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MÉMOIRE
E T INSTRUCTION
SUR LA CULTURE, L'USAGE ET LES AVANTAGES
DE LA RACINE DE DISETTE, Par Ml'Abbé de COMME R E L L, Correspondant
de la Société Royale des Sciences & des Arts
de Met. Prix 24 sols. Franc de port par la Posse. A PARIS, Chez BUISSON, Libraire , Hôtel de Mesgrigny.
rue des Poitevins , N°. 131 7 B 6. --- Page 2 --- --- Page 3 ---
A ij MÉMOIRE £ T INSTRUCTION SUR LA CULTURE, L'USAGE ET LES AVANTAGES DE LA RACINE DE DISETTE. INTRODUCTION. 0 M M E je suis persuadé qu'une grande population est l'indice le plus sûr du bonheur d'un
peuple & le présage le plus certain de sa gloire ,
comme je sais aussi que la population ne peut
s'accroître ou se soutenir que dans les pays où les
denrées de première nécessité font constamment --- Page 4 ---
abondantes , j'ai cru qu'il étoit de mon devoir de
faire connoître une plante-racine qui , dans les
années de disette, offre aux hommes un aliment
sain & agréable ; qui, lorsque les fourrages sont
chers ou rares, présente aux. bestiaux , tant pendant,
l'été que pendant l'hyver, une nourriture abondante & peu chère qui , dans tous les tems 8c dans
toutes les terres, est d'un rapport grand & certain
& enfin dont la culture est simple , la récolte facile
& la conservation .assée. La plante-Tacine qui est l'objet de ce Mémoire,
^ est point connue en France , ou du moins l'est
très-peu. EHe n'a pas de nom propre en François,
& je n'ai pu en trouver la description dans aucun
Ouvrage de Botanique. En Allemagne , où l'on en
retire les plus grands avantages, on l'appelle DickRuben, (gros navet); Dick - Wurzel, (grosse
racine ) ; Mangel-Wur^el, ( racine de Disette). Je
me servirai toujours de cette dernière dénomination, tant parce qu'elle est traduite littéralement,
que parce qu'elle est analogue aux propriétés de la
plante qu'elle désigne : on pourrait aussi la nommer
Racine d d'abondance ; on ne s'écarteroit point de
rétimologie Allemande, & on fero t connoître une
des principales propriétés de cette plante , qui est
de réussir constamment & de donner de grands --- Page 5 ---
* Aiii produits lors même que le relie des légumes & <fè&
fourages manque. Cette racine ne doit être mise ni dans la claÍTe
des navets, ni dans celle des carottes; & quoique par
son extérieur & par sa graine elle ressemble asser
à la betterave , elle lui eit supérieure à tous égards »
& paroît former espèce Sa culture est si facile ^ (*) Voiei des preuves presque certaines que la racine de DisetteJ1e doit être confondue ni avec la betterave, ni avec les Bettes ou'
poiré.s ; si on n'effeuille point la racine de Disette, elle ne grossit
pas, ou ne parvient jamais à l'étonnant volume où nous la voyons
si au-contraire on effeuille souvent la betterave, elle ne prospère
presque plus , elle s'énerve, sa végétation devient languissante & sa
racine durcit ; il s'en saut d'ailleurs de beaucoup que les feuilles de
la betteiave aient le même goût que celles de la racine de. Disette ,
qu'elles sc succèdent aussi rapidement,, & deviennent aussi longues..
La bette ou poirée ne peut étre mires en. comparaison avec la racine
de Disette : ses feuilles sont friféts, ont la côte très-large & un goût
de terre très-fort ; sa racine est petite, informe, fourchue, durs.
comme de la corne, & inutile.
beaucoup que les feuilles de
la betteiave aient le même goût que celles de la racine de. Disette ,
qu'elles sc succèdent aussi rapidement,, & deviennent aussi longues..
La bette ou poirée ne peut étre mires en. comparaison avec la racine
de Disette : ses feuilles sont friféts, ont la côte très-large & un goût
de terre très-fort ; sa racine est petite, informe, fourchue, durs.
comme de la corne, & inutile. Si la racine de Disette étoit une betterave, les Cultivateurs semeroienwls si distinctement l'une & l'autre ? Ces deux racines Cont éga.-
lement connues & cultivées dans toutes les provinces d'Allemagne ,
mais le produit & Tusage de l'une étant bien différents de ceux de;
l'autre, on ne cultive en grand nombre que la racine de Disette. La betterave dans toutes les provinces de l'Allemagne a un-non*
propre très^distinflif, on l'appelle Roîht Ruben , & jamais-on n'a.
donné ce nom à la. racine de.Disette». Au reste, il importe très-peu que cette racine foit de la famiilt
des betteraves ou de toute autre: ce qui est essentiel &: incontesta—
Lk,. c'est qu'elle réunit tous les avantages que je lui attribue. Jv- net --- Page 6 ---
ses avantages si multipliés, & elle supplée si parfaf",
tement à tout autre fourrage , qu'elle me semblet
mériter d'être adoptée par-tout & d'avoir la préférence , même dans les meilleures années , sur les
autres racines , dont on nourrit les befliaux ; on la
plante en plein champ & sur les jachères ; elle,
l'éuffit dans toutes les terres, & sur-tout dans celles
qui sont humides & légères. Si des terres fortes oC
argilleuses l'empêchent de pivoter, elle s'étend horizontalement , & produit en dehors ce que la compacité du sol l'empêche de donner en dedans. Cette racine précieuse est insensible aux viciffiptétends pas avancer ni une invention ni une découverte nouvelles ►
je n'ai d'autre projet que de faire part au public de mes expériences.
& de mesobfervations: si la racine qui en est l'objet est connue dans.
quelques parties du Royaume, ce qui est possible , il faut qu'on en
ait ignoré la culture & les avantages „ puisqu'eue n'est pas aulït
multipliée qu'elle mérite de l'être. C'est par erreur sans doure que quelques personnesdonnent le nom.
de Turneps à la racine de Disette ; M. Buchoz lui-même, dans sia
Ouvrage intitulé : Manuel économique des Plantes , a confondu
ces deux racines , puisqu'il dit que les feuilles de turneps ressèmblent
à celles de la betterave, ce qui est faux ; car les turneps d'Angleterre n'est vraiment qu'un navet plus gros que les autres , dont Je
feuillage rude & profondément découpé, est absolument semblable
à celui de tous les autres navets , & se cultive à-peu-près de même.
Ain1i M. Buchoz a été trompé par une dénomination erronée, & cequ'il dit de la culture du turneps na convient qu'à celle de la racine:
ic Disette»
ent
à celles de la betterave, ce qui est faux ; car les turneps d'Angleterre n'est vraiment qu'un navet plus gros que les autres , dont Je
feuillage rude & profondément découpé, est absolument semblable
à celui de tous les autres navets , & se cultive à-peu-près de même.
Ain1i M. Buchoz a été trompé par une dénomination erronée, & cequ'il dit de la culture du turneps na convient qu'à celle de la racine:
ic Disette» --- Page 7 ---
A- iv tudës des saisons & n'a aucun ennemi -delru&eur
le puceron qui ravage tout ne la touche pas ; aucun autre inse&e ne lui nuit ; la nielle ne l'attaquepoint, & la plus grande sécheresse n'altère pas sa
végétation ; elle n'effrite point le sol qui la nourrit 9,
elle le rend meuble. & propre à recevoir avant l'hyver, le bled oc les autres semences qu'ort- veut lui
confier. Pour engager à la culture d'une racine aussi
intéressante , & la faire réussir entre toutes les
mains, j'indiquerai le temps & la manière de la
femer, de 'la transplanter, de la cultiver & d'en
récolter les feuilles qui se succèdent sans cesse avec
sa plus grande abondance, & qui sont si utiles
sur-tout pour les bêtes à cornes ; je parlerai de la
récolte des racines, de la façon de les conserver w
de la manière & de l'instant de les replanter pour
en obtenir la graine ; j'indiquerai ensuite la façon
de préparer les racines pour en nourrir & engraisser les gros bestiaux, & même pour élever
ses veaux nouvellement nés r qu'on veut sévrer.
Je dirai ensin tous les autres avantages qu'elle
réunit. A la fin de ce Mémoire je rendrai compte
de quelques autres observations que j'ai faites, sur
différents objets d'Agriculture, & dont l'expérience m'a constaté l'utilité. --- Page 8 ---
§. I. Temps & manière de limer la graine de la
racine de Disette. On peut semer la graine de la racine de Disette
dès que le temps permet de cultiver la terre, depuis
la fin de Février jusqu'a la mi-Avril. On sème cette
graine de la même manière que celle des autres
légumes qu on transplante ; c'est-à-dire, ou à la
volée, ou en rayons espacés de 5 pouces; on la
recouvre d'un pouce de bonne terre au moins. Il
faut la semer un peu clair, parce qu'elle est grosse ,
parce qu'on a plus de facilité à arracher les mauvasses herbes, & parce que les plants deviennent
plus beaux & plus vigoureux. On sème ordinairement cette graine dans un jardin , ou dans une
pièce de terre bien bonne, bien meuble.
; c'est-à-dire, ou à la
volée, ou en rayons espacés de 5 pouces; on la
recouvre d'un pouce de bonne terre au moins. Il
faut la semer un peu clair, parce qu'elle est grosse ,
parce qu'on a plus de facilité à arracher les mauvasses herbes, & parce que les plants deviennent
plus beaux & plus vigoureux. On sème ordinairement cette graine dans un jardin , ou dans une
pièce de terre bien bonne, bien meuble. §. 11. Préparation de la terre où l'on veut transplanter
les racines. j Lorsqu'on a semé la graine, on s'occupe à préparer le champ où l'on veut transplanter les racines.
Il en est de ces racines comme de toutes les autres
plantes ; plus la terre est fumee, profondément
labourée & rendue meuble, & plus elles viennent --- Page 9 ---
grosses & belles ; la récolte de leurs feuilles est également plus multipliée & plus abondante. Dans une
terre médiocre elles ne pèsent que 4 S livres, &
on ne les effeuille que 4 à 5 fois ; dans une bonne
terre , elles pèsent à 10 livres, & on les effeuille
8 à fois. En 1784, j'avois essayé d'en planter dans
un sol très médiocre ; les plus belles ne pesèrent que
5 livres. En 1785, jeles ai fait mettre dans unebonne
terre à bled , mais forte 8c compare, où elles ont
pivoté avec difficulté , elles ont cependant pesé depuis 7 jusqu'à 10 livres. Dans un sol léger, fablonneux & gras, elles viennent encore plus grosses ;
il s'en trouve qui pèsent 14 & même 16 livres. OBSERVATION. Quoique le temps le plus favorable pour semer
la graine de la racine de Disette , soit depuis le
mois de Février jusqu'à la mi-Avril; il est cependant avantageux d'en semer chaque mois, jusqu'en
Juin ; ainsi on a toujours des plantes propres
à être transplantées ; & dès qu'on a un espace
vuide, soit dans les jardins, soit dans les champs,
on les y place. En 1781, les pucerons ayant dénuit quatre fois de suite les turneps que j'avois
semés, j'y subflituai des racines de Disette; c'étoit
dans le mois d'Août, & néanmoins j'en ai récolté --- Page 10 ---
tôles feuilles trois fois, & les racines ont pésé ; 3.
livres. Dans les chenevières , après que la récoltedu chanvre est faite, on pourroit encore planterces racines, elles viendroient belles; & ce sécond
produit, quoique d'une nature différente du premier, le vaudroit cependant bien. s. III. Temps & Manière de transplanter la Racine de
Disette. Vers le commencement du mois de Mai, la.,
terre étant bien labourée à la bêche ou à la charrue , bien dressée &• nivellée au rateau ou à la
herse, il faut visiter la pépinière. Si les racines
ont 5 à 6 pouces de long, & si elles sont de la:
grosseur d'un fort tuyau de plume à écrire, on
les tire de terre ; on ne retranche rien de leurs.
fibres , mais on coupe le haut de leurs feuilles
comme on le pratiqne avec les endives ; prenant
ensuite un plantoir de bois, on fait dans la terre dei
trous profonds de 4 pouces & demi à 5 pouces ; on
fait ces trous en ligne droite & en échiquier, à z 8
pouces 2e difiance l'une de l'autre ; on met une racine
dans chaque trou s on l'y place de manière qu'on
puisse en découvrir le collet hors de terre, environ dt
, mais on coupe le haut de leurs feuilles
comme on le pratiqne avec les endives ; prenant
ensuite un plantoir de bois, on fait dans la terre dei
trous profonds de 4 pouces & demi à 5 pouces ; on
fait ces trous en ligne droite & en échiquier, à z 8
pouces 2e difiance l'une de l'autre ; on met une racine
dans chaque trou s on l'y place de manière qu'on
puisse en découvrir le collet hors de terre, environ dt --- Page 11 ---
Il 6 lignes. Précaution aisée , mais très-essentielle, &
sans laquelle on ne réussit jamais bien ; ces plantes
reprennent racine dans les 24 heures, & un homme
un peu exercé,. peut en planter J 800 à 2000 dans
sa journée ( i ). (1) Plusieurs personnes ayant trouvé pénible de faire venir des
graines de la racine de Disette , d'un bout du Royaume à l autre «
elles m'ont prié de leur donner la facilité d'en trouver à Paris pour
l'année prochaine. J'ai l'honneur de les prévenir que M,de la. Planche, Maître en Pharmacie * rue du Roule, à Paris , vient d'en
établir un dépôt chez lui, que je lui ai procuré ; il la vend 4 livres
la livre prise chez lui : la prodigieuse quantité de cette graine qu'on.
a levée , la rend fort rare & la renchérit. Les personnes qui desîreront d'en avoir pour l'année prochaine »
font invitées à se faire inscrire chez M. de la Planche d'ici au mois
de Novembre , en déterminant la quantité qu'il leur en faudra. Ce
n'est que vers ce temps qu'on pourra fixer le prix , qui varie selon
la récolte qu'on en sait. On sera en même temps pafser à l'adresse cidemis , & franc de port, la moitié à l'avance du prix de la demande
qu'on aura faite de la graine , sur le pied de 4 livres la livre. On
paiera l'autre moitié en recevant en Janvier 1787 ladite graine demandée. Elle sera expédiée , au mois de Janvier, àl'adresse & par
telle voie qu'on indiquera. Les personnes qui sont plus à portée de s'adresser à moi pour leur
procurer de cette graine , voudront bien m'en prévenir également,
& compter qu'elles la recevront à la même époque. On les prie de
fart & l'autre d'affranchir la lettre & l'argent. --- Page 12 ---
s. IV. Pre.rûère recoin des Feuilles ,& culture des Racrnefi A la fin de Juin , ou dans les premiers jours de
Juillet, quand les feuilles extérieures ont acquis
environ un pied de long, on en fait une première
récolte, en les cassant autour & tout près de la
racine. On appuie à cet effet le pouce en dedans,
& à la naissance de la feuille ; il faut avoir l'attention de ne pas laisser de chicot : on n'en doit
cueillir à la fois que les feuilles qui penchent vers
la terre, 8c toujours ménager celles du cœur de la
plante ; elles se reproduisent & croissent plus vîte.
Aussi -tôt après cette première récolte, on donne
avec le hoyau, un labeur ou binage aux racines.
On doit, en donnant cette seconde façon , éloigner
du haut de la racine, avec unespatule de bois , la
superficie de la terre sraîchement remuée, de manière
que chaque racine soit de'chausse'e d'un pouce & demi
ou deux pouces $ elles paroissent alors être plantées
dans un petit bassin de à 10 pouces de diamètre.
Un enfant peut aisément faire cette opération.
Dans les terres légères, il suffit de sarcler les mauvasses herbes, & de bien faire le travail avec la
spatule. Après cette seconde opération essentielle ,
ule de bois , la
superficie de la terre sraîchement remuée, de manière
que chaque racine soit de'chausse'e d'un pouce & demi
ou deux pouces $ elles paroissent alors être plantées
dans un petit bassin de à 10 pouces de diamètre.
Un enfant peut aisément faire cette opération.
Dans les terres légères, il suffit de sarcler les mauvasses herbes, & de bien faire le travail avec la
spatule. Après cette seconde opération essentielle , --- Page 13 ---
T3 IOn n'a plus qu'à récolter. C'est le moment où les
racines commencent à s'étendre , & à croître d'une
manière étonnante : elles ne veulent point de
plantes parasites pour voisines ; il leur faut de l'air
& de la place , pour pouvoir s'abandonner à leur
inconcevable végétation. s- v. Produit des Feuilles. Dans une bonne terre , ou peut effeuiller ces
racines tous les à 2 à 1 5 jours. J'ai remarqué plus
d'une fois , que dans l'espace de 24 heures, leurs
feuilles croissent de 25 à 30 lignes en longueur,
& de 18 à 20 en largeur; aussi , dès la seconde
récolte , ont - elles 28 à 30 pouces de long, sur
10 à 22 de large. Ce récit paroitra exagéré, jusqu'au moment où l'expérience en aura démontré
la vérité. §. VI. Leur Usage pour le Bétail, Les bœufs, les vaches, les moutons, dévorent
ces feuilles, s'en nourrissent au mieux , & s'en
engraissent facilement. On les leur donne entières,
/ --- Page 14 ---
i4 comme elles arrivent des champs. Toutes les volailles de basse-cour en mangent coupées & hachées
menu, mêlées avec du son. Les chevaux même
s'en accommodent très-bien; on peut les nourrir
avec ces feuilles, pendant tout l'été; il ne faut pour
cela, que les hacher avec l'instrument que j'indiquerai à l'article des racines, &- les mêlanger avec
de la paille aussi hachée : les cochons en mangent
très-volontiers. OBSERVATIONS ESSENTIELLES. D'après les expériences réitérées & bien suivies,
que j'ai fait faire sous mes yeux , je dois prévenir
que les vaches à lait que l'on veut conserver telles,
peuvent, sans le moindre inconvénient, manger
de ces feuilles pour toute nourriture pendant 8 à
15 jours de suite. Dès les premiers jours , elles donnent une plus grande quantité de lait & de crême
de la plus parfaite qualité : mais si l'on continue à
les nourrir avec ce fourrage seul, on les voit bientôt s'engraisser d'une manière frappante ; peu-àpeu leur lait diminue, & la substance tourne entièrement en graille. Ces feuilles faisant le même
effet sur les bœufs & sur les moutons, on peut juger
de la facilité à les engraisser parfaitement avec
cette seule nourriture. --- Page 15 ---
15 , Pour conserver les vaches à lait dans tout leur
produit, il faut donc, mêler avec ces feuilles, de
temps -en temps, un tiers ou un quart de ces herbes
4es champs, dont on les nourrit communément.
On peut leur donner de ces herbes une fois par
jour; ou bien tous les trois jours les en nourrir
une journée entière. Par ce moyen bien simple, les
vaches seront toujours d'un rapport étonnant, &
leur laitage sera excellent. Ces observations ne concernent que les vaches que L'on nourrit constamment à l'écurie.
lait dans tout leur
produit, il faut donc, mêler avec ces feuilles, de
temps -en temps, un tiers ou un quart de ces herbes
4es champs, dont on les nourrit communément.
On peut leur donner de ces herbes une fois par
jour; ou bien tous les trois jours les en nourrir
une journée entière. Par ce moyen bien simple, les
vaches seront toujours d'un rapport étonnant, &
leur laitage sera excellent. Ces observations ne concernent que les vaches que L'on nourrit constamment à l'écurie. Quand on est menacé de pluie ou de mauvais
temps , on doit faire sa provision de feuilles , pour
deux ou trois jours ; mais il faut retourner quelquefois les tas qu'on en a faits , afin qu'elles ne
s'échauffent pas. Les récoltes multipliées de ces
feuilles, ne donnent pas plus de peine que celles des
autres fourrages verts, qu'on est obligé de faucher,
de fauciller, ou d'arracher dans les prés on dans
les champs, & qu'il faut également ramasser &
transporter dans les étables. S'il y a une différence,
elle est efi faveur des feuilles de la racine de Disette,
un enfant peut les casser , les cueillir , tandis qu'il
faut des hommes pour faucher les autres fourrages. En plantant une quantité de racine proportion- --- Page 16 ---
née à la quantité de bestiaux qu'on veut entretenir
ou engraisser, l'on est sur de pouvoir leur fournir
des feuilles quelque temps qu'il fasse , même pendant les plus fortes & les plus longues sécheresses ;
en un mot, jusqu'au moment où l'on peut commencer à leur faire manger les racines. J'ai entrepris
de réduire les feuilles de la racine de Disette en
fourrage sec, j'y ai réussi ; mais je ne conseille à
personne de répéter les expériences que j'ai faites.
Les peines de la manipulation & le peu de produit
m'y ont fait renoncer ; ces feuilles moëlleuses 8c
fort tendres se fondent au soleil ; il faut beaucoup
de temps pour les sécher ; la moindre pluie, la
rosée même les putréfient & les réduisent à rien ;
elles disparoissent presqu'au four. Le seul moyen
de réussir consiste donc à passer un fil dans le
milieu de la côte de chaque feuille, & des les laisser
sécher à l'air; mais une vache mangeroit dans une
feule journée ce dont elle se nourriroit en verd
pendant huit jours ; cette opération est d'ailleurs
trop longue, trop pénible & trop dispendieuse
pour les habitants de la campagne ; l'usage de la
racine les dédommagera de cette difficulté. VII. --- Page 17 ---
'1 B §. VII.. Vfagt des feuilles pour les hotnmeu Les feuilles de cette racine sont aussi pour les
hommes un aliment sain & agréable ; on en mange
les côtte comme celles des bettes ; elles n'ont pas
comme celles-ci le goût de terre, & participent à
celui du cardon d'Espagne. On peut les préparer
de différentes manières ; apprêtées comme les épinards, elles leur sont préférées par beaucoup de
personnes ; on peut en manger depuis le printemps
jusqu au mois de Novembre : par leur reprodu&ion
aussi continuelle qu'abondante, elles sont très-utiles
aux Fermiers , aux gens de la campagne , & dans
les maisons où il y a un nombreux domestique.
Les racines se mangent cuites pendant l'hyver;
on peut les accommoder de plusieurs façons : c'est
un légume très-bon , d'un goût agréable , bien
supérieur à la betterave , & au moins égal ai&
navet. Les feuilles que les racines renfermées dans
une cave produisent pendant l'hyver, font fort
tendres & très-délicates en entremets.
Fermiers , aux gens de la campagne , & dans
les maisons où il y a un nombreux domestique.
Les racines se mangent cuites pendant l'hyver;
on peut les accommoder de plusieurs façons : c'est
un légume très-bon , d'un goût agréable , bien
supérieur à la betterave , & au moins égal ai&
navet. Les feuilles que les racines renfermées dans
une cave produisent pendant l'hyver, font fort
tendres & très-délicates en entremets. $. VIII. Récolte des racines. L'arrivée des fortes gelées decide de l'instant dit --- Page 18 ---
la récolte des racines ; je l'ai commencée en
le 14 Novembre; en 1784 j'avois été obligé de la
faire dès-le 15 oaobte. Il faut choisir un beau jout
pqur faire cette précieuse récolte, au risque de L'avancer de plusieurs jours ; il importe à laconserva-»
tion de cette racine, de la renfermer sans humidité.
Le jour pris, on doit arracher les racines dès le
matin , & les laisser sur place , afin que l'air & le
soleil puissent les ressuyer; des ensants suivent celui
qui arrache les racines & coupent toutes les feuilles
jusqu'au coeur ; on peut également faire cette opélation la veille , ou quelques jours avant celui de la
ïécolte. Le soir on amasse toutes les racines ; si elles
font bien essorées, 'on les met à couvert à la cave,
ou dans un autre lieu sec, inaccessible à la forte gelée ; si l'on n'a pointa craindre de pluie , on peut
lai1rer dans le champ celles qu'on a arrachées le soir,
& les conduire le lendemain au magasin. Quand le
temps permettra de les laisser à l'air deux ou trois
jours., on fera bien d'en profiter. Il ne faut les manier
durement ni dans le transport ni en les déchargeant »
comme elles ont la peau fort mince, elles se meurtrisfent facilement,& alors elles se conservent moins bien. --- Page 19 ---
*9 B ij §♦ IX.. Choix de celles qu'on doit réserver pour porter
graine. Le temps de la récolte est le moment de choisîr
les racines propres à porter de la graine ; les feules
bonnes , sont celles qui ont atteint une grosseur
moyenne, qui sont unies, tisses, couleur de rose en
dehors , & intérieurement blanches ou marbrées de
rouge & de blanc : tels sont les signes qui caractérisent
celles qu'il faut conserver & cultiver. Celles qui font
toutes blanches ou toutes rouges, sont ou dégénérées
ou de vraies betteraves, dont la graine, par la négligence des Cultivateurs, s'est mêlée avec celle de laracine de Disette. On doit loger séparément dans un
endroit totalement à l'abri de l'humidité 8c de la gelée
les racines qu'on destine à reproduire de la graine. §. x. Inflant Gt manière de replanter ks racines qui doivent
porter de la graine. Au commencement d'Avril, on doit mettre en
pleine terre les racines dessinées à porter de la graine ; on les place à trois pieds de distance l'une de
Fautre ; comme leurs tiges montent de cinq- i, six
pieds, il faut leur donner des tuteurs de sept pieds --- Page 20 ---
<èe haut, enfonces d vuvpied & demi dans la terre;
on entrelace les tuteurs avec de petites gaules, &
on forme une espèce d'espalier ; c'est contre cet espalier qu'on attache les tiges à mesure qu'elles s'allongent , afin que les vents ne*puifîent pas les -cawer.
'une de
Fautre ; comme leurs tiges montent de cinq- i, six
pieds, il faut leur donner des tuteurs de sept pieds --- Page 20 ---
<èe haut, enfonces d vuvpied & demi dans la terre;
on entrelace les tuteurs avec de petites gaules, &
on forme une espèce d'espalier ; c'est contre cet espalier qu'on attache les tiges à mesure qu'elles s'allongent , afin que les vents ne*puifîent pas les -cawer. §. XI. Tlécolte de la graine, manière de la conserver. Cette graine mûrit ordinairement vers la fin
d'O&obre ; on doit ,la recueillir aussi-tôt après les
premières gelées blanches ; alors on en coupe les
tiges, & si le temps le permet, on les drésse contre,
un mur ou une palissade ; si le temps est mauvàis ,
on les lie ensemble par poignée , & on les suspend
a Fabr: dans un lieu ëiëré, jusqu'à ce qu'elles soient
tien séches ; on en détache ensuite la graine & on
la conserve en la mettant dans des sacs, comme les
.autres semences potagères, -Chaque racine transplantée peut rendre 10 à il
onces de graine. §. XII. Manière de prévenir la dègèneration des racines•
r La graine de la racine de Disette dégénère,
comme toutes les autres , quand on ne prend pas
1ft précaution de la changer de terre tous les ans, ou --- Page 21 ---
s* B iij au moins tous les deux ans, c'est-à-dire y de semer
dans une terre forte celle qui a été produite ,par une:
terre légère & fabloneuse, & dans un sol léger ,>
celle qui est venue dans une terre compare.& forte:
ainsi les Cultivateurs des deux espèces de terres, en
faisant tous les ans des échanges de leurs semences*,.
le rendent réciproquement service. Cette graine s©>
conserve dans toute sa bonté pendant 3 ce 4 ans.. £ XI Il. Moyens de conserver ces racines depuis le mois dès
Novembre jusquà l'a fin de Juin. Si la provision des racines est considérable, & fr
l'on ne peut pas la loger a la maison, il faut plusieurs
jours avant la récolte, faire creuser dès fosses dans 1er
champ même, ou dans un autre endroit qui pendant l'hyver foit à l'aliri des eaux ; après avoir
laissé sécher le dedans dè ces fôflbs pendant 8 oit10 jours, vous mettrez un peu de paille dans lên
fond & sur les côtés; vous y placerez ensuite voue
racines une à une, en les maniant doucement &
après avoir ptis la précaution de les débarrasser
toute la terre qui les entoure. Vous couvrirez lesdernières racines avec de la paille, & vous rejetterez sur cette paille trois pieds de la terre que vous-:
kurez tirée du fossé. Vous battrez bien cette terre e.. --- Page 22 ---
& vous la disposerez en dos d'âne , afin que F eati
s'en écoule facilement. §. XIV. Dimenjîons des fojjes. Les dimensions de ces fosses sont relatives a
l'élévation du terrein , ou à sa pente ; on peut leur
donner depuis 2 jusqu 'à 4 pieds de profondeur t
leur longueur est indifférente & dépend de la quan-t
tité de racines qu'on veut y loger; leur largeur est
ordinairement de 3 pieds & demi. <
erez en dos d'âne , afin que F eati
s'en écoule facilement. §. XIV. Dimenjîons des fojjes. Les dimensions de ces fosses sont relatives a
l'élévation du terrein , ou à sa pente ; on peut leur
donner depuis 2 jusqu 'à 4 pieds de profondeur t
leur longueur est indifférente & dépend de la quan-t
tité de racines qu'on veut y loger; leur largeur est
ordinairement de 3 pieds & demi. < Ces racines ayant l'heureuse propriété de se conferver sans altération jusqu'au mois de Juin, on
fera bien de multiplier les fosses , & d'en faire une
pour la consommation de. chaque mois , à commencer par celui de Mars, temps où la provision
d'hyver renfermée dans la cave finit ordinairement.
Je conseille de multiplier .les foiTes, parce que ces
lacines., lprsqu'elles sont exposées au grand air
après en avoir été long-temps privées, ne se confervent.pas très-long-temps fraîches: on prévient cet
inconvénient en multipliant le nombre des fosses. --- Page 23 ---
s* B iv $. XV, NeceJJîté & manière, de faire un soupirait, Il faut absolument que chaque fosse ait un soupirail, par lequel la fermentation des racines puisse.
s'exhaler ; sans cette précaution , tout ce qu'on veut.
conserver sous terre, pourrit ou se détériore. Voici
la façon de former ce soupirail. Avant de rien
mettre dans la folle, plantez dans son milieu unS'"
perche de 6 à 7 pieds de long & de 2 pouces de «
diamètre; placez ensui te vos- racines dans la fosse
& disposez-les en dos d'âne; quand la fosse sera
pleine, &c que les racines s'éleveront dans le milieu,
d'un demi pied au-dessus du niveau de la terre
vous entortillerez la perche dans un cordon de foiitd'un pouce d"épait-Teur , en prenant la précaution»?
de ne pas la serrer beaucoup ; vous jetterez ensuite?
votre terre '" vous la disposerez & la battrez commenous l'avons dit plus haut. Quand la sofle sera bien
recouverte & achevée en forme de. cercueil., voué
arracherez la perche, le foin restera dans le trou, &
les exhalaisons que jettent les racines en fermentant.,
s'évaporeront par ce passage: au bout de quelques
jpurs, vous couvrirez ce trou avec un morceau d&
tuile creuse, & quand les grands froids viendront ..
vous le boucherez avec une pierre plate. --- Page 24 ---
'4 S- XVI. Manièr, de préparer les ratines pour la nourruture
des bejîiaux• Pour faire manger ces racines à toute espece de
bétail, il faut les couper ou les hacher, après toutefois les avoir bien lavées & nétoyées. Nous employons pour cet objet un instrument tranchant,
composé d une lame de fer d'un pied de longueur #
de deux pouces de largeur, & repliée en S ; au
milieu des deux branches de l'S est soudée une
douille d environ 6 pouces de longueur ; dans cette
douille, on assujettit un manche de bois d'environ
^ pieds 6 pouces de longueur ; avec cet instrument
qui, au premier coup-d'œil, paroît être dessiné à
imprimer la lettre S sur un corps quelconque , on
hache ces racines aussi également que facilement ;
cette opération se fait dans un baquet ou auge
uniquement destiné à cet usage. Un homme peut
dans une heure de temps hacher assez de racines
pour nourrir douze bœufs pendant une journée.
Avant de jetter les racines dans l'auge, il faut les
fendre & les couper en quartiers. Il est avantageux
de hacher ces racines en morceaux de la grosseur
d'une noix ; j'ai remarqué que les bestiaux en pro.
filent mieux.
racines aussi également que facilement ;
cette opération se fait dans un baquet ou auge
uniquement destiné à cet usage. Un homme peut
dans une heure de temps hacher assez de racines
pour nourrir douze bœufs pendant une journée.
Avant de jetter les racines dans l'auge, il faut les
fendre & les couper en quartiers. Il est avantageux
de hacher ces racines en morceaux de la grosseur
d'une noix ; j'ai remarqué que les bestiaux en pro.
filent mieux. --- Page 25 ---
[texte_manquant] 5- XVII. Pour les bêtes à cornes. Préparée de cette manière, on peut donner cet
racines, sans autre mélange, à toutes les bêtes à
cornes & à laine, sur-tout à celles que l'on veut
engraisser ; mais si l'on est forcé d'économiser les
racines , on y peut mêler un quart & plus de foin
oc de paille hachée ; il est même bon ti'observer
cette méthode, pendant les trois ou quatre premières
semaines, avec le bétail maigre que ron met à
l'engrais ; le foin de trefle, de sainfoin, de luzerne, &c., est le meilleur pour cet usage. Les personnes qui ont, ou qui voudront se pro*
curer un hache-paille .. ou ban monté pour hacher
les fourrages secs, semblable à celui dont on fait
usage en Allemagne, avec autant de succès que
d'avantage, économiseront beaucoup de temps &
consumeront moins de leurs provifions* §. XVIII. Pour tes chev4ux. On peut pendant tout l'hy ver nourrir les chevaux
avec cette racine , en y ajoutant cependant moitié
paille & foin hachés ensemble ; nourris ainsi, il.
seront gras, vigoureux & bien portants ; mais lors --- Page 26 ---
2/6 des travaux pénibles & continus, il faut y ajouter
de temps en temps un peu d'avoine. C'est ainÍt
qu'on en use dans les Provinces d'Allemagne, où
cette racine tient presque lieu de prairies , & dont
Fespèce de chevaux est aulli connue qu'#stimée. Les cochons mangent également ces racines
hachées, crues & mêlées dans la boisson grasse ou
laiteuse qu'on leur donne ordinairement. Ils deviennent aussi gras que ceux qui mangent des
pommes de terres , légume, qu'on est obligée de
faire cuire. On économise donc, en employant
cette racine , le bois qui devient si rare & si cher
par-tout, & les peines que donne la cuisson., &c. C— §. XIX. I Ration^ des différents besliaux. La quantité-.de ces racines, qu'on doit faire manger par jour aux différents bestiaux, doit se mesurer
sur celle des fourrages secs, qu'on veut & qu'on doit
y ajouter ; ( car il leur en faut tous les jours un peu
avant de les faire boire ; ) on doit encore proportionner cette quantité à la taille & à la grosseur des
bêtes; on doit aussi la calculer d'après le projet
qu'on a formé sur les bestiaux : ceux qu'on veut.
nourrir pour les garder, doivent en manger moins
que ceux qu'on veut engraisser pour s'en défaire. --- Page 27 ---
ij Comme le volume de ces racines est plus ou moins
considérable, selon la bonté du sol qui les a produites , nous ne fixerons pas cette quantité par le
nombre de racines, nous ne l'affignerons pas non
plus par le poids de chaque ration ; tout le monde
n'a pas le temps & la facilité de faire ces pesées i
nous nous contenterons de rapporter dans les alinéa
suivants , des faits qui répandront sur cette question,
toute la lumière dont elle est susceptible.
ij Comme le volume de ces racines est plus ou moins
considérable, selon la bonté du sol qui les a produites , nous ne fixerons pas cette quantité par le
nombre de racines, nous ne l'affignerons pas non
plus par le poids de chaque ration ; tout le monde
n'a pas le temps & la facilité de faire ces pesées i
nous nous contenterons de rapporter dans les alinéa
suivants , des faits qui répandront sur cette question,
toute la lumière dont elle est susceptible. J'ai fait planter au mois de Mai 1785 seize mille
& quelques cents de ces racines , dans un champ •
contenant deux arpents & un huitième , mesure de
Heidelberg; cette mesure est la même, à ce que
l'on m'a assuré , que celle de Lorraine , rarpent
ayant 250 verges, la verge 10 pieds, Se le pied
10 pouces de Roi. Depuis le commencement de
Juillet jusqu'au 15 Novembre, sept vaches & trois
veaux ont été constamment nourris du produit des
feuilles mêlées avec un riers ou un quart d'autres
herbes, comme je l'ai dit précédemment ; & depuis
le 20 Novembre elles mangent les racines hachées
de la manière que j'ai indiquée. Les vaches font
deux repas par jour , chacun consiste en 16 ou 18
livres de racines , mèlées avec quatre livres de paille
ou foin hachées ; leur laitage est aussi bon, aussi
abondant qu'en été, & elles sont dans le meilleur
état possible. --- Page 28 ---
5- xx. Manière d'engraisser les bœufs. - J'ai fait mettre quatre bœufs très-maigres à l'en.
grais ; on a donné d'abord à chacun , deux fois par
jour, 10 livres de ces racines mêlées avec 5 livrée
de regain ou de foin haché. Au bout d'un mois ,
d'après l'instmaion que j'avois reçue d'un Fermier
Observateur éclairé, je leur ai fait retrancher le
foin haché, & j'y ai substitué 5 livres de racines :
ils ont vécu ainsi, pendant deux mois, de racines
seules ; après ce temps de trois mois, ils ont été
assez gras pour être vendus. Ils ont toujours dévoré
cette nourriture , parce qu'elle est savoureuse,
tendre Se n'a aucune âpreté. J'ai observé qu'il étoit
avantageux de donner aux bœufs ainsi qu'aux
vaches leur ration en deux ou trois reprises su.cceffi.
ves , ils en engraissent plus vîte ; il n'y a rien d&
gâté, de perdu , comme cela arrive quand on leut
donne le tout à la fois. D'après ce récit aussi fidèle qu'èxaÔ, on peut
calculer aisément ce qu'il faut de ces racines pour
nourrir une vache & engraisser un bœuf; combienun arpent de terre peut en rapporter, en les plantant à 18 pouces de distance , ainsi que je l'ai dit& --- Page 29 ---
tg 35c combien on peut engraisser de bœufs, ou en";
tretenir de vaches avec le produit d'un arpent. Il faut communément quatre mois pour bien
engraisser un bœuf avec les denrées qu'on est dans
l'usage de leur faire manger; or, ces racines se
conservant huit mois de l'année , 8t les feuille.
qui font le même effet, fournissant la nourriture
les quatre autres mois, on peut donc renouveller
trois fois par an les bestiaux qu'on veut engraisser
avec cettte racine, ou en nourrir constamment,
pendant toute l'année, ceux qu'on veut conserver.
Il faut communément quatre mois pour bien
engraisser un bœuf avec les denrées qu'on est dans
l'usage de leur faire manger; or, ces racines se
conservant huit mois de l'année , 8t les feuille.
qui font le même effet, fournissant la nourriture
les quatre autres mois, on peut donc renouveller
trois fois par an les bestiaux qu'on veut engraisser
avec cettte racine, ou en nourrir constamment,
pendant toute l'année, ceux qu'on veut conserver. §. XXI. Traduit net d'un Arpent de terre, mesure de Lorraine. Afin d'éviter aux Cultivateurs la peine de calculer combien un arpent de terre , mesure de Lot..
raine, qui fait à-peu-près un demi-arpent de
France, peut rapporter de racines, je vais mettre
ici la manière de procéder à ce calcul, & en indiquer le résultat. L'arpent de terre contient 450
verges quarrées ; la verge a i o pieds , & le pied,
10 pouces de Roi ; l'arpent a donc 2,500,000
pouces quarrés de surface; mais chaque quarré de
113 pouces, contient (en multipliant 18par 18) --- Page 30 ---
314. pouces quarrés; ainsi, en divisant 2,500,000.
nombre total des pouces quarrés nécessaire à chaque
racine, on trouve qu'on peut planter 7,716 racines
dans un arpent de Lorraine , en les y plaçant à jg
pouces,de distance, il reste une fratlion d 'un cent
seizième , qu'on peut négliger. Quant au poids des racines, comme il dépend
de la bonté & de la substance du fol où on les
plante , il eil entre les mains de celui qui choisit la
terre. Ce que je dois encore observer ici, c'est que
si la terre est médiocre 8c peu fumée , on peut y
planter ces racines à 1 pied ou i 5 pouces de distance l'une de l'autre : mais dans une bonne terre,
il faut leur donner toujours 18 pouces. ^ Plusieurs habitans de Puttelange, & tous les
Cultivateurs qui m'ont imité , ont réuni comme
moi ; mais ceux qui n'ont pas exécuté ce que je leur
avois recommandé sur la plantation & la culture,
ceux qui ont trop enfoncé leurs plants dans la terre,
qui les ont trop rapprochés les uns des autres , qui
les ont mis parmi les pommes de terre ou autres
légumes , & qui. ne leur ont donné aucune culture ,
tous ceux-là n'ont pas eu de succès; ils auroient
attribué, sans doute, à la nature de la racine & à
^ celle du sol, ce qui n'a été que l'effet de leur né- --- Page 31 ---
3r essence, si plusieurs de leurs voisins n'euflenc
réussi.. Si dans chaque canton il se trouvoit, quelqu'un
assez bienfaisant pour semer une grande quantité
de graine de la racine de Disette , & pour en distribuer les plants à tous ceux qui seroient desireux
d'en cultiver ; si quelqu'un daignoit leur enseigner,
en même-temps, la manière de les planter, de les
soigner & de s'en servir, il rendroit certainement
le plus grand service aux habitans de la campagne,
eux qui ne peuvent s'induire par la voie des Mémoires que le Gouvernement ou les Savans publient , parce qu'ils ne les connoissent ou ne les
entendent point, & qui ignorent entièrement l'exis-
• tence.des Feuilles périodiques, Ouvrages qui annoncent fréquemment des découvertes utiles h des
inventions infiniment intéressantes ; oui, les habitans de la campagne ne croupisser\t. dans Tignolance, que parce qu'on ne fait pas descendre l'instruaion jusqu'à eux; ils ne végètent dans l'apathie,
que parce qu'on ne cherche point à réveiller leur
industrie, & à exciter leur bonne volonté.
& qui ignorent entièrement l'exis-
• tence.des Feuilles périodiques, Ouvrages qui annoncent fréquemment des découvertes utiles h des
inventions infiniment intéressantes ; oui, les habitans de la campagne ne croupisser\t. dans Tignolance, que parce qu'on ne fait pas descendre l'instruaion jusqu'à eux; ils ne végètent dans l'apathie,
que parce qu'on ne cherche point à réveiller leur
industrie, & à exciter leur bonne volonté. La possibilité d'entretenir une vache, fait la félicité de la famille du manoeuvre , de l'artisan, &c.
Celui qui jusqu'ici n'en a pas eu, parce qu'il ne --- Page 32 ---
yl pouvoit la nourrir, pourra aisément jouir à l'avenir
de cet avantage; il affermera un terrein peu étendu,
il y cultivera la racine d'abondance, il en nourrira sa
Vache ; & le lait qu'elle produira dans moins d'un
mois, paiera le prix de sa ferme. Le paysan qui n'a
encore pu nourrir qu'une vache, pourra en nourrir
deux ou trois, s'il s'adonne à la culture de la même
racine. §. XXII. Avantages de cette Culture. Outre les avantages que nous avons déjà énumères , la racine de Disette en réunit encore plu..
,fleurs ; je mets à leur tête la certitude d'une récolte
abondante, quelque puisse être l'intempérie des
faisons. Si on adopte la culture de eette racine, on ne
sera plus obligé de faire pâturer & manger pendant l'été, les prés artificiels & naturels ; toute
l'herbe qu'ils produisent sera donc convertie en
foin. Combien ne pourra-t-on pas vendre de cette
denrée , puisque , même pendant l'hiver, on en
ménagera au moins les deux tiers ? Et enfin,
comme les racines donnent la facilité de nourrir
les bestiaux à l'étable pendant toute l'année, on
aura --- Page 33 ---
3? c aura celle d'augmenter la provision de fumier,
objet si nécessaire, si indifpensabl-- à l'Agriculture, Par une suite de ces avantages, les fourrages se
maintiendront toujours à un prix modéré; car cette
racine rapporte de grands produits quand les autres
fourrages manquent, & elle les surpasse même
dans les années qui leur sont les plus favorables^
Lorsque cette racine sera une fois bien connue,
les Cultivateurs la préféreront sans doute à tous
les fourrages de ce genre. l Les expériences que j'ai faites en grand, principalement en 1785 , sur la culture, le produit & 1 age de la racine de Disette, m'ont convaincu
qu'elle mérite d'obtenir cette préférence sur toutes
les autres racines , & même sur le turneps : on
pourra juger, d après les motifs que je vais exposer , si j'ai été partial ou enthousiaste. §. XXIII. Résumé, 1 °. Les hommes peuvent manger pendant toutet
l'année de cette espèce de légume : il est bon, sain „
& ne cause pas de flatuolités comme les navets.. --- Page 34 ---
2. o. Le puceron Se la iette , ni aucune autre
chenille ou inseste ne l'attaquent, sa réu1l1te est
assurée par-tout ; il ne souffre point de la vicissitUde
des saisons. Les navets ou turneps ne jouissent point
de ces propriétés. 3°. Les feuilles de la racine de Disette sont tine
nourriture excellente pour les bestiaux de toute
espèce, pendant quatre mois de l'année ; celles du
turneps & des autres navets , ne procurent cet
avantage qu'une seule fois » & encore sont-elles
alors très-dures, & gâtées par les inseaes.
par-tout ; il ne souffre point de la vicissitUde
des saisons. Les navets ou turneps ne jouissent point
de ces propriétés. 3°. Les feuilles de la racine de Disette sont tine
nourriture excellente pour les bestiaux de toute
espèce, pendant quatre mois de l'année ; celles du
turneps & des autres navets , ne procurent cet
avantage qu'une seule fois » & encore sont-elles
alors très-dures, & gâtées par les inseaes. 4°. La racine de Disette se conserve parfaitement pendant huit mois de l'année, & n'est pas
aussi sujette à la pourriture, que les turneps ou
navets , qui, dès la fin de Mars , deviennent filandreux , coriaces, creux & cordelés. 5°. Les turneps & les autres navets ne réussissent
jamais parfaitement; souvent ils manquent totalement , sur-tout dans les terres fortes; il leur faut
un sol léger , frais , sabloneux ; la racine de Disette
vient par-tout : les Cultivateurs des deux espèces
ide terres, sont égalemenr assurés d'en jouir : ainsi,
tous les Fermiers & Laboureurs peuvent profiter
de cette ressource. --- Page 35 ---
3. C ij 60. Le laitage provenant des vaches qui
nourrissent de navets pendant quelques jours ds
suite , contracte un goût de suis, fort, aigre & trèsdésagréable ; celles qui mangent de la racine de
Disette, donnent du lait & du beurre d'une excellente qualité. D'après ce parallèle fait par Fexafle vérité, parallèle que toutes les personnes à qui. j'ai procuré
des graines de la racine de Disette , vérifieront &
certifieront, sans doute , cette année ; on ne confondra plus, je l'espère, la racine de Disette avec
le turneps, qui n'efl: qu'un véritable navet de la
grosse espèce , connu & cultivé en Allemagne de
tous les temps, & presque généralement abandonné aujourd'hui, à cause des inconvéniens dont
je viens de parler. Cet excellent fourrage vient au secours de tous
les troupeaux, sur-tout dans le temps où la verdure , si utile & si nécessaire aux bestiaux, est encore rare ; on jugera par leur vigueur & leur embonpoint , combien elle contribue à leur santé. Jamais le bétail ne s'en dégoûte; il le mange
toujours avec la même avidité, le même plaisir,
& en n'a pas à craindre les accidens malheureux --- Page 36 ---
t
->e qui lui arrivent quelquefois par l'usage des navets.
Combien ne seroit-il pas à desirer que ces avantages réunis, & fondés sur une expérience consiante, détruisiŒent la méfiance & les préjugés
,qu, inspirera peut-être d'abord , cette racine nouvelle pour les François , car elle ne l'en: point
pour quelques provinces de l'Allemagne , qui la
cultivent avec les plus grands succès, qui lui donnent la préférence sur tous les autres fourrages,
& qui s'en servent pour engraisser la plupart des
troupeaux de bœuss qu elles viennent vendre tous
les ans dans le Royaume. Je m'eflimerais heureux , si les vérités que je
viens d'exposer, encourageoient à la culture d'une
racine qui peut augmenter la richesse de l'Etat,
& contribuer à l'aisance & au bonheur des peuples. §. XXIV. Manière d'élever les, Veaux , en les fivrant dès Vâge
de douke jours. La disette de fourrage ayant obligé les Cultivateurs à se désaire de beaucoup de vaches, & les
ayant empêchés depuis deux ou trois ans d'élever
la quantité de veaux qu'ils nourrissoient ordinairement , le prix de la viande, du beurre & du laitage
er la richesse de l'Etat,
& contribuer à l'aisance & au bonheur des peuples. §. XXIV. Manière d'élever les, Veaux , en les fivrant dès Vâge
de douke jours. La disette de fourrage ayant obligé les Cultivateurs à se désaire de beaucoup de vaches, & les
ayant empêchés depuis deux ou trois ans d'élever
la quantité de veaux qu'ils nourrissoient ordinairement , le prix de la viande, du beurre & du laitage --- Page 37 ---
C iij ont augmenté d'une manière auih excessive qu'i"
nou'ie. Pour arrêter les progrès de ces renchérissements, qui semblent devoir devenir encore plus
considérables, il est nécessaire d'encourager les habitants de la campagne à s'appliquer plus que jamais
à élever des bêtes à cornes ; la racine de Disette
leur en fournira les moyens , 8c elle détruira le
prétexte qu'ils emploient le plus communément,
celui de ne pouvoir se priver du lait de leurs vaches , aliment nécessaire à leur subsistance 8c à
celle de leur famille. En employant la racine de
Disette , ils peuvent en effet , avec un peu de
peine 8c de soin, sévrer, dès l'âge de 10 ou 12
jours ) les veaux qu'ils veulent élever. Dès le troisième jour, il faut, une fois par jour»
présenter aux veaux nouvellement nés un peu de
lait tiède, dans un vâse de bois ; qu'ils boivent ou
ne boivent point , peu importe , il suffit qu'ils
mouillent leurs lèvres ; à peine auront-ils atteint
8 ou io jours qu'ils en boiront volontiers, 8c dès.
lors on ne les laissera plus approcher de leur mère;
on leur donnera alors à boire , soir 8c matin, pendant trois ou quatre jours , tout le lait de la vache ;
& à midi, au-lieu de lait, on leur présentera de
l'eau tiède, dans laquelle on aura délayée un peu
de farine. Dès l'âge de 12 jours, on ne leur donnera --- Page 38 ---
[texte_manquant] plus de lait pur ni matin ni soir, mais seulement
de l'eau tiède mêlée de farine & d'un peu de lait:
on leur continuera pendant quatre à cinq jours
ce dernier régime, & on y joindra ce qui suit. Dès le quatrième joui, on prend dans le creux
de "la main un peu de son , & on le présente de
temps en temps au veau ; quand il commence à
lécher ce son , on en met une demi-jointée devant
lui, & une poignée de foin ; on continue ainsi
jusqu'au douzième jour , temps où il a appris à
manger ; il faut avoir attention de tenir très-propre
la place où l'on met cette nourriture, & de la balayer
chaque fois qu'on la renouvelle. A dater de ce
terme de 12 jours, on lui donnera, tous les jours
trois fois , des feuilles de la racine de Disette,
hachées 8c mêlées avec un tiers de son, & deux fois
a boire de l'eau blanche. Si c'est en hyver, la racine
remplacera les feuilles. Quand le veau aura quatre à
cinq semaines, on lui retranchera le son , on y substituera de la paille & du foin hachés qu'on mêlera
également avec les racines ou les feuilles. Il faudra
ôter chaque fois ce que le veau aura laissé & lui
l'endre une nourriture fraîche , cela afin d'éviter le
dégoût. Les veaux qui sont élevés de cette façon
paissent dès rage de six semaines, & ils réussissent
fort bien ; l'expérience me l'a prouvé.
on lui retranchera le son , on y substituera de la paille & du foin hachés qu'on mêlera
également avec les racines ou les feuilles. Il faudra
ôter chaque fois ce que le veau aura laissé & lui
l'endre une nourriture fraîche , cela afin d'éviter le
dégoût. Les veaux qui sont élevés de cette façon
paissent dès rage de six semaines, & ils réussissent
fort bien ; l'expérience me l'a prouvé. --- Page 39 ---
§• xxv, Culture des carottes dans les champs où l'on a
femé de l'orge, Aux observations relatives à la racine de Disette,
je crois devoir joindre celles que j'ai faites sur
quelqu'autres objets d'Agriculture , peu connus,
ou peu pratiqués en Lorraine 8c dans les Évêchés ,
& qui cependant peuvent être utiles aux habitants
de la campagne, dans les bonnes comme dans les
mauvaises années. Dans toutes les bonnes terres, mais légères &
un peu humides , qui sont a l abri des parcours
& dessinées à porter de l'orge, on peut toujours
faire une double récolte. Quand l'orge est semé
& enterré à la charrue, ou à la herse, on répand
légèrement de la graine de carottes sur ce champ ,
& on y patte le rouleau à deux reprises ; ce qui
suffit pour enterrer la graine. L'orge n'empêchant
pas la carotte de prospérer , on en fait une riche
récolte au mois de Novembre. Si l'on a le temps
d'éclaircir les carottes & de les sarcler , elles en
font plus belles. On n ignore point que la carotte
est une excellente nourriture pour les hommes &
pour les bestiaux. Plusieurs personnes sont dans
1" usage de couper les feuilles des carottes à différentes --- Page 40 ---
4o reprises ; j'ai remarqué que cette opération les
durcit & arrête leur végétation. §. XXVI. De la culture de la Spergule & de sis
avantages. La spergule est: une plante dont on jouit dans
Tannée où on l'a semée, & qui se reproduit par sa
graine, & non par sa racine. - La culture & l'usage de cette plante sont tellement ignorés dans cette Province , qu'à peine en
connoît-on le nom. Cette espèce de fourrage est
cependant d'un rapport d'autant plus agréable &
avantageux, qu'on peut se le procurer presque dans
le moment du besoin ; & que dans les terres légères , il ne faut ni charrue ni chevaux pour le
cultiver. Après la récolte du bled, on seme sur le
chaume 4 à 5 livres de cette graine par arpent ;
on l'enterre en promenant un fagot d'épines par
deÍfus, à deux ou trois reprises différentes. Au bout
de cinq à six semaines, on trouve dans ce champ
une pâture abondante pour les chevaux, les bœufs,
les vaches & les moutons ; les vaches qui se nourriÍfent de ce fourrage , donnent une grande abondance de lait de la première qualité ; & le beurre
le
chaume 4 à 5 livres de cette graine par arpent ;
on l'enterre en promenant un fagot d'épines par
deÍfus, à deux ou trois reprises différentes. Au bout
de cinq à six semaines, on trouve dans ce champ
une pâture abondante pour les chevaux, les bœufs,
les vaches & les moutons ; les vaches qui se nourriÍfent de ce fourrage , donnent une grande abondance de lait de la première qualité ; & le beurre --- Page 41 ---
qui en provient, est le meilleur pour être conter
vé. Dans le Brabant & en Hollande , où ce fourrage est le plus cultivé, le beurre que donnent les
vaches qui s'en nourrissent, est tellement estimé
pour sa bonté & sa fermeté, qu'on en approvisionne les vaisseaux dessinés à faire des voyages
de long cours, & qu'on le désigne par le nom de
beurre de spergule. Quand on attend un jour de pluie pour semer
la graine de spergule, elle lève dès le quatrième
jour. Dans les terres fortes, il faut, avant de semer
la graine, passer une herse de fer sur le chaume,
& après qu'on l'a semée, employer le fagot d'épines. On peut se procurer la graine de ce four-,
rage chez les marchands grenetiers, ou la tirer
d'Anvers. Pour naturaliser la spergule dans nos pays, il
faut la semer au mois d'Avril, & la récolter au
mois d'Août. Le foin qu'elle produit , quoique
d'une couleur & d'une odeur désagréables, est
mangé avec avidité par les chevaux, les boeufs ,
les vaches & les moutons : ces bestiaux le préfèrent au meilleur foin ; il est extrêmement nourrissant. Toutes les volailles, & sur-tout les pigeons,
en mangent la graine de préférence à toute autre. --- Page 42 ---
4- §. x x V I I. Manière de suppléer à la disette de Foin. Il est d'expérience , que quand les mois d'Avril
Se de Mai font secs, & qu'il règne quelque vent
violent, la récolte du foin est peu abondante. Pour
suppléer à la disette de cette denrée , il faudrait
que les Cultivateurs prévoyans & vigilans, fissent
alors labourer une partie de leurs jachères, & y
semassent du seigle, de l'orge & de l'avoine, mêlés
avec des vesces & des lentilles. Au commencement
d Août , quand le seigle commence a monter en
épis , on fauche & on fane les tiges de ces plantes ,
& on a ainsi du foin qui remplace très-bien celui
des près ; & les champs qui ont produit ce foin
peuvent encore fournir de la pâture. Cette semaille
d autant plus facile à faire pour les laboureurs
que leurs principaux travaux sont alors suspendus. §. x x v i i I. Méthode nouvelle de faire du foin avec le produit
des prairies artificielles. On cst dans l heureuse habitude de semer, dans
cette Province, beaucoup de trémie, de luzerne, --- Page 43 ---
ce de sainfoin &c. mais comme peu de personnes
savent la vraie manière de réduire ces plantes en
fourrage sec , presque toutes en perdent les feuilles
& les fleurs, qui sont ce qu'il y a de meilleur, & il
ne leur en reste que les tiges. Voici la façon d'éviter ces inconvéniens.
des prairies artificielles. On cst dans l heureuse habitude de semer, dans
cette Province, beaucoup de trémie, de luzerne, --- Page 43 ---
ce de sainfoin &c. mais comme peu de personnes
savent la vraie manière de réduire ces plantes en
fourrage sec , presque toutes en perdent les feuilles
& les fleurs, qui sont ce qu'il y a de meilleur, & il
ne leur en reste que les tiges. Voici la façon d'éviter ces inconvéniens. Il faut se procurer des piquets de 8 à pieds
de long, à-peu-près de la grosseur du bras , la qualité du bois est indifférente; on perce dans ces montans, des trous dans tous les sens,à 15 pouces les.
uns des autres ; on paflfe dans ces trous ? des gaules
d'un pouce & demi de diamètre , & d'environ
quatre pieds de longueur. On fiche ces piquets en
terre, de distance en distance, dans le pré que
l'on va faucher ; ils ressemblent aÍfez aux bâtons
que l'on dessine aux perroquets, & aux perchoirs
des dindons. Il faut faucher l'herbe lorsqu'elle efl: en pleine
.fleur, la prendre par brassées , comme elle tombe
fous la faux , & la mettre sur ces arbres. On l'y laisse
sans la retourner , ni la toucher, jusqu'à ce qu'elle
soit bien sèche ; on la charge ensuite le matin ou
le soir , & on la transporte dans le grenier à foin ;
en agissant assisi , on ne perd ni la graine ni les
feuilles des plantes. Le mauvais temps ne peut --- Page 44 ---
"44 nuire au foin amsi manipulé » l'eau n'y séjourne
pas , & l'air le sèche plus promptement & plus
également que sur terre. La spergule , qui est une
herbe fort grasse, se réduit en fourrage sec de la
même manière. La récolte du foin faite, on retire
les piquets ; conservés avec soin, ils peuvent servir
plusieurs années de suite. F I N. --- Page 45 --- --- Page 46 --- --- Page 47 --- --- Page 48 --- --- Page 49 --- --- Page 50 --- --- Page 51 --- --- Page 52 ---
de Difette, m'ont convaincu
qu'elle mérite d'obtenir cette préférence fur toutes
les autres racines, & même fur le turneps : on
pourra juger, d'après les motifs que je vais expofer,fijai été partial ou enthoufiafte.
S. XXIII
Refumé.
1°. Les hommes peuvent manger pendant toute
l'année de cette efpèce de légume: il eft bon, fains
& ne caufe pas de flatuolités comme les nayets.
C --- Page 36 ---
29. Le puceron & la lifette 5 ni aucune autre
chenille ou infege ne l'attaquent, 2 fa réuflite eft
affurée parcout; il ne fouffre point de la viciflitude
des faifons. Les navets ou turneps ne jouifient point
de ces propriétés.
de
font
S.Les :
feuilles de la racine
Difette
une
mourriture excellente pour les beftiaux de toute
efpèce, pendant quatre mois de l'année ; celles du
turneps & des autres navets, ne procurent cet
avantage qu'une feule fois, & encore font-elles
alors très-dures, & gâtées par les infedes.
49. La racine de Difette fe conferve parfaitement pendant huit mois de l'année, & n'eft pas
auffi fujerte à la pourriture, que les turneps ou
navéts, qui, dès la fin de Mars, deviennent filandreux, coriaces, creux & cordelds.
s°. Les turneps &les autres navets ne réuffiffent
jamais parfaitement; fouvent ils manquent totalement, fur-tout dans les terres fortes; il leur faut
un fol léger, frais, fabloneux; la racine de Difette
vient par-tout : les Cultivateurs des deux efpèces
de terres, font égalemenr affurés d'en jouir : ainfi,
tous les Fermiers & Laboureurs peuvent profiter
de cette reffource. --- Page 37 ---
3,
des vaches qui for
6°. Le laitage provenant
nourriffent de navets pendant quelques jours de
fuite, contrafie un godr de fuif, fort, aigre & trèsde la racine de
délagréable; : celles qui mangent
Difette, donnent du lait & du beurre d'une excellente qualité.
D'après ce parallèle fait par Texaste vérité, parallèle que toutes les perfonnes à qui-j'ai procuré
de la racine de Difette, vérifieront &
des graines fans doute, cette année; on ne concertifieront, je l'efpère, la racine de Difette avec
fondra plus,
véritable navet de la
le turneps, qui n'eft qu'un
de
efpèce, connu & cultivé en Allemagne
groffe
abantous les temps, & prefque généralement
à caufe des inconvéniens dont
donné aujourdhui,
je viens de parler.
Cet excellent fourrage vient au fecours de tous
fur-tout dans le temps où la verles troupeaux, utile & fi néceffaire aux beftiaux, eft endure, fi
leur vigueur & leur emcore rare; on jugera par contribue à leur fanté,
bonpoint, combien elle
Jamais le bétail ne s'en dégoûte; il le mange
avec la même avidité,le même plaifir,
toujours
à craindre les accidens malheureux
& on n'a pas
Cij
parler.
Cet excellent fourrage vient au fecours de tous
fur-tout dans le temps où la verles troupeaux, utile & fi néceffaire aux beftiaux, eft endure, fi
leur vigueur & leur emcore rare; on jugera par contribue à leur fanté,
bonpoint, combien elle
Jamais le bétail ne s'en dégoûte; il le mange
avec la même avidité,le même plaifir,
toujours
à craindre les accidens malheureux
& on n'a pas
Cij --- Page 38 ---
quilui arrivent quelquefois par T'ufage des navets.
Combien ne feroit-il pas à defirer que ces avanréunis, & fondés fur une expérience conftages tante, détruififfent la méfiance & les préjugés
qu'inipirera, peut-être d'abord, cette racine nouvelle pour les François, car elle ne Teft point
pour quelques provinces de T'Allemagne, qui la
cultivent avec les plus grands fuccès, qui lui donnent la préférence fur tous les autres fourrages,
& qui s'en fervent pour engraiffer la plupart des
troupeanx de boeufs qu'elles viennent vendre tous
les ans dans le Royaume.
Je m'eftimerois heureux, fi les vérités que je
viens d'expofer, encourageoient à la culture d'une
racine qui peut augmenter la richeffe de l'Etat,
& contribuer à l'aifance & au bonheur des peuples.
S. XXIV.
Manière d'dlever les Veaur, en les fevrant dèslige
de doure jours.
La difette de fourrage ayant obligé les Cultivateurs à fe défaire de beaucoup de vaches, & les
ayant empêchés dépuis deux ou trois ans d'élever
la quantité de veaux qu'is nourriffoient ordinairement, le prix de la viande, du beurre & du laitage --- Page 39 ---
d'une manière aufli excellive qu'iont augmenté
les
de ces renchériffenouie, Pour arrêter
progrès
femblent devoir devenir encore plus
ments, qui
les habiconfidérables,il eft néceffaire d'encourager
tants de la campagne às'appliquer plus que jamais
élever des bêtes à cornes; la racine de Difette
à
les
& elle détruira le
leur en fournira
moyens,
qu'ils emploient le plus communément,
prétexte
fe
du lait de leurs vacelui de ne pouvoir
priver
fubfiftance & a
ches, aliment néceffaire à leur
de leur famille. En employant la racine de
celle
en effer, avec un peu de
Difette, ils peuvent févrer, dès T'age de IO ou 12
& de foin,
peine -
veulent élever.
jours, les veaux qu'ils
Dès le troifième jour, il faut, une fois par jours
veaux nouvellement nés un peu de
préfenter aux
vâfe de bois; qu'ils boivent ou
lait tiède, dans un
il fuffit qu'ils
ne boivent point 2 peu importe ,
atteint
mouillent leurs lèvres; ; à peine auront-ils
&c dès.
en boiront volontiers,
8 ou IO jours qu'ils
de leur mère;
lors on ne les laiffera plus approcher
leur donnera alors à boire, foir & matin, penon
tout le lait de la vache;
dant trois ou quatre jours,
de
& à midi, au-lieu de lait, on leur préfentera
tiède, dans laquelle on aura délayée un peu
l'eau
12jours, on ne leur donnera
de farine. Dès ragede
Ciij
&c dès.
en boiront volontiers,
8 ou IO jours qu'ils
de leur mère;
lors on ne les laiffera plus approcher
leur donnera alors à boire, foir & matin, penon
tout le lait de la vache;
dant trois ou quatre jours,
de
& à midi, au-lieu de lait, on leur préfentera
tiède, dans laquelle on aura délayée un peu
l'eau
12jours, on ne leur donnera
de farine. Dès ragede
Ciij --- Page 40 ---
plus de lait pur ni matin ni foir, mais fenlement
de l'eau tiède mélée de farine & d'un
de
peu
lait:
on leur continuera pendant quatre à cinq jours
ce dernier régime, & ony joindra ce qui fuit.
Dèsle quatrieme jour, on prend dans le creux
de 1a main un peu de fon, & on le préfente de
temps en temps au veau; quand il commence à
lécher ce fon, on en met une demi-jointée devant
lui, & une poignée de foin ; On continue ainfi
julqu'au douzième jour, , temps oùr il a appris à
manger; il faut avoir attention de tenir très-propre
la place oul l'on met cettenourriture, & delat balayer
chaque fois qu'on Ia renouvelle. A dater de ce
terme de I2 jours, on lui donnera, tous les
trois
jours
fois! 7 des feuilles de Ia racine de Difetie,
hachées & mêlées avec un tiers de fon, & deux fois'
à boire de l'eau blanche. Sic'eft en hyver, la racine
remplacera les feuilles. Quand le veau aura quatre à
cinq femaines, on lui rétranchera le fon, ony fubf
tituera de la paille & du foin hachés qu'on mélera
également avec les racines ou les feuilles. Il faudra
ôter chaque fois ce que le veau aura laiffé & lui
rendre une nourriture fraiche, cela afin d'éviter rle
dégoht. Les veaux qui font élevés de cette façon
paiffent dès T'age de fix femaines, & ils réufliffent
fort bien; T'expérience me l'a prouvé. --- Page 41 ---
S. XXV,
Culture des caroutes dans les champs oi l'on a
Jemé de l'orge.
Aux obfervations relatives ala racine de Difette,
je crois devoir joindre celles que j'ai faites fur
quelqu'autres objets d'Agriculrure , peu connus,
ou peu pratiqués en Lorraine & dans les Évéchés,
& qui cependant peuvent être utiles aux habitants
de la campagne, dans les bonnes comme dans les
mauvailes années.
Dans toutes les bonnes terres, mais légères &
un peu humides 2 qui font à l'abri des parcours
& deftinées à porter de T'orge, On peut toujours
faire une double récolte. Quand l'orge eft femé
& enterré à la charrue, ou à la herfe, On répand
légèrement de la graine de carottes furce
& On y paffe le rouleau à deux reprifes ; champ, cé qui
fuffit pour enterrer la graine. L'orge n'empéchant
pas la carotte de profpérer, 2 on en fait une riche
récolte au mois de Novembre. Si l'on a le
d'éclaircir les carottes & de les farcler, elles temps
font plus belles. On n'ignore point
la
en
eft une excellente nourriture
que carotte
pour les hommes &
pour les beftiaux. Plufieurs perfonnes font dans
Fufagedecouperles feuilles des carottesà différentes
uffit pour enterrer la graine. L'orge n'empéchant
pas la carotte de profpérer, 2 on en fait une riche
récolte au mois de Novembre. Si l'on a le
d'éclaircir les carottes & de les farcler, elles temps
font plus belles. On n'ignore point
la
en
eft une excellente nourriture
que carotte
pour les hommes &
pour les beftiaux. Plufieurs perfonnes font dans
Fufagedecouperles feuilles des carottesà différentes --- Page 42 ---
reprifes ; j'ai remarqué que cette
durcit & arrête leur végétation.
opération les
S. XXVI
De la culture de la Spergule 6 defs
avantages.
La Ipergule eft une plante dont on
T'année où On l'a femée, & quife
jouit dans
graine, & non par fa racine.
reproduit par fa
La culture & T'ufage de cette plante font tellementi ignorés dans cette Province,
connoit-on le nom. Cette
qu'à peine en
efpèce de
eft
çependant d'un rapport d'autant
fourrage
avantageux, qu'on
fe le
plus agréable &
le moment du befoin; peut & procurer prefque dans
que dans les. terres légères,il ne faut ni charrue ni chevaux
cultiver. Après la récolte du
pour le
chaume 4 à 5 livres de
bled,on feme fur le
cette graine
on l'enterre en
par arpent ;
promenant un fagot
deffus, deux ou troisreprifes différentes. d'épines par
de cinq à fix
Au bout
femaines, On trouve dans ce
une pâture abondante pourles
champ
les vaches & les
chevaux, les boeufs,
riffent de
moutons; ; les vaches qui fe nource fourrage, donnent une
dance de lait de la première
grande abonqualité; & le beurre --- Page 43 ---
être conferi
eftle meilleur pour
qui en provient,
oû ce fourvé. Dans le Brabant & en Hollande, donnent les
eft le plus cultivé, le beurre que
rage
nourriffent, eft tellement eftimé
vaches qui s'en
qu'on en approvifa bonté & fa fermeté,
pour
deftinés à faire des voyages
fionne les vaiffeaux
le nom de
de long cours, & qu'on le défigne par
beurre de fpergule.
on attend un jour de pluie pour femer
Quand
elle lève dès le quatrième
la graine de fpergule,
avantde femer
Dans les terres fortes, il faut,
jour.
une herfe de fer fur le chaume,
la graine, paffer
le fagot d'é-
& après qu'on l'a femée, employer de ce fourpines. On peut fe procurer la graine
la tirer
chez les marchands grenetiers, ou
rage
d'Anvers.
naturalifer la fpergule dans nos pays, il
Pour
mois d'Avril, & la récolter au'
faut la femer au
d'Août. Le foin qu'elle produit t, quoique
mois
& d'une odeur défagréables, eft
d'une couleur
les chevaux, les boeufs,
mangé avec avidité par
beftiaux le
les vaches & les moutons : ces
préfèmeilleur foin; il eft extrêmement nourrifrent au
volailles, & fur-tout les pigeons S
fant. Toutes les
à toute autre,
en mangent la graine de préférence
aut la femer au
d'Août. Le foin qu'elle produit t, quoique
mois
& d'une odeur défagréables, eft
d'une couleur
les chevaux, les boeufs,
mangé avec avidité par
beftiaux le
les vaches & les moutons : ces
préfèmeilleur foin; il eft extrêmement nourrifrent au
volailles, & fur-tout les pigeons S
fant. Toutes les
à toute autre,
en mangent la graine de préférence --- Page 44 ---
S. XXVIL
Manière de fuppléer a la difeue de Foin.
Il eft d'expétience, que quand les mois d'Avril
& de Mai font fecs, & qu'il
règne quelque vent
violent, la récolte du foin eft peu abondante. Pour
fuppléer à la difette de cette denrée, il faudroit
que les Cultivateurs prévoyans & vigilans, fiffent
alors labourer une partie de leurs jachères, &
femaffent du feigle, de T'orge & de T'avoine, mêlés y
avec des vefces & des lentilles. Au commencement
d'Août, quand le feigle commence à monter en
épis, on fauche & on faneles tiges de ces plantes,
& on a ainfi du foin qui remplace très-bien celui
des prés ; & les champs qui Ont produit ce foin,
peuvent encore fournir de la pâture. Cette femaille
eft d'autant plus facile à faire pour les laboureurs :
que leurs principaux travaux font alors fufpendus. 2
S. XXVIIL
Méthode' nouvelle de faire du foin avec le produit
des prairies artificielles.
On eft dans T'heureufe habitude de femer, dans
cette Province, beaucoup de trefile, de luzerne, --- Page 45 ---
& de fainfoin, &c. mais comme peu de perfonnes
favent la vraie manière de réduire ces plantes en
fourrage fec, prefque toutes en perdent les feuilles
& les fleurs, qui font ce qu'ily a de meilleur, & il
ne leur en refte que lès tiges. Voici la façon d'éviter cesinconvéniens.
Il faut fe procurer des piquets de 8 à 9 pieds
de la grofleur du bras, 2 la quade long,d-peu-près
on
dans ces monlité du bois efti indifférente; perce
les
rans,des trous dans tous les fens, 15 pouces
des
on paffe dans ces trous, des gaules
uns
autres; & demi de diamètre, & d'environ
d'un pouce
On fiche ces piquets en
quatre pieds de Jongueur.
de diftance en diftance, dans le pré que
terre,
ils reffemblent affez aux bâtons
l'on va faucher ;
l'on deftine aux perroquets, &c aux perchoirs
que
des dindons.
Il faut faucher l'herbe loriqu'elle eft en pleine
fleur, la prendre par braffées, comme elle tombe
fous la faux, &cla mettre fur ces arbres. Onl'y laiffe
fans la retourner, ni ila toucher, jufqu'à ce qu'elle
foit bien sèche; on la charge enfuite le matin ou
le foir, &c on la tranfporte dans le grenier à foin ;
ainfi, on ne perd ni la graine ni les
en agiflant des plantes. Le mauvais temps ne peut
feuilles
'elle eft en pleine
fleur, la prendre par braffées, comme elle tombe
fous la faux, &cla mettre fur ces arbres. Onl'y laiffe
fans la retourner, ni ila toucher, jufqu'à ce qu'elle
foit bien sèche; on la charge enfuite le matin ou
le foir, &c on la tranfporte dans le grenier à foin ;
ainfi, on ne perd ni la graine ni les
en agiflant des plantes. Le mauvais temps ne peut
feuilles --- Page 46 ---
nuire au foin ainfi manipulé, l'eau n'y féjourne
pas, & l'air le sèche plus promptement & plus
également que fur terre. La fpergule, qui eft une
herbe fort graffe, fe réduit en fourrage fec de la
même manière. La récolte du foin faite, On retire
les piquets ; confervés avec foin, ils peuvent fervir
plufieurs années de fuite.
FIN.
IRCUWVES --- Page 47 ---
Fabla
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