Generate an AI-powered English summary of this French document.
--- Page 1 --- L’ABEILLE HAÏTIENNE JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE. N.o V. L’Epée et les talens doivent n’avoir qu’un but : Que chacun à l’État apporte son tribut. : ■■ - — - Ce Journal paraît les 1." et 16 de chaque mois. Le prix de l’Abonnement se paye d’avance : 25 gourdes pour un an 3 14 gourdes pour six mois 2 8 gourdes pour trois mois. ^adressera M. Colombel^ Secrétaire particulier de S. Ex le Président d‘ Haiti. AU PORT-AU-PRP DE L'IMPRIMERIE DU WCE , *OUVERNEMENT --- Page 2 --- --- Page 3 --- ( 3 ) Port-au-Prince, le 1er. Octobre 1817, an 14 de l’Indépendance d’Haïti. POLITIQUE Suite des Considérations sur T Ile d y Haïti, I. S. Milscent^ Haïtien» Article VIIL Lm de bieh gouverner 1es hommes est difficile j il exige un sens droit, un jugement sain, de la prudence, de la douceur, de la fermeté, de l’expérience et une parfaite connaissance du cœur humain. Un souverain vertueux a une charge pénible à supporter et se trouve souvent dans une alterriative embarrassante. Occupé sans relâche du soin d’assurer le bon heur de ses peuples, il a plus de devoirs à remplir que le simple père de famille qui est obligé de pourvoir aux besoins d’un grand nombre d'enfans indociles, imprudens et qui agissent ordinairement d’une manière con traire à l’économie domestique. Il est des abus qu’il est forcé de tolérer, parce que, soit qu’ayant passé en habitude ils aient force de loi, ou soit qu’une répression spontanée entraîne de grands inconvéniens, il est tou jours dangereux de choquer ce qui est en contact avec l’intérêt de la plu ralité : il est quelquefois même contraint de différer ce qu’il y aurait dé mieux à faire. En général, les progrès du mal étant plus rapides que ceux du bien, les améliorations s’opèrent lentement ; et lorsque la prospérité d’un Etat dépend d’une révolution morale, l’efficacité des mesures qui doivent conduire au but désiré est peu sensible, surtout aux yeux des personnes qui ne voÿent que la superficie des choses et qui veulent obtenir à coups de masse ce que procure la lime douce. Les gouvernemehs ont leurs périodes comme la vie humaine : ils nais sent, croissent et déclinent. A leur naissance, ils adoptent des principes différens de ceux qui conviennent à leur maturité ; à leur décadence, ils inclinent vers des mesures subordonnées à l’empire des circonstances. En législation, comme dans les arts mécaniques, il faut, pour arriver à la perfection, passer par diverses épreuves : pour maintenir les choses dans cèt état désirable, il faut des soins infinis ou plutôt une science sur humaine : car tout le talent de l’homme ne peut empêcher la ruine fu ture de ses ouvrages ; malgré ses efforts et ses précautions, ses travaux les plus réguliers dépérissent ; ses successeurs perdent insensiblement de vue ce qui était bien, pour y revenir après l’écoulement de plusieurs années de recherches et d’essais souvent inutiles. ves : pour maintenir les choses dans cèt état désirable, il faut des soins infinis ou plutôt une science sur humaine : car tout le talent de l’homme ne peut empêcher la ruine fu ture de ses ouvrages ; malgré ses efforts et ses précautions, ses travaux les plus réguliers dépérissent ; ses successeurs perdent insensiblement de vue ce qui était bien, pour y revenir après l’écoulement de plusieurs années de recherches et d’essais souvent inutiles. --- Page 4 --- Si tous les hommes savaient 'profiter des erreurs de ' leurs prédéces seurs, pour s’attacher invariablement aux vérités qui sont la base de leur bonheur, ils se fourvoyeraient rarement : mais, après une longue succes. sion de temps, l’incertitude les aveugle au point qu’ils s’imaginent pouvoir, en tout, mieux faire que leurs aïeux ; ils mettent en doute ce dont ils n’ont pas été témoins et ne sont désabusés que par l’expérience. En remontant à l’origine du pacte social, nous voyons différens chefs chargés de gérer les affaires de plusieurs familles vivant en communauté. A cette époque primitive, le devoir de ces chefs était d’accorder justice et protection à leurs subordonnés, de leur assurer un état de contentement et de paix. C’est encore ce devoir qu’ils ont à remplir. La civilisation et l’accroissement des populations ont, à la vérité, nécessité des changemens dans les premières institutions des sociétés ; mais ils ne cessent d’être at tentatoires aux droits des peuples qu’autant qu’ils sont motivés, fondés Sut des causes qui en démontrent l’équité et qu’ils sont légalement avoués. A mesure qu’une nation s’agrandit, elle cède de son pouvoir à son_représentant, parce qu’une force centrale doit être proportionnée à l’espace quelle a à parcourir ; mais cette augmentation d’autorité n’est pas une aliénation; elle n attribue pas le despotisme au souverain. Le propriétaire qui donne 62 maison à loyer ne peut être évincé par le locataire : s’ils sont liés par un contrat synallagmatique, un devoir réciproque s’établit entr’eux, et une volonté arbitraire leur est interdite. Ainsi, un gouvernement légalement constitué par une nation, ne doit pas être troublé par une poignée d’individus qui se sont , mis au-dessus des lois; là conséquence contraire est, qu’un gouvernement Equi s’oppose au vœu d’une nation entière, commet un acte de tyrannie. Il faut gouverner le peuple suivant qu’il convient à son bonheur;, il faut le gouverner pour lui-même, et non pour quelques personnes seule ment. Mais qu’il est difficile à un souverain de pratiquer constamment cette maxime ! Les nations sont composées d’individus de caractères, de goûts, de mœurs et d’intérêts divers, nécessairement compris dans les me sures générales, et toujours disposés à vouloir faire exception à là loi. Le gouvernement a continuellement à lutter contre les convenances particu lières ; il lui faut un grand art pour satisfaire tout le monde, et cet art s’acquiert difficilement. Si l’homme est imparfait de sa nature, ses œuvres et ses conceptions doivent se ressentir de ce défaut originel. Il se trompe souvent ; il est nécessaire d’excuser ses fautes lorsque, pénétré du désir de bien faire, il se méprend néanmoins sensiblement, même après de profondes méditations. Son infaillibilité n’étant rien moins que possible, on ne saurait trop ad mirer ses belles actions et les résultats de ses sages combinaisons. Leur mérite se calcule en raison des difficultés qu’il a eu à vaincre et des mo yens d’exécution qu’il avait à sa disposition. Ainsi, le chef d’un État ac quiert moins de gloire à régir une nation que son devancier a laissé dans une prospérité complète, qu’à procurer le bonheur à un peuple réduit à la misère. Il y a une grande différence entre l’imitation du bien et sa créaÜün; l’une est l’œuvre de la routine, l’autre est celle du génie. és qu’il a eu à vaincre et des mo yens d’exécution qu’il avait à sa disposition. Ainsi, le chef d’un État ac quiert moins de gloire à régir une nation que son devancier a laissé dans une prospérité complète, qu’à procurer le bonheur à un peuple réduit à la misère. Il y a une grande différence entre l’imitation du bien et sa créaÜün; l’une est l’œuvre de la routine, l’autre est celle du génie. --- Page 5 --- Le gouvernement de la République d’Haitt, à sa formation, a dû se trouver dans la position la plus embarrassante ; les obstacles qu'il avait à Surmonter ne pouvaient être aplanis que par le courage, un zèle infatigacle, une prudence éclairée, un patriotisme ardent et une philanthropie ini mitable. C’est du sein des décombres et des calamités de tout genre qu’est sorti cet État qui a fleuri en peu d’années et qui marche à une destinée nlus brillante. Ces heureux succès sont incontestablement dus à un systè me conçu et exécuté par un esprit expérimenté, aidé d’un cœur plein de droiture, incorruptible et dévoué à sa patrie. Qu’il est digne de l’amour de ses semblables, celui qui Se livre sans réserve à la recherche des mo yens d’assurer le bien-être de ses compatriotes, et qui trouve dans l’accomplissement de son devoir la seule récompense digne d’un grand cœur ! Qui osera croire que, s’il règle quelques-unes de ses actions sur la marche du temps, ce soit par l’effet d’une indifférence imprévoyante ou d’une faibles se naturelle ? Ce qu'il a fait atteste que rien n’échappe à sa sagacité ; et que, pour bien gouverner, il ne faut rien confier au hasard. Les hommes fougueux, qui veulent toujours aller au-levant des évènemens, sont sujets a des marches rétrogrades et à des bévues : leurs fautes retombent sur leurs commettans, et il en résulte les plus graves inconvéniens. L’homme prudent né considère point les objets sous un seul aspect ; il examine tout avec calme; il pèse les conséquences et évité de tomber, autant que pos sible, dans les erreurs auxquelles l’humanité est sujette. L’art de gouverner embrasse la généralité des choses qui intéressent une nation. L’agriculture, les arts, le commerce, l’instruction publique, la sûreté individuelle, l’armée, tout réclame la sollicitude du chef de l’Etat. Les soins qu’il donne aux affaires de l’intérieur, ne l’exemptent pas de s’occuper de celles du dehors : ses efforts doivent tendre à maintenir la paix avec les étrangers et à faire respecter leurs droits, pour les forcer à une juste réciprocité. L’art de tout concilier est rare, Sans doute ; car les prétentions contradictoires qui naissent des relations des hommes, paraly sent souvent les mesures les plus conciliantes : cependant, lorsque la jus tice règle la conduite d’un souverain, ou d’un chef doué, d’ailleurs, d’une grande bonté, il devient l’objet de la vénération des peuples : la nation qu’il gouverne prend insensiblement son caractère, acquiert l’estime de ses contemporaines et entretient la bonne intelligence avec elles. doute ; car les prétentions contradictoires qui naissent des relations des hommes, paraly sent souvent les mesures les plus conciliantes : cependant, lorsque la jus tice règle la conduite d’un souverain, ou d’un chef doué, d’ailleurs, d’une grande bonté, il devient l’objet de la vénération des peuples : la nation qu’il gouverne prend insensiblement son caractère, acquiert l’estime de ses contemporaines et entretient la bonne intelligence avec elles. Rien n’est plus horrible que l’iniquité ; elle conduit aux crimes les plus abominables et attire la malédiction sur tous ceux qui s’y livrent. Les Christophe ne cesseront pas d’être l’exécration de, la postérité. On ne peut trop s’étonner de l’étrange perversité de ces hommes qui, ayant le choix du bien et du mal, aiment mieux devenir les fléaux de leurs semblables que d’en être les bienfaiteurs. Tel est, cependant, l’effet de l’ambiton démesurée et de l’orgueil gigantesque des tyrans. Dès qu’ils ont fou lé aux pieds les lois, les droits des citoyens, rien ne parait sacré à leurs yeux: avides de victimes, ils se réjouissent en donnant la mort, en cou vrant la terre de deuil et en répandant la terreur autour d’eux. A Dieu ne plaise que nous mettions ces tigres en parallèle avec les grands magistrats et les monarques qui ne sont heureux que du bonheur des peu- --- Page 6 --- pleg qu’ils gouvernent ; mais nous ne pouvons nous empêcher de remarquer la différence des uns aux autres et de faire observer, combien il est essentiel qu’une nation puisse, en choisissant elle-même son chef, se garantir de la férocité de ces monstres à figure humaine, qui doivent leur élévation à la violence et non aux suffrages de leurs compatriotes. en parallèle avec les grands magistrats et les monarques qui ne sont heureux que du bonheur des peu- --- Page 6 --- pleg qu’ils gouvernent ; mais nous ne pouvons nous empêcher de remarquer la différence des uns aux autres et de faire observer, combien il est essentiel qu’une nation puisse, en choisissant elle-même son chef, se garantir de la férocité de ces monstres à figure humaine, qui doivent leur élévation à la violence et non aux suffrages de leurs compatriotes. LITTERATURE. La Tenue des Livres est appelée la science du Négociant, parce qu’elle le met à même d’avoir, eu tout temps, une connaissance exacte de ses affaires. C’est un art d'annoter successivement les opérations commet ciales d’une maison selon l'Ordre dans lequel elles se présentent journellement. Cette méthode, pour être bien suivie, exige qu’on Se serve des Livres analogues au genre de commerce que l’on embrasse : les principaux sont, le MEMORIAL ou Brouillard; le JOURNAL et le GRAND Livre. Ces trois registres, auxquels on peut en joindre d’autres, contiennent les détails des mêmes affaires et ne varient que dans leur rédaction. Le Brouillard n’est qu’un Composé de notes servant à la formation du Journal; le Grand Livré, dans lequel on ouvre tous les comptes, est un relevé suctint du Journal, ou un tableau général, par débit et crédit des opérations du Négociant. Il n’y a proprement que deux espèces d’opérations commerciales ; cel le qui rend le Négociant débiteur, et celle qui l’établit créancier: l’une se homme achat, l’autre vente. L’une et l’autre supposent un échange de VALEURS. Acheter, c’est donner de l’argent pour des marchandises ; vendre, c’est donner des marchandises pour de l’argent. Les Lettres et Billets de change font l’office de l’argent; ainsi, on peut les donner et les recevoir en payement, lorsqu’ils offrent toute la solidité nécessaire. Les achats et les ventes se font au comptant, ou à terme ; ils se font partie au comptant, partie à terme : ils se font aussi par échange, c’est-àdire, qu’un acheteur ou un vendeur peut recevoir ou fournir des marchan dises pour des marchandises, ou pour de l’argent et des marchandises. Les transactions mixtes donnent lieu à des écritures plus ou moins compliqnées, selon la méthode du Teneur de Livres; mais elles ne détruisent pas cette règle générale, qu’une opération commerciale n’a que deux es pèces d’auteurs, le debiteur et le créancier: il faut s’attacher principaiement à les connaître, afin d’éviter de tomber dans des erreurs de ré daction et de ne pas imputer à un compte ce qui appartient à un autre. Celui qui reçoit est le débiteur ; celui qui fournit est le créancier. On commence toujours les écritures par le débiteur; le créancier figure natu rellement après. C’est pour cette raison que le doit d’un compte se trou ve à gauche, et l’AVOIR à droite, il faut ouvrir des comptes à toutes les personnes ou à tous les objets , afin d’éviter de tomber dans des erreurs de ré daction et de ne pas imputer à un compte ce qui appartient à un autre. Celui qui reçoit est le débiteur ; celui qui fournit est le créancier. On commence toujours les écritures par le débiteur; le créancier figure natu rellement après. C’est pour cette raison que le doit d’un compte se trou ve à gauche, et l’AVOIR à droite, il faut ouvrir des comptes à toutes les personnes ou à tous les objets --- Page 7 --- ( 7 ) gul figurent directement comme débiteurs ou créanciers. C’est une mau vaise habitude de confondre les lettres à payer et les lettres à recevoir avec celles qui sont tirées sur différentes villes, et de les comprendre sous ta dénomination de traites et remises : il faut distinguer séparément par LETTRES A payer, celles que l’on doit acquitter soi-même ; par lettres A RECEVOIR, celles dont on doit encaisser le montant au lieu que l’on ha bite; et par LETTRES de change, celles qui sont à recevoir hors de l'endroit où l’on a établi son domicile, et qui sont sujettes à être négociées ou à être transmises à des correspondans. Il y a des personnes qui ne font mention de leurs lettres de change, sur leurs Livres, qu’à mesure de leur emploi ou de leur encaissement: c’est un abus dont les inconvéniens sont sensibles. Il faut se renfermer dans ce prin cipe, qu’il est nécessaire qu’un négociant puisse, en tout temps, se rendre compte de tout ce qui a passé par ses mains. L'habi ité d’un Teneur de Livres ne le met pas toujours à l’abri de quel ques erreurs qui, souvent, entravent la balance de ses Registres • t l’obligent à des recherches fatiguantes ; mais il peut, par une pratique particulière, abré ger son travail et s’assurer de son exactitude. Quoique le Journal ne con-- tienne que'des articles détachés, qu’on n'additionne pas ordinairement en semble, on peut,'néanmoins, réunir les capitaux au bas de chaque page et les transporter jusqu’à la fin du livre; en assemblant également les totaux des comptes du grand Livre, on aura une somme égale aux capitaux du Journal, si l'on a bien opéré. En prenant la moitié des sommes réunies du Journal, on aura le total des débits ou des crédits du grand Livre. Toute disparité dans ces deux opérations anmoncerait une erreur. Les doubles emplois, les fausses imputatioms se découvrent par d'autres procédés qu’on ne peut développer dans un simple aperçu. “ * On a publié divers traités de Tenue des Livres; ils contiennent des précep tes qui ont vieilli : on pourrait y substituer d’autres règles dont la pratique fa ciliterait le travail qu’occasionne une complication de principes ; mais cet ouvrage passerait les bornes de notre journal, — - FABLE Le Rossignol & V Hy rondelle « Philomèle et sa sœur, sur le tronc d’un cyprès, Se rappelaient un jour leur antique aventure : Tout-à-coup un sinistre augure Suspendit leurs touchans regrets. Dans les airs un Milan, un Oiseleur à terre, Présentaient à leurs yeux, ou la cage, ou la serre. Fuyons vers le Milan, le sort en est jeté, Dit tristement Progné, craignant d’être asservie : Le vorace animal n’en veut qu’à notre vie ; Mais 1 Oiseleur ea veut à notre liberté. onc d’un cyprès, Se rappelaient un jour leur antique aventure : Tout-à-coup un sinistre augure Suspendit leurs touchans regrets. Dans les airs un Milan, un Oiseleur à terre, Présentaient à leurs yeux, ou la cage, ou la serre. Fuyons vers le Milan, le sort en est jeté, Dit tristement Progné, craignant d’être asservie : Le vorace animal n’en veut qu’à notre vie ; Mais 1 Oiseleur ea veut à notre liberté. MILSCENT. --- Page 8 --- ( 8 > INTERIEUR. La Cour Royale de Bordeaux a rendu, le 25 Juin 1817, un arrêt en faveur du capitaine Hoog, russe, contre le sieur Draveman aîné, négociant de cette ville, motivé sur la prétendue illégalité d’un jugement du Tribu nal de Première Instance du Port-au-Prince. La contexture de cet arrêt annonce évidemment l’influence des anciens colons : par une tactique qui leur est particulière, ils ont trouvé le moyen de confondre une question politique, qui n’est point du ressort de la Cour Royale de Bordeaux, avec une question du code du commerce maritime, et de nous gratifier de quelques épithètes dont le but est de faire vouer une haine implacable au nom français. L’arrêt, alléguant que les Haïtiens n'ont pas cessé d’être sous la do mination du roi de France, les considère comme des rebelles qui n’ont ni gouvernement, ni pouvoir judiciaire. Voilà une étrange logique! Nous aurons fait des efforts inouïs pour échapper à la destruction ; nous aurons été quinze ans abandonnés à nousmêmes ; nous aurons rétabli l’ordre, reconstruit nos villes, défriché nos ter res, créé des lois conservatrices, distribué sagement les pouvoirs, accordé asyle et protection aux étrangers ; tout cela pour être traités de révoltés incapables de se gouverner! C’est ainsi qu’on a toujours été injuste à no tre égard ; on nous insulte maintenant, parce qu’on n’a pu nous exterminer. Il nous serait difficile de résister au mouvement d’indignation que l’iniqui té de nos agresseurs excite dans notre âme. Sans examiner s’il est vrai que le roi de France ait une prédilection particulière pour eux, comme l’ar rêt l’insinue, nous leur dirons, que le temps qui change tout, a amené pour nous une époque de délivrance, ainsi qu’il a fait à l’égard d’autres nations opprimées: nos titres sont aussi sacrés que ceux de l’Amérique Septentrio nale, dont la France soutint puissamment la cause. Il y a long-tems que notre pays est indépendant de fait ; il l’était de droit avant le massacre des Caraïbes. C’est en vain que l’on cherche à nous placer dans une position sem blable à celle des Français, qui, quoiqu’ils aient resté près de vingt ans sous la domination de Napoléon, n’ont pas cessé, dit-on, d’être gouvernés par leur légitime Souverain Louis XVIII, nonobstant la paix d’Amiens, le trai té de Tilsitt, celui de .Presbourg, le Sacre de l’Empereur par le Pape, la Confédération du Rhin et le mariage de l’Archi-Duchesse Marie-Louise. Notre pays n’est point contigu à la France; nous ne sommes pas français; on n’a pas voulu que nous le devinssions ; on nous a mis hors de la Cons titution françaises et l’on nous traite de révoltés ! L’autorité légitime se constitue par une nation: .point de Commettant, point de Mandataire. • Les lois faites pour le peuple, sont acceptées ou rejetées par lui ou par SS représentans : décider du sort des gens sans les consulter, c’est vio1er leurs droits, c’est commettre un acte. de tyrannie. pas français; on n’a pas voulu que nous le devinssions ; on nous a mis hors de la Cons titution françaises et l’on nous traite de révoltés ! L’autorité légitime se constitue par une nation: .point de Commettant, point de Mandataire. • Les lois faites pour le peuple, sont acceptées ou rejetées par lui ou par SS représentans : décider du sort des gens sans les consulter, c’est vio1er leurs droits, c’est commettre un acte. de tyrannie. --- Page 9 --- ( 9 ) On peut refuser de céder au pouvoir qui a été usurpé : la résistance à Noppression n’est pas une révolte. . Les Colonies sont régies par des lois particulières, a-t-on dit; mais Haiti n'est pas plus maintenant une Colonie française qu elle ne i était avant la découverte de Christophe Colomb. La France, en nous privant de la faculté de faire siéger nos représentans dans son sein, a proclamé notre indépendance : s'il lui prenait en vie de traiter de la sorte quelques-uns de ses départemens, pour rendre leurs habitans esclaves, ils auraient le droit de s’isoler et se gouverner eux-mêmes. , . Nous les avons faites, ces lois qui nous intéressent particulièrement et que la France n’a pu faire, il y aurait autant d’impolitique de- notre part à confier notre sort à nos persécuteurs, que d inconséquence à eux de vou loir ressaisir ce qu’ils avaient mis de côte. Oui, Messieurs de la Cour Royale de Bordeaux, nous sommes rebel les à votre monstrueux système; nous sommes révoltés contre vos baïon nettes, vos noyades, vos bûchers, vos chiens dévoraeurs, en un mot, con tre vous-mêmes, et le dernier de nous est disposé à rendre au Créateur des hommes l’existence qu’il tient de lui, plutôt que de se courber sous votre joug odieux. , . On se refuse à croire que la Cour de France ait approuvé les expressions de l’arrêt précité: si de telles invectives, débitées gratuitement, pouvaient avoir leur source au pied du trône d un Monarque écaliré, il mudrait s’attendre à des hostilités de ce côté et considérer désormais, comme espions ou agens d’une puissance ennemie, les Français qui se rendraient chez nous et dont les sentimens seraient douteux, En vérité, les Ex-Colons et leurs adhérons sont fâchés de trouver en nous des dispositions pacifiques: ils brûlent du désir de nous yoir cesser de tolérer l’entrée (dans nos ports) des marchandises françaises sous pavillon neutre, et de se baigner encore dans notre sang, Si leur barbare entête ment leur procure beaucoup d’imitateurs, il en résultera des malheurs que nous devons déplorer d’avance. Nous ne vivrons certainement jamais en bonne intelligence avec des hommes qui ne rêvent que des forfaits et qui nous montrent de loin des chaînes et des poignards. Haïtiens, opposez le calme et la patience aux clameurs d’une tourbe de mécbans : tenez-vous seulement en garde contre leurs pernicieuses intentions. S’ils osent vous attaquer, vos moyens de défense les réduiront à de nouveaux repentirs. Nous ne discuterons pas le fond du procès que le capitaine Hoog a intenté au sieur Draveman, parce que nous ne connaissons pas les clau ses de la charte-partie souscrite entre l’appelant et l’intimé ; mais nous fe rons observer que l’on doit respecter les lois et les usages des nations chez lesquelles on se rend volontairement pour faire le commerce, et que les va leurs qu elles donnent en échange d’autres valeurs sont admissibles, lors qu elles ont un cours public et qu’elles peuvent procurer, dans les lieux ou elles sont en circulation, tous les objets de retour qu’on peut désirer, i les agioteurs ne trouvent pas leur compte à faire passer notre numé- entre l’appelant et l’intimé ; mais nous fe rons observer que l’on doit respecter les lois et les usages des nations chez lesquelles on se rend volontairement pour faire le commerce, et que les va leurs qu elles donnent en échange d’autres valeurs sont admissibles, lors qu elles ont un cours public et qu’elles peuvent procurer, dans les lieux ou elles sont en circulation, tous les objets de retour qu’on peut désirer, i les agioteurs ne trouvent pas leur compte à faire passer notre numé- --- Page 10 --- % c ( 10 ) raire à l’étranger, tant mieux pour nous; nous avons atteint notre but; car notre système tend à conserver chez nous, par une prohibition implicite, ce que d’autres nations interdisent également à l’exportation par des mesures directes. Si le capitaine Hong avait voulu sortir de la Russie des Roubles d'argent ou des Impériales d’or, il se serait exposé à les voir con fisquer par les douanes de son pays. Il aurait donc pris un chargement en marchandises. Il lui était loisible de s'arrêter à ce parti au Port-au-Prince; sa cargaison lui aurait procuré des bénéfices suffisans. La Cour Royale de Bordeaux, en condamnant le sieur Draveman à rembourser le capitaine Hoog en France, a contraint ce premier à bonifier un étranger d’un gain auquel celui-ci s’était refusé. L’arrêt susdit est moins un acte de justice qu’une censure extravagante de l’ordre de choses établi dans notre patrie : car, en admettant que l’affréteur s’était obligé à se libérer en piastres d’Espagne, ce que nous ignorons, la Cour Royale de Bordeaux, en le condam nant à l’exécution de cette stipulation, pouvait se dispenser de trancher une question qui n'entre point dans ses attributions, et d’invectiver une nation, avec laquelle le Roi de France lui-même a offert de traiter par l’entremise de ses envoyés. Si Su Majesté Très-Chrétienne tolère cette divagation ju diciaire, t n faveur des hommes qui nous ont fait une guerre si cruelle, Haïtiens, combien nous devons nous applaudir d’avoir su éviter le piège qu on nous tendait ! Mr, Frémont, dont nous avons parlé dans notre troisième Numéro, vient de recueillir les premiers fruits de ses travaux agricoles; sa sucrerie a produit en abondance du sirop qui annonce autant la fertilité du sol de son habitation que l’efficacité des soins qu'il lui a donnés. Ainsi l’inscription que nous avions remarquée à la petite fête qu’il donna le 14 Août der nier, GRACES A DIEU et au PRESIDENT PETION, était véritablement une expression de sa reconnaissance; car, si Son Excellence a su récompenser le patriotisme de cet estimable citoyen, la Providence s’est également plu à le dédommager des peines que lui a coûté sa plantation. Il est digne, à tous égards, de ces succès. En affrontant les dangers du voisinage de Christophe, il a osé réunir une grande partie de ses moyens industriels sur un point qui fut souvent le théâtre de la guerre, et son exemple a encouragé beaucoup de nos compatriotes à cultiver les environs de Cibert. MILSCENT. cet estimable citoyen, la Providence s’est également plu à le dédommager des peines que lui a coûté sa plantation. Il est digne, à tous égards, de ces succès. En affrontant les dangers du voisinage de Christophe, il a osé réunir une grande partie de ses moyens industriels sur un point qui fut souvent le théâtre de la guerre, et son exemple a encouragé beaucoup de nos compatriotes à cultiver les environs de Cibert. MILSCENT. NECROLOGIE, VICTOR -DURRIVE, Professeur de langue latine au Lycée National de cette ville, est décédé le 23 Septembre à 9 heures et demie du matin, à l’âge de 25 ans, à la suite d'une fièvre putride qui l’a emporté au bout de 11 jours. Né, en France, à Moulidyer, département de la Dordogne, de parens honnêtes et fortunés, VICTOR - DURRIVE fit ses premières études au Collè ge de Bergerac et entra ensuite au Séminaire de Sarlac où il fit sa théos logie, sa famille le destinant à l’état ecclésiastique. Un caractère bouillant --- Page 11 --- qu’il avait recu de la nature, l’ayant détourné de cette vocation paisible, son père le fit entrer comme Vélite dans les Mamelucks de la garde impériale. Après la désastreuse campagne de Russie, il suivit la garde en Allemagne, se trouva aux batailles de Lutzen, Bautzen, Leipsick et Hanau ; fit la mé morable campagne de 1814 en France, et se distingua dans tontes les affai res par sa bravoure et son intrépidité Le licenciement de la garde l’ayant ramené au sein de sa famille, il abandonna entièrement la carrière militaire, tourna ses vues vers le commerce et allait s’embarquer pour le Brésil lors que, changeant tout-à-coup d’idée, il se décida à passer à Haïti pour s’y livrer à l’instruction publique. Arrivé au Port-au-Prince le 6 Janvier 1817, il fut placé, peu de tems après, au Lycée National comme Professeur de langue latine. Il a rempli cette place avec un zèle et une exactitude qu’on pourra égaler, mais qu’on ne pourra jamais surpasser. Sévère mais juste, il avait eu le talent de se faire aimer et craindre des élèves qui ont fait sous lui des progrès rapides. Vif mais doué d’un cœur excellent, il s’était atti ré l’estime et la bienveillance de tous ceux qui l’ont connu. La Répu blique a perdu en lui un citoyen utile, la société un homme aimable, le Lycée un professeur éclairé, et l’auteur de cette notice, un ami véritable. VARIETES. Les journaux anglais du mois de Juin dernier ont fait mention d’une fille trouvée dans les environs de Bristol, parlant et écrivant une langue étrangère à laquelle les hommes les plus savans ne pouvaient rien com prendre. Après beaucoup de recherches, de veilles, de profondes et longues dissertations, en un mot après s’être épuisés en conjectures sur l’origine et le mécanisme de cette langue merveilleuse, les érudits ont enfin découvert que que cette fille avait eu des liaisons avec des Bohémiens en Angle terre, et que c’était leur jargon qu’elle faisait passer en grande partie dans son prétendu langage. Les journaux qui rapportent ce fait, font observer que ce n’est pas la première fois que les savans et les connaisseurs se sont laissés tromper par une jeune fille ayant de grands yeux noirs, des sour cils bien arqués, un doux sourire, des couleurs vermeilles, et les plus bel les dents du monde. avait eu des liaisons avec des Bohémiens en Angle terre, et que c’était leur jargon qu’elle faisait passer en grande partie dans son prétendu langage. Les journaux qui rapportent ce fait, font observer que ce n’est pas la première fois que les savans et les connaisseurs se sont laissés tromper par une jeune fille ayant de grands yeux noirs, des sour cils bien arqués, un doux sourire, des couleurs vermeilles, et les plus bel les dents du monde. CANTATE HAYTIENNE Haïtiens, rallions-nous Autour du Héros et du Sage, Qui sut abattre sous ses coups, L’hydre affreuse de l’esclavage. Noble émule de Washington, Du monde sa gloire est chérie ; Chantons tous vive PETION ! Vive! vive notre Patrie! --- Page 12 --- ( 12 ) Favori du Dieu des combats. En tout guidé par la prudence, Le Sénat, secondant son bras, il conquit notre Indépendance ; Dicta la Constitution Que conçut son puissant génie : .Chantons tous vive PETION ! Vive! vive notre Patrie! Chantons du Sénat la splendeur ; De nos Députés la prudence; De nos Héros le bras vainqueur ; Et d’Haïti l’Indépendance. Qu’Honneur, Gloire, Paix, Union, Soit notre devise chérie : Et chantons Vive Petion ! Vive! vive notre PATRIE ! Vous, martyrs de la Liberté, Humain Oge, bouillant CHAVANNES, Vos noms, dans la postérité, Vivront autant que nos savanes. Avec nous, sans la trahison, Sans une infâme tyrannie, Vous diriez vive PETION! Vive ! vive notre Patrie ! Léguons à nos derniers neveux. Nos vertus et l’Indépendance, Et de leurs pères valeureux Ils garderont la souvenance ; Pour cris de Gloire et d’Union, D’âge en âge avec énergie, ils diront vive Petion ! Vive ! vive notre Patrie ! Si jamais des peuples jaloux L’astucieuse politique, Voulait sapper dans son courroux, Les bases de la République, Ayons la noble ambition, De vaincre ou de perdre la vie, En chantant vive Petion ! Vive! vive notre Patrie! l’Indépendance, Et de leurs pères valeureux Ils garderont la souvenance ; Pour cris de Gloire et d’Union, D’âge en âge avec énergie, ils diront vive Petion ! Vive ! vive notre Patrie ! Si jamais des peuples jaloux L’astucieuse politique, Voulait sapper dans son courroux, Les bases de la République, Ayons la noble ambition, De vaincre ou de perdre la vie, En chantant vive Petion ! Vive! vive notre Patrie! Par un HAYTIEN. --- Page 13 --- ( 18 ) NOUVELLES. A Mr. CLOMBEL. Monsieur, Mon ami, Mr. Frith de Jacmel, me prie de vous acheminer l’incluse pour que vous la fassiez insérer (si vous le jugez à propos) dans l’Abeille Haïtienne. Elle lui est parvenue par un bâtiment récemment arrivé de Lon dres. , — Je suis, &c. JN. MILRoY. Londres, le 14 Juillet 1817. Mercredi, dans la Chambre des Communes, Mr. WiTerforce, après un discours très-éloquent dans lequel il dépeint les attrocités et les cruautés perpétrées dans le commerce de la Traite des Esclaves par l’Espagne et le Portugal, a fait la motion pour qu’une adresse fût présentée au Prince Régent afin de le prier de faire exécuter complètement les lois sur l'Abolition de la Traite des Esclaves, et de faire mettre un terme final au commerce odieux qui desole l Afrique. Après avoir exprimé la satisfaction de la Chambre sur les démar ches qu’on a faites pour atteindre ce but désiré, et son regret de ce que les résolutions de Vienne n’aient pas été plus efficaces, l’adresse prie le Gouvernement de Sa Majesté d’établir une harmonie parfaite avec les gran des puissances qui ont signé la Déclaration de Vienne et supplie Son Al tesse Royale de ne rien négliger pour parvenir au but que recommandait la susdite Déclaration, et d'inviter les puissances du Congrès, si les re montrances étaient infructueuses, de vouloir bien adopter des mesures de police commerciales pour contraindre ses membres adverses à remplir leurs engagemens. Lord Castlereagh a parlé en faveur de l’adresse ; Mr. P. Moore, Mr. Brougham, Mr. Smith et d’autres membres se sont exprimés chaudement dans le même sens, et l'on conçoit l’espoir (nous croyons fermement qu’il se réalisera) que ce trafic abominable cessera bientôt d’exister. Jeudi, sur une pareille motion de Lord Granville, une adresse sem blable à celle de la Chambre des Communes, a passé dans la Chambre des Lords. Ainsi, après le tracas d’une Session pénible et harrassante, du rant laquelle le conflit des opinions a été porté aussi loin que dans toute autre Session, nous avons eu la satisfaction d’avoir été témoin de la plus parfaite unanimité sur un sujet qui est cher à tout homme qui -$ doué d’une étincelle d’humanité. Italie. — Les papiers publics de Milan, du mois de Juin, disent que le fa meux SANTINI, venu de Ste.-Hélène, et qui a paru successivement à Londres, à Bruxelles et à Francfort, a été arrêté par ordre du gouvernement autrichien, à Como, d’où il voulait pénétrer dans le sein de l’Italie. Sespapiers, que l’on suppose être de la plus haute importance, ont été envoyés à Vienne. Londres, 11 Juin. —M. l’Alderman Wood, lord maire actuel de la cité meux SANTINI, venu de Ste.-Hélène, et qui a paru successivement à Londres, à Bruxelles et à Francfort, a été arrêté par ordre du gouvernement autrichien, à Como, d’où il voulait pénétrer dans le sein de l’Italie. Sespapiers, que l’on suppose être de la plus haute importance, ont été envoyés à Vienne. Londres, 11 Juin. —M. l’Alderman Wood, lord maire actuel de la cité --- Page 14 --- de Londres, connu par son opposition au système politique que suivent les M. nistres, a été élu unanimement, le 10 Juin, membre du Parlement par sesconcitoyens, en remplacement de M. l’Alderman Combe. Des remercîmens onté. té votés à ce dernier sur sa fermeté à défendre les droits du peuple. L’assem blée était composée de 3000 électeurs. Du 13 juin,— Une lettre d’un missionnaire anglican, M. Davies, datée de la Nouvelle-Galles Méridionale, le 30 Mars 1816, contient les détails sul. vans sur Otahiti : “ En Novembre dernier, le roi (chrétien) Pomare étant revenu dans l'ile, fut attaqué par les Atahurans, qui s’avancèrent hardiment, ayant reçu de leur prophète l’assurance du succès. Ils eurent en effet le des sus au commencement; mais repoussés ensuite, ils perdirent leur chef Upufa. ra, et prirent la fuite. Pomare traita les prisonniers avec douceur ; ce qui leur donna une idée favorable de la religion qu'il a embrassée: ils maudirent leurs dieux et jurèrent qu’ils-ne selleraient plus à eux. A la fin de la journée, Po mare assembla son peuple, et remercia le Dieu du ciel et de la terre, de la victoire qu’il venait de remporter. Pomare fut rétabli ensuite dans l’Etat d’Otahiti, qu'il avait perdu par la rébellion générale de 1808, Depuis ce tems, il s'occupe à effacer dans son gouvernement les traces de l’idolâtrie ; les chefs mêmes l’aident dans cette entreprise ; ils bâtissent des temples au vrai Dieu dans tous les districts de l’île, et même dans les îles des environs. On accueille les missionnaires et on les prie d’y propager le culte chrétien. ” Du 18. —-On cherche à déduire de l’acquittement de Watson, la consé: quence qu'il n’existe pas de projets de trahison en Angleterre. Celui qui, après avoir lu la procédure, peut tirer une pareille conclusion, doit avoir l’esprit singulièrement organisé. Le principal témoin, Cassels, était un homme d’un caractère infâme; mais de ce que le jury n'a pu convaincre un homme sur un pareil témoignage, doit-on prononcer, sans hésiter, que la conduite de Watson, de Thistlewood, de Preston et de Hooper, est parfaitement innocen te ? Est-il besoin de preuves pour nous convaincre que ce qui s’est passé à Spofrelds était une suite d’actes séditieux au plus haut degré? Doit-on nous dire qu’il est tout-à-fait inconstitutionnel d’appeler la force physique contre le gouvernement ? de s’emparer des armes ? de déployer les bannières révolutionnaires? de se servir du langage révolutionnaire, sans se rendre coupable du moindre crime et sans violer aucune loi ? Cassels est infâme ! Est-il besoin de preuves pour nous convaincre que ce qui s’est passé à Spofrelds était une suite d’actes séditieux au plus haut degré? Doit-on nous dire qu’il est tout-à-fait inconstitutionnel d’appeler la force physique contre le gouvernement ? de s’emparer des armes ? de déployer les bannières révolutionnaires? de se servir du langage révolutionnaire, sans se rendre coupable du moindre crime et sans violer aucune loi ? Cassels est infâme ! mais les autres, qui étaient ses amis intimes, ses associés, sont parfaitement innocens, entière ment purs. Nous voyons de pareils actes commis dans la capitale, nous enten dons le récit des plans formés pour une levée en masse dans diftérens endroits, nous voyons cette levée s’exécuter, nous voyons des hommes s’emparer des armes, nous les voyons prendre avec ces armes en mains : et cependant tout cela ne forme pas la moindre preuve que la trahison et la sédition ont existé, et nous sommes tenus à croire que ces individus n’avaient aucune vue hostile contre la Constitution de leur pays. la capitale, nous enten dons le récit des plans formés pour une levée en masse dans diftérens endroits, nous voyons cette levée s’exécuter, nous voyons des hommes s’emparer des armes, nous les voyons prendre avec ces armes en mains : et cependant tout cela ne forme pas la moindre preuve que la trahison et la sédition ont existé, et nous sommes tenus à croire que ces individus n’avaient aucune vue hostile contre la Constitution de leur pays. Du 18 Juin. — Un terrible tremblement de terre, dans l'Inde, entre l obasco et la mer du Sud, a mis sous l’eau 30 lieues de côtes, et englouti un village indien avec tous ses habitans. Tout le pays a été boulversé. Du 1er, Juillet.-—Un grand nombre d’officiers français ont trouvé moyen de se rendre en Perse, où ils sont entrés au service de Talizby-Shaw, --- Page 15 --- les) gchah de Perse. Ces officiers sont maintenant employés sons les ordres de escn Schah-Zada de Tebriz. .on "ROYAUME DES PAYS-BAS. ■ 88er La Plaie, le 26 juin. I day on apprend, par des lettres de Batavia, du 1S Décembre 1816 et du ailss 15 janvier 1817, que les Anglais nous ont fait remise de l’île de Banca, que tant, nous avons obtenue en échange de Cochin ; elle produit beaucoup d’étain. Notre possession sur Banjermassing a enfin été occupée. Deux bâtimens le de charges de Bannis ont débarqué sur les côtés de Java , soutenus par plusieurs "Upu corsaires en croisière ; ils ont traversé les montagnes au nombre de 6 à 700 yui leu hommes avec le projet'd’attaquer Banampd’y délivrer les autres bannis et Et ley d’entre rendre une attaque sur Batavia.' Après divers combats, ils furent en- ■ée, P o , velloppes et surpris de tous les côtés; ils prirent de suite les armes ; mais le E de) bruit de l'artillerie leur inspira une grande terreur. Alors nos troupes eurent Et d‘0. le dessus et décidèrent la victoire Une centaine de ces brigands ont tués ; tems,] les autres, tant blessés que fuyards, ont été pris et seront envoyés au premier s chef jour aux Moluques, lors de la prise de possession de cet établissement. De 1 Die notre côté, nous avons perdu 10 sodats européens et plusieurs blessés, ainsi lcueille que quelques hommes des corps indigènes. | : Paris, 2 juillet.—On apprend de Londres qu’une des expéditions char- | consé gées de remonter par les fleuves dans l'intérieur de l’Afrique, est d'abord entrée qui, a. dans le Rio-Numez, qui a son embouchure un peu au Nord de Sierra-Léone : bir l’es- elle a pris ensuite sa route par terre, et est parvenue assez avant. Le 4 Féthomm vrier 1817, les voyageurs anglais continuaient leur route vers Tombuctou, thomm ——On lit ce qui suit dans une feuille allemande : • uitede « Parmi les français exilés par suite des événemens politiques qui ont nocen changé la face de la France, on en compte 52 qui prennent le nom de VOTANS, passée à cause de leur vote contre leur Roi. Les plus-célèbres parmi ceux -ci sont : on nom Sieyes, Carnot, Fouché, Barrère, Tallien, Thibaudeau,' Merlin de Douai,' Isaontrele beau, &c. La mort a déjà enlevé un grand nombre de vota xsl ' Cinquantevoluti huit ont péri sur l’échafaud ; 27 autres sont morts de mort violente'; plusieurs abled de ces derniers se sont tués eux-mêmes Ceux qui vivent sont maintenant séautres parés les uns des autres. Carnot est à Magdebourg, Fouché à Rogue, Barrentière re à Bruxelles. 2 • s - enten. _ adroits, er des Port-au-Prince, le 28 Septembre 1817, à 11 h. du soir. F touf On nous communique à l’instant quelques papiers américains qui viennent existé, d’arriver: nous nous empressons d’en extraire les articles suivans, qui nous ont 'hostile paru intéressans, New-York, le 4 Septembre. — On annonce (dit le Globe de Londres, du entre 22 juillet) sous la rubrique de Nuremberg, que la Russie s’est engagée à sougloud tenir la cause de Ferdinand VII dans l’Amérique Espagnole, avec une divi ¬ sion de six vaisseaux de guerre, et une armée de 15 à 20 mille hommes, motrouve yennant la cession de la vieille-et de la nouvelle Californie, de Minorque et Shav, de quelques privilèges commerciaux que lui ferait l’Espagne. le Globe de Londres, du entre 22 juillet) sous la rubrique de Nuremberg, que la Russie s’est engagée à sougloud tenir la cause de Ferdinand VII dans l’Amérique Espagnole, avec une divi ¬ sion de six vaisseaux de guerre, et une armée de 15 à 20 mille hommes, motrouve yennant la cession de la vieille-et de la nouvelle Californie, de Minorque et Shav, de quelques privilèges commerciaux que lui ferait l’Espagne. --- Page 16 --- ( 16 ) Le même journal ajoute aussi que l’Amérique du Nord s’est, dit-on, ex, gagée, en considération de la cession des deux Florides par l’Espagne, à s’abs tenir de fournir des secours aux Insurgés Espagnols. Nous croyons pouvoir révoquer en doute la vérité de la nouvelle précédente : comment se fait-il, nous le demandons, qu’une nouvelle aussi impôt. Jante soit plutôt arrivée à Nuremberg qu’à Londres ? Comment se fait-il que le Nouvelliste de Nuremberg soit mieux instruit que l'Ambassadeur Anglaisa St.-Pètersbourg, qui ne l’a pas annoncée à son gouvernement? Quiconque se rappèlera la situation difficile où se trouvait la Russie à la fin de la dernière guerre, situation qui ne peut pas s’être de beaucoup améliorée durant le court espace de deux ans ; l'immense étendue de ce puissant empire créé par le gé. nie de Pierre le Grand et de Catherine; l’état actuel de la grande masse de sa population, le caractère éminemment philanthropique d’Alexandre le Grand; ses vues pat rnelles pour hâter la civilisation de ses sujets ; les idées libérales dont il se fait gloire de professer; les contrées fertiles qui avoisinent ses vastes états, et qui seraient bien mieux à sa convenance, du moins pour le moment, que des possessions lointaines et précaires ; quiconque, disons-nous, se rappè lera tout cela, pensera comme nous, qu’un tel projet ne peut être entré dans la tête du clairvoyant Alexandre, et l’entraîner dans une guerre aussi exotique au tempéremment russe, que la guerre du Nord l’était au tempéremment français. -—-La Duchesse de Berry est accouchée d’une fille le 13 Juillet; mais l’enfant n'a vécu que deux jours. Cet événement a plongé la cour dans le dé sespoir. —Une lettre de Ste.-Hélène du 15 Mai, écrite par un officier à son ami, dit : “ Bonaparte commence à se promener un peu ; c’est ce qui fait croi re que he rs GETTING setter of his SULKYFIT. Il n’a pas aussi bonne mi ne qu’à l’ordinaire; ce qui provient, comme on peut l’imaginer, de ce qu’il gar dait trop long-tems la chambre. ” —-Une lettre de Valenciennes du 18 juillet dit : depuis l’arrivée du Duc de Wellington à ses Quartiers-Généraux, on observe que Sa Grâce est trèsoccupée. De nombreux courriers ont été envoyés à Paris avec des Dépêches qu’on suppose avoir rapport à quelques nouvelles négociations entre les Puis sances alliées et la France—Ce qui est certain, c’est que plusieurs personnages importans sont attendus à Cambray. Tout ceci ouvre un vaste champ aux con jectures, tandis qu’on est dans une paisible attente de voir dévoiler ces mys tères politiques. L’Ambassadeur Espagnol s’étant plaint officiellement à Lord Castlereagh du départ pour l’Amérique du Sud de plusieurs officiers Anglais qui vont join dre les Insurgés, Sa Seigneurie, dans sa réponse, a assuré le Gouvernement Espagnol, qu’une telle conduite n’était point venue à la connaissance du Gou vernement Anglais, et n’avait pas son approbation, et elle a ajouté, que les ro yalistes espagnols pouvaient agir envers ces émigrés, comme bon leur semble rait, s’ils tombaient entre leurs mains. New-York, le 8 Septembre—-Le Capitaine Taylor, arrivé en 28 jours de Tabago, dit qu’un Schooner espagnol, avec 150 passagers, était arrivé d’Angustura, où les Royalistes avaient été complètement défaits. Dix-huit bâtimens en tout s’étaient échappés avec des passagers, six desquels avaient passé devant Tabago. ient agir envers ces émigrés, comme bon leur semble rait, s’ils tombaient entre leurs mains. New-York, le 8 Septembre—-Le Capitaine Taylor, arrivé en 28 jours de Tabago, dit qu’un Schooner espagnol, avec 150 passagers, était arrivé d’Angustura, où les Royalistes avaient été complètement défaits. Dix-huit bâtimens en tout s’étaient échappés avec des passagers, six desquels avaient passé devant Tabago. --- Page 17 --- One à sah lle p a impo it-il q Ânglay onque demi : le Cor arleg sse de ' Gran libén es vas momer 2 rappi é dans otique: françai et; m ns led i son ; ait or onne : qu’ilg ; du D: est tr épèch les Pii sonnas aux Ci ces my stleren; ■oui jo erneme du Go ueiô! ■ sembi 23 jûivé d A uit bit eut pas Le Mercantile Advertiserdu 13 Septembre, annonce l’arrivée au Cap, vers le commencement du mois d’Août, de la frégate américaine le Congres sortie du Port-au-Prince le 27 Juillet. Le sieur BARINCOURT, Peintre d’Histoire, a ouvert, le 10 Août, une classe élémentaire de dessin, de peinture en tout genre, d'architecture, de pers pective; enfin, toutes les parties qui sont attachées à son art. Il n’exige des enfans des Militaires qui sont morts au service de la Patrie que la moitié du prix que payent ses autres élèves. Cette classe se tient dans la maison de Mlle. Ma non CHERES, près Mi. Granville, depuis 10 heures du matin jusqu’à midi. On trouve chez lui tous les ustensiles nécessaires au dessin. Prix courans des principales denrées en gros. Café, ...35 sols. Sucre, 10 g. le g. Coton, .40 gourd, le 8 Campêche, 7 g. le 88 Sirop, ..5 g. le 8Farine, 26 g. le baril. Huile,., 14 g. le panier. . Savon,. 8 g. la caisse. Chandelle, 50 c. la livre. Beurre 40 c. dto. 62 c. dto. E N I G M E. Je me plais avec la beauté. Je donne à tout de l’élégance. J’émane de l’autorité ; Je suis contraire à la vengeance ; Au coupable je rends l’espoir ; J’apaise la craintive enfance. A la Cour. souvent, pour m’avoir, Les flatteurs font la révérence. Pour mes compagnes et pour moi On a partout un goût extrême -. Nous exerçons plus d’un emploi : Mais nous n'avons qu’un seul emblème. Que l’on m’appelle ou bien mes sœurs. Notre titre est toujours semblable, Et cependant, mes chers lecteurs, Nos noms diffèrent dans la Fable. ; Au coupable je rends l’espoir ; J’apaise la craintive enfance. A la Cour. souvent, pour m’avoir, Les flatteurs font la révérence. Pour mes compagnes et pour moi On a partout un goût extrême -. Nous exerçons plus d’un emploi : Mais nous n'avons qu’un seul emblème. Que l’on m’appelle ou bien mes sœurs. Notre titre est toujours semblable, Et cependant, mes chers lecteurs, Nos noms diffèrent dans la Fable. L Le mot du précédent Logogryphe est AMIR, dont se forme MAEE, AMF ARMB, BAMEa - ’ ■ --- Page 18 --- ( 18 ) ERRATA. N7o, IV Paas 6. LIxz 10. courage, LISEZ ouvrage. 12. versalité, lisez versatilité. 8 28. saississant, lisez saisissant. 10. 16. martyre, lisez gémissant. 11. 14. par successeur, lisez par un successeur. 10e. de l’article Intérieur, mettez une virgule après le mot cou 19 9e. des Variétés, père, lisez mère. 15 15. fixé, lisez fixée. 58. chereté, lisez cherté. 52. acqrittéé, lisez acquitté. 35. guerre, lisez guère. I& I. applanir, lisez aplanir. 16, Se. du Logogryphe, un lac, lisez un petit lac. 4e. idem. après fougueux, mettez une virgule, et AJOUTEZ Ce re Je m'étends, je m’élève et ma fureur est vaine.
If you use rasin.ai data or findings in your research, please cite us:
Chicago
"L'Abeille Haytienne (1817–1820)." L'Abeille Haytienne (1817–1820). Rasin.ai. https://rasin.ai/document/abeille_haytienne_bpt6k891044z.
BibTeX
@misc{rasin:doc:abeille_haytienne_bpt6k891044z, title = {L'Abeille Haytienne (1817–1820)}, year = {2026}, howpublished = {Rasin.ai, via L'Abeille Haytienne (1817–1820)}, url = {https://rasin.ai/document/abeille_haytienne_bpt6k891044z}, note = {Accessed 2026-03-25} }