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(BnF Gallica
L'Abeille haytienne
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France --- Page 2 ---
(BnF Gallica
I L'Abeille haytienne. 1817-09-16.
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L'ABEILLE
HAYTIENNE,
JOURNAL POLITIQUE ET LITTERAIRE.
N. IV.
L'Epée et les talens doivent n'avoir qu'un but :
Que chacun à lEtat apporte son tribut.
Ce Journal paraît les 1.er et 16 de chaque moiss
Le prix de l'Abonnement se paye d'avance :
25 gourdes pour un an ;
14 gourdes pour six mois 5
8 gourdes pour trois mois;
S'adresser a M. COLOMBEL, Secrétaire Particulier de S. Ex:
le Président d'Haiti.
AU FORT-AU-PRINCE,
DE L'IMPRIMERIE DU GOUVERN E M E NT.
1817,
Source gallica.bnf.fr. / Bibliothèque nationale de France
1.er et 16 de chaque moiss
Le prix de l'Abonnement se paye d'avance :
25 gourdes pour un an ;
14 gourdes pour six mois 5
8 gourdes pour trois mois;
S'adresser a M. COLOMBEL, Secrétaire Particulier de S. Ex:
le Président d'Haiti.
AU FORT-AU-PRINCE,
DE L'IMPRIMERIE DU GOUVERN E M E NT.
1817,
Source gallica.bnf.fr. / Bibliothèque nationale de France --- Page 4 --- --- Page 5 ---
(8)
Port-au-Prince, le 16 Septembre 1817,
an 14 de lIndépendance d'Haiti,
POLITIQUE
Suite des Considérations sur PIle d'Hditi, par J. 8. MILSCENTE
Haitien,
ARTICLE VII
T 1 JES
hommes ayant senti la nécessité d'établir
et de se porter mutuellement
entr'eux des rappots utiles
ne fut plus permis à un individu secours, de
se réunirent en sociétés. Dès-lors il
rêt commun, ni même de huire à son faire semblable. ce qui pouvait être contraire à l'intéréglés par des conventions dont l'exécution ' fut- Les droits de chacun furent
sages. Telle est l'origine des Lois et des
confiée aux hommes les plus
La réunion des chefs de famille chargés Gouvernémens." :
République; lorsqu'un Chef militaire fut d'exécuter les Lois, constitua la
Monarchie prit naissance.
dépositaire de l'autorité
Voilà deux
: a
: absolue, 3
la
difications.
espèces de Gouvernemens ; mais ils sont susceptibles dej moLe Gouvernement Républicain
Iors l'autorité réside dans lAssemblée peut du être simplement démocratique: amilita re jouit d'un pouvoir dont il lui est aisé Peuple ; mais chaque Chef civile ou
facilité d'accuser les agens du Peuple et de leur d'abuser. D'un antre côté, la
dangereux, fait naître la défiance
substituér des compétiteurs
tion continuelle et prive le
partout, laisse les esprits dans une fluctuapolitique.
Gouvernement de la stabilité qui convient au corps
Lexpérience a prouvé qu'une
FEL
donnée par la Nation est confiée à République un Pouvoir mixte, dans laquelle la Loi
comptable, force
est préférable sous tous le
éxécutif unique, électif et
au Gouvernement, sans ouvrir la rapports. à
Cette forme donne plus de
purement Démoeratique.
porte l'ambition comme dans l'Etat
Ily a abus lorsque la Loi est faite
Dictature est dans la
par celui qui doit l'exécuter. Ainsi
Il est nécessaire République ce qu' 'est le Despotisme dans la
la
autorité
qu'une Nation soit
Monarchie,
étendue; mais ce Chef ne doit représentée par un Chef revêtu d'une
mettant.
poit agir sans l'aveu de son ComCe principe est la règle fondamentale du
Gouvernement Républicain
l'ambition comme dans l'Etat
Ily a abus lorsque la Loi est faite
Dictature est dans la
par celui qui doit l'exécuter. Ainsi
Il est nécessaire République ce qu' 'est le Despotisme dans la
la
autorité
qu'une Nation soit
Monarchie,
étendue; mais ce Chef ne doit représentée par un Chef revêtu d'une
mettant.
poit agir sans l'aveu de son ComCe principe est la règle fondamentale du
Gouvernement Républicain --- Page 6 ---
(4)
inixte; il est aussi la base de la Monarchie représentative, c'est-à-dire, celle
oi la Loi émanée de la double section du Corps Législatif, est exécutée
les ordres du Monarque.
par
Ces deux Gouvernemens me, semblent les plus parfaits; mais on ne saurait les appliquer indistinctement à tous les peuples. Les siècles ont consacré en tels pays des principes méconnus en tels autres. Il faut respecter ce
qui convient à chaque nation, Celui qui s'élève, en Europe, contre la Monarchie, la légitimité, la successibilité au trône, peut être réputé un être dangereux : laissons ces contrées lointaines et ne discutons que ce qui nous touche
immédiatement.
Lorsque des hommes opprimés parviennent à se dégager de la servitude et à former une Nation, ils ont des droits égaux et ils doivent marquer du
sceau de la réprobation tout ce qui tend à les avilir. Si l'un d'entr'eux s'écrie: 6. Je suis votre roi ; vous serez soumis à mes
votre vie
volontés;
m'appartiendra et vous serez T'héritage de mes descendans.
Celui-là est un
spoliateur, un tyran. Iln n'y a pas de légitimité quand l'autorité n'a pas été
déléguée par la majorité d'une Nation, mais surprise pàr une féroce ambition. Ainsi les criminels efforts du Bacha de Sans-Souci pour s'affermir sur
son trône sanglant, ses nombreux assassinats et ses ridicules prétentions, sont
autant d'outrages qu'il fait au Peuple Haîtien et qui le signalent comme le
plus éhonté dès usurpateurs.
L'autorité est dévolue au Peuple lorsqu'elle se trouve naturellement dans
ses mains. La République convient donc aux Etats naissans, puisqu'elle assure
aux. Citoyens qui sont appelés à la défense commune, la jouissance entière de
leurs droits : élle n'admet point ces distinctions de T'orgueil, ces symboles
de féodalité, ces décorations, cette ligne de démarcation entre des individus
d'une même espèce et d'une condition égale: le mérite et la vertu seuls
jouissent de la considération publique. Mais le despotisme ne peut se mainte- ynir sans supports; ces Seigneurs qui ont été fabriqués dans notre voisinage sont
des échelons qui conduisent au faite de l'échafaudage de Christophe. S'ile existe
parmi eux quelques hommes de bonne foi, ils doivent être sans cesse en
avec leur conscience. En accumulant sur eux les privilèges et les guerre
ils ont dépouillé leurs malheureux compatriotes des droits les richesses, sacrés
et les ont condamnés à un nouvel esclavage. Ces anoblis ont plus néanmoins
Tair de prisesr les douceurs de la liberté; ils sont libres sans doute, mais c'est
aux dépends de leurs frères serfs, réduits à regretter ce qui ne devait
se
retracer à, leur mémoire sans un sentiment d'horreur, et assez malheureux' pas
ne pouvoir écouter la voix quiles appèle sousles bannières de 1 a
pour
qui est leur mère et la nôtré.
République
Le Gouvernement Monarchique a eu de célèbres partisans ; le Gouvernement Républicain a eu d'illustres défenseurs ; tous les deux ont leurs avantagos, Si les abus se glissent partout, les bonnes lois peuvent émaner de tous'
ceux qui sont appelés à les créer. Il faut néanmoins
ce sont
moms les lois qui assurent le bonheur d'un Peuple remarquer la
que
vernement, ou du Magistrat dans les mains
que sagesse de son Goupouvoirs. Un bon Roi, un despote même duquel faire se centralisent les différents
peut
des heureux si l'amour du
urs ; tous les deux ont leurs avantagos, Si les abus se glissent partout, les bonnes lois peuvent émaner de tous'
ceux qui sont appelés à les créer. Il faut néanmoins
ce sont
moms les lois qui assurent le bonheur d'un Peuple remarquer la
que
vernement, ou du Magistrat dans les mains
que sagesse de son Goupouvoirs. Un bon Roi, un despote même duquel faire se centralisent les différents
peut
des heureux si l'amour du --- Page 7 ---
(5)
est sa vertu principale. Il est donc essentiel que laChefdun Etat
bien public
assurer la félicité nationale. Le même peusoit doué des qualités qui peuvent
humain
des hommes différens, est heureux ou misérable,
ou
ple gouverné par
féroce.
être un
Magistrat, il faut
a
Cependant, quelque parfait que puisse
prémier
la Loi.
lui est
le metà même de
ce
qu'il consulte
L'iniative iqui
acquise
provoquer
utiles à ses administrés, et i
faire valoir ses
balles
ar
toutes les mesures
peut a
plus
prérogatives dans les moyens. d'exécution.
Le Gouvernement Républicain mixte pourrait être assimiléala Monarchie
représentative, sans lhérédité affectée aux descendans du Monarque, laquelle
fait d'une Nation des sujets et légitime le règne des mauvais princes.
Le Gouvernement électifen excluant ce principe, fait du Chefde P'Etat
le premier Magistrat du Peuple, etil ne lui accorde la suprôme Magistrature
qu'a titre de récompense de ses vertus, de son habilité et des services qu'il a
rendus à la Patrie.
Si un grand homme pouvait.avec la naissance transinettreles hautes qualités qu'il dut à la nature, iln'y aurait d'autre inconvénient à adettre Théridité
du pouvoir qu'en ce qu'elle rend un Peuple le patrimoine d'une tamille; mais
comme on a vu sortir d'une même souche des rameaux plus ou moins défectueux, il est plus convenable que la Nation conserve le droit d'élire son Chef
et de le choisir dans la masse des hommes qui peuvent mériter son sufrage
par leurs lumières, leur intégrité et leur patriotisme.
ans
(La suite au prochain Numéro.)
ure
LITTERATURE
on
VERS composés a Poccasion de la Fête amiversaire du PREste
SIDENT D'HAYTL
TTC
QUEL bruit déchire l'air! j'entends de toutes parts,
Gronder avec éclat les tonnerres de Mars;
J'entends de tous côtés des accens d'allegresse;
Je vois les coeurs bondir et de joie et d'ivresse.
Dans la ville accouru, Thumble habitant des champs,
Aux cris du Citadin vient confondre ses chants ;
L'étranger que le lucre en nos climats appelle,
Partageant nos transports, dans la foule se mêle,
A nos voix joint sa voix, a nos voeux joint ses voeux :
En ce jour solenniel tous les coeurs sont heureux.
Chacun veut célébrer, au sein du sanctuaire,
Du Héros d'Haiti, l'auguste anniversaire.
Haitiens, Anglais, Américains, Français,
Admirent ses vertus autant que ses hauts-faits.
L'étranger que le lucre en nos climats appelle,
Partageant nos transports, dans la foule se mêle,
A nos voix joint sa voix, a nos voeux joint ses voeux :
En ce jour solenniel tous les coeurs sont heureux.
Chacun veut célébrer, au sein du sanctuaire,
Du Héros d'Haiti, l'auguste anniversaire.
Haitiens, Anglais, Américains, Français,
Admirent ses vertus autant que ses hauts-faits. --- Page 8 ---
(65
Lo Frane croit voir en lui, du bon Henri, l'image;
En luil lAnglais, d'Alfred, admire lei
En lui l'Américain reconnaît Washington courage: :
L'Haitien, un père, un ami, son Patron.
0 d'un peuple naissant, Etoile tutélaire!
Sois toujours d'Haiti la Boussole et le Pàre;
Oppose. ta sagesse à tous nos ennemis;
De cent peuples divers fais cent peuples d'amis;
Porte de toutes parts ton. zèle infatigable;
Après l'avoir créé, rends ton obrage stable;
Appelle à ton secours la sageantiquité ;
Fixe de l'avenir la versalifads:
Encourage les arts, les talens, l'industrie :
Les Beaux-Arts, d'un Etat, sont la force et la vier
Fais germer les vertus, l'honneur, la bonne foi;
Accoutume le Peuple au règne de la Loi;
Sous ta protection, prends l'ardente Jeunesse :
Qu'elle doive à tes. soins, les talens, la sagesse.
De l'humble agriculteur protège les travaux:
La sueur de son front fait vivre les Héros.
Qu'une société, juste appréciatrice,
Introduise en nos champs, une sage police;
Flétrisse la paresse, honore le labeur,
Supplée aux bras nerveux, par le SOC bienfaiteur.
Du conquérant des champs, la charrue est l'amie,
C'est son char triomphal. Heureux sans infamie,
Sa rustique conquête il parcourt sans remords.
Son sceptre est l'aiguillon : deux boeufs jeunes et forts,
Ou deux chevaux dressés par sa main protectrice,
Sont.les sujets soumis à sa voix directrice.
L'Attelage est il prêt ? l'entement serpentant
Le Soc ouvre la terre et la Herse l'étend.
Des enfants de Cérès, tel estl'usage antique.
Gardons-nous d'imiter l'orgueil asiatique,
De ses sots préjugés aveugie observateur,
Adoptons avec choix. La machine à vapeur,
Du plus puissant levier sans efort tient la place,
Au vent ainsi qu'à l'eau supplée avec audace.
Eole désorinais, et ses fils vagabonds
Peuvent se reposer dans leurs antres profonds; ;
Sur son paisible sein, l'épouse de Neptune,
Amphitrite, verra, poursuivant la Fortune,
Le Nautohnier franchir son empire écumeux :
De la Reine des fleurs, l'amant voluptueux
Le doux Zéphire en vain, humera son haleine;
La Naiade aux abois, désertera la plaine ;
4u secours de Cérès, la Chimie accourant
désorinais, et ses fils vagabonds
Peuvent se reposer dans leurs antres profonds; ;
Sur son paisible sein, l'épouse de Neptune,
Amphitrite, verra, poursuivant la Fortune,
Le Nautohnier franchir son empire écumeux :
De la Reine des fleurs, l'amant voluptueux
Le doux Zéphire en vain, humera son haleine;
La Naiade aux abois, désertera la plaine ;
4u secours de Cérès, la Chimie accourant --- Page 9 ---
(73
D'un
actif et pur sait former un courant,
Qui, E1 la mécanique animant la magie,
Dispensera partout l'abondance et la vie.
Habitants, profitez de ce puissant moteur,
Multipliez partout les moulins à vapeur :
Toutefois n'allez pas en des mains inhabiles,
Confier de ce gaz les forces projectiles :
En éclats, dans les airs, le moulin emporté,
N'offrirait que la Mort à l'oeil épouvanté.
Ici l'expérience est plus que nécessaire.
Phébus peut seul guider le char de la lumière.
Mais ce n'est pas assez ; cette Société,
Doit apporter ses soins jusque dans la Cité;
Faire même enlever toutes les immondices,
De la peste ennemie infernales nourtices :
Faire écouler les eaux, déssécher les ravins ;
Eclairer nos ilets, applanir nos chémins :
Par des arbres divers distinguer chaque rue:
Le Citronnier ici viendrait flatter la vue,
Le Palmier sourcilleux dans les airs s'élevant,
Défendrait ces maisons de la fureur du vent ;
Plus loin le Cocotier prêterait son ombrage ;
Et l'arbre aux pommes d'or embellirait la plage.
Alors l'Haitien, et la nuit et le jour,
Sans dangers quitterait Mercure pour l'Amour,
Et l'on ne verrait plus, dans sa course rapide,
La Beauté se faner sur le seuil insipide.
Que Thalie et les Jeux, Terpsichore et leg Ris,
Viennent en badinant égayer nos ennuis.
Thalie en traits malins sait peindre un ridicule,
A de certains docteurs présenter la pilule,
D'un amour insensé corriger un amant,
D'un faux dévot montrer le zèle extravagant,
Et, poursuivant partout la sottise et le vice,
Faire rougir un fat ou pâlir l'avarice.
Sérieuse en son air, Melpomène au grand jour,
Les Titus, les Néron montrera tour à tour.
0 que l'illusion aura pour nous de charmes!
Titus de ses sujets toujours sécha les larmes;
Mais de Néron, tyran d'un peuple généreux,
Néron, comptant ses jours par des crimes aftreux,
Melpomène, au Public peignant la catastrophe,
Jusque dans Sans-Souci fera trembler Christophe.
Sur ce morne orgueilleux, coéternel au
Dont la tête a bravé les furieux autans.
temps,
Et qui voit à ses pieds se former les tonnerres,
Qu'Uranie à nos yeux dévoile les mystères,
jets toujours sécha les larmes;
Mais de Néron, tyran d'un peuple généreux,
Néron, comptant ses jours par des crimes aftreux,
Melpomène, au Public peignant la catastrophe,
Jusque dans Sans-Souci fera trembler Christophe.
Sur ce morne orgueilleux, coéternel au
Dont la tête a bravé les furieux autans.
temps,
Et qui voit à ses pieds se former les tonnerres,
Qu'Uranie à nos yeux dévoile les mystères, --- Page 10 ---
(8)
Qui, des mondes errans, règlent les cours divers.
Un jour, je le prédis, de ce vaste Univers,
Plus d'un Haîtien, étendant le domaine,
Verra briller son nom dans la céleste plaine.
Loin du bruit des cités, dans un site riant,
Qu'embellirait encore un limpide courant.
D'Athènes imitons l'illustre Académie:
Elle fut le berceau de la Philosophie.
La, Platon rappelait, d'un langage divin,
Les vertus de Socrate et sa tragique fin.
0 que d'esprits féconds fleurirent dans la Grèce,
Qui dans ces lieux charmans, puisèrent la sagesse!
Là, Xénocrate un jour tonnant contre Bacchus,
Fit rougir Polémon, le rendit aux vertus ;
Et Polémon depuis, imitant Xénocrate,
D'effronté libertin devint nouveau Socrate.
Dans ce séjour sacré, qu'un moderne Platon
Du jeune Haîtien cultive la raison ;
Le forme aux bonnes mceurs, élève son génie
Jusqu'aux nobles pensers de la Philosophie.
Ahi si j'en crois la voix qui parle dans mon coeur,
J'entrevois, Haiti, ta future grandeur.
Quels siècles de vertus, de talens et de gloire,
De tes heureux enfants vont embellir Thistoire!
Celui-ci, de Clio saisissant le burin,
Peindra du bon Ogé le rigoureux destin;
De Chavannes martyr la stoique constance;
De Lamarre expirant Théroique vaillance;
Du jeune Rebecca lès faits d'armes heureux;
Du preux Coutilien le trépas généreux,
A la cruelle mort abandonnant sa vie
Pour sauver en son Chef l'espoir de la patrie;
Et, de mille guerriets morts pour la Liberté,
Fera passer les noms à la postérité.
D'Euterpe, celui-là, suivant les faibles traces,
Aux échos attendris redira nos disgraces;
Cet autre, d'Erato corrigeant les discours,
Contera chastement nos volages amours.
Mille autres, inspirés par leur fécond génie,
Dans ses écarts divins, atteindront Polymnie.
Plus hardi dans son vol vers le sacré vallon,
Un fils de Calliope, inspiré d'Apollon,
Sublime, embouchera la trompette héroique,
Chantera, d'Haiti, le Héros pacifique,
Dira comment son bras affranchit son pays
Du joug humiliant où Colomb l'avait mis,
Et comment, son grand cceur secondant son- génie,
Au règne des Beaux-Arts ily soumit sa Patrie.
ie,
Dans ses écarts divins, atteindront Polymnie.
Plus hardi dans son vol vers le sacré vallon,
Un fils de Calliope, inspiré d'Apollon,
Sublime, embouchera la trompette héroique,
Chantera, d'Haiti, le Héros pacifique,
Dira comment son bras affranchit son pays
Du joug humiliant où Colomb l'avait mis,
Et comment, son grand cceur secondant son- génie,
Au règne des Beaux-Arts ily soumit sa Patrie. --- Page 11 ---
(9)
Fils de la liberté, vous qu'un cruel destin,
Condamnait à gémir sous le fouet inhumain,
Elevez jusqu'au ciel vos voix reconnaissantes,
Consacrez au très-haut vos âmes renaissantes:
Le Dieu de l'Univers est le Dieu d'Haiti.
Du faible il fut toujours le refuge et l'appui.
Célébrons sa bonté, célébrons sa clémence.
C'est lui qui dans nos coeurs mit la sainte espérance, $
C'est lui qui nous soutint en ces temps odieux,
Où d'un maître insolent l'esprit ingénieux
Savant dans l'art cruel que lui légua Mézence,
Pour grossir ses trésors mutilait FInnocence.
Sous ce régime affreux, la douce Humanité
L'oeil en pleurs avait fui ce sol ensanglanté,
L'Avarice inhumaine, en son humeur sauvage,
Régnait seule en tyran sur le morne Esclavage.
Le Soupçon aux cent yeux, la Torture aux cent bras,
Et la sombre Terreur accompagnaient ses pas.
La Traite au caeurde roc nourrissait la cruelle;
La Mort sous mille aspects voltigeait autour d'elle,
Enfin, tous les démons issus de Lucifer,
Sous notre ciel heureux avait placé l'Enfer,
Las-Casas, le premier, témoin de tant de crimes,
Eloquemment plaida la cause des victimes.
Que pouvait la Vertu contre la soif de l'or?
Des premiers Haitiens, le sang ruisselle encor.
Raynal, en traits de feu, peignit à sa Patrie,
D'un régime infernal Tinique Tyrannie:
A ce tableau criant de crimes inouis
Tu répandis des pleurs, ô généreux Louis!
Tu plaignis nos destins ; mais ton bras tutélaire,
Libérateur du Nord, (1) pour nous ne put rien faire.
Bénézet, né français, divinement humain,
Ne voyait qu'un ami dans le pauvre Africain; S
Lui consacra ses jours filés par la sagesse,
Soulagea ses malheurs, dirigea sa jeunesse,
Combattit l'esclavage, et mourut ignoré.
Mais son nom dans nos coeurs fut toujours honoré:
Et là-haut, dans le ciel doublement immortelle,
Son âme goûte en paix une gloire éternelle.
Volney, dans la Syrie, interrogeant les tems,
A l'orgueilleuse Europe, apprit que les talens,
Les sciences, les arts, qu'elle croit son partage,
Du noir Ethiopien sont l'antique héritage.
Grégoire et Wilberforce et Gran-ville et Clarkson,
Noms avec la vertu toujours à l'unisson,
(1) Les Etats-Unis d'Aménque,
G
E
ciel doublement immortelle,
Son âme goûte en paix une gloire éternelle.
Volney, dans la Syrie, interrogeant les tems,
A l'orgueilleuse Europe, apprit que les talens,
Les sciences, les arts, qu'elle croit son partage,
Du noir Ethiopien sont l'antique héritage.
Grégoire et Wilberforce et Gran-ville et Clarkson,
Noms avec la vertu toujours à l'unisson,
(1) Les Etats-Unis d'Aménque,
G
E --- Page 12 ---
( 10 )
Avec force élevant leur voix philantropique,
A la rédemption ont appelé l'Afrique.
La puissante Albion a défendu nos droits.
Un Sénat généreux de magnanimes rois
Tranchant des préjugés, la plus hideuse tête,
Par un acte immortel vient d'abolir la Traite.
Monarques bienfesans, Philantropes chrétiens,
Dans nos coeurs vous régnez par les plus doux liens.
Et toi, qui du malheuras bu la coupe amère,
Rejeton d'un grand Roi, que l'univers révère,
Louis, serais-tu sourd à la voix de ton cceur,
De ton coeur vertueux, instruit par le malheur ?
Ah! loin, bien loin de moi, cette inique pensée,
Ton noni n'orne-t-il pas l'alliance sacrée?
De la.Religion interroge la voix,
Interroge ton Diensistiariur la croix.
L'une d'un ton sacré, pour tout chrétien sincère,
Te crira : Vous sortezs Mortels, d'un même pèret
Tels les fleuyes divers sont fils del'Océan,
Et l'autre te dira : Sije versai mon sang,
Ce fut pour racheter votre race rebelle,
Ce fut pourla sauver de la mort éternelle:
Par mon sang, épurés, dès qu'ils sont vertueux,
Tous les enfans d'Adam sont égaux à mes yeux :
Etle noir Africain, courbé sous l'esclavage,
Est plus grand devant moi que le blanc qui l'outrage.
Louis, sonde ton coeur.
Braves Américains,
Vivons Indépendans, vivons Républicains.
Quoi! Nous eussions versé notre sang pour des maitres !
A nos sermens sacrés nous pourrions être traitres!
Et nos bras indomptés destructeurs des tyrans,
Pour de nouveaux Nérons auraient vaincu vingt ans 1
Ah! plutôt que le Ciel sur nous s'appesantisse!
Que la terre en courroux plutôt nous engloutisse !
Mais non . de toutes parts, j'entends cent mille voix,
S'écrier, Haiti, nous défendrons tes droits!
Ou, volant à la mort, Ie coeur plein d'allégresse,
Nous mourrons dans les airs comme mourut Delgresse !
O toi, Pilote expert du vaisseau de l'Etat,
Héros sage et prudent, modeste Magistrat,
Souris à cet essai de ma reconnaissance:
Ma Muse encor novice a besoin d'indulgence,
L'amour du Bien Public et de la Liberté,
Ne sut jamais orner la simple Vérité.
Je sais que maints Censeurs plus sages que Minerve,
Blâmeront les écarts que s'est permis ma verve;
Mais je parle sans fard, parlant à Pétion :
mourut Delgresse !
O toi, Pilote expert du vaisseau de l'Etat,
Héros sage et prudent, modeste Magistrat,
Souris à cet essai de ma reconnaissance:
Ma Muse encor novice a besoin d'indulgence,
L'amour du Bien Public et de la Liberté,
Ne sut jamais orner la simple Vérité.
Je sais que maints Censeurs plus sages que Minerve,
Blâmeront les écarts que s'est permis ma verve;
Mais je parle sans fard, parlant à Pétion : --- Page 13 ---
(11 )
Non, ce n'est pas assez que nouveau une Washington, Patrie :
Ton bras nous ait conquis un Nom,
La gloire d'un Héros, du peuple est l'ennemie,
Si, fesant consister Thonneur à ravager,
Au lieu d'édifier il va tout saccager:
Mais si d'un peuple heureux, un Héros est le père;
Du Conquérant du Nord, si, prudent adversaire,
Pour Emule il choisit, Pierre, Législateur,
Pierre, d'un peuple neuf prudent Réformateur,
Pierre de Pétersbourg, Fondateur, Architecte;
Pierre de ses Etats et le btas et la tête;
Opposant la constance à son rival jaloux;
Ayant pour lui les Dieux, l'abattre sous ses coups :
Et, parRcceseur digne de son génie,
Pierre, fixant, enfin, le rang de sa patrie:
Alors n'écoutant plus si Pégase est rétif,
Si je suis de Phébus un enfant adoptif,
le me livre sans crainte à mon brolant délire;
Je dispense sans art l'éloge ou la satire,
Et malgré les Frérons, acharnés sur mes vers,
J'ose de mon Héros. dire à tout PUnivers:
66 Un jour la Vérité, par la main de l'Histoire,
& Fera graver son nom au Temple de Mémoirei
66 Et, léguant ses vertus à la postérité,
66 Couronnera son front de l'immortalité.
D. L Haitien:
INTERIEU R.
Desirant utiliser le tems que mes occupations habituelles laissent à ma
disposition, j'ai l'honneur d'offrir mes services à ceux de mes compatriotes qui
voudront apprendre à parler et écrire correctement la langue française : au
moyen d'une méthode courte et facile, je les mettrai à même de faire des progrès rapides dans cette étude. l'écriture, l'arithmétique et la tenue des livres a
J'enseignerai également
partie double, si cela est à la convenance des personnes.
J'offre aussi ma plume à mes concitoyens pour la rédaction, la mise au
net ou la transcription de tous Mémoires, Pétitions, Lettres, Comptes, Factures, Bilans, Livres de commerce sous seings-privés, Projets d'actes, Consultations, &c. Je me chargerai généralement de tout ce qui est du ressort de
l'écriture et des calculs, et j'ose espérer que les personnes qui m'auront confié quelques ouvrages trouveront toute l'exactitude, la netteté et la correction qu'elles pourront désirer dans l'exécution:
Mon domicile est près de la maison du Général Thomas, commandant
de la place du Port-au-Prince.
MILSCENT.
commerce sous seings-privés, Projets d'actes, Consultations, &c. Je me chargerai généralement de tout ce qui est du ressort de
l'écriture et des calculs, et j'ose espérer que les personnes qui m'auront confié quelques ouvrages trouveront toute l'exactitude, la netteté et la correction qu'elles pourront désirer dans l'exécution:
Mon domicile est près de la maison du Général Thomas, commandant
de la place du Port-au-Prince.
MILSCENT. --- Page 14 ---
12 )
Le sieur Charles Hardy aouvert un cours de Dessin et de Pein.
ture dans la maison de Mlle. RIGAILLETTE, en face de l'Imprimerie
vernement. Il enseigne T'Aquarelle et le Lavis des Fleurs, des
dugon.
et des Fruits; la Miniature : le dessin du Paysage et des Marines; Coquillages ; l'art de
fixer les couleurs sur le verre, le velours, le satin et le bois, &c. Il enseigne aussi la peinture des Arabesques, et le procédé pour dessiner au
sionotrace toute espèce de profils.
phySa Classe est ouverte tous les jours, depuis 2 jusqu'à 4 heures de l'a
près-midi.
Les personnes qui désireraient prendre des leçons particulières chez el.
les peuvent choisir leurs heures entre 6 et 9 heures du matin.
YARIETES
Un Journal Allemand annonce qu'il vient de se déclarer en Saxe une
éingulière maladie. Les individus qui en sont atteints éprouvent un engour:
dissement à la tête; ensuite leur bouche enfle et se ferme. On ne dit
si les femmes sont aussi exposées que les hommes à cette infirmité.
pas
On lit dans un numéro du Journal Général du mois de Mai, l'anecdote suivante : 6 Lantipathie que plusieurs de nos françaises
pour les Anglais est loin d'ètre générale. Une jeune dame de Valenciennes, témoignent
après avoir épousé un officier de cette nation, vient, pour sa première couche, de le rendre mère de trois garçons. Qu'aurait fait de
et sensible Miss? 1
plus une tendre
NOUVELLES
Nous venons de recevoir des Journaux français, par un bâtiment de Bordeaux arrivé aux Cayes, ilya quelques jours. Ces Journaux sont d'une
récente et contiennent de longs détails sur les troubles qui ont éclaté dans date
vers Départemens de la France pendant le mois de Juin. Les
dices feuilles prétendent que ces troubles ont été occasionnés Rédacteurs la disette de
s'est fait sentir dans ce royaume, mais il est hors de doute par leur
qui
se se rattacheàu un systême de conspiration dont les ramifications que sont vraie caudues. A Lyon, et dans la plupart des Communes voisines, les
très-éten- fait
plusieurs tentatives à main armée pour s'emparer de l'autorité, conjurés ont
en croire les Journaux dont il s'agit, leur
mais, s'il faut
que l'affaire qui s'est. passé à Lyon a été coupa manqué. Cependant, il parait
a été forcé lui et la troupe
chaude, car le Maire de cette ville
qu'il commandait, de se retirer dans le
He Eglise. ou ils ont été obligés de se défendre avec
clocher d'usaillans. Dans les Départemens du Morbihan, de la opiniâtreté Loire
contre les asBarthe, &c. de grands miouvemens ont aussi eu lieu. A Inférieure, de la
Ancenis, et dans
à Lyon a été coupa manqué. Cependant, il parait
a été forcé lui et la troupe
chaude, car le Maire de cette ville
qu'il commandait, de se retirer dans le
He Eglise. ou ils ont été obligés de se défendre avec
clocher d'usaillans. Dans les Départemens du Morbihan, de la opiniâtreté Loire
contre les asBarthe, &c. de grands miouvemens ont aussi eu lieu. A Inférieure, de la
Ancenis, et dans --- Page 15 ---
18 )
toutes les Communes de cet Arrondissement, on a été obligé de mobiliser les
Gardes Nationaux pour marcher contre les insurgés. A Sens, la Garde nationale n'ayant pas voulu agir contre les revoltée
a été dissoute par Ordonnance du 9 Juin. Un Journal du 9 Juillet dit : quel'on a arrêté à Paris un individu quicriait
hautement dans les rues: : Canaille de Parisiens ! revoltez-vous done: Tous les
Départemens sont revoltés, et n'attendent que vous. PARIS, 25 Juin.-Hier, M. le Maréchal Gouvion St.-Syr a été admis à
l'honneur de prêter son serment entre les mains du Roi, en qualité de Ministre de la Marine et des Colonies. On s'occupe au Ministère de la Guerre d'un Projet de Loi, relatif
au recrutement de l'armée. On assure que d'après l'article fondamental au dé
ce Projet, tout français, âgé de 20 ans révolus, serait appelé à concourir au
recrutement de l'armée, soit de sa personne, soit au moyen d'une prestation
pécuniaire, représentative du service, et qui serait fixcepar la Loi. Ce
présente aussi plusieurs cas d'exception, qui sont dans lintérêt de la Projet
des sciences et de l'agriculture: On croit qu'il pourra être présenté aux religion,
bres à la session prochaine: Ceux qui prétendaient qu'on fiairait
Cham- la
conscription, en France ne se sont pas trompés. parzétablir
La faim se fait sentir dans plusieurs parties de
et dans
Royaume des Pays-Bas. La ville de Bruxelles a été le PAllémagne, théâtre des scènes les le
plus tumultueuses. L'appareil de la force militaire n'a pas suffi
tous les pillages et tous les actes de violence. Cependant, le calme pour empêcher
Le Prince d'Orange s'est rendu, vêtu en particulier et suivi d'un seul est rétabli. dans les lieux oà le tumulte était le plus fort. Sa présence a
adjudant,
heureux effet. produit le plus
Les troubles de TAngleterre sont d'une nature
la cherûté des subsistances, et Ja misère de la classe inférieure beaucoup plus sérieuse:
sont que les moindres causes de la fermentation; le Ministère a du peuple, ne
ployer la plus grande rigueur, et nous ne doutons
la besoin de déCORPUS ne soit encore suspendue
point que Loi d'HAREAS
acquittée, Watson, a produit des pour long-tems.
fort. Sa présence a
adjudant,
heureux effet. produit le plus
Les troubles de TAngleterre sont d'une nature
la cherûté des subsistances, et Ja misère de la classe inférieure beaucoup plus sérieuse:
sont que les moindres causes de la fermentation; le Ministère a du peuple, ne
ployer la plus grande rigueur, et nous ne doutons
la besoin de déCORPUS ne soit encore suspendue
point que Loi d'HAREAS
acquittée, Watson, a produit des pour long-tems. La décision du Jury qui a
peut guerne méconnaitre d'assez transports de joie si extraordinaire, qu'on ne
Londres,
mauvaises dispositions dans la multitude de
lu le L'Espagnie est dans un état pénible: on ne peut en douter
préambule de l'Ordonnance Royale sur le nouveau
quand on a
Ferdinand VII. vient d'adopter. Cette nouvelle Loi plan de Finances que
indistinetement à limpôt tous les biens des roturiers, des sur les nobles Finances soumet
siastiques: Le Clergé doit fournir de plus un secours
et des Eclémillions de réaux par an, pendant six
extraordinaife de trente
Roi d'Espagne à prendre cette mesure années.--Les ne sont
hommes qui one engagéle
ceux qui lui ont suggeré l'idée de rétablir
sans doute pas les mêmes que
La conspiration qui vient d'être découverte lInquisition.
ement à limpôt tous les biens des roturiers, des sur les nobles Finances soumet
siastiques: Le Clergé doit fournir de plus un secours
et des Eclémillions de réaux par an, pendant six
extraordinaife de trente
Roi d'Espagne à prendre cette mesure années.--Les ne sont
hommes qui one engagéle
ceux qui lui ont suggeré l'idée de rétablir
sans doute pas les mêmes que
La conspiration qui vient d'être découverte lInquisition. du Brésil, n'avait aucun
à Lisbonne, contre le Roi
pas non plus une conspiration rapport de avec l'insurection de Fernambouc. Ce n'était,
avaient jeté les yeux, à 0e qu'il Jacobins. Les Conjurés voulaient un Roi, et
Portugal, après la famille
parait, sur la famille la plus considérable de
régnane. Ce qu'ily a de remarquable, c'est le ton --- Page 16 ---
I 14 )
avec lequel la GAZETTE DE MADBID parle de cet événement.
Les Indépendans de l'Amérique Méridionale ne seront, sans doute,
fachés d'apprendre qu'un incendie a consumé les immenses établissemens
pas de la Caraca. Les papiers de Madrid disent que la nouvelle de cet incendiea
répandu la consternation dans cette capitale et à Cadix; ils disent aussi qu'a
est certain que cet événement tient à des causes criminelles, dont le but était
d'empècher l'armement des vaisseaux de guerre destinés à transporter, dans
'Amérique Méridionale, des forces considerables. Les magasins de la Caraca,
malgré les malheurs de T'Espagne, contenaient encore tout ce qui était nécessaire
l'armement et l'équipement d'une flotte nombreuse ; tout a été détruit pour la flamme. La corderie avait 600 pas de longueur, et on la regardait,
par
rivaliser avec tout ce que
avec raison, comme un établissement qui pouvait dans
L'incendie a étési
la France et l'Angleterre ont de plus beau
ce genre.
violent que l'ile de Léon, qui est séparée de la Caraca par un bassin d'une
étendue, était couverte de flammes et d'étincelles ; les débris enflamgrande més voltigeaient sur les eaux du bassin, et lui donnaient l'aspect d'une mer
de feu. Le congrès américain a résolu, dit un Journal français du 27 Juin,
de négocier avec toutes les puissances l'abolition de l'infâme commerce des
noirs, et l'établissement à Sierre-Leone ou sur tout autre point des Côtes A:
fricaines, d'une colonie de nouveaux affranchis, qui se formerait aux frais du
gouvernement. PARIS.-On apprend de St.-Domingue que Christophe, tout en paraissant travailler à la civilisation des habitans de son prétendu royaume, trahit
néanmoins de tems en tems la barbarie de ses moeurs. Un négociant, nommé Wilton, a été, dit-on, assassiné en prison par ses ordres, pour avoir dit
dans l'ivresse qu'il était amoureux de la femme de Christophe.
Un prêtre français, que cette espèce de roi a nommé Archevèque d'Haiti,
a été mis en prison, pour avoir eu l'AUDACE de réclamer une somme que son
maitre et puissant seigneur lui devait. Mai annonce
dans la nuit du 8 au
Ue Journal de Nantes du 30
que
9 du même mois, trois individus de St.-Jean Pied-de-Port pénétrèrent dans
l'Eglise de cette ville, enlevèrent tous les signes de la royauté qu'elle contenait; attachèrent à la hallebarde du bedeau des haillons aux trois couleurs,
montèrent ensuite au clocher et substituérent le drapeau tricolore au drapeau
blanc, fixé à la sommité.
FRANCFORT, 20 Mai.Un pamphlet politique, intitulé: le Colonel de
Massenbach aux Allemands, 7) fait une grande sensation. Il est dédié au Roi
de Prusse et réclame UNE REPR ESENTATION NATIONALE GENERALE pour
toute l'Allemagne et entrainerait des troubles et des confusions incroyables.
C'est probablement pour ce motif que toutes les éditions de cet écrit qui
ont eu lieu en notre ville ont été confisquées: on dit que cette mesure a 6té provoquée par plusieurs ministres influens de la Diète.
VIENNE, 16 Mai. iNous venons d'apprendre officiellement, de Copenles discussions entre les deux cours de Stockholm et de Copenhague, que sont
encore à leur terme: la dernière a déclaré qu'elle ne rehague ne
pas
le ministre
Noncerait aux titres et aux armes de Norwège que lorsque
pléni-
écrit qui
ont eu lieu en notre ville ont été confisquées: on dit que cette mesure a 6té provoquée par plusieurs ministres influens de la Diète.
VIENNE, 16 Mai. iNous venons d'apprendre officiellement, de Copenles discussions entre les deux cours de Stockholm et de Copenhague, que sont
encore à leur terme: la dernière a déclaré qu'elle ne rehague ne
pas
le ministre
Noncerait aux titres et aux armes de Norwège que lorsque
pléni- --- Page 17 ---
(15 )
de Suède se déclarerait expressément autorisé à applanir les diffipotentinire existent encore relativement à l'exécution du Traité de Kiel, dont
cultés qui
refutés.
grois points sont encore
NOUVELLES MARITIME S.
ARRIVAGES DES BATIMENS AU PORT-AU-PRINCE.
Du 27 Août-La goel. amér. Parragon, de 110 ton. cap. Mackey, ven.
de Boston.
Du 29.Le bric amér. Liberty, de 140 ton: cap. Perkinz, ven. de Kennebunk.
Dudit.-La goël. amér. Malaparte, de 20 ton. cap. Amigorva, ven. de la
Nouvelle-Orléans.
Dudit.-Le bric amér. Juna, de 206 ton. cap. Nason, ven. de Kennebunk.
Du 30.La goël, amér. Lively, de 84 ton. cap. Smith, ven. de la Nouvelle-Orléans.
Du ler. Septembre.-La goël, amér. Eagle, de 106 ton. cap. Blackman,
ven. de Philadelphia.
Du 10.-La goël. amér. Gazette, de 108 ton. cap. Selby, ven. de NewYork.
Dudit.-Le bric ang. Marguerite, de 119 ton. cap. Whecler, ven. de
St.-Thomas.
Du 11.-La goël. amér Mapoule, de 20 ton. cap. Fourton, ven. de la
Nouvelle-Orléans.
Du12.-La goël. haît. Lafortune, cap. Jn. Laurent, ven. de PuertoPlata.
Du 13.-La goël. amér. Rookbsy, de 62 ton. cap. Spenny, ven. de
Portsmouth.
DEPART DU PORT-AU-PRINCE,
Du 27 Août.-Le bat. amér. l'Antoinette, de 69 ton. cap. Gillet, charg,
de campêche.
Dudit.-La goël. amér. Saly, de 78 ton. cap. Spencer, al. aux EtatsUnis, charg. de café, sucre, campêche, huile de palma-christi.
Du 30.-La goël. amér. Mentor, de 75 ton. chargé de café, sucre.
Du 4 Septembre-La goël. amér. Pengouin, de 246 ton. cap. Matter,
al. aux Etats-Unis, ch. de café, coton, huile de palma-christi.
Du 9.Le bric amér. Favorite, de 175 ton. cap. Merill, al, aux EtatsUnis, ch. de caté, campèche.
Dul 11.-Le bric amér. Phaebe, de 162 ton. al. aux Etats-Unis, ch, de
café, campèche.
12.-La Goëlette Américaine Laigle, du port de 116 ton, Cap. Blacman,
al. aux iles Turques sur son leste.
, coton, huile de palma-christi.
Du 9.Le bric amér. Favorite, de 175 ton. cap. Merill, al, aux EtatsUnis, ch. de caté, campèche.
Dul 11.-Le bric amér. Phaebe, de 162 ton. al. aux Etats-Unis, ch, de
café, campèche.
12.-La Goëlette Américaine Laigle, du port de 116 ton, Cap. Blacman,
al. aux iles Turques sur son leste. --- Page 18 ---
(1 16 )
Prir courans des principales denrées en gras.
Café,.
.35 sols.
Sucre,
.8 à 10 g. le 8.
Coton,
38 gourd. le 8
Campèche,
.6 g. le
Sirop.
5 g. le @
Farine,
27 8. le baril.
Huile,
14 g. le panier,
Savon,.
.8 g: la caisse.
Chandelle,
50 C. la livre.
Beurre,..
.40 C. dto.
Vin en barrique,
.100 gLOGOGRYPHE.
Avec mes quatre pieds vous formerez sans peine
Un séjour aquatique, un lac fangeux.
Retranchez-moi la tête : immense, humide plaine,
Je crains moins un fardeau que l'aquilon tougueux.
Privez-moi de la queue : à l'immortalité,
Avec quelque raison, vous me verez prétendre.
Je deviens, au besoin, ce qui peut vous défendre;
Ce qui coupe souvent un flot trop agité;
Mais il faut transposer et ma queue, et ma tête.
Youlez-vous me trouver? Je suis dans une bête.
Le mot de la précédente Enigme est TABLE.
ERRATA.
No, III: PAGE 4. LIGNE 25. permetteraient, LISEZ permettraient.
27. plans, LISEZ plants,
5.
12. dépend tous nos, LISEZ dépendent nos.
43. molesse, LISEZ mollesse.
7.
39. ils ne s'attendaient, LISEZ il ne s'attendait.
8.
24. après Sud, AJOUTEZ et de I'Ouest.
17.
6. est, LISEZ était.
18.
2le. des nouvelles, inclusivement, LISEZ excegsivement
AU PORT E AU l PRINCE,
DX - IMPRIMERII E DU GOUVERNEME: N