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RECHERCHES, MEMOIRES ET OBSERVATIONS SUR LES MALADIES ÉPIZOOTIQUES DE SAINT-DOMINGUE, Recueillis & publiés parle Cercle des P hiladelphes du Cap-François. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
RECHERCHES, MÉMOIRES ET OBSERVATIONS SUR LES MALADIES ÉPIZOOTIQUES - DE SAINT-DOMINGUE, Recueillisjipu.bliésparle Cercle des Philadelphes "'- • du >, ap -François. J Nous serions trop heureux, si neus
avions rempli dignement les vues du
Gouvernement : nous le serions encore
plus, si cet Ouvrage peut contribuer à
l'utilité publique pour laquelle il a été
uniquement falt. Rech. hist. phif. sur les Mal. épizoot.
par M. Paulet, D. M. P. M. T. Il.
page 477. AU C AP-FRANÇOIS, DE L'IMPRIMERIE ROYALE. * M. DCC. L XXXVIII. TAVEC APPROBATION ET PERMISSION. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
A RECHERCHES, MEMOIRES ET OBSERVATIONS SUR LES MALADIES ÉPIZOOTIQUES DE SAINT-DOMINGUE3 Publiés par le Cercle dès Philaddphes du
Cap - François. L'ÉTONNEMENT que les Naturels du pays
témoignèrent lorsqu'ils virent les Espagnols montes sur des Chevaux (i), annonce qu'ils n'avoient
jamais vu de grands quadrupèdes. Cependant le pays pouvoit en nourrir. Les
Espagnols, qui avoient apporté avec eux plusieurs
espèces de quadrupèdes, furent très - heureux,
dans un moment de disette, de trouver un troupeau de cochons qui avoient multiplié dans les
bois (2) & bientôt les chiens devinrent si nombreux que l'on crut qu'ils ne laiflèroient pas un
seul cochon dans l'île (3). (1). Hist. de St-Doming. par Charles Voix. Liv. II, p. 1 19, (1). L. c. L. IV, p. 197. (3). L. c. L. V. p. 351. --- Page 12 ---
% Sur les Maladies L on ne tarda pas a avoir, dans les forêts, des
chevaux & des bœufs sauvages, qui ont exercé
long-temps l'ardeur barbare & guerrière des Bou -
caniers. Tous ces animaux , qui n'étoient plus
fournis ail joug de l'homme, avoient reçu, de la
nature & de l'indépendance, des caractères particuliers ; & s'ils paroissoient plus petits que les
fouches d'où ils provenoient, ils étoient plus
agiles, mieux constitués pour le pays, plus propres à résister au climat la chair de quelquesuns avoit acquis une saveur qui la failoit pré-*
férer à celle des animaux de la même espece
que l'on apportoit d'Europe. L'Auteur des Recherches philosophiques sur
les Américains nous dit que les animaux d'origine européens ou asiatiques, qu'on a transporter
en Amérique immédiatement après la découverte , se font rabougris, que leur taille s'est
dégradée , qu'ils ont perdu une partie de leur
instinct ou de leur génie ; que les cartilages &:
les fibres de leur chair sont devenus plus rigides,
plus coriaces, si pleins de filasses qu'on a
peine à les mâcher (4).
des Recherches philosophiques sur
les Américains nous dit que les animaux d'origine européens ou asiatiques, qu'on a transporter
en Amérique immédiatement après la découverte , se font rabougris, que leur taille s'est
dégradée , qu'ils ont perdu une partie de leur
instinct ou de leur génie ; que les cartilages &:
les fibres de leur chair sont devenus plus rigides,
plus coriaces, si pleins de filasses qu'on a
peine à les mâcher (4). Cet Auteur, dont le stile réduit quelquefois ;
n'est pas toujours exact, & il a mérité, à bien
des égards, les reproches qui lui ont été faits;
il s'est trompé en disant que les chevaux &: les
bœufs se sont rabougris, qu'ils ont perdu une
partie de leur instinct ik de leur génie. La viande
de bœuf n'a pas la même saveur , ni le même
suc qu'en Europe, mais celle des bœufs gras qui
ont été bien saignés j &: qui n'ont pas été tues
après de longues marches, n'est pas mauvaise,
& on la mâche sans peine. (4). Recherches ph. furies Américain?. Tome I, page f. --- Page 13 ---
iphootiques. % A ij M. Dccout, maître en chirurgie, associé du
Cercle à Acquin, nous dit que l'on pourrait
manger ici de très-bonne viande de boucherie ;
qu'il a vu plusieurs fois des bœufs qui ne le
cédoient en rien aux plus beaux du Limousin.
Qu'on visite, dit-il encore, les iavannes du
quartier de l'Azile, on y verra fréquemment des
bœufs de cinq à six cents pesants, qui gémissent
fous le lourd fardeau de leur graille. M. Decout
a vu deux bœufs chez Madame Maupin, qui par
leur grande beauté ont été vendus 400 livres
pièce ; mais un Boucher ^ au lieu de tuer de
pareils animaux, n'achette le plus souvent que
ceux qui sont près de succomber sous le poids
des années des infirmités ; &r l'on ne doit pas
être étonné de voir fréquemment sur nos tables
des viandes dont la qualité molasse &r bavcuse
atteste que la police des boucheries est encore
défectueuse (5). Ce que le même Auteur dit, en parlant des cochons , n'est pas plus exact pour Saint-Domingue ; ceux qui sont errants dans les bois, & que
l'on appelle marronsj ont réellement pris des
caractères sauvages ; leur taille est plus petite,
plus ramassee que celle des cochons d'Europe ;
mais ils ont un caractère de force qui n'appartient
pas à des animaux rabougris ; ils n'ont presque
pas de couenne j & leur chair a un goût particulier qui la fait rechercher. Ces animaux habitent ordinairement les montagnes, où ils vivent
de fruits, de graines & de racines : il n'en reste
guère à présent dans la partie françoise, si ce (5). Cette police vient d'être réformée par MM. de la
Luzerne & de Marbois ; & le Public ne peut que se louez
de l'ordonnance fage qu'ils ont rendue à ce fuiet, en 1787 --- Page 14 ---
a. Sur les Maladies n'est à la Gonave, à la Tortue, parce que les chiens
&: les Chasseurs les ont presque tous détruits. La chair de cochon de parc & de corail cst
savoureuse & délicate mais elle ne convient
pas à tous les sujets 3 & les Médecins ne l'ordonnent surement pas aux malades préférablement à tout autre (6).
de l'ordonnance fage qu'ils ont rendue à ce fuiet, en 1787 --- Page 14 ---
a. Sur les Maladies n'est à la Gonave, à la Tortue, parce que les chiens
&: les Chasseurs les ont presque tous détruits. La chair de cochon de parc & de corail cst
savoureuse & délicate mais elle ne convient
pas à tous les sujets 3 & les Médecins ne l'ordonnent surement pas aux malades préférablement à tout autre (6). On ne fait pas si les animaux sauvages des
forêts de Saint-Domingue ont jamais éprouvé
des maladies épizootiques -, ils se portoient avec
agileté dans les lieux qui pouvoicnt les abreuver,
ou leur fournir une nourriture convenable : mais
ceux qui sont assujettis ious la main de l'homme,
8c qui servenr à sa nourriture & partagent les
travaux , contractent des habitudes qui les affervissent, &f qui altèrent & dégradent leur conttitution. Ne pouvant franchir les barrières qui
les captivent j ils reçoivent dans le même lieu
toutes les impressions que les variations des saiscns
portent non seulement sur eux , mais sur les
eaux qui les désaltèrent, sur les substances qui
les nourrirent : ils éprouvent de grands changements -, sou vent excédés par des travaux forcés.,
ils sont frappés & saisis par une température
contraire , & ils ne trouvent, pour réparer leurs
pertes, qu'une eau corrompue & une nourriture
insuffisante, altérée ou mal laine. Il semble que l'homme gâte tout ce qu'il touche ;
on croit qu'il perfectionne les animaux qu'il foumet au régime de la domesticité, parce qu'il leur
fait contracter des habitudes convenables ,aux
usages auxquels il les destine : mais, dans le fait.,
il les dégrade , & les qualités qu'il leur donne
font des défauts qui augmentent leurs dispositions
«LUX maladies. ( 6 ). Recherches sur les Américains. L. c. --- Page 15 ---
Ëpi-ïootiôues. f A iij Le médecin De i Desportes ell le premier qui ait
fait mention des maladies épizootiques de SaintDomingue. Il parent que ces maladies ont exercé
leurs ravages principalement dans les plaines. Les
sécheresses, la température, ne sont jamais au
meme degré dans les mornes que dans les plaines;
&r les eaux, les aliments n'y éprouvent pas des
altérations aussi scnfiblcs. On sait que l'excès de travail, les marches
longues, les courses forcées, dilpoient les humeurs
a une septicité caustique, capable de produire
des maladies charbonneuses (jj. Si l'on examine
les animaux qui sont dans cet état, si l'on confidere quelle cil la nature du principe caustique
qui le développe dans leurs humeurs, on verra
qi;e les impressions qu'ils reçoivent dans une faison ardente par i altération de l'air, des eaux,
des pâturages , doivent favoriser le développement du même principe , & fixer une analogie
dans les phé nomènes qui doivent en résulter :
mais on doit aussi lentir que ce principe doit
avoir plus daclivité , lorlque toutes les causes
capables de le produire sc trouvent réunies pour
augmenter leur énergie. La réunion de toutes ces causes se trouve encore plus souvent dans les plaines que dans les
montagnes. Les travaux sont presque toujours
sorces dans les sucreries. On ne fokme pas les
animaux comme ils devroient 1 etre , rarement
ils ont la nourriture qui leur convient ; ils fortent
suants des cabrouets des moulins ; ils se vautrent
pendant le jour, comme dans la nuit, sur l'herbe
humide ou dans la poussiere embralée par le sen
du Soleil \ ils courent se désaltérer dans des mares
es que dans les
montagnes. Les travaux sont presque toujours
sorces dans les sucreries. On ne fokme pas les
animaux comme ils devroient 1 etre , rarement
ils ont la nourriture qui leur convient ; ils fortent
suants des cabrouets des moulins ; ils se vautrent
pendant le jour, comme dans la nuit, sur l'herbe
humide ou dans la poussiere embralée par le sen
du Soleil \ ils courent se désaltérer dans des mares (7). V. Mal. triz. par Panier. T. II, p. 228 & 440, --- Page 16 ---
6 1-. Sur les - Maladies chaudes & fangeuses ; ils ne trouvent souvent
qu'une herbe rare & brûlée : souvent même ils
cherchent dans le sein de la terre, en fouillant
les racines avec le pied, une nourriture qu'ils ne
trouvent pas à sa surface : on leur donne cependant quelques têtes de cannes ; ou de la canne
passee au moulin & réduite en bagasse., que l'on
mêle avec l'écume des chaudières : mais cette
nourriture fermentescible ne doit pas convenir
à des animaux échauffés par le travail. Il suffit que la sécheresse , la mauvaise qualité
des eaux j des paturages, les travaux forces déterminent une disposition caustique charbonneufe dans les humeurs, pour que l'on conçoive
que cette altération humorale parvenue au plus
haut degré d'intensité & d'activité, puisse le communiquer à des animaux qui font d'autant plus fufceptibles de ses impressions, qu'ils se trouvent dans
des dispositions favorables : nous ne croyons donc
pas que l'air soit le véhicule propre à transmettre
les principes des maladies contagieuses ; nous pensons que ces principes ne se communiquent que
par une voie immédiate, mais nous sommes perîuadés s avec Sidenham , que si la constitution de!
l'air ne contribuoit pas à raire naître la difposition qui produit le germe de la contagion, les
maladies épidémiques ne paroîtroient pas suivre
le cours des faisons, & leurs ravages ne cesseroient jamais dès qu'ils auroient commencé (8). La constitution de l'été de 1739 fut sèche, &
la mortalité des bestiaux a été grande : voilà ce
que dit M. Dcsportes () ; mais comme il ne
parle par du caractère de cette épizootie , on ne (8). V. Sydenh. oper. T. I. (). V. Hist. des mal. de Saint-Domingue. T. 1, p. 92. --- Page 17 ---
Épi^ootîques. n A iv peut tirer d autre induction de la mention qu'il
en rait , si ce n'est que la sécheresse de cette
constitution en étoit la cause déterminante : cela
en encore confirmé par le même Auteur , qui
dit que la sécheresse de 1742 fut si considérable
qu'on conserva peu de bestiaux dans la Colonie (1) , & qu'il y eut disette dans les Bouchechéries (2) : il paroît que la mortalité continua
en 1743 par la même cause (3).
. n A iv peut tirer d autre induction de la mention qu'il
en rait , si ce n'est que la sécheresse de cette
constitution en étoit la cause déterminante : cela
en encore confirmé par le même Auteur , qui
dit que la sécheresse de 1742 fut si considérable
qu'on conserva peu de bestiaux dans la Colonie (1) , & qu'il y eut disette dans les Bouchechéries (2) : il paroît que la mortalité continua
en 1743 par la même cause (3). L humidité excessive qui domine quelquefois
à Saint-Domingue , les alternatives du chaud &
du froid occasionnent aussi des maladies sur les
bestiaux. Dans la constitution humide de l'été
174 ï , M. Dcfportes a observe que les beftiaux furent attaqués d'une contagion particulière qu'on n'avoir pas encore vue : on leur trouvoit des vers en quantité au fondement ou dans
les narines, mais sur-tout dans les plaies qui pourvoient leur arriver par accident ; il s'en formoit
promptement au nombril des veaux & des poulains, &: à la nature des mères (4). Cette maladie , suivant M. Desportes , ne provenoit que
de l'abondance des mouches produites par la
chaleur qui a suivi l 'humidité •, elles trouvoient
dans les blessures des animaux, dont les chairs
étoient plus molasses que de coutume , par rapport à l'effet des pluies & à la quantité des pâturages trop aqueux , une matière propre à recevoir les vermisseaux qu'elles ont coutume de
deposer sur toutes les matières corrompues ou ( x ). L. c. p. 121. ( i "). L. C. D. 11 c. 1 - -
( 3 ). L. c. p. no. (4). L. c. p. 141. --- Page 18 ---
M Sur les. Maladies 1 susceptibles de corruptions (5). Cette maladie
continua pendant l'hiver ( 6 ) , & elle existoit ,
encore en 1746, dont la constitution fut trèspluvieuse (7). L'époque des pluies 3 après les sécheressès, est
celle des maladies vermineuses. La végétation est
active, & les insectes paroissent sàisir ce moment
où ils trouvent une noun iture abondante, pour
reproduire & perpétuer leurs espèces. Il paroît aussi que l'humidité & la chaleur
favorisent le développement de quelques autres
maladies des. animaux, comme le froid & l'humidité en procurent qui sont particulières. Cela fait encore que les maladies qui règnent
dans les mornes sont rarement les mêmes que
celles qui attaquent les animaux dans les plaines. Les maladies malignes épizootiques, qui ont
régné dans la plaine depuis 1773 , n ont pas pasle
dans les mornes j & la morve qui a déjà occalionne des pertes considérables dans la dépendance du Cap j paroît jusqu'à présent s'être fixée .
à la plaine. La grande quantité de vers que l'on a trouvée
à l'ouverture des animaux en 1773 , & dans les
années suivantes, a fait penser que la maladie
qui les faisoit périr étoit vermineuse, L'École
vétérinaire. de Paris, qui a été consultée sur. cette
maladie , a cru, ainsi que M. Regnaudot qui l'aobservée décrite, que ce n étoit qu'une fièvre
maligne pestilentielle, & que les vers n étoient
qu'une complication.
vée
à l'ouverture des animaux en 1773 , & dans les
années suivantes, a fait penser que la maladie
qui les faisoit périr étoit vermineuse, L'École
vétérinaire. de Paris, qui a été consultée sur. cette
maladie , a cru, ainsi que M. Regnaudot qui l'aobservée décrite, que ce n étoit qu'une fièvre
maligne pestilentielle, & que les vers n étoient
qu'une complication. Nous croyons que la maladie qui s'est mani- (y). Hist. des mal. de Saint-Domingue. L. I, p. 147. (6) L. c. p. 193. (7). L. c. p. 179. --- Page 19 ---
Ëpï^ootlques. . sestée en 1773 n etoit pas essentiellement vermineuse, mais nous sommes bien éloignés de
penser que les vers que l'on a trouvés dans les
animaux n'aient jamais occasionné leur mort. On sait que les vers font périr quelquefois
les hommes à Saint-Domingue, mais plus sou-
' vent les enfants. Il est également vrai que les
vers qui corrodent l'estomac, les intestins j ceux
qui forment des tumeurs & qui pénètrent dans
les voies circulaires peuvent occasionner des maladies putrides , des enflures , des écoulements par
les nazeaux, &c. enfin toutes les maladies d'irri-
. tation que Ton observe même chez les hommes. Étant occupé en 1770 de recherches sur l'action
des artères, nous avons ouvert à Nancy, en préscnce
de M. Jadelot, professeur en médecine, un cheval
très-maigre, chez. lequel nous avons trouvé dans
les intestins grêles une quantité prodigieuse de vers
strongles qui y étoient amasses en pelotons (8) :
nous avons ouvert en 1774, 1776 & 1777 plusieurs animaux qui étoient morts subitement dans
des convulsions, & chez lesquels nous n'avons
trouve dans l'estomac & dans les intestins que de
érosions ou des tubercules produits par les vers :
Mrs Joubert & Sire , qui ont publié en 1776 , au
Port au Prince , un Avis sur la cause de l'épizootie qui régnoit au Cul de Sac dans la partie de
l ouest , disent avoir trouvé des crinons~ qui
avoient percé les intestins & qui étoient répandus dans le ventre & sur le mésentère (). En 1761 , dans le Boulonnois > dans une épizootie furles brebis, à la suite des pluies &: de la (8). V. Méd. vétér. par M. Viret, sect. 1, mal. supers. esp.
il, p. 41 & 4t. ( )' V. Méra. vétér. par M. Vitet, feét. IV, mal. spafm.
pag. 667. --- Page 20 ---
10 Sur les Maladies sécheresse , on a trouvé des dogues dans le foie
de ces animaux. Pleneiz attribue la maladie de
1761 à un principe vermineux. En Suède, en
1764 , le lang des bœufs contenoit fréquemment
des infectes particuliers qu'on nomme Plie. Les
intestins, l'ertomac contenoient aussi beaucoup
de vers. En 1741, M. de Sauvage a observé des
vers entre les paupières & les yeux. Lancisi avoit
fait la même observation en 1711.
le foie
de ces animaux. Pleneiz attribue la maladie de
1761 à un principe vermineux. En Suède, en
1764 , le lang des bœufs contenoit fréquemment
des infectes particuliers qu'on nomme Plie. Les
intestins, l'ertomac contenoient aussi beaucoup
de vers. En 1741, M. de Sauvage a observé des
vers entre les paupières & les yeux. Lancisi avoit
fait la même observation en 1711. Ces faits & beaucoup d'autres que l'on pourrait rapporter, prouvent qu'il y a dans les animaux , comme chez l'homme, des maladies vermineules essentielles qui peuvent les faire périr ;
mais ils ne détruisent pas l'opinion de ceux qui
pensent que l'on trouve souvent une quantité
prodigieuse de vers dans la ma sse alimentaire des
animaux qui sont nourris avec l'herbe verte 3
sans qu'il en ré suite d'accidents, & que les vers
compliquent souvent les maladies malignes &
putrides , dans lesquelles ils occasionncnt des
symptômes particuliers. Tandis que Mrs Worloch & Regnaudot écrivoient avec sagesse des observations instructives,
que le défaut de circonstanccs favorables devoit
malheureusement rendrc inutiles pour le moment , la crédulité & l'ignorance soutenoient les
opinions les plus absurdes & les plus dangereuses
sur les causes de la maladie , &r l'on employoit
dans quelques endroits, pour en arrêter le cours,
des expédients qui augmentoient encore les pertes des Colons, où l'on in livoit des traitements
aussi meurtriers que la maladie même. Mais dans le même ternes que la Colonie gémiSToit sur ses pertes &r sur la diminution de
son revenu,-tandis qu'elle sè plaignoit, avec raifonO de n'avoir reçu aucun secours de la Méde- --- Page 21 ---
Épizootiques. 11 cine ni de l'Art. vétérinaire, on donnait à M.
Vicq- d'Azir., sur cet. maladie , quelques détails qu'il auroit été bien plus intéressant de publier sur les lieux. Épizootie de Saint-Domingue en 1774 &
177Y ( 1 )• Vers la fin de l'année 1774, pendant toute
l'année 1775, on a éprouvé à Saint-Domingue.,
près du Cap , dans les habitations appartenantes
a M. le Normand de Mezi 3 & dans plusieurs
autres situées aux environs j une épizootie qui a
régné sur les boeufs 5 sur les mulets, sur les chèvres , sur les moutons, sur les cochons, sur les
chiens , sur les chats &' sur les poules. La perte
des mulets a sur-tout été considérable , parce que
•ce Font ces animaux qui abondent le plus dans
çe pays, dont les services sont les plus importants. M. B. médecin très - instruit, demeurant au Cap, a observé cette maladie, & nous
à envoyé les' détails suivants dans une lettre dont
j'ai cru que l'on verroit avec plaisir les principaux articles. « J'ai été assèz heureux , Monsieur., pour me
rencontrer avec vous , tant dans les précautions
préliminaires que vous indiquez , que pour la
méthode curative en général ; & les changements quil y a eus dans ma méthode n'ont été
déterminés que par les circonstances &' la nature
du sol. Le seul point dans lequel nous ayons
difFéré , c'est sur l'usage des saignées comme pré- ( i Exposé des moyens curatifs & préservatifs qui peuvent être employés contre les mal. pest. des bêtes à cornas,
pag. 17; & suiv. édit. de 1776.
indiquez , que pour la
méthode curative en général ; & les changements quil y a eus dans ma méthode n'ont été
déterminés que par les circonstances &' la nature
du sol. Le seul point dans lequel nous ayons
difFéré , c'est sur l'usage des saignées comme pré- ( i Exposé des moyens curatifs & préservatifs qui peuvent être employés contre les mal. pest. des bêtes à cornas,
pag. 17; & suiv. édit. de 1776. --- Page 22 ---
1 2. Sur les Maladies lervatif ; car, au reste , nous ordonnons à peu
près les mêmes remèdes. J'ai été déterminé à
1 ulage des lignées par la nature de la maladie
que je regardois comme inflammatoire ; j'ai même fait répéter plusieurs fois cette opération ,
buvant le degré d'inflammation que je découvrois dans le fang de chaque animal , que je
conservois dans des vales séparés ; j'ai été étonné,
dans le principe , que cette précaution fût inutile à plusieurs animaux, & qu'ils fussent attaquer
de la maladie aussi promptement que ceux auxquels en n'avoit fait aucune préparation. Quant aux lignes qui la caractérisent, ils sont
ici en allez grand nombre. 1°, Dans le commencement l'animal cst triile
ce signe cil commun à tous les animaux qui
fouirent. 20, H commence à boiter de la hanche gauche.
3°, Il le mord les flancs & le ventre , & c'est
toujours un figne certain de l'a douleur aiguë
qu'il relent. 4"\ L 'animal n a point de dureté dans aucune
partie du bas-ventre , mais il s'cft souvent ionné
des tumeurs limphatiques, tantôt sur le col &
le poitrail, tantôt lur différentes parties de la
surface abdominale auxquelles on a applique des
sétons, & que l'on a ouvertes en plusieurs endroits : on. a employé tous les moyens poiîîbles
pour les faire dégorger par la suppuration. 5°, Les flancs battent continuellement dans le
dernier période , lorsquc la respiration cil trèsgênée , le battement des ailes du nez est très-conîid érable. 6o, L'animal balance sur les quatre pieds, il
paroît avoir peine à se soutenir & être toujours
prêt à tomber. / --- Page 23 ---
Êpi?OQtiques. I 2 70, Les muscles cutanés sont agités par des
co n v ullio ns co nt i nu elles. 8°, L'oreille eit plus ou moins chaude , suivant le degré de la fièvre. °, L'appétit diminue très-vite , disparoît même quelquefois ; on a pourtant vu des animaux
qui sont tombés en mengeant, & qui sont morts
presque tout de suite. 10°, Ils boivent avec beaucoup de peine -, il
y en a même qui n'ont jamais voulu boire, &
tous ont été dans ce cas, lorsque la maladie a
été au dernier période. 11°, Les urines, dans le courant de la maladie,
font très-ardentes. 12°, Les animaux éprouvent dans l'état de la
maladie un ténesme considerable , dans lequel
ils rendent plus ou moins de fang ; leurs excréments , dès le principe , (ont très-secs &: trèsfriables. \ On a observe à l'ouverture des cadavres,
1°, Que les nazeaux n'étoient point fétides,
que les iinus ne contenoient pas une matière
ichoreuse , & que la membrane qui les ta ni sse
n'étoit altérée en aucun des points de sa surface.
2°, Que le cerveau a toujours été dans l'état
naturel ; aussi ne lirez-vous rien dans notre procès-verDal qui regarde la tête, par l'habitude où
nous étions de n'y rien trouver d'extraordinaire.
l'ouverture des cadavres,
1°, Que les nazeaux n'étoient point fétides,
que les iinus ne contenoient pas une matière
ichoreuse , & que la membrane qui les ta ni sse
n'étoit altérée en aucun des points de sa surface.
2°, Que le cerveau a toujours été dans l'état
naturel ; aussi ne lirez-vous rien dans notre procès-verDal qui regarde la tête, par l'habitude où
nous étions de n'y rien trouver d'extraordinaire. 3°, Le poulmon étoit toujours parsemé de
taches livides, & de points gangreneux ; la sub[-
tance de ce viscère , lorsqu'on la coupoit, laissoit
couler un fang noirâtre & épais. ^4°, Le cœur , dont la texture des fibres cst
plus serrée j étoit exempt de ces taches gangrener ses ; mais j'y ai conilamment trouvé des concrétions polipcufes plus ou mpins' considérables ; --- Page 24 ---
14 Sur les Maladies & le fang contenu , tant-dans les ventricules que
dans les oreillettes, étoit toujours épais & noirâtre. Je vous observerai même à ce suiet que dans
l'état de la maladie & dans certains animaux,
l'épaississement du sang étoit quelquefois si confidérablc j, qu'il a été impossible de le faire sortir , quoiqu'on eut donné plusieurs coups de
flammes dans différentes veines, ce qui cst arrivé
quelquefois six heures après l'invasion de la maladie : ces animaux ont péri trés-vîte. 5°, L'estomac des mulets étoit généralement
enflammé. Il est bon de vous faire part ici de
ce que j'ai obsèrvé à l'ouverture de cinq bœufs
à laquelle j'ai assisté -, quatre chez M. de Breda
& un chez M. de Mezi. Les quatre estomacs
étoient comme vous le décrivez dans votre Mémoire. Les trois premiers étoient très-enflammés
ainsi que le quatrième, & cette inflammation
étoit très-manifeste ; dans la seconde membrane,
la première ayant été enlevée avec les herbes
qui y étoient contenues, ces herbes étoient trèssèches & très-friables ; la membrane interne étoit
de même &: y adhéroit. Je n'ai jamais observé ,
entre les estomacs & les circonvolutions des intestins j des concrétions muqueuses & rougeâtres;
j'ai, comme vous le verrez par notre procèsverbal , rencontré une fois seulement une glande
dans l'intérieur de l'inteltin ileum qui contenoit
une humeur glaireusc. 60) Les intestins grêles n'étoient jamais dans
leur état naturel; ils étoient parsemés de tâches
inflammatoires , plus ou moins considérables ; il
y avoit aussi quelques points gangreneux : les
gros, & particulièrement le rectum, étoient tonjours plus affectés, par la raison que vous verrez
dans notre procès-verbal. --- Page 25 ---
Êpi^ootïques. 1 z La venaue du fiel n'a jamais rien offert
-de remarquable. La bile qui y croit contenue
étoit un peu plus épaific & noirâtre, & j'avoue
que je n'ai rien dit de cet article dans mon
procès-verbal, non parce qu'il étoit plus essentiel à ce sujet, mais par pur oubli.
étoient tonjours plus affectés, par la raison que vous verrez
dans notre procès-verbal. --- Page 25 ---
Êpi^ootïques. 1 z La venaue du fiel n'a jamais rien offert
-de remarquable. La bile qui y croit contenue
étoit un peu plus épaific & noirâtre, & j'avoue
que je n'ai rien dit de cet article dans mon
procès-verbal, non parce qu'il étoit plus essentiel à ce sujet, mais par pur oubli. 8°, Le foie, la rare & les reins étoient gonflés,
& d'ailleurs presque dans leur état naturel. °, qualité du sang étoit bien différente
de celle que vous rapportez dans votre Mémoire,
car elle a toujours péché par trop d'épaississement, comme il est dit au quatrième article. 10°, Nous n'avons jamais trouvé de vers dans
les yeux ni dans les iinus pituitaires; mais il avoit
régné avant cette maladie inflammatoire une maladie vermineuse dans laquelle les vers étoient
accumulés dans l'estomac & dans le canal intestina! , &r en si grande quantité que cela paroissoit fort étonnant. Ces vers étoient de pluheurs
cspèces qu'il seroit assez inutile de vous détailler,
puisque les seuls qui sussent nuiiibles étoient ceux
qui ressembloient a des aiguilles très-fines & qui
avoient la tetc noire. J ai vu chez M. le Normand de Mezi un Nègre qui, ayant mis sa main
dans la fiante d'un de ces animaux qui en avoit
beaucoup rendu , la retira couverte de ces petits
vers qui y étoient suspendus comme le sont ordinairement les aiguilles à une pierre d'aimant
qui lui ont fait dès l'instant considérablement enfler la main & le bras. Cette enflure
n'a même paffe qu'avec des cataplasmes de thériaque qu'on y a tenus fort long-temps. Signé, B. Le siége de cette maladie, dit M. Vicq-d'Azir
ou au moins Ces principaux ravages, sc trouvoicnc
encore dans les voies alimentaires. Plusieurs N ègres qui avoient communiqué avec les bêtes ma- --- Page 26 ---
16 Sur les Maladies lades, ou qui avoient introduit leurs mains dans
le réélu m de ces anim aux, ont été attaqués de
charbon : plu sieurs même en sont morts. Ayant
été conlulté pour cette dernière maladie , j'ai
envoyé lur les lieux un plan de méthode curative , & j'ai appris depuis que le mal avôit
cessé tout-à-fait. On s'en est encore pris à ,la
méchanceté des Nègres *, on a supposé qu'ils
avoient empoisonné les bestiaux : on ôte en effet
à l'homme esclave toutes les ressources & toutes
les raisons de faire le bien; mais d'un autre côté
on le suppose beaucoup plus riche en moyens
qu'il ne l'est en effet pour faire le mal. Cette
espèce d 'injustice trouve des exemples 3ans les
époques les plus anciennes de notre histoire. La.
peste régnante à Paris & dans plusieurs villes de
la France, on imagina que lès Juifs j en empoisonnant les puits & les sources d'eau vive, en
étoient la cause, & on les punit rigoureusement
d'un crime dont ils auroient peut-être été capables (z). S'il eût été possible , M. le Normand
de Mezi
effet pour faire le mal. Cette
espèce d 'injustice trouve des exemples 3ans les
époques les plus anciennes de notre histoire. La.
peste régnante à Paris & dans plusieurs villes de
la France, on imagina que lès Juifs j en empoisonnant les puits & les sources d'eau vive, en
étoient la cause, & on les punit rigoureusement
d'un crime dont ils auroient peut-être été capables (z). S'il eût été possible , M. le Normand
de Mezi (a). C'est sans doute par inadvertance que cette idée a
échappé à l'a plume philosophique de M. Vicq-d'Azir. Nous
pourrions en dire autant d'un passage dans lequel M. Paulet
paroît incliner à penser que l'on peut semer des maladies
peftilendelles avec des poudres enchantées, que l'histoire en
offre malheureusement des exemples, & que l'on a puni en
Allemagne, en France, à ToulouCe sur-tout, des scélérats
•pour ce crime qu'ils ont avoué dans les tourments. Les aveux forcés par les tortures ne sont pas des preuves.
Nous avons vu une mère avouer qu'elle avoit empoisonné
son enfant, la veille de sa mort, avec une plante qui lui
avoit été donnée par un Nègre : cet enfant infÏltré- dans
toute sa substance étoit mort de cachexie dans un temps plu-
-vieux; & en rassurant la mère, elle nous dit que le chagrin.
-& la peur l'avoient fait mentir, parce qu'elle aimoit mieux
mourir que d'être tourmentée. On ne croit plus aux forciez --- Page 27 ---
- . , Épizootiques. 1 ï7 B de Mezi n a point adopte ces préjugés ; il a mis
toute la confiance dans les soins & dans les précautions conseillées par les gens de l'art; ; il n a
pas eu moins à cœur les intérêts de ses voisins
que les Gens propres, & il a eu la douce satisfaction de voir ses efforts couronnés par le
succès. En 1777, M. Emard Millot a observé le charbon sur ion habitation au pied de la montagne
du Bonnet, dans le quartier de la Petite-Anse :
on a guéri quelques animaux , chez lesquels il
s est manifeste des tumeurs au dehors, qui ont
suppuré : on trouvoit, sur les viscéres, des infiltrations d'une humeur rousse, & des traces de
par un J flux n qui avoient été annoncées
par un flux dyssenterique gangréneux. Cette épizootie attaquoit les bœufs & les mulets , eflc
le communiquoit aux hommes. M. Millot nous ayant consulté le 4 juillet
1777, en nous envoyant l'estomac d'un mulet
nous répondîmes que l'excoriation de la tunique
veloutée de leftomac, étoit absolument l'effet
1 engorgement du mésentère
des intestins, la tension du rectum, annoncoient
un état inflammatoire dyssenterique; que les convulsions qui avoient précédé la mort S
l'effet de * l'irritation nerveuse, produite par la difsolution acre des humeurs : nous ajoutions
les vessicatoires, qui ne peuvent qu'irriter & difpour , des arrêts pour attester des crimes, parce qu'on
en a beaucoup qui ont fait duise avec des poudres " une maladie pestilentielle : nous se
croirions pas. R. h. S , les m. ép. t. 1, que 6 & ne le --- Page 28 ---
18 Sur les Maladies foudre.) ne convenoient pas dans cette maladie (3). M. Millot a consulté l'Ecole vétérinaire de
Paris, mais malgré tous les moyens qui ont été
employés, il a perdu plus de Soixante mulets.
qu'on
en a beaucoup qui ont fait duise avec des poudres " une maladie pestilentielle : nous se
croirions pas. R. h. S , les m. ép. t. 1, que 6 & ne le --- Page 28 ---
18 Sur les Maladies foudre.) ne convenoient pas dans cette maladie (3). M. Millot a consulté l'Ecole vétérinaire de
Paris, mais malgré tous les moyens qui ont été
employés, il a perdu plus de Soixante mulets. Extrait de la consultation de l'École vétérinaire de Pans 3 en date du 17 juin 1778. La maladie pour laquelle on consulte n'a
as de rapports avec celle qui nous a été décrite
w M. le Normand de Mezi, & qui attaquoit
les mulets de son habitation. Nous voyons ici
des tumeurs froides & indolentes remplies d'un
suc limphatique absolument sans action, des vifcères plutôt macérés qu'enflammés, une limphe,
ou plutôt une sérosité répandues dans les différentes cavités j une quantité innombrable de
vers de toutes espèces, non-seulement dans les
entrailles s mais hors des intestins, dans les voies
circulaires dans le canal torachique , &:c. Tous ces désordres sont absolument ceux de
la maladie que nous appelons en France la pourriture ou cachexie ; elle cil produite par des fourrages lavés , vazés, submergés, par des plantes
acres, caustiques &c. Nous la combattons avec beaucoup de succès
par les martiaux , la rhubarbe, le quinquina, infusés dans le vin blanc ou des plantes aromatiques :
la saignée est préjudiciable dans cette maladie. S'il survient des tumeurs j percez-les de toutes
parts jusqu'au fond avec un fer rouge ; couvrez
ensuite la partie cautérisée avec l'onguent basilicum j sur une once duquel vous incorporerez
un gros de mouches cantharides : lorsque les tu- (3). V. Méd. vétér. par M. Vitet, classe X, pag. 311. --- Page 29 ---
Êpaootîaues. y a B ij meurs feront prêtes à cicatriser j vous donnerez
un ou deux purgatifs. Si l'on avoit été instruit que la maladie pour
laquelle on consultois étoit une maladie aiguë,
qu'elle étoit contagieuse , qu'elle se communiquoit même aux hommes j on n'auroit pas jugé
que c etoit la cachexie : mais les inilru&ions que
l'on a envoyées n'étoient pas suffisantes pour
faire connoître la nature de cette maladie. Il
est facile de se tromper , quand on n'a pas l'habitude d'oblbrver ; & lorsque cela arrive dans une
consultation, on induit en erreur celui à qui on
la propose 3 on l'oblige de s'égarer avec soi.
f L'École vétérinaire de Paris a dit, dans les différentes consultations qu'elle a envoyées en 1773
1774 , que les détails même qui avoient été
faits par les Médecins du Cap etoient insuffifants. Ayant donc été obligée d'établir ses confeils sur des suppositions , &r de les rendre conditionnels, on ne doit pas être étonné qu'ils n'aient
pas eu l'utilité qu'elle auroit pu leur donner ^ st
elle les avoit appuyés sur un rapport exad &
fidèle : mais en supposant que les consultations
que l'on demanderait à Paris pour la Colonie
fuirent rédigées sur des observations bien faites,
en supposant que ceux que l'on consulte connoîtroient parfaitement toutes les convenances des
lieux, ce qui est difficile 5 il y a toujours dans
ces consultations lointaines le très-grand inconvénient que les avis que l'on reçoit arrivent lorfque la maladie efl: éteinte, ou lorsqu'elle a changé
de caractère (4).
fidèle : mais en supposant que les consultations
que l'on demanderait à Paris pour la Colonie
fuirent rédigées sur des observations bien faites,
en supposant que ceux que l'on consulte connoîtroient parfaitement toutes les convenances des
lieux, ce qui est difficile 5 il y a toujours dans
ces consultations lointaines le très-grand inconvénient que les avis que l'on reçoit arrivent lorfque la maladie efl: éteinte, ou lorsqu'elle a changé
de caractère (4). ^ En examinant que, dans le temps qu'il régnoit
a Saint-Domingue une épizootie maligne, la (4). Cette feule considération doit faire sentir le service que --- Page 30 ---
L m Sur les Maladies Guadeloupe ( 5) &: les Provinces, méridionale;
de France souffroient d'une maladie qui avoir;
à peu près les mêmes caractères , on fent combien on étoit injuste d'attribuer cette maladie au
maléfice : l'on est convaincu que les Negres n'avoient pas contpiré davantage que les Paylans
de France à produire cette maladie , & l'on doit
juger combien il étoit ridicule d'avoir pu croire
un moment que les Nègres eussent empoisonné du chocolat, pour donner aux animaux
les maladies charbonneuses, & qu'ils produiîiffent les maladies vermineuses, en faisànt avaler
des boles de viande corrompue , sur laquelle les
mouches avoient dépoié leurs œufs. Mais d'oÙ vient cette simultanéité d'effets dans
des lieux si éloignés & dans des climats qui patoiffent si différents ? On dit que des cuirs apportés de la Guadeloupe à Bayonne contenoient
les principes de l'infedion qui s'ell répandue dans
la Guienne > mais en admettant que cette affertion fût bien prouvée 3 elle ne sert pas a expliquer pourquoi la maladie a régne en même
temps dans plusieurs îles de l'Amérique qui éprouvoient, comme St. Domingue & la Guadeloupe,
les funestes effets d'une sécheresse cxtraordinaire. N'est-il pas prouvé en Médecine que les mêmes maladies ont régné en même temps dans
plusieurs pays très-éloignés ? N'est-il pas prouve
que les vents , qui ont tant d influence sur la
constitution de l'air , ont établi, dans le même
temps & dans différents lieux, une disposition
Qui a été suivie de maladies particulières & épil'Administration a rendu à la Colonie , en lui procurant des
élèves des Écoles royales vétérinaires de France. (y). V. Mém. sur les mal. de la Guadeloupe, par M.
Bertin, impr. à la Guadeloupe, ch. J. Renaud, année 1778. --- Page 31 ---
Epizootiques. 1 j B iij «emiques ? Nest-il pas probable, d'après cela,
que les rapports de la coniiitution de l'air, établis
dans le même temps en Europe & en Amérique par une caisse générale, ont déterminé les
maladies épizootiques qui ont régné aux mêmes
epoques ; & que si nous manquons de preuves
pour appuyer cette opinion , c'est moins la faute
de la nature que celle de l'obiervation (6;.
---
Epizootiques. 1 j B iij «emiques ? Nest-il pas probable, d'après cela,
que les rapports de la coniiitution de l'air, établis
dans le même temps en Europe & en Amérique par une caisse générale, ont déterminé les
maladies épizootiques qui ont régné aux mêmes
epoques ; & que si nous manquons de preuves
pour appuyer cette opinion , c'est moins la faute
de la nature que celle de l'obiervation (6;. Il paroît par deux procès-verbaux faits en 1780,
1 un en date du vingt - sept février par M. Pelissot j & l'autre du vingt-neuf par MIS B. & d'A.
que des bœufs destinés aux Boucheries du Cap,
& qui avoient sans doute été surmenés, sont
tombés morts subitement, & que l'on a trouve
dans leurs cadavres des tumeurs charbonneuses à
1 eltomac, sur les intestins & sur le mésentère (7).
MM. les Admini£tratcurs avoient rendu , quelques mois auparavant, une ordonnance pour obliger les Bouchers d 'affainir &r nétoyer leur entrepôt de la Petite-Anse, leur défendre d'y
mettre des animaux avant deux mois, & de vendre aucune viande suspede < 8 ) ; ils écrivirent à
cette époque au Juge de Police, en date du Ier
mars 1-780 : « Nous avons l'honneur de vous envoyer & nous joignons ici le procès-verbal relatif a 1 ouverture , qui a été faite par plusieurs
Chirurgiens du quartier de la Petite-Anse , d'un
bœuf mort subitement sur les terres de M. Decourt. Nous ne pourrons, Monsieur, que nous (6). Essai sur l 'action l'air, par M. J. J. Menuret, §.
XXXVII. ... XI, paç. ^4. {7 )• M. Busson , juge sénéchal du Cap, a bien voulu
nous remettre ces procès-verbaux , avec quelques autres pièces
sur le même sujet. (8). V. L. &; C. de S. D. par M. M. D. S. M. t. V
pag. 917. --- Page 33 ---
EpÍ"{ootiques. 13 B iv ouvrir les animaux morts subitement, &" remettre leurs procès-verbaux au Juge, au Commandant > ou au Subdélégué de chaque quartier. OBSERVATIONS De AI. Lompagieu-Lapole, vétérinaire breveté du Roi 3 sur l'épizootie qui régnoit
dans la dépendance du Cap en 1780. CETTE maladie paroît être la même que celle
qui parcourut nos Provinces dès 1744 : je l'ai
exactement suivie dans la dernière épidémie autour du Mont de Marsan, d'après l'ordre du
Subdélégué de M. l'Intendant, & je crois qu'il
n'y a de différence que dans quelques symptômes qui proviennent probablement de l'influence
du climat , & de la modification des causes :
avant que de parler des ouvertures de cadavre , je
crois devoir donner la dcscription des symtômes de la maladie. Les animaux étoient tristes ; ils avoient une
fièvre considérable : il y avoit grande gêne dans
la respiration les yeux étoient larmoyants, les
nazeaux dissiloient une matière rousse & jaunâtre. Des animaux , qui paroissoient bien portants 3
étoient surpris tout d'un coup par la maladie ;
ils se couchaient, se relevaient sans cesse com1ne s'ils avoient eu des tranchées, & ils mouroient au bout d une heure : la maladie s'annonçoit quelquefois par un cours de ventre & les
animaux périssoient dans vingt-quatre heures : if.
se formoit quelquefois des tumeurs à différentes
iloient une matière rousse & jaunâtre. Des animaux , qui paroissoient bien portants 3
étoient surpris tout d'un coup par la maladie ;
ils se couchaient, se relevaient sans cesse com1ne s'ils avoient eu des tranchées, & ils mouroient au bout d une heure : la maladie s'annonçoit quelquefois par un cours de ventre & les
animaux périssoient dans vingt-quatre heures : if.
se formoit quelquefois des tumeurs à différentes --- Page 34 ---
14 Sur les Maladies parties du corps ^ & on a sauvé quelques-uns des
animaux qui les ont éprouvées : enfin il survenoit quelquefois sous la ganache une çnflure qui
les empêchoit d'avaler, ce qui les étouffait en
moins de douze heures. Je les ai ouverts pres--
que tous, &r j'ai trouvé à ces derniers des phlictènes à l'arrière bouche dans la trachée artère
jusqu'au poulmon , qui étoit enduit d'une humeur
glaireuse & jaunâtre : le sang etoit coagulé dan$
les gros vaiiîeaux , les intestins étoient d'un noir
foncé. J'ai également trouvé dans les autres animaux que j'ai ouverts des infiltrations de cette
humeur épaisse & jaunâtre : le sang étoit également très-épais & très-noir dans les grosses veines autour des intestins \ mais je n'ai jamais rien
observé de particulier à l'estomac. Peu de temps après mon arrivée au Cap j je
fus mandé sur l'habitation Vaudreuil où je retrouvai la même maladie : je fis les mêmes obfervations sur douze cadavres que j'ouvris ; ils.
avoient tous des épanchements de çette humeur
glaireuse jaunâtre que j'avois observée en France : les veines du bas-ventre étoient pleines d'un.
fang extraordinairement épais &' noir : je priai
le Gérant d'une autre habitation , qui venoit de
perdre beaucoup d'animaux, de n1e laisser ouyrir le premier mulet malade qui se rencontre -
roit : l'ayant obtenu , j'en tuai un , & je trouvai
le fang également noir & épais dans les grosses
veines du bas-ventre. M. Lapole s'élève avec raison contre le lnalheureux préjuge , qui attribuoit cette maladie au
maléfice des Nègres ; ses idées à cet égard font
i'éloge de son jugement, & il mérite de la reconnoissance, pour avoir eu le courage de faire des
représentations qui font un hommage rendu à --- Page 35 ---
Ëpi^ootiques. 2 j l'homme qui, avili & dégradé dans l état de
Telclavagc ^ n'eîl pas aussi méchant qu'on pourroit le présumer. M, Lapole rapporte l'observation d'un bœuf
que l'on croyoit avoir été empoisonné & qui
étoit mort; suffoqué par une orange très-grosse,
qui s'étoit arrêtée dans l'œsophage avec beaucoup d herbes. Il avoit été assez heureux j dans
une pareille çirconstance, pour sauver une vache
çn pratiquant l'oesophagotomie : nous observerons avec plaisir que M. Lapole est le premier
Vétérinaire qui ait pratiqué cette opération avec
fliccès ; car c'est par accident & sans vue que
l'Elève vétérinaire, dont parle M. Chabert dans.
ion 'I raité du charbon , a ouvert l'œsophage , en
emportant une tumeur charbonneuse , dont le
traitement & la guéridon font cependant honneur à l'Artiste.
l'oesophagotomie : nous observerons avec plaisir que M. Lapole est le premier
Vétérinaire qui ait pratiqué cette opération avec
fliccès ; car c'est par accident & sans vue que
l'Elève vétérinaire, dont parle M. Chabert dans.
ion 'I raité du charbon , a ouvert l'œsophage , en
emportant une tumeur charbonneuse , dont le
traitement & la guéridon font cependant honneur à l'Artiste. Le 17 février 1780 , je fus appelé sur une
habitation où il étoit déjà mort plusieurs mulets •>
le propriétaire, allarmé , voyoit avec peine renaître un fléau dont la Colonie s'étoit déjà refsentie précédemment. On me présenta un mulet malade à huit heures
du matin ; il fè couchoit & se rclevoit au bout
de quatre minutes ; il avoit le bout du nez trèsfroid , & le battement du cœur violent ,• il agitoit très-souvent ses extrémités posterieures, &
reculoit en arrière chaque fois ; il avoit de l'appetit. A quatre heures du soir je m'apperçus qu'il
poussoit quelques soupirs , &: avoit un petit battement de flancs. Je donnai tous mes soins à cet
animal, mais tous mes efforts furent inutiles : je
l 'ai trouvé mort. J'en ai fait l'ouverture : j'ai trouvé
le fang coagulé dans les veines mésentériques ;
il étoit d'un noir foncé : j'observai auûï une ma- --- Page 36 ---
16 Sur les Maladies tière séreuse & jaunâtre, & un tubercule rempli
de vers sur une branche de la mésentérique antérieure. Le lendemain 2R de mars, un autre mulet
tombe malade ; il pré sente des symptômes différents ; il se couchoit & sc rouloit 3 mais il sc
relevoit bientôt & cherchoit à manger. De quatre en quatre minutes il levoit la téte &: battoit
du pied : je le fis prendre lui trouvai, comme au premier , le bout du nez & les oreilles
froides -, il paroissoit faire bien toutes les fonctions. Pour prendre le mal dans son origine, &:
croyant le mieux observer, je demandai à l'habitant de tuer cet animal ; il y consentit : j'en
fis l'ouverture en présence de plusieurs Médecins
&' Chirurgiens que j'avois appelés : je trouvai,
avec le plus grand ctonnement j le fang tout
coagulé , noir , un épanchement dans les veines
mésentériques d'une humeur d'une couleur jaunâtre , une tumeur de la grosseur d'une noix
remplie de petits vers pointus presque invisibles
qui avoient rongé l'aorte descendante à la sortie
de la poitrine : il n'y avoit rien de particulier
dans tout le reste du corps. Étoit-il possible de
faire quelque remède pour prévenir la mort de
cet animal, qui n'eût peut-être pas vécu quatre
heures de plus ? Le 3 de mars j un troisième mulet est reconnu
malade le matin à six heures. A quatre heures
de l'après midi, il meurt avec les mêmes symptômes que les deux premiers. J'en fis l'ouverture,
& trouvai à celui-ci sur l'estomac un tubercule
où étoit un seul ver long d'un pouce. Cette
maladie attaquoit aussi les chevaux : il en tomba
un malade à huit heures du matin : on s'en ap-
3 de mars j un troisième mulet est reconnu
malade le matin à six heures. A quatre heures
de l'après midi, il meurt avec les mêmes symptômes que les deux premiers. J'en fis l'ouverture,
& trouvai à celui-ci sur l'estomac un tubercule
où étoit un seul ver long d'un pouce. Cette
maladie attaquoit aussi les chevaux : il en tomba
un malade à huit heures du matin : on s'en ap- --- Page 37 ---
i Êp'v{ootique$. ± y perçut a îa ganacne que l on vit un peu engorgée.
Dans deux heures la tête lui devint monstrueuse,
sa respiration n'étoit pas gênée : il jetoit seulement par le nez une écume blanchâtre. Je lui fis des incisions sur la ganache , il en
sortit beaucoup d'eau claire : le tissu cellulaire
étoit jaune : j'allai le voir dans la nuit & je le
trouvai mort. J en fis l 'ouverture il avoit un tubercule vermineux de la grosseur d une noix dans l'artère
emulgente droite : l'arrière-bouche, la trachéeartere ctoient enduites d'une humeur jaune glaireuse d'un pouce d'épaisseur. Le seize mars , un mulet tomba malade &
eut les mêmes symptômes : il lui sortit une petite tumeur qui , dans deux heures de temps
devint monstrueuse : je lui fis plusieurs incisions
aussi profondes que je le pus, il n'en sortit qu'une
sérosité glaireuse. Le 17 à midi l'écoulement
cessa, les incisions parurent gangrencuses. L'après
midi , a deux heures, l 'animal commença à battre des flancs ; il eut la respiration gênée ,
poufsa quelques soupirs ; il se coucha & se releva
de suite ; il mourut le 18. J'en fis l'ouverture,
& lui trouvai un tubercule plein de vers sur l'artère aorte que ces insectes avoient rongée. J 'ai ouvert au moins cinquante mulets ou chevaux tous morts de la même maladie, & ayant
presente a peu près les mêmes symptomes ; &
j ai toti joui s trouvé les mêmes phénomènes. J'ai
quelquefois trouvé des vers œstres , qui avoient
rongé le pilore où ils étoient implantés en grande
quantité. Quelquefois la maladie se caractérisoit
par une tueur abondante par la gêne de la respiration avec un ralement considérable : l'animal
étoit très-agité , il frappoit du pied contre terre.
, & ayant
presente a peu près les mêmes symptomes ; &
j ai toti joui s trouvé les mêmes phénomènes. J'ai
quelquefois trouvé des vers œstres , qui avoient
rongé le pilore où ils étoient implantés en grande
quantité. Quelquefois la maladie se caractérisoit
par une tueur abondante par la gêne de la respiration avec un ralement considérable : l'animal
étoit très-agité , il frappoit du pied contre terre. --- Page 38 ---
28 Sur les Maladies Le 22 mars , à dix heures du matin s je vis
un mulet , sortant du pâturage pour le rendre à
l'écurie , prendre tout d'un coup la courte & faire
mille bons : je le jugai malade , le trouvai fort
chaud & singulièrement luffoqué. Je l'ai quitté
un instant pour aller lui préparer un breuvage :
je ne fus pas quatre minutes absent, que l'on
me vint prévenir qu'il étoit mort : je l'ouvris &
lui trouvai environ quatre-vingt vers rouges seulement à l'orifice inférieur de l'estomac : je regardai ces vers comme la cause de sa mort. J'obfervai que cette même humeur glaireuse, trouvée chez tous les autres sujets, commençoit a
se former chez celui-ci, le long de la trachéeartère : les vers crinons, qui sont dans les tubercules artériels, sont rouges ; ceux qui se trouvent dans les tubercules de l'estomac sont blancs.
M. Lapole croit que la plus grande quantité des,
animaux périssent à Saint-Domingue par les vers;
il dit en avoir trouvé dans tous les visccres, &r
chez toutes les espëces d'animaux qu'il a ouverts v
mais que malheureusement on n'a pas encore
trouvé de spécifiqnes contre ce fléau destructeur. Les enflures qui sont compliquées de vers ne
forment pas une maladie épizootique. M. Lapole
a tenu dans ses écuries des animaux attaqués
de cette maladie avec des animaux bien portants;
il en a également vu dans les écuries des encadrons de Belzunce & de Condé en garnison au
Cap, & il n'a pas vu que cette maladie fût
contagieuse. Un de ses chevaux hit attaqué d'une
enflure qui lui entreprit tout le dessous du ventre ; il parut guéri : mais il mourut huit jours
après M. Lapole trouva dans le duodénum, à
huit pouces de l'orifice de l'estomac , environ
quatre-vingt vers oestres qui étoient implantés. --- Page 39 ---
Êp'noùtiques* z 6 uans les tuniques de l'intestin. Ce cheval étoit
depuis trois mois dans les écuries du lieur Lapole., & il n'avoit communiqué sa maladie à
aucun des autres. Suivant M. Lapole, le charbon
en très-commun dans les plaines de Sainr-Domingue ; il attaque les bœufs &: les mulets principalement , &f il exerce les ravages lorlqu'il
iurvient de petites pluies après de grandes sécheretres. M. Lapole a ouvert plulieurs espèces
d animaux domeitiques , comme des chiens, des
chats qui étoient morts de cette maladie.
avoit communiqué sa maladie à
aucun des autres. Suivant M. Lapole, le charbon
en très-commun dans les plaines de Sainr-Domingue ; il attaque les bœufs &: les mulets principalement , &f il exerce les ravages lorlqu'il
iurvient de petites pluies après de grandes sécheretres. M. Lapole a ouvert plulieurs espèces
d animaux domeitiques , comme des chiens, des
chats qui étoient morts de cette maladie. M. Lapole pente que les grandes sécheresses
font les causes principales de cette maladie ; il
croit avoir observé que la mauvaise qualité des
eaux peut occasionner des maladies, & que la
disette & le défaut d attention de faire boire les
animaux à la main , les expose à des indigestions
a la phtysïe sèche ; il rapporte l'obiervation d'un
bœuf qui, venant du travail tout suant, but des
.écumes, &: eut une indigestion dont il le guérit.
M. Lapole blâme l'u[age ©u l'on est de lâcher
dans les savannes les animaux qui sortent suants
des cabrouets , des moulins, ou qui viennent
de faire de longues courses ; il dit en avoir vu
beaucoup qui ont contracté des fluxions de poitrine pour avoir été saisis par le froid, & pour
avoir bu de l eau corrompue ou des écumes.
Ces animaux rendoient par les narines, dans les
derniers jours de leur maladie, une matière jaune
sanguinolente ; ils battoient des flancs, ils perdoient l'appetit & les forces, & ils périssoient aprèsavoir louffert pendant dix à douze jours. L observation , que les animaux se portent mieux dans
les mornes qu'à la plaine, n'a pas échappé à M.
Lapole, &c il attribue cela , avec raison, aux
fourrages, aux eaux & à la conftitutioa de l'air --- Page 40 ---
O Sur les Maladies qui sont meilleurs ; il se sert de cette observation pour prouver que le poison n'est pas la
cause de la mortalité , parce que les Nègres des
mornes j, dont la condition est la même 3 le livreroient ians doute aux mêmes projets de vengeance que ceux de la plaine. Pour répondre à la confiance des Habitants
& à celle du Gouvernement 3 dont M. Lapole
avoit dé)à reçu une grâce encourageante, voulant ne rien négliger pour détruire les préventions que plusieurs Habitants avoient que leurs
animaux étaient empoisonnes avec la canne a
madère ou le quebec , M. Lapole a fait des expériences ; il a râpé de la canne à madère ; il
l'a mêlée avec du sirop, & il en a fait manger
à un cheval deux fois par jour 3 pendant huit
jours : après ce temps, il a exprimé quatre verres
de ius de la même plante qu'il a fait avaler à
l'animal ; il lui en a injecté ensuite dans les narines , dans les oreilles, dans le fondement ; il
a trempé des épingles & des épines dans le
même itis , & il a piqué 1 animal dans plusieurs
endroits, parce que c'en: le moyen par lequel les
Habitants prétendent que les Nègres occasionnent
les enflures. M. Lapole a continué ces essais pendant quatre iours , sans que le cheval parut malade '■> il l'a nourri ensuite pendant un mois ; il
l'a tué après ce temps, en présence de plusieurs
Médecins & Chirurgiens, & il n'a rien trouvé
de remarquable dans cet animal.
itis , & il a piqué 1 animal dans plusieurs
endroits, parce que c'en: le moyen par lequel les
Habitants prétendent que les Nègres occasionnent
les enflures. M. Lapole a continué ces essais pendant quatre iours , sans que le cheval parut malade '■> il l'a nourri ensuite pendant un mois ; il
l'a tué après ce temps, en présence de plusieurs
Médecins & Chirurgiens, & il n'a rien trouvé
de remarquable dans cet animal. M. Lapole a répété cette expérience sur un
mulet, & il l'a trou vé également sain ; il a haché
une grande quantité de quebec ; il l'a mêlé avec
du sirop. Deux mulets, sur lesquels M. Lapole
vouloit essayer les effets de cette plante , ont été
deux jours sans vouloir y toucher : mais ils en --- Page 41 ---
, ÈPkoonquei. ,t leur a mangé ensuite pendant huit jours. MLapole
i , avaler à chacun quatre verres de jus
de cette plante; il leur en a injecté dans les narines, dans les oreilles & dans le fondement . ils
n'ont pas paru souffrir , & il les a trouvés trèssains, en les ouvrant. M. Lapole dit que le farci, qui a du rapport
avec~ maux dans ce pays, que cette dernière malaIl parle enfuitc du mal des eaux qu'il dit être
une maladie trcs-commune sur toutes les habitattoiis ; elle est caractérisée par de petites tumeurs
grosses comme une chataigne ; elles font remplies par une humeur épaissè ; elles s'ulcèrent
& il en fort une matière blanche, jaune & verdâtre ; elles paroissent formées par l'épaississement
de la lymphe dans les glandes cutanées. Si l'on
guérit quelques-unes de ces tumeurs dans un endroit, il en paroît de nouvelles dans un autre.
rapports avec la maladie s'être
avec
quelques Habitants qui cèlent so g l'usage de
maladies qui règnent dans leurs troupeaux; il Commandant du quartier, pour que le Gou au
ses vues aux intérêts publics. -Extrait de la consltation de l'École royale
vétérinaire. Le Directeur célèbre des Écoles vétérinaires •
de Paris a répondu à M. Lapole que l'on ne pou- --- Page 42 ---
3 i Sur les Maladies voit mcconnoitrc , dans la maladie qu il régardoit comme vermineuse , un véritable charbon :
l'ouverture des cadavres a montré, dit M. Chabert, des épanchements de sang noir & coagulé,
des épanchements lymphatiques jaunes & coagulés : ces désordres ne peuvent être que l'effet
du charbon & le produit de l'humeur qui le
constitue. C eit cette humeur, suivant M. Chabert, qui,
en agissant suries organes essentiels à la vie , produit des irritations qui occasionnent les vertiges,
l'espèce de frénésie dont les animaux sont attaques , & les vers ne contribuent que peu à leur fiii. Toutes les tumeurs que M. Lapole a ôbservées,
& qu'il appelle enflures , confirment l'opinion
de M. Chabert, & il lui semble que la gangrène
qui survient à ces tumeurs ne peut être l'effet
que d'un charbon très-malin. Les causes qui occasionnent cette maladie à Saint-Domingue sont
les mêmes que celles qui la produisent en France,'
dos sécheresses exCessives, des eaux de mares,
des plantes chargées d'insectes, &c.
ole a ôbservées,
& qu'il appelle enflures , confirment l'opinion
de M. Chabert, & il lui semble que la gangrène
qui survient à ces tumeurs ne peut être l'effet
que d'un charbon très-malin. Les causes qui occasionnent cette maladie à Saint-Domingue sont
les mêmes que celles qui la produisent en France,'
dos sécheresses exCessives, des eaux de mares,
des plantes chargées d'insectes, &c. M. Chabert croit que le charbon est enzootique à Saint-Domingue, qu'il tient à des causes
communes & générales, qu'il y existera toujours ,
qu'il se renouvellera plutôt ou plus tard, &: qu'il
y sera plus ou moins meurtrier, tant qu'on suivra le régime actuel , & que l'on abandons
nera les animaux en tueur dans les favannes,
qu'on les abreuvera d'eau de mare, qu'on leur
donnera l'écume du sucre , qu'on les excèdera
de travail dans des temps qui ne sont pas réglés
par l'heure des repas, qu'ils seront exposés à prendre dans les savannes une nourriture dont les
qualités varient suivant les faisons, & qui est
couverte d'insectes & d'œufs qu'ils y déposerit. M., --- Page 43 ---
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y fc- i- f, «r» ^ Cf*L-t /< IcA. to€L -
iA'X /Hst-Jc Lt <. M ,' fictif y l 4, ^3ip/ ^ ^' r -/K^i >T f it</ ' y « lil /ll'H V V* »— -îA «7/—» » "H
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y fc- i- f, «r» ^ Cf*L-t /< IcA. to€L -
iA'X /Hst-Jc Lt <. M ,' fictif y l 4, ^3ip/ ^ ^' r -/K^i >T f it</ ' y « lil /ll'H V V* »— -îA «7/—» » "H
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Èpi,ootiques: A à D ment un Nègre dans le mois de mai 1787. J'ai
été appelé ^ dans le même temps pour voir un
Nègre qui étoit sans connoissance , couvert d'une
lueur froide j & qui elt mort deux heures après.
Plusîeurs Nègres de la même habitation se trouvant très-incommodes , & craignant de subir le
même 'e l'ort, nous ont avoué qu' ils avaient mangé
la viande des bœufs morts dans la lavanne
mune, & qui n'avoient pas été enterrés.
de mai 1787. J'ai
été appelé ^ dans le même temps pour voir un
Nègre qui étoit sans connoissance , couvert d'une
lueur froide j & qui elt mort deux heures après.
Plusîeurs Nègres de la même habitation se trouvant très-incommodes , & craignant de subir le
même 'e l'ort, nous ont avoué qu' ils avaient mangé
la viande des bœufs morts dans la lavanne
mune, & qui n'avoient pas été enterrés. ' Le charbon régnoit encore à l'Artibonite en
1753. M. Gelin, élève distingué de l'École vétérinaire de Paris & entretenu dans la Colonie
a donné pour l habitation Cibcr une consultation
dont nous allons rapporter l'extrait. Sur les renseignements qui ont été donnés M
Gelin a reconnu que la maladie pour laquelle on
c consultoit étoit le charbon ; il établit d'abord
que cette maladie le manifeste de plusieurs manières, qu elle attaque les animaux les plus gras
& les plus forts , & que les -effets en sont si
prompts j qu'il y a peu d'animaux qui en réchapLe charbon se divise en extérieur qui est moins
dangereux , & en intérieur qui elt presque toujours incurable : on reconnoit le charbon extérieur a une 011 plusieurs tumeurs, plus ou moins
volumineuses, quilurviennent indistinctement sur
toutes les parties, après un mouvement fébrile .
qui parviennent à leur accroissement dans l'espace de cinq a lix heures. Ces tumeurs sont souvent œdémateuses , douloureuses & infiltrées
dune sérosité roussâtre très-corrosive : quelquefois la gangrenne apparoît avec la tumeur. 1 "
Le charbon intérieur se manifeste par l'air
triste, la tête basle , le refus des aliments , le --- Page 60 ---
'♦s Sur les Maladies froid des oreilles & des extrémités 1 innamn
tion de la bouche & de la membrane pin
tiire, par des coliques : le malade se lève ,
couche j regarde ion flanc ; il se livre quelque
fois à des mouvements effrénés, & il meurt p
ou moins promptement dans les convulsion
suivant que le charbon affecte des viscères p
ou moins esscntiels à la vie. L'ouverture des cadavres montre des extra\
sions d'un sang noir enflammé avec des poil
gangreneux entre cuir & chair : les viscères
bas-ventre sont enflammés , gangrenés, &: Y
y trouve des excoriations, des déchirement
des infiltrations d'un sang noir épais, d'une
rosité roussâtre, des épanchements de sang da
les intcstins, des tumeurs plus ou moins con
dérables aux environs des reins, les viscères
la poitrine , les membranes du cerveau enge
gées d'un sang noir & fortement enflammé. M. Gclin établit un traitement préservatif
un curatif. Dans le premier, il veut que l'on i
terdise toute espèce de travail aux animaux c
poses à l'épizootie, que l'on diminue la moit
de la nourriture , qu'on les abreuve avec u
eau pure acidulée & une eau blanche nitré
qu'on les panse à la main , qu'on les bouchon
le matin & le soir qu'on les renferme dept
neuf heures du matin jusqu'à quatre heures apr
midi pour éviter l'insolation , qu on leur ôte 1
écumes ( 3 ), que l'on pratique trois ou quat
de travail aux animaux c
poses à l'épizootie, que l'on diminue la moit
de la nourriture , qu'on les abreuve avec u
eau pure acidulée & une eau blanche nitré
qu'on les panse à la main , qu'on les bouchon
le matin & le soir qu'on les renferme dept
neuf heures du matin jusqu'à quatre heures apr
midi pour éviter l'insolation , qu on leur ôte 1
écumes ( 3 ), que l'on pratique trois ou quat ( 3 Je crois que l'habitude où l'on est de tran(por
à toute heure des écumes dans les bacs & chaudiere' dei
nées à mettre les têtes à cannes hachées , ou les herî
destinées pour les animaux, est dangereuse, sur-tout qua
ses bacs & chaudières ne sont pas couverts. La chaleur
soleil excite une très-prompte & forte fermentation : il .1 --- Page 61 ---
Êpi\OOllQiœs> ' r f D ij iaignees a un ou deux jours d'intervalle , suivant
les indications ; que l'on applique un séton , &
que l'on y entretienne la suppuration julqu'à ce
que l'on n'ait plus à craindre l'invasion du charbon. Dans le traitement curatif , M. Gelin veut
qu'on répare les animaux Tains des malades
& que l'on tienne ceux-ci à la diette , qu 'on
leur donne de l'eau blanche & acidulée avec le
vinaigre. Il faut pratiquer de larges incisions sur
les tumeurs : on les cautérisera, on appliquera
des luppuratifs animés par les vessicatoires. La.
baignée doit être proferite à cette époque , &
1 on ne doit employer des purgatifs que lorsque
les plaies sont prêtes à se cicatriser. . Si nous connoiffions bien toutes les causes qui
peuvent produire les maladies charbonneuses
nous dirions pourquoi elles le manifellent dans
des lieux différents 3 pourquoi elles parossissent se
calmer dans un temps pour reparoître dans un
autre : nous pourrions faire connoître leurs rapports avec d'autres maladies, & pourquoi elles
régnent sur une habitation, tandis que les animaux des habitations voisines sont attaqués par
d 'autres maladies, comme nous l'avons observé
au Quartier-Morin &r à la Petite-Anse. La morve , cette maladie terrible, n'est connue à Saint-Domingue que depuis quelques années. M. Lapolle croit qu elle a été apportée
cn5 1780 par des animaux étrangers, & il dit
qu' il l'a observée pour la première fois dans les
écuries du S. L. voiturier public au Cap, qu'elle dégage beaucoup d'air fixe qui , par sa pesanteur, resse dans
ces bacs ou chaudières, ce qui peut contribuer à occasionner
des maladies, peut-être même des épidémies. Note communiquée par M. Auvray.
depuis quelques années. M. Lapolle croit qu elle a été apportée
cn5 1780 par des animaux étrangers, & il dit
qu' il l'a observée pour la première fois dans les
écuries du S. L. voiturier public au Cap, qu'elle dégage beaucoup d'air fixe qui , par sa pesanteur, resse dans
ces bacs ou chaudières, ce qui peut contribuer à occasionner
des maladies, peut-être même des épidémies. Note communiquée par M. Auvray. --- Page 62 ---
52 Sur les Mata dits a été communiquée aux' animaux des Pères de
la Charité à l'hôpital du Roi ; quelle a paffé
de là sur les habitations du quartier Morin &■
de la Petite-Anse. f ( Suivant les observations du révérend , père Séraphin , supérieur de la Charité du Cap - François (4) , les mulets attaqués de la morve ont
fair trille ,1a. tête basse , les oreilles tombantes,
l'œil morne, le poil hérissé , les flancs leur battent ; ils maigrissent : les glandes de -la ganache
fè gonflent, l'humeur qu'ils rendent etl roussâtre prend de jour à autre la-consistance de
puis ; elle sort en gros flocons avec une expiration bruyante -, ils mangent bien 1 il est survenu
un gonflement au poitrail ou au fourreau à quel.
ques-uns : à -la dernière époque., les extrémités
le gonflent, se gercent & il en sort une eau
puante. „ Tous les remèdes ont été inutiles, les saignées
les purgatifs ont accéléré la mort. Les fumigations , les cautères, les fêtons -ont paru la .
retarder (5). Tous les animaux que l'on a tenus
enfermés sont morts plutôt : il n 'y a eu que
quatre chevaux attaqués , & il n 'en est mort
qu'un. Les organes de la respiration étoient iams,
ainsi que ceux du bas-ventre mais la membrane pituitaire étoit gonflée, ulcérée, & les cornets détruits : la morve de Saint - Domingue,
suivant le R. P. Séraphin, cst plus meurtrière que
celle d'Europe. M. Gelin , qui a observé cette maladie dans (4). Extrait d'une lettre, datée de l'hôpital du Roi, d*
17 avril 1787- - (5). V. Méd. vêt. Classe VI. pag. 828. --- Page 63 ---
Epzootiques. < ? D iij plusieurs quartiers où il a soigné un grand nombre d animaux , a présenté à MM. les Administratcurs un mémoire dont nous allons donner
l'extrait. Extrait du mémoire de M. Gelin sur la morve. La morve est une maladie très-contagieuse. ;
elle est ordinairement sporadique en Europe :
nous croyons qu'on pourroit l'envisager à SaintDomingue comme épizootique. Cette maladie
n a commencé à paraître dans la plaine de la
dépendance du Cap, que vers le milieu de l'année 1784 v elle s est manifestée depuis cette époque sUf plusieurs habitations. Cette maladie s'est portée principalement sur
les mulets : nous-l'avons cependant observée sur
quelques chevaux. On lait par l'histoire des épizooties qu'il y a
des maladies qui n'attaquent qu'une seule cspèce
d'animaux, comme il y en a qui. se communiquent à toutes les espèces. Les mulets travaillent beaucoup plus que le?
chevaux : les fatigues excessives qu'ils éprouvent
leur occaiionncnt des lueurs abondantes, des déperditions considérables : le iang s'épaissit, les
humeurs s'apauvrillent ; ils contractent des dispositions à plvfieurs maladies, & ils sont plus
susceptibles à l'adion des principes contagieux.
d'animaux, comme il y en a qui. se communiquent à toutes les espèces. Les mulets travaillent beaucoup plus que le?
chevaux : les fatigues excessives qu'ils éprouvent
leur occaiionncnt des lueurs abondantes, des déperditions considérables : le iang s'épaissit, les
humeurs s'apauvrillent ; ils contractent des dispositions à plvfieurs maladies, & ils sont plus
susceptibles à l'adion des principes contagieux. S 'il cil difficile de connoître les causes des
maladies des animaux, il ne l'est pas moins quelqucfois de prononcer sur leur caractère sur
leurs suites : c'est ce qui nous a inspiré de la
reserve a l invasion de cette maladie ; quoique
nous vissions une analogie parfaite entre les symptomes qu'elle nous présentoit & ceux que nous, --- Page 64 ---
54 Sur les Maladies avions observés, en 1780, sur un très-grand nombre de chevaux, à Beaumont sur Oise, nous
n'avons pas cru devoir prononcer sur sa nature
& sur son espèce , jusqu'à ce que nous ayons été
instruits par l'observation & par Couverture des
cadavres. La morve en Europe est une maladie chronique ;
elle est au contraire très-aigue à Saint-Domingue.
M. Vitet dit avec raison que les progrès de cette
maladie sont plus prompts dans les mulets que
dans les chevaux (6). Nous pensons aussi que ces
progrès sont plus rapides dans les pays chauds
que dans les pays tempérés. Les Nègres ne s'apperçoivent que les animaux
font malades que lorsqu'ils commencent à jeter.,
Le flux s'établit ordinairement par les deux na-
'zeaux. La matière de ce flux cst un pus bien
formé, dont les qualités paroissent dépendre de
l'état des sujets & de leurs humeurs. Les malades
tombent dans un état de maigreur considérable.
l'intensité des symptômes de cette maladie &
leur rapidité nous ont fait douter pendant quelque temps de son véritable caraétère : nous avons
- loupçonné que c'é'toit une péripneumonie maligne
compliquée d'ulcères chancreux, semblable à celle
qui a régné à Paris en 1769 (1) ; & comme elle
àttaquoit des animaux très-jeunes, nous avons
cru aussi qu'elle pouvoit être regardée comme
un flux critique &" nécessaire à la dépuration des
humeurs, comme cela a lieu dans la gourme,
' la fausse gourme, la pleurésie , la péripneumonie s
la morfondure. (6). Méd. vétér. par M. Vitet, cl. VI. mal. évac. p. 824. (7). Mém. de la S. R. de méd. année 1779, pag. & 3^7. - - --- Page 65 ---
Epi\ootiques. c e D iv Enfin les faits ont fixé notre opinion j &- lorique nous avons été aîîurcs que cette maladie étoit
la -morve, nous avons milité ssir la nécessité absolue non-leulement de réparer les animaux làins
des sujets malades, mais encore de tuer ceux-ci,
pour arrêter les progrès de ce fléau redoutable. Rien n'est plus incertain que le siége de la
morve. Les Auteurs qui ont écrit sur l'hyppiatriquc
ne sont pas d'accord : les uns l'ont placé dans
le foie, les autres dans la rate, d'autres dans les
reins, quelques-uns dans les poumons, d'autres
dans le cerveau. M. Lafoqè père, en 1749 j prétendit démontrer que le siége de cette maladie
étoit dans la membrane pituitaire. M. Lafosse
fils adopta ce sentiment : mais M Chabert croit
que le siége de cette maladie est dans le sang.
pas d'accord : les uns l'ont placé dans
le foie, les autres dans la rate, d'autres dans les
reins, quelques-uns dans les poumons, d'autres
dans le cerveau. M. Lafoqè père, en 1749 j prétendit démontrer que le siége de cette maladie
étoit dans la membrane pituitaire. M. Lafosse
fils adopta ce sentiment : mais M Chabert croit
que le siége de cette maladie est dans le sang. Il est bien vrai que la membrane pituitaire cst
toujours plus ou moins affectée dans la morve,
qu'elle paroît souvent la seule partie attaquée :
mais les désordres observés dans le cerveau , dans
les viscères du bas-ventre, dans la poitrine particulièrement , semblent annoncer que cette maladie dépend de la perversion des 'humeurs ,
nos obscrvations nous portent à adopter l'opinion de M. Chabert. Nous pensons que si la
morve se caractérise toujours par l'écoulement
des naseaux , c'est parce que l'étendue de la
membrane pituitaire, la foïbleue de sa tissure
& le nombre de ses glandes offrent à l'humeur
morbifique une issue plus favorable. Les recherches qu on a faites pour découvrir
la nature du virus morveux, obtenir des notions
sur les eau ses qui peuvent se développer , &: sur
la manière dont il se transmet, ont été jusqu'à
présent infruttueuscs. On a regardé en Europe
comme une des principales causes de la morve --- Page 66 ---
5 6 Sur les Maladies la mauvaise qualité des eaux 6c des fourrages ;
mais nous ne pouvons l'attribuer à cette cause
dans ce pays, puisque la constitution des saisons,.
depuis mil sept cent quatre-vingt, ne paroît pas
avoir apporté d'altération sensible aux pâturages
dont les animaux le nourrirent habituellement,
comme on en observe dans les longues sécheresses,
ou lorsque les pluies ont été abondantes, ou dans
les alternatives de pluie & de sécheresse, conftitution qui paroît favoriser particulièrement le
développement du charbon. ,f
On ne panse jamais les animaux à Saint-Domingue. On lâche dans les savannes les animaux
suants qui sortent du travail ; ils sont exposés à
recevoir des grains de pluie & à souffrir des suppressions de transpiration, par l'impression d'un
air froid & humide : les aliments qui les nourrissent ne réparent pas les pertes occafoonnées par
des travaux excessifs, ce qui doit produire lépailsiflèment & l'arrêté du fang & de la limphe. Nous avons obscrvé au quartier Morin, sur
une habitation où la morve a fait des ravages
considérables (S) que cette maladie prenoit de
l'intenlité, se développoit davantage, 6c avoit
un caractère plus aigu dans le temps des roulaisons, lorsque les animaux fatiguoicnt beaucoup,
6c lorsqu'ils communiquoient plus entr'eux au
moulin ou au cabrouct. Mais toutes ces causcs ont existe dans tous
les temps Saint-Domingue, & si elles favorisent le développement de la morve, elles ne
suffisent pas pour produire cette maladie j qui
S) que cette maladie prenoit de
l'intenlité, se développoit davantage, 6c avoit
un caractère plus aigu dans le temps des roulaisons, lorsque les animaux fatiguoicnt beaucoup,
6c lorsqu'ils communiquoient plus entr'eux au
moulin ou au cabrouct. Mais toutes ces causcs ont existe dans tous
les temps Saint-Domingue, & si elles favorisent le développement de la morve, elles ne
suffisent pas pour produire cette maladie j qui (8). L'habitation de M. Lefevre. Cette habitation a perdu
plus de deux cent mulets depuis trois am , malgré tous les
- soins d'une administration très-attentive. ; j --- Page 67 ---
Epizootiques. " <7 auroit été connue, sans cela, bien long-temps
avant l'époque dont nous avons parlé. Nous penions que la morve a été apportée
dans la Colonie par des chevaux ou des mulets
étrangers. Les Habitants ont été jusqu'à préscnt,
en achetant des animaux apportés par les Anglois
ou par les Espagnols, dans une lécurité dangereule; mais les- pertes qu'ils éprouvent devroient
les décider à n'introduire dans leurs savannes
des animaux nouvellement exportés 3 qu'après les
avoir fait visiter. Comme il est très - difficile de connoître les
causes de la morve , que nous ne pouvons
cri examiner que les effets & les (ymptômes,
nous décrirons avec exactitude ceux que nous
avons observés, &: les lignes qui peuvent la faire
diflinguer des autres maladies avec lesquelles
elle a des rapports. , Tous les chevaux ou mulets qui jettent, ne
sont pas attaqués de la morve : mais ceux qui
font atteints de cette maladie jettent néceflairement, & dans ce cas les glandes de la ganache sont gonflées, & l'on observe des chancres
sur la membrane pituitaire. Nois avons observé, avec M. Chabert j trois
degrés dans la morve. Dans le premier, l'animal a un air triste , abattu j l'œil morne , la tête
basse, le poil terne , la bouche & la membrane
pituitaire très-enflammés , les urines crues : le
flux s établit ordinairement tout de suite par les
deux naseaux : la matière est blanche , visqueuse
s attache à l'orifice des naseaux : les glandes
limphatiques de la ganache se tuméfient ordinairement ; elles sont mobiles & sans douleur :
.cet engorgement précède quelquefois le flux,
mais ordinairement il lui succèdc.
asse, le poil terne , la bouche & la membrane
pituitaire très-enflammés , les urines crues : le
flux s établit ordinairement tout de suite par les
deux naseaux : la matière est blanche , visqueuse
s attache à l'orifice des naseaux : les glandes
limphatiques de la ganache se tuméfient ordinairement ; elles sont mobiles & sans douleur :
.cet engorgement précède quelquefois le flux,
mais ordinairement il lui succèdc. --- Page 68 ---
5 8 Sur les Maladies Dans le second degré, tous les sympômes prennent de l intensité ; cela arrive ordinairement du
cinq au septième jour : les malades tombent dans
le marasme, la membrane pituitaire se boursoufle ainsi que le cartilage transversal des naseaux ;
les glandes de dcirous l'auge deviennent quelquefois douloureuses , le pus qui découle des
naseaux est très-abondant & plus vill queux : il
eSt souvent grumeleux & jaunâtre , il tombe par
flocons, il devient acre &: corrosif, il ronge &
détruit la tisTure des parties qu'il touche : on
voit alors les chancres qui paroisscnt sur les parois du cartilage mitoyen des fosses nasales : le pus
était si corroiif dans plusieurs sujets 3 que nous
avons vu le cartilage percé, rongé & prcsque
entiérement détruit : les yeux se fluxionnent,
les larmes sont épaisses & purulentes ; elles coulent le long du chanffrein. Nous avons observé
dans plusieurs animaux que les os angulaires &
la partie supérieure des os du nez étoient, pour
ainsi dire, soulevés , &: qu'ils rendoient, ainu que
les zygomatiques, lorsqu'on les frappoit., un ion
sourd qui annonçoit la quantité du pus contenu
dans l'intérieur des sinus. Enfin, vers la fin de la maladie, que nous
appelons le troisième degré , les ulcères chancreux s'agrandissent, la respiration devient laborieuse : on entend un rálement considérable,
comme celui que l'on obsèrve dans les chevaux
cornard ou halley : le pus devient verdâtre , sanguinolent, très - fétide : il survient quelquefois
des hémoragies considérables : la fièvre se développc du quinze au vingt : le battement de flanc
a lieu j & les animaux périssent. L'ouverture des cadavres nous a montré la
membrane pituitaire ulcérée , entièrement dcÍ- --- Page 69 ---
ÊpiTOOtiques. < truite dans la partie lupérieure des folles nasales
& dans les sinus. Nous avons quelquefois trouvé cette membrane
enflammée & liippurée , les finus frontaux maxillaires & zygomatiques remplis d'un pus semblable
à celui qui finoit au dehors, le cerveau molasse, le
plexus choroïde engorge , les ventricules pleins
d'eau rousse, les glandes ( pinéale pituitaire )
•engorgées & abscédées ; les glandes du dessous,
la ganache & les tyro'ides plus ou moins engorgées ; les poulmons remplis d'hydatides, de tubercules & de points blanchâtres répandus sur la
surface de ce viicére & suppurés : les appendices
sur-tout nous ont paru fortement affectés : nous
avons trouvé les glandes bronchiques d'un volume considérable & suppurées : les bronches &
la trachée-artère contenoient quelquefois du pus:
les glandes axillaires nous ont paru souvent engorgées , ainsi que les glandes méf. ntériques que
nous avons trouvées plusieurs fois suppurées, surtout chez les sujets farcineux.
anchâtres répandus sur la
surface de ce viicére & suppurés : les appendices
sur-tout nous ont paru fortement affectés : nous
avons trouvé les glandes bronchiques d'un volume considérable & suppurées : les bronches &
la trachée-artère contenoient quelquefois du pus:
les glandes axillaires nous ont paru souvent engorgées , ainsi que les glandes méf. ntériques que
nous avons trouvées plusieurs fois suppurées, surtout chez les sujets farcineux. Voilà à peu près le résultat de nos observations depuis l'année 1784 jusqu'cn 178 j ; mais à
cette époque, nous avons obscrvé un chargement notable dans le développement de la maladie. Nous avons peu vu d'animaux qui n'aient
éprouvé , avant que d'être attaqués de la morve ,
des claudications plus ou moins fortes & plus ou
moins longues , sans aucune apparence de tumeur ^ d'engorgement, d'inflamrfiation , ni d'aucune lésion extérieure ; elle est survenue à d'autres
a la luite d ulcérés chancreux , carcinomareux
qui environnoient la bouche , particulièrement
la commissure des lèvres, & s'étendoient sur les
muscles maxillaires, sur les releveurs de-la lèvre --- Page 70 ---
60 Sur les Maladies antérieure, sur les masseters, sur Les milohioidiens
& sur le menton. Ces ulcères commençoient par
une tumeur dure,, circonscrite , indolente , re—
nitente, sur la surface de laquelle s'élevoient
plusieurs petits boutons remplis d'un pus fétide,
ichoreux, & qui , par son extrême âcreté , rongeoit la peau 6c formoit des e (carres considérables : nous avons vu la morve succéder au farcin,
& se compliquer avec cette maladie , sans quela mort survînt plus promptement. Quelques animaux , qui avoient le mal des eaux, ont été
attaqués -de là morve ( ), & les ulcères répandes sur tout le corps se font dessechés j lorsque le flux a été établi. Nous avons observé sur
une habitation du quartier Morin, que le plus
léeer accident suffîsoit pour déterminer cette maladie formidable. TRAITEMENT. On n'a guéri en Europe qu'un très-petit nombre d'animaux attaqués de la morve & ce n'aété encore que lorsque la maladie étoit dans
son principe , & lors4u elle n'avoit aucune complication. Nous n'avons pas vu un seul animal, depuis
1785, qui eût la morve , sans complication :
toutes les tentatives que'nous avons pu faire ont
été inutiles , & nous regardons cette maladie
comme absclument incurable. . Nous avons employé 3 suivant les indications,
la saignée , les délayants, les tempérants , les
antiphlogistiques , les apéritifs, les fumigations
étoit dans
son principe , & lors4u elle n'avoit aucune complication. Nous n'avons pas vu un seul animal, depuis
1785, qui eût la morve , sans complication :
toutes les tentatives que'nous avons pu faire ont
été inutiles , & nous regardons cette maladie
comme absclument incurable. . Nous avons employé 3 suivant les indications,
la saignée , les délayants, les tempérants , les
antiphlogistiques , les apéritifs, les fumigations (). V. ci-après une consultation sur le mal des eaux par
M. Gelin, p.' 1 --- Page 71 ---
Êpi^ootiqves, 6t émolientes ou acidulées avec le vinaigre , les
fumigations avec le camphre, le lucre brut.
Nous avons ajouté de l'eau de chaux ù dans les
boiffons délayantes & iudorifiquo : nous avons
adminiitré l'alcali volatil suor & concret à
forte doie ( 2. ) *: nous avons touché les ulcères
chancreux avec l'eau phagédenique : nous avons
fait des iniethons ado' cissantes, des décersives:
nous avons ar pliq' é des cataplairoes émolients,
des emplâtres fondants sur les glandes engorgées : nous avoni appliqué dc> vessicateire, mais
nous avons observé, avec M. Chabert, q fils
hâtaient la fin des malades. Nous avons tenté
l'opération du trépan sur les si nus frontaux &
maxillaires pour pouvoir déterger les ulcères de
la membrane pituitaire par des injections, mais
nous n'avons obtenu aucun succès : noiss n'avons
pas voulu c ssayer les vapeurs de l'orpiment recommandées par M. Vitet (3), dans la. crainte de
quelques accidents sur les Nègres. 11 y a beaucoup d'autres remèdes qui ont été employés inutilement contre la morve : on peut confultcr à
ce lu jet la Matière médicale de M. Bourgelat (4)
un ouvrage de M. Huzard ( j ) , vétérinaire
recommandable par son zèle & par les lumières,
associé nationnal du Cercle. Les Nègres sont paresseux , négligents & maladroits : on ne peut pas compter sur l'exécution
des soins & des précautions dont on les charge
dans le traitement des animaux 3 & c'est une des (1). Mém. de la S. R. de méd. année 1779. p. 61 &f. (i\ Mém. de la S. R. de méd. L. C. (5). Méd. vécér. pag. 119. (4). Pat;, 13 5 & 13 6. (j). Notice des principaux Hipiaflres qui ont traité de la
morve, inférée dans le Journal de méd. en mai 1786. --- Page 72 ---
'c i Sur les Alaladies cailles qui contrarient le plus les succès que 1 ort
pourroit obtenir. Moyens prophylactiques. Si la morve se déclare sur une habitation,
il faut s'assujettir à visiter le troupeau trois fois
par iour avec exactitude. Dès qu'on appercevra le moindre flux chez
un animal, on le séparera sur le champ , on
le tiendra enferme jusqu'à ce que la maladie paroifle caractérisée. On doit construire la case destinée à servir
d'hôpital dans un lieu sous le vent : cette cale
doit être bien aérée, sablée & garnie d'une mangeoire avec un râtelier. On ne lairera entrer aucun animal sain dans
cet hôpital : les brosses, les étrilles, les cornes ,
lçs bouteilles les licols, les éperlins, les bailles >
les seringues, enfin tous les ustensiles consacrés
au service des animaux attaqués de la morve,
ne doivent pas être employés pour les animaux
sains.
le vent : cette cale
doit être bien aérée, sablée & garnie d'une mangeoire avec un râtelier. On ne lairera entrer aucun animal sain dans
cet hôpital : les brosses, les étrilles, les cornes ,
lçs bouteilles les licols, les éperlins, les bailles >
les seringues, enfin tous les ustensiles consacrés
au service des animaux attaqués de la morve,
ne doivent pas être employés pour les animaux
sains. Les Nègres, destinés au service de l'hôpital,
ne doivent pas approcher les animaux sains, à
moins qu'ils ne se soient lavés & baignés. Lorsque les animaux qu'on aura séparés seront
reconnus morveux , on les fera tuer sur le champ
sur le bord de la fosse qui doit être profonde,
£ sur laquelle on mettra des branches de campêch pour empêcher les animaux d'en approcher. On aura soin d'assainir les lieux où la morve
est établie : on râtissera les râteliers , les anges,
s'ils sont en bois : on les lavera avec de l'eau
bouillante acidulée avec le vinaigre, on grattera
les bacs en maçonnerie, on les fera crépir ; & --- Page 73 ---
Epizootiques. ' 6* après les avoir enduits, on les blanchira avec de
la chaux. M. Vitet recommande de frotter les naseaux
de chaque animal avec l'effence de térébcnthine (6) j mais ce moyen ne nous a pas paru
certain. ~n Nous n'avons obtenu de succès sur quelques
habitations , nous ne sommes parvenus à ralentir les progrès de la contagion , que lorsque
nous avons été [econdés par le zèle & l'exactitude des personnes chargées de la régie de ces
biens." - 1 Nous avions cru qu'il étoit de l'intérêt public
que l'on visitât les bâtiments qui apportent des
cargaisons de chevaux de mulets de la Nouvelle-Angleterre & de la côte d'Espagne. Nous avons proposé de faire gratuitement cette
visite, qui pouvoit empêcher l'introduction des
maladies contagieuses , & prévenir des pertes
qui sont très-onéreuses à la Colonie. Nous avons
fait part de nos vues , en 1785, à la Société
royale de médecine ; elles ont été communiquées aux Députés de la Colonie, qui ont répondu : « L'inspection des mulets & des chevaux , à leur arrivée dans File , n eit pas sans inconvénient : on peut craindre qu'à la faveur d'une
loi qui l'ordonneroit, il ne se glissât des fraudes
& des monopoles contraires aux avantages de la.
Colonie ,. Ces observations, qui font pressentir des inconvénients que l'on pourroit prévenir en o '
donnant cette visite , n'attaquent pas les avantages qui. pourroient en résulter : mais nous avon i
rempli notre tâche à cet égard, & nous ne (6). Méd. vétér. T. 1. pag. 831. --- Page 74 ---
c
64 . Sur les Maladies craignons pas qu'on nous reproche d avoir été
dirigés dans nos représentations par notre intérêt
particulier, puifqne nous croyons qu'il étoit de
notre deveir de taire cette viÍite sans rétribution.
pas les avantages qui. pourroient en résulter : mais nous avon i
rempli notre tâche à cet égard, & nous ne (6). Méd. vétér. T. 1. pag. 831. --- Page 74 ---
c
64 . Sur les Maladies craignons pas qu'on nous reproche d avoir été
dirigés dans nos représentations par notre intérêt
particulier, puifqne nous croyons qu'il étoit de
notre deveir de taire cette viÍite sans rétribution. M. Vitet dit que pour détruire le virus morveux 'il faudrait que toutes les nations s'accordassent ~, en même-temps , à détruite tous les
chevaux. morveux. Ce projet trouveroit peut-être plutôt son application dans la Colonie 3 qu'en Europe ,-si l'on
vouloir empêcher l'introduction d'animaux suspects, si l'on empêchoit la communication qui
â lieu entre toutes les habitations & les différents quartiers, & si l'on prenoit le parti dé tuer
tous les animaux dans lesquels la morve est ctablie : mais cela ne pourfoit s'exécuter que par des
ordres. supérieurs ; & j comme le dit M. Vitet,
les particuliers useront toujours de tous les délais , de tous les moyens possibles pour éluder
l'arrêt de mort de leurs animaux. La lettre suivante nous à été écrite de la
Grande - Rivicre le 5 septembre 178 1 , par M.
Pevre , médecin du -Roi, associé du Cercle. « Une maladie épidémique , mon" cher Confrère, qui règne depuis quelque temps sur l'habitation de M. Dufay , l'a déterminé à faire
venir M.-Lapoîe pour développer la cause d'un
fiéau qui ruine bien des Habitants. Après avoir
examiné tous les animaux qui paroissoient plus
ou moins affectés, il a particulièrement donné
ses soins à une mule qui languissoit depuis environ cinq à six jours. Cette bête ne mangeoit
pas ; elle rendoit par les naicaux une écume
Sanguinolente la resoiration éfo.it très-gênée ,
& la chaleur du corps très-considérable : après
bien des agitations., la mule est morte ce matin : 1 r ouverture --- Page 75 ---
1 ' Epizootiques. E i ouverture en a été faite par M. Lapole ; il a
trouve la trachée-artère toute ulcérée & noire
comme de l'encre , les poumons sphacelés &
adhérents à la plèvre. L'ouverture du bas-ventre nous a fait voir
quelque chose de plus intéressant : l'orifice inférieur de l estomac étoit entoure de plusieurs
petits vers courts, dont le nombre augmentoit
prodigieusement, en s 'avançant vers le duodénum, qui en étoit tout tapisse : j'en ai même
retiré qui se trou voient nichés entre les membranes de 1 intestin : nous avons vu j non sans
surprise , deux sacs anévrismaux dans les branches des artères rénales du côté droit ; ils contenoient une prodigieuse quantité de petits vers
comme des aiguilles. Je vous envoie les deux
pièces séparées dans deux flacons, pour que vous
les examiniez à loisir. Quelle cst à présent la
cause de la mort de cet animal ? Je suspens
mon jugement : communiquez - moi votre faSon de penser à cet égard : cette maladie me
paroissoit bien compliquée. Je suis tout à vous '
PEYRÉ, médecin.
nales du côté droit ; ils contenoient une prodigieuse quantité de petits vers
comme des aiguilles. Je vous envoie les deux
pièces séparées dans deux flacons, pour que vous
les examiniez à loisir. Quelle cst à présent la
cause de la mort de cet animal ? Je suspens
mon jugement : communiquez - moi votre faSon de penser à cet égard : cette maladie me
paroissoit bien compliquée. Je suis tout à vous '
PEYRÉ, médecin. M. Gaubert^, habitant au quartier Morin
nous a envoyé dans le même temps l'obfervation suivante , qui a été faite sur l'habitation
Ducasse aux galleries du Dondon. Un mulet maigrilfoit beaucoup &r avoit perdu
ion appétit : le farcin est survenu : l'animal est
devenu si foible., qu'il ne pouvoit se soutenir
qu avec peine ; ses yeux étoient enflés, les conyulfions l'ont tourmenté pendant vingt - quatre
heures avant sa mort. On a trouvé dans les intestins une infinité de
vers blancs, gaos comme une aiguille : il y avoit
dans 1 estomac plus de soixante vers œstres Qui --- Page 76 ---
66 Sur les Maladies
. 4 adhcroient a les parois : on a mis ces vers dans
du tafia ; ils y ont vécu environ dix heures : ori
a perdu plusieurs mulets lur cette habitation pat
la même cause. M. Lapole a été appelé en 1785 chez M. Brissar, au quartier Merin , pour voir un cheval
qui n'avoit paru malade que de la veille : cet
animal étoit mort , lorsque M. 1 apole arriva.
Le fond de l'estomac , la grande courbure ju squ'au
duodénum étoient dépouillés de la tunique veloutée &: membraneuse : il y avoit plusieurs
érosions & un engorgement inflammatoire , la
partie supérieure de l'estomac , la petite courbure étoient moins endommagés, l'orifice cardiaque étoit rétréci : il y avoit plusieurs œstres
dans la partie moyenne postérieufe de l'œsophage : il y en avoit deux groupes considérables
dans la partie 1 oyjnne & antérieure de l'estotnac ; il y étcic. t implantés par leurs crochets
noirs &: cornés, & il y adheroient Fortement i
il y avoit de ces vers dans la partie intérieure
de l'eltomac au pylore, au duodénum , & ces
parties paroissoient rétrécies. Ces vers étoient encore vivants , lorsque nous
les avens vus avec M. Auvray , quoiqu ils fussent
dans le tafia depuis plusieurs heures. Nous avons coupé des morceaux d'estomac où
il y avoit, des vers implantés : nous les avant
mis à cinq heures du soir , 1°, Dans l'huile de térébenthine i ils étoient
vivants le lendemain à huit heures du matin. 2°, Dans 1 huile de pétrole -, ils étoient vivants.
30, Dans le jus de citron ; ils étoient vivants.
40, Dans l'eau acidulée fortement/avec l'acide
vitriolique ; ils étoient vivants.
'estomac où
il y avoit, des vers implantés : nous les avant
mis à cinq heures du soir , 1°, Dans l'huile de térébenthine i ils étoient
vivants le lendemain à huit heures du matin. 2°, Dans 1 huile de pétrole -, ils étoient vivants.
30, Dans le jus de citron ; ils étoient vivants.
40, Dans l'eau acidulée fortement/avec l'acide
vitriolique ; ils étoient vivants. 5°, Dans une solution de nitre : ils étoient
vivants. --- Page 77 ---
Epizootiques. " 67 Ii ij . 6°, Dans l'alkali volatil fluor étendu dans l'ca' :
il n'y avoit que ceux qui étoient détachés qu i
fuirent morts. M, Auvray a versé sur ceux qui tenoient i
l'eitomac, beaucoup dalkali volatil siuor , pur,
&r ils ne lont pas m. rcs. M. Chabcrt n'a rien trouvé de plus efEcace
pour détruire cette espèce de vers, qui cii trèsvivace , que l'huile empiréumatique animale (7).
Il est bien essentiel , & nous ne pouvons nous
lasser de le répéter , de ne pas confondre les
érosions que les vers. peuvent produire , avec
celles des poisons : on ne s'y trompera pas j si l'on
est exercé à observer & à comparer : mais il y
a malheureusement des hommes dominés par les
préventions , &: que le défaut d'attention 8c
l'ignorance égareront toujours. C'est en 178 5 , au mois d'octobre , que M.
Odelucq , associé du Cercle, a observé la morve,
pour la première fois 3 sur l'habitation principale
de M. le marquis de Gallifet, dans le quartier
de la Petite-Anse : il est mort dix-sept mulets
de cette maladie jusqu'à la fin de l'année. Il cst tombé, iuivant les cbfcrvations de M.
Odelucq, dans cette année 7 y pouces un quart
d'eau: le mois d'octobre a été très-pluvieux. On a éprouvé, pendant les quatre premiers
mois de 1786 , une grande sécheresse. Les vents
-de sud-ouest, qui ont régné en février , mars
& avril, ont occasionné une chaleur extraordinaire : on a vu les armoires , les tables, des
vai féaux de verre se fendre & éclatter : le fol~ .1
a été souvent obscurci par une espèce de bruire.,
& par la fumée oecationnéc par l'incendie des (7). V. le Traité des malad. vermin. par M. Chabert, --- Page 78 ---
68 Sur les Maladies forets de la partie espagnole. Il n'est tombe, pendani cette année que 2.9 pouces ^ dix lignes un
douzième d'eau , dont la moitié pendant les
mois d'octobre &: de décembre : il est mort
onze mulets dans les trois premiers mois de l'année ; on en a perdu deux en avril, seize en
mai j après une chute de 12. pouces quatre lignes
d'eau : il n'en est pas mort en octobre on en a
perdu deux en novembre , & cinq en décembre.
■ Lorlque cette maladie a commencé à paraître
sur cette habitation, le troupeau étoit de quatrevingt mulets dans le meilleur état : les travaux
h'avoient pas été forcés.
est mort
onze mulets dans les trois premiers mois de l'année ; on en a perdu deux en avril, seize en
mai j après une chute de 12. pouces quatre lignes
d'eau : il n'en est pas mort en octobre on en a
perdu deux en novembre , & cinq en décembre.
■ Lorlque cette maladie a commencé à paraître
sur cette habitation, le troupeau étoit de quatrevingt mulets dans le meilleur état : les travaux
h'avoient pas été forcés. - Il réflilte des observations de M. Odelucq 3 que
les sécheresses peuvent établir chez les animaux
une disposition a la morve ; mais que la pluie
& l'humidité favorisent le développement de
>-
cette maladie. v M. Odelucq nous a priés , le 2 y mars 1787, de
voir quelques mulets qui etoient attaqués de la
tnorve. On; nous a montré un jeune mulet bien gras-,
dont le poil étoit lisle &: luisant, dont toute
l'attitude annonçoit de la santé ; il avoit été
réparé du troupeau depuis la veille j parce
s'étoit apperçu qu'il jetoit par le naseau, du côté
du montoir, une humeur blanche muqueuse : cet
animal est mort quelques jours après. On nous a montre cinq autres mulets qui
étoient malades depuis plusieurs jours ; ils jetoiènt
des deux naseaux une matière muqueuse purulente, blanche ou tirant sur le vert. Un de ces mulets avoit eu une enflure a 1 extrémité de l'arrière main du côté du montoir :
t>n y avoit appliqué le feu, ce qui formoit un
ulcère sordide, qui rendoit un pus sanicux. --- Page 79 ---
Êiïootz*tzes. 69 E iij Cet animal avoit une allure trisse ; son œil
etoit flétri, il portoit la tête basfe ; il reipiroit
avec peine, Tes flancs lui battoient, il étoit maigre,
son poil étoit hérissé &: scc. Un autre mulet, qui n'avoit eu ni enflure ni
engorgement sensibles, jetoit des deux naseaux
une humeur abondante verdatre, sans mauvaise
odeur ; il respiroit avec peine, les flancs lui battoient, Ion allure étoit trille, il avoit beaucoup
maigri, son poil étoit hérissé &: sec.- Nous avons fait tuer cet animal : les viscères
du bas-ventre étoient tres-sains ; ceux de la poitrine n'avoient aucune altération : la trachée artère étoit dans l'état naturel : il y avoit un peu
d'humeur glaireuse dans le larinx ; mais cette
partie n'étoit affedlée d'aucune phlogose, ni ulcération : la langue étoit brune &r un peu seche,
la membrane pituitaire qui tapisse les fosses nasales étoit gonflée, tuberculeuse, ulcérée dans
presque toute ion étendue : la cloison cartilagineuse des narines paroi (Toit afretlée de carie. Il
y avoit dans un si tius maxillaire une collection
de pus blanc : les autres finus n'étoient pas affectés. Le 2.6 mars nous avons examiné deux mulets ;
l'un avoit des glandes engorgées le long du cou,
depuis la ganache jusqu'au poitrail. Les glandes
de l'auge rormoient une tumeur plus grosse qu'un
œuf: l'extrémité de l'arrière-main, du côté du
montoir, étoit engorgée: il y avoit plusieurs.
tumeurs qui avoient fuppnré, &r on les pansoir
avec la fiante de vache & la chaux : on avoiç
appliqué un séton au poitrail.
oit des glandes engorgées le long du cou,
depuis la ganache jusqu'au poitrail. Les glandes
de l'auge rormoient une tumeur plus grosse qu'un
œuf: l'extrémité de l'arrière-main, du côté du
montoir, étoit engorgée: il y avoit plusieurs.
tumeurs qui avoient fuppnré, &r on les pansoir
avec la fiante de vache & la chaux : on avoiç
appliqué un séton au poitrail. L'animal respiroit avec peine , son cou étoit
allongé , sa tête basle , les oreilles écartées, se5
flancs agités, son œil terne , son poil hérisse oc --- Page 80 ---
J1 çu.- les Maladies sec \ il jetoit des deux naseaux , avec bruit, tine
hu me ir d'un blanc verdure. Nous avons tue cet animal, en lui ouvrant
une carotide : les glandes du cou étoient abiced ées & contenoient un pus blanc & léreux , Ici
subliguales ctoient engorgées, les viscèrcs delà
tête , de la poitrine , du bas-ventre étoient dans
un état sain ; la membrane pituitaire, qui recouvre les folles nasales, étoit dans toute son étendue tuberculeuse , rougeâtre , ulcérée , & cetto
altération affectoit les cartilages de la cloison. :
il n'y avoit ricn de remarquable dans les finus. L'autre mulet n avoit ni enflure ni engorge.
ment glanduleux : son poil étoit luisant poli Î
il avoit de l'embonpoint, son allure étoit naturelle : il portoit la tête haute, ses yeux étoient
éclatants: il jetoit avec bruit, par les deux naseaux j une humeur blanchâtre, ce qui annonsoit que la maladie étoit à sa troisième époque ,
& ue les accidents feroient rapides : on a été
obligé de le tuer quelques jours après. On avoit vu , quelques années auparavant, les
maladies charbonneuses suries habitations de M.
d : Gallifet ; mais il est Singulier que la morve . qui
a déjà tué près de uatre-vingt mulets sur l'habitation principale , n'ait pas gagné sur les deux
autres habitations qui sont veisines, & qui cemmuniquent ensemble pour les travaux Il cst
vrai que l'habitation d'Agout qui cil aussi veisine , n'a pas encore souffert de la morve ; & (8). M G elin vieN de nous dire , le 14 jlin 1787 , qu'il
£ r mort depi:ir qut jours, sur les habitations de M.
de Galifet, plusieurs animaux «^1 charbon . & qu'il
vu périr la veille un mulet qui n'avoir été malade
que douze heures. --- Page 81 ---
Êphoot'oues. 7t E iv te n'est pas cette maladie qui a produit les pertes
que M. Decour de la Tonnelle, dont 1 habitation
tient à celle de M. de Gaîlifet, a éprouvées. M. Odelucq a fait mettre les animaux malades dans une favanne de retraite , dans laquelle
il avoit fait palier le feu; i! a foin quj kb !icous,
les éperlins qui ont servi anx animaux malades
ne soient pas employés pour les animaux sain ;
il fait laver les bacs avec l'eau & le vinaigre »
il y met du sel : les malades ne boivent que de
l'eau blanche nitrée ; il fait enterrer les animaux
dans des fosses profondes.
ucq a fait mettre les animaux malades dans une favanne de retraite , dans laquelle
il avoit fait palier le feu; i! a foin quj kb !icous,
les éperlins qui ont servi anx animaux malades
ne soient pas employés pour les animaux sain ;
il fait laver les bacs avec l'eau & le vinaigre »
il y met du sel : les malades ne boivent que de
l'eau blanche nitrée ; il fait enterrer les animaux
dans des fosses profondes. Extrait des observations de M. Darnaudin,
chirurgien ■ major des camps & armées,
demeurant à G a lliset. Depuis que les entrepôts des boucheries du
Cap font dans les quartiers de la Petite-Anse &
du Bonnet, on n'a pas fait attention qu'ils pouvoient être un foyer de maladies contagieues. I°, Parce que ces entrepôts ne sont pas bien
entourrés, & que les animaux qui y sont peuVent palier sur les habitations voisines. 2°, Parce qu'il y a des ravines dans lesquelle*
il y a des eaux croupi Tantes.. 3°, Parce qu'on lai Te pourrir sur le bord des
ravines des bêtes mortes de maladies charbonccufes & autres, ce qui peut infecter les eaux
qui abreuvent les animaux qui sont au deTous. 4°, Parce qu'il y a beaucoup d'animaux qui
meurent dans ces entrepôts , &: qu'on les laisse
pourrir sur le fol. 5 , Les Nègres qui gardent dans ces entrepôts
& qui soignent fréquemment des animaux ma- --- Page 82 ---
72 Sur les Maladies lades, communiquent dans les habitations voifines &: peuvent y porter l'infection. 6°, Il est prouvé que les animaux s'inoculent,
en brouttant les pâturages où des bête* malsaines ont passé. 7°, Les animaux que les Bouchers mènent
dans les entrepôts, ou dans les boucheries, paiffent l'herbe des grands chemins , & ils le mêlent
quelquefois avec les troupeaux des habitations. 8°, Il est possible 3 d'après cela, que les anir
maux s'infectent mutuellement, lorsqu'il y aura
parmi eux des principes de contagion. 90, Il faudroit purifier quelquefois le sol des
pâturages, des entrepôts &: des lavannes, en y
passant le feu. 10°, Il faudrait également brûler les entourra-:
ges des parcs & en recouvrir le sol lorsque
l'on sait qu'ils ont renfermé des animaux attaqués de maladies contagieuses. 11°, Il seroit utile qu'il y eût des Inspecteurs
pour viliter ces entrepôts, & y faire exécuter
sévèrement la police qui convient à l'intérêt
public. 12°, Nous avons vu beaucoup de Nègres attaqués de maladies charbonneusesj pour avoir mangé de la viande des animaux morts dans ces
entrepôts. 13°, Nous avons souvent fait brûler de la
viande suspecte qui avoit été séchée &: fumée
dans les hôpitaux des Nègres, dans le temps où
les maladies charbonneules faisoient plus de ravages.
cuter
sévèrement la police qui convient à l'intérêt
public. 12°, Nous avons vu beaucoup de Nègres attaqués de maladies charbonneusesj pour avoir mangé de la viande des animaux morts dans ces
entrepôts. 13°, Nous avons souvent fait brûler de la
viande suspecte qui avoit été séchée &: fumée
dans les hôpitaux des Nègres, dans le temps où
les maladies charbonneules faisoient plus de ravages. 140, Les Nègres & les garçons bouchers lèvent
les cuirs des animaux morts dans les entrepôts,
ce qui peut être une caufc de contagion. M. Darnaudin a été souvent consulté pour le --- Page 83 ---
Épizootiques. 73 charbon des animaux. Sachant que les secours
externes font les plus utiles , il a employé les
scarifications profondes sur les tumeurs ; il en
enlevait les bords , il les failoit laver ensuite
avec du vinaigre & du Ici, il appliquoit le feu
dans les tumeurs emphisémateuses, il pratiquoit
des mouchetures, il appliquait des vésicatoires
sur celles qui paroissoient ambulantes, qui ne
répandoient qu'une eau roussâtre ; il faisoit mettre
des fêtons lorique la suppuration étoit terminée >
il abreuvoit les animaux avec de l'eau blanche
camphrée & nitrée ; il leur faisoit donner des
lavements émolients ; il les nourridbit avec le
bois patate, ou le plan de petit-mil fané ; il
terminent le traitement par quelques purgatifs
dans une décoction de plantes amères : ces secours ont été infructueux, lorsque les tumeurs
disparoissoient d'un instant à l'autre & se portoient dans l'intérieur : les animaux périssoient
promptement. Les saignées, les boissons nitrées, les lavements émolients ont produit de très-bons effets,
lorsque les maladies avoient un caractère inflammatoire. Il n'est pas étonnant que les animaux succombent fréquemment à des maladies putrides
vermineuses ; ils ne boivent, dans beaucoup de
favannes, que des eaux stagnantes qui contiennent des principes vermineux ; ils sont continuellement au vert &: on ne leur administre que
des remèdes échauffants , des drastiques , des
résineux , qui portent dans tous les viicères l'irritation & le spasme. Il vaut mieux , dans un climat où la fibre a
tant de disposition à l'irritabilité , employer dans
les maladies vermineuses &: inflammatoiies les --- Page 84 ---
74 Sur ks Maladies . rafraîchissants acidulés, 1 eau raturée de crème
de tartre, les décodions blanches nitrécs, les
lavements mucilagineux & quelquefois acidulés >
& dans -la classe des purgatif y le tamarin., la
casse , le séné 3 la crême de tartre dans une décoction de mauve du pays.
tant de disposition à l'irritabilité , employer dans
les maladies vermineuses &: inflammatoiies les --- Page 84 ---
74 Sur ks Maladies . rafraîchissants acidulés, 1 eau raturée de crème
de tartre, les décodions blanches nitrécs, les
lavements mucilagineux & quelquefois acidulés >
& dans -la classe des purgatif y le tamarin., la
casse , le séné 3 la crême de tartre dans une décoction de mauve du pays. J'ai trouve souvent, dit M. Darnaudin , des.
vers œstres, que l oâ nomm.e dans le pays vers %
haricots, dans l'estomac, dans le pylcre. eu ils
étoient entassés en forme de grappes de raisin,
& dans te rectum. Lorsque je m'étois apperçu.
dans les diied-ions que lese animaux avoient des
vers de cette espèce , je Leur donnois deux fois
par jour une pinte de lait-., dans lequel j'ajou-
- tois une once de suie di/foute dans une demibouteille d'huile () : je donnais des lavements
de la même espèce trois fois le iour : j'ordonnois
ensuite quelque: décoctions ameres avec des pur-
.. gatifs légers, & ces remedes ont fait rendre
quelquefois une très-grande quantité de vers ;
mais i"c n'ai pas toujours eu le mêaje succes. J'ai fouverit vu dans les voies de la digestion,
& sur-tout dans r eitomac , des vers oblongs
rougeâtres. J'ai trouvé dans les intestins des vers
blancs, grêles & pointus par les decx extrémités :
ces vers se répondent queluefois dans l'abdomen ; ils pénètrent dans le mésentère , dans- le
canal thorachique , dans le réservoir de pecquet:
j'en ai vu plusieurs sur ta surface extérieure des
poumons. Les animaux attaqués de ces vers
périssent quelquefois subitement dans un état
convulsif, sans qu'ils aient donné auparavant aucun signe de maladie. (). Médec. vérérin. par M. Vitçt^ ch. I, pag. 42,
cl. IV, pag. 666 & 667. --- Page 85 --- -r- p CO t ue S. , La gourme répercutée , ce qu i est très- fréquent
dans la Colonie , par les intempéries du climat
les travaux forcés . prend le c.iradère de plu lieu rs
autres maladies qui le compliquent avec les maladies vermianeuses, de manière à embrasser les
pins habiles & à rendre les traitements plus
difficiles. Je me suis toujours attaché , dans ce cas , à
Combattre les vers & à établir des égcûrs, en
employant les mouchetures , les scarifications,
les cantharides sur les tumeurs ambulantes qui
paroissent à des temps éloignés. La gourme , qui paroît & disparoît plusieurs
fois, le trouve louvent compliquée avec la morve. J'ai vu plusieurs mulets & chevaux, attaqués
de la morve, qui avoient eu djs tumeurs en
différentes parties du corps, & notamment sous
Je vcntre.
établir des égcûrs, en
employant les mouchetures , les scarifications,
les cantharides sur les tumeurs ambulantes qui
paroissent à des temps éloignés. La gourme , qui paroît & disparoît plusieurs
fois, le trouve louvent compliquée avec la morve. J'ai vu plusieurs mulets & chevaux, attaqués
de la morve, qui avoient eu djs tumeurs en
différentes parties du corps, & notamment sous
Je vcntre. J'ai observé que plusieurs mulets étoient attaqués de la toux avant de jeter des naseaux , ce
qui m'a fait penser que les poumons étcicut
attaqués avant la membrane pituitaire , &: que
la morve n'était pas une maladie essentielle de
cette partie. J'ai essayé différents traitements , principalement ceux de M" Malouin & la FoTe qui ont
écrit f ir la morve d'une manière satisfaisante,
mais je n 'ai pas réussi. Un cheval que j'ave is
traité a cessé de jeter : je le croyois guéri : il
1 i est survenu , quelque temps après , différentes
tumeurs f.'r le dos, au poitrail, fous le ventre :
je 1 es ai scarifiées , j'y ai appliqué le feu : ranimal a j -té de nouveau , mais en petite quantité ; il est mort huit mois après : le poumon
écrit rempli de tubercules. Il ieroit à délirer que l'on ordonnât de vili- --- Page 86 ---
76 Sur les Maladies ter avec soin les animaux que l'on apporte dans
la Colonie. On ne débarque pas dans les villes les cargai sons qui paroi (Tent infectées, mais on les
deseend dans différents quartiers, & on les annonce quelque temps après dans les papiers pu7
blics , comme des animaux faits au pays. J'ai vu souvent des mulets sortant des bâtiments &r qui avoient l'air triste, les yeux larmoyants & des tumeurs sous le ventre. J'en ai
vu périr plusieurs dans les parcs où on les dépose : j'ai observé la même chose sur des chevaux anglois nouvellement débarqués : on affure
que cela n'est produit que par l'eau de mer que
l'on cst obligé de donner a ces animaux : mais
je crois que ces tumeurs sont souvent charbonneuses , &r qu'il conviendroit d'isoler les animaux qui en font attaqués, pour empêcher qu'ils
ne portaient lur les habitations le germe do
quelques maladies contagieu ses. OBSERVATION Qui tend à prouver que le virus de la morve,
qui regne à Saint-Domingue dans la dépendance du Cap , peut occasionner chez les
hommes dej maladies pestilentielles, y par
M. Darnaudin. LE Nègre, gardeur des animaux malades sur
l'habitation Gallifet, cst entré à l'hôpital le 10
avril 1787 ; il souffroit beaucoup des reins : le
ventre étoit très - douloureux , principalement
la région hypogastrique : le pouls étoit irrégu- --- Page 87 ---
Épizootiques 79 lier , quelquefois intermittent : la tranpiration
étoit froide & glutineuse j & la langue paroissoit limoneuse. Le onze, les anxiétés avoient
augmenté, le pouls étoit véhément & souvent
inégal : le malade se plaignoit d'une douleur
vive lancinante à la racine de la verge, & il
y avoit le loir une tumeur senhble qui s'étendoit sur le corps caverneux : le malade avoit
d'un instant à l'autre des défaillances , & son
haleine avoit une odeur putride insupportable.
soit limoneuse. Le onze, les anxiétés avoient
augmenté, le pouls étoit véhément & souvent
inégal : le malade se plaignoit d'une douleur
vive lancinante à la racine de la verge, & il
y avoit le loir une tumeur senhble qui s'étendoit sur le corps caverneux : le malade avoit
d'un instant à l'autre des défaillances , & son
haleine avoit une odeur putride insupportable. Les symptômes ont augmenté du onze au
douze : il a paru une tumeur aux deux régions
inguinales : le scrotum étoit tuméfié , & il s'est
formé sur cette partie , sur les aines &r à la racine de la verge, plusieurs pustules vésiculaires
gangreneuses : le treize, les défaillances étoient
plus fréquentes , le pouls étoit très - petit , la
transpiration exhaloit une odeur infe&e : j'ai scariflé profondément les tumeurs il en est sorti
une humeur noire puante & il s'est dégagé
avec une sorte de rutilement, des scarifications
faites sur le scrotum j un air si putride , que les
hospitalières qui m'environnoient ont été obligées
de se retirer pendant un grand moment & que
j'ai éprouvé moi-même un soulèvement d'estomac pendant toute la journée : le malade cst
mort le même soir. J'ai regardé comme pestilentielle les symptômes dont ce Nègre a été attaqué, & j ai présumé qu'il avoit contracté cette infe&ion en
soignant les animaux malades. J'ai mité dans
le même temps un autre Nègre, gardeur, qui a
éprouvé une fièvre maligne exauthémateuse,
mais qui a guéri (i). (i). Mal. épiz. par M. Paulet, t. II, § II, p. 86 & fuiy.
Moyens curat. par M. Vicq-d'Azir, pag. 162 & suiv. --- Page 88 ---
7 S Sur le.f' Mxh&es L 'Admimitration ayant été mitruite que l'oitperdoit beaucoup d'animaux tur plusieurs habitatiens , &: que les maladies qui les ~ étaient contagieuses, iaciiant qu'il y avoit beaucoup d'animaux malades , &: un très grand nombre de cadavres dans les savannes qui fervent
d'entrepôt aux boucheries & pour les mulets
dJ bateaux , & craignant avec raison que ces
maladies, qui sont le fléau de 1 agriculture,
n'occasionnassent une mortalité préjudiciable à
l'exploitation des revenus & très-onéreuïe à- là
Colonie , & qu'elles ne s'étendirent sur les hom*
rnes, ce qui produirait un double beau , encore
plus funeste aux intérêts des Colons & à l'humanité, a ordonné (2) aux Médecins, Chirurgiens du Roi & aux Artistes vétérinaires, brevetés &: entretenus par la Cour, de visiter les
entrepôts &r les habitations où régnoit la maladie;
d'examiner la nature de faire un rapport qui
pût l'instruire la mettre dans le cas de prendre les messires les plus convenables pour détruire ou arrêter les progrès de la contagion.
funeste aux intérêts des Colons & à l'humanité, a ordonné (2) aux Médecins, Chirurgiens du Roi & aux Artistes vétérinaires, brevetés &: entretenus par la Cour, de visiter les
entrepôts &r les habitations où régnoit la maladie;
d'examiner la nature de faire un rapport qui
pût l'instruire la mettre dans le cas de prendre les messires les plus convenables pour détruire ou arrêter les progrès de la contagion. On a constaté dans cette visite, qui a été
faite le 2 avril 1787, sons l'inspection de MM.
Arthaud & Rculin , médecin 6c chirurgien dTi
Roi ; par les sieurs Gelin , Trigles Se T apole , vétérinaires , I° que les Propriétaires on Ici Fermiers
de plusieurs habitations qui servent d'entrepôt
aux animaux destinés aux boucheries &: au commerce des mulets, n'ent pas loin d * faire enterrer les animaux. & q!'c leurs savanes étoient
couvertes de cadavres 8: d'o sseme nts ; 1 que
les chiens avoient entraîné les débris de plusieurs (i). Ordonnnnce de MAf. Je Vincent & , commandant & ordonnateur au Cap, en date eu J. mars 1787. --- Page 90 ---
t i Sur les Maladies purés , & les sinus contenoient une grande quart""
tiré de pus. La tunique extérieure du foie étoit calleus¿
& cbstruéc presque dans tonte sou étendue. Il
y avoir une concrétion blanche gypseuse dans la
substance du foie. La tunique externe de la rate
étoit obstruée. Il y avoit plusieurs points d'engorgement dans
le cerveau. Les glandes pinéales pituitaires
paroissoient plus grosses que dans l'état naturel.
Nous avons trouvé un peu de sérosité dans les
ventricules. La substance du cervelet étoit molle. Cette observation nous montre les désordres
d'une maladie chronique, à laquelle il auroit été
difficile d'appliquer un traitement. Par quel moyen
auroit-on pu attaquer les engorgements &r les
obstruélions des vaisseaux lymphatiques & des
glandes ? les Scolastiques nous proposeront des
appéritifs) des fondants : mais il faut des moyens
dans la pratique, & non pas des mots ; & il
faut convenir que si l'observation & l'expérience
ne nous éclairent pas, nous aurons long-temps
plus de mots que de moyens. Cependant il ne faut pas perdre de vue que
le sujet de cette observation a jeté pendant plus
d'un an&r que la maladie qu'on ne reconnoît
ordinairement que par le flux des naseaux est
plus rapide chez les mulets, qui meurent souvent du 6 au 15 de l'époque où ils ont commencé à jeter. D'ailleurs ce cheval a d'abord
jeté de la narine du côté du montoir. Cet écoulement a cessé ensuite , & on le croyoit guéri
lorsque l'écoulement a reparu de l'autre côté ;
enfin c'est de ce côté que l'on a trouvé des tubercules ulcérés , tandis que l'on n'a vu sur la
membrane pituitaire, de l'autre côté, que des
callosités
15 de l'époque où ils ont commencé à jeter. D'ailleurs ce cheval a d'abord
jeté de la narine du côté du montoir. Cet écoulement a cessé ensuite , & on le croyoit guéri
lorsque l'écoulement a reparu de l'autre côté ;
enfin c'est de ce côté que l'on a trouvé des tubercules ulcérés , tandis que l'on n'a vu sur la
membrane pituitaire, de l'autre côté, que des
callosités --- Page 91 ---
Êphoùtîqucs. 8 r F callosités & des vaisseaux variqueux , ce qui
permet d'inférer que si la maladie n attaquait
que la membrane pituitaire, il leroit peut-être
possible de parvenir à détruire les ulcérations
qui produisent l'écoulement & à obtenir une
cicatrice. On a tué un autre mulet qui jetoit depuis
dix iours *, {on allure étoit triste ; il avoit la tête
basse, 1 'œil terne, de la maigreur, le poil hérissé
& sec ; il jetoit avec bruit, des deux naseaux,
une humeur nuiqueuse , blanche, sans odeur. La masse alimentaire contenoit beaucoup de
crinons : il y avoit une très - grande quantité
de ces vers sur la tunique intcrne de l'estomac:
un tubercule placé entre les tuniques de ce vifcère en étoit rempli, les glandes mésentériques
étaient engorgées : il y avoit un épanchement
séreux dans le ventre : nous avons trouvé dans
l'estomac au moins vingt œstres, qui étoient implantés dans les tuniques : il y avoit quelques
strongles dans les intestins grêles. Les poumons avoient quelques tubercules :
les glandes bronchiques etoient fort engorgées
& molasses j la membrane pituitaire des deux
narines étoit tuberculeuse suppurée dans plusieurs
points, les sinus ne paroissoient pas affeaés : il
y avoit de la séresité dans les fosses occipitales
& dans les ventricules : la substance du cerveau
étoit un peu molle, ainsi que celle du cervelet;
le plexus choroïde étoit engorge , ainsi que les
glandes pinéales & pituitaires. Le 3 avril 1787 , on nous a présenté sur
l habitation de M. Lefevre , au quartier Morin ,
une mule de six ans qui ne jetoit du naseau
hors le montoir, que depuis la veille , une humeur blanche, épaiile, sani odeur : l'animal pa- --- Page 92 ---
82 Sur les Maladies roissoit en chair, vigoureux, & il ne montroit
aucurt ligne qUI annonçât des deiordres essentiels. On a tue cet animal : on a trouvé plusieurs
crinons répandus sur le mésentère & lur les intcilins: la maile alimentaire contenoit une grande
quantité de vers de la même espèce : il y en
avoit une couche lur les parois de l 'estomac Î
nous avons trouvé un tubercule entre les tuniques de ce viiccre : ce tubercule communiquoit
à l'estomac par un trou sistuleux ; il contenoit
des crinons &: dL1 pus.
On a tue cet animal : on a trouvé plusieurs
crinons répandus sur le mésentère & lur les intcilins: la maile alimentaire contenoit une grande
quantité de vers de la même espèce : il y en
avoit une couche lur les parois de l 'estomac Î
nous avons trouvé un tubercule entre les tuniques de ce viiccre : ce tubercule communiquoit
à l'estomac par un trou sistuleux ; il contenoit
des crinons &: dL1 pus. Les glandes d i mésenstère étoient engorgées ,
principalement celles du mésocolon. Pluiieurs de
ces glandes etoient dans un état de suppuration,
contenoient des crinons : une branche de l'artère mésentérique postérieure étoit dilatée , &
contenoit un paquet de crinons qui ne différoient
de ceux du bas-ventre que par leur coûte ir rouge i
les tuniques de cette artere étoicnt engorgées
& paroi ssoient rongées intérieurement : il y avoir
quelques points tuberculeux dans le foie > Ici
-poumons paroissoient fains : il y avoit un pus de
profité jaune dans le péricarde. La membrane pituitaire de la narine du côté
du montoir étoit rouge , engorgée & variqueuse;
celle de la narine hors le montoir étoit plus engorgée , plus rouge & paroissoit avoir souffert
de l'irritation : le finus zigomatique, le maxillaire contenoient une très-grande quantité d un
pus blanc , & l'écoulement du naseau ne paroifloit être que le dégorgement de ce foyer
qui étoit considérable : la membrane pituitairc
de ce sinus étoit engorgée , ulcérée &r infiltrée
par une humeur jaune, gélatineuse & sereuse. 'MM. le Général &: l'Intendant avant pris communication de cet observations, MM. leurs --- Page 93 ---
, Êpî^ooiîques. S# F ij prelentants au Cap ont rendu, le 7 avril 1787,
line ordonnance provisoire , ayant pour objet
principal de régler la police à obscrver dans les
entrepôts qui servent aux boucheries & au commerce des mulets. On a obsèrvé des écoulements morveux chez
plusieurs espèces d'animaux, & dans différentes
cspèces de maladies (3) ; mais la morve proprement dite n'attaque que les chevaux , l'âne ,
les mulets, le joumard & le zébre (4). '
Les Grecs, qui désignent la morve sous le
nom de Malis , pensoient que le siége de cette
maladie étoit dans la tête. Mrs Lafosse, père &: fils, détruisant toutes les
opinions qui fixoient le siége de la morve dans
différents viscères , 1 ont placé dans la membrane
pituitaire. Cette opinion , accueillie par l'Accademie des sciences , a eu beaucoup de parti ans :
M. l'Abbé Rozier l'a adoptée ; mais elle cst retrecie , & nous croyons que M. Bourgelat a
raison de dire qu'elle est insoutenable , malgré
les suffrages les plus éclatants.
père &: fils, détruisant toutes les
opinions qui fixoient le siége de la morve dans
différents viscères , 1 ont placé dans la membrane
pituitaire. Cette opinion , accueillie par l'Accademie des sciences , a eu beaucoup de parti ans :
M. l'Abbé Rozier l'a adoptée ; mais elle cst retrecie , & nous croyons que M. Bourgelat a
raison de dire qu'elle est insoutenable , malgré
les suffrages les plus éclatants. On pourroit croire que les altérations observecs sur les différents viscères, dans la morve,
sont l'effet d'une altération successive des humeurs 3 & d'un dépérissement chronique ; mais
nos observations nous ont démontré que l'altération des humeurs, l'engorgement des glandes,
la lésion de plusieurs viscères , l'ulcération de
plusieurs parties existoient avant que la morve
proprement dite s'établît & qu'il y eût ulcéra- (J). Inftruét. sur les moyens de s'assurer de l'exifience de
la morve & d'en prévenir les effets , art. 1er , pas 8. V.
Guide du Maréchal, § III, pas. io. (4). Mem. de la S. R. de méd. année 1779 p. 61 & s. --- Page 94 ---
gi. Sur les. Maladies tion de la membrane pitui taire , avec écoulement purulent par -les nascaux. M. l'Abbé Rosier présente toutes les inductions
qui peuvent autoriser l'opinion de Mïs Lafosse.
1°, Il y a, dit-il ( 5) , dans le cheval & dans
l'homme , des plaies & des abcès qui n oïit leut
siége que dans une partie ; pourquoi n'en seroitil pas .de même dans la morve ? -Nous observerons que la plaie est un accident
qui peut intéresser toutes les parties qui auront
souffert l'application des moyens qui peuvent là.
produire : quant aux abcès , leur liège ordinaire
est le tissu cellùllaire ils peuvent se Former dans
toutes les parties 20, H y a, dit M. Rozier, dans l'homme des
chancres rongeants aux lèvres dans le nez :
ces chancres n'ont leur siége que dans les lèvres -
-ou dans le nez ; ils ne donnent aucun signe de
leur existance après leur guérison locale : pourquoi n'en seroit - il pas -de même de la morve
-dans le cheval ? Il peut se former des ulcérations & des chancres sur toutes les parties qui auront èté irritées
par dés substances acres & caustiques ; maïs ces
ulcérations & ces chancres sont plus- souvent
symptômatiques qu'ydiopatiques : on les guèrit pas toujours par un traitement local î il est
même souvent dangereux de le tenter. D'ailleurs
en admettant 3 comme cela est vrai , qu une
' cause irritante ou rongeante pût produire tine
ulcération locale dans la membrane pituitaire,
ce n'est pas avouer que cette ulcération soit la.
morve , &r il faudrait bien d'autres preuves pour
établir cette assertion.
res sont plus- souvent
symptômatiques qu'ydiopatiques : on les guèrit pas toujours par un traitement local î il est
même souvent dangereux de le tenter. D'ailleurs
en admettant 3 comme cela est vrai , qu une
' cause irritante ou rongeante pût produire tine
ulcération locale dans la membrane pituitaire,
ce n'est pas avouer que cette ulcération soit la.
morve , &r il faudrait bien d'autres preuves pour
établir cette assertion. (5). Cours comp, d'agr. t. VI, arc. morve, p. 606 8c L --- Page 95 ---
ÉpiToovques, g# f iij 3 , La puimonie y continue M. Rozier , on
la suppuration du poumon 3 n'affecte que le poumon : pourquoi la morve n affecteroit-elle pas
uniquement la membrane pituitaire ? Il y a des pulmonies de constitution , il y en
a d 'accidentelles. Les causes qui. peuvent les produire font très-multipliées ; mais en examinant
causes éloignées, les prédisposantes, les déterminantes de la pulmonie , on voit qu'elle cst
moins sauvent essentielle que sympômatique , &.
que la suppuration du poumon n'est dans le
plus grand nombre des cas , que la suite d'un
vice humoral & organique , dont le plus grand
développement s'est manifesté sur la partie h
p us foiole & la plus disposée à en recevoir les
imprdsions. Si la morve n'étoit pas locale, dit MI
Rozier ou ce qui est la même chose, il elle
venoit de la corruption générale des humeurs,
pourquoi chaque partie du corps, du moins celles
qui font d'un même tissu que la membrane pir
tuitaire c 'est à dire d'un, tissu mou , vasculeux
& glanduleux , tel que le cerveau le poumon, le foie , le pancréas , la race , &c. ne
Ici oient-elles pas affectées de même que la membrane pituitaire ? Pourquoi ces parties ne seroientcLes pas affectées plusieurs & même toutes à la
fois, punque toutes les parties sont également
abreuvées & nourries de la masse des humeurs
& que la. circulation du sang , qui est la source
de toutes les humeurs , se fait également dans
toutes les parties ? Or il est certain que dans la
morve proprement dite toutes les parties du
corps sont parfaitement saines, excepte la membrane pituitaire : cela a été démontré par un
grand nombve de dissections. --- Page 96 ---
86 Sur les Maladies Ces propositions renferment des erreurs de
fait & d'observations. Je dirai d'abord, pour les
attaquer, que l'on décide souvent trop légèrement de l'état sain ou malade des humeurs ou
des organes. Il y a des altérations sCnsibl: s qui
nous frappent & que nous découvrons aisément »
mais il y a bien des nuances qui nous échappent j & ce sont toutes ces nuances qu'il faudroit pouvoir saisir ^ pour connoître avec précision les différentes espèces, les différents degrés
d'altérations, & pouvoir juger de l'état sain ou
malade des humeurs ou des organes. Ces connoiflances ne font pas faciles à acquérir ; elles
manquent à la médecine ; & tant qu 'on ne les
aura pas , il y aura toujours dans les recherches,
anatomiques beaucoup de jugements hasardés #
beaucoup d observations vicieuses.
j & ce sont toutes ces nuances qu'il faudroit pouvoir saisir ^ pour connoître avec précision les différentes espèces, les différents degrés
d'altérations, & pouvoir juger de l'état sain ou
malade des humeurs ou des organes. Ces connoiflances ne font pas faciles à acquérir ; elles
manquent à la médecine ; & tant qu 'on ne les
aura pas , il y aura toujours dans les recherches,
anatomiques beaucoup de jugements hasardés #
beaucoup d observations vicieuses. Le poumon , le cerveau , le foie , la rate , le
pancréas, &c. ont chacun leur texture j &: ils
ont chacun des lois particulières de circulation,
de sensibilité, de motivité qui les rendent propres à exercer la fonction qui leur en: attribuée;
mais comme toutes les humeurs & le principe
vital ont une source commune , ils sont susceptibles, sous la modification particulière qu ils reçoivent dans chaque organe, d'une altération
générale qui établit les maladies de toute la
fubstancc La morve ell de ce genre, &: l'on a
vu assez sou vent que son principe avoit agi sur
toutes les humeurs & sur tous les viseères, pour
qu'il ne soie pas permis de douter que cette maladie n'est pas simplement locale., mais qu'elle
porte son impression sur toutes les parties. Nous croyons, avec M. Chabert, que le sang
cst vicié dans la morve : nous en avons vu des
preuves incontestables dans nos observations > --- Page 97 ---
Ëphootrques. 87 F iv fnais elles nous ont montré aussi que cette humeur n'étoit pas la seule qui fut affectée : toutes
ks glandes nous ont paru entreprises, toute la.
lymphe nous a paru viciée, & nous pensons que
c'est avec rai son que M. Bourgelat a dit qu'il
falloit chercher la source de la morve dans la
dyserase ou dans la corruption du iang & des
humeurs. 1°. Si dans la morve, continue M. Rosier
la mate totale des humeurs étoit viciée, chaque
humeur particulière qui en émane le seroit aussi ,
& produirait des accidents dans chaque partie.
La morve ferait dans le cheval, ainii que la
vérole dans l'homme, un composé de toutes fortes
de maladies; le cheval maigrirait, souffriroit, languiroit & périroit bientôt; des hun e 1rs viciées
ne peuvent pas entretenir le corps en fanté. Or
on sait que dans la morve le cheval ne sorffre
point, qu'il n'a ni fièvre ni aucun autre mal ,
excepté dans la membrane pituitaire ; qu'il beit
& mange comme à l'ordinaire, qu'il fait toutes
ses fonctions avec facilité , qu'il fait le même
service comme s'il i/avoit point dj mal, qu'il
est gai & gras, qu'il a le poil liTe & tous les
lignes de la plus parfaite fanré (6). La vérole n'eu: pas un composé de toutes fortes
de maladies ; son principe cst un : il n'y a que
ses effets qui varient. Comme l'on voir des hommes qui conservant de l'embonpoint & dont les
fondions s'exécutent avec régularité, quoiqu'ils
aient la vérole, de même onvoitdes chevaux &:dcs (6). Il est cefain que ces firrnes sont la marque d'une
bonne fanré ; mai, il s'en sauc bien que le rheval morveux
les donne. Au contraire , on reconnoît son état à son regard
triste , à (on po;l hérissé & à l'amaigrissement de tout son
coing. Lait du manège., chap. 18, pag. 116.
ent avec régularité, quoiqu'ils
aient la vérole, de même onvoitdes chevaux &:dcs (6). Il est cefain que ces firrnes sont la marque d'une
bonne fanré ; mai, il s'en sauc bien que le rheval morveux
les donne. Au contraire , on reconnoît son état à son regard
triste , à (on po;l hérissé & à l'amaigrissement de tout son
coing. Lait du manège., chap. 18, pag. 116. --- Page 98 ---
S 8 Sur les Maladies mulets qui ne paroi fent pas souffrir, qnoiqu'fh
soient attaqués de la morve : l'action des principes
contagieux n'est pas la même chez tous les individus, leur développement ne garde pas la même
mesure chez tous les fJjets; ils ne portent pas
leurs impressions constamment sur les mêmes par.
tics, &: l'on oblerve toujours de la variation dans la.
marche &: dans les symptômes : mais gardons-nous
d'établir nos erreurs en principes ; ne présentons
pas nos illusions pour des vérités, &: ne réglons
pas nos opinions sur des exceptions. Il y a des
animaux qui ont la morve & qui ne paroissent
pas souffrants : cela cil vrai nous en avons vu
des exemples. Mais à quelle époque de la maladie cet état de santé peut-il en imposer ? ce
ne peut-être qu'à celle de la rémission des symptomes inflammatoires & de la fièvre , lorsque la
suppuration qui eit formée dans les glandes n'a
pas encore infecté les humeurs par une diathese
irritante & septique, ni porté dans les organes
une altération qui puisse en dénaturer la. texture
& troubler les fonctions. Comment M. Rosier, qui dit que la morve est
un écoulement de mucosité par le nez avec inflammation ou ulcération de la membrane pituitaire , peut-il dirc qu'il n'y a pas de fièvre dans
la morve ni aucun autre mal. La morve seroit
la seule maladie inflammatoire qui ne feroit pas
accompagnée de fièvre ; niais la nature ne sc
dément pas, la fièvre existe dans la morve, dans
son principe ou dans son développement, à l'époque inflammatoire : mais elle n'exige plus lorfque la suppurarion est érablic ; il paroît que
le premier période de la maladie n'a pas été
observe , & que )'on n'a examine que le sécond
& le dernier. --- Page 99 ---
Êphootîqvcs. 8 Apres avoir avancé des a 1ertions qui tendent
à prouver que la morve est une maladie locale
qui n'attaque que la membrane pituitaire, M. Rofier établit des faits qui , buvant lui 3 ne lai lient
guère de lieu au doute & à la dispute. Premier fait. Souvent la morve n'affecte la membrane pituitaire que d'un côté du nez , donc elle
eit locale. Si elle étoit dans la maTe des humeurs, elle devroit au moins attaquer la membrane pituitaire des deux côtés. Il y a toujours un côté qui paroît plus affecté
dans les animaux morveux ; mais l'autre côté
n'eil pas pour cela exempt de toute altération.
Le virus morveux, comme tous les principes des
maladies contagieuses, agit non-seulement f' r
toute- lJ. substance, mais il se porte par des révolutions très-promptes & avec un mouvement
très-rapide, d'une partie sur l'autre ; & sa plus
forte impression sur telle ou telle partie paroît
déterminée par les rapports qu'il a avec les humeurs qui l'abreuvent, sa conilitution , sa sènfibilité &: son irritabilité.
ération.
Le virus morveux, comme tous les principes des
maladies contagieuses, agit non-seulement f' r
toute- lJ. substance, mais il se porte par des révolutions très-promptes & avec un mouvement
très-rapide, d'une partie sur l'autre ; & sa plus
forte impression sur telle ou telle partie paroît
déterminée par les rapports qu'il a avec les humeurs qui l'abreuvent, sa conilitution , sa sènfibilité &: son irritabilité. Deuxième fait. Les coups violents sur le nez
produisent la morve; dira-t-on qu'un coup porié
sur le nez a vicié la masse des humeurs ? Est-il bien prouvé que les coups portes sur
le nez aient produit la morve proprement dite ? Troifièmc fait La lésion de la membrane pituitaire produit la morve. En 1779 } au mois de
novembre, après avoir trépané &r guéri d i trépan un cheval , il devint morveux , parce que
l inflammation se continua jusqu'à la membrane
pituitaire. L'inflammation d'une partie ne met pas
la corruption dans toutes les humeurs. Cette troisième proposition reTemble à la séconde, Le principe qu'elle contient cil destitué --- Page 100 ---
tO Sur les M al ad'es de preuves; & il est permis de douter, sans vouloir disputer , mais arrêté par la. nécessité d'exiger
de l'cxactitude dans les obtervations phyliques,
que la morve qui est survenue an cheval qui
avoit été trépane fût de l'espèce contagieuse. Qui eit-ce qui ne (ait pas, qui elt ce qui n'a
pas observé que la plus petite inflammation ,
accompagnée d'un mo- vjment fébrile, produit
d'abord de l'orgafmc dans les humeurs, de l'érétisme dans les iolidcs, & en suite une certaine
nuance de décoloration qui annonce que les
humeurs pénétrées par une surabondance de feu
ont été atténuées, ou qu'il s'est Formé des stases,
des embarras dans les voies de la circulation, &
que les humeurs surchargées peut-être par des
principes hétérogènes ont besoin nour corrigerl'altération qu'elles ont f ubie , de se déparer par
les voies d'excrétion qui sont les mieux disposées,
pour s'y prêter. C'est en examinant toutes les nuances de la
fanté & des maladies que l'on peut juger avec
exactitude des révolutions de l'economic animale dans l'un & dans l'autre état; mais où sont
les signes qui peuvent nous faire connoître , principalement chez les animaux , ces altérations
presque imperceptibles ; & combien ce défaut
de sagacité , d'attention ou d'observation ne nous
fait il pas porter de faux jugements ? Quatrième fait. Un cheval fain devient morveux presque sur le champ , si on lui fait dans
le nez des injections acres & corrosives. Or Joces injections ne vicient pas la mafle des hu-'
meurs. Cette proposition est aussi vicieuse que les deux
précédentes. Le tabac excite le larmoiement chez
J'homme & la. sécrétion de la morve mais il ne --- Page 101 ---
Êpirootiquts. t} r produit pas l'ozcne ni le coriza. Il n'dl: pas douteux que des injections acres & corrosives ne puifsent enflammer, ulcérer la membrane pituitaire
& produire un écoulement morveux : mais cet
écoulement est-il la morve essentielle & contagieuse? Nous ne nous lailcrons pas de répéter
cette question, qui peut se résoudre sans dispute,
par de bonnes expériences.
mais il ne --- Page 101 ---
Êpirootiquts. t} r produit pas l'ozcne ni le coriza. Il n'dl: pas douteux que des injections acres & corrosives ne puifsent enflammer, ulcérer la membrane pituitaire
& produire un écoulement morveux : mais cet
écoulement est-il la morve essentielle & contagieuse? Nous ne nous lailcrons pas de répéter
cette question, qui peut se résoudre sans dispute,
par de bonnes expériences. Cinquième fait. On guérit de la morve par des
remèdes topiques. Il est certain que l'on a cité des faits ; mais
ils prouvent peut-être , s'ils sont exaéts bien
oblervés, que l'ulcération morveuse de la membrane pituitaire peut être guérie quelquefois sans
qu'il sc manifeste dans la fuite un nouveau développement de la maladie sur d'autres parties.
C'est ainsi que l'on voit guérir quelquefois par un
traitement plus heureux que fage des symptômes
de vérole ou des maladies cutanées, pardes remèdes externes sans qu'il arrive accident ; mais combien n'a-t-on pas de preuves des suites fâcheuses
de ces traitements inconsidérés qui détruisent la
sécurité qui avoit séduit & trompé les malades:
n'a - t - on, pas même des exemples que la guérison des animaux morveux par l'usage du traitement local n'est qu'illusoire ; &r n'a-t-on pas
vu des animaux qui avoient cessé de jeter êc
que l'on crovoit guéris redevenir morveux, &
éprouver tous les ravages de la maladie ? Nous n'aurions pas examiné 1 JS propositions
de M. l'abbé Rosier, qui sont celles de Meilleurs
Lafosse , si elles ne se trouvoient pas dans un
ouvrage qui mérite à bicn des égards de faire
autorité , & si nous n'étions pas persuadés que
M. Rosier scroit fâché que la juste réputation
dont il jouit servît à rerpétuer des erreurs qui- --- Page 102 ---
91 Sur les Maladies ont peut-être déjà pendant trop long-temps donné
des entraves aux recherches & aux observations
que l'on auroit pu raire pour perfectionner l'histoire d'une maladie qui cil à peine connue. L'origine des maladies contagieuses eit toujours très-obscure , &: l'on peut dire qu'il y a
beaucoup d'erreurs dans tous les raisonnements
que l'on fait à ce fuiet. On a présumé que la morve avoit é'té apportée
dans la Colonie par dis m ilets ou par des chevaux étrangers : on a vu plusieurs fois des chevaux
qui arrivoient de la Nouvelle-Angleterre, & qui
avoient des écoulements par les naseaux ; m lis on
n'a jamais constaté par des observations exactes,
si ces écoulements étoient prodilits par la gourme,
par la morve ou par d autres maladi, s ; en sorte
oue cette allégation sur l'introduction de la morve
dans la Colonie n'est qu'une conjecture probable,
& qui est destituée de preuves (i). On porte
des mulets espagnols & des chevaux anglois dans
la partie de t'ouest & dans celle du sud , comme
dans la partie du nord ; cependant la morve ne
s'est encore manifestée que dans celle-ci j, &r son
principe n'a pas encore été transporté dans les
autres parties de la Colonie , ou il n'y a pas
encore pris de développement.
morve
dans la Colonie n'est qu'une conjecture probable,
& qui est destituée de preuves (i). On porte
des mulets espagnols & des chevaux anglois dans
la partie de t'ouest & dans celle du sud , comme
dans la partie du nord ; cependant la morve ne
s'est encore manifestée que dans celle-ci j, &r son
principe n'a pas encore été transporté dans les
autres parties de la Colonie , ou il n'y a pas
encore pris de développement. Mais en atte l iant que la morve ait pu se
former dans la Colonie , nous ne pouvons pas
faire connoître les causes qui ont pu produire le
premier germe de la maladie -, ni celles qui peuvent favoriser son développement. Nous avons
vu régner la morve sur des habitations dont le
sol eil bas, humide, argilleux, où il y a peu
de savannes, où les animaux font nourris en par^ - f7). V. notre huitième observation --- Page 103 ---
Éi-oot;,-zes. 0 » 4 tic avec des aliments échauffants fcrmcntefcibles,
où ils boivent 8c le baignent dans des marres
chaudes 8c dont les eaux sont altérées, où ils
font employés à des travaux continuels 8c fatigants , où ils font fréquemment réunis, où ils font
exposés à contracter du froid, de i'humidité après
un exercice violent. Cependant toutes ces eau les*
qui sent à peu près les mêmes que celles qui
ont été indiquées par M. Chabert, existent lur
presque toutes les habitations de Saint-Domingue *
8c l'on n'y voit pas paraître la morve (8). On regarde la morve en Europe comme une
maladie chronique qui ne parcourt ses périodes
qu'avec une extrême lenteur (). L'été elt la (aiIon où le virus morveux cst le phs contagieux
où il agit avec beaucoup pins d'activité; c'cil
pourquoi dans les pays chauds la morve se communique si facilement 8c prend un accroissement
si prompt (1). Il faut distinguer plu Heurs époques dans la
morve. Celle de l'incubation qui cil celle pendant laquelle le virus se propage, 8c agit suries
humeurs & sur les organes d'une manière qui
les dispose à subir l'altération relative au mode
de cette maladie, 8c à prendre le ton d'action
qui convient à son caractère. On ne connoît pas l'étendue de cette époque '
8c couvent elle échappe à l'observateur. Il y a une seconde époque dans laquelle l'ani.
mal efc inquiet, triste ; il a des attitudes gênées
il se couche plus fréquemment: il y a de la
fièvre : il se forme des gonflements .'des ulcé- (8). Instruct. sur lee; moyens de s'aérer de l'existence de
la morve. Art. 1, causes de la mnrve, p. 13 & 14.
poque '
8c couvent elle échappe à l'observateur. Il y a une seconde époque dans laquelle l'ani.
mal efc inquiet, triste ; il a des attitudes gênées
il se couche plus fréquemment: il y a de la
fièvre : il se forme des gonflements .'des ulcé- (8). Instruct. sur lee; moyens de s'aérer de l'existence de
la morve. Art. 1, causes de la mnrve, p. 13 & 14. \;• . C. p. T6 , -"'MrntaHque n îçç 1. V. Méd. vétér. classe VI, p. --- Page 104 ---
94 Sur les Maladies rations ploriques farcineutès, des épilations, des
tumeurs sur différentes articulations , des claudications : les narines ne jettent qu'une humeur
claire, muqueuse peu abondante : la membrane pituitaire parait plus ou moins rouge, les
glandes commencent à s'engorger. Cette fécondé
époque qui n'a pas une étendue déterminée,
échappe souvent encore sur les habitations, parce
que l'on n'examine pas avec afïez d'attention
les animaux parce que l'on ne saisit pas toutes
les indispositions qu'ils éprouvent, parce que l'on
se trompe sur le caractère de celles que l'on
apperçoit & que l'on ne sait pas qu'il y a dans
la morve une variation d'accidents j & une progrcffion de symptômes qui en imposent, lorfqu'on n'en a pas observé les rapports successifs. Enfin la troisième époque est l'état purulent
de la maladie : c'est celle que l'on connoit le
mieux , c'est elle qui a fixé le nom de la maladie ; ses progrès & les symptômes de dégradation qu'elle présente sont plus rapides dans les
pays chauds que dans les pays froids ; & c'est
parce qu'on l'a examinée abstraétivement que l'on
a dit que la morve dans la Colonie paroissoit
être une maladie aiguë. C'est à cette époque que
les glandes s'engorgent & s'abcèdent, que les tubercules du poumon supurent, que le tissu cellulaire s'infiltre , que la membrane pituitaire se
charge de tous les désordres décrits par tous les
Auteurs &r que l'on retrouve dans nos obfervations, que la gêne de la respiration s'établit, que
l'on voit toutes les forces vitales combinées,
toutes les oscillations se réunir pour déplacer des
portions du virus, pour les porter sur diverses
parties & faire des efforts inutiles pour éteindre
une cause de deitrudion qui est indomptable.
cellulaire s'infiltre , que la membrane pituitaire se
charge de tous les désordres décrits par tous les
Auteurs &r que l'on retrouve dans nos obfervations, que la gêne de la respiration s'établit, que
l'on voit toutes les forces vitales combinées,
toutes les oscillations se réunir pour déplacer des
portions du virus, pour les porter sur diverses
parties & faire des efforts inutiles pour éteindre
une cause de deitrudion qui est indomptable. --- Page 105 ---
„ 1 .. Epizootiques. of il est prouve que la morve est une maladie
contagieuse (i). M. Chabert dit, en parlant de
la gourme , de la mortondure , que ces maladies
ne deviennent contagieuses que par le flux qu'elles
occasionnent. Tout cheval sain , dit-il, ne lauroit en effet lécher , avaler ou recevoir, de quelque manière que ce (bit l'humeur morbifique
qui s échappe par les naseaux d'un animal maiade , sans contracter une maladie dont les fymtomes font un flux plus ou moins copieux (3)
La contagion de la morve agit avec une activité relative a la disposition des su jets, à la masse
& a la force des principes contagieux , à la conititution des lassons &: a' x parties sur lesquell es
elle est appliquée. M. Blein de Villeneuve habitant au Limbe , qui doit ses talents à Ibn génie
& sa considération de à son mérite, a eu la morve
sur les mulets de son habitation : la contagion
faisoit des progrès & avoit un développement
rapide; il a fait tuer ceux chez lesquels la morve
étoit confirmée ; il a îsolé ceux qui paroifsoienc
légèrement affectés & chez lesquels la maladie
étoit a la première & à la sécondé époque. M.
n a éteint, par cette conduite , le foyer de
la contagion ; il a dispersé & affaibli ce qui rcftoit : la disposition individuelle a peut-être changé
avec la conflitution : les circonstances n"ont plus
été les mêmes : des influences trop foibles n'ont
pas porte des impressions fiffisantcs pour exciter
c développement des principes contagieux &
la maladie a paru cesser. C habert > que nous citons toujours avec
p saisir dit que tous les chevaux qui habitent (1). v "Hm. de la roc. d, w-i L, C. »» AiUUKbt. p. al. --- Page 106 ---
96 Sur les Maladies travaillent, boivent & mangent avec des chevaux morveux, n'ont pas toujours contrarié la
morve : ' il en eit de la morve , luivant lui,
comme de toutes les maladies contagieuses ; la
malignité est relative a la disposition des sujets %
elle a d'autant plus d'activité que les chevaux
sont plus jeunes , que leurs humeurs de gourme
font plus en mouvement, que leur tempérament
sera plus altéré , que leur nombre sera plus considérable, que leur service exigera qu'ils soient
plus rassemblés, plus mêlés les uns avec les
autres. (4).
' il en eit de la morve , luivant lui,
comme de toutes les maladies contagieuses ; la
malignité est relative a la disposition des sujets %
elle a d'autant plus d'activité que les chevaux
sont plus jeunes , que leurs humeurs de gourme
font plus en mouvement, que leur tempérament
sera plus altéré , que leur nombre sera plus considérable, que leur service exigera qu'ils soient
plus rassemblés, plus mêlés les uns avec les
autres. (4). Lorsque le virus morveux attaque les mulets *
dit M. Vitet, il fait des ravages considerablcs
& se communique avec promptitude (j). Pourquoi la morve attaque-t-elle plus communément les mulets, à Saint-Domingue , que
les chevaux ? les chevaux ne font pas mieux
nourris ni mieux soignés que les mulets : on les
fatigue également par des courtes forcées : l'habitude d'aller très - vîte fait qu'on ne les ménage pas ; ils paflfent les rivières étant couverts
de Sueurs : on ne prend aucun soin d'eux lorsqu'ils arrivent : on les lâche souvent dans les
lavannes où ils sont exposes à toute l'intempérie
des faisons; ils mangent dans les mêmes bacs,
dans les mêmes chaudières ; ils s'abreuvent dans
les mêmes mares, & cependant on n'a pas encore observé que toutes ces ca"Ses aient produit chez aucun le développement spontané de
la morve Tous les animaux qui icttcnt ne font T'as attaqués de la morve. Il y a des écoulements pro- (4). V. InOruéh P- 1 r. (f). V. Méd. vétér. cLiTe VI, p. 814.
duits --- Page 107 ---
.-. Kïphpo tiques. 1 9, tf duits par la gourme, par la pulmonie, par des
maladies du sinus maxillaire j comme celle que
nous avons vue sur un cheval 'dont nous rapportons l'oblervation ; mais dans ces cas, la membrane pituitaire n'est pas enflammée , tuberculeuse, ulcérée ; les glandes ne font pas engorgées,
tuméfiées oc suppurées. L'art vétérinaire, comme la médecine , a ses
difficultés & les écucils. On n'a pas encore découvert le spécifrque de la morve , & le traitement de cette maladie , abandonné trop Couvent
à l'empirisme hardi ou au charlatanisme trompeur, n'a pas encore fait les progrès que l'on
peut délirer. ~ ^ ' Mrs Lafosse & S-ervier ont prétendu avoir guéri
des chevaux morveux par l'application du trépan.
M. Malouin dit avoir guéri avec l'éthiops minéral & la pervenche : l'eau de chaux , l'alkali
volatil fluor, le concret ont rénffi quelquefois
à M. Chabert. On ne peut donc plus dire que
la morve eil une maladie incurable (6), & il faut
s'occuper à perfcctionner le traitement qui a été
indiqué par ceux qui ont obtenu quelques succès. La morve n'est pas incurable , dit M. Chabert,
mais ion traitement a été jusqu a présent long
&■ dispendieux. Il est encore très-incertain dans
les chevaux , chez lesquels elle a fait des progrés : mais ce quil y a de sur, c'est la perte
énorme qu'elle -peut occasionner, en se propageant d'un individu à l'autre. Ce seroit donc
mal entendre ses intérêts que de chercher à la
guérir, surtout lorsqu'elle est ancienne ; & si elle
.ne l'est pas, lorsque le virus a fait en peu de
temps des progrès rapides : ainsi la cure de cette
. Il est encore très-incertain dans
les chevaux , chez lesquels elle a fait des progrés : mais ce quil y a de sur, c'est la perte
énorme qu'elle -peut occasionner, en se propageant d'un individu à l'autre. Ce seroit donc
mal entendre ses intérêts que de chercher à la
guérir, surtout lorsqu'elle est ancienne ; & si elle
.ne l'est pas, lorsque le virus a fait en peu de
temps des progrès rapides : ainsi la cure de cette (6). V". Méd. vétér. class. VI, p. S 30. --- Page 108 ---
98 Sur les Maladies maladie ne doit cire entreprise qu'autant qu'elle
fera. dans son principe, ou tout au plus dans ion
fécond période ^ il faut encore que les animaux que l'on se propose de traiter soient en
bon état j d'un bon tempérament & exempts de
tous autres vices (j). On peut, en isolant les animaux , faire des
essais aux différentes époques de la maladie ;
mais il faut, avant que de faire des expériences sur
les moyens curatifs, bien examiner l'ordre naturel des symptômes ; &: c'est pour n'y avoir
pas fait assez d'attention , & parce que l'on n'a.
en ;usqu'à présent qu'un diagnostique incomplet,
que l'on a propose des méthodes confuses, ou
des traitements insuffisants. Il n'y a rien de si assc en général que d'or-
'donner des rcmèdes, & il n'y a rien de si difficile que de les bien appliquer. La méthode nous
réduit quelquefois , mais la règle nous manque ;
&: nous obtenons souvent avec regret des résultats différents de ceux que nous attendions, parce
que nous n'avons pas iu choisir les circonstances
les plus favorables ,pour leur application, & parce
que nous n'avons pas su prévoir les effets qu'ils
pourroient produire. Ne pourroit-on pas, dit M. Paulet (8), du
moment qu'une bête malade est condamnée &
censée morte , au lieu de la tuer tout de suite,
l'enfermer dans un endroit particulier à l'abri de
toute communication j & faire sur elle l'essai
de différentes méthodes que l'on propose jusqu'à
ce que les symptômes , décidément mortels, (7). V. Instr. p. ly & 16, méd. vétér. class. VI, p. 82 (8). Rech. hist. & jhil. sur les mal. epiz. t. II, p. 236
* 137. --- Page 109 ---
Êphootiques. G ij tel que la dissenterie , paru ssent. De cette manière , l'état & les particuliers ne perdroient que
ce qu'il eil: impossible de sauver, &: l'on auroit
au moins la facilite de faire des tentatives qui
pourroient avoir quelque succès ; car il faut l'avouer, la conduite qu'on tient est à la vérité le
triomphe des moyens politiques de l'Administration , mais fait la honte de l'Art &: ne donne
aucune espérance.
�phootiques. G ij tel que la dissenterie , paru ssent. De cette manière , l'état & les particuliers ne perdroient que
ce qu'il eil: impossible de sauver, &: l'on auroit
au moins la facilite de faire des tentatives qui
pourroient avoir quelque succès ; car il faut l'avouer, la conduite qu'on tient est à la vérité le
triomphe des moyens politiques de l'Administration , mais fait la honte de l'Art &: ne donne
aucune espérance. Il seroit à desirer qu'il y eût des Artistes con.
sacrés à ces expériences. Nous convenons avec
M. Rozier, que les dépenses en seroient fort
considérables ; mais on ne doit pas être retenu
par cette consideration , puisqu'il n'est pas possible qu'en faisant tous les sacrifices qui {croient
nécessaires pour suivre toutes les vues qui se
presenteroient, en ne négligeant aucun détail,
les dépenses soient jamais à comparer aux bénéfices qui pourroient en résulter pour les particuliers &: pour l'état, si l'on étoit assez heu-
-reux pour parvenir a fixer une méthode curative,
après avoir reconnu la nature, le caradère, la mar
che j les symptômes de chaque maladie : d'ailleurs
le peu d importance des victimes favorise les progrès de l'Art vétérinaire , & chaque Nation doit
ambitionner la gloire de faire des découvertes
dans cette partie, qui ne peuvent qu'améliorer
le commerce & l'agriculture. M. Vicq-d'Azir proposè de pratiquer l'inoculation pour s 1a durer de l'activité de la contagion
d une maladie épizootique () : ce moyen seroit
excellent sans doute, s'il n'y avoit pas des circonfiances qui peuvent faire varier les résultats >
il a. été employé en 1748 par M. Decourtivron \ (). V. Exposit. des moyens cur. & préserv. pag. 07. --- Page 110 ---
1O0 Sur les Maladies' il vouloit s aluircr de quelle manière la maladie
épizootique qu'il observoit le communiquoit :
un seul inoculé avec la bile l'a contractée ,
en est mort. Layar a tenté le même moyen en
Angleterre en 1758 : on l'a pratiqué en Hollande
en 1770 : enfin on s'en cil servi à Sélan, dans
les îles de I imcn, de Falflcr, de Laland, d'Arroc en 1779 , &: on est parvenu à faire cesser
l'épizootie qui ravageoit ces pays (1). M. Mauduyt a propose de faire sur des animaux l'inoculation de la peste, pour chercher
les moyens d'affaiblir le virus loymique IL). MSamoïlowitz croit que l'inoculation de la peste
peut être utile aux personnes qui, par état, sont
obligées d'être auprès des malades ; mais il est
probable que l'on aimera mieux attendre les
événements de cette maladie terrible, que de
chercher à s'y exposer. Les belles expériences de M. Vicq- d'Azir, dans
l'épizootie de 1775 .> ont prouvé que la maladie
ne se communiquoit pas aux chevaux, mulets,
anes, chiens, chats j cochons, moutons & chèvres. Le principe de cette maladie étoit sans
doute (bus une modification qui, n'avcit aucun
rapport avec le principe de vitalité de ces différentes espèces d'animaux : mais cela n'arrive pas,
toujours dans testes les épizooties , car il y en
a qui paient d'une espcce à l'autre; & on n'en
a vu qui éroient répandus en même-temps sur
différentes espèces d'animaux.
, moutons & chèvres. Le principe de cette maladie étoit sans
doute (bus une modification qui, n'avcit aucun
rapport avec le principe de vitalité de ces différentes espèces d'animaux : mais cela n'arrive pas,
toujours dans testes les épizooties , car il y en
a qui paient d'une espcce à l'autre; & on n'en
a vu qui éroient répandus en même-temps sur
différentes espèces d'animaux. Les expériences de M. Vitet sur l'humeur muqueute des animaux morveux prouvent, 10, que (1). Essai sur l'adion de l'air dans les maladies contag.
pag. III & 11 ?.. z'l. 'L. C. p. 6.9. --- Page 111 ---
Êphootiques. 101 ii lij la morve d'une brebis, introduite dans les naseaux
d'un cheval jain , ne le rend pas morveux , demême que celle d'un cheval morveux n'agit pas
sur la membrane pituitaire d'une brebis faine :
2° que il on inocule la morve d'un cheval à un
autre dans une plaie faite aux téguments celuici ne devient pas morveux ; mais que s'il mange
des herbes infectées de morve, il la prend par
cette voie : 30, qu'un cheval fain qui habite avec
un cheval morveux au dernier degré, en est plutôt:
infecte que dans tout autre cas, & plus facilenient encore s'il cil jeune & dans une saison
chaude (5). Il résuite des expériences que nous avons faites
au Cercle, par l'invitation de MM. de la Luzerne
& de Marbois, en préfencc de MM. de Vincent
de la Plaigne & Jauvin , commandants & ordonnateur au Cap, que la morve eil contagieuse;
que l'adiviré de la contagion eil relative à sa
malle j à son énergie, à l'époque de Ion développement , a la constitution de la saison , à la.
disposition des sujets ce à quelques complications dont les nuances n'ont pas été bien observées ; qu'il fuit que les animaux habitent ensemble pour contracter la maladie , ou qu'ils
ioient fournis immédiatement à l'action des principes contagieux ; qu'il est douteux que cette
infedlion puisse se transmettre par le moyen deFair, comme l'a avance M. le Baron de Sind (4; ;
que les sujets âgés cz domptés par le travail
sont plus susceptibles de contracter la maladie
que les jeunes animaux chez les quels le principe
n'ont pas été bien observées ; qu'il fuit que les animaux habitent ensemble pour contracter la maladie , ou qu'ils
ioient fournis immédiatement à l'action des principes contagieux ; qu'il est douteux que cette
infedlion puisse se transmettre par le moyen deFair, comme l'a avance M. le Baron de Sind (4; ;
que les sujets âgés cz domptés par le travail
sont plus susceptibles de contracter la maladie
que les jeunes animaux chez les quels le principe (3). V. Rech. sur les maladies tpizoot. par M. Paulet.
fai t. II, t. li , pas. 3 < ç. (4). L'Art du manège , chap. XVIII de 1a morve, p. 222. --- Page 112 ---
102 Sur les Maladies viral est énergique & fougueux ; que tous les
écoulements des narines ne caractérisent pas la
morve, & qu'outre ceux qui ont été indiqués
par les Auteurs, il peut y en avoir qui soient produits par une altération particulière des sinus ;
que le virus morveux n'agit pas exclusivement
& absolument sur la membrane pituitairc ; qu'il
porte son impression sur toutes les humeurs, suf
tous les viseeres ; que ce virus qui coagule la
lymphe est d'une nature subtile & très caustique -, que l'écoulement des naseaux n'en est que
le véhicule ; que les différentes tumeurs qui semanifestent dans le développement de la maladie ne paroissent être que les effets inutiles des
efforts que la nature fait pour l'engouer, l'absorber 3 radoucir on le rejeter ; que la morve
admet, comme toutes les autres maladies, des
complications qu'il ne faut pas confondre ; que
le développement de la morve. & l'époque de'
la suppuration sont annoncés par un mouvement
fébrile ; que l'altération de la membrane pituitairc est: souvent le dernier symptôme qui sc
manifeste ; que souvent , comme le dit M. le
Baron de Sind, cet état en: précédé par la corruption de la mafle des humeurs & leur altération corrosive (j). Il est prouvé en outre que les ouvrages sur
la morve conticnnent des opinions fausses, contradictoires & problématiques ; que les Auteurs
qui ont proposé des remredes topiques pour la.
morve ne connoiuoicnt pas bien son caractère (6), qu'il reste encore beaucoup de recherches à faire sur cette maladie dont les signes L'Art du manège, L. C. page 114. (6). Id. page 22 6. --- Page 113 ---
Êphootiûues. l .0 % G iv sont incertains, Se dont la nature &- les vrais:
ptincipes ne sont pas encore bien connus (7) >
que l'on doit multiplier les expériences & les
faire à toutes les époques de la maladie ; que
l'on ne doit pas être arrête par les difficultés ni
par les mauvais succès, parce que l'on ne peut
pas prévoir les résultats que l'on peut obtenir en
consultant la. nature plus que les livres. Les Habitants qui liront notre travail sentis
ront combien il est essentiel qu'ils observent leurs
troupeaux avec plus d'attention qu'ils ne le font
ordinairement , qu'ils réparent les animaux
qui montrent des symptômes équivoques, des.,
altérations obscures. ^ Notre sixième obfcrvation & la huitième principalement doivent les empêcher d'acheter des
animaux qui ont des écoulements suspects , &
elles démontrent, sans doute plus que tous les
raisonnements que l'on a pn- faire jusques à présent , combien il eil nécessaire que les cargaifons soient vilitees par des Experts, pour pouvoir
réparer ou tuer les animaux qui auroicnt de pareils écoulements &r empêcher qu'ils soient vendus jusqu a ce que leur état ait été bien caractérisé, reconnu &: constaté.
doivent les empêcher d'acheter des
animaux qui ont des écoulements suspects , &
elles démontrent, sans doute plus que tous les
raisonnements que l'on a pn- faire jusques à présent , combien il eil nécessaire que les cargaifons soient vilitees par des Experts, pour pouvoir
réparer ou tuer les animaux qui auroicnt de pareils écoulements &r empêcher qu'ils soient vendus jusqu a ce que leur état ait été bien caractérisé, reconnu &: constaté. Les maladies des bestiaux sont souvent indomptables j &r souvent elles éludent tous les remèdes. On peut souvent attribuer les pertes que l'on
fait , les mauvais succès que l'on éprouve à la
confiance mal dirigée à laquelle on se livre, aux.
préventions que l'on a adoptées, aux moyens irréfléchis que l'on emploie. Nos connoissances ont
sans doute un terme r nous ne pouvons redres1er tous les écarts de la Nature ; nous n'avons (7). M. rage 217 --- Page 114 ---
i 04 Sur les - Maladies pas le pouvoir d'arrêter tous les moyens qu'elle
emploie pour détruire- Notre précipitation noua
égare souvent. Nous établi fions nos faux jugements en règles & nos préventions en principes?
Nous agissons sans rien faire de bien ; le hasard
nous sert quelquefois , mais il nous trompe &.
nous carrelions nos erreurs. L'attention est la mère des sciences > c'est elle
qui dirige le jugement ; elle formc le Médecin
& le Vétérinaire. Nous devons révérer son culte,.
& c'est à elle qu'il faut nous attacher pour rectifier nos connoissances, nous dépouiller de nos
préjugés & prendre dans le sanctuaire de la Nature
les notions justes qui nous manquent sur le caractère des maladies, & sur les moyens dont nous,
pouvons disposer pour les guérir. OBSERVATIONS Et expériences sur la Morve par M. Arthauax
assisté par M. Roulin. Première Observation. LE août 1787, M. Lompagien - Lapole nous
a prié de visiter un mulet qui appartenoit à M.
Roger, négociant en Ville. Cet animal, âgé de sept ans, paroi noit malade depuis un mois ; s'étant apperçu qu'il ne
mangeoit pas à son ordinaire 3 que son poil étoit
luisant, qu'il portoit la tète basle, que les yeux
étoient engorgés, qu'il avoit de la chaleur, on
lui fit trois st ignées qui fournirent un fang trèsconenncux, & on établit un régime rafraîchis-
, négociant en Ville. Cet animal, âgé de sept ans, paroi noit malade depuis un mois ; s'étant apperçu qu'il ne
mangeoit pas à son ordinaire 3 que son poil étoit
luisant, qu'il portoit la tète basle, que les yeux
étoient engorgés, qu'il avoit de la chaleur, on
lui fit trois st ignées qui fournirent un fang trèsconenncux, & on établit un régime rafraîchis- --- Page 115 ---
Éphooiiques. i c ? sant : quelques jours après on vit que les glandes
Sublinguales croient engorgées, &r qu'il y avoit
plusieurs tumeurs roulantes plus ou moins groilcs
à la partie iuperieure interne & poilcrieurc de
la cuisse hors du montoir. Il en parut bientôt d'autres le long du cou , à la cuisse du côté du montoir & sur d'autres parties. M. Lapolc , Tentant
de la molesse dans une de ces tumeurs , y donna.
un coup de flamme , &: il en sortit un pus blanc
épais ; il appliqua un bouton de feu sur une de
ces tumeurs qui etoit de la grosseur d'un œuf
de pigeon : plusicurs de ces tumeurs s'ouvrirent
spontanément, & il en résulta des ulcères profonds &" ronds qui rendoient une humeur rousse
&: sanieuse. Les jambes enflèrent ; l'anima! jeta
bientôt une humeur muqueuse, qui devint blanche 3 ensuite jaune, & après cela sanguinolente,
brune & fétide: l'animale qui dans le principe
de sa maladie étoit gras, avoit maigri; son poil
etoit sec, hériiïc ; il portoit la téte basse il
avoit les oreilles pendantes , l'épine du dos paroissoit arquée , les na féaux étoient écartes , la
respiration difficile & bruyante, ce il jetoit une
grande quantité d'humeur rousse, sanguinolante
éc très-fétide. M. Lapole a tué cet animal en notre présence,
les tumeurs formoient un kille rempli d'un pus
épais, quelques-ues étoient skirrenies, le tissu
cellulaire des extrémités étoit rempli d'une humeur lymphatique séreuse roufle. Il n'y avoit rien
de remarquable dans le ventre : le poumon droit
ctoit engorgé par un fang noir, ce qui le rendoit compad: : il y avoit dans ce viscere plu sieurs
tubercules : le poumon gauche avoit une couleur
plus naturelle , il étoit moins engorgé &z moins
dénie : les glandes bronchiques étoient engor- --- Page 116 ---
106 Sur les Maladies gécs , molaires : le tiflii cellulaire qui cst à sa
partie supérieure du médiastin, & qui soutient
a trachée artère les premières divisions des
bronches, contcnoit une humeur rousse lymphatique, comme celle que nous avions trouvée dans
les extrémités. Les naseaux étoient chancres, ulcérés : il y
avoit sur la membrane pituitaire des tubercules
rouges ulcérées considérables. Le cartilage de la
cloison, le vorner étoient altérés par la carie., les
cornets étoient ulcérés & recouverts d'une matière glaireuse & purulente. Nous avons trouvé
la même humeur dans les sinus. La partie droite
de l'éthmoïde étoit noire, engorgée de sang.
Les naseaux étoient chancres, ulcérés : il y
avoit sur la membrane pituitaire des tubercules
rouges ulcérées considérables. Le cartilage de la
cloison, le vorner étoient altérés par la carie., les
cornets étoient ulcérés & recouverts d'une matière glaireuse & purulente. Nous avons trouvé
la même humeur dans les sinus. La partie droite
de l'éthmoïde étoit noire, engorgée de sang. Deuxième Observation. Le 4 décembre nous avons ouvert une mule
qui nous avoit été abandonnée par M. la Faucheriej négociant au Cap-François. Cet animal étoit malade depuis six semaines;
il avoit d'abord paru triste & sans appétit : il
lui étoit survenu des enflures aux extrémités de
rarricre-main : il s'est formé des engorgements
dans les glandes lymphatiques, principalement
sous la peau des extrémités de l'arrière-main.
Plusieurs de ces tumeurs ont suppuré , & ont
formé des ulcères ronds : il s'est établi un écoulement par les naseaux. M. Lapole qui a été consulté, a déclaré que l'animal avoit la morve Se
qu'il falloir le tuer. On a voulu tenter quelques
remèdes : l'écoulement est devenu plus conndérable ; il étoit épais, jaune, gluant : il y a eu
une hémoragie du côté droit trois jours avant
la mort : cette mule étoit maigre ; elle avoit le
poil fcc j les oreilles balles > le cou allongé : la --- Page 117 ---
Ëphooiiques. ro7 respiration étoit difficile , bruyante , les flancs
etoient agités, le dos étoit arqué : il n'y avoit
pas de fièvre & point d'appétit. La tunique externe des poumons étoit tuberculeuse : il y avoit plusieurs tubercules qui étoient
suppurés: les glandes sublinguales, les thyroïdiennes, les bronchiques croient molles, engorgées & infiltrées de sérosités : le péricarde contenoit un épanchemcnt faune séreux : l'épiploon
étoit fondu , le mésentere étoit infiltre , les
reins mous ; le foie , la rate contenoient un sang
noir dissous : il y avoit plusieurs œstres au pylore , l'eilomac étoit vide, racorni. La membrane pituitaire qui recouvre les si nus
maxillaires zigomatiques, principalement celle
qui tapisse les cornets, le vomer, la cloison cartilagineuse étoit gontîée , ulcérée , purulente ,
sanieuse : les os mêmes les cartilages étoient
attaques par la carie, les chairs Se le cerveau
étoient mous. Troisième Observation. Le 3 décembre nous avons ouvert une mule
qui nous avoit été envoyée de l'habitation Defglaireaux , par M. Blanq : nous fumes étonnés
que cette bete qui étoit au dernier degré da
marasme, & qui se soutenoit à peine , eût pu
faire deux lieues ; elle jetoit depuis plusieurs
scmaincs des deux n a (eaux une humour d'un
blanc jaune, les glandes de la ganache étoient
engorgées.
Observation. Le 3 décembre nous avons ouvert une mule
qui nous avoit été envoyée de l'habitation Defglaireaux , par M. Blanq : nous fumes étonnés
que cette bete qui étoit au dernier degré da
marasme, & qui se soutenoit à peine , eût pu
faire deux lieues ; elle jetoit depuis plusieurs
scmaincs des deux n a (eaux une humour d'un
blanc jaune, les glandes de la ganache étoient
engorgées. Le tissu cellulaire du mésentère du médiastin
du cœur ctoit infiltré de sérosités. les glandes
salivaires &: lymphatiques étoient molles , in-,
filtrées &: engorgées ; le fang étoit noir & discus, --- Page 118 ---
108 Sur les Maladies les poumons étoient noirs denses, tuberculeux
& engorgés par une matière muqueuse, purulente & sanieuse. Les linus frontaux étoient ulcérés, les maxillaires & les zigomatiques contcnaient une grande
quantité de matière purulente , grumeleuse : la.
cloison des narines, les cornets du nez étoient
altérés par la carie, & la membrane pituitaire
étoit tuberculeuse , ulcérée & purulente : l'estomac étoit racorni ; il contenoit , ainu que le
duodénum j plus de cinquante vers strongles j
fort longs. Il y avoit un anévrisme assez considérable aittronc de la mésentérique antérieure : les tuniques internes étoient fibndreufes & celluleuses. Quatrième Observation. Le 4 décembre, M. Lafaucherie nous a envoyé une jeune mule qui avoit paru lnaladedepuis trois semaines & qui ne jetoit que depuis quatre jours par les deux naieaux une humeur d'un blanc jaune, purulente & visqueuse.
Cette bête avoit eue des enflures, & son poil
étoit scc ; elle respiroit avec bruit & lentement;
elle étoit maigre & sè soutenoit avec peine.
Nous l'avons tuée , en lui ouvrant une jugulaire
& une carotide qui n'ont donné qu'une petite
quantité d'un sang dissous : la membrane pituitaire de la cloison des narines étoit variqueuse,
tubcrculeuse, ulcérée : il y avoic du pus dans les
finus maxillaires & zigomatiques. Les poumons étoient tuberculeux : il y avoit
un épanchemcnt séreux dans le péricarde : l'estomac étoit fort racorni. Nous avens trouvé plusicurs cricons dans le. --- Page 119 ---
Êpï-^ootiques* t09 ventre. Il y en avoit pluiieurs dans un anévrisme
du tronc de la mésentérique antérieure : il y avoit
au devons de cet anévrisme , dans le tissu cellulairc du mésentère , une tumeur grolie comme
une orange, qui étoit formée par un sang concret j noir & terreux. Cettc tumeur étoit traversée par une branche de l'artère & de la veine
mésentérique, qui étoient dilatées au double de
leur diametre naturel.
ieurs dans un anévrisme
du tronc de la mésentérique antérieure : il y avoit
au devons de cet anévrisme , dans le tissu cellulairc du mésentère , une tumeur grolie comme
une orange, qui étoit formée par un sang concret j noir & terreux. Cettc tumeur étoit traversée par une branche de l'artère & de la veine
mésentérique, qui étoient dilatées au double de
leur diametre naturel. Les glandes lymphatiques de la ganache, du
eou, des bronches, du mésentère étoient engorgées , molles , infiltrées : le tiffa cellulaire
ctoit infiltré daias plusieurs endroits. Cinquilme Observation, ,Le y décembre , M. le chevalier de Pont,
habitant au Limbé , consultois M. Lapole pouf
une mule de quatre ans qui avoit un écoulement par les n a séaux , principalement du côté
gauche., lorsque j'arrivai. M. de Pont., étant bien
convaincu par ce que lui avoit dit M. Lapole
que cette bête avoit la morve, voulut bien me
l'abandonner pour servir aux expériences propo*
fées par le Cercle. Les narines jetoient une humeur blanche,
muqueuse , claire : la narine gauche paroissoit
chancréc ; elle jetoit plus que la droite. Il y
avoit lur les grassets des extrémités de l'avantmain une épilation avec une petite érosion farcineuse ; & sur la partie interne du genou du
côté du montoir, il y avoit une petite pustule
rougeâtre sanicuse. Le 7 , l'écoulement étoit plus considérable.
étoit sorti un peu de fang, & la matière étoit
plus jaune &: plus épaisse : l'animal avoit de --- Page 120 ---
IÏ0 Sw les MâtacTies pétit, il étoit en bon état > son poil étoit sec,
il portoit de temps en tcmps la tête basle : la
respiration étoit allez ailée. L'écoulement est devenu plus abondant 3 l'engorgement des glandes de l'auge a augmenté.
Le quatorze, le quinze &: le seize, il y avoir
-des ltries languinolentes : les os du nez & le
chanfrin étoient gonflés & Icnfibles : les narines
ont jeté plusieurs lambeaux de membrane pituitaire , & il y a eu plusieurs hémorragies : il s'est
formé des engorgements dans diverses parties,
mais principalement dans l'extrémité de 1 arrieremain du côté du montoir : il est survenu sur la
queue & sur le dos des excoriations qui suintoient une humeur rousse , muqueuse. L'animal
a maigri, la secheresse de son poil a augmenté ;
il avoit le cou alongé, la tête basse , les yeux
ternes, la contenance trisse. Nous n'avons pas
observé des fièvres : l'appétit a diminué le onze
janvier : l'animal inspiroit par la bouche, l'expiration étoit bruyante > il s'est abattu , & il
cst mort quelques heures après.
excoriations qui suintoient une humeur rousse , muqueuse. L'animal
a maigri, la secheresse de son poil a augmenté ;
il avoit le cou alongé, la tête basse , les yeux
ternes, la contenance trisse. Nous n'avons pas
observé des fièvres : l'appétit a diminué le onze
janvier : l'animal inspiroit par la bouche, l'expiration étoit bruyante > il s'est abattu , & il
cst mort quelques heures après. Les glandes de la ganache , du cou, des bronches , du mésentère avoient une texture molle,
macérée & infiltrée : la rate étoit même blanche à sa surface , plus large que dans l'état naturel , & les vaisseaux lymphatiques obstrués par
une lymphe blanche & concrète : le foie avoit
quelques adhérences avec le péritoine : les reins
n'avoient rien de remarquable, la vessie contenoit beaucoup d'urine, l'eltomac étoit vide , re-
-tréci : il y avoit quelques œstres attachés au pylore : le tronc de la mesentérique antérieure étoit
de la grosseur d'un œuf, & il y avoit plusieurs
crinons : le ventre , la poitrine , le péricarde
contenoient un peu de sérosité citrine : les pou- --- Page 121 ---
Êphootiquts. ni mons étoient denses, remplis d'écumes : le cœur
contenoit un fang noir coagulé & des concrétions lymphatiques jaunes : la membrane pituitaire étoit gontiée, ulcérée , détruite : la cloison
cartilagineule & le vomer étoient rongés par la.
carie: les cornets, les (inus étoient abreuves par
un pus blanc &: jaune, très-abondant : il y avoit
une nuance sensible entre le pus du sinus &
celui des fosses naialles. Sixième Objervation. Le 4 janvier 1788, le révérend père Merdier,
Supérieur de la Charité j nous a abandonné une
cavale angloise , âgée de huit à neuf ans, qui
-avoit depuis trois ans un écoulement par le naseau gauche. On avoir cru que cet écoulement étoit produit par la gourme ; il a cesse pendant quelque
temps ; & alors l'animal qui avoit maigri a repris de l'embonpoint & de l'appétit. Nous avons fait des injections dans la narine
malade avec une décoction de dcntelaire & de
karatas : cela n'a produit aucun effet. M. Lapole a tué cet animal le 19 , en' lui ouvrant une carotide. Il y avoit un épanchement séreux assez considérable dans le ventre *, il contenoit plusieurs
crinons. Deux tubercules gros comme des noix
étoient placés à la face antérieure de l'extrémité
du côté gauche de l'estomac ; ils contenoient dupus, des crinons : ces tubercules avoient une
buvertnre fistuleuse dans l'estomac : il y avoit
plusieurs œstres autour du pylore. La tunique extérieure du foie & de la rate
étoit laiteuse & obstruée : le foie avoit plusieurs
adhérences j sa substance étoit altérée. --- Page 122 ---
1 t 2, Sur les Maladies Les ovaires étoient engorgés & contenoient
plusieurs hydathides. Les poumons paroi ssoient engorgés, tuberculeux : il y avoit dans le poumon gauche deux
tubercules gros comme des œufs : ils étoient
durs & contenoicnt une matière purulente, couleur de lie de vin.
laiteuse & obstruée : le foie avoit plusieurs
adhérences j sa substance étoit altérée. --- Page 122 ---
1 t 2, Sur les Maladies Les ovaires étoient engorgés & contenoient
plusieurs hydathides. Les poumons paroi ssoient engorgés, tuberculeux : il y avoit dans le poumon gauche deux
tubercules gros comme des œufs : ils étoient
durs & contenoicnt une matière purulente, couleur de lie de vin. La cavité de l'os maxillaire du côte gauche
n'existoit plus ; elle étoit remplie par une substance osseuse , lamelleuse , enduite d'un humeur
jaune 3 glutineuse qui s'étendoit dans le tissu alvéolaire jusqu'aux collets des dents molaires. A la partie supérieure du sinus maxillaire 3
au-dessous du sinus frontal &: de l'os ethmoïde,
il y avoit un point, fistulcux qui contenoit une
matière purulente & d'un blanc jaune : la membrane pituitaire de la cloison, du côté gauche,
étoit granuleuse & engorgée : les glandes sublin-
-guales , les maxillaires, les bronchiques n'avoient
rien de remarquable. La maigreur de l'animal, son appétit voracc
pouvoicnt bien faire soupçonner des vers : la respiration n'étoit point génee , les glandes n'étoient
..pas engorgées, le poil étoit bien fourni: l'animal
n'étoit pas triste ; il n'avoit aucune ulcération sur
-la peau. L'écoulement de la narine gauche étoit
continuel, mais peu considérable : la membrane
pituitaire étoit granulée & phlogosée par l'irritation de la matière purulente , mais elle n'étoit
pas ulcérée : donc cette maladie étoit particulière au sinus maxillaire, & elle ne présentoit
:pas la réunion des symptômes qui caractérisent
la morve. Le 23 janvier, M. Lapole a envoyé au Cercle
assemblé la tête d'un mulet qu'il vcnoit de tuer.
L4 membrane pituitaire étoit tuberculeuse, égaille
& --- Page 123 ---
Éphootîques. ir* H cc chancrée : le sinus maxillaire gauche contenoit une matière albumineuse jaune , mêlée à
quelques flocons de matière blanche épaiiïè
purulente. A la partie supérieure , moyenne & postérieure de la mâchoire inférieure, il y avoit un
exostoze : les deux dents molaires qui y répondoient étoient écartées , & l'on voyoit qu'il y
avoit une ulcération alvéolaire : ce dépôt dans
les alvéoles pouvoir être une complication indépendante de la morve. Nous établirons notre
présomption sur 1 analogie de ce dépôt avec
ceux qui se forment chez l'homme, & qui produisent souvent des exostoses, des caries & des
ulcérations fistuleuses.
y avoit un
exostoze : les deux dents molaires qui y répondoient étoient écartées , & l'on voyoit qu'il y
avoit une ulcération alvéolaire : ce dépôt dans
les alvéoles pouvoir être une complication indépendante de la morve. Nous établirons notre
présomption sur 1 analogie de ce dépôt avec
ceux qui se forment chez l'homme, & qui produisent souvent des exostoses, des caries & des
ulcérations fistuleuses. Septième Observation. M' Dorson , maître en chirurgie au quartier
Morin , dans la dépendance du Cap - François
fait sa réfidcnce sur l'habitation des héritiers Lefebvre ; il nous a dit qu'il avoit perdu pour quatorze mille livres d'animaux attaqués de la morve
depuis l'invasion de cette maladie qui exerce
encore ses ravages dans ce moment sur cette habitation ; il nous a envoyé deux chevaux le 13
février : l'un , âgé de neuf ans ^ étoit très-tnaigre, n poil sec, les glandes de la ganache
grosses, dures, douloureuses : le mouvement de
1 artère étoit lent &: foible, la respiration gênée
& bruyante : il sortoit des deux naseaux une
humeur abondante , fétide , épaisse , d'un blanc
jaune : 1 animal avoit encore de l'appétit, quoiqu'il parût triste & foible. Le 16j M. Lapole lui a ouvert la jugulaire:
nous y avons introduit de l'air avec un chalu- --- Page 124 ---
1 14 Sur les Maladies meau : la respiration a été fréquente dans l'instant, l'animal a eu de l'inquiétude , il a vacillé,
les yeux ont paru fixes &: inclinés, il s'est abattu
& renversé iur le dos, il a eu quelques mouvements convulsifs qui ont précédé la mort. Le foie avoit des adhérences très-fortes avec
le diaphragme &: le péritoine : la tunique extérieure du foie étoit blanche î il y avoit des points
tuberculeux remplis d'une humeur épaisse granul-éc. Plusieurs vaisseaux lymphatiques blancs
convergeoient à ces tumeurs : la tunique extérieure de la rate étoit blanche & obstruée : il y
avoit à la partie antérieure de l'estomac un tuberclle gros comme une noix, composé de l'épaississement & de l'obstruction des vaifsea-ix lymphatiques. Le tubercule contcnoit du pus, des
crinons & une matière grumeleuse , blanche,
épaisse. La mésentérique antérieure formoit un
anévrisme rempli de crinons. Le péricarde contcnoit une sérosité jaune. Les glandes bronchiques étoient fort engorgées & molles. Les sinus
du cerveau contenoient de l'air, ainsi que les
ventricules du cœur. Les unus des narines, l'os
ethmoïde étoient fains. Le vomer, la cloison
cartilagineuse étoient rongés par la carie, & la
tunique pituitaire étoit gonflée, tuberculeuse *
ulcérée &: couverte de pus. Le second cheval, âgé de dix ans, étoit moins
maigre que le premier *, il jetoit des deux naseaux
une humeur fétide , jaune , puante &: abondante.
Les glandes étoient engorgées, mais on avoit
fait une incision sur la ganache qui avoit produit un ulcère vermineux. La respiration étoit
gênée : il y avoir de la toux. L'animal mangeait bien ez paroissoit vigoureux. La tunique
; extérieure du foie étoit obstruée , ainsi que celle
it moins
maigre que le premier *, il jetoit des deux naseaux
une humeur fétide , jaune , puante &: abondante.
Les glandes étoient engorgées, mais on avoit
fait une incision sur la ganache qui avoit produit un ulcère vermineux. La respiration étoit
gênée : il y avoir de la toux. L'animal mangeait bien ez paroissoit vigoureux. La tunique
; extérieure du foie étoit obstruée , ainsi que celle --- Page 125 ---
TÈ.pi?oottùiie$. r t, H ij de la rate : il y avoit un tubercule vermineux à
l'eitomac : la méscntérique dilatée contenoit des
crinons. Les si nus des narines & les cornets
étoient assez sains, mais la membrane pituitaire qui recouvre le vomer & la cloison cartilagineuse des narines étoit épaisse , tuberculeuse , ulcérée , couverte de suppuration avec
carie des os des cartilages. Huitième Obsirvation. Le 10 avril 1787, le R. P. Chérubin, procureur de la maison de Charité du Cap, a
acheté, dans une cargaison de chevaux anglois,
une cavale âgée de huit ans. On s'apperçut que
la narine gauche jetoit du pus : mais on crut 3
sur ce que dit le vendeur, que c'étoit un reste
de gourme. Il survint un petit ulcère tond, en dehors du
boulet de l'extrémité de l'avant-main au montoir.
L'écoulement persista. M. Lapole fut consulté,
& il fut d' avis que l'animal avoit la morve, &
qu'il falloit le tuer : nous jugeâmes la même
chose au mois d'octobre dernier, & nous le
demandâmes pour être employé a nos expériences. L'ulcère du boulet a paru le dessécher,
mais il s'est formé des excoriations sur les cuisses.
L'écoulement a augmenté , ain1i que l'engorgement des glandes de la ganache , la maigreur,
la tristesse & la sécheresse du poil. Le 2,3 février, cette jument nous a été abannée ; elle jetoit des deux naseaux, mais plus
abondamment du côté du montoir, & les glandes de ce côté étoient plus gonflées. Nous avons
découvert une jugulaire de la longueur de trois
pouces, nous avons fait un nœud collant aux --- Page 126 ---
11 (J Sur les Maladies deux extrémités : nous avons introduit un siphon
dans une couverture faite dans le milieu ; &
après avoir lâché les nœuds coulants, nous avons
soufflé de l'air dans la veine. L'animal a vacillé
&: a tombé tout de suite : les yeux se sont renvertes > il a été agité par des convuHions, & il
est mort en moins de trois minutes.
nous avons fait un nœud collant aux --- Page 126 ---
11 (J Sur les Maladies deux extrémités : nous avons introduit un siphon
dans une couverture faite dans le milieu ; &
après avoir lâché les nœuds coulants, nous avons
soufflé de l'air dans la veine. L'animal a vacillé
&: a tombé tout de suite : les yeux se sont renvertes > il a été agité par des convuHions, & il
est mort en moins de trois minutes. Il y avoit un épanchement d'une sérosité jaune
dans le ventre: entre le foie & la petite extrémité de l'estomac , il y avoit une hydatidc longue de plus de six pouces, du diamètre de cinq
a six lignes 3 flottante & contenant de la sérosité jaune. L'épiploon formoit un rézeau entrelacé par des vaisseaux blancs qui paroiiToient
contenir une lymphe concrète. L'estomac étoit
rempli d'herbe sèche ; il étoit dur, il paroissoit
phlogosé dans sa petite extrémité. Il y avoit dans
son fond & au pylore des ruches de vers œstres,
& l'on voyoit sur le pylore des callosités sur lefquelles étoient imprimées les morsures des vers
qui y avoient été attachés. Entre le pancréas &
la veine splénique, nous avons trouvé plusieurs
vers crinons dans un tiflfu cellulaire , abreuvé
par une sérosité jaune. Il y avoit sur l'estomac
un petit tubercule qui contenoit des crinons. La
tunique du foie & de la rate étoient d'un blanc
laiteux , &: il y avoit sur le foie plusieurs grains
très-blancs & fort durs : le tronc de la mésentérique contenoit des crinons. Les poumons avoient des tubercules en quantité : plusieurs étoient en suppuration : les glandes inguinales, les mésentériques & les bronchiques étoient engorgées, molles & infiltrées. Le si nus frontal, le zigomatique , le maxillaire du côté du montoir étoient presque effacés:
les os étoient gonflés & formoient une substance --- Page 127 ---
Êphootlques. 117 H iij ipongieule , reticulaire, qui étoit tapissée par
une membrane pituitaire engorgée & imbibée
d 'un pus blanc & épais, excepté dans le bas
du sinus maxillaire , où il y avoir une très-petite
cavité applatie qui contenoit une matière jaune,
glutineuie. L'os ethmoïde étoit également gonflé
& abreuvé d'un pus blanc. Les cornets, la cloison du même côté étoient abreuvés de pus. La
membrane pituitaire de la cloison & de la partie
moyenne des cornets étoit couvert de cicatrices
étoilées blanches, calleuses. Les sinus du côté
hors du montoir, &: l'os ethmoïde étoient dans
l'état naturel : les cornets & la cloison étoient
couverts de pus, &r la membrane pituitaire qui
etoit gonflée présentoit aussï quelques cicatrices
étoilées & calleuses. En détachant une épaule, après avoir coupé
une artère axillaire, le lang est sorti en arcade.
Nous en avons reçu à peu près deux livres dans
un vase: lorsqu'il a été refroidi, nous avons trouvé
au-dessus d'un coagulum, d'un rouge noir consinant , une couenne de six lignes d'épaisseur d'un
jaune terne, tenace & glutineuse ; nous en avons
mis un morceau dans du jus de citron qui ne
l'a point dissous.. Neuvième Observation sur la Morve.
paule, après avoir coupé
une artère axillaire, le lang est sorti en arcade.
Nous en avons reçu à peu près deux livres dans
un vase: lorsqu'il a été refroidi, nous avons trouvé
au-dessus d'un coagulum, d'un rouge noir consinant , une couenne de six lignes d'épaisseur d'un
jaune terne, tenace & glutineuse ; nous en avons
mis un morceau dans du jus de citron qui ne
l'a point dissous.. Neuvième Observation sur la Morve. Le 12. février 1788, M. Lapole a ouvert, en
notre présence & celle de M. Rouhn, un mulet
qui sortoit d une écurie d'un Entrepreneur de
cabrouets dans la ville du Cap. Cet animal jetoit depuis deux jours beaucoup
de matière jaune j liée , épaisse ; sa respiration
étoit difficile \ il avoit le cou alongé, la tête
basse, les oreilles écartées, le poil sec ; il man- --- Page 128 ---
n8 Sur les Maladies geoit encore avec appétit : le taureau etoit
oedématré : il y avoit lous le ventre , le long de
la ligne blanche, une tumeur œdémateuse conr
sidérable : les narines paroissoient chancrées. Nous avons reçu du sang dans un vase : il
s'est formé à la partie supérieure du coagulum
une couenne jaune , épaisse , tenace, qui ne s'eli
pas dissoute dans le jus de citron. Il y avoit un peu de sérosité jaune dans le
ventre : le mésentère étoit infiltré par une sérofité jaune : les bassinets des reins avoient un
tissu cellulaire engorgé de sérosité jaune , mu -
qneuse. Plusieurs glandes mésentériques étoient
engorgées : il y avoit plusieurs tumeurs anévrifmales ssir les divisions mésentériques ; elles con-
- tenoient des crinons. La tunique extérieure du
foie avoit plusieurs taches d'un blanc laiteux : la,
tunique extérieure de la rate etoit blanche, racornie , skireuse. La masse alimentaire de l'estomac contenoit
une prodigieuse quantité de crinons : il y avoit
beaucoup de vers œstres dans le duodénum près
du pilore. Deux petits tubercules 3 placés dans la
grande courbure de l'estomac, contenoient du pus
& des crinons. Les sinus zigomatiques &: les maxillaires, principalement du côté du montoir, étoient remplis
d'une matière jaune, muqueuse, qui infiltroit
même le tissu réticulaire des alvéoles. La membrane pituitaire de la cloison étoit tuberculeuse,
rougeâtre , ulcérée : le vomer & la cloison cartilagineule étoient gonflés & abreuvés d'une
fanie qui les avoit corrodés en plusieurs points :
les glandes de la ganache étoient gonflées. Il y a quatre ans que l'on avoit perdu , dans la
même écurie, quinze mulets qui avoient été --- Page 129 ---
Épirootiques. l 19 H iv affecés par le charbon par les vers : nous y
avons vu depuis ce temps un mulet qui faisoit
son service , quoiqu'il fût couvert de tumeurs
farcineuses qui rendoient une sanie qui infectoit
tout ce qu'elle touchoit. Deux mulets depuis un
mois ont péri par le charbon.
quatre ans que l'on avoit perdu , dans la
même écurie, quinze mulets qui avoient été --- Page 129 ---
Épirootiques. l 19 H iv affecés par le charbon par les vers : nous y
avons vu depuis ce temps un mulet qui faisoit
son service , quoiqu'il fût couvert de tumeurs
farcineuses qui rendoient une sanie qui infectoit
tout ce qu'elle touchoit. Deux mulets depuis un
mois ont péri par le charbon. EXTRAIT de deux Procès - verbaux de M. Gelin , qui nous ont été remis par
MM. de la Plaigne & Jauvin. Le 2.2, mars Mrs de la Plaigne & Jauvin ont
fait passer un ordre à M. Gelin, pour qu'il se
transportât chez madame D**, habitante au
quartier de la. Petite - Anfc, pour y visiter des
animaux suspects. M. Gelin a constaté le 2.3,
qu'il avoit trouve une fument qui étoit glandée,
chancrée , qui avoit de la toux, jetoit par
les naseaux depuis trois mois une matiere purulente, épaisse; il établissoit que cet animal avoit
la morve au second degré, & il concluait que
la guildive de madame D** , mettant les animaux dans le cas de communiquer sur toutes
les habitations du Quartier , il convenoit de tuer
tout de suite la jument morveuse ; ce qui a dû
être exécuté d'après les ordres de MM. de la
Plaigne & Jauvin. M. François Millot, habitant au Bonnet, dans
le voilinage de madame D** , avoit un mulet
dont il ne connoiiToit pas la maladie •, il le tenoit dans une écurie particulière depuis treize
jours qu'il jetoit du naseau gauche une petite
quantité d'humeur glaireule : on s'étoit apperçu
depuis long-temps que cet animal avoit la reipiration difficile loriqu'il travailloit. Le 2 avril , M. Gelin a été requis par M. --- Page 130 ---
120 Sur les Maladies Millot -, il a constaté 3 en présence de M" Arthaud , Odclucq , Barré , d'Hetlcour j Sigogne,
Prat & Ducatcl qui ont signé le procès verbal,
que cet animal avoit la morve ct qu'on ne devoir pas hésiter de le tuer. Cela a été exécuté
tout de faite, par l'insufflation de l'air dans la.
jugulaire. M. Gelin a dresse un procès-verbal que
M. Millot a fait passer à MM. de la Plaigne &:
Jauvin. Il disoit que le mulet, poil alezan brûlé j avoit
dix ans ; qu'il avoit les jambes de derrière œdematiées, qu'il jetoit du côté gauche une petite
quantité d'humeur albumineuse, que la membrane pituitaire paroissoit tuberculeuse & chancrée, que les glandes fablingales étoient engorgées, sur-tout du côté gauche; & que d'ailleurs
l'animal avoit la respiration assée , qu'il avoit
bon appétit, qu'il étoit fort gras. Il disoit encore que les glandes inguinales
étoient engorgées, infiltrées de sérosités, &: le
tisfa cellulaire qui les environnoit abreuvé ; qu'il
y avoit un épanchement séreux dans le ventre,
que la couleur des viscères étoit altérée , que la
tunique extérieure du foie & de la rate avoit
une couleur blanche laiteuse &r plusicurs points
calleux, que la substance du foie étoit ramollie
&r fort altérée , que l'épiploon adhéroit au diaphragme , que les poumons avoient plusieurs tubercules j que les glandes bronchiques étoient
engorgées, mollasses & infiltrées.
un épanchement séreux dans le ventre,
que la couleur des viscères étoit altérée , que la
tunique extérieure du foie & de la rate avoit
une couleur blanche laiteuse &r plusicurs points
calleux, que la substance du foie étoit ramollie
&r fort altérée , que l'épiploon adhéroit au diaphragme , que les poumons avoient plusieurs tubercules j que les glandes bronchiques étoient
engorgées, mollasses & infiltrées. M. Gelin n'a rien trouvé d'extraordinaire dans
les sinus j mais il rapportoit que la membrane
pituitaire, qui recouvre la cloiion cartilagineuse
des narines, étoit pennée & ulcérée principalement du côte gauche , que cette membrane
étoit engorgée dans toute son étendre. --- Page 131 ---
Epitooliquts., ï - 1 Dixième ObJervation. Le 3 avril, madame M tenant des cabroucts.
au Cap, nous a envoyé une mule qui jetoit
depuis quatre jours une matière purulente , principalement par le nascau droit. Cette bête a été
ouverte en notre préience, celle de Mri Roulin 6c
Mouzin ; elle étoit maigre , elle avoit des ulcères
sur le dos, le poil étoit scc, les extrémités de
l'arrière-main étoient œdématiées , les naseaux
paroissoient chancrés ^ la respiration étoit difficile & bruyante : toutes les glandes lymphatiques étoient engorgées, molles., infiltrées. Il y
avoit sur les intestins plusienrs petites tumeurs
stéatomateuses : une branche de la mézo-colique
étoit dilatée & contenoit des crinons. Il y avoit
un épanchement d'une sérosité jaune dans le
ventre , dans laquelle nous avons trouvé plusieurs
crinons. La partie gauche de l'estomac étoit affectée intérieurement d'une phlogose , la tunique veloutée paroissoit engorgée. Nous avons
trouvé dans cette partie un tubercule gros comme un œuf, s'ouvrant par un trou fistuleux dans
l'estomac , & contcnant des crinons, du pus &
un épaississement calleux & ulcéré entre les tuniques de l'estomac. La tunique extérieure de la
rate étoit laiteuse & parsemée de tubercules rouges : la tunique extérieure du foie étoit laiteuse ,
&r obstruée. Les poumons avoient deux points,
d'adhérence fous lesquels il y avoit deux tumeurs
formées par une congestion lymphatique fanguine. Lessinus du côté droit contenoient beaucoup
de pus d'un blanc verd fluide : la membrane pituitaire des cornets & de la cloison étoit rouge, engorgée, épaiiscj ulcérée : cette altération étoit moins --- Page 132 ---
122 - Sur les Maladies forte dans la, narine du côté du montoir. Il
a voit plusieurs petites tumeurs sanguines sous;
la tunique interne. du cœur, à la baie de colonnes charnues qui fervent à soutenir & à faire
mouvoir les valvules. Nous avions tiré du fang dans un vase : le
coagulum , qui étoit trës-noir , étÕit surmonté
par une couenne fibreuse A tenace, d'un blanc.
Jaune.
132 ---
122 - Sur les Maladies forte dans la, narine du côté du montoir. Il
a voit plusieurs petites tumeurs sanguines sous;
la tunique interne. du cœur, à la baie de colonnes charnues qui fervent à soutenir & à faire
mouvoir les valvules. Nous avions tiré du fang dans un vase : le
coagulum , qui étoit trës-noir , étÕit surmonté
par une couenne fibreuse A tenace, d'un blanc.
Jaune. EXTRAIT d'une Observation envoyée au, Cercle par M. Ferrié, docteur en médecine, ~
ancien médecin du Roi a Saint-Domingue,
associé colonial 3 sur une maladie charbonneuse qui attaque les mulets & les bœufs
de l'habitation Beot, a Maribaroux. .Cette maladie règne sur cette habitation depuis plusieurs mois ;.elle a d'abord attaqué les,
mulets ; elle s'sest ensuite; portée sur les bœufs..
On n'a pas observé ses phénomènes ; ils étoient;
si -rapides que les animaux paroissoient mourir,
subitement ils rejetoient par l'anus une grande
quantité de sang noir & fétide : l'anus faisoit
saillie àu dehors & paroiflfoit ulcéré On a trouvé les estomacs parsemés de placards gangreneux & livides.: les intestins ctoienc
d'un roux brun : le tissu cellulaire du mésentère
étoit boursouflé & noir. M. Gelin a été' appelé pour visiter les aninimaux de cette habitation -, il a prescrit le traitement que nous avons rapporté ci-deSus. M. Ferrié avoit déjà conseillé la saignée , les
boirons acidulées, les lavements émollients , des
visites fréquentes du troupeau , de séparer les
animaux suspeds. --- Page 133 ---
Êp i-^ootiques. 1 z 3 EXTRAIT d'un rapport fait au quartier
Morin le 24 avril 178 8 par A-1. Gelin,
sur L* habitation Menard. M. Gelin constate que la maladie qui attaque
les animaux de cette habitation est le charbon j
il a trouvé des épanchements de sérosités fanguinolantes dans le ventre les intestins & le
mésentère enflammés , des taches gangreneuses
sur le colon, des tumeurs charbonneuses entre
la deuxième &. la troisième corbure du colon,
le foie mou , blafard , la rate également noire
&: décomposée , le tiflii cellulaire des reins
infiltré , d'une sérosité jaune , la vessie &: l'estomac enflammés, la tunique veloutée, corrodée
par les œstres qui le trouvoient en grande quantité à l'orifice du pylore , le sang noir , di flous
& putride : la plèvre, les poumons, le médiastin
enflammés. EXPÉRIENCES SUR la Morve, faites par M. Arthaud3
assisté par M. Roulin, au Cercle des Philadeîphes. Première Expérience. M. Millot nous a envoyé une jeune mule bien
portante le 2.8 mars 1787. M. Odelucq nous avant
procuré une mèche de coton imbibée de l'humeur purulente que jetoit un mulets nous avons
coupé cette mèche en deux morceaux : nous en --- Page 134 ---
î 24 Sur les Maladies
faites par M. Arthaud3
assisté par M. Roulin, au Cercle des Philadeîphes. Première Expérience. M. Millot nous a envoyé une jeune mule bien
portante le 2.8 mars 1787. M. Odelucq nous avant
procuré une mèche de coton imbibée de l'humeur purulente que jetoit un mulets nous avons
coupé cette mèche en deux morceaux : nous en --- Page 134 ---
î 24 Sur les Maladies avons formé des tampons que nous avons tenus
dans les narines pendant deux heures. Le 2.5 avril, l'animal paroissoit se bien porter:
nous avons roulé sur un morceau de bois une
mêche de coton qui avoit été imbibée de la
morve d'un mulet : nous avons .tenu ce morceau
de bois dans la bouche de l'animal jusqu'à ce
que le coton ait été mâché entièrement, nous
ne lui avons fait donner du fourrage qu'une
heure après. Le 7 juin M. Roulin s'est apperçu qu'il y avoit
un gonflement œdémateux dans toute l'extrémité
de l'avant-main du côté du montoir, avec un
petit ulcère au boulet, dans lequel il y avoit des
vers. L'animal a été conduit chez M. Lapole, qui
lui a appliqué le feu sur toute l'extrémité. Pour
seconder les vues de la Société, il a bien voulu
se charger de son entretien & de ses penfements.
L'ulcère s'est détergé, les vers ont péri, la cicatrice s'est faite j &r il ne ressoit aucune apparence
de gonflement, lorsqu'on a cru devoir examiner
s'il n'y auroit pas dans l'intérieur des désordres
qui auraient des rapports avec le gonflement &
l'ulcération que l'on venoit de guérir. Le 30 juillet M. Gelin a tué ce mulet en lui
ouvrant une carotide, en notre présence , celle
de MM. Barré, Odelucq , Auvray &: de plusieurs
Habitants. La trachée artère étoit pleine d'écume blanche: les appendices antérieurs des poumons étoient
tuberculcuscs, principalement celles du côté gauche. Le poumon de ce côté étoit plus dense,
plus engorgé les vésicules pulmonaires contenoient une humeur glaireuse & purulente, les
glandes bronchiques étoient engorgées &r abreuvées par une humeur séreuse. --- Page 135 ---
P:pi'{OOliquts. tit Il y avoit un epanchement iéreux dans le ventre ; les glandes du mésentère étoient engorgées
considérablement. La membrane pituitaire qui recouvre la cloison paroissoit avoir été injectée. Les sinus & les
cornets n'avoient rien de remarquable. Le tissu cellulaire de l'extrémité sur lequel on
avoit appliqué le fer ne différoit pas de celui
des autres parties. L'oedème de la jambe j l'ulcération du collet
présentoient des symptômes équivoques dont la
cause étoit obscure. Il falloit détruire les vers,
mais ne pas faire d'autre traitement, pour ne
pas gêner le développement d'une maladie qui
s'annonçoit peut-être par ces phénomènes. Le
feu peut avoir agi comme répercussifs il peut
avoir réprimé les mouvements de la nature, le
courant des humeurs, & changé absolument
l 'aspect fous lequel la maladie se préparoit à le
montrer.
des symptômes équivoques dont la
cause étoit obscure. Il falloit détruire les vers,
mais ne pas faire d'autre traitement, pour ne
pas gêner le développement d'une maladie qui
s'annonçoit peut-être par ces phénomènes. Le
feu peut avoir agi comme répercussifs il peut
avoir réprimé les mouvements de la nature, le
courant des humeurs, & changé absolument
l 'aspect fous lequel la maladie se préparoit à le
montrer. Cette expérience a été manquée, elle présente des desordres intérieurs qui ont quelque
analogie avec ceux que la morve produit; mais
nos inductions n'ont aucune base probable, &
nous ne pouvons les présenter que comme des
conjectures très-hasardées. Deuxième Expérience» Le 27 novembre, M. Jauvin nous a fait délivrer , d'après les ordres de MM. le Général & l 'Intendant, deux mules qui étoient très-saines,
ainsi que la cargaison dans laquelle elles avoient
été choisies. Le même jour, le Cercle étant assemblé en
présence de MM. de la Plaigne &: Jauvin, nous --- Page 136 ---
126 Sur les Maladies avons mis en clôture une de ces mules, âgée
de 7 ans, avec le sujet de la fécondé obscrva-.
tion ; elle a communiqué successivement avec ceux
de la troisième & de la cinquième obscrvation. Ces animaux étoient nourris Se abreuvés dans
une mangeoire dans un abreuvoir communs.
On faisoit sortir matin & soir la mule faine ,
pour la promener & lui laisser paître l'herbe de
la favanne -, sa nourriture ordinaire étoit de
l'herbe de mil & des graminées. Les mulets avec lesquels le sujet à inoculer a
communiqué jetoient une si grande quantité
de morve infecte & sanglante, que l'écurie, le
parc j les planches d'entourage «, la mangeoire ,
l'abreuvoir en étoient salis : le sujet à inoculer
en étoit lui-même couvert quelquefois, en sorte
qu'il étoit impossible qu'il ne reçût pas l'infection par toutes les voies & par tous les pores. Le y décembre l'animal a pris un bain de
mer. Le 6, les naseaux paroissoient légèrement
humectés par une humeur muqueuse & lympide. Le 7, cette humeur étoit un peu plus abondante : l'animal a été baigné à la mer. Le 9, toute
l'extrémité de l'arrière - main au montoir étoit
engorgée : l'animal a pris un bain de mer. Ld
10, l'enflure avoit augmenté. Le boulet étoit
cerné par une tumeur molle & fcnsible : on a
fait baigner l'animal à la mer. Le 12., nous avons
vu une petite ulcération, à la partie inférienrc
externe du grasset , près le boulet : nous avons
découvert cet ulcère en coupant le poil tout autour , & nous l'avons pansé avec de l'alocs frais
pilé. Le 13, l'animal qui avoit été jusque-là
d'un accès difficile, se laissoit approcher plus
aisément. Le 14, il étoit triste ; il s'étoit couché plusieurs fois : nous l'avons fait bouchonner
vu une petite ulcération, à la partie inférienrc
externe du grasset , près le boulet : nous avons
découvert cet ulcère en coupant le poil tout autour , & nous l'avons pansé avec de l'alocs frais
pilé. Le 13, l'animal qui avoit été jusque-là
d'un accès difficile, se laissoit approcher plus
aisément. Le 14, il étoit triste ; il s'étoit couché plusieurs fois : nous l'avons fait bouchonner --- Page 137 ---
Ephootlques. { 17 pour le nettoyer & entretenir la transpiration.
Le 15, la triiteOTe etoit la même, l'animal s'étoit
couchéj & on l'a bouchonné. Le 16, il y avoit
de la fièvre 3 de la chaleur. L'artère avoit 84
pulsations dans une minute. L ulcere l'inflammation étoient les mêmes : le poil étoit sec,
h cri ssé • l animal avoit moins d'appétit, il commençoit à maigrir. Nous avons observé dans les
naseaux une rougeur inflammatoire : la narine
droite rendoit une petite quantité de mucositê
épaisse. On a bouchonné l'animal, & on l'a
laissé libre dans la savanne pendant toute la
journée. Le foir la fièvre continuoit : il y avoit
claudication a l'extrémité droite de l'avant-main:
nous avons observé un gonflement à la partie
postérieure & inférieure du canon , & beaucouo de tubercules tous la peau. Le 17 , il n y avoit plus de claudication : l'enflure du canon avuit diminue. Il y avoit entre
la vulve &- la fesse une tumeur dure , grosse
comme un œuf, &: douloureuse : la fièvre cxistoit toujours : les narines étoient phlogosées
luimedées, sur-tout celle du côté hors du montoir, par une mucosité aqueuse &: plus abondante que les jours précédents. Le 18 , l'écoulement étoit plus abondant, les
narines jetaient une humeur épaisse & jaune.
Nous avons observé une petite ulcération sur la
cloilon de la narine au montoir : le gonflement
de l extrémité avoit diminué, l'ulcère s'étoit
agrandi, il y avoit toujours de la fièvre : le soir
la respiration etoit difficile &: bruyante: l'animal
ctoit trille; il avoit le cou allonge, la tête ba(îe j
il mangeoit encore : ses excréments étoient humides, Ion urine jaune dz trouble, ses veux étoient
larmoyants.
la
cloilon de la narine au montoir : le gonflement
de l extrémité avoit diminué, l'ulcère s'étoit
agrandi, il y avoit toujours de la fièvre : le soir
la respiration etoit difficile &: bruyante: l'animal
ctoit trille; il avoit le cou allonge, la tête ba(îe j
il mangeoit encore : ses excréments étoient humides, Ion urine jaune dz trouble, ses veux étoient
larmoyants. --- Page 138 ---
1 iS Sur les Maladies Le 19, la fièvre avoit diminué : 1es narines
avaient jeté le matin beaucoup de matière d'un
jaune verd : la respiration étoit bruyante. Le loir
ranimai étoit couché dans la favanne ; sa relpiration étoit bruyante, difficile , fréquente. Le
20 , l'animal ne mangeoit plus -, il avoit les jambes écartées, il marchoit avec peine, la tête étoit
basi , le cou allongé, il ouvroit la bouche dans
l'inspiration qui étoit plaintive, il la fermoit dans
l'expiration qui étoit bruyante ; toutes les glandes
du cou avoient plus de saillie. Le tissu cellulaire de l'auge, & celui du cou dans la longueur
de la trachée artère jusqu' au poitrail, étoient crépitants & emphisématiques. La langue étoit brune
& sêche, les yeux paroissoient ternes. Comme
les mouvements de la respiration étoient forcés
ct fréquents, l'anus avoit des mouvements de
dehors en dedans : il y avoit quelques jets d'urine : les naseaux jetoient tine humeur jaune ,
écumeuse , striée de sang : il s'étoit formé sur
la tumeur de la vulve plusieurs excoriations sordides. Le 10 décembre, en présence de MM. de la
Plaigne & Jauvin, Blein de Villeneuve , Mouzin,
maître en chirurgie ^ & Lapole, nous avons tué
cet animal, en lui ouvrant la carotide & la jugulaire gauche. Tout le tiiïu cellulaire, depuis le larynx jusqu'au poitrail, le long de la trachee artère ctoit
rempli d'air. Les glandes du cou étoient dures,
engorgées plusieurs contenoient du pus : les
glandes sublinguales étoient tuberculeuses & suppurées, sur-tout d'i côté gauche : le tissu cellulaire de l'extrémité gauche de l'arriere-main étoit
infiltré par une sérosité jaune. Les sinus frontaux maxillaires & zigomatiques --- Page 139 ---
Ëpi^ootîqucs. 1 Zr
ques contenoient beaucoup de matière verdâtre.
La membrane pituitaire qui recouvre les cornets
des narines &r la cloison étoit gonflée, granulée,
tuberculeuse} ulcérée &r couverte d'un pus ycoteux & sanglant. Le cerveau paroissoit sain. Le tissu cellulaire qui est à la bafe du péricarde & du cœur, celui qui accompagne & fixe
l'aorte, le médiastin étoient remplis d'air & d'une
humeur jaune , séreuse & muqueuse. Le péricarde contenoit un peu de sérosité : cette même
humeur jaune , séreuse &r muqueuse se retrouvoit dans le tissu cellulaire des reins & du mésentère. Les poumons étoient remplis de tubercules j dont plulieurs étoient suppurés, principalement du côté gauche.
du cœur, celui qui accompagne & fixe
l'aorte, le médiastin étoient remplis d'air & d'une
humeur jaune , séreuse & muqueuse. Le péricarde contenoit un peu de sérosité : cette même
humeur jaune , séreuse &r muqueuse se retrouvoit dans le tissu cellulaire des reins & du mésentère. Les poumons étoient remplis de tubercules j dont plulieurs étoient suppurés, principalement du côté gauche. Le foie étoit altéré dans sa couleur & dans
sa consistance ; sa tunique extérieure étoit blanche, &r il y avoit à sa iurface , sur la partie convexe du grand lobe , une zone blanche calleuse. L'estomac contenoit une masse alimentaire
dense, sèche .> qui avoit subi une fermentation
putride d'une odeur insoutenable. Le fang ne fè coaguloit pas : les chairs étoient
pâles. Troisième Expérience. Le 17 décembre nous avons mis en communication avec les animaux de la cinquième observation &: de la seconde expérience la sécondé
mule qui nous avoit été donnée par le Gouvernement. Cet animal avoit 4 ans, ses yeux étinceloient;
il ^ avoit le port altier noble , la démarche
lière , les mouvements fougueux & d'un accès
difficile. Nous l avons laissé dans la favanne pen- --- Page 140 ---
130 Sur les Maladies dant le jour -, & nous ne le tenions en clôture
avec les autres animaux que pendant la nuit.
Le premier symptôme qui a paru a été un ulcère rond de quelques lignes de diamètre sur le
boulet du pied du montoir à l'avant-main. Cet
ulcère a persisté sans s'accroître. Le 11 janvier, cette mule a mangé des herbes
que nous avions imbibées du pus trouvé dans les
linus & dans les fosses nafalcs de l'animal de
la cinquième observation. Le 12, nous avons vu que le poil du dos étoit
liérifle & sec. Le 15, il y avoit plusieurs points
d'épilation : nous avons trouvé l'animal couché
dans la favanne -, il paroissoit un peu triste : il
n'y avoit pas de fièvre : il y avoit sur le dos plusieurs excoriations, qui paroissoient humides &
couvertes d'une humeur jaune & muqueuse. Le 19, nons avons tenu cette mule dans le
parc, & nous avons mis avec elle la mule de la
quatrième expérience. Le 20, cet animal jusque-là si fier, si farouche , avoit le cou allongé ct l'air triste : le mouvement de l'artère étoit accéléré, la respiration
plus fréquente : il y avoit un peu de chaleur,
& on l'approchoit plus aisement. Les narines paroissoient humectées légèrement par une humeur
blanche glaireuse. Le 21, l'animal étoit dans le même état : nous
l'avons envoyé à la mer pour le baigner. Le 23,
le 24, le 25, même état & un bain de mer.
Le 26, l'excoriation & l'épilation étoient plus
considérables ; elles s'étendoient sur la poitrine:
il y avoit un suintement d'une humeur jaune &
muqueuse, qui en se desséchant formoit sur la
peau une écaille blanche farineuse : le pouls étoit
toujours fébrile. Le suintement de la narine
à la mer pour le baigner. Le 23,
le 24, le 25, même état & un bain de mer.
Le 26, l'excoriation & l'épilation étoient plus
considérables ; elles s'étendoient sur la poitrine:
il y avoit un suintement d'une humeur jaune &
muqueuse, qui en se desséchant formoit sur la
peau une écaille blanche farineuse : le pouls étoit
toujours fébrile. Le suintement de la narine --- Page 141 ---
Êpi\ootiqu£s'. 1 Y 1 ij droite etoit un peu plus fort que celui de la narine gauche j ce d'une nature muqueuse & lympide. Il y avoit de la roideur & de la gêne dans
les mouvements de la cuisse du côté du montoir. Le 28 , l'artère avoit cinquante-cinq pulsations
dans une minute. Le 29, il y en avoit soixantequatre; le suintement étoit plus considérable : il
n'y a rien eu de remarquable jusqu'au 10 février.
Il y eut un nord & de la pluie : les narines étoient
plus humides le 11 : la membrane pituitaire paroi ssoit plus rouge , l'artère avoit soixante-quatre
pulSations. Nous avons reçu , le 13, les deux chevaux de
la septième observation. Le 14, notre mule avoit
une claudication dans l'extrémité de l'avantmain du côté du montoir : il n'y paroissoit pas
de gonflements j le pouls avoit la même vîtesse.
Le 16, il y avoit un gonflement considérable à
l'avant-cœur sur l'articulation de l'omoplate avec
l'humérus du côté du montoir. Le 17, l'animal
etoit dans le même état : il y avoit un petit
écoulement muqueux transparent par les narines.
Le 18 , la claudication & la tumeur avoient
diminue, les glandes de la ganache n'avoient
aucun gonflement : les excoriations du dos, du
ventre , des extrémités étoient plus lèches : il
n'y avoit que quelques points de suintements
sous la crinièrej & la peau de cette partie étoit
froncée. Les narines paroissoient humectées par
une humeur blanche , légère comme du blanc
d'œuf battu. Le 19, la tumeur étoit à peine sensible : il n y avoit plus de claudication ; mais cette
métastase rapide avoit produit un écoulement
purulent & sanguinolent par la narine , avec un
commencement de gêne dans la respiration. Les
glandes de l'auge , sur - tout celle du côté du --- Page 142 ---
5 3 i Sur les Maladies Ínontoir étoient très-grosses. L'artère avoit toujours soixante-quatre pulsations. Le 2.0, l'écoulement des narines étoit abondant , l'extrémité de l'arrière-main au montoir
étoit engorgée j &: l'animal appuyait avec peine
sur cette partie. L'artère avoit soixante-dix pulsations. Nous avons apperçu une tumeur à la
mamelle gauche j &: il cil sorti quelques gouttes
de lang par la vulve.
très-grosses. L'artère avoit toujours soixante-quatre pulsations. Le 2.0, l'écoulement des narines étoit abondant , l'extrémité de l'arrière-main au montoir
étoit engorgée j &: l'animal appuyait avec peine
sur cette partie. L'artère avoit soixante-dix pulsations. Nous avons apperçu une tumeur à la
mamelle gauche j &: il cil sorti quelques gouttes
de lang par la vulve. M. Lapole a tué cet animal en lui ouvrant
une carotide & une jugulaire en notre présence,
celle de Mes Auvray & Mouzin. Le lang veineux
étoit d'un rouge noir, le sang artériel étoit d'uii
rouge clair : la peau étoit excoriée , écailleuse : le
cuir, examine avec une forte loupe, nous a paru
plus dense. Les bulbes des poils étoient détruits :
il y avoit sur la peau beaucoup de petits poux
blancs dont les pâtes étoient noires. Le tissu cellulaire de l'extrémité de l'avant-main, sur-tout
celui de l'extrémité de l'arrière-main au montoir , étoient infiltrés d'une humeur jaune , muqueuse &: séreuse. Les articulations des cuîsses, principalement
celle du montoir, étoient abreuvées par une humeur jaune , muqueuse & purulente. Les glandes
inguinales étoient engorgées j celles du côté gauche paroissoient abreuvées de pus. La mamelle
du même côté formoit une tumeur oblongue qui
rendoit par l'expression, par le mamelon , une
matière purulente, blanche comme du lait. Le
corps de cette mamelle étoit engorgé &r abreuvé
par la même humeur. La vessie contenôit une
humeur bourbeuse d'un blanc jaune. Les glandes
mésentériqnes étoient engorgées Se abreuvées : 5
la tunique extérieure du foie, celle de la rate,
avoient plusieurs taches blanches produites par --- Page 143 ---
-Ëpitoot;ues. !,, 1 ii j 1 engorgement des vaisseaux lymphatiques. La
substance de ces viscères étoit bruue & ramolie.
Le tronc de la mésentérique antérieure étoit dilaté & contenoit des crinons. Les poumons étoient: chargés de tubercules,
dont plu si eu rs contenoient une matière purulente,
quelques autres une matière grasse , concrète :
les glandes bronchiques étoient abreuvées ; celles
du cou de la ganache étoient engorgées & infiltrées. Le si nu s maxillaire du côté du montoir
contenoit une matière sereuse & purulente, d'un
blanc verd. La membrane pituitaire du vomer &r de la cîoiion étoit granulée, engorgée &:
avoit plusieurs points d'ulcération : nous ne parlerons pas de la mole sse du cerveau & du cervelet , parce que nous n'avons pas un tableau
précis de comparaison des différents degrés de
densité de ce viscère dans l'état fain dans
l'étât malade, & que toute allégation sur ce
sujet, a moins qu'elle ne 1 'oit fondée sur des
extrêmes, nous paroît fort indéterminée. Quatrième Expérience. Le 2.9 décembre, M. Auvray nous a envoyé
une mule de se.pt ans , d'une petite taille. Nous avons mis cet animal dans une écurie
séparée, &: elle ne communiquoit que dans la,
savanne , pendant le iour , avec le sujet de la.
cinquième observatjon , & avec celui de la précédente expérience. Nous avons frotté les narines & les lèvres de
cette mule avec l'essence de térébenthine , parce
qu elle avoit été écorchée par une embouchure
vicieuse.
nous a envoyé
une mule de se.pt ans , d'une petite taille. Nous avons mis cet animal dans une écurie
séparée, &: elle ne communiquoit que dans la,
savanne , pendant le iour , avec le sujet de la.
cinquième observatjon , & avec celui de la précédente expérience. Nous avons frotté les narines & les lèvres de
cette mule avec l'essence de térébenthine , parce
qu elle avoit été écorchée par une embouchure
vicieuse. Elle couchoit avec le cheval de la sixième --- Page 144 ---
1 34 Sur les Maladies observation , & ils avoient une mangeoire
lin abreuvoir communs. Le 8 février, nous avons compté quarante
pulsations. L'animal paroissoit très-bien portant,
cependant il paroissoit sur le dos quelques tachcs
d'excoriations qui s'épiloicnt. Le zo, il n'y avoit
qu'un peu d'augmentation des excoriations ; elles
commençoient a rendre une petite quantité d'humeur muqueuse & roufle : l'artère avoit quarante-cinq pulsations dans une minute. Regardant que la morve étoit à son premier
degré dc' développement, nous avons cru devoir
examiner il nous trouverions dans l'intérieur
quelque altération , & si la membrane pituitaire
auroit déjà éprouvé quelque impression. M. Lapole a introduit dans une jugulaire de
l'air avec un sipiion. Les yeux se sont inclines :
il y a eu quelques agitations convulsives : le relâchement de la mort s'est établi, & l'animal
a expiré après quelques minutes. Le bulbe des poils paroissoit détruit dans les,
endroits excoriés. Il y avoit sur l'estomac un,
gros tubercule rempli de crinons &: de pus qui
îc vidoit en dedans par une ouverture sistuleuse.
La mésentérique, qui étoit dilatée , contenoit
aussi des crinons. La rate étoit racornie, sa tunique extérieure étoit calleuse dans plu si eu rs endroits. La tunique extérieure du foie avoit plusieurs taches blanches produites par une lymphe
concrète ; elle se détachoit aisément de la substance du foie qui étoit macérée d'un noir brun.
Les poumons avoient des tubercules ; plusieurs
contenoicnt une matière concrète blanche : un
de ces tubercules étoit abreuvé d'une matière
purulo-sanguinolente. Sur l'appendice antérieure
du poumon hors du montoir , nous avons vu --- Page 145 ---
Pplrootiques. 1 t * 1 iv une petite tumeur lenticulaire de la couleur du
poumon , large de six lignes , tenant par un
petit pédicule blanc, & contenant une humeur
jaune , graisseuse , granulée : le tiflii cellulaire
qui recouvre l'aorte & les vaisseaux intercostaux
fous la plèvre, le long de la colonne épinière,
étoit abreuvé d'une humeur jaune, séreuse &
muqueuse : nous avons trouvé une humeur semblable dans les cavités cotiloïdes des deux cuisses :
les narines n 'avoient encore reçu aucune altération. EXTRAIT DU JOURNAL MÉTÉOROLOGIQUE TENU pendant le temps des Observations
& des Expériences sur la Morve 3 par
M. Arthaud. 1787. LE thermomètre a été en janvier, le matin
de 16 , 17 & 18 degrés ; à midi de 18 , 20 &
2.1 ; le foir de 18 } 19 & 10. Les vents ont
dominé du sud-ouest à l'est , nord-est & au nordnord-ouest. Le ciel a été nébuleux fréquemment :
il est tombé en douze jours deux pouces six lignes.
de pluie. Le 3 , il y eu une éclipse de lune, ÔC
le 14 un orage.
de 16 , 17 & 18 degrés ; à midi de 18 , 20 &
2.1 ; le foir de 18 } 19 & 10. Les vents ont
dominé du sud-ouest à l'est , nord-est & au nordnord-ouest. Le ciel a été nébuleux fréquemment :
il est tombé en douze jours deux pouces six lignes.
de pluie. Le 3 , il y eu une éclipse de lune, ÔC
le 14 un orage. En février , le thermomètre a été le matin de
18 à 19 degrés ; à midi de 11 à 22 ; &: le soir
de 20 a 11. Les vents de nord-est ont été trèsforts : le ciel étoit banqué au nord le matin , & --- Page 147 ---
Epizootiques. T 3 7 En juillet, le thermometre a été de 20 &" 21
degrés le matin ; de 23 , 24 &: 25 à midi, &
de 22 & 23 le soir. Les vents ont été du sudcst à l'est & au nord-est ; ils ont quelquefois
passé au nord-ouest & à l'ouest. Le ciel a érç
nébuleux banque au sud & à l'ouest. Le tonnerre s'est fait entendre, & il y a eu des orages dans les montagnes : la pluie a tombé deux
fois par petits grains. La terre a tremblé dans
la nuit du 25. En août ^ le thermomètre a été le mati n de
21 & 22 degrés; de 23' & 24 à midi, &: lç
soir de 10 , 22 & 2.3. Les vents ont varié du
sud-est à l'est , au sud , au sud-ouest & au nord :
ces derniers ont soufflé avec force : il y a eu
plusieurs orages. Il est tombé en dix jours deux
pouces huit lignes d'eau. En septembre , le thermomètre a été le matin
de 20 à 21 degrés ; de 23 à 24 à midi ; de 22
à 23 le loir. Les vents ont soufflé du sud-est au
nord-est. Il y a eu quelques orages qui ont produit onze lignes d'eau. En octobre , le thermomètre a été de 19 3 20
& 21 degrés le matin , de 2-z , 23 & 24 à midi;
de 10, 21 22 le soir. Les vents ont dominé
au sud-ouest à l'ouest, nord-ouest & au nord.
Il y a eu plusieurs nords mêlés d'orages. Il est
tombé en douze jours dix - sept pouces & fiiç
lignes d'eau. En novembre le thermomètre a marqué le
matin 19 & 20 degrés ; à midi 20, 21, 22. & 23 ;
& le loir 19, 20 & n. Les vents ont soufflé --- Page 148 ---
138 Sur les Maladies du sud-ouest à l'ouest & au nord : il y a eti
quelques orages. Il est tombé en seize jours trois.
pouces neuf lignes d'eau. En décembre, le thermomètre a été le matin
de 18, 19 & 2.0 degrés ; à. midi de 19 , 10 &
21, & de 17 , 18 & 20 degrés le soir. Les ventsont dominé du sud-ouest à l'ouest & au nord.
148 ---
138 Sur les Maladies du sud-ouest à l'ouest & au nord : il y a eti
quelques orages. Il est tombé en seize jours trois.
pouces neuf lignes d'eau. En décembre, le thermomètre a été le matin
de 18, 19 & 2.0 degrés ; à. midi de 19 , 10 &
21, & de 17 , 18 & 20 degrés le soir. Les ventsont dominé du sud-ouest à l'ouest & au nord. Il est tombe douze pouces &: unç ligne d'eau
en treize jours. - 1788. Le thermomètre a été en janvier de 18 , 19
& 2.q degrés le matin ; de 11 & 2.2. à midi
& le foir de zo à 21. Les vents ont souillé du
sud-ouest à l'oued , à l'est & au nord. Il esttombé en cinq jours deux pouçes quatre lignes,
d'eau. En février, le thermomètre a été le matm delS, 17, 19 & 20 degrés ; à midi de
17, 18, 19, 20 & 21 ; & de 15 , i8, 19,
20 & 2.1 le soir. Les vents ont passé alternativement du sud-ouest à l'est , nord-est j au nord
& à l'ouest. Le ciel a été fréquemment nébuleux : il est tombé en huit jours d.e pluie cinq
pouces sept lignes d'eau. En mars, le thermomètre a été le matin de
15, 16 j 18 , 19 &: 20 degrés; ; à midi de 18 , 19,
20 & 21 ; & le soir de 15, 17, 18 ? 19, 2.0
& 21. Les vents ont été du sud-ouest à l'ouest,
au ouest-nord-ouest, au nord au nord-est & à
l'est : il n'est tombé que dcux 'pouces d'eau. En avril, le thermomètre a été le matin à
18, 19 & 20 degrés ; de 21 & 22 à midi; ôc --- Page 149 ---
EPL'/no:'nues. 139 de 10 &: 21 le soir. Les brises ont Tourné de l'ouest
sud-ouest à l'est & an nord-est : il n'est tombé que
deux ligpes de pluie. Les chevaux , les mulets & les bœufs ne sont
pas les seuls animaux qui éprouvent des maladies,
épizootiques à Saint - Domingue : les moutons
ne peuvent pas s'élever dans tous les cantons
de l'Ile ; ils réussissent mal dans les mornes, &
ils éprouvent dans les plaines non-seulement le
charbon, mais.la clavelée & la pourriture. Il
seroit à desirer que l'on recherchât dans la Colonie quels sont les soins qui conviennent à ces
animaux, tant en santé qu'en maladie. Nous n'avons pas vu des maladies épizootiques
sur les chèvres : il nous a paru que ces animaux
étoient sujets au vertige, à l'épilepsie , au tétanos , aux rumatismes avec des gonflements
dans les articulations ; ils font si sensibles au
froid & à l'humidité , que nous en avons vu
plusieurs fois qui avoient des claudications , apr.ès
avoir reçu un grain de. pluie. Les moutons &r les chèvres sont quelquefois
empoisonnés par plusieurs espèces de plantes ,
telles que deux apocins que l'on appelle vulgairement Lianne à cabrit, & qui sont le Cynanchum s
SuberDfum ( i ). M. de Morancy , habitant au
Morne - Rouge , vient de nous envoyer une
plante que M. Dubourg , directeur du jardin
du Cercle, a reconnue pour être la Maregravia.
umbellata (2). M. de Morancy nous a marqué
r les chèvres sont quelquefois
empoisonnés par plusieurs espèces de plantes ,
telles que deux apocins que l'on appelle vulgairement Lianne à cabrit, & qui sont le Cynanchum s
SuberDfum ( i ). M. de Morancy , habitant au
Morne - Rouge , vient de nous envoyer une
plante que M. Dubourg , directeur du jardin
du Cercle, a reconnue pour être la Maregravia.
umbellata (2). M. de Morancy nous a marqué (1). Méfiez-vous, dit Desportes , de la famille des Apacins, des Periploca , des Tithimales , des Convolvulus Se de"
Figuiers. Tr. abr. des pl. us. t. III, p. 114. (1). Polyand. monocyn. n° 507 du gen. plant. Voy. la
descript. de cette plante par M. Dubourg. V. nos Expériences. --- Page 150 ---
140 Sur les Maladies avoir perdu, en moins de quinze minutes, des.
moutons & des chèvres qui avoient mangé quelques feuilles de cette plante ; mais M. de ?vlorancy s'eit trompé. Voyez nos Expériences. Les cochons éprouvent aussi les maladies charbonneuses ; ils ont louvent des vers ; ils sont
exposés à s'empoisonner avec le manioque. M. Gelin nous a rapporte qu'il avoit vu le
charbon détruire les dindes & les poules sur
une habitation. La volaille esb d'une très-grande ressource à
Saint-Domingue , mais on ne peut la préserver
des maladies qui la font périr fréquemment ,
même sur les habitations où l'on prend le plus,
de soins pour l'élever. Si la volaille eil généralement mauvaise à St-.
Domingue., suivant M. Decourt j on doit en
accuser l'insouciance de ceux. qui l'élèvent, &
non le climat. J'ai enfermé j dit-il, douze jeunes
chapons très-maigres : on leur donnoit avec profusion de l'eau & du grain de bonne qualité »
on avoit soin de bien nettoyer la cage où ils.
étoient, précaution necedaire pour détruire une
cspèce de vermine qui s'attache à la volaille de
la tue : trois mois après ces chapons étoient aussi
bons que ceux que l'on mange à Barbezieux.
J'ai fait le: même essài sur six poules dindes ;
elles ont acquis trop de graisle : une seule en
rendit une livre & demie. Le canard de SaintDomingue vaut celui de France, & le pigeon
y esc généralement meilleur. Nous avons vu plusieurs fois sur les dindes une
maladie charbonneuse qui en a tué un grand nombre ; leur sang ctoit noir : le gésier étoit sec Se
leur foie pourri : la saison étoit sèche , &: le peti
de grains que l'on avoit étoit mauvais. --- Page 151 ---
Èpirovtiques. TAÏ Les poules sont sujettes à une espèce de vermine qui les tourmente & les fait périr dans
le maraime (3). La maladie épizootique la plus fâcheuse & la
plus commune, c'cst les pians ; comme la clavelée des dindes, elle affecte particulièrement la
tête, le cou & les pattes; elle attaque sur-tout
la jeune volaille : il paroît qu'elle est contagieuse.
vais. --- Page 151 ---
Èpirovtiques. TAÏ Les poules sont sujettes à une espèce de vermine qui les tourmente & les fait périr dans
le maraime (3). La maladie épizootique la plus fâcheuse & la
plus commune, c'cst les pians ; comme la clavelée des dindes, elle affecte particulièrement la
tête, le cou & les pattes; elle attaque sur-tout
la jeune volaille : il paroît qu'elle est contagieuse. Nous attribuons les maladies de la volaille,
comme celles des autres animaux , aux vices de
la constitution de l'air, à l'altération des eaux &
de la nourriture. C 'est dans les saisons sèches, lorsqne les eaux
sont mauvaises , lorsqu 'il y a disette de grain ,
lorsqu' ils sont piqués par les vers ou rongés par
les mittes, que la volaille éprouve des maladies
charbonneuses: c'est au contraire dans les saisons
froides & humides que la maladie des pians s'établit. Il paroît sur la tête , sur le cou, un ou
plusicurs boutons élevés d'un jaune rouge : la
tête se gonfle , les yeux rendent une humeur purulente , les volailles perdent la vue : il fort de
leur bec une humeur glaireuse , elles respirent
avec peine , elles ont une espèce de hoquet j
elles sont tristes ; leur tête est basse, leur cou
alongé, leurs ailes & leurs queues pendantes,
leurs plumes hérissées, elles mangent avec
peine: quelquefois cette maladie se guérit, les
pians noircissent, se flétrissent, se dessèchent; quelquefois aussi elle se termine par la diarrhée. M. Rocquctte de Kerguiden, habitant au Trou,
nous a écrit en juin 1787 ce qui suit sur cette Cest un pou large & plat comme une lentille, d'un
gris noir. Il paroît que c'est le Pediculus gallinæ, thorcce
capite utrinque mucronatis de Linné. V. fist, nat. n° 1166, --- Page 152 ---
14 i Sur les Maladies .. 1 maladie , en invitant le Cercle a raire des recher.
ches sur les moyens de la guérir. Depuis deux ans je m'occupe à élever de la
volaille , à faire des expériences sur les différentes espèces & sur leur population : il y a six
mois que j'avois seize cents poussins, éclos prefque dans le même temps. Je les ai presque tous
perdus par la maladie des pians ; elle règne principalement depuis décembre jusqu'en juin ; cllé
est contagieuse : lorique les poulets ont deux ou
trois mois, ils résistent à la maladie; la grande
volaille en périt rarement : elle se déclare par des
boutons qui paroissent sur la tête & sur les
pattes -, leur accroissement est rapide; elle produit
l'aveuglement en altérant les membranes & les
humeurs des yeux -, elle déforme le bec, & elle
tue dans l'espace de trois semaines. Les malades
conservent de l'appétit ; ils sont fort altérés:
Quelques personnes attribuent cette maladie aux
fleurs de pommier d'Acajou, mais c'est une erreur : j'ai tenté inutilement le soufre , l'anti-
. moine, d'autres drogues mises dans les abreuvoirs : les plus anciens Habitants que j'ai confuites sur ce sujet m'ont dit qu'ils n'avoient
jamais connu de remèdes. Les Nègres portent
souvcnt dans les marchés des volaillès atteintes
de cette maladie ; ils la font disparoître extérieurement avec des dessicatifs : mais l'humeur
reflue dans le fang, &r cette nourriture essentielle
pour les hommes en fanté & pour les convalefcents, ne peut être que mal-saine. ?
plus anciens Habitants que j'ai confuites sur ce sujet m'ont dit qu'ils n'avoient
jamais connu de remèdes. Les Nègres portent
souvcnt dans les marchés des volaillès atteintes
de cette maladie ; ils la font disparoître extérieurement avec des dessicatifs : mais l'humeur
reflue dans le fang, &r cette nourriture essentielle
pour les hommes en fanté & pour les convalefcents, ne peut être que mal-saine. ? Le préjugé établi par Aristote (4) que les poif- '
(4). V. Mal. épizoot. p. ire , pag, 155. M. Paulet Ce
trompe, en attribuant cette erreur à Aristote, s'il est vrai
qu'il ait dit, 1. , Hist. des animaux, comme le rapporte
I --- Page 153 ---
pp * - tiques. tAî fons n éprouvent pas de maladies pizootiquès,
a été détruit par le docteur Scheuzer, qui a
observé en 1722 une mortalité générale sut les
poissons du lac de Confiance. Nous ne pensons pas avec M. Paulet que
cette observation détruit l opinion de ceux qui
ont cru que toutes les maladies épidémiques venoient de lair, parce que les poilTons peuven- '
éprouver des influences de son action, parce au'
peut s'exhaler même du fond des eaux des
principes quientrent dans la constitution de l'air,
parce que l eau peut s imprégner de quelques-unes
de ces exhalaisons nuisibles, &- parce que Ion
ne sent pas bien jusqu où peut aller l'influence;
de la température de l'air & de sa constitution
sur la qualité des eaux , • & sur la santé des
poissons. Nous avons péché en pleine mer une trèsgrande quantité de bonites, qui toutes avoient
dans les intestins & dans les chairs beaucoup
de vers de l'espèce des douves. Desportes nous dit que plusieurs personnes
ont été empoisonnées en 1741, pour avoir mangé
de petites sardines qu' aux îles on appelle Cayeux.
La saison étoit très-sèche ct la mortalité des
bestiaux avoit été grande. Nous avons vu au Cap-François plusieurs personnes empoisonnées par les cayeux en 1778 ,
&: on a vu j comme en 1741 ^ des chats qui
font morts pour avoir mangé des entrailles de
ces poHsons : la saison étoit également sèche &
maladive pour les animaux. M. Menuret, 1. c. pag. 55 , qu'il n'est pas jusqu'aux poissons qui n aient participé quelquefois aux fléaux pestilennels *
sur-tout ceux qui habitoient les eaux douces &r dormantes. --- Page 154 ---
44-4. Sut' les Maladies Nous avons ouvert en 1779, à Léogane i
une Négresse qui étoit morte après avoir mangé
quelques sardines dorées. La tarde , la bccune ,
l'orphie , le brochet, la carangue produisent quelquefois des effets semblables.
pas jusqu'aux poissons qui n aient participé quelquefois aux fléaux pestilennels *
sur-tout ceux qui habitoient les eaux douces &r dormantes. --- Page 154 ---
44-4. Sut' les Maladies Nous avons ouvert en 1779, à Léogane i
une Négresse qui étoit morte après avoir mangé
quelques sardines dorées. La tarde , la bccune ,
l'orphie , le brochet, la carangue produisent quelquefois des effets semblables. On dit que ces accidents viennent de ce que
ces poissons mangent des graines vénéneules.
Desportes le pensoit, mais nous ne le croyons
pas ; on prétend aussi que ces poissons contractent une qualité vénéneuie sur les bancs cuivreux , mais cette opinion mériterait d'être examinée. Il n'elt pas prouvé que les cayeux mangent des graines vénéneules ; il n'est pas démontré que l'eau de la mer puisse se charger d'une
solution cuivreuse qui puitTe donner aux poissons
une qualité vénéneuse sans les faire mourir : on
pêche les sardines le long des côtes dans une
certaine faison ; elles quittent des plages où la
température & peut-être les qualités de l'eau ne
sont pas les mêmes que sur les côtes ; elles contractent peut-être des maladies qui leur donnent
une qualité vénéneuse, principalement dans les
saisons seches : on sàit que M. Wallis, dans son
voyage autour du monde , ne permettoit a son
équipage de garder que vingt-quatre heures le
poisson qu'il prenoit ; il avoit observé que celui que l'on conservoit plus long - temps occafionnoit des maladies corrompoit l air du bâtiment : d'ailleurs qui est-ce qui ne sait pas que
la qualité du poisson , sa saveur même, quelques
caractères extérieurs , varient suivant la nature
des lieux & la qualité des eaux où il a été pêché ? Geoffroy rapporte qu'un homme ayant
mangé des poissons qu'on avoit trouvés morts
dans des lacs furent attaques d'une maladie pcftilentielle qui en firent périr un très-grand nombre, --- Page 155 ---
• ÊphàOtzàllCS* t, K bre, oz que tous les chiens qui en mangèrent
turent attaqués de la rage. V. Gotho. Fréd.
Chronic. ann. 1655, mal. épipar Paulet on
sait combien la qualité du poisson que l'on
nomme Triti ou Piquet est disFérente, lorsqu'il
est a 1 embouchure des rivières, où loriqu'il les a
remontées ; sa couleur change alors, & il incommode fréquemment ceux qui en mangent. , Précautions a prendre sur les habitations
pour eviter la maladie des btfliaux. ^ Si on soignoit les animaux j si on les pansoit
à la main, si on les visitoit avec plus ci 'attention , si on les abritoit iur-tout dans les saisons
pluvieuses, lorqu' ils sortent du travail , si on
avoit des [avannes plus étendues, & que l'on
rut des fourrages pour les temps de disette, on
préviendrait sans doute bien des maladies. Nous savons que la constitution de la Colonie
l' eloignement des grands propriétaires , un certain intérêt de commerce , ne permettent guère
de suivre un autre systême que celui qui est
adopte & qui vraiment est destructeur; mais
il feroit sans doute de l'intérêt de l'Etat autanc
que de celui des propriétaires, de faire connoitre dans le régime actuel les vices qui gênent
Ion exécution qui peuvent être réformés j &
d'indiquer les moyens de diriger les forces d'une
habitation de manière à pouvoir les employer
pendant un plus long espace de temps, avec la
même adivité.
guère
de suivre un autre systême que celui qui est
adopte & qui vraiment est destructeur; mais
il feroit sans doute de l'intérêt de l'Etat autanc
que de celui des propriétaires, de faire connoitre dans le régime actuel les vices qui gênent
Ion exécution qui peuvent être réformés j &
d'indiquer les moyens de diriger les forces d'une
habitation de manière à pouvoir les employer
pendant un plus long espace de temps, avec la
même adivité. On a déjà demandé bien des fois s'il étoit
plus avantageux dans les épizooties de ne point
prencd re précaution > que de n'en prendre qu'à --- Page 156 ---
146 Sur les Maladies On a peut-être exagéré les recommandations
. pour arrêter le cours des maladies épizootiques > . mais nous sommes obligés par ignorance , de
nous attacher à tout ce qui peut avoir de l'in-
..fluence sur les animaux & sur l'homme, car si
j nous connoisïions les causes qui produisent ces
-.-maladies, une seule précaution suffiroit peut-être:
nous ne serions pas réduits à suivre des routes
si longues j si difficiles pour chercher la vérité ;
la méthode curative seroit plus (impie , plus
convenable que celle que nous suivons. La police des habitations qui est si sévêre,
nest peut-être pas assez exacte pour que les
-moyens préservatifs ne soient pas souvent vicieux , & pour que l'on ne se trompe pas quel-
. quefois sur les précautions que l'on prend pour
; arrêter la contagion. r. Il est très-difficile d'assujetir les Nègres à suivre
avec ponctualité la méthode préservative qui
est si néce ssaire, &: qui est souvent la plus utile. Nous voudrions que les mares des habitations
< fussent ecurées plus souvent. : Il sera avantageux d'établir des puits , des
pompes & des bassins sur toutes les habitations
: où on peut lé faire. Il faut, lorsqu'on est forcé d'avoir des mares,
les entourer avec des arbres : lesmombins, les
mapoux les cirouéliers sont très-propres a cela.
r Si on établissoit des bassins correspondants aux
mares, comme M. Chabert l'a fait pratiquer en
Europe, on auroit la commodité de les nettoyer
à volonté, & on pourroit les faire couvrir, ce
qui seroit très-avantageux. r Nous croyons qu'il est dangereux de faire baigner & boire les animaux dans les mares dans
le tem -ps des épizooties, dans le moment où les --- Page 157 ---
v\. ' .„'v. fyKootùmes: : tAJ K ij pmics luccedent a la sécheresse , & lorsque l'eau
est chaude & altérée. On devroit planter des ormes , des orangers, des citroniers, des goyaviers, des différentes espèces de cachimens, des mombins
des cirouéliers des tamarins , des canefi'
ci ers, dans les hayes & dans les savanncs : cela
auroit peut-être quelques inconvénients , mais
cela presente de si grands avantages , pour la
conservation des animaux, que nous croyons
ne pouvoir mieux faire pour fixer l'attention
des Habitants sur cet objet, que de leur représenter que Layar & M. de Courtivron ont oblerve que les animaux malades, livrés à la nature , a voient un goût décidé pour les acides.
pour les fruits aigres & acerbes, le petit lait ,
la pomme sauvage. On sait avec quel, soin les
animaux recherchent l'ombre sous les arbres dans
les grandes chaleurs du jour, & l'on sait aussi
par les expériences de M. Yngenhouz qu'ils
y respirent un air plus doux ct plus pur.
. de Courtivron ont oblerve que les animaux malades, livrés à la nature , a voient un goût décidé pour les acides.
pour les fruits aigres & acerbes, le petit lait ,
la pomme sauvage. On sait avec quel, soin les
animaux recherchent l'ombre sous les arbres dans
les grandes chaleurs du jour, & l'on sait aussi
par les expériences de M. Yngenhouz qu'ils
y respirent un air plus doux ct plus pur. i dans un pays dévoré si souvent par
les sécheresses, ou noyé par des pluies qui inondent &• altérent l'herbe des favannes , n'a-t on
pas des magasins de fourrages ? C'est encore une
chose qui est jugée impossible par la routine indocile , qui regarde avec dédain les difficultés
qui contrarient l'exécution de ce qui pourroit
ctre utile. r -. Nous ne doutons pas qu'avec des recherches,
des expériences, l'on ne parvienne à connoître
plantes propres à être enmagasinées &r à
nourrir les animaux. M. Dingrande , habitant
au Fond des Nègres, associé du Cercle, avoit
fait des essais heureux à ce sujet. Ce digne citoyen est mort, mais il ne doit pas manquer --- Page 158 ---
14? Sur les Maladies dans la Colonie d nommes bien intentionnés o£
assez éclairés pour répéter ces essais avec attention & découvrir les moyens les plus sûrs, les
plus faciles & les moins dispendieux ^ pour que
lès Habitants puiiIent cultiver & en magasinef
des fourrages propres à nourrir les animaux dans
les saisons où les pacages sont brûlés ou noyés
par l'abondance des eaux. : Le nombre des Nègres qui feignent les animaux n'est iamais allez grand. On voit souvent
en Europe de jeunes garçons conduire les animaux dans les pacages : ce sont ici de jeunes
Nègres que l'on charge ordinairement de ce soin,
& ils en ont la garde pendant tout le jour,
après les avoir réunis le matin sous l'inspection
des Commandeurs. On ne peut avoir des Nègres
trop intelligents, non-seulement pour garder les
animaux & empêcher qu'ils ne s'ecartent , mais
pour les soigner &: pour les pan ser. Il y a des ordonnances qui règlent le temps
des charrois pour empêcher la dégradation des
chemins ; mais l'intérêt particulier doit assurer
l'exécution de ces ordonnances, & l'on ne peut
avoir trop d'attention pour ne faire ces charrois
que dans des temps convenables, &r pour donner
des soins particuliers aux animaux dont on se sert. Les animaux employés aux moulins y restent
ordinairement deux heures dans toutes les saisons : il faudroit, sur-tout dans les saisons sèches, qu'ils n'y restassent que pendant une heure,
l'on devroit les bouchonner lorlqu'ils en sortent, les tenir à couvert, leur donner des four..
rages particuliers & les abreuver lorsqu'ils seroient reposés (i). (i). M. Auvray nous a dit qu'il s'etoit très-bien trouvé
d'avoir adopté cet usage, & que les maladies lui paroissoient
moins fréquentes depuis qu'il le suivoit. --- Page 159 ---
Epi"{ootiqueJ. t A a K iij Il est reconnu qu un Maréchal dans les campagnes fait plus de mal que de bien ,, lorsqu'il
va d'une étable à l'autre visiter, sans attention,
les animaux fains &- les malades : il porte la
contagion par-tout (i). Cette observation doit
faire sentir la nécessité d'empêcher les communications dans les temps d'épizooties, &r doit
faire craindre que les Pacotilleurs, les personnes
commises pour traiter les maladies sur les habi- ,
tations, ne transportent l'infection d'un lieu à
un autre.
fait plus de mal que de bien ,, lorsqu'il
va d'une étable à l'autre visiter, sans attention,
les animaux fains &- les malades : il porte la
contagion par-tout (i). Cette observation doit
faire sentir la nécessité d'empêcher les communications dans les temps d'épizooties, &r doit
faire craindre que les Pacotilleurs, les personnes
commises pour traiter les maladies sur les habi- ,
tations, ne transportent l'infection d'un lieu à
un autre. Les Nègres ne devroient pas avoir de chiens,
&r on ne devroit permettre qu'aux commandeurs , aux gardiens d'animaux & des places à
vivres d 'en avoir quelques-un, & ils devroient
être obligés de les tenir à l'attache (3). On ne devroit pas souffrir que les Nègres escîaves eussent des chevaux en propriété : on ne
peut trop veiller que les Nègres ne fassent pas
a cheval des courses de nuit ; elles peuvent contribuer à répandre la contagion d'un lieu à un
autre , & quelquefois dans des lieux fort éloignés. LETTRE de M, Auvrav a M. Arthaud. datée
du Terrier-Rouge, du 7 septembre 1787. Monsieur & cher confrère, Je vous ai promis , aussitôt que je serois en état (i). Mal. épizoor, par M. Paulet, T. II. p. 61. (3). Il n 'y a pas d annee qu'il n'y ait des accidents produits par la rage. Nous savons que le Nègre regarde le
chien comme le compagnon de Ton esclavage, & que c'est
une jouissance pour lui de dominer sur un être sensible ;
mais il vaut mieux diriger son plailir vers un autre objet, &
e!1 tuant Ton chien on peut lui donner une poule , un cochon,
& il sera content, parcs qu'il n'y aura ni. violence ni privation. --- Page 160 ---
I ç o Sur les Maladies de le faire, l'historique de ma maladie : je vais
tâcher d'y faiisfaire. Le août dernier, un de ines gardiens d'animaux m'amena une mule malade : je l'examinai ; elle se regardoit les flancs & vouloit se
coucher, ce qui lembloit indiquer des tranchées:
j'y fus trompé , je lui fis donner des lavements
& lui fis avaler deux pintes de lessive de cendres coulée , dans laquelle j'avois exprimé du jus
de citron (4). L'animal passà la nuit assez tranquillement i il essaya de manger à plusieurs reprises. Le lendemain matin il avoit de la fièvre &
paroissoit louffrir beaucoup : je le faignai & lui fis
donner eucore quelques lavements ; il mourut sur
les dix heures : je le fis porter dans la savanne.
où il devoit être enterré, & j'en fis l'ouverture,
sur le champ. Je visitai les naseaux, que je trouvai propres
sans apparence d'aucun écoulement. Je trouvai sur le poulmon quelques taches
noires, & aussî. quelques tubercules contenant
une sérosité jaunâtre. Je remarquai que cette
partie affe&ée avoit beaucoup moins de consis-,
tance que le reste du poumon qui étoit sain. Le mésentère étoit en général dans l'état de
la plus grande inflammation, mais sur-tout vers
le milieu ; il étoit de couleur noire & violette
très-foncée, parsemé de taches gangreneuses.
Cette portion cédoit au plus léger effort des
doigts, & se déchiroit facilement. (4). Cette espèce de Tel neutre, purgatif & diurétique, est
un excellent remède pour les tranchées des chevaux & mulets. Depuis près de quatre ans que je suis dans la Colonie ,
j'ai eu Couvent occalion de l'employer & toujours avec le
plus heureux succès.
it de couleur noire & violette
très-foncée, parsemé de taches gangreneuses.
Cette portion cédoit au plus léger effort des
doigts, & se déchiroit facilement. (4). Cette espèce de Tel neutre, purgatif & diurétique, est
un excellent remède pour les tranchées des chevaux & mulets. Depuis près de quatre ans que je suis dans la Colonie ,
j'ai eu Couvent occalion de l'employer & toujours avec le
plus heureux succès. --- Page 161 ---
Êphootiques. T ç 1 K iv Les gros intestins étoient parsemés de petites
vessies pleines d'une liqueur jaunâtre. Les intestins grêles légèrement enflammés.
Les muscles psoas étoient d'un rouge très- '
foncé, & parsemés vers le milieu de taches noires. Toujours intérieurement, & sur les fausses
côtes du côté droit, je trouvai une tumeur, ou
plutôt un gros bouton charbonneux d'environ
trois pouces de diamètre se terminant en pointe
comme un teton. La couleur extérieure étoit
d'un violet très-foncé, le bout jaunâtre : j'y
donnai plusieurs coups de scapel. Il découla une
liqueur sanguinolente. L'intérieur étoit de con- '
sistance couenneuse & de couleur rouge brun. Comme il y en avoit assez pour reconnoître
la maladie, je ne pouffai pas plus loin mes recherches. Je fis enterrer le cadavre avec les précautions requises en pareil cas (y). Actuellement voici ce qui me regarde. De retour à ma case, sur le midi ( ioaoût)
je me lavai les mains &: les frotai avec des citrons. Je ne m'étois pas apperçu de m'être blesle.
En effet, cela ne pouvoit pas même s'appeler
une égratignure. J'avois à peine l'épiderme effleuré , comme par ricochet, à trois endroits
fort près les uns des autres. Le soir je sentis une légère démangeaison : je
me gratai sans y faire attention, je sentis de la
chaleur. Il se forma sur le champ trois petits
boutons. Le lendemain 1 l , les démangeaisons augmen-t
tèrent, les boutons grossirent un peu, & com-,
mencèrent à prendre une couleur rougeâtre. Dès (s). La mule eroit en très-bon état, très-vigoureule, âgée.
de sept à huit ans; elle avoit eu , il y a un an ou dix-nuitt le mal des eaux, dont elle étoit bien gué rie. --- Page 162 ---
15z Sur les Maladies ce moment je rus persuadé que je m'étois inocule
le charbon. Je fis voir ma main au docteur '
Charet, qui m'aflilra que ce ne seroit rien, que
pareille chose arrivoit sou vent lorsqu 'on sc blesioit à l'ouverture de quelque cadavre. Le 12, les boutons me causèrent une légère
douleur j & en les pressant il sortoit une liqueur -
sereuse. Je rus à ma forge : je fis rougir un morcean de fer, & je brûlai les boutons aussi profondément que je pus résister à la douleur. Pré-.
caution bien inutile !
m'aflilra que ce ne seroit rien, que
pareille chose arrivoit sou vent lorsqu 'on sc blesioit à l'ouverture de quelque cadavre. Le 12, les boutons me causèrent une légère
douleur j & en les pressant il sortoit une liqueur -
sereuse. Je rus à ma forge : je fis rougir un morcean de fer, & je brûlai les boutons aussi profondément que je pus résister à la douleur. Pré-.
caution bien inutile ! Le 13, la brûlure avoit fait une trace que les;
boutons surmontèrent des deux côtés, à peu près;
dans la forme d'un grain de café, mais plus gros;
ils me causèrent une démangeaison insupportable, & bientôt après de la douleur. - Le 14, le mal relia dans le même état. Le i s dans la matinée, je Ris pris d'un légermal de tête qui augmenta l'apres-midi, & sup
le soir je me trouvai très-mal à mon aise. Mes.
idées se- préfentoient en foule , & se succédoientsi rapidement qu'il m'étoit impossible d'en fixeraucune. Je me promenai, dans cet état, dans ma.
favanne jusqu'à neuf heures que je fus me coucher. A peine dans mon lit, le mal de tête devint,
violent, 8c la fièvre survint. Il me fut imposiblc de fermer l'œil. Je passai la nuit dans une,
agitation continuelle, jusqu'à six heures du matin
que je fis appeler mon Médecin. Le 16 j il me trouva beaucoup de fièvre : le
mal de tête étoit insupportable; j'avois mal aux
reins, je sentois une lassitude générale; il me,
prescrivit la dictte, la limonade d'acide vitriolique, & la végétale alternativement & le bain..
Je passai une tres-mauvaise journée. te 17 j les boutons grossirent & la main enflât --- Page 163 ---
.ËP!*ootl,ues. r * x le mal de tête toujours violent, & la fièvre ne
diminuoit pas. Je fus laigné l'après-midi : il n'y
eut point de diminution dans les symptômes :
le fang étoit un peu plus sec qu'à l'ordinaire,
niais il n'étoit pas couenneux. Le 18 , la fièvre me quitta, & le mal de tête
diminua. J'observai le même régime : les boutons augmentèrent -, ils étoient livides dans leur
centre & noirs dans leur circonférence. Ma main
enfla considerablement , ainsi que le bras &: l'avant-bras, & le gonflement s'étendoit jusque
sur le muscle pectoral du même côté. J'avois
des inquiétudes, & tombois dans des défaillances
fréquentes. M. Charet fit des scarifications sur
les endroits charbonneux ; il les lai ssa saigner, &
les lava avec de l'eau &: de l'eau de vie camphrée. Le 19 j les mêmes symptômes : cependant les
foiblesses étoient plus fréquentes , & se fuccédoient de quart-d'heure en quart-d'heure. Je prenois toujours de la limonade à l'acide vitrioliquc
& le quinquina en décoction , un peu de via
pour me lontenir. L'après-midi, M. Charet extirpa ce qui étoit charbonneux : cette opération
fut très-douloureuse; il laissa saigncr la plaie, la
lava avec l'eau & l'eau de vie camphrée; il pensa
avec le digestïf composé , animé d'eau de vie
camphrée}, de décoction de quinquina, des fomentations d'eau de vie camphrée sur les parties enflammées. Le soir, il se manifesta un gonflement asiz considérable à l'hypoccndre droit.
irpa ce qui étoit charbonneux : cette opération
fut très-douloureuse; il laissa saigncr la plaie, la
lava avec l'eau & l'eau de vie camphrée; il pensa
avec le digestïf composé , animé d'eau de vie
camphrée}, de décoction de quinquina, des fomentations d'eau de vie camphrée sur les parties enflammées. Le soir, il se manifesta un gonflement asiz considérable à l'hypoccndre droit. Le 10 , aux symptômes précédents se joignirent des vomissements peu fréquents. J'observai
le même régime que les jours précédents : M.
Charet y joignit une portion cordiale par cuillerée j l'eau de canelle orgée étendue dans une
suffisante quantité d'eau édulcorée convenablement. --- Page 164 ---
154 Sur les Maladie1 Du 1O au 21, je passai une très-mauvaise nuit,
les vomissements devinrent plus fréquents, je
rcndois des matières bilieuses & glaireuses. Il
parut une quantité de phlictènes sur différents
points des doigts & de la main : M. Charet les .
fcarifia pour laisser échapper la sérosité quelles
contenoient ; il ajouta la décodion de quinquina
aux lavements, qui dans les premiers jours avoient
été émolients. Le 21 au matin , j'eus quelques envies de
vomir ; mais elles disparurent., &: l'après-midi je
fus assez tranquille. M. Charet supprima la limonade minérale ; il continua les mêmes pansements.
Le gonflement diminuoit beaucoup, & cependant
il n'y avoit point encore de suppuration établie
autour des escarres. Je commençai à prendre un
peu de crème de ris pour nourriture. La nuit du 2.1 au 22 fut tranquille, peu de sommcil, il parut un peu de suppuration aux escarres.
Même régime & même pansement. La nuit du 22 au 2.3 fut assez bonne , un
peu plus de sommeil que la précédente. Le matin
la suppuration étoit augmentée & le gonflement
beaucoup diminué. Le z3 , même situation. Du 23 au 24 un peu de sommeil. Je me sentis,.
beaucoup mieux. Le Z4, la suppuration étoit bien établie autour des escarres. Je sentis une attaque de goutte
au pied gauche. Cet accès diminua seniiblemcnt
la suppuration des 23, 24, 25 z6. M. Charet
supprima les limonades, & n'insista que sur les
lavements de quinquina, & la décodion de quinquina prise intérieurement. Le 27 j la suppuration se manifesta : quoique
j'eusse passé une très-mauvaise nuit, elle conn- --- Page 165 ---
Êpr/ootiques. 1 < ç nua jusqu'au 30 où clic parut diminuer. J'avois
eu la nuit une tranipiration considérable : j'avois.
pris huit gouttes anodines de Sydenham. Les
accès de goutte ont été violents jusqu'au 2 feptembre qu'ils ont commencé à diminuer. L'insomnie continuant , 8c étant fortement
agité par les douleurs de la goutte , je pris le.
3 au loir des gouttes anodines, &r je passai une.
nuit allez tranquile.
parut diminuer. J'avois
eu la nuit une tranipiration considérable : j'avois.
pris huit gouttes anodines de Sydenham. Les
accès de goutte ont été violents jusqu'au 2 feptembre qu'ils ont commencé à diminuer. L'insomnie continuant , 8c étant fortement
agité par les douleurs de la goutte , je pris le.
3 au loir des gouttes anodines, &r je passai une.
nuit allez tranquile. Le 4, la suppuration avoit détaché une partie
de l'escarre , que M. Charet enleva. Depuis, les;
pansements ont été de charpie lèche. L'escarre étoit à peu près de la longueur, largeur & épai fleur d'une fiche à jouer. La plaie a
senti très-mauvais, jusqu'à ce quelle ait entièrement tombé. La goutte ayant cesse, je profitai de ce moment pour me purger le 10. J'ai été repurge,
le 22 , &: aujourd'hui 27 la plaie est presqu'enfièrement cicatrisée. Notre confrère Dubourg vint me voir il y a
deux mois. En eau fant agriculture il me dit que,
les Pères de la Charité venoient de faire une
découverte précieuse pour la Colonie, qu'ils
avoient cultivé avec succès de la luzerne, qu'ils
venoient d'en récolter de la graine qu'ils avoient
fait palier a M. le Général. Je lui en fis voir
une pièce bien réussie, & il fut convaincu que.
ces RR. PP. n'avoicnt pas le mérite d'avoir les
premiers cultivé cette plante à Saint-Domingue;
il me gronda de n'en avoir pas fait part au Cercle
dans ce temps ; il pouvoit avoir ration , mais il
n 'y avoit plus de remède. Je crois cependant en,
avoir fait mention dans des notes que je vous
ai remises. une observation à cet égard, qui peut,
piètre pas inutile & que je vous soumets. --- Page 166 ---
156 Sur les Maladies Les Pères de la Charité, dont je ne prétende
pas diminuer le mérite j, étant le premier à rendre
justice à leur zèle, ont planté de la graine de
la Luzerne dans un fort bon terrain, & arrosé
à volonté. La réussite n'est pas miraculeuse, &
ne peut pas garantir le succès de cette culture
à la Colonie v parce que tous les Habitants n'ont
pas de bons terrains à y sacrifier, & iut-tout n'ont
pas l'avantage d'arroser.
Les Pères de la Charité, dont je ne prétende
pas diminuer le mérite j, étant le premier à rendre
justice à leur zèle, ont planté de la graine de
la Luzerne dans un fort bon terrain, & arrosé
à volonté. La réussite n'est pas miraculeuse, &
ne peut pas garantir le succès de cette culture
à la Colonie v parce que tous les Habitants n'ont
pas de bons terrains à y sacrifier, & iut-tout n'ont
pas l'avantage d'arroser. Ma culture, comme vous allez le voir, est
tont-à-fait différente , &" présente un plus grand
degré de certitude à ceux qui voudront l'entreprendre. J avois demandé, en Europe des graines de.
luzerne s de treffle & de sainfoin. Ces graines.
m'arrivèrent en juin 1776 : je les femai de suite
dans un mauvais terrain, sec Se rocailleux, sans,
prendre même la précaution de faire labourer la.
terrc. Je me contentai de faire faire des cspèccs.
de sillons à la houe. On se souvient encore de
Fextrême séchèresse que nous éprouvâmes. Le
treille & le sainfoin périrent. La graine de luzerne
leva., mais à sur & mesure qu'il poussoit une
feuille elle étoit brûlée par l'ardeur du soleil
de forte qu'il ne ressoit plus que les rameaux :
j'en désespérois, lorsqu'aux premières pluies en
septembre suivant, j'ai vu avec plailir reverdir
ma pièce de luzerne j à l'exception de quelques,
petites places par-ci par-là qui avoient péri. J'ai
récolté de la graine qui ma servi à les recourir,
& qui a très-bien leve depuis ce temps : je peux
faire une coupe tous les. mois, les mulets & les
chevaux sur-tout en sont fort friands. Je peux donc raisonnablement afflirer qu'on
pourroit faire à Saint-Domingue des prairies artificielles d'autant, plus avantageuses qu'on pourroit. --- Page 167 ---
Èpltootiques. 1 x-f en granger comme en France la luzerne en botte,
&: coniCrver ce fourrage pour le temps de disette. J'ai demandé de la graine cri France : je veux
faire un nouvel essai dü treffle & du sainfoin,
dont je vous rendrai compte en temps. Voici un autre moyen, bien peu disondieux.
de se procurer de tics-bon fourrage L'année dernière j'al fait couper dans :: :: vivisions des herbes fines, je les ai fait f. i
la mode d'Europe, j'en ai fait faire des tk, :: „
&r les ai fait mettre en grenier sur de gratuit
perches, de manière à procurer de l'air en-dclons. Depuis un a.n que je garde ce fourrage il est
encore excellent, & les animaux le mangent tresbien. Les feuilles de petit mil que l'on brûle se
conserveroient également très-bien, &r feraient
une excellente nourriture dans les temps dcdifcttc. J'ai l'honneur d'être, ctc. Du mal des eaux par M. Gelin. Le mal des eaux 3 le mal de lagon , le mal
de l'étang font les noms par lesquels on désigne
une maladie tres-commune à Saint-Domingue. Elle affe&e les mulets & les chevaux , les
bœufs n'en sont jamais atteints -, elle a beaucoup
d analogie avec celle que nous appelons en France
le sa rein. On la reconnoit à des boutons plus ou moins
Taillants, durs Sz circonscrits, accompagnés de
chaleur, de douleur & d'inflammation ; ils font
plus ou moins multipliés & situés indistinctement sur toutes les parties du corps, principalement sur les membres, & même on pourrait
dire que ces parties sont celles qui te trouvent
ulets & les chevaux , les
bœufs n'en sont jamais atteints -, elle a beaucoup
d analogie avec celle que nous appelons en France
le sa rein. On la reconnoit à des boutons plus ou moins
Taillants, durs Sz circonscrits, accompagnés de
chaleur, de douleur & d'inflammation ; ils font
plus ou moins multipliés & situés indistinctement sur toutes les parties du corps, principalement sur les membres, & même on pourrait
dire que ces parties sont celles qui te trouvent --- Page 168 ---
t Sur les Maladies le plus souvent affectées : quelquefois l'engorgement & la tuméfaction s'étendent dans toute
leur longueur, sur-tout si les boutons avoisinent
les articulations; alors il y a claudication. Ces boutons se terminent de deux facons , ou
par la résolution ou par la suppuration: la première de ces terminaisons est allez rare & tou-
. jours dangereuse , car les boutons reparoissent
souvcnt sur une autre partie : quelquefois l'humeur se porte sur la poitrine ; nous l'avons vue
se jeter sur la membrane pituitaire, & produire
cette maladie formidable appelée la morve. Lorsque la suppuration s'établit, il se forme
le plus souvcnt des apostêmes ou abcès trèsétendus & très profonds, prelque toujours il y
a déperdition de substance dans la peau , ce
qui rend leur guérison très-longue : on observe
assez Couvent que, quoique ces boutons suppurent
long-temps , ils reparoissent encore au bout d'un
certain temps , ce qui dépend du peu de soin
qu'on apporte dans le traitement de cette maladie , que l'on ne doit pas traiter feulement par
de topiques, mais par des remèdes internes appropriés. La chute des cscarres qui recouvrent ces abtès laisse appercevoir le plus souvent des ulcères
profonds, linneux & à clapicrs remplis d'un pus
ichoreux , sanguinolent, & quelquefois infeét :
les chairs sont baveuses j> fongueuses & mollasses:
il arrive que leurs bords se renversent, deviennent durs ce calleux ; enfin dans de vieux sujets
en qui la masse est infectée le mal très-ancien,
ils dégénèrent en ulcères cacoetes : dans ce cas,
ils sont regardés comme incurables. Les caules de cette maladie font internes ou
externes. Le séjour des animaux dans des savan- --- Page 169 ---
Êphoonques. ira ries aquatiques de marécageuses, quoique nous
ï ayons obièrvé dans des favannes sèches , la malpropreté des bacs , les coups, les chûtes les
so rt'es contusions & quelquefois de limites escoriations dégénérées par un mauvais traitement,
les déperditions excessives, l'acrimonie du iang
&: de la lymphe , ainsi que leur épaissillement,
la suppression de la transpiration , îa gourme
mal jetée, &c. sont les causes que nous croyons
les plus communes. Les différents traitements mis en usage dans
cette Colonie n'ont pas produit l'efe desiré,
parce que l'on n'a jamais laisi les véritables indications à remplir. Les frictions d'oranges sures boucannées & de
suif chaud , un onguent composé d'huile, de
fuis & de noir de fumée , la chaux éteinte à
l'air libre, dont on soupoudre les ulcères, font
les moyens que les Nègres emploient journellement sans aucun succès.
ents mis en usage dans
cette Colonie n'ont pas produit l'efe desiré,
parce que l'on n'a jamais laisi les véritables indications à remplir. Les frictions d'oranges sures boucannées & de
suif chaud , un onguent composé d'huile, de
fuis & de noir de fumée , la chaux éteinte à
l'air libre, dont on soupoudre les ulcères, font
les moyens que les Nègres emploient journellement sans aucun succès. La méthode qui nous a le plus souvent réussît
a toujours eu pour base deux principes , desquels
il est dangereux de s'écarter : il nous paroît important , dans le traitement de cette maladie ,
de faciliter l'excrétion de l'humeur pefoirable]
au moyen du pansement de la main, d assainir
les lieux où résident les animaux, &: d'y entre..
tenir la propreté. Lorsque les boutons font accompagnés d'engorgement & d'inflammation j nous avons employé les cataplasmes émollients ou les lotions
émollientes répétées très-souvent ; lorique la fluctuation s'est manifestée j nous avons ouvert &
scarifié pour faciliter la sortie & l'évacuation du
pus : nos ouvertures ont été proportionnées au
volume des boutons , & toujours nous avons --- Page 170 ---
î Sur les Maladies suivi la direction des parties sur lesquelles noui
avions à opérer. Si la suppuration étoit louable, nous détergions l'ulcère avec une forte infilion aromatique que nous animions avec le tafia, lelon le
besoin. Si les bords des ulcères étoient durs, rcnversés, les parties environnantes gorgées, nous mettions en usage l'onguent digestif ou lebasilicum:
_ -
si les chairs étoient fongueuses , baveulcs, &c.
nous pansions avec l'onguent œgiptiac: enfin nous
employions tous les moyens que nous suggéroient les différentes circonstances pour rappeller les ulcères à l'état d'une plaie simple , alors
nous nous conduirions ainsi que nous l'avons dit
plus haut, nous avons employé intérieurement
les fondants & les dépuratifs. Prenez racine de patience , falseparcille ou tout
autre bois sudorifique > de chaque quatre onces :
faites bouillir dans quatre bouteilles d'eau jusqu'à
réduction de trois : retirez du feu : payiez &
ajoutez-y antimoine diapho.rétique , ou safran de
mars apéritif, ou gomme ammoniac, quatre gros. Après avoir continué l'administration de ce
breuvage pendant dix ou quinze jonrs, ainsi que
celle des lavements émollients répétés soir &
matin & avoir eu l'attention de mettre r animal à , moitié nourriture, nous lui avons fait
prendre la médecine Suivante que nous avons
donnée plusieurs fois, sélon l'ancienneté du mal,
ses progrès , la disposition di1 sujet &:c. Prenez séné deux onces ; faites infuser pendant toute la nuit sur des cendres chaudes dans
l'eau commune bouillante , deux livres. Passez
&: ajoutez jalap en poudre , aloës fuccotrin en
poudre, de chaque quatre gros : faites prendre
au --- Page 171 ---
Êpitootiaiies. tGt L au malade, le matin a jeun , avec une corne
ou une bouteille. Il est essentiel que le sujet n'ait pas eu à souper la veille , & de ne lui donner à manger que
six heures après la médecine prise.
l'eau commune bouillante , deux livres. Passez
&: ajoutez jalap en poudre , aloës fuccotrin en
poudre, de chaque quatre gros : faites prendre
au --- Page 171 ---
Êpitootiaiies. tGt L au malade, le matin a jeun , avec une corne
ou une bouteille. Il est essentiel que le sujet n'ait pas eu à souper la veille , & de ne lui donner à manger que
six heures après la médecine prise. On peut, si la chose semble plus commode,
faire prendre l'aloës & le jalap en opiate, en
les incorporant dans du sirop : on en fait de
petites boules qu'on porte sur la bafe de la langue avec un bâton pointu, & on fait prendre
par dessus l'infusion de séné. Nous remarquerons que l'instant le plus propice pour faire prendre la médecine est celui
où la suppuration commence à cesser. Nous avons souvent guéri par cette méthode :
si quelquefois elle a été infruttueuse, on peut
etre assuré que les causes résident & dans la
vieillesse du 1ujet &- dans celle des ulcères. --- Page 172 ---
162 Sur les Maladies MEMOIRE SUR la Maladie épizootique peflilendelle de l'île Saint-Domingue . par
M. Worlock, médecin-inoculateur>
associé du Cercle. PREMIERE PARTIE. Du principe & de la nature de cette maladie,
avec ses différents symptomes. CETTE maladie a pris naissance en l'année
1773 , dans la plaine du Cap - François. On a
attribué ion principe à un parti de chevaux
anglois, qui fut apporté du nord de l'Amérique
septentrionale , vendu au Cap , & ensuite aistribuc dans la plaine. L'ignorance & la prévention supposèrent une
cause plus prochaine à cette épizootie, en la
rejetant sur le maléfice des Nègres csclaves : cette
opinion absurde a trouvé des partisans qui l on
accréditée , & elle a donné lieu à des poursuites
criminelles & à des châtiments odieux. Quelle que soit l'origine de cette maladie épidémique , elle a trouvé par la suite, dans le
climat & dans le sol de Saint-Domingue, des
dispositions particulières qui l'ont favorisée, ôc
ont servi à la propager.
ant sur le maléfice des Nègres csclaves : cette
opinion absurde a trouvé des partisans qui l on
accréditée , & elle a donné lieu à des poursuites
criminelles & à des châtiments odieux. Quelle que soit l'origine de cette maladie épidémique , elle a trouvé par la suite, dans le
climat & dans le sol de Saint-Domingue, des
dispositions particulières qui l'ont favorisée, ôc
ont servi à la propager. Les saisons, pendant lesquelles l'épizootie a --- Page 173 ---
„ Epizootiques. 163 L ij £te dans sa force , ont été très-sèches ; elle fut
ralentie a l approche des pluies des années 1773,
I774 & 1775 -, elle se renouvelloit avec vigueur
eu retour de la sccherefle > & ce fut en 1776,
précisément la plus aride , qu 'elle exerça les plus
grands ravages : il y eut alors plusieurs secousses
de tremblement de terre : il régnoit journellement des vents d'est quelques degrés nord: la
température de l'air étoit excessivement chaude :
le termomètre de Réaumur a monté communément, cette année, de trois & même de six degrés plus qu' à l 'ordinaire , dans l'intervale du
mois de juin à celui de septembre, jusqu'a 32
& 33 degrés au-dessus de celui de la congellation , tandis que la température ordinaire de
1 été varie de 24 a 16 degrés. Le fol étoit ardent , les pâturages étoient brûlés, les animaux
gratoient la terre avec le pied pour en arracher
les racines & les manger : presque toutes les
sources étoient taries, & il n'y avoit dans les
marres où ils s'abreuvoient qu'une eau bourbeuse, corrompue & échauffée, qui répandoit
dans l air des miasmes putrides. Il y a eu des
habitants qui ont été dans la nécessité de faire
conduire leurs troupeaux aux rivières voisines
pour les abreuver, ce qui aura sans doute beaucoup contribué à propager la contagion. Cette épidémie a toujours été plus violente
après de grandes sécheresses ; clle reparaît de
nouveau, sous un aspect menaçant, en 1779 ;
elle suit la marche ordinaire des maladies peftilentielles qui nainènt au printemps , s'accroissent en été s 'affoiblissent a la fin de l'automne
disparoissent en hiver 3 sur-tout dans les pays
du Nord. Cette épizootie s'est presque toujours bornée --- Page 174 ---
ï 64 Sur les Maladies à la plaine qui avoiiine la mer ; cette plaine
n'a communément que trois ou quatre lieues de
profondeur : à peine cette maladie a-t-elle gagné
les montagnes, même les plus rapprochées des
lieux infectés -, ce qui vient sans doute de la différence de la température de l'air, de sa constitution,
des pâturages qui sont plus abondants, des eaux
plus pures : il y a eu des habitations intermédiaires entre celles oùrégnoit l'épizootie, qui ont
été préservées ; ce qui prouve que la première
cause de la maladie n'existe pas dans l'air, &
qu'il faut un contad immédiat entre les animaux malades & sains pour communiquer la
maladie.
sans doute de la différence de la température de l'air, de sa constitution,
des pâturages qui sont plus abondants, des eaux
plus pures : il y a eu des habitations intermédiaires entre celles oùrégnoit l'épizootie, qui ont
été préservées ; ce qui prouve que la première
cause de la maladie n'existe pas dans l'air, &
qu'il faut un contad immédiat entre les animaux malades & sains pour communiquer la
maladie. Ces faits ont frappe différemment les gens
prévenus, & n'ont fcrvi qu'à renforcer les préventions que l'on avoir contre la méchanceté
des Nègres : il y a eu des animaux d'un même
troupcau qui ont été exceptés, sans doute parce
que le principe morbifique n'opère que sur ceux
qui sont dans une disposition propre à recevoir
l'impression des miasmes contagieux, à concourir
à son action à son développement. Cette maladie attaque également les chevaux,
mulets &r bêtes à cornes ; elle paroît avoir excrcé
plus particulièrement ses ravages sur les mulets,
probablement parce que c'est l'cspèce d'animaux
la plus commune à Saint-Domingue, & celle
qui fatique le plus. A nombre égal, les bêtes
à cornes ont été moins attaquées , &r il en a
péri moins : on a cru même observer quelque
différence entre la maladie des bêtes cavalines
& celles des bêtes à cornes ; mais cela ne doitil pas être attribué à la différence de conflitution de ces animaux? Les animaux atteints de cette maladie pçr- --- Page 175 ---
Êphootiques. i r) L jij dent leurs forces ■&. leur appétit ; ils ont la tête
balle, les oreilles pendantes ; ils paroissent trilles,
abattus & quelquefois tremblants ; ils se tiennent le plus l'ouvent couches , leurs yeux sont
larmoyants & rougeatres , d'autres fois sccs
étincelants & égarés, la peau est sèche & brÙlante , la respiration fréquente & pénible , la
pulsation des artères très-répétée, dure & d'autres fois petite , resserrée & irrégulière. : à mesure que le mal fait des progrès -les symptômes
s aggravent , les flancs de l'animal battent plus
fréquemment ; il tousse & quelquefois l'haleine -
est piquante , la langue & le palais sont arides
&: deviennent noirâtres ; les urines sont rares,
difficiles &: rougeâtres : d'autres fois il y a rétention complette , les excréments sont durs &
noirâtres , dès le commencement ; alors il y a.
conslipation : quelquefois aussi l'animal a une
diarrhée qui dégénéré en dissenterie : il se mar
nifeste sur différentes parties du corps des enflures qui se changent en tumeurs ; elles se portent principalement sur la ganache , le cou,
1 avant-main , aux parties intérieures de la poitrine &: du bas-ventre , sur les parties naturelles
& en dedans des cuisses : ces tumeurs sont d'une
nature indolente & œdémateuse , &: dégénèrent
facilement en gangrène -, elles viennent rarement à suppuration, à moins qu'elles n'y soient
décidées par les secours de l'Art. Lorsqu'on ouvre
ces tumeurs , il en sort une sérosité roussâtre &
sanieuse , très-chaude & corrosive , dont le contad avec un corps fain qui vient à être bielle,
cause sou vent à ce dernier des tumeurs de la
nature de l'authrax , la fièvre de l'espèce maligne & la mort. Il y en a cependant quelquefois qui font dures & enflammées , Se qui sc
elles n'y soient
décidées par les secours de l'Art. Lorsqu'on ouvre
ces tumeurs , il en sort une sérosité roussâtre &
sanieuse , très-chaude & corrosive , dont le contad avec un corps fain qui vient à être bielle,
cause sou vent à ce dernier des tumeurs de la
nature de l'authrax , la fièvre de l'espèce maligne & la mort. Il y en a cependant quelquefois qui font dures & enflammées , Se qui sc --- Page 176 ---
166 Sur les Maladies terminent par la suppuration ; alors la matadiq
est bénigne. En général, la nature de ces tumeurs & leur siége décident du danger de la,
maladie. On ne doit regarder les tumeurs qui se manifeflent dans cette maladie, sur l'habitude du corps,
que comme des dépôts critiques , quand elles,
viennent à suppuration spontanément , ou par
les secours de l'art. L'expérience a démontré
qu'elles n'étoient salutaires que dans ce cas, &
que les tumeurs œdémateuses terminées par la..
gangrène étoient le plus souvent mortelles. Les bœufs cessent de ruminer, & on a souvent
extrait de leur anus & de leur rectum une espèce;
de furoncle de la nature du charbon : les vaches,
ce lient de donner du lait, après les deux ou trois
premiers jours de leur maladie , & ont les mêmes
symptômes que les bœufs. La durée de cette maladie est indéterminée y
rarement on la voit passer le septième jour, lorsqu'elle est mortelle : on a vu des animaux tomber
morts dans les pâturages, d'autres fois sous les.
harnois atelés au moulin, au cabrouet, &c. on
arrivant de voyage; lorsque le mal cst dans sa
plus grande force j il causc la mort dès le premier,
ou le deuxième, ou le troisième jour., & plus
particulièrement sur les animaux les plus vigoureux & les plus gras. Les symptômes de cette maladie les plus dangereux font les tumeurs qui le manifestent au
ventre &r à l'avant-main , qui étant d'une nature
œdémateuse dégénèrent en gangrène, ou qui disparoiffenr subitement : l'abattement excessif j les
défaillances les tremblements, les convulsions,
les rétentions d'urine j les diarrhées qui dégénèrent en dyssenterie dans les trois premiers jours --- Page 177 ---
Êpttootîques. 167 L iY de la maladie, & sur-tout quand ces svmptômes
sont accompagnés de fièvre avec un battement
petit, resserré & irrégulier des artères, parce
qu'ils dénotent ordinairement les engorgements s
les infiltrations & les métastases internes ou sur
les viscères. Les symptômes favorables sont au contraire
l'abondance des urines troubles, des excréments
mous & copieux tans beaucoup çl'odeur, la moiteur & la molelse de la peau, les tumeurs acompagnées d'inflammation & de tention qui viennent à suppuration dans les lieux éloignés des
viscères essentiels à la vie , la cessation de la.
sois r le retour de l'appétit ainsi que celui du
ruminement dans les bœufs.
sur
les viscères. Les symptômes favorables sont au contraire
l'abondance des urines troubles, des excréments
mous & copieux tans beaucoup çl'odeur, la moiteur & la molelse de la peau, les tumeurs acompagnées d'inflammation & de tention qui viennent à suppuration dans les lieux éloignés des
viscères essentiels à la vie , la cessation de la.
sois r le retour de l'appétit ainsi que celui du
ruminement dans les bœufs. L'ouverture des cadavres a démontré que la.
trachée artère, les poumons, la plèvre, le péricarde , la diaphragme, n'étoient jamais fains, qu'ils
étoient plus ou moins rouges, livides, crélipelateux, couverts de taches noires , quelquefois
gangrenés : le cœur étoit gorgé souvent d'un sang
noir, les viscères du bas-ventre étoient à peu
près affe&és de la même manière : on trouvoit
souvent le foie &: la rate d'une couleur noirâtre
& engorgés , couverts de taches gangreneuses.
La bile contenue dans la vésicule du fiel étoit
caustique & d'une couleur verdâtre foncée, le
mésentère plus ou moins enflammé & tacheté,
l'estomac & les intestins presque toujours enflammés & souvent sphaceles, & le mucus quelquefois détruit : on a trouvé Couvent dans le canal
intestinal des mulets des vers vivants implantés
dans les parois de l'estomac & des intestins ,
qu'ils ont quelquefois percés. On trouvoit fouvent des engorgements & des infiltrations d'une
liqueur roussâtre , analogue à. celle qui sortoit --- Page 178 ---
168 Sur les Maladies des tumeurs, ce qui paroissoit produit par sa
métastase de ces dernières, puisqu'elles s'offroient
presque toujours aux parties intérieures correspondantes de celles où les tumeurs s'etoient d'abord montrées extérieurement. Les cadavres des bœufs ont offcrt à peu près
les mêmes phénomènes que ceux des mulets :
on a remarqué généralement que les estomacs
étoient distendus &r pleins d herbes. La pance,
le recticulum , le liber & l'abomaius étoient souvent dépouillés de leur membrane interne &
quelquefois sphacelés, ainsi que le canal intestinal : on trouvoit communément dans l'anus &
le rcélum des furoncles de la nature du charbon 3 & les tumeurs qui se déclaroient à l'exté,
rieur du corps avoient ordinairement plus de tendance à la gangrène que sur les mulets. En rapprochant les différents lignes diagnostiques que cette maladie présente dans son cours,
on pourroit la considérer comme une fiévre malignc pestilentielle. En effet, ce fléau s'est toujours montré comme
exanthémateux j contagieux & épizootique, avec
les symptômes les plus graves; le mal triomphe
de l'art, l'animal périt dès le premier &r le Second
jour , la terminaison des tumeurs internes &: externes par la gangrène prouve la malignité de la maladie & paroît établir son caractère pestilentiel. On
pourroit envisager comme la cause prochaine de
cette maladie la perversion totale des fluides, le
relâchement, la stupeur & l'inertie des solides,
& en considérant les circonstances des faisons
du sol, de la température de l'air, & les autres
événements pendant lesquels cette épizootie a
régné dans si force, on pourroit les considérer
comme ses causes éloignées.
oît établir son caractère pestilentiel. On
pourroit envisager comme la cause prochaine de
cette maladie la perversion totale des fluides, le
relâchement, la stupeur & l'inertie des solides,
& en considérant les circonstances des faisons
du sol, de la température de l'air, & les autres
événements pendant lesquels cette épizootie a
régné dans si force, on pourroit les considérer
comme ses causes éloignées. --- Page 179 ---
Ëpirootiques. 169 On peut, d'après les différents symptomes de
la maladie , la diviser en trois degrés, comme
l'a fait M. de Chaigne-Brun , à l'égard de l'épizootie qui régna dans la Brie en 1757, & qui
a beaucoup de rapport avec celle-ci. Au premier degré les animaux sont seulement
attaques à l'extérieur par des enflures ou tumeurs :
à ce période la maladie est peu dangereuse quand
on amène les tumeurs à suppuration, les iymptômes qui l'accompagnent sont benins. Les animaux conservent à peu près le même appétit
qu'en santé ; ils ont rarement de la fièvre , &
il en meurt fort peu. La maladie n'est ordinairement mortelle que quand les tumeurs difparoissent subitemcnt, ou qu'il se fait des métastases
dans la poitrine ou le bas-ventre : cependant elle
est plus ou moins grave sélon la position de ces
mêmes tumeurs comme nous l'avons déjà remarqué. Au second degré les parties internes &r externes sont plus ou moins affectées : la maladie
devient alors beaucoup plus à redouter , & ses
symptômes diffèrent peu de ceux du troificmc
degré : on perd environ la moitié des animaux,
l'on ne réchappe que ceux chez lesquels on parvient à dégager la nature par les différents émoni&oires, & sur-tout par la suppuration des tumeurs : c'est vers ce but que tous les secours de
l'art doivent être dirigés. Au troisième degré tous les symptômes ont plus
d'intensité: les parties internes sont les seules attaquées, il n'y a plus de tumeurs au-dehors, le
mal est alors beaucoup plus dangereux que dans
les deux premiers états : il meurt au moins les
trois quarts des animaux , & souvent la destruction est générale : la durée de la maladie ne s'é- --- Page 180 ---
170 Sur les Maladies tend jamais au-delà du troisième jour, quetquefois elle est terminée dans l'espace de douze,
dix-huit, ou vingt-quatre heures. SECONDE PARTIE. Des moyens préservatifs & curatifs de cette,
maladie. Quoique les secours qu'on met en usage pour
prévenir les progrès de cette maladie contagieuse
loient souvent inéficaces, on doit toujours les
employer; ils consistent, 1°, A empêcher toutes communications des
animaux sains avec les animaux malades, tant
directes qu'indirectes par le concours des hommes,
des chiens, &c. i°, A ne donner aux animaux qu'on veut préserver de cette maladie qu'environ la moitié dç
teur nourriture ordinaire j & à ne les abreuver
qu'avec une eau saine & courante, & non avec
une eau stagnante & corrompue.
doit toujours les
employer; ils consistent, 1°, A empêcher toutes communications des
animaux sains avec les animaux malades, tant
directes qu'indirectes par le concours des hommes,
des chiens, &c. i°, A ne donner aux animaux qu'on veut préserver de cette maladie qu'environ la moitié dç
teur nourriture ordinaire j & à ne les abreuver
qu'avec une eau saine & courante, & non avec
une eau stagnante & corrompue. 3°, A tenir libre le ventre de ces animaux par
le moyen des lavements simples ou laxatifs, s'ils
font conflipés. 4°, A saigner les animaux pléthoriques & gras,
& non les animaux foibles, vieux ou maigres f
on répétera la saignée lorsque le sang est couenneux, sec & enflammé. 5°, A faire prendre au troupeau qu'on veut
garantir de la contagion des bains de mer, une
ou deux fois le jour, & à son défaut, des bains
de rivière : c'est peut-être le secours le plus puissant qu'on puisse employer. 6°, A faire mettre dans la nourriture de ces --- Page 181 ---
Épizootiques. 171 animaux environ une once de ici marin par jour,
& cela pendant huit à dix jours de suite, & à
leur faire boire une pinte d'eau de goudron par
de ssus. 7°, A observer la plus grande propreté dans
les bacs ou auges, qu'on fera laver une ou deux
fois par jour, ainsi que les râteliers, & ne pas
permettre auæ animaux suspects de manger avec
les animaux sains. 8°, A laisïer à l'air libre tous les animaux qu'on
tentera de préserver., & à parfumer les lieux où
on les renferme, en y faisant brûler des branches
de citroniers ou d'orangers enduites de goudron. °, A changer les harnois, les traits, les brides,
les licous qui auroient pu servir aux animaux
infectés, & à ne pas permettre aux gardiens
des animaux malades d'approcher les animaux
fains 3 qu'après s'être lavés & avoir changé de
linge) il seroit même plus à propos qu'ils fuirent
nuds ou couverts seulement d'une chemise de
toile), enfin que les ustensiles qui auroient servi
aux pansements des animaux malades y fussent
entièrement destinés , ayant la précaution de
les changer après chaque pansement. 10°, A faire des fêtons au bas du poitrail des
chevaux & mulets , au bout du fanon des
bœufs qu'on fera suppurer lo plus long-temps
possible avec les onguents suppuratifs, dans lefquels on incorporera des mouches cantharides
pulvérisées, de l'euphorbe, &c. A employer des mastigadours pendant toute la.
durée de la contagion, mais on observera loigneusement de ne pas faire servir le même pour
deux animaux : prenez gousse d'ail trois racines ,
de gingembre deux gros , sel de nitre & sel
ammoniac de chaque un gros 3 de camphre un --- Page 182 ---
1 1 Sur les Maladies gros ; pilez la racine &r les Tels, & broyez le tout
dans égale partie de vinaigre & de gros sirop ;
enveloppez ensuite dans un morceau de grolsc
toile pour en faire un masticadour j & le suspendre dans la bouche de l'animal en le fixant
a sa tête 3 de manière qu'il soit obligé de le
mâcher pendant une heure , matin & loir. bn
doit éviter tous les autres remèdes, comme sudorifiques, purgatifs ; ils n'ont presque jamais été
utiles, comme préservatifs de cette maladie, Se
sont souvent devenus nuisibles par leur mauvaise
application.
ceau de grolsc
toile pour en faire un masticadour j & le suspendre dans la bouche de l'animal en le fixant
a sa tête 3 de manière qu'il soit obligé de le
mâcher pendant une heure , matin & loir. bn
doit éviter tous les autres remèdes, comme sudorifiques, purgatifs ; ils n'ont presque jamais été
utiles, comme préservatifs de cette maladie, Se
sont souvent devenus nuisibles par leur mauvaise
application. Voilà à peu près les secours qu'on doit employer pour prévenir les progrès de la contagion,
dont le plus puissant sans doute est indiqué dans
le premier article. On ne peut donner que des préceptes généraux sur les moyens curatifs , par rapport à la
diversité des symptômes & des degrés de la maladie , &r la différence essentielle qu'il y a entre
chaque animal. On remédiera à chacun des symptômes de
la maladie, félon l'exigence des cas ; c'est-à-dire
qu'on emploiera la saignée autant qu'elle sera
nécessaire dans les cas des inflammations, les
diurétiques, les lavements avec les relâchants 3
les lotions d'eau chaude ou les fumigations aromatiques , les antiseptiques, les maturatifs, les
stimulants & les cordiaux, suivant les indications
de la maladie. 1°, Des qu'on suspectera un animal d'être malade , on l'éloignera du troupeau pour le loger
dans un parc ou endroit très-aéré, & sous le
vent des autres animaux : on parfumera, chaque
jour une ou deux fois, ce logement qu'on tiendra très-propre en y faisant des feux comme il --- Page 183 ---
Êp i,votiues. 1 j \ est indiqué à l'article VIII du Traitement présèrvasis. 2°, On mettra les animaux malades à la diette,
& on ne leur donnera pour. aliment que l'eau
blanche faite avec la farine de maïs ou de petit mil,
& la limonade ou l'eau de goudron pour boiflbn. 3°, On n'emploiera la iaignée que dans les
trois premiers jours de la maladie j & dans le
cas où la fiè'vre feroit considérable & la fois
excessive : on doit la bannir dès qu'il paroit des
tumeurs. , 4°, On tentera tous les moyens possibles pour
amener à suppuration les tumeurs aussitôt qu'elles
paroîtront, tels que les cataplasmes maturatifs,
les vésicatoires, &c. & on donnera issue au pus
dès qu'il sera formé, mais le secours le plus prompt
& le plus fage sans contredit j est le cautère actuel ou fer rouge, appliqué sur la tumeur d'une
extrémité à l'autre, 8c dans toute sa circonférence jusqu'au vif. On panse ensuite les plaies
avec les onguents suppuratifs, tels que le bafilicum , le digestif, l'œgiptiac, le itirax , &c.
dans lesquels on incorporera des mouches cantharides ou de l'euphorbe en poudre ; & à chaque pansement on lavera les plaies avec de l'eau
& du sel, & un tiers de taffia. 5°, On doit aider les effets du cautère & des
topiques pour rendre la suppuration plus louable , par l'usage intérieur des antiputrides & des
stimulants : le breuvage suivant a souvent été.
utile ; pour cet effet, prenez du quinquina en
poudre une once, de sel ammoniac deux gros,
d'afiàfœtida & de gomme ammoniac, de chaque trois gros : dissolvez les gommes raisines
dans environ quatre onces de tafia , ensuite
ajoutez-y le kina & le sel , avec deux onces
ère & des
topiques pour rendre la suppuration plus louable , par l'usage intérieur des antiputrides & des
stimulants : le breuvage suivant a souvent été.
utile ; pour cet effet, prenez du quinquina en
poudre une once, de sel ammoniac deux gros,
d'afiàfœtida & de gomme ammoniac, de chaque trois gros : dissolvez les gommes raisines
dans environ quatre onces de tafia , ensuite
ajoutez-y le kina & le sel , avec deux onces --- Page 184 ---
174 Sur les Maladies d' eau : mêlez & donnez-en une seule dose tous
les matins, jusqu'à ce que la suppuration Toit
louable : on doit ajouter aussi environ une once
de sel commun à la boisson de l'animal malade. 6°, Lorsqu'on ne pourra pas faire luppurer
les tumeurs , ou qu'on jugera qu'il s'en forme
dans l'intérieur du corps de l'animal, on appliquera sur les parties tuméfiées des emplâtres
vélicatoires à l'extérieur , & on donnera à l'intérieur toutes les six heures le breuvage suivant. Prenez de thériaque demi-once, d'antimoine
diaphorétique deux gros, d'alkali volatil fluor,
ou à son défaut de l'esprit volatil de sel ammoniac un gros, de kermès minéral six grains i
broyez & mêlez le tout dans environ trois onces
de gros sirop , autant d'eau pour le faire avaler
à l'animal. 7°, On emploiera les masticadours indiqués
à l'article premier du traitement préservatif pour
les animaux malades, ainsi que les sêtons. 8°, Dans le cas de constipation, on donnera
à l'animal des lavements d'eau & de sel marin,
matin &r soir ; & si la diarrhée survient, accompagnée de tranchées qui dégénèrent souvent
en dyssenterie avec fpacèle des intestins , on
donnera matin & soir à l'animal malade une
demi-once de quinquina avec un gros de sel ammoniac dans suffisante quantité d'eau, &r on lui
fera prendre toutes les quatre heures des lavements de décodions de feuilles de citronier &
de raquettes j avec deux gros de corne de cerf ;
si les douleurs étoient trop Vives j on pourra
recourir à la saignée : on emploiera en mêmetemps des boissons nitrées avec le camphre. °, Lorsque les foiblesses & prostations dè
f rces surviennent, ce qui le plus Couvent est --- Page 185 ---
Èphootlques. 171 mortel, on tentera le breuvage indiqué à l'article sixième ; & si l'on juge l'animal sàns ressources , on l'emmenera au bord d'une sofle
profonde de huit à dix pieds, éloignée des endroits fréquentés; après l'avoir étranglé ou
assommé, on l'enterrera , afin de prévenir les
effets de sa contagion. 10°, Pour terminer la cure, on purgera une
ou deux fois les animaux, lorsque les tumeurs
ne luppureront plus. La médecine fera composée
avec le jalap , l'aloës ou antimoine cru depuis une
demi-once jusqu'à une once, délayé dans une infusion de feuilles ou de fruits de tamarins & de
casse, ou bien huit ou dix grains de tartre émétique, qui, étant corrigé par l'acide du tamarin ,
purge très-bien les animaux : on doit varier les
purgatifs félon l'individu , & ne donner aux
animaux foibles, trop jeunes ou vieux > que des
antiphlogistiques &: des lenitifs, tels que les infusions de tamarins ou de casse , dans lesquelles
on fera dissoudre quatre ou cinq onces de sel
d'eplom.
ou bien huit ou dix grains de tartre émétique, qui, étant corrigé par l'acide du tamarin ,
purge très-bien les animaux : on doit varier les
purgatifs félon l'individu , & ne donner aux
animaux foibles, trop jeunes ou vieux > que des
antiphlogistiques &: des lenitifs, tels que les infusions de tamarins ou de casse , dans lesquelles
on fera dissoudre quatre ou cinq onces de sel
d'eplom. 11°, On ne fera rentrer dans le troupeau les
animaux qui auront été malades qu'après être
assuré de leur gùérison , & les avoir fait baigner:
on doit faire brûler les toiles licous & autres
effets qui auront servi à ces animaux, comme,
capables de retenir la contagion , & on purifiera
le logement qui leur aura servi d'hôpital, comme
il est indique ci-dessus à l'article huitième du
traitement préservatif, &: en faisant laver avec
de l'eau chaude les râteliers, auges ou bacs, &
en donnant un lait de chaux au mur. 12°, Il est de la plus grande conséquence de
faire enterrer profondément les animaux morts
de cette maladie , mais plus particulièrement les --- Page 186 ---
7 6 Sur les Maladies bœufs &r leur fumier : on jettera sur le càdavre
lin baril de chaux vive j ensuite une grande quantité de pierres, d'épines ou de raquettes, & au
moins trois ou quatre pieds de terre , ssir laquelle
on plantera des raquettes ou des campêches : ce
parti est plus sage que celui de brûler les corps
morts, qui a quelques inconvéniens. On a vu les
suites les plus funettes pour avoir négligé ces précautions : des Nègres voraces ayant mange de
la chair des animaux morts de cette maladie >
les uns ont été attaqués du charbon, les autres
de dyssenterie accompagnée des symptômes les
plus fâcheux, ou de fièvres vraiment pestilentielles , & presque tous en ont été les victimes.
Des chiens, qui avoient déterré les cadavres mis
peu profondément en terre, ont gagné la maladie , ont servi à la propager & en sont morts. On ne peut s'empêcher de dire ici que la police, tant intérieure qu'extérieure de la plupart
des habitations., a été trop peu exacte pour prévenir ces tristes accidents : on a vu des hommes
vils qui ont vendu sans pitié la chair des animaux morts de cette affreuse maladie, & le bas
prix de cette viande infedée. n'en a procuré
que trop facilement le débit. Nous osons attaquer l'erreur qu'on s'est efforcé
de répandre au sujet de la cause de cette épidémie. Des hommes ignorants & féroces, qui
n'ont vu que poison par-tout, ont voulu perfuader à la crédulité, trop facile à séduire dans
des circonitances de malheur, que la cause de
cette épizootie n'avoit d'autre source que dans
le maléfice des Nègres. Ofcns le dire : il en est
des poisons comme des revenants ; plus on a de
lumières , &r moins on en voit.
de la cause de cette épidémie. Des hommes ignorants & féroces, qui
n'ont vu que poison par-tout, ont voulu perfuader à la crédulité, trop facile à séduire dans
des circonitances de malheur, que la cause de
cette épizootie n'avoit d'autre source que dans
le maléfice des Nègres. Ofcns le dire : il en est
des poisons comme des revenants ; plus on a de
lumières , &r moins on en voit. En effet, quel est le poison qui peut produire
les --- Page 187 ---
Ppi"{ootiqUt!:T71 M les différents symptômes qui accompagnent cette
maladie? Aucun de ceux que l'histoire naturelle
nous a fait connoître dans les trois règnes : ils
ne peuvent agir que de deux manières, ils corrodent ou ils coagulent •, or on fait que ce ne sont
pas-là les effets de cette maladie , elle ne peut
donc point avoir les poisons pour cause ; à la
vérité on a trouvé à l'ouverture de quelques
animaux morts de cette maladie le canal intestinal corrodé ; mais il étoit manifeste que ce
symptôme cit très - équivoque, & que les maladies pestilentielles, & même celles qui ne {ont
que simplement malignes, produisent quelquefois
cet effet par la disposition particulière ou par l'acrimonie des humeurs de l'animal malade ; d'ailleurs les antidotes » tant du règne végétal, que
du règne animal &: du règne mineral , dont
les vertus sont consiantes , n'ont produit aucun
effet salutaire dans cette épizootie. Tandis qu'à Saint - Domingue on accusoit les
Nègres d'être la cause de cette maladie épidémique, une épizootie à peu près semblable ravageoit les Provinces méridionales de la France,
sous les yeux des hommes de l'Art les plus célèbres , qui y ont à peine porté des secours efficaces ; c'est la nature des maladies pestilentielles
d'être souvent plus puillantes que les secours de
la médecine ; & dans ce cas, il est ordinaire
que l'ignorant & le charlatant donnent pour
raison de leur peu de succès une cause surnaturellje. --- Page 188 ---
17g Sur les MaladieS TROISIÈME PARTIE. Observations relatives a cette épidémie, qui
s'est quelquefois communiquée aux hommes,
avec les moyens qui ont le mieux réussi
dans le traitement. . I L n'est pas douteux que les maladies épizôotiques ne se communiquent aux hommes :
les témoignages de Wierus, Herment, Hartmann , Chaigne-Brun , Nicolau > Bertin ne peuvent pas être révoqués. Je pourrois peut-être me dispenser d'en parler > mais ce que je vais dire servira à démontrer
là ressemblance de cette épidémie avec celle qui
a régné à la Guadeloupe en 1774, ainsi qu'avec
celles dont Chaigne-Brun , Hartmann & Nicolau ont fait mention. Tous les fumets qui ont gagné la maladie éppdémique se sont trouvés dans le cas de soigner,
de toucher ou d'ouvrir les animaux malades ou
morts, ou enfin de manger de leur chair, ce
qui peut être regardé comme une sorte d'inoculation : on peut observer aussi que cette ma- ,
ladie communiquée aux hommes a cessé d'être
contagieuse parmi eux, ce qui feroit croire qu'elle
change de nature suivant les espèces. Les symptômes qui surviennent aux hommes,
attaques de cette maladie , sont des charbons
sur différentes parties du corps, soit pour s'être
blesse avec un insiniment qui auroit servi aux
pansements ou à l'ouverture des animaux malades ou morts, soit pour avoir reçu la matière
'inoculation : on peut observer aussi que cette ma- ,
ladie communiquée aux hommes a cessé d'être
contagieuse parmi eux, ce qui feroit croire qu'elle
change de nature suivant les espèces. Les symptômes qui surviennent aux hommes,
attaques de cette maladie , sont des charbons
sur différentes parties du corps, soit pour s'être
blesse avec un insiniment qui auroit servi aux
pansements ou à l'ouverture des animaux malades ou morts, soit pour avoir reçu la matière --- Page 189 ---
' ^p\o6tiifùei. ' tït1 M ij -ces tumeurs ou des excréments de ces mêmes
ahimaux ; ccux qui ent mangé de leur chair
éprouvent des accidents plus dangereux , telles
que des fièvres de l'espèce maligne, des dytfentenes de même nature , accompagnées des symsomes les plus fâcheux , & dont la guérison
dépend de la promptitude & de la nature des
fccours qui sont cependant quelquefois inefficaces Les remèdes qui ont eu le plus de succès
font la saignée dans les premiers moments pour
les sujets sanguins, les baLlons acidulées avec
1 acide végétal ou minéral , l'émétique , les vésicatoires & l alkali volatil fluor employé tant
intérieurement qu'extérieurement sur les blessures après la disparition de la phlogose. Les
scarifications, les ventouses &: l'extirpation des
tumeurs externes ont eu des succés, lorfquon
a enfuiite amené les plaies à une suppuration
louable par les suppuratifs &: les antiseptiques. Ces observations peuvent suffire aux gens de
rt chargés du foin des animaux malades decette épidémie , ainti qu'aux propriétaires des
Nègres , pour les avertir des dangers qu'ils courent & des précautions qu'ils doivent prendre
pour éviter ces accidents fâcheux : trop heureux
si l' Auteur petit garantir à la fois. & le maître
& les esclaves des effets d'une prévention aveugle & cruelle. --- Page 190 ---
180 Sur les Maladies OBSERVATIONS Sur le Charbon 3 par M. PelifTot , maître
en chirurgie a Galifet, en 1776. TAN T que la maladie n'a attaqué que les
bêtes cavatines sur lesquelles elle a commencé
a exercer ses ravages, les Nègres n'en ont point
été la vidime ; il n'y a eu que quelques-uns à
qui on avoit fait ouvrir les mulets, qui aient été
attaqués légèrement & à l'extérieur ; mais la
contagion a passé auæ bêtes à cornes, & elle
s'est communiquée aux Nègres, parce qu'ils ont
mangé la viande des animaux qui en étoient
morts. Cette maladie ne portoit pas dans le principe
des caractères de malignité bien destructeurs ; il
étoit extraordinaire qu'un Nègre en mourût:
mais ensuite elle s'est développée avec plus de
violence , &r elle paroît de jour en jour acquérir
plus de force , & avoir pour cause un délétaire
plus actif: quelques Blancs qui avoient des blesfures aux mains en ont été attaqués, après avoir
ouvert des animaux. Lorsque j'ai traité des Nègres du charbon y
j'ai fais des informations, j'ai presque toujours
découvert qu'il étoit mort des bœufs subitement
sur l'habitation à laquelle ils appartenoient &:
sur la voisine ; qu'ils avoient déterré ces bœufs,
& qu'ils en avoient mangé ou qu'ils en avoient
achetés de quelques Nègres voisins , ou des Bouchers , ou des Marchands espagnols.
après avoir
ouvert des animaux. Lorsque j'ai traité des Nègres du charbon y
j'ai fais des informations, j'ai presque toujours
découvert qu'il étoit mort des bœufs subitement
sur l'habitation à laquelle ils appartenoient &:
sur la voisine ; qu'ils avoient déterré ces bœufs,
& qu'ils en avoient mangé ou qu'ils en avoient
achetés de quelques Nègres voisins , ou des Bouchers , ou des Marchands espagnols. L'air ne communique point aux hommes cette --- Page 191 ---
ÉpÎrOOtlques. 18; M iij contagion : j'ai vu dans une même chambre,
«la ns un même lit des pefliférés avec d'autres
malades qui n'en ont jamais été atteints. Les gardes & hospitalières restent & couchent
dans la même chambre pendant tout le cours
de cette maladie , qui dure quelquefois un mois,
& elles ne contractent jamais la maladie. Les symptômes sont très-différents & trèsvariés , quelquefois il n'y a qu'une simple tumeur
extérieure couverte de quelques petites pullules,
sans douleur, sans chaleur, sans fièvre. Quelquefois la tumeur est d'un volume extraordinaire ; elle attaque plus ordinairement la
tête que les autres parties du corps, avec chaleur,
fièvre , plusieurs petites pullules au centre de la,
tumeur qui paroit sans sentiment, & entourée
d'une enflure œdémateuse qui s'introduit dans
l'interstice des muscles sur le trajet des vaisseaux
qu'elle couvre &r remplit d'une lymphe couenne life & rousseâtre. Si l'on fait des incitions sur les tumeurs, il en
sort quelquefois beaucoup de sang ; d'autres fois
on n'y en voit point : on découvre seulement
une couenne rou sseâtre , de laquelle sort une sérosité limpide qui sèche difficilement ne change
point la couleur du papier bleu. Au bout de trois
ou quatre jours, si la tumeur du centre se cerne
par un cercle de suppuration , on peut beaucoup
espércr ; l'escarre du centre s'enlève ou tombe
de lui-même, &: laisse un vide plus ou moins
considérable. Chez les uns il y a une simple enflure œdémateuse qui paroît avoir son centre sur les pau-"
pières ou sur les glandes parotides : si on y fait
des incisions, on trouve une humeur purulente
infiltrée dans le tissu cellulaire ; bientôt les muf- --- Page 192 ---
182 Sur les Maladies cles qui ont été frappés du délétaire tombent en*
pourriture ; il s'y établit une suppuration aboiir
dante, & le malade, après avoir perdu une partie.
de les forces, guérit. Chez d'autres, la tension du visage, du cou
est si conhdérable , que le sang ne peut plus descendre du cerveau -, il semble que les yeux vont
sortir de leur orbite , sur tout si le déletaire a.
ion foyer sur les glandes parotides : on leur fait
des incisions , on n'y découvre qu'une couenne,
dont le tissu cellulaire est rempli : on espère débrider & donner de l'aisance au retour du fang:.
les malades périment en deux ou quatre jours
au plus, soit qu'on ait incité ou qu'on ne l'ait,
pas fait.
le sang ne peut plus descendre du cerveau -, il semble que les yeux vont
sortir de leur orbite , sur tout si le déletaire a.
ion foyer sur les glandes parotides : on leur fait
des incisions , on n'y découvre qu'une couenne,
dont le tissu cellulaire est rempli : on espère débrider & donner de l'aisance au retour du fang:.
les malades périment en deux ou quatre jours
au plus, soit qu'on ait incité ou qu'on ne l'ait,
pas fait. On en voit où le déletaire se porte sur les
bras, sur les mains, sur les jambes &: y. forme
une tumeur qui, quelquefois, tend considérablement la parrie ; d'autres fois 11 n'y a de levé
que le lieu de la tumeur. S'il se forme promptement une escarre , qui n'est qu'une (impie pellicule noire j, le malade est fauvé ; mais si la tumeur disparoît licitement, il est bientôt perdu i
il y en a où le délétaire se porte avec tant do
violence sur l'estomac , qu'il occasionne des vomissements d'une humeur jaunâtre épaisse,
qui bientôt après change & devient d'un noir.
foncé -, le pouls est sans mouvement, les extrémités sont froides : la mort paroît dans peu,
d'heures. Il y en a d'autres chez lesquels le virus,
pestilentiel sc jette sur les intestins ; les malades
renient par les telles une matière bilieuse, fanguinolente qui ne tarde pas à changer de couleur
ik à en prendre une verdître ou noire ; le pouls
est petit, on plutôt se fait à peine sentir, les
extrémités sont froides & le ventre se remplit --- Page 193 ---
Êphootîques. 1 93 M iv d'une sérosité rousseâtre qui marque la déconlposition de la partie rouge du fang, & le malade expire dans l'espace de douze ou quinze
heures. Le délétaire se porte quelquefois lur le
mésentere , sur les reins sur le trajet des gros
vaisseaux du bas-ventre ; les malades ont d'abord un violent accès de fièvre , après quoi il y
a absolue prostration de force : le malade dit ne
rien sentir ; il cherche à se. précipiter hors de
son lit j cet état dure deux ou trois jours, après
lesquels le malade périt couvert d'une Tueur
froide & gluante. Les lignes du charbon ne sont point équivQques. Quand on voit une tumeur j dont le centre
est couvert de quelques pli ctennes, remplie d'une
sérosité rousseâtre, avec enflure quelquefois, sans
chaleur autour de ce foyer on peut décider que
le malade a le charbon ; si le délétaire s'est porté
lur les parties intérieures, il cst plus difficile à
reconnoître, mais on n'est pas long-temps dans
l'incertitude ; la violence des accidents qui n'accompagnent avec autant de rapidité aucune autre
maladie, annonce bientôt sa nature. Si le charbon est à l'extérieur, que le malade
ait peu ou point. de fièvre, qu'il y ait des marques de suppuration, avec un escarre bien formé
dans le centre, on peut décider que la maladie
ne fera pas mortelle ; mais si la tumeur disparoît subitement, que le malade devienne froid
avec douleur de reins , agitation inquiétude ,
le malade va périr. Si le charbon est dans les parties intérieures,
on peut dire que le malade périra , parce qu'il
n'est point d'exemple bien constaté qu'il en foit
rechappé un seul : l'usage des remèdes intérieurs ,
ni l'action extérieure des vésicatoires ne sont
maladie
ne fera pas mortelle ; mais si la tumeur disparoît subitement, que le malade devienne froid
avec douleur de reins , agitation inquiétude ,
le malade va périr. Si le charbon est dans les parties intérieures,
on peut dire que le malade périra , parce qu'il
n'est point d'exemple bien constaté qu'il en foit
rechappé un seul : l'usage des remèdes intérieurs ,
ni l'action extérieure des vésicatoires ne sont --- Page 194 ---
184 Sur les Maladies ni afôz puissants, ni assez prompts pour détourner un délétaire qui a déjà détruit la partie fut
laquelle il s'est jeté à 1 instant même où il s'est fixé. Nous suivons pour le traitement de cette cruelle
maladie les indications que nous présente 1 état
du malade; nous avons reconnu que le pus seul
est capable d'envelopper & d'entraîner l'humeur
délétaire ; en conséquence nous employons des.
larges vésicatoires & nous favorisons autant
qu'il est en notre pouvoir la suppuration de la
tumeur : si c'est dans le commencement de la
maladie j> que la fièvre loit violente , le lu jet robuste, le pouls fort & plein, nous faisons une.
ou deux saignées, mais on doit craindre d'augmenter la prostration des forces. Nous employons d'abord les acides végétaux
& les minéraux; lorsqu'il y a des marques de
suppuration nous donnons le quinquina : ce remède paroît bien opérer pour détruire les restes
du delétaire, mais ion ufjige m'a paru dangereux
dans les commencements. Si la tumeur en: considerable , qu'elle tende les.
parties environnantes au point d'intercepter la
ç irculation , on fait quelques incisions ; mais ce
moyen en: bien infidèle, & il produit rarement
l'effet qu'on en attend. Nous extirpons le plutôt possible l'cfi ar:e j car.
il contient une partie considérable du delétaire.. Si l'enflure dure long-temps autour du foyer,
nous y faisons des incisions, parce que nous donnons issue à du pus qui s'est infiltre dans le tissu
cellulaire; &: lorsque les muscles font en pourriture, on les enlève & on panse avec un digestif : pour terminer la cure, on purge deux ou,
trois fois le malade avec un purgatif auquel on
joint le quinquina. --- Page 195 ---
-Ê;ootzzie,ç. 1 8 5 Si la maladie est interne, aucun des remèdes
que nous avons employé jusqu'ici n'a eu aucun
succès nous suivons les indications : si c'est sur
l'estomac que s'est jeté le délétaire , ou sur les
intestins, nous employons les mucilagineux , les
émolients toujours inutilement *, si c'est sur le
foye, le mésentère, les reins, le tnr.ct des gros
vaisseaux , nous avons tenté les saignées , qui
n'ont point réussi, ni les acides minéraux ni le
quinquina : nous couvrons les malades d'emplâtres
vésicatoires, nous évacuons avec des minoratifs,
mais nous n'avons pas eu la satisfaction d'en
sauver un seul.
employons les mucilagineux , les
émolients toujours inutilement *, si c'est sur le
foye, le mésentère, les reins, le tnr.ct des gros
vaisseaux , nous avons tenté les saignées , qui
n'ont point réussi, ni les acides minéraux ni le
quinquina : nous couvrons les malades d'emplâtres
vésicatoires, nous évacuons avec des minoratifs,
mais nous n'avons pas eu la satisfaction d'en
sauver un seul. OBSERVATIONS Faites au quartier du Trou. Première Observation. UN jeune Nègre robuste , âgé de 24 a 25 ans,
fort sanguin , après un accèb de fièvre, eut au
côté droit une tumeur, tenant plutôt de l'emphilème que de l'inflammation, 11 ce n'elt qu'au
centre il y avoit quelques pustules qui tendoient
avec chaleur environ un pouce de la peau : le
rette étoit mou, cédant au doigt; cette tumeur
dans son entier occupoit un cercle de huit pouces , & s'élèvoit de deux au centre ; le pouls
étoit petit. Cependant je n'hésitai point à faire,
dans le laps de douze heures, deux fortes faignées, & je fis une incision cruciale sur la tumeur d'un bout à l'autre : j'appliquai de forts
fuppnratifs sur l'ouverture : j'administrai forte
dose de liqueur minérale, anodine, je vis avec --- Page 196 ---
i86 Sur les Maladies une satisfaction complette qu'il se formait au
milieu de l'incision une escarre qui avoit bien
quatre pouces, & qui commençoit à être environné d'un cercle de suppuration : peu après
j'enlevai l'escarre , &r le malade a parfaitement
guéri. Je crus avoir trouvé le moyen d'arrêter
une maladie dont tout le monde commençoit à
s'alarmer, & que je ne devois plus la craindre:
je ne fus pas long-temps à revenir de mon erreur. Deuxième Observation. Deux jeunes Négresses Rirent à la fois attaquées , l'une au dos & l'autre à l'épaule, d'une
tumeur de la grosseur & de l'étendue de celle
ci-dessus; la maladie avoit le même cararctère:
je leur fis le même remède; elles périrent toutes
les deux : je trouvai à l'une une substance couenneuse sur l'estomac & le foie qui étoit enflammé,
& à l'autre une même substance coucnneuisè sur
un des reins. Troi filme Observation.. Un autre Nègre vigoureux mourut subitement.
Je trouvai les intestins remplis de viande , j'y
apperçus beaucoup de taches, ronges & noires ,
environnées d'une couenne jaunâtre de la grandeur d'un demi-pouce, le mésentère croit enflammé & garni d'une couenne épaiTe jaunâtre,
qui s'étendoit de six pouces -, les veines méfen-*
tériques qui aboutirent à la veine-porte étoient
aussi toutes enflammées, & le foie étoit gorgé
4e sang & d'une bile jaune & très-tenue.
çus beaucoup de taches, ronges & noires ,
environnées d'une couenne jaunâtre de la grandeur d'un demi-pouce, le mésentère croit enflammé & garni d'une couenne épaiTe jaunâtre,
qui s'étendoit de six pouces -, les veines méfen-*
tériques qui aboutirent à la veine-porte étoient
aussi toutes enflammées, & le foie étoit gorgé
4e sang & d'une bile jaune & très-tenue. --- Page 197 ---
Épi^oo tiques-. \%j OBSERVATIONS Faites sur l'habitation de M. le marquis dç
Galifot y quartier de la Pedte-Anse. J remière Observation. U N Nègre nouveau fut attaqué, le 27 octobre
dernier, dune fièvre tres-violente, ce Nègre étoit
fort & robiute : le charbon ne régnoit point alors.
Je iaignai ce Nègre ; je m'apperçus alors de diminution dans la force du pouls ; la chaleur me
parut moins vive, mais la tête étoit plus engagée qu'auparavant 5 le malade ne le plaignait
pas da bas-ventre qui étoit météorisé : je regardai cette maladie comme une fièvre : j'appliquai
des larges emplâtres vélicaroires qui opérèrent
autant que je pouvois l'espérer : j'administrai le
kina & l'acide vitriolique -, ce Nègre se tourmentait, cherchoit à se précipiter hors de sou
lit ; lorsqu'on le qucftionnoit où étoit son mal,
il répondoit je luis mieux ; enfin le 31 octobre
au soir il mourut. Je fis l'ouverture de son cadavre ; je trouvai le bas-ventre rempli d'une sérosité rousseâtre en aussi grande quantité que s'il
eût été hydropique, & un charbon sur le foie
qui étoit gorgé, & dont le lobe moyen étoit
çouvert d'une couenne rousseâtre. Deuxième Observation. Un jeune enfant de 12 ans fut attaquc à la
gorge , le 29 novembre au matin , d'une tumeur
oedémateuse qui lui enveloppoit tout le côté droit --- Page 198 ---
188 Sur les Maladies dl1 cou & de la face, dont le centre étoit sur la
glande parotide , où il y avoit quelq ues pustules >
la fièvre é[oit violente , les yeux lui sortoient de
la tête, toutes les veines q<i rapportent le fing
de la tête paroissoient bridées : on lui fit des incisions sur la rumeur : on y appliqua des cataplafmes émolients ; on employa le sel sédatif,
les acides vitrioliques, le. emplâtres \ ésicatoires ;
en peu d'heures, il devint froid, la tumeur s'affaissa, & le malade périt le soir. L'ouverture du
cadavre fit voir plusieurs points d'un rouge noir sur
les intestins, environnes d'une couenne comme
aux autres. Troisième Observation. Un Nègre infirme fut attaqué , le i décembre
sur le soir, subitement, d'un vomissement d'une
matière jaunâtre, qui bientôt devint noire comme
du fang pourri ; en peu d'heures il devint froid
& expira : je fis l'ouverture du cadavre &: trouvai dans l'estomac huit ou dix tumeurs noires,
environnées d'une couenne de la grandeur d'un
pouce, avec inflammation en plusieurs autres endroits.
Un Nègre infirme fut attaqué , le i décembre
sur le soir, subitement, d'un vomissement d'une
matière jaunâtre, qui bientôt devint noire comme
du fang pourri ; en peu d'heures il devint froid
& expira : je fis l'ouverture du cadavre &: trouvai dans l'estomac huit ou dix tumeurs noires,
environnées d'une couenne de la grandeur d'un
pouce, avec inflammation en plusieurs autres endroits. Quatrième Observation. Une Nègresse d'un certain âge fut attaquée,
le 1 novembre, d'une tumeur au sein } sans pustule , qui triploit son volume, & d'une autre fous
l'aisselle : on lui appliqua beaucoup d'emplâtres
vésicatoires au cou , au dos, au bras : on lui
administra les remèdes ci-dessus -, les tumeurs disparurent; elle eut un cours de ventre de matière d'abord bilieuse, puis ensuite noire & verte,
périt le deux. A l'ouverture du cadavre on --- Page 199 ---
Êphootiques. Î8O trouva les intestins tarcis de tumeurs noires j avec
une couenne autour. Cinquième Observation. Un petit enfant de huit ans entra à l'hôpital
le deux, & mourut la nuit fui vante A l'ouverturc du cadavre on trouva plus de quarante tumeurs de la largeur d'un pouce dans le canal i
testinal : les tumeurs éteient comme des u.L rcules d'une couleur rouge noire. Sixième Observation. Un autre enfant, à la vérité valétudinaire, est
entré à l'hôpital le trois au matin, &: est mort
dans la nuit luivante. A l'ouverture du cadavre
on trouva le foie gorgé de sang d'une bile
jaune & limpide, avec une couenne rousseâtre
en plusieurs endroits. Septième Observation. Laurence fut attaquée le deux sur la glande
parotide droite & sur les paupières; le trois il
y avoit sur les paupières trois champignons d'une
matière blanche & gluriiieufe de la grosseur d'une
noisette: on fit des incisions en plusieurs endroits:
on renouvella les emplâtres vésicatoires qui fournirent beaucoup ; le quatre la tumeur s'affaissa,
& elle mourut dans la nuit, après avoir essuyé
un cours de ventre très-opiniâtre. A l'ouverture
du cadavre on trouva les intestins enflammés d'un
bout à l'autre. Hu itième Ohservation. Une jeune Négreflc-nourrice fut attaquée d'une --- Page 200 ---
190 Sur les Maladies tumeur grosse comme une noisette au-dessbus de
là clavicule droite ; cette Négrelie n'a point eu
de fièvre ; elle allaitoit sou enfant : on lui appliqua une large emplâtre vésicatoire ; elle avoit
de l'appétit ; la tumeur ne formoit point d'escarre : le cinquième , la tumeur disparut ; à cet
époque on lui ôta son enfant qui n'a point été
malade j & qui n'a rien communiqué à la nouvelle nourrice. On réitéra les vésicatoires : on
lui donna une forte décoction de serpentaire de
Virginie ; elle eut un cours de ventre qui termina
ses jours en peu d'heures. A l'ouverture du cadavre on trouva les intellins remplis de tumeurs
noires.
escarre : le cinquième , la tumeur disparut ; à cet
époque on lui ôta son enfant qui n'a point été
malade j & qui n'a rien communiqué à la nouvelle nourrice. On réitéra les vésicatoires : on
lui donna une forte décoction de serpentaire de
Virginie ; elle eut un cours de ventre qui termina
ses jours en peu d'heures. A l'ouverture du cadavre on trouva les intellins remplis de tumeurs
noires. Neuvième Observation. Antoine entra à l'hôpital le huit, avec une tumeur qui n'engorgeoit que la glande parotide:
cette tumeur étoit dure, sans douleur, sans chaleur; &- si le charbon n'eût pas règne , cette tumeur ne l'auroit jamais fait soupconner On lui
fit le même traitement qu'aux autres ; ce Nègre
diroit je n'ai rien , j'ai besoin de manger : le dixsept la tumeur disparut tout d'un coup , le Nègre
devint froid & expira en trois heures. A l'ouverture du cadavre on trouva L bas-ventre rempli d'une quantité prodigieuse d'ean rousseâtre,
& le mesentière ne ressemblant plus qu'à une
malTe de sang noir couvert en plusieurs endroits
d'une couenne rousseâtre. Dixième Observation. Un autre Nègre sist attaque : le foyer du charbon étoit sur les paupières de l'œil droit; il se
forma au quatrième iour un çercle de suppuration qui a enlevé toute la peau des deux pau- --- Page 201 ---
Êphootiques. tôt pieres; le six on lui fit des inciilons d'où il découla
beaucoup de pus qui étoit infiltré dans le tilu
cellulaire : le huit une partie des muscles, des
paupières j des lèvres tombèrent en peurrir- rc;
il s'dl établi depuis une abondante suppur^cn ,
qui nous promet la guérison de ce Nègre. Nous ne faisons point mention des autres Nègres morts de cette maladie parce que ce ne
ferait qu'une répétion de ce que nous venons
d'exposer; nous avons choisi les traits les plus
frappants y afin de mieux faire connoître sa violence & son caractère. OBSERVATION Communiquée par M. Millot, président du
Cercle, membre de la Chambre d'agriculture du Cap. L'ÉPIZOOTIE sur les animaux a fait ses ravages en 1777 & 1778 sur l'habitation Millot, dans
le quartier de la Petite-Anfc. M. Millot a observé
que le Gramen secale > vulgairement dit herbe à
bled , couvrait les savannes ; que les animaux
étoient obligés de s'en nourrir, &" que la maladie
s'arrêta, lorique les animaux trouvèrent d'autres
herbes à manger : il a vu périr sur une habitabitation voiline beaucoup de mulets & quelques
bœufs ; & la mortalité a cesse, lorsque la fensitive qui matelaissoit la savanne a été arrachée &
détruite (6). M. Millot pense d'après cela, que la (6). M. Defporres dit que la sensîtive est vantée par
plusieurs, comme alexipharmaque ; mais que l'on attribue
cette vertu à sa racine , parce qu'elle fait vomir, & qu'il
est plus sage de n'en pas faire usage. V. Tr ab. des pl. de
St-Dom. T. III , p. 218 & 119. J'ai vu employer la racine
de sensitive en décoaion ; c'esfc un vomitif très-doux. --- Page 202 ---
192. Sur les Maladies
6). M. Defporres dit que la sensîtive est vantée par
plusieurs, comme alexipharmaque ; mais que l'on attribue
cette vertu à sa racine , parce qu'elle fait vomir, & qu'il
est plus sage de n'en pas faire usage. V. Tr ab. des pl. de
St-Dom. T. III , p. 218 & 119. J'ai vu employer la racine
de sensitive en décoaion ; c'esfc un vomitif très-doux. --- Page 202 ---
192. Sur les Maladies qualité des paturages peut infiuer sur le caractère & la nature de cette épizootie, qui s'annonce
quelquefois avec auez de lenteur de bénignité,
pour pouvoir être oblcrvcc & soignée avec succès;
mais dont la marche a été quelquefois si rapide,
qu'il n'y a qu'un très-court espace de temps entre
l'époque apparente de son invasion & el fin, qui.,
dans ce cas, cil toujours funeite. M. Millot a oblervé q ^e cette maladie étoit
contagieule, & qu'elle le communiquoit aux
Negres par une sorte d'inoculation, ce qui lui fait
pcnfcr qu'il icroit peut-être avantageux d'inoculer
les animaux à l'invalion d'une maladie pestilentielle. Ohfirvation. Le Nègre Nicolas, créole, fils d'un Nègre &
'd'une N égresse Arada , chargé de soigner le troupeau de boeufs, avoit été obligé d'en panser un
qui avoit eu une douzaine de pullules à la cuisse.
Il introduisoit son doigt dans une de ces pastules , qui étoit devenue sanieuse , pour en faire
sortir une matière blanche &: cpailTc, & il a continué à soigner cet animal pendant trois semaines:
il est venu à l'hôpital dans le mois d'août ; il avoit
a deux travers de doigt j du pli de l'aine droite.,
une tumeur groiïe comme un œuf ; elle étoit
ulcérée dans'son milien , très-enflammée &: montrait une disposition à la gangrène ; on enleva
l'escarre gangreneuse , l'ulcère sc délegea , la
cicatrice le fit avec célérité le Nègre reprit
ses occupations. Il revint à l'hôpital en octobre ; la tumeur
s'étoit renouvellce à la cuiiTe ; il en avoit an
bras droits , dans la partie intérieure , une féconde bien plus considérable; l'inflammation étoit
légère , --- Page 203 ---
Ephooizauesi ï«f N legere , mais il y avoit une grande tension qui
s'etendoit Jusqu'a. l'avant-bras : on sentoit de la.
fluctuation dans le centre de la tumeur ; on appliqua un emplâtre dyachilum & un cataplasme
émollient On regarda cette tumeur- comme humorale >
simple & formée par congestion : on en fit
l'ouverture quelques jours après; mais, quoique
le malade ne parût 'pas avoir de fièvre ni d'altèration sensible, le gonflement augmenta, la
gangrène parut, & la tumeur > qui n'avoit d'abord rendu qu'une humeur sanglante & gangre-,
neuse, cxaloit une odeur insoutenable, ,,- On reconnut alors que cette tumeur, etolt
charbon neufe ; on fit des incisions qui fouJi^r^rf6"
une humeur jaune & sanieuse : on cnlevilk)ut
ce que l'on put de la tumeur ; on employa Ie£;
antiseptiques les plus puissants, comme le kinàv®
la tumeur > qui n'avoit d'abord rendu qu'une humeur sanglante & gangre-,
neuse, cxaloit une odeur insoutenable, ,,- On reconnut alors que cette tumeur, etolt
charbon neufe ; on fit des incisions qui fouJi^r^rf6"
une humeur jaune & sanieuse : on cnlevilk)ut
ce que l'on put de la tumeur ; on employa Ie£;
antiseptiques les plus puissants, comme le kinàv® l'esprit Je tafia , le stirax , le camphre , le sel
ammoniac : on avoit donné l'émétique j qui n'avoit pas produit un grand effet : on administra
le kina intérieurement, la suppuration s'établit
paroissoit bonne ; cela détermina à changer
les pansements & a n'employer que les digestifs
simples ; la suppuration ce (si subitement , &
l'ulcère prit un mauvais aspect : on revint au
stirax ; la suppuration se rétablit : tout paroiiToit
aller assez bien , lorsqu'on apperçut une nouvelle tumeur entre l'ai sselle & le teton; celle-ci
fut encore ouverte & fournit un pus louable :
on employa le ftirax dans le pansement, & il
s'établit une bonne suppuration. La tumeur de la cuisse qui avoit été ouverte
&: panséc avec les mêmes moyens , paroissoit
le cicatriser. I.'abondance de la suppuration & l'altératioa --- Page 204 ---
104. S ur les Maladies des humeurs avoit fait maigrir beaucoup le malade , il reposoit bien & n avoit pas de fièvre 3
& il ne souffroit guère que dans les pansements;
il lurvint un léger dévotement : on administra
un minoratif avec de la rhubarbe & un cordial,
ce qui produisit un bon effet. En novembre, on fut obligé de scarifier &
d'enlever un point gangreneux qui s'étoit manifesté vers le coude, cette opération parut fatiguer le malade ; il témoigna de l'impatience &
de l'humeur ; on fit malgré cela de nouvelles
taillades, parce que la gangrène faisoit des progrés , elle s'étendit jusqu'au visage , qui étoit pâle
& livide -, on y fit des incitions, & on continua
les mêmes moyens. Quoique le malade s'affaiblît tous les jours,
on crut pouvoir espérer encore , parce que la.
gangrène parut s'arrêter, que les ulcères le détergèrcnt & fournirent une bonne suppuration,
la tumeur de la cuisse étoit cicatrisée , mais il
restoit encore une glande dure &: squirreuse , &:
ce fut un nouveau germe qui se developpa : la
perte du sang dans les scarin cation s, la suppuration abondante 3 jetèrent le' malade dans la
dissolution & l'épuisement : ses jambes enflèrent,
tout son corps pâlit ; il mourut le premier dé
cembrc, EXTRAIT du rapport du Mémoire de M. Pelissot _, par M. Guiot, maître en chirurgie s associé du Cercle. L'EXACTITUDE des descriptions est une qualité précieuse dans les observations de médecine \
des circonstances qui ne paroissoient à I'Observatcur que mériter peu d'attention 3 deviennent --- Page 205 ---
Epizootiques 195 N ij des foyers de lumière pour l'homme de l'arc
tait pour les appcrcevoir ; en forte que de la.
prolixité , ou de la trop grande concision , le
premier de ces défauts est plus profitable pour
fart que le dernier.
le. L'EXACTITUDE des descriptions est une qualité précieuse dans les observations de médecine \
des circonstances qui ne paroissoient à I'Observatcur que mériter peu d'attention 3 deviennent --- Page 205 ---
Epizootiques 195 N ij des foyers de lumière pour l'homme de l'arc
tait pour les appcrcevoir ; en forte que de la.
prolixité , ou de la trop grande concision , le
premier de ces défauts est plus profitable pour
fart que le dernier. M. Pelilsot regarde ^ -avec vraisemblance, l'ufage que -les Nègres de ces habitations ont fait
de la viande des animaux morts de cette maladie , comme la cause de l'épidémie. Il décrit d'une manière fort abrégée les symtômes de la maladie ; mais j malgré cette préci sion j on reconnoît dans ion tableau les variétés dont parle M. de Sauvages : Pejiis benigna j
peflis interna 3 pejiis retrocedens. Il rend compte ensuite de la conduite qu'il
t. tenu dans la cure , tant de la fièvre que du
charbon. Les moyens qu'il a employé, par rapport à la
première j se réduisent aux antiseptiques intérieurs , aux cordiaux & aux minoratifs ; quant
au charbon, il s'est servi des incisions j de l'extirpation , de l'escarre , des digestifs animés. Il finit enfin par exposer ce qu'il a vu à l'ouverture d'une douzaine de cadavres. Nous devons à M. Pelissot la juitice de dire,
que son mémoire est écrit avec ordre , &r que
les moyens qu'il a employés pour combattre le
terrible fléau qui a déiolé les habitations de
M. le marquis de Galifet sont ceux que , malheureusementj l'on a presque toujours vu inutiles
entre les mains des plus habiles gens de l'art. D'un autre côté , nous sommes forcés à dire
que nous aurions déliré qu'il eût donné plus
d'étendue au détail des symptômes de cette fièvre pestilentielle , qu'il en eût suivi avec exactitude les différences individuelles , qu'il eût --- Page 206 ---
î 96 Sur les Maladies donne la préférence aux émétiques sur les iiunoratifs, & même les purgatifs , dans une maladie dont le foyer étoient évidemment dans
l'estomac. Si la deseription de l'épidémie des animaux
eut fait partie de Ion travail ; ion mémoire déjà
fort intereliant par l'importance du sujet, l'eut
été bien davantage. E X T RA1T d'un Mémoire qui a pour titre : Deseription d'une maladie épizootique
qui régnoit à Saint-Domingue, dans la
dépendance du Cap-François , dans les
années 1772 ,, 1773 & 1774, par M.
Regnaudot , D. M. au Port-Louis > île
Guadeloupe, associé du Cercle. L'AUTEUR présume que c'est sur l'habitation
Carré , au quartier Morin , que la maladie a
pris son origine ; il paroit au moins, par toutes
les recherches que l'on a pu faire à cet effet ,
que cette habitation a été le foyer de la contagion , car il seroit possible que le principe fut
venu de plus loin. Cette maladie avoit déjà fait périr depuis six
mois cinquante mulets ou chevaux sur l'habitation Carré, sans qu'elle se soit communiquce à
aucunes habitations voisines ; elles n'en ont mên1e ressenti aucun effet pendant plus de dixhuit mois.
origine ; il paroit au moins, par toutes
les recherches que l'on a pu faire à cet effet ,
que cette habitation a été le foyer de la contagion , car il seroit possible que le principe fut
venu de plus loin. Cette maladie avoit déjà fait périr depuis six
mois cinquante mulets ou chevaux sur l'habitation Carré, sans qu'elle se soit communiquce à
aucunes habitations voisines ; elles n'en ont mên1e ressenti aucun effet pendant plus de dixhuit mois. La maladie, dont la marche étoit insidieuse
& la nature très - maligne , attaquoit les chevaux j les mulets & les bœufs ; ces derniers
animaux cependant ont été les moins maltraités. L'habitation Carré & l'habitation Dupaty, --- Page 207 ---
-Êiïoot;'ues. *97 N iij distantes 1 une de l'autre de plusieurs lieues,
étoient administrées par la même personne ; les
Nègres & les animaux des deux habitations comnluniquoient nécessairement ensemble j & il eli:
prouvé que la maladie fut apportée de l'habitation Carré sur l'habitation Dupaty., par un
cheval qui avoit séjourné pendant deux mois
sur la première habitation , & qui fut ramené
imprudemment sur la séconde , où il est mort
quelques jours après. Cette maladie fit périr sur l'habitation Dupaty,
dans l'espace de trois mois, quatre-vingt mulets 3
sans compter les chevaux & les bœufs. Elle commençoit à se ralentir sur l'habitation
Dupaty, lorsqu'on la vit se répandre , non sur
les habitations voisines, comme on l'avoit présumé avec frayeur , mais dans quelques habitations de la Petite-Anse & de la Plaine du Nord.;
& ce ne fut que quelques temps après qu'elle
parut sur les habitations Laplaigne, Sacanville
Macarty : dans le voiiinage de l'habitation
Dupaty ; l'habitation Laplaigne souffrit autant
de la malignité de cette épizootie que l'habi.
tation Dupaty -, on ne sauva prcsque aucuns des
animaux qui en furent attaqués : l'habitation Sacanville perdit rapidement sept à huit mulets ;
le mal parut cesser , mais il se renouvclla encore , cependant avec moins d'intennie ; car il
n'y eut que quelques animaux qui en furent attaqués , & on en guérit quelques-uns. L'épizootie ne fit périr que trois mulets sur
l'habitation Macarty, quoiqu'il y en eût plus de
cinquante qui en furent atteints. La maladie paroissoit éteinte sur. l'habitation
Dupaty : on crut, deux mois après , pouvoir
remplacer les animaux que l'on avoit perdu » --- Page 208 ---
19S Sur les Maladies mais il en périt quinze dans l'espace de quelques jours. On a vu la contagion se répandre successivement dans un grand nombre d'habitations de
l'Acul, de la Plaine du Nord, & même de la
Petite-An se -, elle a montré dans ces différents
quartiers la même irrégularité dans sa marche,
le même caractère de malignité & de fixité dans
les principes ; elle a fait des progrès rapides,
meurtriers, non-interrompus, dans quelques endroits : sa marche a été plus lente dans d'autres
endroits, & elle a laissé des intervalles assez
longs entre ses différentes attaques.
'habitations de
l'Acul, de la Plaine du Nord, & même de la
Petite-An se -, elle a montré dans ces différents
quartiers la même irrégularité dans sa marche,
le même caractère de malignité & de fixité dans
les principes ; elle a fait des progrès rapides,
meurtriers, non-interrompus, dans quelques endroits : sa marche a été plus lente dans d'autres
endroits, & elle a laissé des intervalles assez
longs entre ses différentes attaques. Il y avoit beaucoup de sécheresse à l'invasion
de la maladie : l'herbe des savannes étoit brûlée,
les marres étoient corrompues ; mais la variété
des sasons ne parut pas apporter de changement
dans son caractère. La peste la plus terrible ne tue pas plus promptement que cette maladie -, elle ne paroissoit annoncée par aucuns signes précurseurs : on a trouvé
morts beaucoup d'animaux que Ton avoit jugé
quelques heures auparavant être dans la meilleure
snté ; souvent l'infant apparent de la maladie
a été celui de la mort sa durée a toujours été
fort incertaine } le plus grand nombre des animaux périssoit dans la première semaine ; cependant quelques-uns ont résiilé jusqu'an quinzième , on a conservé une partie de ceux
qui n'ont pas succombé'à cette époque. On pourroit distinguer cette maladie , relativement à sa durée , en très-aiguë & aiguë simplement dite ^ en prolongée. Sous la première dénomination , on comprendroit , avec raison , celle qui tue les animaux
ssir le champ , ou dans peu d'heures > sous la. --- Page 209 ---
Êpi\ooriq_ues. 1991 N iv fécondé, celle qui ne le termine que dans la
première semaine ; lous la troisième enfin 3 celle
qui dure jusqu au quinzième &: au-delà. Lorsque la maladie agit avec toute l'énergie
de sa malignité , elle ne peut être ni prévue,
ni traitée ; l'animal mange comme à son ordinaire , il n'a pas maigri, son poil n'a pas changé , ses allures font les mêmes ; tout à coup il
paroît trille &" abattu , il refiise la. nourriture,
les francs lui battent, ses oreilles font froides 3
Tanimal se lève & se couche alternativement,
& il périt : quelques-uns font morts dans le
moment que , loupçonnant leur maladie, on placoit la ligature pour les baigner. On a observé au quartier Morin que les animaux éprouvoient la douleur la plus vive avant
de mourir -, ils s'agittoient, frappoient des pieds,,
cherchoient à mordre , s'élancoient contre les
murs : on n'a pas fait la même observation sur
l'habitation Dupaty. Les symptômes de la maladie sont l'abattement de l'animal, les tumeurs externes, l'oppresnon , le raie , le sifflement de la poitrine, l'écoulement d'une finie putride par l'anus ; dans le
bœuf, l'écoulement abondant d'une humeur muqueuse par les naseaux, comme dans la gourme ,
le boursouflement du reclum & de la vulve qui
se font jour au-dehors : on n'a pas apperçu de
fièvre dans cette maladie redoutable.
de l'animal, les tumeurs externes, l'oppresnon , le raie , le sifflement de la poitrine, l'écoulement d'une finie putride par l'anus ; dans le
bœuf, l'écoulement abondant d'une humeur muqueuse par les naseaux, comme dans la gourme ,
le boursouflement du reclum & de la vulve qui
se font jour au-dehors : on n'a pas apperçu de
fièvre dans cette maladie redoutable. L'ouverture des cadavres n'a produit aucun accident à ceux qui s'en sont le plus occupé : ce
moyen, qui est le plus propre à donner des lumières. sur la nature des maladies sur les desordres qu'elles produisent j a iervi dans cette
occasion a confirmer les préventions malheureuses
de quelques personnes qui, se hâtant de pro- --- Page 210 ---
.zoo Sur les Maladies noncer sur des observations superficicielles &: sur
des apparences équivoques , ont attribue cette
maladie à un maléfice qui n'existoit que dans.
leur imagination. On a observé 1°, des engorgements inflammatoires sur différentes parties, mais principalement
sur l'estomac des chcvaux & mulets, sur les estomacs & les intestins des bœufs : 1°, des échymoses intérieures ou des engorgements d'un fang
noir coagule, desséché ce que l'on a pris mal
à propos pour des cfcarres gangréneuses : 3°, des
épanchements de sang dans la poitrine, & quelquefois sur les lombes dans les boeufs : 4°, des.
épanchements séreux dans le ventre & la poitrine : 5° des infiltrations du même genre dans.
' le tissu adipeux , tant à l'extérieur que dans les
viseères : 6°, dans l'époque de l'invasion de la maladie , une quantité prodigieuse de vers crinons.
des œstres , avec érolion du duodénum de
l'estomac, des petits abcès fistuleux placés entre
les tuniques de l'estomac & des intestins,
remplis de vers crinons : ces vers avoient percé
quelquefois les intestins & avoient pénétré dans
le mésentère où étoient tombés dans le ventre*
Il est bien essentiel de savoir que M. Vitet x
qui donne la description de douze ou quinze épi2ooties, rapporte que l'inflammation de l'esiomac
& du duodénum a été observé très-fréquemment ; si les personnes qui ont été consultées
sur la nature de cette maladie avoient connu
cette observation , elles auroient eu l'avantage
de calmer les esprits x de prévenir des châtiments
injustes.
toient tombés dans le ventre*
Il est bien essentiel de savoir que M. Vitet x
qui donne la description de douze ou quinze épi2ooties, rapporte que l'inflammation de l'esiomac
& du duodénum a été observé très-fréquemment ; si les personnes qui ont été consultées
sur la nature de cette maladie avoient connu
cette observation , elles auroient eu l'avantage
de calmer les esprits x de prévenir des châtiments
injustes. Quoique l'inflammation dont nous parlons ait
été bien commune, on ne l'a cependant pas
• toujours observée, même chez des animirex dons --- Page 211 ---
Êphootlques. - - loi la mort avoit été rapide. Quelquefois cette inflammation n'étoit qu'une légère phlogofc; mais
d'autrefois le duodénum ne présentoit qu'une
surface sanglante Sj livide : les aliments étoient
alors dépêches & couverts d'une couche mince
d'humeurs blanchâtre &: concrète qui adhéroit à
leur surfacc ; lorsque l'inHammation étoit moins
considerable , elle n'étoit pas répandue uniformément; il y avoit des points d'un rouge pins foncé;
la membrane intérieure étoit suppurée d'elpace
en espace : nous avons même trouvé chez un
mulet de l'habitation Cagnet à l'Esterre, l'estomac percé d'un trou à y mettre le pouce, avec
une inflammation livide à sa circonférence ; les
intestins de cet animal étoient très-enflammés-y
la portion supérieure de l'estomac a toujours paru
saine : nous n'avons vu le contraire que chez:
deux animaux. Dans le bœuf, la membrane intérieure ridée
du feuillet s'enlèvoit avec beaucoup de facilité;
les autres tuniques étoient très-enflammées; l'inflammation étoit plus forte sur la cailletc & les
gros intestins, mais elle paroissoit avoir toute son
intensité sur les intestins grêles qui étoient livides,
gangréneux, & rempli d'un fang putride ; la rate
a été trouvée souvent engorgée d'un fang noir
or sans consistance : on a trouvé aussi un épanchement d'un fang noir grumelé , sec sur les
reins : ces animaux périssoient plus promptement
que les bêtes cavalines. Les viscères de la poitrine étoient engorgés &c
paroissoient avoir souffert de l'inflammation : on
a trouve des vers dans le thymus qui étoient
quelquefois engorgé par un fang noir coagulé. On n'a pas apperçu de lésions dans le cerveau ,
mais l'Auteur croit que. ce vifeère n'en étoit pas --- Page 212 ---
202 Sur les Maladies exempt; & que.si on ne les a pas apperçues, c'est;
parce que les observations n'ont pas été assez
nombreuses, ni faites avec assez d'exactitude.
ert de l'inflammation : on
a trouve des vers dans le thymus qui étoient
quelquefois engorgé par un fang noir coagulé. On n'a pas apperçu de lésions dans le cerveau ,
mais l'Auteur croit que. ce vifeère n'en étoit pas --- Page 212 ---
202 Sur les Maladies exempt; & que.si on ne les a pas apperçues, c'est;
parce que les observations n'ont pas été assez
nombreuses, ni faites avec assez d'exactitude. Le fang que l'on tiroit aux animaux avant ou
après l'invasion de la maladie étoit d'abord d'un
ronge vermeil \ il se couvrait deux ou trois heures
après d'une couche d'une gelée molle blanchâtre. Les collections séreuses, qui paroiflbient au
ventre &r sur-tout au fourreau, annoncoient le
plus souvent un événement fâcheux , celles qui
paroiflbient & disparoissoient alternativement
étaient d'un mauvais augure : lorsque le battement des flancs se joignoit aux tumeurs, le mal
étoit déses11éré; lorsqu'au contraire le battement
des flancs cessoit, & que ces tumeurs séreuses
étoient dégorgées rendoient une suppuration
abondante & louable, c'étoit un figne avantageux : les tumeurs extérieures n'indiquoient pas
toujours la terminaison de la maladie, mais elles
étoient un signe de sa durée. La douleur vive, marquée parles mouvements
impétueux de l'animal, l'oppression, le râle, le
sifflement de la poitrine qui indiquoit l'inflammamation de cette partie & des épanchements
étoient des signes mortels. L'écoulement d'une sanie putride par l'anus ,
dans le boeuf, étoit un signe mortel ; l'écoulement
muqueux par les naseaux n'indiquoit rien pour
la terminaison de la maladie. Le boursouflement de la membrane intérieure
du rectum &r de la vulve chez les chevaux &
les mulets indiquoient la mort. La maladie dans son invasion &- à l'époque
de la plus grande mortalité au quartier Morin,
& sur l'habitation Dupaty, paroissoit vermineusës --- Page 213 ---
Ephootiques. 203 on prescrivit d'après cela un traitement approprie ,
mais les vers diminuèrent dans la fuite de 1 épizootie; elle parut alors avoir moins de malignité,
& l'on préiume qu'on doit attribuer ce changea
ment heureux à la différence du traitement qui
étoit moins incendiaire : cependant l Auteur observe que la maladie ne parut réellement s adoucir , à l'époque de Ion déclin, que lorsqu il
parut des tumeurs, des infiltrations a l exterieur
qui furent luivies d'une suppuration abondante
de bonne qualité; il dit même avoir vu une
habitation qui, n'ayant souffert de la maladie
qu'à l'époque de son déclin, n'a point perdu d'animaux.
qui
étoit moins incendiaire : cependant l Auteur observe que la maladie ne parut réellement s adoucir , à l'époque de Ion déclin, que lorsqu il
parut des tumeurs, des infiltrations a l exterieur
qui furent luivies d'une suppuration abondante
de bonne qualité; il dit même avoir vu une
habitation qui, n'ayant souffert de la maladie
qu'à l'époque de son déclin, n'a point perdu d'animaux. M. Regnaudot, d-ont nous ne pouvons allez
louer les vues & l'humanité , dit en passant a la
cure que son objet est bien moins d établir des
vérités que de détruire des erreurs •, & après avoir
montré par les raisonnements les plus judicieux
qu'il n'y avoit aucun rapport entre les symptômes de la maladie , sa marche , les deiordres
qu'elle produisoit sur les viscères les effets
des poisons j tant minéraux que végétaux > il dit
qu'en ré fléchi lant sur la nature des accidents ,
sur l'ordre dans lequel ils ont paru, la promptitude de la mort, le tableau des désordres interieurs, il n'est aucun Médecin qui ne reconnoisse
les caractères d'une maladie contagieuse , maligne , inflammatoire , dont le principe & l'activité supérieurs aux forces de la nature, à l'époque de l'invasion &: de l'état de la maladie, a
paru s'affoiblir au déclin & avoit moins d'énergie lorsqu'il s'est porté a l'extérieur & qu'il s'est
formé une dépuration critique ; ce qui établit
de l'analogie entre cette maladie & les maladies pestilentielles caractérisées par des bubons,
des parotides & des anthrax. --- Page 214 ---
204. Sur les Maladies Parmi les moyens que l'on a mis en u[age
pour combattre cette maladie, les uns ont été
manifestement nuisibles, les autres n'ont eu qu'un
succès équivoque. M. Regnaudot pense qu'il
aurait été aussi avantageux de lai fier agir la nature , que de la troubler par un traitement qui
n'étoit fondé que sur des préventions, des observations insuffisantes, &: une analogie vague &
incertaine. L'ouverture des'animaux, manifenant constamment des lésions inflammatoires , auroit dû
dès les premiers temps, faire pressentir l'utilité
du traitement antiphlogistique, & sur-tout de la
saignée; mais les préventions de l'existence des
vers & des poisons ont égaré, &r l'on a employé
ce secours j qui a été le plus efficace, dans le
cas où ta maladie étoit de quelque durée; car
il étoit inutile , ainsi que tous les autres remèdes,,
lorsque la maladie étoit très-aiguë : les saignées
dévoient être abondantes & faites promptement:
on faisoit boire en même temps de l'eau blan -
che aux animaux , & sur-tout de la limonade
mitrée : on en donnoit aussi un mélange de nitre
& de camphre, au moins deux fois par jour.
Lorsqu'il se formoit des tumeurs dans des endroits
où l'on pouvoir appliquer le cautère actuel, on
ne négligeoit pas ce moyen dans les vues d'exciter une suppuration que l'on entretenoit avec
-le basilicum animé, avec les cantharides : cette
opération n'a eu aucun succès, lorsqu'on l'a fait
avant que le gonflement annonçât une dépuration qu'il n'étoit pas possible de déterminer, mais
que l'on pouvoit seulement accélérer augmenter : on a quelquefois donné des lavements avec
l'eau citronnée &r le gros sirop.
ère actuel, on
ne négligeoit pas ce moyen dans les vues d'exciter une suppuration que l'on entretenoit avec
-le basilicum animé, avec les cantharides : cette
opération n'a eu aucun succès, lorsqu'on l'a fait
avant que le gonflement annonçât une dépuration qu'il n'étoit pas possible de déterminer, mais
que l'on pouvoit seulement accélérer augmenter : on a quelquefois donné des lavements avec
l'eau citronnée &r le gros sirop. Les purgatifs j la thériaque ont été aussi nuibles que les vermifuges, --- Page 215 ---
Ëpi\ootwues. 1°1 Les moyens de diminuer la contagion font
ceux par le squels on peut empêcher la commu-
-nication : cette règle a été fliivic riqoureusement
•en France ; mais on n'y a pas hic d'attention
dans la Colonie avec assez d'exactitude & de feins. C'est à cette inattention que l'on doit atribuer la marche irrégulière que la maladie a suivie,
en passant successivement dans des lieux fort
éloignes les uns des autres, ce qui a contribué
le plus à faire présumer que la mortalité n'étoit
produite que par la méchanceté des Nègres, qui
empoisonnoient les abreuvoirs, les pâturages
les crèches. On doit enterrer les animaux très-profondément : on ne peut empêcher que ceux qui sont
sains ne communiquent ensemble; mais il fuit
bien prendre garde de les enfermer dans dcs écuries ou des parcs, quelques spacieux qu'ils puis*
fent être; on doit même éviter de les rassembler en troupeaux, sous prétexte de les visiter,
de les panser ou de les conduire à l'abreuvoir. EXTRAIT d'une lettre de M l'abbé de la Haye, curé du Dondon , associé du Cercle,
sur quelques Plantes vénéneuses de SaintDo min gue. o BRÉSILLET-HOUX (7) : Mançanilla aqui folii
foliis plam. 30? Forma arboris habitus. Qualita te , Mançanilla, fructus vero dissert. Flores
sunt hermaphrodite. Radicatio , ramosa fibrosa :
ramificatio simplex, erefta, articulis stipulacciscinCta , foliatio conduplicata , folia comporta , (7). Subnomine Bresillet noscuntur plurimæ planu lactescentes venenosæ. --- Page 216 ---
■ioo Sur les Maladies pinnata cum impari, alterna, foliolæ oblong#, érose -aculeatx 5 nervis rotundisj integris. Inflorescencia axillaris, corymbosa ; calix tridcntatus \ petalatria , acuminata , patcntia, concava : masculi tres, filamenta brevia , receptaculo nsèrta ;
anthère didymx ovatx : femina masculis major,
ovata , trisulca stili tres breves iligtreata obtufa:
fructus drupa parva trigona coccinea , nucleus
ferè trigonus j unilocularis -, semen unicum. Virt.
sliccus lacteus j perfide corrosivus &: valde causticus. Planta circum aquas intcnemorosa nascens.
Piurimi phafcoli sunt dementantes & suspect
interquos prxcipue. Pois à gratter : Dolichos, flore racemofo atro
purpureo , phascolis species. Lin. 704 , virt.
planta suspecta proptcr, odorem empyreumaticum, propter tomentum pungcns & inflammativum : vermifugum quidem , cum melle ; syrupo
aut oleo sumptum , sed mea sententia periculosum remedium. Apocini asclepias flore rubro, &r flore albo,
ncrii > plumeria &: omnes hujus familiae lactescentes plants, perversum habent indolem : his
jungi debent convolvnli Bava flore.
suspecta proptcr, odorem empyreumaticum, propter tomentum pungcns & inflammativum : vermifugum quidem , cum melle ; syrupo
aut oleo sumptum , sed mea sententia periculosum remedium. Apocini asclepias flore rubro, &r flore albo,
ncrii > plumeria &: omnes hujus familiae lactescentes plants, perversum habent indolem : his
jungi debent convolvnli Bava flore. Emcri interquos indigo fcri præcipne nuncupandi sunt, hemerocallis flore rubro & phyladelpha , excitant potenter & periculole advomitum. Capsicum corrosivum , valde hujus radix let;hlfera. Vomitum usque ad necem excitant pimet
croton, ricini, jatrophæ, præcipue radix fensitiva: spinofx j qux oninia nociffima. Radicis
jatrophæ succus primitivus necat, substantia, farinacea , succo purgata nutrit. Nicotiana , datura , narcoticx dementates
Rodomelis, Pomme rost radice vcnenosâ donatuç. --- Page 217 ---
'ÊpÎTpotiques. 107 aiunt ; idem aiîcrtio veriatur circa iemina ligni , vulgo Bois rouge , dicti. Suspecti & rari dracunculi y sagittariæ. Malpighia , subnomine Bois
capitaine > nota , suspecta propter aculea foliorum :
melix fructus, ( lilac desendes ) venenosus dicitur.
Narcotica &: pravâ indole donatus ssos ille vulgo
Jasmin de Cayenne didlus , odor ejus offendit cerebrum. Quid dicam de fœcunda fungorum samilia ; quorum perfida indoles, necando delectat.
Horrendum genus spigeliæ brinvilliera. Quis
ignorat solani maniaci vulgo , Pomme d'amour,
perversas & narcoticas qualitatcs ? EXTRAIT d'une lettre de Al. Gauche
adminiflrateur des eaux de Boines , associé
du Cercle. L'ESPÈCE de Brésillet, connu fous le nom de
bois brûlant ou bois espagnol, est le Cœsalpinia
du Spec. de Linné , n° 3. Je ne l'ai pas encore vu ici, parce que je n'ai pas encore parcouru
la plaine , faute de temps. J'ai vu par hasard ,
en passànt par les bois du morne de M. Desbordes, en février , la Ie esp. Cœsalpinia caule
aculeato > &c. mais qui est de la pentandrie : toutes
ces espèces sont três-caustiques, & même plus
que le mancclinier dont on parle tant. Il est bon
de savoir que le Brésillet ordinaire paraît avoir
des variétés , ce qui n'est dû qu'aux différents
sols dans lesquels il végète ; & qu'à cause de
cela, il a différents noms en différents quartiers :
c'est ce qui m'a été confirmé ici par des habitants des Gonaïves, qui sont actuellement aux
eaux & qui m'ont montré le Brésillet ordinaire
sous le nom de bois brûlant. Le Brésillet ou Cœfalpinia vejicaria est un ar- --- Page 218 ---
208 Sur les Maladies buste très-commun a Lèoganc. iNous avons vtt
tics Nègres, gardeurs d'animaux , attaques d'enflures vesiculaires très-brûlantes , pour s'être endormis sous ces arbifleaux & avoir reçu l'eau
ou la rosee qui tomboit des fouilles : quelquefois des Nègres parcieux s'appliquent des feuilles
de cet arbuitc sur différentes parties, pour sè
procurer des gonflements & des ulcérations superficiellcs, qui obligent de les garder à l'hôpital.
Nous avons vtt
tics Nègres, gardeurs d'animaux , attaques d'enflures vesiculaires très-brûlantes , pour s'être endormis sous ces arbifleaux & avoir reçu l'eau
ou la rosee qui tomboit des fouilles : quelquefois des Nègres parcieux s'appliquent des feuilles
de cet arbuitc sur différentes parties, pour sè
procurer des gonflements & des ulcérations superficiellcs, qui obligent de les garder à l'hôpital. DESCRIPTION de la Marcgravia umbellata%
par seu M. Dubourg, associé du Cercle. POLYANDRIE MÔNOGINIE. Calice. A six folioles imbriquées persiflants i
les folioles sont obrondes & concaves. Carole Monopetale conique & inpe rforée ; elle
s'ouvre par sa base quelques temps avant sa chute. Etamine Nombreux filets courts & subules ,
les anthères droites, grandes & ovales. P ifiil Un germe ovale sans ililc, surmonté par
tin stigmat rend & peru liant. Fruït. Une baie coriace , globuleuse à plusieurs
loges 8z plusieurs battants. Semence Tres-nombreuses, petites & obrondes.
Port. Cette plante paraÍÎte croît par-tout sur
les arbres ; ses liges font toujours pendantes ;
ses feuilles sont charnues , entières, lancéolées,
alternes & portées sur de courts pétioles ; les
fleurs naissent en forme d umbelle simple , le
peduncule partiel qui les porte est garni conitamment de petits points de couleur grise &
très-apparent : l'on trouve souvent au milieu es
l'umbelle deux corps nectari feres plus gros qu' un
tuyau --- Page 219 ---
. Êpi\ootîquest ic« O tuyau de plume , & long d'environ deux pouces
qui distillent une substance glutineuse. Plumier, Jacquins, Brown & Sloane en ont
donné chacun une bonne figure-. DESCRIPTION de la plante nommée à Saint-Domingue Quibé ou Quebec ^ par
le même. CLASSE SYNGENESIE MONOGAMIE. LE Quebec on Quibé n'est autre- chose que la
Lobelia longi flora de Linné. Cette plante croît
le long des ruisseaux } à la hauteur d'un pied ;
ses feuilles sont (impies, longues , scffiles , dentelees, alternes , & ressemblent assez à celles dè
la chicorée. A l'extrémité des branches & des
tiges naissent des fleurs d'un beau blanc, trèsapparentes ; elles sont monopétales, leur tube est
tics-long, le limbe plane à cinq divitions profondément lacinecs : du fond de la fleur s'élève
cinq étammes à longs filets qui se réunissent en
cylindre a leur extrémité supérieure : le germe
cst enveloppé par un calice à cinq divisions ; il
esi surmonre d'un stil aussi long que les étaminés qui le termine par un stigmate charnu &
bilabic' : ce germe le change en une capsule
ovale a deux ou trois loges remplies de semences
tres-fines : le calice accompagne toujours le fruit. Cette plante cst si acre , qu'elle m'a causé
une fois de fortes érosions au visage , pour avoir
oublié de me laver les mains après la démonstration publique que j'en fis. Il en: a remarquer
que plus elle cft plantée loin de l'eau , moins
elle est âcre. Les Espagnols sont si pelades de
sa malignité &: du tort qu'elle peut faire aux --- Page 220 ---
i 10 Sur les Maladies bestiaux, qu'ils l'ont nommé matta cavallo ( tiiê
cheval).
si acre , qu'elle m'a causé
une fois de fortes érosions au visage , pour avoir
oublié de me laver les mains après la démonstration publique que j'en fis. Il en: a remarquer
que plus elle cft plantée loin de l'eau , moins
elle est âcre. Les Espagnols sont si pelades de
sa malignité &: du tort qu'elle peut faire aux --- Page 220 ---
i 10 Sur les Maladies bestiaux, qu'ils l'ont nommé matta cavallo ( tiiê
cheval). DESCRIPTION du Quebec, par M. l'abbé
de la Haye. QUIBE t lobelia jasmins flora cardui folia-lo^
belia longi flora, lin. 820 > cl. 19. ord. 5. plum.
31. tournef. 51. en Espagnol mata cavallo. Radicatio fibrola fusi formis. Ramificatio , simplex
sevatterna hcrbacea. , erecta; foliatio, eonduplicata , amplexiscaulis ; folia alterna , simpiieia s
sinuata, aculeata. , oblonga , canaliculata, acuminata , quasi sessillia. Inflorescentia , axillaris,
pediculi brèves. Calix germen cingens, urceolatus, irregulariter pentagonus, nervus, coronatus quinque foliolis , linearibus , acuminatis,
dentatis , ciliatis , fuperiori, breviori, sursum;
versa, subsistit , crescit cum frud:u deorsum curvatus : corolla monopetala alba leviter cingens ;
tubus oblongus, striatus, leviter pentagonus, receptaculo amxus ; limbus patens , quinque par-1
titus, laciniis lanceolatis, Fere æqualibus, faux
tubi , hians & tomentosa : masculi quinque ,
filamenta subulata tubo. Longiora, antheræ connatae in cylindrum curvum , superne involutum,
decem lincis striatum , stigma involvens : fem.
ovariorum receptaculo immersum , superne liberum acuminatum, stylus cylindraceus , longitudine staminum ; stigma obtusum hispidum : fructus capsula , calice cinfta quasi pentagona &
rotunda , acuminata , superne dehiscens bilocularis dissepimento pulposo : sem. Plurima
exigua, ovata. Virt. odor fœtidus , empyreumaticus, succus lacteus, perfide corrosivus, &: valde
causticus. Planta circum aquas, nascens.
ulo immersum , superne liberum acuminatum, stylus cylindraceus , longitudine staminum ; stigma obtusum hispidum : fructus capsula , calice cinfta quasi pentagona &
rotunda , acuminata , superne dehiscens bilocularis dissepimento pulposo : sem. Plurima
exigua, ovata. Virt. odor fœtidus , empyreumaticus, succus lacteus, perfide corrosivus, &: valde
causticus. Planta circum aquas, nascens. --- Page 221 ---
Êphootîâues. i i t o 1; , Lobelio ; lobelia galeata ^ oblongo folio , albinerva, arbusiiva. Fructificatio ut in fuperiorî
ipecie, odor fœtidissimus nauseabundus , ingrate à longe olfaciens , perfidum genus, persidæ
multæ species recensendæ excepta forma corolle
galeatæ. DESCRIPTION de la Canne Madere &
de la Canne Congo , par le mime. Irc. Canne Madere : Arum foliis lanceolatis
non auritis, arum colescens cannx indice foliis ,
plum. 45. Ginandra polyandra lin. 849. cl. 1O.
ord. I. herba flore monopetalo , aurito, tournef
69. radicatio fibrosa , carnosa , repens. Ramificatio simplex, articulata, erecta carnosa. Foliatio, convoluta > intégra j lanceolata, longo
pediculo , canaliculato , alato amplexicauli infidentia. Inflorescentia e medio foliorum termibalis. Receptaculum , clava, calice , cui loncritudinaliter affixa, longior, floribus andro?mi
cin&a , calix spatha monophilla aurita , deorsum curva , accumini unciata , pediculo rotundo
incidens. Corolla, nulla. Masculi superiori parte
receptaculi insidentes ; antheræ hexagonæ . obtus
fcffiles. Feminæ, inferiori parte receptaculi infidentes ; ovaria rotunda sessilia ; styli nulli, stigmata , pundata inter gemina notantur. Cor
pulcula quædam , rotunda , depressa , clavata
incurva. Fructus, bacca: unilocularcs poly sperma
Virtutes. Succus istius planta venenosissimæ est
valdè corrosivus & causticus , planta odor fœtidus, cmpireumaticus. Planta lacustris. 2e. Canne Congo : Arum scandes foliis auritis
amplis integris-arum feandens, amplissimo folio
flore flavescente, plum. gyn. pol. lin. 840. séguine. --- Page 222 ---
2 i % Sur les Maladies batarde : radicatio fîbrola , rcpcns , nodis affixd i
ramificatio simplex , repens, rotunda , articulata:
foliatio convoluta folia terna intégra , întcrmedia., maxima , lanccolata ; longo pediculo canaliculato insidcntia, Inflore scentia. terminalis , e
medio foliorum. Rcceptaculum , clava, calice
minor , digiti formis, floribus androgynis tecta.
Calix , spatha monophylla au rira , colorata ,
acumini unciata, pediculo gracili inGdens. Corolla nulla. Masculi superiori parte fpadicis insidentes , anthère, filamcntis brevibus &: craffis
affixæ, asperæ ; femina inferiori parte receptactili insidentes; ovaria rhomboïdalia , irregularia , styli nulli, stigmata simplicia 3 rotunda depressa. Fructus , baccx polyspermæ. Virtutcs,
succus, lacteus , valdè corroiivus, ex iila planta
emergit, odor fœtidus , pcriculum nuntiat 3 vcnenum indicat. Planta nemorofa.
anthère, filamcntis brevibus &: craffis
affixæ, asperæ ; femina inferiori parte receptactili insidentes; ovaria rhomboïdalia , irregularia , styli nulli, stigmata simplicia 3 rotunda depressa. Fructus , baccx polyspermæ. Virtutcs,
succus, lacteus , valdè corroiivus, ex iila planta
emergit, odor fœtidus , pcriculum nuntiat 3 vcnenum indicat. Planta nemorofa. OBSERVATIONS sur les effets de la Marcgravia. umbellata, de la Lobelia Longiflora & de la Canne à Madère, par M.
Arthaud. LE 10 juin 1787, M. Demorancy nous a marque que les moutons & les chèvrcs qu'il avoit
perdus étaient devenu enflés; qu'il avoit cru qu'ils
étoient empoisonnés par le thibé ou quebec ,
parce qu'il avoit manque lui-même de perdre
toutes les dents, pour avoir mis imprudemment
dans sa bouche une fleur dc cette plante, qui est
si commune sur son habitation, qu'il en a fait
fouiller & brûler sept cent quarante-deux pieds
dans un jour; mais comme il continuoit à perdre
ses animaux, il a cru que cela provenait de la
méchanceté de ses Nègres; & ayant trouvé chez
un d'eux des rameaux de la maregravia, il a. --- Page 223 ---
Êphootiques. 1H O lit cru que c'étoit de cette plante dont ils se servoient pour empoisonner les moutons ses
chèvres : il en a fait manger à une chèvre qui cst
morte avec deux qui avoient été empoisonnées
dans la nuit : il en a fait mâcher à un autre sans lui
laitier avaler : la tête & bientôt tout le corps
sont devenus enflés. M. Demorancy a donné à
cet animal un gargarisme de sel, de vinaigre &
de feuilles de poireaux : il a désenflé & a para
se rétablir; mais il est mort quinze jours après.
M. Demorancy a observé sur une des chèvres
empoisonnées un écoulement purulent & sanguin
parles narines. Quelques jours après, deux chiens
qui avoient mangé de ces chèvres, après les avoir
déterrées, sont morts, l'un dans le même jour
après .avoir fait des hurlements affreux , l'autre
deux jours après en jetant des cris aigus, ayant
les dents serrées &: les yeux hors de la tête. M.
Demorancy a trouvé dans l'estomac dequelqu'uns
des animaux, qu'il a fait ouvrir, des jeunes
oranges vertes, des citrons elitiers j des morceaux
de patates allez gros ; mais il n'a pas cru que ces
corps étrangers eussent produit aucun effet dangereux (8). M. Demorancy nous ayant envoyé plusieurs
rameaux de marcgravia ; nous avons fait piler
plusieurs feuilles, &: en ayant fait un bol nous
l'avons fait avaler à-un jeune chat. Nous avons
tenu cet animal enfermé sous une boîte pendant
trois heures : il est sorti d'une manière très-alerte,
& il le porte très-bien. Nous avons fait avaler à un chien un bol
de cette plante pilée, & nous avons observé (8). M. Lapole a vu des vaches êc des bœufs suffoqués
pat des oranges qu'ils avoien: avalés.
avons fait piler
plusieurs feuilles, &: en ayant fait un bol nous
l'avons fait avaler à-un jeune chat. Nous avons
tenu cet animal enfermé sous une boîte pendant
trois heures : il est sorti d'une manière très-alerte,
& il le porte très-bien. Nous avons fait avaler à un chien un bol
de cette plante pilée, & nous avons observé (8). M. Lapole a vu des vaches êc des bœufs suffoqués
pat des oranges qu'ils avoien: avalés. --- Page 224 ---
21 4. Sur les Maladies pendant long-temps tous les mouvements de l'animal. Il s' cil endormi pendant quelques temps
il a éprouvé au bout d'une heure de fortes nauzées, & il a vomi une matière verte qui étoit
celle de la plante qui avoit été délayée dans
l'eitomac, Six heures après cet animal étoit tranquille & dormoit : nous lui avons fait donner à
manger huit heures après, &r il n'avoit aucune
altération : il se porte bien depuis trois jours. On
ne sera sans doute pas étonne du vomissement
que ce chien a éprouvé, après avoir pris une plante
u peu dans la convenance de Ces goûts. Ces expériences ne- prouvent riçn contre cç
que M. Demorancy croit avoir observé : il falloir
en faire une qui fût dans le cas de fournir des
inductions ; & il falloit, pour acquérir des preuves
pour ou contre l'opinion de M. Demorancy, faire
des essais sur les animaux semblables à ceux qu'il
avoit perdus. Nous avons fait manger à une chèvre deux
rameaux de marcgravia : elle étoit tranquille une
heure après. Nous lui avons donné un autre rameau, au sommité duquel il y avoit un bouquet
de fruits encore verts ; l'animal a mange ce rameau
avec le même empressement que les deux premiers.
N'observant encore rien, de remarquable dans la
contenance, de l'animal, nous lui avons donne
une heure après une petite branche qui avoit plusieurs fruits verts & un mur d'un beau rouge , ne
rclTemblant pas mal à une grosse rraise des jardins..
Il n'a pas paru manger ce fruit avec la même
facilité; mais no.us n'avons encore tiré de-là aucune conséquence, parce que la chèvre a poÙr
son manger un goût exquis & quint eux , &:
qu'elle rebute les fourrages qu elle aime le mieux,
lorsqu'ils ont contracte quelque souillure , --- Page 225 ---
f;pi"{ootiques. 2 T ? Q iy qu elle reprend dans un moment les feuillages
ou autres aliments auxquels elle avoit paru répugner un instant avant : six heures après l'animal se portoit bien encore. Le lendemain de cet essai, le Cercle étant assemblé , nous avons fait avaler à cette chèvro
deux bols de feuilles & de fruits de maregravia :
il n'en est résulté aucun accident. Ces expériences suffisent sans doute , pour démontrer que M. D. M. s'est trompé en attribuant
la mort de les moutons & de ses chèvres aux
çftets vénéneux de la maregravia : il cst plus probable que ces animaux ont péri d'une maladie
aiguë, maligne & d'un genre pestilentiel; &: cel$
paroît prouvé encore par la mort des deux chiens,
si l'observation de' M. Demorancy eit exacte.
é aucun accident. Ces expériences suffisent sans doute , pour démontrer que M. D. M. s'est trompé en attribuant
la mort de les moutons & de ses chèvres aux
çftets vénéneux de la maregravia : il cst plus probable que ces animaux ont péri d'une maladie
aiguë, maligne & d'un genre pestilentiel; &: cel$
paroît prouvé encore par la mort des deux chiens,
si l'observation de' M. Demorancy eit exacte. Il est probable que l'on avoit pas enterré allez
profondément les cadavres des animaux ; qui
avoient péri chez M. Demorancy : on voit combien il est essentiel de faire des fosses profondes
& de les charger pour empêcher des accidents;
mais il ne faut pas s'en rapporter aux Nègrçs
pour cette opération. Nous sàvions déjà combien il est dangereux
de croire des faits qui font rapportés par des pertonnes qui n'ont pas l'habitude d'observer ; c'esce qui nous a déterminé à tenter les. expériences
que nous avons faites : elles doivent donner aux
Habitants de la circonspection pour juger des propriétés des plantes, &: elles doivent apprendre
aux Médecins à ne pas avoir de confiance aux
rapports qui leur sont faits par des personnes qui
se trompent par défaut d'attention & par prévention , & à ne pas adopter sans examen des
opinions qui peuvent être. faunes &: dangereuses. Le 14 juin, M. Millot nous a envoyé de la --- Page 226 ---
11 G Sur les Maladies lobelia longi-flora, plante réputée caustique &
vénéneule. Nous en avons présenté à une chèvre
qui n'a pas voulu y toucher : nous lui en avons
fait avaler de force plus d'une poignée sans qu'elle
en ait été incommodée d'où l'on peut conclure
que cette plante n'est pas vénéneuse pour les
chèvres. Le 19, nous avons fait avaler de force de la
canne madère à une chèvre : cette plante exhaloit une odeur piquante nau sécuse. Les Nègres
qui l'avoient pilée & mile en bol pour la faire
avaler à la chèvre se sont plaints d'une démangeait
son acre dans les mains; cependant cet animal
n'en a pas été malade , & il continue à fc bien
porter ; ce qui nous fait inférer que cette plante
n'est pas vénéneuse pour les chèvres. P ESCRIPTION du Stramonium 3 appelé
vulgairement l'Endormie , par feu M.
Dubourg. Nom Latin. Stramonium vel datura.. Nom François. Pomme épineuse ou noix metellev
Nom Vulgaire, L'Endormie. Calice. D'une seule pièce oblong, tubulé un
peu , renflé vers sa baie , formant cinq angles
sur la longueur , & découpé dans le haut en cinq
dentelures. Carole. En cloche , de couleur blanche ou violette, tube cylindrique ; le limbe droit, presqu'entier, a cinq angles & cinq pointes. Et amines. Cinq filcts subulés, moins longs que
la corole, les anthères oblongues , droites
aplaties. Pistil. Le germe ovoide > le stil simple droit, --- Page 227 ---
ÈphoQtlques. 1 T 7 le stigmate rond , obtus j 8c divisé en deux lames. Fruits. Capsule ovale , à quatre loges , couverte de pointes courtes & grolles; elle est appuyée sur le calice. Un grand nombre de graines,
noires j épaisses , ridées, ayant la forme d'un
rein.
, les anthères oblongues , droites
aplaties. Pistil. Le germe ovoide > le stil simple droit, --- Page 227 ---
ÈphoQtlques. 1 T 7 le stigmate rond , obtus j 8c divisé en deux lames. Fruits. Capsule ovale , à quatre loges , couverte de pointes courtes & grolles; elle est appuyée sur le calice. Un grand nombre de graines,
noires j épaisses , ridées, ayant la forme d'un
rein. Feuilles. Larges, anguleuses, pointues, découpées sur leurs bords attachées aux tiges par de
longs pétioles : elles sont grasles, molles, d'un
vert foncé en-dessus & blanchâtres en-dessous. Racine. Rameuse & fitreuse. Porc. Une grosse tige haute depuis deux jusqu'à quatre & cinq pieds, ronde , creuse , divisée
en plusieurs branches, tant soit peu velues de
couleur purpurine, quand k Peur est violette &:
verte ; quand elle cst l -.. che , les fleurs sont
solitaires, axillaires & terminales ; les feuilles
alternes. Licu. Elle vient par-tout, mais particulièrement
près des maisons aux environs des villes. Propriétés. Les feuilles lonr d une puanteur nausécuse &: assoupissante ; la racine, les semences
& la fleur font moins inf pportables. Ufagcs en medecine. Elle s'emploie, comme tous
les narcotiques, prise intérieurement; elle cause
la stupeur, la manie, le délire furieux , les convulsions, & devient même mortelle si la dose
est un peu considerable. Dans l'usage extérieur,
elle cst adoucissante, calmante &• résolutive. Observation. Toutes les parties de cette plante
étant stupefiantes, on ne doit iamais l'employer
intérieurement. Le meilleur antidote contre cette
espéce de poison est le vinaigre , 6c conséquemment tous les acides végétaux. Especes. Je n en connois d'autre que celle que je
viens de décrire ; car la différence qu'on voit des --- Page 228 ---
218 Sur les Maladies fleurs blanches & violettes n'est pas faffisanto
pour constituer l'espèce, mais les variétés. DESCRIPTION du Bois rouge x par le même, L'ARBRE appelé Bois rouge , dans la partio
çlu nord 4c Saint-Domingue, est le Gaurea ou.
Guara > Trichi/ioides de Linné. C'est un grand arbre de vingt-cinq à trente
pieds de haut, fort touffu ; {es feuilles font pinnées & alternes; les folioles grandes, lanccolées,
pointues, lisses, d'un vert foncé , & au nombre
de huit à douze de chaque côté du petiole 8a
une impaire. Les fleurs sont portées à l'extrémité des branches sur des épis de six à huit pouces de long;
elles sont composées d'un calice infère à quatre
dents , d'une corole tetrapetale , d'un nectaire
cylindrique couronné par huit étaminçs , d'un
germe obrond , surmonté d'un stil filiforme 3
terminé par un stigmate orbiculaire & aplati. Aux fleurs succèdent dçs fruits en cap sule ou
bayes sèches à quatre loges, quatrç valvules &
pont les semences sont solitaires.
pouces de long;
elles sont composées d'un calice infère à quatre
dents , d'une corole tetrapetale , d'un nectaire
cylindrique couronné par huit étaminçs , d'un
germe obrond , surmonté d'un stil filiforme 3
terminé par un stigmate orbiculaire & aplati. Aux fleurs succèdent dçs fruits en cap sule ou
bayes sèches à quatre loges, quatrç valvules &
pont les semences sont solitaires. Les fleurs, les feuilles les folioles ont tontes
un stipule à leur insertion. Cet arbre se trouve
fréquemment le long des ravines, &r fleurit eu
avril & mai. Son bois est employé utilement dans les ouvrages de charpente ; & pourvu qu'il soit a couvert , il dure long-temps. Sa couleur rouge lui a
fait donner, par les premiers Habitants, le nom
qu'il porte. Desportes le cite comme vénéneux ();
mais il ne dit pas si c'est dans le fruit j le sue
ou les feuilles que réside sa malignité. Je n'ai
fait aucune expérience sur ce sujet. (). C'est la graine du bçis rouge qui est réputée vénéneuse. --- Page 229 ---
Épi^ootiques. IT$ PE S CR7 P TI ON d'une nouvelle espèce de
Spermacocea 3 4e cl. Tetrand. Monogin. Nom Latin. Spermaçocea cardui folio. Nom François. Quebec à feuille de chardon, Le calice à quatre dents, petit, supere & perfistant : il renferme une corole tubulée un peu
plus longue que lui, dont le limbe eil un peu
ouvert & à quatre divisions ; aux parois de la
corolc sont attachés quatre filets courts, portant
à leur sommet des anthères simples. Sous Iç
calice exilte un germe obrond surmonté d'un
stil bifourchu , qui se termine par deux stigmat 3
obtus. A la fleur, succède une capsule à cL :
loges, surmontée de deux petites cornes & d ;
folioles ou dents du calice : elle renferme deux
semences obrondes. Port. Cette plante ne s'élève guère au-dessus
d'un pied & demi ; ses tiges sont herbacées
ne se bifurquent qu'à sept ou huit pouces audefliis de la racine : ses branches, qui se divergent , sont coudées &: forment ce qu'on appelle
le •' elles sont garnies à chaque coude de
cinq à six feuilles amplexicaules, la plupart à trois
pointes, roides & aiguës, imitant celle du chardon , mais infiniment plus petites. Sur chaque
étage de feuilles naît un cône couvert de qua:"
rante à soixante petites fleurs blanches peu apparentes , auxquelles succedent de petites capiules chagrinées au-dehors, & renfermant deux
semences presque imperceptibles à l'œil nu.
' elles sont garnies à chaque coude de
cinq à six feuilles amplexicaules, la plupart à trois
pointes, roides & aiguës, imitant celle du chardon , mais infiniment plus petites. Sur chaque
étage de feuilles naît un cône couvert de qua:"
rante à soixante petites fleurs blanches peu apparentes , auxquelles succedent de petites capiules chagrinées au-dehors, & renfermant deux
semences presque imperceptibles à l'œil nu. Ce qui caractérise particulièrement cette espèce, ce sont lept à huit feuilles radicales, longues de cinq à six polices & différentes absoluinent, par leur forme de celles qui viennent aux --- Page 230 ---
220 Sur les Maladies branches ; elles sont ovales, étroites à leur base,
rondes à leur extrémité , &: dentées en pointes
tout au tour; elles sont toupIes, minces, & d'un
vert gai : leur parfaite ressemblance avec celle
de la Lobdïa longi-flora a tait donner au Spermacocea le nom de Quebec que porte la première parmi les Habitants ; on n'a pas manque
non plus de lui attribuer toutes les mauvailes
qualités du Quebec ; mais elle en diffère par-là
singulièrement, je puis affirmer qu'elle n'est
ni acre ni caustique. J'ai mâché des feuilles &c
des tiges du Spermacocea sans refleurir la plus
légère douleur, &: )'ai eu les mains & le viiige
brûlés pour me les être frotés avec les diverses
parties de la Lobelia ou véritable. Quebec. OBSERVATION sur une hydrophobie
spontanée, par M. Arthaud. Quingenta mendacia colliguntur facilius , quam unius
veritatis flatuitur demonstrat. Dissert. de Rab.
Me m. de la S. R. de Mcd. ~ Un Nègre commandeur de l'habitation Butteler < au Morne Rouge , ■ avoit reçu le fouet il y
1 , «
avoir a peu prés un mois , pour avoir vole un
bœuf sur une habitation voisine : ce Nègre, humilié de cette punition flétrissante pour un chef
d'attelier, en a conservé un chagrin, dont voici
les tristes effets. Il a été pris par la fièvre le 11 septembre 1787;
il sc plaignoit d'une douleur vive à la téte àc
aux reins. On s'est appcrçu le lendemain que ce Nègre
buvoit avec difficulté, & qu'il avoit des mouvements convulsifs j lorsqu'il vouloit avaler. --- Page 231 ---
1ipt"tooliquel; 111 L'aversion pour l'eau s'eil bientôt manifefiée.
L'imagination s'est affectée an point que le remuement de l'eau, le nom scul de ce liquide, sa
présence excitaient les convulsîons les plus fortes
dans les muscles de' la face & dans ccax du dos. J'ai vu ce Nègre le 16 : on m'a dit qu'on l'avoit saigné ; qu'on avoit eu beaucoup de peine a lui aire prendre un lavement <k un bain, lui avoit donne du laudanum. Ce Nègre étoit couché sur le vent il se
plaignoit de la tête & des reins ; il n'&^i&^Mr»
de l'ommeil ; son pouls étoit petit & fçàquçnt.
Je l'ai vu éprouver plusieurs accès de cbciyuÏ£>
ègre le 16 : on m'a dit qu'on l'avoit saigné ; qu'on avoit eu beaucoup de peine a lui aire prendre un lavement <k un bain, lui avoit donne du laudanum. Ce Nègre étoit couché sur le vent il se
plaignoit de la tête & des reins ; il n'&^i&^Mr»
de l'ommeil ; son pouls étoit petit & fçàquçnt.
Je l'ai vu éprouver plusieurs accès de cbciyuÏ£> lions, en remuant ou en parlant de 1 eau auprès
de lui. Voulant me rendre maître de l'imagination
du malade & la calmer si je pouvois, je lui ai
promis qu'on ne lui donneroit plus d'eau, &:
qu'il n'en verrait même plus. J'ai beaucoup grondé
ceux qui l'approchoient de ce qu'ils vouloient le
forcer d'en boire (i). Je leur ai ordonné d'ôter celle
qui étoit dans sa chambre. Voyant qu'il avoit
repris un peu de calme, je lui ai demandé ce
qui avoit produit sa maladie ; il m'a d'abord rendu
l'idée dont il avoit été affecté , en me disant qu'il
avoit reçu le fouet; qu'il croyoit avoir gagné une
fraîcheur ; il m'a dit qu'il n'avoit pas été mordu,
qu'il n'avoit eu aucune fréquentation dans aucun
lieu avec aucun animal suspect : il m'a prié de
ne pas lui faire donner d'eau, & même en prononçant ce mot, il a eu une crise convulsive. J'ai proposé du vin à ce Nègre ; il m'a dit
qu'il le vouloit bien. Ayant pris de la confiance ( i ). V. Mém. de la Soc. R. de méd. Mém. de 1\1. Bonteille, $ XCI. --- Page 232 ---
211 Sur les Maladies i en moi, il s cit levé, s est assis, & il a marché
hors de sa chambre, en s'appuyant fùr un bâton ,
pour venir s'asseoir sous la galerie. Ses enfants
1e font approches de lui ; mais il les a repoussés
avec inquiétude & une agitation convuliive : on
m'a dit qu'il ne vouloit pas les voir depuis qu'il
ctoit malade ; il avoit aussi de l'antipathie pour
un vieux Nègre qui étoit préposé pour le servir.
Il m'a demande une orange (i) ; mais en exprimant le jus de chaque morceau qu'on lui préicntoit, on voyoit dans le moment de la déglutition les muscles de la gorge & de la face
entrer en convuHion. Lui ayant donné un quartier d'orange qui étoit humide, il l'a rejeté en
triant de Veau, & il a éprouvé une convulsion
en retournant sur sa cabane, ce qu'il a fait avec
peine , parce que l'action des muscles du dos
ce des lombes parôissoit gênée; il a mis le pied
sur le quartier d'orange qu'il avoit rejeté :J &:
l'humidité qu'il a sehtie lui a fait jeter un cri
lui a donné une convulsion.
d'orange qui étoit humide, il l'a rejeté en
triant de Veau, & il a éprouvé une convulsion
en retournant sur sa cabane, ce qu'il a fait avec
peine , parce que l'action des muscles du dos
ce des lombes parôissoit gênée; il a mis le pied
sur le quartier d'orange qu'il avoit rejeté :J &:
l'humidité qu'il a sehtie lui a fait jeter un cri
lui a donné une convulsion. On a apporté le vin que j'avois proposé à ce
Nègre ; sa garde a voulu riricer le gobelet avec
de l'eau : il s'en cil plaint, en criant avec effroi,
& il a été pris de convulsions. J'ai chassé la Négresse en la grondant; j'ai pris le gobelet ; je l'ai
rincé avec du vin ; je l'ai présenté au malade j
il en a pris une gorgée avec confiance ; mais la
déglutition de ce liquide lui ayant donné une
convulsion, il a repoussé le gobelet, en disànt
qu'il ne vouloit plus de vin, parce que, comme
l'eau , il montoit dans son cerveau pour l'étouffer.
Cet état m'a paru désespéré. J'ai cependant
prescrit une potion avec l'infusion de feuilles (2). V. L. c. * XCII. --- Page 233 ---
Êpfcootzques. iï\ cl oranger & Quelques gouttes d'alcali volatil >
& l'on a donne sur le dos une friétion avec demionce de pommade mercurielle. Le Chirurgien m'a dit que ce remède avoit
excité une Tueur abondante; que l'on avoit en
un peu d'espérance, parce que le malade avoit
saru plus tranquille ; mais ce repos produit par
atonie, annoncoit la mort (3). On a trouvé
dans le cœur & dans les vai fléaux une petite
quantité d'un sang noir, & tous les viscères dii
bas-ventre étoient secs. La rage est une maladie nerveuse qui peut
être communiquée ou se développer fpontanément (4). On a nié la possibilité de la rage spontanée
chez l'homme , & on a accusé d'erreur tous ceux
qui en ont parlé (5) ; mais si l'on peut s'élever
contre des faits, si le raisonnement peut détruire
des observations, il doit encore faire disparoîrrè
la mienne ; car elle prouve encore que la ragé
peut se développer chez l'homme,, & qu'il est
réduit, malgré son intelligence , à payer ce tria
but d1 horreur à l'animalité. Les passions de l'ame, comme le chagrin, la
tristesse j, la colère réunies à des dispofi tions individuelles , & peut-être à quelque condition particulière dans la constitution & la températurd
de l'air, peuvent affecter la sensibilité au point
de produire des spasmes qui seront suivis de
certain dérangement dans l'action des organes ,< (3). V. Mém. de la S. R. pae. 246. (4). v. Recherches sur la Rage, par M. Anori, p. 8,
221 & Cuiv. V. Hist. de la Soc. R. de méd. année 178 3,
IIe part. p. 57, 58 & [lliv. V. Além- S. C. p. II.
la sensibilité au point
de produire des spasmes qui seront suivis de
certain dérangement dans l'action des organes ,< (3). V. Mém. de la S. R. pae. 246. (4). v. Recherches sur la Rage, par M. Anori, p. 8,
221 & Cuiv. V. Hist. de la Soc. R. de méd. année 178 3,
IIe part. p. 57, 58 & [lliv. V. Além- S. C. p. II. \j). V. Mem. de la S. R. p. 29<Í Se 32.1. --- Page 234 ---
22 4- Sur les Maladies dune certaine altération dans les humeurs qui
donneront naissance aux symptômes de la rage
& produiront le virus. Ce virus se dépoie particulièrement dans les
organes salivaires : il paroît prouvé que la iaïive cil l'humeur la plus propre à le transmcttrc
& celle qui lui fert de véhicule chez les animaux;
car l on doute , d'après quelques observations j
que la salive de l'homme hydrophobe soit vénéneufe (6) : il me semble cependant que l'on a
un peu négligé l'expérience pour vérifier cette
opinion. M. Roux (7) pense que la rage de cause interne cft produite par une altération extraordinaire des sucs digellifs qui occasionne sur les
houppes nerveuses , des voies alimentaires , une
irritation qui cil particulière à cette altération.
Cette assèrtion n'est pas appuyée sur des preuves
suffisantes pour former une opinion probable. A-t-on allez observé la constitution des humeurs dans l'état malade comparé à l'état fain ?
A-t-on fait assez d'expériences pour s'assurer que
le venin de la rage n'infecte que telle ou -telle
humeur, telle ou telle partie ? Et ces expériences
ont-elles bien démontré que la rage de caule
cytcrnc est toujours déterminée sur un venin local
qui excite sur les nerfs qu'il touche la même
irritation que la rage de cause interne ? La salive , dit M. Roux cst bien- véritablement le venin qui produira la rage à un autre
individu qui le reçoit par une morsure. Cet aveu
prouve que le venin rabifiquc cst non-seulement
un venin local qui agit sur les nerfs, mais qu'étant (6). V. Mém. p. 206. b}. V.. Mlm. de la So-c, R. de mc'J.
parvenu --- Page 235 ---
Êvitootiques. a l ? p parvenu à certain développement, il infecte la
salive & produit sur les autres humeurs une impression que nous ne connoissons pas bien encore. On ne dira. pas que la Ialive , déposée dans
une plaie, se mêle avec le sang, parce que l'on
croit que la salive n'est que le véhicule du venin dont le principe subtil s'acroit & augmente >
en pénétrant dans les humeurs où il trouve des
principes susceptibles, de se prêter à sa modification. On ne peut pas penser, d'après cela , avec
M. Roux j que ce principe puisse s'anéantir par
son extrême divilien ; sans le comparer à un
ferment , l'on croit que la. circulation à laquelle
il est fournis est nécessàire pour préparer son dé^
veloppement (8).
du venin dont le principe subtil s'acroit & augmente >
en pénétrant dans les humeurs où il trouve des
principes susceptibles, de se prêter à sa modification. On ne peut pas penser, d'après cela , avec
M. Roux j que ce principe puisse s'anéantir par
son extrême divilien ; sans le comparer à un
ferment , l'on croit que la. circulation à laquelle
il est fournis est nécessàire pour préparer son dé^
veloppement (8). Il n'y a pas une des observations rapportées
par M. Roux qui présente la conséquence qui
se déduiroit naturellement de son opinion , si
elle étoit fondée , Se toutes au contraire permettent d'inférer que la rage de cause interne
est l'effet d'une altération particulière qui peut,
dans certaines circonstances , s'engendrer dans
les liqueurs & agir sur tous les nerfs. Un paysan de 18 ans 3 dit M. le Roux , tomba
dans l'hydrophobie, après avoir fait six lieues à pied
par une chaleur excessive. Un autre jeune homme
de 30 ans éprouve le même accident pour avoir
fait une marche forcée à deux lieues de Paris.
Un nommé Detalend meurt hydrophobe à la
fuite d'un travail forcé dans une carrière exposé
au soleil le plus ardent, & où il ne se trouvoit
pas d'eau. Ces faits montrent non-seulement la
dépravation des sucs digestifs portée à son comble,
comme le dit M. Roux , mais que toutes les (S). V. Mtm. r. zez. --- Page 236 ---
226 Sur les Maladies humeurs avoient contracté cette altération. L'on
fait que les humeurs des animaux morts après de
longues courses ou de grandes agitations ont un
caractère de septicité , & l'on ne peut pas douter
que dans toutes les maladies contagieuses comme dans toutes celles qui sont produites par les
poisons, toutes les humeurs participent luccefVivement à l'altération qui leur a été imprimée
par les principes contagieux ou vénéneux ; &
quoique l'action de ces principes ait d'abord été
locale j & qu'ils conservent peut-être encore un
centre d'action où ils ont plus d'activité on ne
peut pas nier qu'elle ne foit devenue générale. Les fruits de hêtre ont produit quelquefois
des fièvres lypiriennes, des pleurésies, des dévoiements qui annoncent non - feulement une
irritation locale , mais une dépravation générale des humeurs par un principe âcre & particulier qui a pénétre leur masse. Ces mêmes
fruits torréfiés ont produit l'hydrophobie , &
cela prouve que des circonstances fugitives, des
dispositions inconnues peuvent faire varier les
effets d'une même cause ; mais cela ne démontre
pas du tout que la maladie , dans ce cas, n'ait
été l'effet que d'une irritation locale & d'une
dépravation isolée des sucs alimentaires. La colère &r les passions ont aussi quelquefois
déterminé la rage ; mais si l'on peut quelque- j
fois, dans ce cas , indiquer un centre d'action
& d'irritation locale , comme dans le cas cité
par M. Roux il faut convenir que dans ces grands
troubles de l'ame , dans ces grandes agitations
du corps dans ces désordres excessifs de l'action organique , la modification des humeurs
peut être altérée très-subitement, & qu'il peut
naître dans un temps incalculable des principes
r les passions ont aussi quelquefois
déterminé la rage ; mais si l'on peut quelque- j
fois, dans ce cas , indiquer un centre d'action
& d'irritation locale , comme dans le cas cité
par M. Roux il faut convenir que dans ces grands
troubles de l'ame , dans ces grandes agitations
du corps dans ces désordres excessifs de l'action organique , la modification des humeurs
peut être altérée très-subitement, & qu'il peut
naître dans un temps incalculable des principes --- Page 237 ---
Épi-,ootiques. 2 l'y P ij a irritation qui , en affectant plus particulièrement tel ou tel organe j n'en auront pas moins
une action générale. C'est ce que M. Roux paraît reconnoître lui-même, en disant () que la
salive devient vénéneuse Se contagieuse , lorsque
les mouvements convulsifs & le spasme universel lui impriment un changement singulier &
inexplicable , &: lui donnent un caractère propre
à exciter sur le genre nerveux d'un autre individu les mêmes mouvements que ceux par qui
elle a été altérée ; mais qu'elle n'acquière la
qualité contagieuse que lorsqu'elle a été travaillée
par la fièvre rabifique , & qu'elle devient de plus
'en plus viciée, ainsi que toutes les autres liqueurs,
à mesure que l'animal approche ,de sa fin. Nous pouvons donc convenir , par l'incertitude où nous somme sur le caractère , la nature
des principes de la rage, que la vérité est enencore loin de nous , Se qu'il n'est pas aisé de
franchir l'espace qui nous empêche de l'atteindre
& de la reconnoître. La rage qui paroît avoir été connue trèsanciennement en Asie &r en Europe ( i ) , ne
l'étoit pas en Amérique avant l'arrivée des Européens ; elle n'y eit connue que depuis que les
animaux d'Europe y ont été indroduits avec le
chagrin, le désespoir & la servitude. Cette maladie n'était pas encore connue à Saint-Domingue
du temps du médecin Desportes ; mais enfin elle
s'est montrée, &r il n'y a pas d'année que l'on
ne cite des accidents & des pertes. Le 11 septembre 1761, sur ce qui a été représenté à la Cour par le procureur-général du (). V. Mém. p. 2.1 & 15. (1 J. V. Mém. p. 1. --- Page 238 ---
228 Sur les Maladies | Roi, que les Citoyens du Port au Prince etoient \
alarmés de voir une quantité prodigieuse de
chiens dont plusieurs étoient soupçonnés d'être
attaqués de la rage, que même plusieurs Habitants , Nègres libres & esclaves , ayant été
mordus par des chiens, sont morts de la rage) •
le Conseil supérieur du Port au Prince a rendit
une arrêt, par lequel il est ordonné à tous les
Habitants de faire tircr ou noyer leurs chiens
dans les vingt-quatre heures du jour de la publication ; & comme cet arrêt n'avoit sans doute
pas eu toute son exécution, &: que le mal continuoit ses progrès, le même Conseil a rendu ,
le l l novembre de la même année, un sécond
arrêt, par lequel faisant droit au réquisitoire du
procureur-général du Roi , il a enjoint à tous
' les Habitants des villes , bourgs & campagnes
du ressort de la Cour, de tuer ou faire tuer tous
leurs chiens qu'ils soupçonneront attaqués de la
rage , à peine de tous dépens , dommages âc
intérêts pour les accidents qu'ils pourront occasionner (2).
a rendu ,
le l l novembre de la même année, un sécond
arrêt, par lequel faisant droit au réquisitoire du
procureur-général du Roi , il a enjoint à tous
' les Habitants des villes , bourgs & campagnes
du ressort de la Cour, de tuer ou faire tuer tous
leurs chiens qu'ils soupçonneront attaqués de la
rage , à peine de tous dépens , dommages âc
intérêts pour les accidents qu'ils pourront occasionner (2). On voit par un arrêt du Conseil supérieur du
Cap, du février 1768 (3), que la rage n'étoit connue dans la Colonie que depuis six ans Xenophon dit, dans une harangue à son armée , que
les Ctratuntiens voyant les Grecs qui paroissoient Ce precipiter sur eux, sans motifs, craignoient qu'ils n'eu fient éré
saisis par une rage subite comme elle prend à des chiens. V.
Expéd. de Cyrns, T. II, L. V, p. zot , traduction par
M. le comte de la Luzerne. Hist. de la Méd. par le Clerc, IIe Part. Ch. VII. Ib. L. IV , S2&. Iere. Ch. VI. (i). V. Lois & Const. des Colon franç. de l'Amer. T. IV,
p. fO; & fo. (3). Lois & Cona. des Colon. franc, de 1 Amer, sous Is
vent, par M. Moreau de Saint-Méry, T. V, p. i 5 j & i 5 6. --- Page 239 ---
Êphtootîques. ' 11 i P i ij ou environ , qu'elle commençoit à faire de nouveaux progrès sur plusieurs habitations au quartier de Limonade j particulièrement chez madame
veuve Conegut ; qu'un officier des Troupes du
Roi avoit été force de tuer dans la ville un chien
attaqué de cette maladie : mais malgré l'injonction de cet arrêt, on n'a pas observé cette maladie , on n'a pas remarqué d'où elle provenoit,
dans quelle faison, dans quelle conlliturion elle
s'est manifestée j & on n'a ricn fait pour la
guérir. Jamais un arrêt n'a excité l'émulation &
fait naître le talent ; & si la Société royale de
médecine n'avoit disposé que de pareils moyens,
elle n'auroit pas produit les travaux utiles dont
nous lui avons obligation. La rage a fait une invasion frappante en 1782,
puisque M. Buffon, iuge sénéchal du Cap , a publié de nouveau l'arr êt de 1768 , par une ordonnance en date du 2 août 1782. , en 1783. La
dame Frédéric , épouse du fleur Frédéric , hoqueton de l'Intendance , eil morte hydrophobe.'
Cette femme avoit un chien auquel elle étoit,
attaché; il parut inquiet, agité 3 il mordit sa
maîtresse à la main : la blessure étoit légère ; on
l'a bailina avec de l'eau salée & du tafia : elle,
guérit en quelques jours. Phis d'un mois après ,
ta fièvre rabifique parut, les symptômes de l'hydrophobie se développèrent j, il y avoit beaucoup d'écume à la bouche , & la malade est
morte au cinquième iour, sans avoir reçu d'autre secours qu'une saignée de pied , quelques
frictions & un peu d'alkali volatil dans les der -
niers moments.
; on
l'a bailina avec de l'eau salée & du tafia : elle,
guérit en quelques jours. Phis d'un mois après ,
ta fièvre rabifique parut, les symptômes de l'hydrophobie se développèrent j, il y avoit beaucoup d'écume à la bouche , & la malade est
morte au cinquième iour, sans avoir reçu d'autre secours qu'une saignée de pied , quelques
frictions & un peu d'alkali volatil dans les der -
niers moments. En 1784, nous avons été appelé dans la rue
Espagnole pour voir un jeune Nègre eue l'on
dilbit attaqué d'une maladie extraordinaire. Cet --- Page 240 ---
"t%o Sur les Maladies enfant avoit les yeux égarés; il paroissoit triste;
son cœur battoit contre les côtes avec une force
extraordinaire -, sa peau étoit sèche : il étoit assis
lorsque nous le vîmes. On nous dit qu'il avoit
été mordu à la main , il y avoit à peu près quarante jours j par un chien qui étoit poursuivi &
qu'il voulut arrêter en le saisissant par la queue :
ce chien avoit déja mordu un enfant blanc qui
est mort hydrophobe. La plaie n'avoit été baffinée qu'avec de l'eau marinée & du tafia *, elle
avoit guérie en quelques jours. Le maître de
ce Nègre , le voyant agité extrêmement dans la
nuit j crut qu'il avoit de la fièvre : il fit appeler
le lendemain son Chirurgien. Quatre jours sc
passèrent sans que l'on fît aucun remède : on
m'appella au cinquème ; on me dit que le Nègre
ne pouvoit pas boire ; je lui en fis présenter ,
mais il eut une convuîsion qui ne me permit
pas de méconnoître l'hydrophobie. J'examinai la
cicatrice ; elle n'étoit pas douloureuse , & elle
ne présentoit rien d'extraordinaire. Je prescrivis
quelques gouttes d'alkali volatil dans une infnsion de fleurs de tilleul, une friftion mercurielle^
mais le malade est mort le lendemain. Nous doutons que le traitement, qui a été.
employé avec succès sur les personnes mordues
par des animaux enragés, puisse réussir chez celles
qui ont été attaquées spontanément. 0n peut ,
en quelque sorte , arrêter la résorbtion du virus i
on peut même l'anéantir ou. en affaiblir limpression , mais on n'a pas l'avantage, dans la,
rage spontanée, de pouvoir cuivre les progrès
du virus ; on ne peut l'attaquer dans aucun dépôt >
on ne peut le suivre dans son développement,
on ne peut lui opposer du remède que lorsqu'il domine le principe vital, lQrFque'il a vicié --- Page 241 ---
Êphootiqucs* 1 j t F iv toutes les humeurs & jeté le détordre dans toutes les fondions. Il y a un si grand nombre d'observations qui
attellent les bons effets du mercure dans le traitement de la rage , que l'on ne peut presque
pas douter de son efficacité. On a administre
ce remède intérieurement &: extérieurement ; il
a également réussi : les effets n'ont pas toujours
été heureux, lorsqu'on en a fait usage dans la
rage confirmée; mais souvent l'inconduite du
malade & la méthode ont mis le ^ remède en
défaut ; d'ailleurs, quel est le remède dont les
effets ne varient jamais, suivant les dispositions
des personnes 3 du temps, des lieux & l influence
d'un très-grand nombre de circonstances ?
istre
ce remède intérieurement &: extérieurement ; il
a également réussi : les effets n'ont pas toujours
été heureux, lorsqu'on en a fait usage dans la
rage confirmée; mais souvent l'inconduite du
malade & la méthode ont mis le ^ remède en
défaut ; d'ailleurs, quel est le remède dont les
effets ne varient jamais, suivant les dispositions
des personnes 3 du temps, des lieux & l influence
d'un très-grand nombre de circonstances ? Il n est pas aussi bien prouvé que les antispafmodiques aient été utiles dans le traitement de
la rage, & qu'ils aient produits les eflets que
on en attendoit. L'expérience a prononcé sur la confiance que
l'on doit avoir aux bains froids , aux bains de
mer. Des cures équivoques & présumées avoient
donné quelque réputation à ces moyens, mais
son a enfin reconnue leur inutilité. On doit craindre les effets d'une sensibilité
agitée & d'une imagination prévenue dans le
traitement de la rage : les succès ou les malheurs ont dépendu plus d'une fois de la tranquilité de l'esprit ou de ses alarmes. Il faut, autant que cela est possible, s'assurer
de l'état des animaux qui ont fait des morsures,
pour ne pas livrer à des traitements fatigants
& inutiles des personnes qui n'en ont pas besoin. Cependant , lorsque les animaux qui auront
mordu feront suspects, il vaut mieux dans cette
incertitude se livrer à un traitement préservatif --- Page 242 ---
ixi Sur les Maladies que de s'exposer aux événements redoutables qui
pourroient être les suites d'une sausse sécurité ;
mais il ne faut pas citer les cas douteux comme
des cures, & les appcller en témoignage pour
autoriser une méthode où l'efficacité d'un remède , comme nous croyons qu'on l'a fait quel.
quefois. La Société royale de médecine déclare qu'elle
regarde le traitement local de la plaie comme
indispensable j comme le plus important, que
sans lui tous les autres procédés sont incertains,
& que ceux qui portent le trouble dans l'économie animale ou qui affectent fortement les nerfs,
exposent à des dangers plus ou moins grands (4). Vanfwieten rapporte que Salius Diversus afllirc
qu'il n'a iamais vu ni entendu dire qu'aucune
personne mordue par un chien enragé eut eu
d'accident, lorsque la plaie a été pansée convenablement (y). Les observations de M. Robert de Kiavalle,
D. M., tendent à prouver que l'application seule
du feu , sur des plaies faites par des animaux enragés , a suffi pour garantir de tout événement
fâcheux. On croiroit que les autorités les plus rcfpectables en médecine ne peuvent en imposer -, on
n'imagineroit pas que l'on pût être séduit ypar
des rapports de faits observés par des personnes
honnêtes, judicieuses & instruites; mais la vétité nous échappe, lorsque nous croyons la saisir :
nous somnies trompés par des événements que (4). V. Hist. de la Soc. R. de méd. 1783, 2e Part. p. 2.
L. C. p. 74. t: suiv. (5). V. Vanswieten Comm. in aphor. tora. III, apt.
1143 , n° 1. --- Page 243 ---
Epi¡:oot;ques. 2 \ \ îc h a sard ou des circonstances qui nous sont inconnues produisent , car ie hasard ne produit
rien j ce nos oppinions ne (ont le plus souvent
que des erreurs de notre jugement 8: des il lulIons de notre ignorance.
Part. p. 2.
L. C. p. 74. t: suiv. (5). V. Vanswieten Comm. in aphor. tora. III, apt.
1143 , n° 1. --- Page 243 ---
Epi¡:oot;ques. 2 \ \ îc h a sard ou des circonstances qui nous sont inconnues produisent , car ie hasard ne produit
rien j ce nos oppinions ne (ont le plus souvent
que des erreurs de notre jugement 8: des il lulIons de notre ignorance. On a été bien pérsuadé , jusqu'à présent, en
médecine que l'on n'avoit pas de spécifique
contre la rage , c'est-à-dire , que l'on avoit pas
de remède qui pût être employé av un succès
constant & égal dans tes les temps nez tous
les sujets , dans toutes les circonstances ; mais
on a cru avoir été allez h cireux pour avoir
trouvé des remèdes qui peuvoient être employés
avec avantage. Cette confiance étoit une erreur : on n'a pas
analysé les faits avec allez d'exactitude ; on n'a
pas examiné toutes les circonstances phyliques
& morales avec allez d'attention i on n'a pals
'apprécié avec allez de précision les effets des
remèdes, l'on a recueilli de faulTes estimations sur des effets qui dépendoient de eau ses
différentes de celles, auxquelles on les a attribuées : enfin l'hiltoire de la rage est encore un
cahos ; son traitement n'est qu'une confusion :
une fausse confiance en a imposé, &: l'on doit
se livrer à un nouvel examen sous lçs auspices
mesurées de l'esprit: phylosophique , & en le
préservant des préventions & de la crédulité
facile qui ont égaré jusqu'à ce iour. M. Roux , praticien sage &: judicieux , établit
que la poudre de Julien Paulmicr, celle d'Anag-alis ne font d'aucune utilité (6) : le mercure,
regardé aujourd'hui comme le remède le plus
assùré contre la rage , n'a pas plus de vertu que O). V. Mtrn. pag. eg. --- Page 244 ---
234 Sur les Maladies les remèdes précédents (7); & nous pouvons,
d'après l'opinion de Mrs Fotherrgill, Vaughan,
Metzler, douter de l'efficacité du mercure. M.
Roux nous dit que nous ne pouvons nous empêcher par la suite d'imputer les malheurs, dont
il iera la cause , aux gens de l'Art qui l'emploieront (8). La curation de la rage interne , suivant M.
Roux, cft" équivoque , & il y a bien peu de
remèdes à employer (). Cependant M. Roux, qui regarde les malades
comme empoisonnes , penCe qu'il faut les saigner, comme on traiteroit un homme qui auroit
avalé un poison dont on ne connoîtroit pas la
nature ; & il propose, d'après ce principe, les
boissons mucilagincuses , en suite aiguisées avec
l'émétique pour exciter une légère contraction
dans le canal alimentaire : on leur fera succéder
le lait, les huiles d'amandes douces, &: l'on finira par nourrir le malade de farineux : on joindra
dans la maladie déclarée le camphre , le musc Jo
l'opium à grandes doses.
noîtroit pas la
nature ; & il propose, d'après ce principe, les
boissons mucilagincuses , en suite aiguisées avec
l'émétique pour exciter une légère contraction
dans le canal alimentaire : on leur fera succéder
le lait, les huiles d'amandes douces, &: l'on finira par nourrir le malade de farineux : on joindra
dans la maladie déclarée le camphre , le musc Jo
l'opium à grandes doses. M. Roux est bien fâché de ne pouvoir proposer des moyens plus sûrs ; mais en se rappellant les circonstances dans lesquelles étoient Laurent y le sujet de l'observation de M. Lavirotte..
Fournier de Talend, le sujet de l'observation de
M. Maret 3 celui de l'observation de M. Portai,
en considerant les causes qui avoient produit la.
maladie chez ces différentes personnes , M. Roux
auroit dû proposer un traitement plus méthodique,
plus régulier & plus conforme à ses principes. (7). L. C. paÉT. 45. (8). L. C. pas;. 6 . (). V. pag. 353. --- Page 245 ---
Êphootiques. 235 Nous ne. prescrirons pas su renient l'émérique,
du musc, de l'huile d'amandes douces, de ropium à grandes doses à des sujets enflammés par
un exercice violent ou troublés par des passions ;
ce ne seroit pas le moyen de calmer une maladie véritablement nerveuse & l'irritation du canal
alimentaire dont la sensibilité cst extrême (1). Mais si M. Roux est resté à la même distance
de la vérité que presque tous les Auteurs dans
le traitement de la rage spontannée, il n'en est
pas de même dans le traitement de la rage communiquée , l'on peut dire qu'il a rendu un
service essentiel à l'art & à l'humanité en rappellant une pratique qui avoit été négligée, ou
en la présentant d'une manière à la rendre plus
supportable en ménageant la sensibilité. M. Roux convient que la rage de cause externe est bien plus soumise à nos moyens, parce
que l'on peut attaquer efficacement le venin
dans le lieu où il est en réserve, avant qu'il ait
pu acquérir Ton développement ; mais il ne faut
chercher à le combattre que par des remèdes internes qui n'ont jamais produit qu'une véritable
illusion, mais par des médicaments appliqués immédiatement dans les plaies, après les avoir rendues saignantes. Il faut sonder la plaie , la dilater en étoile, la
laver avec de l'eau de savon , & la tremper dans
un bain de même nature : on la tamponne ensuite
avec la charpie sèche , & on la couvre de bandes
& de compresses jusqu'au lendemain. A la levée du premier appareil, on trempe
une sonde de bois dans du beurre d'antimoine
tombé en deliquescence , & on porte le caustique (1). L. C. pag. 3 & 11.
ie , la dilater en étoile, la
laver avec de l'eau de savon , & la tremper dans
un bain de même nature : on la tamponne ensuite
avec la charpie sèche , & on la couvre de bandes
& de compresses jusqu'au lendemain. A la levée du premier appareil, on trempe
une sonde de bois dans du beurre d'antimoine
tombé en deliquescence , & on porte le caustique (1). L. C. pag. 3 & 11. --- Page 246 ---
1 3 ()P Sur les Al'a!aJ':es dans le fond de la plaie, mais spécialement sur
les bords, en retendant même lur la peau environnante ; on met par dessus un large emplâtre
vésicatoire qui s'élève bien au-dessus de la plaie. M. Roux n'a rencontre que deux fois des parties dangereu ses à brûler, &: il s'est repenti de
les avoir ménagées ; il est d'avis que l'on nedoit éviter que les artères trop considérables dont
l'ouverture pourroit entraîner en peu de temps
la perte du malade ; mais n'est-il pas également
dangereux, principalement dans ce pays, où le
tétanos est si fréquent a la suite des plaies, d'appliquer un caustique sur des tendons ou desnerfs? La solution de cette question ne peut se
faire par les observations connues de tétanos produit par l'application des caustiques ; mais ces faitsdoivent jnfpirer de la prudence j en attendant
que l'expérience ait fourni les éclaircissements
nécessaires. Au troisième pansement, dit M. Roux , on
enlève les vessies produites par les vésicatoircs r
on applique un linge couvert d'onguent de la
mère, recouvert de beurre frais, & l'on continue
ce pansement ju[qu'à la chute de l'escarre. • . Lorsque l'escarre est tombée , on met dans
l'ulcère, suivant sa. grandeur, un oti plusieurs
pois, ou de racine de gentiane, ou d'iris de Florence , pour entretenir la suppuration comme
celle d'un cautère. Si la plaie est large , qu'il y
ïiit des lambeaux d'emportés, on la remplit avec
des bourdonnets garnis de suppuratif. A mesure
que les chairs reviennent, on les brûle de nouveau ; on applique aussi des véstcatoires à différentes reprises j on ne permet à la plaie de
se cicatriser qu'après quarante jours (i). (a). V. Vanswieten. L. c. --- Page 247 ---
Épizootiques. 237 M. Roux donne, pour tout remède interne,
l'alcali volatil fluor dans une infusion de deurs
de furcan, à la dote de douze gouttes matin &
soir pour les adultes. M. Roux dit que plusieurs
de Tes blessés n'en ont pas tait usage &: ne s'en
•sont pas mal trouvés. M. Roux partage les blessés, dont il rapporte
les observations en trois claies; la première comprend ceux qui ont été mordus à la tète; il place
-dans la seconde ceux qui ont été mordis3 à nu ;
dans la dernière ceux qui ont été morduj; à
travers de leurs vêtements.
ote de douze gouttes matin &
soir pour les adultes. M. Roux dit que plusieurs
de Tes blessés n'en ont pas tait usage &: ne s'en
•sont pas mal trouvés. M. Roux partage les blessés, dont il rapporte
les observations en trois claies; la première comprend ceux qui ont été mordus à la tète; il place
-dans la seconde ceux qui ont été mordis3 à nu ;
dans la dernière ceux qui ont été morduj; à
travers de leurs vêtements. Le premier blesse n'a été traité que le troisième
lotir ; le second ne l'a été qu'au cinquième ; le
troisième au Septième; le quatrième à la même
époque; le cinquième est mort cinq jours après
avoir été blessé, On n'avoit pas ose porter ie cauftique sur une plaie de la paupière qui a sèrvi
de foyer au venin rabifique. Dekkcrus , plus
hardi., a porté le fer rouge ju sques dans la bouche, &: il a parfaitement réussi (3). Le flxième
a été traité au huitième jour : il est mort aussi.
Une malade de la sécondé classe pansée au cinquième jour a guérie. Le premier blessé de la troisième cl a (Te a été
panlé le quatrième jour ; le sécond l'a été au
cinquième * le troisième à la même époque. Le parallèle que M. Roux établit entre son
traitement &■ celui qui a été fait à Semis, prouve
évidemment l'avantage de sa méthode. Il présume même que les malades qui ont guéri à
Senlis par les foins des Commissaires de la Société,
n'ont dû leur salut qu'au traitement local ; &
cette opinion seroit suffisante pour faire douter v3). V. Vanswieten. L. c. --- Page 248 ---
238 Sur les Maladies de l'efficacité du mercure dans le traitement de
la rage , & qu'il ait contribué aux succès que
l'on a obtenu, si les bons effets qu'il a produits
n'etoient pas conllatés , & si la prudence &: la
raison ne se réuniisoient pour porter à tenter
d'autres remèdes à des époques plus éloignées
que celles auxquelles le traitement local peut
iufHre. Nous desirons pouvoir nous inflruire de l'époque poiitive du développement du virus, Se
connoître celle à laquelle le traitement local,
devenant insuffisant, justifiera les efforts que l'on
a fait pour trouver un traitement qui puisse le
Seconder ou y suppléer. Cette époque est sans
doute celle dans laquelle M. Roux dit qu'il survient une sensation quelconque dans la partie
blessée, qui annonce, excite la fièvre rabifiquc
& précède de plusieurs jours l'hydrophobie : voilà
l'époque sensible de l'infection générale; & M.
Roux a très-bien senti 3 comme M. Fontana l'a
démontré pour le venin de la vipère, que si le
traitement local pouvoit détruire le venin lorfqu'il étoit en dépôt dans la blessure, il devenoit
alors insuffisants & qu'il présentoit peu d'espérances de succès. C'est à cette époque même que MM. Bonel
de la Bragrcife &" Mathieu (4) ont opéré des
cures étonnantes 3 qui peuvent infpircr la plus
grande confiance pour l'utilité du mercure admicistré à grandes doscs ; mais si nous ne pouvons
en accorder aux assèrtions des Tauvry (5) , des
Astruc, des Peliot, Sauvage , Cantwel, &c. pouvons-nous rejeter comme des monuments d'il- (4). V. Mém. de la Soc. R. de méd.
la Bragrcife &" Mathieu (4) ont opéré des
cures étonnantes 3 qui peuvent infpircr la plus
grande confiance pour l'utilité du mercure admicistré à grandes doscs ; mais si nous ne pouvons
en accorder aux assèrtions des Tauvry (5) , des
Astruc, des Peliot, Sauvage , Cantwel, &c. pouvons-nous rejeter comme des monuments d'il- (4). V. Mém. de la Soc. R. de méd. (5). V. Recherches sur la rage, p. 71 & suiv. --- Page 249 ---
Ëvl*oo,t loues, *39 lasion & d'erreur les observations des Dartue ,
du Choisel, de Sault;, du Haume de Lassone &
des Commissaires de la Société royale? Il me semble que si le railonncment & robfervation nous
portent à donner la préférence au traitement de
M. Roux, à l'époque de l'insertion du venin &
de son incubation dans le lieu de la morsure,
la raison l'expérience nous prouvant rinsufsisance de cette méthode à l'époque du développement du virus, comme cela est démontré par
l'observation de M. Metzler (6); elles nous indiquent la nécessité de continuer a suivre une route
incertaine. mais qui est marquée par quelques
succès ) & elles nous invitent a faire de nouvelles
tentatives & de nouvelles recherches pour mieux
connoître la nature de la rage, & une méthode
plus efficace dans son traitement ; mais soyons
toujours vrais & sincères quand de bonnes observations nous découvrent une vérité : dirons, on
sait cela ; mais ne manquons pas aussi d'ajouter ,
on ne sait que cela , pour exciter les Physiciens à
faire de nouveaux efforts qui seront rarement
infructueux (7). (6). V. Mém. de la S. R. L. c. p. 340 * suiv. - „ (7). V. Physique des arbres, par M. DuhameL Pref.
fage 25, --- Page 250 ---
2-4^ SUr les 'Maladies EXTRAIT Des Registres du Cercle des J hiladelphes 3
jtance du 27 mars 1787. LE Cercle a voir reçu pluGcurs Mémoires &
ces Obicrvations sur les maladies épizootiques
qui ont règne dans la Colonie depuis 1772.- Il
a été arrête que M. Arc h and reçue ill croit cc
travail pour le faire imprimer , après en avoir
obtenu la permiiljon de. MM. les Administrateurs. La morve avoit paru depuis quelques années.
Cette maladie n'avoit pas été connue dans Ion
principe, Ôl on n'avoir oppose aucun moyen
a ion développement cz à les ravages ; elle a voit
déjà occasionné des pertes confidémbles, lorsque M. Gei in a fait un mémoire intéressant qu'il
a donne successivement à MM. les Ådminiitratcurs , à la Société royale de médecine de Paris,
à l'Ecole vétérinaire , à la Chambre d'agriculture
& au Cercle. M. Arthaud avoit observé cette maladie chez
M. de Galifet, à la Petite-Anie. En comparant
ce qu'il avoit vu avec ce que les Auteurs ont
écrit, il a cru que l'on n'avoir pas assez observé
les symptômes qui peuvent annoncer la morve
à l'époque de son invasion, & : que ron avoit
d'aurant plus de peine à prescrire un traitement
convenable j que l'on n'avoit pas étudie la nanature de cette maladie , l'ordre successif de ion
développement , les parties oz les humeurs sur
lesquelles elle porte ses premières impreiïions ,
ùZ
les Auteurs ont
écrit, il a cru que l'on n'avoir pas assez observé
les symptômes qui peuvent annoncer la morve
à l'époque de son invasion, & : que ron avoit
d'aurant plus de peine à prescrire un traitement
convenable j que l'on n'avoit pas étudie la nanature de cette maladie , l'ordre successif de ion
développement , les parties oz les humeurs sur
lesquelles elle porte ses premières impreiïions ,
ùZ --- Page 251 ---
- Épizootiques. M1 Q &. qu elle n avoit été décrite qu'à une époque
bien avancée & à laquelle il n'y a plus de secours à administrer. Voilà les vues qui ont porté M. Arthaud à
proposer au Cercle d'inoculer des animaux. Ce
projet, qui a été jugé utile., a été adopté. Le
Cercle a nommé M. Roulin , chirurgien du Roi,
pour aider M. Arthaud dans ses observations. Il ne s'agissoit pas de prouver si la maladie
étoit contagieuse , parce qu'il n'étoit pas permis
d'en douter ; mais on se proposoit d'en faire une
nouvelle étude î on vouloit écrire sous la dictée
de la nature les symptômes successifs &: les désordres qu'elle presenterois, parce que l'on étoit
sûr que c'étoit le seul moyen d'avoir un tableau
fidèle j & que c'étoit la seule route qui pût
conduire à découvrir ce qui n'étoit pas connu ,
& à trouver, si cela étoit possible, des moyens
efficaces à lui opposer. Quand on a mesuré de l'œil la carrière que
l'on a à parcourir, on sait le chemin qu'il reste
à faire, après avoir déterminé celui que l'on a
fait. M. Arthaud n'a pas rempli son plan , la
difficulté du sujet auroit pu l'arrêter ; mais les
moyens lui ont manques , malgré les recours
généreux qui lui ont été donnés par l'Administration & par plusieurs Associés du Cercle. Ce
qu'il a fait, sera toujours utile, mêlne quand
cela ne serviroit qu'à indiquer la voie qu'il taut
suivre pour découvrir un ennemi redoutable que
l'on n'a pas encore combattu avec avantage. En publiant l'histoire des Épizooties de SaintDomingue, c'étoit rappeller à la Colonie quelques hommes généreux qui avoient fait des
efforts pour la servir , c'étoit lui présenter des
travaux qui auroient été perdus pour elle , c'étoit --- Page 252 ---
242 Sur les Maladies "ui faire connoitre qu'il existe, quoique l'on en
-dite , un esprit public qui poîte les particuliers
à s'occuper du bien général, & la venger en
. quelque sorte de l'opinion flétrissànte qu'elle n'a
dans, son sein que des ingrats qui la déchirent.,
des hommes qui ne sont dominés que par
,l'indifférence & l'égoïilne. Les maladies des bestiaux occasionnent une
-perte de numéraire & une diminution de revenu
qui nuisent à l'Habitant j au Commerce & à
l'Etat. Le Cercle ne pouvoit donc s'occuper d'un
objet plus utile pour la Colonie, & prendre un
moyen plus sûr pour acquérir des droits à sa
ireconnoiflance. F 1 N.* --- Page 253 ---
T A B L E Des matières contenues dans ce Volume. OBSERVATIONS par -M. Decout maître en chirurgie y associé du Cercle a Acquin 3 sur la viande
de boucherie } page 3
Erreur de l'Auteur des Recherches sur ^ les Améri-
ercle ne pouvoit donc s'occuper d'un
objet plus utile pour la Colonie, & prendre un
moyen plus sûr pour acquérir des droits à sa
ireconnoiflance. F 1 N.* --- Page 253 ---
T A B L E Des matières contenues dans ce Volume. OBSERVATIONS par -M. Decout maître en chirurgie y associé du Cercle a Acquin 3 sur la viande
de boucherie } page 3
Erreur de l'Auteur des Recherches sur ^ les Améri- . cains j ibid.
Maladie des animaux ohservée par M. Desportes >
médecin du Roi au Cap en 1739 > 1742, , 1743 >
1745, 1746 , 6 & suiv.
Épizootie de Saint-Domingue en 1774 & 1775, Il
Observation de M, Emàrd Millot sur le charbon en
1777 y ■ 17
Extrait de' la consultation de îEcole veterinaire de
. Paris sur Gette observation 3 18
Tumeurs charbonneuses trouvées chez des bœuss def*
. tinés aux boucheries du Cap 3 ■■ " 2,1
Observations sur l'éprçootie qui- régnoit dans la de
pendance du Cap en 1780 , par M. LompagieuLapole 23 & suiv.
Extrait de la consultation de l'Ecole royale vétérinaire d'après ces- observations 3 1
Mesures prises par le Gouvernement pour empêcher
la vente de. la. viande suspecte ... 36
Observations de MM. Lapole , Ladebat& Millot 3 sur
.. les maladies des animaux nouvellement importés .. ib. & suiv. Observation sur la voracité des Nègres, par M. Auvray } associé du Cercle, 44: Observation sur le même fuj et 3 par M. Robert-Coël, • associé du Cercle 3 habitant à l'Aide x 46 --- Page 254 ---
244 - TABLE. Extrait d une lettre de M. Paulet > maitre en chirurgie j sur le même sujet j 48
Extrait d'une consultation sur le charbon , par M. Gelin , vétérinaire pensionné & breveté du Roi,
associé du Cercle , 4?
Extrait du mémoire de M. Gelin sur la morve,
Lettre de M. Peyré à M. Arthaud sur une maladie verminevje, 64
Observation communiquée par M. Lapole sup le même
< 66
Expériences sur les vers, œ/lres , par MM. Arthaud &
Auvray. ib. & suiv.
la morve observée en 17*8 1 à la Petite-Anse, sur
, l'habitation de M. Gallifet par M. Odelucq ,
- associé du Cercle , membre de la Chambre d'agriculture du ( Cap j ib.
Observations sur la morve saites à Gallifet , par Mi
Arthaud, 68 & suiv.
Extrait des observations de M. Darnaudin, maître
'en chirurgie , demeurant à Gallifet, 11 & suiv.
Observation sur une maladie peflilentielle ohservée sut
deux Nègres à Gallifet, par le même , 76 & suiv.
Ordonnance de MlyL. de Vincent & Jauvin, com-
- mandant & ordonnateur au Cap , en date du 3 1
mars 1787 j Procès-verbal de visite sait d'après cette Ordonnance,
le 2, avril y dans les entrepôts & sur plusieurs hahitations de la Petite-Anse, sous l'inspection de
MM. Arthaud & Roulin, médecin. & chirurgien, du
Roi au Cap 3 par MM. Gelin 3 Tringlet & Lapole 3
vétérinaires brevetés du Roi, ib. &" suiv.
Observations sur la morve jointes au procès-verbaly
79 , 80, 81 &r 82
Examen de l'article man'e du Dictionnaire d'agriculture de M. l'abbé Rosier, par M. Arthaud^
se, sous l'inspection de
MM. Arthaud & Roulin, médecin. & chirurgien, du
Roi au Cap 3 par MM. Gelin 3 Tringlet & Lapole 3
vétérinaires brevetés du Roi, ib. &" suiv.
Observations sur la morve jointes au procès-verbaly
79 , 80, 81 &r 82
Examen de l'article man'e du Dictionnaire d'agriculture de M. l'abbé Rosier, par M. Arthaud^ * 8; & suiv. --- Page 255 ---
TABLE. ni Observations & expériences sur la morve 3 par MM. Arthaud & Roulin 3 104 & suiv.
Chevaux morveux sournis par M. Dorson 3 maître ea
chirurgie 3 associé du Cercle 3 113
Extrait de deux procès-verbaux de M. Gelin y 119
Extrait d'une observation de M. Ferrié 3 docteur en
médecine, sur une maladie charbonneuse , 122
Extrait d'un rapport de M. Gelin 3 il;
Expériences sur la morve par MM. Arthaud &
Roulin 3 ib. & suiv.
Extrait du Journal météorologique tenu pendant le
temps des expériences sur la morve 3 par M. Arthaud y 1 3 J
Erreur de M. de Morency sur les effets de la Marcgravia umbellata3 139
Moyens d'améliorer la volaille à Saint-Domingue ,
par M. Decout 3 140
Observations sur les pians de la volaille 3 par M. Roquette de Kerguiden 3 141
Observations sur quelques maladies des poissons,
142, & suiv.
Précautions a prendre sur les habitations pour éviter
les maladies des hefliaux, 14f
Lettre de M. Auvray à M. Arthaud 3 sur une maladie charbonneuse & sur la pojjibilité d'entretenir
des prairies artificielles 3 149 & [uiv.
Dit mal des eaux 3 par M. Gelin 3 I y 7 & suiv.
Mémoire sur la maladie épizootique pestilentielle de
l'île Saint-Domingue y par M. W^orlockj médecin y
associé du Cercle, corre(pondant de la Société
royale de médecine de Paris ^ 162
Observations sur le charbon 3 pa" M. Peliffot 3 180
& suiv.
Observations sur le même sujet 3 par M. Millot 3 191
Extrait du mémoire de M. Pelissot 3 par M. Guyot,
maître en chirurgie, associé du Cercle 1^4 --- Page 256 ---
146 TABLE/ Extrait d'un mémoire sur les épi^ooties de la dépen-.
, dance du Cap en 1772, j 1773 1774, par M*
Regnaudot 3 D. M. au Port-Louis > île Guadeloupe 3 associé du Cercle 3 196
Extrait d'une lettre sur quelques plantes vénéneuses,
par M. l'abbé de la Haye 3 curé Dondon x
associé du Cercle 3 205
Extrait d'une lettre de M. Gauchi, administrateur
des eaux de Boines 3 associé du Cercle 3 207
Description de la Marcgravia umbellata 3 par seu M.
Dubourg, associé du Cercle 3 208
Description du Quebec 3 par le même3 109
Descriptiœz du Quebec 3 par M. l'abbé de la Haye 3
uses,
par M. l'abbé de la Haye 3 curé Dondon x
associé du Cercle 3 205
Extrait d'une lettre de M. Gauchi, administrateur
des eaux de Boines 3 associé du Cercle 3 207
Description de la Marcgravia umbellata 3 par seu M.
Dubourg, associé du Cercle 3 208
Description du Quebec 3 par le même3 109
Descriptiœz du Quebec 3 par M. l'abbé de la Haye 3 * . 110
Description de la Canne Madère & de la Canne
Congo 3 par le même 3 211
Observations sur les effets de la Marcgravia umbellata 3
de la Lobelia Longi-flora 3 & de la Canne à Madère y.
par M. Arthaud 3 112,
Description du Stramonium par seu M. Dubourg 3
11 6
Observations sur une hydrophobie spontanée 3 par M. Arthaud y ( 2.2.Q Fin de la Table. --- Page 257 ---
RÉFUTATION
DES principes & âssertions contenus
dàns une Lettre qui a pour titre i
LETTRE A LA CHAMBRE DU
COMMERCE DE NORMANDIE , sUÉ
le Mémoire qu'elle a publié relativement au Traité de Commerce avec
l'Angleterre , par M. D P. PAR LA CHAMBRE DU COMMERCE
DE NORMANDIE, Nota. Le Mémoire de la Chambre du Commercé
est imprimé à la suite de cette Réfutation. M. DCC. LXXXVIII. --- Page 258 --- --- Page 259 ---
( 3 ) A z AVERTISSEMENT. A C moment où elle met àu jour tei
réflexions suivantes, la Chambre du Commerce de la Province de Normandie reçoit
un présent qu elle ne peut trop apprécier ;
cest la traduction manuscrite des Ob ser vations sur le Commerce des Etats Américains p
par le Lord Scheffield; Ouvrage célébré,
dont on a fait six éditions à Londres 3 datis
un court intervalle. La Chambre , frappée
des. lumieres qu'il répand sur la discussion
des avantages que peut obtenir VAngleterre ±
en concurrence avec la France par fori Commerce , sa Navigation & son induflrie , si
propose d'en faire jouir incessamment le Public en le donnant à l'impression. Les principes qui y sont développés ; le zele national avec lequel le Lord Scheffield les défend; les détails instructifs que présent è
l'ensemble de cette production patriotique j --- Page 260 ---
( 4 ) ont rappelle les An g lois à leurs vrais intérêts dans une circonstance où, par des raisons specieuses , on voulait les induire à
s en écarter. Combien ne devons - nous pas
regretter que cette Traduction n'ait point été
entreprise & publiée aussi-tôt que l Ouvrage
a para ! Elle auroit éclairé le Miniflere
François dans limportante Négociation
quil méditoit alors $ elle auroit au moins
prévenu les illusions de ceux qui , seuls ,
ont été écoutés dans la conclusion du Traite
dt Commerce avec f Angleterre. --- Page 261 ---
(t ) A 3 RÉFUTATION DES principes & assertions Contenus dans une Lettre qui a pour titre :
LETTRE A LA CHAMBRE DIT
COMMERCE DE NOR MANDIE
sur le Mémoire qu'elle a publié relativement au Traité de Commerce ayec l'Angleterre , par M. D P. PAR LA CHAMBRE DU COMMERCE
DE NORMANDIE. LORSQUE la Chambre du Commerce de
Normandie a été consultée par le Gouvernement , sur les moyens de remédier aux
effets en France , du Traité de Commerce
avec l'Angleterre, elle ne s'attendoit pas
pour titre :
LETTRE A LA CHAMBRE DIT
COMMERCE DE NOR MANDIE
sur le Mémoire qu'elle a publié relativement au Traité de Commerce ayec l'Angleterre , par M. D P. PAR LA CHAMBRE DU COMMERCE
DE NORMANDIE. LORSQUE la Chambre du Commerce de
Normandie a été consultée par le Gouvernement , sur les moyens de remédier aux
effets en France , du Traité de Commerce
avec l'Angleterre, elle ne s'attendoit pas --- Page 262 ---
( « ) que l'ouvrage de son devoir & du desir
de seconder les vues bienfaisantes de l'Administration , l'exposeroit à une discussion
publique avec un Ecrivain célebre parmi
ceux qui se sont occupés de l'économie
politique en France ; avec l'Auteur des Ephémérides d'un Citoyen, La Chambre , en approfondi nant de plus
en plus l'objet dqnt elle s'étoit occupée ,
reconnoissoit que , s'il lui étoit permis de
s'alarmer sur la rivalité effrayante que le
Traité a élevé en France contre l'industrie
nationale , elle ne devoit pas borner son
attention aux effets qu'il produisoit dans
sa Province ; qu'il lui convenoit de s'occuper encore à fixer sa propre opinion sur
la nature l'étendue des compensations effedives que la France en général peut ob.
îenir dans ses Iiaisons avec l'Angleterre. Si
les. recherches ne lui présentoient que des
résultats auxquels elle ne pouvoit donner
encore une entiere consiance , elle ne devoit
pas regrettçr le çemps qu'elle laisseroit écou* --- Page 263 ---
( 7 ) A 4 1er jusqu'à l'époque où , de part & d'autre, les conso.mmitions effectives ayant réglé
les importations réciproques , il lui seroic
possible d'en présenter un tableau complet
& satisfaisant. Tel devoit être l'unique 8c
vrai moyen de reconnoître si l'inquiétude
qu'elle a njanifestée dans ses premieres Obfervations sur le Traité, est plus raisonnable que cette heureuse confiance que paroît avoir , dans ses suites , l'Auteur de la
Lettre qui lui a été adressée en réponse. Mais. la Chambre ne peut différer plus
long-temps à présenter quelques observations préliminaires sur les assertions de M.
D P., capables d'induire en erreur. A la nécessité que lui en impose la publicité des opinions de cet Ecrivain sur le
Traité de Commerce conclu avec l'Angleterre , se joint une loi plus impérieuse encore ; celle que lui prescrit la convocation
des Etats - Généraux. Elle doit saisir le
moment où. la Nation assemblée , va dési- --- Page 264 ---
( 8 )
ambre ne peut différer plus
long-temps à présenter quelques observations préliminaires sur les assertions de M.
D P., capables d'induire en erreur. A la nécessité que lui en impose la publicité des opinions de cet Ecrivain sur le
Traité de Commerce conclu avec l'Angleterre , se joint une loi plus impérieuse encore ; celle que lui prescrit la convocation
des Etats - Généraux. Elle doit saisir le
moment où. la Nation assemblée , va dési- --- Page 264 ---
( 8 ) bérer sur tout ce qui peut intéresser le bonheur du peuple , la force & la prospérité
de l'Etat ; pour écarter les illusions que
M. D P. répandroit peut-être, sur le plus
ou moins d'utilité que l'Angleterre peuç
tirer de ion Commerce avec la France. Mais dans cette discussion indispensable,
elle ne se dissimule point tous ses désavantages. Peu accoutumée à ces combats dans
lesquels un Ecrivain exercé , à l'aide d'une
logique captieuse & en opposant des raisonnements aux faits , promene son ledeur
autour d'une queflion dont il lui convient
de s'écarter. La Chambre du Commerce
essayera de remplacer ces presliges de l'art
par la vérité qui, ne dissimulant rien, est
préférée par les bons esprits. C'est sous cette
égide qu'elle entre en lice avec le Chef
d'un systême , d'autant plus séduisant qu'il
s'étaye des principes généraux avoués par
tout le monde ; mais dont les nombreuses
exceptions ne peuvent être apperçues que
par les Négociants iustruits. Eux seuls , en --- Page 265 ---
( ) effet, savent que dans les hypotheses imaginées par ceux qui n'ont jamais exercé le
Commerce, ni étudié ses grands rapports
& ses effets , la pratique dément souvent la
théorie la plus lumineuse. La Chambre du Commerce de Normandie commencera par prendre ade des déclarations de M. D P. On sait quelle fut
l'influence de son opinion lors de la confedion définitive du Traité : il est donc
tres-intéressant de connoître par ses propres
aveux , quelles étoient les intentions du
Ministere & de ses Coopérateurs lorsqu'il
a été consommé, » Le Ministere ( dit l'Auteur de la Let-
»-tre ) avoit senti l'importance de rendre
» soutenable & même avantageuse, la con-
» currence qu'il croyoit devoir permettre :
» il en avoit reconnu la nécessité. Et pré-
» cisément les mesures que la Chambre pro-
» pose dans ses Observations , vraiment pro-
» pres à produire les effets qu'elle en espe- --- Page 266 ---
(10 ) » re, avoient été adoptées comme indispenv sables. « Après cet important aveu l'Auteur ajoute : » Que les bonnes intentions du Gouver-
* nement ont été retardées dans leurs effets » par l'instabilité des Minières. Que la né-
» gligence involontaire, mais trop réelle de
» l'Administration Francoise ; la maniere dont
» celle d'Angleterre 'avoit fixé ses Tarifs & » Réglements de Douane , ont dérangé le
» Traité dans son exécution comme dans
«ses effets. Qu'en vain on avoit jugé que
« si les droits étoient payés, comme ils
» seroient plus bas que l'assurance de la con3) trebande , ils repouficroient plus efficace-
» ment la concurrence que ne le' feroit la
» prohibition. Qu'on croyoit en avoir un
» garant bien solide dans l'intérêt même de la
Ferme générale ; mais que ce qu'on ne se se-
» roit jamais permis de croire avoit eu lieu :
«ses effets. Qu'en vain on avoit jugé que
« si les droits étoient payés, comme ils
» seroient plus bas que l'assurance de la con3) trebande , ils repouficroient plus efficace-
» ment la concurrence que ne le' feroit la
» prohibition. Qu'on croyoit en avoir un
» garant bien solide dans l'intérêt même de la
Ferme générale ; mais que ce qu'on ne se se-
» roit jamais permis de croire avoit eu lieu : » la Ferme générale avoit mal entendu Ion
* intérêt dans la perception de ses droits : --- Page 267 ---
( II ) » que sans doute, elle eût mieux aimé fa-
» voriser à la fois, nos Manufactures & ses
M produits ; mais que l'esprit d'Administra-
» tion dans cette partie lui avoit manqué. « L'Auteur de la Lettre entreprend , il est
vrai, de consoler la Chambre par les plus
flatteuses espérances ; celles qui, sans doute , ont soutenu son zele dans les veilles &
les soins qu'il a consacrés à la confedion
du Traité de Commerce. Mais hélas! M. D P. ne seroit-il point dans
îe cas de ces hommes à imagination ardente , que le réveil arrache à un songe séduisant , & qui se complaisent encore à en
prolonger l'illusion ? Voilà peut-être pourquoi il s'étaye encore de chimeres que
l'exécution du Traité n'a que trop détruit !
aLe retardement de plusieurs opérations
te importantes est ( dit-il ) un inconvénient
» inséparable de tout changement de Mini stere ; de l'instabilité du Ministre des
» Finances. « Mais il nous affure qu'il y a --- Page 268 ---
( 12. ) tout lieu de croire que l'Administration
( existante lorsqu'il écrivoit ) ( i ) sera durable. Il reconnoît que les machines qui ont
perfectionné la fabrication des étoffes de
coton en Angleterre, & qui les établi ssent
à meilleur marché , nous manquent. » Mais
» il nous assure que le Gouvernement fera
» distribuer des machines Angloises dans tous
» nos principaux atteliers de fabriques ; qu'il
» encouragera les Artistes François qui in-
» ventent ou font des machines égales ou
33 préférables à celles de l'Angleterre. « Il
devroit cependant prévenir ceux qui, sans
attendre les bienfaits du Gouvernement ,
auroient l'émulation de faire par eux-mêmes , les dépenses de ses machines en grand;
qu'on a permis l'introduction des cotons
filés venant d'Angleterre sous des droits si
légers, que les Anglois peuvent les établir (t) Celle de M. l'Archevêque de Sens. * --- Page 269 ---
( 13 ) à 10 & 15 pour cent meilleur marché que
ceux des silatures Françoises. M. D P. reconnoît » que l'infériorité du
» prix de notre main-d'œuvre ne peut point
» compenser , dans la fabrication des petits
» lainages, celle du prix de la laine en An-
» gleterre qui d'ailleurs , en général , ell
» d'une bien plus belle qualité. Que nos
» laines de la même espece sont aduelle-
» ment moins fines, moins brillantes , &
» plus cheres. ( Mais il nous dit ) que ce mal-
»heur n'est pas sans remede : Que nous
» pourrons un jour regagner le niveau par
» l'augmentation & le perfedionnement de
» nos races de bêtes à laine : que depuis
» long-temps il entend dire au Gouverne-
» ment, qu'il reprendra la suite des travaux
» de M. Trudaine sur cet important objet:
» qu'encore que le Miniltere n'ait pas fait
» à beaucoup près tout ce qu'il pouvoit pour
» arriver à ce but, il ne l'a cependant pas
» totalement négligé : qu'ensin, c'est un des
niveau par
» l'augmentation & le perfedionnement de
» nos races de bêtes à laine : que depuis
» long-temps il entend dire au Gouverne-
» ment, qu'il reprendra la suite des travaux
» de M. Trudaine sur cet important objet:
» qu'encore que le Miniltere n'ait pas fait
» à beaucoup près tout ce qu'il pouvoit pour
» arriver à ce but, il ne l'a cependant pas
» totalement négligé : qu'ensin, c'est un des --- Page 270 ---
( 14 ) » objets dont s'occupe sans cesse le comité
a d'Administration de l'agriculture. « M. D P. est de même très-consolant sur
l'article des Poteries. Il nous dit : » Que
» par le Traité , nous ne sommes point obli-
» gés d'admettre dans nos Colonies , les
» poteries ni les faïances Arigloises, & que
» nos Négociants ne peuvent s'en prendre
» qu'à eux - mêmes s'ils les y font passer. «
En effet, le Gouvernement qui doit être
fatigué des plaintes de plusieurs Provinces,
& particulièrement de la Picardie , de la
Normandie & de la Champagne , peut se
délivrer de ses importunités , en déclarant
qu'aucun consommateur en Franre n'est obligé par le Traité j d'admettre les marchandises Angloises , & que les habiranrs de
ces Provinces , ne peuvent s'en prendre qu'à
eux-mêmes s'ils en font usage, & si leurs
Négociants & Marchands les exposent en
vente. Cette maniere de raisonner seroit assez
étrange : elle est cependant conforme à l'expédient imaginé par M. D P. de rendre ref- --- Page 271 ---
( I«.) ponsable les Négociants, de l'introdu&îon
de* f iances Argloises dans nos Colonies.
On est tenté , il cil vrai, de demander alors
à M D P. pourquoi il a pris la peine de
faire un livre pour djscuter, avec la Chambre, les avantages ou désavantages du Traité
de Commerce. Il croit néanmoins que la Normandie
aurait pu être mise à portée de soutenir
la concurrençe des faïances Angloises , par
la suppression des droits à l'entrée du charbon de terre Anglois. Ensuite il nous dit ;
« Que le nouveau tarif devoit réduire exac-
» tement ces droits : que malheureusement
» ce nouveau tarif est livré à quelques dis-
» eussions qu'on a cru nécessaires d'ajouter
aux diseuffions innombrables qui avoieoc
» précédé, accompagné & suivi sa rédac-
« tion : qu'il faut convenir d'ailleurs , que
» nous sommes encore novices dans l'Art
» de reconnoître & d'exploiter les mines
» de charbon : qu'en conservant à nos con-
» cessionnaires de mines des Privilèges ex- --- Page 272 ---
( te ) « clusifs, nôuè les avons laissé sans ins--
» trudion , sans émulation , sans encoura-
« gement. Mais il nous assure'que le Gou-
» vernement ne s'endort pas aujourd'hui , » quand à notre instrudion , sur l'exploit
» tation des mines, & qu'il. est noblement
» disposé à y répandre des encouragements î
» utiles. J usqu'ici cette réponse de M. D P. répandue avec tant de profusion, si prolixement extraite & vantée avec tant de coniplaisance par tous les Journaux, n'est donc
qu'un assentiment monotone aux Griefs exposés par la Chambre, & un recueil de cort^-
solations éloignées.
quand à notre instrudion , sur l'exploit
» tation des mines, & qu'il. est noblement
» disposé à y répandre des encouragements î
» utiles. J usqu'ici cette réponse de M. D P. répandue avec tant de profusion, si prolixement extraite & vantée avec tant de coniplaisance par tous les Journaux, n'est donc
qu'un assentiment monotone aux Griefs exposés par la Chambre, & un recueil de cort^-
solations éloignées. Il avoue ensuite qu'uri seul point a été
Objîinément excepté de la part de l'Angleterre : celui de nos soieries. Mais il nous
dit : » Que notre Ministere y a oppose
» l'exception de toutes les étoffes Angloiv ses de laine ou de coton qui seroient mê-
»lées de foie. « Nous --- Page 273 ---
( '7 ) £ Nous ne pouvons absolument admettre
la. compensation qu'il nous présente ici. Il
devroit dire au contraire que 'les Anglois
ont obstinément excepté non seulement nos
soieries ; mais même toutes nos étoffes de
laine ou de coton qui seroient mêlées de
soie. M. D P. ne devroit pas ignorer que
cette exception est plus nuisible à nos Manufactures qu'à celles de l'Angleterre. Que
nos étoffes en laine & en coton mêlées de
soie, soutiennent avec succès , même chez
l'Etranger , la concurrence de l'industrie
Angloise ; parce que les ouvriers Anglois
ne peuvent imiter que servilement le jeu ,
la variété ou l'élégance de nos dessins dans
toutes les étoffes où nous employons la soie. Mais .ajoute M. D P. notre Mihistere a
excepté les Marchandises de la Compagnie
des Indes Angloises & quelque jour , peutêtre , ( dit-il ) » Les Anglois voudront faire
» participer ce qu'ils apportent de leurs
» Provinces d'Asie , aux avantages dont
»jouissent leurs productions & leurs mar- --- Page 274 ---
<18 ) » chandises d'Europe. Alors , on pourra
» faire avec eux une convention nouvelle ,
» qui sera encore réciproquement avantagea-
» se aux deux Nations , & il ne reliera
» plus d'exception dans leurs rapports Com-
» mercisux «. M. D P. paroît oublier que , par la création d'une Compagnie des Indes Françoise , faite entérieurement au traité, l'introdudion des Marchandises de la Compagnie Angloise étoit nécessairement défendue : défense que le Commerce François ,
libre dans l'Inde , auroit également nécessitée & que nos fabriques nombreuses , en
toiles blanches de coton & en toiles Guinées , exigeroient encore plus impérieusement ; pàrce que c'est seulement en faveur
du Commerce François dans l'Inde , qu'elles peuvent se tenir dans le silence. Ainsi,
nous ne pouvons encore admettre la consolation éventuelle de cette convention ,
qui feroit un jour disparoître les exceptions --- Page 275 ---
( 19 ) B 2. encore exijîantes dans nos rapports Com.
merci aux. Mais les consolations de l'Auteur sur
les avantages que les Anglois peuvent retirer du Traité , relativement à leur Navigation , sont encore bien plus extraordinaires. » Si la Navigation Angloise ( dit-il )
» a eu un beaucoup plus grand emploi, il
» faut considérer que lorsqu'elle a pour objet
» d'enlever nos productions & nos Mar-
» chandises, il nous est avantageux qu'on
» les exporte par quelque voiture que ce
» soit, & quant au fret des Marchandises
» apportée dans nos Ports par Navires An-
» glois , il se confond pour nous avec la
h valeur, de ces Marchandises. «
, relativement à leur Navigation , sont encore bien plus extraordinaires. » Si la Navigation Angloise ( dit-il )
» a eu un beaucoup plus grand emploi, il
» faut considérer que lorsqu'elle a pour objet
» d'enlever nos productions & nos Mar-
» chandises, il nous est avantageux qu'on
» les exporte par quelque voiture que ce
» soit, & quant au fret des Marchandises
» apportée dans nos Ports par Navires An-
» glois , il se confond pour nous avec la
h valeur, de ces Marchandises. « M. D P. dans l'illusion qu'il se fait que
le Traité de Commerce nous est avantageux, ajoute : Que «peu importe au fond
» li les Anglois nous vendent l'industrie de
» leur Navigation ou celle de leurs Manu-
» factures, puisque le total n'excede pas la --- Page 276 ---
(i0 ) semme qui est balancée avec avantage. « Il se croit cependant obligé de terminer
ses réflexions par quelques mots d'intérêt
pour la Navigation françoise. » Ce n'cll
» pas ( dit-il ) que nous ne regardions comme
» très-intéressant pour nous , d'étendre &
» de perfectionner notre industrie de Navi-
» gation ; le Gouvernement s'çn occupe :
» il a déjà réformé quelque droits d'Ami-
» rauté ; il a nommé une Commission pour
» examiner & simplifier les autres ; pour
» aviser aux moyens de supprimer ceux qui
» sont nuisibles, « r Il est réellement affligeant que M D P.
ait cru devoir traiter une question aussi
importante que celle qui nous occupe ,
lorsqu'il ne sait considérer dans le Commerce , que l'adion de vendre & d'acheter ;
lorsqu'il n'en apperçoit point la principale
destination , qui est de procurer au peuple
du travail & de la subsistance , & à toute
la Nation des occupations utiles. Lorsque --- Page 277 ---
( 21 ) B 3 dans un Traité qui nous lie avec.l'Angleterre , il s'embarasse assez peu de la Navigation pour, abandonner sans regret, d'après de faux calculs , le bénéfice du transport , l'entretien & la multiplication de nos
matelots & qu'il croit définitivement suppléer à ces intérêts majeurs . par de minutieux soulagements. Combien Cromwd
étoit-il donc un mauvais économise quand
il signa. le fameux ad.e de Navigation ?
Combien cette partie eflentiellc de. la pui(-
sance britannique que cet ade a fécondée ,
ne doit elle pas à ce que cet usurpateur
ait méconnu les grands principes , à l'aide
desquels M. D P. prétend nous consoler ?
& qu'il croit définitivement suppléer à ces intérêts majeurs . par de minutieux soulagements. Combien Cromwd
étoit-il donc un mauvais économise quand
il signa. le fameux ad.e de Navigation ?
Combien cette partie eflentiellc de. la pui(-
sance britannique que cet ade a fécondée ,
ne doit elle pas à ce que cet usurpateur
ait méconnu les grands principes , à l'aide
desquels M. D P. prétend nous consoler ? L'Auteur de la Lettre semble n'avoir en
aucune cônnoissance des Mémoires que la
Chambre du Commerce de Normandie a
donné successivement au Gouvernement 3 sur
-les Tanneries ,• & parce que dans ses observations sur le Traité avec l'Angleterre ,
elle s'est bornée à annoncer un nouveau travail sur cette brançheimpgrtante ,,e l'industrie --- Page 278 ---
( 22 ) de la Province , M. D P. fait d'un ton
Magistral & Protecteur , une pompeuse
énumération de tout ce que la Chambre n'a
point dit dans ses observations. Mais cette énumération se trouve être précisément le détail
des Griefs dont la Chambre a conflamment
porté ses plaintes , & presque dans les mêmes termes. Au relie, s'il a la sollicitude
de découvrir les plaies qu'il croit que nous
déguisons , ils'empresse d'y- verser son baume
ordinaire. » Je puis vous assurer ( nous dit-il )
» Que lors ce que M. le Comte de Vergennes
» a signé le Traité, il se croyoit certain que
» le droit de marque des cuirs , alloit être
» aboli ou transformé en une imposition
» moins vexatoire & moins nuisible. Il ajoute :
» que précédemment M..Turgot avoit con-
» duit jusqu'au moment de l'exécution , le
» plan de la réforme de cette imposition
.» également affligeante & onéreuse. Que M. Necker avoit fait rechercher & reprendre
» le travail de M. Turgot. « ' ' , Mais croiroit-on qu'après la réunion de --- Page 279 ---
( 2-3 ) B 4. motifs si "fondés de s'attendre à l'abolition
du droit ou à sa meilleure disposition ,
M. D P., lui-même , se persuade cependant, qu'il convient que les Chambres de
Commerce s'occupent encore de cet objet
& ne négligent pas de continuer leurs sollicitations ( i ). (i) La Chambre du Commerce de Normandie
n'a certainement pas négligé ses sollicitations
cette année , elle a successivement donné , depuis
qu'elle a publié see Observations sur le Traité de
Commerce avec l'Angleterre , cinq différents Mémoires pour indiquer de nouveau , détailler &
développer tous les moyens propres à encourager &
perfectionner les Manufactures de cette Province, &
à ranimer le Commerce dans toutes tes parties où
il a été subitement privé de ses débouchés & de
ses ressources. Entérieurement un Négociant du
Havre , distingué par ses lumieres , ses connoiffances & ses succès > dans les opérations Maritimes,
avoit publié un excellent Mémoire sur la Navigation Françoise ; & en dernier lieu les Négociants réunies de cette même Ville , ont donné --- Page 280 ---
( 2.4 ) On seroit tenté de soupçonner que définitivement il sc .fatigue de compatir à nos
maux & que pour donner fin aux con slations qui l'épuisent, il termine son entretien Ministériellement, en nous disant
pour se débarrasser de nous : Donnez-moi
un Mémoire. Il nous ramene cependant de nouveau à
ses flatteuses espérances. Il voit par l'effet
de la Loi qui assure aux Protestants un état
civil , des Capitalises , des Négociants ,
des Fabricants , accourir de l'Allemagne ,
fatigue de compatir à nos
maux & que pour donner fin aux con slations qui l'épuisent, il termine son entretien Ministériellement, en nous disant
pour se débarrasser de nous : Donnez-moi
un Mémoire. Il nous ramene cependant de nouveau à
ses flatteuses espérances. Il voit par l'effet
de la Loi qui assure aux Protestants un état
civil , des Capitalises , des Négociants ,
des Fabricants , accourir de l'Allemagne , de l'Angleterre , de Genêve , de Suisse ,
apporter en France leur industrie , les machines par lesqu elles ils l'ont fait prospéde très-bonnes & itératives Observations sar l'Ar.
rêt du 30 Août 1784* peut dire avec vérité
que , depuis un an , le Commerce n'a cessé d'élever sa voix sur ce qui peut intéresser , dans tout
ce qui est de sou ressort, la prospérité de la Proyince. --- Page 281 ---
( 25 ) rer , & sur tout des Capitaux dont l'affluence , est elle même un si grand encouragement pour les Fabriques. M. D P. nous
assure» que la supériorité de notre goût
» fera bientôt tomber la concurrence des
»Artistes qui se seront obstinés à rester
» chez l'Etranger. « On seroit porté à excuser l'opinion de l'honnête citoyen qui fait
de si beaux rêves , si cette opinion n'avoit
pas eu une influence impérieuse sur l'esprit du Ministre qui a fait le Traité dq
Commerce , & si le temps qui s'est écoulé
depuis la publication de cette Loi de tolérance , avoit amené en France quelques
uns de ces dissidents dont il nous promet
j'affluence peut-être un peu trop gratuitement. Il ne faut pas néanmoins perdre de vue
toutes les dispositions qui devoient être adoptées , & si le Ministre les regardoit comme certaines, M. D P. avoit quelque raison d'y prendre confiance. --- Page 282 ---
( »o nies droits de Fabrication sur les pa-
» piers & cartons devaient ( nous dit-il )
» être diminués. Leur perception devoit être
» rendue plus simple, & l'on devoit adopter des dispositions pour rendre moins
» avantageuses les spéculations des imprimeries étrangeres. « » On devoit en même-temps faire restituer
«en entier, les droits payés pour le papier
« des livres imprimés & pour celui de la
» tapisserie. « » On comptoit aussi ( ajoute-t-il ) lors-
» que le Traité a été conclu , que le droit
» de la marque des fers alloit être sup-
» primé. « » Le droit de Fabrication sur les huiles
*> & savons devoit également être aboli. «
» On espéroit trouver le moyen de ré-
» pandre ces grands bienfaits sur le Com-
» merce de la Nation, dans l'établissemens
«d'un léger droit d'entrepôt & de transit --- Page 283 ---
[texte_manquant] » sur les Marchandises Etrangères & furtout dans la suppression des prohibitions
1) iautiles. « » Les Barrières- intérieures de voient être
» détruites & un Tarif uniforme approprié
» aux bespins de notre Commerce établi à tou-
» tes les Frontières du Royaume. On avoit
» droit enfin d'çfp.érer que l'on pourroit
» conclure en même-temps que le Traité ,
» cette sage opération dont tous les préparatifs étoient achevés.
les Marchandises Etrangères & furtout dans la suppression des prohibitions
1) iautiles. « » Les Barrières- intérieures de voient être
» détruites & un Tarif uniforme approprié
» aux bespins de notre Commerce établi à tou-
» tes les Frontières du Royaume. On avoit
» droit enfin d'çfp.érer que l'on pourroit
» conclure en même-temps que le Traité ,
» cette sage opération dont tous les préparatifs étoient achevés. » On pouvoit croire que ^ le temps de
» cette noble & utile entreprise étoit enfin
» arrivé. « La Chambre du Commerce de Normandie rend Justice a la bonne Foi de M. D
P. Elle croit en effet que le Ministre qui
a consenti le'Traité, n'avoit pas le projet
indiscret d'exposer l'industrie Françoise ,
sans défense & sans armes , aux attaques
de l'ennemi qu'il a introduit dans ses pro --- Page 284 ---
t 28 ) pres foyers ; mais si par des raisons politiques il vouloit permettre cette invasion ,
n'auroit-il pas été d'une prudence juste &
indispensable , de commencer par lui donner
les forces , les moyens & les armes nécessaires pour au moins conserver son terrain.
C'est une cruelle & insultante excuse de
dire que cette attaque inattendue lui donnera une énergie & une émulation dont
elle avoit besoin. Les Fabricants riches
pourront bien tenter quelques efforts ; maïs
la multitude d'atteliers isolés , pauvres &
dispersés ; le peuple de petits Fabricants
qui couvre la Normandie , la Picardie &
la Champagne , sera , comme dans l'invafion d'un ennemi , la vidime indéfendue. En attendant : » Le Traité de Commet
7, ce tel qu'il est ( dit M. D P.. ) est pent-
» être le seul garant de la paix entre les
» deux Empires. J'ai les plus fortes raisons
» de croire ( ajoute-t-il ) que sa perspec-
« tive en a hâté la conclusion d'une- année --- Page 285 ---
(2. J * ou deux ; & il est plus que vraisembla-
» ble que sans lui , nous essuyerions depuis
»fix mois & serions forcés de rendre de
» fâcheuses hostilités dont le terme seroit
» impossible à prévoir. loin de tout cœur François le desir de
cette scandaleuse & sacrilege compensation. La guerre notamment de nos jours,
n est qu 'un fléau passager, qui réveille même 1 'esprit patriotique & l'énergie de
Nation. Mais .un tribut payé par la lâcheté
Ou l'ignorance pour obtenir la Paix, mineroit sourdement notre industrie, notre Marine , & en avilissant la génération aduel<
Je ne prépareroit pour la génération future , que l'inertie, la misere , l'esprit de
servitude & de dégradation; Heureusement,
nous pouvons encore douter que M. D P.
ait été suffisamment initié aux secrets du
.cabinet, pour que nous soyons forcés de
donner une aveugle croyance à soa assertion miniHérieUe.
ignorance pour obtenir la Paix, mineroit sourdement notre industrie, notre Marine , & en avilissant la génération aduel<
Je ne prépareroit pour la génération future , que l'inertie, la misere , l'esprit de
servitude & de dégradation; Heureusement,
nous pouvons encore douter que M. D P.
ait été suffisamment initié aux secrets du
.cabinet, pour que nous soyons forcés de
donner une aveugle croyance à soa assertion miniHérieUe. --- Page 286 ---
(30) Si toutes les dispositions préliminaires
pour rendre soutenable & même avantageuse , la concurrence que le Ministere a
cru devoir permettre pour assurer cette
prétendue Paix , sont encore en espérances
depuis plus d'une année que le Traité à
son effet : (i) si M. D P. lui-même nous (i) Les trois cents mille livres qu'e Sa Majesté
à accordée aux demandes de l'Assemblée Provinciale de la Haute - Normandie , pour être employées en divers genres de secours & d'ercouragements , en faveur des Fabriques & des Manufactures , ne nous permettent pas cependant
de ne rien voir qu'en espérances dans la Généralité de Rouen , parce que les personnes qui ont
été choisies pour coopérer à l'application de ses
différents encouragements , ont fait par leurs
foins & leurs travaux , l'emploi le plus heureux
de ce bienfait pour la foible partie qu'ils en ont
obtenu jusqu'à ce jour. Nous devons beaucoup
attendre de leur zele & de leurs lumieres , &
de la bienveillance de Sa Majeslé , qui a daigné
prendre un intérêt particulier à leurs efforts. --- Page 287 ---
( 3' ) • fait considérer l'exécution de ces dispositions comme nécessaire & indispensable ;
cet Ecrivain devroit en conclure que le
Traité de Commerce , au moins dans son
début , nous est préjudiciable. Mais au
contraire , il en conclut de débarrasser le
Gouvernement de toute sollicitude sur les
suites de ce Traité. Il entreprend d'établir
qu'indépendamment de ces dispositions si
nécessaires , si indispensables , le Traité
de Commerce. avec l'Angleterre, nous a
été jusqu'à ce jour avantageux. Nous nous '
contenterons, dans ces réflexions prélimi-,
naires , de réfuter quelqu'unes des préten-.
dues preuves & des raisonnements spécieux %
sur lesquels il appuie son opinion à ce'c
égard. C'est dans un Tableau comparatif des
cours des changes avec l'Angleterre , depuis l'exécution du Traité de Commerce
jusqu'au dernier de Mars 1788 , que M.
D P. croit avoir établi le plus vidorieusement, que la balance de notre Commer- --- Page 288 ---
( 12, ) ce avec cette Nation , a été décidée eil
notre faveur. Au premier coup-d'œil l'avantage du change que ce tableau présente , sembleroit juger la question , si
le cours du change étoit aujourd'hui un
Thermometre fidele de l'état du Commerce ; mais il est sournis à mille circonstances instantanées , & son bénéfice n'est pas
toujours procuré par le fait du Commerce
réciproque des deux Nations & de son
avantage pour l'une d'elles. Nous citerons
à l'appui de cette réflexion , l'autorité
d'un Ecrivain , qui jouit aujourd'hui, en
France & même dans le resle de l'Europe ,
de toute sa réputation & de toute sa gloire :
Voici ce qu'il répond à ceux qui prétendent assez communément que les variations
du change sont la mesure des rapports du
Commerce & de sa balance :
'est pas
toujours procuré par le fait du Commerce
réciproque des deux Nations & de son
avantage pour l'une d'elles. Nous citerons
à l'appui de cette réflexion , l'autorité
d'un Ecrivain , qui jouit aujourd'hui, en
France & même dans le resle de l'Europe ,
de toute sa réputation & de toute sa gloire :
Voici ce qu'il répond à ceux qui prétendent assez communément que les variations
du change sont la mesure des rapports du
Commerce & de sa balance : » Un pays peut-être créancier d'un antre
» par des rapports étrangers au Commer-
» ce , & comme les mouvements du chan-
» ge ne dépendent point des motifs qui
font --- Page 289 ---
( 33 ) c » font desirer d'avoir des fonds à recevoir
» en tel ou tel lieu , mais uniquement dé
» l'étendue des besoins ; il est impossible de
» distinguer dans ces mouvements > ce qu'il
» faut imputer à la balance du Commerce &
»ce qui tient à d'autres circonstances. « Cette autorité se trouve dans un Ouvrage bien canonique sur l'objet dont il s'agit,
& qui a pour titre : de I Adminifiration
des Finances par M. Necker , tome 11 »
chapitre XI, des Recherches & Considérations sur la balance du Commerce. Nous
invitons M. D P. & ceux qu'il a séduit ,
de lire avec attention ce chapitre, où, tout
ce qui a rapport au change , à la liberté indéfinie du Commerce & à ses balances, est
traité avec cette clarté & cette évidence ,
qui caradérisent un Ouvrage devenu le Catéchisme des "Finances d'une grande Nation; Les exemples de la maniere dont une
Nation peut influer sur le change d'une autre , sans néanmoins en être davantage créant --- Page 290 ---
( 34 ) ciere en marchandises, se présentent en foule. Admettons entr'auçres suppositions que
la France, favorisée par un Traité de Commerce avantageux , a porté ou portera la
balance de son Commerce avec le Portugal
à dix millions en sa faveur. Le Portugal ,
dans cette position des choses, ajoutera aux
remises en especes d'or qu'il fait succeflivement en Angleterre , le tout ou partie
de ces dix millions ; & la France fournira
sur l'Angleterre , des traites pour la fomme que l'Angleterre recevra pour/on compte.
Or , M. D P. regardera-t-il le paiement de
cette somme , que Londres acquitte à la
décharge du Portugal, & qui fait une impression sur le change entre Londres & Paris , comme une preuve que notre Commerce avec l'Angleterre, s'est accru de ces dix
millions ?
succeflivement en Angleterre , le tout ou partie
de ces dix millions ; & la France fournira
sur l'Angleterre , des traites pour la fomme que l'Angleterre recevra pour/on compte.
Or , M. D P. regardera-t-il le paiement de
cette somme , que Londres acquitte à la
décharge du Portugal, & qui fait une impression sur le change entre Londres & Paris , comme une preuve que notre Commerce avec l'Angleterre, s'est accru de ces dix
millions ? Mais M. DP., lui-même, nous indique
tes exceptions qui rendent impossible l'application des mouvements du change à la
balance du Commerce ou à d'autres circons- --- Page 291 ---
( ) C 2 tances & nous aimons à le combattre pat
ses propres opinions. Il a divisé ses observations sur l'état des
Changes en trois époques. Dans toute celle
depuis le premier Novembre 1785 jusqu'ati
dernier Avril 1787 , » le change a ( dit-il)
» été constamment au-dessus du pair • mais
» on ne peut ( ajoute - t - il ) en rien in-
» fércr relativement au Commerce. Pour
» bien juger de cet effet, il faut observer une
» différence très-marquée , qui se trouve en-
» tre la maniéré dont les simples créances
35 d'un commerce ordinaire & régulier 3 in-
» fluent sur le change,, & l'effet que pro-
» dussent les remises extraordinaires d'ar-
» gent, ou même les grands envois de mar-
» chandises faits , en consiance , par voie de
» commission pour des spéculations nouvel-
» les. « M. D P. auroit pu ajouter à ces
vérités, que la France ayant depuis plusieurs années , successivement emprunté des
sommes énormes 5c à de forts intérêts, elle
a nécessairement attiré l'argent de toutes --- Page 292 ---
( 6 ) parts, & opéré sur les changes , le même •
effet que pourroit faire une balance trèsavantageuse dans son Commerce avec l'Etranger , & le recouvrement de la solde
qui pourroit en provenir. Si pour ne pas
atténuer ces prétendues preuves , M. D P.
ne s'est point expliqué aussi clairement sur
l'effet évident de nos emprunts, il n'a point
cependant méconnu leur influence. Voici ce
qu'il dit dans ses Observations sur la troisieme époque : » Le renouvellement annuel des emprunts,
» a tellement accru la masse des arrérages,
» que les capitaux que nous pouvons tirer
» de l'Etranger par un emprunt nouveau ,
»compensent à peine ce que nous avons à
» payer tous les ans aux mêmes Etrangers ,
» pour les intérêts des emprunts anciens.
» Ainsi , quand le Gouvernement pourra
» cesser d'emprunter , le change baissera pen-
» dant quelque temps à notre perte. «
renouvellement annuel des emprunts,
» a tellement accru la masse des arrérages,
» que les capitaux que nous pouvons tirer
» de l'Etranger par un emprunt nouveau ,
»compensent à peine ce que nous avons à
» payer tous les ans aux mêmes Etrangers ,
» pour les intérêts des emprunts anciens.
» Ainsi , quand le Gouvernement pourra
» cesser d'emprunter , le change baissera pen-
» dant quelque temps à notre perte. « \ L'illusion que M. D P. s'est faite sur --- Page 293 ---
( 37 ) C 3 l'état des changes, pour décider la balance
de notre Commerce avec l'Angleterre, en
notre faveur , paroît extraordinaire , lorsqu'on trouve ainsi dans ses propres opinions,
des moyens aussi vidorieux pour la détruire. Les spécularions faites à Paris depuis quelques années sur les fonds publics , ont nécessairement concouru à la hausse du change de Paris sur Londres , parce que les spé-.
culateurs ont été dans le cas d'user prodigieusement de leur crédit chez l'Etranger s
pour éviter de faire à Paris de plus grands
sacrifices. M. D P. qui voudroit, en dépit
de ses propres raisonnements , esquiver la
preuve qu'on pourroit induire contre ses
calculs, du renouvellemcnt successif de nos
emprunts, dit, dans ses Observations sur
la troisieme époque , que les Anglois n'ont
point placé de plus fortes sommes dans les
emprunts de 1787 , qu'ils ne l'avoient fait
dans les emprunts des années précédentes :
mais il ajoute , u ils ont dans celle • ci . --- Page 294 ---
( 38 ) comme dans les autres , avancé des fonds
à nos bonnes maisons spéculatrices sur leur
crédit particulier. C'est ainsi qu'il nous fournit toujours lui-même , les moyens de conftater nos assertions : mais nous allons trouver de nouvelles armes pour détruire ses
preuves & son systême dans ses propres
calculs. M. D P. établit, lui-même , que d'après
les calculs très-exads , de M. Macé de Richebourg, la huitième partie d'un louis en
or, rend/oit en Angleterre 30 d. ~ sterlings ; & il prétend cependant , que
c'est par le renvoi des louis de l'Angleterre,
en France, pour la somme prodigieuse de
40 millions, que le change s'est établi en
Septembre 1785 à 29 d. ~ Eli-il raisonnable de présumer que l'Angleterre auroit
renvoyé une valeur réelle de 3° d. sterlings
pour en avoir le retour & l'échange à 29 d.,
ce qui en outre les intérêts, frais de transport & risques , auroit laissé une perte d'environ 3 ]■ pour à l'Angleterre ? C'est --- Page 295 ---
( 39 ) C 4 cependant sur ce renvoi énorme & absurde, de louiS, d'Angleterre en France , que
M. D P. appuie ses observations & prefque tout l'édisice de ses tableaux comparatifs. Nous trouvons une nouvelle preuve de
l'impossibilité de ce renvoi , dans le cours
du prix que les anciens louis ont eu conftamment en Angleterre, à 19 schellings 6 d. ,
ce qui fait 234 d. sterlings, lesquels divisés
par huit écus , produisoient une remise au
change de 29 d. * par 3 liv. en 17S5 , le
change de Paris sur Londres étoit au-dessous
de 29 d. à deux usances.
. Nous trouvons une nouvelle preuve de
l'impossibilité de ce renvoi , dans le cours
du prix que les anciens louis ont eu conftamment en Angleterre, à 19 schellings 6 d. ,
ce qui fait 234 d. sterlings, lesquels divisés
par huit écus , produisoient une remise au
change de 29 d. * par 3 liv. en 17S5 , le
change de Paris sur Londres étoit au-dessous
de 29 d. à deux usances. Mais définitivement , si nous consultons le Bureau de la balance du Commerce pour vérisier ce retour de louis
d'Angleterre en France , pour la valeur de
40 millions j nous acquérons une troisieme
preuve que ce renvoi énorme n'a point eu
lieu : il n'y est pas fait mention d'aucune
importation de louis. Les états de ce Bu- --- Page 296 ---
( 40 ) Feau présentent seulement l'entrée de 132
caisses contenant 5 293 l marcs d'or , en lingots d'or pur à 24 karats, venus par Calais
pour M. Delaborde, évalués à 8771256 1.,
à raison de 828 liv. le marc ; ce qui a dû
être la plus grande partie de l'or fin qui
s'est employé dans la refonte des louis. Le change a été constamment à notre
avantage depuis le premier Novembre 1785
jusqu'au dernier Avril 1787. Cet intervalle
qui précédoit la négociation du Traité
ayant été celui d'une prohibition plus sévere
pour mieux en faire valoir les douceurs aux
Anglois, il elt évident que M. D P. s'est
trouvé gêné pour concilier la situation favorable du change, dans ce temps de probibition , avec la. prétention qu'il a eu de
n'attribuer cette hçureuse révolution qu'à
l'exécution du Traité de Commerce & l'ouverture réciproque des Ports. Il a cru se
çirer d'embarras, en faisant revenir 40 millions de louis d'Angleterre. Nous n'entreprendrons pas de le suivre dans son Romaq --- Page 297 ---
( 41 ) - & nous nous garderons de faire nous-mêmes, sur la situation des changes , des raifonnements spéculatifs ; mais nous insisterons
de nouveau sur l'influence que doit y avoir
eu , l'usage que l'Etat & les Particuliers
ont fait en France de leur crédit dans l'Etranger : & nous dirons que les opérations
qui en ont résulté ont été plus sensibles
depuis la fin de l'année 1786 , parce que
la connoissance qui a été donnée à cette
époque de la situation des Finances , & les
débats qui ont eu leur principe dans l'Afsemblée des Notables , en altérant le crédit
de la France , en ont forcé l'usage & haussé
l'intérêt de l'argent emprunté. Ce ne seroit
véritablement qu'à l'instant où chaque Nation commerçante pourroit opérer sur ses
propres richesses , qu'il seroit possible de
considérer les changes comme le thermomètre qui détermine l'avantage ou le désavantage du Commerce réciproque des deux
Nations. Nous ajourerons qu'en 1786 &
1787 , les Anglois ont eux-mêmes contribué
à l'élévation du change par leucs fortes fpé-
é
l'intérêt de l'argent emprunté. Ce ne seroit
véritablement qu'à l'instant où chaque Nation commerçante pourroit opérer sur ses
propres richesses , qu'il seroit possible de
considérer les changes comme le thermomètre qui détermine l'avantage ou le désavantage du Commerce réciproque des deux
Nations. Nous ajourerons qu'en 1786 &
1787 , les Anglois ont eux-mêmes contribué
à l'élévation du change par leucs fortes fpé- --- Page 298 ---
( 42. ) dilations sur les cotons achetés à Bordeaux ,
Nantes , le HaVre ; mais s'il falloit combiner , en pour & contre , l'effet sur les
changes de la circulation que les besoins
des spéculateurs Anglois ont occasionné ;
de la ' mauvaise récolte des soies en Italie;
de, la perte de cet équilibre qu'on trouvoit
dans* la valeur des thés que nous vendions
en France avec celle des tabacs de l'Amérique Angloise ; dê la continuation du tranfit des piastres en France ; des achats qui
en ont été faits dans ce Royaume pour
compte de la Compagnie des Indes Anglosses , nous fatiguerions nos lecteurs pour
les ramener de nouveau à ce que nous avons
dit dans le principe dé cette digression ,
d'après l'Auteur des Considérations sur les
Finances, c'efl qu'il est impossible de distinguer dans les mouvements du change ,
ce qu'il faut imputer à la balance du Commerce & ce qui tient à dt autres circonstances. M. D P. semble aussi tirer quelqu'avan- --- Page 299 ---
( 43 ) rage des calculs & des raisonnements fpécieux qu'il fait sur la population de la
France & celle d'Angleterre, comparées
aux récoltes du sol de l'une & l'autre puissance. Il est important d'examiner si cet
avantage n'est pas fondé sur l'illusion de
ses anciens principes , qu'il ne devroit pas
si obstinément appliquer à l'état aduel de
l'Europe & à l'organisation civile, politique & commerciale , des Nations qui l'habitent. La Chambre du Commerce de Normandie a dit dans ses Observations : qu'il n'y
avoit point de parité dans les conventions
entre la Grande - Bretagne & la France,
parce que les Anglois trouvoient en France
vingt-quatre millions de consommateurs, contre seulement huit millions que l'Angleterre
offroit aux François, M. D P. calcule la population de la
France à vingt-huit millions ; celle des trois --- Page 300 ---
( 44 ) Royaumes d'Angleterre, d'Ecosse & d'Irlande, à onze millions. Mais il établit en principe, que ce n'est
point par la population qu'il faut calculer
les moyens de vendre, d'acheter , de payer,
d'être payé , de commercçr au - dehors. Et
d'après cette opinion , il a décidé que l'assertion de la Chambre du Commerce est un
sophisme involontaire, fondé sur l'ignorance
de la richesse des deux Nations. Il abandonne ici ses phrases consolantes :
» malheureusement ( dit-il ) la plus grande
» différence qui existe entre les deux Em-
» pires , n'est pas dans leurs Manufactures : .
» celle de leur agriculture & de leurs ré-
» coites , est bien plus considérable. «
commercçr au - dehors. Et
d'après cette opinion , il a décidé que l'assertion de la Chambre du Commerce est un
sophisme involontaire, fondé sur l'ignorance
de la richesse des deux Nations. Il abandonne ici ses phrases consolantes :
» malheureusement ( dit-il ) la plus grande
» différence qui existe entre les deux Em-
» pires , n'est pas dans leurs Manufactures : .
» celle de leur agriculture & de leurs ré-
» coites , est bien plus considérable. « Nous n'avons , suivant lui , qu'un quart
de récolte de plus que l'Angleterre , & nous
avons à faire subsisier une population deux
fois & demie plus forte. » Ainsi , comme
» avant de commercer au-dehors il faut. vi-
» vre; ce n'est pas ( dit-il ) la Nation de --- Page 301 ---
( 45 ) » vingt-huit millions d'ames qui fournit les
» plus beaux débouchés pour un commerce
» étranger , & par conséquent de luxe qui
» ne peut être paye que par le superflu, &
» ce n'est donc point par la population qu'il
» faut calculer les moyens de commercer
» au-dehors. « Nous voyons que M. D P. n'admet point
notre proportion de huit à vingt-quatre pour
la population des deux puissances. Si elle
n'est pas exacte , M. D P. de son côté ne
nous fournit aucune preuve qui nous détermine d'ajouter plus de foi à la sienne
de onze à vingt-huit, qui nous paroît trèsexagérée. Mais il ne prouve pas davantage, que
l'Ang'eterre en proportion de Ces habitants,
soit plus riche que la France par ses .productions territoriales. Nous sommes loin
de refuser à ce Royaume , la supériorité de
sa culture sur la nôtre ; mais nous la croyons
compensée par la différence & la variété de --- Page 302 ---
( 46 ) nos productions. L'Angleterre quelque bien
cultivée qu'elle soit , est néanmoins privée
de plusieurs objets de premiere nécessité pour
une Nation riche. Son fol fertile en bleds
en pâturages, ne produit point ces vins,
ces eaux-de-vie , ces huiles , ces fruits, ce
bon sel & même ces soies , qui sont un
bienfait inhérent au climat heureux de la
France. Ils compensent , s'ils ne surpassent
point en proportion du sol, la richesse territoriale de l'Angleterre ; & l'on en doit
conclure que si seulement en bleds, la France a de quoi vivre, elle a un superflu de
récoltes qui lui permet de commercer audehors. Mais quand même la France auroit, relativement à ses habitants, un superflu moins
considérable, il n'en faudroit point conclure
que nous n'aurions pas le moyen d'acheter.
Outre le partage fort inégal, des richesses
qui a lieu dans les deux Nations, & qui
se trouve corrigé par bien des causes chez
les Anglois , il existe en France une dis- --- Page 303 ---
( 47 ) rribntion encore plus inégale des impôts ;
de sorte que la classe des gens riches &
aisés, a évidemment en France de très-fortes sommes disponibles au gré de leurs caprices & de leur luxe. Dans les vingt-quatre
ou vingt-huit millions d'habitants de la France, il existe donc une portion d'individus
qui a un grand superflu , un goût immodéré pour la dépense, & malheureusement
ce goût innational se porte de préférence
sur tout ce qui vient de TEtranger. Cette
portion d'individus est donc dans la Nation , une Nation qui fournit un très-beau
débouché au Commerce étranger, & sous
ce point de vue nous rappellerons., comme
M. D P. , un Commerce de luxe.
ingt-huit millions d'habitants de la France, il existe donc une portion d'individus
qui a un grand superflu , un goût immodéré pour la dépense, & malheureusement
ce goût innational se porte de préférence
sur tout ce qui vient de TEtranger. Cette
portion d'individus est donc dans la Nation , une Nation qui fournit un très-beau
débouché au Commerce étranger, & sous
ce point de vue nous rappellerons., comme
M. D P. , un Commerce de luxe. \ Mais le Commerce étranger , parce qu'il
est en effet toujours payé par un superflu ,
doit-il être considéré en France, ainsi que
le détermine PAuteur de la Lettre, un Commerce de luxe qui ne puisse être payé que
par le superflu des récoltes ? --- Page 304 ---
( 48 ) Toutes les denrées & matieres premieres »
consommées par nos Manufactures & que
nous mtttons en oeuvre , sont payées en
grande partie par le produit de notre travail &
de notre industrie. Ce produit est une propriété ; une richesse nationale qui devient
dans son accroissement un superflu. Ainsi, si le Commerce nous fournit des denrées
& matieres premieres venant de l'Etranger, il est payé en grande partie par le
produit de notre industrie. Nous pouvons
donc avoir des moyens de fournir de trèsbeaux débouchés au Commerce étranger indépendamment du superflu de nos récoltes. Si , comme on peut l'observer, en Hollande le produit du Commerce , de l'industrie & du travail, est tel que , sur un sol
très-borné & avec de très-foibles récoltes, il alimente une population considérable ;
fournit à ses besoins , acquitte ses dettes
envers l'Etranger , & accroit annuellement
ses richesses : on doit donc calculer la population , dans les moyens de commercer
au-dehors. * --- Page 305 ---
( 49 ) D âu-dehors. Mais il importe sur-tout, de
bien connoître si tout le travail qu'elle peut
exercer, si toute l'industrie qu'elle peut
développer , lui sont exadement conservës. En effet, si dans les 24 ou 28 millions
d'hommes répandus sur la France, on calcule le nombre effrayant, qui aujourd'hui
n'a aucune propriété territoriale & ne peut
vivre du travail de la terre , on ne peut
donner trop de réflexion & d'examen aux
dispositions qui enlevent subitement à une
partie considérable de cette population en
France, les moyens d'entretenir son travail ,
c'est-à-dire, les moyens de subsistance; propriété maintenant aussi précieuse aux peuples
que l'étoit autrefois le sol sur lequel ils se répandoient, & qu'ils pouvoient se partager.
L'homme n'est pas pauvre , dit Montesquieu,
parce qu'il ri a rien , mais parce qu'il ne travaille pas. On peut donc calculer par la population ,
les moyens de vendre , d'acheter , de commercer au-dehors. Lorsqu'une population est --- Page 306 ---
( )0 ) laborieuse, elle reçoit d'abord son salaire
dans le prix que àonnent à son travail les
besoins des propriétaires & la consommation intérieure des produits de ce travail ;
mais bientôt, par un secours mutuel & les
moyens réciproques du sol & de l'industrie , les occupations utiles s'étendent ; les
moyens de subsistance s'accroissent, non
plus en Taison seulement des produits du
sol ; mais en raison aussi du travail & de
l'industrie. Alors , la population augmente,
& cependant elle acquiert insensiblement un
superflu avec lequel elle paie l'inapôt : elle
vend , elle achete , elle navigue & commerce au-dehors.
par un secours mutuel & les
moyens réciproques du sol & de l'industrie , les occupations utiles s'étendent ; les
moyens de subsistance s'accroissent, non
plus en Taison seulement des produits du
sol ; mais en raison aussi du travail & de
l'industrie. Alors , la population augmente,
& cependant elle acquiert insensiblement un
superflu avec lequel elle paie l'inapôt : elle
vend , elle achete , elle navigue & commerce au-dehors. Mais si cette population reçoit les premiers aliments de son travail des consommateurs regnicoles , nous ne devons pas
négliger de faire observer qu'en enlevant au
peuple , par une concurrence étrangere , ce
moyen de subsistance qui lui est acquis en
propriété par le droit naturel , on tarit toutà-coup la source précieuse qui doit succes- --- Page 307 ---
( 5, ) D 2. fivement accroître les générations & les rich esses. Est-il bien vrai qu'un peuple pauvre , &
qui a peu de superfïu, ne fournisse pas un
beau débouché pour le Commerce étranger ?
Telle est la question que M. D P. auroit dû
se faire , & nous allons y répondre. La Nation qui entendra mieux ses vrais
intérêts dans le Commerce comme dans les
Manufactures , dirigera de préférence son
industrie vers tous les objets à l'usage du
peuple, & qui sont consommés par le plus
grand nombre. En effet , les Anglois ont
toujours eu l'habileté de se rendre faciles
sur l'introduction des marchandises sines ,
pourvu qu'ils obtinrent en compensation ,
un nouveau débouché à leurs lainages &
marchandises communes. Cette politique qui
les a guidés dans le Traité de Commerce
de 1787, se reconnoissoit déjà dans le Bill
qui fut projetté en 1713 , pour mettre à
exécution les huitieme & neuvieme articles --- Page 308 ---
( 52 ) du Traité de Commerce & de Navigation,
fait à Utrecht entre la France & la GrandeBretagne. Ils proposoient par ce Bill, que
les acres portant prohibition de l'importation & de l'usage dans la Grande-Bretagne ,
des dentelles de fil fabriquées en France ,
seroient annullés & révoqués ; & cette facilité qu'ils faisoient valoir alors , autant
que dans la circonstance actuelle , pour l'introduétion de nos batisses & la diminution
des droits sur nos vins, étoit également
présentée comme une généreuse compensation de l'introdudion en France , des draps,
gros lainages, serges & autres marchandises communes de leurs fabriques ; mais d'une
grande consommation. » C'cst véritablement
» à ces traits ( disoit , à ce sujet, en 1753 ,
l'estimable Traducteur François du Bristish
» Marchant ) que l'on reconnoît l'habileté
» des Anglois dans le Commerce ; & c'etl:
» là un exemple de l'application de cette
» maxime générale , que l'importation des
» marchandises sines dans un pays, ne l'épuise
» pas autant d'argent, que celle des mar-
grande consommation. » C'cst véritablement
» à ces traits ( disoit , à ce sujet, en 1753 ,
l'estimable Traducteur François du Bristish
» Marchant ) que l'on reconnoît l'habileté
» des Anglois dans le Commerce ; & c'etl:
» là un exemple de l'application de cette
» maxime générale , que l'importation des
» marchandises sines dans un pays, ne l'épuise
» pas autant d'argent, que celle des mar- --- Page 309 ---
( ) 3 ) D 3 » chandises communes , & que par confé3) quent l'exportation de ces dernieres , est
» la principale soitrce des richesses d'un
)) état, sans compter qu'elles emploient un
» plus grand nombre d'hommes , & que
» l 'art en est plus à la portée de la multi-
» tude. Les marchandises précieuses ( ajoute-
» t-il ) ne sont achetées que par les riches
» dès-lors en petite quantité, & elles sont
» conservées avec soin pour en prolonger
» la durée. Les marchandises communes sont
» au contraire d'un usage nécessaire à tous
» & .d'un service si fréquent, qu'il faut sou-
» vent les renouveller. Si nos Manufactures
» de quincailleries étoient aussi parfaites que
» celles d'Angleterre & 'à aussi bon marché
» que celles d'Allemagne , leur profit seroit
>5 infiniment plus considérable pour l'Etat
» que celui de l'orfevrerie , quand même
» nous en fournirions le monde entier, « Ne doit-on pas présumer , d'après l'évidence de ces principes & des faits qui
sont à l appui , que les Négociants An- --- Page 310 ---
( 54 ) glois s'attacheront particulièrement en France , à approvisionner le peuple des étoffes qui peuvent servir à son habillement &
des divers usienciles à son usage ; & n'avons nous pas à cet égard , un exemple
essrayant de ce qu'ils ont fait en Fspagne ?
Ils voyoienr avec indifférence , la France
éblouir la Cour de Madrid de la richesse de
ses étoffes & de l'élégance de ses meubles ;
& pendant que l'Espagne donnoit ses soins
pour s'affranchir des legers tributs que la
France obtenoit ; tandis qu'elle faisoit les
efforts les plus dispendieux pour nons enlever nos Fabriques de luxe , pour affoiblir les Privilèges & les cond:tions de nos
Traités ; les Anglois profitoient de cette
vaine & futile distraction pour répandre
parmi le peuple Espagnol , le goût de leurs
étoffes de laine ; de leurs bayettes , burats ,
étamines , ca!mande? , camelots , draps corn.
muns , meubles & ustenciles. Ensin , ils
ont ii bien réussi particu!i rement dans les
Provinces intérieures, qu'oa ne peut y ren-
lir les Privilèges & les cond:tions de nos
Traités ; les Anglois profitoient de cette
vaine & futile distraction pour répandre
parmi le peuple Espagnol , le goût de leurs
étoffes de laine ; de leurs bayettes , burats ,
étamines , ca!mande? , camelots , draps corn.
muns , meubles & ustenciles. Ensin , ils
ont ii bien réussi particu!i rement dans les
Provinces intérieures, qu'oa ne peut y ren- --- Page 311 ---
( 55 ) 1) 4 contrer de paysans ou de bourgeois hommes & femmes , qui ne soient habillés en
étoffes Angloises. M. D P. pourra-t-il nous persuader que
des Provinces intérieures de l'Espagne qui,
loin de partager les richesses de ses colonies , en sont au contraire appauvries ;
ont ce superflu, qui seul peut donner des
débouchés au Commerce Etranger : qu'elles
ont des récoltes plus fortes que ne le compor.
te leur population ? Non sans doute , & il
sera forcé d'avouer que cette Puissance reconnoît aujourd'hui , que c'est par l'abanaon qu'elle a fait à l'Etranger de l'approvisionnement des besoins les plus amples
de ses sujets , que l'industrie populaire y
est devenue presque nulle dans plusieurs Provinces, & que l'aisance & les richesses que
donne le travail , y sont presqu'inconnues.
Alors, M. D P. s'effrayera lui-même des
résultats que peut avoir en France , le
Traité de Commerce avec l'Angleterre. --- Page 312 ---
( 56 ) II est certain ( nous dit-il ) » Que l'im-
» portation de nos vins en Angleterre ,
» est considérablement augmentée ; que les
» états authentiques de la douane de Lon-
» dres envoyés au département des affaires
» étrangères, se sont élevés depuis le mois
» de Mai jusqu'au mois de Décembre 1787 ,
six mille Tonneaux de quatre barriques
» chacun ,• que l'importation légitime &
» connue, réunie à celle de la contreban-
» de , ne se montoit les années précéden-
» tes , dans le même espace de temps, qu'à
» huit cents Tonneaux. a Nous aurions désiré que M. D P. qui
a de justes motifs pour nous assurer dans
une de ses notes , que les Etats de la balance du Commerce sont faits avec beaucoup de soin, & qu'aucun Tableau dans ce
genre n'approche de celui qui se rédige en
France , eut préféré d'appuyer ses asfertions sur les états & particulierement sur
les détails d'importation qu'il avoit sous
sa main , dans le bureau même établi pour --- Page 313 ---
( 57 ) cette balance. M. D P. ne se seroit pas
empressé d'en conclure que le Commerce de
nosvins a augmenté. Il seseroit encore moins
hazardé de dire que l'augmentation de ce
Commerce , nous offre une compensation
au delà des pertes que nous faisons dans
les produits de notre industrie. Il est important de suppléer nous-mêmes ,
aux explications & aux détails que M. D
P. ne nous a pas donnés , parce qu'ils nous
paroissent devoir décider la question. Suivant le Bureau de la balance du Commerce , les Vins expédies de France pour
les trois Royaumes de la Couronne d'Angleterre , pendant les huit mois écoulés
depuis le premier Mai jusqu'au 31 Décembre 1787 , sont portés à cinq mille
quatre cents Tonneaux & soixante & seize
mille bouteilles. L'état authentique tiré de Bordeaux ,
porte le nombre de Tonneaux qui en sont
sortis pour l'Angleterre, l'Ecosse & l'Ir-
le Bureau de la balance du Commerce , les Vins expédies de France pour
les trois Royaumes de la Couronne d'Angleterre , pendant les huit mois écoulés
depuis le premier Mai jusqu'au 31 Décembre 1787 , sont portés à cinq mille
quatre cents Tonneaux & soixante & seize
mille bouteilles. L'état authentique tiré de Bordeaux ,
porte le nombre de Tonneaux qui en sont
sortis pour l'Angleterre, l'Ecosse & l'Ir- --- Page 314 ---
( <8 ) lande , environ à la même quotité. La légere différence qui se trouve entre l'état de
la balance & celui de Bordeaux , en confirme la justesse & l'on doit en même-temps
en induire que notre Commerce de vins avec
l'Angleterre, depuis le Traité jusqu'au 31
Décembre 1787 , étoit encore fixé exclusivement à Bordeaux. Nous conjedurons
cependant que les 76 mille bouteilles pouvoient être de vins de Bourgogne & de
Champagne. Mais nous observons que de ces 5400
Tonneaux qui ont passés dans les états
Britanniques , il n'y en a eu que 2027 pour
l'Angleterre , & que le reste , à 300 Tonneiux près , destinés pour l'Ecosse, a pasle
en Irlande. Les notes détaillées qui s'impriment chaque mois à Bordeaux de ce qui sort de
vins pour tous les Ports , n'en indiquent
que 1072 Tonneaux pour Londres, pendant
toute l'année 1787 : Il en résulte que cette --- Page 315 ---
( <) Ville ne consomme qu'environ la moitié de
ce qui pasle dans l'Angleterre, proprement
dite , ou à peu près le cinquieme de ce
qui est expédié pour les états Britanniques. Des tableaux venus de Londres , qu'on a
des raisons de croire aussi exacts que ceux
que prétend avoir vus M. D P. , ne font
monter les vins de France entrés en Angleterre , non compris l'Ecosse & l 'Irlande , depuis le premier Mai jusqu 'au 31
Décembre 1787 , qu'à la quotité de 1687
tonneaux ce qui en suppose 340 de moins
que n'en stipulent les Etats de Bordeaux.
Mais cela s'explique aisément par la connoissance que nous avons des quantités de
vins qui revoient dans les magasins d 'entrepôt à Londres , dont les Propriétaires
n'osoient pas les tirer pour ne point payer
les droits qui forment un nouveau capital ,
dans la crainte d'ajouter cette perte a celle
du coût & fraix dont ils sont menacés faute
d'acheteurs. --- Page 316 ---
( 6o ) Nous devons obscrver que les Etats de
Bordeaux , des vins expédiés en 1785 &
1786 pour les trois Royaumes, présentent
une exportation annuelle d'environ 2900
tonneaux. D'après ces différents détails que M. D
P. ne devoit pas ignorer , M. D P. devoitil, sur la foi des Etats qu'il prétend avoir
été envoyés de la douane de Londres au
département des affaires Etrangères , annoncer que l'exportation de nos vins , dans
l'année 1787 , pour. la seule Ville de Londres , s'est élevée à 6000 tonneaux ,* tandis qu'il est prouvé que la totalité de cette
exportation pour l'Angleterre , l'Etoffe &
l'Irlande , n'est pas aussi considérable ? Cet
Ecrivain est-il excusable d'avoir voulu en
conclure que cette exportation avoit eu
un accroissement de 5000 tonneaux dans
cette même année 1787, lorsque, dans les
années 1785 & 1786, elle avoit monté à
près de 3000 tonneaux par an ; lorsque
cette quantité est estimée être encore envi-
de cette
exportation pour l'Angleterre , l'Etoffe &
l'Irlande , n'est pas aussi considérable ? Cet
Ecrivain est-il excusable d'avoir voulu en
conclure que cette exportation avoit eu
un accroissement de 5000 tonneaux dans
cette même année 1787, lorsque, dans les
années 1785 & 1786, elle avoit monté à
près de 3000 tonneaux par an ; lorsque
cette quantité est estimée être encore envi- --- Page 317 ---
( 6i ) ron le taux annuel de cette exportation
pour les trois Royaumes ? ( Nous pouvons
d'après les états de Bordeaux pour les sept
premiers Mois de 1788 assurer d'avance
qu'elle n'excédera point cette année ce taux
ancien ) or , c'est particulièrement l'exportation des vins de Bordeaux qu'il nous est
le plus intéressant de bien connoître ; parce qu'ils sont ceux qui nous présentent
les moyens de fonder le plus solidement,
quelques espérances sur l'augmentation qui
nous est annoncée , dans le débit de nos
produdions par l'effet du Traité. Tous les gens instruits dans le Commerce des vins en Angleterre , se réunisient à
dire que les Anglois ne consommeront jamais que nos vins sins. Que cette confommation est celle des personnes riches qui
ne boivent pas plus de vin parce qu'il coûte
un peu moins de droits ; qu'il faut renoncer au débit en Angleterre , de nos vins
de seconde & troisieme qualités, parce que
le peuple Anglois les trouve trop foibles --- Page 318 ---
( 6i) en comparaison des vins violents de Porto
& de Madere auxquels il est accoutumé ,
& dont les droits ont été diminués d'un
tiers par l'effet seul de la rédudion que
nous avons obtenue sur ceux des nôtres :
effet inévitable & qu'on devoit prévoir ,
puifqu'il étoit assuré par un article du
Traité de Commerce , entre l'Angleterre
& le Portugal, désigné sous le nom de
Traité de Methuen. Toutes les informations , toutes les instrudions que nous avons reçues de Londres , ainsi que de nos Négociants & Marchands de vin qui ont été en Angleterre
pour y former des liaisons & s'y assurer
des débouchés , s'accordent pour nous convaincre que dans le jour où nous écrivons,
les magasins d'entrepôt & les Caves y sont
remplis de vins François invendus, lesqûels
y avoient été envoyés inconsidérément à l'ouverture des Ports. Nous nous affligeons à tous égards de --- Page 319 ---
( 63 ) voir qu'après s'être imaginé que le Traité
de Commerce avec l'Angleterre tel qu'il est,
seroit avantageux aux productions de notre
sol, M. D P. ait voulu donner au public
pour des preuves , ce qui ne pouvoit être
que l'effet des illusions de son systême. Nous
respectons la religion de M. D P., mais si
tout autre Ecrivain nous eut , comme lui,
répondu par des assertions fausses , de faux
raisonnements & de fausses conséquences ,
nous aurions de la peine à ne pas l'accuser
d'ignorance , ou d'aveuglement, ou de mauvasse foi.
sol, M. D P. ait voulu donner au public
pour des preuves , ce qui ne pouvoit être
que l'effet des illusions de son systême. Nous
respectons la religion de M. D P., mais si
tout autre Ecrivain nous eut , comme lui,
répondu par des assertions fausses , de faux
raisonnements & de fausses conséquences ,
nous aurions de la peine à ne pas l'accuser
d'ignorance , ou d'aveuglement, ou de mauvasse foi. Il nous dit avec confiance , mais légérement & sans détails , que le débit des
vinaigres , des Eaux-de-vie , des huiles ,
des savons , des fruits secs' & confits , est
doublé. Nous sommes prévenus que la consommation réelle de nos eaux-de-vie , n'est
point augmentée en Angleterre : au contraire , son exportation présente même depuis le Traité, une diminution sensible. --- Page 320 ---
' ( 64 ) - II ne faut pas se dissimuler que les eauxde-vie de France, ne sont encore que pout
l'usage d'une foible partie de la Nation
qui lui préfere en général, les eaux-devie de Portugal & de Barcelone , plus
rudement énergiques & sur-tout celles qui
sont extraites des grains & du genievre.
Cette préférence bien connue , motivoit
les vœux & en même-temps les regrets de
la Chambre sur ce que les fortes eaux-devie de cidre & de poiré de la Normandie ,
ne participoient point aux encouragements
donnés à l'exportation des eaux-de-vie de
France. M. D P. page 70 de sa réponse imprimée , a cru nous tranquilliser, à cet égard,
en disant : » Elles n'en sont point excep-
» tées Messieurs. J'ai l'honneur de vous en-
» voyer l'Arrêt du Conseil du 21 Juillet
» 1784, qui réduit le droit de sortie sur
elles , comme sur toutes celles du Royau-
» me , à cinq sols par barrique , & les dix
sols pour livre. J'y joins les Arrêts subsë-
» quents --- Page 321 ---
( 65 1 E » quents qui développent l'exemption des
» droits de péage prononcée dans le pre.
» mier. Une assertion pareille de la part, d'uri
homme qui s'annonce pour être initié aux
projets du Gouvernement en faveur du Commerce , étoit sans doute bien capable d'encourager la Chambre à renouveller des sollicitations dont on lui annonçoit le succès
comme infaillible ; mais l'examen attentif
de tous ces Arrêts lui a démontré qu'ils ne
concernoient nommément que les eaux-devie & esprits extraits du vin , de ses lies
& baissieres , ou des marcs du raisin. Que la Cour des Aides de Normandie
a vainement , quoiqu'itérativement , follicité des Lettres patentes sur l'Arrêt du 21
Juillet 1784, pour en étendre les dispositions aux eaux-de-vie de cidre & de poiré ,
àinsî que pour révoquer , à leur égard, les
Articles 3 , 4 & 5 de la Déclaration du
Roi du 14 Janvier t711 ; de même qu'on --- Page 322 ---
( 66.) én avoit envoyé à la Cour des Aides de
-Parias pà ces lettres patentes sont enregistrées. Que la Province de Normandie n'a
donc point la liberté de l'exportation à. l'Etranger des eaux-de-vie de son cru , puisque
ces Lettres patentes sor l'Arrêt du Conseil
qui niodere les droits sur l'exportation des
eaux-de-vie à l'Etranger , n'ont point été
expédiées , quoique ledit Arrêt porte expressément qu'elles le seront & quoique la
Cour des Aides de Normandie les ait plusieurs fois demandées & qu'elle les demande encore: inutilement aujourd'hui.
donc point la liberté de l'exportation à. l'Etranger des eaux-de-vie de son cru , puisque
ces Lettres patentes sor l'Arrêt du Conseil
qui niodere les droits sur l'exportation des
eaux-de-vie à l'Etranger , n'ont point été
expédiées , quoique ledit Arrêt porte expressément qu'elles le seront & quoique la
Cour des Aides de Normandie les ait plusieurs fois demandées & qu'elle les demande encore: inutilement aujourd'hui. Les Anglois usent peu d'huiles délicates
de Provence ; les états de la balance du
Commerce ne font mention d'aucune exportation de nos huiles pour l'Angleterre;
Celles de la côte d'Italie y obtiennent une
entière préférence, • t Ce n'est encore que pour la consommafion des riches que nous pourrons y vendre les autres productions de la Proven- --- Page 323 ---
( Sn ) E ^ ce. Les Anglois sont dans l'habitude d'user des savons de Flandre & plusieuts de leurs
fabriques consorment de celui qu'ils font
même avec l'huile de baleine. Quant aux fruits secs, la consommation
ne peut en augmenter par l'effet du Traité, & il est presque ridicule de mettre cet objet en ligne de compte. ,
La Chambr e n'e veut pas Ce prévaloir, dans
tes Observations , de la force que donnent
à ses opinions t les états des importations
& exportations respectives qui sont ce jour
entre ses mains. Nous le répétons, elle defire que ces états soient fixés par les consommations effectives des deux Puissances.
Nous ne pouvons cependant point nous difpenser de mettre dans une plusfgrande évidence , quel dégré de consiance on doit
avoir dans les conseils ou les assertions de
M. D. P. r.'universalité des exportations de la Fratrie pour la grande Bretagne , depuis le --- Page 324 ---
( <8 •) Traité jusqu'au 31 Décembre 17 ,
ne compqse qu'une masse générale de
26,276,000 liv. de valeur, & le montant
total des importations de l'Angleterre dans
la France , s'éleve à 35,294,000 dans
le même intervalle de temps. Suivant un relevé que nous avons également sous les yeux des marchandises importées d'Angleterre en France , pendant
l'année 1784 , & l'apperçu des années précédentes ; il paroit démontré que ces importations n'excédoient pas annuellement
avant le Traité , la somme de vingt trois
millions • les exportations de la France
* pour l'Angleterre avant le Traité, peuvent
-également s'évaluer a la somme de vingt
trois millions environ. Il résulte de ces différentes données , que
le Traité a opéré en faveur de l'Angleterre, un accroissement de vente de 12,300,000
liv. tandis que le progrès en faveur de la
France., n'est que de 3,300,000 liv. ce --- Page 325 ---
( 69 ) E 3 qui évidemment a fait éprouver à la France depuis le Traité jusqu'au 31 Décembre
1787 , un désavantage de 9,000,000 liv. dans
sa balance avec l'Angleterre.
le Traité a opéré en faveur de l'Angleterre, un accroissement de vente de 12,300,000
liv. tandis que le progrès en faveur de la
France., n'est que de 3,300,000 liv. ce --- Page 325 ---
( 69 ) E 3 qui évidemment a fait éprouver à la France depuis le Traité jusqu'au 31 Décembre
1787 , un désavantage de 9,000,000 liv. dans
sa balance avec l'Angleterre. Les valeurs données aux marchandises
Angloises dans les tableaux dont nous citons ici les résultats , sont celles des déclarations faites en Douane & sur lesquelles les
droits ont' été payés. Il est consiant que
ces déclarations ont été beaucoup au-dessous
de la véritable valeur. M. D P. lui-même
s'est infiniment récrié sur cet abus. Il suppose même, dans ses calculs, que cet abus
a réduit les droits à trois pour cent. Il veut
dire sans doute que la marchandise , dont
la valeur a été déclarée pour mille livres,
valloit quatre mille livres. D'après cette
supposition , sur laquelle nous sommes bien
éloignés de le contredire , nous devrions
estimer les marchandises importées d'Angleterre en France , à une valeur quadruple de celle qui est portée dans les --- Page 326 ---
( 79 ) etâts. - Nous croyons ne pas faire un
cacul déraisonnable en estimant un tiers d?
diminution dans les évaluations, & le résultat nous présente un accroissement de vente
enfaveur de l'Angleterre, de 11,764,666 1.
à ajouter aux 9,000,000 1. que la France
perd dans la balance de son Commerce avec
elle. La vigilance patriotique & éclairée
des Douaniers Anglois , n'a point permis
ces évaluations moindres & fausses , dans
les déclarations de nos marchandises importées dans la Grande-Bretagne. Ainsi nous
ps pouvons pas présenter en notre faveur
aucun dédommagement de ce genre. C'est avec un surcroît de peines que nous
observons que dans l'état des marchandises
importées de l'Angleterre en France , en
1784, il n'y en a presque point de Manufacturées, & que le peu qu'il s'y en trouve
est accompagné de passe-ports ; ce devoit
donc probablement être des mousselines &
toiles des Indes que notre commerce tiroit
des ventes de Londres. --- Page 327 ---
( 71 ) 'F, /< Nous ne craignons point que M. D P.
jette des doutes sur les états dont nouspréfentons ici les apperçus. Personne n'en connoît
aujourd'hui mieux que lui la fâcheuse & décourageante authenticité. Mais nous le disons
encore, nous n'appuierons notre opinion sur
ces états que lorsqu'ils seront en quelque
sorte fixés par les conso m mations respectives. , C'est également avec l'effroi de bons citoyens , forcés par lè devoir de né point
déguiser à leur patrie, les maux qui peuvent entraîner son déshonneur & sa ruine y
que nous prévenons que c'est particulièrement dans sa puissance maritime , que l'Angleterre reçoit un accroissement sensible par
le Traité. Le nombre des bâtiments Anglois chargée , employés dans le Commerce
entre la France & l'Angleterre, qui ont
mouillé dans nos Ports, depuis le mois de
Mai jusqu'au 31 Décembre 1787 , est de
mille trente , jaugeant ensemble 68,686 ton-
ux qui peuvent entraîner son déshonneur & sa ruine y
que nous prévenons que c'est particulièrement dans sa puissance maritime , que l'Angleterre reçoit un accroissement sensible par
le Traité. Le nombre des bâtiments Anglois chargée , employés dans le Commerce
entre la France & l'Angleterre, qui ont
mouillé dans nos Ports, depuis le mois de
Mai jusqu'au 31 Décembre 1787 , est de
mille trente , jaugeant ensemble 68,686 ton- --- Page 328 ---
( 7*y peaux, tandis qu'il n'y a eu que cent soixante.
dix bâtiments François, jeaugeant ensemble
5,570 tonneaux , emplpyés dans ce même
commerce. Nous n'ignorons pas que, par des raisonnements aussi faux , par une logique aussi
captieuse que celle que nous combattons ,
on a eu encore la témérité de fournir à
J'Administration , de nouvelles illusions sur
la réalité du préjudice que subit la France , par la maniere dont l'Angleterre en.
vahit les opérations maritimes du Commerce que le Traité a ouvert entre les dèux
Empires. Nous n'anticiperons point sur la
Réfutation que de bons citoyens , plus initiés ou plus à portée des travaux du Bureau de la balance , s'empresseront sans
doute , de fournir contre ces nouveaux sophismes ; mais nous osons dire avec le sentiment de notre conscience & de notre
zele pour la vérité , que les états & les
mémoires émanés de ce Bureau., ne méri- --- Page 329 ---
( si ) tent de confiance qu'autant qu'ils auront été
consultés dans les Chambres de Commerce ;
qu'autant qu'elles auront vérifié les faits y
avancés, & réduit à leur juste valeur les
raisonnements & la théorie des rédadeurs, La Chambre de Normandie s'étant fait
un devoir de la modération & de la prudence dans les premieres Observations sur
les effets du Traité , elle a droit d'être
étonnée de voir M. D P. lui demander '
avec humeur , si avant de témoigner ses
alarmes , elle a pezé , consulté l'opinion des
Vignerons ? puis ajouter, avec un sarcasme très-déplacé, que ces Vignerons ne font
point corps non plus que les autres Cultivateurs ; qu'ils ne paient point de Députés ;
qu'ils n'ont point d'organes &c. &c. Certes , une pareille question accompagnée de
réflexions aussi ameres , ne pouvoit convenir à la Chambre de Normandie. Dans aucune Province, les hommes n'ont mieux
connu } mieux icuti la convenance des avan- --- Page 330 ---
( 74 ) tages réciproques & des secours que prêtent mutilellement l'agriculture, l'iodufirie,
& le commerce. Ses habitants , par leur
énergie individuelle , ont obtenu de leur
sol, de leurs atteliers & de leurs entrepris -
ses maritimes, plus qu'on a dû l'espérer
de l'inhabilité des principes qui agitent con- !
tinuellement la France ; & la Chambre n'a
jamais pu perdre de vue que c'est particulièrement pour l'habillement du peuple 3
pour celui des cultivateurs , que les Manufactures de cette Province travaillent ;
que les étoffes d'une fabrication simple qui
sorcent de ses atteliers champêtres & dispers s, ont un grand débit dans les Provinces qui ont des vignobles, & que l'on
a particuliérement à Rouen , un intérêt réel
au sort heureux des Vignerons.
- !
tinuellement la France ; & la Chambre n'a
jamais pu perdre de vue que c'est particulièrement pour l'habillement du peuple 3
pour celui des cultivateurs , que les Manufactures de cette Province travaillent ;
que les étoffes d'une fabrication simple qui
sorcent de ses atteliers champêtres & dispers s, ont un grand débit dans les Provinces qui ont des vignobles, & que l'on
a particuliérement à Rouen , un intérêt réel
au sort heureux des Vignerons. Lorsque M. D P. nous. invite à sentir
l'avantage d'acheter de l'Etranger quand il
peut nous vendre à meilleur marché; d'être
indifférent sur la couleur du Pavillon sous --- Page 331 ---
( 75 ) lequel les marchandises sont importées ou ^
exportées ; de calculer seulement les droits
que percevra notre fisc ; de considérer qu'enfin nous donnons à cet Etranger, les moyens
de payer nos vins & les produdions du
sol, qu'il nous achete ; il nous tient le même langage que le célebre Négociateur
Methuen tenoit aux Portugais au nom de
l'Angleterre , lorsqu'il leur proposoit le fameux Traité de Commerce qui porte sou
nom , & sans doute ce sont les mêmes paroles dont M. Eden s'est servi avec nous. Avant ce Traité, obtenu par de pareilles séduêtions , les Manufactures de draps
& de lainages, s'étoient établies & perfectionnées en Portugal. Elles s'étoient même
assez accrues en 1684, pour décider le Comte d-Ereceira qu'on nommoit le Colbert de
Portugal, à faire prohiber l'importation des
draps étrangers. Ce Royaume & même le
Brésil , ne consommoient, à l'époque du
Traite de Methuen , que des draps dn Pôr- --- Page 332 ---
( 76 ) tuga!. Sa Marine marchande étoit -dive ;
mais bientôt après la ratification du Traité,
cette Marine dépérit. Toutes ses .Manufactures furent ruinées & les métiers détruits. » Que ne devons-nous pas à M. Methuen
» ( s'écrioit , dans le Parlement d'Anglen terre quelques années après ce Traité, un
» Membre de la Chambre des Communes )
» que ne devons. nous pas à celui dont l'ha-
» bileté a su assurer un grand débouché à
» nos Manufactures, & par conséquent l'em-
» ploi & l'aisance de notre peuple ! Pendant
» les vingt ans de prohibition qui ont
» précédé le Traité qu'il a heureusement
» négocié , les Portugais avoient un tel
» succès dans les Manufadures de lai-
» ne , que nous n'apportions de ce pays
» ni or ni argent ; mais depuis la libre
» importation de nos étoffes , nous lui
» enlevons son or & ne lui laissons d'argent
» que ce qu'il lui en faut indispensablement
» pour ses nécessités. Car, ( ajoutoit l'Ora- --- Page 333 ---
( 77 ) » teur Anglois ) il ne nous a rien coûté
» pour mettre leur Commerce entier dans
» nos mains : l'importation seule de nos
» Bayettes évaluée à 112,820 liv. sterlings
» paie leurs vins & nos achats divers. Un pareil éloge d'un citoyen applaudi ,
dans l'Assemblée du peuple le moins louangeur & qui connoît le mieux la science du
Commerce ; cet éloge consacré par les faits
& les succès depuis plus d'un siecle , ne
mérite-t-il pas plus de confiance que des
spéculations théoriques & systématiques >
l'importation seule de nos
» Bayettes évaluée à 112,820 liv. sterlings
» paie leurs vins & nos achats divers. Un pareil éloge d'un citoyen applaudi ,
dans l'Assemblée du peuple le moins louangeur & qui connoît le mieux la science du
Commerce ; cet éloge consacré par les faits
& les succès depuis plus d'un siecle , ne
mérite-t-il pas plus de confiance que des
spéculations théoriques & systématiques > C'est donc ainsi que les Anglois ont fait
dépérir l'agriculture , la navigation , l'iridustrie & la population en Portugal ; &
lorsquc nous réfléchissons sur la similitude
que peuvent avoir en France, les effets de
son Traité avec ceux du Traité de Methuen,
nous restons plus que persuadés » Que
» celui qui écrit sur les matieres d'Admi- --- Page 334 ---
( 79 ) » nistration, soit dans des ouvrages desti-
» nés au Public, soit dans des Mémoires
» adressés au Gouvernement , quelqu'assuré
« qu'il soit on se Croit être de la bonté de
» ses principes, doit se sentit inverti d'unie
» sorte de terreur lorsqu'il songe qu'une con-
» séquence mal tir e , qu'un conseil hasar-
» dé, qu'une fausse mesure, qu'une méprise ,
» une négligence , une erreur, peuvent faire
» du mal à vingt millions d'hommes, au lieu
» du bien que l'on se proposoit. « Puissent ceux que la Nation va honorer
de son choix , & députer à l'auguste 'Asfemblée de ses représentants , être pénétrés
de cette terreur salutaire que M. D P. nous
peint avec plus d'énergie qu'il ne l'a probablement éprouvée ! Puissent-ils écarter les
sédudions & l'impérieuse. dodrine de ces
Ecrivains qui , condamnés par le défaut
d'expérience & par un esprit de secte, à def
erreurs continuelles , sont néanmoins par le
talent, si dangereux, d'embellir des syftê* --- Page 335 ---
( 790 mes par les fausses lueurs 4es probabilités;
appelles 8t çonsultés sçuls su? des matieres
QL. la moindre erreur peut , en esset occafiqnner les plus grands maux Puiflionsnous enfin , reconnoître que , si les éléments
de la science du Commerce » si perfeâionoée en Angleterre , ne soat pas même encqre posés en France , nous devons l'imputer à la prodigieuse différence entre une
décision diélée par des gens inltruits par
l'expérience , qui traitent leurs propres affaires , & celles que commandent l'esprit
fiscal, les. .intérêts du fermier, ou qu'entraine une théorie brillante ! Puissent nos réflexions sur ces importants
objets être acceuillics , ainsi que les vœux
que nous formons pour que la Nation compte
parmi ses représentants , des personnes choifies dans l'état du Commerce ! C'est dans
cette Assemblée que les Négociants qui mériteront d'y être admis, auront enfin la fatuité de renverser des sophismes accrédités , --- Page 336 ---
( 80 ) & de faire briller les vérités consacrées par
l'expérience. C'est au milieu de ces citoyens,
jaloux de conserver au peuple son travail *
son Commerce, sa Navigation & les débouchés de son industrie , que si par la
nécessité d'une contribution générale , ce
peuple doit offrir de nouveaux tributs *
ces Négociants suggereront les moyens de
lui faire gagner plus qu'il n'offrira : ainsi en
usoit Colbert lorsqu'il étoit contraint à lui
imposer de nouveaux fardeaux.
vérités consacrées par
l'expérience. C'est au milieu de ces citoyens,
jaloux de conserver au peuple son travail *
son Commerce, sa Navigation & les débouchés de son industrie , que si par la
nécessité d'une contribution générale , ce
peuple doit offrir de nouveaux tributs *
ces Négociants suggereront les moyens de
lui faire gagner plus qu'il n'offrira : ainsi en
usoit Colbert lorsqu'il étoit contraint à lui
imposer de nouveaux fardeaux. --- Page 337 ---
OBSERVATIONS
D E LA CHAMBRE DU COMMERCE
DE NORMANDIE, S u R le Traité de Commerce entre la
France & VAngleterre. --- Page 338 --- --- Page 339 ---
A VER TISSE MEN T. LA Chambre du Commerce de Normandie j juflement alarmée sur les effets du Traité
de Commerce entre la France & £ Angleterre , relativement aux Manufactures de
cette Province , s'est empressée , il y a quatre mois y de présenter un apperçu général
de ce quelle pouvoit en prévoir ; mais les
premieres opinions quelle a données alors ,
ne pouvoient bien s'apprécier que par l'opposition rapprochée & la comparaison des
produits de /'induflrie refpeclive des deux
Nations pour donner à ce travail toute
l exactitude & toute la conviction qu'une
matiere aussi importante exige , elle s'ejl occupée de réunir aux renseignements qu'elle
s étoit d'abord procurés sur les Manufactures Angloises , tous ceux qui ont pli lui
faire connaître l'ét.lt actuel de nos atteliers
en Normandie. --- Page 340 ---
La Chambre du Commerce réunit aujourd'hui ces Observations avec celles quelle a
présentées ci-devant , & qui ont ainsi reçu ,
tout à la fois , une grande extension & le
sceau de l'expérience. Nous nous faisons un devoir de reconnoître que les deux Volumes des Manufactutes , Arts & Métiers dans l' Encyclopédie
méthodique, excellent Ouvrage de M. Roland de la Platiere , nous ont présenté des
détails & des rapprochements qui nous ont
jinguliérement affermi dans nos opinions ,
& nous ont été d'un grand secours, --- Page 341 ---
( ' ) a OBSERVATIONS
D E LA CI/AMBRE DU COMMERCE
DE NORMANDIE, SUR le Traité dz Commerce entre la France
& l'Angleterre. LA négociation la plus importante & la
pïûs difficile, est , sans doute , celle d'un
Traité de Commerce avec une Nation voisine ou éloignée. La difficulté redouble lorsque cette Nation , par sa position, son caridere distindif, & son systême politique,
cst nécessairement en rivalité de Puissance
& de Commerce ; lorsque les deux Nations
contractantes ont chacune une a&ivité, une --- Page 342 ---
( 1 ) îndustrie , des richesses, & une tendance
prcsqu'égale vers la célébrité & la supériorité. C'est sous ce point de vue que la Chambre du Commerce de Normandie , a considéré le Traité de Commerce entre la France & l'Angleterre. On ne peut assez analyser dans toutes ses parties, ce monument
célebre , &. qui fera époque chez les deux
Nations. Il a fallu des connoissances bien
affermies pour embrasser tous les rapports
de ces deux Puissances, & indiquer les intérêts réciproques qui peuvent cimenter leur
union.
brité & la supériorité. C'est sous ce point de vue que la Chambre du Commerce de Normandie , a considéré le Traité de Commerce entre la France & l'Angleterre. On ne peut assez analyser dans toutes ses parties, ce monument
célebre , &. qui fera époque chez les deux
Nations. Il a fallu des connoissances bien
affermies pour embrasser tous les rapports
de ces deux Puissances, & indiquer les intérêts réciproques qui peuvent cimenter leur
union. L'espoir d'en faire le gage d'une paix
durable étoit bien digne du cœur de Louis
XVI ; & sins doute , Henri IV voulut
unir , par un pareil noeud , les deux Nations , lorsque M. de Sully fut obligé de perdre
quelque temps les Finances de vue , pour
aller en Angleterre traiter une négociation
de Commerce : dans ses instructions, il eue --- Page 343 ---
( 3 ) a 2 Ordre de représenter que l'inégalité du traitement entre les deux peuples , privoit la
France des avantages d'une correspondance
mutuelle. Il ne paroît pas que la bonne volonté d'Henri IV ait produit alors aucun
bon effet ; mais il n'e-st pas hors de propos
de connoître à cette occasion , l'antiquité
des maximes ou du systême de nos rivaux* Les nombreux traités de paix qui, jusqu'à
nos jours, ont suivi nos fréquentes guerres
avec l'Angleterre , ont successivement donné
lieu à de vaines tentatives, pour établir f
entre les deux Nations, un commerce d'une
utilité réciproque & durable. Nous devons croire que les Ministres
éclairés , qui ont enfin négocié & conclu
le Traité de Commerce avec l'Angleterre,
avoient long-temps médité cet important
travail pour s'assurer respedivement les avantages que les deux Nations contractantes
ont dû s'en promettre. Les diverses corporations des Négociants, --- Page 344 ---
- ( 4 ) des Fabricants de l'Angleterre , ont été
consultées par .leur: Gouvernement, & entendues par. la Chambre des Communes sur
les articles de èe Traité : c'est à la majorité de leurs voix qu'il doit son existence.
On verra dans la suite de ces Observations,
avec quelles précautions ils en ont fait distraire les objets qui pourroient nuire au
Commerce de la Nation. L'énergie & l'industrie des Anglois sont toujours guidées
par la connoissance la plus éclairée de leurs
vrais intérêts, & aiguillonnées par le plus
puissant mobile des ames fortes & patriotiques : la gloire nationale. Les Chambres de Commerce, les Manufactures de France, n'ont été instruites de
ce Traité que lorsqu'il a été consommé :
alarmées du tort que notre négoce & notre
industrie pouvoient éprouver de la concurrence des Manufactures Angloises , quelques-unes d'entr'elles ont osé porter des
représentations au pied du trône ; elles
étoient inspirées par la juste confiance eo --- Page 345 ---
( ? ) a 3 la bonté paternelle de notre auguste Mo"
narque, jaloux de conserver au commerce
de son Royaume la prospérité dont il iouit,
& la célébrité qu'il mérite.
que notre négoce & notre
industrie pouvoient éprouver de la concurrence des Manufactures Angloises , quelques-unes d'entr'elles ont osé porter des
représentations au pied du trône ; elles
étoient inspirées par la juste confiance eo --- Page 345 ---
( ? ) a 3 la bonté paternelle de notre auguste Mo"
narque, jaloux de conserver au commerce
de son Royaume la prospérité dont il iouit,
& la célébrité qu'il mérite. • 0 La sandion donnée "par le Roi au Traité
de Commerce avec l'Angleterre , imposoit
à la Chambre de Normandie de ne pas
précipiter son opinion sur les effets qu'on
pouvoir en éprouver dans la Province ; elle
a cru devoir préliminairement s'iuftruire de
l'état aduel & de l'état présumé possible ,
des Manufactures d'Angleterre ; se procurer
des tableaux rai tonnes & comparatifs des
objets qui pourroient entrer en concurrence avec les produits de l'industrie Normande : c'est ainsi qu'elle s'est flattée d'indiquer
avec connoissance les Manufactures qui souffriront de cette rivalité , si leurs efforts ,
pour la combattre , ne sont pas secourus ;
celles dont on peut accroître le succès par
les moyens ingénieux que les Anglois ont
adoptés : celles enfin dont les résultats se
trouveraient dans une telle disproportion , --- Page 346 ---
( o qu'il seroit impossible de parvenir à les balancer. Pour obtenir ces utiles renseignements &
ces comparaisons nécessaires , la Chambre
a jugé indispensable d'envoyer en Angleterre
une ou deux personnes versées dans la connoiflance des Manufactures de la Province
& de la langue Angloise ; elle a fait part
de ses dispositions à M. de Villedeuil, alors
Intendant de la Généralité, dont elle a reçu les encouragements les plus flatteurs : en
conséquence elle a choisi pour cette misfion, deux Négociants de Rouen qu'elle a
jugé capables de la remplir. Depuis ce voyage, la Chambre a cru devoir inviter encore l'un d'eux de faire en
Normandie, dans les différents lieux de
grande fabrication , une tournée pareille à
celle qu'il venoit de faire chez nos voisins.
C'est d'après les journeaux de ces deux
Négociants , & leurs réflexions judicieuses,
que la Chambre a rédigé ce Mémoire ; elle --- Page 347 ---
(7) a 4 le présente accompagné d'un tableau, qui"
réuni aux rapprochements & aux détails
dans lesquels elle va entrer , peut concourir à faire porter un jugement sur la situation réciproque des Manufactures des deux
Royaumes , & faire connoître quelles sont,
en Normandie , les branches d'industrie qui
ont le plus besoin -des encouragements &
de la protection du Gouvernement , pour y
rétablir l'équilibre. Mais pendant que nous nous livrons à ce
travail, dont nous voudrions hâter la conclasion, pour ne pas retarder en faveur de
nos Manufactures , les secours qu'il peut
obtenir, les alarmes du Commerce s'accroissent tous les jours, & deviennent des
maux réels, par la vente la plus active de
tous les articles des Manufactures Angloises qui peuvent entrer en concurrence avec
ceux de nos fabriques. Il n'est aucun article de consommation habituelle , dont l'Angleterre n'ait déjà approvisionné & comblé
tous les magasins de la France , & parti-
, pour ne pas retarder en faveur de
nos Manufactures , les secours qu'il peut
obtenir, les alarmes du Commerce s'accroissent tous les jours, & deviennent des
maux réels, par la vente la plus active de
tous les articles des Manufactures Angloises qui peuvent entrer en concurrence avec
ceux de nos fabriques. Il n'est aucun article de consommation habituelle , dont l'Angleterre n'ait déjà approvisionné & comblé
tous les magasins de la France , & parti- --- Page 348 ---
( 8 ) culiérement ceux de cette Province ; plus
grand nombre de ces articles dopne aux
Anglois une prépondérance encore plus victorieuse que celle que nous avions annoncée
pans notre premier apperçu. Il est affligeant de voir les Fabricants
qui souffrent de cette rivalité , déjà diminuer successivement le nombre de leurs ouvriers;" & des Manufadures intéressantes céder , d'une autre maniere , à ce fléau , en
substituant à la vente des articles de leurs
propres atteliers , celle des articles Anglois
qu'ils font venir dans l'état de sabrication
où ils peuvent être établis en Angleterre à
meilleur marché, n'ayant à recevoir qu'un?
derniere main. Ces marchandises étrangeres reçoivent
ainsi de nos Fabricants les apprêts convenables à leur consommation ; elles sont revêtues de leurs noms, de leurn marques ,
& débitées comme marchandises Françoises;& on sent aisément combien il résulte de --- Page 349 ---
( ) cette disposition , uni préjudice notable aux
matieres premieres de notre: sol > & a notre industrie populaire. On se tromperoit beaucoup, si, par suite
de la confiance que l'on a donnée aux opinions qui ont influé en faveur du Traité
de Commerce avec l'Angleterre , on se reposoit sur les resso.urces de notre sol &
de notre agriculture. 1°. Nous avons aujourd'hui l'expérience
que l'Angleterre n'a point, depuis l'exécution du Traité de Commerce) augmenté la
consommation qu'elle faisoit ci-devant de
nos vins ; cet objet étoit cependant présenté comme devant opérer une grande compensation & faire rentrer en France le numéraire immense que doivent nous enlever les
articles de fabrication Angloise dont nous
sommes inondés. 20. L'Abondance des productions en Angleterre , la perudion de l'agriculture ,
l'excellente exploitation des mines, con-: --- Page 350 ---
( 10) courent autant au bon marché de la fabrication que Pindustrie ,• & si en France on peut, en peu d'années , acquérir tous
les moyens que les Anglois ont d'abréger &
de Amplifier leur main-d'œuvre , & dont
nous allons donner connoissance ; l'intervalle
ordinaire d'une paix entre les deux Puisjsances , ne suffit pas pour perfectionner
notre agriculture , multiplier & améliorer
la race de nos moutons , étendre & perfedionner l'exploitation de nos mines :
nous regretterons , sans doute , qu'on ait
compté , autant qu'on paroît l'avoir fait ,
sur les ressources du sol & de l'agriculture
en France.
leur main-d'œuvre , & dont
nous allons donner connoissance ; l'intervalle
ordinaire d'une paix entre les deux Puisjsances , ne suffit pas pour perfectionner
notre agriculture , multiplier & améliorer
la race de nos moutons , étendre & perfedionner l'exploitation de nos mines :
nous regretterons , sans doute , qu'on ait
compté , autant qu'on paroît l'avoir fait ,
sur les ressources du sol & de l'agriculture
en France. Les Anglois ont bien senti que nos efforts
dans cette partie ne pouvoient être que
d'un effet lent & tardif ; & il est à craindre qu'après avoir joui de tous les avances
inespirés dont la Paix & le Traité de Commerce les auront comblé , ils n'arrêtent
par une guerre , l'effet que pourroit enfin
produire la sollicitude du Gouvernement --- Page 351 ---
( 11) pour soustraire la Nation à cette terrible
concurrence. Cependant l'administration qui a consommé ce Traité , a porté, sans doute, toutes
ses espérances sur cette révolution si lente
& si éventuelle ; elle a cru devoir enfin
éveiller notre industrie , en admettant, dans
nos propres foyers , la concurrence de la
Nation la plus industrieuse. L'Agriculture
& les Manufadures de la Normandie n'avoÍent pas bcsoin d'un stimulant aussi violent : les sources de sa population, les richesses du sol & de l'induflrie , se prêtent
dans cette Province de mutuelles forces ;
& l'expérience du pane faisoit assez connoître ce qu'on pouvoit attendre , pour l'avenir , dans l'ordre naturel des Choses. Mais ne différons pas plus long-temps
les rapprochements & les détails qui peuvent nous guider sur les encouragements
& les secours nécessaires pour prévenir les
maux que nous annonçons , & pour y remédier. --- Page 352 ---
( 12 ) On peut estimer qu'il se fabtique dans
la seule Généralité de Rouen , année commune ; au moins cinq cents mille pieces
de toiles & toileries , qui peuvent être évaluées , sortant de la main du Fabricant ,
de à 50 millions : par l'examen de la
nature des matieres premieres & des différentes opérations qu'elles subissent & celui
des profits du Commercç , Qn se persuade
que les deux tiers de cette valeur totale
sont réservés aux différentes sortes de maind'œuvre de fabrique , & aux prosits des
Marchands & Négociants. Les lainages de la Généralité de Rouen ,
sans y comprendre la bonneterie & la chapelerie , en y réunissant seulement les draperies & autres étoffes de Louviers , d'Elbeuf , de Rouen , de Darnetal , Andely ,
Evreux & autres Villes de la Généralité ,
peuvent être estimés , année commune , à
une fabrication au mains de 34 mille pièces , dont l'évaluation totale , au prix de
la consommation , peut être porté à 20 --- Page 353 ---
( 13 ) millions ; l'examen de la nature de la matiere première , des différentes opérations
; de' fabrique ; celui des profits du Commerce , présente un partage à peu près égal
de ce produit de 20 millions ; c'est-à-dire,
que la moitié est la valeur de la matiere
première, & l'autre moitié est réservée à
la main-d'œuvre , & au profit des Fabricants , Marchands & Négociants, La bonneterie en coton , à Rouen , est
une des, fabriques les plus considérables en
ce genre, & on peut ajouter des meilleures. On peut estimer qu'il se fait , dans
Rouen & ses Fauxbourgs , environ 18000
douzaines de paires de bas ou bonnets de
coton.
valeur de la matiere
première, & l'autre moitié est réservée à
la main-d'œuvre , & au profit des Fabricants , Marchands & Négociants, La bonneterie en coton , à Rouen , est
une des, fabriques les plus considérables en
ce genre, & on peut ajouter des meilleures. On peut estimer qu'il se fait , dans
Rouen & ses Fauxbourgs , environ 18000
douzaines de paires de bas ou bonnets de
coton. On calcule que la fabrication de cet article dans les campagnes des environs , peut
donner égalemcnt 18000 douzaines de paires de bas, & on peut en évaluer le produit total de 1600000 à 2 millions , année commune , dont les deux tiers doivent --- Page 354 ---
( 14 ) être considérés comme main-d'œuvre &
profit pour cette Ville & ses campagnes. Les autres branches d'industrie de la
Ville de Rouen & de la Généralité , offrent encore des atreliers nombreux , tels
que la badestamerie en laine , la rubannerie , les tanneries , les faïanceries, les forges , fonderies , rasineries , lamineries &c.
& nous estimons que leur produit, réuni
à ceux que nous avons présenté ci-dessus ,
peut s'évaluer de 81 à 90 millions , année
commune , dont la moitié au moins , reste
annuellement dans la Généralité pour payer
la main d'œuvre , ses profits & ceux des
agents , en grand & en détail , de cette
immense fabrication , de cette précieuse
industrie , source féconde & toujours renaissante du numéraire qui , dans cette Provinc- , donne une valeur si utile au produit de scn sol , & qui est d'un secours
si indispensable pour le paiement des sommes immenses qu'elle verse annuellement
dans le trésor du Roi , & auxquelles il --- Page 355 ---
( 15 ) faut un si longtemps & un si grand circuit
pour revenir dans la Province ! Cet apperçu général suffiroit, sans doute,
pour rendre sensible l'effet inévitable de la
concurrence des articles de fabrication Angloise, lorsqu'ils fourniroient à la consommation du Royaume , seulement en partage
avec les articles de notre propre industrie ;
mais ce partage est déjà devenu une préférence , & on ne peut pas se dissimuler qu'il
diminuera successi vement , dans cette Généralité , le retour du numéraire ; que notre agriculture y recevra une moindre valeur de ses produits , & que la perception
des impôts y deviendra plus difficile : confirmions qui ne sont pas indifférentes ,
dans la circonstance actuelle , & que nous
présentons plus particulièrement , dignes de
toute l'attention de l'Assemblée provinciale.
age est déjà devenu une préférence , & on ne peut pas se dissimuler qu'il
diminuera successi vement , dans cette Généralité , le retour du numéraire ; que notre agriculture y recevra une moindre valeur de ses produits , & que la perception
des impôts y deviendra plus difficile : confirmions qui ne sont pas indifférentes ,
dans la circonstance actuelle , & que nous
présentons plus particulièrement , dignes de
toute l'attention de l'Assemblée provinciale. La Ville de Rouen est une des plus dignes des regards bienfaisants du Souverain ;
ses nombreuses Manufadures & celles de Tableau
d'échantillons
François
& Anglois , du
FO. ier.
au F°. $
inclufivemenr. --- Page 356 ---
( 16 ) tes environs , les nombreux atteîiers du
pays de Caux qui en dépendent , sont consacrés à des objets d'utilité premiere & absolument générale ; par cette raison même,
ils excitent plus l'envie f & sont plus exposés à là rivalité de l'industrie étrangere:
il importe donc à leur intérêt particulier,
comme à celui de la Nation , qu'ils ne perdent pas la prospérité qu'ils se sont acquise. La nouvelle émulation , dont ils vont
avoir besoin pour soutenir une concurrence redoutable , réclame , non - seulement
une protedion générale, mais des bienfaits
infiants & aduels. La Chambre est inquiete
de l'effet immédiat de l'invasion des cotonnades Angloise , dont la perfedion des apprêts & le mérite de la filature , réunis
au bon marché , leur a déjà procuré un immense débit. Un coup d'œil sur le folio %
du Tableau & sur les Cartes respectives
d'échantillons de Manchester , & de ceux
imités dans les Fauxbourg Saint Sever de
Rouen, démontrera le désavantage de ce
dernier --- Page 357 ---
1 ( 17 ) b dernier attelier ; cependant l'existence de
pleurs familles, l'aliment d'un grand nombre d'ouvriers des deux sexes , dépendent
des travaux & de la continuité des succes
que cet établi sT. ment moderne , dû au zele
de feu M. Holker ; avoit obtenu avant la
concurrence. Telle soit la confiance q l'on pourrait
avoir dans les efforts d'un peuple laborieux
& dans les ressources , l'adivité & le zele
patriotique des Négociants de Rouen ; nous
devons au moins craindre , pendant l'hiver
prochain , l'effet du premier choc de la rivalité Angloise. Plus de 46 mille ouvriers ,
compris dans les murs & la Banlieue de
Rouen , lorsqu'ils manquent de travail t
manquent aussi-tôt de pain • les nombreux:
atteliers du pays de Caux sans occupation,
n'offrent plus de ressources pour ceux qu'ils
entretiennent, & notamment pendant la faison rigoureuse où les champs ne réclament:
point de bras , les plus modérés ne poursoient voir de salut que dans l'expatriation ; --- Page 358 ---
■ ( 18 ) & ce malheur est bien à redouter. Le peu ec
fortune de nos maîtres Fabricants en général , ne leur permet de continuer leurs entreprises qu'en proportion du débouché. La
munificence du Gouvernement peut donc
seule prévenir cette crise funcfte , par des
primes qui encouragent la fabrication &
préparent un avenir plus heureux , par des
avances gratuites & des prix d'encouragement aux Entrepreneurs des méchaniques ;
des prix d'encouragement aux artisans regnicoles ou étrangers qui pourront les exécuter.
à redouter. Le peu ec
fortune de nos maîtres Fabricants en général , ne leur permet de continuer leurs entreprises qu'en proportion du débouché. La
munificence du Gouvernement peut donc
seule prévenir cette crise funcfte , par des
primes qui encouragent la fabrication &
préparent un avenir plus heureux , par des
avances gratuites & des prix d'encouragement aux Entrepreneurs des méchaniques ;
des prix d'encouragement aux artisans regnicoles ou étrangers qui pourront les exécuter. Les jennys ou indruments à filer, depuis
20 jusqu'à 80 fils , remplacent en Angleterre , jusques dans les Villages , les rouets
simples ; & leur concurrence , aidée par
celle de grands moulins de filature , y ont
décidé l'économie & la perfedion des étoffes
Angloises. Lorsque nous posséderons aussi
généralement qu'en Angleterre, des moyens
aussi Ingénieux , il faut espérer que l'énergie ,
l'activité Normande , le goût créateur
qui préside à la variété de ses dessins , & --- Page 359 ---
( 19 ) b 2 la sollicitude du Gouvernement, pour assurer
des débouchés aux fruits de notre travail,
feront le reste. Nous insisterons particulierement sur les
ressources des méchaniques Angloises, parce
que cette nation doit, en grande partie , la
supériorité de sa main - d œuvre à l'usage de
ses méchaniques, dans toutes les opérations
où elles ont semblé praticables. En Angleterre , un courant d'eau fait , par son im.
pulsion , agir en même-temps des machines à
décarder , à dégrossir & à réduire par degré
le coton à la ténuité nécessaire pour l'adapter
à la filature , dont l'opération se fait pac
d'autres machines , que le même courant
d'eau fait mouvoir. Nous avons appris avec
plaisir , que dans la colledion des méchaniques faites , à Paris , par ordre du Conseil t
il en existe une très - parfaite en ce genre ;
mais il est très - pressant de les multiplier
& de les mettre en usage. Cette. tentative
dispendieuse vient d'être entreprise à Louviers
avec assez de succès pour ne pas faire regret- --- Page 360 ---
( 20 ) ter les avances qui y ont été faites ; maid
quoique cette utile entreprise soit suivie par
des Négociants & des Manufacturiers riches
& éclairés, il devient très - important que le
Gouvernement François daigne encourager
spécialement les premiers efforts de cette
industrie , & se prêter aux dispositions
nécessaires pour en assurer le succès. Nous nous réunissons sur cet objet , au
vœu du Mémoire que les Intéressés ont donné à M. le Contrôleur général ; il présente
les demandes les mieux motivées, l'instruction la plus satisfaisante sur cette entreprise , à laquelle ces Meilleurs ont donné leur
temps, leur zele & des fonds assez considérâbles. Nous ne nous dissimulons pas que nous
devons répondre aux objedions qu'on pourroit faire , d'après l'opinion qui a longtemps régné en France , que plus nos Manufactures occupoient d'ouvriers , plus elles
choient utiles ; que l'on ne devoit pas trop --- Page 361 ---
( 21 ) [texte_manquant] chercher a Amplifier les différentes opérations des fabriques ; qu'il ne convenoit pas
de faire faire à un seul ce qui pouvoir en
faire (ubsister vingt. Nous ne nous étonnons
pas , d'après ce principe , si on a moins
cherché en France qu'en Angleterre , à encourager les arts qui pouvoient diminuer le
nombre des ouvriers employés à chaque
opération : si même on a cherché à les
éloigner.
--- Page 361 ---
( 21 ) [texte_manquant] chercher a Amplifier les différentes opérations des fabriques ; qu'il ne convenoit pas
de faire faire à un seul ce qui pouvoir en
faire (ubsister vingt. Nous ne nous étonnons
pas , d'après ce principe , si on a moins
cherché en France qu'en Angleterre , à encourager les arts qui pouvoient diminuer le
nombre des ouvriers employés à chaque
opération : si même on a cherché à les
éloigner. Les Anglois ont vu la même chose d'une
maniere absolument opposée ; ils ont pense
que dans une Nation riche & d'une grande
agriculture , la main-d'œuvre devoit erre
çhere ; que sans une industrie particuliere ,
leurs Manufactures ne pourroient lutter avec
celles des pays où l'argent n'est pas si abondant ; qu'ils n'avoient d'autre moyen de con-*
server l'avantage de leur côté , qu'en faisane
faire à un seul , les opérations qui en occu-*
poient plusieurs ; qu'ils craindro'ent , mal-<
à - propos , qu'une partie de leurs ouvriers
sestât sans travail : que s'ils pouvoient , en --- Page 362 ---
( " ) simplifiant leurs opérations, baisser le prix
de leurs étoffes, ils en augmenteroient infiniment les débouchés & la consommation :
qu!enfin le produit de leurs Manufactures se
consommeroit dans l'étranger, ou dans leur
propre pays ; que dans le premier cas , ils
n'auroient la préférence qu'autant qu'ils vendroient à meilleur marché ,• que dans le second, ce seroit une injustice de ne pas employer tous les moyens qui pourroient les
mettre à portée d'établir , par leur propre
industrie & sans avoir recours à l'étranger ,
au prix le plus modéré possible , les choses
agréables , utiles ou nécessaires à leurs concitoyens. Nous eflimons que ces considérations , si
raisonnables & si persuasives , peuvent ,
depuis plusieurs années , s'adapter à la situation de la France , mais plus particulièrement à celle de cette Province , eu égard à
l'accroissement successif du prix de la maind'oeuvre ; mais il n'y a pas de doute que le
Traité de Commerce avec l'Angleterre, n'en --- Page 363 ---
( 23 ) b * fasse aujourd'hui pour nous , des vérités im.
périeuses qui détruisent victorieusement toutes
les objedions qu'on pourroit nous faire contre notre opinion & les moyens que nous
présentons pour simplifier & abréger la maind'œuvre en France. Les poteries & faïances Françoises ne peuvent éviter un préjudice notable : le bas prix
du charbon de terre permet aux Anglois
d'établir ces articles à 25 pour cent au-dessous
de ceux fabriqués en France. Les faïanceries
de Rouen conservent encore le débouché &
la préférence qu'elles ont obtenu depuis longtemps dans nos Colonies; mais elles y auront
néanmoins à combattre la rivalité étrangere
pour certains ouvrages , & ne pourront pas
la soutenir pour la consommation intérieure
du Royaume ; la faïancerie Angloise n'étant
tarifée qu'à 12 pour cent de sa valeur , il en
est déjà arrivé à Rouen des cargaisons confidérables , & comme il est à présumer qu'il en
est de même dans les autres Ports , les faïances de Rouen , & en général celles de Fran-
y auront
néanmoins à combattre la rivalité étrangere
pour certains ouvrages , & ne pourront pas
la soutenir pour la consommation intérieure
du Royaume ; la faïancerie Angloise n'étant
tarifée qu'à 12 pour cent de sa valeur , il en
est déjà arrivé à Rouen des cargaisons confidérables , & comme il est à présumer qu'il en
est de même dans les autres Ports , les faïances de Rouen , & en général celles de Fran- --- Page 364 ---
( 24 ) ce , sont privées d'un débit nécessaire pour en
apurer la prospérité : cette branche de fabrication nourrit à Rouen un nombre considérable d'ouvriers. Les 36000 douzaines de paires de bas ou
bonnets de coton qui se fabriquent dans la
Ville de Rouen , ses Fauxbourgs & les Campagnes des environs, sont le produit de 1200
métiers. Depuis trois mois on estime qu'il
y a seulement à Rouen plus de cent métiers
vacants, & on ne fait point de doute que,
sous un court délai, il n'y en ait un plus grand
nombre. Les Marchands de Rouen & du
dehors s'approvisionnent dans les magasins
Anglois qui ont fait entrer, depuis le Traité,
plus de 3000 douzaines de paires de bas
bonnets de coton. Cette concurrence doit nuire beaucoup
aux fabriques de Troyes, qui sont fort étendues dans cet article. Rouen , dans son intérieur & ses Faux. --- Page 365 ---
( 25 ) bourgs , présente aussi des atteliers considérables en lainages ; peu de draps des ratines , des espagnolettes croisées & lisses, &
des flanelles. On peut évaluer cette fabrication à 3800 pieces : les rapprochements que
nous ferons des articles Anglois avec ceux
de Darnetal, pourront s'appliquer aux lainages de Rouen. Nous nous proposons de mettre successivement en opposicion dans nos Observations
& nos détails, les Villes & Cantons de notre
Province qui réunissent une grande industrie
& les Provinces & les Villes de l'Angleterre
les plus célebres par leurs Manufactures. Manchester est pour l'Angleterre ce que
Rouen est pour la France ; l'immense fabrication des étoffes de coton , l'industrie des
Manufactures ^ leur adivité , la ressource
de leurs méchaniques , les mettent en état
d'établir chez nous plusieurs articles avec
10 & 1) pour cent d'économie. Les moyens
qu'ils emploient pour que l'oavrier ne manTableau
du l' °,
1er. au
FO. 5 inclufivement. --- Page 366 ---
( 26 ) que jamais de travail , leurs projets déja
réalisés, pour accorder des récompenses à
tous ceux qui leur apportent des talents &
des découvertes ; tout atteste la richesse des
Maîtres Fabricants & la sollicitude du Gouvernement pour entretenir & favoriser l'industrie. L'émulation de Manchester est dans
sa jeunesse ; elle a joint au desir d'apprendre,
celui de perfectionner , & elle voit déjà son
attention laborieuse , jouir des plus brillants
succès. Les Campagnes de Manchester , toute la
Province de Lancastre , Kendal & ses environs , sont remplis de méchaniques pour la
préparation & la filature des matieres, pour
la tissure d'étoffes en couleur , en blanc , à
teindre , imprimer ou apprêter , & pour le
blanchiment , la teinture , l'impression ou
l'apprêt de ces mêmes étoffes. En général,
leurs étoffes, leurs toiles sont plus fines, d'une
filature plus égale , plus belles enfin que les
nôtres ; cependant elles sont à plus bas prix ,
ce qui provient du secours de ces méchani-
des matieres, pour
la tissure d'étoffes en couleur , en blanc , à
teindre , imprimer ou apprêter , & pour le
blanchiment , la teinture , l'impression ou
l'apprêt de ces mêmes étoffes. En général,
leurs étoffes, leurs toiles sont plus fines, d'une
filature plus égale , plus belles enfin que les
nôtres ; cependant elles sont à plus bas prix ,
ce qui provient du secours de ces méchani- --- Page 367 ---
( 27 ) ques à carder & à filer le coton , d'une
exécution parfaite & très-expéditive , & du
moindre prix que les Anglois mettent aux
avances qu'ils sont toujours disposés à faire
pour la perfection de leur fabrication. A l'aide de tous ces moyens; réunis, on
se flatte à Manchester d'égaler bientôt les
Mousselines des Indes. Le plus haut prix
de celles qu'on y a fabriquées jusqu'à présent , n'excede cependant point huit schellings , ou dix francs la verge ; ( i ) mais il
s'en fait si considérablement qu'on ose l'évaluer à 5oo mille livres tournois par semaine.
Quoiqu'il soit permis de douter de la réalité
de cette assertion , on est effrayé de l'immense débouché que les Anglois ont su se procurer de cet article , d'autant plus qu'on assure que les magasins de la Compagnie contenoient, il y a quelques mois, pour 80 millions
de mousselines des Indes. ( 1 ) La verge Angloise a environ un pouce de
plus que trois quarts d'aune de France. --- Page 368 ---
1 1 ( 28 ) Les Anglois ont su singulierement perfectionner les métiers à bas , & de maniere à
rendre , en même-temps , leurs opérations
plus parfaites & bien plus expéditives. Nous
avons connoissance qu'on ess parvenu, à grand
frais , à leur en enlever quelques-uns qui ont
été introduits en France ; qu'ils y sont bien
connus. Il s'esfc même formé une çntreprise
pour en établir un attelier ; mais la concurrence que le Traité de Commerce a fait
naître , a forcé d'abandonner cet esTai , vraiment patriotique, & on ne pourra à cet égard
faire de nouvelles tentatives que très-difficilemeni , & après avoir Amplifié & améliore
notre filature , & en avoir diminué le prix ,
en multipliant & facilitant les méchaniques
dont nous avons déjà désigné l'usage. En attendant, les campagnes de Manchestpr i toute la Province de Lancastre, va s'enrichir de la consommation énorme qui lui est
ouverte en France , pour toutes ses étoffes de
coton , comme pour les bas & bonnets de
coton , au grand préjudice de notre industrie --- Page 369 ---
( 29 ) dans cette branche de fabrication , qui, pour
la badeilamerie en coton seule , occupe ea
France 15000 métiers. la fabrique des petites toiles , tout fil
à carreaux, dites gingas & fils d'épreuve,
e8: aujourd'hui très-répandue dans toutes
les campagnes de Manchester ; & il n'est
pas indifférent de savoir que les Anglois t
lorsqu'ils voulurent établir cette fabrique
chez eux , furent contrariés par la difficulté
de l'imitation , & sur-tout par celle de
l'égalité du prix ; mais qu'ils leverent bientôt tous les obstacles, en accordant une
gratification de cinq scellings par piece, &
qu'en peu de temps, pour une seule expédition de flotte de Cadix , ils furent ea
état d'y en envoyer 30 mille pieces.
pas indifférent de savoir que les Anglois t
lorsqu'ils voulurent établir cette fabrique
chez eux , furent contrariés par la difficulté
de l'imitation , & sur-tout par celle de
l'égalité du prix ; mais qu'ils leverent bientôt tous les obstacles, en accordant une
gratification de cinq scellings par piece, &
qu'en peu de temps, pour une seule expédition de flotte de Cadix , ils furent ea
état d'y en envoyer 30 mille pieces. Quant aux guinées imitées à Manchester,
il manque à leur assortiment quelques especes que nous fabriquons ; ils établissent
}c< 1 à meilleur marché que nous ; cc-
~« les Megres préferent les nôtres qui, --- Page 370 ---
( 30 ) mélangées de diverses couleurs brillantes *
flattent plus leur goût ; mais cet avantage
nous sera bientôt enlevé , puisqu'ils ont nos
échantillons, & que plusieurs de nos Teinturiers en rouge des Indes, tentés par leurs
offres, sont déjà passés en Angleterre. Nous ne connoissons aux Anglois , pour
leurs Manufactures de toiles , d'autres inventions, pour Amplifier le travail, que la navette
volante & le moulin à lin , parce que la nature des fibres du lin ne se prêtent point à j
l'application des machines à filer & à car- f
der ; mais on assure qu'ils ont trouvé, par
des moulins à eau, le moyen de tifler plufleurs pieces de toiles à la fois sur les mêmes métiers. Les toiles en Ecosse & en Irlande sont
un des principaux objets de fabrique de ces
deux Royaumes ,• jusqu'à ces derniers temps, le grand blanc & le bas prix des toiles
d'Irlande, leur ont obtenu toute prtffrence en Angleterre; mais depuis que les Anglois se sont particuliérement appliqués à --- Page 371 ---
( 3' ) déterminer les Ecossois à de grandes entreprises d'agriculture & d'industrie , ceux-ci
en fabriquent une plus grande quantité qu'ils
ne faisoient précédemment, & d'une qualité égale à celle d'Irlande. La France, & particuliérement cette Procince , doivent s'effrayer de l'émulation de
ces deux peuples , qui développent une industrie nouvelle , dont la main-d'œuvre est
à très-bas prix , ou les ouvriers vivent principalement de pommes de terre ou de farine d'avoine délayée dans de Peau ; & dont
les efforts reçoivent, sans doute , l'encourage ment le plus puissant, par le nouveau
débouché que leur Gouvernement leur a.
ouvert en France. Il se fabrique à Manchester & dans ses
environs , ainsi qu'à Rouen , beaucoup de
toiles fil & coton ou siamoise, toutes les
chaînes de fil sont d'Irlande ou d'Allemagne , & y sont importées par la voix d'Hambourg; mais elles n'ont ni la consistance, --- Page 372 ---
-( 3Z ) ni le nerf de celles de Basse-Normandie.
On assure que les Anglois en ont bientôt
connu la supériorité , & que déjà ils achètent à Condé-sur-Noireau & dans ses environs , ces chaînes de fil si préférées & si
préférables à celles d'Allemagne.
rlande ou d'Allemagne , & y sont importées par la voix d'Hambourg; mais elles n'ont ni la consistance, --- Page 372 ---
-( 3Z ) ni le nerf de celles de Basse-Normandie.
On assure que les Anglois en ont bientôt
connu la supériorité , & que déjà ils achètent à Condé-sur-Noireau & dans ses environs , ces chaînes de fil si préférées & si
préférables à celles d'Allemagne. Il est désavantageux , sans doute, aux
fabriques de cette Province , de ne pouvoir
s'assurer l'emploi exclusif de ces fils , auxquels elles doivent encore quelque supériorité ; mais d'un autre côté , on peut dire
que le lin filé & en chaîne doit être coniidéré déjà comme un objet qui laisse dans
le Royaume, outre le produit de la culture,
celui d'une main-d'œuvre réelle. Le Gouvernement Anglois paroît avoir envisagé cet
article sous ce point de vue, puisque dans
son tarif il en a taxé les droits d'entrée à
un taux excessif; il a présumé, sans doute,
que nos lins filés & préparés j pourroient
devenir pour nous d'une exportation trèsétendue & très-utile , au préjudice de leur
culture en cette produ&ion, & de la premiere --- Page 373 ---
( i3 ) c miere main-d'œuvre qu'elle reçoit pour être
filée & préparée ; ainsi nos Fabricants ont
moins à craindre à cet égard la rivalité des
acheteurs Anglois. Tout le travail préparatoire du coton ,
pour en faciliter la filature, & lui communiquer les couleurs convenables aux tissus,
exige des exflccations tantôt graduées , tantôt rapides, & le bas prix du combustible donne à cet égard, sur nous, un grand
avantage aux Anglois. Le charbon de terre
ne coûte aux habitants de Manchester que
neuf schellings ou onze livres cinq sols tournois , le tonneau pesant 2000 liv , qui nous
revient à Rouen de 47 à 50 liv* Nous avons présenté ci-dessus un léger
apperçu de l'immense & très-intéressante
fabrication des lainages dans cette Généralité. Nous allons entrer dans quelques détails. Nous les étendrons sur les lainages
plus grossiers qui se fabriquent dans cette
Province, & nous ferons également fuccé- --- Page 374 ---
C 3i ) der, en cppofition les détails que nous
avons réuni sur l'industrie Angloise dans
cette partie. Louviers mérite d'être au rang des Villes de Manufactures les plus intéressantes
du Royaume. Nous ne déterminerons pas
si ces draps sont à leur dernier degré de
bonté. Tour est bien , sans doute , pour
cette Manufacture , puisque 11 con forn mation de ses draps est immense. Le Fabricant scmble s'éveiller chaque jour avec un
dessin nouveau. Malgré l'adivité de chaque
attelier, cette fabrique ne peut suffire à la
demande nationale.
ette partie. Louviers mérite d'être au rang des Villes de Manufactures les plus intéressantes
du Royaume. Nous ne déterminerons pas
si ces draps sont à leur dernier degré de
bonté. Tour est bien , sans doute , pour
cette Manufacture , puisque 11 con forn mation de ses draps est immense. Le Fabricant scmble s'éveiller chaque jour avec un
dessin nouveau. Malgré l'adivité de chaque
attelier, cette fabrique ne peut suffire à la
demande nationale. Les Anglois sont forcés de rendre justice
à la beauté de ces draps , ainsi qu'à ceux
d'Abbeville & de Sedan. Ils ne peuvent se
dissimuler qu'ils sont plus doux que les leurs,
& que les couleurs en sont plus vives
plus seduisantes ; mais nous ne pouvons pas
espérer d'en vendre en Angleterre. Les Anglois , soit par esprit de patriotisme, soit --- Page 375 ---
( 35 ) c JJ par 1à convenance réelle de leur genre éë
fabrication pour la nature de leur climar ;
préferent leurs draps extrêmement foulés &
de couleurs très-sombres ; parce que la fumée du chàrbon de terre, combinée avec
l'humidité de l'athmosphere, dépose une
poussière grasse qui , en imprégnant le tissu ,
pourroit altérer facilement nos couleurs vives , mais peu solides. Quoi qu'il en foit j
dans ce moment, la concurrence Ang!oise
en France, ne peut pas être bien nuisible
aux Manufactures de Louviers, Sedan &
Abbeville ; mais comme les Anglois tirent
ainsi que nous , des laines d'Espagne , dès
qu'i!s croiront utile à leurs intérêts d'en
composer leurs chaînes & leurs trames, ils
pourront atteindre à la beauté de nos draps
de Louviers. On estime que Louviers fabrique annuellement 4400 pieces de drap. Il n'existe dans la Ville d'Evreux que
trois fabriques dont deux sont ians vigueur. Tablé* vi
FO il --- Page 376 ---
( 36 ) Cette Ville paroissant dessinée par la nature
à toutes sortes d'établissements , il est étonnant que l'industrie n'ait pu encore s'y fixer. La premiere est en ratines & draps de
cinq quarts de large, à l'imitation de celle
des Andely ; mais elle manque du plus indispensable aliment : celui de l'argent. Le
Sieur Ribouleau qui en étoit le chef, &
dont l'adivité & l'intelligence suppléoient à
beaucoup de moyens, n'est plus. Les essorts
de ceux qui lui succedent auroient tous les
succès que peuvent mériter le travail assidu
& la bonne conduite, s'ils avoient des fonds
plus considérables. Sans ce secours néces'
saire leur fabrique languira toujours , & n?
pourra profiter des avantages que lui offre
une population nombreuse , pauvre & sans
autre ressource. Des Négociants de Rouen
ont offert à M. de Villedeuil , Jorsqu'il étoit
Intendant de cette Ville, de prêter à cette
Manufacture à simple intérêt, la même somme que le Gouvernement voudroit bien lui --- Page 377 ---
( 37 ) c 3 avancer, en lui promettant une inspe&ion
vigilante & éclairée sur ses travaux. La seconde fabrique est en coutils , façon de Bruxelles , & s'accroît sensiblement
par l'intel!igence de ceux qui la dirigent.
Leur exemple devroit encourager leurs concitoyens aisés , que l'on voit à regret végéter dans une inaction aussi contraire à
leurs intérêts qu'à ceux de leur pays. Sans
doute , quelques encouragements proposés
par le Gouvernement, les engageroiçnt à
sortir de cette léthargie.
éclairée sur ses travaux. La seconde fabrique est en coutils , façon de Bruxelles , & s'accroît sensiblement
par l'intel!igence de ceux qui la dirigent.
Leur exemple devroit encourager leurs concitoyens aisés , que l'on voit à regret végéter dans une inaction aussi contraire à
leurs intérêts qu'à ceux de leur pays. Sans
doute , quelques encouragements proposés
par le Gouvernement, les engageroiçnt à
sortir de cette léthargie. La troisieme fabrique, existante à Evreux,
consiste en draps faits avec les bouts &
les déchets de laines qui s'emploient à Louviers. Elle présente un nouveau talent &
une ressource d'économie jusqu'ici inconnue. On conçoit à peine qu'avec des restes
de laines qui à l'œil n'offrent que des débris inutiles, on ait pu former des draps
d'un bon usage. La Chambre a cru devoir
en placer des échantillons au F°. 10 du --- Page 378 ---
( 38 ) Tableau , pour faire connoitre les titres de
cette fabrique , à la protcdioa du Gouvernement. Eîbcuf fabrique annuellement 18 rnille
pieces environ de draps & étoffes de laine. Les fabriques de cette Ville offrent,
aq premier asped , un état de prospérité
qui seduit ; mais elles n'ont pis la ressource
de trouver , comme les fabriques Angloises du même genre , d'excellentes laines
nationales , à bon compte , & propres à
leur fabrication. Nous estimons que dans les craps ordinaires de cinq quarts de large, & du prix de à 16 liv. l'aune, les
fabriques d'Elbeuf ne pourront soutenir la
concurrence des draps de Leeds , appelles
draps de Bristol qui, dans la m3me laise ,
ne coûtent pas 11 liv. tournois l'aune. Les,
Fabricants d'Elbeuf ont plus de confiance
dans leurs draperies plus fines ; mais rour
peu qu'ils négligent les moyens d'en modérer les prix , celle des Anglois qui en approchent déjà beaucoup par la qualité, les
c Tableau
F° 8 & --- Page 379 ---
( 3 ) C 4. supplanteront dans les marchés de rEuçops^& même en France. , m La Chambre du Commerce de Normandie estime qu'elle ne peut assez attirer Tattention du Gouvernement sur les draperies.
Cette branche importante de l'indudrie de
cette Province , eit un objet principal de
ses exportations. Elbeuf a fait de tout temps
des expéditions considérables dans l'étranger : elles paroissent se rallentir. La Chambre du Commerce se permet de proposer,
comme une disposition très-efficacl- , &
d'une compensation très-raisonnable, qu'une
partie des droits qui se percevront sur les
draperies & lainages Anglois, soit converr
de en primes , en faveur des draperies &
lainages , de la Province , qui s'exporteront
à l'Etranger. : Darnetal est un Bourg aux portes de
Rouen qui fabrique annuellement environ
7300 picccs de draps ratines, espagnolettes, flanelles , sans y comprendre les couTnb'-
1° i- ir
13. --- Page 380 ---
( 4° ) vertures; la plupart ont de la supériorité
sur beaucoup de marchandises Angloises
analogues; mais le bas prix de ces àcrnieres , soutenus encore par des avantages
locaux & déterminés , rendra leur concurrence funeste.
Bourg aux portes de
Rouen qui fabrique annuellement environ
7300 picccs de draps ratines, espagnolettes, flanelles , sans y comprendre les couTnb'-
1° i- ir
13. --- Page 380 ---
( 4° ) vertures; la plupart ont de la supériorité
sur beaucoup de marchandises Angloises
analogues; mais le bas prix de ces àcrnieres , soutenus encore par des avantages
locaux & déterminés , rendra leur concurrence funeste. « Déjà la perte dy Canada avoit causé un
préjudice notable à Darnetal , presqu'cn
possession exclusive de fournir les grosses
couvertures & autres lainages convenables
'à la traite , avec les sauvages ; cependant
il s'en établit peu à peu un commerce interlope considérable , par les Isles de Jersey & Guernesey , qui ranimera les travaux ; mais depuis que les Anglois se sont
déterminés à cet emploi de leurs laines les
plus grossieres, ce débouché paroît obstrué
pour jamais. Nous ne pouvons trop remettre sous nos
yeux , l'avantage que les Anglois auront
sur toutes nos Manufactures de lainage qui
emploient plus particulièrement, comme le --- Page 381 ---
( 41) fait Darnetal, la laine de France. La difproportion dans le prix & la qualité de
notre laine , comparée à la laine Angloise, est telle que cette inégalité, seule pouvoit faire rejetter l'idée du Traité de Commerce , entre la France & l'Angleterre ,
aux conditions qu'il a été passé. C'est avec
la laine du pays , c'est avec les lainages
ordinaires que le peuple s'habille ; cette fabrication qui fournit à une consommation
immense , est réellement celle qu'on peut
appeller industrie populaire' , & celle qui
en outre favorise si efficacement la multiplication & l'amélioration de nos moutons. Pour altérer ce moyen si étendu , d'affurer la subsistance à un peuple immense ,
pour admettre dans cette partie la rivalité
d'une nation qui de tout temps à fondé sa
gloire & sa richesse sur la beauté & l'abondance de ses troupeaux & la bonté de ses
laines , il a fallu des considérations bien
déclives, des compensations bien évidentes, --- Page 382 ---
. (4*)' Les Fabricants de Darnetal sont ceux
qui, cédant aux circonllances, pourroient
être plus particuliérement portés à substituer
aux articles de leurs propres atteliers , les
articles Anglois qu'ils feroient venir dans
l'état de premiere. fabrication , parce qu'en
leur donnant les apprêts & la derniere main ,
à moindre frais qu'on ne le peut en Angleterre , ils pourroient les établir à plus
bas prix dans leur état de perfedion ; &
alors ils réuniroient presqu'en entier , le
bénésice du bon marché à l'avantage de la
beauté de la laine Angloise ; mais il est evident que le résultat de cette disposition ,
pour la France , seroit d'encourager de plus
en plus l'éducation des troupeaux en Angleterre, d'y entretenir une grande filature
& beaucoup d'ouvriers. Nous nous sommes
étendus sur ces objets , parce que. nos ob- j
servations à l'égard de Darnetal , sont les,
mêm;s que celles que l'on peut faire sous
tous les rapports , dans les circonstances 1
actuelles , pour les Manucactures de Rouea
Beauvais, Amiens, Lille & Rheims.
--- Page 383 ---
( 43 )
en plus l'éducation des troupeaux en Angleterre, d'y entretenir une grande filature
& beaucoup d'ouvriers. Nous nous sommes
étendus sur ces objets , parce que. nos ob- j
servations à l'égard de Darnetal , sont les,
mêm;s que celles que l'on peut faire sous
tous les rapports , dans les circonstances 1
actuelles , pour les Manucactures de Rouea
Beauvais, Amiens, Lille & Rheims.
--- Page 383 ---
( 43 ) ■" La réputation ancienne de la Manufacture' des Andely a souffert pendant un long
intervalle ; son travail a été suspendu ; mais
depuis trois ans cette fabrique s'est rétablie,
<ka acquis une ' consistance satisfaisante ,
par les efforts réunis & les soins éclairés
dç quelques Négociants de Rouen , & quelques Fabricants d'Elbeuf. Cette fabrique dt
plus connue par ses ratines, & aucun article de ce genre en Angleterre ne peut en
soutenir le parallele; mais elle fait aussi de
fort beaux draps & des étoffes de laine ,
appellées Cazimir , à l'imitation du Cazimir
Anglois dont elles ne peuvent soutenir la
concurrence. Avant le Traité, le Cazimir
Arglois passoit en France par contrebande,
& à raison de ce qu'il y étoit plus rare ,
il s'y tenoit plus cher ; maintenant qu'il
peut entrer librement, tous les magasins de
Paris & des autres Villes du Royaume en
regorgent. Outre qu'il s'y établit à bien meilleur compte que le Cazimir François , la
qualité en est plus parfaite, il e!t d'un grain
plus égal & moins sujet à s'engraisser, Tableau
F°. i4. --- Page 384 ---
( 44 ) Pendant trente années la Manufacture de
Vire a joui de l'état le plus florissant. On
y a fabriqué jusqu a 26000 pieccs de drap
par an, maintenant elle est bien déchue :
elle produit à peine 8000 pieces , dont la
majeure partie est colportés par les 1 abricants mêmes, dans les foires de Basse-Normandie & Bretagne. Une des causes de ce dépérissement est,
sans doute, le progrès rapide du luxe en
France. L'Amérique septentrionale , il est
vrai, a consommé de ces draps pendant la
guerre ; mais à l'ouverture de la paix, les
Anglois se sont présentés avec la supériorité vi&orieuse de leurs draps qui , fabriqués avec leur économie ordinaire & avec
leur laine nationale, seront toujours d'une
meilleure qualité, & à plus doux prix que
les nôtres ; jusqu'à ce que nous ayons perfedionné la race de nos moutons, & obtenu des toisons de grands poids & de laines longues. Les échantillons présentés sont
des plus beaux que fassent quelques FabriTVoJt J.!
F'. 10 &
II. --- Page 385 ---
( 4, ) ' cants > & encore ceux-là peuvent-ils pré- „
tendre seulement par leur qualité , à la concurrence des draps de Leeds refoulés à
double broche , puisque de fait ils sont plus
chers. la décadence dé la Manufacture de Vire
réduit tous les jours les Artisans du Boccage à la plus affreuse misere. Ce petit
Canton d'un sol sabloneux & aride, n'offre presque pas de ressource dans son agriculture. Il lui faut donc nécessairement les
ressources du Commerce. Nous souhaitons
bien sincerement que le gouvernement prenne en considération les excellentes vues que
le Corps municipal de Vire lui a présentées à ce sujet.
broche , puisque de fait ils sont plus
chers. la décadence dé la Manufacture de Vire
réduit tous les jours les Artisans du Boccage à la plus affreuse misere. Ce petit
Canton d'un sol sabloneux & aride, n'offre presque pas de ressource dans son agriculture. Il lui faut donc nécessairement les
ressources du Commerce. Nous souhaitons
bien sincerement que le gouvernement prenne en considération les excellentes vues que
le Corps municipal de Vire lui a présentées à ce sujet. Valognes , Cherbourg , furent autrefois
renommés par leurs draps, qui avoient &
du corps & de la finesse. Il s'en fabriquoit
il y a trente ans, deuæ mille pieces à Cherbourg & presqu'autant à Valognes ; & présenrement à peine ces deux Villes en fourTableau
F°. II. --- Page 386 ---
.. uo nussent-elles cnsemble 3 à 400. On fait maintenant à Cherbourg une autre étofre de
laine appellée melinge qui a demi-aune de
large , & qui vaut depuis quatre liv. jusqu'à
4 liv. 15 s. l'aune : les 3 à 400 pieces qui
sortent annuellement de ses fabriques sont
cosommées sur les lieux. Il se fabrique encore quelques toileries , comme coutils &
mouchoirs , dont le principal débouché
consille dans la contrebande qui s'en fait
aux Isles de Jersey , Guernesey & Aurigny. Cherbourg en recevoit autrefois des hines qui passoient aussi par contrebande.
Ces Isles jouissoient à droit de licence de
100 milliers de laine que la Métropole leur
accordoit , & cette faveur donnoit lieu à
l'exportation frau iuleuse du double & mume du triple ; cette laine étrangère ajoutoit à la nôtre en quantité & en qualité,
& se répandoit en diverses fabriques de la
BalTe-Normandie. Depuis le Traité de Commerce le Gouvernement Anglois a suppri- --- Page 387 ---
( 47. ) me ce droit de licence , & nous sommes
pr ivés de cette ressource. La Ville de Lisieux & cent Paroisses
des environs fabriquent de 50 à 60 mille
pièces de grosses étoffes de laine nommées
frocs, flanelles. Les frocs sont aussi connus
fous le nom de Tordouet, du nom d'une
Paroi si e des environs de Lisieux ,• cette étoffe
est de demi-aunede large, & la consommation
s'en fait dans tout le Royaume ; elle s'étend même en Autriche ; elle se vend en
blanc ou teinte dans toutes les couleurs.
Frisée , elle imite un peu l'espagnolette ;
pressée , elle devient une espece de drap :
il y en a aussi à poil. Cette fabrique s'est
considérablement accrue depuis vingt ans.
Cette prospérité se soutiendroit, sans doute si le Traité de Commerce n'y portoit
pas des obstacles ; mais l'on ne peut se
dissimuler que , par l'abondance & le bas
prix de leurs laines ^ les Anglois peuvent
établir les étosses de ce genre, à bien meilleur compte que nous. Dès-lors il elt à Tableau
F0. 15 Sc
16. --- Page 388 ---
( 48 ) croire que Lisîeux en devra souffrîr. Cet
avenir , trop vraisemblable , est devancé par
des malheurs effectifs & présents. Les laines du pays employées dans ces étoffes. ,
sont augmentées de 5 à 6 s. par livre. La
Bretagne & l'Anjou , qui en fournissoient ,
ont perdu beaucoup de moutons. La derniere
épizootie en a enlevé 60 mille à la Bretagne , & 28 mille à l'Anjou. Il en est réfulté une diminution immense dans la quantité des laines , & par conséquent une augmentation considérable , dans leur prix.
. Les laines du pays employées dans ces étoffes. ,
sont augmentées de 5 à 6 s. par livre. La
Bretagne & l'Anjou , qui en fournissoient ,
ont perdu beaucoup de moutons. La derniere
épizootie en a enlevé 60 mille à la Bretagne , & 28 mille à l'Anjou. Il en est réfulté une diminution immense dans la quantité des laines , & par conséquent une augmentation considérable , dans leur prix. Il se fabrique encore à Lisieux de belles toiles
delin, connues depuis longtemps fous le nom
de cretonnes , dont i! est bien à désirer de maintenir la réputation par !aqualité & par la laize. On fabrique à Bernay & ses environs ,
les mêmes étoffes de laine dont il est parle
à l'article de Lisieux. Constquemment Bernay & ses environs éprouvent les mêmes
inconvénients, forment les mêmes plaintes
& ont les mêmes besoins. Il Tableau
F0. 1O. --- Page 389 ---
( 49 ) Il sé fait aussi à Bernay de belles toiles
de lin , nommées Breannes, dont les Manufactures sont bien dignes de la protedion
du Gouvernement. On y fait encore toutes
les marchandises en lin & chanvre propres pour nos Colonies où il s'en exporté
considérablement. r Bernay d'ailleurs communique , ainsi que
Lisieux , avec Beaumont, Orbec & Vimoustier , qui sont également des lieux de sa.
brique pour toutes les toiles de chanvre
qui s'expédient au nouveau monde. On fait encore à Bernay des flanelles,
tirées à deux poils au chardon , qui doivent également porrer demi-aune de large ,
& dont la piece de 23 aunes de long se
vend de 54 à 66 liv. Cet article acquéreroit de la perfedion il l'on y épargnoît
moins la matiere. La fabrique de S. Lo consiste en étoffes
de laines , appellées rats de S. Lo ,
, finettes , sorts S. Lo , droguets fil & laiTableau
F°. 16 5r
17. d --- Page 390 ---
( 50 ) ne, & en rubans uniquement de fil. Ces étoffes 'de laine eurent autrefois un
débouché considérable ; elles étoicnt particulièrement destinées aux vêtements des
Religieux ; mais aujourd'hui que le luxe
s'est introduit jusques dans les asyles de la
Pénitence , elles sont prcfque intiérement
tombées & sans espoir de se relever. Les droguets sont maintenant en vogue ,
& leur fabrique s'accroît journellement ;
elle esl néanmoins bornée à la consommation
locale , si ce n'est que la Bretagne & le
Maine, commencent à en prendre le goût:
cette étoffe semble naturellement dessinée à
l'homme des champs. On doit souhaiter
qu'il ne soit pas tenté de faire usage des
étoffes Angloises , dont les pays voisins de
la mer vont nécessairement regorger.
de se relever. Les droguets sont maintenant en vogue ,
& leur fabrique s'accroît journellement ;
elle esl néanmoins bornée à la consommation
locale , si ce n'est que la Bretagne & le
Maine, commencent à en prendre le goût:
cette étoffe semble naturellement dessinée à
l'homme des champs. On doit souhaiter
qu'il ne soit pas tenté de faire usage des
étoffes Angloises , dont les pays voisins de
la mer vont nécessairement regorger. C'est aux Halles de Canizi que se vendent tous les coutils qui se fabriquent dans
les campagnes , entre S. Lo, Coutances &
Gavray. Il s'en fait également à Fiers , Tablean
F°. 17 &
18. --- Page 391 ---
( 51 ) d 2, Bourg de l'Eleaion de Vire. On efhme
qu'il se vend annuellement dans .les Halles
de Canizi & de Fiers , près de 8000 pieces
de coutils , sans compter les toiles fil &
laine rayées dont s'habillent presque toutes
les paysannes du Canton : ces coutils sont
très-estimés par leur durée, & sont fbrt en
usage dans plusieurs Provinces du Royaume. Il s'en exporte beaucoup dans nos Colonies. Il est bien à desirer qu'on en maintienne les fabriques , & sur-tout que le
"Gouvernement donne de l'émulation pour
la culture du lin & pour l'abondance des
fils du pays, seuls propres à cette fabrication. Il se fabrique à Condé-sur-Noireau ,
Fresnes & leurs alentours , des étoffes
grossieres en fil & laine, pour l'habillement
des gens de campagne, en demi-aune de
large, & qui vallent depuis 22 s. jusqu'à
4 liv 15 ( l'aune. Ces étoffes modèles annoncent le peu d'opulence du pays qui en
fabrique annuellement 4000 pieces. Il faut Tableau
FO. 18 --- Page 392 ---
( 51 ) moins considérer cet objet, comme le pro4
duit d'une Manufa&ure en titre , que comme celui de petits atteliers épars sans force & sans émulation. C'est encore Condé & scs environs qui
fournirent: à tout le pays de Caux , les
chaînes de fil pour les Siamoises , & qui,
par leur bonté , sont préférables à toutes
les autres chaînes. Nous avons déjà parlé de
ces chaînes & des achats que les Anglois
avoient commencé à en faire ; elles donnent plus de consistance à nos siamoises ,
& cet avantage précieux, est le seul peutêtre que l'on puisse citer dans ce genre
de fabrication comparée à la fabrication
Angloise.
ons qui
fournirent: à tout le pays de Caux , les
chaînes de fil pour les Siamoises , & qui,
par leur bonté , sont préférables à toutes
les autres chaînes. Nous avons déjà parlé de
ces chaînes & des achats que les Anglois
avoient commencé à en faire ; elles donnent plus de consistance à nos siamoises ,
& cet avantage précieux, est le seul peutêtre que l'on puisse citer dans ce genre
de fabrication comparée à la fabrication
Angloise. Darnetal en emploie aussi pour des étoffes
fil & laine. Il est de notre plus grand intérêt que le Gouvernement conserve , protège , & donne de l'émulation à cette industrie qui tient de si près à notre agriculture , à l entretien d'une grande filature dans --- Page 393 ---
( 53 ) d -3 la campagne, & qui est si précieuse pour
nos sabriques. A cette occasion , nous de-;
vo.ns observer relativement aux chaînes de
Condé, que nos Manufactures se plaignent
de ce que h Province ne sournit pas assez
de lin pour leur aliment , tandis que dans
la vallée de Rifle on est réduit , faute
d'emploi , à l'extraction sorcée du lin à
l'Etranger. Dans cette alternative , nous
ne pouvons nous permettre aucun esprir de
prohibition , sur l'extraction des chaînes
de Condé , ainsi que paroissent le desirer
nos Fabricants ; parce que , comme nous
l'avons déjà dit , ces chaînes laissent dans
le pays le produit d'une culture', & se prix
d'une main-d'œuvre. Il n'en est pas de
même. des lins de lavall'e de Risle ; ceuxci sont enlevas en bottes sans main-d'œuvre , & il n'est que trop pr sumable qu'ils
partent en Espapne , par voie de Bayonne. Cette extraction qui doit vraiment txciter notre sollicitude , nous engagera à
traiter plus particulièrement , dans le cours
de ce Mémoire , les moyens que nous --- Page 394 ---
( 54 ) croyons convenables & nécessaires au rc*
tablissement de la fabrique des blancards ,
qui employoit ci-devant tous les lids de
cette vallée. Les principaux articles de la fabrique
d'Aumale consistent en serges , raz , finettes , londrines , demi-Iondrines &c. à l'imitation des étoffes de S. Lo. On tiroit autrefois d'Aumale , les serges qui s'imprimoient à Rouen , & qui avoient un grand
débit , sous le nom d'Aumales fleuries ;
mais aujourd'hui ces étofses n'étant plus
de mode , la fabrication en est expirante ,
& se trouve , comme bien d'autres, victimes des effets du luxe & de l'inconfianct
du goût. Avant d'aller plus loin dans le détail
des principales Manusactures , & des différents Atteliers de la Province de Normandie , nous passerons ainsi que nous nous
le sommes proposés, à ceux sur les fabriques Angloises du même genre , pour ne --- Page 395 ---
( 51 ) d + pas différer de mettre en opposition celles
en draperies & lainages. Wiltz & Glocefiershire sont les deux
Provinces de l'Angleterre ou se fabriquent
les draps les plus fins , & où il s'en fait
même prodigieusement. C'eH: dans ces Manufactures que se consomment la majeure
partie des laines qu'on tire d'Espagne v
en assez grande quantité. Wiltz & principalement Wilton , sont renommées par
l'immensité de leurs petits draps mélangés
de diverses couleurs. Londres étant le point
de réunion de tout le Commerce d'Angleterre , on pourroit presque dire de 1 univers , on y apporte après la premiere operation du dégraissement & du foulage, ces
draps fins pour y être perfectionnés ; c'est
de-là que beaucoup de draps d'Angleterre
portent le nom de Londres , Ville dans
laquelle il n'y a pas cependant un seul métier de drap.
l'immensité de leurs petits draps mélangés
de diverses couleurs. Londres étant le point
de réunion de tout le Commerce d'Angleterre , on pourroit presque dire de 1 univers , on y apporte après la premiere operation du dégraissement & du foulage, ces
draps fins pour y être perfectionnés ; c'est
de-là que beaucoup de draps d'Angleterre
portent le nom de Londres , Ville dans
laquelle il n'y a pas cependant un seul métier de drap. Ce font donc les draps de Wiltz & deJ Tableau
FO. 8 & --- Page 396 ---
( <<s ) d ocester qui se débitent à Londres , qui
pourront entrer en concurrence avec ceux
- de Louviers, & nous ne doutons pas que
le Gouvernement Anglois ne se soit déjà
occupé des moyens propres à encourager
ks Fabricants de ces draps, à combattre,
non-seulement en Angleterre , mais jusqu'en
France même , la préférence à laquelle les
draps d'Abbeville, de Sedan & particclicsement ceux de Louviers • peuvent prétendte aujourd'hui. Ce. sont les sabriques de la Province
d'Yorck qui peuvent être mises en comparaison avec celles d'Elbeuf & celles de
cette Province , où se sabriquent des draperies plus communes. Leur grand avantage provient de ce que la laine d'Yorkshire est de toutes les laines d'Angleterre 3 la plus propre à être mêlée avec
celle d'Espagne , celle - ci en trame
& l'Angloise en chaîne. leeds où sont
les Manufactures les plus considérables
de la Province d'Yorck , est - aussi une
1 * --- Page 397 ---
( Î7 ) des plus commerçantes d'Angleterre. Les Halles de Leeds & d'Hallifax sont plus
vastes que ne le sont môme celles destinées
aux toileries de Rouen. Les draps & autres lainages y font apportés deux fois par
semaine, & s'y vendent tout teints , mais
sans apprêt. Cet objet relie aux soins de
l'acheteur. Il s'y est vendu en 17S4 seulement en draps 247527 pieces, ce qui présente
un produit de 4 millions de livres fierlings ou environ 92 millions tournois. Les
marchandises n'y sont sujettes à aucuns
droits de marque ni d'inspection. Chaque
Fabricant donne à son étoffe telle laize
qu'il lui plait. Sa réglé , à cet égard , étant
subordonnée à la consommation Sz à l'usage ;
& cette liberté ne peut exposer l'entrepreneur à l'infidélité de son ouvrier , parce
qu'en lui délivrant sa matiere il sait la
quantité qu'il en doit entrer dans une piece
de longueur , largeur & qualité déterminées. Tous les lainages de la Province d'Yorck ,
appelles Boutings, placés en opposîtion à Tableau
P'. 11. --- Page 398 ---
( 58 ) ceux de Darnetal „ ne justifient que trop
l'opinion que nous avons développée dans
l'article qui concerne cette fabrique. Les draps de Leeds , dit refoulés & à
double broches , obtiendront en général la
préférence sur ceux de Vire. Déjà depuis
la paix , ces derniers ont perdu leur crédit chez les Américains ; & il est certain
qu'à mesure que la finesse de nos tissus diminue , ou que nos draperies approchent
des qualités communes , les draperies
d'Angleterre ont un avantage sensible
sur les nôtres , & toujours par la raison
de l'abondance , de la bonté & dj bas
prix de leurs laines nationales.
iendront en général la
préférence sur ceux de Vire. Déjà depuis
la paix , ces derniers ont perdu leur crédit chez les Américains ; & il est certain
qu'à mesure que la finesse de nos tissus diminue , ou que nos draperies approchent
des qualités communes , les draperies
d'Angleterre ont un avantage sensible
sur les nôtres , & toujours par la raison
de l'abondance , de la bonté & dj bas
prix de leurs laines nationales. Quelques nombreuses que soient en Angleterre les Manufactures de grosses draperies , elles y sont néanmoins très-subordonnées à celles de petites draperies ou
étoffes en laines. Les laines nationales se
prêtent plus particulièrement à cette desliTableau
1°. 10. --- Page 399 ---
( 59 ) nation. Dans Londres & les Fauxbourgs
on a compté de 40 à mille métiers
en tout genre ; ils sont innombrables à
Norwich, Halifax , Bradford , Exesler ,
Wakfied , Salsbury. Les serges , les moletons , les flanelles lôndrines , satins , burats , camelots , baracants , calemandes ,
étamines , cazimirs, sagathis, &c. qui étoient
fournis à la France & à l'Etranger , par
Darnetal , Aumale , Beauvais , Amiens ,
Lille, Rheims & le Mans , tombent sous
la concurrence des Manufadures que l'Angleterre possede en ce genre. Pendant la
derniere guerre , les Espagnols qui avoient
défendu l'introdiidion chez eux des marchandises Angloises , ont fait travailler nos
Manufadures d'Amiens, de Lille & d'Aumale. Au premier bruit de paix , nonseulement ils ont suspendu leurs commissions , mais ils ont même envoyé des contr'ordres pour celles qui avoiept été données , parce que les Anglois leur offraient
alors les mêmes étosses à 20 pour cent --- Page 400 ---
f 60 ) meilleur marché que nous ne pouvions les
leur établir. On doit s'attendre que les agents des
riches & laborieux atteliers Anglois , consulteront dans toutes nos Provinces le goût
national , & imiteront toutes les étosses
d'une grande consommation. Le Marchand ,
le 'Négociant François , qui 'ne peuvent
perdre de vue la convenance d'assortir leurs
magasins au meilleur marché possible , faciliteront naturellement ces imitations , &
nous ne pouvons assez souvent le répéter ,
le bon marché , la bonté & l'abondance
des laines d'Angleterre , ôtent tout espoir
aux François de combattre la concurrence des Anglois dans le genre de la fabrication où ces deux Nations emploient respedivement les laines nationales. C'esl particulièrement la Normandie, la Flandre,
la Picardie & la Champagne , qui doivent
redouter les effets du Traité de Commerce , parce que, lors même que nos fabriques auroient atteint la perfection de l'œu-
ter ,
le bon marché , la bonté & l'abondance
des laines d'Angleterre , ôtent tout espoir
aux François de combattre la concurrence des Anglois dans le genre de la fabrication où ces deux Nations emploient respedivement les laines nationales. C'esl particulièrement la Normandie, la Flandre,
la Picardie & la Champagne , qui doivent
redouter les effets du Traité de Commerce , parce que, lors même que nos fabriques auroient atteint la perfection de l'œu- --- Page 401 ---
( 61 ) vre & des apprêts Anglois 3 elles auroient
toujours le désavantage de la matiere premiere. Ces Provinces auroient pu s'en dédommager par leur industrie en étoffes
mélangées de soie , si nos. rivaux , qui ne
perdent jamais de vue les intérêts de leur
. Commerce , n'en ensfent pas exigé la pros- . cription. Indépendamment de ce que la
soie leur revient à plus haut prix qu'à
nous , ils ont apprehendé de ne pouvoir
lutter avec avantage contre notre goût
'créateur , qui chaque jour renouvelle l'agrément des formes ; ils ont craint que
'nos importations en ce genre ne Ment
naître chez eux une passion pour nos étoffes contre laquelle ils ont toujours été en
garde , tandis que nous nous abandonnons
à celle de. préférer tout ce qui vient de
chez eux. Nous regrettons cette proscrip-
. tion, non-seulement pour les grandes Manufadures de Lyon, de Tours' & de Nifmes , mais même pour celles de passementerie de Rouen qui, -, sans doute , auroient --- Page 402 ---
( 62 ) eu un ample débouché , malgré le dédain
du patriotisme Anglois pour nos modes
& nos usages : l'élégance de nos parures
eût insensiblement triomphé de la résistance
nationale , si le Gouvernement Anglois
n'en eut pas prévu l'ascendant. L'Anglois, observateur infatigable & sans
distradion , a connu parfaitement , avant
Je Traité , nos moyens & nos ressources ;
& en les comparant à la situation aduelle
de son pays , il en a saisi facilement l'insuffisance ; il a vu nos plaines sans moutons , lorsque les siennes en étoient couvertes ; il a examiné nos laines , il les a trouvées de mauvaise qualité & plus cheres
que celles de son pays ; il est entré dans
nos Manufacturés , & en a recueilli tous
les détails ; il a trouvé nos plus grands
établissements sans méchaniques , obliges
d'employer des matieres dispendicusement
préparées ; il a remarqué cette quantité
considérable de petits atteliers oll la gloire
de mieux faire n'est compté pour rien ; où --- Page 403 ---
( 63 ) l'intérêt du moment conduit le fadeur ;
souvent à la fois maître & ouvrier ; il les
a vues sans force & sans adivité par l'état d abattement & d'épuisement que produit nécessairement le défaut d'aisance , &
il a prévu la privation subite de nos débouchés par l accroissement des liens. Il a vu , enfin , toute sa supériorité lorsqu'il s'est décidé à un Traité de Commerce avec nous ; & si nous revenp*fsrià
l'avantage que les Anglois ontigbtcenu > etil
excluant nos swieries , & en fedus f^lSnE'■
admettre, sans réserve, leur ]ai -Y-nous
pouvons dire , sans doute , que ce nSft- pas
vu la privation subite de nos débouchés par l accroissement des liens. Il a vu , enfin , toute sa supériorité lorsqu'il s'est décidé à un Traité de Commerce avec nous ; & si nous revenp*fsrià
l'avantage que les Anglois ontigbtcenu > etil
excluant nos swieries , & en fedus f^lSnE'■
admettre, sans réserve, leur ]ai -Y-nous
pouvons dire , sans doute , que ce nSft- pas en vain que les Pairs qui ont donné leur
sanction à ce Traite , siégeoient sur des
balles de laine. Il y a des moutons par toute l'Angleterre ; on en fait monter le nombre à 18 ou
20 millions , non compris 8 à io millions
en Irlande , & 5 à 6 millions en Ecosse. Les toisons de ceux de la plus grande --- Page 404 ---
. . ( 64) espece, telles que dans la Province de Lincoln , donnent depuis 12 jusqu'à 14 livres de
laine c'est la plus longue & la moins
fine : la plus belle & la meilleure, procede des animaux de petit corsage , qui n'en
produisent chacun que deux à trpis livres.
Les Marchands établis à Halifax , distinguent sept à huit qualités dans chaque toison , dont ils font autant de lots qu'ils
vendent ensuite selon leur degré de finesse,
depuis trois jusqu'à seize guinées le Pack
pesant 240 livres ce qui fait , argent de
France > depuis onze jusqu'à. quarante-cinq sols
la livte. La laine longue quoique la moins
sine, est un objet très-chéri de la Nation ,
qui regarde ses Manufactures Je petites
draperies & étoffes en laine , comme les
plus importantes : elles ne sont point subordonnées aux caprices de la mode, &
leur aCcroissement indique le degré de perfection auquel l'agriculture est parvenue :
aussi est-ce de leurs laines que les Anglois
sont universellement jaloux ; l'exportation
en est expressément défendue par le Traité ,
Se --- Page 405 ---
( 65 ) S & il h'est: pas probable qu'il en vienne beaucoup en France par contrebande. Un Bill
du Parlement , du 30 Décembre dernier ,
en a renouvelle la prohibition, en fixant,
pour la premiere fois , l'amende à 500
livres sterlings , outre la confiscation de
la marchandise : il a sournis aux mêmes
peines l'extradion des forces fabriquées à
Birmingham pour la tonture des draps.
Ces précautions séveres font connoître sa
surveillance contre tout ce qui peut porter
atteinte à l'intérêt national & individuel.
L'Angleterre n'offre point un sol ni une
température plus favorable que les nôtres
à l'éducation des moutons ; peut-être même la nature a-t-elle fait plus pour nous
que pour eux à cet égard. Ne doutons
donc point que si les bienfaits & l'influence du Gouvernement étoient dirigés vers
cette branche d'agriculture, nous ne parvinsfions à égaler nos rivaux. Il sont forcés de
convenir qu'ils ont mis en pratique l'excellente théorie que nos Académies & nos
un sol ni une
température plus favorable que les nôtres
à l'éducation des moutons ; peut-être même la nature a-t-elle fait plus pour nous
que pour eux à cet égard. Ne doutons
donc point que si les bienfaits & l'influence du Gouvernement étoient dirigés vers
cette branche d'agriculture, nous ne parvinsfions à égaler nos rivaux. Il sont forcés de
convenir qu'ils ont mis en pratique l'excellente théorie que nos Académies & nos --- Page 406 ---
( 66 ) Sociétés d'agriculture nous ont souvent
présenté. Mais il résulte de divers elsass faits en France , que la perfedion des laines trèsfines , ne peut s'y maintenir que par la
liberté des moutons, & leur entretien sur
des pâturages vagues & variés. Or , dans
l'état a&uel de notre culture , cet avantage seroit acheté trop cherement par la
stérilité à laquelle il réduiroit les pays qui
leur seroient dessinés. Au reste, la France
n'est pas entierement dépourvue de laines
fines & courtes elle en est approvisionnée
par la Province du Berry , dont les produits en ce genre , peuvent, avec de l'encouragement , acquérir beaucoup d'accroissement & d'amélioration. Elle a d'ailleurs
la ressource des achats qu'elle peut faire en Espagne , de laines bien supérieures dans
cette qualité. C'est donc plus particulieremeat à multiplier chez nous la laine longue & fine , que nous devons donner tous
nos soins. Cet avis vient d'échapper au cé- --- Page 407 ---
( 67 ) e i lebre Arthur Yong , naturalise Anglois ,>
dans ses Réflexions critiques sur l'Instruction des Bergers , par M. d'Aubenton.
Profitons-en , & procurons-nous des béliers & brebis de cette espçce , & par une
grande attention dans le croisement des races , nous parviendrons à partager un jour
les richesses de l'Angleterre en ce genre. Nourrissons, comme elle, ces nouveaux troupeaux
sur des champs enclos, ensemencés en prairies artificielles, en turneps , qui, dans un
espace circonscrit , offrent assez de substance pour empêcher nos moutons de nuire
à la culture des terres voisines. Donnons
à leur éducation & à leur entretien i tous
les soins, toutes les avances, toute l'émulation que les Anglois portent dans cette
branche de leur agriculture. Espérons que
les projets de bienfaisance du Roi sur la
gabelle, nous mettront à portée de donner à nos troupeaux le sel , cet aliment qui
leur est si salutaire : alors il ne resterâ
plus à notre désavantage que l'inconvénieM --- Page 408 ---
( 68 ) des loups , & les dépenses nécessaires pour
nous en garantir. Avec la même impartialité qui a dide
les regrets de la Chambre sur le dépériffement de plusieurs Manufactures de la Province , elle applaudit à la prospérité de
celle de Lieuray. Le sieur Furet de la Boulaye
établit en 1778, à Lieuray une fabrique de
coutils , qui s'accroit de jour en jour, & qui
fait autant d'honneur à son auteur, que de bien
dans le canton. Il est à desirer que la décision de M. le Contrôleur général, du 16
Mai 1786 , qui accorde au Sieur de la
Boulaye une gratification de 20 sols par
aune de coutil , d'une qualité supérieure ,
ait son effet ; mais il est à craindre que
l'inexécution de pareilles décisions ne décourage les Fabricants , au lieu de remplir
le but qu'on se propose, parce qu'ils perdent leur temps à solliciter , & que rien
n'est plus précieuæ que le temps à l'homme laborieux. Les échantillons de ces coutils joints au tableau , sont faits avec les
accorde au Sieur de la
Boulaye une gratification de 20 sols par
aune de coutil , d'une qualité supérieure ,
ait son effet ; mais il est à craindre que
l'inexécution de pareilles décisions ne décourage les Fabricants , au lieu de remplir
le but qu'on se propose, parce qu'ils perdent leur temps à solliciter , & que rien
n'est plus précieuæ que le temps à l'homme laborieux. Les échantillons de ces coutils joints au tableau , sont faits avec les --- Page 409 ---
(69 ) e 3 fils du pays, & 35 à 4o ouvriers y sont
occupés. \ Un Sieur Pihan fait aussi à Lieuray des
sangles à l'imitation de celles d'Angleterre. Ces deux établissements bien soutenus ,
pourront un jour aider à réparer le vuide !
considérable ôccasionné dans ce pays, par
l'anéantissement des fabriques de toiles
blancards ; mais il faut de l'adivité „ du
temps & des moyens pour y rappeller l'aisance qu'on y a perdue. La concurrence des blancards imités en
silesie , & qu'on établissoit à 15 ou zo pour
cent meilleur marché , nuisit instan-tanément
à la fabrication des véritables , par la quantité qu'elle en versa dans la consommation.
( Elle y nuisit encore pour l'avenir & peutf être pour toujours, en induisant les tilferants de Normandie , à réduire la qualité
des leurs , pour pouvoir les donner à plus
bas prix. Il faut convenir que bientôt ils --- Page 410 ---
( 70 ) abuserent de cette licence , au point de
faire perdre à leurs toiles , tout crédit &
débit aux Indes Espagnoles, Dès-lors les
Silésiens se trouvant les fournisseurs uniques , ont ajouta par degré , la négligence
dans la façon, à l'infériorité naturelle de leurs
matieres ; de sorte que les consommateurs
commencent à rejetter leurs toiles , & à desirer que cette iudustrie se rétablisse en
Normandie. Peut être pourroit-on l'y ramener dans la circonstance actuelle de stagnation des . cotonnades ; mais pour prévenir
la dégradation dans la fabrique, la Chambre efrime qu'il faudroit remédier à une
disposîtion , qu'elle pense avoir facilité les
abus. ■ Le Bourg de Saint Georges eh Lieùvain,
se. trouvant placé au centre de cette fabrique , est devenu le marché où l'on apporte
ces toiles en écru ; mai" ce marché n'tll pas
celui où peuvent s'approvisionner , diredement & par eux-mêmes, les Négociants de
Rouen Î âç si rinfpedion qui y est locale --- Page 411 ---
( 71 ) e 4 ' &■ résidente , peut améliorer cett-c, fabrication , nous devons croire que la marque,
devenait un gage plus assuré de la confiai
ce publique , lorsque ces toiles apportées,
en écru à Rouen, y subissoient l'examen *
non-seulement des Infpe&eurs du Conseil %
mais celui d'un Echevin & d'un Syndic de
h Chambre du Commerce , qui faisoient ces
fondions gratuitement & en vue du bien
public : lorsque ces examinateurs distinguoient
par des marques diverses , les toiles que
leur bonne qualité destinoit au, blanc , qui
devoit. leur acquérir le titre de blancards
de celle que leur infériorité réduisoit à la>
classe des réformes & treillis.
ient l'examen *
non-seulement des Infpe&eurs du Conseil %
mais celui d'un Echevin & d'un Syndic de
h Chambre du Commerce , qui faisoient ces
fondions gratuitement & en vue du bien
public : lorsque ces examinateurs distinguoient
par des marques diverses , les toiles que
leur bonne qualité destinoit au, blanc , qui
devoit. leur acquérir le titre de blancards
de celle que leur infériorité réduisoit à la>
classe des réformes & treillis. , Mais ce.. qui paroît à la Chambre avoir
pus particulièrement concourru à la deftruction de ce Commerce , dérive de la
forme dans laquelle il se faisoit. Plusieurs Capitalistes de Rouen & de,senvirons j employoient en blancards , leurs
fonds, oisifs : mais le choix de la marchan- --- Page 412 ---
( 71 ) dise à l'achat en écru , les détails du blanchissage , de l'emmagasinage , de l'emballage
& de la vente , dans les circonstances favorables , étoient peu compatibles avec leurs
eonnoissances & même leur état. Cela donna bientôt lieu à l'établissement de plusieurs
Courtiers-Emballeurs qui s appliquèrent uniquement à ces objets , & qui pour une
modique rétribution, débarrasserent le Capitaliste de tous ces soins. Un simple ordre par écrit les faisoit agir. Ils délivroient
note de l'achat ou de la vente que cet ordre avoit occasionné, & ils comptoient de
chaque opération. On ne peut disconvenir
que c'est aux fàcilités que ces agents intermédiaires procuroient, qu'on a été redevable de l'étendue considérable de ce
commerce , & de l'activité de circulation
qu'il favorisoit. Mais on a reproché à plusieurs de s'être
permis de choisir dans les lots , le petit
nombre de pieces que leur bonne qualité
rapprochoit de la consommation FranÇoi- --- Page 413 ---
( 7i ) ■ se, de les avoir vendues aux Détaillants &
aux Lingeres , en s'appropriant les 4 , <5
& 10 fols par aune de meilleur prix ; &
d'avoir substitué dans le lot un pareil nombre de pieces inférieures : d'où il a résulté
que tel balot,, auquel trois ou quatre bonnes
pieces auroient pu procurer le cours ordinaire , ne s'est trouvé composé que de
basses qualités qui le mettoient à rebut. - Il serait bien plus agréable de prévenir
qae de punir un pareil abus de confiance;
& la Chambre disposée à y donner ses
soins , croit l'instant favorable pour y
réussir. Les Négociants qui, en proportion de la
diminution des prosits, se sont accoutumés
à plus de travail pour se les procurer;
loin de se reposer aujourd'hui sur l'adivité
des Emballeurs , prendroient volontiers la
peine d'acheter eux-mêmes , à la Halle de
Rouen , les toiles écrues, dessinées à être
converties en blancards , si les Fabricants
à y donner ses
soins , croit l'instant favorable pour y
réussir. Les Négociants qui, en proportion de la
diminution des prosits, se sont accoutumés
à plus de travail pour se les procurer;
loin de se reposer aujourd'hui sur l'adivité
des Emballeurs , prendroient volontiers la
peine d'acheter eux-mêmes , à la Halle de
Rouen , les toiles écrues, dessinées à être
converties en blancards , si les Fabricants --- Page 414 ---
( 74 ) les y apportaient. Ceux-ci dès-lors asservis
à l'examen intéressé des acheteurs, seroient
forcés à n'y en présenter que de recevables, & cette sujétion vaudroit bien une
visite d'inspection , contre laquelle néanmoins
nous ne réclamons pas: au contraire, nous
desirons qu'elle soit maintenue avec l'afristance de l'Hôtel-de-Ville & de la Chambre du Commerce. Bientôt les titerans en
coton qui seroient , dépourvus d'emploi ,
pourroient partager -la titure de ces toiles
avec, les habitants de la vallée de Rifle &
des campagnes voisines. La silature seroit
rendue à la classe nombreuse de leurs femmes & enfants. Tous ces indigents vivraient,
comme autrefois, de 'la main d'œuvre sur
le lin que les campagnes produisent, & que
les Fermiers cultivateurs font maintenant réduits à vendre en bottes aux Négociants,
qui les envoient à Baïonne & ailleurs. Ce
lin , soit par la nature du terrain , foit par
le rouissa ge dans les eaux vives de la Rifle,
esi celui de tous qui conserve le plus de --- Page 415 ---
( 7 ) nerf, sans préjudice de la.blancheur qu'il
acquiert par les travaux du Curandier. Delà naît la préférence que les blancards de
Rouen , mériteront toujours sur ceux de
Silésie & autres imitations , tant qu'il n'y
aura point une trop grande disproportion
dans les prix. Mais commè toute révolution de Commerce dépend des succès de ceux qui osent
en être les premiers agents , la Chambre
du Commerce de Normandie , a cru devoir
faire insinuer à MM. Bidault & Métayer,
célebres Fabricants , l'un du Rofnois, l'autre du pays de Caux, de monter quelques
métiers en ce genre , & d'en exposer les
produits à la Halle de Rouen. Quoique
tçqp fages pour travailler à leur dommage , ils sont pourtant au-dessus d'un découragement précipité ; & comme ils sont
en état de sacrifier quelque chose à ces
premiers essais , dont ils ne paroissent pas
s'éloigner beaucoup ; sans doute , quelques
distinctions de la part du Gouvernement, --- Page 416 ---
( 76 ) donneroient plus d'esTor à leur zele.1 On nous excusera cette digression sur les
blancards , elle est autorisée par les circonsiances. Nous continuerons nos observations sur
les différents atteliers de notre Province.
La Ville de Caen avantagée par la nature
& par l'industrie de ses habitants, ne possede cependant point de Manufactures esfentielles. Celle des blondes & dentelles noires de
soie , offroit autrefois de grandes ressources , & donnoit de l'occupation à 30 mille
femmes. Le principal débouché de ces articles étoit pour l'Angleterre , où il passoit
en contrebande ; mais les révolutions de
1771 furent une des principales causes de
leur décadence : il y eut presque tout à
perdre avec les fraudeurs qui se dirent hors
d'état de payer.
Manufactures esfentielles. Celle des blondes & dentelles noires de
soie , offroit autrefois de grandes ressources , & donnoit de l'occupation à 30 mille
femmes. Le principal débouché de ces articles étoit pour l'Angleterre , où il passoit
en contrebande ; mais les révolutions de
1771 furent une des principales causes de
leur décadence : il y eut presque tout à
perdre avec les fraudeurs qui se dirent hors
d'état de payer. La fabrique des gazes ne présente pas Tableau
FI, 18. --- Page 417 ---
( 77 ) un asped plus animé : les gazes Angloises
l'ont presqu'anéantie. Celle des serges , autrement appellées lingettes, est la plus ancienne & la feule qui
aie mérité à Caen , le titre de Manusacture locale. Elle occupoit autrefois 300
metiers , parce qu'elle consommoit la majeure partie des laines du pays qui en faisoient la base. On mêlangeoit ces laines
avec les grands thillos de Meklimbourg,
d'Ukermare & du Rhin , & elle jouissoit
alors d'une consommation adive : les goûts
ayant changé, cette fabrique est .presqu'entiérement tombée , & il ne reste pas vingt
métiers employés aux serges. La bonneterie en hine, supérieure en
qualité à celle de Picardie , se feroit étendue , mais faute de fileuses, à Caen , dans
le genre convenable , les Fabricants sont
obligés de tirer de Picardie, la plus grande
partie de leur matiere toute préparée, ce
qui augmente leur dépense : il en résulte --- Page 418 ---
t 7g ) donc un débouché borné qui va tout-à-fait
disparoître, par l'introdudion , en France>
de la bonneterie Angloise. La bonneterie en coton est peu importante ; celle en fil l'esl encore moins , de
.sorte que les trois genres occupent à Caen
feulement 5 à 6co métiers. La rubannerie de fil a également peu de
vigueur , ces atteliers sont isolés & leurs
produits sont bornés à la consommation du
pays. La fahrique des toiles œuvrées a succombé à la vicislirude de la mode en France ;
il ne se fait plus que quelques badins &
des sist aines. Un Sieur Godefroy y fait fabriquer quelques siamoises pour meubles & des droguets ; mais un attelier susceprible d'extenlion, est celui du Sieur Bitourné : ce tis.
serant a des talents pour toute espece de
fabrication , avec quelques appuis il pour- --- Page 419 ---
(79 ) roit former un établissement utile & faire
les articles des Manusaélures de Rouen : il
y emploie déjà une douzaine de métiers. Quelques Suisses y ont élevé depuis peu
une impression de toiles peintes, qui prise
en considération, feroit du bien dans le
pays. Un établissement nouveau , dont les résultats peuvent devenir rrès-intéressants , est
la Manufucture de chape1erie du Sieur Longuet; il a réfléchi que les peaux de lievre
& de lapin , seuls suppléments au poil de
castor dont les Anglois nous ont dépouillé,
étoienc très - abondantes en Basse - Normandie ; qu'indépendamment des achats qu'en
venoient, personnellement, faire les Chapeliers de Paris & Lyon , il s'en expédioit
de fortes parties pour ces mêmes Villes.
Le Sieur Longuet a donc jugé qu'une chapelerie placée au centre de la matiere premiere pourroit ranimer l'émulation de l'habitant , & offrir des ressources dans la con-
au poil de
castor dont les Anglois nous ont dépouillé,
étoienc très - abondantes en Basse - Normandie ; qu'indépendamment des achats qu'en
venoient, personnellement, faire les Chapeliers de Paris & Lyon , il s'en expédioit
de fortes parties pour ces mêmes Villes.
Le Sieur Longuet a donc jugé qu'une chapelerie placée au centre de la matiere premiere pourroit ranimer l'émulation de l'habitant , & offrir des ressources dans la con- --- Page 420 ---
:■ ( Sa ) ' Pa Cette Manufacture naissante est
ment conduite , & elle mérite la protection
du Gouvernement. Le Traité de Commerce
avec l'Angleterre doit également frapper. sur
les faibles atteliers de la Ville de Caen.
La Nation qui possede presque exclufivement le Commerce des peaux de castor ,
doit avoir un grand avantage dans la chapelerie. Celle qui fait le plus grand & le
plus utile Commerce en Chine, & qui peut
plus facilement se procurer la soie connue
fous le nom de soie de Nankin absolument
nécessaire pour la fabrication de la gaze ,
doit avoir une supérioricé décidée sur cette
fabrication. On nous assure que les Ecossois
se sont livrés récemment à ce genre d'industrie ; nous devons craindre plus particu1iérement l'industrie de ce peuple
qui se présente sur la scène , sobre ,
vivant de peu & dont la main - d'œuvre
moins chere qne la nôtre , est encouragée,
animée par le grand Commerce de f An-
'
gleterre. • --- Page 421 ---
( 81 ) f Par le tarif des prix du charbon fossile *
dans les Villes Manufadurieres de l'Angleterre , il est facile de concevoir quel est
leur avantage sur les nôtres. Leurs pompes à
feu suppléent à l'emploi des chevaux ou la
privation des courants d'eau , pour faire
mouvoir leurs précieuses & ingénieuses méchaniques. Quoique nous ayons en France
plusieurs mines de ce charbon , sans doute
qu'il y a des abus ou de l'impéritie à réformer dans leurs exploitations , puisque
indépendamment du prix considérable ce
combustible nous manque , & que nous
sommes obligés de le tirer des Anglois * Il
seroit donc de la bienveillance du Gouvernement d'encourager la recherche de ces
mines, qu'il faciliteroit 'à peu de frais * en
donnant dans chaque Généralité trois à
quatre sondes qui seroient prêtés sur le récépifle des personnes curieuses d'interroger
le fond de leur terrein. Les premiers succès
tn feroient naître d'autres , & bientôt le
Ministere n'auroit plus qu'à protéger leur
bonne exploitation. --- Page 422 ---
M > L'Angleterre: encore, à son grand avàntage , jouit de la richesse de ses mines de
plomb > d'étaim & de cuivre ; & d'une su-
. périorité décidée dans les atteliers qui emploient ces métaux ainsi que le fer. Il est
bien àdefîrer que le Gouvernement François , relativement à ce dernier métal &
aux ouvrages de fonte . dans lesquels les
Anglois ont une grande supériorité, veuille
« concourir aux moyens de mettre les forges de Normandie en état de soutenir la
concurrence des forges Angloises. Nous porterons plus particulièrement notre attention sur les forges de Bretheuil ,
de Vaugouins , de Bonneville , du Comté
d'Evreux. Elles sont réputées par tous les
Minéralogistes pour fournir le métal le plus
doux & de la meilleure qualité ; mais quoique les plus considérables, elles se bornent
dans leur exploitation, à un petit nombre
de pieces les plus ordinairement demandées.
Nos manufactures ne peuvent s'y procurer
des instruments de poids & de formes , --- Page 423 ---
( 8 3 ) .
attention sur les forges de Bretheuil ,
de Vaugouins , de Bonneville , du Comté
d'Evreux. Elles sont réputées par tous les
Minéralogistes pour fournir le métal le plus
doux & de la meilleure qualité ; mais quoique les plus considérables, elles se bornent
dans leur exploitation, à un petit nombre
de pieces les plus ordinairement demandées.
Nos manufactures ne peuvent s'y procurer
des instruments de poids & de formes , --- Page 423 ---
( 8 3 ) . f 2 actuellement adoptées par les Angles instru m ents si itigétiieux , si utiles & d'un si
grand effet dans leurs nouveaux attelierj; ,
particulièrement dans tout ceux qu'ils font
mouvoir par des rouages ou par l'imp^lsion d'un courant d'eau ; & il eÍl cependant très - important que nous adoptions
dans cette pnrtie , l'ihduftrie Augloife qui
doit si décisivement contribuer à fîmplifrcr ,
faciliter & perfectionner notre fabrication.
les Anglois ont senti combien ils étoient
intéressés à se conserver exclufivemeht l'économie & le grand effet de ces puissants
agents de leurs Manufactures - ils en ont
deiendu la sortie de chez eux avec la der-
# >
nière rigucur. Les atteliers des trois forges
ci-dessus ne font pas disposés, leurs ouvriers
ne sont pas exercés à ce qui n'esi pas du
genre de h consommation courante ; ces
obstacles sont s1ciles à lever, & une seule
de ces forges suffiroit, si le Gouvernement
lui donnoit les encouragements necessaires, --- Page 424 ---
( «4 ) pour les additions & changements que lel
fortes pieces exigeroient. M. Vacher de Grand-Mai son , Maître
de la forge de Bretheuil, nous a paru le
plus disposé à sortir de la route ordinaire ; & nous prions l'Administration de vouloir bien acceuillir le Mémoire qu'il préfentera à cet effet. Les fourneaux pour fondre une plus grande quantité de métal, les
puits pour placer debout les moules pour
les cylindres , & les grosses pieces qui ne
peuvent sortir parfaites qu'autant qu'elles
sont coulées perpendiculairement ; les grues
ou vindas pour descendre les moules dans
ces puits & en retirer les pieces, les modèles , les fourneaux à réverberes ; tous ces
atteliers, tous ces nouveaux moyens , exigent des avances considérables ; mais dont
le Gouvernement pourroit affurer la rentrée
& dont il feroit bien dédommagé , pas
l'accroissement & la perfedron de l'indullrie
Françoise & par les grands moyens qu'il --- Page 425 ---
( g1 ) f 3 donneroit en cette partie , de combattre la
rivalité Angloise. On connoît la célébrité des tanneries répandues dans la Normandie. Les motifs
qui en ont arrêté la prospérité, n'ont pas
échappé à la sollicitude de la Chambre du
Commerce; elle a, en différents temps
présenté des Mémoires intéressants sur la
tannerie, la plus ancienne branche de l'industrie Normande ; elle se propose de réus
nir encore de nouvelles observations sur
cette fabrication : elle est plus particuliérement en vigueur à Pont-Audemer ; la supériorité de l'apprêt des cuirs dans la maniere Aiigloise , de la Manufadure de MM.
le Gendre & Martin, leur a obtenu un
débouché considérable , tant en France que
dans les Colonies. On affure même , qu'il
en a été envoyé en Angleterre. Indépendamment de la fourniture que cette Manufadure fait à la Cour , elle a celle de
plusieurs Régiments. Tant de moyens de
prospérité seroient cependant reliés dans les
'apprêt des cuirs dans la maniere Aiigloise , de la Manufadure de MM.
le Gendre & Martin, leur a obtenu un
débouché considérable , tant en France que
dans les Colonies. On affure même , qu'il
en a été envoyé en Angleterre. Indépendamment de la fourniture que cette Manufadure fait à la Cour , elle a celle de
plusieurs Régiments. Tant de moyens de
prospérité seroient cependant reliés dans les --- Page 426 ---
( 86 ) limites d'une exploitation très-resserrée, en
raison des avances considérables que ses achats1
de cuirs , du tan & le paiement des ouvitiers exigent., lt; le Gouvernement, suffisamment inilr.uit d'intelligence, des e£-<
forts & des succès des Sieurs le' Gendre
&, Martin dans leur fabrication, ne leur
avoit pas accordé le' prêt d'une somme de,
trois cents mille livres; sans intérêt, pendant dix ans , laquelle leur efc comptée à,
rai/ba de 10 mille par mois. Ce secours,!
donné avec connoissance des moyens &
deî l'industrie réelle de cette Manufacture ,
a eu tout l'effet qu'on devoit en attendre ;
elle est- dans la plus grande activité , Se
dans cette partie elle combat autant qu'elle
peut, y fufïke , la rivalité Angloise & le
goût impérieux que nos Seigneurs & les
gens aisés ont , dans ce genre de consom.
mation , pour tout ce qui vient d'Angleterre. Cet exemple vient , sans doute , bienf
à l'appui des dispositions que nous prenons
sa liberté de proposer au Gouvernement, --- Page 427 ---
•(-tri) si pour redonner à la Nation l'usage 4es
droits naturels qu'elle a de fournir à sa
-propre consommation. ,, La Ville du Port-Audemer est dans la
position la plas commode pour toute efpece de Manufacture. Ses eaux, ses prairies,
sés alentours , tout semble inviter au Cômmerce. Sur une riviere; navigable, presqu'aux
rives de la Seine & à peu de distance de
la mer, le Pont-Audemer a des avantages
locaux qu'on né peut lui enlever. Il ferait
bien à desirer que quelques Capitalistes fange assent à • y former4 des établissements. Ce
feront planter le germe de l'émulation dans
une terre produdive. On commence à y
faire des toiles pouf l'équipemeat. des: vaisseaux. Ce noavel établissement pourrait devenir très-intéressant s'il étoit suivi & en
couragé. ;• j • :
Pont-Audemer a des avantages
locaux qu'on né peut lui enlever. Il ferait
bien à desirer que quelques Capitalistes fange assent à • y former4 des établissements. Ce
feront planter le germe de l'émulation dans
une terre produdive. On commence à y
faire des toiles pouf l'équipemeat. des: vaisseaux. Ce noavel établissement pourrait devenir très-intéressant s'il étoit suivi & en
couragé. ;• j • : En même-temps que le Gouvernement
daignera aider, encourager, accroître Tindustrie de nos anciens établissements, fus- --- Page 428 ---
(.18)) ceptibles de perfedion, nous réclamons de
•nouveau sa protection & ses bienfaits pour
ceux. qui ont enlevé aux Anglois l'induftrie qu'ils possédoient exclusivement, -
'/ Il s'en est élevé un dans cette Province,
qui est dû aux talents 5c aux connoissances
disiinguéés dans les arts , du Sieur le Camus de Limare , réunies aux foins éclairés a
aux moyens & au génie laborieux de quelques" Négociants de Rouen, pour fondre,
rainer & travailler le cuivre dans toutes
les formes utiles au Commerce & à la Marine du' Roi. Cet établissement a résisté de
puis quatre ans à tous les efforts des Comp>gnies Angloises qui font le commerce
des cuivres; mais le Traité donnera , sans
doute,, à nos rivaux des moyens plus efficaces d'arrêter nos travaux en ce genre ; en
même-temps qu'ils ont défendu , fous les
peines les plus rigoureuses , l'extradion des
ustensiles propres aux atteliers de cette nouvelle indudrie ; on a , par ce Traité, réduit de t8 liv. 15 f. à 12 liv. 10 s. d'u --- Page 429 ---
(( 89 1 cent, les droits d'entrée en France, sur Jes
cuivres de fabrication Angloise. Les fonderies de Romilly ont cependant encore à
leur dqsavantage un droit d'entrée sur le
cuivre brut, qui s'éleve par quintal , poids
de marc, à 5 liv. 14 s. d. les intéressés aux fonderies de Romilly,
ont présenté un Mémoire d'instruaion sur
cet établissement, & des moyens pour lui
donner tout l'encouragement qu'il mérite.
Les avis de M. de Villedeuil , alors Intendant , de MM. les Députés du Commerce
& des Fermiers, ont été donnés dans le
temps; & le rapport de ce Mémoire au
Conseil, a été successivement annoncé , sans
qu'il ait eu son effet. La Chambre du Commerce de Normandie délire qu'il y ait une
décision à cet égard. Les Anglois, depuis
l'ouverture qui leur est faite de nos Ports,
ont repris: un nouvel espoit de détruire cette
grande & intéressante entreprise, de décourager au moins ta Nation d'en faire de
Semblables : les sacrifices qu'ils font ( jamais
és dans le
temps; & le rapport de ce Mémoire au
Conseil, a été successivement annoncé , sans
qu'il ait eu son effet. La Chambre du Commerce de Normandie délire qu'il y ait une
décision à cet égard. Les Anglois, depuis
l'ouverture qui leur est faite de nos Ports,
ont repris: un nouvel espoit de détruire cette
grande & intéressante entreprise, de décourager au moins ta Nation d'en faire de
Semblables : les sacrifices qu'ils font ( jamais --- Page 430 ---
( 90) au profit du Consommateur qui ne teur
achete pas diredement ) pourroient à la
longue les fatiguer ; mais ils p'ossedent des
mines de cuivre qu'ils exploitent avec vigueur & intelligence ; mais ils luttent contre un établissement naissant, & la. modération des droits fixés par le Traité , leur donnent de nouvelles facilités. C'est ainsi que le tribut que nous payons
aux mines d'Angleterre & à son industrie
dans cette partie, acquiert d'autant plus de
durée. Les atteliers de Romilly sont aujourd'hui presqu'entiérement employés aux
fournitures des vaisseaux du Roi : les refsources que , sous ce point de vue, ils présentent pour le service du Roi, particuliérement en temps de guerre , font d'autant plus desirer que, dans l'interruption
de ces fournitures, la consommation du
Commerce, & par conséquent la continuation de leurs travaux , ne soient pas, sous
le joug des Anglois & à la mercii de leurs
envieux efforts. --- Page 431 ---
( 91' ) Nous doutons , ainsi que nous l'avons dit.
ci-devant , que l'Etat trouve quelque compensation dans le débit de nos vins ; il fàudroit une influence impérieuse, telle que
celle de la mode , ou un retour à une pasfion bien afFoiblie de nos jours , pour que
les Anglois contractaient un goût bien décidé pour les vins de France. Accoutumés
à ceux de Porto & de Madere , ils les préferent encore à ceux de Bordeaux & de
Bourgogne ; parce qu'ils aiment les liqueurs
fortes spiritueuses. Ils ont bien jugé , en
les admettant, que la diminution des droits
d'entrée sur nos vins , n'en réduiroit pas
le prix assez bas , pour que le peuple y
pût atteindre. La forte bierre & les eauxde-vie de genièvre sont ses boissons favorites. La seule eau-de-vie de cidre ou de
poiré de Basse Normandie , par sa force &
s son bas prix , pourroit le flatter , si le Gou-
' vernemeat François en facilitait l'exportation. Ce serdit un grand secours pour cette
portion de la Province , dont le régime
destrudeur des Aydes , la prive presqu'ab-
assez bas , pour que le peuple y
pût atteindre. La forte bierre & les eauxde-vie de genièvre sont ses boissons favorites. La seule eau-de-vie de cidre ou de
poiré de Basse Normandie , par sa force &
s son bas prix , pourroit le flatter , si le Gou-
' vernemeat François en facilitait l'exportation. Ce serdit un grand secours pour cette
portion de la Province , dont le régime
destrudeur des Aydes , la prive presqu'ab- --- Page 432 ---
( 92. ) solument. La clasîe opulente de la Nation
Angloise ne tirera pas de nos vins plus que
.de coutume; parce que ce ne sera pas pour
un Anglois riche > l'économie d'un , de deux,
même de trois schellings par bouteille, qui
augmentera chez lui cette consommation.
Le peu de succès dans la vente de nos vins,
provient aussi, sans doute , de la diminution proportionnelle des droits sur ceux de
Portugal & d'Espagne ; le qui détruit l 'avantage que la France espéroit retirer de
la diminution des droits sur ceux de son
cru. Le prétendu débouché de nos vins dont
les Anglois ont tant exagéré l'importance,
n'est donc , au fond , qu'un prestige & une
illusion : il n'en est pas de même pour les
fruits de l'industrie Angloise ; nous ne pouvons assez le répéter , ils affluent à Rouen
comme dans tous nos autres ports ; il s'en
établit des magasins jusques dans les Villes
de l'intérieur , & le goût dépravé des Français , pour tout ce qui leur vient de l'Etranger, se manifeste par le concourt des
acheteurs. Ne nous diflimulons point non? --- Page 433 ---
* - ( 93 ) plus que les Fabricants Anglois appelleront de la France tout ce qui pourra leur
être utile , & qu'ils en sauront profiter.
Leurs voyageurs répandus dans nos diverses
Villes de fabriques , s'y occupent beaucoup
plus d'y recueillir des instructions que d'y
obtenir des ordres. Manchester n'a pas encore , comme nous, la belle teinture en
rouge des Indes sur le coton ; mais vingt
Teinturiers François y font passés, & la
générosité de la Nation qui a gratifié, de
cinq mille guinées, l'Allemand qui leur en
avoit déjà porté une foible nuance , nous
persuade qu'avant une année cette bonne
riche couleur sera connue dans toute
l'Angleterre. Nous observons enfin , dans l'ensemble
des conditions & (tes articles du Traité ,
dans les dispositions du Tarif & des droits
intérieurs , que les Anglois ont obtenu de
laisser subsister des droits excessifs. sur tous
les articles qui pr'ésentoient de l'avantage
pour la France ; de prohiber les plus in- --- Page 434 ---
( 94 ) téressants ; d'admettre ceux dont la réciprocité seroit tout à leur avantage, & de favoriser d'une manière, presqu'exclusive, dans
les importations qui pourront se faire chez
eux, les Navires de construction Angloise.
Ces dispositions réunies à celles du fameux
Ade de Navigation, expliquent en grande
partie, la disproportion qui existe entre le
, nombre des bâtiments François , & celui
des bâtiments Anglois occupés au Commerce
des deux Nations , depuis le Traité : elle est
au moins de un à vingt. Par tout ce que nous venons d'exposer,
& par le Tableau de comparaison ci-joint,
. nous espérons que l'Adminisiration pourrâ
juger quelle est définitivement la concurrence que notre Commerce & nos Manufactures ont à redouter. Nous nous reposons
avec confiance sur les moyens qu'elle emploiera pour maintenir ou rétablir la balance ; mais principalement pour résister au
choc que cause ,. dans le premier insiant & --- Page 435 ---
C 95 ) à a veille d'un hiver , l'abondance des matchandises Angloises.
,
& par le Tableau de comparaison ci-joint,
. nous espérons que l'Adminisiration pourrâ
juger quelle est définitivement la concurrence que notre Commerce & nos Manufactures ont à redouter. Nous nous reposons
avec confiance sur les moyens qu'elle emploiera pour maintenir ou rétablir la balance ; mais principalement pour résister au
choc que cause ,. dans le premier insiant & --- Page 435 ---
C 95 ) à a veille d'un hiver , l'abondance des matchandises Angloises. Dans le début, chacun en France , comme en Angleterre, raisonnoit des 'effets de
ce Traité d'après l'impression qu'il en recevoit; mais aujourd'hui l'opinion que nous
développons ici, est la plus générale ,• &
une simple réflexion doit alarmer, quand
même les préjugés nationaux auroient concouru avec la nature des échanges , à
en balancer les avantages réciproques : c'est
que la France fournit 24, millions de consommateurs , contre à peu près 8 millions
que l'Angleterre lui en ofsre en retour. La position de la France ne peut être
assez méditée, dans la circonstance aduelle; daris le même temps que la consommation de ses habitants , ce premier aliment
naturel & nécessaire de sa propre induftrie , devient un tribut pour l'Angleterre ,
elle qui a porté ses Manufactures au plus
haut degré de persedion ; les Fabricants , --- Page 436 ---
( 96 ) les ouvriers François découragés, sans travail & sans pain , pourroient offrir une
conquêre facile à l'Espagne, qui , plus éclairée aujourd'hui sur ses moyens réels d'accroître sa prospérité & sa gloire , développe , avec énergie , le désir d'augmenter sa
population , d'étendre & perfectionner son
agriculture, d'acquérir l'industrie nécessaire
pour suffire à ses propres besoins , & exclure autant qu'il sera possible , de ses marchés, les objets de fabrication étrangère. On nous assure que les ouvriers de nos
Provinces méridionales passent succeffivement dans les différentes Manufactures qui
s'élevent en Espagne : cette émigration ne
peut que s'accroître par les effets du Traité
de Commerce avec l'Angleterre. Mais ce Traité existe , & il ne nous
relie qu'à présenter un apperçu des avantages politiques & moraux dont le Commerce jouit en Angleterre , pour faciliter au
Gouvernement le choix de ceux qu'il estimera --- Page 437 ---
( 57 ) % mera les plus efficaces & les plus analogues
au génie de la Nation Françoise. 1°. Les Manufactures Angloises ne sont
âssujetties à aucun Règlement. La déniant
de du Marchand , l'échantillon qu'il présente , le prix qu'il offre, voilà la regle du
Fabricant : l'affaire du premier est d'étudier
le goût du consommateur , celle du derniec
de s'y conformer. Cet exemple ne nous déc'.deroit pas, néanmoins , à prononcer que
nos fabriques pourroient également prospérér dans l'état de liberté absolue ; le Fabricant François , en général, n'est pas fiche 5
il ne possede que de petits atteliers iColés,
qui ne peuvent 'travailler qu'à mesure dit
débouché : par caradere il est empressé de
iouir ; & dans cette pénurie & cette agitation , il est moins attentif à son travael
& moins jaloux de le perfediotrner , que
ne peut l'être, le, Fabricant Anglois, dans
la sécurité que lui donne son aisance &
vigilance de .la Nation s pour lui en. assurer, de. grands débouchés. Ce qu'il y a dè
petits atteliers iColés,
qui ne peuvent 'travailler qu'à mesure dit
débouché : par caradere il est empressé de
iouir ; & dans cette pénurie & cette agitation , il est moins attentif à son travael
& moins jaloux de le perfediotrner , que
ne peut l'être, le, Fabricant Anglois, dans
la sécurité que lui donne son aisance &
vigilance de .la Nation s pour lui en. assurer, de. grands débouchés. Ce qu'il y a dè --- Page 438 ---
( 98 ) Certain, c'est que les Règlements par le
régime de leur exécution , les gênes &
les contributions fiscales qu'on a toujours
réunies à l'inspection ont souvent augmenté
le mal qu'ils tendoient à prévenir ; il doit
importer néanmoins à l'Administration de
constater , en tout temps , l état de chaque
fabrique du Royaume , & elle ne peut y
parvenir qu'en maintenant l'usage d'apporter
dans le dépôt public de chaque Ville , les
divers produits de l'industrie pour en enregistrer la nature , l'espece , la quantité ,
& donner à tous le sceau du Gouvernement. Mais nous croyons utile aux progrès de
ce Commerce, que ce régime de police ne
nuise en rien à la liberté. Le sceau qui consacrera l'observance des Règlements , ne
.doit, sans doute , être apposé que sur les
tinus dont le nombre des fils , & sur-tout
la solidité de la teinture , méritent la confiance aveugle des acheteurs. Une autre
marque tires-différente, doit concourrir avec --- Page 439 ---
V 99 ) g * la couleur des lisieres & dii chef, â cara&ériser toutes & telles étofses dont lé
goût ou le besoin auront prescrit la matiere
& la fabrication ; mais l'opinion la plus
positive que nous croyons devoir adopter à
dans la circonrtance aduelle , c'est que
pour combattre une Nation , forte de son
agriculture, de sa liberté, de son argent,
de son industrie & de son commerce, il
nous faut d'autres moyens que des Règlements. 2°. La considération accordée au Commerce , en Angleterre, accumulant dans les
mêmes maisons , des fortunes acquises depuis plusieurs générations , est une source
de la prospérité des Fabricants ; il en résuite
qu'au moyen des secours qu'ils trouvent
dans les richesses & le crédit des Négociants , ils sont en état d'occuper constamment leurs ouvriers , lors même que le Commerce est, accidentellement , suspendu par
un engorgement dans les marchés. --- Page 440 ---
( 100 ) En France * au contraire , on voit en pà-
% teille circonstance , une multitude d'ouvriers
renvoyés par les maîtres dont les moyens
en général ne leur permettent de fabriquer
qu'en proportion d'un prompt débit. Aussi ,
comme il est ordinaire qu'après cet état de
stagnation , les affaires reprennent une nouvelle vigueur, il arrive que l'on ne peut
trouver dans les fabriques de France , une
cinquantaine de pieces d'étoffes apprêtées ,
lorsqu'on pourroit en former des cargaisons
entieres dans les fabriques Angloises. Cela
prive le François d'exécuter les ordres qu'il
reçoit de l'Etranger qui, au contraire ,
trouve les Anglois toujours prêts à le satisfaire.
ès cet état de
stagnation , les affaires reprennent une nouvelle vigueur, il arrive que l'on ne peut
trouver dans les fabriques de France , une
cinquantaine de pieces d'étoffes apprêtées ,
lorsqu'on pourroit en former des cargaisons
entieres dans les fabriques Angloises. Cela
prive le François d'exécuter les ordres qu'il
reçoit de l'Etranger qui, au contraire ,
trouve les Anglois toujours prêts à le satisfaire. 3°. En même temps qu'il s'est occupé ,
avec tant de zele & de succès , d'ouvrir à
ses productions, les plus grands débouchés,
le Gouvernement Anglois s'dl montré bien
plus jaloux qu'on ne l'a été en France de
conserver tout le Commerce de ses Coloaies à sucre. C'est ainli qu'en se procurant --- Page 441 ---
Il ( ICI > * 3 | & se réservant un grand débit, il est parvenu à cette immense fabrication. Cette réj flexion pourroit nous conduire à des observations plus étendues ; mais nous n'aurions i répéter que celles qui ont été réunies dans le Mémoire que la Chambre a
fait ci-devant, & qui ont été saites dans
le temps par les Chambres de Commerce
des autres Provinces , sur l'Arrêt du 30
Août. 40. C'est dans une circonstance où nous
avons à lutter contre un rival si avantagé 1
que nous regretterions beaucoup l'abandon
d'un projet qui nous promettoit la suppres:-
sion de divers droits intérieurs , très-nuisibles au Commerce. La liberté du transit &
un nouveau tarif qui , par sa clarté , deviendroit la fauve-garde de la propriété de
| l'honnête Négociant. Ce projet de bienfai-
( sance nous faisoit espérer la modération &
| presque la suppression des droits d'entrées ?
» sur les matieres premierçs > étrangères à
x notre sol & à nos Colonies ; mais indispens;- --- Page 442 ---
( 102 ) bles dans nos fabriques. Il nous flattoit
également d'une exemption de droits , à la
sortie du Royaume, sur des objets qui y
laissent , ou le prix d'une main-d'œuvre ,
ou le bénéfice d'un transit & souvent d'autres droits d'entrée déjà percus. Lorsque ces matieres premieres qui alimentent nos fabriques , sont une production du Royaume, il suffit , pour les conserver à notre industrie, d'en défendre
l'exportation ou du moins d'imposer des
droits de sortie assez forts , pour équivaloir
dans les cas ordinaires à une prohibition ;
mais comment un pareil moyen a-t-il été
admis pour celles qui nous sont sournies
par l'étranger, lorsqu'en même temps qu'il
nuit à nos Manufactures, il prive l'Etat
d'un Commerce immense ? La Chambre du
Commerce a successivement exposé & développé cette vérité au Gouvernement , &
"en dernier lieu , elle a présenté un Mémoire dans lequel elle a plus particulièrement
'imposer des
droits de sortie assez forts , pour équivaloir
dans les cas ordinaires à une prohibition ;
mais comment un pareil moyen a-t-il été
admis pour celles qui nous sont sournies
par l'étranger, lorsqu'en même temps qu'il
nuit à nos Manufactures, il prive l'Etat
d'un Commerce immense ? La Chambre du
Commerce a successivement exposé & développé cette vérité au Gouvernement , &
"en dernier lieu , elle a présenté un Mémoire dans lequel elle a plus particulièrement --- Page 443 ---
( 103 )
détaillé les objets qui demandent une libre
réexportation sans asservissement & sans gene.
Nous ne pouvons nous dispenser d etendre ,
sur un sujet si important, notre raisonnement au-delà des bornes que nous voudrions
nous imposer, en traitant un si grand nombre d'objets. La France , par sa position , étoit destinée à servir de passage à toutes les matieres premieres que consomment les Manufadures étrangeres qui se sont multipliées
chez les Puissances voisines. Elle s'est volontairement privée des avantages que ce
partage lui auroit procuré , & les efforts
que ces Puissances ont fait pour les lui enlever , ont été malheureusement sécondés
par les droits de sortie dont nous nous
plaignons. La France n'est pas le seul moyen
de communication ; les entraves qu'elle a
élevé chez elle en ont même fait ouvrir
de nouveaux. La Flandre Autrichienne a
suppléé par des canaux de main d'homme » --- Page 444 ---
( 104 ) à ceux que la nature nous avoit donnés.
Sans notre secours. enfin, les Manufadures étrangères ont été abondamment pourvues ; les droits de sortie, en France ,
sur les matières premieres venant de l'étranger , n'ont plus eu d'objet, & leur seul
effet a été de priver l'Etat , d'un tribut
que l'industrie étrangère auroit pu lui payer,
& nos Manufactures d'une abondance que
la situation du Royaume auroit dû leur
procurer. ' 50. Pénétrés comme nous le sommes ,
par notre sujet, des faveurs dont jouit le
Commerce en Angleterre ; nous observerons
encore qu'en France on leve sous le nom
d'induflrie une taxe sur les différens corps
de Marchands & de Négociants , séparément de la capitation ; que par sa répartition arbitraire elle est en quelque sorte le
châtiment de l'émulation qu'elle énerve &
décourage En Angleterre , au contraire ,
on ignore jusqu'au nom de cet impôt ; la --- Page 445 ---
( ICI ) grande adivité du Commerce reçoit des
primes ; le talent qui prospere , des récompenses & des prérogatives ; mais, ce qui
est encore d'un grand effet, on y méconnoit ces ménagements,, ces distiinctions mortisiantes auxquelles l'Administration a souvent cédé , & qui jettent une défaveur d'opinion & de fait, sur tout citoyen qui n'a
pas une charge. On méconnott , en Angleterre , cet esprit de corps si exalté parmi
nous , qui tend toujours à dégrader , &
avilir , tout ce qui n'est point de l'état qu'on
a adopté , & à étendre , sur des profesfions honorables & utiles , le mépris que
malheureusement dans toutes les professions ,
ont mérité quelques individus.
cédé , & qui jettent une défaveur d'opinion & de fait, sur tout citoyen qui n'a
pas une charge. On méconnott , en Angleterre , cet esprit de corps si exalté parmi
nous , qui tend toujours à dégrader , &
avilir , tout ce qui n'est point de l'état qu'on
a adopté , & à étendre , sur des profesfions honorables & utiles , le mépris que
malheureusement dans toutes les professions ,
ont mérité quelques individus. 6°. Le Gouvernement Anglois paroîtavoir
eu pour maxime , de consulter les Négociants & de prendre leurs avis sur toutes
les afsaires qui ont trait au Commerce :
maxime qu'on devroit d'autant moins négliger , que la science du Commerce est --- Page 446 ---
( 106 ) peut-être par les différentes combinaisons
qu'elle exige, une des plus difficiles. On
se trompe d'ailleurs si l'on s'imagine qu'il
soit possible d'acquérir des lumieres suffisantes sur le Commerce , & s'en mettre pleinement au fait par des discours ou de légeres informations. Qu'il nous soit permis
ici de faire un voeu ; puissent ceux qui
sont à la tête des affaires publiques en
France, être persuadés de la vérité que
nous présentons , pour desirer un jour ,
voir assis auprès d'eux dans le Conseil des
Finances & du Commerce, un Négociant:
celui qui, par une longue pratique autant
que par une étude réfléchie & raisonnée
des détails & des grands principes du Commerce , qui par son caradere & l'opinion
publique pourroit, dans le nombre des Députés du Commerce, ou du choix de nos
Provinces & de nos Ports de mer , être présenté comme le plus digne d'être élevé à
Cet honneur. On excusera le souhait que
nous osons faire à cet égard , il naît de la --- Page 447 ---
( 1°7 ) persuasion où nous sommes , qu'il esi àussi
impossible à une personne qui n'est pas faite
au Commerce, d'en saisir les rapports &
de juger ce qui le favorise ou le détruit,
qu'il est impossible de bien saisir sans l'étude des loix, l'esprit de notre législation
& de notre constitution. 7°. Le Gouvernement Anglois a toujours
laissé plus d'essor à l'activité nationale ; il
y a plus compté qu'on ne le fait en France , sur les heureux effets de l'émulation &
du desir naturel d'accroître sa fortune : cependant , plusieurs branches de Commerce
d'industrie , de service public , qu'on croit
en France ne pouvoir bien mettre en vigueur
que par des Compagnies, des privileges exclusifs, font portées au plus haut degré de
prospérité par les individus , animés
bien plus sagement conduits par une vive
salutaire concurrence.
nationale ; il
y a plus compté qu'on ne le fait en France , sur les heureux effets de l'émulation &
du desir naturel d'accroître sa fortune : cependant , plusieurs branches de Commerce
d'industrie , de service public , qu'on croit
en France ne pouvoir bien mettre en vigueur
que par des Compagnies, des privileges exclusifs, font portées au plus haut degré de
prospérité par les individus , animés
bien plus sagement conduits par une vive
salutaire concurrence. Les Patentes du Gouvernement accordées en Angleterre, aux nouvelles découver- --- Page 448 ---
( io8 ) tes, 8c qu'on a cité, si souvent en France, pour autoriser les privilèges exclusifs ,
sont plutôt des actes authentiques d'honneur
d'encouragement, qu'un privilege réel.
On y accorde avec la même facilité une
pareille patente , à quiconque se présente
avec une machine propre au même usage,
il suffit qu'il offre la plus légere différence. Nous devons cependant ne pas omettre
que ces Patentes étoient ci-devant des privilèges plus exclusifs. Bien des gens sensés en
Angleterre voient, même avec peine, que des
décisions successives de Jurés , ont affoibli
& presque détruit l'effet de ces patentes JI
yu que leur concession étoit toujours limitée pour un temps très-court ; qu'elles
étoient soumises à la loi, & indépendantes
de la faveur ; & qu'il est bien juste à bien
des égards , d'assurer à tout homme qui »
par ses recherches , s'est procuré une invention nouvelle , un espace suffisant , pour se
dédommager de ses avances & du remp. --- Page 449 ---
( !09 ) qu'il a perdu pour y parvenir ; particulièrement , si cette découverte peut par son
mérite réel, devenir une richesse publique ,
après l'expiration du temps limité, au privilège. En se résumant, la Chambre du Commerce de Normandie ose donc supplier le Gouvernement de prévenir les maux dont la Province est menacée par la concurrence des
marchandises de Fabrication Angloise, 10. Par des prix , des gratifications &
même des avances sans intérêt , à tous ceux
qui entreprendront d'établir en France , des
Manufactures d'une industrie nouvelle ; à
tous artisans qui apporteront ou exécuteront les méchaniques Angloises; à ceux qui
entreprendront, en grand , des atteliers de
filature , & en général qui mettront en usage
les moyens ingénieux que nos rivaux ont
adopté , pour simplifier leur main-d'œuvre
& perfedionner leur fabrication. --- Page 450 ---
( 110 ) 20. Par des primes qui seront accordées
aux Fabricants, en proportion des ouvriers
auxquels ils fourniront de l'occupation , &
qui seront délivrées sur les certificats des
Curés & Syndics des Paroisses sur lesquelles seront domiciliés lesdits Fabricants &
ouvriers. 30. Par des primes ou gratifications qui
seront accordées par chaque piece de drap
ou autres étoffes de lainages exportées à
l'étranger, auxquelles primes & gratifications pourra être appliqué le tout ou partie des droits perçus à l'entrée du Royaume , sur les draperies & lainages de fabrication Angloise Ces primes devant être
plus particulièrement réservées aux draps
autres articles de lainages, à raison de
la disproportion du prix & de la qualité
de nos laines avec les laines Angloises.
30. Par des primes ou gratifications qui
seront accordées par chaque piece de drap
ou autres étoffes de lainages exportées à
l'étranger, auxquelles primes & gratifications pourra être appliqué le tout ou partie des droits perçus à l'entrée du Royaume , sur les draperies & lainages de fabrication Angloise Ces primes devant être
plus particulièrement réservées aux draps
autres articles de lainages, à raison de
la disproportion du prix & de la qualité
de nos laines avec les laines Angloises. 4°. Par des prix , des gratifications &
particulièrement des avances lans intérêt , --- Page 451 ---
( III ) aux Entrepreneurs de nos forges & fonderies qui offriroient de perfedionner leurs
exploitations & leurs atteliers, d'après les
méthodes Angloises , ou celles qui seroient
jugées convenables, pour les mettre à portée de fournir notre Marine . nos sabriques
nos grands atteliers , en belles pieces de
fonte , & divers ustensiles de fer que les
Anglois travaillent aujourd'hui avec tant de
supériorité & sans rivalité. 5°. De favoriser par. les mêmes moyens J
les recherches & les exploitations des nouvelles mines de charbon de terre & d'autres
minéraux. 6°. De favoriser également, 8c par les
mêmes moyens, la multiplication & l'amélioration de la race de nos moutons, particulièrement Ceux qui peuvent nous donner les belles & fortes toisons d'un grand
poids & de laine longue. 7°. De vouloir bien odroyer l'exemption --- Page 452 ---
( 112 ) de tous droits , à l'entrée & au transit
dans le Royaume , sur les matieres premieres que nous sommes forcés de tirer de
l'Etranger. Une des vérités les mieux établies dans le Commerce , est que les fabriques les mieux & les plus abondammenÓ
assorties , en matiere premiere, sont celles
approvisionnées par les grands marchés dont
l'entrée & la sortie sont également faciles.
g°. Enfin , de vouloir bien consulter les
Chambres de Commerce & les Négociants,
dans les circonstances où il pourroit être
pris quelques décisions qui pourroient intéresser le Commerce national, & de lui accorder en général liberté & protection. La Chambre du Commerce de. Normandie estime que toutes ces dispositions deviennent indispensables dans l'état aduel des
Manufactures en France , comparé au progrès de l'industrie en Angleterre , & que
leg --- Page 453 ---
( 113 ) h ses effets qu'on peut en attendre n'intéressent pas seulement la génération présente. Si les maux dont nous sommes menaces
devenoient plus pressants , & que les suites
en devinssent plus sensibles à Rouen & dans
la Province l'hiver prochain , la Chambre
du Commerce de Normandie estime qu'en
attendant les effets des dispositions . qu'elle
vient, d'indiquer, il fera indispensable. 1°. De subvenir aux atteliers de charité
dans lesquels on offrira des ustensiles & des
rnatieres de filature , de titure & autres y
à ceux des ouvriers que leur maître ne
pourront entretenir , ainsi qu'à leurs semmes & enfants , auxquels on distribuera
aussi des salaires nécessaires à leur subfiftance , afin de les détourner de la mendicité , ou de les sauver du désespoir. 1°. D'ordonner des travaux publics, no-
subvenir aux atteliers de charité
dans lesquels on offrira des ustensiles & des
rnatieres de filature , de titure & autres y
à ceux des ouvriers que leur maître ne
pourront entretenir , ainsi qu'à leurs semmes & enfants , auxquels on distribuera
aussi des salaires nécessaires à leur subfiftance , afin de les détourner de la mendicité , ou de les sauver du désespoir. 1°. D'ordonner des travaux publics, no- --- Page 454 ---
( "4 ) tamment en remuements & transports de
terre, où seront admis ceux qui , dépourvus d'industrie, n'ont que leurs bras & la
bonne volonté de les employer. --- Page 455 ---
DISSERTATION
SUR CETTE QUESTION EST - IL des moyens de rendre, let
Juifs plus heureux et plus utiles en
France ? Ouvrage couronné parla Société Royale
des Sciences et des Arts de Metz. Par M. THIERY , Avocat au Parlement de Nancy
A PARIS, \ 1788. --- Page 456 ---
AVERTISSEMENT. IL seroit possible qu'on crut trouver
dans cette Dissertation, quelques-unes
des idées, des vues même que M. le
Comte de Mirabeau a développées dans
son Ouvrage intitulé : de la Réforme
Politique des Juifs ? Je dois prévenir
Que tout ce qui semble y avoir quelque
rapport, étoit dans le premier Mémoire
gue j'avais envoyé à l'Académie de
Metz en 1787, avant que le travail de
M. de Mirabeau fût rendu public. --- Page 457 ---
A MONSIEUR LE CHEVALIER. DE POUGENS; MONSIEUR, EN mettant votre nom à la tête de ce
Discours , en vous priant d'en, agréer
l hommage, j oublie l'Ecrivain judicieux }
le Littérateur distingué pour ne m occuper
que de l homme sensible, et, puisque vous
m' ave{ permis de vous donner ce titre , de
1 "ami généreux et bienfaisant, C'est le
premier de mes essais que j ose rendre,
public ; il m est doux de pouvoir F offrir ^
en tribut, à F amitié. Je suis loin £ avoir approfondi la matière
importante que j 'ai traitée; il eût fallu, pour
y parvenir y une multitude de connoissances
que je n ai pas encore acquises ; mais ,
mon objet sera rempli } si les réflexions que --- Page 458 ---
f ai cherché à développer > peuvent en faire
naître d'autres ,et préparer déjà les esprits
à recevoir avec docilité les changements que
le Gouvernement paroît disposé à faire en
faveur dès Juifs : au moins, Monsieur, en
publiant vos bienfaits 'et 'mà vive reconnaissance ) j'aurai satisfait le premier
besoin de mon cœur. J'ai l'honneur d'être avec un. profond
respect, MONSIEUR, _ Votre très-humble et trèsobéissant serviteur,
TRIER Y. --- Page 459 ---
A DISSERTATION SUR CETTE QUESTION: EST-IL quelques. moyens de rèndre les Juifs plus heureux et plus utiles en
France ? Il faut finir des Juifs le honteux esclavage: Athalie, 4 t. IV, Sci IIL MESSIEURS, EN parcourant la liste effrayante des
préjugés qui outragent encore la raison, et
profanent parmi nous les Mœurs et les Loix,
Vous n'avez pu voir avec indifférence l'aviliss'entent d'un Peuple que son opprobre et ses
malheurs rendent souvent dangereux 5 et qui
nous surcharge quelquefois du poids de sort
existence. Vous paroissez réclamer pour lui
des titres sacrés et imprescriptibles dont on
Fa 'dépouillé depuis trop long-temps; vous
demandez au moins s'il est des moyens de lui
donner les droits et la dignité de l'homme ,
urs et les Loix,
Vous n'avez pu voir avec indifférence l'aviliss'entent d'un Peuple que son opprobre et ses
malheurs rendent souvent dangereux 5 et qui
nous surcharge quelquefois du poids de sort
existence. Vous paroissez réclamer pour lui
des titres sacrés et imprescriptibles dont on
Fa 'dépouillé depuis trop long-temps; vous
demandez au moins s'il est des moyens de lui
donner les droits et la dignité de l'homme , --- Page 460 ---
(i) de l'appeller à cette précieuse égalité à laquelle
la nature a attaché le bonheur. Ce zèle est digne d'une société de Philosophes citoyens, qui paroissent avoir consacré
leurs travaux au bien et à la prospérité générale : il est digne d'un siècle où déjà on a osé
arracher à la superstition le masque sous
lequel elle insultoit à l'humanité , la poursuivre
jusques dans ses Temples, et l'ensevelir sous
ses Autels. Plusieurs de ces hommes qui cherchent et
défendent la vérité , ont laissé échapper
quelques éclairs sur la grande question que
vous avez proposée ; mais ils ont trop peu
calculé quelle perte il résultoit de cette multitude d'hommes enlevés à des travaux utiles
et qui ne paroissent s'occuper qu'à ployer
leur adresse à des ruses méprisables, à de
dangereuses spéculations : ils ont trop peu fait.
connoître quelle est la source de ces maux ,
quels sont les moyens de les guérir; ils nous
ont laissés toujours asservis au préjugé qui
ncus a habitués à regarder les Juifs comme des
hommes plus foibles, plus vicieux, plus méchants que les autres , et d'une nature qu'il
est impossible de corriger ou de changer. --- Page 461 ---
(3* A ij D'autres adoptant même ce préjugé, ont
élevé 'la voix pour le défendre; ils n'ont vu
dans les Juifs qu'un Peuple fait pour être
écrasé et avili, digne à peine des soins et des
regards de la pitié. Mais 'la raison paroît
réclamer contre cette erreur, la politique au
moins la condamne , et notre propre intérêt
nous engage à tirer ce Peuple, s'il est possible,
du honteux avilissement où il est plongé, de
lui donner des Loix sages, de lui Ouvrir la
carrière des Arts utiles et agréables > et en le
débarrassant de ses entraves ignominieuses *
de l'élever au rang des Nations instruites ec
civilisées* Sans doute il se rencontrera des difficulté?
pour y parvenir : quelle est dans l'ordre moral j
la vérité qu'on adopte sans efFôrt, et dont
l'éclat ne blesse long-temps les regards ? Mais
ces difficultés sont-elles insurmontables t tel
est, à ce qu'il me semble, MESSIEURS , l'objet
véritable dè la dissertation que vous demandez.
Sans doure ce sera remplir votre attente que
je combattrè l'injustice et l'erreur, qui pendant tant de siècles ont paru poursuivre et.
persécurer les Juifs ; mais vous désirez, avant
lQut, qu'on disçute avec le eaÍme de la raison
'éclat ne blesse long-temps les regards ? Mais
ces difficultés sont-elles insurmontables t tel
est, à ce qu'il me semble, MESSIEURS , l'objet
véritable dè la dissertation que vous demandez.
Sans doure ce sera remplir votre attente que
je combattrè l'injustice et l'erreur, qui pendant tant de siècles ont paru poursuivre et.
persécurer les Juifs ; mais vous désirez, avant
lQut, qu'on disçute avec le eaÍme de la raison --- Page 462 ---
t 4 ) c'est moins à la défendre et à la vengér qua
Vous invitez ceux qui prétendent à votre
couronne , qu'à éclairer sur leur état et sur la
possibilité de le changer : ils s'offrent à nous
avec un front couvert d'opprobre et une ame
souvent flétrie par lé vice : voyons si on peut
espérer d'y développer le germe des vertus
sociales. Pour savoir ce que les Juifs peuvent devenir
parmi nous, j'examinerai ce qu'ils ont été dans
tous les temps , chez tous les Peuples ; quel
est sur leur caractère, leurs vices et leurs vertus
l'effet des nouvelles Loix publiées dahs divers
Etats en leur faveur : je puiserai mes preuves
dans le cœur de l'homme et dans les Annales
de l'Histoire. Puisse ma foible voix s'élever au-dessus des
clameurs de tant d'hommes asservis à tout ce
qui est préjugé : puisse la douce illusion d'être
indirectement utile , enflammer mon zèle.
animer mon courage, et voiler à mes yeux la
disormité des tableaux sur lesquels je serai forcé
d'arrêter mes regards. Les Juifs nés dans les premiers jours de la • --- Page 463 ---
(r1 A iij nature, conservèrent long-temps la simplicité
des moeurs, la douceur et la pureté des penchants qu'elles inspirent. Occupés seulement
alors du soin de leur subsistance, ils se livrèrent
à l'agriculture que leurs tranquilles vertus
avoient annoblie parmi eux : ils partageoient
leurs instants entre la culture des terres, la garde
des troupeaux et l'étude de leur Loi : effrayés
de l'exemple des Peuples voisins , craignant
leur luxe, méprisant leur mollesse , ils leur
abandonnèrent le soin d'accroître les progrès
de la raison et de l'industrie. Cet éloignement
pour les Sciences donna aux Juifs un esprit
minutieux, une défiance toujours inquiète,
peu propre à dissiper les ténèbres dont ils
s'enveloppoient eux-mêmes.. Quelques-uns d'entre eux, dont la communication avec les autres Peuples > avoit rectifié
et étendu les idées, jettèrent parmi la multitude les semences de quelques vérités utiles :
mais la superstition dont le moindre crime a
presque toujours été d'éterniser l'enfance des
Arts , en arrêta bientôt le germe : toutefois,
paisibles et vertueux, ils surent dans ce premier âge se garantir des vices de toutes les
Nations qui les entouroient. Ils jouissoient --- Page 464 ---
( 6 ) tranquillement des bienfaits de la nature qui
paroissoit s'épuiser à prodiguer pour leur
bonheur toutes ses richesses , et à multipliée
pes trésors. Plusieurs des Sages de l'Antiquité
vinrent chercher parmi eux l'exemple des
vertus : c'est-là qu'en avoit puisé les premières
leçons, ce Législateur philosophe, qui depuis
$ut assurer la. félicité des Athéniens, et fixer
l'admiration de tous les siècles,
its de la nature qui
paroissoit s'épuiser à prodiguer pour leur
bonheur toutes ses richesses , et à multipliée
pes trésors. Plusieurs des Sages de l'Antiquité
vinrent chercher parmi eux l'exemple des
vertus : c'est-là qu'en avoit puisé les premières
leçons, ce Législateur philosophe, qui depuis
$ut assurer la. félicité des Athéniens, et fixer
l'admiration de tous les siècles, Les Juifs conservèrent leur caractère chez
les autres Peuples. Plusieurs Rois de Macé-
'doine, de Perse et de Syrie récompensèrent en
eux l'affection et la fidélité qui les distinguoient
par-tout. Mais les Grecs, qui a fiers de leurs
connoissances , se croyoient d'une nature;
supérieure, les regardèrent comme des Barbares
qu'ils de voient mépriser. Telle sut la source
des persécutions et des violences que les Juifs
éprouvèrent dès ces premiers romps ; tel fut le
principe des malheurs , qui depuis les ont
poursuivis sans cesse. Les Romains vinrent y mettre le comble ?
ils les attaquèrent dans tout ce que l'homme 3
de plus précieux et de plus sacré ; la Religion
et la liberté, Les Juifs victimes de leur dévoue- --- Page 465 ---
(7) A. iv ment absolu pour les objets de leur culte,
succombèrent, en forçant leurs vainqueurs , à
admirer l'héroïsme de leur constance et celui
•de leur courage. On voit cette Nation opprimée tour-à-tour
par les Grecs et par les Romains, alternativement dans les fers , ensevelie sous les ruines
de son Temple, et renaissant de son tombeau. La puissance des Juifs- parut se ranimer sous
Hérode. C'est à cette époque que l'on fixe le
changement de leurs mœurs. Le malheur leur
avoit fait connoïtre la nécessité de s'affermir ,
et le besoin des richesses : ils oublièrent bientôt
leur simplicité primitive, ils renoncèrent à la
vie champêtre pour se livrer aux Arts et au
Commerce. Alors ta corruption s'introduisit
parmi eux : d'evenus sourds aux préceptes de
leur loi , qui les avertissoit ( i ) que la soif de
l'or les aveugleroit et les précipiteroit dans le
crime, ils se portèrent à tous les excès , jusqu'à
ce que s'étant rendus coupables du plus exécrabl"e des forfaits, ils succombèrent sous lés
coups et sous l'anathême d'un Dieu vengeur. ( i ) Eccl. 26 et suiv;. --- Page 466 ---
( 8 ) Dispersés alors parmi diverses Nations, partout méprisés , persécutés par- tout, ils vinrent
chercher dans d'autres climats la paix et la
tranquillité; mais, poursuivis par le malheur,
ils essuyèrent dans chaque pays tous les genres
de vexations politiques ou religieuses : parcourons-en le tableau avec rapidité, il seroit
triste d'arrêter trop long-temps nos regards sur
toutes les inhumanités commises envers eux.
466 ---
( 8 ) Dispersés alors parmi diverses Nations, partout méprisés , persécutés par- tout, ils vinrent
chercher dans d'autres climats la paix et la
tranquillité; mais, poursuivis par le malheur,
ils essuyèrent dans chaque pays tous les genres
de vexations politiques ou religieuses : parcourons-en le tableau avec rapidité, il seroit
triste d'arrêter trop long-temps nos regards sur
toutes les inhumanités commises envers eux. On sait qu'ils se fixèrent d'abord en Espagne
et en Portugal. Ils n'étoient pas alors livrés à
çet état d'inertie, de stupidité dans lequel l'esçlavage les a précipités, et qui depuis a si
souvent flétri leur caractère. Capables de
quelqu'industrie, ils donnèrent au Commerce
et à 1 Agriculture une nouvelle activité, et
surent mériter le titre et les droits de Citoyens,
jusqu'à ce que leur avarice les eût rendus odieux
aux Peuples, et leurs intrigues , suspects aujç
Gouvernements. Tels turent du moins les prétextes dont on abusa pour s'approprier une
partie des richesses qu'ils avoient acquises ;
l'avidité des Souverains prit toutes les formes
four parvenir à les dépouiller. C'eût été peu si les Juifs n'avoient eu à se --- Page 467 ---
( ) plaindre que de cette injustice ; mais bientôt
une superstition insensée vint abattre le courage qui commençait à les animer ; détruire
entièrement leur émulation et arrêter les progrès
de leur industrie, qu'elle étouffa ensuite dans le
sang; quand, à son délire , le fanatisme eut joint
son aveuglement et ses fureurs : on les forçoit
il se faire Chrétiens , on chassoit, après les
avoir dépouillés , ceux qui s'y refusoient : on
çmploya contre les autres de nouveaux genres
d'oppression. C'est alors qu'on vit élever ce Tribunal
odieux que l'humanité a depuis long-temps
dénoncé à la raison. Le sang ruisseloit de tous
côtés ; les bûchers servoient d'autels , sans cesse
entourés de victimes que l'on déchiroit froidement avec appareil, pour servir de spectacle à
une multitude fanatique qui venoit pieusement
en repaître ses yeux. Le moindre soupçon
servoitde preuves contre les nouveaux convertis : ces malheureux redoutoient également le
calme et l'agitation de leur ame : on interprétoit leur silence, leurs larmes; ils n'esoiert
plus lever les yeux sur les ruines de leur
temple; ils n'osoient plus se fier à eux mêmes,
Chacun d'eux s'effrayoit de ses propres idées A --- Page 468 ---
f 10 } il craignait que l'on ne vint épier ses pensées,
que ses regards ne le trahissent et qu'on n'y
découvrît l'expression des sentiments qui troubloient et déchiroient son cœur. .1
Bientôt, on le conçoit, au caractère d'enthousiasme et d'énergie que les Juifs avoient
montré d'abord en Espagne et en Portugal,
succéda un esprit de crainte et de terreur, une
méfiance qui devoit abattre leur courage,
rétrécir leur génie, et les écarter naturellement
de leurs bourreaux. Enfin sous Ferdinand le
Catholique , ils furent chassés de ces pays et
sorcés de chercher des lieux où il leur fut
permis de respirer.
caractère d'enthousiasme et d'énergie que les Juifs avoient
montré d'abord en Espagne et en Portugal,
succéda un esprit de crainte et de terreur, une
méfiance qui devoit abattre leur courage,
rétrécir leur génie, et les écarter naturellement
de leurs bourreaux. Enfin sous Ferdinand le
Catholique , ils furent chassés de ces pays et
sorcés de chercher des lieux où il leur fut
permis de respirer. Les uns se réfugièrent en Turquie où le
Mahométisme les supporta quelques instants :
d'autres en Italie où Jean XXIII les poursuivit
et les opprima sans relâche. Un grand nombre
alla chercher un asyle en Angleterre et n'y
trouva que de nouveaux malheurs ( i ). Ce
n'étoit plus, à la vérité, cette ivresse sanguinaire, ce fanatisme lâche et cruel qui vcnoit
de les accabler ; mais ils eurent à supporter une
égale persécution. (i) Sous Charles II et Henri III: --- Page 469 ---
( il ) Que pouvoient-ils attendre d'un Peuple qui
redoutoit tout commerce avec les infidèles,
qui refusoit de communiquer avec eux, dans
la crainte , disoit-il que la pureté de la foi ne
s'altérât. L'Allemagne offrit aussi une retraite aux
Juifs, au temps de leur dispersion ; mais ils ne
pouvoient guères trouver de secours et de
soulagements dans une Nation que la féodalité
avoit rendue barbare. Ils n'y furent pas plus
heureux que dans tous les autres lieux où ils
avoient porté leurs larmes et leur désespoir. La France leur sit éprouver des traitements
divers selon le temps et les circonstances, ou
plutôt selon l avantage qu'on trouvoit à les
opprimer ou à les protéger ; leurs richesses y
furent presque toujours la mesure de leur
faveur; alternativement on les çhassoit et on
les rappelloit, on les dépouilioit et on les traitoit avec humanité, souvent même avec dis..
tinction. Heureux sous la plupart, des Rois qui
Voulurent réveiller et animer l'Industrie , ils.
devinrent quelquefois nombreux (i) et d'autant (I) Henri II et Henri III. Lettre Pas. 1550 et 1554. --- Page 470 ---
( 12,) plus puissants , que le commerce dont ils
connoissoient presque seuls alors les ressources
et les avantages , leur acquit d'immenses
richesses. On leur fit quelquefois essuyer en France ( i ) des persécutions religieuses , mais plus
souvent encore ils eurent à vaincre la politique
mal-droite ou la cupidité de quelques Sou-.
verains. Toutes les fois qu'on vouloit s'appro--
prier leurs biens , on leur imputoit des crimes, ,
et l'or seul pouvoit les justifier. L'imposture %t
les violences étaient les armes avec lesquelles
on les attaquoit. - Ainsi, asservis par-tout à un despotisme i
odieux , par-tout gémissant sous un sceptre de t
fer , et forcés d'obéir presque sans cesse à des,
maîtres impitoyables, esclaves tout-à-la-fois !
et victimes de l'avarice , livrés aux préjugés, i
les plus cruels , à une superstition insensée f
à un fanatisme sanguinaire, les Juifs ont été :
continuellement le jouet de tous les bourreaux :
qui déchirent le coeur humain, mais qui se
relaient pour tourmenter les autres hommes ^
un sceptre de t
fer , et forcés d'obéir presque sans cesse à des,
maîtres impitoyables, esclaves tout-à-la-fois !
et victimes de l'avarice , livrés aux préjugés, i
les plus cruels , à une superstition insensée f
à un fanatisme sanguinaire, les Juifs ont été :
continuellement le jouet de tous les bourreaux :
qui déchirent le coeur humain, mais qui se
relaient pour tourmenter les autres hommes ^ . (1) Sous Philippe-le-Long --- Page 471 ---
(ij) et n'ont paru se réunir que pour opprimé
ces malheureux. Le sang coule encore de ces plaies profondes
qu'a faites à la Nation Juive un despotisme
destructeur \ réprouvé , au moins par l'humanité , la nature et la vertu , seroit - il donc
possible que la raison l'approuvât, qu'elle eut
autorisé ce délire qui a paru animer tous les
hommes contre les Juifs ? Non, il ne nois est
plus permis de le croire Quelles que puissent
être les idées que nous nous formerons du
caractère et des mœurs de ce Peuple , de la
possibilité de les. corriger ou de les adoucir ;
dès ce moment nous pouvons avancer que tout
condamne les persécutions odieuses dont les
Juifs ont été , dans tous les siècles derniers *
les funestes victimes, et déjà, nous-mêmes *
depuis long-temps, nous détournons avec
effroi nos regards de ces scènes d'horreur. Mais,
pour être moins barbares , en sommes - nous
moins injustes } Nous ne trempons plus , il
est vrai, nos mains dans leur sang , nous avons
ôté de dessus leur tête le glaive que le fanatisme y a suspendu si long-temps : mais nous
laissons entre les mains du Peuple des armes
dont il abuse pour les persécuter : nous laissons --- Page 472 ---
r 14 3 Ces malheureux exposés à sa haine, à ses caprice
et à ses préjugés; et que. dis je le Peuple ?
Ces hommes qui rougiroient d etre confondus
avec lui, ont-ilé d'autres idées, ont-ils line
autre conduits? Nous vantons avec complaisance
nos lumières; notre douce philosophie, nous nous,
louons de pouvoir enfin prononcer sans crainte
le mot sacré de Tolérance que les sages avoient
été forcés de renfermer si long-temps dans
leurs coeurs : et il n'est peut être aucun de nous
pour qui le nom de Juiss , ne soit encore
inséparable d'une idée de mépris et de haines
Cette idée à au reste n'est pas seulement parmi,
nous une erreur de l'esprit, elle tient à nos
Jnstirutions et à nos Loix. Ce sont nos Loix qui
ont fermé aux Juifs nos atteliers, qui leur ont
interdit tous les Arts et les ont déclarés indignes
des professions méme les plus viles : ce sont
nos Loix qui ont éloigné d'eux tout ce qui peut
flatter et consoler le cœur Quelle réflexion vient tout- à- coup mei
frapper et me saisit d'une sorte d'effroi ? Je
parle de nos Loix, j'en ouvre le code et je
trouve dans celle qui proscrit la famille d'uft
tégicide, le tableau trop fidèle de notre conduite t
envers les Juifs. Oui, je le dis en frémissant, --- Page 473 ---
( is 5 bous traitons ces malheureux comme ceux que
le lien le plus étroit consondroit en quelque
sorte avec le monstre qui auroit osé tremper
ses mains dans un sang qui nous est sacré.
'effroi ? Je
parle de nos Loix, j'en ouvre le code et je
trouve dans celle qui proscrit la famille d'uft
tégicide, le tableau trop fidèle de notre conduite t
envers les Juifs. Oui, je le dis en frémissant, --- Page 473 ---
( is 5 bous traitons ces malheureux comme ceux que
le lien le plus étroit consondroit en quelque
sorte avec le monstre qui auroit osé tremper
ses mains dans un sang qui nous est sacré. Rappellons les termes de cette Loi, Quant aux enfants du coupable, notre clémence veut bien leur accorder la vie 5 ( car
nous aurions le droit de les faire mourir
avec leur père , puisque l'exemple du crime
est chez eux héréditaire ) mais
qu'ils soient éternellement pauvres et souffrants.
que l'infamie de leur père les suive par-tout ;
qu'ils soient exclus de tous les honneurs civils
et religieux ; qu'ils vivent ensin dans une telle
indigence , un tel mépris, que la vie soit leur
supplice et la mort leur consolation. N'est - ce pas là l'effroyable anathême que
nous prononçons chaque jour contre toute la
'Nation Juive ? Quelles idées cette comparaison
trop exacte ne fait-elle pas naître ! Il seroit
possible, sans doute , d'excuser cette Loi
lorsqu 'on la prend dans son sens véritable,
elle peut ne paroître alors que l'expression d'un
sentiment que l'amour de ses Rois a gravé dans --- Page 474 ---
(i 6) le coeur de tout François. Cependant elle est
injuste en elle-même, cette Loi, et 'déjà
MESSIEURS , vous nous avez permis qu'on
l'accusât devant vous (i). Elle est cruelle, puisqu elle flétrit des innocents, et prononce contre
eux la peine du crime ; que devient-elle donc
dans ses écarts ? Et voilà tout ce que nous avons pu faire
pour adoucir le sort des Juifs parmi nous ! ce
foible intervalle qui se trouve entre les persécutions dont on les accabloit auparavant, et
tette odieuse proscription , est le seul que
nous ayons encore su franchir ? Voilà tout cé
que l'influence des lumières de la philosophie
des sentiments de tolérance et de modération
que nous professons avec tant de saste,a produit
en faveur de ces malheureux ! ; Mais de quel droit a-t-on ,jusqu'à nos jours,osé
enchaîner leurs bras, étouffer leur industrie5
avilir et dégrader en eux l'humanité : de quel
droit avons-nous cherché à éteindre dans leurs
cœurs cet amour sacré de la liberté que la ( i ) Discours sur les préjugés des peines infam. Par;
M. Lacier.. . nature I --- Page 475 ---
( t7 ) B nature y a Imprimé , comme dans celui de touS
les hommes : de quel droit avons-nous ravalé
ce Peuple jadis si auguste , au rang de ce qu'il
y a de plus vil et de plus méprisable ? Seroit-il
vrai que nous n'avons d'autres titre contre ces
infortunés que leur foiblesse et notre injustice,
et qu'en leur donnant un asyle ? en les recevant
parmi nous , nous nous soyons cru permis de
violer la plus impérieuse de toutes les loix , lè
premier de tous les devoirs?
les hommes : de quel droit avons-nous ravalé
ce Peuple jadis si auguste , au rang de ce qu'il
y a de plus vil et de plus méprisable ? Seroit-il
vrai que nous n'avons d'autres titre contre ces
infortunés que leur foiblesse et notre injustice,
et qu'en leur donnant un asyle ? en les recevant
parmi nous , nous nous soyons cru permis de
violer la plus impérieuse de toutes les loix , lè
premier de tous les devoirs? Je ne ferai aucune réflexion sur ces humiliantes vérités, mais dès ce moment je crois
pouvoir conclure que nous devons beaucoup
nous défier d'un 'préjugé dont les conséquences
sont si bizarres et les effets si injustes. Cependant comme il n'est rien de si contraire
à la raison et à l'humanité, qui n'ait eu souvent
quelque chose d'excusable même dans sa cause ,
de respectable même dans son origine ; continuons à chercher la source du préjugé quiparoît
Avoir dévoué les Juifs à un opprobre éternel ;
ne négligeons aucun des moyens qui paroissent
l'entretenir ; pesons - les tous , pour voir au
moins s'il n'est pas devenu nécessaire , s'il est
possible aujourd'hui de le combattre, ou si --- Page 476 ---
( r8 ) l'on ne doit pas le ranger dans la classe des
maux dont on ne peut que gémir. Déjà nous venors de voir que les premiers
malheurs des Juifs ont été les fruits de la violence , et que leur humiliation est née de leurs
vertus. Anéantis parles Romains, ils trouvèrent
des ennemis par- tout où ces tyrans du monde
étoient craints et respectés, et par-tout , la
cupidité , la jalousie, l'intolérance, la piété
farouche du Peuple toujours terrible quand
il croit obéir à sa Religion , et qu'il puise le
fanatisme dans la haine ; tous les fléaux de
l'humanité se réunirent pour les tourmenter et
les écraser. C'en étoit trop contre un Peuple
dispersé, que l'excès des maux qu'on lui avoit
fait souffrir rendoit insensible , et qui ne
trouvoit que dans un vain désespoir des armes
pour se défendre. Rien ne peut sans doute justifier tant d'excès,
et si nous avions à en rougir encore, je ne
chercherois que dans le coeur des hommes sensibles les moyens de les combattre. Mais si
tout ce que je viens de dire prouve que ces
violences étoient odieuses,si l'on peut en induire
que nous avons à nous reprocher à nous --- Page 477 ---
( 1 p ) B ij même d avoir flétri les Juifs , de n'avoir pas
cherché au moins à effacer leur opprobre, à les
threr de leur avilissement, nous ne voyons pas /
encore qu'il soit possible de changer leurs
moeurs j de les rappeller à b Vertu , de les
éloigner du vice, et en les rendant utiles, de
leur procurer un état plus heureux. Loin delà *
peut en induire
que nous avons à nous reprocher à nous --- Page 477 ---
( 1 p ) B ij même d avoir flétri les Juifs , de n'avoir pas
cherché au moins à effacer leur opprobre, à les
threr de leur avilissement, nous ne voyons pas /
encore qu'il soit possible de changer leurs
moeurs j de les rappeller à b Vertu , de les
éloigner du vice, et en les rendant utiles, de
leur procurer un état plus heureux. Loin delà * je le dis avec amertume, tout paroît Se réunir
pour tromper nos vcîeux ; et rendre illusoires
les efforts que l'on employeroit pour y parvenir; Comment, s'écrie-t-ori de toutes parts ,
comment étouffer une haine réciproque que le
temps semblé avoir consolidée, et qui est
devenue d'autant plus difficile à vaincre qu'elle
a eu des effets plus funestes ? comment changer
chez les Juifs des mœurs, qui toujours ont
paru les écaftér des auttes Peuples, ef qui
tiennent à leur Loi ; et si l 'on ne parvient pas
à les corriger, que peut-on se promettre de
gens qui ont fait de l'art de tromper leur
unique soin, qui apportent dans la société des
jruses, de la perfidie, une défiance toujojrs
inquiète, qui les éloigne de tout ce qui n'est
pas Israël, et leur fait croire la probité, la
délicatesse et l'honneur chimériques chez ses --- Page 478 ---
( 20 ) autres , parce qu'ils leur sont étrangers à euxmêmes? Quel rang de tels hommes pourront-ils
y occuper , quels avantages pourront-ils lui
procurer ? Comment changer la nature entiérement altérée, corrompue dans leurs cœurs?
Comment enfin tenter des efforts que notre
Religion condamne et désavoue. Ainsi, tout ce qui asservit les idées de l'homme,
tout ce qui enchaîne ses désirs , tout ce qui
maîtrise ses volontés et ses sentiments ; la Religion , les mœurs, le caractère, les préjugés,
l'habitude, tout paroît s'être réuni pour s'opposer à la régénération heureuse que la philosophie et l'humanité sollicitent en faveur des
Juifs. Analysons chacune de ces difficultés *
voyons si tant d'obstacles , qui peuvent sans
doute effrayer l'imagination , doivent arrêter
celui qui veut, qui cherche le bien avec le zèle
infatigable et l'enthousiasme de la vertu, cette
passion sublime des ames sensibles, qui les
éleve au-dessus d'elles-mêmes , et les rend
capables de tous les efforts.
ration heureuse que la philosophie et l'humanité sollicitent en faveur des
Juifs. Analysons chacune de ces difficultés *
voyons si tant d'obstacles , qui peuvent sans
doute effrayer l'imagination , doivent arrêter
celui qui veut, qui cherche le bien avec le zèle
infatigable et l'enthousiasme de la vertu, cette
passion sublime des ames sensibles, qui les
éleve au-dessus d'elles-mêmes , et les rend
capables de tous les efforts. Je parlerai d'abord du caractère et des mœurs
des Juifs, parce que notre premier,objet doit
être de connoître ces hommes tels qu'ils sont '
aujourd'hui parmi nous, d'étudier leurs talents. --- Page 479 ---
( 21 ) B iij leurs vices et leurs vertus; de connoître surtout quelle est la cause de leur dépravation, et
à quoi nous devons l'attribuer. Après tant d'agitations, les Juifs semblent
enfin fixés dans le morne repos auquel nous
les avons condamnés. Souples , paisibles ,
samiliarisés avec notre mépris et l'avilissement,
ils cherchent à s'en consoler par des richesses.
Sans appui, sans Patrie, sans autre propriété
que leur or, forcés par conséquent d'étouffer
toutes les passions qui exercent les facultés des
autres hommes, qui élevent l'ame, enflamment
le génie et occupent l'activité ; mais qui sans
objet pour eux ne feroient que les tourmenter
et les déchirer, ils n'ont d'autre but que de
s'enrichir. C'est vers ce seul point qu'ils s'occupent à plier l'énergie que la nature a mise dans
toutes les ames, et que chez les autres, le
goût, le caprice ou les circonstances dirigent.
Livrés uniquement à un esprit d'intérêt, i's
semblent eux-mêmes habitués à se croire saits
pour être avilis, du moins leur facilité à courber
la tête sous notre Joug , l'insensibilité qu'ils
opposent à nos outrages, la patience avec
laquelle ils les supportent, sont bien capables
d'entretenir le mépris du Peuple pour eux, et --- Page 480 ---
( 22) l'idée qu'if a presque toujours conçue de leue
inertie et dç leur incapacité. Ce n'est pas cependant que les Juifs ne soient
capables de beaucoup d'activité ; ils nous ont,
au contraire trop appris à le connoître, et
les maux dont ils sont la cause erç sont une
funeste preuve : ils ont paru se rendre les
principaux artisans de notre luxe, qu'on leur
impute d avoir corrompu : je me garderai de
repousser les clameurs de ceux qui les en accusent; loin delà, je dirai avec toute l'énergie dont
je puis être capable, que c'est à eux principalement qu'on doit le reprocher. L'attention avec
laquelle ils épient 1 instant où les passions vont
éclore, les soins qu'ils mettent à les fomenter ,
la coupable facilité qu'ils apportent à les satisfaire , sont de véritables attentats, et dans
toutes nos Cités nous en voyons constamment
les trop funestes effets. Les jeunes gens destinés à l'opulence , tourmentés de bonne-heure
de l impatience de jouir, trouvent en eux une
complaisance dangereuse et criminelle,
L'attention avec
laquelle ils épient 1 instant où les passions vont
éclore, les soins qu'ils mettent à les fomenter ,
la coupable facilité qu'ils apportent à les satisfaire , sont de véritables attentats, et dans
toutes nos Cités nous en voyons constamment
les trop funestes effets. Les jeunes gens destinés à l'opulence , tourmentés de bonne-heure
de l impatience de jouir, trouvent en eux une
complaisance dangereuse et criminelle, C est ainsi que les Juiss ont beaucoup con.
tribué à la perte des mœurs; et ce tort n'est
pas le seul dont ils se soient rendus coupable --- Page 481 ---
C 23 > B iv Celui-ci même n'est que la suite d'un autre
avec lequel ils ont paru s'identifier depuis
long-temps. Les perfides secours qu'ils prodiguent à la
jeunesse imprudente, ceux plus funestes encore
qu'ils viennent offrir aux malheureux que le
besoin entraîne, que la nécessité poursuit » ne
servent, en paroissant les soulager, qu'à hâter
et consommer leur ruine. Ce sont des aliments
empoisonnés qui peuvent bien y pour quelques
instants, ranimer les forces, mais qui finissent
par déchirer les entrailles, en causant le désespoir et la mort.. Et quand ces désastres ravagent nos campa.
gnes, combien ces maux ne sont ils pas p!us
terribles encore ? Combien plus cruçls sont les
coups que portent les Juifs à cette portion si
intéressante et si respectable de Citoyens à qui
nous devons notre première et notre véritable
richesse. Tandis que le Laboureur, la main
appesantie sur le soc de sa durrue, arrose de
ses sueurs le. sillon qu'il vient de tracer il
ignore qu'un Juif épie à sa porte l'instant de sa
détresse, qu'il va le saisir , qu'il le fera naître
pour offrir ses cruels bienfaits ; que ce malheu- --- Page 482 ---
( H ) feux dompte alors la nature par ses travaux ; $
ne doit plus espérer d'en goûter les bienfaits. Les Annales de la Justice nous montrent une
multitude d'exemples des effets horribles de
l'usure exercée par les Juifs : la crainte des
punitions ne les a jamais arrêtés. Quelle qu'ait
pu être la vigilance dont la Loi les a entourés ,
ils ont toujours su lui échapper; toujours ils
sont parvenus à briser le frein que l'on vouloit
mettre à leurs désordres. Ce tableau que je viens d'en tracer n'est
malheureusement que trop vrai ; mais sans
doute on ne m'accusera pas d'en avoir affoibli
les couleurs, et la censure la plus amère ne
trouveroit rien à ajouter à ce que je viens de
dire. Cherchons, en remontant à la source,
s'il est possible d'arrêter une licence aussi
effrénée. Les uns prétendent que les Juifs , en se
livrant àl'avidité dévorante qu'on leur reproche,
ne font que suivre les préceptes qui leur ont
été donnés, et obéir à leurs Loix religieuses.
D'autres que dès ce moment roserai appeliez --- Page 483 ---
( 25 ) Insensés, en ont accusé la nature elle -même :
elle s'est trompée, disent-ils, en formant les
Juifs, elle les a pétris d'un limon fangeux ; elle
les a dévoués à l'opprobre, elle les a faits pour
le crime. Eh quoi ! c'est dans ce siècle , c'est lorsque
tout retentit des plus saines , des plus sublimes
maximes de la morale, que l'on ose encore
blasphémer la natute , et lui reprocher une
semblable erreur ! On ne peut qu'abandonner
ces fanatiques à leur délire , on tenteroit en
vain de les convaincre, ils n'entendroient pas
nos réponses,
a dévoués à l'opprobre, elle les a faits pour
le crime. Eh quoi ! c'est dans ce siècle , c'est lorsque
tout retentit des plus saines , des plus sublimes
maximes de la morale, que l'on ose encore
blasphémer la natute , et lui reprocher une
semblable erreur ! On ne peut qu'abandonner
ces fanatiques à leur délire , on tenteroit en
vain de les convaincre, ils n'entendroient pas
nos réponses, La première objection est plus sérieuse,
elle est même assez généralement répandue.
On la fonde sur le texte de la Loi Juive, qui
porte effectivement ( I ) non fmieraberis fratri
tuo, sed alieno. Tel est le principal appui dont
s'étayent tous ceux qui soutiennent que les
Juifs, quels que soient nos soins et nos efforts,
ne renonceront jamais à leurs criminelles habitudes. Je ne répéterai pas ce que l'on a déjà dit (i) Dcute;. ch. 23 , v. 21. --- Page 484 ---
(26y plusieurs fois, pour prouver que ce mot font
rari, n'avoit pas chez les anciens Latins, la
signification qu'on lui donne aujourd'hui, qu'il
n exprimoit que l'intérêt légitime. Cet objet
pourroit prêter à d'ingénieuses dissertations;
mais je ne crois pas devoir réduire un point si
important à une discussion de grammaire et de
mots. Cherchons bien plutôt à pénétrer l'àme et
1 esprit de cette Loi , et puisque l'examen
d'une cause aussi belle nous sorce d'entrer dans
de semblables détails, osons interroger l'intention et les vues de son divin Auteur. La Loi des Juifs me paroît avoir eu, dans
sa partie politique, un objet principal auquel
tous les autres se rapportent / c'était d'isoler
en quelque sorte ce Peuple sur la surface de laterre , de le détacher de tous les autres , d'en
faire une Nation séparée , qui n'eut besoin
d'aucun exemple pour se diriger, pour subsister,
d'aucun secours étranger , et qui ne fÚt pas
dans le cas, en demandant à ses voisins des
institutions et des Loix, d'adoptei leurs vices
et leurs erreurs. On voit que Dieu, en manifestant à son Peuple chéri ses volontés, cherche --- Page 485 ---
[texte_manquant] à maintenir dans son sein cette précieuse égalité qui fit long-temps le bonheur des premiers
âges ; il craignoit que trop de communication
avec les autres hommes ne détruisît bientôt
des vues aussi sages, qu'elle n'amenât un relâchement dans des mœurs qu'il vouloit austères et pures. Son ouvrage eût été imparfait
s'il n'eût mis des obstacles à ce que ces mêmes
Peuples voisins ne vinssent jetter , parmi les
Juifs, le germe dangereux qu'il voulait empêcher de croître : mais ces obstacles ne pouvoient être indignes d'un Dieu, ils ne pouvoient
être indignes d'une Religion , qui commande
avant tout l'amour des hommes, et dont le
fondement est la charité, la première de toutes
les vertus ? la première de toutes les Religions. Ce ne pouvoit donc être, en interdisant aux
Juifs toute relation avec les autres Peuples; ce
ne pouvoit pas être, sur-tout en leur commandant de les haïr, que leur divin Législateur
devoit arrêter cette, confusion qu'il vouloit
prévenir : il s'occupa à les unir, à sormer entre
eux une chaîne étroite qui ne les bles ât pas,
et qu'ils ne fussent pas tentés de rompre ; il
s'occupa à leur procurer, dans cette liaison
concentrée tout ce qu'ils pourraient chercher
Peuples; ce
ne pouvoit pas être, sur-tout en leur commandant de les haïr, que leur divin Législateur
devoit arrêter cette, confusion qu'il vouloit
prévenir : il s'occupa à les unir, à sormer entre
eux une chaîne étroite qui ne les bles ât pas,
et qu'ils ne fussent pas tentés de rompre ; il
s'occupa à leur procurer, dans cette liaison
concentrée tout ce qu'ils pourraient chercher --- Page 486 ---
(28) chez leurs voisins de douceurs et de jouissances f
il s'occupa enfin à écarter ceux-ci, à les empêcher de venir troubler la paix et la tranquillité
de son Peuple, en leur ôtant tous les avantages
qu'ils avoient pu trouver à le faire. Les Etrangers, de leur côté, ne pouvant
partager ces mêmes avantages réservés uniquement aux Juifs , humiliés d'ailleurs par une
distinction qu'ils trouvoient injurieuse, s'en
écartoient naturellement 3 et ne venoient pas
leur demander des secours qu'ils ne pouvoient
être dans le cas de leur rendre ; puisque les
Juifs se les procuroient gratuitement entre eux,
et eussent été forcés de les payer ailleurs. Voilà
ce que plusieurs textes de ce Code nous apprennent (0, ce dont son esprit nous pénétre. Mais quoi ? Est-ce donc une Loi de notre
Dieu que nous devons être dans le cas de justifier ? Ceux qui ont osé accuser celle des Juifs
de leur avoir permis l'usure, ont-ils oublié
l'origine respectable de cette Loi, ont - ils
oublié qu'émanée de la Divinité même, elle (i) Pl. 15, v. 5. Dans le Talmud. Tr. de Maccot. pi
24, cot. E. --- Page 487 ---
( 29') doit être l'objet constant de nos respects et M
notre vénération ? Non , ce n est pas cette Loi
sainte qui prescrit l'usure , qui a rendu parmi
les Juifs ce vice ordinaire et presque naturel, ce
n'est pas elle qui produit les tristes et funestes
effets dont nous avons si justement à nous plaindre; ce n'est pas à elle qu'on doit reprocher cette
dépravation qui paroît les avoir gagnés tous.
Cette audacieuse avidité, ce brigandage dont
on les accuse, leur sont prescrits par une Loi
plus positive que celle qu'on leur attribue, par
la plus impérieuse de toutes, la nécessité. Osons le dire, enfin , osons avec le courage
de la vérité, arracher le masque imposant dont
le préjugé s'est constamment couvert ; c est
nous-mêmes, c'est nous qu il faut accuser de
ces crimes si justement reprochés aux Juifs ;
c'est nous qui les y forçons. C est le tort du
Gouvernement envers eux qui a rendu ces
excès nécessaires. Quel que puisse être le sentiment qui les anime, la passion qui les porte à
nous tromper, à employer toujours contre
nous la ruse, l'adresse et la perfidie ; c est à la
conduite barbare de nos pères envers eux, c est
à notre propre injustice que nous devons 1 attribuer.
faut accuser de
ces crimes si justement reprochés aux Juifs ;
c'est nous qui les y forçons. C est le tort du
Gouvernement envers eux qui a rendu ces
excès nécessaires. Quel que puisse être le sentiment qui les anime, la passion qui les porte à
nous tromper, à employer toujours contre
nous la ruse, l'adresse et la perfidie ; c est à la
conduite barbare de nos pères envers eux, c est
à notre propre injustice que nous devons 1 attribuer. --- Page 488 ---
( 30 5 ,Nous avons accordé aux Juifs la liberté de
subsister parmi nous , et nous leur en avons
6té les moyens ; notis ne leur avons permis
d'exercer que le commerce, parce que sans
doute il nous étoit impossible de le leur interdire. Cet état, il est vrai, est lui seul la principale source des richesses; mais tous les individus de cette Nation peuvent-ils s'y livrer *
en ont-ils tous le courage, en olit-ils tous les
facultés ? Le commerce ne peut subsister sans
des bases solides ; d'ailleurs la multitude des
combinaisons qu'il présente, les détails innombrables qu'il renferme, les connoissances profondes et indispensables qu'il exige, demandent
une étude et des lumières dont peut-être peu
d'entre eux sont capables. Ce n'est pas que l'on
puisse douter de l'adresse, de l'industrie des
Juifs ; l'expérience de tous les siècles nous l'atteste assez, et la reconnoissance du commerce
publie tout ce qu'il a reçu d'eux, les découverr
tes utiles qu'ils lui ont procurées (i). Personne
n'ignore que c'est à eux que nous devons cette
invention si précieuse qui en est l'ame, qui en
favorise la circulation, en augmente l'activité,
et la débarrasse des entraves qui l'opprimoient
le resserroient et eussent fini par l'anéantir. (i) On attribue aux Juifs l'invention des lettres de change --- Page 489 ---
( 31 ) Mais je ne parle pas de l'ingénieuse sagacité
de la Nation, je ne m'occupe qu'à en examiner
les membres, et il est certain que la plus grande
partie , flétri entiérement par l'habitude de
l'ignorance et de la superstition , gémit encore
dans d'épaisses ténèbres et un aveuglement que
l'on n'a jamais cherché à dissiper, et que cette
portion nombreuse dévorée par la misère,
incapable à tous égards d'élever le moindre
commerce, dès-lors sans secours, sans appui,
n'a d'autres ressource qu'un vil agiotage , d'autres moyens d'exister que l'usure. Je prévois que l'on m'opposera un fait qui
n'est que trop constant ; c'est que parmi les
Juifs ce ne sont pas seulement les malheureux
dévoués à l'infortuné qui exercent ce brigandage;
ceux d'entre eux que l'opulence a mis à l'abri de
la nécessité, s'y livrent avec une fureur encore
plus effrénée , et infiniment plus dangereuse a
puisqu'ils ont plus de sacilité de l'assouvir.
prévois que l'on m'opposera un fait qui
n'est que trop constant ; c'est que parmi les
Juifs ce ne sont pas seulement les malheureux
dévoués à l'infortuné qui exercent ce brigandage;
ceux d'entre eux que l'opulence a mis à l'abri de
la nécessité, s'y livrent avec une fureur encore
plus effrénée , et infiniment plus dangereuse a
puisqu'ils ont plus de sacilité de l'assouvir. Cette objection ne détruit en rien ce que j'ai
avancé, elle y ajoute au contraire pour tout
ceux qui connoissent un peu la marche du
cœur humain. La soif de l'or , l'amour du gain
étant la seule passion que nous avons laissée --- Page 490 ---
r 32 ) aux Juifs, elle remplit toutes les facultés deleut
ame et les tourmente d'autant plus qu'il ont plus
de moyens de la satisfaire : les vices qu'entraîne
le desir des richesses , doivent croître avec elles
et augmenter bien davantage. Cette vérité si
naturelle devient bien plus certaine encore
quand on l'applique à des hommes dont toute
la conduite ne peut plus avoir d'autre objet que.
d'entasser des richesses et dont ce desir circonscrit les idées et absorbe tous les sentiments. Ajoutons, ce qui est aussi décisif encore j
que les Juifs n'ayant eu la faculté de se livret
qu'à un seul genre d'industrie , son influence
dangereuse a dû rendre pour eux J'amour du
gain indispensable et nécessaire. L'esprit du
commerce est un esprit d'intérêt, et comment
ne leur seroit-il pas devenu naturel, comment
eût-il pu ne pas s'identifier en quelque sorte
avec des hommes auxquels on n'a laissé aucune
autre ressource, chez lesquels toutes les
familles , toutes les générations ont toujours
été dirigées par les mêmes vues , les mêmes
objets , livrées aux mêmes spéculations. On se
porte d'abord à de légères malversations , la
nécessité les autorise , l'usage et l'habitude les
excusent et en font un besoin. C'est à ce poini
que --- Page 491 ---
t 33 ? " " c que sont parvenus les Juifs. Quel Peuple, quelle
autre classe d'hommes oseroit avancer, que dans
les mêmes circonstances elle n auroit pas ed les
mêmes habitudes, les mêmes vices ; sur-tout si,
comme nous avons à nous le reprocher envers les
Juifs, nous l'eàssions affranchie de toute crainte
du deshonneur, en la jugeant toujours indigne
de notre estime, en lui enlevant dès-lors le seul
frein que nous ayons mis à notre cupidité , et
que nous ne savons peut - être pas toujours
inspecter nous-mêmes. En réfléchissant davantage, je crois décou*.
Vrir encord un autre motif qui doit porter les
Juifs a adopter avec tant d'avidité les moyens de
S'enrichir. Leurs familles presque toujours nombreuses n'ont d'autre secours que l'or qu'elles
peuvent se partager. Les membres qui lesS
composent n'ont pas , comme parmi nous ,
l'espoir des places , des dignités , la ressource
des talents : l'or est leur unique propriété *
chez eux il remplace tout, il est tout, et le
désir d'en amasser doit être dès-lors le seul
objet de leurs soins. Aussi le gouvernement
a-t-il été forcé de déroger quelquefois en leuc
faveur aux loix qu'il avoit établies, et dont
il prescrivoit si rigoureusement l'exécution $
composent n'ont pas , comme parmi nous ,
l'espoir des places , des dignités , la ressource
des talents : l'or est leur unique propriété *
chez eux il remplace tout, il est tout, et le
désir d'en amasser doit être dès-lors le seul
objet de leurs soins. Aussi le gouvernement
a-t-il été forcé de déroger quelquefois en leuc
faveur aux loix qu'il avoit établies, et dont
il prescrivoit si rigoureusement l'exécution $ --- Page 492 ---
? 34 i tous les autres Citoyens. Plusieurs Tribunaux
convaincus de ces affligeantes vérités , leur ont
permis une sorte d'usure qu'ils légitimoient
par leurs décisions (i). Il y a donc une force supérieure qui nécessite les Juifs à ce brigandage qu'on leur
reproche; ayons le courage de l avouer, et
rendons enfin à la nature , à la vérité, un hommage trop long-tems méconnu. N'accusonspIus
les Juifs, n'accusons plus une Loi sainte de les
avoir livrés à l'insatiable cupidité qui les dévore;
n'accusons que nous-mêmes , notre erreur et le
vice de notre conduite envers eux. Allons plus loin , et puisque le moment de
la vérité est venu , apprenons à connoître ce
que nous ne savons pas assez estimer chez les
'Juifs, et ce que nous devrions y admirer
davantage , y respecter peut-être : ,soulageons
un moment nos regards trop vivement blessés
â la vue des tristes tableaux que nous venons de
parcourir. Quecelui qui oseroit encore accuser la nature, ( i ) Divers Arrêts du Parlement de Metz leur on
permis de prêter à io et 12 pour cent. --- Page 493 ---
( 35 5 C ij 3es vices du corps entier de cette Nation , et
qu4 trôuveroit de l'impossibilité à rappeller lès
Juifs à la vertu , pénétré un moment avec moi
dans l'intérieur de leurs maisons; qu'il y étudie
letir conduite , qu'il examine Iturs actiohs, et
après avoir vu-parmi nous les mœurs Fresque
généralement corrompues , la vertu si souvent
méprisée j la Religion avilie ; il trouvera peutêtre chez les Juifs des exemples à suivre, des
modèles à imiter , il y trouvera cette nature
qu'il outrage, dans toute sa pureté, il en reconnoîtra à chaque pas les douces inspirations;
et s'il a une ame , il ne pourra peut-être refuser
des larmes d'attendrissement au spectacle de
l'union intéressante qui attache leurs familles *
et des sentiments dans lesquels ils cherchent ,
et font consister leur bonheui. C'est parmi ce
Peuple que les époux sont encore fidèles , les
pères tendres et sensibles j les fils toujours respectueux. C'est-là que les mères s'occupent de
leur tendresse ; et qu'elles se livrent envers,
leurs erifants à ce premier de tout les devoirs *
que les notres ont dédaigné si long-temps ; la
voix de la philosophie y a rappelle ensin ceilesci ; mais la plupart ne paroissent-elles pas le
remplir pour obéir à la vanité plutôt, qu'à la
Pature ?
fidèles , les
pères tendres et sensibles j les fils toujours respectueux. C'est-là que les mères s'occupent de
leur tendresse ; et qu'elles se livrent envers,
leurs erifants à ce premier de tout les devoirs *
que les notres ont dédaigné si long-temps ; la
voix de la philosophie y a rappelle ensin ceilesci ; mais la plupart ne paroissent-elles pas le
remplir pour obéir à la vanité plutôt, qu'à la
Pature ? --- Page 494 ---
(36) C'est-là que l'on cherchera vainement des
vices dont nous ne savons déjà plus rougir s
on y verra , à la vérité , des pratiques puériles , des coutuihes extravagantes ; mais on
n'y appercevra pas ces modes folles et ridicules , ce luxe insensé ; tous ces excès avilissants qui nous deshonorent aux yeux des autres
Nations et peut-être aux nôtres. Au lieu de cet
égoïsme qui chez nous paroît avoir desséché
tous les cœurs, et qui, par une singularité digne
de notre siècle , s'y allie quelquefois avec la
plus touchante sensibilité ; on admirera avec
attendrissement leur bienfaisance entre . eux ,
leur compatissante humanité , la sensibilité
qu'ils montrent dans toutes les calamités publiques, leur amour tendre et sincère pour
nos maîtres , sentiment que toujours ils ont
fait éclater, et qui leur dcnne le droit de porter
le nom de Citoyens François j on trouvera
sur-tout digne d'attention, cette scrupuleuse
exactitude à suivre jusqu'aux moindres préceptes
d'une Loi qui asservit leurs idées , maîtrise leurs
goûts et enchaîne presque tous leurs penchantt# Sont-ce donc là les indices d'une dépravation
totale? Ces sentiments, ces qualités qu'on ne'
peut nier, et qu'on ne m'accusera pas d'avoit --- Page 495 ---
< 37 5 C iij exagéres , annoncent'Ils une corruption qu'on
ne puisse plus espérer de guérir ? Et doit-on
croire entièrement flétties des ames dans lesquelles respire encore la vertu ? Les Juiss n'ont
pas , il est vrai , l'art que nous mettons à la
faire briller ou plutôt à en affecter les dehors ,
ils savent moins l'embellir que nous, mais ils
savent peut-être mieux la sentir, ils en connoissent mieux les attraits, ils s'y livrent au
moins généralement davantage. Ce n'est donc pas dans leurs mœurs, dans
leur caractère que nous trouverons les difficultés trop réelles qui paroissent s'opposer à
des changements dans leur sort : leurs mœurs ,
leur caractère ne sont point naturellement vicieux, et nous pourrions espérer de les corriger
par une conduite et des institutions nouvelles ,
si nous ne rencontrions pas d'autres obstacles.
Mais parviendrons nous à vaincre les préjugés
qui écartent les Juifs de nous, et ceux aussi
universellement reçus qui nous ont habitués à
ne voir en eux que des hommes méprisés et
faits pour l'être?
elles qui paroissent s'opposer à
des changements dans leur sort : leurs mœurs ,
leur caractère ne sont point naturellement vicieux, et nous pourrions espérer de les corriger
par une conduite et des institutions nouvelles ,
si nous ne rencontrions pas d'autres obstacles.
Mais parviendrons nous à vaincre les préjugés
qui écartent les Juifs de nous, et ceux aussi
universellement reçus qui nous ont habitués à
ne voir en eux que des hommes méprisés et
faits pour l'être? Les préjugés, ces idoles chéries du Peuple,
ces dangereux ennemis de la raison, toujours --- Page 496 ---
( 38 ) / terribles quand ils sont enracinés par le temps, et
sortifiés par l'exemple, les préjugés paraissant
ici s'armer de toutes leurs forces pour combattre
1a résistance que nous tenterons de leur opposer. Voyons s'il est possible de les vaincre et de
trouver les moyens d'en triompher. J'examine d'abord les nôtres, et j'avoue que
je ne puis les considérer sans effroi. Quel est
parmi nous l'homme du Peuple qui ne nous traiferait d'insensés, si nous lui disions que le mépris
dont il accable un Juif, est une erreur et une
injustice dont il doit être la, première victime;
que ce malheureux sur lequel il accumule toutes
les humiliations n'est pas né pour le vice, et
qu'il pourroit devenir un citoyen honnête -et
quelquefois utile? Mais comment détruire ces
funestes idées ? Le plus pénible de tous les
travaux fut toujours de déraciner l'erreur, de
rappellerai vérité dans le cceur des nommes , ;et
de faire sertir leur esprit du cercle que l'habit
tude et l'aveuglement ayoient tracé. Voilà sans doute des difficultés réelles ,
fautant plus dangereuses, que l'on ne réussira
jamais-à les vaincra par l'autorité ni la forç^,
toujours impuissantes sur l'opinion, lorsque --- Page 497 ---
(39) C iv la raison n'a sur elle aucun empire ; et quepeut
la raison sur l'esprit de la multitude ? Toutefois ces difficultés, pour être effrayantes y ne me paroissent pas insurmontables ï elles
arrêteront même peu les hommes capables de
réfléchir > que la prévention ou quelqu'autre
passion auroit aveuglés ; la présence de la
vérité, les : trappe toujours , et dès qu'on la leur
mpntre, ils rougissent de la combattre. Ce ne sera donc que îe Peuple qui ne sait
ni la cônnoître , ni la sentir, qu on aura quelque
peine à diriger ; le Peuple, si jaloux de -ses
jugements, si fier de pouvoir dispenser l'estime
ou le mépris, et qui sacrifie tout pour conserver
ses opinions. Qn conçoit assez que ce n'est
pis en heurtant ses idées qu on parviendra à
- les changer : loin detà, elles lui deviendroient
chères alors , et les attaquer, ce seroit- l'avertir
du moment où il lui fmdroit les défendre. Mais
ces marnes idées , ce préjugé qui résisteroient
peut-être toujours à des Loix, à des efforts
trop sensibles , céderont à des impressions
adroites et bien ménagées : ils céderont à la
voi< des sages, dont tôt ou tard le Peuple
finit par suivre l'exemple : en un mot le temps
deviendroient
chères alors , et les attaquer, ce seroit- l'avertir
du moment où il lui fmdroit les défendre. Mais
ces marnes idées , ce préjugé qui résisteroient
peut-être toujours à des Loix, à des efforts
trop sensibles , céderont à des impressions
adroites et bien ménagées : ils céderont à la
voi< des sages, dont tôt ou tard le Peuple
finit par suivre l'exemple : en un mot le temps --- Page 498 ---
-■*403 pourra les effacer, mais la force ne les détruirf
jamais. Que le Gouvernement ne développe donc ^
pas son pouvoir pour commander à ce préjugé,
mais qu'il ne paroisse pas l'adopter lui-même,,
comme il a fait jusqu'ici ; qu'il reconnoissq
cette erreur qui a séduit et entraîné la multi.
tude, et alors celle-ci portée naturellement à
imiter ses maîtres, quand ils ne paroissent pas
chercher à contraindre ses sentiments , à
maîtriser ses goûts, la multitude s'habituera à
trouver chez les Juifs ce qu'elle reconnoît
chez tous les autres, quand ceux qui la dirigent lui paroîtront convaincus que ces êtres
trop long-temps malheureux, peuvent devenir
des Citoyens utiles, capables de quelques vertus,
çt dignes d'un meilleur sort. Nous le voyons , les moyens d'opérer les
changements qu'on sollicite , sont tous en
notre pouvoir ; c'est de nous qu'il dépend de
Jes faire réussir, et nous devons espérer d'y
parvenir quand nous saurons les découvrir et
les manier avec adresse ; espérons tout, attendoi .s tout du temps et de nos soins, mais surtout , n'employons que la lente et sage circonspotion de la prudence, --- Page 499 ---
? 41 5 tes obstacles que , de leur cote , les Juifs
nous opposeront , et qui naissent de leurs
propres préjugés, ne me paroissent pas plus
insurmontables ; il me semble , au moins , qu ils
ont du être l'effet nécessaire de notre conduite,
et qu'ils cesseront avec la cause qui les a fait
paître. L'habitude du malheur leur a donné celle de
la crainte, et a produit en eux cette défiance
qui les écarte toujours de nous et leur fait redouter nos bienfaits. Eh quoi ! étoit-ce sous
les chaînes de l'esclavage , au milieu des troubles qui les ont déchirés continuellement, que
les Juifs ont pu se livrer à ces sentiments
qu'unie ame noble et pure conçoit de sa dignité,
qui l'élevent, l'enflamment, la portent au bien
public, lorsqu'elle ne croit même obéir qu'à
des passions particulières ? Etoit-ce au milieu
des ténèbres dont nous les avons entourés, et
que nous épaississions sans cesse, au sein de
l'ignorance que nous avons perpétuée parmi
eux, qu'ils ont pu s'agiter et secouer le joug
auquel nous les avons attachés ? Etoit-ce enfin ,
quand nous avons altéré, corrompu en eux
toutes les sources de la confiance, que nous
pouvions en exiger une soumission aveugle } --- Page 500 ---
1 ( '42) II faut bien que des esclaves obéissent a leurs
tyrans mais ils ne leur doivent pas davantage. Si, les Juifs jettent les yeux autour d'eux ils
lie rencontrent que des persécuteurs ; s'ils rentrent au -*dedans d'eux-mêmes, ils n"y trouvent
que le sentiment cruel de leurs maux' et de
l'injustice dont on les accable ; pouvons-nous
etre étonnés encore de leur trouver une timidité
imbécille, un caractère d'inquiétude qu'on
croit leur êtré propres , et qui ne sont que
l'effet de la gêne, delà crainte et du malheur ?
autour d'eux ils
lie rencontrent que des persécuteurs ; s'ils rentrent au -*dedans d'eux-mêmes, ils n"y trouvent
que le sentiment cruel de leurs maux' et de
l'injustice dont on les accable ; pouvons-nous
etre étonnés encore de leur trouver une timidité
imbécille, un caractère d'inquiétude qu'on
croit leur êtré propres , et qui ne sont que
l'effet de la gêne, delà crainte et du malheur ? Les Infortunés se livrent facilement à des
impressions que la raison désavoue peut être »
mais que leur ame "brisée par la douleur n'a pas
toujours la force "de repousser. :" / 1 *' J Montrons aux J'siss un vif désir de lésirendre
heureux; ne craignons pas de rougir à leurs
yeux de notre erreur; ayons la noble fiérté de
l'avouer ; prenons de bonne-foi la résolution
et les moyens de -la reparer , et ils se livreront
avec confiance au sentiment ëcîafré qui nous
animera , non dans les premiers moments- sans
doute; tous ces progrès seront lents et tardifs,
tous tiennent à des changements de mœurs,
de caractère, qui ne peuvent êtré que le freit --- Page 501 ---
... (43) de longues habitudes, et qui dans l ame des
Juifs ne commenceront à germer qu'après qu 'on
en aura effacé, l'idée des persécutions et 1s
souvenir de tant de maux. Je crois découvrir encore une autre cause
qui a enraciné leurs préjugés davantage, et qui
exigera plus de temps et de soins pour les en
• guérir. Les Juifs opprimés sans cesse, n'ont
trouvé d'asyle contre le malheur que d ms le
sein de leur Dieu , ils s'y sont précipités avec
toute fardeur du fanatisme et règarement du
désespoir. Livrés aujourd'hui à une superstition
aveugle et insensée , garottés par des liens que
' resserre encore -le sentiment de leur faiblesse, ils
croient y trouver les douceurs de la paix, ec ils
chérissent doutant plus ces liens, qu'ils sont constamment occupés de l'idêe que notre premier
objet est de chercher à les briser, que nous emploirons tous les moyens pour y parvenir, et que
nQs bienfaits sont les plus dangereux , ceux dont
ils doivent se défier davantage. Que faire contre
de pareilles idées, d'autant plus profondément
gravées , d'autant plus difficile à vaincre , que
fondées sur une funeste expérience , l'habitude
et le malheur en ont fait un sentiment ?
liens, qu'ils sont constamment occupés de l'idêe que notre premier
objet est de chercher à les briser, que nous emploirons tous les moyens pour y parvenir, et que
nQs bienfaits sont les plus dangereux , ceux dont
ils doivent se défier davantage. Que faire contre
de pareilles idées, d'autant plus profondément
gravées , d'autant plus difficile à vaincre , que
fondées sur une funeste expérience , l'habitude
et le malheur en ont fait un sentiment ? Sij d'un autre côté , il nous reste quelqu'es- --- Page 502 ---
< 44 ) poir de détruire un jour ces sentiment?, ces
idées parmi les Juifs ; parviendrons-nous à
diriger les ressorts de leur ame , que la honte
et l'opprobre paroissent avoir brisés ? Parviendrons-nous à rendre de la force et de l'énergie
à leurs esprits abrutis par la superstition? Oui,
nous pouvons nous en flatter encore : pour
en convaincre, je me contenterai de demander
comment en a détruit ces principes funestes et
destructeurs, qui autrefois ont bouleversé les
Nations et fait le malheur de l'humanité; combment on est parvenu à vaincre le fanatisme
imbécille et lâche qui deshonoroit nos pères ,
et qui a si long-temps étouffé parmi eux le
germe des connoissances. Ah ! sans doute,
c'est que la voix toujours lente , mais infaillible
de la raison s'est fait entendre ; c'est que la
lumière de la vérité est parvenue enfin à percer
les ténèbres qui nous enveloppoient. La raison ,
la vérité perdroient-elles donc tout leur empire, quand elles l'exerceront sur l'esprit des
Juifs, ou plutôt n'y ont-elles pas déjà, comme
je le prouverai dans d'autres instants , imprimé
le sceau de leur puissance, malgré tous nos
efforts pour l'empêcher ? C'étoit quand l'aveuglement étoit universel, quand tout étoit ense.
veli dans ces mêmes ténébres dont nous sommes --- Page 503 ---
f 4 ; ) délivrés , qu'on eût trouvé des difficultéés
réelles à en tirer les Juifs ; mais aujourd'hui
que le mouvement est donné , qui empêcherait
qu'il ne se communiquât jusqu'à eux ? Est-ce
au moment où la philosophie embrasse tout,
où ses regards ont tout enflammé, qu' ils pourroient être Ínsensibles à son éclat radieux.
Permettons-leur d'ouvrir les yeux, et ils finitont , comme nous, par admirer son ouvrage
et jouir de ses bienfaits. Mais je l'ai déjà dit
plusieurs fois, sachons attendre ces changements heureux, sachons les faire naître; surtout n'en hâtons pas trop le moment : l'erreur
seule marche avec vitesse, la vérité ne s'avance
jamais que lentement à sa suite. Je viens de dire que les préjugés qui écartent
les Juifs de tous les autres hommes, prenoient
-leur source dans une inquiétude toujours
active, une superstition aveugle qu'ils ne doivent qu'à leur foiblesse, leur ignorance et
leurs malheurs. Mais on m'oppose qu'il ne
s'agit pas ici de préjugés, de superstition ;
que ce que j'ai pris chez les Juifs pour de la
défiance , étoit réellement de la haine, que
leur Religion elle-même a gravé ce sentiment
dans leurs cœurs, qu'elle l'inspire, qu elle le
hommes, prenoient
-leur source dans une inquiétude toujours
active, une superstition aveugle qu'ils ne doivent qu'à leur foiblesse, leur ignorance et
leurs malheurs. Mais on m'oppose qu'il ne
s'agit pas ici de préjugés, de superstition ;
que ce que j'ai pris chez les Juifs pour de la
défiance , étoit réellement de la haine, que
leur Religion elle-même a gravé ce sentiment
dans leurs cœurs, qu'elle l'inspire, qu elle le --- Page 504 ---
t 4« ) dirige en leur offrant tout ce qui rfest pai
Israël , comme devant être l'objet de leur
♦ exécration, que dès-lofs les vœux de l'humanité
tous les efforts de la politique, pour réunir les
Juifs aux autres Nations, seront toujours infructueux et vains, puisque jamais cette uniori
ne pourra être cimentée par la confiance. Telle est l'objection la plus communément
employée , celle qui paroît frapper le plus.
Je pourrois me contenter, pour y répondre,
de ce que j'ai dit plus haut de cette Religion,
je pourrois rappeler que c'est à notre Dieu
qu'on impute cette effroyable doctrine, et ce'
mot suffirait sans doute. Mais pour détruire
enfin des idées populaires, trop long-temps
accrédités, confondons, la Loi à la main, cette
assertion impie que l'on a si souvent hazardée. Je l'ai ouvert, ce livre de la Loi des Juifs ,
et j'y ai vu d'abord le dogme consolant, que tous.
les hommes participeront à la félicité éternelle y
lo rsqu'ils auront observé des préceptes qui doivent être de toutes les Religtons , et que partout la raison, la justice et l'humanité commandent. Ces préceptes sont appelles dans les livresJuifs . la Loi des Noachides ; ceux qui lec obser-, --- Page 505 ---
( 47 ) rent, « dit-elle, doivent être respectables et
« sacres aux yeux de tout Israëlite; il n'est
aucun acte d'humanité dont ils puissent so
« dispenser envers eux ». Telle est la morale
sublime, renfermée dans tous leurs livres de philosophie (i). Kosry, Auteur Juif, justement
estimé,dit en parlant de l'immortalité, n'ôtons
» pas aux hommes , de quelque Religion qu'ils
puissent être, le salaire de leurs vertus».
'■4 ** Combien dans l'Ecriture , - qui est la Loi
suprême des Juiss, combien ne trouve-t-on pas
de textes plus précis encore qui leur imposent:
l'obligation de respecter , de chérir et de soulager tous les hommes. Combien de préceptes,
donnés par Dieu même à son Peuple, qui
rappellent cette obligation ; combien de vœux
qui y sont conformes ? Si nous examinons ce
qui se passe sous nos yeux, que dirons-nous de la
ferveur des prières que les Juifs adressent à leur
Dieu dans les instants de nos propres calamités
et tous les jours, lorsque le Peuple vient les
insulter jusques dans leurs synagogues , lorsqu'ils ne peuvent y trouver un abri contre nos. . (1 l Talmiid. dans Isolat. f. 64. Mainmonid. des
Rois, ch. 8 et io du liv. int. Jadkachsaka , etc. i --- Page 506 ---
I 4S ) outrages et nos mépris, tous les jours ils
s'eR vengent en répétant cette prière : « répands
» ta bénédiction , ô Dieu de nos pères , sur
l'Univers entier, il est ton ouvrage j et tout
ce qui respire, ta puissante main l'a formé *.
olat. f. 64. Mainmonid. des
Rois, ch. 8 et io du liv. int. Jadkachsaka , etc. i --- Page 506 ---
I 4S ) outrages et nos mépris, tous les jours ils
s'eR vengent en répétant cette prière : « répands
» ta bénédiction , ô Dieu de nos pères , sur
l'Univers entier, il est ton ouvrage j et tout
ce qui respire, ta puissante main l'a formé *. Est-ce là l'expression de la haine, sont-ce là
des préceptes qui la commandent, qui l'inspirent et la dirigent? Mais ils nous haïssent cependant, leurs pètes
tfétestoient les nôtres, par-tout leurs ames ne
sont mues que par ce sentiment ; il paroît être;
pour eux une espèce de besoin , et les premiers}
mots que leurs enfants apprennent à bégayer à
en sont presque toujours l'expression. Nous en sommes étonnes, eh ! Que voulions
nous donc qu'ils fissent ? Certes, c étoit bien le
moins que nous pouvions en attendre , d 'après
les maux dont nous les avons accablés. Dd
quels excès ne nous rendrions-nous pas coupables , à quelle fureur extravagante ne nouslivrerions-nous pas nous - mêmes , si noud
éprouvions quelques-uns des traitements qu'on
leur a fait subir: ne respectant rien, ne reconnoissant plus rien de saçré f nous foulerions
aux --- Page 507 ---
( 49 ) n aux pièds l'autorité, la raison, la nature et
les Loix. Et ces malheureux qui n'osèrent jamais
braver leurs tyrans, ne pourroient pas les haïr 2
Nous leur reprochons jusqu'à leur tranquille
désespoir ; nous prétendons étouffer leurs
soupirs et traiter leurs plaintes de crime !
Etrange conduite, sans doute , de prétendre
exercer des vexations, sans permettre de crier à
l'injustice ! Ce sont des vexations si révoltantes
qui ont empreint ce sentiment dans leurs ames ;
voilà quel en a toujours été le mobile , voilà
quelle est la source intarissable dans laquelle
ils ont paru le puiser sans cesse. N'en accusons
ni leur Religion qui le condamne , ni la nature
qui ne leur fait éprouver, comme à tous les:
hommes que le besoin de la vengeance. Nous
pouvons en croire sans doute un de leurs
principaux ennemis 5 celui peut-être dont les
coups ont été les plus terribles, M. de Voltaire,
qui a prostitué son génie au plaisir singulier
de les dégrader et de les avilir. Mais qu est-il besoin de réflexions , d'autorités pour en convaincre ? Ces clameurs qui ont
pu tromper quelquefois, ne peuvent étouffer
la vérité ni la faire disparoître i çelle-ci a des --- Page 508 ---
(so) droits imprescriptibles , et tôt ou tard elle pari
vient à les réclamer et à les venger. J'ai dû justifier d'abord la Religion Juive de
l'imputation trop souvent répétée de commander
la haine; je dois avouer maintenant qu'au moins
elle ne paroît pas propre à réunir ses Sectateurs
à tous les autres Peuples.
ont
pu tromper quelquefois, ne peuvent étouffer
la vérité ni la faire disparoître i çelle-ci a des --- Page 508 ---
(so) droits imprescriptibles , et tôt ou tard elle pari
vient à les réclamer et à les venger. J'ai dû justifier d'abord la Religion Juive de
l'imputation trop souvent répétée de commander
la haine; je dois avouer maintenant qu'au moins
elle ne paroît pas propre à réunir ses Sectateurs
à tous les autres Peuples. La nécessité , plus impérieuse encore, que
le voeu de leur Dieu , avoit sait une Loi aux
Juifs dès les premiers temps,de cet éloignement :
la haine et les persécutions de leurs voisins les
forcèrent à rompre toute communication avec
eux. On les accuse d'avoir fait naître et d'avoir
mérité ces sentiments : je ne peux ni m'arrêtée
à ces reproches ni les repousser ; ce n'est
pas dans la Palestine que je dois les suivre: d'ailleurs , le temps a jetté un. voile impénétrable
sur ces anciennes querelles , il nous en a dérobé
la connoissance exacte , et l'homme impartial
qui ne juge que sur des faits certains , ne fait
ici que résoudre , que décider. Mais je vois ces
nommes que le malheur au moins eut dû rendre
respectables , poursuivis sur la surface de la
tene, trouvant par-tout des oppresseurs, et je
conçois qu'unis entre eux par l'infortune, cédant --- Page 509 ---
, ï Ti 3 D ij tout-à-la-fois à leur Religion ; au sentiment de
leur liberté, ils ont dû ne chercher qu'en eux
des consolations à tant de maux : je conçois
que cette chaîne si forte dès son origine , consolidée depuis par le temps, est peur être devenue indissoluble, sur-tout quand on observe
que quelles que soient les relations politiques qui
pourroient les réunir à nous, il sera toujours
impossible d établir entre les deux Peuples ces
liaisons si douces qui confondent les fdmilîcs;
liaisons sans lesquelles pourtant on ne doit pas
s'attendre à voir jamais régner entre les hommes
de véritable intimité. Mais je rie vois dans ces motifs qu'un obs<
tacle à une parfaite Union entre eux et nous *
et non un moyen de justifier nos excès, et la
dédaigneuse indifférence ddnt nous les accablons. On les accuse , je le sais , de ne se
regarder parmi les autres Nations que comme
des passagers ; on prétend qu'ils attendent sans
cesse le jour de l arrivée d'un Messie qui doit
fenfin les réunir et les venger : on en conclut
que jamais on ne pourra en faire des Citoyens , -
que jamais ils n'en auront la conduite ni les
sentiments. L'expérience me paroît détruire ces alléga- --- Page 510 ---
[texte_manquant] fions. par tout ils fcrment des établissements
par-tout ils s'enchaînent par les liens les plus
difficiles à rompre , par-tout ils sont sujets
fidèles et soumis. Laissons à ceux d'entre eux
que la superstition abrutit toujours leurs
chimères et leurs idées; voudrions-nous les
priver encore de cette triste consolation. Ils attendent, dans ce Messie, un vengeur
et un appui. Eh bien ! soyons-le nous-mêmes,
fixons-les par nos bienfaits, procurons-leur
quelques-unes des jouissances que nous nous
plaisons à prodiguer aux autres Etrangers ,
et bientôt nous ne serons plus dans le cas de
répéter cette allégation déjà démentie par les
faits : la terre promise sera pour eux celle où
ils trouveront enfin la paix et la tranquillité.
iste consolation. Ils attendent, dans ce Messie, un vengeur
et un appui. Eh bien ! soyons-le nous-mêmes,
fixons-les par nos bienfaits, procurons-leur
quelques-unes des jouissances que nous nous
plaisons à prodiguer aux autres Etrangers ,
et bientôt nous ne serons plus dans le cas de
répéter cette allégation déjà démentie par les
faits : la terre promise sera pour eux celle où
ils trouveront enfin la paix et la tranquillité. Mais notre Religion ne s'oppose-t-elle pas
aux moindres efforts que nous pourrions faire
pour rendre les Juifs heureux ? N'a-t-elle pas
détruit d'avance le plan que pourroient nous
tracer d'ailleurs l'humanité , la raison et la
politique ? Ne nous accusera-t-on pas,au moins,
de nous opposer à ses divins décrets, en travaillant à changer le sort d'une Nation proscrite
dès long-temps, et dont les malheurs , l'opl --- Page 511 ---
(y?) D ni jîrobre et l'existence même sont à nos yeux ua
mystère que l'on ne doit pas chercher à pénétrer, C est encore là, je le sais, une des plus
fortes objections que l'on fait contre le système consolant que je propose; mais combien
elle me paroit contraire au véritable esprit de
cette Religion sainte et douce que le faux zèle
outrage, et qui s offense de nos rigueurs enver3
des malheureux qu'elle sait plaindre et respcc*
ter, même en. les punissant. Elle nous apprend, il est vrai, cette Religion, que les Juifs coupables du plus grand des
forfaits, ont mérité le courroux de la Divinité;
que pour punition de son crime, cette Nationdoit être dispersée sur la sursace de la terre ;
mais connoissons-nous quelle est la mesure deson infortune ? Est-ce a nous qu'il appartientd'interprêter cet ordre de la Divinité ? Est-ce.
a nous que l'exécution en est confiée , et
serions-nous allés jusqu'à nous croire les instruments de sa vengeance ? Eh J laissons
Providence accomplir elle-même ses desseins,
saxis oser les pénétrer ou les interroger. Loin
de. nous, loin d'un siècle où. l'esprit humain --- Page 512 ---
< 54) rougissant enfin de son délire, contemple aveôj
mépris la superstition , et le fanatisme avec
horreur , loin de cet'e Religion auguste, des;
idées d une intolérance bafbare qui l'avilissent
et la déshonorent. Ministres du Dieu de paix, c'est à vous sur-;
tout ic¡ que je m'adresse : c'est vous qui dirir
gez l esprit et l'opinion de cette multitude
d hommes qui ne peuvent entendre la voix de
la raison, ni celle de la vraie philosophie :
vous seuls pouvez détruire, parmi eux, les
idées auxquelles ils se livrent; c'est donc à vous
iqu'il appartiendroit de confondre ces doutes,
Ce noble emploi est bien digne de vos sublimes
fonctions : c'est aux pieds des autels, c'est dans
la chaire de vérité qu'il seroit beau de vous
voir défendre les droits et les privilèges d'une
Nation malheureuse et opprimée, déclairer le
Peuple sur d'aussi grands intérêts, de lui apprendre que ces infortunés dont l'erreur est à
plaindre, sans doute, sont comme nous, les
fils du même père, ont été long-temps les
çnsants chéris du même Dieu.
ctions : c'est aux pieds des autels, c'est dans
la chaire de vérité qu'il seroit beau de vous
voir défendre les droits et les privilèges d'une
Nation malheureuse et opprimée, déclairer le
Peuple sur d'aussi grands intérêts, de lui apprendre que ces infortunés dont l'erreur est à
plaindre, sans doute, sont comme nous, les
fils du même père, ont été long-temps les
çnsants chéris du même Dieu. Mais quoi 1 on vous reproche d'avoir quelquefois resserré vous-mêmes les nœuds qui --- Page 513 ---
[texte_manquant] D iv attachent la multitude à ses préjuges : j'en tends
des cris nombreux qui vous accusent d'avoir
été souvent les persécuteurs de cette Nation
malheureuse, pour laquelle j'irnplorois votre
pitié. Eh ! loin d'armer la Religion de ces
fureurs qu'elle désavoue , suivez plutôt 'les
véritables leçons qu'elle nous donne, écoutez,
imitez un grand homme dont nous honorons
tous la mémoire. «Vous avez tort, disoit St.
Grégoire, à un Evêque de Naples, de souffrir
les persécutions contre les Juifs; provoquonsles de raison et de douceur, qu'ils soient parmi
nous sans inquiétudes, et n'employons, pour
les ramener, que les avertissements et les conseils qui auront plus de puissance que n'en
ont eu les persécutions )1. Combien ne pourrois-je pis rapporter d'autorités aussi respectables qui' enseignent de
préceptes, même qui commandent ce devoir
sacré ? Persécuterons - nous ceux que Dieu
tolère ? disoit Saint Augustin. Le quatrième
Concile de Tolede, ( r6e can.) est plus précis
encore, il veut : « qu'on ne fasse. aucune
* violence aux Juifs Ecoutons aussi le sensible, l'aimable Fénélon, --- Page 514 ---
? 5*î Apprendre à son auguste élève, «que l'Inforas tune du dernier des hommes est une accu95 sation contre son Prince; sur - tout, lui
f disoit-il, accordez à tous la tolérançe civile ». Telle est la Loi d'un maître pacifique, qui
sait quand il doit punir et pardonner, et qui
n'a pas besoin de nous pour servir ses vengeances. Telle est la leçon sublime que devroient n'oublier jamais ceux qui dirigent les
hommes ; c'est celle que leur donnent les vrais
Philosophes, tous les Sages de la terre : c'est
celle que l'on trouve à chaque ligne de cet
ouvrage immortel qui a mérité à son Auteur
le titre si beau de Législateur de l'Univers.
cc Honorez, vous dit Montesquieu (i), la
Divinité, et ne la vengez jamais
servir ses vengeances. Telle est la leçon sublime que devroient n'oublier jamais ceux qui dirigent les
hommes ; c'est celle que leur donnent les vrais
Philosophes, tous les Sages de la terre : c'est
celle que l'on trouve à chaque ligne de cet
ouvrage immortel qui a mérité à son Auteur
le titre si beau de Législateur de l'Univers.
cc Honorez, vous dit Montesquieu (i), la
Divinité, et ne la vengez jamais Images de Dieu sur la terre, les Rois et les
Magistrats y sont envoyés pour rendre heureux
tous les hommes soumis à leur puissance et
à leur Jurisdiction : tel est leur objet, ils ne
doivent pas en çonnoître d'autres. Ainsi, sans écouter davantage un préjugé ( i ) Esprit des Loix, liv. XII, ch. IV; --- Page 515 ---
( SI Y adieux, que l'on n'a pu justifier qu'en calomniant la nature , en blasphémant notre Religion , notre Dieu , rendons a une portion
nombreuse de Citoyens des droits trop longtemps méconnus, dont nous n'avons pu les
dépouiller sans injustice. Tout nous y invite,
tout le veut. Seroit-ce au moment où toutes
les bouches publient la sagesse de cette Loi
nouvelle , qui va nous rendre des hommes
utiles , qui avoient si rapidement enrichi de
nos Arts les Nations étrangères seroit-ce,
dis-je 3 à ce moment qu'on voudroit rendre
incomplet le bienfait de notre Législation ?
Ah, prenons - y garde, le temps passe , il seroit
dangereux de le laisser échapper : le Peuple
attend 'ce qu'il doit croire et penser, souvenonsnous qu'il ne faudroit qu'un prétexte à sa
haine pour l'augmenter et la rendre terrible.
S'il voit tous les hommes appellés à jouir en
France â de la douceur de nos mœurs , de
notre liant régime , tous , hormis les Juiss,
protégés et heureux, il sentira bientôt pour
ceux-ci de nouveaux mépris, et s'attachera
pour jamais à un préjugé que nous aurons
consacré nous-mêmes. . ftîais nous ne craindrons pas ces maux ; notre --- Page 516 ---
Crg) Gouvernement saura les prévenir ; il saura
reconnoître enfin le mérite d'un Peuple industrieux et paisible, et il n'affectera pas de rendre
ses chaînes plus pesantes , d'augmenter son
opprobre en détruisant à jamais ses espérances .,
en le privant du seul bien dont au moins
jusqu'ici nous lui avions permis de jouir ; il il
saura, en adoptant, sans aucune réserve, les
sentiments d'une tolérance trop long-temps
combattue , envisager les Juifs comme les
autres hommes, les traiter comme tous les
Sectaires qui lui sont étrangers. Déjà la plupart des Etats de l'Europe nous
ont donné la leçon et l'exemple : ils nous ont
appris, par leur expérience, qu'i! etoit possible
de rendre les Juifs plus heureux et plus utiles,
et que par-tout le dégré de considération
publique et de liberté, dont i!s jouissent, est
la règle de leurs talents et de leur zèle , pour
concourir au bien général. Ces diverses Nations
avaient partagé long - temps le délire qui a
paru animer tous les hommes contre les Juifs y
mais aidées des lumières d'une raison plus
épu rée, elles ont eu la noble fermeté de reconnoître leur erreur et de la réparer.
plus heureux et plus utiles,
et que par-tout le dégré de considération
publique et de liberté, dont i!s jouissent, est
la règle de leurs talents et de leur zèle , pour
concourir au bien général. Ces diverses Nations
avaient partagé long - temps le délire qui a
paru animer tous les hommes contre les Juifs y
mais aidées des lumières d'une raison plus
épu rée, elles ont eu la noble fermeté de reconnoître leur erreur et de la réparer. L'Angleterre, courbée pendant des siècles j --- Page 517 ---
( >9 ) sous le joug du despotisme , ne leur accordoit
pas alors une liberté dont elle ne connoissoit
pas elle-même le prix ; depuis qu'elle en a senti
les douces inspirations, qu'elle a su en apprécier les charmes, et qu'elle a ouvert son sein
£ toutes les Sectes, pourvu qu'on lui apportât
de l'industrie, des richesses et des arts, le sort
des Juifs y est bien changé ; ils y sont presque
naturalisés, ainsi qu'en Hollande, où la douceur du Gouvernement les a attirés en foule :
on ne paroît pas se repentir de la générosité
qu'on y exerce envers eux : élevés au rang des
Citoyens , ils s'y sont montrés susceptibles
d'émulation ; la dignité naturelle à l'homme a
reparu sur leur front, dès qu'on en a effacé
l'opprobre , et leurs bras soulagés de leurs
chaînes y sont devenus plus actifs. En Pologne où ils sont heureux et protégés ,
ils font exclusivement le commerce, et rendent
tous les autres Citoyens tributaires de leur
industrie et de leur activité. En Allemagne, en Prusse, ils ne différent
des autres Citoyens que par l'incapacité de
parvenir aux charges publiques. C'est-là snrtout qu'on remarque l'influence de la conduite --- Page 518 ---
( 6o ) iïu Gouvernement sur leurs moeurs et leus!
caractère : c'est à Vienne, c'est à Berlin que.
l'on trouve les Synagogues remplies de Juifs
industrieux, éclairés et savants dans tous les
genres : c'est-là qu'on a vu un Moses Mendelshoun regardé, à juste titre3 comme un des
grands Philosophes et des meilleurs Ecrivains
de ce siècle. C'est à Berlin qu'un Docteur
Bloch, à ce moment même, Professeur d'Histoire Naturelle,. de Physique, de Mathématique
et de Chymie, passe pour un des hommes les
plus instruits et les plus profonds que la Prusse
ait vus naître. A Livourne leur état est fixe et certain : on
les y a cru dignes de participer à tous les
avantages de la société. Dans les Etats du Pape, à Avignon notamment, ils ont l'exercice public de leur Religion,
et le droit d'acquérir des immeubles, ils y
jouissent comme les autres sujets de toutes les
facultés civiles (i). En Italie, en Sicile, mêmes avantages , ( i ) Ainsi que le prouve un certificat authentique et
connu des Consuls d'Avignon, du 31 Décembre 1779.
es de participer à tous les
avantages de la société. Dans les Etats du Pape, à Avignon notamment, ils ont l'exercice public de leur Religion,
et le droit d'acquérir des immeubles, ils y
jouissent comme les autres sujets de toutes les
facultés civiles (i). En Italie, en Sicile, mêmes avantages , ( i ) Ainsi que le prouve un certificat authentique et
connu des Consuls d'Avignon, du 31 Décembre 1779. --- Page 519 ---
'< 6.t ) mêmes succès : et pour ne pas étendre plUf
ce détail historique, on trouve les mêmes principes et la même conduite envers les Juifs .
jusque chez le Peuple le plus intolérant, et sous
le Gouvernement le plus despotique du monde
entier; en Turquie, où la haine contre toutes -
les Religions étrangères est si implacable, voici
ce qu'on trouve dans le Voyage Littéraire de
la Grece (i): cc Les Juifs exercent en Turquie
tous les Arts, tous les Métiers et ont tous les
talents. Ingénieux, adroits, grands Cultivateurs, propres à toutes les affaires, et presque
toujours nécessaires par leur activité et leur
industrie, ils sont les agents de toutes les
Nations commerçantes rassemblées dans la
Capitale; et toutes les Nations, même celles
du pays, sont devenues leurs tributaires. Il
faut avouer aussi , ajoute le même Auteur,
qu'on a vu parmi eux des hommes de génie
qui ont été les oracles de leur Nation, et d'une
probité rare: les noms de Sauzino, de Kamcki,
d'Angel, de Hodula et beaucoup d'autres, y
seront toujours en vénération ». Disons-le donc, et disons-le avec l'histoire ^ •. (i) Tom. V, Liv. II, --- Page 520 ---
.(62) par-tout où l'on a fait des Juifs des Citoyens
et des hommes, on les a trouvés laborieux et
éclairés; par-tout ils ont donné des preuves
de génie , de courage et de délicatesse que la
Philosophie a plus d'une fois jugées digncs
d'être transmises à la postérité. Seroit ce donc en France, dans le sein de la
Nation la plus douce et la plus éclairée, que
l'on hésiterait à suivre cette règle et des principes aussi satisfaisants ? Qu'ont-ils en euxmêmes qui ne doivent nous faire espérer les
mêmes avantages ? Qu'ont ils qui ne soit, pour
le moins, aussi conforme à nos mœurs, à
l'aimable douceur de notre caractère ,• à cette
sensibilité touchante qui donne quelque chose
d'intéressant à nos défauts mêmes. N'en doutons pas, ce germe heureux se développera
également parmi nous, il nous procurera les
fruits dont les Juifs font jouir déjà toutes les
Nations dont je viens de parler. Mais nous n'en
sommes plus réduits à chercher ailleurs des
exemples et des preuves. Depuis quelque temps
on paroît s'occuper en France, à changer, à
adoucir au moins le sort des Juifs, et déjà
nous voyons des effets sensibles de ce que
peut, sur les individus de cette Nation, le
ux se développera
également parmi nous, il nous procurera les
fruits dont les Juifs font jouir déjà toutes les
Nations dont je viens de parler. Mais nous n'en
sommes plus réduits à chercher ailleurs des
exemples et des preuves. Depuis quelque temps
on paroît s'occuper en France, à changer, à
adoucir au moins le sort des Juifs, et déjà
nous voyons des effets sensibles de ce que
peut, sur les individus de cette Nation, le --- Page 521 ---
(63 ) desir d'acquérir et de mériter l'estime. Si nous
ne trouvons pas encore, parmi nos Savants ,
des Mendelshonn, des Bloch et des Pinto, nous
plaçons dans la liste des Citoyens, qu'un
noble et généreux patriotisme distingue, les
noms de Gradix, de Blicu, de Hombein, de
Ceus, Beer et autres. C'est en eux mêmes , me dira-t-on peutêtre, que ces hommes ont trouvé les ressources
nécessaires pour se placer au rang où ils sont
élevés. Eh bien ! que l'on me permette un
exemple plus frappant de l'influence de notre
conduite sur le caractère et les mœurs des
Juifs; je le trouve dans la différence , que j'ose
dire incroyable qui se rencontre entre les Juifs
de Metz et ceux de Nancy. Loin de moi toute
prévention Injuste , toute idée de malignité :
tout ce que je pourrai dire, je le dois à la vérité, et on doit le pardonner à celui qui ose défendre
la cause des hommes. A Metz, les Juifs flétris, constamment humiliés , livrés à la haine et au mépris de la multil tude , n'ont rien de sacré pour elle : habitués
dès l'enfance à une abjection avilissante, ils
supportent les dedains avec une lâche docilité --- Page 522 ---
? 44 5 qui n'est que trop capable d'entretenir te*
Sentiments ; on les fuit , et chacun paroît
craindre que leur approche ne le souille , et
qu'ils ne lui fassent respirer l'air infect dans
lequel on les laisse croupir. Dans !a Ville voisine où ils ne sont pas ainsi
entassés dans un quartier isolé, où ils n'ont
que très-peu, on pourroit même dire, point
de signes extérieurs qui les distinguent, le
Peuple ne répugne pas de les aborder, il ne
s'étonne plus de leur trouver quelquefois de
la dignité dans le maintien , de la recherche
dans les meubles et les vêtements, du goût..
même pour se procurer toutes les jouissance
et les douceurs de la vie. Ces Juifs, de leuC^
côté , moins persécutés , moins avilis, se sont
montrés plus d'une fois jaloux de la considération publique, et ont su la mériter et
jouir. Fiers d'être regardés comme des hommes
ils cherchent à lutter contre l'opprobre et la
besoin , et ne demandent que les moyens d etre J
utiles.
êtements, du goût..
même pour se procurer toutes les jouissance
et les douceurs de la vie. Ces Juifs, de leuC^
côté , moins persécutés , moins avilis, se sont
montrés plus d'une fois jaloux de la considération publique, et ont su la mériter et
jouir. Fiers d'être regardés comme des hommes
ils cherchent à lutter contre l'opprobre et la
besoin , et ne demandent que les moyens d etre J
utiles. Déjà plusieurs membres d'une même famille
se sont livrés avec succès à des Arts qui
exigent du talent ï un autre que des parents
estimés f --- Page 523 ---
( 65 ) E estimés-, assez courageux pour oser braver leurs
préjugés 'et les nôtres, avoient destiné à un des
Etats les plus importants de la société, vient
d'être admis à l'exercer : ce qui est plus frappant
encore, tous les Juifs de la Lorraine se ^ont
joints à lui pour défendre leurs droits et appuyer ses réclamations : tous, au moment où
nous avons béni cette Loi sainte et douce qui
paroît appeller tous les hommes à jouir en
France des droits que par-tout ce titre leur
accorde, tous se sont précipités aux pieds des
Tribunaux, tous demandoient qu'on brisât les
liens honteux qui enchaînent leurs bras, et
qu'on substituât enfin dans leurs mains, aux
instruments du vice, ceux de nos Arts et de
nos Métiers. Et qui le croiroit, à ce moment
là même, les Juifs de Metz n'osant s'élever à
ces courageuses résolutions sembloient, par
une lâche complaisance , consentir qu'on leur
laissât leurs vices, leur bassesse et leur honte. Que celui qui sera capable de quelque réflexion s'arrête un moment sur ces faits ; qu'il
fie demande d'où peut venir une telle différence
dans les mœurs et le caractère de ces hommes
qui ont la même Religion , et à tout autre
égard les mêmes principes et les mêmes sentie --- Page 524 ---
(66 f ments, qui tous les jours se voyent, se communiquent leurs idées et établissent continuellement entre eux les relations les plus intimes :
et bientôt, à l'aide de ces idées, il remontera
à l'origine du mal ; il sera convaincu que nous
pouvons faire des Juifs ce que nous voulons
qu'ils deviennent, que leurs défauts et leurs
vices tiennent à nos institutions; que trop
souvent nous leur avons fdit un crime de ce
qui n'étoit que l'effet indispensable et nécessaire
de notre conduite envers eux , des traitements
souvent odieux, toujours injustes, que nous
leur avons fait supporter ; qu'il dépendra de
nous enfin de corriger ces dangereuses habitudes, en y substituant des Loix plus équitables
et plus douces. Oui, ne craignons pas de le dire, de le
répéter, le mal vient de nous, c'est donc à
nous à le réparer. Bien des personnes ne
verront, dans cette assertion, peut-être que
l'écart d'une imagination exaltée, qui dans sa
fougeuse impatience réalise tout ce qu'elle
desire , tout ce qu'elle espère : le flambeau de
Ja Philosophie, quel que soit son éclat, n'a pas
encore dissipé tous les nuages. --- Page 525 ---
1( 67 )
ignons pas de le dire, de le
répéter, le mal vient de nous, c'est donc à
nous à le réparer. Bien des personnes ne
verront, dans cette assertion, peut-être que
l'écart d'une imagination exaltée, qui dans sa
fougeuse impatience réalise tout ce qu'elle
desire , tout ce qu'elle espère : le flambeau de
Ja Philosophie, quel que soit son éclat, n'a pas
encore dissipé tous les nuages. --- Page 525 ---
1( 67 ) E ij Mais, j'ose le croire, le jour est arrivé où
Res sentiments ., ces idées triompheront enfin
de l'aveuglement de tant de générations. Il est
des vérités auxquelles on n'arrive que lentement ; il semble qu eîles ayent besoin d'être
mûries par les erreurs de plusieurs siècles : si
quelquefois elles cherchent à se montrer avant
ce terme , elles sont persécutées , forcées
bientôt de disparoitre : c'est un rayon de
lumière qui frappe un moment, b!esse les regards et s éteint. Celle que je viens de défendre,
trop long-temps combattue, s'annonce enfin
avec des caractères qu'ils n'est plus permis da
méconnoître ; elle commence à briller de tout
son éclat, et déjà tous les esprits sages et éclairés
semblent prêts à la reconnoître; et tous les
cœurs sensibles disposés à l'entendre, --- Page 526 ---
(68) SECONDE PARTIE. LA France a reçu des Juifs dans son seirt >
elle leur a permis d'y exister ; par cela seul,
elle a contracté l'obligation de les rendre,
heureux. Il n'y auroit donc que les obstacles
qu'ils lui opposeroient eux- mêmes, qui la
tendraient excusable de ne l'avoir pzs fait. Je
crois avoir reconnu que de ces obstacles, les
uns peuvent être facilement combattus, et nous
k
devons nous occuper à le faire : si les autres
t¡ui résultent d'une sorte d'impossîbilité de
réunir entièrement , de confondre dans la.
société ces hommes avec les autres, rendent
nos efforts plus pénibles et notre succès moins
assuré, ils ne doivent pas nous empêcher de
changer et d'adoucir, au moins leur sort. Les
moyens d'y iéussir paroissent simples et faciles :
j'aurois bien mal rempli mon objet, si, d'après
ce que j'ai oit, ils ne s'offroient pas naturellement , s'il me restoit maintenant d'àutre tâcha
à remplir que d'en prouver la justesse, et d'erç
assurer l'exécution. Nosayeux avoient persécuté les Juifs; nous
ïes avons avilis, nous ne leur avons laissé qu'un --- Page 527 ---
e 69 ) E iij, seul genre d'industrie, dont l'influence a renda
pour eux l'amour du gain indispensable et
nécessaire : telle est notre faute, telle est la
source de tout le mal qu'on cherche à réparer.
Pour y parvenir , il faut donc rétablir sur leur
front l'empreinte de l'humanité , jetter dans
leurs ames le germe des qualités sociales, y
allumer le feu sacré de l'honneur , et leur persuader que parmi nous il doit être la plus noble
récompense de la vertu : il faut écarter d'eux
toute idée d'oppression , les décharger des.
fardeaux sous lesquels ils succombent; effacer,
s'il est possible , de leur esprit, toutes les
impressions du passé, dissiper au moins. les
défiances pour l'avenir : il faut briser les liens
honteux qui enchaînent leurs bras, ranimer
leurs forces, encourager leurs progrès ; il faut
lier leurs passions , leur intérêt particulier à
l'intérêt général, leur assurer sur- tout les droits
de la nature et ceux de l'humanité; en faire des
Citoyens.
lesquels ils succombent; effacer,
s'il est possible , de leur esprit, toutes les
impressions du passé, dissiper au moins. les
défiances pour l'avenir : il faut briser les liens
honteux qui enchaînent leurs bras, ranimer
leurs forces, encourager leurs progrès ; il faut
lier leurs passions , leur intérêt particulier à
l'intérêt général, leur assurer sur- tout les droits
de la nature et ceux de l'humanité; en faire des
Citoyens. Alors y bientôt ranimés par nos regards \
ils tourneront leurs efforts vers des travaux
utiles et des occupations honnêtes ; ils admireront , il3 chériront en nous des vertus
bienfaisantes, qu'ils reconnoîtront pour l'ou- --- Page 528 ---
( 70 > 1 vrpge d'une raison éclairée ; heureux et libres 1
ils chercheront à les imirer. Nous les avions
rendus malheureux , il étoit indispensable qu'ils
fussent méchants : la peine et le vice sont
inséparables, a dit un grand homme. C'étoit
la force invincible de la nécessité qui les portait
au mal ; conduisons-les au bien par la route si
facile du sentiment : notre soin doit être de la
leur indiquer : ils la suivront, n'en doutons
pas , quand nous leur aurons persuadé qu'elle
est pour eux celle du bonheur: au moins alors
nous n aurons plus besoin d'indulgence pour
tolérer leur brigandage et pardonner leurs
faites. Ne nous laissons pas égarer , cependant,
par la douce illusion que ce tab!eau pourroit
nou? faire : ne nous flattons pas de rendre sans
retard et sans difficulté tous les Juifs également
heureux, de les trouver tous également utiles :
>> on va au mal par une pente insensible, a
v dit Montesquieu (i) , et on remonte au bien
par un effort w. Il en faut un pénible et violent
pour vaincre l'h ibitude et détruire psrroi !e Peuple et chez les Juits eux-mêmes les préjugés $ (7 Esprit des Loix, liv. V, cE Vil. --- Page 529 ---
( 71 ) E iv qui des deux cotés les divisent et Tes séparent,
Je crois avoir démontré que c'est-là l'obstacle
le plus difficile à vaincre , celui qui rendra
toujours nos efforts inutiles, tant que nous ne
serons pas parvenus à le surmonter, celui
dés-lors dont on doit, avant tout, chercher à
s'occuper. Je l'ai déjà dit, ce n'est que du temps qu'il
faut attendre un changement dans les idées de
la multitude ! il faut Pattendre des imuressions
bien ménagées , mais toujours lentes , que lë
Gouvernement doit donner. Pour le faire naître parmi le Peuple, pour
dominer ses sentiments, il saut, avant tout, captiver ses sens et parler à ses yeux. Commençons
donc par détruire tous les signes humiliants qui
désignent les Juifs ; ne laissons sur leur figure
aucune des traces que nous y avons imprimées,
que leurs vêtements- et tout leur extérieur ne
nous montrent que des concitoyens, des
hommes qui partagent nos charges , nos droits
et nos privilèges. La multitude qui ne s'occupe
pas des causes , ne chercha, ni à-les pénétrer ,
ni à les juger i elle ne s'attache qu'aux effets ;
et si l'on parvient à empêcher qu'elle ne
ignent les Juifs ; ne laissons sur leur figure
aucune des traces que nous y avons imprimées,
que leurs vêtements- et tout leur extérieur ne
nous montrent que des concitoyens, des
hommes qui partagent nos charges , nos droits
et nos privilèges. La multitude qui ne s'occupe
pas des causes , ne chercha, ni à-les pénétrer ,
ni à les juger i elle ne s'attache qu'aux effets ;
et si l'on parvient à empêcher qu'elle ne --- Page 530 ---
( 72 1 distingue les Juifs, à effacer', au moins à leufc
approche, l'idée que ce souvenir réveille, ceux-?
ci n'auront plus bientôt à craind-re de trouvée
dans les invidus qui composent cette même
multitude , autant d'ennemis et de persécuteurs»
L'estime et la confiance les rapprocheront insensiblement, et un commerce habituel déracinera
les préventions qui les éloignent. Cette attention de supprimer, avant tout, les
vêtements, et tout ce qui nous fait reconnoitre
pa Juif, me paroît être de la plus grande
importance. Quoi de plus décisif, en effet, que
cette comparaison trop exacte que je viens de
faire des Juifs de Metz et de ceux de Nancy ;
quoi de plus frappant ; qu'on me permette
gussi de le dire, que la différence des préjugés, à cet égard,des Citoyens des deux Villes ,
tous cependant aussi instruits-d'ailleurs , tous
îiussi éclairés? D'ou peut venir cette différence
qui place les Juifs de Metz à deux siècles de
çeux de la Ville voisine , sinon des marques
extérieures, que les premiers sont obligés de
porter sans cesse, et qui entretiennent l'habitude
que le Peuple a prise de les outrager et de
les mépriser. --- Page 531 ---
< 73 ) Notre premier soin doit dona être de les
supprimer ces marques, toutefois avec les
ménageme its que nous devons employer dans
tout ce que nous pourrons attendre d eux. C est
sur-tout dans ces circonstances que nous aurons
besoin d'une sage circonspection ; il est bien
important , je crois , de ne rien exiger , et
d'employer toujours à leur égard la confiance
qui invite, plutôt que l'autorité qui commande,
Il ne faut donc pas leur ordonner de se vêtir
comme les autres hommes ; mais les y engager ,
et savoir les amener à ce point; autrement ils
nous opposeroient leur Loi et la courageuse
fermeté avec laquelle ils sont toujours prêts à
la défendre , ainsi que tout ce qu'ils croient y
tenir. On objectera que, si cette Loi leur prescrit
la plupart des usages que nous voudrions leur
faire abandonner , jamais ils ne se refuseront
à lui obéir ; qu'il n'est aucun avantage dont ils
ne feroient volontiers le sacrifice 5 plutôt que
d'en oublier les préceptes, Leur conduite et leurs propres idées , celles
du moins du plus grand nombre d'entre eux,
nous ont habitués , je le sais, à croire que leur --- Page 532 ---
< 74 5
que, si cette Loi leur prescrit
la plupart des usages que nous voudrions leur
faire abandonner , jamais ils ne se refuseront
à lui obéir ; qu'il n'est aucun avantage dont ils
ne feroient volontiers le sacrifice 5 plutôt que
d'en oublier les préceptes, Leur conduite et leurs propres idées , celles
du moins du plus grand nombre d'entre eux,
nous ont habitués , je le sais, à croire que leur --- Page 532 ---
< 74 5 Loi prescrîvôitîa forme des vêtements qui leur
sont particuliers ; mais ce fait est pourle moins
très-douteux : on ne trouve sur cet objet que
l'opinion de quelques Rabins , qui sont d'avis
opposés. Au surplus, parmi ces marques extérieures nous en trouvons qui. sont comman-
-
dées .par nous-mêmes, et je ne pense pas qu'il
doive se rencontrer de grandes difficultés à les
supprimer : les autres , telles que là barbe pour
les hommes, les voiles qui couvrent les cheveux des femmes mariées, ne sont gueres de
préceptes plus rigoureux. Et déjà les premiers
se permettent de seraser entièrement le visage,
tandis que les autres , en se conformant encore
à ce qu'elles croyent d*un devoir plus indispensable, ont su tromper nos regards, et rappeller
au moins à l'imagination un ornement qu'elles
regrettoient de nous cacher. Voila ce que le
temps a "amené, et ce que nos ordresy nos
Loix, n'eussent jamais fait exécuter. Contentons-nous donc d'aider leurs. efforts, ne supprimons que ce que nous avons établi, et sans
ren exiger d'ailleurs, habituons-les à sentir tous
les avantages qu'ils trouveroient à faire disparoître les autres signes qui retracent des idées
et un souvenir qu'il est &i important d'effacer. --- Page 533 ---
(7 S ) Je ne m'occupe donc ici spécialement qud
de ce qui tient à vos institutions, de ce que
ie Gouvernement a établi ; et dans cette classe
j'indiquerai d'abord les droits, osons-les oomnier odieux , par lesquels nous ravalions les
Juifs au rang des plus vils animaux, en exigeant d'eux, à l'entrée de quelques-unes de
pos Villes , les péages auxquels ceux-ci étalent
assujettis; je sais que des Loix récentes ont
aboli plusieurs : s'il en existe encore, hâtonsnous de détruire jusqu'aux moindres traces d'un
monument indigne de nous et de notre siècle. Je voudrais, parles mêmes raisons, qu'on
abolit l'usage qui subsiste dans plusieurs de
nos Villes, d'assigner aux Juifs d.s quartiers
séparés , sans leur permettre d'en habiter
d'autres. Cet établissement présente les inconvénients les plus dangereux; i! rend plus sen"
sible cette division qu'il faut supprimer, puisque c'eit elle qui entretient le mépris du Peuple
pour les Juifs, source de tout le mal , que ■; èslors il faut avant tout commencer à détruire.
Pour réunir ces hommts avec nous, on conçoit que le premier moyen doit ê re de les
mêler , de les confondre avec tous les autres :
c'est presque le seul qui puisse nous habituer
établissement présente les inconvénients les plus dangereux; i! rend plus sen"
sible cette division qu'il faut supprimer, puisque c'eit elle qui entretient le mépris du Peuple
pour les Juifs, source de tout le mal , que ■; èslors il faut avant tout commencer à détruire.
Pour réunir ces hommts avec nous, on conçoit que le premier moyen doit ê re de les
mêler , de les confondre avec tous les autres :
c'est presque le seul qui puisse nous habituer --- Page 534 ---
( 76 ) à les fréquenter, et établir une. réciprocité de
services qui nous lie tous ensemble : c'est dans
ces lieux isolés où l'on entasse les Juifs que
l'on voit fermenter le levain de discorde et
de corruption, leur caractère s'aigrir , leurs
mœurs se dépraver, comme on voit s'augmenter les vapeurs fétides et malfaisantes qui
s'en élèvent. - Nous reprochons à ces infortunés de porter
toujours sur leur figure des marques d'une
ignominieuse réprobation. Leur corps entier,
disons-nous, est couvert d'une lèpre dégoûtante, le sang qui circule dans leurs veines est
impur ou corrompu : nous les outrageons sans
cesse par ces reproches qui sont dans toutes
les bouches. Avons-nous cherché une seule
fois quelle étoit la cause de la différence, qui
réellement paroît exister entre eux et nous ?
-Nous sommes-nous occupés jamais de la détruire ? On ne prétendra pas sans doute en
accuser la nature; jamais on ne s'est avisé de
lui reprocher devoir répandu , dans Constantinople j le souffle empesté qui en dévore les
habitants : il en est de même à l'égard des
Juifs, elle les a jettes sur la terre avec les autres
hommes, elle les a confondus avec eux tous. --- Page 535 ---
( 77 ) Ne l'imputons donc qu'à nous-même cette
différence; imputons-là à ces habitations mat
saines , à la misère qui ronge ces malheureux,
au défaut absolu de communication entre eux
et nous : et quel intérêt les auroit jusqu'ici
portés à changer, dans leur manière d'être,
des usages dont l'habitude a fait un défaut?
Nous n'avons pas dû rendre bien vif chez eux
le désir de nous plaire et de favoriser notre
goût. Je n'en dirai pas davantage sur cet objet :
Ï1 est inutile, je crois, de raisonner quand on
est guidé sur un fait par l'expérience; et, sans
thercher d'autres exemples , je comparerai
toujours les Juifs de Metz et ceux de Nancy.
C'en est assez pour connoître ce que nous
devons aux institutions qu'il faut abolir , et ce
que nous pourrons attendre des soins et des
efforts qui opéreront les changements que je
crois avoir prouvés nécessàires ; changements
dont il faut s'occuper avant tout, parce qu'ils
frapperont le Peuple, et qu'ils dirigeront son
opinion dont nous avons un si pressant besoin. Le Gouvernement opérera cette grande résolution, en excitant çhez les Juifs l'émulation;, --- Page 536 ---
( 78 ) en distinguant le mente , en récompensant: ia
vertu. Il faudra bien que le Peuple finisse par
les croire capables de quelques efforts, lorsque
ceux qui les dirigent les lui montreront comme
tels, et que l'événement lui aura appris à en
porter le même jugement. A ussi je ne prétends
pas que l'on doive attendre l'entière abolition
du préjugé , pour changer les mœurs et adoucir
le son des Juifs ; il ne faut pas nous élancer
avec trop de rapidité vers le but auquel nous
aspirons, mais il ne faut pas non plus suivre
avec trop de lenteur la route qui doit nous y
conduire,
dirigent les lui montreront comme
tels, et que l'événement lui aura appris à en
porter le même jugement. A ussi je ne prétends
pas que l'on doive attendre l'entière abolition
du préjugé , pour changer les mœurs et adoucir
le son des Juifs ; il ne faut pas nous élancer
avec trop de rapidité vers le but auquel nous
aspirons, mais il ne faut pas non plus suivre
avec trop de lenteur la route qui doit nous y
conduire, Après avoie fait le premier pas que je vieni
d'indiquer , on pourra donc travailler à fixer
l'état civil des Juifs, en faire des Citoyens^
Tel est le point auquel toutes nos opérations
doivent aboutir : tel doit être le but de nos
soins et de nos efforts. C'est en y parvenant,
que nous trouverons réunis le bien de l'Etat t
r.otre utilité particulière, l'intérêt général et
J'avantage de tous. L'Etat y gagnera des sujets,
dont la fidélité ne s'est jamais démentie , et
qui élevés à un rang auquel, peut-être, ils
n'osoient plus aspirer, chercheront à se rendre
dignes d'une faveur dent ils sentiront tout le --- Page 537 ---
(79) prix. Chacun de nous, affligé de ne rencontrer
jamais en eux que des hommes avilis, presque
toujours dangereux, y trouvera avec plus de
satisfaction des concitoyens contribuant aux
mêmes charges , respectant les mêmes loix,
soumis aux mêmes usages, et apportant avec
nous dans la masse générale le fruit de leurs
travaux et de leur industrie. Les Juifs osant
respirer enfin, et soulever un front courbé,
jusqu'ici par la honte ; heureux de voir briser
des chaînes dont la pesanteur les accable depuis
si long-temps, pourront ouvrir, leur ame à
.l'espérance et au bonheur. Sous ce point de
vue intéressant, la politique et l'humanité seront
donc également satisfaites. L'objet le plus digne de fixer d'abord notre
attention, est l'éducation de leurs enfants : il
est assez important pour que le Gouvernement
y donne tous ses soins. « Ce sont les Loix de
l'éducation , dit Montesquieu, que je me plais
toujours à prendre pour guide, ce sont les
Loix de l'éducation qui nous préparent à ê:re
Citoyens ; chaque famille particulière, ajoutet-il, doit être régie sur le plan de la grande
famille qui les comprend toutes ». --- Page 538 ---
(So) En effet, quel fruit pourrions-nous espérer
de nos travaux, si l'on permettait aux Juifs
de continuer à donner à leurs enfants les
principes dans lesquels eux-mêmes ont été
élevés, à les asservir aux mêmes préjugés , à
graver dans leurs ames les mêmes sentiments ? ^
Rendons-nous maîtres de leurs premières j
impressions , faisons-les, ce que nous voulons ^
qu'ils deviennent, et ils'seront toujours ce
que nous les aurons formés nous-mêmes. C'est !
l'instruction prise dans la jeunesse, des devoirs de l'homme et du citoyen, qui est la
base la plus solide des meurs, et le premier
lien de la société. Tout doit engager ici les Juifs à seconder»
nos efforts. Leur Religion les oblige à chercher à s'instruire : elle leur apprend , commet
la notre , que l'étude des merveilles de la
nature est un hommage digne du Dieu qui la
forma., Aussi nous voyons ( 1 ), que souvent
ils se sont livrés aux Arts et aux Sciences ^
qu'ils y ont même réu, si, avant que leur dis-*
persion, parmi les autres Peuples, eut corrompu
leur langage et leurs mœurs, et que l'in-
der»
nos efforts. Leur Religion les oblige à chercher à s'instruire : elle leur apprend , commet
la notre , que l'étude des merveilles de la
nature est un hommage digne du Dieu qui la
forma., Aussi nous voyons ( 1 ), que souvent
ils se sont livrés aux Arts et aux Sciences ^
qu'ils y ont même réu, si, avant que leur dis-*
persion, parmi les autres Peuples, eut corrompu
leur langage et leurs mœurs, et que l'in- (I) Paralipomcnes, ch. 29, versets 29 et 30 et autres;
fortune? --- Page 539 ---
< Si ) £ Fortune n eut accablé leur ame et abruti leurs
'esprits. Ils suivoient alors les préceptes de
1 écriture, et les leçons de leurs Rabins (i ) : on
les y rappellera facilement quand ils en auront
Compris , sur-tout l avantage et la nécessité. Nous ne trouverons donc de difficultés qu'à
découvrir les moyens de leur procurer des
instructions. Il seroit à désirer qu'on "pût
admettre les Juifs dans nos écoles publiques ;
te seroit, en y réunissant leurs enfants avec l'es
nôtres , que nous empêcherions de croître ^
parmi eux, les germes d'une aversion , qui;
quelques instants plus tard j les rend l'un à
l'autre des objets de mépris et de haine. A
Cet âge, l'ame des enfants est pure encore, et
leur raison n est pas gâtée par les préjuges 5
ieurs sentiments ne leur appartiennent pas ; on
les leur donne, et toujours prêts à adopter tout
ce qu'on leur suggère * ils les reçoivent aveè
docilité. Combien ne seroit pas avantageuse cette
tonfusion de la jeunesse Juive avec la notre?
Ce seroit peut-être le plus sur moyen de détruira (1) Liv. de Medrasch, levit, sect. 1: , --- Page 540 ---
C S2 r tous les obstacles que nous avons à combattre
Mais , je ne me dissimule pas , que dans les
commencements , au moins, ils seroit difficile
de l'employer. Comment espérer que les
Juifs nous confieront ces éleves ; tant que nous
ne serons pas parvenus à dissiper leur défiance,
ils craindront que nous n'abusions de l'âge et
de la foiblesse de ces enfants, pour ébranler
leur croyance : ils craindront, ce qui est plus
dangereux, que ces jeunes gens, peu éclairés
encore sur leurs devoirs, ne s'habituent de
bonne-heure à secouer un joug pénible, et
ne se livrent avec trop de facilité, à des goûts,
des sentiments que notre Religion tolère et
que la leur condamne. La résistance des Juifs, sur cet objet, pourri
donc être forte : ne les contraignons pas ,
contentons-nous alors d'un autre moyen qui
nous reste : imitons un Souverain , qui nous le
fourn t ; prenons pour guide sa sagesse et son
expérience. L'Empereur 5 en s'occupant du soin
de rendre ses sujets heureux, n'a pas cru les Juifs
indignes de participer à ses bienfaits: il leur a
tracé lui-même la route du bonheur. Son premier soin a été de dissiper leur ign rance ,
leur erreur ; il a fuir composer des livras de
alors d'un autre moyen qui
nous reste : imitons un Souverain , qui nous le
fourn t ; prenons pour guide sa sagesse et son
expérience. L'Empereur 5 en s'occupant du soin
de rendre ses sujets heureux, n'a pas cru les Juifs
indignes de participer à ses bienfaits: il leur a
tracé lui-même la route du bonheur. Son premier soin a été de dissiper leur ign rance ,
leur erreur ; il a fuir composer des livras de --- Page 541 ---
ï*}) F ij morale pour les instruire, élever pour eux des
écoles publiques, où on leur apprend à connoître leurs devoirs et à les respecter. Qui
empêcheroit, parmi nous, qu'on ne suivît cet
exemple , si l'on croit impraticable le premier
que j'ai indiqué ? Les Evêchés , l'Alsace, la
Lorraine renferment assez de Juifs pour qu'on
puisse établir, dans chacune de ces Provinces;
une école où les Juifs pourroient envoyer leurs
enfants. Laissons-leur , s'ils le veulent 3 là
faculté de choisir eux-mêmes des instituteurs ,
pourvu que nous nous réservions le soin de
les surveiller. Dans tous les cas * le Gouvernement doit apporter, à cet objet , la plus
scrupuleuse attention. Quels que soient les
moyens secondaires qu'il emploira , son
premier soin doit être de se rendre maître de
l esprit et du coeur de ces enfants , de parvenir
à les manier pour maîtriser ensuite les sentiments qui animent toute la Nation Juive, et
les diriger à son gré. Cette base solidement
établie, le reste de l'édifice s'élevera avec la
plus grande facilité. J 'ai rappellé que les Juifs etoient des hommes ;
je crois avoir prouvé qu'on pouvoit en faire
des Citoyens, sans toutefois qu'il fut possible --- Page 542 ---
( 84 ) de les élever aux premiers rangs de la société,
Ils ne peuvent pas prétendre aux dignités, aux
distinctions , non que le genie, le courage ou
les qualités qu'elles exigent ne soient de tous
les états, et que tôt ou tard l'éducation et le
caractère nouveau qu'elle pourra donner aux
Juifs ne ies en rendent capables; mais comment
pourroient-ils nous dominer, en professant des
principes et des sentiments qui nous sont
étrangers, qui tiennent cependant à leur Loi,
et dont ils ne se départiront jamais ? Comment
rempliroient - ils ces postes éclatants dans
l'exercice desquels notre Religion étale sa
grandeur et sa majesté ? Comment y confondroit-on les rites et les cérémonies que la leur
prescrit? Et si ce mélange étoit possible, ne
serait-il pas condamnable ? Ne devons-nous
pas avant tout, conserver au Christianisme la
prééminence et l'empire qui lui appartiennent ?
C'est ce qu'on voit dans les pays même les
plus tolérants. En Angleterre, les Catholiques
sont regardés comme des citoyens ; mais ils ne
peuvent parvenir aux emplois. Par-tout les
places et les honneurs n'appartiennent qu'à'
ceux qui professent la Religion dominante.
Ainsi, sans exclure formellement les Juifs*
mais aussi sans les appeller dans nos camps 1
conserver au Christianisme la
prééminence et l'empire qui lui appartiennent ?
C'est ce qu'on voit dans les pays même les
plus tolérants. En Angleterre, les Catholiques
sont regardés comme des citoyens ; mais ils ne
peuvent parvenir aux emplois. Par-tout les
places et les honneurs n'appartiennent qu'à'
ceux qui professent la Religion dominante.
Ainsi, sans exclure formellement les Juifs*
mais aussi sans les appeller dans nos camps 1 --- Page 543 ---
(85 ) F iij tu milieu de nos Tribunaux, laissons-leur
simplement l'exercice des droits précieux que
la nature accorde à tous les hommes , l'usage
libre et volontaire de leur fortune, toutes les
prérogatives , en un mot, que nos Loix assu'
rent à tous ceux qui les respectent. Qu'ils se
livrent sans crainte à leurs penchants , qu'ils
manient, à leur gré, tous les instruments dont
ils pourront se servir; si quelquefois ils sentent
les inspirations du génie, qu'ils obéissent à
l'agitation de leur ame, qu'ils cèdent à l'élan
qui les entraîne. En permettant aux Juifs l'exercice des Arts
et Métiers, nous trouvons l'avantage de laisser
à chacun d'eux y la faculté de développer des
talents dont nous retirerons les fruits, de leur
procurer des moyens faciles et toujours sûrs
de subsister ; de les tirer enfin d'un état dont
l'influence dangereuse, a dû être le premier
mobile de leur cupidité , et enflammer en eux
cet amour immodéré des richesses dans lequel
fai cru trouver la source primitive et la cause
principale de tous leurs vices. Ils feront cependant encore le commerce ;
il serait difficile et dangereux de le leur inteç» --- Page 544 ---
(85) dire ; mais alors ils ne se borneront pas à un
genre exclusif et au rôle si souvent honteux
qu'ils y jouent. S'ils élèvent des Manufactures:
s'ils ont quelquefois le courage et le génie
nécessaires au véritable Négociant, à celui qui
contribue à l'aisance générale, à la gloire de sa
Patrie, ils pourront être dignes alors d'un état
fondé sur la confiance publique, et qui ne
peut prospérer qu'au sein de la liberté. Laissons-leur donc cette liberté indéfinie de
former toutes sortes d'établissements : sans
elle nous verrions étouffer chaque jour le
germe heureux que tous nos soins chercheroient en vain à faire éclorre. Toutefois en la •
leur laissant, veillons à ce qu'ils en profitent.
L'habitude de l'indolence a dû leur rendre le
travail difficile et pénible, et il seroit dangereux
qu'ils ne préférassent long-temps à un gain
honnête et licite les ressources plus faciles,
que l'agiotage et l'usure leur fournissent. Il me semble donc convenable d'astreindre
tous les Juifs à se livrer à une occupation
quelconque, de ne leur permettre à l'avenir
de prendre des établissements qu'après qu'ils.
feront justifié leur état et leurs travaux. Qui --- Page 545 ---
(87) F iv empêcheroit que dans les villes principales des
Provinces où ils sont reçus, on n'élevât des
atteliers publics où ils fussent admis en apprentissage , où l'on pût les former et les surveiller.
Cette idée qui m'a été suggérée par un Juif
estimable, semble assurer des succès prompts
et heureux : elle me paroîr d 'une exécution
facile , et il seroit, je crois, à désirer qu'on
l'adoptât.
) F iv empêcheroit que dans les villes principales des
Provinces où ils sont reçus, on n'élevât des
atteliers publics où ils fussent admis en apprentissage , où l'on pût les former et les surveiller.
Cette idée qui m'a été suggérée par un Juif
estimable, semble assurer des succès prompts
et heureux : elle me paroîr d 'une exécution
facile , et il seroit, je crois, à désirer qu'on
l'adoptât. Ne nous hissons pas effrayer par les prétendus obstacles qu'on opposera à l'exécution de
ces projets : ne cédons pas à des difficultés
chymériques , faites au plus pour arrêter la
froide et pusillanime indolence. Les Juifs ,
dit on, n'ayant pas les mêmes jours de repos
que nous, ils seront forcés , après avoir obéi
à leur Loi, de se conformer à nos institutions,,
et ils perdront par-là une partie considérable
du temps qu ils pourroient donner à l'exercicede leurs métiers. Ce fait est certain, mais parce qu'ils auront
moins de jours de travail que nos ouvriers
est-ce une raison pour qu'ils végerent sans
cesse dans une dangereuse oisiveté ? D'ailleurs,
pourquoi les Juifs ne pourroient - ils s. les --- Page 546 ---
( 88 ) ours de nos fêtes, s'occuper dans l'intérieur
de leurs maisons , en prenant la précaution
de ne pas ouvrir leurs atteliers , et de ne pas;
troubler par un bruit trop violent notre pieuse
tranquillité. Je ne vois pas ce qui empêchera
-qu'un Juif libre alors,ne récupérât, le Dimanche,
le temps qu'il a employé la veille à prier et à
se reposer, Eh bien 1 soit dit-on : que les Juifs prennent
des métiers, on conçoit qu'un artisan, parmi
eux, pourra suspendre ses travaux pour obéir
à sa Loi ; mais vous demandez qu'on leur laissela faculté de se livrer aux arts, et il en est
dont l'exercice seroit absolument incompatible
avec celui de leur Religion ; que ce même
Juif devienne Chirurgien, par exemple,com-.
ment conciliera-t-il les préceptes rigoureux, qui
certains jours de la semaine, lui enchaînent les
bras, avec la nécessité de faire,ces mêmes jours,
des opérations, ou celle plus indispensable »
d'en consommer qui auçoient été commencées
1a veille.. Qu'on me pardonne tous ces détails, je
livre à regret, mais ces objections ne sont
pas des chimères ; elles ont été faites, elles --- Page 547 ---
t 89 ) ont frappé les esprits , il est donc important
de les détruiie ; un mot suffira. Le fondement sur lequel elles sont établies
est faux. La Religion Juive commande, je le
sais, une inaction absolue le jour du Sabbat;
mais avant tout, et plus impérieusement encore,
elle impose à ses Sectateurs l'obligation sacrée
de secourir, de soulager, ces jours-là même ,
comme dans tous les temps, un homme quel
qu'il puisse être , de lui donner tous les soins
que l'humanité réclame. Cette assertion est
fondée sur le texte précis et formel de la Loi
Juive. Eh ! si elle avoit une disposition contraire , seroit-elle digne de son Auteur, digne
de son origine sacrée ? Au reste de tout temps, cette Religion a
prescrit le travail. Les Talmudistes i appellent
par-tout aux Juifs cette obligation., dont l'esclavage dans lequel nous les avons précipités,
a pu seul les affranchir; par-tout ils leur enjoignent de faire quelque métier: on en trouve (i)
qui vont jusqu'à prononcer une sorte d'anathême contre ceux qui ne savent pas se procurer ( i ) Jevamith, p. 63. Kiduchin, p. 29 --- Page 548 ---
< 90)
de tout temps, cette Religion a
prescrit le travail. Les Talmudistes i appellent
par-tout aux Juifs cette obligation., dont l'esclavage dans lequel nous les avons précipités,
a pu seul les affranchir; par-tout ils leur enjoignent de faire quelque métier: on en trouve (i)
qui vont jusqu'à prononcer une sorte d'anathême contre ceux qui ne savent pas se procurer ( i ) Jevamith, p. 63. Kiduchin, p. 29 --- Page 548 ---
< 90) de cette manière leur subsistance, et les déclarent indignent du titre d'hommes. Aidés de ce
puissant moyen, combien ne trouverons-nous
pas de facilité à rappeller au travail des hommes
pour qui tout est Religion,qui ne voient qu'elle,
et qui lui rapportent leurs moindres actions. En portant les yeux sur nos campagnes, on
sentira mieux encore la nécessité de fixer les
Juifs sur des objets utiles, parce que le mal
qui résulte de leur oisiveté et du genre de
négoce qu'ils y exercent, est bien plus grand.
Ils n'y connoissent et ne peuvent y avoir
d'autres occupations que d'épier les instants
où ils pourront trafiquer de leur or, et l'on sait
que le prix de ces sortes de marchés est ordinairement la ruine du malheureux, qui accepte
-leurs perfides secours. C'est donc là surtout
qu'il faut apporter le remède , c'est-là principalement que nous devons chercher à agiter
leurs bras, occuper leur esprit, et le détourner
de ces dangereuses spéculations. Le moyen le
plus facile et le plus avantageux est sans doute
de les exercer a la cultute des terres, de les
rappeller à leur état primitif. Il faudroit peu
de soins et d'efforts pour les porter à ces travaux intéressants. Presque tous ceux qui habi- --- Page 549 ---
( 91 ) tent hors de l'enceinte de nos Villes sont dan4
la misère , et ils embrasseroient avec ardeur
un genre de vie qui les tireroit de leur indigence. L'activité nécessaire à l'Agriculture leur
feroit perdre bientôt cette lenteur, cette indolence qu'on leur trouve principalement dans
les campagnes , et qui sont la "suÍte nêcessaire
de la dangereuse oisiveté dans laquelle ils y
languissent. Sans qu'il soit besoin de remonter à des
Sources plus éloignées , de consulter les faits
et l'expérience des autres peuples, nous pouvons
déjà citer parmi nous une Loi récente qui a
paru adopter et consacrer ce moyen simple,
de rendre utiles les Juifs qui habitent nos
campagnes : ce sont des Lettres-Patentes ( i )
portant réglement concernant les Juifs d'Alsace;
l'art. 8 est ainsi conçu. ec Permettons aux Juifs d'Alsace d'y prendre
des fermes à bail dans les Communautés où
ils auront été admis ; mais , à condition qu ils
demeureront dans lesdites fermes, et qu'ils les
exploiteront eux-mêmes ; les autorisons aussi
"à louer, mais pour les cultiver eux mêmes. ( i ) 10 Juillet 1784. --- Page 550 ---
( 92 ) également, des vignes, des terres et généralement toutes espèces de fonds ; voulons en
outre qu ils aient la faculté d'entreprendre der
défrichements , de se charger de l'exploitation
des mines de charbon de terre et autres ; enfin
de traiter de toutes espèces d'ouvrages , soit
pour le service public , soit pour le compte
des particuliers )J.
iver eux mêmes. ( i ) 10 Juillet 1784. --- Page 550 ---
( 92 ) également, des vignes, des terres et généralement toutes espèces de fonds ; voulons en
outre qu ils aient la faculté d'entreprendre der
défrichements , de se charger de l'exploitation
des mines de charbon de terre et autres ; enfin
de traiter de toutes espèces d'ouvrages , soit
pour le service public , soit pour le compte
des particuliers )J. Pourquoi donc ces dispositions sages ne
concerneroient - elles que les Juifs d'Alsace ? Pourquoi tous ceux du.. Royaume ne jourroient-ils pas de ce bienfait ; pourquoi nousmêmes ne participerions-nous pas aux avantages (i) que les provinces où elles sont admises,
doivent en retirer. (1) Je sais que les Juifs d'Alsace n'ont pas apporte
beaucoup d'empressement à se conformer à cet article; mais il
n est pas difficile d 'en pénétrer la cause, ils l'avouent d'ailleurs,
eux-mêmes. Presque toutes les autres dispositions de cette
loi, sont de la plus grande sévérité ; ils en demandent aux
pieds du trône le changement, et ils craignent qu'en se
conformant à une de ces dispositions ils ne soient censés les
adopter toutes. Au reste ort peut citer d'autres faits qui.se
passent près de nous, et qui justifient suffisamment la facilité
avec laquelle on pourroit exécuter le plan que je propose!
Le sieur Ceus-Beer, tourmenté du désir louable d'apporter
quelques changements dans le caractère et les m œurs de --- Page 551 ---
< 93 ) Ces établissements nouveaux seront aussi
très-avantageux pour nous ; ils augmenteront
la classe , beaucoup trop foible , de nos cultivateurs dont la diminution continuelle est un
ma!, auquel peut-être on ne fait pas assez
d'attention ; ce n'est que dans les entrailles de
la terre que l'on trouve cette séve génératrice
qui est la source de la fécondité : ce n'est
qu'à force de bras qu'on peut la remuer et
arracher les richesses qu'elle renferme, et souvent nous voyons qu'on est parvenu à la soulever
à peine ; souvent nous voyons des campagnes
que le défaut de cultivateurs a rendues presqu'incultes , et où ceux qui prétendent encore
dompter la nature épuisent inutilement leurs
forces , et achèvent de perdre toutes leurs
ressources, ils est de notre plus grand intérêt
de les secourir , et un des moyens les plus
efficaces sera de réunir à leur industrie les efforts
des Juifs. Par-là, ces nouveaux citoyens, loin
d'être comme auparavant un fléau destructeur
dont les ravages désoloient nos campagnes ,
contribueront au contrare à les fertiliser. sa nation a fait élever des manufactures où il exerce des
Juifs ; et on assure que plusieurs y travaillent avec une
ardeur et uns activité qu'on ne croyoit pas devoir sitôt en
attendre. --- Page 552 ---
( 94 ) Mais il faut que le Gouvernement leur
accorde au moins , dans les commencements ;
une protection spéciale : s'il est toujours d'une
politique sage et éclairée de favoriser cette
classe précieuse d'hommes qui consacrent leut
existence à la nôtre , et qui jouissent si rarement des sacrifices qu'ils nous font, combien
sera-t-il plus nécessaire d'aider et d'encourager.
les Juifs , lorsqu avec peu de connoissances et
de ressources ils embrasseront cet état ? Nè
point faciliter leurs premiers essais; ce seroit
écraser leur industrie, étouffer pour jamais le
peu d'ardeur dont ils sont susceptibles ; ce
seroit les replonger dans leur dangereuse inertiei
et le remède bientôt deviendroit pire que le
mal.
sacrifices qu'ils nous font, combien
sera-t-il plus nécessaire d'aider et d'encourager.
les Juifs , lorsqu avec peu de connoissances et
de ressources ils embrasseront cet état ? Nè
point faciliter leurs premiers essais; ce seroit
écraser leur industrie, étouffer pour jamais le
peu d'ardeur dont ils sont susceptibles ; ce
seroit les replonger dans leur dangereuse inertiei
et le remède bientôt deviendroit pire que le
mal. Ainsi, loin de leur arracher par des impôts
le premier fruit de leur travail, il faudroit diminuer pour quelques instants ceux auxquels Ils
sont assujettis , jusqu'à ce que devenus plus
industrieux dans ce nouveau genre d'occupations, i!s pussent s'assurer le sort de nos autres
Cultivateurs : alors réunis avec ceux-ci dans
une cla,se uniforme, ils partageront leurs charges et leurs privilèges , comme j'ai demandé
qu on fît à 1 égard de tous les Juifs, selon le --- Page 553 ---
( PS ) rang où les aura placés leur fortune ou teut
état. Par-là confondus avec les autres Citoyens,
devenus Citoyens eux mêmes, ils supporteront
avec tous le fardeau des chaînes sociales et
participeront aux avantages du pacte qui les
rassemblent. Et que l'on n'oppose pas sous le vain prétexte des besoins de l'Etat , la diminution
qu'occasionnera ce changement dans les impôts
que l'on perçoit sur les Juifs. L'Etat peut-il
s'occuper d'autres objets que du bonheur des
Citoyens ? Les rendre tous utiles, les rendre
tous heureux, tel est son but, telle est sa manière
la plus sûre de s'enrichir ; il ne doit pas en
connoître d'autre. Quelle seroit grande et majestueuse, la Loi
qui rappelleroit toutes ces vérités, qui consa.
creroit tous ces principes. Le Souverain, dans
Un préambule noble et sage , apprendrait à ses
sujets ce que sont les Juifs, il auroit la courageuse fermeté de leur dire que les vices, les
débuts que jusqu'ici nous avons cru naturels
à cette Nation, sont réellement notre ouvrage,
qu'ils tiennent, non à son caractère, mais à
'r état dans lequel on l'a plongée \ il remplirait --- Page 554 ---
(' "6 , tous les esprits de cette triste et terrible vérité è
il la graveroit en traits ineffaçables dans tous
les coeurs : il paraîtrait convaincu que noua
pouvons facilement changer l'ame des Juifs ,
qu'appellés comme nous à l'exercice de cette
précieuse liberté, vers laquelle nous entraîne
le penchant irrésistible que la nature a mis
dans tous les coeurs, il nous suffira de le leur
permettre, d'aider et de diriger quelque temps
leurs efforts, pour les voir se livrer à des occupations honnêtes, employer leur adresse à de&
travaux utiles. En faisant connoître en même temps auxf
Juifs le prix et la grandeur de scn bienfait, lé
Législateur leur apprendroit, que dès qu'ils
auront les mêmes facilités que les autres
Citoyens, pour se procurer une subsistance
honnête, dès qu'il leur sera libre de trouve
l'aisance et la prospérité dans l'exercice de leurs
talents ou de leurs forces, la Loi va les entourer de toute sa vigilance r surveiller leur
conduite avec plus d'exactitude, et punir leurs
écarts avec plus de sévérité,
de scn bienfait, lé
Législateur leur apprendroit, que dès qu'ils
auront les mêmes facilités que les autres
Citoyens, pour se procurer une subsistance
honnête, dès qu'il leur sera libre de trouve
l'aisance et la prospérité dans l'exercice de leurs
talents ou de leurs forces, la Loi va les entourer de toute sa vigilance r surveiller leur
conduite avec plus d'exactitude, et punir leurs
écarts avec plus de sévérité, I
Quels obstacles pourroient s opposer encore
à la publiçation d'un pareil Edit ? Toutes les
routes --- Page 555 ---
ï 97 5 1 G routes sont applanies, presque toutes let
difficultés vaincues. Déjà le Souverain paroît
avoir conçu ce grand projet , déjà il a annoncé
le vœu de son coeur , en reconnoissant (1) que
la Religion sainte dans laquelle Dieu nous a
fait le bonheur de naître, lui commande elle-*
même de ne pas laisser une partie de ses sujets,
privés de leur droit naturel, et de ce que
l'état de société leur accorde. Déjà la Loi
nouvelle qui promet à tous les hommes le
repos et la tranquillité en France, cette Loi
bienfaisante qui nous a rappellé un des plus
beaux ouvrages de notre bon Henri, semble
assurer aux Juifs une régénération aussi heureuse. Mais quoi ! l'Edit de non-Catholiques
n'est-il pas lui-même la Loi qui la prononce?
Il paroît appeller tous les hommes : pourquoi
donc auroit-il exclu les Juifs ? En ont-ils perdu
le titre, n'en ont ils p!us la qualiré ? Cet
Edit n'accorde à tous que ce dont les Juifs
peuvent jouir, il exclut les premiers de tout
ce à quoi j'ai prouvé que ceux-ci ne devoient
pas prétendre i on pourroit croire que les (i) Discours tenu à la Séance Royale, du 19 Novembre
dernier» --- Page 556 ---
(98) observations que j'ai faites jusqu'ici n'en sont
que le résultat. Ne me trompois je donc pas
en demandant une Loi nouvelle ; celle que
nous avons reçue avec tant de transports ,
renferme tour > remplit tous les objets. Je
n'ajouterai qu'une seule réflexion. L'article dernier de cet Edit désigne spécialement les Juifs. Quels autres qu'eux, en
esset, professoient en France, depuis la révocation de l'Edit de Nantes, un culte permis
et toléré qui ne fut pas celui de votre Religion ?
Il leur réserve cet article * tous les priviléges
particuliers , qui leur avoient été accordés
précédemment : on ne peut qu'en louer la
sagesse et en demander vivement l'exécution. Il a fallu, sans doute, à ceux â qui cette
Loi donnoit une existence nouvelle , des
formes pour régler les principales actions de
leur vie. Les Juifs n'en ont pas besoin : ils
ont leurs rites et leurs cérémonies adoptés par
nos Loix, consacrés par l'usage; laissons-les
leur , un changement ne pourroit qu'être
funeste, laissons-leur sur tout, au moins pour
quelque temps encore, leurs communautés et
leurs chefs. --- Page 557 ---
( 99 )
fallu, sans doute, à ceux â qui cette
Loi donnoit une existence nouvelle , des
formes pour régler les principales actions de
leur vie. Les Juifs n'en ont pas besoin : ils
ont leurs rites et leurs cérémonies adoptés par
nos Loix, consacrés par l'usage; laissons-les
leur , un changement ne pourroit qu'être
funeste, laissons-leur sur tout, au moins pour
quelque temps encore, leurs communautés et
leurs chefs. --- Page 557 ---
( 99 ) G ij Cet objet me semble très-important i il faut
aux Juifs des guides qui les dirigent, des
surveillants qui nous répondent de leur conduite : il leur faut des appuis, des protecteurs.
Ne nous le dissimulons pas, long-temps ils
en auront besoin , long-temps encore on
cherchera à les opprimer. ChacuR d'eux isolé
imploreroit en vain nos Loix et leur vengeance, on éroufferoit facilement ses réclamations, et ses cris ne pourroient être entendu?.
Il n'en est pas des Juifs comme des Protestants et des autres Sectaires étrangers ; sortis
de leurs temples3 de leurs consistoires, ceux ci
se confondent avec tous les Citoyens. Il n'y
a plus entre eux et nous de différence. J'ai
dit que la Religion Juive, au contraire, en
avoit établi une qu'on détruiroit difficilement,
et l'expérience nous apprend qu'il y auroit
les plus grands inconvénients à le faire. Bien
des Juifs ne sont que trop portés à secouer
le joug pénible que leur Loi leur impose. Si
nous cherchions a l'alléger, ils courraient
au-devant de nos efforts ; bientôt ils ne seroienc
ni Juifs ni Chrétiens, et ils sauroient se dégager du lien qui les arrête, de ce lien sacré
qui attacha l homme a ses devoirs , et qui --- Page 558 ---
( 100 ) est encore respectable et nécessaire lors même
qu'il est tissu par l'erreur : loin de le rompre >
occupons nous bien plutôt à le resserrer , il
est toujours le frein le plus salutaire qu'on
puisse opposer aux désordres. Je crois avoir
fait connaître que, pour les Juifs, sur-tout ,
il falloit qu'il fût indissoluble. Mais , dira-t-on , si leurs vertus tiennent
de si près à leur état actuel, ne craignez-vous
pas de les détruire entièrement , en leur
accordant un rang dans la société , en leur
donnant de nouveaux devoirs à remplir , qui
pourront les distraire de l'observation de leur
Loi ; ces changements que vous proposez
n'altéreront-ils pas ce que vous avez reconnu
de louable en eux î
sur-tout ,
il falloit qu'il fût indissoluble. Mais , dira-t-on , si leurs vertus tiennent
de si près à leur état actuel, ne craignez-vous
pas de les détruire entièrement , en leur
accordant un rang dans la société , en leur
donnant de nouveaux devoirs à remplir , qui
pourront les distraire de l'observation de leur
Loi ; ces changements que vous proposez
n'altéreront-ils pas ce que vous avez reconnu
de louable en eux î Ces changements opéreront, n'en doutons
pas , dans leur constitution morale, une révolution qui bientôt deviendroit funeste, si on
leur permettoit de se soustraire à leurs premières obligations. Il est chez les Juifs des
vertus que l'infortune a dû leur rendre chères;
ils ne trouvoient de douceur et d'adoucissement à leurs maux qu'en- les pratiquant, et --- Page 559 ---
( ior ) G. % il seroit à craindre que l'abus d'une liberté»
inconnue jusqu'alors , n'en étouffât le germe.
Mais quelle idée aurions-nous de ces vertus , si
nous pouvions penser qu'elles tiennent nécessairement à l'opprobre et à l avilissement
dans lequel les Juifs végétent depuis tant de
siècles ? Que plus éclairées elles perdront leur
éc-at et leurs forces : elles sont de tous les
rangs, de tous les Etats ; la Religion les épure
sans doute, mais c'est la nature qui les commande y et par-tout on les trouve dans le
coeur de l'homme de bien. Sachons donc
attacher les Juifs à leurs devoirs 3 entouronsles de leur Loi ; veillons à ce que toujours
ils la respectent et la suivent, et nous n'aurons.
plus à craindre alors que de nouvelles institutions qui ne la contrarient pas, et qui ne
peuvent que rendre les Juifs utiles et heureux
pervertissent et corrompent- leurs mœurs.
Loin delà , elles corrigeront d-ans ces mœursce que y par rapport à la société, elles peuvent
avoir de choquant et de- défectueux, elles les.
adouciront, les conformeront aux nôtres, etr
tendront en tout les Juifs semblables à nous. Quand des lumières sagement" répandues --- Page 560 ---
( 102 ) auront ensuite éclairé leur esprit, que de.s
encouragements bien ménagés, des marques
de considération placées à propos , auront
élevé leur ame, que nous les aurons, en un
mot, délivrés des maux qui les oppriment,
nous verrons disparoître les vices qui en sont
la suite. Asservis à notre despotisme, liés
par la crainte , ils ont agi en esclaves ; encha înés par nos bienfaits, ils se plieront plus
facilement à ce nouveau joug, ils deviendront
enfin des hommes, ils prendront des sentiments qu'auparavant ils ne pouvoient pas
connoître. La place de la vertu, a dit Montesquieu , n'est qu'auprès de la liberté. Répondrai-je enfin à l'objection que l'on
tire du prétendu danger qu'il y auroit, si on
accorde parmi nous aux Juifs tant d'avantages,
de voir bientôt leur multitude augmenter, et
finir peut-être par tout embrasser. Qu'importe au Gouvernement s'il ne trouve
en eux que des Citoyens utiles, des hommes
intelligents et adroits, d'en voir augmenter le
ncmbre. Si nous devons le craindre, c'est tandis
que leur malheur et leur opprobre nous retra-
que l'on
tire du prétendu danger qu'il y auroit, si on
accorde parmi nous aux Juifs tant d'avantages,
de voir bientôt leur multitude augmenter, et
finir peut-être par tout embrasser. Qu'importe au Gouvernement s'il ne trouve
en eux que des Citoyens utiles, des hommes
intelligents et adroits, d'en voir augmenter le
ncmbre. Si nous devons le craindre, c'est tandis
que leur malheur et leur opprobre nous retra- --- Page 561 ---
( 103 ; G iv cent sans cesse les caractères odieux de notre
tyrannie ; mais si l'on parvient à changer leur
sort, l'état ne devoit-il pas désirer cette nouvelle population , comme un moyen de faire
cesser à l'avenir la crainte de voir nos atteliers
déserts , nos manufactures languissantes, quand
il est forcé d'employer à notre défense les
bras qu'il occupait à agiter tous les ressorts de
l'industrie ? D'ailleurs , si les Juifs ont une liberté absolue de s'établir où ils voudront, peut on croire
qu'ils's'opiniâtreront à végéter dans quelques
Villes où leur multitude s'opposeroit toujours
à leur bonheur ? Cette frayeur est donc vaine
encore , elle ne doit pas arrêter l'effet des sages
résolutions que la politique et l'humanité nous
suggèrent, Sous quelque point de vue que l'on envisage
la grande et importante question que je viens
d'examiner , on trouve par-tout le mal certain,
souvent dangereux , et presque toujours le
remède facile. Nous avons ouvert quelquesunes de nos Villes aux Juifs , nous leur
permettons de subsister parmi nous : c'est peu --- Page 562 ---
- ( 104 ) tle ce premier bienfait; si nous n'y ajoutons
celui plus grand , de travailler à les rendre
heureux. Atteindre à ce but, ce sera aussi ,
comme je l'ai prouvé , nou's être occupés
de notre propre avantage , leur bonheur
nous répond de l'utilité que nous pouvons en
attendre, Que cette tâche est consolante et douce ?
quelles sublimes fonctions que celles qui, en
donnant le droit de réprimer des abus , permettent d'affermir la paix , l'union dans la
société, et assurent le bonheur général. 0
vous que ce bonheur des hommes intéresse ,
vous tous dont le devoir est de leur montrer
la vérité, de diriger leurs opinions, empressezvous. à combattre une erreur dont le triomphe a duré trop long-temps ; réunissez vos
efforts , et vous parviendrez bientôt à let
détruire.. Et vous, dispensateurs de la. félicité publique , Législateurs augustes , entendez de tous
côtés les vceux qui hâtent le changement
que nous venons de proposer : l'instant où
ÎJ s'opérera sera celui de la gloire la plus, --- Page 563 ---
( 105 ) pure , à laquelle vous puissiez prétendre,
vous ne pouvez y être insensibles ; confiez
le soin de l'assurer à ces hommes dont nous
vous demandons le bonheur. Ils immortaliseront votre nom, en transmettant d'âge en
âge, avec le fruit de vos bienfaits, le sentiment
de notre admiration et celui de leur reconnoissance»
nous venons de proposer : l'instant où
ÎJ s'opérera sera celui de la gloire la plus, --- Page 563 ---
( 105 ) pure , à laquelle vous puissiez prétendre,
vous ne pouvez y être insensibles ; confiez
le soin de l'assurer à ces hommes dont nous
vous demandons le bonheur. Ils immortaliseront votre nom, en transmettant d'âge en
âge, avec le fruit de vos bienfaits, le sentiment
de notre admiration et celui de leur reconnoissance» FIN. --- Page 564 ---
APP R O B A T 7 O N. J'Ai lu i par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux, un manuscrit intitulé : Dissertation sur Cette question ; Est-il des moyens de
rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en
France ? Ouvrage couronné par la Société Royale
des Sciences et des Arts de Metz. Je crois que
les vues d'humanité que cette production renferme , joindront le suffrage du Public à celui
qu'elle a déjà reçu d'une Académie distinguée.
A Paris , ce 26 Septembre 1788. Signé ,
TOUSTAIN-RICHEBOURG. PRIVILEGE DU ROI. LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DE
FRANCE ET DE NAVARRE, à nos amés 5C
féaux conseillers les Gens tenant nos cours de
Parlement , Maîtres des Requêtes ordinaires de
notre Hôtel , Grand-conseil , Prévôt de Paris ,
Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenants civils, &
autres nos Justiciers qu'il appartiendra : SALUT.
Notre amé le sieur THIERRY, Avocat au Parlement
de Nancy , nous a fair exposer qu'il désireroit faire
imprimer 5c donner au Public , un Ouvrage intitulé :
Dissertation sur cette question : Est-il des moyens de
rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France ?
Ouvrage couronné par la Société des Sciences et des Arts.
s'il nous piai[oit lui accorder nos Lettres de Privilège pour ce nécessàires. A CES CAUSES, voulant
favorablement traiter l'Exposant , nous lui avons
permis & permettons par ces présentes , de faire
imprimer ledit Ouvrage autant de fois que bon lui
semblera , 5C de le vendre, f'ire vendre 5C débiter
par tout notre Royaume. Voulons qu'il jouisse de
'effet du présent Privilège , pour lui 5c ses hoirs à
perpétuité, pourvu qu'il ne le rétrocède à personne;
CAUSES, voulant
favorablement traiter l'Exposant , nous lui avons
permis & permettons par ces présentes , de faire
imprimer ledit Ouvrage autant de fois que bon lui
semblera , 5C de le vendre, f'ire vendre 5C débiter
par tout notre Royaume. Voulons qu'il jouisse de
'effet du présent Privilège , pour lui 5c ses hoirs à
perpétuité, pourvu qu'il ne le rétrocède à personne; --- Page 565 ---
Je s cependant il jugeoit à propos d'en faire une
cession, l'ad:e qui la contiendra sera enregistré el
la Chambre Syndicale de Paris, à peine de nullité,
tant du Privilège que de la cession; & alors, par le
fait seul de la cession enregistrée , la durée du
présent Privilège sera réduite à celle de la vie de
l'Exposant, ou à celle de dix années, à compter de
ce jour , si l'Exposant décède avant l'expiration desdites dix années ; le tout conformément aux articles
IV & V de l'arrêt du Conseil du 3° Août 1777 ,
portant Règlement sur la durée des Priviléges en
Librairie. Faisons défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires & autres personnes , de quelque qualité
& condition qu'elles soient, d'en introduire d'impression étrangère dans aucun lieu de notre obéissance, comme aussi d'imprimer ou faire imprimer ,
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit
Ouvrage sous quelque prétexte que ce puisse être ,
fane la permission expresse & par écrit dudit-exposant,
ou de celui qui le représentera, à peine de saisie &
de confiscation des exemplaires contrefaits, & de
six mille livres d'amende qui ne pourra être modérée;
pour la première fois; de pareille amende & de
déchéance d'état en cas de récidive, & de tous
dépens , dommages & intérêts > conformément à
l Arrêt du Conseil du 30 Août 1777, concernant
les contrefaçons : à la charge que ces presentes
feront enregistrées tout au long sur le registre de
la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris,
dans trois mois de la date d'icelles ; que l'impression
dudit ouvrage sera faire dans notre Royaume &
non ailleurs , en beau papier & beaux caradlères,
conformément aux Réglemens de la Librairie, à ,
peine de déchéance du présent Privilège ; qu'avant
de l'exposer en vente, le manuscrit qui aura servi
de copie l'impression dudit Ouvrage , sera remis
dans le même état où l'Approbation y aura été
donnée, ès mains de notre très-cher & féal Chevalier Garde des Sceaux de France le sieur
BARENTIN , qu'il en sera ensuite remis deux
exemplaires dans notre Bibliotheque publique; un
mens de la Librairie, à ,
peine de déchéance du présent Privilège ; qu'avant
de l'exposer en vente, le manuscrit qui aura servi
de copie l'impression dudit Ouvrage , sera remis
dans le même état où l'Approbation y aura été
donnée, ès mains de notre très-cher & féal Chevalier Garde des Sceaux de France le sieur
BARENTIN , qu'il en sera ensuite remis deux
exemplaires dans notre Bibliotheque publique; un --- Page 566 ---
dans celle de notre Château du touvre, un d'ans
celle de notre très-cher & féal Chevalier Chancelier de France le sieur DE MAUPEOU, , & un dans
celle dudit sieur BARENTIN ; le tout à peine de
nullité des présentes. Du contenu desquelles- vousmandons & enjoignons de faire jouir ledit Exposanc
& ses hoirs pleinement & paisiblement, sans souffrir
qu 'il leur soit fait aucun trouble ou empêchements
Voulons que la copie des présentes, qui sera impriméetout au long, au commencement ou à la sin dudit
Ouvrage , soit tenue pour duement signifiée , 8c
qu'aux copies collationnées par l'un Je n,)S amés <3c
féaux Conseillers-Secrétaires, foi soit ajoutée comme
a 1 original Commandons au p emier notre Huissier
ou Sergent sur ce requis, de faire pour l'exécution
d'icelles s tous actes requis nccenalrea , rant
demander autre permission, & nonobstant clameur.
de Haro , charte Normande , &e Lettres à cecontraires : Car tel eit notre plaisir. Donné à Paris, le
vingt-neuvième jour du mois d'Octobre, l'an de grace
mil sept cent quatre-vingt-huic , & de notre Règne
le quinzième. Par le Roi , en son conseil. Signé
LE BE GUE. Retiré sur le Rerfstre XXIV de la Chambre Royale ct
Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris,N' . 1827,.
sol. 51, conformément aux dispositions énoncées dans.
le pr s / t Privil çc • & à la charge de remettre à ladite
Chambre h s neus Exemplaires prescrits par l'arrêt. du
Conseil du 16 Avril 1785. A Paris , ce 30 Octobr e 1788. KNAPEN., Syndic. --- Page 567 ---
LI VRES NOUVEAUX Qui se trouvent à Paris, chez .KNAFEN -Fils , rue Saint André, en face du Pont Saint Michel ; et cheï la Veuve DELAGUETTE et Fils, rue de la VieilleDraperie. ETRENNES DE MNÉMOSYNE OU Recueil
d'Epigrammes et de Contes en vers , 1788.
Prix 1 liv. 4 sols, port franc pour la Province. II paroîtra chaque année dans le courant de
Décembre un Volume de cet Ouvrage ; la
second est sous presse; le premier, celui de
1788, a réuni les suffrages de la Capitale et de
la Province ; nous osons le dire, nous ne
l'avançons pas vaguement : et l'on peut lire les
jugements qui en ont été portés dans le Journal
de Paris, du 25 Décembre 1787 ; le Mercure,
du y Janvier 1788; l'Année Littéraire, n°. 3.
1788 ; le Journal Encyclopédique , du 15
Février 1788 ; le Journal de Nancy, nO. 26,
1787; le Journal de Guyenne, du 6 Janvier
1788 ; le Journal de Normandie, du 16 Février
1788 ; le Journal de Saintonge et d'Angoumois,
du 27 Janvier 1788; les Affiches de la Province
du Perche, 1788, etc., etc., etc.
; l'Année Littéraire, n°. 3.
1788 ; le Journal Encyclopédique , du 15
Février 1788 ; le Journal de Nancy, nO. 26,
1787; le Journal de Guyenne, du 6 Janvier
1788 ; le Journal de Normandie, du 16 Février
1788 ; le Journal de Saintonge et d'Angoumois,
du 27 Janvier 1788; les Affiches de la Province
du Perche, 1788, etc., etc., etc. Répertoire Universel > Portatif, d'Augustin
Rouillé , in-b'. 2 vol. Prix 10 liv f sols, port
franc. --- Page 568 ---
Répertoire Anglois, in.8°. 2 vol. $ liv.
port franc. Théorie des Matières Féodales et Censuelles
8 vol. in 12. Prix 21 liv. io sois : les Tornit
y , 6 et 7 se vendent séparément. j Dissertation sur cette Question : Est-il des£
moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus
heureux en France ? Ouvrage couronné par
la Société Royale des Sciences et des Arts
de Metz ; par M. Thiery, Avocat au Parlement j
de Nancy. Prix i liv. io sols, port franc. 1 De l'Influence des Passions sur les Maladiei
du Corps Humain , par M. William Falconer,
Docteur en Médecine, Membre de la Société
Royale de Londres, et Correspondant de la
Société de Médecine de la même Ville :
Dissertation qui a obtenu , en 1787 , la
première Médaille fondée en l'honneur dii
Docteur Fothergill, dans la Société de Médecine de Lonères, traduit de l'Anglois , par
M. de la Montagne, Docteur en Médecine.
Prix 1 liv. 16 sols, port franc. l,a Visite d'Eté ou Portraits Modernes ,
par l'Auteur de Georges Bateman et Maria,
2. vol. trad. de î'Anglois , par M. de la Montagne, Auteur de plusieurs Ouvrages Dramatiques, Prix 3 liv., port sranc. % --- Page 569 ---
^ Dictionnaire de Musique , dans lequel on
simplifie les expressions et les définitions
Mathématiques et Physiques qui ont rapport
à cet Art , avec des Remarques impartiales
sur les Poëtes Lyriques, les Versificateurs,
les Compositeurs, Acteurs, Exécutants, etc.
avec cette Epigraphe : Les Discours trop savants ne parlent qu'aux oreilles. par J. J. O. de Meude-Monpas , Chevalier.
Prix 3 liv., port franc. Réponse à la Question proposée par
M. l'Abbé Raynal, adressée à l'Académie
de Lyon : Les richesses toujours ont causé nos malheurs. Par J. J. O. de Meude-Monpas , Chevalier. Prix
12. sols, port franc. k La Mort de Moliere, Pièce en trois Actes t
en vers, reçue à la Comédie Françoise, le 31
Janvier 1788. Prix 1 liv. 4, sols, port franc.
. Réponse à la Question proposée par
M. l'Abbé Raynal, adressée à l'Académie
de Lyon : Les richesses toujours ont causé nos malheurs. Par J. J. O. de Meude-Monpas , Chevalier. Prix
12. sols, port franc. k La Mort de Moliere, Pièce en trois Actes t
en vers, reçue à la Comédie Françoise, le 31
Janvier 1788. Prix 1 liv. 4, sols, port franc. Détails authentiques , relatifs à la tenue
des Etats-Généraux, en 1614, au commencement de la majorité de Louis XIII, tirés
du Mercure françois et de l'intrigue du Cabiner.
Les Etats - Généraux de 1614 sont les derniers
qui ont été tenus en France ; ils paroissent devoir --- Page 570 ---
dans les circonstances actuelles, fixer plus particulièrement que les autres Assemblées de ce
genre, l'attention et la curiosité des Citoyens
de chaque ordre. On verra , vans doute , avec
quelqu'intérêt, les noms et qualités de tous les
Députés dont ils furent composés , le cétémonial qu'on observa à leur ouverture, les objets
qui y furent discutés, et le résultat des opératiens qu'ils occasionnèrent. C'est-là le tableau
que l'Editeur s'est proposé de mettre sous 1es
yeux de ses lecteurs. Prix i liv. l sols, port '
franc. Fables Nouvelles, par M. Richaud Martelli,
avec cette Epigraphe de la Fontaine, tirée de
la quatrième Fable du huitième Livre : Le monde est vieux, dit-on ; je le crois : cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant. 1788. Prix 1 liv. 4 sols, port sranc. Lucinde ou les Amants traversés , Histoire |
presque véritable , 1788. Prix 1 liv. 4 sols , j
port franc. 1 Délassements Champêtres ou Elite de |
Poësies Pastorales, traduites de l'Allemand , |
par M. Paillet, Avocat en Parlement, 1788..
Prix 1 liv. 10 sols , port franc. j --- Page 571 ---
MÉMOIRE
SUR L'ESCLAVAGE DES NÉGRES DANS lequel on discute les motifS
proposés pour leur Affranchissement,
ceux qui s y opposent, & les moyens
praticables pour améliorer leur Jort. Par M. M A L 0 U E T. A NE U F CH A TEL. 1788. --- Page 572 ---
Je n'étois point décidé à la Publication de
ce premier Mémoire , lorsqu*au mois de Septembre dernier, j'ai eu connoissance de celui du
Passeur Schwartz, intitulé Réflexions sur l'Esclavage des Nègres. Il m'a paru nécessaire
alors de traiter plus à fond cette Madère , &
. de mettre le Public en état de fixer son Jugementsurune Question très-importante soumise,
dans ce moment-ci > à son Tribunal. Tel est
l'objet de mes Nouvelles Observations , qui
peuvent être regardées comme la seconde partit
de mon premier Mémoire..
au mois de Septembre dernier, j'ai eu connoissance de celui du
Passeur Schwartz, intitulé Réflexions sur l'Esclavage des Nègres. Il m'a paru nécessaire
alors de traiter plus à fond cette Madère , &
. de mettre le Public en état de fixer son Jugementsurune Question très-importante soumise,
dans ce moment-ci > à son Tribunal. Tel est
l'objet de mes Nouvelles Observations , qui
peuvent être regardées comme la seconde partit
de mon premier Mémoire.. --- Page 573 ---
A 2. NOTE PRELIMINAIRE. DEPUIS que ce Mémoire est écrit, les différentes personnes auxquelles je l'ai communiqué , l'ont jugé d'après leurs principes ou
leurs préjugés, & m'ont fait part de plusieurs
objections contradidoires. Les partisans de
l'affranchissement des Nègres ne me pardonnent
pas de soutenir l'impossibilité de cette Opération, & de présenter d allez sortes raisons pour
la combattre. La comparaison que je fais de la
condition des Négres en Amérique, à celle de la
dernière classe du Peuple en Europe, leur paroît
absolument illusoire. On me conteste les faits
généraux que j 'expose, & l'on prétend les détruire par les exceptions que je ne Veux pas
dissimuler. On ne voudroit adopter de mon
Mémoire que les motifs & les moyens que
j'indique pour améliorer le sort des Nègres,
& l 'on me reproche de n avoir pas allez donne
d étendue a ce plan de réforme , de n'avoir
pas assez multiplié les précautions contre l'abus --- Page 574 ---
4 Note du pouvoir des Maîtres, d'avoir laissé subsister
en son entier la dénomination 8c l'avilissement
de la servitude, & de n'avoir pas dit un mot,
-dans mon Projet de Règlement , de la Traite
des Noirs à la Côte de Guinée, qu'on regarde
cpmme un crime intolérable. D'un autre coté , plusieurs Colons, dont je
respecte les lumières & l'honnêteté, m'assurent
que mon plan de réforme est inadmissible ; que
la première partie de mon Mémoire ma Réponse aux objections contre la Servitude des
Nègres en Amérique, démontre l'inutilité de
la seconde , ou que je détruis, par le nouvel
ordre de choses que je propose, celui dont je
; soutiens la nécessité ; qu'étant convaincu ,
comme je l'annonce, des principes d'humanité
généralement adoptés parmi nous , pour la
discipline & le régime des Esclaves, quelques
abus particuliers, faciles à réprimer , ne sauraient motiver un nouveau Règlement dont
l'adoption établiroit l'insubordination parmi
les Nègres , & de grands embarras pour 1-e's
Propriétaires.
re de choses que je propose, celui dont je
; soutiens la nécessité ; qu'étant convaincu ,
comme je l'annonce, des principes d'humanité
généralement adoptés parmi nous , pour la
discipline & le régime des Esclaves, quelques
abus particuliers, faciles à réprimer , ne sauraient motiver un nouveau Règlement dont
l'adoption établiroit l'insubordination parmi
les Nègres , & de grands embarras pour 1-e's
Propriétaires. Il faudroit un nouveau Mémoire pour discuter , en détail, chacune de ces observationsj --- Page 575 ---
Préliminaire. - ç A S dont je ne rapporte que l'extrait ; &: j'aime
mieux m'abandonner a la censure des deux
Parties que d'entreprendre un travail de longue haleine, que mes occupations obligées
ne me permettent pas. Cependant je vais essayer
de résumer, dans cette Note, ce que je pourrois répondre à des reproches aussi différens. Lorsque j'ai voulu traiter cette question de
l'esclavage des Nègres , je me suis adressé
d abord à ma conscience, qui m'a assuré que
c étoit une malheureuse institution, & qu'on ne
pouvoit la défendre sans condition. —■ Voila
mon exeuse pour les Colons. Soutenir, d'une
manière absolue, la nécessité, la justice de la
servitude des Noirs ! J'aurois frémi, d'en concevoir le projet. Il n'y a qu'un examen réfléchi des rapports de cet état de servitude à
l intérêt national, & des suites désastreuses de
sa dissolution, qui présente des motiss justes ÔC
suffisans pour la maintenir. — C'est alors feulement que l Expérience & la Raison peuvent
se permettre une discussion comparative de
cette servitude vicieuse dans son principe avec
quelques-unes de nos institutions sociales, vicieufes dans leurs conséqucnces. Mais qui
pourroit croire que., dans l'un & l'autre cas, --- Page 576 ---
i
6 Note la Société, le Gouvernement & chaque Individu ne sont pas obligés d'adoucir, d'atté-'
nuer de tout leur pouvoir les maux & les
abus dont on ne peut tarir la source ? Quoi!
parce qu'il y a nécessairement des Pauvres &
des Riches, seroit-ce un règlement inutile que
celui qui assûreroit les moyens de diminuer
la misère, &: de multiplier les ressources des
Indigens? Ainsi donc, en démontrant la nécessité de maintenir dans nos Colonies , la
servitude des Nègres , je me fuis cru plus
particulièrement obligé d'indiquer aussi tout
ce qu'on peut en retrancher en repoussant
les déclamations de plusieurs Ecrivains , en
déclarant très-affirmativement que la majeure
partie des Nègres jouit d'un sort plus heureux que la classe nécessiteuse du Peuple Européen , je n'ai pas entendu diffimulcr les
abus, les excès punissables qu'on peut reprocher à quelques Maîtres injustes, sur-tout aux
Affranchis, aux Artisans, aux petits Propriétaires qui ont des esclaves. Nous avons des
Loix, m'a-t-on répondu ; nos obligations nous
sont déjà preferites; pourquoi de nouveaux réglemens? Qui, vous avez des Loix; mais elles
sont impuissantes; les voulez-vous telles qu'elles
nç puisent pas vous atteindre &, lorsqu'elles
u diffimulcr les
abus, les excès punissables qu'on peut reprocher à quelques Maîtres injustes, sur-tout aux
Affranchis, aux Artisans, aux petits Propriétaires qui ont des esclaves. Nous avons des
Loix, m'a-t-on répondu ; nos obligations nous
sont déjà preferites; pourquoi de nouveaux réglemens? Qui, vous avez des Loix; mais elles
sont impuissantes; les voulez-vous telles qu'elles
nç puisent pas vous atteindre &, lorsqu'elles --- Page 577 ---
.Préliminaire. 7 A4 deviendront avives & efficaces, elt-ce alors
seulement que vous leur trouverez des inconvéniens? Vous avez des Loix que les Tribunaux ordinaires ne peuvent faire exécuter,
parce que leur éloignement, leur immobilité
& leurs formes les séparent .éternellement des
objets de leur infpc&ion ; ainsi, a la place de
ces Loix, sont des abus qu elles ne répriment
pas. — Aimez-vous mieux qu'une Autorité arbitraire, celle des Administrateurs, pénétre dans
vos foyers & vous soumette, dans votre police
intérieure , a une véritable inquisition ? Eh.
bien ! c'est entre ces deux écueils, la nullité
des Loix,ou l'oppression possible ^ que j'ai essayé
d'ouvrir un sentier par l'érection d'un nouveau
Tribunal. — Je ne dis pas que j'aie rencontré
précisément ce qu'il faut faire ; mais j'ose croire
que c'est dans cette direction qu'il faut aller
pour arriver au bien. Il est possible que plufleurs articles de mon Règlement soient inadmissibles,mais c'est en en adoptant les motifs
& l'intention qu'on parviendra à rendre cette
théorie d'une execution plus facile. Dans tous
les plans de réforme, il y a deux espéces de
difficultés celles. que la Raison avoue, & auxquelles il faut céder ; celles que f Amour-proprc
exagère & qu'il faut laisTcr développer pour --- Page 578 ---
* Note les détruire. Il est possible que j'aie offensé
également F Amour-propre & la Raison ou,
pour mieux dire, l'intérêt raisonnable des Colons ; mais 3 même dans ce dernier cas, j'aurai
rendu un véritable service, en provoquant
par la censure de mes moyens, un examen
approfondi de ceux qui sont praticables &
de ceux qui ne le sont pas., & en mettant
fin , de cette manière, à tous les écarts. d'un
faux zélé, ainsi qu'aux prétextes négatifs de la
cupidité. Je ne retrancherai donc aucune de
mes propositions principales ; & , si je les ai
rédigées en forme de Règlement, ce n'est point
assûrément que je partage les prétentions de
cette multitude de faiseurs de Loix qui nous
tourmentent depuis si long-temps \ mais c'est
parce qu'on ne peut bien juger de l'utilité
ou des contre-sens d'une vue législative qu'en
la sui van t dans ses développemens &: sous ses
formes comminatoires ou coërcitives, J'aurois
peut-être du s je le sais, expliquer , motiver
plus nettement quelques articles; mais ne peuton pas croire aussi que j'ai eu des raisons de
ne le pas faire, & de jetter ainsi en avant des
idées dont la contradiction m'éclairera plus
que je ne le suis? Par exemple, le projet d'é-,
tiger en Fiefs les grandes Habitations auroit
d'une vue législative qu'en
la sui van t dans ses développemens &: sous ses
formes comminatoires ou coërcitives, J'aurois
peut-être du s je le sais, expliquer , motiver
plus nettement quelques articles; mais ne peuton pas croire aussi que j'ai eu des raisons de
ne le pas faire, & de jetter ainsi en avant des
idées dont la contradiction m'éclairera plus
que je ne le suis? Par exemple, le projet d'é-,
tiger en Fiefs les grandes Habitations auroit --- Page 579 ---
Préliminaire. « peut-être demandé un chapitre à part; mais,
si les raisons d'utilité que j'y trouve , ne sont
pas assez Taillantes pour être -ppercues sans
commentaire , je me saurai gré de m'en être
abstenu. Quant aux reproches que m'a. faits la première classe de mes Adversaires, ce que je
viens d'écrire pour la seconde me dispense
d'entrer dans de plus grands détails. Je n'ai
point eu à tergiverser , à composer avec moimême, pour soutenir que l'abolition de la Servitude dans nos Colonies est impossible : les
causes qui la rendent nécessaire, remontent
d'époques en époques, & de causcs en effets,
à la découverte de l'Amérique,à l'état civil,
moral & politique de la France 3 de l'Angleterre, & de plusieurs autres Nations de l'Europe. Consentez-vous a abandonner ce projet
chimérique d'Affranchissement, pour vous arrêter a celui, plus sacile, de l'abolition de la
Traite à la côte de Guinée? C'cft a peu près
la même chose. Il est indispensable d'avoir
des Esclaves pour nos cultures coloniales. Si
elles ne peuvent être abandonnées sans une
commotion qui causeroit infiniment plus de
maux aux François que la cessation de la Traite --- Page 580 ---
le Note ne peut faire de bien aux Africains, laiffezmoi acheter des enclaves dans le lieu ou des
Peuples barbares sont dans un état de guerre
continuelle } ce qui, suivant le sage Locke,
dans son Traité du Gouvernement Civil,
n'offense point le droit de la Nature ; car il
m'accorde le droit de vie ou de mort sur le
captif que je fais à la guerre, d'où résulte le
droit d'esclavage. Il est vrai qu'il fait dépendre
ce droit d une guerre juste 8c légitime ; mais
comment pourrois-je juger sainement des
motiss qui ont porté le Roi de Congo à
faire la guerre à ses voisins ? Il me suffit de
ravoir que les prisonniers de guerre sont au
Marché, & que j 'ai l'obligation &: le projet
de les traiter infiniment mieux que ne les
traiteroit leur Vainqueur. J'achèterai sans scrupule , car je n'ai pas d'autres moyens de labourer ma terre, de payer mes dettes, d'assûrer ma subsistance & celle de ma famille \ ma
destinée m'ayant placé , moi & mon patrimoine, sous une zone qui ne permet à aucun
Européen le travail de la terre. —Voulez-vous
m'empêcher d'acheter? Vous m'empêchez d'étendre &: d'entretenir mes cultures, jusqu'a ce
qu'une population sufîisante d'esclaves Créoles
puisse y pourvoir sans aucun secours du de-
er ma terre, de payer mes dettes, d'assûrer ma subsistance & celle de ma famille \ ma
destinée m'ayant placé , moi & mon patrimoine, sous une zone qui ne permet à aucun
Européen le travail de la terre. —Voulez-vous
m'empêcher d'acheter? Vous m'empêchez d'étendre &: d'entretenir mes cultures, jusqu'a ce
qu'une population sufîisante d'esclaves Créoles
puisse y pourvoir sans aucun secours du de- --- Page 581 ---
Préliminaire. II hors. Mais, pour y parvenir, il faut une bâsc
de population proportionnelle au travail auquel elle doit suffire \ il faut un régime assez
bien conçu, assez bien ordonné, pour en maintenir la perpétuité ; &, sans toutes ces condi-t
tions préalables, l'interdiction de la Traite des'
Noirs opérera, assez prômptement, la même
révolution que l'Affranchissement. Ces considérations nous ramènent a celle,
plus raisonnable & plus juste , du traitement
des Noirs dans les Colonies ; c'est à le régler
avec humanité , & à restreindre la Servitude
dans les termes les plus modérés, que j'ai
employé mes efforts & mes lumières. Vous
n etes pas content ; vous me demandez plus >
& nous serons probablement obligés de' faire
moins. Vous m'accusez d'exagération quand
je compare le fort des Nègres à celui des
Journaliers, vous concluez , des abus que
je ne dissimule pas , & des remèdes même
que je propose , que la condition des Noirs *
cst généralement intolérable. Mais , si j'établis
un Hôpital pour les Pauvres de mon Village,
en concluez-vous que tous les habitans n'ont '
pas d'autres ressourcés que l'Hôpital ? Lorsque
vous rencontrez la Maréchaussée à Japoui- --- Page 582 ---
il, Note suite des brigands qui infestent un grandchemin, présumez-vous que tous les gens du
canton sont des brigands ? D'ailleurs les accusations graves, contre une portion nombreuse
de vos concitoyens, exigeroient au moins une
enquête préalable ; & il n'est point de Nation
qui mérite plus que la nôtre , qu'on range
dans la classe des exceptions les faits qui outragent l'Humanité. J'ai réduit &: modifié la Servitude, autant
qu elle peut l'être , en la maintenant. Si Je
n'ai point parlé de la Traite, cest que je ne
vois ni les moyens de l'abolir sans inconvéniens.ni ceux d'y suppléer , ôc il n'est pas
moins difficile d'en régler sensément la police.
Les Anglois vont le tenter , Se l'on prévoit
de grandes difficultés pour eux, qui produis
roient pour nous la cessation absolue de ce
commerce. En Angleterre on a grand soin
de combiner , de raccorder une Loi; nouvelle
avec toutes les autres , de compenser les
nouvelles charges par de nouveaux avantages.
Or les Anglois achétent & vendent les cfclaves Noirs à cent pour cent au-dessous du
prix de nos Comptoirs que l'allure générale
de notre Commerce, & les entraves dont il
tenter , Se l'on prévoit
de grandes difficultés pour eux, qui produis
roient pour nous la cessation absolue de ce
commerce. En Angleterre on a grand soin
de combiner , de raccorder une Loi; nouvelle
avec toutes les autres , de compenser les
nouvelles charges par de nouveaux avantages.
Or les Anglois achétent & vendent les cfclaves Noirs à cent pour cent au-dessous du
prix de nos Comptoirs que l'allure générale
de notre Commerce, & les entraves dont il --- Page 583 ---
Préliminaire. 13 est grevé, ne peuvent qu'augmenter. Le nouveau Bill élévera donc le prix des Noirs dans
les Colonies Angloises. De semblables mesures, adoptées en France,
les mettroient hors de la portée du plus
grand nombre des Colons. Il est affreux, sans doute, de calculer ainsi le
prix des hommes devenus. marchandise, &: de
se trouver entraîné, par la loi impérieuse de
la Nécessité, à d'aussi tristes résultats , mais je
raisonne d'après les principes que j'ai posés
dans mon Mémoire : l'Affranchissement est
impossible > la prolongation de la Servitude 8c
de la Traite qui l'alimente est indispensable,
jusqu'à ce que nous reconstruisions , sur de
nouveaux fondemens, une portion de l'édifice
iocial. On nous cite des scènes atroces qui se passent
dans les Navires Négriers; les Villes prises d'assaut, les Vaisseaux pris par l'Ennemi en présentent d'aussi révoltantes. Eh ! que pouvons-nous
espérer des Loix & de la Morale pour les
faire cesser ? Mais il ne faut pas croire que
la Traite produise nécessairement, comme la
guerre , des a&es de cruauté } car l'intérêt --- Page 584 ---
14 Note Préliminaire. évident" du Capitaine Négrier est de conservet sa Cargaison en bon état. La mort d'un
Nègre lui coûte cent pistoles, & cette considération est une loi décisive pour la Cupidité. Survient-il une révolte dans le Vaisseau i
alors la sureté de l'Equipage est la suprême
loi Ici le Peintre a du voiler le visage
d' Agamemnon. --- Page 585 ---
MÉMOIRE SUR L'ESCLAVAGE D E S N É G R E S. - De l'Efc lavage des Négres. L'ESCLAVAGE & le traitement des Négres, en
Amérique, présente des idées trisses à tout homme
sensible sans enthousiasme ; c'est une occasion de
scandale & de déclamation pour les Ecrivains
politiques, qui traitent des principes & des droits
de la Société ; c'est véritablement pour les Colons
un moyen de corruption & de désordre; enfin ,
nous ne pouvons nous dissimuler que les opinions
dominantes s'élévent si fortement contre cette
égres. L'ESCLAVAGE & le traitement des Négres, en
Amérique, présente des idées trisses à tout homme
sensible sans enthousiasme ; c'est une occasion de
scandale & de déclamation pour les Ecrivains
politiques, qui traitent des principes & des droits
de la Société ; c'est véritablement pour les Colons
un moyen de corruption & de désordre; enfin ,
nous ne pouvons nous dissimuler que les opinions
dominantes s'élévent si fortement contre cette Institution , qu'il devient nécessaire de la redisier
ou de la détruire. Le Gouvernement ne s'est jamais occupé à régler, avec assez de soin ,le traitement des Esclaves. Le Code Noir renferme plusieurs dispositions vicieuses & incompletres. Les habitans honnêtes, qui --- Page 586 ---
16 - - " De l'Esclavage reconnoissent, en cette partie, les abus du xégime
colonial 3 n'en cherchent point le reméde. Ils ont
entendu dire à leurs pères , & ils répétent à leurs
enfans, quil ne peut y avoir de puissance médiatrice entre le Maître & l'Esclave; que c'est attenter
aux droits de Propriété, que de modifier l'autorité
domestique; que les moyens de surveillance & de
protection produiraient l'insubordination, détruiroient la Police intérieure Les Administrateurs reçoivent ces préjugés avec une sorte de respect ; ils s'en laissent dominer, parce qu'il manquent toujours, en arrivant e de l'expérience nécessaire pour les apprécier ; qu'ils se familiarisent
ensuite avec ce spedacle habituel du despotisme
colonial, & qu'enfin tous les hommes ont une
tendance naturelle à cet abus de la force & de la
position d'un homme relativement à un autre. Ils
reviennent en France rendre ces impressions irréfléchies ; & l'indifférence, l'inattention du Gou-
<vernement se perpétue par toutes ces causes. On sollicitera même inutilement son influence, si
l'on entend un Colon honnête démontrer que rin.
térêt des Habitans les porte naturellement à bien
traiter les Esclaves, à les soigner, à les nourrir \
sains, jeunes" vieux & infirmes ; qui assûre n'avoir !
vu que rarement & avec horreur des traits de
barbarie. Si'l ajoute à cela les détails non exagérés
de l'crdre, de l'aisance, de la poliçe d'un Attelier
dans --- Page 587 ---
..1 Des Négres. - 17 B dans une Habitation bien administrée, c'en est afièz
pour faire regarder comme inutile ou dangereuse
toute précaution législative mais , celui qui en a
reconnu la nécessité , qui en est pénétré par sa
propre expérience, qui s'éloigne également du ton
des déclamateurs véhémens, & d'une indifférence
abusive, celui-Il doit faire tous ses efforts pour
adoucir la condition des Esclaves, pour y intéresser les Maîtres , le Gouvernement, la Société entière; car, s'il saut que cette condition soit atroce,
ou qu'elle ne soit pas, il n'y auroit pas à balancer
pour la détruire.
connu la nécessité , qui en est pénétré par sa
propre expérience, qui s'éloigne également du ton
des déclamateurs véhémens, & d'une indifférence
abusive, celui-Il doit faire tous ses efforts pour
adoucir la condition des Esclaves, pour y intéresser les Maîtres , le Gouvernement, la Société entière; car, s'il saut que cette condition soit atroce,
ou qu'elle ne soit pas, il n'y auroit pas à balancer
pour la détruire. Mais la subordination & le travail étant les attributs essentiels de l'esclavage, ainsi que de la
pluralité des hommes libres, lorsqu'on retranchera
du traitement des Négres tout ce qui n'est pas nécessaire pour les contenir, Iorsqu'on y ajoutera
l'usage de leurs sacultés naturelles , réglé par les
principes de l'Humanité, lorsqu'ils ne souffriront
aucun des besoins physiques dont la jouissance est
necessaire à l'homme, pour qu'il n'ait pas à se
plaindre de la Nature. - Lorsque leur état, rapproché de l'ordre social, en changeant leur servitude en dépendance, leur présentera la perspective & les moyens d'une liberté effeôive, alors les
Noirs de nos Colonies seront j dans l'ordre de la
Religion, de la Justice & de l'Humanité,ce que font '
entr elles les différentes classes de la Société; ils * --- Page 588 ---
18 De l'Esclavage auront, comme les autres, une part proportionnelle aux peines & aux plaisirs de la vie. Il n'est donc pas nécessaire, pour être juste,
d'associer les Noirs à nos Propriétés comme
hommes libres. Cette révolution dangereuse, proposée par plusieurs de nos Philosophes, nuiroit
autant à l'intérêt général, qu'à la sûreté individuelle des Propriétaires, qui sont en beaucoup
moindre nombre que leurs Esclaves. Mais cette raison du moindre nombre, rend
encore moins nécessaire l'abus de la Puissance
d'une part, & l'excès de la Misère de l'autre ; car
lin Roi commande seul à sa Nation, un Général
à son Armée, & la subordination de plusieurs à un .
seul se trouve maintenue sans , l'emploi indispensable des moyens d'oppression. Lorsqu'on a enrégimenté des hommes, lorsqu on j
les a sournis à une discipline sévère, à un ordre i
absolu, il y a eu néanmoins, entre le Prince & ses I
Soldats, un pade positis.dont l'observation justifie |
l'état relatif de celui qui commande, de ceux qui |
obéissent. Ce pa&e est la solde, la nourriture, la f
proportion jiule des peines & des délits, des récompenses & des services. Ces conditions effentielles ne sont jamais violées impunément. Qu'un
Sultan retranche la paie de son Armée, qu'il fasse
égorger, mutiler ses Soldats pour les moindres
fautes, qu'il les excéde de fatigue, sans intervalle --- Page 589 ---
'Des Nègres. 19 B ij de repos, l'Armée se révoltera ; le Sultan sera
lui -même égorgé. L'Histoire des Esclaves, chez les Anciens & les
Modernes, nous fournit les mêmes observations.
Les Noirs, vendus à prix d'argent, dans nos Mar_
chés, exigent aussi de leurs Maîtres un padle formel » dont la violation les révolté. Les guerres de
Surinam & de la Jamaïqne n'ont pas eu d'autres
causes. Quelqu avili que soit l'homme dont on
dispose arbitrairement, sa patience a des bornes,
& son désespoir n'en connoît plus. Les traits de
cruauté , plus rares dans nos Colonies que dans
les autres, ont produit cependant, à S.-Domingue, des incendies & des empoisonnemens.
Maîtres un padle formel » dont la violation les révolté. Les guerres de
Surinam & de la Jamaïqne n'ont pas eu d'autres
causes. Quelqu avili que soit l'homme dont on
dispose arbitrairement, sa patience a des bornes,
& son désespoir n'en connoît plus. Les traits de
cruauté , plus rares dans nos Colonies que dans
les autres, ont produit cependant, à S.-Domingue, des incendies & des empoisonnemens. Enfin , dans les Pays barbares comme dans
les Etats polices , 1 homme le plus dépendant
n'obéit sans murmure & sans danger pour celui
qui commande , qu'autant qu'on l'accoutume ail
joug, qu'on le lui rend tolérable , & qu'on n'exigé
rien au-delà de ce qui est imposé. Si l'état des Esclaves étoit ainsi réglé dans les
Colonies ; s'il étoit assimilé , comme il pourroit
l'être, à celui des Engagés, vulgairement appellés
Trente-six mois, parce qu'ils vendoient leur liberté
pour ce temps-là, je ne pense pas qu'il fût nécessaire de s'occuper d'un changement ; mais il faut
convenir que la condition des Esclaves est à-peuprès arbitraire ; que nos Colons peuvent se sbus- --- Page 590 ---
zo De l'Esclavage traire, à cet égard, à la Police générale, & qu'il
est indispensable de les y ramener. Je dis plus; je
réunirois mes efforts à ceux des hommes bienfaisans qui délirent l'abolition totale de l'Esclavage,
si je croyois que cette Opération fût d'une justice
rigoureuse, &, sur-tout, quelle fût praticable, sans
un bouleversement affreux, dont les conséquences
n'ont pas été calculées. Je me livrerai donc à l'examen de cette grande Question, avant que de proposer les modifications & les changemens que je
crois j listes & utiles. Je supposc qu'au lieu de les adopter, on attaque
le mal dans sa racine , qu'on défende la Traite des
Noirs, qu'on ordonne l'Affranchissement de ceux
répandus dans nos Colonies ; — que cette révolution, provoquée en France, en Angleterre, est sur
le point de s'opérer ; j'ose croire que, dans l'état
actuel des choses, la Justice & l'Humanité ne commandent point ce sacrifice, qui, dans les détails
d'exécution,se trouvera impraticable, tandis que
de meilleures Loix, que je n'ai point à me reprocher de n'avoir pas sollicitées, peuvent assûrer aux
Nègres, dans nos Colonies, plus de jouissance &
de bonheur que n'en ont parmi nous les dernières
classes du Peuple.
sur
le point de s'opérer ; j'ose croire que, dans l'état
actuel des choses, la Justice & l'Humanité ne commandent point ce sacrifice, qui, dans les détails
d'exécution,se trouvera impraticable, tandis que
de meilleures Loix, que je n'ai point à me reprocher de n'avoir pas sollicitées, peuvent assûrer aux
Nègres, dans nos Colonies, plus de jouissance &
de bonheur que n'en ont parmi nous les dernières
classes du Peuple. A Dieu ne plaise que j'essaie ici de consacrer
l'Esclavage, & de le réduire en principes ! Il est, il
fera toujours une violation du Droit naturel dans --- Page 591 ---
Des Négres. 21 B iij la personne de celui qui le connoît & le respecte.
— Croyons que l'homme est sorti libre des mains
de la Nature; — mais, par une suite de l'Ordre établi ou toléré par la Providence, que cette Liberté
subit d'étranges révolutions ! Enchaînée même
chez le petit nombre de Peuples dont la Police est
raisonnable , on peut en Cuivre la dégradation proportionnelle dans toutes ces Sociétés informes qui
peuplent la terre, jusqu'à ces troupes vagabondes,
qui se rencontrent & Ce détruisent dans les déserts
des deux Continens. — Sans doute il seroit beau
de n'aller chercher ces hommes stupides & séroces,
que pour les éclairer sur leurs droits , sur leurs
intérêts, & les rendre à la Nature plus libres &
plus heureux. Mais si la Philosophie & l'Humanité
n'ont jamais ordonné de semblables missions , si
ce n'est point être coupable envers elles que de
ne point s'y dévouer, il me semble qu'elles pourroient nous pardonner également d'aller prendre
sur l'autel du' Despotisme le plus absurde ses victimes renaissantes , pour en foire des Laboureurs.
Le Marchand Européen , sur les côtes d'Afrique ,
n'a point crée la Servitude, & sa retraite ne sauroit la détruire. Il achéte d'une Soçiété barbare,
, les membres qui la composent , & qui se vendent
alternativement, amis , ennemis, Princes, sujets ,
pères & enfans , selan l'état & la volonté du plus
sort ; il les livre, pour de l'argent, à un Colon Amé- --- Page 592 ---
il De l'Esclavagè ricain, qui les emploie au travail de la terre, &
qui, avec le droit & le pouvoir de les rendre heureux , contracte l'obligation de les bien traiter. Je
ne dis pas qu'ensuite ce Maître n'abuse & ne devienne injure; mais il rentre alors dans la classe
de tous les infracteurs des Loix & des Devoirs.
C'est au Gouvernement à reaifier cet abus; mais,'
si la Législation d'un grand Empire suppose &
entretient tous les besoins du Luxe & de l'Opulence, qui s'éloignent infiniment du désintéressement & de l'abstinence philosophique; si au nombre
de ces besoins sont aujourd'hui le sucre,le café,
l'indigo, &c. qui ne peuvent être cultivés que par
des Nègres, je crois que ceux-ci, jusqu'à ce qu'il
s'éléve parmi eux un. Montesqiueu, sont encore
plus rapprochés de la condition d'hommes raisonnables, en devenant nos Laboureurs, qu'en resont dans leur pays, sournis à tous les excès du
brigandage & de la férocité.
stinence philosophique; si au nombre
de ces besoins sont aujourd'hui le sucre,le café,
l'indigo, &c. qui ne peuvent être cultivés que par
des Nègres, je crois que ceux-ci, jusqu'à ce qu'il
s'éléve parmi eux un. Montesqiueu, sont encore
plus rapprochés de la condition d'hommes raisonnables, en devenant nos Laboureurs, qu'en resont dans leur pays, sournis à tous les excès du
brigandage & de la férocité. Ces raisons ne convaincront pas tous les Lecteurs. On se flattera de les détruire par des objections que je dissimulerai d'autant moins, qu'elles
paroissent prépondérantes. PREMIÈRE OBJECTION. » Vous êtes complice du brigandage & de la fé-
» rocité des habitans de la Côte de Guinée, en ce --- Page 593 ---
Des Négres. i 1 B iv » que vous en fomentez l'habitude par votre Com-
» merce ; en ce que vous entretenez leur cupidité
» par les objets d'échange que vous leur offrez: » pour leurs Captifs ; en ce que vous multipliez
» par là .leurs guerres , leurs invasions». RÉPONSE. Nous devons d'abord partager ce reproche avec
tous les Peuples de l'Europe, qui ont des pofîessions en Amérique ; car, si nous renoncions à la
Traite des Noirs, ils n'y renonceroient pas. Ils
remplaceroient, par une augmentation de culture, le dépérissement de la nôtre ; ainsi il y auroit sur x
le Globe la même somme d'Esclaves ; l'Humanité
n'y gagneroit rien. Mais , en supposant que toutes les Métropoles,
éprises du même zélé, proscrivi£fent, par une Loi
commune, la Traite des Noirs, il y auroit encore
sur le Globe la même somme d'Esclaves, car cette
Loi n'empêcheroit pas les Princes d'Afrique , de
persévérer dans les maximes héréditaires de leur
Gouvernement. La seule Loi fondamentale qu'ils
reconnoissent étant le droit du plus fort, ils disposeroient également de la vie & de la liberté de
leurs Sujets; &, comme ces Peuples font subdivisés en un ncmbre infini de petites Sociétés, dont
chacune reconnoît un Despote, les Princes seroient --- Page 594 ---
34 De- VEfclavage toujours en guerre, comme ils y ont toujours été,
pour augmenter le nombre de leurs Hameaux, de
leurs femmes & de leurs Esclaves. Cet état de guerre & d'oppression seroit donc
perpétuel & réciproque entr'eux jusqu'à la çivi-=
lisation. Mais, si les Millions religieuses , si le fpe&acle
de nos Arts, si la fréquentation des Européens
n'ont pu encore opérer cette civilisation ,croit-on
qu'elle feroit plus prochaine, lorsqu'il y auroit
une barrière impénétrable entr'eux &: nous ? C'est
sur eux-mêmes, sur leurs différentes Peuplades
que se dirigeroient la cupidité, la sérocité dont
nous profitons; ainsi l'abandon général de la Traite
n'opéreroit aucun bien en faveur de l'Humanité;
car les Noirs , en passant de leurs pays dans le
nôtre , quittent un Despote qui a le droit de les
égorger, pour passer sous la puissance d'un Maître,
qui n'a que le droit de les faire travailler, en pourvoyant à tous leurs besoins.
êmes, sur leurs différentes Peuplades
que se dirigeroient la cupidité, la sérocité dont
nous profitons; ainsi l'abandon général de la Traite
n'opéreroit aucun bien en faveur de l'Humanité;
car les Noirs , en passant de leurs pays dans le
nôtre , quittent un Despote qui a le droit de les
égorger, pour passer sous la puissance d'un Maître,
qui n'a que le droit de les faire travailler, en pourvoyant à tous leurs besoins. DEUXIÈME OBJECTION, » Maig, si un homme vous vendoit lui-même sa
» liberté, & en recevoit le prix, il y auroit lésion
dans le contrat, — Comment n'y en a-t- il pas
duSs celui que vous faites avec un tiers pour la
» vente d'un Negre i Quel droit acquérez-vous par --- Page 595 ---
Des Négres. 25 v votre argent, sur les bras & la Tueur du miféw .rable qui n'a pas consenti au marché, qui n'en a
v pas reçu le prix? RÉPONSE. Les droits résultent des conventions, qui acquièrent un plus grand degré de force par la sanction de la Loi. Or je centrale avec le Marchand
de Nègres, sous la protection de la Loi qui confirme le marché, & je ne fais aucun tort au Nègre
qui paffe , en vertu de ma convention, d'une condition pire, ou je ne l'ai pas mis, à un état meilleur, où il est de mon intérêt de l'entretenir. Je
fais avec lui un nouveau marché, semblable à
celui qui lie tous les Propriétaires aux gens sans
propriété : Travaille pour moi, & je te nourrirai :
voilà le patte universel des Riches avec les Pauvres. Dans toutes les Sociétés, celui qui a, n'accorde la subsistance à celui qui n'a . rien , qu'en
disposant de ses bras & de sa sueur. Quelle différence y a-t-il entre ce marché tacite & celui
par lequel j'ai acquis la propriété d'un Nègre, si
ce n'est qu'il m'en a coûté quinze-cents francs de
plus qu'à vous pour avoir le droit de faire travailler un homme en le nourissant, comme vous
nourisse? votre Journalier? Mais mon intérêt m'impose encore d'autres obligations dont vous êtes --- Page 596 ---
26 De l'Esclavage dispensé. Je soigne mon Négre dans ses maladies;
je le soulage dans sa vieillesse ; j'éléve & je nourris ses enfans , quoiqu'ils ne me rendent aucun
service.— Aucun de ces Nègres, estimés par vous
si misérables , ne manquent du nécessaire, tandis
que les Journaliers indigens, que vous ne plaignez pas, bordent les rues, les grands-chemins ,
tâchent en vain d'exciter notre commisération.
L'Humanité qui vous enflamme pour les uns, vous
trouvera-t-elle froid pour les autres, ou vous engagera-t-elle aussi à provoquer un nouveau partage' des terres ? car il y a lésion dans le contrat
immémorial que les Riches ont fait avec les Pauvres. Il n'est pas dans la Nature que les premiers
abondent en superfluités, tandis que ceux-ci manquent de pain ; mais l'inégalité se trouveroit bientôt entre l'homme laborieux & celui qui ne l'est
pas, entre l'intelligent & le stupide; les richesses
feroient toujours,tôt ou tard ,1e prix de l'Industrie;
Vous concevez d'ailleurs combien il seroit dangereux d'employer les voies coaaives pour exciter une charité universelle. Vous concevez que la
Société, qui opère ainsi du bien & du mal, veut
cependant être maintenue. — Hé bien! on vous
démontrera tout-à-l'heure que le bouleversement
que vous désirez ne seroit pas moins dangereux,
& que vous en seriez puni vous-même , qui que
vous soyez. *
de l'Industrie;
Vous concevez d'ailleurs combien il seroit dangereux d'employer les voies coaaives pour exciter une charité universelle. Vous concevez que la
Société, qui opère ainsi du bien & du mal, veut
cependant être maintenue. — Hé bien! on vous
démontrera tout-à-l'heure que le bouleversement
que vous désirez ne seroit pas moins dangereux,
& que vous en seriez puni vous-même , qui que
vous soyez. * --- Page 597 ---
Des Nègres. Z7 TROISIÉME OBJECTION. » Ne comparez point l'Indigence à l'Esclavage ;
» 1 une peut cesser tous les jours par l'industrie du
» Pauvre ou la charité du Riche ; l'autre présente
» un joug éternel, qui avilit l'homme , & le réduit
» à la condition de la Brute ". R É P 0 N S E. Ne raisonnons point par hypothéses ; ne cherchons à nous éclairer que par l'examen des saits.
A quoi sert au Pauvre la Liberté, lorsqu'elle ne
lui procure pas les moyens de subsister ? Quelle
est alors la sensation dont il est le plus vivement
agité? N'est-ce pas la douleur du besoin non satissait ? Croyez - vous qu'il s'en console par la
conviaion intérieure de sa liberté ? En quoi trouvez-vous que cet homme nécessiteux ressemble
alors à un homme libre ? N'éprouve-t-il pas le"
plus impérieux de tous les jougs, celui de la saim ?
N'eSt-il pas sournis à la volonté absolue de celui
dont il attend des. secours? N'essuie-t-il pas, sans "
murmure, les reproches & le mépris , qui font le -
partage de la Misère? son existence douloureuse J
& avilie,, plus que celle de l'Esclave, utile à son
Maître, le rend-elle susceptible de cette énergie --- Page 598 ---
2s De l'Esclavage de caraélère qui est propre à l'homme libre ? Et
distinguériez-vous enfin sur le sront de l'Esclave,
qui ne manque de rien, un signe d'infériorité aux
niendians qui nous abordent? Ne croyez pas que
j'en conclue contr'eux que la liberté soit un malheur j & l'Esclavage une bonne Institution. Il n'est
pas question ici de définition; il s'agit de comparer,
dans l'un & l'autre états, deux classes d'hommes devinés , par l'ordre des choses, à supporter tout
le poids des travaux pénibles ; ainsi considérez-les
dans leurs différens attel ers & dans les différens
périodes de la vie : à partir de l'enfance, le Nègre
est, comme vos petits Paysans , dans le sein de
famille, fournis à l'Autorité paternelle ; mais j
plus soigné & mieux nourri que les pauvres Villageois. Devenu fort & laborieux, il commence,
malgré la Servitude,à goûter les plaisirs de l'amour,
&-le Maître n'a aucun intérêt à contrarier ses goûts.
Il a bientôt ceux de la Propriété; on lui donne
un jardin , une maison , des poules, un cochon »
& il dispose aussi librement de ses récoltes, que j
tout autre Propriétaire. II n'en est pas qui ait ]
l'atrocité de forcer un E,sclave de lui donner gra- I
tuitement ou de lui vendre à bon marché ses œufs *
ses poules, ses légumes; cette tyrannie seroit bientôt punie par le découragement de tout l'attelier,
& sur cela l'intérêt personnel se joint à l'Humanité.
donne
un jardin , une maison , des poules, un cochon »
& il dispose aussi librement de ses récoltes, que j
tout autre Propriétaire. II n'en est pas qui ait ]
l'atrocité de forcer un E,sclave de lui donner gra- I
tuitement ou de lui vendre à bon marché ses œufs *
ses poules, ses légumes; cette tyrannie seroit bientôt punie par le découragement de tout l'attelier,
& sur cela l'intérêt personnel se joint à l'Humanité. Cet Enclave vit donc habituellement dans sa sa- --- Page 599 ---
Des Nègres: 29 mille, dans sa maison, dans son champ, & se voit
perpétuellement entouré d'hommes de sa classe ,
dont les plus industrieux & les plus sages arrivent •
souvent à une grande aisance. Il a pour consolation le spe&acle de ses semblables, dont quelques-ans se procurent par leur travail des jouiiîances de luxe ; il a pour perspe&ive la liberté & de
plus grandes jouissances, s'il rend des services essentiels à son Maître ; & enfin il voit dans sa vieillesse ses infirmités soignées, & ses enfans parcourant la même carrière que lui, sans l'inquiétude du
besoin. Transportez - vous dans son attelier, les
chants cadencés de cette troupe de Laboureurs, ne
vous peindront point la misère & le désespoir.
Voyez - les aux jours de Fête, leurs danses, leurs
calenda, & la parure de ceux qui ont de l'industrie,
rassureront votre pitié. Entrez sur-tout dans ime
Habitation bien ordonnée ,& dont le Propriétaire
est un homme honnête , vous verrez si , à l'aspect
de leur Maitre & de sa famille , ces Esclaves montrent la tristesse & l'effroi qu'inspire la vue d'un
Tyran. Examinons maintenant vos Villages , vos
Hameaux & les Chaumières des pauvres Paysans;
quel est le sort de ceux qui sont réduits à des petites propriétés , lorsque la gelée ou la grêle ont
ravagé leurs récoltes, lorsqu'un incendie a confumé leurs granges, leurs maisons , lorsqu'une épidémie a fait périr leurs bestiaux, lorsque leurs fçm- --- Page 600 ---
30 De l'Esclavage mes, leurs enfans & eux-mêmes sont tourmentés
par la fiévre ou par le besoin , lorsqu'accablés par
les impôts , poursuivis par le Collecteur, ils vendent piéce à piéce leurs ustensiles, leurs animaux,
& finissent par abandonner leur Village? Lequel de
ces deux spedacles vous paroît le plus touchant ?
De quel côté croyez-vous que réside le malheur de
fait & d 'opinion ? Voilà pour les Cultivateurs à
petite propriété : mais ceux qui n'en ont pas, qui
n ont que leurs bras pour subsister, & qui, nés sans
talens , sans intelligence pour s'en procurer , sont
relégués dans les dernières classes du Peuple, avezvous bien calculé toute 1 amertume de leur pénible
existence ? Ils éprouvent, il est vrai, dans ce
moment-ci un adoucissement à leur condition, un
Roi bienfaisant vient de les affranchir de la corvée;
mais, en leur rendant lu fage de leurs bras , qu'on
s approprioit ci-devant sans salaire, ils n'en sont
pas moins dans la dépendance absolue des riches
pour leur subsistance, & le travail, qui est le seul j
acte de servitude que nous exigeons de nos Né. j
gres , pour les pauvres Paysans la seule res- j
source qu'ils invoquent; chacun d'eux est à votre j
disposition pendant douze heures, pour quatorze 1
fols , qui ne représentent que la subsistance frugale f
du Manœuvre & de sa famille , sur quoi il saut
déduire les jours d'incision, de maladie , & les
jours plus languissans encore d'une vieillesse in-
seul j
acte de servitude que nous exigeons de nos Né. j
gres , pour les pauvres Paysans la seule res- j
source qu'ils invoquent; chacun d'eux est à votre j
disposition pendant douze heures, pour quatorze 1
fols , qui ne représentent que la subsistance frugale f
du Manœuvre & de sa famille , sur quoi il saut
déduire les jours d'incision, de maladie , & les
jours plus languissans encore d'une vieillesse in- --- Page 601 ---
. Des Nègres., 31 firme, que vous ne payez pas. Comparez à cette
condition celle du Manœuvre Africain ; nous le
faisons travailler comme vous pour sa subsistance ;
mais elle est plus abondante ; car nous avons intérêt qu'il soit bien nourri; si sa récolte lui manque , nous achetons des vivres pour lui en fournir.
Nous ne lui imputons pas les jours de maladie;
nous en saisons les frais. Nous n'abandonnons pas
sa vieillesse ; car il est intéressant pour nous que
ses semblables se confient en nos foins, afin qu'ils
nous servent avec zéle. Si sa maison est incendiée,
nous lui en construisons une autre. Son pécule enfin , & le produit de son industrie sont à lui, &
quittes de tout tribut. Quel est donc le malheur
de cette espéce d'individus comparés aux autres
Journaliers ; & où est l'injustice de leurs Maîtres?
Il n est pas plus barbare à moi de faire travailler
a mon profit l'homme que je nourris , qu'il n'est
injuste à vous de ne pas nourrir celui qui ne vous
rend aucun service, encore qu'il ait des besoins
& vous du superflu. QUATRIÈME OBJECTION. J) Mais il en: injuste & barbare de vous arroger
» le droit de battre, de mutiler , de faire périr cet
» Esclave. Voilà ce qui rend l'Esclavage odieux,&
- ce qui ne permet pas de le justifier». --- Page 602 ---
jz De l'Esclavage R É P 0 N S E. .4 De ce qu'un mari violent a poignardé sa femme
surprise en adultère, concluez-vous que tous les *
maris égorgent toutes les femmes galantes, & qu'ils
en ont le droit ? Un père de famille , dur & sévère
dans sa maison \ rend sa femme & ses enfans malheureux ; briserez-vous pour cela les liens 3e PÀu- '
torité domestique ? Non , vous lui ôpposerez un *
frein, les Loix, l'opinion , l'exemple, le mépris &
l'estime, le bonheur , les remords, l'intérêt personnel; voilà , sans doute , ce qui contient les maris & les femmes, les pères & les enfans. — Pourquoi ne voulez-vous pas que ces motiss puissans
règlent aussi là conduite des Maîtres à l'égard de
leurs Enclaves ? Pourquoi des faits rares & isolés ,
&, qui font horreur en Amérique comme en France , vous feroient-ils regarder les Colons comme
des Ogres ? Qui vous a dit qu'ils s'arrogent le droit
de mutiler & de tuer ; que la Police ne réprimoit
pas ces excès , quand ils sont connus ? Je sais , &
j'ai débuté par le dire , que nos Loix en cette
partie ne sont ni assez a&ives, ni assez réprimantes; qu'il seroit juste & nécessaire, d'assûrer d'une
manière inviolable la condition des Noirs , & de
resserrer les limites de l'Autorité des Maîtres; mais,
en convenant des abus dont est susceptible le droit
de
rogent le droit
de mutiler & de tuer ; que la Police ne réprimoit
pas ces excès , quand ils sont connus ? Je sais , &
j'ai débuté par le dire , que nos Loix en cette
partie ne sont ni assez a&ives, ni assez réprimantes; qu'il seroit juste & nécessaire, d'assûrer d'une
manière inviolable la condition des Noirs , & de
resserrer les limites de l'Autorité des Maîtres; mais,
en convenant des abus dont est susceptible le droit
de --- Page 603 ---
Des Négres. 3 3 ç de châtiment, je vois la possibilité de les faire cesser ; & , en examinant les états analogues des pauvres Journaliers & des Nègres » je trouve dans les
peines imposées aux uns & aux autres pour les
mêmes délits, une différence de peine,à l'avantage
des derniers. En Europe, les gens riches ptinissent de mort les
paresseux ; car vous conviendrez bien qu'on ne
paye un Journalier qu à raison de son travail,& qu'il
est arrivé plus d'une fois,que celui qui ne peut ou ne veut travailler , eit morrdeTtwçi ; ainsi, il est incontestable qu'ici, lftjbefôîh dévbfànt, couvent la
mort sont la peinte ICiPfrefîe. iU En Amérique, on châtie le Ne '. \ mon.tre ae la mauvaise
volonté , comme un*&ç^r - i manque à sun devoir; & cette crainte du châtiment, produit dans
l'un & dans l'autre le même effet; elle le rend souvent inutile,en les appliquant à leur tâche. En Europe , qu un Paysan vous vole , qu'un
Braconnier chasse sur vos terres, le premier est
pendu, & l'autre est aux galères. En Amérique* le Négre qui me vole , en cst
quitte pour quelques coups de fouet, & il jouit,
àinsi que moi, sur ma terre, de la chasse , de la
I pêche Lorsqu'il a pris du poisson & du gibier,
aux heures qui lui appartiennent, il les vend a qui
bon lui semble 1 même à son Maître. En Europe, si un laquais, un nacre vous insulte --- Page 604 ---
34 De l'Esclavage vous le faites mettre en pron , si vous etes un
homme fage ; mais combien- en est-il qui se croient
i permis de battre , & qui tuent sans pitié un misetrable qui se défend? En Amérique, il est rare qu'un Esclave
à foil: Maître ; mais, lorsque cela arrive, on le met
; aux fers, & cette peine imposanté est indispensable; s'il se défendoit avec une arme, s'il
' vun Propriétaire même légèrement', il est puni de
mort, & ce n'ést point une barbarie. Comment
i contenir trois cents hommes ions l'autorité d'un
seul y si l'on ne mettoit entr'eux lui une grande
distance ? S'avise-t-on de condamner la Discipline
^ Militaire, qui porte sur les mêmes principes? Si le
. Soldat pouvoit impunément menacer & frapper son . Officier , quel est le Général qui voudroit coni- . mander une armée? & quel Souverain serok én
pureté sur le trône ? .Ne contenez-vous pas vous-mêmes les Paysans
dans une grande subordination ? Quel traitement
faites-vous à celui qui frapperoit son Seigneur ?
à un Domestique qui frapperoit son Maître? En Europe, la désertion étoit punie de mort;
elle ne l'est plus que par les galères à temps où
a perpétuité. En Amérique, les Esclaves Déserteurs
Sont aussi mis à la chaîne, & y ressent rarement
plus d'une, année. Pour les meurtres \ les empoisonnemens, nous. buvons les Loix du Royaume.
faites-vous à celui qui frapperoit son Seigneur ?
à un Domestique qui frapperoit son Maître? En Europe, la désertion étoit punie de mort;
elle ne l'est plus que par les galères à temps où
a perpétuité. En Amérique, les Esclaves Déserteurs
Sont aussi mis à la chaîne, & y ressent rarement
plus d'une, année. Pour les meurtres \ les empoisonnemens, nous. buvons les Loix du Royaume. --- Page 605 ---
V •• -V' ' ; i •;
. fî, rv, D&s'pègres., * ',1 ,.um C ij Pour les fautes Domestiques, les rixes, quereM,
~es, c' est encore, suivant Ja
gravité des cas, la prison ou le fouet qui en est la
~peut-on imaginer qu'un homme sensé
~dispense légèrement ces châtimens, se plaise à tour-
~êtres qui l'entourent, qui dépendent de
~lui, & dont le bonheur importe à son intérêt?
Imagine-t-on qu'il est beaucoup d'hommes assez
malheureusement nés, pour préférer les cris hss
gémissemens de leurs Enclaves, à l'ordre , & la
leurs atteliers, à la vigueur ;&• au iéle
d'un régime attentif & juste? - On se persuade encore qu'il est fort .ordinaite
ti enlever aux Nègres leurs femmes, leurs maitresses, *& d 'en abuser. Certainement le commercé
& l'emploi des Noirs produisent une grande licence
de mœurs, mais c'est à cette espéce d'hommes &
a leur constitution qu'est inhérent le goût du liber.
tinage : libres ou Lsclaves, Chrétiens ou idolâtres
les hontes & les femmes Noirs, ont une propeninvincible au plaisir. La facilité.de s'y livrer
corrompt un grand nombre de blancs ; mais, ceux
même dont la conduite est la plus: déréglée ont
au moins l'atten tion de ne pas troubler W ménages, des Négres. Leur eXtrêmé jaîoufie, le désespoir, la vengeance dont ils sont alors capable
suffissent pour obliger les Maîtres à un grande
circonspection. Cest ainsi qu'on reconnoîtra, dans --- Page 606 ---
36 ' De l'Esclavage -,, ... tous les détails , que l'intérêt; p^rTonnel met M
poids cf^ns'ë balance, & que le Nègre, en Àmërique, n' est pas plus Subordonné' que VSbM&, •">t f K; Tin que •Y2AU;I'-,n,t
& jouit d'un fort plus . * doux *qùe 't, - ';'IÎ Journal Å 1 CINQUIÈME OBJECT lO^
': 2.; • - ! î l ' .Les comparaisons à l'avantage de L'Esclave ten-
>> dent donc ,à prouver que la dernière classe du "peuple est plus heur eu se dans l'Esclavage que sous -
» le régime de la liberté. Ainsi les Pensilvaniens ont
h fait une aftion mal-honnête en affranchissant leurs
« Nègres , ainsi les Serfs de Russie & âe Pologne
„ sont plus heureux que les Paysans du reste de
» l'Europe , tandis que la population, la richesse,
» l'industrie des Etats libres,sont si évidemment en
m opposition avec la misère 6c l'avilissement des
» Peuples Serfs. Croyez qu'il en seroit de même
» de vos Colonies, en convertissant au moins l'Eso clavage en une Servitude de glébe ». ^
anchissant leurs
« Nègres , ainsi les Serfs de Russie & âe Pologne
„ sont plus heureux que les Paysans du reste de
» l'Europe , tandis que la population, la richesse,
» l'industrie des Etats libres,sont si évidemment en
m opposition avec la misère 6c l'avilissement des
» Peuples Serfs. Croyez qu'il en seroit de même
» de vos Colonies, en convertissant au moins l'Eso clavage en une Servitude de glébe ». ^ réponse. n LE; Négre, assuré de sa subsistance , est plus
heureux que le Journalier , qui n'a pas la même
certitude. Voilà ce que j'ai dit & prouvé ; mais
je.fuis loin de préférer l'Esclavage à la liberté
& Ile ptoposer cette ressource à un Peuple libre, --- Page 607 ---
Des Négres. 37 C ilï '- -", quelque misérable qu 'il oit'. Quand il ne sortiroit,
chaque année, de la classe des Indigens, que là
milliéme partie, pour entrer dans celle des Pro-
, -, ^ ,.-1priétaires, cette perspective, offerte à tous, est une
consolation dont on n'a pas droit de les priver. D'ailleurs, que pourroit-on ajouter à leur servitude
effe&ive ? Ne sont-ils pas à la disposTtion & sous
l'empire du riche , s'ils veulent vivre ? Ne font-ils
~sévè rement punis que l'Esclave , s'ils ne
pas travailler ? Sans doute il seroit utile a
pauvre de contra&er avec un Propriétaire, pour se faire assûrer par lui sa subfî sla
& celle de sa famille malade ou en fan té, à là
$barge de lui sacrifier son temps & ses bras ; dut-il
, M A en être châtié, s'il manquoif à soh enga-
.gement. Sans doute on trouveront., parmi les Misérables, un grand nombre de ces Esclaves volontaires; mais il ne conviendroit point à tous les
Propriétaires de s'en charger, & il conviendroit
encore moins à une Nation libre 5c fière de perfnettre de pareils contrats entre ses membres; 11
en résulteroit bientôt l'asservissement de tous. Or
quelles peuvent être les vues politiques & sociales
de chaque Nation ,considérée comme corporation ?
L'accroissement de,îa force politique, de sa sureté prospérité de tous. Cette Loi fondamentale est donc violée par la portion active de
la Communauté, qui réduit l'autre à l'état passif, & --- Page 608 ---
5$ tPzVpfclayagt ~d'en sortir W ~associé pour la même fin, propriété & fûreté;
subis, ep^ ~eux d'autre différence, que celles résultantes ,de l'industrie, &. du •'. * travail de chaque Individu, qui opèrent bientôt
la distinction des Riches $c des Pauvres. . '. , . Ainsi il, n est point de Société qui n'aille direc-
~tement contre son Institution, > ~rieurement en deux claies: Maîtres Å Esclaves.
agt ~d'en sortir W ~associé pour la même fin, propriété & fûreté;
subis, ep^ ~eux d'autre différence, que celles résultantes ,de l'industrie, &. du •'. * travail de chaque Individu, qui opèrent bientôt
la distinction des Riches $c des Pauvres. . '. , . Ainsi il, n est point de Société qui n'aille direc-
~tement contre son Institution, > ~rieurement en deux claies: Maîtres Å Esclaves. Alors la force nationale, réduite 3 la classe des
Propriétaires, diminue en raison de l'accroissement
des. Serfs, qui nVpnt & ne peuvent avoir aucune
part à la Richesse & à la Puissance publiques. Ces considérations ont été celles des Conquérans de, l'Europe , lorsqu'ils se sont établis dans Les différences Provinces : Cimbres-T entons, Scandinaves , Gots, Francs, Visigots. Ces Peuples ont
; prétendu se perpétuer seuls en corps de Nation,
ï ils ont réduit les Vaincus tantôt à la Servitude
personnelle , tantôt à celle de la glèbe. Mais
' Société conquérante est restée, en totalité,
composée de Propriétaires, & leur force nationale
s'accrooissoit en saison de celle qu'ils enlevèrent
aux Peuples Subjugués; ce qui étoit conséquent
-
à leur objet Lorsqu'ensuite la succession des tems,
le mélange des Races, (eur association aux travaux ** •' î
militaires, l'adoption des mœurs & des préjugés
Réciproques ont fondu en un seul corps de Peut. --- Page 609 ---
Des Négres. [texte_manquant] pie les vainqueurs & les vaincus , 1 affrançhiffé*
ment est devenu necessaire ; c D car c'é É 10' I t au ment er
la Force nationale que de la composer d'un pM
~grand nombre de ~intéret direct à la conservation & à la défense.
Ainsi les Russes, ~les Polonois, core, par la Servitude fé signe de la Conquête,
effacé par le mélange des Races, comme
iKiiflimceVuri desavantage évident, relativement
aux Etats Utres; car chacune de ces deux Nations
ell réduite à la classe des Propriétaires i qui composent le moindre nombre. " L
Mais que veut-on conclure de ces divers exemples en faveur des Nègres cultivateurs de r Amérique ? Premièrement nous ne lés avons pas conquis , nous ne les avons pas trouves Propriétaires
die la terre qu'ils labourent ; nous les avons achetés
dans un état de Servitude atroce, pour les transporter dans un état de Servitude modéré. Quel pourroit
être aujourd'hui le motif de leur affranchissement ?
Seroit-ce raccroissement de la Force nationale en
les incorporant dans la classe des Propriétaires ?
Mais chaque Société neut jamais pour bbj£t que
la force & le bonheur communs , & ne fauroit
"être obligée de travailler à l'accroissement d'une
autre Société ; ou >si cela dort être, choisissons par
r ' préférence, dans les Sociétés dÓnt
la Racé , lé Moeurs, les préjugés sont les plus
le motif de leur affranchissement ?
Seroit-ce raccroissement de la Force nationale en
les incorporant dans la classe des Propriétaires ?
Mais chaque Société neut jamais pour bbj£t que
la force & le bonheur communs , & ne fauroit
"être obligée de travailler à l'accroissement d'une
autre Société ; ou >si cela dort être, choisissons par
r ' préférence, dans les Sociétés dÓnt
la Racé , lé Moeurs, les préjugés sont les plus --- Page 610 ---
4° De L'Esclavage Analogues aux nôtres. Incorporons-nous
pagnols, aux Turcs, aux Persans, plutôt qu'aux
~Ceux-ci n'étoient point ,& ne peyvefit
jamais devenir partie de notre Société. S'ils sont
Propriétaires, ils Vengeront en corps de Peuple;
& le plus nombreux excluera , de droit, le plus
foibles. Car sans doute on ne nous fera pas désirer
l'incorporation <& le mélange des ? Mais TEfclavage est nécessaire pour le provenir : ççftà
l'ignominie attachée à l'alliance d'un Esclave Noir,
que la Nation doit sa siliation propre. Si ce pré-
}ugé est détruit, si l'homme Noir est parmi nous
assimilé aux Blancs, il est plus que probable que
nous verrions incessamment des Mulâtres nobles,;, Financiers /Hégocians , dont les richesses propureroient bientôt des épouses & des mères à tous
les Ordres de l'Etat. C'est ainsi que les individus^
les familles, les Nations s'altèrent ^ se dégradent
& se dissolvent. t f ' 1 Il est aussi impraticable de proposer pour les
Nègres la Servitude de la glébe, substituée à l'Esclavage personnel. Cet usage s'établit sans dissicuké, comme nous l'avons dit, dans un pays coucans, dont on usurpe la terre & les hommes. Le Vainqueur, en arrivant dans un champ, djt à
l'homme qui le laboure : Ceci est à mpi , & ;a,
personne aux. Je te laisse la moitié de ton temps
charge de cultiver pour moi --- Page 611 ---
v Des jtfégrés 4Y l'autre moitié & de battre mon grain., faire ma
vendange &c. & il Tait exécuter les $ conditions
du marche l'épée à la main ; ce ressemble
infiniment à l'Esclavage personnes. Mais quel traité
peut-on m'obliger de faire avec ïe Nègre, auquel
je n'ai rien volé , & pour la possession duquel j'ai
déjà aliene une partie de ma Propriété ? Faut-il
ma terre avec lui ? Qui m'en rembourfera îe prix? Comment le forcejrois-je à cultiver
pour lui & pour moi les deux moitiés une
heure , un iour ''de travail dans la semaine suffit à
sa subsistance ? Il faudra donc opposer encore a sa
paresse les voies coa&ives. Et me voilà ,,,avec le
droit de châtiment, redevenu Maître Se lui Esclave : ou, si je n'ai aucune autorité sur lui, il en
aura bientôt sur moi, & il me réduira à labourer
pour lui. , Mais combien d'autres difficultés locales s'opposeroient à l'exécution d'un semblable projet !
Les cultures de nos Isles à sucre ne ressemblent
point à celles de l'Europe, où un Paysan peut,
sanis autre sécours que ses bras & sa charrue f la-,
bourer, ensemencer son champ, en faire la récolte.
la renfermer dans sa grange,& la porter au Marché
le sucre , le cafFé, le coton , l'indigo, & surtout la première de ces praduction exigent le concours d tin grand nombre de manoeuvres qui puisfent être commandées à volonté , & distribués en
à sucre ne ressemblent
point à celles de l'Europe, où un Paysan peut,
sanis autre sécours que ses bras & sa charrue f la-,
bourer, ensemencer son champ, en faire la récolte.
la renfermer dans sa grange,& la porter au Marché
le sucre , le cafFé, le coton , l'indigo, & surtout la première de ces praduction exigent le concours d tin grand nombre de manoeuvres qui puisfent être commandées à volonté , & distribués en --- Page 612 ---
4k De CEfilavagc même temps en différens atteliers , pour la prépa-. & la manipulation des denrées
Un jour
une longues sécheresse, décident de l'espèce des ■
travaux, du repos ou de la marche des travailleurs.. Au- / /. jourd'hui., il importe de, les occuper a Ja culture
de leur jardin propre, qui nuiroit Maître dans une autre circonstance. Un autre jour
est convenable à la. réparation de leurs maisons;
un autre >, $ celle des chemins ? des canaux ,, des
fossés : c'est ainsi que l'intelligence du Propriétaire
pu du Régisseur détermine avec autorité, une répar-
,tition utile des jours & des heures de travail : mais
divisez cette maffe de force, dont je dispose que
je nç puisse plus exiger de l'un que le Lundi, de
l'autre Mercredi, si , le Samedi, j a i besoin
de tous, que deviendra ma Manufacture ? L principe de l'utilité des petites Propriétés
multipliées n'est point applicable ici. Il est au con.~
traire démontré, que la subdivision d une Habitation .e#tre les cohéritiers, nuit à l'intérêt public.
Car deux-cents arpens de terre, exploités en sucre,
exigent u^jdépense & un emplacement égal en
bâtimens en pâturages , pour les animaux , en
ustensiles & frais d'exploitation, à ce quil en colbculture de ; mais
ter vingt , dix, devenant une ProprKt --- Page 613 ---
". - Des Nègres. 4 ' 4e isolée, ne peuvent plus être cultives en lucre ï
ainsi de cette subdivision résulte pour al Nation la perte de ses Manufa&ures coloniales. ^ Voudroit-on que le Propriétaire, en conservant
sa terre & en afFranchissant ses Nègres, les employât comme Journaliers ? Mais, alors , ou ils rentreroient dans lâ classe de ceux de l'Europe , &f
n'en seroient pas plus heureux a ou, si les circonstances locales d'un sol plus fertile, d'un climat qui
impose moins de besoins , leur donnoient plus de
facilité pour subsister, il en résulteroit le renoncement au travail de la part des paresseux , ou un
prix exorbitant de main-d'œuvre pour ceux qui
voudroienr travailler ; & -si, dans l'état actuel des
choses, la nourriture de mon Esclave ne me représente que dix sols , la journée d'un homme libre,
qui pourroit vivre avec une heure de travail, me
coûteroit douze fois plus. Alors nos denrées coloniales seroient exclues de tous lès Marchés de
l'Europe, par la préférence donnée à celle des autres Peuples, qui n'auroient pas adopté le même
régime. Les Colonies seroient donc anéanties pour
nous, & deviendraient propres à la Société Nègre,
que nous aurions créée & fortifiée aux dépens de
la nôtre.
,
qui pourroit vivre avec une heure de travail, me
coûteroit douze fois plus. Alors nos denrées coloniales seroient exclues de tous lès Marchés de
l'Europe, par la préférence donnée à celle des autres Peuples, qui n'auroient pas adopté le même
régime. Les Colonies seroient donc anéanties pour
nous, & deviendraient propres à la Société Nègre,
que nous aurions créée & fortifiée aux dépens de
la nôtre. L exemple des Pensilvaniens n'est pas plus cOncluant que celui des Russes & des Polonois. Les
premiers ont fait, sans aucun danger & avec un --- Page 614 ---
Il DèTÉfclàïfye grand avantage au contraire, un acte conséquent
à leurs principes à leur culture , à leur populasion, affranchi leurs Négres y
point dans leur pays, un inflrument nécessaire de
culture. Il étoit important pour eux, de multiplier
les bras & le travail des Manœuvres nationaux , de
favoriser de nouveaux défrichemens qui mertent
$MfM suite les puavres dans la classe des Plopri-étaires , & qui augmentent ainsi la force nationale. Le petit nombre de ces Noirs, compare à
celui des Blancs, ne fàisoit pas craindre le des Races; qu'avons-nous de commun , aux Isles
dû Vent & Sous-le-Vent, avec les Habitant de
lai Nouvelle Angleterre ? Ceux-ci n'ont pas séduit
les Anglois de la Jamaïque. r ]
Résumons tontes ces observations , & arrêtonsnous au résulat. ; - * L'ESCLAVAGE EST UNE VIOLATION DU DROIT
NATUREL DANS LA PERSONNE DÊ CELUI QUI LBr
CONNOÎT ET LE RESPECTÉ ; car la Société, dans
certains cas,peut faire un Esclave d'un homme libre,
puisqu' 'elle a lé pôlrvoir de le priver même de la 'vle. Une Société -libre n'est pas tenue de détruire la"
Servitude d'une peuplade qui lui est étrangère. Si les Esclaves de cette peuplade lui sont transmis
par des échanges, la Société libre n'a aucun tort,
direct ou itidireft , en les recevant en keur qualité
d*Esclaves. '■ r I ' - --- Page 615 ---
. ,, A?ë gre$, % ff les ^pir^us^ cette Société psu^eft^"
P.effepoHç.fti?, n,e^p<f
étoient. wag%
^FL$^¥î(8PÎV,a 1 n0fHll f n .-f ! HIS .."V 1'1 "II'I!f ,;,f¡ ! n ' oq
rjJBU^f .p^ut^dç^ç les ^^nchir pour lçs inçfnçç*
tfit ay J^Îes:qui ,1a composent > ou ls^
i^^ex^s les g reçus, en les. a$mil.aiifrj pppr;iç,itr^ayt.& le traitement > à 1^ dernière.
^fffrrMÇs&f fliqadve^ libres.., r y? i
f Si.l^prporatipn impossible ,oudgpgereuçe ^
r^ffrançbiffenîent, seroit sans motif; car il st]enr^lr~
tce.m,t ,pgur la Société aucune fqr^ cçnjçvu^j il
El-19du.iroit; ?u contraire une force étrang^r^^^ç-^
i^ç^ie, qui iendroit évidemment i la de(|j$^jpp?
de la première. ; ( ,h , r Ii;"
Si.l^prporatipn impossible ,oudgpgereuçe ^
r^ffrançbiffenîent, seroit sans motif; car il st]enr^lr~
tce.m,t ,pgur la Société aucune fqr^ cçnjçvu^j il
El-19du.iroit; ?u contraire une force étrang^r^^^ç-^
i^ç^ie, qui iendroit évidemment i la de(|j$^jpp?
de la première. ; ( ,h , r Ii;" .,5i l'affraticherpent est dangereux % f *P*e-le
spetlacle de la Servitude déplaise à J^S^i^téJil^ç^
ell,ç doit balancer les motiss qui peuvent Ja^écidpr
à.¡ sonsçfver & à employer ses Escl^yes,(ou à lç^
j exclure de son territoire , & à les rendre à leus >
j terre natale - ' M... u. ,s? .,, f. Ces motifs doivent être le genre de culture auquel on emploie les Esclaves, la néceflitç pu Jiputilité de ceî;^ culture, la po{fibiljt^;.pi^ÇmpG/T>,
bHi^ cX# ftÇCppetJes Manœuvres fta^c^iau*.
rOpér^t^jpYf^oii:.
l'impossibilité d'employer à l^i ci4^;4uft
chaud, les hommes libres d'un pays fçoid>Jqr --- Page 616 ---
7,46 Dé l'Esclavage l' importance de cette culture dans la situation
commerçante, politique & fiscale de cette Société,
ielle ne peut, balancer à conserver & employer les
Esc laves qu'elle s'est procurés par la voie des
échanges. ; \=l >■? Cette Société doit alors régler le traitement & là
Condition de ses Esclaves , conséquemment a son
régime politique & moral. 1 " Il est de sa justice-, & de sort intérêt, d'assimiler
leur sort,à celui de la dernière classe de ses membr És
libres. " - Si cette condition est remplie, s'il est démontré
par 1 inspection des détails, que l'Esclave, employé
à la culture en Amérique, est physiquement plus
heureux que le Journalier libre & pauvre de l'Europe , le droit d'Esclavage , de la part de cette Société , n est plus une violation du droit naturel
dans la personne du Négre qui le méconnoît &
l outrage dans sa terre natale, & qui trouve dans
la nôtre une subsistance mieux assûrée & un traitement plus doux.
ie, s'il est démontré
par 1 inspection des détails, que l'Esclave, employé
à la culture en Amérique, est physiquement plus
heureux que le Journalier libre & pauvre de l'Europe , le droit d'Esclavage , de la part de cette Société , n est plus une violation du droit naturel
dans la personne du Négre qui le méconnoît &
l outrage dans sa terre natale, & qui trouve dans
la nôtre une subsistance mieux assûrée & un traitement plus doux. SIXIÈME OBJECTION. ' 44 Puisque rafFranchissement des Nègres est impof-
» sible ou dangereux, puisque les Colonies ne peu-
» vent pas subsister sans le travail des Esclaves, ne
» ' craignons pas de renoncer aux Colonies, défabu- --- Page 617 ---
v. Des îfégrtti ,47 « sons-nous sur leur importance prétendue; elles
» consomment à l'Etat des hommes & de l'argent,
« elles nous nous obligent l'entretien d'une Mariner
payons, enfin leurs denrées précieuses , en
» vivres & marchandises de notre crû. Ne seroit-il
pas égal de vendre aux Etrangers les Marines, vins,
« & étoffes qu'on envoie en Amérique,
» & de recevoir d'eux le lucre & le cassé que nous
les Colons François? En retirant nos hpm-
» aies sur notre fol, en ne les, exposant plus aux
» dangers de la mer & d'un climat destructeur,n'aug-
. » mentons nous pas l'Agriculture & les Manivfacturcs nationales ? Ces richesses essentielles? qui
« sont les seules qu'on ne peut nous enlever , ne
« mettent-elles pas toujours la balance du Con;r
« merce en notre faveur ? Abandonnons les Cor
» lonies ; quel intérêt peut inspirer un établisse-
» ment fondé sur deux abus de la police sociale,
» l'émigration & l'Esclavage » ? ? RÉPONSE... Apprenez donc l'origine & l'utilité des Colonies. Sans doute il n'entre point dans le plan d'une Société qui s'établit , de renvoyer sous un ciel
étranger une portion de ses membres pour, y chercher ou multiplier les moyens de subsister;
Tordre des temps & des événemens peut faire de --- Page 618 ---
4e De VEst lavage à .1 cette émigration une condition nécessaire à l'exisience politique de la Nation qui s'y soumet. Je ne
parle pas seulement de ces Peuples nombreux,dont
la Population excéde la somme de terre qui les
nourrit ; on ne voit plus, depuis long temps, cette
surabondance d'individus qui se pressent & refoulent dans les espaces libres. Une autre cause , noni,
moins active, agite & déplace les Européens ;
c'est le progrès des Arts,& les efforts de l indulirie*
qui s'élancent d'un pole à l'autre, & cherchent à.
s'étendre sur toute là terre habitable. Alors le mouvement prodigieux d'hommes & de choses, que
la cupidité met en œuvre, épuise ou dérobe aux
moins industrieux la matière première, les ressources locales ; l'activité d'un seul réunit dans sa main
l'occupation & la subsistance de plusieurs : alors il
se trouve des surnuméraires,qu'il est bon, qu'il est
utile d'employer au loin à créer des productions
^ étrangères ; & le Peuple , qui, le premier, en fait
un bon emploi, voit par cette émigration aug"
menter ses Manufactures , son Commerce , son
Agriculture & par conséquent sa population. Telle
est parmi nous l'origine & l'utilité des Colonies.
l'activité d'un seul réunit dans sa main
l'occupation & la subsistance de plusieurs : alors il
se trouve des surnuméraires,qu'il est bon, qu'il est
utile d'employer au loin à créer des productions
^ étrangères ; & le Peuple , qui, le premier, en fait
un bon emploi, voit par cette émigration aug"
menter ses Manufactures , son Commerce , son
Agriculture & par conséquent sa population. Telle
est parmi nous l'origine & l'utilité des Colonies. Mais, pour en bien sentir l'influence surl'aisance
nationale, pour reconnoître évidemment jusqu'à
quel point elles alimentent la Puissance de leurs
Métropoles , & comment leur destruction annul- !
leroit tous lès moyens de remplaçemens, considé-. .
rons --- Page 619 ---
Des Nègres. " -. 4* D rons 1 organisation actuelle des Etats politiques de
l'Europe. li est incontestable que la balance du Commerce,
& celle du si(c déterminent leur Puîssance. Or nos Colonies nous produisent cent vingt
taillions, qui, par 1 'action & la réaction des échaivges, représentent une somme décuple , circulent
sans cesse des caisses du Commerce, au Trésor public, & delà aux Comptoirs étrangers, où nous
payons les intérêts que nous devons pour les emprunts que nous leur avons faits , ou pour les
fournitures qu'ils nous font. Qu on retranche cette portion du revenu national, quelqu' extension qu on donne aux autres, le,
vuide qui en ré suite ruine l'Etat, & cette aÍfertion ie démontre. Les intérêts de la Dette nationale,& les dépenses
indi pensables pour la défense & la police d'un
grand Etat, nécessitent en France une imposition
relative. Cette imposition met te Royaume dans un état
forcé qui subsistera , jusqu'à ce que les emprunts
qui ont été faits dans les momens de crise , soient
acquittés. Ce n'est qu'en rendant les autres Nations tributaires de notre Commerce, qu'on petit empêcher la
Nation Françoise de succomber sous le faix des
impôts énormes qu'elle paye, & que les besoins --- Page 620 ---
Î0 Dè ,1' $/clav4gt urgens ne permettent pas de diminuer, de manière
a la soulager. r , ? Pour commercer le plus utilement possible avec
les aurref Nations, il faut avoir les denrées
marchandises qui leur manquent, & qu'elles désirent
je plus. . Fatiguées du tribut que notre Commerce leur
impose , elles lâchent de le diminuer en établissant
des Manufactures qui rivaiifent avec les nôtres,
en prohibant ou taxant fortement les denrées de
notre crû, qui ne leur sont pas indispensablement
nécessaires. / , Les produits précieux de notre crû en vins,
huiles, sels, eau-de-vie, ne suffir oient donc pris
pour mettre la balance du Commerce en notre faveur ; car ils solderoient à peine les produits étrangers qui nous manqnent. Ceux de notre Agriculture & des Manufactures, nécéssairement augmentés par l'impôt, ne trouveroient pas même , hors
le temps de disette, un débouché chez 1 Etranger,
quj auroit les mêmes productions, souvent à meilleur-compte. ^ ~
notre crû en vins,
huiles, sels, eau-de-vie, ne suffir oient donc pris
pour mettre la balance du Commerce en notre faveur ; car ils solderoient à peine les produits étrangers qui nous manqnent. Ceux de notre Agriculture & des Manufactures, nécéssairement augmentés par l'impôt, ne trouveroient pas même , hors
le temps de disette, un débouché chez 1 Etranger,
quj auroit les mêmes productions, souvent à meilleur-compte. ^ ~ - Les ColonieS'de l'Amérique concourent mérveilleusement ¡à remplir cette fonction ; & elles déterminent, à raison dé leur produit seulement la
dépendance des autres Nations à notre égard , laquelle n'existe pas pour les denrées & marchandises --- Page 621 ---
' Tfes ïfêgresr ît D ij i d'Europe, qu'elles récoltent "ou fabriquent ainsi
ijue lions. » Ces Colonies consomment donc des produits,
que les autres Nations repousseroient. Le régime
probilitif, sous lequel elles doitent être tenues ,
nous assûre leur fourniture entière ; elles nous livrent
en retour la tot alité de leurs denrées, dont la valeur s'éléve, comme on l'a dit, à cent vingt minions.
, Cette Tomme, partagée entre les Cultivateurs &
des Manufacturiers nationaux, peut même être coni
sidérée toute à 1 avantage des premiers, puisque
cette multitude d'hommes que le Commerce emploie, consomme & paye les fruits de la culture ,
dont la valeur efi: augmentée par cette double
consommation a Agens des Colonies en France > ât
des Colons en Amerique. Cette augmentation de valeur sur les fruits de
la culture, porte également sur ceux de l'industrie,
& conséquemment sur tes impôts que payent l'une
& l'autre. , a Le produit si scal des Colonies ne peut donc pas
être estimé par la somme des droits imposés sur
leurs denrées, mais par la plus value qu'elles donnent à la culuture , à l'industrie, au Commerce & 4
l'Impôt. Territorial, en appelant l'argent de XE*
tranger. , ,,, Elles influent donc infiniment sur la force & la
richesse nationale, en nous procurant la solde des --- Page 622 ---
l De Vl£scla,mgè intérêts de l'Emprunt fait aux Etrangers , la solde
des fournitures qui nous manquent, & le produit
net de l'excédçnt de nos ventes sur nos achats. Si nous perdons nos Lies à sucre, il en résulte
<îonc une soustraction énorme ce; revenu national,
& parce que nous n'aurons plus de part aux produits de l'Amérique, & parce qu'il y aura une
moins value sur les produits de notre agriculture ,
tjue les Colonies île consommeroient plus. Alors cette perte annuelle nous permettroitelle de continuer à payer a l'Etranger ce que nous
lui devons , pour la portion de l'intérêt qui lui appartient dans la Dette Nationale, & pour les rournitures que nons en recevons , telles que fer, cuivre, laine , soie , tabacs , épiceries , drogues médicinales, &c., a quoi il faudrait ajouter les denrées de' l'Amérique , que nous ne récolterons
plus ? Alors l'avilissement & la moindre consommation des fruits de notre culture & de notre indufirie , permettroient-ils à la Nation de supporter
ses charges a&uelles?
érêt qui lui appartient dans la Dette Nationale, & pour les rournitures que nons en recevons , telles que fer, cuivre, laine , soie , tabacs , épiceries , drogues médicinales, &c., a quoi il faudrait ajouter les denrées de' l'Amérique , que nous ne récolterons
plus ? Alors l'avilissement & la moindre consommation des fruits de notre culture & de notre indufirie , permettroient-ils à la Nation de supporter
ses charges a&uelles? Alors les revenus de la Nation diminués, & tes
Dettes augmentées, quel seront le sort des Rentiers
& des Pensionnaires de l'Etat ? Alors cette quantité d'Agens en toiit genre, que
le Commerce des Colonies emploie,ne passeroientÕ ils pas avec elles chez l'Etranger, qui nous en auj. --- Page 623 ---
Des Négres 53 D iij roit dépouille? Sa force, sa population, sa richesse
s'accroîtraient en raison de notre dépérissement ;
toutes les parties constitutives de l'État seroient
Bouleversées; peut-être la Franc eéprouveroit une
révolution horrible. Les Colonies sont donc utiles ; il importe de les
conierver. 'Il importe d'entretenir & d'augmenter
ta Marine Marchande & Militaire, de protéger notre
Commerce à la Côte de Guinée , de l'étendre dans le
Levait , dé l'établir dans le Nord, de nous saisit
de notre propre cabotage, en en excluant les Nations étrangères , de procurer ensin rr la Nation la
plus grande somme possible de iubfifHmce & d'industrie ; car tel est le but de toutes les Sociétés t
mais > sur-tout cela, nous n'avons rien à apprendre
k une Administration éclairée; c'est à la partie dri
Public , prévenue ou mal instruite, que s'adressent.
ces observations. C'est à regret que je m'éléve ainsi contre l'esprit de bienfaisance , qui répand & accrédite les
opinions , que je viens de combattre. Il y a une
forte de honte ou de courage à presenter la nécessité de maintenir l'ordre établi pour la' culture
des Colonies, dont l'utilité est sans doute balance
par des résultats vicieux j mais qui ne peut-être
abandonnée, sans qu'il n'en réftilte de'p.us grandi
maux; & qui ne le sera jamais, malgré les tentatives qu'on renouvelle aujourd'hui, que paru une
répand & accrédite les
opinions , que je viens de combattre. Il y a une
forte de honte ou de courage à presenter la nécessité de maintenir l'ordre établi pour la' culture
des Colonies, dont l'utilité est sans doute balance
par des résultats vicieux j mais qui ne peut-être
abandonnée, sans qu'il n'en réftilte de'p.us grandi
maux; & qui ne le sera jamais, malgré les tentatives qu'on renouvelle aujourd'hui, que paru une --- Page 624 ---
54 De -i' Ejtlavdge de ces révolutions qui changent destinée des
Empires. Je iiiis; donc loin de croire qu'aucune
Métropole cède Jur ce pointa aux remontra nces
& aux préceptes ;de ta Philosophie : & v si Ie*
plus ardens Promoteurs de l'affranchissement des
Négres ; se trouvoient à la tête du Gouvernement, ils éprouveroient , comme M. Turgot,
le danger & l'impuissance des convertir eo autes législatifs, tous les mouvemens de bienfaisance ,qui contrarient de grands intérêts pom
tiques; Mais ce n'est pas assez de s'arrêter au
terme que la Raison d'Etat, ou des considérations
puissantes RQuSrprefrrivent ; il salit encore pouvoH: se , rendre compte à soi-même des motifs
qui nous fpni approuver ou tolérer un régime^
-que; le premier vœu de l'Humanité. prescrit ; il
t dans une telle discussion, s'assûrer la
Raison , la Juslice permettent une Opinion contraire &> c'est ce que j'ai fait d'autant plus volontiers quQ je , m'imposois par-là L'obligation
d'indiquer, tout ce que la Raison -, la Justice
nous commandent de retrancher de. la' Servitude;
des Négres. C'est la tâche que je remplirai ^ je
l'avoue 3 avec plus de plaisir. Puisse-je rallier
vers ce but salut aire,, les efforts inutiles qui se
; dirigent sur l'affranchissement des. Négres. Il * rd-,
stera encore assez d'obstacles à, vaincre pour
améliorer leur condition. Il y a quinze ans que --- Page 625 ---
* Des NegrespL f f Div f 5^** àvaîllè sans succès y il fyf en a dix que j'ai
proposé, ;d a ns tï n Comité de législation, les vues
que je présente ici ; mais l'Administration est
souvent timide & iîîîptiiflantë pour faire le' bie^jï
par la déplorable maxime d'éloigner & de craindre les discussions publiques sur les ébjets de ces
décisions ; aussi voit-on rarement dlaufres Régie*
mens adoptés, que ceux qui se concertent dani
ie secret d'un cabinet y parce que l'ignorance où
l'on est dit voeu général sur tel ou ' tel objet
d'intérêt public, le fait voir quelquefois dans
le& suggestions artificieuses de l'intérêt privée*
- La question- que je traite èft une: de celles
qui exigeraient le plus un examen aunthentique,
& le concours des lumières deS Colons, des
Négocions , des hommes d'Etat. Ce fercit ensuite
aux bons esprits, à démêler la Vérité à travers
les préjugés de chaque Ordre. ni Si l'expérience que j'ai acquise dans les Colonies , comme Propriétaire & comme Administrateur, peut me donner le droit d'insister sur
mon opinion , je; ne crains pas de répéter que
les considérations les plus importante^ sè Féunissent pour :< ordonner avec! plus de détails^
d'attention & de- faveur, la condition des NoïrS.
J'ai connoissance de toutes les objections qui ont
été faites contre la promulgation d'une semblable
Api ; aucune ne m'a paru embarrassante. J'ai con-
dans les Colonies , comme Propriétaire & comme Administrateur, peut me donner le droit d'insister sur
mon opinion , je; ne crains pas de répéter que
les considérations les plus importante^ sè Féunissent pour :< ordonner avec! plus de détails^
d'attention & de- faveur, la condition des NoïrS.
J'ai connoissance de toutes les objections qui ont
été faites contre la promulgation d'une semblable
Api ; aucune ne m'a paru embarrassante. J'ai con- --- Page 626 ---
e4 De -,I,Eji-lqvqe fuite des Colons éclairés , que,1 j'ai ramenés à mon
avis :;. & en effet, si la subordination, la, discipline peuvent être maintenues, tyr avilie $ .si,
des, hommes soumis à un pouvoir absolu , peuvent être néanmoins affranchis des ,, vexations
arbitraires; si le Despote. le plus redoutable est
obligé de se soumettre à certaines fornwles de
Justice i comment une Législation équitable ex-*
cluroit elle de sa protection, cette multitude d'Esclaves que -l'Afrique fera bientôt dans, l'impuissance de recruter, & qui ne • peuvent se .repro»
duire & se multiplier dans nos Colonies, que
par une police attentive ? .* - Est vain on allégueroit que les Ordonnances y
ont pourvu ; qu'il efr défendu au Martre d'exercer
des châtimens cruels contre ses Esclaves ; qu'il
lui est enjoint de les nourrir , soigneir & entretew
nir i-ces Ordonnances sont tombées en désuétude y
parée qu'on a négligé les moyens d'exécution. Je
sais bien qu'en général la douceur de nos mœurs ,
l'honnêteté & l'intérêt des grands Propriétaires suppléent, plus qu'on ne pente, à l'inacti vité des Loix.;
mais, il suffit d'avoir la certitude de quelques excès
répétés, & impunis , pour être obligé: d'y remédier
efficacement , &, malgré le petit nombre de faits
& d'abus graves qu'un peut reprocher à quelques
Colons de la;dernière classe, U, qu'an reproclfe à
tous avec tant d'amertume , ce seroit une polit- --- Page 627 ---
Des Negres^ 11 que barbaie,que celle qui feroit sist cela dissimuler
la Vérité. 11 faut respecter sàns doute les droit®
dfe la Propriété ; mais, c'est à l'Homme, c'est à
l'Humanité quelë plus grand respect eil dû. Qu 'importe le murmure âe l'homme vain & impérieux,
sur la restriction nécdfaire des droit-s qu'il a acquis
fut un Nègre ? Il a acheté son travail , foit .- mais
la'Société, l'Autorité publique doivent ilipuler pour
cet être passif, qui contracte maigre lui, qui donne
tout & ne reçoit rien ; puisque cet homme devient
tin infiniment nécessaire à la culture , puisqu'il n'est
livré au Colon que parla permiiTion & sous la protection du Souverain, c'est au Souverain à dé ter4
miner son état & sa condition de manière qué le
fnot Esclave ibit remplacé par un autre , & ne
signifie plus un homme qui ne peut rien ^ à la merci
d'un homme qui peur tout. *. > Delà dérivent les obligations respectives du
Maître & de l'esclave , ainsi que leurs droits réci-,
proques , qui doivent avoir pour bâse l'intérêt
général. — Les droits du Maître étant réduits à
une soumission raisonnable , à un travail modéré,
ceux de l'Esclave l'ont une nourriture abondante
un repos réglé , un entretien convenu en maladie
& en lanté , & un asyle indiqué contre l'injustice
on la violcncè des infracteurs de ses droits. b
Maître & de l'esclave , ainsi que leurs droits réci-,
proques , qui doivent avoir pour bâse l'intérêt
général. — Les droits du Maître étant réduits à
une soumission raisonnable , à un travail modéré,
ceux de l'Esclave l'ont une nourriture abondante
un repos réglé , un entretien convenu en maladie
& en lanté , & un asyle indiqué contre l'injustice
on la violcncè des infracteurs de ses droits. b * Voilà donc la nécessité d'une Loi démontrée;
mais sa nature est d'être étrangère à toutes les au- --- Page 628 ---
5 S De V ECe lavage tres, & de ne pouvoir être exécuter avecJLgs
f;'r ni^i absiimoS «ÇtTT
mêmes cormes & parles mêmes £f niovens Wvif ;\cannou&.fiff pouvons paner plimeurs mois nfclq , .plimeurs an ne es
3i inSw/fi-'.jiq
rans discussions qui exigent que nous avons recours à faiirorite des ail Loix. Les Citoyens paisibles « .&
ceux dont la vie n eit t il ée parv aupun. des in<-
cidens &des délits de la Société Çïlfq peuvent «wAWffno pas
connoître le Magiitrât. t,;W Ainsi . un.Ju^e^u^i^a^ii^
Communauté, a une" Ville & a ison territoire. Tous
les Habitans ,- , . ne font pas a fo,is eh <]uerell^rilg|
îttifc avec les autres; mais tous Jes Maîtres peifv^ip^
fréquemment injustes envers leurs Enclaves j>
c$ iîi sont lès plus forts ; ils peuvent avoiç à s'e^J
^1§î^Ae3îréJqi^e^inment ; caries devoirs cle VEfçj.flyfi
fôMWuttïplies ; alnfî , par-tout où il se trouver^
d^^i opn'eLaires Se deux mille Esclaves, il faut ûj^
espèce A,- ^âgirfrature locale, qui veille ^ l'ot)-'
féiHfàfi&n cle ïVtloiy &: gui en représente l'e.xerçiçe,
^ Cët'se Jurifcfr&îon , pour être active., sans ;VHfai1
Âbii'p^ur les Propriétaires, doit être exercée par
cîës'Âabît^ns ; pour remplir l'objet cle protection
ài¥^ard'dés Htclaves/ il est nécessaire d'accorder;
grandes' dtôïndions à ceux qui ( s'en aççy.ii£t£-
f-dsw avec honneur, qui, par leu^irijfluence,,
■^îè'ïi^font a affieiiorer la condition.dgs No^rs^
nuire à leur Police. î
etffe?pritïanslequel a été 4imd^e projet dû
7$tSltellliâcîx^i î-' >-i'j t <* Je 1 * 1 y • ' '
nécessaire d'accorder;
grandes' dtôïndions à ceux qui ( s'en aççy.ii£t£-
f-dsw avec honneur, qui, par leu^irijfluence,,
■^îè'ïi^font a affieiiorer la condition.dgs No^rs^
nuire à leur Police. î
etffe?pritïanslequel a été 4imd^e projet dû
7$tSltellliâcîx^i î-' >-i'j t <* Je 1 * 1 y • ' ' --- Page 629 ---
..
' Des Négres. .-if ^7*79* Comité de législation dont j'étois bre. Il y fut discuté, & des Magistrats éclairés en approuvèrent ïe plan & les principes. Qn
quelques articles que je n'entends pas > Se
que fâi peut-être rendus , par les changemens que
j'y ai faits, plus susceptibles encore de censure; mais
les idées les plus bizarres en législation éveillent l'attention rappellent les "jdçes saines. Je me garderai bien de proposer une semblable
ment qu 'à l'examen le plus approfondi j & je demandois alors que le projet fÙt envoyé dans les
Colonies, & fournis aux obiervations, des Tribumux ài des Assemblées Coloniales , dont j'avois
donné le Plan en 1776, lequel fut agréé pour
Cayenne , dont l'Administration m étoit confiée
Ce ne sera jamais que par la publicité & la dis-,
citffion libre, qu'on se préservera des innovations;
dangereuses & des méprises fréquentes , des erreurs
si funestes de l'Administration. Combien n'avons
rtdàs pasvu, faute de cette précaution , de Loix,
8: de Réglemens inexécutables dans jes Colonies,
èu exécutées seulement par la force? Or qu'y
â-t-il de plus inconciliable qu'une Loi, & la violenoe faite à la Raison , à l'intérêt général, dpn,t
> 1 ' B '•
elle doit être Texpreiîion ? ( Le préambule d'une Loi devant en expliquer
l'intention '& les motifs, cet objet rempli, permet
l'abréviation des articles, & leur rédaction en forme --- Page 630 ---
[texte_manquant] ' V >
De l'Esclavage. impérative., quoiqu'il ne soit question que d'un
simple Projet. • ^ v J'ai pense aussi que le changement proposé dans
la condition des Enclaves, en comportoit un dans
la dénomination des grandes propriétés des Colories, qui, par leur Nature, font de. véritables alcus :
&, par leur franchise & leur police, font peutctre plui . susceptibles qu'aucune autre propriété *
de la qualification de Fiefs. Cette décoration ne
fer oit elle pas une utile compensation, des rcftrictions nécessaires de l'Autorité domestique ? Je n'ai
fait que 1 'indiquer y sans entrer dans aucun des détails qu'exigeroit cette institution , parce quelle
neil- qu'accdToirc aux changemens que je propose ;
mais, avant que de transcrite le projet de Loi, (cmment ne m'arrêterois-je pas à la circonstance importante où le trouve la Métropole, ainii que ses Colonies? L'AUGUSTE PÈRE D'UNE GRANDF FAMILLE
s'occupe à la rafiemblcr autour de lui ; c'est à l'époque. où l'esprit public se développe; avec le plus
d'éclatoù les connoissances utiles à l'Humanité se
font le plus répandues . qu'un Roi bienfaisant veut
environner l^ majesté du Trône , des lumières, des
Conseil & des secours d'une grande Nation : époque hcureiue &• mémorable pqur la France , malgré- les. fautes les ; orages qui l'ont procédé I
Mais, tandis que les différentes Provinces du Royaux
me auront l'avantage de communiquer librement
clatoù les connoissances utiles à l'Humanité se
font le plus répandues . qu'un Roi bienfaisant veut
environner l^ majesté du Trône , des lumières, des
Conseil & des secours d'une grande Nation : époque hcureiue &• mémorable pqur la France , malgré- les. fautes les ; orages qui l'ont procédé I
Mais, tandis que les différentes Provinces du Royaux
me auront l'avantage de communiquer librement --- Page 631 ---
Des Nègres. -et -avec leur Souverain, de lui exposer leurs griers,
leurs doléances, ces Provinces éloignées, connues ious le nom de COLONIES , qui font aussi partie de la GRANDE FAMILLE,& qui ont donné des
preuves si multipliées de leur fidélité, de leur amour
pour le PÈRE COMMUN , seront-elles privéesde ÎÂ
précieuse prérogative de défendre leurs intérêts,
Se de faire connoître lenr foliation ali Souverain »
& à la Nation assemblée ? Nous n'avons atijourd'hui de Commerce Maritime véritablement imperrant, que par nos possessions d'outre-mer, §é
le ïylteme législatif de ce Commerce excite, depuis
nombre d'années, les plus fortes réclamations i; la
Police, la Juri(pudericc de ces Colonies, livrée
aux opinions versatiles des différéns Administrateurs, & trop souvent à leur influence arbitraire,
présentent une Collection incohérente de Réglemens & d'Ordonnances. Seroit-donc une démarche indiscrète de Ii
part des Habitans des Colonies, que de solliciter & d'espérer de la bonté du Roi la permission de faire entendre leurs Délégués à l'Assemblée des Etats-Généraux ? Soit qu'on les coniidère
comme contribuables aux Charges de l'Etat, oti
comme instrumens nécessaires du Commerce &
de la richesse Nationale, ne serbit-il pas d'un
intérêt majeur, pour le Souverain & la Nation f
d'arrêter leurs regards sur les Relations Fiscales, --- Page 632 ---
62, * De l'Eff lâygge Politiques & Commerciales de ces grandes Provinces, & de recevoir3 sans intermédiaire, leurs'
Représentations libremen t rédigées ? C'cst alors »
qu'en s'occupant de T A m é 1 ioration de l eur so ç X
on intéreiïerôii les Colons rendre revertibles
Air les Nègres les bienfalts d'une Légillation équitable , & qu'en faisant participer les Propriétaires.
à tons les avantages libère légale, on auroit
le droit d'exiger d'eux qu'ils adoucissent, des Enclaves, les rigueurs d'une servitude, que l'i nterêt général de la.Nation ne permet point d'abolir. --- Page 633 ---
Des Ne^rei: 63. [texte_manquant] Le Projet de RÉGLEMENT est remis au
Gouvernement } qui peut seul h juger, & M
faire juger. ... , r
j Quelqu'utilité que je voie dans la discussion
publique des mues législatives \ je ne voudrois
point violer les règles établies, pour leur tensure & leur rédaction, en forme de Règlement.
êt général de la.Nation ne permet point d'abolir. --- Page 633 ---
Des Ne^rei: 63. [texte_manquant] Le Projet de RÉGLEMENT est remis au
Gouvernement } qui peut seul h juger, & M
faire juger. ... , r
j Quelqu'utilité que je voie dans la discussion
publique des mues législatives \ je ne voudrois
point violer les règles établies, pour leur tensure & leur rédaction, en forme de Règlement. La bdje de celui que je propose, est l'éreczion d 'un Tribunal domefiique dans chaque
P aroisse, composé de trois Notables Habit ans,
élus à la pluralité des voix, pour connoître de
tous les détails relatifs à la police des Nègres
s * h ,
& de leurs plaintes & griefs, contre les Propriétaires. •• 7 indique les moyens de vérification, & Je
redressement des abus ; j'explique ce que l'on
peut; faire pour pourvoir invariablement à la
fixation de la subsistance , & de l'entretien
des Nègres ; pour empêcher l'excès des châtimens & dcs travaux ; & je propose enfin ,
d'abandonner à la sévérité la plus aelive des
Loix) ceux qui commettraient quelquacle de --- Page 634 ---
f)4 De, ? Esclavage cruauté , ou d'injustice manifeste envers les
Négres. Au sur plus , on trouvera, dans la
seconde partie az cet Ouvrage > que je, viens
d'écrire, treize ans après la première, le développement des motifs & des moyens - d'une
nouvelle Loi. NOUVELLES --- Page 635 ---
Des Nçgres. - "1 E NOUVELLES OBSERVATIONS, Servant de Développement aux ues présentées,
& de Réponse aux derniers Ecrits récemment
publiés sur l'Esclavage des Nègres. ON veut s'emparer de l'Opinion publique sur
cette question, & l'on peut l'égarer d'une manière dangereuse. Les Anathèmes, multipliés
contre l'infâme Commerce des Brigands d'Europe ;
contre les Colons Criminels qui en profitent ,
ne paroissent pas susceptibles de modifications ,
lorsqu'on présente un homme libre & faible,
attaqué violemment par un homme fort , qui
régorge ou l'enchaîne , pour le vendre à un
autre, le tiers acquéreur & celui auquel il substitue ses droits prétendus par un nouveau mar-,
ché , forment. véritablement àvec le premier
assaillant , une société de brigandage > réprouvée
par-toutes les Lois, par-tous les principes de
Motale & d'Humanité. Mais l'espéce change, si
l'homme qu'on vous livre enchaîné, est l'un de
ces Brigands qui enléve la femme & les enfans
de son voisin ; alors il semble que la convention
par laquelle cet homme se trouve à votre dis-
ses droits prétendus par un nouveau mar-,
ché , forment. véritablement àvec le premier
assaillant , une société de brigandage > réprouvée
par-toutes les Lois, par-tous les principes de
Motale & d'Humanité. Mais l'espéce change, si
l'homme qu'on vous livre enchaîné, est l'un de
ces Brigands qui enléve la femme & les enfans
de son voisin ; alors il semble que la convention
par laquelle cet homme se trouve à votre dis- --- Page 636 ---
6' Del'Efcldvage position, peut être ratifiée ou tolérée sans injuilice par le Gouvernement. Et , cette tolérance
ayant acquis une san&ion légale, par des motifs
d'utilité relatifs à la société dont vous êtes membre , il semble qu'on devroit premièrement retrancher de cette quefiion les injures, & la traiter fous ses véritables rapports, dont aucun
n'est étranger à l'Ordre, & à l'Intérêt public. 2° En s'éloignant de cette Méthode , & en
jugeant la traite des Noirs, comme un fait isolé,
& seulement sous le rapport quelle peut avoir
avec les principes de la Morale, il faudroit présenter ce fait tel qu'il exille , & ne pas oublier
.que les Habitans de la Côte d'Afrique, pour
lesquels on éprouve dans ce moment ci un ,si
tendre intérêt, méritent alternativement la pitié
& l'exécration de leurs défenseurs. Car , ce sont
des Nègres qui attaquent, qui égorgent, & qui
vendent d'autres Nègres. Le premier Armateur
qui aborda sur ces trisses' Rivages, n'y fut pas cré'
ateur des principes & des instrumens de 1'Efclavage : il y trouva les Mœurs qui subsistent
aujourd'hui ; & si l'on conçoit que Titus, Antonin,
Marc-Aurele, ont pu avoir des Esclaves & en
permettre l'usage à leurs Sujets, on concevra
encore mieux que cette inslitution immémoriale
en Afrique, survivra à toutes nos dissertations,
& fera bien long-temps encore la partie la mieux --- Page 637 ---
Des Negres. 1 67 E ij , connue du Droit public des Africains. Quel est
donc l'objet de cette véhémente plaidoirie en
leur faveur? Est-ceàceux qui habitent les Côtes
& l'intérieur de l'Afrique, que s'adressent lés Epîtrès Dédicatoires, les conseils, & les secours? Ils
vous sçauroient gré asîûrémenent de ne vouloir
pas les asservis; mais ils ne consentiroient pas
a ne' point avoir des Esclaves. Ils continueront
donc à guerroyer, à vendre, à acheter; ;&,
comme les hommes les plus vertueux de l'Antiquité violoient sans remords, sur ce point là , les
régies de la Momie , on peut croire que les plus
barbares, & même les plus douces Nations de
la Guinée , qui sont à une bien grande distance
de la Police, & des lumières, des Grecs & des
Romains , n'ont ni la volonté, ni les moyens de
faire cesser sur leurs Terres l'abus de l 'Esclavage,
quelque parti que nous prenions en Europe,
sur cette question. On dit, & l'on ne se lasse pas de répéter, que
la Traite alimente les guerres 3 & les multiplie.
1 Hélas ! dans notre Europe nous n'avons pas
cette cause de guerre ; mais, depuis que l'HiA floire des Nations a pu être écrite & transmise
à la Postérité , quel est le coin du monde qui
' n'a point été arrosé du sang Humain ? Dans les
siécles d'ignorance, dans les siécles polis, dans
les forêts d'Amérique, dans les jardins de l'Italie,
la Traite alimente les guerres 3 & les multiplie.
1 Hélas ! dans notre Europe nous n'avons pas
cette cause de guerre ; mais, depuis que l'HiA floire des Nations a pu être écrite & transmise
à la Postérité , quel est le coin du monde qui
' n'a point été arrosé du sang Humain ? Dans les
siécles d'ignorance, dans les siécles polis, dans
les forêts d'Amérique, dans les jardins de l'Italie, --- Page 638 ---
68 De L* Efc lavage par-tout, dans tous les âges, les petites Peuplades
& les grandes Nations, se sont formées en bataillons armés les uns contre les autres. Et vous
croyez que si les Marchands de Londres & de
Bordeaux, ne portoient point de l'eau-de-vie &
des fusils dans le Sénégal, ses heureux Habitans
y verroient luire les jours de l'âge d'or! Il semble,
à vous entendre , que ces hommes Noirs , nés.
avec les plus douces, les plus heureuses inclinations , n'ayent reçu que de nous le germe de
tous les Vices. Ah ! Je ne veux point leur
enlever votre pitié votre intérêt ! Ils ne
sont ni plus méchans ni meilleurs que nous ne
l'étions , lorsque nous vivions sous le joug des
Druides ; mais il semble que la Nature les ait,
condamnés à une plus longue ensance.La fléxibilité
de leurs organes.qui les rend susceptibles d'une multitude de petites combinaisons, semble se refuser
aux impressions profondes, & au travail continu
de la Raison & du Génie. Ainsi ils ont naturellement des Mœurs douces; & le désordre de
leurs passions, l'impétuosité de leurs mouvemens
vont jusqu'à l'atrocité. Je n'ai garde de prononcer
qu'ils soient à jamais impropres à établir parmi
eux, ou à adopter une Législation raisonnable;
mais s'il nous a fallu plusieurs siécles , à nousmêmes , depuis la civilisation, pour en discerner
)es principes, la régle de proportion applicable --- Page 639 ---
Des Négres. 69 E iij aux Nègres, les placeroit comme Peuple policé
dans un avenir bien éloigné ; &, si malgré les
secours d'une police éclairée, l'Esclavage subfifie toujours en Asie , seroit il plus facile à détruire en Asrique ? Je ne mets point au nombre
des considérations à alléguer à l'appui de mon
opinion , le sort épouvantable des prisonniers
de guerre chez plusieurs Peuples de l'intérieur
de l'Afrique , lorsqu'ils ne trouvent point à les
- vendre, parce qu'il est difficile de constater
le nombre de ceux qui ont été sacrifiés, &
mangés par leurs ennemis ; parce que l'exisience
des Antropcphages peut être contestée, quoique
plusieurs Voyageurs la certifient; quoique j'aye
entendu moi - même raconter des faits horribles à
des Négres Mondongues. Je n'envisage ici, que
le bien qui peut résulter, pour les Nègres d'Afrique de la révolution si désirée ; &, je ne vois
point qu'on puisse en espérer. d'après l'état actuel de leurs Mœurs, & de leur régime social.
isience
des Antropcphages peut être contestée, quoique
plusieurs Voyageurs la certifient; quoique j'aye
entendu moi - même raconter des faits horribles à
des Négres Mondongues. Je n'envisage ici, que
le bien qui peut résulter, pour les Nègres d'Afrique de la révolution si désirée ; &, je ne vois
point qu'on puisse en espérer. d'après l'état actuel de leurs Mœurs, & de leur régime social. Il n'en seroit pas de même des Nègres transportés , & actuellement établis en Amérique. Il
est certain que l'Esclavage pourvoit cesser pour
eux d'une manière absolue ; & qu'en assignant à
chacun d'eux une portion de terre suffisante à
leur subsistance, on les feroit jouir de tous les
avantages de la Propriété, & de la Liberté. Mais
cette spéculation devient une chimère , quand --- Page 640 ---
Jo De i'Eciava'e on s'arrête aux détails d'exécution & aux moyens |
que pourroient employer la Philosophie , & même
l'Autorité du Gouvernement. On voit alors que
des raisons d'Ordre, de Sûreté, d'Intérêt social,
& même de Justice , se réunissent pour prolonger , en la rectifiant , une institution anssi
vicieuse. C'est à-peu-près l'histoire de la Gabelle & des Aides , dont il est permis de détesier l'Inventeur ; dont il est facile de démontrer
les inconvéniens & les vices , mais qu'on ne
pourroit suprimer aujourd'hui, qu'en y substituant des équivalens. Eh, voilà le danger de ces
explosions de zéle & d'éloquence ! On attaque
avec toute la force d'une Raison pure & sévère,
des abus qui sont devenus, en quelque sorte,
les étais de ce vieil édifice mal construit que
nous habitons , & on les fait comparoître dans
toute leur nudité, à un Tribanal tout resplendissant de lumières & de Vertus : certes ils n'en
peuvent pas soutenir l'examen; &, si quelque peuple nouveau , s'établit aujourd'hui sur la terre
sans être souillé de l'empreintc de toutes les absurdités, des violences & des criminelles folies
auxquelles nous avons si long-temps obéi, qu'il
proscrive avec horreur lEfclavage & tous ses
accessoires , les Loix prohibitives , le Luxe, les
Impôts , les Traitans , les Courtisans, les Soldats
mercenaires, &c. Mais sommes-nous ce. Peuple
enir l'examen; &, si quelque peuple nouveau , s'établit aujourd'hui sur la terre
sans être souillé de l'empreintc de toutes les absurdités, des violences & des criminelles folies
auxquelles nous avons si long-temps obéi, qu'il
proscrive avec horreur lEfclavage & tous ses
accessoires , les Loix prohibitives , le Luxe, les
Impôts , les Traitans , les Courtisans, les Soldats
mercenaires, &c. Mais sommes-nous ce. Peuple --- Page 641 ---
Des Nègres. 7* E iv nouveau ?& , dans la. réformation de nos Vices
anciens, faut il commencer par ceux qui se trouvent liés, à notre existence civile & politique ?
Faut-il mettre en péril une partie de la Fortune
publique ? Les Colonies doivent plus de deuxcents millions à la Métropole ; elles emploient
dire&ement ou indirectement plus de douze-cents
Navires , vingt-mille Matelots, & plus de quatre?
cents mille Manœuvres ou Artisans nationaux.
N'appercevez-vous pas, en brisant un des ressorts
principaux de cette machine, un déchirement
effrayant de toutes les piécès qui en dépendent ?
Voilà cependant ce que vous provoquez ( 1 ) *
en voulant exciter l'indignation générale contre
cet établissement. Si, de votre aveu même , i
faudroit pour anéantir l'Esclavage , des délais ±
des formes & des moyens progressifs , ne seroitil pas plus sage & plus humain d'attaquer préalablement les maux générateurs du mal qui vous
révolter Vous nous montrez dans les Agens &
les intéressés au Commerce, & à la culture des
Colonies, une horde de Brigands qui trafiquent du
sang humain , & qui ne pourroient échapper au supplice^Ji les Loiæ ,aussi coupables qu'eux, ne parta- ( i ) Ceux qui liront ces Observations , ont fiirement
lu les Réflexions sur l'Esclavage des Nègres , qui pré.
» .- --- Page 642 ---
72r:. De l'Esclavage geoienl l'impunité ,44 leurs crimes. Ainsi" ce sont
des Nations entières , leurs représentans , Ses
leur législation, que vous notez d'infamie , parce
qu'il exifie un ordre de choses qui, de votre,
avelt même , ne peut être détruit que successivement & avec précaution. Mais , avant que d'examiner vos moyens, permettez - moi d'imiter
votre circonspection plutôt que votre colère; &
puisque vous croyez nécessaire de retarder encore de soixante-dix ans la destruction de la Servitude en Amérique, si je prolongeois ce terme
jusqu 'à cent quarante, n'y auroit-il point entre
nous d'espoir de conciliation ? Si vous regardez avec raison le passage subit
de la Servitude à la Liberté, comme une irruption dangereuse pour les Noirs même & pour les
Blancs; si vous jugez les premiers dans l'impuissance de recueillir les avantages de cette révolution , à moins d'y être préparés par les soins multipliés du Gouvernement, & par des établissemens
d'une difficile exécution, comment pouvez-vous
prononcer que tous les Colons sont criminels de
suivre un régime , anciennement établi , qu'ils
n'auroient pas le pouvoir de détruire,quand même
ils n'auroient aucun intérêt de le conserver ; il
feroit juste au moins d'excepter de cette proscription, ceux qui traitent leurs Négres avec Humanité, & ceux qui défirent, qui proposent, les
iés du Gouvernement, & par des établissemens
d'une difficile exécution, comment pouvez-vous
prononcer que tous les Colons sont criminels de
suivre un régime , anciennement établi , qu'ils
n'auroient pas le pouvoir de détruire,quand même
ils n'auroient aucun intérêt de le conserver ; il
feroit juste au moins d'excepter de cette proscription, ceux qui traitent leurs Négres avec Humanité, & ceux qui défirent, qui proposent, les --- Page 643 ---
Des Nègres. 73 moyens de rendre pour tous, cette obligation
exécutoire. Dans votre syflême de tolérance pour soixante-diæ ans , vous concevez un plan de redressement des abus de la Servitude. Sans doute il
est possible de sormer le même vœu que vous,
& d'adopter un autre plan! j'en espérerois plus de
succès ; n'ébranlant point jusques dans leur fondemens toutes nos Colonies, en n'excitant point
l'inquiétude & le ressentiment des Propriétaires
par des imputations calomnieuses, & en ne donnant point aux Esclaves des espérances anticipées
d'une révolution qu'ils peuvent accélérer, par de
sanglantes catastrophes. Je thazarderai une réflexion dont je sens plus la
justesse que je ne pourrai peut-être la rendre
sensible : c'est que les mauvaises Loix, les coutumes & les institutions dont nous pouvons moralement déterminer l'injustice, méritent cependant une sorte de respeft & de ménagement de
la part des réformateurs, lorsqu'elles servent de
point d'appui, à quelque partie du systême religieux , civil, ou politique d'une Nation. Et, pour me faire entendre par un exemple,
je supposée qu'un homme, vivement ému de tous
les maux qu'entraîne à sa suite le Despotisme
oriental, obtînt un sauf - conduit de toutes les
Puissances de l'Asie, qui le rendît inviolable, & --- Page 644 ---
7? De TÈfclavagt qu'à Tabri de cette immunité, n'ayant rien à craiiv
dre pour lrti,& donnant un libre essor à son zéle, il
parcourût la Chine , l'Indostan , la Perse , la Turquie ; & s'arrêtant dans les Places publiques, qu'il
parlât ainsi à Ces Auditeurs : Princes & Peuples , vous
êtes des scélérats , alternativement Tyrans & victimes ; aucune Vertu publique , aucune Vertu privée,
n'est compatible avec vos loix & avec vos Moeurs :
courbes sous le fer d'un Despote , vous exercez, dans
vos maisons, l'autorité arbitraire qu'il exerce sur vous ;
Vous enfermez vos femmes, & ne leur donnez d'autre part à la Sociéte civile , que celle qu elles peuvent avoir à vos plaisirs; ious ave^ des Esclaves :
vous ne mériter pas d'être litres ! que vos femmes >
vos en sans , vos Esclaves s éclairent & s 'affranchissent du joug que vous leur imposez / Plus sages,
plus courageuæ vous-mêmes , brisez celui que vous subissez de la part de vos Princes & de vos Prêtres.
C'e la Raison, la Vérité ; cejl la Juslice éternelle
qui vous parle par ma voiæ ! Peuples innombrables
de l'Asie, que vos Sociétés se dissolvent, & sc reconslruifent sur de nou-veaux fondemens.
aves s éclairent & s 'affranchissent du joug que vous leur imposez / Plus sages,
plus courageuæ vous-mêmes , brisez celui que vous subissez de la part de vos Princes & de vos Prêtres.
C'e la Raison, la Vérité ; cejl la Juslice éternelle
qui vous parle par ma voiæ ! Peuples innombrables
de l'Asie, que vos Sociétés se dissolvent, & sc reconslruifent sur de nou-veaux fondemens. Cet exorde de l'Orateur pourroit seul exciter une grande commotion dans son Auditoire;
mais, si porr arriver plus sûrement à ses fins,
il y intéressoit , par conviction ou par d'autres
motifs, une partie du Peuple dont il seroit entouré, & s'il pouvoit, comme tout Prédicateur
\ --- Page 645 ---
Des Nègres;, 7f le desire , donner à ses paroles le mouvement
d'une action entraînante ; cet honnête - homme
ne ponrroif -il pas devenir Fauteur de la plus
sanglante révolution que nous ayans vûe sur le
Globe ? Car les Vérités, qu'il auroit. ainsi lancée^
comme la foudre, sur la multitude étonnée , ne
se placeroient pas dans les têtes avec les bornes
& les mesures qu'il faut leur adapter pour qu elles
soient utiles : sa Puissance oratoire n'exciteroit
qu'une effervescence générale, une révolte unanime contre toutes les Autorités publiques &
domestiques; &, avant que le nouvel Ordre fut
établi, l'Asie seroit inondée de sang, & le seroit
cette fois , par un beau mouvement d'Eloquence
& de Vertu. Si cependant le zélé Millionnaire , au lieu de
s'adresser à la multitude , avoit fait part de son
projet à quelque philosophe Asiatique ; car, nous
n'avons point en Europe de privilége exclusif
pour la Philosophi'e, celui-ci auroit pu lui dire ,
Mon Frère , nos Mœurs qui vous révoltent,
» nos Loix que vous allez attaquer, présentcnt,
« en effet , de grands abus à réformer ; mais
M différentes Sociétés, nos relations, nos devoirs,
" nos intérêts, notre sûreté collective , reposent
» sur cette bâse. Si l'ébranlement que vous al-
» lez produire n'étoit funeste qu'aux hommes
3) méchans & corrompus , encore vaudroit - ,il
it pu lui dire ,
Mon Frère , nos Mœurs qui vous révoltent,
» nos Loix que vous allez attaquer, présentcnt,
« en effet , de grands abus à réformer ; mais
M différentes Sociétés, nos relations, nos devoirs,
" nos intérêts, notre sûreté collective , reposent
» sur cette bâse. Si l'ébranlement que vous al-
» lez produire n'étoit funeste qu'aux hommes
3) méchans & corrompus , encore vaudroit - ,il --- Page 646 ---
7$ De l'Esclavage .. » mieux tenter des voies plus douces, pour les
"} ramener à la Raison; mais combien d'hommes
» paisibles & innocens vont périr, dans cet
» cendie \ Ne croyez point que tous les-maris
**, femmes mènent; une vie intérieure
» & retirée, -tous ceux qui ont des Esclaves
* soient étrangers a toutes les Vertus. Ne croyez
» point que nos Mœurs asiatiques, résistent bé-
" ceflairement aux Principes de la Morale &
" que l' orgueil de nos Princes méconnoisse tou-
» jours la voix de leur conscience., Quand il
» ne se trouveroit, dans tout ce que vous al-
» lez livrer à 1^ violence des Peuples révoltés,
* que quelques familles vertueuses dont les
» femmes., les enfans , les Esclaves, bénissent
» en paix la Providence, & sont contens de leur
» sort, vous allez commettre un crime certain ;
» & le bien que vous voulez faire ne l'est pas
^ en suivant vos projets. /
' » Nos Préjugés sont déplorables; & trop sou-
» vent parmi nous, le plus fort opprime le plus
» foible; mais vous verrez aussi, en parcourant
» nos. Villes & nos Campagnes, des ades de
« justice & de bienfaisance ; vous trouverez des
» Juges intégres , des Gens-de-Guerre vaillans
» & généreux , des Marchands honnêtes , des
« Débiteurs exacts, des riches compatissans., &
» quelques-uns de nos Despotes, Princes ou --- Page 647 ---
- Des Nègres. 71 # Visirs, religieusement occupés d'é leurs devoirs.
» Nous connoissons , comme vous , les grands
» Principes de la Morale ; '& l'intention de nos
» Mœurs, ainsi que celle de nos tfoix , ne sont
» point de les offenser ; car, s'il en étoit airisi,
» nos Sociétés s'anéantiroient sans' votre attaque ;
» mais nous errons sur les conséquences, sur les
» formes & les moyens : venez nous éclairer ,
» & ne commencez point par détruire , avant que
» d édifier ; venez à nous par les routes qui nous
» sont connues, & que nous aimons à parcourir
« quand nos passions ne nous dévoyent pas. Au
» lieu de nous traiter comme des insensés , ou
» comme des criminels, montrez-nous le Bôn-
» heur, à côté de la Vertu, & conduisez-nous
» à la pratique du bien , par la perspective 'de
» ses avantages ». Je pense donc, pour appliquer cette digression
à mon sujet, qu'il n'y a rien de moins utile j &
de plus dangereux , que l'espéce de violence
qu'on veut faire dans ce moment-ci, aux Gouveruemens , aux Colons, à l'opinion publique ,
sur l'Esclavage des Nègres; & je ne conçois pas ,
d'après l'impossibilité convenue de le faire cesser,
avant plusieurs générations, qu'on assigne,dès
aujourd'hni, un aussi long terme à la perplexité
des Maîtres, à l'impatience des Esclaves, & à
tous les désordres résultans d'un régime prosçrit7
ce de violence
qu'on veut faire dans ce moment-ci, aux Gouveruemens , aux Colons, à l'opinion publique ,
sur l'Esclavage des Nègres; & je ne conçois pas ,
d'après l'impossibilité convenue de le faire cesser,
avant plusieurs générations, qu'on assigne,dès
aujourd'hni, un aussi long terme à la perplexité
des Maîtres, à l'impatience des Esclaves, & à
tous les désordres résultans d'un régime prosçrit7 --- Page 648 ---
78 De l'Esc lavage abominable, & néanmoins toléré.' Ah ! je me fais
une autre idée des devoirs d'un Citoyen ;& je
fuis loin de croire qu'il puisse bazarder le repos;
la fortune, & la vie de ses Concitoyens, pouf
quelque bien présent , ou à venir, qu'on peu?
ôpérer pae d'autres voies? Quand toutes les
scènes d'horreur qui nous sont présentées ne
feroient point exagérées ; quand tous les Noirs ,
qui font à la disposition des Colons , seroient
aussi malheureux qu'on le publie , le premier
devoir de la Raison , de la Justice , seroit d'y
mettre ordre) mais non de préparer de nouveaux
crimes, & de plus grands malheurs, en déclarant
aux Nègres, qu'ils sont libres de droit, & qu'ils
vont l'être de fait - Quand il' seroit convenu, entre tous les Gouvernemens,& tous les Propriétaires des Colonies, de travailler efficacement à la liberté des
Nègres, le premier devoir de la Raison , de la
Justice, de la Prudence, seroit de le taire ; car
il est injuste & barbare, d'associer, aux mêmes
alarmes, la Corruption & l'Honnêteté; de flétrir
tous les Caractères, toutes les Consciences; &
de pré sen ter tout ce qui est né , tout ce qui
vit, tout ce qui est sorti des Colonies, comme
dépourvu de toute Moralité. Quoi ! les Capucins
mêmes. auroient part à cette proscription, parce
qu'ils ont dei,Esclaves! Les Ursulines, les Sœurs --- Page 649 ---
Des Négres., 79 Grises, qui .se dévouent, en Amérique , comme
en France , au service des Malades . à l'Education, des Enfant,;, ces pauvres Religieuses sont
aussi des infâmes, parce quelles ont des Esclavesî
Ce délire peut être celui d'une âme honnête;
mais il annonce une siévre inflammatoire, qu'il faut
soigner. . J'arme mieux, au surplus , & je trouve plus
conséquent, qu'en poursuivant sur ce ton là, on
dénonce au Ciel & à la Terre , les Colonies,
comme un repaire de Voleurs, qui ne méritent aucun
ménagement, & avec lesquels il n'y a point à composer pour les pertes qu 'ils éprouveroient , par la.
restitution de lg chose volée (1), qui est la liberté des
Nègres. J'aime mieux , dis-je , voir invoquer la
foudre , ou le déluge , sur nos Colonies, sauf la
construction de l'Arche, pour y recevoir les
Nègres, que ce raprochement simulé, d'un parti
modéré, pour opérer leur Affranchissement. Le
premier moyen n'est dangereux, qu'en le mettant
à la disposition des Incendiaires; le fecond peut
séduire les plus honnêtes-gens l'exécution en
seroit funefle, le succès impossible. Résumons ,
invoquer la
foudre , ou le déluge , sur nos Colonies, sauf la
construction de l'Arche, pour y recevoir les
Nègres, que ce raprochement simulé, d'un parti
modéré, pour opérer leur Affranchissement. Le
premier moyen n'est dangereux, qu'en le mettant
à la disposition des Incendiaires; le fecond peut
séduire les plus honnêtes-gens l'exécution en
seroit funefle, le succès impossible. Résumons , (i) Ces paroles sont extraites de plusieurs collections
â'injures & d'imprécations , qui sont entre les mains de
tout le monde ; & je ne finirais point 4 st je transcrivois
cour au long, ces différens Textes, --- Page 650 ---
go De I'E-fctavit - pour nous en convaincre, tout ce qui a été éclat
de plus fort, dje plus impératif, pour arriver à cette si n.i
si On a proposé, & motivé, comme- il est facile
de le faire moralement, 1° suppression de la
Traite des Nègres. 2° L'Affranchissement successif,
dans certains cas, & à certaines époques, y* Dés
pensions alimentaires aux enfans & aux vieillards
Affranchis. 40 Des distributions de terreins-libres,
à des Blancs , appellés pour remplacer les Enclaves , ainsi qu'aux Nègres. Affranchis. 50. La subdivision des grandes Propriétés, , les Fermes partielles, & la,,certitude d'une culture florissantè,
. dans les Isles à sucre , par les Blancs Européens,
& par les Nègres libres; attendu que les Colons
n'y ..ojjposent pas d'autre difficulté, que" cet
qxiôme : Les Blancs sont avares , ivrognes & crapn-
*■ leux, donc Les Nègres doivent être Esclaves. 6° Tout
ce qui habite les Colonies , Gens en place, &
Propriétaires, étant absolument corrompus, &
incapables de maintenir le nouveau régime de
l'Affranchissement successif, il est néçessairç de
remettre PAutorité entre les mains d'un homme
ferme , incorruptible ^ & de lui donner pour
Adjoints, dans cette Magisirature superieure, des
Médecins (i), qui atiroient aussi autorité sur lès iiymtâw f& jjpîh de croira pgy jgfe, &e,,c Jit Propriétaires. --- Page 651 ---
Des Nègres: g; F ropnétaires. Ce seroir, à la vérité , un moyen ~
inconnu jusqu'à présent, que le Despotisme.pour
détruire la Servitude ; & le despotisme des Mébien aussi dangereux un autre.
7 Enfin, j'ai lu, je ne fais plus dans quelle Brochure , qu'en supposant qu'il y eût quelqu'embarras dans le développement, & l'exécution de
tous ces plans d'amélioration, pour nos Colonies,
la liberté du Commerce , l'abrogation des Loix
prohibitives,remédieroient à tout; & que ce baume
làlutaire * applicable à toutes les plaies, en effaeeroit promptement les cicatrices. Cette dernière
conséquence est en effet inséparable des principes
de la Liberté. Le Commerce Esclave, a produit
aussi ses Philippiques. Tel est le précis des Assertions & des moyens }
je les cumulerai, dans mes Réponses, sans obferver l'ordre dans lequel je les ai présentés. §. PREMIER. L 'Affranchissement des Colonies ( ou la liberté absolue
du Commerce, présente autant de difficultés que
f 'Affranchissement des Négres. Un Ecrivain distingué qui peut-être a parlé
le premier de l'Affranchissement des Négres , y un , f? qui ait PIOP°ft cc plan, car if n'est point &
Ï#Ç'à'é oit cctte Logkjw ssir admissïblé. 1
dans lequel je les ai présentés. §. PREMIER. L 'Affranchissement des Colonies ( ou la liberté absolue
du Commerce, présente autant de difficultés que
f 'Affranchissement des Négres. Un Ecrivain distingué qui peut-être a parlé
le premier de l'Affranchissement des Négres , y un , f? qui ait PIOP°ft cc plan, car if n'est point &
Ï#Ç'à'é oit cctte Logkjw ssir admissïblé. 1 --- Page 652 ---
tz De l'Esclavage mettpit pour condition préalable , Affranchissement des Colonies ; en déduisant, » de cette opé-
.ration , tous les avantages qui en résulteroient , il
en fessoit naître un nouveau culture & de Commerce , applicable aux Colonies
ainsi quà leurs Métropoles, & il concluoit , par
.l'abrogation des Loix prohibitives, une paix perpétuelle entre les grandes Puissancçs. Il est certain que ce qu'o.n peut appellcr l'avidité mercantille, nous a mis, & nous mettra en-
, core souvent les armes à la main ; mais on a eu
i/tort de distinguer à cet égard les Colonies des
- Anciens; celle des Phéniciens, des Grecs & des
Carthaginois, soumises comme les nôtres aux Loix
prohibitives , ont été loccasion des plus san2 glantes querelles. i La Monarchie universelle des Romains, conî fondit tous les intérêts, dans l intérêt d'un seul. Alors il n'y a plus eu de guerre de Commerce;
les Nations n'ont eu pendant long-temps d'autres relations entr'elles, que celles qui subsiilent
^ entre les opprimés & les oppresseurs. , V Dans l'intervalle de ces guerres métropolitaines des Anciens, a celles qui nous affligent
j maintenant , l'Humanité n'a pas été plus heureuse : la tyrannie, les Conquêtes, les Croisades,
les sectes religieuses , les successions, les rivalités des Souverains de l'Europe, ont fait égorger
?■ --- Page 653 ---
. Des Négres. 83 F ij " les Habitans pendant onze siécles depuis devis
jusqu'à Colomb j qui n'a fait qu'ajouter une maIndie horrible , aux maux qui nous désoloient
éVant lui. Mais , depuis que le progrès des Itimières a dissipé les nuages sombres de notre
horizon , il est certain que les Nations ont plus
de moyens & de motifs de repos, plus de tonnoissance de leurs droits, plus d'aversion pour
la tyrannie politique & religieuse : Pierre l'Hermite, & Pierre le cruel ne reparoîtront plus j
l'Europe ne craint plus d'Attila ; sa constitution
rend les conquêtes difficiles, & le partage de la
Pologne . tel qu'il s'est effeaué, fera une énigme
1 pour la Postérité. Ainsi donc, l'Affranchissement des Colonies, tariffant la source des guerres Commerce 3 les
Peuples pourroient espérer un bonheur & un
repos dont ils n'ont jamais joui ; & il ne seroit
pas impossible, que les grandes Puissances navales
produisent à elles seules, cette heureuse révolution sur le Globe. La France, l'Espagne & l'Angleterre ont, ddns
l'ancien & le nouveau monde, les territoires les
plus précieux. Chacune de ces Puissances pofséde des Denrées ou Marchandises qui manquent
* aux deux autres, toutes trois peuvent occuper
a la fois,& sans se nuire par la concurrencée ,
: -un nombre d'atteliers suffisant à l'emploi de leurs
Puissances navales
produisent à elles seules, cette heureuse révolution sur le Globe. La France, l'Espagne & l'Angleterre ont, ddns
l'ancien & le nouveau monde, les territoires les
plus précieux. Chacune de ces Puissances pofséde des Denrées ou Marchandises qui manquent
* aux deux autres, toutes trois peuvent occuper
a la fois,& sans se nuire par la concurrencée ,
: -un nombre d'atteliers suffisant à l'emploi de leurs --- Page 654 ---
8i n e fEfcic&kge , Manœuvres. Leurs productions Cie culture & de
Manufactures * sont nécessaires au reste de l'Europe,& à l'Amérique. Ainsi, if seroit moralement
possible que la France , l'Espagne l'Angleterre
concertaient un plan de Commercer dont la
bâfe seroit 1 égalité entr'elles, & la liberté pour . , - k - ntf
toutes les , Nations. Certainement elles conferVe-.
roient alors , dans tous les marchés du monde,
une prépondérance invincible, & imposeroient à
tous les PeupLes & la terre , une Lbi d'équité
& de bienfaispnçe , dont aucun ne pourroit abuser
pour leur nuire. Mais un pareil plan suppose dé^
Sociétés pures & naissan,tes, qui sortent de leur
berceau avec la force & rage de la Raison ; il
suppose une harmonie, une confédération pour
le Bonheur public , dont il- n'y a jamais eu
d'exemple entre les Gouvernemens ; il exige'de
la part de chaque Admnistration l'emploi le plussimple, mais le plus adis & le mieux entendu
de l'industrie & des ressources Nationales, Car, iî
l'une des trois puissances avoit un Gouvernement.
vicieux,. & oppressif, ^- qu'elle ouvre ses
ports, ses Colonies, alors nécessairement, les Ouvriers, les Métiers, les Matines suiront ou se
ront enlevés pour être mis en œuvre les
Pays plus heureux. La suppression ides Loix prohibitives , adoptée
en' connoissance 'de- cause, seroit donc un con- --- Page 655 ---
Des Négrcjfx S.R F iij consenti entre les Souverains, par
lequel ils s' engageroient à procurer respectivement
a leurs Sujets toute la somme de liberté., d'inde lumières être susceptible une Société, politique. Ne nous
privons pa$ je consolation de croire possible
un tel ordre de choses, mais efl il bien probaEiei" ; : "■ i Supposez en France, & en Espagne j les terres
dans le meilleur état de culture, les impôts légers
légalement répartis, les bras du Laboureur &
du Manœuvre affranchis de toute redevance ,
alors les ports du Mexique & de S. Domingué
peuvent être ouverts à tous les Etrangers : Tindustrie des deux Nations n'auroit à redouter l'indu-
%ie dlaucune autre.. > . * Mais supposez un autre Peuple de l'Europe , *
dont. la. culture & les Manufactures soient plus/
florissantes & moins imposées que les autres
alors la liberté générale du Commerce, tourne
à son profit, & a notre détriment 5 car, dès qu'il
peut donner ses Marchandises à phis bas ' prix,
il ntms exclut du Marché devient notre Pourvoyeur, & nos Ouvriers nationaux restent sans
occupation. M " 1
u-
%ie dlaucune autre.. > . * Mais supposez un autre Peuple de l'Europe , *
dont. la. culture & les Manufactures soient plus/
florissantes & moins imposées que les autres
alors la liberté générale du Commerce, tourne
à son profit, & a notre détriment 5 car, dès qu'il
peut donner ses Marchandises à phis bas ' prix,
il ntms exclut du Marché devient notre Pourvoyeur, & nos Ouvriers nationaux restent sans
occupation. M " 1 La liberté du Commerce n'est donc pas. un
avantage ab solu sans conditions que la --- Page 656 ---
86 .. De l'Esclavage nature Se l'état des Gouvernemens rendent bien
difficiles. '■ Z { ^ Toutes les Nations sont malheureusement
dans un état ofFensif & défensif les'unes envers
les autres. Leur politique appelle & repousse
alternativement , l'Equité , la Violence, la Ruse,
la Bonne-Foi, l'Oppression, l'Avidité. Les grandes
Puissances sont écrasées t1e dettes & d'impôts?
Elles ne peuvent alléger leur fardeau, qu'en ëfï
r.ejettant une partie sur les Puissances rivales ;
qu'en leur enlevant une portion de' leurs bénéfiées; en concentrant leurs ressources propres ,
sans en permettre la cession à l'induflxie étrangère. Mais, dans cette lutte générale d'astuce &
de besoins, 3 sans doute les meilleures Loix, les
meilleures Mœurs, le Gouvernement le' plut
juste & qui ' protégera le mieux le travail'&
l'activité nationale , aura un avantage immensô
sur ses rivaux, & parviendra graduellement aux
vrais moyens de la prospérité publique. Le Commerce Esclave, les Nègres Esc laves vous
obligent ; vous en êtes indigné ' Vous voulez
détruire toutes les servitudes ! Ah, cela ne se
petit que par les mêmes gradations qui ont servi
à les établir. Voyez dans l'origine des Sociétés,
l'Intérêt général, la Justice ; l'Egalité poser les
premières pierres de l'édifice. Croyez-vous que
les homniçs, en se mettant eh communauté, --- Page 657 ---
Des Nègres,. 87 F iv soient convenus de se distribuer en classes supérieures & inférieures ? Par combien de nuances
est - on parvenu à la distinction des Nobles &
des Plébéiens , des Maîtres & des Esclaves , des
Princes & des Sujets? Croyez- vous que ces divers
états de la Société ayent été, institués par une
volonté générale & réfléchie ; qu'on en eût
accepté l'institution, si leur existence n'avoiç
précédé toute délibération ? Comment concevoir *
en effet, un homme assez pervers & assez fou
pour oser dire, le premier, à ses semblables :
Je fais votre Maître ; obéissez-moi ; ceux-ci feront
Nobles, & vous, ne le serez pas. Voilà la Propriété
des uns : les autres les ser virent pour fubjifler. On n'a pas imaginé davantage de poser en
principe, dans les premiers Pactes de Commerce,
que la communication seroit interdite d'un Paysà un autre, & qu'on ne pourroit pas échanger
librement ses récoltes. Au commencement, tout
étoit simple : les premières combinaisons sociales,
les Loix du premier âge , celles de premier
mouvement étôient justes & salutaires; nos erreurs politiques sont l'ouvrage des siécles. C'est
ainsi que le gland , devenu chêne, étend au
loin ses rameaux , & s'attache à la terre par
de profondes racines.
d'un Paysà un autre, & qu'on ne pourroit pas échanger
librement ses récoltes. Au commencement, tout
étoit simple : les premières combinaisons sociales,
les Loix du premier âge , celles de premier
mouvement étôient justes & salutaires; nos erreurs politiques sont l'ouvrage des siécles. C'est
ainsi que le gland , devenu chêne, étend au
loin ses rameaux , & s'attache à la terre par
de profondes racines. ,, Pourquoi la modération est-elle assez ordinairement le partage des bons - esprits & des --- Page 658 ---
S5 De l, £. CJ' CL:l, " I,Lr, '" plus honnêtes - gens ï Seroient ils donc dépourvus de cette adive sensibilité, qui rend les dés-.
ordres publics si pénibles à supporter ? Cest
quen arrêtant ses i egards sur le passé , en ré-
~ sur le cœur de l'homme , on ne
trouve point qu'il ait voulu le mal, & qu'il en
ait projette la propagation Air le Globe, L'in-
~'T:r •' ^ L: ~cireonipeéiion , (c mêlent alors au
setiment douloureux, qu'excitent en nous les
plaies de la Société. On voit que les Couvcrneurs des Nations ont été long-temps, & feront
encore quelquefois , des aveugles , qui frappent
avec leur baton & brifent, sans dessein, les choses
fragiles qu'ils rencontrent sur leur chemin. Cette
vérité , uutc pour adoucir l'amertume de nos
censures & de nos jugemens , nous laide cepend ant , a 1 ~ ~11'on & 1 ~chn-ir de résister au mal,
de nons c ~mréd< rer pour arriver au bleu; mais
que les ) mlofophes , j'ose leur faire cette inviplutôt la voie des négociations
~(~ ( ~cu; ~''u^-'tes. & qu ~ils nous épargnent
~v.mi ~'.îjuu.s. ~ou; procèdent & qui ~(uÍvcnt la
V ~iil'ci•' ~j, ~*JC c ~cs> rL ~conlUier-itions 1\Îj;i!CC, reve-
~.tU j ~J) ~nnihe eu nous ~'ommes. Quoi-
~v'«11 ~l,llC ~'.rNu^cie en ~l'll '''l'eL.c' '- 1 beaucoup ~d'an-
~U;v- > ~Lv-' ~lc ~Ii; ¡ ~Lc.. !:\E:C: C n'a peint produit b
\ - - -« e ~Ut S . ~iji ~es f ~C\. ~lli i ~une "o ~1';:1Jrrc --- Page 659 ---
,. Des Négrel 1 _ 89 sont «n syllogisme , dont il suffit d'anéantir lei
prémices » pour détruire la conséquence. -.- -. - §. 1 I. , £jcamen ^ de£ Plans & Yo-yeiu proposes pouf par-
-v?l{ A-faéJkuclh* a'de lIA Sirviiu£ des Nè'gtesT Tout autre systême de culture , que celui qui
a lieu agilement dans les Colonies, pouvoir
être adopté, avec plus ou moins dé succès. lors
de leur établissement. Le vertueux Las-Casas qui,
par pitië, par intérêt pour les Indiens, imagina
la Traite des Nègres, commit sans-doute la plus
funeste erreur; mais son exemple suffiroit, pour"
nous rendre moins odieux ceux qui, n'ayant pas"
crée volontairement, comme lui, ce triste expédient, sont soumis à la nécessité dé1 l'employer
. aujourd'hui. ^
Colonies, pouvoir
être adopté, avec plus ou moins dé succès. lors
de leur établissement. Le vertueux Las-Casas qui,
par pitië, par intérêt pour les Indiens, imagina
la Traite des Nègres, commit sans-doute la plus
funeste erreur; mais son exemple suffiroit, pour"
nous rendre moins odieux ceux qui, n'ayant pas"
crée volontairement, comme lui, ce triste expédient, sont soumis à la nécessité dé1 l'employer
. aujourd'hui. ^ Il étoit difficile que les Conquérans de rAme- ,
rique qm avoient eu l'injustice de dépouiller,
de subjuguer, ou de détruire les paisibles Indiens,
n employaient que des moyens justes pour conferver leur Conquête. Et, siLas-Casas avoit propose au Conseil des Indes, de transporter des
Négres en Amérique, pour les y établir comme
* Propriétaires , cette généreuse Entreprise n'auroit pas été accueillie; on auroit pu même lui --- Page 660 ---
$o De VEfclavage répondre : » Pourquoi dépouiller les Anciens » H
Ainsi, en Politique & en Morale, une chute toujours entraîne une autre chute.' L'avidité des prew
miers Européens, qui pénétrèrent dans ces nouvelles Contrées, les rendit injustes & cruels;
l'homme sensible,qui voulut mettre un frein à leurç
férocité, ne crut pouvoir leur faire respecter la
vie des hommes qu'ils obligeroient au travail de
l'a terre, qu'en donnant à ceux-ci une valeuit
représentative de l'or, dont leurs Maîtres etoient
affamés. Il acheta donc, & il fit vendre des E&
claves Nègres, pour êt: substitués aux malheureux Indiens. Dès-lors les travaux pénibles, l'exploitation des Mines , la culture de la terre >
furent, en quelque sorte, interdits aux hommes
libres; & le climat de la Zone Torride rendcit
cette interdiction nécessaire aux Européens. Comment, en effet, concevoir que notre Continent
sourniroit au Nouveau - Monde , une.somme de
Cultivateurs, suffisante aux .défrichemens dont
il étoit susceptible , ou , seulement, au terme
de culturel auquel les François sont parvenus. 1 m*
ibles, l'exploitation des Mines , la culture de la terre >
furent, en quelque sorte, interdits aux hommes
libres; & le climat de la Zone Torride rendcit
cette interdiction nécessaire aux Européens. Comment, en effet, concevoir que notre Continent
sourniroit au Nouveau - Monde , une.somme de
Cultivateurs, suffisante aux .défrichemens dont
il étoit susceptible , ou , seulement, au terme
de culturel auquel les François sont parvenus. 1 m* Cependant les Flibustiers , après avoir conquis
les Antilles ; sur les Espagnols, s'y étant maintenus
quelque temps comme Soldats & comme Cultivateurs, il étoit possible de suivre ce .premier mode
d'établissement, & d'en accroître successivement la --- Page 661 ---
-Des, Nègres,^ population-, par l'émigration de totis les Aventuiiers, & des gens sans moyens qui auroient
été attirés, dans le Nouveau-Monde, par l'espoir
d'un meilleur fort., En supposant, dans ce systême
dé culture , qui eût été celui des petites Propriétés multipliées, l'exclusion des Esclaves, on
conçoit. que ceux des Flibustiers qui s'étoient
enrichis à la- Go.urse, pouvoient appeller à, leur
service, & entretenir un certain nombre de
Manœuvres nationaux ; mais ceux-ci, passant
dans la classe des. Propriétaires, & défrichant »
pour Jeur compte, aussi-tôt qu'ils auroient obtenu , par leurs épargnes, une avance de six
mois. de subsistance, il paroit démontré qu'un
tel Etablissement n'auroit été d'aucun intérêt pour
la Métropole; qu'il lui auroit été onéreux ; que
lg) contamination d'hommes y aurait été prodi-?
gieuse, si l'on avoit voulu le soutenir sur c.ettç
bâfe, & * que leur recrutement auroit successivement dépeuplé .l'intérieur du Royaume. ^
Quel peut être l'objet raisonnable, de la fondation d'une Colonie , par un Peuple qui n#
point à redouter sa multiplication, sur un grand
territoire? c'est sans doute d'affûrer, sans dépendance envers les Etrangers , la consommation
de ses propres denrées ; d'obtenir à meilleur
prix, par des échangesr celles qui lui manquent,;
& de multiplier chez 1 tû, 1 les moyens de travail --- Page 662 ---
4% De tE/cltlvace,-" - & d'industrie en faisant le moindre sacrifice
possible de ses propres forces. „ ^
Aucune de ces conditions ' ne pouvoit êtrg
remplie, par line population de François Cultivateurs, dans les Colonies. 1 " h ; L - En là supposant peu considérable ? elle étoit
insignifiante pour le- Commerce , & se seroit
éteinte, à moins d'un recrutement successif
ou moins onéreux. ; ; "" 1 En la supposant égale à celle des Négres,
boureurs qui y font aujourd'hui établis , c'éto^
un gouffre qui auroit. englouti , dans un terme,
donné , les Vingt-quatr - millions d'hommes
la Nation est composée ; & l'on ne sauroit m 'imputer sur cela aucune exagération , à moins
de! résister à TExpérience & à la Raison. Le climat de la Zone Torride est , en général, funeste
aux Européens, quelque soient leur tempéramment, leurs occupations & leur manière de vivre.
Il est peu de famille qui ne décroisse &
s'éteigne à la cinquième ou sixiéme générations &
1 l'on voit encore moins d'Ouvriers Blancs, soutenir
plusieurs Jannées de suite , les travaux qui
peuvent s'exécuter à l'abri du Soleil,
résister à TExpérience & à la Raison. Le climat de la Zone Torride est , en général, funeste
aux Européens, quelque soient leur tempéramment, leurs occupations & leur manière de vivre.
Il est peu de famille qui ne décroisse &
s'éteigne à la cinquième ou sixiéme générations &
1 l'on voit encore moins d'Ouvriers Blancs, soutenir
plusieurs Jannées de suite , les travaux qui
peuvent s'exécuter à l'abri du Soleil, Mais je corisens aux exceptions. Les végétaux
étant infiniment moins substantiels en Amérique
qu'en Europe , &, la chaleur du climat occasionnant, aux Travailleurs Européens, une déper- --- Page 663 ---
b - Des Nègres. - -, ~92 dition de forces qui ne peut être-réparée que
par une nourriture animale , une population
nombreuse de blancs , esigeroit. indispensablement une' dirçâion de culture qu j, eût pour
objet principal la subsistance, c'est-à-dire, une
consommation journalière des produits du travail de la Colonie. Quel seroit alors, pour la.
Métropole, l'avantage d'un pareil établissement
en supposant quil pût se maintenir? i .„
Tel eût été le résultat des petites Propriétés
cultivées par des Manœuvres nationaux perpéx
tuellement recrutés ; ils auroient obtenu , par leur
travaiÏ, d'abord leur subsistance ; plusieurs seroient ensuite parvenus à l'aisance. & aux commédités que procure l'industrie dans tous les
Pays; mais les moyens d'échange, de cette
Colonie avec la Métropole, aboient, toujours . la moindre partie de ses produits, par la
raison que je viens déposer; par la décroissance
probable, inévitable de ses Manœuvres
parceque dans 'ce systême de culture, aucun"
Capitale n 'auroit trouvé d'attrait & de moyen •>
suffisant, pour le transport & l'emploi utile de
ses fonds. Il n'y auroit donc eu que des essais
très-promptertient abandonnés ;'& . les Colonie* '
Françoises n'existeroient pas. Je ne prononce
pas que ce car, si nous avions
employé sur notre sol, depuis deux-cents ^ nos ' --- Page 664 ---
94 De l'Esclavage hommes & nos fonds, il est probable qu'il en
feroit résulté d'autres avantages , & que la Nation
se ieroit mise en état de solder les denrées tie
-1 Amérique.' Mais les Colonies existent, & leur
influence sur le systême politique , sur le mouvement intérieur de nos capitaux , de nos atteliers , n eil pas contestée : les Réformateurs n'exigent pas qu'elles soient abandonnées , anéantie ;
ils nous promettent, au contraire > de plus ricins
produits, en livrant la culture à des mains libres ;
la substitution des Européens aux Négres Esclaves étant l'un des moyens, en examinant-CE
qui seroit arrivé , si tel avoit été le mode primitis de 1 l'établissement, lorsque toutes les difpositions & les mesures pouvoient être sans inconvénient essayées & abandonnées, on appercevra
sans doute ce qui arriveroit au moment ou cette
révolution seroit déterminée. Que dis-je! elle'a
été tentée de nos jours : j'ai vu les déplorables
ç restes de cette Entreprise dans la Guyane ; j'ai
£ parcouru le rivage & les champs désolés, où
douze mille hommes & trente millions ont
t, été ensevelis en dix-huit mois ; j'ai recueilli,
& ai renvoyé dans leur Patrie une centaine de ces
malheureux Blancs, qui avoient survécu à leurs
. Compagnons; & je fis remarquer dans le temps
-je! elle'a
été tentée de nos jours : j'ai vu les déplorables
ç restes de cette Entreprise dans la Guyane ; j'ai
£ parcouru le rivage & les champs désolés, où
douze mille hommes & trente millions ont
t, été ensevelis en dix-huit mois ; j'ai recueilli,
& ai renvoyé dans leur Patrie une centaine de ces
malheureux Blancs, qui avoient survécu à leurs
. Compagnons; & je fis remarquer dans le temps . au Minifire que, malgré les avances duGoiiver-
^ pernent continuées rendant quatre, ou cinq an- --- Page 665 ---
1 Des Négres. J nées t a ces Colons; malgré le travail assidu de
plusieurs qui ne manquoient point d'intelligence,
auçun n'étoit parvenu à obtenir , dans l'espace
de quatorze ans, plus que sa subsistance & celle
de;isa famille. Ceux - là même que je ne congédiai pas, parce que leur exigence paroissoit
plus assêrée, n'ont pu se sali tenir dans les temps
de maladies, si fréquentes dans le climat pour
les Européens , que par le secours des Esclaves
dont l'Administration leur avait fait l'avancer On propose encore de semblables essais ; SÊ
j'oubliais cet exemple si frappant , si désastreux
d'une Entreprise dont la folie ne peut-être comparée, qu 'à la légèreté avec laquelle on en adopta
le projet. Et qu'on ne dise pas que l'établissement de
Kourou, n'échoua que par le défaut des précautions qui pouvoient en assurer le succès : sans
doute il y eut de grandes fautes commises
dans l'exécution ; mais elles étoient inévitables;
car on ne trouvera jamais pour Coopérateurs
d'un plan déraisonnable, que des hommes que
leur caractère porte à courir tous les hazards,
- sans en prévoir aucun. Quel Administrateur prudent & éclairé eut pu conientir à transporter ,
«•* à établir des Paysans d'Alsace & de Lcrraine dnns
la Zone Torride? Il n'auroit pas manqué de dire
-3» Gouvenement, séduit par des Mémoires insi- --- Page 666 ---
9* De VEsclavdge dieux : « Vous voulez fonder une nouvelle Coa
» Ionie ; quel est votre objet » ? S'il ne s'agit
que de procurer des moyens de subsistance à des
gens qui n'en ont pas , placez-les dans Vo< Landes
faites leur dessécher vos marais avec dit
fois moins de dépense que vous n'allez en feire f
vous bâtirez des Villages ; vous multiplierez les
propriétés & les marions dans des lieux aujourd hui flériles & inhabités. Espérez - vous qua
ces nouveaux Colons y infialés dans la Guyane
fourniront un alimsnt à votre Commerce ? Cela
est impossible : il saut d'abord les nourrir jusqu'à
ce que la terre qu'ils auront défrichée puisse les
faire subsister ; il faut mettre en considératiort
les maladies & les mortalités auxquelles rien ne
peut les souslraire ; & ensuite le dépérissement
des forces de ceux qui ne succomberont pas ; St
ensuite leur extinction successive; parce qu'ayant
à lutter contre un climat destructeur , & un
travail pénible, ils ne se reproduiront pas ; &
enfin, leur subsistance une fois affurée par îeus
propre industrie & par toutes les avances que
vous leur aurez faites, vous n'aurez jamais,dans
cette Colonie foible & précaire, que dels Con-«
sommateurs de leurs propres productions, qui
ne sauroient fournir à votre Commerce aucuif
objet d'échange, aucun moyen d'activité. ' ' *
Tels seront .toujours les ohstacles invincibles
travail pénible, ils ne se reproduiront pas ; &
enfin, leur subsistance une fois affurée par îeus
propre industrie & par toutes les avances que
vous leur aurez faites, vous n'aurez jamais,dans
cette Colonie foible & précaire, que dels Con-«
sommateurs de leurs propres productions, qui
ne sauroient fournir à votre Commerce aucuif
objet d'échange, aucun moyen d'activité. ' ' *
Tels seront .toujours les ohstacles invincibles --- Page 667 ---
* Des N$grêf?^ yf G d un étabissement de Laboureurs Européens, dans
les Colonie situéès depuis la ligne équinoxiale
jusquau. trentième & au trente-cinquième deagré.
Ils ne peuvent donc être substitués aux Esclaves.
Voyons : ce qutott, poutroit espérer des Negres
libres. En me replaçant toujours à îa première époque
de l'institution, je conçois qn'il ' eût été possiblude, concilier 1 Esclavage des Nègres avec les
moyens de le7 détruire. En supposant cette intention an Législateur, il eût sallu ne permettre
aux Colons, 1 achat & l'emploi des Négres à
leur service , que pour un tempi limité; pré:
senter aux uns & aux autres, cette perspective,
qui auroit été la baie déboutés les combinaiions, de tous les contrats des Colons V & qui
auroit préparés naturellement les Esclaves au
changement de leur condition. Il auroit fallu
aluirer a ceux-ci des terrcins en propriété > pour
m jouir librement à l'expiration de leur Sérvîcette disposition , arrêtée dans un' plan
général d'Etablissement , auroit environné les
grands Propriétés, de toutes celles àê leurs
Affranchis y qui auroient eu l'habitude & l'obligation de lervir, de préférence, comme Journaliers. libres , leurs anciens Maîtres. Ce systême
se liait nécessairement à celui de '-la Féodalité,
dont le mauvais, régime paroit être néanmoins --- Page 668 ---
98 De l'Esclavage un passage intermédiaire & nécessaire entre la
Servitude & la Liberté. J'ajouterai même que les
droits\ féodaux , tels qu'ils exiStoient dans toute
leur étendue, & les anciennes prérogatives des
Seigneurs Châtelains ne seroient pas une barrière suffisante pour mettre en pureté le petit
nombre des Propriétaires Blancs, qui compofçroient la Société politique de chaque Colonie,,
contre une grande population de Négres libres,
devenus aussi Propriétaires; & le Législateur qui
auroit ordonné, dès le commencement, rAffranchifTement successif des Négres transportés en
Amérique, n'auroit pu se dispenser d'imaginer
des précautions plus réprimantes, pour contenir
la classe la plus nombreuse des Colons Affranchis,
dans un cercle séparé de la classe des Colons
Citoyens; car,si l'on ne confère parmi nous les
Emplois Militaires , & les Magistratures civiles
qu'à des hommes d'un ordre distingué de la
multitude, il cst probable qu'on ne se seroit
jamais proposé , dans les Colonies, une exacte
parité entre les Blancs & les Noirs; mais l,a grande
disproportion numérique des uns aux autres,
auroit produit la nécessité d'une subordination
inviolable des Noirs libres, aux membres essentiels
du Corps politique. Cette considération, qui
n'est pas plus injuste que chimérique , aurqit
donc fait mettre quelque modification à l'état
qu'à des hommes d'un ordre distingué de la
multitude, il cst probable qu'on ne se seroit
jamais proposé , dans les Colonies, une exacte
parité entre les Blancs & les Noirs; mais l,a grande
disproportion numérique des uns aux autres,
auroit produit la nécessité d'une subordination
inviolable des Noirs libres, aux membres essentiels
du Corps politique. Cette considération, qui
n'est pas plus injuste que chimérique , aurqit
donc fait mettre quelque modification à l'état --- Page 669 ---
Des Nègres» 99 G ij de liberté & de propriété, auquel les Nègres
auroient été admis. Tous ces arrangemens , & beaucoup d'autres ,
pouvaient être préparés & consolidés , dans la
fondation d'une Colonie; ils auroient nécessairement limité le ri ombre & rétendue des grandes
Manufactures, en sucre, caffé & indigo. Les Capitalises, Prêteurs ou Entrepreneurs , ne pouvant
se livrer à des spéculations d'une prompte &
facile exécution , par le rassemblement & la disposition absolue d'un grand nombre d'Esclaves,
n'auraient point risqué leurs fonds (i), ou une
aussi grande masse de fonds, dans les défrichetnens de l'Amérique. Le Commerce national n'en
auroit jamais reçu Cette somme énorme de produits , dont le transport & la vente occupent &
entretiennent une partie de ses Agens ; mais les
vues du Législateur, pour l'AfFranchissement des
Nègres, auroient été remplies sans aucune des
contrariétés qui se sont multipliées depuis, &
qui ont acquis aujourd'hui une consistance imposante, pour tout homme sage & éclairé. Il suffit de jeter les yeux sur les plans géo- (i) On ne peut pas supposer d'autres motifs aux gravdes Entreprises de culture, en Amérique , que l'espoir d'une
grande fortune faite rapidement. --- Page 670 ---
ISO Dji t'lflflplr.t(ge mé triques w de nos Etablissemens aux, Isles. du
Vent & fous le Vent, levés par Quartier ou par
Parcisîe, pour reconnoître,. l'impossibilité d'en
changer la distribution , &5 de la convertir
petits Domines, Fermes, ou Champs cultivables
par des Blancs , ou des Négres, libres. ÇpmmQ
j'ai l'intention & les moyens de ne plus laisser
d'espace libre pour toutes les hypoîbéses , qu^
* l'Expérience , la Raison & là Localité ,> nous forcent de rejeter, je demande grâce pour les détails nécessaires a cette démonstration, Si je me
trompois , si j'avançois, des saits qu'on pût
contester, c'est par les détails qu'on parviendroit
à se saisir de mes erreurs , & à ramener en
triomphe les principes contradiéloires, aux miens,. Les terres cultivées dans les Colonies, à S.-
Domingue, par, exemple , sont naturellement divisées en cultures de plaines 3 & cultures dq
montagnes ; mais les défrichemens ayant été successifs,& contigus, les' Propriétés & les Cultures
sc suivent immédiatement depuis les bords de
la mer jusqu'au fond des plaines, & au sommet
des montagnes, (ans qu'il se trouve dans les plus
grandes latitudes du même Quartier, & d'un. éta.
bîiitement à un autre, aucun terrein neuf à can-
, par, exemple , sont naturellement divisées en cultures de plaines 3 & cultures dq
montagnes ; mais les défrichemens ayant été successifs,& contigus, les' Propriétés & les Cultures
sc suivent immédiatement depuis les bords de
la mer jusqu'au fond des plaines, & au sommet
des montagnes, (ans qu'il se trouve dans les plus
grandes latitudes du même Quartier, & d'un. éta.
bîiitement à un autre, aucun terrein neuf à can- :• t . céder, à moins qu'il ne soit tout- à-fait stérile,
$c impropre à toute efpécc de produit. Les
premiers Propriétaires des Mornes se sont, étendus --- Page 671 ---
Des Nègres. 101 G iij dans les revLrs; & de nouvéaux Concessionnaires
se font placés à leur suite , dans les doubles
montagnes. Telle est, en général, la distribution
intérieure des Isles dit Vent & sous le Vent.
Les Villes & Bourgs ont le plus sou vent néglige de se réserver ' quelque terrein commun
pour pacages, ou pour d'autres services publics;
& l'on a été obligé, dans plusieurs Paroisses, de
réparer cette omiffccn cles Fondateurs, par des
rachats. On' conçoit que cet ordre vicinal des
Habitations a été autant déterminé par la nécessité, que par d'autres combinaisons. Toutes les
relations, des Colons , aboutissant à la mer &
aux Embarcadaires , pour le débit de leurs denrées , ils ont du s'en éloigner le moins possible ,
& se placer, suivant la date de' leur etablissement, en première, deuxième & troisiéme ligne,
sur les terreins qu'ils trouvaient vacnns. On
conçoit aussi que, les grandes Entreprises de
défrichement n'ayant commencé qu'avec des
Esclaves, les Concessionnaires ont voulu s'assûrer
d'une étendue de terrein, proportionnée à leurs
moyens présens & à venir. Les Concevions
n'ont donc été réduites au-dessous de quatre
on cinq cens arpens , que lorsqu'il n'y en avoit .
pas davantage à la convenance du Demandeur;
&,dans le cas contraire, elles ont été portées à
douze cens, & jusqu'à deux mille arpens. Ainsi --- Page 672 ---
loi Dç Estlavage le systeme des grandes Propriétés exploitées paj
des Enclaves > est devenu, par les dispositions du
Gouvernement, par les spéculations du Comtrerce ,>& les avances qu'il p faites aux Colons,
le systême fondamental dç^ Colonies. Par, une
conséquence nécessa.ire , la subdivision de ces
Propriétés , .converties en Manufactures , nuisant
à l'intérêt géneral, à la sureté des hypothèques,
à la stabilité des produits, & au crédit des. Calons, les loix postérieures à l'Institution ea ont
maintenu Pesprit & les moyens. " Voilà l'état des choses ; je ne connoîs point
d'exemple , dans les Annales du monde , d'une
Société fermée sur un plan législatif, quelque
vicieux qu'il foit , & spontanément dissoute pour
en adopter un autre. Car ce n'est pas une réforme, mais une subversion totale qu'on nous
propose : c'est une désorganisation ablolue des
Manufactures actuelles & de leurs forces mouvantes; une abjuration solemnelle des Loix qui
- les ont créées & protégées; des ContraCts qui en ont
été la fuite ; c'efi enfin un mouvement impétueux
de tous les intérêts , de tous les individus , dont
le déplacement & le détordre commenceront à
l'instunt même de la première impuision; car l'intention manifestée d'un pareil changement équi-
, ~ à l'exécution. Mais pour~ vons l'exagien moy ens que la prudence a suggérés pour
des Loix qui
- les ont créées & protégées; des ContraCts qui en ont
été la fuite ; c'efi enfin un mouvement impétueux
de tous les intérêts , de tous les individus , dont
le déplacement & le détordre commenceront à
l'instunt même de la première impuision; car l'intention manifestée d'un pareil changement équi-
, ~ à l'exécution. Mais pour~ vons l'exagien moy ens que la prudence a suggérés pour ' 1 --- Page 673 ---
Des NègresH IO} G iv éviter toti te'commotion : nous en sommes à celui
des Nègres libres, qu'on rendra Propriétaires cultivateurs. zoï irq , « Comment parviendra t-on à placer sur la
carte , dont je viens de présenter l'esquisse, &
à multiplier les petites propriétés ? Comment
diviser les grandes , & en faire7 la répartition
entre les Noirs ? Veut-on les; établir dans les
quartiers , dans les montagnes inhabitées ? Ils
seront alors à de si grandes diitances des Manufactures, des terres cultivées , qu'il n'y aura
plus de relation possible, pour les travaux Journaliers , entre les Blancs & les Noirs ; &,li ceuxci sont une fois séparés de leurs anciens maîtres,
& invertis d'un terrein suffisant pour leur subsistance, que gagneroient Ils à*' s'en rapprochera
5 On connoît l'établissement des Négres libres à
Surinam : lors de mon Voyage dans cette Colonie, leurs Chefs vinrent me vinter ; ils vouloient
réclamer mon intercession auprès du Gouvernement Hollandois pour l'exécution de quelques
Articles de leur Traité; & je profitai de toutes
les facilités que cette circonstance me procuroit,
pour m'informer , dans le plus grand détail, de
leur Situation, de leurs Mœurs, Commerce
Culture @& Police. Ils ne manquent d'aucun des
moyens d'exercer, dans leurs Villages, nos Arts
méchaniques ; ils ont parmi eux des Ouvriers de --- Page 674 ---
ÏP4 De -VEfclavj^ge toutes, les professions., échappé, çommç les autrès, des Atteliers Hollandois, & devenus libres par
lin Traité fait, les armes à la main. Ils auroient
même les plus grands intérêts à conserver au moins
l'espéçe d'industrie nécessaire à leur défense, & à
l'accroissement de leurs forces, On croiroit qu'ils
ont du, desirer d'être, en état de se forger des
armes , ou de réparer celles dont ils se pourvoient par des échanges ; & qu'ayant tous connu
les commodités , les jouissances. dc luxe, si précieufes aux Européens, l'espoir d'y parvenir sen
rp\t pour eux un ipotis de travail; mais le repos
l'oisiveté sont, devenus y dans, leur. état social j
leur unique passion. Leur culture , bornée à l'absolu nécessaire, les expose à d'affreuses disettes
la chasse & la pêche sont alors leur seule res"
source. Repoussant conn'amment les Missions religieuses , & toute occasion de relation avec les
Blancs, ils ont préféré, pour s'assûrer des armes
& quelques uÍlenÍiles, de se constituer , par un
Traité , gardes & geoliers de leurs camarades Esclaves, qu'ils arrêtent & revendent aux Hollandois,.
quand les déserteurs viennent leur demander asyle,
ou qu'ils, les Surprennent dans les bois. Leur
police consiste » dans l'autorité absolue d 'un
Chef que la multitude fait périr ou déposer,
quand elle en est mécontente. Etablis à trente
lieues des quartiers habités par les Hollandois
iles, de se constituer , par un
Traité , gardes & geoliers de leurs camarades Esclaves, qu'ils arrêtent & revendent aux Hollandois,.
quand les déserteurs viennent leur demander asyle,
ou qu'ils, les Surprennent dans les bois. Leur
police consiste » dans l'autorité absolue d 'un
Chef que la multitude fait périr ou déposer,
quand elle en est mécontente. Etablis à trente
lieues des quartiers habités par les Hollandois --- Page 675 ---
Des Négres. '• iof ils ne veulent ni rapprochement, ni Co mm erce, ni
d'autre travail, ni d'a titrés Mœurs & Coutumes que
Villes de leur pays natal; & ils se maintiennent dans
ces principes avec la plus persévéranté obstmation. 0n ne peut pas douter que toutes lèà réàfiïôii
de Négres librés danS les montagnes escarpées J
ddbs les lieux inhabités de chaque Colonie, ne
représentassent les Peuplades de Surinam : dâfns l'ordre dé îà Nature que ces hommes, dont
les goûts les habitudes primitives sont fortement contrariées par la Servitude , y reviennent
avec transport aùssi - tôt qu'ils en auront la Liberté, & que leur première jouissance ne soit
l'oisiveté si toutefois Tin quiétude de retomber
par quelque catastrophe sous l'autorité des Blancs;
ne les excite à des précautions fœdératives &
aux mouvemens qui en font la fuite. Il est toujours probable qu'aussi-tôt qu'un térritoire commun aura été assigné aux affranchis , ce fera
le point de ralliement, & la patrie adoptive de
tous ceux qui pourront y être admis. Or, si cet
établissement devenoit jamais considérable, ne
pourroit-il pas être dangereux ? Ce seroit au moins
une Société étrangère, au milieu de nous, qu'aucune considération morale & politique , aucune
convenance, aucun intérêt ne pourroient mettre
en relation de 'travail & de Commerce avec les
- --- Page 676 ---
1,Oé; De ïEfc lavage 1. Le projet de les disperser sut une grande surface, de 1 les! rendre Fermiers, Laboureurs dttf
grand Propriétaire auprès duquel ils auroient une
petite habitation , comme les Paysans en ont autour du Domaine de leur, Seigneur : Ce plan là
qui paroît si simple, parce que c'est ce que nouS
voyons dans nos Villages , dans nos Campagnes, ce Plan , dis - je , exigeroit une révolution de huit ou dix siécles, avant que d'être
exécuté. Et qui sait à quelle époque remonte
parmi nous la subdivision des propriétés, & leur
transmission par échange libre, vente ou hérir
tage Cette première opération des hommes, ré*
unis en Corps de Nation , acquiert une inviolable
siabilité, aussi-tôt qu'ils ont des Loix & un Gouvernement. Il n'y a plus que l'invasion, la c-onquête qui puissent la détruire; 8c l'ordre se rétablit
aussi-tôt par un nouveau partage. Comment l'attaquer maintenant par une décomposition subite ou graduelle ? A-t-on prétendu que chaque habitant vendroic
volontairement à crédit, une portion de son terrein à ses asfranchis ? Mais si j'ai cent Négres &
cent arpens de terre, en en vendant un à chacun,
il ne me reste plus rien dans un termé donné.
Et qui me garantira le paiement ? Quelles seront les cautions de ces nouveaux acquéreurs ?
Certes je ne vendrai pas volontairement. La Loi --- Page 677 ---
Des Nègre s M r:ev my forcera-t-elle? c'est alors une Loi d'invasion
& dQ dépouillement, dont on ne sauroit craindre
la promulgation.
Mais si j'ai cent Négres &
cent arpens de terre, en en vendant un à chacun,
il ne me reste plus rien dans un termé donné.
Et qui me garantira le paiement ? Quelles seront les cautions de ces nouveaux acquéreurs ?
Certes je ne vendrai pas volontairement. La Loi --- Page 677 ---
Des Nègre s M r:ev my forcera-t-elle? c'est alors une Loi d'invasion
& dQ dépouillement, dont on ne sauroit craindre
la promulgation. Me dispensez-vous de vendre , pour m'obligea
d'affermer ma terre par petites portions à chacun
de mes affranchis ? vous anéantirez également ma
propriété, mes revenus , en mq laissant, pour
tout moyen de les faire valoir , im expédient
obligé , auquel je ne saurois me confier, parce
qiul ne peut être suppléé par aucun autre , si
ces Fermiers, sans propriété, abandonnent leur
ferme, ou négligent leurs travaux, & ne peuvent
me payer. C'est donc comme Journaliers que le Propriétaire emploiera ces Nègres libres ? Mais vous ne
faites pas attention que ce' Peuple de Journaliers
sans domicile, sans propriété, seroit un monlire en politique , que la difficulté première , celle
de les placer quelque part comme hommes libres.
de les distribuer en Hameaux, en Villages; de leur
donner un titre , une part effective au contract
locial, cette difficulté n'a point été détruite, ou
ne peut l'être, qu'en leur alignant des quartiers
inhabités dans les montagnes, qui les séparent de
la partie actuellement habitée , dont vous voulez
qu' ils deviennent les Laboureurs; & je crois avoit
démontré comment leur réunion à de grandes distances de nos Manufactures, les rendroit plu- --- Page 678 ---
10$ De ierc:iavjge tôt étrangers, é ennemis qu'auxiliaires des CoIons. J ai ensuite parcouru toutes les plaines &
les montagnes occupées par desi habitations contigiies;& je nej vois, pour les Nègres, aucun terrein disponible, auai-tôt qu'ils feront affranchis ;
parce qu ils n auront pas les moyens, parce qu'aucun habitant n aura la volonté de démembrer
Domaine en petites parties, pour concourir
l execution d un plan qui le ruine infailliblement. Jç prévois une objedion que je ne veux pas laisser
en arrière ; » n'y a-t-il pas , me dira-t-on , dans
» les Colonies des Nègres & des Mulâtres libres!
» N'en affçanchit-on pas tous les jours?S'il n'y a
y* point eu de difficulté pour procurer à ces gens-
» là une profession, une existence dans la Société
» Coloniale ; s'ils se sont naturellement placée
»> comme Propriétaires, ou comme Artisans, parmi1
» les autres Habitans, il en arriveroit de même
» d 'un Affranchissement successif de tous les Es-
» claves, lorsque ce Plan seroit adopté» On a déjà vu, dans mon premier Mémoire
ni affoiblis aucune Objection }
& celle-ci, méritoit d'être développée, l'Inexpérience & la Bonne - Foi, pouvant en exagérer
la valeur. Il y a une très - grande difsérence'
entre les Affranchissemens rares & volontaires,
qui ont. lieu maintenant , ou ceux qui seroeint
la suite d'un Acte législatif, & d'un Plan général^ --- Page 679 ---
Des Negrei? ioo adopté contre l'intention, & malgré les réclamations des Colons.
iblis aucune Objection }
& celle-ci, méritoit d'être développée, l'Inexpérience & la Bonne - Foi, pouvant en exagérer
la valeur. Il y a une très - grande difsérence'
entre les Affranchissemens rares & volontaires,
qui ont. lieu maintenant , ou ceux qui seroeint
la suite d'un Acte législatif, & d'un Plan général^ --- Page 679 ---
Des Negrei? ioo adopté contre l'intention, & malgré les réclamations des Colons. Jusqu' à présent, refprit" du Gôàvernemént a
été de limiter le nombre des A ffranchis, & de
mettre même des entraves, sur ce point là, à la
libéralité des Maîtres. On a souvent imposé un
droite on a toujours exigé des conditions préalables j & une subsistance assûrée. D'ailleurs ceux
des Esclaves qui ont obtenu cet avantage, peuvent être rangés dans trois classes : celle " des
.Bâtards., affranchis par leurs pères, les Négresses
ou' Mulâtresses , vivant en concubinage avec
leurs Maîtres; enfin les Sujets distingués par
leurs talers ou leurs fervices& qui s etoient
enrichis par cette voie; car on ne doutera pas
qu'il ne se trouve des Esclaves aisés, industrieux,
& des Maîtres généreux. Ces trois causes d'Affranchissement se trouvent évidemment lices aux
moyens qui placent, tout de suite & sans difficulte , les Affranthis parmi les Propriétaires ou
les Artisans. Ils sont presque tous Habitans'des
Villes & Bourgs ; & le premier don qui accompagne leur liberté, est celui d'une Maison, d'un
petit Magasin, d'un ou plusieurs Esclave, pour
les aider à exercer leur métier, 011 leur commerce, s ils n ont d 'autre talent que celui de
pacotilleurs. Ce n'est qu'après avoir sait fortuné
dans cette profession , quiils, • s'élévent au rang --- Page 680 ---
1 tO De -,eefc lavage des grands Propriétaires ; car il en est plusieurs
qui ont des Sucreries, & deux: on trois cens
Esclaves ; il h'en est aucun qui n'emploie ses
premières épargnes à s'en procurer un, s'il ne
peut en avoir davantage ; & il n'en est point,
qui ait jamais présenté le spectacle d'un Laboureur , Noir ou Mulâtre, vivant librement àVec
famille, par la culture dé fori petit Domaine. Il n'y a donc aucune indu&ion à tirer , pour
un Affranchissement successif obligé par la Loi,
de ce qui se passe dans les Affranchissemens volôntaires , parce que le petit nombre de ceux
qui existent, ne peut être embaraffant ; que, sur
cent mille Esclaves , il n'y en a pas cent par
année qui obtiennent leur liberté ; & qu'ils fondent eux-mêmes, sur l'Esclavage, leurs moyens
de travail & d'aisance ; que ce ne seroit pas un
des moindres embarras du nouveau Plan , que
cette classe de Noirs & de Mulâtres libres, qui
se console aujourd'hui de la distance établie en-'
tr'eux & nous par la supériorité qui leur relié
sur la classe inférieure.
cent mille Esclaves , il n'y en a pas cent par
année qui obtiennent leur liberté ; & qu'ils fondent eux-mêmes, sur l'Esclavage, leurs moyens
de travail & d'aisance ; que ce ne seroit pas un
des moindres embarras du nouveau Plan , que
cette classe de Noirs & de Mulâtres libres, qui
se console aujourd'hui de la distance établie en-'
tr'eux & nous par la supériorité qui leur relié
sur la classe inférieure. Tous les obstacles que je viens d'exposer né
sauroient être applanis par des déclamations véhémentes , ni par les vœux plus respectables
de la Bienfaîsance , de la véritable Philosophie
Cependant je n'ai pas tout dit; &, quand je confidère l'illusion & lé danger de tous ces moyeni --- Page 681 ---
Des Nègres. III si nèremertt présentés, j'ai de la peine à croire
que la Justice & l'Humanité, toujours si droites
& si pures dans leurs vues, marchent ainsi, comme
la tempête qui déracine les arbres, & renverse
les Edifices, sans égard pour les hommes qui
vont périr sous les débris. Non , non, FAmour
du Bien, la parfaite Bonté ont un autre caractère ; leurs grâces attirantes ne sont pas sans
effet, même sur les hommes vicieux ; &, lorsque
l'Injustice lutte contre leurs nobles efforts , il
ny a qu'une force aveugle qui résisie à la dignité de leurs paroles , à la puissance de leurs
conseils. Nous avons vu tout ce qui empêche la difpersson 8r 1 etablissement des Négres Affranchis.
sur les Possessions des Européens dans les Colonies ;& cette difficulté reconnue pourroit épargner la discussion de beaucoup d'autres ; mais
je ne crains point de m'arrêter à chaque objection principale , comme si elle étoit la seule à
laquelle je me sois engagé de répondre. On a dit : » Le rassemblement d'un grand
nombre de bras , à la disposition d'un seul
» Propriétaire, ne sauroit etre nécessaire; il ne
» lest pas que le même homme soit Manufactu-
» rier & Cultivateur j il peut cultiver ics cannes
» à sucre, & les porter à un Moulin banal. ,11.
» s établirait des Entrepreneurs de Moulins, d4 --- Page 682 ---
111. De. ilefciave " Rafineries, dans chaque Canton; & la même
" somme de produits seroit versée dans la Mé-
" tropole. C'est ainsi que se fait le sucre
" l'Indostan. Enfin, il n'y a pas plus de raisoij
Wdè soutenir aujourd'hui que les Isles à sucre
, ne peuvent être cultivées par des Esclaves,
« qu'il n'y en avoit autrefois de sout en
i l'Italie resteroit inculte , quand il n'y " plus d'Esc laves »». C'est ainsi que, par des aC^
tions, vagues, & des comparaisons de Faits, dont
sa disparité n'est point apperçue , on fait impression ssir les Lecteurs. ^ L'esclavage sera toujours facilement détruit,
3ans un pays dont la force principale,&
pulation la plus nômbreuse,sera celle des Hommes
libres. Lés Romains étoient tous originairement
Laboureurs ; & , lorsque les Patriciens renoncèrent
- a la Charrue , & y employèrent leurs Esclaves.
^
tions, vagues, & des comparaisons de Faits, dont
sa disparité n'est point apperçue , on fait impression ssir les Lecteurs. ^ L'esclavage sera toujours facilement détruit,
3ans un pays dont la force principale,&
pulation la plus nômbreuse,sera celle des Hommes
libres. Lés Romains étoient tous originairement
Laboureurs ; & , lorsque les Patriciens renoncèrent
- a la Charrue , & y employèrent leurs Esclaves. Te Peuple, Roi dans les Comices , resta Paysan
lans les Campagnes. En supposant qu'un Plébiscite eût ordonné l'abolition de l'Esclavage, les
grands Propriétaires n'ayant rien à craindre, du
nombre & de la réunion de leurs Affranchis,
auroient pu les renvoyer ou les placer sur leurs
Domaines, y appeller en concurrence les paiir
vres Villageois dont ils étoient environnés. lie n'étoit pas comme S.-Domingue.» divisée uni,
quement en grandes Propriétés ; tous les métiers A m
tous --- Page 683 ---
*
Des Negres. t .. .. -, - 113 tous les instrumens de culture n4étoient pas
entre les mains des Enclaves; & ce que j'observe
sur l'Italie, est applicable a la nouvelle Angleterre , au Canada, £ la Russie, à la Pologne,
à tous les Pays p l'Europe où la Servitude 3
été successivement détruite. Il n'est pas plus difficile alors de combiner que d'exécuter un plan
d'Affranchissement qui, n intére&ant que la plus
petite partie "úes Individus, ne dérange rien au
mouvement général de la Société , & faisse à
leiir place tons lés états, toutes les professions
dont elle est composée. La proportion des Esclaves, chez les Romains, relativement aux Citoyens, étoit, je crois, d'un vingtième. Quand on
iéi auroit subitement affranchi, on conçoit que à
sur vingt Propriétaires, il pouvoit s'en trouver
la moitié , le quart, un au moins, en état d employer un Manœuvre de plus, ou de lui vendre
à crédit' un arpent de terre ; mais , s'il y a
vingt Enclaves pour 'un Homme libre, que deViènent votre compàraison & vos moyens? * Je ne conteste point la manière de faire le
sucre dans 1 Indoslan. Cest ain1Ï que, dans la'
partie espagnole -de S.-Domingue , plusieurs Habit ans ont aussi un arpent, un demi arpent de'
cannes ; &avec un petit Moulin à" bras, & une
CHâudïèrè, ils font deux ou trois-cens livres de
sucre, pour leur - usage. Mais , pour en faire --- Page 684 ---
114 «Dé .I'Efcigvage cent millions de livres, & composer la Cargaison de cinq ou Èix-cens Vaisseaux , il faut de grandes Manufactures, & cet ensemble de Bâtimens,
d'Animaux , de Termes, & de Manœuvres, qui
composent les Habitations des Colonies. Comment
concevez-vous que cette Terre , ces Bâtimens ,
ces Animaux , qui composent une même- Propriété , vont se diviser & se répartir entre différens Possesseurs, qui auront tous besoin de Manœuvres , Esclaves hier , Affranchis aujourdhui,
& domiciliés nulle part? »
, il faut de grandes Manufactures, & cet ensemble de Bâtimens,
d'Animaux , de Termes, & de Manœuvres, qui
composent les Habitations des Colonies. Comment
concevez-vous que cette Terre , ces Bâtimens ,
ces Animaux , qui composent une même- Propriété , vont se diviser & se répartir entre différens Possesseurs, qui auront tous besoin de Manœuvres , Esclaves hier , Affranchis aujourdhui,
& domiciliés nulle part? » Sans doute il est possible , en établissant une
Colonie, de concéder à l'un la banalité du Mou*
lin , à l'autre celle de la Manufacture, &, à divers Cultivateurs, des terres, dont le produit
, M -1 '•' ! ». •
soit porté chez ces Entrepreneurs , pour y être
converti en huile, vins, ou farines,ou sucre, Mais
ce n'est pas ce qui a été fait. Toutes les Cppcessions possibles sont réunies dans celle de
chaque Habitant. Comment les déJunir, ,jçs
vendre par partie ? Qui voudra vendre t Qui
pourra acheter? Ah ! c'est abuser la crédulité,
cest irriter , dangereusement la sensibilité des
honnêtes-gens, que de leur présenter lç mal réel
de la Servitude des Noirs , comme si facile à
détruire. Que la Bienfaisance éclairée s'occupe
à l'adoucir ; ôç qu'au lieu d'outrager les. Colons,
on intéresse leur honnêteté» leur bonheur , à la --- Page 685 ---
Wt?We£rêsï [texte_manquant] Íi ij wftMiaKa»»ia0'a8asiS, à fà mmâék - -à"à n TJWfflêMr '«HWè '<KJpt«bïîs. 1 . § , III. 1,4 14 çfcoçtyfle yfa Traitt des y JlJgflS peut - etle iVerTiptôr&s3Me$ fc-Çt&x qui? la 'propoftht f Ce QUI èn àrrivèràii. Application des Principes *e dès » \ju . v u -nu, -4+1+ «'
faits CXb 'es Si l'on avoit confidéré là Servitude des i4ët"7es
Â^è^cjfoè*, -Itotls- tous les1 rapports & dans
féfe tfét&ftfe1 que je'viens de présenter. Cett^
ibire- (ïë ffîciy^eris ihadrniiiîbles, pour opérer leur
JS^OTârt^hiffeMent, n auroit -Fae été produite avec
™t ^'Aflferahfcè ; & les Coloris se"'trouvant places
1 ordre ntlîiftîbie des évênemeris^antérieurs
pu^xiftence,daris une classe''diMn'àe dé toutes
-qès âù??es,nité lîauroient"point* été dénoncés à
cSmfht sés ennemis. Mais, les hommes ^CTtiie ei^" <îônt les talents reçoivent un
®fl6tivel é'cfat^cfu noble emploi auquel ils les con-
¥atrenif'^auroien^ toujours eu '-le droit cfe fixer ^r^^gâr^^r^ette 'portîoW malheureuse âu
fcëhrè-Htimairi^qufi sembîé eh avoir recueilli toute
f apprenant
^uH existe ma es,",o'ù des Sommes Noirs
Toftr a Sommes flancs , îl eil trâi-
nt les talents reçoivent un
®fl6tivel é'cfat^cfu noble emploi auquel ils les con-
¥atrenif'^auroien^ toujours eu '-le droit cfe fixer ^r^^gâr^^r^ette 'portîoW malheureuse âu
fcëhrè-Htimairi^qufi sembîé eh avoir recueilli toute
f apprenant
^uH existe ma es,",o'ù des Sommes Noirs
Toftr a Sommes flancs , îl eil trâi- --- Page 686 ---
!
n6 De l'Esclavage naturel de desirer & de conseiller la cessation de ce Commerce. - Nous? venons d'examiner la situation, & l'orr
ganisation intérieure des Colonies: nous avons vu
que la Métropole, en les înltituant , a fait de la Servitude des Noirs j la bâse fondamentale de
cet Etablissement. Le hazard peut être, ou des
essais inconsidérés » des volontés particulières ont
détermine des combinaisons générales; & la première faute de Las-Casas , devenue la ressource
de quelques Aventuriers, a changé le systême
politique de plusieurs Nations, & a pris place
parmi les Loix & les richesses de l'Europe. Ce
n'est plus le crime, d'hier, qu'un jour plus pur va effacer ; il n'y a que le temps qui puisse détruire les abus , que le temps a cinjentés. Mais,,
cet expédient ^ simple ? l'interdiction de la traite^
pas aussi salutaire que facile à eirçployer ? Ne seroit-ce pas une diminution de maux
une réduction dans le nombre des victimes
un acheminement certain à la destruction de l'Esçlavage ? Apres m ètre, tait toutes ces queltions. oc v
lavoir bien refléchi, depuis plusieurs. années
cru en trouver la solution dans un sentiment que
" je ne crains point d 'exprimer, qui eit qu'aucune
considération ne me détermineroit à, ordonner
ou a concourir immédiatement à la Traite, des --- Page 687 ---
' Des Nègres. 1 - , , i1 117 H iij Noirs. Mon premier mouvement me range donc dû côte de ceux qui provoquent l'interdiction,
suspends ma décision, qu'en m'arrêtant
aux conséquences qui en résulteroient, & en revenant sur les principes & les iaifs, qui m'ont éclaire
cette discussion. ; Que prbiâuirôit la cessation de la Traite, celle
de l'Esclavage dans les Colonies .& leur anéan-
^ ^ faut representer ici tous les effets moraux
& phyfiqiies, qui suivroient rapidement pne pasc
teille disposition. La première commotion seroit pour les Esclaves qui apprendroient, par là , que leur état
va changer, & comme les idées composées n'entrent
Point dans leur tête aussi. facilement, que les
idées. simples , le Plan d'Affranchissement ne se
présenteroit point à leur esprit avec 'les modifications projettees; le ngne sensible d'un nouveau
systême seroit pour eux un signal de Liberté.
Ils verroient 1 autorité des . Maîtres privée de
IPappui des Loix, & de la proteâipn de la Force
publique. Ils verroient l'Europe reprochant à
l'Afrique > de les avoir rejettés de son séin. Ils se
croient invites a la révolte, quil faudroit réprimer k main armée ; & comment prévenir rin»
surrection générale, plus ou moins violente, de
tous les Négres, leur impatience de secouer le joug..
Ils verroient 1 autorité des . Maîtres privée de
IPappui des Loix, & de la proteâipn de la Force
publique. Ils verroient l'Europe reprochant à
l'Afrique > de les avoir rejettés de son séin. Ils se
croient invites a la révolte, quil faudroit réprimer k main armée ; & comment prévenir rin»
surrection générale, plus ou moins violente, de
tous les Négres, leur impatience de secouer le joug.. --- Page 688 ---
11S - DeVEfclavage & l1agitation que leur causeroit le spectacle de
l'inquiétude & de l'embarras des Colons ? » "
De tontes les mesures ostensibles pour la ^r
struction de l'Esclavage des Noirs. l'interdiction
de la Traite seroit la plus marquante >& par cette
raison la plus dàngereuse. Je n'insiste pas sur l'effet
quelle produirpit dans l'intérileur des
d'Enclaves. Ce mouvement allarmant,. peut être
facilement apperçu; mais j'ai plus attentivement
recherché quelle influence il auroit sut les propriétes,& les transactions du Commerce & dq5
(Colonies. Je trouve qu'il occaÍionneroit une induction subite de toutes les valeurs, la rescision
de la pluralité des Contrats, & une faillite, générale de tous les Créanciers respectictifs. On ne peut pas douter qu'aussi-tôt que l'interdiction seroit connue , le prix des biens-fonds
dan£ les Colonies ne baillât considérablement
Les hypothèques dont ils sont grèves sëroient
altérées dans la même proportion ; toutes les
créances pour raison d'acquisition, partage, mariage , succession subiroient la même réduction
& toutes celtes qui dériveroient de ces premier*
engagemens. \l
Le Commerce r faisant annuellement aux Colonies des avances égales à la jmoitié,& souvent
à la totalité de leurs revenus, leur refuseroit tout
crédit, & borne toit ses spéculations m. retraitt --- Page 689 ---
* H iv « fô^îàncëi. Kg' êgfoW^I'dS
couragéiSM^j'o^r&ffîftiïi Siîîames^du&ommifce
tfà tfjie'ïftetife . 'fl^MXièn't 'p°»ï «fMàsséê'-dè.ia^Wm,fiote'1,%[oU0]il suite rinèv^ «fctô Vrè%^fiÈtlàa<te&ta?l r|ileI îlesiK
iKiàftë^. ?riés'î^cj[iiëiJoiïter nïulfij>liée§ dansiS
JM
l&^Wm^ti^èèïéterôlv lk rrirîné.; "" ' -Sliftloftè JVfflff les^cMotis m ^ncri°g
éitèiidfilâTp^r qu^îï n'â
ait cralffi1rê aucun miWenï'SfiPcfe la *parï'^â
*<%rës>? fk te;:pon( "'J.." , '1 S qui! de. Garde qui pnisse contërîir*3î*opîii 1 ori' -%t ent
pêcher une allarme , lorsque îéL lïpnts'Y"'font
disposés. Or, d'après le bruit qu'on a ftit , tre£-ineliscrétemënt sur la S.ervittidé 'de^^oïrs ,1e premier acte du' Gouvernement ^n iiâùqltie" t'à
e,citatîôti sera, j'ose le dire,ïïnë3%rche allumée
P'diir incendier les Ports & les Colb'll'l,es. " '
cher une allarme , lorsque îéL lïpnts'Y"'font
disposés. Or, d'après le bruit qu'on a ftit , tre£-ineliscrétemënt sur la S.ervittidé 'de^^oïrs ,1e premier acte du' Gouvernement ^n iiâùqltie" t'à
e,citatîôti sera, j'ose le dire,ïïnë3%rche allumée
P'diir incendier les Ports & les Colb'll'l,es. " ' Il y aura faiïs doute une époque ou' if seroit3
eonvenaible de prononcer si'nterdiàion cfë laTraite,
& uifô autre' oii elle cesseroit naturellement. Mais
je renvoye à un autre Chapitre le développement
de mes Vries sur cette révolution en ne confidttàÓt q^é^I^ Chôment prèsent, je ny vois d e,
êertain que les maui^uè j'annonce ,i^ns aucun
avarttàg^è'^n'on espère en retirer, Je répété' --- Page 690 ---
iiô De VEsclava^t _@_ encore une fois qu'il me paroît plus que problémafique,qu'en n'achetant plus d'Esclaves à lâ*
Côte d'Afrique on en diminuât le nombre, St
rajoute , malgré ce qui a été dit au contraire
qtie le Commerce des Européens avec les habitans
de la Guinée, a plus adouci que corrompu léiitS
Moeurs, que les Millionnaires ayant presque toujours précédé ou suivi nos Marchands sur cette
Côte, il y a, par tout où ils Ont pénétré, plus
de PôHce & de principes de civilisation, que dans
l'intérieur des terres. Les Mémoires qui m'ont été'
communiqués, les rapports que j'ai reçus direftémênt de ptufienrs Navigateurs & autres employés dans nos Comptoirs, fondent mon opinion,'
~ & lorsque ce genre de Commerce me présente
une idée repoussante, ce n'est point que j'y at-O
tache celle d'un accroissement d'infortune pour
les Nègres ; c'est en le considérant comme effet
de l'avilissement & de la dépravation de l'espéc--
Humaine; ainsi, dans nos Arsenaux, le bruit des
armes, les instrumens & les travaux militaires
me rappellent souvent l'outrage que nous faifons à la Nature, en façonnant ses œuvres, ess
employant ses dons,, à la destruction de nos
semblables.
point que j'y at-O
tache celle d'un accroissement d'infortune pour
les Nègres ; c'est en le considérant comme effet
de l'avilissement & de la dépravation de l'espéc--
Humaine; ainsi, dans nos Arsenaux, le bruit des
armes, les instrumens & les travaux militaires
me rappellent souvent l'outrage que nous faifons à la Nature, en façonnant ses œuvres, ess
employant ses dons,, à la destruction de nos
semblables. Les Esclaves » vendus sur la Côte d'Afrique *
arrivent de différentes Echelles , dont les plus
éloignées se trouvent à deux & trois mois de --- Page 691 ---
Des Négres.j \ 11j. marche.— C'est-à-dire à plus de cens lieues >
dans l'intérieur des Terres.. En ne calculant que
la somme de maux qu'on peut imputer à l'Esclavage, comment . la retraite des Européens en
opéreroit-elle la réduction > dans ces lieux si
distans de toutes. leurs spéculations j Et qu'importe à des Peuplades barbares , qui ne connoissent pas même les relations qu'elles ont avec
nous ,que ces relations cessent ou soient maintenues ? Les Maures ne sont- ils pas répandus sur les
Frontières, faisant aussi le commerce des ,Esclaves; & ne seront-ils pas très-empre$és à s'emparer de tous les Postes que nous abandonnerons ? La Perse la Turquie , .les, Régences Barbaresques l'Empire de Maroc, ont, de toute
ancienneté , l'habitude & le besoin du service
des Noirs. La préférence qu'obtiennent les Eu-:
ropéens, par les armes à feu. & les liqueurs, en
a haussé le prix pour les Mahometans, de telle
. torte que les gens riches peuvent seuls s'en pro*
curer. Qu'arriveroit - il par la cessation de la
Traite ? Le prix bailferoit pour les Arabes &$
pour les Maures, & les Çargaisons-de Noirs qui
paient aux Antilles , reflueroient en .A% , sur
les bords de l'Euxin, & dans tous les Pays. sitmés
entre 1Q Mont -Atlas & le Caucafe : — Je marlête sur une réflexion qui mattrifte. Le Biea
est donc trop souvent idéal , & le Mal toujours --- Page 692 ---
12,2, , amue a occuper tous les vuides !Mais c'est Vérité que je cherche ; ce sont les événemens
que je suis f4rfe trace & dans la ~
suis imposée je ne ; q
,,\ reprochera -t-on, d avoir exagéré d'avoir
peint vaguement la généfatooçt des désordres qui
résulteroient pour les Colonies de: i'interdiction
de. la Traite ? 7,. H Peut-être en effet il seroit mieux de rendre
mes idées pjus sensibles par de nouveaux détails
Je ne rappelle aucun de ceux qu'on a déjà lus
3e fixerai feulement l'attention du Lecteur sur
l'état présent jdes cultures Coloniales, Il est connu
de tous ceux qui en suivent les progrès 5 qu'elles
se divisent en trois classes , dont sa première
comprend les Etablissemens anciens qui forment
à-peu-près le dixième de la totalité. Parmi
ceux-là il faut distinguer ceux arrivés à leur
produit possible , qu'on peut estimer au quart
de cette première classe ; ceux .qui se trouvent
dans un état de dégradation , par l'épuisement
du sol ou par d'autres accideos ; ceux qui sont
susceptibles , d'accroissement, par de nouvelles
mises & de meilleures cultures. Ces deux dernières, serions peuvent être réputées la moitiéj
ou le tiers de la premiere clagp. 09 dqit mettre
dans la seconde les défrichemens entrepris depuis,
quarante, ou .cinquante ans, dont la moitié seur
lement
classe ; ceux .qui se trouvent
dans un état de dégradation , par l'épuisement
du sol ou par d'autres accideos ; ceux qui sont
susceptibles , d'accroissement, par de nouvelles
mises & de meilleures cultures. Ces deux dernières, serions peuvent être réputées la moitiéj
ou le tiers de la premiere clagp. 09 dqit mettre
dans la seconde les défrichemens entrepris depuis,
quarante, ou .cinquante ans, dont la moitié seur
lement --- Page 693 ---
Des Négrel x 113 liment peur être jugée dans un état permanent
de culture. La troisiéme classe se trouve composée des Etablissemens plus récens, qu'on peut
apprécier au quart de la valeur totale des capft
taux: placés dans lès Colonies. La pluralité de
cepx-ci ne peut se soutenir sans un accroissement de forces. Cet apperçu nous présente les cinq huitièmes
au moins. des Propriétaires, dans l'attente & le
besoin d'une addition de moyens. Telle est à
peu-près la proportion du nombre des Débiteurs,
à Ceux dont les Propriétés sont affranchies de
toute hypothéque , on dans un état prochain
de libération.. Il faut remarquer qu'indépendamment de tout
autre engagement, c'est une cause de dettes qué
l'acquisition'des moyens aratoires; comme aussi
on recherche ces moyens pour parvenir à l'èxtinB:ion de .ses dettes ; & ce que je vais dire
paroîtra bien étrange ; mais qu'on ne rejette pas
sans réflexion mon opinion , qui est que là
somme des dettes de chaque Colonie indiqueroit
la mesure du nouveau trédit dont elle a besoin
pour s'acquitter & consclider ses EtablisTemens*
Il faut expliquer 'cétte proportion. — Un Nègre
peut planter cinq mille pieds de cane; mais trois
sOnt nécessaires pour la récolte. Le coton, Hn*
digo , les cannes à lucre présentent à-peu-prèt --- Page 694 ---
î24 De r E(clc::vclp;e les mcnies proposions dans les forces nécessaires
a ia plantation , & celles qui peuvent garantir
le revenu. Il est donc toujours arrivé , que le
Coiun a m;u!r'j les engagetnens5 sur l'cfpoir plus
ou moins c de les recoltes; & les gens
fn^cs, q:;i c ü m parent le plUS petit nombre, ne
pouvant p;is ail tirer tons les risques , réduisent
seulement leurs calculs au taux le plus modéré.
Dans cette position 1 que tout moyen d'augmentation de forces soit interdit aux Colons , dont
nous voyons les cinq huitièmes au moins Débiteurs enibaraiTés, & la totalité en compte ouvert avec la Métropole,je dis qu'abfhaftion faite
de toute commotion parmi les Né g i cs, , & sans
coniidérer aucun des effets moraux qui doivent
suivre l'iii-ler(I'..clion , tous les cflgagemens, toutes
les relations commerciales sont ébranlés, plulieurs
anéantis , & que la decroIiTance rapide des revenus, l'interruption du crédit rjincnt, dans un
laps de temps très-prochain , les Colonies & le
Commerce rn.u-hime qu'elles alimentent.
ion faite
de toute commotion parmi les Né g i cs, , & sans
coniidérer aucun des effets moraux qui doivent
suivre l'iii-ler(I'..clion , tous les cflgagemens, toutes
les relations commerciales sont ébranlés, plulieurs
anéantis , & que la decroIiTance rapide des revenus, l'interruption du crédit rjincnt, dans un
laps de temps très-prochain , les Colonies & le
Commerce rn.u-hime qu'elles alimentent. S- I V. Orfcry ::ii r.; sur Ai Dettes dc's Colonies & jhr
leur uijluenee. Ce r/eit point m'ecarter du sujet que je traite
q;H'; de -.n'arrêter un moment sur les dettes des --- Page 695 ---
Des Nègres. n< Colonies. Elles grande affinité aïêè les titrasse créance qui
?5: fQIlî donnenty-eir quelque sorte, le
Ctpitaltâesyj titulaires:, d'intervenir ^
J^njç^Partiç^ principales, clans tdutes les disc
portions qui '?PfU3g,-pient changer oir altérer leur
kP#éq^M;nq il(!ci M r,,<v;) <Jes3C^siidettès ne peut êsse apprécié
avec précision j mais je crois qu'on sera plutôt
qu'onde là de la réalité én en évaluant la somme à celle du produit de deux
années de chaque Colonie. Ceux qui s'étonnent
de l'aneienneté & de la massé de éngagemens £
ou de lflHr succession prolongée y'W font pas
Intention que nos Etablissemens efï Amérique
n'ont pu être faits qu'à crédit. Leur progrès?
même eût été plus rapide , & seroit plus assûré
si le Gouvernement jugeant bien l'influence d'un!
crédit solidement établi, en avoir protégé les
principes & les moyens II n'est pa4 ordinaire qu'un. homme riche fc
déplace s'expatrie & risqne tout à-la-fois son
argent & sa vie dans un défrichement en Amérique. Il s'associe,par ses avances, au travail &
à l'industrie des Entrepreneurs, & se réserve ainsf
une part dans les produits, qui doit être l'intérêt
& le remboursement du capital aliéné, plus les
bénéfices que lui procure. la yeate de toutes les --- Page 696 ---
w mr&ktèàge ..
'un. homme riche fc
déplace s'expatrie & risqne tout à-la-fois son
argent & sa vie dans un défrichement en Amérique. Il s'associe,par ses avances, au travail &
à l'industrie des Entrepreneurs, & se réserve ainsf
une part dans les produits, qui doit être l'intérêt
& le remboursement du capital aliéné, plus les
bénéfices que lui procure. la yeate de toutes les --- Page 696 ---
w mr&ktèàge .. De
biteur Pour ^ue ces ! relations soient secondes
& prosperes il faut que la loi qui set sanctionne,
soit inviolble ,& que fâ protection soit pour
ainsi dire, aux ordres des parties lésées. L'inexaélitude des paiemens , & l'impuissance
ou l'inertie des Tribunaux pour y pourvoin.,
mettent dans un état païîif, fe^T^éBiteùr & le
Créancier. Il en refaite que . "l\mr Va plus1 es
moyens, & l'autre la volonté à'unè plus grande
aâivité; que le Crédit s'éteint ou devient ufuraire ; ue*' ïè prix de toutes es , Srchancufe|
relève; on voit nhn par cette cause, ul^fter
les difficultés, & prolonger le 'al-aise de to$s
e,% Entrepreneurs. Ce nest pas tout. Je |Jrajj>-
pelle que Cicron dit quelque part :;Iu on geut
st former une idée jupe de 1" état de la République'^
tiï examinant celui'des Tribunaux 6* des Jugemens
parce que leur inaction est celle des Loix, & que
toute Autorité qui agit sans lé concours & éoiitre
refprit des Loix , arbitraire "&! ex'atoire. J'ai
Vu ce qu'on appelle les ec»yie dré.ri
détoger' fbrméllêment aux Ordonnances. Il éfë
Vrai que éès1''Of(5ônnan c es ïéf&gèfïtlatiffi, tk fè
précipitent lts' unes sur les autres1, comme des
volontés d'hommes en placé, qiii°ifônt
sanct jusifjtifà ce qu'il ait pasté. ' " " \ * ^
Sî ron pouvoit vaincre - toutes autf^s obstacle --- Page 697 ---
I Nsîîf fo ll7 Servitude des Noirs, il resteroit celui des de.ttes
des Colons, & de l'^'f in.'îuc"<^ la; Police
intérieijrtf, & -surje Cgm^etce de la. Métropole. .' § V. . -pans le cas d'une Servitude durable , ejl-il impos?
sible de prendre aucune précaution légale qui pourvoye à la sûreté des Négres ?„ p La première partie de cet Ouvrage ayant ét4
écrite en 1775 , je ne prévoyons pas alors la
question à laquelle je vais répondre. Comment
imaginer qu'elle seroit faite > 11 faut. pour cel4
considérer la Servitude çomme une figure de gér
ométrie, comme une ligne droite , qui ne sauroje
etre en même temps une ligne courbe. Mais,
os volontés, nos besoins, nos passions & leurs
mouvemens irréguliers, qui ont produit en
& en mal, toutes les modifications de l'état Spi
çial, ne sauroient déterminer, dans toutes ses sujty
divisions, des dimensions absolues. L'Autorité
veraine se répartit & se combine. en des formes
diverses, même entre les Rois. Comment la Servitude ne seroit elle pas susceptible des mêmes
modifications, pour ceux qui y sont soumis? L'Es- -
clavage chez les Anciens, chez les Asiatique ne
leurs
mouvemens irréguliers, qui ont produit en
& en mal, toutes les modifications de l'état Spi
çial, ne sauroient déterminer, dans toutes ses sujty
divisions, des dimensions absolues. L'Autorité
veraine se répartit & se combine. en des formes
diverses, même entre les Rois. Comment la Servitude ne seroit elle pas susceptible des mêmes
modifications, pour ceux qui y sont soumis? L'Es- -
clavage chez les Anciens, chez les Asiatique ne --- Page 698 ---
îxS De' ls Eciav,àe sauroit être comparé à celui des Nègres dans n<&
Colonies. Aujourd'hui les Maîtres les plus dépravés
se reconnoissent sûrement dani le for intérieur
comptables à Dieu & aux Loix, des injustices
qu'ils commettent envers leurs Nègres. Et ceux
qui seroient tentés de donner la plur grande extension à leur autorité, de ne la subordonner à aucune autre, ne se croyent cependant pas affranchis de tout devoir , de toute inspe&ion sur leur
Police domestique. Hé ! comment contester les
différences qui résultent de celle des temps, des
lieux, des Mœurs, des Maximes religieuses. Nous
ne sommes pas phis corrompus,& nous tommes
plus éclairés en Morale, en Législation que les
Grecs , les Romains & les Orientaux. C'est véritablement chez eux, que l'Esclavage ne présente la
possibilité d'aucune précaution légale, pouf en
réprimer les abus, parce que la Loi fait de chaque
Maître, un Magistrat suprême à l'égard de son
Esclave, & que leur Education, leur Police \
leur Religion sont concordantes avec cette Loi.
Mais nous, qu'avons nous de commun avec ces
Principes ? nos Loix , nos Moeurs , nos Opinions
Morales & Religieuses, y résistent également; &,
lorsque la Servitude s'est transmise dans les Co-"
lonies Européennes,elle y est restée exilée comme
un être vicieux dont la tolérance est justifiée
par la nécessité ; mais dont le pouvoir Législatif
X se --- Page 699 ---
,:Dâs NiÉcf.,' 1 si?
le saisit pour le surveiller dans > les mains qui
.1 'employent comme crûment de culture. Parce ■■ une choie hideuse que l'Esclavage , il
de l'attaquer? Mais, lorsque c'est un accident nécessaire, on voit qu'il est difficile de le
détruire 5,&• ai aè faut pas, pouf ceîa , sur-tout
au temps ôùr rions Tommes, le séparer dé toutés
les relations morales, de tous les Devoirs de Ta
Société. Il n'est ni juste, m utile d'accréditer cette
idée, c'est par les maximes contraires que la Raïson ? l'Huma n\t é, doivent éclairer & diriger le RèColonial. 4 '
^ Aucune absurdité, aucun Dogme impie, ne se
mêlent plus aux notions répandues sur-tous les
Droits , ; sur toutes les Autorités Nous touchons
au momeent, où elles auront une véritable & grande
dignité; car tout ce qui a été bâti sur le sable, s'écroule dé toutes parts; le mensonge se cache dans
les ténébres, & l'on pourroit croire que cette
Puissance morale qui nous presse de tous côtés2,
ferait sans aâion sur les Colons, & sur la corti
dition > des Négres ? 14s referont dans la dépend
dance des Propriétaires , parce que cela ne se
peut autrement, & que ce n est point une injustice de' ceux-ci, de les y maintenir ; mais, si le
Couver ne ment a craint jusqu'à présent de foni
lever le voile , dont l'Intérêt public enveloppait
cette nécessité; si les Colons eux-mêmes ont né-
tous côtés2,
ferait sans aâion sur les Colons, & sur la corti
dition > des Négres ? 14s referont dans la dépend
dance des Propriétaires , parce que cela ne se
peut autrement, & que ce n est point une injustice de' ceux-ci, de les y maintenir ; mais, si le
Couver ne ment a craint jusqu'à présent de foni
lever le voile , dont l'Intérêt public enveloppait
cette nécessité; si les Colons eux-mêmes ont né- --- Page 700 ---
i j o De l'Efclavt1gt! se un compte exact & rigoureux,
dç rétendue de leurs devoirs >,& de limites de
, leurs droits, ce ne sera point l'épée flamboyante
des enthousiastes, qui remplira cette ^ mission ^ ce
fera l'œuvre de la Raison j parvenue aujourd'hui
à sa Majorité. Ainsi , en proposant un Réglement,
j'ai voulu communiquer mes vues, & non déter—
miner, celles quil faut adopter. — S'il y a quel-
;que Propriétaire quelles préjugés 1 habitude
ou de fausses opinions, ont égaré sur Jef moyens
d'un meilleur ordre, il n'y en a point qui en
désavoue les principes. Il n'y en a point qui ne
convienne, que. le droit de châtiment envçrs.les
^ Négres, est une arme défensive dont il ne leur est
- pas permis, d'abuser ; que le travail qu'ils peuvent
exiger, doit ê tre modéré ; que la subsistance, l'entretien doivent être inviolablement assurés j &
qu'ils tont enfin obligés, de traiter ces Nègres avec
Justice & Humanité. Les voies coactives pour
arriver à cette fin, doivent être sans doute dé.
libérées avec .prudence & réflexion : car des considérations importantes, peuvent faire proscrire les
unes,& préférer; les autres. C'est sur quoi les CoIons eux-mêmes doivent être entendus ; & ce sera
dans leurs Assemblées, que les mesures les plus
fages & lés plus sûres, seront conçues & proposées;
. car il ne faut jamais craindre, que des hommes
réunis & entourés de Spectateurs prononcent, même --- Page 701 ---
ï*.; r 'Nébwllés. '~t$t 1 i) en contre la- Justice &
3lîec la Moale. J'observerai que ces Assemblées
sont ordinairement composées des Propriétaires
ou des Régineurs les ' plus distingués (1), &
qu'ansi on n'y auroit poitit a redonter, l'insluence de l'aveugle cupidité, ôn des préjugés odieux
d'une grossière éducation. Ce n'est donc point
Une illusion, que de croire au pouvoir de la Iëgislation sur les Maîtres injustes, & à l'efficacité
de sa protection en faveur des Nègres Esclaves.
— Ce n'est point une illusion de croire, que la
Servitude peut être modifiée,dans un temps où elle
" lie présente plus les mêms idées , où les préjugés
s ne fervent plus aussi puissamment les hommes
forts, contre les hommes foibles. Hé ! comment
ii'aurois-je pas cette espérance, moi qui suis
'convaincu que l'Ordre & la Rasion, unis à l'Autorité, disperseroient toutes les Forces ennemies,
ur des Nègres Esclaves.
— Ce n'est point une illusion de croire, que la
Servitude peut être modifiée,dans un temps où elle
" lie présente plus les mêms idées , où les préjugés
s ne fervent plus aussi puissamment les hommes
forts, contre les hommes foibles. Hé ! comment
ii'aurois-je pas cette espérance, moi qui suis
'convaincu que l'Ordre & la Rasion, unis à l'Autorité, disperseroient toutes les Forces ennemies, (1) On a affe&é, dans une Brochure, d'outrager particulièrement la classe des Régissêurs, quoiqu'il ne Coit pas
rare, sur-tout à S.-Domingue, d'y voir des Gertilshommes,
& des gens de mérite , dont plusieurs ont relevé la fot-.
tune de Propriétaires obérés. C'est, en général, chez les
Procureurs d'Habitations qu'on trouve le plus de connoiÍsances de culture & de Manufacture. Il est à désîrer que
le Pasteur du Saint Evangile , qui traite si mal les Colons
de tous les Ordres, soit plus charitable & plus juste en-
- vers les Paroissiens. --- Page 702 ---
t \i De VËfclàVage comme le vent dissipe les nuages ^ Oui certes, il est possible dè! concilier la Jnl
stice & la bienfaisance, avec im état âé Servitude
nécessaire ( I ). j'en ai vu plusieurs exemples ;
mais, pour ne' point être taxé de partialité en
faveur des Colons François c'est parmi les Etrangers que je prendrai celui que je vais cirer ;
& dont le souvenir ne me revient poifrt sans •
ëmotion. Etant à Surinam , par Ordre du Roi en
1777 ? 1e parcourus cette belle Colonie, & fus
freçu chez tous les Habitaris, avec beaucoup d'é^
gards & de bonté ! J'allai diner un jour chez
Madame Godefroi ; le Gouverneur, & les principaux Membres de la Régence,y étoient invitée
Cette femme respectable nous attendoit en se
promenant sur le bord de la Rivière. Nous arrivions en Chaloupé. J'apperçus, en deseendant à
terre, un grouppe de Négres à genoux, qui paroisioient m'adresser leur prière. Un d'eux en
effet s'approcha de moi , & me supplia * en
fondant en larmes, d'obrenir la grâce ; il s'élotgnoit en baissant les yeux, à7 mesure que (h :v (1) On conclura peut-être de cet exc-,nple , f que je- fais
ainjff l'applogie du Defpodfme. Cette penféje, jCit loip de
rotty *— O^.oiiblieçoit alors que, dans mes ^rm^ipçs^ Je
Mairre «'eftp à l'égard de sçs Nègres, qu'une err'éce dA
Xîag istrat 'iubarao-n'ne, £cresponfa5Ïe aùf Loix kc"^usaga
) On conclura peut-être de cet exc-,nple , f que je- fais
ainjff l'applogie du Defpodfme. Cette penféje, jCit loip de
rotty *— O^.oiiblieçoit alors que, dans mes ^rm^ipçs^ Je
Mairre «'eftp à l'égard de sçs Nègres, qu'une err'éce dA
Xîag istrat 'iubarao-n'ne, £cresponfa5Ïe aùf Loix kc"^usaga --- Page 703 ---
v Des NJgrçs^ ifî I iij Maitresse venoit ma rencontre. Sa femme &
ses enfants le suivoient en pleurant, & en me
tendant les mains. Cette scène de désolaton,
à mon début, dans une Maison étrangère me pafUt iin sinistre pliage ^ mais i air de
l'acceuil obligeant de Madame Godet roi me
rassûrèrent. Elje m'annonça, que çe Négre avoit
ftjjf unç faute grave; mais qu elle ne refuseroit pas sçw pardon, $£ la jqiq se répandit dans
1 ,qui s'aUembla autour de la famille afjQîgée pour la féliciter. J'appris alors que la
plus forte punition inffligée par Madame
defroi à ses Esclaves, étoit de leur défendre de
paraître en présence ; ce banissement étpit la
peine capitaile. Je Je n'ai rien vu de plus touchant,
que le spectacle de ce rte superbe Habitation.
— C'etoit le séjour de h paix * du travail, de
faisance & du bonheur. Je parcourus les Cases
à Négres, dont, la distribution répondoit à la richesse de la maison principale. Figurez-vous va
Village de cinq-cents Habitans, commodément
logés, abondamment pourvus de tous ^ files de ménage , de toutes les choses nécessaires
à la vie , sans inquiétude pour le lendemain * &
ne se réunissant jamais aux heures du travail, sans
"bénir avec acclamation leur Maitresse adorée. * Le Quattier qu'elle habitoit étoit alors investi
par une nouvelle Troupe de Négres. Marons. Des --- Page 704 ---
I34: De VEfélavâfe détachemens de Soldats forriiorent un cordon dans
le Bois ; l'habitation de Madame Godefroi, accessible par les derrières, n'étoit gardée que par
ses Nègres , dont aucun n'avoit jamais déserté.
Cette femme bienfaisante fenibloit ¡être placée
par la Providence, dans une Colonie, pour apprendre aux Blancs & aux Noirs, combien la sa
ilice &, la Bontés peuvent tendre leurs relations,
douces & heureuses. Puisset-elle, dans l'âge avancé
ou je la crois parvenue , recevoir ce nouvel
hommage que je me plais à rendre à ses vertus,
& se souvenir encore du respect, de l'attendrissement & des regrets avec lesquels je lui fis mes
adieux ! Tous les Propriétaires de Surinam ne pouvoient
pas être cités pour modèles , comme madame
Godefroi ; mais un exemple aussi imposant n'étoit pas sans effet ; & l'on appercevoit déjà une
révolution sensible dans les principes de la police des Nègres. Je ne dois pas oublier que,
pendant mon. scjour à Paramaribo, un Boulanger
ayant, dans un accès de colère, donné un coup
de couteau à son Esclave , dont celui-ci ne
mourut pas, on inslruisit le procès du Maître,
qui fut emprisonné, condamné au hannislement,
& l'Esclave affranchi.
toit pas sans effet ; & l'on appercevoit déjà une
révolution sensible dans les principes de la police des Nègres. Je ne dois pas oublier que,
pendant mon. scjour à Paramaribo, un Boulanger
ayant, dans un accès de colère, donné un coup
de couteau à son Esclave , dont celui-ci ne
mourut pas, on inslruisit le procès du Maître,
qui fut emprisonné, condamné au hannislement,
& l'Esclave affranchi. Eh ! qui empêche que cette autorité tutélaire
de la Justicejne reprenne toute son influence --- Page 705 ---
Des Négres. ' 1 3 f 1 iv dans les Colonies ? Pourquoi ne compterionsnous pas aufH sur l'empire des Mœurs, qui, n'étant pas encore ce qu'elles devroient être , ont
cependant suppléé aux Ordonnances , depuis
qu'elles sont tombées en désuétude. Lorsque les motifs & les principes d'une Loi,
sont reconnus justes & utiles, il n'exifie plus de
difficultés invincibles dans l'exécution. Il n'y a
alors qu'un Règlement fait à la hâte, sans examen , sans consultation , qui puisse manquer sort
objet ; car, en pareille matière, c'est à 1 'Expérience à conduire l'Autorité , & à éclairer là
Bienfaisance. — Sans cet appui, une Loi, dont
l'intention seroit pure & vertueuse, pourroit être
inutile ou dangereuse, ainsi que le font, dans
certaines Places , les honnêtes - gens dépourvus
de lumières & de talens. §. V I. Des Traits de cruauté , & des Faits atroces qu 'on
a publiés. ^ Si la Servitude des Noirs ne présentoit, qu'une
accumulation de crimes & de désordres, qu'aucun
moyen légal ne pût réprimer, il faudroit se hâter
de les rendre à leur terre natale, ou leur abandonner les Colonies ; car aucun intérêt national
ce peut être nécessairement fondé,sur ùn systême --- Page 706 ---
.l.i4 Dçrl'JÇjç.lavMgg d'oppression & de férocité i mais , comme tout
pouvoir subordonné & responsable , ne peut
venir oppressif que Par la fauta -du Pouvoir sau î
préme, & que la Servitude des Noirs n'existe
point au milieu de nous, par iles principes ou
par la violence d'un Gouvernement despotique, »;
les traits de cruauté qu'on a publiés ne prouveroiçnt, s'ils étoient authentiques,,que les crimes
de quelques Particuliers , & ceux des hommes
constitués en autorité , qui les. ont laissés impunis. ,■ 1 1, 1 §. V I I. Des vices de la. Législation des Colonies, & de leur,
influence. — Vues d' amélioration. - Comment &
À quelle époque la Traite des Noirs cessera. —
Comment on prepareroit la destruction de l'Esc lavage. ■> En parcourant l'immensité des Loix (i) faites
pour les Colonies, depuis un siécle , & pendant *
le temps que j'ai eu part à leur Administration ,
j'ai été bien étonné de n'appercevoir aucun ( i~) Il et!: difficile 3e nombrer toutes les Ordonnances
'& Réglemens publiés sur l'Administration des Colonies.
J'en connois plp; de trois-cents. Je rte ferois pas étonné ■ Collection exacte en présentât trois i fois autant >
en y comprenant les Ordonnances des Administrateurs, dans i --- Page 707 ---
if? Plan, aucun pressentiment de p lusi eurs c gén ç rations f éco ulé es, sans que là multit de d'hom rués «qui a habité & disparu de ces
régions occidentales v ni, ceux qui les ont gouverneé, ayent considéré la Postérité
'en connois plp; de trois-cents. Je rte ferois pas étonné ■ Collection exacte en présentât trois i fois autant >
en y comprenant les Ordonnances des Administrateurs, dans i --- Page 707 ---
if? Plan, aucun pressentiment de p lusi eurs c gén ç rations f éco ulé es, sans que là multit de d'hom rués «qui a habité & disparu de ces
régions occidentales v ni, ceux qui les ont gouverneé, ayent considéré la Postérité vant inter venir dans leurs speculations. CëpeM
dant il étoit naturel de penser que la TrififeUSÎ1
Négres aurait pur* terme, 011 pënrrôit éprouver
des entraves; que les défrichemens illimités.
dans les plaines & les montagnes, darës tous lës5
Quartiers d'une même Colonie, épuiseroient tout
a-la-fois , & à-peu- près<à une même époque,
une terre neuve, dont les premiers produits
devoient être prodigieux. Ces réflexions suffisolent , pour déterminer un Plan progressif de
culture & de principes de Police, relatif à la
multiplication ou au remplacement des inoyeris.
On auroit considéré alors, la fertilité accidentel
d.u sol , & préparé les secours qui peuvent la
rendre permanente. On se fçroit occupé de la
conservation des bois & de leur reproduction
la, piultiplication des
des Cultivateurs & des Manufacturiers, de la chaque' Colonie,, Au milieu de èetfë abondance v «èa£
n'avons etiepre,,cpie la Coutnme de 'Pari*fi dîîïaiiCfe^
de celle .de I"Atiw aque-j po-uc Lôi èôWftîutie de teutc%" lei? Tran&fëans.. dis Giiànv - --- Page 708 ---
13 8 De l'Esc lavage perfection dest Machines qu'ils employent ; on
auroit calculé toutes les dépendances auxquelles
nous-nous soumettions envers les Etrangers , *
pour nous affranchir de celles que l'industrie
nationale peut suppléer; mais, sur toutes choses,
une Administration prévoyante auroit fixé son
attention, sur cet expédient nécessaire de la Traite
des Nègres, que le Cardinal de Richelieu adopta,
sous le, prétexte de les instruire des dogmes de
notre Religion. — Eclairé sur les limites que r
devoit avoir pour nous, une Servitude si difsérente de ce qu'elle étoit chez les Anciens, lé
Gouvernement auroit dirigé , dans cette vue',
1 éducation coloniale ; des Etablissemens publics
auroient eu pour objet, de former les Créols à
ce nouvel ordre social, & de leur apprendre ,
dans leur jeunesse , la profession de Propriétaire.
car il faudroit en faire une sorte de Magistrature
qui eût, comme les autres, sa dignité & ses devoirs. Cet enseignement se seroit étendu à toutes
les connoissances agraires; & les études insignifîantes de nos Collèges, se seroient converties
dans les Colonies, en une véritable éducation
publique, qui auroit embrassé tous les rapports
toutes les relations du Citoyen, dans une position physique & morale , très - différente ide
celle des Propriétaires en Europe.
faire une sorte de Magistrature
qui eût, comme les autres, sa dignité & ses devoirs. Cet enseignement se seroit étendu à toutes
les connoissances agraires; & les études insignifîantes de nos Collèges, se seroient converties
dans les Colonies, en une véritable éducation
publique, qui auroit embrassé tous les rapports
toutes les relations du Citoyen, dans une position physique & morale , très - différente ide
celle des Propriétaires en Europe. * C'étoit encore une considération légiflativ-e j --- Page 709 ---
Des Négres. ".. 13 que celle du crédit nectaire: A l'établissement
des Manufactu r e s coloniales, de lextenfion quil
l'usage qu'il seroit utile ou
d'en faire, car on conçoit que les dépenses de luxe , prises sur les fonds destinés a
l'entretien $ à l'amélioration de la culture, feroient seules une cause puissante de dépravation
& (<4e destruction. Ce désordre des dépenses est,
dans la vie. privée comme dans r administration
de la chose publique, le précurseur de tous les
maux & de tous les vices. Il est impossible que
la Bonne-Foi, la Modération, l'Amour du Travail,
l'Honnêteté , se concilient avec la Dissipation. En ré sumant ainsi tout ce que devroit embrasser le Plan législatif des Colonies , j 'expose
ce qui n'a pas été fait ; &, d'après toutes ces
omissions, leur état actuel est un prodige , mais
ce prodige cache des plaies profondes qu'il faut
guérir , sans quoi ce monument de l'industrie
nationale ne tarderoit pas à s'écrouler. ; Qu'on ne s'étonne pas que la Traite des
Négres, leur Esclavage, les moyens de 1 adoucir,
ée le-faire cesser, me raménent aux grands principes de l'Administration. Voulez-vous faire un
bien durable, dans quelque genre que ce foit?
remontez à la source. Voulez-vous faire du
bien aux Nègres >c'est par les Maîtres qu'il faut
commencer ; cest en les mettant dans un. état --- Page 710 ---
1§ 0 Dç.CEfdwége d'ordre & de police, tjJ que le Bien en dérive
naturellement. ^{1 Sans doute on peut, par un Réglement isolé,
apurer légalement la. l'entretien des
Esclav es ^ empêcher l'excès des châtimens ,& : du
travail; mais on nç le peut , que parce que les
esprits y font généralement disposés; parce que
la richesse des grands Propriétaires , & l'aisance
de tous ceux qui n'ont plus de dettes, préfet
tent des modèles de régime qui commandent,
de proche en proche, l'imitation. La même cause
produit, depuis dix ans, sans le concours, dq
Législation ? plus de volonté de (aiisfaife. à ses
engagemens. On voit que ceux qui s'acquittent
prospèrent, l'on commence à s'en occuper
mais il y a loin'dç cette foible, impulsion qu\; ^
tout fait jusqu'à ce moment-ci, à une direction
a&ive & éclairée vers l'intérêt général. Le principe de toute amélioration est un boni
Gouvernement ; & celui des Colonies ne
pas. H n'a point de bâse fixe. Il dépend des
personnes plus que. des Loix. —r Il a été arbitraire, foible, violent > plus ou moins raisonnabfc ,
suivant le caractère des Acliiiiçàstrateaçs. J'ai dit
qu'il n'y a point.eu de Plan; & j'ajoute qu'il n'y
a peint de Mœurs coloniales j car les mœurs de
Nantes, de Bordeaux, de Marseille nq, devroient
& celui des Colonies ne
pas. H n'a point de bâse fixe. Il dépend des
personnes plus que. des Loix. —r Il a été arbitraire, foible, violent > plus ou moins raisonnabfc ,
suivant le caractère des Acliiiiçàstrateaçs. J'ai dit
qu'il n'y a point.eu de Plan; & j'ajoute qu'il n'y
a peint de Mœurs coloniales j car les mœurs de
Nantes, de Bordeaux, de Marseille nq, devroient celles des Colonies. --- Page 711 ---
Des Nègres)x .. fAt Les riches produits de S? Domingue no us
aveuglent. Nous ne faisons pas attention qu'à la
manière dont ils fônt fecuéflfis & consommés,
mine qu'on exploite en l'épuisant, &
terre dont la fertilité s'entretient, par le
labour & les engrais. Considérez que l'a France
emploie ', dans le Commercé Maritime, trois
fête moins de capitaux cfue les Anglois, & que
nés' Colonies retiennent en dépôt , par leurs
dettes ou leurs emprunts, un tiers de ces capitaux ; que cette stagnation est une dés causes
dé la laïigtfeur dé nôtre Navigation, du mal-aise
de nos Manufactures, attaquées par d'autres vices
intérieurs , tels que les impôts, les privilégés, &
tettie multitude d'offices & d'emplois, qui attirent , hors* des atteliers du Commerce , ceux qui
ont fait quelque fortune. — Cependant la
continuation dé la Traite des Noirs, aujourd'hui,
indispensables, est une chargé éè plus pour le
Commerce ,par les avances à long terme qu'elle
exige , par la consommation plus rapide d'une
pàftie de ses Agens, Se parce que les fonds qui
y font employés, pourroient être l'aliment d'une
industrie plus louable & plus productice.
aufHycfails les frais de culture, un
sement dë dépense, qui devient de pins en plué
par le renchérissement successif du prix des Nègres ; ainsî les causes qui --- Page 712 ---
142 De l'Esclavage produiroient ; non pas l'interdiction , mais ' un
moindre besoin , une réduction graduelle, & , finalement, une ceffationabfoltie de là Traite des
Noirs, pourroient être le signe de la grande
prospérité des Colonies , comme la Traite «lie-
* f même -ert a été le moyen. Que de motifs déterminans pour remédier
aux vices de la Législation de ce Etablissemens;
&, en s'arrêtant à l'objet principal de mes Observations , la condition des Nègres ^ comment ceux
qui s'érigent, avec tant de confiance, en- Réparateurs des torts de nos Aveux , ont - ils cru
suppléer , par des déclamations , à la recherche
des principes d'un meilleur ordre ? Je les indiquerai au moins, & je croirai avoir été de quel.
qu'utilité aux Colons , aux Administrateurs , aux
Nègres, aux Philosophes même , en plaçant au
milieu d'eux-, & en mettant à portée de tous,
des' vérités qui trouveront un jour de plus
puissans Défenseurs. : J'ai démontré , je crois , les inconvéniens &
le danger, de l'interdiction de la Traite ; mais
elle peut cesser naturellement, comme je viens
de le dire ; ce qui seroit le terme de prospérité
& de bon régime, auquel il faut atteindre. Elle
peut cesser aussi par l'épuisement des Côtes d'Afrique, par le déplacement ou la destruction des
Peuples qui y fournirent ,& pair un' excès" de --- Page 713 ---
, Des Niret-:r XA*
inconvéniens &
le danger, de l'interdiction de la Traite ; mais
elle peut cesser naturellement, comme je viens
de le dire ; ce qui seroit le terme de prospérité
& de bon régime, auquel il faut atteindre. Elle
peut cesser aussi par l'épuisement des Côtes d'Afrique, par le déplacement ou la destruction des
Peuples qui y fournirent ,& pair un' excès" de --- Page 713 ---
, Des Niret-:r XA* depense. qui ne seroit plus en proportion avec
les produite Çefr événement , dans les calculs
de. probabilité est plus. prochai#,qu'on ne le
pense , Quel doit être maintenant, dans les calculs
de la Raison , l'esprit des Loix qui dirigent un
de tels expédiens ? Il me semble
qu elles doivent tendre,, à les rendre de moins
en moins nécessaires, en séparant leur utilité du
Vice originel, pour conserver l'une & ne plus
employer l'autre. Je vais me resaisir de ce prin,
cipe & le développer en rappliquant à l'Esclgvage, suite nécessaire de la Traite, & condirion
mdispensable de la culture a&uelle des Colonies.
Cet Esclavage étant en soi une mauvaise institution, le Législateur qui le tolère les ,Colons
qui en profitent, ne peuvent s'en djiftmuler les
abus, & leur vœu commun, seroit jans doute
de n en avoir pas besoin. Leur intérêt commun
serait donc de rectifier les abus d'une condition,
dont la permanence peut être nécessaire, en la
rapprochant par gradation de l'Etat civil ,ou de
préparer ce rapprochement, pour que l'abolition
eç la Servitude spit praticable lorsqu'elle ne sera
jîlus nécessaire. Cest ainsi que, dans l'une ou
l'autre hypothèse , on trouve les mêmes motifs
d une Police équitable & prévoyante. Pourquoi
voulez-vous que les Nègres soient libres? Pour --- Page 714 ---
144 De L'Esclavage être heureux ! Hé , commençons par leur assûrer
la portion de bonheur que comporte leur état
de Servitude. Ils seront bien mieux difpofésyà
jouir du complément. Et vous vous regardez
comme une chimère tous les plans & projets de
Liberté. Vous jugez les Nègres dans un état de
Servitude inévitable. Il est donc de votre devoir, il est de votre intérêt de l'adoucir; car,
si j'e peux combattre avec quelqu'avantage toutes
'Jes innovations qu'on propose, je ne saurois. vous
défendre également, des suites d'un mauvais régime , ni empêcher que l'Asrique celse un Jour de vous fournir des Laboureurs, ou que vous
soyez vous-même dans l'impuissance de vous en > I i ( U > 1 *7 -* < -1
procurer. J'avance vers le but que je me suis propose ;
tes difficultés s'applanissent. Je n'enléve point aux
Philosophes , l'espérance de détruire un jour la
Servitude. S'il est une voie pour y parvenir,
c'etl: celle de la Prudence & de la Justice. Je
n'attente point aux Droits de Propriété des Coions , s'ils ont un moyen de les conserver, c'est
en se mettant, eux & leurs Esclaves, sous la protection & la surveillance des Loix. — On ne sait
pas , on ne croit pas assez à tout le bien que *
peuvent faire de bonnes Loix , & il me femb!e
que nous touchons à l'époque où les Colonies
peuvent en espérer. — C'est d'abord dans leur
Prudence & de la Justice. Je
n'attente point aux Droits de Propriété des Coions , s'ils ont un moyen de les conserver, c'est
en se mettant, eux & leurs Esclaves, sous la protection & la surveillance des Loix. — On ne sait
pas , on ne croit pas assez à tout le bien que *
peuvent faire de bonnes Loix , & il me femb!e
que nous touchons à l'époque où les Colonies
peuvent en espérer. — C'est d'abord dans leur sein --- Page 715 ---
^ Des Nègres. 145 .. K sein, c'est dé' leurs Assemblées, comme je l'ai
dèjà dit, que Sortiront les Plans les plus utiles ;
& , si j étois appellé à y donner ma voix, je croirois
remplir mon devoir de Citoyen en leur adressant
ces paroles : " * Fanatisme vous poursuit, mais la Raison
^ vous défend, & vous éclaire aussi (ur vos vrais
V fntéVets :* ne craignez point de compter avec
» ètle, & d'invoquer la Justice pour Arbitre de
" vos prétentions. » tout ce qui pourroit relâcher la subordi0 nation dés Négres à un joug nécessaire , seroit
» funëste a la Métropole, comme à vous ainsi
»» le maintien de la' Discipline établie dans vos
» atteliers,doit recevoir l'appui de la Force puV blîqué. Mais le même Intérêt national exige
V que là population, la subsistance, le Traitement
dè cette troupe de Laboureurs, dont vous
» disposez, soient sournis à des Loix protestrices ;
» & ; lorsque la douceur de vos Mœurs, & votre
» propre Conscience, sont déjà disposées à étendre
«» ïeur empire , ne craignez point que vos de-
» voirs deviennent plus difficiles à remplir, lors-
» qu'ils vous seront tracés, & ne faites pas cette
injure Loix de croire, qu'il puisse y avoir
» sans elles, une harmonie durable parmi les
à hommes. t ... » Voyez ce qu'ont produit jufquà prêtent --- Page 716 ---
14* D& 1 Efcla4d£t tons ces systêmes, erronés oui au lieu ides
bonnes Loix, ont tour à-tour , commandé
i ou obéi à vosintérêts méconnim La fraternité
qui devroit vous unir. au Commerce s'est-conSertie en une inimitié réciproque?, & vous ayez
respectivement oublié vos droits & vos intérêts
» communs. Vous avez craint l'activ ité des sor-
« mes légales dans l'execution de vos Contrats »
jj & vous avez été livrés aux formes Arbitraires
» qui ont tourmente les débiteurs , sans inspirer
}> confiance aux Créanciers. Vous-vous eLes plaint
» des attes d'autorité exercés sur vous par les
* Adminiiltfateurs; & vous vouliez en perpétuer
» l'habitude dans la Police de vos atteliers car
» telle est la ressource indiquée pour- contenit
on punir les Maîtres injustes. — Entourés de be-
» foins; soumis à plusieurs sortes de dépéndances
»> vous les multipliez encore, en vous mettant à
la merci des Etrangers pour des choses de première nécessité , tandis que vous pourriez'}
même envers le Commerce national, alléger le
»• poids de' vos servitudes , & l'attirer à vous
» comme tributaire de votre industrie, au lieu de
relier Enclave de la tienne.
contenit
on punir les Maîtres injustes. — Entourés de be-
» foins; soumis à plusieurs sortes de dépéndances
»> vous les multipliez encore, en vous mettant à
la merci des Etrangers pour des choses de première nécessité , tandis que vous pourriez'}
même envers le Commerce national, alléger le
»• poids de' vos servitudes , & l'attirer à vous
» comme tributaire de votre industrie, au lieu de
relier Enclave de la tienne. "' » Toutes ces erreurs n'ont pu s'accréditer que
» par l'ignorance du voeu & de l'intérêt général.
M, En vous réunissant pour manifester l'un &
» l'autre, vous trouverez au milieu de vous les --- Page 717 ---
Des Négres. 147 K ij » lumières* & les principes , qui: peuvent? vous .
»> conduire à une véritable prospérité. Vous. en
possédez, lea premiers élémens. Propriétaires du
plus-fertile , quels que soient vos cm-
* barras /\£ 'volonté ferme de , les faire cesser,
«* vous en assure les moyens. Cette volontéisa*
*»' lu taire prévenant les commandemens de:} la
» fixera1, dàns vos Habitations l'Ordre. le
a gavait , l'Economie & l'Abondance . '• .1 .
tn L'Ordre , le - Travail, l'Economie, & X Abondance;
voilà: dans les Colonies, comme dans la• Métropole, les véritables sonrces de la, félicité publique;
card on voit toujours à leur suite la modération,
la Paix & la Justice; & tels l'ont les moyens que
je propose pour régler & adoucir la servitude des
Noirs. Mais combien d'autres avantages en résulteroient ! En versant sur la terre, &, dans les
mains qui -la cultivent, une plus grande portion
de ses produits, je vois la richesse s'accroître,
& les Dettes, s'éteindre sans tyrannie, sans commotion (1) j.alors les moyens du Commerce, se
"51 : ' '• f < i c (I ) Car ce seroit une mauvaise Loi que celle qui metsubitement tous les Créanciers à la poursuite de tous
Débiteurs. Dans un changement d'ètat , ït faut toujours
avoir égard à celui qui précède, & déterminer prudemriient.
la transition de l'un à l'autre. s f --- Page 718 ---
148 De l-Efclavàgc .multiplient ; sçs opérations, plus facile ► s'étendent , sur une. plus grande surface * & la concurrence laisser, au Colon le - choix d'un nouveau
^crédit ou d'un placement utile le ses fonder
Nous devons aux Economistes le développement de- ces princapes, - mais, aussitôt quelles
hommes ont trouvé quelques vérités , on ^diroit
qu'un mauvais Génie s'essorce de les rendre ty
ranniques, pour exciter à la révqlte ; ainsi l'application rigoureuse de leur systême à l'impôt &à
4^1 liberté du Commerce ^ fera longr tems' une
chimère GI), tandis qu'il conserve toute sa rectitude & ses - bo*s effets dans la pratique de
; l'Agriculture , & « les dépenses foncières ou productives qu'elle exige. — Le premier objet de ces
: dépenses est sans, doute , pour les Colonies:, le
• soin, la police ) 8c l'aisance de leurs Laboureurs.
Lorsque les Propriétaires réunis seront convenus
de fixer , suc ce point-là, toute leur attention,
& de lui subordonner les' dépenses de luxé, ils
sauront préparé le plus utile Règlement qu'on
tpuiffei proposer i en faveur des} Négres Stades
qu'elle exige. — Le premier objet de ces
: dépenses est sans, doute , pour les Colonies:, le
• soin, la police ) 8c l'aisance de leurs Laboureurs.
Lorsque les Propriétaires réunis seront convenus
de fixer , suc ce point-là, toute leur attention,
& de lui subordonner les' dépenses de luxé, ils
sauront préparé le plus utile Règlement qu'on
tpuiffei proposer i en faveur des} Négres Stades (I) L'Impôt unique seroit sans doute ie plus naturèl; mais it: faudrait, pour être supportable, qu'il fût modéré 5
d'impôts réunis ne peuvent pas suffire,
- comment seroit-til possible de tout prendre sur la récolte? --- Page 719 ---
Des Nêgreh* Î49 K iij Créanciers de chaque Cotènie. Ils appelleront
ainft les secours & les lumières du Gouvernement,
pour eux &> pour le Commerce national, dont
il#bont tort & raison d'accuser rimpuitfancè ;
car ;ii est cruel poitr les Colons d'être circonscrits dans leurs approvisionemens nécessaires, ou
de ne les Obtenir qu'à de hauts prix ; mais il
n'est pas moins déplorable, que la Navigation
Françoise soit si fort au-dessous de ses moyens
naturels. ; " ' n ^ Quand je confidère la somme énorme d'impôts
que supporte l'Angleterre, sans en être accablée,
j'en trouve là raison dans h richesse de sou
Agriculture & de les Manufactures, qui provient
elle-même de l'abondance des moyens que cette
Nation leur consacre. — C'est la perfection des
machines & des ustensiles, la bonne tenue des
beûiaux, la vigueur & l'aisance des Manœuvres,,
la dépense bien ordonnée des Propriétaires, qui
enrichissent là Grande-Bretagne ; &, malgré les
excès de luxe qu'on lui reproche, sa fortune
restera toute entière, tant que ce luxe ne fera
• que l'excédent de la recette sur les dépenses productives. Je ne connois point les Colonies Anglosses * mais leur régime doit Íe tessentir des
Moeurs & des Loix auxquelles la Métropole doit
de si grands succès ; & , si la différence de la
servitude des Manœuvres, à leur liberté, en a
issent là Grande-Bretagne ; &, malgré les
excès de luxe qu'on lui reproche, sa fortune
restera toute entière, tant que ce luxe ne fera
• que l'excédent de la recette sur les dépenses productives. Je ne connois point les Colonies Anglosses * mais leur régime doit Íe tessentir des
Moeurs & des Loix auxquelles la Métropole doit
de si grands succès ; & , si la différence de la
servitude des Manœuvres, à leur liberté, en a --- Page 720 ---
ifoyr De i'Efduvage produit, comme cela, doit être, dans les résultaW^
ce ne sera cependant que -par les mêmes principes que les Colonies Angloises & les , nôtres
parviendront à une siabilité à un -bien être
très supérieurs à leur éclat, passager. —Et comme
les Anglois,,nous ont; précédé, dans., tous les
calculs de l'économie rurale. & politique ,ainsi
que dans la science de la ,Légiflatioa, je? non
doute pas que. nous: ne leur devionsa encore. le
premier exemple du régime dont je sens l'utile
lité,& dont j'apperçois l'existence possible dans
lest Colonies. Au milieu du rapprochement de
toutes les conditions, & de la tendance de: touéq
les systêmes vers, un centre unique de Raison
& de Vérité , ce;, Peuple penseur trouvera, le&
premier , les modifications convenables à la servitude nécessaire des Noirs. Je les conçois facile* i
& conciliables avec la plus parfaite police &
les plus riches produits, si nous revenons au
principe de toute amélioration, pour les Colonies
comme pour la Métropole, savoir le retranchement des dépenses de luxe, & l'accroisse ment de
celles qui fécondent la terre &. le' travail; je
vois un ternie, alors, & un; terme désirable, àq
la Traite des Noirs. Les grains, les sruits .& les
raines alimentaires , croissent en. abondance auprçs des cannes à sucre & du caffé. Une population vigowreuse, fq multiplie en raison des --- Page 721 ---
1 Diu Nègres. - '1 xjf' subsistances ; les ; terres les moins précieuses se :
conMectissent enr pâturages couverts de bestiaux;
les bois , nécessires aux constructions) se reprodussent dans les montagnes qui de voient leur T
être, consactées; & une portion de nos produits
n'est plus, employée à payer aux Etrangers les
bois & les béstiaux qui deviennent un nouveau *
moyeni de richesse pour les Colons. Une in- P
dustrie universelle Ce prête alors 'aux Affranchit- '
semens successifs & volontaires ; les Nègres Paf- • •
teurs & ceux employés à l'exploitation des bois,
à l'emménagement des forêts, peuvent devenir
plus naturellement Fermiers Censitaires deleucs Maîtres. Alors la servitude de lâ glèbe ^-
& le mauvais régime féodal, font des expédiens
raisonnables &t nécessaires pour la destruction de !
l'Esclavage.. , . t - §. v 1 1 I. Conclufeon & Motifs de' cet Ouvrage. . Les Ecrits , auxquels je réponds , ne peuvent
pas, plus opérer l'Affranchissement des Nègres , *
qu'un Plaidoyer en faveur de la famille des In- f
cas & de' celle de Montézuma , s'il en éxiste des *
remettons, ne pourroit leur faire refiitner le î
Mexique & le Pérou. Les Nations & les Empires
clavage.. , . t - §. v 1 1 I. Conclufeon & Motifs de' cet Ouvrage. . Les Ecrits , auxquels je réponds , ne peuvent
pas, plus opérer l'Affranchissement des Nègres , *
qu'un Plaidoyer en faveur de la famille des In- f
cas & de' celle de Montézuma , s'il en éxiste des *
remettons, ne pourroit leur faire refiitner le î
Mexique & le Pérou. Les Nations & les Empires --- Page 722 ---
152 De l'Esclavage reposent sur le droit de Prescription, & leurs
propriétés ne sauroient être soumises à une vérir
fication rigoureuse de leurs titrer; mais les efforts
impuiflgnts de la Philosophie contre les injustices
des grandes Sociétés, se dirigent » avec plus d'avantage , sur celles qui paroissent n'appartenir
qu 'à quelques individus. C'cit ainsi qu'en séparant
les Colons de la classe des autres Citoyens on
travaille à indisposer la majeure partie de la ¡Nation , étrangère aux Cultures & au Commerce des
Colonies, contre ceux qui y sont intéressés. Cet
Empire si puissant de l'Opinion publique , si éloquemment définie dans un immortel Ouvrage (i),
offre déjà son appui à ceux qui attaquent en France
en & Angleterre, la servitude des Nègres, & qui en
poursuivent l'abolition ; les imputations les plus
sont réservées à ceux qui pseroient
avoir une Opinion contraire, & le titre de Colon, eor paroît un. d'exclusion pour obtenir créAnce auprès Public; ; cependant il étoit dangereux, d abandonner l'arène aux athlétes qui s'y
présentent d'un air si menaçant. Ce qu'ils n'auroient
_pû, obtenir de, l'Autorité souveraine, plus éclairée
& plus prudente dans sa marche que les nouveaux ~ , ils l'auroient abtenu de la [texte_manquant] --- Page 723 ---
* Des NegreÉ if.i faveur publique, qui prépare la chute ou' le succès dé tous îeS aôes de l'autorité ; ils Auroient
insensiblement élevé un mur de séparation entré
les propriétaires, les Commerçants des Colonies,
& les autres classes de la Société. Les âmes douces
& honnêtes, prévënues de l'injustice de l'Esclavagè
des Nègres, de la possîbilité de le détruire, auroient
été émues d'indignation à l'aspect d'un Colon
le découragement dés uns , l'efferyefcence des au;"
tres , auroient produit, tôt ou tard, un désordre
irréparable. Enfini une considération qui étoit
pour moi d'un grand poids , c"est qu'en ne présentant à la sollicitude du Gouvernement , & aux
:allarmes des Propriétairés , qu'une révolution dangereuse à opérer, on retarde d'autant la réparation des abus le bien à faire aux Négres &
aux Colonies par des Loix salutaires, qui font
plus pressantes / plus faciles, & plus justes, que
tous les projets d'affranchissement. Il étoit dont
important dé' traiter contradidoirement * cette
-grande Question; & , comme je' m'ten suis voiontrairement impose l'obligation , il ne me conovenok pas de la remplir sous lè voile de l'anonyme. Propriétaire à S.-Domingue j & Adminiorateur , je me fuis cru responsable d'abord à
moi-même de mes opinions, & de tout ce que
je me permettrois pour les accréditer ou les
défendre ; mais fai voulu anssi soumettre au ju-
' traiter contradidoirement * cette
-grande Question; & , comme je' m'ten suis voiontrairement impose l'obligation , il ne me conovenok pas de la remplir sous lè voile de l'anonyme. Propriétaire à S.-Domingue j & Adminiorateur , je me fuis cru responsable d'abord à
moi-même de mes opinions, & de tout ce que
je me permettrois pour les accréditer ou les
défendre ; mais fai voulu anssi soumettre au ju- --- Page 724 ---
ï 54 - ,De ,Ir, ,îclavaegement du Public , en me nommant, lesObsçrvations que je pourrÕis présumer avoir été
présentées en sécret au Gouvernement ; car il
en est, qu'un Agent de l'Administration est obligé
de taire ; mais ce ne font point celles qui contrarient l'Opinion dominante , & qui ne paroislent fondées que sur nos propres intérêts. On ne
sauroit alors avoir trop de Juges , trop de Témoins de ses pensées., de ses discours ; quand
on ne veut que la Raison pour Arbitre, il faut
se laisser confronter avec elle. Sans d'aussi graves
considérations * & si j'attachois à cet Ouvrage
quelque prétention littéraire, je ne me serois pas
avisé, pour la première fois, de publier un
Ecrit fait a la hâte , & souvent interrompu par
d'autres occupations. Puisse-t-il être utile sans
offenser ! Je retrace d'avance tout ce qui pourroit blesser, contre mon intention, les personnes
dont je contrarie les vues & les principes; & ,
quoique j'aye pu croire mon premier Mémoire
désagréablement signalé dans quelques Brochures,
j'assûre que ce n'est point là le motis qui a
produit celuirci ; & que, si je n'avois espéré
d'heureux effets d'une pareille discussion, je m'en
serois épargné les dégoûts. PuifTai-je, au moins,
n'en point éprouver de la part des Colons que
je défends, sans adopter toutes les observations
qui me sont parvenues, & les maximes qu'on % --- Page 725 ---
Des Nègres, iiy Cfu inséparables de la police des Nègres Esclaves. S'il est quelques Propriétaires injures envers
moi, je ne le serai point envers eux. Je nappellerai point corruption , mais erreur , l'inqaietude qu'ils pourroient avoir d'une autorité
réprimante ; & mes vœux se réuniront toujours
à ceux des amis de l'Humanité, pour l'adoucissement des maux dont elle est affligée. - De Toulon, ce 2 Novembre 17,88, M Signé MALOUET. --- Page 726 ---
ERRATA. Page 30. Ligne 11. & pour les, lisez : est pour les. 3 S. 'i 6. ces différentes, lisez ses différentes.
54. 16. prescrit, life£ : proscrit. 58. avant-dernière ligne , dirigé, lisez : rédigé.
65. * i o. point au-lieu dune virgule >
pour le vendre à un autre. 67. dernière, les forêts d'Amérique
de l'Amérique. 71. Note > au bas de la page, effaceç qui précédent. 73. 8. & n ébranlant point , lisez en
n'ébranlant point. 83. 15. du Commerce, lisez : de Commerce. 95. climar, lisez : ce climat.
96. e. maisons , lisez: moissons. 195. 13. ne soit , effacez ne. 11'. 2.'. en puisTan ce, lisez : une puissance. --- Page 727 --- --- Page 728 --- --- Page 729 --- --- Page 730 --- --- Page 731 --- --- Page 732 --- --- Page 733 --- --- Page 734 ---
, sans doute, à ceux à
Loi donnoit une existence
qui cette
formes pour régler les
nouvelle , des
leur vie. Les Juifs n'en principales actions de
ont leurs rites et leurs
ont pas besoin : ils
cérémonies
nos Loix, consacrés
adoptés par
par l'asage;
leur, un
laissons-les
funeste,
changement ne pourroit gu'être
quelque laissons-leur sur tout, au moins pour
temps encore, leurs
leurs chefs.
communautés et --- Page 560 ---
(99 - )
Cet objet me semble
aux Juifs des
tres-important : il faut
guides qui les dirigent, des
surveillants qui nous répondent de leur
duite: : il leur faut des appuis, des
conNe nous le dissimulons
protecteurs,
en auront besoin
pas, long-temps ils
cherchera à les
, long-temps encore on
opprimer. Chacun d'eux isolé
imploreroit en vain nos Loix et leur
geance, on éroufferoit facilement
ventions, et ses cris ne
ses réclamapourroient être entendus.
Iln'en est pas des Juifs comme des
rants et des autres Sectaires
Protesdeleurs
étrangers : sortis
temples, de leurs
se confondent
consistoires, ceux ci
avec tous les
a plus entre eux et nous de Citoyens. Il n'y
dit que la Religion
différence, J'ai
avoit établi
Juive, au contraire, en
une qu'on détruiroit
et
dificilement,
l'expérience nous apprend
les plus grands inconvénients qu'il y auroit
des Juifs
à le faire, Bien
le
ne sont que trop portés à secouer
joug pénible que leur Loi leur
nous cherchions à
impose, Si
au-devant de
T'alléger, ils courroient
hi Juifs ni nos efforts; bientôt ils ne seroient
gager du lien Chrétiens, et ils sauroient se déqui attache
qui les arrête, de ce' lien sacré
Phomme a ses
devoirs, et qui
Gij --- Page 561 ---
(: ICO )
est encore respectable et nécessaire lors même
qu'il est tissu par l'erreur : loin de le
rompre, >
occupons nous bien plutét à le resserrer, it
est toujours le frein le plus salutaire qu'on
puisse opposer aux désordres. Je crois avoir
fait connoitre que, pour les Juifs, sur-tout,
il falloit gu'il fut indissoluble,
Mais, dira-t-on, si leurs vertus tiennent
de si près à leur état actuel, ne craignez-vous
pas de les détruire entièrement - 3 en leur
accordant un rang dans la société, en leur
dopnant de nouveaux devoirs à remplir , qui
pourront les distraire de l'observation de leur
Loi; ces changements que vous proposez
n'altéreront-ils pas ce que vous avez reconnu
de louable en eux?
Ces changements opéreront, 2 n'en doutons
pas, dansleur constitution morale, une révolution qui bientôt deviendroit funeste, si on
leur permettoit de se soustraire à leurs
mières obligations. II est chez les Juifs pre- des
vertus que l'infortune a dû leur rendre chères;
ils ne trouvoient de douceur et d'adoucissement à leurs maux qu'en les pratiquant, et
'altéreront-ils pas ce que vous avez reconnu
de louable en eux?
Ces changements opéreront, 2 n'en doutons
pas, dansleur constitution morale, une révolution qui bientôt deviendroit funeste, si on
leur permettoit de se soustraire à leurs
mières obligations. II est chez les Juifs pre- des
vertus que l'infortune a dû leur rendre chères;
ils ne trouvoient de douceur et d'adoucissement à leurs maux qu'en les pratiquant, et --- Page 562 ---
(I IOT)
l'abus d'une liberté,
il seroit à craindre que
étouffit le germe.
inconnue jusqu'alors, n'en
si
idée aurions-nous de ces vertus,
Mais quelle
tiennent nécesqu'elles
nous pouvions penser
et à lavilissement
sairement à lopprobre
depuis tant de
dans lequel les Juifs végétent
leur
éclairées elles perdront
siècles ? Que plus
elles sont de tous lcs
éclat et leurs forces :
les épure
rangs, de tous les Etatsyla Religion les comsans doute, mais c'estla nature.qui dans le
mande, et par-tout Onl les trouve
a
Phomme de bien. Sachons donc
ccur-de attacher les Juifs à leurs devoirs, entouronsles de leur Loi ; veillons à ce que toujours
et la suivent, et nous n'aurons
ils la respectent
de nouvelles instiplus à craindre alors que
ne
tutions qui ne la contrarient pas, et qui
rendre les Juifs utiles et heureux,
peuvent que
leurs mceurs.
pervertissent et corrompent
Loin dela, elles corrigeront dans ces moeurs
rapport àla société, elles peuvent
ce que,par
de déféctueux, elles les
avoir de choquant et
et
adouciront, les conformeront aux notres,
rendront en tout les Juifs semblables à nous.
Quand des lumières sagement répandues
Gi i) --- Page 563 ---
(102)
auront ensuite éclairé leur espric, que des
a
encouragements bien ménagés, des
de considération
marques
élevé leur
placées à propos, auront
ame, que nous les aurons,en un
mot, délivrés des maux qui les
nous verrons disparoitre les vices oppriment 2
la suite. Asservis à
qui en sont
par la crainte, ils
notre despotisme, liés
chainés
ont agi en esclaves S ; enpar nos bienfairs, ils se plieront
facilement à ce nouveau joug, ils
plus
enfin des hommes, ils
deviendront
ments
prendront des sentiqu'auparavant ils ne pouvoient
connoitre. La place de la
pas
tesquieu,
vertu, a dit Monn'est qu'auprès de la liberté,
Répondrai-je enfin à l'objection
tire du prétendu
que l'on
accorde
danger qu'il y auroit, si on
parmi nous aux Juifs tant d'avantages,
de veir bientôt leur multicude
finir peut-être
augmenter, et
par tout embrasser.
Qu'importe au Gouvernement s'il Re trouve
en eux que des Citoyens utiles, des hommes
intelligents et adroirs, d'en voir augmenter le
nombre. Si nous devons le craindre,c'est tandis
queleur malheur et leur opprobre nous retra-
étendu
que l'on
accorde
danger qu'il y auroit, si on
parmi nous aux Juifs tant d'avantages,
de veir bientôt leur multicude
finir peut-être
augmenter, et
par tout embrasser.
Qu'importe au Gouvernement s'il Re trouve
en eux que des Citoyens utiles, des hommes
intelligents et adroirs, d'en voir augmenter le
nombre. Si nous devons le craindre,c'est tandis
queleur malheur et leur opprobre nous retra- --- Page 564 ---
(103 5
les caractères odieux de notre
cent sans cesse
à changer leur
tyrannie ; mais sil'on parvient
pas désirer cette nousort, l'état ne devoit-il
de faire
velle population. comme un moyen
à l'avenir la crainte de voir nos atteliers
cesser
manufactures languissantes, quand
déserts,nos
à notre défense les
il est forcé d'employer
les ressorts de
bras qu'il occupoit à agiter tous
Tindustrie?
si les Juifs ont une liberté absoD'ailleurs ,
lue de s'établir où ils voudront ,. peut on croire
qulilsns'opiniliveront) à végéter dans quelques
toujours
Villes où leur mulitadesopposeroir donc vaine
à leur bonheur ? Cette frayeur est
elle ne doit pas arrêter l'effet des ssages
encore,
politique et Phumanité nous
résolutions quela
suggérent,
Sous quelque point de vue quelon envisage
la grande eti importante question que je viens
d'examiner, on trouve par-tout! le mal certain,
souvent dangereux , et presque toujours le
remède facile. Nous avons ouvert quelquesunes de nos Villes aux Juifs, nous leur
permettons de subsister parmi nous : c'est peu
Giv --- Page 565 ---
(104 j
de ce premier bienfait; si nous
celui plus grand, de travailler n'y ajoutons
beureux. Atteindre
à les rendre
à ce but, ce sera aussi L
comme je l'ai prouvé > nous être
a
de notre propre
occupés
nous répond de avantage, 2 leur bonheur
attendre,
Putilité que nous pouvons en
Que cette tâche est consolante et douce !
quelles sublimes fonctions
donnant le droit de
que celles qui, en
réprimer des abus,
mettent d'affermir la paix
persociété,
2. l'union dans la
et assurent le bonheur
vous que ce bonheur des hommes général. O
vous tous dont le devoir est de leur intéresse,
la vérité, de diriger leurs opinions,
montrer
vous, à combattre une erreur dont empressez- le
phe a duré trop long-temps; réunissez triomefforts, et vous parviendrez bientôt
vas
détruire.
à le
Et vous, dispeasareurs de la félicité
que, Législateurs
publicôtés les
augustes, 5 entendez de tous
vaeux qui hâtent le
que nous venons de
changement
D
proposer : P'instant où
s'opérera sera celui de la gloire la plus
combattre une erreur dont empressez- le
phe a duré trop long-temps; réunissez triomefforts, et vous parviendrez bientôt
vas
détruire.
à le
Et vous, dispeasareurs de la félicité
que, Législateurs
publicôtés les
augustes, 5 entendez de tous
vaeux qui hâtent le
que nous venons de
changement
D
proposer : P'instant où
s'opérera sera celui de la gloire la plus --- Page 566 ---
( 1o5)
pure ; à laquelle vous puissiez prétendre s
vous ne pouvez y être insensibles; confez
le soin de l'assurer à ces hommes dont nous
vous demandons le bonheur. Ils immortaliseront votre nom, en transmettant d'age en
age, avec le fruit de vos bienfaits, le sentiment
de notre admiration et celui de leur reconnoissance.
F I N, --- Page 567 ---
N.
APPROBATIO
Jx lu, par ordre de
des Sceaux, un
Monseigneur le Garde
tation sur cette
manuscrit intitulé : Disserrendre les Juifs question : Est-il des
de
France P
plus utiles et plus heureux mayens
des Sciences Oarage couronné par la
en
les
et des Arts de
Société Royale
vues d'humanité
Meti Je crois
ferme, 2
que cette
que
joindront le
production renqu'elle a déjà
suffrage du Public à
A Paris,
reçu d'une Académie
celui
ce 26 Seprembre
distinguée.
TOUSTANLICIERDERL 1788, Signé 3
PRIFILEGE DU ROL
I OUIS, PAR LA GRACE
fcaux FRANCE ET DE
DE DIEU, RoI DE
Parlement confeillers les NAVARRE, Gens tenant à nos amés &c
notre Horel, , Maitres des Requères nos Cours de
Baillifs, Sénécheux, Grand-confearte Prévôt ordinaires de Paris de
autres nos Jufliciers leurs Lieurenants
Notre amé le fieur qu'il appartiendra : civils, &
de Nancy, nous a THIERRY, fair
Avocat au Parlement SALUT,
Diamation imprimer & donner au expofer qu'il défireroit faire
rendre les Juifs sur cette question Pablle,an : Est-il Ouvrage des intitulé :
Oavrage couronné plus utiles la
ct plus heureux en moyens de
s'il nous plaifoit par lui accorder Société des Sciences et des France? Arts.
farorsblemest lége pour ce nécellaires. A CES nos Lettres de Privipermis &
trairer
CAUSES, voulant
imprimer ledit permettons FExpofane, Par ces préfentes nous lui ayons
femblera, & de Ouvrage le vendre, autant de fois que > de bon faire lui
tour notre
fire vendre & débiter
Trat du préfent Royaume. Voulons qu'il jouiffe de
perpétuité, pouryu Privileges qu'il nele pour lui & fes hoirs à
rétrocède à perfonne;
Lettres de Privipermis &
trairer
CAUSES, voulant
imprimer ledit permettons FExpofane, Par ces préfentes nous lui ayons
femblera, & de Ouvrage le vendre, autant de fois que > de bon faire lui
tour notre
fire vendre & débiter
Trat du préfent Royaume. Voulons qu'il jouiffe de
perpétuité, pouryu Privileges qu'il nele pour lui & fes hoirs à
rétrocède à perfonne; --- Page 568 ---
& fi cependant il jageoit à propos d'en faire une
ceflion, l'acte qui la contiendra fera enregifré en
de Paris, à
de nullité,
8 la Chambre Syndicale de la ceffion; peine & alors,
le
tant du Privilége que
la "e2e du
: fait feul de la ceflion enregiftrée, à celle de la vie de
préfent Privilége fera. réduite
1 FExpofant, ou à celle de dix années, à compter def- de
: ce jour, fil'Expolant décède avant Fexpiration
: dites dix années; ; le tout conformément aux articles
IV & V de l'arrêt du Confeil du 30 Août 1777 >
portant Réglement fur la durée des Priviléges en
Librairie. Faifons défenfes à tous Imprimeurs 5
Libraires & autres perfonnes 7 de quelque qualiré d'im-
& condition qu'elles foient, d'en introduire obéifprellion étrangère dans aucun lieu de notre
fance; comme auffi d'imprimer ou faire imprimer, ledit 5
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire être,
Ouvrage fous quelque prétexte que ce puiffe
fanrla permillion expreffe & par écrit dudit expofant, &
ou de celui
le repréfentera, à peine de faifie & de
de SE: des exemplaires contrefaits, être modérée
fix mille livres d'amende
ne pourra amende & de
la
fois;
pareille
e
pour déchéance première d'état en cas de récidive, & de tous
dommages &c intérèrs, conformément à
l'Arrêt dépens 2. du Confeil du 30 Aoûr 1777, concernant
les contrefaçons : à la charge
ces préfentes de
feront enregiftrées tout au long & le regiftre
& Libraires de Paris,
la dans Cammntsiànlogioes trois mois de la date d'icelles; que l'imprefion
dudit ouyrage fera faite dans notre Royaume &
non ailleurs, en beau papier &c beaux caractères, à
conformément aux Réglemens de la Librairie,
peine de déchéance du préfent Privilége; aura qu'avant fervi
de l'expofer en vente, le manufcrit qui fera remis
de copie à l'impreflion dudit Ouvrage , aura été
dans le même état où l'Approbation & y féal Chedonnée, ès mains de notre très-cher
le fieur
valier Garde des Sceaux de France
en fera enfuite remis deux
BARENTIN 7 qu'il
un
exemplaires dans notre Bibliotheque publique;
du préfent Privilége; aura qu'avant fervi
de l'expofer en vente, le manufcrit qui fera remis
de copie à l'impreflion dudit Ouvrage , aura été
dans le même état où l'Approbation & y féal Chedonnée, ès mains de notre très-cher
le fieur
valier Garde des Sceaux de France
en fera enfuite remis deux
BARENTIN 7 qu'il
un
exemplaires dans notre Bibliotheque publique; --- Page 569 ---
dans celle de notre Châreau
celle de notre très-cher & féal du Louvre, un dans
celier de France le fieur
Chevalier Chancelle dudit fieur
DIMAUFEOU, un dans
hullité des préfentes. BARENTIN: Du
le tout à peine de
mandons & enjoigrons de contena defqueiles vous
& fes hoirs pleinement & faire jouir ledit Expofane
gu'il leur foit fair aucun trouble pailiblement, fans fouffrir
Voulons quela copiedes
ou empêchement.
tout au Jong, au eommencemert préfentes, qui fera imprimée
Ouvrage, foit renue
ou à la fin dudic
qu'aux copies collationnées pour duement fignifiée, &0
fcaux
par l'un de nos amés &
à l'original. eileneseenentree Commandons
foif foit ajoutée comme
ou Sergent fur ce requis, au de premier notre Huiflier I
d'icelles 3 tous actes
faire pour l'exécution L
demander autre
requis & néceffaires, fans EE
de Haro, charre permillion, & nonobitant clameur in
contraires: Car tel eit Normande notre
2 & Lertres à ce
vinge-neuvieme jourdu mois plaifir. Donnéà Paris, le De
mil fept cent
d'Octabre,l'an de grace
le quinzième. quatre-vingr-hnuit, Par le
& de notre Regne
LE BEGUE,
Roi, en fon confeil. Signés
Syndicale Repitréfur des le Regfre XXIT de la Chambre Royale &
fol. SI,
Libraires 6-Imprimearedel Paris,N:
le prescrt conformement aux dilpoftions énoncées 1827- dans
Chambre les Prieilge 3 6 a Ià charge de remettre 2 ladite
neuf Exemplaires
Confeil du I6 Avilr78s. A prejerits par Tanét. due 7
Paris, ce 30 Otobre 1788, L
KNAPEN, Syndica
ale Repitréfur des le Regfre XXIT de la Chambre Royale &
fol. SI,
Libraires 6-Imprimearedel Paris,N:
le prescrt conformement aux dilpoftions énoncées 1827- dans
Chambre les Prieilge 3 6 a Ià charge de remettre 2 ladite
neuf Exemplaires
Confeil du I6 Avilr78s. A prejerits par Tanét. due 7
Paris, ce 30 Otobre 1788, L
KNAPEN, Syndica --- Page 570 ---
LIVRES NOUVEAUX
à Paris, chez KNAFEN
Qur se trouvent
du
Fils, rue Saint André, en face
Pont Saint Michel; et chex la Veuve
DELAGUETTE et Fils, rue de la VieilleDraperie.
ETRENNES DE MNÈMOSYNE ou Recueil
d'Epigrammes et de Contes en vers, 1788.
franc
la Province.
Prix 1 liv. 4 sols, port année Eeer le courant de
Il paroitra chaque
de cet Ouvrage; le
Décembre un Voluine le
celui de
second est sous presse; de premier, la Capitale et de
1788. a réuni les sufrages osons le dire, nous ne
la Province ; nous
: et lon peut lire les
l'avançons pas vaguement ont été portés dans leJournal
jugements quien
1787; le Mercure,
de Paris, du.2sDécembre TAnnée Littéraire, no. 3du 5 Janvier 1788;
e, du 15
1788 ; le Journal Journal Encyclopédique de
no.26,
Février 1788 ; le
Nancy, du 6 Janvier
17875 le Journal de Guyenne, du 16 Février
1788:leJournal de Normandie,
1788; le Journal de SNeeSAnRen Afliches dela Province
du 27 Janvier 1788; les
etc.
du Perche, 1788, etc., etc.,
Répertoire Universel Portatif, d'Augustin
Rouiné,in-8".2 vol, Prix IO liv. 4: sols, port
franc. --- Page 571 ---
Répertoire Anglois,
port franc.
in-84, 2 vol, S liv.,
Théoric des
8 vol, in 12, Prix Matières
21 liv. IO
ResidaeCemmate
5,687 se vendent
sols : les Tom:
séparément,
Dissertation sur cette
heureux moyens de rendre les Juils Question : Est-il des
la Société en France ? Oavrage plus utiles et plus
de MetesparA, Royale des Sciences couronné et des
de
Thiery, Avocar
Ata
Nancy. Prix 1liv. IO sols, au Parlement
port franc.
du De PInfluence des Passions
Docteur Corps Humain, par M,
sur les Maladies
en Médecine,
William Falconer,
Royale de Londres, et Membre de la Société
Dissertation Société de Médecine Correspondant de la
de la
première Médaille qui a obtenu, en méme Ville :
Docteur
fondée en Thonneur' 1787 > la
decine de Fothergill, Londres, dans la Société de Mé- du
M. de la
traduit
Prix I liv. Montagne, 16
Docteur dePAnglois. en
Par
sols, port franc. Médecine,
La Visite d'Eté ou
par l'Auteur de
Portraits
2 vol, trad. de Georges Bateman Modernes, et Maria,
tagne, Auteur de TAnglois 1 par M. dela Montiques, Prix 3 liv., plusieurs Ouvrages DramaPort franc,
decine de Fothergill, Londres, dans la Société de Mé- du
M. de la
traduit
Prix I liv. Montagne, 16
Docteur dePAnglois. en
Par
sols, port franc. Médecine,
La Visite d'Eté ou
par l'Auteur de
Portraits
2 vol, trad. de Georges Bateman Modernes, et Maria,
tagne, Auteur de TAnglois 1 par M. dela Montiques, Prix 3 liv., plusieurs Ouvrages DramaPort franc, --- Page 572 ---
Dictionnaire de Musique, 2 dans lequel oi
simplifie les expressions et les définitions
Mathématiques et Physiques qui ont rapport
à cet Art, avec des Remarques impartiales
- sur les Poëtes Lyriques, les Versificateurs, 2
1 Jes Compositeurs, Acteurs, Exécutants, etc.
avec cette Epigraphe :
Les Discours trop savants ne parlent qu'aux oreilles:
par J. J. O.de Meude-Monpas, Chevalier.
Prix 3 liv., port franc.
Réponse à la Question proposée par
M. PAbbé Raynal, adressée à PAcadémie
de Lyon: :
Les richesses toujours ont causé nos malheurs:
Par J.J.O.de Meude-Monpas, Chevalier. Prix
12 sols, port franc.
La Mort de Moliere, Pièce en trois Actes,
en vers, reçue à la Comédie Françoise; le 31
Janvier 1788. Prix I liv. 4 sols, port franc.
Détails authentiques > relatifs à la tenue
des Erats-Généraux, en 1614, au commencement de la majorité de Louis XIII, tirés
du Mercure françois et de l'intrigue du Cabinet.
-
Les Etats Généraux de 1614 sont les derniers
qui iont été tenus en France; ils paroissent devoir --- Page 573 ---
dans les circonstances actuelles, fixer
ticulièrement que les autres Assemblées plus de.ce pars
l'attention et la curiosité des Citovens
chaque ardre, On
ER
queigu'intérét, les noms verra, et sans doute, avec
Députés dont ils furent
qualités de tous les
nial qu'on observa à leur composés, le cérémoquiy furent discutés, et le ouverture, résultat les objers
tions qu'ils occasionnèrent.
des opéraque TEditeur s'est
C'est-là le rableau
yeux de ses lecteurs. proposé Prix de mettre sous les
franc.
I liv. 4 sols, port
Fables Nouvelles, par M. Richaud
avec cette Epigraphe de la
Martelli,
la quatrième Fable'du huitième Fontaine, tirée de
Livre:
Le monde est vieux, dit-on; jele crois :
Il le faut amuser encor comme un enfant, cependang
1788. Prix I liv. 4 sols, port franc.
Lucinde ou les Amants traversés, Histoire
presque franc. véritable, 3 1788. Prix I liv.
Port
4 sols 3
Lélassements
Poèsies Pastorales, Champêtres ou Elite de
par M. Paillet, Avocat traduites de l'Allemand,
Prix I liv, IO sols,
en Parlement, 1788.
port franc,
is :
Il le faut amuser encor comme un enfant, cependang
1788. Prix I liv. 4 sols, port franc.
Lucinde ou les Amants traversés, Histoire
presque franc. véritable, 3 1788. Prix I liv.
Port
4 sols 3
Lélassements
Poèsies Pastorales, Champêtres ou Elite de
par M. Paillet, Avocat traduites de l'Allemand,
Prix I liv, IO sols,
en Parlement, 1788.
port franc, --- Page 574 ---
M É M OIR E
SUR LESCLAPAGE
DES NÉGRES
DANS lequel on difeute les morifs
propofés pour leur
ceux qui Sy oppofent, Afranchifeman, G les
praticables pour améliorer
mayens
laurfort
Par M. MALOUET
A NEUFCHATEL
178 8. --- Page 575 ---
Ta a a -
-
a
Je n'étois point décidé à la Publication de
ce premier Mémoire, lorfqu'au mois de Sepstembre derier,faieu connoifrance de celui du
Pafeur Schwartz, intitulé Réflexions fur PEf
clavage des Négres. I m'a paru néceffaire
alors-de traiter plus afond cette
de mettre le Public en état de fixer Matiére, > G
fon Jugement fur une Quefion très-importante,
dans ce momene-ci, fonz Tribunal. Joumife, Tel eft
L'objet de mes Nouvelles Obfervations,
peuyent être regardées comme la feconde , gui
de mon premier Mémoire.
partie
19Y0 Difsmme 2
annob sslle ERO
ICVE --- Page 576 ---
anomslili
or uf
N OT a E
PRELININAIRE
Deruis
que CC Mémoire eft
férentes perfonnes
écrit, les difauxquelles je l'ai
niqué > l'ont jugé d'après leurs
commuleurs préjugés, & m'ont fait
Principes ou
objedtions contradi@toires. part de pluficurs
faffianchifement des
Les Partifans de
pas de foutenir
Négres sne mepardomnent
tion,& de
limpofibilité de cette
préfenter d'affez
Opérala combattre. La
fortes raifons pour
condition des Négres comparaifon que je fais de la
dernière claffe du
enAmérique, à celledela
abfolument
Peuple en Europe, leur
illufoire. On me contefte Paroiz
généraux que j'expofe, & l'on
les faits
fruire par les exceptions
prétend les dé
difimuler. On ne voudroit que je ne veux pas
Mémoire que les motifs & adopter de mon
j'indique pour améliorer le les moyens que
& l'on me
fort des
reproche de n'avoir
Négres,
d'étenduc à cC plan de
pas affez donné
pas affez multiplié les
réforme, de n'avoir
précauitions contre labus
A 2
, & l'on
les faits
fruire par les exceptions
prétend les dé
difimuler. On ne voudroit que je ne veux pas
Mémoire que les motifs & adopter de mon
j'indique pour améliorer le les moyens que
& l'on me
fort des
reproche de n'avoir
Négres,
d'étenduc à cC plan de
pas affez donné
pas affez multiplié les
réforme, de n'avoir
précauitions contre labus
A 2 --- Page 577 ---
T
Note
du pouvoir des Maitres, d'avoir laiffé
en fon entier la dénomination
fublifter
de la
& laviliffement
dans fervitnde,&c de n'avoir pas dit un mot,
'des mon Projet de Réglement, de la Traite
Noirs e la Côte de Guinée,qu'on
comme un crime intolérable.
regarde
-InOq or sup 33 910
Dan autre 3
côte , pluficurs Colons, dent
relpedte les lumières
je
at
-
& Thonndteré,maffirent
que mon plan de réforme eft
la premiére partic de mon inadmifible; que
Mémoire, ma Ré
ponfe aux objections contre la Servitude des
Négres en
6 1a?
Amenque.demontre linutilité de
brdrc feconde, ou que je détruis, par le nouvel
de chofes que
S foutiens la nécellité je propofe, celui dont je
; qu'étant convaincu
commej jelannonce, des Principes d'humanité 7
généralement adoptés parmi nous > pour la
difeipline &2 le régime des Efclaves,
abus particuliers, faciles à
quelques
roient motiver
réprimer, ne fauun nouveaur Réglement dont
l'adoption établiroit Tinfibordination
Jes
parmi
Négres", > & de grands embarras
les
Proprictaires. nonit
on0
pour
loninq nOt eneb L - - DIDIS D0t
Il faudroit uin nouveau Mémoire
cutcr, en détail, chacune de
pour dif
260 SUUR 38 IL 1. ensb,
ccs obfervations,
A oup o101 --- Page 578 ---
Préliminaire:
vOd 5
Textraiti & jaime
dont je nc rapporte que à la cenfure des deux
mieux m'abandonner
de lonun travail
Parties que d'entreprendre
obligées
gue haleine, que mes occupations jei vais effayer
Cependant
ne me permettent pas. Note, ,cc que je
de réfumer, dans cettc
différens. pourrois répondre à des reproches au.fi
aoisimul zlofagloy de
Lorfque j'ai voulu traitcr cette queftion adreflé
P'efclavage des Négres, je me fuis
m'a affuré que
d'abord à ma confcience, intinution,acquion qui
ne
c'étoit une malheureufe fans condition. TC - Voila
pouvoit la défendre
d'une
excufe
les Colons. Soutenir, -
mon
pour
néceffité,la juftice de la
manière abfoluc, la
frémi d'en confervitude des Noirs 1J'aurois
réflécevoir le projet. Il n'y a qu'un examen fervitude a
chi des rapports de cet état de défaftreufes de
lintérêt national, & des fuites
&
préfente des motifs juftes
fa diffolution,qui
C'eft alors feufuffifans pour la maintenir. TT
& la Raifon peuvent
lement que TExpérience
comparative de
fe permettre une vicieufe difcuflion dans fon principe : 5 avec
cette fervitude
fociales, viquelquesnnes de nos inftirutions
Mais qui
cicufes dans leurs confequenees. Tun & Tautre cas,
pourroit croire quc, dans
A3
es
&
préfente des motifs juftes
fa diffolution,qui
C'eft alors feufuffifans pour la maintenir. TT
& la Raifon peuvent
lement que TExpérience
comparative de
fe permettre une vicieufe difcuflion dans fon principe : 5 avec
cette fervitude
fociales, viquelquesnnes de nos inftirutions
Mais qui
cicufes dans leurs confequenees. Tun & Tautre cas,
pourroit croire quc, dans
A3 --- Page 579 ---
Note
la Sociéré,le Gouvernement & chaque Individu ne font pas obligés d'adoucir, d'atténuer de tout leur pouvoir les maux &
abus dont on ne peut tarir la fource : Quoi! les
parce quil y a néceffatrement des
des Riches, feroit-ce
Pauvres &
cclui qui aflireroit uin réglement inutile que
la misère,
lcs moyens de diminuer
& de multiplier Ies reffources des
Indigens? Ainfi donc, cn démontrant la néceflité de
fervitude maintenir, 3 dans nos Colonics, la
des Négres, je me fuis cru plus
particulierement obligé d'indiquer auffi
ÇC qu'on peut en retrancher; &,cn
tout
les déclamations de pluficurs
repouffant
déclarant tres-affirmativement Ecrivains, en
partic des Négres
quc la majeure
jouit d'un fort
heureux que la claffe néceflitcufe du plus
Pcuple Européen,je n'ai Pas cntendu difimuler Ics
abus, lcs excès puniffables qu'on
cher a guelques Maitrcs injultes, peut reproAffranchis, aux Artifans,
fur-tout aux
aux
taires. - qui ont des cfclaves. Nous pctits PropriéLoix, m'a-t-on répondu;
avons des
font déjà prefcrites;
nos obligations nous
pourquoi de nouveaux réglemens? Oui, vous ayez des Loix; mais elles
font impaiflantes;les voulcz-vous telles qu'elles
nc puilent Pas vous attcindre? &, lorfqu'clles --- Page 580 ---
Préliminaire.
deviendront aétives & efficaces, eft-ce alors
feulement que vous leur trouverez des inconvéniens : Vous avez des Loix que les Tribunaux ordinaires ne peuvent faire exécuter
parce que leur éloignement, leur immobilité des -
& leurs formes les féparent éterellement de
objets de leur infpcation; ainfi, a J. la place
ces Loix, font des abus qu'elles nc répriment
Autorité ar- -
pas. - Aimez-vous micux qu'une
dans 1
bitraire,celle des Adminaatancums.pinéire
VOS foyers & vous foumette, dans votre police
intérieure, à une véritable inquifition : Eh
bien!c'ett entre ces deux écucils, la nullité
efayé
des Loix,oulopprefion pommble,quejsie
d'un nouveaut
d'ouvrir un fentier par T'ércétion
Tribunal. - Jene dis pas que Jaie rencontré EC
précifement cC qu'il faut faire; mais jole croire
faut aller
que c'elt dans cette dircétion quil
got
pour arriver. au bien. Il eft poflible que plazs
fieurs articles de mon Réglement foient inadmifibles,mais c'eft en en adoptant les motifs
& l'intention qu'on parviendra à rendre cette
théoric d'une execution plus facile. Dans tous
les plans de réforme, il y a deux cfpéces de
difficultés; celles que la Raifon avoue, & auxquelles il faut céder; celles que TAmour-propre
&
faut laiffer développer pour
cxagèrc, quil g1Dr a
oflible que plazs
fieurs articles de mon Réglement foient inadmifibles,mais c'eft en en adoptant les motifs
& l'intention qu'on parviendra à rendre cette
théoric d'une execution plus facile. Dans tous
les plans de réforme, il y a deux cfpéces de
difficultés; celles que la Raifon avoue, & auxquelles il faut céder; celles que TAmour-propre
&
faut laiffer développer pour
cxagèrc, quil g1Dr a A4 --- Page 581 ---
Note
les détruire. Il cft poflible
également
que j'aie offenfé
T'Amour-propre &c la Raifon
pour micux dire, lintérét raifonnable
ou,
lons; mais 3 méme dans ce dernier
des Corendu un vétitable fervice,
cas,jaurai
par la cenfure de: mes
en Provoquant >
approfondi de
moyens, 2 un' examen
de
ceux qui font
ceux qui ne le font
& praticables &c
fin,de cette
pas,
en mettant
faux zcle,ainfi manière, à tousles écarts d'un
cupidiré.
qu'aux prétextcs négatifs de la
Jc ne retrancherai donc
mcs propofitions
aucune de
rédigées en forme de principales; &, , fi je les ai
allurément
Réglement, ce n'eft point
que je partage les
cette multitude de faifeurs de prétentions de
tourmentent depuis fi
Loix qui nous
parce qu'on ne
Jong-temps ; mais r
c'eft
peut bien
ou des contre-fens
juger de l'utilité
la firivant dans fes d'une vue légillative qu'en
formes comminatoires développemens & fous fes
peutétre
ou cocrcitives, J'aurois
du,je le fais,
plus nettement
expliquer 2 motiver
quelques
on pas croire aufi
articlessmais ne peutnelé
que j'ai ell des raifons de
pas faire,8 de jetter ainfi en om
idées dont 1a contradicion
ayant 3: 1a des
que je ne le fitis?
m'éclairera on plus 10
-
Par'e exemple. leptc
tigcr en Ficfs les grandes
D projet DHommos d'e
olisiT stob tonslo SI olip Habitations 21090S1 kUE auroit XUCID
quelques
on pas croire aufi
articlessmais ne peutnelé
que j'ai ell des raifons de
pas faire,8 de jetter ainfi en om
idées dont 1a contradicion
ayant 3: 1a des
que je ne le fitis?
m'éclairera on plus 10
-
Par'e exemple. leptc
tigcr en Ficfs les grandes
D projet DHommos d'e
olisiT stob tonslo SI olip Habitations 21090S1 kUE auroit XUCID --- Page 582 ---
Préliminaire:
peut-étre demandé un chapitre à fi les raifons d'utilité
part; mais,
pas affez faillantes
que jy trouve, nc font
pour être apperçues fans
commentaire,je abftenu.
me faurai gré de m'en étre
mière Quant aux reproches que m'a. faits la
claffe de mes
prcviens d'écrire
Adverfaires, cc que je
d'entrer
pour la feconde me
dans de plus grands détails. difpenfe
point eu à tergiverfer,à
Je n'ai
méme, pour foutenir
compofer avec moivitude dans
que labolition de la Sernos Colonics eft
caufes qui la rendent
impoflible: les
néceflaire, remontent
dépoques en époques,& de
à la découverte de
caufcs en cffets,
moral &
P'Amérique, Létat civil,
politique de la France, de
terre,& de pluficurs autres Nations T'Anglerope. Confentez-vous à
de l'Euchimérique
abandonner CC projet
rêter à cclui, d'Afianchifement, plus
pour vous arTraite à la côte de facile, de Tabolition de la
la méme chofe.
Guinée? C'eft à peu près
Il eft
des Efclaves
indifpenfable d'avoir
elles
pour nos cultures
ne pcuvent étre
coloniales. Si
commotion
abandonnées fans une
qui cauferoit infiniment
maux aux François que la ccflation
plus de
de la Traite --- Page 583 ---
Ie
Note
ne peut faire de bien aux
moi acheter des ciclaves
Africains, laiffezPeuples barbares
dans le lieu Où des
font dans un état de guerre
continulles CC qui, fuivant le
dans fon Traité du
fage Locke,
n'offenfe point le droit Gouverement de la
Civil,
m'accorde le droit de vie
Nature ; car il
captif que je fais àlla
ou de mort fur le
droit d'efciavage,. Il eft guerre,d'on réfalte le
ce droit dune
vrai qu'il fait dependre
comment
guerre jufte & légitime; mais
motifs
pourrois-je juger fainement des
qui ont porté le
faire 1 la guerre à fes
Roi de Congo à
favoir que les
voilins : Ilime fuffit de
Marché,d
prifonniers de gucrre font au
que j'ai
de les traiter
l'obligation.&c. le projet
traiteroit leur infiniment micux, que ne les
pule, car je n'ai Vainqueur. Jachéterai fans ferubourer ma
pas d'autres moyens de larer ma fubliflance terre,de payer mes déttes, d'affi.
deftinée
&c celle de ma famille; ma
moinc, fous m'ayant placé, moi & mon
une zône qui ne
patriEuropéen lél travail de la
permet à F aucun
m'empécher d'acheter? terre, 1 Voulez - vous
tendre ad'entretenir Vous m'empéchez d'é
gu'une population
mes cultures, jufqu'à cC
fuffifante d'efclaves
puife y pourvoir fans aucun fecours Créoles
du de
&c celle de ma famille; ma
moinc, fous m'ayant placé, moi & mon
une zône qui ne
patriEuropéen lél travail de la
permet à F aucun
m'empécher d'acheter? terre, 1 Voulez - vous
tendre ad'entretenir Vous m'empéchez d'é
gu'une population
mes cultures, jufqu'à cC
fuffifante d'efclaves
puife y pourvoir fans aucun fecours Créoles
du de --- Page 584 ---
II
Priliminaire. il faut une bâfe
hors. Mais, pour y parvenir, au travail attde population proportionselie il faut un régime aez
qucl clie doit fuffire;
- maino
bien ordonné,pouren
bien conçu,aflez &, fans toutes ces condi-b
tenir la perpénuité; linterdiaion de la Traite des
tions préalables,1
la même"
Noirs opérera, aflez promptement,
révolution quc TAffranchiffement.
iup G1 Asainony
nous raménent a celle,
Ces confidérations
du traitement
plus raifonnable & plus jufte, 2 c'elt à le régler
des Noirs dans les Colonies;
la Servitude
avec humanité , & à reftreindre modérés, que j'ai
dans les termes les plus
lumières Vons
employé mes efforts & mes
content 3 vous me demandez plus;
n'êtes pas
obligés de faire
& nous ferons probablemene d'exagération quand
moins. Vous m'accufez
à celui des
je compare le fort des Negres des abus que
Joumaliers, 8Z vous concluez, remédes même
je ne diflimule pas; & des condition des Noits
que je propofe , que intolérable. la
Mais, jétablis
cft généralement les Pauvres de mon Village,
un Hopital pour
tous rles habitans n'ont'
cn? conclucz-vons scque quetHtopaale : Lorfque
pas dsutres'telfources:
- rencontrez 1s-Massehaulfée à Ja potreo
vous --- Page 585 ---
fuite des
Nore
brigands qui infeftent
chenin.prchimersots
un grand.
a
canton font des
que tous les gens du
fations
brigands 2 D'ailleurs les accude
graves, contre une portion
VOS concitoyens,
nombreufe
enquéte préalable; & cxigeroient il
au moins une
qui mérite plus
n'eft point de Nation
dans la claffe des que la nôtre 2 qu'on range
tragent THumanité. exceptions les faits qui OuJ'ai réduit & modifié la
qu'elle pcut létre en
Servitude, autant
n'ai point Parlé de > la
la maintenant Si je
vois ni les
Traite, c'eft que je ne
nicns, ni moyens de l'abolir fans inconvé
moins
ceux d'y fuppléer : & il n'eft
difficile d'cn régler
pas
Les
fenfément la
Anglois vont le tenter;
police.
de grandes difticultés
5 & l'on prévoit
roient pour nous la pour cux, qui produicommercc. En
ceflation abfolue de ce
de combiner,de Angleterre on a grand foin
avec toutes les raccorder une Loi nouvelle
nouvelles
autres > de compenfer les
charges par de
Or lcs Anglois achétent nouveaux avantages.
claves Noirs à cent
& vendent les cf
prix de nos
pour cent au-deffous du
de notre
Comptoirs que Tallure générale
Commerce, les cntraves dont il
it
roient pour nous la pour cux, qui produicommercc. En
ceflation abfolue de ce
de combiner,de Angleterre on a grand foin
avec toutes les raccorder une Loi nouvelle
nouvelles
autres > de compenfer les
charges par de
Or lcs Anglois achétent nouveaux avantages.
claves Noirs à cent
& vendent les cf
prix de nos
pour cent au-deffous du
de notre
Comptoirs que Tallure générale
Commerce, les cntraves dont il --- Page 586 ---
Préliminaire.
Le noueft grévé, ne peuvent qu'augmenter. Noirs dans
veau Bill élévera donc le prix des
les Colonies Angloifes.
De femblables mefures, adoptées en France,
Ics mettroient hors de la portéc du plus
grand nombre des Colons.
fans doute,de calculer ainfi le
Ileft affreux,
& de
prix des hommes devenus.marchandifé, de
fe trouver entrainé, par la loi impéricufe
d'auffi triftes réfultats 5 mais je
la Néceflité,
polés
raifonne d'après les principes que j'ai
eft
dans mon Mémoire : TAffranchiffement
de la Servitude &
impoflible; ; la prolongation
de la Traite qui l'alimente eft indifpenfable,
jufqu'à ce que nous reconfiruifions : 1 7 fur de
nouveaux fondemens, une portion de Tédifice
focial.
On nous cite des fcènes atroces qui fe paffent
dans les Navires Négriers; les Villes prifes d'affaut, les Vaifleaux pris par l'Ennemi en préfentent d'auffi révoltantes. Eh! que pouvons-nous
cfpérer des Loix & de la Morale pour lcs
faire ceffer? Mais il ne faut pas croire que
la Traite produife nécellairement, comme la
gucrre, des aétcs de cruauté 5 car l'interêt --- Page 587 ---
Note Préliminaire.
évident du Capitaine
Négrier eft de
ver fa Cargaifon en bon état. La
confer.
Négre lui coûte cent
mort d'un
fidération eft
piftoles, & cette conune loi décifive
la
dité. Survient-il une révolte
pour
Cupialors la fureté de
dans le Vailleau;
loi.
TEquipage eft la fuprme
22)
Icile
-
Peintre a du voiler le vifage
d'Agamemnon.
ensh
as
RUUS a5
--- Page 588 ---
i
M E M OIRE
SUR
LESCLATAGE
elos
ÉGR E S.
DESNI
De PEfclavage des Nigres.
L-ESCLAYAGE & le traitement des Négres,en homme
des idées triftes à tout
Amérique.prefente
c'eft une occafion de
fenfible fans, enthoufiaime;
les Ecrivains
icandale & de déclamation pour 8x des droits
politiques, qui traitent des principes les Colons
véritablement pour
de la Sociétéscelt
& de défordrejeafia,
un moyen de corruption diffimuler que les opinions
nous ne pouyons nous fortement contre cette
dominantes s'élévent f néceflaire de la reaifier
Inftitution, qu'il devient
ou de la détruire.
s'eft
occupé à réLe Gouvernement ne
jamais des Efclaves.
gler,avec affez de foin,le traitement difpofitions viLe Code Noir renferme plufieurs honnétes,qui
Leshabitans
çieufes &incompletres.
jeafia,
un moyen de corruption diffimuler que les opinions
nous ne pouyons nous fortement contre cette
dominantes s'élévent f néceflaire de la reaifier
Inftitution, qu'il devient
ou de la détruire.
s'eft
occupé à réLe Gouvernement ne
jamais des Efclaves.
gler,avec affez de foin,le traitement difpofitions viLe Code Noir renferme plufieurs honnétes,qui
Leshabitans
çieufes &incompletres. --- Page 589 ---
De PEfelavage
réconnoiffent, en cette partie, les abus
colonial, n'en cherchent
durégime
entendu dire à
point le reméde. Ils ont
leurs pères, & ils répétent à leurs
enfans, qu'il ne peut y avoir de puiffance
trice entre le Maitre & TEfclave;
médiaaux droits de Propriété,
que c'eft attenter
que de modifier l'autorité
domeflique; que les moyens de furveillance & de
protedtion produiroient
roient la Police intérieure. Tinfabordination, détruiLes
teurs
Adminiftrareçoivent ces préjugés avec une forte de refpeét; ils s'en laiffent dominer,
quent
parce qu'il mantoujours, en arrivant, de Texpérience néceffaire pour les apprécier; qu'ils fe
enfuite avec ce fpectacle habituel du familiarifent
colonial, & qu'enfin tous les hommes defpotifme
rendance naturelle à cet abus de la force ont une
pofition d'un homme
& de la
reviennent
relativement à un autre. Ils
en France rendre ces impreffions irréfléchies; & Tindifférence, Tinattention
vernement fe
du Goun On
perpétue par toutes ces caufes.
follicitera mémeinutilement fon
l'on entend un Colon honnête
influence,fi
térêt des Habitans les
démontrer que l'intraiter les
porte natorellement à bien
Efclaves, à les foigner, les nourrir
fains,jeunes, vieux &
qui affire
vu
infirmes;
n'avoir
que rarement & avec horreur des traits de
barbarie. Silajoute à celales détails
de T'ordre, de Taifance, de la
non exagérés
police d'un Attelier
dans
l'on entend un Colon honnête
influence,fi
térêt des Habitans les
démontrer que l'intraiter les
porte natorellement à bien
Efclaves, à les foigner, les nourrir
fains,jeunes, vieux &
qui affire
vu
infirmes;
n'avoir
que rarement & avec horreur des traits de
barbarie. Silajoute à celales détails
de T'ordre, de Taifance, de la
non exagérés
police d'un Attelier
dans --- Page 590 ---
Des Négres.
dans une Habitation bien adminifrée, cen ashicamet7. eft allez
pour faire regarder comme inutile ou
toute précaution légillative: à 21051 B 9) dangereufe
reconnu la
a mais, celui qui en a
nécellité, qui en Ref
propree
5 9716 pénétré par fa
expérience, qui S cloigne également du
des déclamateurs
ton
véhémens, & d'une indiférence
abufive, celui-la doit faire tous fes efforts
adotcir la condition des
pour
fer les Maitres,le
Erclaves.pour y intérefGouvernement, la Société entière;car,sil faut que cette condition foit
ou qu'elle ne foit pas,il n'y auroit
à atroce,
pour la détruire.
pas balancer
Mais la fubordination & le travail étant les attributs effentiels de T'elclayage, ainfi
de
pluralité des Hommes libres,
que
la
du traitement des
lorfqu'on retranchera
ceffaire
Négres tout ce qui n'eft pas né
pour les contenir, loriqu'on
Tufage de leurs facultés
y ajoutera
naturelles, réglé
les
principes de
par
THamanite,lorfquils ne
aucun des befoins phyfiques dont la
fouffriront
néceflaire à
jouiffance eft
Thomme, > pour qu'il n'ait pas à fe
plaindre de la Nature. - Lorfque leur
proché de l'ordre
état, rapfocial, en changeant leur
tude en dépendance, leur
fervitive & les moyens d'une liberté préfentera la per/fpenn
Noirs de nos Colonies
effeétive, alors les
feront, dans T'ordre de la
Retigien.delalstice8.der THumanité,ce
éntr'elles les différentes claffes de
que font
la
ausb
Sociéré; ils
B
plaindre de la Nature. - Lorfque leur
proché de l'ordre
état, rapfocial, en changeant leur
tude en dépendance, leur
fervitive & les moyens d'une liberté préfentera la per/fpenn
Noirs de nos Colonies
effeétive, alors les
feront, dans T'ordre de la
Retigien.delalstice8.der THumanité,ce
éntr'elles les différentes claffes de
que font
la
ausb
Sociéré; ils
B --- Page 591 ---
De PEfelavage
auront, comme les autres, une part
nelle aux peines & aux plaifirs de la proportion- vie.
Il n'eft donc pas néceffaire, pour être jufte,
d'affocier les Noirs à nos Propriétés
hommes libres. Cette révolution
comme
pofée
dangereufe, propar plufieurs de nos Philofophes, nuiroit
autant à Tintérêt général, qu'à la fireté individuelle des Propriétaires, qui font en
moindre nombre que leurs Efclaves. beaucoup
Mais cette raifon du moindre nombre, rend
encore moins néceffaire l'abus de la Puiffance
d'une part, & l'excès de la Misère de Tautre;car
un Roi commande feul à fa Nation,un Général
à fon Armée, & la fubordination de
à
feul fe trouve maintenue
plufieurs un
fans,T'emploi
fable des moyens d'opprefion.
indifpenLorfqu'on a enrégimenté des
les a
hommes,lorfqu'ion
foumis à une difcipline févère, à un ordre
abfolu, ily a eu néanmoins, entre le Prince & fes
Soldats, un padte pofitif, dont T'obfervation juftifie
l'état relatif de celui qui commande, de ceux qui
obéiffent. Ce page eft la folde, la nourriture, la
proportion jufte des peines & des délits, des ré1
compenfes & des fervices. Ces conditions effentielles ne font jamais violées impunément. Qu'un
Sultan retranche la paie de fon Armée, qu'il faffe
égorger, mutiler fes Soldats pour les moindres
fautes, qu'il les excéde de fatigue, fans intervalle
ifie
l'état relatif de celui qui commande, de ceux qui
obéiffent. Ce page eft la folde, la nourriture, la
proportion jufte des peines & des délits, des ré1
compenfes & des fervices. Ces conditions effentielles ne font jamais violées impunément. Qu'un
Sultan retranche la paie de fon Armée, qu'il faffe
égorger, mutiler fes Soldats pour les moindres
fautes, qu'il les excéde de fatigue, fans intervalle --- Page 592 ---
Des
'de
Negres.
repos, l'Armée fe révoltera; le Sultan f9
lui-même égorgé.
fera
LHiftoire des Efclaves, chez les Anciens
Modernes, nous fournit les
& les
Les Noirs,vendus
mêmes obfervations.
chés,
à prix d'argent, dans nos Mar.
exigent auffi de leurs Maitres
mel, dont la violation les
un paéte forSurinam & de la
révolte. Les guerres de
caufes.
Jamaigne n'ont pas eu d'antres
dilpofe Quelqu'avili que foit T'homme dont on
arbitrairement, fa
& fon défefpoir n'en
patience a des bornes,
cruauté,p plus
connoit plus. Les traits de
les
rares dans nos Colonies
autres, ont produit
que dans
gue,des
cependant, à S.-Dominincendies & des
Enfin, dans les Pays barbares empoifonnemens.
les Etats
comme dans
policés, 2 Thomme le plus
n'obéir fans mbrmure & fans
dépendant
qui
danger pour celui
commande, 2 qu'autant qu'on Taccoutume
joug, qu'on le lui rend rolérable,
au
rien au-dela de ce qui eft
& qu'on n'exige
Si T'état des Efclaves étoit impofé.
Colonies; s'il étoit aflimilé ainfi réglé dans les
Têtre, à celui des
3 comme il pourroit
Engagés, vulgairement
Trente-fix mois, parce qu'ils vendoient leur appellés
pour ce temps-la,je ne penfe
liberté
faire de s'occuper d'un
pas qu'il fut nécef
convenir que la condition changement; mais il faur
près
des Efclaves eft d-peuarbitraire; que nos Colons peuvent fe foufBij
é.
Colonies; s'il étoit aflimilé ainfi réglé dans les
Têtre, à celui des
3 comme il pourroit
Engagés, vulgairement
Trente-fix mois, parce qu'ils vendoient leur appellés
pour ce temps-la,je ne penfe
liberté
faire de s'occuper d'un
pas qu'il fut nécef
convenir que la condition changement; mais il faur
près
des Efclaves eft d-peuarbitraire; que nos Colons peuvent fe foufBij --- Page 593 ---
De PEfclavage
à la Police générale, & qu'il
traire, à cet égard,
Je dis plussje
eft indi(penfable de les y ramener.
bienfairéunirois mes efforts à ceux des hommes
défirent l'abolition totale de TEfclavage,
fans qui
fàt d'une juftice
fije croyois que cette Opération
fans
rigoureufe, &, fur-tout, qu'elle fat praticable,
affreux, dont les conféquences
un bouleverfement
livrerai donc à T'exan'ont pas été calculées.Jeme
de
avant que
promen de cette grande Queftion,
je
& les changemens que
pofer les modifications
crois juftes & utiles.
qu'au lieu de les adopter, on attaque
Je fuppofe
défende la Traite des
le mai dans fa racine, qu'on
de ceux
ordonne TAfranchiffement
Noirs, qu'on
cette révolurépandus dans nos Colonies;- que
eft fur
en France, en Angleterre,
tion, provoquée
jofe croire que, dans T'état
le point de s'opérer; Juftice & THumanité ne comactuel des chofes, la
dans les détails
mandent point ce facrifice, qui,
d'exécution, fe trouvera impraticable, tandis que
meilleures Loix, queje n'ai point à me reprode
follicitées, peuvent afftrer aux
cher de n'avoir pas
de jouiffance &
Négres, dans nos Colonies, plus
dernières
de bonheur que n'en ont parmi nous les
clafles du Peuple.
ici de confacrer
A Dieu ne plaife que j'effaie
eft, il
TEfclavage, & de le réduire en principes!1l
une violation du Droit naturel dans
fera toujours
is que
meilleures Loix, queje n'ai point à me reprode
follicitées, peuvent afftrer aux
cher de n'avoir pas
de jouiffance &
Négres, dans nos Colonies, plus
dernières
de bonheur que n'en ont parmi nous les
clafles du Peuple.
ici de confacrer
A Dieu ne plaife que j'effaie
eft, il
TEfclavage, & de le réduire en principes!1l
une violation du Droit naturel dans
fera toujours --- Page 594 ---
Des Négres.
la perfonne de celui qui le connoit & le refpeête.
eft forti libre des mains
- Croyons que Phomme
fuite de TOrdre étadela Nature; - mais, par une
Liberté
bli ou toléré par la Providence, que cette
révolutions ! Enchainée même
fubit d'étranges
dont la Police eft
chez le petit nombre de Peuples
raifonnable, on pent en fuivre la dégradation prcportionnelle dans toutes ces Sociétés informes qui
peuplent la terre,jufqu'à ces troupes vagabondes,
qui fe rencontrent & fe détruifent dans les déferts
des deux Continens. - Sans doute il feroit beau
de n'aller chercher ces hommes fupides & féroces,
les éclairer fur leurs droits, fur leurs
que pour & les rendre à la Nature plus libres &c
intérêts, heureux. Mais fi la Philofophie & THumanité
plus
fi
n'ont jamais ordonné de femblables mifions,
n'eft
être coupable envers elles que de
ce
point
dévouer, il me femble qu'elles pourne point s'y
d'aller prendre
roient nous pardonner également
fur lautel du Defpotifme le plus abfurde fes victimes renaiffantes 2 pour en faire des Laboureurs.
Le Marchand Européen 1 2 fur les côtes d'Afrique,
n'a point crée la Servitnde, & fa retraite ne fauroit la détruire. Il achéte d'une Société barbare,
la
& qui fe vendent
les membres qui compofent,
alternativement, amis, ennemis, Princes, fujets,
& enfans, felon Tétat & la volonté du plus
pères
un Colon Ameforr;il les livre,pour delargent,d
B ii
faire des Laboureurs.
Le Marchand Européen 1 2 fur les côtes d'Afrique,
n'a point crée la Servitnde, & fa retraite ne fauroit la détruire. Il achéte d'une Société barbare,
la
& qui fe vendent
les membres qui compofent,
alternativement, amis, ennemis, Princes, fujets,
& enfans, felon Tétat & la volonté du plus
pères
un Colon Ameforr;il les livre,pour delargent,d
B ii --- Page 595 ---
De PEflavage
ricain, qui les emploie au travail de la terre, &
qui, avec le droit & le pouvoir de les rendre heureux,
-
contrade l'obligation de les bien traiter.
ne dis pas qu'enfuite ce Maitre n'abufe &
Je
vienne injufte; mais il
ne dede
rentre alors dans la clafle
tous les infraéteurs des Loix & des Devoirs.
C'eft au Gouvernement à redifier cet abus;
fi la Légiflation d'un
mais,
entretient
grand Empire fuppofe &
tous les befoins du Luxe & de
lence, qui s'éloignent infiniment du
T'Opudéfintéreffement &de
de ces befoins hedisemceplil@phige.s) font
au nombre
aujourd'huile fucre, le café,
Tindigo, &c. qui ne peuvent être cultiyés
des Négres,je crois
que par
s'éléve
que ceux- ci,j jufqu'à ce qu'il
parmi eux un Montefqiueu, font encore
plus rapprochés de la condition d'hommes raifonnubles, en devenant nos Laboureurs,
tant dans leur
qu'en ref.
pays, foumis à tous les excès du
brigandage & de la férocité.
Ces raifons ne convaincront
teurs, On fe flattera de les
pas tous les Lecjedtions
détruire par des obquej je difimulerai d'autant moins,qu'elles
paroiffent prépondérantes.
PRENIERE OBJECTIO N.
3 Vous êtes complice du brigandage & de la féwrocité des habirans de la Côte de
Guinée, en ce --- Page 596 ---
Des
N que vous en fomentez Négres.
*
Thabitude par votre Commerce; en ce que vous entretenez
> par les objets
leur cupidité
> pour leurs
d'échange que vous leur offrez
>
là
Captifs; en ce que vous
par Jeurs guerres, leurs invafionsn, multipliez
alon
REPONSE
Nous devons d'abord
tous les
partager ce reproche avec
Peuples de
fions en
TEurope, qui ont des poffefAmérique, car, G nous
Traite des
renoncions à la
Noirs, ils n'y renonceroient
remplacerojent,
pas. Ils
le
par une augmentation de culture,
dépériffement de la nôtre; ainfi il
le Globe la même fomme
y auroit fur
ny
d'Efclaves; T'Humanité
gagneroit rien.
Mais, en fuppofant que toutes les
éprifes du même zéle,
Métropoles,
commune, la Traite des profcriviffent, par une Loi
fur le Globe la même
Noirs, il y auroit encore
fomme
Loi
d'Efclaves, car cette
n'empécheroit pas les Princes
perfévérer dans les maximes
d'Afrique, de
Gouvernement.
héréditaires de leur
La feule Loi fondamentale
reconnoiffent étantle droit du
qu'ils
feroient également
plus fort,ils
de la vie & de la
difpoleurs Sujets; &, comme
liberté de
vifés en un nombre infini ces Peuples font fubdichacumereconnoirs
de petites Sociétés, dont
un Defpote,lesPrinces feroient
B iv
perfévérer dans les maximes
d'Afrique, de
Gouvernement.
héréditaires de leur
La feule Loi fondamentale
reconnoiffent étantle droit du
qu'ils
feroient également
plus fort,ils
de la vie & de la
difpoleurs Sujets; &, comme
liberté de
vifés en un nombre infini ces Peuples font fubdichacumereconnoirs
de petites Sociétés, dont
un Defpote,lesPrinces feroient
B iv --- Page 597 ---
DerERtavage
toujonrs en guerre, comme ils y ont
pour augmenter le nombre de leurs toujours été,
Jeurs femmes & de leurs Efclaves. Hameaux,de
Cetétat de gucrre & d'oppreffion feroit donc
perpétuel & réciproque entr'eux
lifation.
juiqu'à la çiviMais, G les Milions
de nos Arts, fi la
religieufes, fi le fpeatacle
n'ont
fréquentation des
pu encore opérer cette civilifation, Européens
qu'elle feroit plus
croit-on
une barrière
prochaine 2 loriqu'il y auroit
fur
impénétrable entr'eux & nous? C'eft
eux-mêmes, fur leurs différentes
que fe dicigeroient la cupidité, la férocité Peuplades
nous profitons; ainfilabandon
dont
général de la Traite
n'opéreroit aucun bien en faveur de
car les Noirs, en paffant de leurs THumanité;
nôtre,
pays dans le
quittent un Defpote qui a le droit de les
égorger,p pour paffer fous la puiffance d'un Maitre,
qui n'a que le droit de les faire travailler,
voyant à tous leurs befoins.
en PouF
anib olon
DEU XI an M
R.97997 CT b Sihgong
BIECTIO a N,
0b earMaisyfum hommevous vendoit Ini-même
aliberté& enirecévoir le prix,ily
fa
zrwdlans leoc contrati HOt Comment
auroitdéfion
5y dans
n'y en a-t-il pas
celuique vous faites avec un tiers pour la
vente d'an Négres Quel drojt
asgutresovolispir --- Page 598 ---
Des Négres.
fur les bras & la fueur du mifé2 votre argent,
qui n'en a
9> rable qui n'a pas confenti au marché,
>. pas reçu le prix?
2tov
REPONS E.
Les droits réfaltent des conventions, qui acdégré de force par la fancquièrent un plus grand
avec le Marchand
tion de_la Loi. Or je contradte
de Négres,fous la proteéion de la Loi qui confirme le marché, je ne fais aucun tort au Négre
qui paffe, en vertu a de ma convention, d'une condition pire,ouje ne l'ai pas mis, à un état meil-i
leur, oiLi il eft de mon intérêt de T'entretenir. Je
marché, femblable à
fais avec lui un nouveau
fans
celuiqui lie tous les Propriétaires aux gens
propriéré : Travaille pour mois & je ze nourirai:
voila le pacte univerfel des Riches avec les PauDans toutes les Sociétés, celui qui a, n'acvres.
fnbliftance à celui qui n'asien, qu'en
corde la
fueur.
diffédifpolant de fes bras & de fa
Quelle
a-t-il entre ce marché tacite & celui
rence y
acquis la propriété d'un Négre, fi
par lequeljai
francs de
ce n'eft qu'il m'en a coûté quinze-cents
plus quà vous pour avoir le droit de faire traf
vailler un homme en, le nourifant,comme vous
monintérêt m'imes
nouriffez voteloumalieg?Mass:
êtes,
pofc encore d'autres obligations dont vous
ifpolant de fes bras & de fa
Quelle
a-t-il entre ce marché tacite & celui
rence y
acquis la propriété d'un Négre, fi
par lequeljai
francs de
ce n'eft qu'il m'en a coûté quinze-cents
plus quà vous pour avoir le droit de faire traf
vailler un homme en, le nourifant,comme vous
monintérêt m'imes
nouriffez voteloumalieg?Mass:
êtes,
pofc encore d'autres obligations dont vous --- Page 599 ---
De PEfelavage
difpenfé. Je foigne mon Négre dans fes
je le foulage dans fa
maladies;
ris fes enfans
vieilleffe:jéléve & je nour-
, quoiqu'ils ne me rendent
fervice. - - Aucun de
aucun
fi
cesNégres, eftimés par vous
miférables, ne manquent du
tandis
que les Journaliers
néceffaire,
gnez pas,bordent indigens, que vous ne plailes rues, les
tâchent en vain d'exciter
grands-chemins,
LHumanité
notre commifération.
quivous enflamme pour les uns, vous
trouvera-t-elle froid pour les autrés, ou vous engagera-t-elle auffi à provoquer un nouveau
tage des terres? car il y a léfion dans le contrat parimmémorial que les Riches ont fait
vres, Il - n'eft
dans
avec les Paupas
la Nature que les
abondent en fuperfluités, tandis
premiers
quent de pain; mais
que ceux-ci mantôt
Finégalité fe trouveroit bienentre Thomme laborieux & celui qui ne l'eft
pas, entre Tintelligent & le ftupide; les richeffes
feroient
toujours,tôr ou tard,le prix de FInduftrie,
Vous concevez d'ailleurs combien il feroit dangereux d'employer les voies coactives
exci- ois
ter une charité univerfelle. Vous
pour
Société, qui
concevez que la
opère ainfi du bien & du mal, veut
cependant être maintenue. - Hé bien! on vous
démontrera tout-a-Theure que le bouleverfement
que vous défirez ne feroit pas moins
USO
& que vous en feriez puni
dangereux,
vous foyez.
vous-meme, qui que
it dangereux d'employer les voies coactives
exci- ois
ter une charité univerfelle. Vous
pour
Société, qui
concevez que la
opère ainfi du bien & du mal, veut
cependant être maintenue. - Hé bien! on vous
démontrera tout-a-Theure que le bouleverfement
que vous défirez ne feroit pas moins
USO
& que vous en feriez puni
dangereux,
vous foyez.
vous-meme, qui que --- Page 600 ---
Des Négres,
TROISIENE
OBJECTIO N.
>Ne comparez point
3, Tune
TIndigence à TEfclavages
peut ceffer tous les
>> Pauvre ou la charité
jours par l'induftrie du
du Riche ;
35 unjoug éternel, qui avilit
l'autre préfente
> à la condition de la Brute Thomme,&le réduit
>2,
REPONS E.
Ne raifonnons point par
chons à nous éclairer
hypothéfes; ne cherA quoi fert au
que par l'examen des faits.
Pauvre la Liberté,
lui procure pas les moyens de
lorfqu'elle ne
eft alors la fenfation dont il eft le fubfifter? Quelle
agité? N'eft-ce pas la douleur du plus vivement
tisfair?
befoin non faCroyez - vous qu'il s'en confole
conviaion intérieure de fa liberté?
par la
vez-vous
En quoi trouque cet homme néceffiteux
alors, à un homme libre 2
reffemble
Néprouve-t-ilsy
plusimpérieux de tous les jougs,
pas.ler:
N'eft-il pas foumis à la volonté celidelafaime ht
dont il attend. des,
abfolue de celunde
fecoursal Nefiuiest-il pasy
murmure, lesreproches & le
fansja0
partage, de la Misère? fon
méprioyiqui font len 156
&c.
esidenco-dosiotreafes up
aviliewplasque celle de FEfclavenitile à fon
Maitre,le tend-elle fufceptible deicette
énergie
:
N'eft-il pas foumis à la volonté celidelafaime ht
dont il attend. des,
abfolue de celunde
fecoursal Nefiuiest-il pasy
murmure, lesreproches & le
fansja0
partage, de la Misère? fon
méprioyiqui font len 156
&c.
esidenco-dosiotreafes up
aviliewplasque celle de FEfclavenitile à fon
Maitre,le tend-elle fufceptible deicette
énergie --- Page 601 ---
De
de caraétère
PEftavate
qui eft propre à l'homme libre? Et
diftingneriezvous enfin fir le front de
qui ne manque de rien, un figne d'infériorité TEclave,
miendians qui nous abordent?
aux
j'en conclue contr'eux
Ne croyez pas que
heur, &
que la liberté foit un malTEfelavage une bonne Inftitution. Il n'eft
pas queftion ici de définition;i
dans lun & Tautre
ils'agit dec comparer,
états, deux claffes
finés, 2 par l'ordre des chofes, à d'hommesdele poids des travanx
fupporter tout
dans leurs
pénibles ; ainf confidérez-les
différens atte! ers & dans les différens
périodes de la vie: à partir de l'enfance,
eft, comme VOS petits
le Négre
fa famille, foumis
Payfans, dans le fein de
à TAutorité
plus foigné & mieux nourri
paternelle; 9 mais
geois. Devenir fort &
que les pauvres Villalaborieux, il
malgréla Servitude, goûter les
commence,
&cleMaitre n'aa aucun intérêt
plaifirs de l'amour,
Ila bientôt
à contrarier fes gotts.
ceux de Ia
un jardin, uner
Propriété; on lui donne
&i il difpofe
maifon, des poules, un cochon,
auffi librement de fes
tout autre Propriétaire, Il n'en
récoltes, que
Tatrocité de forcer
eft pas qui ait
un Efclavé de lui donner
tuitement ou de lui vendre à bon marché
grafes poules, fes
fes ceufs
légumess - cette
tôt punie par le
tyrannie feroit bien-
& fur cela lintérêt déconragement de tout Tattelier,
perfonnelfe joint à
Cet Efclave vit donc
THumanité,
habituellement dans fafa
tout autre Propriétaire, Il n'en
récoltes, que
Tatrocité de forcer
eft pas qui ait
un Efclavé de lui donner
tuitement ou de lui vendre à bon marché
grafes poules, fes
fes ceufs
légumess - cette
tôt punie par le
tyrannie feroit bien-
& fur cela lintérêt déconragement de tout Tattelier,
perfonnelfe joint à
Cet Efclave vit donc
THumanité,
habituellement dans fafa --- Page 602 ---
Des Négres:
dans fon champ,& fe voit
mille, dans fa maifon,
d'hommes de fa claffe,
entouré
perpétuellement induftrieux & les plus fages arrivent -
dont les plus
conioaifance. I1 a pour
fouvent à une grande
dont quellation le (peétacle de fes femblables,
par leur travail des jouiffanques-ans fe procurent
la liberté & de
ces de luxe; il a pour perfpedive
fervices efjouifances, s'il rend des
plus grandes
& enfin il voit dans fa vieilfentiels à fon Maitre;
leffe fes infirmités foignées, & fes enfans parcoula même carrière que lui, fans Tinquiétude du
rant
fon attelier, les
befoin. Tranfportez - vous dans
chants cadencés de cette troupe de Laboureurs,ne
la misère & le défefpoir.
vous peindront point de Fête, leurs danfes, leurs
Voyez - les aux jours
calenda, & la parure de ceux qui ont de Tinduftrie,
Entrez fur-tout dans ume
raffureront votre pitié.
Habitation bien ordonnée, & dont le Propriétaire
homme honnête, vous verrez f,à Tafpedt
eft un
ces Eiclaves monde leur Maitre & de fa famille,
d'un
la trifteffe &c T'effroi qu'infpire la yue
trent
maintenant vos Villages, vos
Tyran. Examinons
Hameaux & les Chaumières des pauvres Payfans;
eft le fort de ceux qui font réduits à des pequel
la
Oll la grèle ont
tites propriétés, lorfque
gelée
leurs récoltes, lorfqu'un incendie a conravagé
leurs maifons, lorfqu'une épiInméleurs granges,
sfemleurs beftiaux, lorfqueleurst
démie a fait périr
trent
maintenant vos Villages, vos
Tyran. Examinons
Hameaux & les Chaumières des pauvres Payfans;
eft le fort de ceux qui font réduits à des pequel
la
Oll la grèle ont
tites propriétés, lorfque
gelée
leurs récoltes, lorfqu'un incendie a conravagé
leurs maifons, lorfqu'une épiInméleurs granges,
sfemleurs beftiaux, lorfqueleurst
démie a fait périr --- Page 603 ---
De PEflavdge
mes, leurs enfans & eux-mémes font
par la fiévre ou par le befoin,
tourmentés
les impôts, pourfuivis
lorfqu'accablés par
dent piéce à piéce
par le Colledeur, ils venleurs
& finiffent
uftenfiles, leursanimaux,
par abandonner leur
ces deux fpeétacles
Village? Lequel Ide
Dec quel côté
vous paroit le plus touchant ?
fait &
croyez-vous que réfide le malheur de
d'opinion 2 Voilà pour les
petite propriété: - mais ceux
Cultivateurs à
n'ont queleurs bras
qui n'en ont pas, qui
talens, fansi
pour fubfifter, & qui, nés fans
intelligence pour s'en
relégués dans les dernières claffes procurer 3 font
vous bien calculé toute
du Peuple, avezexiftence ? Ils
T'amertume de leur pénible
éprouvent, il eft vrai,
moment-ci un adouciffemeat à leur
dans cè
Roibienfaifant vient de les affranchir condition, un
mais, en leur rendant
de la corvées
l'ufage de leurs bras,
s'approprioit ci-devant fans falaire, ils
qu'on
pas moins dans la dépendance
n'en font
pour leur fubfiftance, & le
abfolue des riches
adte de fervitude
travail, qui eft le feul
gres, & edi pour les que nous exigeons de nos Néfource qu'ils
pauvres Payfans la feule refdifpofition invoquent; chacun d'eux eft à votre
pendant douze heures,
fols,qui ne repréfentent que la
pour quatorze
du Manceuvre & de fa famille, fubfifance frugale
déduire les jours
2 for quoi il faut
d'inadion, de maladie,
jours plus languiffans encore
3 & les
d'une vieilleffe in-
, & edi pour les que nous exigeons de nos Néfource qu'ils
pauvres Payfans la feule refdifpofition invoquent; chacun d'eux eft à votre
pendant douze heures,
fols,qui ne repréfentent que la
pour quatorze
du Manceuvre & de fa famille, fubfifance frugale
déduire les jours
2 for quoi il faut
d'inadion, de maladie,
jours plus languiffans encore
3 & les
d'une vieilleffe in- --- Page 604 ---
Des Négres.
à cette
firme, que vous ne payez pas. Comparez nous le
celle du Manceuvre Africain ;
condition
fa fubliftance;
faifons travailler comme vous pour
avons inmais elle eft plus abondante ; car nous lui manfoit bien nourri; fi fa récolte
térêt qu'il
vivres
lui en fournir.
que, nous achetons des
pour de maladie;
lui
pas les jours
Nous ne
imputons Nous n'abandonnons pas
nous en faifons les frais.
nous que
vieilleffe; car il eft intéreffant pour
fa
confient en nos foins, afin qu'ils
fes femblables fe zéle. Si fa maifon eft incendice,
nous fervent avec
Son pécule ennous lui en conftruifons une autre. font à lui, &
fin, &x le produit de fon indufrie donc le malheur
eft
quittes de tout tribut.Quel
aux autres
d'individus comparés
de cette efpéce
de leurs Maitres?
Journaliers; ; &x oui eft Tinjuftice
faire travailler
plus barbare à moi de
Iln'eft pas
je nourris , qu'il n'eft
à mon profit Thomme que nourrir celui qui ne vous
injufte à vous de ne pas
ait des befoins
rend aucun fervice, encore qu'il
& vous du fuperfu.
OBJECTION
QUATRIENE
il eft injufte &x barbare de vous arroger
>> Mais
de faire périr cet
9 le droit de battre, de mutiler,
odieux,&
Voilà ce qui rend TE(clavage
3 Efclave.
de le julifiern.
N ce qui ne permet pas
, qu'il n'eft
à mon profit Thomme que nourrir celui qui ne vous
injufte à vous de ne pas
ait des befoins
rend aucun fervice, encore qu'il
& vous du fuperfu.
OBJECTION
QUATRIENE
il eft injufte &x barbare de vous arroger
>> Mais
de faire périr cet
9 le droit de battre, de mutiler,
odieux,&
Voilà ce qui rend TE(clavage
3 Efclave.
de le julifiern.
N ce qui ne permet pas --- Page 605 ---
De "Efetavage
7I6T 9.
JUD a
2sb
R E PO N S E. ingbaitera
aatgolans 27635
JRENIMEYS as
Dece asb qu'un ayuoT mari
15 - a 2s6 a
0 29)
cut violent a poignardé KUN
Ta femmd"
furprife en aduliere, concluez-vous togmt que tous 2
maris
ledt
egorgenttoutesl les femmes galantes, - & a s9
en ontle droit ? Un père de famille, dur 8 quils 220
dans Wmaurda-red rend fa femme - mes fescnfans fevera
-
mal.
hetirélis;
abRanvnos
heirerevons pour cela les
nol.
a
hiens
SI6T 6 ID,
BEPA
totité
?
snuC
domeliquer Non, 3 vous lui
Ha6
frein, 3 1es Loix, l'opinion, VW
sng oppolerez un 119
Texemple, le mépris &
Teftime, le bontieur, les
JUSV
u
Feserds:
-
ad 9L
Tinteret
fonnel? voila 2 fans doute, nio ce
ID1 E.D sid 18 Reico
ris & 1es femmes, les 195
&
nI9n contient sl 3a les ma- 110nr
VIE -
a I pères
enfans.
f
quoi ne Voulez-vous
ED que 289H ces motifs 9l 91 do Pour- aO oup
réglent auff Ta"t conduite Pas des Maitres mo a puiflans 93
D
Tégard
leurs
de
Erclaveg? Pourquoi des faits rares 91192 & 1folés ovob
&,quifont Notreur en Amérique comme a0 ens. en - nu'l
ce, vous feroient-ils regarder CIS
les Colons unt Fran- 1n9y
des Ogres ! PQui vous tOV adir
comme 0o
de mutiler & de 4
à quilss'atrogent la
le droit 8
tuer; que Police ne
pas ces excès, quand ils font 15
sr A1
régrimoit
connus? Je
j'ai débuté
le anA fais, 0a &
par
dire, 2 que nos Loix en cette
partie ne font ni affez adives, 29ti ni affez Jor II A
tes; qu'il Teroit jute & néceffire, a1 d'adfurer répriman- AKCLIN
manière inviolable Ia condition E des
2 dume 30
refferrer les limites deTAntorité EU Noirs, & de uS
des
en convenant des abus dont > eft
Maitres; mais, d
elni Eoy giosn nu eitupsl fatceptible D a ge le droir
de
ne font ni affez adives, 29ti ni affez Jor II A
tes; qu'il Teroit jute & néceffire, a1 d'adfurer répriman- AKCLIN
manière inviolable Ia condition E des
2 dume 30
refferrer les limites deTAntorité EU Noirs, & de uS
des
en convenant des abus dont > eft
Maitres; mais, d
elni Eoy giosn nu eitupsl fatceptible D a ge le droir
de --- Page 606 ---
33.
Des Négres. deles faire cef-.
de chariment, je vois la poffibilité
des paufer; &,en examinant les états analogues dans les
vresJournaliers 8x des Négres, je trouve
les,
impofées aux uns 8z aux autres pour
peines
différence de peine,à T'avantage
mêmes délits, une
des derniers:
riches puniffent de mortles
En Euirope, les gens
bien qu'on ne
C
parefifeux ; car vous conviendrez de fon travail,& qu'il
quàraifon
pyeunloumailier d'une foisyque celui qui nej peut oune.
eft arrivé plus
eft mort de faim; ainfi, il eftinveut travailler,
dévorant, fouvent la
conteftable quici,l le befoin
+ En Amérimort font la peine del - ilaipereile, montrede a
la mauvaife
que,on châtie le Negre qui
S manque à fon
volonté , comme un Ecolier qui
dans
devoir; & cette crainte du chatimentsproduit elle le rend fouTun & dans l'autre le même effet; tâche.
les appliquant à leur
vent inutile,en
Payfan vous vole s qu'un
En Europe, qu'un
le
eft
Braconnier chaffe fur vos terres, premier
pendu, & Tautre eft aux galères.
en elt
le Négre qui me vole,
En Amériques
coups de fouet, & il jouit 1
quitte pour quelques
de la chaffe, de la
ainfi que moi, fur ma terre,
& du gibier,
péchem. Lorfquil a pris du poiffon
illes stendaqui
aux heures qui I lui appartiennent,
bon lui femble, même à fon Maitre.
infulte,
En Europe,f unlaquais, un fiacrevous
C
u, & Tautre eft aux galères.
en elt
le Négre qui me vole,
En Amériques
coups de fouet, & il jouit 1
quitte pour quelques
de la chaffe, de la
ainfi que moi, fur ma terre,
& du gibier,
péchem. Lorfquil a pris du poiffon
illes stendaqui
aux heures qui I lui appartiennent,
bon lui femble, même à fon Maitre.
infulte,
En Europe,f unlaquais, un fiacrevous
C --- Page 607 ---
De
Yous le faites mettre PEflavage
hoimmef fagesmuiscomibien en'prifon, fi vous êtes uni
apermis debattre
en seRHquteLrotede
stablerquife
/8qmi tilent fans pitietn mire
défende nO nolixq sl e 265 29b Siiveng
SlaliaAmériquéys àfon
il eft rare qWaHEfclave as
Maitre; maisy lorfquecul arrive, ontetée manque
saumfersydecette iblessil feldéfendoir peine impofaité en inditpentsun-Propriétatie
avec une arme', Fe
même légérement, il'eft frappole
umioety8e-ceoneit point une
Buni'de
stonteninitrois centshomimes haitame"Comtitelte fous
sfeulise fielonne mettoit
rautoreé-avin
diftance 21 Savifect-on de entr'enxeclir ane graride
Militaire, qui porte furles condamnér1a mêmes
Difciplitie
Soldat pdyeirimptnemet
principestSile
Officier, quel lefb de Général menacer & frapper efton
smandeniunes arméen & quel qui voudroit coaldireté fur'le trône? 91190 fs's Souverain 21BC feFoit én %
Neicontentovonisl
enuigom 9b
pas vonsmêmes
a dans aineigrande
les Payfans
faitesvous ànechuiqur abordinationrondr traitement A
adun Domellique qui frapperoit fon Seignent'?
xusEn Europegild défertion fimpperoit fon Maitfey yroit
selle ne slelb plis quré par les étoit punie de mort;
3uperpétuité.En. Amérique,les galeres a temips SOu
Jont.anfiomisa lanchutneyei Erelaives Defeftetifs
plas. dune.ahnée.iPotur rles y reftenr Farétielit
sfonnemenss
meurtresy les empot.
nous.fitivons lesi Loirdu
?
xusEn Europegild défertion fimpperoit fon Maitfey yroit
selle ne slelb plis quré par les étoit punie de mort;
3uperpétuité.En. Amérique,les galeres a temips SOu
Jont.anfiomisa lanchutneyei Erelaives Defeftetifs
plas. dune.ahnée.iPotur rles y reftenr Farétielit
sfonnemenss
meurtresy les empot.
nous.fitivons lesi Loirdu snsb.emionnoost no'up Dnis 1s -noifoqinoons Royaume.
io --- Page 608 ---
ny 2515 erov a DerNageis 988MA15LISCI
PE
Pourlestmuses
eotist sl auogf
Sutaillese sentredes eantiome.iuarmus querelled,
gravité des cas, la Hislavespeeft encore, fuivanrda
prifon ou
pr T6
Deinen Maisangutnon
lefolter quieneib-la
dipenfe o lepéremenr ces ionagineniquiunt homme fenfé
menter SI U - 15 tendes Ages qui
Shatimens.fe plaifer àitourato0 Jui MAeK dont le bonbeur, a eaemiieesee s.importedifen
Jpasine-tson m3let beascomp
intéréd?
malheureutement nésal pour
sthonemeslaliez
Rémitlemens onr
Ale,leurs, Eclavensal podfesncistera,les
Baix, E de deur.stzelices, 1a la wigueur Tordrenp8eta
chéfaitans d'oun.régime atkentif.e
18a aulzéle
3l.0a fe perfwade encore qu'ihef jufer soncfiib
Senleven aux Négres leursi
fort ordinaife
-frelles.Sid'en abufer,
femmesystegasl imai.
81 Temploides 1
Noirs Cerraincinehe le commeree
de moeurs, mais c'eft produifent à cette une gtandelicence
A leunconftitution
efpéce dhommes&
stinage: libres Our Efelaves, quelinhérencleg goût duliber
ddeshommete 1ES
les femmes
fion
Caemcesedime
inyingible a9 plaifir. Lay Noirs,ont facilitéd dine propencorrompt un, grand nombre de
de sy livrér
méme dont Ja condaite ef da blanessn malspdeux
AH moins Isttention Ideune plis dendglee,ont de
nages, des.égres Leur extrémd pas noublerdurms.
elpoir. la vengeance dont
jaloute le'der
fuffentr bonsiobliger. des LNcersenogatr Maitres
circonipetion, C'eft ainfi qu'on
icun-gnande
reconnoitra, dans
Cij
rompt un, grand nombre de
de sy livrér
méme dont Ja condaite ef da blanessn malspdeux
AH moins Isttention Ideune plis dendglee,ont de
nages, des.égres Leur extrémd pas noublerdurms.
elpoir. la vengeance dont
jaloute le'der
fuffentr bonsiobliger. des LNcersenogatr Maitres
circonipetion, C'eft ainfi qu'on
icun-gnande
reconnoitra, dans
Cij --- Page 609 ---
25 tO TA 250
SAoninol, on GI basuo DCFERaves Iintéret up Sidet
webuR
détails.
aicalial
EPus UD les
balance, que &gu que ele Nesrer erAmk
poNds 25D, dans astabal S1199 2nsb Tulbendonde 11
Gue iesotif:
SiQPES n'eft
doux
Nenater
e1 d'un 3b fort
25q deeraucld) B [. ro inob noitslotnoo
MITq
STEA2AL RE
shriviswual
LE
ciNcuit 5
9M SoviBoo
a
sl 26q 2ll-inot
YNEGAESTIARNE
anok
forMtogib
alisgol SMfoiviy 309 iTiclitoe aaeTERmveTe at
wLes comparatfons 9Y
1 I SUD zinna que 1a détaitie eitvaa
Tdent > 6 SIu 10 donc à à T ProNvrer hesreufediiar 19 TEICVaBa eRous.
npepleetplas U.09V dela Hbere.Aatiet festhraneseea
son6 39 le RESNINC -
BI Eul malhonnete TI
97 a
en atfranchidhant Teufs
fait une achion
ae
M S Sinst alinft les Scrfs de Rimie & pologne
e Negres Tu
2 291 36
les Payfans aatenede
font
keareisque onso
-6) Q
S
Plis,
lrnichelfe,
tandis que populition:
-SIM 32- TEnrope 7
Elats tibres.font Eevideinmienre Fen
>) Tinduftrie tE des 292
des
-OIOV
avec la misere & Tavilifement
scprefrta Tof Serfsl Croyez 01 n9 quilen feroit de mête
3) penless
au HOTNSTEE
NOTERBC
en convertiflant
-199 >> de 9b vos 9191 Colonies, E une 910 Servitude de ylebeik.e 970009 en 291 91n9 zsiinoo Zlisanq sb 511191
I dahecen
ns
50atrotiob xErOYTE 29UY 20l913 insyuog z9llaup
zalsibol 8 zoupinilog
COEIRIE
fa fubfitince
amirede
enipuis
Le Negre
n pas 18 même
Raress ArBI sehe Journalier, qui
miais
-not. 1O Vala ee lnde Pai dit8a pronset
certitude.
N-liberté,
ab avibbe loin, SAKH breferer reictavee'e
jcfuis 1ETAE E cette reffource un' Peupletbte,
Kap Pogels 2
z9llaup
zalsibol 8 zoupinilog
COEIRIE
fa fubfitince
amirede
enipuis
Le Negre
n pas 18 même
Raress ArBI sehe Journalier, qui
miais
-not. 1O Vala ee lnde Pai dit8a pronset
certitude.
N-liberté,
ab avibbe loin, SAKH breferer reictavee'e
jcfuis 1ETAE E cette reffource un' Peupletbte,
Kap Pogels 2 --- Page 610 ---
Des Négres,
miférable D0 quil foit, Quahd lil ne fortiroit,
quelque
dee
291 que e'la
annts,ae année, i'clate
hetislare
shague. € 919 3VI SI sup entrer 3 sgnElsd dans sele'da Piol
milhémep-stic .PRNEENTEE eH 1el
&
M.ems
prictaisehaffrie peripediveneierte Tatp guob enla
ies
dont on n'a pas
priver.
confolation
decirae'le
àleur fervitude
Demeprimgtnintst a J a la
& fous
effedtive? Ne iont-ils pas
difpofition
s'ils veulent vivre : Ne font-ils
Temppire Au-riche D
90 a BINEVBIE enol
a1t ne
févèrement
que TEIctive,
pasplus 5191M19b
19 HOTC i
trayailler :
doute feroit litie3
siqu
Tont
xenlent, pas STOISI enst de 51091098 contradler eulgils avec un P:bchaque homme I5
22. TTLA 9119dil El ia fabnitatee
faire affurer
Ts
Sisunor
norr
CARE
pestsine,RonE
perlafi
fa famille, malade ou en Tanté,sf
Sk celle, de g IE
21196 29 & DOIs ies bras; dut-il
sbarge de lui D ca facrifier fon D1 temps JT Fustuon sioh à
anot enga- ce
être chatié, s'il SL manquoit sAt puL
mémeen &
trouveroir, sup etbn6l
Ies Mic
gement. Sans doute on
2161a ,Parmi
nombre de ces Elclaves clivervetonrables,m grand a
E
09VE. nFRTOnSTES à tous
sairesimais il nfe corviendroit 0
charger,
arestieit
Propriétaires desen
einol
e
N
b
encore
une Nation libre & Aere ede
mojns à 5D aU
30 sny no
mettre de pareils contrats entre fes
ELSOT
de tous. Or
en réfulteroit bientôt Tafferviffement a -
& fociales
quelles peuvent êtreles vues politiques
dechague Nation.sonfidenée comme T16 corporation? 917
de Ta mnLaccroiffament de,la force pelniqus 51
tons. Cette LoTkR
xeté &c de.la peofnérité de P
SIIO Sbp adive tvede
damentale eft donc violée, par la Portion nol 2101
Tantre à Tétat padift
Jaflammunastés qui séduit
at otq sb 3
uj
-
& fociales
quelles peuvent êtreles vues politiques
dechague Nation.sonfidenée comme T16 corporation? 917
de Ta mnLaccroiffament de,la force pelniqus 51
tons. Cette LoTkR
xeté &c de.la peofnérité de P
SIIO Sbp adive tvede
damentale eft donc violée, par la Portion nol 2101
Tantre à Tétat padift
Jaflammunastés qui séduit
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uj --- Page 611 ---
de
25T93V 250
Sahitoncilet
lamet, dans:
d'en
OMERAAEEN
tons affociést fimpulinot 5n fortir, uny V9D IIs Eel Jis
ilsne, doiyent, pourla méme b1 S0 Su
& farerés
donc fubir
35187 s1
rin.RPRéREX
rence que celles Téfultantes DJ 1911g0t ente 1 SHX d'autre Idmon diffétravail de chaque, Individur - - ide lindufrie 3591b 131pyn1 2a1 nu
la difincion des,
HorO qui 891 CESTSAE 251 bientot
D Riches & 91 des Pauvres,
IIILA
smAinfi il net point de Sociéré DANI naill T
tement contre
Hétéqus SI TE diree s0sts
dom Intitutiona S en JD fe TIl divifantinte
siencomentjen, deux çlades: Maitres &
Alors,
Eidlavel
a force nationale, réduite
XUE
Propriétaires,
a 13 1 5I la S100001 clatts fis des
diminue Simon en rafondeTaremifeneiat
des Serfs, a wiqui n'ont D & ne dibnrom 91 nstog
-park à la Richeffe: & STlon à la peuvent neuSy avoir E E 2ISM aucure
us 201 Puiffance us publiques,
confidérations
do
-ncCese srans de
291 n ont 21O été ns1 celles RO 9 des
a Conqut
TEATOPEA loriqu'ils 250
fe font
a desid
25 J
établis dans
idiférenres e
29f Proxinces: Cimbro-Teuon.Seta cuorr UD
dinaxes, 25 Pofa Ta Francs, O
Vifigors, bu
Cest 179
aprétendu f perpétuer
190 9b 151 Peuples 7
ensh ont
D
feuls en
-
& ils ont
les
n.cOrps de Nation,
redait II Vaincus -
tantôt 9, au0 à la fervitade
npetignnelle tantôr à celle de la DTUO J6 93
sachaque Soeicerconquerante eft IIC reftée, O 1225 Elébe. 53. Hot Mais
sucomporce Propriétaires, nsb & 10Sg0 og Toont en toraliré, 291
a
de
9po leur force nationale
sidacgroiffoir end Faifon de.c celle, qu'ils psd 216M
onaux Peuples fubjuguésice THOu qui étoit 3 enlevèrent F - Bi
1sel leunobjet Loriquienfauite-la fucceffion ab a audo coniéquent 9919
ande mélange des
DOC des STUE tems,
Raceredgaranfpcitions aux
2ut milicaires tadeption des
AERSETA1O travaux
réciproqueg ont fondu mceurs 4 V1V S des e préjugés St
en un fenl corps de Peus
Peuples fubjuguésice THOu qui étoit 3 enlevèrent F - Bi
1sel leunobjet Loriquienfauite-la fucceffion ab a audo coniéquent 9919
ande mélange des
DOC des STUE tems,
Raceredgaranfpcitions aux
2ut milicaires tadeption des
AERSETA1O travaux
réciproqueg ont fondu mceurs 4 V1V S des e préjugés St
en un fenl corps de Peus --- Page 612 ---
Des Negres: M.S
la & les vaincus, Tafranchifics
les vainqueurs LT
plele
hécefairee 2 ereeincunedome
ment et devélih
919101 18
1877 Boimparer pln plas
laForce matislitelque
Suuab nombre de Populbiskcarh 2 butreutencReais Taefehirel
E 3
Mseonrervaboad a
un intéret cel'aivet terprolsiowi aillednretvenres
Ainnies Ramta,
té nenelde cenqiête!
core,
Bseride
comme
Darib, DAF le IUD
Rieeslone,
effacé
adlingedes ghadchecretativensent
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car chactnedec cés deux'Nations
aux Etats Hrele
quitcotat redaine 2 la "clie dePiojpdbcsres,
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neferlem moindre aelondeec
TIOVE TSvibG coniclared dd'ces divers exeti
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: h
Fan
de TAmeeoupit quey
euhteiceits
plesen en faveur 290
195 desNegres 91 nous I00 neTes avons n
pas conAigeitremtinent 2nsh enldsi9 nous InO ne les avons uphel pas ualveowkopaetame. achietés
notus
labourent; hous lés Hvons
Tr la terre quils
les
Jno dans 2alqus un état de Servitideattoce.ndire tratifpore nons dans / 9b un 20 état 0: - de Servitude modété. Ouelpotinrdie
sbvi ter
6I
te motifdel leur aftaachifietaent t?
2IV êrre aujourdhui 03 9 Taceroifement sl
de 1a Force nationaleen.
Seroit-ce
< us OT no. 991197 dans la clafe desE Propriceares?
alsgonsn les incorporant 35101 Sociéte n'eut jamats
objetque
Mais chaque 1e bonheur communts,
feepar
&
un 20 état 0: - de Servitude modété. Ouelpotinrdie
sbvi ter
6I
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2IV êrre aujourdhui 03 9 Taceroifement sl
de 1a Force nationaleen.
Seroit-ce
< us OT no. 991197 dans la clafe desE Propriceares?
alsgonsn les incorporant 35101 Sociéte n'eut jamats
objetque
Mais chaque 1e bonheur communts,
feepar
& Tia force
à Tsttoiffemenit dine
anaupoln être autgte'aa Wavailler
dhoififlons par
2m51 29
cela doiretre,
autre soclieions
dont
ZUEV
fontilesiplus :
1es Moetirs, tes pregmnpes
FCRE
Fu91 1a Rad71 9b 29109 Inst nu n9 ubnot 3no Gavorgiooy --- Page 613 ---
De CERtarage
fanailogues aux noires
"pagnoles
91115d Incorposons-nous -
D
aux EC
uTureS, aux
"NeBReRO Caut-en n'étoient 9 JI6I Perfans, It 5 plurot.quaux 0
jamaisa devehir 93 partie Dism de a point,& 9905
ne-penvent
995V6D1 notre Société, 0 Silsfont
Propieanes. Vengero S
Inen 5 plns SM nombreux a D9VS érigeront Sust Sb en 199110 corps dePeuples
ifoibler
5I TOg 3 e
droit, Heaplus
C
CaPtinSda doute edisgided on ne nous
b 9u150 Isfera P99, défirer
àe
imcotporation 1on8 leme mélange des
eliyage eff Reccimace a
tl BVP 91191 Races? o1 MaisTE(-
Tgneminie attachée pour oucie. prévenir: F'efn
ttie tawatbnracie ia alalliance 9 joar dun Elclave C
Noir,
juge ef dernke, f Thomme 8b filiation HISVST propre- Si ce pEdt
allimilé aiik
DUST Noir I eft Parminous
n
Blses.el
nous verriontin incellamment 29 plas. que probable que
M unat
des Mulàtres
Financiets, 5
noblesi,
Niocians, à
dont les
féroieel prehror or'des
LS richeffes, D1
procus
Jes Ordres de"TETr. Calt époufes & I des TNT mères à tous
les familles, les Nations ainfi que les individus,
s'alrérent,
aeunmslvenr 2osluomb 891106 D a I 6 dégradent
nien atfft impraticable kms) an
Tojtuosxs'l de
B ansiorstoq
Negres Servinude de la glébe, propofer fubfituée pour lesr
clavage perfonnel Cet 115
L
à TEG
caberesioehatTaee 2
nfage sérablit 1O5S fans difie
quispdont tomPuifarpe Ta - dit) nor dans 191 ppsi MO PaYs.commi
Vaingneties eHramrivant - terre 19 & SI 2n6D les Aommes-ker
dans
Thomme
HS chappa.din à
gonhelabolife"? : Ceci eft
peefomiescifitrTete 1aite Ta 295 moitié 9h 91 A.mSir de 91
Kfes
decrip Ferteya a 14 40 charge sedecal DABiS fonremps,
n9 aburdafib 38 Smolo B GS.CILEIYELBONS cultiver
moi
Hramrivant - terre 19 & SI 2n6D les Aommes-ker
dans
Thomme
HS chappa.din à
gonhelabolife"? : Ceci eft
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Kfes
decrip Ferteya a 14 40 charge sedecal DABiS fonremps,
n9 aburdafib 38 Smolo B GS.CILEIYELBONS cultiver
moi --- Page 614 ---
cb
- L a
DN
XUE tpatuodt
onl Nigreh.
faire,
battre
100 ma
L
-Tautte omne,8a6
2210 monesain
xwentange, 8:c. fo 8 nie exécuter, n
conditions a
1 R91O1S
erle
andt Haarche 3 repe lamain 9b 91116 : Ft.rotisaue C
à
non
Msinsuriteminté
1gnhhiment Vintiralvascpertomeh 2
auquel
eae FRncaN avec se
peuparavouiger
ieNiongtue duquelisi
jeini MER osprer 2HoT 9t pour Flapeifion SHI
2 Fant-il
18e7 aliene Tile" partie de ma 9 Pyoprent: y2 m'en remboutpatrngef aarelen avec aveclut a ieHSo91 Qui
à cultiver
Yct2 lei
forceroks-ie Abaromn a
f une
ARTCLLEakE
pour hrs pour or les deux S1 1iQb moitiéso, OT
fufit à
uin
travail dans I la femaine 2
heuire? jour'de 9m gort
fa mubnitancet Il fandra donc oppoler cneorkia le
soadiver Et me voilanavec enot
punetétesvenard aM 29b redevenu. ammeitevel Maitre & lni Ef a1
droit de Châtiment, inob 216000, autorité furi luis ilen
clivelou,f jen'ai 3 aucune 19
19 29b fol nSId à labouter
aura bientôt far moi, inis & 19 ilme 1E1 réduira DD 2
Tuil! eslOHP
eal asllimel
pour
ins d'autres 6 2carM difficultés locales s'ops
3n7 Mais combien
d'un femblable projet !
poferoient à Texécution
reffemblenr
Les ciltures de'hos nos Ines SI a 9D fucre - ne
peuts
à celles de TEurope, git un Payfan
point
e
fes bras, fa charue, lan
fans anitre fecolirs ansb que 2nLo - E faire la récolte,
fon champ.enf
bomet/enf@inencer 91 11 191
auMarchés
la fenfermer dans fa grange,e IB
7I15 l porter
& fur-l
le fucre a8, 39 le, coton, 3 lindigo,
tonrta première ede nom ces metidirmsegmnleer L L6
nombre de mdeavmesqnipsife
cowerount grand
9D a volonté, & diftribués en
fent eaee dommiandes
2nLo - E faire la récolte,
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auMarchés
la fenfermer dans fa grange,e IB
7I15 l porter
& fur-l
le fucre a8, 39 le, coton, 3 lindigo,
tonrta première ede nom ces metidirmsegmnleer L L6
nombre de mdeavmesqnipsife
cowerount grand
9D a volonté, & diftribués en
fent eaee dommiandes --- Page 615 ---
en
D-CEREOSSE
meme fempss diférens
uns 37 atieles, 2 pour la
ration, a alcsnt J tefres
eulq 103
99 prépa:
Un jour de
S,laum manipulation nof VI Ln Agut pder 7195 denregl
plue ) dorRsn 29 -
de
ab
dil
une ongue
LUSIVI horiement, 291 9b
8ue
a fechereffs, decident
travaux,
01 91 derelnecs
a
-
no-TIC
Rner
deleus acceleration.
ibug
ns IIf
doler
da.ropos. TO ou 101B,CISTV de la marche. dectrea ng, iufpention, 31191 61
jourdhuis shimporte de aubnmnot ravailleursAne armos
delsucjantine 1
059 S5 cpecuper SRsla 61 ensb à Ja eulorel
Maitre
propre, qui TUSIT nuiroit sulq aux travaux 10B10191 du
LTntE dans une D autre 117
2sg
[
SE
circondance 20Iq of
D Uraupcjoie autre
spnvenable TC
A la
e9lso0l anstl jour
1P
réparation . IDd de 36 leurs
O
AUGreD N celle des
enrom maifons:
foffés; c'ef AinG 9 cheminss nart des canaux Og slogit 2) des
PH
quel Iwntelligence 6
du Proprictaire tlipst
sdattolfeardrsermnine avec LIBYET ub anamgs
tition muledesjonrs & des.heures BUI autorité,une b de JARTIMOKS répar. tr
divifez. cette mafle de force, dont VE travail : IbuOV mais
je ne paife Plnsexiger de Tun Du jed dipofes que
Jautne quele Mercredi, fi, le al qHe le D Lundi, n31 de
E Samedi, jai befoin
derousyque deviendra
LU og rup
maManufadure?
sb Leupcincipe de Tutiliré des petites 93OL prorsulon
Propriérés
smabipidonelipoint straire
applicableici. Treit au sInol condémontré, que la fubdivifion
tion entre les
16 L
dune HabiraCar
ME sphéritiers, nuit a Tintéret
densceasseroge de 2sinolo
public. 991
terre, JE a
exploités VSD en 5 fucre,
serigentuss, 5 dépenfe & un
en pa
bâtimens en paturages, 9910 emplacement les onuse cuons égal Sup en
pour
animaux,
alenhiess UIC 9 frais 19
quil Tod en
eteroit
dexpioitationadee ingst 29b 91
en çotSRONRT3 S sulure.de D fix-cenrs tnoxs
ncinguange, a
25b tulgo
; mais
a
dix,
vingTa AUSIN, devenant une ipens drsi,
enst TI6I ano hopia
en pa
bâtimens en paturages, 9910 emplacement les onuse cuons égal Sup en
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quil Tod en
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; mais
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dix,
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enst TI6I ano hopia --- Page 616 ---
ISSO
259019 slauoa De 21911 Negres. Jis stre'e cuttives *
enkaeren
ifolée ReAveSt plus
pour 29
1a? Nanioa
sipird - cette fabeivinoa'tehane -
a
anol nU
JO
fes Mamsnauires cofomistes.
I
la.perte REREAEN 359qla 9b
confervant
Voudroit-on gucle ipenitalitrtne
nornonaul TUS ob
les'etne
& en
fa terre
affranchillant renNéges.
UA auslhsy VEI
en:
tehd
comme
Toutaliens? siasatondos
pleyitco 5, dans 3
de'e ceux 91 110 a8 TEurope, 2118
treroient yb YISVSI XUE ietane plais Nielirenx: 276076 ). f 1es circonl M
n'en.feroient dantes eslocales STRet Tol plus rernite,d'an climat qui
enohem moins 2109 de befoins 2 leur donnolent plus da
impole UEnES
eh rénulteroit le Tenon:
facilité S169n Fouf Gibnner ub.
191 E des
ou 29 un
cement au travail dela part
pueteis; TIS sni à Sab
TRG9T exorbitant 5ni tant'de mai-dienvre pour ceux qui
pasr Vonidretenctr travailler; 9b
& fi, -dans Tétite actnerdes
chofes,la SUp
lib nourriture 91 gol de monERtave ne mérepre.
nuu dix fols - la journée d'iih homime libre,
fente niolad que E
vivre MS avec a - une heuire de travaifi'me
qui pourroit douize fois
Alors Hos denrées COL
çofreroit
plis, de touts ab 185 Marches de
Ioniales feroient exclues
TEurope,par IB fle la préférence donnée celle desatttres Pemples,qui h HORIV n'auroient pas adopte le même
oudae régime, Les ID Colonies feroient done ancanties pour
919u11 & deviendreient propres à 1asociéteNégre,
ns BonS, nous. 309m99614012 aurions créée & fortifée'aux dépens'ac
KUSMIRS 291 anoq e 29 361U1EG n9 2nomited
T nôtre.
tO.
-io3 Sumpedect Reantcilitent ret pas plus conDesempe enscts cefui dés Rufes 12 8des Polohois. Les
sliant apnaart Rucce
aucun XI
danger 82 avecun
premiers ont far,faas
éteNégre,
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T nôtre.
tO.
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sliant apnaart Rucce
aucun XI
danger 82 avecun
premiers ont far,faas --- Page 617 ---
grand
13 DerERanSk a2
wamisa au contraire? un'ade
#lenng priadipes, a1 létip cultufeg a'leur conféqtient
ton INS6HP affrancht
popalau
point dans leur
Tenrs'Néus es qui ine'font
culture"t
pays, un 3adhumenrnkcemiedd
Ilétoft important pour 291 engpdu
Tesbesdelet travanl des Manceirvres
mbltripher
favohter den notveaux denichemens hationadss de
fout de fuiter 189Ba pauvres dtimnide
qaimenein
priétaires, & qui angmentert At
srelaneues PHBa
nats Da petit
AInR Ta forcenaliolo
t'nombie de des
celif aephlines,He Ti i faifoit
NotrsgTeompare à
desRicery
pas traindreles melatige
qu'avons-noi de commim. aux'Ines
duVent'8 &81 S3isaaVenr, avec"Tes
1a1 Noarene-Austenemer
Habitans del
les Anglois de la
Ceux-ci n'ont' pas-fediit
Jamaique,
.0151151q sl sb
adi 4t
ces'
aRbindbresta
nons au vefueat. ohislqsb obrervations,8 sbmtivibe sl 8E ab arrétonsslomboqt
TLESCEAVRGE EST UNE VIOLATION DU
NATOREL DANS LA PERSONNE DE CELUY DroHO
CONNOT ET LE RESPECTESCIFI
QUTLE
certains cas,peutf tfaire un Efclavedun Société, dans
puifqureltea lepouvoirdele
homime'libre,
Une's Sociéte libre
priver même de lavie.
Servittde d'ine
n'ef pas tenue deld detruirelip
peuplade quilaien
Siles Efelaivérdee cette
étrangere.ilinu
par des
n la peuplidelt font tranfiis
direa Ot dehiainges 2 Société libre ira ateun tort, a
indirett,en'les recevant en leur
dElctives 2Y59 nu'b asrdil 2ommod 291 qualité
ebusds
Une's Sociéte libre
priver même de lavie.
Servittde d'ine
n'ef pas tenue deld detruirelip
peuplade quilaien
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par des
n la peuplidelt font tranfiis
direa Ot dehiainges 2 Société libre ira ateun tort, a
indirett,en'les recevant en leur
dElctives 2Y59 nu'b asrdil 2ommod 291 qualité
ebusds --- Page 618 ---
Des Negres -
Société
dife
anApres.les aypirteçuss cette a
PEUE en.dic
Aelle
pofse pour.font plus erandavanagc, b
étoient D1
neesed
pointleur statpipexneselni - ou 16 dls 2I1 aMR85
tadni@icthoninsinpihe. n 2YE a0ol lesincorpor ensb aniog
dons les.afiranchir 00 pour
191 Elleineun différentes claffesqui ila compolent.o ouleg
EAT aux
affimin
oile elle oT les ACSHRen des.e D
laifier A
dans Tétas & traitement De àla MTI dernitre
lants pousle travail ns les 15G
claflerde, fes membres libreses U6 iup 3 dangereuier 251t61bi19
$ Silincorporation, ef Limpolihle,on
Ladiranchiffement feroit fans JTO mpcincanimisareinke b
teroit,pour aSociétésucune Ansces commupes P 30 JD
produiroikat contraire une As force etranebned seein
nemic,, qui, tendroit éridementa) AR datisndiepr 13
de la première.
Loppremst sl sbi 2iolgnA 25E
eft
ARS que,le
Si Tafiranchiflement dangereuss
fpectacle de la Servitude déplaife à LIasosiéREl a
librea
elle doit balancer les motifs quipeuvent la décider
às conferver, 86 à employes fes Efclaves, 2 9u aàlt
exclure de fon territoire, & à les rendre aleur,
terre natale. d mu'bovsiaa ns 910533099,865 20i6n9o
R Cesi motifs doivent être le genre de 2 culture ANTq
emploieles Eiclaves, la neceflité ou Tinquel.os.
utilité de Getts cultures Ja pofmibilité H9 49u A Gmpenlisz
bilire.dy econpetkesalinmemnistas nationaux, 29l R2
Lexamsn, des morifssopérant. - sAnvicioni AR
Tiepopalat.dempleser Alacmisume d'ue PaYR,
chaud, les hommes libres d'un pays froidsfur, --- Page 619 ---
DerEptiliee
limportance'de eereoeiltuane dans Ta"Gmakdn
commssins/potirigier & Aicale
elle ne pelit balancer P conferver deeeres Socieré,
'Efclaves qu'elle sett
& emplovet lès
échanges. ino sHon 9b: procnres par Tavoie" dès
20 Certe Société
aslibniedonsm 3 e9tyiy *
doit alorstégler
condition de fes Eclaves,
netaiémenrs la
régime politique & moral,l cohfeqtitiminent Wfoh 8
-m1 en defaj julice
Xuslyiovanenab
elle ne pelit balancer P conferver deeeres Socieré,
'Efclaves qu'elle sett
& emplovet lès
échanges. ino sHon 9b: procnres par Tavoie" dès
20 Certe Société
aslibniedonsm 3 e9tyiy *
doit alorstégler
condition de fes Eclaves,
netaiémenrs la
régime politique & moral,l cohfeqtitiminent Wfoh 8
-m1 en defaj julice
Xuslyiovanenab &de fon intérép. damiatée
HTearfoft.leluidel lderniètectalle defes
"libres. ausBinfisb asmila mubasnamslab membrès
O5 S7 cette condition
aognsb N
par Tinfpedioi des eff remplie, Vilen déniohtte
ala calinfe en
décails, que TEreiave,
)
emplbye
heuretix a le Amérique, RI
eit phyiquement"
RS
que Journalier libre &
pluis
rope,ledroit
T5
pauvre de PEn:
dEfclavage, de la
321 TS
ciété 2 n'ef plus une ni violation part de cette Sodans 1a
du
rusb du droir airurel
perfonnie
Négre
1a -
T'outrage dans fa terre av natale, qui le fI méconnoit 6T TDIRS &
la nôtre une fubfiftance
& qui trouve dans
mieux:
ment plus doux, 2 V
a affurée A
& un traitesincigratie M E
-02 snu'b aslq: 91 ensb OBTECTIO Irioq 9uns'n lssuob 2994
boia
ense
9'2 IuD
s fible
nom
3b
Mokehensatuint-eirdis
ou
Negreseffi impofdangereux, puilque les Colonies S0u 19906119
ventpistubitter Taris le 291
nO ne
5>
ne VS trayail
des
Peur
craignonspas de renoncer 29b aux 36 Colonics amsi Elclives.ne 29b
défabu-
9uns'n lssuob 2994
boia
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s fible
nom
3b
Mokehensatuint-eirdis
ou
Negreseffi impofdangereux, puilque les Colonies S0u 19906119
ventpistubitter Taris le 291
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Peur
craignonspas de renoncer 29b aux 36 Colonics amsi Elclives.ne 29b
défabu- --- Page 620 ---
Derd Négres,
leur importance. prétendnes elles
B fonsmpus Te
b1 fur
deshommes &de Fargent,
fufeaformarat a KEtat Tentretien dune Mariness
ellesnous obligent à
22h 15
enfin leurs denrées précieufetsen
286 nous, SIOY payons
de notre crâ. Ne feroit-il
* vivres & marchandifes
2 pas égal deyendre meamnemitsbeesnve Amérique,
toiles
senvoieen
L
hnues
Scétofesglose
>> & de recevoir d'eux le fucre & de calquenons homColons FrangoisEn retirans nos
317 livrent - L
J les
fol, enne les expofast, plus.aux
2 mes ETI fur notre 15
climat deftruceur,'aeg4> dangers delamer&d'un
* lesManufac-
.menter mentons nous - p95 TAgeicalense I
richeffes, efientiellessqui
tures nationales? Ces -
SHFER font les : feules qu'on ne peut nous enleves,ne
27170 th9u3
toujours la balançe du Comr
-UA 3) mettent-elles 2 90
- U6O pas faveur ? Abandonnons 100
les, Cor
-05 3> merce 93, 3 9b en notre intérêt h)
E inipirer
établifler
OD
lonies; quel
Peut
un
B.lonie ment fondé fur deux abus de ID lA police fociale,
2 >) Témigration & FE(clavegens sT ehsb sgentiot
ensb 9 1011 P
al
nus 8 S5i0hs sume oomsfiadul antrsnon
-p1ist
R. EP 1 O NS Ecuob enlq anom
donc Torigine &Tutilité des Colonies.
Appener
point dans le plan d'une SoSans doute iln'entre
çiel
ciété
s'établit, 22b a de DE FERYOYSR fORSHPT
-ogur qi_réal une portion de fes membres, Pour y chere
étranger u99 8n zstnp 291 les Supling
mais
ou
d bGRess
cher VE muliplier ald - - 3D TIBVEI & moysns
faire, de
Tordre des
XUB des 192 éyénemens.Psns. TOU
a
-udsiab dismgn
entre
çiel
ciété
s'établit, 22b a de DE FERYOYSR fORSHPT
-ogur qi_réal une portion de fes membres, Pour y chere
étranger u99 8n zstnp 291 les Supling
mais
ou
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faire, de
Tordre des
XUB des 192 éyénemens.Psns. TOU
a
-udsiab dismgn --- Page 621 ---
cette
D.rEpinite
émigration une condition
ftence politique de la Nation
néceffaire àlexis
parle pas feulemient de
quis'y foumet, Je ne
la Population excéde la ces Reuplesosbreraydotit
fomme de terre
nourrit; on ne voit plis,depuis
qui les"
firrabondance d'individus
long temps, cette
lent dans les elpaces
qui fe preffent & refoumoins adive,
libres. Une autre caufe, non)
c'eft le
agite & déplace les
progrès des Arts,& les efforts Européenss
qui s'élancent d'un pole à Tautre, delindadrie,
s'étendreiur toute la terre
& cherchent àg
vement prodigieux d'hommes habirable-Alonsler mou-
& de chofes,
lacupidiré met en ceuvre, épuife
que
moinsindufirieux la matière
ou dérobe aux
ces localessl'ativité
première, les reffourd'un feul réunit dans fa
Toccupation & la fubfiftance de
main
fe trouve des
plufieurs: : alors il 2
utile
farnuméniresquil efti bon, qu'il eft
demployer au loin à créer des
étrangères; & le Peuple, qui,1
produ@ions
un bon emploi, voit
lepremier, en fait
menter fes
par cette émigration augMamufigurcs, fon Commerce,
Agricuiture & par conféquent fa
3 fon
eft parmi nous Forigine &
population. Telle 7
Mais, pour en bien fentir Tutilité des Colonies. up
nationale,
l'influence fur
, pour reconnoitre évidemment Taifançe
quel point elles alimentent la
jufqu'a
Métropales, & comment
Puiffance de leurs
leroit touslès
leur deftruction annulmoyens de remplacemens, confidérons
amufigurcs, fon Commerce,
Agricuiture & par conféquent fa
3 fon
eft parmi nous Forigine &
population. Telle 7
Mais, pour en bien fentir Tutilité des Colonies. up
nationale,
l'influence fur
, pour reconnoitre évidemment Taifançe
quel point elles alimentent la
jufqu'a
Métropales, & comment
Puiffance de leurs
leroit touslès
leur deftruction annulmoyens de remplacemens, confidérons --- Page 622 ---
Des egres
rons F'organifation actuelle des Etats politiques 49 de
EEaropemmuol - wp nonsk 3b
Hceh.-aconsed.biegari la balance du Commerce,
&celledu fiic déterminent leur
O0
Puiffance. T05 -
nosr Colonies, nous produifent cent vingt
milionssquiipar Tadion B la réadion des échangess repréfentent tne fomme décuple, circulent
faos ceffe des caiffes du Commerce, au Tréfor
blic,.& delà aux Comptoirs étrangers, ou nous, pue
payons les intérêts que nous devons pour les emprunts que nous leur avons faits, ou pour les
fournitures qu'ils nous font.
Qu'on retranche cette portion du revenunationai, quelgs'extention qu'on donne aux autres, le
vnide qui en réfulte ruine l'Etat, & cette affertion fe démontre.
Lesintérêts de laDette nationale,s les dépenfes
indifpenfables pour la défenfe & la police d'un
grand-Etat, néceflitent en France une impolition
relative.
Cette impolition met le Royaume dans un état
forcé qui lub@iftera.jufqu'a ce que les
qui ont été faits dansies momens de
emprunts
crife, foient
aequittés,
20 aSE
Ce n'et qu'en rendant les autres Nations J0O
taires denotreCommerce,
tributNation
qu'on peut empécher la
Françoife de fuccomber fous le faix des
impots-énormes qu'elle paye,& que les befoins
ttos
D
Cette impolition met le Royaume dans un état
forcé qui lub@iftera.jufqu'a ce que les
qui ont été faits dansies momens de
emprunts
crife, foient
aequittés,
20 aSE
Ce n'et qu'en rendant les autres Nations J0O
taires denotreCommerce,
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qu'on peut empécher la
Françoife de fuccomber fous le faix des
impots-énormes qu'elle paye,& que les befoins
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D --- Page 623 ---
5o
De PEjclavage L
C
ne permettent 289 1O991 de diminuer, - 12 U de a maniere
fr2 foulager. 103u D TUEI 1o
airoft sup
Pour commercer 21
let
epkuntimeetpamuuas
21tW0019 autrés Nationsan il fautr aYOiF lesi denrécs.*
les Siur -
leur EmanquenuAeqwetes défirent
marchandifesquil
) phatootaliomsaes setrnehstesne Commerce leur
Fatiguées, dus tribut que notre
impoles elies tâchent dele diminuer renetitilint
des Manufnétures qui rivalifent aveertésmbtaes, lesidenrédsde
En prohibant a ou taxant fortement
notre crû, qui ne-lour font pas: indifpenfablement - sbunlum 91192
néceflairesso sf sup ssmmmodlb
vinks
de notre"etfcen
SLesi produits précieux
fuffiroient done"pas
hinles, felsy eanade-vie, ne
en notre"fa
metrelsbalance du Commerce
Bour
à
produits étranveur; car ils folderoient Ceux peinelés de notre Agriculgersiqui nous mangnent. néceffairement caugmeni
furé 8ides Manufactures,
ne'trouveroient pas inèmestors
tési par Timpôry
un débouché chez TEtrunger,
le temps de difette, produ@hions, fouvent a meil
qui auroirlesmèmes z3b smtnol sl 183mifs 0113
leir ccomptéationl
coneaurent a
mezl
-Les Cotontes'ide TAmérique
elles86.
vellieufement à remplir cette rondlisn.ee E 10am ia L
rersimen.asiou de leur Prodhutfeilémkst
dépendance des autres Nations à notre égard.lal A
les sooi@e/semirtihaudier shedort
gudlesendepapour)
ns e slenoiten
esb sblol st 3nkaup01gsuon
L a
ir ccomptéationl
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L a --- Page 624 ---
Da Negres -
4remspel qrelles kecottent 2847
9n
5I
que nous,
liriquent 199Eluol TAE SI E
s0Gegl Gatanter-coifsaiient,
qque-tesaincel Nations
domeraese prodaits,
repoufleroient Le Regime 291
Eantartd somafiseharboureituree
renues TRITT
rencieregelienouitidif 9f
dont la
DEs:
NnRste
vaGette-fomme, partagée entre les vingt millions.
Culivineturad
à
mème
Eees
fidérdeifoutel davantage des
aireeon
cette multitude dhommes que premicrsy le
puilque
pioie >confomme & payeles fraits Commerce de la
emAont La (waleur eft augmeatéeipars
culture,
canfommation dAgens des Colonies scette dotble
slesColons en Amériques ansiorablo) enfrancey
-Cette sugmeptasion de valeur funles ali 160: T09V
lasmluncrperse également fur ceux de fruitside
Acsenfoqoemment fur les impôts
lindolrie,
6 & lautre:t sodo aruodab au arslib que payentd'ue
-licks produit fical.des
9b eumsx al
être eftimé par la fomme Colanietdepeute des droirs.
donc pas
Louea demnsesmaiss Par lat plus
impofesifnd
AEnE AJauculnures à T Oindudricns selaegutelkedan. au
limpor.T Territorial ar
I DO e, appellans Commerce &4
Ertnasieas 91on 6
Kargent. de IE
A
29lth hlesinducer A73
ssoheksanius 206
richefle
donsaninimset 40
fur e la: a asarbasqsb
nationale, en nous procurant la force&cla folde
des
Dij
esifnd
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des
Dij --- Page 625 ---
De rEfelaxage
SU
intérêts de T'Emprunt fait aux Erangers,1 la folde
e on Sh2 noutlugog. st 90101 50
- O a
des fournitures qui nous manquent, &cle produit
-
9b notl
nos 109i achats. O 1o1o362
den nos ventes furr
a
netdeTexcedent 1090161 81E
29va0
2911169 29l
O3
Si nous perdons nos Tneyh a Tucre, i1 en réfulte
11919Y
195 IBI slons-49g 295hovaluod
done une fouttracion énorme de, revenu national,
aldmort pontulovar
8,
que nous naurons plus de part aux
2 A ab
29du
Tnot nolo
poduits
TAmerique, ERer parce quil
aura une
a
T9V
ITSA
D
1n:
Y
nos
sotnam moins value ur les produits
notre agriculture,
- -
denbise
snon
.9b 9
V Zabrer oms SansMst
les Colonies ne conformmcrojent plus.
4 -
- torsto 9b
3100st nous 6 9019m/302
Alors cette
antuclic
permettroit5 pere 9D
sT91
InRyOT nous
continuer a
elle decon
payer dr TEtranger ce que
isuioxe la -
de
TIE sb
Ini devons P
portion Tinteel' qer
61 naus dans Dette a Nationale; &po Dn les
RDE
partient
D
dutog
Criree
3 soneililcul ab
Pourloe
nous en
EUt
nitures
recevons,,
telle
que
quefer,
29191,
291,2010101, 9b 109
- L
vre, laine, foie, tabacs, épiceries, drogues médiTO
D9LT enov
a
Scire quoi il faudroit ajouter Yes acià 4
Ginales,
nib
9 JIE
nous TOII ne H récolterons nir
rées e1e TAmérique 2 que
380 laibs 2 aupe
LEE
WTIS
idag
plus :
Alors T'avilifement, & la mbindre confomma191 tion a 109 des frunrs de VS notre TT culture & de notre indu29 itrie, Hbo7DO6 Permettrojent-ils basg
à la Nation e
B
9at
NS1V 9t pup
Srpsaitir
"fes charges adelles?
-90 Alorslcs 39
1St9 revems-de S
la Nation - diminués, ab &" fès
a Dette-augmehfecs, - pilgo sl 1noq 1619 quel feroit 1e Port des Renticts
2%
91 rab
11 de TELEY nob, 2sinolo3 25b
&des Penbonrairel
3u3
98 IUD 2160
TOIY en zinzhnst tout 2sb IEG
Alors cette quantité d'Agens
genre, que
20573 2u.q sb 9
ru
991p 10 obne
le Commerce
deCalonitse Luploiend puiferdioit
a
esl 319
chezl TEtranger, 191 lon qui IUD nous 5 XUSOL en aualepa pas avec eltes
2ovit
EU Rq oup an DIUOTE slaiuonf no'up
idi
98 IUD 2160
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- DE
CET Des Négres. 11
-
I
fa
a richene
roit dépouillé? S Pece, D
up
ot 290
pmnalitea
10b019 91, 3 INOURE en. railon de notre dépériffement;
saccroitroient
2o0 -
ab.ao0
21 sos 2011, TuI
de TEtE feroient
toutes les
confitutives eno, 29 zuon IC
911091 09 porueseo
la Franceéprouveroif une
bouleverfées; peut-être D.
OI snu onoby
IEGO 11S UEL
smons
révolution horrible. 21 a
auAn SuD 9 - 33 IGa 3
-011 XUS IBC Sh font donc RTIOTUS utiles; il importe deles
sa Les SIUS Colonies up 9
&id'augmenter Sb e3UD
eonterver. 1I importe 21 dentretenir aut 33
aiore
HMarine TL
Marchande 91
& Militaire, de protéger notre
la Côte de Guinées L
93 2T0
ortiimntedanste
Commerceal 101 à
de Pétablir 81 or
dans 10 le Nord,de nous failie
Leyant, ayoh
n6
9 YR9, Pisdouince en excluant les Na
de notre propre cabotage, 9D
en
20 oyan -
-05 14
nI de
enfin ala Nation la
tions étransères, : proeurer
2asb inon
-THOI
de fubfiltance & an
plus grande PP fommepofible 5 - - J euon, les SUR
n
but de toutes
-
Socirér:
duftrie : car tel eftle
25CET Siol OTIE 1
Ib9m
cela, nous n'avons riena 3 apprendre
mais > fur-tont
T
sni2 du
éclairée; Ceft ala partie
Aue une Adminifration 991 an
pNomA
oul mail infruite, quesadrefent
Public, prévenue
PMIg
-
ces obfervations. O ft
moliliys zzolA,
-simo
m'éléve ainft contrelefCeft d regret que je
I L 1l
-ubnt
r'pand & accrédite iteles
de bienfaifance 2 qui
91 a1
PS Ou 3u E viens de combasre.1ly'a une
épinions 5 que je
neu 91
forte de honte ou de courage, 291
2S1 50
D: no
FMemit
maintenir Tordre établi
senleore euies
2191 cefiréde a I
en fans
balancnd
dont Turilité
nA
des Colonies,
9D
mouna 291,
Vicieux : mais dul ne peutêtre
SPAr des réfultats D 0. no ens
1 51192 TOIA grands
abandonnée, - fans quil nenrefnited-Tx no 0
n a
TLER
JNst0191 HEC
S1Oiq le
malgré Tesrental
L
maux
193 fers ns jamais, sone
29V5 2691 2
-HO 1s Sismmees
que par une
tives
qu'on renouvelle anjourd'hui,
Dij
,
Vicieux : mais dul ne peutêtre
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qu'on renouvelle anjourd'hui,
Dij --- Page 627 ---
DetErlanse
dricetrévolations qui changentila delinéer des
Empires. Je fuis sanciloinide snoirequiaucune
Métropole céde Aur Cepoints anw.ténontgances
&-auxit iprécsptesq de laPhilofophites & yifiviles
plus-atdens Ree-mendatefenuimeas des
Négres feutrouvoient a laudeteot dus Gouyernes
ments ilsi épronveroient sccommenM.; Turgotls
lestlanger & Jimpuiffance deiconventin
tes dégillatios, tous dess mowewess.dodirsfas enrace
fance siquin eoptrarient den grands intésetsopolit
tiqtesio OMais oce n'et pas offz-de-kansteman
termeiquel la Raifon, d'Etat, ourdes.confilerations
paiffantes nous.prefarivent: il fauto a encope
voir fes tendres compter ài fei-mémeidesia pousqpai
motifs
nou4-@nt.approivesi ous tolérer Mnr régimes
que,de premier voeu de THumanité, proferitgi 1
Auts densijune telle dlifcuflipnsdiaffiser finla
Raifon, la Juftice. permettentiune, Opinionrcont
traires Soscclice que j'ai faito diantank.phustvoJontiena.-aqna.je mimpofois par-làn Lobligation
dindigueniasont ce 9 que dao Raifen& larduftice
nous commandent de retrancher -
dedaServitude
des Négres. Gelhla tache: quenjer remplirai je
Javoue axee,le pluss des plaifire Puiflé-jer rallier
versicel ibut Slotairellesi
fe
sdirigent Aot-inefrantiufiemends, ei@ens.inusicarqes. desn Negrest-llird
-fitera.cacosei.afion. dobltacles saivaineres sipour
ancliorer deurso cenditionss Hl.jeaquinserans iquie
a
des Négres. Gelhla tache: quenjer remplirai je
Javoue axee,le pluss des plaifire Puiflé-jer rallier
versicel ibut Slotairellesi
fe
sdirigent Aot-inefrantiufiemends, ei@ens.inusicarqes. desn Negrest-llird
-fitera.cacosei.afion. dobltacles saivaineres sipour
ancliorer deurso cenditionss Hl.jeaquinserans iquie
a --- Page 628 ---
DesiNogrentt
Pyotravaille fansfugcèss illy seniwildie
$3
propoléydinscun
que Jai
emue-jeopeéfente Contiede-légifiantoai, lési Vres -
serymais
folivènt Siradegeimipuifine TAdhibminvanionreNt
par la-déplotable
ponkifairelle bieng
dre decidifeudionse imaxie 1e d'éloignel adercraie
décifions;
publiques fur les
I
atifprvoit-on rarement d'autrès ebjets-deces
enepeaueesmser
Regle
fecbnéerrene-dani
ie-teenter-dn-cabinenye parce -
qie lignorance oit
Fasccns objet
elinnéer-publicsile fait voir quelquefois-dans
lesfoggeltions
-nd La queftionise ieiadtmient que
je-neaite-et-unerdee delles
quiexigetoient e plus un L
8 nder 91 concours des 0 lumieregeidesn esmenianrhentigines
Négocianss des hommés
Colonsy, des
auxi bonsle efprits,a démclerita dErat/Ceiferoit enfaite
les préjugés de chaque Ordre.aoifiet Vérité à travers
Si.fexpérience
abeoohie
doniesiyi comme
que jairacquifes dangi les GoL
Propriétaire &ecomme. 1
Adminil
Aritetri, péutir me donner le
mhon opinion, jeine crains pas: droic-dinidetfit
des confidérations suless plus
deirépéteriqute
mniffent pour ordosnerhavec iniportantes fe pé
d'attention 8c der faveuryla conditon plusoitle. dérailsi,
Jailkonnoifince. deitoutes
des Noirs.
éréfaires.courre la
ldeabyjeaiontqmioht
dpipmucanememis Presdbpsteadoeitesasle
parue embartatiantezlwe conDiv
crains pas: droic-dinidetfit
des confidérations suless plus
deirépéteriqute
mniffent pour ordosnerhavec iniportantes fe pé
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Jailkonnoifince. deitoutes
des Noirs.
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parue embartatiantezlwe conDiv --- Page 629 ---
DetEtiane
fultd-des/Colons sclaitesiw
aviss, & enjeffet, A la fmhocdination, Rueisiummensairues
pline peuvent étreit imaintenuesnfans Jaidifeint
des; hommes foumis àb
syramies a
yent étremnéanmoins un pouvoir 4 ablolts PCRarbitrairess f les Defpoteile alirenchis dlesvexations
obligé de fel foumettre à plus riedourabler ef
Inflices
certaines formnles de
cluroit comment une Légilationsé équirable cext
elle de fa padteresentimniastr
elaresique.Afrique fera bientôt danso
fauce de recrutens & qui neip penvent limpuic
duire & fey multiplier dans nos Coloniess feitepro
panune policeiatrentive à nigevtro2
que
sl Envaini on sallégueroit que les Ordonmances abpnoibor
ont POREVIS qu'il let dienlesuabirediomrer y
des.chitimens, cruels contre fes Efclaves
lui eftenjoint de les nourrir, foigner
she qu'il
rirscosCOndosmances
Seentrates
msiconhisseakctintrs
pare-qwonantgligé lesi moyens dexécurion:
fais bien qui'en générallaic doucetit de nos
Je
Thonnereté8:1
mceurss
Seacoamahoatsane
pleent/pluegutonne
mais,il
poliendftashibtdntains
rbsameuanaascomet excès
répétés &oimpaniss pour être obligedly.repédier
el@eoxgementi.Sscombps le petit
& d'abus w-gravesigwfon.petmn
tnombreideifits
Colons de daderinecialle.te Treprocheralgueiguds
tous aveci tant-dumestume,.ce qu'sm.reprociie à
feroit mnespolien
atsane
pleent/pluegutonne
mais,il
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rbsameuanaascomet excès
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el@eoxgementi.Sscombps le petit
& d'abus w-gravesigwfon.petmn
tnombreideifits
Colons de daderinecialle.te Treprocheralgueiguds
tous aveci tant-dumestume,.ce qu'sm.reprociie à
feroit mnespolien --- Page 630 ---
Des Nareat
due barbareyque celle qui rewirtarcbtoani@ealee droits
la" Veriré. AITuE fefpedter fans adute-les
de 1a
Proprétes'maisy ceta-niamesywotia
PHumanitel Rimceese
portele murtare ateanmatiemites
fur la reftridion néceffaire derdicits Quriparncenis
fuir unNégre 2 Ila acheté Yom eravaib, foit amais
HxSoeéte.FrAatorisep anakert.toymtgdastias
cet être pafif, qui Vcontractemulgeé hi,coidomne
tout 21 8 ne reçoitrien spoifqueceel tliommedevient
un inftrament aanbesogmoniad
livré auColon' que parla permifion:& onlapros
tettion du Souverain, ceft ai Souverain ardérera
miner fon état8 fa condition 1de maniere vo que le
f6it
lumantreryoer ne
mot Efelave
ivemplacé par
merci
fignifie plus inhiomme qui ne peut rienpala io
dun homme quipeur touton 20l 9b 3niotno
iul
251 Dela dérivent des ohteaione-refpidiee du
Maitre 80 de Tefclave 5 ainfi que1 leurst rdroits récir
doivent lavoir pour nbàne lintérêt
proques, 5 qui
étant rédulsia
général 14 Les droits dee Maitre
à an truvailmadenks
aine Tonsifiont-nsfonaibie,
ceux del TEfclave font unembummuicshedumtes
entretien convenaicn maladie
tin reposréglevtm
indiqué contre'linjattice
emfante,80 unalyle
decitsudab 38
ou1 nwetatintrsaedeien
ss oVoila done da néceffité sduss-taitéinoniés
mais faonature eft lustimpasseitmturee
droits dee Maitre
à an truvailmadenks
aine Tonsifiont-nsfonaibie,
ceux del TEfclave font unembummuicshedumtes
entretien convenaicn maladie
tin reposréglevtm
indiqué contre'linjattice
emfante,80 unalyle
decitsudab 38
ou1 nwetatintrsaedeien
ss oVoila done da néceffité sduss-taitéinoniés
mais faonature eft lustimpasseitmturee --- Page 631 ---
De
tres, & de ne
DEpleer
pouvoir être exécutée avec
meniés ToHnLd
9b SHmoo UB Eder
&piflcimens par les mêmes moyens
ponvons pafler Iel a
6 29b e STUSIID Bacannoua
plufeurs mQiS plufieurs
fansiteuitons 29claand 251 3 nble 9T eHES.aPRSFA
P rantolté des qui exigent ofsup que BaRarOmMOeBNE 2910M16
tata Citoyens
ceix dont eNveRee vie n
693 troublée 401979115 R2IOHE suaq
auAk
cidens 8 des
29ldng95 par lulentq aucun ,451.97
aentac1 la Société peuvent
conmotire 1e
:.
no. Ainfi 65 JTBSIZ Hlqest R4s
unJuge
Nscitea
fufht
Commtininré
291 MIISGR6T 2 P5aHAG
EW une Ville & à fon ternitoire,
les
snu
2qO1q Sb nSid Rous
Hiabitins ne
1-1a-fols en
TEAetye
tHis avee bnotorqus' Dasa o1 gomsza asneliedet
lesaurres! mais tous les Maitres
Svovns au1 9 TOTG 9f 9ID 2101B PEWYERF
dte'nequermnenr injuftes envers leurs
catit font
V
Lmior
Eiclvers 291
forts 5 ils
D
1e3pihS
avoir
pleitdre
25isinol - 2991 petvent 29b 3 AEA
fremtemment ; carles devoirs, de
Or
15 bl 1 JESCHYS SI
funtinaidispnié 9 ath. par-tout Oit il fe
dis Moprletires J 1019 a &deus mitlef Elclaves, inob, i trouvera m YBO
efpede de Magitrature TDiM g 61
PD RISITISI 191 faut sn ting
locale, 51 qui veille A debs
feVaBGNNE Eta,& &-quten quien repréfente
eCerte
p51 D e91119
3D : Texercice.
Jidididion,
être
-
pour Tinimp active, fans 29H1 XEKan
non'pdhf Tes proprietaires, doit être
- uE deg Habitans
91g
7U51 exercée P3E
$ &, pour
lobjet
rempir
de protedion
arega des Erclaves, es1 il ett néceflaire copr
m
1G
159 In9mslugt
Haccorder -
degmanites aitincions à ceux
roHr Nee 8 toul 9auup csuxquh SR.d ASguitter
honneur, qui,
leur
639099 19301
parlets mfucntrs 5I S
DA5T
Vitndrone a amctiore: la condition,
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nuire à leur Police.
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11 SRIERESARA --- Page 632 ---
AA SO
Des Négres 19 VI bg an, sb. E 259
comnéde légillation 1 291 19 dontjstOW 30 a 01 Mcmr
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Magiftrats eclairenen.apt
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prouRirénr adon que.je sup inp n' entends Pas inlifnena 11
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VOlly 29
peigpesonicks
que Ta peut- élrer rendus, PaR arien 119 n changemensque SIV bY TOL
fufeeptibles encore 231 190 de cenfurcimais 2
L
Matusptad
i00
9t - a
lesidées les ple3 Niimsehatsmordtes M
ron Katr
9004 FIIS
faines,
en
Pention 82 rappellent rei sllt AEER sleme.sas
deral Bien'de nots une femblable inot ot MOINRNEOET 2061
ment
1o
le plis aprsctondii 29111609 &ie des
2160 fût envoyé dans
E
les
Handois stoisqpe que lepro projet 29 uint SOYRATE des
CRIEHNeA, RCLeees aux 11 obfervarions E 209 291 Jno! Tribms 2If
&des "Aitemaliees Colonialcs) Slipsit dont Tavois ontsr
Hauix
Lovab S
anstyno fut
abhné le Plan en 1776,
€ RSTAR.PONA confiéen
m etoit
cayenne dont 2
5 2971
EME
RAvRo ucparla
% W dhfs
Ce ne'tert jamais que par 91
innovations
fe préfervera E!
A
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ciffion Hare, 4ioa 57092
UID fréquentess T0 des erreurs
dingeréutes & des méprifes
TO pib, UU
S funeflés de TAdmintrmst 291161 qo1 Combien 291 TC navpns Loix,
nons pas WVa, faute 2
de cette précaution.. Ne n 250
- 191 inexécutables TI ame lesdaes b1et les 2SD Coloniess
8-de'Réplemens 9n1 19 I a
force?
aaresteniéer feulement peflafor 4
291 Orguy,
qu' une Loi,
VARSI
atil'de pllis inconeiliable - aneen 8 dont,
Iende faite a fa Raitfons a Tinséret 1910110 amnesalan 5
DH
élle dokrerre Texprclton? ToUtD
sbitotl Hnel 6 situnt
Le préambule d'une Loi devant
frpliguer
- 0
loupst
deramt.on
Pintention scles motis, cet 9111 objet IEY rempiad
pesmett
rstaévamoides 210
al articles, A &leurrédadion en forme
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al articles, A &leurrédadion en forme --- Page 633 ---
1a
25T95V 25CE
600i13 enol alcDe
impérative,
CERinAStuoet anol 09Y8
fimple Frojer, quoiquil ne foit quelion que d'un
25Jak
tp, 631X0100 SB mon slanol 2901
penfeanfique le shangement propofedans
laconditionses Biclaves,
la dénomination slesigrandes sn.sompottoin un, dans
nies.qui.parieur
propriétés des Color
&cspar lear
Nature, font de véritables alctis;
être
fanchife & leur polices font
pluan fuleeptibles quancune
peuts
de Marqualificition de Fie. Cette autre, Propricté,
feroit elle, pas une utile compenfaticn. décpration ne
tions inéce@aires de FAutoriré domeficue desrefricJenat
fatequeliadigners fans cntrerdans aucun des dés
tatixiqu'exigeroit cette, infiration, parce guelle
Hedaguiencfbrréaus changemens
mais, avant quedetrpnfcrite le
aueie propofes
mempaice'wintremeisie
projet de Loi, compasala
tante oife troirve laMétropole, circontagce, impor
loniese
aind qhe fes CoHAUENEFERSRERUNE GRANDE FAMILLE
Sorcmpeà la raffembler autour de Joiscef ilé
poguceindeiptir Bublic fe déyeloppeayecje
dclar giles Spapoiflances ntilesa
plus
font! let plabrépatdues
THumanite fe
envirenner
queumioidienfintar YEHE
launsielleduTràarse des
Confeils dgsifecourt dune gtande lumicressrles
gue,heurenis & mémorable
Nation: : épor
gresles fautes & lesgrages, BGUP la France % male
gui Tont préc6d6!
Nsuindagsitnad@frmal
mie auront l'ayantage de communiquer PrevinnesduRoype
librement
plus
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gui Tont préc6d6!
Nsuindagsitnad@frmal
mie auront l'ayantage de communiquer PrevinnesduRoype
librement --- Page 634 ---
6I
Des Negres.
leur
2 ode hui elpofer lcurs grieiss
avec
Souveraing
teurs dolcances,ices soProvinces etsitgneesy-eons font aufi paek
nues fous le nom de COLONTES,qui Potiont donné les
tie de'al CHANDE TAMILEE,RC
preavesar Amuttiplieesde letr Gasicé,dsleavamose privéesde la
pourlePexe coststuwyfemaseitest
inpéretsy
precicnfe prerdgaive de defendreleus
sderaire' comnoltre' leur hmation au Souvetnins
84 lal Nation affembiée? Nous véritablemene navons anjour limmb
T'hii de Commeree Maritime
d'ontre'mnéry 8
pertmnt, que par nos poffellions excireydepnis
ieTytheme epiatrdrccComsaetes
mnohibre d'années.les plus forterneclinsitonepas liviée
police, la Jurifpadenee de ces Cotonies, Adminidtene
tx opihions verfatites des differens
veurs, & trop - fouvent a leur influence arbitrairey
une Colleation incohérente de Réglepeéfenitent WOidonmanees. Mel Ovont st nostant
iRcns 82
démarche indiferète denld
Tsctofrdone une
de folli
part des Habitans des Colonies, du que Roi la
citer& defpérer de la bonté
pera
mifion de faire 'entendre leurs Détègués à TAfeme
Bled des Eests-cenéraux? Soit qiron les conlidere
TErat! out
comme 29h
cohtribuables aux Chargesde Pdi? Commercers &2
comime inftrumens néceffaires
de la Hichene Nationale, ne feroitil pasidaa
inrene imsijent, pour Te Souverain 8e'la Nationg
Tarreter leors vegaids fir les Relations 100iu5 Fifoales, om
anomozdil soupinummos 9b sgstrevs'l
Eests-cenéraux? Soit qiron les conlidere
TErat! out
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comime inftrumens néceffaires
de la Hichene Nationale, ne feroitil pasidaa
inrene imsijent, pour Te Souverain 8e'la Nationg
Tarreter leors vegaids fir les Relations 100iu5 Fifoales, om
anomozdil soupinummos 9b sgstrevs'l --- Page 635 ---
DeCERaykge
Politiques & Commerciales de ces grandes-Pcovinces, & de recevoir, fans inggrmédiaire, leurs
Repréfentations fkraenfobfAs? C'eft alors,
qu'en s'occupant de TAméliorasion, de leur
à
omP intérefferoit 1e' Colons N3IDAA a rendre 3 1s revertibles T01 fortk
fur lesNogres lès bientittodihe Légilarion #090191022 équitable, & qu'en faifant participer les Propriétares 991 siot
Atohslesavenrages sd'und thegefepne.omaloit
le, droito d'exigen d'euxi itsladoucifiont Tégard
des Efclaves,des rigueurs dune - (ersitundéyqmetins,
terêt -1st9itf général 99 571 de la.Nation S U
ne pemat.poincdabolia
-031511 aalago1g a Sup 1n19o sb 9ad al
sanpaao ztob smpilamob InmadivT mu'b noir
nondall 2skissoWsion S5 siogmes3lionad
sb-stiionaos mHOgE 310V 29h Sailomniq nl 5 2ulbr
151954a5b so3log C 3 zliniuh 25i zres
FO1C 2sl fs UR
tsi Sb 3
25T1D15110
sh de enoinonair P A S
25 a supitent
no1 9Hp 93 supalgs? 9 - Ti zudo 23h insweslionbar
al $ amamslininsvat ionmot DaDg -
suel 2u5a
noistins s 8 sonslppiwl al sh ROSIDZS
bis 2sb 250x91 nodosqme 34O9 * angs 23b
supint 20b d ensmit
€ nans Sommaato
2sb sviBb zulr 5l Sarbest bt 6 tonmobnnds's
sb sEawplsup insionasmmes iup 31193 L 4iol
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Des Negresa
voslanhuras 292 ab zolaiotemmo 3 md
wal.ewaiblmgpi ensl 10v9391 sb .eooniy
eerols fso
no
NOIA
Eppse Pup
soilamAt sb insguooo'a no'up
Cerarnte 91bn9t RIGIERENT 6 2nolO 29) RA-FemiA, 446
gonitt 984 LESHA Beulle Jagere6 da
latel JNGER 2s1 asqboiring JnShel norip 3 sldst
1io Cucig'antilind
priblique
sinuindenbistoous
deivutss legifletivess jone voudrois
painbnvioleni les regles éceblies, Pour Teurtenb
fite-gilteur watathon,ea forme de
a
La baje de celui
Rasanicat:
zion d'un Tribunal que je propofe,ef Pérecdomefigue dans chague
Paroifescompoft de trois Notables
élus à la plaralité des
Habitans,
tous les détails relatifs. dla voisspour connoitre de
& de leurs Flainses G
police a) des Negres,
grisfs, yconare les
prictaires.
ProPindique lés moyens de vérification, -
redrefement des abus
G de
peut faire
Pexpligue ce que Pon
fixation de pour la pourvoir invariablenent a la
des
Jatfflance, & de l'entretien
Negres ; pour empécher lexcès des
timens 6 des travaux ; 6 je
chadabandonner d la fevérité la propofe enfin,
Loix,
plus adtive des
2 ceux qui commettroient guelgu'aile de --- Page 637 ---
DetEilavege
cruauté, , Ou d'injalice manif-fle envers les
Nigres Au furplers OrZ trouvera, dans la
Jeconde partie de cet Ouvrage,
viens
E
gue if
dicnire, trcie ans après la premiere,k dévefoppement des morifs 6 des moyens A dake
nouvelle Loi, a CSIRTSS 3ub strogai SD -
esh Ta DusaA
007 pupildag noingOT 9 tairgmsa dusv
sry sng
T9TLID tusg noi
cnodisup 93193
earigittum somsdasttA 9 sluonagasb orsi
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09JHOTg 09
olo0 eol snno2
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NOUVELLES --- Page 638 ---
Des Négres.
15O
woirO
25VFS
NOUVELLES OBSERVATIONS -
va S SmSTa a
- -
M
Servanede Developpement aux Vues préfentées,
G de Réponfe aux derniers Ecriesrécemment
publiés fur P'Elclavage des Négres.
ON veut s'emparer de TOpinion publique fur
cette queftion, & lon peut Tégarer d'une manière dangereufe, Les Anathèmes, multipliés
contre Tinfame Commerce des Brigands d'Europe;
"contre les Colons Criminels qui en profitent,
de modifications S 7
ne paroiffent pas fufceptibles
lorfqu'on préfente un homme libre & foible,
attaqué violemment par un homme fort, qui
le vendre à un
Tégorge ou Tenchaine, pour
autre, le tiers acquéreur & celui auquel il fubftitue fes droits prétendus par un nouveau marché , forment véritablement àvec le premier
affaillant, une fociété de brigandage, réprouvée
par-toutes les Lois, par-tous les principes de
Morale & d'Humanité,. Mais Tefpéce change, fi
T'homme qu'on vous livre enchainé, eft l'un de
enléve la femme 8 les enfans
ces Brigands qui
de fon voifin; alors il femble que la convention
laquelle cet homme fe trouve à votre difpar
E
23LIAVUON
forment véritablement àvec le premier
affaillant, une fociété de brigandage, réprouvée
par-toutes les Lois, par-tous les principes de
Morale & d'Humanité,. Mais Tefpéce change, fi
T'homme qu'on vous livre enchainé, eft l'un de
enléve la femme 8 les enfans
ces Brigands qui
de fon voifin; alors il femble que la convention
laquelle cet homme fe trouve à votre difpar
E
23LIAVUON --- Page 639 ---
De PERlavage
pofition, pent être ratifiée ou tolérée fans
fice par le Gouvernement. Er,cette tolérance injus
ayant acquis une fanction légale, par, des, motifs
d'utilité relarifs à la fociété dont vous êtes, membre, il femble qu'on devroit premièrement
trancher de cette, queflion, les injuresa la trai- reT
ter fous fes véritables
K
n'ef
rapports, dont aucun
étranger à TOcdre,& a IIatérêr
20 En s'éloignant de cette Méthode, public,
jugeant la traite des: Noirs, comme
& en
& fenlement fous le
un fait ifule,
rapport quelle
avoir
avec les principes de la Morale, il faudroit peus
denter ce fait tel qu'il exifte, ne
preque les Habitans de la Côte
pas oublier
d'Afriques pour
lefquels on éprouve dans ce moment ci un fi
tendre intérét, méritent alternativement la
& & l'exécration de leurs défenfeurs, Car,ce pitié font
des Négres qui attaquent, qui égorgent, &
vendenit d'autres Négres. Le Premicr
qui
qui aborda fur ces triftes Bivages,n'y fur Armateur cré.
ateur des principes & des infrumens de pas
T'E(-
clavage : il Yo trouva les Mceurs qui fubfiftent
aujourd'huis & filon conçoit ique Tirus, Antonin,
Marc-Aurele, ont PA avoir des Efclaves & en
ipermettre Tufage à lenrs Sujets, on concevra
encore mieux, que cette inflirution immémoriale
zen, Afrique, furvivra à toutes nos
& fera bien long-temps
differtations,
encore.lapartie la mieux
& des infrumens de pas
T'E(-
clavage : il Yo trouva les Mceurs qui fubfiftent
aujourd'huis & filon conçoit ique Tirus, Antonin,
Marc-Aurele, ont PA avoir des Efclaves & en
ipermettre Tufage à lenrs Sujets, on concevra
encore mieux, que cette inflirution immémoriale
zen, Afrique, furvivra à toutes nos
& fera bien long-temps
differtations,
encore.lapartie la mieux --- Page 640 ---
DeNareat
connue" dip Droit phblie des Africains.
donc fobjerde Eerterv@hemmentep Quelleft
1ePEavenea Ensteteux
plaidoirie en
8Pmterieu lde
dui haitbitentoles Côtes
tPés Dedicatoires, Tatinqie? que'sadiellent tes'Epia
vouisth içauroient lesicontetlsy & les fecours PIs
gré-afitrémenene de nels
par'les'anlervir; miais ils ne de
vouloit
à ne point avoir des Efelaves. confentiroient pas
donc à
Is continueront
-L
guerroyer; a vendre,p 8à
comme lesl hommes les plus
acheter : &,
qmire violoient fans remords, vertuenx de FAntirégles de Ta Moralep
furiee point la, les
Barbares, & méme les on'peuit croire qute-les plis
plus dotices Nations
HGuinée, qui font à une bien grande
de
'de"la Poliee,8 des lomicresydes
diftance
Grecs
Romains) 3 n'ont ni la volonitéy nicles
& des
fitite'elfer furleurs Terres Tabuis del moyens de
dilelque parti que nous
TEfelavage,
"fut cette queftion.
prenions en Europe,
ronditl & l'on ne fe lalfe
9ntun'b aaobnom
17 Trite alimente les
pas de répéter, que
2n9 Ct Helas ! dans notre guerresi, & les multiplie.
"cetfe canfe de
Europe nous n'avons pas
"Roire'des Nations guerre ; mais, depuis que THia la Poférité
a pi être écrité & tranfmife
"Ha
2 quel eft le coint du monde
point été arrofé du fang Hamaing
qui
fiécles dignorance, dans les fiécles
Dans les
Tcs
polis, dans
Tastemlheirique, dans les jardins de IItalie,
Eij
guerresi, & les multiplie.
"cetfe canfe de
Europe nous n'avons pas
"Roire'des Nations guerre ; mais, depuis que THia la Poférité
a pi être écrité & tranfmife
"Ha
2 quel eft le coint du monde
point été arrofé du fang Hamaing
qui
fiécles dignorance, dans les fiécles
Dans les
Tcs
polis, dans
Tastemlheirique, dans les jardins de IItalie,
Eij --- Page 641 ---
DePERtaraige
par-tout, dans tous les âges, les
& les grandes Nations, fe font formées petitesTeuplades
lons armés les
en batailuns contre lest antres, Et vous
croyez que Gi des Marchands denl Londres & de
Bordeaux, ne portoient point de
des ffils dans lel Sénégal, fes
Teau-de-vie8c
heureux Habitans
y verroient luire les jours side Taged'or!Il
àus vous entendre,
femble,
que ces hommes Noirsi, nés
avec les plus douces, les plus heureufes inclinations, n'ayent reçu que de nous le germe de
tous les Vices, Ah ! Je ne veux point leur
enlever votre
font ni
pitié 3 votre intérêt ! Ils ne
plus méchans ni meilleurs que nous ne
T'étions, lorique nous vivions fous le joug des
Druides; mais il femble que la Nature les ait,
condamnésà une plus longueenfance.La fléxibilité
de leurs Xsssiriomandet
titude de petites combinaifons, femble fen refufer
aux impreflions profondes, & au travail continu
de la Raifon & du Génie.. Ainfi ils ont naturelJement des Moeurs douces; & le défordre de
leurs paflions, l'impétuofité de leurs mouvemens
vont jufqu'à Tatrocitb-Jenaigarde de
quils foient à jamais impropres à établir prononcer
eux, ou à adopter une Légillation
parmi
mais s'il nous a fallu plufieurs
raifonnable;
mêmes, depnis la civilifation, fiécles,a nouse
pour en difcernér
Jes principesiy dla régle de proportion applicable
a
; & le défordre de
leurs paflions, l'impétuofité de leurs mouvemens
vont jufqu'à Tatrocitb-Jenaigarde de
quils foient à jamais impropres à établir prononcer
eux, ou à adopter une Légillation
parmi
mais s'il nous a fallu plufieurs
raifonnable;
mêmes, depnis la civilifation, fiécles,a nouse
pour en difcernér
Jes principesiy dla régle de proportion applicable
a --- Page 642 ---
Des Nigres. -
aux. Négres, les placeroit comme Peuple policé
dansi un ravenir bien éloigné; 8, fi malgré les
l'Efclavage fubfifecours d'une police éclairée,
il
facile à défte toujours en Afiens 2 feroit plus
truire en Afriquel? Je ne mets point au nombre
à
à Tappui de mon
des icohfidérations
alléguer
opinion y leofort éponvantable des prifonniers
de Tintérieur
-
de guerrel chez pluficurs Peuples
trouvent point à les
decl TAfriquey lorfquilsne
conftater
vendre, parce qu'il 9 eft difficile de
-
le eonombre de ceux qui ont été facrifiés, &
mangés par leurs ennemis; parce que T'exiftence
des Antropephages peut être conteftée, quoique
plufienrsi Voyageurs la certifient; quoique j'aye
entendu moi 4 mmeraconter des faits horribles sa
des Négres Mondongues. Je n'envifage ici, que
réfulter, ,
les Négres d'A2 le bien qui peut
pour
vois
frique de la révolution fi défirée; &, je ne
en
d'après Tétat acI
point qu'on puiffe
efpérers
tuel de leurs Mours, & de leur régime focial.
sb Ib n'en feroit pas de même des Négres tranfaftuellement établis en Amérique. Il
portés,&
T'Efclavage pourtoit ceffer pour
2 eft certain que
à
eux d'une manière abfolue; 8 qu'en aflignant
chacun d'eux une portion del terre (uffifante à
leur fubfiftance, on les feroit jouir de tous les
de la Propriété, 80 de la Liberté. Mais
avantages
quand
devient
à cette fpéculation
une: chimère,
Eiij
Négres tranfaftuellement établis en Amérique. Il
portés,&
T'Efclavage pourtoit ceffer pour
2 eft certain que
à
eux d'une manière abfolue; 8 qu'en aflignant
chacun d'eux une portion del terre (uffifante à
leur fubfiftance, on les feroit jouir de tous les
de la Propriété, 80 de la Liberté. Mais
avantages
quand
devient
à cette fpéculation
une: chimère,
Eiij --- Page 643 ---
LES
70 290
De
on s'arrête aux 5
détails TEjetavage
LOD
d'exécution & aux moyens
que poueejearemployeri
PAutorité du
laPhilofophie s& même
des raifons Gouvernemient. On'voit alors que
dordre, de ShrerépdIntérêt
& même de Junsee, fe réunifent
focial,
longer, en l recifisnt
pourpi provicienfe,
> une infitution-aufi
Ceft Apen-pres Thiftoire denta-Ghbelle & des Aides, dont il eft permis de détéfter rInventeuridont il eft facilé de démontrer
les inconvémens & les
vices, 5 mais qu'on ne
pourroit fuprimer aujourd'hui; qu'en y fabltitnant des équivalens. Eh, voilà le danger de ces
explofions de zéle 8 d'éloquence ! On
avec toute la force d'une Raifon
& attaque
des abus qui font
pure févère,
- les étais de
devemns, en quelque forte,
ce vieil édifice mal confiruit
nous habitons, &on les fait comparcitre dans que
toute leur nudité, a un Tribanal tout
diffant de lumières 8: de Vertus:certes refplen- ils n'en
peuvent pas foutenir l'examen; &, fi quelquepeuple nouvean. 5 s'établit aujourd'hui fur la terre
fans être fouillé del T'empreinte de toutes les abfurdités, des violences & des criminelles folies
auxquelles nous avons fi long-temps obéi, qu'il
profcrive avec horreur IEfclavage &-tous fes
acceffoires, les Loix prohibitives, le Luxe, les
Impôts, les Traitans,les Courtifans, les Soldats
mercenaires, &zc. Mais fommes-nons ce
a
Peuple
5 s'établit aujourd'hui fur la terre
fans être fouillé del T'empreinte de toutes les abfurdités, des violences & des criminelles folies
auxquelles nous avons fi long-temps obéi, qu'il
profcrive avec horreur IEfclavage &-tous fes
acceffoires, les Loix prohibitives, le Luxe, les
Impôts, les Traitans,les Courtifans, les Soldats
mercenaires, &zc. Mais fommes-nons ce
a
Peuple --- Page 644 ---
Des Négress
nouveau28 dans la, séformation de nos Vices
anciens, faut il commencer PAr ceux qui fetrouliés,à notre exiflence, civile & politique?
vent
une
de,la la Fortune
Fant-ilimettre en péril
partie
de deuxpublique?, Les Colonies doivent plus
la Métropole : elles emploient
icents millions indiredement plus de douze-cents
direétement ou
Matelots, & plus de quatre:
Navires, vingt-mille
Artifans nationaux,
1 cents mille, Manceuvres ou brifant un des refforts
Nappercevez-vous pas,en
déchirement
principaux de cettel machine, un
:
de toutes les piéces qui en dépendent
2d effrayant
ce que vous provoquez (1):
9i Voilà cependant
générale contre
en voulant exciter Tindignation
établiffement. Si, de votre aveu même,
cet
anéantir TEfclavage, des délais,
9 faudroit pour
ne feroitformes & des moyens progreilifss
21 des
fage & plus humain dattaquer preail pas plus
du mal
lablement les maux générateurs
quivous 1
1 révolte? Vous nous montrez dans les Agens &
& à la culture des
9 les intérefTés au Commerce,
du
Colonies, une horde de Brigands qui trafiquent -
humains & qui ne pourroient échapper au fup25 fang
ne partales Loix,aufi coupables qu'eux, a a KUR
I plice,f
ont firement
Si (Y) Ceux qui liront ces Obfervations.,
des INégres is quimpeer
216 lu les Réfexions fur PEfelavage
à sédentr
1 on SIEAOl
Eiv 116N931308
des
9 les intérefTés au Commerce,
du
Colonies, une horde de Brigands qui trafiquent -
humains & qui ne pourroient échapper au fup25 fang
ne partales Loix,aufi coupables qu'eux, a a KUR
I plice,f
ont firement
Si (Y) Ceux qui liront ces Obfervations.,
des INégres is quimpeer
216 lu les Réfexions fur PEfelavage
à sédentr
1 on SIEAOl
Eiv 116N931308 --- Page 645 ---
DesEtiavise
geoiens timpunité dacleursie crimes, Ainfib ce
des Nations
fontr
entières, leurs
leur légidlation,
repréfentans 19o &0
quilexifte
qaeivous notez d'infamie, , parce
nuny ordre denchofes qui, de votres
arew.mémeyenel pent être détruit que, fucceffi-)
vement & avec précattion. Maisavant
xaminer 2KOS mayensi,
queud'é
votre circonfpedion
permettez moir d'imiter
Puifque
plutôt que votre colère; &c
vous croyez néceffaire de retarder
core de foixante-dis ans la deftructions de la envitude, en Amérique, fi je
Ser-I
jnfqu'a cent guarante,
prolongeois ce térme
nousd'efpoir
n'y auroit-il point entre:
de conciliation?
Si vous regardez avec raifon le
de la Seryitude à la Liberté,
paffage fubit
tion dangercufe
les
comme une irrupBlancs; fi
pour
Noirs même & pour les
vous jugez, les premiers dans
fance de recueillin les
Timpnif
tion, à moins d'y être avantages de cette revolupliés du
préparés par les foinsmultid'une
Gouvernement, & par des établiffemens
difficile exécution, comment
prononcer que tous les Colons font pouvez-vous criminels
fuivre un
de
régime 3 anciennement établi,
n'auroient pas le pouvoir de
qu'ils
ils n'auroient
détruireyquand même
aucun intérêt de le
feroit jaite au moins
conferven; il
feriptionscenx
d'excepter de cette proqui traitent leurs Négres avec Hue
manité,& ceux qui déirent, qui propofent, les
icile exécution, comment
prononcer que tous les Colons font pouvez-vous criminels
fuivre un
de
régime 3 anciennement établi,
n'auroient pas le pouvoir de
qu'ils
ils n'auroient
détruireyquand même
aucun intérêt de le
feroit jaite au moins
conferven; il
feriptionscenx
d'excepter de cette proqui traitent leurs Négres avec Hue
manité,& ceux qui déirent, qui propofent, les --- Page 646 ---
Des Negress
moyens) de rendre pour tous, cette obligations 29b
exécutoireaslingol ensl 2915119 enoileM
de ertolérance pour poral
Dans votreit fyftème
xante-dix ansy vous concévez un plan de redrefp
fement desua abus del la Servitude. Sans doute il
eft pofliblende former le même voeu' que vous,
plus de
&d d'adopter un autre plan!j'en efpérerois
futcbs,enebranlant CAL
point jufques dans leur fondemens toutes nos Colonies, en n'excitant point
Tinquiétude & le reffentiment des Propriétaires
calomnieufes, & en ne donpar des imputations
nant point aux Efclaves des efpérances anticipées
accélérers par de
d'une révolution qu'ils peuvent
fanglantes cataftrophes.
9b1599T
la
Je hazarderai une réflexion dont je fens plus
la rendre
juftelfe que je ne pourrai peut-être
fenfible : c'eft que les mauvaifes Loix, les coutumes &x les inflitutions dont nous pouvons moralement déterminer Tinjuftice, méritent cepenforte de
&c de ménagement de
dant une
refpeêt
fervent de
la part des réformateurs, lorfqu'elles
dappui,à quelque partie du fyitème repoint
d'une Nation.
ligieux, civil, ou politique
Et, pour me faire entendre par un exemple,
qu'un homme, vivement ému de tous
je fuppaie
à fa fuite le Defpotifme
les maux qu'entraine fauf- conduit de toutes les
oriental, obtint un
&,
Puiffances de TAfie, qui le rendit inviolable,
une
refpeêt
fervent de
la part des réformateurs, lorfqu'elles
dappui,à quelque partie du fyitème repoint
d'une Nation.
ligieux, civil, ou politique
Et, pour me faire entendre par un exemple,
qu'un homme, vivement ému de tous
je fuppaie
à fa fuite le Defpotifme
les maux qu'entraine fauf- conduit de toutes les
oriental, obtint un
&,
Puiffances de TAfie, qui le rendit inviolable, --- Page 647 ---
DerEftaiag:
dui Tabr de eerteimmunité,
n'ayant rien dcraindrepour Ini, &E dornant un libre effora fon zéle,il
parcotrotla
Cline', 2 TIndoftanyi la
la Tur7
quie! &Sarréfant dans les Places Perfey
parlàr ainfi à fes Auditeurspubliques, qu'it
Princés &
etes e dés" yelleratsg
Pesplés, vous
mes
alterativemenr Tyrans om vittia
aicune Pertit pabliquey ancuné Vertu priyie,
"ep tompatiéte avee vos Iois & avéc vos Maurss
courbes Tous telfor dun Defpote, vous
vos
exercer dans
-
maifons, Tautoriié arbitraire qu'itexerie
vous entermer vos fomimes, e ne leur
furvous; d'auvr part a Ta Sociéte civile,
celle donnet
vene avoir ayos
que
qu'elles peuplajfrs; vous avex des
vous ne mtricer pas d'etre libres ! que vos Efdlaves:
vos enfans, vos Efelaves s'iclairent
fammes,
Fent du
Gsafranchif
Woag que vous leur impofer! Plus Jages,
plus coirrgeai vous-mémes, brifer celui que
bifec de la part de vos Princes 6 de vos vous-fie- Prêtres.
Cef "la Raifony la Vérité; depe la Jufice éternelle
gut vous parle par ma voix ! Peaples
de Tafesquevos Sociétés fe
innombrables
difolvent, & fe réconfruifene far de non-veaux
eien Cet exorde -
de TOrateur fondemens.
citer une grande commotion pourroit feul exmaisyf
dans fon Auditoire;
pour arriver plus furement à fes
il y intéreffoit,
fins,
motifs,
par conviction ou par d'autres
une partie du Peuple dont il feroit entouré,8 s'il pouvoit, comme tout Prédicateur
de Tafesquevos Sociétés fe
innombrables
difolvent, & fe réconfruifene far de non-veaux
eien Cet exorde -
de TOrateur fondemens.
citer une grande commotion pourroit feul exmaisyf
dans fon Auditoire;
pour arriver plus furement à fes
il y intéreffoit,
fins,
motifs,
par conviction ou par d'autres
une partie du Peuple dont il feroit entouré,8 s'il pouvoit, comme tout Prédicateur --- Page 648 ---
Des Négress
donnen a à fesu paroles de mouvement
leidefires
ircet honnète - homme
d'unes adion enirainante
Tauteusic de lab plns
ne pourroitu-ibi ipas.dewenir
farde
Bogdinterenwirtoaime DOHS syonsvae ninft lancécs
Globe2Carles Vérités, qwil.auroin étonnée, ne
comme la foudres fur la muititude
les bornes
fe placerojent pas dans les têtes ayec. qu'ellce
adapter pour
&.les mefurexqralfarieur oratoire n'exciteroit
foient ntiles : (a Puiflance
révolte. unr
qu'une effervefcence générale, une
&x
anime contre toutes les. Autorités publiques Ordre fut
domeffiques; &, avant que le nonvel &c le feroit
établi, TAfe feroit inondée de fang,
un beau mouvement d'Eloquence
cette fois, par
20V
8z de Vertu.
ON Etina au lieu de
a Si cependant le ze1éMifionnaire, avoit fait part de fon
s'adreffer à la multitude, Afiatique; car, nous
projet à quelque philofophe de
exclufif
n'avons point en Europe
privilége lui dire,
celui-ci auroit pà
pour la Philofophie, Moeurs
vous révoltent,
< Mon Frère, nos
qui
Loix
vous allez attaquer., préfentent,
> nos
que
abus à réformer; mais
35 en effeti, de grands relations, nos devoirs,
> différentes Sociétés, nos colledive, repofent
fûreté
221 a nos intérêts,notre Tebranlement que.vous, al291 furicette bâfe. Si
hommes
n'étoit funefte qu'aux
> lez produire
encore yaudroit-il
21 méchans & corrompus 2
Loix
vous allez attaquer., préfentent,
> nos
que
abus à réformer; mais
35 en effeti, de grands relations, nos devoirs,
> différentes Sociétés, nos colledive, repofent
fûreté
221 a nos intérêts,notre Tebranlement que.vous, al291 furicette bâfe. Si
hommes
n'étoit funefte qu'aux
> lez produire
encore yaudroit-il
21 méchans & corrompus 2 --- Page 649 ---
9) -
mieux
DeCERiaie
TO
tenter des voiesi
>)
pluss
-
douces;
2br famener TS
à la.Raifons mais D combien pour les
* paifbles & immocens.
d'hommes
cendie
vont/périry/dansi cet Sn
HSe 21 LiNe croyez Poiot
9 dont,
squeitous desomaris
e Itt aides
>> &
dommes-ménents tisine
9UD
retirées 4OHS) ceux1
evicsintérieure
w foient
iqui ont des
Efclaves 5
érangenirouteria Vertus. aNer
Point GHP nos, Monus-atfiatiques,
croyez
EURe Peffairement aux
réfiftent ohés
>
Principes
que,fergueil de.nos
denlanMorale 8
5 jours la yoix de leur Princes: méconnoiffes.tôune fe
confcience. nr
W
mine
Frouveroit, dans tout
Quandi il
>> ud lez
bice que vous ale Hver,a la, violence des
> - que quelques familles
Peuples révoltéss
vertueufes
2 femmess les enfans., les Efclaves, dontodes
Bien, paix
béniffent
2 la Providence, & font
>3 fort, vous allez
contens del leur
2& le bien
commettre un crime certains
M en fhivant que Yous voulez faire ne Teft pas
IvOS, projets.
LID 1oput nom E
SoM Nos Préjugés font
2211 ventr parmi nous,le déplorables; & trop ifonz
> foibles maisivous plus fort opprime le plus
>.nos Villes &i
verrez aufiy en parcourant
nos Campagnes, des'
a juAice & des
actes de
bienfitfance; vous
33 Juges cintégresi des
trouverez des
Gens-de-Guerre
3 & Igénéreux, 39 des Marchands
vaillans
> Débiteurs exaas, des riches honnêtes 3 des
H quelgues-unsi de nos
lcompatifans, &
Delpotés, Princes ou
fort opprime le plus
>.nos Villes &i
verrez aufiy en parcourant
nos Campagnes, des'
a juAice & des
actes de
bienfitfance; vous
33 Juges cintégresi des
trouverez des
Gens-de-Guerre
3 & Igénéreux, 39 des Marchands
vaillans
> Débiteurs exaas, des riches honnêtes 3 des
H quelgues-unsi de nos
lcompatifans, &
Delpotés, Princes ou --- Page 650 ---
DesNégres. C
77 -
de teurs devoirs.
* Vifirs, religieufemter-occupes S
29 Nousi connoifions, comme" vous , les grands e
8e Tintention de'no nos
91 Principesi deiilacMorales'
>i Moeurs, 3 ainfi que icelle del nos Loix ohe 2 Tont
étoit "aRhG,
> 1 point desl les offenfer; carssileh
nos.Sociétés Sanéantiroient fansvotre attaque;
*
fur les
* 9 mais nous . errons far les conféquences,
0 4
> formési 8c les moyens : venez nous éclairer, 2 40
détruire! , avant que
>3 & ne commencez point par
ID
les routes
nous
>> I d'édifier 25 venez à nous par
qui
>i font connues; 80 que nous aimons a parcourir st or 2
ne nous dévoyent
Au
> quand nos paflions
pas. s9l a
2 lieu de nous traiter comme des infentes, 2 ou
n she Bon-
> comme des criminels, montrez-mons
9 heur,à côté de la Vertu, & conduifez-nous
i àl lai pratique du bien , par la perfpeaive 1101 de
21oV
5 fes avantages >.
cette digreflion
85 Je penfe donc, pour appliquer
à mon fujet, qu'il n'y a rien de moins unile,&
de plus dangereux , que Tefpéce de violence
qu'on veut faire dans ce moment-ci, aux Gouveruemens, aux Colons, à Topinion publique,
fur T'Efclavage des Négres; &je ne conçois pas,
convenue de le faire ceffer,
d'après Timpoffibilité
qu'on affigne, dès
avant plufieurs générations,
aujourd hui, un auffi long terme à la perplexité
des Maîtres, à T'impatience des Efclaves, & à
tous les défordres réfultans d'un "régime proferita
veut faire dans ce moment-ci, aux Gouveruemens, aux Colons, à Topinion publique,
fur T'Efclavage des Négres; &je ne conçois pas,
convenue de le faire ceffer,
d'après Timpoffibilité
qu'on affigne, dès
avant plufieurs générations,
aujourd hui, un auffi long terme à la perplexité
des Maîtres, à T'impatience des Efclaves, & à
tous les défordres réfultans d'un "régime proferita --- Page 651 ---
DerEftaotee
nnerautre abominablayse inéinmoins'tofercil) PAHT jeP me fais
idée des devoirsdran
fuislloin de-eiclterqueit
Gitoyen;8 je
la
puiffe hatarder le
TIC
fortune; 82 la vie de fes -
repos; D
quelque biene
Comeitbyens. pout
préfent Vou >
avenitrquon
-
opérerportid d'autres
Deul
fcènes d'horreur
voies,n Quand 4 toltes Ples
qui nous font
feroient point
préfentéesare
fort
exagérées; 2 quand tous les
qui
a Ta ditpofition des
Noirs,
anfr malhetirenx
Calons; fercient
qu'on le publie, le
devoir de Ta Raifon 5 de la Juftice, feroit premier
mettre ordre, mais non de préparer J de nouveaux ay
erimes, & de plus grands malheurs, en
aux Negres, goils'font libres de
déclarant
n
Vont Terrende fait. 9 (-erb XUSiE omis't droir,8 qu'ils
sl Quand iinferoit convenu,
entre tous les Goid
vernemens, & (tons les Propriétaires ndep C0162
nies, de Ptravaillér 'eflicacement à la liberté des
Negrès;lel premicr devoir de la Raifon, deo la
Jufticen de Ta Prudence, feroit de le
ilet injutte & barbare, d'affocier, taires car
alarmes, la Corruption &2 THOmnérete;de aux mémcs
tots les Caraderes, toutes lcs
flétrir
de préfenter tout ce qui eft né, Confciences;8 tout ce
vit, tout ce
eft
qui
lloo
JS qui 3b forti des Colonies, comme
dépouryu S de toute Moralité, Qnoilles Capucins
mêmes. auroient Part à cette profcription,
qu'ils ont des E(claves/Les
parce
Urfiulines, les Sceurs
Corruption &2 THOmnérete;de aux mémcs
tots les Caraderes, toutes lcs
flétrir
de préfenter tout ce qui eft né, Confciences;8 tout ce
vit, tout ce
eft
qui
lloo
JS qui 3b forti des Colonies, comme
dépouryu S de toute Moralité, Qnoilles Capucins
mêmes. auroient Part à cette profcription,
qu'ils ont des E(claves/Les
parce
Urfiulines, les Sceurs --- Page 652 ---
Des Négrese
Grifesa qui e déyoment, en Amérique comme
fervicei des Maladesta à TEducaen a FranceAu
Religieufes font
tion, desi Enfanss cesi pauvres.
aufi te0 des, infàmesspatce qu'elles ont des Efclaves!
Ge 2 délire peut être celui d'une âme honnéres
fiévre indlamimaroire,quil faut
mais il annonçce une
29095t
fgigasansiang anol euon ip ausnodh
Taime, micux brat furplus & je trouve plus
pouriuivant fur ce ton la,on
comfeqmeptagmlen dénonce an Ciel & à la, Terre,, les, Colonies,
comme LLIZ repaire de Voleurs, qui ne méritent aucur
minagemsntsi & Arep tefaueis il nyre point 4 COMAT
RAler LP9BT les PetfeS qu'ils épromveroient., pafn le
refimucion de lafhafe solée qui eft, la liberté des
Négres. J'aime mieux, dis-jepXoit invoqmer da
foudseou le déluge, fur nos Colonies, fauf la
confrudion de l'Arche, poHFO y recevoisn les
aimulé,d'up parti
Négros,que ce, raprochement
Le
modéré, Pour opérer leur Affranchiffemens
premier moyen n'eft dangereuxegui'en le mettant
des Incendiaires; le fecond peut
à, la difpofition honnètes-gens; & Texécution en
féduire les plus
Réfumons,
feroit funefte, le fuccès impofible,
tuol isinotargi
IUpL 9apdup1 Sto
01 t IED 92 1097
IV
Smto2 (1) Ces paroles font extraites de plufieurs 0
collections MaL
de
aiaures RIs &c d'imprécamions , qui font entre les tranferivois mais
-Bburte mondes8 je ine fintrois point 74 $ je
up
zourau long, cesl diferens Textes, E eobtuoey
efte, le fuccès impofible,
tuol isinotargi
IUpL 9apdup1 Sto
01 t IED 92 1097
IV
Smto2 (1) Ces paroles font extraites de plufieurs 0
collections MaL
de
aiaures RIs &c d'imprécamions , qui font entre les tranferivois mais
-Bburte mondes8 je ine fintrois point 74 $ je
up
zourau long, cesl diferens Textes, E eobtuoey --- Page 653 --- pour nous en D:cBptatie
de
306 pluts
eontaissnsuttice
forts de plus
quiiaréténéeltt
cette - a 2050 fin. minogsb impératif 3 Pour arriveria
On a propole, & of
chosnat al saumib
de le
Traite a faire a morslements Leaeremacdunel 1% la
des 0
lupprefionide 4a
dans Certains cas, &
NOATAORALE
dcertainesdé
fuecellif,
penfions alimenteresanc
épôquess 3Des
Aifranchis, 4 Des
enfans &airy vieillaeds
a des Blanes,
ditributions de setreinofibrel,
claves, ainfi appellés pewnsemsirenafa-tp
divifon
guanx Négres Affianchis. SoiLafab.
89 tiellesa &
les
dngmirbendens
29f la I certitade, d'ane N
Fermes pardans a
les Ides a
culture florifinte,
& par les Négres frcrompar les Blancs Eatopiconis,
n'y oppolens
libres; attendaiquel les Colons
pas d'autre
axiome: -
Les
difieulré, qhel
Blanes Jone avates,
cet
leuss 1 donc les Negres docvene
livrognes Gie erapace qui habite les
étre EftliseriGen Tout
Colonies, 2 Gens en
Propriéatiress étant abrotumene
place,8
incapables I8E de 3 maintenit le nouveau corrompus,8
TAMFanciftemen 25
fuccefif, eft régime de
remettre PAutorité entre les il - néceffaire de
ferme, 2
mains d'un homme
Adjoinrs, incorruprible dans
3 & de lui donner
Cette Magiftrarute"
pour
Médecins (1), qui auroiene auffi fasdoizutcides 9
autonfe fur lcs
(1) Nota. Je fins Toin de siogorg SIS Jup ADSbSNT a
29 a croire, pour kela- aque.cs fair
Propriétaires,
ft régime de
remettre PAutorité entre les il - néceffaire de
ferme, 2
mains d'un homme
Adjoinrs, incorruprible dans
3 & de lui donner
Cette Magiftrarute"
pour
Médecins (1), qui auroiene auffi fasdoizutcides 9
autonfe fur lcs
(1) Nota. Je fins Toin de siogorg SIS Jup ADSbSNT a
29 a croire, pour kela- aque.cs fair
Propriétaires, --- Page 654 ---
Des Negres
8:
Propriétaites. Ce feroit, à la vérité, , un
G
inconnu jufqu'à
moyenpréfent, que le
détruire la Servitude; & le
Defpotifime.pour
decins, feroit bien
defpotifme des Méauff dangereux qu'un -
17% Enfin,jai lu, je ne fais plus dans
autte.
chure, qu'en fuppofant
quelle Brobarras dans le
qu'il y eût quelqu'emdéveloppement, &c l'exécution
tous ces plans d'amélioration,
de
la liberté da Commerce
pour nos Colonies,
3 T'abrogation des Loix
pobubivesemedienien à tout; & que ce baume
falutaire, applicable à toutes les
en 25
eeroit
plaies,
effapromptement les cicatrices. Cette dernière
conféquénce eft en effet inféparable des
e de la Liberté, Le Commerce
principes
aufi fes
Elclave,a
a
produit
Philippiques.
9T
g6
195 Telett le précis des Affertions & des
je les cumulerai, dans mes
moyens 3
ferver l'ordre dans
Réponfes, fans oblequel je les ai
a S5
préfentés.
-
- 2 15 RO
S. P R E M I E R.
L'Aphanchifemene des Colonies, OIL la
bb du Commarcesprijtnite
liberté abfolde
autant de dificuliés qile
PAfrancrifemcne des Négres.
Un Ecrivain difingué qui
le premier de TAffranchifement peut-être a parlé
des Négres a y
un Médecin qui ait propolé ce plan, car il n'eft
Faculeé oii ceete Logique fir admiffible,
point de
F
E M I E R.
L'Aphanchifemene des Colonies, OIL la
bb du Commarcesprijtnite
liberté abfolde
autant de dificuliés qile
PAfrancrifemcne des Négres.
Un Ecrivain difingué qui
le premier de TAffranchifement peut-être a parlé
des Négres a y
un Médecin qui ait propolé ce plan, car il n'eft
Faculeé oii ceete Logique fir admiffible,
point de
F --- Page 655 ---
DecEfiaregr
mettoit Pour condition préalable
fement, des Coloniess en dédmifanta 2 TAfranchir.
fation.tous les avantages
de çette 9p6
en faifoit naitre un
qui, enr ref@lftergientail
sture &, de
nouvean fyfémende. culainfi qu'à leurs Commerce 21 applicable. napx Colonies
Tabrogation
Métropoles, & ilc Lconelaoit.par
desLoix
Pétuelle entre les grandes prolibaivesnmep Paix per9 Il eft cestainique
Puiffances. sonelior
vidité, mercantille, ce qu'on, peut sppeller Tancore fouvenr les nous a mis, & nous mettraensitort de difinguer armes à ila main; mais onaeu
a cet égard les Colonies
sAncienss celle des Phéniciens, des Grecs
des
Carthaginois, foumifes scomme les nôtres
& des
prohibitives, 3 B ont été l'occafion des aux Loix
e-glantes querelles.
plus fannt La, Monarchie univerfelle 25115
S01Hol SI anchin
ai fondit tous les: intérêts, dans des RomainssconAlors
Tintérét d'un feul.
les Nations ilnyja.plus eu de guerre de Commerce;
n'ont eu, pendant
tres relations entr'elles,
Jong-temps d'anenentre.les opprimés & les. que celles qui fubflent
esl 29 Dans, Jintervalle de cesi oppreffeurs
Ad taines des Ancienss à celles guerres qui
mérropoliaiainzenans, THumaniré n'a
nous aliligent
198 reufe : la.tyrannie, les
pas été plus heules fedtes religieufes, Congueress les Croilades,
lités des Souverains
les fucceflionss les riyade IEuropEons fait
-
égorger --- Page 656 ---
- Des Negres
reg Habitans
jufqu'a
pendant onze fiécles depuis Clovis
Mladie Colomb, qui n'a fair qu'ajourer uner mahotrible, aux maux qui nous
-aVant lui2 Mais, depuis que le
défoloient
"mnieres a ditlipé les
progrès des'linuages fombres" de
"Borizon, il eft certam que lés
notre
de moyens & de motifs de
Nitions-ent
noiflance de leurs
repos, plus de
Des Negres
reg Habitans
jufqu'a
pendant onze fiécles depuis Clovis
Mladie Colomb, qui n'a fair qu'ajourer uner mahotrible, aux maux qui nous
-aVant lui2 Mais, depuis que le
défoloient
"mnieres a ditlipé les
progrès des'linuages fombres" de
"Borizon, il eft certam que lés
notre
de moyens & de motifs de
Nitions-ent
noiflance de leurs
repos, plus de -la tyrannie
droits, plus d'averfion" polr
politique & religieufe : Pierre
"mite, & Pierre le cruel ne
FHerul'Europe ne craint plus d'Artila; reparoitront plus 3
*rend les conquéres
fa conftitution
&
difficiles, & le
de
Pologne, 3 tel qu'il s'eft
partage
la
X pour la Poftérité.
effedtué, fera une énigme
- Ainfi
riffant
deurAemsctutcmetdine
la fource des
Colonies, 2 taPeuples
guerres die Commerce, les
pourroient efpérer un bonheur
repos dont ils n'ont jamais
& un
pas
joui; & ilne feroit
impofible,que les grandesPuifances navales
produififfent à elles
30 lution fur le Globe. feules, 3 cette heureufe révoLa France, TE(pagne &
T'ancien & le nouveau
TAngleterre ont, , dans
ID plus précieux.
monde, les territoires les
""féde des
Chacune de ces Puiffances
Denrées ou Marchandifes
pof-.
"aux deux autrès, toutes trois
qui manquent
-FRU la fois,8: fans fe nuire
peuvent oecuper
par la concurrenite
"anomtbred d'attéliers fufifant a
Temploi de leurs
F ij
révoLa France, TE(pagne &
T'ancien & le nouveau
TAngleterre ont, , dans
ID plus précieux.
monde, les territoires les
""féde des
Chacune de ces Puiffances
Denrées ou Marchandifes
pof-.
"aux deux autrès, toutes trois
qui manquent
-FRU la fois,8: fans fe nuire
peuvent oecuper
par la concurrenite
"anomtbred d'attéliers fufifant a
Temploi de leurs
F ij --- Page 657 ---
DPMERSlE
Mainotivres "Eéurs
lonmolo)
Minuractares Tont pradidisnd2 culture & 3e
necerfaifes warageReie de pupsl
rope..-4Andrigue Ainn. il feroit O1, .21910C au9t TEAT
pomble que laFrance, 2 FEfpagne agne"g moralement
concertsffent un plan de
alinge TAnglererre ur 91T5
bafe feroit Tégalité entretes, Comincee &
2 dont 2novng la
toutes lés Natiohs. Certititéinent ia' liseité 21b TO PouEr
roient
raltes
alors, 9 dans tous les marchés du conlerve- monde, ded
Corenalesmeaien
tous GI a les Peuples &dal terre ; 61 tineul impoferoient à
& de bienfailanee,dont. aucun
Lot-drequite
pOyr deur nuiren Maislun
ne poutroirabufeg
Sociérés pures & naiffantes, pareili plam fuppofe(des
quii fortent de
berceau, - avec,la d
farce & l'age de la
lefts
fuppofe, une harmonie, une
Raifongil
le Bonheur public
confédération pour
, dont ilon'y au jamais L
enl
dexemple 9G0y
la part de ienre.les Gomvernemenss ihexigelde
fimple, Insiot mais, shsgun-Adimisiiration L'emploi le plusb
de linduftrie TUS 31 le plus adif & le mieux
pmior 3 sm & des reffources
entendmgh
Tune
trois
Nationales Car,fis
vicieux, I ap des 76. Pmifancesavoit un
C
e
J
Goyvernement
XITC 26d AicH 21 nq A opprefhfs Aqu'elle esonvre
fes
desq
Portsa 917 Cologicks Ton
alors e
vriers, les
néceflaireraens, desOn-li
ront Z05I enlevés 3ga1197 Méticrs KUblot des Matieres fuiront ousfey
pour être mis en ceuvre,
Pays plus heureux.
idans-,deso
nLa-flipprefion des Loi
By
en cotinoiffinee de caitfe, pronibltivel feroit' rdrabirtée 23 PINSVS
"done un con-
es
desq
Portsa 917 Cologicks Ton
alors e
vriers, les
néceflaireraens, desOn-li
ront Z05I enlevés 3ga1197 Méticrs KUblot des Matieres fuiront ousfey
pour être mis en ceuvre,
Pays plus heureux.
idans-,deso
nLa-flipprefion des Loi
By
en cotinoiffinee de caitfe, pronibltivel feroit' rdrabirtée 23 PINSVS
"done un con- --- Page 658 ---
Des NesTess
$
confenti 50 a 3 entre les Souverriesa-e Par
trat b (olemnel, - lns sb znom à
J
léquelilss' 9a 5191
-
maenteaen
7emgtectolenta toute, la fomme Hpi de liberté,a dins
A leurs Sujets. 310121 HIA de
dont DeUE
dunne.driumies & iomifangesa a a
ée mfeeprible nAl SRERGEIT une Societe, pplaimueoNe AQUS
a taob
2 -
He craie.pollihle
privons de uee confolation n
bien-ProT
ped
choless mais
WTEL un
ordre 25115 de Insmsuie U eha
angiot
baijeza ub zadionam esf a eiol ehob R 21ols
e Shnonr
Fance,arenEipmgnés p les tertes!
6 Suppoferen rétat dei cultures les impors legens 8e
danslemcilleur
lesibras du Laboureur
&c.également cépartis,
stide 6 toute edevanceng
dMoaegoneieftaneise & de S-Domingné
alors les porscda.Mesigne onverts à tous les Etrangers' gTind
pEuvent: êtrel
desideuix Nations
ef
amonsvebestrtata
daftrie
znobl oilduq susdinol
frie daucune autreli
iin autre Petiple
116 1L
eentanet
Mais Mfmppofea
foient
dont la calture 82018s Manucicures la. les"a autres Plasy
floriffantes & Pmoins impofées que
tourne, b
dir comsert.tond
alorsla lberté générale
d8e 482
-
ear
àsonn profirj8c a Hotre detrimenti 2t plus bas XuBaty
peut donner fes' MSretiandifes
Hotre - Pms
-
weas-bueirie
-mouvesechuedu-s
nationaux ittcfient TEnx
voyeur, 8 nos Onvriers 2IIE 9TS a0OG asvoln9 3001
eipatiansns no
zusquod 2ulq RYET
La liberté du Commerce n'elo done CpeS.Bn
5510008 abfolu woidin fans
conditions fogues lao
avattaesu mop
SnOD Rotst Aes,
F iij --- Page 659 ---
DEMENiRAN
nature & Tétat des Gouvernemens Fendent Biea
dimcites.
Phoososbeini 2
* Toures Teb
Nations font
dans dn état offenfif & défenfif mallienreufemene les'
E
Ies autres. Lenf
unes envers 29
tr: politique appelle & repoiffe
Henahesmaitgeart
3r
1e
Violence', 1a'Rufe?
Boine-Pei,Toypaofios TAvidire.Les
Puiffances font écrafées de dettes & grandes
Elles ne peuvent
dimpors
ue
alléger leur
rejettant une
fandecurPanerts
partie fur les Puiffances rivales
qu'en leur
fif mallienreufemene les'
E
Ies autres. Lenf
unes envers 29
tr: politique appelle & repoiffe
Henahesmaitgeart
3r
1e
Violence', 1a'Rufe?
Boine-Pei,Toypaofios TAvidire.Les
Puiffances font écrafées de dettes & grandes
Elles ne peuvent
dimpors
ue
alléger leur
rejettant une
fandecurPanerts
partie fur les Puiffances rivales
qu'en leur 13 ehlevant une portion del leuirs bénes
ficesy en concentrant leurs reffources
fans en permettre la ceffion a Tinduftrierétrnte propresy
gere. Mais, dans cette lutte générale
de beibines-Tans doute les! meilleures d'aftice'8
melilleures Metins, le Gonvernement Loix,les le plers
Tide & qui protégera le
Tadivité Br
C
mieux' Iel travaitt&
Te fes ( nationale, 1 -
aura un avantage immenfe
29 SIDOT rivaux,8 no)
parviendra gradielleitent aux:
vrais moyens de la proipérité publiqué. 1i019
Clas
lési
ZOR
Efetave, Nigrte Ejctaves vons
afligent; vous en êtes
detruire
ast
indignelVons voulez
toutes les fervitudes!
Ah, cela ne He
peuit que par les mêmes gradations quiont fervi
a les établir. Voyez dans Torigine "des Sotiétés,
TIntérêt général, la Jufice.TEnalité pofer lès
premières pierres de rédince."
-
lcs
R
Croyez-vous que
Lomses, G
en Te mettant ef commumaure
a
afligent; vous en êtes
detruire
ast
indignelVons voulez
toutes les fervitudes!
Ah, cela ne He
peuit que par les mêmes gradations quiont fervi
a les établir. Voyez dans Torigine "des Sotiétés,
TIntérêt général, la Jufice.TEnalité pofer lès
premières pierres de rédince."
-
lcs
R
Croyez-vous que
Lomses, G
en Te mettant ef commumaure
a --- Page 660 ---
Des Négress
fe diftribuer claffes o
foient
de
V
fuper
en.claf
RrO fomYsnus & inférieures? asmsn Par combien de nuances ID
rieures
diftinéion des Nobles &
ef-on,
à la inol
OUE
uO
des, Toms Plébéiens parvemu.a des Maitres & ins. des Eshye 619
- 2fIn des a
& des à
que - ces. nu6 divers -
Princes
Sujets? Croyeryous UI
une
états de la Société ayent été 1 inftitués e TI1
Par eût Lb
& réfléchie :
En
-
volonté générale
quon n'avoit
acepté Tinftitution,, fi leur a exiftence 1 D
toute délibération? Comment concevoita 1D
précedé ub hommer affez
& affez fou 1)
en effet un J
pervers
e
dire, le
à 6IS fes femblables: a09s 13 H
Pouri ofer, 33
0 premicrs
ceux-ci
votre Maitre ; edeiler-mois L
1 Jeront
Je Juis
la
Notles. vous, ne le Jerer p43 Voila S0 - Proptiet
uns: les autres les fervirent
Jatffere 5 A
des -
EOME
n'a
imaginé davantage de poler Sb en
On.
Pactes de Commerce,
les premiers J
- 150 O1
E
prinsipe
feroit interdite d'un a Pays
que la communication
KP échanger
à un autre, & UB qu'on, ne pourroit IsnO Pas
tout
librement fes récoltes. Au commencement, IIE
combinaifons fociales,
étoit fimple : les premières,
de fi 3
les Loix du premier age celles
- C
premier
mouvement étoient juftes & falutaires; 1
nos n9 erfont Touvrage des fiécles. 01
Ceft b
reurs politiques
devenu chène, étend au
ainfi que le - gland., D1
à la up terre 090 par
loin fes rameaux ne
& ent s'artache
619 5
de profondes racines, thul st eft-elle fsados aflez 5irill ordiPourquoi la modération
mt 14
oUp nairement le parungs des - - bons - 19 - efprits - L n 101t & des D
F iv
fiécles. 01
Ceft b
reurs politiques
devenu chène, étend au
ainfi que le - gland., D1
à la up terre 090 par
loin fes rameaux ne
& ent s'artache
619 5
de profondes racines, thul st eft-elle fsados aflez 5irill ordiPourquoi la modération
mt 14
oUp nairement le parungs des - - bons - 19 - efprits - L n 101t & des D
F iv --- Page 661 ---
pls hongétes. De EST CERIANGE
vas dutetcad cette AFRP ? Sergientials done
ordres
oup achive
dépoliso
publics f Jfeshumndrenrmet lesidèri
qu'en arrétant fes pénibles à fupporter : Cef
fléchiffant fur le regads.fur coeur
le pafté, en rétrouvenp - -poiutoqnil air
de THomme, 2 on
ait Projetité la
woblaPle mal, & qu'il mS
Propagation
en
dulgence & la
metelolibe Lf
fentimenr - ITT
circonfpedioa,fe
melent alors au
de la
C
setemnseetis en"ine
nidnude neurs des Sgciérés Onm voit
nous les
2101 e 25. on Nationsiont été
que ley
encore
aivert
atuip 2A quelquefoins des loing-tetim, &
avec
Tacap
SI36 leur Eu bacon. Bl
aveugles 2 qui frappent m091 95
fragiles
btifents fans
vérité 294 61 qu'ls seneontrent fur defrem, les
Ehiofcs
TO
leur chemnt Cette
cenfures &
ataponr.etirets
dast.es F a de.mosj jugemensy Tamertimhe de Aisnut nos
Sgas Inblitacen &
nouslaie2e auon
de rous
l'elpoir de
cépen1Vor -E cantédécen
wvennerwu'n
que les
pour aeiveran bren'; a
tation Prennent Philofephes, , j'ofe leur faire cette bauoluis 'mais
que ecetle de 208T plutoe la voie
invi- -
les VIRSRES songiastere
desnigceiatadr
viBBeI ueelicres qui 25 Préceidents awissemncoepet &i
De 280% 2ofni 2R9Yom 25b eogui-fiuivene 12
grandes
sup anslisyelgms n
nonST AA2"E PSIR,
20b - byrinthe 9U
revé
crssentanematty
aalhe-servrnde dIOqME
ois rhousb (ommes
HC51S Y CE
Quoi97
mesrecnie du
ententoeten dM
Servhlae des Comaerce nDa -point.
inlombs, aieres ng -
& nin Fane ne produie"
Paure nep
R9Yom 25b eogui-fiuivene 12
grandes
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nonST AA2"E PSIR,
20b - byrinthe 9U
revé
crssentanematty
aalhe-servrnde dIOqME
ois rhousb (ommes
HC51S Y CE
Quoi97
mesrecnie du
ententoeten dM
Servhlae des Comaerce nDa -point.
inlombs, aieres ng -
& nin Fane ne produie"
Paure nep --- Page 662 ---
Sa5 Des
font D ait
Nagrel
Gyllagifimey-dont il fume d'anéantir atspnor 82:
menionsugoaridirnse la
0193 I les
1o f19noqqut - eldinsq conf@gtience a eonlanq 291679
91 n3 4 Slae sl Sabibn 231 i061snE no'up
Eiatin des ammoHl i9b 10900 a 30) anthilsh
ng Iiup 3 fgnsy 614 Mayens
venir A
piopofts
-
pour
-IH Sdiddfoacdian
'pir
delaiservitudi des Nigres, 316
anslom S-noifeqimoonis 3
oaheg/ab
a
"Yentin
a lieu euon autre fyféme de cultare 5
inst
aguellement dans les
quie celil qui
étre
to
a
adopté,
Colonies, pouvoit
del leur
avec plus ou moins" de fuccès,
3090q srablifement. IT
Le vértuense
1ors 19
f Traite Picey Par Tintérée pour les Indiens, Tascijas C quis OVE
finete des Négres, commit asadure imagina lâ
2on errelic-mais fon
plus 9
nous
exemple
0o rendre moins odieux ceux uffroit, pour
créé
Ulnsa
IsIL volontitinement, 15
commel qur.nayant path
dient, font
luigee trifte
eisnr
foumis, à la néceflité de"
expe- 5b
aujouredhui, YII
9TiSt a 3 E a
odgotolidg" Temployer 25
21 Il 1 - étoit dificile que les
HODSI sup
riques quis avoient eu
Conquérans de T'Amé.
de
Tinjufice de dépotiller,
n'employaffent sieesmnrdrdenate les pailibles
ferver lenr
que des moyens juftes Indiens,,
Conquête, Et, fi
pour conpofé rau Confeil deso Indes, Las-Cafas de T
avoir J1 PFOn
Négres enia Amériqueyp pour les traniporter des
Papnistainercens généreufe y établir ub
comme
J0it pas été accueillie; on * auroit JE Entreprife wb J n'aupu même lni
affent sieesmnrdrdenate les pailibles
ferver lenr
que des moyens juftes Indiens,,
Conquête, Et, fi
pour conpofé rau Confeil deso Indes, Las-Cafas de T
avoir J1 PFOn
Négres enia Amériqueyp pour les traniporter des
Papnistainercens généreufe y établir ub
comme
J0it pas été accueillie; on * auroit JE Entreprife wb J n'aupu même lni --- Page 663 ---
so
De rEftianage
rpondresi Pourquoi
Ainfiyen
dépouiller les
Politique & en Morale, une AncienseN
jeara ensraine une autre chutel
chuezowe
miers Européens,qui
Lavidité des preu
velles Conreéesples pénétréront-dans Icest nons
rendit injuftes
&t
Mommefonibloiquis voulut mettre unifrein - &ccrnels;
férocité, ne crut pouvoir leur faire
à leur
vie des hommes qu'ils
refpe@temia
la terrésoquien
obligeroienp au travailide
repréfentative donnant àin ceux-ci une, valeue
aflamés,
eide Torydont lenrs Maitres étoient
claves Hacheta donc, & il fit vendre des EC
Negress pour êtr fubftitués aux
reuxe Indiens. Des-lors-les
malheny
travaux
ploitation des Minesiy,lal culturel pénibles,Texe de la
furent, ent quelque forte, interdits
terres
libres;48 le climat de la Zone Torride aux hommes
cetteinterdicions néceffaire aux
rendcit
ment, en eifetyconeevoin
Européens. Comfourniroit au
que notre Continent
Cultivateurs fofifante Nouvesu-Monde, une.d fomme de
ilétoit
aux défrichemens dont
de culture fafeeptible 2 ouy fealement, au terme
nus. 65
TuI ml atiquel les François font paryes
-S
NOG noinatiqaloes 62 aaiuobor
anieq
Cepenilaht les Flibafiers,a après
les Antillesy far les Epagnols,
avoir conquis
quelque temps comme Soldats sly & létant maintenus
tenps,ilétoit poffible de fuivreice comme Cultivaesmilifemeurvdrdera
premier mode
accroitre funceflivement la
ouy fealement, au terme
nus. 65
TuI ml atiquel les François font paryes
-S
NOG noinatiqaloes 62 aaiuobor
anieq
Cepenilaht les Flibafiers,a après
les Antillesy far les Epagnols,
avoir conquis
quelque temps comme Soldats sly & létant maintenus
tenps,ilétoit poffible de fuivreice comme Cultivaesmilifemeurvdrdera
premier mode
accroitre funceflivement la --- Page 664 ---
Des Negres.
popnlation, par l'émigration. de tous Jes
turierss.8c
Avenétérattirés des.gens Mans 9 moyens iqai auroient
dans de Nonveu-Mondespar
daun-meilleur forte En
Tefpoir
de ciltures quiredt été fuppofant, celui dansce lyfeme
priétés multipliées,
des petites Procongoit
l'exclufion des
que ceux des Flibuftiers Efclaves,on
etrichis à las Coudfe.pouvoiens quis sétoient
fervice,o &
appeller à Heur
entretenit 1 unine
Manceivres
certain.nombre de
dans da claffe nationaux $ a mais ceux-cisn pallant
udes Propciétairess &
pout deur comptes anfi-tot quiils cauroient edéfrichants
tenti, par leurs épargnes,
ob
mois de fubfitances il
unejavance de fix
paroit démontré iguunt
eisabilifimeniniameir été
la-1 Métropole; qu'il lui auroit dagcunjintérét poUr
leconfommation dhommes érdlonérenx a ique
gicufeg G l'on avoit vonlu de yoaucoittété prodis
bàfe,8e eque deur recrutement foutenir fiur, ceste
vement dépelsplé lintéricur du auroitn fucceli
aQuel peut êtrel T'objet raifonnabley Royaume hno
dation d'ane
de la fone
point à redonter Golonie, fa > par in APeuple, Sui se
rarritoire?c'ef fans maliplication,fur doute
un grand
dance enversi Slesz
dadlirer sdans dépende ifes propres dentées; Etrangersi, da copfommarion
prixs parrc rdes éebanges, celles d'obteuipna meillour
quiclui manquents
Gidemuliglier chez Jui, lesimpyena-de travail
de la fone
point à redonter Golonie, fa > par in APeuple, Sui se
rarritoire?c'ef fans maliplication,fur doute
un grand
dance enversi Slesz
dadlirer sdans dépende ifes propres dentées; Etrangersi, da copfommarion
prixs parrc rdes éebanges, celles d'obteuipna meillour
quiclui manquents
Gidemuliglier chez Jui, lesimpyena-de travail --- Page 665 ---
9A
Denghair
serd'indaftrie ien , "Fatfant lea moindre 250101 sh
poflibleide fest
SIUTITTON
hetee
propres Toircel
onir 150
"Aletmelide ces
ab slinndmon
r
ne
"eorididtonse
remplieypatlune population'
pouvoit nir être S0r
vateursy dans s'les Colohies" drFan sl François 1agi3ong Culti- 40
-En 1a faippofine pen 9b 19.
Hoisrmmolngo
infignifiante Pour le esifiérabie elle 9h éroit, U6Y
éteinte,à moins de
duni Commerse, au
sesins 2 & fe feroit 0791V
ou moins onérenkiiem réerutement pl aig AHP fuccefif mnsrogdn R198,
Ehnlap fappofint égalé Nnloz a celle sl, des dra 30s bT
boureuts qui y font aujourdhur Dr Négres, 60
tAs
un goufire'gut aurote TIS
établis 291 Tnb c'eroit nsnsi
donnéVles Vingtoquite adus englouti, millions dans GOs un D. e terme, 16
la-Nation ef comipofée: & Ton - sG dhommes donr, I
pater fhr cela aucune 11 bn
ne fauroit au
maor,
de vénner àr
exagération DE
2 a moins;
PEspéticnee & a la
mat deli Zone Torride
OVI Raifon. Le a a eli-s
aux Eutopiéens 19
ert, en a général.funete
quelque foient
ment,leurs decmpations & leur 21 205 leur 9 tempérame
Ileeft peu de Familla
manière devisteg
s'éteigne àla
qui L9 ne décroiffe, & I nE
Tomvotf encore ab cinquieme 2 1161136 Oll V fixiéme sénétation:.
pinfienrPa années tOK m9 moins de d'Ouvriers 100
Blancs, foutenin
petivent sexécuter p. 19 fuite - les IUS trayaux quiine)
Flabe du
Mins'je confens. aux esmno J
Soleil, 197qm01-257
étant anfiliment 9L 21 6 exceptions, Les végétauxt
qu'ei
moins I fubliantiels en
Ehroje,e & la chaleur du
Amériques
nan?s > "athie Travailleurs ab awg a Ror climat acrationna
Européens, une déper-
ivent sexécuter p. 19 fuite - les IUS trayaux quiine)
Flabe du
Mins'je confens. aux esmno J
Soleil, 197qm01-257
étant anfiliment 9L 21 6 exceptions, Les végétauxt
qu'ei
moins I fubliantiels en
Ehroje,e & la chaleur du
Amériques
nan?s > "athie Travailleurs ab awg a Ror climat acrationna
Européens, une déper- --- Page 666 ---
Des
390y 3 Négressy être
e
dition de forces qui 91 ne Peut no répanéeique
aadrotl par une S1bh1o0t nourriture 290101 animale 19 une) population
nombreufe de blancs Exigeroit, indilgen@ableINCAAEN de culture,
ceuti
Ipour
mient uine"diecdion une
U 7 I qoy Safuie
abijer principal BLOOREI ia fubndance, cefcdedireyune
du traconfommation journalière des, - produits -
lai
vail" raela CalacQue Quel 29 feroit, alorsyl poury
Tavantage OMcame d'un Pareil établiffements
Ménropole,
put 1112 fe maintepirho znion sO
e agpelare a
Tel eût été le réfultat des petitet Prapriétés
29 des b Manceuvres, inu nationaux aperpéxi
cahinetesp Par_de
ils auroient TOUR,
leuru
tiéllèment recrntés,
obtenu, b
par nfesb
"'dabord "leur fubliftance. : plufieurs
ravail, roient enfuite n parvenus, anoilliin à Taifances & aux comal
modités OTuEl que procure SIL nol Tinduftrie a dans tous desq
mais
déchange.k den petteb
,
-
a J
Paye
Tenoye moyens nonoe auroient toujours
Colonie avee" d"la Métropole2 9b1 10 D5 ne
1 - 99
de fes produits* Par lais
eté 1 moindre partie a1 tot DISi -
209 décroifancem
raifon queje Viens fexpoler.par B
mévitable de fes Manceuvres, 3D
A,11
probable,
9 de EX
aucun/a
parceque dans"ce fyftème Hatupne cukure I8 Capitalifte Wauroit tronvé d'attrait ens M 970 & de moyen,
fomfant, pour fet tranfport & 9b Temglol.s utile-deig
fes fonds. 2 IE H'y auroit r'donc O5
eu
3ne caiba
9 7
SREAe
abandonnés; &
Colonies -
neeprompratdige nexifterbient 5x9 pas.. XUB - ne
Frampotfes
RS-Phsmonces
melun-Aar SFE 8 nous Sqonf aviong, Pup
pawiqpuende
sde car
ans, nosan
employefur notre (ol,depuis CIHSHEVETT deux-cents. 61
-Jagab anis e ans3gonns
O5
eu
3ne caiba
9 7
SREAe
abandonnés; &
Colonies -
neeprompratdige nexifterbient 5x9 pas.. XUB - ne
Frampotfes
RS-Phsmonces
melun-Aar SFE 8 nous Sqonf aviong, Pup
pawiqpuende
sde car
ans, nosan
employefur notre (ol,depuis CIHSHEVETT deux-cents. 61
-Jagab anis e ans3gonns --- Page 667 ---
DetErtaikge
hommes 8evnos fonds il eft
feroit véfulié d'antres
probable quiPén
e Yeroit mifo enoétat avantages,8 quie daNation
denfolder les idenréesitie
PAmériqueriatis les Colonies esitentygoleinr
anfluence-furle fyféme politiqnes
2vement intéricuredemos
arile monliers, net -
eapirawe 9 de hos attepas conreftée: 5 : les
"gent tpas qu'elles foient abandonées; Reformatetisesszilsnous promertent ,au
améanties;
produits, len livrant la contraires de plus tiches
& la fubfitution des culture à des mains libres;
xclaves étant Fond des Européens aux Négres PEfqui
moyens, en examinant-de
mitif feroitiarivé, des
fi tel avoit été le mode pris
pofitions & Tétabilifement; les mefures
lorfque toutes les difsvénient
pouvoient être fans inconfans doute eflayées & abandonnéess on
ce: qui arriveroit au moment appercevra oin
urévolution feroit
cette
été tentée, de nos déterminée.Que dis-je! elle'ta
reftes de cette
jours : j'ai vu les déplorables
Entreprife dans lai
aparcouruo le rivage & les champs Guyanes jai
sdouze mille hommes & trente défolésy-oir
été enfevelis en dix-huit
millions vont
& ai renvoyé dans leur
mois; ; j'ai recneilli,
malheureux
Patrie une centaine deices
Biancss. qui avoient furvécu à leurs
.Compsgnons&c je fis
9 au Miniftre
remarquet dans lel rémps
mement
que,malgré lés avances dir Gonvers
continuées pendant quatres OmD cinq an-
sdouze mille hommes & trente défolésy-oir
été enfevelis en dix-huit
millions vont
& ai renvoyé dans leur
mois; ; j'ai recneilli,
malheureux
Patrie une centaine deices
Biancss. qui avoient furvécu à leurs
.Compsgnons&c je fis
9 au Miniftre
remarquet dans lel rémps
mement
que,malgré lés avances dir Gonvers
continuées pendant quatres OmD cinq an- --- Page 668 ---
38 Des Négresi
nées,d ces Colonss malgré le travail affiduode
plufieurs qui ne manquoient point dintelligences
aucun n'étoit parvenu à obtenir p1 dans T'efpace
del quatorzeianssplus que fa fubliftance &celle
defa famille Ceux a là même queijes necon-
-gédiai pas, parceiique leur exitence paroiffait
-plus affiréean'ont pûr fe foutenic dansi1 les temps
A fréquentes dans € climat pour
e des maladies,
pacle fecours dès Efclaves
les, Européengwrque
dont LAdainifiration leur avoit fait l'avanceaq
&
encore de femblables effais ;8
1Onipropole
fi
,ifi défafireux
Toubliois cet exemple frappant
d'une Entreprife dont lai folie, ne peut-être com-
-parée, qu'a lalégereté avec laquelle on er atlopta
le projets T - 1F
a pasinlam esl 38 ahoitttoopi
FIV9 Et qu'on ne dife pas que Tétablif-ment de
Kourow,a'échoua que pari le défaut des précautions qui pouvojent en afiren dlel Hfuccèsl: fans
doute il y eut de grandes fautes commifes
mais elles étoient inévitables;
T dans Texécution;
iicar: onine trouvera jamais pour Coopérateurs
idun plan ER déraifonnableyque erdes hommes que
caradtère porte - à courir tous les hazards,
e leur
Adminitratear
efans en prévoir aucun. Quel
pruadent & éclairés eut pui confenticà Ptranfporter,
acent rétablir des Payfans dAlface & de Lorraine dans
la.Zone Torride?il n'auroit pas manqué de dire
féduir
des Mémoires infau Gouvernementy
par
: onine trouvera jamais pour Coopérateurs
idun plan ER déraifonnableyque erdes hommes que
caradtère porte - à courir tous les hazards,
e leur
Adminitratear
efans en prévoir aucun. Quel
pruadent & éclairés eut pui confenticà Ptranfporter,
acent rétablir des Payfans dAlface & de Lorraine dans
la.Zone Torride?il n'auroit pas manqué de dire
féduir
des Mémoires infau Gouvernementy
par --- Page 669 ---
DetERiaiige
dieux :w Vous voulez fonder
2 lonie; ; quel eft votre
une nouvelle Cob
que de procurer des
objetmt Sil-ne-dagit
gens quin'enont
moyensde fubfiftance ades
faites leur delfécher pas, placez-les dans votkandes
fois moins de dépenfe vos mataisisa8eyavee Ydixt
vous bâtirez des
que vous n'allez en fairey
Villagess vous
propriétés & les maifons dans des muisiplierez-les
d'hui
dlieux
ftériles & inhabités.
mujouri
ces nouveaux
Efpérez Hi ivoas que
Wourniront
Colons,sinfialés dans
un aliment à votre
laGuyanes
eft
de
:
impofible: il faur d'abord les GommercerCols
ce que la terre quils auront
nourrir jatqua
faire fublifter; il faut
déftichée puiffe eles
les maladies & les mortalités mettre en confidération
peut les fouftraire; & enfuite auxquelles rien ne
des forces de ceux
le dépériffement
enfiite leur extinétion qui ne fuccomberont pas; &
à Intter contre un climar fucceflive; parce qu'ayant
travail
deiru@euri, & unf
pénible,ils ne fe reproduiront
enfin, leur fubfifance
pas; ; &
propre induftrie e3&
une fois affirée par leur
yous leur aurez
par toutes les avances que
faitesyvous n'aurez
cette Colonie foible &
jamais, dans
fommateurs. de leurs précaire, que des Cona
ne fauroient fournir à propres produdionsy qui
objet
votre Commerce aucunt
Tels déchange, aucun moyen d'adivitéaioil st
ferout.toujours les obftacles invincibles
dum
fifance
pas; ; &
propre induftrie e3&
une fois affirée par leur
yous leur aurez
par toutes les avances que
faitesyvous n'aurez
cette Colonie foible &
jamais, dans
fommateurs. de leurs précaire, que des Cona
ne fauroient fournir à propres produdionsy qui
objet
votre Commerce aucunt
Tels déchange, aucun moyen d'adivitéaioil st
ferout.toujours les obftacles invincibles
dum --- Page 670 ---
Des Nare
Laboureurs E.repden dans
d'un étabiffementide
ingne Bunitisrale
les. Colonies fituées depuista
degré,
julgiauttendeneses mteneicimgsiese ganx ESE2
Ils ne peuvent dond être fubftitués efperer des NEErES
Voyons cezquion pourroit Snogel, sb atsom aot
libres, s solisin Z0OY Smp
la premilre époque UOY
En-mair ireplagant roujontsa quitirehr éré poibie
de Tinftirutionsje ezconçois des" Négres avec les
dep concilier Eiclavage
cette DD 222 inmoyens de lerdétreifèr-En Tupporane ne permettre a0
e
tention.au.l Legilntenr; il entTallu
a
l'achat 10 & Yemploi dés NepRts
aux Colons,
pourion temps Malterb.t2
leur, feryiceiique
cétte"
8x aux aufres,
Harpkaisds
fenter auxans lété dai bate derroutes fercombinat
qui auroit
descontrats desmcuteahs78 e0t à
fonsg-de touis manirellenmeng-ts esives aut
SDrOiRI préparés
Parir fallt
changement de leuts condition.
-
terreins enPprOpricre-noue
aflirer àcenisacides à
de Tetir Servt
cD jouir libremient Texpiration arrêtée dans tin plan X
tudese, centeldilfpofition, auroit environné 1es
ginéralo dEtablifiemene de , toutes celles de Teurs
grandes. Propriénés, sqpi auroient eu Thabitude & TObH2 RE3 A
Aliranchis
comme JournaRimre anciens Maittes. Ce ynune
liers lihreseieurs
à celui derla Peouatge?
fe lioit néceffairemnent regime parcit être néanmoins
dont le mauvais
G
sub
, centeldilfpofition, auroit environné 1es
ginéralo dEtablifiemene de , toutes celles de Teurs
grandes. Propriénés, sqpi auroient eu Thabitude & TObH2 RE3 A
Aliranchis
comme JournaRimre anciens Maittes. Ce ynune
liers lihreseieurs
à celui derla Peouatge?
fe lioit néceffairemnent regime parcit être néanmoins
dont le mauvais
G
sub --- Page 671 ---
De
un
rEfclavege a
9 palfage intermédiaire 32
& néceffaire entre
Servitude &c la Liberté. Jajouterai même
9D la
droits féodaux tels qu'ils exiftoient dans que,les les
leur étendues - & les anciennes
toute
Seigneurs Châtelains ne 25
prérogatives -
to des oq
rière fufifante b
u1C feroient a pas une barnombre des
pour mettre en fireté mnff le Petit
Propriétaires Blancs,
roient
qui
- E
la Société politique de
compolecontre une grande Population de chaque D
Colonie,
devenuis aufli
Négres libres,
auroit ordonné, Propriétairess8 des le b
le 16 Lopilareireqwi
commencement,
chiffement fuccefif des Negres
TAfran- O7 TIIC og
is
TE
Amerique, n'auroit PH fe difpenfer tranfportés en
des précautions plus réprimantess
d'imagingr
la claffe la Plus nombrenfe des Colons pour a contenir
dans un cercle féparé de la claffe des Affranchis, Colons
Citoyens; car,fi Ton ne confère parmi nous les
Emplois Militaires, 51 & les Magiftratures civiles
qu'a des U hommes d'un ordre,
Ve
multirude, ,il eft probable
dillingné 9 de la
jamais Propolé
qu'on ne 33 191 fe 16 feroit
2 dans les Colonies, une
parité entre les Blancs & les Noirss mais lagrande exagte D
091 difproportion Sig 29 numérique Xu9
des uns aux
auroit produir ia néceliré dimde 5b D autres,
inviolable des Noirs Hibres,auxmembres. fubordination
du Corps politique. Cette
effentiels
n'en XUB
tstogqul confidération, n
qui
anu D D9s plus inuite an ISHLA que
nO 2.
donc fait mettre quelque chimétique auroit
modification.. Tétat
L a
mais lagrande exagte D
091 difproportion Sig 29 numérique Xu9
des uns aux
auroit produir ia néceliré dimde 5b D autres,
inviolable des Noirs Hibres,auxmembres. fubordination
du Corps politique. Cette
effentiels
n'en XUB
tstogqul confidération, n
qui
anu D D9s plus inuite an ISHLA que
nO 2.
donc fait mettre quelque chimétique auroit
modification.. Tétat
L a --- Page 672 ---
8e
Des Nisrer
nato
'de Hent8ae" 3
proprieté, a suquel Tes Négres
ensdil sl 38 sbminise
aaroteht BRE" 8a2.01
anTorif'é ces arrangemens, 091 tofti IXS
taitecl,
C
blmncongra
2ab L
atrel
& 9l
-
tottonitesr-dael,
pouvoient
prépares
PoMdation lint" Colanies ils 'aurohent néetaniré-
"Hent hmtié'1e Hombre 82 retendne des' grandes
ManuraCturee,en R'micte, cafte & "tnlige. Lerci.
ou
polivint 19
ar
Riahfted.Paneti, Enepienbuns-ne
fe Nvrér ades" pecutations "dine prompte 18°8
Facile exéctnion, 91 par le vallemblement 8iratpolition abfotue duH grand nombre WErclaves,
n'auroient point Hiique Teurs fonds (0,6n une
auffi grande maiffe de fonds.dins les demichemens unain de TAmérique. Le Commerce national n'en
"auroit jamais reçu cette fomme éhorme dle
dont le tranfport & la vente occupent
at
"auirs,
22 entreriennenti .
une partie de Yes Agens ; mais les
"nes dir Legiflareur, pour TAfranchittermens 9
des
Négres, atiroient été remplies fans aucune des
contranetés' qui fe font multipliées depune,8
ont
aujourdhui une confiflance imquir
acquis -
a
9.
pour tout homme fage & éctairé. Stinsq
potinve, E e0j
€
ib
P 297 Il fuffit de
les
fiar
IepK
noimbiodul jeter 9H1 yeux bI tubotq alkée
alsias ast
dmar
a
-
rup nedeishanos 1 390
supitilog d'autres motifs 20103 aux ub
(i) On ne Peut pas (uppofer ft aula Tefpoir Tie grane
"des Entteprifes de" culure,en Amérique, ailisut que 1ist onob
grande fortune faite HHdONER"P
Gij
297 Il fuffit de
les
fiar
IepK
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alsias ast
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supitilog d'autres motifs 20103 aux ub
(i) On ne Peut pas (uppofer ft aula Tefpoir Tie grane
"des Entteprifes de" culure,en Amérique, ailisut que 1ist onob
grande fortune faite HHdONER"P
Gij --- Page 673 ---
IGO roI
DeCAplarege
métriques
&
- won
et AHX
eudeTLE Erablifienem
Ilesdn
Ventk fous
Paroiffen toldroD 251 AM Vents e 97 Falevés par 6 Qnartier OUPar
changer nondh? la - Bonr 1
ifecompogiren a ns e Timpotibilité den
4n7
31 aior Hidnanienn % derla esonyertinsen
Petits 9VITOT Domaines, 21q Fermesaou 31
par des
ou
Ghampssulbivabless
lai. Noo Blancs, N191 I OH.dGR Négreslibres 2
Gomme
Jintentien & les
de1p38 libre DIVIST 291 TUT moyens, de, nes plus laifler
FEipénence, TO1s 27 pour toutes les hyporséfesmque
29b
21A15bRO la Raifon & la Localité >
cent de
nous forn
tails 291 IENISI rejeter,je TDT
IS. demande gràce. POuS les dén
-9n néceffaires: SI I5q
MTS a cctre ISD démgndration,
trompois fi
Shieme
contefter, 291 25 DO ? 20 Javangois LL6CI1
des faits qu'on, pus ime
a
c'ett 6 E Pa5,le les détails qu'on
à fe faific de
parviendroit
SD
- 9b 10 mes H erreurs., S1 1 2 &. Au ramener en
triomphe -
2 les entc Principes at
Les terres, cultivées contradidoiresauncr miens,
Hg61S TUSL
dans les Colonies, 45.9
Deminsasypa,
egempleafont
vifées en
naturellemnent din
au a0sOBV cultures 30910 VuOT de, plaines 2 & cultures de
montagnes; Sb - 10 0aa mais les 29DI 1 défrichemens -
ayant été
celfifs, &
fucs
fc fuivent, VS contigus, HP
les Propricnes & les Cultures
FQV immédiatement ino
depuis des bords
EReT mer
fond
de
des. 2109t 8 luiqmat 20 IO des plaines, & au, fommer
enorlaanps montagnes, 29 fans I qu'il fe trouxE dans lesp
grandes latirudes du
plus
EUD 9b enonbb-uE même 29) E Quartier, % dun
blidement à un
6ta:
npys n2 Y n.Ir ppl autre,. aucun up - terrein neuf
céder, à moins, quil ne
* çonSIERPROIS Ub gonsus - foit C tout- 51 a A-fait Aériles
6 impropte 519 à Jno. toute, 25119
premiers
eipechi.de produitreil.cs
TINA ense Propriétaires gI SuE des 3 a Morncs f font étendus
t a
29) E Quartier, % dun
blidement à un
6ta:
npys n2 Y n.Ir ppl autre,. aucun up - terrein neuf
céder, à moins, quil ne
* çonSIERPROIS Ub gonsus - foit C tout- 51 a A-fait Aériles
6 impropte 519 à Jno. toute, 25119
premiers
eipechi.de produitreil.cs
TINA ense Propriétaires gI SuE des 3 a Morncs f font étendus
t a --- Page 674 ---
dans'les
Des Negres
IOI Oe
fe font revers: & de nouveaux
upni 19m
placesa leur fuxre: dans . Comefteimiaine 184 doubles
montaghes. Télle eft,en
tOT5U
intérienre des Tiles da Vent Renel.H'dincllinis T
Les Villes 82 Boturgs ont 1e "Srolis 290 moI "te Vek
glige de fe Héfervep
plus fouvent 29b f'nel T5C
poir pacages' Oll 9b
quelque tetrehin" inotou commun
&Tonae
pour diurfes Tervices publics: b
ee'oblige, dans plufiteuirs
réparér Oéette omificin des
Paroiffes, de 11
rachats. Of'concoit
ot Fenasteurs.Per par des
Habitiations'a'e "éré
que cet Pordre vicinal "des
autant détermine 6i995 par Ta nel
eemié-quie par d'antres combininifons.
relations, des Colons
Tonres r1e4
aux
2 abcuriffint Pa BeE mer
rées Embscadines, ils ont dur
Pour le débit de Teurs den:
&fe
s'en éloignier Tmo moins 291 en
"plicer, fivant la daté de lenir poirtie"s
mentfen premiere;
érabinifiefur les terreins qu'ils deuxiéme& tronvoicat tus rtownémne't 19 Rest 29
conçoir aufi quer les grandés
vacans. 250
On
defriclicment n'ayant commence 25
Eatreprites unos, da
Elelaves,ler
mi qu'avéc ceRe
d'une éteridue Conceflonistres'unt de rerrein. not ont voalt rsamtrer
moyens préfens & à venir. proportionnée 16, Les 290As ile Teuts 20b
nont" done été Heduites 30 au-defous ub 29 Coniciltons 29bAIS7
oircing cens
E
Tous'de quatre
arpens", 3 que
dnortoll
pas davantage 1 convenance on foruitn'y up
en - avoit
&,dans "lecas contraire, il9
diD B Demandeur; Gor mr
donze cens, & jufeura dens' elleont mille 11001 éié portées 2191 n a
arpens. Ainf
Gij
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E
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dnortoll
pas davantage 1 convenance on foruitn'y up
en - avoit
&,dans "lecas contraire, il9
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donze cens, & jufeura dens' elleont mille 11001 éié portées 2191 n a
arpens. Ainf
Gij --- Page 675 ---
Io2
DerERlavage
lel fyféme.des grandes Propriétés
dess bielayesse#t deyenta.par les soexploitées.par
Gonvernement
difpofitions. s.du
, par les fpéculations dur Gommherce a&dles avances, quilra faires aux
le Ayleme fondamental Ides Colonicse Par Colons,
sonféquence néceflaire olas fubdivifion isences upe
Propriéréssc conventies.en Mannfaduress nuifant
àllintéret généralsa lac fareté desi
ar la diabilitéides produits, & laurcrédit, hyperheques,
lons, ales doix: poftéricures à Iinflirution des.Cpr
maintenul Tefprit & less moyens.ol
enont
uMoila Vétat desi chofes; je ne, connois, eonuBitutt Point
d'exemple, dans eles Annales du monde,
Société formée znfun un plan leeidanufnquelque dune
vicieuxiuib doit8 fpontanément
eniadopten unautre, Car ce n'eft dil@lourepour Pas unee ré
Hformel, zmais/une, fubverfion totale, qu'on nous
propoferss ceith une déforganifation. abfolue des
:Manufadlures acknelles & de leurs forces mouvantesi unelabjuration folemnelle des Loix qui
alesonteréées, 8 protégées;des Contradts.qui
zétéla (uirescel enfin un moeroneacimpétuoes enout
desew-dorimirin.da tous les, individusa dont
sle, déplacement 20Xr de défordre commengeront,à
Tinguntimême dalaupremidre impniionscar Jinefention manifelléer d'un pargil clangement, Aqui2Nareseir 2d fuxécuition. Mais pousiwyons, lexastnmpim-Daytosigie, la prudence
VIa
ainggéré-pour
(uirescel enfin un moeroneacimpétuoes enout
desew-dorimirin.da tous les, individusa dont
sle, déplacement 20Xr de défordre commengeront,à
Tinguntimême dalaupremidre impniionscar Jinefention manifelléer d'un pargil clangement, Aqui2Nareseir 2d fuxécuition. Mais pousiwyons, lexastnmpim-Daytosigie, la prudence
VIa
ainggéré-pour --- Page 676 ---
Des Negres
nous'en fomhmera celui
éviter tontercommcriont
Wroprictaires cul
dlesNegrieslifbres) qu'on rendra
tivateurs. enoinaluséqt 2sl IEq e anom3movHoD
fur da
2n
Comment pirviendiae-on-a placèr
cate,lontijel viensid de préfenter Tefquifle, &
amultiplier vlesipetites propriétés oor Commert
1889en faireola répartition
divifer lesgraidesis Veutlon les érablir dans ilés
entre des Noirs?
linhabitées 21 Ils
qwartiersi , dans les montagnes diftances edés Ma-
"feront alors à del fi grandes
nufaéures, des tertes'cullivéesyi quilin'y naura
'plus de relation poflibles 7 pour les travauxo xojournaliers, entre les Blancs & les Noirs; 8rfireens-
"cil font une fois féparés de leurs anciens maitres,
& invellis d'un terrein fuffifant opone D
leur fuibans'en rapprochee?
fiftance, que gagneroient-ils
libres la
2no On'connoit rétabliffement des'Négres
Surinam slorside mon Voyage dans cette Colonic, leurs Chefs vinrent me vifirers ils vouloient
réclamer mon interceflion auprès du GouverneTexécution de quelqués
ment Hollandois pour
de toutes
Atticles de leur Traité; & je profitai
1les facilités que cette circonflance me procuroit,
nrinformer, dansle plus grand dérail,de
pour
leur E fittiationg des leuirs Mdetts Commeicel, 3
-Culture& Police. IIs ne manquent d'aucun ndes
moyens d'exercer , dans leurs Villages, inos Arts
"méchaniquess ils ont parmi eux des Ouvrierside
Giv
qués
ment Hollandois pour
de toutes
Atticles de leur Traité; & je profitai
1les facilités que cette circonflance me procuroit,
nrinformer, dansle plus grand dérail,de
pour
leur E fittiationg des leuirs Mdetts Commeicel, 3
-Culture& Police. IIs ne manquent d'aucun ndes
moyens d'exercer , dans leurs Villages, inos Arts
"méchaniquess ils ont parmi eux des Ouvrierside
Giv --- Page 677 ---
De LEfclavuge
foutes les psofefions, échappésicomme lesau
tres.des, Atteliers
HL Traité a
NienenbenAdematinape
même
faita -
les armes, as damain
les plus Sotoatinirasirearsea Js-auroient
Telpéce, dinduftrie
Tascraifemenr,
sicobasts.kemtathafus à
ont du
a de-leuurs forces,
s0
a
defirer détre siens étatide Og.eroiroisqurils
armes, nou de réparer, celles dontiils. de.forger.des e POHST
yoient par des - échanges, Sciqw'ayant sous connu
les, commodisésader, a
cieufes 10 aux.
Fesbserdertec.trer
Europcens el'efpoir dy 1
roit a L C
parxenirnfen
pour CHX HB morif de travail;
Toifiveré TIOT
font devenus, dans, leurs maisle.reposs états focials
fcor, Bnigue, pafion, Leur cultures bornée
folu e - D néceffaires les expofe à datireufes laby
la
difettess
3 chaffe. & L de péche font alors leur fenle
fource.
refn
ligientess Repouffane & L
conftamment les Miffions TCe
Blancs, ils toute I occalion de relation avec, les
BISI
er ont préferé, pour Saflirer des armes
& quelques. uftentiles, de fe
Timité.aarden % geoliers de leurs conlieuer. camaradles.Ef Par unt
claven.spilsarrétenr srevesdetaeilatimndens
gmand a les deferrcurs vionmentlrurdenaders
OH. qu'ils Is.les Aeprennent dans les bois. afyley Leur
Dolist. confifis € DL
dans C
l'autorité abfolue d'un
Chola 21 e.de multicnde fait, périr ou dépofens
licues quahd 33Vs des elle a L EP, Shomécogtenten Etablis à trente
quartiers habités par les Hollandoisg
srevesdetaeilatimndens
gmand a les deferrcurs vionmentlrurdenaders
OH. qu'ils Is.les Aeprennent dans les bois. afyley Leur
Dolist. confifis € DL
dans C
l'autorité abfolue d'un
Chola 21 e.de multicnde fait, périr ou dépofens
licues quahd 33Vs des elle a L EP, Shomécogtenten Etablis à trente
quartiers habités par les Hollandoisg --- Page 678 ---
Des Nigres.
t85
ni Comihertini
ilgne-venlent aripprectiosents welirecotusiss que
d'autre tracitenidaatres its feinaittententa Fdats
velles de 1eur paysRatalise
Caumiamon
ceso prineiperavees laplus piereverante toutes 1ee tcmibint
$ On ne peut pas doutcr que
rereinpees! >
deNégres Tibres dans Tes montagnics Colotié, JAe
dans les Henk inhabités de chaque de Siiridsin : aret
repnéfentafene les Peuplades ces de Romeadint
dans Tordre de la Narire que
font fortel
les golrs se'lles habitudes primitives reviehnent 1
usi
meot-contrarités par la serritade,y éni auront la LE
aveco trahfport anf-ror qu'ils jouifinee no V foit
berté, &2 que'lehr premibre Tinguitnidel elde Hétomber
Toiliverér toutefois ronsTantorié des Blanes
par quelque eataftrophe
fedératives &
ne'les' slexcite à des paecauitidas 1a"
en fon?
or -
titecretrtea
aux moivemens qui
GTBH territoire comjotrs probable quanffcxror aux affianchis, ce Tera
mmn's aura été affigné & la pattie adoptive de
le point deralliement, etre admis. Or, f eet
tous ceux qui pouront y jamats comeliabierie ne
établiffement devenoit
su Hndine
pouroitist pasèrre dingrtutrceteia att mnthiei'de Rousy u.qRau
une Societé etrangere, imorale" en8e poliligtiee ancline 92
cune eokfidératen aucun "intérêt Re
mettré
conveniance, de - travail 1822 de
2ob aveeTER asusil
Pice
enrvelation Golonispslloll 291 169 zhtidarl 215incup
établiffement devenoit
su Hndine
pouroitist pasèrre dingrtutrceteia att mnthiei'de Rousy u.qRau
une Societé etrangere, imorale" en8e poliligtiee ancline 92
cune eokfidératen aucun "intérêt Re
mettré
conveniance, de - travail 1822 de
2ob aveeTER asusil
Pice
enrvelation Golonispslloll 291 169 zhtidarl 215incup --- Page 679 ---
DetEftavite
nLe projet de les difperfer fur ie
facey del lesi rendre
grande fure
grand Propriétaire
Fermiersynt Laboureurs du
pente habitation auprès duquel ils auroient une'
tourdu
pcomme les Payfans en ont auDomaine de leur Seignenr: Ce
la
qui paroit 41 fimples parce quec'efticel plan
voyons dans nos
que nous
pagnesyce
Villages p7dans nos 3 Camlution de huit Planje dis-je, exigeroir une révo:
sou dix Aécles-Pavant
exécuré, Eti qui fait àle quelle
que d'être
parmi nous lat fubdivifion des époque remonte
tranfmidion
propriérés, 8c leur
tage? Cette par échange librey vente Oll héri
unis en Corps première de
opération des hommes rés
frabilité, aufi-tôt Nationy acquiert une inviolable
vernement.
qu'ils ont des Loix & un Gon:
II n'y a plus que Tinvafion, la conquére qui puiffentlad détruire; & lordre fer
aufli-tor par un nouveau
rétablie
taquer maintenant
Partage, Comment Tat
bite ou: graduclle? par une décompofition fuBIAit-on prétendu que chaque habitant vendroit
wolontairemenr à crédit, une
de
rein àu ufes affranchise Mais fi portion
fon tercent arpens del terre,
jai cent Négres &
ib ne me refte
enen vendant un achacun,
Et
plus rien dans un terme donné,
qui me garantira le paiement P
ront les cantions de ces
Quelles fea
nonveaux acquéreurs
Cerresijel ne vendrai pas volontairement. La Loi
ition fuBIAit-on prétendu que chaque habitant vendroit
wolontairemenr à crédit, une
de
rein àu ufes affranchise Mais fi portion
fon tercent arpens del terre,
jai cent Négres &
ib ne me refte
enen vendant un achacun,
Et
plus rien dans un terme donné,
qui me garantira le paiement P
ront les cantions de ces
Quelles fea
nonveaux acquéreurs
Cerresijel ne vendrai pas volontairement. La Loi --- Page 680 ---
DesNegresi
1O7
fotcorg-t-elleir'el alors une Loi dinyation
Scde-d@ponillemgnt, miy
ndont onine faunoit.craindre
lagromulgationtiaipi, 251qus snitasngoyt bntag
Me.diipeniede-wous: de vendre pouramioliligeh
dw@etmermasenrs par petites portions sTa chacun
égnlement ma
dec omes affranchis? vous-anéantiferi
pour
propriétes mesbirevenusiy en me laiffantan
tout moyenic de les faire valejris.imn. n-expédient
ne faurois me confier, parce
obligé 51 auguelije
pan auçun autre, 3 A
qwiliner peuto êrrei fuppléé
abandonnent leur
çesi Eerpuierss fans propriétésa
ferme,ou négligent leurs travaux,& ne peuvent
me payerion 29b NOMTETSgO 9ngirmene 51190 56367
aCeft donci scommedournaliers quer le Propriée
taire) emploieral ces Négres libres Mais yous ine
faites pasiattention que cel Peuple de Journaliers
fans domiciles fans proprietewifetoit un mone
Areien.politiques quela difliculté première, celle
deiles.placer quelque part comme hommes libres;
de les diftribuer en Hameaux, en Villagess de leur
donnen un titrers une part effective aun conttact
focialscette dificultén'a point été détruiteslon
ne peut Têtres quien leut afighant des quartiers de
inhabités dansles mentagnesaquiles féparent
lan partie a@tucliement habitée, dont lyousivoulez
ssilss sdeviennent lesi Labotreuiss 8cje croisavoit
démontrés çomment leur réunion à de grandes diflances de nosi Manufadures, les rendroit plus
donnen un titrers une part effective aun conttact
focialscette dificultén'a point été détruiteslon
ne peut Têtres quien leut afighant des quartiers de
inhabités dansles mentagnesaquiles féparent
lan partie a@tucliement habitée, dont lyousivoulez
ssilss sdeviennent lesi Labotreuiss 8cje croisavoit
démontrés çomment leur réunion à de grandes diflances de nosi Manufadures, les rendroit plus --- Page 681 ---
Io8
P01
tôt
DetERtasge
ot.étrangers, &
lons. J'ai enfuite smnonis.quantilidires odesi Cos
les
parcouru toutes
R
CJesuplainesi8e
inomsne monagnes L occupées par Idesy
tiglien &c je ne, Yojsspour,
habitationslconrein
les.Négres,mucunt tere
BI S diiponible, A
aufi-tor.q qu'ils feront
parce TIur qu'ils nauront pasdes
affranchiss
cun habitant
moyens, s,parce iqu'ate
n'aura la volonté de
Domaine
démembrenfon
l'exécution 5
fn petiresn particsy pour concouririal
d'un plan, qui le ruine
9t
Jepnévoismmes objedtion
infailliblemiems
en arrière >
que je ne
25 19:
: n'y, at-il pas, mei veuxpaslaiffer
37 a 9VS les Colonies des
des dica-txompe dang.
> N'en
Négres&
Mulatres libresp
>> 15q 9 afranchit-on d
pas tous des
T
eu
de
jours?SSt
PoinEe
difficulté pour
nyal
> la une
procurer ànicesi
Profeflion, une
gens-l
>> Coloniales
exiftence dans:la Sociéré
XU911
sils fe font
2>
naturellement
AD 51 E
placép
remmsPropmiétaires ou
> les autres
comme Artifans,
as C
parmi
Habitans, il ena
3 d'un
arciveroitidel
D
Afranchifiament fuccellif de
mêmel
9 claves,
tous les Efa
TO 2911 lorique ce Plan feroit adoptéox Stloo
Ona
29b. CIL 15 déjar VH, dans mon premier Mémoire,l
qusjem no néglige niaffoiblis aucune
& celle-ci:
RO
Objedion;
gn D A
méritoit d'être développée,
rience mog & 299 la Bonner Foi, pouvant en IInexpés
la valeur.
exagérer
-inoo
Hoya une très m grande
entre les
différencel
91 EU15 Afiganchifemensi raresn &ry
ont lieu
volontairesp
qui.0o05, fuite a5 maintenant. 51 ot 9 ceux) quis feroient
11,64 LE d'an - Adte légillatif,&ca dan I Plan généraly
Objedion;
gn D A
méritoit d'être développée,
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-inoo
Hoya une très m grande
entre les
différencel
91 EU15 Afiganchifemensi raresn &ry
ont lieu
volontairesp
qui.0o05, fuite a5 maintenant. 51 ot 9 ceux) quis feroient
11,64 LE d'an - Adte légillatif,&ca dan I Plan généraly --- Page 682 ---
80t 109
DaNaal
wlecia 101
adoptéicontic matearermapeig sjino ist znol
UHOSIEG
mations 1 Ides-Colons
odit Gonvernement D81 nom 291 a
nJafqu'a prefehes-Terprie
ae -
cdesPA Amastchic,8a
étét der dimiterate/noinbre" fut cel point U,E
mettres même des entraves, Tomvent impore 0160 un
libéralité des. Maitres." Ona
sn préd- 203
resigé des Rebidifons"
droitp om amt toujoufs
aftirée? Dslleiis moc ceux,
lablesip8n unen Hohtifance obeenu'cet" ruvantage, o9xe
dessE Efclaves qupone
Fan
vents lêtre X rangés odans trois chamerreelle les Négrees no
Bitanderaffranthise parileurs phréss 10 Io ayec 251 RE
ou-Mularrefles', vivant en concubinage 09 V 48
leursn Misttressienfin J lés Sujets idiftingues
e
qui
b 48
alt
Fervices,8
leurs talons our-deuts
dotitera
voie; car' enone
entichis parneette Elclaves
fe trotiveides
caecouin
quiline Maitres généreux, Ces trois caufes AAT 251 44
&zrdes
liéès aux
feantchifementife trouvent evideniient Yans diffi- a
moyens quil placent, tout de mte8e
vels ou e
culté, less Aifianchis parti les Propriérires Habitans 'des
les Artifansa Ilsi font prefque tous' don qui 21 acbitd 91
Villes & Bourgs; 18 de premicr
aun 3
celti d'une Maifon,
pagne deur liberéyeft pluficuits EictiNve, sono1t pour
petits Magafinadunrou métier Jotl lelif com- Ev sl
lesr aidenaiexenceniaure
celui de
mercevsils V n'ont d'autre meilent"eqsé rat
Bacotilleurse Gen'eft Arquaprès avoit
forfatie 910L si
dans) cette profeflion 1 quils sélévént au rang
un 3
celti d'une Maifon,
pagne deur liberéyeft pluficuits EictiNve, sono1t pour
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mercevsils V n'ont d'autre meilent"eqsé rat
Bacotilleurse Gen'eft Arquaprès avoit
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dans) cette profeflion 1 quils sélévént au rang --- Page 683 ---
fio
des
à
DerEpinike
grands
quicont des! Prophieratires, car il ChI eft planeing
Sueteriesys & deur 68 - r
Efelaves il ien Pena aucun
trois cens
premières épargnies
u7 Wempléid fes
pent en avoir
asen procurep mn9W" ne
qui ait jamais davantage's ;88 Hmeren penir, H
préfenté le
réur, Noir ou Mulitre, fpedacle edun tab8gr
famille 2 - par la culture vivant' del
mibrement avet
Sul1 n'y a done aucitne for petit Dematrigs
un Affranchifement
inducion à tirep pour 9
de ce qui fel paffe dans fueceffif les oblige par 1a L8T,
lontires, parce que le petir Afmanchifeiens v63
qui exiftent, ne peut être
nombre de eelle
cent mille Efelaves, il embarafant; que, fup
année qui obtiennent n'y en a pas cenr par
dent eux-mémesy fur leur liberté;8 qu'ils PFons
det travait&e d'aifance; PEfelavage, leurs moyens
des moindres embarras que ce ne feroit pas tra
du
eette clalfe - de Noirs & de nouvean Plan, que
fe confole
Mulâtres
aujonrd'hui de la
BhresPqus
tr'eux & nous, par la
diftance établie end
fur-la claffe
fupériorité qui leur tele
luTous
inférieure.
aibo
fauroiont lesrobftacles être
que je viens dexpofer ne
applanis par des
hémentesy nio par les voeux déclimations Ves
decla Brenfaifanee, de la véritable plus relpedables
Cependant je tai pas tout
Plilefophter
fidère lillufion &le
dit;8, quand je con"
danger de tous ces moyens
diftance établie end
fur-la claffe
fupériorité qui leur tele
luTous
inférieure.
aibo
fauroiont lesrobftacles être
que je viens dexpofer ne
applanis par des
hémentesy nio par les voeux déclimations Ves
decla Brenfaifanee, de la véritable plus relpedables
Cependant je tai pas tout
Plilefophter
fidère lillufion &le
dit;8, quand je con"
danger de tous ces moyens --- Page 684 ---
Des Negres. A
III
fèremert
jai de lad peine à croire
f
préfentés,
CITI la Juftice & THumanité, toujours, fi droites
que, & fi pures dans leurs yues, marchent ainfi,.comme renverfe
la tempête qui déracine les arhres,. hommes qui
ies Edifices,, fans égard pour les,
- nio0
fous les, débris. Non, non, TAmour
vont D Dérif T parfaite Bonté ont unu autre carac
du b1 Bien,la
attirantes ne font pas fans
tère, leurs gràces hommes vicieux; 8, lorique
effet, même fur les
leurs nobles ellorts,
Tinjultice lutte contre
qui réfifte à a la diny, a quene force avengle à la,
de leurs
gnité de leurs, paroles, 2
puilfance,
Tup
confeils, inihendms 5185 159q 9n ranshixs la dif
Nous avons vu tout ce qui, empéche
& Tétabliflement des Négres Affranchiss
perfion Poffeffions des Européens dans les Con
fur a les
difficulté reconnue pourroit épars
lonies;8 cette
de beaucoup d'autrescon D mais
la difcufion
gner - crains
de m'arrêter à chaque objeco
ie ne
point
f elle étoit la feule à
tion principale. 2 comme de répondre. 2 xuS 11
laquelle je me fois engagé
d'uns grand
On a dit : >> Le raffemblement d'un feul
w.nombre de bras.A la difpeftion,
fanroit etre nécemoresiline
s2 Propriétaite,ne le même homme foiti Mannfalua
Mo Fett pas que,
peut cultiver festcannes
* rier & Caldivareur;il
un Moulin banal,h
7 da fucre - & les porter à
Moalins,da
9 s'établicoir des Estopreneum.de --- Page 685 ---
II2
2) -
De
n
-
L
Aafinerics, dans PERIONEE
fomime ede a
chaque 9b. Canton; ensmu & la,
s
produits
OT 2 mème a0E
2 61 vsls feroir verfée 29)
dans
-
opaleCail aini
fe 20U5IL 291 la
na
S 9 que
fait le
MS
habpist Entia, il ny ggs a J9, 1s fucre u dans
s.S si
B
plus de
raifon
sbutiv 196
pgpbucis
Pa
a ne
ia anjourdhur 4 Sgoyt -
les
17 D1g
23 a
Ales
a peuvent
que 2Y5
3) quil G. 359 Ron eire cultivées 9110
des. afape
a
ny en avoit
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Eelavets
eulo, Titalie refteroit
pmudmo foutenir
emle
a plus sl
33 incuite, quand E n'y 2016 9HS
non dEflaves sanst
>, Celt atmli aramshil 06 auroir AD
tions. E vagues, &
eub vib ALS,
des adert
de
smsg
la
59 poc comparaitlens Si
2n IC dulpariré 0
n'eit 251 point
RTRDE Fanisy
T
wdonr
Re
prefhon fur les Ledeurs. .appergue 91 281 on SonIg fait iltr
LErlrise aVanoRcE fera SJ
Slogm 102 fis sils
dans XuS un pays JnStno LISI
facilement 291
snobs
no
toujourm
a maou dont. iyn la force
détcnit, 69
palatant la
TITI
Principaleas
t on plus sns
A POr
nombreufe,fera celle
librés. Lés
391 mus
des
uont
1O
Romte
ns2
étoient
Homraer
Eaboarcurs,
tous
as &.lorfque les
onginminement
F a
Patriciens 18
Chnuis, 87
on
A
renonsérent
ie
To Y employèrent Jeurs
Peuple, Roi dans les
n6 a 21
ISTE
Comices
Eiiavehy
dans les
2 refta
sab OuD Campagries En
1U Payfan
cite eut
fuppofant qu'un
brdonas
Picbifr
grands
ou
Tabolition de
a un
SIst by
Proprictatres
TEiclevagsa des
mpesibire &de Vst nayant 20 rien à
ansb
la.
craindre du
auroient e
tints réunion 1s de leurs
sH
prie
Afianchiss
mnle D1 TERVOYET ou C les 30
fur
Domaines,
placer
sb
18 Ya appeller au en
leurs
vres anu, Villagepis dont
coneprgence IS 2
RO les
lie n'eroir 20 6 nnuof ils étoient environgés. Paur
ab esivil Pas comme
Liras
quement en
S-Demingros diyiléc
Bust 091
CIRAA
Mnis
arander Fropricnéss ioyp les
ANOY méticrsa A
tous --- Page 686 --- S1
omNe Negres- ansb goipaie JT3
- r
de culture néroient Pb
pag
tous lès fAARERET
-M
mains de Erclaves; e8s
a
entre
smejcheve
1erma
at
X R nouvelle oni Anz
iet fur Tore.at applicable an
a la
R
2b zula
* 1a Rufie,
Pologue
gléreire, au Camils,
10OT
E
srtéu les" Pays de TEurope out la 3SV Servitude a
25b
IRet pas
1 diffi- a
L
BEinate
plus,
éf aEReS i5a1te d'exécuter un plan
eile atoe"de Pombiner
a 317 a plus
qui, 9 a e
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215 géneral de" la Sechtr 119
I IS
1O 9u
EAC
toutes les
leir place tôus 1es dad,to 39. 3
eft
La proportion bis
rg
dont elle
compofée. a
30E aux Cielives; chez Tes Ronisins,te relativement anon eV59 au AED on
nGO
Ouand
étoit,je erdis.dun vinguiéme. 2ule ST CnEI
toyens,
93 19
on conçoit
fubitement
que,
dirasctine
1er auroit
il 2nisino s'en trouver
far vingt Propriétaires, 51Ts
pouvoit pi 101 en Q e état a d'emquart, un au moins, Su
La
H
ins -
tr'mane.1
'de lut vendre
un Mineivre de plus,ou 104 31
ployer un 9 arpent de terre ; mais , s'il 251 Y
acredir
- - un Homme libre, que de- 313
vingt Efctaves pour
& vos nnobno moyens?
Vienent votre comparaifon Ia manière de sare'1a
ubge ne contefte point
ainfi 5b 3 dans 10 li
fucre dans rindoltan. Ceft oN 0 97 eot que, 110 109 Ha
"de S-Domingue, plufieurs e9nistt -
partie erpagnole 1O0C
un demi arpent de
bitans ont auffi un arpent, 2
292V
IQ van. un 1nst Moulin # bras,6 une 0
camnes; &, avec
a mos 250 livres de
ils Font"
ou 1 trois-cens DB Jn
a1
CHiudtere,
bRste
1eur a tifage. Mais, pour en fard
fucre, polt
H
auol
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camnes; &, avec
a mos 250 livres de
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CHiudtere,
bRste
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fucre, polt
H
auol --- Page 687 ---
De
cent
CErianege
de HOLTEIAC millions,de S10 iurer &
cing ou fix-cens
compofsr la Cargaifou
des
D5 Yasi@caux, -
alifaur
Manufadures, & cet enfemble
de IBSARd'Aninaux, de Terres,
de Bâtimens,
&2de
compofent les Habitations des Manauvres,qui
iconcevezavols
Colonies. Comment
ces Anumausa que cette Terre Pces Batmens,
qui
priere, vont si fe divifer
geebterhe
rens Pollefeurs, Zb
& NU fe répartir entre difféceuyres,
qui auront tous befoin de
, Efclaves hier,
1oux9 211 Man-
& domiciliés
Affranchis aujourd
cep 95 9bi nulle
hui,
zasb Sans 3 doute 21T00 il ett, Partz-aac JiovE noti2
951 291
en
a
Colonic, de
Polmible..
a
concéder
érabliffant
Tin, a M919TO
a lan la banalité du wne
ausr a Tautre 4 9
TuOC celle de la
Mouvers
aorcu Manufadurs, S11I
9.
D31E0010 Calticatenrs, 919 26 des terres, dont &.A.di-
-
Tetr 29351 porté AAUSV VIOTT chez 31 ces
3 le
b
1O,
Prodait
converti en
cnpr Enpypreneursag
S enomsn huile, yins,ou
POHr y être n5
SAet ce
ce
63 D farines,ou, fucre, Mais
231R01 9b PRSC Tib qui ts a 13 été fait.
ceffions es0nons pofibles font
11, à Toutes IXS les TUSM Con- b
chaque Habrant TO
réunies dans 21
celle TTUS de
venaiaes 2otvernAe Comment les defupir & 2517
au insvid Par partie - 209151 ? Qui
I des
L
voudra,
:
pourraacherer
vendre
c'eft a 291 R ISupus Ahlceft tOIO
abuler
la
u Qui
irriter
de
exn Ab 1t0Tb 31
dangereufement la
créduliné,
honnetergens,
de auo UE
fenfibiliré D uns des
de 1servin Servitude Usi Rte.de leur préfenter TuF
mal
SHo1 1lliounsi 10Vs.n5 des Noirs comme ter.le
T réel LE
détruire. Que la
TD
mIt A facile
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A
*
23 & 291195 Bienfafance 3
La éclairée a
9 a
a1ol Tadoucirs oft.
lieu
socqupe
on intérefle leur, quau, 1O doutrager 160
les 91 TIXS
-460 ls Ir 2onba honnéreré 20m01uo leur
Colonts 1
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"Aeillete TURtre derehonea."a préparation TJO pnioish "dtin
censminad bb sldmshns 190 08
iup. e e9TvusonEM
etuOstunaM: 2ob
shommo asinoloD sbge.hgp sbi xumminAb
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Listerntidioe - de 5449 Traites desp malanslogmos
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Nigresspeac A etle
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qui en 2-713070122
"prepefene 0121 PCe
-nsio Faits ab niolsd enot 2hphicliss 1001UE dte3 piades G dis
ciunbinoref expoles. aitonsatA a9id "P.fCMSLaE 291 valola
Si l'on avoit confidéré la
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2014 AHNMAGRE
algiog savatide I
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Tlite-de abyens
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sehehat.aloly nauroit 21191 9b pas" GEProd opérer - 219Y leut
TAL wmanteR les Colonsletu produite 5100 avec 1to1
NP l'ordie "enible
slud trouvant 09 1135 placés knos
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antérieurs
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3ui7es sons 2,
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Tatudashiecon comie res'emnieimis. point ralaeees éte
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"Re talenrs reçoivent 15G hommes stbngy
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dimpiur auquel ils les consl
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SbH10V1K 6I
toasathticaaige femble en avoir recueilli cieadeda 9b
btegHlnSnw mealicingld misere, & certes 5I sut en anlagist toute
zate HeNHaREN marchés, usil on"2es 3 OTObEL apprenant JE
Hoht
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Vendugi ua Womatah
a
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eit't trds.
Hij
portion 29b mallieureufe
SbH10V1K 6I
toasathticaaige femble en avoir recueilli cieadeda 9b
btegHlnSnw mealicingld misere, & certes 5I sut en anlagist toute
zate HeNHaREN marchés, usil on"2es 3 OTObEL apprenant JE
Hoht
hommes Noirs
Vendugi ua Womatah
a
hlina, T 2
eit't trds.
Hij --- Page 689 ---
II6
De PEfelavage
T4 naturel de defirer & de confeiller la ceffation de
ce Commerce.
-2518371 290
Snob Nous 59061 Smt irgmswom mbimsnq noM
venons
atiok
norDiDIB1IT - AoupOvOr d'examinerla up. fituation, XU93 Sb
1 intérieure
S.lo tons
Métropolé ns up
des Colonies: hir ebasgiin nous, ayons s0 et YE
que
K
en.
E
Afnie infituant
fait
lscovinde
119i19 IUD
reant.3.fat 5de
Su519
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Noirs, la
dN
bafe
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hazard
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993 déterminé 9JIFT des SISb 1ng volontés Hog 61 JIC pirtientenescont HUDOTO
-DROHE USI combinaifons, eginolo 291 générales; &
mière faute de
ensby 97 951 6121 lapres
Las-Cafas, devenue la
de
TeRouRRE 5ms
XUG quelgues Am
Aventuriers, 251 zuot
2 1910919109 a changé
politique de
Je yAtéme
sq auny
plufieurs IR91OTVIT Nations, & a 29
parmi les ISESTA Loix les richefles - RER place
n'et plus le crime
noptogn
F1ar 29
LEMTOPSIGE
va effacer; 110151 dhieraqu'un nouph 03 jouF Ples, 52 pur
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truire Jes
le uelctemps4 guit - puife C9V Hes
1nsa1nsg cet
299b 291
a cimentés, 2 9 gn
b
aberidin
Mais,
60S
Iomph.a.
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1091 ensD traCF
51,901 tasgist HalanGIltAD falutaire ASL que facile 291 ITII à
? Ne feroit-ce pas une
emr
Ployer une réduction 29 29V6 dans Angi le 1091 diminution a Inroq TO T: de maux, 1SSTO
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certain à
Maimmas
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clavage P
moq
SmSIIY
9b Apres a ITg s2misM.ash SAITOJnST Inaiontav
m étre fait toutes çes
ell
ayoir bien 4cide SI.D 0 quetionsa a 290 AY
BUROOIST
depuis.p BT
plufeurs 0T1SV
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J - DI
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Je
que
19ibust Boint e 9110v d'exprimer, Bli
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coniidération ne me
qURSiR SRLAMGURS
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ou a concourir
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BII
3Am1A30a0
V abiilsb 9b Ionpeg
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sipsiose
mouvement me range donel of
Noirs. Mon premier Ctaanifodue n Tinterdiaion,
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ne (urpeads AEaNneea ma
qu' M sI SUD
enrevequi en
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qui
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Rancilfion.
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tilfement Senste
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10151 avec 9, les modie
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fentble d'an.nouveau
ie figne
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projettes: Tercilies C
BI eux Bisnes un Nenat'de Liberiée
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Tantorité pour
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Ils verroient
Force
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dela protection de lt
Fappar "des Tahx,8 arre
Roalse noid, hanta
is
Te-vansie Verroient TEurope reprochant
palrgser
eneb nonuol de Ton ECnlsfe
TALAqUE: weae 10s avoir. rejettés b anot -
un
Fandroit re
savirés Tui tevolite quil
eroipoicnt a
comment 9m stt noltisbil prévenir TinpaaeN main arserRe armée; nsiborome ani B2
ou moins
Eosteite,de
Mutretion genetaléspi plus
tousleaNegres,leur impatience de fecouerlejong,
Hiij
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IIS
& Tagitation DerERciavge
Tinquierude T1
que leur 291 cauferoit le fpedacle se
907 HHRO uba & D de ISL Tembarras des
Or
De tontes
Colossias
Aredionde 9A ley-mefures oltentibles b
pourda
am
der
de la Traire u9 OQ feroit FEielavage JU 1
des Noirs, Iinterdichion
201 21107
C la plus 00 marquante,&
rerfon la
4.
parcette
qu'elle 14 9b plos dangerenfe,Je minfide Das IurTeder
dEfclaves produiroit Lt dans lintérieur des atteliers
Ce
facilement 19) HI 910 mouvement allacmant, peut etre
epperçu: mais Jai plis,
recherché
attentivemesr
a
oq suelle 4
influence, d auroit fur les
priétés, & les
proColonies. up
tranfacions du Gommerce & des
tronve'
3etro
duction fubite 6I 95 de
quil occafionneroit une réde la 9b
o0 5 toutes les yaleurs, la refcifion'
ema pluralité orrgo des Contracs, une
nérale de tous les
faillite, 8Rr 2
21010 - asr Créansiers refpecifs,
1On ne peut
Torlaog,
terdichion NR
II
PHs, douter qu'auli-ror que-Tin.
dans 270 lés 9I
feroit connte, le prix, des Colonies
biens-fonls
bmt
ne baifar
Les 99
confidérablemient,
Hypotheques dont ils font grevés
altérées dans la
feroient'
créances 5 I
meme propartion 2 toures les
11079 POHE raifon Saeqmilitiba, partage, mariager fucceffion 5I 31
fibiroient la meme
LY eil
& tontes
réduaion,
2I5M In9 celles 9Hi -
dériveroient de
9001 TID
onS
cesi premicrs
engagemens. Le 20 -
y9b sf sigsd 9TUE nu 97OY191 DE
lomes -nQ3 Commercti.f SI
faifant annulcllemenr raux Cob
9n 210: V des avances. Fgales
à la totalité
Altimoitié,s louvent
n
e0p de'leurs revenussdeur refuferoit
crédit 190S a & bomneroir fes
ifout
S1
paaas fpéculations aus retrait
I
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de AedResicel. 3807
2g gres.
R1I 119
tatiriie de
K
D9
CURHis lenr
Arenata
cotnpéecirsp-muritrmtre allarmes 9b 3, AnonDAIl dér
qui "ulpesdrone fes armtenveag wom
drcsmmerce P,
fette dansiles- HIES qui
GV lattab trhe alfcafe difianceg der
désendent pour LIFTR (ubtabld de "Pingurétide BNereppetd.ii faneiner inévi- 2b
de YTARE anlq TONST
matenrs. De-mgtitiotrer R
retraite des Arplacesde Comerees 19.
muitiptice 90. 29YR Jnie 4'5
1egrCotonnege ent" acetiezerote inéfSRdie univericl angmoliost à dans
-oSuppofe 2P0us les
1PTURAR ruine.
de
PRRLURALASE police.
fareteramfer"thet
est
yony
ait Aretadidrergnetur enteiniee pouir GREAS qu'il 1919
Négress Je répondls Phdusesdacde 9b parp des
de-Garde Guit
quitHP'a a point bntal
ptiffe coifente
C
pêcher une
M-Podita ptte ematlaninesi lorfque 186
5b SlRDR
dipofés.
erprius y font
diferérement Or-drapresle briie quon's'n fuit, pd RO.
fur la Servitute-de' Note .lepre tres-inrAedecanteeer
cellation
Ruren indiqne
ferapjore le
E
ponr rincendier'Tes
dnzectun tine aeHbseheill
Ports & 1és
illunce 29919116
+511 yauradans dotte une L
Colbifés.
convenable
eabmine" CPENI if TEFOIP
&une anfre depeeiosemutenidra oit
RSIT
elle'cefferoit
aelTraite, 5 291
je renvoye à un autre
nafureliement le
msni Mais ns
de mesy vites fitr cetté Chapitre devéloppemene
fidérant queileo
revelation:ae-enn ne con- S.
moment préfent, je
h VOiS
ih
certainoquelles
hy roisde'
desi
mauxque Tamnonce, AAnV 1a101 aucun sl a
aramaga-qeontepat enretrer. Jerépete
* Hiv
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je renvoye à un autre
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mauxque Tamnonce, AAnV 1a101 aucun sl a
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* Hiv --- Page 693 ---
DeeEpherep
encore une foisl qurit'me parott ping que pros"
blematiqnierqi'e Cote
n'acherant plus d'Efclaves a Tab
dAfrique onPen diminuat'le nombre, &E!
j'ajoute, imalgré e oce qui iaete din au
slo
que le Commereedes Européens avee'les contraire, 2
de'la Guinée,a plus adouci que
habitans
cofrompu "Tétirs
Meeurs,e que" Tes Miflionnaires ayant
jours précédé 601P fuivi nos de Marchands prefque fur toil -
Côte', il y ag' par tout oit ils ont
cette"
de Police & de principes de
penctresplis - 9 dans'
l'intérienro des terres. Les Mémoires civilifation,que qui m'ont ET6
communiqnésyles rapports que gai réçus direw
éementde plafienrs Navigateurs & autres em4i
ployésdans-nos Commpteitsfondent mon Q
ain 8clorfquece genre de Commerce me opinion,
uneridée repouflante, ce a n'eft point préfente
tache eeelle dun'diecroilfemene
que Tyat
les Négres; ceft en" le confidérant d'infortune pour
del laviliffement 8E de la dépravation cômme de
effet
Humaine; ainfi dans nos Arfenaux,te brait lefpécs des
armes, les inftrumens & les travaux militaires
me rappéllent fouvent T'outrage que nous fail
fons eai 4a1 Nararelien façonnant fes
employant fes"donsja I
la defrucion déuvresyen
femblables! 2sf auot ansb nizudl sb abrod deonos asl
-Les Efelavessvendus fiar lai Côte
arrivent de différentés D Echelles, dont dAftiques les
éloignées fe trouvent cla deux& trois mois plus de
travaux militaires
me rappéllent fouvent T'outrage que nous fail
fons eai 4a1 Nararelien façonnant fes
employant fes"donsja I
la defrucion déuvresyen
femblables! 2sf auot ansb nizudl sb abrod deonos asl
-Les Efelavessvendus fiar lai Côte
arrivent de différentés D Echelles, dont dAftiques les
éloignées fe trouvent cla deux& trois mois plus de --- Page 694 ---
marctheum
Des, Weagres.
12Ir
dans Linrérienr Cof-andireds plus: de hait- cens lieuess
lay
des Terres- En. ne calculant,
fomme de S mauk.qulon, peut
à qued
e
clayagses comment la.retraite des ionputer IEE
opérenpitselle
Enropéens en
diftans, deid
la réduction a dansi-ces, dieux. 3 l
parte a ples dtoutesdeurs, Peuplades fpéculations? Et qu'ime
noitient, pasimeme les barbaresiss quin unea cOnHI
relations qu'elles Ont
NOMS, QHE ces relations ceflent, Ou
aveci
nues? Les Maures,ne font-ils
foient mainte
Erontières, faifant aufi le Das répandus fardes,
ves; & ne feront-ils
commerceh des Efcla-l
pas ctres-empreflési
parer de tous les Pofles que nHouS
idusemronSa La Perfen Jan -Turquie, xdes) Régences jabandonnes
barefques., Empire de Maroc,
Barm
ancienneté > Thabitude &
onts,de toute
des Noirsni La préférence lerbefoin du 9 fervice
ropéensa Par les. armes à qu'obtiennent feun & les,
les 9 Eus
a shauffé Je prix pour les
liqueurs, en'
forte ique les,gens riches Mahomeransde telle
curer,
peuyent feulssen
Qu'arriveroiz f il par laucefation prom
Traite? Le prix baileroit
demla
pour les Maures, & les
pour les, Arabes &
paffent aux BAr ntilles al reflueroient,e Gargaifons de Noirs qui à
les bords de TEuxin, & dans
eni Afe kfur
entre le
tous les Payss fitués
Mont-Adlas-& le
rête fur une, réflexiona quiin Gancafevmisi3e m'arsft donc trop fouvent
m'attrifte.h Lesi Bien
idéalsducle Mal-soujouis
baileroit
demla
pour les Maures, & les
pour les, Arabes &
paffent aux BAr ntilles al reflueroient,e Gargaifons de Noirs qui à
les bords de TEuxin, & dans
eni Afe kfur
entre le
tous les Payss fitués
Mont-Adlas-& le
rête fur une, réflexiona quiin Gancafevmisi3e m'arsft donc trop fouvent
m'attrifte.h Lesi Bien
idéalsducle Mal-soujouis --- Page 695 ---
DastERlatdge
prêt SI A occHper a J
ntouss
VeTRS
lessvaides a
11 Mais ceitnla
Stsjercherche : cenfont les évériemens
fNE jec fuis VP 3nla fracer &a slans) dal
-Bs me fuis impofée sigune iois, rieni sicheiquelje
bb
ididimuleringge
peint 5
d'avoin
Srecantrarcaer
Yaguement: IIT 148 la génération des
réfulteroient pour les Colonies de défordresqui
de la
Kinterdiéhion
29m911 Tritets asl sinslanq erotr
sl Pent-être o
J6 en effet il : feroiton micux, H919g96 deizendre
menilcmnpites, Je 6 15
fenfibles par dei nouveaux
ne
détailsa
3e.06.mapelie E Axerai
9 aucun, de cenx qu'on a déje-lnsy
Tétat
feulement Fattention. du Lecteur fir
de TISITSO tous perfsptdescultures bJ
Colonialesh Ilef connu
ceux qui en fuivent les
fe
suor -
diyifent
progpessqufelles
ofle 3 trois Claffes 25 dont 1a premièe,
egmpsend, 31 les Etabliffemens anciens qui forment
ankeu-pres
ceux-la
de € dixiéme de la totalité. Parmil
X91
ail. faut didinguer ceux-arrivés as leur
Prodnit de 2IB polmible, JJ qu'on peuts eftimer, lau
dans 9 cette 911915 premiere I 2 claffe a ceux qui fe
quart
5 Up un état TS ide dégradation arpar
trouvent
du fol ou:
Tépatifement
VOTSUPIDAI RAC dautres -
accidens; ceux. quidont
fufceptibles S S1s daceroifement, PaT de
milel &: de
nouvellesi
-omsnIE nieres
ameilleures 291
cultures. Gesi deux
9195 V1 fedtions nU
Deuvent O Etee.réputécal das
derq
ou'le tiers
moirién
dans 2011 la 2IBIO - dela premisre clafife-Q9 doit mettre
-OtI noi feconde, L
les, defrichemens, ensrepris
ou
sdepuis
qarao1,9 singumnte -
ansadont slamoitié feur
lement
vellesi
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Deuvent O Etee.réputécal das
derq
ou'le tiers
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dans 2011 la 2IBIO - dela premisre clafife-Q9 doit mettre
-OtI noi feconde, L
les, defrichemens, ensrepris
ou
sdepuis
qarao1,9 singumnte -
ansadont slamoitié feur
lement --- Page 696 ---
Des Nigreh
êtro jugée dans tin Tetit? permahene
lémient penit
elaffe Tetolive coma
de cnlrisre. Là troifiéme
Esablifemens pltis recens, qw'onl pelite
pOiée des
de-la valeur torale dés capis
appréciériaul quart
LR pliralité de
taux: placéss grdans" les Colonies, fans un ma UARA accronlfea
cenx-ci ne 9 péne sainolo2 feo foutenir 291 auod ipionoilntos
ment de forcest
les
miniéres
Cet apperçu nous préfente
cind
- le
dans Tattenre &
aub moins des Propriébies, 19
Telle eft am
befoin d'une addition de moyens. des
du nombre Desteuts
peu-près la proportion
font affranchies de
àneeux dont les Proptiéres dans un etac prochan
toute hypocheque: Inovial ou
ns iup,7 res X190 21o1 sb
del ibération." 291
tout
de
IL fautremarquer mrindspendashai mos
-
une caale de dettes que C
autre eiptenent,Po aratoiress comme auffi
Tacqul6tion des moyens pour parvenir
à Texon recherche ces' moyens
- je vais dire
tindion derfes dettess & de.que n
a 9b
bien étranges mais qu'on ne rejette nir
paroitra
eft
a
fansmréflexion mon opinions, qui
qué lot
fomme des dettés de chaque Colonie indiqueront
du nouveau crédit dont elle a beloin II
lalt mefure
& confolider res" Erabliffemens. a
pour s'acquitter
- Un Negre
I-farriespliquler léétte pereaineea de caffé; mais a. trois 1o
peut planter eing mille pieds
L coton, linfonti néceflaires pour la récolte.
a-peu-prer 0 1
a
cannes à fucre préfentent
digo,les -
ansmsl
ont
du nouveau crédit dont elle a beloin II
lalt mefure
& confolider res" Erabliffemens. a
pour s'acquitter
- Un Negre
I-farriespliquler léétte pereaineea de caffé; mais a. trois 1o
peut planter eing mille pieds
L coton, linfonti néceflaires pour la récolte.
a-peu-prer 0 1
a
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digo,les -
ansmsl --- Page 697 ---
134: 241
25733V 25
Stinie
lepmémes D.rnptam eslla esinoloo
àr lap
proportions dansles forces wecetaivel
leirevenm.ll rersaee petivent
elbidonel
Barintf
Goloninimetiné
romjoirynantive 3 que tro 18
oitlmoins S certaing fetongigenett, deot fes
furrelpane piis
fages, qui compolent le récoltesis Teg "gene
pouvan Pasaffaren
plus petit nomeesne
feulement Jeurs calculs Hons.iestrifgmeey réduifent
Dans Cette
au taux lei plis modéré,
tation de forces polition 5 que tout moyen d'augmens
esnwgbas.fereihg foit intérdit auxn Colons,uent
biteurs onbarafesy8rta hotinesrad-mim Desi
vert avee la-Métmopolesje totalité en-compte ohe
deptouter commotion' F parmi disiquabitradion faite
conbdércrimtcund dess effets les-Négresye 8enfans
fuivres
moraux qui'doivelt
lerrelations Tinterdidionit tous les engagemetis, toures
commeicislee
anéantisy & que dan décroiflance erebanteopisiretia
venus, Tinteruption da crédit rapide' dés Tel
laps de
rultient, dans' "f
Conmmor-maninen tempa.trberpechaity les Coloiies &le
-OmA ns
qu'elles alimentent: Sa8fg3b
3 IsvetT-uR Inomonoaiab cesohrs: ad Do ensbes Siy MNE In9918!
Xesssona
oipaanin 3omilais Ver 88 les 2usaagea1ad Detes
29b sifubnil t-sompisi
est
fiob iupo leur 21140010 des 2tSPEgr Colanies
E
enlq Ponsiles Inirqes imfuence. fibe
HeRs SFRT
Cent'ef poine
Anfirgslswrodiensiale 38
querde m'arrêter m'écarterd dusmijerqile'7o triite a
un moment fur les dettes des
ipaanin 3omilais Ver 88 les 2usaagea1ad Detes
29b sifubnil t-sompisi
est
fiob iupo leur 21140010 des 2tSPEgr Colanies
E
enlq Ponsiles Inirqes imfuence. fibe
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Cent'ef poine
Anfirgslswrodiensiale 38
querde m'arrêter m'écarterd dusmijerqile'7o triite a
un moment fur les dettes des --- Page 698 ---
Des Négres.
"igraide affinité avee
Colonies. Elles OBRsXDNE a
siteodeigyéanden nqui
Isur Ferganidastion a8enles
lé
fonr émanésy
smmgnigetemell
en.f 1h8
tisulairess, dintervenies
aux Capuraliles
sleso dip
3roitat 51
tontes
Forme a Partisa priocinstevdaes changerou altérer leut
pofstioas qui polosoient
iup e zogst
byponheque di9q aulq al ansloqmos apprecié
andiérati de-cesidentsiue peunliêtver plutot
aree-préciboni mais je ciolirnuron-rat réalité, ên en eval
auadellouis mpuisurdeliu derla
de deuz
icelleni dhoproduit
lwant la-fommeia
annéce.de:chaque Coloniep Cemsiequi-obtomes
de.Tanciennete & de lai maffe dedes enel engageniens; font pas
ou.de.leue. fuccefion prolongée
Amérique
Vnos
Easblifemensien
attention *
que êtten faits quiae crédit oLeuro progres
nonfopuu
plus affure,
même ciito été DE plus mpide,8-Aedis
Ale
REEEERESE
crédit folidement établisenciavoie Mrorége-les 2un9t
prinsipes &oles moyens. mb neigumbntt riche-fe
si U p'efk pas ordinaire. &isilquen quun.homme a ifout rà-laefois -
mon
deplacerkespatte. & fa vie dans un défrichement 2
en Améargent
par V fes avances, au travail &
rique. Il s'affocie,
& fe réferve. ainfi
à Tinduftrie des Entrepreneurss 2a AL 237.
être 21109 Tintérêt
A AT a
lep
doit
une part ardind
capital 0i aliéné, plus les
& le rembourfement
Ira
béncfices. gue, lui procure.la wenie.denobtecles 1015u8a 9b sup
29b 29139b zal uil insmom ELEF
par V fes avances, au travail &
rique. Il s'affocie,
& fe réferve. ainfi
à Tinduftrie des Entrepreneurss 2a AL 237.
être 21109 Tintérêt
A AT a
lep
doit
une part ardind
capital 0i aliéné, plus les
& le rembourfement
Ira
béncfices. gue, lui procure.la wenie.denobtecles 1015u8a 9b sup
29b 29139b zal uil insmom ELEF --- Page 699 ---
V26
DereriSle
biteur.
EmAneALENNT TRAEMEBRTE DEPourlqmue'tes relionst folent
siprorperevil faur quer Ar la'Toi
Tes RRcohdes
doit
quli
TiaBiorins
amibalers-que 4
ainfi dire,aux ordres des prorediolt var7pail pour
parties léfées.
L'inexaétitude des paiemens, &
ou l'inertie des Tribunaux
Timpuiffance
meitene dans usenal un
I pafif, pour leT Debiteur y
Creancier." Il en
SnarAin
le
T
en"keralte
moyens, l'autre wneLr dine Vanea a plis à avov les
astivité;
le
plus grande
raite'g -
"dite a que 1e une Crédit 'de ab s'éteint ou devient ufuprix
toutes' uteles'
s'élevé; on"voir Enhin, par 9h cette r e'caufe, Calictaeatier n9, 91,05
les atimebires,8 9
prolonger 1e
multiplier
les Entreprémcurs. ce B
0191 tit-aite de"Touk tous
pelleb que a Cicéfon dit n'eft pas 1y192 Touit-7e T9myEmI merap- edands
Teformer Lne idés jupe de quelqué part jitto2t ae peut
en examinan? M.
tie
ranl 2n
Smo
r celildes Treansis 62 Mguiete ns
parce que leur inaction eft celle"des Jigentas zon
toute
-
LR,8
Autorité qui agit fans Te colicoluts - & que
Tefptit des Lonc,en arbitraire
IBI reohuee ns
vice qu'on appelle fes" Dipi penirotré Jai S12
déroger formellemen aux no Orlondahcel" nifenatar, Ir
vrai que es"Opdommanices derogent"
eft
précipitent Tes uinés fur les" autres" - I amor 2comme aufi,8 T6
volontés diommes en al plice.q qui"font wue des
fanice julqua ce% qu'il ait X
aRplir
SSiTOn
-
pats-os-mca-sios
potyoir vaincre tourles autresobitacles
tré Jai S12
déroger formellemen aux no Orlondahcel" nifenatar, Ir
vrai que es"Opdommanices derogent"
eft
précipitent Tes uinés fur les" autres" - I amor 2comme aufi,8 T6
volontés diommes en al plice.q qui"font wue des
fanice julqua ce% qu'il ait X
aRplir
SSiTOn
-
pats-os-mca-sios
potyoir vaincre tourles autresobitacles --- Page 700 ---
Des Negreses
327 la
596 ingovations psojetiées fus
qui roppofmnt nol
TPPX
Selui.des. r
dertes
Servitude ASYN Noimtealiseleronita en
ifues lajl Police
acele Colonsa ** 146 AeNEI intacnee de la.Métropole.
SeRairen %4
Anis
€
Intéreurs, Kincommire
THOU .255131 zainEq 2sb asabso xiseoib
abumbezonri
sonihingmit 38 Sha e
abb oinanil uo
cas Yauod dune
durable, 13 ,58-i4 impolr a3
91 e Tsq
isge
seiati
aucune prkentiga ligale gui.poutr
sarere Sup des
Pie
BI omuEI ensyoi
royea
D,
C
2ulq
Ant eiMgul.
aL77
tibàno sl
e Saivise
mnoival No inions's de cet
- ayant éte
aa
23 partie OT
Oansza
premire ie ne
8-PAS alors.a
ERIS en 1775-.
prexoyois
To1lc am A laquelle ie vais repondreni (
Comment
speiion 5D SHE
feroit faite? n
1.6 fauth POMF a cela
imaginer -0st 9m quells Servitude çomme, IID une 2 fieunh -
desér
confidéref 3190
- comme laser une B ligne droite quine fauroit
ométrica MONERET mêmes 37 N 50 temps une ligns. courben Maiss
être
8 Jeurs L
Sue.ene nos volontés nos befoins,.9s Rallions
sup 9 e S. irreguliersa qui ont prodhit, ie0 hien
mouvemens 211000 -
les modifications de Tétat S9t
& L6 en ID malstoutes fauroient déterminets dans toures fes-fube
cial,ne
dimenfions abfslaentAutorine 0
fous
divifions, Ib 1
deR répartit % fc combincen, des formes
veraine a
As
les Roisn Comment, la,serg
diverfeand 5
même 0 L 10E entre elle 31 fafceptibler des mcines
virude, nG feroit a thp e ceux 32 Pas quix font foumis? LE
modifications.pour B
lex Aatiquesane
clayage. 3 4
chez, 23 D uS les. 62 Ancicns, 3.
chea
1
deR répartit % fc combincen, des formes
veraine a
As
les Roisn Comment, la,serg
diverfeand 5
même 0 L 10E entre elle 31 fafceptibler des mcines
virude, nG feroit a thp e ceux 32 Pas quix font foumis? LE
modifications.pour B
lex Aatiquesane
clayage. 3 4
chez, 23 D uS les. 62 Ancicns, 3.
chea --- Page 701 ---
fauroit être
DeeEiotaiie
comparé à celui
Colonies. 31 Aujoard'hui a les
desiNvegres dans nos
ife recoanoilfent farement Maitresles plusdépravés
comprables à Dien &
dans: ple fori intériellr
equils commettent
aux Loit, dés injuftices
squi ferojent tentés envers de
leurs Négres. Eteeix
donner ia pluss grande ek.
diembenaleuratcaned de ne)
scune autres(ne fe croyent lafiabordomperds auchis de tout devoiride cependant pas affran
Police adomeflique. Hél toute infpeation fur leur
diférences qui réfultent de icomment celle contefter dlds
lieux, des Mceurs, des Maximes destetipis,des
ne fommes pas plus corrompuis,&d religieufes Nous
plus éclainésent Moralewen.
nous fonimes
Grecs, les Romains & les Orientanxi Légillation queliles
blement chezi
Clett vérita
pollibilité d'aucune esyquelErebvage ne préfente da
réprimer les.abus, précaution légale, pour en
Maitre, un Magifrat parce que la Loi fait de chaque
Efclaye, & que leur fuprème às Tégard de fon
leur Religion font
Education, deur Police;
Mais nous, qu'avons concordantes avec cette Loi.
Principes ? nos
nous de: commun avec ces
Morales &
Loix, nos Moeurs, nos Opinioris
Religieufes.y réfiftent
loriquie la Servittide s'eft tranfmife également; &,
lonies
dans les Cor
un être Esropeennevelleye vicieux dont eft reftée exilée comme
par la
la tolérancel eft
nécellités mais dont de pouvoir jutinés
légiflatif
fe
'avons concordantes avec cette Loi.
Principes ? nos
nous de: commun avec ces
Morales &
Loix, nos Moeurs, nos Opinioris
Religieufes.y réfiftent
loriquie la Servittide s'eft tranfmife également; &,
lonies
dans les Cor
un être Esropeennevelleye vicieux dont eft reftée exilée comme
par la
la tolérancel eft
nécellités mais dont de pouvoir jutinés
légiflatif
fe --- Page 702 ---
Dess Nagres
%419
damolestinalises du
Se Sior peschedfanveilee
Zemployant edmai Mfniment deretlunenPlade TErclavage 211
hidenfeique
smwcad.aneicbud
delt un ac
eikitacike de Tamsgiaante.dodtre difieile de'le
sident Kindoefaiteson voit quilieit cela, fut-tolt
sdétetirea 80.il ne faut pas, pour
de toutés
bindons Ifommes, le féparer
au remps
ide tous 1e9Devoits dela
lertedlatiensahondes, niurile edaceréditer cette
ni juite;
Secient.aumetn masinesconmriliese 2
que la Raf
aléestief-pariles
éclairer &z dirigerle Re
Sanatbtumuaraydases omixiM 20b apsoM esb xusil
gime Calonialor
ne'fe
aucun Dogmei impie,
Aanise-abiache,
fut-tous lés
melent plus aux notions AitoritéxNohs répandues touchionis
Droits Afirtonres-les elles auront oune véritable 8r grande
attemotiont,oi cart tout ce qui a été bati fur le Yableseslignités
cache dans
erpull.de touites patsrlermenfongi-de Feroire nque cette
les tenébres, & Ton pourroit
de tous cores,
Puillance morale qui nous preffe 8cn fur 1a conferoit fans adion fur les Colons,
ditionrdes Negres? Is refleront dans celd tw-depel. ne fe
danice des Propriérires, parcel n'elt que -
une tnje
peuti autromenby & querce imaintenir polnt maissf le
iice de oeut-chyde les y
de fonl
Gonverntinenti tia craint jufqu'à prérent
deven de soiley dont Tintérêt publie envéloppoit ont ne
cetté ncellinéy lés Colons eux-memes
I
a
rdes Negres? Is refleront dans celd tw-depel. ne fe
danice des Propriérires, parcel n'elt que -
une tnje
peuti autromenby & querce imaintenir polnt maissf le
iice de oeut-chyde les y
de fonl
Gonverntinenti tia craint jufqu'à prérent
deven de soiley dont Tintérêt publie envéloppoit ont ne
cetté ncellinéy lés Colons eux-memes
I
a --- Page 703 ---
gligérde fe rendre DetEictavage un a
- de létendue de leurs cOmpte ssadokr kzigonrens,
leurs droits,
Fe devoirs, yde des 2
ce ne fera Point 16pés damboyante himnites.de
derenhaufisties, qui
fera Toeuvre de la
remplira, 2 FFAIS mulionase
a faMajorité Ainf,en Raifona - 9 paryepue apjourdhui
Jaivoula
Bropofant - E un Kéglsmenr, -
miner, celles .communtiquer quil faut en mes YHeSA.8 N non déterique Propriétaire
adopter, 13
D SAy,8 quelqpeilss
ou de faufes 9pinions,ons prejnges P Thabitude i e
I
dun meilleur ordreal 1 ny égaré fur 1e35 thayens 20
sdélavoue les principess 1 en 38 Point qui en
ssoavienne, que le droit de ny en a.poinf SuL ne
Negrés.cdune amedéfenave chariment enyers les
OD3S permis Nlabufera
le dont 11 11 ne Jeur,eft
Eexiger, doit etre modérés que 24 travail gHils peuyept
à
tretien doivens étre
quela Jmbllance, lepinviolablemens
quils fonten@mobigetde trairer
affuréss &
Juftice & Humaniré. Les voies ces Négresavec
arriver à cette fin,
coadives pour
libérécs 0sngo bsnud doivent être fans doute dédrec.prudence A
&c 221 ndeRie des conLinerierncees faire
L
unes,& préfiren-let-antres Ceft fur profcrire les
quoi La les CoHemeut-imsnisndoprant être entendus
dans leine"Affembties
;8cce fera
"ngtr 881
que IsM les b mefures les plus
anol l Isor plud Iousu firesteront uD
conçues &
Cac al ne eu faut
craindre, Saise E propofces; T sl
réunis & entourés iaumant deSpedlateurs pi O uE des hommes D01
C
prononcentyméme
Ceft fur profcrire les
quoi La les CoHemeut-imsnisndoprant être entendus
dans leine"Affembties
;8cce fera
"ngtr 881
que IsM les b mefures les plus
anol l Isor plud Iousu firesteront uD
conçues &
Cac al ne eu faut
craindre, Saise E propofces; T sl
réunis & entourés iaumant deSpedlateurs pi O uE des hommes D01
C
prononcentyméme --- Page 704 ---
SADE N eeres.
Oi3t
EHTTeITavemr C contre PT24LonE 1al Riniae &
Pdela"Morale, Srobferverat" eueiearkmales Tal
"font"dimtihrement ncompotees" des vopeinés
P0n"86s Régineurs les slus bamigies(t98 H
tnainavon H9 auroit point a a sedonter.rinmEhte de Tavetigle euididion'due pre : uses odieux
dune gromere education. PCe n'eRodonc point
ane illaificné, que de croire aur pouvorr de laléganitcu furtes' Maitrés - injuless & aTelficacité
"de(mrprotcttionl en 05 faveur' des Négees Efelavés.
n2C8 nefpoint Pune illufion de eroirerque la
uintemnpsom elle
oSerVitide peir@irctib-listeiasse
"he prefente ptusles mems'i idées, Pbit les préjugés
Tae'fervehe plins auf puilfammene les hommes
MorNrRconte les Hommes foibles. He! 4 comment
Wauroitje pak Scette cipéramce 7 5 moi D quiay uis
Xconvitich Gpire TOidie& l2l Raifon, ithis à TAu-
"xante.dmipeferaient toutes les Forces ennemies,
mnot P0VIDEOD SIOV
Snlosmue
iAol
-Sb atob ensl 97 dans insvion une Brochure, 91122 19VITTE partiOn a affecté,
d'outrager
3er0r culierement 9b 167 la cladte des Regifeuns.d qBoljuit ne foit pas
Fad.faou 2 S-Domtagus,dy voir des Gentilshiommes,
des gens SIdeimchite 7 dont plufieurs onti relevé.la foremihcadeiopstitune obérésa Celtbenn rgénéral, chez cles
2Repceeure dHlabications qw'on trouve dr plus de connoifCances culture & Ono de Mannfacture 27 IJI, Il eft 20, à défirer que
:
dsf du Sant Evangile, qui traite se'i mal les Colons
le Pafteur
plus chaiitable & plus jufte enmia tous feo orlis, eusiabore9b 2aitlolns X ainuax
oyarti PaRmeN
ijj
stitune obérésa Celtbenn rgénéral, chez cles
2Repceeure dHlabications qw'on trouve dr plus de connoifCances culture & Ono de Mannfacture 27 IJI, Il eft 20, à défirer que
:
dsf du Sant Evangile, qui traite se'i mal les Colons
le Pafteur
plus chaiitable & plus jufte enmia tous feo orlis, eusiabore9b 2aitlolns X ainuax
oyarti PaRmeN
ijj --- Page 705 ---
DeeEfetavage
commerle
orOui
Renerdlifipe les miiages à sllonisM -
fice8o certesyitre poflible delconelier a Jal
ola bienfaifanee, avechunerae de Servitudé
néceffaire (T). Jenliail vpleifieuts
maisy pour ne point nêtres taxél
dekemplest
faveur des Colonsp Frainçois
deipatialité len
eeti parmitesEl
trangers quie je prendesriechal-qed je'vaiseffer;
ddontule fonvenir ne"me revient point fans
émotion. Etant
aSurihany par Ordre-du Roien
1777,e pareouris Teette belle Colonie; &l fns
reçu Ichez tous les Habitans,
gards - 82 del bonité ! J'allai diner avee-beaucoup d'él
Madume Godetioi le
tin jour chez
eipany Memsbresrde la Gouverneur,& lesi prinCettelfemmel
Régence,y étoient invités.
refpedtable nous artendoie en fe
promenant fur le "bord 1 de la Riviere. Nous atf
rivions en Caitsegepinpas,en defeendant à
rere,un roifoient grouppe de Négres àd genoux, qui pam'adreffer leur prierelwUn d'eux'en
eftecgapprocha de moiyi & mnel fupplia
fondanr en larmes, d'obrenir fa grice: ibs'éloi- en
ghoit en baiffant les
Ronaltosan zslodo 2al yecrd-mdfarelaegser 101 sb
Th
8 ()-Omiconchurd
a9s05m ob 2ala
peuc-étrel de cecxemple,
ainfi Tapplogir Idu Defporsume Getter
quier ja:lfais
moi,
Renffentit loin de
Maire. robs n'eft, Ot.oubliepoit 3T a Tégard de alors fes AST dans nS mes O5 principetesle
Magitan msocdonts,
Negres, 19 UD qu'une elpéce aT de
ae fon"a AutoHté9133/ EHnans 9b SgHONT allovuon aux Lar'i Yalige
tt I
9Mu TE
ainfi Tapplogir Idu Defporsume Getter
quier ja:lfais
moi,
Renffentit loin de
Maire. robs n'eft, Ot.oubliepoit 3T a Tégard de alors fes AST dans nS mes O5 principetesle
Magitan msocdonts,
Negres, 19 UD qu'une elpéce aT de
ae fon"a AutoHté9133/ EHnans 9b SgHONT allovuon aux Lar'i Yalige
tt I
9Mu TE --- Page 706 ---
89 DesNNegres.
femmess
Maitreffe venoiti ma sepcontre-Sa
fes enfants de.fuityoicanien pleuwanteScenome
tendant des mainger Cette, dcenen deiiefolationis
à mon débuta damspne Maifen étrangeresme: Par
Tait nderbpotk.&
zut auns finitre, prélageamais
me
Taccueilmolligenet de,Aiwiamise.Gedefole
rafarerento Elle manaonsarque ce Négres avoit
fait uneo faute igtavexmais qu'sllesnels me.crefue
deroiti pas-fonc pardon,8 lajoie fe.répanditdams
Iattelienine qui s'aflemblai autours de.la famjlie-affligeepouro dago féliciterd Japprisy alorsi queda
plus forte npunition infiligée,pari MadameGier défendre de a
detrpi à fes Efclavesso étoit deoleuro
étoit la
paroitreen. da préfence sicel banifement
peine capitalea Je.n'ai rien.vu.de. plus rouchants
que de Mpedaclei de certo.o fiuperbe Habitation.
mCétoit le féjour de dat paixs' du tayailde
Taifance Biot dus bonheur, Jeipareourus les, Cales
AN Négres, dont tla diftribution Répondoit nà la tir
chefede la maifon principale. Figuresvous un
Village des cinqacents Habitansw commodément
Jogés,abondamment pourvus dectows les ufenr
files de ménage, de toutes.les chofes néccfaires
à la vie, fans inquiérude pour leu lendemainy &
e fe réimiffant jamais aux' henres da'travail,fons
bénir avec "seclamation Teur 9b. Maitredle E
adorée.
ab
is
up
habitoit ttoit alors invena M
Le sre Quatier, q'ells - -
de Négres S800b1o0uT Marons-Des
par une nouvelle Troupe
lij --- Page 707 ---
DatEptnsge
Eaamianeataae le'Boisp
dans
mhasmionde-àealimner Godefroi, eacai
kewAegetpacnsietint catbeperies-dnnindin nétoit gardée que pari
Cette femme.lienfifante avoit jamaisn déferté,
feribloit être
pas ha.Pravidenees dans rune
placée
prendre anx Blancs Saux? Neirs, Colonis.-pour apfice, & la Bopsé-peuyent
combien.1 la Jur
doucess.
rendre, leurs selations
oin)
oatr-huserelisdmat
je 1an croishp
Tageavancé
hommage
parvenue 2 recevoirs ce nouvel
& fefouvenir queje mer plais à rendre n à fes vertns,
encore du
ment &
refped.de Tattendrifledlesregrets avec lefquels je lui fismes
prendre anx Blancs Saux? Neirs, Colonis.-pour apfice, & la Bopsé-peuyent
combien.1 la Jur
doucess.
rendre, leurs selations
oin)
oatr-huserelisdmat
je 1an croishp
Tageavancé
hommage
parvenue 2 recevoirs ce nouvel
& fefouvenir queje mer plais à rendre n à fes vertns,
encore du
ment &
refped.de Tattendrifledlesregrets avec lefquels je lui fismes Mdeattaeece
Tous les Propriétaires de PIUG 1i073) nonusinil
pas être Ecités
Surinamne pouyoient
Godefroi; mais pour modélesi, comme madame
toit
un exemple auffi
pas fans effet; & l'on
impofant n'érévolution fenfible dan's lest appercevoit déjà une
lice des
principes de la
so MD
90118 Négres. Je ne dois pas oublier popendant mon. lejour a Paramaribo, un b
quEs
ayant, dans un accès de colère, donné Boulanger
der coutean à fonn
un coup
mournt
Efclave.,h dont - celui-ciz ne
Pass onintrnifit le procès du
qui fut emprifonnéne coadammé
Maitse,
& TEfclave
au banniflement,
Ierd Ehlqui empéche affranchi.ria Tnol 6 91ba9t esl sb
desla
ques cette autorité
Juftice, ne reprepne toute, fon inflnenoe tutélaire --- Page 708 ---
DerNégres -
dans les Colonies 2oPourquoil mes Icompterionsdesi Mocurs, quist'é
nous pasilaufli iXurlempire! devtoient etreliont
tant pas encore cergju'elles
dépuis
cependant fuppléé V anx -Ordonmances-s 51190
qu'elles font itombées eni aéfnetnde.m
-Lorfque les motifs & les' prinicipes d'ane-Lorg de
8 unites:atwtxsine plus
font recommnejuites
In'y'a
difficaltés invineibles dans Taxéeurion.
fait à Ta hates" fans exal
alors qu'an Reglement
puiffe manquer fon
meng fans' confultation 3 qui
piceft ATExDed
objers'car, en pareille marière
àréclanter la
rience"a'condoire TAutorite& une'Loi, dont
Bienfalfance. 2oi Sans cet appul,
être
l'intention feroit pure &x vertucufe, Tel pourroit fonty dans
inatile"ou dangereufe, ainfi quiel
certaines Places, les Honnètesugens dépourvus
talens. TIU 2ism e 1onbbo2
de umitresgaide no! 8:15h5 2nEl 259 3101
onif A36 110v9919000 S: Vl.stdmns neiintovsy
oq 6l 6b)-aqbahite
-
oildug 25q 2101
a 9l 251351 atroces 2sb qu'on apil
Dal Traits de cruauté odi16me 3 & I6 des TDOII Faits nom TnEbn3q
fgntiotr nif
publiès, 9b Soopau 2nsb dRsYe
q4os IEIS Snmob esfi
des Noirs ne préfentoitieqwune
9q Sila Servittide
aecumalation de crimes'8 & de défordresiqutameum hâter
légal-nes plit éprimer,it fandroit fe
moyen les rendre à leur terre natalelo ott leur abande
aucun intétêt national
donner les Coloniespear fonde,fur un ryfeme
ne peiit êtfe néceffairement
I iv
au 2nsb dRsYe
q4os IEIS Snmob esfi
des Noirs ne préfentoitieqwune
9q Sila Servittide
aecumalation de crimes'8 & de défordresiqutameum hâter
légal-nes plit éprimer,it fandroit fe
moyen les rendre à leur terre natalelo ott leur abande
aucun intétêt national
donner les Coloniespear fonde,fur un ryfeme
ne peiit êtfe néceffairement
I iv --- Page 709 ---
DesERiage
dopprefion Bvde férocités
pouyoir
miiss.comme toue
venir, fubordonné & relponfable, mepeuts dekj
oppreflif que par dasfante adm Pouvoicifmr
prémend guen da Servitude - desnNoirso
point, au omilieus
nexider
parJa yiglencer dlesnousst pairles prineipesrour
dun
lesitraits, de
à
Cemneneadipnatiges
roient, silsi érpient icruanté iqu'onla publiés ne prouvesb
de. quelques
authentiguesyique des crimesi
confitués
Particuliers >2 & cepx: des.hommess
zen autorités qui-les ontilaifiés im-b
punis. ansionslings sinoloo amom snu'b 2isuo
oupoqe 9mm S V-ILO 3. 2iot-EI-6
Des, siabong vices de eimerd la
291 anob svuon 91191 onu
norxsn 5 Lirpation des Colonies,o de Leuti
senfmence, AN1CT5 79 nst Fues
à
dramctoration, s Comment
-1
quelle ELSpogst la Traite des Noirs,
e
Comment 09 OIL
Prépareroit la
esferaa mo
- 97 depruzion de
airs
finreRibas
FEFA
Srilinol Bleanols ansbanos JLOTUE no
NER parcouranit Timmenfite des Loix
faitds
poue les Colonies,
()
depuis un
le temps que Jai EU part 6
à leur fiécle82 pendafr"
j'anere bien étôtiné de
Adminfrationss e
sl ab
nappercevoir
-
ssiubaonsM esb
entonsvinlu0- amehns 2sb
(OIet dificile de nombrer toutes les
&. Réglemens pabliés sfur
Ordonnances
Tenccomais plus de
TAdminiftration 9 desi Coloniesds
qu'une. Collecion exacte trois-cents.Je ine sferoisi pas étonnén
en Ipréfonrici troisn fois
eny comprenant les Ordonnances
slautant,
dewAdasiniftreteuss idansl
-
ssiubaonsM esb
entonsvinlu0- amehns 2sb
(OIet dificile de nombrer toutes les
&. Réglemens pabliés sfur
Ordonnances
Tenccomais plus de
TAdminiftration 9 desi Coloniesds
qu'une. Collecion exacte trois-cents.Je ine sferoisi pas étonnén
en Ipréfonrici troisn fois
eny comprenant les Ordonnances
slautant,
dewAdasiniftreteuss idansl --- Page 710 ---
Derirarestt
Fivehin-al-vant
Plani, aucun s-pretienrameo-de
1pma
Eie deices
titideialinofames sthatainear-dipoae?
Hpmeoandnee Rquf'les ont tgolea
vernéssayent
nsPereiererae
dimeteusipeciundesee Capeisa
vane,intervionin
eides
dantibéroit riaturel de pestiarmestathasited
Négres auroitpun termeylou pourroit lépsorivis
desnensirvekirque les. deiateninae-smianscog
Pons'tes?
dans lesiplaines sclerimontagntsidats
toutl
Quartiers d'une même Colonie, épniferoient
à-la-fois, & a-peaiprès/à iine même époque,
une terre neuve, dont les premiers produits 3 Yutie
devoient être prodigieux. Ces vcfesions 1
foicht, pout déterminer atn Plan Pregreff'de
cniture & de principes de Parice, relatif'ala ranune
mitiplication ouau vremplacement des moyens.
On auroit confidéré alors, la fertilité accidentelle
prépané les fecours mikpsuwentala
dul folre
On fe feroit occopé deula
rendre permanenie. e
confervation, B des hois & a de leptet Teprodactional Tialsucticei
dela multiplication des befliauyaden
de la
des Cultivateurs & des Manufa@uricrs,
assmennolnt 291 293101 3aidmon Sb slomub J19 TCO nous
chaquel. Colotie,cAu milieu de ecttailrabondance:
n'avons) encpreceie ola 9t Coutmmeode comnune Paris" de -dinantet toutes les?
de, celleide TAmirique pour Loi
2ol 3ngn3920m103 Y 13
Tranfadioosid des Colonsph eansnpobsO
la
des Cultivateurs & des Manufa@uricrs,
assmennolnt 291 293101 3aidmon Sb slomub J19 TCO nous
chaquel. Colotie,cAu milieu de ecttailrabondance:
n'avons) encpreceie ola 9t Coutmmeode comnune Paris" de -dinantet toutes les?
de, celleide TAmirique pour Loi
2ol 3ngn3920m103 Y 13
Tranfadioosid des Colonsph eansnpobsO --- Page 711 ---
138r
perfedtiond desl DerERinvdn Machines
atroit trealculé toutes les qu'ils employent; OnP
smuines-foutetioe dépendances auxquelles -
pour inonsiraffranchit
envers les Etrangersg
nationale
de celles que Tinduftrien
une Adminiftration petr-fapplécrg mais, fur toutes chofes,
attention,fuir cet
prévoyante latroit fixé fonl
des Négresy que-le expédient néceffaire de la Traiter
fous lel
Cardinabide Richelieu adopta,
prétéxte de les inftruire des
notre Religion: 19L Eclairé fur iles dogmés deb
devoit lavoin potir nous,une
limites etel
renterde ce qu'elle étoit
Servithde fi difféur
Gouvernemiene auroit
chez les. Anciens,le
Téducation
dirigé 30 dans cette vue,
colonjale; des Etabliffemens
attroient eu pour objet, de formeriles publics
ce nouvel, ordre
Créols: àl
dansi leuri
focial&e de leur apprendre,
caril
jenneffe 9 la profefion de
faudroit en faire une fortes de Rropridaires
quirelt, comme les autres, fa
Magiftrature
voirs. Cet enfeignement
dignité & fes sdelesiconnoillances
fe feroit étendu à toutes
fianteside
agraires; & les études infignidans les nos-Celleges, fe feroient converties
Caloniesyrens et
rune véritable séducation
pubigue.qui-auroirs &1
rembraffé tous les
toutes lesrelationss du Citoyens dans. une rapports
Sdon.phylque Sumorale, très 1 dlifférente, pocelle des, Propriétaires.en
rde
151 C'atoirrericoreume
Europerss XUS noid,
cohfidération: légillatives
agraires; & les études infignidans les nos-Celleges, fe feroient converties
Caloniesyrens et
rune véritable séducation
pubigue.qui-auroirs &1
rembraffé tous les
toutes lesrelationss du Citoyens dans. une rapports
Sdon.phylque Sumorale, très 1 dlifférente, pocelle des, Propriétaires.en
rde
151 C'atoirrericoreume
Europerss XUS noid,
cohfidération: légillatives --- Page 712 ---
DerNagresi
Tétabifementy
que celle derercintinecoitineia
quils
Eett utile our
powrpit: atpies18cdler Tufage qhslifaroit Riqueides dég
nuichled'en ifainegicar con dançoiti
wprifess fur Jesc fondsa deftincsia
psnfeside-lusa
dei lar fculture, femi
Tentresien 30 duTamélioration paifiante ide dépravations
roienrrfenles uunercahfer
deso dépenfesiely
& ardrtreeuceaisaue ans Tadminifivation)
dans s.lavie privésicomme.l précurfeure del tous lest
deila sheferpaline.de sless vices. 11 efto impolible ques
manx, & detous
TAmour du Travails
ifosntreihubtelsasied
THonnèteté, fer concilient avec da Dilipationaso
2Enu réfumant ainfi a tout celique'deetoie toembraffer de Plan légiflatif des Coloniess toutesices jexpofe
ces qui in'a pas été fait; ; 8opdrapice
mais
omiflionss Teur état aétucl eft sin prodliges faut
des plaies profondes quil
ceip prodigeléache
rde Vinduftrie
goériei) fansti quoi Fce montment
aniov
nationale neot tarderoit pas à secronterz50
niensétonne pas E quie anTientirs-ades
iQifon
Eclavage, les moyens IT
de Tadouciry
Négres,teur ceffer,me raménent'aurx grands prins
deileofite
Voulez-vous faire un
cipesrde PAdminifrarion
que cell foits
bien durables dans quelque Vouléz geiiréo voits firecde
rémontez ailla fource.
Maitres quil fint
bien aux Négreste'eft parcles:
snceft en les mettant - dansrun, état
çommencer
on
Eclavage, les moyens IT
de Tadouciry
Négres,teur ceffer,me raménent'aurx grands prins
deileofite
Voulez-vous faire un
cipesrde PAdminifrarion
que cell foits
bien durables dans quelque Vouléz geiiréo voits firecde
rémontez ailla fource.
Maitres quil fint
bien aux Négreste'eft parcles:
snceft en les mettant - dansrun, état
çommencer --- Page 713 ---
14o
dordre &
DeCERtaye 3
cnon
de, police, tel gueile
6I
Bien.len
n7
non
décive
asg enolist on
trgadirame
Sans doute
2uol
afirerie 0os gn,peiste Par, AA Réglemens anslausys ifolés
Eiclayes, rerdcanianmmar la imbailanse,sk.
9F 15 1S1 ompicher lexcés desi slienretien iles
travail, 20611 ST mais on.ne.ie D
shisimons.6c.da
efprits
la 17 Y.f font E E généralemens pmu5.aqge.nesreque. oles
de pup tichefle 30 e 2ION desi grands
daipoléss parceique
210s) tous ceux
Propsictaisess &laitance
tent des T6C 0 qui n'ont plus de
1Q8O
modéles 90
de régime detersipréfon
de.proche 9
D en proche, Jimitation. qi.comomndents
produit, I
doptis.dis dix: ans, fans ler Jaumesng çaufe
2591V 291
teadahneve
iconcours.ide la
pian, des 25 yolonté de datisfaire. zdnfes;
ensagemens HVIIg On 251 voit 2100 que ceux.
Ptolperent,, 5
tup polqus & Tonr commence qijsaegmittent
mais Xup il y 39 a loin
à sen
tout fait
3 an de Mo cette foible,
OGCupeEA
anst DI juiqu'a ce moment-cisd, impeltion.mi.n
acive aun & cclairée vers
une;
Dwopus no à
direstion
3r Tintérét général.
SILeN principe de toute
birsuninos
amélioration eft
Gouvernement one
a & celui des
un boni
Pasn Il n'a nointi de bafe fixeso Colonieson nenl lefh
perfonnes plus. gue, des Loix.
Ild dépend 9 des
traire,
TE IL a été atbifiivant follsuviolent-p plus oumoins
de saradere des
catfonnableg
quil By a point.en, de Plan; Adminitratenss. &
Taiditi
R point de Maurs.
fajonterquit iny
Nantes,de Bordeaux.de snvonistiats cars les moeHES dey
point être celles des
Madleille Oneu devroicat
Colaniehest xing ub aillso
fonnes plus. gue, des Loix.
Ild dépend 9 des
traire,
TE IL a été atbifiivant follsuviolent-p plus oumoins
de saradere des
catfonnableg
quil By a point.en, de Plan; Adminitratenss. &
Taiditi
R point de Maurs.
fajonterquit iny
Nantes,de Bordeaux.de snvonistiats cars les moeHES dey
point être celles des
Madleille Oneu devroicat
Colaniehest xing ub aillso --- Page 714 ---
Des Noprall
3tbrOh fat
evLes nehesiprodunts de e S2Dontihaue nous
aveuglent. Nous ne faifons pas aressenust qua 2hce
ainierendont-ils font rectieitis n8 confommes 509 970 18S
e'efoune" mme V qu'on exploite en"Tepnifant 29951 & le
non une eerre dontla ferdhité Ventetient,
Ta daas
laboar 180 les vegattadansaie Mantime U e0l9 trois
emploier, dans 1eb Commerce
fois nioins de capitinix
21 03 que
Rue'1eg Aphelarerse
Colonies retiehnene cnent
Hcars
nos
inat
derorrp
emprunts, an tiers fal de par ces capi- ab
dertesrow'teurs
eif ne edes aeehrel
rauxy que cette tagnation
at-aire
de Ilanguenr de notre Navigstion.d vices
-1
de'nos Manufaaures? uttaquées
esiparviees 261
tels
les
loa9
a
intetietrs",
que
impois, pavtegese insioc attitette miltitude d'offices 8 demplois, qui - 21507
Fenityhons des arreliers du Comtnlerce ceux qUE
ont fait 1 quelque "Tottite.2 CGependint la
continuation 5
de la "Traite des Nola,smourdhit
indilpentabley ceft une charge de plus pouitle
Commercespare dclès avances à fong 'rermhe trelle
la Iconfommation plais orapide d'uniel
exigely de par fesllAgens, i8el parce" eite'les Rosdoqut
partie
Eveiratitnent d'ine
y terepkybupearoiend fouable & plus
indultrie
psauthvera
Ceft laufiy plus dans iles frais de ciltirelun secroiP
feinent-de dépente qui devient de pins EH plus Hed
ontiencilns-Colens:i Marle rencherifrenient
cefif du prix des Negres 3 ainfi alep eaifed d'que
ely de par fesllAgens, i8el parce" eite'les Rosdoqut
partie
Eveiratitnent d'ine
y terepkybupearoiend fouable & plus
indultrie
psauthvera
Ceft laufiy plus dans iles frais de ciltirelun secroiP
feinent-de dépente qui devient de pins EH plus Hed
ontiencilns-Colens:i Marle rencherifrenient
cefif du prix des Negres 3 ainfi alep eaifed d'que --- Page 715 ---
DerEriavage Timtehditiont, masruin
produirolent hon pasi
inoindre-befoin, , ine vetuchon'g Bradidit.s.4 "Tranite dés
nalement U ane ceffation ablohe de'l
Noirs, pourroient être le figne de la r-ilide elleprofperité des
e
sl sb
C.bmsNeREAtusFa
nolisA
momerenia été Nendoyintioal
q
sidQue Pde morifs datermninins posr'iemtina
aux viées de 1a
Legilation aeereosiutcsea
"mes'Ob8,en isarrerant a Tobjet peincipat-de ot TO
9217 ceux
Mervatitm,lasbeastioe W23 Aupes.comimcic tepa
tant'de confined,cw
qui verigenr,avee
vareuits desutortsi Fde nos Ayeux 2: ont-iwerh
Parides declaimations;a la vecherthe
fuopphéer,
dun? meilleur ordre 2 Je les indides pimntipes
-
avoir été de quele
querar ati moins,86 jecroirai Adminiftrateurs 2 aux uut
euatilite Paux Coloris, anx inêtnelren placant au
Negresymx d'euxig8e Phuilofophes én mettant à portée de: tous,
milieu verités qui "frouveront un jour de plus
des
9b onob total
Défenfears. 291 9dBat -
puiflins
Te's inconvéniens &
Si Jai e démontré je crois, de IaTraite 2 * mais
le dangeryde linterdiction
comme je viens de 101
elle penr ceffer waturellement feroit le terme de prorperité
de lerdires ce'qui
il faut arreindre. Elle
88 debbntepimeraiguel
des Côtes A
peuriceller aufi par Tephuifenneht Ot 1a aehiudhondés
mqnesi Bariler déplacement
par Pun "exces"de
Peuples qui yfoiutifient,8
ite 2 * mais
le dangeryde linterdiction
comme je viens de 101
elle penr ceffer waturellement feroit le terme de prorperité
de lerdires ce'qui
il faut arreindre. Elle
88 debbntepimeraiguel
des Côtes A
peuriceller aufi par Tephuifenneht Ot 1a aehiudhondés
mqnesi Bariler déplacement
par Pun "exces"de
Peuples qui yfoiutifient,8 --- Page 716 ---
- Des: Negresa sB-propertioni lavec
feroit
-
pluts
5 qui.ne.
dans.des calculs
prodhsitie Cetol évenements
plus
bI
probabilitss eRo
pcisa.gron.sede enoM
sl 97153 inaiommoqk
D
RSnte, sl ab sngih maintenantis dans, les, calculs
Oie doit etrea
des, Loix qui dirigent un
de la Raifon, Tefprit, expédiens 211 me femble
Pas.o obligé à deitels
rendre dei moins
doivent sendreaa dles a
&
quellen
féparant tuleuri ntilité du
ER à moins 11 nécellaires,em a
conferver, Tune - & ne plus
xl Vice originel, Tautrfe pous Je vais.me refaifir de ce prinsmployer le développer. en Lappliquant à TEiclasipe.e fuite néceffaire de la Traite, condirion
MSEX
de la caleure.afluelle des Colonies
mtifpencasie Efclayage étant en, foi unear mauvaile inftiCet tutiona le Légiflateur qui ie csolaire.Jes.Colans
ADE
profitents. ne peuvent-s'en didimuler les
SIUL E
voeu commun feroit fans doute
abus., & leur a
befoin. Leur intérès commun
n'en donc avoir de pas reatifier les abus d'une condition,
la
E
dont
peut être nécelaite,en
a 2u la permanence gradation de TEtan civilaou de
Fugrpciante approchements PRE
pourque Tabolition
préparer Ge
praticable lorfquelle ine fera
de 9 I la Seryitude Apit Ceft ainf queni dans Tune, ou
plus néceflairetrouve lesi memes motifs
Tautre A
hyposbéfenon, & prévoyantes Pouqpoi
d'une 29D Police, équitable les Negres foient Nbres?PoHr
xpwissgous -
que4
2u la permanence gradation de TEtan civilaou de
Fugrpciante approchements PRE
pourque Tabolition
préparer Ge
praticable lorfquelle ine fera
de 9 I la Seryitude Apit Ceft ainf queni dans Tune, ou
plus néceflairetrouve lesi memes motifs
Tautre A
hyposbéfenon, & prévoyantes Pouqpoi
d'une 29D Police, équitable les Negres foient Nbres?PoHr
xpwissgous -
que4 --- Page 717 ---
De
être heureux ! Hé, CErlavese
'1a portion de bonheur commençons 191 PAF Ieur 43 afrer
de Servitade, Ils feront
comporte sup leur état
-
B mieux
T
jouir du complément, Et
SISERTE 2r dhipoles,d
comme une chimére tous les VOURAY - - vous 1CI tegander
Liberté, Vous
plans & projets.de
jugez les Négres dans un 1 2E
Servitude inevitable. Il ef donc, ETE TLS a o état de
voir, il eft de votre intérêt de de, votre D Oy de- a
Sje peux combattre avec 0
Iadouciks, 30
aT car,
les innovations - qu'on
quelqu'avantage Viu
toutes 1
propofe,je ne faurois
défendre également, des fnites d'un I
20 Yous Vr
gime," ni empécher 101
manyais réde vous fournir des que TAfrique ceffe 5b HOL un jour
foyez vous-même tmc dans Laboureurs, on 91 quf.Xo yous #
procurer. eildais satigr Timpalfance 05 de aE vous J1 en a
J'avance vérs Abe le but que je me a fuis voilorin *
les dificultés s'applaniffent. Je n'enléve Proporé; 4
Philofophes, Telperance de détruire point, aux 4
Servitide, S'il eit une voie o1 1 72 un jour la -
een celle de la Prudence & pour de a a la y paryepice
w'atrente
Jatics: Je
point aux Droits de Propricié des R
lons,sils ont un moyen de les
14010 Coen fe mettant, eux & leurs Elclaves, conferver,Pelt a
tedtion & 1a furveillance des
fous la 7a L
Loix. -
pas, on ne croit
E 0 Onne
ra
pas allez à tout le bien up 0 a
peurvent faire de bonnes Loix, & il me
que -
que nous touchons a Tépoque oh les femble
peuvent en efpérer, - C'eft
Colonies non. *
os
-
-
no sp d'abord 93
Yo dans leur
fein --- Page 718 ---
a
145 -
>Des Négres.
Tai
tainse een de 1énes Afemblées, comme je
les Plans les plus e utiles;
aéja dit, que Yortiront donner s a mavoix, je croirois
&,t etois appelle say
mon devot V
de Citoyen en leur adreffant
Femplif
enplq asl aol
EuF paroles:
297X514 891
a0 mais la Raifon
sb Le Fanatimne vous 3 pourfnit auffi 2 fur vos vrais
* vous defend8 vous éclaire e
de 1énes Afemblées, comme je
les Plans les plus e utiles;
aéja dit, que Yortiront donner s a mavoix, je croirois
&,t etois appelle say
mon devot V
de Citoyen en leur adreffant
Femplif
enplq asl aol
EuF paroles:
297X514 891
a0 mais la Raifon
sb Le Fanatimne vous 3 pourfnit auffi 2 fur vos vrais
* vous defend8 vous éclaire e de compter avec
Whalante ne craignez uple D, point & u000 Arbitre de
la Juftice
"etle78 Tisvoquer an
siog OT0 na Pouf
P Vos pretebtions. Tinl 291 relâcher 1 à a
la sibaoret fubordi91 W Tout E4 a qui pourroit S1 - nécefaire feroit
w "nation des Négres 0 à un joug 34 à vous, e
ainti
"funefle % la Métropale, comme
ab .920 de la Difcipline établie dans vos 19
4 18'aindien
de Forçe
doit recevoir Tappui 219 14 Dn
pu-
* atteliers, 21 Mais le mème Intérêt national cxige
1 Btique,
Wq int Tà population, 9Y9
la fubfiftance, le Traitement
El
cette a1
101150 troupe de Laboureurs, dont - vous
>5
tr
foient foumis à des Loix E
pronedricess
> atipofez,
Moeurs, & votre
sL
la douceur de vos
>9 &. lorfque
-0 - a 291
déjà
étendre
>>
Confciencefont
ditpofeesa
fio propre 3 1u95 ne craignez
9uG vos 3
de33 leur
Peint
-01S a
difficiles, à remplir, lorf
>> voirs 9
arent 10 plus
AAe
vous feront tracés, 8x ne TE faites pa5 cette
3> quils 1 91 91 Loix de
puiffe y avoir
* injure aux 3 de X9 croiresquil
une harmonie, durable parmi les
s fans ellci, no 9UP
a
s homiaset sodeb Sea
auel
jufqu'a préfent
> Voyez ce qu'ont produit
K
nisk
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s fans ellci, no 9UP
a
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auel
jufqu'a préfent
> Voyez ce qu'ont produit
K
nisk --- Page 719 ---
TH6
DestEftasage
ItOuS nicesi fyllen eses eitonet gigauslieuudes conimandé
nobornés lioaxjcogtstours rsoà-tours
sbou obéià vosintérets méconms-La afraternité
wrquicdevroit voustnirau, Gomnniercé s'efticonmovertienert uné inimait-dciproqhue, &vonsiavez intérêts
wirefpelivement onbliéiwosdronts8e vOS
Vonsimvez acdainto Iadtivite.des.for
9 communs:
vos-Gontiads,
W mestilégalos dansitestéation-de
Tivrés auxo formes Arbitraires
>> & vousiavéréds les débiteurs., fans infpirer
>> qui ont tourmenté
Vous:vons éresplaint
wconfianice'atix Gréanciers.
wodes/adtes snd'autorité exercés fur evous spariles
wAdainditeansone.Avene vouliez ren perpéther
aThabitude dansila Police de vosattelierssicar
wreltes etnlal Ireffource indiquée pohriconténit
Coareminueerennd Entourés deber
furtès de dépendances,
>> oins 2 foumisa plulieurs
en vouis méttantià
32 vous les multiplicz encore, des: chofesi der pre*
sola merci desBtrangers pour
vons pourriezl,
w mière néceffitéynanidis que
le
womème envers te Commerce mationalyaliegdr àovous
fervitudes, &z golattirer
3 poids aeovos de votre induftrie, au lieu de
>) comme tributaire
> refter Elclave de la fienne. satcréditer que
-35m 7 Tontes ces erreurs sions n'ontpu
2103 sb
uog sl du voeu Kde Tintérer 210
210 3 par. Tigporance
anomss ousris nu
HOVE &
1U190
manifecles bug
E
t En vous réunilant pous, sulieude.xomn.lge
3) Tautre, vous trouverez.au
>
ftrie, au lieu de
>) comme tributaire
> refter Elclave de la fienne. satcréditer que
-35m 7 Tontes ces erreurs sions n'ontpu
2103 sb
uog sl du voeu Kde Tintérer 210
210 3 par. Tigporance
anomss ousris nu
HOVE &
1U190
manifecles bug
E
t En vous réunilant pous, sulieude.xomn.lge
3) Tautre, vous trouverez.au
> --- Page 720 ---
Des Nigresi
wlumitresi&s cides principes, quil
sicondnire ànune véritabler
peiventivous
profpérire, Vouslen
e-pedudtzhapeniters
mfolilés plus'fertile, (decs-becgniaiserds
aobarrasyle
quels quex aient tvosuieme
wvolonté ferme dei lesi
siyens Per afire les moyens. Cettes faireiceffer,
widhtaites prévenant les
wolontéifat
wLoigfikera. dàns ovos Habitations commandemenside la
wFraviil, l'Economie &
lOidrers le
OUO
a
9 TAbondanceury. :.
anil'Ordnis leTravail,
S9HDHNUOT ano fup e
voiladans-des Colonies, DBameseaetdeninag
commer klans la Métroa
palsdesvétiraterfomes de
-
caron voit tonjours al leur faitenla lafélicité publiques
la.Paix
modétation,
SciulaJaftices &z telsi sufontiles'
je propofe-poilrirégler &
moyens sque
Noirs.b brMais combien d'autres adotcirisfervindedes
fulteroientiEn verfant fur la avantages enré
mains quillatcultivent, une iterrew&clansvlcs
des ofes prodnits, jep pvois la richefle plusgraude-poraion
& deDetresisercindre fans
saccroitre,
motion (a)salors les
tyraonie, dans, comsb woil umpottfubni
moyens day Compmerce fe
Snovab snintuidin
onasil sl eb svsbia ammos e
s6:)Car SP fareisupr. mauvaife
19f191 de
troir
Lpi StE
l fubitement a
tous 1 90 les Creanciers à la Eelle Si * metDebiteurs. SIII
Dant un
ISDV
pon pourfuite de tous
areu égard a celut totu 41f chaugement teal hue toujours IEC Ra
1al tratfition dePunt a prééede, "atelyNon Radlintihet fadltemhetk
eupy eotusl to
K 1]
SP fareisupr. mauvaife
19f191 de
troir
Lpi StE
l fubitement a
tous 1 90 les Creanciers à la Eelle Si * metDebiteurs. SIII
Dant un
ISDV
pon pourfuite de tous
areu égard a celut totu 41f chaugement teal hue toujours IEC Ra
1al tratfition dePunt a prééede, "atelyNon Radlintihet fadltemhetk
eupy eotusl to
K 1] --- Page 721 ---
e48
De-tAflatnge
smulsipliont; sfes spétationssplus facilesisétenslent fine.unesplus grande furfaces & da
rence Haiffeau: Golon b3 Je -choienfanzmomens conicuroatituetudins-piemoae utilesalerfes fonds.li
-ONouS sdevons.aus
ment idesces principessrmaiss Lebestecin.dbobppe
Ihommes ont trouvé
aufmrotrqmerles
quuni manvais
quelgues.wénines,on odiroit
sranniquess
Comnmeateminer
poureexciter à
cation rigoureufe de leur nevelressintiopoli fyftême à
da glibertén du Commérce fera
Timpôt Scà
nlongt tems I
@ chimère ()s tandissquil confervel
Cune
d
studei& Jesohons effets
toute da redtiTAgriculture
sdans la pratiquien de
2& ules dépenfes
sdudives qu'elle exige.-Le premier fandinetnoniprae lobjet.deices
dépenfes.eft fans idoute-, pour les Goloniesste
faingilepolicey8e1 l'aifance de dleurs
I
Labourours.
Lorique les Propriétaires réunis feront convénus
ide fixersfuryrcel point-làs toute leur)
e&i dey lui fitbordonner lest dépenfes idel attenition;
sauront préparé olesplus utile Réglement Hluxéyils
spuiffer propofer cen faveur des Négres &ides qu'on
-O1g sstnamab e91 mil 9119391 sl sb ansbaoxs't
-BA esinoloo esl dniog zionnos 9m st -23vimnb sup
esb(ry-Lefmpér amiquebferoit fans doure dest plus maturels
Jinitoib-futiol, peelneifapgonabtd qu'il fir-modéil;
alcplonque Tezeb d'impôrs réunis ne
5 côhiment
Peuvent pas fuffire,
Aasbh-1-pembie de tour prendre fur1 la récoltea
us 211
9119391 sl sb ansbaoxs't
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alcplonque Tezeb d'impôrs réunis ne
5 côhiment
Peuvent pas fuffire,
Aasbh-1-pembie de tour prendre fur1 la récoltea
us 211 --- Page 722 ---
Des Negres)
Créanciers de chiaquer-Colonie. 21lsi appelletont
ainfiles fecours8t tesi lumières duGonverniement,
Commetcel national 1ydont
pomreneaipaurile
ilsbont torealgolraifon is hectfer-fimpuitiaces zeirconcarrileft tbcruek pour des Colons sud'être
néceffairesyou
adrits idarts Teurs appeovisonemens
$ maisoil
erine rles obtenir 21 quiode hauts prix
yque alar Navigation
n'eftipas 11 moins déplotablesye
de fes moyens
Francoife Hoit lfi fort audeffousuc
noitso
maiturels.il S amshyl msP 5b Stustuogi
la fommelénorme d'impôts
5miC Quand djeicohnfidère
être accablée,
eeifipporte TAngleterdevfansene
de Mon
jenitrouve la raifon 2 dans la oricheffe
Agricnlture 8ide fes Manufactures, qui provient
elle-même de Pabondance des moyens que cette
Nation deur confacre. d Cett elal pérfeltion agdes
machines: & zdesl uftenfiles, lal bonneo tenue dès
beffiaux, lac vigueur & Taifariceides Mancenvres,
ibien ordonnée des Propriétaires, qui
Jacdépenfe
malgré lès
senrichiffent tw-Gnadc.Bbretgere fa fortune
rexcès idenhise/qu'on lair Ireproche; ceoluxe ne fera
réltera toutel entièrey tant que
Texcédent de la recette fur les dépenfes
que
les Colonies
K
dudtives. Je ne connois point
reffentin des
gloifes s4 Imais sleur stgimendoipife Métropole. doit
Moeurs 1 & des Loix auxquelles.la différences de dla
de fi grands. flucelss..A las
a
fervitude des Manceuvres, à leur. liberté,.en.
Kij
era
réltera toutel entièrey tant que
Texcédent de la recette fur les dépenfes
que
les Colonies
K
dudtives. Je ne connois point
reffentin des
gloifes s4 Imais sleur stgimendoipife Métropole. doit
Moeurs 1 & des Loix auxquelles.la différences de dla
de fi grands. flucelss..A las
a
fervitude des Manceuvres, à leur. liberté,.en.
Kij --- Page 723 ---
DeEEptaudge
produit,comme
cenei fera
rsrmtalaatews
cipesgque sependant. queiparidgs-mémduy prinoo
parviendront. AreseeAghaeain notresol
une flabiliré, 8e1 deun zbien. aetreb
tresefmpéricurs àleur éclat paflager,e-E Etycommes
lenAngloismouss calculs de
s onty précésléredanss totig lesa
léconomie V rurale
dansy 2
quei
la fcience, de dag &cupiolitique ainfid
doute, Pas quen nousline; ileur deyions Légiflation, jes nen
Premier exemple du régimer donti jes encoréileb fens dotiol
lité,6 dont.Tappergois TexiAence
les Colonies
poffible dansi
Aug milien 3 du
a
toutes lesi
rapprochement de
les
conditionsa& de Ja itendarice deitousq
(ylémes vers, un, centre
de
& a.Yeritésice.
unique
Raifonl
peemier,olesn
Peuple penfeur trouverasle8
vitude néceffaire modifications convenables à lar rferst
& conciliables
des Noirs. Je les conçais faciles'
les
avec la plus parfaite police &
plus riches produits, fi nous revenons
principe de toute
au
comme pour la amélioration,pour les Colonies
Métropole,favoin le
ment des dépenfes de luxe, & l'accroiffe retranchecelles nqui fécondent la terre & det ment de
vois, un/ termeyalors,&
travhilsje
la Traire desuNoirsel Les un/terme défirable,a
racines
grains, les fruits 18c dlésp
près des atiesnesresacreifents icanees, à fucre &
len abondance ànss
lation, vigourenfefe.
du-caffé. Une:p popuior
mi@pisu@maata,dar
es de luxe, & l'accroiffe retranchecelles nqui fécondent la terre & det ment de
vois, un/ termeyalors,&
travhilsje
la Traire desuNoirsel Les un/terme défirable,a
racines
grains, les fruits 18c dlésp
près des atiesnesresacreifents icanees, à fucre &
len abondance ànss
lation, vigourenfefe.
du-caffé. Une:p popuior
mi@pisu@maata,dar --- Page 724 ---
DesNies. SC
isnt
ferg
fubiftancess 9 les uterres 9 les Imoins prôcienfes
couverts de beltiauxg?
convertiffente brene paturages conftruétions, fel peprogio
lessbois, néceffaires aux
devoient HeneT
duifent rdans Hless miontagniesi qui
etreuconfactées; & unel portion de nos produits
n'eit plusi employée à payer auxol Emngerslent a
un nonvénfo
boisi&, les:beltianx quidevienent Colons.l Uneb inp
moyeni decrichetlel potr-les
Aiirsnclieb
duftried cuniverfelle fe peéreralors'aux
Palug
femens duccefifs 086 volourairess lesl Négres
des Boisgil
teurs, &ldeux employés ailexploitation devehitst
dfemménagement des forêtsy perivenit
0 det
plus 3 naturellement Formiërs" 8eCanfitaites 21a glebe gpl
leursis Maitres: Alors la fervitudeode
fonte des expédienss 1
&le: mauvais régimme fiodaly
raifonnables 8irnécellaires pour la adeftruidionidet
2ah9t anioidpl ntelesonalmnatr
TEsclavagesos
aulg 6I D975 alduilionione8
8 soilemionithng Villt aodon aulq asl
JB sanavonsise agl suode a on Te mb steorahagianiag
aingloxg Conclufiom & Motifs de cet Oivrage 9mmo2
vaoder slionoas U XE sbi 2olnoh3b 20b ansm
sob onatk
peuvene
-bLes Ecrits 7 lauxquels je répondsyine
pas. plus lopérer TAficanchidtement famille todes Negresgr des Inl
qu'an Plaidoyer ent faveur de la
cas & de celle de a Montézuma, s'il e1? exilte-dest 2es
rejettons 90 ne pourroit Aeur faireorediner
Mekique & des Pérous Les Nations & les Empinesl
E sbi 2olnoh3b 20b ansm
sob onatk
peuvene
-bLes Ecrits 7 lauxquels je répondsyine
pas. plus lopérer TAficanchidtement famille todes Negresgr des Inl
qu'an Plaidoyer ent faveur de la
cas & de celle de a Montézuma, s'il e1? exilte-dest 2es
rejettons 90 ne pourroit Aeur faireorediner
Mekique & des Pérous Les Nations & les Empinesl --- Page 725 ---
De.CERlaiage
repolent fun, le droit de Peeferiptions & leurs
propriétés ine fauroient être
fication rigourenfe de leurs foumifesàs une vétiimpuifants, de
titres; mais lesefforts
des grandes Sociétés, laphilofophieronsel fe
les anjufices I
Yantages fur celles quis dingentsaves plus t'a
qua quelguet.individas. paroidest nappartenir
les Colons de la claffe des Cotalui-grend@peant iautres
travaille à indifpofer la majeure Ciroyens,.on
tion, étrangère aux Cultures & au partie delaNaColonies, contre ceux quiy font intéreffése Commerce.des
Empire A puiffant de l'Opinion
Cet
guemment définie dans un immortel publique, Géloofredeijil fonappuia ceux qui
Ouvrage (1),
en& Angleterre, la fervitude des attaqsentienfirance Negres,
pourfuivent, Jaholition; les imputations Srquien les a
2 -
odieniey, 2 font, réfervécs à ceux
plus
e
avoir e S une: Opinion contraire, & le qui oferoient
lon: -N eRto pargit un d'exclufion S
titre de Coance aupres, du Public;
pour obtenir créSereuw.dabundangee
cependant il étoit danpréfentent d'un air Tarène aux athlétes qui.sly
pit obteninde,
fimenacant. Cequilsaauroient
& plus prudente Tantoniéfoveraistep dans. fa
plus éclairée
veaux
marche que les nouMifiomnaires, ils Tauroient obtenu de la
tuot
2 erroinigo 2om sb
ast to Ttibdypoe est wod
omom-ion?
De Adminifration des Finances sfonismog de la
Sm 9r
France a1
éfentent d'un air Tarène aux athlétes qui.sly
pit obteninde,
fimenacant. Cequilsaauroient
& plus prudente Tantoniéfoveraistep dans. fa
plus éclairée
veaux
marche que les nouMifiomnaires, ils Tauroient obtenu de la
tuot
2 erroinigo 2om sb
ast to Ttibdypoe est wod
omom-ion?
De Adminifration des Finances sfonismog de la
Sm 9r
France a1 --- Page 726 ---
Des Merall Ta chufe ou Te Tuck
fiveur phblique, qu prépare de Tautorité ils Auroient
des dentols s-lestuctes un'mur' ode repoaratione - Pentre
fintetiblement élevé Coatiersnir des Colonnes,
les propaetarescies claffies de la Sociétèl Lés aimes dovies
8:'les aintres
de Tinjullice de rEfelvage
8cbonnerchrfevesues pombibivedexed Edéreire, atitoient
Wernégres,delar
à Tafpet duti Colonrs
étéémues d'indignation
des auL
Reaecouragemenre des unsi, Tetervefcence tard, utf defordre
tres,a auroient produitytbe ou
qui éfoit
arrepariblés Enfin unerconnidenation poidss ceft qu'en ne pré.
"pout moindunt grand
atix
fenrant T rauta follicitude du Gouvementnt-e Hevolution danqu'une
tallarmesdes Proprétiresga on - rétarde d'antant la répagereule aropérer, bien' a faire aux Négres &
tration ldes abusg-te Loix falataires, qui font
sanxe Colonies pardés faciles,8 plus jaftes, que
plis prefianePplac
Ilétoit donc
toits les projets whimanctificmens
e cette
importaht Identraiter a contisinaoireisent m'en futis volongrande Qheltions 8,comme Tobligation; je 41 ne me conwrairentene smmpofe remplic fons 1e voile rde Tanoavenoie pas aodesla
Admimnymesl Proprieriine sma S-Doningnee dabord à
Arateurg'je me fuis cruf rerpomfibile & de tout ce que
moi-mème de mes opinions, les accréditer ou les
je me permettrois voula pour auffi foumettre a au E ju
défendre; tnais Tai --- Page 727 --- De
gement du
29b doiog SI
zoldenpndio
Public, en TEkabe
vations
RL
II5 3 9 me 10 0 nommant, ouplou les OblcE 32
je pourrois
p 19 r
-
préfentées qier en
inig préfumer 16791 9I avoir - été
fecret au
en
EUT
Gouvernement -
tnog ; car rif
de eft,quun 0. TE anu.b Agent IOVE de PAdminifration eft 5
taire; mais ce ne font SIOnVOg 21 up OluTogp obligé
trarient TOpinion IU
a - poine a
celles 3. 5 qui Asmng confent fondées 00 dominante, tasmuEl & D euns qui ne paroifque fur nos
AD
fauroit alors, avoir
19 propres XUBE intérêts. 29b Orne ne
trop de
moins de fes
Juges, trop de" t2
penfées, de fes
on ne veut que la Raifon
difcours; quand
fe laiffer confronter
pour Arbitre, il faut
ion IU
a - poine a
celles 3. 5 qui Asmng confent fondées 00 dominante, tasmuEl & D euns qui ne paroifque fur nos
AD
fauroit alors, avoir
19 propres XUBE intérêts. 29b Orne ne
trop de
moins de fes
Juges, trop de" t2
penfées, de fes
on ne veut que la Raifon
difcours; quand
fe laiffer confronter
pour Arbitre, il faut avec elle. Sans d'aufing
confidérations 31 & fi j'attachois à cet a grayes
quelque prétention littéraite,
Ouvrage
avifé,
je ne me ferois
pour la première fois, de
pas
Ecrit faitra da thâte, & fouvent
publier un
d'autres oecupations. Puiffe-t-il interrompu par
offenfer ! Je retracte
être utile fans
roit
d'avance tout ce qui
bleffer s contre mon intention, les
pourdont je contrarie les vues & les
perfonnes
quoique jaye opu croire mon
principes; &,
défagréablemens
premier Mémoire
fignalé dans quelques
jaffire que ice n'eft point là le motif Brochures,
produit celui,ci; & que, fi je n'avois qui a
d'heureux effets d'ane pareille
efpéré
ferois épargné les
difcuflion, je m'en
n'en point
dégoûts. Puiffai-je, au moins,
éprouver de la part des Colons
ie défends, fans adopter toutes les
que
gui me font parvenues, & les maximes obfervations
qu'on a
dans quelques
jaffire que ice n'eft point là le motif Brochures,
produit celui,ci; & que, fi je n'avois qui a
d'heureux effets d'ane pareille
efpéré
ferois épargné les
difcuflion, je m'en
n'en point
dégoûts. Puiffai-je, au moins,
éprouver de la part des Colons
ie défends, fans adopter toutes les
que
gui me font parvenues, & les maximes obfervations
qu'on a --- Page 728 ---
Des Négrese
des Négres ib E(claves, 1n9me
cru
9, Stoie
dele
a
a
inféparables 3SIOMDO Rotic
envers
Sil ed quelques, Propriétaires Honuod 9t injultes oup anon 15
915. HOVE
toulezq ferai
envers eux. Je Rept
moi,je ne ie
point 1 UE 191091 n9 osing
1 0 Desmmanssvin corruption 3 1n08 mais erreur au up e n Tin- -
R PAESIENOE avoir d'une autorité 3
querude qu'ils
inol
99 PCSmE
po? ap
Tcumetsi voeux fen réuniront toujours
ess'n mes
noitigt
nApdiesaters tup. amis
Humantie , pour Tadoucif- 101 -
L
'de
à ceux no des 41919101 297 dont 1019 elle eit
fement des maux
9b
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ER R A T A.
Page 30. Ligne 22. & pour les,Bfec:eft
38.
16. ces diferentes,
pour les.
Aecfesdifferentes
5416. prefcrit, leg: profcrit.
58. avant-deraière ligne,
65IO. un point au-lieu dirigé, lfeg: : rédigé.
d'une virgule,
après pour le vendred un autre.
67.
dernière, les forêts
de
d'Amétique,dfc.
T'Amérique.
71. Note,u bas de la page, efacez qui
cédent.
pré73.
8. & n'ébranlant point
n'ébranlant
, life: en
8;.
15. du Commerce, point.
lifer:de Commerce.
958. le climar, lifeg:ce climar.
96.
8. maifons, life: moiffons.
Ies.
13. ne foit, efacer ne.
126,
26.en puifaince,dfecrune
puiffance,
ET
ARCHIVES --- Page 730 ---
Fall
o fhibrden hrtr malatur rigurty he
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Malout --- Page 731 --- --- Page 732 --- --- Page 733 --- --- Page 734 --- --- Page 735 --- --- Page 736 --- --- Page 737 ---