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LE TRAITÉ D'HAÏTI VU A LONDRES PAR LE COMMERCE ET LES JOURNAUX ANGLAIS DE L»0Pf08mON. --- Page 3 ---
IHI'BIMFfttK ÀNTH* BOtTIlEIt,
IUC «tel Bont-Enfini, ti°. 34. --- Page 4 ---
LE TRAITÉ D'HAÏTI VU A LONDRES PAR LE COMMERCE ET LES JOURNAUX ANGLAIS DE L'OPPOSITION, LETTRE D UN FRANÇAIS RESIDANT A LONDHES, • OR L'IMPRESSION QU'A FAITE, DAîfS CETTE VILLE, L'oRDONJfAKCE
ROTALK OU 17 AYRIL lSa5, PUBLIÉE DANS LE BDLLETIH DES LOII
DO l5 SEPTEMBRE SUIVANT. Couteutnt CD outre quelques Observttîons sur la loi des Douanes d'Haïti^ PARIS, A LA LIBRAIRIE DU COMMERCE, CHEZ RENARD, LIBRAIRE, RUE SAINTE-ANNE, N». 7«
l825. --- Page 5 ---
^1:iKKA-:.r.c;<ï i a- 1 --- Page 6 ---
LE TRAITE D'HAÏTI VU A LONDLES PAR LE COMMERCE If IB3 JOUBNAVX AKCtilS DS l'OFPOSITlOK. J.ondieo, a{ septembre i8a5. MONSIEUR, Dès que j'appris ici l'arrangement qui venait de
se conclure avec Haïti, je m'écriai : Il est donc
vrai que l'ordonnance royale va soulager l'amertume des souvenir de mes compatriotes ; plus
encore ceux des navigateurs français cinglant
vers le Mexique entre Porto-Ricco et le vieux
Saint-Domingue ; il est donc vrai que nos malheureux colons injustement expropriés, vont recouvrer
au moins une portion de leurs immences pertes,
et que nos anciennes relations avec cette île fertile
font reprendre leur cours"* --- Page 7 ---
(6) Je laisse discourir à Jour aise nos politiques et
nos critiques sur'kla statistique ancienne et moderne
d'Haïti, sur les avantages probables du nouvel
ordre de choses, et même sur la forme du traite
par une ordonnance royale, quoiqu'il me paraisse
à moi que celte forme a clé concertée entre les
deux parties contractantes; pour moi, Monsieur,
restreignant mes vues, dans le pur intérêt de notre
commerce, à l'article de l'ordonnance qui fixe et
réduit a moitié, en faveur de la Franco, les droits
à l'entrée et à la sortie imposés ou à imposer sur
les pavillons des autres nations, je ne prends la
plume que pour exposer les faits et les raisons qui
me font craindre que cette disposition ne soit déjà
éludée, et que nous no retournions incessamment
à cet état précaire et subordonné de relations avec
Haïti que la prévoyance bienveillante de notre
gouvernement a voulu (aire cesser décidément par
la renonciation à ses droits de souveraineté. Mes faits et mes raisons sont le mécontentement manifesté de toutes parts ici à l'arrivée de
la nouvelle, et les lamentations des feuilles publiques, accompagnées de diatribes sanglantes contre
notre gouvernement et le président d'Haïti; des,
sourdes rumeurs d'intrigues; des menaces que le
traité n'était pas encore exécuté; des conseils pour
en éluder l'exécution ; tout cela ne serait rien
encoio, si a tous ces signes de mécontentement
n'avait rapidement succédé une satisfaction gêné*
ement manifesté de toutes parts ici à l'arrivée de
la nouvelle, et les lamentations des feuilles publiques, accompagnées de diatribes sanglantes contre
notre gouvernement et le président d'Haïti; des,
sourdes rumeurs d'intrigues; des menaces que le
traité n'était pas encore exécuté; des conseils pour
en éluder l'exécution ; tout cela ne serait rien
encoio, si a tous ces signes de mécontentement
n'avait rapidement succédé une satisfaction gêné* --- Page 8 ---
(7)
raie à la seule inspection des évaluations du nouveau »
tarif qui forment la base du droit de perception.
Avant de justifier mes propositions, je passerai
d'abord sommairement en revue la situation d'où
nous sortons, respectivement aux autres nations
qui trafiquent avec Haïti; celte situation compa*
ralive servira à juger après un certain laps de temps
ce que nous aurons gagné au nouvel ordre de
choses; je dirai ensuite quelques mots des rapports
commerciaux qui ont subsisté et qui subsistaient
au moment du traité, entre la Grande-Bretagne,
et Haïti. On verra dans la conduite du cabinet
de Saint-James les causes qui ont facilité la conclusion d'un arrangement que l'intrigue mercantile
seule cherche à rendre illusoire. Dans le désordre de nos affaires commerciales
qui suivit pendant quelques temps le retour de
la paix en I8I4> l'Angleterre, les États-Unis et
d'autres peuples , nous approvisionnèrent abondamment de toutes sortes de denrées coloniales.
l'Angleterre seule nous livra, en I8I5, 57,263
quintaux de café, 80,599 quintaux de sucre*
36o,8o$ liv. d'indigo, et 1,557,375 liv. de poivre;
en 1816, 75,169 quintaux de café, 79,213 quin*
taux de sucre , 1,072,701 livres d'indigo ,' et
1,120,672 livres de poivre; non compris sept
autres sortes de denrées de ses colonies montant
à une somme considérable. La festitutioii de
quelques-unes de nos colonies vint enfin mettre --- Page 9 ---
(8) heureusement un terme à ces ruineuses importations ; maïs on ne tarda pas à s'apercevoir de
loge insuffisance, aumoins jusqu'à ce qu'une culture
plus, ample eût pu combler le déficit. Alors nos
armateurs et nos négocians, honteux d'un état
d'importations sans échange, portèrent leurs regards sur les contrées du nouveau monde où ils
pussent introduire un commerce régulier. SaintDomingue , entr'autres, leur parut le point à
préférer, tant par sa situation plus rapprochée que
par la simillitudc de langage , de mteurs et de
religion avec la France ; ils cherchèrent donc à
y pénétrer, malgré l'état de méfiance où ils s'attendaient à trouver ce peuplé depuis sa séparation
sanglante d'avec sa métropole; leurs craintes étaient
fondées, et tout ce qu'ils purent obtenir fut un
commerce de tolérance par la voie des pavillons
neutres. Bientôt cependant, en dépit des graves inconvéniens qui entravent de telles communications ,
quelques-uns de nos produits furent acceptés, et
nous prîmes en retour une plus grande quantité
« de ceux d'Haïti. Les relations s'étendirent chaque
année, et, d'après les états officiels de 1821 et
de 1822, la proportion peut être établie ainsi: les
Etats-Unis du nord de l'Amérique, pour les deux
cinquièmes, l'Angleterre et la France pour deux
autres cinquièmes environ, mais avec une énorme
ifféreace de profits, vu la supériorité des impor-
ous prîmes en retour une plus grande quantité
« de ceux d'Haïti. Les relations s'étendirent chaque
année, et, d'après les états officiels de 1821 et
de 1822, la proportion peut être établie ainsi: les
Etats-Unis du nord de l'Amérique, pour les deux
cinquièmes, l'Angleterre et la France pour deux
autres cinquièmes environ, mais avec une énorme
ifféreace de profits, vu la supériorité des impor- --- Page 10 ---
(9)
tations de Tune et des exportations de Vautre;
enfin le dernier cinquième était reparti entre cinq
ou six autres peuples. Un dernier état arrivé en Europe par la voie
de Philadelphie, du a4 décembre 1823 au a4 décembre 1824, va fournir des notions plus positives
et plus raprochées du temps actuel, quoiqu'il ne
concerno que le Port-au-Prince, et nullement les
autres onze ports; mais l'on sait que Port-au-Prince
est le siège principal du commerce extérieur de
l'île. Importations, ÉTATS UNIS. 801,769 dollars en produits territoriaux seulement et 3a8,23i dollars en marchandises d'Europe. Total... 1,200,000 doUâm NOTA. Ces produits territoriaux consistent spécialement en farine, porc,
boeuf, poisson, beurre, fromage, lard,
jambon, saucisse, sperme, chandelle,
tabacs, riz, savons, morue, graine de
lin, souliers, chapeaux, etc. Il est à présumer que dans le cas où ce
traité avec la France serait exécuté ponc
tuellemcnt, les États-Unis, par la nature
de leurs produits territoriaux, n'ont point
h. craindre de concurrence de la part de
la France, même de la part des autres
pavillons, à égalité de droits; les raisons --- Page 11 ---
(»o) eu Sont trop palpables pour avoir besoin
de démonstration. La Grande-Bretagne, en produits manufacturiers , dont il n'y a point de description , mais qu'il est aisé de supposer,
et qui sont pour clic plus profitables que
les 1,200,000 dollars d'importations
américaines î 807,214 dollars. La France, point du détails. 4^^9^4 «lollars. Total des importations a Port-au-Prince. 'jL,^ti69 On ne voit figurer dans cet état aucune autre
puissance, comme dans celui des exportations. Ce
qui ferait croire ju'il est incomplet. Exportations dont la nature consiste en icafè>
coton et bois de teinture seulement; nouvelle | preuve que cet état est incomplet, car Haïti
produit en outre l'indigo, le sucre, etc. CAFÉ. COTOX. BOIS DE TE1STURE. États-Unis. . 6,5o8,64o. livres. 43f),iS'j livres. i6a,6£i livres. L'Angleterre. 3,467,04a 6,3o8 72,5175 La France. . 7,781,977 \i5,5o3 £>S,55i Brème. . . . 1,720,354 000,000 5i,56a Les résultats de ce commerce, avec Port-auPrince, se réduisent à ceci : La France n'a importé, dans cette année 1824,
que le tiers des Etats-Unis, et la moitié environ de
l'Angleterre. --- Page 12 ---
Elle a exporté, en denrées d'Haïti, plus d'un
sixième de plus que les Etats-Unis, et certainement plus du double de l'Angleterre.
Brème. . . . 1,720,354 000,000 5i,56a Les résultats de ce commerce, avec Port-auPrince, se réduisent à ceci : La France n'a importé, dans cette année 1824,
que le tiers des Etats-Unis, et la moitié environ de
l'Angleterre. --- Page 12 ---
Elle a exporté, en denrées d'Haïti, plus d'un
sixième de plus que les Etats-Unis, et certainement plus du double de l'Angleterre. A ces désavantages il faut ajouter qu'elle n'a
exporté que pour consommer la majeure partie, et
non pour reproduire, tandis que l'Angleterre et les
Etats-Unis n'ont pris leurs retours à Haïti que pour
les revendre avec bénéfice aux autres nations; et
qu'enfin elle a fait des pertes incalculables, par la
nécessité où elle a été réduite d'employer d'autres
pavillons que le sien (i). C'est d'une situation aussi
ruineuse, aussi précaire, que l'ordonnance royale
a entendu tirer le comircrcc français. Quant aux rapports de l'Angleterre avec SaintDomingue, on pourrait, pour ce qui concerne la
politique, les dater de l'insurrection de cette île;
l'histoire des finances anglaises, en dépit du mystère dont on a couvert ces relations, en découvrirait probablement des traces à une certaine époque;
mais, comme il n'est ici question que de rapports (0 Ce serait un travail instructif que celui qui, balançant
les avantages et les désavantages de l'Angleterre et de la
France dans leur commerce avec Haïti, porterait en ligne
les divers profits de l'une et les pertes varices de l'autre, sur
l'universalité de ce commerce, dont on affirme que les importations dans tous les ports sont de 13,017,900 dollar», et
les exportations totale» de 9,o34,4oo dollars. ••■ --- Page 13 ---
( t> ) commerciaux fixés et établis, on ne voit pas qu'ils
remontent au-delà de dix à douze ans. Déjà
l'Angleterre avait, dans le pur intérêt de son commerce (car j'absous son gouvernement de l'accusation d'une violation ouverte de neutralité), donné
des signes de bienveillance aux colonies insurgées
de l'Amérique méridionale, en les exceptant de
quelques-unes des prohibitions, exclusions et restrictions dont, depuis plus d'un siècle, elle avait
frappé par degrés toute la navigation, tout le commerce de l'Europe. De quelle utilité, soit dit en
passant, pouvaient être ces concessions apparentes
pour des colonies qui n'avaient pas de marine marchande pour transporter leurs denrées en Angleterre, et en rapporter des marchandises manufacturées? Avaient-elles d'autre objet que de leur faire
ouvrir plus librement leurs ports? Quoi qu'il en
soit, le gouvernement d'Haïti, dans l'espérance
d'une semblable faveur, encore plus inutile à lui
qu'aux colonies américaines, et pour s'en rendre
digne, réduisit spontanément, pour l'Angleterre,
a cinq pour cent les droits de douane, qui étaient
et qui restèrent pour les autres nations à douze
pour cent. Le droit de tonnage fut aussi réduit en
proportion. Il est vraisemblable qu'il fut passé
quelque traité demeuré secret; car un bienfait aussi
signalé qu'une réduction de sept-douzièmes, fait
présumer une réciprocité, ou au moins des promesses d'avantages équivalens,u'ùnporte de quelle
isit spontanément, pour l'Angleterre,
a cinq pour cent les droits de douane, qui étaient
et qui restèrent pour les autres nations à douze
pour cent. Le droit de tonnage fut aussi réduit en
proportion. Il est vraisemblable qu'il fut passé
quelque traité demeuré secret; car un bienfait aussi
signalé qu'une réduction de sept-douzièmes, fait
présumer une réciprocité, ou au moins des promesses d'avantages équivalens,u'ùnporte de quelle --- Page 14 ---
(i3)
nature. Il est à remarquer que l'arrangement^ quel
qu'il fût, eut lieu sous le ministère de lord Càstlercagh, secrétaire-d'état pour les affaires étrangères. Cette préférence exclusive eut, pendant bien des
années, le cours le plus paisible sous les diverses
autorités qui se partagèrent successivement le pouvoir dans Haïti; le commerce anglais en jouissait
avec la sécurité d'un propriétaire à droit héréditaire, sans plaintes, sans remontrances aucunes de
la part des nations lésées par ce privilège; dès
amiraux, des capitaines et officiers de marine allaient
de temps en temps faire des visites à ce nouveau
peuple, l'assurant de leur protection, et lui donnant dès conseils pour le former; des négocians
anglais étaient allés résider dans l'île pour diriger
"plus sûrement leurs opérations^ et entretenir l'influence dé leur pays; et les feuilles périodiques
avaièht-ellès à parler dû gouvernement do Haïti,
hs vues et les actes des principales autorités étaient
marqués au coin d'une sagesse, d'une prévoyance,
et de toutes les qualités qui honoreraient les gouvernéméns les plus éclairés; pour le peuple, sa
conduite prouvait combien étaient ridicules les
préjugés attachés à sa couleur. Tels étaient les rapports de l'Angleterre avec Haïti, quand des circonstances dont je vais rendre compte^ sont vênïies
lies déplacer,' et changer l'état des*protecteurs et
'dë$protégés^ : '! , ' • " V <: 'iU> --- Page 15 ---
(4)
Les princes de l'ancienne dynastie, remontés sur
le trône de France, qui n'avaient eu aucune part à
la séparation de Saint-Domingue, causée par les
menées insidieuses et perfides des agens de Napoléon, avaient cherché de bonne heure à réconcilior
cette intéressante portion de leur empire avec la
mère'patrie. L'ile était alors malheureusement divisée en deux factions qui régnaient chacune dans leur
partie. Ces premières tentatives furent et devaient
être infructueuses. Les chefs qui dominaient étaient
trop occupés,à s'observer et à mesurer leurs forces.
De nouveaux pourparlers curent lieu, sans amener
à s'entendre sur des points capitaux; il semblait que
le moment des délibérations n'était pas encore
arrivé à ce point de maturité nécessaire à de grands*
sacrifices réciproques. Enfin, le terme de la guerre'
d'Espagne ayant rendu à la France tout le calme
d'une paix solide en Europe, notre gouvernement,
plus éclairé, prit la ferme résolution de renouer les
négociations, pour conclure, dans l'intérêt du commerce, un arrangement qui s'accordât toutefois
.avec sa dignité, et avec les maximes proclamées par
les têtes couronnées de l'Europe. Ces sentimens
furent portés à Haïti, ?t le président Bpyer, répondant au voeu de jla France, .envoya à< Paris jdeux
commissaires chargés d'instructions. A leur; arrivée, les discussions s'ouvrirent, et durèrent, quelque temps. On a dit qu'elles furent rompues; je
dirai, moi, qu'elles furent plutôt suspendues: l'évé-
ité, et avec les maximes proclamées par
les têtes couronnées de l'Europe. Ces sentimens
furent portés à Haïti, ?t le président Bpyer, répondant au voeu de jla France, .envoya à< Paris jdeux
commissaires chargés d'instructions. A leur; arrivée, les discussions s'ouvrirent, et durèrent, quelque temps. On a dit qu'elles furent rompues; je
dirai, moi, qu'elles furent plutôt suspendues: l'évé- --- Page 16 ---
( .i5. )
nement le prouve. Je ne crois pas digne, de votre
attention, Monsieur, de vous entretenir des calomnies des libellistes périodiques de ce pays, qui
eurent l'impudence d'assurer que les commissaires
.haïtiens avaient été outragés,et insultés par nos
; ministres: ils voulaient sans doute aliéner, contre
nous le gouvernement d'Haïti. Cependant, les commissaires ne revenant pas
porteurs d'un traité, répandirent l'alarme dans
cette île; on s'y attendait généralement à une trèsprochaine invasion de la part de la France. Cette
crédulité, il faut l'avouer, était en quelque sorte
excusable et justifiée par les faux rapports des résidens anglais et des journaux de leur pays, qu'ils
faisaient circuler insidieusement daus l'île. Ils étaient
satisfaits de la rupture des négociations, mais il
leur importaitqu'elles ne fussent pas reprises. Quatra
à ciriqbâtimens de second ordre de la marine royale
de Francc^ortaient-ils do nos ports pour nos colonies, et pour la protection de notre commerce dans
l'Atlantique, alors infestée de pirates; c'était, à
l'instant une (lotte de vingt à vingt-cinq gros vaisseaux de guerre, portant quinze a vingt mijle
hommes bien armés, bien équipésf qui avait quitté
; ...le., port de Toulon, ou tout autre port, à un jour
Î : désigné ; on l'avait, rencontrée à telle hauteur, fai-
; sant voile, directement sur Saint- Domingue ; le
nombre des hommes> des vaisseaux t variait chaque
■matin dans les gawttes deLondres nefaut^ do/ 10 --- Page 17 --- --- Page 18 ---
(i4)
pas «'étonner si le même degré d'alarme s'empara
d'un homme tel que le président Boyer, chargé
d'ailleurs d'une grande responsabilité) vis»à-vis
d'un peuple méfiant, et qui, sans cause réelle, pouvait d'un instant à l'autre se porter aux extrémités.
Il publia quelques proclamations où respiraient ses
alarmes, ses plaintes contre la France, où il exaltait les vertus et la bravoure de son peuple, pour se
maintenir daus sa faveur; et il lit, sur les côtes,
tous les préparatifs de défense que requérait l'état
de l'île, et que ses finances lui permettaient.
peuple méfiant, et qui, sans cause réelle, pouvait d'un instant à l'autre se porter aux extrémités.
Il publia quelques proclamations où respiraient ses
alarmes, ses plaintes contre la France, où il exaltait les vertus et la bravoure de son peuple, pour se
maintenir daus sa faveur; et il lit, sur les côtes,
tous les préparatifs de défense que requérait l'état
de l'île, et que ses finances lui permettaient. Mais comme la peur est un mal sans remède, le
président jugea toutes ces précautions insuffisantes,
et pour d'autant plus assurer le salut de l'île, il
songea sérieusement à invoquer la protection de
l'Angleterre, pensant que le moment était arrivé
dé lui demander de reconnaître, par un service
d'une aujtre nature, le privilège signalé qui avait
été accordé à son commerce, et dont .elle jouissait
depuis dix ans. Dans cette idée, Boyçr doutait
d'autant moins du succès, qu'il ne se faisait aucune
difficulté d'assimiler son peuple et son indépendance défait, aux peuples et à l'indépendance des
nouveaux Etats de l'Amérique méridionale, que
l'Angleterre venait de reconnaître par dés-traités
% de commerce qui, ayant causé alors une grande
' sensation, avaient dû fortifier ses prétentions et ses
espérances. En conséquence, il dépêcha à Londres
un membre de la chambre des représentant* au --- Page 19 ---
C«7) nom, je crois, de Rigou, à qui il remit dés instructions apparentes poury régler quelques affaires
relatives à [l'exploitation des mines de Haïti, et
convenir de quelques arrangemens avec la compagnie de capitalistes chargée de l'entreprise; mais à
qui,daus le fait, il confia la mission secrète de
solliciter là reconnaissance immédiate de l'indépendance de l'ile; l'envoi respectif d'agens diplomatiques et de consuls, dans lés mêmes termes qui
venaient d'avoir lieu pour les nouveaux Etats de
l'Amérique méridionale; et enfin, dans le cas d'attaque ou d'invasion de la part de la France, de
demander uue assistance en hommes et en vaisseaux. L'envoyé haïtien, arrivé à Londres, se nïitren,
devoir d'exécuter ses diverses missions. PourfIa
mission politique, il chercha tous lès moyens'd'accès auprès du ministre des affaires étrangères; mais
ce n'était plus lord Castlereagh s M. Ca'nning fut
inaccessible, et refusa opiniâtrement les conférences qu'on le pressa d'accorder. Cet envoyé est,
mort ici le 24 juillet dernier; je le dis d'après les
papiers publics, et l'on assure que, durant le cours
de sa mission, et avant de rendre le dernier soupir,
il s'était plaint souvent de n'avoir pas été accueilli
avec'les égards dus à son caractère diplomatique.
; mais
ce n'était plus lord Castlereagh s M. Ca'nning fut
inaccessible, et refusa opiniâtrement les conférences qu'on le pressa d'accorder. Cet envoyé est,
mort ici le 24 juillet dernier; je le dis d'après les
papiers publics, et l'on assure que, durant le cours
de sa mission, et avant de rendre le dernier soupir,
il s'était plaint souvent de n'avoir pas été accueilli
avec'les égards dus à son caractère diplomatique. Cependant Boyer, ne perdant pas toute espérance,
résolut de tenter la fortune par une autre voie; ce
fut d'employer l'agence d'un Anglais, négôciâut à --- Page 20 ---
--(18 ) -dansla cité, et lié au commerce d'Haïti, s'imaginant probablement lever par ce moyen l'obstacle
qu'il supposaitexistor dans la personne d'un Haïtien,
et que ses ouvertures en recevraient un accueil plus
favorable; ce fut au contraire pour M. Canning un
motif de plus contre toute ouverture; il lui sembla
extrêmement impoliliquc, comme il l'avait déjà.témoigné au Parlement dans la session dernière, à
l'occasion d'une affaire concernant un des nouveaux
États de l'Amérique, de souffrir l'intervention, dans
les secrets de l'État, d'un négociant anglais nullement diplomate par profession, et qui, par esprit
de spéculation, pourrait en abuser impunément
comme non responsable, et en tirer profit. Vainejnent donc le négociant pressa vivement les amis du
ministre de lui faire obtenir une conférence, le ministre resta inaccessible. Le négociant, dans une
lettre rendue publique dans les papiers-nouvelles
d'Angleterre et de France, où, loin de faire mystère
de sa mission, il en explique au contraire une parlie, s'est plaint depuis, avec quelque amertume, des
refus constans de M. Canning. Ce n'est point à moi à pénétrer dans les raisons
;qui ont déterminé ce profond homme d'état à refuser d'admettre les émissaires d'Haïti; je ne 4oute
pas qu'il ne soit en parfaite mesure de répondre à
ses accusateurs, si l'opposition s'avise de l'attaquer
, dans la prochaine session. Cependant, permettez-
?moi, Monsieur, de placer ici quelques réflexions„qui --- Page 21 ---
(.'9)
me sont suggérées par la nature de la politique ac--
tuelle de l'Angleterre et de l'état de ce pays.
refuser d'admettre les émissaires d'Haïti; je ne 4oute
pas qu'il ne soit en parfaite mesure de répondre à
ses accusateurs, si l'opposition s'avise de l'attaquer
, dans la prochaine session. Cependant, permettez-
?moi, Monsieur, de placer ici quelques réflexions„qui --- Page 21 ---
(.'9)
me sont suggérées par la nature de la politique ac--
tuelle de l'Angleterre et de l'état de ce pays. Cette nouvelle politique est une neutralité absolue dans les querelles qui peuvent s'élever entre les
puissances; elle est dictée, si ce n'est par le système
d'une justice éclairée, au moins par le besoin du
repos après de longues tourmentes, par la nécessité
de réparer "des finances épuisées, par un instinct
naturel d'agrandir sans mesure le commerce, qué;
le gouvernement regarde comme, la seule base delà
prospérité publique et de sa force, et qu'il préfère,
maintenant à des intrigues politiques qui lui sont
et qui auraient dû, pour le bonheur du monde, lui
être toujours étrangères; ce gouvernement sent très
bien qu'en augmentant les richesses de la nation'par t
le commerce et par la protection qu'il lui,accorde,
il peut reparaître plus fort et plus puissant que ja-f
mais à la première occasion où il serait directement^
intéressé. Telle est, je n'en doute pas, la politique
actuelle et sincère de l'Angleterre, démontrée par.
sa conduite au congrès de Vérone, dans la dernière.
guerre d'Espagne, et dans d'autres occasions de,
moindre importance que je pourrais citer; : et quan,4 r
on vous parle de la Grèce, qui, dans sa:détressé,-,
réclame la protection armée de l'Angleterre, et que
l'on vous dit que le commandant de la station 1
formellement promise, n'en croyez rien; elle démentira ce commandant et persistera dans sa "neutralité. Elle sait ce qu'elle y a gagné en richesses* --- Page 22 ---
(20) indépendamment de plus de huit à neuf millions de
livres sterling de taxes, réduites depuis quatre* à cinq
ans. Nos politiques de Paris disaient, en 1820, que
l'Angleterre avait entièrement perdu son influence
en Europe; ils l'ont répété et ne cessent de le répéter; elle ne peut en effet avoir de l'influence là où
elle n'intervient pas et ne veut pas intervenir; mais
qu'ils ouvrent enfin les yeux, et qu'ils se détrompent (1). Je fonde donc avec quelque raison, sur ce système de neutralité, le refus de M. Canning de se
mêler des affaires d'Haïti, où la France était partie.
Qu'on ne m'objecte pas la conduite du gouvernement dans lés querelles des colonies de-l'Amérique avec l'Espagne, elle n'a eu rien d'hostile; les
ministres n'ont tenté qu'à y introduire favorablement le commerce de leur pays; une telle conduite
est conforme au droit naturel et des gens; loin
qu'elle fût prohibée par l'Espagne, Ferdinand, au
contraire, l'a, comme on sait, légitimée par un acte
formel, qui*a permis à toutes les puissances un commerce ouvert avec toutes ses colonies de l'Amérique méridionale. C'est un malheur et une grande
fauté politique de n'avoir pas suivi pas à pas l'Angleterre dans sa marche vers ces riches contrées, et
de f avoir laissée s'emparer d'un immense trafic qui
l et des gens; loin
qu'elle fût prohibée par l'Espagne, Ferdinand, au
contraire, l'a, comme on sait, légitimée par un acte
formel, qui*a permis à toutes les puissances un commerce ouvert avec toutes ses colonies de l'Amérique méridionale. C'est un malheur et une grande
fauté politique de n'avoir pas suivi pas à pas l'Angleterre dans sa marche vers ces riches contrées, et
de f avoir laissée s'emparer d'un immense trafic qui (1) La proclamation du gouvernement anglais relative*
ment à la Grèce justifie pleinement cette assertion. --- Page 23 ---
( *l ) accroît sensiblement ses richesses, et qui l'y laisse
maîtresse d'une influence dont les conséquences ne
sont pas sans dangers. Si l'on m'oppose les derniers traités avec ces nouveaux États, je renverrai au célèbre discours dé
sir Mac'Intoff au Parlement, où il prouve, par de
nombreux exemples tirés de l'histoire moderne, la
longue pratique de cette politique en Europe. Je
citerai l'autorité de M. Canning lui-même, qui,
dans un discours à cette occasion dans la chambre
des communes, posa la judicieuse distinction entre
de simples traités de commerce, tels que ceux qu'il
était alors question de passer avec les nouveaux
États, et des traités d'alliances offensives et défensives, et qui, déclarant qu'à tout événement l'Angleterre continuerait de rester neutre, s'exprima
distinctement, en disant que, dans le cas de nouvelles attaques de la part de l'Espagne, c'était aux
nouveaux États à se défendre à leurs risques et jtërils, et qu'ils n'avaient à compter sur aucun secours
de la part du gouvernement. Je dirai enfin que telle
paraît avoir été l'opinion des commandans espagnols, qui, après avoir ressaisi le Pérou, au lieu de
confisquer les marchandises anglaises qu'ils y trouvèrent, en autorisèrent ouvertement la circulation
et la vente, et ne firent que les assujettir aux anciens
usages et aux anciens droits. L'opposition, je le sais, ne professe pas toujours
ces princi^'J!l|^iques-uns de ses membres influens --- Page 24 ---
( >* ) tionnent encore à l'ancien et orgueilleux usage de
se'mêler et de vouloir dominer dans les affaires qui
ne regardent pas leur pays; mais ce n'est pas l'opposition qui gouverne. En voilà, ce me semble, assez
pour justifier la conduite de M. Canning. Mais pourquoi, peut-on encore dire, et c'est le
langage des journaux, avoir refusé à Haïti ce qu'on
a accordé à quelques parties de l'Amérique méridionale, la reconnaissance d'une indépendance de
droit dont il jouissait de fait depuis vingt ans?
Boyer demandait plus, mais cette réponse n'est pas
suffisante. Si, jusqu'à présent, j'ai cherché à justifier
JM. Canning, je l'approuve maintenant entièrement,
et voici mes raisons. Il ne sera pas échappé à la sagacité de M. Canning que la population nègre de Haïti n'était pas à
assimiler aux habitans de l'Amérique méridionale,
et que tout acte d'intervention qui tendrait à avancer la liberté politique de celte classe d'hommes,
serait un exemple pernicieux pour les nègres de la
Jemaïque, si voisine d'Haïti, et pour ceux des autres
colonies anglaises, infiniment plus peuplées de nègres que de blancs, et dont le gouvernement et les
colone ont eu si souvent, dans le cours de ces dernières années, à combattre et à étouffer les insurrections. Sous le rapport de la politique intérieure,
le refus serait donc fondé, selon moi, sur le plus
puissant de tous les motifs, la conservation de soimême.
ieux pour les nègres de la
Jemaïque, si voisine d'Haïti, et pour ceux des autres
colonies anglaises, infiniment plus peuplées de nègres que de blancs, et dont le gouvernement et les
colone ont eu si souvent, dans le cours de ces dernières années, à combattre et à étouffer les insurrections. Sous le rapport de la politique intérieure,
le refus serait donc fondé, selon moi, sur le plus
puissant de tous les motifs, la conservation de soimême. --- Page 25 ---
( » N'est-il pas possible, en c itro, que M. Canning;"
pénétré de la justice comme de la nécessité que les -
anciens propriétaires fussent indemnisés convenablementyait jugé, quoique bien informé des négociations,, au-dessous de sa dignité d'offrir samé- '•
diation dans une affaire d'argent ; pour concourir *
au règlement du quantum, et qu'on devait laisser •
le tout à la disposition de la France, seule offensée,
seule intéressée; et qu'à l'égard du privilège du *
demi-droit, il l'ait considéré, sans descendre jusqu'aux petits intérêts mercantiles de son pays, qu'il"
protège pourtant de tout son crédit dans les occasions convenables; qu'il l'ait, dis-je, considéré
comme une indemnité additionnelle qui ne pourrait jamais atteindre le niveau des perles réelles de
la France. Si ce sont là les argumens, ou plutôt, si c'est là
une partie de ces argumens, car certainement sa
grande expérience et ses connaissances lui en fuiront suggéré beaucoup d'autres, no penscrez-vous
pas, Monsieur, que sa conduite mérite l'approbation
de tous les hommes éclairés et impartiaux ? Ici se terminent les rapports du gouvernement
anglais avec Haïti; on voit qu'ils sont à l'abri de la
critique, au moins depuis le ministère do M. Canning. Après celle digression nécessaire à la preuve de
la politique actuelle du cabinet anglais, et qui sert
à l'avance de réponse aux opinions contraires des --- Page 26 ---
C*4) journalistes, que je citerai bientôt, et d'une parlio
du public, je reprends la suite des faits. Dès qu'il fut connu à Haïti que les dernières tentatives du négociant de la cité avaient éprouvé le
mémo sort que celles du représentant Rigau, celle
fois le président Boyer resta convaincu qu'il fallait
qu'il renonçât aux espérances qu'il avait fondées sur
l'Angleterre; et dans la chaleur de son ressentiment,
il s'aboucha, sans perdre de temps, avec les personnages les plus influons des deux chambres, pour
faire révoquer les privilèges accordés au commerce
anglais, tant sur ses marchandises que sur son tonnage; La proposition fut, en conformité, portée à
la chambre des représentans, qui l'agréa sans discussion; le sénat l'accepta aussi facilement, et le
président la fit à l'instant publier dans les formes.
Dès ce moment le commerce de l'Angleterre fut et
est resté assimilé en tous points à celui des.autres
pavillons, et soumis à une égalité de taxe, Cependant cet acte do récrimination, dans lequel on peut voir un acte d'acheminement à tin
accommodement avec ]a France, n'apportait aucun
changement aux causes des alarmes réelles ou chimériques du président Boyer; il ne garantissait pas
l'île d'une invasion de la part de la France; et sans
être absolument subjuguée, elle pouvait, par représailles, être pillée et dévastée par un ennemi
qu'on devait supposer à Haïti conserver toujours le
sentiment profond 4e se venger de cruautés et de.
acte d'acheminement à tin
accommodement avec ]a France, n'apportait aucun
changement aux causes des alarmes réelles ou chimériques du président Boyer; il ne garantissait pas
l'île d'une invasion de la part de la France; et sans
être absolument subjuguée, elle pouvait, par représailles, être pillée et dévastée par un ennemi
qu'on devait supposer à Haïti conserver toujours le
sentiment profond 4e se venger de cruautés et de. --- Page 27 ---
( *5 ) spoliations dont le souvenir ne s'efface point, So décider à vivre dans do telles crises, c'était rendre
trop précaire, c'était acheter trop cher une indépendance purement nominale, La paix avec la
France était donc désirable; elle était devenue nécessaire, et la résolution du président fut formée en
conséquence. On peut supposer qu'il se hasarda à tenter do
nouvelles ouvertures, et à demander à la France
l'envoi de négociateurs à Haïti, comme le lieu le
plus propre à en hâter l'issue. Nos négociateurs
étaient porteurs d'une ordonnance du Roi. Les conditions qu'elle renferme sont trop connues pour que
je les rappelle. Boyer, à leur arrivée, nomma des
commissaires pour traiter avec les nôtres. A la tournure que prirent les conférences, et à la résistance
que ces diplomates opposèrent à l'acceptation pure
et simple des conditions de cet acte auguste, on
serait tenté de croire qu'ils considéraient leur indé-,
pendance. comme inébranlable. Les négociations
allaient être de nouveau et pour jamais rompues,
sans la prompte intervention du président, qui se
hâta de les remplacer. Après quelques conférences
avec nos négociateurs et des entrevues avec les principaux membres du sénat, il finit par accepter sans
restriction l'ordonnance royale. Les deux sections
du corps législatif sanctionnèrent sans délai l'acceptation du président dans les formes lès plus solennelles, et aux vives et tumultueuses acclamations --- Page 28 ---
(*7)
do la population. Le temps dévoilera et réparera les «*
omissions et les erreurs inséparables du mode singulier qui a conduit à l'arrangement; je n'ai point
à m'en occuper; qu'il me suffise de dire que la
France entière doit voir avec une vivo satisfaction
l'envoi à Haïti des trois agens distingués choisis
pour y régulariser et protéger notre commerce. Je reviens à l'Angleterre.—Si la conduite du
cabinet de Saint-James a été ce qu'elle devait
être, les mêmes éloges ne sont pas dus à un grand
nombre des habilans de Londres. Il est à ma connaissance personnelle que la nouvelle de l'arrangement do la France avec Haïti, a excité la bile de
tous ceux qui ne veulent avoir que l'intérêt mercantile du moment; je n'en excepte pas même
ceux qui sont étrangers au commerce. Quelques
individus reprochent à nos ministres d'avoir employé l'intrigue pour supplanter l'Angleterre à
Haïti. Quant à la masse générale des mécontens,
ils accusent M. Canning d'une insouciance cl d'un
oubli de ses devoirs inexcusables : « Il lui était
» si facile, disent-ils, il lui fallait si peu d'efforts
» pour prévenir le >o^l ! comment se justificra-
» t-il d'avoir rejfcé C ts ouvertures si favorables à
» notre commerce 0 n
oir employé l'intrigue pour supplanter l'Angleterre à
Haïti. Quant à la masse générale des mécontens,
ils accusent M. Canning d'une insouciance cl d'un
oubli de ses devoirs inexcusables : « Il lui était
» si facile, disent-ils, il lui fallait si peu d'efforts
» pour prévenir le >o^l ! comment se justificra-
» t-il d'avoir rejfcé C ts ouvertures si favorables à
» notre commerce 0 n J'affirme que tede est l'opinion assez générale
ici; je n'ai vu personne embrasser toutes les faces '
de l'affaire, et exprimer seulement des doutes;'
ceci me confirme dans l'idée que si'quatre'mi- --- Page 29 ---
<a8)
nistres, que jonc nommerai pas, se retiraient des
affaires publiques, ce système nouveau, qu'on a la
bonté d'appeler libéral, les suivrait du même pas
dans leur retraite. Pour les journalistes, qui sont ici les régulateurs
de l'opinion publique, quand l'opinion publique
ne devance pas leurs articles, leur conduite a été
violente et outrageante. Je ne répondrai point ici à leurs injures, parce
que je ne m'occupe que du fond de la matière;
mais je dois, dans l'intérêt de la France, m'arrêter aux moyens que l'un d'eux (/e Globe et Traveller) imagine pour rendre le traité avec Haïti
tout-à-fait illusoire. Voici ce qu'il dit : « H y a une circonstance qui peut considéra-
» blement affaiblir la faveur de la disposition au
» profit du commerce de France; c'est qu'une
» grande partie du revenu de Haïti consiste dans
» les droits à la sortie ; telles sont les connais-
» sauces des négociateurs français en finances, que
» les Haïtiens peuvent, sans enfreindre le traité,
» élever les droits d'exportation au taux qu'ils
» voudront. — S'il y a un droit général et égal
» de 20 pour cent sur les sorties, et un droit de
» 2 pour cent sur les entrées de France, et de
» 4 sur celles des autres nations, l'avantage des
» i Français ne sera que dans. la proportion de aa --- Page 30 ---
» à &4> AU lieu d'être do 5 à 10, comme l'ont
» > entendu les négociateurs français. » L'intention, le but do l'avis et les résultats pour
la France, me paraissent clairs; je vais leur donner
quelques développemens: les importations anglaises
sont, comme on l'a vu, dans la proportion de a
à i avec celles de France, et les exportations ne
sont que de la moitié des nôtres.—Si la mesure
proposée était possible, si jamais elle était adoptée, il en résulterait que le commerce auglais ne
paierait pour ses importations qu'un droit de 4
pour cent au lieu des la qu'il acquitte maintenant,
et que celui de France ne serait que de 2 pour
cent; mais celte légère différence en notre faveur,
serait, en thèse générale, presque nulle, et elle
serait grandement effacée par le bon marché de
certaines marchandises de même nature que nous
produisons, et que la supériorité de leurs marchines leur permet de livrer à plus bas prix, taiir
dis qu'une différence de 6 pour cent, dans l'esprit du traité, rapprocherait davantage notre
commerce de la concurrence, à cet égard, avec
l'Angleterre; la conséquence pour l'Angleterre-,
serait donc que non seulement elle conserverait
entièrement le marché d'Haïti, tel qu'elle en
jouissait avant le traité, mais.encore qu'elle serait
excitée à augmenter ses importations par le moyen
de ses accaparemens dans ses immenses entrepôts,
lés nombreux produits de même nature, que les
, dans l'esprit du traité, rapprocherait davantage notre
commerce de la concurrence, à cet égard, avec
l'Angleterre; la conséquence pour l'Angleterre-,
serait donc que non seulement elle conserverait
entièrement le marché d'Haïti, tel qu'elle en
jouissait avant le traité, mais.encore qu'elle serait
excitée à augmenter ses importations par le moyen
de ses accaparemens dans ses immenses entrepôts,
lés nombreux produits de même nature, que les --- Page 31 ---
(3o) nôtres, que les occasions et ses vastes capitaux lui
permettraient de ramasser à bas prix sur la surface
du globe, tels que vins, caux-dc-vio, etc., etc., et
elle finirait, Dieu sait par quels moyens, à nous
exclure entièrement des marchés de Haïti, dont
l'entrée et la concurrence nous sont garanties par
une clause favorable du traité. Voilà pour les importations. Quant aux exportations, les résultats seraient
infiniment plus funestes : quelles seraient les conséquences d'un droit égal, d'un droit énorme de
20 pour cent? les voici:—Le commerce anglais
qui n'exporte de Haïti que la moitié autant que
nous, qui n'exporte que pour revendre et non
pour consommer, qui n'a besoin des denrées de
Haïti que parce qu'il n'y a point de commerce
sans un échange quelconque, réduirait encore de
beaucoup ses médiocres exportations, et par ce
moyen compenserait l'énorme droit de sortie par
l'addition des profits que lui donnerait un accroissement-d'importations. Mais quelle différence pour la France, qui exporté les denrées de Haïti pour les consommer
en presque totalité, si elle était obligée de payer
les droits de sortie à l'égalité des autres nations)
et à l'énorme taux de 20 pour centl n'est-il pas
clair qu'elle serait à l'instant obligée de renoncer à,
son commerce avec Haïti, qui, dans la situation
de l'année dernière) ne lui est déjà pas favorable, --- Page 32 ---
(3o)
puisque le surplus de ses exportations la forcé nu
paiement d'une balanco en numéraire? ne seraitelle pas obligée d'aller chercher ces mêmes denrées à plus bas droits dans les autres marchés,
tels que le Brésil) Cuba, et même en Angleterre,
comme en I8I5 et 1816? Je ne serais pas étonné
que ce ne fût la pensée dernière du journaliste;
que deviendrait alors la convention avec Haïti?
Voilà pourtant ce qu'il appelle uno opération .de
finances qui n'enfreint par le traité. Je ne crois pas nécessaire do mettre en contraslo
l'esprit et là lettre de ce traité. Le journaliste [avance, on aperçoit avec quelle
intention, qu'une grande partie du revenu de
Haïti consiste dans les droits à la sortie ; le fait
n'est pas exact; le revenu est plus dans les droits
à l'entrée, puisque les droits étant égaux dans les
deux cas, les importations sont, d'après le tableau
général des douanes, dans la proportion avec les
exportations, de 9 à i3; mais que gagnerait Haïti
à une mesure odieuse et réprouvée, à juste raison, par l'usage général des nations? Le peuplé île
cette île consommerait y il est vrai, les produits'
étrangers'à;meilleur marché, si îes droits étaient
réduits aux deux tiers y c'est-à-dire de 12 à 4 y'tels
qu'ils sont maintenant; mais ceux sur les exportations étant augmentés de 8 pour cent (de 12a
20), cette hausse, hors. de► toute proportion avec
les droits des autres contrées à denrées coloniales,
, à juste raison, par l'usage général des nations? Le peuplé île
cette île consommerait y il est vrai, les produits'
étrangers'à;meilleur marché, si îes droits étaient
réduits aux deux tiers y c'est-à-dire de 12 à 4 y'tels
qu'ils sont maintenant; mais ceux sur les exportations étant augmentés de 8 pour cent (de 12a
20), cette hausse, hors. de► toute proportion avec
les droits des autres contrées à denrées coloniales, --- Page 33 ---
' ( 3i ) appauvrirait ses marchés; il exporterait donc moins,
et ayant une fois perdu, par sa faute, les moyens
do payer ses importations en échanges, ses ports
seraient bientôt désertés, son commerce ruiné, et
le revenu public frustré d'une do ses plus belles
ressources; Ja mise en pratique du conseil du jour- . naliste serait donc funeste à Haïti, et l'Angleterre
seule y gagnerait. Parmi les nations qui réclameraient, la première
serait les Etats-Unis de l'Amérique du Nord, qui,
infailliblement, feraient révoquer la mesure. Ils
seraient plus intéressés que toute autre nation par
la nature de leurs relations avec Haïti, et comme
étant en possession à eux seuls de la majeure partie
de ce commerce, à déjouer les insinuations et les
intrigues des résidons anglais, et à empêcher l'Angleterre, à qui elle a appris à la respecter, à monopoliser ce commerce. * Mais que la France se tranquillise, la mesure est
impossible; elle est contraire à la lettre et à l'esprit
du traité. Le journaliste convient lui-même que les
négociateurs français ont entendu, en traitant, que
le droit serait égal dans les deux cas. Où donc
a-t-il vu qu'il pourrait, sans infraction au traité,
y avoir un droit égal sur les: exportations pour
toutes les nations, sans exception pour la France? r Je n'ai pas en ma possession le texte français;de
•l'ordonnance royale; mais, dans la.traduction de
l'article par le journaliste, je trouve mot à mot que --- Page 34 ---
) lés droitslevés dans les ports, sur les vaisseaux on
marchandises qui y entreront ou qui en sortiront,
seront égaïuè et uniformes pour tous les pavillons,
excepte que ces droits seront réduits de moitié en
faveur du pavillonfrancais. Ces mots sacramentels ne veulent point do commentaire. Il est clair, en conséquence dernière,
que si, à l'entrée comme à la sortie, les marchandises anglaises"paient, d'après le tarif d'Haïti, un
droit de ioo délais, les Français n'ont que 5o
dollars, ou la moitié à acquitter sur la même
quantité, la même nature et la même qualité de
marchandises, ou sur toutes autres différentes,
d'après l'évaluation, qui est la base du tarif do
Haïti; il n'est donc pas vrai que la France put être,
par une mesure quelconque, assujettie au paiement
de ces ioo dollars sur ses exportations seulement.
La proportion possible des 22 à 24 du journaliste,
qui ne serait plus alors la moitié à la sortie comme
à l'entrée, est donc un pur rêve de son imagination et le fruit d'une maligne jalousie.
même qualité de
marchandises, ou sur toutes autres différentes,
d'après l'évaluation, qui est la base du tarif do
Haïti; il n'est donc pas vrai que la France put être,
par une mesure quelconque, assujettie au paiement
de ces ioo dollars sur ses exportations seulement.
La proportion possible des 22 à 24 du journaliste,
qui ne serait plus alors la moitié à la sortie comme
à l'entrée, est donc un pur rêve de son imagination et le fruit d'une maligne jalousie. Si, au reste, il s'élevait quelque équivoque sur
la lettre du traité, ce que je ne puis croire, quelle
expression, si claire qu'elle soit, est à l'abri de l'équivoque; nos agens à Haïti sauront bien les faire
lever, faire expliquer les clauses, prévenir toute
obscurité, et aplanir toutes difficultés, lant dans
les actes passés que dans les conventions ultérieures
qu'ils auront à passer. --- Page 35 ---
C 33 )
Le journaliste lermitio son articlo par une dissersationcn réponse à un article d'un "autre journaliste du même parti qui s'élève contro la taxe
générale sur les exportations, qu'il traite d'impolitique et do barbare. Dieu me garde klo lo [suivre
dans cette dissertation, bù il insinue, par des motifs cachés, mais-aisés à conjecturer, que les articles d'exportation étant ordinairement volumineux
et pcsans, la contrebande est faciio à prévenir et
à réprimer, tandis qu'il n'en est pas de même à
l'égard des importations dont les articles, comme
étant plus chers, et d'un transport plus facile, sont
plus aisés à introduire frauduleusement. Mais je no .puis me taire sur son système de taxe
extraordinaire et 'disproportionnée sur les 1 exportations, et c'est le journaliste lui-même qui- me
fournit .les moyens de lui répondrèi — Les Colombiens avaient mis une taxe excessive sur les
: exportations de -leurs produits; les journaux s'élev.vcrent. avec raison contre une taxe aussi'irripoli-
'' tiqué; et le Globeet Travaller'fit écho avec eux.
Pourquoi celle nouvelle inconséquence? cela s'exr plique aisément; c'est parce que le commerce con-
* sidérable des Anglais avec cette république j>sans
aucune concurrenèe redoutable, 'était intéressé à
; ne payer que des droits raisonnables d'exportation,
et à conserver par-là: les marchés, en Europe, des
produits semblables des autres contrées : c'est que ;' • ' '■ 'i ' •' •'- '3 v> '< --- Page 36 ---
(.34)
•Colombie n'avait pas, avec la France, de convention qui lui donnât Un privilège. Vous aurez remarqué, Monsieur, la moralité
d'une suggestion qui .tend à violer un traité, solennel à peine signé. Si l'auteur eut.su alors que les
évaluations étaient à Haïti la basej'de h perception
♦des droits à la sortie comme à l'entrée, il aurait
aperçu l'inutilité du conseil, et il se serait sans doute
épargné la honte de l'avoir publié. Dans lés citations que je viens de faire du Globe
' et Travaller, vons aurez vu que, tout faux que sont
:ses argumens, tout insidieux et perfides que sont
ses conseils, il garde néanmoins quelque modération dans le langage. Pour le Times, qui [est le
-second, et que je vais examiner à son tour, et dont
« je ne prends qu'un article parmi le granc\ nombre • qu'il a publiés sur l'affaire de Haïti, vous rcmari querez que cet article justifie l'accusation de vio-
de faire du Globe
' et Travaller, vons aurez vu que, tout faux que sont
:ses argumens, tout insidieux et perfides que sont
ses conseils, il garde néanmoins quelque modération dans le langage. Pour le Times, qui [est le
-second, et que je vais examiner à son tour, et dont
« je ne prends qu'un article parmi le granc\ nombre • qu'il a publiés sur l'affaire de Haïti, vous rcmari querez que cet article justifie l'accusation de vio- • lënce et d'outrage, que j'ai portée plus haut contre - Iles feuilles périodiques de ce pays. . « Les funestes effets du traité entre le gouverne-
ment de France et Boyer de Haïti, seront - M cruellement sentis, d'une part, par les nègres s
» qui paient extravagamment pour l'obtenir, et
n » d'autre-part, par ce pays. Ces fâcheuses coiisé-
, i» quences auraient-. dû être prévues, et. auraient
B-JJ» .pu/.étrc détournées; mais, en toute apparence,
OJJ* elles ont été; dédaignées. Il es.! clair, en effet, V> que «i les marchandises anglaises sont exclues de --- Page 37 ---
( 35 ) » Haïti, le bien-être du {consommateur haïtien
» sera sacrifié au même dpgré que l'intérêt du ma-
» nufacturicr anglais, » Quand de.longues guerres, une force navale supérieure, et la, violation «du droit des, gens qui
. sépare le commerce des particuliers des querelles
des gouvernemens, ont un,q( fois mis en possession
, du commerce universel, il est dur de s'en voir
arracher quelques lambeaux par les douceurs do Ja
: paix et le cours naturel des choses; mais quand la
, force de l'aigreur et des regrets s'en mêle, on n'est
.plus en état de discuter de sang-froid les diverses
. faces d'une grande question, cl'entendre la raison
et de s'y soumettre. ;< Ce n'est plus maintenant Iç sage et éclairé pré"'
;•• sident de Haïti: c'est le Boyer de Haïti; çerfest-"
plus ce peuple de Haïti qui marchait si rapidement 1
vers la civilisation; ce sont les nègres de Haïti,
comme si l'on disait les nègres des côtes d'Afrique.
Et pourquoi tout-à-coup ce dédain, ce mépris substitués à ces éloges? c'est parce .que le Times craint
:■ qu'il .lie soit plus envoyé à Haïti la même quantité
. de tissus de coton et de laine. Cependant il veut
bien condescendre encore à jeter.un regard de
compassion sur ces pauvres nègres : comment feront-ils pour vivre sans marchandises anglaises, car
sans elles point de salut? Remarquez bien qu'inné
.les plaint, pas à cause des .petites,exportations^de
ses çomrjQtrtotes' qui dépouillent Haïti de son nu* 3.. --- Page 38 ---
■ ( 30 )
J mérairc. C'est ensuite le manufacturier anglais qui
excité ses doléances. Ce paragraphe n'étant fondé
que sur un si conditionnel, n'est qu'une vaine déclamation qui no donne prise à aucune réponse. Quant au reproche adressé à son gouvernement,
il a été, dans sa mauvaise humeur , assez prudent
pour ne pas dire ce qu'il avait à faire, quoiqu'on
puisse le présumer. Pour no pas me répéter, il suffit
de le ronvoyer à ma justification de M. Canning.
. C'est ensuite le manufacturier anglais qui
excité ses doléances. Ce paragraphe n'étant fondé
que sur un si conditionnel, n'est qu'une vaine déclamation qui no donne prise à aucune réponse. Quant au reproche adressé à son gouvernement,
il a été, dans sa mauvaise humeur , assez prudent
pour ne pas dire ce qu'il avait à faire, quoiqu'on
puisse le présumer. Pour no pas me répéter, il suffit
de le ronvoyer à ma justification de M. Canning. « Si les vaisseaux marchands anglais sont exclus
» de Haïti, les armateurs français, possédant le
» monopolo du transport, travailleront dans le vé-
» ritable esprit des monopolistes, au grand délri-
» ment de ceux qui les emploieront. » Après avoir tremblé pour une moindre exportation de marchandises de coton et de laine, il était • naturel de trembler aussi pour un moindre tonnage; mais c'est encore, comme au premier cas, • un si conditionnel, Mais où le Times a-t-il remarqué l'exclusion possible de la navigation anglaise
de Haïti? Un droit de 6 pour ioo est un avantage
sur le tonnage; à égale proportion, auraient-ils
plus de pouvoir d'exclusion que les 7 pour 100 sur- ' les 12, et l'avantage relatif du tonnage dont l'Angleterre a joui si long-temps au préjudice des autres
;nations? La France n'a-t-elle pas, dans une circonstance aussi ou plus défavorable que n'est • grande la faveur qui vient de lui être accordée,
'u trouvé les moyetis de lier aVêcHaïti Un'cômmcrce --- Page 39 ---
<37r nouveau qui aurait pu être fructueux, s'il eût pu
être direct, et dégagé do la nécessité d'employer>
un pavillon étranger? Les Américains aussi, dans^
la même circonstance, et assujettis à la plénitude;
des droits du tarif, n'avaient-ils pas, à, Ilaïti, le
double du commerce de la Franco et de l'Angle- »
terre? \t . u - ■ '■ •-* - ■;• ? Quant au monopolo quo vous redoutez, vousêtes plus tranquille qu'on ne le croirait, Mt l'édi-i
teur du Times ; vous savez très-bien que Jes Français n'ont pas votre habileté pour obtenir des mo-j
nopoles, A-t-il été - en leur pouvoir, depuis le traité.
de: i7o3),depujs que vous tenez sous votre serre lé
Portugal et le Brésil, de lier avec ces deux pays:
des relations, commerciales de quelque été ndue, et.
même d'y introdujrO;les-articles de leurs produits
que vous ne manufacturez pas? -■, ^ • « Si l'on souffre, que le traité de reconnaissance)':
» ainsi qu'on l'appelle ridiculement, ^produise, ses
» --fruUs\?taturçls,,ççs}fruits no. monteront arierl,
» moins qu'à la; complète; subjugation de l'île par,
>> ses, atfciens.maHres> à rjon. moins qu'à; un abject
>} esclavage, qti'à. une; misèçe déplorable, et à Une
» perte absolue dé tous*droits'politiques et com-l
» :merciaux, \ dont les 'pauvres ••, hàbitans, de Haïti
» auront été dépouillés par la fràudci » » , ?■ r > .;/
la; complète; subjugation de l'île par,
>> ses, atfciens.maHres> à rjon. moins qu'à; un abject
>} esclavage, qti'à. une; misèçe déplorable, et à Une
» perte absolue dé tous*droits'politiques et com-l
» :merciaux, \ dont les 'pauvres ••, hàbitans, de Haïti
» auront été dépouillés par la fràudci » » , ?■ r > .;/ 'NOTA La, traduption est lâ^lus littérale^ tcièiaë avec les
anglicismes,j èfmde mettre à; jourl la $ei»s^eptièrj& ^eil'âût
teur, --- Page 40 ---
f sa*)- •"De l'intérêt commercial et de la navigation, lé'
génie flexible du Timès fait une belle transition aux *
plus hauts intérêts politiques; il fait plus, il prophétise.;' ; . M. ' Que signifient ces mots : si'l'on souffre ? Quand 5
on a lu toute la période, ils vculcnt'dire claire-'
ment qu'on ne doit pas souffrir; ou, en d'autres*
termes, qu'il faut) ou par les menaces ou par la
force, s'opposer à l'exécution d'un traité qui récon-'
^cilié un peuple avec un autre; qui rend un tiers de 1'
justice à des propriétaires dépouillés'-par leurs
esclaves, ctCi, été; ; c'est, cri un moment, Un avis
donné de recommencer la guerre pour de petits
intérêts de commerce* En tout cela, le Times s'accorde parfaitement avec ses confrères; c'est donc la
même réponse déjà faite à luiUppliquer.* ■ Ecumant de rage, comme la sybille de Gnmes,'
il n'est pas de catastrophe, si épouvantable qu'elle
soit, qu'il ne prédise pour ces malheureux Haïtiens:*
Je détourne avec horreur ma vue d'un tel tableau );
et je la reporte ensuite sur la partie où il diiplore
d'avance l'anéantissement qu'il prévoit 1 dé leurs:
droits politiques et commerciaux. Tels sont, selon
lui, lesfwts naturels que produira le trailév Pour les droits commerciaux des Haïtiens, per?
sonne no vous croit. ■ • ; : • r Quant à leurs droits politiques > pourquoi un si
vif intérêt pour l'indépendance politique de ce