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MÉMOIRE SUR LE JAUGEAGE DES NAVIRES: Par M. B E LL E RY , de VAcadémie des Sciences d'Amiens , & Ing énieur - Hydraulique dt
S. A. R. Monseigneur Comw D'A RT o i s. A PARIS, Quai des Augustins 0 19. Chez B A R R 0 1 S l'aîné, Suecesseur de ChAnt. Jombert & Cellot, Libraires du Roi
pour le Géqie & la Marine. 1 7 88. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
(3) A ij PA R une lettre circulaire datée
de Versailles le 17 Février 1785 ,
& envoyée dans tous les Bureaux
de l'Amirauté du royaume, M. le
Maréchal de Castries, pour lors
Minière de la Marine , demandoit
qu'on lui envoyât des Mémoires
sur la maniere, de jauger les navires dont on faisoit usage dans les
ports. Ces remis au
greffe de l'Amirauté , me furent
confiés pour les examiner. Après
l 'examen , & en ayant reconnu les
défauts je conçus l'idée d'une méthode qui me parut très - exacte ,
exempte des imperfections de celles dont on fait usage, 8c qui pou.
voit être exécutée avec facilité &
célérité. Le Gouvernement étant
dans l'usage de n'admettre rien
dans ces sortes de matieres , qui
n'ait reçu la sanction de l'Acadé- --- Page 10 ---
(4) mie royale des Sciences , je lui
présentai mon mémoire qui , après
un sérieux examen y fut approuvé.
Je discute les diverses méthodes
usitées actuellement , & de plus
çelles que quelques Savans ont proposées. Je fais connoître le faux des
principes sur lesquelles les unes sont
appuyées, & l'impossibilité où sont
les autres de pouvoir être executées ? quoique plus parfaites en
elles-mêmes. Je finis par en proposer une nouvelle , qui a toute
la facilité & l'exaairude que l'on
desire. C'est l'ensemble de ce travail qui forme la matiere de cg
Mémoire. --- Page 11 ---
A iij MÉMOIRE SUR L E J AUGÉGM? 5' \vS^ DES N A .U . t. L À Jauge des navires est un objet
si important, que la, Hollande a dépensé,
il y a environ quatre-vingt-dix à cent
ans, plus de 400000 liv. pour la folution de ce problême. En 1710 , feu
S. A. S. Monseigneur le Comte de Toulouse , Grand Amiral, se fit remettre
par tous les bureaux de l'Amirauté ,
des mémoires sur la méthode qu'on employoit pour jauger les navires ; il les
déposa à l'Académie des Sciences , qui
chargea M M, Varignon & de Mairan
é,
il y a environ quatre-vingt-dix à cent
ans, plus de 400000 liv. pour la folution de ce problême. En 1710 , feu
S. A. S. Monseigneur le Comte de Toulouse , Grand Amiral, se fit remettre
par tous les bureaux de l'Amirauté ,
des mémoires sur la méthode qu'on employoit pour jauger les navires ; il les
déposa à l'Académie des Sciences , qui
chargea M M, Varignon & de Mairan --- Page 12 ---
6 Mémoire sur l, Jaugeage de les examiner. Ces Meilleurs s'y livrerenr avec. une application digne de
leur zele & de leurs talens. Le feu Père Pézenas , Professeur Royal d'hydrographie à Marseille , & d'un mérite dif.
lingue , en a fait le sujet de ses veilles.
Ces Savans sont parvenus à la solution
de ce problème par des voies différentes ; mais jusqu'ici le gouvernement n'a
autorise , par une ordonnance, aucune
de ces méthodes pour être invariablement observée dans tous les ports du
Royaume. Il arrive delà que les Jaugeurs en suivent différentes ; ce qui
apporte nécessairement une variété dans
les résultats de leurs opérations , dont
je rapporterai quelques exemples dans
la fuite de ce mémoire. Cette variété
fait naître deux grands inconvéniens ;
1°. elle jette un soupçon d'ignorance
ou de mauvaise soi sur un des deux
Jaugeurs qui ont opéré par des méthodes différentes ; 2°. comme il s'éleve
quelquefois des discussions entre le
propriétaire du navire & le Négociant. qui charge , ou avec son Pilote même , lesquelles ne peuvent être
terminées que par la jauge exacte , il
en résulte quelquesois un jugement in*
juste. --- Page 13 ---
dis Navkesl 1 Aiv: Ce sont ces inconvéniens qui ont
déterminé le Ministre de la Marine à
se saire remettre de nouveaux mémoires sur la pratique de la Jauge dans les
différens ports. Ces mémoires m'ont été
confiés pour les examiner ; & c'est cet
examen que j'expose aux yeux des^Savans. Après l'analyse de toutes ces différentes méthodes , les unes défectueuses dans leurs principes , les autres impraticables , je donne une méthode
nouvelle, mais simple , facile à exécuter , & très. prompte & très-exacte dans
ses opérations. Elle terminera ce mé"
moire. Ces mêmes inconvéniens ont fait dira
à M. de Mairan » que pour les éviter,
» il est nécessaire de choisir une bonne
» méthode , de la faire su'ivre exacte-
» ment dans tout le royaume, à l'ex-
» clulion de tout autre. Je fuis même
» persuadé , ajoute-t-il, que quand la
» choix que l'on fera tomberoit sur la
» plus défectueufe, les avantages que
» l'on retireroit de cette uniformité ,
» surpasseroit beaucoup ce qu'on pour.
»j roit espérer de la pratique changeante
» & arbitraire de diverses méthodes
» les plus parfaites; cependant, comme --- Page 14 ---
8 Mémoire sur le Jaugeage » il est toujours à souhaiter que le choix
» tombe sur la meilleure , tant par elle-
» même que par (es accessoires , sur-
" tout si elle se trouve du nombre de
» celles qui sont déjà connues & pra-
»• tiquées dans le royaume , je ne crois
« pas qu'on puisse rien faire de plus
3» utile que de bien s'assurer , une fois
» pour toutes du' degré de justesse
» de chacune ». Tel est le sentiment
de M. de Mairan.
age » il est toujours à souhaiter que le choix
» tombe sur la meilleure , tant par elle-
» même que par (es accessoires , sur-
" tout si elle se trouve du nombre de
» celles qui sont déjà connues & pra-
»• tiquées dans le royaume , je ne crois
« pas qu'on puisse rien faire de plus
3» utile que de bien s'assurer , une fois
» pour toutes du' degré de justesse
» de chacune ». Tel est le sentiment
de M. de Mairan. Suivant une autre réflexion judicieuse
qu'il fait, qui est de donner une regle
simple, facile , applicable au plus grand
nombre des navires, qui devienne
uniforme ; je vais, pour y parvenir ,
exposer le plus succintement & le plús
clairement qu'il me sera possible , les
méthodes que ces Savans ont proposées.
J'y joindrai celles que les Jaugeurs suivent présentement ; je donnerai ensuite
la méthode qui me paraît la plus exacte,
la plus universellement applicable , &
qui réunit le plus de simplicité & de
facilité. Méthode de M. Varignon. , 1. M. Varignon considere un Navire
comme ellipsoïde ABHLA ( fig. i.) --- Page 15 ---
des Navires, A Y dont l'arc elliptique AE.H représente
la quille avec ses allonges qui font la
poupe & la proue. Il le suppose plongé
dans l'eau , en forte que , n'ensonçant
que de sa propre pésanteur, la surface
de l'eau , étant regardée comme un plan
qui trancherait le Navire , la coupe
représenteroit une surface elliptique
DFP; il çofifidere ensuite ce vaisseau
chargé de tout ce qu'il peut porter,
& alors la surface de l'eau fera une
autre tranche elliptique KGR ; le folide , compris entre ces deux tranches
parallèles , est ce que M. Varignon se
propose de trouver. L'opération consiste à multiplier la
demi - longueur CA par la demi - largeur CB ensuite diviser par toute la
profondeur CE la différence des quarrés des profondeurs'NE, ME; enfin à
multiplier le premier produit de CA,
par CB par la différence des deux
quotients pour avoir la charges Tel est
l'exposé que fait le Père Pezénas de
cette méthode , & qu'on tire des formules de M. Varignon. Cette méthode suppose que la courbe
verticale , longitudinale , qui forme la
quille & ses alonges AKDEPRH, est --- Page 16 ---
10 Mémoire sur le Jaugeage elliptique , ce qui n'est cependant pas
dans ' le ssir , mais plutôt comme
ATOH ; d'ou il est arrivé que cette
méthode ayant été éprouvée sur la gabarre la Marianne , au port du Croiffic
en Bretagne , par feu M. Bouguer , a
donné moins que la vraie capacité mefiirée par parties très-exactement. C'ell
/vraisemblablement cela , indépendamment des opérations de calcul, qui fait
qu'elle n'est point suivie dans nos ports. Méthode de M. de M airan . 3. A proprement parler, M. de Mairan n'a point donné de méthode , mais
parmi celles qu'il examine, il s'arrête
à la méthode que M. Hocquart , pour
lors Intendant de Toulon , avoit envoyée. Il considere le Navire , ainsi
que M. Varignon, dans deux positions
différentes. 1°. Loriqu'il n'est point
chargé & qu'il n'enfonce que de sa
propre pesanteur , alors la ligne EG
( fig., 2. ) est la ligne à fleur d'eau \ 20.
îorfqu'il est en pleine charge, la ligne
AD est maquée par la surface de l'eau.
Dans la fig. 3. la coupe KGLFS , est
la coupe horisontale faite par un plan
considere le Navire , ainsi
que M. Varignon, dans deux positions
différentes. 1°. Loriqu'il n'est point
chargé & qu'il n'enfonce que de sa
propre pesanteur , alors la ligne EG
( fig., 2. ) est la ligne à fleur d'eau \ 20.
îorfqu'il est en pleine charge, la ligne
AD est maquée par la surface de l'eau.
Dans la fig. 3. la coupe KGLFS , est
la coupe horisontale faite par un plan --- Page 17 ---
dis Navires, . 11 A vj à fleur d'eau , dans le tems que le Navire est chargé,& la coupe, OPQEO,
celle lorsqu'il est sans charge f il s'agit
de tro-uver la solidité du corps compris entre ces deux surfaces parallèles,
& les contours du vaisseau. L'opération confisie à réduire ces
coupes , ou surfaces, en pieds quarres ,
multiplier la moitié de leur somme par
la hauteur perpendiculaire qui esl entre
eUes , le produit sera la quantité des
pieds cubes d'eau du solide , lequel éva--
lué en livres , à raison de 72 par pied cube , donne son poids & lg_çharge du
Navire. 4. Pour avoir layfëleur des surfaces
en pieds quarrés /isn> partage la demisurface de chaqii^tfànclîe en quatre
parties : savoir , ppè^- --la fyrrfàc^-inférieure , ABDE, forme deux trapèzes , compris entre les façons
du navire ; on a de plus un triligne ,
AOB, à la poupe, & un autre VXQ,
à la proiie. La surface supérieure se
partage également en. quatre parties ;
savoir, en trois trapèzes , IACS , à la
poupe , ACFD , DFYV , enfin , VYL
à la proüe comme une parabole. Il est
de nécessité, dit M. de Mairan , de --- Page 18 ---
12 ' Mémoire sur le Jaugeage prendre dans Cct:e sorte de géodésie ;
des lignes courbes pour des droites,
quand la courbure n'est pas trop sensible. En examinant & appliquant la rigueur du calcul dans les courbes , M.
de Mairan ne s'est trouvé éloigné que
de ~ de la valeur cherchée par la
méthode de M. Hocquart , ce qui doit
être regardé comme une très-grande
précision dans ces sortes d'opérations.
Je crois que l'exposé que je viens de
faire , doit suffire pour bien faire entendre cette méthode. 5. M. Bouguer , dans son traité du
Navire, donne une méthode qui est la
même que celle de M. de Mairan ; il
prend , ainsi que lui , la différence entre le plus grand & le plus petit enfoncement du navire dans l'eau ; mais
ils différent en ce que M. de Mairan ne
suppose que deux tranches horisontales,
& M. Bouguer en suppose quatre ou
cinq ; il racourcit d'un côté les calculs
en ne prenant que la moitié des lignes
transversales, qui forment les trapèzes ;
il les additionne , & en prend une
moyenne , qu'il multiplie par la longueur, au lieu que M. de Mairan ne détermine la surface des trapèzes que les « --- Page 19 ---
des Navires'. t y unes après les autres; mais d'un autre
coté il les allonge en calculant cinq
surfaces au lieu de deux. 6. M. Duhamel du Monceau , dans
son architecture navale , présente la
méthode de M. Bouguer , qu'il préfère
a la tienne , comme plus expéditive ;
mais comme elles né font qu'une répétion de celles de M. de Mairan , les
réflexions que nous ferons sur celle-ci
s'appliqueront nécessairement à celle-là".
les autres; mais d'un autre
coté il les allonge en calculant cinq
surfaces au lieu de deux. 6. M. Duhamel du Monceau , dans
son architecture navale , présente la
méthode de M. Bouguer , qu'il préfère
a la tienne , comme plus expéditive ;
mais comme elles né font qu'une répétion de celles de M. de Mairan , les
réflexions que nous ferons sur celle-ci
s'appliqueront nécessairement à celle-là". Méthode du Père; Pézénas. 7. Le Père Pézénas, dans son traité
de la Jauge des tonneaux & des navires examine les méthodes dont je viens
de parler. Il ne fait aucune difficulté de
donner la préférence à celle qu'examine
M. de Mairan , mais il ajoute : cette -
méthode assujettit les Jaugeurs à prendre au moins onze dimensions , qu'il
est difficile de prendre avec exactitude;
Avant d'entrer dans aucun examen , il
expose une méthode qu'il a trouvée
dans un mémoire manuscrit d'un ancien
Géometre dé Marseille, voici comme
il s'exprime : # La méthode qui est en usage à Mar- --- Page 20 ---
1 4 Mémoire sur le Jdupeap& » seille depuis un tems immémorial ;
» & sur laquelle on a toujours réglé
» les droits du Roi, est incontestable-
» ment la plus facile , la plus courte
» de toutes les méthodes, & je ne ba-
» lance pas à lui donner la préférence
» sur toutes les autres , lofsqu'il s'agit
h de jauger un navire relativement aux
h droits du Roi : la voici Il faut
» savoir , dit l'Auteur , que dix pans
» cubes font un quintal, poids de marc,
» & que 10o * font 120 poids de
h table ou de Marseille. Chaque ton-
» neau pese io quintaux poids de marc,
» ou 14 quintaux poids de table. » Il faut mesurer la longueur de la
» quille du navire , la largeur & la
» hauteur , multiplier ces trois nombres
- » l'un par l'autre , couper la dernieré
w figure du produit ou le diviser par
» 10 , vous aurez les quintaux , que
w vous divi serez par 2o , ou bien cou-
» pant encore la derniere figure , m prenant la moitié du restant, ce qui
» en proviendra donnera les tonneaux
m ou port du navires. Telle est la méthode à laquelle le Père Pézénas donne la
préférence. Le pan de Marseille est égal
à pouces, pied de roi. --- Page 21 ---
des Navires. ï 5 8. Il examine ensuite, dans huit prôblêmes qu'il se propose ,les différentes
façons des navires j il les confidere en
général, dans les huit problèmes, comme MM. Vajignon & de Mairan ; c'està-dire , lorsqu'ils sont vuides, & lorsqu'ils sont chargés. Il cherche , comme
ces Meilleurs, la valeur du solide compris entre les deux tranches horisontales , dont les contours des unes approchent de l'ellipse , d'autres d'une figure
elliptique parabolique ; ceux - ci ayant
la coupe horisontale approchante de
l'ellipse , & la verticale Íuivant la longueur du navire, approchante de la parabote & de l'ellipse. Enfin il n'y a
gucres de point de viie sous lesquels
il ne les envisage dans ces huit problême. Il donne deux méthodes difFétentes pour confîruire des jauges qui
fassent connoître la continence d'un
navire. Parmi ces problêmes il y en a
qui, de son aveu , sont au-dessus de la
capacité des Jaugeurs ordinaires, d'autres qn'ils peuvent exécuter.
ire, approchante de la parabote & de l'ellipse. Enfin il n'y a
gucres de point de viie sous lesquels
il ne les envisage dans ces huit problême. Il donne deux méthodes difFétentes pour confîruire des jauges qui
fassent connoître la continence d'un
navire. Parmi ces problêmes il y en a
qui, de son aveu , sont au-dessus de la
capacité des Jaugeurs ordinaires, d'autres qn'ils peuvent exécuter. Il faut convenir que la premiere méthode qu'il propose , & que j'ai rapportée , est d'une simplicité & d'une facilité , dont toute autre , telle quelle
loir, ne peut approcher. --- Page 22 ---
16 Memoîu sur le Jfaugeagi Autres Méthodes que suivent actuellement
les Jaugeurs dans les différents ports du
Royaume. 9. La méthode la plus universelle-*
ment sui vie dans nos ports est celle**
ci On partage la longueur du navire
en 3 , 4 , 5 , 6,7 & 8 parties. A chaque
partie on suppose un plan vertical transversai qui coupe le navire , & l'on cher*
che la lurface de ce plan y contenu entre les flancs du navire. Pour cela 3 à
chaque tranche, on prend trois largeurs,
une sous le pont , l'autre à mi-hauteur.
& la troisïeme sur la carlingue y au fond
du vaisseau. On réunit ces trois mesufeS , & l'on en prend le tiers qu'on
appele largeur moyenne ; on prend
auai la hauteur de dessous le pont à miépaisseur des baux. On opere ainsi pour
toutes les tranches qui passent aux points
qu'on a détermines sur la longueur ;
On somme ensuite toutes ces largeurs
moyennes pour en avoir une autre
moyenne pour élément de calcul. 011
somme également toutes leshauteurs pour
avoir une hauteur moyenne , cela fait
on multiplie la largeur moyenne par la
hauteur moyenne, ce qui donne une surface moyenne, laquelle multipliée par la --- Page 23 ---
des Navires. y 7 longueur donne un parallélipipede, dont
la solidité en pieds cubes exprime celle de
la calie du navire. On divise cette quantité de pieds cubes par 42. , suivant
l 'ordonnance , le quotient donne le nombre de tonneaux que le navire peut porter. Telle est la méthode pratiquée principalementà Brest, Dieppe, La Rochelle,
Bordeaux , l'Orient, Honfleur & Dunkerque. Quand les navires sont sans beaucoup
de façons., on ne suppcrfe que trois
tranches , une dans la plus grande largeur sous le maître bau , & deux autres aux deux extrémités ; plus les navires sont fins, c'est-à-dire dégagés dans
leurs façons, plus on fait des tranches
verticales transversales , afin d'obtenir
plus de justesse. - 10. A l'Orient & à Brest , quand
on a la valeur du parallélipipede , si c'est
un bâtiment fin , on divise par ico ;/
si c'est pour le commerce &: voyages
de long cours , le diviseur est 80 ; si
c'est un bâtiment Hollandois , ils se serviront du diviseur 75 ; enfin pour les
navires , appellés châlans , on divise
par 7o. 11. A Toulon on ne suppose qu'une --- Page 24 ---
i e Mémoire sur le Jaugeage
quand
on a la valeur du parallélipipede , si c'est
un bâtiment fin , on divise par ico ;/
si c'est pour le commerce &: voyages
de long cours , le diviseur est 80 ; si
c'est un bâtiment Hollandois , ils se serviront du diviseur 75 ; enfin pour les
navires , appellés châlans , on divise
par 7o. 11. A Toulon on ne suppose qu'une --- Page 24 ---
i e Mémoire sur le Jaugeage seule tranche dans l'endroit le plus large
du navire ; la surface de cette tranche,
multipliée par la longueur , donne un
produic qu'on divise par 57 , quand le
navire a un entrepont , & par 75 quand
le navire n'en a pas. 12. A Saint-Malo le Jaugeur est constructeur , & dit avoir conilruit deux
ce: ts navires de toutes les grandeurs ;
voici comme il jauge. Il sorme dans la
longueur du navire plulieurs tranches,
comme nous l'avons rapoorté ci-dessus,
pour avoir une tranche moyenne qui,
multipliée par la longueur , donne un
produit qu'il divise par différens nombres, suivant la qualité du navire ; s'il les
juge plus ou moins façonnés , il varie ses
diviseurs. Il donne une table que j'expose ici , ou dix-huit navires ont eu
le produit de leurs dimensions civile
par dix-huit diviseurs différens. l'Arada par 7)
la François .. 100
l'Amitié 86
le iys 82
lc Betzy la Sérieuse.. 8 j le César par 105
le S. Efpric.. 8 ;
la Revanche..
l'Union 8;
la Bonne - Maloüine
le Comte d'Orviliers. 10; le Jean - Baptiste,
pa 90
le Comre de
Malbcuroug lor
i'Argus 87
la. Marie Ursul 88
la Sartine 110
[: Duc de Mortemart 112 --- Page 25 ---
des Navires» 1O 11 paroît sans doute étonnant que le
coup d'œil d'un Jaugeur puisse suffire
ponr lui donner dans l'instant le vrai
diviseur qu'il doit employer. De ceite
variété de méthodes naît une incertitude qui peut causer bien des embarras
& des injustices. J'en vais rapporter
un exemple que cite ce Jaugeur. En 1770 on freta, pour le Roi 5 à
Saint-Malo, les bâtimens ci-après - nommés. Ils avoient été déjà jaugés à Brest
& à Toulon , & leur continence fut
trou vée difFi; ente. à Biest tonneaux à Tou'on diflfi
Le Fidele 311 390 29
La Tour - d'Auvergne. 315 353 38
Le Fort 435 479 44
L'Américain 490 581 91 Le Jaugeur de Saint -Malo les ayant
jauges , sélon sa méthode , qui est de
prendre le diviseur que l'inspection du
navire lui conseille , trouva leur continence moindre que celle de Brest , qui
étoit cependant plus foible que celle de
Toulon ( i ). Il y a un autre Jaugeur
le 311 390 29
La Tour - d'Auvergne. 315 353 38
Le Fort 435 479 44
L'Américain 490 581 91 Le Jaugeur de Saint -Malo les ayant
jauges , sélon sa méthode , qui est de
prendre le diviseur que l'inspection du
navire lui conseille , trouva leur continence moindre que celle de Brest , qui
étoit cependant plus foible que celle de
Toulon ( i ). Il y a un autre Jaugeur ( T ) Il exifle dans les bureaux du greffe de
l'Amirauté des certificats de jauge; où le même
navire jaugé dans deux ports différens, se --- Page 26 ---
la M'moiresur lè Jaugeagé dans le même port qui ne varie point!
ses diviseurs ; nous en parlerons dans
peu. 13. Le Jaugeur de Marseille suit toute
une autre méthode. Elle esi fondée sur
Celle de M. Varignon 5 mais il y ajour.
une quantité qui la rapproche du vrai.
Il multiplie la plus grande largeur du
navire par la profondeur ? & leur pr04
duit par la longueur ; il multiplie ensuite
ce nouveau produit parla fraction , &
divise enfin le dernier produit par 42 ;
il prend le tiers du quotient qu'il ajoute , ce qui lui donne la moindre portée
du navire ; ensuite il recommence ses
calculs en multipliant la même largeur
par la profondeur augmentée del'épaisseur du maure bati , &c ce produit sé
multiplie par la longueur comme ci-devant ; il le divise également par 42, aug-
. mentp lf quotient d'un tiers , & trouve
ion resultat plus sort , ce qu'il appele
la plus grande portée du navire ; il prend
le milieu entre ces deux résultats , &
donne l'on certificat en conséquence. trouve avoir plus de cent-vingt tonneaux de
différence. Quel fond peut-on faire sur de pareilles méthodes ? ' --- Page 27 ---
des Navires. - *. Quand le navire est fin dans ses façons
il n'ajoute quef au lieu de 1/3 c'est le seul
port à ma connoissance où l'on fuit cette
regle. 14. Cette variété dans la maniere d'opérer est tout-à-sait contraire au bon
crdre , & devient une semence de divisons entre l'Armateur & le Négociant
qui frete , & quelquefois avec le Pi-.
lote. L'exemple que je yîens de citer
doit faire desirer qu'il y ait une uniformité & une seule regle qui , appuyée
sur de bons principes , devienne universelle. Avant de la chercher , examinons
la méthode la plus généralement adoptée , & voyons si les principes sur less
quels elle est appuyée sont vrais. 15. Prenons pour exemple le navire
la Duchesse de Polignac , qui a été jaugée à Saint-Malo par le sieur Marchand,
constructeur. La longueur du navire fut
partagée en six tranches verticales transversales ; il calcula la surface de chaque
tranche , qu'il multiplia par sa distance
à une autre tranche , ainsi de suite, ce
qui donna la solidité de la calledu navire.
Arrêtons-nous à la tranche du milieu. Pour avoir la surface > le Jaugeur prit
frais largeurs , une sous lç pont, qu'il --- Page 28 ---
-il Mémoire sur le Jaugeage trouva de 27 pieds 5 pouces ; la seconde
au bas , sur la carlingue , ix pieds; &
au milieu , à égale distance du haut &
du bas, il pieds 6 pouces ; les ayant
additionnées, il en prit le tiers, ce qui
lui donna 20 pieds 11 pouces pour largeur moyenne. La hauteur de cette tranche étoit de pieds 1 pouces ^ ainsi ,
en multipliant 10 pieds 1 1 ponces par
pieds 5 pouces, il eut une surface de
196 pieds quarrés Considérons cette
tranche géométriquement.
&
au milieu , à égale distance du haut &
du bas, il pieds 6 pouces ; les ayant
additionnées, il en prit le tiers, ce qui
lui donna 20 pieds 11 pouces pour largeur moyenne. La hauteur de cette tranche étoit de pieds 1 pouces ^ ainsi ,
en multipliant 10 pieds 1 1 ponces par
pieds 5 pouces, il eut une surface de
196 pieds quarrés Considérons cette
tranche géométriquement. 16. Soit la ligne LM ( fig. 5. ) mi.
lieu de la tranche verîica e , & ayant
.9 pieds 5 pouces de hauteur , tironslui perpendiculairement la ligne AD
de 27 pieds 5 pouces, la [econde DE
est parallele à AD passant au milieu ,
de 23 pieds 6 pouces ; enfin , GH , de
12 pieds. Telles sont les proportions
de la tranche du milieu du navire la
Duchejje de Polignac. Ne prenons que la
moitié ALMG de cette tranche : quand
nous connoîtroos sa surface , en la doublant nous aurons la totalité ; réduisons
ces mesures en pouces pour avoir plus
de justesse & de précision , nous aurores
pour AL 164, 5 pouces, pour BV 141
pouces, & pour G M 72, enfin LM sera --- Page 29 ---
lies Navires.- 1.3 de 113 pouces. On peut par les trois
pointes données ABG faire passer un
arc de cercle , dont la position de ces
points donne le centre en C éloigné
de la verticale LM qui passe au'milieu de la tranche. On en pourroit peutêtre conclure que la courbe des flancs
du navire à cette tranche est elliptique;
je la crois plutôt circulaire ; car les Constru&eurs en général ne sont pas grands
Géometres. Quand ils ont placé , sur
leur épure, les varangues GH avec
un cordeau dont un bout est fixé à un
certain point C qu'ils déterminent ,
ils tracent un arc de cercle ABG 04
ne s'occupent gueres à chercher les
foyers d'une ellipse pour tracer cette
courbe., D'ailleurs on sent très-bien que,
quand cette courbe seroit elliptique , en
passant nécectairement par les 3 points
ABG elle différeroit si peu d'un arc
de cercle que cela doit être regardé
comme nu!. AinÍi, pour la facilité du
calcul nous la regarderons comme un
arc de cercle. Je commence par tirer du point A
(hg. 5. ) au point B, la ligne AB ;
j en sais autant de B en G ; je joins ensin les points extrêmes par la ligne AG. --- Page 30 ---
&4 Mémoire sur le Jaugeage ces trois lignes deviennent cordes de
trois arcs différens , & du point C
comme centre je trace l'arc ABG. Si je
longe la corde AB , jusqu'au K , àt
la corde GB, jusqu'en 1, il se formera
deux angles opposés par la pointe ÔC
égaux GBK , ABI. Il est démontré en
géométrie qu'un angle GBK formé par
une corde & le prolongement d'une au.
tre, a pour mesure la moitié de l'arc
BG , sur lequel il s'appuie , plus la
moitié de l'autre arc AB soutenu par
la corde prolongée ; mais comme l'angle ABI est égal à l'angle GBK , il
suit que la valeur de ces deux angles
est celle de l'arc total ABG.
�C
égaux GBK , ABI. Il est démontré en
géométrie qu'un angle GBK formé par
une corde & le prolongement d'une au.
tre, a pour mesure la moitié de l'arc
BG , sur lequel il s'appuie , plus la
moitié de l'autre arc AB soutenu par
la corde prolongée ; mais comme l'angle ABI est égal à l'angle GBK , il
suit que la valeur de ces deux angles
est celle de l'arc total ABG. Il s'agit maintenant de trouver cette
valeur ; pour y parvenir, je prens la
longueur de la ligne BV , que je porte
sur la ligne AL, de L en N, & de
M en F sur la ligne GM , prolongée ; je prends aussi la longueur de- la
ligne GM , que je porte de L en
X iur la ligne AL, & je tire les lignes ponctuées XG , NF. Il se forme par
là trois triangles rectangles ANB, BFG ,
AXG. Dans chacun de ces trois triant
gles , je connois les deux côtés qui sor-»
ment l'angle droit. Dans 1e triangle
ANS --- Page 31 ---
des Navires. 1 S ANB , j'ai le côté AN =AL — NL = BV ; j'ai aussi NB = —, Dans la
2. triangle , BGF , j'ai , BF = LM , & FG = BV — GM. Enfin dans le trian-:-
gle* AXG , on a AX = AL — GM »
& XG = LM. Dans chacun de ces
triangles, en connoissant les deux côtés qui forment l'angle droit , il m'esi
facile de connoître l'hypothenuse , ce
qui me donne la ligne , AB, de 61 ,
192 :BG de 89,141 : & AG de 146, 031. Ces trois lignes, par leur position,
sorment un nouveau triangle à la circonférence ABG, & comme les trois
côtés sont connus, j'en déduis la valeur
de Sangle à la circonférence ABG, de
151°— 53 40".- Je double cette quan- ,
tité pour la valeur d'ABG + IBK ,
parce que ces deux angles opposés par
la pointe , sont égaux & = 303
47 Enfin , comme ces quatre angles pris ensemble en valent quatre droits,
je retire de 360°.. o o" la somme
30JP... 47 20" il relie 56 12 40"
pour la valeur des deux petits angles
égaux % ABI, GBK. , & par conséquen:
G, de
151°— 53 40".- Je double cette quan- ,
tité pour la valeur d'ABG + IBK ,
parce que ces deux angles opposés par
la pointe , sont égaux & = 303
47 Enfin , comme ces quatre angles pris ensemble en valent quatre droits,
je retire de 360°.. o o" la somme
30JP... 47 20" il relie 56 12 40"
pour la valeur des deux petits angles
égaux % ABI, GBK. , & par conséquen: --- Page 32 ---
2. 6 Mémoire, sur le Jaugaeage pour la valeur de l'arc, ABG. L'angle,
ACG au centre qui a pour mesure ce
même arç , ABG , est donc de 56°.. 12'.,
40//, Dans le triangle isocèle ACG , en
connoissant l'angle , ACG , & sa base
A G , il.m'est aisé de çonnojtre le rayon,
AC , de 15 5 , 001. Un cercle qui a pour rayon 155,t
001 a sa circonférence de 973 , d'où il
est très-facile de conclurre la longueur
de l'arc , AEG de 156, o66 ; avec ces
d rnnées , nous pouvons avoir la sur?
face du sc8eur ACGBA , que nous trou.?
vons de 11785,2 la surface du triangle
ACG esi de 9983, 61. En retranchant
la surface du tri angle de celle du secteur, il reste 1801 ,6 pour la valeur
du segment ABGA. En joignant à cette,
valeur du segment lasurface du trapèze ,
AGML , dont tous les côtés sont connus , & dont le côté , LM , est par construction perpendiculaire sur les côtés ,
AL t GM , cette surface est de 13 362,3,
ce qui donne la sursace totale, ABGML,
de 15163 , 9. Comme cette surface n'est
que la mo'tié de la tranche du navire ,
il fautla doubler pour avoir sa totalité,
qui fera de 30327,8 pouces quarrcs ,
qui, divisés par 144 , donnent 210, 61
pieds ^uarrésf ou 11 2101/2 à pep de chose --- Page 33 ---
des Navires, 11 Bij. pi ès. Le Jaugeur de Saint-Malo fixe cette
surface à 197 pieds quarrés. Il y a donc
près de 14 pieds quarrés d'erreur qui , fr
l'on suppose pour un instant que cette
tranche foit la tranche moyenne, doit
donner sur la longueur du navire une différence era moins assez considérable.
J'avoue qu'il est bien plus avantageux
que cette différence soit en moins quand
il s'agit des droits de port , parce qu'il
efï du bon ordre de pencher favorablement pour la partie souffrante. Mais s'il
en resulte de ce côté-là un avantage,
d'un autre côté il en provient un désavantsge ; c'est que l'Armateur , dont la
fortune consiste en ses navires, se trouve
lésé si le Négociant qui charge , met autant que le navire peut porter ; ou cela
donne lieu à un abus injuste , si le Négociant , ne chargeant que suivant la
convention , le Capitaine du Navire ,
connoissant par expérience la portée de
son vaisseau, pourra charger pour fou
compte, & profiter du nolis ; ce qui est
injuste , puisque c'est au-delà des conventions faites avec son Armateur. Pour
donc éviter ces inconvéniens , k pente
qu'il n'y a rien de mieux que d'être exaft.
peut porter ; ou cela
donne lieu à un abus injuste , si le Négociant , ne chargeant que suivant la
convention , le Capitaine du Navire ,
connoissant par expérience la portée de
son vaisseau, pourra charger pour fou
compte, & profiter du nolis ; ce qui est
injuste , puisque c'est au-delà des conventions faites avec son Armateur. Pour
donc éviter ces inconvéniens , k pente
qu'il n'y a rien de mieux que d'être exaft. 17. Voyons maintenant ce que cette --- Page 34 ---
2 S Mémoire sur le Jaugeage surface devient par les autres méthodes,
Celle de Marseille est de multiplier la
largeur par la profondeur , multiplier ce
produit par la fraction ~, ce qui donne
135,234 pieds quarrés ; il ajoute le
tiers qui eii 45 , 078, ce qui fait une
femme de 180 1/3 pieds quarés ; il augmente ensuite la profondeur de la calle
de 1O pouces, qui est l'épaisseur du maître bau , & il recommence ces calculs ;
ce qui lui donne une surface de 1951/2
pieds- quarrés, ce qu'il appelle la plus
grande portée du navire. En réunisiant
ces deux sommes 1951/2, 180T on a
dont on prend la moitié 188 ~ &
il regarde ce procédé comme exact ; il
est cependant moindre de près de huit
pieds que celui de Saint - Malo , & de
pieds quarrés que la véritable surface. Le défaut de cette méthode vient
de ce que l'ellipsoïde esi beaucoup plus
petit que le navire, vu les confondions
de l'un & de l'autre, comme nous l'avons
fait remarquer plus haut , d'après l'opération faite au Croisic, & les réflexions
iu Pere,Pezénas, & que la correction
d'un tiers qu'y ajoute le Jaugeur, qui
peut la rapprocher du vrai en certain
cas, est en général insuffisante pour 1$
plus gt'ande quantité, --- Page 35 ---
i
des Ravlres-,. " ifc B ii i S. Le défaut de celle de Saïnt-Malo,
& qui est la plus généralement fui vie ,
est qu'en réunissant les trois largeurs de
la tranche * & en prenant le tiers, on
croit àvoir une largeur moyenne susisante. Examinons ceci géométriquement;
( fige 5. ) prendre le tiers de la femme
totale de ces trois largeurs , c'est comme
si l'on prenoit, LG,qui est le tiers de
la ligne LD ; que l'on prenne également
Je tiers de la seconde ligne , VE , &
qu'on le porte de 0 en Q • qu'on prenne
enfin le tiers de la 3e ligne, MH , &
qu'on la porte de Q en Y , toujours sur
îa ligne , LD ; tirons maintenant perpendiculairement à LD, la ligne Y a, qui
rencontrera en a, le prolongement de
la ligne MH } il se forme par là un parallélogramme , LYaM , en multipliant,
LY t qu ils regardent comme largeur
moyenne , par LM , qui est la profondeur de la calle , ils n'ont que la surface
du parallélogramme ML.Ya.Msis le triangle mixtiligne , Hda , renfermé dans le
parallélogramme, & extérieur au navire,
est plus petit que le triangle mixtiligne,
YDd , renfermé dans le contour du navire , & extérieur au parallélogramme.
Il n'est donc pas étonnant que le prin-
multipliant,
LY t qu ils regardent comme largeur
moyenne , par LM , qui est la profondeur de la calle , ils n'ont que la surface
du parallélogramme ML.Ya.Msis le triangle mixtiligne , Hda , renfermé dans le
parallélogramme, & extérieur au navire,
est plus petit que le triangle mixtiligne,
YDd , renfermé dans le contour du navire , & extérieur au parallélogramme.
Il n'est donc pas étonnant que le prin- --- Page 36 ---
$o Mémoire sur le Jaugeage cipe étant faux , le calcul ne sait défectueux. Reprenons les calculs, LD ( n°.
16.)= 164, j , VE = 141, MH = 72.
En réunissant ces sommes on a 377 > $
dont le tiers esl 125 , 83 , qui est la
longueur, LY ; en la multipliant par
LM = 113, on a 14118,79. Nous avons
trouvé ( î .o, 16. ) cette même surface de
15 163 3, : la différence esi 945 , 11 pouces quarrés = 6 , 573 pieds quarrés , &
par conséquent 13, 126 pieds quarrés
iur la (urface totale de la tranche. Si
l'on divise la vraie surface 15163, ,
par, LM = 113 , & qui a été le multiplicateur du Jaugeur , le quotient
donnera 134,19 qui devroit être la lar 5
geur moyenne, au lieu de 125 , 83. 19. Le Jaugeur de Dunkerque s'y
prend autrement pour avoir sa largeur
moyenne. Il réunit ensemble la plus
grande largeur 164 , 5 ( n°. 16. ) avec
Sa plus petite 72 , ce qui lui donne 236, 5
dont il prend la moitié 118,25;
à ce dernier nombre il réunit la largeur du milieu 141 , ce qui donne
259 , 25 dont il prend aussi la moitié
129, 6 15 , qui est plus grande que celle
de Saint-Maso , qui n'est que de i if, 83.
Cela fait que son calcul se r pproche un --- Page 37 ---
des Navltts % i Biv. peu plus de la vérité. Voici ce que ce
calcul produit géométriquement
5. ) de l'extrémité , H , de la plus petite
largeur , MH j'éleve la perpendiculaire
PH , qui aboutit au point , P , de la plus
grande largeur , LD ; la différence des
deux sera j PD t dont e milieu est en,
41 R; c'est comme si j'avois réuni les deux
longueurs dont, LR, est la moitié. Da
même si j'éleve au point, E, la perperidicu'aire, WE, la différence, RW , fera
celle de la moitié des deux largeurs
précédentes avec celle du milieu. J'en
prends la moitié au point Z, & je tire,
Zb , ce qui me donne un parallélogramme , MLZb, un peu plus grand que
ce que donne l'opération de Saint-Malo;
mais trop petit, puisque nous avons vu
que sa largeur moyenne n'est que 129,625
au lieu de 154, 19. On peur juger de
là combien ces méthodes sont défe&ueuses , puisque le moindre changement dans
la maniere d'opérer, quoique par le même principe , apporte de la différence
dans les résultats.
b , ce qui me donne un parallélogramme , MLZb, un peu plus grand que
ce que donne l'opération de Saint-Malo;
mais trop petit, puisque nous avons vu
que sa largeur moyenne n'est que 129,625
au lieu de 154, 19. On peur juger de
là combien ces méthodes sont défe&ueuses , puisque le moindre changement dans
la maniere d'opérer, quoique par le même principe , apporte de la différence
dans les résultats. 20. Pour sentir encore mieux la diffé ence qui se trouve entre les résultats de ces méthodes , nous allons
fixer la continence qu'elles donnent au --- Page 38 ---
3 1 Mémoire sur.le Jaugeage navire la Duchesse de Polignac. Le Jaugeur de Saint-Malo dérermine la continence de la calle à 343 1/4 tonneaux. Si
nous augmentons ce nombre en raison
des surfaces , car nous devons regarder
- ces surfaces comme bases de parallélipipedes semblables , ôz dont les hauteurs
lont égales , leurs soîidités sont donc .
comme leurs baLes, ainsi nous avons cette
analogie 28363, surface selorfle Jaugeur
de Saint-Malo , est à 30227, 8 , vraie
!.. Surface ( nO. 16. ) comme 34.3tonneaux, à x qu'on trouve de 367^. 21. Comparons à ce résultat 367 1/2'
celui que donne la regle proposée par le
Pere Pezénas ; & qu'il a trouvée dans le
manuscrit d'un ancien Géometre de Mar-,
seille. Pour cela réduisons les dimensions,
dont nous nous sommes servis au pan de
v Marseille , qui vaut neuf pouces. La
plus grande largeur eit de 2.7 pieds
5 pouces ( no. 16. ) qui font 36î pans j
la profondeur est de pieds 5 pouces,
qui valent 12 pans £ : la longueur est
de 107-pieds 3 pouces qui égalent 143
pans. En multipliant , suivant cette regle , la largeur par la profondeur
12~ on a 456' qu'on doit encore multiplier par 143 , le produit est 65146 --- Page 39 ---
des Navires. 3 3 By - pans cubes. En retranchant la derniere figure , il relie 6524, 6 dont on doit
encore retrancher la derniere figure 6c
prendte la moitié du reste qui fera
326, 13 tonneaux. En appliquant la même analogie que ci - dessus, aux autres
méthodes on a les résultats sui vans que
je réunis pour qu'on en sente mieux la
différence. Vraie continence 367 1/4 tonn'
Par la méthode de D unkerque, - .. 354* Par celle de Saint-Malo... 343^
Par celle du Jaugeur de Marseisse . , 3281 Par celle proposée par le Pere Pezénas ' 4 Je crois en avoir assez exposé pour
faire connoître les désaurs de ces méthodes , qui ne s'accordent pas même
entre elles. Faisons maintenant quelques
réflexions sur cet objet. Réflexions. 11. La méthode de M. Varigtion >
eprouvee au port du Croisic par feu
M. Bouguer, s'est trouvée d'| moins que
alo... 343^
Par celle du Jaugeur de Marseisse . , 3281 Par celle proposée par le Pere Pezénas ' 4 Je crois en avoir assez exposé pour
faire connoître les désaurs de ces méthodes , qui ne s'accordent pas même
entre elles. Faisons maintenant quelques
réflexions sur cet objet. Réflexions. 11. La méthode de M. Varigtion >
eprouvee au port du Croisic par feu
M. Bouguer, s'est trouvée d'| moins que --- Page 40 ---
24 Mémoire sur le Jaugeage - la vraie continence ; c'est ce qui fait
qu'elle n'est suivie dans aucun autre port
que celui de Marseille , où malgré la
corredion qu'y ajoute le Jaugeur , elle
se trouve encore au-dessous de la réalité.
Elle ne peut donc être admise , & le
gouvernement ne l'a point adoptée. 23, Celle que M. de Mairan examine
est, lans contredit, la meilleure. Elle devient générale parce qu'elle prend exactement les contours du navire , tels
qu'ils puissent être ; mais pour connoître le solide contenu entre les deux surfaces borisontales , il faut de toute néceffité ravoir combien ces surfaces sont
éloignées l'une de l'autre. Cette distance,
il est vrai , est donnée par la différence
de l'enfoncement du navire dans l'eau
quand il est vuide , '& quand il est
chargé. Mais comment trouver cette différence ? quand on jauge un navire 3 il
est presque toujours vuide , quelquesois
à mi-charge j & presque jamais chargé.
Dans ces trois cas le problême , tout
excellent qu'il est dans la théorie, me
paroît insoluble dans la pratique. S'il est
vu de, qui est - ce qui m'indiquera la
quantité dont il s'enfoncera quand il
aura toute sa charge ? On dit ordinaire- --- Page 41 ---
des Navires. 35 B vj ment que cet enfoncement va à environ
un pied au - dessous du fort du navire.
Un environ ne détermine rien, deux ou
trois pouces d'estimation en plus ou
moins sur une si grande surface, peuvent
jetter dans une erreur assez considérable ,
& qui devient d'autant plus grande que
le navire est plus grand. Si le navire est à mi-charge, comment
découvrir le point où il reste à flot
quand il est vuide , & le point où il en.
foncera quand il sera tout çhargé ? Dira-t-on que le Pilote indiquera de combien il est enfoncé ? Il vaudroit autant
lui demander le port de son navire , &
se contenter de sa réponse. Si, enfin , le navire est chargé on se
trouvera dans le même embarras pour
découvrir le point où il doit flotter
quand il sera vuide. D'ailleurs, malgré
ces inconvéniens insurmontables ,le Pere
Pezénas observe très - bien que cette
méthode exige au moins onze opérations
très-délicates, & dont il esi rare qu'on
puisse exactement prendre toutes les dimensions. Ces difficultés sont sans doure
la cause pour laquelle elle n'est point mise
en usage.
chargé on se
trouvera dans le même embarras pour
découvrir le point où il doit flotter
quand il sera vuide. D'ailleurs, malgré
ces inconvéniens insurmontables ,le Pere
Pezénas observe très - bien que cette
méthode exige au moins onze opérations
très-délicates, & dont il esi rare qu'on
puisse exactement prendre toutes les dimensions. Ces difficultés sont sans doure
la cause pour laquelle elle n'est point mise
en usage. --- Page 42 ---
3 6 Mémoire sut le Jaugeage 14. Quant aux autres méthodes, aciuellement en usage , nous avons allez
démontré le faux du principe sur lequel
elles font fondées. Nous allons donc nous
occuper à' chercher une voie iimple ,
exacte & facile , & que tout Jaugeur,
le moins Géometre, pourra exécuter facilement. Recherche de Nouveaux Principes, 25. Ayant réfléchi sur cet objet, j'ai
vu que. toutes ces méthodes , excepté
- celle de M. de Mairan , sont fondées
seulement sur les longueurs , largeurs
profondeurs des navires. Il eil cependant
confiant &. de saic quecenc navires, construits suries mêmes données, seront presque tous d'une continence différente. Cela
provient de ceque les constructeurs, avec
1es mêm:s dimensions principales , feront des vaisseaux , dont les uns auront
des varangues plus plâtres, d'autres pluscourbes ; ceux-ci auront leurs contourscirculaires formés sur un rayon plus
grand, ceux-là sur un plus petit ; toutes
ces nuances changent nécessairement la. • continence d'un navire. Puisqu'avec -les mêmes données , le,
plus ou moins dç contour des flancs du --- Page 43 ---
dis Ravins, YI vaisseau peut y apporter de la différence,
il faut donc nécessairement que ce contour
entre, comme élément, dans le calcul. 26. Cette considération importante &
nécessaire , m'a déterminé à y avoir
égard, & à prendre une voie qui, en admettant le contour des flancs , puisse
donner la vraie capacité. Soit ( fig. 6. )
la coupe transversale de trois navires
dans leur plus grande largeur. Cette largeur , AD , est la même pour tous les
trois. Ils ont la même profondeur de
caile , CG, ainsi que la même longeur
de quille. Le contour de l'un sera la
courbe , AOGPD , le contour de l'autre sera , AIGQD ; enfin la courbe ,
AMEHRD, sera le contour du troiheme.
Les méthodes qui déduisent la capacité
d'un navire par les seules longueurs ,
largeurs & profondeurs , leur donneront
la même continence à tous les trois ; cependant le seul coup d'oeil suffit' pour
faire sentir que leurs continences sont
bien différentes. Celles qui prennent
trois largeurs dans la même hauteur, approchent davantage du vrai ; mais elles
font encore défettueuses, comme nous
l'avons fait voir,
AMEHRD, sera le contour du troiheme.
Les méthodes qui déduisent la capacité
d'un navire par les seules longueurs ,
largeurs & profondeurs , leur donneront
la même continence à tous les trois ; cependant le seul coup d'oeil suffit' pour
faire sentir que leurs continences sont
bien différentes. Celles qui prennent
trois largeurs dans la même hauteur, approchent davantage du vrai ; mais elles
font encore défettueuses, comme nous
l'avons fait voir, 27. Pour partir d'un poinr fixe , qui --- Page 44 ---
3 8 Mémoire jur le Jaugeage approche le plus près de la vérité, &
qui convienne à tous les navires ; j'ai
cru devoir prendre un milieu entre les
dïmenÍions les plus usitées. Pour cela j'ai
extrait 21 exemples cités dans les mémoires des Jaugeurs qu'on m'a remis.
Il y a plusieurs de ces mesures pvises sur
des navires qui sont dénommés. Celles
dont on ne nomme point les navires ,
font tirées des registres des Jaugeurs ,
comme ils l'annoncent. Enfin, quand on
suppoferoit qu'une partie de ces exemples fût une pure supposition , les Jaugeurs sont si accoutumés à voir ces dimensions , que leur supposition même
approche très fort du vrai ; vu sur-tout
qu'il y en a plusieurs qui farnt ccnstructeurs : il me paroît qu'il n'en faut pas
davantage pour fixer une regle générale.
Ces 12. exemples m'ont fourni 12 largeurs , 22 profondeurs & 22 longueurs
différentes. Les ayant additionnées séparément,& aydnt divisé chacune de ces trois
sommes par 22 , j'ai eu pour largeur moyenne 20 pieds sept pouces, pour profondeur moyenne 8 pieds 8 pouces , &
pour longueur moyenne 66 pieds 2 pouces. C'est sur ces dimensions que nous
allons fonder nos recherches. --- Page 45 ---
des Navires. 39 28. Donnons, avec ces proportions,
la plus grande capacité au navire. Il
faut pour cela que chaque arc , qui forme
les flancs , soit de 90 degrés. Pour le
former (fig. 7, ) traçons d'abord, BV >
de 20 pieds 7 pouces , ou 247 pouces $
SY , de 8 pieds 8 pouces , ou 104 pouces; portons cette longueur 104 pouces
de , B , en , K, d'un côté, & de, V ,
en , T, de Fautre ; des points, K , T ,
comme centres, & d'un intervale égal
à la profondeur , &Y, traçons les arcs ,
BAX , ZV y tirons les cordes , EX, VZ ,
partageons , BX , en deux parties égales en 1 , du ce-ntre K par ce point , I ,
tirons la ligne , K1A , on aura la flèche ,
IA, de l'arc , BAX. La coupe transversa'e de la calie du navire sera,BXZV ,
formée de deux quarts de cercle, & du
parallélogramme KXZT ; cherchons-en
la surface exacte. Un cercle qui a pour rayon , BK, =
104 pouces, aura la sur face de 3 3 97 6, 9,-
La surface des deux quarts de cercle sera
donc de 16988 , 45. En y ajoutant le
parallélogramme KXZT, qui a pour hauteur , SY , == 104 , & pour largeur la
différence entre BV & deux fois la
profondeur SY, c'est-à-dire , la différence de 247 à 108 , qui est 39, & multi
cercle qui a pour rayon , BK, =
104 pouces, aura la sur face de 3 3 97 6, 9,-
La surface des deux quarts de cercle sera
donc de 16988 , 45. En y ajoutant le
parallélogramme KXZT, qui a pour hauteur , SY , == 104 , & pour largeur la
différence entre BV & deux fois la
profondeur SY, c'est-à-dire , la différence de 247 à 108 , qui est 39, & multi --- Page 46 ---
4Q Mémoire sur le Jaugeage pliant 104 par 39 , on aura 4056, qui
ajoute à 16988,45 , donne la surface
totale de cette coupe de 2-1044 , 45• 29. Cherchons cette même lurface par
une autre voie qui doit nous conduire à
une nouvelle méthode. Nous avons
( fig. 7. ) un trapèze, BXZV , dont ,
BV, est connu de 247 ( n°. 18. ) XZ
de 39 ; en les ajoutant l'un à l'autre on
a 286, dont la moitié 143 , multipliée
par , SY , = 104, hauteur perpendiculaire du trapèze , donne 14872 pour la
surface de ce trapèze. Il ne s'agit plus
que d'y ajouter la valeur des deux fegmens. Puisque nous avons trouvé la
surface des deux quarts de cercle , pris
ensemble , de 16988,45 , chacun en fera
la moitié qui eit 8494, 125. Le triant
gleredangle & isocèle BKX, dontBK=
104 , a pour surface 5408. En retranchant ceçte surface du triangle BKX,
de la surface du quart du cercle , BAXtC ,
qui est 8494, 225 , il refle pour la Surface du segment, BAXB , 3086, 225.
en doublant cette somme on a 6172,450
pour la valeur des deux segmens. Réu-
- niffant cette Comme à celle du trapèze
> on aura 21044,45 » qui est précisément le même nombre trouvé cidessus. --- Page 47 ---
des Navires: . 4 J 30. Puisque nous savons trouvé cette
sur sa ce par le moyen du trapèze & des
segmens , comme le trapèze est trèsfacile à connoître , cherchons une voie
aussi simple & facile pour avoir la surface du segment, ce qui nous dégagera
de tous les calculs nécessaires pour y
parvenir. Nous avons vu ( 3 e. alinéa du
n°. 16.) que l'arc qui forme le flanc, du
navire la Duchesse de Polignac est de 56
12 40" qui est un des plus petits arcs
cju on emploie. Nous avons vu aussï
( no. 28 ) que le plus grand arc possible y & qui contient le plus , est de
90°. Comme ces extrêmes arrivent rarement , & que le commun des navires
ont des arcs qui font intermédiaires à
ceux-ci , je pense qu'il est plus sage de
prendre un arc moyen entre ces deux
extrêmes , comme approchant plus généralement de l'état des navires ordinaires. Cet arc moyen entre 56°. Se 90°.
esi de 73°. C'est donc sur un pareil arc
que nous allons opérer.
plus grand arc possible y & qui contient le plus , est de
90°. Comme ces extrêmes arrivent rarement , & que le commun des navires
ont des arcs qui font intermédiaires à
ceux-ci , je pense qu'il est plus sage de
prendre un arc moyen entre ces deux
extrêmes , comme approchant plus généralement de l'état des navires ordinaires. Cet arc moyen entre 56°. Se 90°.
esi de 73°. C'est donc sur un pareil arc
que nous allons opérer. ^ 3 1 Cela étant , un arc de 73°., étant
divisé en deux parties égales , donne
pour chique 360 30 qui sont la
valeur de l'arc BO ( fig. 7. ). BI, étant,
par construction , la moitié de BX, = --- Page 48 ---
41 Mémoire sur le Jaugeage 147,078 fera de 73,539. L'angle , BIC 1
, est droit par construction , donc l'angle,
CBI, fera de 53 30'. Ces élémens
nous donnent CB, ou , CO son égale de
123,632; le côté, CI, de 99,3814. En
retranchant le plus petit nombre du plus
grand , on aura , 01 , qui est la flêche
de 24,2496. Cesmesures nous fonteonnoître aussi la longueur de l'arc BOX
de 1 57,518. En multipliant la longueur
de cet arc 1 57^5 18 par 61,816 , moitié
du rayon, OC, on aura la sursace du
fe&eur CBOX, de 9737,15. Ces mêmes mesures nous font trouver la surface du triangle , CBX , de 7308,49. En
retranchant l'un de l'autre , il reste
2428.66 pour la valeur du segment5
BOXB. 32. Maintenant si nous multiplions la
longueur de l'arc, BOX = 157,51g
par celle de la fleche J 01, = 24,2496,
nous aurons un parallélogramme dont
la surface sera de 3819,76. Nous avons
trouve la surface exacte du segaient
( nO. 31.) de 2418,66 : ainsi dimiq
nuons la longueur de la fleche, OI,
dans ce rapport. Pour cela nous avons
cette analogie 3819,76: 2428,66 ::
24,2496 : x = 15,4183. Quand je confidere les deux derniers termes de cette --- Page 49 ---
d,,s Navires. 4î analogie , je vois què je puis prendre
15,4183 pour 15 1/2 ou pour 31 , en aug.
mentant dans la même proportion les
décimales de 24,1496 comme j'ai augmenté celles de 15,4183 suivant cette
analogie 15,4183 : 15,500 :: 14.2496:
x = 24^3781 que je puis regarder
comme 241/2 , ou 49, J'aurai donc la
fraction ~ dont je me servirai pour découvrir la valeur du segment.
je vois què je puis prendre
15,4183 pour 15 1/2 ou pour 31 , en aug.
mentant dans la même proportion les
décimales de 24,1496 comme j'ai augmenté celles de 15,4183 suivant cette
analogie 15,4183 : 15,500 :: 14.2496:
x = 24^3781 que je puis regarder
comme 241/2 , ou 49, J'aurai donc la
fraction ~ dont je me servirai pour découvrir la valeur du segment. 33. Pour s'appercevoir de l'exactitude
ou de l'erreur que cette fraction peut
produire , faisons - en l'application aux
trc is navires de la sig. 7 , qui sont les
mêmes que la fig. 6 , dont les arcs des
flancs sont BAX de 90°. , ou le plus
grand arc possible : l'arc BQX de 56°.
ou le plus petit arc mis en usage , de
l'arc , BOX intermédiaire de 73°. cherchons par une voie géométrique la valeur exade de ces trois segmens. Nous
avons déjà calculé la valeur du segment BAX de 90°. ( n°. 2.9. ): nous
avens trouvé de même celte du segment,
BOX ( no. 31. ) pour un arc de 730.
pour avoir la surface du segment BQX
de l'arc de 56°. considérons que la corda
BIX , commune aux trois arcs , est de
de 147,0782 (no. 31.) dont la moitié est
de 73,5891. L'arc 7 BQX ,|est de 56°. --- Page 50 ---
44 Mémoire sut le Jâhgtagé sa moitié 28° sera la valeur du demi-arc
BQ , par conséquent de l'angle BDIÓ
L'angle BID est droit, par construction,
donc l'ang!e DBI fera de 62 o'. Connoissant dans ce triangle rectangle les
trois angles & le côté , BI , de 75,53 91
il sera facile de connoître le rayon, DB ,
de 156,642, la perpendiculaire, DI, de
138,307, la fleche, QI, de 18,335, el.
enfin la longueur de l'arc , EQX, de
153,096. Avec ces mesures on aura la
sursace du secteur BDXQB, de 11991
celle du triangle, BDX,de 10170,97,
donc celle du segment, BQXB, est de
1820,03. 34. Réunissons ces trois résultats sous
rnmême point de vue. Nous avons trou-
\ é , par la voie de la géométrie, la vraie
valeur de ces trois segmens
l'our l'arc de BAX.. ( n*. 25. ) ... 3086,225.
Pour l'arc de 73 BOX.. (n°. 31 2428,66.
Four l'arc de 5 6 BQX. ( n°. 33 1020,03. Cherchons maintenant la valeur de ceS
trois segmens par la fraction ~ nous aurons pour la longueur, de l'arc de jo°. t . 163,362 ( a ) sa fleche , 30,462.
d: 1 arc de 73... 1 î 7, j S (n°. 31.) sa flech:, 24,2496.
de l arc de 56 ... 's ,096 'n". 3 3 ) sa fleche, 18,3 ? f. Fig. 7. (d) Le rayon AK , crant de 104
(no. 28.) on trouve très-facileinent la longueur
tic l'arc BAX , de 163 .362 ; la perpendiculaire ,
) sa fleche , 30,462.
d: 1 arc de 73... 1 î 7, j S (n°. 31.) sa flech:, 24,2496.
de l arc de 56 ... 's ,096 'n". 3 3 ) sa fleche, 18,3 ? f. Fig. 7. (d) Le rayon AK , crant de 104
(no. 28.) on trouve très-facileinent la longueur
tic l'arc BAX , de 163 .362 ; la perpendiculaire , --- Page 51 ---
des Navires. 4.1 Si nous multiplions chaque arc par a
flèche , & que ce produit foit multiplié
par la fra&ion 49 t on aura pour chaque
segment, - "S dont la différence f* de l'arc de 90 1148.21 /avec;iï vraie,va-\ 61,90 po. quaJ',
de l aïc de Tj 24 i5,ç3 \ leur trouvée géo- 12,03 ce l'arc de ,6 17-7;,l métriquemcnc est ) 44,30 —'
Jde ... , .. C. Comme il arrive dans la construélioa
générale des navires que l'arc formé par
les flancs, approche plus du terme
moyen 730, que des deux extrêmes, 90°"
& 56°. & qu'à ce terme moyen la difj81
férence est la plus petite j puisqu'elle
n'est que de 12,08 pouces quarrés, on
a lieu d'espérer que cette fraétion don.
nera la plus grande précision que l'on
puisse raisonnablement délirer. 35. Si nous voulons voir jusqu'oii
Cette erreur peut influer , examinons
qu'ayant 12,08 pouces quarrés d'erreur
- en moins pour un segment, cela donne
24,16 pour les deux segmens qui, comparés à 144 valeur du pied quarré se
trouve dans le rapport de 1 à 6 à trèspeu de chose près. Nous avons vu ( ne'
27. ) que la longueur moyenne des naKI, de 73,538 , qui retirée de KA — 104, $
reste ,O,4-Z pour la fleche, IA. --- Page 52 ---
46 Mémoire jurle Jaugeage. vires est de 66 pieds. En prenant le Íixieme de 66 on a 11 , qui valent 11 pieds
cubes. Le tonneau d'ordonnance ell de
42 pieds cubes ; il s'ensuit donc qu'on ne
trouvera gueres surla totalité d'un navire
'qu'un peu plus d'un quart de tonneau
d'erreur; ce qui doit être regardé comme
nul, puisque sur un navire qui porteroit
300 tonneaux , l'erreur ne seroit que
Cl5 36. En examinant la méthode la puis,
générale des Jaugeurs , je voit qu'ils font
jusqu'à 6 , 7 j 8 & tranches dans un navire d'une assez grande longueur. Ils calculent la surface de ces tranches séparé.
ment , & de leurs sommes réunies qu'ils
divisent par le nombre des tranches, ils
trouvent une sursace moyenne. Cette méthode est très-longue dans les opérations
& nullement expéditive ; ce qui cst cependant très-nécessaire. En réfléchissant
sur cet objet , & supposant le navire
coupé par un nombre indéfini de tranches verticales & parallèles, je lens que
parmi toutes ces tranches, il s'en trouve
péceÍfairement une, dont la surface multipliée par la longueur du navire , doit
donner sa continence. Si l'on peut découvrir l'endroit où se trouve cette tranche
dans les opérations
& nullement expéditive ; ce qui cst cependant très-nécessaire. En réfléchissant
sur cet objet , & supposant le navire
coupé par un nombre indéfini de tranches verticales & parallèles, je lens que
parmi toutes ces tranches, il s'en trouve
péceÍfairement une, dont la surface multipliée par la longueur du navire , doit
donner sa continence. Si l'on peut découvrir l'endroit où se trouve cette tranche --- Page 53 ---
des Navires, 47 par une méthode simple & aisée , <. n
aura rempli toutes les conditions qu'exi.
ge ce problème , qui sont : 1°. de connoître l'endroit 011 se trouve cette tranche moyenne; 2°. de déterminer exaOement la surface de cette tranche. Cette
derniere partie vient d'être examinée &
résolue ( aux nos. 23 , 2.9 31 ). Il ne
nous resle don(- plus qu'à déterminer ,
d'une manière fixe & invariable le point
du navire , où se trouve la tranche
moyenne, 37. Avant d'en venir à l'opération > il
faut bien examiner la vraie forme d'un
pavire , représentée dans son élévation
par la fig. 2 ; dans son plan horisontal
par la fig. 4; & dans sa coupe verticale
transversale par la fig. 9, Les mêmes objets sont désignés par les mêmes lettres
dins ces trois figures, La ligne, ON ,
( fig.. 2 & 4. ) représente le profil d'une
tranche de navire au maitre bau , ou sa
plus grande largeur , 6c dont on voit
la surface, ONM ( fig, ). Cette même
largeur subsisie pendant un certain espace
iul'qu'à la ligne. , LM, par exemple ( fig.
2 & 4.) vers la poupe , & à la ligne ,
, vers la proue, La différence , s'il
s'en trouve dans cet eipace, eit si in- --- Page 54 ---
4° Mémoire sur le Jaugeage sensible qu'elle ne mérite aucune atten";
tion. Au point M ( fig. 2. ) commencent
les fàçons , c'esl-à-dire 5que les courbescommencent à changer vers le bas, &
vont toujours en diminuant vers la pou.
pe. On le voit clairement par la fig.
qui représente la forme des courbes qui
vont toujours en décroissant , & qui
plus elles décroissent plus leur extrémité
inférieure se termine en pointe. Cette
forme fait un espece de creux extérieurement au navire , ou un dégagement qui
suit la ligne ponctuée RM (fig. 2. )
vers la poupe , & la courbe ponctuée ,
PV vers la proue. Ce sont ces différen-
| tes formes qu'on appelle les saçons d'un
navire. La ligne BF, (-fig. 2 & 4. ) représente le profil de la cloison qui forme la soute en arriere , & la ligne TQ,
le profil de la soute en avant. Ces soutes
sont des lieux dessinés aux provisions de
bouche & d'agrêts pour les besoins de
l'équipage pendant son cours. La cargaison se place entre les soutes , c'est-à-dire, -
. dans l'espace BFQT ( fig. 4 ). C'est
pourquoi on ne mesure la longueur du
navire qu'entre les soutes, quand il s'a*
git de le jauger.
ison qui forme la soute en arriere , & la ligne TQ,
le profil de la soute en avant. Ces soutes
sont des lieux dessinés aux provisions de
bouche & d'agrêts pour les besoins de
l'équipage pendant son cours. La cargaison se place entre les soutes , c'est-à-dire, -
. dans l'espace BFQT ( fig. 4 ). C'est
pourquoi on ne mesure la longueur du
navire qu'entre les soutes, quand il s'a*
git de le jauger. 38. En considérant la fieure , qu'on
doit .1 --- Page 55 ---
des Navires. 49 c doit regarder comme une perspective, de
sorte que la plus petite courbe BEF ,
se trouve dans l'enfoncement , on voit
que les courbes vont toujours en diminuant de grandeur, & que malgré cela
elles conservent toujours entre elles la
même forme à peu de chose près ; en
forte que si la plus grande est circulaire,
toutes les autres le font aussi. Si la premiere & la plus grande tenoit de l'ellipse , les autres participeroient de cette
figure. Ainsi on peut les regarder en
général comme des courbes semblables ,
quoique plus ou moins grandes, ce qu'on
apperçoit par les lignes ponctuées au bas
de ces courbes. Quant au petit triangle
qui se trouve à la pointe, il entre facilement dans le calcul de la surface d'une
tranche qui passeroit par une de ces
courbes, en suivant le procédé que nous
donnons (n°. 45. ) ; cela n'empêche pas
la similitude des courbes. 39. Maintenant examinons les sig. 2
& 4, Soit la ligne ON , représentant le
maître bau , qui est la plus grande largeur du navire ; cette largeur , comme
nous l'avons fait voir , est la même pendant un certain espace , tant vers la poupe que vers la proue. Elle commence --- Page 56 ---
5 0 Mémoire sur le Jaugeage à diminuer aux lignes LM & SP, dèslors LM & SP , font égales à ON , qui
est la plus grande largeur. On démontre
en géométrie que les surfaces des figures semblables sont entre elles comme
les quarrés de leurs côtés homologues.
J'éleve donc ces deux lignes ON , BF ,
à leur quarré ( fig. 4. ) ; je réunis ces deux
quarrés , & je prends la moitié de leur
i'omme. J'extrais la racine quarrée de
cette moitié, & c'est cette racine qui me
donnera la largeur moyenne DE. J'en
fais autant vers la proue ; ajoute au
quarré de ON , le quarré de TQ, &
j'extrais la racine quarrée de la moitié
de leur somme, ce qui me donne une
largeur moyenne ZX. 40. Si maintenant je prends la surface de la tranche ON , par le moyen
indiqué ( no. 45, ), & que je multiplie
cette surface par la distance MP, j'aurai un solide égal à la partie de la calle
contenue entre les deux lignes LM &
SP ; de même en prenant la surface de
la tranche DE, que nous avons trouvé
moyenne entre la plus grande ON , ou
LM sôn égale , & la plus petite BF ,
& que je multiplie cette surface par la
distance qu'il y a entre BF & LM., j'au-
tranche ON , par le moyen
indiqué ( no. 45, ), & que je multiplie
cette surface par la distance MP, j'aurai un solide égal à la partie de la calle
contenue entre les deux lignes LM &
SP ; de même en prenant la surface de
la tranche DE, que nous avons trouvé
moyenne entre la plus grande ON , ou
LM sôn égale , & la plus petite BF ,
& que je multiplie cette surface par la
distance qu'il y a entre BF & LM., j'au- --- Page 57 ---
dtî Navires. st Ci, --,1 frai le solide contenu en cette pariie. Il
en sera de même vers la proue , en mul'
tipliant la surface de la tranche moyenne
ZX, par la distance entre SP 6c TQ.
En réunisiant ces trois solidités , on aura
la solidité totale de la calle du navire. Ceci est si évident qu'il ne demande
pas une plus ample explication ; mais on
voit que cette marche nous conduit à
quelque chose de plus simple encore. On
feroit obligé par cette voie , de prendre
trois surfaces, ce qui absorbe du tems,
demande plus de calculs, & quand on
est quelquefois presse, cela retarde les
opérations. Il peut en résulter un autre
inconvénient plus à craindre : c'est qu'un
Jaugeur fatigué d'un long travail, peut
sur la fin saire des erreurs de calcul , ce
qu'il faut soigneusement éviter. Ne us
allons donc proposer un moyen qui
abrege infiniment ce travail & ces longs
calculs, & qui se déduit naturellement
de la marche précédente. 41. Nous avons vu qu'en unissant le
quarré de la ligne BF, à celui de la
ligne LM ou ON son égale, & extrayant
la racine quarrée de la moitié de leur
somme, on a une tranche moyenne
PEj nous pouvons agir de même pour --- Page 58 ---
52 1 Mémoire sur le Jaugeage avoir la tranche moyenne du vaisseau
tout entier. Cela se trouve en unissant
les quarrés des trois lignes ON , maître
bau; BF, soute en arriere ;TQ, soute
en avant, & en prenait le tiers de leur
somme , & extrayant la racine quarréa
de ce tiers, on aura un nombre qui exprimera la largeur de la tranche moyenne
de tout le navire. Alors en prenant uri
çordeau de la longueur indiquée par
çette racine quarrée , le Jaugeur le te.
nant d'un bout & sôn aide de l'autre, ils
marchent vers la poupe parallèlement au
maître bau (ce qui est très-facile, parce que
toutes les solives qui soutiennent le
pont, sont parallèles entre elles & au
maître bau ), & à l'endroit qu'on trouve
fous & contre le pont, aussi large 'que
le cordeau est long , on y fait une marque avec de la pierre blanche : c'est-là
où se trouve la trancKe moyenne de la
totalité du navire. Pour lors on prend la
sursace de cette tranche par le moyen.
que nous donnerons ( nO. 45 ). On multiplie cette sursace par la longueur entierç
du navire entre les soutes, ce qui donl1era en pieds cubes la solidite de la
calle. La disant par 42, , suivant l'Ordonnance , on aura la quantité de ton^
neaux que peut contenir la calle.
-là
où se trouve la trancKe moyenne de la
totalité du navire. Pour lors on prend la
sursace de cette tranche par le moyen.
que nous donnerons ( nO. 45 ). On multiplie cette sursace par la longueur entierç
du navire entre les soutes, ce qui donl1era en pieds cubes la solidite de la
calle. La disant par 42, , suivant l'Ordonnance , on aura la quantité de ton^
neaux que peut contenir la calle. --- Page 59 ---
des Navires. '5 3 Ç Íij 41. Nous réduisons donc par là toute
l'opération à ne prendre qu'une seule
surface au lieu de trois. Quant aux calculs , nous pouvons également les Am -
plisser par le moyen d'une table qui se
trouve à la fin de ce mémoire. Elle contient tous les quarrés depuis cinq pieds
jusqu'à cinquante, qui est beaucoup audelà de la plus grande largeur. Cette table est de pouces en pouces ; par elle le
Jaugeur abrege singulièrement le travail,
& 'ne peut commettre d'erreur. Lorsqu'il
a pris les largeurs ( fig. 4. ) ON, BF, TQ,
il cherche dans la table les qnarrés qui
y répondent : il joint ensemble les quarrés
de ces trois lignes dont il prend le tiers.
li cherche ensuite dans la table ce nombre , dans la colonne des quarrés , il voir
à côté de celui qui en'est la racine. Cette
opération , comme on le voit, est. trèsprompte & sans aucune difficulté , elle
est simple & nullement sujette à erreur,
puisqu'elle a pour fondement des points
fixes & invariables , ce qu'il s'agissoit de
trouver. Si le nombre ne se trouve pas. exactement dans la table , on interpole la
différence qui est entre les deux nombres
içs plus approchons dans la table , ce qui --- Page 60 ---
54 mémoire sur le Jaugeage donne les lignes. Exemple : soit le nombre 2o 6,62.. Je vois dans la table que
ce nombre est contenu entre 205,64
qui repond à 14 pieds 4 pouces ,
207,111 qui répond à 14 pieds 5 pouces. Je prends la différence de ces deux
quarrés , qui est 1,63 ; ensuite retranchant de mon nombre trouvé 206,62 ,
le nombre le plus approchant moindre
205,64 , je trouve 0,98 , pour la
différence qui est un peu moindre que
la moitié de la différence p emiere 2,63 ,
ce qui donne par conséquent 14 pieds 4
pouces cinq ligne,. Il en est de même
si dans la mesure qu'on prend il se trouye
3,4 ou 8 lignes en sus des pieds &
pouces. On prend la partie proportionnelle de la différence qu'on ajoute au
nombre le plus approchant moindre. On
a par ce moyen un calcul & des opérations de la plus grande exactitude. On
peut cependant négliger ces petites dif.
férences que je n'expose ici que pour
faire voi-r la précision avec laquelle on
peut opérer.
ces cinq ligne,. Il en est de même
si dans la mesure qu'on prend il se trouye
3,4 ou 8 lignes en sus des pieds &
pouces. On prend la partie proportionnelle de la différence qu'on ajoute au
nombre le plus approchant moindre. On
a par ce moyen un calcul & des opérations de la plus grande exactitude. On
peut cependant négliger ces petites dif.
férences que je n'expose ici que pour
faire voi-r la précision avec laquelle on
peut opérer. Tirons maintenant de tout ce que
nous avons dit ci-dessus, & des principes que nous avons établis , une mé- --- Page 61 ---
"des Navires, 5 ? ClV thode simple , facile & très-expéditi-ve ,
que l'homme le moins géometre puisse
exécuter avec une extrême facilité. Il
ne lui faut d'autres connoissances que
celles des quatre premier.es regles de
l'Arithmétique, Nouvelle Méthode. * 43. Soit BAXZV ( fig. 7,) la coupe
transversale & verticale d'un navire dans
sa plus grande largeur. Il faut mesurer
cette largeur BV , sous & contre le
port, ou , ce qui est la même chose ,
la largeur ON ( fig. 4 ) , qui en esi le
profil, ainsi que la largeur des deux
(outes BF , TQ , pareillement sous &
contre le pont. On cherche dans la table
qui suit, les quarrés de ces trois lignes
ou largeurs. On les additionne , & on
prend le tiers de leurs sommes. On cherche ensuite à la table, dans la colonne des
quarrés , ce nombre qui exprime le tiers
ou le plus approchant, & l'on voit vis-àvis , dans la colonne des racines , le
nombre qui lui convient. Ce nombre
est la largeur de la tranche moyenne du
navire ( i ). (1) Quand je dis qu'on prend la largeur --- Page 62 ---
1 6 Mémoire ssir le Jaugeage 44. Le Jaugeur prend ensuite un cordeau d'une longueur égale à la racine
qu'il a trouvée , il le tient d'un bout ÔC
son aîde de l'autre ; ils marchent ainsi
parallèlement au maître bau vers la pqupe, en effleurant le de flous du pont,
j,u(qu'à ce qu'ils trouvent une largeur
du navire, tous & contre le pont, égal*
à la longueur du cordeau. On fait en
cet endroit une marque avec de la pierre
blanche. Ce lieu est celui où se trouve
la tranche moyenne de tout le navire.
Il ne' s'agit plus maintenant que d'en
trouver exactement la surface. 4). Pour cela le Jaugeur prend vis-àvis sa marque , la largeur du fond sur la
carlingue comme XZ ( fig. 7. ) > qu'on
suppose maintenant être la tranche
moyenne du navire. Il joint à cette lar-
-geur celle de BV, qui n'est. autre que la des soutes, ce n'est pas que la capacité des sou-
*tes doive entrer dans le port du navire. Ici la
largeur de la foute n'est regardée que œmme
e-xtrémité de la calle qui contient la charge,-
parce que toutes les fois qu'on veut avoir la
capacité d'un vaisseau quelconque , il faut conHoître ses contours & toutes ses dimcnsions
ce n'est que dans cette vue qu'on'pread les largeurs des foutes.
BV, qui n'est. autre que la des soutes, ce n'est pas que la capacité des sou-
*tes doive entrer dans le port du navire. Ici la
largeur de la foute n'est regardée que œmme
e-xtrémité de la calle qui contient la charge,-
parce que toutes les fois qu'on veut avoir la
capacité d'un vaisseau quelconque , il faut conHoître ses contours & toutes ses dimcnsions
ce n'est que dans cette vue qu'on'pread les largeurs des foutes. --- Page 63 ---
des Navires. 57 [texte_manquant] facme quarrée qu'il vient de trouver
dans la table. Il prend la moitié de leurs
femmes qu'il multiplie par la hauteur
du pont sur la carlingue , comme ST.
Ce produit lui donne la surface du trapèze BXZV ; il prend ensuite une
regle flexible de 5 ou 6 pieds de longueur,
& divisée en pieds , pouces & lignes, il l'applique contre le flanc intérieur du
Navire , & cela dans l'endroit ou il fait
sa marque pour avoir la longueur de
l'arc BAX, contenu entre le pont de
la carlingue ; il tend après cela une ficelle
depuis B, sous le pont jusqu'en X*
cù se termine le plancher du fond, 8s
avec 'la même regle il prend la longueur
de la flèche IA, il multiplie la longueur de
l'arc BAX, par la flèche LA, & ce produit
se multiplie par la fraction c'est-à direv
qu'on multiplie le dernier produit par
51, & l'on divise celui-ci par 49 ; ce
qui donne la sur face du segment BAX,
on double cette valeur pour avoir
celle dés deux segmens , on ajoute
leurs sommes à celle du trapèze ; ce
qui donne la sursace de la: tranche
moyenne. Cette fluface ainG calculée se
multiplie par la. longueur-du navire entre les- deux soutes ; ce qui donne le nom- --- Page 64 ---
) S Mémoire sur h Jaugeage bre de pieds cubes que contient la caiie#
Ce nombre divisé par 41 ( valeur du
tonneau fixé par l'Ordonnance du mois
d'Août 1681 , art. 5 , tit. 10. ) donne le
port du navire en tonneaux. 46. S'il arrive que la tranche moyenne
se trouve sur des courbes dont le bas
finit en pointe( comme en la figure 8 )»
au lieu d'un trapèze on foi me un triangle ABD , dont on aura la sursace en
multipliant sa base AB , qui n'est que
la racine trouvée dans la table par la
moitié de sa hauteur perpendiculaire
CD; on appuie ensuite une autre longue
règle flexible sur le bas de la courbe ,
& on lui sait prendre à peu près le même con tour que sila courbure principale
se continuoit comme la portion ponctuée EIG; on tend alors une ficelle depuis A, sous le pont ju{qu'en D, &
avec l'autre regle divisée en pieds , pouces & lignes , on prend la longueur de
l'arc ALI , jusqu'en 1 , section de la
regle IG, par la ficelle AD. On prend
en même tems la longueur de la flèche
LO. On suit pour le reste la même marche , dans le calcul que nous venons de
prescrire au N°. précédent. Quand les navires sont petits, comme
ceux qui font le cabotage , il n'y a point --- Page 65 ---
1 des Navires, y C vj dans la calle de soute marquée par une
cloison ; on laisse alors à l'extrémité une
distance de pieds, qu'on retranche de la
longueur totale du navire , afin de laisser
un lieu libre pour mettre les rechanges
& les besoins de l'équipage. On prend
alors la largeur du navire à cetie ditiance de 8 pieds , comme on prend dans
les autres les largeurs des soutes ^ & on
opère de même.
Page 65 ---
1 des Navires, y C vj dans la calle de soute marquée par une
cloison ; on laisse alors à l'extrémité une
distance de pieds, qu'on retranche de la
longueur totale du navire , afin de laisser
un lieu libre pour mettre les rechanges
& les besoins de l'équipage. On prend
alors la largeur du navire à cetie ditiance de 8 pieds , comme on prend dans
les autres les largeurs des soutes ^ & on
opère de même. 47. Cette méthode est universelle pour
> avoir la continence de la calle, quoique
les formes soient infiniment variées. Malgré cete variété on les distingue seulement sous deux dénominations , navires
à caisse & navires à entrepont. Les navires à caisse n'ont qu'un pont j & les
navires à'entrepont en ont deux. Quand
le navire a un entrepont , on mesure
cet entrepont séparément , & pour cela
on suit la méthode en usage dans tous
les ports pour cette partie ; c'ell-à-dire,
qu'on prend 3 , 5 ou 7 largeurs dans
l'entrepont, suivant la longueur des navires , une au plus large les autres
vers les contours de l'arriere & de
l'avant, & les extrémités. Ces largeurs se
prennent à mi-hauteur de i'entrjepont.
On les additionne, & on divise leurs --- Page 66 ---
6b Mémoire sur le Jat/gensc sa m m es par le nombre des largeurs prises, ce qui donne une largeur moyenne ;
on multiplie cette largeur moyenne par
la hauteur de l'entrepont, & ce produit
doit être multiplié par la longueur ; ce
jqui donne la capacité de l'entrepont;
Cette opération n'est point difficile, 8c
c'est ce 'qu'on exécute tous les jours.
Toute la difficulté consiste à connaître
la continence de la calle. On réunit en*
iuite la continence de l'entrepont à celle
de la calte , ce qui donne celle du navire ; après quoi on retire de cette totalité le solide formé par l'arche-pompe ,
-qui est une caisse qui renferme les pompes. Nous allons donner un exemple pour
déterminer la largeur de la tranche
moyenne.- * Exemple. *48. Soit la plus grande lar- pds. p. î.
geur au maître bau,. ... 2'0 7 or
•JLa largeur de la foute en ar. riere contre le pont 8 0largeur de la soute en avant 10 6 o
pd. p. L quarté de 20 7 o » . 423,97" — de 98 o .. . „ 93,64 —de 10 60 ^ . « . 110 3 6. Sommes dèsquarrést- l VLe tiers de cette Comme t 205 0 44- --- Page 67 ---
S
des Navires*. 6M' Iî faut chercher dans la table , cotonne des quarrés y le nombre 205,844,.
ou celui qui en approche le plus, on
trouve 205,64 & vis-à^vis 14 pieds 4.
pouces , dans lia colonne des racines.
Pour avoir plus d-e précision , on interpole la différence, comme nous l'avons
montré au 2e. alinea du n°.. 4.1 , ce qui
donne plus exactement 14 pieds 4 pouces 1 ligne.. On prend alors un cordeau;
de 14, pieds 4 pouces 1 ligne de longueur, & l'on cherche l'endroit du navire dont la largeur est égale cette
longueur. C'est à cet endroit que se,
trouve la tranche moyenne de tout se
vaissea Cette opération , comme on le
voit , est. limpide sacile , & n'exige presque point de tems.. Cet endroit. essen-
• riel déterminé , on opere comme nous.
l'avons prescrit aux numéros 41 &.
46.
;
de 14, pieds 4 pouces 1 ligne de longueur, & l'on cherche l'endroit du navire dont la largeur est égale cette
longueur. C'est à cet endroit que se,
trouve la tranche moyenne de tout se
vaissea Cette opération , comme on le
voit , est. limpide sacile , & n'exige presque point de tems.. Cet endroit. essen-
• riel déterminé , on opere comme nous.
l'avons prescrit aux numéros 41 &.
46. Jauger un Navire chargé,. Il n'arrive presque jamais qu'on soir
obligé de Jauger un navire chargé; on.
attend toujours qu'il foit vuide. Cependant si , par un cas imprévu , on étoit
forcé de le jauger lorsqu'il est en pleine
- charge, toutes les méthodes font alors en --- Page 68 ---
62 Mémoire sur le Jaugeage faut pour s'assurer de la vraie continence.
Nous pouvons assurer malgré cela que
notre procédé nous conduira à quelque
chose de plus certain que les autres
moyens. Voici donc ce qu'il faut faire. 49. Comme il y a au pont des ouvertures pour descendre dans la calle ,
& par où l'on charge & décharge le na-
▼ire , on descend par cette ouverture ,
on mesure la largeur le plus près
possible du pont inférieur, s'il y en a
deux; s'il se trouve des effets qui empêchent de prendre cette largeur au plus
large endroit, on prend alors deux cordes AD, CH ( fig. 9. ), au bout de
chacune desquelles on attache un poids ;
jon les laisse tomber dans l'eau, & se
mettre librement dans une position verticale , & l'on fait ensorte qu'elles effleurent les flancs extérieurs du vaisseau à
sa plus grande largeur ; ensuite on tend
une ficelle de A , en C , dont on me.
sure la longueur. On retire de cette lortgueur l'épaisseur des membrures & des
planches qui forment les flancs du navire ; on a par ce moyen la plus grande
largeur intérieure. On va ensuite vers la poupe , & l'on
demande l'endroit du pont qui répond --- Page 69 ---
des Navires, é j au-dessus de la cloiion de la soute. 11
n'y a personne de l'équipage qui ne le
fâche : on prend à cet endroit la largeur
du navire par le même procédé que nous
venons d'indiquer : on fait la même chose
vers la proue. 50. Ces trois largeurs prises > on calcul e par les quarrés, comme nous l'avons
montré ci dessus , & l'on trouve alors la
largeur moyenne. Il ne s'agit plus que
d'avoir la profondeur. On la prend en
paient dans un corps de pompe une ficelle
avec un plomb au bout ; on retire de cette
longueur l'excédent de la pompe au-dessus
du pont, l'épaisseur des ponts , s'il y en a
deux,& celle de l'entrepont. 11 ne resle plus
alors que ta profondeur de la calle. Cela
nous suffit pour résoudre le problême. 51. Pour cela on double la profondeur
èe la calle , & si ce nombre efl égal à la
largeur moyenne trouvée par le calcul ;
cette largeur se trouve sur une courbe
oii finit la carlingue ou pl fond du na.
vire , & on réfout le problème par le
moyen du triangle (fig. 8. n°. 46. ). Si
le double de la profondeur efl plus petit que la largeur moyenne trouvée .
alors te problême se résout avec un
trapese( fig. 7. n". 45.) dont le petit - -
côtê XZ, efl la différence du double dç
vée par le calcul ;
cette largeur se trouve sur une courbe
oii finit la carlingue ou pl fond du na.
vire , & on réfout le problème par le
moyen du triangle (fig. 8. n°. 46. ). Si
le double de la profondeur efl plus petit que la largeur moyenne trouvée .
alors te problême se résout avec un
trapese( fig. 7. n". 45.) dont le petit - -
côtê XZ, efl la différence du double dç --- Page 70 ---
64 Mémoire surie Jaugeage la profondeur avec la largeur moyenne#
Il est alors facile, avec ces dimensions »
d'avoir la sursace de ce trapèze, puifqu'on a son plus grand côté qui est la
largeur moyenne, son plus petit qui est
la différence du double de la profondeur
avec la largeur moyenne, ainsi que la.
hauteur du trapèze qui est la profondeur
de la calle. On sent que la surface du
triangle ( fig. 8. ) se trouve avec la même
facilité, en multipliant la largeur moyenne trouvée , par la moitié de la profon--
denr de la calle. Il ne s'agir plus rnaintenant que d'avoir la surface des deux
segmens. Voici comme on procédera. 52. Comme on est dans l'impossibilité
absolue de prendre par des mesures actuelles , la longueur de l'arc qui répond
à la tranche moyenne , & comme nous
avons fait voir , ( n°. 31. ), qu'un arc
moyen , pris sur une profondcur de 8
pieds S pouces , donne la sursace du segment moyen de 2428,66 pouces quarrés
qui, divisés par 144 donnent 17 pieds
quarrés-à très-peu dechofe près, lachant
d'ailleurs que les surfaces des figures seinfclables sont entre elles comme lesquarrés
de leurs cotés homologues, on fera cette
analogierie quarré de 8 pds. 8 pouces est à
17 pds.comme le quarré de la profonde
N --- Page 71 ---
des Navires. 65 qu'on a trouvée , en passant ta ficelle dans
le corps de pompe , est à un quatrie- ■■2■
me terme qui s'exprime ainsi 8pds. 8 p. : 17 » — 2 profondeur : ^ le dernier terme , x,
donne la surface d'un segment * & étant
doublée , on a celle des deux segmens,
qu'on ajoute à la surface du trapèze
ou du triangle, suivant que les mesures
prises ont déterminé l'une ou l'autre.
Cette surface ainsi connue se multiplie
par la longueur du navire entre les soutes , que l'on prend sur le pont, à l'endroit qu'on a désigné répondre au-dessous, ce qui donne la continence en pieds
cubes delà calle, laquelle divisée par 42,
donne le nombre de tonneaux. Si le, navire n'est qu'à demi-chargé ,
on prendra fous le pont les mesures actuelles , comme quand il est vuide ; &
pour avoir les segmens, on suivra le calcul que nous venons de donner. Cette
opération est longue, je l'avoue ; mais
il n'est pas possible de sortir d'embarras
par une autre voie. Telle est la nouvelle méthode que je
propose ; elle :me paroît simple , facile,
& remplir avec toute la précision possible
çe que l'on desire ï elle est très - ex-
qu'à demi-chargé ,
on prendra fous le pont les mesures actuelles , comme quand il est vuide ; &
pour avoir les segmens, on suivra le calcul que nous venons de donner. Cette
opération est longue, je l'avoue ; mais
il n'est pas possible de sortir d'embarras
par une autre voie. Telle est la nouvelle méthode que je
propose ; elle :me paroît simple , facile,
& remplir avec toute la précision possible
çe que l'on desire ï elle est très - ex- --- Page 72 ---
66 Mémoire sur le Jaugeage peditive, & n est point sujette aux mêmes erreurs que les autres , parce qu'elle
prend le contour des flancs , sans lequel
contour il est absolument impossible de
pouvoir s'assurer de la vraie continence
du navire , comme nous l'avons fait
voir ( n°. 16 ). On en peut faire le parallele avec les autres méthodes , comparer
la précision de celle-ci avec l'incertitude
des autres , la briéveté des opérations
avec la longueur des autres moyens ;
c est ce que j'abandonne au Ledeur , &
aux Jaugeurs mêmes. Je vais maintenant
répondre à quelques obje&ions qu'on
m'a fait , dont une est insérée dans un
livre qui traite de la Marine. C'est pour
ne laisser aucun doute sur tout ce que
j'ai dit que j'entre dans ce dérail. Je les
mets sous le titre d'observations. Observations. Ces observations se réduisent à trois
demandes auxquelles je vais répondre ;
savoir : 1 . Faut-il faire entrer la capacité des
soutes dans le calcul de la calle du na-
. vire-? 2 , La charge de l'entrepont doit-elle --- Page 73 ---
des Navires. 67 entrer dans le calcul de la jauge du navire } 3°. Dans la supposition qu'elle doive
y entrer, comme on ne met que des choses plus légeres & les moins pésantes dans
l'entrepont. & que leur volume par conséquent est plus grand que celui du tonneau estimé 41 pieds cubes, ne paroîtil pas raisonnable qu'il y ait une compensation ? Nous allons répondre à ces trois der
mandes. 1°. Faut - il faire entrer la capacité des
soutes dàns le calcul de la calle du navire? Réponfl. Non : la charge d'un navire n'esi placée dans la calle qu'entre les cloisons
qui sorment les soutes. Le Gouvernement
a adopté l'opinion de ceux qui pensent
qu'un navire peut porter les deux tiers
de la capacité où l'on met la charge.
C'est sur ce fondement que l'Ordonnance de 1681 a fixé la valeur du tonneau de mer à 41 pieds cubes , au lieu
de 2.8 qu'il contient naturellement ; car
28 : 41 :: 2 : 3. Si l'Ordonnance y a --- Page 74 ---
68 Mémoire surie- Jaugeage pourvu , il suit qu'on ne doit prendre
de la capacité que celle qui est entre les
sotises ? c'cst comme si l'on jaugeoit un
navire plus petit sans foute , & dont
toute la capacité sût remplie d'effets.
Il y a une nécessité absolue d'avoir des
provisions de bouche & de réchange ,
& par conséquent un lien propre à les
contenir ; les foutes remplirent cet objet. Il y auroit donc de l'injustice à saire
entrer dans le calcul la continence des
foutes. C'est comme si l'on vouloit y
saire entrer les épaisseurs des bois qui
forment Je vaisseau. Donc i lest de toute
évidence & de toute justice , qu'on ne
doit jauger que le seul endroit où repose
la charge , & que les soutes en doivent
être exclues.
change ,
& par conséquent un lien propre à les
contenir ; les foutes remplirent cet objet. Il y auroit donc de l'injustice à saire
entrer dans le calcul la continence des
foutes. C'est comme si l'on vouloit y
saire entrer les épaisseurs des bois qui
forment Je vaisseau. Donc i lest de toute
évidence & de toute justice , qu'on ne
doit jauger que le seul endroit où repose
la charge , & que les soutes en doivent
être exclues. 2°. : La charge de l'entrepont doit - elle
entrer dans le calcul de la jauge du navire } Réponse. Oui ; quaad' la calle d'un navire I
deux ponts est pleine, ce navire ne se
trouve pas pour cela en pleine charge ;
car s'il étoit en pleine charge on ne met-
. troit rien 4ans l'entrepont ; on y met --- Page 75 ---
des Navlres; 61 Cependant des effets. Comme la carêne
supporte cette double charge , elle doit
par conséquent être comptée. D'ailleurs
en supposant un navire chargé dans sa
calle & son entrepont, on peut supposer le pont inférièur supprimé, & la
charge de l'entrepont reposer sur la charge de la calle. Dès-lors il sera comme
un navire à caisse qui n'a qu'un pont.
On mefureroit dans ce cas toute sa capacité pour avoir son port. Il faut donc
faire entrer dans l'opération la charge
de l'entrepont. De plus, on a vu des
propriétaires de navire, dont le vaisseau
n'avoit qu'un pont ., dans la suite y en
avoir fait construire deux, parce qu'ils
avoient remarqué que leur navire étoit
en état de porter davantage. Nouvelle
raison de faire entrer dans le jaugeage la
capacité de l'entrepont , puisque le navire supporte une plus forte charge ,
donc la capacité de l'entrepont doit être
unie à celle de la calle. 3°. Dans la supposition que la charge
de l'entrepont doive y entrer, comme
ion n'y met que des choses légeres &
moins pésantes & que leur volume est --- Page 76 ---
70 Mémoire sur It Jeaitgeage est par conséquent plus grand que celui
du tonneau porté à 41 pieds cubes , ne
semble-t-il pas raisonnable qu'il y ait
une compensation ? Réponfti Cette observation ne regarde que le
commerce, & non le Jaugeur. 1°. Lorsqu'un propriétaire de navire loue son
vaisseau à un Négociant pour un voyage, il le lui livre comme capable de
contenir tant de tonneaux. Que le Négociant charge beaucoup ou peu, que
ce foit des effets pésans ou légers , cela
ne fait rien. C'est au commerçant à
profiter, comme il le jugera à propos, de
toute la capacité du navire. C'est comme
lin loueur de voitures qui loue sa charrete pouvant porter tant de - milliers ,
traînée par tant de chevaux ; que celui
qui la loue , la sasse rouler chargée ou
vuide , cela n'empêche pas qu'elle ne
foit capable c!e porter tant de milliers,
& elle est louée surcs pied-là. Par conconséquent la capacité de l'entrepont
doit être comptée , & il ne peut y avoir
de compensation.
la capacité du navire. C'est comme
lin loueur de voitures qui loue sa charrete pouvant porter tant de - milliers ,
traînée par tant de chevaux ; que celui
qui la loue , la sasse rouler chargée ou
vuide , cela n'empêche pas qu'elle ne
foit capable c!e porter tant de milliers,
& elle est louée surcs pied-là. Par conconséquent la capacité de l'entrepont
doit être comptée , & il ne peut y avoir
de compensation. 20. Les droits du port, qui font les
droits du Roi 6c de l'Amiral, sont son- --- Page 77 ---
des Navires. 71 ces sur 1 emplacement qu'occupe un navire dans ur poru Comme il ne seroit pas
de l'équité qu'un très petit navire payât
des droits aussi considérables qu'un autre qui seroit triple en capacité, la juftice de nos Rois a fixé ce droit sur le
nombre de tonneaux que peut contenir
un navire ; qu'il soit plein ou vuide , il
n'en tient pas moins sa place dans le
port. Nouvelle raison pour que la capacité de l'entrepont soit unie à celle de
la calle. Ainsi dans tous les cas on doit
les joindre ensemble. C'est d'ailleurs
un usage établi de tous tems dans tous
les ports, & suivant lequel agifïcnt les
Jaugeurs; il ne doit donc pas y avoir de
réclamation sur cet objet , & il doit êtro
regardé comme juste. Je crois avoir rempli tout ce qu'exige
ce probleme , un des plus importans de
la Marine commerçante. J'établis géométriquement de nouveaux principes ,
& j affure par - là la justesse des opérations. Il ne me refle plus qu'à délirer
qu'on en fente la vérité, & que le Public
commerçant y trouve son avantage, C'est
le but que je me suis proposé. 4 --- Page 78 ---
71 TABLE Racines. Quartés. Racines. Quarrés. p. p. pi, po. pi. po. pi. po. 5.. o 25 o 7 6 56 36
1 25 121 7 57 73
2 26 1OO 8 58 112
3 27 81 60
4 28 64 10 61 52
5 29 49 11 62 97
6 30*361 8..0 64 0
7 31 21 1 65 49
8 32 16 1 66 1O0
33 3 68
10 34 4 4 69 64
Il 35 1 5 70 121
6.. o 36 o 6 72 36
1 37 1 7 73 97
2 38 4 8 75 16
3 39 76 81
4 40 16 10 78 4
5 41 1 1 79 73
6 42 36 9* * 0 0
7 43 49 1 82 73
8 44 64 2 84 4
45 81 3 85 81
10 46 100 4 87 16
11 47 121 | 51 88 97 II
7.. o 49 o J 6 90 36
1 5a 25 I 7 91 121
2 51 52 I 8 93 64
3 52 81 1 95 s
4 53 112 fl 10 96 ioc I
ï 55 1 I 119 98 49li
8 44 64 2 84 4
45 81 3 85 81
10 46 100 4 87 16
11 47 121 | 51 88 97 II
7.. o 49 o J 6 90 36
1 5a 25 I 7 91 121
2 51 52 I 8 93 64
3 52 81 1 95 s
4 53 112 fl 10 96 ioc I
ï 55 1 I 119 98 49li --- Page 79 ---
TABLE. 73 D IIWliriroiTViffliii.l JM1 II ■■ rTTTrWIi-iarffraWiTreigMgiPlII Wl,|| J| I' Racines. Quarrés. |Racines. Quarrés. ||
vi. po. pi. po\ pi. po. pi. po. i IIO.. 0 10O 0 12.. 6 156 36 1
1 #1 97 7 158 49 1
2 X03 52 8 160 64 I
,3 J OS 162 8 1 I
4 106 112 I 10 164 100
5 108 73 11 166 121 6 110 36 13.. 0 169 o
7 112 1 1 171 25 8 I13 I 12 2 I73 52
115 81 3 175 - 81
10 117 52 4 177 112
11 119 2,5 5 180 1 3
XI.. o 121 o 6 182 36 I
1 122 121 71 184 73 il
2 124 100 8[ 186 I12jl
3 126 81 i ¡ 189 91
4 128 64 | 10 ' 191 5 2 r
5 130 498 11- 193 97 ;
6 132 36 [14.. o 196 ot.
7 134 2 ) | 1 198 40|j - 8 136 161 • 2 200 100). 138 1 3 203 jj
10 140 4I 4 2°5 64 (
1 1 142 il 5 2.07 121 h
T2.. 0 T44 0 é2IO 56Ji 1 I46 1 7 212 97 11
2 148 4 8 215 S
3 *5° 217 81 1
4j 1)2 16 10 220 41I
5 M* 25 11 } 222 73(| i. --- Page 80 ---
74 TABLE Racines. Quarrés. Racines. Quarrés. I pu po, pi. po. pi. po. pi. po, | I 5.. 0 22Ç o 17.. 6 306 36 1 227 73 7 309 25 | 2 230 4 8 312 16 3 232 81 315 4 235 16 I 10 318 4 5] 237 97 | 11 321 1 6 24° 36 1o. . o 324 o
7 242 121 1 327 1 8 245 64 2. 330 4 3 333
10 250 1OO 4 336 16 11 253 49 5 339 25
16. f o 256 o I 6 342 36 1 258 97 7 345 49 a 2, 1 52 8 348 64 3 264 3)1 81 4 266 112 10 354 100 1 I? 269 - 73 1 1 357 121 6 272 36 19.. O; 361 o
7 275 1 ! 1 364 25
1OO 4 336 16 11 253 49 5 339 25
16. f o 256 o I 6 342 36 1 258 97 7 345 49 a 2, 1 52 8 348 64 3 264 3)1 81 4 266 112 10 354 100 1 I? 269 - 73 1 1 357 121 6 272 36 19.. O; 361 o
7 275 1 ! 1 364 25 8 277 112 j 2 367 52 280 81 3 370 81 10 283 52 4' 373 112 11 186 2)' 5 377 1
17. , o 289 o 6 380 36 1 .291 121 7 38J 73 2 294 IOO 8 386 1 f 2 3 1 297 81 39° 1 41 30Q 64 10 393 52 g
1 " *> 3°3 " 11 396 97 1 --- Page 81 ---
TABLE 75 Dij ITIMIIAH li WWTMf W ■MWCTBWyiHBPaBWWRWlOT«HM>att .MiiwwTwwg
Racines. Quarrés. Ra c: n es Quarrés. pi. po. pi, - po. jpl., Po.. Pl.,- x..*po. 2 °1 400 o 1-2.. 6. 5o6 36
ij 403 49 j 7 511) 1 2! 406 Ici I 8. 1 5 »3 ni
31 410 1 9, i 17 81 4 413 É4 | Io; i 521 52 |
51' 416 1 :f I ni 5i5 25 | 6 4:0 36 123.. oj 5-9 o I
71 423 97 I- li S'52 I4Î il
8' 427 16 1 2) né ico g
!. 430 81 1 .. 3. 5 1
10 434 4 ( 4 5*14 64
11 437 73 5! 49
21. . o 441 o 6 552. 3 6 1 444 73 ! 7j z5 !
2, 448 4 j 13 4 5 1 Si ' ( 564 111)
4 45i 16 10 568 4
5 458 97 1 1 572 1 j
6 462 36 24.. ° c ||
7 4'5 12 ( 1j 580 1 j
8 469 (4' ij 584 4 ||
473 3: * 88 c. H
10 476 100 4 592 I 111 480 49 5 596 2 5 ! 22.. o 484 0 6 600 3'' 1 487 97 7 604 49
2 491 52 8 608 64
3 495 6,2 81
4 498 112 10 616 100
5 502 73 1 1 620 121 --- Page 82 ---
76 T' ABL E. I f |j Raeines.j Quarrés. ^Racines. Quarrés. pl. pO. i !. pl. po. |pi. po; pi. pO | 15.. o| 625 0 f 2,7.. 6 756 36 !
II 629 25 I 7 760 121 !
1 2 633 52 | 8 765 64 ! 3 637 81 | 770 | 4 641 112 10 774 100 j
5 1 6,6 1 1 1 779 49 61 650 36 « 28.. o 784 o ! 71 054. 658 73 I 1 788 97 s O 0 58 I12 | 1 793 52| 9. 663 3 798 ioj 667 52 4 802 112 1 , "| (71 97 5 807 73 j i6.. o 676 0 j 6 8 17. 36
112 10 774 100 j
5 1 6,6 1 1 1 779 49 61 650 36 « 28.. o 784 o ! 71 054. 658 73 I 1 788 97 s O 0 58 I12 | 1 793 52| 9. 663 3 798 ioj 667 52 4 802 112 1 , "| (71 97 5 807 73 j i6.. o 676 0 j 6 8 17. 36 ii 680 49 7 817 1 2 684 100 8 821 Ï12 3 6§ I 81 4 693 64 1O 831 52 5 697 121 1 1 836 25 '
6 702 36 H 29.. o 841 o
7 7°6 97 1 845 121
8 711 16 2 8)" 0 100
715 81 3i 85) 81 10 720 4 41 860 64 11 724 73 5 S'51) 49
27.. 0 7:9 0 6 870 36 1 733 73 7 875 2 î
2 738 4 8 Soo 16 3 742 81 p 885 4 747 16 1O 890 4
5l 751 97 8 iij 895 1 --- Page 83 ---
TABLE, 77 s |î
Racines. Quarrés. Racines. Quarrés. I Di. po. pi. po. I pi. po. lyi. p0. j 30.. oj 900 o I 32.. 6 10)6 36 *■ 1 90 1 1 1 7 1061 97
a! 910 4 p 8 1067 1 6 |
3 M | 1072 81 !
4 9:'0 16 ! 10 1078 4 a
' 5 925 -25 I 11 1083 73 | 6 930 36 §33.. 0 1089 0 7 93 5 49 i 1 1094 73 8 940 64 B 2, 1100 4 945 81 | 3 1105 81
10 950 100 4 Il II 16 1 1 955 121 5 1116 97
31.. o 961 0 6 1122 36 1 966 25 7 1127 121
2 971 <ç2 8 1133 64 3 976 81 1 139 4 981 112 10 I144 100 5 987 1 1 1 1150 49 6 992 36 £34.. o 1156 o
7 997 73 1 1161 97 8 1002 112 2. 1 167 52 1008 3 1173 1 10 1013 52 4 1178 112 I 11 1018 97 5 1184 73
I 32.. 0 1024 o 6 1190 36 I 1 1029 49 7 1196 1 2 1034 100 8 1201 112 3 1040 1207 81 4 1045 64 1O 1213 52 5 1050 121 11 1219 25 --- Page 84 ---
78 TABLE.
1173 1 10 1013 52 4 1178 112 I 11 1018 97 5 1184 73
I 32.. 0 1024 o 6 1190 36 I 1 1029 49 7 1196 1 2 1034 100 8 1201 112 3 1040 1207 81 4 1045 64 1O 1213 52 5 1050 121 11 1219 25 --- Page 84 ---
78 TABLE. I Racines..Quarrés. jRacines. QLiarres. pi. p&. pl. pO. \pi' pl. pO. 35.. 0 1225 °| 37. ' 6 1406 36 . 12. 30 1 2 1 I 71412 73 2, 1236 1O0 | 8 I41B 112 I
3 1242 81 S 1425 i
4 1248 64 I 10 143i 5^|
5 12)4 49 S . 1 IIi J 437 97 ¡
6 1260 36 13 8.. 01 1444 o |
71266 25 I 1 1450 49 i
i 8 1272 16 I 2. 1456 100 i
1278 I 3 1463 !
1O 1284 4 g J 1469 64 S
Il 12CO 1 S 5IM75 121 J
36.. 0 1296 0 i 6|I4$2 36 J |;j 1 1302 1 i 7],,83 97 j
2. 1308 4 I 81 1"1') 10 U
3 131 -4 98 911501 81 j
4 1320 16 g iol1508 4 5 1326 25 3 1111514 73
6 r 13 32 36 39.. 0S1521 o
7 1338 49 | 1M527 73 8 1344 64 I 2 1534 4 j 81 J 3 1 <540 81
j 10 1356 100 i 4 1547 16 \
11 1362 1 2 1 5 1 5 3 3 97
ij 37.. o 1369 o 6 1560 36
3 1 1375 25 7 1566 121 L2 1381 52 8] 1573 64 ]
3 1387 81 ! 1580 j;
4 1393 112 I ]01-1 S86 100 11
5 1400 1 g 11(1593 49 il --- Page 85 ---
T A BLE. 79 Racines. Quarrés. Racines. Quarrés. pi. po. pi. po. pi. po. pi. po. 40.. 0 '1600' o 42. . 6 1806 36 1 1606 97 7 1813 49 2 1613 52 8 1820 64 3 162a 1827 81 1 4 1626 112 10 1834 100 î 5 1633 73 11 1841 121 S 6 1640 36 43.. o 1849 o
7 1647 1 1 18)6 25 S 8 1653 112 2 1863 52 1 1660 81 3 1870 81 I 1O 1667 52 4 1877 112
11 1674 25 5 1885 1
41.. o 1681 o 6 1892 36 1 1697 121 7 1899 73 2 1694 100 I 8 1906 112
36 43.. o 1849 o
7 1647 1 1 18)6 25 S 8 1653 112 2 1863 52 1 1660 81 3 1870 81 I 1O 1667 52 4 1877 112
11 1674 25 5 1885 1
41.. o 1681 o 6 1892 36 1 1697 121 7 1899 73 2 1694 100 I 8 1906 112 3 1701 81 i 1914 I 4 1708 64 I 10 1921 52 1 5 1715 49 J u 1928 97 i 6 1722 36 §44.. 0 1936 0 I 7| 1729 I 1 1943 49 i 8 1736 16 g 2 195° 100
9:743 | 3 19)8
1°;17)0 4 4 Ï965 64
1111757 1 | ? 1972 m
42.. 0 1764 o 6 1980 36 1 1771 1 7 1987 97 2 1778 4 8 1995 16 3 1785 2002 8l
4 1792 16 10 2010 4 5 1799 25 11 2017 73 T'" l-rnr"-hm». ■"TU --- Page 86 ---
8o TABLE. r , Racines. Quarrés. Racines. Quarrés. pi. po. pi. po. pi. fO. pi. po 4)" 0 202.5 0 i47.. 6 2256 36 S
1 7032 73 « 7 2164 25
2 2040 4 1 8 2272 16 3 2047 I 2280 14 2055 16 g 10 2288 4 5 2062 97 S 11 2296 1
6 2070 36 1548.. 0 2304 o
7 2077 121 1 2312 1
8 2085 64 2 232O 4
2 093 3 2328
10 21co 100 4 2336 1'6
11 2108 49 5 2344 25
46.. o 2116 0 6 23<f2 36 1 2123 97 7 2360 49
2 2131 52 S 2368 64 3 2139 2376 8t
4 2146 112 10 2384 100 5 2154 73 Il 2392 121
6 2162 36 49.. 0 2401 0
7 ê.170 1 1 2409 25 8 2177 112 2 24'7 S2 9 1185 8l 3 2425 81 10 2193 52 4 2433 112 ? 11 2201 25 5 2442 1 p 47.. 0 2109 o 6 24,:0 3^6 1 2216 121 7 2458 73 î 2 2224 100 8 2466 112 | 3 2232 81 ] 3475 I 4 2240 64 la 1483 52 s 5 2248 49 j ] 1 2491 97
50.. 0 2500 0 I.» ni. «1 ■ Il ■■ ■■ m» mari— *
25 5 2442 1 p 47.. 0 2109 o 6 24,:0 3^6 1 2216 121 7 2458 73 î 2 2224 100 8 2466 112 | 3 2232 81 ] 3475 I 4 2240 64 la 1483 52 s 5 2248 49 j ] 1 2491 97
50.. 0 2500 0 I.» ni. «1 ■ Il ■■ ■■ m» mari— * F I Nt. --- Page 87 --- --- Page 88 --- --- Page 89 --- --- Page 90 ---
EXTRAIT des Regijlres de l'Académie royale
des Sciences. M le Chevalier de Borda & de Monges
ayant été nommés par l'académie pour
l'examen d'un Mémoire sur le Jaugeage des
Navires, présenté par M. Bellery, & en
ayant fait leur rapport , l'Académie juge
que par-là le Jaugeage des Navires se trouve
réduit à des opérations qui ne sont ni trop
nombreuses, ni trop difficiles , & qu'il
acquierre par-là un degré d'exa&irude que
n'avoient pas celles des anciennes méthodes. En conséquence, la méthode que
M. Bellery propose , est préférable à celles
qui sont en usage, & l'Auteur mérite les
Eloges de l'Académie. Fait au Louvre, le
13 de Mai 1786. Signe > le Marquis DE CONDORCET,
Secretaire perpétuel de f l'Académie. J'AI lu par ordre de Monseigneur le Garde des
Sceaux , un Manuscrit ayant pour titre : Mémoire
sur le Jaugeage des Vaisséaux par M, Bellery , Ingénieur Hydraulique de S. A. R. Monseigneur le
Comte d'Artois , & Membre de l'Académie des Sciences d'Amuns, je crois que ce Mémoire, déjà muni
de l'Approbation de l'Académie royale desSciences renferme des vues utiles sur cette partie de la
Manne , & qu'il ne peut manquer d'intércfler tous
ceux pour lesquels l'Auteur a entrepris ce travail.
aux par M, Bellery , Ingénieur Hydraulique de S. A. R. Monseigneur le
Comte d'Artois , & Membre de l'Académie des Sciences d'Amuns, je crois que ce Mémoire, déjà muni
de l'Approbation de l'Académie royale desSciences renferme des vues utiles sur cette partie de la
Manne , & qu'il ne peut manquer d'intércfler tous
ceux pour lesquels l'Auteur a entrepris ce travail. Ce 25 Septembre 1787. MAUDUIT, --- Page 91 ---
PERMISSION DU SCEAU. LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de France &
de Navarre ; A nos amés & féaux Conseillers , les
Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des
Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand.Conseil,
Prévôt de Paris , Baillis , Sénéchaux , leurs Lieutenans-Civils & autres nos Justiciers qu'il appartiendra: SALUT. Notre amé le Sr BELLERY , de l'Académie des Sciences d'Amiens , Nous a fait exposer qu'il
désirerait faire imprimer & donner au Public un
Mémoire y:r le jaugeage des Navires , s'il nous plaisoit
de lui accorder nos Lettres de permission pour ce
nécessaires. A CES CAUSES, voulant favorablement
traiter l'Exposant, Nous lui avons permis & permettons par ces Présentes , de faire imprimer ledit
Ouvrage autant de fois que bon lui semblera, de
le faire vendre & débiter par tout notre Royaume,
pendant le temps de cinq années consécutives -, à
compter du jour de'la date des Présentes. Faisons
défenses à tous Imprimeurs, Libraires, & autres personnes , de quelque qualité & condition qu'elles
soient, d'en introduire d'impression étrangere dans
aucun lieu de notre obéissance ; à la charge que
ces Présentes seront enregistrées tout au long sur
le registre de la Communauté des Imprimeurs &
Libraires de Paris, dans trois mois de la date décolles ; que l'impression dudit Ouvrage sera faite dans
notre Royaume, & non ailleurs, en bon papier &
beaux caracteres ; que l'Impétrant se conformera en
tout aux Réglemens de la Librairie, & notamment
à celui du io Avril 1725 , & à l'Arrêt de notre Conseil du 30 Août 1777, à peine de déchéance de la
présente Permission -, qu'avant de l'exposer en
vente , le manuscrit qui aura servi de copie à l'impression dudit ouvrage , sera remis dans le même
état où l'Approbation y aura été donnée, es mains
de notre très-cher & féal Chevalier, Garde des
Sceaux de France, le Sieur DE LAMOIGNON, Commandeur de nos Ordres ; qu'il en scra ensuite remis
deux exemplaires dans notre Bibliothèque publique,
un dans celle de notre château du Louvre, un dans
celle de notre très-cher & féal Chevalier Chancelier
de France,le Sr DE MAUPEOu, & un dans celle dudit Sieur DE LAMOIGNON 2 le tout à peine de nullité
notre très-cher & féal Chevalier, Garde des
Sceaux de France, le Sieur DE LAMOIGNON, Commandeur de nos Ordres ; qu'il en scra ensuite remis
deux exemplaires dans notre Bibliothèque publique,
un dans celle de notre château du Louvre, un dans
celle de notre très-cher & féal Chevalier Chancelier
de France,le Sr DE MAUPEOu, & un dans celle dudit Sieur DE LAMOIGNON 2 le tout à peine de nullité --- Page 92 ---
des Présentes. Du contenu desquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Exposant &
ses ayans cause pleinement & paisiblement , sans
soussrir qu'il leur soit fait aucun trouble oV empêchement. Voulons qu'à la copie des Présentes,
qui sera imprimée tout au long au eommencement
ou à la sin dudit ouvrage, foi soit ajoutée comme
à l'original. Commandons au premier notre Huissier ou Sergent sur ce requis, de faire pour l'exécution d'icelles tous actes requis & nécessaires, sans
demander autre permission , & nonobstant clameur
de Haro, Charte normande, & Lettres à ce contraires. CAR tel est not'e plaisir. DONNÉ à Versailles le dix-huitieme jour du mois d'Octobre , l'an -de
grâce mil sept cent quatre-vingt-sept, & de notre
Règne le quatorzième. Par le Roi en son Conseil. LE BEGUE,
Registrée sur le Regifire XXIII de la Chambre Royale
& Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris, na
1 > 59 i fol. 388 > conformément aux dispositions énoncées
dans la presente Permission •, & à la charge de remettre
i ladite Chambre les neuf exemplaires prtscrits par l'Arret du Conseil du 16 Avril 1785. A Paris le seise
vembre mil sept cent quatre-vingt-sept. KNAPEN, Syndiç^ No- --- Page 93 ---
al Chevalier,
Comde Sceaux notre de France, le Sieur qu'il DE LANOIGNON, en fera enfuite remis
mandeur de nos Ordres; dans notteBatbltonheque publiqae, un dans
deux exemplaires celle de notre châtezu du Louvre, Chancelier
un dans
très-cher 8 féal Chevalier celle ducelle de notre Sr DE MA UPEOU, 8 un à dans de nullité
de France,le
le tout peine
dit Sieur DE LANOIONON, --- Page 94 ---
des Préfentes. Du contenu defquelles ledit Expofant vous man- &
dons & enjoignons de faire jouir & paifiblement, fans
fes ayans caufe leur pleinement foit fait aucun trouble ou emfouffrir qu'il Voulons qu'a la copie des Préfentes,
péchemeint. qui fera imprimée tout au long foi foit au eommencement ajoutée comme
ou à la fin dudit Commandons ouvrage, au premier notre Huifà fier T'original. ouSergent fur ce requis, de faire pour l'exécu- fans
tion d'icelles tous actes requis & nonobftant & néceflaires, clameur
demander autre Charte permifion, normande, & Lettres à ce conde traires. Haro, CAR tel eft notre plaifir. DoNNÉ à Verfailles le dix-huitieme jour du mois d'Octobre, &de Tan-de notre
mil fept cent quatre-vingrefept, Par le Roi en fon Confeil
K le quatorzieme.
LE BEGUE
Regifrée furle Regiftre XXIII de la Chambre Royale
& Syndicale des Libraires 6 Imprimeurs de Paris,no énoncées
r359.al 388; conforménent & aux à la difpoftions charge de remettre
dans la
Permilfon; les nenfexemplaires preferits par PAr
aladite
E
rêt du Confeil du 16 Ayrilr78s. A Paris lefeige Noyembre milfept cent guatre-vingt-fept.
KNAPEN,Symdis --- Page 95 ---