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--- Page 1 --- L'ABEILLE HAÏTIENNE, JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRL, L’Epée et les talens doivent n’avoir qu’un but 2 Que chacun à l’Etat apporte son tribut. ve—r— : — —- Ce Journal paraît les 1.= et 16 de chaque mois. Le prix de l’Abonnement se paye d’avance : 25 gourdes pour un an ; 14 gourdes pour six mois ; 8 gourdes pour trois mois, ^adresser à M. Colombes , Secrétaire particulier de S. Ez, fe Précisent d’Haïti. AU PORT-AU-PRINCE, PE L IMPRIME P. IE pu GQUVERREMENR 1817, --- Page 2 --- L . . I I 1 : - ■ ! . .. J VAUC G ■. e o 92 tnomanaodA’I eh znq 9. " ; r J TuOq asb1Qn a2 i ' 7 . • L 5 -sttpnbt’a - _ — ** " ** • n: J UA ■ TA 1 JA navute • ItRMIaMt’ as rrat --- Page 3 --- Port-au-Prince,le 1er. Septembre 1817, an 14 de l’Ind épendance d’Haïti. . 0 - ■ POLITIQUE. Suit* des CoTisîdGrcitions sut l Ile d , par J: S. MzLsz## . Haïtien, • • • • , . A K T I C L 2 Y » A WIAQUr pays, a un genre de productions qui lui est propre et qui forme sa principale source de prospérité, La richesse qui tient au sol est préférable à celle qui, dépendant des arts, est purement fictive. aux épo ques où les besoins de l'homme sont plus impérieux que ses fantaisies. On peut opposer l'économie au luxe ; mais il serait impossible de vivre dans un état de privation des choses nécessaires à la vie. Les. nations dont les res sources sont détachées de leur territoire peuvent bien avoir un commerce étendu ; niais si elles étaient réduites à suspendre leurs relations mercantiles, elles tomberaient dans une détresse dont les conséquences .seraient très—fàcheuses. . • • . ' .L’agriculture n'ex dut ni les arts ni l'industrie ; mais elle rend, leur absence supportable dans les circonstances difficiles. Elle procure une exis tence plus indépendante que celle qui se lie simplement aux rapports extérieurs. C’est pour cette .raison que des nations agricoles, assaillies de tou tes parts, ont résisté long-tems aux efforts, de leurs adversaires et ont supporte patiemment là stagnation du commerce., Les productions industrielles, en temps de guerre, ne peuvent satisfaire les besoins des peuples dont le sol est stérile ; l'argent même ne les met pas à l’abri des calamités qui résultent des disettes spontanées; et encore sont 4 ils obligés de recourir à l'intermédiaire des Etats neutres, quand une force supérieure n'assure pas leurs approvisionnemens. Les nations dont les ressources territoriales sont presque milles, cultivent les arts et sont essentiellement industrieuses; quelques-unes d'elles font , de grandes courses mgritimes. Elles considèrent leur genre de richesse Com me une propriété dont elles doivent priver les peuples que la nature a favo rises plus directement ; elles les resserrent autant qu’il est en leur pouvoir, afin de les obliger à l’achat et l'échange des objets de leur fabrication ou de leur commerce. Celles qui, au détriment de l'agriculture, se livrent à l'ex— Ploitation deS mines, s'attachend égalendets * cettd source de prospérité / imes. Elles considèrent leur genre de richesse Com me une propriété dont elles doivent priver les peuples que la nature a favo rises plus directement ; elles les resserrent autant qu’il est en leur pouvoir, afin de les obliger à l’achat et l'échange des objets de leur fabrication ou de leur commerce. Celles qui, au détriment de l'agriculture, se livrent à l'ex— Ploitation deS mines, s'attachend égalendets * cettd source de prospérité / --- Page 4 --- i 53 o ( 4 ) '• mais l’argent est chez elles une espèce de marchandise de première néceszité, dont le débit n’est que trop facile. • . La culture des terres est indispensable là où l’homme attend d’elles son bien-être. Les pays où ‘agriculture offre diverses branches, ont un plus grand fond de richesse que ceux où elle se simplifie ils ont une force essentiel le, et on ne surait, eansle concours des quelques circonstances morales, les empêcher d’atteindrele degré de prospérité auquel ils peuvent aspirer. Les productions d'un sol riche sont de deux espèces; celles qui, quoiqus nécessaires à la subsistance de ses habitans, fournissent un superflu qui devient un objet de commerce; et celles qui, notant utiles qu'aux besoins somptuaires, sont destinées à passer presque entièrement à l'étranger. Chaque partie du monde a son luxe territorial; niais il est à croire que celui des deux Indes est le plus propre à allumer les feux de la cupidité, puisqu'il a porté tant de peuples éclairés à des actes d’injustice et de cruau té, et qu’il fournit encore, en ce siècle de lumières, l’occasion de réclamations dont un examen désintéressé démontre l'inconséquence. Le sol d'Haïti est Susceptible de tous les genres de culture : il pourrait se passer de l'Europe ; mais,- à Cet effet, il faudrait que nous fussions réduits a suivre un système contraire au commerce et qui nous obligerait à imiter tout ce qui a été inventé et perfectionné à l'étranger ; il nous deviendrait aussi indispensable de nous imposer quelques privations. Or, homme qui n'est pas contraint par les circonstances, préfère, avec raison, les avantages que lui procurent d’anciennes habitudes et des relations avec ses semblables de divers pays, à ceux qui le forceraient à consacrer Une partie de son exis tence à des recherches et des travaux qui ne lui promettraient que des jouis* sauces éloignées. . . _ • Si nous acclimations chez nous les plansdu sol européen, susceptibles de l'être, les productions du nôtre nous deviendraient inutiles; la chaîne du com merce étant rompue, nous serions réduits à-quelques échanges insignifians entre nous : quand même nous parviendrions à établir des manufactures, les inatières premières que nous tirons de l'étranger nous manqueraient aussitôt que nous aurions épuisé la quantité dont nous sommes maintenant approvisionnés. La raison nous démontre que si nous voulions retourner à un genre de ‘e originaire nous aurions à combattre nos goûts, nos mœurs et nos usages actuels : il nous en coûterait trop de nous rapprocher de la simple nature ; le ' temps nous ramènerait infailliblement à l’état de misère ordinaire aux peuplos chez lesquels la civilisation n’a fait aucun progrès ; on peut même dira que cette subversion deprinefpes nous replacerait dans la condition que nous avons .abjurée» . Tenous-nous en donc 3 nos productions territoriales, et cherchons led moyens de multiplier nos rapports avec l’Europe. A mesure qu’elle remarquera dans nos actions et nôtre conduite ce caractère de justice, de sagesse et d’activité, distinctif des Hommes policés et éclairés, elle nous accordera son estime et son amitié; elle se dépouillera de ces préjugés qui tendaient à nous ravaler, en nous refusant la raison et l'intelligence. Déjà nous ne sommes plus à ses yeux ce que nous étions naguère : si elle rectifie son jugement à la première preuve de' notre capacité, que ne fers-t-elle point lors. ôtre conduite ce caractère de justice, de sagesse et d’activité, distinctif des Hommes policés et éclairés, elle nous accordera son estime et son amitié; elle se dépouillera de ces préjugés qui tendaient à nous ravaler, en nous refusant la raison et l'intelligence. Déjà nous ne sommes plus à ses yeux ce que nous étions naguère : si elle rectifie son jugement à la première preuve de' notre capacité, que ne fers-t-elle point lors. --- Page 5 --- )n d l. es - là n ie té, une er ssi as lui diiss ise de tris ins les me és. de jet ie ' zuira s h arsse ers ent - geirs. dal nou Serra nous tlever à son niveau ? La jouissance des droits politiLes nue nous assurent des faits d’armes est précieuse, sans doute ; mais la conduite que nous pouvons faire sur l’opinion dos étrangers, eh détruisant les préventions que l’ancien état des choses leur a suggérées, est digne de nos soins et de notre attention. . Notre prospérité dépend du commerce; notre commerce de 1 agrieuitures Tant que nos magasins seront pleins dé sucre, de café, &c., les marchandises étrangères abondèrent dans nos ports, et de nouveaux charmes s attachefont à notre existence. . La culture des terres nous procurera tous les avantages qui peuvent consolider le bonheur général: portons notre attention vers l’objet d’où dépend co nos succès. Loin de nous Cette apathique indolence qui condamne la vie à la. nullité. L’homme à qui la nature a départi la force et là santé en doit compte à la société et à lui-même. Il recueille toujours le fruit de tes travaux et de sa persévérance: un bien-être l’attend ; il assure la félicité de sa famille t et, un jour, assis au milieu des êtres qui lui sont les plus chers, il jouira d’un repos qui ne sera pas troublé par des besoins impérieux, des regrets inutiles et le spectacle déchirant d’une épouse malheureuse et de ses enfans accablés de misére. . ; Les premiers bienfaits de la liberté sont de garantir à l’homme le prb* dnit de son labeur, et de laisser à sa volonté le choix de l emploi qui peut lui procurer le moyen d’exister sans préjudicier à son prochain. L’adto'rité lé gitime a déterminé les limites de cette liberté ; la loi évangélique les a mar quées d’un: sceau indélébile, et il est difficile de les franchir impunément. Les droits de l’homme sont contenus dans une conscience pure. En évitant de .faire tout ce qui peut nuire à autrui, nous accomplissons le. devoir que nous impose la.société ; mais nous sommes aussi débiteurs envers nous-mêmes .et notre libération sociale ne. nous acquitte pas totalement. En- négli geant Ce qui nous est personnel, nous nous trouvons dans" la nécessité de recourir à 1 assistance de nos parens, de nos amis ou de nos contemporains ; notre faute les surcharge et le secours qu’ils nous portent dérange leur éconothie. Il arrive aussi que nous contractons envers eux une espèce d’obligaLon qui nous expose à des mortifications. Dans ce cas, nos désagrémens ne proviennent que de notre incurie; et s’ils vont jusqu'à gêner notre liberté, ne sommes-nous pas coupables envers nous-même s ? Est-ce avoir joui sagement delà faculté d'agir sans prescription que de s'èire réduit, par-une inactivité volontaire, à un état précaire et gênant ? La honte s’attache à la pénurie qui est le résultat de l'insouciance et de la paresse. Lorsque la terre féconde offre partout des, productions qui n'exigent presque aucune culture, et que celles quelle. accorde à nos soins nous promettent un avenir délicieux, nous serions inexcusables si nous languissions dans l'inaction. Quel est celui qui préfère la nudité impudique à la chasteté des vêtemens ? Gardez-vous de boire dans la coupe de la molesse ; votre vie Serait condamnée à des langueurs mortelles, Travaillez, vous recueillerez bientôt votre part de l'héritage commun : la terre ne refusa rien à ses enfans laborieux. N’oubliez pas quel'homme vraiment libre est celui qui peut dire Mes bras m'ont aswuré une honnête aisance; j'al des provisions pour long-tens. Le-riche ne ité impudique à la chasteté des vêtemens ? Gardez-vous de boire dans la coupe de la molesse ; votre vie Serait condamnée à des langueurs mortelles, Travaillez, vous recueillerez bientôt votre part de l'héritage commun : la terre ne refusa rien à ses enfans laborieux. N’oubliez pas quel'homme vraiment libre est celui qui peut dire Mes bras m'ont aswuré une honnête aisance; j'al des provisions pour long-tens. Le-riche ne --- Page 6 --- Jettera pas sur moi un regard dédaigneux ; j’ai la mesure des biens qui cons wiennent à mes besoins : si je veux arriver au superflu, un peu de patience me suffira. Mes frères sont mes égaux ; personne ne porte atteinte à mes droits. Je suis heureux. " Malheur à celui qui aime la vie oisive et ■ vagabonde! Les vices, la misère et l’humiliation le presseront de tous côtés ; il vivra dans la gêne ; ses désirs les plus honnêtes seront contrariés et il sera privé des affections les plus douces. Il ne pourra sortir de cet état affreux que par des concessions, de sa volonté et par le sacrifice d’une partie du temps qui était destiné à son bonheur. Que seront alors pour lui la liberté et l’égalité ? Des chimères. Il n’aimera point sa patrie ; il sera indifférent pour ses semblables, et ceux-ci ne lui porteront aucun intérêt. Les Campagnes déclament les bras inutiles dans les villes; Haïtiens, écoutez la voix de l’honneur et de la raison : utilisez-ydus, préparez-vous des jouissances durables. La liberté doit conduire à la prospérité, comme la misère à la dépendance. Vos succès dépendent de votre volonté ; rendez-yous irréprochables en prévenant, de votre propre impulsion, les malheurs qui suivent une lâche indolence, Haïti produit, sans culture, le campêche, le gayac et l'acajou; le cacad, le palma-christi et quelques autres menus objets, exigent peu de soins s l'attention du cultivateur doit se diriger essentiellement vers l’indigo, le co ton, le café et le sucre; Ces denrées sont recherchées de tous les étrane gers et servent de base à notre commerce, A R p ï c i É V I 3 Les partisans de l’esclavage ont cherché à àccr éditer leur affreux sy& tême en dégradant notre origine et en nous refusant les facultés qui cons tituent l'être raisonnable ; mais la philosophie armée du flambeau de la vérité a répandu partout une lumière bienfesante et l’on ne nous contes te plus la qualité d’homme. Fourbes politiques, ne saviez-vous pas depuis, long-tems que nous avions été formés, comme vous, sur le tyne primitif? La soif des richesses et un amour démesuré de la domination ont fait tai re votre conscience; vous avez renié Dieu et nenti à l’espèce humaine. Le Ciel a permis que la peine due à vos crimes commençât dans ce monde pour effrayer quiconque’ oserait marcher sur vos traces. Comme Vos sembiables, nous déplorons votre sort ; comme vos victimes, nous vous repoussons loin de cette terre que vous avez arrosée de larmes et de sang. Ne croyez pas’ que nous soyons mus par la haine et le désir de la vengeance, thais par l’horreur des désordres qu’occasionnerait votre présence. Vous ne saurez portais suivre la marche du teins et desévénemens ; vous voulez toujdurs aller à la manière des écrivisses. Qu’il vous souvienne donc que Votre obstination à nous refuser la jouissance de nos droits politiques nous fit gagner plus que nous ne demandions: en vous opposant à la liberté genérale, vous nous avez conduits à l’Indépendance. Arrêtez-vous là ; car la compression d’une puissance expansive, la force à un plus grand développement. , - ' Nos persécuteurs, fout en avouant maintenant que nous sommes des hommes, nous placent néanmoins à su degré d'infériorité où nous devons ree- vienne donc que Votre obstination à nous refuser la jouissance de nos droits politiques nous fit gagner plus que nous ne demandions: en vous opposant à la liberté genérale, vous nous avez conduits à l’Indépendance. Arrêtez-vous là ; car la compression d’une puissance expansive, la force à un plus grand développement. , - ' Nos persécuteurs, fout en avouant maintenant que nous sommes des hommes, nous placent néanmoins à su degré d'infériorité où nous devons ree- --- Page 7 --- ( 7 ) der selon eux, parce que nous sommes d’une nature imparfaite. Cette ae: sertion est une conséquence de leur impertinent système. Si l’on pouvait soumettre le temps à une mesure générale, nous engagerions ces sophistes à rester dans les ténèbres autant de siècles que nous avons vécu dans l’ignorance; et, parcourant à notre tour, avec les mêmes circonstances, la carrière dans laquelle l'Europe a été lancée avant nous, nous laisserions a tons les hommes justes du monde le soin de décider si l’on peut, aveç raison, nous attribuer une différence morale. Nous savions très-peu de choses au commencement de ce siêcle ; nous n'en savons pas encore assez à l'époque où nous sommes 2 mais n‘est-il • pas vrai que nous avons acquis, en peu d’années, des connaissances qui décèlent en nous des êtres capables des plus profondes combinaisons ? Quel- • Je a été cependant notre école ? Celle du malheur. Avec l’assistance divine nos enfans jouiront des bienfaits de l’éducation; ils s’instruiront, et, un peu plus tard, ils opposeront à des imputations vagues, des raisonnemens appuyés de preuves incontestable s. dû êtes-vous, Apologistes de l’esclavage, qui prétendez que l'homme rendu à la liberté devient l’ennemi du travail et croupit dans la misère? Abjurez donc votre erreur ; Haïti a des enfans dignes d’elle sa prospé rité et l’objet de tous les vœux ; l’industrie, le commerce, l’agriculture, tout s’active et s’achemine vers un état d’amélioration que des malheurs ont retardé, sans doute, mais qui n’est pas éloigné. Notre climat est brûlant, notre population moins considérable, notre restauration três-récente; néanmoins nos succès sont sensibles en tout genre ; encore un pas, et nous atteindrons le but vers lequel nous marchons, L’agriculture, dans nos contrées, peut être assujettie à divers régimes ? les biens de la terre s’obtiennent de plusieurs manières ; mais le mode qui s’écarte le moins de la loi naturelle est celui qu’il faut préférer. Le bon-" heur public ne consiste pas à multiplier les peines des peuples pour arracherà la terre ce qu’elle est susceptible de produire; mais à obtenir ses dons sans excéder la force des cultivateurs. ‘ -- " Le régime colonial était horrible, inhumain ; les calamités qu'il causa, entraînèrent sa ruine ; il ne renaîtra pas chez les' hommes qui en ont été Jes victimes; on peut même dire que tous les régimes qui seront calqués sur ce détestable modèle amèneront les mêmes résultats. Lorsque le peuple Haïtien secoua le joug de l’esclavage, il jura unehaine éternelle aux oppresseurs des hommes : le motif qui ' lui fit proscrire. Ses princes colons, était cette autorité absolue dont ils usaient arbitrairement ; certes, ils ne s'attendaionpas à tomber, en partie, 'dans une nous velle servitude. Cependant le Nord de notre patrie est réduit à un état, de vasselage tyrannique: les modernes seigneurs y ont été substituer aux anciens; les cultivateurs attachés au sol par des règlemens iniques, y. ont perdu les avantages de la liberté ; ils n’y contractent pas d’engage.. mens volontaires et synallagmatiques ; ils sont collectivement fixés sur les do. marnes de leurs maîtres titres. Ceux-ci les considèrent comme des meublés inséparables de leurs fiefs et les traitent COLONIALEMENT. Malheu.. Feux serfs, enchaînés au joug de la féodalité, vous avez perdu les bienfait cultivateurs attachés au sol par des règlemens iniques, y. ont perdu les avantages de la liberté ; ils n’y contractent pas d’engage.. mens volontaires et synallagmatiques ; ils sont collectivement fixés sur les do. marnes de leurs maîtres titres. Ceux-ci les considèrent comme des meublés inséparables de leurs fiefs et les traitent COLONIALEMENT. Malheu.. Feux serfs, enchaînés au joug de la féodalité, vous avez perdu les bienfait --- Page 8 --- J. / 0 IL du pacte social ; la route du bien-être vous est interdite. Les fruits de yoa sueurs restent à ces hommes chamarrés de Croix et de rubans, qui étaient naguère vos frères d’armes et qui osent se dire maintenant vos, SEIGNEURS, i % Le despotisme ne s’assure des - avantages qu'en restreignant les droits des individus par des mesures générales. La rigueur, les moyens coercitifs sont nécessaires pour contraindre les volontés à un concours auquel elles ne sont appelées ni par une propension naturelle ni par un intérêt raisonné. Si quelques succès couronnent une violation de principes, ils n'assurent pas une prospérité constante. Les peuples opprimés, avilis, nourrissent l'esprit de sédition; la patrie n'est rien pour eux ; ils sont sujets à l'émigration, et la moindre lueur d'espérance quais aperçoivent dans un changement de position, les excite à un soulèvement contre la force qui 'les cempriie. G ’ JI n’en est pas ainsi dans les Etats dotés d’une constitution libérale. Là, chacun choisit à son gré la profession qui lui convient. Le cultivateur y forme des engagerais libres, dont les clauses offrent une égale ganantie à celui qui fournit sa propriété et à celui qui l’exploite : nul, n’y peut s’assurer les services d’autrui sans salaire ni à perpétuité. La loi y est une pour tous. Point de ces réglemens qui réduisent les citoyens à une existence passive. L’activité règne parmi eux; ils s’intéressent tous à la chose publique ; ils s’attachent au gouvernement paternel qui veille à leur salut, qui les encourage et honore les arts qui contribuent efficacement à auge — menter la prospérité nationale. 4/ Le système des PETITES PLANTATIONS, adopté dans la partie du Sudd Haïti, est, sans contredit, celui qui convient au peuple, Cette subs division augmente le nombre des propriétaires, accroît le patriotisme et forme l’esprit national. Chaque famille y fait fructifier son fonds ; l’intérêt, Je plus puissant des mobiles, stimule tout le monde. Le cultivateur y jouit d’un avantage qui l’assimile au propriétaire, et sa condition s’éloigne de cet état de servage qui dégrade d’homme attaché à la glèbe. ci • Si l’on oubliait les diverses catastrophes qui nous ont frappés, les grandes . difficultés que le Gouvernement de la République a eu à vaincre, les res. sources qu’il lui a fallu créer au milieu des désastres, la trempe tempérée qu’il était nécessaire quai donnât à des caractères aigris par des maux de tout genre, la lutte qu’il avait sà soutenir contré un nouveau VANDALE; si, disons-nous, on mettait en oubli une infinité de circonstances défavorables, on s’étonnerait que nous n’eussions pas encore atteint un plus' haut .degré de prospérité; tandis que le despote voisin exalte ses richesses et exagère l’état florissant de sa domination $ Mais un simple raisonnement rectifiera l’opinion erronnée qu’on pourrait avoir à cet égard. il est des sucçès qui s'obstiennent par une violation de droit; d'autres, par une dous ceur de principe ; ceux-là sont rapides, mais peu durables ; ceuxçi sont plus lents, mais d’une stabilité essentielle. Non seulement les jouissances forcées ne procurent pas un bonheur continu ; mais encore elles sont en opposition avec la nature, il faut rejeter tout ce qui blesse la justice et l'humanité. Le régime colonial, tant en horreur, assurait d'ims merises revenus ; mais la scélératesse seule pourrait concevoir l'idée de lé yemettre en vigueur. -Ne concluez-pas que notre système libéral metti ceuxçi sont plus lents, mais d’une stabilité essentielle. Non seulement les jouissances forcées ne procurent pas un bonheur continu ; mais encore elles sont en opposition avec la nature, il faut rejeter tout ce qui blesse la justice et l'humanité. Le régime colonial, tant en horreur, assurait d'ims merises revenus ; mais la scélératesse seule pourrait concevoir l'idée de lé yemettre en vigueur. -Ne concluez-pas que notre système libéral metti --- Page 9 --- des bornes à notre prospérité ; elle s’accroît annuellement: ayez égard aux graves inconvéniens qui ont ralenti son cours, et vous sentirez qu’elle a dû avoir passé l'attente des personnes sensées et raisonnables. (La suite au prochain N0.) LITTERATURE COUPLETS composés et chantés à bord du Brick I’Esouard, le 25 Mai 1817. Air : La victoire en chantant nous ouvre la barrière. Réunissons nos voix et que l'écho répète Les accens de nos cœurs joyeux : Le jour qui nous éclaire est pour nous une fête Dès long-tems demandée aux Dieux. Loin du berceau de notre enfance Nous ne verserons plus de pleurs: ' D’un preux l’auguste bienfesance A mis un terme a nos malheurs. Chœur. Sol d’Haïti, terre chérie, Sois l’objet d’un amour ardent. Salut, gloire à notre Patrie, Reconnaissance au Président. D’injustes préjugés ont long-tems sur la terre Asservi les faibles mortels : Accablés sous le poids des fléaux de la guerre, ils cédaient aux tyrans cruels. Mais un héros plein de sagesse, En tous lieux aimé, révéré, A leur sort enfin s’intéresse Et rend leur asyle sacré. Chœur. Sol d’Haïti, &c. Puisque par des bienfaits tu prépares la voie Qui doit nous conduire au bonheur ; Reçois, ô Président, l’hommage qu’avec joie Nous t’offrons en ce jour flatteur ! --- Page 10 --- Ces enfans, ces femmes, ces pères. Dont tu deviens le protecteur, Feront pour' toi des vœux sincères Et te porteront dans leur cœur. Chœur. Sol d’Haïti, &c. Plus d’un mortel ici te doit une patrie ; Pour s’acquiter de ce bienfait il serait toujours prêt à lui donner sa vie. Si son pays la demandait. Héritiers de notre courage, De nos vœux, de nos sentimens. Nos enfans soutiendront louvrage Dont tu posas les, fondemens. Chœur. Sol d’Haïti, terre chdrie. Sois l’objet d’un amour ardent. Salut, gloire à notre Patrie, Reconnaissance au Président. 4 C E L E S T E. Non, les Déesses ne sont pas Jalouses des Jeunes mortelles ; En te douant de mille appas, Elles ont témoigné leurs bontés pour les belles : Tu reçus de chacune d’elles Un don qui fait voler les amours. sur tes pas. Tes sourcils, tes cheveux d’ébène Ne sont-ils pas de la nuit un présent? Pour toi l’aurore a prodigué sans peine La perle qui fait l’ornement Et de tes yeux et de ta bouche. Lorsque ta pudeur s’effarouche, Les roses de ton coloris Décèlent les Lienfaits .de Flore. Ton air est de Junon, et ces pieds si jolis De la Nymphe des bois sont des faveurs encore. La Mère des Amours a placé dans tes mains Ce trait qui charme quand il blesse ; Et, pour te préserver des pièges des humains, Minerve dans ton cœur fit germer la sagesse. MILSCENT. ux et de ta bouche. Lorsque ta pudeur s’effarouche, Les roses de ton coloris Décèlent les Lienfaits .de Flore. Ton air est de Junon, et ces pieds si jolis De la Nymphe des bois sont des faveurs encore. La Mère des Amours a placé dans tes mains Ce trait qui charme quand il blesse ; Et, pour te préserver des pièges des humains, Minerve dans ton cœur fit germer la sagesse. MILSCENT. --- Page 11 --- ( 11 ) 4 INTERIEUR. ANA L YSE D ES LOIS-. —LOI qui établit le Droit du Timbre.—6 Juin 1817. Les lois rendues antérieurement sur le Timbre sont rapportées, les ans siens types supprimés. Il sera gravé cinq nouvelles empreintes, dont une de six une de douze, une de vingt-cinq, une de cinquante centimes et une d’une gourde.—Sont assujettis au Droit du Timbre : les actes des officiers de l’Etat-Civil, des Notaires, du Ministère public, des Arpenteurs ou Voyers, les contrats sous signatures privées portant ventes, obligations, conventions, accords, attermoiemens, reçus, quittances générales, décharges, lettres de change, connaissemens, factures, comptes de ventes, comptes courans, chartes-pardes, procès-verbaux d’expertise ou autrement, patentes, pétitions adressées aux autorités constituées, permis de voyager à l'intérieur ou à l'étrangbr, le journal, grand-livre et copie de lettres des négocians consignataires et autres, cenformément au Tarif ci-après. Tarif du papier timbré. Obligations. billets, quittances, généralement tous les écrits dont la somme n’excédera pas 200 gourdes, la feuille, S Les mêmes actes ou écrits d’une valeur plus de 200, et jusqu’à 500 gourdes, dto. De 500 à 1000 gourdes, dto. De 1000 à 3000 gourdes, dto. De 3000 et jusqu’à n'importe quelle valeur, dto. Requêtes des Avoués aux Tribunaux de Paix, cédules, ac tes de comparution, déclarations, actes prliminaires, significations, exploits d'Huissiers, main levée, et généralement toutes affaires des Tribunaux de Paix, pour la feuille de papier, Jugement desdits Tribunaux, Requêtes des Avoués aux Tribunaux de Première Instance, exploits d'Huissiers, actes préliminaires, et toutes autres transac tions auxdits Tribunaux de Première Instance, Jugemens desdits Tribunaux, Requêtes des Avoués aux Tribunaux d’Appel, exploits d'Huissiers, actes préliminaires, et toutes transactions auxdits Tribunaux d’Appel, la feuille, 4 Jugemens desdits Tribunaux, Requêtes des Avoués au Tribunal de Cassation et toutes les transactions au susdit Tribunal, la feuille. Décisions du susdit Tribunal, , et toutes autres transac tions auxdits Tribunaux de Première Instance, Jugemens desdits Tribunaux, Requêtes des Avoués aux Tribunaux d’Appel, exploits d'Huissiers, actes préliminaires, et toutes transactions auxdits Tribunaux d’Appel, la feuille, 4 Jugemens desdits Tribunaux, Requêtes des Avoués au Tribunal de Cassation et toutes les transactions au susdit Tribunal, la feuille. Décisions du susdit Tribunal, Gourd. Ôent 2.5 --- Page 12 --- ( 12 ) Actes notariés, tels que marchés, conventions, compromis, transactions quelconques, n’excédant pas 1009 gburdes. De 1000 jusqu’à 3000, De 3000 jusqu’à n’importe quelle somme, Ventes d’animaux quelconques, soit notariés, ou sous signa ture privée, Ventes de meubles quelconques, la feuille, Ventes d'immeubles quelconques. Donnations, contrats de mariage, testamens, contrats d échange, protêt, &c., la feuille, Actés de société, de séparation, inventaires, Actes de divorce, Extrait des actes des officiers de l'Etat-Civil, pour naissan ce, mortalité, publications, Extrait des actes de mariage, de célébrations, d’alliances et de reconnaissances, la feuille, Extrait des actes de divorce, Chaque feuille du journal, grand-livre et copie de lettres de chaque négociant ou aùtres, la feuille, Comptes courans, comptes de ventes, factures. Patentes, y compris la quittance, Connaissement à l'intérieur. Dto. à l'étranger. Pétitions aux autorités, Permis pour vaquer d’une commune à une autre, Dto. Tun arrondissement à un autre, Dto. à l'étranger, Pour toutes pièces, non prévues par le présent Tarif, ac Gourd. Cent - 1 25’ 1 25 ( tes devant figurer en justice, ou pour toutes affaires sujettes à Contestations ou à procès, par feuille de papier, • 25 Il est accordé le délai d'un mois à tous les Citoyens éloignés des lieux de dépôt, pour faire transcrire sur le papier timbré, les actes qu'une necessité absolue aurait forcé d’écrire sur le papier libre. (Loi Additionnulle du 14 Juillet 1817.) .——LOI sur l’Abolition des Corvées personnelles et l'Entretien' des Grandes Routes.—9 Juin 1817. Les Corvées personnelles sont abolies dans la République. Les Routes seront réparées et entretenues aux fraix des Communes, par des en treprises adjugées au rabais et à criée publique. Aucune Autorité ne pour ra être adjudicataire ou intéressée à l'adjudication des réparations des Gran des Routes dans la Commune ou dans l'Arrondissement où elle sera en l’Abolition des Corvées personnelles et l'Entretien' des Grandes Routes.—9 Juin 1817. Les Corvées personnelles sont abolies dans la République. Les Routes seront réparées et entretenues aux fraix des Communes, par des en treprises adjugées au rabais et à criée publique. Aucune Autorité ne pour ra être adjudicataire ou intéressée à l'adjudication des réparations des Gran des Routes dans la Commune ou dans l'Arrondissement où elle sera en activité de service.—Les Entrepreneurs ne pourront obtenir leur paiement que sur la présentation d’un certificat du Conseil de Notables, visé par le Commandant dë l'Arrondissement sous lequel ils auront exécuté leurs travaux, constatant le bon état des Routes et l’exécution de leurs obli gations. --- Page 13 --- Lor relative aux Communes et Paroisses des Départemens de l’Ouest et du Sud de la République.—24 Juin 1817; Les Départemens de l'Ouest et du Sud de la République renferment 96 Communes et 17 Paroisses—11 y a dans chaque Commune' un jugé de Paix un Commandant de Place, un Officier de l’Etat- Civil et un Conseil de Notables—Voici la position topegraphiqte et descriptive des Com munes desdits Départemens avec leurs distances à la Capitale : Mirebalais, J 5 lieues; Crois-des-Bouquets, 3 ; Port-au-Prince, 0; Leogane, 8; CrandGoave, 13 ; Petit Goave, 17 ; Miragoane, 23; Anse-à- Veaux, Si ; Petit-Trou, 35. Corail, 53; Jérémie, 60 ; Abricots, 66 ; Dalmarie, 72; Anse- d'Hainault, 75 ; Tiburon, 72 ; Coteaux', 62; Port-Salut, 56; Torbeck, 53 ; Cayes, 50; Cavaillon, 43; Saint-Louis, 40; Acquin, 33; Baynet, 25; Jacmel, 20; Ma rigot, 27; Saltrou, ^5—Les Paroisses sont : Grands-Bois, Saint-Michel, l'e tite-Riviere de Nippes, Baradères, Pestel, Petit-Trou des Roseaux, TrouBonbon, Anse-Leclerc, Petite-Rivière de Dalmarie, les Irois, les Anglais, la Chardonnière, Port-à-Piment, Roche--Bateau, l'Etron-de-Port, Cotes— ; Baynet, 25; Jacmel, 20; Ma rigot, 27; Saltrou, ^5—Les Paroisses sont : Grands-Bois, Saint-Michel, l'e tite-Riviere de Nippes, Baradères, Pestel, Petit-Trou des Roseaux, TrouBonbon, Anse-Leclerc, Petite-Rivière de Dalmarie, les Irois, les Anglais, la Chardonnière, Port-à-Piment, Roche--Bateau, l'Etron-de-Port, Cotes— de-Fer, Cayes-de-Jacmel. LLOI qui établit l'Imposition sur la valeur locative des Maisons des villés, bourgs et communes de la République, et sur les Echoppes des places ou marchés publics.—4 Juillet 1817. A partir du 1er. Janvier 1818, il sera perçu Sur la valeur locative des maisons des villes et bourgs dé la République, une Imposition annuelle de DEUX POUR cent. Il sera également perçu un droit annuel sur les échoppes établies-sur lès marchés ou places publiques des villes et bourgs.— L'impositien sur la valeur locative des maisons devra être acquittée à la fin du mois de Février de chaque année, au plus tard, sous peine de poursuite et de saisie contre ceu'x qui n'auront pas payé leur quotité. Aucun propriétaire ne pourra poursuivre en justice son locataire, pourrait de loyer de maison, s'il n'a justifié avoir acquitté l'imposition établie par la présente Loi. Aucun étalage de marchandises n'aura lieu dans les rues de manière à obstruer le passage, sous peine d’une amende de deux. COURDEs. LOI relative à l'Imposition Territoriale.—4 juillet 1917, •Les dois des 9 et 21 Mars 1807, et celle du 4 Décembre 1815, relatives aux Impositions Territoriales et Communales, seront rapportées et abrogées au 31 Décembre de la présente année: À partir du premier Janvier 1818, les Impositions territoriales et commuhaies seront réduites en un seul droit, sous le titre d'IMPOSITIONTERRITO: RIALE: il sera perçu comme suit: sAVoIx: à l'Imposition Territoriale.—4 juillet 1917, •Les dois des 9 et 21 Mars 1807, et celle du 4 Décembre 1815, relatives aux Impositions Territoriales et Communales, seront rapportées et abrogées au 31 Décembre de la présente année: À partir du premier Janvier 1818, les Impositions territoriales et commuhaies seront réduites en un seul droit, sous le titre d'IMPOSITIONTERRITO: RIALE: il sera perçu comme suit: sAVoIx: Sur chaque millier de Café, Dto. de Coton , , Dto. de Cacao, Dto. de Suce, Dto. de bois de Campèche, Dto. de Gayac , Dto. Gingembre, Dto. de Cire jaune. Le baril de Mais, Le baril.de Pois et de Riz, De barll d'Amidon, Le baril de Pistache, Gourd. Cent. 16. ?9 9 V --- Page 14 --- ( 14 ) Gourd. Cent. Le baril de Gigiri, , 50 Le gallon d’Huile de Palma- Christi, „ 25 Le droit territorial établi en l’article précédent, sera retenu sur les venHeurs : les négocions consignataires seront tenus, à l’expédition des bâtimens qui chargeront de la denrée, d’en verser le montant dudit droit au Trésor pu blic, sur les bordereaux des Directeurs des Douanes, ordonnancés parles Ad* ministrateurs principaux ou particuliers. Il ne sera point payé sous aucun prétexte, à l'expédition des caboteurs allant d'un port à un autre de la République, le droit territorial sur les denrées dont ils pourront être chargés. Ces caboteurs seront, comme par le passé, ex pédiés sur acquit-à-caution ; et le délai le plus long qui pourra leur être ac cordé pour le rapport du certificat du débarquement, au port de leur destination, ne pourra être que de 30 jours, p issé lequel délai les armateurs des embarcations, les capitaines d’icelles et la caution, seront conjointement pour suivis par le Directeur de la Douane ou Préposé d’Administration du port de l’expédition, pour les recouvremens du droit sur la denrée dont le débarquement n’aurait pas été légalement justifié. Dans le cas qu’une embarcation, fesant le cabotage, viendrait à se per dre par force majeure en allant d’un port à l'autre de la République, avec les denrées assujetties à l’imposition territoriale, le Directeur de la Douane ou le Préposé d’Administration du port du départ, établira le bordereau du droit territorial revenant à l’Etat sur la denrée ainsi perdue, lequel bordereau sera envoyé à l’Administrateur, sous la surveillance duquel il se trouvera placé, afin que celui-ci force en recette le chargeur de ladite denrée, qui, nécessai rement, devra avoir retenu par devers lui l’impôt territorial qu’il avait reçu de l'habitant en lui achetant sa denrée. Dans le cas où une embarcation, chargée de denrées et partant d’un port de la République pour un autre port, n’arriverait pas au lieu de sa des tination avec l’exacte quantité de denrées dont êllé aurait été chargée au moment de .son départ, et qu’il ne pourra pas être justifié que la quantité de denrée manquant ait été perdue en mer par cause de force majeure ; le ca pitaine de l’embarcation sera forcé en recette, comme il a été établi en l’article 5, pour tous les droits généralement quelconques revenant à la Répu blique sur les denrées ainsi manquant à bord de son embarcation. -LOI sur la formation et les attributions des Conseil des Notables.— 19 Juillet 1817. Il sera établi un Conseil de Notables dans chaque Commune de la République. Le nombre des membres de chaque Conseil est fixé à six pour la Capitale; quatre pour les Chefs-lieux de Département : et trois pour les autres Communes. Ils sont nommés par le Président d’Haïti, sur une liste de présentation, et sont rééligibles. Ils reçoivent du Trésor Public une indemnité de deux cents gourdes par année. Ces Conseils veillent généralement à la police intérieure de leurs Communes ; mais ils ne peuvent décerner aucun mandat d’artêt ni ordre d’emprisonnement. LOI relative à l’Organisation du Tribunal de Cassation.—26 Juillet 1817. Il sera créé et établi un Tribunal de Cassation pour toute la Répu blique ; le lieu de ses séances est fixé dans la Capitale. Ce Tribunal est Ils reçoivent du Trésor Public une indemnité de deux cents gourdes par année. Ces Conseils veillent généralement à la police intérieure de leurs Communes ; mais ils ne peuvent décerner aucun mandat d’artêt ni ordre d’emprisonnement. LOI relative à l’Organisation du Tribunal de Cassation.—26 Juillet 1817. Il sera créé et établi un Tribunal de Cassation pour toute la Répu blique ; le lieu de ses séances est fixé dans la Capitale. Ce Tribunal est --- Page 15 --- li ns ud irs es xacstim. urde uei erles ou roit fera icé, saia de Tu» des- ! au é de cal’arépus,- e h six ROIS , sur P. iseils S ils si: épu1 est ( 15 ) , : permanent ; les membres en sont nommés à vie. Il est composé d un Doyen, he six Juges et d’un Commissaire du Gouvernement; il y a en outre un Greffier, au choix et à la nomination dudit Tribunal. Le délai pour se pourvoir en Cassation, en matière civile, sera de quatre mois, à compter du jour de la signification du Jugement. En matière criminelle, correc tionnelle ou de police, le condamné n’a que trois jours, après celui où son Jugement lui a été prononcé, pour déclarer au Greffe qu’il se pourvoit en Cassation.—Le délai de quatre mois est accordé, à dater du jour de la publication de la présente Loi, à ceux qui désireraient se pourvoir en Cassation de Jugemens rendus depuis la mise en activité de la Révision de la Constitution.—Celui qui se pourvoit en Cassation, en matière civile, seri tenu de consigner au Greffe de ce Tribunal une amende de vingt-cinq gourdes, laquelle lui sera remise si la Requête est admise..—Le traitement du Doyen de ce Tribunal est de seize cents gourdes par an ; et celui de chaque Juge, de quatorze cents. Le traitement du Commissaire du Gouvernement sera le même que celui des Juges, . LOI sur l’Affermage des produits de l'Imposition sur les Boucheries.—26 Juillet 1817. L’Imposition sur les Boucheries est fixé comme suit : Par chaque boeuf ou Bouvard, 5 gourdes. Par chaque cochon, 1 dto. Par chaque mouton ou cabri, 50 centimes. ——LOI relative à la liquidation de la Dette de l’Administration Départementale du Sud de la République.—27 Juillet 1817. A. la publication de la présente loi, toutes personnes ayant des titres de créances sur l’Etat, pour dettes dues au nom de la République par l'Administration départementale du Sud, et qui ont é té contractées depuis le pre mier Octobre 1810, an 7 de l’Indépendance, jusqu’au 24 Mars 1812, an 9 inclusivement, seront tenusde les présenter au Secrétaire-d'Etat ayant le dé partement des Finances, afin qu’ils soient examinés et vérifiés. La validité des titres ci-dessus étant reconnue, le Secrétaire-d’Etat des Finances les fera ordonnancer en dépenses pour solde à la valeur seulement de la moitié de la somme à laquelle s’élèvera lesdites créances ; et ce, pour mettre ces créanciers au même taux et à l'égalité des personnes de la. Republique qui, aux'époques fixées en l’article premier de la présente loi, étaient porteurs de la monnaie dite D’HAYTI, et qui en ont supporté la perte de la moitié lorsqu elle fut retirée de la circulation. Il n est accordé que le délai de deux mois, à partir de la publication de de la présente, pour présenter les susdits titres de créances ; passé lequel dé lai, ils ne seront plus admissibles en aucune manière et seront déclarés nuis et non avenus. La dépense reconnue conformément aux dispositions de l’article 2, sera payée de la même manière que le sont les autres dettes de l’État. AV IS—-Les Négocians, Commerçans et généralement toutes les personnes Ui, aux termes de la Loi du 4 Mars 1807, doivent être munies « une atente pour pouvoir exercer leur profession, sont prévenues que si, sous e deal d un mois, elles ne se sont point conformées aux fermalites clarés nuis et non avenus. La dépense reconnue conformément aux dispositions de l’article 2, sera payée de la même manière que le sont les autres dettes de l’État. AV IS—-Les Négocians, Commerçans et généralement toutes les personnes Ui, aux termes de la Loi du 4 Mars 1807, doivent être munies « une atente pour pouvoir exercer leur profession, sont prévenues que si, sous e deal d un mois, elles ne se sont point conformées aux fermalites --- Page 16 --- ( 16 ) qui leur sont prescrites, leur contravention recevra l’application de la peine que lui infige la Loi précitée, celle d’un quadruple droit, indépendamment de celui de la Patente. — D'après une décision de S. E. le Président d'Haïti, ceux .qui désireront obtenir des permis pour aller à l’Etranger, seront tenus de justifier avoir fait publier leur départ dans trois différens numéros'du Télégraphe, gpTITIOdP présentée au Président PHcdti, par le corps des, déégocians dit Popt-au-Prinee, CITOYEN PRESIDENT , Les améliorations qui viennent de s’opérer dans les diverses branches de l'administration publique par les soins paternels de Votre Excellence, sa bienvei 'ante sollicitude qui s’étend sur tout ce qui peut contribuer à la prospérité de la Rép iblique tout nous porte à ero re qu’elle daignera prendre en considération l’etat actuel et trop défectueux du commerce intérieur du pays. Privé de bases et démuni de règles organiques qui, embrassant l’ensemble de ses mouvemens, les dirigent et les rectifient, il languit, il périclite, et la prospérité d ■ l’Etat en souffre presqu’autant que lui-même qui en est un des plus puissans leviers. Après avoir réfléchi sur les moyens qui pourraient ranimer, faire fruc tifier et donner même une nouvelle existence à cette précieuse et importante branche de l'industrie nationale ; et ayant jugé, d après l’exemple de toutes les nations commerçantes, que' l'établissement d’une Chambre de Commerce pourrait grandement et efficacement concourir à cet heureux résultat, nous prenons la liberté de solliciter de Votre Excellence Ta permission d’en for mer une et de lui soumettre un Projet de Réglement qui en fixe les bases. C'est avec d'autant plus de confiance que nous fesons cette démarche que nous avons la certitude qu’il suffit d’avoir fixé votre attention sur cet objet, pour que vous en appréciez toute l’importance ; car le commerce a toujours été considéré comme la source de l’abondance, de la richesse, de la puissan ce même des peuples qui s’y sont adonnés et les gouvernemens qui l’ont protégé et encouragé en ont pareillement recueilli des avantages incalcula bles. L’Angleterre et les Etats-Unis d’Amérique fournissent la preuve du cette grande vérité : Haïti, dont toute la richesse consiste dans ses produc tions'territoriales,. guidée; par les mêmes principes, jouira un jour des mêmes avantages et devra ce nouveau bienfait à e nui qui a déjà tant de titres à l’am ur et à la reconnaissance de ses concitoyens. Nous sommes avec respect. Citoyen Président, De Votre Excellence, &c. (Suivent les signatures.) —Le 14 du mois dernier, M. FREMONT, Commissaire des Guerres au Port-au-Prince, réunit, sur son Habitation, située près CIBERT, une so- ■ ci été nombreuse composée de personnes distinguées et de différentes nations. L’objet de cette réunion était de célébrer le EAPTEME du moulia titres à l’am ur et à la reconnaissance de ses concitoyens. Nous sommes avec respect. Citoyen Président, De Votre Excellence, &c. (Suivent les signatures.) —Le 14 du mois dernier, M. FREMONT, Commissaire des Guerres au Port-au-Prince, réunit, sur son Habitation, située près CIBERT, une so- ■ ci été nombreuse composée de personnes distinguées et de différentes nations. L’objet de cette réunion était de célébrer le EAPTEME du moulia --- Page 17 --- ( 17 ) et de la sucrerie que M. Frémont vient d’établir. Un magnifique repas attendait les convives. On a porté des toasts qui font honneur au patrio tisme des Haïtiens et caractérisent la politesse de MM. les Etrangers M. Frémont, avec une urbanité qui donne une opinion favorable de son esprit et des qualités de son cœur, a présidé aux soins que requerrait la . circonstance et a donné à cette petite fête tout le charme dont elle eku— susceptible. Le repas fini, chacun armé d’une canne à sucre s’est dirigé vers le Moulin, qui, après l'aspersion d’usage, a roulé avec rapidité et a exprimé le suc des javelots sucrés qu’on avait lancé de toutes parts. La joie gé nérale a éclaté et a pronostiqué à M, Frémont les succès que mérite son établissement. Nous fesons des vœux sincères pour la prospérité de cet aimable compatriote et pour celle de tous les auteugs des entreprises aussi utiles à la Patrie. MILSCENT. VARIETES. REPONSE A UN CENSEUR, L’emploi d’un terme impropre est toujours un abus ; Les flatteurs de Néron sont des Apologistes ; Mais ceux qui dans leurs chants ont célébré Titus, Aux yeux de l’équité, sont des panégyristes. L’esprit, sans la raison, peut armer un Censeur, La raison et l’esprit guident un bon Critique ; Cet accord est utile à tout réformateur Qui craint de prononcer un jugement inique. CONTE. Deux plaisans au piquet jouaient d’égale force, L’un bossu, l’autre à jambe torse. Du côté du bossu fut d’abord tout le gain ; Mais il eut courte chance. En moins d’un tour de main il perdit tout. “ Quel bonheur est le vôtre ! S’écria-t-il, dépité, le cœur gros : La fortune m’a donc en plein tourné le dos ? ” A moi la jambe, reprit l’autre. MILSCENT. — Boileau a dit : “ C’est un méchant métier que celui de médire. L'anecdote suivante vient sssez à l’appui de cette sentence. Un bel esprit satirique s’amusait, dans un cabinet littéraire, à faire --- Page 18 --- ( 18 ) la critique des écrivains modernes avec un ton de suffisance qui ne con4 vient à personne ; les auteurs de ce siècle, disait-il, n’ont ni bon sens, ni style, ni esprit. Un homme de lettres, ennuyé d’entendre ce nouveau Zoïle, dit à l'assemblée : ( Messieurs, ne yous fâchez pas de ce que dit ceCenseur chagrin ; il ne traiterait pas mieux les. anciens, s’il savait leurs noms. " 18 ) la critique des écrivains modernes avec un ton de suffisance qui ne con4 vient à personne ; les auteurs de ce siècle, disait-il, n’ont ni bon sens, ni style, ni esprit. Un homme de lettres, ennuyé d’entendre ce nouveau Zoïle, dit à l'assemblée : ( Messieurs, ne yous fâchez pas de ce que dit ceCenseur chagrin ; il ne traiterait pas mieux les. anciens, s’il savait leurs noms. " NOUV E L L E S, ' : . slsgibe i ■ ob 6 n 1 kvt - . ) - oue ’ ' • ceb ous ■ ; LE bric haïtien la Confiance est rentré ces jours derniers sur notre rade après le voyage qu’il vient de faire à la Nouvelle-Orléans. Le capitaine de ce batiment, MM. Mackensie, rapporte qu'à l’époque de son départ de la Loui siane on venait d’y recevoir des nouvelles très-importantes de l’armée insur rectionnelle du Mexique, sous les ordres du général Mina. D’après ces qouvelles, il parait que la cause de ‘indépendance a fait des progrès rapides dans cette partie de l'Amérique, et que les efforts de ses défenseurs ne tarderont pas à être couronnés du plus brillant succès: ces mêmes nouvelles annon cent que le général Mina .a battu complètement les royalistes dans plusieurs affaires qu’il a eues avec eux, et que par suite de ses victoires et des sages mesures qu'il a prises pour se concilier la confiance des habitans et des militaires, plusieurs gouverneurs espagnols se sont ralliés à lui et ont considé rablement renforcé son parti. On évalue à plus de 7000 hommes les forces actives sous son commandement. Le capitaine Mackensie rapporte aussi que l’apparition du pavillon haï tien à la Nouvelle-Orléans a produit sur les anciens Colons l’effet de l’eau sur les hydrophobes. La vue de nos couleurs emblématiques leur a causé de violentes convulsions, et leur délire s’est manifesté par les murmures qu’ils ont fait éclater contre leur gouvernement qui a eu la cruauté de mettte leur sensibilité à une si dure épreuve. Un nouvel incident a failli paralyser leurs facultés morales et physiques, en irritant excaisivement leur douleur : les enfans de la classe des hommes qui s’intéressent vivement à nos succès s‘étant amusés à faire un petit drapeau modelé sur le nôtre, l’ont promené joyeusement dans la ville, en criant ; Vive Letton ! Les acclamations qui suivaient cet hommage étaient autant d’atteintes aiguës qui arrachaient des plaintes amères aux malades politiques. Il faut croire que ces incurables sont condamnés à de longues souffrances, si la philanthropie continue à faire des progrès dans les deux mondes. LONDRES, le 4 Mai. Madame la comtesse Régnault de St.-Jean" d’Angely a été transférée de la Conciergerie dans une maison de santé. Voi ci quelques extraits de la lettre qui a causé sa mise en arrestation : s’ils sont vrais, ils sont importans. Mon cher ami, il est impossible que ces misérables existent long-tems. Une révolu tion est inévitable : elle sera terrible, mais elle conduira au bien. Pour reçouvrer la santé, on doit se résigner aux opérations les plus douloureuses. Régnault de St.-Jean" d’Angely a été transférée de la Conciergerie dans une maison de santé. Voi ci quelques extraits de la lettre qui a causé sa mise en arrestation : s’ils sont vrais, ils sont importans. Mon cher ami, il est impossible que ces misérables existent long-tems. Une révolu tion est inévitable : elle sera terrible, mais elle conduira au bien. Pour reçouvrer la santé, on doit se résigner aux opérations les plus douloureuses. --- Page 19 --- ( 19 ) N’allez pas croire que ma partialité m’égare. Demandez à M. Robert, il VOUS’dira que s’il avait prévenu l'effet de- Germanicus, nous aurions peut, être été délivrés de ces hommes odieux. Il ne faudra pas beaucoup “et forts pour les renverser. S'ils se croyaient forts, cette seimim Fei les au rait détrompés. . , . Le Gouvernement s’est vu forcé de changer le système ne douceur qui avait adopté et mis en pratique depuis 6 mois,. C’est par ce moyen qu’il croyait nous endormir, et plusieurs ont dit qa il y parviendrait: Mas les choses ne sont pas desespérées. Ces hommes sont nos boürreduk. Ils sont les destructeurs de notre honneur, de notre gioire, de nos lauriers et de notre industrie. Il ne peut y avoir de réconciliation entre eux et là France. Tout le monde doit soufflir, parce que tout le nionde est contre eux. Et cet homme que nous avons perdu par notre propre faute, et que nous avons livré à notre plus cruel ennemi, qui l'a en son Pouvoir .Mes forces, mon courage, tout m’abandonne lorsque je me livre à cette réflexion si pé nible et si humiliante. Il nous a laissé son fils, et il sait que ce fils est le Je seul Souverain de France.. Ce jeûne Prince délivrera un jour son père: No tre honneur en dépend. Comme tous ces gens, déjà si misérables, vont s'évanouir devant le Colosse Je ne crois pas être crédule, mon cher ami; c’est là ma seule pensée; et c’est la pchsee de beaucoup de personnes dont l'esprit est peut-être plus actif que le mien. Je ne veux pas en dire da vantage. Croyez-moi, nous approchons d’une crise des plus Heureuses; Re venez au plus vite pour juger de plus près; BONAPARTE: C’est un fait certain que Bonaparte est occupé à écrire des mémoires de sa vie et du tems. M. Santino assure que lors de son départ de Ste.- HIélène, ces Mémoires étaient déjà écrits jusqu’à la fin de l’expédition d‘Egypte. . , . Le Monthly Magazine dit que Sir Richard Philips s’étant assuré du fait ci-dessus, conçut de Suite l’idée de devenir l’Éditeur de cet ouvrage : Ce qui donna lieu à la Correspondance suivante. Lettre de Sir Richard Philips au Comte Bathurst, Secrétaired'Etat au Département Colonial. Milord, J’ai été informé que le ci-devant Empereur Napoléon est occupé, de- ! ms quelques teins, à écrire, les annales de sa vie politique. J ai pensé que si je pouvais devenir l’Editeur de cet ouvrage, ce serait une speculation avantageuse pour moi. Cependant il serait nécessaire que je pusse communiquer, avec fauteur sur ce sujet : c’est pourquoi je prends la morte de m enquérir si une lettre, sous enveloppe, adressée par moi à auteur sous les auspices, de Votre Seigneurie, lui sera expédiée à Comme Jai lu dans les Gazettes, le discours que Votre Seigneurie politique. J ai pensé que si je pouvais devenir l’Editeur de cet ouvrage, ce serait une speculation avantageuse pour moi. Cependant il serait nécessaire que je pusse communiquer, avec fauteur sur ce sujet : c’est pourquoi je prends la morte de m enquérir si une lettre, sous enveloppe, adressée par moi à auteur sous les auspices, de Votre Seigneurie, lui sera expédiée à Comme Jai lu dans les Gazettes, le discours que Votre Seigneurie --- Page 20 --- ( 20 ) a prononcé dans la Chambre des Pairs, Je sens tout ce qu’une telle requête a de délicat, et je sais que je ne puis rien attendre de Votre Seigneurie qui serait contraire à la ligne de politique qu’a adoptée le Gouvernement Britannique. Ma lettre, Milord, serait donc ouverte et ne contiendrait que les propositions nécessaires pour imprimer et publier ledit ouvrage promp tement et fidèlement. Je demanderais aussi que toute communication avec moi, fût faite dans les formes usuelles et par l’intermédiaire de Votre Seigneurie. Je me persuade, Milord, que vous sentirez qu’un semblable ouvra ge sur l'histoire présente, si féconde en grands événemens, est d'un intérêt littéraire d une haute importance et que sa publication ne peut manquer d’exciter une vive curiosité, tant dans notre siècle que dans là postérité. Comme matériaux historiques, cet ouvrage ne saurait être inférieur à aucune production ancienne ou moderne, et c’est sous ce point de vue qu’il a fixé mon attention, et qu’il recommandera ma requête à la considération de Votre Seigneurie. J’ai l’honneur d’être, Milord, Votre très-humble serviteur, R. Philips. Le 29 Mars 1817. Réponse de Henri GOULBURN, Esq. Sous-Secrétaire-d’Etat. Dowing-Street, le 2 Avril 1817. Monsieur, j’ai l’ordre de Milord Bathurst d’accuser la réception de votre lettre du 29 du mois dernier, dans laquelle vous demandez la permission d’adresser une lettre, soit au Général Bonaparte, soit au Général Bertrand touchant la publication d’un ouvrage dont vous êtes informé que le premier s’occupe. J’ai aussi l’ordre de vous faire savoir qu’il dé sire, avant de répondre à votre lettre, être instruit si vous avez reçu des ouvertures du Général Bonaparte ou d’autres personnes autorisées par lui à traiter avec vous d’une telle publication. Je suis &c. Henri GOULBURN. Sir Richard Philips. Richard Philips à Sir Henri GOULBURN, Esq. Sous-Secrétaire-d’Etat. Monsieur, si vous voulez me faire l’honneur de relire attentivement ma lettre aü Comte Bathurst, vous vous apercevrez que j’agis purement sur le bruit que l’ouvrage littéraire et historique en question, est en œuvre, et que, comme spéculateur, je désire, de mon propre mouvement, entrer en négoci ations pour le publier. Dans toute autre circonstance, je n’aurais pas balan cé à écrire directement à ce sujet à l’auteur, ou à ses représentans; mais la situation actuelle de cet auteur rend nécessaire que mes propositions soient faites par le canal de Lord Bathurst, et c’était l’objet de ma lettre de savoir si une ouverture dans cette forme et de cette manière serait autorisée. Je suis Monsieur, votre &es Le 4 Août 1817. mouvement, entrer en négoci ations pour le publier. Dans toute autre circonstance, je n’aurais pas balan cé à écrire directement à ce sujet à l’auteur, ou à ses représentans; mais la situation actuelle de cet auteur rend nécessaire que mes propositions soient faites par le canal de Lord Bathurst, et c’était l’objet de ma lettre de savoir si une ouverture dans cette forme et de cette manière serait autorisée. Je suis Monsieur, votre &es Le 4 Août 1817. --- Page 21 --- ( 21 ) Henri GoULBUnS Esq. à Sir Richard Philip?. Colonial-Office, le 11 Avril 1817* Monsieur, j’ai à vous accuser la réception de votre lettre du 4 de ce mois, ré férant a une première lettre, et manifestant le désir d’entrer en négociation avec le général Bonaparte pour la publication d'un ouvrage littéraire et historique que, dites-vous, il prépare. Ayant fait connaître l'objet de votre se conde lettre à Lord Bathurst, j'ai reçu l'ordre de vous apprendre que, dans les circonstances actuelles, Sa Seigneurie doit refuser d’être l'intermédiaire pour une négociation de cette nature. Elle ne peut pas même autoriser qu’une telle offre soit transmise au général Bonaparte ou à quelqu’un de sa suite. Je suis, Monsieur, votre &c. —Nous venons d'apprendre, par une personne récemment arrivée de la Terre-Ferme, que la ville d'Angustura est tombée au pouvoir des patrio- ; tes, sous les ordres du général Piar. Nous apprenons, à l'instant même, que les patriotes de la province de Vénézuélà ont repris.l’offensive et ont battu complètement les royalistes sur di vers points. Dans l’une de ces affaires, ces derniers ont perdu 600 hommes, et par suite de leurs défaites, l’île de la Marguerite est rentrée entièrement au pouvoir des indépendans. Nous donnerons les détails de ces affaires dans feutre prochain Numéros noiq , NOUVELLES MARITIMES. 1 . : t ARRIVAGES EN CE PORT DES NAVIRES ETRANGERS ET NATIONAUX. • Du 7 Août.- —La goélette amér., Jeany, Cap. Ficher, ven. de Baltimos re, chargée de provisions et commestibles. r Du 10—La goéT. haït., Joséphine, Cap. N ven. des îles voisines, sur lest. Du 14—La goël. amér., The Sai Rasus, Cap. Williams, ven. de Nor fork, chargée de commestibles, Dudit— La goël. amér., Pingoin, Cap. Reling, ven. de New-Yorck. Du 16—Le bric amér., Favorite, Càp. Mais, ven. de Conisbourg, ch, a de commestibles et bois de construction. r Du 18—La goël. amér. Mentor, Cap. Martin, ven. de la Caroline dit , Nord, ch. de provisions et bois de construction. - Dudit— Le bateau amér; Antoinette, Cap. Fillet, ven.de New-Yorck, 1 ch. de provisions. a . Du 19. Le bric amér. Fabe, Cap. Dica, ven. de Conisbourg, ch. de it bois de Construction. ir _ Du 23—Là goël. hoh Eliot, Cap. Gaspard, ven. de la Trinidaa de Cuba, en relâche pour St.-Thomas. Dudit— La goël. amér. Paragon, Cap. Georges, ven. de Boston, eh de prov. et bois de coustruetion. ven.de New-Yorck, 1 ch. de provisions. a . Du 19. Le bric amér. Fabe, Cap. Dica, ven. de Conisbourg, ch. de it bois de Construction. ir _ Du 23—Là goël. hoh Eliot, Cap. Gaspard, ven. de la Trinidaa de Cuba, en relâche pour St.-Thomas. Dudit— La goël. amér. Paragon, Cap. Georges, ven. de Boston, eh de prov. et bois de coustruetion. --- Page 22 --- ( 22 ) Du 26.—Le bric amér. Liberté, Cap. Perkin, ven. de Conisbourg, ch, de planches et essentes. . Dudit. —La goël. amér. Malapond, Cap. Jules Cesard, ven. de là Noüvelle-Orléans, ch. de provisions. Dudit.— Le bric amer. Jano, Cap. John Nason, ven, de Conisbourg, ch. de bois de construction. • • • DUDIT.—Le bric haït. Confiance, Cap. Mackensie, ven. de la Nouvelle-Orléans, ch. de provisions et commestibles. • —Deux goélettes américaines viennent d’entrer au Port-au-Prince; l’une Venant de la Nouvelle-Orléans est chargée de 600 barils de farine; l'autre, venant de Philadelphie, en apporte 200. DEPART DU PORT-AU-PRINCE. Du 6 Août.— La goël. amér. Gayette, de 108 ton. cap. Selby, allant aux Etats-Unis; Du 7.—Le bric hol. l’Edouard, de 171 ton., cap. Cléron, allant en Eu rope. i ■ Du 9.—Le bat. amér Henriette, de 53 ton. cap. L. Cooper; allant à là Louisiane: . Du 16.—Le bat. amer: Eliza, de 70 ton. cap. Childt, allant aux EtatsUnis. Du 18.—La goël. Méchanique, de 73 ton; cap; Chapman, allant à la Nouvelle-Orléans. Du 20.—La goël. amér. Hampton, de 45 ton. cap. Hath, allant aux Etats-Unis. * DunlT.—Le nâv. haït. le St.-Joseph, de 300 ton. cap. Guillaume Pioout, allant à la Louisiane, sur son lest. Dudit. —La goël. amér. Atalante, de 131 tonneaux, Cap. Butter, allant aux Etats-Unis. Du 23.—Le bric amer. Arrivv; de 134 ton. Cap. Gelmore, allant aux Etats-Unis. Du 26.—La goël. amér: James, de 69 - ton. Cap. Fish. allant aux Etats-Unis. Prix courans des principales denrées. Café 34 sols. Coton 37 à 38 gourd, le 8 Campêche, : 6 g. 50 c. le 80 Sucre 8 à 10 g. le 8. Sirop 4 g. 50 c. le g. Tafia 60 g. la barique. Farine,.. 30 g. le baril. Huile, .14 g. le panier. Savon 10 g. la caisse. Chandelle, 50 c. la livre. 62 c. dto. Beurre,.. 0.45 c. dto. oton 37 à 38 gourd, le 8 Campêche, : 6 g. 50 c. le 80 Sucre 8 à 10 g. le 8. Sirop 4 g. 50 c. le g. Tafia 60 g. la barique. Farine,.. 30 g. le baril. Huile, .14 g. le panier. Savon 10 g. la caisse. Chandelle, 50 c. la livre. 62 c. dto. Beurre,.. 0.45 c. dto. --- Page 23 --- F 1 N , ch le 1| our No l’un l’au illan i Eu : à I Stats à l ; aux ( £3 ) Harengs, 14 g. le baril. Biscuits, 10 g. dto. Vin rouge en caisse, 8 g. 50 c. à 9 g. Vin blanc dto. 8 g. Vin en barrique 100 g. ENIGME. Je suis sur quatre pieds et ne saurais marcher. Au tour de moi souvent on se livre à la joie. On se piait à me fuir, on aime à me chercher. Je sers à ia cuisine, au salon on m’emploie. Mon teint quelque fois brun, par intervalle est blanc. Dans le palais des rois le faste m’accompagne ; Mais sous l'humble chaumière, au sein de la campagne. L'indigence me place à côté d'un vieux banc. Le mot de la précédente Enigme est CoQ. ERRATA. ioout utter, allant t aux N°. IL Page 5. Ligne 33. 11. 3. 12. 5. 13. 35. 17. 19. 40. 20. PROTHEE, lisez Protee. PROMPTS, lisez PROMPT. OU DE RELIGION, lisez ET DE RELIGION, LANDERMANN, lisez LANDAMANN. n'a pas d’autres, lisez n’a d’autres, INSPIRAIENT, lisez RESPIRAIENT. 2e. de l'Enigme, au lieu de Toujours autour de moi un vain peuple criaille, lisez, pour éviter l’hyatus, Autour de moi toujours un vain peuple criaille. 3e. ligne idem. Plumes, lisez : plume. --- Page 24 ---
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