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(BnF Gallica
L'Abeille haytienne
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France --- Page 2 ---
(BnF Gallica
I L'Abeille haytienne. 1820-05-01.
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Ta 14, 15 et 16.
3. Annés.
JABEILLE
HAYTIENNE,
JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE,
Risici par J. S. MILSCENT
L'Epée et les talens doivent n'avoir qu'un buts
Que chacun à l'Etat apporte son tribut.
Ce Journal parait deux fois par mois. L'abonnement est
edouze Gourdes par an. Chaque trimestre est exigible
ance.
S'adresser au Rédacteurs
IMPRIME AU PORT-. AU-PRINCE.
1820,
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
,
JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE,
Risici par J. S. MILSCENT
L'Epée et les talens doivent n'avoir qu'un buts
Que chacun à l'Etat apporte son tribut.
Ce Journal parait deux fois par mois. L'abonnement est
edouze Gourdes par an. Chaque trimestre est exigible
ance.
S'adresser au Rédacteurs
IMPRIME AU PORT-. AU-PRINCE.
1820,
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France --- Page 4 ---
AITYAH 67 LE
L LA
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DXISY-UA-THOEUA EMIASII
P
--- Page 5 ---
: 1
Port-au-Prince, du ler. Mai au Ier, Juin 1820 2
an 17 de l'Indépendance,
AFFAIRES LITIGIEUSES.
Au Rédacteur de PAbeille Haitienne.
Jacmel, 17 Mai 1020.
Monsieur,
Vous m'obligerez en faisant insérer dans le premier numéro de votre journal le projet ci-joint d'une reponse
jétais dans l'intention de faire signifier par le même huis- que
Ber qui m'a porté un protét de la maison Sureau, mais
son supérieur n'a pas voulu lui permettre de notifier. que
Ayant vu depuis que l'on s'est donné beaucoup de
pour faire circuler le protét en question, je pense que peine vous
dligerez son auteur autant que moi en le publiant. Je ne
emiS point accoutumé à paraitre devant le public, mais
kain de craindre de faire figurer au grand jour ma
je
dois à moi-même 9 à mes amis de l'Europe et couduite, à ceux de
ce pays-ci de la divulguer. Ce n'est que le coupable seul
qui doit redouter de se présenter devant le
de lopinion publique.
grand tribunal
J'ai l'honneur de vous saluer,
- Signé ) W. DORAN,
Protét de Mr. F. Sureau.
Aujourd'hui, vingt et un du mois de Février, mil-hnittmb-vingt, est comparu 9 pardevant nous P.
laire public, duement reçu et assermenté, résident Rouanez, NouPrince, soussigné, et en présence des témoins au Portummés, aussi soussignés ;
ci-apres
le
de lopinion publique.
grand tribunal
J'ai l'honneur de vous saluer,
- Signé ) W. DORAN,
Protét de Mr. F. Sureau.
Aujourd'hui, vingt et un du mois de Février, mil-hnittmb-vingt, est comparu 9 pardevant nous P.
laire public, duement reçu et assermenté, résident Rouanez, NouPrince, soussigné, et en présence des témoins au Portummés, aussi soussignés ;
ci-apres --- Page 6 ---
(4)
Monsieur Félix Sureau, Négociant étranger, duemet times
patente, ayant plusieurs maisons de coinmerce dans lalk les
publique, mais faisant son principal domicile en la ville remis
de Jacmel, lieu central de ses opérations commercilas; pour
lequel dit Sieur Felix Sureau, agissant tant en son nom de
personnel quten eeluldella raison sociale de sesdites mak quatre
sons de commerce, connues sous le nom de Félix Surea, que
Mann et Compagnie, 5 assiste de Me. A. Daumec, S01 rant.
Avoué aux Tribanaux de. cette ville., a dit que sa COm- Ilr
parution en notre étude avait pour objet de prendre et dierge
de consigner dans nos minutes la déclaration et protes comp
tation suivante ; à quoi obtempérant, le requérant, dans cautio
les qualités par lui prises, nous a dit et déclaré:
imjust
Que pour satisfaire uniquement à certains engagemens port
lui le comparant avait contractés avec le chef immb lemen
30E du Gouvernement de la République d'Haîti, Son Exc meht
le Président Boyer, Faccomplissement desdits engagementsin Qu
téressait Phonneur et le crédit de son commerce; quet tionne
conséquence de ce, le comparant prit passage sous l ves Q
haitienne PEspoir, Capitaine Joseph, et fit vol all CO
goëletie de la ville des Cayes le 26 du mois de décembre 1819, vemb
se rendre à Kingston, ile Jamaique, oùl il arrivale du pi
pour trente dudit mois de décembre précité, uniquement occupe Parth
des affaires contractées avec le gouvernement de la Répu manch
à coeur de les terminer dans des
blique, et ayant spécialement afin
son retour dans 0
le plus court délais possible,
d'opérer
activenent 101 Dr
le lieu de sa résidence. Le comparant travaillait mois de dé Qu'2
parvenir à ses fins, lorsque le 31 dudit
pour
la
du Sieur Willan trente
cembre, al s'est vu arrêter à
réquisition la ville
tre-vir
Doran, Négociant étranger, résident en
deJaomed, dansls doque
et par suite transfère dans la prison de Kingston, Judiciaires et Tex-1
dite ile Jamaique, par ordre des autorites le
et suI
locales de cette colonie. Apert un acte que compaat concierge en da
nous a exhibé, à lui déliyré en due forme mois parle de Térrier; Tribu
de ladite prison, en date du 8 du présent
de mar- moitié
lequel dit emprisonnement motivé sur un borderau
march
chandises, montant à la somme de trente-quatreniser ce- Tartio
cent-quarante et une gourdes et quatre-vingedizap
autorites le
et suI
locales de cette colonie. Apert un acte que compaat concierge en da
nous a exhibé, à lui déliyré en due forme mois parle de Térrier; Tribu
de ladite prison, en date du 8 du présent
de mar- moitié
lequel dit emprisonnement motivé sur un borderau
march
chandises, montant à la somme de trente-quatreniser ce- Tartio
cent-quarante et une gourdes et quatre-vingedizap --- Page 7 ---
(5)
times ; lequel dit bordereau nous a été également exhibé - :
lès certificats et hordereaux avons paraphé ne varietur et
temis a l'instant au comparant, comme pièces au soutien,
pour y avoir tel recours que de raison ; laquelle dite somme
de Hentesepbamillesep.centoequar-eatiquarante et une gourdes et
gatre-vingtdix x-sept centimes pour raison de marchandises
le Sieur William Doran prétend lui devoir le compaque
801 rant.
Trésulte du certificat délivré au
le conOm
Il
comparant, par
cierge de la prison de Kingston, sus-mentionné, que ledit
n'a obtenu sa mise en liberté
la faveur d'un
Totes
comparant
qu'à
a fourni
la valeur de la- somme
Cans cautionnement gu'il
pour
injustement réclamée parledit Sieur William Doran; ; ce-qui
un
considérable au comparant et matériel
nenty a porté
préjndice
il
mm
lement entravé les affaires peur lesquelles
avait uniqueExo ment. entrepris le voyage de la Jamaique.
levé toutes difficultés à la faveur du cautsin.
Qu'ayant ainsi
tionnement mentionné, et rompu par ce moyen les enitraves que le Sieur William Doran a maliciensement opposées
voto all comparant dans le cours de ses affaires à Kingston 5 il
819 f'embarqua au Port - Royal, ile Jamaique 2 le douze
le
Va le du présent mois, sur le brig de sa Majeste Britannique
Parihian, Capitaine Bigtan, et arriva en ce port, hier dimanche, 20 du courant, sans ayoir fait escale dans aueun
dant des ports de la République.
dans
Agissant toujours, le comparant, dans les qualités par
mnent lui prises 1 et toujours poursuivant sa déclaration, il ajoute;
dé qu'ayant reconnu dans le bordereau portant la somme de
nam Hutis-quatre-mille-aept.cent-qusrants et une gourdes et quamel, tre-vingt-dix-sept centimes P'identité du compte en vertu
l'actionna
OSI
duquel le susdit Sieur William Doran
pardevant
lex-Tribunal de première Instance e, qui siégeait à Jacmel,
dudit
Rraus et sur laquelle action intervint sentence
Tribunal,
eD date du 25 du mois de Mai 1818, par laquelle ledit
Tribunal n adjugeait au susdit Sieur William Doran que la
0dl
moitié de la somme par lui réclam-e pour raison desdites
marchandises; ledit Tribunal motivant son jugement sup
Farticle 12 de la Loi sur les Patentes, en date du 26 Juile
de première Instance e, qui siégeait à Jacmel,
dudit
Rraus et sur laquelle action intervint sentence
Tribunal,
eD date du 25 du mois de Mai 1818, par laquelle ledit
Tribunal n adjugeait au susdit Sieur William Doran que la
0dl
moitié de la somme par lui réclam-e pour raison desdites
marchandises; ledit Tribunal motivant son jugement sup
Farticle 12 de la Loi sur les Patentes, en date du 26 Juile --- Page 8 ---
(6)
let 18.7, qui prohibait toutes transactions sur
mel
négocians étrangers, sous peine de confiscation, place a0X
Sans avoir égard aux procédés modéres du
sans réféchir aux suites facheuses qui pourraient requérant et
para
ter pour ledit Sieur William Doran, s'il
en résnl.
6xEC
nuer les débats judiciaires dont l'issue persistait devait à conti.
S
ment et finalement mettre un terme à ses injustes nécessaire
com
-tions, s'il ne se conformait point à la sentence préten.
tice
mois de Mai précité, le Sieur William Doran du 25 du
de
cette sentence au ci-devant Tribunal
du appella de
ment de POuest, qui siégeait au Port-au-Prince. d'Appel
départs.
debats contradictoires, ce Tribunal supérieur, Après des cet
gement, en date du 24 du mois de
par son ju.
rant
l'annfe 1818, confirma la sentence Septembre, de l'ex-Tribunal aussi de Casse
première Instance de Jacmel, dont était
de
ono
d'autres jugements antérieurs, le même Tribunal appel ; et par
les marchandiscs qui avaient été
condamma satior
la
confisquées au profit de
République, en vertu de l'article 12 de la
cassa
bitive des
Loi probi.
Patentes, SI:S mentionnée, à tous les
ce dr
qui établissait positivement que ce n'était
le frais;
rant
rant qui avait succombé dans l'action,
point
compa- rant
de la vente desdites marchandises
puisqu'au moment 1819
de la Republique, Le Sieur William confisquées pour le compte eles
tarié au rapport de Me. Duret, Notaire Doran, par acte no. TAds
public à Jacmel,
protesta contre la vente de ses marchandises,
Ma
fia andit acte : SES marchandises par zen2
quil quali presse
Mais, ajoute le
pronom postengf eveat
comparant, malgré ces différens
ments, le Sieur William Doran qui sait multiplier ses juge TCS- jublic
sources pour la chicane, d mesure que ses Jolles prétentions
des m
s'éranouissent, se pourvoit en cassation contre le
so0
confirmatif du ci-devant Tribunal d'Appel du
jugement comip
de l'Ouest, en date du 24 Septembre 1818, départemert meninr
tionné.
déjà
Malgré son pourvoi en cassation le Sieur William
certifi
Doran, tombant dans une étrange aberration, prétendit
lecu
le comparant devait lui payer provisionnellement la moitié que Pour
de la somme à laquelle il avait été condamné en premier
De
lieu par sentence de l'ex-Tribunal de première Instance de
sente
dacmel, datée du 25 Mai 1818, et confirmée par joge
Dora
, départemert meninr
tionné.
déjà
Malgré son pourvoi en cassation le Sieur William
certifi
Doran, tombant dans une étrange aberration, prétendit
lecu
le comparant devait lui payer provisionnellement la moitié que Pour
de la somme à laquelle il avait été condamné en premier
De
lieu par sentence de l'ex-Tribunal de première Instance de
sente
dacmel, datée du 25 Mai 1818, et confirmée par joge
Dora --- Page 9 ---
(7)
ment du ci-devant Tribunal d'Appel du départetient de
lOuest, daté du 24 dé Septembre méme année.
Il a paru absurde et ridicule en même temps au coms
parant que le Sieur William Doran voulût l'astreindre à
exécuter un jugement dont il se plaignait et contre lequel
il s'était pourvu en cassation. Daris cet état de choses, le
comparant crut prouver sa docilité aux décrets de la
tice en faisant au Greffe du ci-devant Tribunal d'Appei jus- de
de département, dépôt de la somme de dix - huit - mille
gourdes, montant desdites condamnations, frais, intérêts
êt accessoires. L'acte de dépôt motivé qui fut dressé à
cet effet, fut signifié au Sieur William Doran; ; et le compa:
rant n'espérait plus que l'arrêt à intervenir de la Cour de
Cassation, , saisie de la cause, pour mettre un terme à ses
longues perplexités.
Enfin, poursuit toujours le comparant, la Cour de Cassation examinant la question sous sOn veritable
cassa et annulla tant la sentence du Tribunal de rapport, Jacmel,
du 25 Mai 1818, que le jugement confirmiatif du ci-devant Tribunal d'Appel du département de 1Ouest, déclarant ladite Cour, par son arrêt en date du 7 Octobre
1819, remettre les parties au même et semblable état où
elles étaient, les renvoyant pardevant le Tribunal Civil de
PAnse-à-veau, s'il
a lieu.
Mais, continue % comparant, le Sieur William Dorari
pressentant le sort qui l'attendait au Tribunal de P'Anse
aveau, et sans respect pour un dépôt fait dans un office
public, avec toute la solemnité d'usage, parvint, à l'aide
des moyens de
ne
la
subreption sans doute, à s'approprier de
somme de dix-huit-mille gourdes en question , que le
comparant avait deposée au Greffe du ci-devant Tribunal
tappel de ce département; CC qui est constaté par un
certificat du Citoyen Armand, Greflier, et l'expédition du
reçu du Sieur William Doran, fournie à ce fonctionnaire
pour sa prétendue decharge.
De tous les faits et circonstances développés en la
sente, il résulte, dit le comparant 3 que le Sieur
réclamé
Nealsies
Doman, ayant
l'assistance des Tribunaux de la Ré.
du ci-devant Tribunal
tappel de ce département; CC qui est constaté par un
certificat du Citoyen Armand, Greflier, et l'expédition du
reçu du Sieur William Doran, fournie à ce fonctionnaire
pour sa prétendue decharge.
De tous les faits et circonstances développés en la
sente, il résulte, dit le comparant 3 que le Sieur
réclamé
Nealsies
Doman, ayant
l'assistance des Tribunaux de la Ré. --- Page 10 ---
(8)
publique pour diriger son action contre lui le comparant,
dit qu'il n'est plus en son pouvoir de décliner leur compé
tence 3 puisque c'est un principe constant et reconnu dans
le droit public que celui qui est reçu dans un état, etqui
V est élabli, se place immédiatement sous l'empire des
lois de cet état, parconséquent est passible des jugenens
qui émanent de ses Tribunauxs, il nait de ce principe avoné
et recohnu par tous les Publicistes et les Jarisconsultes,
que le Sieur William Doran, dans l'espèce dont s'agit,
ayant volontairement, et toujours en demandant, parcourt
tous les degrés de juridiction de la République d'Hat,
ne pouvait conserver aucuns droits et actions contre le
comparant devant aucun autre Tribunal que celui de PAnse cent
à-veau, désigné par Parrèt de la Cour de Cassation dela imes
République. Attendu que le Tribunal de Cassation est un corps cons
titué, né de la Constitution de la Republique d'Haiti, et um
que ce corps est, par son essence, le centre du pouvoir
Judiciaire, le dernier asyle de la justice et de Pinnocence 3 il découle de ce principe, que quiconque apres
avoir recouru à son, autorité, mcconnait ensuite l'inviolabk
lité de ses arrêts, pour ouvrir une nouvelle instance sur
matière
contradictoirement, commet, non
une
déjà jugee d'irrévérence envers l'autorité Judiciaire,
seulement un acte violation de tous les droits.
mais encore une
à personne d'empécher que
Attendu qu'il n'appartient
des Tribunaux compétens, n'ayent
les jugements légaux
ont
releurs effets à l'égard de ceux qui
voiontairement differends,
connu leur compétence pour prononcer William sur leurs Doran, ce Se.
et qu'admettre le systeme du Sjeur Thomme peut aller contie
rait reconnaitre en principe que
son propre fait ;
reconnaitre par Tat
Attendu que le comparant ne peut celle de la Répu:
faire dont s'agit d'autre juridiction que rendu differents juge
blique dont les Tribunaux ont déjà
William Doran qui
ments entre Je comparant et le Sieur
dans cette hyper
a toujours pris Pinitiative en attaquant 3
de considéerer
thèse, il n'est pas au pouvoir du comparant
e du Sjeur Thomme peut aller contie
rait reconnaitre en principe que
son propre fait ;
reconnaitre par Tat
Attendu que le comparant ne peut celle de la Répu:
faire dont s'agit d'autre juridiction que rendu differents juge
blique dont les Tribunaux ont déjà
William Doran qui
ments entre Je comparant et le Sieur
dans cette hyper
a toujours pris Pinitiative en attaquant 3
de considéerer
thèse, il n'est pas au pouvoir du comparant --- Page 11 ---
(9)
à la Jamaique, que comme un acté
jon emprisonnement dudit Sieur William Doran, attentatoire à la
tationnaire
rputation et au crédit du comparant. D'après cela, ilconsdére le cauitionnement qu'il a été obligé de fournir à la
Jamaique, pour sa mise en liberté de la prison de Kingston,a comme un acte forcé qui n'émane nullement de sa
volonté, 3 fesant spécialement à cet égard toutes ses réserves.
En conséquence de ce, que dessus et des autres parts,
le 1 comparant déclare positivement protester de fait et de
droit, et comme en effet., il proteste contre l'action que lui
intentée le Sieur William Doran à Kingston,
A injustement
de
Tle Jamaique, pour une somme
trente-guatremull-sepe
ent-quarante et une gourdes et qpatre-yinigt.dis-sepe centimes, qu'il ne doit pas; au contraire il consacre ici de
recheftoutes ses téserves pour poursuivre ledit Sieur William
Doran en restitution des dix-huit-mille gourdes qu'il a indament pris au greffe du ci-devant Tribunal d'Appel de
ced département, où ladite somme était déposée par le comparant, jusqu'à l'issue de la cause que le Sieur William Doran
avait lui-méme portée au Tribunal de Cassation.
Le comparant déclare en outre consacrer ici subsidiairement toutes ses réserves généralement pour poursuivre
OIle ledit Sieur Willian Doran en dommages-intéréts pour torts
re, et griefs gu'il a contre lui, pour son injusce emprisonnement; qui est une violation faite à sa liberté, un outrage
ason caractère et, un préjudice porté i son crédit et aux
allires
pour lesquclles le comparant avait entrepris le voyage
Ce
Be la Jamaiques
Desquelles compartitions, dires, protestations et réserves
S8. le Sieur Felix Sureant, ès-qualités, a requis acte du Notaire soussigné, a lui octroyé 3 et après lecture faite du
tnut, le comparant a signé avec Me. Aug: Daumec, son
Avoné, el présence de Messieurs G.J. Bonnet, Charlestéguy,
AP: Savary 3 tous trois Négociants en cette uille, témoins
iequis conformément à la Loi, les jour, mois et an que
dessius. Ainsi est signé au Registre des déclarations et Pro:
tets, lettre B., No. 47.
Collationné,
( Signé ) P. ROUANEZ, 3 Notaire public:
ut, le comparant a signé avec Me. Aug: Daumec, son
Avoné, el présence de Messieurs G.J. Bonnet, Charlestéguy,
AP: Savary 3 tous trois Négociants en cette uille, témoins
iequis conformément à la Loi, les jour, mois et an que
dessius. Ainsi est signé au Registre des déclarations et Pro:
tets, lettre B., No. 47.
Collationné,
( Signé ) P. ROUANEZ, 3 Notaire public: --- Page 12 ---
. A 10, )
Réponse au précédent Protêt.
William Doran, Négociant anglais, duement patenté,
résident en cette ville (Jacmel), fait la déclaration suie
vante en réponse au Protét de M. Félix Sureatr, du 20
Février de la présente année, et expose :
Qu'étant paisiblement occupé de ses affaires, il fut in.
terrompu, le saniedi 4 du courant ( Mars 1820 ), par
P'Huissier Royère qui lui notifia un papier conténant la
copie d'un protét fait le 22 du mois expiré pardevant le
Sieur Rouanez, Notaire public au Port-au. - Prince, par
M. Félix Sureaut, se qualifiant Négociant étranger, ayant
diverses maisons de commerce dans la République et son
principal domicile en cette ville (Jacmel ), le centre de
ses opérarions commerciales.
P
Que, quelgu'intéressant et digne de mémoire que prisse
(
paraitre a ce chef de tant de maisons el a ses dépendonts
immédiats son voyage à la Jamaigne : la relation en serait
tombée dans loubli sans avoir attiré l'attention du déclarant, si ledit Sieur Sureau ne l'y avait pas désigné au pu les
blic comme la cause de toas les délais et entraves quila
(
éprouvés dans ce voyage, dont le but était l'accomplisse A le
ment de certains engagements contractés envers S. Exc.h
Président d'Haîti dans l'intérêt de PEtat.
Que le déclarant ayant été intimement lié aux destinées
de la République, dès après l'expulsion des français en
1803, et après avoir dans les temps difliciles donné des
preuves non équivoques de son attachement à ses intérêts, Ters
ne saurait maintenant souffrir l'infime calomie avancée pat
u
le Sieur Sureau lorsqu'il dit dans son protét que le deel VOI
rant avait méchamment et à dessein entravé P'exécution
E
d'une chose qui pourrait contribuer au bien de cet état ou
à la Latisfaction de Son Exc. le Président d'Haiti, sans
opposer à cette déclaration publique, le démenti le plus
formel.
Que, si par l'arrestation dudit Sieur Surean et son emnon
prisonnement à Kingston ( Jamaique ) le jour après sotl
arrivée, il a été porté atteinte à son orgueil, il ne doit pas HI
méchamment et à dessein entravé P'exécution
E
d'une chose qui pourrait contribuer au bien de cet état ou
à la Latisfaction de Son Exc. le Président d'Haiti, sans
opposer à cette déclaration publique, le démenti le plus
formel.
Que, si par l'arrestation dudit Sieur Surean et son emnon
prisonnement à Kingston ( Jamaique ) le jour après sotl
arrivée, il a été porté atteinte à son orgueil, il ne doit pas HI --- Page 13 ---
(11)
attribuer cêtte disgrâce au déclarant, mais seulement à la
foi qu'a montrée ledit Sieur Sureau en achetant
ute
mauvaise
à
Jacmel, le 10 Janvier 1818, des marchandises la
SUI
propriété
déclarant et d'autres
anglais résidants
Eu
di
Négociants
à
la
Janaique et à Londres, avec l'intention de n'en jamais
It
le montant, 3 comme on est forcé de présumer
e
par sa
Ra pardevant les Tribunaux de la République,
par
appuyée
sUr le 10ème. article de la Loi sur les Patentès, du 26
nt
1817 ; car la saisie et la confiscation de ces marant a Jnillet
candises, en vertu des dispositions de l'article 12 de cette
1 par li, ne sauraic altérer la nature de la transaction ni le droit
ayant di déclarant d'en répéter la
aussi bien
et son
valeur, puisque
pouvait ledit Sieur Sureau alléguer son defaut de
re
de
patente et la
anséquente incapscité du déclarant de le poursuivre en
puisse jistice, dans la supposition que ces marchandises n'eussent
sudanis pas été saisies sur lui, et confisquées!
serait
Que, ledit Sieur Sureau après avoir étalé dans son prodécla. tet de grandes comnaissances sur les opinions des Jurisconsnltes et s'être donné beaucoup de peine
établir en
RUT pupour
quila pincipe, ce qui n'a été contesté par personne, que Pon
plisse- et tenu d'obéir aux lois du pays que P'on habite, vouXC. la drait ensuite démontrer que la sentence rendue par le Tribunal de Cassation invalidait le droit du déclarant d'appeler
tinées itout autre Tribunal qu'à celui de P'Anse-à-veau: ; et que,
AIs en par les démarches des parties intéressées dans cette affaire
1e des ila Jamaique, 3 le déclarant est convaineu d'irrévérence encréts, vers le Tribunal et d'une manifeste violation du droit public,
eep pat
Que, ledit déclarant pour se justifier de ces accusations
deela 9e voit obligé de repasser ledit arrêt du 7 Octobre, et de
cution wumettre au jugement de toute personne équitable et imtatou partiale ses raisons pour en considérer les dispositions comme
sans tulles et non- avenues. Et premiérement, le déclarant conplus ilère son opposition directe à l'article 203 de la Constitution qui dit: ( le Tribunal de Cassation ne peut proone em- inoncer sur le fond du procès; il le renvoie au Tribunal
es sol cqui a droit d'en connaitre ), Ce à quoi Parrêt en casDIt pas stion aurait dà se borner. Mais il poursuit en disant que
pAr les articles 12 ét 22 de la susdite Loi sur les Paten:
sans tulles et non- avenues. Et premiérement, le déclarant conplus ilère son opposition directe à l'article 203 de la Constitution qui dit: ( le Tribunal de Cassation ne peut proone em- inoncer sur le fond du procès; il le renvoie au Tribunal
es sol cqui a droit d'en connaitre ), Ce à quoi Parrêt en casDIt pas stion aurait dà se borner. Mais il poursuit en disant que
pAr les articles 12 ét 22 de la susdite Loi sur les Paten: --- Page 14 ---
- 12 )
tes, toute transaction commerciale entre ledit Sieur Suremn
et le déclarant leur était défendue. Cette assertion est non.
seulement en directe opposition à larticle 11 de Ja Cons.
titution qui assure au déclarant comme a tout antre le cants
droit nalurel et incontestable de disposer de sa proprieté, Triais 100
aussi en contradiction avec Tinterprétation donnée par Son
Exc. le Président d'Haiti au sens dudit article 12 et consi.
grée dans sa lettre du 17 Janvier 1818 au Conseil des No.
tables de cette ville, cinq jours après la confiscation des.
dites marchandises ; laquelle sexprime là-dessus encestermes:
tc Je suis faché, Citoyens Notables, que Monsieur Tdis
em
E Sureau, Négociant consignitaire étranger à Jacmel, se
C soit exposé à faire saisir des marchandises qu'il a ache.
( tées par spéculation en contravention à l'article 12 de
(C Ja Loi sur les Patentes en date du 28 Juillet dernier: I
je ne puis pas empécher la Loi d'avoir son effet; tant
( pis pour ceux qui s'en écartent.
e Les Négocians consignataires peuvent vendre les car-
< gaisons qui leur sont consignées par lots, conformément
( à la Loi du 11 Avril 1811; ils peuvent acheter des den. Bremi
E rées de qui bon leur semblera, pour faire les retours
C des cargaisons à leur consignation, pourvu que les ven-
( deurs de ces denrées soient haitiens. Ces étrangers cônles
< signataires ne peuvent faire d'autre commerce que ce qui ( est relitif à la commission.
( On rédige, en ce moment, des instructions très-de-
( taillées sur ce qui regarde la Loi sur les Patentes; et
K en attendant qu'elles vous parviennent, donnez connais-.
K sance de la présente lettre à ceux qui sont interesses
C d'en être avisés. )
Et dans sa circulaire dn 20 du méme mois, s'expli:
quant sur la méme matière, il dit:
( L'articie 12 de la Loi en question, s'étant clairement
C expliqué pour ce qui est relatif aux Consignataires étrat-
< gers, ils ne peuvent absolument faire quela commission,
(( c'est-à-dire, vendre les cargaisons qui Jeur seront constCgnées ou adressées, en se conformant à la Loi du Se.
( nat, du 11 Avril 1811 ( an 8 ), qui n'a été abro-
s'expli:
quant sur la méme matière, il dit:
( L'articie 12 de la Loi en question, s'étant clairement
C expliqué pour ce qui est relatif aux Consignataires étrat-
< gers, ils ne peuvent absolument faire quela commission,
(( c'est-à-dire, vendre les cargaisons qui Jeur seront constCgnées ou adressées, en se conformant à la Loi du Se.
( nat, du 11 Avril 1811 ( an 8 ), qui n'a été abro- --- Page 15 ---
- 13 )
rgée par aucune autre loi. Ils pourront acheter, pou.
ciaire les retour des bâtimens à Jeur consistation, des
rdenrées', soit des haitiens cultivateurs ou autres commerrcants hationaux ; mais ils ne pourront pas acheter
cd'un autre consignataires ni de qui que ce soit, des
emarchandises ou denrées pour faire des spéculations los
rcales. )
R -
Le premier paragraphe de la susdite lettre du 17 Janrier porte : que Mr. Sureat avait enfreint la Loi en spés
mlant. De ceci, il paraitrait que l'article 12 était calculé
pour émpécher les Ne gociants étrangers de spéculer sur les
nigenes, en accaparant sur les places des articles nécesuires à leur usnge et consommution, et les revendant à
Inorme bénéfice de 50 à 100 pour 070 : comme pour
aemple, d'acheter 311 marché et dans les boutiques, tous
les coupons de Gingua à cinquante ceritimes, pour les retdre après d soizante-quinse et quiatreaingt-sept centimes et
eomi Taune! Il est évident qu'un consignataire recevant
des marchandises du dehors et les revendant pour faire
des remises, ne peut être considéré comme un spéculateur,
dil n'y a rien dans les explications au interprétations
lonnees aux lois, qui lui fasse défense de vendre' a telles
00 telles autres personnes, pourvu toute fois que ce ne
sait pas en dtail ou en des quantités moindres que celles
aliquees ct déterminées par la loi du 11 Avril 1811.
Que si la législature entendait qu'on ne pouvait vendre
m'anx senls indigènes, cette défense aurait été aussi clai2
rment intimée. aux consignataires, que la désignation de
oeuX dont ils doivent acheter des denrées
leurs
0S
pour operer
remises.
Mais un paragraphe de lexplication susdite de S. Exe.,
dn 20 Janvier, ditruit completement l'assertion des JuRes du Tribunal de Cassation, en reconnaissant aux étrane
rers le droit d'acheter sans restriction, des marchandises
pour Pexportation. Et il est genéralement convenu que si
le Sieur Félix Surean avait déclaré avoir acheté les martinndises en question pour l'exportation, qu'elles n'eussent
PS été confisquées,
a
ises.
Mais un paragraphe de lexplication susdite de S. Exe.,
dn 20 Janvier, ditruit completement l'assertion des JuRes du Tribunal de Cassation, en reconnaissant aux étrane
rers le droit d'acheter sans restriction, des marchandises
pour Pexportation. Et il est genéralement convenu que si
le Sieur Félix Surean avait déclaré avoir acheté les martinndises en question pour l'exportation, qu'elles n'eussent
PS été confisquées,
a --- Page 16 ---
(14)
Le déclarant ayant donc en sa faveur la Constitution,
la décision de la première autorite de l'état, du vertueux
Alexandre Pétion, alors President d'Haiti, et les interpre.
tations de l'article 12 précité, il ne saurait souscrire a 0OS
Popinion contraire d'aucun Tribunal inférieur sans commet.
C
tre dans le sens même de Mr. Félix Sureau un acte dir. nnt du
révérence envers la Constitution et envers le pouvoir Exs.
les
cutif, source de toute autre autorité dans Vetat,
Qu'entre lobéissance due aux lois d'un pays, et une sou.
mission aveugle à des arréts de Tribunaux, rendus en
manifeste contravention à ces lois, la difference est grande, ecomr
ainsi que doivent l'avoir enseigne audit Sieur Sureau, ses ence
grandes connaissances en jurisprudence,
stions
Que l'explication de l'article 22, pour mettre ledit Sieur Quel
Sureau à Pabri des justes poursuites du declarant, est
le
tn acte d'injustice et une atteinte manifeste portée a ses
droits ;
19, Parce qu'il est prouvé que ledit Sieur Felix Sureau le
et le déclarant avaient tous les deux fait, les 2 et 3 de de
Janvier, la de claration voulue par fa Loi, et par-la de claré ment de
leur intention de prendre patente pour l'année, et s'etant eleurs
ainsi engages e en payer le montant aussitôt requis, ils Reven
continueront, comme tous les autres négociants et com- questi
merçants leurs affaires ordinaires, et lors que le gouver- mounar
nement jugea à propos d'accorder la patente de l'année,
ce qui arriva le 26 du même mois de Janvier, ils en paye- onva
rent le montant comme d'usage,
a
2, Il est prouvé que, depuis P'émission de la première uchan
Loi sur les Patentes, la patente d'une année demeure en Tarti
vigueur jusqu'à ce qu'elle soit renouvellée l'année suivante, Karant
à moins que le paténté n'ait déclaré son intention d'aban. Ml
donner la branche d'industrie qu'il exerçait l'année précé
dente, Pour se prévaloir de l'article 22, il était donc né
cessaire que Jedit Sureau prouvât qu'il n'avait pas été pd
tenté l'année précédente.
la
3°. On s'engage de prouver qu'il a recouvré, sous des lout
patente de l'année précédente, des payements pour être tuté
marchandises vendues du ler. au 26 Janvier, Peut-il
la branche d'industrie qu'il exerçait l'année précé
dente, Pour se prévaloir de l'article 22, il était donc né
cessaire que Jedit Sureau prouvât qu'il n'avait pas été pd
tenté l'année précédente.
la
3°. On s'engage de prouver qu'il a recouvré, sous des lout
patente de l'année précédente, des payements pour être tuté
marchandises vendues du ler. au 26 Janvier, Peut-il --- Page 17 ---
(i 13 )
jutenté pour vendre et rècouvier, et non pour acheter et
payer? C'est une absurdité qui ne peut avoir échappé à l'attention des Juges. Il n'est pas de négociant ou de commerrant dans la République qui ne pouvait avec autant de raisons que Mr. Sureau, se prévaloir de cet article pour se
refuser au payement de ses dettes contractées dans le courant du mois de Janvier 1818; mais à la louange de tottes les classes qu'il soit dit, que, dans toute la Republique d'Haiti, il ne s'est trouvé qu'un seul homme
dagir de la sorte ; et cet homme est Mr. Félix Sureau, capable
Neguciant-consignataire étranger, ayant plusieurs maisons
de commerce dans la République, et sa principale résidence dans cette ville de Jacmel, le centre de ses
rations cominerciales!:!
opéQuel en eût été l'effet sur le commerce étranger si les
inligènes qui, dans le cours de ce mois de Janvier,
sant acheté pour la valeur de plusieurs centaines de
mille gourdes, avaient suivi le vertueux exemple trace
par le Sieur Félix Sureau, et déclaré que, n'étant
munis de patentes à lépoque de leurs achats, , ils se pas prevaa
laient de cette circonstance pour se refuser au
de leurs dettes ?
payement
Revenant à P'article 22 précité, le déclarant réitère
l question déjà proposée dans les plaidoiries pardevant les ici
Trbunaux : c'est-à-dire, $ si, au lieu de se reposer sur la
probité du Sieur Félix Sureau, comme d'un
d
homme à
pouvait sans risque accorder un crédit de 30 à
qui
le déclarant s'en fût défié, il eût exigé le
60 jours,
marchandises
payement de ses
avant de les lui livrer, aurait-il
en
de l'article 22 de la Loi sur les Patentes, contraindre pu,
vertui,
dclarant de lui remettre son argent ? Est- il doric
ld
stil quitable, n'est-ce pas au contraire le comble de juste, PPa. a
mséquence que, pour avoir matlheureusement fait
a0 Sieur Sureau, le déclarant soit exposé à tant de eWdit
de dépenses et de retard pour recouvrer le payement beine,
jets a lui vendus et livrés il y a déjà deux ans?
d'obTout ce que dessus considéré, le déclarant
iréfuté les raisons alléguées par le Tribunal de pense qu'il
Cassation
quitable, n'est-ce pas au contraire le comble de juste, PPa. a
mséquence que, pour avoir matlheureusement fait
a0 Sieur Sureau, le déclarant soit exposé à tant de eWdit
de dépenses et de retard pour recouvrer le payement beine,
jets a lui vendus et livrés il y a déjà deux ans?
d'obTout ce que dessus considéré, le déclarant
iréfuté les raisons alléguées par le Tribunal de pense qu'il
Cassation --- Page 18 ---
3 16 )
pour déclarer nulle, la vente audit Sieur Sureau, et pour
mettre de côté les sentences du 25 Mai et 21 Septembre ou OT
1818. Larrêt dudit Tribunal déclare en outre ( ledit Sieur Ainemer
William Doran non-recevable dans sa demande en Cassa. carant
tion du jugement rendu lé 21 Septembre 1818 par leTr: remier
bunal d'Appel. ctc., etc., 3 et le condamne aux dépens. SODT
L'arrêt se fat-il borné li, qu'on en aurait pu encore pour
mettre er question la legalité. Mais, entrainé par le zele LADS se
extraordinaire du Ministèré public, le Tribunal coutinne de e
prononcer, en faveur du Sieur Sureaus et lui qui pe se gard
plaignait d'aucune injustice de la part des autres Tribg. MUX 9
naux 3. aux jugements desquels il se copfornait de bonne Mrer 2
grâce êt sans penser à en appeler, doit avoir éte étonné, rerra
sans doute, de s'entendre dire qu'il ne devait participer; dix.
en aucune proportion, à la perte de marchandises queluix cou
même déclarait àvoir achetées par spe culation, et, parcon- vingt
séquent en contravention à Particle 12 de la Loi sur les nes,
Patentes : des marchandises qu'il avait reçues et dléposses tles
dans ses magasins ou elles avaient été saisies par, les oti- inté
ciers du gouvernement: des marchandises qu'il réclamait mset
comme sa propriété auprès de lex-Tribunal d'Appel dui eta
Port-au-Prince : des marchardises enfin dont il avait offert S de
d'effectuer le payement sous certaines conditions le 28R6
vrier 1810, suivant le certificat qui a été exhibé, CeTri ureau
bunal a plus fait pour le Sieur Sureau qu'ilne demandat tou
ou qu'il n'espérait: Parfaitement satisfait d'être quitte en wver
payant la moitié d'une dette qu'il savait légitimement de
ne
voir ; la seulè plainte avait été que le déclarant ne voulait
recevoir cette moitié et lui donner une quittance pour ce
t tout: qu'a Pégard des dix-hinit-mille gourdes déposis veu
par ledit Sureau au greffe de Pex-Tribunal de première a8 de
Instance du Port- au e Prince, le déclarant renvoie ledit ton
Sureau à sa déclaration faite au greffe du Tribunal Idece tsoi
ressort 3 et à lui signifiée par Phuissier Royère le 22 DE Sieu
cembre 5 quatre jours avant son départ des Cayes pouf lide
son voyage à la Jamaique. Il y verra que le déclarantre mir
cut les dix-huit-mille gourdes en question en vertu de la Fune
sentence de l'ex-Tribunal d'Apicl du Portan-Prinseyél
clarant renvoie ledit ton
Sureau à sa déclaration faite au greffe du Tribunal Idece tsoi
ressort 3 et à lui signifiée par Phuissier Royère le 22 DE Sieu
cembre 5 quatre jours avant son départ des Cayes pouf lide
son voyage à la Jamaique. Il y verra que le déclarantre mir
cut les dix-huit-mille gourdes en question en vertu de la Fune
sentence de l'ex-Tribunal d'Apicl du Portan-Prinseyél --- Page 19 ---
(17 A )
Mars 1819, a laquelle aucune atteinte n'a été portée
Parrêt subséquent da Tribunal de Cassation, et
par
d'un ordre de Son Exc. le Président d'Haiti,
en vertu
faitement convaincu de la legitimité de la demande qui était parclarant contre ledit Sureau. C'est donc l'ordre de du dé
première autorifé que le Sieur Sureau qualifie de
cette
de subreption ! C'est ainsi que tous ceux qui veulent moyen bien,
pour quelques motifs que ce soit, laider et le favoriser
dans ses détours pour echapper aux poursuites de la
tice, sont payés de toute son adulation, tandis
Juségard pour leur rang, il couvre de ses grossières que, sang
ccux qui pensent qu'il est tenu d'honneur et de aspersions à
payer au déclarant les marchandises qu'il lui a probité achetées.
Il verra aussi dans cette déclaration que la susdite somme
de dix-huit-milie gourdes est passée au cre dit de son compte courant, dont la balance était, le ler. de Janvier
de vingt-deusomile-neufcent-soixtate gourdes vingt-huit passé,
times, comprenant la moitié restaut de sa dette, les cenet les intérêts. Il y est aussi expressément dit
les frais
ties intéressées se réservent la poursuite de leurs que droits partems et lieux.
en
Il était du devoir du déclarant de transmettre
diés de Mr. J. Hardy, à la
aux assomnt; mais il ne s'en suit Jamaique, son compte COupas que, parce que le Sieur
Sureau a été arrêté pour une somme suffisante
vrir toute la dette et les frais qui en résultent pour couuyer cette somme, à moins que son goût
qu'il la doit
cane ne porte à ce montant, les frais,
pour
chitérêts. La somme déclarée due le ler. dommages Janvier
et intout ce que devait le Sieur Sureau sur cette passé est
sil veut bien laisser prendre leur cours
affaire ; et
sera décid:e en Avril
aux lois, la chose
prochain avec bien
tation de frais. La déclaration susdite et le peu d'augmenrant sont de suffisans documents, comme
compte coule Sieur
ne l'ignore
Suraau, pour le garantir d'un payement
EUs de ce
est
Atdens
fournir
qui y
établi; ; et dire qu'il a été obligé de
caution pour le montant du borderau, ce n'est
qu'une ruse imaginée pour donner le change à ceux sur
en Avril
aux lois, la chose
prochain avec bien
tation de frais. La déclaration susdite et le peu d'augmenrant sont de suffisans documents, comme
compte coule Sieur
ne l'ignore
Suraau, pour le garantir d'un payement
EUs de ce
est
Atdens
fournir
qui y
établi; ; et dire qu'il a été obligé de
caution pour le montant du borderau, ce n'est
qu'une ruse imaginée pour donner le change à ceux sur --- Page 20 ---
L 18)
qui le protét est destins à faire effet, et par-là c'est provoi
quer la décision que, attendu que le déclarant a réclamé uges
à la Jamaique la totalité de la dette, il il est juste qu'il gront
remette la somme de dix-huit-mille gourdes reçue ici. Le Tnout
déclarant observe en cutre, que ledit Sieur Sureau a graud pent
tort de se livrer ainsi à son emportement ; car s'il est vrai, 6
comme il s'est donié bien de la peine pour le prouver, W ou
qu'il ne doit pas cet argent, il sait très-bien qu'il n'a me
rien à appréhender des Tribunaux et des Juris anglais, MUTO
dont le caractère est trop bien établi pour inspirer à l'in. 390
nocence la moindre crainte de leurs décisions: et s'iladté vOI
force de déposer auprès de ceux qui lui ont servi de Çaution une partie de ses moyens pour leur garantie, le dé. 410
rangement de ses projets et entreprises ne sera pas, s'ille er.
veut, de longue durés, puisqu'il dépend de lui que l'af.
faire soit terninée en Avril prochain. Mais si, ajuute le
déclarant, lelit Sieur Sureau s'imagine qu'en protestant
contre le cautionnement fait à la Jamaique, comme une
chose exigee de lui contre sa volonté I comme le croit rC
fermement le comparant ), il décharge par-la sa caution du dans
payement de toute condamnation qui pourra être prononcée contre lui, il sera aussi bien tromp: dans son attente ttre
l'a été le déclarant d'une autre manière; mais c'est là dx-S
que
Le déclarant est
de rendre justice au Tant
son affaire.
disposé cclui-ci n'a
té fidele
mérite de Mr. Sureau, quoique
pas Sureau
à ses engagements envers lai. Il accorde au Sieur
le mérite d'être au moins un habile acteur. Ses lamentations
sur la perte de son crédit ; le tort fait à sa réputation, mo
etc., etc., font sans doute un merveilleux effet, étant cal cal
culés de manière à exciter des émotions de pitié en sa fa proce
contre l'auteur de ses malheurs et de
ute
veur et d'indignation
fauteurs
son désapointement. Mais que diront ses
lorsgulls
comprendront que le Sieur Sureau a lui-même porté atteinte bienà sa renommée! C'est ce que le declarant se propose deux hémis
te
tôt de prouver à la satisfaction du public des
phères, étant en possession 1, pour ce faire, de tout ce retenu que non
i'on peut souhaiter de moyens, et n'en ayant été Mais il. 1 S1
jusqua-1 présent que par un esprit de moderation.
son désapointement. Mais que diront ses
lorsgulls
comprendront que le Sieur Sureau a lui-même porté atteinte bienà sa renommée! C'est ce que le declarant se propose deux hémis
te
tôt de prouver à la satisfaction du public des
phères, étant en possession 1, pour ce faire, de tout ce retenu que non
i'on peut souhaiter de moyens, et n'en ayant été Mais il. 1 S1
jusqua-1 présent que par un esprit de moderation. --- Page 21 ---
(19 )
ya un terme à toute chose, et la duplicité, les subterfuges, les faux exposés 9 etc., etc., dudit Sieur Sureau,
seront exposés et soumis à l'animadversion du redoutable 9
Tribunal de Topinion publique, pour qu'il soit
ment prononce sur la question suivant le mérite definitive- des
ties,
parPour terminer, le déclarant observe audit Sieur
en
que lobjet
litige étant maintenant place hors Sureau, de son
pouvoir et de son influence, et désirant consacrer tout
son tems au soin de ses affaires, il prie ledit Sieur
de vouloir bien cesser de len distraire, et les réclamations Sureau
qu'il a à faire, de les adresser aux Tribunaux de la Ja.
maique qui sont maintenant entièrement compétens à en
juger.
Certifié conforne à l'original.
Jacmel, 23 Mars 1820,
L'Interprète 9 Lours DONGE.
Extrait du Jugement rendu le 4 Mars 1819.
( Condamne le Sieur Sureau à payer au Sienr
R dans le delai de 24 heures, après la signification Doran, du
( présent et même par corps , en vertu de l'article
( titre 3 de la Loi du 24 Novembre
la
18,
( E-Ttsmiboreiacentaiansedshuin 4808,
semme de
crante-huit centimnes, montant de la
gourdes et qua-
(
lui prouoncée par le Tribunal de première condamnation Instance contre
cJacmel, le 25 Mai 1818, confirmée
le
de
( d'Appel delOuest, le 21 Septembre même par
Tribunal
( cinq-cents gourdes en forme de
annee, 9 et
( ledit Sieur
dommages-intérets envers
Doran, en vertu de P'article 547 du code
(procédure civile. L'exécntion du
de
Ktoute l'étendue de la
présent aura lieu en
Republique >.
Extrait du jugement rendu le 18 Mars 1819-
( Attendu que le dépôt fait par le sieur Félix
( a été fait çontre les dispositions des articles
Sureaur
K 1259 du code Napoléon, le Tribunal
1257, 1258,
( non avenn : mais considérant
le déclare nul et
( du sieur Félix Surean
qu'il a été fait ès-mains
( du courant.
par le Sieur Jh. Lallemand, le six
une saisie-arrét de toutes les sommes qu'il
le 18 Mars 1819-
( Attendu que le dépôt fait par le sieur Félix
( a été fait çontre les dispositions des articles
Sureaur
K 1259 du code Napoléon, le Tribunal
1257, 1258,
( non avenn : mais considérant
le déclare nul et
( du sieur Félix Surean
qu'il a été fait ès-mains
( du courant.
par le Sieur Jh. Lallemand, le six
une saisie-arrét de toutes les sommes qu'il --- Page 22 ---
(20) )
& ponvait devoir au sieur Wam. Doran, le Tribunal dé
( boute la partie de Me. Mullery de sa demande en main
C levée jusqu'à ce que le Tribunal de Première Instance
( de Jacmel ait prouoncé sur la validité ou l'invalidité do Le
( ladite saisie-arrét, devant lequel elle est sortie i con- romp
( damne ladite partie de Me. Mullery au coût du présent, notr
( Et vu que la signification faite au greffier du siège par re (16
( le sieur Jh Lallemand, partie saisissante, porte injonc. 8e red
( tion de ne point vuider ses mains jusqu'à ce qu'ilea lune
K soit ordonné par justice 9
( Ordonne que le dépôt sus-mentionné restera au gretfe
K jusqu'a prononce du Tribunal de première Instance de
K Jacmel.
You
On doit se soumettre aux décrêts du Tribunal de Topis Don -
nion publique, parce que cette opinion a la liberté etla Ol Agr
conscience pour règles: ni la crainte, ni les considéra- Vou
tions particulières ne peuvent la subjuguer. Cependant On
Ot
pourrait l'égarer en lui présentant le faux sous le manteau Vir
du vrai. Il est donc essentiel de Féclairer, et de la mettre Prat
les
contradictoires de ceux Et
à même d'apprécier
prétentions
afin de n'avoir Voy
qui sont intéressés à recourir à sa justice,
C'est
Pim
à
des effets d'une fatale prévention.
pour Un
pas g'mir
nous soyons affligés de la lutte Et
cette raison que, quoique
méritent notre considéQui
qui nait entre des personnes qui refuser à rendre publiques Gon
ration, nous n'avons pu nous
néanmoins
leurs assertions réciproques en fnous interdisant
Par
la faculté d'émettre notre sentiment sur leur contestation, cet De
La seule expression qui nous échappe malgré nous remar. a
Mai Le
égard, est celle du regret que nous éprouvons nature en de ceux Bier
quant que le ressentiment des griefs de la lecteur vient de
Qui
dont il' est question dans les pieces que le
caractere Su
donne trop souvent aux plaintes un
Gra
parcourir, d'amertume qui ne saurait çouvenir au bon droit
Sou
(Nate du Rédacteur ).
'émettre notre sentiment sur leur contestation, cet De
La seule expression qui nous échappe malgré nous remar. a
Mai Le
égard, est celle du regret que nous éprouvons nature en de ceux Bier
quant que le ressentiment des griefs de la lecteur vient de
Qui
dont il' est question dans les pieces que le
caractere Su
donne trop souvent aux plaintes un
Gra
parcourir, d'amertume qui ne saurait çouvenir au bon droit
Sou
(Nate du Rédacteur ). --- Page 23 ---
(21 )
LITTERATURE
Le Sieur Louvet, Professeur au Lycée national, toujours
prompt à saisir les oecasions de montrer son attachement
2 notre République, a compos 9 pour la Saint Pierre s
fète de notre Prsident, la pièce de vers suivante, qui a
été récitée devant Son Exc. par Mademoiselle Inginac,
Pune des élèves du Pensionnat de Madame Buenrostro.
Epitre à Son Exc. le Président d'Haiti.
Généreux protecteur dont le puissant génie,
Voulant régénérer notre chère Patrie,
Appelle, dans son sein, les arts et les talens,
Dontaime à se nourrir l'esprit de ses enfans;
Agréez le tribut que notre âme sincère
Ollre au Grand Magistrat qui nous tient lieu de
Vous ramenez chez nous ce
ce temps
temps,
teme
Oi, sans ambition, nos paisilles ayeux,
au
Vivant dans Pinnosence, iguorant T'artifice,
Pratiquaient la vertu, méconnaissaient le vice 5
Et sous les douces loix de la simple équité,
Voyaient régner entr'eux la sainte égalité.
PIERRE 1 de votre coeur, Pan chérit tla clémence ;
Un autre la justice; un autre la vaillance;
Et tous, avec ardeur, Pheureuse activité
Qui conduit Haiti vers Fimmortalité.
Goman n'existe
et par vous, la Grand'Anse
A recouvré ses Maar la paix et Pabondance :
Par-tont, la Liberté, le Commerce et les arts,
De Pétranger, surpris, attirent les regards.
Mais, dans nos champs féconds, chéris de la Nature 5
Le grand art, à YOS yeux, est l'art de la Culture.
Bientôt, nos Citoyens, ( ainsi que ces romains,
Qui, couverts de lauriers, ont de leurs nobles mains >
Su mener la charrue et servir la patrie. )
Grâce à VOS soins, vont voir cette terre chérie, ?
Sous l'effort de la houe, utile à leurs travaux $
Convertir nos halliers, en ces féconds roseaux
Quc, sous un Ciel heureux, voit croitre P'Amérique 8
Et qui sont les trésors de notre République,
ientôt, nos Citoyens, ( ainsi que ces romains,
Qui, couverts de lauriers, ont de leurs nobles mains >
Su mener la charrue et servir la patrie. )
Grâce à VOS soins, vont voir cette terre chérie, ?
Sous l'effort de la houe, utile à leurs travaux $
Convertir nos halliers, en ces féconds roseaux
Quc, sous un Ciel heureux, voit croitre P'Amérique 8
Et qui sont les trésors de notre République, --- Page 24 ---
(22 )
INTERIEUR
E
Il ne suffit pas, pour maintenir le bon ordre et
mble.
rer les moeurs publiques, de créer des lois et
épudes peines à ceux qui les transgressent; il faut d'infiger de
dont
autant que possible, prévenit Feffet des
plis, Sud
dispositions mal.
faisantes, par Texemple d'un châtiment mérito. Sur ce
notre
comme sur beaucoup d'autres, la sagesse da
point, U
ment se manifeste chaque jour. Les hommes Gouverne
des peines à tems ne cachent plus leur honte condamnis dans l'obs. a
i5
curité des prisons ; ils sont, depuis des.ordres récens; em. NTEC
ployés, deux à deux, aux travaux publics, pendaut cer. Saatto
taines heures du jour- Ainsi, quoique la société ait à
mir de la perversité de"quelques uns de ses membres, elle gé
profitera doublement d'une punition qui, tout en laissant L'ori
à découvert lignominie du crime, pourra contribuer au lbord
nettoyage des rues et à la propreté de nos villes,
emarq
Toutes les fois qne nous avons vu employer aux travaux use,
les misérables que la vindicte publiqne a atteints, nous peu
n'avons pu nous empécher de donner des Jouanges à T'hu. Les
manité des haitiennes. Nous avons remarqué, avec un sen. frent
timent difficile à exprimer, que lors même qu'elles adres. aulite
saient des imprécations à ceux qui supportent ainsi la peine ales
qu'ils ont encourue, elles ne pouvaient se refuser à Jeur usem
tendre une main secourable.
Sexe charmant et sensi- mme:
ble, digne de nos plus tendres affections, que vous savez bial,
bien user du privilège que vous avez de verser le baume OrS;
de la consolation sur nos maux ! Qui pourrait être heureux Meurs
sans vous?
ustr
Le Colonel Caneaux ( des Bombardiers ) a été nommé 000S
Sénateur. Le Colonel Queillé Larivière ( des (hasseurs a S1O
cheval de la garde du Président ), promu au grade d'Ad. otre
judant-Genéral, est employé en cette qualité dans la divic Ranice
sion du Mirebalais. Le commandement de ces Chassenis
est maintenant confié au Colonel Lèrebours. Le Capitaine 408es,
Souffrand ( des Bombardiers ) a été fait Lieutenant-Colond
U
audit corps. Tout le monde a applaudi à ces promotious,
u
illé Larivière ( des (hasseurs a S1O
cheval de la garde du Président ), promu au grade d'Ad. otre
judant-Genéral, est employé en cette qualité dans la divic Ranice
sion du Mirebalais. Le commandement de ces Chassenis
est maintenant confié au Colonel Lèrebours. Le Capitaine 408es,
Souffrand ( des Bombardiers ) a été fait Lieutenant-Colond
U
audit corps. Tout le monde a applaudi à ces promotious,
u --- Page 25 ---
(28.)
parce qu'il est toujours satisfaisant de voir tomber le choix
du gouvernement sur des Citoyens dignes de sa confiance
par leur bravoure, leur patriotisme êt une conduite honorable.
Nous étant engagés, dans nos précédens
1 donner la relation du voyage du Président d'Haiti numéros,
le Sud de la République, nous allons nous
dans
notre promesse. Quoique nous soyons déjà acquitter de de
poque de ce voyage, nous pensons que nos éloigués
Pé
ne seront pas indifférents à des détails qui Coneitoyens
à Thistoire de notre pays, et qu'ils se rappelleront appartiennent
2vec plaisir le résuitat de
toujours
em.
l'expédition de la Grand'Anse.
CeI. Relation du voyage du Président d'Haiti dans le Sud de
la Republique.
L'origine de l'insurrection de la Grand'Anse n'a
dubord bien connue de tout le monde. On en a vers pas la été fin
remarqué les effets, sans s'attacher à en
cause, Pour bien la
approfondir la
aux
connaître, il faut remonter à un tems
Ous un peu eloigné de celui où nous sommes.
1U- Les contrées qui ont été le foyer de cette
dirent une étendue considérable ; la terre y est insurrection, d'uue grande
res. értilité: mais comme elles sont les moins
celles où les européens avaient formés leurs rapprochées de
Wisemens, elles devinrent comme un lieu de retraite principaux éta- les
lommes qui avaient besoin d'un asile contre le despotisme pour
bnial. Ils
CO7
y vivaient aussi heureux qu'ils pouvaie at l'être
Nors; mais l'orgueilleuse et cupide tyrannie de leurs
aiteurs ne les y laissa pas jouir long-tems des fruits de persé.: leur
idustrie et des bienfaits du Ciel. Dès que le nombre des
calons eût augmenté dans ces contrées, linjustice et
pression s'y firent sentir et excitèrent la haine des
l'opcontre d'insatiables tyrans, et les victimes d'une opprimés cruelle
sarice auraient peut-être songé à une vengeance prématnée, si la révolution n'était pas venue changer l'état des
dhoses,
Degagés d'un
du
joug odieux, 7 défendus par des montagnes
plus difficile accès, les habitans de la Grand'Anse,
calons eût augmenté dans ces contrées, linjustice et
pression s'y firent sentir et excitèrent la haine des
l'opcontre d'insatiables tyrans, et les victimes d'une opprimés cruelle
sarice auraient peut-être songé à une vengeance prématnée, si la révolution n'était pas venue changer l'état des
dhoses,
Degagés d'un
du
joug odieux, 7 défendus par des montagnes
plus difficile accès, les habitans de la Grand'Anse, --- Page 26 ---
bien qu'ils fissent cause commune
tiens, se trouvèrent
avec le reste des hat.
théâtre des évènemens, long-tems, vu leur
da I7a
comme
éloignenent
menle
part active, et vécurent dans une dispensés d'y prendre ute
qu'ils ne cherchèrent à conserver espèce d'indépentas
constances. Ils en jouirent pendant que par l'effet des cir- U cou
ne reçut aucune atteinte lors de
les guerres civilesyelle
là elle n'avait rien de contraire l'expédition françuise. Juse
a
Rieal l'unité de la République
aux lois ; mais elle
d'un nouveau tyran,
la lorsque le machiaveélisme
la crédulité de ces trompant
bonne foi et abusant de
caractère de rebellion. bommes simples, lui fit prendre un Cal
les perfides agens de Les insurgés, induits en erreur par rena TC
de la liberté en prenant Christophe, les
crurent servir la cause
tandis qu'ils couraient
armes contre la
au
Republinne, CUX
un esclavage plus réel
brigandage et se préparaient a 080
leur peignaient le ridicule que fantôme. celui dont des fourbes gagés S 41
l'esprit humain! Et comment les
Etrange aberration de Eon,
la Republique, qui avaient combattu généreux fondateurs de levan
tude sous toutes ses
lhydre de la servi- ut
streté que dans une formes; qui ne pouvaient voir leur Ble
courageuse
disons-nous, ces défenseurs des persévérance ; comment, trour
ils pu se vendre à des ennemis droits de l'homme auraient. trme
les avaient tant de fois menacés avides de leur sang et qui P
Une simple réflexion aurait
du joug et de la mort? ell
funeste
pu prévenir les effets d'une
d-ception; mais une
motif, ou plutôt un fatal
appréheusion inquiète et sans
raison, et le mal fit des aveuglement imposa silence à la ute
Feu le Président Pétion progrès déplorables.
mener au centre
avait senti la nécessité de r3
tique insidieuse: : il commun prit des les esprits égarés par une poli et
mer la sédition ; mais les
mesures pour tâcher de cale
vres de
attaques et les sourdes manceuChristophe ne lui
de ses entreprises, et tout permirent pas d'obtenirle succès
pécher qu'elle ne franchit les ce qu'il put faire, fut d'em.
circonscrite. Il était réservé limites par lesquelles elle état
mier père de la patrie, de au génie quia succédé au preu
au bonheur une
rendre à l'union, à la paix et
une triste fatalité, population qui s'en trouvait privée par ent
ques et les sourdes manceuChristophe ne lui
de ses entreprises, et tout permirent pas d'obtenirle succès
pécher qu'elle ne franchit les ce qu'il put faire, fut d'em.
circonscrite. Il était réservé limites par lesquelles elle état
mier père de la patrie, de au génie quia succédé au preu
au bonheur une
rendre à l'union, à la paix et
une triste fatalité, population qui s'en trouvait privée par ent --- Page 27 ---
(25)
A l'avènement de Son Exc. le Président Boyer au gotmemement de la République, un de ses premiers soins
ht de concerter les mesures qui devaient éteindre Pinsurmetion. Il recourut d'abord aux voies de douceur et ne
Mevit contre les coupables fauteurs du désordre quel lorsque
ume impériense nécessité rendit la rigueur indispensable,
Cest ainsi qu'en moins d'une année il fit rentrer dans le
deroir des malheureux qu'on avait abusés pendant près
de quatorze années.
Le calme étant rétabli dans ces belles et fertiles contrées,
Sa Exc. sentit le besoin de porter elle-méme, à ceux dont
éle venait de finir les maux, des paroles de paix et de réa
onciliation, Partie de la capitale le 31 Janvier dernier,
deux heures du matin, accompagnée de son Etat-Major
tt du Secretaire-Genéral, elle fit son entrée à Léogane à huit
leures avant midi. Elle y fut accueillie par le Généril
Giléon, Commandant de PArrondisement, qui était venu
W devant d'elle, et par l'affluence du peuple quilui dona
ait toutes sortes de marques d'un dévouement sans bores. Elle fit eile-méme, sur la place d'armes, Pinspection
s troupes, tant garde nationale à pied et à cheval, que
gdarmerie, artillerie, et le 2le. régiment. Après les avoir
emplimentées sur leur bonne tenue et Pétat de leur armepent;, elle rappela aux cultivateurs que la prospérité publime reposait essentiellement sur Pagriculture, qu'elle ne
esserait de protéger de tout son pouvoir. Elle se rendit
asuite dans les différens lieux où se trouvent des édifis publics, ordonna cè que peut recommander leur entrelen, donna audience aux personnes qui avaient à Jui parer, et continua sa route, se dirigeant sur le Grand-Goave.
Le Colonel Jean Simon, Commandant de cette place,
mtà la rencontre de Son Exc.. qui fit son entrée dans
a ville à trois heures de laprès-midi, au milieu du
Ne
peuformant une double haie sur son passage. Elle passa
amédiatement en revue la garde nationale a pied et à
deral du lieu, ainsi que de la gendarmerie et de ParSkerie qui s'y trouvaient réunics. Ces diffirantes troupes
qurent du Président des felicitations ponrleur bon ordre
Jean Simon, Commandant de cette place,
mtà la rencontre de Son Exc.. qui fit son entrée dans
a ville à trois heures de laprès-midi, au milieu du
Ne
peuformant une double haie sur son passage. Elle passa
amédiatement en revue la garde nationale a pied et à
deral du lieu, ainsi que de la gendarmerie et de ParSkerie qui s'y trouvaient réunics. Ces diffirantes troupes
qurent du Président des felicitations ponrleur bon ordre --- Page 28 ---
(26 )
et leur tenue. Son Exc. parla ensuite au petiple Pourlai Mirage
inspirer Pamour des travaux agricoles, et de Thorreury pour siction.
le vagabondage et la paresse. Elle donna ensuite andiense Les dan
à une infinité de personnes, mit fin à beaucoup de con- uenter le
testations, visita l'église et la prison, et partit pour le itesse
Petit-Goave, ou elle arriva à huit heures dusoir, accom. sheureu
pagnée du Colonel Cérisier, Commandant de la place, qui sportion
était venu à sa rencontre. La ville était bien illumines at très-p
l'allégresse publique se manifestait par des cris qui par. 5a conci
taient de toutes parts : à minuit on était encore abandoné Mnédic
aux élans de la joie.
3a la
Le lendemain 1, premier Février, à six heurés du ma le trois
tin, la garde nationale, la gendarmerie et l'artillerie étant yoane
sous les armes, Son Exc. se rendit au champ de Mars puva dan
A son premier coup-d'ceil, elle s'aperçut que les citoyens at accou
de la ville n'étaient pas sous les armes: elle lear ft te at. Le
nergiques remontrances, après avoir donné de justes dlou Inse-2ges à la garde nationale des campagnes qui offrait en Ce Eonale,
moment une preuve du zèle qui la 1 orte à s'aequitterds ares du
devoir que lui inpose Pintérêt public. Son Exc, visita dques
ensuite les forts, léglise et le terrain nécessaire àl Vagran ut nati
disement de la ville et à l'établissement de quelques édie Lcs des
fices publics. Elle parla ensuite au peuple pour lui témoi esdens.
goer combien elle était satisfaite du bon esprit dont elle 5,et
la voyait anime et pour l'engager à se donner à l'agriculk Petit.T
ture, aux bonnes mceurs et a Pinstruction, à vivre dans possibl
une parfaite union, à user de bonne foi dans ses rapports, 2 se re
et a ne rien faire de contraire a la justice, afin dêtre te que
toujours heureux.
e Pr
Le deux du même mois, à trois heures du matin, Son ndy
Exc. partit du Petit-Goave: : arrivée au pont de Miragoane, moisque
oû le Colonel-Sénateur Hogu, Commandant de cette place it de SO
qui l'y attendait, la reçut à la téte dun détachement de avait
cavalerie. A six heures du matin, le Président était dans Jon Exc
la ville, Son Exc. y fut accueillie avec des démonstrations lathe CO
de joie difficiles'à peindre.
e
On doit les plus grands éloges au Colonel Hogu pour emin
les soins qu'il porte à l'embellissement et à Tagranlise 410S dont
-Sénateur Hogu, Commandant de cette place it de SO
qui l'y attendait, la reçut à la téte dun détachement de avait
cavalerie. A six heures du matin, le Président était dans Jon Exc
la ville, Son Exc. y fut accueillie avec des démonstrations lathe CO
de joie difficiles'à peindre.
e
On doit les plus grands éloges au Colonel Hogu pour emin
les soins qu'il porte à l'embellissement et à Tagranlise 410S dont --- Page 29 ---
(27)
de Miragoane. Son Exc. lui en a témoigné une vive s3isfction.
Les dames de Miragoane se sont empressées de
menter le Président. Son Exc. les a accueillies compliplitesse et l'aménité qui lui sont naturelles.
avec la
mlheureux avaient depuis long-tems des discussions Quelques
des portions de terre dans un endroit où les emplacemens pour
sont très-précieux ; Son Exc. a terminé leurs différends et
lesa conciliés, en se portant à leurs chaumières. Aussi
de bénédictions ils ont données à celni qui a tant de que titres à la confance et à l'amour de ses concitoyens!
Le trois, à trois heures da matin, le Président
Miragoane. Arrivée à la petite rivière de Nippes, Son quitta Exc.
touva dans cette bourgade une population nombreuse
dait accourue des campagnes voisines pour voir le Prési- qui
lent. Le Colonel Adonis, Commandant de la place de
LAnse-n-veaut, avait joint, avec les dragons de la garde
stionale, Son Exc. à la limite de la commune, A dix
leures du matin, le Président était dans la ville. Après
pelques heures de travail, Son Exc. passa en revue la
al arde nationale, à qui elle parla dans le même sens
T. elles des autres communes ou elle avait passé les jours qu'à
micédens. Dansle reste de Paprès-dinée, elle fit queiques vises, et le 4, à quatre heures du matin, elle partit
e Petit-Tron, où elle arriva à huit heures. Il ne serait pour
3S possible de rapporter ce qui a eu lieu en cet endroit
ts, sDS se répéter, car tout s'y est passé de la même maCtre mère que dans les autres cominunes. C'est au Petit-Trou
mue le Président reçut la nouvelle de la soumission de
On landy, fils dc Goman, lequel avait déclaré au Général
Tancisque que depuis trois mois il ignorait absolument le
srt de son père, quoiqu'il P'eût cherché dans tous les lieux
ail avait coutume de se tenir,
Son Exc. partit du Petit-Trou le 5, au matin :
N
après une
mrche continue, elle arriva sur les montagnes des Trois
Rerck, que la nature s'est plu à rendre inexpugnables.
Geminant de mornes en mornes, 9 elle parvint aux Barakres dont la baie est remarquable par son enfoncement et
absolument le
srt de son père, quoiqu'il P'eût cherché dans tous les lieux
ail avait coutume de se tenir,
Son Exc. partit du Petit-Trou le 5, au matin :
N
après une
mrche continue, elle arriva sur les montagnes des Trois
Rerck, que la nature s'est plu à rendre inexpugnables.
Geminant de mornes en mornes, 9 elle parvint aux Barakres dont la baie est remarquable par son enfoncement et --- Page 30 ---
(28 )
le banc de sable qui est à son entrée. Les
rent le
Président avec des démonstrations de habitans reque sirent
vive: ils lui ont témoigné, avec des ex
lajoie la plus ciable
sensibilité, le plaisir que leur fesait
pressions pleinsde Hité
éprouver sa
et leur reconnaissance pour le bonheur et la présence, demp
dont ils jouissaient depuis que Son Exc. a pris tranqile les
mesures pour éteindre l'insurrection de la
de sages sonue
désolait leur contrée. Satisfaite des bons sentimens Gramianse, qu nesse,
ment
ces bons citoyens, Son Exc, les a
qui ani. thousi
bienveillance
traités avec une Jes no
qui exprimait son contentement ; et, sur lear pressa
demande, elle les a autorisés à bâtir une église.
pein
Son Exe. quitta les Baradères dans la matiuée du 6. Ar d'un
rivée au Corail, où elle fut reçue avec
les un
termina
des différends
existaient
enthousiasme, elle
qui
entre quelques famil. sortir
les au sujet de partages de terres et d'emplacemens aul tres
bourg que Pon reconstruit; ordonna toutes les mesures
le bien public pouvait recommander en cet endroit, que sponta
dans
et, ques
Paprès-midi du 7, - se mit en route pour se rendre au Prsid
Petit Tron-des-Roseaux, ayant eu à franchir la montagne Vamén
du Corail pour satisfaire au vif désir qu'elle avait de voir
les braves qui ont si courageusement défendu la Grand'Anse gravite Ces
contre les rebelles, et si efficacement contribué à les'r T- Son
mener au giron de la patrie.
des fa
C'est à Jérêmie que le Président devait donner le plus pays
beau développement de la sagesse de ses vuesi, de son ha- dans
bileté dans Fadministration des affaires de la nation, et consol
marquer son ouvrage du cachet de la perfection. A son pour
approche de la ville, toute la population se rendit sur
lai rive gauche de la rivière qui se trouvait entre elle et En
Son Exc. Les personnes qui s'étaient embarquées dans des faction que d
canots pour joindre plus vite le digne Président, pressaient étaient
du geste et de la parole les bateliers d'accélérer la marche
de leurs légers esquifs ; des jeunes
comme
qu'on
par le besoin de jouir de la vue du gens, Magistrat :
dont poussis ils qui 01
avaient dejà pressenti les bienfaits, se jetaient à la nage limite pu de
pour lui porter le tribut de leurs hommages et de leurs princir
veenx. Ces élans d'une reconnaissance impatiente, et l lerefu
mobilité de la population qui couvrait le rivage, produi- Ment
d'accélérer la marche
de leurs légers esquifs ; des jeunes
comme
qu'on
par le besoin de jouir de la vue du gens, Magistrat :
dont poussis ils qui 01
avaient dejà pressenti les bienfaits, se jetaient à la nage limite pu de
pour lui porter le tribut de leurs hommages et de leurs princir
veenx. Ces élans d'une reconnaissance impatiente, et l lerefu
mobilité de la population qui couvrait le rivage, produi- Ment --- Page 31 ---
(29 )
sirent un spectacle qui émut vivement le Président.
ciable récompease du bien que Pon sait faire! La sensibi- Inapré.
lité de Son Exc. lui faisant craindre
d empressement ne causât
que Pardeur de tant
les
quelque accident, elle
plus pressantes exhortations pour
employa
sonne ne s'exposât ; mais la bouillante empécher et
que
nesse, se
laissant aller à
intrépide
LE
l'impulsion du zèle et de lenthousiasme, affrontait toujours l'obstacle
lni
les flots. Le Président, pour faire cesser que le danger, opposaient s'empressa lui-méme de traverser la rivière. Son
a peine la terre, que Son Exc. fut
pied touchait
d'un concours d'individus de tout âge tout-à-coup et de tout entourée
les uns, daus ces momens où l'allégresse générale
sexe:
sortir de ses limites, Jui présentaient des
semblait les
tres lui offraient des lauriers,
palmes,
atl2 tous pour lui témoigner
spontanément leur gratitnde et leur amour. Tant de mar plus
ques d'estime et d'attachement attendrirent tellement
Pri sident, que ce Magistrat qui sut tant de fois allier le à
laménité de son caractère, Fanstérité qui convient à la
gravité de ses fonctions, laissa échapper
Ces larmes de la sensibilité seraient devenues quelques larmes.
Son Exc., en reportant sa pensée sur les
amères, si
des familles ont éprouvées par suite des troubles malheurs dans que le
pays où elle recevait un accueil si touchant, n'avait
dans la pacification de la Grand'Anse une espérance aussi vu
consolante pour les habitans de Jérémie en
pour la République en général.
particulier, 2 que
En arrivant dans cette ville, le Président eut Ia satisfaction de s'assurer du succès de ses soins, en
que de tous les rebelles, Goman, Malfait et Malfou apprenant seuls
étaient restes dans les bois, ou plutôt avaient
qu'on pût savoir comment ; car les patrouilles disparu de
sans
qui ont battu le pays où s'étaient tenus les insurgés, l'armée, n'ont
pu découvrir ces trois chefs. Son Exc., par une clémence
inimitable, promit, pour la dernière fois, le Dardon a ces
principaux moteurs de Pinsurrection,
le refusaient, ils ne pourraient long-tems 7 pérsuadée que s'ils
éviter le châti.
ment qu'ils n'ont que trop mérités mais cette généreuse
savoir comment ; car les patrouilles disparu de
sans
qui ont battu le pays où s'étaient tenus les insurgés, l'armée, n'ont
pu découvrir ces trois chefs. Son Exc., par une clémence
inimitable, promit, pour la dernière fois, le Dardon a ces
principaux moteurs de Pinsurrection,
le refusaient, ils ne pourraient long-tems 7 pérsuadée que s'ils
éviter le châti.
ment qu'ils n'ont que trop mérités mais cette généreuse --- Page 32 ---
(S0) )
disposition n'ayant opéré ni la reddition ni la capture des
coupables, il y a tout lieu de croire qu'ils ont vécu,
et
Le 11, les dames de Jérémie vinrent au Palais national faire hommage à Son Exc. d'un bouquet composé de
pensées et d'immortelles, flanquées de quatre tours surdres
montées de pavillons aux couleurs nationales. Ces dames,
DIS
reconnaissant les services éminens que le Président avait
rendus, en pacifiant la Grand Anse, interprétérent ainsi
le bouquet embiématique, en offrant les pensées au soun'al
venir de tant de bienfaits répandus surleurs familles; Pim.
remy
mortelle, comme un gage assuré du sourire de la postérité . en
pour le chef qui foit consister son bonheur à sacrifier sOn
votre
repos au soulagement de la misère publique: : les quatre
satis
tours exprimant la force d'âme, nécessaire pour les granproc
des entreprises, et seule capabie de faire prospérer la paong
trie, désignée par les couleurs nationales planant sur l'enmois
semble du bouquet.
vous
Son Exc., émue par ces témoignages d'une vive revous
connaissance, répondit à ces dames avec la douceur et
que
Paménité qui le caractérisent : ( que jamais le sort de
sépar dont
la Grand'Anse ne lui avait été indifférent, et qu'elle prel'affe
nait de nouveau l'engagement de faire tout ce qui serait
et S
en son pouvoir pour faire disparaitre jusqu'aux plus légéres traces de linsurrection, afin de ramener le calme et
coup
l'abondance dans le sein des familles, victimes si long.
et
temps de l'égarement des furieux domptés enfin par la
reurs
Patrie, dont ils avaient arraché les entrailles en dévorant
et
ses enfans, )
tera
Tant de succès fut rapporté à l'auteur de toutes choses.
des
Jamais scène ne fut plus attendrissante ni spectacle plus
nos
propre à émouvoir la sensibilité, que cet accord de VOman
iontés tendantes à remercier l'Eternel d'avoir donné à
du
Haiti le chef bienfaisant que nous avons le bonheur de
core
posséder.
Le 12, le Colonel Segretier eut l'honneur d'offrira di
ner au Président: les Généraux Bazelais, Francisque,
Leblanc, Nicolas Louis, le secré'aire-Général, ainsi que
les Officiers de la garde de Son Exc., assistèrent au banYotre
VOman
iontés tendantes à remercier l'Eternel d'avoir donné à
du
Haiti le chef bienfaisant que nous avons le bonheur de
core
posséder.
Le 12, le Colonel Segretier eut l'honneur d'offrira di
ner au Président: les Généraux Bazelais, Francisque,
Leblanc, Nicolas Louis, le secré'aire-Général, ainsi que
les Officiers de la garde de Son Exc., assistèrent au banYotre --- Page 33 ---
(81)
quet. La table fut servie avec autant d'élégance que de
gont, et les toats d'usage ont été portés.
Le 18, après l'inspection des troupes, Son Exc. s'adressant aux diverses classes des citoyens qui étaient réunis sur la place d'armes, à sept heurés du matin, s'exprima en ces termes :
C Mes amis, appelé à la tété des affaires de Pétat, je
n'ai pu m'empécher de gémir sur vOS infortunes: ; et je
remplis un devoir bien cher à mon cceur, en me rendant
en ce jour au milieu de vous 3 pour vous faire connaitre
votre père, votre ami, et celui qui trouve la plus douce
satisfaction dans la paix et le bonheur qu'il vient de vous
procurer, en pacifiant la Grand'Anse, dévastée par une
longue insurrection, dont vous avez été les victimes, Quinze
mois se sont écoulés depuis que je vous fis la promesse de
vous procurer la tranquillité. J'ai tenu à ma parole ; et
vous, mes enfans, jurez à votre tour de ne plus souffrir
que des méchans viennent, par de perfides
vos
insinuations,
séparer
intérêts de ceax de la famille
dont
suis
haftienne,
je
le père. Je n'ambitionne que la confiance et
l'affection de mes concitoyens, pour prix de mes services;
et si la clémence qui fait la base de mon caractère vient
d'être mise de nouveau à Pépreuve, en faveur de grands
coupables - 5 c'est parce que je crois qu'ils out été égares,
et qu'aujourd'hui ils sont sincèrement revenus de leurs erreurs. D'ailleurs, le Gouvernement, dans sa marche ferme
et assurée, ne désirant point l'occasion de punir, n'hésitera jamais à prendre des mesures repressives contre ceux
des enfans qui voudraient être étrangers aux bienfaits de
nos lois libératrices. Goman lui-même, le coupabie Goman, obtiendra son pardon, s'il profite, pour se rendre,
du tems que je lui accorde. Je vais parcourir des lieux enlcore empreints des traces de sa dévastation ; et malheurt
lui s'il ne se présente pas Je fermerai les yeux S ur
lui et la mort sera son partage. Ancun chef ne pourra
le recevoir, dès que j'aurais quitté la Grand'Anse..
( Un mot encore, 3 mes enfans; ; oui je sens que je suis
votre père, car aucune prédilection ne peut entrer daus
tems que je lui accorde. Je vais parcourir des lieux enlcore empreints des traces de sa dévastation ; et malheurt
lui s'il ne se présente pas Je fermerai les yeux S ur
lui et la mort sera son partage. Ancun chef ne pourra
le recevoir, dès que j'aurais quitté la Grand'Anse..
( Un mot encore, 3 mes enfans; ; oui je sens que je suis
votre père, car aucune prédilection ne peut entrer daus --- Page 34 ---
(32 )
mon coeur. Pauvres ou riches, Généraux ou Soldats,
Vo:s aime tous avec
je
une égale tendresse: que ceux d'entre
CC
vous qui ont méconnu leurs devoirs ; qui ont étédanslé.
garement, viennent goûter, au sein de la patrie, les dou.
erment
ceurs de la liberté. Tous reproches contre eux sont inter.
Q2 ae
dits: leurs fautes sont oubliées. Laissons à la couscience,
ce juge qui parle si haut, le soin de punir les moteurs
des maux qui ont été faits avec connaissance.
( Mes amis, rapportez à vos familles tout ce que vous
Les
venez d'entendre, et livrez-vous sans relâche à la culture
C
de VOS champs; ; faites-les fructifier pour le bonheur de la
mctual
République, et pour le vôtre; et par-tout oà jeserai, croyez
camp
que je vous porterai dans mon coeur. Pensez toujours à moi,
Qu
comme je penserai à vous. Je vous le répête : ne prétez
point P'oreille aux insinuations des méchans. S'ils'en trouvait parmi vous, livrez-les aul Général Bazelais, qui posSon
sède toute ma confiance ; qui vous a toujours conduts aves
mte
bonté et douceur. Il faut que la liberté et l'indépendance
ava
triomphent. Pour cela, il faut être laborieux et civilisés >
S:
Après ce discours, des cris mille fois répetés de: Vive
Za Répablique! Vive Independancel se sont fait entendre:
mme
jamais enthousiasme n'a été plus général ; jamais non plus
av
démonstrations de joie, d'amour et de reconnaissance ne
mmort
furent plus eclatantes que celles dont le Président futl'ob.
aareux
jet en cette circonstance.
re:
Son Exc. passa le reste de la journée dans le Palais nantesse
tional, donnant audience à tous ceux qui se présentaient
Aeur
pour lui parler, entretenant l'esprit de conciliation dans
les familles, soulageant les malheureux, et répandant des
SO
consolations dans le coeur de tous ceux qui P'approchaient.
krce
Les 14 et 15, le Président accompagné du Général
e
Chef de PEist-majorgendal, visita les postes extérieurs
oquet
occupes par les troupes, sous les ordres des Généraux
VISION
Francisque et Leblanc, a Charamel et à Favier, sur les
- it
hauteurs du Fond bleu et de Ne la Voldrogue. Son Exc. complimenta les corps qui y étaient, sur leur bonne condnite
et sur leur dévouement à la patrie. Quelques insurgés souuit
inis, qui se trouvaient dans ces camps, après avoir écouté
qurS
endal, visita les postes extérieurs
oquet
occupes par les troupes, sous les ordres des Généraux
VISION
Francisque et Leblanc, a Charamel et à Favier, sur les
- it
hauteurs du Fond bleu et de Ne la Voldrogue. Son Exc. complimenta les corps qui y étaient, sur leur bonne condnite
et sur leur dévouement à la patrie. Quelques insurgés souuit
inis, qui se trouvaient dans ces camps, après avoir écouté
qurS --- Page 35 ---
(33 )
Son Exc. qui leur parla avec sa bonté ordinaire, leur faix
sant concevoir tout ce que leur égarement leur avait fait
éprouver de peines et de misères 3 jurèrent qu'ils ne tomberaient plus dans les mêmes fautes; qu'à l'avenir ils sè
reudraient dignes du titre de fidèles abservateurs des lois,
et qu'ils ne cesseraient de porter dans leurs cceurs le trix
but de reconnaissance qu'ils doivent à la clémence du Préa
sident.
de
Les Généraux Francisqué et Leblanc, reçurent
Son
Exc. des complimens tres-honorables, pour le zèle et la
ponetualité avec lesquels ont été exécutés, pendant toute
la campagne, les ordres du Gouvernement, et pour T'exem*
ple qu'ils ont eux-mémes donné de tout ce que la discia
pine, le courage et la constance peuvent offrir d'admix
mable et d'utile.
Son Exc. de retour à Jérémie, le 16, s'occupa, dès la
pointe jour, des affaires publiques ; gratifia les hommes
qui avaient servi de guides à larmée dans les bois, et
catéchisa tous ceux qui avaient besoin de Pêtre: ia douceur de son caractère, qui se découvre dans ses discours
comme dans ses actions, le plaisir qi'il prenait à retracer, avec l'éloquence la plus persuasive 5 les bontés de
limmortel PETION que les rebelles avaient été assez mal--
heureux pour méconnaitre, lui gagnèrent les coeurs que l'on
avait regardés jusqu'alors comme les plus endurcis, et qui
confessèrent enfin spontanément qu'ils étaient tombés dans
l'erreur et dans Pingratitude en fermant si long-tems l'oreille à la voix d'un ange de paix.
Le soir, Son Exc. assista au diner que lui donna le commerce national 3 les cris : Vive le Prisident d'Haili! et une
salve d'artillerie annoncèrent son entree dans la salle du
hanquet. Au moment de se mettre à table, le Général de
Division Bazelais porta la parole en ces termes :
( Citoyens de la Grand'Anse, Son Exc. le Président
d'Haiti, par une constante sollicitude pour le bonheur pu
blic, vient de pacifier les beaux quartiers de la Grand'Anse;
les cultures seront protégées, et elles fleuriront ; les malfaiteurs, sont ramenés à l'ordre. La présenee, au milieu de
la salle du
hanquet. Au moment de se mettre à table, le Général de
Division Bazelais porta la parole en ces termes :
( Citoyens de la Grand'Anse, Son Exc. le Président
d'Haiti, par une constante sollicitude pour le bonheur pu
blic, vient de pacifier les beaux quartiers de la Grand'Anse;
les cultures seront protégées, et elles fleuriront ; les malfaiteurs, sont ramenés à l'ordre. La présenee, au milieu de --- Page 36 ---
(84)
nous, de celui qui consacre sa vie à notre bonheur, hout
rappelle à de nouvelles obligations que nous iinpose la re. en
connaissance ; répétez encore avec moi ces Cris que nos 1pus YOS
coeurs ont besoin de répandre - : Vive à jamais le Présidat dlent,
d'Haiti! ) Aussitôt lon entendit de toutes parts: Vivele
Président d'Haiti! Vive le pacificateur de la Grand'àlnse! plus
Le bruit du canon et une musique guerrière excitèrent Par
dans lâme une émotion que l'on conçoit mieux que l'on a
ne peut décrire.
Son Exc. répondit à ce discours : 6 Mes amis, je YOUs nous
suis reconnaissant pour toutes les marques et protestations purra
d'amitié que vous me prodiguez : croyez que je n'ambi. latiol
tionne d'autres récompenses que votre estime et votre elet
confiance, et je serai toujours heureux de votre bonheur, mous
auquel, je vous promets, je consacrerai toute ma vie, ) conse
Le repas fut très-gai, la conversation extrémement ani. piaisi
mée, et bientôt les toats d'usage furent portés.
dont
A la fin du repas, le Citoyen Irisb, négociant haitien, nous
prononça le discours suivant :
C Président d'Haiti! en proie, depttis 14 ans, à une Son
intestine, les habitans de la Grand' Anse ont été Les
guerre réduits à la plus déplorable misère: ils l'ont néanmoins sup. Herpret
portée avec cette résignation, cette fermeté et ce courage MIS don
inflexible qui caractérisent, dans toutes les grandes et pé. 1O dom
nibles circonstances, les enfans d'Haiti: les braves de la : dit
République, guidés par votre puissant génie, viennent de
na
terminor cette guerre, et nous reposons à Pombre des slau- umer
riers. Ce fléau dévastateur n'a pas moins manqué de lais- Rsttendi
ser de graves blessures à cicatriser, et ce n'est que votre
TES
main secourable qui peut y jeter le baume. L.'agrieolure, marche ent
première source de notre prospérité, a subi une
Nn
rétrograde, le commerce est cons.quemment dans un état
et déja
languissant. Vous nous avez promis d'y remédier, nous ment
vous y portez toute votre sollicitude. Depuis que vous
avez fait l'amitié et P'honneur de séjourner parmi nous, du
a
un moment de VO- Amp au
comme par-tout ailleurs, il n'y
pas
les d.f
tre tems précieux qui ne soit consacré à terminer leur
mche
férends des familles, à les exhorter à l'union, à
prce tant
et déja
languissant. Vous nous avez promis d'y remédier, nous ment
vous y portez toute votre sollicitude. Depuis que vous
avez fait l'amitié et P'honneur de séjourner parmi nous, du
a
un moment de VO- Amp au
comme par-tout ailleurs, il n'y
pas
les d.f
tre tems précieux qui ne soit consacré à terminer leur
mche
férends des familles, à les exhorter à l'union, à
prce tant --- Page 37 ---
(85 )
cher la bonne morale, 5. et enfin à contribuer au bonheur de
tous vos coneitoyens. Et qu'azons-nous à vous offrir, Présilent, pour de si grands bienfaits? Notre reconnaissance
la plus vive. notre amour le plus sincère et notre estime
la plus profonde.
( Par l'ordre que vous avez mis dans les départemens
de la guerre et des finances ; par votre esprit conciliateur
et bienfaisant, nous sommes fondés a tout espérer de vous,
ef nous sommes prêts à vous seconder dans tout ce qui
pourra contribuer au bonheur de notre pays et. à la conslidation de notre indépendance. Nous vous offrons, pour
cet effet, notre dévouement le plus illimité, et nous vous
prions d'agréer, Frésident, nos vceux les plus sincères pour
la conservation de VOS jours. Puissiez-vous long-tems jouir
da plaisir plus que grand, d'avoir fait le bonheur du peuple dont la Providence vous confia le soin ! Cest le voeu
de nous tous, c'est le voen de toute la République,
( Vive le Président d'Haiti! ))
Son Exc. répondit à ce discours :
( Les expressions me manquent - mes chers amis, pour
interpréter fidèlement toute l'émotion de mon âme; je ne
jis done que vous remercier des ténnoignages que vous.
me donnez de votre attachement et répéter ce que j'ai
deja dit, que mon sort étant identiquement lié avec celui
de la nation, je n'épargnerai ni soins, ni veilles pour procurer à mes concitoyens tout le bonheur qu'ils ont droit
d'attendre d'un gouvernement paternel. ))
Après le diner, s Son Exc. assista à un bal oùt se trouvaient réunies les dames de la ville. Elles témoignèrent à
Son Exc. la satisfaction qu'elles éprouvaient au milieu de
cette vive allegresse. Son Exc. fut très-sensible à l'empressement que tout le monde mettait à lui être agréable.
A 11 heures, le Président quitta le bal, et à 5 heures du matin, il était déjà à cheval pour aller visiter le
camp du Général Lys, sur Phabitation Lefranc, à la rive
gauche de la grande rivière. Le brave Général vint au-deVant de Son Exc. et laccompagna sur la place d'armes ou
étaient le 17e. règiment et la 18e. 112 brigade, formant
tout le monde mettait à lui être agréable.
A 11 heures, le Président quitta le bal, et à 5 heures du matin, il était déjà à cheval pour aller visiter le
camp du Général Lys, sur Phabitation Lefranc, à la rive
gauche de la grande rivière. Le brave Général vint au-deVant de Son Exc. et laccompagna sur la place d'armes ou
étaient le 17e. règiment et la 18e. 112 brigade, formant --- Page 38 ---
(36 )
lard division du centre. Cette troupe, au grand complet, de ma
était d'une belle tenue. Après l'inspection des armes, faite AL votre
par Son Exo-,le Cénéral Lys fit manceuvrer ces corps avec YOS Or
une grande précision, Le Président entra dans le quarré peraus
qui, fat formé, et félicita le Général en ces termes:
YOUS 01
C Générall je viens avec plaisir vous complimenter, à
la tête des troupes formant la division du centre, que vous nOUS a
commandez, de la bonne conduite et de la persevérance
S-I
des militaires de tous grades, qui composent cette division, pendant la campagne qui vient de terminer si hen. cultivat
reusemeut Pinsurréction de la Grand'Anse. Cette époque ment,
mémorable couvre de gloire depuis le chefjusqu'au soldat, 1s OD€
et chacun de vous à des droits a la reconnaissance natio. menner
nale. Vous, Général, vous possédez toute ma confiance
eS
et mon estime, et je vous en donne la preuve, en vous vons
embrassant au milieu des braves qui nous entourent ),
doute
En prononçant ces dernières paroles, Son Exc. fit trois Tade
pas en avant, se découvrit et prit dans ces bras P'estima.
tot
ble Général Lys, qui, vivement ému, versait des larmes, recopna
en articulant avec embarras ce que la reconnaissance lui
Apre
imposait, tant pour lui-méme que pour les Oficiers et an -
Soldats de la division du centre. Après ce spectacle atten- perité
drissaut, un bon déjeun, l'appareil martial du camp et pon
la joie des convives, 2 ont fait de la journée une belle fête.
ore
Son Exc. rentra a Jérémie dans la soirée, après avoir
visité la belle habitation, ci-devant Breteuil, appartenant IO
a-présent au Genéral Bazelais.
des
Le 18, au matin, le Président travailla dans son cabi.
net jasqu'à onze heures et se rendit en suite chez le Ge Que 0
néral Bazelais, pour assister à un déjeâné servi avec goût
bon
Les
et élégance.
Au milieu du repas; M. Tabuteau, Doyen du Tribunal muSiqu
civil du ressort de Jerémie, prononça le discours suivant: nee
C Chef éclairé et vaillant héros d'Haiti, c'est à vous,le Son
père de la Patrie, que nous rendons hommage pour tant des 11
de bienfaits que les habitans de cette contrée ont reçus
er
de vous. C'est yous, dis-je, qui avez cicatrisé nos plaies. Dar
Vous avez répandu sur nous le baume préservatif de tant - C(
iqu
civil du ressort de Jerémie, prononça le discours suivant: nee
C Chef éclairé et vaillant héros d'Haiti, c'est à vous,le Son
père de la Patrie, que nous rendons hommage pour tant des 11
de bienfaits que les habitans de cette contrée ont reçus
er
de vous. C'est yous, dis-je, qui avez cicatrisé nos plaies. Dar
Vous avez répandu sur nous le baume préservatif de tant - C( --- Page 39 ---
(97)
de malheurs passés. Votre constance, votre persévérance
et votre ginie naturel, joints à l'exécution ponictuelle de
vOS ordres dans Farmog. 2 par les efforts de nos braves Généraux, et enfin par tous les officiers, employés sous eux,
vous ont conduit à la vraie gloire,
( Vous nous avez rendu la Grand'Anse que les méchans
nous avaient arrachée depuis 14 années. Combien de droits,
tièsillestre chef, 1l avez-vous pas à notre reconnaissance! !
( Nous pouvons inaintenant voyager avec sécurité ; les
cultivateurs ne sont plus ce qu'ils étaient : ils nous donnent, aujourd'hui, des preuves d'un caractère réformé;
ils obcissent aux lois, et respectent les autorités., ils deviennent des citoyens fidèles. Que désirons-nous de plus?
Président, vous avez tout fait pour nous, et nous n'avons encore rien fait pour vous. Mais vous jouirez, sans
doute, au fond de votre coeur, des bienfaits, qu'avec
l'aide de Dieu, vous nous avez procurés. Vous avez
tous les coeurs des habitans de la Grand'Anse, et
Etr
gné
reconnaissance sera éternelle ).
Après deux toats portés, Pun par le Général Bazelais,
l'autre
le Président, à la
aul Président d'Haiti;
par
périté de la Pépublique et à léternelle union des
tiEtre
Son Exc. répondit en ces termes au discours de Mr. le.
Doyen Tabuteau :
( Pénétré de reconnaissance de tout l'amour qui m'est
podigus, je ne puis que vous remercier des sentimens
des Citoyens de la Grand'Anse. Je n'ai fait que mon devoir, en m'eccupant à pacifier ces contrées ; et croyez
que toujours ma plus vive sollicitude sera employée pour
le bonheur des haitiens >.
Les toats ont continué. Des salves d'artillerie et une
musique analogue à chacune des santés, firent de la matinée une fête brillante. A trois heures de l'après-midi,
Son Exc. se rendit au Palais national et se livra au soin
des affaires publiques jusqu'à six heures du soir. Ayant porté
la dernière main à la pacification de la Grand'Anse, plus
par la clémence que par la rigueur, éritant de chercher
des coupables, conquérant tous les coeurs par des bien-
salves d'artillerie et une
musique analogue à chacune des santés, firent de la matinée une fête brillante. A trois heures de l'après-midi,
Son Exc. se rendit au Palais national et se livra au soin
des affaires publiques jusqu'à six heures du soir. Ayant porté
la dernière main à la pacification de la Grand'Anse, plus
par la clémence que par la rigueur, éritant de chercher
des coupables, conquérant tous les coeurs par des bien- --- Page 40 ---
: 38 )
6 faits, par des concessions qui, les attachant au sol, les
et
penètrent dun patriotisme sincère, elle se disposa à continuer sa route vers le bas de la côte, et le 19, à cinq
de le
heures du matin, Son Exc. monta à cheval, accompagnée Exc.
des Genéranx Bazelais et Lys. Celui-ci lui fit ses adieux a
une liene de Jéremie, pour retourner à son camp.
avou
Son Exe. s'arrêta au Bonbon, ainsi qu'à PAnse du Clair, marche
expliquant par-tout aux agriculteurs les intentions du Goubien O1
Erc.
verne ment pour la restauration des cultures. Le Citoyen
Brière présenta a Son Exc., au nom des babitans de ces
pour P
quartiers, un compliment auquel le Président fut fort-sen.
cam
sible. Après 7 heures de marche, Son Exc. arriva aux les ran
Abricots. Elle passa la garnison en revue, la felicita sur
le
de la
Son
sa conduite hérotque depais
commencement
rebel. Dlarie
lion du coupable Goman et donna des récompenses à ceux
qut les avaient justement méritées. C'est en cet endroit que eO D
se trouve le fameux Cenga. qui déserta de chez son Ci- Tateur
devant maitre en 1786 ou. 1787, lorsqu'il était encore
tait en
1s les
nouveau dans le pays et qui a toujours vécu dans les bois
des Abricois, étranger à tout ce qui s'est passé depuis la daient
révolution dans cette contrée. Cet africain, qui parait être Tegn I
eentenaire, est assez semblable à un sanrage. Une de nos patrouilles qui battaient les bois eut beaucoup de peine à le
fuir
V'elle
prendre, tant son abrutissement lui faisait
l"approche a 00
des hommes qu'il avait vu jadis réunis en état de société
Il parle à peine la langue du pays, et tout ce qu'il a pu ne put
à
saisir de lui, était de
plus to
dire à ceux qui parvinrent
se
dire tes
demander avec inquiétude: Boulan ldi encore? Voulant
Pre
si les blancs étaient encore dans le pays.
nuit ne vit
Le Président donna andience au peuple, passa la
d'emse
en cet endrort où les differentes danses du pays ne manLumdy
quérent pas de troubler son sommeil et de lui rappeler
qud avait à contmuer sa route. A quatre heures du matin, Don
il était déjà à gravir les belles montagnes des Abricots;
que
il arriva enfin à la Seringue, qui, pendant toute Pinsurvrodu
du cruel Say
rection, était un des principaux coupe-gorge
rendu,
tor
Desormeaux. Un des suivans de ce rebelle, quis'en Oc. Tive
@ rapporté que ce Say et sa bande, s'étaient portés, en
de troubler son sommeil et de lui rappeler
qud avait à contmuer sa route. A quatre heures du matin, Don
il était déjà à gravir les belles montagnes des Abricots;
que
il arriva enfin à la Seringue, qui, pendant toute Pinsurvrodu
du cruel Say
rection, était un des principaux coupe-gorge
rendu,
tor
Desormeaux. Un des suivans de ce rebelle, quis'en Oc. Tive
@ rapporté que ce Say et sa bande, s'étaient portés, en --- Page 41 ---
(89)
tobre 1818, sur le bord du chemin qui est entre la Serina
gue et le Trou-d'enfer, pour attendre le Président d'Haii
y passa efectivement accompagné de cinq officiers et
dragons, mais
quelques
que lorsqu'ils apperçurent Son
Exc. ils n'osèrent pas l'attaquer. Un autre de cette bande,
qui parla au Chef'd'escadron Dugoiran , lors de ce
a avoué depuis qu'il avait été employé pour découvrir passage, la
marche du Président. Ces rapports donnent à connaitre combien on était exposé dans ces vastes quartiers, que Son
Exc. n'a pas cependant craint de traverser dans le tems
pour examiner le terrain, afin de mieux combiner le plan
de campagne qui a terminé cette longue insurrection dont
les ramifications s'étendaient au delà des bornes que Pimagination loi donnait.
Son Exc. approcha bientôt de la commune de DameMarie, où elle vit de belles plantations, des cnltivateurs
en grand nombre et enivrés du plaisir de voir leur libérateur; car tous ces bonnes gens ont déclaré qu'ils ne
s'étaient tenus dans les bois que pour s'éviter les cruattes des rebelles qui infailliblement les auraient surpris, ,s'ils
étaient restés sur les habitations pendant que le désordre
régnait encore.
Il y eut, à la petite rivière de Dame-Marie, une scène
digne d'être rapportée. A peine Son Exe.
avait
qu'elle fut enlevée de dessus son cheval
y
paru 9
pour étre portée
au bourg. Le Président, malgré les plus vives
ne put résister aux élans de la reconnaissance instances, et de la 2
plus touchante affection: ce ne fut qu'après les plus pressantes sollisitations que l'on parvint à faire mettre à terre
le Président, qui reprit aussitôt son cheval. Jamais on
ne vit une réception exécutée avec plus de chaleur et
d'emsemble. Son Exc. étant arrivée au bourg, la mère de
Lundy,. fils de Goman, vint se jetter aux pieds du Président, pour le remercier d'avoir fait grâce à son enfant.
Son Exc. la releva avec bonté, et donna des ordres pour
que le fils fut remis à sa mère. Ce trait de magnanimité
produisit le plus grand effet sur le peuple : on entendit
de tous côtés : ( Vive le bienfaiteur de la Grand'Anse
Vive l'ami de lhumanité! )
arrivée au bourg, la mère de
Lundy,. fils de Goman, vint se jetter aux pieds du Président, pour le remercier d'avoir fait grâce à son enfant.
Son Exc. la releva avec bonté, et donna des ordres pour
que le fils fut remis à sa mère. Ce trait de magnanimité
produisit le plus grand effet sur le peuple : on entendit
de tous côtés : ( Vive le bienfaiteur de la Grand'Anse
Vive l'ami de lhumanité! ) --- Page 42 ---
(40 )
Son Exc. quitta la Petite-Rivière, qui est un bourg fort lombe
agréable, pour se rendre à Dame-Marie, où elle visitiles Ctove
emplacemens destinés à la construction des édifices pablics uNour
et à Vagrandisement projeté de la ville, en décidant que rcait 1
la situation malheureuse des habitans ne permettait pas OIS d6
de rien exiger d'eux par les Arpenteurs qui seraient char: Ire se
gés de tracer lesdits emplacemens. Après avoir parié au rant
peuple et pris des informations sur l'état des affaires de con
plusienrs familles, Son Exc. a secouru, des deniers de Sa DOTC
cassette, les personnes dont les besoins étaient les plus wrle
et donné des récompenses à celles dont la conpressans,
la
durantla
ET Sa
duite a été
plus recommandable
pénible guerre
contre les insurgés, et notamment au Citoyen Jean-Bap- are
tiste Ralas qui avait tud, d'un coup de fusil, le féroce aldats
Say Desormeaux. La pluie qui survint n'empêcha pas Son to01t
Exe. de continuer sa route : elle arriva à PAnse dHai wen
nault à sept heures du soir. Presque toute la population
a
attendait le Président à l'entrée de la ville, Mer
de cet endroit
d'instances
la déciderà
sel
et il lui fallut faire beaucoup
pour l'arrivée du Père
renvoyer aui Jendemain ses felicitations sur
de la patrie dans cette intéressante et nouvelle ville.
leas
A peine était-il jour, le 21, que la maison ou reposait Apre
le Président fut entourée de Citoyens : les uns venaient loi monta
leurs hommages et leurs voeux, les autres sol. 428
présenter
Son
était
à travailler dans SA ammant
liciter sa justice.
Exc.
déjà à six heures elle parut togna
chambre avec le Secretaire-Ginéral;
dans la salle, et s'oecupa d'affaires publiquesjusqua midi,
rest et toujours à la satisfaction des parties
sans interruption ainsi )
la preuve que des difficultés et des mer
qui nequéraient
étaient, dès
discussions que Pon croyait interminables,
et
qu'on les soumettait à la sagacité du Président, réglées
terminées à Pamiable.
d'avoir à retracer ici un acte
n
Cependant nous regrettons
d'Hainault,
par 01
vexatoire d'un Magistrat de l'Anse
qui
suite, s'est trouvé dans la nécessite de réclamer sa reliaite du
du service, laquelle lui a été aussitôt accordée : ils'agit
con
trouvant
commode d'ap- Vette
Juge de paix Maucaud, qui,
plus du délit, est pousell
pliquer la peine que de chercher la preuve
à retracer ici un acte
n
Cependant nous regrettons
d'Hainault,
par 01
vexatoire d'un Magistrat de l'Anse
qui
suite, s'est trouvé dans la nécessite de réclamer sa reliaite du
du service, laquelle lui a été aussitôt accordée : ils'agit
con
trouvant
commode d'ap- Vette
Juge de paix Maucaud, qui,
plus du délit, est pousell
pliquer la peine que de chercher la preuve --- Page 43 ---
(41 )
tombé dans un arbitraire repréhensible, Voici le fait. La
Citoyenne
avait fait boucherie d'an porc,
asoir payé, à Padministration, le droit établi ; mais après elle
avait neglige (par ignorance, dit-elle , ) de prendre le
mis de la Justice de paix pour vendre la viande. La perlice se saisit de cette viande et traduit la propriétaire
vant le
de
Be
Jiuge
paix qui, sans autre
prononce
la
confiscation. En vain la malheureuse formalité, aflirme
paré le droit, l'inexorable Juge lui impose silence qu'elle elle a
parle encore, il ordonne la prison ; elle réclame contre 5
cè jugement, il ordonne les fers, et aussitôt fait entraimer sa victime à deux lieues dans la campagne pour la
fare mettre aux fers dans un poste où il y avait cent
wldats.lI... Cette malheureuse femme a été genéreusement
dalommagée de la bourse du Président. L'estimable Cibyen Louis-Gabriel Marin, homme instruit et religieux,
qui a été appelé à remplacer le Juge Maucaud, fait es- 3
prer que les habitans de la commune de lAnse-d'Hainault
ne seront plus exposés aux vexations outrageantes d'un
Magistrat qui a autant méconnu ses devoirs que foulé aux
pieds les droits des Citoyens.
Après le déjetné, $ c'est-à-dire, à une heure, Son Exc.
monta au camp Bourdon, commandé par le Général Nicolas Louis , et occapé par les 13ème. et 19ème. régiments,
irmant la division de droite. Ce Général a reçu des témoignages! de la satisfaction du Président pour la bonne
lenue des troupes qui sont sous ses ordres. Son Exc.
le reste de la journée à s'entretenir familèrement avec passa l'oficier comme avec le soldat, et toujours avec la bonte
l distingue. Le Colonel Lepage et des sous-officiers dé- qui
Jutés des 13ème. et 19ème. régimens vers Son Exc., lui
prononcèrent des discours de félicitations, auxquels elle a
(té infiniment sensible.
Son Exc. etant de retour à PAnse-l'Hainault, le 02,
Vadame Papilleau lui prononça, au nom des Dames
la
de
commune, un discours plein de sentiments délicats.
Cette dame etait à la tête d'une trentaine de jeunes denoisclles parées décemment et portant chacune un petif
13ème. et 19ème. régimens vers Son Exc., lui
prononcèrent des discours de félicitations, auxquels elle a
(té infiniment sensible.
Son Exc. etant de retour à PAnse-l'Hainault, le 02,
Vadame Papilleau lui prononça, au nom des Dames
la
de
commune, un discours plein de sentiments délicats.
Cette dame etait à la tête d'une trentaine de jeunes denoisclles parées décemment et portant chacune un petif --- Page 44 ---
(42) )
étendard aux couleurs nationales, sur lesquels étaient des Svo L
signes emblématiques du caractère vigilant, bon, généreux,
juste, honorable du Président, avec des devises analogues, V Ch
Ensuite le vertueux Citoyen Thimothé se présenta a la keo 5
tête de ses élèves, all nombre de vingt-six, jeunes etin. enul ieu
téressans garçons : l'un portait les attributs de PAgrieul. anban
ture; l'autre, ceux de Commerce ; un autre, ceux de atms
la Justice 3 un autre, ceux de la Force. Lun d'eux, le en
fils du Chef de bataillon Gautras, ayant en main desian. apeu
riers entourés des couleurs nationales, s'avança avec assu- 1
rance; et, dans une attitude vraiment militaire, dit, d'one ordo
voix forte et animée :
spoad
( Citoyent Président, recevez ces lanriers que nous vous
ipre
présentons; vous les avez justement m.rités. Veuile le Dieu EVA,
Mars vous conduire dans toutes VOS entreprises, êt plaise Iec
à PEterrel vous faire vivre assez long-tems pour nous mettre
à même de manier les.arthes sous vous que nous aimons,
nous chérissons! Vive la Republique! Vive PIndégene a pre
que
dance! Vive le Président d'Hditi! )
Sensiblement touché de toutes ces marques d'attachement et de dévouement, le Président y répondit de la ma- pom
nière la plus obligeante, et se retournant vers un groupe el
d'officiers, au milieu desquels on distinguait Phonorable Luves
Bazelais, (1) il s'écria, avec laccent de Tâme: ( com- son
ment ne me sacrifierais-je pas pour le bonheur de Ces en- ere
Unn
-
fans ? Ah! ma vie ne sera J umais assez longue pour faire
pour eux et pour leur postérité tout ce que je conçois 2a1t
gu'l est Tiossible de faire. >
Le reste de la matinée fut consaeré atl travail, à h
recon ciliation des familles divisées par les procès: Son Exc.
dedommagea, de ses deniers, les parties qui se trouvaient 3
lézées 5 et, après avoir donné à tousles Citoyens des pretlves de sa bonté, de Sa justice et de sa sollicitude pour
le bien public, elle monta à cheval, à 3 heures, pourse
rendre aux Irois ou Pattendait une nombreuse population,
w0an
(7 Le Général de Division Bazelais est un des plus anciens culitaires
e
duot République.
Exc.
dedommagea, de ses deniers, les parties qui se trouvaient 3
lézées 5 et, après avoir donné à tousles Citoyens des pretlves de sa bonté, de Sa justice et de sa sollicitude pour
le bien public, elle monta à cheval, à 3 heures, pourse
rendre aux Irois ou Pattendait une nombreuse population,
w0an
(7 Le Général de Division Bazelais est un des plus anciens culitaires
e
duot République. --- Page 45 ---
(43) )
Son Exc. passa la nuit en cet endroit, et le quitta le
lendemain. Le 23, à 9 heures du matin, elle- arriva, par,
des chemins horribles, à Tiburon où le seul amour du
bien ginéral pouvait le conduire. La route était tellement
perilleuse, que plusieurs chevaux se sont rompus le col en
tombant dans des précipices affreux. A peine le Président
eut mis le pied à térre, que ses bureaux furent établis,
ct en quatre heures de tems Son Exc. avait donné audience
au peuple, riglé des a Taires litigienses, aidant les familles
par des secours pour le rétablissement de leurs habitations,
et ordonné tout ce que pouvait rendre nécessaire la correspoadanée avec les différentes administrations de lEtat.
Après un léger déjeûné, Scn Exca quitta les Ircis; elle
arriva, dans la soirée, aux Anglais où elle fut accueillie
avec le même enthousiasme et les mêmes f.licitations qui
ont signalé par-tout son passage. Elle fit en cet endroit
tout le bien qui était en son pouvoir, et en partit le 24.
En prenant congé de Son Exc., le Général Bazelais lui
dit : C Président, je vous en conjure, conservez-vous pour
la patrie ).
Son Exc. continua sa route, et bientôt elle rencontra
le Général Marion, Commandant l'arrondiasement des
Cayes, qui, depuis quinze jours, P'attendait à la limite
de son commandement. Son Exc. s'arreta à la Chardonmière, au Port-i-Piment, travaillant par-tout, et elle arriva
enfin aux Coteaux, à 11 heures du matin. Si l'on s'imaginait que là le premier soin du Président fût de prendre
quelques rafraichissemens., l'onse tromperait ; car aussitôt
qu'il eut descendu de cheval, Son Exc. se mit au travail jusqu'à S heures : elle entendit tout le monde, régla
le service de l'intérieur 3 consola des afiligés, secourut des
malheurenx, et dina enfin à 4 heures. A 5 heures, elle
était à cheval: après une marche de deux lieues, ayant
la pluie en avant, le Président se rendit sur Phabitation
Béchillon, où la Garde et l'Etat-Major de Son Exc. bivouaquèrent pendant la nuit sous des arbres. Cette nuit
offrit le spectacle d'un camp et rappela à chacun le métier des armes. Le 25, Son Exc. quitta cette position,
malheurenx, et dina enfin à 4 heures. A 5 heures, elle
était à cheval: après une marche de deux lieues, ayant
la pluie en avant, le Président se rendit sur Phabitation
Béchillon, où la Garde et l'Etat-Major de Son Exc. bivouaquèrent pendant la nuit sous des arbres. Cette nuit
offrit le spectacle d'un camp et rappela à chacun le métier des armes. Le 25, Son Exc. quitta cette position, --- Page 46 ---
(44 )
pasea par le Morne-fendu et entra en plaine des Cayes,
oi elle visita plusieurs habitations, s'informa de l'état des
eultures, expliqua aux cultivateurs les intentions paternel. ences
les du gouvernement, visita les usines de la belle sucrerie Dc
du Général Marion, et, après un léger repas, elle sere. Wes
mit en route, an soleil couchant, et entra 212 cognito aux Hons
Cayes à huit heures du soir. Cet in cognito ne put C8. EN de
pendant pas être observe aussi exactement que le désirait Le
Son Exc., car des individus dé tout age et de tout sexe, beck
attirés par le bruit des chevaux, se portèrent en foule de )
sur la levée pour voir entrer le Président.
Tall.
Le 26, Son Exc. reçut la visite des autorités de la place, Esc:
et passa le reste de la journée à expédier un grand nom- aser
bre d'affiires, et la cofrespondance ordinaire.
merité
Le 27, le Commerce et le corps Judieiaire furent pf tiver
sentés à Son Exc, 9 après la parade des troupes, où la belle Cs al
garde nationale des Caves reçut du Président de nouvelles aura
f.licitations pour sa bonne tenue (2). Ce corps fait honneur
A:
à ses membres, et doit servir d'exemple a ceux qui sont Welcl
appelés à un service si louable.
entre muit
Le 28, de grand matin, Son Exc. visita les édifices
publics, donna les ordres nécessaires pour faire réparer ceux elle
qui ont besoin de Têtre, 9 ainsi que la maison d'un parti Ton
cnlier, qui était occupée depuis quelque tems comme corps- qut
de-garde, afin de lui en faire la remise.
rait
Le 29, Son Exc. se mit au travail dès la pointe du
jour: elle regla des affaires de familles qui étaient depuis 0i te
Geffr
2ELEH (9) Voici Te compliment que le Président adressa à cette ganie:
8 D
ce Citoyens de la Grarde nationsle des Cayes ! je suis satisfait de votre le gand
conduite ; vous prouvez , par l'ensemble qui vous anime, que vous avez tre
sentiment de votre force et que vous êtes eapables de tout entreprendre vOUS sacre
pour la sécurité de vos familles et la conservation de vos propticter Les sera
serez respectés, paree que votre conduite vous rend respectables toute la dta,
froapes de ligne. vont rentrer dans leurs cantoanemens, puisque au service
Grand'Anse est paeifiée : vous ne serez donc plus assujettis
sans laut
des postes que vous faites depuis quinze mois avec un dévouement sil en
bornes. Que ceux des haitiens qui n'imitent point votre exemple,
toure
est, rougissent de honte : ceux-ià ne peuvent préteadre a mon estin:ni Ta
à la considération publiqae. 27
tes
dta,
froapes de ligne. vont rentrer dans leurs cantoanemens, puisque au service
Grand'Anse est paeifiée : vous ne serez donc plus assujettis
sans laut
des postes que vous faites depuis quinze mois avec un dévouement sil en
bornes. Que ceux des haitiens qui n'imitent point votre exemple,
toure
est, rougissent de honte : ceux-ià ne peuvent préteadre a mon estin:ni Ta
à la considération publiqae. 27
tes --- Page 47 ---
(45)
long-tems en litige, s'employant sans cesse pour la réconciliation des personnes que Pesprit de chicane avait éloignées les unes des autres. L'equité et la bonte de Son
Exc. lui valurent des remercimens qui seraient inapréciables pour tout autre que celui qui répondait aux exp ressions d'une profonde reconnaissance : ( je n'ai rempli
les devoirs d'un père conciliant ses enfans. >
que
Le ler. Mars, au matin,, le Président se rendit à Torbeck; là elle employa les plus pressantes exhertations, afin
de porter les eultivateurs à redoubler d'ardeur pour le travail. Lon remarqua les mots suivants du discours de Son
Exc.: ( gérans et conducteurs d'habitations, retournez
au sein de VOS familles et dites-leur que le seul moyen de
mériter ma bienveillance et mon estime, est de bien cultiver la terre, et que je visiterai, par moi-meme, tous
Jes ans, toute la Republique, pour recompenser celui
aura
le mieux travaillé, )
qui
Après ce discours, Son Exc. se rendit sur Phabitation
Welch, afin de faire cesser les discussions qui existaient
entre les acquéreurs de cette proprieté, Son Exc passa la
nuit sur l'habitation Bonteiller, et le 2, de grand matin,
elle en partit pour aller visiter le fort des
lon peut citer comme un de ces paliadium de Platons, la liberté, que
qui peuvent résister aux efforts de tout ennemi qui tenterait de nous replacer sous le joug de l'esclavage.
0 valeureux Geffrard! pent-on contempler cette forteresse,
oi tes mânes reposent, sans offrir un tribut à ta mémoire?
Geffrard, digne émale des héros goi se sont signalés
les services qu'ils ont rendus à la Patrie ; placé à côtédu par
grand Pétion, ton ari, vois son successeur te faire revivre dans nos ccurs! Ta tombe va devenir un autel consacré au patriotisme, et la helliqueuse jeunesse à
sera
confite la garde de cette redoutable citadelle,
qui
dra, au pied du mausolée qui renferige tes cendres, qu'il appren- lui
faut servir la belle et reconnaissante Haiti, comme tu l'as
fut, pour mériter d'être inscrite sur les pages de notre histoire. Le cizeau, obéissant aux ordres du juste
e 9
va
Boyer
éterniser, sur la pierre indestructible, le sonvenir de
tes hauts-faits.
sera
confite la garde de cette redoutable citadelle,
qui
dra, au pied du mausolée qui renferige tes cendres, qu'il appren- lui
faut servir la belle et reconnaissante Haiti, comme tu l'as
fut, pour mériter d'être inscrite sur les pages de notre histoire. Le cizeau, obéissant aux ordres du juste
e 9
va
Boyer
éterniser, sur la pierre indestructible, le sonvenir de
tes hauts-faits. --- Page 48 ---
(46 )
Après avoir donné des regrets à la mémoire du brave
Gefliard, et jeté quelques fleurs sur sa tombe, Son Exc,
rentra aux Cayes par les chemins les plus affreux, afin
de visiter les avenues du fort pour bien connaitre tous les
moyens de défense de cette position importante.
Le 8 et le 4, Son Exc. travailla à son cabinet particu
lier jusqu'à midi, et donna audience publique jusqu'au
soir.
Dans la soirée du 4, elle assista à une représentatinn
théâtrale que des amateurs lui offrirent, et dont elle fut
satisfhite. On remarquait sur un transparant, placé dans
la salle du Spectacle, le quatrain allégorique suivant :
Doué d'un coeur sensible, autant que helliquenx,
Il désire la paix, sans redouter la guerre :
Entreprenant, actif, doux, et pourtaut sévere,
onn
1l se sert du pouvoir pour faire des hegreux.
ote
A5 11
Dans un des entre-actes, les vers suivans furent récités
tesse
par Madame G..;
Tel que l'astre du jour, dans sa course brillante,
Epand ces feux régénérateurs
eaus
Qui, pénétrant par-tout, raniment tous les coeurs,
Font refleurir les champs et reverdir la plante :
Le héros d'Haiti semble par ses regards
Autour de Jui répandre une nouvelle vie.
DOn
Ferme appui de PEtat, sincère ami des Arts,
1I est le bienfaiteur du sol qu'il vivifie.
IT
Tel qu'un pilote habile au milieu de Torage,
Osant des flots dédaigner Teffort,
Evite les écueils et fait eutrer au port
Uu vaisseau que les vents écartaient du rivage:
Le grand coeur qui conduit le vaisseau de PEtat
Arrive strement au terme du voyage.
Toujours juste, prudent # guerrier et magistrat,
De Panivers entier il aura le suffrage.
Le riche avec plaisir se trouve en sa présence;
Pour Tindigent elle est un bonheur.
JI sait tracer à Pui le chemin de Phonneur 1
Quand pour l'antre son coeur s'ouvre à la bienfaisance
utrer au port
Uu vaisseau que les vents écartaient du rivage:
Le grand coeur qui conduit le vaisseau de PEtat
Arrive strement au terme du voyage.
Toujours juste, prudent # guerrier et magistrat,
De Panivers entier il aura le suffrage.
Le riche avec plaisir se trouve en sa présence;
Pour Tindigent elle est un bonheur.
JI sait tracer à Pui le chemin de Phonneur 1
Quand pour l'antre son coeur s'ouvre à la bienfaisance --- Page 49 ---
(47)
De la la vicillesse il est par-tout le protectear;
Il donne tous ses soins à Vardente jeunesse :
De tous ses citoyens s'il est le bienfaitenr, 2
II doit être à janiais Pobjet de leur tendresse.
Pour charmer les loisirs du mortel qui, sans cesse 2
Songe à la gloire de son pays,
Des amis des beaux arts, en ce lieu réunis,
Ont osé se livrer au motif qui les presse :
Si, trompés
lear zile, ils n'ont pu réussir
A signaler tes votre aimable présence,
Qu'un regard de bonté calme lear déplaisir !
Ils seront consolés; grace à votre indulgence.
Le 5, après la parade, Son Exc. fit sa tournée dans la
ville; ; rentrée au Palais national, elle s'occupa des affaires publiques, jusqu'au coucher du soleil, et Je soir elle
donna un fort beau bal aux dames des Cayes, A cette
fete brillante, ou se trouvait rénnie une société distinguée,
la gaité la plus aimable regni; Son Exc. combla de
tous
politesse
les assistans. Ilye eut un feu d'artifice sur la place
du Gouvernement,
Son Exc. consacra la journée du 6 au travail de ses buteaus, et expédia un nombre considérable daffaires.
Le 7, à six heures du matin, Son-Exe. quitta les Cayes:
le Général Borgella l'attendait dans les limites de
ils se
Cavaillon;
donnèrent mutuellement des marques d'amitié, et
Son Exc. continua sa route, passant par Custine.
Elle s'arrêta à Cavaillon, et en partit le 8, se dirigeant
sur St.-Louis. De là elle se rendit à Acquin, où elle se
trouva le 9. Par-tout elle a été accueillie avec enthonsiasme
et avec félicitations ; par-tout elle a exercé son esprit conciliateur et la sollicitude paterneile qui la porte à donner tous
les soins qu'exige le bien public. Le Doyen du Tribunal
civil d'Acquin lui prononça un discours qui était dicté par
la reconnaissance et par le vif désir de s'acquitter honorablement des devoirs de son office. Le Président lui répondit d'une manière précise, en lui rappelant que les Juges
ne doivent jamais s'écarter des lois, et qu'il vaut mieux
toujours concilier les parties, que de les abandonner aux
vicissitudes des procès.
à donner tous
les soins qu'exige le bien public. Le Doyen du Tribunal
civil d'Acquin lui prononça un discours qui était dicté par
la reconnaissance et par le vif désir de s'acquitter honorablement des devoirs de son office. Le Président lui répondit d'une manière précise, en lui rappelant que les Juges
ne doivent jamais s'écarter des lois, et qu'il vaut mieux
toujours concilier les parties, que de les abandonner aux
vicissitudes des procès. --- Page 50 ---
(48 E
Présk
Son Exc. se rendit en suite sur la place d'armes, oit dience
étaient réunies l'artillerie et la gendarmerie ; elle les Tap- on Exo
pela à leur devoir par un discours énergique, et en lear
imite
montrant le Général Borgella qui possède, à cause de ses Rtompa
principes libéraux st de ses ventus patriotiqnes, sa confiance, nuit.
son estime et son amitié. Kentrée au gouvernement, Son
w
Exc. s'occupa des affaires publiques, et ordonna tout ce
que le service, la construction et l'entretien des fortifica. ment
tions et des édifices publics, dans tout l'arrondissement,
pouvaient exiger.
citoy
Après s'être entretent avec le Général Borgella pour
rent
V'embellissement d'Acquin, le Président fit délivrer des-ti. uslard
tres de concessions sur le terraio destiné à Pagrandissement portal
de la ville qui est dcja belle et qui promet de devenir une Nous
des plus considérables de la Republique.
sont
Les pirates n'abordont plus cette partie de nos côtes. bles
De Cayaillon à Acquin, les routes sont bien tenues, et nous
est eccellent. Aussi
dans tont ParandsementTegne public
dou
le Président a témoigné totite sa satisfaction au Géneral kme :
Borgella qui, par sa douceur et son affabilité, remplit ptent
parfaitement les intentions paternelles de Son Exc. qui apatr
veut le bonheur du peuple: Pamour porté at Président,
dans cette partie de la Répablique, est au-dessus de toute
expression. A la vérité, Son Exe. s'en est Tendu rraiment Dlissan
digne par les soins qu'elle a constamment pris de conci- nce,
lier les familles, 2 d'eclairer chacun sur ses véritables inté
rêts, et d'arrêter l'esprit de chicane qui menaçait de trou- reux
bler ce pays. Son Exc.
: le Général Borgell tciles
Le 11,
quitta Acquin
I
l'accoinpagna jusqu'a la limite de son commandement. Enfin Nous
semblait qu'ils s'entendaient pour ne pas se séparer. cher kumen
Son Exc. rompit le silence, en disant: a allons, mon Memle
Général, il faut nous quitter : nos devoirs l'exigent )
nagez votre santé pour le bonheur des habitans d'Acquin. ménage
( Et yous, Président, répondit le Général, Patrie. )
JEAN
vous pour la nation et pour la gloire de la
qui
Son Exc. continua sa route, avec le Colonel Hogu
était dans la limite de Miragoane. Arrivée à Sk.-Midid, (Lors
pit le silence, en disant: a allons, mon Memle
Général, il faut nous quitter : nos devoirs l'exigent )
nagez votre santé pour le bonheur des habitans d'Acquin. ménage
( Et yous, Président, répondit le Général, Patrie. )
JEAN
vous pour la nation et pour la gloire de la
qui
Son Exc. continua sa route, avec le Colonel Hogu
était dans la limite de Miragoane. Arrivée à Sk.-Midid, (Lors --- Page 51 ---
(49 )
le. Président descendit de cheval pour donner
midience aux habitans du quartier ; après avoir publiquement
Son Exc. remonta à cheval; et quitta le Colonel déjetné,
la limite de son commandement, Le Colonel Cérisier Hogu alla à
accompagner Son Exc. jusqu'au Petit-Goave, ou elle
Wnuit,
passa
Le 12, Son Exc. se rendit au Grand-Goave, et de là
:Léogane, oû, étant informée que des préparatifs se faisient dans la capitale, par les hubitans, pour sa
tion, elle écouta plutôt sa modestie, que le désir récep- ses
concitoyens avaient de lui témoigner leur
que
Hlle rentra en silence et dans la puit, évitant reconnaissance. de
sous Tare de triomphe qu'on avait élevé pour sa
passer
au portail dit de Léogane,
réception
Nous ne terminerons pas cette relation par les
qui sont dus au Pacificateur de la
éloges
faiblesse de nos moyens littéraires Grand'Anse, ne nous
parce que
de nous livrer à une telle entreprise : le lecteur permet pas
sans doute, l'injustice de notre silence, en
réparera, luimême l'importance des services que ce chef appr-ciant éclairé, actif,
pident, humain, désintéressé,loyal et
a rendus
il patrie, en éteignant, 9 sans effusion de courageux, sang, une
tion qui faisait le malheur d'une partie de notre insurrec.
ton; il le verra par-tout veillant à la streté de popula- 11
dablissant les bases de la prospérité publique,
Etat,
ksice, protégeant la vertu, distribuant la
querellant
tant la chicane, préchant la concorde, secourant justice, les écarleureux et conservant, au faîte des honneurs et de la malprité, cette tempérance et cette modestie
sont prosificiles à maintenir au sein de la fortune et de la qui
si
Nous consignerons, à la fin de cette relation, comme puissance.
acument utile, la proclamation que Son Exc., étant un à
lremie, adressa au peuple et à Tarmée,
àn de Pinsurrection.
pour annoncer la
Proclamation au peuple et d Parmée.
JEAN-PIERRE BOYER, Président d'Haiti,
Citoyens,
(Lorsqu'en Janvier de l'année précédente, je vous annon
sont prosificiles à maintenir au sein de la fortune et de la qui
si
Nous consignerons, à la fin de cette relation, comme puissance.
acument utile, la proclamation que Son Exc., étant un à
lremie, adressa au peuple et à Tarmée,
àn de Pinsurrection.
pour annoncer la
Proclamation au peuple et d Parmée.
JEAN-PIERRE BOYER, Président d'Haiti,
Citoyens,
(Lorsqu'en Janvier de l'année précédente, je vous annon --- Page 52 ---
(50) )
çnis que T'hreure avait sonné où l'insurrection de Goman
Z0
devait finir, j'étais bien résolu de tout employer pour
ran
parvenir à ce but. Trois divisions de l'armée et qelques
uun
détachemens de volontaires ont été employés contre leste: NIDS
belles, et les montagnes de la Grand'Anse qu'ils OcCu- tout
paient sont pacifiées..
a1
( Ce réstltat, Citoyens, est le fruit de Phabileté des
Généraux, de la persévérance et de la vaillance des Om.
la
ciers et Soldats qui ont été employés eil cette occasion. irez
En effet, il n'est point de difficultés que les troupes n'aient rOuS.
surmontdes, pas de cavernes qu'elles n'aient fouillées, et, (Ct
par-tout où elles se sont présentées, la soumission des re.
tou
voltés a prévenu leur. châtiment, et la République, et E
recouvrant Pun des plus bean 13 quartiers de son territoire pecinC
et des personnes égarées, n'a eu à sévir que contre quel loriel
andacienx dont In mort, provoquée par leur opinis- jest 0
ques treté, a été celle des méchans et des traitres.
C Militaires employés dans la Grand"Anse, et vous, Gardes utre
nationales volontaires ! j'éprouve une satisfaction bien douce de la
en vous félicitant en CC jour Vous avez pronve que ent
vous saviez allier à la valeur guerrière ce courage indomn. TOUS
tible de l'âme qui triomphe de tous les obstacles, et rend CO1
Thomme capable d'exécuter les plus grandes choses
LI
La Patrie est reconnaissante, de VOS services: elle ne'les OT80
onbliera jamais. Vous allez retourner dans vos quar- Le
tiers respectifs vous délasser de la pénible campagne que
vous venez de terminer. Au sein du repos" que vous altez eor
rappelez-vous sans cesse que si vous avez vaica que
gouter, dains la Grand'Anse des dificultés qui paraisaient insurmontables, il vous reste éncore plus à faire!.. - Soyez S1- Dona
done toujours attentifs a ma voix et préts, au premier
gnal,a marcher avec moi là ou it fandrait arriver pour consolider Ta stabilité et la gloire nationale.
habitans de la
vOS proninaus
C Et
Grand'Anser
vous,
les défenseurs
ont été arrachées par VOS généreux frères', dévastaient!.
de la Patrie, des mains des rebelles qui iles Retourmezs
Je vous les rends au nom de la République. leur
avec confance, et jouissez avec sécurité de
posesion Rivaisa
dont vous avez été prives depuis quatorze ainécs.
arriver pour consolider Ta stabilité et la gloire nationale.
habitans de la
vOS proninaus
C Et
Grand'Anser
vous,
les défenseurs
ont été arrachées par VOS généreux frères', dévastaient!.
de la Patrie, des mains des rebelles qui iles Retourmezs
Je vous les rends au nom de la République. leur
avec confance, et jouissez avec sécurité de
posesion Rivaisa
dont vous avez été prives depuis quatorze ainécs. --- Page 53 ---
(51 )
de zèle et de persévérance avec les autres habitans de nos
campagnes, afin d'y faire fleurir la eulture et l'abondance.
Qu'un esprit de justice, de fermeté et de bonté préside
sans cesse à vos transactions avec les Agrienlteurs, et
tout envers ceux qui ont été si long-tems dans Perreur, Surafin de leur faire regretter leurs torts, et leur
à jouir du bonheur à l'ombre des rameaux de larbre apprendre sacré
de la Liberté! Votre patriotisme me garantit que vous ne
ferez pas moins pour la nation, que la nation a fait
vous,
pour
( Citoyens, 3 je crois avoir rempli l'une des importantes obligations que je m'étais imposées en acceptant le pouvoir
que vous m'avez déféré ; et j'ose le dire sans orgueil, la
pacification de la Grand. 'Anse sera une époque d'autant plus
glorieuse pour la République, et chère à mon coeur,
sest
sans
qu'elle
opérée
effusion de sang et qu'elle a été plutôt le
résultat de la force morale da Gouvernement que de tout
autre moyen employé pour l'obtenir. Constamment animé
de l'amour du bien public, le coeur enfiammé du feu ardent pour la prospérité de Pétat, vous me verrez consacrer
tous les instans de ma vie à votre bonheur. J'ai le droit
de compter sur vous pour seconder mes efforts. Je suis assuré de Tenthousiasme dont vous serez toujours animés
lorsque vous serez appelés à concourir au triomphe de notre chère patrie: cet espoir me garantit que nos neveux
jouiront à jamais de cette indépendance acquise par la vaJeur et le sang le plus pur des haitiens: c'est là tout ce
que j'ambitionne. ))
Vive la République /
Donné à Jérémie, le 18 Février 1820, an 17 de TIndépendance.
BOYER.
Par le Président:
Le Secrétaire-Général,
B, INGINAC. --- Page 54 ---
a0 --- Page 55 ---
Nos. 17, 18, 19, 20 et 21.
8,0 Annéa.
LABEILLE
HAYTIENNE,
JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE,
RiDIGE par J. S. MILSCENT
L'Epée et les talens doivent n'avoir qu'un but
Que chacun à l'Etat apporte son tribut.
Ce Journal parait deux fois par mois. L'abonnement est
de douze Gourdes par an. Chaque trimestre est exigible
d'avance.
S'adresser au Rédacteur.
uthen Aae
IMPRIME AU FORT-AU-PRINCE.
1820.
ILLE
HAYTIENNE,
JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE,
RiDIGE par J. S. MILSCENT
L'Epée et les talens doivent n'avoir qu'un but
Que chacun à l'Etat apporte son tribut.
Ce Journal parait deux fois par mois. L'abonnement est
de douze Gourdes par an. Chaque trimestre est exigible
d'avance.
S'adresser au Rédacteur.
uthen Aae
IMPRIME AU FORT-AU-PRINCE.
1820. --- Page 56 --- --- Page 57 ---
s
Cts
Port-au-Prince, du 15 Juin au 31 Octobre 1820 9
17ème. année de TIndépendance,
LITTERATURE
Sur M. de Montigre.
Siruer, il consacra son art et sa science
A prolonger le cours de Phumaine existence :
Philosophe seusible, il vonlut nous ser vir;
Mais la mort, en ces lieux, trabit son espérance,
Que ce marbre fidele attesle à Pavenir,
Les regrels d'une Epouse, et notre souvenir.
LUNION,
Chant guerrier.
Am: La Fictoire en chantant, etc.
Poux briser des lyrans les ignobles entraves
Le Nord appelle le Midi;
Amis, il faut céder aux voeux de tant de braves 8
Et leur préter un sûr appni.
Comme nous, aux champs de la gloire,
Ils ont déployé leur valeur :
Marchons ensemble à la Victoire
Pour la Patrie et pour FHonneur.
CHEUR.
La Répullique est notre mere,
Moutrons-nons ses digues enfas;
Unis sous la même bannière,
Nous vaincrons les plus fiers tyrans. --- Page 58 ---
(45
Ecartons loin de nous la Discorde ennemie:
Que des Gils de la Liberté
Sous les drapeaus de Mais la iroupe réunie
Se livre à la fraternité,
Notre cause est toujonrs la même,
Remplissous le même devoir:
Brisons le joug du diadème,
Que la Loi seule ait dupouvoir.
CHEUR,
La Rép ubliqne est notre mére,
Montrons pous ses dignes enfans :
Uris sous la même bannière,
Nons vaiucrons les plus Ders tyrans.
Amis,
obtenir le prix de la vaillauce,
RRTENT népriser le danger:
Com
Des exploits des eucrriers briguons la récompense;
Le péril n'est que passnger.
Sil Phonuenr nons appelle aux armes $
Pour aller cueillir des Jauriers,
La paix aura pour noUS des cbarmes
A Pombrage de nos palmiers.
CEUR.
La République est: notre mère,
Montrons-nous ses dignes eufans:
Unis sous la même bannière,
Nous vaincrous les plus fers tyriuse
C
illauce,
RRTENT népriser le danger:
Com
Des exploits des eucrriers briguons la récompense;
Le péril n'est que passnger.
Sil Phonuenr nons appelle aux armes $
Pour aller cueillir des Jauriers,
La paix aura pour noUS des cbarmes
A Pombrage de nos palmiers.
CEUR.
La République est: notre mère,
Montrons-nous ses dignes eufans:
Unis sous la même bannière,
Nous vaincrous les plus fers tyriuse
C --- Page 59 ---
LE PHILOSOPHE-PHYSICIEN,
Comédie en prose mêlée de Couplets, et en un acte.
Yr ansny
S s
Ne --- Page 60 ---
(6)
PERSONNAGES,
GELANOR, habile physicien,
GERMON, riche particulier,
CECILE, femme de Geron.
CONSTANCE, fiile de Germon et de Cécile.
LEANDRE, amant de Constance.
Un Gascon.
Le
ioen,
Un Normand.
mectateu
LEARQUE, Auteur.
PRECOUR, ami de Léarque.
ORPHISE, coquette.
FLORIMON, amant d'Orphise.
Vous
TRISTAN, vieux célibataire,
cav ce
SUZETTE, servante de Tristan.
FRANÇOIS, valet de Gélanor.
esa
--- Page 61 ---
(7)
LE PHILOSOPHE-PHIYSCIEN,
HIIO lHlinie
SCENE PREMIERE.
(Le théatre représente, d'un côté, le laboratoire d'on Chimista-Physicien, et de Tautre, un cabinet ou les acteurs peuvent être vus des
spectateurs, )
GELANOR, FRANÇOIS.
FRANÇOIS.
1I
Vous avez beatt dire, Monsieur ; je ne vois aucune dit
férence entre la Physique, la Magie ou la Sorcellerie.
GELANOR.
La Physique, 9 je te le répète, est la science de la nae
ture; elle s'appuie sur des vérités surprenantes, parce
qu'eiles échappent à la pénétration du commun des hommes.
La Magie ou la Sorcellerie n'est que l'abus que quelques
fourbes méchans Oil intéressés font de certaines decouvertes
ou des connaissances qui appartiennent à la Physique.
FRANÇOIS.
Je suis trop ignorant pour pouvoir apprécier les merveila
leux secrets de ia Physique ; mais je suis tenté de croire
que nos papa-lui sont aussi malins que vos physiciens. J'ai
toujours admiré votre théorie et VOS belles expériences,
quoique j'aie ri de bon ceeur de la bonhomie de ce Monsieur Bréchard, qui, non content d'avoir amusé le Cirque
Olympique par ses exercices équestres, entreprit d'enlever
a perte de vue une Mongolfière qui ne put que raser la
savanne à deux.reprises i mais rien ne m'étonne tant que
croire
que nos papa-lui sont aussi malins que vos physiciens. J'ai
toujours admiré votre théorie et VOS belles expériences,
quoique j'aie ri de bon ceeur de la bonhomie de ce Monsieur Bréchard, qui, non content d'avoir amusé le Cirque
Olympique par ses exercices équestres, entreprit d'enlever
a perte de vue une Mongolfière qui ne put que raser la
savanne à deux.reprises i mais rien ne m'étonne tant que --- Page 62 ---
(8) )
de voir 1n sorcier rester sous l'ean pendant une semaine,
tait
sans boire n'y manger; une autre faire accoucher une femme
qui était ericeinte dépuis trois ans; un autre recevoir dix
CIIC
coups de sabre qui ne font que bianchir sur S4 peau ; un
autre..
vou
GELANOR.
DE
Ta crédulité est grande. Ces sorciers sont, te dis-je, des CI mIS
fourbes et des malfaiteurs. Celui qui piétendit avoir de.
ervaut
mneuré si long-tems sous l'eau, est mort d'inanition dans
un cachot ; celui qui fit avorter la femme pour avoir soit
enfant et le détruire, a éte livré au glaive de la justice;
celui qui se disait invulnérable n'a pu parer la balle quia
Ce SC
mis fn à sa jactance.
mmei
FRANCOIS.
Vous me direz aussi qu'un respectable personnage, qui uppon
était fort malade, 5 n'a pas été guéri par un papa-loi quii lui
a fait sortir par les jambes, des crapauds, des lézards et
des couteuvres.
Cet
GELANOR.
Cette prétendue extraction n'est qu'ue supercherie, Le a Dar
simple bon sens, suflit. pour faire concevoir combien il'est
le U
ridicule de' croire quie des animaux sont sortis de la jambe
d'un homnie, sans qu'on. puisse découvrir l'onverture par
W L
Jaquelie ils ont éte expulsés. Ce genre d'escamotage est
tombe dans le mépris depuis qu'on a châtié un des iinposteurs qui vivent aux dépens del la crédulité des bonnes
gens., Un jeune homne ayant feint que samère avait des
Comm
maux de tête insupportailes, manda un papa-lui fort re- Attrou
nommé. Ce rusé compère s'étant rendu à linvitation, fit ige 00
dabord quelques simagrées en voyant la malade suppose;
Clo2 80
puis, il ordonna qu'on lui apportat de Peau bouillante dans
une terrine ; il y mit quelques feuilles et y ghssa adroitement une boule de cire dans laquelle il avait caché une
essur
samère avait des
Comm
maux de tête insupportailes, manda un papa-lui fort re- Attrou
nommé. Ce rusé compère s'étant rendu à linvitation, fit ige 00
dabord quelques simagrées en voyant la malade suppose;
Clo2 80
puis, il ordonna qu'on lui apportat de Peau bouillante dans
une terrine ; il y mit quelques feuilles et y ghssa adroitement une boule de cire dans laquelle il avait caché une
essur --- Page 63 ---
(9)
dertame quantité d'épingles. Il fit ensuite
la prétendue mère malade. La chaleur de Peau laver la téte de
la cire, les épingles tombèrent au fond de la ayant fondu
papa-lui cria au miracle, et montrant aussitôt terrine. Le
il voulut faire croire qu'elles étaient sorties les épingles,
de la femme qa'il traitait ; mais le
de la cervelie
tout observé., tomba sur le sorcier a jeune homme qui avait
de boeuf; et il lui aurait peut-être fait grands rendre coups de nerf
ce misérable n'avait avoué, devant tout le
lâme, si
servait ordinairement de pareils
monde, qu'il se
moyens pour gagner sa vie.
Ist fSIOT
FRANÇOIS.
Ce sorcier-là était un sot. Parlez-moi de celui,
commencement du mois d'Août
a
qui, ait
une jeune fille de la capitale, des dernier,
fait rendre à
des clous par la bouche, par les narines cigarres, et du coton ct
Cela vous a été attesté par un de vas amis par les oreilles,
soupçonner la véracité.
dont.on.ne peut
GELANOR,
Cet ami m'a dit qu'on lui avait montré les
jeune fille a rendus; mais il a jouté
le objets que la
cier, loin de vouloir renouveler
que
soi-disant soravait disparu lorsqu'il lui avait témoigné l'épreuve le en désir sa présence s
ger par lui-méme. Au reste, je ne vois rien
d'en junaire dans cette aventure. Si la
fille d'extraordiobjets, comme on le prétend, c'est jeune
a rendu ces
troduits dans les voies qui ont servi qu'ils à les avaient été ine
expulser.
US S
FRaNçors.
Comment, Monsieurt voas croyez
peut trouver du plaisir à s'enfoncer des clous qu'une jeune fille
a se bourrer les narines de coton et à se meubler dans les oreilles,
de cigarres !
l'estomac
smsa
GELANOR.
oid T al
iup
E
Jon
Acsurément, non. Mais comme il paraît certain que linai
u ces
troduits dans les voies qui ont servi qu'ils à les avaient été ine
expulser.
US S
FRaNçors.
Comment, Monsieurt voas croyez
peut trouver du plaisir à s'enfoncer des clous qu'une jeune fille
a se bourrer les narines de coton et à se meubler dans les oreilles,
de cigarres !
l'estomac
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GELANOR.
oid T al
iup
E
Jon
Acsurément, non. Mais comme il paraît certain que linai --- Page 64 ---
10,
constance de. son amant l'avait fait tomber dans un acois
de jalousie et.qu'elle avait conçu-le dessein de. faire croire
qu'elle avait sté empoisonnée par sa rivale, il est probg
ble qu'elle s'est laissée endoctriner par le compère qu'elle
avait appelé à son secours et qui l'a conduite ensuite sur
une habitation-ponr la traiter. Si la police s'était mélée de
cette affaire, la vérité aurait paru au grand jour.
-
FRANÇOIS.
Je suis forcéde convenir, Monsieur, que les connais.
el
sances que vous avez acquises dans la: science de la nature vous mettent fort au-dessus d'un pauvre ignorant tel
que moi, Votre cabinet de vérité produira un merveilleux
effet; mais..
GELANOR.
Ma découverte est bien différente de celles par lesquelles
on abuse de la crédulité publique; 5 et chacun en sera frappé.
FRANÇOIS.
En effet, ce n'est pas nne chose ordinaire que d'avoir
trouvé le secret de faire dire la vérité à tout Je monde,
Bien des gens se casseront la tête à devinervotre procédés
vent
SE
nsi
ibnst
GELANOR,
Il n'est, cependant, que le résultat d'une combinaison
de certaines substances et de quelques liqueurs qui m'ont procuré un fluide ayant la vertu d'exalter le cerveau au obt
point de forcer les personnes à dévoiler leurs plus secrètes
pensées. J'ai fait construire exprès ce cabinet pour mes
expériences. sb
iaiduam
FRANÇOIS.
Je suis bien aise que vous. l'ayez disposé de manière à
nous permettre de voir et entendre d'ici tout ce qui sy.
passera. Nous pourrons être témoins des jolies petites scè. --- Page 65 ---
(11 )
nes qui y auront lieu. Les billets d'entrée seront.ils bien
chers, Monsieur?
GELANOR.
Je-ne veux aucune rétribution.
sonol
FRANÇOIS.
Vous faites bien. Car personne ne voudrait payer pour
s'entendre dire des vérités dures.
GELANOR.
Mon but estr d'être utile.
FRANÇOIS.
J'ai grand'peur que votre découverte ne soit pas accueillie.
GELANOR.
Elle est utile : chacun y courra.
11 19, A
FRANÇOIS.
Ma-foi, Monsieur, je ne sais trop. La vérité est souvent si triste et si facheuse, que peu de gens s'amusent
à courir après.
GELANOR.
Mes expérierces seront avantageuses aux personnes qui
ont intérêt d'approfondir les sentimens qui les animent réciproquement, Les pères et les mères seront bien aises-de
faire subiraleurs enfans 9 avant de les marier, une épreuve qui
les mettra à l'abri de beaucoup de chagrins. Les maris et
les femmes ne seront pas fàchés de se donner des preuves
mutuelles d'amour et de fidelité.
FRANÇOIS.
Quelques uns n'y trouveront pas leur compter 2 y a des
illusions si douces!
ondir les sentimens qui les animent réciproquement, Les pères et les mères seront bien aises-de
faire subiraleurs enfans 9 avant de les marier, une épreuve qui
les mettra à l'abri de beaucoup de chagrins. Les maris et
les femmes ne seront pas fàchés de se donner des preuves
mutuelles d'amour et de fidelité.
FRANÇOIS.
Quelques uns n'y trouveront pas leur compter 2 y a des
illusions si douces! --- Page 66 ---
(12)
GELANOR.
Ceux qui craindront de faire connaître Teurs
gentimens, pourront s'exempter d'une pareille épreuve, véritables
FRANÇOIS.
La curiosité peut l'emporter sur la prudence.
YSC
GELANOR.
J'aurai soin, pour éviter les suites facheuses
Et
raient en résulter, de prévenir du danger
qui potir.
rir les personnes qui voudront
qu'anront à COUs'éprouver, et
serai point celles qui me paraitront
n'y expo.
ut
E
dignes
quelques
égards.
FRANÇOIS.
Fort bien, Monsieur; mais quel fruit recueillerez-vous
enfin de ces épreuves 1 ?
GELANOR.
Une parfaite connaissance du cceur humain. Et
cessé mes
j'aurai
expériences, je pourrai composer un lorsque livre
En
très-instructif.
curs
FRANÇOTS.
Un livre! il y en a déjà une bonne pacotille
dent les boutiques des libraires.
qui gar
a
a e0n08sog XUA
GELANOR.
Le mien devant contribuer au perfectionnement de Pespice humaine, 9 sera plus recherché.
a
FRANCOIS.
Je crains, Monsieur, que vous ne travailliez en pure
AT
perte. Car ceux qui ne connaissent pas les caractères de
l'alphabet ne pourront pas profiter de votre ouvrage,
I --- Page 67 ---
(:4s )
P GELANON.
Les gens éclairés leur en feront part.
.FRANGOIS
Vous trouyerez done aussi lert secret de-vous faire lire
par euxe
D 1aone
GELANOR.
En publiant mon livre..
or
sonnst
FRANÇOIS.
to E8E
Les lectures: de ce genre disposent singulièrement au
sommeil.
GELANOR.
L aa
Les gens sensés y prendront plaisir.
FRANÇOIS.
En effet, quand vous: aurez peint les. hommes avec tons
leurs défauts et leurs ridicules, ils vous seront bien obligés,
10o tup 20 GELANOR,
aaal
Ils se corrigeront peu-à-peu.
FRANÇOIS:
Oui, Monsieur, 9 paupeu, lentement, insensiblement...
GELANOR.
Trève aux observations. Reste ici un moment. Je vais
changer de costume. Bien que mes expériences se fassent
par des moyens purement physiques, il faut néanmoins leur
donner un aix magique, Si quelqu'un vient, fais attendre. --- Page 68 ---
14 3
SCENE DEUXIEME.
FRANÇOIS 3 seul.
e J'ai beau regarden, je ne vois venir personne. Monsieur
a cependant fait annoncer ses expériences par des affiches,
Il s'attendait à voir accourir toute la ville; mais HOS bonnes
gens sont assez sages pour ne pas venir s'exposer au ri. iufa
dicule et à la critique. Je.crais que nous serons obligés de
fermer boutique, car nous avons une marchandise qui n'est
pas en fayeur.
SCENE DEUXIEME.
FRANÇOIS 3 seul.
e J'ai beau regarden, je ne vois venir personne. Monsieur
a cependant fait annoncer ses expériences par des affiches,
Il s'attendait à voir accourir toute la ville; mais HOS bonnes
gens sont assez sages pour ne pas venir s'exposer au ri. iufa
dicule et à la critique. Je.crais que nous serons obligés de
fermer boutique, car nous avons une marchandise qui n'est
pas en fayeur. UA
Am: Femmes, vouler-yous éproisver.
D'être ntile à l'humanité
Vainement mon boungeois se pique ; benoe 2009 a
Il offre à tous Ia vérité,
P
Nal ne lui donne sa pratique.
Si Pon méprise son crédit,
Oui, pour moi Ja raison est claire:
arod Davs "Mensonge aimable a du débit,
- IouD
argildo neid Vérité tristeo n'eni a. guère. Ibi z1upl 39
Enfin, j'aperçois quelques personnes qui ont l'air de chercher le cabinet de la vérité. Elles ne tarderont pas à s'en
répentir.
U
03 duores
alHl € 3F a elllim
imamnoladianoer SCENE TROISIEME.
GERMON, CECILE, CONSTANCE, LEANDRE,
irsarsi 08 asotsieqx FRANÇOIS.
sust aniommsba dost CECILE, à François.
NSI0 Bts)
Mon ami, n'est-ce pas ici qu'est le cabinet de la vérité?
in --- Page 69 ---
(18)
FRANGOIE
Oui, Madame,
CECILE.
1o0 LI sibu-a6/T
920s1051
Nous désirons en faire l'épreuve.
FRANÇOIS.
U enemiinge e.
Mon bourgeois revient dans l'instant 1; et vous serez Satisfaite.
CEÇILE.
N'a-t-il pas un peu exagéré son pouvoir ?
S
FRANÇOIS.
E
noll
Vous en pourrez juger, Madame.
BUOv TIS
II - 10E02
GERMON.
Par quels moyens,
TnOTUOT SOViv endiee DSMI
ug
FRANÇOIS.
E200S a diod - enoit
21 909 t9ndioos
Je ne les connaît pas du tout.
a L IOX
CECILE.
AN
tuel 19TUB2S
atts 120
Votre bourgeois est un génie extraordinaire. misnoe saol
FRANÇOIS. MICIOL
al
C'est un philosophe, un chimiste, un physicien, un
magicien, un homine
comme on n'en voit pas.
GERMON. tao HU
G S
Il possède un secret merveilleux !
JOSTA
c-anolyo
FRANÇOIS, Su Janidso SA
2ol Snal II
Incroyable.
uel 19TUB2S
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Votre bourgeois est un génie extraordinaire. misnoe saol
FRANÇOIS. MICIOL
al
C'est un philosophe, un chimiste, un physicien, un
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comme on n'en voit pas.
GERMON. tao HU
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Il possède un secret merveilleux !
JOSTA
c-anolyo
FRANÇOIS, Su Janidso SA
2ol Snal II
Incroyable. --- Page 70 ---
(aa)
Cecirt.
Très-utile. Il nous servira à nous assurer si notre
fille sera heureuse dans le lien qu'elle doit former chère
Léandre.
aved
LEANDRE.
Les sentimens que l'aimable Constance m'inspire ne S'al.
tèreront jamais. Je brale de lui répeter "encore ce
lui ai déjà mille fois juré. Joindre au titre d'amant que celui Je
d'époux est le seul bonheur oà j'aspire.
a LOvUOr CONSTANCE.
AB M0O IM
Mon devoir s'accorde avec mon penchant. Mes parens,
en vous promettant ma main, ont dû s'apercevoir que mon
coeur était à vous depuis long-temps.
GERMON.
Mes enfans, vivez toujours dans ces heureuses dispositions. Le sort a constamment souri à mes désirs; sije puis
contribuer encore à votre félicité, je n'aurai plus de veeux
à former.
ESO diaaaoo asl oR 6L
CECILE.
vec
C'est afin d'assurer leur bonheur que je veux éprouver
leurs sentimens. tibrosii
- a9n RI
cet
Am: L'homme ayo dit-on, mille défauts.
TIT
naiolagig EY
olidq KtO 3o00
R
1Q Les anhons-sont, en le sait Mienjodl DU : aaibigam
Anges avant le mariage;
ure
Dès qu'ils ont formé ce len;
Ce sont vrais diables en ménage,
Avant Thymen, de leur bonté
9 aU ab6e00n II
Voulons-nous avoir une preuve ?
Au cabinet de vérité
Il faut les passer a Tépreuve, --- Page 71 ---
17)
FRANGOIS, à part.
Ceux-la ont pourtant lair de s'aimer sincèrement. Si la
vérité ne se plaît pas dans leurs coeurs, où trouyera-t-elle
un autre asyle ?
CECILE, $ à François.
N'est-ce pas là votre bourgeois ?
FRANçOIS.
a
C'est lui-méme.
NNE m
SCENE QUATRIEME,
Les précédens, GELANOR,
LES
GERMON, à Gélanor.
Nous sommes conduits ici moins par un motif de curio.
sité que d'utilité. Sur le point de marier notre fille unique
avec celui
chérit, nous désirons nous assurer de la
sincérité de
attachement ; mais avant de les
ale
soumettre
a cette épreuve, nous voudrions, ma femme et moi, reconnaître nous-mémes votre science et son pouvoir.
GELANOR.
biano 33
Vous m'inspirez tous deux un intérêt particulier. C'est
pourquoi je ne crois pas devoir vous exposer au danger
que vous voulez courir. Le lieu où vous voulez pénétrer
est redoutable.
CECILE.
Il ne m'inspire aucune crainte,
é de
attachement ; mais avant de les
ale
soumettre
a cette épreuve, nous voudrions, ma femme et moi, reconnaître nous-mémes votre science et son pouvoir.
GELANOR.
biano 33
Vous m'inspirez tous deux un intérêt particulier. C'est
pourquoi je ne crois pas devoir vous exposer au danger
que vous voulez courir. Le lieu où vous voulez pénétrer
est redoutable.
CECILE.
Il ne m'inspire aucune crainte, --- Page 72 ---
( 18 )
GELANOR.
Tout me porte à croireque vous avez coulé entemble les
plus heureux jours, et que vous vous aimez bien tendrement,
CECILE.
Rien de plus vrai, Monsieur.
GELANOR.
En ce cas, pourquoi vouloir vous éprouver? Quel plus
solide garant voulez-vons avoir de la sincérité des sentimens qui vous unissent, que la félicité dont vous avez
joui jusqu'à ce jour P
GERMON.
Quoique je n'aie aucun sujet de craindre le résultat d'une
pareille épreuve, je vous avoue, Monsieur, que je nesuis
pas fort tenté d'y passer. C'est ma femme seule qui l'exige,
CECILE.
E
C'est une nouvelle satisfaction que je veux me procu.
rer. Mon mari m'a toujours prodigué les plus tendres soins
Je n'ai qu'à mec louer de sa conduite ; mais je veux être
à même d'apprécier sa moindre pensée.
GELANOR.
Je vous engage, Madame, à ne pas vous laisser dominer par une curiosité imprudente, et de considérer tout
ce que vous risquez.
CECILE.
J'ai fait toutes mes réflexions à cet égard.
GELANOR.
un
me
Je
ferais scrupule d'exposer d'honnêtes gens à
danger aussi éminent, sans les en prévenir. --- Page 73 ---
(19 )
CECILE.
Rien ne peut changer ma résolution.
GELANOR.
Je ne veux plus m'y opposer ; mais avant d'entrer dans le
cabinet de la vérité, permettez-moi de faire quelques épreuves dont vous pourrez être seuls témoins, Quand vous alla
rez acquis une juste idée de son influence, il vous sera
permis d'en demeurer la, ou de passer outre.
GERMON.
J'y consens.
CECILE.
Je le veux bien aussi.
GELANOR.
Placez-vous dans cet endroit. De-là vous pourrez, 5 sans
être apperçus, tout voir et tout entendre. Prenez un peu
de patience : vous n'attendrez sûrement pas long-tems. Déjà
je vois venir un jeune homme et une dame: c'est, sans
doute, un amant avec sa maîtresse.
SCENE CINQUIEME.
GELANOR, FLORIMON, ORPHISE
FRANÇOIS.
FLORIMON.
Adorable Orphise ! je suis impatient de vous donner
de nouvelles preuves de la vive flamme que Vos charmes
ont allumée dans mon âme.
tout voir et tout entendre. Prenez un peu
de patience : vous n'attendrez sûrement pas long-tems. Déjà
je vois venir un jeune homme et une dame: c'est, sans
doute, un amant avec sa maîtresse.
SCENE CINQUIEME.
GELANOR, FLORIMON, ORPHISE
FRANÇOIS.
FLORIMON.
Adorable Orphise ! je suis impatient de vous donner
de nouvelles preuves de la vive flamme que Vos charmes
ont allumée dans mon âme. --- Page 74 ---
(20 )
ORPHISE.
Je vais vous vous prouver, mon cher Florimon, que mon
coeur est à vous seul.
FLORIMON, 9 à Gélanor.
ensb
ell Monsieur, nous sommes deux tendres amans qui venons
nous éprouver dans votre cabinet.
GELANOR.
Avant de faire une telle démarche, vous y avez sans
doute inûrement réfléchi.
ORPHISE, d'un ton précieux et ridicule.
Réfléchi ! Votre demande est tout-à-fait étrange. Vous
voulez que les amans passent le tems à réfléchir! à peine
ont-ils celui de se dire j'aime.
GELANOR.
ne
Il est vrai qu'un ardent amour absorbe toute autre idée;
cependant, lorsque l'on veut tenter une aventure dont les
suites peuvent être désagréables.
ORPHISE.
Désagréables ! oh! que cela est singulier ! II peu donc
y avoir du désagrément à se donner réciproquement des
preuves de tendresse?
GELANOR.
Si vous vous aimez, vous ne devez rien craindre. Toutelois la prudence.
Tertob
S11 ORPHISE.
801 1
OV sup
Tms.
Monsieur, vOs représentations sont inutiles. Florimon est
le plus aimable des mortels : je l'aime à la folie. --- Page 75 ---
(21 )
FLORIMON.
Orphise est une déité dont je suis idolatre,
GELANOR, ouvrant la porte du cabinet.
Gélanor, après avoir fait les dispositions nécessaires à son expérience à
a quelques gestes mystérieux, et sort du cabinet. )
Vous pouvez entrer.
FLORIMON, 2 baisant la main d'Orphise,
Divine Orphise!
ORPHISE, 9 portant sur son coeur la main de Florimon.
Incomparable Florimon!
FLORINON, à part, dans le cabinet.
Quel est donc le pouvoir de ce lieu P Je croyais qu'il me
serait facile de déguiser mes véritables sentimens ; mais
une indiscrète envie me porte à les révéler.
ORPHISE, de même,
Je ne puis me contenir : la dissimulation est impossible ici,
FLORIMON, de même.
J'ai cependant mille raisons pour la ménager: sa fortune
reparerait mes petites étourderies.
ORPHISE, de même.
Il n'est pas nécessaire que je rompe avec lui: il est
souple à mes volontés 3 il sera un mari supportable.
FLORIMON, de même.
Pour ne pas en venir à une rupture, le parti le plus
nge est de gagner la porte sans rien dire.
.
ORPHISE, de même,
Je ne puis me contenir : la dissimulation est impossible ici,
FLORIMON, de même.
J'ai cependant mille raisons pour la ménager: sa fortune
reparerait mes petites étourderies.
ORPHISE, de même.
Il n'est pas nécessaire que je rompe avec lui: il est
souple à mes volontés 3 il sera un mari supportable.
FLORIMON, de même.
Pour ne pas en venir à une rupture, le parti le plus
nge est de gagner la porte sans rien dire. --- Page 76 ---
(22 )
ORPHISE, de méme.
Pour éviter une fàcheuse explication, il est bon que je
me retire.
Nous
FLORIMON, rencontrant Orphise.
Vous êtes bien aimable, en vérité.
Quel
recherc
ORPHISE.
préferal
Votre conduite est tout-a-fait admirable. Voila une jolie votre
manière de me prouver votre belle passion.
cipales
pomis
FLORIMON.
Je ne m'attendais pas à un reproche, 2 quand la plainte
Ains
m'est permise.
nariag
ORPHISE.
A vous ! mais vous n'y pensez pas.
C'est
FLORIMON.
Souvenez-vous
des complaisances que j'ai eues pour vous,
Le
ORPHISE.
Mes bontés en ont été le prix.
J'y
FLORIMON, avec fatuité.
Jy
Cette récompense est au-dessous de mon mérite, unique objet de votre prédilection.
ORPHISE, ironiquement.
Je
Unique objet de ma prédilection ! Vous avez de votre
personne une opinion qui n'est pas ordinaire. Voilà donc
Eco
le phenix des amans !
a re
ma --- Page 77 ---
(28 )
FLORINON, arrangeant sa cravatte.
Nous connaissons nos avantages personnels.
ORPHISE.
Quelle présomption ! Parmi tant de jeunes gens qui m'ont
recherchée, , ily en a beaucoup qui vous seraient tinfiniment
péferables, s'ils avaient votre docilité, votre crédulité et
votre patience. Sans ces qualités qui sont les vertus principales d'un bon mari, je ne vous aurais certainement pas
promis ma main.
FLORIMON.
Ainsi vous espérez que lorsque j'aurai subi le joug du
mariage, je serai subordonné à tous vos caprices.
OrFHISE.
C'est une conséquence naturelle.
FLORIMON.
Le tems vous fera rabattre de vos prétentions.
ORPHISE.
J'y tiendra toujours.
FLORIMON,
J'y mettrai bon ordre.
ORPHISE.
Je ne vous céderai jamais.
FLORIMON.
Ecoutez. J'ai à peine vingt-cing ans, et vous avez passé
la trentaine : pour me résoudre à vous faire le sacrifice de
ma liberté et de mes beaux jours, je considère non-seu- --- Page 78 ---
(24)
lement les avantages que vous m'offrez du côté de la for.
tune, mais aussi la nécessité que vous devez sentir de me
Ren
complaire en tout pour me faire oublier que vous n'êtes
plus jeune.
ORPHISE.
Rem
Votre impertinence est extraordinaire.
FLORIMON.
Adie
Votre folie est extrême.
ORPHISE.
Adie
Je serais, S en effet, bien dupe de donner ma main à
un jeune fat de cette espèce.
FLORIMON.
Que je serais insensé de devenir le jouet d'une coquetle
surannée!
ORPHISE,
Dès ce moment, je romps avec vous,
01l
FLORIMON.
nsie
ver
Vous me prévenez.
ORPHISE,
Voilà vOS lettres.
FLORIMON.
Voila vos billets-doux.
ORPHISE.
Reprenez votre lorgnette.
FLORIMON.
Reprenez votre tabatière.
dupe de donner ma main à
un jeune fat de cette espèce.
FLORIMON.
Que je serais insensé de devenir le jouet d'une coquetle
surannée!
ORPHISE,
Dès ce moment, je romps avec vous,
01l
FLORIMON.
nsie
ver
Vous me prévenez.
ORPHISE,
Voilà vOS lettres.
FLORIMON.
Voila vos billets-doux.
ORPHISE.
Reprenez votre lorgnette.
FLORIMON.
Reprenez votre tabatière. --- Page 79 ---
(25 )
ORPHISE.
Rendez-moi mes cheveux.
FLORIMON.
Remettez-moi ma bague.
ORPHISE.
Adieu, beau fourbe.
FLORIMON.
Adieu, belle embaucheuse.
MUlle € Gillin
SCENE SIXIEME.
GELANOR, FRANÇOIS.
FRANÇOIS.
Voilà une fin qui répond fort mal au début. Vous voyez,
Monsieur, qu'on n'est pas à son aise dans votre cabinet
de vérité; car ils s'en vont brouillés.
AIR: Je cueille des fleurs comme vous,
Retenez bien cette lecon,
Jeunes amans, jeunes fillettes :
Heureux par votre illusion,
Restez dans l'erreur où vous étes.
Ne cherchez pas à pénétrer
Le secret de votre bien-être: :
On peut gagner à Vignorer,
Souvent on perd à le connaître.
Si Fanchon me disait un jour:
Mon ami, c'est toi seul que jaime; --- Page 80 ---
26 I
Je lui répondrais à moa tour :
Mon coeur te chérit tout de même:
Après cet ayeu rassurant,
Que nous faudrait-il davantage.?
Fanchon heureuse, moi content,
Tout irait bien dans le ménage.
Sonvent un curieux désir
Trouble les beaux jours de la vie:
Prétendre tout approfondir 2
N'est, suivant moi;, qu'une folie,
En cherchant un objet flatteur,
On rencontre toute autre chosc.
Sachons profiter du bonbeur,
Sans en vouloir trouver la cause.
verite
Mais j'aperçois d'autres personnages, Ils ne s'en rea
tourneront pas plus contens que ceux qui viennent de sortin,
Ve
es
Nd
SCENE SEPTIEME.
I
GELANOR, LEARQUE, PRECOUR, FRANÇOIS.
LEARQUE.
Je
Précour 2 je connais votre véracité: je sais que trous m'a SIr
vez toujours parlé à coeur ouvert, lorsque je vonS ai con- tez-p
sulté sur le mérite de mes productions littéraires ; néan- m
moins je serais enchanté-de vous donner lecture de mes
ouvrages dans le cabinet de la vérité
PRECOUR.
Vous pourrez vous convaincre de Pimpartialité de moll
jugement. Vos ceuvres, marquées au coin du génie, peuvent supporter l'examen le plus sévère. Je serai charmé
qu'une puissance irrésistible me contraigne à m'acquitter envers vous d'un tribut de lotange que votre modestie ne me
permettait pas de vous offrir.
néan- m
moins je serais enchanté-de vous donner lecture de mes
ouvrages dans le cabinet de la vérité
PRECOUR.
Vous pourrez vous convaincre de Pimpartialité de moll
jugement. Vos ceuvres, marquées au coin du génie, peuvent supporter l'examen le plus sévère. Je serai charmé
qu'une puissance irrésistible me contraigne à m'acquitter envers vous d'un tribut de lotange que votre modestie ne me
permettait pas de vous offrir. --- Page 81 ---
FRANÇOIS, à part.
S'il faut qu'il lise toutes les paperasses dont il est chargé,
la séance sera longue.
LEARQUE, à Gélanor.
Monsieur, je suis un ami des lettres. J'ai Tà quelques
manuscrits de ma composition, que la prudence ne m'a
pas permis de livrer a l'impression: permettez - moi de
les lire à un censeur impartial dans votre cabinet de
vérité,
GELANOR.
Veuillez y entrer, Messieurs.
PRECOUR, à part, avant d'entrer.
Quelque soit le pouvoir dece ce lieu, un peu de contrainte
me sera toujours permise.
LEARQUE, dans le cabinet.
Je suis sûr que vous éprouvez en ce moment un vifdésir d'entendre la lecture de mes ouvrages. Ne vous impatez-pas : . il tire les manuscrits de ses poches ) je vais enfn vous donner ce plaisir.
PRECOUR, se frottant les yeux.
Je crains que cela ne vous fatigue.
LEARQUE.
Du tout. Je vais commencer par mon drame,
PRECOUR, à part.
Il faut s'armer de patience. --- Page 82 ---
(28 )
LEARQUE.
Asseyons-nous., car nous avons beaucoup à lire,
Vovo
waoke.
PRECOUR, baillant, à part,
Je vais périr d'ennui.
C'est
LEARQUE.
Cette pièce produira le plus bel effet. Elle est en trois
actes.
Hem
Avant
PRECOUR, à part.
poDOs
Cet homme veut m'assassiner.
e pr TeC
LEARQUE,
Oui
Le premier acte fait pleurer à chaudes larmes ; le S6s
cond fait mourir de rire,
Elle
PRECOUR, à part.
Précouo
Je le crois fou, d'honneur.
Pard
LEARQUE.
Le troisième acte fait rire et pleurer tout à la fois.
Votre
PRECOUR, à part.
Quel ridicule!
Je
LEARQUE.
LSS0IS
Le dénouement est une catastrophe sanglante.
4 U
PRECOUR, à part.
Je n'en peux plus de somineil.
A
cure --- Page 83 ---
(29 )
LEARQUE.
Voyons 9 commençons. ( Il met ses lunelles, tousse es
erache. ) Hem ! Ehi mais, 9 vous dormez !
PRECOUR, se réveillant en sursaut.
C'est égal; lisez toujours.
LEARQUE, à part.
Hem ! son enthousiasme s'est bientôt refroidi. ( haut
Avant de vous lire eet ouvrage, je crois qu'il serait ) a
propos de vous faire connaitre une petite dissertation
le précède.
qui
PRECOUR, moitié endormi.
Oui.
LEARQUE.
Elle est relative à l'art dramatique. ( Il entend
Précour. ) Voulez-vous bien m'écouter ?
ronfer
PRECOUR, se levant.
Pardon. Continuez.
LEARQUE, avec humeur.
Votre procédé est fort honnête, vraiment.
PRECOUR.
Je vais vous donner toute mon attention; mais de
laissons-là votre drame. Ces sortes d'ouvrages me sont grâces insipides.
LEARQUE.
Cependant, celui-ci. a fait plaisir à beaucoup de connaisseurs, et vous-méme..
l'art dramatique. ( Il entend
Précour. ) Voulez-vous bien m'écouter ?
ronfer
PRECOUR, se levant.
Pardon. Continuez.
LEARQUE, avec humeur.
Votre procédé est fort honnête, vraiment.
PRECOUR.
Je vais vous donner toute mon attention; mais de
laissons-là votre drame. Ces sortes d'ouvrages me sont grâces insipides.
LEARQUE.
Cependant, celui-ci. a fait plaisir à beaucoup de connaisseurs, et vous-méme.. --- Page 84 ---
80 )
PRECOUR, avec impatience.
Passons à une autre lecture 9 je vous en prie,
LEARQUE.
Soit. Voulez-vous que je vous lise mon poème épique ?
PRECOUR.
Non, non.
LEARQUE,
Mes odes?
PRECOUR,
Non,
LEARQUE,
Mes épitres ?
PRECOUR.
vra
Non.
LEARQUE.
Mes satires 2
PRECOUR.
Non..
D
et
LEARQUE.
Mes madrigaux ?
PRECOUR.
Non.
le --- Page 85 ---
(31 )
LEARQUE,
Mes épigrammes?
PRECOUR.
Non,
LEARQUE,
Mes chansons ?
PRECOUR.
Non.
LTARQUE,
En ce cas, je n'ai que de la prose à vous offrir.
PRECOUR.
Je vous en remercie.
LEARQUE.
Vous ne voulez donc pas entendre la lecture de mes Ol1vrages.
2107 E
PRECOUR.
A parler franchement, 3 je ne m'en soucie pas.
LEARQUE.
Vous les connaissez : qu'elle opinion en avez vous P
PRECOUR.
Ce sont de fastidieuses rapsodies.
LEARQUE,
J'augurais mieux de votre goût. Cependant vous m'en dis
siez beaucoup de bien à la maison. --- Page 86 ---
82 )
PRECOUR.
J'avais mes raisons pour être réservé avec vous. Vous
teniez bonne table, vous donniez des repas
VOS vins de
magnifiques;
Champagne, de Frontignan, de Madère étaient
si bons s
LEARQUE.
Fort bien. La bonne chère seule vous attirait chez moi,
PRECOUR.
C'est ce qui m'y a paru le meilleur.
LEARQUE.
L'impertinent ! J'espère, Monsieur 2 après un pareil
aveu, que vous m'épargnerez désormais vos visites.
LEARQUE.
Vous aurez la bonté de ne plus me lire vos fadaises,
LEARQUE.
Je vous les lirai pour vous punir.
PRECOUR.
Je vous fais grâce de vos diners.
LEARQUE.
Vous m'écouterez, vcus dis-je.
PRECOUR.
Je me sauve.
LEARQUE,
Je vous suis. --- Page 87 ---
(33 )
PRECOUR.
Oà me réfugier ?
LEARQUE.
Je ne vous quitte pas.
Cri
11000 KU9V
SCENE HUITIEME.
GELANOR, FRANÇOIS.
FRANÇOIS.
Il le poursuit encore dans la rue. Quel acharnement!
Am: De la pipe de tabac
De maint écrivain la manie
Rend redoutable son abord; ;
Pour une fade rapsodie,
Il vous accable en son transport.
Pour le guérir de sa folie,
Mes chers amis, m'en croyez-vous ?
Obligez-le, toute la vie,
A préter Foreille à des fous.
Mais il nous arrive de nouveaux personnages,
Milllle Ollln
SCENE NEUVIEME.
GELANOR, TRISTAN, SUZETTE, FRANÇOIS.
TRISTAN.
Suzette, tu es une bonne fille, Je veux reconnaitre les
able son abord; ;
Pour une fade rapsodie,
Il vous accable en son transport.
Pour le guérir de sa folie,
Mes chers amis, m'en croyez-vous ?
Obligez-le, toute la vie,
A préter Foreille à des fous.
Mais il nous arrive de nouveaux personnages,
Milllle Ollln
SCENE NEUVIEME.
GELANOR, TRISTAN, SUZETTE, FRANÇOIS.
TRISTAN.
Suzette, tu es une bonne fille, Je veux reconnaitre les --- Page 88 ---
(34)
soins que tu as pour moi depuis que tu es à mon service,
SUZETTE.
Mon attachement à votre personne augmente chaque
jour.
TRISTAN.
Je m'en aperçois. L'âge et des infirmités m'avertissent
que j'approche du terme de ma carrière : je veux mettre
ordre à mes affaires et te procurer une honnête existence;
mais je désire, avant tout, m'assurer de la sincérité de
Paffection que tu me témoignes.
SUZETTE, avec une tristesse feinte.
Mon bon maitre, vous me déchirez l'àme.
TRISTAN.
Qu'elle est sensible! Console-toi, mon enfant. La mort
est une dette dont il faut se libérer tôt ou tard. Et quand
on est sur le point de dire adieu au monde, on sent le
besoin de régler ses actions sur la justice et de rendre aà
chacun ce qui lui revient.
SUZETTE.
Je n'envie pas le bienfait que vous me promettez. Puisse
P
le Ciel vous conserver long-tems! Le bonheur de vous servir suffit à mon ambition.
TRISTAN.
Que sa délicatesse est touchante - ! Suzette, tu es vraiment
digne du bon vieux tems. ( à Gélanor. ) Depuis quelques
années cette jeune fille est à mon service : elle m'aime
singulièrement, Je veux lui laisser une marque de ma satisfaction. A Ta veille de faire mon testament, et lui destant un legs d'une certaine importance, je serais bien --- Page 89 ---
35 )
aise d'éprouver ses sentimens, atin de pouvoir proportionner à son mérite la récompense que je lui destine. J'ai entendu parler de votre cabinet.
GELANOR.
Il a le pouvoir de faire dire la vérité toute entière.
TRISTAN.
C'est bon. Voulez-vous bien avoir la complaisance de
nous y introduire?
GELANOR,
Volontiers, Monsicur.
FRANÇOIS, à Suzette, l'arrétant par le bias.
Ma petite, 2 si vous n'avez pas le coeur bien net, je
vous conseille de rester à la porte.
SUZETTE.
Le secret des femmes est impénétrable.
TRISTAN, dans le cabinet, s'asseyant.
Conviens , Suzette, que tu es bien heureuse de m'avoir
pour maître.
SUZETTE, 9 un peu embarrassée.
Cela m'est trés-avantageux, Monsieur. Vous devez aussi
rendre grâce au Ciel de ce qu'il vous a procuré une
jeune persoune assez complaisante pour se soumettre à
toutes vos fantaisies.
TRISTAN.
Je ne vois rien d'extraordinaire en cela. Toute autre
que toi pourrait m'en offrir autant.
, s'asseyant.
Conviens , Suzette, que tu es bien heureuse de m'avoir
pour maître.
SUZETTE, 9 un peu embarrassée.
Cela m'est trés-avantageux, Monsieur. Vous devez aussi
rendre grâce au Ciel de ce qu'il vous a procuré une
jeune persoune assez complaisante pour se soumettre à
toutes vos fantaisies.
TRISTAN.
Je ne vois rien d'extraordinaire en cela. Toute autre
que toi pourrait m'en offrir autant. --- Page 90 ---
( 86 )
SUZETTE.
Ily a de l'ingratitude à vous expliquer de la sorte,
TRISTAN.
Les soins salariés étant d'obligation, ne commandent
point la reconnaissance. Tant que tu recevras exactement
tes gages, tu pourras continuer à me servir; tant que tes
services me seront agréables, je te donnerai ton salaire et
te garderai. Ainsi les liens qui nous attachent l'un àlaus
tre ne sont autres que ceux d'une convenance réciproque.
SUZETTE.
Cette convenance là fait qu'avec le tems on ne peut plus
se quitter,
TRISTAN.
L'inconvenance produit une rupture.
SUZETTE.
En ce cas, Monsieur, ceux qui vous ont bien servi
chos
n'ont droit à aucune récompense.
TrIST AN.
Elle ne peut être que volontaire.
SUZETTE.
Par la même raison, VOS serviteurs ne vous doivent aulcan attachement.
TRISTAN.
Si leur affection n'est pas naturelle et désintéressée,je
Tos en tiens quittes. --- Page 91 ---
(87 )
SUZETTE.
Je vous suis obligée, Monsieur 3 vous m'otez le poids
que j'avais sur le coeur.
TRISTAN.
Comment cela P
SUZETTE.
Mon indifférence se trouve excusée.
TRISTAN.
N'as-tu pas un fond d'amitié pour moi 2
SUZETTE.
Fi donc! elle serait ridicule.
TRISTAN.
Cependant, tu m'as mille fois répété quej'avais quelque
chose qui te plaisait beaucoup.
SUZETTE.
Pour cela, j'en conviens.
TRISTAN.
Est-ce ma figure?
SUZETTE.
Non, Monsieur.
TRISTAN.
Ma taille ? --- Page 92 ---
(88 )
SUZETTE.
Non Monsieur.
TRISTAN.
Ma tournure P
SUZETTE.
Encore moins.
per
TRISTAN.
Mon esprit ?
SUZETTE.
Pas davantage.
TRISTAN.
Et quoi donc ?
SUZETTE.
Vos doublons.
TRISTAN.
Cependant e s je ne t'ai encore rien donné.
SUZETTE.
Cela est vrai, Monsieur ; mais comme je suis chargée
de votre dépensé, 5 j'ai toujours une quote-part sur ce que
j'achète pour vous.
TRISTAN, se levant.
Comment, tu me voles de cette manière! --- Page 93 ---
39 )
SUZETTE.
C'est un trafic qu'on voit faire" tous les jours.
TRISTAN.
C'est une infâmie. N'as-tu pas honte de faire cet aveu!
SUZETTE.
N'étes-vous pas fou de me croire amoureuse de votre
personne!
TRISTAN.
Ne me le faisais-tu pas accroire ?
SUZETTE.
Il fallait bien gagner le legs que vous me promettiez,
TRISTAN.
Suzette P
SUZETTE.
Monsieur ?
TRISTAN.
Vous êtes une friponne.
SUZETTE.
A votre service, Monsieur.
TRISTAN.
Tu peux chercher une autre condition.
SUZETTE.
Gardez-moi, vous ferez bien. Une autre ne vous traitera
pas mieux,
de me croire amoureuse de votre
personne!
TRISTAN.
Ne me le faisais-tu pas accroire ?
SUZETTE.
Il fallait bien gagner le legs que vous me promettiez,
TRISTAN.
Suzette P
SUZETTE.
Monsieur ?
TRISTAN.
Vous êtes une friponne.
SUZETTE.
A votre service, Monsieur.
TRISTAN.
Tu peux chercher une autre condition.
SUZETTE.
Gardez-moi, vous ferez bien. Une autre ne vous traitera
pas mieux, --- Page 94 ---
(40)
TRISTAN.
Non, non ; viens recevoir ton compte.
SUZETTE.
on
Adicu mon legs et mes profits.
les
SCENE DIXIEME.
GELANOR, FRANÇOIS.
FRANÇOIS.
Encore une rupture ! Courez donc après la vérité, Aussi,
pourquoi est-on si rigide envers les autres, tandis qu'on
est si complaisant pour soi-méme? Un peu de raison et de
justice nous mettraient bientôt d'accord,
AIR à noter.
De l'intérêt la puissance est extréme $
Toujours gagner est un plaisir bien doux:
Si le voisin pense à lai plus qu'à nous,
En Fexcusant, on s'excuse soi-même,
Le
Dans la nature il n'est qu'an seul systême $
Ce que j'éprouve, un, autre aussi le sent.
Si quelqu'un veut savoir mon sentiment,
Quil s'examine et s'instruise en lui-même.
Du vrai tonjours le ponvoir est suprême;
Mais pris en nous 7 il fàche le voisin.
Pour s'accorder bien avec son prochain,
Il faut savoir s'entendre avec soi-même.
GELANOR.
Tu dis vrai. Ou as-tu puisé de si belles maximes 2 --- Page 95 ---
(41 )
FRANÇOIS.
Quand on sert un maître riche en instruction, 9 on le
pille de tems en tems. Et puis, Monsieur, tous les hommes
ont de bonnes idées j il ne leur manque que l'occasion de
les développer.
GELANOR.
Sans contredit.
FRANÇOIS.
Voici deux jeunes gens de bonne mine,
GELANOR.
Ils ont l'air de deux amis intimes.
NNSA A 1 f 3.E2
SCENE ONZIEME.
GELANOR, LE GASCON, LE NORMAND, FRANÇOIS.
Le GASCON et le NORMAND, ensemble, entrant bras dese
sus, bras dessous.
AIR à noters
A P'Amitié livrons nos jours :
Le plus grand bonheur dépend d'elle,
C'est une compagne fidelle,
Qui de nos ans charme le cours.
LE GAscON, seul.
Cupidon est un Dieu volage,
Qui se plait à nous décevoir -
Cédons parfois à son pouvoir;
Mais n'en faisons qu'un badinage. --- Page 96 ---
(40 )
LE NONMAND, seul.
Jeune beauté trouble nos jours,
Et nous fait languir dans ses chaines,
Ami tendre adoucit Jes peines
Que nous suscitent les amours.
LE GASCON et le NORMAND, ensemble,
A T'Amitié livrons nos jours:
Le plus grand bonheur dépend d'elle.
C'est une compagne fidelle ,
Qui de nos ans charme le cours.
LE GASCON.
Que j'aurai de plaisir, mon cher ami, à m'entretenir
avec toi dans le cabinet de la Vérité!
LE NORMAND.
Tu pourras t'assurer de la force du sentiment qui m'ate
tache à toi.
Ls GASCON, à Gélanor.
Monsieur, 3 nous sommes deux amis qui désirons converser un moment dans votre cabinet.
GELANOR.
Ne craignez-vous pas que cette démarche n'ait, pour
vous deux, un fàcheux résultat t?
Lr GASCON.
Des amis tels que nous sont à l'épreuve. Je vous en
donne ma parole de gascon.
Le NORMAND.
Je vous le jure, foi de normand, que Castor et Pollux
ne s'aimaient pas eomme nous.
, à Gélanor.
Monsieur, 3 nous sommes deux amis qui désirons converser un moment dans votre cabinet.
GELANOR.
Ne craignez-vous pas que cette démarche n'ait, pour
vous deux, un fàcheux résultat t?
Lr GASCON.
Des amis tels que nous sont à l'épreuve. Je vous en
donne ma parole de gascon.
Le NORMAND.
Je vous le jure, foi de normand, que Castor et Pollux
ne s'aimaient pas eomme nous. --- Page 97 ---
(43 )
FRANÇOIS, à part.
Un gascon et un normand ! Voilà deux bonnes cautions.
LE GASCON.
AIR à noter.
Aux bords de la Garonne
Les amis sont parfaits;
Lorsque le coeur se donne,
II se donne à jamais.
Ma première pensée
S'adresse à mon ami;
Dans les bras de Morphée
Je songe encore à lui.
Quand aux champs ils'exile,
J'y trouve des
Revient-il à la
J'accompagne ses pas.
A tous ses voeux j'adhère
Et sais me conformer :
Tout ce qui peut lui plaire
A droit de me charmer.
LE NORMAND.
Am: La vie est Ln Foyage, etc.
L'union Ia plus pure
Rend commun notre sort:
Notre bonheur s'assure
Par ce touchant accord.
Aux fêtes, la comédie,
Aux bals, aux repas comme au jeu,
Le plaisir toujours nous convie :
Nous n'avons qu'un désir, qu'un voeu.
Aux bords de lOrne
Ils n'est de borne
a
Aux sentimens de l'amitié :
Les coeurs unis sont de moitic.
GELANOR.
Je ne vous retiens plus, Messieurs ; vous pouvez entrer. --- Page 98 ---
(4)
LE NORMAND, à part, dans le cabinet.
Il faut se faire un peu de violence,
LE NORMAND, de même,
Je ne puis m'empécher de rire.
LE GASCON, de méme.
Je crains de dire quelque sottise.
LE NORMAND, de même.
Sa crédulité est vraiment admirable.
Le GASCON, de même.
Je le crois dupe de ma contenance.
Le NOMAND, haut.
Pauvre garçon !
LE GASCON, de même.
ca
De
Que veux-tu dire ? Qu'ai-je de si plaisant pour te faire
au
rire?
E
La NORMAND.
Ta bonhomie.
LE GASCON, à part.
Il s'abuse lui-méme.
LE NORMAND.
Tu m'aimes profondément, suivant toute apparence.
LE GASCON.
J'ai su te le persuader,
te --- Page 99 ---
(45 )
LE NoRMAND.
Tes protestations étaient sincères.
Lt GASCON.
La nécessité me les a dictées.
Lr NoRMAND.
Tu m'en imposais donc.
Le GASCON.
Suivant l'usage.
Le NORMAND.
Qui pouvait t'engager à recourir à la feinte ?
LE GASCON.
Le besoin de réparer mes finances. En arrivant dans cette
capitale, je fis quelques folies. Le jeu rendit ma bourse un
peu plate. J'avais une femme sur les bras 3 mon embarras
augmentait chaque jour. On me parla de toi comme d'un
petit dissipateur 3 je te recherchai: en peu de tems tu me
pris en amitié. Ton coffre m'était toujours ouvert 5 je ne
pouvais plus le quitter.
LE NORMAND.
J'entends. Tu n'étais attaché qu'à mon argents
LE GASCON,
Justement.
LE NORMAND.
Je n'étais pas tout-à-fait ta dupe. Les charmes de ta
femme...
3 mon embarras
augmentait chaque jour. On me parla de toi comme d'un
petit dissipateur 3 je te recherchai: en peu de tems tu me
pris en amitié. Ton coffre m'était toujours ouvert 5 je ne
pouvais plus le quitter.
LE NORMAND.
J'entends. Tu n'étais attaché qu'à mon argents
LE GASCON,
Justement.
LE NORMAND.
Je n'étais pas tout-à-fait ta dupe. Les charmes de ta
femme... --- Page 100 ---
(46)
Lr GASCON.
Eh! bien ? Les charmes de ma femme...
Le NORMAND.
Me touchèrent sensiblement. Je n'obligeais qu'elle en te
rendant service.
LE GASCON.
Petit insolent ! Tu oses faire cet aveu à un homn tel
que moi!
LE NoRMAND.
Je ne cherchais qu'à lui plaire.
nist
LE GASCON.
Sandis !
H
a
dan
Le NORMAND.
STUI serpod SII
-
- Elle n'était point insensible à mes soins.
TIC J iot 51 slisq
StI a1 em9t ab LE GASCON, tirant l'épée.
Capédébious! Le drôle a besoin d'être châtié. En garde!
LE NORMAND, de même.
Songe à ta propre défense.
abneinell
Le GASCON.
Si tu avances, 2 je te tue. ( à part ) Je meurs.de peur,
LE NORMAND.
Sitn bouges, tu es mort. ( à part ) Je voudrais être
plus près de la porte.
% --- Page 101 ---
(47)
Lp GASCON.
(à part ) Il me craint. Du courage. ( haut ) Cette.c correction t'est nécessaire.
LE NORMAND.
(à part ) Il tremble. Poussons ferme. C haut ) Cette,
leçon te sera utile. ( Ils s'escriment dans le cabinet- )
LE GASCON, à Gélanor.
Monsieur, 2 séparez-nous.
LE NORMAND, à François.
Ne laissez pas deux amis s'égorger.
GELANOR, les séparant.
anoc
Hola ! Messieurs.
de
SoIr 100%
FRANÇOIS,
même.
00T -
Faites la paix.
Ln GASCON.
Ahlje respire,
LE NORMAND.
Il était tems !
GELANOR,
Oubliez tout ce qui vient de se passer entre vous.
LE GASCON, hors du cabinet.
Je n'ai contre lui aucun ressentiment, --- Page 102 ---
(48 )
LE NORMAND, de même.
Je lui pardonne.
GELANOR.
Embrassez-vons. ( Ils s'embrassent ) Soyez toujours am
Ils se retirent bras dessus, bras dessous. )
-enidso
SCENE DOUZIEME.
GELANOR, FRANÇOIS.
FRANÇOIS.
BOt
A la bonne heure. Ils ne sont pas récalcitrans, ceux-li.
AIR : L'autre jour, le poisin Pierre.
Pour une insulte légère,
Le rouge nous monte au front;
Dans le sang d'un adversaire,
On veut laver son affront.
Pour terminer la castille,
On choisit un petit bois:
Aussitôt que ie fer brille,
T
Le courage est aux abois.
NIBI 3 IRI
SCENE TREIZIEME ET DERNIERE,
GELANOR, GERMON, CECILE, CONSTANCE, LEANDRE,
FRANÇOIS.
mt
CECILE.
C'en est assez;je ne veux plus assister à de pareilles
épreuves.
monte au front;
Dans le sang d'un adversaire,
On veut laver son affront.
Pour terminer la castille,
On choisit un petit bois:
Aussitôt que ie fer brille,
T
Le courage est aux abois.
NIBI 3 IRI
SCENE TREIZIEME ET DERNIERE,
GELANOR, GERMON, CECILE, CONSTANCE, LEANDRE,
FRANÇOIS.
mt
CECILE.
C'en est assez;je ne veux plus assister à de pareilles
épreuves. --- Page 103 ---
(40)
GERMON.
Elles ne font pas honneur à notre espèce.
GELANOR.
EhI Bien, Madame, persistez-vous à vouloir entrer dans
le cabinet de la verité?
2 -
idias
CECILE.
Qnoique je n'aie rien à craindre à cet égard, je repoussen une vaine curiesité. Mon mari a toujours fait ma
Klicite 5 je W'ai rien negligé pour le rendre heureux : cela
doit nous suflire. Quant à Constance et à Léandre. j'exige
qu'ils fassent cette épreuve. Ils n'ont pas le même motif
pour s'en dispenser.
GERMONa
Je suis de ton avis:
CECILE.
Mes enfans, je connais la pureté de vOS sentimens. L'e
preuve que vous allez faire ne fera qu'ajouter à votre
bonheur, en vous inspirant lun pour l'autre une confiance
inaltérable.
LEANDRE
Daignez me suivre, aimable Constance.
2S CONSTANCE.
Mon cceur est tout entier à vous; cependant je n'ose
entrer dans CB fatal cabinet.
LEANDRE.
Cette jolie bouche m'a déjà foit entendre les aveux les --- Page 104 ---
(-50 )
plus fatteurs ; pourrait-elle se refuser à les confirmcr?
CONSTANCE, faisant quelques pas.
Je tremble..
GENMON, à Cécile.
Ma chère amie, ne la contraignons pas.
CECILE.
je persiste dans ma résolution. L'union qu'elle va contracter doit faire sa félicité ou son malheur. Il est de notre
devoir de prévenir tout ce qui pourrait troubler le repos
de ses jours.
GERMON.
Léandre est digne d'elle.
CECILE.
Je veux m'en convaincre de nouveau. Si elle se refuse
à me donner cette satisfaction., je ne souscrirai point à
son mariage.
GERMON.
soasiuoo
AIR à noter.
Ma fille, obéis à ta mère.
LEANDRE.
Cédez aux voeux de YOS parens.
CECILE.
Crains-tu l'aveu que tu vas faire ?
CONSTANCE.
Voyez le trouble de mes sens. --- Page 105 ---
(51)
LEANDRE.
La vérité, belle Constance 9
Sera favorable à P'Amour.
CONSTANCE.
Cet espoir me séduit d'avance;
La crainte m'arrète à son tour.
GERMON.
Ma fille obéis à ta mère,
LEANDRE.
Cédez aux voeux de YOS parens,
CECILE.
Crains-tu l'aveu que tu Yas faire?
CONSTANCE,
Voyez le trouble de mes sens,
LEANDRE.
Daignez me suivre. Ua coeur sincère
Doit surmonter ce yain effroi.
CONSTANCE,
Je me rends à votre prière;
Guidez mes pas, conduisez-moi.
( Ils entrent dans le cabinet. )
LEANDRE.
Cet instant est le plus beau de ma vie,
CONSTANCE,
Ma crainte s'estévanouie. Mon coeur est tout entier à PAmour.
ILE.
Crains-tu l'aveu que tu Yas faire?
CONSTANCE,
Voyez le trouble de mes sens,
LEANDRE.
Daignez me suivre. Ua coeur sincère
Doit surmonter ce yain effroi.
CONSTANCE,
Je me rends à votre prière;
Guidez mes pas, conduisez-moi.
( Ils entrent dans le cabinet. )
LEANDRE.
Cet instant est le plus beau de ma vie,
CONSTANCE,
Ma crainte s'estévanouie. Mon coeur est tout entier à PAmour. --- Page 106 ---
(58 -
LEANDRE,
AIR: à choisir:
Dès le moment que je vons vis,
Je vous aimai, belle Constence:
Du feu dont mon coeur est épris,
Chaque instant acovoit la puissance.
Loin d'altérer ma vive ardenr,
Ce lieu, si fatal au mystère
M'enseigne que le vrai bonheur
Est de vous chérir, de Yous plaire.
Recevez ici le serment
Que dicte une tendresse pure:
Qa'Amour prépare mon tourment;
Si jamais je deviens parjare.
Dans le nend qoi va suoas unirg
Vos goits seront ma loi suprerae:
Mon cour, jusqulau dernier soupir 3
Se déyoue a celle que yaime,
1) 19
t 0 a a
CONSTANÉE,
A 01 ravo
Ce qn'en ce lieu je sens pour vous,
Ma bouche n'ose yous Je dire,
Vous connaissez ce fen si doux,
Si dans mes yeux vous, sayez ure.
Je voudrais tout Yous révéler;
Mais.mon, ceeur en secret halance:
L'Amour m'ordonne de Parlern
L'honneur me condamue au sience.
CECILE, les faisant sortir du cabinet.
Mes chers enfans, je suis satisfaite, Rien De
plus à votre bonheur,
JJomido
as
FRANÇOIS.
Nous avons, enfin, trouvé deux coeurs sincères. Allons,
le cabinet de la Vorité est rutile à quelque chose. --- Page 107 ---
53 )
VALDEVILLE,
CECILE.
Am: Un jour Pénus ditaux Amours.
Epoux favorisés du' sort,
Livrez-vous à la confiance.
Savoir vivre en parfait accord,
Est la plus utile science.
Chacun a son côté trompeur;
Cest par Tà qu'il parvient à plaire VE :
Si la Vérité nous fait peur,
Préférons-lui notre chimère,
GERMON.
Quelque fois d'un songe léger
L'erreur nous séduit, nous caresse. :
Le réveil vient nous afliger,
En faisant cesser notre ivresse.
Si de même la Vérité
Offense les yeux qu'elle éclaire,
Une triste réalité
Vaut moins qu'une aimable chimère.
LEANDRE,
D'ètre volages, imposteurs, 7
Amans, le sexe nons accuse ;
Mais dans ses charmes séducteurs,
Nous lui présentons notre excuse.
Ne craignons pas la Vérité ;
Aimer est un bien nécessaire.
Quand le coeur chérit la beauté,
L'Amour n'est pas.une chimère.
GELANOR, au public.
L'auteur de cette fiction
A recours à votre clémence :
En jugeant son intention,
Accordez-lui votre indulgence.
Parsa petite nouyeauté
S'ila le bonheur de vous plaire 2
Ce cabinet de Vérité
Ne sera pas une chimère.
FIN,
Nous lui présentons notre excuse.
Ne craignons pas la Vérité ;
Aimer est un bien nécessaire.
Quand le coeur chérit la beauté,
L'Amour n'est pas.une chimère.
GELANOR, au public.
L'auteur de cette fiction
A recours à votre clémence :
En jugeant son intention,
Accordez-lui votre indulgence.
Parsa petite nouyeauté
S'ila le bonheur de vous plaire 2
Ce cabinet de Vérité
Ne sera pas une chimère.
FIN, --- Page 108 ---
INTERIEUR.
C'est par erreur que 'nous avons annoncé, dans notre
précédent nu néro, au troisième alinea de l'article Intérieur, que le Capitaine Souffrans avait été récemment fait
Lientenant-Coloner et place dans les Bombardiers : cet estimable militaire, qui est depuis long-tems chef de Batailion, est toujours employé dans P'Etat-Major du Président d'Haiti, en qualité d'Aide-de-Camp- C'est le chef de
Bataillon Patiens qui a été fait Colonel des bombardiers,
en remplacement de M. 2 aneaux, nommé Sénateur. En
rectifiant l'erreur que nous avons commise à cet égard,
nous ne prétendons aucunement affaiblir les éloges que
ious avons donné au Commandant Souffrans, ni refuser
au Colonel Patiens le tribut de louanges qui lui est du
sous tous les rapports.
Nous avons commis une autre erreur, moins grave
à la vérité, nais que notre amour de l'exactitude nous
oblige à corriger. Nous avons' dit, dans le même numéro,
page 48,ligne 13: après un léger déjetiné, S. Es. quilla
los Trois, etc. Il faut lire ainsi cette phrase : ( après un
< légerdéjeûné, S. Ex. continua sa route par les Irois, etc. )
Nous avions omis d'annoncer l'ouverture de la quatrième Session du Corps Législatif, qui s'est faite au commencement de la premiere quinzaine d'Avril dernier et s'est
terminée vers la fin de Juillet suivant. Voici le sommaire
des Lois qui ont ete décrétées dans le cours de cette législntrre.
LOI gri prohibe Pintroduction des liqueurs fortes dans la
iiepubtique et qui établit ceriains droits d'importation sur les
vins 3 ligueurs douces. 2 sucres rofines et autres objets de jaEriques étrargères.
Promulguce le 6 Juin 1820.
Daprès cette Loi, Zes caux-de-vies rhum, tafa, genièrre,
rriskis et générale ment toules liqueurs fortes procenant des
manufuctires étrangères 2 ne peuvent étre introduites dans la
Republiqus 3 sous peine de confiscalion.
droits d'importation sur les
vins 3 ligueurs douces. 2 sucres rofines et autres objets de jaEriques étrargères.
Promulguce le 6 Juin 1820.
Daprès cette Loi, Zes caux-de-vies rhum, tafa, genièrre,
rriskis et générale ment toules liqueurs fortes procenant des
manufuctires étrangères 2 ne peuvent étre introduites dans la
Republiqus 3 sous peine de confiscalion. --- Page 109 ---
(55 )
L0I SILT P'Instruction publique.
Promulguée le 4
Juillet 1820.
Da après cette Loi TInstruction publique, placee sous la
surveillance de Commissions. est libre en Haiti.
LOI qui abolit le droit d'échoppes etabli dans la
bligque, et qui continie, 3 jusqu'd la fin de D'année 18s1, ROA
franchissement de yuelques droits sur les sueres, etc.
Promulguée le 2 Août 1820.
LOI sur la formation et les attributions des Conseils de
Notables. : Promulguée le 2 Août 1820
Cette Loi abroge toutes les dispositions antérientesqul sont
contraires à ce qu'elle prescrit, et notamiment la Loi du 21
Juillet 1817, relative aux Conseils de Notables.
LOI portant prorogation des droils de Patente pour D'année 1801.
Promulguée le 2 Aott 1820.
Ces droits ont été établis par la Loi du 20 Juillet 1819.
LOI sur 2-ddsuinistrations des droits Curiaux et sur las attributions des Marguilliers.
Promulguée les 2 Août 1820.
Cette Loi abroge toutes les dispositions qui lui sont
contraires 3 et riolamment la Loi du 16 Mais 1819 5 Sur les
droits Curiaits et les attributions des Marguilliers.
La Gendarmerie qui a cté organisée pour la
lice des campagnes est maintenant, comme celle des Teates
sur un bon pied. Le service de ce corps essentiel à la
tranquillité publique, maintient par-tout le bon ordre.
La santé du Président d'Haiti a subi une altération dès le mois de Juillet dernier: elle n'est pas encore
parfaitement rétablie; mais son état ne peut étre le sujet
d'une inquiétude sérieuse.
INCENDIE CIL Port-au-Prince.
Le 15 d'Aout a été, pour la capitale de la République,
un jour de consternation et de calamité. Vers onze heures trois quarts du matin, le feu s'est manifesté dans la
partie supérieure de la maison occupée par Mr. Cruchon 1
pharmacien, au carrefour des rues Républicaine et Moulin.
Le feu qui ne s'annonçait d'abord que par une fumée telle
que celle d'une cheminée, aurait pu être éteint sur le
champ, si l'on s'y était porté assez à tems; mais un fa-
lique,
un jour de consternation et de calamité. Vers onze heures trois quarts du matin, le feu s'est manifesté dans la
partie supérieure de la maison occupée par Mr. Cruchon 1
pharmacien, au carrefour des rues Républicaine et Moulin.
Le feu qui ne s'annonçait d'abord que par une fumée telle
que celle d'une cheminée, aurait pu être éteint sur le
champ, si l'on s'y était porté assez à tems; mais un fa- --- Page 110 ---
(56)
cheux concours de circonstances ldi a permis de prendré
le caractère d'un effroyable incendie. Le 15 d'Août étant
une fête solemnelle, beauconp de personnes qui contribuent
ordinairement aul maintien de la sureté publique, se trot
vaient en partie de plaisir hors de la ville ; Mr. Cruchon
même était absent. Le jeune homme qui avait la garde de
la boutique, au lieu d'aviser aux moyens d'empécher le
développement des flammes, donna ses premiers soins à
quelques sacs d'argent qui étaient à sa portée. Les cris:
CULL feu! GtL feul se faisaient entendre, qu'on ne savait pas
précisément encore ou était le foyer de l'embrasement. Les
essences spiritueuses de la pharmacie s'enflammérent en
moins d'un quart d'heure et produisirent une explosion qui
communiqua rapidement le feu aux maisons contiguès. Le
I
vent qui soufflait d'abord du Nord-Ouest, passa au Sud
et se fixa ensuite à P'Ouest. Cette variation a été trèsfuneste. Un épais tourbillon de Aammes, s'inclinant de la
maison de Mr. Cruchon sur celles de P'ilet de la rue des
fronts-forts, les embrasa; bientôt le feu s'étendit jusqu'a
l'ilet qui se termine vers le milieu de la place Vallière,
et suivant la direction du vent d'Ouest, fermant le NordOuest par le refoulement du morne Belair, il remonta en
tous sens jusqu'au marché qui est en face de PEglise paroissiale. L'imagination ne peut embrasser le tableau que preD
sentait un espace si considérable, couvert d'une fumée
I
dont les ombres épaisses donnaient aux flammes une teinte
affreuse, sans inspirer un sentiment d'effroi et de désolation. Dans ce moment terrible, il n'était plus possible
St
d'arrêter le progrés du feu. Les fontaines et les rigoles
manquaient d'eau; le commandant de la place était malade; celui de la gendarmerie, chargé de la police de la
ville, ne pouvait suflire à donner les ordres qui étaient
nécessaires. La flamme ne rencontrant aucun obstacle,
avait déjà franchi l'espace qui est entre Pancien abreuvoir et dles bâtimens dits de Pintendance; un dépôt précieux, qui devait être alors P'objet d'une vive sollicitude,
était menacs du désastre de ce jour ; mais la divine providence n'a pas permis qu'il fat porté a notre patrie le
de la gendarmerie, chargé de la police de la
ville, ne pouvait suflire à donner les ordres qui étaient
nécessaires. La flamme ne rencontrant aucun obstacle,
avait déjà franchi l'espace qui est entre Pancien abreuvoir et dles bâtimens dits de Pintendance; un dépôt précieux, qui devait être alors P'objet d'une vive sollicitude,
était menacs du désastre de ce jour ; mais la divine providence n'a pas permis qu'il fat porté a notre patrie le --- Page 111 ---
(57)
coup le plus sensible. Le Président d'Haiti, qui était
en convalescence à la maison de campagne de Vo:
Jant, en étant parti à cheval, à la première nouvelle de
l'incendie, rentra en ville avec un escadron de sa garde,
et traversa au galop le quartier incendie, malgré une chaleur excessive et une fumée capable de faire suffoquer,
Son Exc. se porta immédiatement au Trésor public, sur le
bâtiment duquel tombait déjà grand nombre de flammèches: elle mit de suite en réquisition les cabrouets disponibles, à l'effet de faire transporter en lieu de streté
les deniers de PEtat. Aucun sac n'en fut distrait ni perdu,
grâces aux soins du vigilant et intègre magistrat dont
toutes les actions sont des, preuves du plus entier dévouement à la patrie.
En moins de trois heures, le feu avait consummé près
de deux cent cinquante maisons, formant un peu plus
de neuf Nlets. Après ce laps de tems, on ne pouvait traverser qu'avec peine le foyer de lincendie, tant la fumée
poussie par un vent assez violent, une forte chaleur et
une odeur insupportable travaillaient les poulmons des
passans.
Il n'est guères possible de retracer à la pensée un tax
bleau plus affligeant que celui qu'offrait à l'oeil les décoma
bres de tant de maisons sur un espace considérable et le
morne désespoir d'environ sept cents personnes, victimes
du désastre 3 mais il faut convenir que le caractère haitien
est supérieur à celui de beaucoup d'autres nations qui
semblent se croire autorisées à le dédaigner. Avec quel
courage admirable il sait recevoir les revers de la fortune
et les coups du sort! Croira-t-on que ceux qui venaient
d'étre mis à une si rude épreuve, après les premiers cris
d'épouvante, reconnaissant toute la grandeur de leurs pertes, encore incertains de pouvoir s'assurer un asile, supportaient leur malheur avec une résignation plus qu'humaine, et ne s'abandonnaient point à ces lamentations, 3
à ces complaintes qui décèlent les âmes faibles et communes P Si quelqu'un en doute, à quoi sera-t-il bon de lui
dire que ceux d'entre nous, a qui la Providence a Te-
rude épreuve, après les premiers cris
d'épouvante, reconnaissant toute la grandeur de leurs pertes, encore incertains de pouvoir s'assurer un asile, supportaient leur malheur avec une résignation plus qu'humaine, et ne s'abandonnaient point à ces lamentations, 3
à ces complaintes qui décèlent les âmes faibles et communes P Si quelqu'un en doute, à quoi sera-t-il bon de lui
dire que ceux d'entre nous, a qui la Providence a Te- --- Page 112 ---
(58 )
parti quelques biens de ce monde, se sont empressés d'a
no
doucir Pinfortune de leurs concitoyens devenus inopiné
CO
ment malheurenx? Voilà pourtant des vérités que les amis
ma
de Phumanité apprendront avec un plaisir infini, car elles
sont bien propres à diminuer la pémble constriction à la
a 1
quelle les coeurs sensibles ne peuvent échapper au réeit
0C
des événemens calamiteux qui pèsent trop souvent sur une
yit
intéressante portion de notre espèce.
u0
Notre caractère s'étant toujours développé sur un fond
le
de franchise, nons avouerons que des gens sans aveu (il
la
y en a par-tout ) se sont converts d'ignominie, pendant
SIS
l'incendie, en cherchant à s'enrichir de ce qu'ils dérobaient aux malheurenx qu'ils étaient appelds à secourir,
Toutes les nations offrent de pareils exemples de perveret
sité, et ici, comme dans les sociétés les mieux civilisées,
SO
les lois frappent les auteurs de tels delits ; mais, 31 notre
pr
devoir est de flétrir, dans l'opinion des âmes honnêtes,
les êtres méprisables qui foulent aux pieds les droits les
la
plus sacrés, il nous impose aussi l'obligation d'honorer
en
ceux de nos semblables qui, par le plus généreux dévouedo
ment, s'empressent de sauver du péril les victimes de
Padversité. Le 15 d'Août a éclairé un grand nombre d'actes
fe
de desintéressement, de zèle et de bienfaisance de la part
pr
des nationaux, et même de. quelques étrangers. Il est à
pu
regretter que nous n'ayons pu recueillir tous les détails
ge
relatifs aux personnes qui se sont signalées, en ce jour,
au
par des beaux traits: nos lecteurs voudront bien y. supde
pléer et rapporter à la louange générale de Phumanité ce
me
que le mérite individuel, en cette circonstance, aurait
po
véritablement droit de s'approprier, Nous parlerons seulela
ment du R. P. Jérémie, curé de notre paroisse, lequel
B
employa les plus touchantes exhortations pour exciter le
zèle des citoyens qui pouvaient secourir leurs frères en perils; il ne craignit pas de merrre lui-méme la main à l'auvre, et lorsque le feu commença à faire craindre pour Péglise même 2 il a falla lui faire violence, si nous pouvons
le dire, pour qu'il n'exposât pas sa personne à un danger
TIS
imminent Digne Pasteur! que de droits vous avez à
to
lequel
B
employa les plus touchantes exhortations pour exciter le
zèle des citoyens qui pouvaient secourir leurs frères en perils; il ne craignit pas de merrre lui-méme la main à l'auvre, et lorsque le feu commença à faire craindre pour Péglise même 2 il a falla lui faire violence, si nous pouvons
le dire, pour qu'il n'exposât pas sa personne à un danger
TIS
imminent Digne Pasteur! que de droits vous avez à
to --- Page 113 ---
(59 à )
notre vénération ! Vos soins ne sont point restés sans récompense 2 puisque la Mamme n'a pu porter atteinte a la
maison du Seigneur.
Quelques rapides qu'aient été les progrès de l'incendie;
quelque ravage qu'il ait fait ; quelque désordre qu'il ait
oceasionné, il n'a causé la mort que d'un seul homme,
vieillard infirme qui devait, en partie, sa subsistance à
une société d hommes qui se distinguent généralement dans
le monde par des principes vertueux 2 par la fraternité et
la charité. Le cadavre de ce malheureux ( qui avait Tésisté aux instances de sa femme et ne put se déterminer
à chercher à se sauver que lorsque les flammes, l'enveloppant de toutes parts, rendirent vains ses efforts ), a
été trouvé presque consumé. Mais si les personnes ont peu
souffert individuellement, il n'en est pas de même des
propriétés ; outre les maisons, des comestibles en grande
quantité, des marchandises sèches de toute espèce ont été
la proie des flammes : à en juger par les débris, la valeur
en doit être considérable, sans qu'on puisse toute fois
donner pour certains les rapports qui ont oté faits à ce sujet.
ie désastre d'une partie de notre ville a vivement af.
fecté notre gouvernement. Le Président d Haiti s'est empressé d'en atténuer les terribles effets, en secondant Pimpulsion des citoyens qu'un zèle digne des plus grands éloges portait à secourir leurs compatriotes: Son Excellence a
autorisé la formation d'une commission de bienfaisance, afin
de pouvoir assister convenablement les malheureuses victimes de Pincendie, et Elle a donné des moyens suffisans
pour les mettre à l'abri des premiers besoins. Le Sénat de
la Républitue a sanctionné les dispositions du Président
Boyer, en rendant le Décret suivant.
DECRET.
Le Sénat réfléchissant que l'incendie survenu dans la
Capitale, le 15 Août courant, en consumant le plus florissant quartier de cette ville, a ruiné la plupart des Ci
toyens qui Thabitaient;
ie, et Elle a donné des moyens suffisans
pour les mettre à l'abri des premiers besoins. Le Sénat de
la Républitue a sanctionné les dispositions du Président
Boyer, en rendant le Décret suivant.
DECRET.
Le Sénat réfléchissant que l'incendie survenu dans la
Capitale, le 15 Août courant, en consumant le plus florissant quartier de cette ville, a ruiné la plupart des Ci
toyens qui Thabitaient; --- Page 114 ---
(60 )
Considérant que cet événement malheureux étant de na
ture à fixer l'attention de ceux qui sont appelés à veiller
sur le sort et les intérêts de la Nation, et qu'il est de
la dignité du Gouvernement que des secours prompts et
indispensables soient accordés à ceux des victimes de ce
désastre, qui ont le plus pressant besoin;
Considérant que le Message du Président d'Haiti, en
date du 17 courant, sur cet important objet, porte P'empreinte de la bienveillance, en même temps qu'il est une
preuve nouvlle de sa sollicitude pour le bien public;
du
DECRETE ce qui suit:
1eu
de
ARTICLE PREMIER.
cen
Le' Secrétaire - d'Etat au département des finances, est
You
antorisé à faire sortir de la Trésorerie Générale, le quinpar
zième de toutes les sommes qui existent à la date de C@
jour, pour être employé au secours des personnes incendiées.
ART. II. La somme décrétée fera partie des dépenses
publiques, conformément à l'article 126 de la Constitution.
me
boi
ART. III. Il est laissé à la sagesse du Président d'Haiti,
inc
de diriger cette valeur, selon qu'il le jugera convenable,
de manière que la répartition en soit faite et réponde au
les
ava
but proposé.
Donné à la Maison Nationale, Port-au-Prince, le 24
et
Août 1820, 17e. année de FIndépendance.
Le Président du Sénat, LAROSE.
Le Secrétaire, CANEAUX.
C
AU NOM DE LA REPUBLIQUE.
Le Président d'Haiti ordonne que le Décret ci-dessus
du Sénat soit revêtu du sceau de la République, qu'il
soit publié et exécuté,
ponde au
les
ava
but proposé.
Donné à la Maison Nationale, Port-au-Prince, le 24
et
Août 1820, 17e. année de FIndépendance.
Le Président du Sénat, LAROSE.
Le Secrétaire, CANEAUX.
C
AU NOM DE LA REPUBLIQUE.
Le Président d'Haiti ordonne que le Décret ci-dessus
du Sénat soit revêtu du sceau de la République, qu'il
soit publié et exécuté, --- Page 115 ---
(61)
Donné au Palais National, le 25 Août 1820, an 17
de Pindépendance.
BOYER.
Par le Président :
Le Secrétaire- Génèral,
B. INGINAC.
Le quinzième des espèces existantes aul trésor, 2 à la date
du décret, a produit une somme consid rable laquelle
réunie à la collecte volontaire recueillie par la commission
de bienfaisance, a grandement adouci la position des incendiés.
Dès le lendemain de lincendie, le Président d'Haiti,
voulant faciliter la reconstruction des maisons consumees
par le feu, a pris l'arrêté suivant.
ARRETE
JEIx-PIERTE BOYER, Président d'Haiti.
Considérant, que le malheureux événement du jour dhier
mettra les propriétaires dans la nécessité de se procurer des
bois de construction pour la réédification de leurs maisons
incendiées, et désirant, autant qu'il est en notre pouvoir,
les niettre à même de se les procurer aux prix les plus
avantageux ;
Déclarons que tous les bois de construction, planches
et essentes, ainsi que les clous qui seront importés dans
la capitale de la République, de cette époque, jusqu'à la
fin du mois de Juin 1821, sont francs et libres de tous
droits d'entrée.
Le présent arrêté sera imprimé, publié et affiché partout où besoin sera.
Donné au Port-au-Prince, le 16 Août 1820, an 17.
BOYER.
Par le Président: :
Le Sersteine-Gendral,
B. INGINAC,
et essentes, ainsi que les clous qui seront importés dans
la capitale de la République, de cette époque, jusqu'à la
fin du mois de Juin 1821, sont francs et libres de tous
droits d'entrée.
Le présent arrêté sera imprimé, publié et affiché partout où besoin sera.
Donné au Port-au-Prince, le 16 Août 1820, an 17.
BOYER.
Par le Président: :
Le Sersteine-Gendral,
B. INGINAC, --- Page 116 ---
(62)
Cet arrêté produira nécessairement un effet satisfuisant:
déji plusieurs bâtimens chargés de bois de construction
)1
sont entres dans notre port 3 djà aussi quantité de maisons sont reconstruites (a); d'aatres le seront incessamune
ment, car on y travaille avec activité.
TICH
Une gazette américaine a publie deux lettres, dans les.
I1t
quelles on rend compte de l'incendie du 15 Août, de la
fren
manière la plus etrange : nous donnons a nos lecteurs ia
traduction littérale de ces rapports insidieux et mensongers, pour avoir occasion de relever les erreurs qu'ils conSX
tiennent, et d'en signaier l'odieuse politique par les notes
que nous y joindrons.
Eatrait du Boston Patriot et Mercantile adverttsser du 1er.
Septembre 1820.
ral
Première lettre.
ma
Port-sn-Prince, 20 Août 1820.
len
( Je vous informe de la terrible catastrophe qui vient
de désoler notre ville. Mercredi dernier, entre onze heudain
res et midi, le feu éclata dans la partie superieure de la
pacé
maison du docteur Cruchon et se communiqua si rapidefois
ment à toutes ies autres, 9 que malgré tous ies efforts des
Mr.
habitans, on ne put en arrêter les progrès, et presque
pIC
rien ne fut seuvé (b). Le manque d'eau. en était la prinMr,
dier
(a) Le 1er. Septembre le feu bralait encore sous les décombres de
dalt
quelques maisons incendiées, quoiqu'on eût jeté de l'eaa dessus, autant
que possible, et qu'il fut tombé plusieurs grains de pluie assez ahonmais
dante ; et Pon rebatissait déjà sur des emplacemens que l'on avait eu le
il ne
ems de déblayer.
(b) La perte en marchandises a été réelle et presque totale; celle en
sures
meubles et effets est moins considérable. Quant aux espèces métalliqnes,
m
toute porte à croire que la plus grande partie a échappé à la dévastation;
bien
Les
car il n'est pas présumable que les personnes qui ont eu le tems de sauver des calsses, des malles, des armoires, des jarres, etc., aient préciT016
sément oublie Pobjet qui intéresse le plus et qui peut s'emporter si faoide
lement. Les plus malleureux, 2 dans cette terrible calastrophe, sont ceux
ct 11
ira
qui ne se trouvaient pas munis d'argent. Quelques uns, à la vérité,
ont éte volés; mais beaucoup ont exagéré à cet égard. Nr. Cruckon, ct
de sauver des calsses, des malles, des armoires, des jarres, etc., aient préciT016
sément oublie Pobjet qui intéresse le plus et qui peut s'emporter si faoide
lement. Les plus malleureux, 2 dans cette terrible calastrophe, sont ceux
ct 11
ira
qui ne se trouvaient pas munis d'argent. Quelques uns, à la vérité,
ont éte volés; mais beaucoup ont exagéré à cet égard. Nr. Cruckon, ct --- Page 117 ---
63 )
cipale eause, et mlheureusement il n'y avait point de
pompes en ville (c).
( La brise de mer entrant alors, fit prendre aux fammes
une direction Nord-Est, et dans peu d'heures, le plus
riche, le plus populenx et le plus beau quartier de la
ville fut réduit en cendres (d). Des ruines fumantes couvrent les lieux ou, peu de jours au paravant, existaient
plusieurs centaines de boutiques remplies de marchandises.
Tels étaientles eflets de Pélément dévastateur, que plus de
SX cents maisons en ont été la proie (e). On peut modéd'autres, out fait, après l'incendie, des recherches qui, certainement,
n'ont pas été infructucuses.
elles étaient en
(c) Il y avait quelques ponipes à P'arsenal, mais
mauvais état. Aa surplus, à quoi aureient-elles servi, si, par une déplorable fatalité, Peau manquait en ce moment ? Ily avait un bon moyen
d'arreter le progrès du feu, c'était de découvrir, d'ahattre méme les
maisons qui, par leur proximité, devaient étendre le foyer de l'incendie: on doit se souvenir qu'on en fit usage, avec succes, lorsqu'un malheur semblable arriva chez le Capitaine Benjamin. Mais ce préservatif
devoit être employé sur-le-champs; une demi -beure écoulée, il n'était
plus tems : les essentes desséchées par un soleil ardent; fournissaient trop
d'aliment à la flamme poussée par une brise forte et variable sur un espace que des mesures sagement concertées ne pouvaient plus embrasser.
Nous devons, néanmoins; rappeller ici que c'est pour la cinquième
fois, en deux ans, que notre ville estexposée à l'incendie ; d'abord chez
Mr. Arrault, puis chez le Capitaine Benjamin, ensuite au Cirque Olympique, à la guildive de Mr. Ardonin, et, enfin, à la pharmacie de
Mr. Crachon. Ne serait-il pas prudent de s'assurer les moyens de remédier à de pareils désastres, dans une ville dont la construction ofire tant
d'alment à la fureur des flammes?
de la
(d) II est douteux que ce quartier fat le plus populeux
ville;
mais il est certain qu'il n'en était ni le plus beau ni le plus riche, car
il ne pouyait être comparé à celui du bord de mer et des rucs voisines.
Il occupait un grand espace dont Pintérieur ne renfermait que des masures. Limité par les rues des fronts-forts, moulin, républicaine et par
le marché qui est en face de Véglise, il ofrait, en général, des f-çades
bien baties, quoique anciennes; mais il était coupé par fort peu de rues.
Les parties endoumnagées des environs, 5 qu'on peut y ajouter, lui étaient
inférieures. La richesse de ce quartier n'était relative qu'au grand négoce
de détail qui s'y fesait; et s'y, Pon veut considérer son énorme, ancienue
et inextinguible dette envers le commerce de consignation, on reconnaitra que son actif pouvait à peine emporter son passif dans la balance. des
(e) On comprend, sans doute, dans ce nombre des appentis,
oumnagées des environs, 5 qu'on peut y ajouter, lui étaient
inférieures. La richesse de ce quartier n'était relative qu'au grand négoce
de détail qui s'y fesait; et s'y, Pon veut considérer son énorme, ancienue
et inextinguible dette envers le commerce de consignation, on reconnaitra que son actif pouvait à peine emporter son passif dans la balance. des
(e) On comprend, sans doute, dans ce nombre des appentis, --- Page 118 ---
(01)
rément estimer la perte des maisons et des marchandises
de
à cinq millions de gourdes; d'autres lettres la font monsal
ter à trois ou quatre millions (f). ))
can
sor
Deuxième lettre.
car
C Quoique le Port-au-Prince soit arrosé par une multia
tude de ruisseaux qui le parcourent en tous sens (g),
trib
on ne put en obtenir de Pean, les puits ayant été comblés
sant
deux heures avant le feu (h). La soldatesque, au lieu
lui
che
euisines; des hangards, etc., qui ne méritaient pas le titre de maison:
qu'i
La perte réelle ne s'élève pas à 250 maisens.
Tre
(t) Ons'est mis fort à son aise en faisant ce calcul. Il serait curicnx
pre
de savoir cemment Pauteur de ia leltreapa, en cinq jours, se procurer
fure
des données, qui meuent si droit au but. Le fait est que Pon n'a encore,
du
à cet égard, alcun renseignement certain, et qu'il y a Leaucoup de
de
fictif dans lévaluation en question:
pou
(s) Ces ruisseaux ne traversent pas la ville en tous sens, comme on
Pavance dans la lettre, mais ils suivent, en descendant du morne voisin;
lont
la pente qui les conduit naturellement à la mer: on peu même afhrmer
eoi
que la plupart des rigoles ne sont destinées qu'à léconlement des eaux
gen
pluviales.
que
Ce n'est point la malveillance qui avait privé la ville d'eau, mais bien
Thabitnde qu'ont les cultivateurs, sur le terrain desquels passe la pelite
d'a
rivière qui baigne la capitale, de s'en servir pour Parrosement de leurs
pby
cannes, surtout les jours oit ils présument que la privation peut en
qui
raitre moins scnsible aux habitans de la ville:
fois aussi le
ne
M
Onelque
toyage des conduits oblige à arrêter le cours de Teaus dans ce cas; lorspér
que le récurage doit durer plus d'un jour en a soin d'en avertir. Comme
app
ancun avis t'avait été publié à cet égard, a faut croire que 3 considérant
atte
que la fête de la Vierge devat suspendre tout travail qui rendait indisaut
pensalle Pus ge de Peau, on en. avait disposé sans prévoir Paccident qui
per
est survenu. Cela est d'autant plus probable, que, dans Ia soirée méme
le
de ce jour, les ruisseaux et les fontaines reprirent leur cours.
aut
(h), Voilà une fausseté insigne. Les
n'ont jamais été comblés: on
tre
s'en assurer encore aujourd'hui.
n'y a pas eu recours, parce
con
Talte
pent
den
a
qu'étant sitnés dans les cours intérieures, il n'était guères possible
approcher sans courir le risque d'être enveloppé par les flammes, ou de
la
périr sous les décombres. Pauteur de la lettie étant bien au fait de ce
hir
qui se passait dans la ville deux heures avant l'incendie, aurait rendu un
bro
important service an gouvernement s'il Pavait avisé de ce qui se tramail
fec
contre la stireté pabligne; mnais il parait que le désastre souriait trop agréaon
blement à son imagination pour quil lui fut possible de se décider à confu
pé par les flammes, ou de
la
périr sous les décombres. Pauteur de la lettie étant bien au fait de ce
hir
qui se passait dans la ville deux heures avant l'incendie, aurait rendu un
bro
important service an gouvernement s'il Pavait avisé de ce qui se tramail
fec
contre la stireté pabligne; mnais il parait que le désastre souriait trop agréaon
blement à son imagination pour quil lui fut possible de se décider à confu --- Page 119 ---
(65 )
de maintenir l'ordre et de sauver les
sait
propiriétés, ne
qu'au pillage : le Président Boyer, en arrivant de pena la
campagne, lui ordonna de se retirer pour prevenir tout de
sordre, et abandonna la ville à son maiheureux sort
( Il n'est po'nt douteux que le feu n'ait éte mis
(.
car plusieurs tentatives ont étd faites depuis - k): exprés, le
jour
tribner à le prévenir. II est facheux qu'à la faveur de
sant à son aise d'un spectacle (horreur, il nous ait Vineognito, jouisa
lui témoigner la reconnaissance due à sa réserve.
privés du plaisir de
(i) L'art des méchans est un poison qui corrompt tout ce
che. Voici la vérité. Le Président d'Haiti, rentrant
qu'il touqu'il n'était plus possible d'arréter le progrès du feu en ville et voyant
Trésor public ordonna que la troupe se portat,
qui menacaitdeja le
précieux dépôt des ressources de la nation, afin sur-le-champ, de le
vers ce
furear des flammes: ses soins, nous l'avons déjà dit, farent préserver de la
du plus heureux succès, et le feu ne dépassa pas les rues
couronnés
de limites à ses ravages et qui, les elforts humains ayant qui été servaient
pouvaient seules y mettre des bornes.
inuliles s
(*) On n'a aucune preuve que le feu ait été misà
lonté n'est même pas présumable. On a fait, à cet dessein; cette VOeontes qui sont plus propres à alimenter la sotte malignité égard, beancoup de
de
gens qu'à attirer Patiention des personnes sensées: nous en certaines
quelques-uns, 3 non pour en justifier l'origine, mais
rapportons
a désirer sur Je récit du déplorable événement
pour donné ne rien laisser
d'abord avancé que des jeunes gens, s'amusant qui à y a les lien. Ona
physiques qu'ils avaieat vu faire, mirent le feu à singer des
inflammables expériences
qui ocensionnèrent une détonation qui bata le progrès de gaz
ne peut étre, puisque le feu s'est d'abord manifesté dans Pincendic. la
Cela
périeure de la maison du Pharmacien. D'autres
parlie Sulapparence de vérité, qu'une dévote qui logeait prétendent, dans une chambre avec quelque
attenante à la maison de Mr. Cruchon, avait allumé, autour
hante
autel orné de rideaux, des bougies à Pintention de St.-Antoine, d'un et petit
pendant qu'elle était allée à la mnesse, la brise d'Ouest s'étant
que,
le feu aux rideaux qui le communiguèrent au corps du
élevée, Par mit
autre version, on a été jusqu'à assurer que ce Jean Claude Logis. vient une
tre tué à St.-Marc, était au Port-au-Prince, le jour de qui
d'ècomme agent du Tyran du Nord. Pour donner
de T'embrasement,
à ce discours, on a supposé que Christophe étant malade plus et vraisemblance
la pacification de la Grand'Anse ne permit au Président d'Haiti craignant de que
nir St.-Marc à la Répablique, tenta une puissante diversion en réubruler notre capitale. Ce qui semble accréditer cette
est faisant
fectivement > pendant les neuf jours qui suivirent Pincendie, prétention, qu'efon cria au feu dans différens quartiers de la ville et que des vers tentatives midi,
furent faites, sans qu'on en put connaitre les auteurs. La populace en St
pacification de la Grand'Anse ne permit au Président d'Haiti craignant de que
nir St.-Marc à la Répablique, tenta une puissante diversion en réubruler notre capitale. Ce qui semble accréditer cette
est faisant
fectivement > pendant les neuf jours qui suivirent Pincendie, prétention, qu'efon cria au feu dans différens quartiers de la ville et que des vers tentatives midi,
furent faites, sans qu'on en put connaitre les auteurs. La populace en St --- Page 120 ---
(66)
avant cette coadlagration on essaya de le mettre à P'arsea
((
nal, qui contenait plusieurs millions de poudre et une quantité immense de projectiles de toute espèce (1). Un hazard
mes
heureux fit avorter le complot. La ville aurait sans doute
payen
depen
sauté.
Comm
( La perte est estimée à quatre millions de gourdes.
proda
Presque tontesles boutiques de détail ont été consumées ( m ),
etpar
Le commerce étranger en supportera au moins deux millions
cesen
gière
et demi (n).
oni
perdre
un sujet d'inquiétude officieuse: les hommes qui redoutent les surprises,
hices,
sentirent la nécessité de comprimer la malveillance par des précautions
rere
imposantes 3 mais le goavernement mieux informé que personne, ne vit
ne
dans toutes les sourdes menées que Teeuvre de quelques intriguans insentndu
sés, qu'il mnéprise et contre lesquels il dédaigne de sévir: il se contenta de
latot
faire maintenir la tranquillité pullique par les putrouilles de la troupe de
des
ligne et par, celies de la garde nationale, lesque'les mérilent également
fictite
ia plus honorable mention pour le zèle, Pexaetitude et le patriotisnie
hilité
qu'eiles ont déployés dans un service devenu pénible par le peu de repos
En
qr'il laisseit à ceux qui en étaient charges.
étran
(1) L'antear de la lettre est le seul qui ait eu connaissance de la tenhenuo
tative faite à Parsenal. Si nous étions disposés à rendre hommage àsa
tien.
discrétion, nous saisirions volontiers cette oecasion pour la signaler. Voila
dits,
un individu qui nons sereit d'une grande utilité Si Pon conspirait notre
quil
perta! C'est dommage qu'il mette ses désirs et ses rèves à la place de la
de
réalité. Il ne manque pas parmi nous de ces braves gens-là quinous tromvaient
pent,. se trompent et trompent lears commettans.
lintés débot
(m) L'évaluation de cette perte à 4 millions est une approximation
Prove
basce sur une yieille dette, et non un calcul exact. En disant que sirement presSentin
que toutes les boutiques de détail ont été consumées, on entend
les boutiques du quartier incendié, et certes ce quartier ne formait pas
pitan
thl qumzieme de la ville. 11 y. a sans doute des gens intéressés à effrayer
Pimagination des personnes qui sont éloiguées de notre pays et à exagerer
de certaines pertes: s'ils ne cherchent pas à éearter des concurrens quils
ne
redoutoat, du moins ils se préparent à rendre joliment leurs compies.
tes Tal
(a) Cenx qui nous parleut Si souvent de la dette des marchands hai- s'ils
lante
tiens envers le commerce étranger 2 nous. feraient un plaisir infiniy
oalaient nous indiquer franchement Porigine de cette dette si renommée.
dan
Des personnes qui semblent s'y entendre tout aussi bien qu'eux, nous'en
consi
ont parlé, de la manière suvante.
faire
à leud
créar
Les étrangers consignataires sont en possession de
travailler; levr clTo
prolit, la prosque généralité des marchandes haitiennes, srit en leur
louant un petit bénefice sur le produit de la vente des 3 jets qufla terque!
soutient, soit enleur vendant des marchandies achant prix stade
personnes qui semblent s'y entendre tout aussi bien qu'eux, nous'en
consi
ont parlé, de la manière suvante.
faire
à leud
créar
Les étrangers consignataires sont en possession de
travailler; levr clTo
prolit, la prosque généralité des marchandes haitiennes, srit en leur
louant un petit bénefice sur le produit de la vente des 3 jets qufla terque!
soutient, soit enleur vendant des marchandies achant prix stade --- Page 121 ---
(67)
( Autant que nous pouvons en juger, le tout-provient
mes très-courts. Ges femmes sont actives, elles débitent
payent par a-comptes; mais elles gagnent à peine de
beancoup, et
depenses: en sorle qielles laissent toujours des
quoi suffire a leurs
Comment s'en facher? Eles sunt si douces , si quenes si à lears comptes.
prodait des derniers achats sert le ples
jolies, engng geantes Le
et par un admirable enchrinement
ordinairement à allegir Fariérd,
cesser d'acheter, de vendre et de devoir. d'affaires, Les les mnarchandes ne peuvent
Kières, pourva que ces dames continuent à étrangers ne s'en inquietent
ont touché les trois quarts de leurs bordereanx, travailler ils pour eux. Qaand ils
perdre. Les retours qu'ils foat à leurs commettans laissant ne craiguent plus de
fices, ces derniers attendent le reste assez
d'honnétes bénéce reste
patiemment. On ne
qu'après qu'on a reeu d'eux une nouvelle
lenrespédie
uae déconfiture 9 cest toujours au détriment da confiant cargaison. S'il suvient
tendu consigiataire n'oublie jamaisde prélever la commission commettant. L'enla totalité de la vente. Heureux encore si, à
de ordinaire sur
des plus fameux qui fussent, ils ne chargent pas Pexemple leurs livres quelques-uns de
fictives, dans la vue de se mettre à couvert et de
créances
bilité d'baitiens qui ne Teur durent jamnis.
compromettre la solvaEn pratiquant ces ingénieuses manoeuyres, ncus ne disons
tous les
étrangers; nous craindrions d'offenser la vérité, à certains pas
henuconp de ces Messieurs sont parvenus à
du égards; mais
tien. On devait bien s'y attendre. Les nationaux s'emparer accordant commerce haidits, exigennt plus de solvabilité dans les
moins de créquil n'y ait de marchands que ceux qui ont debiteurs, les moyens ayant de intérêt à ce
de reudre naturellement à Pagriculture les bras qui en sout
Petre, afin
vaient-ils entrer en eoncurrence avec des compétiteurs
ne distraits, poulintérêt du inoment, et qui ont Pair d'ètre les gens T monde songent Jes qu'a
débonnaires, à l'exception d'un certain Renard à hésicles,
pius
Provocatenr des faillites? Un jour pourtant les négocians des surnommé deux mondes le
sentiront la nécessité de donner la préférence à des indigènes dont les capitanx, les propriétés foncières et la probité méritent une entière confiance.
Les' étrangers n'ont pas un juste sujet d'éclater en lamentations
qu'on leur doit depuis long tems; quand ils perdraient totalement leur parce entigne créance, ils n'auraient pas lieu à se plaindre
ce
rait un petit sacrifice en expiation de Pambition démesurée inumodérément: les a setes à vouloir attirer à eux, sans choix, cetie grande
qui de détail- porlantes dont its sont les seigneurs et les sang-sues.
quantité
Quant à la perte qui resulte da cas fortuit, elle est commune à
d'un heitien, et nous ne sevons pas, si nous étions consultés,
nous plus
considérerions comme les plus à plaindre, ou les débiteurs
qai
créanciers enrichis.
ruinés, ou les
Tous ceux qui doivent au commerce étranger ne sont
A la vérité, certains consignataires ressemblent aux fonrnisseurs pas insolvables. de
quelques armées d'Earope, qui s'enrichissent plus à la perte gu'au gain
fortuit, elle est commune à
d'un heitien, et nous ne sevons pas, si nous étions consultés,
nous plus
considérerions comme les plus à plaindre, ou les débiteurs
qai
créanciers enrichis.
ruinés, ou les
Tous ceux qui doivent au commerce étranger ne sont
A la vérité, certains consignataires ressemblent aux fonrnisseurs pas insolvables. de
quelques armées d'Earope, qui s'enrichissent plus à la perte gu'au gain --- Page 122 ---
6 68 )
dun complot dès noirs contre les hommes de couleur; nous
pel
d'nne bataille, Quelques commettans s'en trouveront mal; mais ils ne
ten
pourront s'en prendre à nous. Le chef méme du gouvernement s'est haté
a
d'opposer un frein à la mauvaise foi. Nous en offrons la preuve en donret
nant ici la copie d'une lettre que le Président Boyer a adressée, à ce
Jug
sujet, au Grand-Juge.
me
Port-au-Prince, le 22 doit 1890, an 17.
nen
tan
JZAN PIERRE BOYER, Président d'Haiti,
l'or
lal
Au Grand-Juge,
ser
stat
Si c'est dans les grandes calamités que se montre et se développe le
caractère des nations, de même c'est à la suite d'un événement aussi déme
sastreux que celui qui vient d'avoir lieu en cette ville, que la bonne foi
des
publique doit, en se manifestant de toutes parts, rassurer le commerce,
fat
le vivifier et faire luire encore des jours de prospérité pour la capitale
les
d'Haiti.
pla
L'immense commerce qui se faisait dans cette cité et principalement
Cla
dans la partie qui est détruite, laisse nécessairement heaucoup de ramif- créansan
ciers et de débiteurs dont les intérêts, s'étendant par de grandes éclaircis et récations à un grand nombre de personnes, ont besoin d'étre
qui
autant que la circonstance présente le permettra, afin d'éviter les
cha
g'és occurences difficiles qui ne tarderaient pas à se présenter, au très-grand
de
détriment de tous 2 si le Gouvernement, dans sa sagesse, n'interposait dans M
est
médiation
les parties à la raison, et n'ètre pas
nécessité sa
de Ene agir préparer plus tard son autorité, pour les obliger à traiter
avec loyanté les uns envers les autres. cela
certain, une infinité
L'incendie du 15 de ce mois a fait,
est trop
idée exacte des
de malhenrenx; il est même impossible de se former une
but
dommages; cependant Padministration 9 pour répartir la justice convenami
blement et pour éviter que des esprits tracassiers ne trouvent par là locla
casion dagraver les maux présens par les excès de la ehicane, a avait besoin a
arr
d'etre fixée sur la perte de chacun, sur les engagemens qu'on
@ la
remplir, sur ce qu'on a pu sauver des flammes, enfin sur ce qu'on posN'
sede encore, soit en propriétés foncières, soit en marchandiscs, créances,
balimens, 1 denrées, etc., etc. 7 etc.
est question ici d'étanot pa
Vous verrez aisément, citoyen Grand-Juge, qu'il
dans le comla
blir la situation effective des affaires des personnes engagées
réqui sout du nombre des incendiées et qui ne pourraient pas
pa
mercc, pondre, à cause de Pévénement, de satisfaire à leurs obligations ) sans à
l'intervention de la justice; car si le Gouvernement n'a aucune mesure
ma
piendre à Pégard de ceux qui, quoique ayant supporté des pertes, pren- soune
dront des arrangemens satisfaisans avec leurs créanciers, il doit, pour
le comla
blir la situation effective des affaires des personnes engagées
réqui sout du nombre des incendiées et qui ne pourraient pas
pa
mercc, pondre, à cause de Pévénement, de satisfaire à leurs obligations ) sans à
l'intervention de la justice; car si le Gouvernement n'a aucune mesure
ma
piendre à Pégard de ceux qui, quoique ayant supporté des pertes, pren- soune
dront des arrangemens satisfaisans avec leurs créanciers, il doit, pour --- Page 123 ---
(69 )
pensons même que ce n'est point fini (o). Les blancs sont
tenir et consolider la réputation du
tout prévoir 9 pour opposer que
la mauvaise foi ne cherche à profiter PX1 la circonstance du moment pour
refuser de se libérer.
Afin de parvenir au but ci-dessus 3 je vous réquiers, citoyen GrandJuge, de communiquer à la Commission de Bienfaisance, dont vous êtes
membre, le contenu de ma lettre et de linviter, de la part du Gouvernement, à s'adjoindre un nombre convenable de commerçans notables,
tant nationaux qu'étrangers, pris parmi les incendiés et parmi ceux quine
Pont pas été, pour faire un dépouillement complet de tout ce qui est reIatif à l'état actuel des débiteurs et des créanciers ; elle devra m'en adresser un rapport circonstancié pour que, dans l'intérêt général, il y soit
statué ce que de droit.
du
intiC'est en désirant bien ardemment la prospérité
commerce, si
mement lié au bonbeur du pays, que je voudrais que tout en accordant
des crédits sans lesquels il ne pourrait exister, ce commerce 9 néanmoins 9
fat plus réfléchi que parle passé dans le choix de ses chalans et qu'il ne
les cherchat pas indistinctemert dans tous ceux qui se présentent pour se
placer après dans le cas de faire exercer contre eux des poursuites judiciaires qui ne tendent qu'à troubler la tranquillité des uns et des autres,
sans mener à aucun résultat satisfaisant,
Je compte, citoyen Grand-Juge, sur le patriotisme éclairé des citayens
qui composent la Commission de Bienfaisance, 3 et j'espère qu'ils mettront,
chacun en particulier et tous ensemble, le plus grand zèle à s'acquitter
de la mission, à la fois honorable et pour le pays et pour eux, qui leur
est offerte.
Je vous salue. allectueusement,
BOYER.
(o) II faut convenir que nous remplissons une tâche extrémement rebutante, lorsque nous avons à réfuter les assertions de nos éternels Punion ennemis! L'auteur de la lettre est, sans doute, très-faché de voir régner voir
la plus parfaite parmi le peuple haitien, et il souffre de ne pas nous
armés les uns contre les autres. 0! chers concitoyens, de quelque couleur Ceuxvous soyez > ne pretez jamais l'oreille à ces perfides différences insinuations. entre nous.
fPt conspireat notre perte, qai veulent établir des d'infortune, des comN'oublions pas que nous sommes des frères, des amis
pagnons d'armes ; qu'on n'a pu nous faire du mal qu'en nous divisant;
nous serons
tant
1ous nous maintiendrons
oRAs
toujours vainqueurs, fait notre force, que assure notre honheur dans la
la parfuite harmonie qui
et
nous sommes tous
patrie qui nous donne des droits égaux,
que
fait appelés
à défendre. Nous devons Pavouer, la lettre en question nous a
horreur; libres
mais nous avons dà vous la faire connaitre, parce que des hommes
on tache de parvenir
ne peuvent craindre d'apprendre
quels bonne moyens Couvrez du
à les asservir : c'est à vous d'en aEe
justice.
plus pro:
ur dans la
la parfuite harmonie qui
et
nous sommes tous
patrie qui nous donne des droits égaux,
que
fait appelés
à défendre. Nous devons Pavouer, la lettre en question nous a
horreur; libres
mais nous avons dà vous la faire connaitre, parce que des hommes
on tache de parvenir
ne peuvent craindre d'apprendre
quels bonne moyens Couvrez du
à les asservir : c'est à vous d'en aEe
justice.
plus pro: --- Page 124 ---
(70)
maintenant sur leur garde, et déterminés à vendre chère.
m
ment leurs vies, au cas qu'on fasse aucune tentative pour
da
les détruire (p.). )
t
T
Le 15 de Septemnbre dernier, avant le coucher du
TI
so'eil, nous avons admiré un des magnifiques spectacles que
a
la nature se plait à offrir à nos regards. Un arc-en ciel;
d'une beauté extraordinaire, embrassant la Capitale de la
la
Républiqne. a étalé dessus les plus ricies cou.eurs, Envi.
Ce
tel
ronnés de ses rayons éclatans et varids, 9 nous n'avons pu
d'élever notre pensée vers l'être infini dont
C0
nous empécher l'ouvrare. Ce jeu de lai supréme sagesse nons
ne
nous, sommes de
de respect: nous nous somines tous fos
a remplis
joie.et d'un metéore qui n'avait jamnais frappé
C
licités de lapparition
de
mais les
CI
nos yeux d'une manière si digne
méditation;
la
ennemies de la supeistition n'en ont voulu urer
personnes
ne
aucune induction. même mois, à la chite du jour, un otlce
Le 28-du
no
terrible a éclaté sur notie ville et sur d'autres coi
ragan
tantôt dus Sud.
a
munes da pays. Un vent souflantavec violence,
duré
ul
Est, tantôt du Nord-Est tet accompagné de pluie, a
jusquaulendemain matin. Pendant cetintervalle, on a ressentide
secousses de tremblement de terre. Notre Capitale a
legeres souffert de ce fléau physique e; une maison de la Place
pe
peu
servant de local au Lycée national, a reçu le
Pation, notable dommage: : le comble , en partie, a été déplus.
du cul-de-sac, située dans notre arrondisla
grads. La plaine
de dégat. Le débordement de la
sement, a éprouyé plus
ha
la
grande rivière a emporté les établissemens de plusieurs
d'
bitations. On ne se souvient pas ici d'avoir jamais été t6ra
habitude, osent vous calomnier arec autant
se
fond mépris ceux qui, par
d'aav
dimpadence que de hassesse, et qu'ils ne puissent jamais s'applandir la raison et
DI
voirs réussi à vous faire dévier de la route que Pexpérience,
la nature vous ont tracée.
des
on
(p) Ne dirait-on pas qu'il y a parmi nous nne légion
étrangers imca
dont on parie dans la leitre ? Pauvres diables! On vous donne une
te
qni vous serait fort chagrinante, Si vous n'étiez pas persuadés
portance de notrel jastice et de la générosité de nos principes, Si vous pouvez vendre
ici chèrement grelque chose, ce ne sont que vOs marchandises
que Pexpérience,
la nature vous ont tracée.
des
on
(p) Ne dirait-on pas qu'il y a parmi nous nne légion
étrangers imca
dont on parie dans la leitre ? Pauvres diables! On vous donne une
te
qni vous serait fort chagrinante, Si vous n'étiez pas persuadés
portance de notrel jastice et de la générosité de nos principes, Si vous pouvez vendre
ici chèrement grelque chose, ce ne sont que vOs marchandises --- Page 125 ---
(%1)
moin d'une crue d'eau aussi considérable. On dit que Pinon:
dation a coûté la vie à quelques parsonnes et à
d'animaux. Les nouvelles que nous avons reçues beaucoup de l'inté:
rieur ne sont pas plus satisfaisantes. Au Petit. Goave, a
Acquin, à Miragoane, à Jacmel et ailleurs la dévastation
a été affreusé. Quantité de vivres du pays sont détruits, et
la récolte, en quelques endroits, pourra se ressentir de
ce fâcheux événement. Heureusement que nos dépôts contenant un bon reste de denrées de toute espèce de la Tes
colte* précédente, la diminution de nos productions de l'année courante sera moins sensible.
1 L'incendie d'un des quartiers du Port au-Frince et les
effets désastreux de l'ouragan sont, sans contredit, des accidens capables d'atténuer instantanément les résuitats de
la pacification de la Grand'Anse; mais la divine Providence
ne permet jamais que la sommne des maux qu'elle
néu
cessaire de nous infliger 3 surpasse celle des biens juge
nous
qu'elle
destine. Supportons done, avec une sainte resignation,
la rigueur des c-lestes décrets: : peut-étre nous est-il réservé
un bonheur qui doit nous faire oublier les dcaux qui ont
pesé sur nous,
Par un motif de bienfaisance , sans doute, on a
permis, depuis lincendie, a des particuliers d'établir des
barraques sur les parties latérales du marché de la place
Vallière : nous ne chercherons pas à blâmer une bienveillance qui sacrifie à Phumawité une convenance jugee peu
importante ; nous ne nous appesantirons pas non plus sur
la précattion de laisser vuide un emplacement qni, dans le cas
d'un malheur tel que celui du 15 d'Août dernier,
rait être d'une grande utilité aux citoyens : mais il pour- nous
semble qu'on aurait pa concilier des intentions très-louables
avec ce que l'on doit à l'ordre public: L'irrégularité et la
bizarrerie des établissemens offusquent la vue: Ne pouvaitén pas se dispenser d'abandonner ces constructions aux
caprices des concessiohnaires? Des huttes peuvent êfre tou:
tes simples, sans offenser les regards par une etrange disparité. Qiron nous pardonne s'il nous échappe un murmure
sur Poubli que l'on a fut, en cette circonstauee, du des
des intentions très-louables
avec ce que l'on doit à l'ordre public: L'irrégularité et la
bizarrerie des établissemens offusquent la vue: Ne pouvaitén pas se dispenser d'abandonner ces constructions aux
caprices des concessiohnaires? Des huttes peuvent êfre tou:
tes simples, sans offenser les regards par une etrange disparité. Qiron nous pardonne s'il nous échappe un murmure
sur Poubli que l'on a fut, en cette circonstauee, du des --- Page 126 ---
(78)
gré de civilisation aiquel nous sommes parvenus : rien n'est
indifferent à ceux qui sont sincèrement dévoués à la pas
trie, et qni, par devoir, se regardent comme des senti.
nelles perdues qui veillent à sa prospérité.
Defection et Suicide de CHRISTOPITE.
L'importance que le Président Boyer attachait à la pa
te
cification du beau quartier de la Grand'Anse, devait faite
ra
9 à ceux
observaient le développement des
présumer louables desseins 9
du qui chef qae la divine Providence semL
ble avoir predestiné à la gloire et à la prospérité d'Haiti,
la réunion de tous les départemens de la R publique
que
était
de la sollicitude
sous un seul gouvernement, l'homme P'objet favorisé du
ceuxconstante et paternelie de
Ciel;
mêmes qui auraient pu craindre d'entrer trop avant dans
se méprendre sur le sens des exsa pensée, pouvaient-ils la
Son Exc., érant à Jés
pressions de
Proclamation et que à l'armée le 18 février derrémie, adressa au peuple
dans la Grand'Anse, a-t-elle
nier? ( Militaires employés
nationales volontaires Vous allez
dit, et vous gardes
vous délasser de la
retourner dans vOs quartiers respectifs
Au sein
pénible campagne que vous venez de terminer.
du repos que vous allez goûter, rappelez-vous sans difficul cesse
si vous avez vaincu dans la Grand'Anse des
que
insurmontables, il vous reste encore
S
tés qui paraissaient donc toujours attentifs à ma voix et
plus à faire !.. : Soyez
à marcher avec moi là oà il
a
prêts, au premier signal, consolider la stabilité et la gloire na
faudrait arriver pour
être considérées comme
tionale. ) E Ces paroles pouvaient
de Pintérieur
une sentence irrévocable contre nos ennemis
du dehors, et dès-lors l'opinion publique devait se pré:
et
à des événemens à jamais mémotables.
parer Au retour du Président Boyer dans la capitale, aprèsla
pacification de la Grand'Anse, Son Exc. aurait pu travail
ler ouvertement à la destruction de Paffreuse tyrannie du
chef ambitieux qui ne s'était placé au-dessus des lois, que
replonger dans la servitude des concitoyens qui avaient
pour
ocable contre nos ennemis
du dehors, et dès-lors l'opinion publique devait se pré:
et
à des événemens à jamais mémotables.
parer Au retour du Président Boyer dans la capitale, aprèsla
pacification de la Grand'Anse, Son Exc. aurait pu travail
ler ouvertement à la destruction de Paffreuse tyrannie du
chef ambitieux qui ne s'était placé au-dessus des lois, que
replonger dans la servitude des concitoyens qui avaient
pour --- Page 127 ---
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combattu avec lui pour briser Jes fers d'un esclavage ignos
fuigmieuxs maister mor amour de la patrie. s une. exirème
2 houreur de reffusion fdur sang ne permettait pas au Erési-
: dent dHaiti des brusquer une entreprise dont il voulait assurer à l nation le résultat le plus eflicace. Son Exc. jugeaidone gur'illétait convenable d'etablir des ressoris, qui,
tout enuparalysant L'effet que de tyran s'otait promis de SES
tenébreuses machinations, pourraient enfin ranimer l'espérance presque éteinte de nos frères opprimés et les porter
à contribuer avec nous a les délivrer du joug qui les ac:
cablait.
Ce moyen était celui qui devait sourire le plus agreablement à Ihumanité. Quel beau triomphe que celui qui
ne coûte. ni larmes ni sang! Tuer moralement P'usurpatenr,
Jai oter insensiblement sa verge d'airain, pour le précipiter ensuite de son trône ensanglante, en opposant les beàutés et les avantages de la vertu à une sceleratesse trop manifeste; en déployant les exemples d'une justice douce et
impartiale ; en multipliant les actes d'une bienfusance éclairée, et en faisant pénétrer la vérité dans le séjour où réguaient le mensonge et la crnauté: c'était tirer d une pros
fonde stupeur des malheureux qui, depuis près de quatorze
années, gémissaient sous une puissance infernale.
Tels sont les ressorts que la sagesse du gouvernement a
crux devoir faire agir pour arriver au but si long-tems désite par les vrais patriotes haîtiens.
Christophe - depuis que Sa dernière tentative sur le Porta
an-Prince ne lui avait laissé que le choix d'une honteuse
fuite ou d'un péril inévitable, n'avait pas osé s'exposer une
nouvelle fois au danger auquel il n'avait échappé qu'en
étouffant la voix de son orgueil despotique: il se contenta
d'abord de laver son affront dans le sang d'une portion de
la population qu'il opprimait ; mais a la mort d'Alexandre
Pation, d'éternelle mémoire: 3 il avait été assez aveuglé pour
s'attirer yne humiliation d'un autre genre, quoique toute
aussi mortifiante qu'une défection. Il aventura une seconde
députation vers nous 3 on se. souvient de la réponse qui
fut faite à ses Eavoyés (9), et des écrits qui sortireut
(9)-Voyez PAbeille Haitienne, ière. année, No. XXIV.
ait ; mais a la mort d'Alexandre
Pation, d'éternelle mémoire: 3 il avait été assez aveuglé pour
s'attirer yne humiliation d'un autre genre, quoique toute
aussi mortifiante qu'une défection. Il aventura une seconde
députation vers nous 3 on se. souvient de la réponse qui
fut faite à ses Eavoyés (9), et des écrits qui sortireut
(9)-Voyez PAbeille Haitienne, ière. année, No. XXIV. --- Page 128 ---
(74)
des presses de la capitale: e ils irritèrent antant qu'ils hu.
na
milièrent l'âme altière et cruelle qui les avait provoqnés,
D16
Christophe qui était venu jusqu'à Monrouis, se retira le
rec
coeur plein de rage, enflammé du désir de la vengeance $
en
et méditant déjà le projet d'une attaque dont il osait téau
mérairement se promettre un succès decisif. Il fit d'abord
C0
des ayproctsionnemena-de toute espèee, et ordonna une forte
tol
levée de troupes. Il nous eut, sans doute, engagés dans
se
une lutte sanglante, à cette époque, si la justice divine
C
n'avait traversé son horrible dessein. La foudre tomba sur
me
la citadeile de la Ferrière, qui était le principal dérôt des
ressources du tyran. Une partie de la forteresse sauta. L'exa
plosion occasionna à Christophe une perte considérable et
P'obligea à des réparations et des dépenses qui le mirent
U
dans la nécessité de suspendre l'exécution de son plan de
m
DI
campagne. Christophe ayant dès lors manqué son but, remarquait,
L
avec chagrin, les avantages qu'acquérait sur lui un gouver
S
nement. qui n'eut jamais en vue que la liberté, lindépen.
DO
dance et le bonheur du peuple 5 il s'apercevait que nos
frères du Nord, qu'il s'efforçait vainement de rendre nos
in
ennemis iréconcihables, en calomniant, de la manière la
plus odieuse, nos intentions les plus pures, s'informaient
Di
chaque jour, avec intérêt, de notre véritable situation ct
Sa
desiraient assez sensiblement une réunion qui devait mettre
ty
mo terme à leurs tribulations et cicatriser leurs playes proun
fondes. La pacification de la Grand'Anse lui inspirait de
vives inquiétudes ; il redoutait autant le succès de nos arde
mes que le progrès de nos principes : il ne lui fut plus
pr
possible de stvre un systême de temporisation dont il ne
9u
ponvait tirer aucun fruit utile, puisqu'il permettait aux -
QU
esprits de suivre la tendance naturelle d'une grande TO+
IC
volution. La rapacité, le meurtre et le despotisme avaient assuré
Te
à Christophe de grands moyens pécuniaires ; l'usurpatent
ja
possédait, en outre, des approvisionnemens considérables;
$0
il avait de bonnes troupes : il était en état d'ouvrir une
de
campagne avec quelque apparence de succès; mais sa cruauté
m
l'avait rendu tellement odienx, qu'il n'osait entièrement
Sa
obeissance de ceux dont il n'avait
de
compter sur la passive
isme avaient assuré
Te
à Christophe de grands moyens pécuniaires ; l'usurpatent
ja
possédait, en outre, des approvisionnemens considérables;
$0
il avait de bonnes troupes : il était en état d'ouvrir une
de
campagne avec quelque apparence de succès; mais sa cruauté
m
l'avait rendu tellement odienx, qu'il n'osait entièrement
Sa
obeissance de ceux dont il n'avait
de
compter sur la passive --- Page 129 ---
(75) )
pas roulu se faire aimer. Il crut que plus il'aurait
mes sous les armes, moins il aurait à craindre une d'hom:
rection derrière lui. 11 se promettait aussi
insur--
énorme masse de gens de guerre, marchant qu'avec sur le Port- une
2u Prince en colonne serrée, il écraserait la
coup férir. Il donna en conséquence des ordres capitale, sans
tous ceux qui étaient capabies de porter les
pour
seit enrégimentés.
armes,
Re
On peut juger s'il s'était formé
d'un succès affrayant, puisqu'il faisait
des l'idée
mens de femmes habiliées à l'amazone, orgauiser
régi5 pour faire, selon
qu'il espérait one facile victoire, massacrer tout le sexe de
la ville dont il meditait P'anéantissement.
Plein d'un projet qui n'avait pu être
homme qui avait ctouffé dans son coeur tout conçu sentiment que par un
main et religieux, Christophe faisait
hupréparatifs qui devaient le mettre à même pousser d vivement les
tre nous, la plus terrible
effectuer, conattaque ; il intrigua même
s'assurer, hors d'Haiti, d'honorables suffrages : ses pour dispositions, ses espérances follement exprimées, tout
a croire que nous l'aurions eu en présence et que notre porte
inébranlable constance aurait été par lui mise rudement à
l'épreuve vers la Toussaint dernière, si le
de
Dieu n'avait déji marqué la fin du
de ce doigt
Sail. Ce fut dans la maison même règne du
nouveau
tyran commença à éprouver le supplice
Seigneur devait que le
une
qui
borner
puissance qui n'avait pour support que la perversité.
Christophe s'étant rendu à l'église du Borgne, le 15 Août
dernier, pour assister à l'office divin ( ce fut ce jour, et à
près à la même heure, que le feu commença à consumer un peu des
quartiers du Port-au-Prince), crut voir le R. P. Corneille',
qu'il avait fait mourir : cette vision le troubla, au point
qu'il criait de faire sortir le prêtre. Le R. P.Jean qui of.
ficiait ce jour la, accomplissait, sans se déconcerter, l'acte
religieux qu'il avait commencé; un petit chien ctant venu
japper auprès de Christophe, qui disait toujours de faire
sortir le P. Corneille, le royal visionnaire
Panimal
de son
frappa
jonc, et par ce coup excita ses cris. En ce méme
moment, le ministre qui célébrait la messe, présentant le
Saint-Sacrement à l'adoration des fidèles,
tomba
de sa hauteur, la face contre terre, et se Christophe sentit, dès cet
religieux qu'il avait commencé; un petit chien ctant venu
japper auprès de Christophe, qui disait toujours de faire
sortir le P. Corneille, le royal visionnaire
Panimal
de son
frappa
jonc, et par ce coup excita ses cris. En ce méme
moment, le ministre qui célébrait la messe, présentant le
Saint-Sacrement à l'adoration des fidèles,
tomba
de sa hauteur, la face contre terre, et se Christophe sentit, dès cet --- Page 130 ---
(76)
instant, paralysd d'un côtd du corps. Le R. P. Jenn, ef
frayé d'un événement si extraordmaire, fute saisi d'un TioJent accès de fièvre et mourut le jour snivant.
Christophe fut transporté à Sans-Scuci: it manda plusieurs, doctenrs pour le traiters mais, quelgres remèdes
qu'on lui eut administrés, Oi ne put réussir à le guérin
de l'infirmité dont il avait étd solennellement frappe.
La population du Nord de la République était réellement
fuiguée de la tyrannie de Christophe ; ceux-mêmes quis'6.
taient vus fonces d'exécuter avenglément les ordres sangui
naires dul moderne Néron, en portaient dans le ceeur une
secrète horreur : mais telle était la terrenr qu'inspirait ce
cruel, que, vivant dans une extrême defiance les uns des
autres, on se gardait bien de s'exposer à aucune contis
dence, encore. moins à quelque projet de déliyrance, La
moindre initiscrétion ponvait être suivie d'un arrêt de mort.
Le sentiment existait indaviduellement, saus qu'on pût se
résoudre à en faire une ouverture communicatives Plongé
dans un morne. silence, on attendait, par un accord muet,
emelqu'evénement favorahle a une entreprise qui paraissait
ré illeuse à chacun.. Dans cet état de chosas, on obser.
vait, avec intérêta le progrès de la maladie du tyran;
bientôt l'audace se réyeilla dans le coeur des braves qui,
naguères, avaient vaillamment combatta pour la cause de
la liberté, et dont Christophe avait si indignement trahi
les voeux et l'esperance : une vexation innouie, exercre
contre la personne du Colonel du 8er régiment, précipita
la chite de P'oppresseur. (r).
La suite aux prochains Numéros.)
(r) L'ahondance des matières ne nois permet pas de donner, dans cette
livraison, la relation complete de la défeotion et du suicide de Cheistophe;
mais, poar satisfaire la juste impatience de n0s lecteurs, nous leur anoncons sommsiremest, que la révolution quia mis fn au regne du tyran,
commiencée à St-Marc, le 2 Octobre dernier, est terminésd'ane maniere
satistuisantes que, lè 8du meme mois Chnistople. s'est tué dun coup depie
tolet an cceur 20 et que maintenant, du Cop Tiburon au Fart-Lilostel [Eak
Damplhls tout est soumis aux lots de la Republigne. Nous donnerom,
dans les Ninéros qui vont suivre,les détails des Sveneinens, que nous:Yos
-recucilis surles lieux-mémes2?
. - --- Page 131 --- --- Page 132 --- --- Page 133 --- --- Page 134 --- --- Page 135 --- --- Page 136 --- --- Page 137 ---
EB URLARSENAL
sll
36.691
L'ABEILLE
HAYTIENNE
1817-1820
piadas
1846-.
Tovipomstesoretr