
faciliré de fe fouftraire à la
marchand a toujours la
Puition, en paffant dans
un autre canton, Ne craignanc rien, ill ofe tout. Il calcule ordinairement Ces fortes de coups, à l'époque où
il fait que le nombre d'honimes qu'il amenera, complettera la traite, & que le navire mettra - à Pinftant à
la voile pour fa deftination.
U0
Le comble de Thorreur', c'eft l'entaflement de ces
malleureux, les uns fur les autres, dans le fond de
cale du vaiffeau, fous un ciel bralant, n'ayant
le petr que leur en donnent trois M. ou quatre petites d'airque fenêtres
de dix pouces en quarré, étroitement barrées & grillées
de
lames
T groffes
de fer. Empilés dans cet horrible cachot,
& abymés dans la donleur & le defelpoir,ils
dans la faleté, l'infection & toutes les exhalaifons ypoutriffent fétides,
produites par P'exceflive chaleur du climat. Ce n'eft pas
allez, ils y font encore tourmentés de tous les befoins.
fde la vie. Leur nourriture n'eft compofée qué de falaifons,
prefque pourries, d'une légète portion de bifcuit couvert
de toiles d'araignées, de vieux légumes achetés
économie, dont les infectes ont dévoré la farines & n'ont par
laiffé que la pellicule. Bralans de l'ardeur de la foif, leur
grand nombre &-l'incertitude du terme de la navigation
empèchent qu'on puiffe les farisfaire; ils ne reçoivent
qu'une petite mefure d'eau
a
qui, irritant leurs defirs, ne
Peut, qu'augmenter le feu quti les confume. Tis defcendent
ainfi dans le tombean, defelpérés, frappés de tous les
maux, mandiffant la race cruelle qui lesy précipite dune
manière aufi barbare. Tel eft le fort
&
snrag
affreux, ptefque
caodd ni aoaiog Sb
A
farisfaire; ils ne reçoivent
qu'une petite mefure d'eau
a
qui, irritant leurs defirs, ne
Peut, qu'augmenter le feu quti les confume. Tis defcendent
ainfi dans le tombean, defelpérés, frappés de tous les
maux, mandiffant la race cruelle qui lesy précipite dune
manière aufi barbare. Tel eft le fort
&
snrag
affreux, ptefque
caodd ni aoaiog Sb
A --- Page 422 ---
des Africains, pendant tout le temps de Ia
incroyable,
conftraite, près de trois mois d'une pénible navigation,
fous la Zone Torride. On: ne doit pas être furtamment
horrible tableau de foufrances, fi, comptis, d'après cet
fouvent
- munément, la mort en enlève le fixième, plus
la
la totalité, jufqu'à
le tiers, ou moitié, quelquefois
de
leurs: féroces conduéteurs. On ne peut rendre
pareilles
d'horreur: On
attocités, fans éprouver un frémiflement
écarter les réfexions déchirantes, & Ollvoudroit pouvoir d'excès de barbarie aient PH fublifter auffi
bler que tant
des crimes que la
long-temps, fans que le ciel, vengeur
inhumains
ait anéanti les monftres
loi ne punit point,
les loix &c outrager la
qui ofent ainfi violer toutes
nature.
Meflieurs, que ce foit la le terme
Il ne faut pas croire,
De nouveanx
de toutes les fouffrances de ces, infortunés.
a
les attendent au-delà des mers.. Le bonheur
fupplices
eux. Bientôt
fui avec leur patrie; il ne reparoitra plus pour
homicide les tiendra enchainés dans nos Coun régime loi de fang, connue fous le titre de Code
lonies. Une les faire defcendre du rang des hommes;
Noir (a), va
les nègres font confidérés comme
(1) Suivant ce Code,
à l'encan, fur des affiches
meubles. On les vend & revend
habitation 5 ils font
on les attache à une
& publications;
comme des: inftrumens néceflaires de
cenfés en faire partie 7
de tous les droits de Fhommes
labourage 3 ils font privés
de leurs
ils ne peuvent pas fe marier fans le. confentement bâton, à peine du
maitres. Il leur eft défendu de porter un
(1) Suivant ce Code,
à l'encan, fur des affiches
meubles. On les vend & revend
habitation 5 ils font
on les attache à une
& publications;
comme des: inftrumens néceflaires de
cenfés en faire partie 7
de tous les droits de Fhommes
labourage 3 ils font privés
de leurs
ils ne peuvent pas fe marier fans le. confentement bâton, à peine du
maitres. Il leur eft défendu de porter un --- Page 423 ---
les dépouiller de't tous leurs droits : les
vouer à une telle
dégradation, qu'elleles attachera &
que forte, a la terre; elle ne les incorporerajeniquel- confidéréra
comme des infteumens de
plus que
nés'à Farrofer
labourage; ils feront condamde leur fang & ala travailler
vie. La cupidité, calculant fes
toute leur
leur travail,
bénéfices fur létenduc. de
preffurera leurs forcès, fera gronder continuellement les menaces à Tentour
d'enx, & étendra fur
fouet; il leur eft également défendn de fe voir
de fe réanir , pour quelque caufe. & en
entre euxs
ce foit, fous peine corporelle,
quelque lieu que
du fouet & dela fleur-de-lys; qui ne peut être moins que
peine de mort. Ils n'ont
&, en cas de récidive, fous
leurs maitres' feuls
d'action, ni au civil, ni au criminel;
peuvent fuivre la réparation des
outrages 3 mutilations & exeés commis en
offenfes,
& par là les maitres ont la viel de leurs Jeurs perfonnes;
difpofition, art. I2, 13, 25. Si un efclave efclaves en leur
fa maitreffe ou leurs enfans, il eft
de frappe forr maitre,
autre perfonne libre, de même s'ik pun
mort. Si c'eft une
Sil dérobe la moindre
y échet, art. 27 & 28.
poix, fèves, 8cc., il chofe, eft la plus légère denrée, y comme
de la
battu de verges par Pexécureur
haute-juftice, 8 marqué d'une Aeur-de-lys. S'il
en.luicoupe,lap première foiss les oreilles; la
fuit,
la troifième, : il reçoit la mort, à moins feconde, le jarrets
utile à fon maitre de lui conferver Ia vie.
qu'il ne foit plus
Iui auroit donné retraite, eft condamné L'homme humain qui
faute dela payer, àla condition
à une amende, réduit, >
d'efclave, &
Permis aux maitres & maitreffes,
vendurenfin ilet
claves l'ontmérité - de les faire lorfqu'ils croient que les efde cordes. Art. 3,84,31,80.6. enchainer, battre de verges &
A 4
Ia vie.
qu'il ne foit plus
Iui auroit donné retraite, eft condamné L'homme humain qui
faute dela payer, àla condition
à une amende, réduit, >
d'efclave, &
Permis aux maitres & maitreffes,
vendurenfin ilet
claves l'ontmérité - de les faire lorfqu'ils croient que les efde cordes. Art. 3,84,31,80.6. enchainer, battre de verges &
A 4 --- Page 424 ---
tine
de fer, tonjours précé à les immoler.
leirr tête
verge
s'abreuver de Ieurs larmes;
Ils n'auront de liberté que pour
leur interdira celle
& dévorer leurs malheurs. Car on
feront fermés;
de pouvoir fe plaindres les tribunauxleur
leurs
la loi deviendra fourde pour eux; elle repouffera Inhumaine &
plaintes, en leur interdifant toute action. arbitraire de
injutte, elle laiffera à leurs chefs le pouvoir donner la
de les déchirer de coups, de leur
les mutiler,
à leurs
&c, s'ils tentent d'échapper
mort impunément;
à avoir les oreilles ou le
alfaffins, elle les condamnera
la vie I ne leur fera laiffée que loriqu'elle
jarret coupés;
encore être utile a leurs bourreaux:
pourta
fous l'emCeft, Mellieurs, fous un pareil régime,
hotd'une loi dont le peuple le plus fauvage auroit
pite
Africains vivent dans nos Col
reur, que les malheurenx milliers, accablés fous le poids
Ionies. Ils y périllent par
de tous les maux.
la tetre, a peine leur acCondamnés a y déchirer
Si Ieurs forces
corde-t-on quelques heures de repos,
lavatâche que
épuilées ne fnffifent pas pour remplieila barbares meurtriffent
rice lent a allignée, des mains conlent & arrofent cés
leur corps'; des ruiffeaux de fang
des milliards
terres proferipes 5 - qui déja enfevelifent encore 32 ceux n
&
bientôt enfeveliront
-
dAmcans, qui
la
également defléchés & a déperis Par
qu'elles
D e
cruauté EA &.
malheur.
heuréux. Leut derIl n'eft point, pour eux, un jour
arrive toujotics
nier foupir finit leur travail. La mort
fent cés
leur corps'; des ruiffeaux de fang
des milliards
terres proferipes 5 - qui déja enfevelifent encore 32 ceux n
&
bientôt enfeveliront
-
dAmcans, qui
la
également defléchés & a déperis Par
qu'elles
D e
cruauté EA &.
malheur.
heuréux. Leut derIl n'eft point, pour eux, un jour
arrive toujotics
nier foupir finit leur travail. La mort --- Page 425 ---
elleeft le premier inftant de: leur repos;
trop lentéments
e
elle termine leurs peines
à leuts maux, en
Le fifc eft encore venu ajouter aufli-valte que fes betefferrant leufsi chainés; fon génie;
s'être aflervi
foins, a tout foumis à fa voracité Après
fon
chofes de première néceflirés il a porté
jufqu'aux
aétes de juftice &c de bienodienfe exaétion julquaus
les maitres qui
faifance. Chofe incroyable 5 il a aflujetti
livrès
affranchiroient leurs efclaves,à lui payer 3,000
chactin. N'en dourons point, Meffiears, la génépour
fans cette gêne, fans
rofité Françoile en eft un garant; liberté des Noirs,
entrave: révoltante, mife à la
cette
tronveroient libres 80 propriétaires, & la
plus du tiers fe
Tote, deux ou trois
population feroit doublée. Qu'on
mille recevront anmuellement leur liberté. des maitrés qui
eft
Je conviendrai cependant qu'il
connoiffentles droits de Thamanité,Soqui en rempliffent
lei
gtand nombre, le tableait
les devoirs; mais, pour au-delfous plus
de la réalités mos
que j'ai tracé eft rencore civilifés
en. traitent Ainfi
01 Et ce fontrdes hommes
qui de ceux-ci eft noires
d'autres, par la raifon qae la2 peau
02 zuoe
& que la leur:eft blanche 1 - LS
eft déchirée;
2 La nature' frémit d'indignation 2 Yame de fon cceur, on ne
prellé & féduit par les mouvemens
croiroit furement point qu'on pâr mettte en quellion,
venit au fecours de ces malheureus,
G on doit, o11 non,
les devoirs facrés de Thumanités
templir vis-a-vis d'eux
1e up. DIOVA
en un mot, Pleur rendre la liberéoms des difliculiés
Cependant, ent renéchillancs on trouve
émit d'indignation 2 Yame de fon cceur, on ne
prellé & féduit par les mouvemens
croiroit furement point qu'on pâr mettte en quellion,
venit au fecours de ces malheureus,
G on doit, o11 non,
les devoirs facrés de Thumanités
templir vis-a-vis d'eux
1e up. DIOVA
en un mot, Pleur rendre la liberéoms des difliculiés
Cependant, ent renéchillancs on trouve --- Page 426 ---
ta
embarraflantes; Oft éprouve ce fentiment pénible que Ia
fi
exprimé : Que le bien
meilleur des Roisa dignement
efP. difficile à fairé 2931
f elles font
Examinons donc ces difficultés ; voyons
du
d'une. nature à empècher ou a retarder T'exécution
fat jamais.
projet le plus louable, - peut-érre, qui
Glon abolit la traite & Tefclavage
On annonce. que
&x enabandes Negres, il faut renoncer! aux Colonies,
font
donner les caleures s, parce que les Eutopéchs n'y
quc. ces climats trop chands les épuifents
pas propres;
y fuffire au travail.
qu'ils ne fauroient iczaindre cet abandon 3 un trop grand
Onne doit. pasic
croira
à Fidée que Jes
intérêt s'y oppefe. On ne
pas
à.conferver pror
priéraincs.négligent aucun des moyens proprés bien loin de
leurs pofleffions. L'abolition de la traite 3
abandon, ne fera qu'nn véhicule de plus
mécefliter cet
à favorifer la popalation des
pour engager les Colons
la reffource de la traite,
de pouvoir fe pallerde
Noirs,afin ITAe de la Guadeloupe nous eir fournit T'exemple.
comme D'ailleurs, c'eft un erreur de penfer que les Eurofoient
pcoptes à la culture de nos Colonies;
péens.ne
pas
l'homme
conviendrons, & il eft inconttflableyque
nous
ciel
a
de force phylique;
Noir,né fous un
brilant, plus
font
maislesBlancs acclimatés peuvent fuffire, &c
capables
du rravail des Noirs. Ce font eux
defaire la majeure partie
Dans, la création
qui ont commencé les défrichemens- fous Louis XIV, n'y
des premiers érabliffemens,
nommoit Engagiltes,
avoit que des Européens, qu'on terme. de; trois,
qu'ils étoient engagés Ponr un
quatre
parce
ir,né fous un
brilant, plus
font
maislesBlancs acclimatés peuvent fuffire, &c
capables
du rravail des Noirs. Ce font eux
defaire la majeure partie
Dans, la création
qui ont commencé les défrichemens- fous Louis XIV, n'y
des premiers érabliffemens,
nommoit Engagiltes,
avoit que des Européens, qu'on terme. de; trois,
qu'ils étoient engagés Ponr un
quatre
parce --- Page 427 ---
XY
& cinq ans 2 qa'ils cultivoient ces terres, &
avec plus d'activiré,
ilslefaisolent
Noirs. IF eft vrai d'intelligence & de fuccès! que les
qu'ils ne chltivoient
du
mais ils auroient également culivé du que
tabac;
de Tindigo &c toutes' les autrès
cafeyidu facre,
pourroient donc encorele
plantes indigenes. Ils
fitteaujotred'hui. 11
cels. de changer les heures du travail, de faliroitspour
matin & le foir. Et puis, que Ton décruife; prendre-le dans
climats barbares,le deeftabiepeénugequte
ces
dévoué à la culture des terres
idegradelhomme
ce foit a l'avenir des mains libres ; qu'on Thonore >1 que
qui les exploitent:a alors
TEuropéen quiatra desl belbins,nheliera plusdeles cultiver
Nos colonies (celles dé
affez
TAmérique) ont anjourd'hni,
généralement", une population d'Africnins
pent établir dans la proportion de dix
les qu'on
non cemprifes; d'eft-a-dire
dun,
troupes
blanc. Chacur fait
qu'il y a dix noirs pour un
que ces derniers font
font rien ; que les autres exécutent, pollelleurs, ne
fonttour8e n'ont rien. Or decette
dirigent Fouvrage,
& de
difproportion de ficuation
population, On fait cette objection : on
comment vivra cette foule
demande
fi
d'eflaves.qui elt
on
tout-d-coup
lui rend la liberté? Ellevivra fanspropriéné,
travail & fes fervices, comme vivent
avec fon
journaliers & domeftiques. Le befoin & nos la mancouvres, néceflité
forceront: Mais iln'ef
Ty
a-comp la liberté: W pas queftion de lai rendre touton la lui rendra fuiccellivemient, en
prenant des précautions Pour pourvoir au fort de
efclave, foit en lai donnant des terres à cultiver chaqua
defticher , foit autrement.
ou à
fanspropriéné,
travail & fes fervices, comme vivent
avec fon
journaliers & domeftiques. Le befoin & nos la mancouvres, néceflité
forceront: Mais iln'ef
Ty
a-comp la liberté: W pas queftion de lai rendre touton la lui rendra fuiccellivemient, en
prenant des précautions Pour pourvoir au fort de
efclave, foit en lai donnant des terres à cultiver chaqua
defticher , foit autrement.
ou à --- Page 428 ---
la main - d'aeuvre devenant alors plus
Onajoure que
à
chères le prix des denrées augmentera proportion; foutenir
qu'il en réfultera que nous ne pourtons plus
Je'commerce, dans les marchés étrangers, avec les autres
que nous allons être bornés à
Nations propriétairess
introduiront
notre feule confommation; que nos voifins
linchez nous les denrées de leurs colonies, parce que mille
rérêt eft toujours plus fort que la loi; que G 590
noirs recevoient la liberté au même inftant, ils pourroient
& abufer, dans le premier
manquer de recomnoiffances auflinattendue, de leurs forces,
tranfport d'une révolution
enfin fi lon veut être
pour opprimer leurs maitres s.;
fondée fur la
julte, que le noir étant une propriété
fon caloi, fous la foi de laquelle le colon a acquis,
a
lni reftera encore
pital doitl lui être rembourfés qu'il
de fes cultures.
courir ledanger de l'abandon d'une partie
les
Ces, raifons bien pefées peuvent - elles balancer
S1
s'élèvent en faveur de
motifs fi puiffans & fii impérieux qui
continuer
T'afftanchiffement 2 Sont-elles allez fortes pour
deleur facrifier la vie & la liberté de milliards d'hommes? fait
humaine & bienfaifance, ne
Une Nation julte, facrifices à fon luxe, à fa vanité,
point faire de pareils
eft
I
à l'intérêt de quelques milliers de perfonnes: Il
ou
d'ailleurs facile d'y répondre.
comme une
19. Le noir ne peur jamais ètre regardé
donne pror
il eft détenu par la force, & la force ne
ptiétés
de liberté inhérent dla nature
aucun droit. C Ledroit
son ne
6 impreferipable
$ de thomme, efinalisnable
yferoits
La renonciasion qu'on
> peur pas y renoncer.
l'intérêt de quelques milliers de perfonnes: Il
ou
d'ailleurs facile d'y répondre.
comme une
19. Le noir ne peur jamais ètre regardé
donne pror
il eft détenu par la force, & la force ne
ptiétés
de liberté inhérent dla nature
aucun droit. C Ledroit
son ne
6 impreferipable
$ de thomme, efinalisnable
yferoits
La renonciasion qu'on
> peur pas y renoncer. --- Page 429 ---
35 feroit un acte illigitime & nul:6
3> s'aliener lui-méme, il ne
quand chacuny pourroie
3> ils naiffent hommes & peut pas aliéner fes enfanss
55 tient; nul n'a le droit d'en libyes; la libertéleur appar
>> n'a une autorité naturelle difpofer qu'eus. Aicun
trat focial, liv.
fur for femblable
(Cons
Tet.chp. 4.) >. Lefort qui
commer donc une
affervitle foible,
injuftice, un acte de
lequel Fimprefcribilité du droit delhomme violenee, contre
nellement; &il n'eft dû auicune indemnité réclame éterdunepoftalion furtive.
pourlévicion
20 Si les colons, , par leffer
rient les noirsspleur
derifranchifemenr; fala
ils cefferont d'en faire payent des gages ou des Journées,
euxl le
l'infame trafc; & en' perdant fur
droitinhumain de vie & de
de leur achat, & tout ce
mor.ils gagnerontleptir
;o. Les
qu'il en coûtoit à leur cruaité
pertes & les dangers
la balance du
qu'ils préfentent pour
calcul de leur commerce, ne fe trouvent que dans le
intérer; encore eft-il facile
ou de les réparer. La
de les prévenie
ne daignent
plupart des grands
pas réfider, dans les
propriéaires
que lenr fortune érant immenfe, colonies, ils
par la a railon
le curcle de leurs
yeulent augmenter
la
jouiflances, en fixant leur
métropole; ils font donc gérer
fejour dans
ne tarde point de prendrele même par un économey qui
Earope pour les mêmes caufes. Mais gott, & de. Tevenir en'
de cent pour cent &
au lieu d'ur-bénéice
des deux tiers, ils feront plus qu'ils font, gu'ils fe concenteng
la concurrence
encore un gain aflez
reftera la même : il ne réfaltera honnéte,de
incomvénients, fa
que d'être 9 ans, au lieu de
daurre
fortune,
6,pour faire
dans
ne tarde point de prendrele même par un économey qui
Earope pour les mêmes caufes. Mais gott, & de. Tevenir en'
de cent pour cent &
au lieu d'ur-bénéice
des deux tiers, ils feront plus qu'ils font, gu'ils fe concenteng
la concurrence
encore un gain aflez
reftera la même : il ne réfaltera honnéte,de
incomvénients, fa
que d'être 9 ans, au lieu de
daurre
fortune,
6,pour faire --- Page 430 ---
Lefol de'nos colonies étant fingulièrenent propte.
4.
dans: la fuppofition où des
Ay variet les productions,
-
des denrées, une
mains libres prodairoient, dans-le prix
foutenir,
"angmentation telle, qu'il devint impollible de
chez Tétranger, & qu'on fit obligé de fe
la concurrence confommation de la métropole 5 on doit croire
borner à la
comme
qu'alors les proptictaires ne manqueroient étoit pas, tombé à 8
ils Tont fait dans les tems où le café
livre, de diminner leurs caféries & fo-
& à 1o-folsla
&clinteligencegalon
cteries,pour fe livrer,avect ctoutlezèle
à la culture de
doit attendre d'un Peuple induftrienx > donneroient des
Tindigo &c de tous les autres objets qui
avantages certains.
no
doit croire aufli que les autres Nations ptopriéites;
N On
les notres., fuyront T'exemple de
dont les fles'avoifinent
le faifoient
qu'elles y
la Frances ou, fi elles ne
point,
bientôt forcécs par la défertion de leurs efclavess
feroient
de venir chercher la liberté fur
qui ne manqueroiene pas
notre fol (1).
qu'elle eft
Cette défertion elt d'autant plus préfumable,
(t)
font
enchainés. Ils travaillent aux
facile. Les nègres ne
point d'un ancien efclave habitué, qu'on
champs, fous la difcipline Et ce n'elt même que dans les grandes
nomme commandeur. furveillant eftétabli : la majeure partie des
habitationsque divifés, ce
vont feuls au travail 1, font les comefclaves font
les embarcations pour fe rendre d'un
miffions > conduifent
facilement, & fans danger, s'en
leu à un autre, 8c peuvent colonie voifine, fur-tout aux iles
fervir pour paller dans la
n'eft que d'une petite journée
de FAmérique, dont le trajet
fe rendre des iles angloiles aux iles françoifes.
au plus pour
ure partie des
habitationsque divifés, ce
vont feuls au travail 1, font les comefclaves font
les embarcations pour fe rendre d'un
miffions > conduifent
facilement, & fans danger, s'en
leu à un autre, 8c peuvent colonie voifine, fur-tout aux iles
fervir pour paller dans la
n'eft que d'une petite journée
de FAmérique, dont le trajet
fe rendre des iles angloiles aux iles françoifes.
au plus pour --- Page 431 ---
IS
Quant aux craintes de révolres &
dans le premier moment de la
d'oppreflion 10 9
autres confidérations
révolution, & toutes les
que l'on peut préfenter, elles celfent
On ne s'appercevroit de leur faiters,
rèndus au terme de leur elpérance, à quer lorfqu'ils feroietn
rentrent chez leurs maitres.
Theure du foir oil ils
Ainfi, lile
aux Anglois, eccupe
Dominiqte, qui eft
l'efpace entre la
deloupe & fes dépendances, Sous le Martinique, la Guzde diftance, Iont encore à
vent de ces iles, à peu
eux, Antigues, Monfarar,
Saint-Chriltophe, & Saint-Euftache aux
Niève;
qui nous appartient, touche
Hollahdois. Sainte-Lucie,
Par conféquent, de
Saint-Vincent &z la Grenade,
toutes parts, la
elle a lieu avec de
communication eft faciles
par des nègres, Elle fimples eft canots qui font toujours conduits
parages, eft toujours belle fure, en ce que la mer, dans ces
; on n'a befoin ni de
d'xpprovifionnement, puifqu'on voitle lieu
pilote, ni
& qu'on a la poffibilité de s'y rendre
ou l'on veut aller,
repas. Les
dans Tintervalle de
canots 3 toutes les petites embarcations
deux
premier occupant, &z ne fauroient étre
font au
D'ailleurs, les bâtimens étrangers
gardés en forcer
mouillés proche de terre, On connoit qui communiquent, fonr
aux Colonies
ceux qui doivent toucher
françoifes. Les noirs n'ont
pour s'y rendre, ils peuyent facilement pas befoin de canots
n'eft pas douteux
y aller à la nage, Il
qu'ils ne profitene de
pour recouvrer le plus scher 8ci le
toutes ces facilités
biens, la liberté. On: doit croire plus précieux de tous les
malheureux à Verfilles,
qu'un homme lexcéflivement
aura la volonté & le defir fachant de. qu'il fera heureux à Paris,
lui eft polmible. On
s'y rendre, & s'y rendra s'il
a charge qu'utile a fes pourra l'enchainers mais alors il fera plus
maitres; car il lui faut
jamibes pour fe rendre aux
&
T'ufage de fes
& travailler,
O
champs, de fes bras Pour agit
tous les
malheureux à Verfilles,
qu'un homme lexcéflivement
aura la volonté & le defir fachant de. qu'il fera heureux à Paris,
lui eft polmible. On
s'y rendre, & s'y rendra s'il
a charge qu'utile a fes pourra l'enchainers mais alors il fera plus
maitres; car il lui faut
jamibes pour fe rendre aux
&
T'ufage de fes
& travailler,
O
champs, de fes bras Pour agit --- Page 432 ---
dans la forme lente & progreflive de Tabo-
& s'éteignent
lition a
de Vefclavage.
Qu'on n'exécute le projet d'affranchillement que liberté pars
tiellement; 3 qu'on ne donne, chaque année, la leffet
nombre de Noirs, on prévient
qu'a un cettain fubite, les dangers d'une liberté généd'une révolution
a
mille ames. Les chanrale, donnée tout-a-coup 50o
fe faifant fuc
gemenis; néceffités par les circonftances, chofes fe trouvera étacellivement, le nouvel ordre des
fans- ancune de ces fecoufles orageufes qu'un projet
bli
faire craindrey G Texécud'une f haute: importance peut
tion en a étoit précipirée.
efclaves foient brifés fans prée1 Ainfi donc queles fers des
en
il
ano en réfulter de grands malheurs, 33
Onl
caution, in
peur CLAT or a la 1o ceux 1 qui les auroient brifés;
convient, la mort méme, pour
acte jufte &
mais, G prudemments cei ne, fera plas qu'un
dont
falutaite, un bienfait fans danget Tel un torrent,
auroient été tout-à-coup rompues par une
les digues
le ravage & la défolation dans
main imprudenre; porte
&2 ensevelit dans
tous 1ou les lieux de fon pallage, entraine
T'homme même qui les a déchainés;
fes Aots précipités
S fes eaux fnivent pailible
mais., fagement, dirigées >
leur a indiqué - 5 &c au
ment le cours que la nature
avec elles un germe prélieu de la dévaftation, portent
cieux de fécondité.
bien fenfible de
Iie Il réfultera, d'ailleurs, un, avantage
Taffranchiflement partiel & fuccellif. Une petite portion
annuellement la liberté, trouvera
d'individus, recevant fubliftance. Les Noirs font humains &
plus de moyens de
charitables;
, dirigées >
leur a indiqué - 5 &c au
ment le cours que la nature
avec elles un germe prélieu de la dévaftation, portent
cieux de fécondité.
bien fenfible de
Iie Il réfultera, d'ailleurs, un, avantage
Taffranchiflement partiel & fuccellif. Une petite portion
annuellement la liberté, trouvera
d'individus, recevant fubliftance. Les Noirs font humains &
plus de moyens de
charitables; --- Page 433 ---
charitables; ceft lercaracrère diftinétif-des malheuiteir;
il-sentr'aideront islp
310ts
mOD
aio Déja, du moment-della publication du Décrer de lie
bertés ils ne féronti pluse aufli tourmentés-de leurs fouf
frinces; ils y verront lun iterme; ils fe croiront
le feront
heurents
8eils
par l'efpoir d'un avenir plus doux; ; car la
penfée anticipe fur le tems,en réalité même, leurs
peines feront allégées. dLe maitre qui aura intérêt de
s'attacher fonrefclavey pour qu'à lépoque de fa liberté il
refte fur fon habitation, le traitera avec plus de douceur. Ce malheureux bémira donc, des-lors,la Nation
géncreufe qui aura fixé un terme à fes douleurs. Ses fenEimens de Rosmaiflincddendomm point, retentiront
dans toutes les parties du monde : ils pafféront dans fa
poltérité 5, qui n'oubliera jamais la génération
aura
qui
tant fait pour elle,
irdol
Enfin, on pent préfumer qu'avec: une Adminiftration
douce & furveillante, la population s'entretiendra, de
manière (abftraction fairedes efclaves des iles voifines, qui
pouront venirrefpirerlal liberté fur nos poffcflions),qu'elle
fera fans diminution à lépeque ou la liberté deviendra
générale, fi, toutefois, Pon ne veut pas fe flatter qu'elle
foit augmentée. DS
On peut peut-être aller plus loin : préfiumer
ment
que dans moins d'un fiécle,la majeure partie egale- des R
propriétés de nos Colonies appartiendra à cette claffe
d'hommes, habitués à travailler beaticotp, & à dépenfer
peu. Mais, alors, elle feroit incorporée & attachée au
fol par fes poffeftions, 8, dans la foppofition d'ane réu
Projeede Loifurles Noirs, 6c.
B
On peut peut-être aller plus loin : préfiumer
ment
que dans moins d'un fiécle,la majeure partie egale- des R
propriétés de nos Colonies appartiendra à cette claffe
d'hommes, habitués à travailler beaticotp, & à dépenfer
peu. Mais, alors, elle feroit incorporée & attachée au
fol par fes poffeftions, 8, dans la foppofition d'ane réu
Projeede Loifurles Noirs, 6c.
B --- Page 434 ---
r8
volution qui la conduiroit à une entière indépendance;
comme elle feroit générale, qu'elle s'étendroit
ment
égalefar nos voifins, notre fittation n'en deviendroit
que meilleure, Débarraffés des frais immenfes d'adminiftration, nos relations continueroient d'être les mêmes
par des befoins mutuels, avec T'avantage, d'un côté, de
pouvoir rigoureufement nous paffer d'eux, tandis qu'ils
auroient befoin de nous pour fublifter; d'un autre, avec
celui fur nos voifins, de polléder exclufivement les objets
de première néceflité; avantages qui nous affireroient
inconreftablement la préférence.
Sous tous ces motifs,voici donc le projet de Décret que
je foumets a l'examen & aux lumières de T'Aflemblée
Nationale.
L'Affemblée Nationale, pénétrée de cette vérité éternelle, que l'homme nait libre; que fa liberté eft inaliénable; que la force ne produit aucun droit:
Confidérant que, rendre l'homme à fa dignité, étendre
fon bonheur. 5 le rétablir dans fes droits ptimitifs, eft un
devoir dont rien ne peut difpenfer.
Voulant qu'a T'avenir iln'y ait plus, dans toute l'érendue de l'Empire François, que des hommes libres, &
y abolir jufqu'an mot affreux d'efclave, arrête & décrète
ce quifmit:
ARTICI E
R E M I E R.
L'efclavage fera & demeurera aboli, pour l'avenir,
dans tous les pays de la Domination Françoife, de la
manière & ainfi quil fera dit ci-après, Les hommes, en
oulant qu'a T'avenir iln'y ait plus, dans toute l'érendue de l'Empire François, que des hommes libres, &
y abolir jufqu'an mot affreux d'efclave, arrête & décrète
ce quifmit:
ARTICI E
R E M I E R.
L'efclavage fera & demeurera aboli, pour l'avenir,
dans tous les pays de la Domination Françoife, de la
manière & ainfi quil fera dit ci-après, Les hommes, en --- Page 435 ---
y entrant, feront libres, & y jouiront de tous leurs droits;
I I.
La traite des Negres eft & demeure abolie, à
du jour de la promulgarion du préfent Décret. compter
les Noirs qui
Tous
sintrodniront, ou qui feront
dans les Colonies
introduits
du
Françoifes, ou dans toute autre partie
Royaume, de quelque manière & par
ce
foit, fix mois après ladite
qui que
promulgation, feront libres.
IIL
Tous les Efclaves, 2 actuellement exiftans dans les
lonies Françoifes, feront facceflivement
Coen liberté en feize années, à raifon affranchis & mis
chaque année, dont la première
d'un feizième par
du jour de la publication du
commencera à compter
préfent Décret.
P V.
Les Efclaves an-deffus de foixante-dix
les premiers mis en liberté. Mais ils refteront ans, à la feront
de leurs maitres (1), qui feront obligés de les nourrir charge
d'en ptendre foin, ou de payer annuellement
&c
pour leur fubliftance &c
une fomme
charité,
entretien, dans une maifon de
qui fera établie à cet effet.
V.
Les Efclaves mariés, qui auront le
feront enfuite affranchis. Il fera rendu la liberté plus d'enfans,
la famille en même
les
a toute
libres, les enfans
temps;
pères & mères, étant
ne peuvent être efclaves.
(1) Ayant ufé leur
vieilleffe.
jeunelle, 2 ils (doivent foiguer leur
B 2
me
charité,
entretien, dans une maifon de
qui fera établie à cet effet.
V.
Les Efclaves mariés, qui auront le
feront enfuite affranchis. Il fera rendu la liberté plus d'enfans,
la famille en même
les
a toute
libres, les enfans
temps;
pères & mères, étant
ne peuvent être efclaves.
(1) Ayant ufé leur
vieilleffe.
jeunelle, 2 ils (doivent foiguer leur
B 2 --- Page 436 ---
V I.
Les enfans au-deffous de lage de quinze ans, fur les
habitations, n'ayant ni père ni mère, continueront d'être
élevés & nourris, > julqu'à l'époque fixée pour la ceffation
totale de T'efclavage. Alors, il fera pris des mefures pour
pourvoir à leur fubliftance, &c à l'indemnité qui pourra
être dueau maitte qui les aura nourris, fans en avoir tiré
de profit (r).
VIL
Tout Noir qui aura travaillé vingt ans, fur la même
habitation, ou qui étant âgé de quarante ans & hors
d'état de gagner fa vies préférera yrefter, y fera nourri,
Il en fera de même des mutilés & eftropiés fur T'habitatation: fi mieux n'aiment, D les maitres, les placer à leurs
frais, dans la maifon de charité qui fera établie.
VIIL
Les Efclaves qui feront mis en liberté, jouiront au
même inftant, de toute la faveur de la loi, pour contrac-
(1). Dès Tâge de cinq à fix ans, les petits Négrillons travaillent, gagnent leur fubfiftance. Ce n'eft donc que jufqu'à
cet âge qu'il eft da une indemnité aux maitres, qu'on peut
eftimer foixante livres par an; car ils vivent par fupplément
fur la nourriture des efclaves. Comme cette indemnité de
fubfiftance ne doit être payée que la feizieme année 5 con
pourroitlaifaire acquitter par les Noirs libres, au moyen d'une
taxe qu'on établiroit fur eux en raifon de leurs facultés. Ily en
auroit alors de tres-ailés, 2 & tous acquitteroient volontiers
ia taxe.
qu'on peut
eftimer foixante livres par an; car ils vivent par fupplément
fur la nourriture des efclaves. Comme cette indemnité de
fubfiftance ne doit être payée que la feizieme année 5 con
pourroitlaifaire acquitter par les Noirs libres, au moyen d'une
taxe qu'on établiroit fur eux en raifon de leurs facultés. Ily en
auroit alors de tres-ailés, 2 & tous acquitteroient volontiers
ia taxe. --- Page 437 ---
2I
ter, vendre, acheter & faire le commerce, & de tous
les autres droits de Citoyen.
IX
a Le Code Noir eft & demeure aboli &
dès
91E5,
fupprimé,
ce jour, comme inhumain & barbare; il eft défendu
aux Chefs d'habitation, Maitres&c Condnéteurs d'efclaves,
de les punir ou faire punir, frapper ou faire frapper arbi-
"trairement & de leur autorité, 5 fous aucun metif ou préetexte quelconque ; & à toute perfonne, de S'arroger le
droit deleurinfigeraucumne forte de punition, les mettant,
des-a-préfent, fous la protedtion de la loi.
s0l IIC
X.
Il fera établi une jurifdiction de difcipline, dans chaque
(quartier, compofée de huit Notables, qui connoitra exclufivement & gratuitement des fautes des Noirs, conformément au Réglement qui fera fait; & les Netables
ne 3a pourront être moins de cinq pour pouvoir rendre un
jugement.
UD
XI
Le Maitre qui aura à fe plaindre de fon elclave, ne
pourra fe faire juftice, ainfi qu'il a été dit article VI,
à 3 peine d'être puni, fnivant Texigence des cas. Il fera
tenu de le citer par-devant la Jurifdiction établie. enoid
X IL
Ileft permis aux Noirs de fe marier entre eux, fans
que leurs maitres puiffent s'y oppofer; favoir, ceux qui
profeffent la Religion Carholique, fuivant les formes
prefcrites Par TEglife & les Loix du Royaume; les autres,
fuiyant les formes établies pour les non-Catholiques, Le
B 3
Texigence des cas. Il fera
tenu de le citer par-devant la Jurifdiction établie. enoid
X IL
Ileft permis aux Noirs de fe marier entre eux, fans
que leurs maitres puiffent s'y oppofer; favoir, ceux qui
profeffent la Religion Carholique, fuivant les formes
prefcrites Par TEglife & les Loix du Royaume; les autres,
fuiyant les formes établies pour les non-Catholiques, Le
B 3 --- Page 438 ---
Thomme, fera obligé d'achetet
maitre à qui appartiendra
à un autre maitre, ou s'il
la femme, fi elle appartient
&
fera
mieux, de céder à celui-ci fon Noir, au prix qui
aime
&c il leur fera
fixé, afin qu'ils puiffent vivre enfemble;
donné une cabane féparée.
XIIL
défendu d'obliger la femme au
Il eft expreffémnent dernières femaines de fa grollelle,
travail pendant les fix
&c pendant les fix premières après fa couche.
XIV
maitre
aura favorifé le plus la population fur
Le
qui
fera réglée en raifon habiration, recevra une prime qui
d'enfans
lui feront nés, eu égarda
fon du nombre
qui
la quantité d'efclaves du fexe qu'il aura.
X V.
Toute perfonne de couleur ayant habitation, qui mourra fera
fans enfans &c fans avoir difpolé, fon habitation
donnée à la famille noire la plus chargée d'enfans, qui
de fubfiftance. Si Phabitafera fans proptiéré ni moyen
autant de
elle fera divifée en
portion eft confidérable,
famille. Les
tions quil fera jugé néceffaire pour d'enfans chaque devant être
plus pauvrés & les plus chargés
préfcrés.
XVL
des terres incultes ou abandonnées, fafcepSilya
elles feront divifées & diftribuées
tibles de rapport,
article , & il
ainfi qu'il vient d'ètre dit au précédent befoin, tout,
colons, s'il eft
fera avancé à ces nouveaux
portion eft confidérable,
famille. Les
tions quil fera jugé néceffaire pour d'enfans chaque devant être
plus pauvrés & les plus chargés
préfcrés.
XVL
des terres incultes ou abandonnées, fafcepSilya
elles feront divifées & diftribuées
tibles de rapport,
article , & il
ainfi qu'il vient d'ètre dit au précédent befoin, tout,
colons, s'il eft
fera avancé à ces nouveaux --- Page 439 ---
te qui fera jugé nécellaire
la
défrichement.
pour
première année de
XVIL
3 Ilfera choifi & nommé des Commiffaires
al'exécurion du préfent Déctet,
pour veiller
lefquels
moyens d'alfurer la fubfiftance des
s'occuperont des
de les artacher au fol
des
nouveaux affranchis,
les principes d'humanité par
pollellions, de concilier
& de
peut contribuer a la fureté &
jullice,avec-rout cequi
Je fupplie l'Afemblée
profpérité des colonies.
projet de Décrer, & de
de pefer dans fa fageffe ce
rité & la réflexion
ne prononcer qu'avec la matuque l'importance d'une fi
exige. C'eft celle de Thumanité
grande caufe
dans les
entière : elle embraffe,
liards générations préfentes & futures, le fort de mild'individus; elle tend à effacer les crimes
fieurs fiécles, & la honte de
de plaOn ne croira furement
prefque toutes les Nations.
pas, dans les
que la corruption étoit
époques éloignées,
hommes en achetoient paryenue à ce point, que des
ravaloient
d'autres, les dégradoient & les
au rang des bêtes, les traitoient de
étendoient leurs droits barbares
même, &
Hâtons-nous,
julque fur leur poftérité.
de confommer Meffeurs, de réparer ces outrages, &c
l'action la plus julte, la
& la plus chère à T'humanité;
plus intéreffante
d'un
; action qui fera le bonheur
peuple immenfe, & affurera à la Nation
une gloire immortelle. Je n'ai pas furement befoin Françoife de lui
folliciter cet honneur. L'acte fublime qui abolira T'efclavage, dans toutes les régions de IEmpire François, eft
B 4
urs, de réparer ces outrages, &c
l'action la plus julte, la
& la plus chère à T'humanité;
plus intéreffante
d'un
; action qui fera le bonheur
peuple immenfe, & affurera à la Nation
une gloire immortelle. Je n'ai pas furement befoin Françoife de lui
folliciter cet honneur. L'acte fublime qui abolira T'efclavage, dans toutes les régions de IEmpire François, eft
B 4 --- Page 440 ---
dans le coeur - de tous les Repréfentansi dm Peuple libres
il n'y a plus qu'ale proclamer. cetteracte, dont les effets s'6Sicependant, Meflieurs,
tendront néceffairément fur toute la furface du globe,&
émbrafferont tous les fiécles, vous préfentoit trop de
dans le moment actuel, & vous effrayoit dans
dangers
G des raifons policiques, un enchai:
fes confequences;
& de circonftances qui ne peu
nement de combinaifons
fienfin l'intérèt de votre
vent échapper à votre fagelles;
déterminoient àle
commerce &c de la métropole vous
moins
les
au
que
renvoyer à un temps plus heurenxry'a
les
mouvemens qui fe font élevés au fond'de vos coeurs,8 faits
divers fentimens qui les ont agités, ne fe foient pas
entendre vainement. Ne pouvant détruire aujotrd'hni
le
en foit adoucis
les chaines de l'efclavage, qtie Boids
humanité fe venge de votre politique 3 que
que votre
veillent dorénavant à l'entour de
des loix protechrices dans leur patrie 5 qu'elles les y
ces infortunés, jufques la violence &cla féduétion dest agens
garantillent contre sélevent avec? févérité contre tous
Négriers; ; qu'elles feroient commis envers eux; que le Code
les crimes. qui loi de
& de fet,qui livre lefoible
Noir,.que cette
fang
de
qui
au fort, qui le vote a tous les genres -
fupplices, excès furluis
permet le meurtre, la mutilation &c tousles plus doux
foit effacé de notre légillation; qu'un régime ubefoins
& plus jufte lui foit fubftitué; &c vous n'avez
Meffieurs, que de le puifer au fond de vos cosurs.nonr re
Si vous en écoutez les mouvemens, vous profctires violenice
verement tous cesinfames moyens de rufe,de
fort, qui le vote a tous les genres -
fupplices, excès furluis
permet le meurtre, la mutilation &c tousles plus doux
foit effacé de notre légillation; qu'un régime ubefoins
& plus jufte lui foit fubftitué; &c vous n'avez
Meffieurs, que de le puifer au fond de vos cosurs.nonr re
Si vous en écoutez les mouvemens, vous profctires violenice
verement tous cesinfames moyens de rufe,de --- Page 441 ---
& de féduction', qui ont été @ fouvent 88 A cfuellement
employésdans la traitess vous' réglerez lenombre d'efclaves
que les bâcimens peuvent recevoirgi vous veillerez à ce
qu'il ner leur foit plus diftribué que des alimens
dcel que le lieu dei leur féjour ne devienne fains,
foyerde mort &c dei corruption S vous établirez, dansvotre plasie cun
juftice & dans votre bienfaifance', des loixr
également lel maitre injufte & le ferviteur qui puniront
liberté fera rendue aux efclavés du maitre coupable: La
devenant injulte envérs eux, il a perdu le inhumain; droit de leur eh
commander: Limpoe barbare établi furr la liberté fera
proferit avec toute Phorrenr qu'il mérite,
Enfin,qu'on ne voie plus fe renouveller,
lonies, tous ces crimes qui ont Gi fouvent dansinos fait frémir eou
Thumanitésiq ques lesitope malheureux
vent unecantre
Aficains troupatrie, un afyleraffiuré contre
qu'ils puiffent y jouir dul droit ile plus cher Loppreflions &
facré des la natttes s'y choifir libremient
ler plus
Ks sly Former une nouvelle famille;
une compagnes
fauve-garde
qu'a Tabri & fous: la
desloirsilspuifente également, en remplilant
launcoppésibilesiohes y goliter quelques
& de trinquilliré, Sile bohbeur de la. liberté momensderepos
d'eux, qulil foit apportéa a
a fui doin
cetteiperre cruellé
tous les adoueiffemens qu'uin devoir
&-aréparable,
charité compariffante envers fes
teligieux, & ne
qu'ils voient dans les
femblables, prefativeit;
des maitres
perfonnes qui les dirigenty nioins
quié des bienfaitears; quelunivers connoiffe
par-tour ce gitevotis ferez, les regrers
vous
verezi de ne pouvoir en faire
que
éproudavinntage, & puiffervorre
ellé
tous les adoueiffemens qu'uin devoir
&-aréparable,
charité compariffante envers fes
teligieux, & ne
qu'ils voient dans les
femblables, prefativeit;
des maitres
perfonnes qui les dirigenty nioins
quié des bienfaitears; quelunivers connoiffe
par-tour ce gitevotis ferez, les regrers
vous
verezi de ne pouvoir en faire
que
éproudavinntage, & puiffervorre --- Page 442 ---
& de générofité être imité des autres
exemple de juftice fur la furface du globe un changeNations, & produire
fi long-temps.
Thumanité follicite depuis
ment que
dans le cas ohlAffemblée
Ainfi donc & fubfidiairement,
devoir actuelleNationale jugeroit, dans fa fagelle, ne pas
T'efclavage des Nègress je ferois d'avis qu'il
ment abolir
de fix perfomnes, qui
fàt nommé un Comité, compolé
un
de Loix
fera chargéde rédiger 8 de lui préfentet projet
la
& lar difcipline DES NEGRES ,
fur la traite,
police,
leur
& à
tenidant à améliorér leur fort, à adoucir
régime,
tous les liens de l'intérêt, à concourir avec
les attacher, par
de Tordre, de la tranquillités &
les Blancs au maintien
de la proptiéné
IEK
P. S. Depuis cet écrit, il m'a étéfait desobjedtions qué
dans deux imprimés qui
jai trouvées en parties confignées
Tun, mtitulé: Mé
viennent de me tomber fous la main; l'idée de labolimoire en réclamation des Colons,fur
des Nigres;
ition de la traite & de fafranchilfement des Colonies & Ta
T'autre, intitulé: Précis fur l'importance tres-flucinéement.
fervitude des Noirs. J'y vais répondre
des Colons eft
J'obferverai d'abord, que le Mémaire déclamations oramoins rempli de raifons folides, que de font
neuves.
les objedtions qu'il contient ne
pas
toires; que
de divers écrits qui ont paru depuis
Elles font extraites
réflexions qui ne conquelque temps, mélées de quelques
8c de citations de
duifent pas du tout à la conviction,
faits ifobienfaifance, qui, pour être vraies dans quelques infiniment
rien à la condition générale &
lés, ne changent
Mémaire déclamations oramoins rempli de raifons folides, que de font
neuves.
les objedtions qu'il contient ne
pas
toires; que
de divers écrits qui ont paru depuis
Elles font extraites
réflexions qui ne conquelque temps, mélées de quelques
8c de citations de
duifent pas du tout à la conviction,
faits ifobienfaifance, qui, pour être vraies dans quelques infiniment
rien à la condition générale &
lés, ne changent --- Page 443 ---
des efclaves. Elles font, d'ailleutssen partie; 3
malhetureufe
qui n'admet qu'un
fans application au projet préfenté,
affranchilfement graduel & fucceflif.
bien
échappé aux partifans
Mais un aveu
important, nécellité d'adoucir le fort
de l'efclayages c'eft celui de lai
Noir, d'établiriune I
des efclaves, de réformer le Code
d'abolit
adminiftration furveillantes &c Taveu dela pollibilité dernier
lanc culture eft à fon
la traite: dans les Coloniesol
plis favorifée fe
degré de force, &c oû Ja population
nombré
foutient, & ne laiffe plus de beloin d'angmenterles
2bvolos noup zionb
des efclaves.
ceux-là mêmes qui ont le plus
Par conféquent, d'après chaines de la fervitndess'il eft
d'intérêt à reflerrer les
il eft
impoflible de les rompre par-toutyi
politiquement néceflaire d'en adoucir le poids Mais,voyons
moralement
exifte téellements- & files
fi cettei impollibilité politique
font d'uner naturen àr ne
raifons fur lefquelles on l'étaye
1C
notrur
pouvoir len céder à aucune autre.
OBIECTIONS
RÉPONSES.
ces Le Décrer de liberté
Oni convient quie
occalionnét une ré
craintes pourroient fe réali- potirroit
entrainer
fer, fi-les Efclaves rece+ volation génétale,
leur li- des effets funeftes.
voient tout-d-coup
berté; mais lintérêt éxagère
rout, 8 porte l'inquiétude
avee excès. L'efpace de
feize années, 2 pour affurer
progrellivement Texiftence
.
ces Le Décrer de liberté
Oni convient quie
occalionnét une ré
craintes pourroient fe réali- potirroit
entrainer
fer, fi-les Efclaves rece+ volation génétale,
leur li- des effets funeftes.
voient tout-d-coup
berté; mais lintérêt éxagère
rout, 8 porte l'inquiétude
avee excès. L'efpace de
feize années, 2 pour affurer
progrellivement Texiftence --- Page 444 ---
REPO NSES. iosiReTrONk
sajorg DS noisoilo
desu nouveaux Affranchis,
ammnaitidorcmtts
atténue beaucouple dangety
191O HOVE fu TKV
our plutor n'en laifle point:
faire
aux
acLes Colons n'ont pas plus' sb Iipourroit
perdre
Colons despolleiflions qu'ils
deidroit aux pofstionrit
ils
ont
SO 5 & dont
-
juftes deleurs peresy iquerlal
acquifes
Nobleffe n'en avoit aixopri- joniffenr fous da protection
viléges dont ellei an fait lawg dés Lois ded lEttab argsb
d'autrebed sb sulrohialon drsituot
bandon, ;i8ca-tant
31 ato 230
droits qu'on lui'a enlevés,
too
comme mifibles alad fociété o ejigs
anaupll
sonsliat
Les premniéecn'oiit pasdeusuiads
mnomst
cents ans. de joniffance; les sb sldillonai
milleubirol
-
nomo
autres eniavoient
réalifer un
aside feroit une chimère oar Pour
pareil
aneltelier projers il faudroit une accord
de penfenaréalifer
union de bienfaifance dauagénéral, un pateumivestd le
Cours fe dirige & folemnel entre toutes
politique des -
E 0
Paiffances maritimes. 1 07
fur d'autres principes.
2-Mais, dans Pexécution ,
arlleft vrai que lès Golofacrifice feroit pour
nies-Angloiles font au plas tout lei
haut terme de leurs caltu- laFrance; T'Angletetre per fes
res, & que les Colonies droit infiniment dans moins, état
Françoifes en font éloignées; Colonies érant
un &
excepté cependant la Mar- bien différent desnôtres, d'Eftinique &c la Guadeloupe, ayant moins befoin
ou il y a moins de grands claves.
Propriétaires : > & ou les 21 - - --- Page 445 ---
(29
REPONSES 0
OBJECTIONS,
terres 5 étant par confé- ob
quent plus divifées, font
mieux cultivées; il réfulte No
de là une vérité frappante,
c'eft que nous pouvons aug31so SE
n5C ot Up
menter le nombre de nos
asroni aust JUGO abp oriol
Efclaves avec avantage 2. &c no 333
snsluov on 3
que les Anglois ne le peu- muolian
nonabinos
vent pas.
Ainfi, nos! terres incultes tolaovisb
RIT
peuventdonc être diftribuées 91D29V5
par petites portions aux Ef
clavesafftranchis, qui, avec 200t
la plus petite avance, en ti
reront le meilleur Parti pof
lible, ne tarderont poine a
a0
rembourfer le Gouverne- 293
ment &e à s'enrichit, au
fot
Pour lors,, > attachés au alace onn
fol par une poffeflion, il ne nStonG
UD
fauroit y avoir de craintes
fondées fur une infurrecreétion qui les priveroit de harn
leur bien - être. Devenus
Propriétaires - 5 leur population doublera; les importations & les exportations sd'é
change fuivront la même
Ton
a
a0
rembourfer le Gouverne- 293
ment &e à s'enrichit, au
fot
Pour lors,, > attachés au alace onn
fol par une poffeflion, il ne nStonG
UD
fauroit y avoir de craintes
fondées fur une infurrecreétion qui les priveroit de harn
leur bien - être. Devenus
Propriétaires - 5 leur population doublera; les importations & les exportations sd'é
change fuivront la même
Ton --- Page 446 ---
RÉPONSES a
OBJECTIONS
progreflion à lavantage de
la Métropole.
Ce qui',a la vérité,eft
affez indifférent aux Colons,
qui ne parlent & ne calculent que pour leurs intérêts,
&c ne veulent mettre en
confidération quece quileur
convient.
Il eft dérifoire de vouloir
L'Efclave qu'on achète en
infinuer que les Efclaves que Afrique, eft condamné à la
allons
fur les mort ou à des peines afflicnous
prendre
tous tives dans fon pays 5 il le
côtes d'Afrique, ayent
été condamnés au fupplice qrintfmutgeacenpailige
à des
affliétives. dans nos Colonies, qui le
ou
peines
Soyons de bonne foi; nous fouftrait aux peines,ne peur
excitons les defirs de ces être pour lui un malheur &c
hommes fimples par toutes un objerd'afliction.
fortes derufes,par une foule
d'objets que nous préfentons à leurs yeux, & qui f6duifent leur imagination.
Nous forçons ainfi ces malheureux > qui n'ont aucun
avantage à nous offrir, à fe
faire conftamment la guerre
pour avoir des perfonnes à
nousvendre. Les Marchands --- Page 447 ---
RÉPONSES
OBJECTIONS
Négriers attefteront qu'ileft
commun qu'ils nous vendent
jufqu'aleurs propres enfans,
lorfqu'ils n'ont pas d'autres
moyens de fatisfaire des
paflions que nous leur avons
infpirées & qu'ils ignorereroient encore, s'ils avoient
pir éviter le malheur de nous
avoir connus.
Les produétions de notre
Les produétions de notre
fol coûtent des fueurs; il eft fol ne coûtent pas moins
vrai; mais l'homme qui les de fueurs que celles de
fair croître n'eft pas déchiré nos Golonies. L'Efclave
de coups, trainé aux champs n'eft donopas plus malheucomme le plus vil des ani- reux que les gens de labour
maux, le corps tout fan- le font en France. Il left
glant des traces du fouet même beaucoup moins, fon
dont on ne celle de le Maître ayant plus d'intérêt
charger.
ifa confervation, le traite
Il'eft libre enfin, &, dans avéc plus d'humanité & de
le travail foreé par la mi- douceur, L'ordre le plus
sère, fes peines font adou- exact,les foins les plusatrencies par la penfée des ob- tifs, les plits vigilans
jets les plus chers a fon lesmalades, les.infirmes, Pour - les
ceur, fa femme & fes en- femmes sen couches, lesvieilfans, dont il gagnel la fub- lards & les enfans, règnent
dans avéc plus d'humanité & de
le travail foreé par la mi- douceur, L'ordre le plus
sère, fes peines font adou- exact,les foins les plusatrencies par la penfée des ob- tifs, les plits vigilans
jets les plus chers a fon lesmalades, les.infirmes, Pour - les
ceur, fa femme & fes en- femmes sen couches, lesvieilfans, dont il gagnel la fub- lards & les enfans, règnent --- Page 448 ---
AREÉPONSESO
OBIECTIONS
fiftance & reçoit les car- dans les habitations.] Les Ef
reffes qui le délaffent de fes claves_y préfentent l'afpec
fatigues à la fin de fa jour- de la gaité & de la fatis
née.
lictions loin de redouter
Que les Golons foient leurs maitres, ils les chérif
donc d'accord avec eux- fent & les refpectent.
mêmes. S'ils verfoient fur 200 Ilsont tne
leurs
ptopriéréadcunx;
Efclaves tous les dons ils] la cultiventy & la ventede
&c les bienfaits qu'ils nous fes productions lenr donne
peignent avec tant de char- un fupetflul confidérable
mes, s'ils étoient toujours qu'ils portent au marché,
environnés de leur amour aveci lequel ils fer procurent
8de leut refpect 5 att- & à leur famille des vêteroient-ilsi quelque chofe a mens de luxe; des bijoux;
craindre de leur retour à la une nourriture recherchéel
liberté?Le malheureux feal On voit chez eux une ai
a des vengeances a exercer fance, un luxe qu'on chera
fur l'auteur de fes maux.
cheroit tenvain
fI
chezle peuple
Ilferoit inutile d'ailleurs dans les Provinces de la
de leur rendre la liberté; France. Les plus riches, les
ils la rejetteroient , puif plus belles Perfes, les toiles
qu'elleles chargeroit du foin les plus fines, les mouchoirs
de leur fubfiftance fans pou-. de l'Inde les plas chers font
voir rien ajouter à leurs à peine fuffifans pour le
jouiffances &c aleurbonheur: Nègre qu'on croit Gi miférable'; en voyant les fêtes
qu'ils fe donnent entre eux,
& leurs danfes pleines-d'ex
preflions, --- Page 449 ---
33:
RÉPONSES.
OBJECTIONS.
preflions, on croit être au
milieu d'une peuplade riche & libre.
Il manque à ces détails
Les foins font prodigués
de générofité & de bien- dans les Hopitaux;1 la viande
faifance,1 la vérité; les habi- fraiche, > le bouillon, le pain
tations 5 adminiftrées avec blanc, le vin y font diftricet efprit d'humanité & de bués à ceux qui en ont bedouceur qui féduit 5 ne foin, &c,
font pas communes. Nous
conviendrons qu'il en exifte
dont les Maîtres font plus
juftes & plus humains, &
traitent leurs Efclaves avec
bonté : mais ce font des citations ifolées; ;le plus grand
nombre eftinjufte &barbare.
Un établiffement de furOn pourroit, aul furplus;
veillance feroit inutile, par former un établiffement de
le grand éloignement des furveillance.
habitations éparfes à plufieurs millesl'une de l'autre.
Il feroit peu profitable aux
Efclaves.
La balance du commerce
Les productions nationades Colonies avec la Mé- les, brutes ou mannfacturées
tropole n'eft pas rigidement quelaFrance tranfporte dans
calculée, mais le fond de fes Colonies, ou emploie
Projet de Loifur les Noirs, Gc.
C
inutile, par former un établiffement de
le grand éloignement des furveillance.
habitations éparfes à plufieurs millesl'une de l'autre.
Il feroit peu profitable aux
Efclaves.
La balance du commerce
Les productions nationades Colonies avec la Mé- les, brutes ou mannfacturées
tropole n'eft pas rigidement quelaFrance tranfporte dans
calculée, mais le fond de fes Colonies, ou emploie
Projet de Loifur les Noirs, Gc.
C --- Page 450 ---
RÉPONSES
OBJECTIONS
la chofe eft vrai: nous Peti- à la traite des Nègres, s'éle
ronsvéritablement de grands vent à 70 millions 5 & en
avantages de la réciprocité retour elle reçoit pour 230
des befoins qui produifent millions de denrées colocette immenfité d'échanges niales. Elle en confomme
qui donnent la vie à notre pour 90 millions; le furplus
commerce &c à nos manu- s'élevant à 140 millions eft
factures 5 nous en fommes la matière d'un immenfe
trop bien convaincus pour commerce avec l'Etranger
vouloir y renoncer de gaité qui lui procure une balance
de coeur & fans morif, Il annuelle très- avantageufe,
faudroit que nous fuflions augmente fon numéraire &
dépourvus de fens & deju- vivifie toutes les branches
gement pour faire un fem- de fon induftrie.
blable sacrifice, quand il
n'eft pas reconnu néceffaire:
Depuis qu'une plus
grande étendue de commerce néceflite les objets
de luxe, nous nous fommes
habitués au fucre & au café,
& l'indigo nous eft devenu
urile pour varier les couleurs
des étoffes de nos manufaaures 5 que les Colons
scontinuent de cultiver ces
objets, nous continuerons --- Page 451 ---
RÉPONSES.
OBJECTIONS
de nous charger de leur ên
procurerla confommation en
les exportant, & ce fera nous
fervir mutuellement.
- L'abolition de la traite
Abolir la traite des Ne-
& la liberté progreflive des gres, > c'eft renoncer à nos
Noirs, telle qu'elle eft pro- Colonies ; c'eft les abanpofée 2 ne nous impofent donner aux Anglois qui
point la néceflité de renon- ne manqueront pas de s'en
cer ànos Colonies,nimème emparer ; c'eft perdre tous
au droit de fouveraineré, les avantages que nous en
au privilége naturel de con- retirons,& ceux qui déritinuer, exclufivement aux vent de l'emploi de mille
autres Nations, leurs appro- ou douze cents navires qui
vifionnemens , à vêtir &c communiquent la vie & le
nourrir des enfans qui ne mouvément aux Provinces,
doivent jamais oublier les tiennent notre marine, nos
facrifices & les peines qu'ils ports & nos manufadtures
ont coûtés à leur mère au- en activité.
paravant d'être aflez robufres pour gagner leur fubGiftance, ni les fleuves de fang
qu'ellea verfé pour défendre
leur enfance.
Ileft bien hafardé de dire
que les Anglois fe tendront
maitres de nos polleflions:
c'eft un pronoftic plus fan
C2
ivent jamais oublier les tiennent notre marine, nos
facrifices & les peines qu'ils ports & nos manufadtures
ont coûtés à leur mère au- en activité.
paravant d'être aflez robufres pour gagner leur fubGiftance, ni les fleuves de fang
qu'ellea verfé pour défendre
leur enfance.
Ileft bien hafardé de dire
que les Anglois fe tendront
maitres de nos polleflions:
c'eft un pronoftic plus fan
C2 --- Page 452 ---
RÉPONSES.
OBJECTIONS,
cile à faire qu'à exécuter; il
faudra les difputer auparavant, car nous ne fommes
furement point dans l'intention de les abandonner fans
les défendre.
Lanavigation varierap peu;
Iln'y aura plus de navielle reftera la même auffi gation, 8cc.
longtemps que les habitans
des Colonies ne pourront fe
nourrir de leur fol,& qu'il
faudra que nous leur Portions fur des vaiffeaux la farine, le vin, Phuile, ,le fel
& T'habillement. Il feroit
trop difficile que nous ne
fuflions pas admis à la concurrence fur des objets qui
nous font propres, 3 & que
les Navigateurs étrangers
viennent préndre chez nous.
On ne conteftera pas le
Le nombre des Noirs
nombre des Efclaves ; mais dans les Colonies Françoifes
le prix eft bien exagéré. eft de fix à fept cent mille,
C'eft, fans doute, le réful- & le prix moyen de 5000 L.
tat des combinaifons faites chaque'; ; leur affranchiflepar des gens intéreffés qui ment obligeroit à une in+
veulent effrayer fur la né- demnité envers les Colons --- Page 453 ---
RÉPONSES
OBJECTIONS.
ceffité d'un rembourfement,
& dont à la rigueur, en
fuppolant qu'il y ait lieu,
on pourroit en retrancher
les cinq fixièmes.
D'abord tous les vieux
Noirs > ceux infirmes, &c
tous ceux nés dans les Colonies ; lés uns ont payéplus
que le prix de leur premier
achat; ; les autres n'ont rien
coûté.
Quant à ceux qui refteroient en rachat, fi on leur
donnoit à l'inftant à tous la
liberté ( ce que perfonne
de raifonnable ne propofera
jamais), en fuppofantlerembourfement rigoureux 3 fans
déduétion des fervices rendus; voici quel en pourroit
être le prix.
Les efclaves à Saint-Domingue ne s'y vendent pas
sndof@aedesjesiszolie;
c'eft même le plus haut prix,
&c c'eft argent des Colonies,
ou l'écu de fx livres a une va- --- Page 454 ---
REPONSES.
OBJECTIONS.
leuridéale de neuf livres : par
conféquent, les 2 5oo ou 2700
liv. des Ifles ne font que1667.
a I800 liv. de France.
Aux Ifles du vent, les
Noirs de traite nes'yvendent,
prix commun, que IS à1800
livres, 3 également monnoie
des Colonies, ce qui ne fait
que I000 à 1200 liv., argent
de France. On parle des
temps les plus heureux, car
dans ce moment on ne les
vendroit pas I200 livres à la
Martinique, c'eft - à - dire,
800 livres de France. Il faut
encore obferver qu'il y a trois
ans de crédit que les Colons
exigent pour folder le prix des
Noirs detraitequ'ils achètent,
dontlintérèrferoir à déduire.
Ilréfulte de la, que le
commun des Noirs
St
toutes nos Colonies, en fuppofant que la population de
Sgint - Domingue feule foit
egale à celle de toutes nos
autres poffeffions, ne fauroit
dire,
800 livres de France. Il faut
encore obferver qu'il y a trois
ans de crédit que les Colons
exigent pour folder le prix des
Noirs detraitequ'ils achètent,
dontlintérèrferoir à déduire.
Ilréfulte de la, que le
commun des Noirs
St
toutes nos Colonies, en fuppofant que la population de
Sgint - Domingue feule foit
egale à celle de toutes nos
autres poffeffions, ne fauroit --- Page 455 ---
RÉPONSES.
OBJECTIONS.
être au-deffus de 1416 livres
IO fols, argen ide France:
on croit même cette eftimation tellementforts,qu'on eft
convaincu que les Colons ne
voudroient pas eux - mêmes
acheter à ce prix.
Mais, fuivantle projet préfenté, ,il ne peut être queftion
de rembourfement ; dans ce
projer, la vétérance eft fixée
àzo ansde fervice;lesmaitres,
après cette époque, font obligés de nourtir leurs efclaves,
fans qu'ils puiffent les forcer
au travail.
Or,les derniers qui recevroient leur liberté, quand
même ils feroient arrivés dans
les fix mois du jour de la
publicationdue décret,auroient
fervi 16 ans. Ainfi, rigoureuf-ment, il ne feroit dû pour
raifon de ceux-ci,qui fe trouveroienten bien petit nombre,
que les quatre vingtièmes.
L'on voit donc que l'intérêt des Colons a tout exagéré. --- Page 456 ---
Quoi qu'il en foit, on 1 ne peur pas le diflimuler; dans
la fituation où nous fommes, accablés du préfent, inquiets
de l'avenir, dans un état de fermentation, d'inconfiance
& de pénurie allarmantes, le moment n'eft pas favorable
pour donner l'affranchiffement aux Nègres, & prononcer
l'interdiction de la traite : ce feroit augmenter le défordre
& l'inquiétude, qui ne tourmentent déja
trop notre
exiltence. Il paroitroit donc infiniment
a
plus
d'attendre
der
un temps calme, que la régénération foit faité & l'ordre
rétabli; par conféquent, d'ajourner la queftion.
Mais dans cette attente, & avec l'apperçu confolant
que cette époque heureufe n'eft pas éloignés, occuponsnous, aul moins, d'adoucir le fort de ces infortunés, de
les placer fous une police douce & fage, & de les faire
jouir de toutes les améliorations dont leur régime eft fufceptible.
A PARIS, DE LIMPRIMERIE NATIONALE. --- Page 457 ---
Yall uteme 26
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