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. M É M O Ï R E / SUR LES MOYENS DE PERFECTIONNER LES MOULINS ET LA MOUTURE ÉCONOMIQUE, PAR CÉSAR BUCQUET, Auteur du Manuel du Meunier, & du Charpentier
de Moulins , & du Traité pratique de la
Conservation des Grains & Farines. Multa paucis. Ce Mémoire a obtenu l'Accessit de l'Académie
Royale des Sciences, & a été imprimé sous
son Privilège. A PARI SI)- Et a rimpiimerie POLYTYPE, rue Favart. 1786. Avec Approbation, & sous le Privilège de F Académie --- Page 2 --- --- Page 3 ---
A 2, A V 1 S • ;. DE L' Ë D 1 TE U R, OU Notice Historique sur l'Auteur du présent
Mémoire. Vô i c t le dernier Ouvrage d'un Citoyen presqu'inconnu, & qui cependant
a mérité réellement l'estime & la reconnoissance .de ses compatriotes ; je vais
le leur prouver afin qu'ils s'acquittent
'de ce devoir envers lui. - On ne retiroit, il y à un siècle - que
144 livres de Farine d'un set'iet de bled, &
il en falloir quatre setier s par ai1 pour la
nourriture d'unfeul homme; la mouture s'est
amélioré depuis, car félon M. de Vauban ,
trois setiers de bled, produisant 1 i 0 livres
de pain , suffisoient pour la nourriture
du soldat. Là mouture économique , établie par
le rieur Bucquet dans plusieurs Provinces du Royaume, par ordre du Gou- --- Page 4 ---
[43 vernement y réduit cette consommation
a deux setiers de bled qui produisent
380 livres de farine & 530 livres de pain. Cette augmentation de farine provient
de la mouture des gruaux qu'on laissoit
auparavant dans le son , parce que, les
vices de construdion des moulins ne permettoient pas de les remoudre , ce que
le lieur Buquet a rendu facile en perfectionnant les moulins & la mouture. La
perte de ces gruaux étoit d'autant plus
considérable, qu'ils contiennent le germe
du bled 1 la farine la plus savoureuse ,
la plus fubftanGielle, & que l'on emploie
maintenant à faire les pâtes & patisseries
les plus délicates. Il résulte de cette perfection des moulins & .de la mouture , un tiers de bénéfice & d'économie sur la consommation
des grains en France , puisqu'il n'en faut
plus que deux setierspar an au lieu de
trois pour la nourriture d'un homme, & que
ces deux setiers produisent plus de farine
& de pain. Ce bénéfice d'un tiers, tant en qualité --- Page 5 ---
[ 5 1 A 1 qu'en quantité sur la consommation des
grains, est pour la France un objet considé rable, & qui deviendroit immense si
notre Agriculture étoit ce qu'elle pourroit & ce qu'elle devroit être.
en France , puisqu'il n'en faut
plus que deux setierspar an au lieu de
trois pour la nourriture d'un homme, & que
ces deux setiers produisent plus de farine
& de pain. Ce bénéfice d'un tiers, tant en qualité --- Page 5 ---
[ 5 1 A 1 qu'en quantité sur la consommation des
grains, est pour la France un objet considé rable, & qui deviendroit immense si
notre Agriculture étoit ce qu'elle pourroit & ce qu'elle devroit être. L'année commune de la récolte dèsgrains en France efl- de 4) millions desetiers. Si la culture étoit dans tout le'
Royaume ce qu'elle est en Flandre, dans
l'Isle de France & dans le pays de Caux t
l'année commune feroit de 80 millions
de setiers au moins , & feroit de plus
de 160 millions de setiers si les landes >
bruyères & marais, qui couvrent encore
un tiers au moins du Royaume, étoient
en bonne culture.. Dans ce cas la population doublerait , la France pourrait
contenir 32 millions d'habitans qui consommeroient soixante' - quatre millions
de setiers de bled , & nous aurions
au moins 96 millions a vendre chaque
année , qui, à 12 liv. le setier en toutes
espèces de grains, produiroient un milliard
152 millions , dont moitié résulteroit de'
la persection des moulins & de la mouture. --- Page 6 ---
m Tel est Pétat où nous devrions être r &
voici l'état où nous sommes. On ne compte en France que i 6
millions d'habitans qui, du rems de M. de
Vauban , consommoient 48 millions de
setiers de bled , & qui n'en consomment
ou n'en doivent plus consommer que 32,
millions en se nourissant mieux. C'est
donc sur notre consommation une économie annuelle de 16 millions de setiers
qui ,, évalués l'un dans l'autre à 12 liv.,
le fetiçr , * valent 19.2 millions qui sè- perdoient chaque année, & que l'on gagne
p.ar les moulins & la mouture écono^
mique. Or . depuis vingt - cinq ans au
moins que cette mouture est établie, le
sieur Buquet a donc enrichi la France dequatre milliards 800 millions. Quel est le François qui ait enrichi
sa Patrie aussi, prodigieusement pour le
présent , & plus encore pour l'avenir *
Et quel çst celui qui , pour faire autant
de bien, auroit eu, comme M. Buquet,
le courage de sacrifier Je tems le plus
précieux de sa vie 7 sa fortune, sa tran- --- Page 7 ---
t 7 1 A 4 quillité & sa santé ? Il est très-vrai qu'en
parcourant les Provinces du Royaume r
par ordre du Gouvernement r pour y
réformer les moulins 8c la mouture , le
sieur Buquet n'a éprouvé que des contraditions 1 des persécutions , qu'il a
même plusieurs ibis risqué sa vier parce
qu'on. le regardait comme l'instrument
d'un affreux monopole, & cela tandisque par-tout des procès-verbaux authentiques,
constatoient les succès de ses ©périrons ;
( i ) enfin il est également vrar^qvte ce
bon citoyen n'a reçu aucune récompense *
& qu'on n'a cessé de le persécut^ <|«e k
depuis que sa vieilleiïe , les infirmités & son malaise ont désarmé ses ennemis. Dans cet état de détresse , le sieur
Buquet n'a pas cessé de se rendre utile
le Mémoire suivant n'est qu'une nouvelle
édition corrigée, augmentée, différemment rédigée, de son Manuel du Meûnier 8c du Charpentier de Moulins ,
en n'a reçu aucune récompense *
& qu'on n'a cessé de le persécut^ <|«e k
depuis que sa vieilleiïe , les infirmités & son malaise ont désarmé ses ennemis. Dans cet état de détresse , le sieur
Buquet n'a pas cessé de se rendre utile
le Mémoire suivant n'est qu'une nouvelle
édition corrigée, augmentée, différemment rédigée, de son Manuel du Meûnier 8c du Charpentier de Moulins , ( i ) V oyez le Mémoire in-4°., imprimé à Dijon, en
4766, & qui se vend chez le sieur Buquet. --- Page 8 ---
[ 8 ] imprimé par ordre du G ou verne m ent
en 1775 d'après l'approbation de l'Académi.e Royale des, Sciences. Il est aussi
l'Auteur du Traité pratique de la Conservation des grains & farines, & d'Obseryations sur la Boulangerie , qu'il a publié
en 1783., en deux volumes in-8% avec
figures (2 ce qu' a fait le sieur Buquet 5
tels font ses titres 'à l estime & à la reconnoissance de. ses compatriotes. v II nous reste un devoir à remplir ^
c'est celui de faire connoître le respedable
auteur de tout le bien qu'a - fait le sieur
Buquet > & dont il l'eut certainement fait
récompenser s'il étoit resté en place. Nous
ipe nommerons point ce Ministre parce
que nous n 'en avons pas la permission ;
mais nous dirons que c'est sous son Ministere qu'on a vu s'établir les Sociétés
Royales d'Agriculture, les Chaires d'Economie Rurale , les Ecoles Royales ( 2) On trouve également chez lui ces différens Ouvrages %
ainsi que celui-ci. * --- Page 9 ---
f .'I Iz.. Vétérinaires, les Ecoles' Royales des
Mines , & cette précieuse liberté du
commerce des grains, pour laquelle il lui
a fallu combattre tant d'esprit de corps,
tarit de préjugés, tant de cabalès , &
vaincre tant de résistances., C est ce Ministre qui , par tous ces
etablissemens & par tous ses soins pour
l'Agriculture, a conquis à lui seul, pour
le Roi, une grande partie de son Royaume,
par les défrichemens immenses qu'il a
occasionné. C'est aussi à ce Ministre d'Etat
que les Lettres sont redevables des richesses
étonnantes & uniques que nous a laissé
le célèbre feu Court de Gebelin , le
Génie le plus vaste que la France ait produit, & reconnu pour tel par toutes les
Académies , par tous les vrais Savans,
ce que nous sommes en état de prouver
par sa Correspondance. C'est ce Ministre
qui a intéressé les sa vans Voyageurs à
recueillir , dans toutes les parties du
Monde , les manuscrits , les livres &
les monumens dont Gebelin seul pouvoit
nous faire connoître le mérite ; enfin , --- Page 10 ---
1 [ 10 ] - ciest encore & ce Ministre qu'on sera
redevable de la continuation du Monde
primitif, par les soins qu'il vient de prendre
pour acquérir & conserver les livres 7 les
manuscrits & tous les matériaux nécefsaires pour achever cet excellent Ouvrage. --- Page 11 ---
[ » ] ÉxràIT du fecond Programme publié par l'Académie
des Sciences en 178/ , pour le Concours par Elle proposè
sur les moyens de perfectionner les Moulins 6* la Mouture
économique.
sera
redevable de la continuation du Monde
primitif, par les soins qu'il vient de prendre
pour acquérir & conserver les livres 7 les
manuscrits & tous les matériaux nécefsaires pour achever cet excellent Ouvrage. --- Page 11 ---
[ » ] ÉxràIT du fecond Programme publié par l'Académie
des Sciences en 178/ , pour le Concours par Elle proposè
sur les moyens de perfectionner les Moulins 6* la Mouture
économique. LA seconde pièce, qui a fixé l'attention de l'Académie ;
porte pour devise ces mots ; multa Paucis. L'Auteur de
ce Mémoire a présenté , d une manière très-exaâe , tout ce
qui concerne la Mouture des grains, & particulièrement
les procédés qui sont propres à la Mouture économique ;
il est entré dans tous les détails rélatifs à la construétion
des moulins, Fde ceux en particulier qui sont dessinés pour
la dernière de ces moutures , & , prenant pour règle sa
propre devise, il s est appliqué à réunir beaucoup de choses
dans un Mémoire peu étendu ; ces connoissances, rassemblées avec autant d'ordre que de clarté, sont proprement
çn précis des meilleurs Ouvrages qui ont été publiés fuy
cette entière ? --- Page 12 ---
[ 12 ] EXTRAIT des Régîstres de l'Académie Royale des Sciences; Du s Septembre s 1786. LES Commissaires nommés par l'Académie pour lui
rendre compte du Mémoire sur les moyens de perfectionner
les Moulins & la mouture économique , qui a concouru
pour le prix sur ce sujet, sous: l'épigraphe, Multa paucis y
& qui a obtenu l'Accessit, en ayant repdu compte à l'Académie, elle a jugé que cet Ouvrage étoit digne d'être imprimé
faus son privilége. Au Louvre ^ ce 5. Septembre, 1786. 'Je certifie le présent Extrait conforme au Jugement de l'Académie. A Paris j ce 5 Septembre 1786. 1 Le Marquis DE CONDORCET, Secrétaire Perpétuel. J --- Page 13 ---
M É M 0 1 R £ SUR LES MOYENS DE PERFECTIONNER LES MOULINS ET LA MOUTURE ÉCONOMIQUE. - $ IObservations préliminaires. XJE premier des Arts est celui qui est la source
& l'aliment de tous les autres , qui fait naître
soutes les matières premières & particulièrement
les grains.
Par sa nécessité pour nos premiers besoins ,
l'art de la construction des moulins & de la mouJuré est le second. Ces deux arts, les plus utiles, sont cependant
les plus négligés , les moins perfectionnés, parce
•qu'en général les hommes ne connoissent point
leurs véritables intérêts. parce que la Capitale est
habitée par la plus grande partie des propriétaires,
des Capitali11es qui préfèrent le monopole &
l agiotage de l'argent & des papiers à des spé-
.culations sur l'Agriculture & sur les arts &
métiers utiles , a moins qu'ils n'obtiennent des --- Page 14 ---
: [14] privilèges exclusifs \ parce qu'enfin l'Agriculture, le
commerce & l'industrie sont gênés par des impôts
indireas, des réglemens , dés prohibitions & des
privilèges exclusifs. L'art du Meunier a- tout au plus vingt années
de date > je veux dire que ce n'est que depuis
environ vingt ans qu'on a répandu des lumières
utiles sur l'att de construire les Moulins à bled *
de dresser & rhabiller les meules , d'étuver , nétoyer & conserver les grains, & d'en tirer > par
la mouture & la bluterie * le meilleur produit
possible.
glemens , dés prohibitions & des
privilèges exclusifs. L'art du Meunier a- tout au plus vingt années
de date > je veux dire que ce n'est que depuis
environ vingt ans qu'on a répandu des lumières
utiles sur l'att de construire les Moulins à bled *
de dresser & rhabiller les meules , d'étuver , nétoyer & conserver les grains, & d'en tirer > par
la mouture & la bluterie * le meilleur produit
possible. On commence à convenir qu'un Meunier doit
connoître
: 1° Les qualités des différentes especes de grains
qu'on est dans Mage de réduire en farine. 2°. La manière de les nétoyer & de les
étuver avant de- les moudre. 3°. La constru&ion de toutes les pieces d'urt
Moulin , leurs rapports entre elles > leur méchanisme ^ leurs effets dans les différentes especeS
de moutures ^ pour pouvoir faire ou faire faire
a-propos & convenablement les constructions &
réparations nécessaires. 4q. Le bon choix des meules 5 la manière de
les sécher & dresser. - 50. L'espèce de rhabillage des meules qui
convient pour la différente mouture de chaque --- Page 15 ---
[ 15 Il espèce de grain séparément, & pour celle desbleds mêlangés , des bleds humides , des bleds
secs, &c. 6Q. Les différentes espéces de mouture. 79. Les différens bluteaux à employer selon,
les différentes moutures , & les différens produits
-qu'on en veut tirer. o 8°. Les mêlanges de farines les plus avantageux
pour le peuple. 90. L'art de conserver les farines. Tous ces articles ont été traités & détaillés
dans quelques Ouvrages qui ne sont pas sans mérite ; j 'en extrairai ce qui me conviendra pour
composer l'ouvrage demandé par l'Académie ; j'y
ajouterai les fruits de mon expérience & de mes
réflexions , je tacherai d'éviter les phrases inutiles,
d'être exaâ , méthodique & clair , & de dire
enfin beaucoup de choses en peu de mots ; multa
jpaucis, c'est ma devise. Le vœu de l'Académie étant sans doute derépandre l'instruction dans tine classe d'hommes
communément peu lettrés , & sur un art en'
général peu connu, je m'attacherai à me fair*
comprendre aux Constru&eurs de moulins & aux
Meuniers , en ne parlant que la langue de leur
art, & en n'employant que les termes & expressions
qu7ils connoissent. Pour éviter , autant qu'il m'est possible, le re- --- Page 16 ---
t'iSl .proche d'avoir outre-passé les bornes du Programme
de l'Académie par mes détails , j'affirme la proposition suivante. (c En vain on perfectionneroit les Moulins , si
« on ne perfedionnoit pas en même tems l'art de
» monter , de dresser , de rhabiller les meules ,
» les différentes espèces de moutures qu'exigent
)J les différentes qualités de grains , & l'art de la
» bluterie , toutes connoissances qui sont peu com-
» munes , & qui font inséparables de l'art du
» Meunier & du Programme de l'Académie >
» selon moi. »
vain on perfectionneroit les Moulins , si
« on ne perfedionnoit pas en même tems l'art de
» monter , de dresser , de rhabiller les meules ,
» les différentes espèces de moutures qu'exigent
)J les différentes qualités de grains , & l'art de la
» bluterie , toutes connoissances qui sont peu com-
» munes , & qui font inséparables de l'art du
» Meunier & du Programme de l'Académie >
» selon moi. » § 1 I. \Des Moulins à eau de pied ferme. Les Moulins à eau se distinguent en Moulins
de pied ferme & Moulins sur bateau. Je ne
parlerai de ces derniers qu'a l'article des changemens à faire aux Moulins ordinaires. - Les Moulins de pied ferme sont ainu nommés
parce qu'ils sont bâtis solidement sur le bord
des rivières *, il y en a de quatre sortes, savoir : * 1°. Les Moulins en dessous dont la roue a
aubes tourne dans une reillère , coursier ou
-
courant d'eau qui la prènd par dessous. 2°. Les Moulins en dessus dont la roue à pots
ou auguets, reçoit ' l'eau en dessus par un conduit
ou --- Page 17 ---
[ 17 1 .. B ou canal, lorsqu'elle a assez de chute & pas assez
de volume pour faire tourner en dessous. 30. Les Moulins pendans placés fous les ponts
des rivières navigables , & dont la roue à aubes
Relève ou s'abaisse suivant la hauteur de l'eau. 4°. Les Moulins à cuvette; comme ils ne font
Connus que dans nos Provinces méridionnales où
l'on en fait usage ^ je vais en donner une idée. ( L'arbre tournant de ce moulin est vertical ^
son bout supérieur est armé d'un fer d'environ
•deux pouces en quarré qui porte la meule courante
horizontalement ; vers le' bas il porte une roue
horisontale d'environ trois pieds dé diamètre.
L'extrémité inférieure de cet arbre se termine par
en pivot de fer tournant sur une crap^udine d'acier
lixée sur un palier au bas de la cuvette. La roue
de ces moulins est à aubes inclinées ; elle est enfermée dans une cuvette ou tonneau en maçonnerie
sans fond , auquel aboutit un courber aussi en
maçonnerie , d'environ un pied de diamètre plus
ou moins , selon la force de l'eau, qui entre avec
précipitation & obliquement par ce coursier clans
la cuvette où , ne trouvant pas pour sortir d'ouverture aussi grande que celle par laquelle elle
est entrée , elle se gonfle & forme dans cette
cuvette un tourbillon qui sorce la "roue de tourner
avec elle *, en même tems elle s'échappe par lés
intervalles que -les aubes ontJ entre elles, elle sort --- Page 18 ---
1 19 1 par le fond de la cuvette , & s'écoule Par le
côté d'aval où son a ménagé une pente. Ces moulins ont des défauts dont je parlerai
en faisant 'la description du gros de fer & de
Manille , & à l'article qui traite des défauts des
moulins ordinaires, a cuvette, &c. Pour me renfermer dans le Programme de l'Académie , je n-e décrirai que les Moulins en dessous
en dessus dont la construétion est la même ,
avec la seule différence ci-devant énoncée ; ils sont
de tous les Moulins ceux qui sont le meilleur service & le plus continuel.
auts dont je parlerai
en faisant 'la description du gros de fer & de
Manille , & à l'article qui traite des défauts des
moulins ordinaires, a cuvette, &c. Pour me renfermer dans le Programme de l'Académie , je n-e décrirai que les Moulins en dessous
en dessus dont la construétion est la même ,
avec la seule différence ci-devant énoncée ; ils sont
de tous les Moulins ceux qui sont le meilleur service & le plus continuel. Les Moulins de pied ferme ont sur tous les
autres un grand avantage , c'est de pouvoir établir
dans leur partie supérieure des magasins dans lesquels on peut à peu de frais manoeuvrer les
grains , les rafraîchir , cribler & nétoyer avant de
les moudre. Je vais d'abord en décrire les diffé.
rentes parties. § 1 II. Description de toutes les Pièces d'un Moulin
économique. Za Rone. Dans un grande partie des Provinces de
France on est dans l'usage d'employer des Roues de
dix a douze pieds de diamètre, & des Rouets qui
n'ont qu'environ quatre pieds de diamètre ; cette
disproportion dans la hauteur de la Roue désavantage le moulin. --- Page 19 ---
I 19 1 B 2 Lorsque le lieu le permet , il faut donner à la1
Roue un plus grand diamètre \ il est plus avantageux pour là force de l'eau & pour -celle du
Moulin dont là Roue est le levier j plus un levier
est long , plas il opère -de force ^ ainii lorsque
l'eau est assez forte , il faut donner à la Roue un
diamètre de dix-s'pt pieds quatre pouces ou environ
jusqu'à extrémité des aubes , fu>r vingt à vingtquatre pouces d'aubage c'est-à-dire de la largeur
.de la reilière ou du coursier , & la Roue doit
savoir Vingt - quatre aubes d'enviro-n deux pieds
-de largeur chacune. Si au contraire ii y a peu d'eau eu que sa
chute ne sbit pas assez forte, -l'aubage & le rond
du glacis ne doit avoir que douze à quinie pouces
de largeur ; le diamètre de la roue ne sera que d'environ treize pieds & demi; on y pourra mettre
trente aubes au lieu de vingt-quatre : il est essentiel
'qu'elles soient d'une bonne longueur , telle que celle
-de dix-huit à vingts-quatre pouces, afin d'éviter
le reflux de l'eau, & que le ceintre de la roue ne
touche point, ou très-peu «, à l'eau : si on mettoit
un plus grand nombre d'aubes , l'eau pajotteroit
4 dans leurs intervalles , ce qui augmenterait la
résistance de la roue & retarderoit le mouvement
du moulin : en général , plus l'eau est forte , &
moins il faut d'aubes. Lorsque la chute d'eau d'un moulin en dessous --- Page 20 ---
' . [ 1o 1 est foible , quoiqu'il y en ait beaucoup, il eff
essentiel de tenir la roue & les aubes fort larges,
c'est-à-dire, d'environ trois à quatre pieds , &
la reillère à proportion ; alors le volume d'eau
Supplée à la chute, & accélère le mouvement de
la roue. Les Aubes. L'aube doit être faite de bois
-d'orme \ c'esi une petite planche attachée aux
coyaux sur le ceintre ou jantes de la roue.
foible , quoiqu'il y en ait beaucoup, il eff
essentiel de tenir la roue & les aubes fort larges,
c'est-à-dire, d'environ trois à quatre pieds , &
la reillère à proportion ; alors le volume d'eau
Supplée à la chute, & accélère le mouvement de
la roue. Les Aubes. L'aube doit être faite de bois
-d'orme \ c'esi une petite planche attachée aux
coyaux sur le ceintre ou jantes de la roue. Les aubes sont les bras du lévrier ; elles sont
aux Moulins à eau ce que les aîles sont aux
Moulins à vent; elles doivent être placées droites
sur la roue , & non inclinées ; leur inclinaison
feroit pajotter Feau, & retarderoit le mouvement
de la roue. Une roue dont le nombre d'aubes est double y
tourne plus vîte que celle dont le nombre d'aubes
est simple ; il faut qu'elles soient disposées de
façon que deux aubes soient dans Peau pendant
que celle d'avant y entre, & que celle d'après en
sort -, en tout quatre aubes agissantes à la fois,
une qui entre dans l'eau, deux qui sont dans l'eau,
'& la quatrième qui en sort. Les Coyaux sont deux petites pièces de bois
'entaillées sur la roue. Les Auges. A régard des Moulins en-dessus , il
faut que l'ouverture des Auges ou pots de la roue
soit proportionnée à la force & à la quantité de --- Page 21 ---
1 2. 1 ] B 3 Peau ; lorsque les pots ne font pas assez ouverts.,
l'eau rejaillit , fort de la roue , & nuit à for*
mouvement qui doit toujours, être leste à l'égard
de leur nombre , il faut suivre Les, mêmes règles.
que pour les aubes.' ^ - L'arbre tournant est l'axe de la roue & du rouet
qui font en dedans du Moulin \ cet arbre est
le centre du mouvement du Moulin , ainsi il doit
être proportionné à sa force & a celle de toutes;
les pièces sur lesquelles il doit agir \ il doit
avoir environ seize à vingt pouces, de gros, en
quarré. Les Tourrillons & les Plumarts. Les tour-r
rillons qui sont les bouts de fer dont les extrémités de l'arbre tournant sont armés , doivent
être dans san plein milieu ; ils doivent être
supportés par des plumarts de fonte ou de cuivre >
qui doivent leur servir de chevet pour les faire
tourner plus gai & avec moins de frottement.
La forme ordinaire de; ces tourrillons est désavantageuse pour les petits- Moulins sur - tout y
' en ce qu'elle occasionne un frottement qu'il est
essentiel de diminuer. Ces tourrillons ont ordinairement six à huit pouces de tour, & portent
sur des plumarts de six à huit pouces de longueur,
Lorsque ces plumarts font de fer ou de cuivre
le frottement est encore considérable *, mais lorfqu'Us sont de bois , comme dans la plupart des
La forme ordinaire de; ces tourrillons est désavantageuse pour les petits- Moulins sur - tout y
' en ce qu'elle occasionne un frottement qu'il est
essentiel de diminuer. Ces tourrillons ont ordinairement six à huit pouces de tour, & portent
sur des plumarts de six à huit pouces de longueur,
Lorsque ces plumarts font de fer ou de cuivre
le frottement est encore considérable *, mais lorfqu'Us sont de bois , comme dans la plupart des --- Page 22 ---
[ 21 ] petits Moulins \ alors le frottement est bien pîus
considérable , & retarde beaucoup le jeu du Moulin.
Pour remédier à ces inconvéniens, il faudroit
que. les tourrillons fussent moins gros , moins.
longs , & qu'ils fussent terminés par une boule
d'acier qui porteroit sur des plumarts de cuivre
incrustés sur le chevresier qui les. tient en équi—
libre ; ces tourrillons n'auroient ainsi pas plus
d'un pouce de frottement, & les. petits M-oulins:
sur-tout y gagneroient beaucoup-
- Le Rouet est une Roue à dents ou aluchons,
adaptée sur l'arbre tournant dans la cave du
Moulin , pour engrener dans les fusèaux de
la lanterne. Ses dents , aluchons' ou chevillesfont? de petites pièces de bois taillées soie quarrément r soit en plan incliné. Le diamètre dit
rouet doit être proportionné a celui de la roue;
ainÍi y en supposant le diamètre de la roue dedix-sept pieds quatre pouces, tel qu'il est indiquéci-devant, celui du-rouet doit être de huit piedst
c'est-à-dire , toujours un peu moins de- la moitié
du diamètre de la roue. Quand on lui d'onne la
moitié juste du diamètre de la roue r cela diminue
la force du levier ou de la roue , & rallentit son,
mouvementSi le Moulin a beaucoup d'éau, le rouget doit
avoir quarante-huit dents à six pouces de pas ou
d'intervalle Fune de l'autre \ il est nécessaire que- --- Page 23 ---
r 23 J [texte_manquant] ces dents ayent une ligne de pente par pouce *
suivant l'épaisseur du rouet c 'est-à-dire que si le
ceintre , la bande , le parement ou le chante au ,
( termes synonymes ) a six.ou huit pouces de large
la, dent aura six a huit lignes de pent.e, afin que
les fuseauæ de la lanterne quittent plus facilement
les dents du Rouet il est plus avantageux de
donner cette pente aux lumières ou trous que l'on,
fait dans, le chanteau, du rouet pour y enfoncer.
les dents, que sur la tête des dents mêmes ; cependant on , donne quelquefois cette pente aux
dents plutôt qu'à leurs, alvéolés., parce que cela
est plus facile. Si le moulin a peu d'eau ^ le Rouet doit avoir
jusqu'à ) 6 & même 60*;chevilles. En général, st
l'eau est forte , le pas du. rouet doit être long &
par conséquent avoir moins de chevilles ; & si
l'eau est foible, son pas doit être plus court , il
doit avoir plus de chevilles. , Les Embrâsures du rouet sont. des. pièces de
bois qui le croisent pour soutenir la circonférence
du rouet ^ elles doivent être fortes à. proportion
de sa grosseur.
jusqu'à ) 6 & même 60*;chevilles. En général, st
l'eau est forte , le pas du. rouet doit être long &
par conséquent avoir moins de chevilles ; & si
l'eau est foible, son pas doit être plus court , il
doit avoir plus de chevilles. , Les Embrâsures du rouet sont. des. pièces de
bois qui le croisent pour soutenir la circonférence
du rouet ^ elles doivent être fortes à. proportion
de sa grosseur. La Lanterne est un- pignon a jour fait en forme
de lanterne , composé de deux tourtes ou pièces
de bois rondes autour desquelles sont les fuseaux
dans lesquels engrènent les dents du rouet. Cette
lanterne est fixée sur le gros fer qui traverse les. --- Page 24 ---
t >4 141 meules dans leur point de centre , & qui sup-i
porte & fait tourner la meule courante. D'après les proportions du rouet ci - devant
indiquées , la lanterne doit avoir dix-huit à
dix-neuf pouces de diamètre y avec huit fuseaux
de même pas absolument que les dents du rouet. Lorsque le Moulin a beaucoup d"eau , & qu'il
va fort , on peut mettre jusqu'à dix & même douze
fuseaux à la lanterne , & toujours de même pas
que les dents du rouet \ le Moulin sera plus doux >
la meule tournera plus rondement , elle s'usera
moins, la mouture se fera mieux , & ce qu'on
perdra en vitesse , on le gagnera par la qualité
de la mouture , & par un plus, long service du
Moulin. Les proportions entre la roue , le rouet , la
lanterne & la meule courante doivent être telles
que 4o ou 48 dents du rouet & huit fuseaux de
la. lanterne opèrent cinq ou six tours de la lanterne
& de la meule contre un tour de la roue. D'après
cette règle, on doit préférer le nombre pair des.
dents du rouet & des fuseaux de la lanterne au
nombre impair. Il y a deux manières de faire la lanterne,
ravoir a fusèaux droits , & à fuseaux inclinés.
Celle a fuseaux inclinés se nomme Lanterne à
sereine. On fait aussi les fuseauæ en bois ou en fer; --- Page 25 ---
r 2- i ceux de fer durent plus long-tems & s'usent moins
que ceux de bois \ mais ceux-ci ont le mouvement
plus doux , & ceux de bois de gayac sur - tout
font préférables parce que le frottement en est
plus doux & plus solide. )
Les dents du rouet & les fuseaux de la lanterne
ayant la même inclinaison , le choc plein qu'ils
se donnent en tournant est aussi vif que des coups
de maillet, & si les fuseaux sont de fer, ce choc
cause au rôuet un ébranlement qui occasionne son
écartement, à moins qu'il ne soit etrésillonné ou
soutenu par derrière avec des pièces de bois
qu'on nomme etrésillons , qui prennent dans le
milieu des deux embrasures , un bout à la roue
& l'autre au rouet. Ce choc , faisant le même
effet sur l'arbre tournant & sur le gros fer , les
fait vaciller , leur fait faire des heurtemens , des
soubresauts , fait bourdonner la meule, & la mou-rture est inégale & grossière, sur-tout lorsque la
roue a beaucoup de vitessè.
ces de bois
qu'on nomme etrésillons , qui prennent dans le
milieu des deux embrasures , un bout à la roue
& l'autre au rouet. Ce choc , faisant le même
effet sur l'arbre tournant & sur le gros fer , les
fait vaciller , leur fait faire des heurtemens , des
soubresauts , fait bourdonner la meule, & la mou-rture est inégale & grossière, sur-tout lorsque la
roue a beaucoup de vitessè. Le dérangement n'est pas si considérable lorsque
la chute & le courant d'eau sont foibles, & que
les fuseaux sont de bois \ mais la lanterne à sereine
est toujours sujette à se déranger de pas, lorsqu'on
descend le fer , ou que l'on cale le chevrefiet,
c'est-à-dire , la pièce de bois qui lui sert de chevet,
& sur laquelle pose l'axe ou le grand arbre du
Moulin \ ainsi il faut préférer les lanternes à fuseaux --- Page 26 ---
£ 2.6 } droits & de bois , qu'on peut étrésillonner lorsqu'ils dardent un peu , c'est-à-dire qu'on étaye
ces fuseaux par de petits étresillons qu'on place horisontalemen't , & qu'on fait entrer de force entre
chaque fuseau. , Le Palier est une pièce de bois d'environ un
pied carré sur neuf pieds de longueur entre ses deux
appuis, & dont les deux bouts , taillés en dos de
.carpe , posent ssir deux pièces de bois qu'on nomme
brayes. Cette forme de dos de carpe est nécessaire
pour alléger la meule plus droite. Le palier servant à porter le gros fer ssir lequel
.la lanterne & la meule courante sont arrêtées , il
est évident que sa force doit être proportionnée
à la pesanteur des meules & à la force du Moulin.
; Les deux Brayes , qui apportent le palier , sont
deuæ pièces de bois chacune de six pouces en quarré,
posées eh travers du béfroi dans. lequel elles entrent
par une rainure à coulisse. Le Béfroi est composé de quatre piliers de pierre
rou de bois debout qui soutiennent la char pente
,du Moulin, ou l'étage des meules. La Trempure est une pièce de bois de cinq a six
pouces de gros & d'environ neuf pieds de long, qui
fait l'effet d'une bascule ou d'un levier ; il sert à
hausser & baisser le palier a volonté. La trempure
traverse sous le plancher des meules , & reçoit dans
l'un de ses bouts un pièce de fer debout, qu'on nomme --- Page 27 ---
1 [ i7 1 ipèe de la trempure, qui passe a travers d'une des
braies. A l'autre bout de la trempure est attachée
une corde qui va s'arrêter à côté de la huche , &
qu'on charge d'un poids par le moyen duquel on
soulève cette trempure. Quand on tire ce poids,
on soulève" la braie qui porte le palier , & Ton
écarte ainsi plus ou moins la meule courante.
fer debout, qu'on nomme --- Page 27 ---
1 [ i7 1 ipèe de la trempure, qui passe a travers d'une des
braies. A l'autre bout de la trempure est attachée
une corde qui va s'arrêter à côté de la huche , &
qu'on charge d'un poids par le moyen duquel on
soulève cette trempure. Quand on tire ce poids,
on soulève" la braie qui porte le palier , & Ton
écarte ainsi plus ou moins la meule courante. On m'a 'proposé , il y a longtems, d'employer
pour l'allégement de -la meule une espèce de criç
sous le palier au droit de la pointe de fer, je n'en
ai point approuvé l'uiage i°. parce que ce cric
est plus couteux que la trempure } 2°. parce que
l'usage de la trempure est plus facile pour le Gardemoulin \ 30. parce que le Garde-moulin doit conduire à la fois & sans sortir de place , les trois
Goiivernaux du Moulin , savoir Y anche , le bail
bled & la trempure ; il doit avoir une main à
l'anche pour tâter la mouture & en juger la qualité; il
doit tenir de l'autre main le bail bled & la corde de
la trempure *, le bail bled pour donner plus ou moins
de bled dans la meule, selon le broyement que l'on •
veut faire , & la trempure pour alléger ou approcher , c'est-à-dire hausser ou baisser la meule, sélon
que la mouture l'exige *, 40. c'est que le Gardeinoulin ne pourroit pas gouverner si facilement
ce cric avec l'anche & le bail bled. Le gros Fer. La meule courante est supportée
par un arbre de fer ou gros fer, dont le bout --- Page 28 ---
1*8] supérieur se nomme Papillon , la partie au-dessous
du papillon se nomme la Fusée , le bout inférieur
de cet arbre se nomme le Pivot, & la partie qui
est entre la fusée & le pivot se nomme le corps
de l'arbre. - Le papillon entre dans Vanille , & porte la
meule courante. Dans un Moulin d'une force ordinaire le corps
de l'arbre de fer doit avoir environ trois pouces
de largeur sur un pouce & demi d'épaisseur, depuis
la fusée jusqu'au commencement du pivot. Le pivot du gros fer porte sur une espèce de
pas de métal qu'on nomme crapaudine ; il est
essentiel que cette crapaudine soit dans le plein
milieu du palier, afin que la pointe du gros fer
soit bien droite &: au niveau du milieu de l'arbre
tournant. La fusée du gros-fer doit être ronde, elle doit
avoir environ six à huit pouces de long sur dix
pouces & demi de circonférence , toujours suivant
la force du Moulin i il faut lui donner environ
deux lignes de plus dans le haut que dans le bas.
Si cette augmentation du haut de la furée étoit¡
plus sensible , elle allégeroit trop la meule , la
feroit bourdonner , & en même tems cela pourvoit faire grener \ cest-à-dire faire passer le grain
entre les boites & la futée, pour venir tomber &
fe- perdre sur la lanterne. Si l'eau est foible, on
demi de circonférence , toujours suivant
la force du Moulin i il faut lui donner environ
deux lignes de plus dans le haut que dans le bas.
Si cette augmentation du haut de la furée étoit¡
plus sensible , elle allégeroit trop la meule , la
feroit bourdonner , & en même tems cela pourvoit faire grener \ cest-à-dire faire passer le grain
entre les boites & la futée, pour venir tomber &
fe- perdre sur la lanterne. Si l'eau est foible, on --- Page 29 ---
[ 29 ] fera la fusée plus petite , le Moulin en tournera
plus lestement. On distingue dans le papillon les plats & les
bouts ; les plats sont les cotés les plus larges , &
les bouts sont les cotés les plus étroits. . Le papillon doit avoir deux pouces de largè
par en bas sur les plats, revenant a deux pouces
moins un quart par le haut , & un pouce & demi
par en bas sur les bouts , venant a un pouce &
un quart vers le haut. De cette manière l'anille
ne porte pas sur les épaulemens ou rebords de la
fusée , & la meule se dresse facilement. Lorsque,
par le frottement , la' fusée s'use plus d'un coté
xjue de l'autre, & qu'il se forme vers le haut deslèvres oumrebords ^ ces rebords portent sur les
boitillons , font échauffer le fer , & gênent pour
approcher la meule } le moyen d'y remédier est
de faire porter le fer à la forge , de faire bien
arrondir la fusée, bien limer & adoucir les inégalités , & de remettre le fer dans le plein milieu
ie la meule gissante. La Boite & les Boitillons servent à contenir
îa fusée dans l'oeillard du gite ; la boite est une
espèce de noyau ou de moyeu rond de bois d'orme,
creusé datis le milieu, où l'on place deux pmneaux
.ou boitillons de bois de cormier , allant de bout
en bout , de 3 à 4 pouces en carré sur 6 à 7
pouces tde longueur pour concenir la fusée. On --- Page 30 ---
-1 [ 3° 1 èll: dans l'usage de' faire une boite ronde ; mail
j'ai observé qu'en la faisant quarrée , dans la
longueur des deux tiers de Pépaisseur de la meule
& le reste rond, la boite duroit dix fois plus, &
n'étoit pas si sujette à deflerer le fer. Les deux
boitillons sont contrebandes par deux autres morceaux de bois posés en sens contraires ou de plat
en plat, qui se nomment saux boitillons \ ils servent
à soutenir les boitillons & le bourage de chanvre
& de graisse , dont on garnit la fusée du grosfer. On peut employer, pour faire la boite > ust
bon vieux moyeu de charette , parce qu'ayant fait
son effet, il n'eit plus si sujet à travailler que
le bois neuf qui, en se gonflant, pourroit faire
fendre la meule. Pour éviter cet effort le la boite , -
il faut encore avoir la précaution de la fréter ,
c est-a-dire de la cercler de fer bien exactement» VAnille est une pièce de fer ayant la forme de
deux C adossés , au milieu de la quelle est un
trou carré-qu'on nomme I'oeil de l'anille, & danslequel entre le bout du papillon. L'anille est incrustée & scellée avec du plâtre ou du
plomb, dans le milieu de la partie intérieure de la
meule courante; sa grandeur & sa forme doivent-être
proportionnées à la grandeur & épaisseur de la
meule , & à la grandeur de l'œillard ou trou de
la meule.
deux C adossés , au milieu de la quelle est un
trou carré-qu'on nomme I'oeil de l'anille, & danslequel entre le bout du papillon. L'anille est incrustée & scellée avec du plâtre ou du
plomb, dans le milieu de la partie intérieure de la
meule courante; sa grandeur & sa forme doivent-être
proportionnées à la grandeur & épaisseur de la
meule , & à la grandeur de l'œillard ou trou de
la meule. On distingue , dans l'anille , le corps & les --- Page 31 ---
[ 31 1 bras \ le corps est la partie du milieu, & qui à
dans Ion juste milieu un trou quarre. La longueut
du corps de l'anille doit être d'environ quinze
' pouces, non compris les bras qui doivent avoir
la même longueur au plus. S'ils étoient plus longs ,
la meule ne se manieroit pas si bien \ ils empê-*
cheroient de dresser la meule , & d'en peser les
'bouts avec facilité. Dresser la meule. , c'est la charger du côté
oppose à celui qui baisse. Peser la meule , c'est
chercher Ion équilibre en appuyant sut les quatre
points pour voir si elle ne père pas plus d'un côté
que de l'autre. L'anille dans toutes ses patties doit avoir environ deux pouces & demi d'épaisseur , sur environ
cinq pouces & demi de large. Les quatre Pipes. Pour dresser les meules convenablement , on se sert de quatre petits coins
de fer , quon nomme pipes. Ils doivent avoir
environ trois lignes d'épaisseur sur deux pouces
de longueur ? être plus minces en bas qu en haut \
on les enfonce à coups de masse entre le papillon
& l'anille , pour relever ou rabaisser la meule du
côté des plats ou des bouts qui l'exigent. La largeur
de ces coins doit être moindre que celle du
papillon , afin de pouvoir les serrer au besoin. Depuis quelques années on a trouvé une manière
plus commode de dresser le fer de la meule sans --- Page 32 ---
- t 32 1 donner aucun coup de masse > & par le moyen
de vis placées , ainsi qu'il suit. La Crapaudine est encadrée dans une boite qu'on
nomme poëlette; cette boite est dans nn chassis de
cuivre ou de fer à travers duquel passent deux vis de
pression de chaque côté sur la longueur i & une
autre à chaque bout sur la largeur , pour faire
couler la poëlette ; ces vis se serrent avec des clefs;
cette machine épargne beaucoup de main d'oeuvre,
diminue le chaumage du Moulin , & ménage la
crapaudine. Par économie , on fait faire la crapaudine a
trois pas , quand elle n'en a qu'un 1 quatre vis
suffisent sur . sa longueur. Il arrive quelquefois
que la pointe du fer siffle , ou fait du bruit en
tournant , & qu'alors la meule s'allège ou se soulève toute seule sans y toucher , en voici la raison î
quand l'acier est dans le feu il se gonfle & s'al-.
longe , de même l'acier de la pointe du gros-fer
s'échauffe & se gonfle en tournant, & occasionne
le soulévement de la meule \ mais cela ne dure
pas longterns, parce que l'acier s'use , & la meule
se rapproche toute feule. En pareil cas , lorsqu'on
voit que le. fer s'échauffe trop , il faut arrêter le
Moulin, vuider le pas, c'est-à-dire , ôter l'huile
qui s'y est encrassée , & le rafraîchir avec de l'eau
froide , cela durcit l'acier du pas & de la pointe y
. en suite on les essuie & l'on y remet de la
nouvelle huile d'Olive. H
rapproche toute feule. En pareil cas , lorsqu'on
voit que le. fer s'échauffe trop , il faut arrêter le
Moulin, vuider le pas, c'est-à-dire , ôter l'huile
qui s'y est encrassée , & le rafraîchir avec de l'eau
froide , cela durcit l'acier du pas & de la pointe y
. en suite on les essuie & l'on y remet de la
nouvelle huile d'Olive. H --- Page 33 ---
[ 33 1 - c Il convient que la pointe du fer foit en pointe
(l'œuf, plus ou moins fine selon la force du Moulin & la pesanteur de la meule , car dans un Moulin foible , si la pointe du fer est grosse ,
elle le désavantage. Pour remédier à l'inconvénient
de réchauffement de cette pointe , de son sifflement & du soulèvement de la meule, on a imaginé
de faire faire le pas ou la crapaudine d'un métal
composé de cuivre, d'étain fin & de régule d'antimoine fendus ensemble ; ces crapàudines durent
beaucoup plus longtems , & , pour les ménager
encore , on a foin, chaque fois qu'on fait recharger
d acier la pointe du gros-fer , de le faire tourner
pendant huit jours sur une crapaudine d'acier pour
le polir , radoucir, afin que son frottement sur le
pas métallique soit ensuiteplus doux. Quoique cette
crapaudine de métal foit meilleure , on se fort
encore généralement de celle d'acier. Les meules. Il y a dans un Moulin deux meules
placées horizontalement l'une snr Fautre ; la meule
inférieure est à demeure , & se nomme la meule
gijfanu ou le gîte. La meule supérieure est mobile & tourne sur l'autre ; on la nomme par cette
raison la meide courante. Il faut beaucoup de connoissances théoriques &
pratiques pour bien choisir les meules. En général , elles sont médiocres lorsqu'elles
font rougeâtres, noirâtres & à grands trous, & --- Page 34 ---
1 34 1 font bonnes lorsqu' elles sont à petits trous
<& bien persillées ; on en trouve de semblables 4
Clerac , Nerac & Bergerac. Il y a aussi dans ces
Provinces une autre espèce de pierre dont on
lait des meules plus tranchantes ^ & qui servenç
à moudre ensemble le seigle , le maïs ou bled dç
Turquie , les pois & les feves dont les pauvret
font leur pain dans ces Provinces. Ces meules
font si tranchantes qu'elles ne donnent que quinze
-à vingt livres de son par quintal de grain. Les meule de la Ferté fous Jouarre , en Brie,
font les meilleures pour la mouture des bleds
Septentrionaux, elles développent mieux le ion alJ
broyement ^ il y a encore d'assez bonnes carrière?
de pierres a faire des meules à Montmirail &
sur les frontières de la Champagne , mais elles
ne font pas si bonnes que celles de la Ferté fou;
Jouare. >
Il y a une autre carrière à meulière a Oulbec
-en Normandie ; la pierre en est trop tendre ,
elle fait la farine molle & lourde , cependant
«tant bien choisies , ces seules feroient un bon
imoulage pour les bleds étuvés & très-secs. J' ai
vu employer les meilleurs meules d'Oulbec en
gite avec .une meule courante de la Ferté fous
Jouare ^ elles faisoient un très-bon moulage.
. >
Il y a une autre carrière à meulière a Oulbec
-en Normandie ; la pierre en est trop tendre ,
elle fait la farine molle & lourde , cependant
«tant bien choisies , ces seules feroient un bon
imoulage pour les bleds étuvés & très-secs. J' ai
vu employer les meilleurs meules d'Oulbec en
gite avec .une meule courante de la Ferté fous
Jouare ^ elles faisoient un très-bon moulage. La meule giflante doit être d'un grain Wancbleu foncé, plein & doux ; elle doit être moini --- Page 35 ---
[texte_manquant] C 2 ardente ou moins tranchante que la ntëuîe courante
Pour en soutenir l'essort. Une meule ardente est une meule Coupante par
inégalités naturelles & par celles qu'on y *
faites en la, piquant* Les meules font plus ardentes
à proportion qire là pierre dont elles font composées est plus dure, & qu'il faut les rebattre )
tiquer , ou rhabiller moins Couvent» C'est la
quantité & petitesse des trous qui rendent une
Meule bien ardente. Ces petits trous > eh ternie
de meunerie, se nomment éveilleures \ ainsi une
meule bien éveillée est une meule bien ardente. One meule à petits trous s éclaté moins & prend
mieux son marteau. Pour les meules ardentes, il faut préférer les
pierres meulières blondes, œil de perdrix, un peu
transparentes, semées de petites parties bleues &
blanches & de petits trous, parce qu'elles sont plus
ferrées & plus approchantes de la nature du
caillou. Comme ks meules d'un grain égal ront trèsrares, & que la plupart se trouvent mêlées de Veines dures & tendres, de grands & petits trous,
on est obligé de retravailler ces meules, qui, après
ce travail, ne sont pas toujours sans défauts. Les
fabricans de meules en composent de plusieurs
morceaux semblables, qu'ils choisissent, appareillent , lient & manquent ensemble avec du plâtre. --- Page 36 ---
[ 36 3 Ces meules, sont excellentes lorsqu'elles ont été
composées avec soin ; mais le plâtre employé pour
les mastiquer, retenant beaucop d'eau, ces meules
font plus long-tems k sécher, & j'en parlerai encore à -l'article du séchement des meules. Lorsque les deux meules font galement ardentes , cela désavantage le moulin ^ il tourne en
approchant au lieu de -tourner en allégeant , ce
qui rougir -la farine & les gruaux par ,les particules de son qui -s'y mêlent.: on consomme le
/ grain en recoupes Les deux meules doivent être absolument -de
même diamètre , autrement la plus .large serait
usée par le frottement de la plus étroite., -ce qui
lui feroit prendre des lèvres , saillies ou rebords
llui empêcheroient la farine de s'échapper d'entre
-elles a sur & mesure du broyement, l'échauffesoient & la rendroient sableuse. Des meules de six pieds .deux ou -trois pouces
41e diamètre, sur douze a quinze pouces d'épaisseur
pour la meule courante & de quinze a dix-huit
pouces pour la meule gilTante, font d'une bonne
proportion pour .un moulin qui doit moudre quinze
à. vingt setiers par jour.; mais au-dessous de quinze
setiers., elles doivent être plus petites & moins
lourdes , ainÍi -que toutes les autres pièces du
moulindont la force doit être proportionnée à
celle de -la chute & du courant d'eau.
ces d'épaisseur
pour la meule courante & de quinze a dix-huit
pouces pour la meule gilTante, font d'une bonne
proportion pour .un moulin qui doit moudre quinze
à. vingt setiers par jour.; mais au-dessous de quinze
setiers., elles doivent être plus petites & moins
lourdes , ainÍi -que toutes les autres pièces du
moulindont la force doit être proportionnée à
celle de -la chute & du courant d'eau. --- Page 37 ---
r 37 T c î ♦ Lorsque Ton a fait choFx de bonnes meules, il
faut les préparer, les faire sécher, les piquer, les
monter , toutes opérations dont je traiterai lorfque j'aurai fait la description des autres, pièces dm
moulin. Les; Arc hures. Lorsque les meules (ont bien
montées, on pose lès: archures autour, d'elles. Les:
archures sont une espèce de coffre" otr de caisseronde qui environnent les meules. Les Couverç aux. Les planches avec lesquelles on
couvre & ferme- cette caisse , se nomment les;
couverçaux ; elles doivent être bien jointes &
bien closes r pour empêcher l'évaporation de la.,
farine. Les Trimions , Porte-trimions & Frayoni
Au-dessus des a'rchures , on place les tremionsou chevrons qui soutiennent la trémie & les
porte-trémions ou fuppors des trémiôns> au- milieu
desquels est le frayon qui doit être dans le milieu
de' l'œillard. Le- frayon est une espèce de pignon
incrusté dans le bas au corps- de Tanille & quL
frotte contre l'auget pour faire tomber le bled. L'Auget est une boîte longue inclinée & placée1
sou's la pointe de la trémie, pour recevoir le bled-
& le conduire dans- l'œiliard \ il, doit être biensuspendu sans toucher au cul de la, trémie, pourqu'il puisse bien se régler à prendre également le
bled ou le gruau quand on le remoud. --- Page 38 ---
r?*î La Trémie est un éntonoîr quarré de bois,
dans lequel ont verse le grain ou le gruau. H
doit être placé bien directement sur l'auget. Fautedé cette précautien, on risque de fairé- aller le,
moulin à deux, airs, c'est-à-d-ire plus on. moins
ce qui fait battre le trayon plug ou moins
fort contre rauget. Cela arrive quand le moulinprend plus ou moins de bled alternativement.
Lorsque le Garde-Moulin entend que le moulin
va à deux airs, il élève ou baisse l'auget par le:
moyen de deux ficelles, dont Tune se nomme les
bail-bled, pour donner plus de bled, si le moulin
va trop vite, o,u pour en diminuer la chûte , si lé
moulin va lentement, afin d'alléger les meules %
mais y dans tous les cas, il aura grand foin que
l'auget ne donne pas (Qn. bled alternativement
par secousse. ; te moulin va aussi k deux aîrs quand, la meule
courante a des lourds: ou des queux par lesquelles.
elle déborde , ou bien quand la roue qui prend
Feau est, inégale &: qu'elle passi plus vite dans,
un tems que dans un autre, ou que le tourillon
pas dans le plein milieu de l'arbre tournant %
0U qu'il est trop lâche, ce qui donne des secoussès,
& fait aller le moulin k deux airs, à quoi on remédie par les moyens que jfi dirai à l'article de ta
monture des meules.
des lourds: ou des queux par lesquelles.
elle déborde , ou bien quand la roue qui prend
Feau est, inégale &: qu'elle passi plus vite dans,
un tems que dans un autre, ou que le tourillon
pas dans le plein milieu de l'arbre tournant %
0U qu'il est trop lâche, ce qui donne des secoussès,
& fait aller le moulin k deux airs, à quoi on remédie par les moyens que jfi dirai à l'article de ta
monture des meules. Il te ensuite placer l'anche convenablement. *■ --- Page 39 ---
[ 39 1 ... Cl 4k L'Âncke est un conduit de bois ou de fer-blanc,
en forme de languette , qui sert a. conduire le bled
moulu dans le bluteau, Il faut que Tanche soit
bien en pente, poür que la farine tombe facilement
dans le bluteau & qu'elle ne remonte point dans
les meules, ce qui les. engraisseroit & échanfferoit:
lé moulin. Une meule s'engraisse otr prend' crappe quand
la farine , suffisamment affinée, pasle plusïeurs fois,
sur la meule gilfante & s'y arrête ce qui fait,
que la farine qui vient après glisse dessus. sans;
recevoir sa façon. Lorsque les meules sont engrais-:
fées, elles donnent la, plus mauvaise mouture ,, legrain n^est qu'applati, te son nrëst point éeuré, la.
fàrine est grasse, elle se- corrompt facilement,
elle fait peu de pain & il est mauvais.. La Huche. A côté & plus bas que les meules effc
une huche de sept a huit pieds de. longueur & de
trois à quatre pieds d.e large, dans laquelle est;
bluteau a trois grands lés. ou à., quatre, petits,
les d'étamîne façonnés en forme de f'ac r dont l'ouverture est cousue par un bout sur le cerceau qutjoint au. trou de la huche par ou- sort le son qui;
tombe- dans l'anche, laquelle conduit dans le do--
dinage ou dans la bluterie cylindrique placée dans,
la partie inférieure de la, même huche... Dans le haut de cette huche r on place un palonnier supporté par des. accouples de fer,, de --- Page 40 ---
1 [ 40 J cuivre, ou même de corde, qui tiennent à la
'huche & au palonnier. Le Palonnier est un morceau de bois blanc bien
sec &: bien léger, d'environ quatre pouces de largeur ; il sert k soutenir la corde du bluteau qu'il
doit déborder aux deux bouts, tant à cause des
accouples qui le soutiennent par des cordons y
qu 'à cause des- pajfemens qui font le tour du
palonnier. Les Pajfemens sont la partie du cordeau qui sou-'
tient le bluteau , renforcé d'une longe de- cuir de
Hongrie qui doit aller le long du bluteau & soutenir les attaches de cuir qui tiennent à la baguette. La dernière attache du bluteau doit être
au bout de la baguette, & l'autre à environ quinze
pouces de distance } il est a propos que la longe
de cuir ait déjà servi, afin qu'ayant fait son effet
elle s'allonge moins. Il faut réduire le palonnier à un pouce d'épaifseur entre les deux passemens, il sera plus léger t
& le bluteau tamisera mieux; il suffit qu'il ait
de la force aux accouples & sous les passemens. II ne faut pas mettre de passemens de l'autre
côté des attaches > a moins que ce ne soit
un moulin très - fort ; car quand le bluteau est
fermé d'un passèment des deux côtés, il ne commence souvent à bluter qu'aux attaches.
duire le palonnier à un pouce d'épaifseur entre les deux passemens, il sera plus léger t
& le bluteau tamisera mieux; il suffit qu'il ait
de la force aux accouples & sous les passemens. II ne faut pas mettre de passemens de l'autre
côté des attaches > a moins que ce ne soit
un moulin très - fort ; car quand le bluteau est
fermé d'un passèment des deux côtés, il ne commence souvent à bluter qu'aux attaches. Les Bluteaux. Il y en a qui préfèrent les blu- --- Page 41 ---
C 41 ] teaux à quatre petits lés & deux palonniers à
chassis, en ce qu'étant bien ouverts, ils doivent
mieux bluter ; mais ces bluteaux sont très-lourds
pour des moulins de moyenne force. Le poids de
deux palonniers à chassis surcharge trop, & un
blutage ne sauroit être trop leste. Quoi qu'il n'y
ait qu'un passement, on ne doit pas craindre que
le bluteau se déchire s'il est bien monté. La pente qu'on donne au bluteau doit être d'environ un pouce par pied , c'est-a-dire qu'une huche
de six pieds doit avoir huit pouces de pente. Si
cependant le moulin va très-fort, on peut donner
quelques pouces de pente de plus au bluteau,
afin qu'il ne se charge pas tant & qu'il débite à
mesure que les meules travaillent. En conséquence
aussi, la grosseur du bluteau doit être proportionné à la force du moulin. * Quand le moulin moud fort & vîte, le bluteau
doit être un peu plus gros, afin qu'il laisse passer
vîte la satine. Un moulin qui affleure bien souffre
un bluteau plus gros, sans que la farine en soit
pour cela plus bise. La qualité & la finesse des
bluteaux doit aussi varier suivant la sécheresse des
bleds, suivant la piquure des meules, & suivant
qu'un bluteau est bien ou mal monté. Pour les bleds secs , il faut des bluteaux plus
fins, il en faut de plus ronds quand ils sont
tendres. --- Page 42 ---
[41 ï Des meules piquées convenablement, bien dresfées & bien montées , peuvent souffrir un bluteau
plus rond sans pour cela saire rougir la farine. On peut faire bluter également un bluteau de:
deux échantillons plus nn& l'un que l'autre, avec
lé. même bled & force égale de moulin \ cela
dépend de la bonne monture des bluteaux. L'étamine ou étoffe de laine à deux étains.;
dont on fait les bluteaux, se fabrique sur-tout a
Rheims & en Auvergne; elle porte un tiers ou
un quart de- large. Il y en a douze échantillons
déterminés pour tes bluteaux : ces. échantillons;
vont en augmentant de finesse depuis le numéro
il i jusqu'au numéro 42, c'est-à-dire qu'elles ont
depuis onze jusqu"à quarante-deux fils dans. chaque-'
portée. Les derniers numéros sont les plus fins,
parce que plus il y a de fils dans une portée, plus
les intervalles entr'eux sont étroits.. On prend ces.
derniers numéros pour les bluteaux supérieurs qui
tâmisent la fleur de farine, & l'on emploie depuis
le numéro 11 jusqu'au numéro 18 pour le dodi—
nage ou bluteau qui doit tamiser les gruaux &
recoupes.
onze jusqu"à quarante-deux fils dans. chaque-'
portée. Les derniers numéros sont les plus fins,
parce que plus il y a de fils dans une portée, plus
les intervalles entr'eux sont étroits.. On prend ces.
derniers numéros pour les bluteaux supérieurs qui
tâmisent la fleur de farine, & l'on emploie depuis
le numéro 11 jusqu'au numéro 18 pour le dodi—
nage ou bluteau qui doit tamiser les gruaux &
recoupes. Depuis plusieurs années, les Fabricans d'étamine à Rheims eo ont changé, les numéros, de<
manière que les Meûnîers ne pouvant aller choisir;
celles dont ils ont besoin, ils. sont fort emharrassés
pour se les procurer par lettres j ce qui cause des --- Page 43 ---
\
f 43 I erreurs & des pertes fréquentes, qui n'auront ptus"
lieu lorsque les Inspedeurs du Commerce & des
Manufadures voudront bien préférer l'intérêt public. > Quelques Meûniers ont essayé de substîtuer des
blute aux cylindriques de soie à ceux de laine, "
mais il s'en faut bien que le produit en farines
blanches soit aussi avantageux tant pour la qualité
que pour la quantité. Après le remoulage des
gruaux qui, en grattant & frottant continuellement la soie, facilitent le passage de la fleur r >
ces bluteaux font engraissés & ne tamisent plus5
ou très-peu, en comparaison de ceux d'étamine* . On a fait dans un moulin l'épreuve de deux
bluteaux dans le premier étage d'une huche debout
de sept pieds de large sur sept à huit de long ^
un babillard a mont-Veau, & l'autre avalant-Veau,
à côté de l'arbre tournant. Il y a aussi deux
• anches qui a l'aide d'une coulisse adaptée à la
pièce d'enchevetrure, dirige la farine pour la faire,
tomber également dans les deux bluteaux. ! Le sécond bluteau est & doit être plus fin que
Je premier, attendu que la première anche du côté
de la poussee de la meule, est celle où est la'
coulUre & par où la fleur tombe toujours la -
première. Par le moyen de cette coulisse, on charge
le. second bluteau tant & si peu que l'on veut ;
faut tenir ces bluteaux à trois lés bien ouverts, --- Page 44 ---
[ 44 l avec des palonniers larges & ainsi qu'il est dit.
4 ci-devant. Avant cet arrangement, la, huche de ce Moulin
etoit de travers au lieu d'être en long de sorte .
que , n'étant pas possible d'approcher le babillard
près les tourillons à cause d'un mur qui en em-,
pêchait, il falloit retirer beaucoup de' bled an.
Moulin pour faire bluter le bluteau., ce qui rougisfoit la farine , & ce Moulin ne pouvoir moudrealors que 37 setiers en 2.4 heures , au lieu que
depuis qu'il est monté de cette nouvelle façon r
il peut moudre dans la bonne eau jusqu'k &
6o. setiers , & la farine est meilleure. Il résulte de cette observation que pour opérer
un pareil changement dans un Moulin , il faut
qu'il aille fort , & que les meules soient bien
ardentes à proportion , pour bien affleurer &
écurer les fons , & cela parce qu'il faut augmenter
le débit du bluteau à proportion de la force du
Moulin ; toutefois, je le répète , la farine d'un
Moulin économique , qui moud à 4o setiers r
efl: de meilleure qualité que celle d'un Moulin qui
en débite jusqua 60.
un pareil changement dans un Moulin , il faut
qu'il aille fort , & que les meules soient bien
ardentes à proportion , pour bien affleurer &
écurer les fons , & cela parce qu'il faut augmenter
le débit du bluteau à proportion de la force du
Moulin ; toutefois, je le répète , la farine d'un
Moulin économique , qui moud à 4o setiers r
efl: de meilleure qualité que celle d'un Moulin qui
en débite jusqua 60. Le dodinage. L'étage supérieur de la huche eŒ
pour les bluteaux fins dessinés à tirer la première'
farina du bled } on place dans l'étage inférieur de
la huche un dodinage ou bluteau lâche , d'une --- Page 45 ---
[« .1 ' étamine plus ouverte, & de deux ou trois grosseurs
pour séparer le gruaux & les recoupes. Ce dodinage peut être fait & monté comme le
grand bluteau , à l'exception que la lumière de
la baguette ne doit point être à plomb à celle
:de la batte ; mais elle doit être percée un peu
ien équerre , suivant la lumière de la batte, c'està - dire, venant de- la croisée , afin de donnet
au bout de la baguette une plus grande distance
de san moteur , ce qui donne plus de mouvement
au dodinage , & le fait mieux tamiser. Si le grand babillard est comme on l'a dit , à
mons-l'eau , celui du dodinage doit être avalantl'eau, parce qu'il faut les poser en sens contraires. Bluterie cylindrique. Dans tous les cas , soit
qu'on ait une huche debout ou de plat, on doit
.préférer une bluterie cylindrique à un dodinage ,
sur-rout si l'on vise au blanc & à l'exa&e division
des matières. Cette bluterie se met en mouvement
comme on l'a dit ci-devant ^ par une lanterne
emmanchée à l'extrémité de l arbre tournant ? &
•engrenant dans les dents d'un petit hérisson posé
iprès les tourillons dudit arbre tournant, ou bien
on suplée la lanterne & le hérisson par deux poulies unies par un pignon engrennant dans les
dents du grand rouet , & par des poulies de
renvoi, ainsi qu'il est dit à l'article des bluteaux. Avec cette bluterie, on a toujours un gruau --- Page 46 ---
t 461 plus parfait qu'avec un dodinage ; mais il faut 1
bien prendre garde que la bluterie ne se gomme
ou ne s'engraisse par des gtuaux trop mous ; ce
qui arrive encore lorsque le bluteau supérieur h,
blute pas suffisamment ou blute mal > parce qu alors
il tombe dans la bluterie cylindrique de la farine
de bled , ou de la fleur avec les gruaux, ce qui
gomme la soie. Pour parvenir a faire bien bluter un Moulin ,
il faut que le pivot du babillard soit placé sur le
chevresier du dedans ou à coté, & le plus près
possible > à six ou huit pouces des tourillons de
l'arbre tournant. Premier Babillard. Le babillard est une pièce
de bois posée perpendiculairement, & qui se meut
en bas sur un pivot, & en haut dans un collet
de fer ou de bois dur attaché au béfroi \ il est
percé en haut d'une lumière ou trou quarré ,
par où pasTe la baguette ou clogne attachée au
bluteau.
du dedans ou à coté, & le plus près
possible > à six ou huit pouces des tourillons de
l'arbre tournant. Premier Babillard. Le babillard est une pièce
de bois posée perpendiculairement, & qui se meut
en bas sur un pivot, & en haut dans un collet
de fer ou de bois dur attaché au béfroi \ il est
percé en haut d'une lumière ou trou quarré ,
par où pasTe la baguette ou clogne attachée au
bluteau. Si le Moulin est en - dessous avec une huche
debout , il faut mettre le babillard à mont-l'eau ;
si c'est un Moulin en-dessus, il faut placer le
babillard avalant-Peau ; enfin , si la huche est de
plat au lieu d'être debout, le babillard doit étre
à mont-l'eau , le mouvement en est bien plus
doux. Les Croisées. I1 faut donner au babillard une --- Page 47 ---
t 47 ] crosée ; Cette croisée, est faite d'úne tourte ou
trond de bois d'orme > d'environ 22 pouces de
diamètre , -ayant trois bras égaux, & à distance
légale -, de huit à dix pouces de long , en observant
de percer dans le milieu la lumière ou le trou
par où doit passer le fer du Moulin. Par cet
-arrangement, le blutage sera-régulier & doux. ; Je dis qu'il est préférable de-ne donner que
trois bras a la croisée , parce que, lorsqu' il y en
a quatre , & que le Moulin va fort , les coups
trop fréquens cassent souvent le bluteau qui n'à
pas le tems de bien tamiser , sur-tout quand le
.Moulin passe vingt à trente setiers. On peut faire la croisée de trois morceaux de
jante de roue , elle sera moins sujette à se fendre
que si elle n'étoit que d'une seule pièce ; on lâ
consolidera par le moyen de trois boulons de fer,
de deux à trois pouces de tour , retenus chacun
par un bon écrou , & qui prenne depuis l'assiète
-du dessous de la lanterne jusques dessus les bras
-de la croisée. Pour donner à cette croisée plus de
solidité , on applique dessus une équerre de fer
qu'on arrête avec des, écrous \ cette croisée rend
le mouvement plus égal , plus doux , & ménage
davantage le blùteau. En effet , à chaque coup
de lanterne , la croisée heurte trois fois contre là
batte , ce qui fait remuer trois fois le babillard ,
la baguette & par conséquent le bluteau, & comme --- Page 48 ---
1 [ 48 1 il faut que ce bluteau aille & vienne, il est evident
que , lorsque le Moulin va vite, le bluteau n'a pas
le tems de revenir , & la farine ne se remue pas
bien. Batte ct Baguette. Pour monter la batte &
la baguette dans une juste proportion , il faut
appuyer la baguette d'un côté contre la huche,
& mesurer la batte contre la batte de la croisée ,
de façon qu'il y ait à-peu-près deux pouces de
distance du bout de la batte au bout de la croisée ;
on laisse alors revenir le babillard de manière que
la batte prenne de quatre à cinq pouces sur le
bras de la croisée , & l'on est sûr alors que la
baguette doit remuer la bluterie dans une juste
vîtesse , & qu'elle ne peut toucher contre la huche
en tournant, ce qu'il faut éviter avec soin.
de la croisée ,
de façon qu'il y ait à-peu-près deux pouces de
distance du bout de la batte au bout de la croisée ;
on laisse alors revenir le babillard de manière que
la batte prenne de quatre à cinq pouces sur le
bras de la croisée , & l'on est sûr alors que la
baguette doit remuer la bluterie dans une juste
vîtesse , & qu'elle ne peut toucher contre la huche
en tournant, ce qu'il faut éviter avec soin. Il faut que la force de la batte soit proportionnée
à celle du Moulin , & même qu elle ne soit pas
si forte , parce que cette partie doit être lesse. Second Babillard. On ajoute un second babillard auprès du premier, quand on se sert d'un
dodinage ou bluteaux lâche , pour tamiser les
gruaux , en observant que, si le grand babillard
qui donne la secousse au bluteau supérieur est à
mont-l'eau , à côté de l'arbre tournant, il faut
que celui du dodinage soit avalant-l'eau ; si au
contraire le grand est avalant-l'eau , l'autre doit
.être à mont-l'eau. Mais je conseille de préférei? --- Page 49 ---
1 49 1 D au dodinage une petite bluterie cylindrique qu'on
fait tourner par le moyen d'une petite lanterne
de vingt à vingt-deux pouces de diamètre avec ,
suivant la force du Moulin , huit à douze fuseaux
qui s'engrainent dans les dents d'un petit hérisson
de vingt-quatre à vingt-cinq chevilles, posé autour
de l'arbre tournant, près les tourillons du dedans. Si le bâtiment du moulin a un étage destiné v
au nétoyage des grains , on pourroit monter un
petit hérisson pareil à celui ci-dessus à l'autre
bout de l'arbre tournant, en dehors ; cet hériŒon ,
avec une lanterne adaptée, feroit mouvoir les
cribles dans le grenier. ■■
Cette dernière méthode du blutage est trèsbonne lorsque la huche est debout, c'est-à-dire
lorsque les bluteaux sont sur la même ligne que
l'arbre du moulin ; mais si la huche est de plat ,
ou posée en sens contraire de l'arbre du moulin,
de manière qu elle le coupe à angle droit, alors
on pourra faire engrener une petite lanterne ou
un petit hérisson dans les dents du grand rouet;
cette lanterne' fera tourner à l'autre bout une
poulie qui, par le moyen d'une corde, ira prendre
l'autre poulie adaptée à l'arbre de la bluterie cylindrique , pour lui communiquer le même mouvement. Pour la proportion de ces poulies, voyez ce qui
en est dit à l'article du nétoyage des grains. --- Page 50 ---
. 1 r 50 i 1 § 1 v. Prix commun, des Machines d'un Moulin économique. On ne peut point déterminer le prix de la
construction de la cage & des bâtimens d'un
;moulin a eau de pied-ferme, cela dépend de la
tgrandeur plus ou moins considérable de ces bâti- v
mens, du prix de la main-d'œuvre, plus chère
dans un pays que dans un autre, ainsi que des
prix du bois, du fer, &c. La roue & son arbre tournant peuvent coûter
z6 o à 300 livres, suivant la hauteur de la roue , ila grosseur de l'arbre & lés fers qu'on y
met, ci.. „ 300 l. Le rouet & la lanterne environ 100 à
250 liv, suivant- la hauteur du rouet, -la
'qualité des bois, son boulonnement, les
ferrures de la lanterne, &c. ci 2.50
Le befroi peut être eh maçonnerie.
son arbre tournant peuvent coûter
z6 o à 300 livres, suivant la hauteur de la roue , ila grosseur de l'arbre & lés fers qu'on y
met, ci.. „ 300 l. Le rouet & la lanterne environ 100 à
250 liv, suivant- la hauteur du rouet, -la
'qualité des bois, son boulonnement, les
ferrures de la lanterne, &c. ci 2.50
Le befroi peut être eh maçonnerie. -Le palier , les deux braies & la trempirre
peuvent coûter 5 o à 60 liv. ci... » .. 60
Le gros fer, Fanille , le pas ou la crapaudine, environ 1 Ço à 2.00 liv. suivant
ieur forée , ci < • 2.0a
!Le chassis à dresser les meules, avec ses
vis , jehaflis de fer, poêlé tte de cuivre & 810I --- Page 51 ---
1 R 51 1 P 1 Ci-contre, 8,01.
crapaudine métallique ; le tout environ 60 à 80 liv. ci 80
Les deux meules, de bonne qualité &
bien mises en moulage , coûtent 800 1. à
1000 liv. ci 1000
Les cercles des meules, couvercles, trémions , porte - trémions , trémie, auget &
frayon, environ 200 liv. ci 200
Le huche & sa bluterie de dessous ou «dodinage, environ 90 à 100 liv, ci 100
Les bluteaux, de 15 à 24 liv. pièce, [uisant leur finelTe ; ci 48 k Le babillard nud 1 5 liv. & ferré 30 liv. ci. 30
En y joignant les machines nécessaires
pour cribler & nétoyer les grains, il faudra une lanterne qui prenne dans le rouet, un petit arbre de couche, poulies, cordages,
ventillateur, un cylindre d'environ douze
pieds de long sur deux & demi de gros, N
garni de feuilles de fer-blanc piqué; un
crible d'Allemagne, un crible des Chartreux;
toutes ces machines peuvent coûter de 300 à 800 liv. suivant leur qualité, ci 800 . TOTAL DES PRIX, environ... 30681. --- Page 52 ---
..1 : . ' ' ' C 52 ] - § v. précis des Opérations qui doivent précéder la
constr uction d'un Moulin à eaii-de pied ferme.'
Avant de construire un moulin à eau de pied
ferme sur le bord d'une rivière, il faut niveler
l'eau qu'on veut employer a le faire mouvoir,
afin de voir -à quelle hauteur on pourra faire
gonfler cette eau a raide d une écluse , d une
digue ou d'une chaussée. D'après ce nivèlement, on jugera du lieu où
l'on doit placer le moulin & où la chûte d'eau
sera plus convenable au propriétaire sans nuire z
ses voiffris. Il faut niveler , mesurer Feau, plutôt en été
qu'en hiver ; mais il faut connaître aussi l'état de
-cette eau 'dans les saisons pluvieuses. En mesurant le: produit ;de l'eau, il faut la contraindre a-.ne s'écouler que .par un endroit, afin
de voir combien il en passe de .pieds cubes dans
-Une minute , un quart d'heure, &c.
a plus convenable au propriétaire sans nuire z
ses voiffris. Il faut niveler , mesurer Feau, plutôt en été
qu'en hiver ; mais il faut connaître aussi l'état de
-cette eau 'dans les saisons pluvieuses. En mesurant le: produit ;de l'eau, il faut la contraindre a-.ne s'écouler que .par un endroit, afin
de voir combien il en passe de .pieds cubes dans
-Une minute , un quart d'heure, &c. En tout état des choses , .à côté de l'écluse qui
doit soutenir l'eau dessinée à faire tourner la
roue du moulin,, il <faut faire un déchargeoir, &
même deux s'il est besoin, pour faciliter l écoulement -du superflu de l'eau, sur-tout dans les
tems de crues, & pour éviter de noyer les terreins voiîms. --- Page 53 ---
t 53 1 1 D3 . Quand on connoît la quantité d'eau dont on
peut disposer, la. hauteur de sa chiite & ion poids,
il faut voir si la dépense qui s'en fera. par un
pertuis de largeur, égale à la superficie d'une des.
aubes ou auges de l'a roue y ne l'excédera- pas. Quand l'eau n'est pas abondante, on peut en
augmenter la force en faisant le pertuis plus étroit,
alors l'eau- étant plus ferrée, son cours est plus
roide, il a plus d'e vitesse. & de force* : Lorsque l'eau. n'est pas asïez abondante pour
faire tourner la roue par - dessous, si sa chûte le
permet , on conduit Peau au-dessus de la roue
par une auge inclinée , dont l'entrée se ferme
avec une vanne- de même largeur que - l'aube de
la roue. Le col de cigne au faut dû moulin doit être
fait en chanfrein d'environ trois pouces, l'eau
tombera- plus roide sur les aubes qui si le saut,
étoit droit. Entre la vanne & là roue il ne doit y avoir
que le moins d'intervalle poilbll- , afin que l'eau
en sortant du pertuis, frappe les aubes & soit
toute employée a faire tourner la roue, sans qu'à
s'en perde. La vanne mouloir aura de vingt a. trente pouces
de large , suivant la.. force de l'eau ^ car s'il y a
peu d'eau r la vanne doit être plus étroite^ & plus
targe au contraire s'il y en a beaucoup. . --- Page 54 ---
1 t 54 1 A la suite de la vanne mouloir, sera conduit
un glassis, une reilliere ou coursier en bonne
pierre dure plate & en chaux vive, le fond &
les côtés de même. Il faut conduire la reillière depuis le bas de
la roue jusqu'à vingt-quatre à trente pieds de
longueur au-dessous, & même plus, s'il se peut,
& lui donner une pente d'environ un pouce &,
demi par toise, pour faciliter & précipiter le çours
de l'eau, afin qu'elle fuie des aubes sans faire aucun
obstacle. Au lieu de faire cette constru&ion en dales de
pierres, on peut la /faire' en madriers de bois ;
mais alors elle dure moins. Il faut que le coursier aille en s'élargissânt
vers ses deux extrémités, pour faciliter l'entrée
& la sortie de Feau. Il ne faut donner entre les bords de l'aube &
le coffre du courtier que le jeu nécessaire pour le
mouvement de la roue, afin que toute l'eau soit
uniquement employée à la faire tourner.
de faire cette constru&ion en dales de
pierres, on peut la /faire' en madriers de bois ;
mais alors elle dure moins. Il faut que le coursier aille en s'élargissânt
vers ses deux extrémités, pour faciliter l'entrée
& la sortie de Feau. Il ne faut donner entre les bords de l'aube &
le coffre du courtier que le jeu nécessaire pour le
mouvement de la roue, afin que toute l'eau soit
uniquement employée à la faire tourner. Il faut que les aubes de la roue ne soient qu'en
nombre suffisant & qu'elles soient distribuées de
manière qu'elles ne se nuisent point, qu'elles ne
se rejettent point l'eau les unes sur les autres ,
cela empêcheroit la roue de recevoir toute la
force du courant de l'eau & retarderoit son mouvement. --- Page 55 ---
11 t 55 Ï D4 La vitesse de la roue & de la meule tournante
est toujours en raison, 10. de la puissance motrice , ou, de la" force de la chute & du courant
d'eau qui les fait tourner.. 2°. ;De la bonne distribution , ajustage & proportion des aubes ou
auges. 3°. De la résiflance de la meule par son
poids. 4°. De son équilibre sur son pivot. 5°. De
la résistance du grain par sa dureté. 6°. De la
résistance qu'occasionnent par leur frottement
toutes les. parties du moulin qui concourent à
moudre le grain. En général, la puissance doit être plus forte
que la résistance , afin de, la vaincre \ ainu la roue ,
son arbre tournant , les7 meules & toutes les autre#
pièces du moulin, doivent être proportionnées à
la puissance. ou a, la force de l'eau: qui doit les
faire agir-. J'ai vu deux moulins a, côté l'un de l'antre, ils
avoient: la même chute d'eau l'un étoit d'une
mécanique légère, ses meules n'avoient que cinq
pieds deux pouces, de diamètre &, six pouces
d'épaisseur \ l'autre, qu Ón nommait le grand, moulin, étoit d'une mécanique plus forte, tes, meules;
avoient six pieds quatre pouces de diamètresix pouces d'épaisseur; la qualité des. meules: des
deux moulins- étoit a-peu-prcs la même, cependant
le grand moulin faisoit un tiers, moins d'ouvrage
que l'autre. --- Page 56 ---
[ 56 ] t Pour faciliter Testimation de la quantité de
setiers de grain que peut moudre, en 24 heures,
uu Moulin économique; bien dresse , dont toutes
les pièces sont en bon état, & dont on connoit
la force motrice , ou la quantité de pouces cubes
d'eau qui le fait mouvoir , je vais faire connoitre
la quantité de grain qu'ont moulu , dans un tems
donnê , deux Moulins économiques, l'un en dessus,
I autre en dessous, bien conditionnés, & la quantité
de pouces cubes d eau qui ont produit cette mourure. Cette description sera peut-être plus inftu&ive pour les Meuniers que les savans calculs
des Hydraulistes, d 'ailleurs je ne puis & ne veux
dire que ce que je sais.
ces cubes
d'eau qui le fait mouvoir , je vais faire connoitre
la quantité de grain qu'ont moulu , dans un tems
donnê , deux Moulins économiques, l'un en dessus,
I autre en dessous, bien conditionnés, & la quantité
de pouces cubes d eau qui ont produit cette mourure. Cette description sera peut-être plus inftu&ive pour les Meuniers que les savans calculs
des Hydraulistes, d 'ailleurs je ne puis & ne veux
dire que ce que je sais. Moulin ayant l'eau en dessous. Son avant bec ou glacis porte 35 pieds de
long sur six de large J. son entrée , revenant à
.17 pouces à la vanne mouloir. r .. La vanne, mouloir a pareillement 17 pouces
d'ouverture, & dix pouces d'eau de hauteur près
la vanne. La reillère ou le courber, à la distance de 18
pouces de la vanne mouloir, porte 1^ pouces dix
lignes de large , sept pieds de long , & le surplus
qui est de 24. pieds de long, se termine à son
embouchure à 30 pouces de largeur , enfin cette
reillere à 4 pouces de pente sur sa longueur. --- Page 57 ---
[ 57 1 ' -- Le' saut ou la chute d'eau de ce Moulin est:
de 5 pieds 4 pouces , depuis l'aplomb de l'arbre
tournant jusqu'à. l'entrée du col de cigne. L'arbre tournant a 17 pouces de gros ou eri
carré. : La roué, y compris Ion aubage, a 14 pieds
de diamètre ; savoir , 10 pieds & demi de ceintrej
& 3 pieds & demi d'aubage .cependant les aubes
n'ont que 21 pouces de long , mais elles sont
répétées deux fois sur la superficie de la roue. Le rouet a 6 pieds 6 pouces & quelques lignes
de diamètre , 6 pouces 6 lignes d'epaisseûr, &
44 dents ou chevilles dont chacune a ^ pouces 4
lignes d'e pas ou de distance de l une a l 'autre.
- La lanterne a, 8 fuseaux de même pas que les
dents du Rouet. ; La meule courante a 6 pieds 3 pouces de diamètre , sur 11 pouces d'épaisseur. Toutes les
pièces & ferrures de ce Moulin sont de la meilleure
construction. - - Ce Moulin , ayant dix pouces d'eau de hauteur
à la vanne mouloir , fournit 1.70 pouces cubes a
la roue ; ces 170 pouces d'eau ont moulu 120 livres
de bled, poids net, en 5 8 minutes , ce qui fait
12. setiers & 99 livres de bled en 24 heures i
le setier pesant 240 livres. >
Ce produit n'est pas le même depuis le comAgencement du rhabillage des meules jusqu'a ce --- Page 58 ---
t 58 1
dix pouces d'eau de hauteur
à la vanne mouloir , fournit 1.70 pouces cubes a
la roue ; ces 170 pouces d'eau ont moulu 120 livres
de bled, poids net, en 5 8 minutes , ce qui fait
12. setiers & 99 livres de bled en 24 heures i
le setier pesant 240 livres. >
Ce produit n'est pas le même depuis le comAgencement du rhabillage des meules jusqu'a ce --- Page 58 ---
t 58 1 qu'elles soient uséès. Ce produit est celui du milieu
du rhabillage car les premiers jours , la meule r
étant plus coupante , moud plus de bled, & sur
la fin du rhabillage, la meule, étant lisse moud
moins. Il faut encore faire attention que ce produit eil
aussi celui d'un bled qui n'est ni. trop sec, ni trop
mou , car l'un & l'autre influe sur la qualité ÔC
quantité de la farme. J'observe encore que ce calcul esl appliqué, à la:
mouture sur bled seulement, dont le son ne pèse
qu'environ cinq livres le boisseau , mesure deParis , ainsi qu'il se pratique ou doit se pratiquer
dans la mouture économique ; car si l'on entend
mouture économique finie , le calcul doit com-,
prendre aussi le plus ou moins de finesse des bluteaux.
Sij l'on emploie des blutèaux très - fins , & qu'on
faÍfe moudre cinq ou six fois, les - gruaux 7 cela
allonge la mouture , & ne fait pas toujours la
meilleure farine -, elle est trop dilatée , elle perd
son goût de fruit, elle se conserve plus difficilement , & le pain en est moins bon ; ainsi je ne
calcule que sur la mouture à bled , le remoulage
des gruaux étant arbitraire. Autrefois on comptoit la mouture sur bled
comme les deux tiers de l'ouvrage fait \ mais
depuis que le luxe emploie des bluteaux plus fins y
la mouture sur bled n'est guère que la moitié de --- Page 59 ---
t 19 1 1 l'ouvrage, & l'ouvrage en est moins bon * par ,
les raisons que je viens de dire. Moulins en dessus. L'avant bec de ce Moulin a 3 5 pieds de long
sur 13 pieds à son entrée, & 5 pieds 6 pouces à
son embouchure ; il y a 3 pieds d'eau de hauteur
à rentrée , & 1 pied près la vanne mouloir -,
7 pouces à la distance d'un pied de la vanne j
& 4 pouces au milieu de l'auge. La vanne mouloir a 2.7 pouces d ouverture
ainsi que l'auge qui se réduit a 26 pouces à sois
embouchure. L'auge a 13 pieds de long , & 2. pouces &
lignes de pente sur sa longueur. La roue a pieds de haut , 3 pieds 6 pouces de
large, hors doeuvre *, chaque côté, y compris la doublure,a trois pouces-d'épaisseur sur un pied de hauteur.,
cette roue est chargée de 30 pots à culs-de-hotte,
ayant chacun 17 pouces de haut , & 5 pouces
de large , d'entrée & de fond. L'arbre tournant a 15 pouces de gros. Le rouet a 6 pieds 8 pouces de diamètre , 7
pouces d'épailTeur, 44 chevilles , & 5 pouces
petites lignes de pas. ,
La lanterne a fuseaux de même pas. La meule courante a 6 pieds 3 pouces de dia-^
mètre, & 13 pouces d'épaisseur. --- Page 60 ---
[ 60 ] La vanne mouloir fournit à la roue 117 pouces
cubes d'eau , qui,ont moulu 120 livres de bled en
8 pouces de diamètre , 7
pouces d'épailTeur, 44 chevilles , & 5 pouces
petites lignes de pas. ,
La lanterne a fuseaux de même pas. La meule courante a 6 pieds 3 pouces de dia-^
mètre, & 13 pouces d'épaisseur. --- Page 60 ---
[ 60 ] La vanne mouloir fournit à la roue 117 pouces
cubes d'eau , qui,ont moulu 120 livres de bled en 23 minutes , & donne par conséquent , en 24.
heures b une mouture de 3 i setiers , & 64 livres
"de bled- de tonne qualité. J'observe que l'avant bec de ce Moulin n'est
point un glacis ordinaire , mais seulement un pont
qui précède la vanne , dont le fouliard ou les
pierres dafîife sont a plus de trois pieds au dessous
de la ditte vanne,.en sorte que l'eau ne prend
ik rapidité qu en sortant de la ditte vanne & dans
l'auge. Toutes les pièces & ferrures de ce Moulin
sont d'ailleurs de la meilleure construction. VI. Préparation des Meules. Avant d'employer les meules, il faut les travailler
ainsi qu'il suit. ' 1°. H'faut les placer sur un plancher bien égal;
& qui n'ait point de pente ; 20. les niveler;
3°. les bien dresser des quatre faces ; 40. en
déterminer & marquer le juste milieu en mettant
une petite- planche au milieu de l'œillard , avec
ún bâton debout, bien droit, d'environ trois ou
quatre pouces de circonférence , ayant un petit
tqurrillori dans le bas, afin de pouvoir tourner
dans le milieu de la planche posée dans l'œillard ;
5°. le bâton sera aussi assujetti ,dans le haut db. --- Page 61 ---
[ 61 1 1 plancher avec un tourillon , afin de pouvoir
tourner sans se déranger ni quitter le centre. 6°. On attachera ensuite au bâton une règle
'de la moitié de la longueur de la meule giflante ;
le bout de la règle sera d'environ six lignes plus
bas sur la feuillure qu'à l'œillard , ce qui la rendra
convexe. Pour la meule courante 5 le bout de la règle
aura au contraire huic lignes de plus haut , ce
qui la rendra concave. On peut également se servir d'une règle qui
auroit tout le diamètre de la meule , & qui seroit
, convexe d'un côté , & concave de l'autre. 8°. On fait tourner la règle à mesure qu'on
J bat la meule à blanc * c'ess-à-dire , sans faire de
rayons y on rend ainsi les nieules convexes ou
concaves , avec toute la justesse possible. En deux riblages ou tours de meule sans
bled les meules, étant montées-, se trouveront
bien frayées , adoucies & en état d ette rayonnées
selon les règles données ci-après -, mais avant de
monter les meules neuves , il faut les secher , & y
pour cela , voici comme il faut s'y prendre. § V I 1. Sèchement des Meules. Avant de monter les meules , il faut les laisser
sécher & meurir à l'air & à l'abri des injures du --- Page 62 ---
[ 62r l tems, pendant six mois & même plus ; cette précaution est essentielle *, elles travaillent mieux , la
farine est plus sèche. Les meples neuves , employées
avant d'être parfaitement sèches , s'engraissent ,
font une mauvaise mouture, une mauvaise farine
& plus mavaise encore lorsque les grains sont
humides.
il faut les laisser
sécher & meurir à l'air & à l'abri des injures du --- Page 62 ---
[ 62r l tems, pendant six mois & même plus ; cette précaution est essentielle *, elles travaillent mieux , la
farine est plus sèche. Les meples neuves , employées
avant d'être parfaitement sèches , s'engraissent ,
font une mauvaise mouture, une mauvaise farine
& plus mavaise encore lorsque les grains sont
humides. La plupart des Meuniers n'achetant des meules
que 'pour les employer aussi-tôt , & ne pouvant
point attendre leur séchement naturel, je vais
expliquer les moyens de les dessécher en huit
jours. Il saut
i°. Que les meules soient battues à la règle,
que l'une soit convexe & l'autre concave , ainsi
qu'il est dit ci-devant. 2.?. placer & sceller la meule gissante dans les
enchevetrures. 30. Placer sur cette meule , à distances égales ,
quatre rouleaux de bois d'environ pouces de
haut, sur lesquels on posera la meule courante.
49. Placer, entre chaque rouleau , des terrines
ou grands plats de braise amortie d'abord ensuite moins amortie, ensuite un peu ardente , 6c
enfin plus ardente , mais qui ne jettent jamais
ni flamme , ni fumée. 5°. Ne point laisser refroidir les meules , entretenir leur séchement par une chaleur douce &
continuelle , qui les pénétré insensiblement , & --- Page 63 ---
1 t 63 1 éviter une trop grande chaleur qui les feroit,
éclater. 6°. couvrir les places qui se trouvent entre
les rouleaux & les terrines de morceaux de vieille
étoffe de laine ou de toile, pour boire l'humidité
des meules. 7?. changer souvent de place les rouleaux &
les terrines , afin que les meules sèchent également par-tout. 8°. Changer les étoffes aussi-tôt qu'elles sont
humides, ne point les laisser sécher sur les meuleS,
& les remplacer par d'autres qui soient seches. °. Lorsque les meules ne rendent plus d'eau y
il faut les entourer avec de grosse toile, ou des
sacs de coutil, & laisser les œillards des meules
ouverts pour servir de ventouse , & attirer l'humidité plus promptement. iô°. Quand les meules ne rendent plus aucune
humidité , & , 24. heures après , on peut les piquer
& rayonner. 11°. Enfin , je le répète , il faut avoir attention
de n'échauffer les meules que peu-à-peu , éviter
une chaleur subite, y entretenir toujours une char
leur douce qui les pénètre & les dessèche petit
à petit ; il faut bien éponger l'eau qu'elles rendent
à sur a mesure qu'elles suent} changer les étoffes
dès qu elles sout mouillées , les remplacer par
d'autres qui soient sèches , changer de place les --- Page 64 ---
r 64 1
le répète , il faut avoir attention
de n'échauffer les meules que peu-à-peu , éviter
une chaleur subite, y entretenir toujours une char
leur douce qui les pénètre & les dessèche petit
à petit ; il faut bien éponger l'eau qu'elles rendent
à sur a mesure qu'elles suent} changer les étoffes
dès qu elles sout mouillées , les remplacer par
d'autres qui soient sèches , changer de place les --- Page 64 ---
r 64 1 rouleaux &: les plats de braise aussi sou vent qu'il
cst nécessaire. Ce séchement est plus long pour les meules
composées d'échantillons appareillés & mastiqués
ensemble, parce qu'elles conservent beaucoup d'humidité , & qu'elles en prennent encore dans les
tems humides & de dégel ; ainsi leur séchçment
doit être fait avec plus d'attention , & est absolument nécessaire avant de les employer à la
, mouture. Qu'on ne dise pas que les meules se
sèchent à force de s'échausser en tournant , en
travaillant , car 1°. les meules étant humides, la
première mouture les engraisse \ cette mouture
est d'un moindre produit tant au Moulin qu'au
pétrin , & le pain qui en provient est mauvais.
2°. La chaleur que produit la mouture , concentre
l'humidité des meules a,u lieu de l'évaporer , &
cette humidité ressort dans le repos du Moulin %
& renouvelle l'engraissage des meules. Pour entendre ce qui suit, il faut savoir qu'on
distingue dans les meules quatre faces , savoir deux
plats & deux bouts. Des deux plats , l'un se nomme
plat à mont Veau , & l'autre avalant Veau. - Des deux bouts l'un se nomme le bout sur
Vanche , & l'autre le bout ssir la roue. . Le plat-à mont Veau est le côté de la meule
oû l'une des fleurs de l'anille est posée , & qui
regarde le côté d'où vient l'eau. Le --- Page 65 ---
[ 65 ] E Le plat avalant -l'eau est le côté opposé qui
regarde Peau qui fuit. Le bout du coté oii la farine tombe dans le
bluteau , se nomme l e bout sur l'anche. Le bout
oppose, qui cst du côté de la roue du Moulin ,
.s'appelle le bout sur la roue ou sur la tempanê ; on
nomme tempane le mur du Moulin qui est du
côté de la roue. *>' ; Les marques qu'on fait sur l'anille & le papillon,
font nécessaires pour ne pas changer les aires ;
c'est - à - dire , pour reconnoître la pqsition qui
rconvîent à la meule courante quand on la remanie. . Ainsi lorsqu'on dit qu'une meule doit être biea
..bordée de niveau sur ses quatre faces , cela signifie
que, la feuillure ou la partie qui avoisine les bords
.doit étre plus pleine que l'entre-pied & le cœur.
On distingue le plat de la meule en trois
parties } on nomme feuillure les six premiers pouces
'de la largeur de la meule près du bord. De-là à un pied en avant vers le cœur,
cette largeur d'un pied se nomme l' entre-pied, de
, la meule, & le reste, jusqu'à l'œil ou trou de la
meule, se nomme le cceur. - ,
les bords
.doit étre plus pleine que l'entre-pied & le cœur.
On distingue le plat de la meule en trois
parties } on nomme feuillure les six premiers pouces
'de la largeur de la meule près du bord. De-là à un pied en avant vers le cœur,
cette largeur d'un pied se nomme l' entre-pied, de
, la meule, & le reste, jusqu'à l'œil ou trou de la
meule, se nomme le cceur. - , Le cœur de la meule concave le bled. / . L'entre-pied le rafine & forme le gruau. , La feuillure, lorsqu'elle est bien bordée de niveau,
allonge la farine, & détache le son. --- Page 66 ---
-,l .66 .1 $ V III. : Ve la manière de rayonner & rhabiller les
Meules. » Pour bien. piqlter, rayonner & rhabiller les
meules, il faut au Meunier autant de raisonnement
que d'expérience. Excepté dans Paris & dans set
environs, "on a la mauvaise méthode de piquer les
meules à coups perdus. On en verra ailleurs les
désavantages ; voici comment doit se faire cette
opération, Les habiles Meuniers piquent leurs meules e* -rayons de douze à quinze lignes de large 'au bord
de la feuillure, & allant toujours diminuant vers
le centre à quelques pouces de F anille. Ces rayons
font communément à deux pouces de distance l'un
de rautre. Au surplus, la force des rayons dépend
de la qualité des meules, de celle des saisons, dg
plus ou moins de sécheresse des grains, & de leurs
différens mêlanges dans la mouture. Si la meule est ardente » le rayon peut avoir la largeur ci-dessus indiquée ; mais il faut le réduire
à dix ou douze lignes, si la meule est pleine &
peu remplie de trous. Le Meûnier doit proportionner le rhabillage à
l'ardeur de ses meules , à la force de son moulin , & à la qualité des grains à moudre v il aura foin
que ,1a feuillure soit bien garnie & qu'elle ait du --- Page 67 ---
[ 67 1 E A corps, parce que cette partie souffre les coups de
la trempure & fatigue le plus. Lorsqu'on repique ou rhabille les meules, il faut
faire enferre que les rayons ne fassent qu'effleurer
la rhabillure ; c'est-à-dire , que les rayons doivent
être plus élevés au-dessus du plan de la meule ,
car , s'ils l'excédoient , il en résulteroit un bourdonnement capable d'échauffer les meules , elles
agiraient en approchant , au lieu d'alléger , &
feroient un l'on fin qui se mêlerait avec la farine,
L'épailleur d'une feuille de papier suffit pour une
bonne chabillure ; quand elle est trop ouverte ,
c'est-à-dire , quand l'outil est trop marqué sur la
meule à côté du rayon , elle fait la farine moins
douce* Pour le moulage plein & ferré , qui ne convient
qu'aux Moulins foibles , le rhabillage au cœur &
à Fentre-pied seulement doit être plus foncé. Dans une année pluvieu[c , lorsque les crains
font humides , il convient de tenir les rayons
moins larges que pour les bleds secs ; le son
s'écure mieux. Il saut aussi un rhabillage différent pour les
seigles , méteils , &c. , que pour le froment
ainu qu'on le verra aux articles de la mouture
des bleds humides , des bleds très - secs , & des
menus grains.
œur &
à Fentre-pied seulement doit être plus foncé. Dans une année pluvieu[c , lorsque les crains
font humides , il convient de tenir les rayons
moins larges que pour les bleds secs ; le son
s'écure mieux. Il saut aussi un rhabillage différent pour les
seigles , méteils , &c. , que pour le froment
ainu qu'on le verra aux articles de la mouture
des bleds humides , des bleds très - secs , & des
menus grains. Tout ce que j'ai obGrvé jusqu'ici sur le ravon4 --- Page 68 ---
£ 6 8) 1 liment des meules, ne regarde que les Moulint
de moyenne force dans lesquels on moud , en
heures , depuis 10 jusqu'à 30 & 35 setiers sur
bled; c'est-à-dire , sans :remoudre les gruaux, car''
pour les Moulins qui-vont très-fort , :& dans '
lesquels, on moud de 50 à Métiers & plus , en,,
24 heures , il faut que les rayons ayent depuis
deux pouces & demi jusqu'à treis pouces & demi .
de distance l'un de loutre ,& proportionellement
à -l'augmentation delà ; force du Moulm. il faup
en même tems bien ouvrir Je cœur & l'entrepied pour faciliter rentrée -du bled dans les meules ,
& pour éviter que 4a farine s'échauffe. •• L On rhabille les meules plus avantageusement
plus commodément avec des marteaux à six pannes,
ou dents, dÓnt la tête a environ 18 à 10 lignes
de long sur 15 de large } avec ce marteau , un,
homme fait autant d'ouvrages que troi,.. Avec le
côté de .ce ..marteau qui n'a qu'une pointe , .on
taille les rayons & -les parties dures de' la meule.
Cette rhabillure n'éclate point la pierre } elle est
plus douce & [upérieure à toute autre ; sur-tout
pour les meules très-ardentes , car , pour celles
qui le sont médiocrement , les marteaux simples
& ordinaires sont préférables , Us font la rhabillure
plus nette. • •• ^ Qoique la piquure des meules en rayons soit
recommandée comme la meilleure, cependant il --- Page 69 ---
.. [69] 1 E 3 y a des meules molles, telles que celles dont oit
se sert en Périgord , en Poitou & autres Provinces,
qu'il vaut mieux, rhabiller à coups perdus, parce
que les rayons sur ces pierres molles, ne faisant
qu'applatir seulement le bled , la farine sort grasse,
& le son reste chargé de farine , a moins qu'on
ne fasse des rayons - très-fins , & à un pouce de
distance l'un de l'autre quoique ce rhabillagè
donne quatre fois plus d'ouvrage qu'un autre > je
le préfère. ?
Poitou & autres Provinces,
qu'il vaut mieux, rhabiller à coups perdus, parce
que les rayons sur ces pierres molles, ne faisant
qu'applatir seulement le bled , la farine sort grasse,
& le son reste chargé de farine , a moins qu'on
ne fasse des rayons - très-fins , & à un pouce de
distance l'un de l'autre quoique ce rhabillagè
donne quatre fois plus d'ouvrage qu'un autre > je
le préfère. ? . Il faut observer que les meules molles, piquées
à coups perdus, ne peuvent moudre que le bled.
seulement, & qu'il faut absolument, des rayons,
pour moudre les gruaux & pour en enlever la
pellicule; sans quoi la farine est grosse, molle,
compacte , mal évidée, suivant les. expériences qui
en ont été faites, en Périgord & en Poitou.. Les meules ordinaires., qui ont depuis;, cinq jusqu'à sept pieds, de diamètre, sur douze , quinze &
dix-huiE pouces d'épaisseur r durent environ trentecinq a quarante ans.. Cette durée des, meules dépend
toutefois de leur dureté, de la manière dont elles
ont été montées, rhabillées & soignées, de la
manière de moudre plus ou moins: gros enfin,
de là foxce des moulins, de lae qualité des grains:
& de l'intelligence, des Meuniers. Lorsque las:
meules ont tourné long-tems , & que leur épaifseur est considérablement diminuée, on les taille --- Page 70 ---
1 70 ] de nouveau, pour leur donner une surface opposé
p celle qu'elles avoient, & les faire servir de meules
gissantes encore plusieurs années. *
Ces détails prouvent combien il est essentiel de
ravoir rhabiller & rayonner les meules à proposa
& cet art est presque inconnu. ^: Ces détails , toutefois, ne concernent que là
mouture à blanc , qu'on nomme aussi mouture des
triches \ mais comme un Meunier doit savoir pratiquer toutes sortes de moutures, & travailler pour
les pauvres encore mieux què pour les riches,
j'indiquerai aux articles des différentes espèces
,de moutures, les différens rhabillages qui leur
conviennent. "
On a conseillé de piquer les meules en rond-,
en commençant le premier cercle a 1 œillard, en
continuant jusqu'à l'extrémité de la feuillure & en
laissant entre chaque cercle une distance égale. 1 Je n'approuve point ce rhabillage pour la monture économique, & je doute que ceux qui 4ont
conseillé en connoissent bien les procédés & les
Tésultats. Ma critique est fondée sur 'ce que par cette
rhabillure, les produits du bled rest eroient dans
les meules plus long-tems que par le rhabillage
en rayons du centre à la circonférence, & s y
-échausseroient. Ce rhabillage pourroit cependant être ton à --- Page 71 ---
t 11 1 - E + quelque chose ; mais ce n'est point ici le lieu d'eoi
parler.
• § i x. .Monture des Meules. : Avant de monter la meule giflante, il faut
bien dresser l'arbre tournant, c'est-à-dire, mettre
ks tourillons vis-a-vis l'un de l'autre. i Mettre la roue bien juste dans la reilliere au
faut de l'eau. Poser la meule gissante bien juste sur le béfroi. * Jetter un niveau sur les quatre faces, & un autre
tiiveau par le milieu de l'œillard, qui tombe j ufle
au milieu de l'arbre tournant, c'esl-à-dire , entre -
les deux tourillons.
dresser l'arbre tournant, c'est-à-dire, mettre
ks tourillons vis-a-vis l'un de l'autre. i Mettre la roue bien juste dans la reilliere au
faut de l'eau. Poser la meule gissante bien juste sur le béfroi. * Jetter un niveau sur les quatre faces, & un autre
tiiveau par le milieu de l'œillard, qui tombe j ufle
au milieu de l'arbre tournant, c'esl-à-dire , entre -
les deux tourillons. Prendre garde que la meule giflante ne soit
enfoncée dans les enchevêtrures, ce, qui feroit
$ ougir la farine.. - Monter la boîte & les boitillons qni doivent
contenir la fusée dans l' œillard du gîte : prendregarde que la boite soit bien droite dans le milieu
de la meule gissante. Après avoir monté les boîte & boitillons, &
mis la fusée dans le plein milieu de l'anille de la ,
tneule courante, on dresse le rouet, & l'on essàye
«quelques tours pour faire engrener les dents bien
tgalemement dans la lanterne. Il faut faire ensorte
liue -le rouet pasle bien &c quÍl embrasse juste soa --- Page 72 ---
[72 1 fùscau, sans cela il cahotteroit *, ce cahottement
feroit pencher la meule & feroit un son dur.
On s'occupe ensuite de la meule courante , en
la supposant piquée & rayonnée sélon les principes
ci-devant expliques ; on la pèse, on la dresse de
niveau \ en la pesant, on examine si elle a 'des
lourds" c'est-a-dire, si. elle pèse plus d'un côté que
de l'autre , parce qu'elle peut être plus compa&e
d'un coté que de l'autre, ou parce qu'elle peut
avoir intérieurement de grands trous qui empêchent
l'égalité du poids. Les lourds occasionnent beaucoup d'inconvéniens ; i°. la pente qui fait user les meules plus
d'un côté que de l'autre*, i®. ils font étrangler la
fusée du haut en bas, c'est-à-dire, qu'ils l'usent
plus d'un côté que de l'autre par un plus grand
frottement, ce qui produit dans le bas de la, fusée
des lippes, lèvres ou rebords qui font soulever,
bourdonner & grener la meule en allongeant. Si
les lippes ou lèvres se trouvent dans le haut de la
fusée, elles portent sur les boitillons, elles échauf-
„ fent le fer & gênent rapprochement des meules. J
Pour connoître les lourds, on met la meule
courante sur un pointal r pour la contre-peser. Le Pointai est un morceau de fer en forme de
pain-de-lucre, qu'on met à la place du fer sur les
boitillons, & qui fait le chandelier à la place de
la fusée. On met ensuite dans l'œil de l'anille un --- Page 73 ---
['73 ] morceau de fer concave , en chandelier, qu'on y
assujettit. On y fait entrer de force un petit mor- ;
ceau de bois bien dur, dans lequel on fait un ,
trou-avec une tarière pour y faire entrer le bout,
du pointal \ alors on met la meule sur le pointal
& on le fait tourner pour voir de quel côté sont
les lourds.
chandelier à la place de
la fusée. On met ensuite dans l'œil de l'anille un --- Page 73 ---
['73 ] morceau de fer concave , en chandelier, qu'on y
assujettit. On y fait entrer de force un petit mor- ;
ceau de bois bien dur, dans lequel on fait un ,
trou-avec une tarière pour y faire entrer le bout,
du pointal \ alors on met la meule sur le pointal
& on le fait tourner pour voir de quel côté sont
les lourds. Quand on a remarqué les lourds, on y coule,
du plomb fondu ou du plâtre sur la partie la plus ^
légère., jusqu'a ce qu'elle soit égale en poids a
l'autre partie. -
On abbat les lippes que les lourds ont pu former sur la fusée quand les meules ont déjà tourné,,
car quand elles sont neuves il n'y a point de lippes,
& quand la fusée est tien arrondie, on la place
dans le plein milieu de la meule giflante, & on,
fait entrer le papillon dans le trou quarré de l'anille.
fixée à la meule courante; enfin, on fait faire
quelques tours à la meule pour vérifier s'il n'y a
plus de lourds. . Il faut que la meule gissante soit bien bordée -
de niveau sur les quatre faces, c'est-a-dire, qu'elle^
soit égale par les bords. Quelques Meûniers sont dans l'usage, en bor-.
dant les meules , de ménager deux lignes de pentesur l'anche, pour faciliter la chûte de la farine \
mais cette pente doit être presqu'insensible, & il
cst mieux de bien border les meules de niveau..
r --- Page 74 ---
[74 r Le bord de la meule giflante doit itre plur.
haut que les enehevetrures, ou les pièces de boisqai la soutiennent, dans lesquelles elle est encadrée & assujettie avec de la maçonnerie dans lesangles. ?■ • Il faut que la meule gissante soit boudiniert,
c'est-a-dire, convexe de trois ou quatre lignes aucoeur, en allant toujours en diminuant & venant
à rien à la fin de l'entre-pied. * La meule courante doit au contraire être jla.-
niere, c'est-a-dire, concave proportionnellement à
la: convexité de la meule gissante & dans la même
étendue, & pour que cela fasse plus d'effet, il faut
que la meule courante soit un peu plus concave
que la -giflante n'est convexe, afin de donner au
grain la facilité d'entrer dans les meules & qu'elles
puissent bien prendre le bled également. Pour mettre la meule courante en bon mou-»
il est essentiel de bien mettre l'anille dans
le plein milieu de la meule, sans cela elle cahotteroit & feroit la queue, cest-a-dire, qu'elle déborderoit, d'un côté. La meule courante, pour bien opérer, doit être
possée bien droite, excepté lorsque le moulin est
en-dessus \ alors le fer doit avoir un peu de pente
aValant-l'eau. Il faut au contraire que la pente du
fer foit à mont-Peau lorsque le moulin est endessous. Cette pente du fer n'est utile que pour
le plein milieu de la meule, sans cela elle cahotteroit & feroit la queue, cest-a-dire, qu'elle déborderoit, d'un côté. La meule courante, pour bien opérer, doit être
possée bien droite, excepté lorsque le moulin est
en-dessus \ alors le fer doit avoir un peu de pente
aValant-l'eau. Il faut au contraire que la pente du
fer foit à mont-Peau lorsque le moulin est endessous. Cette pente du fer n'est utile que pour --- Page 75 ---
■. •' [75 ] . soutenir le poids de l'eau lorsque les chevillés du
rouèt prennent les fuseaux de la lanterne & qu'il
s'agit de mettre le moulin en mouvement ; car
Chaque coup de rouet contre la lanterne, frappant
le fer par en-bas, redresse sa pointe par
& par conséquent la meule dans le sens oppole
oil le rouet frappe le fer. Il faut en même-tems
avoir attention que cette inclinaison du fer soit
proportionnée à la force -du mouvement du mou*-
lin, c'est-à-dire, qu'il faut incliner le fer de huit
i dix lignes pour un moulin de moyenne force on
qui moud 15 à 2*5 setiers en vingts-quatre heures,
& en supposant que le roûet & la lanterne marthent bien, car si leur marche est gênée, la pente
«doit être un peu plus lourde. En général, pour un
moulin qui marche très - bien, le fer doit avoir
%noins de pente, attendu qu'il ne fait point de
laut.' La plupart des Meuniers, Tous prétexte d'empêcher leur moulin de s'*échauffer , ouvrent trop
4eurs meules & ne leur font commencer a prendre
bled que vers la fin de l'entre-pied, où le grain
écoule entier sans avoir été cassé \ en conséquence,
la feuillure trouve a travailler tout-a-la-fois gruau,
son & farine, & le tout se fait m-al.
- Si dans les meules il n'y avoit que la feuillure,
qui dût travailler, il seroit inutile de leur donner
six pieds deux ou trois pouces de diamètre. * --- Page 76 ---
:• [76] ' La meule doit faire à la fois trois opérations
.de mouture; en sortant des bras de l'anille &c
à quelques pouces plus loin, la meule doit commencer à casser le bled, c'est l'ouvrage du cœur;
ensuite le bled se rasine à l'entre-pied qui fait le
gruau; enfin, il tombe à la feuillure, qui ne fait plus
quecurer, rouler le son & faire la, fleuri
L Lorsque chaque partie de la meule fait ainsi son
ouvrage, un moulin va toujours en allégeant : il
faut cependant observer, 10. qu'un moulin qui va
très-fort doit être un peu. plus ouvert & en proportion de sa force, afin d'empêcher qu'il s'échauffe :
2°. que si le moulin est très-fort, & les meules
très-ardentes, il est a propos qu'elles commencent
à casser le bled un peu plus. loin de Manille que
dans un moulage plein, sur-tout lorsque l'on veut
faire des farines très-blanches % par ce moyen, le
bled n'est pas tant haché, ni le gruau rougi, ni
.la farine piquée de son. •
sa force, afin d'empêcher qu'il s'échauffe :
2°. que si le moulin est très-fort, & les meules
très-ardentes, il est a propos qu'elles commencent
à casser le bled un peu plus. loin de Manille que
dans un moulage plein, sur-tout lorsque l'on veut
faire des farines très-blanches % par ce moyen, le
bled n'est pas tant haché, ni le gruau rougi, ni
.la farine piquée de son. • , Là meule courante, en tournant, fait deux
.mouvemens a J a fois : en tournant sur son pivot,
elle hausse & baisse alternativement, parce que le
palier sur lequel porte son pivot est élastique & fait
l'effet du ressort; il fléchit & fait fléchir la meule
lorsqu'elle écrase le bled , il se relève & relève la
meule lorsque le bled est écrasé ; en même-tems la
vîtesse de la meule agite fortement l'air, qui chasse
la farine hors des meules. --- Page 77 ---
r 77 1 Lorsque la meule courante est un peu trop ardente , on peut en diminuer l'ardeur en garnissant
les trous avec un mastic de chaux-vive & de farine
de seigle délayés ensemble; le moulin affleurera
mieux, c'est-a-dire, fera une'farine plus allongée,
plus douce au toucher. La farine courte est, celles
qui . est dure au tad ; on l'éprouve encore plus sû- *
rement en en faisant un peu de. pâte avec de l'eau.
dans le creux de la main *, si la pâte s'étend aisément, la farine est bien allongée; si elle se casse
& se désunit facilement, alors la farine est courte.
Toute farine allongée fait toujours blanc; la fa-;
rine courte sait rouge & né se conserve point ,
(on œil rouge vient des particules de son qui s'y.
font mêlées. i
- Pour faire une" bonne mouture, il faut quer
chaque coup de meule enlève -l écorce du bled ^
ians y laisser de farine. i La mouture fera à son plus haut point de per-î
section , si Ton parvient à ne faire pour. un grain
de bled qu'une seule écaille de son écorce, sans y
laisser aucune farine. ' ' .. î
Les meules des petits moulins , & sur-tout les
meules gissantes, ne doivent pas être si ardente?
que celles des grands moulins, parce que ces meules
n'ayant point leur mouture, c'est-à-dire, venant
à manquer de bled, font sujettes a grogner si elles
sont ardentes*, elles cachent le son, & il tache
la farine. --- Page 78 ---
[ 78 1 § X. Du nétoyage des Grains. Le nétoyage des grains , qui doit précéder
leur mouture , s'opère par quatre efpcccs de
cribles , lavoir \ le crible normand , le crible cylindrique, le crible allemand & le tarare ou ventillateur. Le Meunier économe qui fabrique des farines
pour ion compte ou pour les vendre , doit faire
usage de ces cribles, si son bled n'est pas nétoyé ;
mais, pour économiser la main-d'œuvre , il faut
que le même moteur qui sait tourner les meules,
fafse auili tourner & mouvoir ces cribles, & pour
Cet effet, il faut que Ion moulin ait un étage fupérieur dans lequel ces cribles soient places.
allemand & le tarare ou ventillateur. Le Meunier économe qui fabrique des farines
pour ion compte ou pour les vendre , doit faire
usage de ces cribles, si son bled n'est pas nétoyé ;
mais, pour économiser la main-d'œuvre , il faut
que le même moteur qui sait tourner les meules,
fafse auili tourner & mouvoir ces cribles, & pour
Cet effet, il faut que Ion moulin ait un étage fupérieur dans lequel ces cribles soient places. Si je recommande cette pratique aux Meuniers
qui fabriquent pour leur compte, ce n'efl pas que
ceux des moulins banaux ne doivent suivre également ces conseils \ mais ils croyent avoir plus d'intérêt à hâter le moulage qui, bien ou mal fait le
leur elt également payé; au lieu que les Fabricans
& Marchands de Farine sentent l'intérêt qu'ils ont
à les perfectionner. Dans le commerce on distingue trois qualités de
bled , savoir \ bled de la tête , bled d:L milieu,
bled de lu dernière qualité. --- Page 79 ---
f 79 I . Les deux premiers cribles divisent le bled en c$$
trois qualités. • K -• En supposant donc qu'on ait acheté ou récolté
du blèd salè), voici comment on le nétoyera.
On fait d'abord usage du crible normand , il est de
forme ronde, le fqnd est une peau percée de trous
plus petite qu'un grain de beau froment. Pour en
faciliter l'Usage , on le suspend avec deux ficelles
attachées aux extrémités de son diamètre. Ce crible ne conserve que le gros grain, &
kisTe aller le plus petit, ainsi que les mauvaises
,graines. Ainsi, le tas formé par ce crible ne sert
-qu'à faire de petites farines bises de dernière qualité , dont les Cultivateurs se nourriiTent, tant ils
'sont pauvres, & dont ils nourriront leurs volailles
lorsqu'ils pourront, sélon 1$ vœu d'Henri IV,
avoir la poule au pot. - Un autre avantage de l'usage de ce crible, cest
que le coup de poignet fait venir du bord au-dessus
du bon bled, la paille, les bouses, le bled mort,
rergot & la cloque, c'est-à-dire, l'enveloppe du
bled charbonné, dont la poussière fétide nuiroit 4 .
la qualité des farines & à la salubrité du pain, Se
par conséquent à la santé. Lorsque le coup de poignet a rassemblé toutèsl
ces saletés au-dessus du bort grain, parce qu'elles
sont plus légères que lui, on les enlève à la main.r
; Le Marchand de Farine &. le Boulanger , qui * --- Page 80 ---
[ 80 1 achètent le bled tÓut, nétoyé, peuvent se passet de
ce crible, & les cribles suivans peuvent leur suffire. ' Après cette opération, on verse le grain qui n'a
pu' passer par le crible normand , dans un crible
'd'Allemagne. Ce crible est composé d'une trémie dans laquelle
r on verse le grain, qui së répand pétit à petit en
rnappe sur un plan incliné d'environ 45 degrés,
N formé de fils d'archal rangés parallèlement & assez
-près les uns des autres pour que les meilleurs
: grains ne puissent pas passer au travers. Les mauvais grains tombent sur un cuir tendu à trois pouces
-de distance sous le' crible, & se rendent dans une
chaudière que l'on place dessous.
é d'une trémie dans laquelle
r on verse le grain, qui së répand pétit à petit en
rnappe sur un plan incliné d'environ 45 degrés,
N formé de fils d'archal rangés parallèlement & assez
-près les uns des autres pour que les meilleurs
: grains ne puissent pas passer au travers. Les mauvais grains tombent sur un cuir tendu à trois pouces
-de distance sous le' crible, & se rendent dans une
chaudière que l'on place dessous. t Ensuite le grain est verte dans un bluteau cy"
lindrique. C'est un grand cylindre de 2 ou 3 pieds
de diamètre, garni alternativement de feuilles de
: tôle piquées comme une -rape a sucre, & de fils
.d'archal, posées parallèlement pour laisser passer
les immondices & les graines plus menues que le
1 froment. Il est plus avantageux de piquer les euilles
de fer-blanc une ligne d'un côté & une de l'autre
: côté, afin qu'elle rape des deux côtés. On verse le
grain dans un trémie d'où il coule dans ce cylindre posé en pente qu'on fait tourner avec une
r manivelle. Dans le trajet du cylindre, le bled est
gratté par les râpes ; la poussière & les petits
: grains sortent par les 'grilles de fil d'archal , &
le --- Page 81 ---
[ Si ] F bled sort clair & propre par l'extrémité du cy*
lindre, & tombe dans la trémie d'un tarare. 3?. Le tarare ou ventillateur est un instrument
très ingénieux ; pour s'en faire une idée claire ,
qu'on se figure un homme faisant tourner avec la ..
manivelle une roue dentée en hérisson , laquelle
^ engrène dans la lanterne qui est placée au-dessus,
& qui fait tourner très-vîte les aîles & la petite
roue cochée qui, par le lévier , fait tremousser le
crible supérieur» Un autre homme verse dans la -
trémie du froment qui coule peu-a-peu sur le
Crible supérieur , un peu incliné vers l'avant. Ce
crible, en trémoussant continuellement, tamise le
grain en forme de pluie \ il traverse , en tombant,
un tourbillon de vent occasionné par les aîles i
& tombe sur un plan incliné où il y a un second
crible qui sépare le gros grain du petit. < Pour mieux faire connoître cet instrument ,
nous ajouterons ce qui suit. On met le froment:
dans la trémie , il en sort par une petite ouverture à coulisse ; au sortir de la trémie , le grain
se répand sur un premier crible, fait en maille v
de laiton , assez large pour que le bon grain puiflç
y passer. Ce crible se hausse. & se baisse à vo..
lonté par le moyen de la roue dentée ; il reçoit Inn
mouvement de trémoussement par un levier brisé.,
auquel il est attaché , & donc le bout inférieur /
appuyé sur les coches ou dentures de la roue , est --- Page 82 ---
[ 82 ] «narbtée à l'extrémité de l'essieu qu'on fait tourner
-avec , la manivelle. - Le trémoussement fait couler le grain peu à peu;
les corps étrangers, trop gros pour passer au travers
des mailles , tombent par une extrémité en forme
de nappe, sur un plàn incliné , qui les jette dehors.
Ce qui a pasle par le crible supérieur tombe en
forme de pluie sur un autre plan incliné, d'environ
45 degrés , où le grain trouve une autre grille ou
treillis de fils d'archal, dont les mailles sont un
peu plus étroites que celle du premier % afin que
N le petit grain puisse tomber sous la caille, tandis
que le plus gros se répand derrière le crible.
forme
de nappe, sur un plàn incliné , qui les jette dehors.
Ce qui a pasle par le crible supérieur tombe en
forme de pluie sur un autre plan incliné, d'environ
45 degrés , où le grain trouve une autre grille ou
treillis de fils d'archal, dont les mailles sont un
peu plus étroites que celle du premier % afin que
N le petit grain puisse tomber sous la caille, tandis
que le plus gros se répand derrière le crible. Sur un des côtés de la caisse est une manivelle
qui fait tourner une roue dentée , laquelle engrène
dans une lanterne fixée sur l'essieu, faisant mouvoir
à son extrémité la petite roue cochée qui imprima
le trémoussement aux cribles. Le grand essieu,
qui tourne très vite, au moyen de la lanterne ,
porte aussi 8 aîles , formées de planches minces,
qui font en tournant un vent considérable , qui
châsse toute la poussière , la paille & les corps
légers qui se trouvent dans le grain. Quelques Meuniers suppriment le crible d'Allemagne & le bluteau cylindrique , & se contentent
du ventilateur. Le criblage &: nétoyage du grain en augmenteroit la valeur s'il devoit &tre fait a main d'hommes ; --- Page 83 ---
[ 83 ] F 1 mais on peut faire mouvoir ces cribles par la
même force motrice qui fait tourner la roue du
Moulin & en même-tems, ensorte que le même
moteur nétoye le grain , le moud & jblute en
même - tems la farine , airisi qu'on le verra ci-.
après. , Pour ces effets , on adapte à l'extrémité d'un
arbre de couche ou horisontal, d'environ trois à
quatre pouces de gros , faisant un angle droit avec
le grand arbre tournant du Moulin , une petite
lanterne de dix-huit à vingt pouces de diamètre ,
plus ou moins , suivant la force du Moulin, afinque les fuseaux -de cette lanterne , prenant les
dents du Rouet, faisent tourner l'arbre de couché ,
dans lequel sont emmanchées trois poulies dans
. lesquelles on passe des cordes sans fin qui correspondent aux poulies de's cribles & des bluteaux. Ces poulies peuvent se prendre duns une même
tourte de bois d'orme j quand la bluterie a son
gras est directement sous le tarare ; lorsqu'elle
n'y est pas, on place sa,poulie sur l'arbre de couche,
au droit de ladite ' bluterie , avec des poulies de
renvoi. Les poulies de l'arbre de couche doivent
être , autant qu'il est possible , directement au
dessous des poulies adaptées aux autres machines
qu'elles doivent mettre en mouvement *, car, si
ces poulies ne pouvoient pas être placées directement les unes sous les autres, il faudroit abso. --- Page 84 ---
[ 84 ] lurnent se servir de poulies de renvoi, pour regagner da perpendiculaire , ce qui est très-facile. La poulie d'en bas du tarare peut avoir trente
pouces de diamètre , & celle qui est emmanchée
dans le tourillon de l'arbre tournant du tarare, doit
avoir douze pouces de diamètre ; celle de l'arbre
de couche , destinée à faire mouvoir -le cylindre
de fer-blanc , doit avoir vingt^quatre pouces de
diamètre -, & celle emmanchée dans le bout de
Farbre tournant dudit cylindre de fer-blanc , 28
pouces. On peut faire cette dernière poulie d'une
tourte plus épaisse, âiin d'y ménager une seconde
poulie d'e renvoi, qui ira faire tourner le grand
crible de fer posé en sens contraire :de celui de
fer-blanc.
à faire mouvoir -le cylindre
de fer-blanc , doit avoir vingt^quatre pouces de
diamètre -, & celle emmanchée dans le bout de
Farbre tournant dudit cylindre de fer-blanc , 28
pouces. On peut faire cette dernière poulie d'une
tourte plus épaisse, âiin d'y ménager une seconde
poulie d'e renvoi, qui ira faire tourner le grand
crible de fer posé en sens contraire :de celui de
fer-blanc. - La poulie , qui fait tourner la bluterie, doit
avoir 22 pouces de diamètre , & celle qui sera
emmanchée dans le bout de l'arbre tournant de
ladite bluterie , doit avoir- 26 pouces de diamètre. Tous ces " diamètres & mesures peuvent varier
felon la force & la différence des Moulins -, des
machines & des mouvemens *, mais ce qu'il est
essentiel d'observer , c'est que la grandeur des
poulies doit être calculée suivant la force des
Moulins , & que les cribles & bluteaux cylindriques doivent faire z5 à 30 tours par minute. Si les cribles cylindriques vont trop fort ou trop
doucement, ils criblent, mal. --- Page 85 ---
. [85] .., F 3 -Le tarare doit faire So a 1O0 tours par minute,
s'il va plus vîte , il chasse le bon bled avec les
criblures ; s'il va plus doucement * il ne nétoye pas
bien le bled. . En général , si le mouvement est trop rapide,
il faut tenir les poulies plus grandes, en haut, ou
diminuer celles du bas , cela rallentira le mouvenient. Si le mouvement au contraire est trop lent,
on diminue la poulie d'en haut, ou F on en mettra
de plus grandes en bas. Les poulies doivent être
faites en pattes d'écrevisse } c est - a - dire que la
rainure doit être large d'entrée, & aller toujours
en diminuant, afin que les cordes serrent mieux,.
& tournent plus facilement. r Il faudroit aussi Remployer que des cordes qui
eussent déjà servi ; elles sont moins dures &
tournent plus rondement. Les cordes se raccourcissent dans les tems humides , & s'allongent dans les tems secs. Pour
remédier a ces inconvéniens , on met au bout d\me
corde une patte de cuir de Hongrie, & une longé
" de même cuir à l'autre bout ; par ce moyen , on
allonge ou raccourcit les cordes suivant le tems. Si Le tarare ne tourne point assez vîte , on
raccourcit les cordes v s'il va trop vîte , on les
rallonge. - Cet arrangement est préférai-de , sans compataison , aux rouages & aux petits hérissons qu'on --- Page 86 ---
-[ Sb') pourroit employer dans ces cas , parce que les
poulies coûtent bien moins , durent plus, & sont
faciles à faire , à conduire &.à entretenir , au
lieu qu'il faut un habile Charpentier Méchanicien
pour exécuter un hérison qui est-sujet à se démanger, plus difficile à conduire, & parce qu'enfin ,
avec des cordes & des poulies qui coûtent environ
448 liv. , on fait autant d'ouvrage qu'avec dés
hérissons qui coûtent vingt- à trente louis.
poulies coûtent bien moins , durent plus, & sont
faciles à faire , à conduire &.à entretenir , au
lieu qu'il faut un habile Charpentier Méchanicien
pour exécuter un hérison qui est-sujet à se démanger, plus difficile à conduire, & parce qu'enfin ,
avec des cordes & des poulies qui coûtent environ
448 liv. , on fait autant d'ouvrage qu'avec dés
hérissons qui coûtent vingt- à trente louis. Telle est en général la méthode du nétoyagè
des grains , si négligé par les Laboureurs , excepté
'ceux de la Brie, de la Beauce, de l'Isle de France
de la Picardie. Voyons maintenant les procédés du blutage
puisqu'ils se lient avec ceux du nétoyage des grains. § x 1. Procédés du Blutage. . r Que les grains soient parfaitement nétoyés, que
les meules soient dé bonne qualité, qu'elles soient
bien rayonnées , bien " montées, bien dressées-, que
leur mouvement soit régulier, cela ne suffit poin4
il faut que le blutage soit aussi parfait, c'est lui
qui donne à la mouture économique le degré de
perfedion qui la distingue de toute autre mouture. Il y a déjà un grand nombre de Motfiins économiques , mais la plupart pêchent par le blutage^ --- Page 87 ---
i 87 1 F * dont l'art est encore généralement inconnu. Tâchons d'en parler d'une manière instructive. Il ne faut pas que le blutage commande le
Moulin en allant trop vite ou trop lentement. Il
faut que les bluteaux tamisent la même quantité
de farine que les meules en font. Si le bluteau
ne tamise pas aussi vîte que le Moulin moud, il
faut relever l'auget de la trémie, pour empêcher
qu'il ne tombe tant de bled dans les meules ; alors
les' meules n'ayant plus une nourriture suffisante,
ou manquant de bled, le son se broie tres-fin, se
mêle à la farine, la rougit, la rend bise & ,
mauvaise. , - Si au contraire le bluteau tamise plus vîte que
îe Moulin ne fournit, il tamise trop sec & laiile
JpasTer du son avec la fleur. Il est donc très-essentiel que les bluteaux répondent à la finesse de leur étamine & à la force
du Moulin v il est très-essentiel que les bluteaux
& les meules soient d'un accord parfait. En général, pour le blutage., il faut examinera
10. Si. le babillard du bluteau supérieur n*est
éloigné du tourillon de l'arbre tournant que de
6, 8 à i o pouces au plus. ■ 20. Si la bluterie déchiroit les bluteaux, ou s'ils
blutoient trop fort, il faudroit débrayer la boîte
ou la baguette, pour rallentir & diminuer leurs
coups. --- Page 88 ---
[ 88 J Débrayer & rembrayer, c'est serrer plus Ott
moins la barre sur la croisée, ou serrer la baguette
plus ou moins près de la huche du côté de la
croisée. En général, plus on blute & plus on fait de
farine blanche ; mais pour bluter, il faut que les
gruaux soient fermes, autrement ils s'engraissent,
au lieu que les bluteries. ôtent aisément les rougeurs.
uer leurs
coups. --- Page 88 ---
[ 88 J Débrayer & rembrayer, c'est serrer plus Ott
moins la barre sur la croisée, ou serrer la baguette
plus ou moins près de la huche du côté de la
croisée. En général, plus on blute & plus on fait de
farine blanche ; mais pour bluter, il faut que les
gruaux soient fermes, autrement ils s'engraissent,
au lieu que les bluteries. ôtent aisément les rougeurs. La bluterie est encore d'une grande utilité lorsqu'il y a des recoupes qui sont dures, ce qui est
souvent occasionné par une rhabillure trop foncée,
ou par la nature du bled. Le plus sur moyen pour avoir du blanc est de
sasser les gruaux gris, pour en ôter les rougeurs
avant de les moudre *, quand ces. rougeurs ont été
separees, on peut ensuite dans le moulage approcher les meules tant qu'on veut, pour atteindre
les petits gruaux qui ont échappé aux premières
moutures. Le premier lés de la bluterie fait en dernier
travail un gruau clair & fin, qu'on peut mêler
en sécond. Le sécond lés fait un second gruau, qui est bon
pour le pain bis-blanc, & une partie du reste
pour le bis. Au lieu qu'avec le dodinage les gruaux
restans du remoulage sont bien plus rouges & ne
peuvent plus être employés qu'en bis. Lorsqu'on veut remoudre les recoupes en em-" --- Page 89 ---
[ 89 ] ployant un dodinage, on est obligé d'approcher le
Moulin, ce qui le fatigue beaucoup & rougit beaucoup la farine qui provient de ces recoupes , au
lieu que par le moyen d'une bluterie, le Moulin
va toujours en allégeant, sans que l on remette
les rougeurs sous la meule, ce qui fait la farine
des recoupes bien plus claire. y
On trouve encore par le remoulage , au premier
lés de la bluterie, de petits gruaux bons a mettre
en bis-blanc, & le reste en bis , ce qui avantage beaucoup un Moulin , parce que rip^giÇgf^
& qu'on ne remoud que ce qui bton a
dre. Il est vrai que cette méthofc We
évaporations mais on en est
mage par la qualité & quantité des ent JJeurs, il ne faut pas perdre de vue qu'on n'entend
parler ici que d'un Moulin a blanc ; car pour un
Moulin a bis ou a bis-blanc, le dodinage suffit, ÔC
on peut tirer par son usage la totalité des farines. Lorsqu'on se sert d un dodinage, les gruaux, &
sur-tout les séconds, sont souvent mêlés de rougeurs que la bluterie sépare exaâement ; & quand
on fait remoudre ces " gruaux, qui sont durs &
petits, on est obligé d'approcher les meules pour
pouvoir les remoudre, & l'on rougit la farine en
pulvérisant les rougeurs que le dodinage a mêlées
aux gruaux bis, ce qu'on évite avec la bluterie.
un dodinage, les gruaux, &
sur-tout les séconds, sont souvent mêlés de rougeurs que la bluterie sépare exaâement ; & quand
on fait remoudre ces " gruaux, qui sont durs &
petits, on est obligé d'approcher les meules pour
pouvoir les remoudre, & l'on rougit la farine en
pulvérisant les rougeurs que le dodinage a mêlées
aux gruaux bis, ce qu'on évite avec la bluterie. Sans rejetter le dodinage, on est assure par --- Page 90 ---
190 1 l'expérience , que la bluterie fait les gruaux plus
clairs. Quelques Meûniers se servent d'abord diL
dodinage pour dégraisser les Cons gras, & ensuite
d'une bluterie, & cette manière de travailler est.
très-bonne. J'ai blâmé précédemment la méthode de ceux
qui préfèrent les bluteaux de soie à ceux d'étamine,
mais il s'agissoit alors du bluteau supérieur qui ,
dans tous les cas , doit être de laine , parce qu'il
ëst destiné à tamiser la fleur de farine de bled ,
qui gommeroit la soie. Ici au contraire il ne s'agit
que du bluteau inférieur pour les gruaux & recoupes , dont ie bluteau supérieur a ôté la fine
fleur de farine , grasse par elle-même , & qui a
besoin d'une forte secousse pour être bien blutée y
au lieu que la bluterie cylindrique suffit pour les
gruaux secs & les sons durs. D 'ailleurs les soies , quintins ou canevas des
cylindres a gruaux doivent être plus ouverts que
ceux qu'on emploîroit à tamiser la farine de bled ,
&, par cela même, ils sont moins sujets à s'engraisser. Ceux qui ont un emplacement assez grand y
feront bien de laisser fermenter le son gras avant
de le passer aux bluteries du magasin d'en haut,
qui font mis en mouvement par les poulies dont
j ai parlé ci-devant, & , si l'emplacement le permet y
on fera bien d'avoit deux bluteries au - dessus. --- Page 91 ---
[ 91 1 1rune de l'autre ,1e gruaux se sépare mieux, & le
son reste plus sec. La théorie & la pratique que, je viens de décrire , conviennent à tous les Meuniers, & ils me
peuvent faire une bonne mouture sans les pratiquer ;
mais les points capitaux,, qui distinguent la mouture économique de toute autre , consistent en
trois opérations essentielles } savoir : 1°. a bien
nétoyer les grains avant de les moudre ; -2°. à
broyer les grains convenablement } 3°. à bien
séparer , par les différens bluteaux, les farines des
sons , recoupes & gruaux, pour pouvoir remoudré
ces derniers séparément & a-propos , ainsi que je
l'ai déjà dit & qu'on le verra dans le Chapitre
suivant. J § XII. - Développement des Procédés de la Mouture
économique. Le premier procédé consille a cribler & netoyet
le bled avant qu'il tombe dans la trémie da
meules. Le sécond, à le moudre de manière qu'il ne
puisse ni s'échauffer , ni contraéter aucune mauvaise
qualité , ni souffrir trop d'évàporation & de déchet
- Le troisieme , a-bluter en même-tems que les
t --- Page 92 ---
-1 [ 92- 1
Procédés de la Mouture
économique. Le premier procédé consille a cribler & netoyet
le bled avant qu'il tombe dans la trémie da
meules. Le sécond, à le moudre de manière qu'il ne
puisse ni s'échauffer , ni contraéter aucune mauvaise
qualité , ni souffrir trop d'évàporation & de déchet
- Le troisieme , a-bluter en même-tems que les
t --- Page 92 ---
-1 [ 92- 1 meules travaillent pour séparer les divérses qualités de farines & de gruaux. - Le quatrième, a remoudre les différens gruaux
pour en tirer de nouvelles farines. ' La première Opération du nétoyage des bleds
se fait en transportant les sacs au second étage
du Moulin , où sont les cribles. Deux Ouvriers,
l'un en bas l'autre en haut , font tout ce service.
L'un, ayec une brouette, mène les sacs jusqu'au
pièd du mur du Moulin , & dessous la croisée
du grenier par. où le sac doit entrer ; le sac arrivé r
il l'attache au crochet du cable qui doit l'enlever.
Aussi-tôt l'Ouvrier qui est en haut, en tirant une
corde , fait engrener dans un rouet la lanterne
d'un treuil qui monte sur le champ le sac attaché
au cable ; lorsqu'il est arrivé à la croisée du
grenier, l'Ouvrier lâche la corde pour désengrener
la lanterne ; il détache le sac , &: le vuide dans
le gr enier. Le bled est criblé deux fois -, la première , dane
le crible normand à la main, & le résidu de
cette criblure forme la derniere qualité du bled.
La seconde fois , dans le grand crible cylindrique
qui nétoie encore le grain, & le separe en ses
deux autres qualités , l'une dite tête du bled, &
J'autre bled dit milieu. Ensuite il coule à travers
le plancher par un conduit , dans la trémie du --- Page 93 ---
t 93 1 tarare , où il esi éventé par les aîles du ventillateur
qui le nétoie en chassant la poussière , les pailles ,
la cloque , les, grains légers ou rongés par les
insectes, & sépare , par [es grilles , la plupart des
grains étrangers. Enfin il tombe pur &: net dans
la trémie des meules. Le nétoyage des grains peut se faire a peu de
frais, ainsi que je l'ai dit ci-devant , & doit se
faire au Moulin , s'il n'a pas été fait au grenier
ni dans la grange. La jèconde Opération confilie à moudre le .
grain sans échauffer la farine. Les meules entre lesquelles le bled est introduit ^
sont piquées en rayons réguliers pelles font dressées •"
selon la méthode ci-devant prescrite pour les
mettre en bon moulage \ ces meules bien montées .
& bien dressées , vont toujours en allégeant. Leur
piquure, plus fine que celle des meules ordinaires ,
fabrique mieux la farine , sans couper le grain ,
ni hacher le son. A quelques pouces de l'anille >
le bled commence à être conCassé, au milieu de
l'entrepied , se font les gruaux \ enfin la feuillure
affleure la farine, & écure le son.
-devant prescrite pour les
mettre en bon moulage \ ces meules bien montées .
& bien dressées , vont toujours en allégeant. Leur
piquure, plus fine que celle des meules ordinaires ,
fabrique mieux la farine , sans couper le grain ,
ni hacher le son. A quelques pouces de l'anille >
le bled commence à être conCassé, au milieu de
l'entrepied , se font les gruaux \ enfin la feuillure
affleure la farine, & écure le son. Comme on doit remoudre les différens gruaux ;
on n'est point sorcé de ferrer ni de rapprocher
les meules , comme dans la méthode ordinaire où
l'on veut tirer tout le produit par une seule- --- Page 94 ---
[ 94 1 mouture. Ici au contraire le premier moulage est
fort gai, la farine qu'il produit n'est point échauffée,
& conserve toute sa qualité. j
Par la troisième Opération, on tamise la farine,1
& l'on répare tes- gruaux- en même-tems que l'on
moud, en accordant le blutage avec le moulage,
suivant les principes expliqués ci-devant, asin que
le bluteau débite ni plus ni moins que les meules. La farine , mêlée avec ses gruaux, son & recoupes 1 tombe, au sortir des meules, par l'anche
dans le premier bluteau placé dans la partie supérieure de la huche. Le bluteau reçoit son mou-'
vement de la batte qui, en frappant sur les bras
de la croisée placée sur la lanterne , fait agir le.
babillard & la baguette attachée au bluteau. La farine, qui pasle par le bluteau, tombe dani
la huche ; elle est d'une grande finesse, & a
toute sa perfedion ; on la nomme farine de bled,
parce qu'elle est produite par la mouture sur bled,
ce qui la distingue de la farine de gruau \ elle
va à peu près à la moitié du produit. Le resta
du gruau moulu se nomme le son gras ; il sort par
le bout inférieur du premier bluteau , & tombe,
par un conduit, dans un second nommé dodihagc,
qui est plus gros 6c plus lâche que le précédent \ il
est ordinairement composé de différentes grosseurs
d'étamine ou canevas, qui divisent sa longueur en
trois parties égales. --- Page 95 ---
t 95 ] 1 Pans le Moulin entièrement monté sélon la
méthode économique , au lieu d'un dodinage on
emploie une bluterie cylindrique qui est préférable ,
en ce qu'elle fait un plus beau gruau que ce dodinage. Cette bluterie s'emploie de même , & pat
préférence pour bluter les sons gras, ainsi que je
l'ai dit ci-devant 5 elle eH garnie par tiers de
soie ronde, d'un quintin & d'un canevas. Cette
bluterie tourne par lé moyen d'un hérisson dont
les dents s'engrènent dans les. fuseaux de la petite
lanterne qui termine l'axe de la bluterie cylindrique , ou par des poulies. Il doit sortir trois gruaux des divisions du
bluteau inférieur , soit dodinage , soit bluterie
cylindrique ; la première est le gruau blanc qui
se trouve à la tête du bluteau } la deuxième ,
le gruau gris qui se prend dans le milieu , &
la troisiëme, les rècoupes à l'extrémité du blu-4.
teau. La' quatrième Opération conlifie 'à remoudre
les. diffèrens gruaux pour en tirer de. nouvelles
farines.
trois gruaux des divisions du
bluteau inférieur , soit dodinage , soit bluterie
cylindrique ; la première est le gruau blanc qui
se trouve à la tête du bluteau } la deuxième ,
le gruau gris qui se prend dans le milieu , &
la troisiëme, les rècoupes à l'extrémité du blu-4.
teau. La' quatrième Opération conlifie 'à remoudre
les. diffèrens gruaux pour en tirer de. nouvelles
farines. Après que les blureaux ont séparé toutes les
qualités , & que le Meunier à mis à part la farine de bled y il rengrène les gruaux blancs trois
fois séparément des autres espèces de gruaux, &
toujours de la même façon ; mais en ne faisant - --- Page 96 ---
[ 96 J Communément usage dans tout le reste des opérations que du premier bluteau. ► Je dis communément, parce que les Meûniers,
qui visent à une grande qualité de blancheur ,
laissent encore passer à chaque opération les gruaux
à travers les bluteries cylindriques ou le dodinage y
pour en extraire les rougeurs ou les parties de
son qui s'y trouvent i d'où il résulte que la seconde
x & troisième farine de gruau font bien plus claires. Le premier rengrenage du gruau donne une
farine supérieure en qualité à la farine de bled ;
on nomme cette farine de premier gruau blanc
bourgeois, pour la distinguer de la farine de bled
qu'on nomme le blanc ; ce blanc n'est pas plus fini
que le blanc bourgeois, mais celui - ci a plus de
corps & de saveur. Le second rengrenage du reliant du premier gruau
produit une farine d'une qualité un peu inférieure
à la précédente , & le troisième rengrenage donne
une farine encore au dessous , mais sans mélange
de son , parce que le gruau blanc n'en a point. Le gruau gris se rengrène séparément , & se
moud légèrement pour en extraire , par un tour
de bluterie, les rougeurs ; de manière que la tête
' de cette bluterie peut rentrer avec le gruau blanc
sous les meules. Enfin le reste du. gruau gris , après avoir été
repaslis --- Page 97 ---
[ 97 ] G ' repassé fous la meule, donne une farine bise , mais
purgée de son, par l'attention qu'on a de moudre
les gruaux gris légèrement la première fois , &
d'en extraire le son par la bluterie. Les farines de bled des premiers & seconds
gruaux v mêlées ensemble , forment le pain blanc
de quatre livres, qu'on vend à Paris. Les recoupes se rengrènent de même séparément une seule fois , & produisent une farine bise
égale a-peu-près à la deuxième qualité du gruau
gris , & toujouts sans mélange de son. Comme
il tombe, à chaque opération du blutage , de gros
gruaux qui ont échappé à la meule , on les ramasse
encore pour les remoudre; c'est ce qu'on nomme
remoulage de gruaux. Il résulte de la mouture des derniers gruaux , un petit son qu'on nommejteurage. Pendant ces différens moulages , il faut être
attentif a fixer Paillette des meules , à en diriger
les mouvemens avec égalité, à les faire approcher
plus ou moins , afin d'empêcher , dans tous les
cas, que la farine ne soit courte & échauffée ,
& pour qu'elle soit au contraire fraîche , allongée ,
& qu'elle produise un gros son doux. Pendant le premier moulage sur bled , il faut
avoir soin de tenir la meule courante un peu
haute ; c 'est-à-dire , de ne pas la serrer beaucoup ,
afin d'enlever la pellicule du grain , & de faire
galité, à les faire approcher
plus ou moins , afin d'empêcher , dans tous les
cas, que la farine ne soit courte & échauffée ,
& pour qu'elle soit au contraire fraîche , allongée ,
& qu'elle produise un gros son doux. Pendant le premier moulage sur bled , il faut
avoir soin de tenir la meule courante un peu
haute ; c 'est-à-dire , de ne pas la serrer beaucoup ,
afin d'enlever la pellicule du grain , & de faire --- Page 98 ---
i 98 ] 1 'de plus beaux gruaux ; il faut au contraire tenir
les meules plus ferrées lors de la mouture des
gruaux, vu que les parties sont plus petites &
plus dures. Cependant les meules bien rhabillées
demandent souvent à alléger un quart - d'heure
après avoir pris fleur. § xi 11. Récapitulation des changemens successifs quiprouve le bled pour donner ses divers produits
j par là mouture économique. En supposant un Moulin à eau de pied-ferme,
ayant des greniers au-dessus pour le nétoyage
des grains, le bled , après avoir été enlevé en sac
-dans l'étage supérieur , y est criblé & séparé en
ses trois qualités de tête de bled, bled du milieu,
bled de là derniere classe, par le crible normand , & le. grand crible cylindrique ; de-là il
est versé
10. Dans h trémie du tarare ou ventillateur qui
ren enlève la poussière & la balle , d'où il tombe
20. Dans le crible d'Allemagne incliné , au bas
duquel est un émpteux % de-là. 30. Dans la trémie des meules qui le verse par
- l'auget agité par le frayon 40. Dans l'œillard ou trou de la meule courante,
à travers les bras de l'anilie , d 'où il coule --- Page 99 ---
[ 99 ] G .2 Sur le cœur de la meule gislante où il se
brise. 6°. Ensuite dans l'entrepied des meutes , où il
s'affine & se forme en gruau ; de-la. 70. Dans la feuillure des meules où le gruau
s'affleure par l'écurage des sons , convettit
en farine ; de-là 8°. Dans l'anche où la mouture entière eii
chassée par le mouvement circulaire des meules ;
de-là °. Dans - le bluteau supérieur de la huche qui
sépare la sarine de bled du son gras ; la farine
tombe dans la huche, & le son gras 10°. Dans le dodinage ou dans la bluterie cv- -
lindrique qui distingue le son gras & ses. trois
gruaux & recoupes. 11°. Et enfin au bout du bluteau inférieur par
où sort le son maigre bien évidé de farine. Quand on a retiré ces divers produits du grain,
on met à part la farine de bled ou le blanc tiré
par le bluteau supérieur ; ensuite on prend le gruau
blanc pour le faire repasser sous les meules , & le
produit de ce premier gruau fait le même chemin
que le produit du bled ; il donne, par le bluteau
supérieur} une première farine bien supcrieure à
la première farine de bled \ on la nomme première
farine dé gruau. --- Page 100 ---
- f 100 ]
é ces divers produits du grain,
on met à part la farine de bled ou le blanc tiré
par le bluteau supérieur ; ensuite on prend le gruau
blanc pour le faire repasser sous les meules , & le
produit de ce premier gruau fait le même chemin
que le produit du bled ; il donne, par le bluteau
supérieur} une première farine bien supcrieure à
la première farine de bled \ on la nomme première
farine dé gruau. --- Page 100 ---
- f 100 ] Ce qui n'a pas passé à travers le bluteau supérieur se remet encore sous la meule pour le remoudre une feconde fois , & Fon obtient la seconde
farine de gruau , qui est un peu moins blanche que
la précédente. - Le résidu de cette seconde farine de gruau se
repasse une troisième fois sous la meule, lorsqu'on
veut tirer la plus grande quantité de blanc \ mais
ordinairement ce résidu se mêle avec le gruau gris,
ce qui forme une troisième farine de gruau moins
blanche encore que la seconde. On passe une seconde fois sous la meule le résidu
du gruau gris , pour avoir une quatrième farine
qui est bise, & l'on y mêle encore le produit des
gruaux 'bis & des recoupettes, qu'on remoud une
seule fois. Il reste, "à la fin de toutes ces opérations , un
petit son qu'on nomme fleurage ou remoulage de
gruaux , qui est bon pour empâter ta volaille. § XIV. Résultat des Produits de la Mouture économique. En exécutant tous les procédés de la mouture
économique , ainsi que je viens de les décrire ,
un setier de bon bled , pesant 240 livres , mesure
de Paris , doit donner communément en totalité --- Page 101 ---
[ 101 ] 1 G 3 'de farines tant bises que blanches , ci 175 a 180 liv,-
En Ton, recoupes &c issues, environ ) . * 55 En déchet - ^ * ") a 6
Poids égal à celui du bled.. 2.4.° liv. Si la bluterie supérieure separe bien les issues
du premier bluteau en trois gruaux , recoupettes &
- recoupes r alors ces différens produits montent en
détail, savoir : En fleur ou farine de bled 100 En farine de premier gruau^ . 40 I En farine de second gruau >eavir. 20 f En farine de troisième gruau j . 10 f 180 lV* '
En farine de remoulage de gruaux 1 * & recoupettes* . 10 J En son de différentes espèces. \ ° En dcfhet... » .. 5 ^ Poids égal a celui du bled , ci * . 240 liv. Par le remoulage dj toutes ces sortes de qualités , on fait ordinairement quatre espèces de
farine , ravoir : 1°. La farine de bled; ou' le blanc. 2°. La farine de rengrenage de premier gruau,
nommée blanc bourgeois. - 39. La farine de second gruau que, l'on mêle --- Page 102 ---
/1 t 102. ]
dcfhet... » .. 5 ^ Poids égal a celui du bled , ci * . 240 liv. Par le remoulage dj toutes ces sortes de qualités , on fait ordinairement quatre espèces de
farine , ravoir : 1°. La farine de bled; ou' le blanc. 2°. La farine de rengrenage de premier gruau,
nommée blanc bourgeois. - 39. La farine de second gruau que, l'on mêle --- Page 102 ---
/1 t 102. ] souvent avec le blanc bourgeois, quand le Meûpier. a eu assez d'adresse pour moudre légèrement
le gruau , .& pour. en :séparer les rougeurs. 4^3 La. farine bise qui résulte du mélange des fafines4es derniers gruaux, remoulages & recoupettes. Lésions restans se trouvent aussi de trois espèces,
savoir : le gros son , les recoupes & le petit son
ou fleurage. Il y a beaucoup de variations sur les déchets,
Fur-tout si les farines ont été transportées de 5 ,
10 , 115 ou 20 lieues , par la chaleur, qui , avec
les secousses dè la voiture , contribue beaucoup
aux déchet's; souvent a'usTi l'erreur vient de l'inexactitude de la pesée , de du retard après la mouture. On sent aisémerft que les produits de la mouture
économique ne peuvent pas être toujours uniformes j tant èn fârin'e qu'en son. Les' différentes
façons de moudre '& remoudre , l'habileté du
Meunier , la bonté 'des meules & du MouKn , le
jeu & la perfedion de ses différentes pièces , les
différentes qualités des grains plus ou moins secs,
plus ou moins pesans ;, vieux , &c. , apportent
toujours des différences considérables dans les produits; on va, par cette raison , examiner encore
les divers produits de là mouture; économique ,
çu égard au trois dissérentes classes ou qualité de
bled qu'on distingue dans le Commerce , en sç
bornant pour chacune au terme moyen de comparaison. --- Page 103 ---
[ 1°3 ] G ^ § X V. • ... Tableau de comparaison des divers produits-, des ■
trois différentes qualités de bled par la mouture
économique. , 1 Ire CLASSE. IIe CLASSE. Ille Classe.. Bled de la tête. Bled Marchand.. Bled commun. Poids du setier, année Poids du setier , année Poids du setier aimée
comm. 240 hv.. comm. 230 hv. comm. 220 liv..
Produit en Produit en Produit en 1 -
farine. 175 à farine. '165 à 170 farine. 155 * 160
Produit en .Produit e!l S 60
son.' 55' son. 55 % , so£- 55à 60
Déchet. 5 à 6 Déchet. 5 a 6 Déchet. Produit 5 7
Produit Produit Pr°du*. égal à égal à égal a
celui du celui du celui . du
bled. 2io bled. 230 bled. as* Tableau de comparaison du produit de la mouture
économique avec celui de la mouture ordinaire
ou rujiique. -
Un quintal de bled froment de la deuxième
Classe , moulu à la manière ordinaire , & la même
quantité de 100 livres du même bled, moulu suivant
la méthode économique , ont rendu en farine , Par la mouture ordinaire ou rujlique. Par la mouture économise.
Farine à faire du pain liv. onc. gr. Farine fine & à gruau liv. onc. gr.
blanc. 58 13 blanc., ... 55 1
Farine à pain bis- Farine a pain bisblanc. 7 3 blanc. , 4 °
asse , moulu à la manière ordinaire , & la même
quantité de 100 livres du même bled, moulu suivant
la méthode économique , ont rendu en farine , Par la mouture ordinaire ou rujlique. Par la mouture économise.
Farine à faire du pain liv. onc. gr. Farine fine & à gruau liv. onc. gr.
blanc. 58 13 blanc., ... 55 1
Farine à pain bis- Farine a pain bisblanc. 7 3 blanc. , 4 ° Farine à pain bis. o Gruaux gris & bis. 23 10 4
Gros son. 31 7 4 Gros & petit son. _i_ 4,
Total. 97 7 4 Total. - 97 11 5
Déchet. 2. 8 4 Déchet. ^ 4 3
Total égal au poids Total égal au poids
du bled. 100 du bled. 100 --- Page 104 ---
r ic4 ] Tableau de comparaison des produits , en farine,
1 ; d un quintal de seigle de deuxieme qualité. la muturf ru$ïîue._ Par la mmtuye 'économ}que. ' ' " " ïî* one. 13 «*' F . liv. one. gr.
Son. " | 4 ç ne. 72 3 4-
~ 44 3 Son. 25 T
Déchet. Total. • 99 4 Total. —71 ^ . ' J s 4 Dé,het. I 1 *
du égal ~ poids Total égal au poids
loci, du bled. 7^ Tableau de comparaison des produits de 522
livres de bled froment des Provinces Méri1 dionales. t1 -" j
. Par la mouture à la grqJfe. Par la mouture économe
Farine' blanc. à fahe du pain. liv. onc. Farine fine & gruau tiv. onc." 1
Farine 'à pain bis- 1 19 3 blanc. 3^ z.
F . , 172 1 Farine blanc. à pain 0
Gros farine à pain 's- 1] & 14 Farine Gros bife. ' 64 10
-97 Oros & petit fort, 99 12
Déchet. Total. i • 2&r •
Tr^.aupoîv— 1 bled. au -s=—- Tableau de comparaison des produits de 360
L livres de bled froment septentrional. , Par la mouture à la grqffi. Parla mouture économie.
Farine fine à pain bis- liv. onc. liv. onct
blanc. 85 8 Farine à pain bis-blanc 157 1 g4 10
Total. .1 ~2±i o ~ 4 271 15 --- Page 105 ---
. 1 [ 105 1 1 * Il y a cette différence entre la mouture à, la
grosse & la mouture rustique, que les Moulins ou
l'on pratique la mouture a la grosse, n'ont point
de bluteau, ensorte qu'on rapporte chez soi la farine mêlée avec les sons & gruaux *, au lieu que
les Moulins où se pratique la mouture rustique ,
ont une huche au-dessous des meules , avec un
blùteau d'étamine. Si cette étamine est assez grosse
pour laisser passer le gruau & la grosse farine avec
beaucoup de son , on l'appelle la, mouture des
pauvres; si le bluteau , moins gros, sépare le son,
les recoupes & recoupettes, on la nomme moulure des bourgeois ; enfin, si l'étamine est assez fine
pour ne laisser passer que la fleur de farine , On
l'appelle mouture des riches.
des meules , avec un
blùteau d'étamine. Si cette étamine est assez grosse
pour laisser passer le gruau & la grosse farine avec
beaucoup de son , on l'appelle la, mouture des
pauvres; si le bluteau , moins gros, sépare le son,
les recoupes & recoupettes, on la nomme moulure des bourgeois ; enfin, si l'étamine est assez fine
pour ne laisser passer que la fleur de farine , On
l'appelle mouture des riches. On a cherché à rendre la mouture économique
encore plus profitable au peuple , & l'on est parvenu à en porter les produits , en toute farine ,
à 19° & même 194 livres , en' faisant passer les
sons gras par une bluterie cylindrique , au lieu
d'un dodinage , & 'au lieu d'en' remoudre toute
la masse ensemble j en remoulaht deux fois les deux
premiers gruaux blancs ; en repassant sous la meule
tout à la fois le gruau gris , la recoupette , les
recoupes & les tons, & en employant des bluteaux
un peu plus ronds } enfin en mêlant ensemble
toutes ces farines , on en a fait un excellent pain
'de ménage , qui , a la blancheur près , a été --- Page 106 ---
[ io6 ] trouvé de bon goût, très-salubre, très-nourriiîànt
& préférable à tout autre pour la nourriture du
peuple. J'observerai encore qu'il y a une grande diffé
rence entre le produit du bled nouveau , &' celui
du bled qui a passé l'année, qui a resué , & qui
a été soigneusement travaillé dans le grenier. En général les grains raffinent tellement par
la manipulation & la vieillesse qu'au bout de six
mois , 20 muids ou 20 setiers de bled se réduisent
à environ, 19 ; mais le produit en farine est plus
çonsidérable. Au bout de l'année , les 20 muids se
trouvent environ a 19 & demi ; le produit en
farine augmente en proportion. En iy 5 8 , deux setiers de bled , de la seconde
qualité , ont été moulus à la fin de l'année de la récolte, & ont produit en farine , ci 321 liv. Deux setiers de la même récolte & de la même qualité , qui avoient été
moulus étant nouveaux, n'avoient produit que, ci ... 306 liv. Différence ... 15 liv, § X V I. Procédés & Résultats de la Mouture économique
des bleds humides. Les procédés ordinaires delà mouture économique ne conviennent que pour les bleds d'une --- Page 107 ---
I 107 j sécheresse ordinaire, tels que ceux .,du nord & de
la plupart des provinces- de France. La mouture des bleds humides exige des procédés différeps, celle des bleds étuvés & celle des
bleds méridionaux ^ en exigent d'autres encore que
je décrirai successivement. . Dans les années 1744 , 1771., 1779, Å I7^2 •>
les récoltes des grains , ont été humides , les- bleds
& farines se sont échauffées, on en a. perdu pour
des sommes immenses faute de savoir les moudre
& manoeuvrer. >
Dans la plupart: de nos provinces' on ne fait
usage que de la mouture a la grosse, & l'on fait
le pain du peuple avec des gruaux qui n'ont point
été remoulus. Ces grosses farines n 'étant point
assez dilatées ne prennent point assez d'eau au
pétrin , font de mauvais pain & en font un quinzième environ de moins que la farine suffisamment
dilatée & de bonne qualité.
de savoir les moudre
& manoeuvrer. >
Dans la plupart: de nos provinces' on ne fait
usage que de la mouture a la grosse, & l'on fait
le pain du peuple avec des gruaux qui n'ont point
été remoulus. Ces grosses farines n 'étant point
assez dilatées ne prennent point assez d'eau au
pétrin , font de mauvais pain & en font un quinzième environ de moins que la farine suffisamment
dilatée & de bonne qualité. Lorsque les bleds humides ne font pas séchés,
.comme je le dirai a l'article des bleds étuvés , la
mouture s'en fait mal, les meules s'engraissent
les sarines relient humides , s'échauffent, les' fons
restent gras & se corrompant, les farines qui y
ressent attachées sont une perte considérable, & l'on
évitera tous ces inconvéniens en procédant ainsi
qu'il suit. '_ 10. Il faut que les meules soient rhabillées ou --- Page 108 ---
r 108 ] repiquées un peu plus profondément, cela s'appelle
en terme de meunerie nétoyer un peu plus les
rayons des meules , ou les faire de 3 ou 4 lignes
moins larges que pour la mouture ordinaire. 2 . Le bled humide doit être moulu un peu
rond, de manière que le boisseau de son, m'fsure de Paris, qu'il produira, pèse environ 7
8 livres, au lieu de 5 livres, environ qu'il pèse
ordinairement. 30. Il résulte de cette mouture un peu ronde,
que la farine est plus seche & de meilleure conservation, elle fait plus de pain & il est meilleur,
les gruaux sont plus secs, les meules ne s'engraissent point, les remoulages & recoupes des gruaux
moulus chacun séparément sont plus aisés à rémoudre. 49. moud les fons & recoupes avec un dodinage & une bluterie pour en tirer les parties séparément , & ne remoudre que ce qui ess encore
chargé de farine. Le son étant bien écuré par
un broyement propre à cette mouture, ne se corrompera point, la farine n'ayant point été engraissee
dans les meules s'échauffera moins dans les sacy,
& l "on tirera de ces bleds. humides le meilleur
parti possible. 5°. La mouture que je conseille est un peu plus
longue mais pas tant qu'on se l'imagine, parce que
les meules ne s'engraissant point, il n'y à point --- Page 109 ---
[ 109 ] , de temps à perdre pour les dégraisser, comme
à la mouture ordinaire , & la mouture s'en fait
plus vite. Le Meunier rejettera peut - être cette mouture
f,ous prétexte qu'elle est trop longue , & le Boulanger" sous prétexte qu'elle donne plus de farine
bisè, & que trouvant plus de bénéfice a vendre du
pain mollet que du pain de ménage., il préfère de
ne tirer qu'une moindre quantité de -farine
blanche, sachant bien se dédommager sur les riches
de la perte qu'il fait au préjudice des pauvres.
Je vais tâcher de leur prouver leur erreur par
le calcul des bénéfices qui rélultënt des procédés
que je conseille.
anger" sous prétexte qu'elle donne plus de farine
bisè, & que trouvant plus de bénéfice a vendre du
pain mollet que du pain de ménage., il préfère de
ne tirer qu'une moindre quantité de -farine
blanche, sachant bien se dédommager sur les riches
de la perte qu'il fait au préjudice des pauvres.
Je vais tâcher de leur prouver leur erreur par
le calcul des bénéfices qui rélultënt des procédés
que je conseille. On suppose que par la mouture ordinaire ils
puissent tirer du setier de bled humide 1 5 5 livres
de farine blanche & X2 à 1 5 livres de farine bise. 10. Les 155 livres de farine blanche étant
molle & terne se vendront moins que la bonne
farine. 2°. le n'aurai par mes procédés que 140 à 14)
livres de farine blanche:, m^is j'aurai 30 à 35 liv.
de farine tant bis-blanc que bise, & toutes ces
farines étant mélées ensemble seront vendues, au
moins 20 à 30 sols par quintal plus que la farine
blanche & molle. 3°. Je tirerai au moins dix à quinze livres de --- Page 110 ---
1 [ 110 ] foutes farines de plus qu'en ne faisant que de la
farine blanche. " 4°. Ma farine se conservera plus long-temps,
se pain en fera meilleur, j'en ferai une plus grande
quantité, & mon son bien écuré se corrompera
moins. - Si l'on avoit fait usage de cette mouture dans
les années humides, & notamment pour la récolte de
1782, que de bled & de farine gâtés ne l'eussent
point été , de combien d'épidémies populaires on
se seroit préservées, que d'hommes & de richesses
on eût épargnée § XVII. Mouture économique des bleds étuvés. La mouture des bleds humides seroit plus avantageuse s'ils étoient préalablement bien séchés dans
les étuves. La mouture des bleds étuvés demande une attention particulière. Autant qu'il est possible, il faut
avoir des meules très-douces, à cause de la secheresse du grain ; il fau t faire des rayons fort larges
afin que le bled ne soit point haché en le moulant. Si les meules ne font pas aussi douces qu'on
pouroit le désirer, il faut y faire des rayons de
vingt à vingt - quatre lignes de largeur sur la
feuillure , & de trois pouces de distance, au
moins. --- Page 111 ---
[ 111] Il faut une rhabillure très-douce, & avoir soin
■de bien garnir les trous des meules avec le mastic
de farine , de seigle & de chaux vive, afin que
l'on puisse faire un gros son. Il faut aussi tenir les meules ouvertes de manière qu'elles ne puissent moudre que huit a dix
pouces, afin que le bled se concasse moins & sasse
le. son plus gros. Il faut en outre avoir soin de se servir de bluteaux très-fins, parce qu'en général les bleds secs
l'exigent. Ces bluteaux fins donneront une bonne quantité de gruaux & des farines très-fines & de bonne
qualité \ en remoulant les gruaux jusqu a quatre
fois, on est ssir de tirer tout le produit possible &:
de l'avoir de bonne qualité. Ces procédés ne sont conseillés, ainsi que tous
les autres , que d'après les épreuves qui en ont été
faites avec soin. § XVIII. Mouture économique des bleds méridionaux. Les bleds d'Italie, d'Afrique ou de Barbarie
même des provinces méridionales de la France ,
exigent d'autres procédés en raison de leur grande
sécheresse & dureté.
est ssir de tirer tout le produit possible &:
de l'avoir de bonne qualité. Ces procédés ne sont conseillés, ainsi que tous
les autres , que d'après les épreuves qui en ont été
faites avec soin. § XVIII. Mouture économique des bleds méridionaux. Les bleds d'Italie, d'Afrique ou de Barbarie
même des provinces méridionales de la France ,
exigent d'autres procédés en raison de leur grande
sécheresse & dureté. Il y a quarante ans on ne savoit point affleurer --- Page 112 ---
1, [ tu ] ces bleds par la meule, & pour les moudre oïl
étoit oblige d'en attendrir l'écorce en les humectant. C'étoit une mauvaise opération , car la farine
des bleds qui ont pris de l'eau avant la mouture,
en prend moins au pétrin , d'ailleurs cette eau
fait fermenter les grains & leur fait perdre leur
goût. r Voici comment il faut moudre ces bleds. Disposez les meules comme pour la. mouture des
bleds étuvés, ne les rhabillez que de deux rayons
^ l'un; le rayon rhabillé concasse le grain, l'autre
sait la fleur, & la feuillure nétoie le son ; la farine
en sera longue & poin. grauleuse, comme dans la
mouture ordinaire. Les bleds de Barbarie étant encore plus durs
que ceux d Italie , il faut un rhabillage plus doux,
il sera de deux rayons l'un ainsi qu'il est dit ci-dessus,
mais à la meule courante seulement. Laissez le cœur des meules & l'entre-pied bien
ouverts ; les meules ne moulant qu'environ un
pied , il faut les bien garnir de pâte de seigle
& de chaux vive, si l'on veut avoir une farine
longue. N Les bleds du midi font ordinairement la farine
jaune , mais elle le sera moins par les procédés que
- je conseille, elle fèra bien dilatée, sans l'être
trop , elle fera plus de pain, il sera meilleur &
plus blanc, le gruau sera sec & le son doux. Les
Moulins --- Page 113 ---
[ "3 ] H Moulins d'une rotation un peu forte afleurent
mieux le bled de cette espèce r dilatent mieux leur
farine, & en nétoient mieux le son que les Moulins faibles. § x i x. Mouture économique des seigles , orges ,
méteils , &c. Tout ce qu'on a dit jusqu'Ici sur. la mouture économique ne concerne que les fromens ; à l'égard
des menus grains, les procédés & les résultats en
sont un peu différens. Comme il y a plus d'un cinquième du royaume qui ne vit que de seigle, il est essentiel de
faire connoître la mouture de ce grain , qui par
sa forme mince & allongée perd bien plus que le
froment par la mouture ordinaire. Pour la bonne mouture des seigles, il faut : I°. Tenir les rayons des meules plus près les uns
des autres &. plus petits que pour moudreJe froment } le moulage affleurera mieux , fera plus doux;
produira plus de farine & un petit son mieux évidé. .
de seigle, il est essentiel de
faire connoître la mouture de ce grain , qui par
sa forme mince & allongée perd bien plus que le
froment par la mouture ordinaire. Pour la bonne mouture des seigles, il faut : I°. Tenir les rayons des meules plus près les uns
des autres &. plus petits que pour moudreJe froment } le moulage affleurera mieux , fera plus doux;
produira plus de farine & un petit son mieux évidé. . 2°. On commence par moudre sans dodinage.
3°. Après lelpremier 'broyement, on en fait un
second de la totalité des fons & des gruaux , &
l'on ne fait aller le dodinage ou la bluterie que
cette seconde fois pour en tirer tous les gruaux
& recoupes. --- Page 114 ---
1 "4 ] ' 4°. On remoud ces- gruaux & recoupes séparénient deux fois afin, de les tirer à sec. La raison
essentielle des différens procédés de cette mouture
des seigles, c'est que leur écorce ou son, tient
mieux a la farine que celle du sroment. Un premier- broyement suffit pour détacher le son du
froment, au lieu que celui du seigle reste toujours
chargé de farine \ c1 est pourquoi il faut le faire
repasser sous la meule , avec les recoupes &:
v
gruaux. Dans les provinces où l'on fait usage de la.
mouture rustique, elle cause une très-grande perte
dans la mouture des seigles, ainli qu'on le voit
parle troisième tableau de comparaison ci-devant;
la farine en est composée, pour la majeure partie,
de gruaux entiers & de recoupes qui ne prennent
pas l'eau au pétrin, ne lévent point, empêchent
le bouffement de la pâte & la bonne fabrication du
pain, qui, par sa mauvaise qualité, est préjudiciable a la santé des citoyens les plus utiles. Enfin
en employant les gros & petits gruaux en nature,
il y a un douzième ou quinzième de perte sur la
quantité dans la fabrication du pain. Ainsi ceux
qui font usage de la mouture rustique, devraient au moins rémoudre toute la quantité
de sons & gruaux une ou deux fois & bien
allonger la farine. Quant à la mouture à la grosse > comme oa --- Page 115 ---
[ 115 1 H 2 ne sépare pas les sons au Moulin , on ne peut
pas les faire remoudre, & la perte qu'elle fait
sur les seigles est inévitable & beaucoup plus considérable. j
Puisque la mouture des seigles doit être différente de celle des fromens, que le rhabillage &
le rayonnement des meules doivent varier en raison
des différentes formes & qualités des grains; il est
évident que les mélanges de seigles & de froment,
connus sous le nom de méteil, méléard, mécle,
conccaiL , cosseguel, &c. sont toujours d'une mouture désavantageuse.
sur les seigles est inévitable & beaucoup plus considérable. j
Puisque la mouture des seigles doit être différente de celle des fromens, que le rhabillage &
le rayonnement des meules doivent varier en raison
des différentes formes & qualités des grains; il est
évident que les mélanges de seigles & de froment,
connus sous le nom de méteil, méléard, mécle,
conccaiL , cosseguel, &c. sont toujours d'une mouture désavantageuse. Le désavantage est sensible si l'on réfléchit d'une
part qu'à chaque broyement des parties de froment soit entiers, soit en gruaux, l'adresse du
Meûnier consiste dans J'art d'enlever légèrement la
pellicule extérieure; d'autre part que dans le seigle,
le son étant plus adhérent à la farine qui est
grasse, il faut un broyement plus fort & plus serré
pour l'en détacher. Il est donc intéressant de faire moudre les
seigles & les fromens chacun séparément, sans cela
les différences en forme & qualités 'de ces deux
espèces de grains font que l'un est broyé & haché
sous la meule, tandis que l'autre est à peine concassé \ ce qui produit une perte considérable dans
les Moulins ordinaires & même dans la mouture
économique, quoique moins grande dans celle-ci, --- Page 116 ---
1 [ n6 ] parce qu'elle tamise & remoud les gruaux à plufleurs reprises. La mouture économique des orges
demande aussi des attentions particulières \ il faut
bien se garder de remoudre la totalité des sons,
comme dans celle des seigles , parce que la paille
de l'orge passeroit dans le bluteau & seroit préjudiciable a la conservation des farines & à la
bonté du pain, excepté lorsque les orges sont
très-humides. Il faut nécessairement mettre un
dodinage ou un blutau, pour en tirer la paille ;
ensuite on fait remoudre deux fois les gruaux bis
& blancs, en ayant soin de les bien affleurer.
Puis on remoud les recoupes une seule fois &
fort légèrement , en n'approchant les meules que
très-peu , afin qu'en repassant toute la masse au
dodinage ou à la bluterie , on puisse encore
en tirer les petits gruaux qui pourroient s'y
trouverPour la mouture des blocailles, sarrasin ou bled
noir & des avoines, il faut suivre les mêmes
procédés que pour celle des orges. § x x. Objections contre la mouture économique ,
& Réponses. On a critiqué la mouture économique, & on lui
a reproché de faire une farine chaude qui se --- Page 117 ---
[ 117 1 H 3 blute mal, d'occasionner beaucoup d'évaporation
de déchet , & que son attirail de bluterie gênoit
le Moulin. Réponses. Le premier reproche ne convient
point à la mouture économique, qui va toujours
en allégeant, mais bien a la mouture brute ordinaire qui broie souvent mal le grain, qui moud
en approchant, qui brûle la farine & sépare mal
le son.
une farine chaude qui se --- Page 117 ---
[ 117 1 H 3 blute mal, d'occasionner beaucoup d'évaporation
de déchet , & que son attirail de bluterie gênoit
le Moulin. Réponses. Le premier reproche ne convient
point à la mouture économique, qui va toujours
en allégeant, mais bien a la mouture brute ordinaire qui broie souvent mal le grain, qui moud
en approchant, qui brûle la farine & sépare mal
le son. Le sécond reproche est aussi mal fondé , & convient particulièrement a la mouture a la grosse,
parce que outre la perte des recoupes & gruaux ,
il y a bien plus de déchet dans les bluteries qui
se font hors du moulin comme il se pratique pour
cette mouture. Le troisième reproche est aussi mal fondé, puisque tout ce prétendu attirail de bluterie est renfermé dans une seule huche de sept a huit pieds
de longueur. Pour nous, nous reprochons avec la plus exacte
vérité a toutes les moutures ordinaires de consommer en pure perte un quart, un sixième un
huitième , un dixième de grains de plus qu'elles
ne le devroient, ce que j'ai prouvé par mes
tableaux de comparaison , & cela suffit pour prouver l'utilité de la mouture économique, & de la
connoissance de ses différents procédés, selon les
différentes qualités des grains. --- Page 118 ---
[ 118 ] 1 } XXI. Reformes à faire aux Moulins ordinaires , à ceux
a cuvette , & aux Moulins pendans. Pour exécuter , a peu de frais, la mouture économique dans les moulins ordinaires , il est nécefsaire d'y faire quelques changemens. Si l'on peut élever un étage au - dessùs des
meules , on y placera au moins un crible normand , un crible de fer-blanc piqué & un tarare,
& l 'on fera mouvoir les deux derniers par le même
moteur des meules. S 'il est impossible de pratiquer cet étage supérieur au-dessus de la trémie des meules , il saudra
apporter les grains au Moulin bien nétoyés \ sans
cela on ne peut faire de bonne farine. Pour la mouture du bled , il faut que les meules
soient piquées non à coups perdus, mais en
éventail ou rayons compares du centre à la cir-
^ conférence. Il faut ajouter sous les meules une huche divisée sur sa largeur en deux parties. Dans la
partie supérieure de la huche, on placera un bluteau d'une seule étamine , pour tirer toute la
farine de bled. Dans la partie inférieure de la
huche il faut mettre une bluterie cylindrique,
garnie de trois différentes étoffes , la première --- Page 119 ---
t 119 1 H4 de foie, la seconde de quintin, & la troisième .
de canevas ou un dodinage. Ces bluteaux seront également mis en mouvement par le même moteur des meules. Tel est le mécanisme à ajouter aux Moulins
ordinaires à eau & de pied ferme pour y pra-,
tiquer la mouture économique , après en avoir
réformé les défauts dont je vais parler. C'est essentiellement dans les proportions & dans;
la monture de l'arbre & de l'anille , que connue
les plus grands défauts de la plupart des Moulins,
ordinaires & de ceux a cuvette.
Ces bluteaux seront également mis en mouvement par le même moteur des meules. Tel est le mécanisme à ajouter aux Moulins
ordinaires à eau & de pied ferme pour y pra-,
tiquer la mouture économique , après en avoir
réformé les défauts dont je vais parler. C'est essentiellement dans les proportions & dans;
la monture de l'arbre & de l'anille , que connue
les plus grands défauts de la plupart des Moulins,
ordinaires & de ceux a cuvette. Dans la plupart des moulins ordinaires
l'anille porte sur les épaulemens de la fusée,
parce que l'une & l'autre sont mal faites. Il
résulte de ces vices de construétion, qu'il nest pas
possible de bien dresser la meule, qu'elle panche:
plus d'un côté que de l'autre , qu'elle cahotte en
tournant , & que le broyement du bled se fait
mal. Il y a quarante ans que le sieur Rousseau ,
Meunier à Saint Denis , l'homme le plus instruit
alors en mécanique de Moulins, réforma ces défauts
de construétion en perfe&ionnant les quatre petits
coins de fer , qu'on nomme Pipes , dont il combina la forme avec celle de l'anille & du papillon,
tellement qu'il vint à bout d'ajuster ses meules de
manière que la meule courante., en repos oU en --- Page 120 ---
[ 120 ] mouvement reste toujours mieux en équilibre sur
son pivot, qu'elle n'y étoit auparavant ; il fit part
de cette réforme a ceux de ses confrères, qu'il
connoissoit,'; on en fit usage dans plusieurs Moulins. Mais cette reforme est encore inconnue dans
une grande partie du royaume, où les meules
sont encore cahotantes & montées à l'ancienne
mode 5 ainsi il est essentiel de faire connoître
les moyens de corriger ces défauts & de dresser
les meules de manière qu'elles exécutent facilement la meilleure mouture. C'est ce que j'ai tâché
de faire en faisant connoître les défauts des plumars & des tourillons , lorsque j'en ai fait la
description à leurs articles, & en donnant les
proportions exactes de toutes les parties de l'arbre
du fer, de lanille , de la crapaudine , & de toutes
les pièces qui concourent avec elles aux effets
désirés ; je vais maintenant faire connoître les
défauts des Moulins à cuvette. Défauts desMoulins à cuvette. Les meules de ces Moulins ont ordinairement
de 4 à ^ pieds de diamètre, sur 8 à io pouces
d 'épaisseur , elles sont ordinairement mal piquées
& mal dressées. On ne pratique dans ces Moulins que la mouture a la grosse; ils sont plus
sujets que les autres, à chômer dans les temps
de sécheresse , parce qu'il leur faut plus d'eau & --- Page 121 ---
[ 121 ] de rapidité pour les faire tourner , à proportion
de l'ouvrage qu'ils font. Pour en dresser les meules
on fait usage, comme dans la plupart des Moulins
ordinaires , de coins de bois, au lieu de pipes de'
fer; aussi ces meules ont-elles toujours de la pente
& font des farines très-échauffées. Pour remédier aux défauts de construction & de
mouture de ces moulins , il faut: iQ. employer un
arbre de bout d'une force convenable , c'est-a-dire
d'environ 8 à 10 pouces de gros ou en quarré. 2°. Que cet arbre soit placé bien perpendicu-'
lairement sur sa crapaudine. 3°. Que son bout d'en-haut de la grosseur
d'environ deux pouces en quarré soit contenu
par une traverse de bois, & dans un chapeau de.
bois.
construction & de
mouture de ces moulins , il faut: iQ. employer un
arbre de bout d'une force convenable , c'est-a-dire
d'environ 8 à 10 pouces de gros ou en quarré. 2°. Que cet arbre soit placé bien perpendicu-'
lairement sur sa crapaudine. 3°. Que son bout d'en-haut de la grosseur
d'environ deux pouces en quarré soit contenu
par une traverse de bois, & dans un chapeau de.
bois. 4°. Que ce chapeau ou trou de bois sujet à
s'user par le frottement, soit garni d'un boitillon
de fer assez large pourl qu'on puisse le garnir
en-dedans de bourre & de graisse, pour adoucir.
le mouvement, & pour pouvoir y insérer des pipes ou petits coins de fer, pour contenir & dresser les meules. 5o. Il faut ajouter à l'arbre de bout un rouet
de couche du diamètre possible, pour, ne pas géner
le befroi des meules.. 6°. Ajouter encore à l'arbre tournant, une --- Page 122 ---
[ 122 ] lanterne avec huit fuseaux qui soient bien 'de pas
avec les dents du rouet. 7°. Que les meules soient bien placées au droit
de la cuvette avalant l'eau. 80. Que l'anille & les ferrures soient conditionnées ainsi qu'il est dit a l'article de l'anille. °. Que le mouvement du bluteau par la croisée
sur la lanterne , soit régulier. 100. Que le petit crible a cilindre placé sous
la huche , au lieu du dodinage, prenne son mouvement par des poulies de renvoi , & fasse environ
25 a 30 tours par minute , ainsi que les autres
Moulins. Après avoir réformé les défauts de ces Moulins ,
& pour y pratiquer le criblage des grains , la
mouture & la bluterie des gruaux, il faut : 10. Un hérisson qui prenne dans le rouet de
couche qui fait tourner la meule, avec un treuil
de couche , tenant d un bout dans l'hérisson, l'autre bout a tourillon de fer tenant soit au mur,
soit dans un Poteau de bout. 1°. Il faut emmancher au treuil les poulies
nécessaires pour faire tourner un ventilateur, un
crible cylindrique, une bluterie à son & toutes
les machines nécessaires a la perfedion de la
mouture. 30. Enfin il faut, ainsi que je l'ai dit aux
articles de criblage & blutage, que le mouvement --- Page 123 ---
.. [ 123 1 de rotation de ces machines soit régulier & parfaitement d'accord entr'elles. Moulins ssir bateau. Quant aux Moulins pendans & sur bateau, le
criblage &: le blutage peuvent s 'y exécuter par
des poulies de renvoi ou par un petit rouage qui
reçoit son moùvemenr du même moteur des meules, & le Meunier intelligent; y peut pratiquer
très-bien la mouture économique, ainsi qu'on
peut s'en convaincre par quelques-uns de ces
Moulins qui sont sur la Seine : cependant on
Moulins ssir bateau. Quant aux Moulins pendans & sur bateau, le
criblage &: le blutage peuvent s 'y exécuter par
des poulies de renvoi ou par un petit rouage qui
reçoit son moùvemenr du même moteur des meules, & le Meunier intelligent; y peut pratiquer
très-bien la mouture économique, ainsi qu'on
peut s'en convaincre par quelques-uns de ces
Moulins qui sont sur la Seine : cependant on préférera toujours les moulins de pied-ferme. --- Page 124 ---
[ "4 -1 TABLE Des Matières contenues dans ce Mémoire. 1 Pages
§. i. Observations préliminaires. I3
2. Des Moulins à eau de pied-ferme. 16
3. De cription de toutes les pièces d'un Moulin économique. 18
4. Prix commun des machines- d'un
Moulin économique. Précis des opérations qui doivent
précéder là conflruclion d'un
Moulin à eau de pied-ferme. %
6. Préparation des Meules. 60
7. Séchement des Meules. 61
8. De la manière dç rayonner ct
rhabiller les Meules. 66
9. Monture des Meules. 71
10. Du nétoyage des -Grains. 78
11. Procédés du blutage. 86
12. Procédés de la Mouture économique. 91
13. Récapitulation des changemens
successifs qu éprouve le bled pour
donner ses divers produits > par
la Mouture économique. 98
14. Résultats des produits de la Mouture
économique. 100 --- Page 125 ---
6. i <5. Tableau de comparai fort des divers
produits de la Mouture, économique. 1°3'
17. Mouture économique des bleds étuvés. 110
18 Des bleds, méridionaux. ut
19.. Des seigles, orges , méteils, &c. 113
20. Objections contre la Mouture
économique, & Réponses 116
21. > Riformes à faire aux Moulins
ordinaires. 118
Aux Moulins à cuvette. 120
Aux Moulins sur bateaux. 123 FIN., --- Page 126 --- --- Page 127 --- --- Page 128 --- --- Page 129 --- --- Page 130 --- --- Page 131 --- --- Page 132 --- --- Page 133 --- --- Page 134 --- --- Page 135 --- --- Page 136 ---
la
le crible normand à la
première, 9 dans
cette criblure
main, 2 & le réfidu de
forme la derniere
La feconde fois, dans le
qualité du bled.
grand crible
qui inétoie encore dle grain, & le cylindrique
deux autres qualités, Fune
fépare en fes
lautre bled du milieu.
dite tête du bled,&
le plancher
Enfuite il coule à travers
Par un conduit, dans la trémie du --- Page 96 ---
trga1
ou il eft événté par les ailes du ventillateut
tarare ,
chaflant la pouflière, 7 les pailless
qui le nétoie en
les
la cloque, les grains legers ou rongés par
fes
la plupart des
infedtes, & fépare, par
grilles,
dans
Enfin il tombe pur & net
grains étrangers,
DI
la trémie des meules.
fe faire a peu de
Le nétoyage des grains peut
& doit fe
frais, ainfi que je Pai dit ci-devants
Moulin, s'il n'a pas été fait au grenier
faire au
ni dans la grange.
confifte à moudre le
La feconde Opération
fans échauffer la farine.
grain
le bled eft introduits
Les meules entre lefquelles
elles font dreflées
font piquées en rayons réguliers 5
les
felon la méthode ci-devant prefcrite pour montées
en bon moulages ces meules bien
mettre
en allégeant. Leur
& bien dreflées, vont toujours meules ordinairesa
plus fine que celle des
piquure, mieux la farine , fans couper le grain I 2
fabrique
de Tanille,
ni hacher le fon. A quelques pouces milieu de
le bled commence à être concaffe, au feuillure
T'entrepied, fe font les gruaux 5 enfin la
affleure la farine, & écure le fon.
Comme on doit remoudre les différens gruaux,
n'eft
forcé de ferrer ni de rapproches
on
point
dans la méthode ordinaire oir
les meules, comme
une feule
l'on veut tirer tout le produit par
2
fabrique
de Tanille,
ni hacher le fon. A quelques pouces milieu de
le bled commence à être concaffe, au feuillure
T'entrepied, fe font les gruaux 5 enfin la
affleure la farine, & écure le fon.
Comme on doit remoudre les différens gruaux,
n'eft
forcé de ferrer ni de rapproches
on
point
dans la méthode ordinaire oir
les meules, comme
une feule
l'on veut tirer tout le produit par --- Page 97 ---
[947
mouture, Ici au contraire le premier
fort gai, la farine qu'il produit n'eft
moulage eft
& conferve toute fa
point échauffée,
a Par la troifieme
qualité.
& Pon
Opération, on tamife la fariney
fépare les gruaux en méme-tems que lon
moud, en accordant le blutage avec le
fuivant les principes expliqués
moulage,
le bluteau débire ni plus ni moins ci-devant, afin que
- La
melée
que les meulesi
farine,
avec fes gruaux, fon & recoupes, tombe, au fortir des meules, par l'anche
dans le premicr bluteau placé dans' la partie fna
périeure de la huche. Le blutean reçoit fon
vement de la batte qui, en
fur les mous
de la croilée placée fur la frappant
bras
babillard & la
lanterne, fait agir le
baguette attachée au blutcau.
La farine, qui paffe par le bluteau, tombe
la huche ; elle eft d'une grande fineffe, dans
toute fa perfection; on la nomme
& a
farine de bled,
parce qu'elle eft produite par la mouture fur
ce qui la diflingue de la farine de
bled,
va à peu près à la moitié du
gruau; elle
du
moula fe
produit. Le refte
grnau
nomme le fon gras; il fort
le bout inférieur du premier
par
blutean, &
par un conduit, dans un fecond nommé tombe,
qui eft plus gros & plus lâche que le
dodinage, i
eft ordinairement
précédent :
compofé de différentes
d'étamine Ou canevas, qui divifent fa groffeurs
trois parties égales.
longueur en
moitié du
gruau; elle
du
moula fe
produit. Le refte
grnau
nomme le fon gras; il fort
le bout inférieur du premier
par
blutean, &
par un conduit, dans un fecond nommé tombe,
qui eft plus gros & plus lâche que le
dodinage, i
eft ordinairement
précédent :
compofé de différentes
d'étamine Ou canevas, qui divifent fa groffeurs
trois parties égales.
longueur en --- Page 98 ---
19s1
Dans le Monlin entièrement monté felon la
méthode économique 5 au lien d'un dodinage on
emploie une bluterie cylindrique qui eft préférable,
ce qu'elle fait un plus beau gruan que ce dodien
Cette blnterie S'emploie de même, & par
nage.
bluter les fons gras, ainfi que je
préférence pour
elle eft garnie par tiers de
Fai dit ci-devant 5
& d'un canevas. Cette
foie ronde, d'un quintin
d'un hériflon dont
bluterie tourne par le moyen
dans les fufeaux de la petite
les dents s'engrènent termine P'axe de la bluterie cylinlanterne qui
drique, ou par des poulies.
des divifions du
Il doit fortir trois gruaux
bluterie
bluteau inférieur, 2 foit dodinage, 2 foit
la première. eft le gruau blanc qui
cylindrique à ; la tête du blutean: : la deuxième, 5
fe trouve
fe prend dans le milieu, &c
le gruau gris qui
a Textrémité du blula troifième, les récoupes
teau.
confifté a rémoudre
La quatrième Opération
tirer de nouvelles
les. diffèrens gruaux pour en
farines.
les blureaux ont féparé toutes les
Après que &
le Meinier à mis à part la faqualités,
que
les
blancs trois
rine de bled, il rengrène
gruaux
fois féparément des autres efpèces de gruaux, &
toujours de la même façon 1 ; mais en ne failant --- Page 99 ---
[961
communément ulage dans tout le refte des
rations que du premier bluteau,
opéJe dis communément
qui vifent à
, parce que les Melniersy
une grande qualité de
laiflent encore paffer à chaque
blancheuns,
à't travers les bluteries
opération les gruaux
cylindriques ou le
-
pour en extraire les
dodinage 7
fon qui s'y
rougeurs ou les parties de
trouvent, d'ou il réfulte que la
& troifieme farine de gruau font bien
feconde
Le premier
plus claires.
farine
tengrenage du gruau donne une
fupérieure en qualité à la farine de
L
on nomme cette farine de
bled ;
bourgeois,
la
premier gruau blanc
pour diflinguer de la farine de bled
qu'on nomme le blanc; ce blanc n'eft
que le blanc bourgeois, mais celui-ci pas plus fini
corps & de faveur.
a plus de
Lefecond rengrenage du reflant du
produit une farine d'une
premiergruad
à la
qualité un peu inféricure
précédente, & le troifième
une farine encore au dellous, mais rengrenage fans donne
de fon, parce que le gruaublanc
mélange
Le
n'en a point.
gruau gris fe rengrène féparément, &c fe
moud légérement pour en extraire, par un tour
de bluterie, les rougeurs; de manière que la tête
de cette bluterie peut rentrer avec le gruau blanc
fous les meules.
Enfin le refte du gruau gris, après avoir été
repaffa
le troifième
une farine encore au dellous, mais rengrenage fans donne
de fon, parce que le gruaublanc
mélange
Le
n'en a point.
gruau gris fe rengrène féparément, &c fe
moud légérement pour en extraire, par un tour
de bluterie, les rougeurs; de manière que la tête
de cette bluterie peut rentrer avec le gruau blanc
fous les meules.
Enfin le refte du gruau gris, après avoir été
repaffa --- Page 100 ---
repaffe fous la meule, donne
purgée de fon,
une farine bile,
les
par Tattention
mais
gruaux gris
qu'on a de moudre
d'en extraire le fon légérement la première fois, &
Les farines
par la bluterie.
de bled des
gruaux, mélées enfemble, premiers & feconds
de quatre livres, qu'on
forment le Pain blanc
Les
vend a Paris.
recoupes fe
ment une feule fois, rengrenent &
de méme féparéégale a-peu-près à la produifent une farine bile
gris, & toujours fans deusième qualité du gruau
il tombe, à chaque
mélange de fon. Comme
gruaux qui ont
opération du blutage, de
encore
échappé à la meule, on
gros
pour les remoudre; c'eft
les ramaffa
remoulage de gruauz. Il réfile ce qu'on nomme
derniers
de la
gruaux 2 un petit fon
mouture des
rage.
qu'on nomme AeuiPendant Ces différens
attentif à fixer Faffiette moulages, il fant être
les mouvemens
des meules, à en
avec égalité, à
diriger
plus ou moins, afin
les faire approcher
cas, que la farine ne d'empécher foit
- dans tous les
& pour qu'elle foit au
courte & échauffée
& qu'elle
contraire
Pendant produife un gros fon faiche, doux. allongee,
le premier
avoir foin de tenir la moulage far bled, il faur
haure;
meule courante un
afin d'enlever cef-a-dire,de ne pas la ferrer
peu
la pellicule du
beaucoup,
grain, & de faire
G --- Page 101 ---
t98]
beaux
; il faut au contraire tenif
de plus
gruaux ferrées lors de la mouture des
des meules plus
font plus petites &c
prusux, vu quel les parties
bien rhabillées
dures. Cependant les meules
plus
fouvent a alléger un quart-d'heure
'demandent
après avoir pris Aleur.
S XIIL
qu'lRécapiulation des changemens Jiuccellifs
le bled pour donner fes divers produits
prouve
par la mouture économique.
un Moulin à eau de pied-ferme,
En fuppolant
au-deffuis pour le nétoyage
tayant des greniers
avoir été enlevé en fac
des grains, le bled, après eft criblé & féparé en
-dans Tétage fupérieur , y
bled du milieu.,
fes trois qualités de tête de bled,
crible nor-
&c bled de la derniere claffe, par le
de-la il
mand,& le grand crible cylindrique ;
seft verfé
trémie du tarare ou ventillateur qui
1o, Dans la
8c la halle, d'ou il tombe
:en enlève la pouflière
incliné, au bas
20. Dans le crible d'Allemagne
duquel eft un émoteux ; de-la
le: verfe par
Dans la trémie des meules qai
39.
Pauget agité par le frayon de la meule courante,
49. Dansf'aillard ou trou d'ou il coule
a travers les bras de Tanille,
tarare ou ventillateur qui
1o, Dans la
8c la halle, d'ou il tombe
:en enlève la pouflière
incliné, au bas
20. Dans le crible d'Allemagne
duquel eft un émoteux ; de-la
le: verfe par
Dans la trémie des meules qai
39.
Pauget agité par le frayon de la meule courante,
49. Dansf'aillard ou trou d'ou il coule
a travers les bras de Tanille, --- Page 102 ---
5o. Sur le coeur de la meule gillante ou d
brife.
fe
60. Enfuite dans l'enerepied des meukes,
saffine & fe forme en
ol il
gruau , de-la
70. Dans la feuillure des meules oii le
s'afflcure par T'écurage des fons, fe
gruau
én farine; de-la
convertit
80, Dans l'anche on la mouture
chaflée par le mouvement circulaire entière eft
de-la
des meuless
9°. Dans le bluteau fapérieur de la huche
fépare la farine de bled du fon
qui
tombe dans la huche, & le fon gras ; la farine
gras
IO°. Dans le dodinage ou dans la bluterie
lindrique qui diftingue le fon gras & fes. Cy5
gruaux & recoupes,
crois
ce II. Et enfin au bout du bluteau
ou fort le fon maigre bien évidé inférieur Par
de farine.
Quand on a retiré ces divers
du
on met à part la farine de bled produits
grain,
par le bluteau fupérieur
ou le blanc tiré
blanc
le faire
; enfuite on prend le gruau
pour
repaffer fous les meules, & le
produit de ce premier gruau fait le même
que le produit du bled; ; il donne,
le chemin
par
bluteau
flupérieur, 3 une première farine bien
la première farine de
fupérieure à
bled; on la nomme
farine de gruau.
première
G 2 --- Page 103 ---
L IOO ]
Ce qui n'a pas paffé à travers le bluteau
rieur fe remet encore fous la meule
fapcmoudre une feconde fois, & Pon obtient pour le refarine de
la feconde
gruau, qui eft un peu moins blanche
Ja précédente.
que
Le réfida de cette feconde farine de
repaffe une troifième fois fous la meule, gruau fe
Veut tirer la plus grande quantité de
lorfqu'on
ordinairement ce réfidu fe méle avecle blanc; mais
ce qui forme une troifième farine de gruau gris,
blanche encore que la feconde.
gruau moins
On paffe une feconde fois fous la meule le
du gruau gris, Pour avoir une
réfidu
qui eft bile, & Ton y méle
quatrième farine
encore le produit des
grtaux "bis & des recoupettes, qu'on remoud
feule fois.
une
Il refte, à la fin de toutes ces
petit fon
opérations 2 un
qu'on nomme Aeurage ou remoulage de
gruaux 2 qui efl bon pour empâter la volaille.
$ XIV
Réfiultat des Produits de la Mouture
cconomnigue.
En exécutant tous les procédés de la mouture
économique, ainfi que je viens de les
un fetier de bon bled, pefant
décrire,
de
240 livres, melure
Paris, 2 doit donner communément en totalité
petit fon
opérations 2 un
qu'on nomme Aeurage ou remoulage de
gruaux 2 qui efl bon pour empâter la volaille.
$ XIV
Réfiultat des Produits de la Mouture
cconomnigue.
En exécutant tous les procédés de la mouture
économique, ainfi que je viens de les
un fetier de bon bled, pefant
décrire,
de
240 livres, melure
Paris, 2 doit donner communément en totalité --- Page 104 ---
[ ToI j
de farines tant biles que blanches 5
a 1801 livi
ci
seciffuesenvizon)
Enfon,recoupes
;a6
En déchet
240 livs
Poids égal à celui du bled.
fépare bien les iffues
Sila bluterie fupérieure
recoupettes, &
du premier bluteau en trois gruaux, montent en
recoupes, alors ces différens produits
détail, favoir:
En flear ou farine de bled. e
IOO
En farine de premier gruau)
En farine de fecond gruancenvir. 20
180 liv.,
En farine de troifième gruau)
IO
En farine de remoulage de gruaux
IO
& recoupettesEn for de différentes efpeces. En déchet.
Poids égal a celui du bled,ci
240 liv.
Par le remoulage de toutes ces fortes de quafait ordinairement quatre elpèces de
lités, on
farine, favoir: :
19. La farine de bledi ou le blanc.
29. La farine de rengrenage de premier gruau,
nommée blanc bourgeois.
Ton mèle
3°. La farine de fecond gruau que
G3 --- Page 105 ---
1O2 3
fouvent avec le blanc bourgeoiss
piereneua affez d'adrelle
guand le Medle
pour moudre
gros gruau, & pour en Aeparer les legeremene
4% La farine bileq qui réfulte du
rougeurs.
tinesdes
mélange des fa-
-
Les fons derniersgrausy reftans feltrouvent remoulages nB
& a cieompeticg
favoir :
auffi de trois
le gros fon, les
elpeces,
ou
a S7A081 S70ait recoupes & le petit fon
3 Bearagee
sitosnld
-
lly a beaucoup de variations 1
1hr-1es
fur-tout files farines ont été
déchers,
IO, I5 ou 20 licues,
tranfportées de 5.,
les fecouffes D de la 2 par la d chaleur. qui 2 avec
aux déchets; Tonveht voiture aluff 2 contribne beaucoup
titude de la
Terreur vient de Piniexac
pefcere 1 82 dur retard
1 -
On fent aifement - les
apres la mouture.
que
produits deli
économique ne Peuvent pas a être
mouture
formess tanfen farine qu'en fon. Les toujours differentes uni
façons de moudre & femoudre
Melnier, lat bonte"des meules
2 Phabilete "di
jetr &la
& du Mouhn 2 le
perfection de fes différentes
différentes qualités' des L
pièces, les
grains "pluis ouf
plus, ou moins pelansia vieux-,
moins-fecs,
toujours des differences
3 Bcckat apportent
on
duits;
va, par cette conifidénabilendanaies raifon,
ProF
les divers produits de la 'mouture; examiner encore
çu égard.au trojs différentes clafles ceonomique 3
bled qu'on
ou qualité de
bornant
diftingue dans le Commerces en fe
paraifon: pour chacune au terme moyen de com-
les
grains "pluis ouf
plus, ou moins pelansia vieux-,
moins-fecs,
toujours des differences
3 Bcckat apportent
on
duits;
va, par cette conifidénabilendanaies raifon,
ProF
les divers produits de la 'mouture; examiner encore
çu égard.au trojs différentes clafles ceonomique 3
bled qu'on
ou qualité de
bornant
diftingue dans le Commerces en fe
paraifon: pour chacune au terme moyen de com- --- Page 106 ---
L 103 1
S. XV.
NET
des divers produits des
Tableau de comparaifon de bled par La mouture
qualités
trois diferentes
-
économique.
III CLASSES
II CLASSE.
Ire CLASSE.
Marcbard.
Bled commun.
Bled de la tête.
Bled
Poids.du fetier , année
annéc Poids du fetier 1 année. comm. 220 live
Poids du fetier, liv. comm: 230 liv. Produit en
comm. 240
Produit en
farine. 155 a 160
Produit en
à 180 farinc. 165 à 179 Produit en
farine. 175
Produit cil
fon.
55.2 a 60
Produit en
fon.
6 Déchet. fon.
55 à 6 Déchet.
5 à
Produit
Déchet.
Produit
egal a
Produit à
égal à
celui du
égal
celui du
celui du
bled. 220
bled. 230
bled.
du produltt de la mouture
Tableau de comparatfon celui de la mouture ordinairs
économique avec
er
oll rufique:
fromént de la deuxième
de bled
Un quintal
ordinaire, & la même
Clafle, moulu a la manière
moulu fuivant
livres du même bled,
quantité de 100
rendu en farine a
la méthode économique 7 ont
Par, la mouture Économique.
Par la mouture ordinaire ou rafique.
liv. onc. gr.
liv. onc. gr. Farine fine & agruau 55 I
Farine à faire dupain 58 13
blanc.
bisblanc.
bisFarine a pain
O
Farine à pain
7 3
blanc. & bis. 23 IO 4
Farine blanc, à pain bis. o
Gruaux Gros & gris petit fon.
100
rendu en farine a
la méthode économique 7 ont
Par, la mouture Économique.
Par la mouture ordinaire ou rafique.
liv. onc. gr.
liv. onc. gr. Farine fine & agruau 55 I
Farine à faire dupain 58 13
blanc.
bisblanc.
bisFarine a pain
O
Farine à pain
7 3
blanc. & bis. 23 IO 4
Farine blanc, à pain bis. o
Gruaux Gros & gris petit fon. Gros fon.
31 7 4
97 II
4 Total.
2 4 3
Total.
2 & 4 Déchet.
Déchet.
Total égal au poids
Total égal au poids
du bled.
1OO
du bled.
IOO
G 4 --- Page 107 ---
104 I
Tableau de comparaifon des
produits 9 en farine,
d'un quintal de feigle de deuzieme
qualité.
(Par la mouture refique.
Par la moiture
economigues
Farine.
liv. one. gr.
liv. onc.
Son.
53 13 4 Farine,
72 3 gr.
44 3
Son.
Total,
Déchet.
4 Total,
J T5 4 Déchet.
97, 4
Total égat au poids
du bled.
roa
Total €gal au poids
du bled.
IOO
Tableau de
comparaifon des produits de 522
livres de bled
froment des Provinces Méridionales,
Par la mowture à la groffe.
Par la mouture
éeoxomigues
Farine à fairedu pain liv. onc. Farine
blanc.
119 3
fine & gruau tiv. onc2
Farine à pain bisFarino blanc. à
345 2
blanc.
172 3
pain" bis
Farine à pain bis, 118 14
blanc,
O
Gros fon.
Farine bife.
64 IO
Total.
Gros & petit fom.
99 12
Déchet.
507 4
Total.
Total
14 12
Déchet:
509 12 8
du bled. €gal au poids
Total égal au poids
du bled.
Tableau de comparaifon des
produits de 360
livres de bledfroment feptentrional.
Par la mouture a la grefi.
Parla mouture
éconamique.
Farinefine pain bis- liv. onc.
blanc.
85 8
liv. onc!
Farineapain bis-blanc 157 T
134 IO
Total.
87 5
242 9
271 15
12
Déchet:
509 12 8
du bled. €gal au poids
Total égal au poids
du bled.
Tableau de comparaifon des
produits de 360
livres de bledfroment feptentrional.
Par la mouture a la grefi.
Parla mouture
éconamique.
Farinefine pain bis- liv. onc.
blanc.
85 8
liv. onc!
Farineapain bis-blanc 157 T
134 IO
Total.
87 5
242 9
271 15 --- Page 108 ---
[1os 1
différence entre la mouture a la
Il y a cette
les Moulins ou
groffe & la mouture ruflique, que
la mouture a la grolle, n'ont point
l'on pratique
chez foi la fade bluteau, enforte qu'on rapporte
lieu
mélée avec les fons & gruaux 5 au
que
rine Moulins ou fe pratique la mouture ruftique, 2
les
des meules, avec un
ont une huche au - deflous
eft affez groffe
bluiteau d'étamine. Si cette étamine
le
& la grofle farine avec
pour laifler paller gruau
la mouture des
beaucoup de fon, on Tappelle
le fon,
paivres; fi le bluteau, moins gros, fépare
&
on la nomme moules recoupes
recoupettes, filétamine eft aflez fine
ture des bourgeois ; enfin,
de
on
laiffer
que la fleur
farine,
pour ne
paffer
Tappelle mouture des riches.
cherché a rendre la mouture économique
On a
& Ton eft parau peuple,
encore plus profitable
en toute farine,
venu à en porter les produits, failant
les
à
& même 194 livres , en
pafler
bluterie
€, au lieu
fons gras par une
cylindrique d'en" remoudre toute
d'un dodinage, & 'au lieu
deux fois les deux
la mafle enfemble's en remoulant
fous la meule
premiers gruaux blanes;en repallant
les
tout a la fois le gruau gris, 2 la recoupette., bluteaux
des
recoupes &c les fons,& en employant
enfemble
ronds 5 enfin en mélant
un peu plus
- en a fait un excellént pain
toutes ces farines, on
- 7 a été
-
a la blancheur près
de ménage 2 qui,
mafle enfemble's en remoulant
fous la meule
premiers gruaux blanes;en repallant
les
tout a la fois le gruau gris, 2 la recoupette., bluteaux
des
recoupes &c les fons,& en employant
enfemble
ronds 5 enfin en mélant
un peu plus
- en a fait un excellént pain
toutes ces farines, on
- 7 a été
-
a la blancheur près
de ménage 2 qui, --- Page 109 ---
[ I06 ]
trouvé de bon goût, très-falubres
& préférable a tout autre pour la tres-nourillant
Peupie,
nourriture du
Jobferverai encore qu'il y a une
rence entre le produit du bled
grande diffédu bled
nouyea & celui
qui a paffe T'années
a
a été foigneufement
qui relué, & qui
travaillé dans le
En général les grains raffinent. grenier.
la manipulation & la vieillefle
tellement par
qu'au bout de
mois, 20 muids ou 20 fetiers de bled fe
fix
à environ. 19 3 mais le produit en farine réduifent eft
confidérable. Au bout de Tannée, les 20 muids plus
trouvent environ à 19 &
le
fe
farine
demis
produit en
augmente 4 en, proportion,
En 1758, deux fetiers: de bled, de la feconde
qualité, Ont été moulus à la fin de l'année de la
récolte, & ont prodait en farines ci
Deux fetiers de la même récolte &c 32rliv.
de la même
qualité, 2 qui avoient été
moulus étant
duit
nouveaux, 2 n'avoient proque, ci
Différence
306liv:
15 liv,
S XI
Procédés 6 Refultais de la Mouture
des bleds humides.
cconomique
Les procédés. ordinaires dela
mique ne conyiennent
meuture éconoque pour les bleds d'une --- Page 110 ---
L 197 1
fécherelle ordinaires 2 tels que ceux da.nord & de
Jla plupart des provinces de France.
La mouture des, bleds humides exige 1 des, pror
celle des bleds étuvés & celle des
cédés différensa
d'autres encore que
en exigent
Mledsmeridionaux, fircceflivementr
fI
E
je décrirai
Dans les années 174401 1771, 1779Scp7ha:
at
ont été humides, les bleds
Jes récoltes des grains pi
& farines fe font échaufiées, on en, a perdu pour
immenfes faute derfavoit, lesmoudre
des fommes
dost algdlo anitdl :
& manceuvrere b
Lon ne fait
Dans la piupart de nos proyinces & lon fait
ufage ques de la mouture a la Brollea nont point
le pain du peuple.e avec des gruaux qui 'érant point
farines
été remoulus. Cosgrolles,
aflez d'eau.an
aflez dilatées ne prennent point font un
de mauvais pain &1 en,
quinpetrin.font environ de moins que la farise.dolifammene
zième
dilatée &c, de bonne qualité. f 1 -
féchés,
Lorique les bleds humides ne font pas
NE
le dirai àa Farticledes Hlederéruves.la
comme je s'en: fait mals' Jes meules seng raiflent
mouture,
humides, séchauffent, les fons
les farines reftent
les farines qui y
reftent gras & fe corrompent,
& Ton
reftent artachéesfont une perte confidérables
en procédant 1 ainfi
évitera tous ces inconvéniens
qu'il fait.
foient rhabillées -
ou
Io- Il faut que les meules
Hlederéruves.la
comme je s'en: fait mals' Jes meules seng raiflent
mouture,
humides, séchauffent, les fons
les farines reftent
les farines qui y
reftent gras & fe corrompent,
& Ton
reftent artachéesfont une perte confidérables
en procédant 1 ainfi
évitera tous ces inconvéniens
qu'il fait.
foient rhabillées -
ou
Io- Il faut que les meules --- Page 111 ---
[ I08 J
repiquées un peu plus
en terme de meunerie profondément, cela s'appelle
rayons des
nétoyer un Peu plus les
meins
meules, ou les faire de 3 ou 4
larges que pour la mouture
lignes
29. Le bled humide doit
ordinaire.
rond, de manière
le
être moulu un peu
fure de Paris,
que
boiflean de fon, me8
qu'il produira, pefe environ
livres, au lieu de 5 livres, environ
7 à
ordinairement,
qu'il pèfe
3". Il réfulte de cette mouture
que la farine eft plus féche & de un peu ronde,
vation, elle fait plus de
meilleure conferles
pain & il eft
gruaux font plus fecs, les meules
meilleur,
fent point, les
ne s'engraif
moulus chacun remoulages & recoupes des gruaux
moudre.
féparément font plus aifés à ré4°. On moud les fons &
dinage & une bluterie
recoupes avec un do-
&
pour en tirer les parties
rément, ne remoudre
fépachargé de farine. Le
que ce qui eft encore
fon étant
un broyement propre à
bien écuré par
rompera point, laf farine Cette mouture, ne fe cordans les: meules
n'ayant point été engraiflée
& lon tirera s'échauffera moins dans les
de ces bleds humides le
facs,
parti poflible.
meilleue
5". La mouture que je confeille eft un
longué mais pas tant qu'on fe
pen plus
les-meules ne fengraiffant Timagine, parce que
point, il n'y à point --- Page 112 ---
LT TO9. ]
les dégrailler, comme
de temps à perdre pour
la mouture s'en fait
&
à la mouture ordinaire,
plus vite.
-être cette mouture
Le Meànier rejettera peut
& le Boufous prétexte qu'elle eft trop longue, de farine
donne plus
langer fous prétexte qu'elle bénéfice a vendre du
bile, & que trouvant plus de
il
de
mollet que du pain de ménage, préfere
pain
moindre quantité de farine
ne tirer qu'sine
fur les riches
blanche, fachant bien fedédommager
fait au préjudice des pauvres.
de la perte qu'il
leur erreur par
Je vais tàcher de leur prouver
des bénéfices qui rélultent des procédés
le calcul
que je confeille.
ordinaire ils
On fuppofe que par la mouture
livres
tirer du fetier de bled humide 155
puiffent blanche & 12 a 15 livres de farine bife.
de farine
farine blanche étant
1°. Les 155 livres de
la bonne
molle & terne fe vendront moins que
farine.
140 à145
20. Je n'aurai par mes procédés que à
liv.
livres de farine blanches mais jaurai 30 35
bis-blanc
bise, & toutes ces
de farine tant
que feront vendues. au
farines étant mélées enfemble
la farine
moins 20 a 39 fols par quintal plas que
blanche & molle.
livres de
Je tirerai au moins dix a quinze
3.
& terne fe vendront moins que
farine.
140 à145
20. Je n'aurai par mes procédés que à
liv.
livres de farine blanches mais jaurai 30 35
bis-blanc
bise, & toutes ces
de farine tant
que feront vendues. au
farines étant mélées enfemble
la farine
moins 20 a 39 fols par quintal plas que
blanche & molle.
livres de
Je tirerai au moins dix a quinze
3. --- Page 113 ---
I Fro 3
toutes farines de plus
farine blanche.
qu'en le faifant que de la
4". Ma farine fe confervera
le pain en fera
plus long-tempe,
quantité, & meileur,jen ferai une plus
mon fon bien écuré
grande
moins. à
fe cotrompera
Si Ton 7 avoit fait ufage de
les annéeshuimides,der
cette mouture dans
1782, que de bled, & notamment de
pour la' récolte de
farine
point 1 été, de combien
gatés ne l'euffent
fe feroit préfervées,
dépidémies populaires on
on eût épargné)
que d'hommes & de richefles
$ XVIL
Mouture Leonomigue des
bleds CtuvéS.
La mouture des bleds humides feroit
tageufe s'ils étoient
plus avanles étuves.
préalablement bien féchés dans
La mouture des bleds étuvés
tion particuliere, Autant
demande une attenavoir des meules
qu'il eft poffible, il faut
refe du os
il tres-donces, caufe de la féchegrain; faut faire des
afin que le bled ne foit
rayons fort larges
lant. Siles meules
point haché en le moupouroit le
ne font pas auffi douces qu'on
défirer, il faut y'f faire des
vingt à vingt- quatre lignes de
rayons de
fetillare, & de trois
largeur fur la
moins.
pouces de diflance, au --- Page 114 ---
Iu 1
tres-douce, & avoir foin
Il faut une thabillure des meules avec le maftic
de bien garnir les trous
chaux vive, afin que
de farine, de feigle & de
Ton puiffe faire un gros fon.
ouvertes de maIh faunt aufli tenir les meules
huit à dix
nière qu'elles ne paillent moudre que moins & falle
afin que le bled fe concaffe
pouces,
le. fon plus gros.
foin de fe fervir de bluIl faut en outre avoir
les bleds fecs
teaux tres-fins, parce qu'en général
l'exigent.
fins donneront une bonne quanCes bluteaux
farines très-fines & de bonne
tité de gruaux & des
quatre.
remoulant les gruaux julqu'a
qualirés en
produit poffible &
fois, on eft far de tirer toutle
de V'avoir de bonne qualité,
ainfi que tous
Ces procédés ne font confeillés, qui en ont été
d'après les épreuves
les autres 2 que
faites avec foin.
$ XVIIL
économique des bleds méridionaux.
Mouture
d'Afrique ou de Barbarie, &c
Les bleds d'Italie, méridionales de la France,
même des provinces
en raifon de leur grande
exigent d'autres procédés
féchereffe &c dureté.
affleurer
ans on ne favoit point
Ily a quaranté
confeillés, qui en ont été
d'après les épreuves
les autres 2 que
faites avec foin.
$ XVIIL
économique des bleds méridionaux.
Mouture
d'Afrique ou de Barbarie, &c
Les bleds d'Italie, méridionales de la France,
même des provinces
en raifon de leur grande
exigent d'autres procédés
féchereffe &c dureté.
affleurer
ans on ne favoit point
Ily a quaranté --- Page 115 ---
[T J
Ces bleds par la meule, &
étoit oblige d'en attendrir pour les moudre Oft
tant. C'étoit une mauvaife l'écorce en les humecdes bleds
opération, car la farine
qui ont pris de l'eau avant la
en prend moins au pétrin,
mouture,
fait fermenter les
d'ailleurs cette eau
grains & leur fait
goit.
perdre leur
Voici comment il faut moudre
Difpofez les meules
ces bleds.
bleds
comme pour la mouture des
étuvés,e les rhabillez que de
Tun; le rayon rhabillé concaffe
deux rayons
fait la fleur, & la feuillure
le grain, T'autre
en fera longue &
nétoie le fon ; la farine
poin: grauleule,
mouture ordinaire.
comme dans la
Les bleds de Barbarie étant
que ceux d'Italie, il faut
encore plus durs
un
ilfera de deux rayons Tun ainfi rhabillage plus doux,
mais à la meule
qu'ileft dit ci-deflus,
courante feulement.
Laiflez le cocur des meules &
ouverts ; les meules ne moulant T'entre-pied bien
pied, il faut les bien
qu'environ un
& de chaux vive, fi garnir de pâte de feigle
longue.
l'on veut avoir une farine
Les bleds du midi font
jaune, mais ellele fera ordinairement la farine
moins
je confeille, elle fera bien parles-procédés que
trop, elle fera plus de
dilatée, fans l'être
plus blanc,le
pain, il feta meilleur &
gruau fera fec & le fon doux. Les
Moulins --- Page 116 ---
1u3 ]
Moulins d'une rotation un peu forte afleurent
dilatent mieux leur
mienx le bled de cette elpécey
les Moufarine, & en) nétoient mieux le fon que
lins faibles.
S XIX.
Moutire économigue des fcigles, 3 orges 2
méteils, 2 &c.
Tout ce qu'on a dit jufqu'ici fur.la mouture écoconcerne
les fromens; 5 à Tégard
nomique ne
que
&c les réfultats en
des menus grains , les procédés
font un peu différens.
du
Comme il ya plus d'an cinquième
royauvit
de feigle, il eft effentiel de
me qui ne
que
de ce
qui par
faire connoitre la mouture
grain.,
le
forme mince & allongée perd bien plus que
fa
froment par la mouture ordinaire.
Pour la bonne mouture des feigles, il faut:
Tenirles rayons des meules plus près les uns
Io,
&
petits que pour moudre-le frodes autres
plus affleurera micux, fera plus doux,
ment; le moulage
fon mieux évidé.
produira plus de farine & un petit
2°. On commence par moudre fans dodinage.
lelpremier broyement, on en fait un
30. Après la totalité des fons & des gruaux, &
fecond de
ou la bluterie que
Ton ne fait aller le dodinage
feconde fois pour en tirer tous les gruaux
cette
& recoupes.
H
-le frodes autres
plus affleurera micux, fera plus doux,
ment; le moulage
fon mieux évidé.
produira plus de farine & un petit
2°. On commence par moudre fans dodinage.
lelpremier broyement, on en fait un
30. Après la totalité des fons & des gruaux, &
fecond de
ou la bluterie que
Ton ne fait aller le dodinage
feconde fois pour en tirer tous les gruaux
cette
& recoupes.
H --- Page 117 ---
tul
4. On remoud ces. gruaux. - & recoupes féparés
deux fois.afin. de les tirer à fec. La raifon
ment effentielle des différens procédés dei cette mouture
c'eft que leur écorce ou fon, tient
des feigles, farine
du froment. Un premieux à la
queicelle détacher le fon du
mier broyement fuffit pour
froment, au lieu que celui du feigle refte toujours
de farine; deft pourquoi il faut le faire
chargé fous la menle, avec les recoupes &c
repafler
gruaux. Dans les provinces ou l'on fait nfage de la
elle caufe une très-grande perte
mouture ruftique,
ainfi
le voit
dans la mouture des feigles,
qu'on
troifième rableau de comparaifon ci-devant;
parle
eft compofée, pour la majeure partie,
la farineren
de gruaux entiers & de recoupes qui ne prennent
Teau au pétrin, ne lévent point, empéchent
pas bouffement de la pâte & la bonne fabrication du
le
eft préjudipain, qui, par fa mauvaife qualité, utiles. Enfin
ciable a la fanté des citoyens les plus
les
& petits gruaux en nature,
en employant
gros
de
fur la
il ya un douzième ou quinzième
perte
dans la fabrication du pain. Ainfi ceux
quantité
dequi font ufage de la mouture ruftique,
vroient au moins rémoudre toute la quantité
de fons & gruaux une ou deux fois a & bien
allonger la farine.
Quant à la mouture à la grolley comme on --- Page 118 ---
thng
les fons au Moulin, on ne peut
ne fépare pas remoudre, & la perte qu'elle fait
pas les faire
inévitable & beaucoup plus confur les feigles eft
fidérable.
des feigles doit être difféPuilque la mouture
le rhabillage &
rente de celle des fromens, que
raifon
des meules doivent varier en
le rayonnement formes & qualités des grains; il eft
des différentes
de feigles & de froment,
évident que les mélanges
méléard, mécle,
connus fous le nom de méteil,
cofeguel, 8c. font toujours d'une mouconceau,
ture défavantageufe. eft fenfible fi Pon réfléchit d'une
Le défavantage
des parties de fropart qu'à chaque broyement
l'adreffe du
ment foit entiers, foit en gruaux,
la
confifte dans l'art d'énlever legèrement
Meûnier
dans'le feigle,
pellicule extérieure; d'autre part que farine
eft
adhérent à la
qui
le fon étant plus
fort & plus ferré
grafle, il faut un broyement plus
pour T'en détacher. intéreffant de faire moudre les
Il eft donc
fans cela
feigles & les fromens chacun féparément,
deux
différences en forme &c qualités de ces
les
font
Fun eft broyé & haché
efpèces de grains
que l'autre eftà peine confous la meule, tandis que
confidérable dans
caflé; ce qui produit une perte
Moulins ordinaires & même dans la mouture
les
moins grande dans celle-ci,
économique, quoique
H 2
Il eft donc
fans cela
feigles & les fromens chacun féparément,
deux
différences en forme &c qualités de ces
les
font
Fun eft broyé & haché
efpèces de grains
que l'autre eftà peine confous la meule, tandis que
confidérable dans
caflé; ce qui produit une perte
Moulins ordinaires & même dans la mouture
les
moins grande dans celle-ci,
économique, quoique
H 2 --- Page 119 ---
[n6 ]
qu'elle tamife & remoud les gruaux a pluparce
La mouture économique des orges
fieurs reprifes.
il faut
demande aufli des attentions particulièress
de remoudre la totalité des fons,
bien fe garder
la paille
comme dans celle des feigles, parce que
dans le blutean & feroit préde T'orge pafferoit
des farines & à la
judiciable a la confervation
font
bonté du pain, excepté lorfque les orges
très-humides. Il faut néceflairement mettre un
dodinage ou un blutau, pour en tirer la paille;
fait remoudre deux fois les gruaux bis
enfuite on
foin de les bien affleurer.
& blancs, en ayant
feule fois &c
Puis on remoud les recoupes une
en n'approchant les meules que
fort légèrement,
repaffant toute la maffe au
très-peu, afin qu'en
dodinage ou à la bluterie 2 on puiffe encore
tirer les
gruaux qui pourroient s'y
en
petits
trouver.
des blocailles, farrafin ou bled
Pour la mouture
noir & des avoines, il faut fuivre les mêmes
procédés que pour celle des orges.
) XX.
Objedions contre la mouture économique - 2
& Réponfes.
la mouture économique, & on'lui
On a critiqué
farine chaude qui fe
a reproché de faire une --- Page 120 ---
- 117]
d'occalionnet beaucoup d'évaporation
blute mal,
bluterie génoit
&de déchet, & que fon attirailde
le Monlin.
reproche ne convient
Réponfes. Le premier
qui va toujours
point à la mouture économique,
brute ordimais bien a la mouture
en allégeant, fouvent mal le geain, qui moud
naire qui broie
brale la farine & fépare mal
en approchant, qui
le fon.
eft auffi mal fondé,& conLe fecond reproche
a la
a la mouture
grolle,
vient pariculièerement la
des recoupes & gruaux 9
parce que outre
perte déchet dans les bluteries qui
il y a bien plus de
il fe pratique pour
fe font hors du moulin comme
cette mouture.
eft auffi mal fondé, puif
Le troifième reproche attirail de bluterie eft renque tout ce prétendu feule huche de fept à huit pieds
fermé dans une
de longueur.
avec la plus exade
Pour nous, nous reprochons ordinaires de convérité à toutes les moutures
fixième, un
fommer en pure perte un quart, un
dixième de grains de plus qu'elles
huirième, un
par mes
le devroient, ce que j'ai prouvé
ne
& cela fuffit pour proutableaux de comparailfon, économique, & de la
ver Tutilité de la mouture
felon les
connoiffance de fes différents procédés,
différentes qualités des grains.
H 3
chons ordinaires de convérité à toutes les moutures
fixième, un
fommer en pure perte un quart, un
dixième de grains de plus qu'elles
huirième, un
par mes
le devroient, ce que j'ai prouvé
ne
& cela fuffit pour proutableaux de comparailfon, économique, & de la
ver Tutilité de la mouture
felon les
connoiffance de fes différents procédés,
différentes qualités des grains.
H 3 --- Page 121 ---
[118 1
S XXI
Reformes afaire aux Moulins ordinaires,
a
3 a ceux
cuvette, & aux Moulins pendans.
Pour exécuter 2 a peu de frais, la mouture économique dans les moulins ordinaires, il eft nécef
faire d'y faire quelques changemens.
Si l'on peut élever un étage au L1 deffus des
meules, on y placera au moins un crible normand, un crible de fer-blanc piqué & un
& l'on fera mouvoir les deux derniers
le tarare, 2
par méme
moteur des meules.
S'il eft impoflible de pratiquer cet étage
rieur au-deflus de la trémie des meules, il faudra fupéapporter les grains au Moulin bien nétoyés; fans
cela on ne peut faire de bonne farine.
Pour la mouture du bled,il faut que les meules
foient piquées non à coups perdus, mais en
éventail ou rayons compaflés du centre à la circonférence.
Il faut ajouter fous les meules une huche divifée fur fa largeur en deux parties. Dans la
partie fupcrieure de la huche, on placera, un bluteau d'ane feule étamine, pour tirer toute la
farine de bled. Dans la. - partie inférieure de la
huche il faut mettre une bluterie cylindrique,
garnie de trois différentes étoffes, la première
perdus, mais en
éventail ou rayons compaflés du centre à la circonférence.
Il faut ajouter fous les meules une huche divifée fur fa largeur en deux parties. Dans la
partie fupcrieure de la huche, on placera, un bluteau d'ane feule étamine, pour tirer toute la
farine de bled. Dans la. - partie inférieure de la
huche il faut mettre une bluterie cylindrique,
garnie de trois différentes étoffes, la première --- Page 122 ---
I 119 ]
feconde de qnintin, &c la troifième
de foie, la
a
de canevas: ou un dodinage,
mis en mouven
Ces bluteaux feront également
le même moteur des meulese
ment par
mécanifme à ajouter aux Moulins
Tel eft le
de
ferme 5 pour y PraTy
ordinaires à eau &
pied
avoir
la mouture économique * 2 après en
tiquer les défauts dont je vais parler.
réformé
& dans
dansles proportions
Ceft effenticllement
confifent
de l'atbre & de Tanille, que
la monture
défauts de la plupart des Moulins
les plus grands
ordinaires & de ceux a cuvette.
des moulins ordinaires 5
Dans la plupart
de lai fulée,
Tanille porte fur les épaulemens mal faires. Il
lune & Pautre font
parce que
qu'il n'eft pas,
réfulte de ces vices de conftruction,
panche
de bien dreffer la meule, qu'elle
poflible
de Vautre', qu'elle cahotte en
plus d'un côté que
du bled fe fait,
tournant, & que le broyement
mal.
le fieur Rouffeau,
Il y a quarante ans que T'homme le plus inftruit
Meûnier à Saint Denis,
réforma ces défauts
alors en mécanique de Moulins,
les quatrei petits
de conftrudion en perfedionnant
dont il com
coins defers qu'on nomme Pipes,
la forme avec celle de l'anille & du papillon,
bina
vint à bout d'ajuiter fes meules de
tellement qu'il
en repos ou en
manière que la meule courante.,
H
--- Page 123 ---
L 120 I
mouvement refte toujours mieux en équilibre fur
fon pivot, qu'elle n'y étoit auparavant; il fit
de cette réforme à ceux 1 de fes confrères part
qu'il
connoiffoit; on en fit ufage dans plufieurs Moulins. Mais cette réforme eft encore inconnue dans
une grande partie du royaume, 2 ott les meules
font encore cahotantes & montées à l'ancienne
mode; ainfi il eft eflentiel de faire connoitre
les mioyens de corriger ces défauts &c de dreffer
les meules de manieré qu'elles exécutent facilement la meilleure mouture. C'eft ce quej j'ai tâché
de faire en faifant connoître les défauts des
mars & des
plutotitillonss lorique jen ai fait la
defcription à leurs articles, & en donnant les
proportions exactes de toutes les parties de l'arbre
du fer, de Fanille, , dedla
& de
les pièces
crapaudine,
toutes
qui concourent avec elles aux effets
delires; je vais maintenant faire connoitre les
défauts des Moulins à cuvette.
Défauts des Moulins a cuvette,
Les nieules de ces Moulins ont ordinairement
de 4 à 5 pieds de diamètre, far 8 à IO
d'épaiffeur, 1 elles font ordinairement mal pouces
& mal dreffées. On ne pratique dans
piquées
lins
la
ces Mouque
mouture àa la groffe; ils font plus
fujets que les autres, à chômer dans les
de fecherelle, parce qu'il leur faut plus d'eau temps &c
.
Défauts des Moulins a cuvette,
Les nieules de ces Moulins ont ordinairement
de 4 à 5 pieds de diamètre, far 8 à IO
d'épaiffeur, 1 elles font ordinairement mal pouces
& mal dreffées. On ne pratique dans
piquées
lins
la
ces Mouque
mouture àa la groffe; ils font plus
fujets que les autres, à chômer dans les
de fecherelle, parce qu'il leur faut plus d'eau temps &c --- Page 124 ---
D I2I 1
de rapidité pour les faire tourner, a proportion
qu'ils font. Pour en dreffer les meules
de l'ouvrage
dans la
des Moulins
on fait ufage, comme
plupart lieu de
de
ordinaires, de coins de bois, au
pipes
menles ont-elles toujours de la pente
fer; auffi ces
& font des farines tres-cchantices
remédier aux défauts de conftruaion & de
Pour
il faut: 19. employer un
mouture de ces moulins,
ceft-a-dire
arbre de bout d'une force convenable,
denviron.8 a IO pouces de gros ou en quarré.
20. Que cet arbre foit placé bien perpendiculairement fur fa crapaudine.
Que fon bout d'en-haut de; la groffeur
d'environ 39.
deux pouces en quarré foitr contenu,
traverle de bois, & dans un chapeau de
par une
bois.
O1 trou de bois fujet a
40. Que ce chapeau
d'un boitillon
s'ufer par le frottement, foit garni
de fer aflez large pour! qu'on puiffe le garnir
en-dedans de bourre & de graille, pour adoucir
& pour pouvoir y inférer des pile mouvement,
contenit & drefpes. ou petits coins de fer pour
HTS
fer les meules.
ONT
Il faut ajouter à T'arbre de bout un rouet
5°. couche du diamètre pollible, pour ne pas géner
de
le befroi des meules.
diT
Ajouter encore à l'arbre tournant, une
6°. --- Page 125 ---
fma]
lanterne avec huit fufeanx qui foient
avec les dents du rouet.
bien'de pas
78. Que les meules foient bien
de la cuvette avalant l'eau.
placées au droit
8°.Que l'anille & les ferrures foient
nées ainfi qu'il eft dit à T'article de
condition9o.Quele
Fanille.
fur la lanterne, mouvement du blutean par la croifée
foit régulier,
1o°, Que le petit crible à cilindre
la huche, 2 au lieu du
placé fous
vement par des poulies dodinage, de
prenne fon mou25 a 30 tours
renvoi, & falle environ
Moulins,
par minute, > ainfi que les autres
Après avoir réformé les défauts de
& pour y pratiquer le
ces Moulins,
mouture & la blaterie criblage des grains, la
1°. Un hériffon
des gruaux, il faut:
couche qui fait
qui prenne dans le rouet de
tourner la
de couche, tenant dun
meule; avec un treuil
tre bout à tourillon
bout dans Thenifoa,Tas
foit dans
de fer ténant foit au
un Potean de bout.
mur,
29. Il faut emmancher
néceflaires
au treuil les poulies
crible
pour faire tourner un
ventilateur, un
les machines cylindrique, une bluterie à fon & toutes
mouture.
néceffaires à la perfedtion de la
39. Enfin il faut, ainfi
articles de criblage
que je l'ai dit aux
& blutage, que le mouvement
bout dans Thenifoa,Tas
foit dans
de fer ténant foit au
un Potean de bout.
mur,
29. Il faut emmancher
néceflaires
au treuil les poulies
crible
pour faire tourner un
ventilateur, un
les machines cylindrique, une bluterie à fon & toutes
mouture.
néceffaires à la perfedtion de la
39. Enfin il faut, ainfi
articles de criblage
que je l'ai dit aux
& blutage, que le mouvement --- Page 126 ---
[ 123 ]
de rotation de ces machines foit régulier & parfaitement d'accord entr'elles.
Moulins fur bateau.
a
Quant aux Moulins pendans & fur bateau, le
criblage & le bhutage peuvent s'y exécuter par
des poulies de renvoi ou par un petit rouage qui
reçoit fon mouvemenr du même moteur des meules, & le Meunier intelligent; y peut pratiquer
très - bien la mouture économique, ainfi qu'on
Peut s'en convaincre par quelques-uns de ces
Moulins qui font fir la Seine: a cependant on
préférera toujours les moulins de pied-ferme.
nnoys --- Page 127 ---
IT4]
TABLE
Des Matières contenues dans
ce Mémoire.
S. I. Oifervations préliminaires.
Pages
2. Des Moulins a eau de
3- Defeription de toutes les pied-ferme.
pieces d'un
Moulin conomique.
4. Prix commun des machines d'un
Moulin économiquc.
5- Précis des opérations qui doivent
précéder La confrudion d'un
Moulin à eau dep pied-ferme.
6. Préparation des Meules.
7- Séchement des Meules.
8. De la manière de
rayonner &
rhabiller les Meules.
9. Monture des Meules.
IO. Du nétoyage des-Grains.
II. Procidés du blatage.
12. Procédés de la Mouture
13- Ricapindlation des
Lconomique. 91
changemens
fucellifs qu'iprouve le bled pour
donner fes divers produits
la Mouture
3 par
économique.
14- Refultats des produits de la Mouture
économique.
IOO --- Page 128 ---
[1s]
S. 15- Tableau de comparaifon des divers
produits de la Mouture économique. 103
17. Mouture économique des bleds étuyés. IIO
18.. a e Des bleds méridionauz.
Ilf
19. : Des feigles, orges, 2 méteils, &c. I13
20. Objections conire la Mouture
économique, & Réponfes
21.. Réformes à faire aux Moulins
ordinaires.
Aux Moulins a cuvette.
12Q
Aux Moulins fuur bateaux.
FE in N.
ATCH --- Page 129 --- --- Page 130 ---
Fath
A L.. t Danyen hda 4
X. 1.
One
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% 2
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4 Cmmoint T
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A.5.
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6u ienege arlast
Dame
:
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Sibote,
8:
wImta mwuhud
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meatur Canvmiy
HUEhEs --- Page 131 --- --- Page 132 --- --- Page 133 --- --- Page 134 --- --- Page 135 --- --- Page 136 --- --- Page 137 --- --- Page 138 ---
- A - --- Page 139 ---
A