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(BnF Gallica
L'Abeille haytienne
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France --- Page 2 ---
(BnF Gallica
I L'Abeille haytienne. 1817-10-16.
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L'ABEILLE
HAYTIENNE
JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE.
e 0t0
N. - VI.
AJOUTEZS
L'Epée et les talens doivent n'avoir qu'un but:
Que chacun à l'Etat apporte son tribut.
Ce Journal parait les 1.er et 16 de chaque mois.
Le prix de 'Abonnement se paye d'avance:
25 gourdes pour un an ;
14 gourdes pour six mois;
8 gourdes pour trois mois,
S'adresser a M. COLOMBEL, Secrétuire particulier de S. Ez,
le Président d'Haiti.
AU PORT-AU-PRINCE,
DE L'INPRINERIE DU GOUVERNEM: ENT.
1817.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
.
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14 gourdes pour six mois;
8 gourdes pour trois mois,
S'adresser a M. COLOMBEL, Secrétuire particulier de S. Ez,
le Président d'Haiti.
AU PORT-AU-PRINCE,
DE L'INPRINERIE DU GOUVERNEM: ENT.
1817.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France --- Page 4 ---
BITITIS
a sune
ue
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(3)
Port-an-Prince, le 16 Octobre 1817, an 14 de TIndépendance d'Haiti:
POLITIQUE
Suite des Considérations sur PIle d'Haiti, par J. S. MILSCENT,
Haitien.
ARTICLE IX
L U moment que des hommes se réunissent en grand nombre pour vivre eri
société, la chose publique est la propriété de tous. Les co-intéressés font un
contrat d'après lequel la communauté est administrée; voilà le pacte social, la
constitution.
Une constitution n'est pas une collection de lois ; elle n'est que le type
qui sert à les faire, ou la base sur laquelle elles doivent reposer. Ellefixe seuJement la forme du gouvernement, ordonne l'organisation des différens pouvoirs, consacre les droits ainsi que les devoirs des citoyens, et prescrit les mesures de sûreté individuelle et de salut public:
S'il était possible de tout prévoir dans une constitation, on n'aurait plus
de lois à faire; mais commeles circonstances nécessitent souvent des modifications dans l'administration des affaires des nations, le pacte social, en déterminant les principes élémentaires des lois, doit laisser toute l'étendue nécessaire
au pouvoir législatif pour compléter les divers codes dont la constitution n'est
que le sommaire.
L'intention du cultivateur qui ensemenice une terre est de se procurer le
grain nécessaire à son existence ; mais s'il sèmé l'ivraie avec le bled, son but
sera manqué et il perdra le fruit de ses travaux.
Silouvrier qui assortit les difterentes pièces qui composent une montre y
insinue le moindre grain de sable, les rouages de sa machine s'useront insensiblement, le jeu n'en sera plus réglé, et les ressorts s'arrêteront au bout d'un
certain temps:
De même le législateur verra s'écrouler lédifice constitutionnel, s'il laisse
subsister un vice à sa base.
Les nations ont existé avant les souverains ; ainsi, elles seules ont le droit
d'instituer leurs gouvernemens: mais les dépositaires de l'autorité absolue, soit
à titre légitime ou autrement, se sont mis à la place des peuples et prétendent
que leurs commettans, devenus leurs sujets, doivent accepter la charte qu'ils
leur font la grâce de leur donner. Les Potentats sont d'accord pour maintenir
cette Mhnsepaiceatgenooaily aurait trop de danger à attaquer de front
cette espèce d'usurpation. D'ailleurs, l'hérédité affectée à la puissance souves --- Page 6 ---
(4 )
saine a fait des Monarques, non des magistrats
inamovibles, Les guerres, les révolutions,
temporaires, mais des Maitres
ont favoriseTaudace deleurs
en atténuant le génies des Dations,
ceux-ci,
chefs, et celles-la ont concédé ou
par crainte, par respect oupar recomnaissance, leurs abandonné à
droits. Les détenteurs de cutepraprietenesont
libertés et leurs
Dans les paye où les choses se sont maintenues guères dans disposés à la restitution.
, non des magistrats
inamovibles, Les guerres, les révolutions,
temporaires, mais des Maitres
ont favoriseTaudace deleurs
en atténuant le génies des Dations,
ceux-ci,
chefs, et celles-la ont concédé ou
par crainte, par respect oupar recomnaissance, leurs abandonné à
droits. Les détenteurs de cutepraprietenesont
libertés et leurs
Dans les paye où les choses se sont maintenues guères dans disposés à la restitution. le souverainn/estque T'organe dela loisil tire d'elle seule un juste équilibre,
sente véritablement la nation qui l'ai revêtu de l'autorité sa force: la, ih repré
le Président quand elle est réunie
et il en est réellement
La constitution est supérieure en à la corps. loi,
être réguhèrement faite: la loi n'est dérogatoire puisque à la sans elle la loin'aurait pu
gouvernement despotique. constitution que sous un
La constitution est la sauve-garde de tous; elle est
et l'égide du gouvernement t: elle consacre, à l'un le droit la de garantie du peuple
sion; ; à l'autre, celui de comprimer l'esprit de révolte. résister rà l'oppresOn ne saurait légalement modifier une constitution
tion qui ila faite, ni s'écarter du principe
sans consulter la naque le temps rend
adopté pour opérer les changemens
nes circonstances, telles indispensables au contrat social. Il est vrai qu'en de certainée,
qu'une invasion et des troubles eivils,
par nécessité, au pouvoir exécutifrest une
lP'extension donce cas a été prévu par le législateur: il a dà sacrifier modification dela constitution;
commun: mais tout doit rentreri dans l'ordre
quelque chose au salut
patrie a cessé. Cependant, s'il faut considérer prescrit, les fléaux quand le danger de la
secousses extraordinaires qui ébranlent les
politiques comme les
gislatenr est quelquefeis
del
corps solides, on sentira que lel6vait fixé
obligé se porter au-delà du laps de
pour pouvoir procéder à l'examenide ce
temps qu'ilasa sagacité. Hors le cas d'une commotion
que l'expérience révélait à
prits, toute modification dans la
qui agit simultanément sur les esprévu, prend le caractère d'une novation constitution, avant la révolution du période
tions dont dépend le sort des
contraire à la stabilité des instruclui qui l'a faite a toujours le droit peuples. Il n'en est pas de même de la loi: cede la modifier selon
Tous les citoyens ont le droit de veiller au
qu'illejuge convenable. ée dépôt est confié à leur
maintien de la constitution:
gnaler les abus et les infractions patriotismie; mais un simple individu ne peut quesiil veut sévir
qui y sont faites : ildevient un sédicieux quand
personnellement contre les infracteurs. Cedroit
corps constitué, ou à la nation assemblée,
n'appartient qu'au
La plupart des changemens qui sont survenus aux. ples, ont été les résultats d'évènemens
constitutions des peuont profité de la docilité, de la faiblesse impérieux. ou de
Quelquefois les Monarques
les assujettir et pour restreindre leurs droits limpuissance des nations pour
ont réduit les
à
; en d'autres occasions, les nations
Monarques se relâcher un peu de leurs
ques : mais toujours ces concessions et ces reprises de l'autorité prétentions despotivolutions pour cause. Une longue suite d'années de
ont eu des réblique étant une éclatante preuve du
paix et de prospérité pude laisser pencher la balance du côté sage de la emploi des pouvoirs, il est naturel
par sa justice et son caractère libéral.
des nations pour
ont réduit les
à
; en d'autres occasions, les nations
Monarques se relâcher un peu de leurs
ques : mais toujours ces concessions et ces reprises de l'autorité prétentions despotivolutions pour cause. Une longue suite d'années de
ont eu des réblique étant une éclatante preuve du
paix et de prospérité pude laisser pencher la balance du côté sage de la emploi des pouvoirs, il est naturel
par sa justice et son caractère libéral. Le bonheur partie qui sait rétablir l'équilibre
lequel se portent tous les voeux, il n'y a excès dans général l'autorité étant le but vers
que lorsqu'elle --- Page 7 ---
(5)
contraire à celui pour lequel elle a été déléguée.
un effet
ont
produit
a sa constitution. Les peuples ayant des usages, des mactrs
Chaque localités pays. différens, il n'est pas possible de les régir par les mêmes loisa
et des
leurs
Les Chinois interdissent T'entrée de leur territoire aux étrangers : ils ont, sans
10n,
doute, leurs raisons pour perpétuer cette mesure:les Haitiens ont aussi les
bre,
refuser actuellement le droit de propriété immobilière aux Euroleurs pour
pre
La nécessité de veiller à notre existence, sans cesse compromise par
nent péens. de certains hommes, a dû nous faire immoler à notre sûreté les considérations
partieulières qui nous portaient à ne voir dans nos semblables que des frères
pu
appelés à recueillir le même héritage; mais nous les traiterons comme des
un
amis dignes de notre bienveillance, toutes les fois que leur conduite franche,
loyale et fraternelle pourra nous devenir un motif pour faire unjour, en leur
uple faveur, des exceptions que leur alliance avec nous semble réclamer.
pres
naLITTERATE URE. -
mens
ertaidon.
Vous quid d'amour méconnaissant l'empird,
tion;
De vos amans prolongez le martyre
salut
Et sans aimer passez votre printems,
Beautés, craignez les outrages du tems.
Ce Dieu quifait avec tant de vitesse,
Doit nous conduire aux jours del la tristesse,
T
Quand sur nos fronts il trace son arrèt,
De notre coeurl'inutile
esregret
Ne peut Aéchir ce vieillard implacable;
Il nous attache
nous accable;
rucaujoug qui
Et dispensant à d'autres ses faveurs,
ceIl nous condamne à souffrir ses rigueurs.
En voulez-vous une preuve bien sûre?
tion:
D'une cruelle apprenez l'aventure.
Cloris avait les charmes de
uand
Cypris;
De sa beauté chacun était
ju tu
épris:
Mais des amants quila suivaient sans cessé
Elle abhorrait Thommage et la tendresse;
peuEt ces mortels à lui plaire attentifs,
ques
Etaient traités en malheureux captifs.
pour
Tant de rigueur rebuta leur constancei
tions
Chacun sentant mourir son espérance,
potiFuit l'inhumaine et
ses
Tedirigea pas
Vers un objet sensible et plein d'appas,
Qui mit le prix à son amour extrême.
tur
Ce changement, fit leur bonheur suprême:
libre
Cloris en eut d'abord quelque
vere
dépit;
En peu de
le
el e
temps regret s'y joignit.
Bientôt sa cour devint triste et désertei
rigueur rebuta leur constancei
tions
Chacun sentant mourir son espérance,
potiFuit l'inhumaine et
ses
Tedirigea pas
Vers un objet sensible et plein d'appas,
Qui mit le prix à son amour extrême.
tur
Ce changement, fit leur bonheur suprême:
libre
Cloris en eut d'abord quelque
vere
dépit;
En peu de
le
el e
temps regret s'y joignit.
Bientôt sa cour devint triste et désertei --- Page 8 ---
(65
De ses amants elle pleura la perte,
Pour mettre enfin le comble à sa douleur,
Le traître amour se glisse dans son coeur.
Plus de repos, plus de plaisirs pour elle.
Cette beauté naguères si cruelle,
Qui s'offensait d'un simple aveu d'amour,
Soupire et veut l'avouer à son tour.
Si quelque amant, la trouvant moins rebelle;
S'était offert pour consoler la belie,
Elle eût alors goûté le vrai bonheur.
Mais nul ne vint. Pour calmer son ardeur,
Elle cherchait la fraicheur de l'ombrage.
Soins superflus! Il n'est point de bocage
Qui de l'amour puisse apaiser le feu:
Bosquets, forêts, pour lui, tout n'est qu'un jeu.
Cloris, assise au bord d'une fontaine,
Cherchait, un jour, un remède à sa peine;
Sur le cristal portant ses yeux distraits,
J'onde aussitôt lui présenta ses traits.
Du temps sur eux tel était le ravage,
Qu'élle frémit en voyant son jmage.
Un bruit léger détourna son regard.
Elle aperçut, non loin d'elle, un vieillard
De qui la faulx, l'abord, l'air taciturne,
Tout annonçait le rigoureux Saturne.
66 Cloris, dit-il, lui saisissant le bras,
6 Viens désormais habiter mes états.
C Sur le penchant de ces hautes collines,
66 D'un vieux palais vois-tu bien les
ruines?
Chacun les doit visiter à son tour:
66 Suis-moi; je veux t'y conduire en ce jour. 3
A ce discours, Cloris fit résistance;
Mais du vieillard telle était la puissance,
Qu'agilement toujours il cheminait
Et sans effort la pauvrette entrainait.
Au. pied du mont, enfin, ils arrivèrent;
Dans l'édifice aussitôt ils entrèrent.
Cloris à peine admise en ce séjour,
Le vieux portail se ferma sans retour; ;
Et dans ce lieu d'exil et d'esclavage,
Elle pleura longuement le bel-age.
FABJ L E.
Un homme plein d'activité,
D'un terrein ayant hérité,
Le voulut cultiver lui-méme.
'agilement toujours il cheminait
Et sans effort la pauvrette entrainait.
Au. pied du mont, enfin, ils arrivèrent;
Dans l'édifice aussitôt ils entrèrent.
Cloris à peine admise en ce séjour,
Le vieux portail se ferma sans retour; ;
Et dans ce lieu d'exil et d'esclavage,
Elle pleura longuement le bel-age.
FABJ L E.
Un homme plein d'activité,
D'un terrein ayant hérité,
Le voulut cultiver lui-méme. --- Page 9 ---
(7)
Ce terrein n'était pas d'une grandeur extréme; :
Mais il pouvait, moyennant queiques soins,
Réunir T'agréable avec le nécessaire
Et même procurer ce qui peut satisfaire
Un coeur qui n'a que de justes besoins.
Notre cultivateur, soigneux autant que sage,
Ayant bien préparé son petit héritage,
Y planta, de sa main, de jeunes arbrisseaux.
Il sut les diriger en connaisseur. habile,
Et prenant tour-à-tour la serpette et les seaux,
Tantôt il retranchait une branche inutile,
Tantôt il répandait de bienfesantes eaux
Au pied des plants dont les rameaux,
Aux ardeurs du soleil résistant avec peine,
Semblaient implorer ce secours.
Il se donna du mal, la chose est bien certaine ;
Mais sa plantation profitant tous les jours,
Lespoir le consolait toujours.
Son attente ne fut pas vaine.
De ses arbres, enfin, il eut des fruits exquis,
Que ses travaux avaient acquis.
Bon père de famille, explique cette fable;
Car en tout point elle t'est applicable:
Ces arbrisseaux, ce sont tes chers enfans,
Ce cultivateur, c'est toi-même.
De ces objets d'une tendresse extrême
Soigne toujours les jeunes ans,
MILSCENT,
Vers composés en voyant une. jeune Vestale.
Aux yeux du tendre amant Cythère offre Vénus;
Neuf Muses au Parnasse accompagment Phébus;
Trois Grâces au Boudoir enseignent l'art de plaire:
Sans aller au Boudoir, au Parnassé, à Cythère,
Otoi qu'amour forma dans nos climats heureux,
Que Minerve en secret élève sous ses yeux,
Quel mortel près de toi, si son coeur n'est de glace,
Ne voit une Vénus, une Muse, une Grace!!!
ENVOI
Il est une jeune beauté,
Près de qui Vénus n'est plus belle;
Qui par ses grâces, sa bonté,
Soumet le coeur le plus rebelle.
ent l'art de plaire:
Sans aller au Boudoir, au Parnassé, à Cythère,
Otoi qu'amour forma dans nos climats heureux,
Que Minerve en secret élève sous ses yeux,
Quel mortel près de toi, si son coeur n'est de glace,
Ne voit une Vénus, une Muse, une Grace!!!
ENVOI
Il est une jeune beauté,
Près de qui Vénus n'est plus belle;
Qui par ses grâces, sa bonté,
Soumet le coeur le plus rebelle. --- Page 10 ---
(8 )
Je sais que la reine des Dieux
En conçoit delajalousie:
Que Minerve lui porte envie,
Et que de son char radieux,
Phébus ralentit la vitesse,
Pour contempler avecivresse,
Son port noble et majestueux,
Et sa taille svelte et divine,
Etses yeux plus vifs que l'éclair,
Enfin chaque grâce enfantine;
Mais dessus tout cet air
Et del bonté et d'innocence,
Et de candeur et deprudence,
Qui soumet tout sansle vouloir,
Qui plait sans savoir Tart deplaire,
Et qui fera le désespoir
De la Déesse de Cythère,
D. L. HAYTIEN.
INTERIEUR
Ila été dernigrement livré à la Justice un de ces hemmes
savent tel.
Jement abuser de ia faiblèsse des personnes ignorantes et crédules, qui qu'ils se font
passer pour magiciens ou sorciers. Le crime de ce scélérat est d'être
à
s'emparer d'un enfant nouveau né, qu'l a fait périr d'une manière parvenu horrible:
cetteinnocente créature a été trouvée dans une cour, la tête séparée du tronc,
Nous ne saurions trop recommanderà nos concitoyens de se tenir en
de contre ces fourbes dangereux, qui profitent adroitement des contes garridicules pour commettre des atrocités abominables. Qu'on ne s'imagine lesplus
qu'un homme pusse parvenir, par des connaissances ocultes, à découvrir des pas
secrets impénétrables, à soumettre les élémens à sa volonté, et-les événemens
àsa prévoyance. Cette prescience est illusoire, absurde. Toute opération surnaturelle est interdite à l'espèce humaine, et nul ne peut, exécuter, à son
ce qui est de l'attribut de la Divinité, Toute prétention contraire a cette vérl- gT6,
té est une impiété.
L'origine de la superstition remonte aux siècles les plus reculés de l'idolâtrie. Les peuples ont rendu un culte aux élémens, aux animaux, et même
aux végétaux. Dans ces temps d'erreur, les Ministres du
cherchant à profiter de la crédulité des hommes, attribuerent de Paganisme, fausses vertus a
leurs prétendues divinités : ils s'étayérent des plus grossières absurdités pour
accréditer leurs mensonges: ils rendirent des oracles, immolèrent des victimes,
interprétèrent de la manière qui leur convint, un signe, un mouvement, une
tache; un simple accident leur fournit l'occasion d'une explication prophétique: comme si le vol d'un oiseau, ou l'inspection des entrailles d'un animal
pouvait leur faire connaitre ce que Dieu n'a pas voulu nous révéler. La Re-
: ils s'étayérent des plus grossières absurdités pour
accréditer leurs mensonges: ils rendirent des oracles, immolèrent des victimes,
interprétèrent de la manière qui leur convint, un signe, un mouvement, une
tache; un simple accident leur fournit l'occasion d'une explication prophétique: comme si le vol d'un oiseau, ou l'inspection des entrailles d'un animal
pouvait leur faire connaitre ce que Dieu n'a pas voulu nous révéler. La Re- --- Page 11 ---
(9)
réduit ces imposteurs au silence; cependant un reste dele
ligion Chrétienne a a été transmise parla tradition: des fourbes obscurs
vieille superstition sorciers. nous Ils trouvent, sans doute, leur compte à tromper
se disent encore faibles et à exécuter de funestes projets ; mais la raison déquelques esprits
comme des êtres très-nuisibles à la société.
nonce ces imposteurs qu'un homme s'est rendu tout-à-coup invisible, a séCeux qui assurent fond de l'eau, et est resté intact, après pinsieurs décharges
journé un mots au dirigées contre lui, sont d' une crédulité plus que puérile. Aude mousqueterie talisman, aucun
ne peut rendre un individu invalnécune heibe, aucun ni le rappeler à la EAu quand la mort l'a frappé,
rable, imaxortel, qu'un revenant ou ua loup-garou ? Des malfaiteurs déguisés,
Qu'est-ce ici OUANGA et CAPLATA? Des recettes propres aux maliQue noiame-t-on soi-disants sorciers, pour se rendre redoutables, ont Tair d'avoir fait
fices. Les
à la rigueur des Lois, les sorcicrs et
un pacte avec le Diable; maig.liveez-les
le Diable nous laisseront tranquilies. de plantes vénéneuses; remarquez bien
Il existe une grande quautité la
de ces plantes qui se disent que
ee sont les hommes qui connatssent propriété des
d'attenter
sorciers. Comme il leur est facile, par
pratiques pernicieuses,
à l'exis istence des individus, ils ont étendu l'empire de la superstition par qu-lfunestes prédictions : dans ce sens, leur science n'est pas un prestige, nais
fues art doit exciter l'attention des citoyens et des magistrats,
un qui
MILSCENT,
vent
YARIETES
rvem
A Messieurs les Rédacteurs de PAbeille Huitienne.
tron
en
J'ailhonneur de vous adresser, MM..quelques réflexions sur notrepatrie,
Si elles vous paraissent dignes d'ètre publiées, veuillez bien les insérer dans vOgine
tre prochain Numéro,
IVrIr
Je suis, Messieurs, avec une parfaite considération,
énema
BOUTIN.
ation
son
Nous touchons enfin au moment de recueillir le fruit de nos travaux; notre
ette VeD
courage et la sagesse de notre chef nous ont fait triompher de tous les obstacles quie'élevaient devant nous: braves Haitiens! Soyons toujours nous-m@mes;
delil
mourons, s'il lefaut, plutôt que de céderàla tyrannie; la Patrie est tout pour
et men
nous; notre vie lui appartient ; LA LIBERTE ET L'INDEPENDANCE, voilà notre
e, chek
devige, et notre mot de ralliement. Suivous toujours les traces du Héros-Mavertsl
gistrat qui marche accompagné des vertus etdes talens qui constituent le verilitéspe
table grand homme; sa constance infatigable et Ja droiture de son ceur nous
victine
sont un sûr garant des plus heureux succès. Dans notre sainte cause, quel CSent, UDE
poir nedevons-nous; pas concevoir, quand nous voyons notreillustre soutien enropuel
vironné de Télite de nos guerriers etdenos concitoyeus, marcher d'un pas feranins Be
me et assuré, au but vers lequei tendent tous nos desirs! Oui, le ciel couronneLa
sa constance infatigable et Ja droiture de son ceur nous
victine
sont un sûr garant des plus heureux succès. Dans notre sainte cause, quel CSent, UDE
poir nedevons-nous; pas concevoir, quand nous voyons notreillustre soutien enropuel
vironné de Télite de nos guerriers etdenos concitoyeus, marcher d'un pas feranins Be
me et assuré, au but vers lequei tendent tous nos desirs! Oui, le ciel couronneLa --- Page 12 ---
(19)
ta nos FOPuX; nous sommes l'eeuvre de la main Divine; nos droits sont
ous conserverons notre rang parmi les nations; les Romains eurent-ils sncrést
vertus que nous? Les Spartiates nous sttrpassaient-ilg en
plus de
en versles étrangers, nous les avons accueil lirs avec urbanitét courage? toutesles Hospit fois taliers
sont venus pour traiter avec nous en amis. Si nous repoussons nos
qu'ils
c'est pour leur épargner des crimes, et empêcher le renouvellement agresseurs, des malKeursdontnous consarvons encorele plus douloureux souvenir. Nous
notre conduite au jugement des nations équitables: si les.hommes nous soumettons refusent
la justice quinous est due, rassurés par notre conscience, et
divine, nousa attendrons avec calme et résignation P'accomplissement forts.del'assistance des décrets
éternels: Haitiens! Soyons toujours unis pour être invincibles.
trois cents guerriers, arrêta une armée formidable de Persans; les Léonidas Grecs avec
rent aux Thermopyles: mais leur défaite coûta cher à leurs ennemis. péri4
sommes
Nous
aussi dévoués à notre Patrie que les Spartiatesle furent àla
avons nos Thermopyles et notre nombre à ajouter à nos avantages; ainsi, leur; conci- nous
toyens,, confions-nous à la Divine Providence; nous sommes son
nous prendra sous sa saintegarde; tous les efforts des pervers ouvrage; elle
ser contre la puissance de l'auteur de toutes choses. Nous viendront se bripar un tribunal étranger, composé sans doute d'homes avons été insultés
prejugés barbares qui ont fait le malheur de notre pays; mais encore des imbus Hai- des
tiennes ont aussi-tôt repoussé l'injurieuse audace de nos
plunies les
teurs de l'Abeille Haitienne ont dans cette circonstance agresseurs: donné
RédacJeur modération, et du patriotisme éclairé qui les anime; tout en une combattant preuve de
victorieusement nos ennemis, ils ont su conserver le calme et la
ractère Haitien. Coneitoyens suivons un si bel exemple; laissons dignité dans du cales crimesetlesi injures quiont excité notre vengeancesil'on ose nous insulter l'oubli
nous attaquer, nous saurons nous défendre, et l'on n'aura pas à nous
et
d'avoir refusé de vivre en bonne intelligence avec les peuples policés. reprocher
-On lit dansles Journaux américains du dernier trimestre de cette
née ce qui suit:
anLondres est souvent vanté comme le paradis terrestré des
dames
maris, et les
anglaises come des modèles de. tendresse et de fidélité conjugale; les
papiers anglais cependant donnent la nouvelle statistique suivante sur D'état des
mnariages de cette capitaler
Femmes échappées de leurs maris.
1,432
Maris échappés de leurs femnes.
2,348
Personnes nariées, légalement divorcées.
4,175
Vivant à couteau tiré..
.17,9 345
Vivant sans éclat, en mauvaise intelligence.. .13,279
Indiférêntes Pune pour l'autre.
55,240
Réputées heureuses.
3,175
Presque heureuses.
Parfaitement heureuses..
TOTAL
96,834
Pardi, vous vous êtes fait faire là un bel habit! disait un benêt au
riche cultivateur M. Lerond.--Tu trouves..-Oui; mais on vous la fait trop
divorcées.
4,175
Vivant à couteau tiré..
.17,9 345
Vivant sans éclat, en mauvaise intelligence.. .13,279
Indiférêntes Pune pour l'autre.
55,240
Réputées heureuses.
3,175
Presque heureuses.
Parfaitement heureuses..
TOTAL
96,834
Pardi, vous vous êtes fait faire là un bel habit! disait un benêt au
riche cultivateur M. Lerond.--Tu trouves..-Oui; mais on vous la fait trop --- Page 13 ---
(11)
large, ça vous donne l'air d'un grand pereCeia m'est égal, dit Lerond,j'aimne à être à mon aise. Je veux qu'un habits soit ample : ma foi, vive T'ampleur;
avec l'ampleur on n'est jamais gêné.-I1 a crié vive l'Empereur, dit le Maire
Robert, qui se trouvait présent: : qu'on l'arrête sur le champ, il a crié vive
TBompereur-Lerond répond par un démenti et un coup de poing sur la face
du magistrat, ce qui ajoute le crime de rebellion à l'autorité au crime desédlition, pour lesquels Lerond a été poursuivi et dificilement acquitté, malgré
Jes instances de tous les habitans du village.
us
NOUVELLES
LE Prince Eugène Beauharnais, qui a été créé Due de Lichtemberg et
PRINCE de Eschtedt, a reçu, en outre, du roi de Bavière, le titre d'ALTESSE
ROYALE, et le privilège de prendre rang après les princes du sang. S. M.
des
lui a de plus donné un régiment-et le titre de Général.
Des lettres particulières d'Allenigne disent que le roi de WurtemRC
berg a reçu une lettre écrite de la main d'un
l'invitant
1A
grand monarque,
sérieusement à ne pas aller plus loin qu'il n'a fait, parce qu'autrement il
ant
compromettrait la tranquillité de PAllemagne ; on lui promet un puissant secours s'il
Ca.
en a besoin, pour çontenir les agiteurs de son royaume."
On dit que le roi de Suède a enfin accédé à la Sainte
et
Ligue, mais
ce n'a été qu'après avoir y été fortement poussé par les alliés.
II parait que 'Angleterre a fait le relevé de toutes les côtes de la
Chine pour pouvoir y introduire ses marchandises, et on dit que c'est à la réan
ception de ce document qu'est due Texpédition prête à partir, pour demander satisfaction des comptoirs sur la rivière de
&c. &c.
es
Canton,
Deux mille quabers hollandais", doivént, ditun Journal de
les
New-York,
se rendre aux Etats-Unis,
C8
M. de Las Casas, ancien officier de Marine, connu dans la république
des lettres par son bel ATLAS LE SAGE qu'il a fait paraitre à Londres dans
son émigration, est, ditle Journal ci-desses cité, toujours à Londres. Quelques
personnes, qui se prétendent bien informées, assurent qu'ila suivi Napoléon 3
file Ste.-Hélène et ne Ta point quitté.
Le prosétilisme paraît être en ce moment l'objet favori de l'Empereur Alexandre. Les plus grands avantages sont offets, dans ses Etats,
Juifs convertis à la religion chrétienne. Cette manière d'acquérir des âmes auy à
Dieu n'est pâs si contraire aux divins préceptes de T'Evangile que les bichers,
les tortures, les exactions employées cortre le peuple israélite, au nom d'une
religion de charité, par tous les princes chrétiens pendant environ douze sièu
cles. Nous craignons, néanmoins, qu'en attachant un prix trop terrestre à des
conversions qui ne deyraient être que l'effet de la grace, l'Empéreur schismatique n'ait ouvert un nouveau champ à des spéculations
et
une
que Thypocrisie
U
dissimulation sacrilège ne manqueront
de faire
- Une flotte russe de 8 vaisseaux de pas
tourner aleur profit.
mouillé à Calais
ligne, une frégate et un brig &
pour emmener ui corps considérable de troupes russes.
restre à des
conversions qui ne deyraient être que l'effet de la grace, l'Empéreur schismatique n'ait ouvert un nouveau champ à des spéculations
et
une
que Thypocrisie
U
dissimulation sacrilège ne manqueront
de faire
- Une flotte russe de 8 vaisseaux de pas
tourner aleur profit.
mouillé à Calais
ligne, une frégate et un brig &
pour emmener ui corps considérable de troupes russes. --- Page 14 ---
(12)
to gouvernement anglaisva mettre 50 millions st: de billets pour rems
plir le déficit du revenu de cette année. Le Maire de Dublin a mis cette ville_sous la loi martiale, en consédes nouveaux désordres quiyont eu lieu. De 9 heures du soirà 6 heures quence du matin, on ne peut plus sortir de chez soi, et pendant ce tems toutes
les maisons publiques sont fermées. militaires dont on ne conEn Turquie on fait de grands préparatifs
Russie. nait pas l'objet. il parait qu'on craint la guerre avec la
On répare
les fartifientions des Dardanelles. On dit que PAutriche a consenti à ce que les Duchés de Parme,
Plaisance et Guastalla, qui avaient été donnés en apanage à I'.Archi-Duchesse Marie Louise pour elle et son fils, retournent, aprèsla mort de cette prin. cesse, à la Maison des Bourbons d'Espagne. En Angieterre, la su pension de TABEAS CORPUS, sera prolongée
jusqu'en Mars prochain. les plus en faveur auprès de Louis
On cite, comme les personnages
XVIII, les Maréchaux Oudinot, Bellune, Macdonald et le général Lauriston. Ona saisi à Paris, par ordre supérieur, tous les exemplaires du Se
volume du Censeur Européen, parce qu'il contenait l'extrait d'un ouvrage
que l'on prétend avoir été écrit par Napoléon. (a)
Les papiers de Paris, disent que les ménagemens dont on a usé enters Mme. Regnaud de St. Jean d'Angely ont produit uneimpression favorable
dans lesprit public, et que cette Dame doit être conduite, avec sa famille, dans
un port du Royaume, où elle s'embarquera pour les Etats-Unis. de VeneLa situation des armées des indépendans dans les provinces
zuela et de la Guyane, étaiti ily a quelques mois, ainsi que suit; savoir: Le général Bolivar, à latête de l'armée principale ava't sonqunrtie *général à Meza,
près d'Angustura, et assiégeait la vieille et la nouvelle Guyane, ayant sous lni
les divisions des généraux Piar, Arismendi, Cedeno, Bermudez. Valdez, fortes
de 7000 hommes d'infanterie et cavaierie. Le Général Paes, avec les armécs
du bas Apure, environ 6000 presque tous cavalerie. derrière CaLe Général Serasa, à Bapua, dans la province de Barcelone,
racas, avec' 1500 hommes de cavalerie et 630 d'infanterie. Le général Mona
gus, derrière Barcelone avec 700 hommes de cavalerie et 300 d'infanterie
Le général Marino, dans la province de Cumana, avee 2500 hommes d'infan- de
terie et 300 cavabiers.
les armécs
du bas Apure, environ 6000 presque tous cavalerie. derrière CaLe Général Serasa, à Bapua, dans la province de Barcelone,
racas, avec' 1500 hommes de cavalerie et 630 d'infanterie. Le général Mona
gus, derrière Barcelone avec 700 hommes de cavalerie et 300 d'infanterie
Le général Marino, dans la province de Cumana, avee 2500 hommes d'infan- de
terie et 300 cavabiers. Le genéral Razas, à Maturin, avec 700 hommes
cavalerie et 200 d'infanterie, de
Brion,
fait voile le 6Juin de
L'escadre sous les ordres T'amiral
qui a
Carupano pour l'Orénoque avec 3500 hommes, se composait de 2 corvettes, le
le Congrès, I'Indel libre. De 8 brigs, I'Amerique libre, le Conquestador, SuValiente, le Terrible, le Formidable, le Carponcan, FHeramaphrodite, le
perbe, De 12gueiettes, Sloop-Aurora. De12 GUN BOATS. de la GaParis, le 12 Avàt-Une lettre insérée dans le dernier numéro
de
zette de Santé, parle d'une découverte due au husard, et qui donne lieu
(s) Nous ne pouvers garantir si cet ouvrare est de Bonàparte ou n'en est pas; mais de quoi
qu'ilen soit nous lei ferons connatre) po exursus GAuS ce Journal,le trouvant suscepiible piquer
ka curissicé de noslecteurs, --- Page 15 ---
( 13 )
de safran porté sur l'estomac est un préservatif contre le
eme croire qu'im sachet
seule pourra en donner l'assurance, maisilr n'estpas
mal de mer. L'expérience le safran puisse agir, par son odeur, comme anti-spasmion8 A invraisemblable que
hen. dique. 4 mois, il est parti du port de Cadix 8 a
Outes
Madrid, le 9nfeillet.--Depuis de toutes armes, destinées pour nos possessions de
9000 hommes de troupes Une nouvelle expédition, composée d'environ 4000
Con. TAmérique Méridionale. à la voile sous peu de jours, et complétera les forces que la
par hommes, mettra
tâcher d'y rétablir son autorité. Métropole envoie dans ses possessions pour bâtiment de commerce qui partira
de ces mesures, chaque
I
Indépendaumnent
le Pérou ou le Mexique, transportera à son bord un
Ches
des ports d'Espagne de militaires pour caiculé d'après sa force ; ces renforts sont dess
pri
certain nombre les vides qu'amène nécessairement une guerre destructives
tinés à compléter
ME
MANUSCRIT VENU DE SAINTE- HELENE,
MANIERE INCONNUE. OU1
D'UNE
mon
sont
Iston
n'écris
des commentaires: car les événemens de
règne
je
pas suis
obligé d'alimenter la curiositépublique, Je dons
assez connus, etje ne
pas
caractère et mes intentions peus
vTage ne le précis de ces événemens, parce que mnon à
tel
aux yeux
défigurés, et je tiens paraitre que j'aiété,
vent être fils, étrangement comme à ceux de la postérité. de mon
voie détournée
orabe
C'est le but de cet écrit.Je suis forcé d'employer une
pour
dau
Car s'il tombait dans les mains des ministres anglais, je sais,
le faire paraitre. resterait dans leurs bureaux. Vens par expérience, qu'il
les admiratetirs de mon pouvoir ont
Ma vie a été SI étonnante, que été
Ils se sont trompésk
pensé que mon enfance même avait
extraordinaire. enfant obsMez
Mes premières amées n'ont eu rien de singulier.
C'est le but de cet écrit.Je suis forcé d'employer une
pour
dau
Car s'il tombait dans les mains des ministres anglais, je sais,
le faire paraitre. resterait dans leurs bureaux. Vens par expérience, qu'il
les admiratetirs de mon pouvoir ont
Ma vie a été SI étonnante, que été
Ils se sont trompésk
pensé que mon enfance même avait
extraordinaire. enfant obsMez
Mes premières amées n'ont eu rien de singulier. Je n'étais qu'un
sous
Ma
éducation a étépitoyable, comme tout ce qu'on
tiné et curieux:
première
de
forte
fesait en Corse. J'ai appris assez facilement le français, par les mnilitaires
armal
la garnison, avec lesquels je passais mon temps:
le voulais: mes vo4
Je réussissais dans ce quejentreprenais. parce que je
èrelk
lontés étaient fortes, et mon caractère décidé. Jen n'hésitais jamais, ce quim'a
Mou
donné de l'avantage sur tout le monde: La volonté dépend, au reste, de la
Le -
trempe de l'individu : il n'apartient pas à chacun d'être maître discerné chez sois la vés
Mon esprit me portait à détesterles illusions. J'aitoujours
IeS
rité de plein saut. C'est pourquoi j'ai toujours mieux vu que d'autres le fond
des choses. Le monde a toujours été pour moi dans le fait, et non dans le droita
Aussi n'ai-je ressemblé à-peu-près à personne, J'ai été, par ma nature,
vetla
toujours isolé. dor,
Je n'ai jamais compris quel serait le parti que je pourrais tirer de mes 64
tudes, et dans le fait elles ne m'ont servi qu'à nrapprendre des méthodes. Je
n'ai retiré quelque fruit que des mathématiques. Le reste ne m'a été utile à
rien: mais j'étudiais par amour-propre,
leur essor, sans
Mes facultés intelledtuelles prenaient cependant
que je
m'en mélasse. Elles ne consistaient que dans une grande mobilité des fibres
de mon cerveau. Je pensais plus vite que les autres: en sorte qu'il m'est tous
jours resté du temps pour réfléchire C'est en cela qu'a consisté ma profondeurs --- Page 16 ---
(1 14 )
Ma tête était trop active, pour m'amuser avec les divertissemens
naires de la jeunesse. Jen'y étais pas totalement étranger; mais
ordi. ailleurs de quoi m'intéresser. Cette disposition me plaçait dans une je cherchais
solitude, otje ne trouvais que mes propres pensées. espèce de
Cette manière d'être m'a ét éhabituelle dans toutes les situations de
Je me plaisais à résoudre des problêmes : je les cherchais dans les ma vie,
matiques; mais j'en eus bientôt assez, parce que l'ordre matériel est mathé. ment borné. Je les cherchai alors dans l'ordre moral. C'est le travail extrêmele mietx réussi. Cette recherche est devenue pour moi une disposition qui m'a
tuelle,
habiJe lui ai du les grands pas quej'ai fait faire à la
et à
Ma naissance" me destinait au service: c'est
politique
la guerre
les écoles militaires. J'obtins une lieutenance
pourquoij'ai été placé dans
tion.Je n'ai jamais reçu de titre avec autant de au commencement de la révolr.
. Je les cherchai alors dans l'ordre moral. C'est le travail extrêmele mietx réussi. Cette recherche est devenue pour moi une disposition qui m'a
tuelle,
habiJe lui ai du les grands pas quej'ai fait faire à la
et à
Ma naissance" me destinait au service: c'est
politique
la guerre
les écoles militaires. J'obtins une lieutenance
pourquoij'ai été placé dans
tion.Je n'ai jamais reçu de titre avec autant de au commencement de la révolr. ble de mon ambition se bornait alors à
plaisir que celui-là. Le comlons sur chacune de mes
porter un jour une épaulette à bouil,
épaules: un colonel d'artillerie me
PLUS ULTRA de la grandeur humaine. paraissait le NEC
J'étais trop jeune dans ce temps pour mettre de l'intérêt à
ne jugeais pas encore de Phomme en masse. la politique.Je
Aussi je n'étais ni surpris ni effrayé du désordre qui régnait à cette
que, parce que je n'avais pu la comparer avec aucune autre. Je
épode ce queje trouvai. Je n'étais pas encore difficile,
m'accomodsi
Oi m'employa dans l'armée des Alpes. Cette armée ne
rien
que doit fire une année; elle ne connaissait ni la
ni fesait
de ca
tais à une mauvaise éoole. Il est vrai que nous navions discipline la'guerre. J'é
battre; nous n'étions chargés
pas d'ennemis à compes, et tien n'étaits si facile, que d'empécher les Piémontais de passer les Al
L'anarchie régnait dans nos cantonnemens : le soldatn n'avait aucun
pour l'offcier: : l'officier n'en avait guère pour le général: ceux-ci
respecs
titués tous les matins par les Représentans du
étaient dess
ces derniers l'idée' du pouvoir, la plus forte sur Peuple: l'esprit Parméen'accordait humain. qu'a
lors le danger de l'influence civile sur le militaire,
J'ai senti dès
Cel D'était pas le talent mais la loquacité qui etj'ai donnait su du m'en crédit garantir. mée: tout J dépendait de cette faveur populaire, qu'on obtient dans des Tarferations. par
voci
Je n'aijamais eu avec la multitude cette communauté de sentimens
produit Téloquence des rues. Jel n'ai jamais eu le talent d'émouvoir
qui
Aussi je: ne jouais aucun rûle dans cette armée: j'en avais mieux le le peuple,
réféchir. teimps de
J'étudiais la guerre, non sur le papier, mais sur le terrain. Je me trouvais
pour 1a première tois au feu dans une petite affaire de tirailleurs, du côté du
Mont-Generre. Les balles étaient clair-semées; elles ne firent que blesser
quelques-uns de nos gers. Je n'éprouvai pas d'émotion; cela n'en
Ja peine: j'examinai l'action. Il me parut évident
n'avait valait pas
côtés auoune intention de donner un résultat à cette fusillade, qu'on
On se des tiraillait deux
seulement pourlacquit de sa consciencs, et
c'est
Cette nullité d'objet me
la résistance parce que
l'usage à la guerre,
déplat:
me donna de
reFonnus notre terrain; je peis le fusil d'un blessé,
l'humeur: : je
etj'engageai un hon homme
. Il me parut évident
n'avait valait pas
côtés auoune intention de donner un résultat à cette fusillade, qu'on
On se des tiraillait deux
seulement pourlacquit de sa consciencs, et
c'est
Cette nullité d'objet me
la résistance parce que
l'usage à la guerre,
déplat:
me donna de
reFonnus notre terrain; je peis le fusil d'un blessé,
l'humeur: : je
etj'engageai un hon homme --- Page 17 ---
L 15 )
de capitaine qui nous commandait, à nourrir son feu, pendant
j'irais aved
Ord. d'hommes couper la retraite des Piémontais. m'avait
TS
paru
une douzaine
leur
reha facile d'atteindre une hanteur qui dominait
position, en passant par un
un bouquet de sapins, sur jequel notre gauche s'appuyait. Notre capitaines'e
chaufla : sa troupe gagna du terrain; elle nous renveya l'enneni, et lorsqu'il
fut ébranlé, je démasquai mes gens. Notre feu gêna sa retraite; nous lui fi
mes quelques morts, et vingt prisonniers. Le reste se sauvai
eme
J'ai raconté mon premier fait d'armes, non parce qu'il me valut le grade
m de capitaine; mais parce qu'il m'initia au secret de la guerre. Je m'apperçus
nah qu'il était plus facile qu'on ne croit de battre l'ennemi, et quece grand art consiste à ne pas tâtonner dars l'action, et surtout à ne tenter que des mouvemens
uerre décisifs, parce que c'est ainsi qu'on enlève le soldat. dany
J'avais gagné mes éperons; je me droyais de l'expériences D'après cela
evolt je me sentis beaucoup d'attrait pour un métier qui me réussissait si bien. Je
com ne pensai qu'à cela, et je me donnai à résoudre tous les problèmes qu'un
boulk champ de bataille peut offrir. J'aurais voulu étudier aussi la guerre dans les
NEC livres, mais je n'en avais point. Je cherchai à me rappeler le peu que j'avais
lu dans T'histoire, etje comparai ces récits avec le tableau que j'avais sous les
ie. Je yeux. Je me suis fait ainsi une théorie de la guerre, que le temps a développée, mais n'a jamais démentie. épo
Je menzi cette vie insignifiante jusqu'zu siège de Toulon. J'étzis zlors
modg chef Ede bataillon, et comme tel je pus avoir quelque influence surle succès de
ce siège. Jamais armée ne fut plus mal menée qne la nôtre. On ne savait qui
de C8 la commandait. Les généraux ne l'osaient pas, de peur des représentans du
J'6 peuple; ceuxici avaient encore plus de peur di comité du salut public. Les
Com- commissaires pillaient, les officiers buvaient, les soldats mourient de faim;
S Al mais ils avaient de Tinsouciance et du courage. Ce désordre même leur inspirait plus de bravoure que la discipline. Aussi suis-je resté convaincu que les
especi armées mécaniques ne valent rien : elles nous lont prouvé. des
Tout se fesait au camp par motions et par acclamations. Cette manière
Qta de faire m'était insupportable ; mais je ne pouvais pas l'empêcher, ét j'allais
dés à mon but sans m'en embarrasser.
im;
S Al mais ils avaient de Tinsouciance et du courage. Ce désordre même leur inspirait plus de bravoure que la discipline. Aussi suis-je resté convaincu que les
especi armées mécaniques ne valent rien : elles nous lont prouvé. des
Tout se fesait au camp par motions et par acclamations. Cette manière
Qta de faire m'était insupportable ; mais je ne pouvais pas l'empêcher, ét j'allais
dés à mon but sans m'en embarrasser. Jétais peut-être le seul dans l'armée qui eût un but, mais mon goût était
lar. d'en mettre au bout de tout: Je ne m'occupai que, d'examiner la position de
VOCI l'ennemi et la nôtre. Je comparai ses moyens moraux et les nôtres. Je vis
que nous avions tous, et qu'il n'en avait point. Son expédition était un miséS
rable coup de tête, dont il devait prévoir d'avance la catastrophe, et lon est
bien faible quand on prévoit d'avance sa déroute. Je cherchai les meilleurs points d'attaque : je jugeai la portée de nos batteries, etj'indiquai les positions où il fallait les placer. Les officiers expériouras mentés les trouvèrent trop dangereuses, mais on ne gagne pas de batailles ate du vec de l'expérience. Je m'obstinai; j'exposai mon plan à Barras : il evait été
lesser marin: ces braves gens n'entendent rien à la guerre, mais ils ont de l'imtréitpas pidité, Barras T'approuva, parce qu'il voulait en finir.
ée de nos batteries, etj'indiquai les positions où il fallait les placer. Les officiers expériouras mentés les trouvèrent trop dangereuses, mais on ne gagne pas de batailles ate du vec de l'expérience. Je m'obstinai; j'exposai mon plan à Barras : il evait été
lesser marin: ces braves gens n'entendent rien à la guerre, mais ils ont de l'imtréitpas pidité, Barras T'approuva, parce qu'il voulait en finir. D'ailleurs la convention
deux ne lui demiandait pas compte des bras et des jambes, mais du succès. tua
Mes artilleurs étaient braves et sans expérience. C'est la meilleure
uerré, disposition pour les soldats, Nos attaques rétssirent: l'ennemi s'intimidait;
er rés
pmene --- Page 18 ---
16 )
i n'osait plus rien tenter contre nous. Ils nous envoyait bêtement des bour
lets qui tombaient où ils pouvaient, & ne servaient à rien. Les feux
dirigeais allaient bien mieux au but, J'y mettais beaucoup de zèle, queje parce
que j'en attendais mon avancomentijumais d'ailleurs le succès pour lui-més
me. Je passais mon temps aux batteries; je darmais dans nos épaulemens, On
ne fait bien que ce qu'on fait soi-même. Les prisonniers nous apprenaient
que tout allait au diable dans la place. On l'évacua enfin d'une manière
elfroyable, Nous avions bien mérité de la patrie. On me fit général de briga
de. Jefus employé, dénoncé, destitué, balloté par les intrigues et les factions
Je pris en horreur l'anarchie qui était alors à son comble, etje ne me suis
jamais raccomodé avec elle. Ce gouvernement massacreur m' était d'autant
plus antipathique qu'il était absurde et se dévorait Jui-même. C'était une
révolution perpétuelle, dont les meneurs ne cherchaient pas seulement à s'éta
blir d'une manière permanente,
Général, mais sans emplai, je fus à Paris, parce qu'on ne pouvait en
obtenir que la. Je m'attachai à Barras, parce que je n'y connaissais quel lui
Robespierre était mort; Barras jouait un rôle, il fallait bien m'attacher
queiqu'un età quelque chose,
(Lasuite aux prochains Numéro.)
NOUVELLES MARITIMES S.
ARRIVAGES DES BATIMENS AU PORT-AU-PRINCE.
Du 2 Octobre--Lel brig amér. Margueret, cap. Lawrence, ven, de New
York: ch. de comestibles et marchandises sèches.
Dudit.--La goël. amér. Sparton, cap.Johson, ven. de New-York, ch.d
comestibles et marchandises sèches.
Dudit.-Le brig amér. Calypso, cap. Wms. Neill, ven. de Baltimore, di
de comestibles,
Dudit--La goël. amér. Milo, cap. Rob, Snow, ven. de Frenhs Mans Ba
gh, debois de construction.
Dudit-La goël, danoise Morquito, cap. Peter Sankson, ven. de la Tria
nité de Cuba, ch. de marchandises sèches.
Du4-La goël. amér. Lady Mc. Donough, cap. Ingersol, ven. de Nem
York, ch. de comestibles et marchandisses sèches.
Du 8.-La goël, amér. Eagh, cap, Blackinan, ven. des Iles Turque,
ch. de sel,
DEPART DES BATIMENS.
Du 2 Octobre.-La gosl. amér. Marie Anne, cap. Rhodez, al aux E
tats-Unis, ch. de café et campêche.
Du 4.Le brig suédois Cornelio, cap. Audin, al. en Europe, ch. des
ore, café, eoton et campéche.
Dudit.--La goél. amér, Marguerite, cap. Wilhney, al. aux Etats-Uns
ch, de café et campéche.
Du 11.Le brig amér. Vigilant, cap. Lambert, al. aux Etats-Unis,d
de café et campêche,
. Rhodez, al aux E
tats-Unis, ch. de café et campêche.
Du 4.Le brig suédois Cornelio, cap. Audin, al. en Europe, ch. des
ore, café, eoton et campéche.
Dudit.--La goél. amér, Marguerite, cap. Wilhney, al. aux Etats-Uns
ch, de café et campéche.
Du 11.Le brig amér. Vigilant, cap. Lambert, al. aux Etats-Unis,d
de café et campêche, --- Page 19 ---
17 )
Dudit-La goel. amér. Cérès, cap. Forsyth, al, aux Etats-Unis, ch. de
café, sucre et campêche.
CHARADE
Avec rapidité s'éloigne mon premier,
Lorsque sur son chemin il trouve mon dernier;
le
Sous mon entier, Lecteurs, revêtu de toiture,
De la pluie et des vents vous méprisez l'injure.
if
Le mot de la précédente Enigme est GRACE, qui signifie AGREMENT,
vait
CLEMENCE, FAVEUR. Les trois Grâces se nommaient EUPHROSINE, THALIE,
que
AGLAIA.
cner
E R R ATA.
No, V. PAGE 8. LIGNE 28. ind-pendant, LISEZ indépendant.
9.
9. s'isoler et se, LISEZ s'isoler et de se,
23. écaliré, LISEZ éclairé.
del
Ch
nore,
Mans!
FIN.
le
Turg
aux
ch.
Etats-U
mis --- Page 20 ---