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(BnF Gallica
Recueils de pièces imprimées
concernant les colonies
[Agriculture, M arine, 17891790, colonies Asie, Inde ]
Source gallica.bnf.fr / Archives nationales d'outre-mer --- Page 2 ---
(BnF Gallica
Recueils de pièces imprimées concernant les colonies
[Agriculture, Marine, 1789-1790, colonies Asie, Inde 1. 1783-1790.
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d'outre-mer
Source gallica.bnf.fr. / Archives nationales --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
É LO GE
D E
IM. PILATRE DE ROZIER:
Ce
ARCTIVES --- Page 10 ---
Se trouve 1 PARIS,
CCUCHET, Libraire, rue & Hôtel
Serpente,
Chez MM. NyON, aine,Libraire, rue duJardinet,
quartier S. André-des-Arts.
-
CBELIS, Libraire, rue S. Jacques.
Prix, quinge fols.
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É LO GE
D E
IM. PILATRE DE ROZIER:
Ce
ARCTIVES --- Page 10 ---
Se trouve 1 PARIS,
CCUCHET, Libraire, rue & Hôtel
Serpente,
Chez MM. NyON, aine,Libraire, rue duJardinet,
quartier S. André-des-Arts.
-
CBELIS, Libraire, rue S. Jacques.
Prix, quinge fols. --- Page 11 ---
E LOG E
D E
M. PILATRE DE ROZIER:
3A
Li dans PAlemblée pieblique g-la Spcieré Royale
de Phyfique, d'Hifoire Namrie Anle des AArts
d'Orléans, le 6 Décembre 1983. -
Arripuit, traxitque virum fax mentis honefa
gle ria.
Silius ital.6.
A ORLÉANS,
De lImprimerie de COURET DE VILLENEUVE ;
Imprimeur du Roi,
AVEC APPROBATION ET PERMISSION, --- Page 12 ---
AIIOM
C
T a 1I9 --- Page 13 ---
E LOGÉ
DE
M. PILATRE DE ROZIER.
FaaxçoIs PILATRE DE ROZIER;
Penfionnaire du Roi, Intendant des Cabinets de
Phyfique, de Chimie & d'Hiftoire Naturelle de
MONSIEUR, Frere du Roi, Secrétaire du Cabinet
de MADAME, Profeffeur de Phyfique, premier
Profeffeur de la Société d'Emulation de Rheims,
Membre de plufieurs Académies Nationales &
Etrangerès, & Chef du premier Mufée autorifé
par le Gouvernement, fous la proteation de
MONSIEUR & de MADAME, naquit à Metz, le
30 Mars 1756; fes parens honnêtes, mais fans
fortune, firent pour fon éducation des façrifices --- Page 14 ---
auxquels fes difpofitions ne Parurent
II quitta les humanités
pas répondrel
& PHôpital
pour étudier la Chirurgie,
Militaire de Metz fut fon école.
Il eft des ames tendres,
le cri de-tout être fouffrant compatifantes, que
révolte, & dont les
yeux ne peuvent fupporter le peéacle -des maux
qui afiligent leurs femblables. M. de Rozier
je ne fais G je dirai le bonheur
avoit,
d'être ainfi conftitué.
ou le malheur
En effet, à ne
une extrême fenfibilité,
confidérer
que relativement aux
doucesjouifances qu'élle procure, & aux
précieufes du coeur qu'elle indique qualités
toujours, on ne fauroit s'empécher de la prefque
çomme un bien défirable, & comme le regarder
des vertus les plus cheres à Thumanité: germe
mais ces
avantages ne perdent-ils pas ce qu'ils ont de
féduifant, loriqu'on s'apperçoit
plus
trop exaltée
que la fenfibilité
nous expofe auffi plus
aux atteintes des maux dont notre exiftence vivement
femée, & qu'elle fe détruit,
eft
elle-même,
pour ainfi dire,
en noNs ôtant le courage néceffaire
pour rendre aux malheureux objets de
compaffion tous les fecours dont-ils
notre
M, de Rozier fe trouva dans
ont befoina
s'accoutumer,
ce casi loin de
comme tant d'autres, aux devoirs
rigaureux, mais indifpenfables de fa
la vue çontinuelle de Phumaniré
profefion 3
fouffrante, irritoit
de plus en plus la délicateffe de fon naturel, &
noNs ôtant le courage néceffaire
pour rendre aux malheureux objets de
compaffion tous les fecours dont-ils
notre
M, de Rozier fe trouva dans
ont befoina
s'accoutumer,
ce casi loin de
comme tant d'autres, aux devoirs
rigaureux, mais indifpenfables de fa
la vue çontinuelle de Phumaniré
profefion 3
fouffrante, irritoit
de plus en plus la délicateffe de fon naturel, & --- Page 15 ---
Tobligea bientôt d'abandonner un afile oùt la
douleur d'autrui devenoit fon propre fupplice (1).
Il ne témoigna pas moins de répugnance pour
la partie des accouchemens, à laquelle fa famille
lui propofa de fe borner; ; enfin, un feul état
en ce genre, 9 pouvoit lui convenir; c'eft celui
dans lequel on s'occupe de la préparation des
médiçamens, Auffi reconnut-on qu'il étoit dans fon
centre, dès qu'on l'eut placé à Metz chez un
Profeffeur de Chimie. En moins d'une année il
dévora les livres élémentaires de cette feience,
fe familiarifa avec les ouvrages de Phyfique &
d'Hiftoire Naturelle, & s'éclaira fiuffifamment des
lumieres de Texpérience, pour défirer de donner
à fes connoiffances une bafe plus folide 5 en
confultant le grand Jivre de la nature, c'eft-à-dire,
le livre par excellence, le feul qui foit exempt
d'erreurs, & le plus difficile à bien étudier. Une
occafion favorable fembloit fe prêter à fon deffein;
(t) Celui qu'on voit ici compatiflant jufqu'à la foibleffs,
eft le même homme qui comptoit poar rien. fa vie, dès.
que le progrès des fciences, & la gloire des déconvertes.
demandoient qu'il Texpofàr, Ce contrafte étonnant du coenra
par lequel M, de Rozier reffembloit à plufieurs Grands.
Hommes,n'ef pas yn des traits les moins dignes d'entres
dans fon Eloge
à fon deffein;
(t) Celui qu'on voit ici compatiflant jufqu'à la foibleffs,
eft le même homme qui comptoit poar rien. fa vie, dès.
que le progrès des fciences, & la gloire des déconvertes.
demandoient qu'il Texpofàr, Ce contrafte étonnant du coenra
par lequel M, de Rozier reffembloit à plufieurs Grands.
Hommes,n'ef pas yn des traits les moins dignes d'entres
dans fon Eloge --- Page 16 ---
if avoir fçu intéreffer un de nos
les Cours
Miniftres dans
Etrangeres 2 qui lui permettoit de
Faccompagner en Ruffie; mais M. de
à peine feize
Rozier avoit
réfoudre
ans, & fes parens ne purent fe
à le voir s'expatrier dans
tendre, Leurs
un âge f
inquiétudes devinrent des ordres
qu'il fçut refpe@ter, Si fon obéiffance
pas l'envie qu'il avoit de
ne lui ôta
moins
lui
voyager, elle fut du
pour
un motif de puifer dans fon
laboratoire, par une application
nouvelles connoiffances
redoublée, de
de
qui le miffent en état
voyager plus utilement.
Sur ces entrefaites, une perfonne dont la
naifance ne fait pas le feul mérite, &
haute
dans les fciences une gloire
qui trouve
cherchent
que fes pareils n'y
gueres, (M. le Duc dela
vit notre jeune Chimifte
Rochefoucauls)
lui trouva affez de
en paffant par Metz, &
des
talens pour fe l'aflocier dans
travaux minéralogiques dont il
alors : un fuffrage auffi
s'occupoit
confiance à tel
difingué .augmenta fa
point, qu'il ne lui fut
poflible de diffimuler le défir
plus
fon pays, Ses
qu'il avoit de quitter
voeux le portoient fur-tout vers la
Capitale, comme à la fource des lumieres
briloit d'acquérir. En vain fa famille
qu'il
fit-elle éclater fes craintes fur les
alarmée
dangers de la
corruption, 2 contre laquelle dix-huit ans ne lui
paroiffoient pas unefauve-garde aflez fmre;lejeune
oflible de diffimuler le défir
plus
fon pays, Ses
qu'il avoit de quitter
voeux le portoient fur-tout vers la
Capitale, comme à la fource des lumieres
briloit d'acquérir. En vain fa famille
qu'il
fit-elle éclater fes craintes fur les
alarmée
dangers de la
corruption, 2 contre laquelle dix-huit ans ne lui
paroiffoient pas unefauve-garde aflez fmre;lejeune --- Page 17 ---
a
homme répondit qu'il en trouveroit lune plus
certaine dans fon amour pour les iciences.
Arrivé à Paris, il entra fucceffivement chez
deux Pharmaciens, &z fe fixa-auprès d'un troifiemes
dont la réputation la mieux méritée lui promettoit
d'abondantes inftruétions. M. Mitouart, connu
depuis long-temps prfapeoelncecifiren,
& par des cours de Chimie très-fuivis, diftingua
bientôt fon Eleve de cette foule de jeunes
gens, 2
qui ne font déterminés au choix de leur état
que parce qu'ils ont celui de Ieur pere à continuer,
ou à raifon des facilités qu'ils y trouvent
un établiffement. Nous avons déjà
pour
remarqué
qu'un naturel fenfible fuppofoit pour l'ordinaire
toutes les qualités excellentes du coeur ; M. de
Rozier accréditoit puiffamment ce préjugé : il
étoit impoffible de le voir- -fans reffentir pour lui
cet intérêt qui eft comme l'ébauche de l'amitié,
II joignoit à un caraôtere bon, des goûts fimples
& purs, des opinions faines, des moeurs douces
& fociales ; ces belles qualités fe peignoient dans
une figure aimable & dans des manieres faciles,
gracieufes, 8 remplies d'aménité. On feroit
à croire qu'avec tant de fenfibilité,
porté
2 avec une
imagination vive & impétueufe, & d'après cette
audace à tenter les expériences les plus
M.de
périlleu.es,
toieatn
elleétoitcependant petapparentegun. calmeparfait,
B
& fociales ; ces belles qualités fe peignoient dans
une figure aimable & dans des manieres faciles,
gracieufes, 8 remplies d'aménité. On feroit
à croire qu'avec tant de fenfibilité,
porté
2 avec une
imagination vive & impétueufe, & d'après cette
audace à tenter les expériences les plus
M.de
périlleu.es,
toieatn
elleétoitcependant petapparentegun. calmeparfait,
B --- Page 18 ---
dire une forte de froideur,y régnoit
pour ne pas
difoit avoir fouvent mis en
habituellement, & il
de
défaut P'art de ces gens qui font profeffion
les traits du vifage, On ne
juger de Pefprit par
venons de
fera pas fuarpris, d'après ce que nous Mitouart
dire, de T'affedion çonftante que M.
à fon éleve, & dont il lui a donné des
voua
preuves en plus d'une occafion,
& de fuivre
En état de travailler par lui-mème,
lui
l'étude & fes réflexions
des effais auxquels
découvertes attachées,
faifoient entrevoir des
fon maître & fon
M. de Rozier fe fépara d'avee
Il
d'abord à chercher,
ami en 1776.
s'appliqua chimiques, les moyens
dans quelques opérations
étendant les
de s'affurer un peu de fortune, en
l'amour
limites de la fcience; mais Phomme que
domine, connoit ràrement d'autre
de la gloire
des
de fortune,
intérêt; il a beau former
projets
Tidole
dès qu'elle fe trouve en oppofition avec écoutée.
il facrifie, fa voix n'eft point
à laquelle
déceler ainfi fon
M. de Rozier commença par
préparations
mobile fecret. Entre plufieurs
parvint à fimplifier - & à rendre
chimiques qn'il.
citer celle du
on peut
moins difpendieufes, dont il auroit pu fe faire un objet
Phofphore, fort lucratif; il préféra une autre
de commerce fut celle de produire un rabais
jonifance, ce
dans la vente de cette compofitions
confidérable
laquelle
déceler ainfi fon
M. de Rozier commença par
préparations
mobile fecret. Entre plufieurs
parvint à fimplifier - & à rendre
chimiques qn'il.
citer celle du
on peut
moins difpendieufes, dont il auroit pu fe faire un objet
Phofphore, fort lucratif; il préféra une autre
de commerce fut celle de produire un rabais
jonifance, ce
dans la vente de cette compofitions
confidérable --- Page 19 ---
Ti
elle lui avoit fourni la matiere d'un travail
fort étendu (1), qui devoit être rendu public
en 1777, fans des raifons dont il ne fut pas le
maitre d'empêcher l'effet; il parvint cependant à
la connoiffance de plulieurs excellens Chimiftes;
dontilobtint les éloges, & valut à l'auteur l'eftime
de fes confreres.
Lar réputation de M. de Rozier, fans être encore
très 2 éclatanté, commençoit à percer chez les
étrangers. Le Prince de Limbourg fut inftruit des
talens de ce jeune Chimifte, & comme il ne
paroiffoit tenir à fa pâtrie par aucuns liens que
l'aflurance. d'un fort ayantageux ne dût rompre;
il chercha à l'attirer auprès de lui, en qualité
de Profeffeur de Chimie, On fe perfuadera
aifément que nulles vues d'intérêt ne le porterent
à accepter ces offres d'un Souverain. Un goût
naturel pour les voyages, le défir d'étendre fes
relations 7 l'efpérance d'accroitre fon nom 5
parurent le déterminer, & fon prompt retour à
Paris prouva qu'il n'avoit pas rencontré à la
cour du Prince, ce à quoi il s'étoit attendu,
Il reprit auffitôt fes occupations, 3 & s'y livra
(1) C'étoit une traduétion de l'Ouvrage Anglois de
Wilfon, fur les Phofphores, auquel il avoit ajouté fes
propres obfervations, --- Page 20 ---
1s
avec tant d'activité, gu'il s'apperçut de
altération dans fa fanté; la douleur de quelque la
d'un pere qu'il aimoit
mort
perdit à cette
tendrement, & qu'il
époque, contribua fans doute;
cependant, pour prévenir les fuites
des maux de poitrine dont il étoit dangereufes
fit des-lors, de la fobriété &
affecté, il fe
du
une loi rigoureufe
régime végétal,
qu'il a obfervée
mort, & a laquelle il a
julqu'à fa
faculté de fuivre fon ardeur probablement dû la
empirer fon état.
pour Pétude fans
En 1779, M. de Rozier juftifia l'idée
déja de fa capacité,
qu'on avoit
par un cours de
de Chimie. Un célebre Profeffeur
Phyfique &
le Gouvernement a crééune chaire (1), pour qui
de
à T'Hôtel des
Minéralogie
Monnoies, ne fe contenta
de
feconder de tout fon pouvoir notre
pas
'de
Démonftrateur
C vingt-deux ans ; il follicita & obtint
la Chaire de Phyfique & de Chimie
pour lui
d'Emulation de Rheims
que la Société
vouloit y établir, En
prenant poffeffion de cette place, il tint
conduite qui, fi l'on eut rendu juftice à la
une
de fes intentions,
pureté
annonçoit une
de foi-mème, & devoit faire fage défiance
modeftie, mais
honncur à fa
dont une connoiffance
approfondie de lefprit du public, lui auroit plus fait
(r) M. Sage,
'Emulation de Rheims
que la Société
vouloit y établir, En
prenant poffeffion de cette place, il tint
conduite qui, fi l'on eut rendu juftice à la
une
de fes intentions,
pureté
annonçoit une
de foi-mème, & devoit faire fage défiance
modeftie, mais
honncur à fa
dont une connoiffance
approfondie de lefprit du public, lui auroit plus fait
(r) M. Sage, --- Page 21 ---
appercevoir le danger. Il déclara qu'il recevroit
avec plaifir les objections de fes
les invita même à l'éclairer
auditeurs, 9 & il
par la voie des papiers
publics fur les erreurs qui leur paroitroient affex
graves pour être relevées, On croit d'autant moins
aux facrifices de Tamour-propre, que chacun fent
par foi-même ce qu'ils coûtent. Pour peu qu'on
ajoute à cette caufe naturelle de prévention,
l'efprit de jaloufie & de malignité f prompt à
s'éveiller au bruit du:t talent, on ne s'étonnera
pas que l'invitation du nouveau Profeffeur ait
été regardée comme une efpece de défi, ni
fe foit trouvé des gens ayant affez bonne
qu'il
opinion
d'eux-mêmes pour fe croire en état d'y répondre.
Le Journal de la province publia une critique
dans laquelle on P'accufoit d'avoir foutenu
le charbon n'étoit
que
pas décompofable, & d'avoir
appuyé fon fentiment de l'autorité de M.
La juftification de M. de Rozier fut Sage. auffi
péremptoire qu'humiliante pour l'accufateur. Par
une atteftation fignée des perfonnes préfentes à
la leçon qu'on citoit, il fut prouvé qu'il avoit
enfeigné précifément le contraire de ce qu'on lui
faifoit dire,
Telle étoit la récompenfe qu'il retiroit de fes
peines & de fes inftructions; falaire également
réfervéà tous ceux qui ont le malheur de bleffer
T'orgueil ignorant, en doanant lieu à un parallele
'accufateur. Par
une atteftation fignée des perfonnes préfentes à
la leçon qu'on citoit, il fut prouvé qu'il avoit
enfeigné précifément le contraire de ce qu'on lui
faifoit dire,
Telle étoit la récompenfe qu'il retiroit de fes
peines & de fes inftructions; falaire également
réfervéà tous ceux qui ont le malheur de bleffer
T'orgueil ignorant, en doanant lieu à un parallele --- Page 22 ---
qui l'écrafe, On lui offrit au bout de deux ans
des honoraires, mais ils ne furent capables de
lui faire oublier, ni les défagrémens qu'il avoit
reçus, ni cette liberté qui eft le vrai reffort du
génie, & après laquelle il ne cefloit de foupirer.
M. de Rozier refufa des appointemens, & revint
à Paris, oùt il continua fes recherches fur
différens objets de Chimie, Le Journal de Phyfique
contient plufieurs mémoires quien furent le fruit.
Dans un des volumes de 1780 (1), il donna
des Obfervations fur le Phosptan (2). Depuis la
découverte de cette.préparation, par M.Homberg,
les meilleurs Chimiftes cherchant par quelle caufe
le contaét de l'air atmoiphérique fuffifoit pour
Tenflammer, ils crurent la trouver en fuppolant
un excès d'acide vitriolique très - concentré &
dégagé de fa bafe, qui s'uniffoit à l'humidité de
l'atmofphere avec affez d'effervefcence e 2 pour
faire prendre feu au foufre & à la matiere
fuligineufe combuftible 5 qui fait partie du
Pyrophore. M. de Rozier démontra par l'analyfe,
(1) Novembre 1780, P. 381. * Voyera la firn de T'Eloge.
(a) Qn y trouve auffi quelques Réflexions fur la caufe
de la foudre, par lefquelles M. de Rozier paroit vouloir
çoncilier l'ancienne opinion avec celle du Dodteur Franklin;
K Octobre 1780, P. 309; & Juin 1781, P. 471, --- Page 23 ---
Ty
qu'il n'y avoit point d'acide à nud dans le
Pyrophore, mais au contraire un alkali; & il
donna les plus fortes raifons de croire que fon
inflammation étoit l'effet d'une très-petite quantité
de phofphore formé dans l'opération.
Dans la même année (r)il préfenta à l'Académie
des Sciences PAnalyfe de la couleur appellée Prune
deMonfieur, alorstrès en vogue. Cette compofition,
comme eelle du violet, du puce, du lilas, &c.
eft le produit du rouge & du bleu mêlés en
certaines proportions. La cherté des matieres &
la difficulté d'en obtenir une teinture qui joignit
léclat à la folidité, donnèrent lieu à l'emploi
d'une autre compofition connue fous le nom de
petit-teint, & qui, d'abord deftinée aux feules
étoffes groflieres, ne tarda pas à être appliquée
par la cupidité des marchands, indiflinéement
fur les étoffes de prix. Cependant un particulier
étoit parvenu à donner au petit-teint prefque tous.
les avantages qui diftinguent la teinture à la
cochenille &z à l'indigo, appellée le
grand-teine *
mais il faifoit paffer fa compofition dans le
commerce fans divulguer fon fécret. Sollicité
un homme de Fart à faire Panalyfe de cette par
préparation, M. de Rozier s'en acquitta d'une
maniere fort exaéte. Non-feulement il découvrit
(0 Iournal de Phyfique, Mai 1782, P- 356.
.
les avantages qui diftinguent la teinture à la
cochenille &z à l'indigo, appellée le
grand-teine *
mais il faifoit paffer fa compofition dans le
commerce fans divulguer fon fécret. Sollicité
un homme de Fart à faire Panalyfe de cette par
préparation, M. de Rozier s'en acquitta d'une
maniere fort exaéte. Non-feulement il découvrit
(0 Iournal de Phyfique, Mai 1782, P- 356. --- Page 24 ---
les fubftances qui y entroient 5 avec Teurs
proportions, mais il érablit la preuve fynthétique
de fes analyfes, en compofant une couleur auffi
belle & auffi durable que celle de l'auteur, &c
il eut T'avantage de la rendre encore plus
économique,
Prefque toutes fes recherches avoient un but
d'utilité qui doit lui valoir la reconnoiffance des
Savans & des Artiftes, dont ils'efforçoit d'abréger
ou de faciliter les travaux. Il faut encore regarder
fous ce point de vue la Deftription dun fourneaie
propre à toutes les opérations de Chimie 6 de
Plyfique, dont parle le journal déjà cité (1).
On a d'abord. de la peine à concilier cette
application à des objets qui ne peuyent avoir
pour admirateurs que le petit nombre de ceux
gu'ils intéreffent, avec ce vifdéfir de rendre fon
nom célebre, qu'il ne cherchoit pas trop à
diffimuler 3 mais M. de Rozier vouloit mériter
une réputation, & non pas T'ufurper; & quoique
fon ambition ne dédaignât pas les fuffrages de la
multitude 2 il fentoit bien que ceux des gens
éclairés pouvoient feuls lui promettre une gloire
indépendante des cirçonftances & du moment,
Tous les projets brillans les entreprifes d'éclat
dont la bafe repofoit toujours fur quelques
(:) Avril 1781, Pe 291 --- Page 25 ---
C
avantages réels; 9 étoient donc naturellement de
fon reffort. Depuis quelques années il avoit
conçu le deffein d'établir dans la Capitale uine
nouvelle fociété, qui fans fe prefcrire les mêmes
bornes qu'aucune des Académies qu'on y voit
fleurir 3 adoptât indiflinéement toutes les
connoiffances qu'elles cultivent; dont le plan
auffi vafte & aufi varié dans fa forme extérieure,
que dans les objets qu'il embraffoit, admit
également l'homme de naifance & le fimple
citoyen, l'artifte & l'amateur, le favant,8 celu;
qui cherche à le devenir ; oùt chacun trotvât des
lumieres à acquérir & à communiquer ; oùt les
fciencesi8z les arts devinffent un objet d'échange
mutuel qui tournât à leur avancement, & à
l'inftruétion générale ; oùt énfin un fexe trop
injuftement condamné à l'ignorance par des
moraliftes aufteres, fit à portée d'ajouter à fes
moyens de: plaire en éclairant fon efprit & fa
raifon, fervit d'un puiffant aiguillon au talent par
fa préfence & par fes applaudiffemens, & rentrât
dans des droits qu'il paroit tenir de la nature, en
devenant l'oracle du goût fur tout ce qui concerne
les beaux arts.
Un pareil établiffement exigeoit des protédeurs
dont le nom & l'autorité refpeétables conftataffent
fon importance aux yeux de la nation, & lui
valuffent la fanétion du Gouvernement; attaché
C
d'un puiffant aiguillon au talent par
fa préfence & par fes applaudiffemens, & rentrât
dans des droits qu'il paroit tenir de la nature, en
devenant l'oracle du goût fur tout ce qui concerne
les beaux arts.
Un pareil établiffement exigeoit des protédeurs
dont le nom & l'autorité refpeétables conftataffent
fon importance aux yeux de la nation, & lui
valuffent la fanétion du Gouvernement; attaché
C --- Page 26 ---
depuis peu au fervice de MADAME, M. de
qui-fur fe rendre digne defa
Rozier;
auprès de cette Princeffe8c de bienveillances fon
trouva
la
augufte
/ faveur &c Fappui néceffaires. au
Epoux,
le bonheur de leur faire
projet qu'il eut
a de
agréer, Tout ce.
-
plus éminent à la Cour par le
qu'il y
le. mérite, s'empreffa de feconder
rang & par
annoncée fous d'auffi favorables une entreprife
lui donne fonapprobation,
aufpices, Le Roi
fon futfrage, & le MUSÉE TAcadémie des Sciences)
de Rozier, s'ouvre
5 inftirué par M. Pilatres
en 1781, fous la
fpéciale de MONSIEUR & de MADAME. protedtion
La multiplicité des Sociétés
à
Académiques, tant
Parisyl que dans les provinces, a rencontré
quelques contradicteurs, fans
nombreufe
compter une claffes
quii n'y étant d'emnemianaturels, point
compolée de ceux
Têtre,
reçus, fe croyent faits
Ona dit que la vanité qui
pour à
formation de ces compagnies, fervoit préfidoit la
y.faire valoir le demi talent : mais
encore à
queices. reproches foient fondésà en fuppofant
qu'en. doit-on conclure P Le demi certains favoir égards,
Pas fouvent o up acheminement à de n'eft-ils
connoifances, que l'émulation.
grandes
Quant à la vanité, elle fait faire peut accélérer 2
aux
tant de fottifes
hoinmes,qw'on doit favoir un
ceux qui dumoins
gréinfini àb
des objets
s'appliquent à la dirigen versit
utiles & honnetes. Mw de Roziery
uppofant
qu'en. doit-on conclure P Le demi certains favoir égards,
Pas fouvent o up acheminement à de n'eft-ils
connoifances, que l'émulation.
grandes
Quant à la vanité, elle fait faire peut accélérer 2
aux
tant de fottifes
hoinmes,qw'on doit favoir un
ceux qui dumoins
gréinfini àb
des objets
s'appliquent à la dirigen versit
utiles & honnetes. Mw de Roziery --- Page 27 ---
tompta bientôt parmi la foule de fes
les noms les plus
fouferipteurs;
des Savans
diftingués, Ses relations ayec
Etrangers, & plufieurs Académies, fe
multiplierent, & celles de Metz, de Lyon &z de
Mayence, Fadopterent pour un de leurs
Il réçut dans la même année
Membres,
Cabinets de
FIntendance des
Phyfique & d'Hiftoire Naturelle de
MONSIEUR, La foif des honneurs,
des richeffes, s'accroit
comme celle,
ceux qui venoient de
par la jouiflance : tous
fervirent
s'accumuler fur fa tête, ne
qu'à lui infpirer le défir d'en mériter
d'autres,
Les accidens funeftes auxquels le
expofoit fans ceffe la vie des
Méphytifime
Particuliérement celle des
citoyens : 9 &
ouvriers obligés de les
affronter, lui parurent dignes de fon
De célebres Chimiftes
attention,
rendre abordables
étoient déjà parvenus à
les lieux infeôtés d'un air
meurtrier, à l'aide de la chaux & du
mais ces
ventilateurs
moyens, ou * infuffifans dans certaines
circonflances; Ou lents dans leurs effets, ou d'un
ufage long &z incommode, laiffoient
un: appareil plus fimple,
à défirer
facile,
portatif, & d'un
fur-tout dans ces momens
emploi
s'agit d'arracher à la mort
preffans, oir il
femblent
des infortunés
déjà devenus fa proie, & que le
qui
retard peut lui dévouer fans
moindre
retour, Cet appareil
fiimportant à Thumanité, M, de Rozier
l'imagina,
z incommode, laiffoient
un: appareil plus fimple,
à défirer
facile,
portatif, & d'un
fur-tout dans ces momens
emploi
s'agit d'arracher à la mort
preffans, oir il
femblent
des infortunés
déjà devenus fa proie, & que le
qui
retard peut lui dévouer fans
moindre
retour, Cet appareil
fiimportant à Thumanité, M, de Rozier
l'imagina, --- Page 28 ---
llen ffofasthimineplufinumse fois publiquement,
& toujours avec fuccès, Cependant quelques
critiques fe. déclarerent contre cette machine,
qu'ils ne connoiffoient pas, & dont peut-être
aucuh n'auroit eu le courage de fe fervir. Mais!
on étoit intéreffé à la décréditer * puifqu'il y
avoit lieu de craindre qu'elle ne misit à des
établiffemens que lamour feul du bien public
n'avoit pas follicités : comme G le droit del fauver)
la vie à fes femblables pouvoit être auffi converti
en: privilége exclufif!
En cherchant à armer l'homme contre les
dangers du gaz méphytique,M. de Rozier s'étoit
appliqué à connoître de quelle manierelil agiffoit
fur l'économie animale 5 il s'affura, par: des
expériences - bien délicatesi, que lair fixe quoique
non - refpirable, n'avoit en lui-même aucunel
qualité malfaifante, &E que lesi perfonnes plongées I
dans fon atmofphere, ne perdoient) la Viel que:
par fuffocation.
a
L'air inflammable, à raifon de fas propriété
particuliere, fembloit devoir produire fur nosu
organes des effets beaucoup plus actifs. Ilifalloitu
une ardeur & une intrépidité dont peu de
Phyficiens font capables, pour tenter de vérifier
le fait en fe foumettant à fon aéions mais, oir
il y avoit des découvertes à faire & de la gloire
A acquérir, M, de Rozier ne connoiffoit Pas de --- Page 29 ---
2r
péril, Il fe hafarda à refpirer l'air inflammable,
& il le fit impunément ; cette expérience étonna
les Savans ; ceux qui ne l'étoient pas déciderent
la chofe impoffible, & fufpeéterent la bonne foi
du Phyficien. Tout Paris la lui vit répéter d'une
façon fi précife & fi peu équivoque (1), que
les incrédules furent contraints d'avouer qu'ils
l'avoient jugé témérairement,
En 1782, il publia dans le Journal de
Phyfique (2), des Obfervations fir la Machine
Hydraulique de M. Vera. Loin de reffentir les
atteintes de cette baffe jaloufie trop commune
parmi les Gens de Lettres, M. de Rozier jouiffoit
avec une égale fatisfaétion des découvertes qui
neluiappartenoient pas; ils'en rendoitlapologifle,
& ne rougiffoit pas de marcher après FInventeur,
lorfqu'il croyoit pouvoir lui prêter de nouvelles
lumières. C'eft ainfi qu'il - s'empreffa de faire valoir
& d'expliquer l'expérience de M. Vera. Il donna
quelques vues fur la théorie, & propofa pour
fon appareil divers moyens de perfection, qui
méritoient de la fauver de l'oubli
oùt
les
inaconvéniems-attachés à fon ufage paroiffent l'avoir
jetée,
(1) Illançoit lair en jets de flamme par la bouche;
(a) Août 1783,p. 333:
- s'empreffa de faire valoir
& d'expliquer l'expérience de M. Vera. Il donna
quelques vues fur la théorie, & propofa pour
fon appareil divers moyens de perfection, qui
méritoient de la fauver de l'oubli
oùt
les
inaconvéniems-attachés à fon ufage paroiffent l'avoir
jetée,
(1) Illançoit lair en jets de flamme par la bouche;
(a) Août 1783,p. 333: --- Page 30 ---
Enfin, alternativement Phyficien & Chimifte;
il donna cette même année (1) de Noavelles
Otferyations fir la Cuve de Pafel, fondées fus
Fanalyfe des fiubfances qui la compofent, & il en
fit la lecture dans PAcadémie des Sciences. Le
Paftel ou la Guéde eft une plante de la famille
des Cruciferes, dont on fait ufage pour teindre
en indigo. La préparation de cette teinture étant
très-délicate, & fujette à des accidens qui font
fouvent perdre aux gens de P'art le fruit de leurs
travaux, plufieurs Chimiftes en avoient fait l'objet
de leurs recherches, & P'Académie des Sciences,
celui d'un' prix qu'elle décerna en 1777. Après
les ouvrages de Çes Savans, & même après
ceux de MM, Quatremere & Hecquet, qui furent
couronnés par FAcadémie, M. de Rozier prouva
quela.matiere n'étoit point épuifée. Sans. fe bornen
à fuivre la marche de leurs analyfes., il en donna
qui lui étoient propres, fe contenta de rapporter
celles quiluiavoientprdfentd desréfultats différens,
& combattant des erreurs que le nom, de quelques
Phyficiens célebres avoient accréditées, il établitla
vraie théorie des divers états de fermentation qu'és
prouve la çuve de Paftel, en indiquant les procédés
() Journal de Phyfique 1283, Novembre P.
Décembre, P. 430,
34'4 --- Page 31 ---
farspour la contenir, ou pour la remettre.au point
défiré. Ce mémoire devoit faire partie d'un Traité
Fur les Teintures auquel il travailloit, Il avoit revu
& augmenté les autres ouvrages dont nous avons
parlé, & fe propofoit de les publier avec des
morceaux relatifs à la Catoptrique, fous le titre
d'Epopétides, ou Lettres fiur quelgues découvertes er2
Chimie 6 en Phyfique (1).
Il s'en oçcupoit encore aumojs de juin 17833
lorfqu'uné découverte qui a caufé la furprife &
Padmiration des deux mondes, ouvrit à fon
imagination vive & fertile, une carriere brillante,
oit les inventeurs même paroiffoient avoir encore
laiflé une ample moiffon de gloire à efpérer.
MM. Montgolfier venoient de donner dans
Annonai leur patrie 2 le fpeétacle inoui de
l'afcenfion fpontanée d'un corps dans ce même
fluide. Cette expérience qui paroit fi contraire
aux loix de la gravitation, en eft cependant le
(1) Nous avons appris que ce projet intéreffant n'étoit
point abandonné, & que le Gouvernement devoit faire les
frais de lédition, dont les foins ont été confiés à M. Moreau
de Saint-Méry, qui a rempli avec diftinétion la place de
Secrétaire perpétuel au Mufée de M. de Rozier. Nous
devons à fa complaifance, ainfi qu'à celle de M. Changeux,
notre favant Affocié, une partie des matériaux qui compofent
Get Eloge,
projet intéreffant n'étoit
point abandonné, & que le Gouvernement devoit faire les
frais de lédition, dont les foins ont été confiés à M. Moreau
de Saint-Méry, qui a rempli avec diftinétion la place de
Secrétaire perpétuel au Mufée de M. de Rozier. Nous
devons à fa complaifance, ainfi qu'à celle de M. Changeux,
notre favant Affocié, une partie des matériaux qui compofent
Get Eloge, --- Page 32 ---
merveilleux réfultat, 2 & comme il eft facile
d'augmenter à volonté la çaufe quila produit, on
pouvoit fe flatter d'élever des mafles énormes
aux plus hautes régions de l'atmofphere. M. de
Rozier faifit promptement ces conféquences, &
conçut dès-lors la poffibilité de voyager dans les
airs. Informé de l'arrivée de M. Montgolfier le
jeune à Paris, & des préparatifs qu'il faifoit fous
les yeux de l'Académie des Sciences, pour
répéterl'expérience d'Annonai, ilfepréfenta devant
cette Compagnie, & lui fit une propofition f
hardie, qu'on ne crut pas devoir P'accepter. Il
demandoit à s'élever avec la machine, Son
dévouement lui ouvrit l'entrée de P'attelier où elle
fe conftruifoit (1), & l'on fait affez qu'il n'y
fut pas un fpeétateur inutile. Le zèle, l'adreffe &c
l'intelligence qu'il déploya à la premiere expérience
de Verfailles & dans les fuivantes 2 font
également connus. Cependant ces phénomenes - 2.
tout nouveaux & tout brillans qu'ils étoient, 2 ne
remplifloient pas entiérement fes vues. Ce qu'on
avoit fait jufque -là n'étoit pour lui que le
prélude de ce qu'il reftoit ençore à faire. Un défir
ardent le tranfportoit à la fuite de ces globes qu'il
voyoit planer dans' latmofphere, Rien ne
manifeftoit und dangerimminenrdans cette tentativé,
(:) Chez M. Reveillon
& tout brillans qu'ils étoient, 2 ne
remplifloient pas entiérement fes vues. Ce qu'on
avoit fait jufque -là n'étoit pour lui que le
prélude de ce qu'il reftoit ençore à faire. Un défir
ardent le tranfportoit à la fuite de ces globes qu'il
voyoit planer dans' latmofphere, Rien ne
manifeftoit und dangerimminenrdans cette tentativé,
(:) Chez M. Reveillon --- Page 33 ---
i3
& les animaux qu'on y avoit expofés étoient
revenus fains & faufs. M. de Rozier fit fi bien
valoir ces raifons que, pour accorder quelque
chofe à fon empreffement 2 on lui permit de
s'élever dans une Montgolfiere retenue avec des
cordages. L'expérience eut lieu les 17 & 19
Oétobre ( 1). On avoit donné à la Machine
aéroftatique toute la décoration dont elle étoit
fufceptible, & fa partie inférieure foutenoit une
galerie deftinée à recevoir les voyageurs.
M. de Rozier s'éleva à différentes reprifes *
jufqu'a la hauteur de 324 pieds, ce que perfonne
n'avoit encore fait avant lui. Il eut fucceffivement
dans fon dernier effai, deux compagnons de
voyage (2), dont fon exemple avoit excité
Tardeur, &c qui fe trouvoient affez raffurés
par fa préfence. Tandis que la multitude des
fpectateurs ne voyoit dans ces effais qu'un tour
de force d'un nouveau genre, M. de Rozier ne
s'amufoit point à nourrir fon amour-propre du
triomphe que l'étonnement & l'admiration lui
décernoient : toujours plein de fes idées, il
s'aflura de deux faits importans ; fçavoir
5 1°. qu'on
n'avoit point à craindre la chûte précipitée d'une
Montgolfiere dont on cefferoit d'entretenir le feu;
SAT
la
(:) Dans le Fauxbourg S. Antoine.
(2) M. Giroud de Villette, & le Marquis d'Arlandes
triomphe que l'étonnement & l'admiration lui
décernoient : toujours plein de fes idées, il
s'aflura de deux faits importans ; fçavoir
5 1°. qu'on
n'avoit point à craindre la chûte précipitée d'une
Montgolfiere dont on cefferoit d'entretenir le feu;
SAT
la
(:) Dans le Fauxbourg S. Antoine.
(2) M. Giroud de Villette, & le Marquis d'Arlandes --- Page 34 ---
2. qu'il étoit facile de monter & de delcendre
à volonté, en augmentant ou en diminuant la
raréfaction de l'air.
Encouragé par ce début, Tintrepide Phyficien
n'afpiroit plus qu'au moment où dégagé de liens
qui l'attachaffent à la terre, il pût à fon gré
parcourir l'empire des airs, jufqu'alors interdit aux
humains. L'occafion s'en préfenta bientôt. La Cour
de Monfeigneur le Dauphin étant à la Muette,
Madame la Ducheffe de Polignac voulut, eh
donnant à fon Royal Pupille le fpeétacle d'un
événement à jamais mémorable I , faire getmer
dans fon coeur, dès T'àge le plus tendre, le goût
des fciences 8z des arts, pour qu'il eût un jour à
les protéger. Le 21 Novembre, une Montgolfiere
fut prète à recevoir les voyageurs. Après quelques
M. Montgolfier
spminba-drogsleg-en) V
étoitbien aife de connoitre la force d'aicenfion defa
machine, & de pourvoir à la fureté des Aéronautes,
M. de Rozier & un e de fes Compagnons
de voyage (1), prirent chacun leurs poftes
dans la galerie, avec autant d'affurance & de
tranquillité que s'ilsn'euffent fait autre chofe toute
leur vie. Au fignal donné, PAéroftat quitte la terre
& s'éleve avec majefté. Un peuple immenfe
entre Pintérêt, la crainte & une forte de
partagé
(:) M, le Marquis d'Arlandes,
. de Rozier & un e de fes Compagnons
de voyage (1), prirent chacun leurs poftes
dans la galerie, avec autant d'affurance & de
tranquillité que s'ilsn'euffent fait autre chofe toute
leur vie. Au fignal donné, PAéroftat quitte la terre
& s'éleve avec majefté. Un peuple immenfe
entre Pintérêt, la crainte & une forte de
partagé
(:) M, le Marquis d'Arlandes, --- Page 35 ---
ravillement, contemple en filence cette merveille
impofante,. & en croit à peine fes yeux.
Cependant nos Navigateurs aériens s'éloignent : ils
raffurent en paffant les fpectateurs en les faluant
de leurs chapeaux, & vont defcendré au-delà de
Paris (1), après un trajet d'environ jooo toifes,
dans lequel M. de Rozier fit preuve d'une préfènce
d'efprit & d'une dextérité peu ordinaires.
Tel fut le fuçcès de cette fameufe expérience
dont Pidée, jufqu'à cette époque, mife au rang
des fiétions agréablés, n'avoit embelli que des
Romans, & qui affura à M. de Rozier une
antériorité d'après laquelle on doit apprécier le
mérite de fes imitateurs. Il fautcependant luirendre
cette juftice, que loin de chercher à ravir à
MM.Montgolfier une gloire dont émanoit la fienne;
il én fut, dans toutes les occafions, l'admirateur
le plus chaud; & gue non content d'oppofer fa
voix à celle de l'envie qui s'efforçoit de leur
enlever le titre d'inventeurs 2 il leur rendit
publiquement des hommages, 2 d'autant moins
Moedigrlwembisiendidospelarecomoifance
Précédemment il avoit fait graver une eftampe
allégorique enlhonneurdes deux freres; partageant
enfuite le jufte enthoufiafme dont la préfence de
- () Sur la butte aux Cailles, entre le moulin des Merveilles
& le Moulin vicux --- Page 36 ---
M. Montgolfer le jeune rempliffoit alors les
efprits, il décora de fon Bufte une des Salles de
fon: Mufée (1), & le Public jugea que ce
Monument ne pouvoit être mieux érigéà l'Auteur
d'une belle découverte, que par celui qui en avoit
fu faire le plus fublime ufage,
Il apprit, au mois de Janvier 1784, que
M. Montgolfier P'ainé fe difpofoit à rendre la
ville de Lyon témoin de fa belle expérience. Il
part auffitôt & va lui rendre les mêmes fervices S
que fon frere en avoit reçus à Paris. Sil'entreprife
h'eut pas toute la réuffite à laquelle on auroit
pû s'attendre: , il en faut attribuer la caufe à
diverfes circonftances, auxquelles il fut contraint
de céder, & à une multitude d'obitacles qu'il
fut vaincre en partie par fa conflance & par fon
habileté,
Depuis fes voyagesaériens, M. de Rozier s'étoit
placé, s'il eft permis de s'exprimer ainfi, dans un
point de vue qui l'avoit fait connoitre à toute la
terre.Les Grands mettoientàle voir 8zàl l'entretenir
quelques inftans une forte de vanité, foumifion
involontaire que font du moins aux talens le rang
& la naiffance, L'empreflement des Savans à fon
(I)Le 20 Novembre 1783, ce, buftereçur une couronne
des mains de L. A. S. Mefdames les Ducheffes de Chartres &
de Bourbon,
qui l'avoit fait connoitre à toute la
terre.Les Grands mettoientàle voir 8zàl l'entretenir
quelques inftans une forte de vanité, foumifion
involontaire que font du moins aux talens le rang
& la naiffance, L'empreflement des Savans à fon
(I)Le 20 Novembre 1783, ce, buftereçur une couronne
des mains de L. A. S. Mefdames les Ducheffes de Chartres &
de Bourbon, --- Page 37 ---
1g
égard fut peut-être un peu moins vif, mais it
fut leur infpirer un intérêt plus durable & dont
il étoit fans doute plus jaloux,
Ce fut' au milieu de ces triomphes, que notre
Société convaincue des avantages qu'elle pouvoit
fe promettre d'un Coopérateur auffi ardent,
l'admit.au rang de fes Affociés libres (1). Cet titre,
comme il me l'écrivoit alors, le flattoit infiniment
davantage que toutes les récompenfes pécuniaires,
par lefquelles on avoit cru l'éblouir; & cette
expreflion n'étoit point une vaine jaétance de fa
part; il venoit de refufer une penfion de IOOO liv.,
purdesmotifigmidépofnt en faveur dei fadélicateffe
& de fon défintéreffement.
Mais un hommage
qui toucha fenfiblement fon coeur
fut
que fa Patrie lui rendit le 2I Mars fuivant. 2
celui Une
Dame (2) qui tient le premier rang dans la
ville de Metz, lança, au nom des habitans, un
Globe portant cette infcription : K Aéroftat dédié
> à M, Pilatre de Rozier, premier
Navigateur
aérien, par les Meffins fes compatriotes. >>
Les hommes favent donc quelquefois reconnoître
(r) Il fut reçu le 13 Février 1784.
(a) La femme du Commandant de la citadelle de Metz:
Mademoifelle Pilatre de Rozier, foeur de notre Affocié,
devoir avoir cet avantage,mais elle fe trouvaincommodée, --- Page 38 ---
le talent né fous leurs yeux, & fe faire honneur
en le célébrant d'une maniere digne de lui.
La Couronne du jeune Aéronaute attendoit
encore quelques fleurons. Le Roi voulut profiter
du féjaur d'un Monarque étranger (1) à Verfailles,
pour lui faire connoitre cette découverte,, a
dont lagloire appartenoit à fon regne, & qu'on
pouvoit regarder comme le fruit & la récompenfe
de la proteétion qu'il accorde aux Savans,
Une fuperbe Montgolfiere fut conflruite par fes
ordres, & en l'abfençe de l'inventeur, Sa Majefté
daigna en confier la direation à celui qui s'étoit
déjà acquis tant de droits à cette prérogative, Nous
n'entrerons dans aucun détail fur l'expérience qui
eut lieu le 23 Juin 1784, en préfence de leurs
Majeftés, de la Famille Royale & de M. le Comte
d'Haga. M, de Rozier a donné lui- même la
defcription de fonVoyage dans unelettreimprimee
aux frais du Gouyernement, écrite avec la chaleur
& l'intérêt d'un homme ençore ému des grands
objets dontfes fens ont été frappés. Les honneurs
qu'ilobtint dans cette journée égalerent fes fuccès.
Defcendu à Chantilly , après avoir parcouru
treize lieues en trois quarts - d'heure, & s'être
élevé à 11732 pieds de la terre, ily reçut de la
part du Prince de Condé & de fon augufte
() Le Roi de Suede, fous le nom du Comte d'Hagas
ençore ému des grands
objets dontfes fens ont été frappés. Les honneurs
qu'ilobtint dans cette journée égalerent fes fuccès.
Defcendu à Chantilly , après avoir parcouru
treize lieues en trois quarts - d'heure, & s'être
élevé à 11732 pieds de la terre, ily reçut de la
part du Prince de Condé & de fon augufte
() Le Roi de Suede, fous le nom du Comte d'Hagas --- Page 39 ---
Famille, l'accueil le plus obligeant &z toutes
fortes de diftinétions flatteufes; preiqu'auffitôt des
courriers expédiés par la Reine, inquiete fur fon
fort, vinrent s'informer du Voyage, dontilleur
remit le procès-verbalfigné du Prince ; enfin, la
bienfaifance du Roi joignit à des témoignages de
fatisfadion & d'intérêt une penfion de 2000 livres
en fa faveur. Il put fe vanter d'avoir réuni en
un feul jour des avantages, dont une partie auroit
payé à l'ambition la plus impatiente un travail Ide
plufieurs années,
On ne peut nier que la fortune qui fouvent
exerce fon empire fur le domaine des fciences,
n'ait eu quelque part à une célébrité auffi rapide.
Cet éclat féduifant caufa la perte de M, de Rozier,
qui dès-lors enivré des jouiflances dont il flattoit
fon amour-propre, ne fongea qu'à les multiplier;
& comme fa gloire paroiffoit être également
Touvrage de cette intrépidité qui le caractérifoit,
fon imagination égarée ne la vit bientôt plus
qu'au milieu des hafards.
Ainfi ce malheureux jeune homme s'agitoit
autourduprécipice quel lui creufa fon imprudence,
Ce fut peu pour lui que de s'être frayéle premier
une route dans les airs, il fe propofa d'ajouter
aux dangers.de cette tentative, ceux d'un élément
prefqu'auffi perfide; en un mot, il voulut tenter
le paffage de Françe en Angleterre, Ce projets --- Page 40 ---
nous oferons Pavouer, étoit téméraire
pour quiconque n'avoit pas des moyens sûirs de direétion ;
nous dirons plus : il étoit inutile pour la
en cè que, le péril à part, il n'apprenoit fcience, rien de
plus que les premiers effais. M. de Rozier s'affocia
un jeune Artifte (1) dont le courage & le malheur
conferveront la mémoire, &z il imagina de réunir
pour fon entreprife-les deux méthodes
julqu'alors féparément dans les
employées
expériences
aéroftatiques, c'eft-à-dire C l'air raréfié & Pair
inflammable, Ce n'eft pas ici le lieu de difcuter
les avantages & les inconvéniens de cette idée,
que l'Auteur appelloit : I'heureux accord des deux
procédés. Si elle offroit quelques reffources
la direétion verticale
au
pour
défaut de moyens
méchaniques plus fimples, les nouveaux rifques
auxquels elle expofoit, devoient rendre un
Phyficien très - circonfpeat à T'adopter; mais ces
reproches, que nos regrets nous arrachent, M. de
Rozier ne fe les' étoit pas diffimulés, &c fans
doute que les circonftances, & peut-être enfuite
la crainte de manquer à une forte d'engagement
pris: avec le public, l'entrainerent comme malgré
lui au devant du fort funefte qui l'attendoir.
Quoiqu'il en foit, les voyageurs fe rendent à
Calais, & de-là à Boulogne, oû ils s'établiflent,
C
() M. Romain.
Rozier ne fe les' étoit pas diffimulés, &c fans
doute que les circonftances, & peut-être enfuite
la crainte de manquer à une forte d'engagement
pris: avec le public, l'entrainerent comme malgré
lui au devant du fort funefte qui l'attendoir.
Quoiqu'il en foit, les voyageurs fe rendent à
Calais, & de-là à Boulogne, oû ils s'établiflent,
C
() M. Romain. --- Page 41 ---
épiant fans ceffe les vents favorables
pour le
trajet hardi qu'ils méditoient. Enfin, après quatre
moisd'incertitudes, d'obftacles, & de contrariétés,
le moment fatal eft arrivé. Le 15 Juin 1785,
fept heures du matin, les deusinfortinésydbancene
dans leur frêle machine, & quittent une terre
qu'ils ne doivent plus revoir, L'oeil desSpe@ateurs
les fuit avec effroi. Bientôt une colonne de flamme
brille au fommet du globe, & cet affreux
eft incontinent fuivi de l'affaiffement & préfage de la
chûte précipitée des Aéroftats. On accourt,&
lon ne découvre fous leurs débris que deus
cadavres défigurés (r).
Ainfi périt, à la fleur de l'âge, M. Pilatre de
Rozier, viétime de fa paflion pour une gloire
que fes talens pouvoient lui donner plus folide
& moins périlleufe. Ses vertus fociales & fon
courage l'ont fait regretter de fes amis & de
ceux qui ne le connoiffoient que de
S'il eut des ennemis, fon coeur ne lui réputation. en montra
jamais. On en a nommé quelques-uns, &
ceux qu'on a vu parcourir la même
parmi
carriere,
: (1) Tousl les papiers publics ont fair retentir cette fanefte
catalhrophe, , & parmi les diverfes caufes qu'en
lavoir déterminée, 2 nous regardons comme
foupconge
lac acommunication duf fen dela
très-vraifemblable
du globeluperieur,p parl Isgpemdergsiy.éautgpaim Morgphienaberidumnalie --- Page 42 ---
tous ne lui ont pas rendu juflice. Mais on oubliera
le nom de ces détraéteurs obfcurs, tandis que celui
du premier Aéronaute, & le fouvenir de fa fin
tragique, pafferont à la poftérité. Tant il eft vrai
que Phomme dédaignant fa nature, a beau vouloir
s'élevér vers les Gieux, il emporte toujours
avec lui des qualités terreftres qui décelent fon
origine I
NS
N.
10:
2mS
# Voyet ci-deffus,
14, noté. - Au mois d'avril
précédent (page 334), avoit donné la defcription d'un
Appareil fort fimple, au moyen duquel l'étincelle éledtrique
réduit en poudre un carreau de verre , & femble ainfi prouver
fon imperméabilité Cette defcription sff fuivie de celle d'ung
pouvelle canne éleGtrique, --- Page 43 ---
APPROBATION,
Jains & approuvé un Manufcrit intitulé: Eloge
de M. Pilatre de Rogier, lu dans LAfembliapubligue
de laSociété Royale de Phyfique, d'Hiftoire Naturelle
& dès Arts d'Orléans. On accueillera fans doute
avec beaucoup d'empreffement & d'intérêt un
Ouvrage dont la leêture publique a paru faire
tant de plaifir. A Orléans, le 9 Décembre 1785.
GENTY, Cenfeur Royal.
Vu PApprobation; 5 permis d'imprimer ; a Orléans a
Le 10 Décembre 1785,
MIRON,
été Royale de Phyfique, d'Hiftoire Naturelle
& dès Arts d'Orléans. On accueillera fans doute
avec beaucoup d'empreffement & d'intérêt un
Ouvrage dont la leêture publique a paru faire
tant de plaifir. A Orléans, le 9 Décembre 1785.
GENTY, Cenfeur Royal.
Vu PApprobation; 5 permis d'imprimer ; a Orléans a
Le 10 Décembre 1785,
MIRON, --- Page 44 --- --- Page 45 ---
M É M OIRE
SUR EAMÉLIORATION
DES BIENS COMMUNAUX,
Le defféchement des Marais, le défrichement
des Terres incultes & la replantation des Bois;
AVEC LES MOYENS DE PROCÉDER
À LEUR PARTAGE,
Avantage précieux pour notre Agriculture;
Augmentation de pâturage;
Plus grande multiplication de beftiaux,
Et bonification de nos laines,
Leur mife en valeur nous fera conquérir
fur nous-mêmes des terrains immenfes.
Par M. C D. P Cultivateur, Membre
deplafeurs Sociétés d'Agriculuure,
A PARIS,
DE L'IMP RIMERIE ROYALE,
M. DCC, XC, --- Page 46 ---
IITO MAM -
MOIT
RUE
KUAMULNOS ana1a 21tI
om
11 atA ol tnouodsalub
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1o'o
IM
211207 0
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SUA
A
O10ILE
L 91100 ITT --- Page 47 ---
(3)
AYANT-PROPOS
Le défrichement &le
partage des commus
nes font deux objets qui intéreffent effentielles
ment f'agriculture; ; & l'Affemblée Nationale,
en portant fon attention fur ce fujet, préparerà
pour le royaume entier la plus heureufe
révolution.
L Le but de ce mémoire eft
d'indiquer les
moyens qui paroiffent les plus admiffibles fur
le partage & le défrichement des
elles ne rapportent pas le quart de communes: ce
devroient naturellement
qu'elles
produire - ; ce
vient du joug de l'habitude,
qui pros
difficile de fe
auquel il eft fi
fouftraire; du peu d'intérêt
les hommes mettent à tout ce
que
qui ne conflitue pas leur propriété individuelle;
d'inexécution
enfin, de
des loix qui ont été rendues à
ce fujet, au moins dans quelques provinces
Pour rémédier à ces incorivéniens, l'auteur
propofera dès moyens fimples, sûrs dans leur
exécution; & peu difpendieux aux comrunautés; des moyens qui auront certainement
tout l'effet qu'on peut s'en promettre.
A ij
êt
les hommes mettent à tout ce
que
qui ne conflitue pas leur propriété individuelle;
d'inexécution
enfin, de
des loix qui ont été rendues à
ce fujet, au moins dans quelques provinces
Pour rémédier à ces incorivéniens, l'auteur
propofera dès moyens fimples, sûrs dans leur
exécution; & peu difpendieux aux comrunautés; des moyens qui auront certainement
tout l'effet qu'on peut s'en promettre.
A ij --- Page 48 ---
(41
de la vofonté du Sous
E Ane dépendra que
verain, d'effeéuer dans toute l'étendue du
royatme cetté A heureufe révolution', dont
fera
redevable au zèle de
on L
principalement Nationale, & - de - faire tourner à
T'Aflemblée
T'avantage de notre agriculture, une immenfité de.terres incultes. nolans 3 a
tdliog no
353 Ce mémoire formera fix chapitres. 1009
4 -
contiendra
détails far
Le premier
quelques.
Korigine des communes, des ufages 80. des
pituragesi ambe clg 5 a 1 10IN ipp anagOUE
état, les caufes
: Le fecond, leur mauvais
de leur dépériflement, ,-& labus de 11 certains
droits d'afage.
a
nam
sn saslorvab
&
it Le troifième, l'utilité dés defrichemets
11 0)
sb slibitib
des defféchemens.
les moyens a 1091 damdtioier nos 29
Le quatrième,
a
biens communaux, & d'en tirer de
grarids oni
P xiol 6 a
aylug
produits.
ersb enlora US Jetul
Le cinquième, 2.12 avantages
Y UO auroit
-
-
quil
de les partager, & l'emploi des revenus. 01t
Le fixième formera le projet de règlement,
-
ghrn
--- Page 49 ---
Da
onavi -e
XX999XX33300350
M E M
OIR E
SUR FAMÉLIORATION
DES BIENS
a
COMMUNAUX
CHAPITRE PREMIER.
De T'origine des Communes : ce que d'efl
les Biens communaux : des Droits
que
d'ufages
er de paturages.
N appelle Communes des terrains
la communauté, & auxquels
appartenant k
tous les habitans d'une
ou plufieurs paroiffes ont des droits; elles confiftent
en bois, > marais, prés, ilots, terres, pâtis, tourbières, friches, landes, bruyères, &c.
Ces biens n'appartiennent à aucun en.
mais à tous en général. Ce n'eft point particulier, de conceffions nouvelles & particulières que proyiennent les
communes & le droit de Partage dont jouiffent les
habitans.
Les communes font de toute antiquité; il eft à
A iij
ufieurs paroiffes ont des droits; elles confiftent
en bois, > marais, prés, ilots, terres, pâtis, tourbières, friches, landes, bruyères, &c.
Ces biens n'appartiennent à aucun en.
mais à tous en général. Ce n'eft point particulier, de conceffions nouvelles & particulières que proyiennent les
communes & le droit de Partage dont jouiffent les
habitans.
Les communes font de toute antiquité; il eft à
A iij --- Page 50 ---
(6)
préfumer qu'elles appartenoient aux Souverains dans
J'origine. Le legiflareur, dans les premières conceffions qu'il a faites- à fes vallaux,a avoit pour but Ja
culture de la terre ; car pour cultiver, il falloit des
beftiaux & des bâtimens, or, les beftiaux exigeoient
des pâturages, & les bâtimens, du bois pour Jeur
conftrudion : voilà d'oà provient l'ufage de couper du bois dans les forêts; & celui des pâturages
communs.
Cette origine du droit des commnunautés fur les
bois, les marais, les terres incultes, eft reconnuepar
les auteurs les plus anciens; elle eft même indiquée
par Fordonnance de nos Rois. Coquille; quefion
303, dit: CC Les Seigneurs voyant leurs territoires
2 déferts & malhabités, concédèrent les nfagesiceux
>qui y voudroient habiter, pour les y femoudre &
2 les y conferver. >>
Les Romains, , par des règlemens, ordonnèrent le
partage des terres ; elles furent divifées pàr curie 5 &
ehaque individu, par un autre partage, obtenoit une
portion de deux jugeres (a). Lorfqu'après le partage des terres conquifes,il refloit, un excédant de
terrain, , on l'abandonnoit aux colonsiles plusprochesi
pour en jouir en communis c'eft ce qu'oniappeloit
compafeua, communaux. Onl lit dansrune ancienne
(a) La jugère contenoit 240 pieds 'de long fur 120 de larges
ce qui fait 22800 pieds, & revient à un peu moins des deux
tiers de Farpent, melure de Paris,
TO
ès le partage des terres conquifes,il refloit, un excédant de
terrain, , on l'abandonnoit aux colonsiles plusprochesi
pour en jouir en communis c'eft ce qu'oniappeloit
compafeua, communaux. Onl lit dansrune ancienne
(a) La jugère contenoit 240 pieds 'de long fur 120 de larges
ce qui fait 22800 pieds, & revient à un peu moins des deux
tiers de Farpent, melure de Paris,
TO --- Page 51 ---
N71)
A loi (8): Que ce champ ferve de commune,
que
>perfonne ne fe l'approprie & n'empêche qui
>
que
ce foitd'y faire paitre fes beftiaux. >>
La loi d'ufage dans les forêts fut portée très-loin;
elle eft encore rigourent@enentobfervée dans certains
pays. Cette faculté dérive uniquement de la néceflité
fondée fur les befoins du cultivateur, relativement
aux bâtimens néceffaires à l'exploitation de fes terres
& au chauffage de fà maifon. II y a plufieurs fortes
d'ufages; l'un exiftant comme droit appartenant à
toute la communauté, & celui-cipurement précaire,
exercé par des vaffaux fur les terres d'un feigneur,
moyennant une légère rétribution. Les ufages fe
partagent ordinairement par feux; ils fe règlent pour
les bois, fuivant les titres ou la poffeffion, & en
général, ils n'autorifent point à prendre au-delà de
fes befoins.
Les communes font cenfées appartenir à la commanauté, par. la jouiffance qu'elle en a à défaut de
titre originaire. La conceflion eft préfumée avoir
été faite par le Souverain ou les feigneurs du territoire. Les loix ne font même aucune exception à
l'égard du Roi; donc. les habitans ne font point
altreints à rapporter leurs titres, parce qu'ils font
cenfés s'être mal confervés dans leurs mains; alors
la poffeffion leur fuffit.
Parmi le grand nombre de coutumes des diffé-
(6) Hyginus 1 P. 333,reiagrar. autores..
A iv
ion eft préfumée avoir
été faite par le Souverain ou les feigneurs du territoire. Les loix ne font même aucune exception à
l'égard du Roi; donc. les habitans ne font point
altreints à rapporter leurs titres, parce qu'ils font
cenfés s'être mal confervés dans leurs mains; alors
la poffeffion leur fuffit.
Parmi le grand nombre de coutumes des diffé-
(6) Hyginus 1 P. 333,reiagrar. autores..
A iv --- Page 52 ---
(8)
rentes provinces, il n'y en a que quelques-tes qut
décident de l'adminiftration des biens communaux;
elles s'étendent davantage fur la vaine pâture.
Les vaines pâtures font des terres non clofes; les
chaumés & les prés, après la récolte, les terres en
patis,fiches & bruyères, les accrues des rivières &les
chemins foht réputés vaines pâtures : elles confiftent
a faire pâturer le menu & gros bétail, fuivant Palage
les habitans ont de faire paitre l'herbe par-tout
que
MRO
où elle pouffe.
Les loix du Souverain confervent expreffément
les corimunes aux vaffaux, relativement aux entreprifes des feigneurs : les ordonnancés der 1379,
1669, les édits de 1600 & de 1667 ont expreffément défendu leurs aliénations.
9u D'après T'ordonnance de 1669, lesii feigneurs
demander Ia divifion du tiers, & c'eft-ia la
peuvent
Teule altération que puiffent éprouver ces propriétés.
Tous les auteurs regardent les communaux comme
autant de propriétés pour les habitans, propriété
dont it réfulte en leur faveur un droit facré qui ne
peut fouffrir aucune atténuation.
A Plufieurs de nos coutumes adoptent Te principe
du droit Romain furles pârurages; elles en diftinguent
'de plufieurs efpèces qui font réglées chacune par
: l'une,
les terres en
un prinçipe particulier
pour
C
clôture avec haies ou folfés; Tautre, pour les terres
ouvertes & de Jibre accès; la dernière-enfin-y pour
les prés communs. La première appartient exclufi- --- Page 53 ---
19)
Yement au propriétaire; la feconde à tous les
ticuliers pendant la moitié de l'année. Quant par-- à la
troifième, c'eft la poffeflion qu'une communauté a
de mener fes beftiaux fixr un terrain dans tous les
temps de l'année,
Ces autorités démontrent que les droits des haw
bitansfurles communes, font de toute antiquité;
les conceffions n'ont eu d'autres mefutres de leurs que
étendues 3 que les befoins du cultivateur : mais
toutes les paroiffes n'ont pas été maintenues &
confervées dans cette poffeffion; quelques
en ont
feigneurs
borné l'étendue, & d'autres Font abrogée.
CHAPITRE IL
Mauvais état des Communes; caufe de leur
depérifement, dr abus de certains ufages.
LETar
déplorable de la plus grande partie des
dommunes ne prouve que trop la néceffité de les
améliorer, & l'on pourroit dire comme un auteur
célebre: cc. Ilya aura un temps où le génie, fecondé
A par des loix bienfaifantes, trouvera le moyen de
22 tirer des richeffes iminenfes du fein de ces terres
2 ingrates qui ne produifent aujourd'hui I:
ao herbe foible & languiffante. >2
qu'une
Perfonne n'ignore que les terrains marécageux,
appartenant aux communautés, fitués près des rivieres, & conféquemment fujets à être inondés,
Av
: cc. Ilya aura un temps où le génie, fecondé
A par des loix bienfaifantes, trouvera le moyen de
22 tirer des richeffes iminenfes du fein de ces terres
2 ingrates qui ne produifent aujourd'hui I:
ao herbe foible & languiffante. >2
qu'une
Perfonne n'ignore que les terrains marécageux,
appartenant aux communautés, fitués près des rivieres, & conféquemment fujets à être inondés,
Av --- Page 54 ---
Cto))
ne produifent que des herbes groflières & mal
faines; que ces terrains fangeux, non-feulement OCcafionnent un air infeét aux habitans, mais encore
tendent à détruire lesi troupeaux de moutons &
de vaches qui y paiffent. On ne voit dans ces
maraisique quelques beftiaux étiques, dont la maigreur annonce la misère & la mauvaife fanté; toujours on néglige ces terrains, parce qu'ils font indivis 5 ou qu'on efb dans la perfuafion qu'il eft
impoffible d'en tirer aucun autre parti, 2 tandis qu'il
ne faut que de Fintelligence & peu de dépenfes
pour les convertir en prés & en faire de riches
pâturages.
Celles qui font en bois ne préfentent que des
L
plants languiffans. Au lieu d'arbres, vous-ne voyez
que des ronces 2 des buiffons, des reftes: de méchans taillis tout broutés par les beftiaux; vous
n'y trouvez que de grandes clairières, des portions
tout-à-fait ftériles, & pour un arbre qui y profpère,
mille'languiffent ou meurent.
Enfin, d'autres communautés pofsédent desl bruyés
res, des Jandes & des friches où on ne rencontre que
quelques buiffons d'épines quiarrachent.& détruifent
la laine des troupeaux ; 8 ces terres n'offrent que
des pâturages fecs & arides pour! les beftiaux, qui
ne trouvent que quelques brins d'herbes qui les
font moins-vivre qu'ilsine les empêchent de mourir: :
tel elb l'état de Ia. majeure partie des coniunes. &
On peut comprendrel dans ledépériffement des
A
où on ne rencontre que
quelques buiffons d'épines quiarrachent.& détruifent
la laine des troupeaux ; 8 ces terres n'offrent que
des pâturages fecs & arides pour! les beftiaux, qui
ne trouvent que quelques brins d'herbes qui les
font moins-vivre qu'ilsine les empêchent de mourir: :
tel elb l'état de Ia. majeure partie des coniunes. &
On peut comprendrel dans ledépériffement des
A --- Page 55 ---
(11 )
pâcurages communs, des droits qui font auffi abufifs
que prejudiciables à l'amélioration de la culture de
nos prairies.
-
Le droit de première & de feconde herbe, le
droit de morte & vive herbe ont lieu dans
plufieurs
pays & font réputés communs ; tous les habitans
jouiffent de ces droits fur tous les
héritages non çlos
& pour tout le bétail: le propriétaire doit enlever,
la première coupe de fes foins à des époques fixées,
pour que les habitans y puiffent envoyer paître
leurs befliaux, & il ne peut dans aucun cas
tarder la fauchaifon de fes
représ ; il eft forcé de
couper une herbe qui n'eft 2
pas encore mire, & de
T'enlever aux rifques de la perdre (c).
II y a des terres vagues appelées
font des terrains fitués fur les
conforts; ce
confins de deux
paroiffes appartenant à l'une & à T'autre, où des
terrains à portée de diverfes fermes,
font
auxquelles ils
également communs : il en eft des caufes de
dépériffement de ces conforts, comme des communes.
Le droit de moifon ou blairi s'exerce dans
fieurs provinces; il a lieu dans la
pluMarche, 4 en
Bourgogne & en Bourbonnois, &c. &c, C'eft
modique redevance que les habitans font
une
au
pour mettre
feigneur
leurs beftiaux dans la commune.
(c) Le Parlement de Paris a rendu le
arrêt qui a révoqué ce droit dans
23 juin 1785, un
en
quelques paroiffes de fon
permettant au propriétaire de faire une feconde herbe. reffort,
Avj
; il a lieu dans la
pluMarche, 4 en
Bourgogne & en Bourbonnois, &c. &c, C'eft
modique redevance que les habitans font
une
au
pour mettre
feigneur
leurs beftiaux dans la commune.
(c) Le Parlement de Paris a rendu le
arrêt qui a révoqué ce droit dans
23 juin 1785, un
en
quelques paroiffes de fon
permettant au propriétaire de faire une feconde herbe. reffort,
Avj --- Page 56 ---
(Cia)
25 La vaine pâture dans les prés, a prefque dans
tout le royaume un terme trop étendu. Dans quelles prés ne font interdits qu'au mois de:
ques pays
mai, dans d'autres au mois d'avril,ce qui porte
au
L/époque
un- très-grand préjudice
propriétaire.
les
devroient être défendus , fi le
à laquelle
prés
exclufivement
droit de pâturage ne peut appartenir
eft le
de mars ; cari dès la fin
au propriétire,
dans
d'endroits, Ies plantes
de ce mois,
beaucoup
froiffeidéycloppent & fe trouvent privées par: le
fementodes pieds des befliaux, des premières im-!
pulfions de la nature, qui font iès plus favorables
d'où il réfulte qu'une récolte qui auroit
aux prés;
elt médiocre ou de peu de
pu être excellente,
valeur.
ougs 5
L'ulige que des communautés ont d'envoyer
beftiaux dans les bois de haute futaie ,
paitre'leurs
eft auffr irabulf que ridicule: ce droit, à la vérité,
elt aftreint au règlement des ordonnances de 16693
mais il feroit bien à défirer pour la reftauration
de nos forêts, qu'il fit fupprimé.
n-Enfin 3 d'après ces' ufages fi contraires au bien
public &2 à celui des fujets; fioppofés aux prodes communes immenfes dont
grès de Tagriculture,
fe trouvent
on ne 4- tire aucun parti avantageux ,
condamnées à ne. rendre que de modiques produc
sions,. & mêne à l'infertilité. 113
cher nto
( Ae --- Page 57 ---
3))
CHAFITKENIL
er des défrichemens
Utilité des defechemens
des CommunesLea defféchement & le défrichement des communes
très-importante : les premières
font une entreprife
difficultés à furmonter ; il
tentatives préfentent des
de
Ies conduire au degré.
faut des avances pour
I nei peut y
dont elles font fufceptibles.
perfedtion
riches qui puiffent faire
Javoir que des propriétaires
on ne
2 & fans ces fecours
de pareilles opérations
qui fe renvaincre les obftacles effrayans
pourra
Ce doit être la tâche de
contrent dans ces projets.
& il ne faut
TÉtat de former de grandes entreprifes,
Parrêtent dans T'exécution:
pas que les difficultés
diftribue des
qu'il donne des encouragemens, qu'il
inrécompenfes, & lon verra bientôt des citoyens
faire des efforts: & les avances néceflaires
telligens
dans les communes; des
pour opérer ces travaux
bien intédefféchemens réfulteront des avantages
les hommes, la falubrité. Cetair mal-fain
reflans pour
tous les environs o des marais
& infect qui couvre
vicieufe fera enfin
difparoitra, & cette température
corrigée.
des. comLes defféchemens & les défrichemens
conduire à
de
munes peuvent nous
Faugmentation
La temnotre commerce & de nos manufactures.
& le fol de la France font auffi favorables
pérature
A vij
ont des avantages
les hommes, la falubrité. Cetair mal-fain
reflans pour
tous les environs o des marais
& infect qui couvre
vicieufe fera enfin
difparoitra, & cette température
corrigée.
des. comLes defféchemens & les défrichemens
conduire à
de
munes peuvent nous
Faugmentation
La temnotre commerce & de nos manufactures.
& le fol de la France font auffi favorables
pérature
A vij --- Page 58 ---
ir4) J
à la production des belles laines,
& d'Angleterre. Un
que ceuxd'E/pagne
mouton de bonné race,
dans ces marais defféchés & convertis
nourri
zurages, fur ces landes &
en bons ps-
& améliorées,
ces bruyères défrichées
donnera une Jaine parfaite; & fila
qualité & la fineffe proviennent de f'éducation
Fanimal, elles dépendent auffi de la bonté
de
falubrité des
& de la
pâturages.
Avant de pouvoir procéder aux
aux défrichemens des
defféchemens &
d'en
communes, il eft effentiel
régler la propriété & les limites : très-louvent
plufieurs y ont des droits; les
munautés & des
feigneurs, des comparticuliers jouiffent
II faudra régler ces différens
indivifément.
qui interviendra foit
intérêts; que la loi
générale, &
Jes propriétaires, fous
enjoigne à tous
un délai
de
de fes titres ou de fa.p poffeffion. déterminé, juflifier
Déjà des loix & a dès règlemens ont été
en faveur de ces travaux j ils accordent.
rendus
des
léges (d) à. ceux qui les
priviJes diverfes
entreprennent, & dans
provinces oû ces: travaux ont.
il en eft réfulté des
eu dieu,
d'autres
avantages infinis: mais dans
deurs
communautés; les habitans 2 qui ont eu fous
yeux le fuccès de ces
voulu les tenter pour le bien expériencessn'ont &
pas
communes ; ils ont
Favantage de leurs
réjeté au contraire les moyens
(d): Ces priviléges confiftent en vingt années
d'impôts, laffranchiffement de la
des
dexemption
de franc-fiefs,&c.&.
dime, droits dinfinuation,
Y
antages infinis: mais dans
deurs
communautés; les habitans 2 qui ont eu fous
yeux le fuccès de ces
voulu les tenter pour le bien expériencessn'ont &
pas
communes ; ils ont
Favantage de leurs
réjeté au contraire les moyens
(d): Ces priviléges confiftent en vingt années
d'impôts, laffranchiffement de la
des
dexemption
de franc-fiefs,&c.&.
dime, droits dinfinuation,
Y --- Page 59 ---
(rs)
& fe font très-fouvent oppofés
qu'on leur préfentoit,
à ces enttéprifes.
à réformer les abus, mais ee
On.pourra parvenir les habitans à établir des
ne fera qu'en forçant de leurs biens le parti le
moyens capables de tirer
plus avantageux.
avoient des intendans
Nos premiers Souverains
chargés des foins de T'agriculture,
des campagnes,
& de la confervation des
des biens communaux 7
forte renaître
pâturages. Nous voyons en quelque
dans Tétabliffement des fociétés d'agrices fonétions
leurs avis, c'eft d'elles que
culture; c'eft d'après
& les
font émanés les leçons 5 les encouragemens
exemples: elles indiquent que le premier principe
eft de défricher les terres qui font
d'amélioration,
de
incultes, de deffécher les terrains marécageux,
les bois qui font ruinés & détruits, &
replanter
La nature & lap pofition
d'augmenter nos pâturages.
da fol doivent décider de l'emploi du terrain, parce
des localités : le zèle & la furque tout dépend
opéreront
veillance de ceux qui s'en occuperont,
ils
la reftauration d'une infinité de communautés;
&
riche population;
faciliteront une nombreufe
plus
Pabondance, 2 la falubrité , une augsils procureront
& l'amélioramentation de beftiaux en tous genres,
tion de nos laines.
-EA
A viij --- Page 60 ---
(r6 -
CHAPITRE I V.
Moyens d'améliorer les Commanes, cx d'en
tirer le plus grand produit.
de la
d'un
La
fageffe
gouvernement éclairé qui
doit toujours tirer le parti le plus avantageux de fon
territoire, de chercher tous les moyens dei contribuer à l'augmentation de toutes fes productions :
nous allons les indiquer, mais avant, i eft bon
d'obferver qu'il y a des biens commnunaux dans
quelques provinces, qui procurent des avantages
précieux, qu'on ne pourroit ni fupprimer ni divifer
fans occafionner une perte énorme aux habitans
des paroiffes. Telles font les prairies dont la bonne
nature & la qualité fuffifent pour la nourriture &
T'engrais des beftiaux; la Normandie & plufieurs autres pays nous en fourniffent des exemples. Les
cultivateurs ont la faculté d'avoir de nombreux troupeaux de toute elpèce, & le fimple particulier peut
nourrir plufieurs vaches, ce qui fait certainement
Ja principale richeffe des campagnes. Unj pâtre dans
de pareils pâturages, garde feul 40.à 50 vaches,
tandis que fi elles étoient conduites aux champs le
long des chemins, il faudroit autant de femmes qu'il
ya auroit de bêtes, ce qui occafionne une très-grande
perte de temps. Si ce font des enfans qu'on y
emploie, en contractant l'habitude d'une vie oilive,
ils perdent abfolument le goût du travail.
icheffe des campagnes. Unj pâtre dans
de pareils pâturages, garde feul 40.à 50 vaches,
tandis que fi elles étoient conduites aux champs le
long des chemins, il faudroit autant de femmes qu'il
ya auroit de bêtes, ce qui occafionne une très-grande
perte de temps. Si ce font des enfans qu'on y
emploie, en contractant l'habitude d'une vie oilive,
ils perdent abfolument le goût du travail. --- Page 61 ---
(07)
en. nature d'herbages font des poffef
2L Les.prés.
fions auffi précieufes que les terres à grains, & ne
doivent être défrichés que pour être améliorés &
ànos cultures, ce
remis en herbages. Ce.quimanque
font les pâturages ; ils ne font jamais proportionnés
à Pétendue des terres en labour.
Nous n'entendons donc propofer des moyens
d'amélioration,que pour les communes reftées incultes, ou pour celles dont on tire peu de produit;
.car il eft de ces terrains qui ne rendent pas, à beaucoup près ce qu'on en retireroit s'ils étoient concédés
portion aux habitans qui les mettroient en Vapar
leur : il en réfulteroit, finon une augmentation d'impôt, au moins une déchargede ce même impôt fiar la
clafle des autres citoyens, & ces terrains rentreroient
dans le commerce de toute manière.
Iine faudroit
cependant que ces terrains fuflent
pas
trop divifés ou morcelés, parce qu'alors on ne pourroit plus atteindre à ces avantages que doivent nous
procurer Ies clôtures,
Un des premiers objets que les affemblées de désilis
partement ayent à rempiir pour l'amélioration des
biens communaux, eft de fe faire rendre compte
de leur état, en quoi elles confiftent, de la manière
dont elles font adminiftrées, de leurs revenus, des
abus qui exiftent (e). Les informations néceffaires
(e) L'AMemblée provinciale de IIle-de-France, dès fon établiffement, s'occupa da la reftauration des communes de cette
proyince; mais elle éprouva tant de contrariétés du régime anté-
pour l'amélioration des
biens communaux, eft de fe faire rendre compte
de leur état, en quoi elles confiftent, de la manière
dont elles font adminiftrées, de leurs revenus, des
abus qui exiftent (e). Les informations néceffaires
(e) L'AMemblée provinciale de IIle-de-France, dès fon établiffement, s'occupa da la reftauration des communes de cette
proyince; mais elle éprouva tant de contrariétés du régime anté- --- Page 62 ---
t a8 )
prifess elles doivent autorifer la paroiffe à faire fous
fes travaux néceffaires.-
2 Si c'eft un marais aquatique, la communatité
cédera
propar elle-même aux defféchemens, fi elle en a
les facultés, .ou elle traitera aveé des
fi elle y. trouve plus d'avantages,
entrépreneurs
lefquels feront char
gés de faire les canaux, les follés d'égoûts, conduits
& digues néceffaires pour opérer Ia mife en valeur
de ces terrains ; elle abandonnera en
propriété une
portion de ces communes, ou fi elle préfère céder
la propriété du tout, elle conviendra d'unel redevance ent grain ou en largent fixée pour cliaque
arpent, ou enfin elle nen cédera la jouiffance
que
pour un temps limité,
a SOL
Si c'eft un ancien bois qui ait befoin d'être replanté, ou un terrain qui ne foit propré qu'aetre
converti à cet ufage, ces travaux ne pouvant être
faits qu'en grand, parce qu'ils exigent des avances &
des foins particuliers, Ha communauté traitera de
même que pour les defféchemens; avec des gens
auxquels elle pourra abandonner les terrains qu'elle
aura deftinés à être replantés en"bois, fe réfervant
une portion pour chaque ménage, qui leur feroit.
délivrée annuellement forfqu'ils feroient en coupe.
rieur * , qu'il lui a été impoffible d'opérer toutes les bonifications
qu'elle avoit défiré d'effectuer fur cette partie de fon
*
adminifization.
Beaucoup de villes ont été empéchées de donner des détails de
communaux, Quelques-unes ont des fonds affez confidérables des leurs revenus
bois, entre les mains des Receveurs des caux & forêts, dont ventes de teurs
"avoir sucuns compres.
elles - ne peuvent
feroient en coupe.
rieur * , qu'il lui a été impoffible d'opérer toutes les bonifications
qu'elle avoit défiré d'effectuer fur cette partie de fon
*
adminifization.
Beaucoup de villes ont été empéchées de donner des détails de
communaux, Quelques-unes ont des fonds affez confidérables des leurs revenus
bois, entre les mains des Receveurs des caux & forêts, dont ventes de teurs
"avoir sucuns compres.
elles - ne peuvent --- Page 63 ---
(19) )
Elle proportionnera les diftances, > & délignera les
qualités des bois à replanter ; car chaque fol, par
fa nature, différencie & demande les diverfes efpèces
de plants qui lui font analogues.
3 L'abolition du droit de pâturage dans les bois
communaux, fera une des conditions les plus indifpenfables, fans quoi on ne parviendra jamais à leur
régénération. Ces moyens de fertilifer des terrains
arides, éloignés des villes & des débouchés, pré
fentent l'avantage le plus grand à PÉtat & le plus
certain aux communautés, qui n'en tirent aucun
parti. Nos forêts dégénèrent beaucoup, la difette
des bois fe manifefte de plus en plus; & ce feroit
fe plan le plus sûr pour parvenir à la reffauration
& à faugmentation de nos bois,
Enfin, fi ce font des friches, des Jandes ou des
bruyères à portée des habitations, elles pourront
être défrichées & mifes en diverfes cultures par les
habitans, Ces terrains feront plus faciles à mettre en
valeur que les précédens; ; il faut peu d'avances ;
lejournalier, l'habitant pauvre peut s'occuper dans
des temps perdus 7 ou après fa journée faite, à
écobuer le champ qui lui écherra en partage; fa
femme & fes enfans enlèveront les mauvaifes herbes,
& les ramafferont par tas pour être brulées; les pierres
& les cailfoux feront également ramaffés pour être
charriés dans les chemins: le temps feui que ce mal
heureux donnoit ci-devant à la corvée, & dont il
eft actuellement affranchi, pourra fuffire pour mettre
fon champ en valeur.
journée faite, à
écobuer le champ qui lui écherra en partage; fa
femme & fes enfans enlèveront les mauvaifes herbes,
& les ramafferont par tas pour être brulées; les pierres
& les cailfoux feront également ramaffés pour être
charriés dans les chemins: le temps feui que ce mal
heureux donnoit ci-devant à la corvée, & dont il
eft actuellement affranchi, pourra fuffire pour mettre
fon champ en valeur. --- Page 64 ---
( 20 )
Quelquesparoiffes régiffentleurs communes d'une
manière alfez avantageufe : nous en rapportons
quelques exemples (f).
(f) Le village de D.. a25 arpens de communes en
moitié eft réfervée pour le pâturage des vaches des particuliers prés, &
Tautre moitié eft affermée aux petits cultivateurs à raifon d'un
demi-arpent chacun.
- Ses revenus font employés à payer un maître d'école,
truit gratuitement douze des plus
enfans
qui inf
Je farplus à l'entretien &
pauvres
de la paroiffe, &
réparation du pavé du village, & à d'autres travaux utiles.
La paroiffe de G pofsède 20 arpens de communes en
bons prés, elle en jouit d'une manière particulière; elle en abandonne la moitié en pâturage aux beftiaux dela communauté: dès
le commencement du printemps ils y paiffent julqu'au IO
:
à cette époque, ils paffent dans l'autre canton de prairie juillet où la
récolte des foins vient d'être faite; de cette manière, ils récoltent
une coupe de foin fur fa totalité de leur terrain qu'ils vendent,
& ainfi les vaches jouiffent de la pâture toute l'année.
La paroiffe de M.. pofsède une commune très-étendue &
très-aquatique; les' habitans n'y envoient paître leurs troupeaux
que dansles temps de la plus grande féchereffe, encore
ils qu'ilsy contraétent des maladies,
craignentLeshabitans de ce pays, auffi fages qu'intelligens, prirent le
-
d'affermer ces communes , aux conditions que le fermier feroit parti
les foffés néceffaires pour les deffécher. Les fommes provenant
des.ioyers, furent employées à la conftrudtion d'un pavé dans tout
T'intérieur du village qui étoit impraticable, &à celle d'une chaufféc pour communiquer à la grande route i Cc qui leur a couté
70,000 livres.
a Ces habitans travaillent dans ce moment-ci à l'établiffement
d'une fontaine d'eau falubre dont ils ont été privés jufqu'apréfentVoicicertainement de leur part uneadminiftration bien dirigée,
puifque dans le même temps qu'ils améliorent leurs paturages
les defféchemens, ils fe procurent un pavé; des eaux , & con- par
fervent encore la propriété des communes à leurs defcendans,
c qui leur a couté
70,000 livres.
a Ces habitans travaillent dans ce moment-ci à l'établiffement
d'une fontaine d'eau falubre dont ils ont été privés jufqu'apréfentVoicicertainement de leur part uneadminiftration bien dirigée,
puifque dans le même temps qu'ils améliorent leurs paturages
les defféchemens, ils fe procurent un pavé; des eaux , & con- par
fervent encore la propriété des communes à leurs defcendans, --- Page 65 ---
( 21 )
e Cette immenfe quantité de terrain inculte &
abandonné, une fois améliorée par toutes fortes de
productions, opérera le plus grand bien pour notre
agriculture; elle pourra faire des progrès rapides, &
Pétabliffement de nouveaux
favorifer par ces moyens
colons, mefure que les défrichemens s'opéreront.
CHAPITRE V.
Avantage qu'ilg auroit de partager les Communes;
er emploi des revenus.
Le, partage des communes devant varier fuivant
il faula diverfité des terrains, pour y parvenir
dra au préalable en examiner l'étendue, la nature 9
faire une diftinétion des marais à deffécher, des
friches, Iandes & pâtis à défricher, & des bois à
replanter : ces divers objets demandent des moyens
différens; ; nous les avons indiqués, & nous ne
regarderons pas comme une ufurpation préjudiciable aux habitans des paroiffes, la contrainte de
mettre leurs communes en valeur & d'en faire le
Au contraire, nous voulons qu'ils en tipartage.
le régime que nous indirent plus d'avantages par
Y'amélioration leur procure des profits
quons, que
ntiles & plus confidérables.
D'après nos connoiffances fur l'adminiftration
des biens communaux, d'après les renfeignemens
recueillis fur les lieux dans diférentes provinces,
nous fommes autorifés à croire que le partage de --- Page 66 ---
22 )
la plus grande portion de ces biens, ne peut être
que très-avantageux à PEtat & à toutes les claffes
de citoyens ; mais nous eftimons que ce
ne peut fe faire avec aliénation de
partage
propriété irrévocable pour la totalité des communes.
Du partage er des moyens d'y procéder.
LA manière la plus avantageufe à toutes les
claffes de citoyens,laplus utileàl'Eat & aux particuliers de procéder aux partages des communes (après
que les travaux que nous avons indiqués auront été
opérés), eft le bail à vie; chaque habitant aura une
portion égale fans diflinétion de qualité ni de fortune.
Le premier établiffement des communes nousindique cette. marche; elle eft la plus équitable & la
naturelle :
plus
quelques réflexions fur Finconvénient du
pied pour perche, ou du marc la liyre de F'impôr,
démontreront les avantages du plan propofé.
Le partage au pied pour perche de toute
priété du territoire feroit de toute
prodans celle où le
injuflice; car
feigneur, au terme de la loi, auroit
à prélever fon tiers., lui qui très-fouvent eft déjà
propriétaire d'un grand domaine, emporteroit
fon fot la plus grande partie des communes.
pour
Le partage au pied pour perche entraineroit ertoup des
inconvéniens à l'infini dans les paroiffes où les communes ne contiendroient qu'un modique nombre
d'arpens de terrain. Si le lot revetantia-chaque
propriétaire, étoit, par exemple, d'un cinquantième erou
it
à prélever fon tiers., lui qui très-fouvent eft déjà
propriétaire d'un grand domaine, emporteroit
fon fot la plus grande partie des communes.
pour
Le partage au pied pour perche entraineroit ertoup des
inconvéniens à l'infini dans les paroiffes où les communes ne contiendroient qu'un modique nombre
d'arpens de terrain. Si le lot revetantia-chaque
propriétaire, étoit, par exemple, d'un cinquantième erou --- Page 67 ---
(23) )
d'un centième par arpent, à quelle divifion feroir
porté le partage dans une paroiffe où il y.a beauçoup de petites propriétés, & quel préjudice la culzure n'en effuieroit-elle pas : Si un pareil plan étoit
adopté, ce feroit donc la claffe la plus aifée qui
envahiroit tout, & il ne refteroit prefque rien ou que
peu au corps des habitans, eux qui fapportent
toutes les charges de la paroiffe.
Le partage des bois dans toutes les communautés
fel fait par têtes d'habitans ayant ménage, fans
que
le fermier riche en ait plus que le pauvre; la fa4
gelle des réglemens l'a ainfi décidé : nous pouvons
en citer un tout-récent pour la province d'Alface.
Cc Ordonne Sa Majefté que la portion. de chaque
2 ufagé dans Ia diftribution annuelle qui fera faite
D. du bois de chauffage, fera faite par part & portion
3 égales entre tous ceux qui fupportent les charges
5 réelles fans égard à leur qualité de laboureur ou
D journalier, non plus qu'à la condition
refpective que chacun d'eux fupporte en raifon de fa
5 fortune particulière dans les rôles d'impofitions &
5 autres charges publiques. 3 Cet Arrêt du Confeil eft du 20 mars 1783. Le partage de.ce qui
eflrufage en bois; n'elt point admiffible autrement
que par ménage dans une proportion égale : ce qui
doit donc former a bafe pour: les autres terrains
dépendans des communes.
tori Le partage au marcla livre de la tailleou des autres
impofitions n'auroiti pas plus de-proportion, puif
les rôles d'impofitions &
5 autres charges publiques. 3 Cet Arrêt du Confeil eft du 20 mars 1783. Le partage de.ce qui
eflrufage en bois; n'elt point admiffible autrement
que par ménage dans une proportion égale : ce qui
doit donc former a bafe pour: les autres terrains
dépendans des communes.
tori Le partage au marcla livre de la tailleou des autres
impofitions n'auroiti pas plus de-proportion, puif --- Page 68 ---
(24)
le fernier qui auroit une; grande ferme, auroit
que
bien
confidérable que le petit fermier ,
une part
plus mérite autant que le premier. S'il
quoique ce deinier
plus, c'eft qu'il a une plus grande exploitation,
paye n'étant point attaché à fa-perfonne.
Timpôt
perche & au marc la livre
Le partige au pied pour
le
s'oppofe à ai population, tandis que
partage par fa
feu contribue. L'efpoir de devenir propriétaire
durant y
duneou dedeux âcresde terre, déterminera
vie:
à venir fe fixer dans les paroiffes oût les
des familles
font d'une grande étendue; ce
biens communaux
néceffaire pour, arriver à la
qui devient abfolument
de leurs défrichemens &à une plus grande
perfedion
dba 33
population.
du
par feur & à vie; Ia
Tout eft en faveur
partage
culivateurs demande de la faveur;
claffe des pauvres
& la
c'eft elle qui eft à la fois la plus nombreufe
plus
ss'offirent en. foule, & iin'eft
faborieufe, Les exemples
fes yeux fur
néceflaire d'avoir fixé lonig-temps.
pas
combien il-mérite
Phabitant des scmpsgneypourjugere
& combien de pareils fecours empêcheront
d'égards,
l'indigence:se la
un nombre de familles de-refterdanss
misère.
2e
par ménage & à vie; a
Le partage des communes
ledouble avantage de donner unelonguejouiflnce
aliéner à perpetuité des biens.quisde
& de ne point
Pêtre.
leur nature, ne doivent point
à aliéner
comme on Pavu,
Nous ne confentons,
des dellé
de.marais ou ily:auroit
que des portiqns
'égards,
l'indigence:se la
un nombre de familles de-refterdanss
misère.
2e
par ménage & à vie; a
Le partage des communes
ledouble avantage de donner unelonguejouiflnce
aliéner à perpetuité des biens.quisde
& de ne point
Pêtre.
leur nature, ne doivent point
à aliéner
comme on Pavu,
Nous ne confentons,
des dellé
de.marais ou ily:auroit
que des portiqns --- Page 69 ---
( 25 1
à faire, ou des bois à replanter, à caufe des
chemens
ces travaux néceffitent; ; encore
grandes dépenfès que
de terrain d'une reb
chargeons-nous chaque arpent
devance en faveur des habitans.
nous paroit à tous égards préfé-
- Le partage viager
ne calcule jamais fur
rable: Phabitant de la campagne
bonheur.
l'étendue de fes jours, & c'elt un très-grand
à
il traPropriétaire à vie, ib croitlêtre perpétuités
il
fa dernière heure,il plante, il fume,
vaille jufqu'à
toujours eft mieux cultivé
bonifie fon héritage, qui
dernier craint,
celui du locataire, parce que ce
que
le fien, d'être fapplanté par fon voifinenaméliorant difficile d'établir un plan fixe & uniforIEt IL eft bien
à caufe des
me far la mife en valeur des communes, moins de
Jocalités, de la variété des fols, du plus ou
d'elles, & de l'inégalité de
confiftance de chacune
population des paroiffes.
oà Ia comIl feroit donc préférable dans un pays
étendue, & où la populamune auroit une modique
lots dont
tion feroit confidérable, d'en faire plufieurs
feroit d'un arpent, & de les adjuger en
le moindre
cultivateurs pour en jouir leur
détail aux habitans
d'une redevance en
vie durant, toujours à la charge
grains ou en argent.
Emploi des revenns:
de l'acenfement de ces
eun LES revenus provenans
mafle dont on rebiens communaux; , formeront une
avantages dans les paroifles,
xirera lés plus grands
tion feroit confidérable, d'en faire plufieurs
feroit d'un arpent, & de les adjuger en
le moindre
cultivateurs pour en jouir leur
détail aux habitans
d'une redevance en
vie durant, toujours à la charge
grains ou en argent.
Emploi des revenns:
de l'acenfement de ces
eun LES revenus provenans
mafle dont on rebiens communaux; , formeront une
avantages dans les paroifles,
xirera lés plus grands --- Page 70 ---
(26]
par Tutilité de l'emploi. qui en fera fait,
d'autant plus précieux, qu'il fera recueilli avantage
les claffes idere citoyens;
par toutes
d'école
comme de payer un maitre
qui inftruira gratuitement les enfans des
ares, de doter ume'fage-femme ou des foeurs de Cha- paus
rité, fi fecourables dans les campagnes, d'acheter des
-beftiaux pour remplacer ceux que de pauvrés cull
tvatétursatiraurperdus par des: 2 épizooties, dereçonf
truire les batimens &-da grange du malheureux
aura été incendié, Sans: ces fecours, ile faut qui
abandonne & qu'il Llaiffe fes champs fans
qu'il
en feroit des prêts fans
culture: Oit
intérêts,ou on en acheteroit
des pompes & des feaux pour les incendies S, enfin
ices fondsi ferviroient à l'entretien des chemins vicimaux, des fontaines, des abreuvoirs, des citernes,
des.digues; desi canaux, &c: fi intéreffans pour tout
le corps de la communauté; cet emploi feroit or#
-donné para T'affemblée de département, d'après le
vocu de la Municipalité.
T
TOISA
:noOn pourroit encore prélever fur les revenus des
biens communaux de Ja: paroille;, deux fetiers de
blé pour être donnés au commencement des T'hiver
:chaque: chef de' famille maladey indigent ou infirme, qui auroit fix enfans au-deffous-dene
quatorze
ans ; trois fetiers à celui qui en auroir
à celui qui eh auroit huit, & ainfi
fept; quatre
par gradation:
xe font-lesreinfans del la communauté, fes revenus
font cà euxe & doivent fervin à les nourrir, C'eft
Jar-tout le pauvre quia droit à da follicitude de
commencement des T'hiver
:chaque: chef de' famille maladey indigent ou infirme, qui auroit fix enfans au-deffous-dene
quatorze
ans ; trois fetiers à celui qui en auroir
à celui qui eh auroit huit, & ainfi
fept; quatre
par gradation:
xe font-lesreinfans del la communauté, fes revenus
font cà euxe & doivent fervin à les nourrir, C'eft
Jar-tout le pauvre quia droit à da follicitude de --- Page 71 ---
137)
la bienfaifancé relève fe courage de
Padminiftration;
elle
celui que le malheur auroit accablé;
prévient
le crime qui n'efl prefla défer tion & quelquefois
toujours que P'effet de la misère.
que
CON C LU.S.1 I 0 N.
nous
fur
TOUTES les améliorations que
propofons
juftes & praticables:
les communes > nous paroiffent Nationale & des confeils
un Décret de T'Affemblée
affudonnés aux habitans des campagnes, porteront
rément à opérer ce bien.
formera des nouveaux établiffemens, des
f Il fe
dont les habitans devienhameaux & des villages
de
C
campagnards
dro nt laborieux; ces émigrations
deffé
lèsvilles, cefferont; ils viendront
quiinondent
en faire de riches pâturages ;
cher rles marais pour
les
ils défricheront: des landes & les bruyères pour
terres labourables & en tirer de riches
eonvertir en
moiffons : ces forêts dégarnies feront par eux replantées,'énfin tôut deviendra fécond par leurs travaux; 3
viande, le bois, la laine, le cuir,le fuif,
le blé,la
bien cultivé attire
feront plus abondans. Tout pays
font les
à :fa fuite les arts & les manufaétures, qui
fera-
&des émules de Yagriculture; ce
compagnes
fource de richefles pour le royaume
jà unenouvelle
exifte fur les com-
: La déprédation incroyable qui
des friches &
munes qui ne préfentent qued des marais,
fur
des déferts, n'exiftera plus; nous conquerrons
nous-mêmes ces terrains immenfes que T'infoutiance,
à :fa fuite les arts & les manufaétures, qui
fera-
&des émules de Yagriculture; ce
compagnes
fource de richefles pour le royaume
jà unenouvelle
exifte fur les com-
: La déprédation incroyable qui
des friches &
munes qui ne préfentent qued des marais,
fur
des déferts, n'exiftera plus; nous conquerrons
nous-mêmes ces terrains immenfes que T'infoutiance, --- Page 72 ---
ta misère & fouvent (28 )
les préjugés ont fait
cet état déplorable.
laiffer dans
3 Nous ne
Hoy
dre
croyons pas nous faire illufion de
que ce plan eft poffible dans fon
préteneft le plus facile à
exécution, qu'il
d'avance
établir, & nous
que T'adminiftration J
pouvons U
affirer
qui T'aura fair haitre
procurera, par fon exécution,
aux habitans des
s lei plus grand bien
campagnes & le bonheur public.
PROJET DE
RÈGLEMENT.
L'ASSEMBLÉE NATIONALE eft
fuppliée de rendre un Décret
tres-heublement
valeur de tous les biens
qui ordonne la mife en
Ifera incelfamment communaurx, ainfi qu'il fuit.
procédé aux
mirais, ou déffichement des
defféchemens des
&à la replantation
landes, pâtis &
des bois, foit par les
bruyères,
en traitant de gré à
habitansi, foit
gré avec des
9r Le partagei 1 de tous les'] biens communaux entrepreneitrs.
ceux qaif@nraduellement
(excepté
en bonne nature
ges, ceux qui font affermés ou
d'herbatre chaque
concédés) fera fait enménage, parportions
habitans domicilids
égales, de tous les
compofant le corps de la icommunautéméme ceuix deshamedue
fans difinélion de rang ni de
quiendépendent;
a Les habitans
fortune.
délibéreront à Fefferidel
partage & à la mife en valéur de deurs procéder au
fe feront affifter d'un membre
communes; ; ils
de laffemblée de déw
partement ou dediftriét,en qualité dè
pour les éclairer fur leurs
commilfaire',
mntérétsa 1 201
t-erolt
autéméme ceuix deshamedue
fans difinélion de rang ni de
quiendépendent;
a Les habitans
fortune.
délibéreront à Fefferidel
partage & à la mife en valéur de deurs procéder au
fe feront affifter d'un membre
communes; ; ils
de laffemblée de déw
partement ou dediftriét,en qualité dè
pour les éclairer fur leurs
commilfaire',
mntérétsa 1 201
t-erolt --- Page 73 ---
(a9)
des paroiffes & tous les aitres proa
a Les feigneurs
feront appelés à ces
priétaires qui auront des droits,
afin dejuflifier des prétentions qu'ils peu.
partages,
vent avoir.
indivis à
commune appartiendra par
20 Lorfqu'one
elle fera partagée en proportion
plufieurs paroiffes,
chacune d'elles contiendra,
de la quantité de feux que
ou des titres particuliers qu'elle aura.
Avant de
au partage, on fera Tarpentage
SIT
procéder
les
connoitre &
du terrain, & on levera
plans pour
conftater fon étendue.
au
fera nommé des arbitres qui procéderont
O1 IL
fixeront la valeur de chaque lot, en
lotiffage &
du fol, fuivant le genre de pro*
évaluant la qualité
duction auquel il fera propre.
les arbitres & l'ingénieur du dé+
pbl Le commiffaire,
fur les lieux pour y
partement fe tranfporteront
dreffer procès-verbal.
fur leurs
&
défigneront
e L'ingénieur
Farpenteur
les chemins exiftans, & traceront ceux qui
plans
faciliter les charrois
feront jugés néceffaires pour
des productions &des engrais.
les travaux 8
avant
a Ils défigneront également
& de
le partage, tous les -canaux, foflés d'égouts
feront, utiles, afin qu'ils foient Touftraits
clôture qui
de la mafle générale du terrain.
devant
lot
S L'arpentage fera indilfpen@ble,charqe
avoir la même fuperficie, & variant naturellement
la qualité du fol; d'où il réfulte que la redevance
par --- Page 74 ---
(30.)
des lots deviendra plus ou moins confidérable E la
redevance fera en grain ou en argent, & fixée
le voeu
d'aprés
des habitans.
Chaque lot fera numéroté & tiré au fort. Mer
S'ilya a des communes en bons fonds & d'autres
en friches ou bruyères, il en fera fait deux divifions;
& chaque habitant aura part dans chaque divifion.
II fera fait un bornage ou une délignation diftinéte pour marquer les limites de chaque lot d'une
manière fixe & invariable, afin d'éviter tous
cès & difficultés.
proChaque borne', pienx ou arbrè portera, un numéro
qui correfpondra à célui du procès-verbal d'arpen*
tage, ce.qui facilitera beaucoup la divifion.
Il fera fait deux procès-verbaux
d'arpentage avec
plan figuré, dont Fun fera dépofé au bureau du
département, & l'autre au greffe de la municipalité,
pour yA avoir recours,
Ces procès-verbaux feront les minutes des titres
de propriété des habitans,
E Chaque habitant devenu propriétaire viager -
payera entre les mains du receveur de la commu*
nauté, la redevance qui aura été fixée Par les experts du lot qui lui fera échu.
a -
E II fera également tenu de payer la taille & les
vingtièmes.
Ces biens ne feront impofés qu'à proportion
de leur valeur réelle, & conformément aux autres
terres du pays dans la claffe defquelles elles entreronte
feront les minutes des titres
de propriété des habitans,
E Chaque habitant devenu propriétaire viager -
payera entre les mains du receveur de la commu*
nauté, la redevance qui aura été fixée Par les experts du lot qui lui fera échu.
a -
E II fera également tenu de payer la taille & les
vingtièmes.
Ces biens ne feront impofés qu'à proportion
de leur valeur réelle, & conformément aux autres
terres du pays dans la claffe defquelles elles entreronte --- Page 75 ---
(31 )
du
jouiront
Tous les - nouveaux propriétaires
de la dixme.
privilége de raffanchiffement
véritables habitans ayant feus natifs: ou do4 Les
feuls
fur le rôle des
miciliés, feront les
portés
partageans.
meurt:, la femme cona Si lun des partageans
le mari
tinuera de jouir fa vie durant; & également
f la femme meurt.
& de Ia: femme', il fera
du mari
5 Après le décès
de leur lot en faveur
procédé à Ia mife én poffeflion
d'un autre habitant.
ne pourra céder que
Le nouveau propriétaire
de
Telpace de temps qu'il auroit droit i
jouir 2
qui pour elt fa vie durant, & la ceffion ne pourra en.
être faite.qu'à un des habitans.,
la
aller en habiter
Celui qui quittera paroiffe pour
étoit
n'aura
de droit au lot qui lui
une autre 2
plus
faveur d'un autre
échu, & il en fera difpofé en
habitant domicilié.
Les Iots qui. refteront vacans après la mort ou
l'abfence d'un ou de plufieurs habitans, feront donaux
anciens mariés; s'ily avoit
nés de préférence
plus
du décédé auroit
égalité de date ,le 9 fils ou le parent
la préférence.
S'il n'y avoit point de nouveau ménage pour
la portion vacante > elle feroit donnée au
prendre de.famille qui auroit le plus d'enfans.
père
lot refte en friche & fans culture T'efpace
Si un
du détenteur 2 ce.
de trois années par la négligence
anciens mariés; s'ily avoit
nés de préférence
plus
du décédé auroit
égalité de date ,le 9 fils ou le parent
la préférence.
S'il n'y avoit point de nouveau ménage pour
la portion vacante > elle feroit donnée au
prendre de.famille qui auroit le plus d'enfans.
père
lot refte en friche & fans culture T'efpace
Si un
du détenteur 2 ce.
de trois années par la négligence --- Page 76 ---
(32 )
Iot fera adjugé au nouveau ménage qui y.aurale
de droit.
plus
xib
b 3H91E Siidonmihelsh
a
Awing
Bien entendu que fes: veufs &illes
à
veuves auront
un droit égal àiices partages. asi 3noisl ebilioin
Chaque nouveau propriétaire fera tenu de cul
tiver en bon pèrei de familles d'établin haies C &
foflés autour de for héritage, & id'y planter bora
dures d'arbres.
111SE
D
Les fruits qui feront fur fer terrainan décès de
chaque habitant appartiendront à leurs héritiers.
Nota.
ansiidad STUS au
Malgré T'augmentation: de
a
à
de
population a
ce
2.
elpérer
plan, nous préfumons
Thabitant qu'ily
borieux ne fera jamais privé d'ane - part T ces communes la- 00
Ia pareffe &l'infouciance en feront fuceeffivement aban4
donner plufieurs lots, ce qui n'eft malhieureafement que
trop cominun dans tous des paysaleauinp iup iulso
al
Jol 16 sioib 95 cule ERIS'Te Salunisar
ouus nDD moval IS Sloriib msl.m Is ndos
hilipimob paided
1O tvom dl ebirs EnsDsY anotslat iup atol 291
-dob Brorst enidad F I Na obuo nubiaonidel
Alova vita abitsrm nenoions arlq XUS sono1larg ab abrt
Nioie bbobb ab IMOTSO ol noaital.oub db auilegb
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::
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DE SOCIETÉ PATBIOTIQUE,
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Adopte C
par
CLUB RW
F y
DE MIL SEPT CENT REAA-FINGT-NER.
910OC SI eup
R
M I E
imp eelb Du biett principal de lu Sociétésss
ART. I. LE but principal que la Société fe propofeentd de déyéloppet, Ide défendre & de propager
lesp principesd't une Conftitution libre", &epilisgene.
ralement de contribuer de "toutes fcs forcés aux
progrès de PAm Social. Souvent la.g chofepublique
al retiré plus d'avantages des moyens particuliers
rémis par le feul. elpritidu pattiotifme, que de
tant d'Admini@irareurs inutilement chargés par état
de voler a fon fecours, a fut exderion. olue
C
Aad S- ILheg Stt 4O18
Des mayens par lefquels on fe propofade marcher
nune
a ce but.
30pmn a1
2. Le nombre & Y'emploi des Aflociés fera
régle comme il fuit : lorp lon
A
émis par le feul. elpritidu pattiotifme, que de
tant d'Admini@irareurs inutilement chargés par état
de voler a fon fecours, a fut exderion. olue
C
Aad S- ILheg Stt 4O18
Des mayens par lefquels on fe propofade marcher
nune
a ce but.
30pmn a1
2. Le nombre & Y'emploi des Aflociés fera
régle comme il fuit : lorp lon
A --- Page 78 ---
ET
3. Le nombre des Membres de-la Société ne
fermé g42 fix cents, Il faur beancoup de monde fera
pour une femblable entreprife, &
Pétendue idsutlienceign'ellee
pour acquérit
recevoir jufqu'a fix
exige, Onpourta mêmé
€ a
cent tng foixante-fix
un
perfonnes,
colldine, ceux U/ so, T dixieme - uo en fus,
que la Socidre peut TVLO I
remplacer
perdre ,
en être
fal
prévenue.
4. Ge quilfant entendre par 4 T'emploi des Affociés, s'éclairena
- fuiyent.
falerhnepe.dasle Atticles qui
10 ot 37bo2
St La Sociéré entière fe
T
ou (Comirés, dillinds
partagera en - fix Sections
fera amabué
par le.genre de svail.qui
chacun d'eux, idtoo 9b aomnelet
9-16. Gete'ditribation fera volonieaire de 1a
Membress Chacun S'inferiea" libtement patdes
Section qui lareonvientle
pour la
fera en forte par des invirations taienx, ) maislaSoctére
y ait le nombre fuffifant dans cliaque amiables qu'il ab
Scction.
7. On ne pourra chanigéry pour palfer d'une
a Fautre, pquae deux spoquasida.fannée, Section
commencement de Novembte &
favoir an
anent des
au commenceMaleal folgme - - atimor ou a
8. Chaque Section, quel qae foit le nombredes --- Page 79 ---
Perfonnes qui la compoferont - 5 nommera dans'
fon fein neuf à douze Membres feulemment, pour
compofer un Directoire,
DB
839. Le choix du Diredtoire ne fera que pour utn
anp mais: il fera permis de continuer les mêmes
Petfonnes
19 Ils
fr IO. On
être choifi
un
pourt - a cependant
pour
terme
moins long qaei Tarmnéc entière. La Section aura
foinsdans tous les cas, de pourvoir a7 ce que le
Direétoire foit toujours rempli, & en pleine
activité.
TI. Chaque Section fe nomméra avant tout un
Préfident, qu'elle renouvellera. tous les mois, &c
qui préfidera le Diredtoire, 51 toutes les fois qu'il
voudrs y aflifter.
13 Chaque Directoire fe choifira en outre dans
fon fein.un, Préfident particulier & un Secrétaire,
& ces deux Officiers feront renouvelés tous les
mois > a jour fixe & connu
mais ils
a
pourront
étre continués.
-03 -
iua Ins
735 Le Sectétaire du Direétoire fera Dépofitaire
desi Papiers. Le Préfident & le Secrétaire feuls
pourront faire aul Commiffariat du Club des demandes en fournitures; feuls ils pourront donner
A 2
fon fein.un, Préfident particulier & un Secrétaire,
& ces deux Officiers feront renouvelés tous les
mois > a jour fixe & connu
mais ils
a
pourront
étre continués.
-03 -
iua Ins
735 Le Sectétaire du Direétoire fera Dépofitaire
desi Papiers. Le Préfident & le Secrétaire feuls
pourront faire aul Commiffariat du Club des demandes en fournitures; feuls ils pourront donner
A 2 --- Page 80 ---
des ordres aux Scribesi, ou Commis du Dis
rectoire.
14 Les Diteétoires feront chargés de la fuite du
travail; ils feront la véritable partie active des
Sections : la Section entière ne fe réfervera
le confeil des travaux, elle en aura la partie déli- que
bérative.
15. Le localdoit être difpofé de manière à réunir - Or
au befoin les fix Sections a-la-fois, fans nuire au
fervice ordinaire.
16.Chaque Scétion tiendrafes Séances communes
a volonté.
17.llyaun-Al@emble générale de la Société une
fois par femaines favoir, tous les Dimanches a
cinq heures du foir.
18. Les Seétions y feront faire leur
da
travail de la femaine. Il n'y aura pas d'autre rapport Co
mité central que LAffemblée générale.
19. Le travail" général de la Société fe
UIR
entre les fix Sections, ainfi qu'il suit. parrageta On L obferve que l'ordre dans lequel on va les claffer,
n'établit taucane diftinction, aulcun rang entr'elles.
20. PREMIERE SECTION. Des a Principes de PArt --- Page 81 ---
Social. Elle s'occupera de pénétrer de plus en plus
dans les vérités utiles, & de les déféndre avec
courage par la voie de limpreffion : fes Séances.
feront des Séances de difcuflion.
21. SECONDE SECTION, Du Journal (1).
Elle s'occupera plus particuliérement des moyens
de propager les bons principes; elle réglera l'emploi des différentes pièces que chaque Comité
pourra lui envoyer; enfin, elle fuivra tout ce qui
concerne le courant du Journal, & des autres impreflions qui pourroient être décidées.Ses Séances
habituelles feront des Séances de rédaétion. Ce
fera peut- êrre une vue pratiquable, que d'avoir
une imptimerie apparténante à la Société.
22. TROISIÈME SECTION. DeleCorrepondance
frangoife. Elle aura pour objet de former dans les
principales villes du Royaume , & au moins dans
chaque nouveau Département, un Comité dAfociation, avec le même but que celui de la SociétéMère; ; d'entretenir avec ces Comités une corref-
(r) La Société ne trouvera pas mauvais que I 4
Membres ehtreprennent féparément 7 & pour leur
compte particulier, un Journal, fi cela leur conyient.
A 3
leCorrepondance
frangoife. Elle aura pour objet de former dans les
principales villes du Royaume , & au moins dans
chaque nouveau Département, un Comité dAfociation, avec le même but que celui de la SociétéMère; ; d'entretenir avec ces Comités une corref-
(r) La Société ne trouvera pas mauvais que I 4
Membres ehtreprennent féparément 7 & pour leur
compte particulier, un Journal, fi cela leur conyient.
A 3 --- Page 82 ---
@
pondance actives enfin, de fe-concèrter aitilement
avec enx, pour écarter tous les obftaclés qu'on
pourroit vouloir oppofer, dans différens lieuxyà
T'établiffement de la nouvelle Conftitution.
1-QrarubSecren Corre/pondance étrangère. Formation de Comités de Correfpondances
par - tout ot cela fera poflible &c utile 5 aide
& fecours pour recouvrer la liberté ; traduction dans toutes les languess des bons principes,
&c. 8cc.
24: CINQUIEME SECTION. D'information exade.
Son objet principal fera d'éclairer la Société fur
les opérations de tous les Gouvernemens; d'explorer, en bons Citoyens, les tentatives contraires
aux Droits de l'Homme: ; de chercher à faire
réformer les abus, & corrigerles erreurs poliriques,
&cc. 8cc,
25. SIXIiME SECTION. D'encouragremense
Elle fe tiendra au courant des ouvrages., des
ellais 8c des inventions utiles aux progrès de LArt
focial; elle propofera même, avec T'agrément de
TAffemblée, des Prix d'émulation, &c. &cc. --- Page 83 ---
>0
S: PIL Sft olan
5L
- - Sodg
De la manière de compofer la Societé, & d'en
renouveler: les, Membres,
L26. On pent adopter une forme de fcrutin fi
prompte, & en même temps fistre & fi commede, qu'elle pourta fervir, foit à former le premier fonds de la Société, foit A la, compléter,
foit enfin à en. renouveler. les Membres.
27. Pour procéderace nouveau ferutin, on commencera par numéroter les noms des préfentés 5
enfuite's. quelqu'un fc placera au milieu de la
falle, & prononeera à haute VOIX 16
tous les noms -
l'un après T'autre, avec le no. quiyeft joint. Les
Membres de. la Société, aflis tout au tour, &c
renant dans leur chapeau une feuille de papier,
écriront HOL
fur ce: papier le no. feulement des: perr
fonnes qu'ils n'anront Pas envie d'admettre. Tous
ces billets
feront
dans une boite :
R
jetés
pliés,
alors les Officiers nommés a cet. effer fe retireront dans un cabinet,
faire le recenfement,
Te
pour
faire
qui ne fera pasplus difficile;il confiftera à
une
marque furla lifte despréfentés, à côté des numéros,
autant de fois qu'ils feront écrits fur ces billets.
28.On fent fort bien que fi unnuméro étoit écrit
A 4
lets
feront
dans une boite :
R
jetés
pliés,
alors les Officiers nommés a cet. effer fe retireront dans un cabinet,
faire le recenfement,
Te
pour
faire
qui ne fera pasplus difficile;il confiftera à
une
marque furla lifte despréfentés, à côté des numéros,
autant de fois qu'ils feront écrits fur ces billets.
28.On fent fort bien que fi unnuméro étoit écrit
A 4 --- Page 84 ---
deux fois fur le même billet, ce biller feroit nul.
On peut, pour la première préfentation fur-tour,
fe contenter de ce fcrutin, & convenir feulement
qu'une perfontie ne fera rejetée qu'antant que. fon
no. fe trouvera écrit un nombre de fois égal
au quart des membres votants.
29. Pour Tavenir, on pourra perfedionner ce
ferutin, en ayant égard, tant aux votes d'admilhon,
qu'à ceux de réjcction, & eh balançant les uns par
les autres, dans une proportion réglée; il faudra
pour cela faire deux colonnes fur fon billets &
écrire les numéros, tant de ceux qu'on veut pofitivement admettre 5l que de ceux qu'on, veut
refufer,
30.I1 fera convenu, 19. que fept votes de réjection
fuffiront pour refufer un candidat, quel que foit
dailleurs le nombre des votes d'admiflion qu'il
aura pu rEumir 20, lorfque la totalité des votes
de réjection fera an-deffous de fept, il faudra
encore, pour-quan candidat foit admis, qu'il ait
en fa fàveur dix fois plus de votes d'admiflion
que de votes de rejection. Ainfi, par exemple,
eelui qui aura fix votes noirs, ne fera reçu
tant
qu'auqu'il aura foixante votes blancs 5 celui qui
n'aura quun vote noirss ne fera reçu qu'aitant --- Page 85 ---
2.
qu'ila aura au moins dix votes (
blancs; de forte qu'en
principegenéral, dix votes d'admiflion effaceront un
vote de réjection, & qu'on fera cenfé, au moins
fictivement, n'être reçu qu'autant qu'il ne reftera
plus un feul vote de réjection.
31. Tant que le nombre des allociés ne fera pas
complet, il y aura deux fcrutins par mois ; favoir,
le rer. & le 15:
32.Ilferoir convenablede réglerqu'on ne pourra
fcrutiner que danis les mois d'hiver, depuis novembre jufqu'à juin inclufivement.
33. Pour la première compolition de la fociété,
chaque fondareur fera invité à préfenter dix perfonnes qui effuieront néanmoins le premier des
deux fcrutins ci-deffus.
34. Aprèsla première compolition de la fociété,
on pouria régler que les noms des candidats que
chaque Membre aura envie de propoter, feront
préfentés aux Commiffaires, qui he pourront les
mettre fur le tablean des éligibles qu'après en être
convenus entr'eux à lai fimple pluralieé.
35. Le tableau des éligibles fera numétoté 1
&c
expofé quinze jours avant le
ceft-à-dire
les
ferutins
que
1er8 15 de chaque mois, jours de
ler que les noms des candidats que
chaque Membre aura envie de propoter, feront
préfentés aux Commiffaires, qui he pourront les
mettre fur le tablean des éligibles qu'après en être
convenus entr'eux à lai fimple pluralieé.
35. Le tableau des éligibles fera numétoté 1
&c
expofé quinze jours avant le
ceft-à-dire
les
ferutins
que
1er8 15 de chaque mois, jours de --- Page 86 ---
IO
@
fcrutin, le nouveau. "tablean. pour la quinzaine
fuivante fera expolé imeliatsmenrapes DR
la
clamation du réfulrar du fcrutin du
Pro9
jour.
36, Le tablean des éligibles qui aura été expofé
le Ier. du mois, fera fermé le 5 par dai fignattire
de - trois Commilliter; celui qui aura été expofé
le 159. fera fermé le 20,. de forte qw'il y. aura
toujours au moins dix jours d'intervalle, sentre
Tinfcription du dernier candidat, & le jour de
fon fcrutin,
37- II eft d'une bonne vue: de donner au
grand nombre poflible de Membres, la facilité P
prendre part aux fcrarins, afin qu'ils foient d'antant mieux le réfultat de la volonté génétale : en
conféquence on pourroit régler que chaque fcrutin
fe fera en quatre parties ; favoir, au premier &
ati fecond jours aulotsi& au 16 de chaque mois,
de manière que le fcrutinl commencé de aatin
du rerdu mois, par exemple, depuis onze heures
jufqu'a midi, fera. r'ouvert le foir pour ceux qui
n'ont pas pu fe prefenterlematinge ce même fcrutin
continueroit le lendemain matin, & ne feter
mineroir que le foirs,alors fenlement on feroit le
recenfement. Pour préycnir tousles: 0
abus, il fuffiroit
que -
les feuilles de papier remifes aux Membres --- Page 87 ---
II
faffent lignées par un Commiffaire, & qu'en recevant fa feuille, chaque membre s'infcrivit ou
fit,inferit par un Commiflaire : on, connoîtroit
fia là le nombre des feuilles données, & ceux
par
qui ont reçu la leur, Il faudroit encore que la
boite du fcrutin fût fermée à clef, & qu'on ne
pit 3 en rien tirér jufqu'au moment du recenfement.
;8. Oninviteles membres de la fociété à vouloir
bien ne pas fe permettre de préfenter des hommes
qui fcroient fufpects dans leur doétrine ou leurs
fentimens patriotiques,ni même des*hommes qui
pourroient, par une réputation bien ou mal méritée, nuire à l'influence utile de la fociété.
S. IV,
Du but fecondaire de la focicté. 39.1 La fociété fepropofe de réunit, danslelieu de
fes Affemblées,rous) les agrémens &c tous les avan
tages qu'on peut fe promettre de linftitution des
Clubs ordinaires.
3 40. Son prémier foin fera de fe choifir un local
convenable au Palais Royal, ou ile plus près poffible de ce centre: habituel des affaires, Il femble
qu'nne! maifon entière peut feule fuffire aux différens objets que'la fociété fepropofes & d'ailleurs
répondra mieux à Tefprit de: fon inftitution.
&c tous les avan
tages qu'on peut fe promettre de linftitution des
Clubs ordinaires.
3 40. Son prémier foin fera de fe choifir un local
convenable au Palais Royal, ou ile plus près poffible de ce centre: habituel des affaires, Il femble
qu'nne! maifon entière peut feule fuffire aux différens objets que'la fociété fepropofes & d'ailleurs
répondra mieux à Tefprit de: fon inftitution. --- Page 88 ---
I2
41. Le mobilier doit être commode, de bon
goit, mais fimple.
42. Le fervice de la fociété fera cempofé d'un
concierge, dedeux frotteurs, d'ung garçon de bibliothèque, pour avoir foin des livres,
papiers, &cc. Il y aura de plus un portier, journaux,
Club occtipe une maifon entière.
file
43. Unemaifon entière procurera au
lité de donner à fon rez-de-chaulite Clublafacigratuit a un Cuilinier, dla charge de un fe logement
provifions faines &
munir de
choilies, en vins,
café, &cc. Ce Cuifinier aura la liberté
liqueurs,
ville: mais, en dedans, il ne
d'envoyer en
manger qu'aux Membres de la pourra donner a
hommés de leur
Société, Oll aux
de la Société
comnoiffance, que les Membres
menéroient diner avec
ce dernier cas; ily aura une ou deux éux; &E pour
fivement deftinées
pièces exclales Membres du au mélange des étrangers avec
Club. Les autres
ront été délignéea pour fervir de falles pièces à qui aune feront qite pour les Membres du Club. manger, An
furplus, il fera convenu avec. ce; Cnifinier,
prix fait Pouir les tables de 8, 11&18
d'un
a tant par tête 5 logt Membrès
perfonnes,
manderont à diner
du Club à qui des
feparément, ou avec.desiétran --- Page 89 ---
I3
gers, feront un arrangement particulier, pour ces
ças-là feulement.
44. Pour compofer les tables dont il eft parlé à
lartiele préeédent', ceux qui voudront dinér ou
fouper, tel jour," au Clab, écriront leur propofition & leur nom, fir une feuille de papier, où
d'autres pourront s'infcrire jufqu'à concutrence du'
nombre fixé. Onaura foin de marquer fur cette
feuille la pièce qu'on voudra retenir, afin qu'il n'y
ait jamais des mal-entendus pour les falles.
us 45.Le Clubaura pour les détails de fon adminiftration intérieure, pour la direétion des dépenfes,
pour la police ordinaire du local & du fervice, &c.
un Comité particulier, ou Commilfariat.
55 46. Les Commiffaires feront au nombre de
& choilis par les fections de
24,
E
travail; favoir, quatre
par fccion; ils feront renouvelés par moitié
tous les ans au commencement de Mai,
3n
47. Les 24 Commiffaires choifiront entre eux:
cinqal six Membres pour former le Direétoire particulier On le Bureau adtif du Commiflariat, La totaliré des Commilfaires fe réfervera le Confeil our
la partie deliberative fur toutes les affaires générales, OH qui pourront avoir de limportanicesen
de
24,
E
travail; favoir, quatre
par fccion; ils feront renouvelés par moitié
tous les ans au commencement de Mai,
3n
47. Les 24 Commiffaires choifiront entre eux:
cinqal six Membres pour former le Direétoire particulier On le Bureau adtif du Commiflariat, La totaliré des Commilfaires fe réfervera le Confeil our
la partie deliberative fur toutes les affaires générales, OH qui pourront avoir de limportanicesen --- Page 90 ---
confequence,tali y: aura detempsenrremnps Allems
blée générale des Commilfaires. Jnom
-tnp
48.Les Commiffaires nommeront en outre; parmi
eux, -
deux, Tréforiers pour Tannées lon pour lal
recette, > & lautre pour la dépenfe. Il yauran un
Compte rendur tous les ans par les Commiffaires,
une Aflemblée genérale de la Sociéné 86.68
compte fera affiché dans la ptincipale fallest
pendant u mois.
e OV M - U
sllust
49.La cotifation des_Membres de laSociéré fera
de trois lonis PaE années elle fera exigible au
mois de Décembre pour lannée fuivante. Chaque,
Membre actuel & futur
UD
paiera de - plus, mais une.
fois feulementr pour deniers d'entrée, deux louis.,
5o. Les étrennes pour le fervice Pourront être de
12 livres :
a
PEOHIYe quil vaut mieux.
employer Tet - a cet 291 Ry la forme des
eaN
de donner des gages fixes.Le
211 Errehness 9u6
fe
ISL
Parrage 3
des étrennes
fera entre le Concienge, le Garçon de Bibliothequeyies deneiFroceeurs & le Portier; de manière qe-lenConicierge ait pour fa part detic
fixièmes 3 & les quatré autres, chactin un fixième
Ilné TURD pas permis au Coneierge de recevoit el
plusde Pi livres d'etrénnes de 142 part a
des Mee
bresordinairesy igde 6-1 liv. de la Bart des Meme --- Page 91 ---
bres dés Sodes de Provinces, ou értangers, qui
auront droit d'entrée au Cluib, ainfi quil Va être
dir dans les articles fmivans,
ne sImmGa
oupido
aini) eslooti 253 38 SY.
0os
Des relations du Clab de 1789'avec LE
lés autres
2 Socictes patriotiques' tant de Paris. que des
20 Provinees G derlBiranger,
163 -Le:Membresdes. Sociérés, tantdel
o -
que s des Provinces
FEtranger 25
2 qui correfpondront avec le
Clab de
et
1789, pourront, loriqu'ils Teront momentanément à Paris,erc
oInaet un
de préfentés sfb
Membre, ou
ie préfenter d'e eux-mèmes aux Paf
a
Comimnif
faires du Club, JA1 inferiront leur ne nom 290 fur un
abieaur particulier, - ils feront invités F 64
FCib, durant dla tout' le
DA frequenrer a
HED 03 abnol
feront
Pari
esl" 1o Bretaete mnor ne U
engib 3algy TTS 65791 292 6 1angob eb agometit
52. Les Sociétés
RAcgosiques
guiufe font déje É5
bliess, oit s'établiront par la fuite à Paris, dans le
mêmé cfprit que le Club de 1789, feront invitées
a fe réunir fraternellement trois ou quatre fois
l'année pottr célébrer en commun la fète de la
Révolution, de la Conftitution, &cç.
53-Lerépoques CET
deces fètes, la formea aleurdon
ner, le choix du local,1 direction de ldépente,
guiufe font déje É5
bliess, oit s'établiront par la fuite à Paris, dans le
mêmé cfprit que le Club de 1789, feront invitées
a fe réunir fraternellement trois ou quatre fois
l'année pottr célébrer en commun la fète de la
Révolution, de la Conftitution, &cç.
53-Lerépoques CET
deces fètes, la formea aleurdon
ner, le choix du local,1 direction de ldépente, --- Page 92 ---
& généralement tout ce qui les concernes fera
réglé par.un L uD Comité commun formé un mois auparavant, par les Sociétés qui frarerniferont enfemble. A cet effet, chaque Société nommera un LJ
Député par 200 Membres & ces Députés réunis
compoferont le Comité. commun.
5441 Les fraiss deces à
fêtes feront répartis far.les
Sociétés unies, à raifon du nombre des-Membres
de chaque C
Société : d'ou ilene faur
inférer
gue les Membres, des Sociétés unies 19E
pas feront imextraordinairement
Poles 1
pour acquitter ces frais,
Il eft naturel &
- -
LT 50
convenable que ce foit la caifle
commune de chaque Club,qui fapporte cette dé
penfe T Les Kit Membres ne doivent étre appelésauxiliairement qu'autant
la caifle feroit UD.
que
vaide T OIL
infufhifanre, Au
il
00191 211 up furplas,
eft aifé de prévoir
qu'un jour viendra ou les fonds de carlfe
mettront
de donner à ces fères' un éclat digne Per
de l'intéret qu'elles doivent in/pirer.
sl arisb RREIS
sl IC0 noIL
dd
aoa1Vmi sdonl.elr
Bel
E. J. S. ném
eiol stoup IO. elo1t snornellamaert TINUSI i
301 al tinmciot a 0g Tondolt
noitosifno
O
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE, --- Page 93 ---
M E M a OIRE
PRÉSENTE
PAR LA SOCIÉTÉ ROYALE DAGRICULTURE
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
Le 24 Octobre 1789,
SuR les abus qui s'opposent aux progrès
de PAgriculure, & fier les encouragemens qu'ileft néceffaire d'accorderace
premier des Arts.
A PARIS,
Chez BAUDOUIN, Imprimeur de L'ASSEMBLÉE
NATIONALE, rue du Foin- S, -Jacques, --- Page 94 ---
AVERTISS EMENT.
Ce: Mémoire devait être préfenté à PAllemblée Nationale le Lundi 25 Ottobre; mais iln'a
pu Pêtre en raifon de ce quis'ef palfé dans cette
journée mémorable. Depuis cette époque, PAF
femblée Nationale a rendu plufieurs Déerets conformes aux voeux de la Société Royale d'Agriculture, manifefés dans quelques-uns des Articles
de cet Ouvrage, Iu pour la dernière fois dans une
Séance extraordinaire de cette Compagnie, tenue
au Lowyre le 26 Septembre.
le Lundi 25 Ottobre; mais iln'a
pu Pêtre en raifon de ce quis'ef palfé dans cette
journée mémorable. Depuis cette époque, PAF
femblée Nationale a rendu plufieurs Déerets conformes aux voeux de la Société Royale d'Agriculture, manifefés dans quelques-uns des Articles
de cet Ouvrage, Iu pour la dernière fois dans une
Séance extraordinaire de cette Compagnie, tenue
au Lowyre le 26 Septembre. --- Page 95 ---
0 # INTRODUCTION,
Daxs un temps où l'Afemblée Nationale
s'occupe d'affurer la Liberté individuelle, civile
& politique, ainfi que la propriété des Ciroyens ; où l'Agriculture, délivrée des droits
féodaux, des corvées royales & feigneuriales,
laiffera aux Cultivateurs Pintégrité du temps
qu'exigent les travaux des champs : la Socicté
Royale d'Agriculture, devenue, par la protection d'un Roi citoyen à qui la Nation vient de
décerner le beau titre de Reftaurateur de la Liberté françaife, le centre (:) de toutes les co1naiffances & de tous les encouragemens relatifs
à l'économie rurale, doit porter à PAffemblée
Nationale l'hommage refpectueux des Cultivateurs 5 elle doit être l'organe de leurs voeux.
La Légiflation rurale préfente autant de vices
que la Légiflation civile & la Légiflation crimi-
(1) Règlement fait par. - le Roi concernaht la Société
Royale d'Agriculture le 30 Mai 1783.
A 2 --- Page 96 ---
nelle : réformer ces deux dernières en négligeant la première, feroit laiffer imparfaite la
reftauration de la Françe; &c la régénération du
Royaume (la Société ofe l'avancer, parce qu'elle
doit le dire) a pour principale bafe la régénération de la culture.
La liberté, l'intérèt de la propriété, la facilité d'acquérir, les encouragemens propres à accroitre la reproduétion territoriale, fources preinières de la richefle nationale; tel a été le but
des travaux de la Société & de fes Correfpondans dans toutes les Provinces. C'eft fous ce
point- de-vue qu'elle réclame avec confiance de
l'Afemblée Nationale, un Décret contenant les
principaux points du Code Rural & les plus
inftans à régler. La Société s'en rapporte au
furplus à la fagelfe des Repréfentans de lai Nation, pour modifier, reétifier &c perfedtionner
les projets qu'elle ne s'eft permis de fonmettre
Nationale,
le defir de lui
à P'Affemblée
que par
prouver fon zèle pour la profpérité publique,
dans la vue de concourir à préparer fes déque terminations, & à ménager fes inftans précieux
pour les objets importans qui lui reftent encore
à examiner. En conféquence, la Société Royale --- Page 97 ---
d'Agriculture propofe, au nom des Cultivateurs, de décréter les Articles fuivans :
SOMMAIRE ET RÉSULTAT
de chaque Article.
ARTICLE PR E M I E R.
QUE tout Propriétaire aura le droit de cultiver fon terrain de la manière qui lui conviendra, & d'employer fa propriété à la culture des objets auxquels il dannera la préférence.
ART II
QvE le droit de parcours fera aboli dans. les
Cantons & Provinces où il exifte encore, &
que chacun fera libre de clore fa propriété, de
quelqu'étendue qu'elle foit, fans que perfonne
puilfe l'en empècher.
AR T. III
Qur perfonne ne pourra s'oppofer au partage des Communes, & que les Afemblées
A 3
propriété à la culture des objets auxquels il dannera la préférence.
ART II
QvE le droit de parcours fera aboli dans. les
Cantons & Provinces où il exifte encore, &
que chacun fera libre de clore fa propriété, de
quelqu'étendue qu'elle foit, fans que perfonne
puilfe l'en empècher.
AR T. III
Qur perfonne ne pourra s'oppofer au partage des Communes, & que les Afemblées
A 3 --- Page 98 ---
Provinciales feront chargéesde le farveiller dans
les lieux où il fe réalifera, en ayant égard aux
droits légitimes de chacun.
AR T. I V.
Qur perfonne ne pourra s'oppofer au defféchement des marais ou terrains inondés, à
la deftruction des moulins ou étangs que la
nature des travaux pourrait exiger; que les Propriétaires defdits moulins & étangs pourront
feulement réclamer tine indemnité, laquelle
fera déterminée par les Affemblées Provinciales
ou Municipales.
AR T. V.
QUEl les terres du Domaine, & toutes celles
qui feront décidées appartenir à la Nation,
pourront être vendues & aliénées, foit à prix
d'argent, foit en rentes racherables, après toutefois que la valeur en aura été conftatée par les
Affemblées Provinciales.
ART. VI.
QUE les-baux ruraux pourront êttes dans
tout le Royaume 2 portés à dix- huit ans & --- Page 99 ---
au deli, fans donner lieu à aucun droit fifcal
ou autre envers qui que ce foit, & que les
baux des Bénéfices ne pourront être pour un
terme au-deffous de dix-huit ans : qu'en outre,
dans le cas de changement de Titulaire, les
nouveaux feront tenus de maintenir les baux de
leurs prédécefleurs, & qu'en aucun cas lefdits
Bénéficiers ne pourront faire de baux généraux.
ART. VII
QUE, vu l'importance de multiplier les Propriétaires cultivateurs, de faciliter la divifion des
proprictés, les droits de franc-fief & d'échange
perçus par le fifc, feront entièrement fupprimés, & les autres droits d'échange feigneusiaux ftipulés raehetables.
AR T. VIIL
QuE pour faciliter le commerce des terres &
affurer les propriétés, il ne fera fait à l'avenir
aucune fubfirution, ni exercé aucune efpèce
de retrait.
AR T. IX.
Qur la forme aétuelle des failies réelles,
A 4 --- Page 100 ---
dont l'effet eft d'attaquer, de détériorer les proprictés & de les rendre fouvent ftériles pendanr
leur durée, 2 fera fupprimée & remplacée par
toute autre qui n'aura pas le même danger.
AR T. X.
Qur l'adminiftration & l'infpection des Bois
& Forêts du Domaine, du Clergé, des Communautés & des Hopitaux, feront confiées aux
Affemblées Provinciales & Municipales.
ART. XI
QuE les entraves apportées jufqu'à préfent
parl la Légiflation, à la formation &c à l'extenfion
des prairies artificielles, feront détruites, & les
plus grands encouragemens donnés a cette
branche de culture.
ART. XII
QUE vu l'importance d'encourager la multiplication des abeilles, la produdtion des cires
indigènes, & de remédier aux importations des
cires étrangères, les ruches feront déclarécs infaiffables pour caufe d'impefition,
la Légiflation, à la formation &c à l'extenfion
des prairies artificielles, feront détruites, & les
plus grands encouragemens donnés a cette
branche de culture.
ART. XII
QUE vu l'importance d'encourager la multiplication des abeilles, la produdtion des cires
indigènes, & de remédier aux importations des
cires étrangères, les ruches feront déclarécs infaiffables pour caufe d'impefition, --- Page 101 ---
ART. XIIL
Qus vII Fimportance du produit des vignes,
les différens droits d'Aides, en ce qu'ils tendent
à violer les domiciles, à entraver le commerce
des vins, feront entièrement fupprimés.
AR T. XI V.
QuE la défenfe de cultiver le tabac & quelques plantes à huile, érant contraire au principe de la liberté, la culture de ces plantes fera
permife dans toutes les Provinces du Royaume,
faufa faire fupporter une impofition particulière
aux terres quiy feront employées.
ART. XV.
QuE le régime de la Gabelle fera entièrement fupprimé.
AR T. XVI
QUE les Affemblées Provinciales s'occuperont des moyens de ramener les divers poids &
mefures de toutes les Provinces à l'uniformité
defirée depuis filong-temps.
A RT. XVIL
QuE pour rendre plus facile le tranfport des --- Page 102 ---
1O
denrées &c le commerce intérieur du Royaume,
les Affemblées Provinciales deftineront chaque
année une fomme pour P'entretien & la confection des chemins vicinaux.
ART. XVIIL
Qur le régime aétuel des Milices, enlevant
des bras néceffaires à la culture & troublant les
travaux des Cultivateurs, fera changé.
A R T. XIX.
QuEla célébration de toutes les Fêtes fera
renvoyée au Dimanche.
ART. XX.
QUE les Dépôts de mendicité feront fapprimés, & remplacés par des Atteliers publics, fous
l'infpection des Affemblées Provinciales & Munieipales.
L'Affemblée Nationaleeft fuppliée de prendre,
leplas tôt poflible, en confidération les demandes
qui lui font faites par la Société Royale d'Agriculture : en promulguant les Décrets qu'elle ju
gera favorables à P'Agriculture avant l'hiver pro- --- Page 103 ---
II
chain, elle mettrait les Culcivateurs à même de
fe livrer l'année prochaine à des travaux qui
concourraient à augmenter confidérablement les
produits territoriaux.
ENCOURAG E M E N S.
ARTICLE PR E M I E R.
Ds l'utilité d'honorer les Laboureurs & les
Cultivateurs.
ART. II.
D'une Caiffe de prèt.
ART. IIL
De l'utilité d'une Société d'Agriculure-pratique, & qui S s'occuperait principalement,
1". De PArt Vétérinaire ;
2°, De la Panification 5
3°. De la manipulation des chanvres & des
lins 5
4°. De FArt des Accouchemens 88 5
ICLE PR E M I E R.
Ds l'utilité d'honorer les Laboureurs & les
Cultivateurs.
ART. II.
D'une Caiffe de prèt.
ART. IIL
De l'utilité d'une Société d'Agriculure-pratique, & qui S s'occuperait principalement,
1". De PArt Vétérinaire ;
2°, De la Panification 5
3°. De la manipulation des chanvres & des
lins 5
4°. De FArt des Accouchemens 88 5 --- Page 104 ---
. Du chaulage des grains ;
60 De l'emploi de plantes perdues pour le
Commerce;
70. Des plantes potagères 5
89.Du parcage des bêtes à Iaine, &c. &c. &c. --- Page 105 ---
M É M OIRE
PRÉSENTÉ
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
P A R
LA SOCIÉTÉ ROYALE D'AGRICULTURE,
Le 24 Oétobre 1789,
SUR les abus qui s'oppofent aux progrès de
P'Agriculeure, & fur les encouragemens qu'il
eft néceffaire d'accorder à ce premier des Arts.
AR T I C L E
P R E M I E R.
DE la Liberté de fa propriété.
La liberté de cultiver fon terrain de la manière qu'il plaît à tout Propriétaire, d'y femer
& d'y planter telle graine ou telle plante qu'il
voudra, > eft aufli effentielle aux progrès de
TAgriculture, que la libertécivile & individuelle
peut l'être à la fociété (1). Cette liberté une
(1) Les Romains définiffaient la propriété: Jus utendi
8 abutendi re Jud. --- Page 106 ---
(14
-
fois acquife, chacun peut clore fa propriété,
la fouflraire aux dégits des malfaiteurs ou des
animaux ; chacun peut fe livrer à des effais
précicux pour'léconomie rurale, que le droit de
parcours interdit néceffairement par-tout où il
exifte,
Tant que laFrance a été en proie aux vexations de la féodalité, l'Agriculture, le Commerce & les Arts ont été circonfcrits dans certains endroits & comme anéantis dans d'autres.
Le Laboureur ne commença à fe livrer à
l'exercice de ce premier des Arts, que lorfque
l'autorité royale put affez s'élever fur la deftruction des grands vaflaux, &c qu'il fut permis aux
malheureux ferfs de devenir propriétaites de
quelques arpens de terre qu'ils pouvaient tranfmettre à leurs enfans.
Le Commerçant ne fongea à colporter les
denrées & les marchandifes de Province à
Province, que lorfqu'il puri impunément quitter
ou s'abfenter de la glèbe feigneuriale fur laquelle il étoit né, &
les
- que
Voyageurs, jufqu'alors foumis à des péages pour leurs perfonnes & pourleurs effets à l'entrée des territoires de fiefs, furent protégés par le Souverain.
mettre à leurs enfans.
Le Commerçant ne fongea à colporter les
denrées & les marchandifes de Province à
Province, que lorfqu'il puri impunément quitter
ou s'abfenter de la glèbe feigneuriale fur laquelle il étoit né, &
les
- que
Voyageurs, jufqu'alors foumis à des péages pour leurs perfonnes & pourleurs effets à l'entrée des territoires de fiefs, furent protégés par le Souverain. --- Page 107 ---
L'Artifte, l'Ouvrier, gémiffans fous l'empire
des Loix féodales, fe font empreffés d'abandonner leur village pour fe réfugier dans les
villes, où des immunités, des prérogatives, la
Ben6,enin,lerafiniens qu'ils travailleraient
pour eux & leurs enfans.
Dans tous les pays, chez tous les Peuples,
les progrès de T'Agriculture & de l'induftrie
ont toujours été en proportion direéte de la liberté des Peuples.
Malheureufement cette vérité éternelle a toujours cédé aux raifonnemens infidieux des agens
fifcaux, qui, ayant toujours de l'argent à offrir,
avaient toujours raifon ; leur avidité infatiable
& leur efprit fécond ont fait imaginer des
priviléges exclufifs furle fel, furl l'eau, fur toutes
les marchandifes, avec une foule de Règlemens
contradiétoires & vexatoires, dont le Peuple
n'avait connoilfance que par les amendes, ou
les peines corporelles auxquelles il était condamné.
Nous fommes donc arrivés à cette heureufe
époque où la faine raifon, l'équité & l'intérèt
du Peuple dérermineront feuls les Loix du
Royaume : avecla liberté d'écrire & de penfer, --- Page 108 ---
nous récouvrons donc notre liberté & celle de
nos biens, inféparables l'une de l'autre.
L'exemple des pays les mieux cultivés, par
conféquent des plus riches, prouve les avantages immenfes qui réfultent de la liberté de
clore fon terrain : des récoltes mieux foignées
& plus abondantes font les effets de ce droit
fi naturel. Le Cultivateur-Proptiétaire n'épargne
ni foin, ni peine, ni induftrie, lorfqu'il peut
ou veut enrichir ou embellir à fon gré fa
propriété; il profite de tous les moyens que la
nature & F'art peuvent fuggérer pour l'améliorer: mais, lorfqu'elle eft expofée aux dégâts,
ou qu'il n'eft que co- propriétaire, il n'a plus
cette activité G effentielle qui le porte à s'affranchir de la routine ou des préjugés; il ne cultive que par nécellité; fes travaux font fans
méthode ni principe; il abandonne fes récoltes
aux hafards des faifons. Enfin la liberté de
jouir de fon héritage fuivant fa volonté eft fi
imporrante à TAgricalrure, qu'il-eft impoflible qu'elle fleuriffe par-tout où cette liberté
n'exifte pas.
I L'Affemblée Nationale, en la proclamant,
détruirait un des principaux abus qui s'oppofent aux progrès de l'Agriculture. Cette Loi
elt
abandonne fes récoltes
aux hafards des faifons. Enfin la liberté de
jouir de fon héritage fuivant fa volonté eft fi
imporrante à TAgricalrure, qu'il-eft impoflible qu'elle fleuriffe par-tout où cette liberté
n'exifte pas.
I L'Affemblée Nationale, en la proclamant,
détruirait un des principaux abus qui s'oppofent aux progrès de l'Agriculture. Cette Loi
elt --- Page 109 ---
eft déjà diétée par la raifon, par l'évidences
& fur-tout par les principes que l'Affemblée a
manifeftés. Elle eft une fuite néceffaire de l'organifation de toute fociété libre & bien établie.
La Société d'Agriculture croit devoir fe borner à rappeler ces vérités élémentaires qui n'ont
pas befoin de développemens.
Mémoire d'Agriculture.
E --- Page 110 ---
ARTICLE II.
Droit de parcours & de vaine pature.
Ce droit confite à faire paitre fes béftiaux
fur les héritages d'autrai, &c à recevoir les beftiaux d'autrui fur fon héritage. Cette forte de
réciprociré fembleroit d'abord être l'effet d'un
pacte commun, qui n'a été établi que pour
l'intérêt général; mais il n'eft que trop certain,
au contraire, qu'il faut l'artribuer à la longue
indifférence du Gouvernement pour T'Agriculture,.à l'abandon de terrains immenfes, condamnés depuis des fiècles à la ftérilité, fur
lefquels des temps plus heureux ont engagé
fuccellivement à conduire la charrue.
Les abus & les maux qui réfultent de ce droit
font immenfes: il empèche les propriétaires de
clore leurs héritages; il s'oppofe invinciblement à la formation des prairies artificielles,
fource abondante des richeffes agricoles; il
interdit toute poflibilité de faire des femis de
bois, d'élever ou d'acclimater des arbres exotiques & précieux; enfin, il artaque & dérrait
la liberté de la propriété.
Par le laps de
-
temps, par apathie pour la --- Page 111 ---
1g
culture des terres qu'on abandonnait dès l'inc
tant de leurs dépouilles, les droits de parcours ou
vaine pâture ont étéregardés néanmoins comme
une propriété, Des Courumes les ont autorifés,
& les Parlemens les' ont auffi confacrés; malheureufement un abus n'ayant point de bornes,
il s'eft étendu non-feulement fur les terrains
vagues, mais encore fur les terres, les prés &
les. bois : les riches ont été les plus intéreffés à
fa confervation, par la faciliré qu'ils avaient
d'entretenir beaucoup de beftiaux, & toujours
les Tribunaux ont maintenu ce droit comme
une propriété facrée.
Il eft reconnu aujourd'hui, que les terres
condamnéesd refter en jachères péuvent être employées très-urilement à la culture, à femer du
trefle, des lufernes, des poix, &c. Le Cultivateur pourrait, en améliorant ainfi fa terre,
fe procurer des reffources précieufes pour fibvenir ati paiement de fes impofitions; mais le
droit de parcours & vaine pâture s'y oppofe.
It pourrait, lotique la récolte des blés a été
médiocre, ou tout-d-fair mauvaife, femer &
planter fur ces mêmes terres, des choux, des
carrottes, des pommes de terre, atigmenter
ainfi la mafle des alimens néceflaires afa famille
B 2
fe procurer des reffources précieufes pour fibvenir ati paiement de fes impofitions; mais le
droit de parcours & vaine pâture s'y oppofe.
It pourrait, lotique la récolte des blés a été
médiocre, ou tout-d-fair mauvaife, femer &
planter fur ces mêmes terres, des choux, des
carrottes, des pommes de terre, atigmenter
ainfi la mafle des alimens néceflaires afa famille
B 2 --- Page 112 ---
& à fes beltinux; ledroit de parcours s'y oppofe.
Plus riche en fourage, il pourrait élever un
plus grand nombre de beftiaux, avoir des moutons & des brebis d'une race choilie, les conferver tels, les améliorer, les nourrir & leg
foigner d'après les procédés avoués & conftatés
par l'expérience; le droit de parcours s'y op+
pofe.
Mais aujourd'hui que la voix des Cultivateurs he s'adreffe plus qu'a l'Affemblée Nationale, elle fera certainement entendue & accueillie; la raifon, l'equité, la Loi de la
pricté, font les garants de ces fuccès. pro- Que
l'Affemblée daigne confidérer & comparer les
produits d'une terre foumifed une vaine piture,
& ceux d'une autre, dont la propriété eft exclufivement toute l'année au propriétaire; elle
verra que quatre arpens cultivés rapportent
plus que cinquante arpens en vaine pâture;
elle verra qu'une bonne culture admet les
labours d'hiver & d'automne, & que cette
méthode eft impraticable, parce que le piétinement des beftiaux talfe la terre, & la
rend quelquefois fi compaéte, qu'il eft fouvent
impoflible de l'ameublir au printemps,
Ce droit eft G excellif, fi attentatoire an la --- Page 113 ---
propriété, que PAffemblée Nationale, en fuivant fes principes, ne peut que le profcrire
entièrement. Cette profcription exifte déjà par
le fait dans plufieurs Provinces.
Un Edit du mois de Mars 1766 l'aaboli en
Champagne, dans le Barrois & la FrancheComté, & a permis aux propriétaires de clore
leurs heritages. Il 8 y a dix ans que le Comté
d'Auxerre jouit des mêmes avantages.
Ledroit de parcours fait des ravages énormes
dans les Provinces où la culture des oliviers
eft admife; aulli, depuis long-temps, en follicitent-elles l'abolition. L'un des Correfpondans
de la Société () lui apprend que ce droit ruine
les plantations précieufes; que non-feulement
les beftiaux de haute taille, mais encore les
moutons & les chèvres rongent par pieds ces
arbres, ou écourtent tellement les branches
qu'ils peuvent atteindre, qu'il eft impoflible
de tirer Parti des jeunes oliviers qui croilfent à
côté des autres, ce qui réduit & force à ne
pouvoir élever cet arbre que dans les pepinières,
tandis que la Nature en offre de plus beaux qui
ne coûreraient ni argent ni peine. La culture
(1) M, Amoureux à Montpellier.
B 3
vres rongent par pieds ces
arbres, ou écourtent tellement les branches
qu'ils peuvent atteindre, qu'il eft impoflible
de tirer Parti des jeunes oliviers qui croilfent à
côté des autres, ce qui réduit & force à ne
pouvoir élever cet arbre que dans les pepinières,
tandis que la Nature en offre de plus beaux qui
ne coûreraient ni argent ni peine. La culture
(1) M, Amoureux à Montpellier.
B 3 --- Page 114 ---
de -cet arbre eft certainement trop précieule d
la France pour que PAdminiftrarion ne lai donne
pas tout le fecours & toute la protection pofibles. Nous retirons pour des fommes confidérables, des huiles de L'Etranger: ce motif joint
f la confervarion de la propticté des Ciroyens,
doit fans doute déterminer
l'Afemblée à prof
crire un droit qui ne peut fubfifter plus longtemps chez un Peuple libre & éclairé,
Le droit de Parcours & vaine pâcure que
nous venons de démoncer, s'exerce d'une manière, encore plus vexatoire dans quelques Provinces, fous diverfes dénominations. Dans la
majeure partie du Toulois, plufieurs Seigneurs,,
& fur - tout des Abbés & Religieux, ont le
droit d'envoyer depuis le 23 Avril jufqu'au
45 Juin, époque oi les prairies font en. pleine
végérarion > un certain nombre de benfs dans
les S prés de leurs valfaux, pendant tout le remps
que le foleil ef far thorizon. Le Pâtre eft obligé
de les conduire un pen vite, & de les empécher
de fe coucher.
Le nombre des baufs a envoyer fur ces fuperbes prairies, 3 varie, & n'eft pas même pror
portionné à leur étendue. Il paroit que le caprice du Seigneur a feul fait la loi du droit --- Page 115 ---
& de la quantité, Il fuffira de dire que dans
le village d'Onrches, on n'y en met que fix,
& quatre-vinge-luit dans celle du: village de
Severy, qui n'a pas une étendue bien plus confidérable.
Ainfi, un ufage barbare dérériore annuellement, depuis des Gècles, les récoltes de riches
prairies qu'arrofe la Mofelle. Il eftinutile fans
doute de développer les effets défaftreux de cet
ufage;il fuffit de l'indiquer pour le faire apprécier, &c prononcer fans.examen fa profcription.
Ce même droit, fous la dénomination feule
de Banon, exifte encore en Normandie: aux
environs de Caen près Lonvigny, un Seigneur,
entre autres, a le droit d'envoyer depuis le
20 Avril,j jufqu'à ce que les foins foient coupés
& enlevés, douze vaches & un taureau fur une
prairie fertile; le condudteur, comme dans le
Toulois, doit aufli marcher continuellement,
& ne pas permettre que les animaux fe repofent nulle part, de forte que les Propriéraires
ne récoltent que ce que le troupeau féodal 2
épargné & foulé aux pieds.
Ces droits particuliers, & en général celui
de parcours, ou vaine pâture, font donc intolérables dans un moment oà les Repréfentans
B 4
ureau fur une
prairie fertile; le condudteur, comme dans le
Toulois, doit aufli marcher continuellement,
& ne pas permettre que les animaux fe repofent nulle part, de forte que les Propriéraires
ne récoltent que ce que le troupeau féodal 2
épargné & foulé aux pieds.
Ces droits particuliers, & en général celui
de parcours, ou vaine pâture, font donc intolérables dans un moment oà les Repréfentans
B 4 --- Page 116 ---
de la Nacion ont confacré pour principe fondamental de refpedter & de faire refpecter les
propriétés: fans doute on ne confidérera plus
comme telce droit que les abus, l'efclavage &
la tyrannie de la féodalité avaient imaginé? Ces
titres trop long temps refpectés ne le feront
plus chez un, Peuple libre & agricole. --- Page 117 ---
A RTICLE IIL
Du partage des Communes.
Le communes ou communaux font des terrains ordinairement fpacieux > poflédés par
foit
les Habitans d'une ou plufieurs Paroiffes,
à titre de propriété indivife : par pollellion
immémoriale, foit par conceflion à titre onéreux de la part des Seigneurs. Les unes font
des prairies fur lefquelles des propriétaires peuvent enlever l'herbe à la charge du droit de
commune après la récolte; les autres font des
terrains vagues &c incultes abandonnés toute
l'année au pâturage.
Les terrains vagues & incultes tenus en communes, font G étendus, qu'on ne peut fans étonnement &c fans donleur les voir depuis fi long
temps condamnés à une ftérilité perpétuelle,
fans que. le cri de la raifon & des befoins impérieux, que les tableaux fi fréquens de la misère dans toutes les Provinces, & que l'exemple
d'un Royaume voilin agricole 3 ayent pu ébranler un édifice auffi monftrueux qu'avait conftruit
la féodalité,
Il ne fera pas difficile de démontrer com- --- Page 118 ---
bien l'Aguiculture & l'Erat fouffrent de I'afage
des Communes. L'expérience prouve que les
biens poffédés en commun font toujours négligés & dilapidés en commun. L'idée de la propriété fi active, 6 nécellaire, la bafe des focictés, ne porte à donner aucun foins à faire
aucune dépenfe à ces fortes de biens; au contraire, chaque Habitant ne confidérant que fon
droit particulier, tâche d'en tirer le plus de profit
pollible; il ufurpe ou dégrade quand il peut;
& toujours fa jouiffance,quelle qu'elle foir, qui
devroit être commune 8 proportionnelle, eft
inégale, fouvent mème nulle pour celui qui
en aurait le plus: de befoin ; car P'homme en
effet Equi en retire le plus d'avantageveft précifément celui quily y. fair Pairre de plus de beftiaux. Or, le Manouvrier, T'Accifan qui y ont
un droit égali, font privés en: tout 3 ou en
partie du produic de la Communesa ainfi l'objet
pour lequel les Commuses ont exifté, celui de
foulager les pauvres! dénués de proptiété territoriale, eft éladé & mémeannullé, Souvént ces
Journaliers, trop indigens pour avoirc un petit
troupeau, unéfeule xache même, font employés
en impolitions pour la taille & legr corte-part
dans les frais de procès de Communauc,.or-
ou en
partie du produic de la Communesa ainfi l'objet
pour lequel les Commuses ont exifté, celui de
foulager les pauvres! dénués de proptiété territoriale, eft éladé & mémeannullé, Souvént ces
Journaliers, trop indigens pour avoirc un petit
troupeau, unéfeule xache même, font employés
en impolitions pour la taille & legr corte-part
dans les frais de procès de Communauc,.or- --- Page 119 ---
dinairement très-f fréquens. On pourrait citer
plufieurs exemples que des Communautés ont
été ruinées par des procès, & que des Habi-.
tans n'ont eu d'autre reffource que dans l'émigration..
des ComEn comparant le foible produit
mines avec celui des terrains mis en culture,
il fera facile de fe perfuader que l'exiftence des
Communes eft un des.abus principaux, contraire
aux progrès del'Agriculeure.
L'expérience nous apprend qu'un arpent de
crefle ou de luferne, fur lequel on fait
trois coupes, rapporte non-feulement plus de
fourrage que l'arpent de pré ordinaire, mais
même que quarante arpens en Commune foumife au pârurage pendant toute l'année.
Onne faurait encore révoquer ren doute qu'un
Manouvrier, propriétaire d'un arpent cultivé
en luzerne, trouve plus de facilité pour élever
& noutrir une ou deux vaches, que-dans une
Commune où il ne peut jamais rien réçolter
Phiver, quand mème fa cotte-patt feroit
pour
de fxou dix arpens.
Quelle reffource peut- on obtenir en effet
d'un térrain a, quelque fertile qu'il foit naturellement, lorfque pendant toute l'année il cft --- Page 120 ---
foulé par les animaux, d'un téfrain dont
Therbe, 3 fans celfe coupée, fans ceffe arrêtée
dans le cours de fa végétation, finit
dépérir P
par
Jamais on n'apperçoit dans ces communaux
aucunes plantes légumineufes , qui feules fournident au bétail une nourriture folide & fubftancielle.
Une telle nourriture doit néceffairement tenir
les beftiaux dans un état habituel de
abâtardir toures les races, & ne fournir maigreur, de
foibles fecoars. D'ailleurs,les
que
engrais font
dans le vague des pâturages
perdus
communs.
Indépendamment de la modicité des
duits, les Communes deviennent le foyer pro- des
épizooties qui ravagent fi fouvent nos Provinees. Il fuffit qu'un animal foit atteint d'ane
maladie contagieufe, pour que tout le troupeau
qui fe touche, ou mange de la même herbe, en
foit bien tôt infecté, I fuffit même
mal, par une conftitution vicieufes qu'unanilui.le
porte en
germe d'une maladie contagieufe,
qu'en refpirant de plus près-les émanations pour pef
tilentielles des terrains bas &
en dévorant, preffé par la faim, marécageux, des herbes ou
la crue des eaux
que
flagnantes aura couvertes de li-
fe touche, ou mange de la même herbe, en
foit bien tôt infecté, I fuffit même
mal, par une conftitution vicieufes qu'unanilui.le
porte en
germe d'une maladie contagieufe,
qu'en refpirant de plus près-les émanations pour pef
tilentielles des terrains bas &
en dévorant, preffé par la faim, marécageux, des herbes ou
la crue des eaux
que
flagnantes aura couvertes de li- --- Page 121 ---
mon infect, ce même germe fe développe &
devienne la caufe d'une mortalité générale, qui
n'eût jamais exifté dans des pârurages que la
culture aurait rendus plus falubres,
Objedtera-t-on qu'il exifte des Communes
dans des plaines faines & aérées où on n'a
jamais éprouvé d'épizooties ? Mais, quelque
falubre que foit une Commune, elle ne peut
jamais garantir du danger de la communication d'un animal affecté de maladie contagieufe; danger d'autant plus grand, que la
garde des beftiaux par un pâtre commun
en ufage dans prefque toutes les Provinces, >
ordonnée même par des Tribunaux, fappofe 3
néceffairement un rappro-hement continuel de
beftiaux qui fans ceffe fe renouvelle par le
commerce.
20. La qualité de Therbage eft encore une
puiffante confidération pour faire cultiver : la
Nature, toujours libérale envers l'homme laborieux, difpenfe auffi fes bienfaits en raifon
de fes travaux & de fes foins; elle lui donne
des fraits exquis, des légumes excellens, s'il
les cultive foigneufement; mais ils font
& malfaifans 5 s'il les abandonne à âpres euxmêmes. Les préfens de la Nature font donc --- Page 122 ---
de la culture, plus ou moins
en proportion
foignée.
doivent être les quaOn preffent quelles
fur
lités des herbages que la nature produit
un terrein condamné à une perpétuelle inculture.
Des Botaniftes Agriculteurs ont obfervé que
dans les prairies ordinsires, les plantes utiles
s'élevaient à quarante environ, & que les autres
nombre, éraient, ou préjudien plus grand
fur-tout dans leur état de
ciables.ou nuifibles,
verdure. On a également obfervé dans les prés
bas & marécagéux, que parmi lesi plantes qui
à
s'en trouve t-il cinq à
les couvrent >
peine
les animaux ne)
fix utiles, quinze à vingt que
befoin.
mangent que quand ils font prelles parle
Faut-ilsétonner maintenant que les beftiaux
qui n'ont d'autre pâturage que les Communaux,
dans un état de maifoient continuellemeit
greur, ou expefts à des maladies contagieufes?
Mais, fi ces obfervations, qselqw'importantes
foient, n'entrainaient point la convicqu'elles tion, on ne pourra au moins fe refufer au principe déja cité, qu'il eft impollible qu'un terrain
perpétuellement inculte, toujours piétiné par
les beftiaux, puiffe jamais produire un herbage
aufli falubre que les terrains cultivés.
état de maifoient continuellemeit
greur, ou expefts à des maladies contagieufes?
Mais, fi ces obfervations, qselqw'importantes
foient, n'entrainaient point la convicqu'elles tion, on ne pourra au moins fe refufer au principe déja cité, qu'il eft impollible qu'un terrain
perpétuellement inculte, toujours piétiné par
les beftiaux, puiffe jamais produire un herbage
aufli falubre que les terrains cultivés. --- Page 123 ---
Le pirtage des Communes ouvrirait à l'Agricalture une fource immenfe de richeffes. Cette
vérité fi évidente , démontrée par des faits
authentiques, par la condaite des Anglais >
eût paffé il y a peu de temps pour un, fyftème. Le parti pailfant des Prorecteurs du
régime féodal, pour qui tout était au mieux,
n'aurait pas manqué de faire naitre des obf
tacles infurmontables (1), que les Cours étaient
toujours difpofées à accueillir; mais enfin la
raifon, lintérêt public, ne parlent plus en vain,
& c'eft avec confiance que la Société propofe
de mettre en culture, 3 de convertir en propriétés,des terrains incultes qui n'appartiennent
a perfonne, parce qu'ils font à tout le monde.
L'intérêt général & Pintérèt particulier follicitent impérieufement ce partage. La maffe'des
propriétés & le nombre des propriétaires augmentant, celle des cultures de toutes fortes de
productions marchera d'un pas égal. Le
ATC
pro-
(s) En 1776, une Brochure ayant pour tirre, Inconvéniens des Droits fiodaux, porta le Parlement a affembler toutes les Chambres. Le feu Prince de Conty vint y
prendre féance. La Brochure fat brulée &c l'Auteur deciété. --- Page 124 ---
priétaire feul eft actif & laborieux; un produit
alfuré eft ia récompenfe de fes travaux & de
fon induftrie : animé par une jouilfance exclufive à laquelle il ne croyait pouvoir jamais afpirer, il cultivera avec ardeur fa nouveile
il fe livrera a des effais qui, en
aate
priété,
nant pour lui des moyens d'aifance, enrichiront l'agriculrure de productions nouvelles ou.
perfeétionnées.
Citons donc des exemples à l'appui de ces
vérités. L'Angleterre doit principalement l'état
floriffant de fon Agriculture au partage des
Communes; comme en France; - elles occupaient
les évaluait à
un efpace immenfe,. puifqu'on
un tiers du fol : la révolution qui rendit le
Peuple Anglais libre, fut aufli celle quile porta
à demander le partage des Communes. L'habitude, la routine, les derniers efforts de la
féodalité, opposèrent, en beaucoup d'endroits ,
des obftacles; mais l'exemple de ceux qui avaient
partagé le fort heureux d'ètre devenus prolintérêt évident des Seigneurs
priétaires >
mèmes., ne tardèrent pas à éclairer la Nation
Britannique, & chaque année le Parlement
non feulement autorifait le partage des Communes, mais il permettait encore de clore fes
propriétes.
habitude, la routine, les derniers efforts de la
féodalité, opposèrent, en beaucoup d'endroits ,
des obftacles; mais l'exemple de ceux qui avaient
partagé le fort heureux d'ètre devenus prolintérêt évident des Seigneurs
priétaires >
mèmes., ne tardèrent pas à éclairer la Nation
Britannique, & chaque année le Parlement
non feulement autorifait le partage des Communes, mais il permettait encore de clore fes
propriétes. --- Page 125 ---
propriétés. Le réfultat d'une telle opération
eft facile à concevoir : le peuple Anglais s'eft
Jivré tout entier à la culture; fes champs font
couverts de beftiaux, le peuple y eft aifé, & il
jouit de fon induftrie, que le Gouvernement
protége fans ceffe.
Un Mémoire de M. le Baron d'Hertzberg,
du mois de Janvier 1785, dans lequel il rend
compte de la population & de l'amélioration
des Etats Prufliens, nous apprend que le feu
Roi de Proffe avoit encouragé, par des prix,
les défrichemens & l'abolition des Communes 5
& qu'il a même exempté pendant quinze années de dimes & autres impofitions, ceux qui
défrichaient des terrains incultes : ces partages
de Communes, ces défrichemens fe font fuccédés chaque année, & le fuccès des intentions
de ce Roi philofophe ont même furpaffé fes
efpérances.
Un édit du mois de Juin 1769, & qui fut
enregiftré fans repréfentations au Parlement de
Metz, a permis le partage des Communes, Les
avantages s'en prouvent par un exemple frappant que nous trouvons dans un livre dont
l'Auteur. mérite a jufte titre la reconnaiffance
publique ( l'ami du Cultivateur ). Le petit
Mémoire d'Agriculture.
C --- Page 126 ---
bourg de Chevillon près de Metz, avait une
Commune ftérile; les habitans ont obrenu la
permiflion de la partager: ce lieu? qui n'avait
que vingt-cinq feux, en compte aujourd'hui
foixante, & la quantité des beftiaux y eft dans la
même proportion.
M. le' Duc de Penthièvre avair, dans fa
prinicipanté de Lamballe en Bretagne, des rerrains immenfes en vaine pâture; il les a concédés à des particuliers; il y croît maintenant
des moiflons richés & variées,
Ajourons un fait conrraire que nous communique le même Auteur. En 1744 la Champagne, où il y a beaucoup de Communes,
éprouva une cruelle épizootie : lannée fuivante
une maladie populaire y moiffonna une grande
quantité d'habitans des Campagnes.
La diverfité du mode conftitutif des Communes du Royaume, prefcrit néceffairement
des moyens différens pour parvenir à ce partage : les unes font polfédées par indivis
entre les habirans; les autres font mixtes; en ce
qu'elles font divifées entre propriétaires partiels,
mais à la charge du droit de. communes après
les récoltes. Il y en'a encore de différentes ef
pèces qui varient en raifon du régime plus ou
Campagnes.
La diverfité du mode conftitutif des Communes du Royaume, prefcrit néceffairement
des moyens différens pour parvenir à ce partage : les unes font polfédées par indivis
entre les habirans; les autres font mixtes; en ce
qu'elles font divifées entre propriétaires partiels,
mais à la charge du droit de. communes après
les récoltes. Il y en'a encore de différentes ef
pèces qui varient en raifon du régime plus ou --- Page 127 ---
oinis éxcellif des Seigneurs de fiefs : nous nous
bornerons à expofer l'immenfe étendue de terrain qu'il y a en commtnes,"de rappeler des
exemples pofitifs prouvés par des effets comparés des lieux où illy a des Communes, avéc
ceux ou elles ont été partagées.
Le Royaume eft réputé contenir cent-vinge
millions d'arpens. Lés récherches faites eu
différens temps, & particulièrement fous le
Miniftère da-vertueux Turgot, prouvent qu'il
y a au moins huit millions d'arperis en communes ou en friches, ce qui eft la même chofe.
Put-il jamais Pour la France une conquêté plus
précieute à faire, une conquère qui, bien loin
de coûter des larmes, da fang & des ravages,
ouvrirait de nouvelles fources de profpérités?
S'il était pollible de doutér de la quantiré
immenfe de communes & de terrains qui font
en France, MM. les Députés du Rouflillon, de
la Guyenne, du Poitou, de P'Aunis, du Limou:
fin, de la Marche, du Berry, de la
del la Saintonge, de la Bourgogne, de Bretagne, la Champagne, , du pays Mellin, du Soiffonnais, en
affureraient l'exaétitude.
Ily a des Souverainetés moins grandes
les Landes de Bordeaux. Les Communes feules que
C 2 --- Page 128 --- --- Page 129 ---
T AB - LE
Page 35 bis.
A U
Des Variations furvenues
dans le nombre & les Facultés
des
Ménages de l'Éledtion de Clermont
en Bauvoifis, depuis
1728, jufqu'en 1768.
Commanautés ayant des Communes.
Dénombrement de 1728.
Dénombrement de 1768.
Claffes différentes. nombre. Leur Feux Feux trop Feux Feux Feux Feux
impolés. pauvres. impofes. trop
de
de Pauvres de Pauvres de
pauvres. plus. moins. plus. moins.
Augmentation en
nombre de Feux.5 28 Reftés au méme 2
nombre. 179. Diminucsennombre. IZO Communautés sans Communes.
Augmentation en
nombre de Feux.5 29 2581 Reftés au méme 7
nombre.
8r Diminués en nombre.
17 1085 Mémoire d'Agriculuare. TOTAL, 102 Communantés, --- Page 130 ---
Page 35 bisa
A U
lombre & les Facultés des
Des
depuis
Mmont en Bauvoitis,
Communes:
Dénombrement de 1768.
Fcux
Feux Pauvres Pauvres
Feux
de
de
de
moins. de
Claffes dtrop
plus.
moins.
plus.
uvres.
Augmer 285
nombre.
8r Diminués en nombre.
17 1085 Mémoire d'Agriculuare. TOTAL, 102 Communantés, --- Page 130 ---
Page 35 bisa
A U
lombre & les Facultés des
Des
depuis
Mmont en Bauvoitis,
Communes:
Dénombrement de 1768.
Fcux
Feux Pauvres Pauvres
Feux
de
de
de
moins. de
Claffes dtrop
plus.
moins.
plus.
uvres.
Augmer 285 nombr
Reftés : 10
nombr
Diminur 147 bre.
mmunes.
a
Augme 257 nombr
Reftés
nombi 12
Diminu bre. - 72
102 Communautés. --- Page 131 ---
du Comté de Beaufort font évalaées à
arpens. La Généraliné de Soiffons,
8,000
proximité de Paris, dont l'immenfe quoiqu'à la
alfurele débit des denrées, en contient population
la Généralité de Paris même
12,000 ;
feule plus de
préfenté à elle
vaine
50,000 arpens en communes ou
pâcure. Trop d'ennemis
les corvées, les impolitions
T'alliegeaient;
grands
arbitraires, les
Seigneus, les grands Bénéficiers, les
lièvres,les lapins, les bètes fauves,
de toutes Parts fes récoltes, & mème attaquaient fes
priétés.
proLa Snciété va mettre fous les yeux de
femblée deux tableaux qui,
PAC
raifonnemens,
autant que les
porteront avec eux la conviction
que les Communes font deftruétives de lai
priéré & de la population: ils font pris pro- dans
le cours compler d'Agriculture de M. l'Abbé
Rozier, fon correfpondant à Lyon.
Ce Tableau donne lien à des obfervations
imporrantes : la première : que far cinquante-cinq Communautés, qui pofsèdent des
biens communs, vingt huir font augmentées
nombre de feux; tandis que fur
en
qui n'en pollédaient
23 vingr-neuf 3 quarante-fept,
e
font
venues plus nombreufes. pas a DT
de. --- Page 132 ---
La deuxième, que dans les Paroiffes où il y
avait des Communes, le nombre des taillables
rrop pauvres a été de cent-quarante fur deux
mille fix cent trente-deux; tandis que dans
celles oû il n'y en avait pas, le nombre eft de
cinquante-huit, fur deux mille fept cent
vingt.
-
quatreAinfi, Voila des réfultars établis far des faits.
Nous en ajouterons encore un plus particulier,
qui offre an exemple frappant de finutilité des'
Communes, & même des obftacles qu'elles
apportent a la population.
Trente-deux Paroiffes de l'Election de Soif?
fons poffedaient entr'elles, en 1729, deux -
mille
quatre cent foixante-dix-neuf ménages S 5 auijourd'hui elles font réduites à
a
feize cent quarrevingt-neuf: ce qui fait une diminution de fept
cent quatre-vinge-dix fur'la totalité.
Les Elections de Laon & de Guife offrent le
tiers de leur furface dans un état inculte, fous
le titre de Communes.
93 2 asnis, RY
Le Tableau ci-joint va prouver que les,Communes ne font pas moins funeftes à la fubfiftance
des animaux qu'à celle des hommes.
Les vingt Villages fans Communes devraient,
C 3
quarrevingt-neuf: ce qui fait une diminution de fept
cent quatre-vinge-dix fur'la totalité.
Les Elections de Laon & de Guife offrent le
tiers de leur furface dans un état inculte, fous
le titre de Communes.
93 2 asnis, RY
Le Tableau ci-joint va prouver que les,Communes ne font pas moins funeftes à la fubfiftance
des animaux qu'à celle des hommes.
Les vingt Villages fans Communes devraient,
C 3 --- Page 133 --- --- Page 134 ---
Page 37 bis.
T
T
du nombre des Habitans, Artifans ou LaDe comparaifon
boureurs, des Arpens de terre en culture ou en Communes, 3
de l'Eleétion de Clermont en Beauvoifis; 2
de 40 Villages
de
Paroifles fans
de 20 autres en
favoir,
Communaux,
8 aufli du nombre de leurs Beftiaux.
ayant,
Communautés ayant des Communes.
Nombre Nombre des Nombre de Idem,aux Artifans Moutons Idem,
JournaNombre Nombre des
Vaches
&
aux
aux
liers ou Labou- des
total des
arpens de
arpens de
aux
Jour- Fermiers. PartiArtifans. reurs, Cham- bres. Habitans. culture. Commu- Fermiers. naliers.
culiers.
nes. 1878 10,480 3026
80s
30T
10,017
Communantés sans Communes.
Nombre Nombre Nombre Idem, aux Moutons Idem,
JournaNombre Nombre des
des
Vaches de
Artifans &
aux
aux
liers ou Labou- des
total arpens arpens
aux
Jour- Fermiers. PartiArtifans. reurs. Chamdes
de
de Fermiers. naliers.
culiers.
bres. Habitans. culture. Communes. 15,412
5o2
13,091
Mémoire dAgriculture. --- Page 135 ---
Page 37 bis.
De comparaifon Arcifans
ou Laboureurs, des L en Communes,
de 40 Villagar
en Beauvoifis;
favoir, de
20,dezo autres en
ayant, 8c auffaux.
Co:s.
Journalem,aux
licrs ou Labou- Nomba.rnians des &
Moutons Idem,
Artifans, reurs,
Cham-Jouraux
aux
bres.taliert Fermiers. Particuliers.
18II
139 30r
10,017
Journalem, aux
Artifans. liers ou Labon- Nombrtuahms des &
Moutons Idem,
reurs.
Cham-Jour Fermiers. aux
aux
bres. saliers.
Particuliers.
8c auffaux.
Co:s.
Journalem,aux
licrs ou Labou- Nomba.rnians des &
Moutons Idem,
Artifans, reurs,
Cham-Jouraux
aux
bres.taliert Fermiers. Particuliers.
18II
139 30r
10,017
Journalem, aux
Artifans. liers ou Labon- Nombrtuahms des &
Moutons Idem,
reurs.
Cham-Jour Fermiers. aux
aux
bres. saliers.
Particuliers. 205 5o2
13,091
Mémoire dAgri --- Page 136 ---
38 T
en fuiyant la proportion d'une plus
tité
grande.quand'arpens de terre(1996), être plus nombreux
feulement D
de trois cent foixanre-feize
ils en ont
ménages;
Erts
quatre cent foixante fix de_plusi Il
en. SE réfulre donc que la population eft plus favorable de quatre-vinge-dix feux dans les Villages qui n'ont pas de Communes,
Le nombre des vaches & moutons eft agotv évidemment plus confidérable dans les fecondes
que dans les premières., puifque les raches font
dans la N proportion d'une Pour neuf arpens &
demi pour les Villages fans Communess tandis
que dans les autres Villages, il ne monte qu'a
une pour 13 arpens 25 2- tant cultures que Communes.
1003 sTEuD
a a 11A quantité de montons, dans les premiers,
eft en proportion d'un Pour un arpentiata lorf
que dans la feconde, on, n'en nourrit qu'un
un
pour
arpent T tant rege-labgurables,gus,
Dans les Communautés 105, fans
deuix mille
OREr
cinq cents Artilans ou Journaliers
ont entr'eux cinq cent quarante-deux vaches >1ID : ce
qu'on peut évaluer en Taifon d'une fur cinq.ménages'; & dans les autres, dix-huit cent-onze
particuliers n'en ont que trois cent unes c'eftàdire, une fur fix fenx. Il eft donc certain qu'un --- Page 137 ---
plus qu'un grand nombre de Citoyens s'adonne
à la culture d'une mêmé quantité de terre dans
les endroits où ou ne trouve pas de communes.
De toutes parts nous pourrions accumuler
des faits
prouvent
l'évidence
-
qui
jufqu'à
l'utilité
du IOV Sb
des Communes; les
39 Rartage
grands proptictaires pourront - 5 A peut-êrre s'y oppofer; mais ils
méconnoitraient
intérèr. Le
r
bonheur
a8
leut.propte
de.FEtat TD n'eft
ait, de
T n m 29b pas qu'il I y. DI
grands tenanciers, mais, au contraire, une
r
grande
1DifIf ns
Thol
quantité
de tenanciers.
E
1S Socicté ne s'érendra
fur
S
Pas davanmage
cet. objer:
-
quelqu'empreffce
foit
2D
qu'elle
de
préfenter des moyens de
elle.
9 partage, L CO
penfe
PAIlemblée Nationale, quiK réunit dans fon a
des.Repeefentans. de; toutes les
76G en
otles
-
Prodnceik - B f
droner.de Haat efficaces. La variation, des
difpolitians, des, coutumes, la
mmo 250
ra
fur
S
Pas davanmage
cet. objer:
-
quelqu'empreffce
foit
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qu'elle
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préfenter des moyens de
elle.
9 partage, L CO
penfe
PAIlemblée Nationale, quiK réunit dans fon a
des.Repeefentans. de; toutes les
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Prodnceik - B f
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mmo 250 peur-èrre
a dereerl le
des
s an
partage
en.laiffant
cuhemunr
aux Allemblées Provinciales les
9 - YO -
019 si
modes convenables.
l'opérer.
6100715 pour
Keeb Bressif - 0
on IU : = 1
T74
NGI 11
C 4 --- Page 138 ---
oanoliae
ni
ARTIGLEEY
NO aiotbres
Des
Defechemens. 9t P
- aux motif pujffans nous paraiffent devoir
porter l'Affemblée
a
25b - Narionale
: 2 5735.
s'occuper 01 a del C cet
objet important : le
de déraire ie
principe des maladies
-
a
qui affligent
e
les malheureux Habirans voifins des 1o3a marais, 91
principalement ceux smr qui font fitués au etcri midi de
la France 5 le fecond, de rendre
patsri
996TL
o
culture
Th
des terrains Immenfes
Sh do
Cet travaux ne peuvent être
Habitans .9H9 de l og nse D en entrepris par les e
D
parce quilfaur, d'une
Bart, beaucoup pde
es1
les
uCs 9D
plans
SE
Pour
de delfechemens & leur exccution, 8c del'autre,
des, fommes
539VD
-
confidérables.
91 On ne ot peur
doutér erde Tacilité &, des avan- a
tages rde pareilles entreprifes, e 26
33 à
-
relativement
TAgriculture 8c Ta 6 profpérité du Royaume.
Les fommes employées à ces travaux 1800 cireule- an
raient dans les mains des Journaliers &z des
Habitans de la campagne, 2 leur donneraient les
moyens d'avoir une forte d'aifance, &c de travailler eux-mèmes a deffécher un canton, pour
fe former enfuite de petites propriérés.
U
de pareilles entreprifes, e 26
33 à
-
relativement
TAgriculture 8c Ta 6 profpérité du Royaume.
Les fommes employées à ces travaux 1800 cireule- an
raient dans les mains des Journaliers &z des
Habitans de la campagne, 2 leur donneraient les
moyens d'avoir une forte d'aifance, &c de travailler eux-mèmes a deffécher un canton, pour
fe former enfuite de petites propriérés.
U --- Page 139 ---
a'Nous ne pouvons citer à l'Affemblée Nationale une autorité plus refpeétable & plus digne
d'elle, que lès principes d'adminiftarion de
Henri IV. c Entrecl les moyens licites, dit ce
55 bon Prince, que nous avons recherchés pour
33 foulager 2 & enrichir nos Sujets depuis notre
3 avenement'd Ta Couronne, ayant reconnu
que" le revenu de da terre était let plus utile
3> &'le plusalfaréy comme érant celle qui pros"duit les fruits 82 mles matières propres pour
S"rouites fortes de nourrituresy d'ouvrages &
manufadtures,
fontrau commerce des
59 de
qui
occalion, de35 hommes; Nous avons, alcette
3 Gré & fait chercher les moyens deideffécher
3> un grand nombre edei marais,n defquels le
30 fonds eft bon & fertile, s'il étaiten état d'être
50 caltivé >>. BD 151
A5
IF et de la dignité de lAfemblée Nationale
gidu Reftaurateur-de-la Liberté Françaife, de
continuet 8c d'achever des travaux que HenriIs
a'indiqués comme favorables à la profpérité du
Royaume. De ces Snouvelles térres, il en réfaltera des productions d'autant plus précieufes,
petidant une longue faite d'années le feque cours des engrais fera inutile; ; que de nouveaux
Colons peupleraient ces marais, dont l'exiftence --- Page 140 ---
sépand au' loin linfecion, les maladies & la
mort. Il
8alde
anin
DIUG oat slaa
y a encore en France une grande
de tetrains couverts par des eaux,
quantiré
& bien loini que, cette quantité dliminue, ftagnantess elle
augmente tous-les ans par Tétabliffement
& laie conftructions de moaling fur les d'étangs tivières
Lai retere.nécellaice des eaux pour former_Jes
biés ou éclafes,-occalionne un épauchement.qui
forme autant demarais mal-faissiec prefque
nuls en - prodaite sll, exifte des endroits
feul moulin-eRt.lareaafer
9Lun
d'un marais de mille
arpens. Cetsobjer 'adminifration publiquedef
plus elfentiel qu'on nel pourrair jamais Limaa
giner, deinous efpérons quercles LAilemblécs
Provinciales spourtont fucilement deffécher des
milliers d'arpens, en détruifant quelques
dont le fol ferait plus producif sen Stangs
ou en fabltituant feulement,
culrure, 9
a vent ou à feud.cenx quifont quelques furr les rivièreses moulins
Voici-un exemple &une occalion: delcons
naicreces effets. & d'en juger; A emutrOH
Le terroir de Carentan,o en, Normandie, eft
depuis long-temps mal-fains des.eaux fagnantes
y couvient une grande partie de Pays : les Han
bitans ont plufienrs fois offer.an Gouvernemens
fabltituant feulement,
culrure, 9
a vent ou à feud.cenx quifont quelques furr les rivièreses moulins
Voici-un exemple &une occalion: delcons
naicreces effets. & d'en juger; A emutrOH
Le terroir de Carentan,o en, Normandie, eft
depuis long-temps mal-fains des.eaux fagnantes
y couvient une grande partie de Pays : les Han
bitans ont plufienrs fois offer.an Gouvernemens --- Page 141 ---
de les faire écoulers mais les Propriétaires des
moulins gui ont appauyri, par des faignées,1 le
cours du pett Vaya8 qui ont occalionné cette
fagnation, sy font conftamment oppofés. Les
repréfentations & les offres des Habitans n'ont
Pas été écoutées; - le produit d'un srès-grand
nombre d'arpens qu'on aurait pu rendre à la
culrure, C
& la fanté de deux cents mille ames,
onr été facrifiés au crédit & à l'intérèt malentendus de quelques Seigneurs ptorégés.
eb Un Prince étranger, le Margrave de Baden,
s'elt comporré bien différemment: il a fait
élever, iliy a quelques années, un monument
public à un Payfan de Carl-Farche, pour avoir
opéré le defféchement. d'un marais.
L'utilité des,delléchemens ne fe borne pas à
Lagrandiffement, des terrains cultiyésson peut fe
fervir de ces, mèmes caux pour arrofer des prai:
ries que leur Aagnation rend infertiles,ou d'un
produir prefque pule Les ayaptages. de l'irrigation font incalculables, Le rapport d'ana arperit
de pré qu'an Propriétaire peur arrofer, lorfque
la faifon T'exige, donne au moins une récolte
double ou triple de celle d'un autre, qui dans
la même expofition ne pourrait pas l'ètre. Ces
effets. font inconteflables; cependant, prefque --- Page 142 ---
nulle part on ne s'occupe d'arrofer les praities,
Une modique faignée, faite dans le cours d'une
rivière, fuffirait pour arrofer une étendue confidérable de terrain; maisle fervice d'un moulin,
ou plutôt - le droit exclufifde ce moulin, de jouir
de toute l'eau, malgré fa furabondance, ferait
la caufe d'un procès ruineux : ainfi, pour un
moulin qui rapporte 3 à 400 livres de fermage,
des Paroiffes perdent fouvent pour 3 à 4000 liv2
de fourage. Cette évaluation - n'eft pas exagérée;
& ce quil'eft'encore moins, eeftquilny a pas de
cantons en'France quin'éprotivent, faute d'irriga
tion, la perte' diune pareille ou d'ane plus grande
fomme. Les Tribunaux ont toujours maintent
avec févérité le-cours dès eaux, même lorfqu'it
n'était interrompu que pour un court efpace,
après lequel elles retombaient dans le même
lit;8 & fous lel prétexte du bien public,de
lice
pogénérale 5 ils enlevaiene à des Paroiffes
des milliers de fourages, fans compter les
fommes dépenfées en procédures, pour un moulin qui n'en n'eût pas fouffert, &c qui tout au
plus, en d'auitres circonftances, n'aurair ceffé
de tourner que quelques jours & à différenres
époques
n9
nondacis 9n
L'Adminiftration publique doit venir au fe-
lice
pogénérale 5 ils enlevaiene à des Paroiffes
des milliers de fourages, fans compter les
fommes dépenfées en procédures, pour un moulin qui n'en n'eût pas fouffert, &c qui tout au
plus, en d'auitres circonftances, n'aurair ceffé
de tourner que quelques jours & à différenres
époques
n9
nondacis 9n
L'Adminiftration publique doit venir au fe- --- Page 143 ---
cours des Municipalités. Il fera inutile d'avoir
recours ni à la force ni à la chicane; il fuffira
feulement de bien perfuader les Habitans que
les Parlemens ne les condamneront plus 5
pour cela, il fuffira d'indemnifer les Propriétaires, beaucoup au - delà même du produic
du fervice journalier de leur moulin : l'idée du
bien public, les effets de cette irrigation, établiront par-tour une heureufe harmonie qui, en
nniffant par des, liens; plus communs les Habitans, augmentera confidérablement leur récolte,
leurs beftiaux, leur aifance, & par conféquent
leur bonheur,
Le delféchement des marais offre des reffources vaftes & précieufes. Il fera poffible,
dans beaucoup de Provinces, d'ouvrir des canaux
de navigation. La navigation de la Scarpe a fait
deffécher dix mille arpens de marais.
Le Clain, qui baigne les murs de Poitiers,
était autrefois navigable, & il n'a ceffé de l'être
que par les digues faites pour les moulins. Nous
ne citerons que le canal Ide Briare, pour prouver
jufqu'à quel point les defféchemens peuvent
faciliter la confeétion des canaux de navigation.
Henri D IV voulant procurer à fa bonne Ville
de Paris des reffources plus abondantes
pour --- Page 144 ---
foutnir à fes befoins 5 delirant, fut-toit,
que
les Pays qui avoilinent la Loire pulfent troaveru
débit plus affuré de leurs denrées; que le Bourbonnaisy le Nivernais, lal Puifaye, qui, a de
faut del foutes & de commnunications
3 étaient
foreés de confommer toutes les productions de
leur fol, réfolut d'ouvrir un canal qui pût
réunir la Loire à la Seine. a Cette téfolution
royale &6 paternelle aurait dû lui faire ériger
des monumens qui auraient attefté à la Pofi
térité un fi grand bienfait. H fallut, qui le
croirait : que ce bon Roi &c fon digne Miniftre
protégeaffent à. main armée les travaux de ce
canal. 1e
eaf
Il ferait inutile de s'attacher a développer les
grands effets qui font réfaltés de la confeétion
de ce canal; on fe bornera à dire que la Puifaye
(1), Pays couvert de bois, étoit dévoré à un tel
point par la misère 8 par la féodalité, qu'il n'y
avait pas la moindre tracé de commerce 3 même
mercantile, C'eft à cette époque que fes Habitans ont commencé à vendre leurs denrées, & les
(1) A Bleneau, petite Ville de Puifayc, l'arpent de
bois taillis fe vendait, en 1680, 20 livres; il fe vend
aujourd'hui 300 liv. & plus.
étoit dévoré à un tel
point par la misère 8 par la féodalité, qu'il n'y
avait pas la moindre tracé de commerce 3 même
mercantile, C'eft à cette époque que fes Habitans ont commencé à vendre leurs denrées, & les
(1) A Bleneau, petite Ville de Puifayc, l'arpent de
bois taillis fe vendait, en 1680, 20 livres; il fe vend
aujourd'hui 300 liv. & plus. --- Page 145 ---
Proptiétaires Teurs bois. Par ce canal, le plus
fréquenté du Royaume, 3 il defcend du Nivernais 2 du Bourbonnais, de l'Auvergne, du
Betry, de la Pailaye, du Gatinais, une quantité confidérable de vins , de fruits, de charbons-de-terre, de bois de charpente & de chauffage, des eaux-de-vie, des faiences, des verreries & des potteries.
à Combien dél Provinces où il ferait mille fois
plus facile de conftruire de pareils canaux ! Les
frais de la navigation de la rivière d'Authion en
Anjou, fe font payés par le defféchement de
dix mille arpens de terres excellentes. Nous citerons encore le Berry, parce qu'il en ale plus
de befoin, comme étant au centre du Royaume,
& parce qu'en même temps il en a plus de
moyens.
Une infinité de rivières partagent cette Province dans toute fon étendue. Il y en a qui fe
jettent dans la Loire, entre Orléans &c Châteauheuf, qu'il ferait très-facile de rendre navi-:
gables. Le Cher, F'Indre, étaient anciennement navigables péndant une grande étendue.
La Creufe eft encore une des rivières affez conadérables pour en tirer un parti alfez avantageux. Si P'État eût dépenfé pour la navigation --- Page 146 ---
dela Creufe, qui eft follicitée & démontrée poffible depuis fi long- temps, ce qu'il a dépenfé
pour la folde des Commis employés fur fes bords
pour la confervation de la Gabelle& des Traites,
ilya long-temps que les Pays qu'elle baigne feraient riches, parce qu'ils feraient cultivés, parce
qu'ils conduiraient leurs marchandifes, leurs denrées à Nantes; au-lieu que le tableau qu'il repréfente eft celui.d'un, Pays dévafté par la famine ou
la guerre qu'habite toujours un tyran. Plufieurs
Paroifes comptent à peine dix hommes pour
cultiver larterre, parce que la misère ou le fauxfaunage les ont enlevés à leurs foyers & à leurs
enfans. 15
Nous dirons, à T'appui de ces faits authentiques, que la Flandre a été vivifiée par fes canaux; ; que l'Angleterre doit fa profpériré à ceux
qu'elle a eu foin de former. L'endroir le plus
éloigné d'une route ou d'un canal en Angleterre, eft de deux lieues. La plus-value que
les canaux de navigation. donnèront évidemment aux forèts, aux terrains vagues ou inondés, aux denrées, aux marchandifes, aux mar
nufadtures, feront toujours trouver des Capiliftes pour les entreprendre, fi toutefois les
Alemblées Provinciales ne préferent d'en faire
les
qu'elle a eu foin de former. L'endroir le plus
éloigné d'une route ou d'un canal en Angleterre, eft de deux lieues. La plus-value que
les canaux de navigation. donnèront évidemment aux forèts, aux terrains vagues ou inondés, aux denrées, aux marchandifes, aux mar
nufadtures, feront toujours trouver des Capiliftes pour les entreprendre, fi toutefois les
Alemblées Provinciales ne préferent d'en faire
les --- Page 147 ---
les fonds ; ce qui vaudrait infiniment miets
pour Fintérèt des particuliers 8c des riverains, 2 &
ferait plus convenable à la dignité d'une Na3
tion riche & puillante. Puiffe un jour l'Adminiftration de France fe pénétrer de ces grandes
vérités, que le Royaume ne peut profpérer que
par une bonne Agriculture, & que pour l'exciter, il faut néceffairement un tranfport libre &
facile des denrées, afin d'en favorifer la circulation & alfarer le débit, qui eft le terme comme
le mobile de tous les travaux de l'économie
rurale!
Mémoire dAgriculture. --- Page 148 ---
5o
ARTICLE V.
DE finaliénabilité des Bièns domaniaux, eccléfiafiques 6 de main-morte.
E'to tous - - les Commerces, le plus effentiel,
pour une Nation agricole, eft celui des biensfonds, lequel, pour fructifier, doit être libre
& commun dans toutes fas parties. Le joug
des coutumes & des inftitutions féodales, les
chaines incommenfurables des Loix fifcales
n'ont ceffé de contrarier oul de paralyfer lesgrands
effets de ce principe focial & politique. Les
Seigneurs de fiefs, & le Clergé, font parvenus,
fur-tout depuis le feptième fiècle, à fe rendre
propriétaires d'une quantité immenfe de biens
territoriaux. Il ont obtenu des immunités &
des prérogatives qui affranchiffaient partie de ces
biens des contributions publiques, & les faifaient
difparoitre du commerce des terres.
Les Grands portaient toute leur attention à
D érendre leurs fiefs; les révolutions de l'Erat les
faifaient paffer enfuite dans le Domaine de la
Couronne, qu'une Loi impolitique a frappé fi
abnfivement d'inaliénabilité.
Le Clerge, toujours fubfiftant, 2 achetoit, 18c
és &
des prérogatives qui affranchiffaient partie de ces
biens des contributions publiques, & les faifaient
difparoitre du commerce des terres.
Les Grands portaient toute leur attention à
D érendre leurs fiefs; les révolutions de l'Erat les
faifaient paffer enfuite dans le Domaine de la
Couronne, qu'une Loi impolitique a frappé fi
abnfivement d'inaliénabilité.
Le Clerge, toujours fubfiftant, 2 achetoit, 18c --- Page 149 ---
5t
& ilécait très-rare qu'ilvendit aucune poffeflion
territoriale. Les biens de cet Ordre font devenus
inaliénables par fucceffion des temps, c'eft-àdire, morts pour le Commerce. Une Loi de nos
jours, mais trop. tardive, a défendu au Clergé
d'acquérir; mais elle a été trop tardive, Les
moeurs & les lumières ont éclairé enfin PAdminigration, 8c fur-tout fixé l'opinion fur fes
intérêts.
Il fuffira, pour déterminer lAffemblée Nationale d.examiner & péfer dans fa fageffe
d'auffi grands intérêts, 3 de lui faire connoitre
toute l'étendue des biens territoriaux dits inaliénables, & de lui expofer les abus & les avantages qui'en réfulteraient pour la Nation, en les
replaçant dans le Commetce.
Malgrélaréfiftance que le Clergéa oppofée à
la Déclaration du Roi de 1751, qui ordonnaic
que tous les Bénéficiers feraient tenus de donner, dans fx mois, une déclaration des biens &
revenus de leur bénéfice, malgré l'inexécution
de cette loi, on eft parvenu néanmoins à favoir
que le Clergé pofsède une grande Fortion des
biens territoriaux du Royaume, & dans les
meilleurs fonds.
Furiljamais, pourfAdminifration publique,
D2 --- Page 150 ---
St
un examen plus important, & pour PAffemblée
Nationale un Décret plus nécellaire que celui
qui, révoquant linaliénabiliré des biens du
Ciergé, ies mettrait dans le Commerce focial,
& détruirait pour jamais un abus politique aulli
abfurde & audli contraire aux principes de toute
Société?
Lorfque l'Angleterre eut confacré, par fa
Conftitution, la liberté & la propriété des Citoyens, elle avança à grands pas vers la profpériré; prefque tous les biens du Clergé rentrèrent dans le Commerce & la circulation;
elle reprit cette partie du Domaine national,
réduifit le nombre des Ecclclialtiques (1). Bientorcesbiens immenfes furent parcagés,devintent
dans une proportion fage, des propriétés que - le
Peuple Anglais rendit plus précieufes par fes
travaux & fon induftrie. L'Erat, déja devenu
riche en augmentant la a malle des propriétés,
le devint encore bien davantage par la contribution nouvelle de tous ces biens, qui; dans
les mains du Clergé, étaient exempts, Une
(r) Le revenu du Ciergé d'Angleterre monte aujourd'hui à environ 210,000 livres ferlings 5 d'après
MM. Waffon, Warneredlfong.
Anglais rendit plus précieufes par fes
travaux & fon induftrie. L'Erat, déja devenu
riche en augmentant la a malle des propriétés,
le devint encore bien davantage par la contribution nouvelle de tous ces biens, qui; dans
les mains du Clergé, étaient exempts, Une
(r) Le revenu du Ciergé d'Angleterre monte aujourd'hui à environ 210,000 livres ferlings 5 d'après
MM. Waffon, Warneredlfong. --- Page 151 ---
balance équitable rétablit S P'ordre Tentre les
charges & les revenus de PEtat. L'affection du
Peuple à fa Patrie en le rendant Ciroyen, Propriétaire, Agricultear, après avoir été ferf,
efclave 80 miférable, le rendit encore brave
8i puiffanc dans fes foyers & dans toutes les
contiées. no.
edionta noi
'Telleltil'effee de la liberté,& de la
propriété,
les deux pivots de totite Société politique. dnok
290 Les! Domaines de lar Couronhe fonerfrappés
ndeila même férilité, dest mômes abus queles
-biens dui Clerge, parce"d que 3 pourolesbuns-&
pouriles'autres, l'efpric, de propriété ne piéfide
spas alleun entretienu 8oi lour mife cene valeur.
-Les Biens-domintance fonti pasye farrs dente,
anifi étendas que ceux-du Clergésitnais ilsw'en
follicitent pas: moins le regard-le plus attentif
detAanisdinrionieseanise 0515 Aib E
-91 Lorlque nos Rois faifaient fervir les revenus
dedeut Domaine à leuridépenfe, fous un Miniftrefage, amidel Hon maitre, Çes biens étaient
trégis affez. fructueufement; mais, lorfque les
dépradations & l'avidité des courtifans ont
rendsiadudmifantlacbens domaniaux, lorfqu'on
eft parvenu à perfuader nos Rois que le vrai
Domaine de la Couronne était tourle Royaume,
D 3 --- Page 152 ---
rque leur dépenfe privée, celle de leur
celle des grands Officiers de la
couf,
fervice militaire,les
Couronne, le
& enfin toutes les pentions, les prodigalités,
êtres payées avec les dépenfes deniers poftibles devaient
biens domanianx
publics; alors les
tion
ont été livrés à une
funelte; ils font devenns des objets dilapida- de
culation-de'Cour; les favoris, les
fpefont fair donner la2 plus grande courtifanss'en
donner un fol au Tréfor royal. C'ef partie, dans fans
temps, fut-tout, que l'inalienabilicé
ces
forre de lois des Courtifans,
a palfeen
y étaient
térellés. en aliénant, On eût vendu tropiini- à jufte
prix, acaufede.la éoseurrence; eninlaliénant
pas,ils, couraient da chancerde jouir à
tuité fans-rien
perpé.
débourfet.s T n
iec
Ce.quia pu échapper à cette invafion-a été
engagé a différens Bantealierr,lun
cule par
prix ridifon-exiguité en
du
venu du Domaine; d'autressen comparaifon
reunptix plus
ont joui pour
la majeure
Seassanesunmaee
partie sief fouftraite! à payer des
impolitions fous le prétexte de biens domahiaus-Labfence funeftei del Fidée - doila propriétesccelle toujours préfente de
litéy - a empeché les Engagiltes
l'inaliénabi-
-
d'exercer leur
on-exiguité en
du
venu du Domaine; d'autressen comparaifon
reunptix plus
ont joui pour
la majeure
Seassanesunmaee
partie sief fouftraite! à payer des
impolitions fous le prétexte de biens domahiaus-Labfence funeftei del Fidée - doila propriétesccelle toujours préfente de
litéy - a empeché les Engagiltes
l'inaliénabi-
-
d'exercer leur --- Page 153 ---
induftrie, d'amcliorer des biens dont ils 1E
taient que détempteurs précaires Kipar-rour
cette. grande étendue de biens a été prefque
nulle pour les revenus publics.
- Mais, fi nous devons tant regretter que:les
biensdomaniaux de nos Rois aient été livrés
à une" telle dévaflation, c'eft fuf-tout pour la
pattie des'bois 8c forêts qu'il ferait pent-etre
imprudent d'aliéner. Combien de milliérs d'ara
pens couverts d'arx-es-antiques & fuperbes ont
été coupds-Ac'rivagés, fans que jamais aucun
de 'ces miuagites ait fongé a en replanter ou
femer" ts Teal arpènt L Dans prefque toutes
1es Provinces', fios Rois, nos Princes avaient
des forèrs, N
& par-tout la coignée a
dif 291
toutiabartu;
paye encore des' Officiers de maitrife où
il n'y a plus quer te la place du bois; peur-être
meme que" fans les plaifits'de la chafle; les
belles Forets'de Compiegne & de Fontainebleat? Teraiéht aujoutd'hu des défertsi 9919 sb
aibollon 111
Si-l'aliénation des biens du.Clergé & du Domaine érait permife, la
heureufe
01 plus
révolation
fepréparcrait pour la France. Des Errangers
que les.abus de l'autorité de notre Adminiftration avaient éloignés, ou empéchaient de venir
D 4 --- Page 154 ---
5G
en Francé, accourraient s'y former des Propriétés. Fabil-an fol plus fortuné, un fol plus heu*
reux ! 'Et lequel pourra lui etre préfére, lorique
notre liberté, celle del nos proprictés fera con+
nuer & bien allurée2 Bientôr nos Capitaliftes
memes qui n'ont exercé leut induftrie, leur
génie guec pour augmentér des richeffes fouvent imaginaites, ne trouvant plus de moyens
de faire fervir leurs fonds i Lagiorages à des
fpéculations financières., les emploietont au
gommerce.ou à acheter des fonds de
deL
terres
venant, des hommes dignes de la Sogicté 2 ils
enrichitons l'Etat par les mèmes moyens qui
avaiens prépars la ruines les mutations devien*
dront pour le Tréfor public, une branche de
revenu qui fonlagera d'autant les propriétés a fote
cieress-les stamdespofcfios.-qe des bras mercenaires. cultivaient, Par forces ou fans induftrie,
feront divifées-en. petites portions 5, que l'efprit
de proptiété rendra plus fertiles; nous verrons
cette hauffe d'intérêt qui fut toujours
le difparaitre fignal CD - - de la décadence des Empires. L'agricolune feule deviendts le théâtre de tous les
8195 trayaux de Tinduftrie, des (péculations. Les friches des mb Engagiftes 91 to
deviendront des praities 3
des bois, Jet des jardins entte les mains des Pro-
'efprit
de proptiété rendra plus fertiles; nous verrons
cette hauffe d'intérêt qui fut toujours
le difparaitre fignal CD - - de la décadence des Empires. L'agricolune feule deviendts le théâtre de tous les
8195 trayaux de Tinduftrie, des (péculations. Les friches des mb Engagiftes 91 to
deviendront des praities 3
des bois, Jet des jardins entte les mains des Pro- --- Page 155 ---
priétaires. Une balance plus égale (:) de l'intérêt de T'argent avec les revenus des terres, fera
une relfource toujours affurée pour les Cultivateurs qui voudront-tenter des érabliffemens, ou
qui auront éprouvé des malheurs. Le Commerc
nationale T
& étranger facilitera les denrées. Les
rapports - BRC
entre s1 les Contribuables ne feront plas
ferrangement difproportionnes. On verra, par se
l C
une répartition plus égale, ,difparoitre toutes les
haines, I tous les efprits de corps. L'égalité pro-,
porrionnelle des charges refferrera les liens de
li Socieré.P Xoo
diogcot
et
Sanlore
() La difproportion actuelle eft @ foresque dans bien,
des Provinces, on
au Cultivateur à
8 &
E prére l'argent
7,
IO pour 1OO. Voila les effets de
la
des.
5 201 D
Tagiotage, perte
moeurs & hese des malhents publics. Tous les efforts
de TAdminiftration doivent tendre vels cet objet,
ch
evuol enotio anon Srp S'iTo3sign E
SalHiovel e Y soutiuptm ALsup
gnol eibgab S
- TWSI
No1o dacl ernt9s gnot-t-sont 9D, gorl
-
6 eniv TI0K
St
-
SI
9T0 - -
190 he --- Page 156 ---
ARTICLE a VI.
DE l'infabilité des Baux ecléfafligues, & de
leur trop courte durée,
Lis abus que, renferment les baux a ferme
font innombrables,ils entravent de toutes parts
les progres de Tagriculrure,
I
Il érait évidem
ment utile & ellentiel aux Proprictaires & 1 la
clafle des Fermiers - Cultivateurs d'avoir desi D
baux à longs termes 5 les Loix fifcales ont allujettis a des impôts onéreux ceux qui éraient
faits au-delà de nenfans, malgré la révo=
cation de Cette Loi, les Officiers fifcaux ofent
encore les percevoir dans
àe
quelques Provinces.
Des o1 Loix féodales. dans plufieurs Coutumes te:
putent encore aliénatoires les baux faits au-dela
de neuf ans.
L'Angleterre, que nous citons fouvent, parce
que PAgriculture Y eft favorifée, & le Cultivateur prorégé. a depuis longtemps adopté l'ufage des baux à long terme sils font ordinairement de dix-huit, vingefept, il y en a même
de guatre-vingtdisnesfas. Le Fermier fe livre
avec zèle à la culture 2E 3 il ne néglige aucun des
moyens qui peuvent fertilifer fes terres; il n'hé-
.
L'Angleterre, que nous citons fouvent, parce
que PAgriculture Y eft favorifée, & le Cultivateur prorégé. a depuis longtemps adopté l'ufage des baux à long terme sils font ordinairement de dix-huit, vingefept, il y en a même
de guatre-vingtdisnesfas. Le Fermier fe livre
avec zèle à la culture 2E 3 il ne néglige aucun des
moyens qui peuvent fertilifer fes terres; il n'hé- --- Page 157 ---
Ate pas à faire des avances confidérables, parce
qa'il eft sur de les retirer, & de bénéficier; il
entretient foigneufement les champs &c les bâtimens ; il fe regarde en quelque forte comme
un Propriéraire, & alors on peut juger de l'état del'Agriculture du Peuple Anglais, qui fait Gi
bien connaitre fes intérets, & les concilier avec
ceux de l'Etat. C'eft avoir atteint. en effet, à
une' adminiftration fublime', que de rendre tout
un péuple cultivatear aufli intéreffé à la culture,aPindaftrie économique, qué les Propriétaires mèmes. snib 191
En France', 3 au contraire,
les baux font de
trois, 2 Gx ou E neufans; le Synode de Cambray a
fixé à lix ans' les'baux du Clergé. II réfulte d'une
fi courte limitation, que les Fermiers fe fuccèdent rapidement ; heureux quand ils ne font
pas ruinés (1)! que célui qut finit un bail, lorfqu'il ne peut obtenir de le renouveller, ne cultive que les terres qu'il a trouvées labourables,
dnoosi 3
KUS
i (1). François premier, gue nous nous trouvons étonnés
de citer
un bienfait rendu à T'Agriculture, nc
-
pour
confentit à l'aliénation de fon Domaine de Goneffe, qu'à
condition que'l le nommé Génaut, fon Fermier, ferait confervé. --- Page 158 ---
fans ofer.faire les frais d'aucun défrichements
que les trois D dernières années il ne cultive
gaimgatiaitemenr. PoHr n'ètre Pas augmenté
en raifon des amcliorations
aurait
E
qu'il
faites,
&, qu'il ne. voudrait pas abandonner à un autre,pour ne pas exciter la cupidité de fes voifins. Il réfulte de cette conduite ordinaire d'an
liéner très narurelle,
le
I00
quele Fermier qui fuccede
ne peut que retirer un revenu médiocre de terres ainfi négligées, de maniere que pour Tun
& pour Tautre, 2 il n'y a de cukure foignée, de
vraie mife en valeur que pendant les trois, années du milicu du bail.
- usd 251
On fent combien FAgriculture fouffre d'une telle
a 1
adminiftration >
combien, les terres font
une fuc1t
e épuifés Par
ceflion, de récoltes de même
Nous creiao1 251 -
cfpèce.
IOR
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PaS d'indiquer
aucunes Loix coercitives 2
la
U
Pour augmenter
durée des
elles
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- usd 251
On fent combien FAgriculture fouffre d'une telle
a 1
adminiftration >
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aucunes Loix coercitives 2
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Pour augmenter
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elles
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feraient,
elles,ont
été, lc Aéau de FAgriculture; mais un intérêt
plus eclairé, joint a des G encouragemens, -
feront
fans doute adopter un ufage plus favorable aux
Propriétaires, au Cultivareur,8 l'adminiftration
publique peut feule donner une impreflion a
l'adoption des baux a longs termes; 1o. En détraifant toute efpèce de droits fifcaux & fcon --- Page 159 ---
deaux pour les baux qui excèdent neuf années; 20. En accordant des prinaes d'encouragement, ou quelques diminutions d'impôrs, à
ceux qui adopteraient cet ufage > 5 3°- En ne
faifant que des baux à long termes, pour tous
les biens foumis à l'adminiftration publique.
Alors l'opinion générale une fois fixée, les opinions particulières feraient plus éclairées fur
leurs intérêts; l'exemple & les effets d'une meilleure culture feraient naitre des imirateurs ; les
mèmes motifs nous porteraient à imiter le Peuple Anglais, quia perfectionné ainfi fon Agriculture, & rendu les Cultivareurs laborieux &
aifés.
Le refpect dû à la propriété paroîtra d'abord a
être attaqué Par un trop long bail; d'autres
verront peut-érre leur propricté trop long-temps
circonfcrite par un bail de quinze à dix huit ans,
ou même compromife parles malverfations d'un
Fermier qui, ayant à jouir long-temps, pourrait abufer : mais il fera très-facile de ne
pas
éprouver ces effets, en déclarant que tout Fermier ou Locataire qui négligerait de payer
pendant deux années, ferait déchu de plein
droit de fon bail, fur la fimple demande du
Propriétaire. Cette claufe porterait à l'améliora- --- Page 160 ---
tion & à l'entretien, & le Propriétaire ferait
toujours alfuré que fon bien augnenterait en
valeur, comme nous allons le démontrer dans
un inftant.
Les maux & les abus qu'a éprouvés TAgriculture par la courte durée des baux, font encore
mille fois moindres pour ceux des Propriétaires
laiques, que pour ceux des biens du Clergé
Le degré du mal fe mefure par la différence
d'un Proprictaire intérefé à bien culciver, &c
d'un ufufruitier intéreffé feulement à jouir, a
anticiper &c à retirer le plus d'argent pollible,
fans faire aucune mife de fonds.
Les Bénéficiers eccléfiaftiques ont la liberté de
réfilier les baux des Titulaires auxquels ils fuccedent; cette liberté a fait plus de maux qu'une
armée ennemie, elle a ruiné plus de Fermiers
que la fifcalité & la féodalité; elle a forcé a
laiffer plus de terres en friche 2 qu'on en aic
jamais défriché ; elle a occafionné plus de procès qu'aucune autre partie de l'adminiftration
bénéficiale, & c'eft beaucoup dire,
Nous céderons au delir d'entrer dans des
détails explicarifs,pour rappeller quelques exemples capables de faire impreflion. 19. A Soif
fons il y a deux Abbayes, dont les terres font
la féodalité; elle a forcé a
laiffer plus de terres en friche 2 qu'on en aic
jamais défriché ; elle a occafionné plus de procès qu'aucune autre partie de l'adminiftration
bénéficiale, & c'eft beaucoup dire,
Nous céderons au delir d'entrer dans des
détails explicarifs,pour rappeller quelques exemples capables de faire impreflion. 19. A Soif
fons il y a deux Abbayes, dont les terres font --- Page 161 ---
exploitées par des Fermiers. Dans l'efpace de
onze ans ils ont eu quatre baux confécutifs,
pour caufe de mort ou démiflion, avec augmentation fucceflive & redevance de pot-de vin à
chaque renouvellement, c'eft-à-dire, environ
10,000 liv. de perdues pour un Fermier qui a
été ruiné, fans avoir enrichi les Bénéficiers
qui les ont reçues.
En 1786,PAbbé de Saint-F... dans T'Eleétion de Meaux, renouvella fon bail un an
avant de mourir;il fe fit donner 20,oooliv. de
pot-de-vin, le nouveau Titulaire a évincé le Fermier.
Ainfi, une fatale liberté d'éviétion ruine
A -
prefque toujours un malheureux Fermier; les proces-verbaux de vifite, de dégradation ou de réparation, font la fource de répétitions ou de
procès qui achèvent fa ruine; il eft forcé de fe
retirer avec fes beftiaux, fes harnois de labourage, achetés à grands frais depuis un,deux ou
trois ans', dans une maifon ou une chambre,
ou la misère le force à devenir journalier ainfi
que fa famille.
L'Affemblée Nationale ne peut trop s'empreffer de réparer un abus aufli majeur 3 elle
doit fe hàter de prononcer
les Eccléfiaftique --- Page 162 ---
ques ne pourront jamais, pour caufe de mort Ou
de démiflion, évincer un Fermier en jouiflance
en vertu d'un bail.
0 a 3
Ces feules difpofitions donneraient une force
nouvelle à notre agticulture; P'opinion publique
ne verrait plus avec peine tant de biens dans
des mains oifives, & condamnés par un régime
abufif &c arbitraire à une forte de ftérilité, &t
aux dilapidations d'ufufruitiers toujours prellés
de jouir.
Les effets de la duréé des baux font authentiques, faciles à fentir, & fufceptibles d'une démonftration évidente; V'intérèt du Propriétaire
ou da Bénéficier, du Cultivateur & de l'Etat
la follicitent également. N'eft-il pas évidentqu'un
Fermier qui fera affuré de prolonger fa jouiffance pendant plufieurs années, fera des avances toujours néceffaires pour améliorer C j que
toutes les terres dépendantes des Fermiers ou
Bénéficiers feront mifes en valeur, & portées
à leur produit ? il n'héfitera par de former des
prairies artificielles, parce qu'il fera sûr d'en
jouir; il ne fera plus arrèté dans fes travaux,
dans fon induftrie, par Pincercitude décourageante qu'il peut travailler pour un autre.
Il plantera des arbres fruitiers, parce quil ef
elpérera
améliorer C j que
toutes les terres dépendantes des Fermiers ou
Bénéficiers feront mifes en valeur, & portées
à leur produit ? il n'héfitera par de former des
prairies artificielles, parce qu'il fera sûr d'en
jouir; il ne fera plus arrèté dans fes travaux,
dans fon induftrie, par Pincercitude décourageante qu'il peut travailler pour un autre.
Il plantera des arbres fruitiers, parce quil ef
elpérera --- Page 163 ---
elpérera d'en jouir; ; il femera des bois,
qu'il fera str de conferver & de
3 parce
perpétuer la
bienveillance de fon Propriétaire; il s'y obligera mème, parce qu'il efpérera qu'à des-époques éloignées, lui ou fes enfans pourront trouver un chauffage geatuic, ou ils dépenfent de
Targent pour fe le procurer.
Il appercevra dans l'avenir la
&
probabilicé,
même une certitude de pouvoir élever &
marier fes enfans, de les voir lai fuccéder ou
le foulager dans fa vieilleffe 5 perfpective douee
& confolante, qui l'encouragera aux
qui lui feras a chérir fon Propriétaire
travaug,
comme fon
Bienfaiteur : des rapports d'intimité exifteronr
pogr l'un & l'autre', les téffources pécuniaires
feront toujours réciproques, & la plus-valae'des
biens-fonds, celle dui prix des baux, feront toujours le réfulcac d'un tel ufage.
En. affermant pour un long temps, ; Je Fermier n'héfitera pas de porter le prix du bail
aupe.jufte valeur : ilfouferira à plafieuts claufes & conditions avantagenfes pour le BénéhsFiets il snttetiendrayavec le memeofoin
Propriétaire, les bâtimens de la Terme; qu'un & les
héritiers du Titulaire-ne fe trouveront
frufa
trés de f
plus
fuccellions comme ilarrive prefquie
Mémoire dAgriculcure.
E --- Page 164 ---
toujours, non-feulement par les dégtadations
réelles, mais encore par les abus de Tadminiftration des Economats, qui s'eft arrogé une jurifdiation dans tout le Royaume,
Des Baux généraus.
DEPUIS long-temps il exifte un autre genre
d'abus bien plus nuifible encore, celui de faire
un bail général d'une terre, ou de toHs les
biens dépendans d'un bénéfice : ces baux ajoutent aux malheurs réfultans de ceux de peu de
dutée, des vexations mulipliées qui font le
fléau des campagnes, D'un côté, ; les befoins
du luxe inouis 5 & des dépenfes toujours en
difproportion avec fes,revenus; ; de l'autre, les
avances de fommes confidérables, que recherchent toujours les Bénéficiers égoiltes Par état,
font les caufes principales de l'ufage des baux
généraux.
Il ne fuffifait pas aux Financiers de s'emparer de toutes les branches du fifc; ils ont
encore porté leur ambition fur l'induftrie, le
falaire des malhéureux Caltivateurs & Métayers, Leur facilité à avancer des fommes confidérables, ce que ne peuvent faire les Fer-
ommes confidérables, que recherchent toujours les Bénéficiers égoiltes Par état,
font les caufes principales de l'ufage des baux
généraux.
Il ne fuffifait pas aux Financiers de s'emparer de toutes les branches du fifc; ils ont
encore porté leur ambition fur l'induftrie, le
falaire des malhéureux Caltivateurs & Métayers, Leur facilité à avancer des fommes confidérables, ce que ne peuvent faire les Fer- --- Page 165 ---
miers, leur affure toujours la préférence, & leur
argent devient le titre de leurs vexations artificieufes & criminelles. Ils vont ou envoient des
émiffaires fur les lieux ; leur premier mot eft
de demander aux Fermiers une augmentation
exorbitante ; ils fuppofent & montrent même
des foumifions qui n'exiftent pas 5 & maitres
en l'art de faire tomber dans le
piége, 3 ils ne
donnent que vingt-quatre heures pour accorder
une prétendue préférence.
Le Fermier, effrayé de l'augmentation, fait
des repréfentations ; mais elles viennent toutes
échouer contre les prétendues foumiffions. Il
confidère qu'il a fait des avances confidérables
qui feraient perdues, que fes granges font pleines, quit faut du temps pour faire battre fes
grains, qu'il a du bled dans fes greniers 5 que
n'ayant pas même le temps de chercher une
autre ferme,il ne faura où refferrer fes grains',
fes effets, fes harnois, ni loger fes
les
befliaux;
qu'en
vendant par circonftance forcée, il les
vendra à une grande perte 5 que fa famille,
fes valets, dont le fort l'intéreffe, vont fe troiver fans occupation : il confidère que fes blés
font beaux;il ne peut réfifter à la douce fatisfaction de les moiffonner lui-même; il efpère
E 2 --- Page 166 ---
de fes travaux 3 de fon induftrie, de la Providencé; il cède énfin à la néceflité; il confent à
l'augmentation, & donne un. pot-de-vin confidérable à chacun de ceux qui viennent lui
faire la loi..
Il eft facile de prévoir les conféquenees funeftes d'une telle régie, Le principal Fermier
fous-divife fur les autres fous-Fermiers les vexations qu'il a éprouvées lui même ; les uns &
les autres travaillent, &c le réfultat le plus ordinaire de tant de travaux fi penibles, eft,ou
la vente forcée de leur mobilier fauté de paiement, ou l'unique reffource d'avoir pu le conferver, en ne travaillant que pour les Financiers. Telle eft en abrégé la déprédation qui
s'exerce annuellement far une étendue de biens
immenfes,puifquil n'y a que les grands Seigneurs & les Bénéficiers qui ont des FermiersGénéraux.
le réfultat le plus ordinaire de tant de travaux fi penibles, eft,ou
la vente forcée de leur mobilier fauté de paiement, ou l'unique reffource d'avoir pu le conferver, en ne travaillant que pour les Financiers. Telle eft en abrégé la déprédation qui
s'exerce annuellement far une étendue de biens
immenfes,puifquil n'y a que les grands Seigneurs & les Bénéficiers qui ont des FermiersGénéraux. --- Page 167 ---
ARTICLE VII
Droits d'Echange & de Franc-Fief,
Lonmox connue de T'AMemblée, celle
écrite dans tous les Cahiers des Municipalités,
même dans ceux des Citoyens Nobles & Eccléfiaftiques, nous difpenfent d'entrer dans aucun
développement des abus de ce droit fifcal.
Le droit de Franc-Fief, barbare dans fon
origine, cruelle dans fa perception, eft encore
aviliffant pour un Peuple libre. Il confifte, 2 de
la part des Roturiers Laics, a payer pour une
terre de 100,000 1, 1°,
a 5,0001.
2°. IO fp.1 2
1.
2,500
Total.
7,500
Et la même fomme à toute mutation pour
caufe de vente, mort ou échanges. Il s'oppofe
feul au commerce des terres, à PAgriculure;
il eft en un mot une fource de vexations de la
part du Fifc. Noas nous contenterons d'indiquer un exemple de fes effets, & il fervira à
faire fentir l'influence d'une telle loi pour lcs
Habitans du Royaume.
E3 --- Page 168 ---
MM, Feger & Grammond, Banquiers a
Bordeaux, ont été chargés en 1788, par des
Hollandais, de leur acquérir en France pour
12 millions de terres : lorfqu'on leur a obfervé
qu'ils feraient fujets aux droits de franc-fief,
qui, à raifon de 12 millions, préfentait le facrifice en pure perte de 790,000 livres, fans
compter les retours ramifiés à l'infini a toutes
efpèces de mutations ou échanges, ces Etrangers ont levé l'ordre qu'ils avaient donné,
& ont acheté des terres en Angleterre,
Des Echanges.
Les droits féodaux & fifcaux qui font établis fur les échanges, prouvent bien l'excès d'act
tivité & d'infatiabilité des anciens Scigneurs de
fief & des Financiers confervateurs du fife; car
iln'y a pas d'opération dans le commerce rural
plus indifférente pour un Seigneur, & en mème
temps plus avantageufe pour T'Agriculture.
Nous citerons un exemple encore, qui, plus
que tous les raifonnemens, prouvera, & les
effers de ces droits, & la nécellité de les
anéantir,
Un particulier échange dans la Généralité --- Page 169 ---
d'Orléans, en Janvier 1788, des bois en fief
fitués à deux lieues de chez lui, pour des
moulins fitués à vingt pas de fon domicile.
L'échange eft fait fans aucun retour de deniers; les objets font évalués par Experts &
Tiers-Experts, à 26,000 liv. A peine un'mois
eft écoulé qu'il reçoit avertiffement de payer
Pour Ic tout.
1o. Le centième denier pour fa
portion.
8so liv.
2°. Le centième denier pour
celle qu'il a échangée.
3°. Le droit de franc-fief modéré,
: 1,500
4". Le droit de quint &c de requint, e
6,240
TOTAL e
e
8,590 liv.
Plus, avec les frais d'aéte..
I5O
8,740 liv.
Les raifonnemens font fuperflus quand les
faits parlent avec autant d'énergie.
E
tout.
1o. Le centième denier pour fa
portion.
8so liv.
2°. Le centième denier pour
celle qu'il a échangée.
3°. Le droit de franc-fief modéré,
: 1,500
4". Le droit de quint &c de requint, e
6,240
TOTAL e
e
8,590 liv.
Plus, avec les frais d'aéte..
I5O
8,740 liv.
Les raifonnemens font fuperflus quand les
faits parlent avec autant d'énergie.
E --- Page 170 ---
ARTICLE VIIL
Dis Subfieutions & des Retraits lignagers.
Nationale confacre le
SirAremtie
ptincipe,
qu'il faur rendre le Commerce des tetres libre 3
il faut néceffairement qu'elle profcrive les
fubfticutions & toute efpèce de retraits, qui
nuifent à la liberté des ventes & des mutations.
Il n'eft pas dans la nature des fociétés de
faire des Loix adminiftratives immuablés &c
perpétuelles; elles font néceffairement fubordonnéés aux révolutions, aux changemens des
moeurs & des ufages; la meilleure Loi pour
un' pays gonverné par un Defpore; ne peut
pas être telle
un
V
pour
pays gourerné par
dés Loix &c par un Roi
-
qui règne par elles.
Nous ne fommes plus ce que nous étions il
y ai cinq cents ans > trois cents ans, ily y a
même un ans.&nibnef impoliblelique des
Loix, des Coutumes faites Sorédigees dans
des temps gothiques &c barbares, dont les
unes ont été diétéés par la force, les autres
par la fuite des Loix féodales &c fifcales, puiffent convenir à T'adminiftration d'un Peuple --- Page 171 ---
éclairé, qui-ne peut ni ne veut plus outrager
la nature, bleffer l'équité & attenter aux droits
du Citoyen.
Les fubfticutions & les retraits tendent évidemment à diminuer le nombre des Propriétaires, lorfque les principes de la fociabilité,
çhez un Peuple agticole, tendent au contraire
à l'augmenter.*
Les fubftitutions & les retraits tendent. à
conferver dans leur intégrité, & même dans
leur indivifibilité, des propriéeés vaftes, à concentrer des fortunes immenfes dans les mêmes
familles. Un Gouvernement fage, au contraire,
qai doit veiller pour le pauvre & le riche,
tend à divifer les grandes propriétés, parce
que l'expérience lui apprend qu'elles font plus
mal cultivées & impolitiques; ; il tend encore
à faciliter les ventes, les échanges & les mutations, à donner au Peuple l'occafion d'avoir
des propriétés, à lui donner les moyens d'améliorer fa condition, lorfque fes travaux, fon
induftrie lui auront fait faire des épargnes. La
qualité de Citoyen s'affermit par le titre de
Propriétaire.
Les fubfticutions, les retraits entravent le
commerce desterres, diminuent néceffairement
impolitiques; ; il tend encore
à faciliter les ventes, les échanges & les mutations, à donner au Peuple l'occafion d'avoir
des propriétés, à lui donner les moyens d'améliorer fa condition, lorfque fes travaux, fon
induftrie lui auront fait faire des épargnes. La
qualité de Citoyen s'affermit par le titre de
Propriétaire.
Les fubfticutions, les retraits entravent le
commerce desterres, diminuent néceffairement --- Page 172 ---
les valeurs foncières, occafionnent des procès;
des haines, forcent le Propriéraire qui a befoin
de vendre, à donner fa chofe à un moindre
prix, ou à la confervér dans un état de négligence ou d'inculture, fuite naturelle de fes befoins.
Un Gouvernement fage doit fe rendre libre
& brifer tous les liens qui, jufqu'a ee jour, ont
enchaîné ce grand principe; il doit, pour fixer
le numéraire, veiller à ce que les biens-fonds
foient les meilleures fpéculations & les plus favorifées; il doit par fuire protéger le Propriétaire qui a befoin, ou qui veut échanger ou
vendre fa propriété, & ne pas fouffrir que le
fifc lui enlève un tiers de fa valeur.
Les fubftitutions attaquent la foi publique.
Les fubltitués empruntent impunément,
que leurs enfans n'y perdront rien. Les créan- parce
ciers fe repofent fur la probité ou fur la fortune
des fublicués, & ceux-ci les trompent ou les
volent.
Un Gouvernement fage doit arrêter une telle
déprédation. Les moeurs & la fortune publique
l'ordonnent impérieufement.
Les fubftitutions & les retraits féodaux circonfcrivent pour une certaine claffe de la Société, --- Page 173 ---
des droits qui prédominent fur lintérêt général, qui femblent être la continuation du pou:
voir du riche fur le pauvre D qui nuifent effentiellement à la perfectibilité de notre adminiftration, & fur-tout de notre légiflation.
Un Gouvernement qui tend à fa proptiété,
& qui ne peut y parvenir que par la réunion
des intérêts communs, doit détruire tout ce qui
s'oppofe à cette réunion. Tout exception ou
acception de perfonnes doit ceffer aujourd'hui.
Les rangs, les dignités doivent céder à l'intérêt de la Nation entière, qui feul doit être
l'objet facré &.primitif de toutes Loix publiques. D'ailleurs, des tyrans, des hommes barbares les ont inftituées, ces Loix. La Nation qui
eft fage & plus civilifée que fous les règnes des
premières Races, le Roi qui eft père de fon
Peuple, peuvent & doivent abroger des Loix
dont les effets feraient toujours les ftigmates
de l'efclavage & de l'ignorance.
entière, qui feul doit être
l'objet facré &.primitif de toutes Loix publiques. D'ailleurs, des tyrans, des hommes barbares les ont inftituées, ces Loix. La Nation qui
eft fage & plus civilifée que fous les règnes des
premières Races, le Roi qui eft père de fon
Peuple, peuvent & doivent abroger des Loix
dont les effets feraient toujours les ftigmates
de l'efclavage & de l'ignorance. --- Page 174 ---
ARTICLE IX.
Des Saifes-réelles.
Cen Décret
judiciaire eft peut- être de tous
celui qui donne lieu à plus de vexations.de la
Part des Oficiers des Tribunaux; mais on peur
alfurer, fans craindre de fe tromper, qu'il eft
auffi celui qui a le plus affligé l'Habitant des
campagnes, & en général les Propriéraires. Une
dette, quelque modique qu'elle fit, donnait
lieu à des frais immenfes. Les exemples de
faifies-réelles qui ont coûté de's fommes cent a
mille fois fupérieures à la dette pour laquelle
on avait faifi, ne font pas rares.
Les exemples de failies-réelles, ou ventes
forcées de terres adjugées.aux Procureurs même,
dont les frais abforbaient les deux tiers du prix,
font encore communs.
Les exemples de terres vendues en fuite de
faifies-réelles, & dont le prix n'a pas été pour
les créanciers, mais tout entier pour les Officiers de Juftice, qu'une Loi prévoyante a établis'les premiers prenans, font encore très-communs.
Enfin M. de Chancey, l'un de nos Corref- --- Page 175 ---
pondans, nous apprend qu'une veuve, poffédant un bien de 3000 livres, a été ruinée par
une faifie-réelle pour une perdrix qu'elle n'avait
pas tuée, &c par une fuite d'un cautionnement
de 5o livres pour l'amende de ce délit de chafle.
Tant de défordres, dont la maffe paroitrait
bien plus exceflive encore, fi on pouvait recueillir ceux que l'antre de la chicane recèle,
avertiffent 13
l'Affemblée Nationale d'en arrèter
le cours: les moeurs, l'intérèt public le follicitent. Le. tableau d'une terre ou d'une ferme
en - failie réelle, préfente celui d'une dévaftation
hoftile, du féjour d'un fléau; les terres, les
. prés. font en friche oit abandonmés a une vague
pârure; les bâtimens font délabrés, les bois
coupés & faccagés : l'intérèt des Agens de la
Juftice à prolonger les frais tant que la chofe
leur en affure la perception, prolonge néceffairemen ce tableau de misère. La maffe detant
de biens dans cet état, néceflite, dans le Code
civil, une réforme prompte qui puiffe prévenir de tels défordres, & garantir le Cultivateur des féductions & des piéges des Praticiens,
dont la plupart ne vivent que par ces odieufes
manoeuvres.
érèt des Agens de la
Juftice à prolonger les frais tant que la chofe
leur en affure la perception, prolonge néceffairemen ce tableau de misère. La maffe detant
de biens dans cet état, néceflite, dans le Code
civil, une réforme prompte qui puiffe prévenir de tels défordres, & garantir le Cultivateur des féductions & des piéges des Praticiens,
dont la plupart ne vivent que par ces odieufes
manoeuvres. --- Page 176 ---
ARTICLE X
Bois & Forêts.
Toorss les Sociétés
d'Agriculture, tous les
Citoyens amis du bien public, n'ont ceffé
depuis long-temps d'avertir le Miniftère que
le Royaume tendait rapidement à une diferte
générale de bois de toute cfpèce : leurs repréfentations n'ont eu aucun fuccès ; elles n'ont
peut-être pas mème été lues; tant il a été dif.
ficile jufqu'i préfent de fixerl'attention du grand
nombre des Miniftres qui fe font uniquement
occupés d'emprunts, de finances & de filcalité!
Le haut prix de cet objer de confommation,
comparé avec celui qui fe payiat ily a vingt
ou trente ans, aurait dû fuffire à une Adminiftration dont le bien public aurait dirigé les travaux, pour rechercher les caufes d'un renchériffement qui a franchi fi fubitement les proportions lentes & graduelles des denrées avec le
taux de l'argent,
L'excès du prix, bien loin de porter à conferver les bois, er a fait & fait couper davantage;
le même tableau, les mêmes effets exiftent dans
tour le Royaume. Le prix du bois a quadruplé --- Page 177 ---
depuis quinze à vingt ans. Par-tout Of coupe;
& prefque nulle part on ne plânte. Bientôt les
efforts & les foins de la Nature, qui veille à la
reproduétion des arbres, ne pourra plus fuffireila
confommation des foyers & au fervice des conftruétions, Par-tout la foif infatiable d'an luxe
inoui, les fpéculations financières, les projets fyf
tématiques & de calcul, l'égoifme fou vent
aufi le poids accablant des impolitions, ont fait
abattre ces chênaies antiques, ces beaux monumens de la Nature champêtre, deftinés aux
grandes charpentes ou aux befoins de la Marine.
Heureux encore, fi la culture des plantes céréales
ou légumineufes fe fût agrandie fur les couches
nombreufes de terre végétale que le temps avait
accumulées fur leur face! Mais non: les fouches
trop âgées Pour repoduire, trop difficiles ou trop
coûreufes à arracher, ont éloigné toute idée de
culture; & des déferts ont fuccédé à des lieux
fuperbes que la Nature avait embellis, &
nos aieux avaient en vénération.
que
Le luxe de la Capitale eft imité dans les
Provinces; la' valeure xorbitante des bois de toute
efpèce porte les propriétaires, qui font toujours
preffes de jouir, à couper & à détruire les bois.
On a fait Par-tout des efforts & des travaux
ufes à arracher, ont éloigné toute idée de
culture; & des déferts ont fuccédé à des lieux
fuperbes que la Nature avait embellis, &
nos aieux avaient en vénération.
que
Le luxe de la Capitale eft imité dans les
Provinces; la' valeure xorbitante des bois de toute
efpèce porte les propriétaires, qui font toujours
preffes de jouir, à couper & à détruire les bois.
On a fait Par-tout des efforts & des travaux --- Page 178 ---
pour ouvrir des communications jufqu'alots
inufitées; par-tout nous voyons ouvrir & pratiquer des ruiffeaux Aottables. L'Adminiftration
fe prête fouvent à ces projets; elle a dépenté
depuis trois sansprès de deux millionspour ouvrir
un canal dans le Nivernais, en
perforant une
montagne, & on affure que ce canal ne fera
jamais d'aucun fecours; car, en prenant les
bois à trois livres la corde dans les cantons
doivent y affluer, ils cofteraient beaucoup qui
ique le prix marchand a Paris.
pluis
Par' une faralité inconcevable, il femble
ces foyers fe multiplient tous les jours, & que a
mefureqee lès dernières réfources augmentent.
Jadis un foyer commun fervait à toute une
famille aujourd'hui les valets ont leur foyer
particulier, Il y a cinquante ans que les bords
feule de la Marne, de la Seine, d'Yone &
d'Oife foffifaient pour approvifionner Paris;
aujourd'hui les canaux de Briare, d'Orléans,
auxquels fe réuniffent des milliers de ruiffeaux
ou rivières flottables nouvellement
la Loire, à laquelle fe rendent divers conftruitss ruiffeaux
nouvellement formés 8cà grands frais, dans le
haut-Berry, le Bourbonnais, peuvent à peine
fournir les chantiers, malgré les reffources
qJlie
le --- Page 179 ---
8ss
le petit peuple trotve dans la tourbe;
la
& malgeé,
confaimmation: dus charbon de terre
Manufadtutiers ont commencé à faire que lee
au charbon rde boisk
fuccéder,
Il n'exitte aucune Province ou cette
ne fe falle
diferte
fentir splus 3 ou moins, Elle
trème dans les Provinces
eft exexifte donc le befoin
méridionales, Par-tout,
ou labfolne nécefité
planter du bois, & fur-tour de veiller
der
gime du peu qui refte (). Il faur
au ré
courager les proptiéaires,
donc cn-,
fournir memes des
les protéger, leur
femer
fonds pour les exciter a
omplanterides bois: il faur donc
rer fue-lenchampide
s'empadu Roi, &
Tadminitration des forêrs
desigens de
il
donc
main-morre;
fauc
s'oppofer aux entteprifes des Officiers
(1) Si les Affemblées Provinciales
'reufement de fc fervir ce liens de bois défendaient rigoude blé ourbottes de
pour les gerbes
empécherait la
fourages, > cette feule ordonnance
de bois. Le Payfan dégradation de plus de cent mille arpens
micux venans,
coupe les brins lcs plus droits, les
pied. Un.Procel-verbal n'épargne même pas ceux qui font de
du Gatinais,
a conftaré pour ane feule Paroifle
de long
onze mille liens de. bois de 7, 8 à IO. pieds
anlever. pour des gerbes qu'un homme feul a peine à
Mémoire
a
R
d'Agricalture.
de bois. Le Payfan dégradation de plus de cent mille arpens
micux venans,
coupe les brins lcs plus droits, les
pied. Un.Procel-verbal n'épargne même pas ceux qui font de
du Gatinais,
a conftaré pour ane feule Paroifle
de long
onze mille liens de. bois de 7, 8 à IO. pieds
anlever. pour des gerbes qu'un homme feul a peine à
Mémoire
a
R
d'Agricalture. --- Page 180 ---
8z3
des maitrifes, aux ravages de précendus en-!
gagiltess que la crainte de ne pas jouir long*
temps; porte àa abattre, même clandefinement,
& dans les temps oû les arbres font couverts:
de feuilles; il faut doncinterdire aux Religieux,
& fur-tout aux' Abbés Commendaraires, route
deleuts bois, & erre fourd aux prétendus
coupe
d'Eglifes, ou de dégradabefoins de réparations donc examiner attentivetions d'Abbayes; il faut
Paris à
ment les Provinces qui fourniflent
plus
de quaranté lieues,1 furveiller & concilierl'intétet,
des
avec les befoins & lai
lt liberté
propriétaires
ilfaur donc enfin
reffource de la confoimmation;
fans aucun délai,du foin de repeupler
roceuper,
forêts, de femer & de planter
les anciennes
les tetreins vagues, qui, par la fuites pourront
fournir à la-confommation. confianee, affurer
La Société peur, avec
de terrains
P'ANfemblée Nationale qu'il Y a' peu
de
inaccellibles a la calture de quelqu'elpèce
bois, tels 1n le chaine, le chataigaer, le hètre,
a le que
le bouleaua Taunes le pens
le pin,
fapin,
plier &c. (a)- La Nature a placé, prefque
(Y) Dans une plaine couverte de bruyères, fitnée dans
te bas Berry, qui contient au moins 10,000 S a arpens, 1001 LA on
S1a) esPrat --- Page 181 ---
dâns tous les cantons en friche, des arbres
paryenus à une groffeur confidérable,
épars
diquent
qui inble qu'unel fofplerguilconvdendait heureufe
au fol. Il femdeftinée les a
pour cetter fine Ces indiçations
confervés
être.f fautives; elles
ne fanraient
efpece der fyleme iquipdans prémuniffent contre toute
lardeur de créer,
voulisit-obfliner à faire croitre l'arbre le
ptécieux oni Thumble bouleau feul
plus
péretupildeg
nim5e
pent profJleft toujours fage d'oblerver la Narure, de
l'écadiery &c même - de faire des 5 effais
defe livrer aux travaux en grand.
avant
eft le feul livre ucile, le feal livre L'expérience
lire les
où doivent
Caltivaterirei&c les
blics ehargésde
Adminifrateurs puor On fera étonné protéger PAgriculeure. - gA
fieurs-années, & dans d'spprendre que dépuis pluion fe fert de paille beaucoup de Provinces,
pour chauffer les
pour prépater les breuvages des
fours,
aul
eoisu
animatrx, &
avu des châtaigners (aperbes que la
avoir été plantés pour marquer les limites Tradition apprend
Villages : Gila plaine en eft éré
de plufieurs
plus de fir millions, & certainement couverte, elle vaudrait
à 3 livres T'arpent,
on aurait le total
F 2
que dépuis pluion fe fert de paille beaucoup de Provinces,
pour chauffer les
pour prépater les breuvages des
fours,
aul
eoisu
animatrx, &
avu des châtaigners (aperbes que la
avoir été plantés pour marquer les limites Tradition apprend
Villages : Gila plaine en eft éré
de plufieurs
plus de fir millions, & certainement couverte, elle vaudrait
à 3 livres T'arpent,
on aurait le total
F 2 --- Page 182 ---
cuire les alimens, dernière reffouree a TAgriculture, une parrie de fes engrais fans laquelle
extrème qui
elle ne peut que languir :rellource la nécellité
préfage L'abandon des cultures Sc
des émigrations. A peine peut-on trouver du
bois pour faire les harnois du labourage.
Quelqu'importante que P puille êrre, pour
fonciersy l'opération de femer
les propuétaires
qu'elle
ou de réparer les bois, qaclquimpecieufe publique, le
puilfe ètre pour l'Adminifration
fuccès en eft fubordonné à un concoursidecir.
conftances qu'il eft néceffaire de ptévoirs de
Le
ou TAdconnaitre ou d'éviter.
proprictaire,
miniftration Provinciale qui voudrait former en
confidérable, pourtaits pat
bois une Commune
exemples manquer fon bur, en fe déterminant
d'abord a former une pépinière d'arbres forefles planter enfuite far un terrain
tiers, pour il eft aifé de fentir qu'une planté
inculte; car
fertile, labourée &
prife dans une pépiniète
à croitre fur un
foignée, aurait de la peine
La
culture n'auriit préparé.
fol qu'aucune
quaadume
manière de planter, toujours négligée
main fervile l'a condait, les frais de plantation,
fécherefle des faifons, toutes ces circonfJa
feraient
ces utiles
tances réunies ne
qu'éloigner
opérations. --- Page 183 ---
8;
Cés exemples de non-fuccès
la caufe & les effets de la difette, prolongeraiene
des armes à ceux qui,
donneraient
ractère, frondent
par habitude ou par Ca-
& cenfarent tous les
toutes les tentatives utiles qu'ils n'ont projets,
pofées sou difcurées. L'habitude de
pas proeffet naturel de notre long alferviffement l'infouciance,
pouvoir arbitraire, ferait trouver des fectateurs aul
qui bientôr perfuaderaient que
a former des bois &
T'argent employé
forèis, eft prodigué à des
Protégés ou abulivement diftribué.
Parmi les différens moyens
nous en citerons un qui aurait d'encourngemens, le double
tage d'alfurer la
avanfaccés. Il confifte poflibilité Ouk l'impoflibilité du
tionné
à propofer un ptix, ,
au travail & a fon.
proporqui, far une vafte étendue de importance, à ceux
parviendraient
terrain en friche,
à y faire croître &
faire
naitre l'efpèce qui conviendrair ly
conen publiant la méthode dont ils fe mieux au fol,
vi, Une récompenfe
feraient ferdemnifer des frais
qui pourrait au moins infaits pour ces
née avec folemnité, aurait des travanx,, donbles pour le bien public. Par ce effers incalcula- a
miniftration
moyen., l'Adfonds
ne hafarderaic jamais une mife de
confidérable, & elle ferait affurée
par
F 3
èce qui conviendrair ly
conen publiant la méthode dont ils fe mieux au fol,
vi, Une récompenfe
feraient ferdemnifer des frais
qui pourrait au moins infaits pour ces
née avec folemnité, aurait des travanx,, donbles pour le bien public. Par ce effers incalcula- a
miniftration
moyen., l'Adfonds
ne hafarderaic jamais une mife de
confidérable, & elle ferait affurée
par
F 3 --- Page 184 ---
le hombre.de stex)ui.redcoskenint
riter le prix ef out platôth & bien mériter dmePattie, quechaque
de Ia
friche oup commune
par la fuite: fes couvriti d'arbres!
pourrait
gleterre décerna
ntiles, L'Andaille natiolale, aup Ducnde Bedfort une mé
avoin
avec celte infcription : Pour
femé du Glandol SToI 65.
Le repeuplement des bois & Taunsa 3589
cellité
forèts, lai né
d'épargriee ceux qni reftent, doivent
méanmoins avértir FAdminiftration
plier & de favorifet lesn
dermultimoyens quir peuverie
Auppléer aux bois. La néceflité, le befoin rendent indufrieux. Depuis plufieurs
Paris,on fe fert utilement del la annéesga
par-tont. oir il y a des marais, il eft tourbes &
pratiquer des: rourbières
pofible d'y
(1). Ily a des: 5 mines
fréquentes de
cdhesdtonsdeseii,dont ilet im1910 o1isl Y
da
Dioi 100 o anbitibooivieg D
s
(r). Depuis un temps immémorial, dans
satisn
vinces on fe fert de tourbes
plufienrs Pro- a
les foarneaux DE & les Manufactures, pomr a fe chauffer, & pour V
tourbes enrichis les
La fouille de ces
beaucoup d'ouvriers, Proprictaires, évire
fait gagner la vie a
ceirie qui'les fublituent au-bois, une dépenfe confidérable à
font reconnues excellentes
Les cendres des tourbes
les prairics
comme engrais, fur-tour far
arifcielles. - e -
Rucz --- Page 185 ---
de favorifer Texploitation. Les fourportant
des manufactures n'en conneaux, les foyers
d'oà nous
fomment pas d'auittes en Angletefte,
des
de fer & d'acier qui ileinretirons
ouvrages 5
160) ao fur Tes nôtres parle prix de leur perfecportrent
Provinces offriraient d'aufli
tion. Combiende
l'objet des
précieufes telotite, : autant pour la malle dès
mnadfauntes, que pour épargner
bois, & fouitenir les befoini de la confommation! Bieniôt les forges de feu feront abandonnées faure de bois. Déjà dans plafieurs b
Provinces, & notamment 10
dans le Berry, on
eft forcé desmaire les racines desbruyères qu'on
us
a
fourenir le fervice des 1
réduit en enlq charbon sn Pour
forget nol
Ed de
de
& de
Les mamufactures Bienel, D3
potterie D 1 JOS
verterie, font dans un état languifant, parce néceflai- que
la confomnmiacion du bois angmientant
le d
des marchahdifes, celles de
rement ptix E
plus fourenit la concurrence an
France ne peuvenr
Aqui cette mème matavec celle d'Angletetre,
le bois feul colie
chandife colte moins que asusau sacbno
aux Manufadtutieri Français. 31 ino 20el 9i19t al blliny
enst
139 20dl
loup
F 4
néceflai- que
la confomnmiacion du bois angmientant
le d
des marchahdifes, celles de
rement ptix E
plus fourenit la concurrence an
France ne peuvenr
Aqui cette mème matavec celle d'Angletetre,
le bois feul colie
chandife colte moins que asusau sacbno
aux Manufadtutieri Français. 31 ino 20el 9i19t al blliny
enst
139 20dl
loup
F 4 --- Page 186 ---
8 8
no.
119 A R TIC L
X
0Yo
eton
Des Prairies artificiclles,
a T
culure
2 30
a
Lx
des prairies artificielles seit un thermomètre invariable & sûr
291 juger l'étar
de
200 TAgriculture, UC
l'aifance ou - richeffe d'un
Royaume agricole, Cette vérité H9 précieufe ne
pourrait être contredite, Texpérience 13 en eft -
par-tout conftante. La
Hollande & -
eb
Suille, TAngletetic, R
la
toutes les Provinces -
ou cantons
de France
à
to
qpiay adonnent, 10
en font une
tishenigut a Une plas grande quantiré ERE
ragesaffure la multiplication des
refalte
beltiaux, d'on
néceffairement une malfe plus confidé5b rable 3 d'engrais
font la bafe effentielle
toute elpèce de
otal
2910 133 DE
de
enp 93
T0el
Sir
s Si les connaiffances relatives a. tr T'économie *
rurale ont été f cardives, il faur l'attribuer
certainement à la fervirude, féodale & ffcale,
au pouvoir abitraire des Delégués qut fe réuniffaient PORE accabler le Cultivateur Français:
pendant plutieurs fiecles les laboureurs ont travaillé la terre fans émulation, fans
&
fans principes; ils ont obfervé que la courage terre s'appauvriffaient par une longue faite de productions --- Page 187 ---
de même nature ; alors ils ont laiffe répofer
difaient-ils, les terres pour leur donner le
S
de recouvrer les fucs nutritifs
temps
perdus, De ces obfervations eft qu'elles avaient
que funefte
réfulté la pratidi-long repos des terres & celle des
jachères, fyftèmes que la difette 'feule des eilgrais & limpaifance des Cultivateurs ont rendu
continuellement néceffaire. Bientôt la
les a érigéesen principes
routine
les adtes & la
d'agticulture; les baux,
bunaux
jurifprudence de-tous les Triont confacré cette méthode vicieufe &
abfurde, comme une maxime qui
bien général,
importait au
30 Dans lai fitel des
connu les bienfaits temps on a peu-lpeu red'une agriculture
fonnée. Les lumières,
plus rairifée
linduftrie active & favoduPeuple Anglais, des Cultivareurs éclairés, des Sociétés
aux
dagricultuire s ont fait fentir
Propriétaires de terres les vices de leur
cure & limpottance des
cul
Il n'a falla à la
prairies artificielles.
convaincre.
plapart qu'effayer pour s'en
L'exemple & P'expérience, ces deux
guides G fayorables à l'art
feniblement démontré
agricole, ont inles
de ces fortes de
avantages immenfes
prairies, Déja des Provinces
entières-onrd changé de face. Depuis dix à douze
terres les vices de leur
cure & limpottance des
cul
Il n'a falla à la
prairies artificielles.
convaincre.
plapart qu'effayer pour s'en
L'exemple & P'expérience, ces deux
guides G fayorables à l'art
feniblement démontré
agricole, ont inles
de ces fortes de
avantages immenfes
prairies, Déja des Provinces
entières-onrd changé de face. Depuis dix à douze --- Page 188 ---
ans,PAlface, Ia Flandre > la Normandie, le
plus grand nombre des Eledtions, de la Généralité de Paris 5 ont quadraplélla quantiré
leurs
de
fourages, > le-nombre de leurs beftiaux, la
mafle des engrais & de leurs récoltés.
Les terres jadis deftinées aux
c'elt-a-dire,à une vaine ou ftérile longs repos l3
les mêmes des jachères Te font piture,celceflivément de trefle, de Juzerne couvértes fuc-
&ic. &c. Les
sde fainfoin,
produits ont été doubles &
de ceux des pirés naturels, & fouvent des triples
cultivées en grains (a). Ces diverfes terres
fertilifent encore la terre, foit par leurs plantes racines
longues & profondes qui,eh la
eherchér dans les conchés inférieures divifant, vonz
riture qui léur
la nourconvient; foit par lès. débris
nombreux de lears feuilles & tige; foit enfin
par le mécanifme de leur végétation,
Pofant a la furface du fol une forte qui,dé
d'engrais
météorique, le féconde & le difpofe a la
dacion des-céréales,
pro-
(1) D'après dcs recherches exactes faires par M. Gilbere, Autcur d'an Onvrage fur les Prairies artificiclles
que la Société a couronné, il réfulte que Tannée
mune fur 9 d'un arpent de luzernes eft de 4,604 comselledu trefie de 4.561 liv.; celle de velendesis liv.; liv. --- Page 189 ---
de.ces prairies s artificielles
-Le défrichemeht
foudonne des récoltes fuperbes & fucceflives,
vent même fans le fecours, des engrais.caprès
fur des
avoir donné des 1 milliers de foitages
le
du repos & des jachères
terres que
fyftême
del einullicé pat
aurait condamnées à une fotte
le Cakivareut
le proiuit, & pour lefquelles
n'aurait cellé de.payer des impolitions. der dimin
Ce genre de culcure ne dérange ni ne
nue Pordre & da quanticé des plantes céréales.
qu'un bail rrop: court
Lei CaltivasenrFenmiee
ne
gène, choilit le trefle: e.pour lès terres qu'il
Jaiflet qu'unes deux ou trois années en
jachères, peur
& fa térre in'en eft que plus fertile
& mieux difpolte à recevoit toutelautré ptoduc
tion (r). 2eb TL tbbnillds TRI6 agd 1 e
laille plufieurs années la
att Le Propriéraite
Plufieurs Curés & Seigneurt de TArtois ont prétendu -T61) avoir la dime fur les prairics artificielles, terrains parce
qu'elles couvroient la plus grande partie relevé de leurs de l'Etat des
aécimables. Les, Syndics ont fait le artificielles : ils ont
dimes avant T'introduction des prairies avoit tiercé. la récolte des
démontré que cette pratique de ce fait eft authentique. Les
bleds. La démonftration
at. Parlement de Paris-en
Paroiffet ont gagué leur procès
1785.
la dime fur les prairics artificielles, terrains parce
qu'elles couvroient la plus grande partie relevé de leurs de l'Etat des
aécimables. Les, Syndics ont fait le artificielles : ils ont
dimes avant T'introduction des prairies avoit tiercé. la récolte des
démontré que cette pratique de ce fait eft authentique. Les
bleds. La démonftration
at. Parlement de Paris-en
Paroiffet ont gagué leur procès
1785. --- Page 190 ---
luzerne & le fainfoin dans fon
que le produit
champ, 3 parce
augmente de plus en plus les
premières années, & que la fertilité de fa terre
eft en proportion directe du long féjour de ces
plantes.
Par-tout les meilleures pratiques, la culture
des plantes utiles, trouvent des
des routines ou des préjugés contradictenrs, à vaincre. On
reproche aux fourages des prairies artificielles
des dangers, des défauts mème de falabrités
d'autres foutiennent que leur terrain n'eft
pre à aucune forte de prairies
prod'autres enfin ofent foutenir
artificielles s
prairies A artificielles fait
que Fufage des
diminuer la
des récoltes. La Sociéré n'a ceffé del combarrre quantité
des préjugés auffi abfurdes par des
multipliées & authentiques, & les détails expériences
fait que confirmer &
n'ont
T'excellence
ajourer aux preuves de
& de latilité des
cielles. n
prairies artifElle s'elt convaincue que la variété des
qui les formenc, pouvair s'allortir a celle plantes des
terrains. Les fainfoin. indigene fur les montagues, vient très-bien fur les: terres rudes &e
graveleufes; le trefle fur les terrains durs &
humides,mème fur ceux qui font fabloneux i --- Page 191 ---
les velfes croiffent également bien
la luzerne,
font fubltantielles, que les
fur toutes celles qui
labours peuvent atténuer & préparer.
moins à développet
Nous nous attacherons
les avantages de'ces prairies, qu'à repréfenter
T'Affemblée Nationale, qu'il y a de vaftes
à
culture fi
eft in*
Provinces ou cette
précieufe
d'autres oi elle l'eft peu, & qu'une
connue 3
de la Généralité de Paris en confeule Election
le Berry ou le Poitou
tient plus d'arpens que les défauts de moyens
Des abus > la routine,
encore long-temps a cette partie
s'oppoferont l'économie rurale; l'Affemblée Naprécieufe de
fans doute, de l'indiquer
rionale s'emprellera, Provinciales comme un des
aux Aflemblées
doivent faire profpérer
principaux objets qui autorifer à
des
lagricalture, & de les
employer
faciliter les Culfecours du tréfor public pour
les impôrs, les malheurs, la mirivateurs que
de s'y lisère mettraient dans T'impuiffance
Dans
toutes les Provinces, les Décima4
(1)
prefque
pour empécher la culture
eeuts s'oppofatent ou plaidaient dont ils vouloient percevoir la dimes
des prairics artificielles béniffent le Décret qui a (upprimé unc
les Agriculteurs plas onéreufe que tous les impôts réunis.
perceptien
pour
les impôrs, les malheurs, la mirivateurs que
de s'y lisère mettraient dans T'impuiffance
Dans
toutes les Provinces, les Décima4
(1)
prefque
pour empécher la culture
eeuts s'oppofatent ou plaidaient dont ils vouloient percevoir la dimes
des prairics artificielles béniffent le Décret qui a (upprimé unc
les Agriculteurs plas onéreufe que tous les impôts réunis.
perceptien --- Page 192 ---
vrer's en le faifant, elle ouvrira un ttéfor inél
puifable, a elle prévieudra les Allemblées Provinciales contre l'entreprife f abufive des
dics de plufienrs
Syn
faille ceux qui culiventides cantons, qui augmentenr'de
lesy en lesimpofant
prairies artificiell
naturels. L'aifance comme poffeffeurs de prés
&c les richeffes des
teurs dépendent abfolument de la
Cultivation des beltiaux; T'Aflemblée Narionale multiplica
quelle forte de nourriture foutient,
fait
temps préfent & depuis G
s dans le
tant de la campagne. Un pain long-temps, noir,
Phabiinférieut a celui
mal fain;
que confomment tant
maux de live, quelques
d'anis
des légutmer, font les alimens laitages , rarement
Ciroyens qui travaillent f
ordinaires de ses
productions des denrées de péniblemene aux reElle fait encore
première néceflité,
tiaux
2 que le commetce feul des bef
répand quelque argent dans les
& hamaux 3 qu'en multipliant les
villages
les beftiaux fuivront exactement la mème fourages,
portion 5 que de cette mulriplication
Proe
Faifance des Cultivateurs, la richeffe découlera des
priétaires, & une plus grande
Propopulation
(1) En multipliant lcs fourages & les beftiaur, neus --- Page 193 ---
L'Angleterre, la Flandre, la Suiffe, la Norla raifon enfin
avec évidence
mandie, 9
prouvent
que les beftiaux font la ptincipale richelle de
tout Pays agricole, & que la France peut. &
doit jouir par fon fol, 8c par fon adminiftration, d'un G grand bienfait.
n'exporterons pas chaque annéc chez P'Etranget des
fommes confidérables. En 1787, on a exporté pour du
beure 2,507,000 livres 5 pour fromage 4,521,000 liv. 3
pour cuir en poil 1,707,000 livres; pour peaux non
aprérées 1,180,000 livress pour fuif 3,11I,000 livrest
La Frande poutrait dans peu d'années exporter cous ces
abjett.
Ou 17
SVONOR
ons pas chaque annéc chez P'Etranget des
fommes confidérables. En 1787, on a exporté pour du
beure 2,507,000 livres 5 pour fromage 4,521,000 liv. 3
pour cuir en poil 1,707,000 livres; pour peaux non
aprérées 1,180,000 livress pour fuif 3,11I,000 livrest
La Frande poutrait dans peu d'années exporter cous ces
abjett.
Ou 17
SVONOR --- Page 194 ---
ARTICLE XIL
Des Abeilles.
Une desbranches de l'économie rarale, qae
FAdminiftration pouvait rendre plus facilement
foriffante, eft celle des abeilles. H ne lui auIait fallu ni dépenfes, ni priviléges, ni prépofés.
Un regard favorable, quelques encouragemens,
une défenfe févère de les faifir ou bràler pour
fait de tailles &c d'impofitions fifcales, aurait
confervéà'la France une richeffe précicufe qui
en' eft prefque ditparues & pour laquelle elle
s'eft rendue tributaire de fommes confidérables'
pour les cires qu'elle fait venir de l'étranger.
La première caufe de l'abandon des abeilles
fut T'ufage du fucre, que d'abord les riches,
& enfuite tous les cinfommuousopedfisemt
fi
faifait un
au miel, qui, depuis long-temps,
des mêts les plus recherchés de tous-les peuples
cultivateurs. Il fervait, & fert encore dans
beaucoup de Provinces & d'Etats, à faire une
boiffon faine & agréable, connue fous le nom
d'hydromel.
Mais ce quia achevé la deftruétion prefque
totale de ces infectes G précieux, ce font les
abus --- Page 195 ---
abus de la ffcalités Lorfque les Prépotes one
trouvaientpas
dans.le mobilicndes contribuables
da fomme quals demandaieit ils failiffaient
Jes, ruches decesi malheurenx Bour ajouter E la
vente de leur mobilier; quelquefois meme.ils
les faifaient bruler: Liféparticion arbituire des
impôts na Pasimoins conrribué a cette dévaf
tation. L'Artifan ou le Proptiétaire villageois
qui avait, un certain, nombre de ruchess était
impofe enspropottion de.ce hombreis fouvent
plus chèrementiq que pour Uth égal nombre eodarpens Ou de boillelces deuterre Lhigetseles
accidens 193 les faifies' desifeu dérruifaiene des
ruches, Pimpolition relaitoQQue pouvait auprès des Intendans HE mnalbeurenx Payfaniodl
payait, ou vendoit cer A0ilopouvair avoise edsie
Ces, abus, genétaletyest.cresecal dans BA le
Royaumer, 2 ont dû néceffarrement fnise diminuer, par-tour le mredosesitoyinte
terons une exemple de Fopinion du Peaplen fur
fes craintes, relativemens dalimpofition. -futiles
ruches., Un Mivifire. M. derLaverdy), Conrtroleut:Génétal des Figaucet Youlur encouragerla culture des, abeilless il envoya) desdetrres
circulaires sans les differentes Electionasd dor
tamment eBit Nomandies pouk annoricér c
Mémoire d'Agriculture:
a
-tour le mredosesitoyinte
terons une exemple de Fopinion du Peaplen fur
fes craintes, relativemens dalimpofition. -futiles
ruches., Un Mivifire. M. derLaverdy), Conrtroleut:Génétal des Figaucet Youlur encouragerla culture des, abeilless il envoya) desdetrres
circulaires sans les differentes Electionasd dor
tamment eBit Nomandies pouk annoricér c
Mémoire d'Agriculture:
a --- Page 196 ---
projet, & demanda'en même remps Pétat de
celles qui exiftaient! Les Habirans crorent
trevoit dans' cette démarche miniftécielle enrrecherches pout alleoir-un
des
toutes
mouvelimpoes
que
les abeilles ifurent anlli-tôt détruires. pref.
Quercef fait préfentede réflexions a faire
toutes lesautres parties de rAdminifsraciont furr
rOUn intérêt polirique, Pintérer de rendre au
Peuple desi tampagnesune branche der revenu
qu'il iddeur eft facilede fe procurer & de confervery doit porter FAlemblée Nationale a
prendrellah & Pautre en confideritiont Ilef
3 reereain que nous tirons de FEtrauger des cires
pouides fombies comidérables. Lératides importations! faiteso en787, de matieres du fol
érranger, pronve iquepnons avons recu pour
2,260,0601 livres de cite jaune de lal
de Levant, derle Hollande, dès Villes Batbatic,
tiques! &s dele Rafhie. Voila donic tine fomme Anféaconnderblea conguérir far PEsranger.gc qu'il
et'Wien-tieiterde fixer parmi
66 Précienx infede, ne I prend rien nqus. fur L'abeille,
fifances, W'attaque aucune de nos
HOS fibpeur eere foigné par les femmme&c Tes récoltes Il
il peut fervir en' même remps
villageoiss
de delafensent-aux
d'otcupation &
Proprietaires richesqui vou
amloigs's stiomiff --- Page 197 ---
dront obferver les Loix & le Gouvernement de
ces intéreflantes républiques, : Iqui Ont fait le
délaffement de tant de Sages & de Philofophes.
SIhy a long temps que l'emploi des eires
que leluxe a élevées a un Agrand
de
ls
degré
con--
fommation, aurait dû porter T'Adminifration
à encourager léducation des abeilles j mais cer
objet, qui a Paru fi indifférenty paraitra important & nécelfaire a T'Affemblée Nationale,
Parce qu'il tend à favorifer notre Commeres
& a rendre le
A
Peuple des. campagnes plus ailé
&
D plus induftrieux. Nous ne doutons Pas qu'es
s'occupant du régime des impelitions, elle dé
clarera les abeilles infainflables
pour aucune ef
pèce de tribut royal, féodal ou, fifcal, &. gu'elle
aflignera une foible fomme pouf encourager. &
multiplier l'éducation d'un infecte fprécieux a
SLI la Sociéré fous tous les rapports.
eTusdn
dop I5oa
ORD
a
9319rtdos
oit
Jnoupac -
20HDIV 252 ralno
nis
zhiun R09VODL
29b a eslibimob esl anelois 3
ontegonu
iag.olivo OMenend anoanonsune
910p 91dr0 Srte 21001603 19 En
-nooelt'up
2HOT 230 91 roievislago
a #
SLI la Sociéré fous tous les rapports.
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: vev
Ou
xiolal TaNasldo anoib
A RTICLEXITL à 293
90 A
DD 1013 sb ansishebab
Des Droits d' Aides, de la Vigne ae du Commercé
D
a
Tabb bassp des Fmssowsta
sirp
Lxsprovasees foumifes 46x droits d'Aldes
payeit un tribut auf Fife 9 excenif fous tous o0 lés
a
le laiffer
rapports -gusl parait Tmipollible de
fablifter plus long-temps, fi-d'im coré on veut
établir daris TORE le Royaume EFR23 Régime - uniformie qafrappelle toures an aa "les Provincés aux 3
combetamegshigpen, TURe Tautre on la veut 3
donner adt-Penples 1a fatisfaction ds Voie de
truire an mpocodreuk delyekatoire, dont lui
feal Tapportelestiois quar
il7d8Pabolition. aldiot daged R1 a oills
mande parveout
DA Le Rajmeda droits PATdes eft unhydre
que les maitanvfaurparRet-Wied commairte La
compilation du génic fifcal contient pluficurs
volumes. Mais il nous fuffira d'oblerver" que
ces droits s'oppofent à la la liberté du commerce
du vin, à la culture des vignes; qu'ils attaquent
& violent les domiciles des Citoyens 5 qu'ils
entretiennent une guerre civile,puifqu'une partie
des Citoyens eft toujours armée contre l'autre
pour la confervation de ces droits, & qu'ils cOn-
Ret-Wied commairte La
compilation du génic fifcal contient pluficurs
volumes. Mais il nous fuffira d'oblerver" que
ces droits s'oppofent à la la liberté du commerce
du vin, à la culture des vignes; qu'ils attaquent
& violent les domiciles des Citoyens 5 qu'ils
entretiennent une guerre civile,puifqu'une partie
des Citoyens eft toujours armée contre l'autre
pour la confervation de ces droits, & qu'ils cOn- --- Page 199 ---
TOI
SOI
fftent en
forte à
a
Sas quelque
eftt
forcer à boites & A
punir 97 pour avoir bu. Le droit des
21000-
-
y
Citoyens en01
>
aujourd'hui mieux fenti, tait
-
fouvent
de telles
291 100 3n3 vDOI 9301
réfifter A
vexations, La mort ou la
L Prifon font
les fuites
de
-
journalières
a
4 IpOTS! l'exercice 1 EAE ces DO droits.
La France eft, de tous les
sma 10o
id
Royaumes M S116 de LBeN
rope &c du - monde entier,
mieux
- 193 à
lem
fitué
0 3101
POHE
faice le commerce : elle a des
FOITIC
Porsdans toutes
les parties de fon
10 lui ISY ouvrent u5 191
érendue,.qui I0o
Ub 10153 des M
communications avec toutes leN Nations.
doitècre éronné,
Ieto
f
On
en confidérant le
BITUOG
aD
ceimtedtuns
telle pelition avec Térat
a 91 9
actuel du TU STIE Commerce
national,
les
-O 19 que_ls Adminiftrateurs 291 3
publics, en
avouant fes
des
avantages, a
ayent confenti 251 à If forger
chaines quil'entravent dans
-JsS n
5V302
toutes les Provinces, dans toutes I0
les Paroiffes &
les Hameaux.
entom - Da9 23 dans or
tous
01 Un Royaume shisgaal
e E imoo 92 105b basg
-
D3urs
D -pticele. dont le eon fol eft ou
Pourrait être fertile 99t doit fans celle veiller à ce
que 2j01 fes productions 290ST territoriales ayent un débit
il doit tresadtivement
2oonur a
alfure;
prorger le commerce de fes productons. De
découle SVU
P
cette prorection EU
une fource intasifable
b
de richeffes. Le
Propriétaire fe om Tu 9yu03 Tnel olit
1102709 livre L avec ardeurd 1lgi la culure des
dennées dont
3T
E
le prix ruV lui pedfente 251 un bénéfice
allure, kquielt
en
cep
U0 1ta MPISHE 191
TI9L railon 9112 directe de or
G 3
oule SVU
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dennées dont
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le prix ruV lui pedfente 251 un bénéfice
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cep
U0 1ta MPISHE 191
TI9L railon 9112 directe de or
G 3 --- Page 200 ---
IO2
fes travaux lor &c de fes foins. L'abondance des
productions, loin d'arrèter le cours de fon revenu, l'augmente fouvent par les reffources
de
P'esportation,
Le journalier, le malheureux journalier, Parricipe néceflairement a ces bienfaits, foir comme
propriétaire, foit comme mercenaire as
; le fort de
Touvriet cultivareur eft toujours en proportion
de celui du propriétaire cultivateur,
Les vins, 913 en ne les confidérant que fous Eo les
rapports de l'exportation n, pourraient & 13 devraient faire une branche principale des revenus 1s:
de l'Erat. Prefque toutes les Provinces en
duifent 3 les unes d'excellens, les autres pro de
moindre qualité: mais leur convérfion en eau- 291
de-vie ne les rend pas moins précieux; & 21 ontv cependant ce commerce eft languiffant, le nombre
des vignes diminue, 2 fans que sm la quantité
des récoltes de blé augmehte. Les Vignerons 00
font prefque par-tour miferables 5 leur fort &2
celui des Propriéraires eft tel que les années
d'abondante fons pour eux de mauvaifes an- 1501
nées : le Fifc feut trouve II
un ILI D3T0C moyen d'augmen- 059b
rer & de tripler fon revenu ; il perçoit les
ne
mtmes
droirs fur les pièces de vin, quelque modique
que puille êrre deur prix, Tel elt, au furplus, --- Page 201 ---
fon cruel apanage; ce n'eft que par la misère du
Peuple qu'il accroit fes richefles.
30S
dentée plus
La France - ne produit aucune
utilement exportable que fes vins; elle en.pro5 elle pourduir plus qu'aucun autre-Royaunie
les Proroit être T'entrepôt des vins de toutes
vinces du Nord & de TAmétique. Cette exn'expole PEtat ào aucune fecouffe ni à
portation
comme le commerce des
aucune révolution,
grains. Le Peuple eft loin d'atteindre au degré
de faire du vin fa boiffon 12 ordinaire. L'exporration foutiendrait le prix de ceux qui fe confommeraient à un prix modéré, qui, en faifant
le bien du Propriétaire 86 des Vignerons,. ne
furchargerair pas les Confommatéurs.
Nationale doit donc s'empreffer
a L'Affemblée
autant pous
de proréger le commerces des.vins,
nos richeffes foncières, queid pour
angmenter
far.des
fonder notre commercel avec T'Etranger
plus avantageux & mjeux combinés.
rapports
bientôt
En exportant nos: vins, nous pourrions
établir les plus utile des commerces poutisun
Peuple agricole, celui desé échanges immédiats,
nousl
les simaten ce que nous pourtionsn
ptocurer denrées, & non
chandifes éttangères pour nos
avec notre argent, ce qui d'un cotésaffaie
pas
G 4
fonder notre commercel avec T'Etranger
plus avantageux & mjeux combinés.
rapports
bientôt
En exportant nos: vins, nous pourrions
établir les plus utile des commerces poutisun
Peuple agricole, celui desé échanges immédiats,
nousl
les simaten ce que nous pourtionsn
ptocurer denrées, & non
chandifes éttangères pour nos
avec notre argent, ce qui d'un cotésaffaie
pas
G 4 --- Page 202 ---
blic 1a mafle de notre numéraireg
de l'autre tout équilibre de
& brife
tlons qui ont
profit avecles Nadiats,
Pour principe les échanges imméDans les circonftahces facheufes où fe
vent les Finances de FEtar, ileft difficile, troudoute, d'opérer fubirement des
fang
conftituent uine Partie des revenas fuppreflions qui
nous permettrons cependant
publics. Nous
une
que nous fuggère la
obferyation
vons avoir der la quantiré connoilfanceqtie immenfe nous poujadis
des terrains
privilégiés en impolition & en droits fif
ganx; 5 nous croyons qu'une
mune préfentera une recette répartition comniveau des dépenfes
quispprochera le
qui feront
L'Aifemblée Nationale l'a
déterminées,
par-i
déja rendu f facile
lsfappreilion des dimesy qui étaient un impôr prefque égal a celui des
L nel manquait
les
Aides, & auquel
que
horreurs de la
coption. Nous croyans encore
per
factifice que
qu'iln'y a pas de
nonsfeulement les Citoyens riches,
maisiencore & principalement le
ne
falionc pour rejeter fur les vignes la Peuple,
get impôr 5 qui infeur verfe net au tréfor Partie de
& quen n'eft pas lar moitié de celles
public,
Linspatiencedu Peuple
gar'il paie,
égale fon efpérance pour --- Page 203 ---
I95
la deftruétion de cet impôt : on fait qu'il n'a
d'autre délaffement de fes travaux, de fes peines;
& c'eft principalement fur-les ventes en détail
que les droits d'Aides font exorbirans, & lorf
qu'il cherche à calmer ou oublier fes maux, >
gu'il fe voit entouré d'hommes qui le vexent,
gui femblent n'exifter que pour le perfécuter,
& forcer Ha: misère même à devenir fa principale contribution! Le jour que TAfemblée
Nationale prononcera l'abolition desi droits
d'Aides, fera l'époque d'une fête dans tout le
Royanme. II
tippiocs
7A1X1S
-
aneraon
au
9b
911 L
ulg
on
sesmnallounos
100d:
RUS
2 1 O2 sl
espuiloqee
cel DaYS
25 Le
dosE A
2b 19
001015 a a
o8s ouE
xus'up
1E
emblée
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d'Aides, fera l'époque d'une fête dans tout le
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1E --- Page 204 ---
ARTICLE XIV.
Di Tabac.
1O
LA liberté de cultiver & de femer telle
plante qu'on voudra fur foniterrain, paraillant
être un droit acquis à tout Citoyen, un droit
favorableà tout pays agricole, nousavons cra,
pour démontrer la juttice de ce. principe, qu'il
ferair utile pour lal France que la cultute du
Tabac y fur libre.
20br
Il paraitra toujours étonnant qu'um Gouvernement éclairé ait mis des entraves à la culture générale d'une plante que l'habitude a
placée au rang de celles qui fervent à fes befoins; & qu'on ait confenti à percevoir une
impofition de plus de cinquante millions, à
en exporter annuellement de P'Etranger rau moins
douze à quinze 2 pour prohiber une plante
dont la culture aurait pû épargner cette exportation impolitique, &c fe combiner en
même-temps avec les revenus publics. Quelques développemens, appuyés de faits, fuffiront
fans doute pour déterminer F'ATemblée Nationale à détruire une régie vexatoire pour les
peuples, &c qui n'a été utile qu'aux traitane! --- Page 205 ---
04o, Il eft inconteftable, d'après l'expérience,
que le fol de la France, en général, eft propre
àla culture dul Tabac; qu'il 1 y a des Provinces
qui en produifent d'éxcellens, telles que la
Bourgogne, la Franche-Comté, TAlface, le
Dauphiné, le Languedoc, le Béarn (r). La
culture en eft même permife dans plufiears
cantons limitrophes des pays étrangers, malgré
des efforts mulipliés du fifc. Il eft certain encore, que nulle part On n'a le talent de la
manipulation comme en France. Un Mémoire
authentique, communiqué alaSociété par un de
fes correfpondans, nous apprend que plufieurs
Paroiffes, près du Pontde-l'Arche en Normandie, ayant obrenu, fous Louis XIV, la permiffion de cultiver du Tabac, les habitans fe
livrèrent a ce nouveau genre de culrure, &
que leurs fucces, tant pour la manipulation que
pour la qualité du Fabac, répondirent à leurs
travaux. Le Tabac de ce canton l'emportait
en-qualité far celui-qu'on tirait alors de PEtranger à un prix fiexcellif.
Le-ismiea@enérms, toujours actifs pour
(t)-hessabacs de Clérac en Guyenne étaient tres-ro
nommés.
iffion de cultiver du Tabac, les habitans fe
livrèrent a ce nouveau genre de culrure, &
que leurs fucces, tant pour la manipulation que
pour la qualité du Fabac, répondirent à leurs
travaux. Le Tabac de ce canton l'emportait
en-qualité far celui-qu'on tirait alors de PEtranger à un prix fiexcellif.
Le-ismiea@enérms, toujours actifs pour
(t)-hessabacs de Clérac en Guyenne étaient tres-ro
nommés. --- Page 206 ---
eur intérèt, parvinrent en 1722 à faire sfapprimer ce ptivilège Pas desmoyens odieux (a)-
Avant de Parler de, l'avantage que le tréfor
public peut retirer de cet impôr, & des conr
fidérations politiques qui Peuvent fc concilier
avec lui, nous expoferons les droits dont doivent jouir les Citoyens libres d'un Etaragricole,
IL me femble que toute plante utilean Commerce, néceffaire même pour les befoins de la
Société, peut & doit etre cultivée far le folide
cette même Société ;les avanrages en font far
ciles dexprimer.
pinume
sur
Cette nouvelle culture,, d'ailleurs précieufe
pour la Médecine &c PAtE Vétérinaite, employerair beancoup de bras & même beauicomp
de terrains incultes; car le Tabac n'ef PAS d'une
végétation difficile. Le ptix de la plante, les
frais de culture & de manipulation, répanr
draient dans les différentes clalles des Cultivateurs & des Arrifans un argent bien utile,
(r) Sur la demande qui fue faite aux Privilégiés d'ex
hiber les titres, ils les communiquérent de bonne-foi, &c
jamais ils-n'ont pu les revoir. Quelques années après, on
les a foumis au Régime géséral, fous prétexte Caurils
a'avaient pas de titres. --- Page 207 ---
ron"
Nous (ne porterions pas chez l'Etranger douze
diquinze millions ad moins qui font perdus
pout moas, parce que; lorfque nous 'n'achetons
pas nosTabacs direétement de PAngléterre ou
dedwHollande, Housles tirons de PAmérique,
quilfe fert de nos fonds pour payer fes dettes
aux Anglais. Enfin, la Françe concentrerait
chezielle une dentée précieufe par fon débir,
8ibientôt telle poufrait énl faire commerce avec
HEtranger. 10
LE
Que de motifs nous portent a defirer cette
nouvelle culcurel Le peuple, a quiil eft devenu
eniquelque forte nécefaire, pourtait s'en fournie à meilleor ptixiecteferver pour fes premiers 1901 beloins Texcédent de Targent qu'il emPlpye: chaque année àacheter cettedenree,dont
cl'habitude eft pourahi frimpérieufe, qu'il la
préfered fes weremene,e-fouveits tia fon
pain.
Afagli Combien de fois lés Cours Souveraines,
8rt8 Confeil ineme da It Roi, Ylers
tienibto
I
9105 noa
n'oon-ils Pas
tetenti des plaintes & des cris du peuple
3MDISi5 contre S.le régime de SEt impor! Tantôt on fe
plaignain ide Ja, mauvaile qualité & des-Corps
étrangers que lavidité des traitans fubalternes
faifait imeler dans-le Tabac mêmes tanrôt les
wifiresredes foudoyes viBlaient les domidile, 3
It Roi, Ylers
tienibto
I
9105 noa
n'oon-ils Pas
tetenti des plaintes & des cris du peuple
3MDISi5 contre S.le régime de SEt impor! Tantôt on fe
plaignain ide Ja, mauvaile qualité & des-Corps
étrangers que lavidité des traitans fubalternes
faifait imeler dans-le Tabac mêmes tanrôt les
wifiresredes foudoyes viBlaient les domidile, 3 --- Page 208 ---
LIO
en répandant impuoément le fang des
trop fonvens encore Pour des délits qu'ils Citoyens,
fmappofes. Depuis quelques temps les Fermiers- avaient
Généranix viennent de forcer les
a acherer les Tabacs
confommaters
de tous les
en poudre, en s'emparant
bénéhce fur mouliuassaiali, leur
pour augmenrerleue
dent
fournimure, exclufive, ils
l'eauy le fel,8c1 4 les aurres
veny font entrer, 3 liv. 12 f la ingrédions-qutils
tion fifcale qui
livre(s) : invendm
furcharge cet impor au moins
cinquième.
Qne TAllemblée Nationale uott ter le tableau des faifies
fe falle reptéfenvexations
(2). Elle y verra deg
P O0 des atrocirés siqui font frémirs des
(F) Iya fix ans que'le Pailement de
40,000 livres destabact
Rennes fit braler
o6 eitlivré aila
garé ou avarié, & que fans lui
cop@omasien.tnor db abmided't
ERA478A un des Membres
le
de
de-lai Sociéré, chargé
tronva,. Couvernement 90ICTS
1 faire l'examen, du fabac
par
par Tanalyfe
falpedté,
20livies d'cau
- qu'il en fit, fur 1G0 - liv. de tabacs
& 51 Hres'de forabendanis (el. 201 3 A fa 29 préparation
ordinaire, J
(3)Les permillions mémesdes
une fource d'abus 8cide verations aveinden6adintast Les
les, Diredents denj jardins de
Apothicaifes, &
ver
Boraniqud,
31 douze. OT pieds de tabac Pour
popvaieng cultia
tion C lesesbigasi ; les 251 Cultivateurs lecsmainmcertuititao ne foyalentenavein
que
endanis (el. 201 3 A fa 29 préparation
ordinaire, J
(3)Les permillions mémesdes
une fource d'abus 8cide verations aveinden6adintast Les
les, Diredents denj jardins de
Apothicaifes, &
ver
Boraniqud,
31 douze. OT pieds de tabac Pour
popvaieng cultia
tion C lesesbigasi ; les 251 Cultivateurs lecsmainmcertuititao ne foyalentenavein
que --- Page 209 ---
YII
méurtres:s desaffaffinats commis juridiquement
pour qaelques livres de Tabac.
Qulelle fe faffe repréfenter fur-tout les proi,
eédures deid cesi Tribunaux odieux & tyranniques,
appelés Commillions, elle reconnoitra, aul
mier
preexamen : l'influence des traitans, toujours
juges Idans leur propre caufe; elle s'indignera
que, des Citoyens parlant'ou agiffant au nom
deila Juftice, fe foient portés à ruiner ou à déshonoren des Citoyens qu'ilsilariffent languir
les
dangT
prifons, d'ou F'argent feul pouvait les fire
Co
fortir; elles'indignera que, far une fimpleletre
-
des Feruniers-Généraux, ce Tribanal, décernant
des ptifes-de-corps, faifair enlever les Ciroyense
dans leur domicile, & les faifait traverfer
comme des criminels, quelquefois un efpace
de cent lieuess fans relpeck pour les Tribunaux
ordinaires (Le Bas-Berry eft jufticiable de la
Commiflion de Valence.en Dauphiné ). C'eft
en voyant lenombre des Gommis qui s'élève
IS 15
0 9D
quatre pour - 1 fervir T de remede à. leurs beftiaux. Mais, 3
comme cette plante diffémine facilement fes graines, le
nombre des pieds fe trouvant plus confidérable, les Commis
faifaicnt destanfiesqui coûtaient beaucoup aux Propriétaires
par l'amende qui eft de 10O0 livres x & fans cependant
quil y cût de conttavention préméditée.
a 003
IDITSA --- Page 210 ---
itzr
aue1 moins, pour den Tabac feulemienty à dix
mille, qu'elle ire: balancera pas à rendre
Arts &i à PAgricultuteides bras
aux
partiennent; qu'elle fera celfercette qui leur rLapqui; eft au moins immorale, G elle guerre n'eft civile
pas
impolitiquea
a
SE
FNe ferair-il pas poflible d'impofer
arpent. cultivé en Tabac? Bientôt
chaque
cetre culture &de
t'habitude-de
enérat de nous lainanipulationy nous mettrait
pafler der celui de lEctanger.!
Le-Gouvernement pourrait combiner des droits
d'exportation de celti du dehors, avec'la
tité nécellaire aux confommateurs, Ief quiana ime
pollible, fans doure sde préfenter le tableau
darevenu de cette nouvelle impofition
mais des befoins de la confomimation foncière;
préfumser nédellairemtent l'immenfité de faifant
cnlture, On peut allarerque cette branche-d'im cette
foficon ferait res-confidérable. a5 Toll
-dYasileum/tadsmablte
que la culture de cette Nationaleromangmers plante étant
4i plafieurs
il
permife
de:
201 1a5019 Horlares, D6
ferait defr fagelle
deraire mok
ces essligner de démarcation,
fontsla caufe de: tanr de maux,
laiflen qui
raiente imparfait font grand cuvre, Aqui
toutes les
quia réunif
Provinces-fous un même régime, SP
ARTICLE XV
-dYasileum/tadsmablte
que la culture de cette Nationaleromangmers plante étant
4i plafieurs
il
permife
de:
201 1a5019 Horlares, D6
ferait defr fagelle
deraire mok
ces essligner de démarcation,
fontsla caufe de: tanr de maux,
laiflen qui
raiente imparfait font grand cuvre, Aqui
toutes les
quia réunif
Provinces-fous un même régime, SP
ARTICLE XV --- Page 211 ---
ARTICLE XV.
De la Gabelle.
Cri impôe excite l'indignation dans toutesles
Provinces quiy fonr foumifes. Tous les Cahiers
en demandent l'abolition. L'Afemblée des Notablés de 1787 en avait jugé l'entière fuppreffion néceffaite. Le Roi lui-meme a manifefté
ce defir à fes Peuples. Un vau fi général ne
peut qu'être réalifé par P'Afemblée Nationale;
& tous les Citoyens artendent avec empreffement ce Décret G defité, qui va rendre aux
Peuples une denrée que la Nature lui avoit partour prodiguée, & que le Fifc lui vendait a
chèrement: Des millions d'hommes, foudoyés
pour foutenir ce régime aufli étrange que cruel,
vont donc être rendas aux Arts,.à TAgriculture,
à la Patrie, qu'ils oatrageaient par leurs fonctions hoftiles & anti civiques! Le faux-faunage
ne fera donc plus l'école de tant de brigands
qui troublaient la tranquillité publique, attaquaient la vie & la propriéré des Citoyens, &
devenaient euxr mêmes un fecond Aéau, pire
que la Gabelle, pour les Citoyens domiciliés,
Mémoire d'Agriculture.
H --- Page 212 ---
qu'ils forçaient à leur donner afyle & à
chevaux ! Heureux quand ceux-ci
leurs
doublement victimes, foit des
n'étaient pas
les fels étaient
Traitans, lorfque
furpris chez eux, foit en même
temps des Contrebandiers qui, fe croyant trahis,
incendiaienr & ravageaient encore leurs maifons
ou les allaflinaient! Que de crimes & de
tres la Gabelle a caufés à la France ! Sa meurpreflion ne peut être modifiée ; les
fuptions feraient bientôt renaitre les-abus. modificaproportion qui exifte entre le
La dif
les bords de la
prix du fel fur
mer, & celui auquel on
rait le réduire, , exciterait toujours le faux-fau- Pournage & les inquilitions ; il nous femble
faur l'anéantir entièrement, & labandonner qu'il
Commerce comme les autres productions. au
Nous nous permettrons
réflexion, fur la
cependant une feule
Gabelles
polibiliré de fupprimer les
fans perdre la totalité de cette branche
du revenu public. Il nous a paru poflible
gue toutes les falines fulfent
de
prifes au compre
TAdminiflration, en indemnifant, fans
doute, ceux qui en font
délivrer le fel à un fou dans Propriétaires, & de
ces falines. Ce
moyen préfenterait les avantages-de ne pas fur
ion, fur la
cependant une feule
Gabelles
polibiliré de fupprimer les
fans perdre la totalité de cette branche
du revenu public. Il nous a paru poflible
gue toutes les falines fulfent
de
prifes au compre
TAdminiflration, en indemnifant, fans
doute, ceux qui en font
délivrer le fel à un fou dans Propriétaires, & de
ces falines. Ce
moyen préfenterait les avantages-de ne pas fur --- Page 213 ---
TIS
charger les Provinces voifines des mers ; & à
celles qui font rédimées de la Gabelle, de pouvoir en donner aux beftiaux, ce qui angmenterait beancoup les débits, & en même temps
de les vendre dans tout le Royaume à un prix
tres-modéré, par les effets beureux de la concurrence du Commerce.
danes DV
H 2 --- Page 214 ---
II6
ARTICLE XVI
De f'uniformité-des Poids & Mefures.
ILyal long-temps que la variété des poids &
mefures, dans les diverfes Provinces de France,
excite des réclamations. L'intérèt du Commerce
& de lAgriculture en follicite l'uniformité;
mais les efforts des amis de IAgriculrure, des
proteéteurs da Commerce, Ies divers projets de
tant de, Citoyens qui l'ont réclamée, ont échoué
contre l'édifice, alors trop folide, de la féodalité &c de la fifcalité, qui rendait nulles les
demandes faites à ce fujet, foit dans les Tribunaux, foit auprès des Miniftres.
L'ancienneté des réclamations fur un tel abus
fe prouve par l'un des Capitulaires de Charlemagne. Ce grand Roi, digne d'adminiftrer l'Empire Français, voulut l'égalité des pcids & mefures dans fes Erats 3 mais la féodalité devint
trop puiffante: fon Décret royal tomba bientôt
en défuétude. Les Seigneurs de Fiefs s'arrogerent le droit de régir leur Domaine & d'impoler leurs Vaffaux. Leur volonté était prefque
roujours la mefure de leurs Loix de Police &c
de Règlement. De l'oppolition & de la diffé- --- Page 215 ---
T17
rence de ces volontés - > il en réfulre.une telle
diffemblance, qu'on pourrair prefque compter
les diverfes mefures pardes Abbayes ou Chapitresi, Chatellenies, Marquifars ou Baronnies
qui fontr en Francedivs
LA difference desmefures arbitrairés ne laiffe
pas dourer ique la féodalité n'ait quelquefois
sinsiuperafis-mdlom, en raifon de Taccroiffement de numéraire au-deffus du prix originaire des redevances, La preuve s'en tire d'un
Arrèt réndu en 1665 par le Parlemént de Paris,
quid ordonnalque toutes mefures & poids feraient étalonnées, &les, matrices remifes 254
mains des Juges & Officiers commis par la Police, avec défenfes à toutes perfonnes d'en garder ou réferver aucune; mais on preflent l'effet
de cet Arrèt, dont l'exécution fur laiffée aux
Juges mêmes des Seigneurs.
Nous pourrions citer plulieurs Provinces, notamment la Touraine, où cette différence a été
telle, que la quotité du devoir féodal, dans
quelques endroits,. s'eft trouvée augmentée de
près de moitié,
Cet abus mérite bien d'être réprimé, Déjà
l'Afemblée Nationale a vengé les malheureux
Culrivateurs, en fupprimant les dimes, qui,
FI 3
ée aux
Juges mêmes des Seigneurs.
Nous pourrions citer plulieurs Provinces, notamment la Touraine, où cette différence a été
telle, que la quotité du devoir féodal, dans
quelques endroits,. s'eft trouvée augmentée de
près de moitié,
Cet abus mérite bien d'être réprimé, Déjà
l'Afemblée Nationale a vengé les malheureux
Culrivateurs, en fupprimant les dimes, qui,
FI 3 --- Page 216 ---
comme les mefures, ont variéldans leur quour
tité, 8c il eft de la fagelle de FArcopage Frans
çais de s'occuper d'une réforme qui paiffe fel
concilier-avec l'intérêt des Particuliets & d'inté
rêt général. Elle nuit évidemment au Come
merce 3 quis ne ponvant connaitre tous les poids
& mefuesda.Ropaune, eft expofe à etred dupes
ou a laiffer fans commerce diverfes branches
d'induftrie que l'uniformité des poids & mefures faciliterait. L'aniformité des poids 8 mefures ferait dans fes effets! pour la France', ce
que feront ceux d'une mème Légiflation, d'une
mème impolition 8 d'an même Souverain. IR1
-
nusa
3519 no 190
o
a --- Page 217 ---
PIS
3615 ae ARTICIE XVIL
eIADP suad to atothgo D 151
-ID De P'entrétien des Chemins vieinaux.
ab awwa'up aibunr 29 0001 35 no
N ne nous-attacherons: pas ddévelopper
les avantages des gtandes rontes ; ils fontitrop!
cennus & trop. certains: mais uniquement occuà
Pés y de ce qui: peut être utile fpécialement
Lagrieultures nous.aurons. - l'honneur d'obferver
alAflemblée Nationale que l'entretien ou la
confedtion des chemins vicinaux, eft un objet
quilégale anusoins, d'intéret celui des grandes
routese nla dssue Bean0
oLLa libercé SE0 la facilité des communications
& des.tranfportsp l'économie des voitures, font
ellentielles aux piogrès ndu Commetce & de
l'Agriculture, parce que le défaut de pouvoir.
les déplacer, oulles: troprgrands fraisqu'il faudrait fairesfont tomber les denrées.à une telle
viliré,de prixo que leur, culcure eft nécellairen
ment languillhante. Çombien de Villes &rde,
Bourgeiquk feraient riches par les produdtions
dedleur.foly s'ils pouvaiene échanger ou vendre
celles qui font furabondantes !
exp0t
Jemsi.itadminibretios publique n'a porté fes
regatds fucles chemins vicinaux, qu'une bonne
H 4
ber les denrées.à une telle
viliré,de prixo que leur, culcure eft nécellairen
ment languillhante. Çombien de Villes &rde,
Bourgeiquk feraient riches par les produdtions
dedleur.foly s'ils pouvaiene échanger ou vendre
celles qui font furabondantes !
exp0t
Jemsi.itadminibretios publique n'a porté fes
regatds fucles chemins vicinaux, qu'une bonne
H 4 --- Page 218 ---
12G
police & quelques fecours.
de fervir. Combien
suraient mis en étaz
baufs ou Gx chevaux) d'endroits ou il fant quatre
rées Ou des récoltes, tandis pour condaire desdenqu'avec de
chemins On iferait plus
meilleurs
ploieraic-moins de chevaux d'ouvrage le esb 80 onoemLes d diverfesi municipalités
2PBrInCYE asl
pasi desi avannages des grandes qui ne joniffent
s'empreffer dero demander
routesy doivent
vinciales desi
aux Allemblées Profecoursy & faire tous leurs eforts
poitr y joindten Kune contribution
ellet.angmianteione leip prix edeo Jeurs particulière e;
parce qu'elles les vendrone d'autant
denréés
qu'ellesaurone moins-cofiré
plus chètes;
rranfporesyi 8cces frais ne Pouir les frais'de
que Par-desichemins
pourront diminuet
avecifoingb suabb al praticables & entretenus
alp 901tq catunluoisAT
L'Affemblée Nationale rendrait aux
gnes an
campa
fariecinsppnéciabley en deftinant
partie odes fondsu publics à cet objer; elledes une
dommagerait en partie les Cultivatenrs des
peinessedes
les
vekationrqwilsront
corvées denm naturegs L'équité éprouvées femble pour
ce Décret, puifqu'au moins la bourfe des dicter riches
concourerait àrouvrir ou à réparet des chemins
vicinaux pour cesi malheureux
payfans, qui ont --- Page 219 ---
I2I
G long-temps, a
> f injuftement & 6 péniblement
zravaillé pour eux. -
I.J a - L
Les canaux, les rivières navigables font également & même plus favorables au Commerce) &A L'Agrichlture; mais les frais de
navigation & de péage fontidis ahultipliés, sf
excellifs, qu'on préfere, dans beaucoup de
Provinces, lest voittires de terre ài icelles des
canaux, & notammeht à Auxerresàs caule
du péage de Joiguy &c. 8c. Maisi, G iLAlemblée Nationale fupprimait les péages de fervitude, ordonnait le rembourfement desantress
elle rendrait un grand fervice aûl commercel
de nos denrées, en ce que la communication
Par cau,ien, économifant le travath des, baeufs,
des chevaux & des, hommes, en.tendrait on.
plas grand nombre à la culture- nonbb S atove
uO auos rup. anevono sb sbldrsn/
sinetaina 43705 abioami ub -
a
sup 3iel
a
girea 25b, clenoe st ining 191d9 13
or - sup saoldensis S15m 3 9159 supoids
abel iop
3n5005A aiop za a awoine mnpl
30o 399 sup aid eliasaoniaaahet Ao
ae! 001 sllergonsr S sbutinge
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DC
TE of! in 30o
Dioags 29b
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- --- Page 220 ---
asmsldinco
te
ims pnol
ARTICLE XV LlJailiumen
et Lesliogiy Des Milices, 2of URUEO?
U0Y sie IC
a
asm
oriorsl
Le Royaime eft tous lesans livré a
forte de révolution intérieure,
une
Miniftres
pour'laquelle les
ont paru etreindilfeérenss
neltroublait que da cranquillitérde parce a qu'elle
peuple des!
campagnes Chaqbe annéere cent foixante mille
hommes au moins
à former une
Oecspeansesairapats
Milice compofte de dix a douzel
mille; la voie du fort deigne ceux qui doivent'
la compoferie soivol bang tttr Jipibnot alla
21 Les repréfentations ides Citoyens, les
cations des Cnleivareurg"
feppiib
aupresodes Intendansl
ne fonti pas nonvelles, &e nous nous felicitons
d'avoit à dénoneerun abus aum finefte e thel
Allemblée de Ciroyens, qui tous ont vu les
fuites du tirage de cette effrayante loterie. Elle
fait que l'annonce de Ta Milice jetre l'alarme
& l'effroi parmi le peuple des
chaque père & mère tremblent campagnes; le fort que
leur enlève un fils qu'ils
que
ne
chériffent, &
leur
eft néceffaires a elle fait que' cet état qui affreux
d'incertirude fe renouvelle tous les ans, &
livre à des angoifes cruelles l'ame pure & fen- --- Page 221 ---
fibleides-Laboireurs Bride leuts femines; elle
fait encore iqde P'Artifani 8e-le-Bourgeois fe
refugient dans lles Villes, serquelle fardeau dui
défefpoir sdurtifnge"p pèfe fut les feuls paylans
qué-Tatachemnenr fixe dans Pla maifon paremelles
elle faicque poarieliypera-rherters de toutes
ces inquiérudes, & aux malheurs de' la réalité,
les payfins fontrconttadter à leurs soenfans -des
nsatiages prematurés, dont les fuites"Tont éviz
J
demment une énervation phytfique qui-nair o
la popalation, àrune bonne conftinution, 82
fonvent mème qui'exeitent la divifion dans a
les
familles, par-la réanion de plofieuts ménages
fous un même toit, dont les intéreis des-lors
oppoles nuifent à Pharmonie &erà Tunite des
moyenss qaifeuls peuvent fairel fructifier les
travanx; elle fait enfiny que -tousol les garçons
sppelés autitage dépenfent beancoup Yd'argenit
poar rallet aa éhef-lieu dels'fubdélégarion avec
leurs parens, qu'ils forment entreus"une contriburion pout dédommager celuiquelle fott
a défigné. millooo 57 on spp38 aongeqinsoraly
L'évaluation de cette fomme équivatit à un
impor; "Car Pon ne péut évaluer moindte le
nombre de ceux qui tirent au fort, en y joignant les patens qui les accompagnent, qu'a
d'argenit
poar rallet aa éhef-lieu dels'fubdélégarion avec
leurs parens, qu'ils forment entreus"une contriburion pout dédommager celuiquelle fott
a défigné. millooo 57 on spp38 aongeqinsoraly
L'évaluation de cette fomme équivatit à un
impor; "Car Pon ne péut évaluer moindte le
nombre de ceux qui tirent au fort, en y joignant les patens qui les accompagnent, qu'a --- Page 222 ---
cent foixante mille;
de dépenfe de
sinfiven.foptofinr 4 livz
tribution,
voyage, & G liv.e pour las conde
communes ile en réfulte une fomme
1600,000 liv.3 & qui efti indépendante de
celle qu'on ne peut calculer pour la perté dun
temps qui auraie été employé aux travaux de
TAgriculaure. zwstl
0E
SD
- La réunion, de tant de jeunes-gens fait encoré
des libeminss-pccafionne des.querelles de Paroiffes, caufe dest meurtres, & excite a des
recherches rumultneufes ceuxi qui font cachds
ou qui fe croyent cxemptse A Que de motifs
vent porter LAlfemblée Nationale-a-1 T'abolition doi
d'un tel ufages fuire de la fervitde perfonnelles
d'an.ufage qui enlève rous les-ans des milliers
de bras a LAgriculsute, pour grolir dans des
Villes a le, nombre des laquais ou des
que les vatiations du lnxe expolent fi fouvent arcifans, à
la misère, &
prafqee-rouioursad la perte 71 des
meentssoun ufage enfin, qui doir être proferit
parce qu'il eft fenlement fapporté Par le peuple
descampagnes, & que notre
enfin tous les Citoyens aux Contlinrionappelle charges de l'Erat!
Nousine nous Permettrons de faire aucune obfervation fur ile régime des Milices Provinciales, fur les.moyens ly-fapléar. DesL6n --- Page 223 ---
giflateurs Citoyens, un Prince Reftaurateur
de la Liberté publique trouveront fans doute
les moyens les plus convenables pour maintenir
la sûreté de l'Etar, & délivrer d'un tel fléau
le peuple des campagnes. --- Page 224 ---
ARTICLE
- -
XIX.
Dela) fappreffon des Fêtes.
TU
193 -
o D
ANS l'origine des Sociétésse voeu commun
fut, après un certain nombre de jours de travail,
d'en réferver un pour offrir au Créateur des
prières, & en même-temps pour fe réunir 8:
fe délaffer. Conftantin eft le premier Chef qui
établir en 321, qu'on chomerait les Dimanches,
& finous en croyons Montefquieu, il ne rendit cette Ordonnance que pour les Villes, &
non pour les Campagnes : dans la fuite, il confentir même qu'on célébrât le famedi & le
vendredi dans les Villes.
Les faveurs premières accordées au
le porterent à multiplier tellement le Clergé, nombre
des Fêtes, que le tiers de l'année était chomé,
Il fut heureufement fervi par le peuple &
les circonflances; les Chefs de peuplades trai- par
taient les habitans des
Campagnes comme des
elclaves, & on fent avec quel tranfport ces
Fêtes étaient accueillies de la part de ce même
peuple, qui portair dans les Eglifes avec empreffement, mais volontairement, les prémices
de fes récoltes.
Clergé, nombre
des Fêtes, que le tiers de l'année était chomé,
Il fut heureufement fervi par le peuple &
les circonflances; les Chefs de peuplades trai- par
taient les habitans des
Campagnes comme des
elclaves, & on fent avec quel tranfport ces
Fêtes étaient accueillies de la part de ce même
peuple, qui portair dans les Eglifes avec empreffement, mais volontairement, les prémices
de fes récoltes. --- Page 225 ---
La Cour de Rome favorifa de! tout fon crédit & de fon autorité l'inftitution des Fètes;
elle dora fes enfans de priviléges, d'indulgences, de confrairies, qui furent tellement
honorées, que les Princes & les Rois même
s'empreffaient des'y affocier. Alors, fans doute,
le Clergé régnait en Italie & en France; mais
peu-à-pen, noS Rois, fatigués des prétentions
ulrtamontaines, aidés par'les Parlemens, furtout par celui de Paris, l'Adminiftration du
Royaume en devint moins dépendante, & on
ofa diminuer le nombre des Fêres. L'allégement
du pouvoir féodal augmenta le pouvoir de nos
Rois;,les peuples, devenus plus libres, devinrent
aufi plus laborieux & cultivateurs, parce qu'il
leur était permis de travailler pour eux, ce
qui leur fir d'autant plus defirer la fuppreflion
de tant de Fêtes. Le Goavernement, les Cours
Sonveraines, nos. Rois même, fupplièrent le
Clergéd'en diminuer le nombre; mais, quoique pluficurs Prélats fe foient empreffés de les
réduire, il en-exifle encore beaucoup trop,
dont il importe de, renvoyer la célébration aut
Dimanche: les devoirs de la Religion, l'ordre
public, les moeurs, l'économie politique follicitent cette réforme. --- Page 226 ---
Les jours de Fétes, en effet, font des occafions Oit le peuple, forcé d'ètre oifif, fe livre
prefque, roujours aux défordres qui en font
les fuites néceffaires, celt-a-dire, à toutes
fortes: d'excès de libertinage-a S à livrognerie.
Il confomme en feul jourlegain d'une femaine
entière. L'habirude du vice rend Phomme
refleux & miférable : fa femme, fes enfans. pafont les victimes de fon défordre. Une Adminiftration fage deit faire ceffer les occalions
d'un tel fcandale pour les marurs.
Quant à l'économie relative a PAgriculture,
elle fe prouve par un apperçu dont les effets
ne. peavent être révoqués en doute. Suppefons
qu'il y ait proportionnellement dans chaque
Diocefe vinge Fêtes par an, tant de celles
dont la célébration eft générale, que de celles
particulières, & certainement ce. nombre eft
au- deflous de la vérité; il en réfulte donc,
que tous les Ouvriers, Laboureurs, Marchands,
perdent le travailion le falaire de vinge jours.
Que lon rapproche maintenant le gain & les
travauxi que chaque individu eût fait;
ne
qu'on
fuppofe que quatre millions d'hommes falatiés par autrui, ou par leur propre travail,
c'eft donc pour un feul jour de Fête quarre
millions,
, & certainement ce. nombre eft
au- deflous de la vérité; il en réfulte donc,
que tous les Ouvriers, Laboureurs, Marchands,
perdent le travailion le falaire de vinge jours.
Que lon rapproche maintenant le gain & les
travauxi que chaque individu eût fait;
ne
qu'on
fuppofe que quatre millions d'hommes falatiés par autrui, ou par leur propre travail,
c'eft donc pour un feul jour de Fête quarre
millions, --- Page 227 ---
millions, & pour vingt, quarre-vinge millions,
a vingt fols par jour, ce qai parait faire la
moyenne proportionnelle pour les Ouvriers de
Villes, les Artifans & les Manouvriers dans
les campagnes.
Qnelqu'énorme que puiffe paraitre cette
fomme, ii eft certain qu'elle eft bien plus confidérable, qu'elle eft mème incalculable. Qui
peut apprécier, en effet, les pertes qui réfultent
des récoltes qu'on aurait ferrées un jour de
Fète, & que les pluies ou la grèle du lendemain onta anéanties, avariées sou diminuées? (1).
Qui peur calculer les effets du labourage des
terres, des cultares des vigues, après ou avant
une pluic ? Quipeut calculer, apprécier même le
prix d'un jour de travail pendant les récoltes?
Quant au Commerce, faut-il s'étonner des
avantages des marchandifes des Royaumes étrangers,ohl'on ne connoit pas de Fètes, tandis que
les Ouvriers, les Mannfacturiers Français, fur
trois cents jours de travail, en perdent vingt,
(1) La Sodéérendhommage à plufieurs Curés qui n'héfitent pas de permetrre à leurs Paroifliens de travailler les
jours de Fêtes & Dimanches dans le. temps des récoltes.
Mémoire d'Agriculture.
I --- Page 228 ---
qui, avec les lundis (1), plus nuiGibles encore
queles't Fêtes & les Dimanches, font un tiers de
l'année? N'eft-ce pas évidemment diminuer le
Commerce de fa production, & les travaux de
l'indeftrie, perdre les effets précieux de la concurrence fans laquelle le Commerce languit ?
N'eft-ce pas forcer les Ouvriers a augmenter
d'un tiers leur falaire, lorfqu'on pourrait au
moins, en fupprimant les Fètes, rendre meilleur le fort de l'Onvrier qui en paye plus cher
les denrées?
(:) L'on voit fréquemment, fur-tout dans les Villes,
T'Arifan, qui quelquefois a travaillé le Dimanche, paffer
le Lundi aux Cabarets, & créer ainfi, par parcffe ou par
débauche, des ceffations de travail qu'aucune Loi, qu'ancun intérét ni aucun prétexte ne peuvent juftifier.
ins, en fupprimant les Fètes, rendre meilleur le fort de l'Onvrier qui en paye plus cher
les denrées?
(:) L'on voit fréquemment, fur-tout dans les Villes,
T'Arifan, qui quelquefois a travaillé le Dimanche, paffer
le Lundi aux Cabarets, & créer ainfi, par parcffe ou par
débauche, des ceffations de travail qu'aucune Loi, qu'ancun intérét ni aucun prétexte ne peuvent juftifier. --- Page 229 ---
ARTICLE XX.
De la Mendicité & du Glanage.
Csr un grand malheur Pour l'Erar, pout
les mcurs, & fur-tout pour FAgriculture,
qu'il y ait des mendians & des vagabonds; leur
exiftence nnit à Tharmouie de la fociabilité;
elle eft criminelle en quelque forte, puifquils
ufurpenrle patrimoine des vrais pauvres > & elle
rappelle fans ceffe au Gouvernement la nécelfiré
d'en détruire ou diminuer les caufes.
La mendicité nait de la misère ou du libértinage. Le vrai moyen de la détruire, eft donc
de rendre le peuple heureux, & de l'entretenir
dans de bonnes mcurs. Ilne peur être heureux,
qu'en délivrant fon induftrie ou fa propriété
de mille taxes qui lai en enlèvent les trois
quarrs; il ne peur avoir de bonnes mceurs que
lorfqu'il verra tous les Citoyens fe rallier au
nom de la Pattie pour l'intérer commun, pour
blâmer ou panir les infractions aux Loix fociales
& à celles de la Religion, ou décerner une
couronne civique au Citoyen de quelque rang
qu'il foit, pour une action pattiotique ou vertueufe,
I 2 --- Page 230 ---
Ce n'eft pas par desordonnances
mi en féqueftrant dans des dépôts rigourenfes,
déttuira la mendicité;
publics qu'on
ces moyens feront toujours infuffifans, & fouvent plus dangereux
quele mal: Alétris par l'opinion publique, irrités
dans leur misère, privés de leur liberté, les
mendians deviennent un Aléau lorfqu'ils
vent échapper, après avoir coûté des fommes peuimmenfes à l'Erar.
Ces vérités fe prouvent par des
La Suifle a moins de mendians
exemples.
terre,
que l'AngleTAngleterre en a moins
la
la France beaucoup moins
que
France,
font des faits
que TEparnes ce
reconnus & avoués par tous les
voyageurs.
Lorfque le peuple cultivatenr ne verra
tant de traitans le mettre à contribution plas
fon pain, fon fel, fon vin, fon domicile pour &
1a perfonne, qu'il pourra enfin fe donner une
petite propriéré, fans donner au fifc de la féodalité le quart ou la moitié de la fomme même
employée à fon acquilion; que la Loi
jufqu'a 'ce jour, ne prorégeait quele riche qui,
ou
lintriguanr, aura la mème confidération
lui; alors e fentiment de T'honneur lui pour
mandera l'obéiffance aux Loix de la Société. com-
&
1a perfonne, qu'il pourra enfin fe donner une
petite propriéré, fans donner au fifc de la féodalité le quart ou la moitié de la fomme même
employée à fon acquilion; que la Loi
jufqu'a 'ce jour, ne prorégeait quele riche qui,
ou
lintriguanr, aura la mème confidération
lui; alors e fentiment de T'honneur lui pour
mandera l'obéiffance aux Loix de la Société. com- --- Page 231 ---
Malgré la-fagefe de ces loix, malgré les bienfaits d'une nouvelle Adminiftration, il y.aura
toujours, dans une aufli nombreufe population,
des individus nés malheureufement, qui fe liyreront à la mendicité & au vagabondage; alors,
fans doute, il faut que la Loi qui le réprimera
foir févère, mais que ce ne foit plus pour les
entaffer dans des hopiraux, dans des prifons,
dans. des dépôts, on règne un air méphitique,
où font des liberrins dépravés, & où le développe avec énergie la double contagion des
mcetrs corrompues. 3 & des maledies épidémiques.
La punirion laplas naturelleainiliger aux mendians vagabonds,c'elt de les affujertir au travail.
On pourrait les réunir pour les faire travailler
dans chaque Généralité à des atteliers Fublics;
foità des défrichemens ou à desdefféchemens ()
(1) Il eft plus jufte d'employer à des travaux péniz
bles & for des terrains mal fains, des hommes qui ont
démérité de la Société, & laiffer pour les ourriers domiciliés les travaux des: routes & des chemins vicinaux.
Sile Gouvernement eût employé des mendians au defféchement de Rochefort, il câr confervé beaucoup de
foldars qui Y font péri, & les maiheureux relégués aux
dépôts ne (eraient pas morts dans la misère après avoir
4r6 inatiles à la Société,
1; --- Page 232 ---
vicinaux, foit a des canaux de
dirrigation; leur bonne
navigation ou
protection
les
condaite ferait leur
pour
faire renvoyer dans leurs
Paroiffes, après qu'ils auraient
le
tribur a la Sociéré, pour les délits payé
julte
commis envers elle.
qu'ils auraient
Du Glanage.
Ilya deux fortes de glanage: : l'an toléré
le Gouvernement, inftitué
le
par
des Vicaires dans
par
Clergé, celui
celui des
plulieurs Diocefes; le fecond,
pauvres, mais qui leur eft
des perfonnes
enlevé par
valides.
qui ne font ni pauvres ni inLe premier doit être fapprimé, &
neur & la dignité des Prètres
pour Phona réduits a cette
que le haut Clergé
les malheureux
exiftence humiliante, & Pour
fi riche,
Cultivateurs que ce même Clergé
fopulent, preffure depuis
Par toutes fortes de conrtibutions. longatemps
hontenx pour le Sacerdoce,
N'eft-il pas
tiques, appelés
que des Eccléfiafpar état a l'étude de la
& de la
morale
théologie, aux fonctions faintes de
confoler les malheurenx, foient rédaits à
dans les champs,ou dans les
aller
colns ou
greniers de pauvres
métayers, leur enlever une
partie de
, preffure depuis
Par toutes fortes de conrtibutions. longatemps
hontenx pour le Sacerdoce,
N'eft-il pas
tiques, appelés
que des Eccléfiafpar état a l'étude de la
& de la
morale
théologie, aux fonctions faintes de
confoler les malheurenx, foient rédaits à
dans les champs,ou dans les
aller
colns ou
greniers de pauvres
métayers, leur enlever une
partie de --- Page 233 ---
quelquefois même partager leur fubfiftance?
Tout étonne dans cet ufage, 8c avilit le haut
Clergé qui la ordonné, le Gouvernement qui
l'a toléré, les Prètres qui s'y font livrés, &
fur-tout le peuple qui y a confenti. L'Adminiftration ne peut pas fouffrir plus long-temps
une telle difcordance dans les rapports des contributions pabliques, & fur-tout elle doit cffacer jufqu'au nom d'un tel ufage.
Le glanage des pauvres, au contraire, eft
une inftitution facrée, recommandée par toutes
les Loix de PEglife, antorifée dans tous les
Eratssmais, par une fatalité attachée aux inftitutions humaines, les abus les plus révoltans
naiffent prefque toujours des meilleures Loix.
Dans toutes les Provinces on fe plaint des
abus du glanages des femmes, des filles, des
garçons, des hommes en état de travailler,
fouvent mème en état de fe paller de glaner,
entrent dans les champs avant que les blés foient
enlevés ou liés en gerbe; le vrai pauvre ne peut
prefque rien efpérer par une trop grande concurrence; il en eft fouvent chaffé; les épis épars
ne fontque les prétextes du glanage; ils profitent
de tous les. moyens poflibles pour s'approprier
une partie de récolte, & toujours ils ne renI 4 --- Page 234 ---
trent chez eux qu'avec une charge de glanes,
qui devient fouvent dans leur domicile le prétexte d'en aller la nuit voler dans les champs,
qu'ils mettent en forme de glane. Quivole le
jour, peut bien être préfumé voler la noit. Il
n'eft pas étonnant, dans les Bourgs & Villages,
de voir des faincans qui n'ont pas un arpent,
vendre ou avoir plus de blé que beaucoup de
ceux for le terrain defquels ils ont glané.
Dans d'antres cantons, chaque Moiflonnenr
s'affide avec un glaneur ou une glaneufe; ce
feul affidé peur glaner derrière lui; on fent ce
qui doir réfalter d'une telle affociation. Le Propriétaire eft trompé, le pauvre eft fruftré de ce
que la Société lui réferve. Il fera tres-facile aux
Municipalités d'infcrire ceux qui auront un vrai
befoin deg glaner, & de défendre à tout autre de
le faire. Cet abus intérelTe elfentiellement la
Police générale du Royaume; ; il attaque la
priété du Cultivateur; ; il eft une école de Men- prodicité, de brigandage & de liberrinage; il
a voler le bien des pauvres, qui follicitent porte
euxmêmes un Décret public à cet égard.
aux
Municipalités d'infcrire ceux qui auront un vrai
befoin deg glaner, & de défendre à tout autre de
le faire. Cet abus intérelTe elfentiellement la
Police générale du Royaume; ; il attaque la
priété du Cultivateur; ; il eft une école de Men- prodicité, de brigandage & de liberrinage; il
a voler le bien des pauvres, qui follicitent porte
euxmêmes un Décret public à cet égard. --- Page 235 ---
ENCOURAGEMENS
ARTICLE PREMIER.
DE Putilité d'konorer Ies Laboureurs & les
Cultivateurs.
Q.orowei la Sociéré foit perfuadée que les
progrès de l'Agriculture dépendent effentiellement d'une bonne Adminiftration, elle croit
cependant qu'ils peuvent être hâtés ou déterP minés pat des moyens qui ne tiennent ni à
lintérèr, ni au changement de régime. Le
fentiment de Phonneur eft un mobile qui
dans tous les Arts & dans toutes les profellions
fait faire des prodiges; un fentiment contraire
énerve les forces phyfiques, enchaine les idées.
L'amour de la gloire a fait feul nos Héros',
nos Savans & nos Artiftes; il peur faire de
meme de célebres Agriculteurs.
Le peuple Chinois à confacré cette vérité,
& en démontre Putilité. Tous les ans l'Empereur trace quelques fillons avec une charrue;
tous les ans les Gouverneurs de ce vafte --- Page 236 ---
Empire font la même cérémonie
rage eft chez eux a fonction
: le labourable, &
la plus honol'Agriculture le plus floriflant
rous les Arts,
de
En France, au contraire, le Laboureur
avilis il n'eft admis dans
eft
de magiftrarare
aucune corgoration
(1). Le Bourgeois
Provinces le
dans les 2
dédaigne ou refufe de
avec fa familles entrainé
s'allier J
Fopmion
par le torrent de
publique, il s'efforce de devenir aifé
pour quirter fon état & tâcher de
Citadin en acherant
devenir 2
Il feraie
quelque charge.
fage, il ferait néceffaire
d'honorer la
même a
profeflion du
moyens en font faciles & ne Laboureur; les 2
cotteraient
que rien à fadmidiftation.
prefvinces on pourrait diftribuer Dans.chaque Proqui auraient fait des
des prix à ceux X
vorables à
effais ou des travaux faPAgriculeure. Il ferair
digne de la bonté de Louis XVI également
Peuple, d'inftiruer
pour fon
un ordre qu'il voulàr bien
porter, & auquel feraient admis tous les Ci-
(1) Le fils d'un Laboureur de la Picardie
une charge de Tréforier de
avait acheté
nir Tagrémenit,
France; il ne put en obte-
auraient fait des
des prix à ceux X
vorables à
effais ou des travaux faPAgriculeure. Il ferair
digne de la bonté de Louis XVI également
Peuple, d'inftiruer
pour fon
un ordre qu'il voulàr bien
porter, & auquel feraient admis tous les Ci-
(1) Le fils d'un Laboureur de la Picardie
une charge de Tréforier de
avait acheté
nir Tagrémenit,
France; il ne put en obte- --- Page 237 ---
toyens qui auraient rendu des fervices fignalés & authentiques par leurs découvertes ou
leurs travaux relatifs à TAgriculture, 1l ferait
de la dignité de l'Affemblée Nationale d'en
demander linftitation, &c que le jour de l'admiflion des Candidats fûc l'époque de la fete
nationale; le nom de l'ordre ferait, fans doute,
celui du Roi même.
La Société ne développera pas les détails
d'ane telle inftiturion, ni les effets immenfes
qui en refulteraient; mais elle peut affurer
que cet ordre ferait auffi heureux & plus honorable que tous ceux qui exiftent, & qui cottent des fommes confidérables.
Si une grande population eft le ligne d'un
Empire foriffants la France a ce titre tient
un des premiers rangs; mais les effets de
cette grande population font réfervés pour les
Villes feules : les Campagnes manquent de
bras. C'eft une vérité reconnue, & l'adminiftration doit fe hâter de rétablir un équilibre
dont la fubverfion fait la ruine de TAgrieulture. Les travaux des Champs coûtent exceffivement," par les gages qu'il faut donner aux
Valets, aux Manouvriers; & il n'eft pas rare
de trouver des exemples que des Fermiers --- Page 238 ---
paient autant en gages à leurs Valers qu'à leur
Propriétaire mème. Cet objer fera pour les
Adminiftrations Provinciales un examen trèsimportant, qui intéreffe autant la Police publique, que le bien-être même des Cultivareurs.
Louis XIV avaitrendu une Loi Pour qu'on ne
ft pas Payer de taille à celpi qui aurait douze
enfans. L'Affemblée Nationale & Louis XVI
exempteront, fans doure, dans une prepartion
encourageante, ceux des Labouteurs qui auront
un égal nembre d'enfans.
Il eft d'une bonne politique de favorifer &
d'honoret les mariages. Les Loix Romaines
décernaient des récompenfes & des prérogatives aux pères de Famille & infigeaient des
peines aux célibaraires, Le but & le morif de
ces Loix étaient d'encourager le travail & de
conferver de bonnes mcurs.Nous nous fommes
bien. écartés de ces maximes; car le célibat
en France a été comblé d'honneurs & de richefles - : mais lcs erreurs n'ont qu'un remps ;
il faur elpérer que le terme de celle-cieft
arrivé.
des prérogatives aux pères de Famille & infigeaient des
peines aux célibaraires, Le but & le morif de
ces Loix étaient d'encourager le travail & de
conferver de bonnes mcurs.Nous nous fommes
bien. écartés de ces maximes; car le célibat
en France a été comblé d'honneurs & de richefles - : mais lcs erreurs n'ont qu'un remps ;
il faur elpérer que le terme de celle-cieft
arrivé. --- Page 239 ---
ARTICLE
II.
D'une Caiffe de Prèt.
I. n'eft que trop cerrain que les Propriétaires Caltivateurs font réduits à une forte
d'impoflibilité de fe livrer à des améliorations
& mème anx réparations néceffaires. Les impofitions royales, les droits fifcaux & féodaux,
la perception inégale, les taxes-n multiplides fur
l'indufrie fe font accumulés à un tel degré,
à un tel excès, qu'il en eft réfulté un-épuifé
ment général.
Il eft encore certain que le Tréfor Royal,
tous les Tréfors particnliers', les emprunts 5
les banques, lesprojers, les loteties, lesgrandes
entreprifes n'ont cellé de tendre à faire affluer,
même des Provincès les plus éloignées, la
majeure partie du numéraire dans la Capitale;
d'ou il réfulte une privation prefque totale'du
numéraire poar lès opérations les plus utiles;
une privation d'aurant plas fanefte dans fes
effets que l'argent feul détermine à travailler
ou à faire travailler, que les prix des denrées
ne font plus dans aucune proportion relative,
que les travaux de la terre font devenus & --- Page 240 ---
font encore les plus ingrats, les moins
tégés & les moins fructueux de la Société. proLes impofitions royales, féodales &
dont le poids accablant
ficales,
forte que fur les
ne portait en quelque
exemptions immenfes propriétés foncières, par les
néceflairement
des privilégies, ont du
détourner tout
& aifé des travaux de la
propriéiaire riche
campagne, & le porter
conféquemment a placer fa fortune dans
fonds publics, donclintéret
les
fouvent des deux
dépallair de moitié,
ritoriaux.
tiers, le revenu des biens terLe luxe des Villes, par une fatalité
s'eft Propagé dans tout le
funefte,
tans des Villes, des
Royaume; les HabiCulivatear
Bourgs & Villages, le
meme, fe font fait des
ou des befoins de ce
habitudes
veté ont invenré dans que la T'opulence & l'oifiun autre fléau
Capitale. Ce luxe eft
qui s'eft réuni à tous les autres
pour enlever aux Provinces, aux
le peu de numéraire qui y refte, Campagries,
Un tel régime devair a la
une mafle de dettes
longue occafionner
en méme-temps
mafle de misères; les Financiers
qu'une
Banquiers
feuls, les
de
Etrangers ont profité de nos
nos erreurs. Ils fe font emparés de fautes,
notre
fléau
Capitale. Ce luxe eft
qui s'eft réuni à tous les autres
pour enlever aux Provinces, aux
le peu de numéraire qui y refte, Campagries,
Un tel régime devair a la
une mafle de dettes
longue occafionner
en méme-temps
mafle de misères; les Financiers
qu'une
Banquiers
feuls, les
de
Etrangers ont profité de nos
nos erreurs. Ils fe font emparés de fautes,
notre --- Page 241 ---
numétaires ils ont méme,dcet égard, le
voir de rétablir ou d'éteindre le crédit public, Pou-
&c on ne pourra fe délivrer de ce joug qu'eh
employant des moyens ablolument indépendans
d'eux; des moyens, en un mor, qui foient tels
que le Peuple puiffe, fans s'obérer encore, 5
trouver des rcflources; pour fe livrer aux travaux de l'Agticulure & des Arts qui en font
la fuite, & Etar, fans ufer le peu de crédit
qu'il pourrait fe donner par des impôts rigoureux, Car nous fommes parvenus à ce point
extrème que l'Etat, le Peuple & fur-tout le
Proptiétaire Cultivateur font dans une pénurie
extrème d'argent, Il faut donc un crédit national qui devienne une fource de nouveaux
moyens & qui force les capitaliftes à livrer
à la circulation l'argent qu'ils cachent,
Une fituation aufli déplorable des Finances
du Royaume ne permettant pas à l'Adminiftration de défigner de long-temps des fonds
les progrès de l'Agriculture, la Société a penfé pour
qu'il feraitaujourd'hui pollible plus que jamais de
créer une Banque rurale, oit chaque Propriétaire ponrrait emprunter jufqu'à la concurrence
du tiers ou de la moitié de fa propriété libre
& franche. de toutes dettes. ou hypothèques, --- Page 242 ---
en payant, pendant l'efpace de
cuante ou foixante années, les quarante, cinou quatre
intérèts à trois
fe
pour cent, au bour duquel terme il
trouverait entiérement libéré & du
des intérèts.
capital &
Les billets ou papiers de Banque ne pourraient
jamaisavoirles dangers du fyftème fatal de
dont le fouvenir effraye
Iaw,
auraient
encore, en ce qu'ils
une repréfentation vraiment réelle,
vraiment sûire, &c indépendanre de tousles évé
nemens ou de toutes les révolutions
Ces billets auraient
publiques:
réel
peut - être un crédit plus
que les efpèces monnoyées,
elles-mèmes
qui ne font
que des fignes de convention , puif
qu'ils repréfenteraient des valeurs
dès l'inftant de la création de la foncières, qui,
menteraient ces mêmes valeurs Banque, les
augqu'ils donneraient
par
fecours
aux Cultivareurs.
La mulriplication de ces billets ne ferait
mais
jaexcellive, 2 Parce que le prèt ou crédit
tional ne s'clèverait
tiers
nade la valeur
qu'au
ou à la moitié
foncière : ces fignes de Banque s'eteindraient également à lépoque convenue, &
feraient brûlés en préfence des Adminiftrateurs
publics.
Les Propriétaires pourraient avec ces billets
de
aux Cultivareurs.
La mulriplication de ces billets ne ferait
mais
jaexcellive, 2 Parce que le prèt ou crédit
tional ne s'clèverait
tiers
nade la valeur
qu'au
ou à la moitié
foncière : ces fignes de Banque s'eteindraient également à lépoque convenue, &
feraient brûlés en préfence des Adminiftrateurs
publics.
Les Propriétaires pourraient avec ces billets
de --- Page 243 ---
de Banque, qui feraient reçus comme
fe livrer à l'amélioration des
argent;
terres ; ils
raient défrichér ou deffécher des
pourter des bois; ils pourraient
marais, planréparer même leurs
biens, fe livrer à des effais, à des travaux dont
les effets ou le produir ne LE fe font reflentir
des époques éloignées, fans craindre les qu'a
fuites des créanciers avides,
pourqui ne prétent
aujourd'hui
pluts
que Par obligation annuelle, ou
par billets à courts termes.
L'Etar deviendrair immenfément riche
lcs intérèts qui feraient fournis au Tréfor par
blic, puifque dans l'efpace de cinquante
pu-
-
recevrait en réalité le montant del la fomme ans,il
aurait fanctionnée de fon crédic, &
qu'il
intérêts de cette même fomme
encore les
qui ferair
au capiral; ; intérêts qui feraient
égale
& évidemment plus sûrs
les toujours payés,
que
a
des impolitions équitables. Dans revenus mèmes
l'efpace de dix
ans, lEtar pourrair payer une partie de fes dettes,
protéger le Commerce &
toutes
FAgriculture,
téger
les Frontières, & foutenir avec pro- dignité l'éclat du Trône, la gloire de l'Empire
Français.
L'argent fortirait bientôr des antres où il eft
enfoui : la diminution d'intérêt national forceMémoire d'Agriculture.
K --- Page 244 ---
rait les Capitaliftes à donner leur
même taux : enfin, la Société croit argent au
pourrait être de la
que ce plan
plus grande utilité
les Cultivateurs. Peu accoutumée
pour
de Finance, elle le
aux opérations
propofe comme un
de fubvention dont elle n'a
moyen
les inconvéniens, mais elle peut-êrre pas prévu
eft raffurée dès
doit être foumis à PAffemblée
qu'il
Nationale,
Nota. Un Particulier riche de 3000 livres de
foncier emprunte fur fon Domaine, qu'ilj
revenu
dettes, la fomme de
juftifie libre de
il paic les intérêts à 30,000 livres moitié de la valeur;
gui ine le
ni
4 pour IOO tous les fix mois, ce
géne ne le grève, &c enrichit l'Etat;
T'elpace de So ans, le Tréfor
car, dans
de 1200 liv. chaque année:
public a reçu la fomme
font la fomme de
er, cinq cents fois 1200 liv.
les frais de
60,000 liv. fur laquelle il faut déduire
perception.
ic les intérêts à 30,000 livres moitié de la valeur;
gui ine le
ni
4 pour IOO tous les fix mois, ce
géne ne le grève, &c enrichit l'Etat;
T'elpace de So ans, le Tréfor
car, dans
de 1200 liv. chaque année:
public a reçu la fomme
font la fomme de
er, cinq cents fois 1200 liv.
les frais de
60,000 liv. fur laquelle il faut déduire
perception. --- Page 245 ---
ARTICLE IIL
De Patilité d'une Société dAgristarepratigne
dans chaque Département des Provinces.
La communication libre & facile des découvertes, des procédés, ou des méthodes perfectionnées, font aufi EwotableifAgikalure, quela
liberté de penfer & d'écfire eft utile aux progrès
des Arts & des Sciences. Les Labouteurs, les
Cultivarears, les Baurgasia-Propriérsites ne
voyagent plus ; ils cultivent & font cultiver
comme ont cultivé leurs Pères. La rouitine &E
les préjugés dominent par-tout fur leurs travaux. La misère oùl le défaut d'aifance les réa
duifent aufli aux anciennes pratiques; ils n'ofent
hi ne peuvent faite des effais dont le fuccès fe
raif douteux ou difpendieux. Il eft donc nés
celfaire que les Arts ruraux, perfectionnés ou
inventés, aillent les trouver; il faut donc mettre
fous leurs yeux la léçon G utile, fi heureufe de
l'exemple pratique des Arts ou des méthodes
propofées.
Il ferait important d'établit dahs chaqué De
partement ou Arrondiffement, une Société de
K 2 --- Page 246 ---
Chioyens-Agricukeurs, fur-tout de ceux qui
pratiquent, laquelle
du chef-lieu de la
correfpondrait avec celle
Province, & celle de la Province avec la Société de Paris, qui eft
par fes travaux & fon inftitution',
déja,
en correfpondance avec toutes les Sociétés
&c d'Agriculteurs éclaires, tantdans d'Agriculrure le
que dans les Pays Etrangers. Par ce
Royaume,
les Provincess s'éclaireraient
moyerr, toutes
Artfi néceffaire &
mutuellement fur un
qui eft encoreau berceau,mais
qui doit promptement profpérer far les ruines
de la fifcalité & de la féodalité, Les
& les erreurs qui les accrédirent
fylèmes
ne feraient
plusdangereufes, n'expoferaient plus les fortunes
des Particuliers; T'opinion géncrale fixerait bientôt le mérire des déconverres qui feraient indépendantes du fol ou da climat; une heureufe émulation animerait les
quelques prix diftribués
Proptiétaires - 5
heureux
encourageraient les malLaboureurs, qui ont peine à croire aut
bonheur pablic ou à voir leur état honoré. La
France ferait bientôt la rivale de l'Angleterre
pour PAgricultnre. Ce Royaume, il eft vrai,
n'a pas de Sociétés d'Agricultare dans fes Provinces, mais fon état actuel eft le réfultat d'une
révolution de près de cent années, & l'établif
Proptiétaires - 5
heureux
encourageraient les malLaboureurs, qui ont peine à croire aut
bonheur pablic ou à voir leur état honoré. La
France ferait bientôt la rivale de l'Angleterre
pour PAgricultnre. Ce Royaume, il eft vrai,
n'a pas de Sociétés d'Agricultare dans fes Provinces, mais fon état actuel eft le réfultat d'une
révolution de près de cent années, & l'établif --- Page 247 ---
fement propofé pourrait avancer d'un fiècle la
même profpérité,
S.L
CES Socictés pourraient, par exemple, réunir auprès d'elles des Artiftes vérérinaires. I1
n'y a pas de Province qui n'éprouve chaque année
des maladies locales ou des épizooties, qu'il fe-.
rait facile de prévenir ou d'arrèter dans Teurs
progres. Il ne faudrait pas, fans doute, borner
Térude de la Médecine &c de TArt Vétérinaire
aux chevaux feuls, comme on fait dans les Ecoles
qui exiftent : les bacufs, les vaches, les bètes
a laine font plus effentiels encore à l'économie
rurales en un mot, les befliaux font lap principale richelle du Royaume. De leur confervation & de leur multiplication dépend la profpérité otl Pinertie de TAgriculture. De cette vés
rité inconteftable réfulte donc la néceflité de
former des Elèves pour la Médecine Vétérinaire.
S. II
La panification eft en général très-mauvaife
dans les campagnes. Cet objet eft trop effentiel pour ne pas fixer l'attention d'une Sociéré,
foit pour la conftruction des fours pour lefquels
K 5 --- Page 248 ---
il faudrait moitié moins de bois
les autres objets accelfoires
% foit pour tous
indifferens,
qui ne peuvent être
riche, M. puifqu'ilsagit du pauvre comme du
Necker a confié l'Ecole de Boulangerie de Paris à la Société Reyale
de cette Capitale.
d'Agriculrure
S. IIL
Onignore dans beaucoup de Provinces la
nipularion expéditive des-chanvres & des mal'art de les ceuvrer & de les
lins,
manufackurer, Cette
AN
ignorance nous rend triburaires de
pour des fommes confidérables. Il ferair TEtranger
facile a une Société
trèsd'Agriculture de
ces
travaux & de les
diriger
Elèves,
multiplier en formant des
S. I V.
L'Art des accouchemens eft meurtrier
les Campagnes; des milliers d'Erres
dans
fiés
font facripar lignorance des Sages-Femmes.
manité follicite une inftruéion &
L'Hulance publique fur cet objer.
une furveilS. V.
Le chaulage des grains eft effentiellement
ceflaire 3 cependant il n'eft
nepas généralement
diriger
Elèves,
multiplier en formant des
S. I V.
L'Art des accouchemens eft meurtrier
les Campagnes; des milliers d'Erres
dans
fiés
font facripar lignorance des Sages-Femmes.
manité follicite une inftruéion &
L'Hulance publique fur cet objer.
une furveilS. V.
Le chaulage des grains eft effentiellement
ceflaire 3 cependant il n'eft
nepas généralement --- Page 249 ---
adopté, parce qu'on n'en-conmait pas les bons
effets, quoique depuis vingt ans on ne ceffe de
les publier. Une Société d'Agriculture s'occuperair très l atilement de répandre l'ufage d'un
fi bon procédé pour éviter la carie des blés.
S. V I.
Il croit fpontanément, ou par la culture, dans
chaque Province, une quantité immenfe de
plantes, d'arbres ou d'arbuftes qui font perdus
pour l'économie rurale, &c qu'il ferait pollible
de rendre commerçables en les préparant chacun
felon leur deftination.
S. VII
Les plantes potagères font d'une reffource
précieule pour les Cultivateurs; mais on ignore
& la culture & l'afage d'an très- grand nombre.
L'érabliflement d'un Jardin public, fous linfpeétion d'une Société, ferait de la plus grande
importance, 1°.pour la diftribution des graines;
20. pour l'inftruétion publique 5 3°. pour la
perfection des inftrumens agraires. Les haies,
les champs font remplis d'arbres fauvages, parce
qu'on ignore l'art de les greffer.
K 4 --- Page 250 ---
S. VIIL
Les maifons des Payfans font mal-faines
froides & peu folides; on les couvre de chaume ;
là ou il ferait pollible & facile de fabriquer de
la tuile oul de trouver de l'ardoife. Une Société
pourrait apprendre à conftrnire en Pife, ce
ferait
les
qui
no Pour
Paylans un Art inappréciable,
a de
S. IX.
Combien de Provinces ou on entaffe les brebis
& les moutons toute l'année dans des
lorfqu'on pourrait les faire fervir f utilement étables,, à
l'engrais desterres en les fAuberpungaeri&e.ace
S. X.
On retire chaque année de T'Etranger
deux millions, & quelquefois plus, de beurre pour
8c de fromage. En éclairant les Cultivateurs
une meilleure manipulation, les Sociétés
par
raient rendre ce commerce plus actif, &c. pour- &c.
ou on entaffe les brebis
& les moutons toute l'année dans des
lorfqu'on pourrait les faire fervir f utilement étables,, à
l'engrais desterres en les fAuberpungaeri&e.ace
S. X.
On retire chaque année de T'Etranger
deux millions, & quelquefois plus, de beurre pour
8c de fromage. En éclairant les Cultivateurs
une meilleure manipulation, les Sociétés
par
raient rendre ce commerce plus actif, &c. pour- &c. --- Page 251 ---
ARTICLE IV.
OHSERFATIONS relatives au Commerce des
EISL Grains, des Farines. & du Pain.
UOIQuE nous nous foyons impofé la Loi
de ne pas furcharger ce Mémoire d'aucun précepte, d'aucun dérail de pratique rurale, nous
ne pouyons cependant nous difpenfer de le
terminer par l'apperçu des caufes principales
qui influent de la manière la plus direête fur
l'abondance & la qualité des récoltes. Ce ne
font d'ailleurs que desvues générales concernant
Pamélioration de l'aliment fondamental, &
la diminution de fon ptix. Cette double confidérationne fauraitetre indifférente àla Société,
parce que l'augmentation réelle de la valeur
des grains deviendra pour les Laboureurs un
puilfant morif de mieux cultiver leurs terres,
& que c'eft par conféquent concoutir aux progrès de T'Agriculture & à l'aifance des Caltivatetrs, que de s'occupper de tout ce qui a
rapport à la meunerie & à la boulangerie, à
ces deux arts de premier befoin qui font le but
& la fin des travaux du labourage,
On fait qu'il n'exifte point de pays en Europe --- Page 252 ---
quiprodaife de meillears fromens
Le climat, le fol & les
que la France.
netteté, la
alpects leur concilientla
pefanteur & la
en carachérifent la bonne finefle d'écorce qui
de foins, lors des femailles qualirés mais le défaut
méthodes viciéufes
& des récoltes, les
ferver & de les
de les battre, de los condeles convertir tranfporter, de les moudre &
en pain, font bientôr
tous ces avantages;
difparaitte
obfervations,
arrétons-nous à quelques
-
Des Grains.
Les Cultivateurs de
font point niallez
beaucomp de cantons ne
Topération la
difficiles ni affez attentifs à
plus imporrante de
celle des femailles. Le choix
TAgricalcure,
le plus lourd, le
gh'ils font du grain
plus mûr, le
ne fuflit pas encore
mieux nourri,
cet objet. Le
pour remplif complètement
faines,
blé,avec les apparences les plus
Peut être moucheré
& porter en foi le germe imperceptiblement, de la
noir. Souvent.ils
maladie du
fur des aires mal négligent le farclage, battent
à moitié, d'ou il propres, fuit
vannent & criblent
grains
que les plus excellens
kaulle manquent la
de cet extérieur qui en revaleur marchande, &
que tous ces
. Le
pour remplif complètement
faines,
blé,avec les apparences les plus
Peut être moucheré
& porter en foi le germe imperceptiblement, de la
noir. Souvent.ils
maladie du
fur des aires mal négligent le farclage, battent
à moitié, d'ou il propres, fuit
vannent & criblent
grains
que les plus excellens
kaulle manquent la
de cet extérieur qui en revaleur marchande, &
que tous ces --- Page 253 ---
défauts de foins fe manifeftent dans la farine,
comme dans le pain qu'on en prépare.
Pour fe garantir du noir, de cette maladie
terrible qui diminue quelquefeis, dans certains
endroits, la récolte d'un tiers, en mème-temps
qu'elle falit les grains échappés à la contagion
de cette vraie pefte des femences, la plupart
des Cultivateurs fe bornent à éreindre un morceau de chaux dans l'eau, à en arrofer un tas
de femence qu'ils retournent, & mertent a
fécher. Maiscetteo opération effentielle, pratiquée
prefque par-tout fans règle ni proportion, malgré les avis multipliés de la Société, eft infuffifante pour s'oppofer ala maladie, pour peu
que la faifon foit favorable à fon développement.
S'il eft reconnu gu'il y ait toujours un profit
alfuré a ne rien épargner fur le choix & fur
la préparation des femences, on ne faurait
douter non plas qu'il ne faille ufer de la plus
grande économie, lorfquit-s'agit de les répandre. Cependant, quoique d'excellens patriores,
afliges a
de ce qu'on perd annuellement une
grande quantité du plus beau grain, n'ayent
ceflé de prouver aux Fermiers, par mille &
mille expériences, que dans un champ femé --- Page 254 ---
épais, tous les grains germent & pouffent a-lafois, que les racines, loin de s'étendre &c de
fe ramifier, fe rencontrent, s'entrelacent, fe
confondent & s'affament réciproquement; qu'cn
réduifant la femence a moitié de ce qu'ils en a
employent ordinairement, le produit furpalfait
d'un tiers ou d'un quart; ils n'en continuent
pas moins leur pratique vicieufe, enforte que
fouvent la moiffon ne répond ni aux dépenfes
qu'ils font, Di aux peines qu'ils fe donnent,
tant eft grand l'empire des préjugés &c de la
routine.
Les avantages de femer clair ne confiltent
pas feulement dans l'épargne dela femence &c
dans le bénéfice des récoltes; la pureté & la
netteré des grains en font encoré les effets; les
pièces de blé, moins en proie aux herbes étrangères, font d'un farclage plus facile; on1 rifque
moins d'ébranler la bonne plante pour arracher
Ia mauvaife; enfin, elles ne font pas aufi fufceptibles de verfer à l'approche des moiffons.
S'il étoit pollible d'établir dans les campagnes
une unité de vues, d'opinions & de travaux >
fi leurs habitans n'étaient pas aufli étrangers les
uns aux autres,, qu'il n'exifat plus enfin parmi
eux qu'une feule & même famille difpofée a
rifque
moins d'ébranler la bonne plante pour arracher
Ia mauvaife; enfin, elles ne font pas aufi fufceptibles de verfer à l'approche des moiffons.
S'il étoit pollible d'établir dans les campagnes
une unité de vues, d'opinions & de travaux >
fi leurs habitans n'étaient pas aufli étrangers les
uns aux autres,, qu'il n'exifat plus enfin parmi
eux qu'une feule & même famille difpofée a --- Page 255 ---
concourir rau bien général, on viendrait, fans
doute, à bout d'affoiblir les effets des maladies
du grain, des mauvaifes herbes qui infeltent
nos champs, &c des animaux deftructeurs qui les
ravagent.
Les précautions employées par les Cultivateursles splus foigneux pour arrèter ces fléaux dans
leur fource, ne font que des opérations partielles, qui manquent leurs effets quand elles
ne font pas exécutées en commun, A quoi
fert, par exemple, l'attention d'un Fermier à
échardonner fon champ & à écheniller fon verger,
fi le voilin ne l'imite pas? Ce n'eft donc qu'en
réunifant fes efforts qu'on parviendra à former
une ligue contre ces ennemis qui, en ruinant
les campagnes, entrainent encore après eux la
diferte & les maladies,
Ce qu'il importe le plus de perfuader aux
Cultivateurs pour leur propre intérêt & pour9.
le nôtre, c'eft que ces féaux ne nailfent pas
fortuitement, qu'ils ne font ni T'ouvrage des
brouillards, ni celui de quelques preftiges; que
l'influence des faifons & des localités contribue feulement a les rendre plus ou moins formidables; que la carie ou le noir, maladie
ticulière au froment, réfide dans le
ncaitsr --- Page 256 ---
1;3
&cle propage par la voie dela contagion,
ont dans leur foyer de quoi s'en
&cquils
la terre ne produit
préferver ; que
vaifes herbes
pas d'elle-mème les mauqui ilèvent au
font lesfemailles, -
le famier printemps 3 que ce
& le vent qui lesrépandent & les perpétuent;
lons qui ont dépofé leurs cufs enfin, que les papila la
&c
dans les
grange
au grenier, donnent champs,
aux infectes, & que c'eft a ces
naillance
faut déclarer la
papillons qu'il
fource.
guerre fion veut en arrêter la
Telles font les erreurs & les vérités
atile de faire connaitre aux habitans qu'ilferait des
pagnes, en ne leur parlant que le
cam- familier de leur pratique,
langage
Pafteurs
par T'organe de leurs
fur-tour, G a l'avenir Jeurs
en fonds de terre, & qu'ils
revenus font
quelques arpens à des effais puiffent en confacrer
leurs Paroifliens.
fous les yeux de
Quelle voix
vaincre la féduction de la
plus propre à
les
routine, à faire taire
préjugés, & a les préferver de ces
a fecrets qui, profitant de
hommes
uns, & abufant de la crédulité T'enthoufiafme des
font plus capables de nuire a
des autres,
de la favorifer! Connoillance TAgriculrare que
engrais abondans, labours
Parfaite du fol,
profonds & répétés,
de
Quelle voix
vaincre la féduction de la
plus propre à
les
routine, à faire taire
préjugés, & a les préferver de ces
a fecrets qui, profitant de
hommes
uns, & abufant de la crédulité T'enthoufiafme des
font plus capables de nuire a
des autres,
de la favorifer! Connoillance TAgriculrare que
engrais abondans, labours
Parfaite du fol,
profonds & répétés, --- Page 257 ---
ptéparation des femences & économie dans leut
difttibution , femailles précoces foffifamment
enterrées & récouverres; voilà les maximes fondamentales du premier de tous les Arts.
Malgré l'obftination du Cultivateur à fe
dre aux expériences les plus
rencellons de lui montrer dans fes frappantes, faures le
ne
cipe des maux qu'il - a éprouvés; faifons enforte prinqu'il ne puiffe plus accufer, que fon
ment, des torts dont il charge
aveugleles
ordinairement
intempéries ou les localités; qu'il foit enfin
convaincu que l'abondance & la qualité des
técoltes dépendent en partie de la
de chacune des opérations qui les perfection
& que le moindre oubli dans
précèdent,
fait fentir fur la
une feule, fe
produétion.
Le défaut de farclage, les aires
l'imperfection des cribles, rendent mal-propres,
grains fals &
ils
fouvent les
impurs;
ne coulent
la main, & font remplis de femences pas dans
gères & de petires pietres, ce qui
étranvaleur dans le commerce & dans déprécie leur
fi les Laboureurs foignaient
T'emploi; or,
ils
mieux leur
retireraient, en les vendant
cher, gtains,
delà de ce que les frais& les déchers plus
3 'auaursient pu leur cotiter. C'eft à l'oubli de criblage
des Dre- --- Page 258 ---
cautions de cribler & de rafraichir les grains
pendant leur féjour au grenier, de les cribler
de nouveau quand ils arrivent à leur deftination, qu'il faur attribuer l'altération de ces
maffes confidérables de blé, dont les
réunies occafionnent la cherté, & fouvent pertes la
famine.
C'eft, fans doute, un,abus de cultiver enfemble & dans un champ d'une même veine
de terre, le froment &c le feigle, puifque l'un
eft plurôr mûr que Tantre,. & que chacun
exige une qualité différente de fol; on a beau
objecter que ces plantes, végétant ainfi concurremment, fe prètent des fecours réciproques:
jamais Texpérience, en plein champ, n'a
ce prérendu phénomène. C'eft un autre proavé abus
de mélanger ces grains quand ils ont été récoltés féparement, pour les porter enfuite au
marché, vu qu'alors il eft impollible de juger
quelle eft leur proportion relpective, 8c
felon toute vraifemblance, le grain le moins ques
cher eft certainement celui qui y domine.
Un autre incoryénient encore de cette méthode, c'eft qu'en envoyant au moulin les
ainfi mélangés, iln'en réfalte
grains
qu'une farine dé
feétueufe & peu abondante. Leur nature, leur
volume
parement, pour les porter enfuite au
marché, vu qu'alors il eft impollible de juger
quelle eft leur proportion relpective, 8c
felon toute vraifemblance, le grain le moins ques
cher eft certainement celui qui y domine.
Un autre incoryénient encore de cette méthode, c'eft qu'en envoyant au moulin les
ainfi mélangés, iln'en réfalte
grains
qu'une farine dé
feétueufe & peu abondante. Leur nature, leur
volume --- Page 259 ---
volume &c leur forme étant différens, ils cxigent
aufi une mouture différente. Il-faer donc les
moudre à part & conferver leur farihe fepar
rement , quand bien mème On adrait lintention d'en faire un pain mélangés par la raifon
que l'une convient mieux à la préparation du
levain & l'autre à celle de la pâte. Toutes ces
conlidérations, que nous abrégeons, fervent
donc à Prouver quil ferait utile d'interdire le
Commerce des grains mélanges, parceguiln'et
réellement avanrageux qu'an Vendeur, &
comme la pefanteur fpecifique des grains que cft
la marque la plus cerraine pour jeger deleur
qualité, il ferait nécellaire que leur Commerce fe fir atl poids & a la mefures ces denx:
moyens, employés toujours concurreim ent 2
procureraient Leaucoup d'avantages & préviendraient une foule d'abus.
Sans vouloir fuivre les traces des précautions
employées pour fe ménacer des rellources contre
les difetres, nous croyons que les grandes Villes
extrèmemént peuplées pourraient fe fervit avéc
fuccès de T'entremile des Boulangers, dont les
achats & les magalins tres-divifés
fournir aux befoins 8 écarter les craintesCe poprraient
parti ferair. d'autant plus fage qulil n'eft pas
Mémoire d'Agriculeare.
L --- Page 260 ---
pollible de mettre les provilions de-ce
en,de meilleures mains : elles fe feraient genre fans
appareil & fans frais; elles auraient pour furveillant Phomme dont la forrune & l'induftrie
feraient également intéreffées sa en tirerles plus
grands avantages: mais nous penfons aufi
vaudrait
qu'il
beaucoup mieux que les provifions fe
fiffent plutôt en farine qu'en
bled; nous en
expliquerons plus loin les raifons.
Qu'il nous foit permis de
réclamer, au
nom de la juftice & du bien
public, 3 l'eeil
vigilant des adminiftrations chargées de veiller
aux objets de fublfance; la nature peut, fans
doute, donner des grains de médiocre qualité,
mais rarement fonr-ils capables de
a la fanté
préjudicier
loriqu'ils ont été foignés par des
procédés bien entendus. Cependant, G les né
gligences ou les méthodes vicienfes
les défauts qu'ils avaient
ontaugmenté
faire la
déja au moment d'en
récolte, il ne faut pas fe hâter de
ter un Arrêt de profcriptiou que l'on n'ait con- porfalté les ouvrages des Phyficiens Patriotes
ont traité avec le plus de clarté ces objets im- qui
portans; il faur faire ellayer en filence & fous
fes yeux les moyens qu'ils indiquents pour s'affurer par foi-mème f les grains & les farines,
'ils avaient
ontaugmenté
faire la
déja au moment d'en
récolte, il ne faut pas fe hâter de
ter un Arrêt de profcriptiou que l'on n'ait con- porfalté les ouvrages des Phyficiens Patriotes
ont traité avec le plus de clarté ces objets im- qui
portans; il faur faire ellayer en filence & fous
fes yeux les moyens qu'ils indiquents pour s'affurer par foi-mème f les grains & les farines, --- Page 261 ---
fulpects peuvert fervir encore de noutricure
fans aucun inconvénienr. Si enfin, après avoir
réuni les lumières d'obfervateurs habiles, fans
prjugés, parfaitement inftruits du degré d'altérarion des grains, des caufes maltipliées
les ont gâtes, & des effers qu'ils peuvent qui
duire dans cet état; 6, après ces fages précau- protions, il refte encore de Tincertitude, on re
doit plus balancer a rejeter de la maffe des
fubliftances de pareils grains; maisil ne faur
les perdre de vue qu'ils n'aient acquis la forme pas
fous laquelle ils peuvent encore devenir une
reffource quelconque pour la chofe pablique.
De la Moutire.
C'eft une des principales opérations de la
fabrication du pain; une fois manquée, it
n'eft guère poflible de réparer le mal , quelques bons procédés que le boulanger empleie
dans fes manipulations fubléquentes, la défectuofité du moulage fe manifelteta toujours
dans les qualités des réfultats.
Les montures vicieufes fonrune des caufes
principales de la chéreré da pain, &
-
toujours
l'impor le plus onéteux qu'on puille mettre fur le
L 2 --- Page 262 ---
Peuple. Quelle épargne, G d'ane extrémité a
l'autre du Royaume, on parvenair à retirer
des grains tout ce qu'ils renferment de farine!
On y Parvient par la mourate
mais les expériences, faites à l'école économique de
bonlangeries de Paris, prouvent que chaque fois
que le grain ou fes produits pallent fous les
meules, ils éprouvent toujours une altération
plus ou moins fenfible, & que loin
menter le nombre des remourures
d'augà cinq, il faut les reftreindre à trois portées déja
dût-on retirer un peu moins de
au plus,
farine; elles
prouvent encore, que loin de confervérla mouture à la groffe, fous le prétexte qu'elle
fionne moins de déchet &c de frais
la occaque mouture économique, il faut néceffairement la
profcrire, parce qu'elle donne des produits toujours incertains, mais affez conftamment aux
riches de la farine avec du fon, & à la claffe
indigente beaucoup de fon avec de la farine.
Pour prévenir cette difetre locale, ces renchériffemens fabies', ces émeutes populaires
que font naître, prefque chaque annés, dans
quelques cantons du Royaume, la fufpenfion des
moutures péndant des mOis entiers de temps
calme, de féchereffe, de gelées & d'inonda-
produits toujours incertains, mais affez conftamment aux
riches de la farine avec du fon, & à la claffe
indigente beaucoup de fon avec de la farine.
Pour prévenir cette difetre locale, ces renchériffemens fabies', ces émeutes populaires
que font naître, prefque chaque annés, dans
quelques cantons du Royaume, la fufpenfion des
moutures péndant des mOis entiers de temps
calme, de féchereffe, de gelées & d'inonda- --- Page 263 ---
tions, i1 faudrait érablir un certain nombre de
moulins indépendans de l'air & del'eau: d'abord
poar. les Villes tres-peuplées, un moulin compolé de plufieurs meules mues par une machine
à feus pour celles d'un ordre inférieur, des
moulins à manégesy& enfin des moulins à bras
pourles Campagnes.des Hopitaux, les Mailonsde-force, &cc. 8cc. Il ferair mème à defirer que
ces derniers devinfent un objet d'atteliers de
punition pour des hommes condamnés par la
Loi, & qu'il eft bien dangereux d'abandonnet
à une inaction abfoiue durant le jour, parce
qu'ils veillent la nuit.
Les moulins à eau, moins multipliés par ce
moyen, ne nuiraient plus à l'arrofement des
prairiess le cours des rivières ferait plus libre,
& leur épanchement ne noyerait plus des Pays
fains &c fertiles, pour n'en former que des marais fangeuss fériles &c nuls pour PAgriculture.
Les mdchines à feu appliquées aux moulins
donneraient lieu à de grands établillemens de.
mouture, parce qu'on ne ferait pas commandé
par le lacal. On pourrait rravailler les grains
dans la paicie fapérieure du bâtiment : un crible
paffe au-deffus de.la trémie ferait arriver, fous
les meules le grain tout nétoyé, tout rafraichi;
L; --- Page 264 ---
la bluterie s'érablirait dans la
& on adapterait des
partie inférieures
traire, de manière
bluteaux en fens con-
&la bluterie
que le criblage, la mouture
marcheraient
force morricel On fait
enfemble par la même
des machines eft
que le jeu bien combiné
toujours
préférable a la
plus chère & qai
main-deuvre,
bien.
n'exécure pas aufliCeft fur-tout dans les Villes
faudrait
maritimes
dilinguer & favorifer ces
qu'il
bliffemens de mouture,
grands éraferait menacé d'une diferte parce que, quand on
traient à portée de recevoir prochaine, ils metger, de réparer par leur desgrains de PEtrantion que la denrée
induftrie la dérériorafon trajet, de leur aurait pu éprouver pendant
a la
enlever ce qui
perfection des moutures, de leur s'oppoferait
les qualités que les
reftiruer
la négligenice auraient intempéries des faifons ou
appliquer la chaleur de pu affoiblir; enfin, leur
rait d'arrêter leur
l'étuve quand il slagiconvenables a la dépériflement, de les rendre
durée de leur nourcirare, ou de prolonger la
confervation.
Ces établifemens'tde
les Villes
mouture, formés dans
Capirales de DOS Provinces,
draient pour les jeunes Meûniers
devienun cours'd'inf
uer
la négligenice auraient intempéries des faifons ou
appliquer la chaleur de pu affoiblir; enfin, leur
rait d'arrêter leur
l'étuve quand il slagiconvenables a la dépériflement, de les rendre
durée de leur nourcirare, ou de prolonger la
confervation.
Ces établifemens'tde
les Villes
mouture, formés dans
Capirales de DOS Provinces,
draient pour les jeunes Meûniers
devienun cours'd'inf --- Page 265 ---
trucion pratique. C'eft là qu'ils apprendeaient
à bien monter les meules, à les piquer convenablement, à falfer parfaitement les gruauss 5
enfin, ils acquéreraient Ja preuve qwe la perfection d'un objet tient fouvent a des foins peu
difpendieiuxs dont on eft amplement dédommagé par la valeur des marchandifes qui en font
les réfultats.
Il eft malheureux, fans doute, que dans'les
cantons où le prix de la mouture eft prélevé
d'avance fur leg grains on n'ait pas fongé à le
fixer fur la farine. Le Melnier alors ferait tintéreffé a mieux moudre, & il ne fefervirait pas
de toute l'impétuolité du moteur pour expédier
autant de blé a-la-fois. Nous croyons qu'on'
pourtair prévenir une partie des fraudes qu'on
leur impute, en fixant par-tout le prix de la
mouture en argent, & non en nature 5 en les
obligeant d'avoit des balances pour pefer le blé
qu'ils reçoivent, la farine & les fons qu'ils renvoient aux Particaliers,
De la Farine.
La quellion quia ponr objet les avantages du
commerce des farines, a été difcutée fous tous
les rapports dans un Mémoire imprimé parmai
L 4 --- Page 266 ---
ceux de la Sociéré Royale d'Agriculure,
Fannéc 1735, trimeftre d'Automne. Nous pour
difpenferions de revenir fur cette matière, nous laiffant au remps aropérer la révolurion
défirons, fi elle n'était da
que nous
vérités
peric nombre de ces
qu'on ne faurair trop fouvent rappeler.
llef certain qu'an des movens de
ner promptement, dans le Royaume, perfeclion- la
nerie & la boulangerie, c'eft de
meufabltituerle commerce des farines a celui des grains. Il n'exifte
pasde conttée plus favorablement firuce
tirer un parti avanrageux, foit
pour en
l'abondance & à la qualitédef
par rapport à
fes grains, foit relativement à la multitude de fes rivières & de
fes canaux navigables.
Les Boulangers qui feraienedans le cas d'acheter des grains &c de les faire moudre fur-lechamp, ne perdraient jamais le fruit de leurs
foins & de leur
atrentei, parce que la farine,
gardée felon les bons principes, n'expofe à atlcune dépenfe; qu'elle devient, avec le temps,
sèche, moelleufe, d'un travail plus facile, &
donne de meilleur pain, & en plus granle
quantiré que G elle étair récente. Ces avantages
foffiraient pour les dédommager de la mife de
leurs fonds; mais il faut convenir que la plu-
ne perdraient jamais le fruit de leurs
foins & de leur
atrentei, parce que la farine,
gardée felon les bons principes, n'expofe à atlcune dépenfe; qu'elle devient, avec le temps,
sèche, moelleufe, d'un travail plus facile, &
donne de meilleur pain, & en plus granle
quantiré que G elle étair récente. Ces avantages
foffiraient pour les dédommager de la mife de
leurs fonds; mais il faut convenir que la plu- --- Page 267 ---
part d'entr'eux ne polsedent ni emplacement,
ni fonds, ni crédit, ni intelligence, pour formet
de pareils approvilionniehmens.
C'eft toujours fous la formé de la farine qu'il
faudrait exporter le foperfu de nos récoltes,
parce que cette exportation laifferait dans le
Royaume, d'abord le bénéfice de la maind'auvre, enfuite des farines bifes pour la nourriture. du Peuple, des iffues pour l'engrais des
beftiaux. Cette exportation n'ayant lieu que
dans des barriques, elle multiplierait la maind'ceuvre des Tonneliers, &c revivifierait les Manafactures d'étamines à bluteaux : la charpente,
les forges fe reffentiraient aufli de T'accroiffemient de ce travail. Ces.objets réanis augmenteraient le prix du fetier de 3 à 4 livres au
profit de la France', qui ferait long-temps en
Poflelion de ce nouveau genre de Commerce,
avant que les Etrangers fulfent en état de lui
difputet la concurrence.
L'expérience a déjà prouvé que le commerce
des minots occafionnait une aétivité favorable à
I'Agriculure dans les Provinces qui avoifinent
les Villes maritimes, &c que l'abondance des
grains ne fuffit pas.roujours pour raffurer fur
les befoins de la confommation la farine prète --- Page 268 ---
a êrre employée doit mériter la
faveur du commerce des
préférence. Ala
tion aurait un
farines, PAdminiftramoyen prompt de faire avorter
fur-le-champ les fpéculations avides des MonoPoleurs &c des Capitaliftes,
En vain objecterait-on que les farines
d'an tranfport embatrallant,fe
feraient
aifément que les
confervant moins
de les
grains, & qu'il eft plus facile
mière mélanger. Nous répondrons à la preobjection, que, deptis la découverte de
TAmérique, nous n'approvifionnons
lonies qu'en farines; à la feconde, nos Corine a, comme le blé, des
que la façaractères
qui ne peuvent
frappans
& qu'il exifte des échapper aux organes exercés,
la
pierres-de touche qui décèlent
préfence des mélanges 5 qu'enfin, la
vation des farines en facs ifolés,
confergrenier Par rangées droites,
placés dans un
ni embatrasyni
n'exige ni dépenfes,
foins; qu'elles fe bonnifient en
vieilliffant, 2 tandis que les grains,
à l'air fuivant la méthode
abandonnés
déchet & en frais de
ordinaire, coûtent, en
manutention,
cent du prix d'achat, fans avoir quatre ponr
qualicé. Le commerce intérieur augmenté eri
farines a donc
& extérieur des
Tavantage de réunin à l'intérêr
public l'intérêt particaliers fous ce double
rap-
es,
foins; qu'elles fe bonnifient en
vieilliffant, 2 tandis que les grains,
à l'air fuivant la méthode
abandonnés
déchet & en frais de
ordinaire, coûtent, en
manutention,
cent du prix d'achat, fans avoir quatre ponr
qualicé. Le commerce intérieur augmenté eri
farines a donc
& extérieur des
Tavantage de réunin à l'intérêr
public l'intérêt particaliers fous ce double
rap- --- Page 269 ---
port, H mérite les faveurs de l'Affemblée Nationale.
Du Pain.
Comme le bois eft la partie la plus difpendieufe de la fabrication du pain, & qu'il coûte
fort cher dans prefque toutes les Provinces, il
faudraic s'occuper des moyens de l'économifer,
La plupart des fours font conftruits fans principes; ils ont trop d'élévation à la votre, une
très-large entrée, & une porte qui ferme mal':
d'ou il réfalte une confommation énorme de
bois, pour n'obtenir fouvent qu'une cuiffon.imparfaite.
Pour diminuer la confommation du bois,
devenu Gi rare par le luxe. de nos Cultivateurs,
labus des défrichemens & l'oubli des plantations, il ferait utile d'abord d'engager les Habitans de chaque Village de faire conftruire un
four commun, d'après un bon plan. Ce four,
ne refroidiffant jamais, cuirait infiniment mieux
le pain, & ne confommerait pas autant de
combuftible. Il ferait néceffaire enfuite, pour
les mêmes motifs, de diminuer dans les Villes
le trop grand nombre de fours.
Une meilleure adminiftration des Forèts exif- --- Page 270 ---
tantes, T'encouragemenr a de nouvelles
tions, la néceflité d'élever & de
plantaeipeces de bois deftinés
conferver los
aux conftrnctions
rout genre, ne doivent
de
rir aux moyens les
pas empêcher de récouplus eflicaces
la recherche &
pour accélérer
charbon-de-terre. l'esploitation des mines de
Il eft d'ailleurs bien
par des expétiences faites en différens conftaté
& notamment a Paris fous les
endroits,
ciété,
le
yeux, de la Soque pain peut cuire fur un âtre chauffé
immédistemene par le
contracter ni odeur ni charbon-de-rerre, fans
gott.
S'iln'euiftait gn'une feule & même
dans rout le
mouture
ture
Royaume, & que ce fat la mouécomomique, il-ferait facile de mettre
jours le prix du pain à fa jufte valeur.
toufournit las trois auarts de fon
Le blé
favoir, huit neuviènies
poids en farine;
de farine
T'autre neuvième de farine
blanche, &
fifte en iffnes
bife :le refte con
formées de remoulages, de recoupes &. de fon. Or, donze onces de farine
abforbant huit onces d'eau au
confervant
pétrillage, & n'en
que quatre au four, il refterait
jours une livre de pain
touAlors il
pour une livre de blé,
n'y atrait plas qu'l
courant des grains, les frais ajouter au prix
accelloires; de
farine
blanche, &
fifte en iffnes
bife :le refte con
formées de remoulages, de recoupes &. de fon. Or, donze onces de farine
abforbant huit onces d'eau au
confervant
pétrillage, & n'en
que quatre au four, il refterait
jours une livre de pain
touAlors il
pour une livre de blé,
n'y atrait plas qu'l
courant des grains, les frais ajouter au prix
accelloires; de --- Page 271 ---
difinguer enfuite ceux de fabrication & lebe
néfice legitime, qui doivent être réalés fur les
circonftances locales & létendue du travail des
Boulangers.
Mais ces bafes données par la Narure, & que
T'Art eft venu à bout de (ailit, varient infiniment à raifon des récoltes & des expolitions.
Quoique lon cennaille parfaitement bien aujourd'hai la dépenfe réliequ'il en coûte pour
transformer en pain un fac de blé, d'un poids
& d'une mefure connus, cette dépenfe peur ellcore différer relativement aux qualités, aux
formes & au volume des pains que le Boulanger fabrique, & aul nombre des fournées qu'il
cuit, N'eft-il pas julte, en outre, de maintenir au prix le plus modique, le pain que confomme l'ouvrier chargé de famille, Phomme
dénué de tout fecours. de faire fupporter une
grande partie des frais de. main-d'eeuvre à celui
du riche, dont le pain, plus délicar, demande
aulli plus de foins & de facon?
C'eft dans cet elprit de juftice & d'humanité
fe trouve -
rédigé un projer de tarif qu'a
I que
propofe M. Tillet., Membre de la Socieré; tarif
déjà adopté par Rochefort, Bar - le- Duc &
Chartres. Nous croyons que les Adminiftra- --- Page 272 ---
tions
Provinciales ne
de confilter ce Savant pourraient mieux faire que
les difeullions,
pour mettre fin à routés
qui fe
tant qu'on ne
renonvelleronr fans ceffe
remontera point à la fource
conteflations, & aux
des
des bafes fixes
moyens affurés d'établir
tout prétexte, pour écarter de la taxe du
tout arbitraire.
pain
la Comme le pain eft, , dans tous les
moindre dépenfe du riche, &
remps,
du pauvre, 2 on ne faurair
la plus forte
quil ne foit fait aucun
trop prendre garde
moyen
tort a ce fujet.
poury parvenir, ferait de
L'unique
au poids. L'acheteur,
vendre le pain
le Boulanger,
trouvant des balances chez
voudrait,
pourrait toujours, quand il le
du Pain acquérir la cerritude qu'l a le
qu'il paie 3 & les
poids
s'écarter de T'afage ou ils fonr'de Baulangers, 5 fans
d'un certain
faire des pains
volume, & de les
tant qu'il eft poflible, dans les mainrenir, auoùr ils les vendent,
poids différens
qu'il y aurair de moins. fappléeraient en pain ce
Peuple ferait
Nous le répétons, le
poids. Cer foulagé par la vente du pain au
Villes
ufige eft adopté dans
du Royaume. Nous
beauconp de
obftacle qui puiffe
n'entrevoyons aucun
général.
empécher qu'il ne devienne
les
tant qu'il eft poflible, dans les mainrenir, auoùr ils les vendent,
poids différens
qu'il y aurair de moins. fappléeraient en pain ce
Peuple ferait
Nous le répétons, le
poids. Cer foulagé par la vente du pain au
Villes
ufige eft adopté dans
du Royaume. Nous
beauconp de
obftacle qui puiffe
n'entrevoyons aucun
général.
empécher qu'il ne devienne --- Page 273 ---
Il ferait egalement a defirer qu'il fut pollible
de diminuer le nombre des Bonlangers, trop
mulciplies dans les Villes. La plupart vivent à
peine du travail de leur état, & n'ont qu'une
connaiffance tres-imparfaite des grains 8c des
moutures. Ne pouvant s'approvitionner fur les
lieux des récoltes, ni tirer de la première
main, ils vont 2 atl jour le jour, acherer la'
farine, qu'ils emploient fouvent au fortir des
meules: d'ou réfultent unedouzaine de livresde
pain de moins par fac, un travail plus difficile,
Un produic plus cher & moins parfait que f la
fatine avait répofé,
Qui fe reffent principalement da défaut d'aifance des Boulangers P Ie Peuple. Combien
de fois cependant, acceffibles àtous les fentimens qu'infpire la misère publique, ne fournillent-ils pas à crédit aux pauvres ouvriers,
pendant des mois entiers, le pain quils n'ont
pas encore gagné Comment ces Bonlangers
pourront-ils aveir en avance des provilions, &c
fupporter les facrifices dans les momens de crife
ou il - elt prudent quelquefois de mainténir la
diminution du prix du pain an-delà des bornes
prefcrites par le tarif, fi leur travail, borné à
une ou deux journées, les indemnife a pcine
de leurs frais? --- Page 274 ---
Nous ajouterons, en rerminant ces obfervations, qu'il ferait ridicule de fuppofer
Boulangers éraient en moins
que G les
qu'ils faffent
grand nombre, &c
chargés feuls des
mens, ils feraient payer le
approvilionneCe commerce fera
pain arbitrairement.
des
toujours fous la
Loix; & les
fauve-garde
dépofitaires, inftraits Magiltrats, qui en font les
àce
par les elfais, veilleront
que cette denrée de premier befoin
bonne qualité,
foit de
time
roujours dans une relation
avec le prix des grains & des
inToutes les facilités accordées
farines.
AH
dans leur commerce,
aux Boulangers
Peuple. Ainh, en intéreffant tourneront au profit du
failance éclairée,
à leur fort la bienle
c'eft former des vaux pour
foulagement de la claffe indigente.
Fait & arrêté dans une Allemblée
extraordinaire, ténue au
générale &c
tembre 1789.
Louvre, le 26 SepSigné, le Marquis DE
recteur 5
BeILLION, DiBETHUNE, PARMENTIEX, Duc de
Vice - Dire@teur,
PAbbé LEREBVRE, Charoft, DE LA BERGERIES
Agent-Général;
NET, Secrétaire perpéruel.
BROUSSON-
agement de la claffe indigente.
Fait & arrêté dans une Allemblée
extraordinaire, ténue au
générale &c
tembre 1789.
Louvre, le 26 SepSigné, le Marquis DE
recteur 5
BeILLION, DiBETHUNE, PARMENTIEX, Duc de
Vice - Dire@teur,
PAbbé LEREBVRE, Charoft, DE LA BERGERIES
Agent-Général;
NET, Secrétaire perpéruel.
BROUSSON- --- Page 275 ---
TABLE
DES MATIERE S.
Avermsmss,
I Introduétion
Page
I
Sommaire & Réfulrat de chaque article.
3 S
ARTICLE I De la liberté de Ja propriété.
ART.II. Droit de Parcourt & de
N
vaines pdtures.18
ART. III. Dupartage des Communes.
ART.IV. Des delechemens.
ART. V. De Tinaliénabilité des Biens Domaniaux, Eccléfafiques & de
Axr. VI. De P'inftabilité des baux Main-merie.so eccléfiaftiques
4 e de leur trop courte durée.
ART. VII. Droits d'Echange & de Franc-fief. 69
ART. VIII. Des Subfitutions & des Retraits
ART. lignagers. ix." Des Saifies réelles.
ART. X. Bois & Forêts.
78 76
ART. XI. Des Prairies artificielles.
ART. XII. DesAbeilles.
ART. XIII. Des droits d'Aides, de la
Ehl ducommérce des vins. a
Yigne, IOO
ART. XIV. Du Tabac.
I06
ART.XV. De la Gabelle.
ART.XVI. De l'uniformité des Poids & Mefures.
Mém, dAgriculture.
a --- Page 276 ---
Table des Matières.
ARr. XVII. De l'entretien des Chemins Vicinaux.
ART. XVIII. Des Milices.
ART. XIX. Lafippreffion des Fêtes.
ART. XX. De la Mendicité & du Glanage. I3I
ENCOURAGE a
E M E N S.
ART. I. De Putilité d'honorer les Laboureurs &
les Cultivateurs.
ART. II. D'une Cailfe de Prêt.
141.
ART. III. D'une Société dAgieabun-Prauige
dans chaque Département desProvinees.147
ART. IV. Obferyations fur le Commerce des
Grains, des Farines 6 du Pain.
Des Grains.
De la Mouture.
16;
De la Farine.
Du Pain.
Fautes a corriger.
Page 2, ligne 2, lundi 25 Odtobre, 3 lifex lundi
5 Octobre.
Page 22, ligne 14, Lonvigny, lifer Louvigny;
Page 35,, ligne
contenir cent vingt, Hifez
contenir plus d. cent vingt.
IBid. Ligne 18, de terrains qui font, lifede
terrains en friches quifont. --- Page 277 ---
Table des Matières.
Page SI, ligne 5 3 drerlmais trop tardive;
Page 79,
17 3 repoduire, lifer reproduire.
Idem. 23, E valeure xorbirante, lifex la valeur
exorbitante.
Page 87,
5, le prix de leur, lifex &c leur.
Page 176, E 20, de Buillion, lif. de Bullion;
Idem. Ligne 22, Duc de Charots, lifer Duc de
Charoft, --- Page 278 --- --- Page 279 ---
S:
REFLEXIONS
SUR I REPONSE
AUX MEMOIRES DE M. MALOUET
SUR LA M A ie RINE,
Par M. D'ARNAUD, Confeiller à la Cour
des Aides de Provence, ancien Officier
d'adminiflration de Zz Marine.
:
PARIS,
Chez DESENNE, Libraire au Palais Royal:
Mars
1790.
ion;
Idem. Ligne 22, Duc de Charots, lifer Duc de
Charoft, --- Page 278 --- --- Page 279 ---
S:
REFLEXIONS
SUR I REPONSE
AUX MEMOIRES DE M. MALOUET
SUR LA M A ie RINE,
Par M. D'ARNAUD, Confeiller à la Cour
des Aides de Provence, ancien Officier
d'adminiflration de Zz Marine.
:
PARIS,
Chez DESENNE, Libraire au Palais Royal:
Mars
1790. --- Page 280 --- --- Page 281 ---
(3)
Sgea
REFLEXIONS
SUR LA REPONSE 9
AUX MÉMOIRES DE M. MALOUET
SUR LA MARINE
de lire une
Jevamna
brochure intitulée:
aux Mémoires de M. Malouet fiar la Marine, Réponfe Elle
eft fans doute T'ouvrage d'un homme
d'un homme inftruit, &
d'efprit,
qui poffede fort
en
bien,
quoiqu'il
dife, Part d'écrire, s'il eft vrai
que cet art confifte fur-tout à prendre un ton
convenable au fujet que Pon traite, Je ne fais,
d'ailleurs, fi l'on ne fe trompe point en défignant PAuteur, quia trouvé bon de demeurer
caché fous levoile de PAnonyme :
l'on
a deviné jufte, ila certainement
mais,fi
à l'eftime
plus d'un titre
publique. Je fuis bien loin auffi de
vouloir l'attaquer & me rendre contre lui le
champion de M. Malouet,je veux feulement lui
propofer guelques doutes rélatifs à un objet
A 2 --- Page 282 ---
(s)
dont je me fuis pareillement avifé de
& fur lequel j'ai tâché d'établir, à
parlers
T'opinion qu'ils'efforce de
peu près, 2
combattre
Je
prends donc la liberté de lui adreffer la (1).
& je lui dis :
parole,
Le deffein de M. Malouet, dans fes
a été de critiquer le fyftême de
Mémoires,
POrdonnance
de1776,en ce qui concerne Fadminiftration de
la Marine, &z d'exalter celui de T'Ordonnance
1689; le vôtre au contraire,
de
d'attaquer celui-ci, & de défendre Monfieur, eft
l'autre :
permettez moi de vous fuivre dans cette difcuflion.
Vous parcourez d'abord quelques faits
culiers allégués par M. Malouet, & vous partis obfervez que les induéions qu'il veut en tirer ne
font point fuffifamment établies. Je Tavoue,
Monfieur, il me paroit que vous avez raifon,
& qu'en préfentant ces faits, M. Malouet a vér
ritablement négligé de nous donner toutes les
preuves, tous les détails néceffaires pour rendre
fes conféquences bien exaétes. Je ne Puis, d'ailleurs, fuppléer à cette omiflion ; car je n'ai nul
accès dans les myftérieux fanétuaires où repofent
() Voyez Obfervations fur les Ordonnances de fa
Marine, 1789, chez Defenne - 2 Libraire 2 au Palais
Royal,
Malouet a vér
ritablement négligé de nous donner toutes les
preuves, tous les détails néceffaires pour rendre
fes conféquences bien exaétes. Je ne Puis, d'ailleurs, fuppléer à cette omiflion ; car je n'ai nul
accès dans les myftérieux fanétuaires où repofent
() Voyez Obfervations fur les Ordonnances de fa
Marine, 1789, chez Defenne - 2 Libraire 2 au Palais
Royal, --- Page 283 ---
(5)
les pieces qu'il faudroit confulter; je'ne faispoint même fi elle peut être réparée, & fi,
comme vous paroiflez le croire, elle n'a pas
été, de la part de M. Malouet, quelque chofe
de plus qu'une fimple négligence.
Mais quoi qu'il en foit, Monfieur, n'iriezvous pas trop loin vous-même, en concluant
aufli-tôt de votre'obiervation, que le fyfême
de 1776 eft préférable a'celui de 1689? Tour
ce qui pent-en réfulter, ce me femble, c'eff
que M. Malouet a Ol mal choii, ou mal préfenté les faits dont ila voultt s'étayer. Une
conféquence" ultérieure ne feroit fondée qu'aus
tant que,- de votre part, vous citeriez des faits
contrairesbien conflatésebien concluans; votre:
obfervation, en un mot, n'eft, f Poa peut
parler ainfr, qu'un raifonnement négatif qui
prouve bien, f vous voulez, qu'a cet égard"
votre Adverfaire a mal-défendu fa caufe, miais
par lequel la vôtre n'eit point encore établie.
Remarquez ('ailléurs,je vous prie, qu'err
raifonnant fur ces faits, vous ne Tes avez pas
précifément conteftés; vous avez feulement
propofé des conjectures 7 vous'avez feulement
indiquédes données que M. Malouet.auroit dit
comprendre dans fes calculs,& qu'ilavoit négligé d'y faire entrer. Or,il n'eit pas décidé
ence moment que vos conjectures ne puiffent
A3 --- Page 284 ---
t6)
être combattues par des preuves; if n'eft pas
décidé que les calculs faits avec toutes les données requifes ne fourniffent point encore des
réfultats contraires a votre fyftême. La conféquence fe réduit donc tontjours plus à dire qu'il
y a des doutes à fe former fur quelques
mens de M. Malouet.
arguEnfin, Monfieur, vous. l'avez très-bien obfervé vous-même; une jufte comparaifon des
régimes de l'une & l'autre Ordonnance, ne doit
point être établie fur quelques faits particuliers,
fur quelques faits ifolés. > On auroit plus
> proché du vrai (dites-vous), fi, fans omif- ap-
> fions & fans réticences, on eit comparé tous,
59 les vaifleaux conftruits à Toulon, dix ans,
% avant 1776, à tous ceux qui ont été bâtis
> dix ans après cette époque 4, C'eft bien auffi
ce que je voudrois que l'on fit, non-feulement par rapport aux conftrudions, mais. encore par rapport à toutes les autres parties de
ladminiftration des Arfenaux; &cj'ofele prédire,
plus cette opération feroit bien faite, moins
elle feroit à votre avantage. Vous me demanderez peut-être fur
me
quoije
fonde, 2 8c quelles
font mes preuves. Je n'en ai point, il ef vrai,
que je puiffemettre fous vOS yeux; mais comme
prefque tous, ceux qui ont fuivi les détails &
les opérations des Arfenaux, je fuis intimement
ladminiftration des Arfenaux; &cj'ofele prédire,
plus cette opération feroit bien faite, moins
elle feroit à votre avantage. Vous me demanderez peut-être fur
me
quoije
fonde, 2 8c quelles
font mes preuves. Je n'en ai point, il ef vrai,
que je puiffemettre fous vOS yeux; mais comme
prefque tous, ceux qui ont fuivi les détails &
les opérations des Arfenaux, je fuis intimement --- Page 285 ---
t7)
convaincit que; dans le nouveau régime, Taugt
mentation de la dépenfe a été excefive.
Permettez-moi 2 au furplus, quelques légeres:
remarques fur les faits dont il s'agit.
M. Malouet parle de Tétonnante armée navale que Louis XIV avoit en 1692, & fur cela
vous dites que, >fi vous aviez comparé cette:
2y armée à celle de 1989, & donné un apperçu
des
à ces deux
de la différence
dépenfes
épo57 ques,. vous auriez fait entrer dans ce calcul:
de
ainfi
les
de-
>> la valeur
l'argent,
que
prix
5 fubfiftance (. Mais, Monfieur, je ne vois point
dans les Mémoires de M. Malouet qu'il ait pentéà faire cette comparaifon, ni à donner cet apperçu. Il ne mérite donc pas, ce me femble 3
le reproche que vous. paroiffez lui faire, en
ajoutant que, > fans cette exaétitude, on fait
>> pencher à fon gré la balance; ce qui fignifie 2
termes
l'on eft inexact 8c
bY en d'autres
2 que
B partial Ka
Durefte, que l'on ait égard à la valeur deT'argent, qui effe@tivement a varié beaucoup 2puifqu'elle a été portée de 29 livres 6 fols II
deniers' à 53 livres 9 fols 2 deniers 7 que l'on:
ait égard au prix des fubfiftances, quis'eft accru
a peu près dans la même proportion : que Pon
confidere les dimenfions des vaiffeaux 2 &c les
çalibres des çanons i que l'on compare. les
A --- Page 286 ---
(85
moyens que l'Etat avoit alors avec ceux
avoit en TNo: en un mot, que l'on
qu'if
les calculs de tous les élémens
compofe
drez, certainement
d
que vous vouon aura toujours à
une adminiftration qui avoit, pour ainfi admirer dire,
créé tout-3-cOup cette immenfe
>.
d'ailleurs, avoit
Puifance: qui,
mulplié les
les plus grandes
expéditions.formé
entreprifes, & cela dans
tems olt, pour réfifter à tous fes ennemis, un la
France étoit obligée davoir des forces de terre
non moin-prodigieufts.
Vous paffez enfuite,
raifon
> Monfieur, à la compaque fait M. Malouet de quelques vaiffeaux conftruits ious lun & l'autre régime D ; &
tandis qu'il attribue à l'adminifration la différence de la dépenfe 2 vous demandez fi les
vaiffeaux pour lefquels on a employé plus de
bois; quoique du même rang, n'avoient
été conftruits fur de plus grandes
pas
vous
dimenfions;
demandez fi, en les confiruifant, on ne
peut pas avoir trouvé une grande quantité de
bois avarié; vous demandez enfin fi, dans l'intervalle, le prix de la journée des ouvriers n'avoit pas pris quelque accroifement, &c fi les
travaux s'étoient faits dans la même faifon.
Je ne répondrai point précifément à toutes
ces queflions, car je n'ai pas les inftruétions
nécchlaires, & d'ailleurs, ne prétendant point
fi, en les confiruifant, on ne
peut pas avoir trouvé une grande quantité de
bois avarié; vous demandez enfin fi, dans l'intervalle, le prix de la journée des ouvriers n'avoit pas pris quelque accroifement, &c fi les
travaux s'étoient faits dans la même faifon.
Je ne répondrai point précifément à toutes
ces queflions, car je n'ai pas les inftruétions
nécchlaires, & d'ailleurs, ne prétendant point --- Page 287 ---
(9)
m'établir le défenfeur de M. Malouet 2 je ne me
furis pas mis en peine de les chercher.
Mais j'obferverai que les dimenfions de deux
vaifleaux du même rang ne peuvent pas être
extrêmement différentes, & que néanmoins je
vois ici une très - grande différence entre les
quantités de bois employé. Telle eft celle que
je trouve entre le Zile & le Suffifant : celui-ci
en a confommé 14000 pieds cubes de plus.
Tobferverai qu'il y en a une encore plus
confidérable entre les dépenfes de main-d'ceuvre,
puifque, en comparant celle du Céfar & celle
du Sufffant, on trouve que l'excès de celle-ci
peut être évaluée à plus de 36000 livres, c'eftà-dire, qu'elle a été plus forte prefque de moitié,
excès qu'il feroit bien difficile de rapporter aux
canfes poffibles que vous indiquez.
J'obierverai enfin que vous, Monfieur, qui
êtes Marin, qui êtes Géomètre, & qui avez,
eu, fans doute, toutes les facilités, pour vous
infruire, vous auriez pu nous donner quelque
chofe de pofitif fur ces caufes, que vous ne
propoiez que par conjecture. Ainfi, par exemple,
vous auriez pu nous dire de combien les dimenfions du Suffane furpaffoient celles du
Zill, & combien, par conféquent, il devoit
confommer de bois de plus. Vous ne l'avez
pas fait néanmoins, & cela laifle, ce me --- Page 288 ---
(1o)
femble, Ies probabilités du côté de M. Maa
louet.
Il n'en eft pas tout-a-fait de même de la
eomparaifon qu'il fait encore de la
totale de l'année
dépenfe
1759, avec celle de l'année
J'avoue qu'il me paroit avoir un peu trop 1779: légerement fuppofé des données femblables dans.
ces deux annécs, & que vous l'avez très-bien
fait fentir. Mais convenez aufi qu'une différence de IO7 millions dans la dépenfe eft bien
énorme, &c qa'il eft bien permis de douter
cette différence ait été proportionnée à celle que
des opérations & des moyens..
Je le répete encore, je ne fuis point le dé
fenfeur de M. Malouet. Je lui laiffe donc lefoin de vous répondre, s'il le peut & s'il le
veut, far ce que vous. lui dites touchant les
frais des ports de lettres; car ici vos réflexions.
attaquent moins Ia chofe que la perfonne : je
n'ajouterai plus qu'une feule obfervation.
Les faits que vous avez relevés. ne font
les feuls que M. Malouet ait cités; ilen allegue pas:
d'autres peut-étre plus dignes d'attention. Ainfi,
il avance qu'en 1775, il en a coûté 44,000
livres pour recevoir & empiler dans les hangards 313 mille pieds cubes de bois; & qu'en
1781, quoiqu'on en ait reçu & empilé 20 mille
pieds cubes de moins, on a dépenfé 22,000 live
de plus,
&
. ne font
les feuls que M. Malouet ait cités; ilen allegue pas:
d'autres peut-étre plus dignes d'attention. Ainfi,
il avance qu'en 1775, il en a coûté 44,000
livres pour recevoir & empiler dans les hangards 313 mille pieds cubes de bois; & qu'en
1781, quoiqu'on en ait reçu & empilé 20 mille
pieds cubes de moins, on a dépenfé 22,000 live
de plus,
& --- Page 289 ---
(n)
Ainfi, il remarque qu'en 1776 la dépenfe de
& vacations fut, pour
ce qu'on appelle journées
l'arfenal de Toulon, de 19,622 livres, & qu'en
1786 ellea'été de 68,085 livres.
Ainfi, il ajoute qu'en 1785 la conftrucion
d'un vaifleau de 74 coûtoit 16000 livres de plus
qu'en 1769, & cela eu égard à la plus value
des marchandifes, & à raifon feulement de la
plus grande quantité de matieres employées.
Ainfi enfin, il prétend que depuis 1775 jufqu'en 1780 inclulivement, Ia dépenfe totale &
efitive de la Marine fe trouve furpaffer de près
de 400 millions la dépenfe efimée fur le pied
de l'ancien régime, mais eu égard à toutes les
caufes poflibles d'augmentation, &x même er
calculant de la, maniere la plus favorable pour
le régime nouveau.
Or, Monfieur, vous n'avez rien dit fur ces
affertions, ni fur quelques autres encore qu'il
feroit inutile de rappeller : 8 que faut-il conclure de ce filence? doit-on le regarder comme
un aveu de votre part? ou bien avez-vous cru
qu'il vous fuffifoit d'avoir jetté des doutes fur
quelques-uns des faits allégués par M. Malouet,
& que votre Leêteur fe diroit, ab uno difca
omnes 2
Quoi qu'il en foit, laiffons 1à tous çes faits
fur lefquels peut-être je ne me fuis que trop --- Page 290 ---
(12)
érendu; & venons aux railfonnemens
employez
que vous
pour foutenir votre fyflême.
Vous l'avez très-bien dit,
une Marine, il faut des-hommes Monfieur; pour
&
qui conftruifent
réparent les vaiffeaux; iken faut
les dirigent & les faflent
d'autres qui
agir :
a befoin de confiruiteurs &
c'eft-a-dire, qu'on
Mais ce n'ef
d'Oficiers de vaifeut.
pas tout,l'entretien, lai
le
réparation,
remplacement des bâtimens, la conduire des
fravaux, 9 le raffemblement & la diftribution des
matieres, des vivres, des munitions, &c., néw
ceffitent uine admimifration & des
Enfin, il eft
Adminifraturs.
indifpenfable de tenir compte des
dépenfés que tout cela entraîne : 8 par conféquent, il y a A une comptabilité,
Quelle eft donc ici la queition?Ceft de favoir
fi l'adminiftration doit être confiée aux mêmes
Officiers qui font chargés de conduire & de faire
agir les vaifleaux, Ou bien s'ib ne convient
mieux del la donnera d'autres hommes
pas
ces
quin'aient
que
feules fonétions à remplir.
Sur cela vous dites, Monfieur,
être
bon Adminifitrateur, il faut ayoir que-pour une connoiffance un peu approfondie de toutes les parties
de l'art naval, Vous
ajoutez que cette connoiffance s'acquiert, non point dans les bureaux,
mais ala mer: & vous concluez
qu'iln'y a donc
gue les Ofliciers de vaiffeau à qui l'adminiftraion Puifie être fagement confiée,
que
feules fonétions à remplir.
Sur cela vous dites, Monfieur,
être
bon Adminifitrateur, il faut ayoir que-pour une connoiffance un peu approfondie de toutes les parties
de l'art naval, Vous
ajoutez que cette connoiffance s'acquiert, non point dans les bureaux,
mais ala mer: & vous concluez
qu'iln'y a donc
gue les Ofliciers de vaiffeau à qui l'adminiftraion Puifie être fagement confiée, --- Page 291 ---
(1)
raiformement fpécieux ne féduira point
Ce
confiftent les fonétions
ceux qui favent en quoi
faire mieux endes Adminifitrateurse Pour me
Pon
un exemple: car tant que
tendre, prenons
il a dans les idées
s'en tient aux généralités, y
beaucoup
un certain vague qui prête toujours
à la difpute.
de conftruire un vaif
Je fuppofe qu'il s'agit
font 3 dans le régime
feau, & je cherche quelles
conde l'Ordonnance de 1689, les opérations
Adminiftrateurs (1). Je vois d'abord
fiées aux
conftruction établi par cette Orun Confeil de
les
donnance, dans lequel entrent T'Amiral,
-amiraux, les Lieutenans généraux, FIn*
Vice
les Chefs d'EC
tendant ou Commiffaire général,
le
cadres, lInfpedeur & le Capitaine du port,
faifant fonétion de Greffier. Les
Contrôleur du Roi étant reçus dans le port oùl la
ordres
doit fe faire, le Confeil s'affemble
conftruction
mainte-
& ordonne aux maitres Charpentiers,
nant remplacés par les lngiinamycondrnideung enfuite
de donner leurs devis, lefquels font
examinés & réformés dans le même Confeil.Les
devis fixés & arrêtés font enregiftrés, fignés par.
tous ceux qui ont affifté au Confeil;8 une copie
doit avoir la
en eit rèmife à PIngénieur qui
() Ordonnance de 1689. Liv. 131 tet --- Page 292 ---
(1)
conduite de
Touvrage, afin
bien éxaétement.
qu'il s'y conforme
Ce n'eft pas tout, dans ce
encore un
régime, je vois (:)
Infpedeur des
tenant remplacé
confiructions, 2 mainpar
cet Inipeéteur eft
Tingemieur-diredetr, &
de faire le devis exadt chargé, entr'autres chofes,
des bois
trer dans la confiruéion
qui doivent endéterminer les
des vaiffeaux, d'y
d'examiner
proportions de toutes les
f le bois eft de bonne
piéces,
l'àge requis, du tour
qualité, de
Charpentiers dans
néceffaire, de diriger les
leurs
ce que les mâts foient travaux, de veiller à
bien
mot, à ce que les
placés, & en un
conformément
ouvrages foient faits bien
l'art. Il
aux devis & felon les
eft chargé, de
regles de
plus, de faire fon
port, chaque femaine, au Confeil de
raption, de tout ce
conftrucqu'ily a à faire
maine fuivante. C'eft à lui
dans la fe
ciers & autres doivent
encore que les Offi
adreffer les
projets & deffeins qu'ils
nouveaux
conftructions,
peuyent faire fur les
doit enfin affifter pour qu'il en donne fon avis. Il
àla réception des
dans le port où il fe
bois fournis
n'en reçoive
trouve, empêcher
aucun qui ne foit en
qu'on
aux conftrucions &
état de fervir
radoubs, examiner les con-
() Ibid, Tit, 3
ciers & autres doivent
encore que les Offi
adreffer les
projets & deffeins qu'ils
nouveaux
conftructions,
peuyent faire fur les
doit enfin affifter pour qu'il en donne fon avis. Il
àla réception des
dans le port où il fe
bois fournis
n'en reçoive
trouve, empêcher
aucun qui ne foit en
qu'on
aux conftrucions &
état de fervir
radoubs, examiner les con-
() Ibid, Tit, 3 --- Page 293 ---
(5)
fommations; en rendre compte aul Miniftre, 8
de même qu'il n'en foit fait d'inuempécher
tiles.
les fonéions de PIntendant
Voici maintenant
8z des autres Officiers de Tadminiftration.
L'ordre de conftruire ayant été reçu (S),"Ins
examinera s'il y a affez de bois dans
tendant
il fera les diliTarfenal; & s'il en, manque,
il donnéceffaires pour en faire venir;
gences
faits; il arrêtera Tétat du nombre
nera les prix
doivent être employés ; il
des ouvriers qui
fixera la paie d'un chacun, 8c empêchera qu'elle
ou diminuée fans fon ordre
ne foit augmentée
la
du vaiffeau
écrit. De plus, dès que
quille
par
fur le chantier, il donnera fes ordres
fera pofée
fera néceffaire pour la garafin que tout ce qui
& fe trouve prêt
niture & grément fe prépare
fera acheyé,
dans les magafins, lorique le vaiffeau
de bâtir.
ordinaires
Sous PIntendant eft un Commiffaire
Tinfpedtion des conftruétions; &voici,
chargéde
font fes devoirs (2). Il aura;
pareillement quels
économie dans,
foin de faire garder une grande
TEcriTemploi des matieres; il aura foin que
les.
vain en tienne un compte exact, & que
(:) Liv. 12, tit. K
() Ibids Tit, 23 --- Page 294 ---
(16)
maitres Charpentiers faffept fervir les bois a
Pulage auquel chaque piece fe trouvera propre.
Ii veillera à ce, que les bois de la plus vieille
coupe foient les premiers employés, à ce que
les chevilles, clous 8 autres ouvrages foient
dans les proportions ordonnées &c conformes
aux échantillons qui auront étéremis aux maitres
Ouvriers. Il vifitera les atteliers; il obligera les
Ecrivains d'y être affidus; il examinera fi les
ouvriers contenus dans les rôles, font fidelement & exagtement employés, 8s'ils fontleur
devoir; il s'attachera à connoitre ceux qui font
plius Oli moins habiles, plus ouI moins afidus,
afin quie leur paie foit proportionnée à leurs
fervices & à leur capacité, Il empéchera aufi
les maitres Charpentiers ne fe départent des
que devis qui auront été arrêtés par le Confeil de
conftruction.
Enfin, fous le Commiflaire eft un Ecrivain,
dont le devoir eft de fuivre T'ouvrage de plus
près (1);1 tient le rôle des ouvriers employés;
il en fait la revue toutes les fois qu'ils entrent
au travail; il empêche qu'ils ne le quittent; il
les oblige à travailler; il note les heures qu'ils
s'abfentent; il affifte au paiément qui leur eft
fait. Il a foin d'ailleurs de fe procurer, à l'a-
(:) lbid. Titre 64
vance, 3
ft de fuivre T'ouvrage de plus
près (1);1 tient le rôle des ouvriers employés;
il en fait la revue toutes les fois qu'ils entrent
au travail; il empêche qu'ils ne le quittent; il
les oblige à travailler; il note les heures qu'ils
s'abfentent; il affifte au paiément qui leur eft
fait. Il a foin d'ailleurs de fe procurer, à l'a-
(:) lbid. Titre 64
vance, 3 --- Page 295 ---
(17)
Vance, les diverfes matieres dont on a befoin;
il les délivre; il veille à T'emploi; il empêche
qu'elles ne foient diverties; il les marque foin
gneufemrent dans fon regiftre,
Quant aux autres Commiflaires & Ecrivains
de l'arlenal, ils concourent chacun de leur côté,
pour la partie dont ils font chargés fpéciales
ment. T'oblerve, du refte, que ce qui eft ordonné pour les conftructions, l'eft a-peu-près
aufi pour les radoubs.
Mais à préfent, Monfieur, je vous le demande : penfez-vous que les différentes fonétions
des Adminiftrateurs exigent effedtivement des
connoiflances qui ne peuvent être acquifes que
fur les vaifleaux & à la mer? Pour moi, il
me femble que, chargés uniquement de la partie
économique, c'eft la feule qu'ils aient befoin de
bien connoitre, & que c'eft fur-tout dans les
ports & les arfenaux qu'ils peuvent s'en inftruire, C'eft en voyant fouvent des matieres,
qu'ils apprennent à diftinguer celles qui font de
bonne ou de mauvaife qualité; c'eft en examinant habituellement l'emploi qu'on en fait, qu'ils
apprennent à juger du Parti que l'on peut en
tirer : ceft en fuivant conflamment le travail
des Ouvriers, qu'ils apprennent à connoître leur
zele, leurs talens,leurs différens dégrés d'habileté.
Ne croyez point, au refte, que j'aie choil
B --- Page 296 ---
(18)
l'exemple de la conftruétion & des raroubs,
parce que, de tous ceix que je pouvais citer
c'étoit le plus favorable à mon opinion. Je vois 2
qu'en tout, les fages difpofitions de
nance
de 1680, réduifent les fonctions lOrdon- des Adminiftrateurs àla partie
économiqu Tue, & que ce
qui peut exiger d'autres connoiffances, eft
à ceux qui doivent & qui font cenfés confié
particuliéremeht les pofféder. Je le montrerois plus
aifément en fuivant ce qui eft prefcrit
mement & léquipement des
pour l'arTartillerie, 8cc.
1s
vaifleaux, 2 pour
D'ailleurs, Monfieur, fuvant cette même Ordonnance, les Officiers d'adminiftration devoient
affez fouvent naviguer, puifque chaque vaiffeau
devoit avoir un Ecrivain; puilque
efcadre devoit avoir un Commiffaire chaque
ou un
ordinaire,
Commiffaire général, Otl un Intendant.
Il n'y avoit auffi aucun de ces Ofliciers
n'eut fait plufieurs campagnes; & s'ilm'eft qui
mis de me citer pour exemple, j'en avois pertrois dans un intervalle de
fait
fept ans.
Si donc, dans le nombre des connoiffances
leur font nécelfaires, il en eft
qui
que Pon ne puife acquérir qu'à guelques-unes la mer, lOrdonnance les mertoit a portée de fe les
rer. H eft vrai que depuis 1776, on leur procu- enleva
eet avantage, & qu'on ne le leur a rendu
tres-impariaitement eh 1784. Mais iln'eft quef que
is dans un intervalle de
fait
fept ans.
Si donc, dans le nombre des connoiffances
leur font nécelfaires, il en eft
qui
que Pon ne puife acquérir qu'à guelques-unes la mer, lOrdonnance les mertoit a portée de fe les
rer. H eft vrai que depuis 1776, on leur procu- enleva
eet avantage, & qu'on ne le leur a rendu
tres-impariaitement eh 1784. Mais iln'eft quef que --- Page 297 ---
(19)
tion ici que du régime établi en 1689; car.ceft
feul
défens, &c anquel je penfe
celui-là
queje
modificaque l'on doit revenir, fauf quelques
ont put
tions que le temps 8c les circonftances
néceffiter. Monfieur, l'on ne doit point croire 2
Ainfi,
Pinftruéion requife pour force me femble, que
foit réfervée aux feuls
mer un bon Adminiftrateur Vainement vous citez les.
Officiers de vaiffeau.
lourdes bévues de quelques Intendanss ces anecinventées par la malignité, &
dotes, peut-être
d'autres
auxquelles il me feroit aifé d'enoppofer
feulepour lel moins auffi plaifantes , prouvent
ment que le Miniftere a quelquefois employé
des gens ineptes & fans talens. Elles prouvent
feulement qu'on devoit confier les Intendances
Commiflaires, en qui l'on auroit aut
à d'anciens
donne unelongue
moins trouvé les lumieres que
l'a fait
expérience ; & non point, comme on
fouvent, à des hommes qui n'avoient jamais
ni
&c qui n'avoient, pour
vu ni ports
arfenaux,
ou celui de
tout mérite, que l'art de Vintrigue
courtifer le Miniftre & les bureaux.
Mais il y a plus : je crois pouvoir: dire que
inftruétion néceffaire fera toujours plus
cette
les Officiers de vaiffeav,
difficilement acquife par
confifte
Jes voiss en effet, que cette inftruétion
principalement en la connoiflance d'une multiB
S Hol
--- Page 298 ---
(20)
tude infinie de détails; connoiffance
pas, la vérité, des talens bien
quin'exige
quin'eft communément le fruit fublimes, mais
tude longue & non
que d'une habide vaiffeau, plus fouvent interrompue. Or, l'Oficier
T'arfenal, TOficier
à la mer que dans
premiers devoirs de de vaiffeau, appellé par les
fon état à
fciences tres-étendues,
s'appliquer à des
abforbent prefque
tres-dificiles, & qui
toujours ceux
ne pourra jamais donner
quis'y livrent,
niftration
aux travaux de l'admition & de qu'une bien petite partie de fon attenfon temps.
Remarquons d'ailleurs que la
de
détails font faltidieux,
plupart
ces
d'attacher des hommes dégoûtans & incapables
à qui d'autres
offrent, en même temps, & plus d'attraits occupations &
gloire plus éclatante & plus flatteufe.
une
enfin, que cette inftrucion exige fur-tout Ajoutons,
efprit de fuite, d'ordre, de méthode,
cet
tude, rarement
d'exadicompatible avec la vie active &
prefque toujours agitée d'un Militaire,
Vous demandez fur cela, Monfieur, s'il
pofible quun Officier de la Marine devienne
ricur dans PAnt
SupénavalsJans joindre a Faitivité de
Jor état une profonde rifesion 2 & de grandes
médications Jier les événemens que le hafard met fous
Asyoux. Non, fans doute, cela n'eft
Sble; & c'eft ce qui fait auffi qu'avec tant guere pof
ike ciers, pleins d'honneur & de
d'Officourage, l'on a
pofible quun Officier de la Marine devienne
ricur dans PAnt
SupénavalsJans joindre a Faitivité de
Jor état une profonde rifesion 2 & de grandes
médications Jier les événemens que le hafard met fous
Asyoux. Non, fans doute, cela n'eft
Sble; & c'eft ce qui fait auffi qu'avec tant guere pof
ike ciers, pleins d'honneur & de
d'Officourage, l'on a --- Page 299 ---
(a)
de
Marins. De tous les grands tras peu
grands
entreprendre , celui de
vaux que Thomme peut eft peut - être le plas
réfléchir, de méditer,
difficile. Ceux même qui s'y livrent fans réferve,
rien n'en détourne, ont bien de la peine
& que
faut-il lattendre, par conféquent,
ày réuffir. Que
entier
de ceux dont la vie fe pafle prefqu'en donc
dans le trouble & Tagitation? Gardons-nous
bien d'offrir à leur attention une trop grande
d'objets, & évitons fur-tout de la
multiplicité
Vous le
porter fur des chofes trop difparates.
OCfavez, Monfieur, Thomme, habituellement fort
d'un certain ordre d'idées, ne paffe pas
cupé
& vous conviendrez que
aifément à d'autres,
calcule le plan d'une
le Marin qui combine, qui
defcendroit diffcilement à confidérer
campagne,
quelle quantité de chanvre il faut
quelle qualité,
tel
Bien rarement enpour faire tel ou
cordage.
ceux
au milieu d'une vie très-aétive,
core
qui,
fe formefe livrent à de hautes ipéculations,
fcruront-ils cet efprit de méthode, d'exaétitude
& même minutieufe, fi néceffaire dans
puleufe,
Je doute que M. de Tourville
une adminiftration.
donnez
exemple,
lui-mème, que vous
pour réunion
poflédir cet efprit; & d'ailleurs cette
de talens & de qualités oppofées ne feroit jamais
l'on ne peut fe
qu'un de ces phénomenes que Combien aufi
flatter de voir fouvent reparoitre.
B 3
-ils cet efprit de méthode, d'exaétitude
& même minutieufe, fi néceffaire dans
puleufe,
Je doute que M. de Tourville
une adminiftration.
donnez
exemple,
lui-mème, que vous
pour réunion
poflédir cet efprit; & d'ailleurs cette
de talens & de qualités oppofées ne feroit jamais
l'on ne peut fe
qu'un de ces phénomenes que Combien aufi
flatter de voir fouvent reparoitre.
B 3 --- Page 300 ---
(22)
n'auroit-on pas d'exemples contraires à
Je n'en citerai qu'un feul, Peu
alléguer!
rément ont joint le talent de d'hommes affid'agir autant que le fameux
méditer à celui
eh bien,
duc de Malborough:
menfe & Malborough, avec une fortune imune parfimonie peu digne d'un
caraétere, mais
grand
& de méthode manquant de cet efprit d'ordre
qu'exigeoit la conduite de fes
propres affaires, laiffa des dettes fi
plus de quarante ans après fa
énormes, que
n'avoient
mort, fes héritiers
encore pu en acquitter
En un mot, Monfieur,
qu'une partie.
Marine a befoin de
puifque TOfficier de
plier fes
méditer, 2 : au lieu de multiocctipations, ne cherchons
duire, N'embarraffons
qu'à les réfoule de détails,
point fon efprit de cette
qui le fatigueroient d'autant
plus, qu'il ne. s'y appliqueroit jamais
cément & avec dégoit.
que forfera
Bornons-le, autant
poflible, aux chofes qui tiennent
qu'il
tement à fon métier. Il-aura bien
immédiaencore; & fi l'on en
affez à faire
craindre d'être taxé
doutoit, je dirois, fans
de partialité,
Fhiftoire de notre Marine,
voyez dans
eu d'Oficiers inftruits de leur combien nousavons
en compte
art; combien l'on
Monfieur, quiayent eu, comme vous le dites,
fans effort le quelqu'autre mérite que celui de faire
femble, l
facrifice de leur vie. Voila, ce me
jufte conclufic n que l'on doit tirer de
ez à faire
craindre d'être taxé
doutoit, je dirois, fans
de partialité,
Fhiftoire de notre Marine,
voyez dans
eu d'Oficiers inftruits de leur combien nousavons
en compte
art; combien l'on
Monfieur, quiayent eu, comme vous le dites,
fans effort le quelqu'autre mérite que celui de faire
femble, l
facrifice de leur vie. Voila, ce me
jufte conclufic n que l'on doit tirer de --- Page 301 ---
(s)
votre remarque; de forte que ce que vous allén
votre (yftème, n'eft qu'une raifon de
guez pour
IAT
plus en faveur de celui que yous combattez.
nous n'avons parle
de Pinftruc e1
Jufqu'ici D3 n'eft
la feule 11 gue chofe l'on
tion : mais ce
pas 1 390
que
doive confidérer M
: ilya encore d'autres qualités
non moins néceflaires pour 100
faire un bon Admi- MS
niftrareur. Vous ne comptez pas affurément 33 que
J'infifte fur la probité, guoiqu'elle foit la premiere de toutes, ni que je falle, tant aux Officeux à
d'adminifration, le
ciers de vaiffeau qu'à
des
15 claffes
tort d'examiner dans laquelle
à deux 9b158 91
on doit plus fouvent la rencontrer. Mais je. diss,
le
la
avec M, Malouet, que
zele, Tapplication, -
vigilance Iont des qualités indi(penfables, & que
des hommes qui n'attendront que de ces mêmes
qualités, & Jeur avancement & leur
les pofféderont plutôt que des Militaires qui
CEN23
des vertus moins difficiles peut-être, mais plus
brillantes, prométient une gloire plus prompte,
des récompenfes plus flatteufes. Je dis que PAdminiftration doit roujours tendre à l'économie,
& qu'un moyen sûr de s'en écarter, eft de laiffer
la difpofition des confommations aux confommateurs. Je dis qu'à cet égard lintérêt de ceux-ci
eft néceffairement oppofé à lintérêt de PEtats
&. que T'Officier Militaire doit naturellement ne
fonger qu'à fe procurer, dans la plus grande
B 4
des récompenfes plus flatteufes. Je dis que PAdminiftration doit roujours tendre à l'économie,
& qu'un moyen sûr de s'en écarter, eft de laiffer
la difpofition des confommations aux confommateurs. Je dis qu'à cet égard lintérêt de ceux-ci
eft néceffairement oppofé à lintérêt de PEtats
&. que T'Officier Militaire doit naturellement ne
fonger qu'à fe procurer, dans la plus grande
B 4 --- Page 302 ---
(24)
abondance; tous les moyens capables de
liter les
faci:
opérations dont il eft chargé. Je dis
que PAdminiftration doit être néceffairement
foumife à des regles, à des formes civiles, &c
Pefprit militaire eft cffentiellement ennemi
çes
T
regles & de ces formes. Je dis
dans
une Monarchie, les emplois civils que,
jamais être réunis à la
ne doivent
dis, enfin,
profefion des armes, Je
que de ces confidérations,
ment
fufffamdéveloppées dans les Mémoires de M. Malouet, il réfulte que 2 même en fuppofant Pinf
truction égale de
&
fe C
part
dautre, il faudroit bien
2 garder encore de confier l'adminiftration aux
Omciers de vaiffeau.
Or, a
S
Monfieur, qu'avez-vous répondu à
ces réflexions? Rien, ce me femble. Vous toutes
feulement dit, en paffant, qu'à Pégard de l'eco- avez
nomie, il Jaftr d'énoneer qu'en pareille matiere la
véritable économie conffe en ce que les travaux
foiene faits le plus utilement G le plus folidemene
poliele, Jans qu'une parfmonie, aulf Jordide
mal entendue, puile contrarier ces deux conditions que
efenticlles. Mais n'eft-ce point là précifément ce
qui rend l'économie un art fi diflicile !
s'il n'éroit queftion
car, enfin,
que d'amaffers & ne point
dépenfer, il ne faudroit ni grands talens, ni
grandes lumieres; & pour être avare, iln'eft
befoin affurément que l'on foit homme d'efprit. pas
'une parfmonie, aulf Jordide
mal entendue, puile contrarier ces deux conditions que
efenticlles. Mais n'eft-ce point là précifément ce
qui rend l'économie un art fi diflicile !
s'il n'éroit queftion
car, enfin,
que d'amaffers & ne point
dépenfer, il ne faudroit ni grands talens, ni
grandes lumieres; & pour être avare, iln'eft
befoin affurément que l'on foit homme d'efprit. pas --- Page 303 ---
v4.)
Mais éviter, dans une Adminiftration
dans une Adminiftration
immenfe;
détails fe
compliquée, & dontles
multiplient te
à l'infini, éviter, dis-je,
touta-la-fois R & la parfimonie & la
pourvoir convenablement à tout ce prodigalité; qui eft néceflaire, & n'aller jamais au - deià : tout em-.
ployer, ne laiffer rien perdre,
difipations,
empêcher les
prévenir les
un mot, le plus poffible, gafpillages, faire, en
voilà ce qui
avec le moins poflibles
exige en effet une grande
tion, une grande expérience,
inftruca une application
jointes à un zele,
bien n'eft-elle
infatigables. Du refle, comfi difficile ! Elle pas l'eft indifpenfable cette économie
d'autant
dans nos guerres,
plus, gu'à préfent,
nément à la Nation T'avantage demeure commuqui a le plus
qui fait mieux le ménager.
d'argent, OLL
grandes Voici maintenant 9 Monfieur, une de vos
objections. Vous
répartizion de pouvoirs
demandez une bonne
par érat, ef changé de permet que quelqu'un quis
tenir le regujfre de
cenfurer les dipenfis & d'en
temps Ordonnaseur cengoailitéspuife de
être en même
ce Joit, Vous répondez dépenfe en quelque genre que
que ce font là deux choies
principal incompatibles; & ce qui fait, felon vous, le
davoir mérite de l'Ordonnance de 1776, c'eft
voulu féparer la régie de la
lité,afin de confier lune aux Officiers de comptabivaiffeau,
regujfre de
cenfurer les dipenfis & d'en
temps Ordonnaseur cengoailitéspuife de
être en même
ce Joit, Vous répondez dépenfe en quelque genre que
que ce font là deux choies
principal incompatibles; & ce qui fait, felon vous, le
davoir mérite de l'Ordonnance de 1776, c'eft
voulu féparer la régie de la
lité,afin de confier lune aux Officiers de comptabivaiffeau, --- Page 304 ---
(-:6)
& de ne laiffer que l'autre
miniftration.
aux Officiers d'adSur cela, permettez-moi d'abord
encore l'Ordonnance de
de prendre
dans un
1689, & d'examiner,
exemple, les formes
pour ce que vous appellez la qu'elle prefcrit
fuppofe qu'il foit queftion du comptabilité. Je
vriers employés à la conftruction paiement des OuPremierement, FEcrivain
d'un vaifleau.
trucion, & qui doit la fuivre attaché à cette confjour par jour, 5 le rôle des Ouvriers affidument, tient,
ment employés; it y marque la
effeciveà chacun d'eux; ;
paye allignée
qu'ils fe font
ily note toutes les heures
abfentés du travail. En
lieu, à la fin de chaque
fecond
ce rôle arrêté & certifié, quinzaine, il préfente
le Maitre
tant par lui que Par
entretenu, au Commiflaire des
tructions qui, de fa part, a dû vifiter confnuellement les atteliers, & examiner G les contivriers contenus dans ce rôle étoient
Oument & fidelement
effectiveemployés, Ce rôle eft auffi
préfenté au Contrôleur, qui Je vérife
le Commiliire, & c'eft
ainfi que
eft porté à lIntendant,
après tout cela qu'il
fon ordonnance
pour qu'il mette au bas
de paiement, Alors il palfe au
Tréforier, & celui-ci paye; mais
Ceft en préfence de TEcrivain,
comment?
en préfence du
Commiffaire, 2 en préfence du Contrôleur
par
és, Ce rôle eft auffi
préfenté au Contrôleur, qui Je vérife
le Commiliire, & c'eft
ainfi que
eft porté à lIntendant,
après tout cela qu'il
fon ordonnance
pour qu'il mette au bas
de paiement, Alors il palfe au
Tréforier, & celui-ci paye; mais
Ceft en préfence de TEcrivain,
comment?
en préfence du
Commiffaire, 2 en préfence du Contrôleur
par --- Page 305 ---
(4)
paiement doit être encore ceftifié. Enfin,
quice le Tréforier rend fes comptes; & pour jufifier
à cet égard la dépenfe, it doit apporterties 8, de
controlés
rôles ainfie vérifiés, cercifiés,
plus, paraphés tant par lui &c fes Commis byodati que
lIntendant: 2SG Sobrsino ao
par
le paiement
11 Voilà ce qui eft preferit pour 41
des Ouvriers. Je voudrois bien éncore rappéllee de
ici ce qui eft pareillement ordonné pour la même
tribution des matieres employées à cette beauçonftruction. Maisje vois que Jallongerois
trop cet Ecnti: car quoique les regles
coup
foient fimples, claires 8e
établies àlcet égard
facile, Ton ne poure
d'une pratique prompte-8
en A de mots.
roit en expofer tonisTes-dénails peu
tous
Je dis donc feulement, gereertanemient
connoiffent 1"Ordonnance ne "mhe démiens
ceux qui
réfulte
tiront point, je dis quie, de ées reglesysl telle
un tel ordre, de telles précautions," mne
furveillance d'un omeer 3 W l'antre", reut-teir
feroit tout auffi amele; oit plutot imporible
d'abufer dans Temploi des amatieresy-que par
des Ouvtiers, 8det cé
rapport att paiement
autre
Ton
de même ue'telité
que
peutdive
irabneg
branche dhdminiirationoh
Mais cela pofe 5 - quel inconvénient trouver:
vous donc dans la réunion de la partie admidiftra
tive avec la comptabilité & quel avantage leux
re", reut-teir
feroit tout auffi amele; oit plutot imporible
d'abufer dans Temploi des amatieresy-que par
des Ouvtiers, 8det cé
rapport att paiement
autre
Ton
de même ue'telité
que
peutdive
irabneg
branche dhdminiirationoh
Mais cela pofe 5 - quel inconvénient trouver:
vous donc dans la réunion de la partie admidiftra
tive avec la comptabilité & quel avantage leux --- Page 306 ---
(18).
féparation peut-elle préfenter? Le
diressvous, Scl'ondonnateur
comprables
cenfureront mutuellement. fe furveilleront, fe
ment cette
Je ne vois pas comavoir
furveillance, 9 cette,
lieu. -
cenfiure pourront
D'abord, 3 - vous n'entendez
chaque opération
pas affurément que
puiffe être à linflant partichliere de Tordonnateur
cenfurée Par le comptable. même examinée, difcutée',
par
Vous n'entendez
exemple 5 que,lorfquiun maitre
pas,
préfenter au magafin, muni d'un)
viendra fe
qu'un des Ofliciers de marine
ordre de queldes travaux
chargés de la
2 pour demander qu'on.lui régie
quelques matieresyle Commifaire
délivre
roger firr l'emploi & accorder
puiffe l'interqu'il le jugera convenable, Il ou refufer felon
de-là réfiulteroient des
eft trop vilbleque
des lenteurs, des emnbarras diffenfions perpétuelles,
odlérihqw'erige le fervice incompatibles Cei n'eft
avec la
cequerl'on a pratiqué pendant la courte point auffi
régimede 1776. Il fur même
durée du
que le
expreffément décidé
tieres, Commifaires deyoit s'en qui faifoit délivrer les matenir
que les Maitres lui
aveuglément aux états
préfentoient.
Cependant, cette forte de cenfure étant impolmible,quelle fera.la
A cet égard, fon rôle furveillance du comptable?
celnid'un témoin
ne fera,ce me femble, que
muet qui ne peut rien prévenir,
. Il fur même
durée du
que le
expreffément décidé
tieres, Commifaires deyoit s'en qui faifoit délivrer les matenir
que les Maitres lui
aveuglément aux états
préfentoient.
Cependant, cette forte de cenfure étant impolmible,quelle fera.la
A cet égard, fon rôle furveillance du comptable?
celnid'un témoin
ne fera,ce me femble, que
muet qui ne peut rien prévenir, --- Page 307 ---
(29)
rien empecher, & par conféquent fort
A la vérité, s'il voit fe
inutile,
commettre des fautes
d'impéritie ou de négligence, s'il
des déprédations
voit des abusy
Miniftere.
2 il pourra les dénoncer au
Mais quel eft l'homme qui voudra fe
Ajoutons compromettre par des délations de ce genre P
que ces Officiers de
fuivant plus que de loin les comptabilité, ne
régie, cefferont bientôt d'avoir opérations de la.
néceffaires
les connoiffances
pour en êtreles cenfeurs.
D'un autre côté, quelle fera auffi la
de FOrdonnateur
furveillance
eft clair
par rapport au Comptable PIL
qu'il ne poutra pas non plus
critiquer chacune de fes
infpe@ter,
lier, & que dès-lors cette opérations en particufe réduira
prétendue furveillance
pareillement à rien.
En un mot, dans cette féparation des
dOrdonnateur &c de celles de
fonétions
feulement d'un côté
Comprables) je vois
destageris qui ordonnent
dépenfe, & de l'autre des' êtres
la
qui exécutent
purement paffifs
aveuglément les volontés des
miers or je ne conçoisi
pres
réfulter de-là
pas comment il
plus d'ordre & plus
peut
Je
d'économie,
Fa fort comprends bien
9 au contraire, & M. Malouet
d'autant moins remarqué, nefervé que FOrdonnateur fera
pour les dépenfes,
n'aurapoint à les
qu'il
prends
caleuler, à les payer, Je comque Ip Coimptable fera d'autapt moins
aveuglément les volontés des
miers or je ne conçoisi
pres
réfulter de-là
pas comment il
plus d'ordre & plus
peut
Je
d'économie,
Fa fort comprends bien
9 au contraire, & M. Malouet
d'autant moins remarqué, nefervé que FOrdonnateur fera
pour les dépenfes,
n'aurapoint à les
qu'il
prends
caleuler, à les payer, Je comque Ip Coimptable fera d'autapt moins --- Page 308 ---
(30)
économe & attentif, qu'il pourra
jetter
toujours rea
lesitrop grandes confommations fur POr
donnateur,
Mais il en eft tout autrement dans le
de l'union des deux! genres de fonctions fyftême telle
qu'elle eft établie par T'Ordonnance de
Les regles que cette loi preferit rendant les a689. abus
pour ainfi diré impoftibles, je ne vois
feul grand intérêt pour les Officiers plus qu'un
tion, c'eft celui d'adminiftrer
d'adminiftras
utilement, économiquement, parce que de-là dépendent & leur
réputation & Jeur fortune: Jevois d'ailleurs
ce fyltême un ordre de furveillance
dans
capablede remédieraux erreurs,
vraiment
, auxi
ou, ce qui eft encore mieux , de les négligences,
Celui qui diftribue les matieres fait
prévenir.
rations vont être
que fes opé
aufiatorinfpedées par un Com.
miffaire, par le Contrôleur, par FIntendant, &t
que s'il mérite quelques reproches, il ne
point yi échapper. Celuiqui veille à faire pourra travailler des ouvriers, prévoit que, fi par fa néa
gligence-des journées fe muliplient, on lui demandera compte de cet excès. En un mot, tous
voyent ques'ils commettent quelque
ne manquera point d'être connue & cenfurée, faute, elle
chef lni-même ne fe trouvera point
Le
cette
exempt de
furveillance; car, Ontre qu'il eft vraiment
infpedté par le Contrôleur, il ne peut rien faire --- Page 309 ---
(3r)
gui ne paffe fous les yeux & par les mains de
fes fubalternes.
Vous direz peut-être que dans cette hiérarchie
vous ne trouvez qu'une même claffe d'Officiers:
mais qu'importe, dès qu'il n'y a point d'intérêt
commun qui puiffe les réunir contre l'intérêt de
l'Etat, & que l'intérêt de chacun au contraire
l'engageà remplir les devoirs de l'emploi qui lui
eft confié?
Au furplus, Monfieur, 2 permettez-moi de faire
ICi une réflexion, Vous paroiffez défirer que l'on
fubfitue de fimples fecretaires à ce que vous
appellez des commis brévetés, & la raifon
vous en donnez eft que les commiffions &brevets que
font naître les prétentions. Je fuis bien éloigné
d'adopter à cet égard votre façon de penfer. Je
crois, au contraire , que s'il y a des abusà
craindre, c'eft fur-tout de la part de ceux
ont le pouvoir. Je crois que plus les fubalternes qui
font fous leur dépendance, plus il leur eft facile
d'abufer. Je crois que plus d'un côté, l'obéiffance
eft ayeugle & paflive, plus de l'autre, les ordres
deviennent abfolus & arbitraires; &0 que le chef
qui n'éprouve jamais de réfiftance met bientôt fa
volonté à la place de la loi, Je crois
inconyénient furpaffe de
que cet
beaucoup celui qui
peut réfulter des préfentionsjecrois d'ailleurs,
gue dans ua régime bien ordonné , dans un
GHOV
, l'obéiffance
eft ayeugle & paflive, plus de l'autre, les ordres
deviennent abfolus & arbitraires; &0 que le chef
qui n'éprouve jamais de réfiftance met bientôt fa
volonté à la place de la loi, Je crois
inconyénient furpaffe de
que cet
beaucoup celui qui
peut réfulter des préfentionsjecrois d'ailleurs,
gue dans ua régime bien ordonné , dans un
GHOV --- Page 310 ---
(3)
régime tel que celui de TOrdonnance de
les prétentions font rares &
1689,
prefque fans conféquence. Je crois 2 enfin 5 qu'il feroit à
fouhaiter, furi tout pour les Adminiftrations
civiles, que ceux qui commandent ne puffent
jamais placer & déplacer à leur
doiventleur obéir,
gré, ceux qui
Enfin, Monfieur, la furveillance établie
T'Ordonnance de 1689 ne vous paroit-elle par
fuffifante ? Ilya a un moyen fimple de la rendre pas
telle. Quelque conflitution que l'on donne
notre marine, je penfe que l'on ne
à
point d'établir dans chaque
manquera
Département un Con:
feil, qui, s'il eft bien formé comme
Fefpérer, réunira,
on doit
les genres de
quoique peu nombreux, tous
connoiffances. Eh bien; que
année, ou même deux fois
chaque
miniftration
par an, le chef de l'adrende fon compte à ce Tribunal:
que ce ne foit point là une vaine
que tout foit examiné,
formalité : mais
tion
difcuté, avec une attenfcrupuleufe, II me femble que cette
ajoutée à celles que prefcrit l'Ordonnance regle
laifferoit plus rien à défirer.
ne
Après avoir tâché de prouver
les Officiers de vaifleau
qu'il n'y a que
qui foient en état de bien
adminiftrer; après avoir foutenu que l'on doir
néceflairement féparer la: régie de la comptabilité, vous employez, Monfieur, à l'appui de
votre --- Page 311 ---
(3)
votre fyftème, tne nouvelle confidération, ceft
celle de la dépenfe. L'on peut porter, dites-vous,
à un million 'ce qu'il en coûte pour le corps de
Padminiftration; cependant la confommation anhuelle de la Marine, en marchandifes, he s'éleve
qu'à environ 12 millions: il fe trouve donc que
les frais de geftion font à la totalité de la dépenfe
gérée, comme I eft à 12, 2 rapport qui ne fe
trouve affurément dans aucune manutention
raifonnable.
Sur cela, permettez-moi d'abord d'obferver
qu'il y a une forte d'injuftice à ne comparet
aci'les frais de gellion qu'à la feule confommation des marchandifes.
L'adminiftration, en effet,
embraffe encore bien d'autres objets, tels qué
les conftruations, les radoubs, les armemens, les
chiourmes , les hôpitaux 7 les bâtimens ci4
wils, &ec. 8c. de forte que la dépenfe régie
les Adminiftrateurs fe monte véritablement par à
plus de 20 millions; il n'y en à même pref
qu'aucune qui ne foit plus ou moins foumife à
leur infpettion.
00 En fecond lieu, fi les frais dé geftion font
exceffifs, ,8javoue que je le crois comme vous,
eft-ce au fyitême de l'Ordonnance de 1689' qué
Pon doit s'ent prendre P Non fans doute; car
dans ce fyftême je ne trouve nullement cé
nombre exorbitant de Commiffaires, de ComC
de 20 millions; il n'y en à même pref
qu'aucune qui ne foit plus ou moins foumife à
leur infpettion.
00 En fecond lieu, fi les frais dé geftion font
exceffifs, ,8javoue que je le crois comme vous,
eft-ce au fyitême de l'Ordonnance de 1689' qué
Pon doit s'ent prendre P Non fans doute; car
dans ce fyftême je ne trouve nullement cé
nombre exorbitant de Commiffaires, de ComC --- Page 312 ---
Ro4s
mis, d'Empioyés de toute efpece. C'eft auffi e
amefure que lon s'en eft éloigné, que Pon avu
fe multiplier les abus &les dépenfes. Les Mémoires-de M. Malouet nous fourniffent même
à ce fujet une remarque fingulière, Cette Ordonnance de 1776 que vous défendez, avoit pour
objet principal de réformer le corps des Employés civils, & de, réduire les dépenfes d'adminiftration; eh bien, du nouveau régime.qu'elle
introduifit, il réfulta que ces dépenfes fe trou
verent accrues, dans le port de Toulon,de 64
umille livres .par année.
Enfin, Monfieur,.cet excès de dépenfe eftun
grand abus fans contredit: mais de-là que fautil conclure? Voulez-vous qu'on fapprime l'adminiftration, 2 parce que les fauffes.combinaifons
ou les vaines prétentions des bureaux du Miniftre auront compliqué de p'us en 5 plus les
affaires & néceffité un plus grand nombre d'Officiers & de Commis : parce que la faveur &
la protedtion auront fait créer des, places inutiles; parce que l'on aura accordé à quelques
Officiers des retraites trop avantageules S parce
des Intendans habiles à faire leur cour auque obtenu d'énormes
Youlez-vous,
ront
penfions?
inflitution
& utile foit
en un mot, qu'une
fage
renverfée, parce qued des abus s'y font introduits?
Ce remede extrême ne peut être néceflaire que --- Page 313 ---
(35
Sorfque Tes abus font-devemus abfolime nt inf
parables de la chofe, 8c que d'ailleurs ils ne fa
trouvent compenfés par aucun avantage. Or 2
éertainement vous" ne penfez pas que les vices
quife font gliffés dans l'adminiftration ne puiffent
être corrigés fans la détruire. It ne vous paroît
impoffible de fubftituer un ordre fimple 82
pas
multiplie
vrai à cette funefte complication qui
les travaux, les agens, pour ne produire,au lieur
de là lumiere qu'on paroit chercher, a que les.
ténebres & la confirfion : de regler-fur le befoir
les libés
lè nombre-des Employés; d'empêcher
ralités qui ne font que bien rarement la récompenfe du-mérite; de réprimer enfin cette ing.
fluence des Bureaux, laquelle eft la fource de
tous les abus que vous relevez.
D'oût vient', en effet, pour en citer un exems
ple, d'oit vient que, comme vous le remarquezs
lès penfions dont jouiffent les Officiers d'adminiftration furpaffent de plus du double celles que
ont été accordées aux Officiers militaires?N'efls
ee pas de-ce queles premiers ayant, par leur état;
plus de relations avec les Bureanx, ont eu bien
plus de facilités pour obtenir les graces qu'ilsfollicitoient P Auffi que parmi les Adminiftrateurs eux-mêmes il s'en trouvât quelqu'un dé--
nué. de cet appui, non-feulement il n'obtenoit
pount de faveur extraordinaire, mais-il ne part
C 2
les que
ont été accordées aux Officiers militaires?N'efls
ee pas de-ce queles premiers ayant, par leur état;
plus de relations avec les Bureanx, ont eu bien
plus de facilités pour obtenir les graces qu'ilsfollicitoient P Auffi que parmi les Adminiftrateurs eux-mêmes il s'en trouvât quelqu'un dé--
nué. de cet appui, non-feulement il n'obtenoit
pount de faveur extraordinaire, mais-il ne part
C 2 --- Page 314 ---
(36)
venoit pas, même à fe faire rendrejufice.Jenputs
parler favamment Pdnesfasi@atepdtenes
Mon pere avoit fervi pendant 55 ans dans
Tadminiftration; il avoit faitplufieurs campagnes,
comme Commiflaire, à la fuite de différentes
efcadres: : il avoit été employé dans un grand
nombre de commiflions particulieres difficiles &z
importantes.: il avoit rempli pendant 15 ans les
pénibles fonétions de Contrôleur au département
de Toulon,&,Tofe le dire, il s'étoit toujours
diflingué par fes. talens, par fes lumicres,
fon zele & par Ia plus fcrupuleufe probité, par
En 1769 * fon âge & fes infirmités l'engagerent à demander fa retraite ; mais. it avoit
zoujours négligé de courtifer les Bureaux;mais il
âvoit voulu ne devoir fon avancement qu'à fes
fes fervices : qu'arriva-t-il donc à il n'obtint,
pour prix de fes longs travaux, qu'une penfion
se 250o livres, laquelle formoit la moitié de
fes appointemens, & fe trouvoit réduite par les
retennes à 2208 livres, penfion bien inférieure
à celles que beaucoup d'autres Oflieiers,quoique
moins anciens que lui, avoient obtenues, bien
inférieure encore d à celles qui furent fixées. en
a776()puifque l'on attribua la totalité de leurs
(a): Voyez.le: tarif des tetraites annexé à TOrdong
nance de 1776, --- Page 315 ---
(37)
appointemens à ceux qui compteroient plis de
35 ans de fervice.
Après la mort de mon pere,e arrivéeen 1780,
j'efpérai obtenir, felon Pufage, la réverfion en
faveur de ma 1 mere d'une partie de la penfion
dont il jouiffoit; d'autant plus que je comptois
quel'on regarderoit cette grace comme une jufte
compenfation de la modicité du traitement qur
luiavoit été accordé. Mais lon me répondit
les circonftances commandoient la plus févere que
économie, & quelles quefuffentmes follicitations,
je n'obtins la réverfion que de la fomme de
500 livres. Je crois voir du refte, dans les états
des penfions, qu'à la même époque l'on n'obéiffoit pas toujours auffi exactement à l'ordre des
circonflances,
Enfin, ma mere étant morte en 1784,je me
flattai encore d'obtenir pour moi-même, finon'
une réverfion, au moins d'être employé. Att
titre réfultant des fervices de mon pere, lefquels étoient reftés fans récompenfe, jen joignois un autre ; puifque j'avois fervi moimême fept ans,& que compris dans la réforme
de 1776 l'on ne m'avoit accordé, pour dédommagement de la perte de mon état, qu'une retraite de cent cinquante livres. Néanmoins mes
follicitations réitérées, appuyées 5 n'eurent
aucun fuçcès.
C3
ervices de mon pere, lefquels étoient reftés fans récompenfe, jen joignois un autre ; puifque j'avois fervi moimême fept ans,& que compris dans la réforme
de 1776 l'on ne m'avoit accordé, pour dédommagement de la perte de mon état, qu'une retraite de cent cinquante livres. Néanmoins mes
follicitations réitérées, appuyées 5 n'eurent
aucun fuçcès.
C3 --- Page 316 ---
(38)
Ainfi, vous le voyez, Monfieur, il ne fufit
pas de tenir à
Tadiminifirationpoure être toujours
favorifé; & f quelquefois des Officiers de
corps ont obtenu des libéralités exceflives, ce
n'eft point fon infitution même
2 ce
accufer.
qu'il faut enr
Encore une fois donc, laiffons-la
cette
fubfifter
infinuion.putiqueile eft
ett
utile, qu'elle ef néceffaire,& fage,qu'elle
de la purifier des abus quil'ont contentons-nous
fouillée,
Enfn > Monfieur, pour
défenfe,vous
completter votre
alléguez T'exemple de
& celui du Danemarck,
TAngleterre
Quant au
je vois qu'on l'emploie
premier,
du fyftême contraire:
parcillement en faveur
il ef cité notamment dans
la lettre de M. Blouin
Mémoires.
imprimée à la fuite des
de M. Malouet.
Je demande donc de quel côté onp peutle mieux
s'en prévaloir, & il me femble
du vôtre.
que ce n'eft pas -
Dans l'arfenal tout eft régi,
un Çapitaine de vaiffeau. Mais dites-vons, par
t-il là fes fonétions
cet Oflicier exercemilitaises, oul bien
An emploi civil 2 Mais fes
remplit-il
fiubordonnés
coopérateurs a 2 fes
font-ils, comme lui, des
de vaiffean? Mais la régie des
Ofliciers
paux eft-elle attribuée
ports & arfeau Corps de ces Officiers
tout comme le commandement des vaifeaux à la
,
un Çapitaine de vaiffeau. Mais dites-vons, par
t-il là fes fonétions
cet Oflicier exercemilitaises, oul bien
An emploi civil 2 Mais fes
remplit-il
fiubordonnés
coopérateurs a 2 fes
font-ils, comme lui, des
de vaiffean? Mais la régie des
Ofliciers
paux eft-elle attribuée
ports & arfeau Corps de ces Officiers
tout comme le commandement des vaifeaux à la --- Page 317 ---
(39) €
mer? Mais, en un mot, cette régie entre-t-elle
dans Fordre de la hiérarchie milipareillement
taire ? c'eft là ce qu'il faut confidérer; car ici,.
quelle eft la queftion ? Ce n'eft pas de fçavoir s'il
n'eft
de choifir un chef d'adminiftrapas pofible Officiers de vaifleau. Sans doute
tion parmi les
n'éleveront ftr
les partifans du régime de 1689
& ce choix eft d'autant
cela aucune difficulté,
momoins inconciliableavec ce régime, qu'au
ment de fon établiffement, l'on fit effeéivement
Officiers du Service militaire à
patler plafieurs
Sans doute,fi parmi
celui de PAdminiftration.
homme
les Capitaines de vaiffeau ilfe trouve un
des
à former
doué des talens,
qualités propres
Femun bon Intendant, on fera très-bien de
ployer; de tels hommes font trop rares pour
nepasles prendre dans quelque claffe de Citoyens
qu'ils fe rencontrent.
c'eft fi
Ce qui eft véritablement en queftion,
Fadminiftration & le fervice militaire ne doivent
être deux chofes entiérement diftinées 8c
pas
d'Officiers chargé de
féparées le même corps
commander & de conduire les vaifleaux à la
auffi de la régie des ports &
mer peut lêtre
dans
arfenaux ? s'il eft convenable de réunir.
les mêmes mains les fonctions de Thomme civil
à celles de l'homme de guerre? Or, fous ce point
de yue,Pexemple de TAngleterre me paroit con- --- Page 318 ---
(40)
traire à votre 1 fyféme, puifqu'en effet
cette
réunion-n'y arpoint lieu; ; puilque ce n'eft
le corps des Officiers de vaiffeau qui adminiftre; point
puifque le Capitaine à quil'on confiela direétion
d'un arfenal n'arrive point à cette place comme
à un grade de fon état; puifqu'en y arrivant, il
ceffe d'être militaire pour exercer une forte de
magiftrature civile.
Vous dites que ce Capitaine Direéteur
parvenir à la dignité d'Amiral, & vous en citez peut
deux exemples. Mais outre que cela eft fort
rare,il me femble qu'on ne peut rien conclure,
Nous voyons très-fouvent en France les divers
départemens du Miniftere confiés à des Ofliciers
qui ne laiffent pas de parvenir en même
aux plus hautes dignités militaires: il n'en eft temps
moins vrai que comme Miniftres ou Secrétaires pas
d'Etat, ils ne font point hommes de guerre.
Pour ce qui eft de l'exemple du Danemarck,
il vous eft encore moins favorable; car vous
êtes forcé de convenir que l'Officier de
à quilon donne l'adminiftration du
Marine, ceffe
tellement d'être militaire, qu'ilne
port,
peut prétendre
à commander des armées navales ou des vaiffeaux.
Au furplus, Monfieur, permettez moi encore
une obfervation relative à la Marine Angloife,
Vous remarquez que PAdminiftration de Ports-
ce qui eft de l'exemple du Danemarck,
il vous eft encore moins favorable; car vous
êtes forcé de convenir que l'Officier de
à quilon donne l'adminiftration du
Marine, ceffe
tellement d'être militaire, qu'ilne
port,
peut prétendre
à commander des armées navales ou des vaiffeaux.
Au furplus, Monfieur, permettez moi encore
une obfervation relative à la Marine Angloife,
Vous remarquez que PAdminiftration de Ports- --- Page 319 ---
41 V
mouth n'exigeque quatorze. ou quinze perfonnes
ayant qualité fur les états de ce port, ce qui doit
s'entendre néanmoins indépendamment des perfonnes employées pour l'Artillerie & pour les
vivres, 2 ainfi que des Officiers du Tréfor, puifque tout cela eft hors de TArfenal. Mais, penfezvous qu'en France il en fallût beaucoup davantage, fi l'on s'en étoit toujours tenu à ce régime fi fimple qu'établit l'Ordonnance de 16892
Quant à moi, il me femble quemême un moindre
nombre fuffiroit pour tout le travail, fi on le réduifoit à ce qu'il doit être; c'eft-à-dire, fi on le
débarraffoit de cette facheufe complication dont
le moindre inconvénient, peut-être, eft;de multiplier les agens fans néceffité.
A préfent, Monfieur, que j'ai fuivi, difcuté
Vos principes & vos preuves,je voudrois bien
vous fuivre de même dans les conféquences que
vous en tirez. Je voudrois, de plus, réfléchir
fur les diverfes idées que vous indiquez à la fin
de votre ouvrage, & dont vous nous avez laiffé
regretter le développement. Je le defirerois d'autant plus, que fi j'avois des objections à vous
propofer fur quelgues-unes,Taurois auffi à vous
témoigner fur d'autres combien je fuis flatté de
voir que votre opinion s'accorde avec celle que
j'ai manifeftée dans mes obfervations fur les Ordonnances de la Marine, Tels font les Jugemens que --- Page 320 ---
(#)
wous portez fur les Colléges oi l'on entretient
Ies éleves, fur la divifion de notre Marine en
efcadres dans les-p ports, &c.
Mais je .
vois que cet écrit que je croyois
devoir fe réduire à quelques pages s'eft beaucoup trop allongé, & qu'il eft temps de finir,
Je me borne donc à pofer moi-même ma conclufion qui eft que le feul fyftême, Ie feul ré
gime convenable eft celui de l'Ordonnance de
1689, & que tout le monde doit fouhaiter dé
le voir rétabli: Vous me direz, peut-être, qu'ancien Officier d'adminiftration, je fuis égaré par
de vieux préjugés 8 par un certain efprit dé
corps dont je ne me fuis point encore dépouillé.
Il eft vrai qu'attaché de bonne heure à ce fervice, pour Iequel j'avois été élevé, je n'ai pas
ceffé de l'aimer & de m'en occuper. Je crois
pourtant que cette affeétion n'eft plus affez vive
pour qu'elle m'empêche de voir les chofes dé
fang froid. Je fuis bien siir du moins de n'àvoir en vue, dans Tes difcufions de cette nature, que l'intérêt de PEtat & de lavérité; &
quoique vous 5 Monfieur, vous foyez ancien
Officier de vaiffeau, je ne doute pas non plua
que tels ne foient auffi vos fentimens.
crois
pourtant que cette affeétion n'eft plus affez vive
pour qu'elle m'empêche de voir les chofes dé
fang froid. Je fuis bien siir du moins de n'àvoir en vue, dans Tes difcufions de cette nature, que l'intérêt de PEtat & de lavérité; &
quoique vous 5 Monfieur, vous foyez ancien
Officier de vaiffeau, je ne doute pas non plua
que tels ne foient auffi vos fentimens. --- Page 321 ---
ERRATA
Phor 8,ligne, 7, mulplié, lifex multiplié,
Page 9, ligne 14, évaluée, Lifex évalué.
Page 30, ligne 26, trouvera, lifex trouve, --- Page 322 --- --- Page 323 ---
OBSERYATIONS
SUR
LES ORDONNANCES
DELA MARINE
- S1M
1789. --- Page 324 ---
Des motifs particuliers m'e
engagerent,ils a quelques mois, à rediger quelques Oéfervations fitr la
Marine, & a les préfenter au Minifre de ce
tement. Ce travail,
Déparauquel je ne pus donner alors
que bien pet de temps, étoit uls-imparfait, &
jlzois aufi fore éloigné de penfer a le rendre
public. Mais enfin imaginant que dans les circonfzances aduelles ilposrroie offrirquelques idées utiles,
je me Juis hdté de le retoucher, OuL plutôt de_le
refaire, G de le mettre du moins en état d'étrelivré
à Limprafion, --- Page 325 ---
OBSERYATIONS
SUR
UI9
LES ORDONNANCES
DELA MARINE
CHAPITRE PREMIER
Précis hiflorique des Ordomances de la Marat
LA Marine
Françoife a
avoir de Code qui réunit long-temps exifté fans
en un feul fyftémeles Loix en un feul corps &c
quelguesRéglemens
qui devoient la régir:
épars, quelques
concernant des objets particuliers Déclarations
ordres donnés, au befoin,
s quelques
les Minifres, c'étoit-la
per le Roi ou par
toute
pourroit examiner,
falégidation L'on
antéreffant,
& cet ekamen feroit affez
comment, tandis qu'elle étoit
gouvernée, elle ne laida point
ainfi
à nos ennemis, & de faire même d'être redoutable
plus de grandes
A 1
ient la régir:
épars, quelques
concernant des objets particuliers Déclarations
ordres donnés, au befoin,
s quelques
les Minifres, c'étoit-la
per le Roi ou par
toute
pourroit examiner,
falégidation L'on
antéreffant,
& cet ekamen feroit affez
comment, tandis qu'elle étoit
gouvernée, elle ne laida point
ainfi
à nos ennemis, & de faire même d'être redoutable
plus de grandes
A 1 --- Page 326 ---
chofes
(4)
peut-être qu'elle n'en a fait
cette digreffion
depuis : mais
Quoi
m'éloigneroit tropde mon
qu'il en foit, à cette brillante
fiujet
regne deLouis XIV, oi ce Prince avide époque du
les fortes degloire, voulut
de toutes,
de
acquérir encore celle
Legillateur, ce Code qui manquoit fut
L'on s'occupa d'abord de la Marine
formé,
& après que les Seguier, les
Marchandes
Puffort eurent travaillé à la Lamoignon & les
Juftice civile & criminelle, réformation de la
Ordonnances de 1667 & Sreligélerfanseufes 1670,
dita & prépara celle du mois d'Aoit Colbert mén'entreprendrai point ici de faire fentir 1681. Je
prix de ce grand
tout le
louer. A
ouvrage: un mot fuffit pour le
peine! cette Ordonnance eut-elle
que prefque toutes les nations
paru,
l'adopterent, & qu'elledevint,
commerçantes
le droit commun, de
en quelque fortes
1'Europe.
Peu d'années après, Seignelai fit
la
rine Militaire ce que fon pere avoit pour fait
MaMarine Marchande, & il n'obtint
pour lan
de fuccès. L'Ordonnanee
pas moins
commelcelle de
publiée en 1689 mérita,
1681, d'être approuvée &
gu'entièrement adoptée par les nations
pref
Ce n'eft point encore le moment voifines.
d voir combien la conflitution
de faire
Ordonnance eft
établie par cette
préférable à celles qui lui ont
fuccédé de nos jours, Je me borne à
remarquer
& il n'obtint
pour lan
de fuccès. L'Ordonnanee
pas moins
commelcelle de
publiée en 1689 mérita,
1681, d'être approuvée &
gu'entièrement adoptée par les nations
pref
Ce n'eft point encore le moment voifines.
d voir combien la conflitution
de faire
Ordonnance eft
établie par cette
préférable à celles qui lui ont
fuccédé de nos jours, Je me borne à
remarquer --- Page 327 ---
à
ersm 2 eugsb tist 6
Sausg Slors
ici
(FyP
quePoeit'attentif du Miniftre fe
I 193
cellivement fur toutes les
porta fucqueles devoirs du dernier parties du fervice;
du premier Officier, furent Matelot, comme ceux
& que tout, en un
exadtement tracés,
termind, avec 3
cet ordre; mor,fuitregle, ipéciné, e
dé
cifion qui font
la cette clarté, cette prés
nuit point a Penfemble, que
multitude des détails ne
voir Punité du
&c qu'elle laifle
-
deffein.
toujours
Malgré cet amour de la nouveauté
reproche à notre Nation &
que l'on
Minifiere
plus encore à notre
, cette Ordonnance fublifta
quatreavingts ans fans fouffrirlam
près de
Tour au plus on fe permit
moindre atteinte,
quelques légers changemens quelques additions,
ceflités par'le
qui paroiffoient néd
temps, par les
le-progrès naturel des chofes. sireontbusgeisper Mais
fut tom-Ai.coup
en 1765 elle
nouveau Code.
remplacée en catier par un
2 Le Miniftre qui gouvernoit
de grands talens les défauts
alors joignoit à
communément la fuite.
qui en font affez
gloire, il avoit la
Adif & ambitieux de
paflion de réformer, de
verfer, de recréer, & la Marine
rencomme prefque toutes les autres
reffentit, 9
miniftration,
parties de l'ad-
>' l'influence de ce
nant, Trop habile néanmoins
génie entrepreprendre que la conditution-établie pour ne pas compar T'Ordona
A3
ors joignoit à
communément la fuite.
qui en font affez
gloire, il avoit la
Adif & ambitieux de
paflion de réformer, de
verfer, de recréer, & la Marine
rencomme prefque toutes les autres
reffentit, 9
miniftration,
parties de l'ad-
>' l'influence de ce
nant, Trop habile néanmoins
génie entrepreprendre que la conditution-établie pour ne pas compar T'Ordona
A3 --- Page 328 ---
Sus 23t
(6)
pance de 1689 étoit la
l'on put imaginer, il melleure encore que
femble, à la
s'occupa bien moins, ce
de Paroître réformersqul trouvér les moyens
Un ordre différent innover, 2 même en la confervant.
portés d'un titre à de matières; desa articles tranf
énoncées dans d'autres Pautre; quelques difpofitions
fmubftirue au chiffre
termes; ; le chiffre Romain
détails plus
Arabe; un petit nombre de
tions, quelques approfondis; quelques modifica
duifrent à
extenfions ; c'eft à quoi fe répeu près tous les
plus apparents que réels imaginés changemens bien
On peut dire aufi
par PAuteur,
ne fut guere autre chofe que POrdonnance de 176p
tion de celle de 1689
qu'une nouvelle édis
Cette
corrigée & embellie.
innovation, au fond peu
puifque les chofes demeurerent importante,
pres dans le même état, devint toujours à peur
P'exemple. Bientôt, en effet,
funefte par
d'autres qui fitrent déterminées onen vit fuccéder
Beancoup moins excufables,
par des motifs
ceffaire de développer.
motifs quilef nés,
De tout temps notre Marine a
de deux claffes d'Officiers
été compofée
Militaires, &
; les uns purement
Officiers de Marine qu'on nomme plus proprement
qu'on appelle
ou de Vaiffeaus i les autres
Officiers
ci font pour le fervice de d'Adminiftration. la Marine à
Ceuxpeu près --- Page 329 ---
Commillaires (2)
des Guerres pout
que font h3
Leurs fonctions confiften,
fervice
terre, $
foit à la mer, à veiller
foit dans les ports,
e
à la confervation, à l'emploi des
aux achats,
à fuivre le travail des Ous
approvicionnemeas: ;
former les équin
vriers, arrêter leurs journées 2
tenir les
pages, en ordonner la répartition, 8cc.; ils
comptes, drefler les rôles de payement,
tient
font charges, en un mot, de tout ce qui finances.
particulièerement au civil & aux
plus
des Officiers d'Adminifration
Du refte, le corps
rOrdonnance de
étoit compofé 3 même avant
gét
d'un Intendant & d'un Commifaire
1689,
Département, de Commifs
néral pour chaque
d'Efaires ordinaires, d'Ecrivains principaux,
crivains ordinaires & de Commis.
le bien
Il étoit, fans doute, à defirer, pour conflamment
du fervice, que lon vit régner entre ces deux
Funion &c la bonne intelligenee
les
claffes d'Officiers : mais malheureufement ceffé
humaines n'ont prefque jamais
paffions
la haine & la difcorde - 2 & queld'entretenir
fauffe
le
quefois même, par une
politique,
Miniftere a pris foin de les fomenter.
qui s'eft toujours
Cette inimitié réciproque, devint plus vive
fait plus ou moins, fentir, 9.
Celle de
T'Ordonnance de 1765.
encore après
la vénalité des Charges de
1689, en abrogeant
A 4
que jamais
paffions
la haine & la difcorde - 2 & queld'entretenir
fauffe
le
quefois même, par une
politique,
Miniftere a pris foin de les fomenter.
qui s'eft toujours
Cette inimitié réciproque, devint plus vive
fait plus ou moins, fentir, 9.
Celle de
T'Ordonnance de 1765.
encore après
la vénalité des Charges de
1689, en abrogeant
A 4 --- Page 330 ---
(8)
Commifaire de la Marine 55 avoit accordéranx
Officiers d'Adminiftration les honneurs de diavers grades Militaires. L'Intendant avoit le
de Maréchaldes Camps ; le Commiflaire
rang
celui de Brigadier; le Commiffaire
général,
celui del Capitaine de Vaifleau. Or
ordinaire,
de 1765 confirma & accrut même l'Ordonnance
gatives honorifiques dont ils
ces préroajouta la décoration d'un
jouiffoient. Elle y
donna plus
uniforme, & elle leur
particulierement le nom
qu'ils ne prenoient guere
d'Oficiers,
auparavant,
Cependant les Officiers de
trèsjaloux déja des diftinétions
Vaileam,
cordées à des gens
précédemment ace
qu'ils ne. vouloient confidérer
que comme des Financiers, &c
de dérifion, ils
que, par une forte
appelloient des
de
ne purent les voir confirmées Officiers &
Plume,
fans que leur orgueil en fut encore augmentées,
ment bleffé, Ajoutons
plus vivefnadés
que, d'un autre côté,
que les Officiers d'Adminiftration étoient perentièrement dévoués par état aux Miniftres
aux Bureaux, ils les regardoient
&
furveillants incommodes
comme des
de tout ce qu'ils
prêts à rendre compte
voyoient. Ofons le dire
par une fuite de la corruption
enfin:
moeurs, les Ofliciers de notre marine générale des
çoient à perdre cet efprit vraiment commenmilitaire
qui ne voit, qui ne defire que la gloire, Pluis --- Page 331 ---
(9) point dédaigné d'unir
hunifenfesslemers
n'affe@oient-de
aleur épée cette plume qu'ils étoit dans d'autres
méprifer que parce qu'elle
umains.
Toutes ces caufes sréunies ne manquerentpoist attendre-:
de prodmire l'effer qu'on devoit en
Bientôt les deux Corps fe déteftant également
furent beavcoup moins occupésidu
Punl lautre,
des moyens de fe nuire
bien du fervices que
le véritable objet
réciproquements & tel fut
des
des projets que lon nel
de la plapart
plans,
ceffa de préfenter at Miniftere.
&de crédit,l
Quoiquavec moins de pouvoir
Officiers!
du moins en apparence, le corps des
d'Adminifiration: fut le premier à triompher,
de la Marine, M, de Boynes
Arrivé auMinifiere
lidée d'une nouvelle
ne tarda point d'adopter
&,
conftitution qui leur étoit fort avantageufes
dans Texécution,le devint encore plus.
qui, En effety dès fon entrée au Miniftere, M.de
avoit tiré du fond de fa province le
Boynes
fon frere, pour lui don-,
fieur de Gueudreville de Toulon, & ce fut à lui qu'il
ner PIntendançe de faire exécuter fa nouvelle Oi
confia le foin
delannée
donnance publiée dans le courant
17724 vaftes
Abiorbé même, dans ce temps-la, par de
à
projets d'ambition, & par les intrigues quis il
boulevérfoient le Royaume,
cette époqme,
fa province le
Boynes
fon frere, pour lui don-,
fieur de Gueudreville de Toulon, & ce fut à lui qu'il
ner PIntendançe de faire exécuter fa nouvelle Oi
confia le foin
delannée
donnance publiée dans le courant
17724 vaftes
Abiorbé même, dans ce temps-la, par de
à
projets d'ambition, & par les intrigues quis il
boulevérfoient le Royaume,
cette époqme, --- Page 332 ---
(iio)
le tailfa, 2 pour ainfi dire,
tôut le Département
s gouverner à fon gré
de
de la Marine. Or, le fieur
Gueudreville pouvoit-il manquer d'incliner
pour un Corps qui lel comptoit au nombre
fes Chefs Auffi les Officiers
de
furent-ils comblés de faveurs, d'Adminifration & fans
ils n'eurent point à fe reprocher de
doute
profité des circonftances.
n'avoir pas
Ils ne furent pas même les feuls à en tirer
avantage. On fe plut, en quelque
léver tous ceux que les Officiers forte, à reparoiffoient
de Vaiffean
dédaigner;les Officiers de
Ingénieurs a Conftruéteurs virent
Port,les
leurs honneurs s'accroitre
pareillement
furent
; les uns & les autres
plus intimément liés au Corps de P'Admimiftration : on leur en donna
4 Il feroit
Tuniforme,
détails
inutile, au furplus, d'entrer dans les
d'une conftitution maintenant
fuffit de
oubliée, Ib
remarquer que le Corps des
de Marine fut partagéen huit divifions Officiers
moient comme autant de
qui fordonna
régimens: : qu'on leur
pour uniforme la livrée des Villes de
chaque Département & de celles qui les
finent le plus: que d'ailleurs, fuivant le avoiqui, dit-on, en avoit été
projet
les cantonner dans les
formé, on devoit
Villes intérieures du
Royaume comme des troupes d'Infanterie, tandis
que les Officiers d'Adminifration les
rempla- --- Page 333 ---
(1)
fervice des Vaiffeaux. Ceux-ci
ceroient pourrde
devoient même, contre leur attente, comman*
der des Bârimens à la mer; tellement que le
fieur de Gueudreville trouva fort mauvais qu'un
Commiflaire de Marine refusât la propolition
qu'il lui faifoit de lui donner le Commandes
ment dune Frégate.
o Ofaier
Ce régime abfurde, fruit de lignorance &x
de T'efprit de parti, ne fubfifta pas plus-longe
temps que le Miniftre qui l'avoit adopté. Dès
dle mois de Novembre 1774, une Ordonnance
provifoire le fupprima & rétablit less chofes
dans, un état un peu plus fupportable pour le
moment, nob
funefte
auroit
Il femble que cette
expérience
les
à l'ancien ordre
dût engager
efpritssà.reyenir de 1689, ou du moins
établi par T'Ordonnance Mais les Officiers de Vaiffeau
à celle de 1765rendre
fongeoientàleur vengeance. Ils vouloient
Officiers d'Adminiftration fout le mal qu'ils
en.avoient: aux
reçu en 1772, Ils y travaillerent
efficacement,
Ox
A M. de Boynes avoit fuccédé un Miniftre : 9
pour qui la Marine étoit eun pays nouveatt &
inconnu, Il ne fut donc pas fort difficile de lui
en impofer, & de lui faire adopter des idéess
devoient trouver d'autant plus d'accès dans
qui
étoient plus oppolces à celles
foni efprityqu'elles
mal qu'ils
en.avoient: aux
reçu en 1772, Ils y travaillerent
efficacement,
Ox
A M. de Boynes avoit fuccédé un Miniftre : 9
pour qui la Marine étoit eun pays nouveatt &
inconnu, Il ne fut donc pas fort difficile de lui
en impofer, & de lui faire adopter des idéess
devoient trouver d'autant plus d'accès dans
qui
étoient plus oppolces à celles
foni efprityqu'elles --- Page 334 ---
quravoient
T2 -
C
A sIO
prédécefieur, paru diriger les opérations de fon
Ainfi, on lui
avoit rien del plus intile, Perfitada qu'il n'y
funefte à la
& même de plus
Marine, que le Corps des Officiers
d'Adminifirations que la pluis
s'étoit gliffée parmi euxs: indigne corruption
plutôt qu'ils détournoient qu'ils difipoient, ou
defhinés à l'entretien
àleur profit les fonds
truction des
des arfenaux & à la confperdues;
hatimens: que les claffes étoient
qu'ilin'y avoit plis de
un mot, que tout.dépérifoie
Matelots: en
& que d'ailleurs
entre leurs mains;
Vaiflean
il'n'y avoit aucun Officier de
qui nel fût aufi en état qu'euix: de
furveiller, de diriger les détails dont ils étoient
chargés.
- En lui infpirant de la défiagce
eiers d'adminifiration,
les Offion-luien
pour les
acate
Bureaux. On fit plus enfin, on également
jufques à mettre auprès de lui un
parvint
Vanifieau, qui, fous le titre de. Capitaine de
Ports & Arfenaux, devoit
Directeur des
gouverner.
tout conduire, tout
€ Des-lors, le refentiment des Officiers
Vaifleau ne tarda point d'être fatisfait.
de
velle Ordonnance,
Une noupubliée au mois de
1776, anéantit prefque le Corps de FAdminif Septembre
tration; & ce qui n'ajouta pas peu à leur
triomphe, ils profiterent de tout ce que Ton
, fous le titre de. Capitaine de
Ports & Arfenaux, devoit
Directeur des
gouverner.
tout conduire, tout
€ Des-lors, le refentiment des Officiers
Vaifleau ne tarda point d'être fatisfait.
de
velle Ordonnance,
Une noupubliée au mois de
1776, anéantit prefque le Corps de FAdminif Septembre
tration; & ce qui n'ajouta pas peu à leur
triomphe, ils profiterent de tout ce que Ton --- Page 335 ---
ôta, a cel Gorpsy dont () ils )
avoient
a
venger.
voulu fe
In'eft
py
pas difficile de prévoir
fultat de ce nouvel ordre de quel futf le ré
en croire le préambuile de
choles. S'il faurt
les Officiers de
cette Ordounaunct,
velle forme donniée Vailleaur, a par unefuite de Za nouavoiene acqnisy
leirt dducation militaire, S
de Darchiretind idpuisplifuars annies, la théorie
eufmires
bien maviles G les oannaifenas nes
pour
dirigerte conftruttion,
Greguiporiaas des vaifeanusl C'eftauffi, legrimne
ceid qui avoit dérerminé Sa Majefté à ajoute-ron,
cette direétion. La vérité eft,
leur confer
deptis 1765, comme
neammoins, que,
militaire ners'étoit
auparavant, Téducation
férens objets,
pas fort occupée de ces dif
L'Ordonnance de 1772 avoit
dans les détails des
bien féparti,
d'Officiers) Mais ils Ports, un certain nombre
parler, fans fontionss y étoient, à proprement
titre de Surveillans
ils n'y étoient
: & comme
qu'a
n'avoit attaché aticune forte de d'ailleurs, l'on
ce travail; ils n'y avoient
récompenfe à
ni lexactitude néceflaires apporté ni le zele,
ritables connoiffances fur pour acquérir de vémandent Pattention la
des objets qui deL'onfentit
plus fitivie,
sjp
bien aufi que, pour - les engager à
appliquer,8e à furmonter la
répugnance
toient
: & comme
qu'a
n'avoit attaché aticune forte de d'ailleurs, l'on
ce travail; ils n'y avoient
récompenfe à
ni lexactitude néceflaires apporté ni le zele,
ritables connoiffances fur pour acquérir de vémandent Pattention la
des objets qui deL'onfentit
plus fitivie,
sjp
bien aufi que, pour - les engager à
appliquer,8e à furmonter la
répugnance --- Page 336 ---
(14)
-
qui nait du adéfaut de golt-&c d'habitude ,iit
falloit leur préfenten un appât. On prit, en conféquence, le parti de leur prodiguer l'argent t,
à
& d'accorder des fupplémens d'appointemens
tous ceux qui feroient employés.
L
beauCe moyen cependant, en augmentant de
la dépenle, ne pouvoit être qu'infuffant.
coup S'il -
excitoit le zele, il ne donnoit point les
connoiflances. Sil faifoit naitre le defir d'être
employé, il ne rendoit point l'Officier capable
de fervir utilement. Qu'arriva-t-il donc?Tout
alla très-mal dans les Ports; & G Fon y vit
d'ordre &0 d'aétivité, on
encore quelqu'ombre d'adminiftration que l'on
le dut aux Officiers
un refte de
avoit confervése En effet, par
y
lon avoit jugé que ces, hommes en:
prudence,
l'inftrudion néceffaire pour
qui lon fuppofoit
befoin d'être dirigés
tout diriger, avoient grand
véritablement
enx-mèmes par ceux qui étoient
cerinftruits. L'on avoit donc voulu retenir un
nombre d'Ecrivains & de Commis, & l'on
tain
cela le feul moyen qui pût
avoit employé pour
être efficace. Comme l'on prévoyoit qu'après
Ordonnance qui dénaturoit leurs fonctions
une
leur état, ils auroient tous envie
& dégradoit retirer: d'un côté, on ne leur avoit acde fe
retraite; de Pautre,
cordé qu'une bien modique confentiroient de
on avoit offert à ceux qui
refter un traitement affez avantageux,
, & l'on
tain
cela le feul moyen qui pût
avoit employé pour
être efficace. Comme l'on prévoyoit qu'après
Ordonnance qui dénaturoit leurs fonctions
une
leur état, ils auroient tous envie
& dégradoit retirer: d'un côté, on ne leur avoit acde fe
retraite; de Pautre,
cordé qu'une bien modique confentiroient de
on avoit offert à ceux qui
refter un traitement affez avantageux, --- Page 337 ---
(Cus)
il'on dira peuit-être, Ou plutôt l'on ai
ditc(car les partifans de la
déja
n'ont point manqué de s'en confitution den776
fous ce nouveau régime, prévaloir), ques
furent confidérablemient
nos forces navales
que bientôt nous couvrimes augmentées ; tellement
efcadres, Il eft vrai
les mers de nos
nue, il fallut bien que la guerre étant furveteniri, & fe hâter fe mettre en état de la fous
de radouber,
par conféquent de conftruire,
Mais avant de tirer de-la
indudion, il faudroit confilter les
queique
Tréfor royal, Ilf faudroit
regiftres du
dement denos forces fit examiner ficer accroif
& de Thabileté
le fruit de la
des Officiers de
vigilance
tout fimplement le réfultat de la Vaifitauron
dépenfes car enfin l'on fait bien plus énorme
dont on ne vienne à boutd
qu'il n'eft rien
on Peut affurer
force d'argent. Ory
que
ne feroit point à tres-certainement cet examen
T'avantage du
Les inconvéniens
fyftème de 1776.
vaifleaux
qui en réfulterent
& les efcadres à la:
pour les
pas moindres
mer, ne furent
les
que ceux qui fe firent fentir
ports. Auparavant, il y avoit, à bord dans
chaque batiment, un Officier
de
chargé de la garde, de
d'Adminiftration
bution des
Tinfpedion, de la diftriapparaux, des
en un mot, de tout
vivres, des munitions,
tabilité. Mais
ce qui concernoit la
enfuite de la nouvelle comphance, les fonétions de çet Officier
Ordonfurent çon=
ceux qui fe firent fentir
ports. Auparavant, il y avoit, à bord dans
chaque batiment, un Officier
de
chargé de la garde, de
d'Adminiftration
bution des
Tinfpedion, de la diftriapparaux, des
en un mot, de tout
vivres, des munitions,
tabilité. Mais
ce qui concernoit la
enfuite de la nouvelle comphance, les fonétions de çet Officier
Ordonfurent çon= --- Page 338 ---
((16)
en
auquel on donna,
fiées aui Liettenant
pied,
Taider, un - fimple Secretaire gagitte, pris
pour hafard 8 entiérement aux ordres du Maître
au
Dès-lors les Officiers furent déliqu'il fervoit.
qu'ils n'avoient
vrés. d'un témoin importun, leur bord: mais auffi
jamais vu de bon oeil fur
beaucoup
les équipages 8 TEtat s'en trottverent
mal. Entiérement étrangers à cette partie
plus
d'ailleursy ne leur préfentoit
du fervice qui,
les Lieudes dérails ennuyeux & fatiguansy
que
Ou même firent pis entenans la negligerent,
s'en être acquittés
core. Ceux-la feuls parurent avoient eu pour
qui
ravec quelqu'esaditude, d'anciens Commis déja accoutumés
Secretaires
à ce genre de travail.
Pon
les
I De toutes parts , en un mot,
éprouva de la réufacheufes & inévitables conféquences c'eft-a-dire, des
nion de Tépée &c de la plume,
dans une
deux chofes les plus incompatilbles
même main.
le cara@tere du Militaire
Tel eit effe@ivement
un réfultat du caFrançois, & ceft peut-être dificile, ou plutôt
ractere national :il parcit bien
fuite d'appliampoflible, d'obtenir de lui cette détails d'une
d'attention qu'exigent les
cation,
telle que celle de la Marine. Que
adminiftration
Officiers, ce féroit
f on Tobtenoit de quelques
ils-deviendétriment de l'efprit militaire; ;
au
droient
1oo -
--- Page 339 ---
(17)
droient financiers, & cefferoient dèue foldars!
De pluis, cette forte de commandement abfolt
defporique,
8t
vient
gaioes-veticoerninsn neconpas beaticoup peut- - être a Pidmiiniftrationt
Ajoutons enfin que, tant que le fervice étoit
réparti entrei deux Corps, il yavoit de Pun
l'autre une furveillance
à
réciproque, d'autant
attentive, qu'elle étoit fans ceffe entretenue plus
l'animofité; &0 qu'un feul étant rendu maitre par
tout, P'Etar ne pouvoir plus reffentit les falu- de
taires effets de cette furveillance.
* Quoi qu'il en foit, le défordre devint
qu'à la fin de la guerre, tout le monde, tel,
plupart même des Officiers de
& la
terent un nouveau régime. Ce Vaiffear, fouhai
part, étoit fondé fur d'affez
defir, de leur
Leur haine pour le Corps des bonnes raifons:
niftration,
Officiers d'Admi
ayant été fatisfaire, s'étoit à la fin
refroidie; & alors ils n'avoient
s'appercevoir
pas tardé de
que, prefque tous les
réfultans du fyftême adtuel, éroient, avantages
les Subalternes, mais
non pour
pour les
Ceux-ci ayant plus de chofes a Conmandans.
gouverner, &t
Peoderempiadepainaire en étolentdevenus
plusdefpotes. Bientôtilsétoients
à ordonner de tout felon leur tarrivésidipoler
qu'il n'étoit refté
caprice; de forte
des travail fans pourles autres' qu'un furcroit
grand profit, Ils durent donc
B
tuel, éroient, avantages
les Subalternes, mais
non pour
pour les
Ceux-ci ayant plus de chofes a Conmandans.
gouverner, &t
Peoderempiadepainaire en étolentdevenus
plusdefpotes. Bientôtilsétoients
à ordonner de tout felon leur tarrivésidipoler
qu'il n'étoit refté
caprice; de forte
des travail fans pourles autres' qu'un furcroit
grand profit, Ils durent donc
B --- Page 340 ---
(18)
dont même Ia
foupirer après un changement,
la néceffité.
avoit fait fentir encore plus
guerre
n'auroit-il
Comment, d'ailleurs, ce changement Miniftre;
eu lieu? la Marine avoit un autre
pas
il fembloit que tout nouveau
8 depuis 1765, introduire un nouveau fyf
Miniftre devoit
E
tême. devoit croire cependant que T'expérienee
L'on
de faire de trois ou quatre difque lon venoit
de vingt années,
férens régimes dans Pefpace
utiles
une multitude de réflexions
auroit produit enfin une excellente conftituqui ameneroient
avoient été
tion. Sans doute anffi ces réftexions mettre ce
faites; mais le Miniftre ne fut point
lni-mème à la Marine,
fecours à profit. Etranger lieu de raffembler de
au lieu de confulter, au
des avis, il donna
tous côtés des obfervations, nombre de coopétoute fa confiance un petit Officiers de Vaif
dans la claffe des
rateurs pris
celle de faifenrs de projets; &
feau, ou dans
dans le plus grand fecret,
ceux-ci ravaillereht
leurs propres & feules idées, peutêtre
d'après
d'après leur intérêt perfonmême quelquefois fut faite l'Ordonnance de
nel. C'eft ainfi que
1786.
clle forme le régime aétuellement
Comme
de Texaminer dans les
fiubfiflant, il importe
dans cet
détails, &c c'eft ce que je me propofe --- Page 341 ---
T
eI
20900 (19)
rol
Ecrit Mais d'abord il faut faire une obfervation
générale.
Cette Ordonnance JE
peut bien moins être
pellée de ce nom, que de celui de Recueil d'un apgrand nombre d'Ordonnances particulieres. L'on
ne fait, en effet, par quelle finguliere bizarrerie
les Redncetirssan lieu de former un feul, tout
implement diviféen Titres ou en Chapitres, ont
fait tout autant d'Ordonnances diftinétes & f6parées, qu'ilsavoient d'objets différens à traiter,
D'ailleurs, la multitude d'obfeurités, d'ambiguités, d'omithions, d'imperfections de tonte
efpece qui fe rencontroient dans le premier travail, a néceflité par la fitite une multitude pareilled'esplications, d'additions, de
de réglemens particuliers; d'oi ilef corredions', arrivé
le Recueil entier de ce qui forme la conftitu- que
tion aétuelle de notre Marine,
mage véritablement
préfente une
&
eifrayante par fon volume,
plus encore par la dilicalté quedl'on a
ordonner toutes les parties de * maniere a d'en les
claffer convenablement
n
dans Pefprit,
Dato
Il eft difficile, fans doute, del fe perfuader
qu'un tel ouvrage' ait été fait far un plan bien
réféchi, bien arrêté, fur tn plan Aimple, clair,
&tel, L
par exemple, que celui de
en
POrdonniace
1689. Il s'en faut Bicn" ELiaT G ce
kefle remarquer. Toutes des
que
plan s'y.
pieces en font difvil 3
Bz
affer convenablement
n
dans Pefprit,
Dato
Il eft difficile, fans doute, del fe perfuader
qu'un tel ouvrage' ait été fait far un plan bien
réféchi, bien arrêté, fur tn plan Aimple, clair,
&tel, L
par exemple, que celui de
en
POrdonniace
1689. Il s'en faut Bicn" ELiaT G ce
kefle remarquer. Toutes des
que
plan s'y.
pieces en font difvil 3
Bz --- Page 342 ---
30) -
incohérentes ; de forter qu'au heu der
jointes 5 machine fimple & unique 2 l'on en voit
voirune fabriquées, flon peut parler ainfi,par
plufieurs différens ouvriers, qui ne fe communiquoient
idées, & dont chacun avoit un but
point leurs
a
différent.
la critique elle-même ne
De Tà s'enfuit que obfervations bien liées,
peut pas préfenter des
autrebien fuivies; car enfin peut-on prendre
les détails, un ouvrage qui ne
ment, que par des détails? Ces remarques cepencontient que
moins utiles, fir elles font
dant n'en feront pas
Elles n'offriront point un fyftême complet
julles.
mais elles pourront aider à
de confitution, erreurs dans celle que, fans
prévenir quelqués
de former en ce: moment.
doure,on. fe propofe
sou
CHAPITRE II.
amutov
de la Marine.
191 6 oDes Oficiers
Lomonsascr de 1772 avoit partagé, ainfi
lai déja dit, les Officiers de Marine en
que je
dont les uniformes
huit Divifions ou Régimens,
les livrées de
ayoient] pour marques diftinétives Cette idée a été
certaines villes principales.
car it
fuivie dans l'Ordonnance de 1786,(1)
divifer les forces navales en,
1() Ordonnance pour
neuf E(cadres, art. I & fuivants. --- Page 343 ---
(x) )
donné d'inventer. Mais comme
n'eft pas toujoutrs fervile n'auroit point fatisfait
une imitation trop
efforcé
aulamour propre, on s'eft
d'imaginer
différences. Ainfi, au lieu de huit
moins quelques
neuf auxquelles on a
divifions, on en a formé
d'efcadres; & dont chacune a été
donnéle nom
trois
Ton a appartagée enfitite en
parties que
Divifions. Ainfi,au lieu d'enrégimenter
pellées
enrégiles Officiers, on a plus particuliérement
Vaiffeaux, Ainfi, à ces livrées qui furmenté les ridiculementles habits, on ai afubftitié
chargeoient
de couleurs qui ne font guerés/
des bariolages
moins bifarres.
Divifions
Quelle eft cependant l'utilité de ces
C'eft ce que l'on a bien de la
8 Subdivifions?
il eft feulemert aflez clair
peine à découvrir;
formant ainfi plufieurs corps dans un feut,
qu'en
les Chefs & les pouvoirs, on n'as
en multipliant
davantage la marche du fer
fait qu'embarraffer
vice, & rendre en même temps la fubordination
pénible; car il eft d'autant plus difficile
plus
de
comd'obéir, qu'il y a plus
Supérieurs qui
mandent. Ilparoit auffi que l'on n'eft point arrivé
lon fe propofoit,
au but que vraifemblablement
plus exaête,
c'eft-à-dire, à une fubordination
Les Officiers inférieurs ont été plutôt vexés que
mieux gouvernés par ce nouveau régime; & de
B3
même temps la fubordination
pénible; car il eft d'autant plus difficile
plus
de
comd'obéir, qu'il y a plus
Supérieurs qui
mandent. Ilparoit auffi que l'on n'eft point arrivé
lon fe propofoit,
au but que vraifemblablement
plus exaête,
c'eft-à-dire, à une fubordination
Les Officiers inférieurs ont été plutôt vexés que
mieux gouvernés par ce nouveau régime; & de
B3 --- Page 344 ---
Trs'eft enfuvi un dégoût (G))
fible aubien da fervicer général vraiment nniGet inconvénient n'eft pas le feul AE6N En a
ces nouvelles
formant
ceffaire de Eicadress on a cru qu'il étoit nésb
donner à A chacune un Etat
auquel ila fallu aligner un-traitement Majons
lier. L'ona donc angmenté
particudans un temps ois il auroit encore la dépenfe,
tous les moyens pofibles de la convent refreindre. d'épaiferi
Ileit pareiliement tresedifficile der
quel avantage pouvoit réfulter de comprendre la
d'un nouveau grades, celui de Major. création
fonctions attribuées
() Lesi
R cet Officier font
ment les mêmes qui étoient remplics préciféLieutenant en'pied; de forte
par ler
qu'une nouvelle
que Pon ne voit 1
dénomination fort inutilement
imaginée.
lly aplus; des difpofitions
rendent pernicieufe. Elles
particulieres la
les Majors de vaiffeau,
portent, er effer, que
quine feront
de Commandement,
pas pourvus
que fur les. Vaifleanx nerpotront de
être employés
deftiné qu'un Major
ligne, 80 qu'il ne fera
pour chaque vaiffeau (2).
(:) Ordonnance portant
RTt. 2.
luppreftion des grades, &c.
() Ibid. Ordonnance concernant les Oliciers-de la
Marine,i.. art, I. & fuiyant --- Page 345 ---
(33))
cela, il n'y aura eertainement ert
Mais d'après
bien petit nombre de-Matemps de paix qu'un aller à la mer. Que feront
jors 7 qui puiffent
donc lesi autres 2 Ils demeureront perpétuelles dans les
ment oilifs, ,& ils oubilierentleurmétiets 18 9DUS
Bile
ports.
n'ont pas été
Heureufements ces difpofitions
obfervées bien à lar lettre; car. 2
jufqu'à préfent d'autres exemples, dans 1'Efcadre
fans chercher
de l'année
d'évolutions qui tint la mer une, partie
Pon avoit embarqué plufieurs Majors
1787,
du 12, & même fur des
fur des Frégates portant
démontre
Corvettes. Mais cette inobfervation
toujoursplus le vice del'Ordonnance ence points
le Miniftre lui-même l'avoit re-
& prouve que auroit-il fi-tôt dérogéà la loi
connu, Sans cela
2 Chacun fait, au fiurplus,
qu'il venoit de porter
fontde laplus dangeque cesfortes ded dérogations
reufe conféquence. fuivant lOrdonnance mne
, cesi
Ajoutons que.,
(),
Majors ont rang de Lieutenans-Colonels de fervice,
de forte qu'en cash de comcurrence
d'innon-feulement ilsont le pas fur les Majors
fanterie, & même Gur tous les Lientenants-Co- ils
lonels moins ançiens qu'eux, mais encore
Mais d'un autre côté >
doivent les commander-
(:) Ibid, tit. 4. art. 6.
B 4
ations
reufe conféquence. fuivant lOrdonnance mne
, cesi
Ajoutons que.,
(),
Majors ont rang de Lieutenans-Colonels de fervice,
de forte qu'en cash de comcurrence
d'innon-feulement ilsont le pas fur les Majors
fanterie, & même Gur tous les Lientenants-Co- ils
lonels moins ançiens qu'eux, mais encore
Mais d'un autre côté >
doivent les commander-
(:) Ibid, tit. 4. art. 6.
B 4 --- Page 346 ---
le grade de Major
(24.)
la été
peut être accordé, comme il
Selfeaivement, à de
Marine. Ilfe trotve donc tresjetnesofisierse de
que des jeunes
de
vingt-cinq ans peuvent être & ont
gens
cas de commanderde
été dans le
vieux
vingt & trente ans de fervice, Oficiersqui comptent
renverfement de l'ordre
N'eft-ce pas un
peut-on efpérer
naturel des chofes, &
que ces anciens
ront volontiers. & ferviront
Militaires obéitels commendants?
avec zele fous de
L'Ordonnance fixe à cent
ment même, le nombre
(1), pour le mofeau, Nous
de Capitaines de Vaifverrons dans la fuite fion ne
pas mienx fare; je ne veux
pouvoit
remarque particuliere.
préfenter ici qu'une
Dans le temps que FOrdonnance
& publiée, il y avoit
fut rédigée
Capitaines de Vaiffean, beaucoup plus de cent
réduire à ce
Si on vouloit donc les
nombre, il n'y avoit, ce
qu'un feul parti à prendre. C'étoit
femble,
qu'il ne feroit fait aucune nouvelle d'ordonner
julqu'à ce que, 2 ou par les
promotion
retraites, ils fuf@entefeclivementr morts, ou par les
& que dorénavant On n'en
réduits à cent,
crééroit pas davantage-tléroitmême de toute juftice de
de cette maniere; car enfin
s'y prendre
pouvoit-on priver
() lbid, tit. 1, art.
à prendre. C'étoit
femble,
qu'il ne feroit fait aucune nouvelle d'ordonner
julqu'à ce que, 2 ou par les
promotion
retraites, ils fuf@entefeclivementr morts, ou par les
& que dorénavant On n'en
réduits à cent,
crééroit pas davantage-tléroitmême de toute juftice de
de cette maniere; car enfin
s'y prendre
pouvoit-on priver
() lbid, tit. 1, art. --- Page 347 ---
(25 )
anciens Officiers
dès ce moment même pluficurs
de leur état?
Mais le Miniftre étoit preffé de voir exécuter
fon idée, & d'ailleurs il vouloit abfolument fe
défaire d'un certain nombre de Capitaines de
Sur le
Vaiffeau. En conféquence que fit-il?
nombre total, il choifit les cent qu'il vouloit
conferver, & quant aux autres, -
ou il s'en dé
barrafla en leur offrant des retraites très-avantageufes, (:) ou il les employa dans des places
dont nous démontrerons toutel'inutilité, ouenfin
il les laiffa fans fonéions & avec les feuls ap- -
pointemens qui leur étoient attribués par les
(1) Plufieurs de ces retraites furent tellement exceffives, qu'elles furpaflerent mêmele montant entier des
appointemens dontles OBnmabcviebesse
mentle Miniftre eûtété moinslibéral, f, comme autrefois,
les retraitcs avoient été prifes fur les fonds qui lui étoient
délivrés pour fon département t. 9 & dont la difpofition
lui étoit confiée. Mais alors, par un nouveau fyftême
qui fablifte encore, les fonds ne fortoient point du TréforRoyal qui payoit tout. En confequence, pour accorder
une retraite quelconque,le Miniftre n'avoit qu'à donner
un mandat far un département qui lui étoit étranger; 8c
l'on fent que dès-lors il devoit êtrebien. moins économe.
Je ne prétends point blâmer le nouvel ordre érabli POHF
ce qui concerne les fonds deftinés sà chaque département :
joblerve feulement qu'il auroit fallu prévenir les abus jort
par des regles précifes, & exadtement obfervées.
quelconque,le Miniftre n'avoit qu'à donner
un mandat far un département qui lui étoit étranger; 8c
l'on fent que dès-lors il devoit êtrebien. moins économe.
Je ne prétends point blâmer le nouvel ordre érabli POHF
ce qui concerne les fonds deftinés sà chaque département :
joblerve feulement qu'il auroit fallu prévenir les abus jort
par des regles précifes, & exadtement obfervées. --- Page 348 ---
(16)
anciennes Ordonnances. De lrque s'eft-il enfuvi? c'eft qu'il- eft refté dans la Marine
certain nombre d'Officiers dont lEtat
un
être défini, &c pour lefquels il a fallu ne peut
une dénomination aflez étrange dans' le imaginero
celle de Capitaines sinon en ativité,
fervice,
Je ne prétends point examiner, au
Miniftre avoit tort ou raifon de vouloir furplus,file fe délivrer de ces Officiers, & fi la faveur ou la a
prévention n'eurent aucune influence fur le
choix de ceux qu'il trouva bon
de ceux aut contraire qu'il lui plut d'employer, de condamner &
à l'oifiveté. Mais je ne puis m'empécher de faire
à ce fujet une remarque qui me paroit aflez 1mnportante,
Depuis long-temps, cetix qui commandent
la mer, foit une efcadre, foitun
à
font en pofleffion
fimplebdriment,
d'envoyer au
fin de la
Miniftre, à la
campagne, une lifte des Officiers
ont fervi fous leurs
qui
fecretes
ordres,avec des apoftilles
d'cloge ou de blâme. Or, il eft facile
de comprendre a combien
d'injufices cet
peut donner lieul
ulage
3 Les Commandans font des hommes. & même
d'autant plus faillibles, qu'ils ont plus de
voir. Qui penr donc
poufecretes
répondre que ces notes
ne feront pas plutôt dictées parles
fions que par Texacte équité ! N'eft-il paf- à
pas
tasido TE
res,avec des apoftilles
d'cloge ou de blâme. Or, il eft facile
de comprendre a combien
d'injufices cet
peut donner lieul
ulage
3 Les Commandans font des hommes. & même
d'autant plus faillibles, qu'ils ont plus de
voir. Qui penr donc
poufecretes
répondre que ces notes
ne feront pas plutôt dictées parles
fions que par Texacte équité ! N'eft-il paf- à
pas
tasido TE --- Page 349 ---
(27)
craindre que Téloge ne foit pour les Oficiers
auront fait le mietx, ceft-à-dire, le plus
qui baffement leur cour, & le blâme sat.contraire
les hommes de mérite qui fe feront conpour
leur devoir D'ailleurs, fur un
tentés de remplin
Vaiffeau, fur cet efpace fi refferré, oir les relaro,
tions font fi multiplices oir l'on fe rencontre's
lon fe heurte, pour ainfi dire, à chaque inftant,
mille incidens peuvent faire naitre les petites
les petites haines de fociété, & n'inquerelles, flueront-elles jamais fur les notes du Commandant 2 De tous temps auffi ces notes furent la
fource des injufticesles plus criantes; on pours
roit en donner cent & cent exemples (1).
citerai qu'un feul. Sous le Miniftere de M.
1 (1)Jenieni un Officier oublié dans une promotion
de Maurepass
deparvint, (ce qui n'eft pas toujours facile),apouvoir, fit difficulté
manderla raifon de cet oubli. D'abord on,
de lut répondre; mais enfin,onl luidit qu'unhomme 3
fujet
au plus bas de tousles défauts, a Tivrognerie , ne mératcit pas d'être avancé. Orarovatit? Information pre, 3
ift reconnu que cet Officier n'avoit jamais ba que
moy
de d'eau, N6
C'eft
de ces rapports & d'anresinfru@ionis
pourtant
fe formoit dans les bureaux.cet
tont aufli, fufpectes, de notes, que fur le. compte de tous les Offiample diers. Ge recucil recueil étoit fort peu connu ay des Miniftres:mais Eavelr
les Commis favoient très-bien s'en fervit,foit pour
rifer ceux quiavoient Içu gagner leur fuffrage, foit pour euprr
nuire aceux qui avoient négligé ou quin'aveiens pas
Tart d'obtenir leur protedion,
bureaux.cet
tont aufli, fufpectes, de notes, que fur le. compte de tous les Offiample diers. Ge recucil recueil étoit fort peu connu ay des Miniftres:mais Eavelr
les Commis favoient très-bien s'en fervit,foit pour
rifer ceux quiavoient Içu gagner leur fuffrage, foit pour euprr
nuire aceux qui avoient négligé ou quin'aveiens pas
Tart d'obtenir leur protedion, --- Page 350 ---
2 a
(28)
Sans doute il eft néceffaire que le Miniftre
infruit des talens & des défauts, des
foit
desi vices des Oficiers de fon
vertus &
il faur qu'il le foit autrement département. Mais
tions fecretes, &
que par des délapedtes, II faut
par conféquent toujours fuf
qu'il le foit de telle? maniere,
TOficier, dont on fe plaint, fache
que
quoi on laccufe, & qu'it foit à toujours de
juflifier. Voici donc ce
portée de fe
Je
que je propoferois.
voudrois, qu'au retour de la campagne, le
Commandant fit tenu de joindre fa lifte &
notes aux comptes qu'il doit rendre
fes
de Marine du Département.
au Confeil
droirlécinformations
La,ce Confeil prennéceffairessil
queleues Officiers de
interrogeroit
même dans certains léquipages il entendroit
ainfi Fon
cas l'Officier mal noté; &
n'enverroit aux Bureaux du
que des inftructions bien exaétes. Il
Miniftere
de plus 2 quand il s'agiroit de
conviendroit
Particulieres,
quelques fautes
que le coupable fuit auffitôt
Cela donneroit un exemple utile, &c l'on puni.
verroit plus un Officier
ne
fietrs années, la
porter, au Lout de phupeine d'une faute oubliée,
par fes camarades, & parlui-même,
&z
Après avoir fixé le nombre des
FOrdonnance auroit bien dû fixer aufi Capituness celui des
Olleier-Générmus. Cette fixation étoit d'autant
plus nécefaire que, vul lesappointemens dont ils
1070 0S
un exemple utile, &c l'on puni.
verroit plus un Officier
ne
fietrs années, la
porter, au Lout de phupeine d'une faute oubliée,
par fes camarades, & parlui-même,
&z
Après avoir fixé le nombre des
FOrdonnance auroit bien dû fixer aufi Capituness celui des
Olleier-Générmus. Cette fixation étoit d'autant
plus nécefaire que, vul lesappointemens dont ils
1070 0S --- Page 351 ---
(29)
jouilfents leur mulriplication deviént trèsoné4
reufe à VEtat, & que d'ailleurs la faveur ténd
toujours à les multiplier. Jugeonsen par ce que
En
8 Lieutenans
nous,
voyons.
196sailyavoit
Il
Généraux, & maintenant on en compte 17.
yavoit 17 Chefs d'efcadre, & aujourd'huiilsen
pas impoffible, au furplus,
trouve déterminer 41.Iln'étoit le nombre des unsn & des autres;
de il devoit être réglé fur le befoin, &c ce befoin
pouvoit être aifément caleulé.
Ce qui n'eit pas été moins important encore,
c'eit été de trouver les moyens d'employer, en
de paix, ces mêmes Officiers dont la plutemps
perpétuellement dans la plus
part languiffent & pour cela voici, entr'autres
inutile oifiveté, femble
auroit pu faire.
chofes, ce qu'il me
qu'on
Premierement, au lieu de faire commander
les efcadres qui forment la premiere divifion de
indifféremment foit par des
nos forces navales,
Chefs d'efcadres, foit par de fimples Capitaines
de vaiffeau préférés aux autres, on ne fait pourquoi,l'on auroit pu ordonner qu'elles féroient
commandées pari les Chefs d'Efcadres
soujours tour de rôle, fe feroient fuccédés de deux
qui, deux ans, ou de trois eni trois.
1UDor
en Secondément, au lieu encore de donner à vid,
les Commandemens
ou pour un temps illimité,
des
&
des Départemens & lesi Directions
ports
cadres, foit par de fimples Capitaines
de vaiffeau préférés aux autres, on ne fait pourquoi,l'on auroit pu ordonner qu'elles féroient
commandées pari les Chefs d'Efcadres
soujours tour de rôle, fe feroient fuccédés de deux
qui, deux ans, ou de trois eni trois.
1UDor
en Secondément, au lieu encore de donner à vid,
les Commandemens
ou pour un temps illimité,
des
&
des Départemens & lesi Directions
ports --- Page 352 ---
(30 )
-
>
arfnant n'auroit-on
que) les Officiers
pas pu établir également
généraux
à tour de rôle pendant
remplitroient ces places
regles aurojent
un temps déterminé? Ces
n:
été auffi
a
enfin, quef'on confidere jultes a
qu'utiles : 7 car 9
des charges, foit
CCS places, foit comme
qu'elles foient
comme des faveurs, il eftjufte
elles font faircs. partagées par tous ceux pour qui
Mais de pareilles regles n'entrent
dans'les fyfémes des
pas aifément
des entraves à leur Miniftres : car a élles mettent
5 les moyens de fe faire delpotifme, & leur enlevent
adoptent
des crcatures. Hs ne les
guere que
a faire autrement; & quand ils ne peuvent pas
établies, ils les
lors même qu'ils les Ont
ainfi
violent plus d'une fois. C'eft
que, quoiqu'aft
dire
a les Commandemens à la pu
l'Ordonnance fur
d'être accordés,
mer, ils n'ont pas laiffé
faveur. Pour les tout comme auparavant, à la
Verfailles,
obtenir, il a fallii venir à
&
folliciter, faire fa cour aux
auix Bureaux,
Miniftres
snmobto
Coftce qui far auffic que les regles même
Ioma pofées pour Favancement des
que
produifent des: injuftices. Par
Oficiers;
de TOrdonrance ib eft dit
une difpofition
pourront être
que les Majors ne
promus au grade de
gu'ils n'ayest commagdé un
Capitsige ,
Batiment de Sa
obtenir, il a fallii venir à
&
folliciter, faire fa cour aux
auix Bureaux,
Miniftres
snmobto
Coftce qui far auffic que les regles même
Ioma pofées pour Favancement des
que
produifent des: injuftices. Par
Oficiers;
de TOrdonrance ib eft dit
une difpofition
pourront être
que les Majors ne
promus au grade de
gu'ils n'ayest commagdé un
Capitsige ,
Batiment de Sa --- Page 353 ---
(s)
Mais, combien n'y a-t-il pas de
Majené (): faute de pouvoir venir folliciter,
Majors qui,
Pour
Nobtiendront jamais de commandement?
fit fans inconvémient, il auroit
que cette regle a
les
le moyen de
a "fallur affurer à tous
Majors
ecommander aleur tour.
s'efforce
An L'arbitraire plait tellement, qu'on
toujours de lui ménager au moins o 315 quelque porte.
Ainfi, malgré la regle générale qui foumet tous
à
fucceffivement par tous les
ir les Officiers paffer laifé de donner aux Lieutegrades, on n'a pas
de
la
de parvenir au rang
Capinans
pofibilité franchiflant celui de Major (2). Le
taine 1 en
fe conferver la faculté d'acMiniftre a donc fçu
laiffe à
f
corder des préférences, 8 l'on
juger
elles feront obrenues par le mérite.
PavanFaifonsencore une remarque au fujet de
L'Ordonnance (3) ouvrela porte de tous
cement.
les grades aux Sous - Lieutenans de Vaiffeaux,
nouvelle clafle d'Officiers qu'elle a créés; & pour
d'abord à celui de Lientenant,
les admettre
faffent préfenter aux
elle exige feulément qu'ils
de leurs ferConfeils de Marine un état certifié
vices & aftions, avec des certificats de bonne
(s) Ibid. tit. 7-art 4:
L (2) Ibid. art. 5,
les Officiers de Marine,
(3) Ordonnance concernant
fit.6. art. 6& 721 --- Page 354 ---
(32)
conduite. Ceft-fur ces preuves querle Miniftre
jugera s'ils ont mérité d'être promus. Comme
on le voit, c'eft encore ici une nouvelle matiere
entiérement fujette à T'arbitraire; mais ce n'eit
pas tout. Ces Officiers devenus
paffant fuccefivement
Licutenans, &
aux grades
vent être dans le cas de commander fupérieurs peude Bâtimens. Il femble donc
toute forte
point de conftater leurs
qu'il ne fuffifoit
fervicess leurs
Jeur bonne conduite, & qu'il falloit actions,
encore. la précaution de s'affurer s'ils avoient prendre les
connoiffances qu'exigent les Commandemens
peuvént leur être confiés, connoiffances dont qui
les fervices, les adions ne peuvent point tenir
lieu.
Cela paroit d'autant plus néceffaire,
dailleurs, en créant ce nouveau grade de Sous- que,
Lieutenant, T'Ordonnance n'a point
de quelle maniere on pourroit
déterminé
que, dans le fait, il a été accordé y parvenir, à
&
tude de gens de tout age, de tout
une multiétar, de toute
condition, fans aucun examen
autre titre que celui de la faveur. préalable, fans
a Ajoutons, enfin, guel'Ordonpance
aux Officiers de
(s)accorde
tion
compter une année de navigapour deux, en temps de guerre, &
pour
(:) Ibid tit. 6, art 8.
dix-huit
terminé
que, dans le fait, il a été accordé y parvenir, à
&
tude de gens de tout age, de tout
une multiétar, de toute
condition, fans aucun examen
autre titre que celui de la faveur. préalable, fans
a Ajoutons, enfin, guel'Ordonpance
aux Officiers de
(s)accorde
tion
compter une année de navigapour deux, en temps de guerre, &
pour
(:) Ibid tit. 6, art 8.
dix-huit --- Page 355 ---
(33)
dix-huit mois en temps de paix. Cette derniere
difpofition n'eft-elle pas trop favorable? La
de
eft le fervice
navigation, en temps
paix,
ordinaire des Officiers de la Marine; pourquoi
donc y attacher une grace particuliere?
concernent les appointeLes dipofitions qui
fur-tout dans les circonftances
méns méritent, examinées avec attention: Aug-:
actuelles, d'être TOrdonnance de 1765, ils l'ont été
mentés par
de forte
encore pat celles qui (ont venues après;
qu'à cet égard il y a, entre la dépenfe d'autreune différence trèsfois & celle d'aujourd'hui,
confidérable. Sans doute l'accroiffement progreflif du prix de toutes les marchandifes néceffitoit celui des appointemens. Mais Pun devoit
être la regle de T'autre, 82 il ne falloit point
aller au-delà.
obfervation
Indépendamment de cette
génés
rale, il y en a d'autres particulieres à faire,
Avant l'Ordonnance de 1786, le Capitaine,
tout autre Officier commandant un Bâtiment
ou
étoit chargé de nourrir fon Etarà la mer,
de
outre fon traitement
Major, à raifon
quoi,
il recevoit cinquante fols par jour
particulier,
Officier. Cet ancien ufage, qui
pour chaque être & qui étoit fouvent, en effet,
pouvoit
entre les Officiers &
une fource de querelles
Il eft
leur Capitaine, a été fagement abroge,
C --- Page 356 ---
(34)
ficheux que cette abrogation ait été
cependant
à PEtat.
enu
rendue tres-onéreufe
de chofes,
fuivant de nouvel'ordre
a Puifque, n'étoit plus tenu de nourrir les
le Capitaine n'avoit
befoin d'un auffi grand
Officiersy Gl
plus
état de maifon. Il femble donc qu'aul lieu d'ajouter
traitement particulier, déja aflez confidéafon
non-feulement le laiffer tel
à rableson auroit même pu
le diminuer. Qu'a fait
qviliétoit, T'Ordonnanee? mais
Elle l'a fortement
néanmoins
ce
augmenté - ; 8 voici quel eft aujourd'hui lod
traitement (1).
commandant en chef
HIo. Le Capitaine,
Efcadre de fix Bâtimens de guerre, 2
une
Vaiffeaux ou Frégates, a par jour, pour
traitement, Ce qui fait, pour une année de navigasion, 25,550 livres.
2°. Le Capitaine, commandant une divifion de trois Bâtimens
Ce qui fait, pour T'année, 18,250 liv.
39. Le Capitaine, commandant un Vaif45
feau de ligne,
l'année, 16,425 liv.
Ce qui fait, pour
4. Le Capitaine de Vaiffeau, commanRéglement fur le traitement des Officiers à la
(1)
Mer.
par jour, pour
traitement, Ce qui fait, pour une année de navigasion, 25,550 livres.
2°. Le Capitaine, commandant une divifion de trois Bâtimens
Ce qui fait, pour T'année, 18,250 liv.
39. Le Capitaine, commandant un Vaif45
feau de ligne,
l'année, 16,425 liv.
Ce qui fait, pour
4. Le Capitaine de Vaiffeau, commanRéglement fur le traitement des Officiers à la
(1)
Mer. --- Page 357 ---
KED
10)
pus m( 55) yrron
hsbnbge
dant une Frégate ou autre Batiment,
un Major (car l'Ordonnance luia impofe s'il'a
291 l'obligation de lej nourrin ).
bast Celd qui fait, pour l'annéey 1460o.liv.
191u05 Et s'iln'a point de Majors
an Ce qui fait, pour T'années 12,410 liv. C
191 Tout cdla,indépendamment desappointemens
ordinaires attachés au grade, lefquels continuent
de courir,
D
T
D'ailleurs, FOrdonnance a auffi proportionnellement augmenté le traitement des Officiers
fispérieurs, de forte que , par exemple, celui
d'un Chef d'Efcadre fe monte, pour l'année,
à 36,590 livres.
Enfin, eelui des Officiers fubalternes a été
porté à trois livres en-deça du Tropique, & à
trois livres dix fols au-delà, non
ration qui doit leur être
compris une
délivrée, ou en nature,
ou en efpeces, & que l'Ordonnance évalue à
treize fols.
L'on peut dire auffi que ces augmentations
ont paru extraordinaires à ceux mêmes qui en
profitent.
On doit remarquer, aut furplus,
fitiVant l'Ordonnance (1), les traitemens que,
cent à être payés du jour que le Vaiffeau commen- va en
(r) Ibid, art, 8.
C2 --- Page 358 ---
rade. Or de-là
(36. - )
qu'arrive-t-il? Pour
Vaifleau va en rade bien
T'ordinaire, le
foitvéritablement
long-temps avant qu'il
prêt à partir; &cfouvent
y eft retenu pour plufieurs mois,
auffiil
derniers ordres.
Par l'attente des
Cependant le
&
que tous les Officiers continuent Capitaine prefterre, 3 & de recevoir ainfi,
de vivre à
fraitement qui leur eft
en pur bénéfice, le
été
accordé. Cet abus auroit
prévenu, en ordonnant
les
ne commenceroient d'être
que
traitemens
payés
avant de mettre à la voile.
que quatre jours
Un autre abus, non moins
marquer, eft celui qui
important à reconcerne les
d'appointemens. Loin d'être
fupplémens
Ordonnances, elles l'ont
prévenu par les
Cet abus confifte
elles-mèmes introduit.
en ce que
dant qui, pour raifon de tOfcier-Commanport, y jouiffoit d'un quelqu'emploi dans le
fupplément
mens, conferve, s'il va à la mer , ce d'appointe- même
plément, toutcomme;
fupemploi. Ainfi donc il
ilenumeidremgirien
de
a, dans ce cas, trois fortes
payes, 19 Ses appointemens
fupplément : 3". le traitement ordinaires: 20. le
eft accordé: ce qui eft d'autant particulier qui lui
l'Etat, que, d'un autre côté, il plus onéreux à
dans le port cet Officier, &
faut remplacer
ment un fiupplément à celui accorder pareilleCe n'eft
qui le remplace,
point, à la vérité, T'Ordonnance de
de
a, dans ce cas, trois fortes
payes, 19 Ses appointemens
fupplément : 3". le traitement ordinaires: 20. le
eft accordé: ce qui eft d'autant particulier qui lui
l'Etat, que, d'un autre côté, il plus onéreux à
dans le port cet Officier, &
faut remplacer
ment un fiupplément à celui accorder pareilleCe n'eft
qui le remplace,
point, à la vérité, T'Ordonnance de --- Page 359 ---
(17)
cet à abus : on le doit à celle
2786 qui a introduit uO:
l'a
de
: mais elle ne
point corrigé.
1765 (:)
elle en 2 a ajouté de nouveaux.
Elle a plus fait;
commandant dans les
Les Oficiers Genéranx,
de Breft, Toulon & Rochefort, jouiffent
ports
de 6000 livres; ce quijoint à
d'un fupplément
ordinaires, aux, 12.000l.qui
leurs appointemens
repréfentation, &à
leur font accordées pourla pour frais de Bureau, forme,
joostiv.atirlbudes
un traitement de 3,oc0livres (3),'1s
en total,
&de
livres,
font Lieutenars Généraux ;
27,000
font
Chefs d'Efcadres. Or, fuivant
s'ils ne
que
étant
précife, 2 les Commandans
une difpofition n'en confervent pas moins la
ablens du port,
jouiffance de leur fupplément.
de
Pareillement, les Commandans des ports
TOrient & de Marfeille ont un fupplément 5
de 9000 livres, le fecond de 6000
le premier 8c la moitié leur en eft réfervée en cas
livres,
d'abfence.
l'Ordonnance déQuant aux autres Officiers,
lorfqu'ils feront abfens, en conclare (3), que
leur auront été expéféquence des congés qui
ni
ne
appointemerts
diés, il
pourront prétendre
(i) Voyet Ordonnance de 1765.tit. 57,art.741. 8ice
(2) Ordônnance pour régler les appointemens.
tit. I. art. 2. & fuivans.
(3) Ibid. art. 20.
C3
donnance déQuant aux autres Officiers,
lorfqu'ils feront abfens, en conclare (3), que
leur auront été expéféquence des congés qui
ni
ne
appointemerts
diés, il
pourront prétendre
(i) Voyet Ordonnance de 1765.tit. 57,art.741. 8ice
(2) Ordônnance pour régler les appointemens.
tit. I. art. 2. & fuivans.
(3) Ibid. art. 20.
C3 --- Page 360 ---
ni fupplémens
(38)
mais aufi-tôr pour le tems de leur abfence :
elle ajoute : 6 à moins
5> jefté ne juge à propos de leur
que fa Ma5> rappel par un ordre
en accorder le
>> feront de retour
particulier, lorfqu'ils
befoin de
dire
au-Départementa Or,a a-t-on
que ce correctifrend la loi
pour tous ceux qui ont quelque
inutile
favent faire leur cour ?
crédit, &x qui
On-trouve même des fupplémens
du moins en partie, pour des fonéions confervés,
peuvent plus avoir lieu. Ainfi, le
qui ne
de la Marine ayant été
Corps-Royal
laiffé d'accorder
fupprimé, on n'a pas
encore aux Lieutenans de Vaiffeaux, qui précédemment
de Capitaines dans
occupoient les places
ce Corps, la moitié du
plément dont ils
fusp-
&
jouiffoient en cette
ilena a été de même des anciens qualité (1):
Compagnics
Officiers des
& des
fupprimées des Gardes dela
Gardes
Marine,
C
du Pavillon (2).
C'eit parcesdipofitions, & par plufieurs autres
femblables, que la nouvelle
coup augmenté la
Ordonnance a beaula Marine, Elle
dépenfe du Département de
a d'ailleurs occafionné des dépenfes momentanées affez confidérables,
quelon
(t) Ordonnance concernant ies
tit. i. art 14.
Officiers de la_Marine,
(a) Ordonnance qui fapprime les
Gardes de la Marine,
Compagnies de
&cc, art. 7:
plufieurs autres
femblables, que la nouvelle
coup augmenté la
Ordonnance a beaula Marine, Elle
dépenfe du Département de
a d'ailleurs occafionné des dépenfes momentanées affez confidérables,
quelon
(t) Ordonnance concernant ies
tit. i. art 14.
Officiers de la_Marine,
(a) Ordonnance qui fapprime les
Gardes de la Marine,
Compagnies de
&cc, art. 7: --- Page 361 ---
(39)
auroit pu éviter, ou du moins mettre à 17
Par
profit.
exemple, 2 l'on a affez
faire fervir les Officiers
fagemenr penfé à
fucceflivement
trois
dans-les.
Départemens, L'on a cru, &avec
que par-là on remédieroit à cet efprit de,Dé- raifon,
partement qui, plus d'une fois, a
bien du fervice. Mais,
contrarié le
idée,on n'a
2 pour exécuter cette
fçu faire autre chofe
ordre aux Officiers de fe rendre que donner
Tautre, &c leur
d'un port à
payer pour cela des
dont la multiplicité a dû former conduites 3
portant. Il me femble
l'on
un objet imque
auroit
un parti moins coliteux, & dont il feroit pu prendre
réfulté
quelquavantage. Deux Oti trois
de Breft, auroienr
Frégates, parties
ciers
pu porter a Toulon les Offiqu'on vouloit y envoyer; &
même cenx qu'on vouloit faire
rapporter de
à Breft; outre la moindre
venirde Toulon
auroient
dépenfe, les Ofliciers
eu une occafion de plus
& s'exercer.
pour s'inftruire
L'Ordonnance n'a pas non plus fort économifé
pourla bourledes Particuliers.Depuis
on a remarqué que les uniformes de long-temps la
étoient trop riches, trop
Marine
coliteuxy & que cette
oftentations. fort inutile pour TEtar, étoit - très
charge aux Officiers, L'on n'a
à
moins à cet inconvénient.
pas remédié néanT'Ordonnance a donné
Bien au contraire 2
unnouvel uniforme, & elle
C 4 --- Page 362 ---
(40)
I'a rendi plus cher, en fiubftituant des
aux galons.
broderiea
Terminons, enfin, ce que nous avons à dire
concernant les Officiers de la Marine,
remarque qui peut-être paroitra d'abord par une
tieufe, mais qui ne fera point jugée telle minuceux qui connoiffent les travaux des Ports par
des Arfenaux.
&
Autrefois les montres & revues fe faifoient
chez FIntendant. Mais les Officiers de Marine,
voyant avec peine tout ce qui pouvoit être 3
prérogative pour les Officiers
ont fait changer cet ufage; &, d'Adminiftration, felon TOrdonnance, les revues doivent fe paffer à bord du
Vaiffeau Amiral. De-là, que réfulte-t-il? C'eft
que, dans les Ports oùr ce Vaiffeau eft
faut enlever aux travaux de PArfenal ifolé, il
titude de Matelots
une mulou d'Ouvriers
le fervice des Canots & Chaloupes deftinés pour à tranfporter tous ceux (& ils font en grand nombre)
qui doivent paffer en revue ; ceft, de deux en
deux mois, une demi-journée perdue
de cent Ouvriers. N'eft-il
pour plus
de choifir,
pas été plus fimple
2 pour cet objet, ou les Salles des
Gardes de la Marine, ou quelqu'autre partie de
FArfenal?
é, il
titude de Matelots
une mulou d'Ouvriers
le fervice des Canots & Chaloupes deftinés pour à tranfporter tous ceux (& ils font en grand nombre)
qui doivent paffer en revue ; ceft, de deux en
deux mois, une demi-journée perdue
de cent Ouvriers. N'eft-il
pour plus
de choifir,
pas été plus fimple
2 pour cet objet, ou les Salles des
Gardes de la Marine, ou quelqu'autre partie de
FArfenal? --- Page 363 ---
(4
anci CHAPITRE IILn
Tfr 160
Des Eleves de la Marine.
Iya 1191 peu d'objets plus importans que celui
de l'éducation de la Jeuneffe deftinée à fervir
dans la Marine. Il paroit auffi que l'on s'en eft
occupé plufieurs fois. Mais, malheureufement,
aucun des Réglemens qui ont été faits à ce fujet,
n'a, atteint ce degré de perfeétion que l'on defiroits 8, d'ailleurs, ils ont été prefque toujours
exécutés avec tant de négligence, que les fages
difpofitions qu'ils pouvoient contenir devenoient
bientôt inutiles.
Enfin, T'Ordonnance de 1786 a établi de nouvelles regles. Sont-elles plus propres à former
d'excellens Officiers? C'eft ce qu'il s'agit maintenant d'examiner. Je ne me propofe pas néanmoins d'épuifer ici cette grande & importante
matiere : je me borne encore à quelques obfervations.
Les-jeunes gens deftinés à ce genre de fervice,
& admis, f l'on peut parler ainfi, faire leur
noviciat
autrefois le nom de Gardes
> portoient
& ils
de la Marine ou de Gardes du Pavillon,
a
étoient formés en Compagnies. L'Ordonnance --- Page 364 ---
d'abord
(42 )
abrogé cette
tué celles d'Eleves de dénomination &y a fubftipremiere claffe (1). L'on troifieme, deuxieme &
innovation étoit aflez
pourroit dire que cette
inutile;
quoi changer les noms,
car,enfin, pourtoujours à
quand les chofes font
article
peu près les mêmes? Mais c'eft-là un
trop indifférent pour
Il n'en eft
s'y arrêter.
pas tout-à-fait de
que Fon a pris de
même du parti
Cela tient
fupprimer les Compagnies.
qui doivent effentiellement à lordre, à la police
verrons tout gouverner à
les jeunes gens, & nous
l'heure fi, dans le nouveau
tême, ils peuvent être plus
fyf
contenus.
furveillés, mieux
Quoi qu'il en foit, POrdonnance
mencer leur éducation dans les
fait comcet effet, il eft dit : 4
Colleges; &, à
2), Colleges, à portée
qu'il fera affigné des
des
9) Royaume, dans
principaux Ports du
> places à
lefquels il fera accordé
un certain nombre
des
> qui auront obtenu
de jeunes gens
d'être
> fervice de la Marine
infcrits pour le
paiera leurs
>, L'on ajoute que le Roi
penfions, & qu'il
Maitres ou Profeffeurs
entretiendra des
pour les inftruire.
(1) Ordonnance qui fapprime les
Gardes de la Marine & du Pavillon, Compagnies des
fuivant,
&c. art. I. &
à
lefquels il fera accordé
un certain nombre
des
> qui auront obtenu
de jeunes gens
d'être
> fervice de la Marine
infcrits pour le
paiera leurs
>, L'on ajoute que le Roi
penfions, & qu'il
Maitres ou Profeffeurs
entretiendra des
pour les inftruire.
(1) Ordonnance qui fapprime les
Gardes de la Marine & du Pavillon, Compagnies des
fuivant,
&c. art. I. & --- Page 365 ---
(43 a )
d'ceil, Fon eft tenté de louer
fot Au premier coup
Elles offrent à des parens pauvres
ces difpofitions.
TéducationA leurs-enfans;
le moyen, de donner
lEtat fafle
&, d'ailleurs, il paroit beau que
deftinent à le
élever lui-même les-Sujets quife
défendre. Mais la réflexion arrête bientôt ce
premier mouvement. fois
L'expérience a déja fait voir plufieurs
que
les établiffemens formés & entretenus par le Roi,
linfrudion de la jeunefle, n'avoient guere
pour
L'avantage
TEtat
qu'une utilité apparente.
que
& les fecours que les Particuliers en
en retire, font infiniment au-deflous de la déreçoivent,
penfe qu'ils occafionnent.
Ces établiflemens pouvoient être néceffaires
d'inftruétion étoient
dans le temps queles moyens
encore rares. Mais, aujourd'hui, l'on trouve partout des Colleges, des Ecoles, des Profefleurs,
des Maitres de toute efpece: Onvoit même que
lesMathématiques, cetteSciencefi peu commune
autrefois, &c qui eft particuliérement néceflaire
de Marines font regardées mainaux Officiers
effentielle de Téducatenant comme une partie
tion de tous les jennes gens. : on les montre
dans toutes les Ecoles.
Du refte, pour ce
% des parens pauvres,
d
quiett
il n'eft pas difficile de leur procurer d'autres
fecours tout aufli utiles pour eux, & moins oné- --- Page 366 ---
(44 )
reux pour I'Etat. Il faut d'ailleurs confidérer
le fervice de la Marine paroit
que
qui s'y deftinent,
exiger que ceux
tiennent à des familles qui
jouiffent d'une certaine aifance, L'Ordonnance
a même voul (r) que les parens de ceux
fony y admet s'engagent par écrit & d'honneur que
à leur fournir annuellement
une penfion de fix
cens livres. L'on doit préfumer
par conféquent
que ces parens font tous en état de leur donner
au moins cette premiere éducation qu'ils doivent
recevoir dans les Colleges.
- Il paroit donc que TOrdonnance n'a fait
cela que donner lieu à un furcroit de
en
affez inutile. Qu'elle eut déterminé
dépenfé
feulement le
genre & le nombre 1 de connoiffances qu'elle
prétendoit exiger de ceux qui demanderoient
d'être admis dans la Marine: certainement il fe
feroitatoujours préfenté autant de fujets capables
qu'on pouvoit en defirer.
Cependant, puifque l'on vouloit avoir des
Ecoles gratuites, entretenues par l'Etat &
cialement deftinées à la Marine, on devoit fpefer au moins à les rendre anfli utiles
penqu'il fe
pouvoit 5 & pour cela il falloit fans doute
avoir d'abord l'attention de les établir fur les
bords de la mer, La, les jeunes Eleves auroient
(1) Ibid, art, 2e
qu'on pouvoit en defirer.
Cependant, puifque l'on vouloit avoir des
Ecoles gratuites, entretenues par l'Etat &
cialement deftinées à la Marine, on devoit fpefer au moins à les rendre anfli utiles
penqu'il fe
pouvoit 5 & pour cela il falloit fans doute
avoir d'abord l'attention de les établir fur les
bords de la mer, La, les jeunes Eleves auroient
(1) Ibid, art, 2e --- Page 367 ---
(45)
de fe familiarifer avec Pélément
pu commencer dans la fuite habiter. Là, leur
qu'ils devoient
de'bonne heure à en
corps fe feroit accoutumé La,ils auroient déja
fporter le mouvement. fe
les conainfi dire en
jouant,
acquis, pour
donner la fréquente vue des
noiffances que peut raifons d'économie empèobjets. Que fi des
Villes ou font les grands
choient de choifir les
d'autres.
aifément en trouver
Ports, on pouvoit
TOrdonnance fe borne à
Mais au lieu de cela,
feront à portée
dire que les Colleges affignés
& dans le
Ports du Royaume,
des principaux
Ton afigne, eft
fait un des deux Colleges que
celi d'Alais dans les Cevenes.
dirai rien, au furplus, de la difpofition
Je ne
ne
être
fuivant laquelle les jeunes gens
peuvent fait les
admis dans ces Colleges qu'après avoir
Mifervice
preuves de nobleffe exigées pourle
litaire. Les grandes maximes déja confacrées par
Nationale ont rendu inutiles toutes
TAflemblée
lon pourroit faire à ce fujet.
les réflexions que
d'éducation
Continuons de fuivre le plan
propofé par TOrdonnance. élevés dans les Colleges déLes jeunes gens examinés tous les ans, & ceux
terminés feront
d'une
qui,avant Tàge de 15 ans, auront réponda qui
fatisfaifante fur la partie du Cours
maniere --- Page 368 ---
fera
(46)
exigée de rigtieur (1) feront
les Ports 2 & admis en qualité envoyés dans
troifieme claffe
d'Eleves de la
près égal dans les Répartis en nombre à peu
police immédiate Efeadres, ils' feront fous la
ides majors.
après leur arrivée, ils feront Enfin, auffi-tôt
Corvette oùr le Maitre
embarqués fur une
Pilote, le Maitre
d'Egnuipage. 1e Maitre
fubordonnés les Canonnier auxquels ils feront
détails de
inftruiront dans les premiers
pratique; & enfitités
mois de fervice fur la
après quatre 102
barqués encore fur les Corvette, ils feront émferont armés.
premiers Batimens qui
Ily auroit la-deffus bien des
faire ; je m'arrête a
remarques à
E D'abord, ces jeunes quelques-unes. gens
ne continueront
auffi-tôr embarqués
de
plus leurs études élémentaires
théorie, & comme à cet
les
fances qu'ils auront
age"
connoif
n'auront
acquifes dans les Colleges
pas pu fe graver encore bien
dément dans leur efprit; comme elles' profonfilon peut parler ainfi, qu'a la
ne feront,
elles pas entièrement
furface, ne ferontN'eft-il
effacées en peu de
2 e
pas même à craindre
temps
que cette interdui ()L'Ordonmance Cours
ne détermine point quelle eftla
que Ton exigera nigoureufement.
partie
(2) Ibid, art. 14 & fuiv.
acquifes dans les Colleges
pas pu fe graver encore bien
dément dans leur efprit; comme elles' profonfilon peut parler ainfi, qu'a la
ne feront,
elles pas entièrement
furface, ne ferontN'eft-il
effacées en peu de
2 e
pas même à craindre
temps
que cette interdui ()L'Ordonmance Cours
ne détermine point quelle eftla
que Ton exigera nigoureufement.
partie
(2) Ibid, art. 14 & fuiv. --- Page 369 ---
(4)
ruption leur faffe perdre la précienfe habitude
de l'application; de forte qu'après, ils ne pourront fe remettre que bien difficilement à un
travail qui en demande beaucoup, &2 qui communément a peu d'attraits pour des jeunes gens.
De plus, pourquoi vouloir les inftruire dans
ies premiers détails de pratique, avant de leur
donner les premieres notions de théorie? Cellescine devroient a elles pas précéder, ou plutôt
n'auroit-il pas convenu de Hfaire marcher enfemble & la théorie & la pratique, de maniere
que l'une fàt toujours éclairée & démontrée
par lautre?
C'eft ce qu'on auroit pu faire, ce femble, en
ordonnant qu'à leur arrivée dans le Port, ces
Eleves entreroient auffi-tôt-dans les Ecoles;
1a, on commenceroit à leur donner fucceffive- que
ment les principes de navigation, de manceuvre,
d'artillerie, &c. & qu'on leur en montreroit à
fur & à mefure T'application, en les menant fur
la Corvette ou fur tout autre Bâtiment. Ceft
loriqu'ils auroient fait ainfi quelques
dans ces différentes parties de leur métier, progrès
les auroit fait naviguer avec utilité.
qu'on
Ajoutons qu'alors auffi ils fe feroient déja
accoutumés peu-à-peu à la mer; de forte qu'en
dembarquant pour une navigation, ils auroient
été en état, dès le premier jour, de travailler --- Page 370 ---
(48)
aur lieu
fur" LM
à Vinfinires
que tranfportts a
Batment dès le moment Ide? leur arrivée des
Colleges, ils font quelquefois tres-long-temips
gi8
dans les fouffrances &T@tolurdifieimene
faire naviguer trop tôt
On ne peut, dit-on,
a
a
si deftinés à la Marine.Je ne crois
les jeunes gens
-
2ns cela foit bien vrai. Quand on les empoint que
leur
-barque G jeunes, & avant que
tempérament $2 - foit Tormé,les fatignes dela mer peuvent
toutie refte de leurivie; & d'un
l'altérer pour
autre 1
côté, tant qu'on ne leur a point donné
9a encore lès connoiffances préliminaires, tant que
aV
n'a
été fufifamment exercé à
leur efprit
point
obierver, a raifonner , quel fruit peuvent-ils
recueillir 291
d'une navigation ? Tout au plus, ils
chargeront leur mémoire d'une vaine nomen-
-clature.
Il me femble donc, encore une fois, qu'il
ent été plus à propos de les laiffer, lorfqu'ils
fortent a
des Colleges, un ou deux ans dans les
Ports, fuivre les différentes Ecoles, les difféatteliers, &
en un mot, un cerrens
acquérir,
élémentaires.
tain nombre de connoiffances
Agés alors d'environ dix-lept ans, leur corps auroitétéplus robufte, plus en état de fupporterles
fatigues de la mer; 8c d'ailleurs mieux préparés,
plus inftruits, ils auroient bien davantage profité
des campagnes qu'onleur auroit fait entreprendre.
Mais
ans dans les
Ports, fuivre les différentes Ecoles, les difféatteliers, &
en un mot, un cerrens
acquérir,
élémentaires.
tain nombre de connoiffances
Agés alors d'environ dix-lept ans, leur corps auroitétéplus robufte, plus en état de fupporterles
fatigues de la mer; 8c d'ailleurs mieux préparés,
plus inftruits, ils auroient bien davantage profité
des campagnes qu'onleur auroit fait entreprendre.
Mais --- Page 371 ---
(40)
Mais ce n'eft pas-tout : ces jeunes -
gens arrivés
dans les Ports 5 qu'y feront - ils en attendant
qu'on les embarque ,ou dans lesintervales d'une
Campagne à l'autre 2 L'Ordonnance n'y a
enaucune manière. Ils deront donc livrés pourvu à euxmêmes, c'eft-a-dire, àl'oifiveté, à la difipation,
& combien à T'âge de quinge ou feize ans, cette
liberté ne leur fera-t-elle point funefte!
Ils feront, dit YOrdonnaice, fous la police
immédiate du Major de PEicadre à laquelie ils
auront été attachés. Mais ce. Major, 2 d'ailleurs
occupé d'un aflez grand nombre de détails, ne
les aura. point fous fes yeux, il peles furveillera point dans le courant de la journée, il ne
les tiendra point attachés au travail, il ne les
empéchera point de perdre leursr moeurs & leur
fanté. Toutau plus, illes punira lorique quelque
faute bien grave aura
a
occafionné quelque plainte.
C'eft icilque lon peut demander G lon a eu
raifon de fupprimer les Compagnies des Gardes
des la Marine: j'ofe dire que non. Quand ils
étoient ainfi formés, ils de trouvoient fouslinfpection d'un certain nombre d'Ofciers
les
qui
pouvoient
furveiller preique dans tous les
momens de leur vie, & qui le pouvoient furtout, loriqu'on eut pris la précaution de caferner ces jeunes gens, & de les tenir ainf tous
raflemblés dans un même lieu,
D E
de fupprimer les Compagnies des Gardes
des la Marine: j'ofe dire que non. Quand ils
étoient ainfi formés, ils de trouvoient fouslinfpection d'un certain nombre d'Ofciers
les
qui
pouvoient
furveiller preique dans tous les
momens de leur vie, & qui le pouvoient furtout, loriqu'on eut pris la précaution de caferner ces jeunes gens, & de les tenir ainf tous
raflemblés dans un même lieu,
D E --- Page 372 ---
Tet idel 192 9h
(59 ) 2IeM
AT
1 Ih eit vrai
Superiéurs
olr
21 D
no
que.l a hsuAese inftitution 3131 du infruchjeufe.
cette fage senditbientôt top
nrel
9o1
contens de
Les Oficiers, de ces Compagnies,
retirer 2:
T2t les
attachés a leurs
-
fupplémens
Macey
d'en
les
pas
ne sroccuperent
beaucoup tf Templir Aala
devoirss & les Commandans ne frent aucune
113 :
in9m1s
J9muol
attention: à cette 338 infouciance,
Maisn'étoiteil pas poffible de ranimer le zele,
0/1
ces pirc Ofeicrs a
d'e
ou du moins d'obliger gIn SAN
plus 1o9
Ne pouvoit-on
choifir pour ces
xachitude?
des hommes pas 15 fages tho & inftruts
places importantes
5 3
t
que lon auroit indemnifés de leurs peines 09 par
des fupplémens convenables? Ne pouyoit-on a
pas les multiplier affez, pour que les jeunes
Eleves fuflentt toujoursfous s.les yeux de quelqu'un
d'entr'enx; de forte ques parexemple, ils fuffent
fars ceffe gardés & le jour. & la nut par un
Sous-lientenant? Ne pouvoit-on pas établir une
regle, une difcipline exacte de laquelle il ne fût
jamais permis de s'écarter? Ne pouvoit-on pas
inpofer aux Officiers fupericurs, comme un
de leurs principaux devoirs, celui de veiller à
A
cette difcipline fût obfervée? Ne
ce de à que
pouen un mot, perfeéionner cet étavoit-on pas, 187 1 A01
fût véritablement
bliffement de maniere qu'il
utile, & qu'il ne à plit jamais dégénérer 3 nsin
Tout cela fans doute fe, po,1vOit, & chacun
voit trop bien les moyens quily avoit à prena
foit néceflaire d'entrer ici dans
dre pour qu'il
difcipline fût obfervée? Ne
ce de à que
pouen un mot, perfeéionner cet étavoit-on pas, 187 1 A01
fût véritablement
bliffement de maniere qu'il
utile, & qu'il ne à plit jamais dégénérer 3 nsin
Tout cela fans doute fe, po,1vOit, & chacun
voit trop bien les moyens quily avoit à prena
foit néceflaire d'entrer ici dans
dre pour qu'il --- Page 373 ---
(5)
tout de détail, Mais à Tla
de cet crablymed
ereneE Tobificie 25
Rien de phis
ment, 9l09y que
dh
ufmsre
trescinfutfinte des MibHs
que la furveillance 2919960 refte éile laiffe les Elever;
62006 des Efeadres; L0 T1 U9I car'dut O811 de lal feconde &
des
tant de la troifieme D que 70D0E
a
preiniere
29 clafle, fe conduire ne
comme i1s Volidront Pelle :
NSD dy
foumet nuS
feulement o0 2 à fe rendre esabiement aux DE
fe
atis une touled dle jeuécoles. Or, qu'on 6T
35 repréfente 69
tales
venus de tous lest coins. di Royaume &2
nes 3 gens
-
ville, otloii detetrs
raflemblés dans une même
V
232 TrO ils Hom ont
la pleine & entiere liberté
Parensal actions: preique E J
repréiente jouifant
de leurs
syVenilei
Y de leur 291 indépendanee dans itn age oit les pafiions
no O roG à
ne peuvent encore etre
commençant fermenversn 854 contenues 1e la raifon qu'elles devancent: TU
par a
efpérer qu'ils conferveront
gera-ton, refte pourra-ton d'honnêteté, &E qu'ils deviendront
quelque
de bons Offieiers ? 1l me femble
del bons Citoyens,d
&
s'en Aatter, awtn'y%
qu'on ne peut gueres fans frémir, envoyer fon
aucun pere qui politey 1505
smtee
fils à uine telle école.
foit frPla cora
huit mois de navigations
Après foit fur un - lautre bâtiment, & apres avoif
vette,
examens fur les
détails de prafubi trois
1) premiers
d'une matique, les Eleves qui auront répondu
alafeconde elane(1).
niere atisfatintespafednt
- stiob
Pa. Sioy KO
en (:) Ibid. U Art. 2ox
C TOmE
mS a
d
at
up HO ai
frPla cora
huit mois de navigations
Après foit fur un - lautre bâtiment, & apres avoif
vette,
examens fur les
détails de prafubi trois
1) premiers
d'une matique, les Eleves qui auront répondu
alafeconde elane(1).
niere atisfatintespafednt
- stiob
Pa. Sioy KO
en (:) Ibid. U Art. 2ox
C TOmE
mS a
d
at
up HO ai --- Page 374 ---
(52)
Sur celaj'obferve qu'il eût conyenr d'établirune
regle certaine pour l'ordre dans
feroient embarqués,; C
lequel ces Eleves
arriver que le dernier erp forte qu'il ne pût pas
feshuit mois de
venu eût plutôr compleré
navigation que
plus anciens, & qu'on ne pût beaucompd'autres pas tomber dans
l'inconvénient des injuftes préférencese
Mais,quoiqu'il en foit, voici encore
remarques fur les Eleves de la feconde clafle. quelques
D'abord, comme je viens de le dire, on
a point foumis à une furveillance aflez ne les
affez continue.
exactes
L'Ordonnaaceal bien,
eux un Directeuer de Lécole, qui.doit être établi pour
taine de vaifleau, Mais les fonctions un Capin
Diredeur font reftreintes à l'intérieur de de, ce
mêmes il n'a Tien à faire au dehors. Bien Técole
un Eleve manque des'y rendre, il ne
plus, fi
le punir lui-méme. Il faut qu'il avertiffe peut le point
mandant de Fefcadre à laquelle cet Eleve eft Comché:or, vondrae-tilzonjous
attadonner cet avis?
prendre la peine de
a En fecond lieu, FOrdonnance ne détermine
point le tems que les Eleves Pafferont dans les
écoless &: apres lequel ils pourront être
dans la prepiere claffe. Elle
admis
foient cxaminés fur les diférens cxigejeulement qw'ils
genres d'infirucn
(1) Ibid. Art. 35.
a
s --- Page 375 ---
A
snw-illasbymasnes 389 lup aypado'ialsa Tu3
soval3
lsupsi n - ( 53 anarronienes a a Gn e
& qu'ils Faient au moms
tions quils reçoivent,
N'elt-ce
CR
troislans de navigation (1).
point-la
core tinel fource d'abits & d'injuftes préferehées? tous
Les trois ans denavigation ne feront-ils a
pas de
jours pluitot complettés par ceux soltsnione qui DE auront 3 htot
plus patiffainres protedtions? a
3
soval3
lsupsi n - ( 53 anarronienes a a Gn e
& qu'ils Faient au moms
tions quils reçoivent,
N'elt-ce
CR
troislans de navigation (1).
point-la
core tinel fource d'abits & d'injuftes préferehées? tous
Les trois ans denavigation ne feront-ils a
pas de
jours pluitot complettés par ceux soltsnione qui DE auront 3 htot
plus patiffainres protedtions? a deles faire
B Daitléute, quand commencera-t-on
naviguer? Sil un à reeveeemnbarque prefeuaufttôt
éte promu 2 la feconde claffe, it
-
guestatirs
paffera fur mer un remis qail auroit beaucoup E
mieux employe dans Fécole? Il naviguera avant t
que d'avoir lès eonhoiffances néceffaires pour
profiter de fa campagne: IF Peut donc convenus
de déterminer qu'aueun ne feroit ems
ce fembley
&
afe
barque qu'mprès un certain tems, forfquon
feroit atturé qwit étoitfuimifammene infruit TNO
pour a
cela.
1b
1 D
Bor0ol
doivent etre, ainfi
a Enfin, ces Eleves embarqués fubordomés aul
que ceux de la troifierte claffe,
Maitre
Maitre d'équipage, aur Maitre pilotes att
canonier Je Re ARTOERR une fage difpo
fition: Des jeunes seens dorvenretre accoutuméss
a Tohiefance's dela ef vris mais il me
pliés
de choinr ceux qui doffemble qreil importe
ventles commandersordes Maitres d'equipagé,
TONNE
1Ea1330 E KUBOS
38 dusis Ws eupitol
crytba Art. dirgue sstts n9 inp
28pore
(*) Tbid. AR98,99
D 3 --- Page 376 ---
a ennsM cal-quos ()
des Maitres
( S4)nhat do
5lo357
pilotes, des Maitres sanoniers, quoir
gu'lshilesidans caufe
leur - arts peuvent fort bien,à
de lédecation qu'ils ont: communément
regueretre fort.peu en état de commander con-
>tain venablement A
Ades jeunes gens nés dans un Na cerrangio Quelle peut mêmc être
de ceux-ei eavers des hommes qu'ils Tobciflance font à la
yeille der commander euxsmèmes!
Peur ce quieftsenfina des Eleves
a
à la premiere clafles T'Ordonnance,
Parvenus
éupe plus. Elle avoit même oublié ne de s'ens OCfonger a
Kceux qu'elle - y avoit promus tout à
a-dire, à tous les Gardes de lai marine coup.c'eft- &idu
villon exiftans au moment qu'elle, ifut
par
Onine s'eft ravifé à cet
publice,
cement de 1787s
égard qu'au commenépoque à laquelle on
a
pourvu par un Réglement particulier du 28 Jan- y
vier, 8 fur lequeljese marrêterai Point,
quece n'eflà
loi
parce
EW Cependant, qu'iune
momentanée, - 130
ces Eleves ne peuvent qu'avoir
beincoup à faire encore pour fe
29 ne falloit donc PaS
perfedionner: it
51 éduçation, A la bonne perdre heure fendersmostdeyseleur
Levoiemplus dans les écoles. Mais qu'on ne les en-
-igfigher dess Occupations
on pouvoit leur
-ports & les arfénaux,
particulieres dans les
toujours
occupations qui auroient
entretenu & augmenté leurs connoif
fances, & qui en effet forment en tout
(
tems
oir
beincoup à faire encore pour fe
29 ne falloit donc PaS
perfedionner: it
51 éduçation, A la bonne perdre heure fendersmostdeyseleur
Levoiemplus dans les écoles. Mais qu'on ne les en-
-igfigher dess Occupations
on pouvoit leur
-ports & les arfénaux,
particulieres dans les
toujours
occupations qui auroient
entretenu & augmenté leurs connoif
fances, & qui en effet forment en tout
(
tems --- Page 377 ---
(55)
Fécole la plus inftructive pour Ies Marins. On
potvoit, a caufe de Teurage, leurlailfer-plasde
mais
les tenit encore-fotmisa
liberté,
pourtant
-
tine certaine Aifepline. Des jeunesg gensodono.
20 no. ans ne doivent point encore être entiérement
abandonnés eux-memes.
1ns0 sidshay
PDe plus, it falloitraufli, pouf) obvier aux
préferencesy établir un ordre conftant fuivant,
far-tout en tems,
lequel ils feroient embarqués, chacun à fon tour au-s
de paix. De cette maniere
roit completté lest Gix ans de navigation qu'erige
TOrdonnance, pour qu'ils puiffent érrevpromus,
aul grade'de Lieutenant:
Ajoutons ici qu'au moyen. de ta fappretlion.du
grade d'Enteigne, rautrefois intermédiaire: entre
ceux de Garde de la matine 80 deLieutenantyles
Eleves de la premiere clafe parviennent auflictôt
à ce dernier. Ordelag Equartive-eill ceft qu'avec de
de la faveur un jeune homme peut dès Page
22 à 23 ans fe: trouver Lieutenant, rouler par
avec les Majors destroupes de terre,
conféquent & être dans le cas A de conmander des Bâtimens:
Durefte; je propoferai. dans la fuite quelques
nouvelles idées fur la maniere de repeupler, la
Marine. Ceft pourquos
jai omistici un grand
nombre d'obfervations auxquelles les difpofitions de TOrdonnance pouvoient donnen lieue
rp
R
sroiuot
- PapA
emor Tnot de mnemtot
ng imp D40ns
es de terre,
conféquent & être dans le cas A de conmander des Bâtimens:
Durefte; je propoferai. dans la fuite quelques
nouvelles idées fur la maniere de repeupler, la
Marine. Ceft pourquos
jai omistici un grand
nombre d'obfervations auxquelles les difpofitions de TOrdonnance pouvoient donnen lieue
rp
R
sroiuot
- PapA
emor Tnot de mnemtot
ng imp D40ns --- Page 378 ---
Gs6
LE1
tao 2noiuo
C HA
APITRE
T7 V I UES
Des Oficierase ndel Porh
51985 20
Ev Corpardes Offerers de
SROU STAUT
ceffivement bien des
Port ay foufert fuceb
rantôt élevés, tantôt variations: tantôt abastléssi
avec un autre, a
avecun uniforine,
miner
3 on a encore de la
tantôtsf
quel eft aujourdhus Teur état. poine.detere
pour ce qui ef des grades & des
D'une partr
font fur le pied militaire;
honneurs, ils!
de
qui'ert des foncions, il leur eft Pauttes pour ces
vir fur"les vaifleaux, &
interdit de ferfibles &
ils font bornés aux
tranquilles opérations du
paie
chofe qui foit bien certaine
port, Lafeule
mais varie, e'eft Pelpece
& qui n'ait jadédain que les Officiers de deloignemeer &z des
ceffe del
vaiffeau n'ont point
témoigner a leur égard.
Tolites les vemnarques
les dipontions de
qire Fon peut faire for
nentfe
Mortonaanice qai les
sednitfent a - une
concere 01
Foit erfioparther
foule, C'ef qu'onrde- a
poren parmi les comme inntilees & les incorLeés fonaions Officiers de vaifeaus,
dont ils
mnent tres-imnopiantesey fompchargés fonraffinéae
remples par les Olmciers maisrelles devroient être
Auog
a
satui de vaifeau sn-mémes,ce
entfe
Mortonaanice qai les
sednitfent a - une
concere 01
Foit erfioparther
foule, C'ef qu'onrde- a
poren parmi les comme inntilees & les incorLeés fonaions Officiers de vaifeaus,
dont ils
mnent tres-imnopiantesey fompchargés fonraffinéae
remples par les Olmciers maisrelles devroient être
Auog
a
satui de vaifeau sn-mémes,ce --- Page 379 ---
& elles n'exigent
(37)
Ces foncions pas un Corps, panisadieney
confifient à faire défarmer les
vaiffeaux, les faire mâter & demiters virer en
Or quille, carener, mouiller en rade-- e 2 kc.
toutes ces opérations n'entrent-elles
Bon
lordre de celles qui font confiées
pas dansi
de vaiffeat? N'ef-il
méme
aux Officiers
les connoifent & qu'ils pas foient important quils
les diriger?Cela eft d'autant
tous en état de
plus.
n'y.giere de
nkcfaireaawil
le cours de
campagbe un Peu longue, dans
laquelle il ne fe préfente, à
qu'une de ces mémes
faire quels
les Officiers. de vaiffeau opérations, & qu'alors.
les conduire, i]
ne font point en état de
à des Officiers S fani.qu'on lesconfic entiérenient
font fouvent mariniers dont les sonnoiffances
bornées a uneascugle, pratique,
Daillars, on troiyeroit parla le
tita
cuper un certain nompre d'Officicrs moyen de
adlogan
avantage Plus préciçux qu'on ne
vaiffeaus
le penfer. La pupatrsch elieta pourroitdl'abord
foir dant plufieurs années de filite, foit languidient. dans
peny
chez eux, dans la plus
les Portsa
cette longue habitude du parfaite inaction. Oraia
leur être tres-funcic? repos ne doit-elle pas
viennent à S'embarquer Peuvent-i ilsa lorkquils
Tactivité qu'exige le fervice après a
de cela, ayoir toute
Ainfi donc la fuppreftion la mer?
a a
Port paroit préfenter
des Officiers de
plulieurs avantages pour
filite, foit languidient. dans
peny
chez eux, dans la plus
les Portsa
cette longue habitude du parfaite inaction. Oraia
leur être tres-funcic? repos ne doit-elle pas
viennent à S'embarquer Peuvent-i ilsa lorkquils
Tactivité qu'exige le fervice après a
de cela, ayoir toute
Ainfi donc la fuppreftion la mer?
a a
Port paroit préfenter
des Officiers de
plulieurs avantages pour --- Page 380 ---
(585
fEtat. La'dépenfe feroit diminuée; un plus
nombre d'Officiers de Vaiffear feroient grand
nus dans Phabitude du travail; enfin tous entretementeroient & perfedionneroiert
augleurs
chaque jour
les connoifurcs:cir,o on ne peur trople dire,
travaux dur port & de l'arfenal font Pécole
la plus inftrudive pour les Marins. -
Di refles pour tirer de ce nouvel ordre V del
chofes toute Putilité qui peut en réfulter, it
faudroit que ce fervice des ports fiif fait à tour
de rôle par tous les Officiers de Vaiffean indif
tinctement Les fondions de Direéeur & de
Sous-Directeur feroient confiées à des
de Vaiffeau, qui feroient
Capitaines
changés tous les trois
ansi; les autres feroient remplies
Lieutenans & autres Officiers inférieurs parles
ferviroient
, lefquels
par fémeftres. I1 faudroit,
- y
fur-tout,
attacher les jeunes Officiers, appellés maintenant Eleves de premiere ctalfe, &cordonner même
s qu'ils n'obtiendroient d'avancement, qu'après
avoir été employés, durant un certain
dans Çe genre de fervice.
ISD
temps 3
esb noit - auT
- OEVG 2TH
atnslotq TIC2
--- Page 381 ---
(59
-
PutB
CHAPITRE
3r0 toprodb
O1
D rs
Des Ingenicurs - Confradcurt IA R
neb
on
intei
AvANT 1689, les iegosnasciamniuasne des Mat
toient gueres confidérés deft uencomme meme - le nom qui
tres Charpentiens, 8c TrOidontance faite à cette
leur eft donné dans
a 18D noreeot
rant
époque (1):
fuite du
des connoit
Mais par une
progres qu'elless ont
fances & de la jufte confidération
& Venfin
acquife * ils Ye font péu à peu elevés: des
ils font arrivés ajouir des honneurs 8c
grades
militaires. 9
L MTO en
sintorob
MOrdonnanee de 1765 fubftitua tne
D'abord,
dénomination plus atc7maMicnkeraercim
précédemment : elle leur donna le nom d'inge
un Uniforme, 8z en même
nicinr-Canfra.deurss
aux Matems elle leur enjoignit deis'appliquer
thématiques, au defling a toutes les connoif
fances qui pouvoient fervir à periedionnerlart
alors, fe trou:
de la conftruction qui, jufqmes
voit prefque réduit a une fimple routine.
Enfuite, comme je lai déja remarqué 2 S TOr
n
noid mon
bnoo es1
() Ordomnance de 1699. Ev. 13 kit;
-Canfra.deurss
aux Matems elle leur enjoignit deis'appliquer
thématiques, au defling a toutes les connoif
fances qui pouvoient fervir à periedionnerlart
alors, fe trou:
de la conftruction qui, jufqmes
voit prefque réduit a une fimple routine.
Enfuite, comme je lai déja remarqué 2 S TOr
n
noid mon
bnoo es1
() Ordomnance de 1699. Ev. 13 kit; --- Page 382 ---
To
sotnoTalinstimmm (60 6 nstiich T0si5I
donnance de 1772 les affimila aux Officiers -
d'Adminiftration dont ils
en 1776, on P les rendit prirent à leurs thiformes a JIOY
puisy,
d'être: enfin TOrdonnance de 1786 ancienne leur 92 maniere AOTRLA
l'état aflez brillant, dont ils
a donné
d'hui. Elle les a mis tout 11 a fait jouffent fur le 0 aujour- a
litaire : elle a créé des places de
pied mianxquels elle a donné le rang de Diredeurs,
Vaifleau; & d'autres de
Capitaine de
quels elle a attribué le rang Sons-Direeeurs, de
auxleurs, ils ont obtenu le droit de Major, D'aildécorés de la Croix de S, Louiss pouvoir être
dont ils paroiffeient autrefois bien prérogative
de laquelle un feul d'entr'eux avoit éloignés, joui
concours de circonflances particulieres, par un
dote me paroit digne d'être racontée; L'anecfervira encore à faire voir combien il car elle
teroit que nos Officiers-de Vaifleau fufent imporcés dans les fonctions du
exerS En 1744, les efcadres port,
de Piofin-8c de la Jonquiere, commandées-par MM,
an long féjour dans le
de furent obligées à
yaifleaux eurent befoin port de
Cadix. Pluleurs
radoubs,
bles; & comme nos Officiers
confidéraétat de diriger ees.opérations, étoient peu en
enFrance aux feuls Oflieciers de toujours Ports confiées fallut
chercher quelqa'in qui plit & qui voulfit
les conduire, Cet homme fe
bien
trouvaneio ()
-8c de la Jonquiere, commandées-par MM,
an long féjour dans le
de furent obligées à
yaifleaux eurent befoin port de
Cadix. Pluleurs
radoubs,
bles; & comme nos Officiers
confidéraétat de diriger ees.opérations, étoient peu en
enFrance aux feuls Oflieciers de toujours Ports confiées fallut
chercher quelqa'in qui plit & qui voulfit
les conduire, Cet homme fe
bien
trouvaneio () --- Page 383 ---
(61)
Lef fieur Autran, ancien CharpentierdeToilos
fervant dans l'arfenal à 28 fols par jourad faché
de n'avoir cuG
pu obtenir une légere augmentation.
dep paie, r
avoit quitté le fervice de France pour
pafler a celai d'Efpagne. Ses talens & fes con
noiffances l'y firent bientôt diftinguer, Ilremontar
la Marine
-
Etpagnole; il donna aux vaiffeaux de,
cette Nationles formes agréables qu'ils ont con-i
férvées depuis; & il parvint enfin à être fait Can
pitaine de Port à Cadix, oit il fe trouvoit enr
1744,& ou il s'emprefla de rendre à nos
cadres tous les fervices dont elles avoient befoin.! efm
Ce fut donc lui qui conduifit les travaux; & il,
le fit de maniere à mériter que la Cour de,
France fe crut obligée de le récompenfer,
M. d'Arnaud, alors Commifaire des deux,
elcadres, fut chargé Par M. le Comte de Mau-,
répas, de preffentir le fieur Autran fur ce
pouvoit defirer. II n'ambitionna
la qu'il
de S. Louis, comptant
que
Croix,
avec raifon que cette,
marque honorifique, par laquelle le Roi le reconnoitroit
un de fes
roit en
pour 5
Officiers, lui acquer
Efpagne une nouvelle confidération.
Croix fut donc envoyée, & il fur
La
M. de Piofin, qui donna à cette occafion reçu par,
fuperbe fête, Il paroit, du refte, que le fieur une
Autran ne s'étoit
point trompé 2
dans fes
rances; car il eft mort,
elipéna
916 uluo
depuis, 2 Officier général
-
anoo aol
roit en
pour 5
Officiers, lui acquer
Efpagne une nouvelle confidération.
Croix fut donc envoyée, & il fur
La
M. de Piofin, qui donna à cette occafion reçu par,
fuperbe fête, Il paroit, du refte, que le fieur une
Autran ne s'étoit
point trompé 2
dans fes
rances; car il eft mort,
elipéna
916 uluo
depuis, 2 Officier général
-
anoo aol --- Page 384 ---
(6)
fervice
& Commandant de. ia
au
d"E(pagne,
Caraques binos
a
Do
ite YUA l'idée de
L'on peut douter cependant 0 que
des
former le 6 Corps
Inpemicurc-Condnuakus
ait été bien bonne Il eft à craindre,
fur ce pied,
Jes Officiers de Vaifleaut - ne
eifedlivement, que a
UVA des honneurs
les voient bientôt avec peine jour
F6
& des grades militaires; & que de-la, H ne
fulte, entre les deux Corpsa une forte d'averd
fion funefte au bien du fervice, D'ailleurs, il
importe que ces honneurs confervent toujours
tout le prix qu'ils ont dans T'opinion. Il paroit
donc convenable de ne point les prodiguer, B
&
de ne les accorder qu'à ceux qui courent véritablement les rifques de la guerre.
En conféquence e n'eut-il pas été mieux de
laiffer les lagenmn-Confredeuns comme ils
étoient autrefois, dans un état purement civil?
Sans doute on doit récompenfer les fervicess
fans doute on doit honorer les talens, les connoiffances utiles; mais il eft d'autres récomd'autres diftinétions, us que les honneurs
penfes,
des Lettres
militaires : telles font, par exemple,
de nobleffe,le Cordon de S. Michel, &cc.
L'on objeétera peut-être T'exemple des Inge
nieurs au fervice de terre, dontle 31 régime paroit B
avoir fervisjufqu'a un certain point,
de modele à l'Ordonnance de 1786, pour former
talens, les connoiffances utiles; mais il eft d'autres récomd'autres diftinétions, us que les honneurs
penfes,
des Lettres
militaires : telles font, par exemple,
de nobleffe,le Cordon de S. Michel, &cc.
L'on objeétera peut-être T'exemple des Inge
nieurs au fervice de terre, dontle 31 régime paroit B
avoir fervisjufqu'a un certain point,
de modele à l'Ordonnance de 1786, pour former --- Page 385 ---
t6 ).
Tétatdes ab D tiginencoarmneaut Ei
La différencà
des uns, aux autres eft treseconfidérable. Les
5b
fervent danis les Reges, dans les câm- -
premiers us 315
dans Tetabiiflement des batteriess ils
pemens, - sibitu courent autant & plus de riiques, que les.
y Officiers des autres troupes; & puifqu'ils
tne
de la
il avec eux les périls
guerre,
tagent an
les honneurs. Mais il
juite qu'ils en partagent
n'eneft a
de même des derniers; ils n'exercent:
- -Ur pas dans les
ou fi quelquefois ils
leur art que
ports, E
fervir dans les
s'embarquent, cen'edt ce
point pour
no 90
combats. demandera
pourquoi, ayant
L'on
peut-être,
de remettreaux Officiers de Vaifleau les
propolé fonétions des Officiers de Port, je ne propofer
de même de leur confier encore celles des
ingmnur-Coutindeus pas
Ilya une très-grande,
différence entre les unes & les'autres; celles-ci
demandent, pour le perfelionnement de Parts:
qui, porté déja bien loin, peut fans doute aller
encore au-delà, une continuité d'études, d'ap-:
plication qui n'eft gueres compatible avec l'état
d'un Officier de Vaiffeau. D'ailleurs, un batiment
act-il été entrepris ? ilfaut que celui quia commencé d'en donner le plan, le - conduife jufqu'à
fa fin;e qui fouvent exige un bien long temps.
f c'étoit un Officier de Vaiffeau qui fity
Or,
bien, dans
charge de emrdindiet,tpeemet
au-delà, une continuité d'études, d'ap-:
plication qui n'eft gueres compatible avec l'état
d'un Officier de Vaiffeau. D'ailleurs, un batiment
act-il été entrepris ? ilfaut que celui quia commencé d'en donner le plan, le - conduife jufqu'à
fa fin;e qui fouvent exige un bien long temps.
f c'étoit un Officier de Vaiffeau qui fity
Or,
bien, dans
charge de emrdindiet,tpeemet --- Page 386 ---
(64)
êrre sppellé ala mer, foit par
cet intervaile, foit
les befoins de PEtat,
le totir de Tole,
par
conPour ce a quiefran contraire des opérations 23
C6
fiées aux Officiers de Port, elles 01 ne 91 iont pqur
miomentancess 5
& communément a
la pluparr que être remplacé par un autre fans
un Officier peiit
inconvémient,
CHAPITRE VI.
De PArtilleric.
Lirr de Tartillerie de la Marine a été totalement changé par YOrdonnance de 1786. Officiers
D'abord, elle a oté la diredtion aux
la donner à d'autres Officiers
de Vaifleau, pour
de TArtillerie des Colotirés du Corps-Royal
nies, 8 elle Ta foumife à de nouvelles regles.
elle a entiérement fupprimé
a En fecond lieu,
faifoientle efervice
Pancien Corps de troupes qui
un autre,
de Tartillerie, & elle lai en a fublitué
de Corps-Royal de Canonfous la dénomination
qui concernent la
nions-Mateloes. Les difpofitions T'adminiftration, la
formation, la compolition, comprennent plus
police de ce nouveau Corps,
de 90 pages.
point ici de fuivre en détJe Wentreprendrai no'l aVP 200
tail
-
--- Page 387 ---
Ral. toutés ces. om difpolitions,ce 165)
feroit
inmenfe & aflez inutile : je me borne à un travail
obfervations genérales.
- quelques
I femble toujours, a
à mefure qu'on m lit 1'Ordonnancc, queles Rédacteurs fe
far toutes chofes, 50 de reftreindre foientpropofé, les
des Officiers de Vaiffeaut, & de les a réduire foncions à
linaction en temps de paix: On ne leur laiffe
effedivement prefque rien à faire, foit dans.les
ports,foit dans les arfenaux; deforté que, tant
qu'ils ne font point à la mer, ils font às peu
près inutiles, & qu'habituellement lEtat ne
retire preiqu'aucun fervice d'un. Corps de
de deux mille Oficiers, dont les traitemens plus s'élevent à des fommes immenfes.
Cependant, outrel'inconvéniente de cetteinuti- J
lité,ce fyftême en préfente encore d'autres, non
moins fenfibles, que nous avons eu déja Focca-:
fion de remarquer, D'abord, pour remplin les
différentes fonétions, dont on auroit
les Officiers de Vaiflean, il faut avoir PH d'autres charger
Officiers, & de là réfulte une augmentation de
dépenfe; de là réfulte quel'on s'écarte
qu'il femble
dungrand
ptincipe
que le Gouvernement ne:
devroit jamais perdre de vue : c'eft de n'employer dans le fervice que le moins d'individus
qu'il eft poffible, En fecond lieu, cette longue
habitude du repos que lon laiffe contracter aypr
E
Officiers de Vaiflean, il faut avoir PH d'autres charger
Officiers, & de là réfulte une augmentation de
dépenfe; de là réfulte quel'on s'écarte
qu'il femble
dungrand
ptincipe
que le Gouvernement ne:
devroit jamais perdre de vue : c'eft de n'employer dans le fervice que le moins d'individus
qu'il eft poffible, En fecond lieu, cette longue
habitude du repos que lon laiffe contracter aypr
E --- Page 388 ---
(66)
Officiers de Vaifleaulles rendi, fans doute, bien
moins difpofés pour an genre de fervice qui
fouvent exige laplts grade-adtividésenfie, en
ne les employant point dans les details relatifs
àleur étaf, onleur ête le meilleur moyen d'acquérir & de perfedtionner leurs connoiffances.
Ces réflexions s'appliquent encore particulicrement aux difpofitions de l'Ordonnance concernant TArtillerier Autrefois la direction en
étoit confiée à des Officiers de Vaiffeaur, 8ci1 ne
paroit point que cêtte partie du fervice en ait
jamais fouffert. Pourquoil donce la leur Orer?
pourquoi.la donner duneautre clafle d'Oficiers?
11 falloit, ce femble, d'atitant plus laleur conferversquilimporte que les dérails de PArtillerie neleur foient point inconnus, & celt ce que
POrdonnance paroit même avoir bien compris,
puifqu'eile fait entrer ces détails dans T'ordredes
inftrucions qu'elle preferit pour les Eleves.
L'on peut dire auffi quiliy a à cet égard une
forte de contradiaion dans fes difpofitions. Car
enfin, à quoi bon vonloir que des jeunes-geris
acquierent un certain genre de connoiflances,
fi d'ailleurs en ne leur en laiffant faire ancun
ufage on, les A met a même de les oublier?
Il femble >
donc qu'il en auroit dût être des
détails de PArtillerie, comme de ceux des trades Ports. Les Officiers de Vaiffeau auaux
a --- Page 389 ---
(67)
oient di être chargés &0 des UnS 8 des
éoilauroit convenu de même d'ordonner autres, 5
qu'ils.
fe fucccderoient à tour de rôle dans cette partie
dudervice. b
oras
L'on ne voit point au furplus 2 quelle eft
l'unilité de cette compagnie d'Ouvriers pour les
affuts &uftenfiles d'Artillerie attachée à chaque
Diredion, C'eft une multiplication d'êtres fans
néceflité; car auparavant les travaux ne fe faifoient ni avec moins d'économie, niavec moins
de foin. Tout ce qui en eft réfulté, c'eft
d'anciens ouvriers qui avoient paffé la plus que
grande partie de leur vie dans les Arfenaux, ont
perdu avec leur état le mnoyen de fubfifter.
Quant au nouveau Corpe de Canomniers Max
telots, tout le monde eft encore à fe demander
la raifon de cette nouvelle création.
eut
un
S'ilye
jamais
Corps de Soldats diftingués
le
zele, par la bravoure, par les talens
par
5 par Finf
trucion, c'étoit celui des Compagnies
faie
foient autrefois le fervice de P'Artillerie qui dans. la
Marine. Combien, fans remonter plus haut, ne y
fe font Ln elles pas fignalées dans la derniere 30
guerre! Pourquoi doncle fupprimer 2
lui en fubfituer un autre conftitué tout Pourquoi différemment? quand un état de chofes eft démontré
bon parl'expérience, de vaines fpéculations devroient-elles porter àle changer.!
E 2
faie
foient autrefois le fervice de P'Artillerie qui dans. la
Marine. Combien, fans remonter plus haut, ne y
fe font Ln elles pas fignalées dans la derniere 30
guerre! Pourquoi doncle fupprimer 2
lui en fubfituer un autre conftitué tout Pourquoi différemment? quand un état de chofes eft démontré
bon parl'expérience, de vaines fpéculations devroient-elles porter àle changer.!
E 2 --- Page 390 ---
2oquott 291 Inors slgm T68 yogmoy fls 2q100f
3 Dirat-on 31 que a an ce changemnent acété détermint
n des mas vues d'économie ? je-n'ai pas tousiles
par matériaux néceflaires pour faire ila comparaifon
Corps pavec celle du
de la dépenfe deil'ancien
nouveau. Mais je crois pouvoir affurer que la
différence eft peu confidérable F , & je nep fais
même fi tout calcul fait, la balance ne feroit pas
à
de l'ancien état.
-
Pavantage D'ailleurs, S fans faire en - détail le parallelle de
Tancienne &c de la nouvelle conflitution, ileft
l'une étoit bien fupefacile de comprendre que
rieure à l'autre.
T L'ancien Corps étoit compofé de Marins
dès leur enfance, avoient été
claflés qui, prefque
enchainés
liés à ce fervice, & quis'y voyoient
AN
toute leur vie 2 c'eft-à-dire, jufqu'à ce
pour
les
les euffent mis hors
que T'àge ou
infirmités
Matelots
d'état de fervir. C'étoient de jeunes
qui
commençoient par être apprentifs Canonniers,
avoir été éprouvéssétoient atta8 qui,après leur
& leurs talens, au fervice
chés felon
goitt
comme d'autres l'étoient à la made P'Artillerie,
&c.
noeuvre, 2 au charpentage, aut calfatage,
Ainfi, fixés pour toujours à cet état, ils ne defiroient & ne pouvoient defirer autre chofe que
de s'y avancer - -
8c de mériter d'obtenin denoua
1 euD
911s 2DIGE 3
veaux grades.
Dans la nouyelle conftitution au contraire,
fervice
chés felon
goitt
comme d'autres l'étoient à la made P'Artillerie,
&c.
noeuvre, 2 au charpentage, aut calfatage,
Ainfi, fixés pour toujours à cet état, ils ne defiroient & ne pouvoient defirer autre chofe que
de s'y avancer - -
8c de mériter d'obtenin denoua
1 euD
911s 2DIGE 3
veaux grades.
Dans la nouyelle conftitution au contraire, --- Page 391 ---
(169 )
le Corps eft compofé scomme le font les troupes
eterres d'hommes de toute
recrutés à
C
elpeesirecru n'eft
dal maniere: ordinaires &cr dont T'engagement I
reue pour huit ans. Combien d'après cela feul,
fefprit du Corpsone doit-il pas être différent! b
sde plus, dans Pintervalle des huit années pour
clefquelles le Soldat eft engagé, à peine aura-t-il
ale temps de s'inftruire, de fe former convenablement & de s'accoutumer àla mer; de forte quil
sine fera bien en état de fervir qu'au moment N
qu'il
ndeviendra libre, & de Tai ne s'enfuit-il pas qu'on
n'aurajamais qu'une affez mauvaife troupe?
Envain, POrdonnance, qui a bien prévu cet
inconvénient, a tenté d'y remédier en offrant
divers avantages à ceux qui fe rengageroient.
L'ondoit toujours compter, vu la maniere dont
cle Corps eft formé, que la plupart profiteront
de leur congé, dès le moment qu'ils pourront
0 Tobtenir.
Un autre défavantage, , réfultant du nouvel
ordre des chofesse eftl la perte de ce qu'on appela loit Canonniers bourgeois, forte de Troupe auxiliaire qui fervoit très-bien, & qui, loriqu'elle
3. n'étoitpoint embarquée, ne coûitoit rien à l"Etat.
C'étoient des Matelots claffés qui, après avoir
ST fait leur apprentiflage dans Ie fervice de PArtilTC terie, fans deffein de s'y attacher.pour toujours,
&c,après être devenus aides-Canonniers, s'adon- 19
9i611n02 US noutitifinoo slleon E3a
auxiliaire qui fervoit très-bien, & qui, loriqu'elle
3. n'étoitpoint embarquée, ne coûitoit rien à l"Etat.
C'étoient des Matelots claffés qui, après avoir
ST fait leur apprentiflage dans Ie fervice de PArtilTC terie, fans deffein de s'y attacher.pour toujours,
&c,après être devenus aides-Canonniers, s'adon- 19
9i611n02 US noutitifinoo slleon E3a --- Page 392 ---
)
1 1E gmo
(70.)
7L Aa -
noient a la manoeuvre, au charpentage, aur cal L
fatages ou à ielle autre partie des travaux
laquelle ils s'étoient deftinés, 8 dont ils ne E -
den
foient point d'être occupés dès qu'ils n'étoient
pas employés à la mer çomme Canonniers. L'e- à
toient-ils 2 leur zele 2 leurs talens, leurs connoiffances dans cette partie, les faifoient concourir avec les Canonniers engagés auxplaces de
feconds & de maitres Canonniers,8 il eit a remarquer que la concurrence de ces deux claffes
de Canonniers entretenoit une émulation ndontles
effets étoient fouvent utiles.
Enfin, la nouvelle conftitution offre encore
une bifarrerie aflez finguliere, Le Corps des Ca+
nonniers Matelots eft partagéen neuf Divifions
dont chacune eft attachéeà lune des neufEfcadres
qui forment la grande Divifion de nos_forces navales. Or, en cet état, chaque Divifion a d'abord pour Commandant en premier & en fecond des Officiers de Vaiffeau, c'eft-à-dire, le
Commandant &le Major de PEfcadre à laquelle
elle appartient. Puis elle eft commandée encore
par un Major, un Aide-Major, & un Garçon
Majora choilis,favoir, le premier parmi les Capitaines du Corps-Royal d'Artillerie, le fecond,
parmi les Lieutenans du même Corps, le troi*
fieme parmiles Sous-Lieutenants du Corps même
des Canonniets Matelots.Cen'eft pas tout; chaque --- Page 393 ---
(7)
Divifion eft divifée en neuf Compagnies, &
chaque Compagme a eft commandée par un Chef
NT eft SousLieugenant de Vaiffeau. Enfin la
qui
ao
Compagnie a encore un Sous-Lieutenant, lequel
éit? pris parmi les Sous- Lieutenans déo Pancien
Corps fupprimé. Ainfi donc pour une même
Troupe, voila trois ou quatre différentes claffes
d'Officiers, Quel ordre 2 quelle harmonie
peuvent réfulter d'une aufli étrange hiérarchie?
Combien n'étoit-il pas. plus fimple & mieux
entendu l'ancien régine qui dorinoitle çommandement de ces troupes aux feuls Officiers de
Vaiffeau! Cela étoit d'atitant plus raifonnable,
qu'a la mer & les jours de combat, elles ne font
& ne peuvent être qu'aux ordres de ces feuls
Ofliciers qui en feroient bien mieux obéis &
pourroient bien mieux les conduire, s'ils les
çommandoient toujours,
CHAPITRE VIL
Des Oficiers d'adminifcation.
Comssie l'ai déja dit, l'Ordonnance de
1776 avoit, pour ainfi dire, anéanti le Corps des
Officiers d'adminiftration elle n'avoit confervé
avec 5) 1T9 l'Intendant & le Commiffaire général qu'iun
0 a 13
210153sM E 4 inons d
obéis &
pourroient bien mieux les conduire, s'ils les
çommandoient toujours,
CHAPITRE VIL
Des Oficiers d'adminifcation.
Comssie l'ai déja dit, l'Ordonnance de
1776 avoit, pour ainfi dire, anéanti le Corps des
Officiers d'adminiftration elle n'avoit confervé
avec 5) 1T9 l'Intendant & le Commiffaire général qu'iun
0 a 13
210153sM E 4 inons d --- Page 394 ---
(z)
très-petit nombrerde Commiffatires
dans chaque Départemtent,
Ordinaites
avoits enlevé cleurs
Sedailleurrelleleur
les confier aux Oficiers-de ptincipales fonétions 3 pour
firjourahropéanciens
Vaifleau, Elleravont
armée navale, Efcadre ufage dedonner aichaque
ou
ou un Commifftire
Divifion, un Intendant
de la comptabilité, chargé de tout le détail
bâtiment
& de mettre fur
allant àla mer un écrivain
chaque
foit toutes les fonétions
qui remplifa
rélatives
mations &
auxjconfomremplacemiens de
& autres effets, aux revues des vivres, munitions,
Le La guerre qui furvint
équipages, &cc,
rendit bien plus
peu der temps après,
inconvéniens
graves & bien plus fenfibles les
fans nombre qui devoient
rement réfulter de ce fyltême. Aufi, le néceffais
Miniftre crait devoir fe hàter
nouveau
tel fut l'objet d'une
d'y remédier, &z
Ordonnance
mier Novembre 1784. Par
publiée le preordonné
cetteLoi, il lfut d'abord
que, comme autrefois,
navale, 2 Efcadre Oll Divifion, chaque Armée
Initendant, foit un Commiffaire auroit, foit un
Commifiaire ordinaire,
général, foit un
la comptabilité feroient auquel les détails de
l'on eréa un
confiés. En fecond lieu,
certain-nombre de Places de
aux revues & aux
Commis
dit qu'un de ees Commis spprovifionnemens, 2 & il fuxt
chacun des
feroit embarqué fur
de
Wifasspfrkemn.k.urel
Sa Majefté, qui iroient à la mer, Bàtimens --- Page 395 ---
(73)
lemène Minitiovodlirebane
Lonfauienfuise lentierlla face de-la Marine p80 quitie
genienti
omultitude d'Ordorinances 8rde
rédiger cetter
forment le nouveau" Code de
Réglembins, qui
aucune manieres
a7860il nes'occupa plusyienta feillement iblaiffa
destOfliciers d'adminiftration; fon Recueil cette préfubfifter &c il fitjoindreà
avoit
cédente Ordonnance les concernant; qui
Novembre 1784
fuise lentierlla face de-la Marine p80 quitie
genienti
omultitude d'Ordorinances 8rde
rédiger cetter
forment le nouveau" Code de
Réglembins, qui
aucune manieres
a7860il nes'occupa plusyienta feillement iblaiffa
destOfliciers d'adminiftration; fon Recueil cette préfubfifter &c il fitjoindreà
avoit
cédente Ordonnance les concernant; qui
Novembre 1784 été publiée le premier Officiers font deméuréss à peu
Ainfi donc ces
ils avoient été réduits
près, dans Pérat auquel
quel'ony a fait,
en 1776: tout le changement
à-leur lavoir rendu les fonétions qu'ils
confifte rempliffoient autrefois à la mer.
Or, je- crois avoir affez prouvé que cet état
eftvéritablement nuifible au bien du fervice; que
influence des Officiers de Vaifleau,
la trop grande
avoir les phis danges
fur la comptabilités peut
feroit à fouhaiter
reufes conféquences, & ordre qu'il des chofes eût été
qu'a cet égard Pancien
rétabli.
VA - no
dit rendre
DAL Jeneveux pas dire néanmoins qu'on
fa
Officiers d'adminiftration tout ce que.la
aux des circonftances leur avoit fait acquérir
veur
ce feroit tomber dans un excès open 17725
de revenir
ipolé; mais il ett convenu peut-être de 1769.
de rOrdonnance
aux fages difpofitions avoit fait connoitre quelaQue a 'expériences
Snsisk
T9ATE st 6 Jnsioti up --- Page 396 ---
(74)
qu'abus, a auquel cette Ordonnance n'eit
fuf
fifamment remédié, il auroit été facile pas
pléer par quelque nouveau
d'y fup
auroit pH, entr'autres chofes, Réglement. L'on
regles
établir de telles
lieu de d'adminiftration, craindre
qu'il Ine reflât plus aucun
ciers étoient
les déprédations dont ces Offiaifément
accufés. Ces regles auroient été
indiquées par tous ceux
les détails des Ports &c Arfenaux: : quiconnoifent c'eft
je n'entreprendrai point de les
pourquoi
verai feulement
fuggérer. J'obferd'hu:
que celles queT'on fuit aujours'accordent difficilement avec la célérité
qu'exige ele fervice. Souvent, pour
faire délivrer le plus petit objet, parvenir à fe
obligéd'attendres & de
un Ouvrier eft
perdre une demi-journée.
Dailleurs,il auroit fallu s'attacher à
autant qu'il étoit pofflible, la funefte divifion prévenir,
I'on a Vu régner, prefque
que
Corps de ces Officiers & celui toujours, des
entre le
Vaifleau. Pour cela, la
Officiers de
l'on auroit dû avoir, eût premiere été celle attention de
que
ner, de limiter f bien leurs fonations détermiqucs, queles uns ne puffent jamais
récipracelles des
empiéter fur
autres, 9 & qu'à cet égard, l'on vit
raremhent s'élever des difputes. D'un autre
l'on auroit pu fuivre, pour la formation côté,
Corps des Ofliciers
du
d'adminiftration, le
que M. de Maurepas paroiffoit avoir fyfême
adopté,
premiere été celle attention de
que
ner, de limiter f bien leurs fonations détermiqucs, queles uns ne puffent jamais
récipracelles des
empiéter fur
autres, 9 & qu'à cet égard, l'on vit
raremhent s'élever des difputes. D'un autre
l'on auroit pu fuivre, pour la formation côté,
Corps des Ofliciers
du
d'adminiftration, le
que M. de Maurepas paroiffoit avoir fyfême
adopté, --- Page 397 ---
(7)
Deux freres fe prefentoient-ils pour entrer dans
le fervice de la Marine ? T1 donnoit à 1un des
Lettres de Garde de la Marine, & à Pautre, 2
d'Eleve d'idmimftration, Il vouloit, par-la, faire
enforte que les deux Corps fe trouvaffent enfin
compofés de Citoyens a peu près du même rang;
d'ou ilferoit réfulté que Pun n'aurolt plus affeété
moins defiré de
tant de hauteur, & qu'il auroit
prendre P'empire fur lautre.
Alors, auffi, lon auroit pu, fans inconvés
nient, attribuer aux Officiers d'adminiftration
tous les honneurs militaires, & particuliérement
celui dela Croix de Saint-Louis qu'ils n'ont point
encore obtenue, quoiqu" l'ils y ayent bien autant
de droit, ce femble, que les Commiffaires des
Guerres & les lnghnkeurs-Calufauasure auxquels
on la donne maintenant. Il eût même été néceffaire de leur accorder cette faveur; car, fans
cela, bien des Sujets, tels qu'on pouvoit les
defirer, fe feroient toujours éloignés d'un genre
de fervice dans lequel ils ne devoient pas efpérer
d'obtenir cette décoration,
Au furplus, remarquons que TOrdonnance du
premier Novembre 1784n'a corrigéqu'en partie
l'inconvénient auquel elle vouloit remédier. Au
lieu de TEcrivain, qui étoit autrefois embarqué
fur chaque Bâtiment, pour y être chargé des
détails de la comptabilité, elle a fubftitué un --- Page 398 ---
( 76 3
fimple Commis, qui n'étant point
n'étant qu'un fous- ordre
E Oficier, qui
nécefairement
tres-inballerne, eft
Officiers de
beaucoup trop fubordonné aux V
affez de confiance. Vaiffeau, & ne mérite point même
-
CHAPITRE VIIL
Des Claffs.
L. partie des Claffes a été réglée
Ordonnance pareillement
par une
Fannée
publiée fur la fin de
1784, & inférée dans le Code de
Quel a été T'objet de cette Ordonnance? 1786.
croiroit prefque qu'elle n'en a pas eu
L'on
celui
d'autre
a
de compliquer, d'embrouiller
que
cette importante partie du fervice, tellement
vint plus difficile, plus pénible
qu'elle dejamais été,
qu'elle ne l'avoit
D'abord, elle a finguliérement multiplié les
Officiers qui doivent y être employés
A
têre, font un Infpedeur
la
général;
général & un Intendant
puis viennent des Infpecteurs
liers; puis des Chefs des Claffes; puis des particutenans OLL Suppléans de ces mêmes Chefs; Lieupuis
(:) Yoyet Ordonnance concernant les Clafies,tits.
'elle dejamais été,
qu'elle ne l'avoit
D'abord, elle a finguliérement multiplié les
Officiers qui doivent y être employés
A
têre, font un Infpedeur
la
général;
général & un Intendant
puis viennent des Infpecteurs
liers; puis des Chefs des Claffes; puis des particutenans OLL Suppléans de ces mêmes Chefs; Lieupuis
(:) Yoyet Ordonnance concernant les Clafies,tits. --- Page 399 ---
r
(77 p
0D
n
sbioh mioq
des Claffes; puis, enfin, 10 nr8e
des - - Commifaires de
fait un toral
& des Tréforters, ce qui Syndics nou tOu1 cens 10 perfonnes.
-
d'environ am
inu quatre
a paru 12 f amtenatidints
Cette multiplication
une raifon tout
qu'on n'a pu T'expliquer que par a-t-on dit, vouloit
Le Miniftres
à fait partieuliere
Vaiffeaux plifieurs Offiexclure du Service des
des
il avoit
préventions
ciers, contre lefquels
cependant, ne
bien ou mal fondées. La pluparti décemment renêtre ni juftement, ni
pouvoient fur-tout à la fin d'une longue guerre a ;
voyés,
faifoient difficulté de fe con-
&, d'ailleurs, ils
qui leur étoit offerte. Quel
tenter de la retraite n'en vit pas d'autre que
prendre ? L'on
parti
des
dans lefquelles -
on pour
celui de créer
places
13 nouvelle création
roit les employer. Que cette
inutile, mais
fut par elle - même non feulement
dangereufe, peu importoiten ce moment,
encore fourniffoit le moyen fe délivrer d'un certain
Elle
dont on étoirembarafiles
nombre de ces Oficiers,
l'on fe propofoit
8 c'étoit-la le feul objet que
Ceftde-là donc que vint l'idéede ecréer desInfpecs iles
lefqueis feroient pris parmi
teurs particuliers,
confentiroient de fe
Capitalines de Vaiffeau, qui
de créer des Chefs des Clafles, qui
retirer 3
parmi les mêmes
feroient choifis également
de créer,
Capitaines, Ou parmi les Lieutenans;
l'ort
enfia, des Lieutenans & Suppléans que
-la le feul objet que
Ceftde-là donc que vint l'idéede ecréer desInfpecs iles
lefqueis feroient pris parmi
teurs particuliers,
confentiroient de fe
Capitalines de Vaiffeau, qui
de créer des Chefs des Clafles, qui
retirer 3
parmi les mêmes
feroient choifis également
de créer,
Capitaines, Ou parmi les Lieutenans;
l'ort
enfia, des Lieutenans & Suppléans que --- Page 400 ---
(78)
Si
de
foesharitleee
cette innovation ne préfentoit laMarine,
inconvénient, que celui
pas d'autre
velle algmentation, de
d'occafionner une noujours un mal & un dépenfe,i elle feroit toitcirconflances qui
tebsrgrand mal dans des
économie, Quefaur-il commandoient la plus exaéte
voit qu'en
donc en penfersloriqu'on
embarraffant tle fervices ellesluinit
séritablement P tinqolg
Il s'éroit, fans doute, gline, dans
tration des Claffesu
ladminiffalloir remédier, Mais, guelqucs abus anxquels il
néceffaire den
pour cela, il n'étoit pas
moins de le
changer de régime, 5 ni encore
de
fuchargerAfunciautier multiplicité
tier Coopérateurs. Quiil y cit dans
un Commiffaire
chaque quiarSyndics ;
ayant fous lui
que: ce Gommifaire fit quelques
foumis à un Commiffaire
Jni-méme
teroit toutle
général, qui infpec
fat fmbordonné Département : que celui-ci, enfins
& rendit
dant : c'eft tout autant
compte à FIntend'Oficiers
droit, & I encore
qu'il en fau
jufte mefure
n'auroient - ils tous qu'une
auffi que celles d'oceupations, Il eft facile de voir
donne à ces Chefs que la nouvelle Ordonnance
réduifent
des Claffes qu'elle a créés, fe
prefqu'à rien, où ne font
ne répétition des opérations dont qu'une'vaiCommiffaires & les Infpedeurs ellecharge les
particuliers,
Intend'Oficiers
droit, & I encore
qu'il en fau
jufte mefure
n'auroient - ils tous qu'une
auffi que celles d'oceupations, Il eft facile de voir
donne à ces Chefs que la nouvelle Ordonnance
réduifent
des Claffes qu'elle a créés, fe
prefqu'à rien, où ne font
ne répétition des opérations dont qu'une'vaiCommiffaires & les Infpedeurs ellecharge les
particuliers, --- Page 401 ---
(7)
Mais i1 eft des oblervations tencore plus importantés à faires
des claffes
de T'adminiftration
de Leg grand objet &c d'affurer à PEtat le plus grand
eft deprocurer Marins
ef pofible. Ot, ine.
nombre de
qu'ile
rempliroit-on pas mieux cet objet, en fongeant
aétablir une farveillanee exage & féveres
moins
de la rendre linutile?
qu'a prendre les moyens
fervice de la
Si elle eft néceffaire, d'eft quei-le
toutattrait au Matelot que
mer ne préfente pour
des fatiguesl ibient
des dangers de toute: efpeces8e
cer fervice
'mal récotmperllfes. De'la vientrque
n'eft regardé que commeiun jong tyrannique
s'efforce fans cefle de fe-outtrairozNe
auqueton poffible cependant de Talléger,86
teroit-ilpas
forte
à AEV
d'exciter même une
d'empreflement
D'abord le fimple Matelot eft très-mal payé:
Son falaireett demeuré, à trespeudechofes près,
en
quesle priede
tel qu'ilétoit
a6tovimmlgne
On ne dui
toutes ichofes ait prefgmerdoulis
donne d'abord ique x-livress puis 16dlivres 53
haute paye eft de zr livres. Coma
&c enfinlaplus
defire de fervir? il doit y
ment veut-on qu'il
d'autre part le
être d'autant moins porté , que
livresi
commerce lui offre depuis 30 jufqu'à 45
donc pas de lui accorder une
Ne conviendroit-il
augmentation?
de déCe feroit fans doute un accroiffement
oulis
donne d'abord ique x-livress puis 16dlivres 53
haute paye eft de zr livres. Coma
&c enfinlaplus
defire de fervir? il doit y
ment veut-on qu'il
d'autre part le
être d'autant moins porté , que
livresi
commerce lui offre depuis 30 jufqu'à 45
donc pas de lui accorder une
Ne conviendroit-il
augmentation?
de déCe feroit fans doute un accroiffement --- Page 402 ---
(80)
a
penfe pour l'Etat. Mais premicrément; f lon.
parvenoit à rendre meilleur le fort du Matelota
ilne chercheroit plus autant à éviter de fervirg
par conféquent tant de précautions & tant
frais de furveillance ne feroient
de
plus
ce qui préfenteroit déja une forte de néceffairess
fation. En fecond lieu, il y a des objets, compen- & tel
eft fans doute celui-ci, fur lefquels
économie eft également
latrop grande,
injufte & mal entendue,
L'on peut certainement retrancher, économifer
fur les immenfes appointemens attachés à
grand nombre de ce qu'on appelle les
un
places; mais ni l'équité, ni Lintérêt de TEtat grandes
peuvent permettre que l'on refirfe le
ne
à des malheureux condamnés
néceflaire
vaux,
aux plus durs traIl faut d'ailleurs remarquer que la plupart des
Matelots Ont une famille à entreténir,
munément ils n'ont
que çompas d'autres
leurs falaires de pourvoir à fa fubfiftance moyens que
que cependant ces familles font
; &
FEtat,
très-précieufes à
puifque c'eft par elles
&z s'accroit cette claffe d'hommes que.fe perpétue
Il paroit aufi
fi néceffaires.
que l'Ordonnance ne les a point
perdues devue, & qu'elle a fongé à
curer quelques fécours ; mais
leur promodiçité de la paic,ne font-ils combien, Vu la
pas impuiflans!
felon --- Page 403 ---
(8:)
felon fes difpofitions, (1) on pourra payer de
trois en trois mois, à la famille du Matelot embarqué, le tiers des falaires qui fe trouveront
lui être dus, déduétion faite des avances. C'eit
donc pour un intervalle de trois mois une
fomme de 16 N 21 livres que cette famille recevra ; cela peut-il lui fournir le moyen de
fublifter?
Obfervons même que par la fuite d'autres
difpofitions, a 5 il fe trouve qu'elle ne peut rien
recevoir que fix mois après le départ du Matelot.
En effet, l'Ordonnance exige de celui-ci (:) qu'il
fe muniffe, avant de s'embarquer, d'un équippement dont la dépenfe, 2 fe montant au moins à
601 livres, emporte au-dela des falaires des trois
premiers mois. Ce n'eft par conféquent qu'à 0
la
fin des trois mois fuivans que l'on peut commencer de remettre quelques fecours à fa famille.
L'on dira peut-être qu'il feroit difficile de
faire autrement, qu'il faut bien que le Matelot
foit écuippé, & que cela importe no à fa confer- à
vation. Ilme femble que cette difficulté pourroit
être aifément furmontée. Il faudroit pour cela
que l'Etat fit l'avance at Matelot de la fomme
a
(1)Ibid,tit. 16.
(1) Réglement Pour l'ordre, la propreté à bord des
Vanfieaux,art. 36.
F
difficile de
faire autrement, qu'il faut bien que le Matelot
foit écuippé, & que cela importe no à fa confer- à
vation. Ilme femble que cette difficulté pourroit
être aifément furmontée. Il faudroit pour cela
que l'Etat fit l'avance at Matelot de la fomme
a
(1)Ibid,tit. 16.
(1) Réglement Pour l'ordre, la propreté à bord des
Vanfieaux,art. 36.
F --- Page 404 ---
60 Sibnlo
néceffaire à fon,
SEE
A9 e
CaNse
méme lui faircavoit Equippements 4 a
que Ton pourroie's
nant des arrangemens meilleur S
compte, en preavec les
faudroit enfuite qu'au lieu de 5 fournifeurs. no
fur.le premer quartiér de 1es - retenir cette avance
tenue Aent lieu qu'a
falaires, cettere
T'epoque dy
Que n le Matelot mouroir dans défarmement,
avant même que ies falaires
lintervalle, &
au montant. de la
puffent équivaloir
dépenfe, on retiendroit l'éguippement en nature juiqu'a la
ce qui pourroit manquer. HI faudroit concurrence de
tous les trois mois l'on put
à la famille enfin que
Matelot au moins la moitié paycr ou même
du
tiers des falariés qu'il auroit
les deux
vant d cet effnt que le Commis gagnés; en obferfoin aenvoyer à IIntendant aux revues eût
tous lestrois mois aufi,
du Département
autant qu'il
fible, un état de l'équipage certifié feroit pof
chargé du détail, & par le Capitaine Parl'Oficier
dant.
commanplus Paril.en procurant aux familles un fecours,
vénient efficace, on préviendroit un autre inconqui n'ef: malheurenfement
ordinaire. Souvent quand une Eicadre que eft trop
tour d'une Ciumpagne un peu longue, la
de refalaires & appointemens accumulés, mafle des,
fomme confidérable que l'Etat
forme une
quitter dans le moment. Le
ne peut pas acMatelot débarqué
Parl'Oficier
dant.
commanplus Paril.en procurant aux familles un fecours,
vénient efficace, on préviendroit un autre inconqui n'ef: malheurenfement
ordinaire. Souvent quand une Eicadre que eft trop
tour d'une Ciumpagne un peu longue, la
de refalaires & appointemens accumulés, mafle des,
fomme confidérable que l'Etat
forme une
quitter dans le moment. Le
ne peut pas acMatelot débarqué --- Page 405 ---
(83)
fans toucher la moindre part
ef done congédie
fans même recevoir quetk
du fruit de fes peines, fournit 2
aux frais de far route,
quefois de quoi
enfin à quel terme i
fans qu'il puiffe prévoir les
exemplés de
fera fatisfait. Parmi
fréquens citer celui de la came
cette injuiftice, Pon peut durant la derniere guerre.
pagne de M; d'Elaing
mois, &
Cette campagne avoit duré vingedeux
dix-huit mois aprèsle débarquece ne fit que
furent payés. Mais fat
ment queles' équipages de trois en trois mois la
contraire l'on les deux payoit tiers des falaires 8E appointe
moitié ott
fe libéreroit en grande Co
mens deTenoipge,1Ear 82 d'une maniere infentibles de ES
partie peu. apeu défarmement il lui feroit beaucoup
forte qu'an d'achever de Vacquitter, ou i même
à
plus facile
néceffitoient quelque retardel
les circonflances differer avec moins d'injuf
ment, il pourroit
tice.
cette inexaditude eft encore tine
Ajoutons que
le Matelot
des principales raifons
Vaiffeaux lefqmelles du" Roi &
de fervir fur
EO
rédoute
fur les batimens" da
préfere de s'embarquer il
d'un côté, par fes
commerce: Ici, en effet, peut
conventions avec les armateurs 2 procuverarf
famille tousles fecours qu'il defire, & delaitte,
ileftaffuré que dès qu'il aura défarmé, ilrebevra
Toutlargent quil aura gagnde e
F 2
des principales raifons
Vaiffeaux lefqmelles du" Roi &
de fervir fur
EO
rédoute
fur les batimens" da
préfere de s'embarquer il
d'un côté, par fes
commerce: Ici, en effet, peut
conventions avec les armateurs 2 procuverarf
famille tousles fecours qu'il defire, & delaitte,
ileftaffuré que dès qu'il aura défarmé, ilrebevra
Toutlargent quil aura gagnde e
F 2 --- Page 406 ---
(84)
1 Cen'eft pas tout néanmoins pour
fort du-Matelot,
améliorerie
que d'augmenter
ment fon falaire, & de lui en affurer raifonnable- le
à des époques convenables. Il faudroit paiement
adoucir, autant qu'il feroit
encore
tence à la mer. Pour
pofible, fon exifnourri, mal
lordinaire, il y eft mal
foigné, ce qui ne vient
de lanégligence des
pas moins
mie mal entendue, Bien, Oiteiers, que d'une économandent,
fouvent ceux qui comaccoutumés à regarder cette claffe
d'hommes que l'opinion met fi loin au-deffous
d'eux, comme un vil troupeau deftinéa la
dédaignent d'en prendre le moindre foin, pcine, &
les voyent fouffrir & périr avec une froide ils
différence.
inHeurenfement, les idées
à changer à cet égard;fil la raion n'aj commencent
triomphé des préjugés, du moins ellelesa point encore
& pent-être enfin l'on en viendra à
attaque,
que dans quelque rang qu'il foit
comprendre
vaut pour la fociété felon
né, un homme
tire, Mais/quoi
lutilité qu'elle en reigqu'il en foit, il feroita defirer
nos Ordonnances preferiviffent
que
comme un de leurs premiers
aux Officiers, 2
veiller à la confervation
devoirs, le foin de
de leur
code de 1786 contient bien
équipage. Le
tions fur ce fujer; mais ce font quelques difpofiexhortations
plutôt de fimples
que des ordres précis,
par des peines & des
fanctionnés
récompenfes, Ne pourroitaoneto
30:
ita defirer
nos Ordonnances preferiviffent
que
comme un de leurs premiers
aux Officiers, 2
veiller à la confervation
devoirs, le foin de
de leur
code de 1786 contient bien
équipage. Le
tions fur ce fujer; mais ce font quelques difpofiexhortations
plutôt de fimples
que des ordres précis,
par des peines & des
fanctionnés
récompenfes, Ne pourroitaoneto
30: --- Page 407 ---
simmoiloms wOg 22 LomasSn 1001
fg's3
-aldsuno.st totaomigus
oleisM
nok
JaSm918
(8;)
on pas, par exemple, décerner quelque honneur
particulier fT
aur Capireine - Iqmiy après une! campagne de long courso rameneroit tout fon
Réquipage fain & fauve PNe pourroitsont
aur contraire infliger une peine à celui
fe apas fes
"roit rendu coupable de quelque
qui
pourroit-on
négligence2 Ne
pas enfin établir - quelqués regles
particulieres, 2 telles que celle dé mettre les
*pages à la viande fraiche toutes les fois
équién' auroit T'oceafion; & qu'on
que Pon
avec une légere
pourroit ler faire
auigmentation de dépenferf
celaiten coûtoit un peuplus à PEtat,ile en pour
bien dédommagé par la confervation! d'un feroit
grand nombre de fajets utiles.
tnaltsib plus
FS Unez autre attention quefon
& quiy fans rien coûter;
pourroit avoir,
procureroit encore
quelqu'ayantage aux Matelots, eft celle d'employer de préférence dans-les
fans de ceux qui feroient
arfenauxi,les entimens du Roi,
embarqués far les bally a
une multitude de
njon.efsaivenenry
faits
des
petits travaux qui peuvent être
par
enfans de neuf Ou dix
une paie de fix à feptfols
ans; auxquels
leur fibfiftance.
par jour tuffroit pour
Ainfi lec Matelot qui viendroit
pour être embarqué, , ameneroit ceux de fes
fans qui feroient enage & en état d'être
en
& fa famille fe trouveroit
occupés,
foulagée d'autant,
pendantfonabfence,
Ti ASC bidi S
F3
its
des
petits travaux qui peuvent être
par
enfans de neuf Ou dix
une paie de fix à feptfols
ans; auxquels
leur fibfiftance.
par jour tuffroit pour
Ainfi lec Matelot qui viendroit
pour être embarqué, , ameneroit ceux de fes
fans qui feroient enage & en état d'être
en
& fa famille fe trouveroit
occupés,
foulagée d'autant,
pendantfonabfence,
Ti ASC bidi S
F3 --- Page 408 ---
(86) pourroit encore &
Enfin, il parojt qu'on
Tépoque oi les
que Fon devroit rapprocher les Invalides. L'Or
gens de mer peuyent obtenir
(1); & c'eft la
donnance la fixe à 60 ans paflés caufe de leur
reculer un peu trop, vu qu'à
habide travail & de leur nourriture
genre
hommes de mer font bien platot ufés
suelle, les
d'ailleurs, que Pinlque les autres: Il faudroit, feul maitre abfolu,
peétenr Général ne fut pas
ou de refufer
comme il Teft (2), d'accorder feul décide, l'on
cette grace. Quand un homme
détermir
à craindre les préferences
a roujours
& ces préférences font ici
nées par la faveurs
qu'après tout cette red'autant plus injuftes,
ils Pont déja
traite que des Marins réclament,
de la repayée du moins en partic 9 au mayen fçavoir,
tenue qui a été faite fur leurs falaires,
deniers pour rlivre fur ceux qu'ils geP
ce quatre fervice du Roi, & de fix deniers fur
gnoient au
en fervant fur les bâtimens
ceux qu'ils gagnoient
du commerce. une fois, Gy par ces moyens & par
Encore
feroit facile d'ajouter, onaméliod'autres qu'il Matelots, on n'auroit plus tant
roit le fort des
les furveiller &
de précautions à prendre pour
() Ordonnance des Clalless tis 55 art, 10
(2) Ibid. art. 16,
ce quatre fervice du Roi, & de fix deniers fur
gnoient au
en fervant fur les bâtimens
ceux qu'ils gagnoient
du commerce. une fois, Gy par ces moyens & par
Encore
feroit facile d'ajouter, onaméliod'autres qu'il Matelots, on n'auroit plus tant
roit le fort des
les furveiller &
de précautions à prendre pour
() Ordonnance des Clalless tis 55 art, 10
(2) Ibid. art. 16, --- Page 409 ---
((87)
à fervir. Iya auroit, ,att fitrphis,
les contraindre
Tur
-
obfervations à faire
les précalue
quelques tions dérerminées par TOrdomnanct, & pattculiérement fiurles peines qwelle prorionce contre
9 les déferteurs.
a des cam19
Ces peines cohfiftent genéralement lefquelles le
pagnes estraoroatnines, pendant réduit a une folde
1 Matelot qui avoit deferté,eft dube moitie, 8c. (:) Or,
moindre d'unties, déla foit bicH capable de
noni pent donter qie de met Sans dotite 1a juftice
contenir les gens
les
foient mo3
& thumante exigent Tie eoté peines 9 11 faur aulfi
déréess maisy d'an autre
efrayer
requ'elles foient telles, qu'alles puiffenr adir
fuffifammenty pour prévezir le
aipellés &c Phix
doivent pumir: OLt de qte Ta juftice
Tahs
manité ne demandent Bas moins & caf, e coheelai, les délits Te mlapiéronsis
par Tou-
-séquent, la paimirion feroit beaurcomp plurs
Dir relte, cette faluraire frayehr
vent infligée. Veffet di Choix, qué de la Tevérité
zef plutée
dure qu'elle foit, a célui
de la peine: Quelsque devenir
5 ne la voit
qui eft tenté de
coupahle
à fon
iquerdmhé1e lointains Relle ne préfente elle Te con- 19
eiprit auchre idée bien frappante, 5
tiendra bien mommsqu'une peine bien 319 plisdeuce,
OVA 3 a
(1) Ibid. tit 18.
t
C a
de la Tevérité
zef plutée
dure qu'elle foit, a célui
de la peine: Quelsque devenir
5 ne la voit
qui eft tenté de
coupahle
à fon
iquerdmhé1e lointains Relle ne préfente elle Te con- 19
eiprit auchre idée bien frappante, 5
tiendra bien mommsqu'une peine bien 319 plisdeuce,
OVA 3 a
(1) Ibid. tit 18.
t
C a --- Page 410 ---
( 88-5
qui feroit prête à tomber fuz
ab
n
fa nature, Pourroit faire
Tui, & qur, par
fion fur fon ame, Or, tels une plus vive ipprefdes peines decernées
font-ils les caracteres
campagnes de fix mois, par d'un T'Ondonnance? Des
de la folde ordinaire, & an, avec une moitié
fans
compter pour Tavancement
gu'elles puiffent
afturément une Punition.affez duMatelot, forment
plus, que la famille du
dure, & d'autant
tant que li, Mais, d'une, déferteur en fouffre aune peut pas communément parts cette punition
de délit; de l'autre, elle
futivre d'affez près
que lidée tresefamiliere ne, préfente au Matelot
eft accoutumé, Il eft donc d'un, travail auquelal
qu'elle le çontienne
difficile dimaginer
auffi que, depuis la fufifamment, L'on affure
gré toutes leprécaurions parvel-Dadomponet,a maltoutes les entraves qu'elle awvoitespmtosataigs a'mifes
des gens de mera les défertions
A la liberté
quentes qu'elles ne
font plus fréRemarquons de 14 Favoient jamais été.t 3ngy
qui sonererpent les déferteurs plus que les difpofitions
chands, peuyent avoir de des navires Marn quences, Ief dit, Par exemple, dangerenfes conféferont arrêtés avant le départ
que ceux qui
ront remis aux Capinines,
des navires, feauiquel ils s'étoient
pour faire le voyage
engagés, avec la moitié feu-
é
quentes qu'elles ne
font plus fréRemarquons de 14 Favoient jamais été.t 3ngy
qui sonererpent les déferteurs plus que les difpofitions
chands, peuyent avoir de des navires Marn quences, Ief dit, Par exemple, dangerenfes conféferont arrêtés avant le départ
que ceux qui
ront remis aux Capinines,
des navires, feauiquel ils s'étoient
pour faire le voyage
engagés, avec la moitié feu- --- Page 411 ---
(89-)
des
auroient diug gagner(s)-
lement
falaires qu'ils D 19)
Ilet e dit encore
ceux qui déferteront pen-
: o5 que dans a les relâchesa
dant le voyage ou, R -
SIT a
penbront
a
& autres fommes
a2
que
d'abord les falaires, parts
-
pourroient leur être duesi & que de plus> ils
feront parcillement remisau Capitaine pour acheSver le voyage, à demi-falairee Mais 2 on le J
déferteurs
Capitaine aura
demande; des
qu'un 24
aura.fait arrêtera qui retournedénoncés, quil
3 forme -
de
& dont
ront fur fon bord par
peine,
le travail ne 47 fera prefque plus payé, fervirontils avec, zele, avec a
probités & n'aura-t-on pas
même a crairdre, at
de leur part, quelque trait
de vengeance ?
une bien des remarques
L'on pourroit faire encore
détail fur divers articles particuliers -de- ce
1 de
des clafles,
montrer qu'il
nouveau régime
&
inconvéen réfulte, ou des injuftices, ou des
niens de toute. efpeces Tel ef celur qui porte
fe faire fubfque A les peres pourront toujours a foient leurs
nitituer par leurs senfans, quels que
lefaits enfans foient claffés
> gradess pourvit que
> comme Matelots ait moins w(2). Il réfulte
de-là que, Gide pere eft Officier Marinter, il
peut, en refufant de marcher, fe faire fubltituer
bto
(:) Ibid. art. 14-8416.
(a) Ibid. tit 12, des Levées, art. 24, --- Page 412 ---
(9a 3
"pàr un limple Matelot. Mais il n'eft
qu'un fimple Matelot le remplace pas pofible
dont it devoit être chargé:
dans l'emploi
82 forcer à
ilfaudra donc prendre
rimer du même s'embarquer un autre Officier Magrade, & dont
tour n'étoit pas encore venu.
neanmoins le
Une injuftice 7
Or, n'eft-ce pas
STU Mais de plus amples détails
br
AiniN
fuperfus. Iis ne montreroient
feroient trèsdes erreurs effecivement que
des Marins particalieres: tandis que, felon -
tous
claffes
infiruics, ce nouveau
des
n'eft, en tout, qu'tine grande fyftême
que, pour le corriger, il faut le refondre erreurs &
changer
& le
oU
prefqu'en entier. nto:
UD
oynoon
1O
IX.
CHAPTTRY
93 Riperions Fior iin nolvean projet
- 2110
rOrdonname
Joxoriar.e parcourant les
du département de la Marines principales parties
attaché à examiner
je me fuis plus
ice que For
rechercher ce que l'on pourroit avoitfaitya faire, Cette qu'a
marche étoit maturelles car) avaht de
un notvel
fouger à
& le
oU
prefqu'en entier. nto:
UD
oynoon
1O
IX.
CHAPTTRY
93 Riperions Fior iin nolvean projet
- 2110
rOrdonname
Joxoriar.e parcourant les
du département de la Marines principales parties
attaché à examiner
je me fuis plus
ice que For
rechercher ce que l'on pourroit avoitfaitya faire, Cette qu'a
marche étoit maturelles car) avaht de
un notvel
fouger à ordre de chofes, il faut voir fi celui
qui exifte eft bien ou mal, & d'ailleurs, c'eft
fur-tout parla connoiffance des erreurs
Fon
peut arriver à la véritér
que --- Page 413 ---
Co") recherche, dont #
sidil Quoi quil.e0 foit, cette
exige plus de
toi taudroit maintenant Woeciper, & plus de semps
talens, plus de cognoillanets
donc point
que je n'en ai, Je ne Ventreprends & de parvenir à
dans le defein de Tépuifer, qui embratfe tous les
préfenter un nouveau borner plan à quelques idées gé:
détails, Je dois me
néraless 01d 21sq
arayaillant up 3099 à donner ane Bureau Minif
Il; me femble qu'en a la Marine, il faudroit
nouvelle confinuzion attention fur ceux qui doivent
d'abord porer/on
le Miniftre & les
a la etee.codsan efe@tivsment, fur
les meilleures
Bureaux. Envain,
G, rclativement à ceux
loix feroient établies, obferves les plus grands
qui doivent les fairen
Rt
d'exifer) - oula énol 2au
abus continmoient point ici tout ce que, depuis
Je ne répéterai
le Minif-
-
quelques mois, Ton a écrit touchant à
jadis
tere. Cette matiere importantes 2 laquelle été
a
traitée,
on ne touchoit pas inpuaésnent, été reconnus;
difcutée: les grands pwincipesiont conficré celui de laref
on a fur-tout établis femble nous
8c cela
pNmeRE-PONE
ponfabilité,
Cetda
favenir, de meilleurs. Adminidirateus.
moins le feul moyen des prévenit ciquelguronner fumlequel
3 des fubeites fuites. dit omnievcaissboisk, dans une Monarchic,
- 4 1 on doit toujours compter. & inévitable (dit UnY Aut
4 Un défaut eflentich
conficré celui de laref
on a fur-tout établis femble nous
8c cela
pNmeRE-PONE
ponfabilité,
Cetda
favenir, de meilleurs. Adminidirateus.
moins le feul moyen des prévenit ciquelguronner fumlequel
3 des fubeites fuites. dit omnievcaissboisk, dans une Monarchic,
- 4 1 on doit toujours compter. & inévitable (dit UnY Aut
4 Un défaut eflentich --- Page 414 ---
dmx rGHTAnU
Mtgie 0 12
elg
tolt si
)
35 teur célebre) qui mettra 82
5) nement monarchique
toujours le Gouver5) cain,eft que,dans au-deffous du républi"
55 n'éleve prefque
eelli-cipla voix publique
a que des hommes jamais éclairés atix premieres places
5 rempliffent
& capables
les
2.
avec
qui
9 qui parviennent dans honneur, les au lieu qte ceux
5) le plus fouvent
Monarchies nel font
niM 3 de petits
que de petits brouillons,
frippons, de
>> les petits talens
petits intriguans à qui
3 parvenir aux
qui fonty dans les cours,
S montref au public grandes deur plaices, ne fervent qu'a
yfont parvemusar
inepocautitér qu'ils
3 heurens hafird,im Aufi, quand par-quelque
deces hommes nés
golvemer, préad le timon
pour
% une Monarchie
des affaires dans
>
jolis
prefque abimée pari ces-tas de
Regifteursgion eit
tout furpris des refBorinesquitroaves & cela
>> un pays >. (1) ptrarioor
fait époque dans
Tajouterai
He0
de rendre lest qu'slitinporteroit peut-être encore
moins a
lucratives plaees du Miniftere infiniment
&2 d'en réduire les
qui feroit
profits à ce
tine a. exiftence néceffaire pour donner aux Miniftres
pasle feul motif convenable. de cette L'économie ne feroit
itnl lautre plus effentiel. réducion;i il yenauroit
orr
Céf que dès-lors ces
() Contrat focial, liwy, chap, 6. E 158 --- Page 415 ---
(93 )
places Kerpientiplus communément.
Par les hommes qui aiment la
ambitionade
ceux qui ne dontavides que de gloire, richelles, qué par
fair que lon a beaucoup moins à
& l'on
uns que des autres.
craindre des
Dans cet objet, Ton pourroit fixer
niere raifonnable les
d'une maL'on pourroit abolir
appointemens annuels,
Tufage de donner à
nouveau Miniftre une fomme confidérable chaque
former L fa maifon, Que f lon ajoutoit pour
quelqu'importance à une repréfentation affez
inutile il feroit facile d'y pourvoir
Pétabliffemient d'une maifon qui appartint par à
l'Etat, & qui Pafferoit fuccefivement d'un
niftre à l'autre. L'on pourroit régler & modé- Mirerles penfions de retraite auxquelles il eft bien
étrange qu'un homme imagine avoir droir,
avoir, pendant quelques mois montré fon pour
pacité dans une place que Fintrigue lui avoit incaobtenir. L'on pourroit enfin
fait.
"loi conftante qu'un Minifire empécher par une
tête une mulritude, & d'autres n'accumule fur fa
émolumens.
placess & d'autres
Il n'ef d'ailleurs
regles précifes pour le gueres travail poffible d'établir des
il femble qu'il faudroit du
des Miniftres; mais
moins les
à
ce que Putilité publique exige
affujertir
Telle ef T'obligation de donner un néceffairement. libre
accès à
ftante qu'un Minifire empécher par une
tête une mulritude, & d'autres n'accumule fur fa
émolumens.
placess & d'autres
Il n'ef d'ailleurs
regles précifes pour le gueres travail poffible d'établir des
il femble qu'il faudroit du
des Miniftres; mais
moins les
à
ce que Putilité publique exige
affujertir
Telle ef T'obligation de donner un néceffairement. libre
accès à --- Page 416 ---
tous ceux qui
(o+)
d'avoir
peuvent avoir 41 Jeur
pour cela des atidiences
parler, &
cun fait combien il en colite, & régulieres. Chay
dificilepour la
combien il eft
plupart des
d
à un Miniftre. Si des
Citoyens de parvenir
fions out des intrigues follicitatiens, des protecelledemeure
n'ouvrent enfin la porte,
rité
toujours fermée, Il donne à la Ivéquelques audiences publiques, maisil
plus fouvent les aller chercher a
faut le
acheter pardes
Verfailles, &les
onéreufe
voyages dont la dépenfe eft très-
; mais ces audiences données
deux fois par femaine, ne durent
une ou
heures tout au plus'; & comment qu'une Ou deux
intervalle écouter cent
dansice court
fe faire entendre?
perfonnes qui voudroient
Sans doute le tems eft
pour un Mimiftre: mais celui qu'il
précieuix
blic n'eft pas perdu.
denne au puAvec de meilleurs
bien moins à craindre Adhminifrateurs, dé Ja
on auroir
car c'eft de Tincapacité part des Burcauxs
toute l'autorité dès
des uns que vient
ignorantref
antrès, Qiand un Miniftre
obligé de s'en rapporter
ment à fes Commis; quand,
aveuglé.
faire
incapable de rier
par lui-même, il'ef - forcé de
tout le travail qu'il
recevoirdeux
bien
porte aui Confeil, ile faur
que ceux-ci fe rendent les Maitres &
vernent à leur gre.Perfonne n'ignore,
goucombien ils faventi ufér dec leur d'ailleursy
empire. Pers
orantref
antrès, Qiand un Miniftre
obligé de s'en rapporter
ment à fes Commis; quand,
aveuglé.
faire
incapable de rier
par lui-même, il'ef - forcé de
tout le travail qu'il
recevoirdeux
bien
porte aui Confeil, ile faur
que ceux-ci fe rendent les Maitres &
vernent à leur gre.Perfonne n'ignore,
goucombien ils faventi ufér dec leur d'ailleursy
empire. Pers --- Page 417 ---
(95 )
fonne n'ignore que, d
plus defpotes, plus dursy,
plus fiers que le Miniftre lui-mème,
grace n'eft accordée qu'à (ceux qui
aucuner 3
& rampent devant eux. Perfonne
s'humilient
que la demande la plus jufte, la n'ignore, plus.
enfin,
ne manque point d'être rejettée, fi d'abord. favorable,
n'a le foin & l'art de gagner leur fuffrage.
on,
L'on voit auffi que rarement les. Miniftres
ont ofé toucher aux Bureaux 2 &
de corriger les, abus que, fans, doute, entreprendre ils
pouvoient s'empêcher d'y reconnoitre, La. ré- ne
forme fe portoit fur toutes les parties de Tade
miniftration; mais les Bureaux étoient
refpectés, Combien néanmoins ne: trouveroit-on toujours
pas à y réformer, foit pour léconomie,. foit
pour le bien réel du fervice! Ne parlons
des bureaux de la Marine,
que
Iln'eit pas facile à ceux qui. ne font
initiés dans les myfteres,. de favoir combien point
d'individus y font employés; mais l'on croit
pouvoir aflurer qu'il y en a, plus de cent, &
que ce nombre eft trop fort, même D en
aéuel des chofes, au mains de la
l'état
Pour en juger, on n'a pas befoin d'examinen moitié,
quel peut être leur travail, Il fuflit de
la plupart font Prefque toujours
voirc que
tion; que les Chefs daignent tà peinefe fans, occupas
quelquefois dans les Burcaux, & que les. montrep fubal- --- Page 418 ---
(96)
ternes y paffent feulement quelques heures dans
la journée, (D'ailleurs, à quelle fomme s'élevent
les traitemens de tant de gens inutiles? Il n'eft
pas aifé non plus de le connoitre : mais on
comprendre que maitres, comme ils le font, peut
detoutes les graces, de toutes les
ne doivent point s'être oubliés,
faveurs, ils
Il paroit donc que, d'abord, On auroit à
duire de beaucoup ce nombre extraordinaire réChefs, de premier
de
Commis, des Commis en
fecond, des Suppléans, 8cc.; & voici
it me femble que les Bureanx
comme
compofés.
pourroient être
Sous le Miniftre feroient trois Chefs,
quels on pourroir donner la dénomination d'In- auxtendans; favoir:
Io, Un Intendant des Ports &
le Département
Adftnaux, dont
comprendroit les
les Graces, les Emplois des Ofliciers Mouvemens, & Entrefenus, les Troupes de la Marine, les
des Ports & Arlenaux, les
Travaux
pagnes,
Armemens, CamDéfarmemens, le détail des
20, Un Intendant des Colonies,
Chiourmes.
tement
dontle DéparColomes comprendroit, outre les détails de nos
deTAmérique, ceux de nos
mens en Afie & fur les côtes
Etabliffedu Commerce'dit Levant & tous d'Afrique, les
ceux
3". Un Ihtendant des
Confulats,
fonds, chargé auffi des
détails
Ports & Arlenaux, les
Travaux
pagnes,
Armemens, CamDéfarmemens, le détail des
20, Un Intendant des Colonies,
Chiourmes.
tement
dontle DéparColomes comprendroit, outre les détails de nos
deTAmérique, ceux de nos
mens en Afie & fur les côtes
Etabliffedu Commerce'dit Levant & tous d'Afrique, les
ceux
3". Un Ihtendant des
Confulats,
fonds, chargé auffi des
détails --- Page 419 ---
(97)
détails des Claffes, de la police de la Navigation
marchande, des Pêches, & du contrôle général
de la comptabilité des munitions navales.
Enfuite chacun de ces Intendans auroit deux
Adjoints, fous le titre de Commilfaires, à ou, fi
l'on veut, de Commifaires généraux.
Enfin, fous chacun d'eux feroient auffi quatre
Secretaires, auxquelsjoignant quelques
on
Copiftes,
auroit le nombre d'Employés néceffaires
tout le travail.
pour
Voici, d'ailleurs, quels pourroient être leurs
traitemens.
3 Intendans à 24,000ft,
72,0004
6 Adjoints à 12,000
6 Secretaires à 6,000.
72,000
36,000
6 Idem. à 4,000
24,000
204,000
L'on croira peut -être que ce nombre de
vingt-une perfonnes employées eft infuftifant;
mais il faut obferver que le travail des Bureaux
ef, en effet, bien moins compliqué qu'on ne
Timagine communément. Pour l'ordinaire, la
plus grande partie arrive des Départemens toute
faite: :les Bureaux n'ont prefque qu'à vérifier.
Ce travail diminuera même
ne
encore beaucoup
à mefure que de bonnes Loix donneront au ferG --- Page 420 ---
(98)
vice une marche fimple, conflante & uniforme,
Alors, moins de difficultés à réfoudre, moins de
doutes à éclaircir: alors, le Miniftre ne fera
affailli par cette foule de demandes, de follici- plus
tations qui forment une grande partie de fa
correlpondance : alors, en un mot, les chofes
marcheront, pour ainfi dire, d'elles-mêmes. Il
faut efpérer qu'alors aufi, (8 c'eft un article
qui doit fixer T'attention ), les comptes feront
préfentés plus exaétement au Tribunal
les
chargé de
examiner: car
le
d'une année n'eft communément foumis à la
compte
Chambre des
révifion. de la
Comptes que quatre O1L cing ans
après.
Quant aux choix des Sujets à
les Bureaux, il feroit
employer dans
difficile de n'en
fer la difpolition au Miniftre: mais
pas laif
feroit-il pas à propos d'exiger qu'il les pourtant ne
le Corps même de la Marine,
prit dans
les Officiers d'adminiftration c'eft-a-dire, parmi
2 L'on feroit
de cette manière
fhr,
2 qu'ils connoitroient
un
certain point les objets dont ils auroient julqu'à à s'occuper: au lieu que bien fouvent ceux que lon
emploie n'en Ont pas la moindre notion; quelquefois mêie ils n'ont Vu ni Port, ni Arfenal.
Confcil,
L'on ne peut parler des Miniftres & des Bu-
de la Marine,
prit dans
les Officiers d'adminiftration c'eft-a-dire, parmi
2 L'on feroit
de cette manière
fhr,
2 qu'ils connoitroient
un
certain point les objets dont ils auroient julqu'à à s'occuper: au lieu que bien fouvent ceux que lon
emploie n'en Ont pas la moindre notion; quelquefois mêie ils n'ont Vu ni Port, ni Arfenal.
Confcil,
L'on ne peut parler des Miniftres & des Bu- --- Page 421 ---
(55) )
reaux fans penfer aux Confeils
a
que, dans ces
dermiers témps, on a imaginé d'établir. En genéral, cette forme
à
d'adminiftration eft-elle bonne
Oit mauvaife P C'eft une queftion qui a été plufieurs fois agitée, & il faut convenir que l'expérience que l'on vient de faire n'en donneroit
pas une idée fort avantageufe, L'on a été communément peu fatisfait des opérations du Confeil de la Guerre, & quant à celles du Confeil
de la Marine, elles ont été à peu près nulles.
Mais le mal eft-il venu de la chofe même Ou
de la manière dont on l'a
le
employée c'eft ce
qu'il faudroit encore examiner, Quoi qu'il en
foit, &c fans approfondir la
Ton
A
queftion générale,
conçoit comment on pourroir former ces'
Confeils, de forte qu'ils fuffent aufi utiles
peuvent l'être, tnis 20
obto
qu'ils
A Au lieu de livrer abfolument 4 T'arbitraire
le choix des Membres qui les compoferoient,
il faudroit Paffijettir à des Loix conflantes, e &
d'in autre côté, il conyiendroit encore
Membres ne fuffent point
que ces
permanents, mais qu'ils
changeaffent au bout d'un temps fixé,8 même
dun temps affez court. Par là, d'une part, t
on
préviendroit Vinconvénient des choix prefque
toujours mauvais que l'intrigue & la faveur
déterminent ; de l'autre, des Confeillers ainfi
G 2 --- Page 422 ---
(100 )
paflagers n'acquerroient jamais une autorité trop
defpotiques & ils mettroient d'autant plus de
& de réferve dans leurs opérations,
prudence tES bientôt après 31
ils en devroient reffentir euxmémes que -
toutes les fuites.
31 Ainf, pour ce qui eft du Confeil de la Marinen
Ton pourroit établir qu'il feroit compofé, fans
compter le Miniftre, de dix perfonnes, favoir,
deux Chefs d'EC
deux Lieutenans Généraux,
cadres, deux Capitaines de Vaiffeau, deux Commiflaires Généraux de FAdminiftration, un Commiffaire Général des Claffes, un Direéteur des
Conftructions, outre lefquels Membres chacun
des Intendans Chefs des Bureaux, feroit appellé
toutes les fois qu'il s'agiroit d'une affaire de fon
départements ou que le Confeil le jugeroit néceflaire. L'on ordonneroit enfuite que pour les
Lieutenans Généraux, les Chefs d'Efcadres &c
les Commiflaires Généraux d'Adminiftratien,
l'on prendroit d'abord le plus ancien & le plus a
moderne des Officiers de ce grade, qu'il en
feroit de même pour les Capitaines de Vaiffeau,
avec cette feule diférence qu'on fe borneroit
y prendre les deux qui
aux vingt premiers, pour
entreroient E
dans le Confeil; enfin que l'on prendroit d'abord encore le plus ancien des Commiffaires Généraux des Claffes & des Direéteurs
DngON
S IB 4H10
prendroit d'abord le plus ancien & le plus a
moderne des Officiers de ce grade, qu'il en
feroit de même pour les Capitaines de Vaiffeau,
avec cette feule diférence qu'on fe borneroit
y prendre les deux qui
aux vingt premiers, pour
entreroient E
dans le Confeil; enfin que l'on prendroit d'abord encore le plus ancien des Commiffaires Généraux des Claffes & des Direéteurs
DngON
S IB 4H10 --- Page 423 ---
0011 Sainohn
( TOI )
des Conftructions. L'on fatueroit de
plus, qure
ces différens Membres ne pourroient jamais
refter plus de deux ans dans le Confeil; mais
qu'il fe renouvelleroit néanmoins de manière
qu'avec les nouveaux Confeillers il demeurât
toujours un certain nombre des anciens; qu'en
conféquence, au bout de la premiere année, les
plus modernes des Lieutenans Généraux, des
Chefs d'Efcadres, des Capitaines de Vaiffeau &
des Commiffaires Généraux d'Adminiftration
feroient remplacés par ceux qui les précedent
immédiatement en âncienneté: qu'au bout de la
feconde année, les anciens fortiroient & auroient L
pour fucceffeurs ceux qui viennent auffi-tor
après eux ; que cet ordre continueroit ainfi d'être
fuivi; & qu'a T'égard des Commiffaires Généraux des- Claffes & des Direéteurs des Conftruc-,
tions, ils. fe fnccederoient dans le Confeil, de
deux en deux ans & à tour de rôle.
L'on dira peut-être que felon ce fyftême les
Membres qui formeront le Confeil ne feront
pas toujours ceux qui auroiént pu y apporter
le plus de lumieres, Cela éit vrai: mais il ya AU
tout lieu de croire qu'ils vaudront bien ceux
que T'intrigue, la faveur pourroient faire choifir,
& Pon atra d'ailleurs un reproche de moins a
leur faire, N'imaginons point, au furrplus, qu'il
G 3 --- Page 424 ---
( IO2) )
foit fortnéceflaire, ni mêmefort à defirer quetous
les Membres d'un tel Confeil foient doués du
don du génie, Le fens, Texpérience, font, avec
la probité & Pamour du bien public, des qualités fufhfantes, & l'on peut raifonnablement fe
flatter de les trouver chez d'anciens Officiers qui
auront déja vieilli dans le fervice.
L'on pourra objeéter encore que les fréquens
changemens du Confeil empêcheront que TAdminiftration ne foit affez conftamment animée
du même efprit, de forte qu'elle variera fouvent dans fa marche. Il me femble aul contraire
que cette marche une fois bien déterminée par
de bonnes Loix conftitutives ne pourra gueres
varier : & que les fréquens changemens contribueront même à en affurer d'autant plus Funiformité; car-les Membres de ce Confeil ne pouvant point compter fur une permanence fuflifante pour changer la conffitution, ieront toujours forcés de la refpecter, de plus, moyennant lattention de conferver un certain nombre
d'anciens Membres avec les nouveaux , les idées
aifément fe tranfmettre & fe perpourront
pétuer.
Je n'entre point dans le détail des traitemens qu'on pourroit accorder aux Membres du
Confeil,8 des regles particulieres qu'on pour-
Membres de ce Confeil ne pouvant point compter fur une permanence fuflifante pour changer la conffitution, ieront toujours forcés de la refpecter, de plus, moyennant lattention de conferver un certain nombre
d'anciens Membres avec les nouveaux , les idées
aifément fe tranfmettre & fe perpourront
pétuer.
Je n'entre point dans le détail des traitemens qu'on pourroit accorder aux Membres du
Confeil,8 des regles particulieres qu'on pour- --- Page 425 ---
(103 )
roit faire concernant leur travail. Tout cela
ne peut préfenter de grandes difficultés.
mb Iyen.auroit beaucoup, fans doute, à trouvér
la meilleuremanière pofible d'organiferle Corps A
des Ofliciers de Vaiffeau ; &c je n'entreprendrois
point aufi d'en parler, s'il ne me fembloit que
cette meilleure organifation nous eft toute tracée
dans l'Ordonnance de 1689. Toutes celles
lonia imaginées depuis ont préfenté bien moins que
d'avantages & bien plus d'inconvéniens: Sans
doute, on peut y remarquer encore quelques
imperfe@tions, & fans doute auffi le tems & les
circonftances ont pu rendre quelques changemens, 2 quelques additions néceffaires; mais le
fond, l'enfemble feront toujours regrettés, jufqu'à ce quie l'on ait pris enfinle parti d'y revenir
Il paroit donc qu'on ne peut rien faire de.mieux
que de rétablir cet ancien fylémes fauf quelques modifications.
La premiere peut concerner le nombre d'Of
ficiers qu'il convient d'avoir; car aujourd'hui il
en faut vraifemblablement une plus grande quantité qu'autrefois, vu que la guerre fe fait maintenant beaucoup plus fur mer que fur terre.
Mais par quelles confidérations ce nombré ferat-il déterminé P Ce doit être par celle du befoig.
G 4 --- Page 426 ---
(2 204 ):
Que s'il n'ef pas poffible de faire à cet
un calcul bien exadt, l'on
égard lem
juger
peut du moins en
par approximation. L'on peut , en'
mot
polant une guerre telle, par
furpderniere que nous ayons Sn
exemple, que lalnoo
bien domlls et
fourentit, voir"com- n
&
y feroieat employés à la
combien il en faudroit encore
Fois,
des. Ports & arfenaux.
pourl le fervice TUE
Tobferve, du refie,
qu'il conviendroit peut-être de ne pas s'en tenir
rigotireufement au beloin ainfi calculé; mais
d'avoir toujours un leger excédent ;
les circonflances, ce
car, par
RAS
befoin peut s'accroitre toutà-coup, & l'on ne forme pas fur le
bons Oficiers,
champ de
Une autre modification
celle de chargerl les Officiers dontfaidéja de Vaiffeau parlé,ef
les fonctions des Ofliciers de
de toutes
Port,
roient entièrement
lefquels fefupprimés. Je ne
point icice
répéterai
de 31
quelsidiric-deffis fur la
ce changement, & furles
convenance
aufi utile
moyens dele rendre
gu'il-peut Pêtre. Fobferverai
ment que cette multiplication des fonctions feuleOfficiers de Vaiffeaipear avoir
des
quelque influence
furPaugmmenration de leur nombre, & fur
regles à
les
- établit pour'les faire fervir à tour de rôle.
Ces régles ont fouvent varié , & plus
fouvent encore celles qui exiftoient ont été
-deffis fur la
ce changement, & furles
convenance
aufi utile
moyens dele rendre
gu'il-peut Pêtre. Fobferverai
ment que cette multiplication des fonctions feuleOfficiers de Vaiffeaipear avoir
des
quelque influence
furPaugmmenration de leur nombre, & fur
regles à
les
- établit pour'les faire fervir à tour de rôle.
Ces régles ont fouvent varié , & plus
fouvent encore celles qui exiftoient ont été --- Page 427 ---
(109)
mal obfervées. Mais, QHioi 9471 en foit, ne ou0
pourroiton pas ordonner, par exemple, qu'en nU
temps de paix, les deux tiers des Officiers feront
conflamment employés, foit à la mer, foit dans
les Ports &c les arfenaux? ? Que chacun d'eux fervira dix-huit mois 2 au - bout duquel temps ils
auront un congé de droit pour fix ? Que, du
refte, les appoinremens ne varieront plus felon
les Officiers feront ou ne feront pas employés, que
qu'on les payera toujours de même,
mais qu'ils feront entièrement perdus, & fans
efpoir de rappel, pour ceux qui tarderoient de
fe rendre après leur congé, ou qui s'abfenteroient pendant le temps de leur fervice? Ne
pourroit-on pas, en un mot, établir à cet égard
à peu près le même ordre qui s'obferve pour les
Officiers des troupes de terre ?
Enfin, ily auroit encore quelques régles particulieres à faire concernant les appointemens,
l'avancement, les retraites (1) 8cc., régles qui
(i) Ilya,furles retraites, un Réglement particulier
du 24 Juinide l'année derniere 1788; il contient, fans
doute, plofieurs. fages difpofitions: mais il en eft une qui
peut, cefemble, être juftement critiquée. Par l'article VI,
un Oficier
2 après vingt ans de fervice, obtenir une
peut
fes
penfion de retraite égale au quart de
appointemenss
10 1031077 X
esio
urles retraites, un Réglement particulier
du 24 Juinide l'année derniere 1788; il contient, fans
doute, plofieurs. fages difpofitions: mais il en eft une qui
peut, cefemble, être juftement critiquée. Par l'article VI,
un Oficier
2 après vingt ans de fervice, obtenir une
peut
fes
penfion de retraite égale au quart de
appointemenss
10 1031077 X
esio --- Page 428 ---
(106)
ont été indiquées
ci-deffits, ou dans le détaif
defquelles il feroit fuperflu d'entrer en ce moment.
Tobferve, au furplus, que fijamais la Marine
militaire &la Marine marchande
plus
pouvoient être
repprochées, & pour ainfi dire confonducs
du moins julqu'à un certain point, le
conftitution. devroit être
fyfême de
tout différent. On conçoit en effet qu'alors ce feroit un nouvel ordre
de chofes, & que lon pourroit même aifément
parvenir. à avoir une Marine plus
plus utilke,plus redoutable,
nombreufe, a
& qui coûteroit beau-
& d'ailleurs,futivane T'artiele VII, lon
année de mer pour deux ans pendant doitcompter la
chaque
dix-huit mois pendant la paix. Or, de la guerre, & pour
ter? C'eit qu'un. Officier entré dans le fervice que peat-il réfulTine, comme on y entre
de la Maans,foit dansle
pour l'ordinaire à làge de feize
cas d'obtenir une retraite à trente, c'eft-àdire, au moment oà il eft dans toute fa force & oiril peut
fervirleplus utilement pour l'Etat. Les retraitesne
être que pour les Officiers que leur âge a mis hors doivent
fervice : f, hors le cas de bleffures ou
de
retiren: plutôt, on ne leur'doit rien : tant d'infirmités,ils fe
l'Etat les a payés, & il eft
qu'ils ont fervi,
donc qu'on devoit
quitte envers eux. II paroit
ajouter que pour obienir une retraite
queltonque, il faudroit, outre les vingt ans de
que l'Officier fûit paryenu au moins à
de fervice,
ans.
l'age cinquante
le cas de bleffures ou
de
retiren: plutôt, on ne leur'doit rien : tant d'infirmités,ils fe
l'Etat les a payés, & il eft
qu'ils ont fervi,
donc qu'on devoit
quitte envers eux. II paroit
ajouter que pour obienir une retraite
queltonque, il faudroit, outre les vingt ans de
que l'Officier fûit paryenu au moins à
de fervice,
ans.
l'age cinquante --- Page 429 ---
(107)
moms à TEtat. Mais quelque révolution
coup, - les circonftances ayent déja opéré dans-les
que
les anciens préjugés, les anidées, peut-être
ciennes habitudes réfifteront ençore long-fems
a un changement auffi confidérable. Je crois donc
qu'il feroit inutile de préfenter ici les plans qué
Yimagine qu'on pourroit adopter dans cette fuppofition.
P'ai parlé 03 affez au long des Elèves, &c j'ai Elèves.
oblervé entr'autres chofes qu'il n'y avoit point
de néceffité d'entretenir ces Ecoles gratuites toujours très-coûteufes pour TÉtat, &c communé
ment peu utiles pour les Particuliers. Mais comment donc s'y prendre pour régénérer notre Maavoir des Officiers inftruits ? Il me
rine & pour
femble qu'on peut y parvenir par des moyens
bien fimples. deux fortes de connoiffances néDiftinguons
ceffaires à cette clafle d'Oficiers. Les unes que
dans les Ports
l'on ne peut guères acquérir que
& Arfenaux, & dans le fervice de la Marine
militaire. Telles font les connoiflances relatives
au fervice de PArtillerie, à la conftruéion, à
la manceuvre des Vaiffeaux de guerre, auxy évolutions navales, &c. Les autres aul contraire,
ailleurs, & de
que l'on peut acquérir par-tout
ce nombre font les Mathématiques, les principes --- Page 430 ---
loms 291
(108)
depilotage, de mencevie, de
Cela pofé,il
confmdion, &c:
paroit que lon
tout fimplement qu'un
pourroit ordonner
danslaMarine
jeune homme ne fera admis
militaire, qu'autant
cette feconde forte de
qu'il Ipoffédera
eneffetles
connoifances, qui font
premières dans l'ordre de
& que pour s'en affurer, le Confeil V'infirucion, de
établi dans chaque
Marine
département lui fera fubir
examens néceffaires, D'ailleurs,
les
difficile
comme ilferoit
noiflances d'acquérir quelques unes de ces confans naviguer, l'on pourroit
encore qu'un jeune homme ne fera admis ordonner à l'examen, qu'autant qu'il aura effcdtivement
durant un certain tems,
navigué
Alors, ce fera aux parens à prendre foin
mêmes de léducation de leurs
euxéducation n'en ira
enfans, & cette
aufi de les faire
pas plus mal. Ce fera à eux
embarquer pour qu'ils faffent les
campagnes néceffaires, & ils en trouvéront bien
les moyens. Qu'on ne craigne point auffi de
manquer de Sujets. La plupart des
de la fociété exigent bien autant de foins profeffions & de
dépenfes que peut en exiger celle d'Officier
la Marine, Voit-on néanmoins
de
quelqu'une
qu'il y enait
pour laquelle on
ditats?
a
manque de CanJe crois même qu'à préfent,
la
la Marine militaire fera
que
porte de
ouverte, comme celle
. Qu'on ne craigne point auffi de
manquer de Sujets. La plupart des
de la fociété exigent bien autant de foins profeffions & de
dépenfes que peut en exiger celle d'Officier
la Marine, Voit-on néanmoins
de
quelqu'une
qu'il y enait
pour laquelle on
ditats?
a
manque de CanJe crois même qu'à préfent,
la
la Marine militaire fera
que
porte de
ouverte, comme celle --- Page 431 ---
(109)
de toutes les places, de tous les
toutes les claffes de
emplois, à
Citoyens,ni il fe préfentera
beatucolip se
plus de Sujets qu'on.n'en
cevoir,8e qu'en conféquence l'on.
pourra revelle raifon de fe rendre
aura une nou+;
Quoiq
difficile fur le choix.
qu'il en foit,
mis vers lâge - de dix-huit les jeunes gens ainfi adou vingt ans,& non
au-deffus, 9 pourroient être appellés
comme autrefois, Gardes de la
Elevesy ou,
feroient d'abord
Marine, & ils
occupés dans les Ports &
naux à acquérir toutes les connoifances Arfemanqueroient encore, A cet age, & avec l'avance quileur
qu'ils auroient, deux ans d'étude, tout au
leur fuffiroient pour s'inftruire
plus ,
& alors ils
convenablement,
pourroient, 2 après un
men, obtenir le grade
rigoureux exaeftàp propos de rétablir d'Enfeigne, grade qu'il
termédiaire entre
pour qu'ily en ait un inde
ceux d'Élève & de
Vaifleau. Du refte, les Enfeignes Lieutenant
roient d'être employés de la manière continuela plus propre à leur donner lieu, de quiferoit
ner leur inftruétion.
perfectiona
Quant aux Officiers de
Port, aux Ingénieurs
Confirudeurs; & à T'Artillerie de la
Ofiiers de
je n'ajouterai rien à ce
Marine, 2 nieurs Port, IngéLes premiers forment que j'en ai dit ci-deffus. tuulteurs,ar- Confciers qu'il faut
une claffe fuperflue d'Offi- tilleris,
fupprimer, &
1S 91
dont les fonétions
MOD
nazlo 5191 ontsailint
a
Quant aux Officiers de
Port, aux Ingénieurs
Confirudeurs; & à T'Artillerie de la
Ofiiers de
je n'ajouterai rien à ce
Marine, 2 nieurs Port, IngéLes premiers forment que j'en ai dit ci-deffus. tuulteurs,ar- Confciers qu'il faut
une claffe fuperflue d'Offi- tilleris,
fupprimer, &
1S 91
dont les fonétions
MOD
nazlo 5191 ontsailint --- Page 432 ---
doivent être
(110)
Vaifecan.
ajoutées à celles des Oficiers de
dans le Quelques changemens font
-
régime des
néceffaires
qui eft de
fecondss & enfin, pour ce
des chofes PArtillerie, il n'y a dans létat
de
rien de mieux à faire, ce
aétuel
revenir à T'ancien ordre modifié femble, que
régles particulieres,
par quelques
PETE C'eft paréillement tout Ce
tratien,
près à defirer par
que Ton a à peit
nifration.
rapport aux Officiers d'Admil
ly auroit néanmoins a faire un
gement aflez confidérable, ceft la
chane:
places d'Intendans dans les
fippreffion des
qui ne font, enc quelque Départemens, places
inutile, Cen'ef
forte, qu'un luxe affez
Pas gue leurs fonctions ne foient
néceflaires; fans doute il faut
chaque
qu'if y ait dans
Tadminifration, Départemenr un homme: a la tête de
dece titre
Maisau lieu dun Oficierdécoré
fafhueux d'Intendant
idées & nos ufages, entraine qui, d'après nos
n traitement
fidérable, on pourroit fe contenter dun con
miffaire général, Dix à douze mille Comd'appointemens fuffiroient à
livres:
qu'on croit devoir attribuer celui-ci, tandis
deux ou trois fois
à un Intendant
feroient
davantage. Les fonétions
pas moins bien
n'en
en ef que le plus. fouvent remplies, & la Preuve
pésà Paris de faire leur Cour les-Intendans, Occu-
& de fuivre des --- Page 433 ---
(i )
projets d'ambition, laiflentle foin dé
des devoirs de leurs places dans: les s'aequiter
Commiflaires Généraux qui font ports aux
ordres. Il ya même lieu de croire fous leurstion des affaires fe trouvera
que la direcentre les mains d'un ancien Officier beaucoup mieux
tion inftruit au moins par
d'Adminiftracelles d'un homme choifi T'expérience, qu'entre
communément
par la faveur & qui
arrive à une
avoir Prefque la moindre idéedes Intendance, fans
Gouvernement lui eft confié,
chofes dont le
Indépendamment de l'économie à faire fur les
appointemens, 2. les logemens en
encore une autre afaes.importante Bréfenterotene
ports oùt il ya des
Dans tous les
Intendans, le
a fait bâtir écentretient à
Gouvernement
fiques maifons
grands frais de magnilieu de cette faftueufe pour loger ces Oflficiers. Or, au
buer au Commiffaire dépenfe, il fufhiroit d'attriGénéral,
une fomme annuelle de 1800 pour cet objet PE >
2000 livres qui ne feroit pas le livres, Ou de
en coute à l'Etat, foit
quart de ce qu'il
principale
pour l'intérêt de la fomime
employée à la conftrudion, foit
l'entretien, foit enfin pour les
pour
nouveaux arrangemens
changemens, les
fe faire chaque mutation. qui ne manquent pas de
Au refte, ce que je dis ici du
Intendans peut
logement des
s'appliquer à celui de tous les
livres qui ne feroit pas le livres, Ou de
en coute à l'Etat, foit
quart de ce qu'il
principale
pour l'intérêt de la fomime
employée à la conftrudion, foit
l'entretien, foit enfin pour les
pour
nouveaux arrangemens
changemens, les
fe faire chaque mutation. qui ne manquent pas de
Au refte, ce que je dis ici du
Intendans peut
logement des
s'appliquer à celui de tous les --- Page 434 ---
(IT2 )
autres Officiers pour lefquels on a
même d'avoir des maifons
imaginé de
Ainfi, il n'eft point affutrément appartenantes à T'Etat.
de la Marine
de Commandant
qui ne fut très-fatisfait de recevoir
annuellement une fomme de 3000 livres
fe
loger. (:) Il en coûte néanmoins
pour
au
beaucoup plus
Gouvernement, & l'on peut en
feul exemple. A
juger par un
Oflicier
Toulon, on a élevé pour cet
un fuperbe Hôtel, dont la
en y comprenant les matériaux & conftruction, les
fournis par T'Arlenal, s'eft élevée
ouvriers
à 200,000 livres. Or,
au moins à
qu'on joigne a
cette fomme la dépenfe de
lintérêr de
P'entretien, & la dépenfe encore plus confidérable des
quiferont faits par tout nouveau changemens
on trouvera que pour cet
Commandant, il
annuellement à l'Etat
articlel,
en couté
Je n'infifte
environ II à 12;000 liv.
point, au furplus, fur ce
fatisfaire de petits fentimens de
que pour
a conftruit cet édifice fur
vengeance, on
une très-belle place
d'armes,qui étoit fort commode, fort
la garnifon &c
l'on"
utile pour
rée.
que
a entiérement défiguMais foit que l'on conferve les Intendans,
qu'on mette à leur place des
foit
néraux, il conviendroit de Commiflires-Gé
ne point leur laiffer
(:) Ils a'avoient ptécédemment
quex5ooou 1800*.
un --- Page 435 ---
(113 )
arbitraire, de foumettre leur
in pouvoir trop
adminiftration à des regles fixes & invariables,
& de faire infpeéter, autant qu'il fe pourroit,
leurs opérations parles Confeils de Marine établis dans les Départemens. Ainfi, par exemple,
tous les marchés à faire fur les lieux devroient
être paffés dans le Confeil & aux encheres;
ainfi tous les projets de dépenfe devroient y
être délibérés, tous les comptes devroient y
être vifés, sainfi,en un mot, toutes les opéradevroient être
tions tant foitpeu importantes y.
examinées.
Ili importe d'autant plus à lEtat d'établir des
regles fages & féveres pour PAdminiftration,
que c'eft ail fondla partie la plus difpendieufey
& la feule même fur laquelle on puiffe faire des
économies un peu confidérables, En effets quelque
réformequelon faffe relativement aux Officiers,
économifer fur
on ne pourra jamais. beauconp
leurs appointemenss car enfin, il faudra toujours
que tout Oficier reçoive une paie fuffwante pour
le faire fubfifter convenablement, A la vérité,
l'on pourra diminuer le nombre exceffif d'Offie
ciers Généraux; lon pourra prolcrire ces fupaccordés parl'Orplémens trop généreufement
retrancher fur 4
donnance de 1786; Ton E
pourra a
les énormes traitemens à la mer & fur quelques
appointemens ; mais il feroit difficile d'aller plus
H
icier reçoive une paie fuffwante pour
le faire fubfifter convenablement, A la vérité,
l'on pourra diminuer le nombre exceffif d'Offie
ciers Généraux; lon pourra prolcrire ces fupaccordés parl'Orplémens trop généreufement
retrancher fur 4
donnance de 1786; Ton E
pourra a
les énormes traitemens à la mer & fur quelques
appointemens ; mais il feroit difficile d'aller plus
H --- Page 436 ---
(14)
loin, Le plus grandnombre des Ofic'ers
les appointemens néceffaires, &
n'ontque
Aiquelquessunes
je ne fais même
neferoient pas dans le casd'obtenir
tne augmentation. Mais il n'en et
de
des nombreux. détails- des Ports & des pas Arfenaux même
Pordre,Tattention, line Adminiftration
;
y trouyeront a faire
bienréglée
nomies
Yraifemblablement des écotres-impertantes,
Au furphus, Tai fait précédemment
autres remarques relatives au régime quelques
ciers Adminifrations)
des OfiEnfin,
je n'y reviendrai point.
pour ar ce 114 qui concerne les
me paroit que ce que j'enai dit fuffit claffes, il
connoître lay néceflité d'un
pour faire
pour indiquer même les bafes nouveau fur fyfème, a &
doit porter,Je n'en
lefquelles il
car encore uine
parleraidone pas davantages
fois, mon deffein n'a été
ce moment que de propofer quelques idées dans
nérales; le temps & les circonflances ne
gémettant point de faire mieux,
me perII y a d'ailleurs quelques autres parties
tiennent ençore au Département de la Marine qui
telles font PAdminifiration des Confulats 5
celle des Colonics, Pour la
&
ce me
premiere, ilya lieus
femble,d'esamimer f nos Confuls ne font
pas trop multipliés 4 fi les appointemens
font attribués, fur-tour à ceux qui font quileur établis
en Enrope, ne font
0OT 20 29s tropo conliderablesss'al --- Page 437 ---
(119)
point d'excès dans les retraites qu'on leur
a'ya accorde, & s'il convenoit d'affeder ces places
Militaires
qui le commeree, TAdmià des
pour
font ordinairement
niftration 7 la Légillation
des objets abfolument inconnus.
Quant a la feconde,elle forme depuis longde réclamation. Les
temps un fujet perpétuel ceffé de fe plaindres
Colons n'ont prefque jamais :
RIC connu que
8dan autre côté iln'eft que trop
encore
al'Etat qu'elles
nos Colonies coûtent
E plus aufi 1
lui
L'on a+ cru
pouvoir
ne
produifent.
mettre en queftion s'il ne feroit pas avantageux
la France d'abandonner une forte de pro:
pour
dit-on, à notre
priété qui ne convient point,
génie, a notre caraétere national. Mais quoiqu'il
en foit, il eft certain au moins que cette partie
a beloin des plus grandes
de TAdminiftration L'économie n'eft pas même le feul
réformes, lon ait à fe propofer. L'on doit enobjet que
de tout ce qui tient au Gouvercore s'occuper a la Juftice, à la Police 3 çar il paroit
nement, cetégard le régime eft extrêmement vicieux
qu'à & abufif. Les Colons fe plaignent fur-tout de la
des Commandans & des Intendans. Il
tyrannie
f le
l'on a donné à
faut donc voir
pouvoir que
s'il convient
ces Officiers n'eft point exorbitant;
de
qu'ils aient quelque part dans Padminifration
lajuftice; fi même les Intendans font néceflaires,
Police 3 çar il paroit
nement, cetégard le régime eft extrêmement vicieux
qu'à & abufif. Les Colons fe plaignent fur-tout de la
des Commandans & des Intendans. Il
tyrannie
f le
l'on a donné à
faut donc voir
pouvoir que
s'il convient
ces Officiers n'eft point exorbitant;
de
qu'ils aient quelque part dans Padminifration
lajuftice; fi même les Intendans font néceflaires, --- Page 438 ---
(1161)
&c G les fonétions auxquelles il féroit à propos
de les borner ne pourroient point être remplies
par de fimples Commiffaires Généraux. On doit
fonger, ,cn un mot, à tout ce qui peut contribuer
au bonheur des Colons & à faire profpérer la
Culture &le Commerce.
- I
- --- Page 439 ---
M É M OIRE
SU R
A
LES
CLASSES
DE
LA
M TARINE, . -
LU AU COMITÉ DE LA MARINE
DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
Le ZZ Février 1790,
PAR M.
P OUGET,
INTENDANT GÉNÉRAL DES CLASSES,
Sech
PA RIS;
Chez N. H. NYON, Imprimeur du Parlementi
179 O. --- Page 440 ---
a de
2. a 28
3 -
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Mericot
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* --- Page 441 ---
(1)
-
a
M E M OIR E
SUR
LES CLASSES
DE LA M ARIN E.
LETAREISSENENT des Claffes de la
Marine, formé en France vers la fin du
fiecle dernier, a pour objet de procurer
les moyens de raffembler promptement les
de mer néceffaires pour l'armement
SCt la Flotte. Sans doute il eft très-convenable, dans les circonftances
d'examiner fi cet établiffement n'a attuelles, rien de
contraire aux principes généraux du Gouvernement & aux droits des
quelle eft fon utilité, fon importance, Citoyens, s'il
pourroit être remplacé
quelqu'autre
inftitution, ou bien s'il di
ment
indifpenfablenéceffaire de le conferver, & alors
fi le régime actuel eft fufceptible de quelGm modifications avantageufes, ou s'il
poflible & convenable d'y faire des
changemens,
A
tabliffement n'a attuelles, rien de
contraire aux principes généraux du Gouvernement & aux droits des
quelle eft fon utilité, fon importance, Citoyens, s'il
pourroit être remplacé
quelqu'autre
inftitution, ou bien s'il di
ment
indifpenfablenéceffaire de le conferver, & alors
fi le régime actuel eft fufceptible de quelGm modifications avantageufes, ou s'il
poflible & convenable d'y faire des
changemens,
A --- Page 442 ---
(2)
Maisafin detraiter cette grande
avec la clatré qu'elle exige & en
lopper les
mtie
faire de bieh importans dérails, il eft-nécefcet
expofer d'abord ce
c'eft
blir que le érablifement 00
des claffes, 2 d'étaaux 208
des 3 obligations qu'il impole
V
2006T0 mef. Peud 291
de à Rels
pertonnes ont été
préeile L Pne 1 20R 1o1q Are cet égard des idées
Claffesave Sute 2 on SReNCRd fouvent Ics
TU
31 Mlice 2I6D
ou
on
TECOIEieO concoit comme 9110 un prdinaires, enrôlement bien
quoique rien-ne
forcé,
crois . donc 4p01022 foitaplus différent. 31
Je me
d'une mamere MameneT AgEE 91 traiter la queftion
dés fon 5D genérile 2q103 29b no & de la prendre
exactirade. rointipesr Bolnvolic e5D la poler avec
Cet 191 un, 5b 29q.01T
MOD tous les Ciroyens principe SurE InC genéralement TU
avoué
f defente gioni e0si doivent contribuer à
nécelfie commune WE 29
de 16) FErar lorique la
TEMIS Pendant long-tems on na
d'aurres conmu en a EaopeA BUT a
la guerre de terre,
armees TOWI
étoient
ais
mées
due
qui
forr
toyens, 1 Pirla Ta ro reunion O61 a - inftantanée des Ci
cela - 0 devenoit gur prenoient IC
les armes dès que
néceffaire, ; fucceflivement
on 21 remplasé ces Milices par des
de Trolpes conftamment entretenus Corps
dant la paix, & foudoyés au moyen pen- des
contributions genérales: Mais comme ces
,
armees TOWI
étoient
ais
mées
due
qui
forr
toyens, 1 Pirla Ta ro reunion O61 a - inftantanée des Ci
cela - 0 devenoit gur prenoient IC
les armes dès que
néceffaire, ; fucceflivement
on 21 remplasé ces Milices par des
de Trolpes conftamment entretenus Corps
dant la paix, & foudoyés au moyen pen- des
contributions genérales: Mais comme ces --- Page 443 ---
(3)
armées n'ont pas toujours été
les Milices ont fublifté en a partie fuffifantes, fous
rens régimes & ayec des
difféTOIC
determinées
modilications
par les circonftances Le
cipe de T'obligation du fervice
pour la défenie
- 5
U
TERASE
perdu" de vue, commune, US
na 9 jamais éré I
or
> & dans les 1ona grands 2159 UG
mens, dans les
b T11S DOS
mouve- 3701
Aangers
fon activité. La formation TTC a fIC pretlans, TAKOHE
BIUD
26M 291 Milices Na
tionales 3
nous, en oftre'dan dans ce. D9YB moment un
grand exemple. A0RAX1E2000S 291
Le changement proquit enlay 110) 94 noit 9
1o
gieekrues fiécles dans 1 le chEurope RO
aeputs
par ia formanon 915 dee Iviteine-Militire, 200
toudoyées, des armées 01 1wa TOG Corps 5ae STDITO Troupes not
lieu
les
permanentes, 9b05 naeu
armées Ponr-les mer ont cortinede Troupet 0
n LA de" terrer 119 les
fees d'apres les VIOD. anciens en9 YOJN efté 291 compomécs de Milices raffembieesau DAI principes, STIMIO3 31n919 & 9
foR
befoin,
onol 3HRDT 931X9 moment du
49 Cette dimerenicel 5L g remarouable SGOTU olllgo9n UI0O
lè fyitème des armees B3
2991 tUI6
entte
armées de terre, E o GTIII ROIUAST der mer 6. GX TIQ cchil des 25
G 29r
peut ACOIBIT être facilement expliquée, a
- on 0 confidere TIS
preique AUD tous no les
hommes peuvenr TequGI avec
TIQ 9y
devenir en Deu TA0A tems 9 de quelques Toins, 9
mm
bons
&ne
perdre cesqualités dans Tinaétion Soldats,
même - la paix. Ainfi, les Erats
L
été forces à fe défendre d'tine qui ont
attaque
A 2
G 29r
peut ACOIBIT être facilement expliquée, a
- on 0 confidere TIS
preique AUD tous no les
hommes peuvenr TequGI avec
TIQ 9y
devenir en Deu TA0A tems 9 de quelques Toins, 9
mm
bons
&ne
perdre cesqualités dans Tinaétion Soldats,
même - la paix. Ainfi, les Erats
L
été forces à fe défendre d'tine qui ont
attaque
A 2 --- Page 444 ---
(4)
conquère dangereufe, 82 le ou delir qui ont eu T'efprit de
fance, ontrg pu dlever & d'étendre former leur puif
tems deigrandes re armées & les en peu de
enfuites ocela 2 été plus ou moins entretenir
fuvant que leurl population a
facile,
der
fournifloit plus
Moycai-de.nccrmers G9 &anlors même
Nwraesinnteae oma pu trouver
tipmietuniunce Ichez les Nations
éttanageres. 29b ansviio'l ensb 1om0bid
arniéesiidé anselbimenkipas mer2 Parmi sdei même pour les
doivene decvirofunales les hommés qui
nidceilatressbfombr fans sailfeausides doute:
plus
employés
ceux qui font
lalmarloeuvrey 8 que jes défiER fontvénitib Patrngeeneedes Matelors.
qui neb
blemeusicles dhommes d'art
longhelesperenue Eneadmeiomnes par 61 une
vie entierb;iep-feroit RoparJhabitude de la
enpvain rquiun Etat,
(transpusdiomne voudroit
de çette
amelg
reflaydr sdei formen len un etpece, rinftant
des gUandetilamm.Feur.dine, rrélorsigoab
en -prodiguant
poutroib attirén, - queiques
Masslotsappamenants tstux
geresy maisicoinmerc
Poifancesnétrannei s'en trouve quuni datis'chaque inombre
pays il
propostiomi6-aux beloinsr ordinaires exactement de la
navigation rubmneg
Nationale, cette 1 reffource feroit
uinsioung 6 enuboi mol
R0mi
rinftant
des gUandetilamm.Feur.dine, rrélorsigoab
en -prodiguant
poutroib attirén, - queiques
Masslotsappamenants tstux
geresy maisicoinmerc
Poifancesnétrannei s'en trouve quuni datis'chaque inombre
pays il
propostiomi6-aux beloinsr ordinaires exactement de la
navigation rubmneg
Nationale, cette 1 reffource feroit
uinsioung 6 enuboi mol
R0mi --- Page 445 ---
sb ngeT US anc CE) 5.)
senfermée dans desil limites 40
Slutonnanch
lieu après la fin de da guerre, qui tres-Erroitess &
à ce grand mouvement, auroit il ne donné
pas poffibleide maintenin &
feroit
cette armée. Pour
deconferver
tenir toujours) en A y-neufie,ibfandroit la
activité à pen) tems-de.paik.cdams une
guerre,
Eapues.otic.dols
bientôr Sana dans Poifiveré des
-
tucier qui
ports.eette habi
lité deigenks Rartet de mer Basat
impofible
déviendroit
on n'avoitsp NEaneT pasndes
fi
fur la raxiganosmmarechandel moyensild'onin recruter
peuveritl êtres formés
Les Soldats
gaiitonsyides
Serererdes.dams des
quala mer
Marelors-zidi La peuvent Têtre
mencée dès Vhesirinsin l'enfimce
de reconnoitre
Mastslcibifacile
pendantla paix vque lermprojer : d'entrerenif
en tenant lablomerentiehe assopsenainen
vetetaEsee dansiuneiactivité
foir à çaufer des dépenfes dnornes bimhptaticable,
geroit Readendeaatcriporese qu'oxi
que les autres-Puiffinces
foir parce
reffées à
derotenttrop intévoir fans inquiérudeune syoppofetye 8cs neopoutroient
tamment armées ainfi tous pareilleforce lesl
conf
times fe font réduits à entrerenir Etats maripendant
A 3 --- Page 446 ---
la paix leurs Vaiffeaux (6)
navales, & n'onti
8t burs munitions
Icorps de Matelots conitamment pas entrepris d'avoir des
ousilialéré dans
fait Iquelques eflais à foudoyéss
renus-& certains D pays ces Corps cet égard,
exercés parides sarmemens de entre- paix,
RTERE oquerdes anspatmodegpet partie de ice
exigent. 291
oraieeasngeneed conduire: -
à
important de ene pas;
FREE
premiet
perdre de vue. Le
ne peuti Cnnekciraunesctoneines tcinimesimunnimes d'un Erat
andéfinie,
arbitraire &
mindelouid mnaisquélcerre force - eft déterlimites
moinsbrenfermiée dans des
gens dep adetipstcifisiper menaques
le nombren rde
& qui
cetubtat peut fomrnib,
navigation. Sescmte parsla
mahchaniderdepe las péche.
de rBcndrecmeerir mers merdobrpas
queyl Larméc
zétre nconflamment
SEESTL & les'
paix les foins
fe réduire OSEaIET doivent
Marine 91 à scé@poxentenmnene poursla
des vaifleautn6 L-liseon@inu@ion, 2à0 T'entretien
xtout ce quilipeut tappsonviomnemnere de
1 armepiaul iamerit étre néceffaire pour les
Vant : cependat que dune toutes guerre, les 7 em obfer
Puiffances
nconflamment
SEESTL & les'
paix les foins
fe réduire OSEaIET doivent
Marine 91 à scé@poxentenmnene poursla
des vaifleautn6 L-liseon@inu@ion, 2à0 T'entretien
xtout ce quilipeut tappsonviomnemnere de
1 armepiaul iamerit étre néceffaire pour les
Vant : cependat que dune toutes guerre, les 7 em obfer
Puiffances --- Page 447 ---
(7)
davoir
maritimes feront roujouirs de leurs forces obligées? armécs en
tems.de une petite paix, partie foit pour la piutethion du
commerce ou de leurs Colonies éloignées,
polinques,
foit pari dana.codfuseastions fornen dese Offoit enfin pour exerceréa
fur
ciers, qui ne Rentensartrmairits doivent
les barimens des Suerte cenquitls
y
favoir pour onbarnerisace ce
aaintenir TgRechrscrirt
qui n'eft relatif qu'aux auts de Haiguerre, hitimens 2
ecique la dimples mamatuvireides
ordinairés ne peur poinrienfeigaere la -
a
Ainfi Om pest-autiment iqurdoit elinguer être
partie de T'anméerderimer & fondoyée pendanit la paix 9
entretenue
qWon doit
e de celle qu'on deulement paicintenciemsed Sarcaffemblee avec
fe difpoler
befoinaGerte
facilité au momentlkins ddesa Oficiers paes oût
miere partie etkcompolce tanombrerde ceux
du moins du plas grand
9 de
qui doivent femirdon-EeasNiie. desid dobalemes deltiniés a
quelques-uns remplir les AaBemnraiReLDceO. - 5
eonnas fous ladénomnination de Maitres
&c d'Offiaiers mariniers, enfin inftraire de Canons 8c
niers &c d'hommes
puifie
tout
former
le TSTE del'artilleries malei refte oare genside mer deftines-aux
A 4
plas grand
9 de
qui doivent femirdon-EeasNiie. desid dobalemes deltiniés a
quelques-uns remplir les AaBemnraiReLDceO. - 5
eonnas fous ladénomnination de Maitres
&c d'Offiaiers mariniers, enfin inftraire de Canons 8c
niers &c d'hommes
puifie
tout
former
le TSTE del'artilleries malei refte oare genside mer deftines-aux
A 4 --- Page 448 ---
noeuvres doir être (8))
au
rendu en
de commerce ce Noi 91
& a la péches à tems de paix
qui eft Téellement
Texception
armemens Te IP3
orditaires employé pour les
refulte de tour
pofer.
9 70 a ce que je yiens d'ex- a3
Er pcuty Barxenir CE
a
qu'en auosr AA ird
augmenter
toi aURISAmAC 239 pons
mpantime -
dun Btat
gation
FAstivaece 0
-
ce marchnodo 260 9! enb n & MSt I
de. fa inavi-o
tante - IT Princpalneat wN
- TUS
PROuE Çette
de fa
ED
-
pécheg
de la iedaufrcsn uvemstst Aulgi
haranche a
impons
Aouveaex
fhprocurant
Tiches"prd 51 195 ARMRBS 8s subliflanees alEtats
fortié un ProdHciens OCOiS 90 UT
Gode
C
erangerchi DT
à fon
reux
JIS 2
bons
folay
Marcloed C eE
&
coutumés Sons aux à SI
Vigote
BI
Mlrcsas fatigues G
Je
29V5
a U
acab
U0
areniser
de ce Aran 2o STI LO
de Tabjer 1006909at00
cheichicrlc 2raier SHi cniseptenois principals
merce O la 19 pXenS YOK
de - LST davorier le de comav re
infuence fur Fesinnu la
L6VB
force
cabderempet leuti
davoir
1910 dayale, u
il
par lur-meme a CPAR-ENE 6T Ir ce, Prinsipe allez me évident fufion
aNuReN -
adiquer armée -
uE que. la - Tloue confiruent la baler
uo que par les
ide Pouyant étreb
UNOS Mateloss GHE la naviM leur Dersculicenn U6D
19 formics eymy
K
force. YOTO Sombre 291 Snlul
entreticnts 39
determine a
cette
Tetsarh evident alsuphol auffi 29m1s 91 sibHotg
que dans quel-
ent fufion
aNuReN -
adiquer armée -
uE que. la - Tloue confiruent la baler
uo que par les
ide Pouyant étreb
UNOS Mateloss GHE la naviM leur Dersculicenn U6D
19 formics eymy
K
force. YOTO Sombre 291 Snlul
entreticnts 39
determine a
cette
Tetsarh evident alsuphol auffi 29m1s 91 sibHotg
que dans quel- --- Page 449 ---
(50)
dun que fittation que" fe trouve la tiob 2ATVUSDI
Erar, ou naura donné alaforte navigation N
latforce dont elle eft
IUD toute
tant qu'on l'aura difpofée fufceptible de'm 2 qu'aus 91
ponvoir employer
maniere 9110
a
pendane lee cours
guerre tous les gens de uoa mer 9n no DD d'iue 9g
nent à Cet érar, 88h.ne 90101 peur dui appartien- msm 9T
Cet égard aucunés defes rellourees, r MOMTO9S ReslEcta lorf- uS uP
qu'on fe trouve fouvene
le
-
em oppolition avec 392 uine danV1244 ms
cas. TM derre Ra J
maritime'le dont Trnotte'ent autre Rectiennent SPNAre tubnr D
fortes il-faur alors dd
XWESVD plus 4)
D
poir de
venonéer UboTG a tout 29nom ef
vigueur tous renmance fes moyens 2 du deydspbet 10 aveca 9m
dans laquelle fe
nopeera 2
2101 fituation
doir
tronve'l la France,
-
engager à s'acéupert Qg6D avec XUE un 29m11 uI M
extrême de't tout ce quipourra aC 11 210191 TIBOS.A foin 3
à-augmerter dans'l fuite
contribucr VI 92 3b
vale, & mainténant
noteforce 291 1en naplus
aruepluver avec la
grande achivite poihible
II
nous pouvonise
S cellé TuF 95n dont 3L) INE
d'en chercher les dimorermats inovens, a ru 90
avant RuCb
venir al'examen du principedé ilfaute en IIL re- T6q
desi gens de mer pourle fervice ET Pobligation pIu
Ce prineipe tol 2 reconnu 291 160 miliraire, si J
Ms
les Nations maritimes, ertod Dar toutes e
le-méme qui oblige"tous - les dans JU 18 faif, 3
prendre les armes lorlquils -Citoyens à 2
mloup eusb sUp mue 1M3bIY5 font mSId AMguEs JTS
ute en IIL re- T6q
desi gens de mer pourle fervice ET Pobligation pIu
Ce prineipe tol 2 reconnu 291 160 miliraire, si J
Ms
les Nations maritimes, ertod Dar toutes e
le-méme qui oblige"tous - les dans JU 18 faif, 3
prendre les armes lorlquils -Citoyens à 2
mloup eusb sUp mue 1M3bIY5 font mSId AMguEs JTS --- Page 450 ---
par des foreés
(1o) )
générale. tDL
3 qui exigent une réfiftance
foin Miais, de la , dans défente les guerres de terre, le beger qulon forme une ne pouvant jamais exiHabsteangedun
armée dei tous les
ne detserdinineadienr Royaumes cette obligation
petit
remplie que par un
même taactat enl
2 ils peuvent
tromperifiatavee dineiedéchenges au moyen de
guerre ideimeblite wrcau n'y icu que danstla
nombre dikxinimesqut al qu'un très-perit
Reemresasd foient propres à la
lehacun fuivant
rangent
qui les
SECES
il faut ablerterrique-la wanselessdlaties patieulieress car
gens de-merliett
maffentorale des
clafles d'homines compofeel de plofieuirs
peuvent pasife es-aliférens, qui ne
& quitousidlojvent wemplacerl momellements
Biraremployés ldansila
guerre 2
des
FteRe finveint-rton
barimens de
& dans
rappor-dérerminé 5
Peramastechadon bila
Francé 5 une irande guerre forcera Marine de
cellairemette àles: emplover tous,
hé
gation deierdone
L'obliPeut être
earigenirales 82 ne
ARRe (comme
Lealcosperparonnts Ir arotb U6 918310t09 le croient) la fuite
9091 oIOL --- Page 451 ---
(r)
8 a
d'une forte d'engagemens perfonnel
vie; ; non, fans doute, c'elt une confér
quence de Tétar de Marins uesobligation celle dès
inhérente à cet étatis Ban qui
en
qu'on abandonne cette profellion poure et
embrafler une autrent Ecere sbligationi des
résrexaétement la mémeisub-celle
Milices Narignaless-lae axwhilitadie:Coryen
d'une ville impoleled a devoirde lasléfencire
au befoins pon ne peut syriohullinaine quien
ceffant d'habiter cette Nlesnlaaqualiénle de
Marin impoleude mérsenkiabligaition:
dléfendre la Rottesicel.k n-mneerqui.ert.ie lesi nalieu de insemarediorMasistee Hons leur
wvires ou ilsi fontic@nflamtent:
leurs
vrai domiciles, iled-senerennisnewe)
effortsi poub les menAn-indeulanes columcennemt iles
preflans dont Tatraque
parvenir
menacel 8 ils mecpewventy
fote
qu'eni fe amitonedreirendieg aéuerre deilitantes, dans les vaiffenugades cfiortsider Tennemis à
nés à réfiftervause
-
protéger 18 défendre leicominerce. ide Maring
En choififlanti tila profeflion
à
en continuant an l'exerceri, ons confent
en fapporter lay charge communes éyilc'elh ceftla celle
doi impérieufe de lanécellité
naturelle
de la réfiftance & derla défente droit imqui, loin d'être contraire au
deilitantes, dans les vaiffenugades cfiortsider Tennemis à
nés à réfiftervause
-
protéger 18 défendre leicominerce. ide Maring
En choififlanti tila profeflion
à
en continuant an l'exerceri, ons confent
en fapporter lay charge communes éyilc'elh ceftla celle
doi impérieufe de lanécellité
naturelle
de la réfiftance & derla défente droit imqui, loin d'être contraire au --- Page 452 ---
N àa U
n9 Stiay EIY6 (Tizn ) XUSVERI
eneft preferipible de Thomme à
29mSe
lel fourien &
la liberté
imporée-aux gens de Tapptt; mer, 5 Tobligation
toutés les Nattons
2 chez
-
prefque
pas uné "exdepation maritimes, aux
n'eit donc
mais soine-Bpriastehce regles générales,
derees pileipes
dircéte & fimple
gation feltrolive buvent AMHvérite dans cette oblf
applieation? angeneaalesp A sle cas d'une
aiomntrrat Tier quil pours eft cette claffe
tresomareoiqpe obligés
lesHiabitans des heureuifement villes foient
lesiemploy de-premtre TONS Tes armesi, 8'de
mais je aepéera encpon-deapdeftenrte encore - C
-
commune;
lors! fe tronvelit Fa7hft
que fi les Matepoids dés oblig
tiop fireharges du
leur chone-libne Eaenerotiales de cet étatol 2 ceft
volonté conitaniede
2 8 Par Au
avec fes
-
fuivec cetre
tion de fervice chargess 9 dailléturs, 92 cetre profellion obligapour ces hommesac et "Bient TS mhoins onéreufe
de Vie plus penible 6TIh accoutumés aun
Celui des'e
-4 2 plus duf &2 plus genre agiré
Rec
damps, & imilianfés
dangers Lfen
avec
le feroir pour at J des tous lae no genres qu'il ne
n'eft pas de
Ciesyens pailibles, ce
fur ies vaifeautae Hensinaifons IO
qu'ils pailene
vaiffeau fur un autre, guerre, Ceft d'im
méme maniere,
pour y vivre de la
y être employés aux
umés aun
Celui des'e
-4 2 plus duf &2 plus genre agiré
Rec
damps, & imilianfés
dangers Lfen
avec
le feroir pour at J des tous lae no genres qu'il ne
n'eft pas de
Ciesyens pailibles, ce
fur ies vaifeautae Hensinaifons IO
qu'ils pailene
vaiffeau fur un autre, guerre, Ceft d'im
méme maniere,
pour y vivre de la
y être employés aux --- Page 453 ---
(13)
mêmes travaux, 5 mais, 2 à la vérité, , en
réuniflant aux dangers de la mer ceux des
combats, & les Matelets que leur éducatiom a rendus intrépides & fermes., même n'envifagent pas ces dangers avec lar traninquiétnde
infpireroient anxn fuis
TENAA des camgagmnpsondes
E cloigné en failant cexehferrations, facrie
de n vouloir a
diminuero Cil E
des lemcieses
fices que les gens
merfont, a auifervice
a la défente,
PEtat ances hommes
&
der
olesvertus
précieux dont Les quatres
dignes
font frop Peu connues A
ritppkcbieu
de
les mbons
de la recommontlances 35
jotpus7
Citoyens, ils amegnieienvmme leur
I
tOUS les fecours quthea p9tlible de même
accorder; ; mais ene penteipas, Sp leur
teme-quil foit Doilsigreiapeside 33
ferprofelilion dé Marn Iobligenion, T
du
vice militaire 2.lan anéantir, > -
abfolument facile de
la force navale 1 Snspunms IS 1fera
des
le reconnoitren 11 TOT FUb. comparant 5
bolétar
hommes, de mely exittans, 201 € tn.snufrance a
pavec
Tétat de laFlotte & ode A6 fuisfort eloigné
-
dit
auffi de penlet.que Taliranobillement L
des, principes
fervice foit une contequence, -
D
de
liberté
SIS DT
généraux
alibe Saphuineauemne Loblin
lociété ne a Pgusroyr iabbiltesnlans 3D
a0h unshisy
sisb STVIVY Y tuoq +9TU5 s1binem nU
pmsin
XUS ayolqms 915 Ye
A6 fuisfort eloigné
-
dit
auffi de penlet.que Taliranobillement L
des, principes
fervice foit une contequence, -
D
de
liberté
SIS DT
généraux
alibe Saphuineauemne Loblin
lociété ne a Pgusroyr iabbiltesnlans 3D
a0h unshisy
sisb STVIVY Y tuoq +9TU5 s1binem nU
pmsin
XUS ayolqms 915 Ye --- Page 454 ---
Ca)
mune. gation des Citoyens à la défenfe
a
com20 Matis, 2 eI
tion , il a eft reconnoiffint important
cette obliganature 8e-lerendue dune d'en établir la
& précite, 9 om ne peur maniere fe
nette
CASCRESFAICER quon n'a pas'eu toujours des idées difimuler
Hecianfementieet ERani-OH avoit confondu bien
deiceti
TPen que
fervice ally diti foht dans le cas E afeription
2 A7E improler
de faire ce
avec l'obligation même define à cet objet,
; le
a - 9
claflement
qui ne
a
SEA
pouvotr'erre difouis
vie, 2 &
ordres
par des
tobre DFFOadsane I
a
399191 D
HEBI
Oc
Cet égare 2 elt dotthathr les principes à
de mer IP tileule dete aRous les gens
Jorkuiletemoncent das faire déclallcr,
times 88 cette facitto Brofeffions PHeft
mari
quel parquelqties précautiont
reftreinte
pour conftatene cette"
iméecllairess
changement
deaiminanon -
qu'on
d'E8 22
de
pouirror én faire en C prévenir de
les abus
dant la guerfe 8At momenr renonçant pen
remplit le Tervice
même de
de Marin, pour 1aP mllitinfe, à 9a profeilion
Paix, On a fait reprendre
la
lisisb 51 19r un heureux pendant effai
25q TE
des --- Page 455 ---
(13)
avantages de ces principesird de dibertés d'adont beaucoup de perfomnes avoient loin de
bord craint les confequencess les clatlesy
une diminution dans
prodaire i en E a réfulté des angmestations. Les
gens de
ne quittent pas la profellion
qu'ils Eemet depuis langosemis 2: & ceux
qui veulent y livger ot ne craignant embrallent plus
dètre enchaines POur l vien P e
les emvolontiers un état e rien ns de leur
péche d'abandonmers loriquil celle
convenire
smp
Honboilden a &
Je crois doncn m gpikett conterver, coryenables & de bien
même néceffaire le
9 de I etabli & tel qu'il
prononcer
modité 7 il femble qu'on
eit
J1
a T
SRESE
à
de la mapourroir Texpoter, 11 DRH, PrSS
niere fuivante A favoirs spieniriontequence DT iles Ci
de Toblagation générale deopous
toyens de concourH à 1a6 détente commune, les gens de. J3 mer STAITS particulié
rement propres - au fervicede 3 la flotte,
font fpéctalement antachés ce fervice,
létar
-
qu'il eft l'obligation, inféparable de
de Marin, & QHe rous n - - ceux A
qui exercent
des profetlions maritimes, 193 A 1 y T demeurent à exercer ces at
fujeruis tant qu'ils continuent à
profellions, Je n'expoterai pas ici le t dérail des dif
J3 mer STAITS particulié
rement propres - au fervicede 3 la flotte,
font fpéctalement antachés ce fervice,
létar
-
qu'il eft l'obligation, inféparable de
de Marin, & QHe rous n - - ceux A
qui exercent
des profetlions maritimes, 193 A 1 y T demeurent à exercer ces at
fujeruis tant qu'ils continuent à
profellions, Je n'expoterai pas ici le t dérail des dif --- Page 456 ---
((16: )
pofitions particulières
de reconnoitre
relatives aux
dêtre compris fous ceux qui font dans moyens le cas
nérique de gens de cette dénomination gebraflé &0 exercent mer, & qui ont emfions maritimes. Cer réellement les profef
men attentif, &
objer mérite un exades regles érablies. peur-érre à
on fera fatisfait
donnancevegy ORobre cet égard Par TOr
pae-tageepiondes
1784; elles ont
diiparoitre Tatbinaire &juftes, 8E
2 & ont fair
ellaqupéoatent
la rigueur de
Hienrehce-ntepe preeédemment pour ite ce
fuivies.
le
qui concerne
motifs
decblenesindrn quifonteeeffer
Tage & les
en
certe obligation',
decloneetesligens de mer
fervice(s)u0g no anob aglan - hors de
Après avoir difcutetel
ral de-loblig-atton
prineijpe génd
rapporraue efvice der-gers de mer,
miner quels Tonto lés militare 2 il faur 285
leur faires kemplip cette méileurs moyens de
le plus grarie Pavantage obligation; avec
lao fs iup 019 pour Sup le fervice"
()ler Ito ne, uplwg crois dexoir E9H0I7 SI S0
oblerver que tout ce que Jai pas diférer plus
relarifquane * genside'mer - erpofe julqu'a long-tems à
ou Pecheurs, & guecieni ine proprement dits preient n'eft
rivieres, 2 objet
concerne les Noviganiens
Mémoire. up PTBSARA traiterai 3 fsparément à la clafles fin dece des
190 auog Lonist
-
siotbsuov
public, --- Page 457 ---
(17.)
a
public, de la maniere la plus doucé, la
moins onéreute pour eux, & ilas moins
défavorable au commerce
en trois du
Je CrOIS qu'on peut ranger
de fe
clafles tous les moyens nécellaires pollibles à Farme
procurer les Marelots
25b
ment de la Flotters 6 soildegs zoigot
19. Des engagemens yplontairesens
20, - Un claflemency
cobaidireamienés R BCRS C fous
gifrement de tous lesgens.de
les
mis à cette obliganons paneipouyoir itour de
appeller tous fucelivemensea
rôle,àc ce fervicew fuivant les e divericsregles
qui
être, établies Acketufgards forcé de
3 Fe prefles ou Lenlevement 0
tous les Matelots dont on peut(ssmparer
au moment du befoinetib TIOVS asnqh
Et d'abord 21 quant AUKrsengagemens
volontairess il elt gertainoguils uaespour- danst
roient remplit Fobjet propote Marelots alque foral
un Etat ou le nombre dery
beaucoup
més par le commerces derait eft
plus grand,
célui qui
néceflaire ne
afarmement Re la Flotte 3 puilqu'on
pent jamais fuppoferso queLe -
90 ces engage- 1 plus
mens attirent la totlité wourmamela
grande partie des Matelots's A 35 quelque foit la
prix qu'on les mette,8e quelle faire que cet obs
depenie qu'on voudroit
Par
erioy
un Etat ou le nombre dery
beaucoup
més par le commerces derait eft
plus grand,
célui qui
néceflaire ne
afarmement Re la Flotte 3 puilqu'on
pent jamais fuppoferso queLe -
90 ces engage- 1 plus
mens attirent la totlité wourmamela
grande partie des Matelots's A 35 quelque foit la
prix qu'on les mette,8e quelle faire que cet obs
depenie qu'on voudroit
Par
erioy --- Page 458 ---
(r8))
jets les prix cotransi des falaires
Navirespedus Comimeree & les
pour les
'augmenreroient dans
alors ens
Corfairest
cette conleurreuce
proportion 7 &
& pour sler Gommerces roinenfe les
pour PErat
enliersi.-amufaleno
armemens parti2
L'exemplerdés autres otoujotirs oNations la préférence.
inftruire ecavcomégarcdy
peut nous
-bien plusude gense del gnPAnglererre mer
quira
furitout omimmentese
que nous, &c
tes 5 mel peud pastriouver caborage idans far fes cdgernensa sotoqpthiresy
ces enga
pour
desnmoyene fufitans
font dmteaamumeis faitso
a 5 ceuxi qui
étant - à penzprès onintinoniewren seconiftans, intems de paix
fe trouvent
tttneee des hommes
maisns
ESA fervice;
nombregionlsof a
pourspen esqulon enola augmente de
funeflerefloturee forcende récourir à la
smLaHollinde efh de'lg preffe)
pleurérre-le feul pays ou
ila LEALPSERRENE parce quavec
am
Hergaaenaipmior nombre Spcadligicuwide marchande &
n'a mutneitrélipeite faree navales Marelors; elle
pendantronsal vup, pendant dla dernicre éceBene.qWondeghatis fortsien
falaires les plus
C
prodbgmaht-ids
une dépenfe.eneciive primés.ent fifant
une extrême dificulté, & picel aubout Wnelt d'un qu'avec
tems
ul pays ou
ila LEALPSERRENE parce quavec
am
Hergaaenaipmior nombre Spcadligicuwide marchande &
n'a mutneitrélipeite faree navales Marelors; elle
pendantronsal vup, pendant dla dernicre éceBene.qWondeghatis fortsien
falaires les plus
C
prodbgmaht-ids
une dépenfe.eneciive primés.ent fifant
une extrême dificulté, & picel aubout Wnelt d'un qu'avec
tems --- Page 459 ---
K(a9)
meilongyqu'on yi eft parvenn à formenle
équipages des foibles efcadres iqueri cette
Puiflance a armé Maisi le pays ou de ilicroit iréuflir
le plus évidemment impofible eit
da
parr cêtte méthode,
cerainiement
France, parce que 1a fote.efimainmenant d'exaétitude au
proportionnées eiaveciafles
sceibadire
nombrei des fes rgmidideames, 9
armequ'elle eft sellequelle exige pourlies deiquelmens dans ley couirss dunenguerre Matelots;
quesanmées, la tomalitévleies
par
conféquene, fiionine pendipat.dcometnes de da
pour les rienhimntmosepant
florte doit ateioainette ferarbien
pelrauloni connofllel les portsyion
convaincus - que mêmiegt aycenonelilépentie
énormeson ine peetraepatanite vobleren-os les moisy Marelots pandesengagensens nécellaires pour la
lontaires, premiere efcadre qu'on vonde@sesaimer.Le
réfultat de cetresmelives idroit tidancl lune
premiere
dépente meritne.langnedeis de guerrey Sortostsnles maux qui
campagne la
e enfin,da néceflité de
9 en feroient fuitey
lar
recourir au moyen opprefifide prefle,
squi ne remplaceroit que bien odieufes, incomplet- les
tement, malgré fesi rigueurs aftuellement
rellources des-clafieslintelt Europeya
saucune Puiffanee matitimeen sme Ba snu
amainu baoodus 3ailuoilb
épente meritne.langnedeis de guerrey Sortostsnles maux qui
campagne la
e enfin,da néceflité de
9 en feroient fuitey
lar
recourir au moyen opprefifide prefle,
squi ne remplaceroit que bien odieufes, incomplet- les
tement, malgré fesi rigueurs aftuellement
rellources des-clafieslintelt Europeya
saucune Puiffanee matitimeen sme Ba snu
amainu baoodus 3ailuoilb --- Page 460 ---
(20)
aquelle la méthode des,e
taires, pour Farmement TO de
voloncmpenissipstce ainii
squ'il faudroit flotre, puiffe
florte que 19 Fai deja
pour cela,
far
obfervé, que cette
de fcsMatelors emetabicreitnemente siou
au nombre
Puiflanse, Hulieroit ladforce ilréfiulteroite que cette
dellous 2or
de R9iEOLE
navale fortaus
time b1 huupsremessut darl populationn marices 89 -
desda.p porter. Sia 21 toutesi
ce 70
tride
uisacrt.compmctnte
que chapxena-aiorscimane n'employer
peur-pReR Egelz,09 Pour mieux deviendroit àp
portionnes 21
ColeurSE
dire, pro
roient dans I
an
ingces-navales s'érablist
à Tétat de aleurs rapporspeugerre plus relatif
LC
relpestivea mais dhipances-squl i1 sunerdenle deuni force
moyen des 2 4
lemploie le
Pour réunir 21 siadsewrouelie lur tan
dedai
maritime 3
flotte toute fa
preffes
tion.
27 elle Bcquérera
population
de, E9EceC ofumnette
ahe-sugmenta
teront Pas oti comme aceellesqui nel'imi
toures, 3 les grandes
clans-l'état actuel,
vent ce Ayiremes Paillanoes maritimes futit
donner.
celledqui.veuiroir laban-s
au-deflous e-steseret de-reuse
par-lào
même elle ne.Dosipoitpblis proportion.s bientôt
placc qu'elle aupoitaquitté, revenir a lap
autres nfant falit force,
Parce que lesi
coniervé ,
qu'elles
a
auroient
2a tensmfervensiouts les bafes
clans-l'état actuel,
vent ce Ayiremes Paillanoes maritimes futit
donner.
celledqui.veuiroir laban-s
au-deflous e-steseret de-reuse
par-lào
même elle ne.Dosipoitpblis proportion.s bientôt
placc qu'elle aupoitaquitté, revenir a lap
autres nfant falit force,
Parce que lesi
coniervé ,
qu'elles
a
auroient
2a tensmfervensiouts les bafes --- Page 461 ---
de fon
(ar )
population commerce, maritime. 8 par confereent de d
La Francel doit voir Soimnsl ayee
toq
ordre de chofes dans
la Tirisfaction ut
eft dans un jufte 801 vrap lequel force havale
population maritimel,
rapport avec la
merce
puifaue fon comdrane-fufcopribie detreberante dedl
moyens
omeinernee d'avonplas
2d'augmentepb
flotrel & de
ahcetemmremnenct
quilont
Srretn
defon, LrRANES commerdej Meis Eihs
moifs, dans ccscerpseruitees lemtrchefidest
cenleltuniatice puiflameget
élongneus
tenir notre forceomavafe 2Hihs dehade mhathi
actuel,
Rorernt V
à
genis de ncrarioyaumetiet RALNUDMAEROLETSLT tous les
pouri cerobjer,ndans
miceeffhires
on fe privoirdes moyersde amellbhaee" "guerte. Sil
au beloin, ibnelferoft
4ee raferabler
lal flotte ; nousmel
Maspofibile dimer
malheurs dans clapremicrel pomisonstevoie quedes
time, & Tetibliffcmpnede
uerre marios
Ofl
keprefta auquel
reroit cleamhnwnkatreste pas.ndaiert
Helesrépa
queftionavee
devotrolraiec cette
Hoit allez
quekju'drenduce quoiqu'elle
étésà à Rameidapquet rideateponritNs ceukidur orti
fatices à deregaaismas (helques-cormoit elleen
a grande,
B3
dans clapremicrel pomisonstevoie quedes
time, & Tetibliffcmpnede
uerre marios
Ofl
keprefta auquel
reroit cleamhnwnkatreste pas.ndaiert
Helesrépa
queftionavee
devotrolraiec cette
Hoit allez
quekju'drenduce quoiqu'elle
étésà à Rameidapquet rideateponritNs ceukidur orti
fatices à deregaaismas (helques-cormoit elleen
a grande,
B3 --- Page 462 ---
0 no'tis ( 21 )
importante, de
quil m'a femblé néceffaire
de la.puiffance rappeller fonemntifgps/ruiRacel - navale de la
même
pend.
France en déPeunésse. no'up on, pourroit ainat
penfer que fi les
engagemens - Yolontaires font
pour, armer la fore GLfems de infufhfans il
feroits sonvenable dl'employer, ce guerre,
gener Pour les larmemens, TIII de paix, afin moyen de ne
Pafoaucune entrave Factivité
commerce & la Teproduction des
du
Mais il elbcerrain sue DE cette
Matelots,
encore plusfumefte à la 3 favigation mefure du feroit
mercesn que, leyée deguelques Matelors; comparce wucla-onmeuuzenee de Gib des engagemens
produiroir une augmentation
dans lex prix des falairess qui - lucceffive font
portés, fur
déja
les mayares D
marchands à un
tres-haurs SSJF
a -a
Prix
B bien Blus fimple CTOIs B S bien, Aesly - fur un moyen
venir a peniquon Feliesne de faire de Pardorte.
R
que desrasurematne de
en
pas onérenx
a Paix ne foient
ncela de rendre.ofs auc-gens P Bade.mer : il fuffit pour
conthans & MPHMEEDACSI arpemens alors la a-peu-près
5 maritime des STanGS
fe Population
nera naturellement aux POrts
proportionde la Boteng
trouvera bq befoins ordinaires
VEI ce qui OIX fera nécellaire, 3
toujours & les 3-peu- levées
les quartiers des claffes fe réduiront
érenx
a Paix ne foient
ncela de rendre.ofs auc-gens P Bade.mer : il fuffit pour
conthans & MPHMEEDACSI arpemens alors la a-peu-près
5 maritime des STanGS
fe Population
nera naturellement aux POrts
proportionde la Boteng
trouvera bq befoins ordinaires
VEI ce qui OIX fera nécellaire, 3
toujours & les 3-peu- levées
les quartiers des claffes fe réduiront --- Page 463 ---
23 lorfqu'on feras dans
prefqu'à rien,
le
-
beaucoup nomibre
le cas
de
ppcuaie
&2 dans lès mouyemens
des armemens, 2
SONEIT 1D-85
guerre
2V5
ne
Je crois, à avoir pronvé
quon, la
-
Aout
U X
ni des moyens darmer
s'occuper 20 des volontaires at moment
par
eingagcrnens o
améede'moer
du befoma n1 det remr'une
a
&riaurtrenneipenconfamment mefure foudeyee imprieichble D
en elter
dant la 1 & paix; dont une Hepehfeenormne -
& trop
meme,
aux B roffources adesbtmandliproportiohnee
Rentimcbavemene;
ces dcfEtarneft Davle prenlebules clalles,
ilne relté donc qecif
cetadire SUD un tapgeiemesgeneral ei
o
dès
amE de mer; or
je valretaminerce comparer
Eens ces NI moyens. Ahsingingus a snf 1io110b Tautre
a Toblerverai d'abord gee Pani "dés & clafles
deces moyens. de"1a prefle &
Kuppofcht la L menne obhigation della
pour
RE
des gens de mefr8 en confidérée eet
comme que
preffe phille wete pas goTE3LOix de la Soune anftation atoures
Marelorsfont
Tcieté ilfaut Tuppolfteritueites
un
obliges a fervit furla Bane.arquecet
devoir quon peur tOLs lés patridécaremplir
lal force. ARA erAisytme-eummne
- par en France. en Emapderea Dannemarek,
le
del cette I1 obigation odont yai
a
259 principe 9115119790 5TBL IUB 4 2hu5
arrortabs
Shsis 25b 21911SHP 251
ilfaut Tuppolfteritueites
un
obliges a fervit furla Bane.arquecet
devoir quon peur tOLs lés patridécaremplir
lal force. ARA erAisytme-eummne
- par en France. en Emapderea Dannemarek,
le
del cette I1 obigation odont yai
a
259 principe 9115119790 5TBL IUB 4 2hu5
arrortabs
Shsis 25b 21911SHP 251 --- Page 464 ---
aiche de
(54)
cement de devciopper ce
lal nature au Deu commene
ment admiss mais memoire, la
doit être égaleu
eft trésaiéegente, Dans maniere les de l'employer
Nuelgu@emabiflentene de pays ouifexifte
Matelot eff appellé
claffes, chique
tour de role, fuivane fueceflivement, un ordre
& au
que,asemplir
quelconte-fervice; 9 dans la preffe
achaibyCuatciunade endécidents
& lal viblence
thodes Horméiner ilevifte Tentre ces deux mes qui
levée d'impois dinterenee 95 quentre une
une'contribiticn generule artthinn armée non 2 par
tionieguiliehere
3 Rune percepainion-egalemtnei trianigaille2 &
par une réparse
Cette contidemattoin nitit ecqutablerment fans
faire.
mettre enp dlasderjugcr entre doure' les deux pour
mithodernideje
fenter le tableags pesstedipente des
de pres VE
lieres, desijultiess dest ivetanons Tabus particil DIE
qu'm
d'ittorite
tique EINOESL dom-ancetimtenient
defpo2
je dois ajodter
dindatner: mais
incomeénanetéhntdes atarhilemanoreule de fesinr
quanta laicélérirear remplic mal fon objer
& àl
feivide des atmemens E
En effer, P2LERE malgré las violence
équipages 2s1
ce n'eft gaavee
de la preile ins.
Trais, qu'on parvienra eilncompde lenteur &de
pages en Angletentescles rittembler des équi nS
premniers fr296
: mais
incomeénanetéhntdes atarhilemanoreule de fesinr
quanta laicélérirear remplic mal fon objer
& àl
feivide des atmemens E
En effer, P2LERE malgré las violence
équipages 2s1
ce n'eft gaavee
de la preile ins.
Trais, qu'on parvienra eilncompde lenteur &de
pages en Angletentescles rittembler des équi nS
premniers fr296 --- Page 465 ---
t: 25
(
'tout, compoles par le hafard, le font tols
jours tres-mal, Les. clafies dennestiacet
egard à la France un avantage déide pour ons
la premiere campagne d'unese guntres
peut y armer ties-bien en rpeul des larme-h tems,p
une flotte redoutable, tandas ique
ment dela moindre efenira coigeventAner
gieterre un long: b exereige de Hpeile-cep
fait, eit prouve pardaaombene reroplessis I
& un avantage Iris ECISUY fatolaohluso 16
redourable a
des puillagse Es maitimes, dbinis
certainement etre conterve eckolb. Stral
Je n'ai pas.eu befains - deieveloppehu
beaucoup, les inconveniens senlaiipeelfesis
ils font topotridens 80 tsopionombrepss
foit nécet faire Henapoaler-loag
poHr quil -
tems, 3 mais .dois.sumanend queldoesm
avantages ne penyenk pas lensosarenticati
moins en partie: 1s A erb appsreois suunl
feul, celuide lailler - a1x geneiiameran-s pp
berté entiere pendant
Mugtidiecmonns epit
lorfqual ny Apas, desnom@esssnascd etboobligé 91
important de osmatspenvmube
d'exerctiamedesth Angimambyibéeriese
dant,
penup
A PAIX, larfgeromaticmaie.a
fi 2
les armemens onbnsenliniberioirds
Tenrcziierbennou: SAafiomestrxles d Matelots n3
les tareaitcontantgsonals idesigenes 99
embarraflantes & affer forrespour muure à16TT
Taccroiffement de I lanawigationks ssetingonzoq
atspenvmube
d'exerctiamedesth Angimambyibéeriese
dant,
penup
A PAIX, larfgeromaticmaie.a
fi 2
les armemens onbnsenliniberioirds
Tenrcziierbennou: SAafiomestrxles d Matelots n3
les tareaitcontantgsonals idesigenes 99
embarraflantes & affer forrespour muure à16TT
Taccroiffement de I lanawigationks ssetingonzoq --- Page 466 ---
(26)
Xésiemenagrereie
force navalc. Mais il me principe même de la
méme sres-faciles de BAT poflible, &
entravess de donner une
chiparoitre ces
aux Masclotss & en
trésgrande liberre
tions, en tems de - bornant - à
leurs ohligan
tement néceilaire Paixa ce qui eft fnccheabfiay dembasiauler Pour connoite leur mar-
& la
peluseipeeqpa Tien.
géner 2 de 2
Dour micux, aE I Sire 151 ces -A
ou
rbligaieonse
Mter, Hniuement encore, 9J5 de les faire conprécaurions utiles dans - - un petit nombre de
ne leus
Pour
a
eux-mémess & gui
ceft cougpeaje doengpeauntcahies a aucun égard:
tant, lorique developpett dans un inf
expolerai les
régime actuel des claffes. UI Principes du
Quant aux Hevécs,
de P Paix, HeToe obtervé Pour, les armemens
mens font unormes &
que fi ces armemera
conftans, il le forou aux nécellacemaents 1 Hauis lexgrands
envions, 2 une
ports,
de mer Aufftante, g111 10 Population de gens
ne deront
pour.) X fournir, &
P250 onéreux aux
quils -
merce ( Dans les années - D ports de comqui Out fuivila
(F) Je CrOiS dl-n6cermitre
ansum dans. les certainnomhte Ecoles
de ienesMarelors deesmtinseralever tous les
levées fur tous les d'Artillerie quartiers des des ports; & Reurlesindeuire de répartir ces
plosqu'ilfers
Clalless afin d'érendre le
pep peuventjsmais podtiblelellerde cette inftruchion, Ces levées
canonniers et fixé Hrisonerenles, a enyiron lenombre des apprentisports n'eft pas penible, ils font 400, aflez leur bien fervice dans les
payés, & les.
Marelors deesmtinseralever tous les
levées fur tous les d'Artillerie quartiers des des ports; & Reurlesindeuire de répartir ces
plosqu'ilfers
Clalless afin d'érendre le
pep peuventjsmais podtiblelellerde cette inftruchion, Ces levées
canonniers et fixé Hrisonerenles, a enyiron lenombre des apprentisports n'eft pas penible, ils font 400, aflez leur bien fervice dans les
payés, & les. --- Page 467 ---
( 27 y
fin dela querre, les leyées LOnCeérÉ éroient affez,
fortes, parce que les armemens avoit confidés
nombreux, & que la guerte
clafles.
rablement diminué les preinieres inconvéntent,
des
de mer; majs cet
gens -
8e.ceslevbes doin'a été que momentainé, redaire eaitres-peut
vent fmecelfivemencfe 41013 aa enidrelle
de chofe. Si on parvient
régime a
des claties tePE GalPimanfone pas
genant 7
pour les Matelsis ToHfau'ilsiie Tont cer
sau (ervicergerisrmnostcs
Pisnecemairecs ainfi lel YeuPaVants e Pon
regime attribuer ayant a ta prelle geaayant at
puilte cun a de fes inconvéntens, on ne HPuPhenitet
quillut eft préferable às tous
a prononcer
HsIO 29b laups omiges
égards, Apret avoir établi'ces princines, jedois
prélenter une L idée'de Teribtiftemient a8ttel ge
des clafles & de la forne 9608 Hituelle
lercosmencrs 9 je taa
podreoie
danstes chofes
T REE me Menfertier
& déviter tous'lesTaetails pour
générales abréger autant ( quil I
Tera Rorisia'tunMie
moire dontlal longtiétic r'ie peur etreescufee
qu'a raifon de Limportance de fon objes.
D Les Clafles fontérablies 1od a9b a innal enFrance i
a
depuis
connoiffances qu'ils aequiérent dans eewetales, Commerees ne peuvent pailgse
leur être tres-utiles, de former am6 gaaur des" Carionsiers pour le
SR le feul moyen
Batimens arinés en
fervice des Cotlares, 9UR &des mol.ait croldinon 28q 130 REUE
& marchandife,
importance de fon objes.
D Les Clafles fontérablies 1od a9b a innal enFrance i
a
depuis
connoiffances qu'ils aequiérent dans eewetales, Commerees ne peuvent pailgse
leur être tres-utiles, de former am6 gaaur des" Carionsiers pour le
SR le feul moyen
Batimens arinés en
fervice des Cotlares, 9UR &des mol.ait croldinon 28q 130 REUE
& marchandife, --- Page 468 ---
( 28 )
environ un fiecle; loriqu'en 1689 on
général fur toutes les côtes du
rendit
cel régime qui avoit d'abord été Royaumes
tiellement OrPIte" soceupa eflayé -
par-toot des foles
qua
Bretien
rendrél
des gens de mer;&ales
Iamim-tomaistets qu'il feroir
entemiblifhuneides prépotés dans poflible, tous
poinspringinitie, 1701 wuvois no: a
les
qaesddste miNdl "quon A n'elit S jamais fuivi
quelos recherchesp particulieres, & employé
tions pouro
ventig 397 a connoitre
les délan
-
onddess auroit curmentes &
les 00 Marins,
atteindre debur Gfor fe
opprimés fans
grandiobjerde pulice -
5 mais un
tanepour.lamav
a
AE
gaton, vint
tres-impor-
&bprefque Hans eron 5 sen riaturellements
réanira.larpotice
apperçur, fe
des'etaffes; & donma les
teyeud-oamerwcritr
lesg gens de mer defuivie Y
leurs exaétement tous
fans rechetches'te7" part - dOS dir mouvemens,
génis pou# eur 93
prépofé, fans
ceflerpar leur intére? 21 28ENes Burfonnel ramenant fans
ouils font CAORSS REtl la tenue au des Burean rôles
diémuipageytbjetigese etite la
attentionvoifanol XUS 29VI6I a plus grande
ibieastengeetenle fages ulgen
-
prefefuc routeslesn Nanons 0
communs. à
donelurihiréla ifprerzue naviguantes des loix
&
Cuucmebearimier
a 3 Par le
tous les peuplest-telleit quoique rufage tacite de
zausl 1O aommod 290
1S des rôles
ôles
diémuipageytbjetigese etite la
attentionvoifanol XUS 29VI6I a plus grande
ibieastengeetenle fages ulgen
-
prefefuc routeslesn Nanons 0
communs. à
donelurihiréla ifprerzue naviguantes des loix
&
Cuucmebearimier
a 3 Par le
tous les peuplest-telleit quoique rufage tacite de
zausl 1O aommod 290
1S des rôles --- Page 469 ---
a'équipagés Lese à 29) olosil AI ROTIVIS
fur un navire D font Bens de mer embarqués
X
toujours sommandés
par un chef qui doit
familles, des hommes a
à TEtat daux
emaa des foins &
foumis à fon autorité
dition d'un Navire, a 1 ainfi lorsiee: lespéhommes en
on dbetlemmisole-des
qui Sitodintoiveemnentle
doit être rechigé Patun Oficier pmblics8p
conferve dans un
on
exiger 91S1 NSAAR la -
aliniquar retoup
Ba Ou la 0 C Ito S'pt@fomjpnede-ces
de leur abience. Pyjcéounpsaiéeimhes
tique de cette OTg Uns,expiliten sauthenu:
du
piece L
demeure erre ds mains)
Capitaine &cet acte JS
conge ou pafle-port
C formelavecder
la légalité du
5 nerionalnda picevede
Payillon. Naxipel,éparce
quilconttate
conforménient e) que 1G11 Ttimnstsclapompele a
gens a e
TOmT 21Si aux Runsipssiden droinedesl
dont 2 il dhommes porte o0E Ta bannieres h ARONREDAPLACAa-Nation
font devenus Tactegm - a
ces mémexrôles
réciproque du Capuaine Cmblin'oogngemene
hemme-d-Tequaragrs 11S
ayeechacun ades 0
particulieres relatives la aux Sleurteyugentions C
-
doivent remplir &aux falaisereqnulien-fonr fonchionacqurils E
le prixT Les changemens. furyenuso dans
Tequipage lcs
pendant D G COHES denvoyage,
paiemens fats, U1 aux Manclois.leur ndés
barquement Heur U mortsenfst L
tout cel
peut intétefler ces hommes ou leurs
quaragrs 11S
ayeechacun ades 0
particulieres relatives la aux Sleurteyugentions C
-
doivent remplir &aux falaisereqnulien-fonr fonchionacqurils E
le prixT Les changemens. furyenuso dans
Tequipage lcs
pendant D G COHES denvoyage,
paiemens fats, U1 aux Manclois.leur ndés
barquement Heur U mortsenfst L
tout cel
peut intétefler ces hommes ou leurs --- Page 470 ---
f6io)
milles eft infcrit avec foin fur ces rôles dans
leCapaillires des claflesérablis
par
du Royaume ou ces Navires abordent, les ports 18cl dans les ports étrangens rôle
les la
au
le
T
Contulss ainfi,
retoura fervir à contater
pieeeflaniquiéid &2 qui Térat peur des hommes de léquir
resiftence
deréglenicurs
HsemEe comptes de leurs
Esarigantunier falairespned lt omoin ziolaup!
f de
L-Comsamumeée clafles chargés
lalcenft@son Seidela garde de ces rôles,
deivenodomicame confidérésen mêmetems des
eomsesitenoesesde 8aldomme engagemnens les gardiens des
Navigmeurs, titres del leur exiftence, quil remplacent à
regittrés des paroilless parce
écet égardiles) dlesinotesip paticalieres desi rôles
que toutes
oin fur des regiftres
font rappordesravees matriculés 597 o les noms del tous
nommés
Mont infcrits, de maniere ique
les Matelors
préfente toujours tous
Tatticlexdaschacmn
l'intérefier. Il eft
les détailsiqui peuivent fur cette bafe on a
facile ideivoir quei ordre Steliquilfoit N
stlemerrétoabitinane
Navigateur ne fe
lement intpofliblecblam
qu'uin
tronve pashsitcrit finces regifies,e s'il
comme Navigateur
homme sHioitiporné
les moyens
ine'va-pasa facilement llmersce quidomne tous les mouvemens
de fuivre
chacmn
l'intérefier. Il eft
les détailsiqui peuivent fur cette bafe on a
facile ideivoir quei ordre Steliquilfoit N
stlemerrétoabitinane
Navigateur ne fe
lement intpofliblecblam
qu'uin
tronve pashsitcrit finces regifies,e s'il
comme Navigateur
homme sHioitiporné
les moyens
ine'va-pasa facilement llmersce quidomne tous les mouvemens
de fuivre --- Page 471 ---
((30)
des Matelois,fans perquilitions,fans recherches,fans
fe
fentent aux IEt Bureaux
d'euxiquils Clailes, fice n'eft pré-i
à-dire lorfque deursintérêts lesiyl appellent, c'eftfe
loriquilsi s'embarquent jou
débarquentgo 9 80 a -
qu'ils
de nos Claffesod asb cens-polige-ett.colile
2 W Les Hhateenbaooaet alssoomaftetgl
d'expoler n'a pas Sodjoenb-@ssisuficonmient sriens 0
fentis quelquefois même il
la perdus del ivue ESc-qu@tustougnaifiamr paroit qu'on
Lutiliré des rôles
des Claflessronal diéqtipiage oublré
poublan police
cette bafer unique, qu'elle qu'elleporroit ifexiftoin
dior
ce feul imoyen. Getroublia
que pêr
fautes &c
:
quelques erreufsy parmi caufequelques
je compterai-lidée
letquelles
rivieres un rogimequinteroir deihtanfporters fari les
lesi Ports, 8ai iqui nlétoit
finque pour
cable à un autre ofdre dén emellomeng-appiie chofes:
Les défautsl dez cett érabliflemént 2ommon fur
rivieres ont étéi teconnus socebonbavoit rlds
propofé dy faire d'affez
mensi, Smtmen grandsichangertéunin depuis quelgués anhéesyr fillast néceflitéide
un aflez grand nomibre dei connoiffances/locales, & quelduesdificultés
ticulieresiy 5 n'avoient
parcution de cei projet; forceauliltnerTere- maiselld deviendroit
eeomaviront est Bpor anomolion 91iul b
rivieres ont étéi teconnus socebonbavoit rlds
propofé dy faire d'affez
mensi, Smtmen grandsichangertéunin depuis quelgués anhéesyr fillast néceflitéide
un aflez grand nomibre dei connoiffances/locales, & quelduesdificultés
ticulieresiy 5 n'avoient
parcution de cei projet; forceauliltnerTere- maiselld deviendroit
eeomaviront est Bpor anomolion 91iul b --- Page 472 ---
(3:)
une confequenice dè ce que jevais propofer
les Clafles maritimes, fi le plan que
LE préfenterai étoit adopté.
d'avoir un
Je a crois quil eft connoitre impoflible lesi
de
meilleur moyen de
gens
mer & de fuivre leurs mouvemens, 7 que
ccluirques donneng-lles rôles d'équipage
les Navigateurs 5
pour roiquiieniceme ordresfpamipomant pour eux, ne
8cet
je ne m'ocdoit memtrachsetiea davantage de cet objet. Les
cuperail dérails relatifs pas à rage &x au tems de navinéceffaire pouriqu'on puifle les congation idéret comme Ivéritablement
de mer
fervice, lage tree cette oblidcaffujetisiqu gation doiti voeller, ce qui concerne leur
déclaflement wolontaire & tous les objets
ides développede ce geiti-enigerdiene qui ne doivent être foumis
mens tropl longs
les
à un lexamen 1 dei dérail établies qu'après & les que
bafes principalesfimons
priocipes géméraux Pecheurs ibien polés. réfidens far les
Quantisausi
naviguent que dans de
côtes, bmaspdoxquel.on &0 quimé
ne donne pas
petits
ils font gens
de rôles degsipugedncomme Tobligasion
der mer, ils doivent fupporter
hien
communevnecile sifont déclarations ondinairement de tous les
connus par les
Marins --- Page 473 ---
Marins de leurs Paroiffes:on (33) )
obferve
égard les mêmes regles cqu'envers les dleut Navi
gatcurs, ils ne font clailés
ont declanéyoulogretcicere qulaprès qu'ils
qu'ils ont perfifté dans cêtte cettel déclaration profetion,
après Tavoir exercée, 2 &artoujours ils
meurent libresdy menoncen 953 % Pe deLes Ouvriets,e employésada
& au grément
constrnction
fouvent
rtomscesepcereiet
Mandien-denpisin.dies dles
arfenaux, 2
aufli claflés ladnkgnatssidrsee pour soetrobjcb dej
ifont
maniere. 197 U6 38 9961 6 aislot lasimeme
J'enl viens
elignab
dei Tordre fuivant chpinjunitsmusrmede lequelvleaugens
doivent étrefaccufratuent
dermer
plir deury obligation desiletvines appelésa remmoyens derla Meneseipopsa Bondes
Dansy
crur.dexeindisilch areereyienbienes las
on
clafles, dontune fenoit Manelonlegpluficurs
8 prére à
tobjommdesfervice
aflez généralement rcihat-Cohedindiond fuefaite
Clafles; imaiston reconnire eniduatesp partiesn jou
drdreshe feroit bogique
brentôtique - cet
auroit toujours
dansile cas oaiby
annéen le même ralsunégulicrement. chaque
tems del paix, on sembrepeiyiemnene: mia spasbéloin
en
desi Matelotsy Bcil
daiquart
eel 20011
stslosb ausipineanjuhecdur 2o1
ennsM
mECCaunne
afles; imaiston reconnire eniduatesp partiesn jou
drdreshe feroit bogique
brentôtique - cet
auroit toujours
dansile cas oaiby
annéen le même ralsunégulicrement. chaque
tems del paix, on sembrepeiyiemnene: mia spasbéloin
en
desi Matelotsy Bcil
daiquart
eel 20011
stslosb ausipineanjuhecdur 2o1
ennsM
mECCaunne --- Page 474 ---
de tenir dans l'inachion (34) & fans
multitude d'hommes qui
falaire, une
pendant ce tems là, utiles pourroient à
-
étre,
& à eux-mémes Pendant la leurs familles
Claffe de fervice étoit évidemment guerre, la
filante, &la nécefliré obligeoit
infuf
T'ordre écablir
d'enfreindre
OJUS, E doublier oun
toute diflinchion. que Licavenintateese bienm moins ILI a - -
étéle méme, quoiune 0D 23D I5L denibles
avoit
24 proportion
Aon
fixé
paix & pour 910015 difterente pour le tems de
eft impotlible 9
Felur 0 T1g de 2 Swerre; parce qu'il
lité de
JIO admetre & 3
une parfaite
helginsn 9TI51 M de lesprévoir avec égde une
STte nécelaire VL fisommenfea CEGUK feroit
gmt
PAUT U éviter le
cepenmanquer
danger de
9UE O
On auroir dunerd BAtue SIC des éequipages dont
chez eux mkides befoiait IE
191 Finjuttice de retenir
employer, Dudo Aufli 91 Matelots J E L - qu'on ne peur Pas
blé, majs TAI 9195 cellant CCF ordre de 0 fur a bientôr troufubllita n.En.sel
I le
-
rien.;
imivre,-on
a,
li difpommon
n'y
devint
des levécs
quement JS. nécellaitemest oq
athitraire, &cunila for décifion dependante 19
dela volonté & de
chaque TUB vabiplne - toM eodas Commiffaire de
de faire leur recommandoit
gens
marcher chacun des
mais la bilos Jucccthyement & à fon
F
rours 5
des
necefite 19
0JS daxpir 61 fouvent
à
suen
égard
SUP circonflanses Parriculieress relatives à
--- Page 475 ---
(35)
Ta fantéide ces matelors, aTétar de
familles &2 autres motifs de 2 ce -
leurs
fur-tout l'impoflibilité abfolue de furveiller genre,
exaétement la conduite des
8 d'examiner la vérité de ces Comraiflaires, dérails
ne
être bien connus Si - fur qui
EATEF leur avoit donné une a Argue autorité 1 ab- les
folue , quil ne pouvor
ni
C
eearagee dinigée
des regles, ni
191d par 12
nen9
2n8e
elle
b
gendu-ner
controles;
étoit bien augmentée encore ROUTO0O1O
tenfion dés premiers h in EU 3
par l'ex
1 -
paincipeade Terablif.
aires, dérails
ne
être bien connus Si - fur qui
EATEF leur avoit donné une a Argue autorité 1 ab- les
folue , quil ne pouvor
ni
C
eearagee dinigée
des regles, ni
191d par 12
nen9
2n8e
elle
b
gendu-ner
controles;
étoit bien augmentée encore ROUTO0O1O
tenfion dés premiers h in EU 3
par l'ex
1 -
paincipeade Terablif. fement des claffes OAPEN PaVOR-LLElIC
lobligation du fervice millraire astot9d etoit 3 que une
conféquence dePla
nc
que C'étoit en C quelcue preRemene.e OTAI 3 Marin, IX
de
la
manteteinanes
charge
éette profefion; 8
Tinf
cription furiles rediitreptweio netoit que1
moyen de faire remplit E cette M 290
que le
on confidéra att contraire cefte obligation 0
comme un véritable
inicription 21bi0
tb
devoit avoir aucufl terme, entdlement, 2 9H1 ne 003
pouvoit rompre IS
9 1619590 Ste rien E ne
avoient ceffé d'étre 2 mertie str de pour, 909b ceux #S qui
qu'un ordre exprès du gens RoilY mer DO 14 moins
n'exifoit d'ailleurs' attane-tevle autorifar, Il
pour fixer les motifs" du
m précile
établir ce qui devbit! faire etallemnent, confidérer 19
uni & 2
homme comme Marin? 2 Cétott 291 encore de
la décifion abfolue"dul Commiffaite que
Ca --- Page 476 ---
dépendoient
(36)
importantes uniquement ces décifions G
étolen Tobjet. pour Le les individus qui en
avoir attribué de retenir pouvoir chez que Iufage leur
de mer qu'on avoit le projet eux de les gens
prendre dans'] les premieres
comfufer la7 permiffion de
levées, de reTottif
s'embarquer ou de
fin 1a utruseter compofitton 9119
2 soméme d'influer ainfi
mens marchands, di
Penfinola des équipages des bâtifonds Tdeftines au paiément ditpofition des
des
mer. fos-eohombuorra à
gens de
rité déces Conamifhaties, angmenter 0
lauroqui étoit devenue
aPraume abfolue,s Isen"ufoient
& la plus
généralement 13
avec
sueemadonuon, i1 étoif impomible
2 mais malgré cela
plaintes tresovives quciler ;es n'excirar pas des
jultes, 1es déciionvlesplas choix les plus
fouvent filrehilitredes
fages, doivent
les motifs n'en Yont pas'connus mitmures, 82 lorique
n'ont
3 Ea bale'des teples confiauntes: la fuite Pas
"cler Eardeehoftodevun UA
être 80 étoit en
& lel décaeragemehrides mc-ahnentement préfque général
Telle éroitlie firtationten gens de mer.
jugea nécemrines desir rappeller 1784,loriqu'on les
principes
vrais
gens a de s-dhrclafferments mer 3t9
de donner aux
- 2719 D 9V0019S lficulté Idoyiol dont on n'ayoit pu
Tnoiek0o, D0
deehoftodevun UA
être 80 étoit en
& lel décaeragemehrides mc-ahnentement préfque général
Telle éroitlie firtationten gens de mer.
jugea nécemrines desir rappeller 1784,loriqu'on les
principes
vrais
gens a de s-dhrclafferments mer 3t9
de donner aux
- 2719 D 9V0019S lficulté Idoyiol dont on n'ayoit pu
Tnoiek0o, D0 --- Page 477 ---
nori
13)
les priver, de renoncer à leur
de s'affranchir Par là de
profeflion &
fervice; d'établir des regles lobligation & du
variables & bien plus douces précifes C
inqui-avoit été funvijuiqu'alorsa que tout ce
miner Tage & lad duntednmavigation Pour détersovenrisrertcomoine
bi
qui
Marin& le
unthommiecomme E
de rendre aux mettre.dans a
genarde lecaneene claflés
plus entiere del mayigners meflr ISTIT liberté la
leurs quartiers loriqu As
SC.AF6 fortir 27 de
daires au fervice des la Marines meifont-pas nécef- 211
Commifbirestiste
doter aux
tion deséonutipagesdes inuenonfariatms
rénfin del Jubttaruer aurchgisn Danmessmaschands,
fecret desi hommesigui daivent Smarbitraire &
eles levéesscmn tour
compofer
connu de tous
derolerégulier &
Tels font lest cewce.gmi3 Ont intérêt.
fitions de
jedo-principales difpo51784 Mais FOrdornance enherablifanr d#3 I Octobre
falloit aufi wallrendemorem Ges. de
il
obferver,
faire
FtA
Fautorité des On.ne-ponypir Commifaires fe diflimuler que
tiers érablie parhu unr long.hfages dans leurs &
ibalancée
adiant
xles
par rient, legs laifleroit long-temps
moyens d'agir
cipess'8c on avoit Suivantles fur-tour été anciens frappé prin- de
Tincomentent.foveure éprouvé, d'être privé
C 3 --- Page 478 ---
de (38) faire examiner les faits
de tous moyens les gensi de meri qui fe plai
allégués d'opprelion par
& de difpofitions
gnoient
Commiffaires n'éroient
arbitraires 2 eles
Intendans des Ports
fubondonntsiqosus oceupés de beaticoup d'objets imqui,
dixés dans arces
RE trés-exacter
Portsyne Ponvert-sib-foavre iconnoitre aflez
ment ces détails-nimdme ceux quin y font
bien tous leiquaraops.8c une diftance confidé
empeyésrdoecaes rable dicheflieudul département; déméler pour ola
bien jugarodes plaintes gen aller vénifierfur
veritéy8: enconeanoinsies Sinipections paflales lieux; &riqueiques remédier que tres-ine
geres ner pouvoient ce-sicfaut.Apres avoir bien
penbitemeneal réfléchi furles aioyens d'aflurer Vexécution
des reglds 5 8ola libertédes gens de mer,
le feul quil fe:alors Fautorité pollible d'employer, des Commif
confifta 8caenvconfier à pattager une partie à des Offifaires,
réfidens dans
ciers de lai Matinetretirés& croitidevoir compter far
les ghuaniensron
deux perfonnes
hethaesmmaciese plusi encore fur la
d'état diflrefiey@-bien les Matelots ont ordinairéconfiance que
lefquels ils
ment dac'tweoifesen-aN ont partagé leurs fatigues
ont fervi,6dene
, des Commif
confifta 8caenvconfier à pattager une partie à des Offifaires,
réfidens dans
ciers de lai Matinetretirés& croitidevoir compter far
les ghuaniensron
deux perfonnes
hethaesmmaciese plusi encore fur la
d'état diflrefiey@-bien les Matelots ont ordinairéconfiance que
lefquels ils
ment dac'tweoifesen-aN ont partagé leurs fatigues
ont fervi,6dene --- Page 479 ---
(39)
&leurs dangers. On doiten -
effet remarquet
que la qualité d'homme del mer 2
&
commune aux Officiers de laty
RE
aux Matelots, les liebien plus que la différence des qualirés sde chef80 de'fiubalrernes ait
nerles éloignent : & 9 pour peui qu'on
connu les Ports, LenroMtreinecimeet einprelle
cet attachementi initueln8eucet
ment à s'obliger apatlesnénitos alesi 290 inome Offi
a n Cette intiason-panimpeik.
ciers quivayant loncakenccaie fut
de deur vie à emitnc-ieMasibe le
mer 8 ndansi les' combats sstonfacrent
a
refte deu leurs jourstaipsendee foini des
compagnons deleurs travaux ales protéger,al leur pocueiensecomnmies qu'ils
ont mérité, à engoutagenlejeses gens
qui le deflinentià lesrempleeeryi6 8ca fiorcesi pré- 8
parer ainfi à TEmt.deaowtclles fecours, futs icelle qu'on choidet nouveaux
desr@ficiers milis
fite Et Tétabliffement
les
taires dans lest elstiasla.predtteoqus dans-les
heureux effets stsan-en.eipdwpin,
parties des côtes andeyadinc-chuleals 6
quon ait
depuis affez longscnipasipour
linpur en éprouver derenorecoonolite 25l SUp so0br rtrre
fluence, mnoratolsneM
a
Lan feule ehjeationirafomoule qu'on eit
ait Pu faire, consreq celo établiflement, C 4
aires dans lest elstiasla.predtteoqus dans-les
heureux effets stsan-en.eipdwpin,
parties des côtes andeyadinc-chuleals 6
quon ait
depuis affez longscnipasipour
linpur en éprouver derenorecoonolite 25l SUp so0br rtrre
fluence, mnoratolsneM
a
Lan feule ehjeationirafomoule qu'on eit
ait Pu faire, consreq celo établiflement, C 4 --- Page 480 ---
(40)
celle dianc-sintgmentation: de
je dois obferver
dépenfe:mais
à environ,
que cette dépenfeiréduite
blement 120,000 liyres (1), eft véritatres-mediques fi on la
avec Limportance de Tobjeta & compare da
plus grande partie eft réellement
que
comme, récempsnde de
employée
à
retraite,
D
ddes, Olisicrbrqui
donnée
auroient mérité
bientnmhbe -
gnfing quele
Ide la ces
rine, étorn Hogstle,feul des Corpsi
Maqu neuti PBNI douglaces Gorps de miliraires
retraites à
elpensfast Onia egb TI anion 9HI0C KUssie
pbiecte snilisson avoit augn
mentépama ignombrerdes Agens. de cette
admaninogned lerveran
csla,efk vrais maisj jobgul, faur tresmpeu
sdorfquom veut
dAgensal
21 donnet at tous ceux qu'ont emp
SIIT CTDUTDOT
(1)ila/pectesn Appointemens Bénérab.lila & frais du Burcau- rins JISt 9b 50E
Ouatre Infpecteurg partculrers.
Frais Appointemensa de Burcaud- ychacun!.
3600" #
Et pour feg quatre
(Vingromenfo Chéfs adellelalles29 STIS)
AApoiaremanerd Frais de Bureau- chacung
I5oo 9
039 Totarnroa.. 92
Trense-ireisolficins
Appointemens
dhcigndifemensziim GE US
Total,
900 1091019
160 9pp xuoil 291 auh PnomgoRupired 29700
LA YUS afemsbaeafiendficion 120100
ychacun!.
3600" #
Et pour feg quatre
(Vingromenfo Chéfs adellelalles29 STIS)
AApoiaremanerd Frais de Bureau- chacung
I5oo 9
039 Totarnroa.. 92
Trense-ireisolficins
Appointemens
dhcigndifemensziim GE US
Total,
900 1091019
160 9pp xuoil 291 auh PnomgoRupired 29700
LA YUS afemsbaeafiendficion 120100 --- Page 481 ---
(415)
ploie, une autorité abfolue gerarbitraires -
on eit forcég au contraire) de les multi--
pliery lorfqu'on fe détermine à'ne confier
à chacun qu'ane portioin pde pouvolr furveil- li
mité, 8c qu'on veut o5ndt établit 9016q unél Sbniag PALD
lance.
mêmes
On ne peut' pas einployeticttes - he'Paiti
raifons qui tendent Rà pronvePeuil Reul-Acminiftra
droit dansiles Portseuun
teur refponfable poatiy yrder-imfesauices L'adthiniftration
rrès-maiquées à cet egard: moins fur des hommes
des Arfenaux porte
fur des choles; dott #lefl-pofmible'de
e faire rendre reomiptengures 3 - oBjets"font fans ceffe
grands mesmarduds8e attment
Tattention dellrdininiftration eéhéralesle
nombre d'Agens detotte elafe Nédeffaires
danseiesPors-dublire: toujourstme furveile
lance de fait 3 enfin, elle-ferstecréelle 201 P
de
la part de la paete active. dell 1 aManne,
qui doit employer.a laimerice-qu'on pré- des
dans-les Ports. Mais Ter pouvoir
EELAIERES deseclafles ne portoit
fur des individus; 8eu n'avoit"pour
eie
de petits détails. Le Commillaire étoit
E au milieu desigens demer; qui lui
étoient fubordlonnés onr ne
prendre de renfeignemens fur les
que par
1Rae
lui,8c il reftoit) bien peu de moyens aux Ad
ne,
qui doit employer.a laimerice-qu'on pré- des
dans-les Ports. Mais Ter pouvoir
EELAIERES deseclafles ne portoit
fur des individus; 8eu n'avoit"pour
eie
de petits détails. Le Commillaire étoit
E au milieu desigens demer; qui lui
étoient fubordlonnés onr ne
prendre de renfeignemens fur les
que par
1Rae
lui,8c il reftoit) bien peu de moyens aux Ad --- Page 482 ---
(42.)
minifrateurs les
en chef pour
dans
réclamations des Matelors, ditinguer, le crij de
Tinfubordinations dela plainte
Toppreffion peut arracher.
legitimeque
Mais ionoblerve que
clafles éroir Hi en général, Tadminiftration douce & hu- des
mseeocaniay.ahait bien
a
qu'on.pe-jerspuvoise
moins d'abus
connusheB dfsbiserse généralement. vérité
Taired'ausant nlos.ler.Coumifuires qui honore
quils RYpient plus delmoyens des d'abufer. clafles,
Ceit avecnune wyefatisfaction
leur rends cexemoignages mais
que je
ellets, pouvoir, arbitraire puille produire quoiqu'un de bons
loriqual crcontié àld des
fages & modérés isen, elk pas hommes
dangerens : ainti sipitiique les
moins
teurs éroieut-bonone 908 dû Adminiftraon auroit dàt méme arles
les.conferver,
améliorer, deur forts f les irécompenfer circonftances &
cieux,on,a, Favoient permiss maist Lle régime étoit rviabus, A on avoit dale changers le bonheur : di prévenir les
pas à punir, rol 380 tldions de tar n'en avoir
Tout ceque je viens de dire fur P'Ordon- BErL
tifr
nancedus 1080hrerz84iap pourobjerd'en
de, expofer & d'em faire iconnoitre les motifs;
pouvoir Prouver faires quona fair alors tout ce quion
mais non- pas de foutenity --- Page 483 ---
(43)
qu'il eft indifpenfablement néceffaire de
conferver entiérement un régimes dans un auqjuel infje vais propoler moi-méme,
00) nigg
tant, de faire des changemens.
de
Je ne peus cependant combien me jlell difpenfer étrange -
remarquer encore ,
eette
qu'on ait cru pouveir Reprocller-a. avergenet
Ordonnancel quelleav voitcag rindis"que
ferré les liens des Marclots
enga
ceft la premiere quiait anéintildest velanifi 4h4 a
gemens incdiffolubles 8ela
propoler moi-méme,
00) nigg
tant, de faire des changemens.
de
Je ne peus cependant combien me jlell difpenfer étrange -
remarquer encore ,
eette
qu'on ait cru pouveir Reprocller-a. avergenet
Ordonnancel quelleav voitcag rindis"que
ferré les liens des Marclots
enga
ceft la premiere quiait anéintildest velanifi 4h4 a
gemens incdiffolubles 8ela jattes guondreux giqui ait renduniuse celle gens ene
dey mer la liberté idetedeclairer? Reusidendhipofer
core plus piecieule deutenémes potir lofaue'lesrhel
entiérement
piasrousfep
foins de lEtat selesappetlene Hait tomber rles
vice ide la atte suqutiait
,18e
entraves dont ilst emenctenvetoppes learmenens
Jes. Ntsenqulemtoma@entes ait Mubititue un tour
da Commerce pqui 3
leviées wbitraires
de rôle régulier aoldes
femblables 13 a3A a
- a1
sdivifé vle
trop poavoir auquel ees hiommes etoient 4ottmis, pour laffoiblir, & leur donner Fdes
moyens AmntimveeneTSiIROng leurs parvehir féu
leurs plaintess renlsiseremure
compenfes, 7 ainfi eURunmieetient font employés at fera
familles, vice-de l'Etat; lorfqulils erifini, dont troutes les dif --- Page 484 ---
E
of
pofitions la bienfaifance de détail portent lel caraétere de
& de Vhumanité,
pofoit d'abord ail cette
Onn'op
la. craintei idémentie
Ordenmances que
foiblire gless claflesyi 8de peellexpérience, diminuer
d'af
fources Idelicettel infiraution,
les reftrop les liens qui attachent en relâchant
au ferbicel;
iles Matelots
ampoéianins matesblbeprochey fi difficile
fair éhifuital dagraverllenr fervinde, alété
Pas de lalp partrdesgens sl-faradirneineqes demer
cei n'eft
au
1 & je peus,
quesij'en cohtmine.rmfirmie: avec vérité, parce
aiplaacertitude
par-tout ou a ces hommes, complette, G
de que
foinsyont
dignes
nos
fentin
eulesenpsdecmioie & de
-
àl
hndbi@nencgdbarcgines actuel
cienl, ils ohtiregardé des
l'ancette Oedomaanep, soommelle difpofitions de
plus grand
Heeogdann-peied leur farisfinctiomaieré
être accordé; &
douce vpour ceuxl quip une ont récompenfe bien
travails
concouru àce
d'anemanieres saailesrenessifites s'exptime -
telots n'écrivent pet éclatante, & les Ma31 Qmoi-quibien pasi foina Pnsla alig
tou8s
ibien moins
cet régard, il eft
été faitimiors, aimpomatidevantiners deirechercher cei qui a
peut étrea utiles faire-achuellement ce quil
perfectionner le régime des claffes : & pour en
compenfe bien
travails
concouru àce
d'anemanieres saailesrenessifites s'exptime -
telots n'écrivent pet éclatante, & les Ma31 Qmoi-quibien pasi foina Pnsla alig
tou8s
ibien moins
cet régard, il eft
été faitimiors, aimpomatidevantiners deirechercher cei qui a
peut étrea utiles faire-achuellement ce quil
perfectionner le régime des claffes : & pour en --- Page 485 ---
((45:)
fuivant les motifs qui ont dirigé les difpofitions faites en 1784, puifque ces l'avan- motifs avoient pour principal de objetiy ce
tage des gens de mer, faire changer enfin ce qui
peut mériter de l'ètre,
iqu'on
exécuter àn cétte époque;
ne pouvoit
per-
& ces que 1 Sircondanceracueles ensil esl gou
mettent d'effeéhier.ne inp"
fuisli Il faut d'abord 9 détetminer lordrel
vant lequel des Matelots feparit apipellésau
fervice & jlevésa Jescroisique lat omeilleure
reglesila feule même srucanpaille tondeorôle duivre
à cet égard, eit icellerdun
feront
bien, connun de rousiceuxilqui Lo yo 3U01-16C
scompris, aib 0.zammod 292
sb L'objethion 3 ordingireicontre scette-méthode nceoate
ne peur pasi être exaftementrér réguliére- sceux
ment oblertéymparce, querfostett
fe
dont le eofeirinatonest
trouvent abfens 8a a.lusmerramn-memenit
de la levée 3 8to que finom lesoavoitrre- eturéfalstenus d'avance damstom@huneiil Cetterobteroit une gêne tres-onéreufeind
jeétion n'eft pas fans fondengostzjelactols le
icependants moins réelle qu'cllemné 2800 cpéut fur-tout
paroitre aur premietiappengus talesipour.la déLje ne penfe afttcindre pais quib oiles Matelots-ye eni tour
sruire,
esb
sl Banotbohse
09 3:elalo
srigor
us d'avance damstom@huneiil Cetterobteroit une gêne tres-onéreufeind
jeétion n'eft pas fans fondengostzjelactols le
icependants moins réelle qu'cllemné 2800 cpéut fur-tout
paroitre aur premietiappengus talesipour.la déLje ne penfe afttcindre pais quib oiles Matelots-ye eni tour
sruire,
esb
sl Banotbohse
09 3:elalo
srigor --- Page 486 ---
(46))
de marcher; à attendre la levée, à moins
cependant-q qu'elle ne for
& même déja annoncée tresprochainey
voudroit alors
; le Matelot qui
vers fes
séloigner feroit injufte enfouftraire camarades, a lune
& chetcheroit à fe
muériterd'eerer rétenu obligation légitime 1 7 il
fencas neferont
5 mais lorique cesi siabconflansess
duesqu'aus hafares des Cira
dn.Manslorsbfenr, riencafempèche que le fervice
quilefiueslansl la difte,fauf me foir rempli par celui
danelamrcmice levée alel comprendre
illen eftndes méine des après hommes fon retour's
mwidesioudacmese raifons
que des
cmpécherdient.de faite leur particulieres,
tout cela eft achuellenient obfervé, fervice; &
Mais,
Hatkenumnaemadeput roujours
les levées feront
même peu nombreufes, & fe réduiront
prefaue à riens files armemens font
conftanssc arpeu presie égaux : 80 dans les
Factivité grands mou vemens pendant la guerre,
les Matelors/rentrem dunCommeree fe rallentilflant,
chez eux, 3 8cl, dans iuni tous courr fucceffivement
tems, 5 les Ivariations -
du rôle de efpace de
doivent He à trouver
8c
fervice
fées: Le tour de tôle répirées ne doit compens -
établi d'ailleurs d'une mamiere f pas être
G fniélesiquén ne Puiffe avoir févere égard 8c à --- Page 487 ---
(247)
lallongueur des campagnes, &ala nature
des fervices, imême aux befoins des Fai dés
millesi, & ala fituation partieuliere
individuis; ce ne doit pas être une loi
impérieufe 80 dure, mais un réglement de
famnille, pour da répartition la-plus égale
qu'il fera poflible d'une cobligation a commune 5 8 fon vexécution dioir-etre-fuivie dowceciSous
dune manicne-patemaileree
ce
de rwue 3 ijee. wok'pasldtantcont
LE réelsà iinshinesceas
fora
8ci f juiter pnsespenimemier oncait foinne comme cela
mant les rôles;
de
efb prefcrit aduciemony-dboandreifr O86ctm.Mannier
pardeuliens des pour diverfesslelafles de gensiide
&c pour
men 3 parce sEhmnmE dif
exigent que lès domandes-de-levéer Goilesrqualitnés
tinguentr toujourslas grades
*ormer 8c
des hommes snéceflanesuy pour
ebriny
completter les ehmepnuntsc-ntswscots aiqui it
llifaut imatintcmampretanànet
convient de confier lenfsinedendretide ces
rôles, de les gardarsnoe des compofer 9
d'apres cela, ides levéesi@leftl Tobjet rqui
demande la'plus férieufe attention 3 poif
cleft celui qui améretle leo oplus effen- Hdsi
Sncet les gens demen. zwslitsh 80 iles
E Dans Tétat actuel; des Offipiers
aiqui it
llifaut imatintcmampretanànet
convient de confier lenfsinedendretide ces
rôles, de les gardarsnoe des compofer 9
d'apres cela, ides levéesi@leftl Tobjet rqui
demande la'plus férieufe attention 3 poif
cleft celui qui améretle leo oplus effen- Hdsi
Sncet les gens demen. zwslitsh 80 iles
E Dans Tétat actuel; des Offipiers --- Page 488 ---
(48.)
Commiflaires font chargés
de ce travail; & on ne
conjointement
cette chilpolition a 2 été faites Ponypir, lorfque
de précautions. pour Prévenir Rendre les
plus
niens
iconvéhomme - des IS décitions arbitraires d'un feul
de changer Maintenant il-eit devenu pollible
fuon, id Bela a quelgue paroit chofe à cette difpo0Os 5
abfolument
D
dansice
nécellaire:
cette 919 no sasanle propoferai
L IOT M INMORTGABRASA -
fonchon aux DT de confier
mer LL eux-m emeas Scit-a-dire à des gens2 de
choifis, 1 11117 Patmi EPLAUSA DiE o Jibrement hommes élus
eux-mémes no/ SMSTSIAOE MDSSCARuIC a Paroile des côtes par
msERBNSREOS sl ansdsg
U Ceci DBTN 5718E Aueiques,
mais SlAXHDE gueIMSneS pnécarer.je dereloppemens dois
oblenves
neft
veau; il SHRUASPROJS jété
L
Pas noun'eft OAVOIE L -. tro fogm6/sn 1734 &ce
& de quapsesete la.tealré L
- conyaincu de la Yérité
foient nlomnd 9D fon: desmehiacies gui soppogandepaueae EXecution fur la plus
en
CuRes
à
E
aNROn renonça
on.pens,cipérer pcupevinmas J5T
b
C - dans, ce moment ou
clafles
T deitrouver dans toutes les
L denf EHRoyeDS 99 des hommes dilpofés
Asneciperdndcuns, les
IIT
intérérs bq
communs,
le ptineipest den 596 cprit public,
Hétoir
dog
devcloppe gcrme
DI Pasrencore fuffifamment
alorss Jercviens avec plailir à
ce
ça
on.pens,cipérer pcupevinmas J5T
b
C - dans, ce moment ou
clafles
T deitrouver dans toutes les
L denf EHRoyeDS 99 des hommes dilpofés
Asneciperdndcuns, les
IIT
intérérs bq
communs,
le ptineipest den 596 cprit public,
Hétoir
dog
devcloppe gcrme
DI Pasrencore fuffifamment
alorss Jercviens avec plailir à
ce --- Page 489 ---
t49)
ce premier plan; qui me avoit parole eu
ré
les vues
ERTE
remplir tabliflement des qu'on Officiers militaires des
clafles, pour maintenir régalité de arbitrai- répat
tirion, & prévenir les difpofitions
d'inres; & qui, s'il n'eft auffi pas quelques exempt avanconvéniens 3 préfente -
S 110164 6ISb enouit,
tages.
des clalfes" ontete divifés
Les Ouartiers
à 1ocm aux difpofie
en
Syndicats, confenemenr de
&1y
tions de TOrdonnance chorlis 17871 parmi sa 21K les
a été érabli des ilsiont Syndiex aekaelletient hom- ee
anciens Marins:
Je
més par les Infpetteurs.
dans propore
en foit élu un "ou alfemnblée plufteurs déncrale
Paroille,
une
eE
de mer par ; & qu'en Hemnifinit plulleurs une 1e à
C Syndicats aeels. on leut'dorine Syndics
érendue plus confidétable; jueces
lés
foient chargés de dréller 8de dont Bardet 1l feroit
rôles de tour de fervice. aux Oficiers Municiremis des doubles
"fuivant laquellé
que la proportdioh &ochaque Paroiffe con- No
EL Synidicat levées
fût détribueroient aux
T dcOuzier, -
lorf
terminée & Es
cohmesoents delevée dans
arriveroit
Fet
qu'il
on n'ent qu'a ladifribuer au
un Burean Quartier, des clafles, fulvant da peon --- Page 490 ---
(5o)
érablie; enfuite tous-les Syndics de chaque
feroient Syndicat, raffemblés dans le lieu principal;
publiquément la levée
en fuivant les principes érablis demandée, dans lOr
donnance ide 17847 8 fur-tour en n'écoutant les repréfentations
êtrent ifaireslparte uelques-uns 1e ponrront hommes
lévésy ekaipntemeedeieur
les renmplacer yosilst ne a marchent qui doivent La
levéest
pas,
faires reroireésin-prdfenée danseless hieux
au Commif:
qui feront
pour leirafemblemenr & aux indiqués époques
Asde.crComifare la
en
vue pour examinerifinles pafferoir
repréfentecontiles
gens qu'on lui
dans
grades & ( qualités portés
fervice.2on la-demhande,6 mndl zntoifnpl font propres au
On pourroit même lors de cette
à laquelle tous-les principaux Syndics revue, affif
teroienty autoriferlese gens levés, dont les
repréfentations dans
n'auroient pas été admifes
Ieurs-Syndicass àles
pour fairen juger Stleuirs demandes renouveller,
f'aflemblée genéirile - des Syndics
.9b
Pat
quartier.
291 Laonotlo -
Telles font les principales
de cer
ib me refte difpofitions à ajouter
quelques acnel Tovio5
Jei crois-abfolument néceffaire de con-
y autoriferlese gens levés, dont les
repréfentations dans
n'auroient pas été admifes
Ieurs-Syndicass àles
pour fairen juger Stleuirs demandes renouveller,
f'aflemblée genéirile - des Syndics
.9b
Pat
quartier.
291 Laonotlo -
Telles font les principales
de cer
ib me refte difpofitions à ajouter
quelques acnel Tovio5
Jei crois-abfolument néceffaire de con- --- Page 491 ---
(4is
ferver les Bureaux des claffes tels
exiftent actuellement dans les Ports, qu'ils
l'expédition des rôles
pour
tenue des matricules; d'équipages & la
tans pour les Matelots regiires &
ifi impotmilles. Ceft dans ces mêmes pour deurs fas
qu'on doit, contintier à verferg
Bureaux
dues aux gens de,
lesafommes
la Marines atrêter mespaumle-fervice & régler
de
Pour les navigations
lebrs-compres
poler dans las caiffe paraiculicres18c.ds
ce qui leur eft dRA.ratfieadeces dellinée.aacet objet
garions, lorfqu'ils nei fontipas
navi
lei recevoir au moment mémes Dasportée de
Les Commiffaires des
a0oq Suyt
je Tardéja rexpofé o-des.Oficiers- cladiencontyaing
DREAR dont les fonétions font
putantes; en les confidérdnt
trésaimpore
de Fexpédition deolene idesndrux commerchingés
néceffaires pour
Pieces
pavillon des
epbin-la-legiimre du
les Notaires mavieromationauxs dest
sincomme
de mer ; les dépofitsiresedes engagemens 8 des gens
intéreffans
euxsla Bordes titres.lesi plus
conflaten: Roere exiftences les regiftres Iqui
&, en quelque esniee-kxciraene defenfeurss
Matelors; fur-tour de
des
fens, & dont ils doivent leepxsqui font abferver les droits, en
s6clamer.o confafant-dépofer à la
D 2
Notaires mavieromationauxs dest
sincomme
de mer ; les dépofitsiresedes engagemens 8 des gens
intéreffans
euxsla Bordes titres.lesi plus
conflaten: Roere exiftences les regiftres Iqui
&, en quelque esniee-kxciraene defenfeurss
Matelors; fur-tour de
des
fens, & dont ils doivent leepxsqui font abferver les droits, en
s6clamer.o confafant-dépofer à la
D 2 --- Page 492 ---
caiffe des Invalides (s2)
enfin, en qualité d'Agens ce qui leur appartients
tration, ils font
de TAdminitce que doit la Marine charges du paiement de
qu'elle a employéss des aux
de mer
accordés a
font
RLEEIR
leurs familles
qui
abfences D
de
pendant leur
ceux 1913
Texamen des demandes de
I
Teur agA2 leurs infirmirés, leurs
29b rleurs
A
cas casdep Pretendre S Sonnol befoins mettent dans le
&ht autres ad, recompenfes JDOTUE aux Ir foldes &
dnvalides,
HOUS CEL fecours
fon-acAiE Sn HTOUE 1l TUA me
qui leur
2Dn paroir donc évicent
e ECOIITITE conterves -
des TIL clafles doivent
dencurera a tne la pnor CTU91 leur état actuel, &
fonclions'ont ont Edes nomiation 2119,
du Roi: leurs
SIVOD 13 objers 50 d'on intérêt
général, 2
trop
nderer Bourroon 90 puife jamais les congés
comneaupicipsles a1 SOIUD -
; ils font charfouvent Tune-sdntihanit affez n E7
très- D
&
79 I
étendue.
guerre 7 formhe comnpliguécs 25 une
qui,en tems de
contidérables des gfes parties les
&
J91 dépcntes de - la
AD
NAT
niftration TAdiinafiesiaa. fur-rour une Admifes Agens, reiponfable en 16E Ades ISI
an doit Pouyoir choifir
dépendance Aprbcde renir D dans une entiere
objers de Parictlicrement
aux
C
comprabilité.
quant
bien néceflaire d'erablir Enfin, il eft
parties de cette
dans toutes les
291 grande machine des clafles
ofhioteq a aal6 InLlonLgOs 271791
tration TAdiinafiesiaa. fur-rour une Admifes Agens, reiponfable en 16E Ades ISI
an doit Pouyoir choifir
dépendance Aprbcde renir D dans une entiere
objers de Parictlicrement
aux
C
comprabilité.
quant
bien néceflaire d'erablir Enfin, il eft
parties de cette
dans toutes les
291 grande machine des clafles
ofhioteq a aal6 InLlonLgOs 271791 --- Page 493 ---
cnobneggs snal (33 ) sbilkvnl EU 1
une exaéte uniformité & un ordre -
conf lorftant; & cela ne
avoir lieu que difpofera 1
génétale
que
to
RERAS
complettement de fes agener Céoit a
Tobjet
des levées qai avoit donné aux 9D Commif etendus
faires des Claffes un pouvoir
YUS que
dès
n'en Teroit Alta
a301 qu'ils
cette fonction 291
5tbn519t0 plus
.25
librement élus 2- ilicata 291 nauront 29m1H1
-
fluence Hur 1a formition Taanodt des 2anit anipager
des Batimens miechinds letie autorité ne
deventr AIEURN lun- a
pourra plus
E - BD
fimportanee dletsicatvre aredisn.
lité,
DEon de prélenter
tes aux objets que Teviens Been 2 donter D
Enonone
ne peut être revoquée
manere Ietanas
J'ai expole ci-d-mus-8e" ardjucltel Smmo & la
la rédaction des rolcaareqcapile a Iah bale de
tenue des mstrictlts, formoit CaNet en T1A
toute la
- -
daeee
police
omGi
effet que par a ces 29 Regiftres D.
aiufont At peur
connoitre les gens 1QT- de't mer nI5 Fleurs 7 tE
tervices, acquieleurs navigations, 185 Erades n TO qurils dans le plarx
rent; iP1 feroit dane néceffaire I
propole, d'établir une conreipoedancevre des Clualle 82 les
intime entre les Bureauk
1OD
des
Syndicatse Ceft par communcarion STIS
matticules, que 20 les Syndics pourront
dre des notions exactes fur les
RE
à leurs
&fur
teurs appartenant
paroilles; D
--- Page 494 ---
leurs
(345
les regiftres mouvemens, pour former daprès cela
& les rôlès de particuliers de ces
tour de fervice, Svndicats, Eux
peuyent a leur tour faire connoitre feuls
Commilfire.les Pécheurs réfidens
au
Ouvriers "des profeflions
& les
une "comhmtitanfcatiog
maritimes: ainfi
nuelle feroit néceflaires refpective &
& contifaciles wagzaehe 2917 JIE ceso 2bibn détails font
mTai
gens
RdeproBfarvegiie
de w-merridcvonen pendant la paix les
libres 8t qu'on hedoir être abfolument
chez etgroa
to
pas les retenir
cées Tavis 20 d'an motps'cquune levée annonparation - a guerre mouvement, 'He fafle &d'une pré
neesimedeprenede
fentir la
maigodans letat ordinaire gmelqnes des précautions;
ume-ghelesindes
chofes, il
abfentesrdes gens - re de'mér foient de informés des
la demanide dGH billep ou - leur paroilfe:
ne pourroit pas'errerefufe paffe-port le
qui
eftla Teuterchofe alaquelle par
Syndic,
nable damiriette
je crois convevant
Mfatstonss en
-
néatmoms Guilferoit
oblerces paffeportstilltene connus néceffaire
Ouartier. &même Tévêrus au Bureat at
du Commifhine, afin'de de la fignature
dans tous les Ports du pouvoir faire foi
hommes voudronr
Royaume, ou CEs
Semtbarquer 3 88 auffi
eftla Teuterchofe alaquelle par
Syndic,
nable damiriette
je crois convevant
Mfatstonss en
-
néatmoms Guilferoit
oblerces paffeportstilltene connus néceffaire
Ouartier. &même Tévêrus au Bureat at
du Commifhine, afin'de de la fignature
dans tous les Ports du pouvoir faire foi
hommes voudronr
Royaume, ou CEs
Semtbarquer 3 88 auffi --- Page 495 ---
tss )
parcequ'il faut que les Commiffaires cons
noiflent à chaque inftant lesi reflources-que
le Quartier peur fournir dans le moment
même - afin d'mftruire TAdminiftration ce
genérale par des états de fituationede fides airconfqu'elle peut enreprendres
délatg de
tances majeures exigent faniant
grands armemens.. T 9091 IO AI G1BGH des
SLes Syndics étant tres-andépenelanse remCommilfairess pourrent cenendant PI
relas
plirl iplofieurs fonchens impottantes exemtives aux Bureaux des Clatles: par a
aux
ple.celle de eechercher les hommes de
quels il eft dû. des, falunenec pantsi aux
prifes non réclamées.a rde ditribuen deb menien- -
femmes & enfansides, genS lespaxances &
ployés fur les Vaileaux noms de mois de
fecours. connus fousle examiner L
fur les
famille 5 de receyoi
lieux & tranimettre d auxt d'Invalidesa Commiflaires avec
les demandes de foldes
blets
leur avis far la firnanon perfonnelle, follicifures s8 infirmirés de ceux quiles - de leurs
tent
ainfi que furilen betoins
familles 3 mais ilaettutile de
acucllement de tous 12 ces détails, &
CRT
viens à l'objet important de da répartiton
des levées.
2nO 251
Du Toute Tétendue des, côtes du J Royaume
A
d'Invalidesa Commiflaires avec
les demandes de foldes
blets
leur avis far la firnanon perfonnelle, follicifures s8 infirmirés de ceux quiles - de leurs
tent
ainfi que furilen betoins
familles 3 mais ilaettutile de
acucllement de tous 12 ces détails, &
CRT
viens à l'objet important de da répartiton
des levées.
2nO 251
Du Toute Tétendue des, côtes du J Royaume
A --- Page 496 ---
(56)
eft aGvellement divifée em
nommées Infpections; dont deux, quatre celles parties de
Bretagne & deNormandies fontp
rement deflinées à fournir aux particuliédes Ports de Breft & de
armemens
de Tonlon &
TOrients & celles
armemens 16 cien Port de Rochefort chacune aux
nom; mais 91091 la 3 a On dont elles portent le
buer aux IOTDUST r Nerniere 3
doit fouyent contriA la population, srmemeusde JIS 101 manitime Ou Tonlon, parce que
TSuOr
des côtes
2 MeiReIAnNG nelt
de la
fufhre
D, pas.allez
L eer cet objets Acn.
grande pour
toutes le
ças de nécefliré
ruellement 55 Imipections TI
D uA doivent saider muCette 19100 yusb
roit
-
dicaipon UD
des
SI
Rare 3u a
mere
Clafespar
tions font €
confervée, les
S
D
Infpeccheflieu et dhvilgesse 13 un Port en, Qmartiers dont le
des Claffes cit EU erabls. dans lequel le Bureau
Onartiers fue les TS1TE La ditibution des
foin
103 51 coteat été revue avec
marquees depuis avec X Pot_de de tems leurs, limites
y a peur 391 derch Précilions & je crois
BU Chofer 5
a
quant a
a faire. à cet, quil
tiers JO en prefent. IMIT UI 21 La foudivilion des égard
6D Syndicary lemble
Quarfion
exiger une révi
ce travail Pour Teserasten feroit 01
du plan actuel; mais
facilement
qu'on a dans le
exécuté,
IoMT
parce
des
Dépattement de la
a
Marine
Retfagicimcm SnT
PUS fur les licux, pour
BU Chofer 5
a
quant a
a faire. à cet, quil
tiers JO en prefent. IMIT UI 21 La foudivilion des égard
6D Syndicary lemble
Quarfion
exiger une révi
ce travail Pour Teserasten feroit 01
du plan actuel; mais
facilement
qu'on a dans le
exécuté,
IoMT
parce
des
Dépattement de la
a
Marine
Retfagicimcm SnT
PUS fur les licux, pour --- Page 497 ---
CR30
seireet objet; &rélatifs à 1a populacion 19
3 Da
6b time de chaque
n
mariparoifle 2 leure
reipectives, & toutes.
3 san ditamers
1es
locales qui peuvent déterminer 1 convenancts D Ales (ES réunir dans le méme
21T0 -
a U
Ou
Synticar t o1
les
féparer : on fe procureroit,
-
Ne
dallears
promptement daHonVeae TO
renleignemens enamsie trest
usils éroient SEAHRCTAE a ISNT PmoR enlaite
déterminer le PPNGRRIVINE XUS lequel 100 char
que Quartier devr8f 5OT contribuer at
-
dtmaite
générale des levegs nu
&
les états de
- 6
TALan
Areation-desnedf Eous les Glémens néceffaires
1390 établir A ce 291 29101
fur lequel je nai potr que de deux
à
faire,
DITISTO S1oe
atert
favorr sorav Guylhe 9 peut
que pour Un teis Ndentmne 1 te - A9HoI parce être 9102 fixé la
population maritime danelague TROI cuartier egre
pene changer patdercanfe 119 B9 on
& leurs rapports VIHLE rpat dis Damiculicres, 29H51 confequent. 3 1
20. queles rapporr'de f coietbuitien aUt
L des
levées des quinterencPtn elxz 2I009b ne peuvent HP
Ipas être Tes memet Rodi RlRAS e Clifles
degens de mérkt aticlanie Quarners OD Daq
vant fournir des Oficters 1051910 - J1 ou D
Marelots de reie8if TF2IBEEE H dans 2191 une
plas ou moins LIROELREEDO proporrion. TOG
19.
Ainfi
ces rapports dolvelt R2HX te TI0 cieterminés fot HEVS L -
chaque Claffe degese 0 de 5 mer - 2050 a tIo Pour
a0
rement. Erde mémne pour ourteOuvacs les
particulie- 0ou des a --- Page 498 ---
profeffions maritimes,
fires, Perceuns &c. qui Charpentiers, font dans Cal-:
d'ère levés
le cas
Cc tO pour le fervice des Arfenaux.
que je viens de dire peut être
appliqué a Terablitiement des
aufli
levées entre tous
rapports des
Quartier
3 des Syndicars du même
a dans le Lesisennoiflances de
fufifantes Departement T
de la Marine
om Potin
travail
EE
fair en fort
queIce 1
puiffe être
BsHde semsa :
quant à cette
fenpna U
mais on ne peut
qu'elle 1
-
Sar
diure
dhr éprouver dans M
.
que je viens de dire peut être
appliqué a Terablitiement des
aufli
levées entre tous
rapports des
Quartier
3 des Syndicars du même
a dans le Lesisennoiflances de
fufifantes Departement T
de la Marine
om Potin
travail
EE
fair en fort
queIce 1
puiffe être
BsHde semsa :
quant à cette
fenpna U
mais on ne peut
qu'elle 1
-
Sar
diure
dhr éprouver dans M tions beaucoupid - changemens & de
varialieres, doomesiles - lI L
circonttances Partieules
9u7 Beuvent influer fans ceffe fur
de rellpurces. & la Population maritime
détails quelques ne Barontes - &comme tous ces
juges fur Peavent leux HDIT être bien/obfervés &
pour maintenir les 20 les mémet je crois que
d'égalité de
principes de
DI
& de
fépartition 3e de bienfaifance juflice,
douceus qu'on ne
dre de vue dans
- J doit jamais
1 à
le régine des
perr
une imipecHion active &
Clatles,
néceffare. Elle ne TUC Tett vigilante eft trése
bien examiner la conduite pas de moins pour
qui feront Employes à cet
tous ceux
voir, vérifier & tranfmerre objet les 5 receplaintes
paruculiersle a demandes & les récla- --- Page 499 ---
mations des gens de mer.,
E font relatives à leurs falaires fur-tout & celles
dues prifes; leur diftribuer les
parts
aleurs
&
récompenfes
de détailsy dont ferviees, on ne venferheissoap
cela avoir une comoiflince pourroit jamais fans
exige.
Cesinipeétionsnel
T
objer que de tout devrtmienc-votr pour
rien ardotiner, , R ml rédlerp examnentane pouvoir
tout aueunePanrormee Tir Cms'tlormer rots
Ture 300
& fur les Syndics Tp me Hag Temble gens srtarm de mer
Cormillions ne peavent PenePd que 19 ces
qu'à d'anciens Ofeee 28! URP données eh
parcd que les Mateloes
Miirine - 3
avec plus de confiaificen Sadremferant 8"ae
à eux
toute autre
plaifir Ka 9u3
Officiers peuvent efpeer-dhoimitcrr bien miete & que 00r ces
objers de leurs neclatisnfone,
des
leurs
A
Fe fervices. desdroits
feur donnent
eRgE TiSirtise
Je propolerois, en
conferver les quatte rconfeqtence 2 de
liers & Pnmpecteur 31 Iofsteteus A
bis particutuellement établis pour general V
qul Mont de
ac- to
née des tournées fir las fulre chugue te annuer à s'occuper dela cores : &contides détails dont ils
pluserande
ges Le traitement rongaeelement des
ae
qu'un tres-modique
Infpcteurs n'eft
objet Pde dépente,
irtise
Je propolerois, en
conferver les quatte rconfeqtence 2 de
liers & Pnmpecteur 31 Iofsteteus A
bis particutuellement établis pour general V
qul Mont de
ac- to
née des tournées fir las fulre chugue te annuer à s'occuper dela cores : &contides détails dont ils
pluserande
ges Le traitement rongaeelement des
ae
qu'un tres-modique
Infpcteurs n'eft
objet Pde dépente, --- Page 500 ---
c'eft a cela feulement (60)
-
EH
reduite celle
que fe trouvéroit
lument mhilitaire des clafles. Et fi on
cLCme
&
iccellaine de
trouve abfoOmcieis
lupprimer les Chefs
fonchions, > par damiendidphont 2 dont les
Mans-temphies Tapport aux levées, fe trouhokentinesies par les Syndicatsy devienjei ine
doblervenm
Sn 01190 peus me
Pour unsls ansal Ruer €1 impprimant R ces dipenfer
quiles Taveniti Nai Sirdation des Orliciers places
plus granda OCCUDERt b esb aBhiellemene L unosn
mérite la
Alentionn Ces
Rteclmrtentee les
font de modiques reautres desc8 lvress 011500 livres,
técompente de
fontle prix & la
meranjuldede deunifervicety & il feroit
gement
t29b JeSRpHiver sust
fans
Ga eagr sapioliigms 90 iur dédomma--
li zlisieb 299 STViLl 65
avan: (*) Ta-piadk Vierhe 29 sool 35
tement rOlotAst de
général exiftoit
goi fivenpea reconnu Tonilires - 128as-on.e quiel bien cen fentie avoit long-temps déja parfaipechable général Veellemanrene
par tous ceux
comées.Par eu avquel
eleefremple leref
fonne de m'eri Idintaee ebraimporiamte dese plas à hendiere font
naires de
conrainere, fgit-dans les portée détails que pertre-affocie aisiratsee a Tes
Joit-danis les
ordiporicerte decalfion Fravanx : & pjeine peux tournées laifler onfai
quel fa
dgttpin a desoverrus
échap-
& qui réuniroit modellie D8 peut le riérober dans un hommage auJe.dois ceux qut-Hiennepe fecainemons 3 13,0 Masine le fiuffrage général cetinllanr, de tous
qu'ils sontinuent joindre mes à Yoeux aceux par desi quelques gens rapports.
jouir long-temps de Tarantage demer pour de
iporicerte decalfion Fravanx : & pjeine peux tournées laifler onfai
quel fa
dgttpin a desoverrus
échap-
& qui réuniroit modellie D8 peut le riérober dans un hommage auJe.dois ceux qut-Hiennepe fecainemons 3 13,0 Masine le fiuffrage général cetinllanr, de tous
qu'ils sontinuent joindre mes à Yoeux aceux par desi quelques gens rapports.
jouir long-temps de Tarantage demer pour de --- Page 501 ---
(61)
Quant aux
ici
Syndics, 7 je T n'examinerai
point
tous les détails' que cet objet
roit préfenter dans Texécution, fur
leur
ian
élechonyl
nombre dans' chaque Syndicat, qui doit être relarif a 1a
tion maritime, la formation des Bureaux popula=
en
95vor XU6 TIOC4BT IEC e -
T'avoir pour N - chef, asDibRye 291 Eq coTC
Mais, files qmalités pour protecteur &zpaut Berdnoiont
plit das place slinfpecieur perionnelles. infldent RS celai gus remfur Jes ayantaget que dois zentist, procufer ceite'phate dilensiellestent i
également vrai qu'elle
eit
réelle. Cerrel importante Inacteuienercee machine des clafles urilitetres
grande, & sompofce se trop Cer parties
Fee trop
quil ne foit pas néceflaire de
diveilesy pour
niftration générale, & fur-tout inreairieimncsiun de maintenir
& l'ordre par anelifpection vigilante & Luniformité
Les"
Inipedteuro partienliers Ont acive. GeEtabic
rodLStLe de 1784- Majs avant
on
continuellement oblige'de faire faire ceuse épioquel eion
des tournées qui ne rempliffoient pas des bien inipedions leur
parce
pour bien fuivre ces détails il
Eote particulieres & Tocaless
la faut-des-cons
vail peut feule falre-aiquérin. Onne que fe fuite donc de ce tradéterminer 5 qu'ons-antacheront
san algrs que
fervice quatre Ollieiersresireay Be'leuts Barticulierement un
ace.
n'onr pas été cerrainemelie régles"fur
appointemens
Je.crois sres-utilea
aWPtnex, exceffif.
par les motifso que taasesiea Tai expoles-eridellus : & conlerwerac
qu'avec regret que jes meiprive du PlaMr
ceun'eft
ce, que je penfe particulieiemehe
de dire, touto
pliflent Huntenessmtoncitint aesDimeiens 7
qul rem- à
j'ai été plus à porrée devconnoitra"l tizroucde. Hie
1 -5 ceux. dont:
dansles tournées que j'aifaites avedleux merte
diftingué
tachement pour dles Marins mey Far'delrcr , mais mon atqu'on leur conferve des) Protecteurs &
ardemment
anfi zelés & anfli utiles àutous egards. om des défenfeurs
SBIGEYE
- gno. TINOI A 7nsunirso2
'ai été plus à porrée devconnoitra"l tizroucde. Hie
1 -5 ceux. dont:
dansles tournées que j'aifaites avedleux merte
diftingué
tachement pour dles Marins mey Far'delrcr , mais mon atqu'on leur conferve des) Protecteurs &
ardemment
anfi zelés & anfli utiles àutous egards. om des défenfeurs
SBIGEYE
- gno. TINOI A 7nsunirso2 --- Page 502 ---
& les (62) fonctions de ces Bude a Syndicat, Je dirai feulement, quant à préfent,
reaux.
que ces fyndics doivent être
que je pente
fera pofible, parmi
choifis, autant quil -
ne faut pas
les anciens marins ; quil
& 1 à
que ces places foient perpéuelles un temps démais feulement pour.
yic, 27
Bureaux, qui feront af
termine femblés E lors
levécs, & peut-être auffi
fixées 2
faire,
à certaincs époques
de pour tour de fet
revoir & comiser compolés, Jessoles par la réunion de
vice foieth fyndlics & formés de maniere
une jultice imE a
asBcntidaimer exacte dans les ordres de fere
partiale & S ales Easantir de Tinfluence desi
vice, comfdciations Pariculieres & loBE Cerobiet ett d'autant plus impors ceft
rant, qu'on nepeut feicifimuler que incondelà que dérivent bles prineipaux propofes &
véniens, du - plan queje
de s'aflurer a
fera peur etre, aflez difficile des Syndics, & peurTexacte impantialité cificile encore d'en convaincre
être plus
mera 8 de prévenir leurs
les gens a de GeF égard; il eft certain queice
eftbien moindre dans Tétat actuel,
Re &
Commiffaire qui décident
TOtticier levéesh a le étant
cloignés de ces per
des
ére ETOP: ordinaitement foups
tits, dérails,.P9ur.
urer a
fera peur etre, aflez difficile des Syndics, & peurTexacte impantialité cificile encore d'en convaincre
être plus
mera 8 de prévenir leurs
les gens a de GeF égard; il eft certain queice
eftbien moindre dans Tétat actuel,
Re &
Commiffaire qui décident
TOtticier levéesh a le étant
cloignés de ces per
des
ére ETOP: ordinaitement foups
tits, dérails,.P9ur. --- Page 503 ---
(63 )
de çonnés de partialité. Je defire que le choix
gens de mer foit toujours bien fait; &
fur-tout que leur confiance dans les Syndiesquilsauronr élus, puilitrelbigner leurs
foupçons ; mais malgré céla, 21 iliera né
ceflaire d'établir des regles qui T
les raffurerSil n'it
pofmblerde puiffent -
ferver les Officieis pasy
conavec les Syndics. potr agide 230.2101 B
29ldesl concert
On pourroit croire'otil feroit "utile
d'admettre les Officies Mumniopans
les Bureaux de Syndicat 102
dans
avoir bien réfléchi, je nesente 7. ntis'iprès 21
y
convienne de leursnemabasrartcunes pas qu'il
tions particulieres àcet égards de
fonca
maniere qu'on les limirat, leur influenice guelque
détruiroit bientôr celle
feroit anéantir ainfi par 4 desSynidicss Tel
58ce
je propofe ded donreraus me2-le-droit gens 5 de mer
de faire euximémess ou parjeurs
tans, la difpofition des ilevées, & repréfen- d'en re
partir entr'eux la
j'obferverai que leso ehangercomtiune. gens D
demer étant Tes Et
feuls qui foient intéreilis-a-terte
tion individuelle, eux 9 feuls'aufhi répartis
avoir le droit de larfaires foit femnblent par euxmêmes, foit par leurso fyndies, d'érablir
l'ordre de tour del rôle qu'ils jugeront le
plus convenable , mémede l'intervertir
& de le changer lorique cela leur paroitra
obferverai que leso ehangercomtiune. gens D
demer étant Tes Et
feuls qui foient intéreilis-a-terte
tion individuelle, eux 9 feuls'aufhi répartis
avoir le droit de larfaires foit femnblent par euxmêmes, foit par leurso fyndies, d'érablir
l'ordre de tour del rôle qu'ils jugeront le
plus convenable , mémede l'intervertir
& de le changer lorique cela leur paroitra --- Page 504 ---
(64)
jufte. Sion chargeoit des Magiftrats de ce
foin, on rifqueroir de convertir
en une loi févere & inflexible, ce fouvent tour de
role, qui ne doit érre, je le répete, - qu'un
arrangement de famille fubordonné aux
circonflances ; enfin, en
les Agens-tocaus a
multipliant ainfi
menter-le dangerudest 2 on sexpofe aufli à augtions parformelles. Hepenfe petites confidérafonchons des Offeesol
donc que les
vent Te réduire a piefiderlesattamnbices Municipaux doilectiantlessendies recevoir leurs
d'é
& affutert Fétécution. des ordres fermens, donnés
parley Bureanx de fyndicats en
pour cela Tes moyens coadtifs employant
en leur pouvonr,e mais fans
qui feront
Fexamen 8F des motifs derces Soccuper ordres. de
Le develeppement destouso ces:
ne peut êrre fait, fans
détails
qu'on. soecuperait 6 del Tesécurion doute-s que de lorfplanc Er-quamt à deil L quis concerne la di- ce
vifion des Ouarterse en
travail particulien qui 30 fyndicats, feroit
c'eft difficile un
avec les matériaux qui font déja peu raflembléssje remarquerat feulement,
droir que les arrondiffemens de ces qu'il faudicats fuffene
Crendus, & tels qu'il Syn- fir
toujours facile Rd de
au Chefilieu, & d'en revenir chaque le Paroiffe même
nbis! jour
amt à deil L quis concerne la di- ce
vifion des Ouarterse en
travail particulien qui 30 fyndicats, feroit
c'eft difficile un
avec les matériaux qui font déja peu raflembléssje remarquerat feulement,
droir que les arrondiffemens de ces qu'il faudicats fuffene
Crendus, & tels qu'il Syn- fir
toujours facile Rd de
au Chefilieu, & d'en revenir chaque le Paroiffe même
nbis! jour --- Page 505 ---
(8) 1ex Mencloest
jour pour ne pas
les tiffemblers
fera oblise
E
E
lorfquon Mais il feroit inutile de s'occuper achiel Sb T
lement de tous des - objers.
Fu peut agt
Le projet que je viens fur d'expoler les frais actuel
préfenrer une économie
Tes ré
de Padminiftration des claflese aT
- d'un,
duire, à ce ce.e pretumes a de e pres
quart (1). Mais ceneft pas dans princiT, le fait,
pal avantage de ceplame aufft 29
charla dépente d'une admniftration, des - érablic
Eée de détails, &qai esige lesPorts a
de
femens de Bureaux dansit tous Rr -
f
commerce, ne paroitre pas excellive,
on Pexamine avec foin a des appoinemens modin
des Commiffaires) des clafles font
jer crois L
memepouvair affurer que
f a 1000 livres, & pour unt petit nomdépenfe totale C D les - Totssttcane quartiers
des ()L clalles fe porte E denviroi 384,a00liseyy 1a91609
favoir: Pour les Oisiessispalitirer 8raures fraisa environ. 26,000
Voyages, Pour les > appointeitens. vacations
des-Comimitisiess de
faipplemens Boreauxquiiont qui leur à leurcharge, Emtposeingerakiudbdes & les modiques
traitemens accordés à mnerqluer EA Syndies: 23 smsa 2975933
384,053
Tibnorus 291
iSi - les Chefs des clafles 8t réfalteroit Officiers, une Sarrondillement écohomie de
Étoient fupprimés, eft il a en de chofe
lesquart de
87700 livres totale, 2 qui
peu meb 3 u9n pres
la fomme
B
ingerakiudbdes & les modiques
traitemens accordés à mnerqluer EA Syndies: 23 smsa 2975933
384,053
Tibnorus 291
iSi - les Chefs des clafles 8t réfalteroit Officiers, une Sarrondillement écohomie de
Étoient fupprimés, eft il a en de chofe
lesquart de
87700 livres totale, 2 qui
peu meb 3 u9n pres
la fomme
B --- Page 506 ---
bre d'entr'eux.à (66 )
foibles pour leurlaffurer 2400 livres,ile une exitence font trop:
nate, dansles Ports oir ils
honfrais deBureaux font réfidents & leurs
fur un taux: très-bas. Je en.g ne général peux donc établis
propofer de rédichion, fur-cet
pas
jei maseibsnenomen objet; mais
dcexdbotneisont dopitera2 le nombre titre
Commillairgs xikk des davifer encl plulicurs ide
claifteslquantiants appeintémens
plus inwlesifeiiencadence liyres, done.les &
plus smspdetopdivrel établir
les
tain nombeencce Sous-Sroremtillgtres Un ceis
desboindrgs appsinteme
avec
ployes Hnaicecotaile nens,pour lesleme
ques-uns mémerch fecond dlans lesigrands &iquel
EEE Commiflaires
des
mer
-atinzlejosisdmnite, desfor
méritent namgASseT lesplts
qui
vent seemenyeena deaomimecik-ut ldoiaufedans ndespietiss Portst faudroit en
Eanto pes.Chefstienk.der
qui ne
Qmarrier, obi il
hsieninmtnitguien des wole.deqwipace
puifle expédise
Ceoquegiai.expiis fuel quOG la eavolgms 29A
CroiSu convenableudie donner formerc à Jadminif que je
sestpa-dercilfimngfufity quellemaniere
pour faire voiride
cefervice pourroit
étrerem0191 --- Page 507 ---
(67)
desl
pli Lorique les armemens exigeroient létatt
levées de gens laillevée de mer étanto 8d'ouvrierss arrétéipar ler
général de
en Meroit faite entret
Miniftre, larépartition duivantules nrapa
les différens établiss quartiers let Commiffaire ae rehaquel
ports quartier feroit de memelaréparation entrel
tons-lesSyndieshs neetadinederaltras
principauxi Syndieés 2oli aux Burdhexades lemomo
Syrnt-amuderuersnade. contenant
leuri
bre/8 staenapieerd
dellimation,8 lesrepbques E airquelies-ils iles
doivent y être sorenchesz Aprèslique lesblevées
Syndics suroiene-compleue
Fcrerimas tela Irevue dangrtesi heux-de
en pafleroit
raliemblement qui freemgandiqnurt-mms
les plus comtpiodico/pdlurdee gensldemer, Seofraiside
Boikleurp condoite. paleriardes-avinces A-refteracfans, doqte, arirégler
de quelle mmmone-corhemtarnts rendrontp à leur deftination nagemagluje ponfe aicet
qu'il paroitra cbho@muhieldftemblea
égardiune aatatnie leslervice militaire de
mes employés
la
manneyo fent Qilereche-poole
fervice de terres"par aconféquent-roue ce
quilifera réglé AemaanaAe cellerdesMar
êtte employe poap
EA
E 2
ans, doqte, arirégler
de quelle mmmone-corhemtarnts rendrontp à leur deftination nagemagluje ponfe aicet
qu'il paroitra cbho@muhieldftemblea
égardiune aatatnie leslervice militaire de
mes employés
la
manneyo fent Qilereche-poole
fervice de terres"par aconféquent-roue ce
quilifera réglé AemaanaAe cellerdesMar
êtte employe poap
EA
E 2 --- Page 508 ---
68 - 1
)
Je n'ai qu'une feule
ter pour ce qui a concerne obfervation les
aajous
des levéesp Quoiqu'om dtit toujours répartitions fe conformer aux rapports qui feront
les differens
il
établis entre
qu'on puiffe OQOuamtens; &
te s'enfuit pas
Aeelie qu'on doive fuivre cette
er puttieulicrgrpelz deroir contraire chaque à levée linAebskednmr parce
certains encrorry,8-furant dans
dans
ot onlarme pourel les grandes Ports
levéds feraient biem pinss oiéreufes pèches, dans les
quaictes époqtess deldannées
dl'atties sonla maintehamt
dans d'égardean
LSE
difhribtea.les desicircorifhaunices locales; & on
différens
époques des levéds dans les
Ouprersydila maniere
a maaliplecioniestir
qu'on a
rins; fans) decmenilifitidrote fe pourles males moyens dl'adotchraiuft Hes conferver
dur nfervicep &e-pourrinaintentr oblgations
répartition sliblnefh nasimécellaire légalité de
fair-ebfevéendais chaque levée qu'elle
liere, poursr qu'elle feir retrouve particu: dans
rotalité de socllusdlune extunée, Qtant à la la
diftibution entre leslSyndicats du même
Quatier, cesodiffércces n'exiftent
mais comme les demandes ne feroient pas;
foujours compofées dun nombre quipuilfe pas --- Page 509 ---
(69)
fe divifer exaétement par le rapport dé
terminé, la conmibution de quelques Syne
dicats poutroit fe trouver quelquefais devroit, plus
forte d'un homme qu'elle neile
& ces légeres diftérences fe compenferoient facilement. 1PO
2 BIHDB XTL UI
Jel me fuis contenté ideis maconfrofquile qui
générale du plani que jle-ptopoles-8c
me paroit réunit ibeaudoups sd'avantages feryice.
pour les gens demar 8 pont.le ésabliflemens
ju conferve tout ce eienlest
diutile
actuels des Bureauy desithtiessoa:
de
pour le fervicer publie Ce.pouerlesgens
mers & en retranche toute jeipece zd'autorité quant aux levées pourlasaranupbrter cles
mer
auxi Syndies choilisep pap
geside
eux-mèmes, qui feulsiauront quelque pouvoir récl fur lesi Matelots , dur-tont quant
à Tobjet le plus importint-pous de eux ces 5 celti ler
de Ja répartition individbelle
vées. Le Commifiaire, comed dameureroil
chargé, à cet égards querdéila répartition
numéraire entre lesSyndicars? & comme 15 b
elle devroit être faite fuivant uneproportion
fixéel," & que les réfultars Sde ce travail 1
feroient toujouts publics 8biem connus a
ne peut en dériven aucuni incenvénient (1)-
E
(1) Hieroit peur-êure asile de prévoitlecas E3 oliqueiqie
iaire, comed dameureroil
chargé, à cet égards querdéila répartition
numéraire entre lesSyndicars? & comme 15 b
elle devroit être faite fuivant uneproportion
fixéel," & que les réfultars Sde ce travail 1
feroient toujouts publics 8biem connus a
ne peut en dériven aucuni incenvénient (1)-
E
(1) Hieroit peur-êure asile de prévoitlecas E3 oliqueiqie --- Page 510 --- - - 70
S1 Quantàl lareparcion
entre à
cet a
les
objer 19 ne peut regarder
Quariters,
tration géneiale de
Tadininit
depend
DID 01 14 Naa
0 IT
eatierement
puiquil
être donnés BTO pour les desordres qui devront
Tauxce dansi les
armemens des Vaif aiferens
levet
206b
ports,
Pe VIDI esde chaque quartier Teront auxquels -
les
9up5nh spoques S34 2Eph
érir ardre délinées; IC
jetsrelant o C
aceux HOVE 109g armemens NO mn des proa
IpesaluDe gurdolvent leur
SnA Wesre 6e1E-dEie de tenir H
mcceder
mêmes ano crlloi polde2e 29 20O: Tecrens TS
LEs
quant aux SPoldeatont travaux 61 ovD Vded 21 peuvent. r
9791 VOiP Héu
roujours. bien
arlenaur. 9b
Erifiera
repartitions toirb 9b facilede reconmolire
DS
files
rapporrs PNDISTE aliarilt 319 6
faites
TCH
TUPT
fuvant les
determinese IO UD
191010 STUS TIDE
ETIR Eabideinent TI6I
objer
desSpnaiel
30 MA que diNuRer 6r14
nayanrnolr
nuon
jultice de
ar
ae
roit TOTAL indtecticlle des
St9
repir A
au
levber H1
0 D
moins R9X91 SLARERE a établir
"TTHe paentre ler
SHP
dés
d' un ont 2D018T0 Syndhcard 29 d
Tapports I
autre 5 ce
C
&
rOlamer
TAS1E
ceux
a
Compliquer, fans né
Syndicat horsid fo MGanRO
02109 33 -
faudroit id'étaty de foprris 8ooxconthunces pantculieres,
du Quartiér réparcir se déecit lanté/aire-Ue fur les autres fon contingents il
cetravail ferois fbrbomilere & on
afinque la levée
rétniroitayes faitidans ue Burean Nestrondceraiiet, oir le
qhe
zes
Commillaireie
- vuel tifpoftions la tres RPIRComie de dérail 2 ilne faudroit Syndicats, jamais Maisdans
mairemears 5 BmeppiOt seandericéleree eque
perdré de
ment peur fouvent arreterle olubierque,e eesesicigereat moindre retarde- ordjdépart d'ane Efcadre.
rétniroitayes faitidans ue Burean Nestrondceraiiet, oir le
qhe
zes
Commillaireie
- vuel tifpoftions la tres RPIRComie de dérail 2 ilne faudroit Syndicats, jamais Maisdans
mairemears 5 BmeppiOt seandericéleree eque
perdré de
ment peur fouvent arreterle olubierque,e eesesicigereat moindre retarde- ordjdépart d'ane Efcadre. --- Page 511 ---
(7)
de deraiLoeal
ceflirés une adminifitation
u
beaucoup de rendre rresGmsple
E n'eft que 30 Padmieitracion senenale-de eonfidéret F
la Manine, qu doit toujours TO1 a à machine
dans fon enfemble cette 201
erande ea ordonner 290
3 &
des claffes 3 afin - D0 de 20 PONVONE dans les sdilferents 5
réparnf
armemens GUD Sup6na 20 farvant 09Y9L
leurs 292
TE
Epec0e
Cnogiomnib
rrain
PorsK
ecanaqiue daus
les
peut IRD avoir 31595
moyens ANYORP
eupages S d
moment pour I09, formaerles 5D ao 55U7
Plotte
enfin tous les Myesengels
riger 5
laplus 194 DCRE activesei moins Rornelbniée
dela maniere
25b XUEVET XUS -
-
-
Insi) Far
reufe I3
aux SEASRE mer
noid.
9 UIOS gensde
de ditcuter TeRFir
Je ne peus RAT6I me S19! ROIUS
ae
R
aete ESEBRRE 2110G0E au Co
un autre projet, qu
a bien voulr
de la
22b
SNnte
NOC mité LIB 15 I Marinea 22 mDI
erPS lans en 15100 ant -
me: b commumitueth 1 51
AUI M5121M 6I
b.aup un
examen deraille 216 29D me SISUDIELAN. reduirala ne pere 1 * ie
L E IS19 D
TL 2HIORL Taffrontz US
er
mombre afoblervationg Texecution de ce
crois, pour PRONYET :04 UETFANnd erands 321: incou- auR
Plan pecfenmereit Tamos les: 1T pius 5191 5 2 S1UG nu D
véniens. 5I
ce Projer,
DenaNlenossrets
éleve savecMforde et
FAnteur 9 apresistetre 251 sul 8sb DTITIEORT C
s9val
coutre
de An TST3 B
SA contren
TOrdonaics
sle régime dese Clallesy quilagmparoir-pas jau
aru
été a
IDUS 30
11635 5b enonap 3: PRdR1
Nonerneimemneianetses
avOIr
eptiérement
pote un Dieretqs.lappaue. aftitation
-olest Clatles, tagenlinantrecme 91 31 935115 ansvuol s099 3nSRR
9 101 Ieus 3E7s 31895
ren
TOrdonaics
sle régime dese Clallesy quilagmparoir-pas jau
aru
été a
IDUS 30
11635 5b enonap 3: PRdR1
Nonerneimemneianetses
avOIr
eptiérement
pote un Dieretqs.lappaue. aftitation
-olest Clatles, tagenlinantrecme 91 31 935115 ansvuol s099 3nSRR
9 101 Ieus 3E7s 31895 --- Page 512 ---
de la: mawiere la (7:) plus
dous méme inflant, cc Décret odieufes maissa au
Hne fome.bien plus les rétablits &
gens de mer & fut-fout bien sonéreufe 2 pour les -
detuifhanstous la
les
arbitraires en
deilinéss lbernonese en Ampprimsant ensipencenteratrth toutes les
de
de da
halhrerfigalss de
regles
tue
cohagosommnune du fervice réparition, il fubltiiabaniopngaciep meeccn volontaire
qui ceile.awee telle, prsftflion. une de Marins &
Coress merales oforsée, seitois a Confetipnion les chabitrans g6
de lal Mer, Inbuesaroinase fans
lieues de
des
cxercent, & kanst ABard aux profellions chiflance quils
feraient devilescen deux aucune ekoeption. Ils
compsepant desn Marins Sallones Funes
Lautre, toutr e
proprement ditss
Eloue miere fechionel ilndosiabinte chargde du
La prefera Erévéel en.tempsisiel paixis & fervice lan
deila,
veur de ces.Matelee. alors d' une impofrionien deconde fa
les deux,
dEn temps de gueere,
tement ceuiferyice schonidoivent semplin conjoinCotess nen deroin sr8cunul hubirane des
ne sen
cexempts à moins
quilne ruchetircpet une redevances quil,
Milices anemployeximn les baraillons des) ou;
ce Pegjet, Corde--ites Oniai donné On voit ques dans:
une tes-grandel --- Page 513 ---
(73 )
extenfion du principe-del Tobligation des
geas de Mer pourla défenie della nef Flottes certain
& la Confeription propofée directerdece
nement pas I line eft coniéstuences aifé de reconnoltre dail
principes
leurs que cette Conferpsion généralefenits
pour leshabitans ides Cotes leifardeauide avee
plos intolérables &oni pemeraindre,
railons ique ometieesmariet fullent bientoe défertessque
ces Coresno
dans Tefpace défigné at la cultare nefmtnéa U
gligée, lesi Manoisétaies abancdonneesyse ne
que lai popularion desi Villesomritimes asly diminuat Konsidgrabléncnhaoc
Dans ce Projeronidennie tX parle fait,
f fimple deconnotne les.Nas
cei moyen par les moles de equipa A
ges - ce qui
vigateurs-p forme dependant la bate effentielle du ire
gime des Clafles. Un honinoinvehielaiie
maintenant commei Nalngrewe-terige't
a déckaré qu - TiveutH det pre lorfqus la
réellementétd pendant untdm DS vaflenlong
ni faire bienconnoitre letat qu'sl a
pour embrafié & loriquil aoipenifté enfuite
dans fa réfolutioni Onveutdétrtite toutes
8les habitans des Côresy
ces précautionss
foumis diabord à une Cobletipsion leroientl quilest
affujertiroit au moins aan impots
traités enfuite opeblegie.arpie
utH det pre lorfqus la
réellementétd pendant untdm DS vaflenlong
ni faire bienconnoitre letat qu'sl a
pour embrafié & loriquil aoipenifté enfuite
dans fa réfolutioni Onveutdétrtite toutes
8les habitans des Côresy
ces précautionss
foumis diabord à une Cobletipsion leroientl quilest
affujertiroit au moins aan impots
traités enfuite opeblegie.arpie --- Page 514 ---
toients dechion fansi Jeur (74) aveu slans
5 fur de
da premiere
.pedt puilgail rémeignage feroit
Itoujours ifuf
de Marins derleur Communamté, interellé, 5 de itrois
santqu'one déeclaffement ne pourroir pas avoir Et comme
sconsinueroir à habiter les lien,
écritsey desreptochs Eaurs finsmontss
Cotes,
au ségime ales Glalless dans d'autres
slevient
EEEA (poir ampianderefutp)
feroit Mrai
rtetan yque-les houmes
Pntesrserten hounreedhiea
às Coressh sla finl de Bc conti- leurs
-aux
centalngmienr pesesrontraire
EEERE
beasesi-dheete sles Ordosiances
meecneidend plaedes-Aue Pairsan penis ne folciremse
politices bnéraless Snidonnenr nombre e dif
mecabosioseun
un
Alemblées < de iSyndies, peuvoir
2tee sfiée. Sanss dowresien
feroit conaene-atiorinemudl
propplant d'établir
ider
asbitraire, aufli dégagée
seomprévfiue amtarene lanuflictigsia
a beancomp
modération &
Aaettn Ramsebaindnuer
S & cemeconfmntzamscten Slonsestusquaisg sque
Laulfmron qu'ellesrtoiene Mnlesdcliomndes
Bcquesles obligations quielles préciles,
impplenny --- Page 515 ---
(7)
Moient limitées 8 bien dérerminéesy t furi
tout Horfqu'elles tendentà gèner la libertés rdsi,
rainfi,en parrageanti, à quetquevie Projersituel ég
le
Hopinion deTaoneurdece ererchargés de
choix deiceux qurdcivent
l'autorité relative a Tohligatomeawiguies
e
srpenfaneys comomejeilasens déja ditavinit
TOrdonnandede 478 pigue de potivoir
doit être confé siiinledueri soarmieus suetuls
gens de Meryc(chiolisn convamonsk sHul itinutienzcore iesopatfinnemenel etablir des reulest 1 Otik fomtibomesy& nodnfetvereeiles
qui exiftent; poniquteiteo
sélebien' r
smientaire, & que ie regndecummeiriré,
RCPET
equenco-destcomrat Marisi, ewromecheilit memerie
alibremene Genefancemiaiee
croisaefli euclesisapits quocothavlenese ilés
SapE
Navigateuts guiont peecieunop l@eomaticile-pees pernd'on-me
Epeuty y renonceripitjdesl
cregiftres A imporrato famillesyinel palntergmonever petivenp êttc
& démruits? pour-enss 8eje melvois Sammeoedererat a
sia
Ptages - p82 Epoine ahncunobisitn-radense -
econfervation Ides Bureaboxedes Clafiesyre idelleur
duits aux fonctions mpojaipropoté
réfervent Quanea Fécungmie qw'ompout-
Epeuty y renonceripitjdesl
cregiftres A imporrato famillesyinel palntergmonever petivenp êttc
& démruits? pour-enss 8eje melvois Sammeoedererat a
sia
Ptages - p82 Epoine ahncunobisitn-radense -
econfervation Ides Bureaboxedes Clafiesyre idelleur
duits aux fonctions mpojaipropoté
réfervent Quanea Fécungmie qw'ompout- --- Page 516 ---
foit avoir en
(76 )
tant le Projet vun.fobferverst que je
qu'en adop
enfuite socemper des difeutes il faudrojt
aux
de Mer, chez moyens de faire payer
peur Rmt etre de par la eux, Marine. tout ce qui
rendra comprabilite, quela multiplicité des détails Cette
nceflipesents roujours allez compliquée,
tions, des Agens dans ntoutes ales exigera lippofie
Marine faciean Caresa.6e deTAdinisieation de la
faifone foik-aheales
foit Par cette
aufi F4
les
dlesifiais qu'evigeroiest
ce
Bugsauxiome
a
les quons nyoudroir érablin Secrérarians, pour Scitout
Couuailfauves des
remplacer
deut/upmedion Glaffess jei ne vois
E écpiomis.
Puifle produire da
peur rempliraptimne leipenfe maniere aufli qu'on
Tobjet de Mer propolé deunei foumertre ares-fimploy les
tans,
qua Lautorité den leurs
gens
idée Hbrenaepa.ciax -
Sans
Repreienautant
donner à cette
ce Projchdon Memenicheavon érallaflant
la fait dlans!
toutes les asgitier
des Syndies dans
de former enluires smaritimesi, parsla
on propofe
Syndice dlesa
téunion de CGs
qui auront desdomentisnes Avlombléesdle Départemens,
permanentess
intermédiaires
à des Allemblécs sllesferiene Brovinciales fabordonnées
-qu'onétablit aupombrede quatres Maritimess & entre
ce Projchdon Memenicheavon érallaflant
la fait dlans!
toutes les asgitier
des Syndies dans
de former enluires smaritimesi, parsla
on propofe
Syndice dlesa
téunion de CGs
qui auront desdomentisnes Avlombléesdle Départemens,
permanentess
intermédiaires
à des Allemblécs sllesferiene Brovinciales fabordonnées
-qu'onétablit aupombrede quatres Maritimess & entre --- Page 517 ---
(77)
lefsquelles on partage toute létendue des
Cores du Royaume. Ceft aces Aflemblées
feroitcontiée toute Paurorite, 5 Hon feus
que
sencore
lement pourlapatice ce
concerne desClaffesmanse la Police ma
pour tout
qui
-
ritime, , la Navigation 5 la Reche, 1a conf
truction & l'entretien-des POmSO&E 9
tout
cel qui ien dépendis mais abfervera gala tu'en TURL
enlevamnoesiobyete importa
veillance 8ca lautorité deobeparremens 0A dénérale
desi Cotes oapdetiAganuniisartoen Admidu Royaumey pourtenrehargendie JU 2 on
nifiration reitenseotinieesd dweumonide conflits
prépare des canleside dhimlienindsldfsttane
d'autorinéyiden des
plug
SoatrInre matitimes nayant a peisiy edinme'lés yautres 3
Fadminifrations des fands publies, / n'auront
mêmes ttoyense de'faire exé
pascranisikce leurs
valte machine de
cuter
projesnCane
Provinciales
Départemens 8 d'Affemblées
Mahitimesn fcroit pea liéea lorganifation a
générale idu Royaume colformeroit 2
une né
exception aux regles 2 8cproduiroit n au - lieu
cellairement utintembarasy 2 4 rentrent
que les Syndics que je Sone propofe, 2
ce
dans l'ordre genéraly
peuvent
me femble, 5 avoir auicun? ineonvénient
Enfin, on voudroit aufli que ces Dépare
Mahitimesn fcroit pea liéea lorganifation a
générale idu Royaume colformeroit 2
une né
exception aux regles 2 8cproduiroit n au - lieu
cellairement utintembarasy 2 4 rentrent
que les Syndics que je Sone propofe, 2
ce
dans l'ordre genéraly
peuvent
me femble, 5 avoir auicun? ineonvénient
Enfin, on voudroit aufli que ces Dépare --- Page 518 ---
((78) )
temens fullent des
affaires coinmerciales Tnbtmau &
0 pour les:
cei mélange de.dfautorité umaritimess imhais
judiciaire aveci
Ltsiateele bien confonsiteas
me paroit pas
rution, & aux maximes ptincipes dela Conftiden PAffemblée Nationale., & il adoprés feroit facile par
dond VADIETNN # paroit
au imeane-ee-gnund
des s10ob myoinsimaritedee gens enst
Eq 209 8as due tu97 Eaablillomeneicde pour
de.Mat, 1edaillir de aixerles a Favantage a a7 I6E
rapporrs
partier dee 07 138 lagggo o
EE
CAoRets
enfuite
anne-chatunciaese spartiesi,t émablirs 7
fimple &emutter pourila
un moyen
ducissecireednain TDle
Iialpiq répartition indivi
lesi Mapelots-Ls-liastiont attesaceitanieiemea
Dartics ent
entneres-diverfes
Tépeterais eneorecqosclell TAsabler
cet égard: Sje
générale OGgIg de N9 laMarmne-qyos TAieunafiration feule
dérer toutes laarl Machina agleb
doir confu 15
fon entemblea
des, Clafics dans.
dans les quartiers 10191 anmdecombunerien A
levées
Vanfleauxixlams loasfartses AVeCT1es atinemens des
movens sIT suginsto1 convenables pout
prendre- 1 les
Arienaux le nombre slesgens TYIC réunit 291 de danis 21P8 fes
Mer. tonen
nso
celfinespntrbrncie
ment da as-peuxenr 9m
efre égaipages,all 1
moainfi le doublei inconvénient Hiniles, & eviter
sde manquer,
Vanfleauxixlams loasfartses AVeCT1es atinemens des
movens sIT suginsto1 convenables pout
prendre- 1 les
Arienaux le nombre slesgens TYIC réunit 291 de danis 21P8 fes
Mer. tonen
nso
celfinespntrbrncie
ment da as-peuxenr 9m
efre égaipages,all 1
moainfi le doublei inconvénient Hiniles, & eviter
sde manquer, --- Page 519 ---
(79))
delMatelots à l'mitane du befoin, ou de
inutiles,ou aue
les fatiguer pardebleudes
8 de-lesgentretenie
moins prematuréess
enfuite à grands ifrais dan@lercaf@mesdes emd
Ports, juiqula ce qu'ils paitfienciètre 38
noiBi
barqués (1)P6 20TRIzBIE XOS
-
alenoitcl saldimsia
() 1 Je n'ai point nemD KEr20e4 Rukrarsolerol énéfate fte contre
dit dans de des Memoira, Clafles, dunelmaatere Sxrpartisuliestn HTI nent - contre, AIIC HOr
le, domnance régime de 1784 DAuteur n ayant pas été lans éet doute, eard,
à ported de2 prendre de3 biensce Hotions! régimesna preeilesoh dattaque que
&-ne sontboibianel Ipas
&fes objeétions font
parce quil da (uppolé oppyetif, tite.ehenassbid objets
vagiev.8 péu Ordommatios-de atrmncesn 20784 49bconte? Olefmuelles 31 il
dans? s'éleves cette pariculiétemens, Sngyele d'interiren 52 Yo! mapandre. tous ceux' Mlie qui -
plaint de ce quil eft preterit mantimesp ma-lbrquune oblie
exercent dest profellions wnsiepenrlaincede) elaprofefion
gation vel.genéraleynShelt ilifaut hen.que,tous la nempliflent sgalement &
même, fuécellivement Linjuitice tontineroit en exempter
qneliquesiesi, ipisfque ommesnrmarmemtmn Mais
fora
mune retomberoit fhr lesantrds 11 PAureur asesexoir propole Ib lut
tement improuvé cette 8 ewiaifresenmai dipolition
parla
même de-Pétablir nigeneratéa q nelvdifisite dulaflesnems, que
Gonferiprion qu'elle Ieroit bien arbitraire
feroit_pas foumifea
parce comme ce qui exifte maintenant, AIE reales certaines,
&serendroit for roustterhalsbans ades Corewpfanses Jes
ception, au lieuque leClallemente des de
que maritimes dur
de Mer 8les Ouvriers
NAMTEN
gens
bien dermies dengnelsiont 91 XU5n9ItA
qul'font 29, Ife plainto de ce aqulapses avoin etablie a troislirea &
gifires pour infcrire ceux ur commencent U9 on ne naviguer fait aucune -
Sesercerles cetegandiammune-dex Profeffions maritimes 9 leveeso maisillétoit
diftintiona
lemente des de
que maritimes dur
de Mer 8les Ouvriers
NAMTEN
gens
bien dermies dengnelsiont 91 XU5n9ItA
qul'font 29, Ife plainto de ce aqulapses avoin etablie a troislirea &
gifires pour infcrire ceux ur commencent U9 on ne naviguer fait aucune -
Sesercerles cetegandiammune-dex Profeffions maritimes 9 leveeso maisillétoit
diftintiona --- Page 520 ---
€ Je
((88 - )
Crols avoir prouve
Tai
qute lal
B
propofey plus fimple
PIH que
que celuf que j'at
facile de voir qu'on ne -
de
parce qu'aucan de ceux devoitges qui ifont en Parler dans ce titrey
regitres,ne'font font
dans le
inferits fur ces trois
dreguhe pas & encore de clailés easid'eufe & que c'eft levés,i puilqu'ils ne
Gablruné Tortevde douceur, ces regiftres érant une élijpaliring
& al'Oavriera
Nowant brepour PEtat der dellimes à
bien volontairer ment Mieldaune phoib.sea clalfen que. ceux qui Marin
les.avoir
auront
exercer. éprouvéés 5 déciseront Profetlions, vouloir & qui,, mprès
31 anayaag on 2010
continuer à les
tytannie 5 fepréfente qui J ne, ie peut ETHES Xicomme un
& dett précilément dans etre comparé qu'au monument de
la
ce fitre qu'on a donnés Code noir 3
pendant eReenetes la paix fur les
da liberté de pour
être aftreints dicane BaGmens dy
maviguen
fion; sque don abyertei genes fans demander Copimeree de fans
traves qui cxillgicnr alors deltare tomber toutes permifde lailler fublifter Tobligation 3 SORS aifelemens été les en
(auquel on
de demander un
forcé
les Maselatst acasonsieaum de permis établi Raffoport
cette oblization lowfawlinivenient wrileà eux-mcmes, fortin du Quartier, parmi &
maintehirToxdre. &
quia Pour
pas:
de-prévenir1e
objet de
eaeseeierkestie ces
apabondage, n'eft
zuiremmentsine gu'ils n'en ont leur E7 font jamais refufés Ballepottsy en
donnés graBatimions
pas beionn loriqu'ils
temps de paix; 3
que
epedarhnaties Ports-de Semberqent leur
fur les
ablence, nisibandens le
Quartier ; &
des articles. comme cela dond.riqsion eft énonsé Simple avis del leur
Telles fonr les Gifpofitions sextuellemenr dans Un
Koldomarelemnait & infpiré les
les
qui ont attiré a
maniere. d'y plesi olismentes. Gialitationales plusi odieufes,
donnance, elle répondre, n'exige, c'elt dengnger dédlamationn à lire La feule
Jur-tout
@ cétégard, aucun
cette Oravant cette rMenheowatesisetl epoque,
bien connu commentaire; ce qui exiltoig 9
éte
ifpofitions sextuellemenr dans Un
Koldomarelemnait & infpiré les
les
qui ont attiré a
maniere. d'y plesi olismentes. Gialitationales plusi odieufes,
donnance, elle répondre, n'exige, c'elt dengnger dédlamationn à lire La feule
Jur-tout
@ cétégard, aucun
cette Oravant cette rMenheowatesisetl epoque,
bien connu commentaire; ce qui exiltoig 9
éte --- Page 521 ---
(8n)
été farcéde combattres préfente les de mêmes
avantages pour les gens de Merx
bien leur
plus grands encore, affure Tavantage mieux du
1 liberté, & en même temps
fur
fervices je n'infilterai pas dayantage
ce Mémoire,
a cet objet, & je terminerat
en difant quelque chofe 192 derClafcraguells H92 Sandes autres AI
des Batscliers. de nviere
employces
reflources accefloites quiMfont or 1e5 homncs
procurer a la Flotte 51
€
fournir. que
Ea Clafles des Côtes ne peuvent fur TétaJ'ai déja expore mon PMBt anttp
crois Te
bliffement des claffes des tivicres,je
que lon y a enb-aer.Tinne un &
régime qui ny étoit pas applicable, fur
que la police des claties étanb fondée connoitre
les rôles d'Equipage, quif font a911 fans cefle
lesNavigateurs, Bles ramenent leurs
involonsairementy & pous
propres
térêts, aux Bureaux des claffes 5 des que
rien de femblable n'exifte 4un les érabli rivieress de
ce regime ne pouvoie ;11
donc être asq no- ou le mo- Dan
la même maniere
TE
difier, ou le changer ; mais pour de fe décider à cet égard, il faut examiner Flottele fecours quelle
importance des ett Bateliers pour la de riviere, &sil
fe tire poifible de s'en. paller. Cecinous
conduit à une omtdimionerirpemin
claffes 5 des que
rien de femblable n'exifte 4un les érabli rivieress de
ce regime ne pouvoie ;11
donc être asq no- ou le mo- Dan
la même maniere
TE
difier, ou le changer ; mais pour de fe décider à cet égard, il faut examiner Flottele fecours quelle
importance des ett Bateliers pour la de riviere, &sil
fe tire poifible de s'en. paller. Cecinous
conduit à une omtdimionerirpemin --- Page 522 ---
Les Matelots font (8:)
mes les plus
certainement les homvaiffeaux de néceffaires à larmement des
impofible deles guerre, & fans eux il feroit
être reinplicés manceuvrers ilsne
fuir pas
par rien; mais il ne penvent
des équipatzek et qu'ils doivent former la totaliré s'en
des vanealts &.
ne puiffe armer
peut
des
-
* de mel
Matélots,
équipages 1o 7rO6 femble clafted diftinguer dans On ces - 9
telors Tar
dthummes, les Maformettact 3 29 deftines a la mancenvre,
ctmpojde dhontimnes premiere na : la Teconde fera
de canonmers 82de pour le combar, D ou
fieme eft celfe des foldats'! 3 enfin, la troftravaux' cndeaRurces hommes au
émplovés aux TRE
n'exigent ni rtalens U3 particuliers, manceuvres qui 210
nonfainces
ni
ne puiffe à
Renplenemraernut TEMHPE S
aquon confoit pourles "objets domnep velatifs en'pen del
a
du vaifleau, foit dans le
a'la aSe
fervicel
combar
le
IUA to
HBoreunitcaege Crois potr
Selongmerat gueres 8
dela vériré, qu'on ne
pofimt. Br tme"e eanlitéraion en Apêtre que ces"trnts clifes homnes generale, 9 C
nombre employées TPIN Plortea
peuvent LOKC
la force égal? denilrefuhe, que peu prey en e
navale uttih Erat
quoigte
le nombre
A
Toit limnéepa par
Sau 306111 deTer 3 P arloaq matelors, slsb 3 elle n'etpas
9919H1403 --- Page 523 ---
E
a
bornec au nombre L batimens
éepcadint
armer 21 en a - ny
de guerre gaom pourroit 2
meta mais -u
des
a
-
Eens de_re
employant que a
extention L.
pros
Guelle a une Phts Erande 8relative
de
Portionnée à ce nombrea
faire 259 FIA enfuivant leqmelen -
a Reut OBCUUPE des
FarpeA trer les Matelors dars P la DD SPADEREED E
a
Toriente LnH dE gre
équipeges, Atn,a -
hotre SICA
CEDIERFO 62 2
-
21E
Figne
dans Tétat actuichs
de_re
employant que a
extention L.
pros
Guelle a une Phts Erande 8relative
de
Portionnée à ce nombrea
faire 259 FIA enfuivant leqmelen -
a Reut OBCUUPE des
FarpeA trer les Matelors dars P la DD SPADEREED E
a
Toriente LnH dE gre
équipeges, Atn,a -
hotre SICA
CEDIERFO 62 2
-
21E
Figne
dans Tétat actuichs 29)
a a neor-popuanon a
1b
maritime
s 3 Aa
Poronnéc entendu,
esclaftes puflent à -
je n'al, pas
9 GHAASR 8-Tenterenit
Fen entistor 1 T
D1
tetretenrbenner
ouerre, B X Acaputieurs Sinn
armée pendant
BnEL de
altez
Mater TL
annécs mais DE
251 ue AS
oelkevalt
cet objete en Tupposnt S 2 Aton A
tots
EL
ja, compo
Potret L astmciefe ZISIET dans: IT J1
-
continneroit 2 des: SUE Ud comme IRFRFIC on Parrait 3
fition C EqUIB-E-LAnSut d aurres hommesue NSi
- des M
jufgea prefent a D5
IL TTOP,
nug PRoT TIC
de mers & 1B19 dans 1 plus EO graudea
gens - 1 poNmibler el erish Tol UESTISY, proprea ab
Ma Matelots font ceitainerbent L fur ED L un vaiicaus
a
tous les feryices D 2 g A
d
its remplir font hommes d'art, potis my lmancenvte I6C 11D
hommes a
de
dans C les, combats, 1r 54 &
aa GHGERE
ro reimittens
pour les travaux
D! -
-
a 1a force: mais a #o
ctafte pren
T'adreffe
-
drtre
elle nede renohvellfn
creule eft borneei a)
a caufe AW der Tinattron du
la
8 Afaut une
Pendiar
de.la pèche,
commerce
EE1
F --- Page 524 ---
(81)
lonpue paix
à cer égard; Tr téparer compietement;
Peut au contraire, pertes en
d'une guerre ; on
desSoldats & des Camonnters, peu de tems, former
factlemene encore, de
S-bien
vriers : on peut les
fimples NraAes
recrurér pendant la
fonnible der nes
Ds
pas Yéferver avec tres-elérai- un Hom
ENANEaE les Matelots pourles
importans que e
font
chofes amxquelles-ils
AMRUBLEEEENEEs &x
C
ployeratncreee
delesiemicront
anqueld'autres
&o Il faur égilement donc propres.
honmes
fesife ménsiger independaimment d'aurres
des-claf.
foires pour Farme ement de reffources la
accefmêmeles tenip toujours
Flottes il faur
commencement duner préparées
le
ployer Koneravecacivinee guerre, & hara dé.
campagne-La demnicre idèsla premiere
cet égard, une grande guerre a donné,à
bien imporrant de profiter. lecon, dont ileft
faure irréparable
On avoit fairla
Efcadres en D: sid'armer les
e d'ou il réfulta entier avec lélite des Premieres
formés Ont eu dfourenir que tous lest bons claffes; Marins
dangers dela guerre
les farigues Scles
clalle
entiere, &
importante a
quercette
ferr, & fetrouval enfin procigleufenenr foufhrefqw'earicremes
imporrant de profiter. lecon, dont ileft
faure irréparable
On avoit fairla
Efcadres en D: sid'armer les
e d'ou il réfulta entier avec lélite des Premieres
formés Ont eu dfourenir que tous lest bons claffes; Marins
dangers dela guerre
les farigues Scles
clalle
entiere, &
importante a
quercette
ferr, & fetrouval enfin procigleufenenr foufhrefqw'earicremes --- Page 525 ---
t8y) )
-
Epaiee Lorfau'on fut forcé enfuite a em
ployerdes refleurces scaciloiret.ohalavcie de bonnes têtes
plus de quei compofer les vaiffeaux fe
d'eéquipages ; & enfins
fi la
frouverent fi mal armés,. auroit que été dans guerre le
avoit été prolongéa, on
cer
cas d'avoin-de vives inquiénades. alencore
éards Cette manvaife:o d'arrétesn copetatiob mfott, dunncoup,
Pincontvénient désle débat dunela guetres toute lanavigation marclanden dendonmer.rour pariderlenées de nigon- luite
reutes; Roenfin,
de
une idée très apoinogwa-dieniomme aui contraire 3
OIR
forces8 derreffourcest-Si
aditsofa davances des moyensitels sq'on ce
paille nemploy verfurles vaiAeaus que
quil faut de DeAlselecdomnsss, on.peut, uir
des les premiers, armemcussr combiner doivent
plan généralh polisitous- ceusKiu
leun fuccéders 81 pour les remplacemetis les
pendant h plalireuh-iesmapaewes Seisen-reparies 51 alors, fur
Jevées étant moderees
eft dans
tostes-les clafles dhammes.qwon vailleaws feront tous
leieas d'employer.des -8ilreftera dans les
jours Sien tarmés
da.com- pOrts,
deshommes potunlesmonyemene
a merces &0 parieuljéremenr pour équippee former
lesbatimens marchands qui dolvent Corlairess
les.oonvois, 80 pounammerder F,3
isen-reparies 51 alors, fur
Jevées étant moderees
eft dans
tostes-les clafles dhammes.qwon vailleaws feront tous
leieas d'employer.des -8ilreftera dans les
jours Sien tarmés
da.com- pOrts,
deshommes potunlesmonyemene
a merces &0 parieuljéremenr pour équippee former
lesbatimens marchands qui dolvent Corlairess
les.oonvois, 80 pounammerder F,3 --- Page 526 ---
Je ne désclopperat (86)
imporemite ivérinés mais.apres pardasvanfige cette
lanéceffine des ces moyens, il faut avoir: établi
clatiesnous quelles fonrà çet égard nos reffources, examiner
foursirone tous les hommes Les
sisdmesumi tnanoeinivrey les véritables
de
de
partie des
merg:&
vres, bafles;
Couendem de manceugous eetaficsl Out.anoiniratis parcesqueg quoique tous les
baiucbop patticgilierement gralisen trolve
cieat-desenesi quii eneu fonti parmi lesi pes
sennesegonadve
pascaffez
vrest Hauresiqy alas-volgma employés aux mariceuxuskes
au9g * no BD XU93
stertatai-diucmsente S sonty fournis
Rambaireermseet fflesn gattifons
EE
ucette)
STLESS
Biode.diyria clieu edleipérer
méi.
sophelileurgaifinon
guei dansida
xpouvera sienqui.paiid denlurméeytl shed de
pldyeralintatenfe delEfat empécher de iemde mergl comine : danscolles dansiles guerres
alore
deiterres 28c
semplis Arcreeaceat (1300.01
bien,
nouvna 6 saular
(2) Je crois
au9g
gue
Trompas qu'en 1
érablifant ce
guerre, les fervitel Owtamctus-doieens des
principe Bénéral,
atile de éte minep aont gurpniforisiedes quon
vaillestes Alire, pendanela
garniloes onpes des dérachen a en's euv prendroit mopibreux dans ces itferoit mértès
hitimeheurnie Hehdagtlapite quesigens tles
entéfat
(2) Je crois
au9g
gue
Trompas qu'en 1
érablifant ce
guerre, les fervitel Owtamctus-doieens des
principe Bénéral,
atile de éte minep aont gurpniforisiedes quon
vaillestes Alire, pendanela
garniloes onpes des dérachen a en's euv prendroit mopibreux dans ces itferoit mértès
hitimeheurnie Hehdagtlapite quesigens tles
entéfat --- Page 527 ---
(87)
une troifiemé clafle d'home
911 Mais ilrefte
&
mes
S le fervice de lartilleries
Reore manceuvres hallesg.lesimoyens
pour
qulon - a eniployés pour fe les procurers clallesne pen pet
dant la guerte, ce quei
fe réduire à
vent pas en fourniry peuvensl
troiss 5 les clafles des sivieness lesigardese 297V5
côtes & des ennolemenseonus font a eolsd gens
aviLes bateliers de sivicrene
gedinaires pas
de mer : mais leussoccupatiogs
à
80 leurs habitudes iles cefostopoutatine en-mappischene
quelques égandesiose
le plus urilément
ceux qu'on peut employer baider aux travaux
fur les vaifleauixy-pourl
des Marins.l D'aileurs a 9 otrascoalidéré grevée E
finla mnavigation martimoAétoin
d'uns
.
Tobligation
ensepabaelvans fut
toit pas juite quec celle ndes sivictes.ein
totalement exetipte. Jeicmois gneferquil modifier
fuffiroit pekrsetrex diadoucireede sdesl bataliers, fans
lesic ohblipationd-schaile détruirel lentidremenb;s sique lerbeloin
les
TEtatadde péol fecoursal quon
abfolu évaluer que à environ 10,000 hommess
peut
panng det 30 prépares. iplildes A eeerces ns'up 21012 les-Froupesam 00
seroitt fervice Tavantage. ge'elles doivent faire. pandan: la guerres & peutr
ere canfioildexiendroite polible, heraeeunaiponee
de réduite des: la Troupes dépenie del qu la oimaaetrenei Matinewramiid. 29b
saetion
F
que à environ 10,000 hommess
peut
panng det 30 prépares. iplildes A eeerces ns'up 21012 les-Froupesam 00
seroitt fervice Tavantage. ge'elles doivent faire. pandan: la guerres & peutr
ere canfioildexiendroite polible, heraeeunaiponee
de réduite des: la Troupes dépenie del qu la oimaaetrenei Matinewramiid. 29b
saetion
F --- Page 528 ---
rend cette de
(s8) )
qu'eile
mefuire néceffaire
peut être
(t); enfing
pas onereufespilon diipoféede maniere anêtrer
e4l firie dhitinigner,
Tieress deugrclaffes parmi les bateliers de
renres 10s Matresy t'hommes tres-difféa
propidistnrcardes
qui ifont ortinmiromtent
mtineattepameia hateaue, 87 les Matiniersi
foseiansengruiater fans Maitresy quifone
peurdifenplnes; somast
domieite fie-8c
semetsintcefint
reconha depais longen
bomel polides tms d'éeabliep lese
à det.égardeune
neised-iclufbsae été ivieres, & déjat de
mais 1
"pasoreimpip utile pour cerobjers
voit empartenidresip
tont ce qu'on ponl
une bonne routes parce u'on napas fuivr
riellemenea formen oneete dceindreffens
des rivtereevla poliee desregiftres des
desrelaties
sabmacentioitop
Marmietenbrese
rement méeliney emelitar été nécoffaiu
pareer
remipliri ee'plin, "lrauroit ques L
pouribient
fallr
dasmoligs 9 1ep-09046
pouvoin
(i) Talt Temisau 1O eit onpial
inol 2
Sinanion des
Comic de la Marine un état
faire Pour claffer-edaus degombre d'hommes tgénérafdel néceft
an fidérant dans rarmendasdnuties fon état actuel, & feins de guerre, enla
point od i1 paroit
enla
Sonon eftipeu
qtrunl defireroit fuppofant del la
augmentée, &
dela frnation: Renenenies des clafles
ces états porter, awec dont
évidente clafles qu'il ert sblolomient Prouvesde néceffaire la maniere la celui
gueiques refsurteraerabeccis dajouter
sonoq A
ant dans rarmendasdnuties fon état actuel, & feins de guerre, enla
point od i1 paroit
enla
Sonon eftipeu
qtrunl defireroit fuppofant del la
augmentée, &
dela frnation: Renenenies des clafles
ces états porter, awec dont
évidente clafles qu'il ert sblolomient Prouvesde néceffaire la maniere la celui
gueiques refsurteraerabeccis dajouter
sonoq A --- Page 529 ---
attornesrgnuie fe génent
coneilier pliufietra Stfon étoit parvenn a les
mutifellemetiti
elle
réunir
établir une policeatsiles d'emplover lestt
auroit Soma les moyens
auroiti
Bareliers ail Hervicede la Floptoscela dans les-levéesy
été ed'autant plus facile, que choisitet bien
faites futi les rivienesgla dans celles deszquatr
moins important que
home
tiers-des côtes: LelhlareiesvAoncee leais donthoite
mesi dart, que-deutatalsns delshahitudesi
fances's Outi, A Fowivewrs lesayailleon chacun
rendent utiles fur differenre ainlisil a faut les
d'unei maniere
bien dittinguer, les remtennepwntaineneng
affiguer a chacnn laplace a qui lui
Tfoori convients 8 lest Tempkeyebitone scenvenas hafardi,
blement. Uner levéer com polée lau
qubique toute formde debormshasiensenss detbiens armert
ne donneroit pasile moyen comitsiérations ne
les vaiffeaux : la meme leseBareliens del
penr pas avoir slieurpon
pros
riviere; tous font aepeumprès également als font delli-l
pres au fervice pour leiquels 2 lerxod mnemebielonn Us a - dE
idei
nés. Onna done-pas
vde ces
lesconnoitre indivuhpnemearr-on 19 prefaue 3
1819 toljours retre:
hommes ponvante
autrer
remplacé inditinctemene- ce pasitour javois ere
Ces réResionss Rerronit Sn 105 a ala crueb Die challes 5118 des
à porrée douternecaueiles --- Page 530 ---
rivieres m'asvoient (503
Tordre acuel devoit conduit être à panfer que
fimple convicnedecte fitr les d'y fubflinuer une changés police qu'ib, trèss
les Maitres, Matiniers, 2 & d'on
formeti, dansiles Jepropolsi en confiquence charger de
rivicressi peetoerpereaee points principaux des
EEaE ou Manicipan
-leluelles ils clie
de niads
ERFS
tAeENieet quis sétant pecfentés
que les hommes
Roicnitnése anfatits
àices Syndicss aus
asceheffets
Hfonlesregaires deflinés
debnmoimncsegns Jun billet iqui
eeataE venus enimencacan) srils fcroient prés
que Lobligation
REmE & chadum adeiretontr,
tems de guerres de
liquelleials
pieft lax
un chois fhesdmisb Alan.ceferorg conditiona
lbneypesiun eagagoaenisrelias par
RaEaner roient.tojotiss bbexiclienents &i ilsi pours
ESCELESE Les
de obligaion Marinien
feulementid de F dlof cenreipalice
ve none
pluticues
générales mais
Maitres rement pouD eteditcinpaesen lés amnarchis faitsse particuliés
dhui AResiamee quidont entre aujouht. les
de attemwerenemente dhfcalionss
saeeritent des maichés
par
RaEaner roient.tojotiss bbexiclienents &i ilsi pours
ESCELESE Les
de obligaion Marinien
feulementid de F dlof cenreipalice
ve none
pluticues
générales mais
Maitres rement pouD eteditcinpaesen lés amnarchis faitsse particuliés
dhui AResiamee quidont entre aujouht. les
de attemwerenemente dhfcalionss
saeeritent des maichés --- Page 531 ---
Cos
qui eft
feroient faits devant ces Syndices descipeces
etiendroienti teeaan & decidesoients - dans
de rôles bureaux dleiquipage, out ils fe reunabient,les con- 20
teftations les
relatives sacesobjeni pout anith fiser le
291 Cet ordre étant Rttamumt établigioms
COD4
rappom.-divam comaneeae
tebbensryensens d'une setantee
delaFlote, errenoncrebies à snae en
divifer enfuite cetté cmsiienammelne
entrel clesicufisnans -
Sendicats
lais répaluffant Batelierse Les Banesieoxide claflesides nitiles
dej
dans temiyhamespess
viendroient,
un feul Comintilirese -
qui
fur ces rivieness mêmeit fouvene Bueseluduipon falihroie
pourroit
declanmaidreut
les
firué EnTemboucheng patilesh ainoreliens
pogrufaiter delevies aenalipasete
demandes
aces Syndisa
dei tenir les imemairedoee mumécaires fepientensuituire
cats: des létars
Troupe faie
fans. DEE formerleue consingene,e ercf néa
qui devroit maicher le nombrers de Mariniersil
cotaurerfuear fant
elgninei8olo 8 cenx sounderule dea cest
qai auroient été établiss
àla qualité
Mariniers tesmttan epwllrfetoita -ioxpowant
der Maitre qualinee
deibien définir, eostrael --- Page 532 ---
lewdes; comme cela (o) eft
dhui Unl Commilfhire prefcrie aujonues
envoyé dans les points de ou Officier feroit
pour recevoins
ratlemblemene
revue, 2
eisitroipes, des pafler en
mes -EOERECCAE d'homEanieenarete mopresamifenvices 80 rempliffant les
menraverr
prelcrites généralea
& frais de égamistentin, route- ou
payerii
a Ges
de conduires ilesavances ansik acib
de guerrerde srtieerene qu'en téms
àin -tresit pomoilesig grands aememens;
jogeausurile
E tous eamnderetaee
ae envover
seninyclojuemer
riviere un petit
lerie odesil porsy genseaux écolas d'Arcile
fervice augnebs ils esesyeahdirateale
deftinés fur les vaifleaux. pomcumnetut
Cadi Planso soejboisiens
S1Tola
ascitrodstragraeritisen
iles préfenter
saisiscomme iohsopréroyai saguielquee années 5
SRASCATEEEN
alorsicdes
avoiréré dhitlercesil me
ceécutionl elle
tenant onst
femble quer mainHlieres Lobjer pofemusmnecaplin sou'on
des cetter ma-
& quien
dois avoiri en
les tivieres, enbilfincitine yen
policer utile suyueg dur
genes aueiesoenries dégagesnp les Bateliens dds
mnémes
ichargeant euxL
Heinhycantezgr à achiom
5
SRASCATEEEN
alorsicdes
avoiréré dhitlercesil me
ceécutionl elle
tenant onst
femble quer mainHlieres Lobjer pofemusmnecaplin sou'on
des cetter ma-
& quien
dois avoiri en
les tivieres, enbilfincitine yen
policer utile suyueg dur
genes aueiesoenries dégagesnp les Bateliens dds
mnémes
ichargeant euxL
Heinhycantezgr à achiom --- Page 533 ---
(9s)
feroit dans lel cas deleut demans
mes qu'on feroit
tous les incona
deni, on
difparoitre actuel 8 lesMariniers
veniensdainegune I
cette
ET
prévenus loriquils emibrafleponts quiry ferait
profellonyd de Hobligarion
attachée, ne petrtae
feroient levésy muncosininammnt
cpie
un a
-
tupgincie-cmamaas
LE remplie
ab aiad
vofumntlesl dérails
omde fajoutertibeaienw
foroits facile
dlesécution dei iice Projenjpil
deiles développers mais adlipspoiticonnves iapiesi iquenles
nable dei nes senroccuper
fixcesig fi
bales mmenteomnmemaee
ide
om ne trouve ipeirdyumewembyme lesnombre
raflemblen en temside allsinementde guerre
la
d'hommés néceflaires xussiiovabl UN -
3E
Flotte.
adoptées, les
391 Si cette propofitiontétoir Fotdiniensinfil un fes
aivierés
0531 maistal feroit 3 encore
cours
HEE
infuffifanti, 80 il fauts y-ajoutée onaptous d'autres
reffources. ldms) om ticsonesiib
Shosenspt
julques a-préfentsy wailes aspliusi grands
inconvéniens: Dansiunes @uetre-Maritme, B
par
les habitans des Cores deja tres-grevés labr
Tinterruption du 2 relommereel-dc-pae desouvriere
fence des igens.douinenyasad
3 encore
cours
HEE
infuffifanti, 80 il fauts y-ajoutée onaptous d'autres
reffources. ldms) om ticsonesiib
Shosenspt
julques a-préfentsy wailes aspliusi grands
inconvéniens: Dansiunes @uetre-Maritme, B
par
les habitans des Cores deja tres-grevés labr
Tinterruption du 2 relommereel-dc-pae desouvriere
fence des igens.douinenyasad --- Page 534 ---
emploiyés au fervice (94)
de par le befoin de la public, font obligée
des faire unl fervicel ifort défenfe actif commune 3
& Coresy les fignaux qu'on pour la Garde
llarinemenr des
y établit
pas jufte deles
batteries. Il nei
gation def -
foumnie ureharger encore de Poblie parote
meadnuanponter forcé
mne-Milice Or 4
Tarmeul
part omemnacelits lre cependanie
pluifieurs guerresyne
impérieufe dans
craindreo gaeu
ie a tout liet
avoir -
dangleelles etufon
de
pourra
necefledimere Legaeit 9 la même
qu'oni ne foit force tattgopheore d'svoir n.
fentir ; &
reffburce Unéreufesi f
tecoursa cette
pas
onhe-fe
i feroite esatedeimbvens en efer
de la remmplacer prépare
peu les trabitimnsdelee baengurte de foulager un
apréfent one porterenls Coresp Idany qui jutques
Marinimes Ple ponayrees
les9 guerres
rales des Ciroyens pour obligatons la
génic
amune
maiss soen unr défenfe com2
répartip ces-obligartoias teeadimeile de
égaley 2 fanss seD Dofer a d'unel maniere plus
mtents Cette
dergemhels inconvé
an férieux uelios
simportante
"examen 2 28Y
mérite
longnens-refeche prohonecrbtie
2. 3 je n'oferois quonaue 1y die E
Je me
opinion polinvea Yeerogarndy encore'
Penwensnsegenemenses réflexion
répartip ces-obligartoias teeadimeile de
égaley 2 fanss seD Dofer a d'unel maniere plus
mtents Cette
dergemhels inconvé
an férieux uelios
simportante
"examen 2 28Y
mérite
longnens-refeche prohonecrbtie
2. 3 je n'oferois quonaue 1y die E
Je me
opinion polinvea Yeerogarndy encore'
Penwensnsegenemenses réflexion --- Page 535 ---
(C9s)
iqu'on
qui eft fondée fur les principes Vongania
femble daipolé à adoprer 1
pours qu'elle doit
fation de larmée. paroit endruspaniens
éure divifée poineinalemanre
Tunede Troupes Tautre paee de Milices squii ne
entretenucs, 5
mnomens
feroient mifles. en nasiserqsoe
de
du beloin, Mais 4 h peniereipante crois
m
sammner jele
cette armees continmes a
dansiiles
-
néceffaure
eue semplan-se use_poguon de
guerés de.merp-P pourquol. feroiselle pasatusity Si
la feconde seiler dondoyees acumaillonts les
les Trompes,
sexoisml, epas
gernifons des yailleausaone
suidera
Polliole ques lesn Miliceshcomaee -
Fourmitiene
établi Pour en b tenif lieusb% pournde ferwisedle
aufli des dérachemens eniabierauguel à on avoit
CArsilerep qui
lese Raaclescboes
dettine Paticnlicremene Ondonnanage aoquar les
por la demiere
shovoti 29b
concerne- 0 SI TUOC
T
cependans quilfenoit
sb On Botrmoircshime
pofmible
des 2 senolehnens >
R
& de les zemplacer Onla par etaye opetdane da
voloptaiges.
avec beaubomp dinclanint,
derniere guerre
luccensilcs Homnes
mais avec erpeu.de
ayeclen idées
quin'ont pas été de famnulinniés meslongs déjourss dahs
Maritimnes 2
patr R
SI TUOC
T
cependans quilfenoit
sb On Botrmoircshime
pofmible
des 2 senolehnens >
R
& de les zemplacer Onla par etaye opetdane da
voloptaiges.
avec beaubomp dinclanint,
derniere guerre
luccensilcs Homnes
mais avec erpeu.de
ayeclen idées
quin'ont pas été de famnulinniés meslongs déjourss dahs
Maritimnes 2
patr R --- Page 536 ---
lés Pontssont KC96)
répugnance ordinairemenit une extrême
ont parconféquent pour ce fervices les récrues
fort mal
été peu nombreufes,8
hommes compolces qu'on
à tous
& les
ainfi, étoient en parvenoir à
1ta
fervice aufi actif genéral Je fuis peu propres procurer à un
éloigné de croire
cependant fort
cer à ce moyens qualconviente derenonque dès le débur Sie d' une penfe au contraire
soccuper à faire des guerre, il faudroit
fembler dans des
recrues, & les raf
tumer à guelque Portse pour les accouhommes du fervice dicipline, & inftruire ces
particuliercment quils auront à remplir
cette reflource pour FArtillerie ; mais
qui exige une S forte foible en elle-meme, &
pas fuffire à tour;
dépenfes ne
d'ailleurs elle ne pourroir
dervirpour une premiere
peur pas
que trop éprouvé combien causpagnc il
: onn'a
convenients a embarquer
y avoit d'indès qu'ils fontenroles, & ces volontaires
pu les difciplinerd &1
ayant que d'avoir
Ainfi les reffources lesexercer.
employée:jufnes
accefloires qu'on a
à ce que les claffes a-préfent des Côtes pour fuppiéer
fournir, 2 fe réduifant à
ne Peuvent
claffes des tivieres, les trois, favoir, les
les enrolemens volontaires. Gardes Cores, &
Le premier de
HTTOURU N ensfinos
ces
pu les difciplinerd &1
ayant que d'avoir
Ainfi les reffources lesexercer.
employée:jufnes
accefloires qu'on a
à ce que les claffes a-préfent des Côtes pour fuppiéer
fournir, 2 fe réduifant à
ne Peuvent
claffes des tivieres, les trois, favoir, les
les enrolemens volontaires. Gardes Cores, &
Le premier de
HTTOURU N ensfinos
ces --- Page 537 ---
( 97 a
être
doit, ce que je Crois ,,
ces moyens failant beaticoup de chan
confervé en y
rconviendiet
& de mnodificationss fecond en. eherchant les
E renoncer au
8 on doit taclier
moyens de le remplicers utile D AUTTnSTa a
de rendre le troitieme a 3 plus T 01010 DP 9
ersuirapAdeake
Et0 oE ce Memoire
Je me fuis peul oceopse 91 les ouvriers 100 e profee
de ce qui conceme relanves a Sonitrucson -
fions maritimes,
OA
D
mais une
& au grément des
:
les
-
d
dece que
Do RETEOes 9
Nn
grande - GR partie pent être applique - ces ouvriers
de y Fobligation daller travailler néceffaire dans
quant les Arfenaux lorique ccla devient Tt Faudroit ré
le fervice HEY des ainft leyees C
A chales repartitions sun a
pour les
S des clafles de ces ouvricrs, entre
cune D1
divifer enfuite pat
& le fous- -
Qusterss - aux Syndicatsa & ces mo Tevées
maniere
Ne
rapport roient fe faire de la 20 taeins X
les
celles des gens de mer etedire TLTcroit par juttes -
Syniievsiesaion 910 delquels les ouvriers 3 puffent
par cette railon, GHE 231 61
concourif. T'obferverai acct égard quen
seclantlés la plus
travaux des Arfenaux dele maniere e
réruliere quil eft poifhible enforte untforimes quils en
foient a peu-pres conftans 8 G
--- Page 538 ---
tems de
(98) )
a les exécuter paix; 5 on peut efpérer de
réfidens dans les en entier avec les parvenir ouvriers
ports, & fans être
d'employer SE
ceux des
obligé
ne
claffes.dont le
leroirnécellaire que dansles
fecours
vemens
grands mouC
&pendant la guerre.
(emnaliensiteciiece MTEeRCranS duquel dépend ef
navale, c'eft la confervation même de la force
ment des
de Pétablife
climcedesens de
côrés. EPeH relamanttour Te
mer fur les
Pofé dans ces eMlmoire, Je eri penfe ce querai ex
néceffaire d'eReHble
qu'il feroit
quiauroit pour duor objer de lesbafes Hxerle par une Loi
Tobligarion PaRy fervice
principe de
de Térat de MGRT & militanre dépendane
mer doswunredeincuret alaquelle lesgens de
embrafle lbrement 2 certe m9 alfujertis apres avoir
quitscontimbenta alekercer, profeflion, & tant
maniere précile
d'érablit d'une"
feronrfuivie 91 mas pour 91 to lés regles prmcipales qur
vent être compris reconnoltre fous cette ceux qui doi
générique aind que'les caufes dénomination
ceffer cette obhganom:
qui feront
niere de la faire remplif dérerminer la mapartinion; charger dirdétail par des une égale rés
Syndics élus Iibrement par les levées, des
& choifis parmi eux; hxer les" gens de mer
fonctions des
objets des"
Lag Cohumifaires des
2MOTHOIE e
Clafles, &
a
erdk
connoltre fous cette ceux qui doi
générique aind que'les caufes dénomination
ceffer cette obhganom:
qui feront
niere de la faire remplif dérerminer la mapartinion; charger dirdétail par des une égale rés
Syndics élus Iibrement par les levées, des
& choifis parmi eux; hxer les" gens de mer
fonctions des
objets des"
Lag Cohumifaires des
2MOTHOIE e
Clafles, &
a
erdk --- Page 539 ---
99 )
de celles des
CISCI a
Syndies, 7 établir
vriers des profefions
Pout les Oufemblables à celles des maritimes, de 2 SD des regles
miner la maniere dont 1 bareliers mer; déter- D
vieres contribueront a Tarmement des 3
Flotte :
IsDIS
de
#
enfin
enSm
gencrales expoleri de Cette A - 15 Htnitchale lles d0. regles 1
tion.
91 U UI imnportante A9 110901511 adminiftra- 91791
Je crois 632 qu'on 9h HONEVISINOS Eliss alsyan
fans délai des deyroir Ae
enfute 2oHBi occuper 231
Loix ou à
moyens. a FRECURODSE De
1S
des 311
LE Réglemens de
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conferver CoT les maintenant 12
Hsn. a cer arE
ce qui
ST dapontions 10 30 TO Htllesa TSS
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Code complet 2s b sompolra X
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POM, CStE
inutiles tous les réglemens Shistendi9 Jende -
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Flote, mais encore.
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Pour affuirer ntts 1a
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desgens de mer, & celle dela
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des équipages des barmes7barchands polmpstiunud 1510
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23 TeTa
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deMa uC
nésalenrs familles, les; pemnesdela a
iecours 2LT à a don Dn
Peut-étre La
méme
4H defeinons 2IA ona
lanolice a
des epuipages 230
objetintereffanre dont nronvol on
peu occupe
G 2
archands polmpstiunud 1510
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Peut-étre La
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lanolice a
des epuipages 230
objetintereffanre dont nronvol on
peu occupe
G 2 --- Page 540 ---
( 1oo )
enfin un grand nombre d'autres, dont
crois inutile d'expofer ici le
je
ment. Mais qu'il me foit permis développer de
peller enicore Timportance des queftions rapgénérales
qui - ont préfentées dans ce Mémoire,
Puiffances pourlobjet a confervation del da
maritime
le bonheur duheinombreufe dehe-France, ainfi
toyens29 mp 90 1001
clafle de
Ta phéfenté
inomom 50 a - a amet
le'planqui m'a
le
propre's Gacilerseiniesgemr
plus
de
IRErd betoins
jai FEraraveel expofei aufi l'avantage des gens de mer;
pollible, les'mmotifsnde Pfiettement qu'il m'a été
jai dit avec V éritér iceique mes jai opinions; &
exerçant cetté
appris en
nant la plus grande vadianinufsanony partie des côres en examibeaucoup de foin' Soem y faifant um avec ntes
cenfement géncral quim'a mis
voir tous les detailsolime refte aporrée à defirer de
feulement que mes idées puiffent
uriles: ouceqie, pfans-doute,
paroitre
rois
je préféres
naitre beaucoup, de
2 qu'elles puiffent en faire
meilleures, & qu'il s'offre d'autres
renir moyens Ja forces queje navale Tapperçois & pas pour mainfort des Matelots; 001 je 2 les connois pour adoucir le
pour ne pas les chérir, & fouhaiter trop bien
ment quils foienr auffi heureux qu'ils ardem- le
ent
uriles: ouceqie, pfans-doute,
paroitre
rois
je préféres
naitre beaucoup, de
2 qu'elles puiffent en faire
meilleures, & qu'il s'offre d'autres
renir moyens Ja forces queje navale Tapperçois & pas pour mainfort des Matelots; 001 je 2 les connois pour adoucir le
pour ne pas les chérir, & fouhaiter trop bien
ment quils foienr auffi heureux qu'ils ardem- le --- Page 541 ---
( fo1)
méritents la plus douce fatisfaétion que je à
feroit de contribuer
pourrois éptouvetai
terminer ce Mémoire,
laleur; & je ine peus feroiti bien jufte de à
fans repeéfenter aquil moyens de les nécomchercher des quelques facrifices squalslo lofopfo PONE la
pehfer
leznxansagesqwils
Phofepahligesedoeal
pasideaai
lui tadzbmroed tout ce qui
les
miner dans ce moment
de
intérefler;
SLER
paeliculiénenens
leurs falaires furd lés batimans de guerre 2
exige an sravail eféchi mais Je
objet
deleur
2s ne feroit pasmpofible de fatisaccorder quelques sémoignages derégler
faétion ; & pticuli@emesse de feiviceil Hixés s
tems
a
près un
quand
confidérés comme Gitoyeneatbis. a
même ils nel payeroienti ipass objet, Kimpofirion Leur fers
direête déterminée pous cet bien pouvoir
vice militaire penienhic-panols
être confidéré, cominer unimpos équivalent de
à celui de lauvaleurs de frOIS journees
tràvail. anslrng aallsup e quoousad 2103
TUS b sihto'e Ieip 38 reonualliom sbanten
ITISOL tut T L
215 Tom
5 28,ligne HOC, 2, Horfqu'én 1689, lifeis forfqu'en 1670
- Page
21 DISI6IM 2ab nok
mSbIs Trisdupl a tharo asl 25q 9n TOC
aip xowod iltos angiol eliwp 30901 --- Page 542 --- --- Page 543 ---
D E
L'IN D E,
OU
REFLEXIONS
SuR les moyens que doit employer la
France relativement à ses possessions
en Asie, --- Page 544 --- --- Page 545 ---
D E
LI N D E,
OU
R - EFLEXIONS
SuR les moyens que doit employer la
France relativement à ses possessions
en Asie.
M Livorfinor Irtinant
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la
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2A
A PARIS,
DE L'IMPRIM. DE DIDOT L' AINÉ.
M. DCC.CX
N --- Page 546 ---
KOHDIOONTYE
-
a
up alearyd
amseeaneini.aides
- N. B. L'aduninistrateur qui a rédigé
cet ouvrage, doit la carte quiy est annexée ainsi que les détails géographiques qu'il contient et la plus grande
partie des faits historiques de la seconde partie, à Ln militaire connu par
ses talents et par son impartialité, et
qui A a voyagé avec fruit dans l'Inde
pendant la derniere guerre.
RT
R
546 ---
KOHDIOONTYE
-
a
up alearyd
amseeaneini.aides
- N. B. L'aduninistrateur qui a rédigé
cet ouvrage, doit la carte quiy est annexée ainsi que les détails géographiques qu'il contient et la plus grande
partie des faits historiques de la seconde partie, à Ln militaire connu par
ses talents et par son impartialité, et
qui A a voyagé avec fruit dans l'Inde
pendant la derniere guerre.
RT
R --- Page 547 ---
INTRODUCTION.
Touras les questions qui, par leur
objet,intéressentla, prospérité etla gloire
de létat, paroissent maintenant devoir
être soumises, à la discussion publique.
Celle que, nous entreprenons de traiter
estsans doute dumegandeimponuacer
elle a pour but de déterminer le plan
que laFrance doit adopter relativement
aux possessions qu'elle a conservées
dans l'Inde, ainsi que les moyens qu'il
lui convient d'employer pour reprendre unjour, dans cette partie du monde,
l'ancien éclat dont elle y a joui.
Personne n'ignore quele dernier traité
de paix nous y a replacés dans une position à-peu-près semblable à celle oi
nous étions à l'époque de 1763; que
les Anglois, au contraire, y ont augmenté leurs territoires, leurs fortifications et multiplié dans tous les genzes --- Page 548 ---
INTRODUCTION:
leurs ressources locales; qu'enfin notre
foiblesse s'y fait remarquer dans la proportion de la supériorité qu'ils y ont
acquise. Sommes-nous donc condamnés
à souffrir éternellement cette étonnante,
disparité, ou nous est-il possible de la,
faire cesser? Voilà le grand problème
que nous allons essayer de résoudre,
dans le cours de cet ouvrage.
On convient déja assez généralement
que, pour espérer et obtenir de grands,
succès au-delà du cap de Bonne-Espérance, il fauty avoir un chef-lieu d'éta-,
blissements, où l'on puisse concentrer
en temps de paix de grandes forces militaires. Parmi ceux qui nous apparliennent, PondicheryetlIsle-de-France
sont les seuls qui se disputent cet avantage, et chacun d'eux a des partisans.
zélés et même enthousiastes, quise regardent comme susceptibles d'une préférence exclusive.
Le conseil du roi a déja prononcé en --- Page 549 ---
INTRODUCTION.
eb's 11]
faveur de TIsle-de-France : mais Pondichery vient de présenter àl'assemblée
nationalé lés plus vives réclamations
contre ce jugement. C'est donc à ce
tribunal suprême , qui tient aujourd'hui dans ses mains le sort de la France, qu'il faut que nous soumettions
l'examen impartial de cette grande
questionpolitique: Devenus comptables
envers lui de toutes les vérités utiles
que nous avons pur recueillir, nous n'oublierons aucun des détails qui peuvent.
éclairen les grandes vues dont il doit
êtreanimé.
a Pour les développer avec plus de méthode, nous avons pensé qu'il convenoit de diviser notre travail en deux
parties et de marquer cette division par
les deux questions suivantes.
Premiere question.
Quelle est, d'après les événements
des trois dernieres guerres, l'utilité politique del'lsle-de-France?
vers lui de toutes les vérités utiles
que nous avons pur recueillir, nous n'oublierons aucun des détails qui peuvent.
éclairen les grandes vues dont il doit
êtreanimé.
a Pour les développer avec plus de méthode, nous avons pensé qu'il convenoit de diviser notre travail en deux
parties et de marquer cette division par
les deux questions suivantes.
Premiere question.
Quelle est, d'après les événements
des trois dernieres guerres, l'utilité politique del'lsle-de-France? --- Page 550 ---
iv
INTRODUCTIONA
Seconde question.
Quel degré d'importance le gouvernement doit-il attacher à la politique de
l'Inde? Doit-il s'occupper à-la-fois d'un
projet offensifà TIsle-de-France et d'un
autre défensifà Pondichery?
Puisse cet ouvrage persuader tous
ceux quile liront avec attention, qu'en
ne voulant plus considérer Pondichery
que comme un simple comptoir, la
France n'a pas eu l'intention d'abandonner TInde, mais bien des dispositions militaires qui ne pouvoientquelui
être désavantageuses.
elnomis E --- Page 551 ---
SMO CL
D E
L hi - N D E,
OU
A
AREFLEXIONS
Sun les moyens que doit employer la
France relativement à ses possessions
Rome en Asie
-
Quelle esty daprès les éoénements des
trois dernieres gwerres.fuviné-polis
tigue de LIslede-France 2
- 3 GUERRE DE 1744.
TOV
La BOURDONNAYE se préparoit déja depuis neufans à faire del lIsle-de-Franco
le rempart le plus redoutable de nos
possessions demifladn.lerjierandle
terre et la France entreprirent la guerre
de 1744.
312 SInTOVuO
4 La compagnie des: Indes, alors,souA --- Page 552 ---
DE LINDE
veraine de cette isle, où l'on peut en secret préparer les projets les plus impor
tants, avoit eu la foiblesse de compter
sur la neutralité de la compagnie angloise au -delà du cap de Bonne- Espérance; mais la perte de son commerce 7
détruit, en moins d'un an, par les amiraux Peyton et Burnet, la détrompa
ernellement.
Le gouverneur anglois, que Dupleix
avoit entretenu de cette prétendue neutralité, parut y croire avec plaisir 2
peut H être même la desiroit - il alors 9
parcequ'il savoit que le navirele Fleury,
de320 canons, chargédetroupes destinées
notre établissement de Mahé, étoit
pour
sur le
de
la côte de
point
partir pour -
Malabar, où il pouvoit ruiner en peu de
temps tout le commerce des Anglois.
Pour observer fidèlément cette neutra9
lité, la compagniedonna ordreàDupleix
de ne faire aucune dépense et de n'élever aucunes fortifications : mais ce gouverneur , en envoyant sa démission à la
compagnie, ne s'en occupa pas moins à
etroupes destinées
notre établissement de Mahé, étoit
pour
sur le
de
la côte de
point
partir pour -
Malabar, où il pouvoit ruiner en peu de
temps tout le commerce des Anglois.
Pour observer fidèlément cette neutra9
lité, la compagniedonna ordreàDupleix
de ne faire aucune dépense et de n'élever aucunes fortifications : mais ce gouverneur , en envoyant sa démission à la
compagnie, ne s'en occupa pas moins à --- Page 553 ---
DE L'INDE
mettrePondichery en état de défense; et
voyant avec douleur qu'il n'avoit aucun
secours à espérer d'Europe, il se détermina à en demander à la Bourdonnaye,
qui étoit alors à IIsle-de-France.
La Bourdonnaye, qu'on a dénoncé à
la postérité comme un homme intéressé, montra dans cette occasion que la
gloire avoit aussi un grand empire sur
son ame. 11 arma six vaisseaux, auquels
il enj joignit un dela compagnie; et, malgréle pen de succès qu'il devoit attendre
d'une telle expédition, il ne balança
pas
à voler au secours de Pondichery. Dupleix l'avoit déja sauvé par un trait de
politiqué digne d'éloge, en attirant le
nabab d'Arcate dans les intérêts de la
France.
Arrivé dans l'Inde, la Bourdonnaye
rencontra l'escadre angloise de 5 vaisseaux de ligne. Illa combattit avec tant
de valeur qu'il la força de se réfugier à
Trinquemaley. Il jeta ensuite des secours dans Pondichery,et alla attaquer
Madras, qui se rendit à discrétion le 21
septembre 1746.
A 2 --- Page 554 ---
DE L'IND E.
Maislevainqueur decette capitale des
Anglois dans lInde, fier de,sa victoire,
méconnut le pouvoir de Dupleix; et le
premier mal que produisit cette indépendance fut d'arrêter nos succès et d'empécher sur-tout la prise de Goudelour.
Le projet de la Bourdonnaye n'étoit
pas de se restreindre aux lauriers que
Dupleix pouvoit en quelque sorte par;
tager avec lui. Après avoir reçu de nouveaux secours de TIsle-de-Erances il
conçut le projet d'aller à la côte de Malabar, pour y enlever Bombay, Talichery et Anjingue, que l'escadre angloise, toujours en mauvais état dans
le port de Trinquemaley., ne pouvoit
pas protéger. Une tempête violente détruisit en un instant toutes nos espérances de gloire et de fortune a ; un vaisseau
fut dématé, un autre périt avec son
équipage, et tous les autres se trouverent hors d'état de rien entreprendre.
C'est ainsi que se termina une campagne qui pouvoit nous rendre les mai
tres de lInde, et dont il est aisé de voir
adre angloise, toujours en mauvais état dans
le port de Trinquemaley., ne pouvoit
pas protéger. Une tempête violente détruisit en un instant toutes nos espérances de gloire et de fortune a ; un vaisseau
fut dématé, un autre périt avec son
équipage, et tous les autres se trouverent hors d'état de rien entreprendre.
C'est ainsi que se termina une campagne qui pouvoit nous rendre les mai
tres de lInde, et dont il est aisé de voir --- Page 555 ---
D E L'INDE
que tout le succès auroit été du à la position de lIsle-de-France.
ST La compagnie des Indes, instruite du
piege qu'on lui avoit tendu, sentit la
nécessité d'armer une escadre. Le roi
lui prêta quelques vaisseaux de guerre,
et elle y - joignit cinq ou six des siens,
surlesquels on fit charger des munitions
et de l'argent pour la valeur de 12 à 15
millions. Cette escadre légere , commandée par M. de SaintGeorges, tomba
dans celle de l'amiral Anson au mois de
mai 1747, ét il n'en arriva à PIsle-deFrance que deux vaisseaux de la compagnie, et un au roi, monté par M.
Bouvet.
n0
017 Dupleix, instruit de ce malheur par
la: caravanne, et 51 voyant la' côte de Coromandel gardée par les neuf vaisseaux de
l'amiral Greffin, demanda de nouyeaux
secours à T'Isle-deFrance.
20. M. David, qui ycommandoit alors,
fit armer en guerre six vaisseaux de la
compagnie, qn'il confia à M. Bouvet.
Cet-officier appareilla au mois de mai
A; --- Page 556 ---
DE LINDE
1748, ayant en outre un bâtiment de
transport chargé de bled et d'autres
visions de bouche et de tout
prol'argent
reçu d'Europe.
Il alla mouiller à Karikal,
françois dans le sud de
comptoir
alin de connoitre la position Pondichery, de l'escadre
angloise. Cette
derniere, 2 mouillée à
Goudelour, fut bientôt instruite del'ar,
rivée de la nôtre, et vint se mettre en
ordre de bataille devant Pondichery.
L'amiral Greffin crut cette manceuvre
d'autant plus utile qu'il venoit d'être
averti par un aviso que l'escadre françoise avoit pris la route del
mais M, Bouvet, connoissant] Pondichery:
rité des forces angloises, fit fausse tlasupério
dans la nuit et allamouiller à
ronte
mit
Madras:i il
sur-le-champ 500 hommes à terre
ainsi quol'argent,et appareilla le même
jour, à dix heures du soir, pour l'Islede France, où il arriva en 30 jours. Les
troupes se rendirent par terre à leur
destination, etPondichery fut sauvé,
Ce fut donc encore à "'Isle-de-France
ichery:
rité des forces angloises, fit fausse tlasupério
dans la nuit et allamouiller à
ronte
mit
Madras:i il
sur-le-champ 500 hommes à terre
ainsi quol'argent,et appareilla le même
jour, à dix heures du soir, pour l'Islede France, où il arriva en 30 jours. Les
troupes se rendirent par terre à leur
destination, etPondichery fut sauvé,
Ce fut donc encore à "'Isle-de-France --- Page 557 ---
DE L'IN D E.
que Ton dut, pour la seconde fois, le
salut de tous nos établissements dans
I'Inde.
L'amiral Boscawen, parti d'Europe
avec 10 vaisseaux de guerre, E
dont 4
hollandois, ,mouilla, au commencement
de juillet 1748, dans la baie du Tombeau
à lIsle-de-France : n'ayant pu surprendre' cette colonie et craignant de perdre
l'occasion d'attaquer Pondichery avant
la mauvaise saison, il leva l'ancre au
bout de six jours et se rendit à Goudelour, dont la mésintelligence de Dupleix et de la Bourdonnaye nous avoit
empéché de nous emparer après le siege
de Madras 5 et sans lequel il ne seroit
resté aux Anglois aucune possession à
la côte de Coromandel.
Mais un tort inexcusable fut de n'avoir
expédié l'escadre de M. Bouvet
un
pour : côte de Malabar apres son retour à l'Isle-de-France. Il est plus que
probable que Bombay, Talichery et Anjingue auroient été pris, puisque les
forces angloises étoient employées alors
A4 --- Page 558 ---
DE L'IN D E.
au_siege de Pondichery 5 et que la moussonles auroit empéché dei secourir ces
établissements. On eût encore pris à
cette côte plusieurs bâtiments de commercerichement. chargés. On en eût pris
à Lucate dans le golfe persique, dans la
mer ronge et dans les détroits de da
Sonde et de Malac. Le commerce des
Hollandois, aveclesquels nous étions en
guerre, n'eut pas été moins troublé que
celui des Anglois. Mais, par une fatalité
inconcevable, nous ne fimes aucunes de
ces tentatives, et nous ne profitâmes pas
des avantages précieux que nous offroit
alors et que nous offrira toujours l'Islede-France pour porter des coups inattendus aux différentes côtes delInde.
bmersoto.
GUERRE D E 1756. HOT
S
a AT
La.come de Lally, gouverneur de
Pondichory et commandant les forces
de terre, partit de l'Orient au mois de
mai 1757 pour se rendre eala côte de Co
imes aucunes de
ces tentatives, et nous ne profitâmes pas
des avantages précieux que nous offroit
alors et que nous offrira toujours l'Islede-France pour porter des coups inattendus aux différentes côtes delInde.
bmersoto.
GUERRE D E 1756. HOT
S
a AT
La.come de Lally, gouverneur de
Pondichory et commandant les forces
de terre, partit de l'Orient au mois de
mai 1757 pour se rendre eala côte de Co --- Page 559 ---
DE LIND E.
romandel. Le comte d'Aché, commandant les forces navales,partit à la même
époque. Ayant été-forcé de relâcher à
Hio-Jandiro,iln'arrivaàl'Isl-de-Pranco
qu'au mois de décembre de la même
année. Son-escadrely-atoit été précédée
parsix vaisseaux de la compagnie, qui
portoient le régiment de Lorraine et
beaucoup de vivres et de munitions,
M. Magon, alors gouverneur dellIslede.France, inqniet sur le sort de la divi
sion du comte diAché, etiinstruit que
Pondichery avoit besoin deisecours dans
tous les gerres , prit ler parti d'expédier
ces Six vaisseaux pour UInde, et d'en
donner le: cominandement au même
Bouvet quiavoit sil bien rempli sa mission en 1748. Celuiciisel renditià Pondichery, y débarqua ses troupes, son'argent et sesi munitions; mais obligé d'obéirà des ordresprécisde revenirpromptement à PIslede-France;. ilnep putrester
à lal côter der Coromandel, où il se trouvoit aveo des forces supérieures à celles
des Aniglois, parceque leur - escadre n'y --- Page 560 ---
a0
p E L'IND E.
étoit pas ençore rassemblée. Voilà Pondichery sauvé pourila troisieme fois par
les secours de l"Isle-de-France. division du
cet intervalle la
9 Pendant
d'Aché étoit arrivée 0 en assez
comte état.i M. Magon se Servit de
mauvais
ions les moyens qui iétoient en sonpour
voir pour accélérer sai sortie: elleappar
reillaran mois de février 1758 et arriva
danslInde en: avrile Le comte d'Aché
eut un combatiqu'on ne peut pas compfût resté
ter comme un succès qquoiqu'il
maîtrer du champ de batailler
aux ordres du comte de
39 Les troupes
Lally furent débarquées à Pondicheryft invéstir le fort Saint-DaCe général
arrivée,
vidile jour même des son
par
qui sempara de
M rle comte d'Estaing
t
Taoda
cette place importantes de marcher vers
0 C'étoit lei moment
des
Madras - cette unique ressource
Anglois à lai côte de Coromandel, et
infailliblement énlevé.
quion leur auroit de terre et de mer ne
Mais.les généraux
d'Aché,
purent se. concerter; etle comte
fort Saint-DaCe général
arrivée,
vidile jour même des son
par
qui sempara de
M rle comte d'Estaing
t
Taoda
cette place importantes de marcher vers
0 C'étoit lei moment
des
Madras - cette unique ressource
Anglois à lai côte de Coromandel, et
infailliblement énlevé.
quion leur auroit de terre et de mer ne
Mais.les généraux
d'Aché,
purent se. concerter; etle comte --- Page 561 ---
DE L'INDE
après un combat aussi peu décisif que
le premier, 3 revint AlTale-de-France.
Le comte de Lally, quela conquête de
Madras occupoit, donna connoissance
deson projet à M. Magon, qui venoit
de recevoir à l"Isle-de-France trois vaisseaux de guerre commandés par M. de
Laiguillei Ce dernier, jaloux d'acquérir
de lal gloire, desiroit de favoriser l'entreprise de M. de Lally: mais, au moment oui il se disposoit à partir 2 le
comte d'Aché arriya à lIsle-de-France
et s'opposa à cette expédition. Le comte
de Lally fut dono forcé de lever le siege
deMadras.
a TITL
Le comte d'Aché ne remit en mer
pour l'Inde qu'au mois dejuillet 1759:
il combattit , en arrivant, l'escadre angloise, et n'obtint encore aucun avantage malgré la supériorité deses forces:
il vint mouiller le même jour à Pondichery, jet déclara pabliquement qu'il repartiroit Hle lendemain pour TIsle-deFrance. Lally chercha vainement à le
retenir encore un mois surlaicôtede Co- --- Page 562 ---
D E LINDE
romandel.ilacolontejy justement alarmée
des dangers qu'elle alloit courir, dressa
une protestation nationale : le comte
d'Aché partit.
et
3 De retour à l'Iale-de-France il n'y
trouva point de vivres, tandis qu'on en
alloit chercher à grands frais au cap de
Bonne-Espérance età Batavia. La mousson favorable se passoit; et Pondichery,
quiauroit encorepu être sauvé silecomte
d'Achée eut voulu prendrela granderoute
pour l'aller secourir, tomba au pouvoir
del'ennemile 15 janvier1761.
On dut regretter d'autant plus den'avoir pas tout tenté pour conserver Pondichery, que les Anglois avoient essuyé,
le 1 du même mois dejanvier, une tempête qui leur At perdre cinq vaisseaux,
et que cet événement les auroit mis dans
l'impossibilité d'opposer aucun obstacle à nos desseins. fox -
FOII JHr V à
9 La prise de Pondichery nous plongea dansumeespece d'avilissement. Nous
perdimes tout ce que nous possédions
aux côtes de Malabar et d'Orixa. Chan-
Pondichery, que les Anglois avoient essuyé,
le 1 du même mois dejanvier, une tempête qui leur At perdre cinq vaisseaux,
et que cet événement les auroit mis dans
l'impossibilité d'opposer aucun obstacle à nos desseins. fox -
FOII JHr V à
9 La prise de Pondichery nous plongea dansumeespece d'avilissement. Nous
perdimes tout ce que nous possédions
aux côtes de Malabar et d'Orixa. Chan- --- Page 563 ---
DE L'INDE E.
dernagon avoit été enlevé dès le commencement de la guerre; et Pondichery
ne fut plus qu'un monceau de ruines;
où l'on reconnoissoit a peine quelques
vestiges d'établissement.
3 Ces détails prouvent assez jusqu'à
quel point - IIsle-de-France nous: eût été
utile si nous en eussions tiré tout le
parti qu'on en devoit attendre. Un autre exempleva encore porter cette vérité
à un plus haut degré d'évidence.
Le comte d'Estaing , employé dans
l'armée de Lally en qualité de brigadier,
avoit été fait prisonnier au siege de
Madras. N'ayant pu être échangé, il rer
vintaliale-de-Prance en décembre 1760.
Déterminé.à repasser en France par la
voie de Bassora, il proposa à M. Magon de faire armer deux vaisseaux et
d'y faire embarquer quelques troupes
réglées avec un petit corps de volontaires de lIsle-de-Bourbon.
10 Le commandement en fut confié au
chevalier des Issarts, dont les talents,
le zele et la bravoure avoient déja été --- Page 564 ---
a4
DE L'INDE
éprouvés. Ilpartit pour la côte de Malabar, entra dans le golfe persique, et attaqua la ville angloise de Bender qui se
rendit à discrétion.
Le jeune des Issarts ne pouvant conserver sa conquête, tira de la place tout
ce qui lui étoit nécessaire, 3 et s'empara
de deux vaisseaux richement chargés
qu'il envoya à PIsle-de-Frances Il obtint ensuite du gouverneur l'échange du
comte d'Estaing. Ce dernier prit le commandement de la petite escadre , et alla
s'emparer de Bancoul à la côte de l'Est.
Il y brûla tous les magasins de pondre,
ety fit un dégàtqui dut coûter plusieurs
millions aux ennemis : il alla ensuite se
réparer à Batavia, et revint à l'Isle-deFrance à la fin de 1761.
A cette époque on avoit relevé plusieurs vaisseaux échoués del'escadre du
comte d'Aché. M. de Saint- Georges,
ancien capitaine de la compagnie des
Indes, fut nommé pour commander ce
qui restoit.de bâtiments de guerre dans
la colonie. M. de Modave, ayant mandé
tqui dut coûter plusieurs
millions aux ennemis : il alla ensuite se
réparer à Batavia, et revint à l'Isle-deFrance à la fin de 1761.
A cette époque on avoit relevé plusieurs vaisseaux échoués del'escadre du
comte d'Aché. M. de Saint- Georges,
ancien capitaine de la compagnie des
Indes, fut nommé pour commander ce
qui restoit.de bâtiments de guerre dans
la colonie. M. de Modave, ayant mandé --- Page 565 ---
DE L'INDE
de Trinquebar que les Anglois étoient
occupés au siege de Manille, l'escadre
en station à l'Isle-de-France auroit pu
se rendre à la côte de Coromandel,
et sly réunir à deux de nos vaisseaux
et une frégate qui croisoient à l'ouverture du Gange; c'étoit même le sentiment de MM. des Saint-Georges et Razin.
M. de Sergis montra un ordre de ne rien
entreprendre et de se borner à la défense des isles.
Les Anglois, maitres absolus de la
côte de Coromandel 3 apprenant que
l'Espagne s'étoit déclarée contre eux, se
rendirent aux Philippines et s'en emparerent sans résistance. Nous avions cependant thuit vaisseaux de guerre à l'Islede-France; mais ils appartenoient à une
compagnie de commerce incapable de
grandes vues; à une compagnie qui avoit
pensé réduire Dupleix, l'honneur de la
France en Asie, à la nécessité d'aller,
nouveau Bélisaire, démander l'aumône
le long des royaumes qu'ilavoit si bien
défendus, --- Page 566 ---
DE L'INDE
La même raison nous empécha, lors-"
que les Anglois attaquoient les Philippines, de tomber sur! Diu, Daman et
Goa, appartenants aux Portugais à la
côte de Malabar, au moment ou nous
venions de leur déclarer la guerre : ce
qui nous auroit assuré des moyens d'échange avec les Anglois pour celles de
nos places qu'ils avoient conquises.
Ilnous eût été plus facile encore, d'après la position de lIsle-de-France, de
nous rendre maîtres de Mozambique,
de Quérimbe, , de Sema et de plusieurs
autres établissements portugais à la côte
d'Afrique : mais nous étions découragés
par nos malheurs ; et la compagnie
n'auroit pas vu sans peine qu'on sacrifiàt le reste de ses vaisseaux pour continuer une guerre qu'elle n'auroitjamais
su rendre ni glorieuse ni profitable.
On-voit, d'une maniere évidente, de
quelle utilité auroit pu être l'Isle-deFrance,pendant les guerres de 1744
et de 1756. Voyons quelle a été son
influence dans celle de 1778.
GUERRE
découragés
par nos malheurs ; et la compagnie
n'auroit pas vu sans peine qu'on sacrifiàt le reste de ses vaisseaux pour continuer une guerre qu'elle n'auroitjamais
su rendre ni glorieuse ni profitable.
On-voit, d'une maniere évidente, de
quelle utilité auroit pu être l'Isle-deFrance,pendant les guerres de 1744
et de 1756. Voyons quelle a été son
influence dans celle de 1778.
GUERRE --- Page 567 ---
DE L'INDE
17,
GUERRE DE 1778.
A. premier avis. de la rupture de la
paix, l'Isle de France eût purse rendre
recommandablepar une expédition dont
M. de la Brillanne, alors gouverneur
de cette colonie, ne sentit pas toute l'utilité.
Le ministre avoit envoyé, en 1778, le
vaisseaulel Flamand, de64 canons, pour
servir de ponton à TIsle-de-Erance: : à
peine se disposoit-on à exécuter, cet
ordre, qu'un: petit bâtiment de Moca
vint annoncer qu'un courrier anglois
portoit dans, lInde, par la voie de Suez,
la nouvelle de la guerre.
Le sieur Duclos-Guyot, capitaine du
waisseau le: Flamand, convaincu que ce
vaisseau pouvoitpartir: rsous quatre jours
bien armé en guerre, en prévint M. de
la Brillanne : il lui représenta que les
Anglois n'ayant queles vaissean leRipon,
de 64 canons, et deux vaisseaux de la
compagnie hors d'état de prendre la ligne dans le combat, il étoit convenable
B --- Page 568 ---
DE L'IND E.
de tirer parti de ce vaisseau, et de préparer à M. deTroujollyles moyens d'acquérir la supériorité. M de la Brillanne
ne fut pas frappé d'abord de cette per4
spectives il ordonna la démolition du
vaisseau: mais il ne tarda pas às'en repentir , et dépensa inntilement denx
cents mille livres pour le remettre en
état.
-
O'est cependant de ce secours, qui auroit pu être donné pâr lIsle-de-France,
qu'a dépendn le sort dePondichery. Les
François devinrent maitres de la mer
pendant deux ans : pet-on calculer
quelle eût été l'importance de cette premiere campagne ?
M. de Troujolly livra bien un foible
combat à l'amiral anglois ; mais n'en
ayant pas tiré parti , et pensant que les
secours qn'il donneroit à M. de Bellecombe seroient inutiles, il vint hiverner à l'Isle - de LL France. Pondichery,
quoique mal attaqué'et vaillamment défendu, fut obligé de capituler T et les
Anglois en démolirent encore une fois
les fortifications.
importance de cette premiere campagne ?
M. de Troujolly livra bien un foible
combat à l'amiral anglois ; mais n'en
ayant pas tiré parti , et pensant que les
secours qn'il donneroit à M. de Bellecombe seroient inutiles, il vint hiverner à l'Isle - de LL France. Pondichery,
quoique mal attaqué'et vaillamment défendu, fut obligé de capituler T et les
Anglois en démolirent encore une fois
les fortifications. --- Page 569 ---
DE L'INI D E.
Après notre expulsion de l'Inde, les
Isles de France et de Bourbon devinrent
les possessions les plus éloignées que
mous eussions au-delà du Cap: M. de
la Brillanne ne sentit pas assez toute
limportance dn depôt qui lui étoit confié. Lamour de la patrie et l'espoir du
gain échauffant plusieurs citoyens riches, ils proposerent à ce gouyerneur
d'armer en course, et furent refusés.
Avec 3000 hommes de troupes, auxquels
on pouvoit joindre 500 hommes d'élite
pris dans les milices et un corps de fusiliers de montagnes de 600 hommes 2
ce chef étoit en état d'attendre les secours qu'on lui promettoit incessamment d'Europe et pouvoit permettre
les armements en course.
M. le vicomte de Sonilhac, qui succédaàM. dela Brillanne, sentit les torts
de som.prédécesseur. Ipermitla course,
etlon vit entrer dans le Port-Louis pour
plus decingmillions de prises avantl'arrivée de M. de Suffren.
On fat informé dans le même temps
B2 --- Page 570 ---
D E LIN DE.
à IIslo-de-France, par M. Bolz, chefde
la compagnie impériale, que douze vaisseaux de la compagnie angloise, avec
lesquels il étoit sorti de Madras et qu'il
avoit quittés sous la ligne; n'ayant pu
doubler le Cap, devoient relâcher dans
la baie de Saint-Augnstin à Madagascar.
Le vicomte de Souilhac assembla un
conseil de marine dans lequel il fut décidé qu'on feroit sortir quatre vaisseaux
et trois frégates.
Mais cette expédition contre une flotte
angloise riche de plis de 80 millions
fut arrêtée par une nouvelle qui arriva
d'Europe. On marquoit au chevalièr de
Saint-Orens que la cour, mécontente dé
M. de Troujolly, le rappelloit et donnoit le commandement de son escadre
à M.Dorves.Des lors ilne fut plus question que de faire des conjectures sur
l'Inde, et nos vaisseaux resterent dans
l'inaction où ils étoient depuis le retour
de M. de Troujolly à l'Isle-de-France.
C'est cependantle cas de dire encore,
que c'eut été à l'heureuse position de
valièr de
Saint-Orens que la cour, mécontente dé
M. de Troujolly, le rappelloit et donnoit le commandement de son escadre
à M.Dorves.Des lors ilne fut plus question que de faire des conjectures sur
l'Inde, et nos vaisseaux resterent dans
l'inaction où ils étoient depuis le retour
de M. de Troujolly à l'Isle-de-France.
C'est cependantle cas de dire encore,
que c'eut été à l'heureuse position de --- Page 571 ---
DE L'INDE
cette isle qu'on auroit pu devoir l'avantage d'une prise aussi importante : les
Anglois l'avoient tellement redouté,
qu'ils firent éclater publiquement leur
joielorsqu'ils passerent au capdeBonneEspérance. M. Dorves appareilla pour l'Inde le
14 octobre 1780 : son escadre, composée de six vaisseaux de guerre, parut à
la vue de Madras le 27 janvier 1781, et
mouilla devant Pondichery le lendemain. Le 7 févrierl'armée angloise,qui
étoit entrée dans cette ville la veille,se
retira vers Goudelour. Ayder Alikan,
qui l'avoit attaquée le soir, la bloqua
ensuite dans cette mauvaise place où
elle n'avoit pas pour six jours de vivres.
Ce prince desiroit que l'escadre françoise Ot le blocus par mer,i ild demandoit
même 800 hommes pour hâter la défaite du général Coote; mais M. Dorves
les lui refusa, et fit route le 13 février
pour revenir aux isles. Ainsi fut manquée une accasionqui devoit nous livrer
une armée de 1500 Européens avec tous
B3 --- Page 572 ---
D'E TINDE
les généraux anglois, et peut-être Madras, puisqu'à la même époquellescadre
de Hugues étoit occupée de la prise de
Bassem près Boinbay.
On sent combien le succès de cette
expédition, partie de TIsle-de-Francos
én auroit préparé d'autres pour les campagnes suivantes : combien la conduite
de M. Dorves , quel qu'en fatle
dà diminuer la confiance
emotif, a
que le nabab
avoit témoignée jusque-la aux François,
et influer sur ce qui 8'est passé dans la
suite entre ce prince et nous,
La frégate la Fine vint apprendre à
TIsle-de-France, au commmentcement de
juillet, quela aguerre étoit déclarée entre
P'Angleterre et la Hollande: on en
vint cette nation dans l'Inde etià Batavia. pré.
A peine cette nouvelle fat-elle
que le vaisseau anglois le
publique
Toscan, armé
sous pavillon impérial, fut pris
la
flate du roi
par
TEléphant, dans la baie de
la Table. Cette prise d'environ trois millions est due pour ainsi dire à la for:
tune; ; mais il faut convenir que la situa-
re étoit déclarée entre
P'Angleterre et la Hollande: on en
vint cette nation dans l'Inde etià Batavia. pré.
A peine cette nouvelle fat-elle
que le vaisseau anglois le
publique
Toscan, armé
sous pavillon impérial, fut pris
la
flate du roi
par
TEléphant, dans la baie de
la Table. Cette prise d'environ trois millions est due pour ainsi dire à la for:
tune; ; mais il faut convenir que la situa- --- Page 573 ---
DE L'INDE
tion de ITsle-de-Francea encore donné
lieu à cet événement ainsi qu'à la conservation de la colonie du cap deBonne.
Espérance qui étoit absolument dépourvue de munitions de guerre.
L'Iale-de-France offre donc des res.
sources précieuses, soit pour entreprendre desopérations dans l'Inde,soit pour
inquiéter le commerce de nos ennemis
par des armements particuliers, et y
préparer pendant. . la paix les moyens de
les soutenir pendant la iguerre, en augmentant la navigation d'Inde en Inde, à
laquelle on peut employer sans inconvénient des matelots cafres mélés parani les blancs, et des noirs libres que
l'oisiveté et le libertinage rendent à
charge à la colonie. Quoique ces moyens
si faciles eussent été négligés à l'Isle-deFrance,, la course y avoit encore plus
nui au commerce des Anglois qu'elle
n'avoit enrichi la colonie: Un seul corsaire (le sieur-Deschiens) avoit rendu
son nom terrible et troublé la navigation marchande jusque dans le golfe
B 4 --- Page 574 ---
DE L'INDE
Persiqne et à la côte de Malabar: d'autres, quoique moins redontables, avoient
répandu la terreur dans'le golfe de Bengale et vers les détroits. 10
3 A0
Une nouvelle encore plus intéressante
suspendit la viguenr de ces armements
eti prépara lal colonie à donner une plus
grande preuve de son ntilité. On y apprit que a M. de Suffren-avoit attaqné
une escadre angloise dans la baie de la
Praye,aux isles du Cap-Verd, et qu'ily
avoit maltraité les ennemis; mais que,
des cinq vaisseaux de guerro qu'il amenoit, plusieurs avoient beaucoup souf
fert. On ne s'yoccupa donc plus que du
soin de compléter les équipages; etpour
cela il devenoit essentiel de rappeller
tous les matelots embarqués sur les cor
saires.
Le comimandeur de Suffren arriva à
TIslede.France peu de temps après le
retourdeM.Dorves. Tons ses vaisseaux
ainsi que ceux de M. de Suffren avoient
besoin de réparations , et l'on y pourvut
avec une célérité dont lexemple, pour
occupa donc plus que du
soin de compléter les équipages; etpour
cela il devenoit essentiel de rappeller
tous les matelots embarqués sur les cor
saires.
Le comimandeur de Suffren arriva à
TIslede.France peu de temps après le
retourdeM.Dorves. Tons ses vaisseaux
ainsi que ceux de M. de Suffren avoient
besoin de réparations , et l'on y pourvut
avec une célérité dont lexemple, pour --- Page 575 ---
DE L'INDT E.
être très rare au Port-Louis, n'est cependant pas inimitable.
Tout fut prêt vers le commencement
de décembre. L'escadre aux ordres de
MM. :Dorves et de Suffren partit pour
lIndel Elle'étoit composée de onze vaisseaux de ligne, trois frégates, trois corvettes; deux flàtes ; sixr transports et
an bràlot. Ces bâtiments portoient les
forces de terre aux ordres de M. Duchemin et formées par le régiment d'Austrasie 1 L un bataillon du régiment de
l'Isle-de-France, la légion de Lauzun,
les volontaires de Bourbon, un train
d'artillerie de 6obouches à feu avecleurs
munitions et 300 Cafres pour leur service. Ler tout s'élevoit à environ 3000
hommes, non compris les garnisons des
vaisseaux fournies par le régiment de
TIsle-de-France.
M 01
Voilà encore un effort de l'Islede-France contre lInde qui prouve
combien cette colonie peut influer sur
les affaires d'Asie. Cestaveclessecours
qu'elle procureiqu'ane escadre considé- --- Page 576 ---
DE uINDr.
rable est réparée, rafraichie et méme
armée en partie: clest dans son sein,
par: ses ouvriers, avecises bois et ses esclaves qu'une artillerie considérable est
formée et misel en mouvement : c'est
elle qui a fabriqué la poudre qui doit
être consommée par cette artillerie et
par celle desi vaisseanx. Un corps, dont
lai bravouré est établie depuis la
de'Madras parla
prise
de
Bourdonnaye, est tiré
ITslo-de-Bourbon, tandis ique lIslede-France fourrit encorei, deisa garnison, des troupes qui nele cedent point
à celles de TEurope. Telles sontles
ressources essentielles qu'a procurées une
isle qu'on croit pouvoir
dont notre attachement déprécier, et
à la patrie et à
la vériténons portera toujours à démontrer P'utilité.
La mort de M. Dorves, arrivée
de jours avant qu'il fàt rendu dans peu
l'Inde, fit passer le commandement de
"son escadre dà M. de Suffren. Ce dernier
rencontra celledes Anglois etl la combattit sans que cette action eût rien de dé
ressources essentielles qu'a procurées une
isle qu'on croit pouvoir
dont notre attachement déprécier, et
à la patrie et à
la vériténons portera toujours à démontrer P'utilité.
La mort de M. Dorves, arrivée
de jours avant qu'il fàt rendu dans peu
l'Inde, fit passer le commandement de
"son escadre dà M. de Suffren. Ce dernier
rencontra celledes Anglois etl la combattit sans que cette action eût rien de dé --- Page 577 ---
DE L'IND E.
cisif. Il fitlelendemain le débarquement
de ses troupes à Porte-Nove.
M. deSuffren sentant, d'après l'exemple des dernieres guerres, combien il
seroit dangereux pour la France que
son escadre quittât la côte de Coromandel, chercha à s'assurer un point d'appui d'ou il pàt combiner toutes les opé
rationsqueles circonstances exigeroient;
etle port de Tringnemaleyayant fixé ses
regards, il l'enleva aux Anglois.
L'escadre ennemie,quin'avoit plus de
port à dla côte de Coromandel, forcée de
gagner celle de Malabar, ne ponvoit
recevoir des renforts que d'Europe. La
nôtre,au contraire, graces à da situation
de T'sle-de-Francey en attendoit tous
des Isecours dont elle avoit besoin, et ce
ne fut pas en vain.
1b
M. le marquis deiBussy, arrivé à lIslede-France, et trop malade pour se rendre tout de suite à sa destination, transmit pour quelque temps ses pouvoirs au
bailli de Suffren : il lui envoya deux.
vaisseaux de guerre tet plusieurs trans- --- Page 578 ---
D E L'INDI E.
ports chargés delv vivres et de munitions
qu'on s'étoit procurés dans cettel isle. b
La santé de M. de Bussy étant rétablie, ce général partit, dans lesi premiers
jours de décembre 1782, avec troisivaisseaux et trente bâtiments de transport
remplis de munitions de guerre et de
bouche que fournissoit encoré la même
colonie.
- asonut - C
e2 8 Pendant tout le reste de la guerre il
futfacile de sentir quelisle-de-Frances
par sa position, influoit et devoitinfluer
beaucoup sur tout ce qui se passa dans
l'Inde. En effet, sans elle, les succès de
M. le bailli de Suffren eussent été au
moins douteux. Mais comme les détails
dans lesquels il nous faudroit entrer par
rapport à cette expédition doivent trouver leur place dans la.seconde partie de
cet ouvrage, nous croyons pouvoir terminer ici ce qui concerne la premiere,
etconclure que c'est par.lIsle-de-France
que les François et les Hollandois ont
étésecourns dans l'Independantles trois
dernieres guerres.; et que nous aurions
M. le bailli de Suffren eussent été au
moins douteux. Mais comme les détails
dans lesquels il nous faudroit entrer par
rapport à cette expédition doivent trouver leur place dans la.seconde partie de
cet ouvrage, nous croyons pouvoir terminer ici ce qui concerne la premiere,
etconclure que c'est par.lIsle-de-France
que les François et les Hollandois ont
étésecourns dans l'Independantles trois
dernieres guerres.; et que nous aurions --- Page 579 ---
DE L'INDE
encore pu être redevables à cette isle
précieuse d'une grande prépondérance
si nos opérations eussent été mieux concertées. Son utilité politique est donc
évidente, et elle ne fera que le devenir
de plus en plus lorsque nous la comparerons à Pondichery qui lui conteste ses
avantages.
ahi --- Page 580 ---
DE L'INDE
SECONDE PARTIE.
Quel degré d'importance le gouvernement doit-il attacher à la politique
de TInde ? Doitils'occuper à lafois
d'un projet offensifa Ilsle-de-France
et d'un autre défensifa Pondichery?
Iuseroit superflu de répéter ce que
nous avons dit, dans la premiere partie,
des malheurs éprouvés par la France en
Asie jusqu'à l'époque d'une paix dont
T'orgueil de la nation fut long-temps offensé. Ce fut à cette époque humiliante
que nos ennemis nous rendirent les ruines de Pondichery et les foibles possessions soumises en ce moment à la domination françoise dans l'Inde.
Alors le souvenir de ces instants brillants où nous avions disposé des cou- --- Page 581 ---
DE IINDE
3r
ronnes de la presqu'isle n'étoit pas encore effacé. On crut même devoir rejesur un général 93 aussi
ter uniquement
la honte de
mhaumagsonciatle,
nos armes. On se plut en quelque sorte
àrassembler et à confondre surla même
tête et les fautes particnlieres et les
cette tête,
fautes générales. Onproscrivit
de la justice la fit tomber,
et le glaive
Mais ce n'étoit pas cette terrible expiaarracher un jouràl'ention qui pouvoit
nemi les provinces entieres dont il veet celles dont
noit de nous dépouiller
ils'assuroit la conquête. Lally expirant
laissa encore tous nos affronts à venger.
Clétoit dans T'histoire des faits qui
avoient amené une paix avilissante
qu'ilfalloit chercher les moyens de nous
ramener à notre premiere considération
dams l'Inde. Il falloit faire un examen
approfondi du opaimedcDaplais.aui,
, offroit aussi
avec un aspect imposant
degrands obstacles et dégrands dangers:
il falloit saisir, entre plusieurs projets
dont l'exécution étoit facile, celui qui,
ronts à venger.
Clétoit dans T'histoire des faits qui
avoient amené une paix avilissante
qu'ilfalloit chercher les moyens de nous
ramener à notre premiere considération
dams l'Inde. Il falloit faire un examen
approfondi du opaimedcDaplais.aui,
, offroit aussi
avec un aspect imposant
degrands obstacles et dégrands dangers:
il falloit saisir, entre plusieurs projets
dont l'exécution étoit facile, celui qui, --- Page 582 ---
DE L'IND E.
présentant le moins de difficultés, auroit été proportionné aux moyens que la
France pouvoit employer. Mais après
l'avoir médité il falloit l'exécuter avec
vigueur si.l'on ne vouloit pas s'exposer
à une nouvelle humiliation.
Si, comme nousl'avons déja observé,
notre sort n'est guere plus favorable à
présent dans linde qu'il ne l'étoit en
n76a,nous devons donc chercher, dans
les événements dela derniere guerre; les
moyens de nous tirer de l'état de foiblesse, disons même d'anéantissement;
où nous sommes en Asie.
Lorsque M. de Lauriston vint prendre
le commnandement des établissements
françois dans l'Inde, la compagnie angloise Y étoit déja parvenneà tel degré de prospérité et de puissance territoriale qu'on ne pouvoit en fixer le terme. Si l'on compare cet état brillant à
celui où se trouve le reste infortuné de
la nation françoise en Asie, à celui d'épuisement de ses ressources et deses finances en Europe, on ne concevrapas
que --- Page 583 ---
DE L'IND E.
que M. de Lauriston ait pu se promettre
de moindre succès des négociations qu'il
avoit dessein d'entamer avec. les princes
del'Inde, puisquec'eàt été méconnoitre
alors ce principe incontestable, 2 qu'en
Asie, plus que par-tout ailleurs, les négociations n'ont d'effet qu'en raison de
la force qui les seconde et des événements qui en abregent le cours.
On supposera donc avec plus de vraisemblance que la France, se réservant
quelques possessions territoriales dans
lInde, avoit déja conçu quelque grand
projet. Il ne seroit pas naturel de croire
qu'elle eût alors borné son ambition à
une augmentation fictive de revenus
domaniaux qui eussent été absorbés et
au-delà par les frais de protection êt de
perception. Elle ne pouvoit pas compter
davantage sur la renaissance et l'extension de notre commerce en Asie, puisqu'il étoit prouvé d'ayance-qu'il seroit,
pour ainsi dire, anéanti par celui de la
compagnie angloise, et que nulle protection militaire ne pouyoit le rendre
C
croire
qu'elle eût alors borné son ambition à
une augmentation fictive de revenus
domaniaux qui eussent été absorbés et
au-delà par les frais de protection êt de
perception. Elle ne pouvoit pas compter
davantage sur la renaissance et l'extension de notre commerce en Asie, puisqu'il étoit prouvé d'ayance-qu'il seroit,
pour ainsi dire, anéanti par celui de la
compagnie angloise, et que nulle protection militaire ne pouyoit le rendre
C --- Page 584 ---
D E LINDE
assez florissant pour faire espérer qu'il
dlédommageroit des frais de cette même
protection. Il étoit donc visible que la
France ne tenoit à ses possessions que
parcequ'elles servoient à couvrirlemotif
d'un établissement militaire dansl lInde,
quelon considéroit comme le point où
l'on réuniroit nos forces à la prochaine
guerre et d'ou l'ondirigeroit des efforts
plus heureux contre nos ennemis..
- Un dessein aussi peu caché ne pouvoit échapper à ilar pénétration du ministere.anglois. Ce qui téndroit à prouver d'ayance i qu'il ne valoit rien, c'est
qu'il ne fut pas contrarié. Ceux qui
Tnwmsdaitingeseet tdelavic
toire lorsqu'ils exigerent la démolition
du portdeDunkerque, ponvoientégalement nous obliger à ne faire à Pondi:
cheryhi, à Karicaliet àl Mahé que ce
qu'ils avoient permis à Chandernagor,
un fossé, ousaus plus , un simple mur
d'enceinite. lsise garderent bien de stipuler une. pareille clausel: : éclairés par
pos.fautes et par leurs succès , les An --- Page 585 ---
D E L'IND E.
glois, qui connoissoient lInde, virent
sans doute avec complaisance que nous
commencions à prendre des mesures
aussipropres àles tranquilliser qu'ànous
égarer ; et ils durent feindre en quelque
sorte de ne pas nous appercevoir.
GHl Le choix del'emplacement d'un établissement militaire dans l'Inde étoit nécessairementlimité entre Mahé, Karical
et Pondichery. Chacun de ces points 9
outre les vices de localité, étoit de plus
exposé aux inconvénients généraux qui
résultoientde notresituationdans l'Inde
comparée à celle de nos ennemis. Ils'en
présentoit principalement deux, dont
un seul suffisoit pour faire abandonner
un projet de cette nature : le premier
étoit la nécessité édecréer une forteresse,
sans aucune certitude de pouvoir la finir
à temps ; le second, qu'en supposant
même cet établissement achevé, il ne
pouvoit rester, jusqu'al'arrivée de forces très supérieures, que sur le pied
d'une defensive-estrdmement précaire.
D Ce double inconvénient ne fut pas
C2
entoit principalement deux, dont
un seul suffisoit pour faire abandonner
un projet de cette nature : le premier
étoit la nécessité édecréer une forteresse,
sans aucune certitude de pouvoir la finir
à temps ; le second, qu'en supposant
même cet établissement achevé, il ne
pouvoit rester, jusqu'al'arrivée de forces très supérieures, que sur le pied
d'une defensive-estrdmement précaire.
D Ce double inconvénient ne fut pas
C2 --- Page 586 ---
DE L'INDE
senti, et l'on ne fit pas attention qu'il
falloit du moins éloigner cet établissement du centre des forces de l'ennemi
Mahé ne convenoit en aucune maniere;
Karical étoit le seul point Oit avec de
bonnes fortifications on se seroit dé
fendu quelque temps; cependant on lui
préféra Pondichery, malgré le danger
qu'ilyavoit de se rapprocher de Madras.
Onne vitpas que cette positionquiavoit
pu être convenable dans un temps où
les François jouissoient d'une grande
prépondérance , avoit cessé de l'être
dès l'instant où les Anglois avoient acquis une supériorité à laquelle nous n'a- 4
vions jamais atteint. Il est évident que
ce revers de fortune avoit absolument
changéla destination militaire des deux
places de Madras et de Pondichery,
dont la derniere avoit toujours, jusques
là, menacé sa rivale.
Il falloit aussi considérer que les possessions territoriales sdela compagnie angloise l'autorisoient à entretenir, même
en temps de paix, une armée dans la --- Page 587 ---
DE L'INDE.
province d'Arcate, qu'elle pouvoit la
mettre en campagne au premier instant
et avec la plus grande facilité. D'aussi
puissants moyens nous étoient interdits;
et 15 puisqu'on s'obstinoit à bâtir une
place forte, il n'y avoit pas à balancer
entreKarical, où l'on trouvoit du moins
quelques avantages. réels, etPondichery
ou.l'on ne trouvoit rien. Le plus essentiel de ces. avantages étoitla nécessité oùt
Yon eût mis. les Anglois de diviser leurs
forces, en les obligeant d'augmenter la
garnison de Tanjaour, et même d'y entretenir un corps d'armée qui n'auroit
pu agir pendant une grande partie de
T'année, à cause de la nature du sol, & généralement bas, entre-coupé de riviereset couvert de champs de riz inondés deux fois. dans l'année parles débordements du Colram.
Cette faute ne futpas la senle;l la compagnie, se livrant à l'attachement aveugle.qu'ont les Indiens. pour le pays qui
les a vui naitre, voulut absolument rebà1 tir Pondichery. Du moins falloit-ille fors
C3
ir pendant une grande partie de
T'année, à cause de la nature du sol, & généralement bas, entre-coupé de riviereset couvert de champs de riz inondés deux fois. dans l'année parles débordements du Colram.
Cette faute ne futpas la senle;l la compagnie, se livrant à l'attachement aveugle.qu'ont les Indiens. pour le pays qui
les a vui naitre, voulut absolument rebà1 tir Pondichery. Du moins falloit-ille fors
C3 --- Page 588 ---
DE L'IND E.
tifier convenablément; ce qui étoit d'antant plus facile que cette ville n'offrant
qu'un monceau dé ruinesi, rien ne genoit pour diminuer l'étendue de l'ancienne enceinte et s'emparer des points
les plus favorables à sar défense : mais
ce moyen simple futr négligé. La compagnie envoya au ministre un projet mab
conçu. M. Bourcet, ingénieur, en avoit
proposé un autreplus raisonnable. Pendant que l'on discutoit 3 les habitants.
de Pondichery reconnurent, parmi les
décombres, la place de leursi maisons,
et chacun rétablit la sienne ; de maniere que la ville se trouva insensiblement rebâtie suivant son dernier plan.
Dèslors il ne futp plusquestion de subordonner la distribution der la place aux
fortifications par lesquelles il eût fallu
commencer; ; on se vit au contraire forcé
de subordonner le projet de fortifications à l'enceinte immense et mal tracée
qui renfermoit déja les habitants ; et
c'est ce qui donna lieu à un nouveau
projetde M. Bourcet, d'abordapprouivé --- Page 589 ---
DE L'IND E.
puis contredit par le conseil de Pondiehery, sur les. représentations duquella
cour remplaça M. Bourcet par M. Desclaisons, officier distingué dans le corps
du génie.
Celui-ci fut bientôt convaincu que ce
n'étoit pas l'incapacité de son prédécesseur quil'avoit fait rappeller ; l'esprit
d'intrigue et d'arrogance que quelques
agents subalternes de la compagnie
avoient si indécemment manifesté dans.
FInde, mit bientôt le nouveli ingénieur
anxprises avec les membres du conseil.
Attaché aux principes de son art,
M. Desclaisons ne se prêta qu'avec peine
à un tracédont on ne pouvoitplus guere
s'écarter ; mais il refusa d'adopter d'autre construction que celle qui est usitée
en Europe. Comme elle devoit être plus
longue et plus coûteuse que celle de M.
Bourcet, M. Desclaisons demanda que
la discussion fàt examinée par des officiers de son corps, qui désappronverent
ce qui avoit été fait avant l'arrivée de
M. Desclaisons, et qui jugerent même
C4
ont on ne pouvoitplus guere
s'écarter ; mais il refusa d'adopter d'autre construction que celle qui est usitée
en Europe. Comme elle devoit être plus
longue et plus coûteuse que celle de M.
Bourcet, M. Desclaisons demanda que
la discussion fàt examinée par des officiers de son corps, qui désappronverent
ce qui avoit été fait avant l'arrivée de
M. Desclaisons, et qui jugerent même
C4 --- Page 590 ---
DE L'INDE
que, dans l'état actuel des.o choses, Pondichery nep pouvoitjamais devenirqu'une
mauvaise place : ils proposerent der reporter le chef-lieu militaire sur l'Isle aux
Cocotiers qui est à un quart de lieue au
sud de Pondichery. Il fut complètement
démontré queice nouveau projet étoit
impraticable. Enfin M. Desclaisons fut
rappellé après avoir fortifié seulement
sept à huit cents toises dans le sud de la
place.
M. Bourcet vint reprendrelasuité des
ouvrages qu'il avoit commencés; il les
continua suivant son ancien systême :
mais les fonds ayant manqué à différentes reprises, il ne put en achever que8 &
à9 cents toises.
Il restoit encore environ 4500 toises
dela place à fermer, et ce, quel'on avoit
déja construit étoit même imparfait 7
lorsqueM. de Bleconbevistremplacne
M. deLauriston. La garnison dePondichery ne consistoit que dans le régiment
de cei nom etquelques sipahis. Chandernagor étoit ouvert ainsi que Karical; --- Page 591 ---
DE L'IND E.
Mahé ne pouvoit faire aucune résistance.
AP Quelques négociations entamées auprès d'Ayder Alikan avoient été sans
succès. M. Chevalier, directeurdel'établissement du Bengale, s'étoit beaucoup
promis des correspondances qu'il entretenoit avec les princes mécontents des
Anglois : ces foibles et trompeuses espérances devoient cependantséevanouir.
Bientôt nos ennemis, qui ne pouvoient
avoir que des conjectures sur la rupture
prochaine de la paix , commencerent,
avec la plus insigne mauvaise foi, les
hostilités dans lInde. M. de Bellecombe
ne sut pour ainsi dire qu'il alloit être
assiégé que lorsque lennemi parut devant Pondichery. On ferma comme l'on
put le reste de la place. La lenteur des
assiégeants, la mauvaise disposition de
leur attaque et la confiance que le genéral sut inspirer à ses troupes lui per1E1 mirent d'espérer une glorieuse défense;
mais enfn il fallut céder.
C'étoit au reste la seule place qui pàt
e. M. de Bellecombe
ne sut pour ainsi dire qu'il alloit être
assiégé que lorsque lennemi parut devant Pondichery. On ferma comme l'on
put le reste de la place. La lenteur des
assiégeants, la mauvaise disposition de
leur attaque et la confiance que le genéral sut inspirer à ses troupes lui per1E1 mirent d'espérer une glorieuse défense;
mais enfn il fallut céder.
C'étoit au reste la seule place qui pàt --- Page 592 ---
DE L'INDE
résister quelque temps. L'ennemiavoit
pris possession de Chandernagor. M.
Chevalier, qui avoit cru pouvoir exciter
une révolution, fut obligé de se Sauver
chez le raja de Katek, qui le livra aux
Anglois. Onn'eutquel le tempsd'évacuer
Karical, ; et Mahén'avoit pas même prot
fité de ses petits moyens de défense. Les
François furent donc absolument chassés de TInde, comme nous l'avons dit,
dèsla premiere campagne.Les différentes
causes de la perte de Pondichery 7 que
chacun présenta snivant ses idées ou sa
passion, exciterent beaucoup de regrets,
deplsistaededionsions tandis qu'en
examinant les chosés de sang froid, On
n'y auroit vu qu'un événement malheureux auquel les mauvaises dispositions
quil'avoient préosdedexoientnous avoir
préparés.
En effet onn'ajamais du se flatter de
pouvoir conserver ni Chandernagor, ni
Karical, ni Mahé. Ces établissements *
sans défense et placés sous la main
d'un ennemi puissant, devoient être en- --- Page 593 ---
DE L'INDE.
levés à la premiere nouvelle de guerre.
Le petit territoire de Pondichery même
ne pouvoit être protégé. Il n'y avoit que
la place qui pût se défendre; mais il falloit de bonnes fortifications, une nombreuse garnison, des munitions d'armes
et des vivres. , la protection d'une escadre
supérieure et la possibilité de tirer de
l'Isle-de-France des rafraichissements et
dessecours.Néanmoins,avec des moyens
aussi puissants et aussi dispendieux, on
n'auroit encore eu aucune certitude morale de conserverPondichery. Ileûtfallu
admettre encore que nous prendrions
les mesures les plus sages et que l'ennemi commettroit les fautes les plus grossieres ; supposer que le hasard des événements, qui trompe si souvent la prudence humaine, nous serviroit contre
les Anglois.
2 Enfin, puisque l'on couroit si visiblement les risques de perdre beaucoup
d'hommes, d'argent et sur-tout la répution nationale qu'il étoit siintéressantde
rétablir dans l'Inde 2 puisque d'aussi
prendrions
les mesures les plus sages et que l'ennemi commettroit les fautes les plus grossieres ; supposer que le hasard des événements, qui trompe si souvent la prudence humaine, nous serviroit contre
les Anglois.
2 Enfin, puisque l'on couroit si visiblement les risques de perdre beaucoup
d'hommes, d'argent et sur-tout la répution nationale qu'il étoit siintéressantde
rétablir dans l'Inde 2 puisque d'aussi --- Page 594 ---
DE T'INDE.
grands sacrifices ne pouvoient tendre directement qu'à la conservation: d'une
seule place, à quel objet vouloit-on
donc faire servir Pondichery? Si c'étoit à la conquête des possessions angloises, 9 les moyens nécessaires pour
une semblable entreprise suffisoient
aussipour prendre Madras ou Bombay;
et, tout bien considéré, il étoit réellement plus facile de prendre l'une ou
l'autre de ces places avec une armée pare
tie de IIsle-de-France que de conserver:
Pondichery avec une garnison isolée qui
pouvoit être surprise d'un moment à
l'autre.
Mais, suivant les apologistes del Pondichery, ce lieu est le seul en quelque
sorte auquel on doive attacher de l'importance, parceque c'est de lui que doit
dépendre notre sort en Asie. On ditqu'avant de faire une grande opération dans
l'Inde, il convient d'y avoir un point
où l'on puisse débarquer, déposer les
munitions et établir deshôpitaux. Ceux
qui y - sont employés ou établis yous --- Page 595 ---
DE L'INDE.
droient qu'on s'en occupât uniquement.
Tous lés anciens suppêts de la colonie
crient unanimement que la majeure partiedenos forces,quelesiege ducommandement général des établissements audelà du cap de BonneEspérance doivent
être placés dans l'Inde tant pendant la
paix que pendant la guerre: C'est, selon
eux, faute d'avoir pris ce parti que nous
n'avons eu aucun succès par terre dans
l'Inde durant les dernieres hostilités.
C'est sur-tout faute d'avoir été initié
dans la profonde-science delap politique
de l'Inde que le gouverneur de l'Islede-France s'est trompé dans ses instructions et nos généraux de terre dans
leur conduite. C'est dans l'Inde
-
qu'il
faut étudier la politique de ses princes,
let qu'un commandant d'armée, après
s'y être imbu des principes que lui enseigneront les adeptes 1 opposera cette
arme redoutableàl la puissance de notre
ennemi.
Pour n'accorder à cette espece de réclamationquele degrid'attentionquolle --- Page 596 ---
DE LINDE
mérite, on est forcé de chercher quelle
peut être cette politique de l'Inde, cette
science sublime dont on fait dépendre
notre gloire et notre honte. Plus on veut
lui soumettre toutes nos idées - et toutes
nos observations". , plus les recherches
qui peuvent nous la faire découvrir deviennent indispensables.
21 Livrons-nous donc à cette étude, et
cherchons ce qu'elle a de réel, en traçant le tableau géographique, militaire
et politique des puissances de IInde
aveclesquelles nous pouvons avoire quel.
ques rapports : cette méthode, qu'on
pent appeller analytique, estla plus proprei seconder nos desseins et à nous
garantir du reproche de prévention.
3 L.Tndostan, suivant l'idée qu'attachentlesEuropéens à ce nomycomprend
non-seulement ce pays proprement dit,
que les Indiens distinguent très bien,
mais encore la presqu'isle de lInde,
c'est-à-dire la partie comprise depuis la
riviere de Nerbedah, dans le nord de
Surate et l'embouchure d'un bras du
eller analytique, estla plus proprei seconder nos desseins et à nous
garantir du reproche de prévention.
3 L.Tndostan, suivant l'idée qu'attachentlesEuropéens à ce nomycomprend
non-seulement ce pays proprement dit,
que les Indiens distinguent très bien,
mais encore la presqu'isle de lInde,
c'est-à-dire la partie comprise depuis la
riviere de Nerbedah, dans le nord de
Surate et l'embouchure d'un bras du --- Page 597 ---
DE r'INDE.
Gange dans le nord de Balassor, jusqu'au cap Comorin qui la termine au
sud. On confond même, sous la dénomination générale d'Indostan, l'isle de
Ceylan, Chastigaan à la côte de l'Est,
etcici si
LIndostan est partagé en plusieurs
états, parmi lesquels on distingue six
puissances qu'il nous importe de connoître; savoir:
La compagnie des Indes angloise,
Le successeur d'Ayder Alikan,
Les grands Marattes,
D1 Le soubab du Décan,
Les U
petits Marattes,
Etle Mogol.
Parmices six puissances, la premtere,
enla considérant soit comme militaire,
soit comme comimerçante, soit même
sousle rapport de son immensedtendue,
est, sans contredit, la compagnie angloise. Elle possede, tant en son nom
qu'en celui du roi de la Grande -
-
Bretagne et des princes indiens ou musulS5 --- Page 598 ---
DE I'INDE.
mans, auxquels ellenelaissed quel'ombre
de la souveraineté; savoir, aux côtes de
Tanjaour 2 la nababie d'Arcate et les
provinces qui en dépendent,ila proyince de Nélour, les côtes de la province
de Gontou, le Paliacate, l'isle de Divi,
les quatre Cercars etlaprovince del Chicacol.
atnis
Les principales forteresses dans cette
partie sont , Trichenapaly, Tanjaour,
Velours, près d'Arcate, Singlepett, Madras; chef-lieu des établissements dela
côte de Coromandel,Mazulipatan, cheflieu de l'établisement des Cercars. 3
Les possessions angloises à la côte de
Malabar sont, les fort d'Anjingue, dans
le royaume de Travangor; Talichery,
dans le Candara; le port très important
de Bombay et son territoire; Bassin, la
nababie de Surate, gardée sous la PFO:
tection et avec les
des
troupes C
Anglois;
les places et territoires de Brodar et Barokia vers le Guzurate. La seule place
respectable que la compagnie ait sur la
côte de Malabar est Bombay, chef-lieu
UFE ut
de
les fort d'Anjingue, dans
le royaume de Travangor; Talichery,
dans le Candara; le port très important
de Bombay et son territoire; Bassin, la
nababie de Surate, gardée sous la PFO:
tection et avec les
des
troupes C
Anglois;
les places et territoires de Brodar et Barokia vers le Guzurate. La seule place
respectable que la compagnie ait sur la
côte de Malabar est Bombay, chef-lieu
UFE ut
de --- Page 599 ---
DI E L'INDE
de ses établissements dans cettej partie.
Mais la portion la plus belle et la plus
considérable des domaines de la compagnie dans l'Inde est le Bengale et ses
dlépendances ; car nous comprendrons
encore souS ce nom général, outre le
Bengale proprement dit, dont les Anglois sont souverains 2 la nababie de Bénarès, les états du fils de Sujah Dowalh,
etc. Enfin les possessions angloises s'étendent du sud au nord, depuis le Katek jusqu'aux montagnes du Boutan;
et de l'est à l'ouest, depuis le royaume
d'Aracan jusqu'au-delà de Laknour et
non loin de Dehly.
Le chef-lien du Bengale et en même
temps de toute la domination angloise
dans l'Inde, est Calcuta.
Vers la fin de 1781, les Anglois entretenoient dans l'Inde, outre les garnisons de leurs places, plusieurs corps de
troupes: L'armée qui occupoit la province d'Arcate étoit composée d'environ
2000 Européens, 2000 sipahis, quelques cavaliers et 80 pieces de canon
D --- Page 600 ---
5o
DELI NDB
del campagne. Ilyavoit d'ailleurs dans
la province de Tanjaour une petite armée de 400 Européens et 4000 sipahis,
en comprenant les garnisons des places.
Les Anglois avoient, à la côte de Coromandel et dans les Cercars, plus de 4000
Européens et près de 30000 mille sipahis. Ilest vrai qu'ils avoient dégarnile
Bengale, où leurs troupes, les garnisons
comprises, ne montoient pas à plus de
40000 sipahis et 2500 Européens.
La totalité des troupes angloises à la
côte de Malabar montoit à-peu-près à 8
ou 9000 hommes, dont plus des trois
quarts n'étoient que des sipahis.
Ainsi, vers la fin de 1781, les Anglois
entretenoient dans PInde 8 à 9000 Européens (1) et près de 80000 sipahis.
Le second rang dans la classe militaire
des puissances de lInde ne peut guere
être contesté à l'empire formé par Ayder. Il comprend les royaumes de Mais-
(1) Les Anglois ont aujourd'hui 13 mille
hommes de troupes réglées dans PInde.
n'étoient que des sipahis.
Ainsi, vers la fin de 1781, les Anglois
entretenoient dans PInde 8 à 9000 Européens (1) et près de 80000 sipahis.
Le second rang dans la classe militaire
des puissances de lInde ne peut guere
être contesté à l'empire formé par Ayder. Il comprend les royaumes de Mais-
(1) Les Anglois ont aujourd'hui 13 mille
hommes de troupes réglées dans PInde. --- Page 601 ---
DE LINDE
sour, de Calicut, de Cananor, etc. et
tous les pays dont il a dépouillé en dif
férents temps des nababs, rajas et paléagards, ainsi que ceux qu'il a conquis
sur les Marattes et sur Bassaletzingue,
mabab d'Adony et frere du soubab du
Décan.
E Les états d'Ayder Alikan sont bornés
à l'est par le Tanjaour, 7 les provinces
d'Arcate, de Nélours et de Gontou ; au
midi par le Maduré et Travangor; au
nord par le fleuve Krishna qui les sépare du Décan, et par une ligne tirée
depuis Badamy jusqu'à la province de
Goa qui les limite vers le pays des Marattes et les petites possessions des Portugais. Ils sont bornés à l'ouest par la
mer de la côte de Malabar. La capitale
de ce nouvel empire est Schiringapatnam.
Al'époque dont nous venons de parler, l'armée d'Ayder Alikan étoit forte
de plus de 80 mille hommes, parmi lesquels étoient deux partis d'Européens
d'environ 600 hommes.
D2 --- Page 602 ---
D-E L'INDE
Cette armée comprenoit aussi quel
ques rassalas ou bataillons de sipahisy
armés et disciplinés à l'européenne, et
environ 20 mille piedas. La. cavalerie
d'élite, celle sur Haquelle Ayder comptoit beaucoup , montoit à environ 20
mille hommes. Ce prince avoit encore
dans son armée des Cafres et plusieurs
topaz, dent la plupart étoient attachés
au service d'une artillerie de 70 à 80
pieces de-tous calibres et une quarantaine d'éléphants. C'est avec ce secours
et une quantité prodigieuse de boeufs
qu'Ayder étoit parvenu à faire suivre sa
cavalerie par son artillerie de-campagne,
dans laquelle il y avoit des pices de24.
Les places fortes des états d'Ayder
sont en très grand nombre et supérienrement entretenues. Celles qu'il a fait
réparer sont un composé de fortifications indiennes et européennes: mais la
plupart-sont situées de maniere qu'elles
sont encore plus défendues parlanature
que par l'art. Les plus fameuses de ces
forteresses sont Goutty, Balary, Bada-
son artillerie de-campagne,
dans laquelle il y avoit des pices de24.
Les places fortes des états d'Ayder
sont en très grand nombre et supérienrement entretenues. Celles qu'il a fait
réparer sont un composé de fortifications indiennes et européennes: mais la
plupart-sont situées de maniere qu'elles
sont encore plus défendues parlanature
que par l'art. Les plus fameuses de ces
forteresses sont Goutty, Balary, Bada- --- Page 603 ---
DE L'IND E.
53,
mry; Madiguery, Shiringapatnam., Bingueleur, etc. Il est même très probable
quedestroupes aussinombreuses étoient
destinées principalement à défendre ces
places et à garder les frontieres.
Ona vu la copie d'une lettre du général Coote-à M. Hastings, dans laquelle
on portoitlei nombredestrompes-de campagne et de garnison d'Ayder Alikan à
près sde200 millehommes; mais on pense
quel'état détailed@apresiogmel on faisoit
Ge calcul a été fort exagéré
La troisieme puissance del'Inde, cellecependant qui estla plus nombreuse, la
plus étendue, la plus guerriere, mais la
moins avancée- dans l'art- militaire, est
connue sous' le nom deg grands Marattes.
Elle s'étend du nord au sud, depuis les
limites actuelles des. débris de l'empire
mogoljusqa'h celles du: pays. d'Ayder;
et de l'ouest à.l'est, depuis la côte de
Malabarijusqu'aux frontieres des petits.
Maratres et à celles des domaines de Nizam Aly, soubab du Décan.
Lesgrands. Marattes ont très-peu. de;
D3 --- Page 604 ---
DE L'INDE.
places fortes et la plus grande partiede
leurs forteresses méritent à peine ce
nom. Ils font peu decas del'infantérie;
aussi peut-on compter à peine, dans
toutes leurs troupes ,2 ou 3 mille sipa-i
his armés, et disciplinés, à l'européenne,
en y comprenant même les. topaz et ler
très petitnombre d'Earopéensqa'lils ont
à leur solde. Ils entretiennent aussi un
petit corps. d'Arabes et d'Abissins qui
sont ce qu'il y a de meilleur dans: leur
infanterie. Leur artillerie est également
foible. La principale force de cette nation consiste dansuné cavalerie légere, A
très brave, mais mal armée et peu
disciplinée. Elle peut fournir en; tout;
120 mille bons. cavaliers; et en totalité
lesMarattes peuventimettre sur pied 2501
mille hommes, dontla moitié est composée de sipahis armés à la maniere du
pays,'et de brigands qui ne sont propres qu'au pillage, tels que.les Calars,
les Sandaris., etc.
Lesoubab du Décan tient,aprèsl'empereur de Dehly, lel premier rang dans
mal armée et peu
disciplinée. Elle peut fournir en; tout;
120 mille bons. cavaliers; et en totalité
lesMarattes peuventimettre sur pied 2501
mille hommes, dontla moitié est composée de sipahis armés à la maniere du
pays,'et de brigands qui ne sont propres qu'au pillage, tels que.les Calars,
les Sandaris., etc.
Lesoubab du Décan tient,aprèsl'empereur de Dehly, lel premier rang dans --- Page 605 ---
DE L'INDE.
55.
les états de la presqu'Isle; mais, considéré comme puissance militaire 2 ceprince ne pentêtre actuellement compté
qu'après ceux dont nous venons de
parler.
Les états. de Nizam Aly sont k-peuprès del la même étendue que ceux d'Ayder; ils sont bornés au nord par les:
grands et les petits Marattes,au sud parle Krishna, qui coule entre le Décan et
le pays d'Ayder E et, par la province de
Nélours qui confine à celle de Gontou (1), appartenant à Nizam Aly.Ils.
sont limités vers, l'est par la lisiere des.
côtes de cette derniere province et par
les Cercars. dépendants des Anglois, et
à l'ouest par les grands. Marattes.
Les forces militaires de Nizam Aly
sont considérables et consistent principalement en cavalerie. Son infanterie et
sonartillerie valent beaucoup mieux que
celles des. Marattes ; mais quant à la va-
(1) La province de Gontou appartient depuis-peu aux Anglois,
D4 --- Page 606 ---
DE L'INDE
leur et à la discipline des troupes a est
fortri inférieur à Ayder. Les soldats du
soubab se ressentent du caractere de ce
prince qui passe sa vie dans son serrail
et ne se soutient contre ses voisins qu'à
Paide del'intrigue etde la politiqne. Les
opinions varient tellement sur le nombre de ses troupes que nous n'en pouvons rien dire de positif; les uns assurent qu'il peut mettre sur pied dzoo.mille
hommes, d'autres réduisent ce nombre
à la moitié; mais nous ne pensons pas
qu'il-en entretienne d'aussi nombreuses,
sur-tout depuis que les Anglois possedent les Cerears et que la compagnie a
trouvé les moyens d'assurer sa tranquile
lité.
Les petits Marattes obéissent à un
prince particulierderaceindiemne, dont
le nom est Mooadjy-Bosselo. Il est raja
de Katek et de Nagpour, et réside dans
cette derniére ville. Ses états sont bornés
à l'est par la mer qui baigne les côtes du
Katek. lesquelles forment la seule interruption des possessions angloises entre
ent les Cerears et que la compagnie a
trouvé les moyens d'assurer sa tranquile
lité.
Les petits Marattes obéissent à un
prince particulierderaceindiemne, dont
le nom est Mooadjy-Bosselo. Il est raja
de Katek et de Nagpour, et réside dans
cette derniére ville. Ses états sont bornés
à l'est par la mer qui baigne les côtes du
Katek. lesquelles forment la seule interruption des possessions angloises entre --- Page 607 ---
DE L'INDE,
le Bengale et le cap Cormorin. Al'ouest
le raja de Nagpour est limité par les
grands Marattes, au sud par les états du
soubab du Décan et la province de Chicacol, qui les borne aussi, à l'est et au
nord, par les provinces méridionales du
Bengale et quelques rajas indépendants.
La milice du raja de Nagpour consiste dans une cavalerie légere à-peuprès semblableà celle des Marattes : elle
ne monte pas à 50 mille hommes, y
compris les Sandaris. Il y a en outre
quelques milliers de sipahis armés à la
maniere du pays.
Il paroitra sans doute étonnant que
nous placions au dernier rang l'empire
mogol,dontfimmense étendue embrassoit autrefoisl'Indostam et la presqu'Isle,
et dontl le souverain conserve encore un
vain titre de suzeraineté sur tous les
pays dont nous. avons parlé. Mais tel
est l'état de foiblesse, de division et de
décadence de cet empire qu'à peine
osons-nous le classer' dansl les puissances
militaires de la presqu'Isle. --- Page 608 ---
DE L'INI DE.
Schah Allum (roi de l'univers), empereur actuel, est réduit à un petit territoire autour de la ville de Dehly, où
il fixe sa résidence : il a tout au plus 15
cents hommes de troapes à sa, disposition; les autres troupes et les provinces
qui forment les restes. de cet empire:
sont partagées entre plusieurs. chefs divisés d'intérêts, qui, honorés du titrede généraux de T'empire, sont occupés,
les uns. à se faire la guerre, les autres à
se soutenir contre les peuples voisins : 2
et tous à fortifier leur indépendanceCes généraux, ennemis les uns desautres, peuvent à peine rassembler 80.
mille hommes de trompes.quipassent,
comme toutes celles de TInde, au service de ceux qui les paient le mieux, et
les exposent le moins aux dangers dela
guerre : ainsi les propres généraux de
l'empereur ne lui laissent que l'ombre
de l'autorité et ne songent plus à l'intérêt commun. Les Siks, les Marattes et,
les Anglois se sont emparés de ce.qui
étoit à leur convenance. L'anéantisseralilingg
80.
mille hommes de trompes.quipassent,
comme toutes celles de TInde, au service de ceux qui les paient le mieux, et
les exposent le moins aux dangers dela
guerre : ainsi les propres généraux de
l'empereur ne lui laissent que l'ombre
de l'autorité et ne songent plus à l'intérêt commun. Les Siks, les Marattes et,
les Anglois se sont emparés de ce.qui
étoit à leur convenance. L'anéantisseralilingg --- Page 609 ---
DE L'INDE
ment total de cet empire n'est différé
que par des causes que nous développerons dans le cours dé cet ouvrage.
On compte encore d'autres souverains,
dans le reste de l'Indostan ; mais ils ne
peuvent figurer parmi ceux dont nous,
venons d'exposer la situation et la puissance : cependant, pour compléter notre
description, nous allons faire mention
deceux qui méritent quelque attention.
9 Vers la partie méridionale de la presqu'Isle et le long de la côte de Malabar
on doit distinguer le royaume de Travangor ; il est borné at nord par le territoire de Cochin et les états d'Ayder;
à l'est par une chaine de montagnes faisant partie des gattes, qui, versle nord,
le séparent encore du pays d'Ayder, et
vers le sud du Maduré.
Le roi de Travangor a peu de troupes
et ses plus grandes forces consistent
dans son infanterie et dans une artillerie bien montée; mais ses soldats sont
bien armés, bien disciplinés etles meilleurs de cette partie de l'Inde : aussi ce --- Page 610 ---
DE L'INDE.
prince, placé entre deux voisins ambi
tieux et redoutables, a su se maintenir
dans une indépendance qui-paroit bien
établie. 32
Vers la frontiere septentrionale des
états d'Ayder à peu-près au milieu de
cette partie de la presqu'Isle, sont deux
petits états souverains, mais vassaux
immédiats du soubab du Décan.
L'un est le pays du nabab de Karnoul
(Manonar-Kan). Sa capitale est situéeprès del'emboucheredu Tomadra, dans
leKrishna quile sépare du Décan-;
L'autre est le domaine du nabab d'Adony (Bassaletzingue), frere de Nizam
Aly : ce prince, dans des temps plus'
heureux, nous avoit témaigné beaucoupd'affection ; mais resserréparles usurpations de son frere et par celles d'Ayder,
ik ne possede plus qu'un très- petit pays.
II ne peut, ainsi que le nabab de Kar
moul, être d'aucur poids dans les affaires de l'Inde. Les états de ces deux prin
ces sont enclavés dans ceux d'Ayder.
La côte de Malabar, entre Goa etBom-
am
Aly : ce prince, dans des temps plus'
heureux, nous avoit témaigné beaucoupd'affection ; mais resserréparles usurpations de son frere et par celles d'Ayder,
ik ne possede plus qu'un très- petit pays.
II ne peut, ainsi que le nabab de Kar
moul, être d'aucur poids dans les affaires de l'Inde. Les états de ces deux prin
ces sont enclavés dans ceux d'Ayder.
La côte de Malabar, entre Goa etBom- --- Page 611 ---
DE L'INDE.
6r
bay, est partagéeentre les grands Marattes et plusieurs petits princes indépendants dont les états ne s'étendent guere. au-delà de la chaîne des gattes de
cette côte.
Ces petits états sont ceux des rajas de
Varry, de la reine de Colapour et des
rajas de Seddy et de Colabas. Le plus
puissant de ces princes a 10à 12 mille
hommes de troupes. Les autres en ont
beaucoup moins et ne sont intéressants
que par leur position.
D Vers la partie septentrionale etàl'oc
cident de l'empire des grands Marattes
sont plusieurs rajas indépendants, qui
n'ont de rapport qu'avec les Marattes et
la cour de Delhy. Ces rajas sont ceux de
Josselemir, d'Azemir, d'Iaulpour, 9 de
Dranpour, de Godh: leurs états, absolument contigus, sont bornés au nord par
les montagnes qui les séparent des Siks
et des provinces de T'empire mogol, au
midi par le Guzurate et par les grands
Marattes qui les bornent encore vers
l'est: et ils sont séparés de la Perse vers --- Page 612 ---
DE DINDE
l'ouest par le désert qui est entrele pays
de Josselmir et le Sindi.
Les autres possessions européennes à
la côte de Coromandel, en allant dusud
au nord, sont;
de 90
Négapatnam, sur la côte deTanjaoury
appartenant aux Hollandois: ils y ont
des fortifications passables, une petité
citadelle et une nombreuse garnison ;
Trinquebar, vers la même côte, appartenant aux Danois. C'est une petite ville
mal fortifiée, et qui n'a qu'un petit territoire pour lequel elle paie un tribut au
raja de Tanjaour.
Entre Pondichery et Madras les Hollandois possédoient encore la bourgade
de Sadras : ils avoient également Paliacatte, situé à une journée au nord de
Madras, et Chinsurat surle Gange;mais
ces trois derniers établissements étoient
sans défense.
A la côte de Malabar les Hollandois
ont Cochin, place plus forte par sa situation que par ses ouvrages. Elle a une
bonne garnison ; sa position entre les
tribut au
raja de Tanjaour.
Entre Pondichery et Madras les Hollandois possédoient encore la bourgade
de Sadras : ils avoient également Paliacatte, situé à une journée au nord de
Madras, et Chinsurat surle Gange;mais
ces trois derniers établissements étoient
sans défense.
A la côte de Malabar les Hollandois
ont Cochin, place plus forte par sa situation que par ses ouvrages. Elle a une
bonne garnison ; sa position entre les --- Page 613 ---
DE LINDE
états du' roi de Travangor et ceux d'Ayder et le voisinage de Ceylan la rend
extrêmement intéressante indépendamment de son commerce.
Goa, situé entre les états du raja, les
grands Marattes et le pays d'Ayder, appartient, ainsi qu'un territoire assez considérable qui en dépend, 7 aux Portugais.
Cette ville a un port qui, après celui de
Bombay, est le seul de la côte de Malabar où les vaisseaux de guerre puissent
hiverner en streté. La place et le port
sont assez bien fortifiés, et le roi dePortugal entretient, tant dans la ville que
dans les petites provinces méridionales
de Goa, 3 à 4 mille hommes de troupes
européennes.
Les Portugais possedent encore Daman, au sud de Surate, et Diu, situé
à la pointe méridionale de Guzurate.
1 Au sud-est et à peu de distance de la
presqu'Isle est l'isle de Ceylan appartenantaux Hollandois,dont Colombo estle
chef-lieu. Ils ont dans cetteisleplusieurs
établissements considérables, tels que --- Page 614 ---
DE LINDE
Jaffna, Manar, Galle et Trinquemaley
où ily a un des plus beaux ports de l'univers. Lesplaces queles Hollandois possedent à Ceylan sont, à l'exception de
Colombo, toutes assez mal fortifiées.
L'intérieur de l'isle est soumis au roi de
Candie. Ila a soutenu pondantlong-temps
une guerre très vive contre les Hollandois; et ceux-ci n'ont pu le réduire à
demander la paix qu'en opposant aux
insulaires de Ceylan des troupes malaises, plus féroces, 2 plus braves etp plus redoutables que les naturels de l'isle.
C'est sans doute aux différentes puissances que nous venons de nommer
qu'on doit rapporter entièrement tout
ce qu'on entend par la politique de
l'Inde qui peut nous concerner. C'est
donc de la situation respective de leurs
possessions, de leurs dynasties, et des
guerres des divers princes indiens avec
les Européens ; c'est des divisions continuelles qui ont régné entre ces rrinces,
des motifs qui avoient alluméla derniere
guerre entre les Marattes, Ayder et les
Anglois;
oute aux différentes puissances que nous venons de nommer
qu'on doit rapporter entièrement tout
ce qu'on entend par la politique de
l'Inde qui peut nous concerner. C'est
donc de la situation respective de leurs
possessions, de leurs dynasties, et des
guerres des divers princes indiens avec
les Européens ; c'est des divisions continuelles qui ont régné entre ces rrinces,
des motifs qui avoient alluméla derniere
guerre entre les Marattes, Ayder et les
Anglois; --- Page 615 ---
PINDE
Anglois; del'intérêtplus ou moins puis:
sant que les princes neutres ont pris à
"cette guerre; de la recherche des causes
quiles ont empêchés de former une confédération générale pour rétablir la digrité et le pouvoir del'empereur mogol
"et de chasserles Anglois de toute' l'Asie;
de la conduite de ceux-ci avec certains
princes, et enfin de la maniere même
dont Ayder faisoit la guerre dans la
province d'Arcate, que l'on peut tirer
dejustes conséquences sur la politique
particuliere des princes de l'Inde. L'exa-
'men de ces différents objets nous mettra
donc à portée de juger définitivement si
cette politique peut être soumise à des
calculs, et si l'on peut en composer un
"systême général et constant analogue à
celui del'Europe, dont le but principal
'est de maintenir un équilibre raisonnable entre les grandes puissances.
Mais qu'on: ne soit pas effrayé de la
multiplicité de ces objets annoncés
comme devant servir de base à notre travail. Dispensés de détails hypothétiques
E --- Page 616 ---
DE, PINDE.
et de discussions systématiques, nons
n'avons besoin que derappeller des faits
pour arriyer au résultat important que
nous cherchons. Examinons les deux
dernieres expéditions que nous avons
faites dans l'Inde, et nous.y trouverons
la politique des princes de cette contrée
mise en action.
La premiere de ces deux expéditions,
ordonnée par le gouverneur de l'Islede-France lors de l'arrivée de M. de
Suffren dans cette isle et sans autre instruction ministérielle, devoit en quelque sorte offrir la certitude morale du
succès. Mais cet officier général, quine
connoissoit encore l'Inde que parle témoignage de ceux qu'il avoit consultés,
ne pourroit être accusé sans injustice des
erreurs qu'il lui étoit impossible de rectifier.
Ily avoit cependant alors à l'Isle-deFrance deux hommes qui sembloient
devoir l'éclairer: l'un étoit M. de Montigny, qui avoit voyagé dans le nord de
l'Indeparordre de M. de Sartineretqui
succès. Mais cet officier général, quine
connoissoit encore l'Inde que parle témoignage de ceux qu'il avoit consultés,
ne pourroit être accusé sans injustice des
erreurs qu'il lui étoit impossible de rectifier.
Ily avoit cependant alors à l'Isle-deFrance deux hommes qui sembloient
devoir l'éclairer: l'un étoit M. de Montigny, qui avoit voyagé dans le nord de
l'Indeparordre de M. de Sartineretqui --- Page 617 ---
DE PINDE.
étoit rétourné dans la presqu'isle chargé
d'unemission de confiance; l'autre étoit
M. de Piveron, quiavoit eu d'intimes relations avec Ayder Alikan,et qui s'étoit
vendallole-de-Prance de la part de ce
nabab pour entamer une négociation.
Un troisieme étoit M. de Canaples, officieremployé en qualité d'aide-maréchalgénéral des logis de l'armée de l'Inde.
Il avoit parcouru le nord du Bengale où
il avoit exécuté des travaux d'artillerie
au service du nabab Sujah Doullah. Enfin il connoissoit plusieurs autres particuliers, des militaires et des négociants,
dont les uns avoient fait la guerre, les
autres des voyages, d'autres enfin des
séjours plus ou moins longs dans différentes parties de cette contrée.
Ilp pouvoit même compter sur quelque
chose de plus positif et de plus récent:
4l avoit envoyé la corvette la Subtile à
Goa pour y porter M. Piveron chargéde
nos intérêts auprès d'Ayder, et M. de
Montigny qui demandoit à se rendre à
Pounah, chez les Marattes. Cette corvette
E2 --- Page 618 ---
D E L'INDE
ftl lai traversée la plisheureuse et revint
en très peu de temps avant len départ
de l'escadre: On savoit à Goa les nouvelles de la côte de Coromandel, et
M. de Montigny ne devoit pasignorer ce
qui se passoit chez les grands Marattes,
puisqu'ils envoyoient par cette même
corvette des propositions d'alliance.
MM. de Montigny et Piveron pouvoient
donc donner une idée générale de la situation politique delInde; enfin un bâtiment qui avoit porté à Ceylan unagent
de lanation françoise étoit également trevenu avant le départ de l'expédition:
Les moyens rassemblés par le vicomte
de Souilhac n'étoient pas suffisants pour
agir sans d'autres secours, et. le nombre
deses troupes étoit troppeu considérable
pour diviser ses forces entre Ayder ayec
lequel on étoit engagé par des promesses, etlesMarattes qui demandoient 2000
hommes. Voilà le point sur lequel il paroit qu'on s'est'le plus trompé faute de
réflexions et d'expérience. D'ailleurs,
l'argent, ce grand ressort de la guerre,
ient pas suffisants pour
agir sans d'autres secours, et. le nombre
deses troupes étoit troppeu considérable
pour diviser ses forces entre Ayder ayec
lequel on étoit engagé par des promesses, etlesMarattes qui demandoient 2000
hommes. Voilà le point sur lequel il paroit qu'on s'est'le plus trompé faute de
réflexions et d'expérience. D'ailleurs,
l'argent, ce grand ressort de la guerre, --- Page 619 ---
DE LINDR.
Gg
manquoit absolument. Ayder et les Marattes. en promettoient à lavérité; mais.
i étoit facile de prévoir que ce moyen
de premiere nécessité n'étant pas à notre disposition: immédiate, on seroit exposé, malgré tous les traités, à dépendre des alliés. Cen'étoit plas.le temps.
où les Européens 2 avec une poignée,
d'hommes, chassoientles Indiens devant
eux, et choisissoient les souverains qui
leur étoient dévoués. Onne connoissoit,
plus ce vil troupeau de stipendiaires que
les seuls noms. de Dupleix, 2 de Bussy et
de Clive faisoient fuir ou attiroient sous.
leurs drapeaux. Ilfalloitopter entre deux
nations rivales , qui, non seulement s'6toient combattues avec beaucoup de
courage et quelquefois avec égalité,
mais.qui s'étoient mesurées. avec avantage contre les troupes d'Europe. Toutes deux étoient réunies contre les Anglois ; et ceux-ci n'avoient jamais eu.
d'aussirerrible adversnirequ'Ayder, qui
demandoit le secours des François, 7
non Pas comme un prince aux abois 2
E3 --- Page 620 ---
70:
DE LINDE
mais comme un conquérant redonté de
ses ennemis. I avoit prévenu, provoqué
les Anglois.; il les. avoit battus , a leur
avoit enlevépresque toutesleurs possessions. à la cête de Coromandel, et vouloit enfin les exterminer pour ne plus:
trouver de bornes. à son empire du côté
de la mer.
Il n'en étoit pas: ainsi des Marattes :
les Anglois avoient traversé le pays.immense qui est entre la Knour et Surates
pour venir les attaquer dans-leurproprer
empire. Les Marattes s'étoient défendus.
aveci valeur; mais.ils.avoient perdu'plusieurs places et des territoires considérables. Si M. del Montigny les eut mieux
connus, ile auroit sit, au moment du dé-i
part de la corvette la Subtile de Goa,
que les Anglois desiroient la paix avec:
les Marattes,et que ceux-cin'étoient pas.
dloigndsdel'aceptes. Toutportoitdone
apréférer Ayder.
Cependant sous quelle forme devoiton luie envoyer les secours quilui étoient
nécessaires pour continuer la guerre
places et des territoires considérables. Si M. del Montigny les eut mieux
connus, ile auroit sit, au moment du dé-i
part de la corvette la Subtile de Goa,
que les Anglois desiroient la paix avec:
les Marattes,et que ceux-cin'étoient pas.
dloigndsdel'aceptes. Toutportoitdone
apréférer Ayder.
Cependant sous quelle forme devoiton luie envoyer les secours quilui étoient
nécessaires pour continuer la guerre --- Page 621 ---
DE L'INDE.
avec avantage? Étoit-ce avec une petite
armée de 3000 hommes, qui avoit un
état major et une administration tels
qu'onneles auroit pas rendus plus nombreux pour une armée de 25 mille ?
Ayder 7 prince éclairé, 9 courageux et
économe, pouvoit-il être disposé à payer
tout cet appareil inutile et qui lui annonçoit même des projets d'ambition contraires aux siens ? Étoit-il convenable de
mettre une armée ainsi composée sous
les ordres et à la discrétion d'Ayder 7
nsurpateur terrible, odieux aux plus petites nations del'Inde?Pouvoit-on, d'un
autre côté, demeurer indépendant sans
déplaire à ce nabab ? Quelle sûreté y
avoit-il de traiter avec un prince ambitieux et dissimulé, qui nevouloit souf
frielesEuropéens dans ses états qu'autant qu'ils y seroient de simples commerçants? Quelle espérance pouvoit-on
fonder surleprojetinconsideré de passer
chez les Marattes dans le cas oules conditions proposées à Ayder n'auroient
pas été acceptées?Enabandonmants tcelul
E4 --- Page 622 ---
DE F
B
des souverains de FIndesniavoitle plus
d'intérêt à conserver les François êt en
favorisant exclusivement une nation que,
craignoit Ayder, n'étoit-ce pas engager
ce prince à traiter avec les Anglois 2
Enfin ces.derniers,qui étoient disposés
à faire la, paix avec les Marattes, ne se,
seroient-ils pas relâchés sur ce qui en;
arrêtoit Ieconclusion,a l'instant même,
où ils auroient StI que nous. étionsien:
négociation.aved la cour dePonnah?
Telles: étoient les méflexions.qui aud
roient di présider natrellement auk
plan, de Texpédition ordonnée par le vis
comte de Souilhac: mais plein de cette
idée fondée sur la prétendue politique
dei Tinde,qu'Ayder, étoit naturellement
et devoit être tonjours l'ennemi des Anglois il avoit cru pouvoir choisir entre
deux alliés sansicraindre d'aliéner celui
qu'ilabandonnoir: ilneise doutoit pas
que cette même politique varie. autant
queles événements, et.quelhonmneequis
arrive dans- l'Inde est aussi ntilement
instruit dans.cette science profonde que
idée fondée sur la prétendue politique
dei Tinde,qu'Ayder, étoit naturellement
et devoit être tonjours l'ennemi des Anglois il avoit cru pouvoir choisir entre
deux alliés sansicraindre d'aliéner celui
qu'ilabandonnoir: ilneise doutoit pas
que cette même politique varie. autant
queles événements, et.quelhonmneequis
arrive dans- l'Inde est aussi ntilement
instruit dans.cette science profonde que --- Page 623 ---
IE L'INDE.
celui qui y a séjourné 20 ans. Lesévénements dont nous allons tracer le tableau
prouvéront même que cette expédition
a été plus mal combinée dans son plan
que dans son exécution.
Nous avons donnéla situation. géograplique des états d'Ayder Alikan, auquelses victoires ont mérité le surnom
de Bahader (brave par excellence): a nous,
avons vu que ce prince, créateur de soIL
empire, dont il avoit reculé les limites:
jusqu'à la mer de la côte de Malabar 2
n'enavoit poussé les bornes vers. la côte
dei Coromandel quejusqu'à la frontiere
des possessions angloises 7- depuis le,
Tanjaourj jnusqw'alaprovince de Gontou.
Bahader, à la tête d'une armée de 80
mille hommes,avoit paru comme Gésar
dans: la province d'Arcate; et lorsqu'il,
demandoit des: troupes au gouverneur
des l'Isle-de-Erance, il avoit déja pris
Gingi, Harni, Chétoupet, Arcate, Thiagar, Chalambron. Il avoit chassé les
Anglois de la province de Gontou, s'6toitrendu maitre dela campagne depuis --- Page 624 ---
DE LINDE
le Krishna jusqu'au Colram;et, dans cet
espace de plus de cent lieues de longueur jusque vers les gattes. de la côte
de Coromandel, il avoit porté par-tout
le feretla Alamme,détruit de fond en com
ble les aldées 3 renversé les digues des
étangs, qui, dans ces provinces arides a
sontiaenleressourcedelagricalteturey il
avoit démoli les chauderies, quisontlasyle du voyageur, coupé les arbres fruitiers etles cocotiers, comblé les puits et
enlevé lesbestiaux. Dans cette cruelleexpédition, où près d'un million d'Indiens
périrent par le carnage ou par la faim, 4
ceux qui ne furent pas victimes de ces
deux fléaux furent réduits à la misérable condition de coulis (1). Les laboureurs , les manufacturiers qui ne purent
échapper parla fuite, furent transportés
dans le Maissour. Les Anglois et leur
nabab Mehemed Alikan ne possédoient
plus dans le Coromandel que les forte
O0
(1) Porteurs de bagages.
iens
périrent par le carnage ou par la faim, 4
ceux qui ne furent pas victimes de ces
deux fléaux furent réduits à la misérable condition de coulis (1). Les laboureurs , les manufacturiers qui ne purent
échapper parla fuite, furent transportés
dans le Maissour. Les Anglois et leur
nabab Mehemed Alikan ne possédoient
plus dans le Coromandel que les forte
O0
(1) Porteurs de bagages. --- Page 625 ---
DE L'IN: D E.
resses dont Ayder ne pouvoit s'emparer
sans le secours denos troupes et denotre
escadre. L'expulsion totale des Anglois
de toute cette côte ne tenoit plus réellement qu'à la prise de Madras.
a Cependant le nabab Ayder conserva
et protégea toujours le petit territoire
de Pondichery 1 qui ne souffrit que de
sa propré misere et de celle qui l'environnoit.
Onn'apas besoindedire que ce prince
ambitieux n'avoit d'autre motif, dans
cette guerre, qued'arrondir son empire,
de se débarrasser des Anglois, dont la
puissance choquoittropdangereusement
la sienne, et d'avoir un moindre développement de frontiere à défendre.
En effet, Ayder avoit déja enlevé aux
Marattes un pays considérable qu'ils réclamoient : mais pour engager cette nation avide et inquiéterà ne pas le troubler dans ses projets, et même pour la
déterminer à continuer la guerre avec
les Anglois, il avoit promis à la cour de
Pounah de lui remettre ce pays, sous la --- Page 626 ---
DE E'INDE
condition qu'elle ne feroit sa paix avec
l'ennemi commun a que d'accord avec
lui, etlorsqueles - deux'puissances alliées
en auroient obtenu les conditions qui
leur convenoient.
Ayder, ainsi rassuré contre les entreprises des Marattes, aveclesquels il ne
lui en coûta que des promessés et de
l'argent,avoit encore bien moinsacrains
dre de la part du soubab du DécanNizam Ali avoitpromis dentrer dansla
confédération des-Marattes et d'Ayders
mais ces derniers comptoient peu sur
son alliance, parcequ'ils connoissoient
par expérience son caractere fourberet
timide. Ce soubab craignoit de se commettre avec les Anglois, d'augmenter lal
puissance des Marattes, et sur-tout celle
de Bahader. Il s'étoit bien promis de lesi
laisser s'affoiblir les uns par les autres
et de ne pas se mettre en campague :
c'étoit tout ce que desiroit Ayder. 79
D'après ces combinaisons., Ayder
voyant ses états en sureté du côté du
nord et n'ayant rien à craindre dans
ignoit de se commettre avec les Anglois, d'augmenter lal
puissance des Marattes, et sur-tout celle
de Bahader. Il s'étoit bien promis de lesi
laisser s'affoiblir les uns par les autres
et de ne pas se mettre en campague :
c'étoit tout ce que desiroit Ayder. 79
D'après ces combinaisons., Ayder
voyant ses états en sureté du côté du
nord et n'ayant rien à craindre dans --- Page 627 ---
DE DINDE
Ra partie du sud, résolut de donner la
mer pour borne à son empire vers la
côte de Coromandel.
Gette conquête éloignoit à jamais de
lui un ennemi dangereux, qui avoit autrefois pénétré jusqu'au centre de ses
états. Elle le rendoitmaitre absolu d'un
commerce dont la côte de Malabar est
privée, et faisoit circuler dans son empire tout l'argent porté par les Européens à la côte de Coromandel. Alors
Ayder , qui pouvoit soumettre aisément le petit roi de Travangor, n'ayant
plus que trois frontieres, dont deux
étoient des côtes riches et fréquentées
par les commerçants européens auxquels il auroit fait la loi et dont il auroit tiré des munitions de guerre, n'auroit eu à veiller' que sur la frontiere du
nord, au-delà delaquelle la fortune eût
peut-être offert à son ambition le reste
de la presqu'isle.
Si le projet d'Ayder n'étoit pas aussi
vaste lorsqu'il fondit sur la province
d'Arcate, il dut être tel lorsqu'après --- Page 628 ---
B E LINDE
avoir pris plusieurs places importantes
et vaincu les Anglois en bataille rangée,
il se vit maître, sans le secours de nos
troupes, 9 de presque tout le pays qu'il
vouloit conquérir.
Mais il lui restoit à enlever des places
fortes dont le siege exigeoit des moyens
que l'expérience n'avoit pu encore lui
fournir. Madras, Velours, Singlepett,
Trichenapaly, Tanjaour, ne pouvoient
étrepràqeereeleseoumns des François:
aussi Ayder écrivit il à lIsle-de-France
pour le demander.
Ce prince avoit certainement mieux
connu que nous nos véritables intérêts.
Il étoit sans douter persmadéqueles François gagneroient réellement beaucoup
sur leurs ennemis s'ils l'aidoient à les
chasser de la côte de Coromandel
En respectant le petit territoire de
Pondichery 1 il sembloit nous avoir
marqué notre place : ilne nous eût certainement refusé ni Karical ni Mahé;
tout porte même à croire qu'il nous eut
laissé Madras si on l'eût aidé à le pren-
ables intérêts.
Il étoit sans douter persmadéqueles François gagneroient réellement beaucoup
sur leurs ennemis s'ils l'aidoient à les
chasser de la côte de Coromandel
En respectant le petit territoire de
Pondichery 1 il sembloit nous avoir
marqué notre place : ilne nous eût certainement refusé ni Karical ni Mahé;
tout porte même à croire qu'il nous eut
laissé Madras si on l'eût aidé à le pren- --- Page 629 ---
DE T'INDE
rè. Mais il avoit répété mille fois que
les grandes possessions territoriales dans
lindeneconvenoient; pas auxEuropéens:
c'étoit d'après ce principe qu'il faisoit
la guerre aux Anglois. On' auroitdà s'appercevoir plutôt que c'étoit d'après
le même principe qu'il appelloit les
François. Ainsi quand il auroit laissé
échapper quelques promesses, qui auroient flatté notre ancienne manie des
possessions territoriales, 7 il falloit se
garder rdeleur préter unesolidité qu'elles
n'avoient pas : il falloit même rendre
affectation pour affectation; ; ne témoigner de desir d'avoir quelque place forte
le long de la côte que pour y protéger
notre commerce en même temps que
les frontieres de notre allié, et insister
pour obtenir un rcommerce exclusif sur
les côtes de son empire.
&1 Convenons donc de bonne foi que
les prétendus politiques de l'Inde ont
commis une grande faute en faisant insérer dans le projet de traité avec ce
prince la demande de plusieurs doSI --- Page 630 ---
- E LINDE
maines considérables quinous auroient
fen quelquesorte substitués aux Anglois,
dont il ne desiroitl'expulsion que parceque leur agrandissement contrarioit ses
vues: demande inconsidérée quia aliéné
Bahader, et que la suite des événements
doit faire regarder comme le principe de tous les malheurs de cette expédition.
Maisanjourd'hni inos regrets sontinutiles; et nousine devons nous occuper
que du soin de bien connoitre nos fautes pour ne pas y rotomber-denonvean.
Passons maintenantà.fesamen de celles
qu'ona commises en adoptant quelques
idées sur les Marattes, et voyons combien étoient peu fondés les raisonnements de ceux qui vouloient que l'expédition secourût cetté nation de préférence à Bahader.
L'origine dela guerre quiexistoit alors
entre les grands Marattes et les Anglois
tenoit à d'anciennes querelles excitées
par la compagnie, quiavoit accordé un
asyle à Ragouba ; accusé d'avoir fait
assassiner
qu'ona commises en adoptant quelques
idées sur les Marattes, et voyons combien étoient peu fondés les raisonnements de ceux qui vouloient que l'expédition secourût cetté nation de préférence à Bahader.
L'origine dela guerre quiexistoit alors
entre les grands Marattes et les Anglois
tenoit à d'anciennes querelles excitées
par la compagnie, quiavoit accordé un
asyle à Ragouba ; accusé d'avoir fait
assassiner --- Page 631 ---
D E
L'IN D E.
8h
assassiner son neyeu 1, appellé Naral Raoy
pere du roi actuel, à la place duquel les
Anglois avoient l'injustice de vouloir
mettre ce Ragouba. Celui-ci leur avoit
fait les plus grandes promesses pour prix
de leur protection.
Pendant les divisions intestines dela
rigmneedePoanah,Xiam Aly et Ayder
avoient enlevé auxMarattes les provinces
qui étoient à leur convenance. Les Anglois, deleur côté, avoient conquis sur
euxl'isle Salcette,qui fut ajoutée au territoire de Bombay. Ils s'étoient également rendus maitres de Barokia et d'un
territoire considérable dans le Guzurate.
Enfinles troubles résultants delaminorité du jeune roi des Marattes avoient forcé
cette nation à conclure une paix désa4
vantageuse avec les Anglois, Nizam
Aly et Ayder.
A la reprise de la guerre, 9 les Anglois
avoient mis dans leurs intérêts quelques
princes vassaux des Marattes, etavoient
envoyéune brigade de Laknourà Surate.
Apris s'être assurés de la neutralité du
F --- Page 632 ---
D E LIN D E
raja de Nagpour, ils avoient renouvellé
lesprétentions de Ragouba. Le commencement de cette guerrene aa leuravoit pas
été favorable;etles Marattes auroientpu
obtenir de grands succès, si, après l'alliance qu'ils avoient faite avec Nizam
Aly et Ayder, les François eussent attaqué lès Anglois dans l'Inde.
Mais, au retour de M. de Montigny;
les Marattes ne comptoient déja plus sur
Nizam Aly, dontla défaite étoit certaine.
Hs avoient perdu Brodar dans le Guzurate, et le port de Bassem. Le raja de
Godh s'étoit révolté; et c'est dans ce
moment de détresse que les Marattes
vouloient enyoyer un homme à l'Islede-France pour y demander un secours
de 2000 soldats.
Mais quel intérêt trouvoient les Marattes à rechercher notre alliance ? Ils
vouloient reprendre ce que les Anglois
leur avoient enlevé ; il falloit bien qu'ils
nous offrissent un dédommagement capable de nous tenter. Ils consentoient à
nouslaisserBombay, dans le cas ounous
ce
moment de détresse que les Marattes
vouloient enyoyer un homme à l'Islede-France pour y demander un secours
de 2000 soldats.
Mais quel intérêt trouvoient les Marattes à rechercher notre alliance ? Ils
vouloient reprendre ce que les Anglois
leur avoient enlevé ; il falloit bien qu'ils
nous offrissent un dédommagement capable de nous tenter. Ils consentoient à
nouslaisserBombay, dans le cas ounous --- Page 633 ---
D E LINDE
Faurions pris. Nous pensons qu'ils auroient mieux aimé voir cette place dans
nos mains que dans celles des Anglois:
mais si les Anglois eussent restitué aux
Marattes tout cequ'ilsleuravoientenlevé
àla côte de Malabar, s'ils eussent livré
Ragouba à la cour de Pounah, s'ils leur
eussent offert de grands secours pour
reprendre, à leur profit, les usurpations
d'Ayder et de Nizam Aly, croit-on que
cette nation eût résisté à des offres si
séduisantes ? et peut-on douter que les
Anglois n'en eussent fait le sacrifice?
Que seroit devenue alors notre expé
dition, si l'oniedt fait un débarquement chez les Marattes ? Que pouvoiton espérer d'une nation perfide, qui
concluoitla paix avec les Anglois, tandis qu'elle envoyoit de nouvelles
proa
positions aux François à la côte de Coromandel ? Que peut-on enfin espérer
de la'politique de l'Inde, lorsqu'on voit
queles Anglois > parles sacrifices qu'eux
seuls sont capables de faire, peuvent à
chaqueinstant en brisertousles ressorts?
F 2 --- Page 634 ---
DE 1INDE
Quant au parti - qu'auroit sans doute pris
Ayder, si l'on se fat porté en totalité
chez les Marates, on ne pent pas donter
qu'iline fat intéressé à ce qu'ils ne fissent pas.leur paix avec les Anglois, qui
n'auroient pas manqué d'accorder à la
cour de Pounah toutes ses demandes,
dès qu'ils l'auroient vue disposée à recevoir les François. Il devoit donc craindre, si cette paix se concluoit, et les
Marattes qui auroient voulu lui reprendre leurs provinces, et toutes les forces
des Anglois qui se seroient réunies à la
côte de Coromandel. Dans une pareille
situation, ou plutôt pour la prévenir,
Ayder n'eût pas manqué de conclure
lui-même la paix avec. les Anglois, et de
se disposer à se défendre contre les
Marattes. La compagnie angloisen'avoit
rien de mieux à desirer. Elle avoit offert
la paix à Ayder, elle l'avoit offerte aux
Marattes; et les François, en voulant
passer chez ceux-ci, s'exposoient à n'avoir plus d'alliés dans l'Inde, et à rester
seuls contre les Anglois,silseussent mis
pied à terre.
paix avec. les Anglois, et de
se disposer à se défendre contre les
Marattes. La compagnie angloisen'avoit
rien de mieux à desirer. Elle avoit offert
la paix à Ayder, elle l'avoit offerte aux
Marattes; et les François, en voulant
passer chez ceux-ci, s'exposoient à n'avoir plus d'alliés dans l'Inde, et à rester
seuls contre les Anglois,silseussent mis
pied à terre. --- Page 635 ---
E L'IN D E.
a Pour rendre ce que nous disons plus
convaincant, il suffit de renverserlhypothese que nous venons de discuter;
supposer ce quia eu lieu, c'est-à-direque
nous porterions nos secours chez Ayder
exclusivementaux-Marattes. Que devoitonprévoirrelativement an partiqueprendroit cette nation, sinon ce qui estarrivé?
La préférencel que nous avons donnée
à Bahader a inspiré de la jalousie et
beaucoup de crainte aux Marattes: elle
arendu de part et d'autre les négociations plus faciles entre ceux qui redoutoient l'ambition ade ce nabab, êtl les Anglois quise trouvoient embarrassés pour
se défendre des deux côtés. La compagnie angloise al conclu la paix avec la
cour de Pounah qui n'avoit rien à lui
restituer. Ellealrendiraux MarattesBassem et la place de Guzurate, et leur a
livréRagonba.
a Examinons maintenant quelle part
devoit prendre Nizam Aly aux affaires
de l'Inde, et sur-tout relativement au
rôle que pousoientyjouerles François.
F 3 --- Page 636 ---
DE L'TN D Es
Le caractere du soubab du Décan
est connu dans toute l'Inde. Ce
prince 2
depuis long-temps dégoûté dela guerre 2
n'a cherché à se soutenir que par des
intrigues quilni ont souvent fait commettre des fautes qn'il n'a pu réparen
qu'en faisant de grands, sacrifices : il
a vu sans crainte le commencement
de ldivationd'Ayder 2 et la même se#
couru, tant quiln'arspperga en lui que
Iennemi des Anglois; mais dès linse
tant où illa redonté, il lui a vouémne
haine secrete et implacable, et s'est
servi.det tous.les moyens lesi plus cachés:
pour l'abaisser. Bahader avoit pour lui
la même aversion 3 et malgré les égardsi
qu'il lui amarquoit comme soubab
il.ne dépendoit pas plus de lui, que
celui-ci ine dépendoit de la cour der
Dehly:
-
Quoique Ayder eût enlevé à Bassa-l
letzingue, nabab d'Adony et frere du
soubab, une partie deises états, et qu'it
Teût empêché derd recevoir chez lui
des troupes angloises, Nizam Aly feise
la même aversion 3 et malgré les égardsi
qu'il lui amarquoit comme soubab
il.ne dépendoit pas plus de lui, que
celui-ci ine dépendoit de la cour der
Dehly:
-
Quoique Ayder eût enlevé à Bassa-l
letzingue, nabab d'Adony et frere du
soubab, une partie deises états, et qu'it
Teût empêché derd recevoir chez lui
des troupes angloises, Nizam Aly feise --- Page 637 ---
DE ( L'IN D.E.
gnit cependant de ne plus conserver de
ressentiment quand ili fut quéstion de
se liguer avecluiet les Marattes contre
les, Anglois. Mais sa défection avoit été
prévue, et Ayder ne desiroit de sa part
que silence et nentralité; et c'est ce qui
couvenitparbitement ausoubab. Celuicipouvoit être jaloux del'élévation d'Ays
der; mais il avoit lieu d'être encore plus
mécontent des Anglois : ils lui ayoient
enlevé, au nom de Méhémet Alikan,
une grande partie des côtes dela province de Gontou; ils s'étoient fait céderpar
la cour del Dehly les Cercars, Nélours,
Martazanagar,Ragumendry et Chicacol,
qui.sont des dépendances du Décan. Ils:
avoient reculé les bornes de leurs posK
sessions, en remontant le Krishna, de
maniere à venir rejoindre, de l'autre
côté de ce fleuve, la petite province de
Palenar, qui leur appartient et quin'est
qu'à quarante lieues d'Ayder Abad, capitale de Nizain Alyis ils enclavoient
par ice moyen uner grande partie de lai
proyince de Gonton, a dont ils avoient
F4 --- Page 638 ---
DE rINDE
même demandé l'investiture à
reur
l'empede Dehly, Enfin les états du soubab se trouvoient Frivés de tout commerce maritime, parlasituation despossessions angloises quiluicoupoient toute
communication avec les Européens.
Puisque tant de motifs de vengeance
n'avoient pu le déterminer à la guerre
il étoit évident que sa défection, envers 7
les Marattes et Ayder, venoit également
de la crainte qu'il avoit des Anglois, et
de celle de coirlewraifsgsadisemens
de deux voisins qu'il trouvoit déja trop
redoutables : ainsi les secours que les
François eussent donnés en tout ou en
partie. 7 soit à Ayder, soit aux Marattes ,
ne pouvoient queluid déplaireinfiniment
La reprise des Cercars lui tenoit fort
à coeur; mais cen'étoit pas pour les voir
passer en d'autres; mains que les siennes; et, tout balancé, il devoit trouver
moins d'inconvénients à les laisser aux
Anglois, emnesisneureludtayler etdes
Marattesi, qu'aux François, qui avoient
au contraire intérêt de favoriser cesideux
puissances.
attes ,
ne pouvoient queluid déplaireinfiniment
La reprise des Cercars lui tenoit fort
à coeur; mais cen'étoit pas pour les voir
passer en d'autres; mains que les siennes; et, tout balancé, il devoit trouver
moins d'inconvénients à les laisser aux
Anglois, emnesisneureludtayler etdes
Marattesi, qu'aux François, qui avoient
au contraire intérêt de favoriser cesideux
puissances. --- Page 639 ---
DE EINDE
Il n'y avoit d'autre moyen de favoriser
Nizam Aly et de conserver une grande
liaison avec lui, que de reprendre les
Cercars et deles lui remettre. Ce prince
eut sans doute marqué sa reconnoissance aux François, en les dédommageant des frais de cette expédition : mais
ceux-ci auroient pu encore se réserver.
Mazulipatam etle commerce exclusifsur
la côte d'Orixa. Nouvelle preuve que ce
n'est pas sorla politique que nous devons fondernos succès dans l'Inde, mais
uniquement sur les forces réelles que
nous y porterons à limproviste.
La situation du raja de Nagpour.et de
Katek, sa puissance, sa rivalité natu-i
relle contre les grands-Marattes, - à Feml
pire desquels il a des droits par sa naissance, et aveclesquels lui et ses ancêtres
ont eu des querelles sunglantes,voient
fixé l'attention des Anglois; : ils avoient
d'ailleurs reconnu dans ce prince de
bonnes dispositions qui pouvoient les
rassurer dans la guerre qu'ils faisoient
àla cour de Pounah. En effetilleuravoit
permis de faire passer leurs troupes
u-i
relle contre les grands-Marattes, - à Feml
pire desquels il a des droits par sa naissance, et aveclesquels lui et ses ancêtres
ont eu des querelles sunglantes,voient
fixé l'attention des Anglois; : ils avoient
d'ailleurs reconnu dans ce prince de
bonnes dispositions qui pouvoient les
rassurer dans la guerre qu'ils faisoient
àla cour de Pounah. En effetilleuravoit
permis de faire passer leurs troupes --- Page 640 ---
DE L'IND E.y
sur son territoire; sans cette condescendance il leur auroit opposé une barriere
formidable entreleDécan et leBengale:
et ce prince avoit intérêt, de son côté,
à ne pas souffrir T'agrandissement de
Nizan Aly, de même que celui-ci étoit
intéressé à le ménager,et à ine pas souffrire qulil devint trop pnissant. Il enétoit
de même de las politique des grands et
des petits Marattes : ceux-ci devoienti
même desirer l'abaissement de la cour
de Pounah. Ainsilersjas.malgriss neur
tralité affectée, davoit lgureressenticle
lement dans les alfaires de l'Inde G ets
Pévénement l'a prouvé, puisqu'ilia été
lemédiateur de la paix entre les grands
Marattes (qu'il savoit trop embarrassés):
etles Anglois dont ils redoutoit leivoisinage eth qu'il vouloit se concilier. Au
reste les Françoisne devoient avoir au-)
cune espérance de négocier aveclen raja
de Nagpour, qui, fondé à douter de
leurs ressources, 4 avoit au contrairesous
lesyenx celles de lap puissance angloise.
3u Nous ne parlerions pas ici de Tempire
esqeot
--- Page 641 ---
DE L'INDE
mogol 1, qui avoit si peu de rapports
avecla petite expédition partie de PIslede-France, si l'on ne 8'y flit pas flatté
d'opérer, avec d'aussi foibles moyens, la
révolution totale de l'Indez D'ailleurs;
quelques spéculateurs politiques ont prés
tendu que c'étoit par le nord de la presqu'Isle qu'il falloit commencer cette rés
volution. Les uns ont. proposé de faire
un débarquement àTaltay à l'embouchure du Sind ou Induis; de remont
terle cours der ce fleuvé jusqu'à une certaine hauteur, et de pénétrer de là jusqu'à Dehly, où Pon se joindroit à l'ems
pereur poun descendue dansilei Bengale
et en chasser les Anglois jusqu'à Tema
bouclure du Gange: D'autres ont imaginé lesens inverse, etqu'ilv valoit mieux
remonterile Gange et conquérir le Bengale, en allant de Calduta à Dehly, eb
rétablir lempire mogol dans SOIL antiques splendeur. Enfin dlautresy moins
ignorants 7 ont pensé qulil/convenoit del
dessendredireciementchezles: Marattes,
et d'opérer, de concert aveci eux, pour
asser les Anglois jusqu'à Tema
bouclure du Gange: D'autres ont imaginé lesens inverse, etqu'ilv valoit mieux
remonterile Gange et conquérir le Bengale, en allant de Calduta à Dehly, eb
rétablir lempire mogol dans SOIL antiques splendeur. Enfin dlautresy moins
ignorants 7 ont pensé qulil/convenoit del
dessendredireciementchezles: Marattes,
et d'opérer, de concert aveci eux, pour --- Page 642 ---
DE TINDE
rétablir l'emperenr de Dehly dans ses
droits, et se servir de lui
chasser
les Anglois del'Indostan. pour
Sans nous arrêter à combattre les dif
ficultés insurmontables quel la nature
opposeroit à une entreprise'auissi roma
nesque, examinonis si les chefs
si les nations de PInde ont
mogols,
térêtà la favoriser.
quelqnel inNous
cette discussion moins entreprendrons
relativement à
lexpédition de 1Tale-de-France
que
pour-détromper les personnes éclairées
qui ont été séduites par de fausses notions.
ei Nous avonsi déja dit ce qu'étoit l'empereur de Dehly 2 un fantôme de souverain. Ceuxi qui connoissent un
Phistoire générale de FInde savent pew
la ruine de cet empire date del'invasion que
de Thamas-Konliluan, qui vint
Dehly, à l'instigation de
attaqtier
Moulonck, soubab du Décan Nizam-Aly et
Nizam Aly.
pere de
Mahamed-Scha, alors empereur, fut trop heureux de se soumettre aux conditions que voulut luijmpos --- Page 643 ---
D E TIND E.
ser le vainqueur en le laissant sur le
trône Il perditplusieurs belles provinces
du côté dela Perse. Le soubab du Décan
assura à ses enfants sa dignité. , auparavant amovible, et ne tint plus que par
des liens très foibles et de pure formalité à la suprématie deil'empereur; les
autres vassaux imiterent cet exemple
Lesl granidsseignieurs dela courdel Déhly
vioeentalindipemdaoce) pendantqu'un
nouyeau peuple, quildepuis s'est rendu
la terreur de l'empire les Siks, établissoientleurpuissance aux dépens del'empire mogol.
De leur côté les Marattes s'émparerent de ce qui leur convenoit. Mais le
plus grand démembrement de l'empire
de Dehly est celui delasoubabie du Bengale, des nababies de Bénarès Si 2 des
états de Sujah Dowlak,et de toutes
les dépendances du Bengale que possede la compagnie angloise, tant à titre
desouveraineté,quesous les noms moins
fastueux, mais tout aussi utiles, de tutele, de direction, de régie, etc. Enfin
s'émparerent de ce qui leur convenoit. Mais le
plus grand démembrement de l'empire
de Dehly est celui delasoubabie du Bengale, des nababies de Bénarès Si 2 des
états de Sujah Dowlak,et de toutes
les dépendances du Bengale que possede la compagnie angloise, tant à titre
desouveraineté,quesous les noms moins
fastueux, mais tout aussi utiles, de tutele, de direction, de régie, etc. Enfin --- Page 644 ---
DE T'INDE
Fon a vu que les provinces et les troua
pes qui constituoient l'empire actuel
n'étoient pas même à la disposition de
leur souveraini ; qu'elles étoient partagées entre des généraux divisés d'intérêt,
quin'étoient occupés que du soin de se
défendre,n'evoient d'autre but réel que
celui de se rendreindependants.
Cependant, lorsque lon fondoit l'espoir de la révolution de l'Inde surle ré*
tablissement de Tempereur; l'un de ses
généraux, Nadjefkan 1 sembloit avoir
voué une haine implacablensAngloisy
et n'avoir d'autre ambition que celle de
relever l'empire mogol. Mais comment
pouvions-nous compter sur l'existence
d'u seul hommey queason caractere et
ses desseins devoient conduireà sa perte?
En effet, au retour deM. de Montigny,
Nadjefkan n'existoit plus : il avoit été
empoisonné. Son neveu, Mirza Safikan,
lui avoit succédé : et M. de Montigny
comptoit encore sur l'affection de ce genéral pour les François. Mirza Safikan a
été assassiné, et l'on assure qu'il étoit --- Page 645 ---
DE PIN D E.
alorsen négeciation. Enfin onl avoit fait
valoir auprès du ministre un parti frantois quiservoit chez l'empereur de Dehly; commandé autrefois par M. Sombre,
alors par M. Paul ou Pauly. On avoit
sollicité des brèvets pourles officiers qui
le composoient; M. de Montigny ne dé
sespéroit pas de se placer un jour à leur
tête, et de mettre en mouvement l'empereur pour décider la révolution de
PIndostan. A son retour il apprit que le
sieur Pauly avoit été décapité par ordre
d'un des généraux del'empereur, 7 pour
avoir pris les intérêts de ce même empe;
reur , qui in'a pu lui sauver la vie.
e N'est-il donc pas déraisonnable de
fonder la révolution de l'Inde sur des
bases aussi variables? Voyons à présent
si cette révolution étoit moins contrariée
par les vues politiques des autres nations
de l'Inde.
Le projet derétablir T'aciennepnisance del'empereur mogol est une chimere,
qu'il faut abandonner, puisque les plus
grands succès dans l'Inde ne pourroient
ts de ce même empe;
reur , qui in'a pu lui sauver la vie.
e N'est-il donc pas déraisonnable de
fonder la révolution de l'Inde sur des
bases aussi variables? Voyons à présent
si cette révolution étoit moins contrariée
par les vues politiques des autres nations
de l'Inde.
Le projet derétablir T'aciennepnisance del'empereur mogol est une chimere,
qu'il faut abandonner, puisque les plus
grands succès dans l'Inde ne pourroient --- Page 646 ---
D. Br L'I D Be
opérer une, révolution Si opposée aux
intérêts des puissances de cette partics
de l'Asie. Il conyientalaeplepart d'entrel
elles que T'empereur reste tel qu'il ests
et c'est par ce seul motifiqulon le laisseexister. Il ne convient àancune qu'il
devienne aussi puissant, auissi despotel
que la été Aureng-Zebs ety tontesis'opt
poseroient au rétablissementa d'un jougs
qu'elles. ont secoué. En effet les Anglois
ne sont pas les seuls intéressés à tenin
T'empereur dans cet état de nullité; Ni
zam Aly, Ayder - et leurs Vassaux laiment
roient autant - et mieux qu'il fat totalement anéanti
sap
Le soubab releve de T'empercurerler
nabab du soubabs le tout pour la formeb
seulement Or il est constant quelesousp
bab renonceroit trolontionalievesnineg
s'il pouvoit, à ce prix, se délivrer der
Thommage quil rend à T'empereur Ilsy
doivent donc P'unret l'autre desirer de
serc débarrasser d'une chaine, légere àla
vérité, mais qui blesse leur orgueil.
Les Marattes qui ont enlevé des provinces --- Page 647 ---
E L'TND: E.
vinces à T'empereur , sont bien éloignés
de souhaiter son rétablissement; ils ne
le souffrent sur le trône que parcequ'ils
tiennent de-lui leur droit de chotaie,
et qu'ils lui extorquent quelquefois des
patentes pour exercer leurs brigandages.
D'ailleurs , la dignité de l'empereur
abaisse d'un rang les autres souverains
de l'Inde, qui ne sont que ses vassaux,
auxquels la nation maratte se croit supérieure.
Les Anglois ont à-peu-près les mêmes
raisons pour desirer la conservation du
titred'empereur mogol. C'estparluiqu'ils
ont obténu la soubabie du Bengale, les
quatre Cercars, Surate, etc. C'est enfin
de ses, patentes, vraies ou supposées 5
qu'ils couvrentleurs usurpations et, Jeur
despotisme dans l'Inde. On a vu que les
propres généraux de l'empereur trouvoient trop leur compte à le tenir dans
uneperpétuelledépendance : ils ne prennent des titres de sa cour, ils nese P disent
ses généraux, ils ne se servent de son
nom , que pour légitimer leur ambition
G
, etc. C'est enfin
de ses, patentes, vraies ou supposées 5
qu'ils couvrentleurs usurpations et, Jeur
despotisme dans l'Inde. On a vu que les
propres généraux de l'empereur trouvoient trop leur compte à le tenir dans
uneperpétuelledépendance : ils ne prennent des titres de sa cour, ils nese P disent
ses généraux, ils ne se servent de son
nom , que pour légitimer leur ambition
G --- Page 648 ---
D) ETIND Eb
et appiyer leursr I
prétentionsciLa divlsion continuelle-de cesschofbrest-laj plus
grande prenvequlilse-n'ont frienl moins
sà coeur debinasbas-emsabeve
mogol. UET
01v08) US abyolgmie
Huell jai été tout aussi peu raisonnable de
compter.sur lesoulevement des princes
dui Bengale. Les Anglois exercent leur
souveraineté entiere danse tout cei qui
composelasotbabie. Le soubab de cette.
province leur est dévouég et ne peut
ienolLeimabal, de Bénarèset le Gls de
Soujah-Dowlagks habitués depuis longitemps àh lunesclavage que la compagnie
leur.fnitioublien 5 en les tenant plongés
adans -lamollesse, en favorisant même
ileurs gohts les plus infimesainlanront
ejamais assez d'énergie pour oser se,révolter nicontre leurs tyrans 6 et ceuxrci
sont toujours.assez attentifs pourne pas
leur permettre d'entretenir des liaisons
qui pourroient devenir dangereuses.
D'ailleurs les Anglois ont établi dans
a cette partie de l'Inde.mn.ordre apparent de justice et demodération, 3 qui --- Page 649 ---
SEAINDE
tacheduemalbemers Indiens leurs vémitableg-calantités, Ceuxiqui seroient
ecapablesi d'unen résolution hardio, les
cmnsulnang dur Bengale, sont la plupart
employés au service des Anglois; ils
Cr'exposeroient pas témérairement leur
- fortuneyleur vie même, pour se jeter
odanstm complot dont le succès ne lehr
paroitroit pasi certainv Enfin la 3 compaogniea toujours'eu dans le Bengale trop
3deis isipahis pour qu'on ait pu espérer de
oles corrompres On ne pouvoit donc y
opérer une révolution parila seule resosource' de Pintrigue; et pour l'exécuter
Tnti-aasstr-s-m
equinous ont manquéjasqu'à présent. Le
4goulevement du Bengale tienty suivant
toute apparence, 9 à l'expulsion totale
des Anglois des côtes d'Orixa, de Coromandel'et de Malabar: C'est alors que
eles Marattes pourront pénétrer sans
erainte-dans cette vaste contrée, la ravager a exciter les princes à la révolte,
êt obligerles Anglois à se replier jusque
vers vlei fort William dei Calcutta. Le
G2
quéjasqu'à présent. Le
4goulevement du Bengale tienty suivant
toute apparence, 9 à l'expulsion totale
des Anglois des côtes d'Orixa, de Coromandel'et de Malabar: C'est alors que
eles Marattes pourront pénétrer sans
erainte-dans cette vaste contrée, la ravager a exciter les princes à la révolte,
êt obligerles Anglois à se replier jusque
vers vlei fort William dei Calcutta. Le
G2 --- Page 650 ---
DE 'IN D Be
reste de esterexpedyiona.qt. a
demanderoit encore le secours d'une nation
européenne, ne pourroit être que l'ouvrage des François. ilaurabrers ann'la
P Les obstacles qui, dans de Bengale,
s'opposoient à une révolution, par les
négociations ou l'intrigue., existoient
aussi et même en plus grand nombre
àla côte de Coromandel. llétoit impossible d'engagerMéhemet, Alikan,mabab
d'Arcate,etl le roi deTanjaour,A) briser
leurs chatnes. Ges deux princes, gardée
à vuey ne pouvoient disposer de rien;
eti d'ailleursi, al'époque et dans les cirr
constances, dont nous parlons, il étoit
prudent de. laisser à Ayder la conduite
des liaisons secretes qu'ilauroit pu tenter avec ces deux princes dont il vouloit
conquérir les états. aib 492 OTpOIOY arq
a eNous pourrions pent-étreterminer ici
noS recherches sur laprétenduepolitin
que de l'Inder; cependant, comme ce
précis peut devenir utile pour l'avenir,
considérons encore,sousle même point
devue, les petits états dont nous avons --- Page 651 ---
DE T'IN DE
T0t
donne la Hotiée géographiqne et militaire." anu'b aruro t el.otroors TICASE
Le Poi Pde Travangor pouvoit être
d'une grande utilité aux François, relativement at"Bled et aux autres comestibles queTon eat tirés de ses états. Ce
prince 11
s'occupoit peu des affaires du
dehors; etdans la situation oèse trouvoit'la presqu'isle, il doninoit toute son
attention a la conservation de son petit
royaume. D IP favorisoit cependant lés
Anglois qui ont chez lui le comptoir
d'Anjingue (ion peut s'en convaincre
par le traité de paix de Tipou Saib).
IP étoit donc naturel d'imaginer que Ge
prince n'accorderoit aucune faveur aux
alliés d'Ayder; il n'y avoit que la conquête du Maduré et de Tanjaour qui
put rompre ses liaisons aveclesAnglois.
OE Le nabab d'Adony, Bassaletzingue 2
avoit presque toujours paru favorablement disposé pour les François : mais
on a vu qu'à peine restoit-il à ce prince
assez de revenus pour entretenir sa petite
eour. Ilconvenoit de lui faire rendre ce
G; --- Page 652 ---
DErINDE
quflhi avoitété enlevé par Ayder et par
Nizam Aly. On sent conibien cela soute
froit de difficnltés, et dans Rjhélle situa- Jo
tion brillante il auroit fallal se'trouver
pour favoriser un prince'qui donnoit del
Tombrage au VI soubab son mrereret qui
avoit tant à se plaindre de Bahader: H
n'y avoit donc rien à espérer de Bassaletzingue, non plis que da nabab de
e
h
Karnoul, 2 qui ne pouvoit nous
intéresser en aucune maniere. ATLERICA aabooes
Quant 29b à la côte de
eoT a
Jo
tion brillante il auroit fallal se'trouver
pour favoriser un prince'qui donnoit del
Tombrage au VI soubab son mrereret qui
avoit tant à se plaindre de Bahader: H
n'y avoit donc rien à espérer de Bassaletzingue, non plis que da nabab de
e
h
Karnoul, 2 qui ne pouvoit nous
intéresser en aucune maniere. ATLERICA aabooes
Quant 29b à la côte de
eoT a Malabar, au nord
de Goa; le raja de Vary Bomelo aéso
loit les Portugais avec. 5à 6000
SO
B1 u9 019X9 9 ouTA
Bomme
qui formoient toutes ses stag ag0 atto
LB dals
9D 930
BIO troupes. a 179: Ce 6
prince, - YAU Maratte Hor
d'origine 1
s0i et descendant
des rois. de Sattarah, est
sup
9yib indépendant
de la cour urde Pounah, pourl
aa U. TL
laqbelle
il a cependant une très
aue
VI01
0e2 9 9nS auoa grande 1od9 nisure défe
rence. a
axbeo29 anes uo stoo 93190 ol
Au-dela de
JA Visendrouk, 33
geti TLO est DOLr le
port, de marine 21 ou e plutôt - le centre des
pirateries des Marattes, la reine deColaYour.6galement indépendante et d'ori333 a - --- Page 653 ---
DE LINI DE*
maratte
liéeas comme nous
gine
C metoit
avons dit, avec Bahader- VIA
fo Plus Au mord,i le raja de Seddy, mahamitan,étoitle seul de ces- princes qui
pAt fournir ides boeufs à une escadre.
Les Indisnsetsur-tout les Marattes ont
horreur derles, vendre aux Européens.
Camjaindepenlant, haï des Marattes 2
a.quelques liaisons avec, les Anglois.
Le raja de Colaba, Ragondy,, de la
race des Angrins et tributaire de la cour
de Pounah, avoit, malgré cela, desliaibyor
L
sons de commerce avec les Anglois de
o:0a
SD 81ST al SO0
Bombay,
25 - I sm
BIBBDITOTT asi la
Tous ces petits princes 19 exercent
le U C long dela cête T1 de Malabar,
Nirateris depuis 9 Mangalor 91 39
jusqu'à Bombay; ; et
nsge
C
c'est
Fon Pent TUOg dire avec assurance a1
que
là toute leur politique.
Surate abus étoit pent-être le'seul endroit
de cette cête où notre escadre put se
dédommager de ses" dépenses : il étoit
moins question de politiquer dans cette
affaire que de savoir comment on pouvoit Tattaquer; il ne s'agissoit au reste
G4
depuis 9 Mangalor 91 39
jusqu'à Bombay; ; et
nsge
C
c'est
Fon Pent TUOg dire avec assurance a1
que
là toute leur politique.
Surate abus étoit pent-être le'seul endroit
de cette cête où notre escadre put se
dédommager de ses" dépenses : il étoit
moins question de politiquer dans cette
affaire que de savoir comment on pouvoit Tattaquer; il ne s'agissoit au reste
G4 --- Page 654 ---
DE IND E
CoE
d -
que d'nne descente
. 3OTHOG 00 GG prompte et ime
prévue.
sonng 90 O9YR rsboat
Sala Bringue,
de
raja lour Gmmurate,etle
raja de Goodh, tous deux B80 vassaux des
Marattes, s'étoient livrés aux
Anglois,
Nous n'avons rien à dire surle nabab
de
les
-
Cambaye, 1e0
rajas de Josselmir, de
Diampour, d'Azémir, ni E sur les Siks;
iln'étoit pas possible que nous eussions,
lal moindre relation
avec
is
politiqne
eux :
ils n'intéressent que la cour de Dehly,
ekles Marattes.
H N9Ur perC
1 3 V
BTY arab
Venons maintenant aux
EOE
a
possessions
des Européens autres
les
que 1
Anglois
dansftasdeerenan et examinons
abasre
premièrement
ce que Fon devoit attendre des.
moimon
Holns
landois.
- deof BR80
TI9 Jir9 noli ia
Notre plus
ressource
a 32
grande
étoit
Trinquemaley : c'étoit le seul
Si0b
port, quis
offrit un abri et un asyle tant à
11OVe
l'escarig
dre qu'à nos: troupes. C'étoit de
A
TUB 2 803
Trinevs
quemaley
Ton devoit
MGI A IM
-
21 d'après les
instructions .
7a
Tsle-de.Frances pro-y
poser des conditions à
lui
a
an
Ayder,
faireet
signer Ie traité projeté 2
coo eiobr
A
ou.passer chez --- Page 655 ---
A
FOL
D E L'INDE.
les MatatkersrTon asb25b ne pouvoit s'accomt
moder avec ce prince.
el Les Holandois avoient un 9t grand 1a
intérêtà ne pas négliger la sureté deTrinquemaley êt' & le défendre avec vigueur.
Cependunt tsilon eût fait attention à
Papathie de cette nation,à son peu de
patriotisme 1 dans l'Inde, et à son esprit
de division et de parti qui s'étoit étendu
d'Europe dfen Asie; si l'on eût observé
que les Anglois, , qui étoient en force Le
dans l'Inde, pouvoient brusquer un débarquement à Trinquemaley, qui n'avoit que dé mauvaises fortifications, et
qu'ils devoient employer les JE plus grands a
efforts
s'en emparer promptement;
si l'on FCtr enfin bien pesé toutes C ces
considérations ; on auroit prévu ce
t92
- qui
est arrivé, que ce port étoit déja au L 10
pouvoir de l'ennemi. On devoit même
avoir de plus grandes craintes 200 : supposer -
a
que les Aiglois, maîtres de Trinquemaley;sel hâteroient de négocier avecle roi
deC Candie, et de se joindre kcel ce prince,
très mécontent des Hollandois, 9,10
pour
considérations ; on auroit prévu ce
t92
- qui
est arrivé, que ce port étoit déja au L 10
pouvoir de l'ennemi. On devoit même
avoir de plus grandes craintes 200 : supposer -
a
que les Aiglois, maîtres de Trinquemaley;sel hâteroient de négocier avecle roi
deC Candie, et de se joindre kcel ce prince,
très mécontent des Hollandois, 9,10
pour --- Page 656 ---
DETIND E.
leur enleverle reste delisle
On'he devoit pas plus compter delCoylani surla
conservation del Negapatmims
celle de
quesurs
voientles
Ticteapssnenrres
Anglois en conservanzienres
cadre pendant lhivernage adaricôte ides
Coromandel, tandis que lesHollandois
n'yavoientpas un seul vaisseam de guer
re,devoirassurerle euclsderostesloure
entreprises , et c'est csqu'gn
roit pas à 1'Isleide-Praneese Ihe étoit nigno- doner
évident que Chitisurat 5 Paliacate et Sais
dras seroient enlevés
devoit moms craindre promptement : orD
situé sur la côte
pour Cochiny
d'aillears
opposée : cette place estl
d'um accès difficile et ilreht
fallarquie-llenneni portât tbeaucoup der
troupesàla côtedel Malabarnouria
drel Les Hollandois
prena
tailler avecla
pouvoient la ravia
protection d'Ayderse'étoit
enreffet labe seule place des Hollandois
dans
La HIndesmrlaquelle om put comptent
conservation des autres étoit trop
problématique pour quel'on ne dit
admettre dans les sastruetioisyquedar past --- Page 657 ---
DE L'I N
moins elles pouvoient être, prises. Mais
à quoi nous.ent servi Cochin?. A pénétrer chez Ayderpar la côte de Malabar,
si nous n'avions : pu le faire pan la côte
de Coromandel; ou à prendre delà des
arrangements avecles Marattes, si nous
n'eussions pu terminer avec Ayder.
Goa sembloit nous offrir les mêmes
ressources o qu'en tiroient les Anglois,
puisqu'il appartenoit à une puissance
neutre. Cependant on auroit du savoir
etimander que les Anglois seroient toujours favorisés à - cause des fortes relations de icommerce des Portugais avec
Bombay. odt9
9100 al T12 ania
Enfin ucles Danois à Trinquebar ne
pouvoient manquen deménager.la puis-)
sance dontils auroientle plus à craindre:
ou-avecllaquelle ils trouveroient.le plus
agagner.-sliyAh nos
à
et Osons maintenant demander à ceux
qui font un éloge si pompeux dela politique de l'Inde, si les expéditions de
MM. Duchemin et dem Bussy ont eu
pour base les connoissances ique nous
T12 ania
Enfin ucles Danois à Trinquebar ne
pouvoient manquen deménager.la puis-)
sance dontils auroientle plus à craindre:
ou-avecllaquelle ils trouveroient.le plus
agagner.-sliyAh nos
à
et Osons maintenant demander à ceux
qui font un éloge si pompeux dela politique de l'Inde, si les expéditions de
MM. Duchemin et dem Bussy ont eu
pour base les connoissances ique nous --- Page 658 ---
DE TINDEI
venons de développer riete si les résultats
de ce prétendn système ;donnéan gouverneur des IIsle-de-Prasos pour des
vérités mathématiques sylont éte confira
més parl'espérienced 291 avolatmod
Loin de là : tous les événements ont
prouvé que ce que nous croyions savoir
n'étoitqu'un assemblagelbijzarede conP
venances conçues par notre imagina
tion,et que mêmele peu quelnous. sad
vions ne pouvoitplus être rapporté qu'4
des temps antérieurs qui avoient fait
place à des principes et à des combinais
sons différentes.
sopplorp
YS
3eC'estrainsi qu'Ayder Aly, loin d'acw
corder à nos entreprises tous les secours
que nous attendions deluile s'est joué
delnos projetsy parcequ'ils ne tendoient
qu'à réaliser ce que ce prince redoutoit
le plus de la part des ennemis dont ill
desiroit andemuautfespelsion : en effet
ili refuseide préter la forterésse de Chalembroun càu Ma Duchemin, après la lui
avoir promisey son fils, Tipoul Saib, re
çoit lec général françois d'une maniere --- Page 659 ---
DE L'IN DE
Z0g
qni.compromet etsa considération. personnelletet celle de la nation.Ayder désapprouve leprojet sur. Négapatnam, et
réduit M. Duchemin àse décider pour
Goudelour. Les François ne peuvent
participer.aw.eiege de Pennacoul: l'argent etles viyres ne leur sont accordés
qw'apris.beancomp de retard let de difficultés. Enfin, pour ajouter la dérision
au manque D d'égards à 1 Ayder, à quir
M,Dachemin propose le secours del'ary
mée françoise, a lui répond qulelle nè
pouvoitsuivrela sienne,mais qu'ilpeutsr
avec quelques officiers, venir prendre:
uneidée de sa maniere de combattrelet
deucelle des Anglois, qui tontess deux
devoient différer de l'ordre,de bataille
connu en Europe. Et lorsquer Y M. Dus
cheminalal Lfoiblesse d'accepter mune telle
proposition, le nabab ler laisse malade àl
lapremiere halte, et daigneàlpeine s'erte
informer. Quelle démonstration plus
complette de ce que. nous àvons dit dul
systême que vouloit suivre Ayder d'ex+
pulser deso Européens les.uns par les
deux
devoient différer de l'ordre,de bataille
connu en Europe. Et lorsquer Y M. Dus
cheminalal Lfoiblesse d'accepter mune telle
proposition, le nabab ler laisse malade àl
lapremiere halte, et daigneàlpeine s'erte
informer. Quelle démonstration plus
complette de ce que. nous àvons dit dul
systême que vouloit suivre Ayder d'ex+
pulser deso Européens les.uns par les --- Page 660 ---
ifo
DIwDE
autres ? Les" demandes corsignées dans
le traité ne lex lui convenoient donc pass
une armée indépendanté ne' Rii convehoit donc pas davatagef vonloitamé
ner cette armée à une entiere soumission, que les instructions de MDiichemin etla dignité de'la mation ne per
mettoient pas de souffair: : sifen falloib
même une preuve de phits.'o on 3n - la trouveroit encore dans la hante estime de
Bahader pour le bailli de Samenres
time qu'il'a manifestée TT
jusqu'at dernier
moment, C
paroepw'lsestoicfoatisd de ce
chef des' forces navales, dont les opérations D
ne pouvoient d'ancune maniere
contrarier son ambition. De'la part de
M. de Bussy, notre politique n'a pasats
moins at
en a défaut. Les projets quilyavoit
fait annoncer ne pouvoient qu'aliéner
contre nous les souverains de Ta presqu'isle: Ilavoit écrit à Bassaletzingue 9 1
nabab d'Adony; et sa lettre montrée à
Nizam AlY, ce premier ne tarda pas à
mourir empoisonné : on avoit exagéré
à Bahader les forces que commandoit --- Page 661 ---
E LIN DE.
11t
M.r, de: Buss3s Om lui avoit dit, on
avoit,
le
publiésque
général T françois A
avoit reçu, Tordre de détruire les for
teresses des Anglois,et de rendre tou-:
tes leurs.msmrpations aux légitimes souverains de l'Inde. Or Bahader n'étoit
rien moins qu'un légitime souverain;
Nizam. Aly régnoit au préjudice d'un
ainé; les Marattes eux- mêmes étoient.
desusrpateors Cedébut deM, de.Bussy
annonce, gu'il,avoit oublié le passé et
quil n'étoit
instruit du
pas
BU présent.
00 A la mort d'Ayder, son fils parnt un
moment reconnoissant deceg quel'armée
françoise, avoit a fait pour lui -
conserver.
le trône de L son pere: : mais l'inaction de
Tun a
de 30 ses généraux qu'il avoit a 5
promis
de mettre sous les U ordres de M. le comte
d'Hoffelize, en partant pour la côte de
Malabar 11 l'insouciance qu'il montra
surl'attaque deCoudelour,etle mécontentement qu'il ne put s'empêcher de
publier dans toute l'Inde de ce que
nous, avions conclu la paix avec les
Anglois sans e sa, participation, prouvent CL
a
de 30 ses généraux qu'il avoit a 5
promis
de mettre sous les U ordres de M. le comte
d'Hoffelize, en partant pour la côte de
Malabar 11 l'insouciance qu'il montra
surl'attaque deCoudelour,etle mécontentement qu'il ne put s'empêcher de
publier dans toute l'Inde de ce que
nous, avions conclu la paix avec les
Anglois sans e sa, participation, prouvent CL --- Page 662 ---
DE T'IND E.
quele successeur d'Ayder n'a pas songé
plus ques son. pere à concourir à la réussite de nos desseins, mais seulement à
nous faire servir à l'exécution des siens,
que nous aurions du pénétrer dès lecommencement de la guerre.
t
VB
C'est ainsi queles Marattesyse servant:
de nous seulement pour déterminer les.
Anglois à accéder aux conditions d'uner
paix desirée, n'ont invoqué notreappui
que pour nous rendre témoins du peu
de fondement de nos raisonnements
politiques.
Quelle a donc été notre erreur ! Ile
faut le dire franchementi; depuis les!
guerres de la France dans le Décan,
nous n'avons jamais voulu voir que lal
situation de l'Inde étoit toujours vacillante; nous avons même pris plaisir à
nous persuader que celle de ces temps
éloignés étoit encosipespmslamtsney
et adaptant inconsidérément à ce systême tous les événements du moment,
nous n'avons pas fait attention que, depuis T'administration de Dupleix, la.
face --- Page 663 ---
7 T5 N a R
lncedesaffiras ayant absolument chare
gés il endevoit être demémerde la politique. oigoe BLsTIE
Eneflet sdepuis le départ de cet 1
adoministratdury-le: seul peutêtre qui ait
saisi avec sagacité le: noeud moral des
affaires générales de cette partie de PAsie, il s'étoit lopéré plusieurs grandes
révolutions, dont une seule eût suffi
pour déranger tontes les anciennes combinaisons. La chute presque totale de
l'empire mogol, 2 celle de la domination
françoise dans FInde,ldlévation presque
incroyable dela puissance des Anglois,
la formation dellempirod'Ayder : voila
lesigrands événements qui ont changé
les intérêts respectifs des nations. Ceux:
ci tiennent aux choses; mais combien
cette palitique varie suivant les: personnes !
La mort de Bahader a cauisé peu de
changement à la constitution de sont
empire : cependant qui osera dire que
Tipou Saib forme les mêmes desseins'
çonserve les mêmes alliances? qui osera
H
able dela puissance des Anglois,
la formation dellempirod'Ayder : voila
lesigrands événements qui ont changé
les intérêts respectifs des nations. Ceux:
ci tiennent aux choses; mais combien
cette palitique varie suivant les: personnes !
La mort de Bahader a cauisé peu de
changement à la constitution de sont
empire : cependant qui osera dire que
Tipou Saib forme les mêmes desseins'
çonserve les mêmes alliances? qui osera
H --- Page 664 ---
DE LINDS
dire que le fils de Bahader, le plus terrible ennemi des Anglois, n'épouse pas
un jour les intérêts de cette nation,qui
consentiroit plutôt à servir son ambition qu'à lui laisser des liaisons avec
nous? C'est à cause de cette - instabilité
que,depuis 25 ans,nous ayons - toujours
été mal instruits de ce qui se passoit
dans l'Inde: C'est aussi ce bouleversement continuel qui, confondant toute
prudence dans un pays où l'or et la
crainte Fonttout,nous détermineà avan
cer qu'iln'existe pas dans l'Inde un systême général et constant de politique,
ressemblantà celui de F'Europe.
:e
-
Mais si ces vicissitudes continuelles
nous démontrent qu'on a eu tort d'établir jusqu'à présent des projets sur une
base aussi mobile; nous est-il L permis
d'en fFormerdenouyenux, sur ce que nous
savons de la politique actuelle ? Fanta
il encore écouter ceux qui ont dit que
le général le plus brave, le plus désintéressé, le plus versé dans l'art de la
guerre, n'opérera rien dans cette partie --- Page 665 ---
b E L'INDE
dumonde, s'il In'en a pas érudié Ta poliMjpePhasdiseiapers quel legouvernement 'domne' sa confiance a ceux
TA
qui
savent cacher une -
vaste ambition sous
des
a
plans économiques, 7 et qui promettent d'éxécuter de grandes choses avec
de petits moyens ?
2608 de
St
21 Notis osons élever la voix pour dire:
Malheur a la2 France sielle persiste dans
un systéme ATON qui achevera de ternir -
son
nom danis PInde, au lieit d'en relever
Peclat! Un rexeenent général, un. bon
intendant uariidée: des troupes ce
nombreuses et de l'argent pour deux cam- a
pagnes ; Voila ela Vraie politique te pour a
triom pher er Asie. Elle peut tenir lieu
de toute Wutres BP lorsque in teg général de
mer aura battu Tesciadee"a de S
et
que celui de terre aura s pris ernemie, MT Madras ou JY
Bombay,c ce - 0 sera alors aux 31 nations a1
de
l'Inde a'cherclier notre V
politique, - qui,
dans ce cas, eo devra régler la Teur. a
a Mais est-ce à Tsle-de-Frince, est-ce
à Pondichery qu'il Faudral Féunir les
moyens puissants qui doivent SC être proH2
de
mer aura battu Tesciadee"a de S
et
que celui de terre aura s pris ernemie, MT Madras ou JY
Bombay,c ce - 0 sera alors aux 31 nations a1
de
l'Inde a'cherclier notre V
politique, - qui,
dans ce cas, eo devra régler la Teur. a
a Mais est-ce à Tsle-de-Frince, est-ce
à Pondichery qu'il Faudral Féunir les
moyens puissants qui doivent SC être proH2 --- Page 666 ---
D E LINDE
portionnés à Tobjet qu'on se propose?
C'est maintenant qu'il nous est permis
de prononcer , puisque nous avons
épuisé toutes les connoissances préliminaires et indispensables qui doivent fixer
notre opinion:
Ceux qui sont d'avis d'établir Pondichery s'appuient, , comme nous l'avons
déja dit, sur le besoin d'une place de
dépôt dans cette région, pour y tenter
une nouvelle expédition. Selon eux,
Pondichery n'eàt pas été enlevé au commencement de la guerre , si l'on eût
diminué son I enceinte lors de la reconstruction, etmieux tracéles fortifications;
si l'on n'eut pas perdu un temps considérable à disputer sur le plan convenable'; sil la garnison eût été suffisante; si
M. de Tronjolly l'eàt secouru ; siAyder
eut eu le temps d'y marcher; si l'on
eût envoyé des forces defIsle-de-Prance, etc. DIROS
De pareilles assertions ne prouvent
rien aux yeux de l'homme qui réfléchit
et qui connoltl'Inde, parcequ'il est évi --- Page 667 ---
DE L'INDE
Eent qu'on peut répondre par des suppositions tout aussi admissibles, en disant que les Anglois ne se sont jamais
piqués de bonne foi; qu'ils ponvoient
commencer lenrs hostilités encore plutôt, ne pas perdre un tempsamssiconsidérable pour venir assiéger Pondichery;
êb que silss'y fussent portés en. quatre:
jours comme ils le pouvoient, s'ils eussent. brusqué l'attaque et prévenu l'arrivée de M. de Tronjolly, la garnison,
quin'auroit pas, eu le temps de semettre.
en défense; auroit été prisonniere de
guerre.
Daro
a Pour mettre la question sous le point
de vue convenable, il faut donc bien
se.garder de ramener les choses al'état
jou elles étoient ausiege de Pondichery,
puisque T'onavoit commis de part et
d'autre des fantes grossieres et imprévues. Onne doit la considérer que dans
T'hypothese générale où Pondichery auroit été fortifié et défendu comme il
pouvoit l'être. Les Anglois alors l'eussent attaqué sans autres avantages que
H3
la question sous le point
de vue convenable, il faut donc bien
se.garder de ramener les choses al'état
jou elles étoient ausiege de Pondichery,
puisque T'onavoit commis de part et
d'autre des fantes grossieres et imprévues. Onne doit la considérer que dans
T'hypothese générale où Pondichery auroit été fortifié et défendu comme il
pouvoit l'être. Les Anglois alors l'eussent attaqué sans autres avantages que
H3 --- Page 668 ---
DE L' IN D.
ceux qu'isdevoientàl leur situationdans
lInde.
19, Slins
OID
En prenant un juste milieu entre les
opinions outrées de ceux qui ont faitides
Pondichery une place visiblement
grande, et le sentiment de ceux
trop
vouloient
qui n'y
qu'une citadelle, nous
serons , comme les gens de guerre suppoont comparé le loeal avec notre exis- que
tence politique en Asie, que lon auroit
pu y construirel une forteresse
ou huit bastions, défendue
desept
fossé
par un bon
> par quelques demi-lunes et un
chemin couvert avec son glacis. Clétoit
dans un espace" aussi limité qu'on auroit pu concentrer les forcesnécessaires
à sa défense,
Cet
établisementy éloigné de 5000
lieues de la France, et distant del 1500
lienes de FIsle-deiFrance etdeBourbon,
environné de tous côtés par une puis
sances supérieure qui pouvoit le
dred'un moment àl l'antre, devoit surpren. nécessairement avoir la même garnisor
pendaut la paix que pendant la guerre. --- Page 669 ---
DE L'IND E.,
Les.i maladies du climat , une désertion facile et à laquelle il est impossible de remédier promptement, lincertitude eti Jar difficulté de recevoir
des recrues, auroient obligé, de tenir à
Pondichary,ainsi fortifié, une garnison
de 2400-hommes, y compris un détachement assez considérable d'artillerie
pour suffire au siege, six ou sept cents
sipahis nécessaires poursonlager le.service de la place, empêcher la désertion,
et protéger le territoire.
Nous supposons encore que Pondichery, pourvu devivres et demunitions.
de guerre pour deux ans, auroit puy
dès les premieres attaques, se défendre
par lui-même, en attendant d'autres.
secours.
-
Voilà certainement l'état de défense
le plus respectable dont on ait pu se!
flatter. Voyons maintenant ce que l'on
avoit à craindre delap part de l'ennemi. -
Il falloit faire attention que notre état
de défense à Pondichery seroit toujours
l'échelle de comparaison daprès laH4
et demunitions.
de guerre pour deux ans, auroit puy
dès les premieres attaques, se défendre
par lui-même, en attendant d'autres.
secours.
-
Voilà certainement l'état de défense
le plus respectable dont on ait pu se!
flatter. Voyons maintenant ce que l'on
avoit à craindre delap part de l'ennemi. -
Il falloit faire attention que notre état
de défense à Pondichery seroit toujours
l'échelle de comparaison daprès laH4 --- Page 670 ---
DE rI*DE
quelle les Anglois éleveroientla propor
tion de leurs forces militaires à Madras *
qu'ils n'auroient pas besoin d'attendre
des secours d'Europe pour attaquer 2
qu'il leur suffisoit d'en recevoir rPordre,
et que de ce côté ils avoient encore l'a
vantage d'être Bwansielengtempiareit
nous; que d'ailleurs PAngleterre pou
vant également envoyer des secours à
Madras et les proportionner aux nôtres;
eela ne changeoit sensiblement rien à la
situation de Pondichery:
L'ennemi n'avoit pas 30 lieues à faire.
pour attaquer cette place avec des trou
pes fraiches et acclimatées. Personne ne.
eontestera sans doute que, , dès Tépoque du dernier siege de cette place, les
Anglois auroient pu rassembler une.
armée de 40,000 sipahis et de6,000 Européens. S'ils n'ont pas eu des forces
aussi considérables à Madras, c'est
Tétat de foiblesse où se trouvoit Pondi- que.
chery ne leur a pas fait juger nécessaire.
detirer des Cercars et du Bengaleunplus
grand nombre de sipahis, ni de faire --- Page 671 ---
DE L'IND E
venir d'Europe, pendant la paix, quelques régiments. Nous accorderons, s'il
le faut, qu'ils avoient trop comptésur la
foiblesse de Pondicheryrimais peut-êtro
aussi n'ont-ils pas voulu nous alarmer
et nous détourner d'un projet dans lequel il étoit de leur intérêt de nous faire
persister.
i Ainsi, dans quelque état de défense
que l'on ait pu supposer Pondichery,
il a fallu admettre en même temps qu'il
devoit être attaqué avec des moyens proportionnés ; et dès lors cette place étoit
déja soumise au désavantage général
attaché à la défense, et dont on ne doit
excepter queles forteresses dont la situation naturelle enleve à l'attaque la sup6riorité.
Il n'ena jamais pu être ainsi de Pondichery: ni d'aucun denos établissements
del'Inde. A cet inconvénient général se
joignoit celui de ne pouvoir y jeter des
secours que par la voiedes vaisseaux. Ce
genre de ressource devenoit d'autant
plus.incertain qu'il n'y avoit.que l'Isle-
la défense, et dont on ne doit
excepter queles forteresses dont la situation naturelle enleve à l'attaque la sup6riorité.
Il n'ena jamais pu être ainsi de Pondichery: ni d'aucun denos établissements
del'Inde. A cet inconvénient général se
joignoit celui de ne pouvoir y jeter des
secours que par la voiedes vaisseaux. Ce
genre de ressource devenoit d'autant
plus.incertain qu'il n'y avoit.que l'Isle- --- Page 672 ---
DE L'INDE
de-France qui pàt secourir Pondichery,
et que cette isle pouvoit elle-méme se
trouyer dans des circonstances qui ne
luip permissent pas de se dégarnir. Enfin
il falloit avoir la certitude de pouyoir
débarquer ces secours, qui dépendoient
encore du succès d'un combat naval,
sans compter les hasards de la mer pen:
dant une aussi longue traversée. Pondichery restoit donc livré àsa propre force,
quidevoit daninuerrapidement pendant
que l'ennemi réparoit ses pertes ayec
facilité. Une place ainsi dépourvue de
ressources du dehors doit nécessairement succomber, malgré les meilleurs.
moyens de défense, tant quela fortune
traitera également les assiégeants et les
assiégés. Il n'y avoit qu'un événement
décisif en fayeur de nos armes qui pât
sauver Pondicherys d'ou l'on pouvoit
conclure que cette placei ou tout autre
établissement françois dans l'Inde ne
pouvoit se soutenir par lui-méme pen
dant lal guerre.
Mais notre position a-t-elle changé --- Page 673 ---
DE' L'INDE
depuis la derniere paix ? Les conditions
quil'ont fixée changent-elles nos crain
tes et nos espérances ? Non sans doute,
Tout ce que nous avons dit de relatif à
Pondichery dans la guerre qui vient de
se terminer, est propre et applicable à
Pondichery, considéré sous l'aspect
d'une guerre future. Peut-être même
seroit-il facile de prouver que notre po*
sition estlencore plus passive, relativement aux Anglois, qu'elle ne l'étoit à la
paix de 1763.
Si Fon a égard aux possessions territoriales, on verra que les nôtres n'ont
été augmentées que des aldées de la'
dépendance de Karikal Fet de celles de
Villenour"-et Naour. Or ces objets
méritent à peine qu'on en parle; mais
ce qui est digne d'attention, c'est que;
depuis la paix de 1763, les Anglois ont
ajouté à leurs domaines de l'Inde plusieurs territoires dans lesquels les nôtres
ne sont qu'un point. C'est ten vain qu'on
objecte que cette étendue de possessions
affoiblit la puissance angloise, qui se
de Karikal Fet de celles de
Villenour"-et Naour. Or ces objets
méritent à peine qu'on en parle; mais
ce qui est digne d'attention, c'est que;
depuis la paix de 1763, les Anglois ont
ajouté à leurs domaines de l'Inde plusieurs territoires dans lesquels les nôtres
ne sont qu'un point. C'est ten vain qu'on
objecte que cette étendue de possessions
affoiblit la puissance angloise, qui se --- Page 674 ---
DE L'INDE
trouve obligée de diviser ses forces
%
d'augmenter ses dépenses, et que ce
colosse doit être écrasé tôt ou tard par
son propre poids. Il est de lintérêt des
Anglois que nous nous reposions longtemps sur cette idée, quils'se plaisent
eux-mêmes à entretenir; mais, : en attendant, ils envahissent toujours', ils tiennent dans l'esclavage les princes dont
ilst touchentl les revenus: ils! gardentleurs
possessions; ils font la guerre; ils étendent un commerce d'autant plus utile
qu'ils n'exportent point d'argent de leur
métropole. Les seules acquisitions des
quatre Cercars et de l'isle Salcette près
de Bombay ont augmenté d'une maniere effrayante la disproportion déja
trop énorme quiexistontentrela, situation
des Anglois etla nôtre àl la paix de 1763.
Si le commerce des Anglois n'a pas
augmenté en proportion des domaines
qu'ils ont acquis depuis cette époque, 7
c'est que la guerre qu'ils ont eue à soutenir contre lest Marattes et Ayder a nui
à leurs manufactures; c'est que nos --- Page 675 ---
DEDINDm
vaisseaux ont troublé leur navigation
marshandesmais, à cette époque, notre
commerce, étoit nul en Asie; et depuis
la derniere paix, nos manufactures ne
sontpasbesnucompplusheillanies qu'elles
ne l'étoient à l'époque OM. de Lawriston revint dans l'Inde. Elles pourront
pent-être se rétablir; mais celles des
Anglois se 100 rétabliront en même temps;
etcette concurrence,ilfauten convenir,
nous tiendra constamment dans un état
de nullité dont la seule force de nos
armes Peut nous tirer: On doit même
aled
d ARCUN
croire quel'article de paix qui concerne
la liberté et la sureté du commerce
n'aura d'autre garantie que la volonté 9
du plus fort, et qu'il sera le point de
contestation d'ou partiront les deux
nations pour se faire la guerre dans
l'Inde. Les Anglois y vexeront les commerçants lorsqu'ils le jugeront convenable: on se croira en mesure pour
repousser l'insulte 5 ou pour demander
bastementenenipsrnationg etnous serons
encore les premiers attaqués, et pro-
té du commerce
n'aura d'autre garantie que la volonté 9
du plus fort, et qu'il sera le point de
contestation d'ou partiront les deux
nations pour se faire la guerre dans
l'Inde. Les Anglois y vexeront les commerçants lorsqu'ils le jugeront convenable: on se croira en mesure pour
repousser l'insulte 5 ou pour demander
bastementenenipsrnationg etnous serons
encore les premiers attaqués, et pro- --- Page 676 ---
DE
LINDn 7
bablement les premiers pris, si nous
persistons à établir un état de
à Pondichery.
défense
On doit encore observer 30W01S2
glois ont fixé plos
que,les Anque jamais leurs res
de
ftmnrois
leurs possessions
tous les moyens
del'Amérique; : que
d'attaque et dedéfense
gu'ils étoient obligés d'entretenir dans
le continent qu'ils ont
reportés en Asie. Ils les perdu, ont été
sans doute
augmenteront
successivement et clandestinement: ils savent que 4000 hommes,
distribnés dans leurs forteresses des
vinces d'Arcate, de Néloursi et de Tan- pro*
jaour, ne fixeront pas notre attentions
parcequ'ils ne les feront pas
en masse, Au premier sigual débarquen
sion, ces
d'agresBarnisonajoindront les, fonds
d'armée que les Anglois entretiennent
toujours à Madras; et,
toujours menacé,
Pondichery sera
toujours prétàtomber
sous la main d'un, ennemi
actif et quelquefois perfide. puissant,
On a rebâti en terre les fortifications --- Page 677 ---
DE TINDE
decette ville: c'est sans doute en attendantiles moyens et les fonds nécessaires
pour les revêtir en maçonnerie. Car
quelle défense pourroit-on établir sur
de simples murs de terrasses auxquels
il faut donner un talut considérable;
et que lest pluies dégradent à chaque
instant ? Cependant le devis de ces Ouvrages en terre monte déjaà des sommes
considérables; et ils ne sont qu'imparfaits. A quelle dépense énorme ne monteroient-ils pas si on les couvroit en
maçonnerie? Seroient-ils finis à temps?
Peut-on se flatter d'empéchertotslement
la désertion des soldats dans le voisi
nage de plusienrs puissances dont l'ins
térêt est de la favoriser ?
Une situation aussi précaire, malgré
les moyens de défense qu'on pent rasSembler dans FInde, devoit donc faire
chercher un systême moins subordonné
aux risques des événements : il falloit
donc enfin renoncer à Pondichery,
comme établissement militaire, et se
borner à y laisser 500 sipahis et trois
lement
la désertion des soldats dans le voisi
nage de plusienrs puissances dont l'ins
térêt est de la favoriser ?
Une situation aussi précaire, malgré
les moyens de défense qu'on pent rasSembler dans FInde, devoit donc faire
chercher un systême moins subordonné
aux risques des événements : il falloit
donc enfin renoncer à Pondichery,
comme établissement militaire, et se
borner à y laisser 500 sipahis et trois --- Page 678 ---
DE LINDE
ou quatre compagnies d'Européens #
rassembler à PIsle-de-France, pendant
la paix, les munitions de guerre et
une grandepartie des troupes nécessaires
pour le succès d'une grande expédition
dans lInde, et ne la mettre en mouvement que lorsqu'on auroit acquis une
supériorité très marquée sur mer. On
pourroit alors y choisir ses points d'attaque , y surprendre l'ennemi ; faire
de l'une de ses forteresses maritimes
notre place de dépôt, et, par une politique aussi simple qu'indépendante de
celle des princes indiens, enlever successivement aux Anglois leurs possessions sur les deux côtes.
Quoique nous n'ayons attaché jus
qu'à présent aucune importance à la
politique de l'Inde pour le succès de
nos armes, nous conviendrons cependant
qu'il n'est pas indifférent, jusqu'à un
certain point, de savoir les principaux
événements qui tiennent à la situation
des différentes puissances : mais rien
ne sera plus facile que d'acquérir cette
connoissance; --- Page 679 ---
DE L'INDE
connoissance : on peut sei servir de
moyens moins coûteux et plus certains
que ceux qu'on-a. déja mis en usage,
et dont on. ne pourroit plus se: servir
maintenant sans. inquiéter les Anglois,
et même sans leur donner de justes
sujets de plainte.
E3 Il faudroit commencer par choisir
pour directeurs d'établissements, pour
chefs de loges ou agents, des hommes
surs etintelligents, capables de prendre,
chacundans sa place; une connoissance
exacte des événements intéressants du
pays avec lequél ils seroient en relation;
et on leur faciliteroit les moyens d'entretenir des correspondances : ils rendroierit compte au commandant de
Pondichery, et celni-ciau commandant
général.
tnsa
Les sipahis répandus dans les différents établissements de l'Inde n'auroient réellement d'autre objet sérieux
que d'assurer la perception des'revenus
domaniaux, d'empécher les insultes des
calers ou brigands.armés dupays; ; car
I
ient en relation;
et on leur faciliteroit les moyens d'entretenir des correspondances : ils rendroierit compte au commandant de
Pondichery, et celni-ciau commandant
général.
tnsa
Les sipahis répandus dans les différents établissements de l'Inde n'auroient réellement d'autre objet sérieux
que d'assurer la perception des'revenus
domaniaux, d'empécher les insultes des
calers ou brigands.armés dupays; ; car
I --- Page 680 ---
a30
D E LINDE
n'estil pas démontré que, dès le com
méncement de la guerre, il n'y aura
plus de commerce pour les François
dans l'Inde, et qu'ils' n'y auront plus
de revenus territoriauxfCestumi malheur
attaché à notre position actuelle, etqui,
quelque parti que l'on prenne, est inévitable.Iln'y aura probablement, dans
de systême que nous proposons, d'autre
inconvénient que la prise certaine de
Pondichery. Mais quel sera donc ce
sacrifice dont on ne manquera pas
d'exagérer l'importance? c'est ce qu'il
convient encore d'examiner.
Les établissements de Chandernagor,
de Karical et der Mahé, ainsi queleurs
garnisons, seront enlevés indubitablement dès lesi premieres hostilités :
mais iln'y a point de plan raisonnable
qui puisse empêcher cet événement.
6 La.conservation dePondichery, quand
on le'supposeroit parfaitement fortifié,
seroit plus qu'incertaine, ainsi quenous
l'avons déja prouvé; ; et s'il n'étoit pas
dans l'état de-défense auquel ses Pare --- Page 681 ---
D:E L'INi D E.
z3r
tisans ontyoula le porter, on perdroit,
outre: la dépense des fortifications, environ. 3poo, Européens., beaucoup de
munitions. de guerre,etc. Dans:le plan
que nous proposons, on ne perdroit
rien. Quant à la sûreté des. citoyens,
elle ne sera pas plus exposée que celle
des habitants: de Karical et de Chandernagor.
Mais, pour. abandonner ainsi l'Inde
à elle-même, il faut avoir un lieu d'ou
des forces concentrées, venanti à se
développer tout d'un coup, puissent
porter au même moment la terreur chez
nos.ennemis. Cel lieu, la naturela donrié
à la France, comme- pour lui assurer
une supériorité qu'elle semble avoir:
dédaignée Qu méconnue jusqu'à ce,
moment. Ce lieu, c'est T'Isle-de-France;
c'est à elle; qu'il faut accorder la prépondérance ; parceque les, situations.
respectives la lui donnent; parceque,
deux fois, T'Isle-de-France a sauvé:
Pondichery;e etquec'està une expédition,
partie de cette isle qu'on. a du la cop12
à la France, comme- pour lui assurer
une supériorité qu'elle semble avoir:
dédaignée Qu méconnue jusqu'à ce,
moment. Ce lieu, c'est T'Isle-de-France;
c'est à elle; qu'il faut accorder la prépondérance ; parceque les, situations.
respectives la lui donnent; parceque,
deux fois, T'Isle-de-France a sauvé:
Pondichery;e etquec'està une expédition,
partie de cette isle qu'on. a du la cop12 --- Page 682 ---
DE L'INDE.
quête de Madras., par M. dela Boar
donnaye - : parceque, deux fois, les
Anglois ont. voulu attaquer FIsle-deFrance 5 et qu'ils ont renoncé à cette
entreprise, par la seule difficulté du
débarquement, sans que Pondichery
ait pu s'opposer à leur projet : parcel
qu'enfin les Anglois ont pris deux fois:
Pondichery, dont Plole-de-France eût
pu conserver ou du moins, prolonger
la possession,
Mais objecteront peut-être les partisans de Pondichery ) nous. n'avions
aucuneplace de dépôt dansPInde, nous,
n'y avions pas un pouce : de terrain;
Pondichery n'étoit plus à nous.lorsque
le vicomte de Souilhac ordonna Texpedition de M. Duchemin, àlasollicitations
d'Ayder et des grands Marattes.: et cependant à quoi a-t-elle abouti ainsi que
celle de M. de Bussy?
On ne nous accusera pas d'affoiblir
Kobjection, et nous sommestsisdloignés:
d'en concevoir l'idée, puisqu'elle vient
à Tappui de notre opinion. Comment, --- Page 683 ---
DE LINDE
sans lIsle-de-France, M. de Suffrent
auroit-il pu se rendre dans l'Inde, après
le combat du Cap-Vert? comment, sans
les détachements qu'ila a toujours eus sur
ses vaisseaux, et qui sortoient de cette
islei, auroit-il pu remporter quelques
avantages sur l'escadre ennemie, puisqu'avec ce secours , ces mêmes avantages n'ont jamais pu lui assurer une
supériorité décidée? Pourra-t-on croire
raisonnablement que, sans les troupes
sorties de Psle-de-France, Trinque.
maley auroit jamais été pris? Les apologistes del'Indeoseroient-ils soutenir que
tous ces moyens auroient pu se trouver
aPondichery, qui n'a ni ports, ni chantiers, et dont le sort est d'être enlevé
à chaque guerre Et ce seroit là qu'on
voudroit établir le chef-lieu de la résis
dence du commandant général, au-delà
da cap de Bonne-Espérancel
me Tant d'efforts impuissants pour combattre l'importance de l'Isle-de-France
la prouvent encoremieux. G'est elle qui
doit être le dépôt de nos forces, parce13
aPondichery, qui n'a ni ports, ni chantiers, et dont le sort est d'être enlevé
à chaque guerre Et ce seroit là qu'on
voudroit établir le chef-lieu de la résis
dence du commandant général, au-delà
da cap de Bonne-Espérancel
me Tant d'efforts impuissants pour combattre l'importance de l'Isle-de-France
la prouvent encoremieux. G'est elle qui
doit être le dépôt de nos forces, parce13 --- Page 684 ---
DE r'INI DE
tquec'est elle qui nous permet de justes
espérances: c'est delà, nous le répétons,
qu'on doit partir pour porter des coups
dans l'Inde : c'est à ce centre commun
que tout ce qui s'opérera dans cette
partie doit être rapporté. Enfin, tout
ce que nous pensons à cet égard rentre
dans l'ordre naturel, qui veut que celui
qui peut secourir ait la préférence sur
celuiqnia continuellement besoin d'être
secouru.
Mais nos succès, dans cette partie du
monde, dépendent immédiatement de
las supériorité que nous y aurons sur mer,
Cette véritén'est contestée par personne.
Il est donc de la plus grandeimportance
quenous nousl'assurions dès la premiere
campagne. C'estalors seulement que Ton
pourra dégarnirlIsle-de-France, joindre
une partie des troupes de sa garnison
à celles quel'on y aura fait passer d'Europe, et envoyer une forte expédition
dans l'Inde. Elle devra se porter immé
diatement sur une place maritime qui
puisse lui servir de dépôt, assurer sa --- Page 685 ---
DE L'INDE
subsistance, et lui fournir les moyens
d'ouvrir la campagne. Les apologistes de
Pondichery objectent la difficulté d'un
débarquement, si l'on ne peut le protéger par terre , si l'on manque de
bateaux du pays pour aborderlerivage,
et de boeufs de trait pour l'artillerie.
Mais quel est l'homme quine sentira
pas qu'en partant de Pondichery pour
aller assiéger Madras, 2 Négapatnam,
Mazulipatnam, Bombay et Calcuta, l'ort
éprouvera les mêmes obstacles ? En se
munissant à l'avance de chelingues, en
les embarquant sur les vaisseaux, en
exerçant les matelots à les manceuvrer,
on débarquera par-tout où l'on voudra;
'et il n'est pas présumable que l'on aille
faire une descente précisément sous le
canon de l'ennemi. L'escadre ne doitelle pas d'ailleurs protéger le débarquement t? Et quant au transport del'artillerie, sera-ce avec 12000 hommes de
troupes et avecl'argent nécessaire pour
les dépenses d'une pareille expédition
que l'on manquera I de moyens acces-
uvrer,
on débarquera par-tout où l'on voudra;
'et il n'est pas présumable que l'on aille
faire une descente précisément sous le
canon de l'ennemi. L'escadre ne doitelle pas d'ailleurs protéger le débarquement t? Et quant au transport del'artillerie, sera-ce avec 12000 hommes de
troupes et avecl'argent nécessaire pour
les dépenses d'une pareille expédition
que l'on manquera I de moyens acces- --- Page 686 ---
DESINDE
soires ? Les. bras ne suffiroient-ils pas
le transport des pieces de cam
pour
faciliter celui des pieces
pagne et pour
obet munitions du siege 2 De pareilles
ceux qui
jections ne peuvent frapper
connoissent la presqu'lsle.
dit-on encore ,1 la maniere de
5 Mais,
dans lInde est si difféfaire la guerre
rente de celle d'Europe, qu'une grande
expédition n'y réussira qu'autant qu'elle
un militaire qui
sera commandée par
y ait déja fait plusieurs campagnes, ou
taumoins résidé pendant la paix,
quiyaita
locales
et qui ait pris les connoissances
et de détail dont al ne peut se passer.
On pourroit sedispenser de répondre
Personne n'ignore
à cette objection.
queiles grands principes de la guerre
sontles mêmes par-tout; que c'est faute
de les avoir connus: et pratiqués que
d'aussi terribles
M. de Bussy a éprouvé
revers. Le général qui sera bien pénétré
essentiels, et qui les
de ces principes
aura un très
aura suivis E en Europe, 7
fait
grand avantage sur celui quin'aura --- Page 687 ---
DE r'INDE
la guerre que dans l'Inde : il saura, surle-champ, et avec les officiers de mérite
qu'il consultera, quelles sont les modi
fications : qu'il convient d'y admettre.
Ces officiers sont connus par le suffrage
public. Il saura que, dans l'Inde,lonno
peut trop combattre la cnpidité; qu'il
faut veiller avec attention au régime du
soldat ; l'habituer insensiblement aux
exercices et à la fatigue; ; qu'il faut prévenir, par.beancoup de sévérité, l'ina
trigue et la cabale parmi les officiers S*
ceux sur-tout que le manque d'état fixe
et de talents militaires conduit à l'ambition de serendrenéoesnires, etquipor
tentletrouble et la division danslescorps.
Ce mal a été plus commun dans l'Inde
que par-tout ailleurs : on a eu lindulgence de l'attribuer à l'influence du climat, tandis qu'il ne venoit réellement
que du relâchement de la discipline.
Voilà donc Pondichery réduit au senl
rôle qui puisse lui convenir, considéré
sous le point de vue militaire: il ne
peut balancer les avantages de nos en-
nires, etquipor
tentletrouble et la division danslescorps.
Ce mal a été plus commun dans l'Inde
que par-tout ailleurs : on a eu lindulgence de l'attribuer à l'influence du climat, tandis qu'il ne venoit réellement
que du relâchement de la discipline.
Voilà donc Pondichery réduit au senl
rôle qui puisse lui convenir, considéré
sous le point de vue militaire: il ne
peut balancer les avantages de nos en- --- Page 688 ---
DE L' L N D
nemis; etisa conquête compromet notre
gloire dès qu'elle n'est pas promptement
vengée. Considéré sous, le point del vuo
politique, nousi avons prouvé qu'il ne
pouvoit rien régler, et que, perdu dans
l'immensité, de la' presqu'Isle, il est absurde.de_croire. - qu'il peut nous servir
à la conquérir: Répétons-le milles et
mille fois ; ce ne sera point par: les relations d'unepolitiqueiddaleouignorée,
que nous obtiendrons des succès dans
l'Inde, mais par la force plus réelle des
armes.
RÉSU M E.
Lrs événements. de notre propre histoire,nos fautes. ,nos revers, une longue
et fatale expérience nous prouvent donc:
1. Que FIsle-de-France a unemntilité
politique que constatent les faits principaux des trois guerres consécutives,
et que l'heureuse position de cette isle
la destine à jouer le premier rôle dans
les affaires de l'Inde:
20. Que IIsle-de-France doit fixer les
regards du ministere ; sans TIsle-deFrance, le nom françois disparoitra de --- Page 689 ---
D'E L'INDE.
PInde; avec l'Isle-de-France, nous menaçons perpétuellement la puissance
angloise, et nous préparons à loisir les
coups qui peuvent l'anéantir :
3°.Qu'il faut se résoudre à conserver
cette isle préciense, 9 ou s'attendre à la
perdre, parcequ'elle sera, à laprochaine
guerre, un des plus importants objets
de la prévoyance. de nos ennemis:
4°. Que la politique de l'Inde n'est
pas fixe comme celle qui maintient la
balancedel'Earope;qu'ellevarie suivant
les événements, dont elle est toujours
l'effet et jamais la cause. La seule politique constante chez les princes indiens, c'estla haine pour tous les étrangers; c'est le projet de n'obéir ni àl'Angleterre ni à la France, et d'écraser
l'une par l'autre ces deux puissances.
Gardons-nous donc bien de les épouvanter par la fureur des grandes possessions territoriales. Quel intérêt peuvent-ils prendre à nos efforts, si nous
ne voulons expulser les Anglois que
pour nous mettre à leur place ? Le vrai --- Page 690 ---
.DE L'INDE
conquérant de cette riche partie di
mondesera celui qui, après avoir enlevé
àses.rivaux les domaines quiils ont envahis, lesrendra aux princes quidoivent
les posséder, et qui n'attachera d'autre
condition à la restitution de ces territoires., que la stipulation du commerce
ensa -
faveur, saufhyadmetre,: avec des
restrictions modérées, les autres puis:
sances de T'Europe: Soyons cel conquérant : donnons cet éxemple à l'univers;
il sera. aussi glorieux qu'atile, il est
digne des François. 00 etnonanbvh 281
.9arreo sl elocont de Tollo'l
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aros F a ION. alies'o atroib
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il sera. aussi glorieux qu'atile, il est
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